18 février 2010

Neuvaine au Saint Esprit

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Neuvaine au Saint Esprit

Bienheureux Frédéric Jansoone


Cette Neuvaine peut être faite à un temps quelconque de l'année, en public ou en particulier.


Prélude

Pour le jour de l'Ascension, veille de la Neuvaine


Entre toutes les Neuvaines, dit saint Alphonse de Liguori, celle dû Saint-Esprit tient le premier rang, parce qu'elle a été célébrée d'abord par les Apôtres et la sainte Vierge dans le Cénacle et qu'elle est riche de tant de prodiges et de dons précieux, surtout des dons de l'Esprit-Saint lui-même, que Jésus-Christ nous a mérités par sa Passion. C'est ce que Notre Seigneur a voulu nous apprendre, lorsqu'il dit à ses disciples que s'il ne mourait, il ne pourrait nous envoyer le Saint-Esprit. Nous savons en outre, par la foi, que le Saint-Esprit est l'amour que se portent mutuellement Dieu le Père et le Verbe Eternel; c'est pourquoi le don de l'amour que le Seigneur accorde à nos âmes et qui est le plus grand de tous les dons, est spécialement attribué au Saint-Esprit, selon ce que dit l'Apôtre que la charité de Dieu est répandue en nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné. Il convient donc que dans cette Neuvaine, nous considérions principalement le grand prix de l'amour divin, afin que nous en concevions un vif désir et que nous tachions de l'obtenir par de pieux exercices « et surtout par de ferventes prières, puisque Dieu l'a promis à qui le demande humblement. » « Il faut aimer Dieu, et l'aimer par-dessus toutes choses: c'est le premier et le plus grand commandement. Plus on aime Dieu, plus on est saint. Or, un grand Saint disait que c'est l'oraison qui introduit l'amour divin dans le cœur de l'homme; mais c'est la mortification qui ôte les affections terrestres et le rend capable de recevoir ce feu sacré. Plus la terre occupe de place dans un cœur, moins il en reste au saint amour. La sagesse divine ne se trouve point chez ceux qui vivent, dans les délices. C'est pourquoi les Saints se sont toujours efforcés de mortifier, autant qu'ils pouvaient, leurs sens et leur amour propre. Les Saints sont peu nombreux : mais nous devons vivre avec le petit nombre, si nous voulons nous sauver avec le petit nombre, nous-dit un illustre solitaire, saint Jean Climaque.  Ainsi, pour devenir saint, il faut avant tout en avoir le désir, et un désir accompagné d'une ferme résolution. Il en est qui désirent toujours, mais qui ne mettent point la main à l'œuvre. Sainte Thérèse disait que le démon n'a point peur de ces âmes irrésolues; mais que, d'un autre côté, Dieu aime les âmes courageuses. Le démon cherche à nous faire prendre pour de l'orgueil» la pensés de faire de grandes choses pour Dieu; ce serait de l'orgueil, si nous prétendions faire ces choses en comptant sur nos propres forces; mais il n'y a point d'orgueil à prendre la résolution de se sanctifier, en se confiant en Dieu, disant avec l'Apôtre: « Je puis tout en Celui qui me fortifie ». Il faut donc s'armer de courage et se mettre à l'œuvre. La prière peut tout. Ce que nous ne pouvons par nos propres forces, nous le pouvons avec l'aide de Dieu qui a promis de nous accorder tout ce que nous lui demanderions. Pour mieux faire cette neuvaine, nous nous transporterons en esprit au saint Cénacle et là nous nous unirons aux Apôtres qui tous, en attendant la descente du Saint Esprit, persévéraient unanimement dans la prière, avec les saintes femmes, et avec Marie, Mère de Jésus, et avec ses frères.


Antienne: O Roi de gloire, Dieu des vertu, qui êtes monté aujourd'hui triomphant au-dessus de tous les cieux, ne nous laissez pas orphelins, mais remplissez la promesse du Père, envoyez-nous l'Esprit de vérité. Alléluia.


Prière


Faites, nous vous en prions. Dieu tout-puissant, que croyant fermement que votre Fils unique, notre Rédempteur, est aujourd'hui monté au ciel, nous y habitions aussi nous-mêmes en esprit par l'ardeur de nos désirs. Ainsi soit-il.


Plan de la Neuvaine


Nous allons pendant les sept premiers jours de la Neuvaine faire une brève considération sur chacun des sept dons du Saint-Esprit, que nous terminerons chaque jour par une belle prière de Saint Alphonse pour obtenir ce précieux don et pour être préservé du vice qui lui est contraire. Le huitième et le neuvième jour, nous formerons notre bouquet spirituel, en faisant une méditation courte, mais substantielle, sur les grandes vérités de notre salut. Enfin le saint jour de la Pentecôte, nous adresserons au Saint-Esprit une humble mais touchante supplique du même saint Alphonse, avec quelques prières liturgiques que la sainte Eglise, notre Mère, chante au jour de cette grande solennité.

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Premier jour

Le Don de crainte

Vice opposé à ce don: l'orgueil


« La crainte est un don du Saint-Esprit qui nous fait craindre Dieu comme un Père, et fuir le péché parce qu'il lui déplaît ». La crainte du Seigneur, dit le saint Roi David, est le commencement de la Sagesse. La crainte du Seigneur, ajoute le Sage, est là véritable gloire et un juste sujet de se glorifier; c'est une source de joie et une couronne d'allégresse, la crainte du Seigneur réjouira le cœur; elle donnera la joie, l'allégresse et une longue vie. Celui qui craint le Seigneur, se trouvera heureux à la fin de sa vie et il sera béni au jour de sa mort: car, la crainte du Seigneur chasse le péché et elle donne la plénitude de la paix et les fruits de salut. Les sept dons du Saint-Esprit sont opposés aux sept péchés capitaux. Le don de crainte est opposé à l'orgueil. Pour l'orgueilleux, c'est-à-dire pour un homme qui n'a plus la crainte du Seigneur, plus de prière sérieuse, plus de vigilance sévère et soutenue, plus de conseils demandés ou acceptés: plein de lui-même, il sait tout, il a tout vu, il se suffit en tout: lui est toujours lui. Présomptueux, tranchant, hautain, rampant devant le fort, despote à l'égard du faible, égoïste, querelleur, haïssable à tous et ingouvernable, il devient la preuve vivante de cette vérité: que « l'orgueil est la déformation la plus radicale de la nature humaine » parce que celui qui met sa confiance en ses propres pensées, dit l'Esprit-Saint, agit en impie ». Cette déformation conduit à la dissolution de tous les biens sociaux, et donne naissance à la religion du mépris. L'adepte de cette religion satanique méprise tout: Dieu, ses commandements, ses promesses et ses menaces; l'Eglise, sa parole, ses droits et ses ministres ; les parents, leur autorité, leur tendresse, leurs cheveux blancs; l'âme, le corps et toutes les créatures. De la vie il use et abuse, comme s'il en était propriétaire et propriétaire irresponsable, « Parce que le méchant, lorsqu'il est descendu au plus profond de l'abîme de ses péchés, méprise tout; mais l'ignominie et l'opprobre le suivent ».


Prière pour obtenir le Don de Crainte


Esprit-Saint, divin Consolateur! je vous adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis, en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec toutes ses affections, et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels, et qui avez comblé d'immenses faveurs l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je Vous prie de venir me visiter par votre grâce et votre amour et de m'accorder le don de votre sainte crainte, afin qu'elle me serve de frein pour ne jamais plus tomber dans mes fautes passées, dont je vous demande mille et mille fois pardon. Ainsi soit-il.

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Deuxième jour

Le Don de Piété

Vice opposé à ce don: l'envie.


« La piété est un don du Saint-Esprit qui nous remplit d'affection filiale envers Dieu, et nous le fait honorer comme un Père ». Le don de piété est opposé à l'envie. Tandis que le don de piété attendrit le cœur, l'ennoblit, le dilate et le répand en effusions d'amour sur Dieu et l'homme, l'envie endurcit le cœur, le dégrade, le resserre, le rend méchant et malheureux. Ver dans le bois, rouille dans le fer, teigne dans l'étoffe: voilà l'envie dans le cœur. Elle le ronge et le remplit de toute espèce de mal et le dépouille de toute espèce de bien. Les autres vices sont opposés à une vertu particulière: l'envie est opposée à toutes. Comme cet oiseau de nuit que la lumière offusque, l'envieux ne peut supporter l'éclat d'aucune vertu, d'aucune supériorité, d'aucun avantage, d'aucune affection qui ne s'adresse pas à lui. De là vient que l'envie est appelée, non pas seulement une bête mauvaise, mais une bête très mauvaise. C'est l'envie qui a perdu les Anges dans le Ciel. C'est l'envie qui a perdu nos premiers parents au paradis terrestre. C'est l'envie qui a rendu Caïn fratricide. C'est l'envie qui a vendu Joseph. C'est l'envie qui a crucifié le Fils de Dieu. Si on voulait dire toutes les noirceurs, les empoisonnements, les calomnies, les haines, les injustices, les divisions, les actes de cruel égoïsme, c'est-à-dire les hontes, les malheurs enfantés par l'envie, il faudrait citer presque toutes les pages de l'histoire des peuples et des familles. Délivrer l'humanité d'un tel fléau, est le bienfait réservé à l'Esprit de piété: « Parce que la piété est utile à tout, ayant les promesses de la vie présente comme celles de la vie future ».


Prière pour obtenir le Don de Piété


Esprit-Saint, divin Consolateur! Je vous adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis, en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec toutes ses affections, et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels et qui avez comblé d'immenses faveurs l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je vous prie de me visiter par votre grâce et votre amour et de m'accorder le don de Piété afin que je puisse à l'avenir vous servir avec plus de ferveur, suivre avec plus de promptitude vos saintes inspirations et observer plus exactement vos divins préceptes. Ainsi soit-il.

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Troisième jour

Le Don de Science

Vice opposé à ce Don: la colère.


« La science est un don du Saint-Esprit qui perfectionne le jugement et nous fait discerner avec certitude le vrai du faux, le bien du mal ». Le don de science est opposé à la colère. Le don de science nous montre clairement que les biens et les maux de ce monde ne sont ni de vrais biens ni de vrais maux; que ce qui est appelé mai par les hommes, la pauvreté, l'humiliation, la souffrance, n'est pas un vrai mal; que ce qui est appelé bien par les hommes, les richesses, les honneurs, les plaisirs, n'est pas un vrai bien, mais souvent un mal et toujours un danger. Le chrétien, qui, grâce au don de science, sait tout cela, et dont la volonté est à l'unisson de sa science, a mille raisons de ne point s'irriter, de ne point se mettre en colère. Au contraire, l'âme vide de l'Esprit de science est aussitôt remplie de l'esprit de colère. La raison en est simple: cette âme se fait une fausse idée des choses. Aveugle dans ses appréciations, elle estime, elle aime, elle craint, sans règle sûre. Pour elle, les maux sont des biens et réciproquement. Comme il lui est aussi impossible de jouir paisiblement, sans contradiction et sans inquiétude, de ce qu'elle appelle bien, que de n'être pas, chaque jour, exposée à ce qu'elle appelle mal, elle se trouble, elle murmure, elle s'irrite, elle repousse avec violence ce qui porte atteinte à son bonheur; en un mot, elle tombe sous l'empire de la colère; elle y tombe par une fausse idée de son droit, ou par une appréciation inexacte des biens et des maux» Ceci est tellement vrai, que dans toutes les langues, la colère reçoit l'épithète d'aveugle; et nulle n'est mieux appliquée. Fille de l'ignorance, la colère empêche l'homme de raisonner: « Parce que vains sont tous les hommes en qui ne réside pas la science de Dieu ».


Prière pour obtenir le Don de Science


Esprit-Saint, divin Consolateur ! Je vous adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec tontes ses affections, et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels et qui avez comblé d'immenses faveurs, l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je vous prie de venir me visiter par votre grâce et votre amour, et de m'accorder le don de Science, afin que je puisse bien connaître les choses de Dieu et que, éclairé par vos saintes instructions, je marche, sans jamais dévier, dans la voie de mon salut éternel. Ainsi soit-il.

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Quatrième jour

Le Don de Force

Vice opposé à ce Don: la paresse


« La force est un don do Saint-Esprit qui nous communique le courage d'entreprendre de grandes choses pour Dieu et la confiance de les accomplir malgré tous les obstacles ». Le don de force est opposé à la paresse. On appelle ici « paresse » un engourdissement spirituel qui nous empêche d'accomplir nos devoirs. C'est le chloroforme de Satan. A peine ce virus est répandu dans l'âme, qu'il l'appesantit et lui donne des nausées pour tout ce qui est bien spirituel. Sa fin suprême, l'amitié de Dieu en ce monde, sa gloire dans l'autre, les moyens d'y parvenir, les devoirs, les vertus; les instructions chrétiennes, les fêtes, les sacrements, la prière, les bonnes œuvres, la religion tout entière lui est à charge et comme à dégoût. De là naît la pusillanimité, cette espèce d'abattement et de mollesse en face d'une obligation tant soit peu coûteuse; tels que le jeûne, l'abstinence, la mortification des sens ou de la volonté, la tiédeur, la divagation de l'esprit, l'instabilité du cœur.... enfin la fomentation de tous les vices; car, en parlant de la paresse et du paresseux, l'Esprit-Saint dit: « Le paresseux veut et ne veut pas. A cause du froid, le paresseux n'a pas voulu labourer: il mendiera pendant l'été et il ne lui sera rien donné. Il a des désirs ou des velléités de désirs; mais ses désirs le tuent: car ses mains n'ont voulu rien faire. Il les cache sous son aisselle, et il ne prend pas même la peine de les porter à sa bouche ». De là l'oisiveté, fille de la paresse, qui fait aujourd'hui tant de mal dans les familles et dans les sociétés, car il est encore écrit que « l'oisiveté enseigne toute sorte de mal... Elle est la mère de tous les vices ».


Prière pour obtenir le Don de Force


Esprit-Saint, divin Consolateur ! Je vous adore comme mouvrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis, en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec toutes ses affections, et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels et qui avez comblé d'immenses faveurs l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je vous prie de venir me visiter par votre grâce et votre amour, et de m'accorder le don de Force, afin que je puisse surmonter toutes les attaques du démon et tous les dangers du monde qui s'opposent au salut de mon âme. Ainsi soit-il.

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Cinquième jour

Le Don de Conseil

Vice opposé à ce Don: l'avarice


« Le conseil est un don du Saint-Esprit qui nous fait discerner avec certitude les meilleurs moyens d'arriver au Ciel ».  Le don de conseil est opposé à l'avarice. En éclairant notre entendement, le don de conseil nous fait choisir les meilleurs moyens d'atteindre notre fin dernière. Le premier est le dégagement des sollicitudes de la vie, par le détachement des biens créés. Le second est le dépouillement volontaire de tous ces biens. Mais l'avarice, c'est l'amour déréglé des richesses, des biens créés. Or, obscurcir l'entendement et fausser la volonté, c'est l'inévitable effet de l'avarice. Qui pourra dire les ravages affreux que ce vice exécrable a produits depuis Judas, dans la société des chrétiens ? L'avarice est une source intarissable de maux, d'actions criminelles. C'est d'elle que naissent la dureté du cœur, la fourberie, la fraude, la violence, la perfidie, la trahison. L'Esprit-Saint lui-même nous montre combien ce vice obscurcit l'entendement, et rend l'homme insensé. « Il est tel, est-il dit au Livre de l'Ecclésiastique, qui s'enrichit en agissant avec parcimonie, et toute la part de sa récompense est en ce qu'il se dit à lui-même: J'ai trouvé le repos pour moi ; et maintenant je mangerai de mes biens tout seul. Et il ne sait pas que le temps passera et que la mort s'approche, et qu'il laisse tout à d'autres et qu'il mourra ». A l'avare qui a amassé son bien, avec un dur égoïsme, Dieu vient et lui dit : Insensé, cette nuit même on te redemandera ton âme; et ce que tu as amassé, à qui sera-t-il ? Ainsi est celui qui thésaurise pour lui et qui n'est point riche devant Dieu.


Prière pour obtenir le Don de Conseil


Esprit-Saint, divin Consolateur ! Je vous adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis, en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec toutes ses affections, et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels et qui avez comblé d'immenses faveurs, l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je vous prie de me visiter par votre grâce et votre amour et de m'accorder le don de conseil, afin que je puisse bien choisir tout ce qui est le plus convenable à mon avancement spirituel, et découvrir tous les pièges et toutes les ruses de l'esprit tentateur. Ainsi soit-il.

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Sixième jour

Le Don d'Intelligence

Vice opposé à ce Don: la gourmandise


« L'intelligence est un don du Saint-Esprit qui nous fait comprendre et pénétrer les vérités surnaturelles ». Le don d'intelligence est opposé à la gourmandise. Or, rien de plus pernicieux que la gourmandise, rien de plus ignominieux; elle rend l'esprit obtus et grossier, l'âme charnelle: elle aveugle l'entendement et ne lui permet plus de rien voir. Sur ce point comme sur tous les autres, l'Eglise est donc l'organe infaillible d'une loi fondamentale, lorsque, dans la Préface du Carême, elle rappelle au monde entier ces vérités si peu comprises de nos jours: « Le jeûne réprime les vicieux penchants du corps, il élève l'esprit, il donne la vigueur à la vertu pt conduit à la victoire ». Ce vice engendre la folle joie. Devenue par l'excès des aliments victorieuse de l'esprit, la chair manifeste son insolent triomphe. Des rires immodérés, des facéties ridicules, des propos trop souvent obscènes, des gestes inconvenants ou puérils, des chants, des cris, des danses, des plaisirs bruyants, des fêtes théâtrales en sont l'inévitable expression. L'Esprit-Saint nous donne, entre beaucoup d'autres, une éclatante preuve de cette triste vérité, dans l'exemple mémorable du veau d'or. Moïse reçoit de Dieu, sur le sommet de la montagne, au milieu d'étonnants prodiges, les tables de la Loi.  Le peuple au pied du Mont s'ennuie, s'impatiente, murmure. Aaron, pour l'apaiser, fait ôter les pendants d'oreilles des femmes et des filles, les jette en fonte et en fait un veau d'or. Ce peuple ingrat, oubliant Moïse et le Seigneur, adore ce veau; ensuite il s'assied pour manger et pour boire: après quoi il se lève pour jouer. Moïse descendu de la montagne, entendait la voix de gens qui chantaient, et lorsqu'il se fut approché du champ, il vit le veau et les danses.


Prière pour obtenir le Don d'Intelligence


Esprit-Saint, divin Consolateur! je vous adore comme mon vrai Dieu, ainsi ,je Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis, en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec toutes ses affections, et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels et qui avez comblé d'immenses faveurs, l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je vous prie de me visiter par votre grâce et votre amour et de m'accorder le don d'Intelligence afin que je puisse bien entendre les divins mystères, et, par la contemplation des choses célestes, détacher mes pensées et mes affections de toutes les vanités de ce misérable monde. Ainsi soit-il.

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Septième jour

Le Don de Sagesse

Vice opposé à ce don: la luxure


« La sagesse est un don du Saint-Esprit qui nous communique, dans le plus haut degré, la connaissance et l'amour des choses divines ». L'âme éclairée par le don d'intelligence croit et sait que Dieu est infiniment doux: cependant elle ne goûte pas cette douceur. Possède-t-elle le don de sagesse? non seulement elle sait que Dieu est infiniment doux, elle goûte encore cette douceur ineffable: son cœur en est rempli. De là vient qu'elle trouve ses délices à s'entretenir avec Dieu, à procurer sa gloire. De là, l'esprit d'oraison, l'esprit intérieur, l'esprit de sacrifice, l'union amoureuse de l'âme avec Dieu et sa transformation en lui; le repos de toutes ses puissances, l'apaisement de ses passions, l'amour de la solitude et du silence. Le don de sagesse est opposé à la luxure. Le don de sagesse élève l'homme jusqu'à Dieu: l'esprit de luxure l'abaisse jusqu'à la brute. Comme le don de sagesse suppose et couronne tous les dons, l'esprit de luxure suppose et traîne à sa suite toutes les turpitudes. Pas une âme impure qui ne soit en même temps orgueilleuse, avare, gourmande, jalouse, emportée, paresseuse. Les sept péchés capitaux ont chacun un trône tout dressé dans cette âme malheureuse, c'est là un fait constaté par l'expérience des cœurs et par les enseignements de l'histoire. Aux ordres de leur chef, il n'est pas de crime que les affreux satellites de la luxure ne commettent pour lui obéir. Les duels, les assassinats, les empoisonnements, les rapts, les violences, les infanticides, les excès de table, les noires jalousies, la perfide médisance, l'odieuse calomnie, les trahisons, les bassesses, les vols, les divisions, les haines sont leur ouvrage.


Prière pour obtenir le Don de Sagesse


Esprit-Saint, divin Consolateur! Je vous adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis, en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec toutes ses affections, et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels et qui avez comblé d'immenses faveurs l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je vous prie de me visiter par votre grâce et votre amour et de m'accorder le don de sagesse, afin que je puisse bien diriger toutes mes actions en les rapportant à Dieu, comme à ma dernière fin, de sorte que, en l'aimant et en le servant comme je le dois en cette vie, j'aie le bonheur de le posséder éternellement en l'autre. Ainsi soit-il.

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Huitième jour

Méditation des grandes Vérités du Salut

Première conclusion de la Neuvaine


Dans le Sacrement de Confirmation, le Saint-Esprit nous a donné à tous la plénitude de ses dons pour nous rendre parfaits chrétiens. Or, il est du devoir de tout chrétien, vraiment digne de ce nom, et qui a reçu les dons du Saint-Esprit, s'il veut un jour posséder ce même Esprit Divin, avec Dieu le Père et Dieu le Fils, dans les splendeurs de la gloire, de méditer et de méditer souvent les grandes vérités qui suivent: Premièrement, une seule chose est nécessaire! tout le reste n'est rien. Sauver son âme! Nous ne sommes, en effet, sur la terre que pour cela, « A quoi servirait à l'homme, dit le Divin Maître, de gagner l'univers entier, s'il vient à perdre son âme ? » Deuxièmement, un seul obstacle au salut: le péché, le péché grave. Avoir toujours présent à la pensée qu'un seul péché mortel donne la mort à notre âme, nous rend ennemis de Dieu, esclaves de Satan et sujets à l'enfer! Troisièmement, un moyen infaillible d'éviter le péché: la méditation de nos fins dernières: « Dans toutes tes œuvres, nous dit l'Esprit-Saint, rappelle-toi tes fins dernières, et jamais tu ne pécheras ». La mort! les surprises de la mort: les morts subites, combien elles sont fréquentes de nos jours! Le jugement! comment, à la mort, nous présenterons-nous au redoutable Tribunal du Souverain Juge? Où sont nos bonnes œuvres? Les Saints ont fait tant de pénitences, tant de bonnes œuvres, pour s'assurer, à leur mort, un jugement favorable; et nous, qu'avons-nous fait jusqu'ici ? Le ciel ! Un bonheur éternel, ineffable, si nous usons bien des dons du Saint-Esprit ici-bas, si nous vivons en parfaits chrétiens. L'Enfer! Avec tous ses tourments, si nous avons le malheur de nous perdre, et cela pour toute l'éternité!


Prière


Esprit-Saint divin Consolateur! je vous adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis, en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec toutes ses affections et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels et qui avez comblé d'immenses faveurs l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je vous prie de me visiter par votre grâce et votre amour et de m'accorder que je me souvienne, dans toutes mes actions, de mes fins dernières, afin que j'obtienne par là de mourir, un jour, de la mort des justes, et qu'évitant ainsi les horribles tourments de l'enfer, je sois placé là-Haut, dans le séjour des Élus, jouissant de leur bonheur, bonheur sans mélange et si grand, que Vous nous assurez vous-même, ô divin Consolateur, que l'œil n'a point vu, que l'oreille n'a point entendu et que l'esprit humain ne pourra jamais concevoir ce que Dieu réserve au ciel à ceux qui l'aiment. Ainsi soit-il.

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Neuvième jour

L'exercice de la prière et la fréquentation des Sacrements

Deuxième conclusion de la Neuvaine


De nous-mêmes, nous ne sommes pas capables de faire notre salut. Notre-Seigneur a dit: « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Pour observer les commandements, éviter le mal et pratiquer la vertu, nous avons donc besoin du secours d'en Haut; nous avons besoin de la grâce de Dieu, et nous l'obtenons ordinairement par la prière et par les sacrements. La prière! Prie-t-on assez de nos jours? Les premiers chrétiens qui tous ne formaient qu'un cœur et une âme étaient unis dans la prière et dans la Fraction du Pain ! Ils avaient compris cette grande parole de Notre Seigneur: « Il faut toujours prier et ne pas cesser de prier ». Dans nos familles canadiennes, on se livre encore généralement, et Dieu en soit béni ! à l'exercice de la prière vocale: mais où sont actuellement dans le monde, les âmes bénies de Dieu qui passent au moins un quart d'heure ou une demi-heure, chaque jour, dans l'exercice si important de la prière mentale? Sont-ils, en effet, bien nombreux les pères et mères de famille, les jeunes gens, les jeunes personnes qui font régulièrement chaque jour ce quart d'heure ou cette demi-heure de méditation? Nous l'avons vu plus haut, les Apôtres... avec la sainte Vierge sont actuellement réunis au très saint Cénacle: ils y persévèrent unanimement dans la prière et se préparent ainsi à recevoir avec plénitude les dons du Saint-Esprit. Voilà nos vrais modèles ! Les sacrements ! Le Sacrement de Pénitence et la divine Eucharistie ! Oh ! si l'on comprenait, comme le comprenaient les premiers chrétiens, et comme l'ont compris tous les Saints, si l'on comprenait le prix d'une seule communion faite simplement avec les bonnes dispositions ordinaires, on n'attendrait pas à Pâques ou aux Quarante-Heures pour s'approcher de la Table Sainte.  Le saint Concile de Trente exhorte, supplie, conjure tous et chacun de ceux qui portent le nom de chrétiens, de s'approcher souvent du sacrement de l'Eucharistie, et il voudrait que tous les fidèles indistinctement pussent communier sacramentellement chaque fois qu'ils assistent à la sainte Messe, afin de retirer ainsi plus de fruits de cet auguste Sacrifice! Notre Seigneur Jésus-Christ, dit ce même Concile, a institué la divine Eucharistie, et il a, dans cet auguste Sacrement, comme épanché toutes les richesses de son amour divin envers les hommes: il en a fait l'abrégé de toutes ses merveilles.


Prière


Esprit-Saint, divin Consolateur! Je vous adore comme mon vrai Dieu, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je vous bénis, en m'unissant aux bénédictions que vous recevez des Anges et des Séraphins. Je vous offre mon cœur avec toutes ses affections, et je vous rends de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que vous avez répandus et que vous répandez sans cesse dans le monde. Vous qui êtes l'Auteur de tous les dons surnaturels et qui avez comblé d'immenses faveurs l'âme de la Bienheureuse Mère de Dieu, Marie, je vous prie de me visiter par votre grâce et votre amour et de m'accorder que je m'approche souvent des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, afin d'avoir part là- Haut, dans le ciel, à la magnifique récompense que Notre-Seigneur réserve à tous ceux qui l'auront reçu souvent et dignement dans leur cœur, ici-bas, sur la terre. Ainsi soit-il.

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Pour le jour de la Pentecôte


Veni Creator


Venez, Esprit créateur, visiter les âmes de ceux qui sont à vous, et remplissez de votre grâce céleste les cœurs que vous avez créés. Vous êtes notre Consolateur, le don du Dieu très-haut, la fontaine de vie, le feu sacré de la charité et l'onction spirituelle de nos âmes. C'est vous qui répandez sur nous vos sept dons ; vous êtes le doigt de Dieu, l'objet par excellence de la promesse de Dieu; vous mettez sa parole sur nos lèvres. Faites briller votre lumière dans nos âmes versez votre amour dans nos cœurs et fortifiez à tous les instants notre chair infirme et défaillante. Eloignez du nous l'esprit tentateur, accordez-nous une paix durable, et que, sous votre conduite, nous évitions tout ce qui serait nuisible à notre salut. Apprenez-nous à connaître le Père; apprenez-nous à connaître le Fils : et vous. Esprit du Père et du Fils, soyez à jamais l'objet de notre foi. Gloire dans tous les siècles à Dieu le Père, et au Fils ressuscité d'entre les morts, et au Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


Prose


Venez, Esprit-Saint, et faites descendre du haut du ciel un rayon de votre lumière. Venez, Père des pauvres; venez source des grâces ; venez, lumière des cœur. Vous êtes le parfait Consolateur, l'hôte bienfaisant de l'âme, son rafraîchissement le plus doux ; Dans le travail notre repos, dans les épreuves notre soulagement, dans les larmes notre consolation. O bienheureuse lumière, pénétrez et remplissez les cœurs de vos fidèles. Sans l'assistance de votre grâce, rien dans l'homme, rien n'est innocent. Purifiez en nous ce qui est souillé, arrosez ce qui est aride, guérissez ce qui est malade. Faites fléchir notre raison, échauffez notre tiédeur, redressez nos voies égarées. Accordez vos dons sacrés à vos fidèles qui mettent en vous leur confiance et donnez-leur le mérite pendant la vie, conduisez-les au port du salut, et faites-les jouir du bonheur éternel. Ainsi soit-il.


Humble supplication à l'Esprit Saint


Esprit-Saint, divin Paraclet, Père des pauvres, Consolateur des affligés. Lumière des cœurs, Sanctificateur des âmes, me voici prosterné en votre sainte présence, je vous adore avec la plus profonde soumission et je répète mille fois, avec les Séraphins qui se tiennent devant votre trône: Saint, Saint, Saint ! Je crois fermement que vous êtes éternel, consubstantiel au Père et au Fils. J'espère que, par votre bonté, vous sanctifierez et sauverez mon âme. Je vous aime, ô Dieu d'amour, je vous aime plus que toutes les choses de ce monde; je vous aime de toutes mes affections, parce que vous êtes une bonté infinie qui mérite seule tous les amours; et puisque, insensible à vos saintes inspirations, j'ai eu l'ingratitude de vous offenser, par tant de péchés, je vous en demande mille fois pardon et je regrette souverainement de vous avoir déplu, ô Bien suprême. Je vous offre mon cœur, tout froid qu'il est, et je vous supplie d'y faire entrer un rayon de votre lumière et une étincelle de votre feu, pour fondre la glace si dure de mes iniquités. Vous qui avez rempli d'immenses grâces l'âme de Marie, et enflammé d'un saint zèle les cœurs des Apôtres, daignez aussi embraser mon cœur de votre amour. Vous êtes un Esprit divin, fortifiez-moi contre les mauvais esprits. Vous êtes un Feu, allumez en moi le feu de votre amour. Vous êtes une Lumière, éclairez-moi en me faisant connaître les choses éternelles. Vous êtes une Colombe, donnez-moi des mœurs pures. Vous êtes un Souffle plein de douceur, dissipez les orages que soulèvent en moi mes passions. Vous êtes une Langue, enseignez-moi la manière de vous louer sans cesse. Vous êtes une Nuée, couvrez moi de l'ombre de votre protection. Et si enfin vous êtes l'Auteur de tous les dons célestes, ah ! je vous en conjure, vivifiez-moi par votre grâce, sanctifiez- moi par votre charité, gouvernez-moi par votre sagesse, adoptez-moi pour votre enfant par votre bonté, et sauvez-moi par votre infinie miséricorde, afin que je ne cesse jamais de vous bénir, de vous louer, et de vous aimer, d'abord sur la terre pendant ma vie, et ensuite dans le ciel durant toute l'éternité. Amen.


Indulgence


Trois cents jours à chaque jour de la Neuvaine, pour ceux qui font ce pieux exercice d'un cœur contrit et avec dévotion. Indulgence plénière, pendant la Neuvaine ou à l'un des huit jours qui la suivent immédiatement, moyennant la confession, la communion et les prières pour la Sainte Eglise et pour le Souverain Pontife (Pie IX, rescrit daté de Gaëte, du 5 janvier 1849).


Approbation


Sur le rapport favorable d'un Théologien de l'Ordre, je m'empresse de vous envoyer l'approbation de votre Neuvaine au Saint-Esprit, Je la trouve pleine d'actualité et lui prédis un heureux succès, pour le plus grand bien des âmes.


Frère Colomban Marie, Del. Prov.


Imprimatur

L. N. Archevêque de Cyrène,

Administrateur, Québec, le 26 juillet 1897


Indulgences accordées par l'Encyclique de S. S. Léon XIII du 9 mai 1897


Une Indulgence de sept ans et sept quarantaines pour chaque Jour de la Neuvaine qui précède la Pentecôte. Une Indulgence plénière pour l'un de ces jours, la fête même de la Pentecôte, ou l'un des jours de l'octave.

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03 janvier 2010

Dimanche de l'Epiphanie

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Dimanche de l'Epiphanie

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12


Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent: « A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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L'Adoration des trois Mages

Extraits des révélations de Maria Valtorta


Celui qui m'avertit intérieurement me dit : "Appelle ces contemplations que tu vas avoir et que je te présenterai : "Les Évangiles de la Foi" car, pour toi et pour les autres, ils viendront mettre en lumière la puissance de la Foi et de ses fruits, et vous assurer dans votre foi en Dieu. "


Je vois Bethléem, petite et toute blanche, rassemblée comme une couvée de poussins sous la lumière des étoiles. Deux rues principales s'y coupent à angle droit, l'une venant d'au-delà du pays, c'est la route principale qui continue au delà de la ville, et l'autre qui coupe la ville dans toute sa largeur mais ne va pas plus loin. D'autres petites rues découpent ce petit pays, sans la moindre trace d'un plan d'ensemble comme nous le concevons, mais s'adaptant au terrain qui est à plusieurs niveaux, et aux maisons qui se distribuent ça et là selon les accidents du sol et les caprices des constructeurs. Tournées les unes à droite, les autres à gauche, d'autres de biais par rapport à la rue qui les borde, elles l'obligent à se présenter comme un ruban qui se déroule avec des sinuosités au lieu d'être un chemin rectiligne qui va d'un endroit à l'autre sans déviation. De temps en temps il y a une petite place, soit pour un marché, soit pour une fontaine, soit parce que, à cause des constructions qui se dressent au hasard, elle est restée une portion de travers où l'on ne peut plus rien construire. À l'endroit où il me semble que je dois particulièrement m'arrêter, il y a précisément une de ces petites places irrégulières. Elle devrait être carrée ou au moins rectangulaire. Elle s'amène comme un trapèze si bizarre qu'on dirait un triangle acutangle dévié au sommet. Le côté le plus long, la base du triangle, est un bâtiment large et bas, le plus large du pays. Du dehors, c'est une haute muraille lisse et nue sur laquelle s'ouvrent à peine deux portes cochères maintenant bien closes. À l'intérieur, au contraire, sur toute une cour carrée il y a de nombreuses fenêtres au premier étage, pendant qu'au rez-de-chaussée on voit des portiques qui entourent des cours jonchées de paille et de détritus avec des vasques pour abreuver chevaux et autres animaux. Aux rustiques colonnes des portiques il y a des anneaux pour attacher les animaux et, sur un côté, un vaste hangar pour abriter les troupeaux et les montures. Je comprends qu'il s'agit de l'auberge de Bethléem. Sur deux autres côtés de même longueur il y a des maisons et des maisonnettes les unes précédées d'un jardinet; d'autres non, parce que parmi elles il yen a qui ont la façade sur la place et d'autres à l'arrière. Sur l'autre côté plus étroit, en face le caravansérail, il y a une unique maisonnette avec un petit escalier extérieur qui donne accès au milieu de la façade aux chambres du premier étage. Elles sont toutes fermées car il fait nuit. Il n'y a personne dans les rues à cause de l'heure. Je vois qu'augmente la clarté nocturne qui tombe d'un ciel constellé d'étoiles si belles dans le ciel d'Orient, si vivantes et si grandes qu'elles paraissent toutes proches et qu'il serait facile de les rejoindre et de les toucher, ces fleurs qui brillent sur le velours du firmament. Je lève les yeux pour me rendre compte de la source de cette croissance de lumière. Une étoile de grandeur inhabituelle, comme une petite lune, s'avance dans le ciel de Bethléem. Les autres semblent s'éclipser et lui donner passage, comme des suivantes au service de la reine, tant son éclat les surpasse et les fait disparaître. Du globe qui semble un énorme et clair saphir éclairé de l'intérieur par un soleil, part un sillage lumineux dans lequel, à la prédominance du clair saphir se fondent les blonds des topazes, les verts des émeraudes, la lueur opalescente des opales, les clartés sanguines des rubis et les doux scintillements des améthystes. Toutes les pierres précieuses de la terre sont dans ce sillage qui parcourt le ciel d'un mouvement rapide et ondulant comme s'il était vivant. Mais la couleur qui domine, c'est cette couleur qui semble pleuvoir du globe de l'étoile : la paradisiaque couleur de pâle saphir qui descend pour colorer d'argent azuré les maisons, les rues, le sol de Bethléem, berceau du Sauveur.


Ce n'est plus la pauvre cité, qui pour nous ne serait qu'une agglomération rurale. C'est une fantastique cité de contes de fées où tout est d'argent. L'eau des fontaines et des vasques est comme du diamant liquide. Avec la splendeur d'un plus vif éclat, l'étoile s'arrête au-dessus de la petite maison qui se trouve sur le côté étroit de la petite place. Ni ses habitants, ni ceux de Bethléem ne la voient parce qu'ils dorment dans les maisons fermées. Cependant l'étoile accélère les palpitations de sa lumière, et sa queue vibre et se balance davantage en décrivant des demi-cercles dans le ciel qui s'éclaire tout entier par l'effet de ce filet d'astres qu'elle entraîne, de ce filet de pierres précieuses qui resplendissent de mille couleurs sur les autres étoiles comme pour leur communiquer une parole joyeuse. La petite maison est toute baignée de ce feu liquide de perles. Le toit de la petite terrasse, le petit escalier de pierre sombre, la petite porte, tout est un bloc de pur argent saupoudré d'une poussière de diamants et de perles. Nul palais de roi n'a eu, ni n'aura un perron semblable à celui-ci fait pour recevoir les pas des anges, pour servir à la Mère qui est la Mère de Dieu. Ses petits pieds de Vierge Immaculée peuvent se poser sur cette éclatante blancheur, ses petits pieds destinés à se poser sur les degrés du trône de Dieu. Mais la Vierge ne sait rien de cette féerie. Elle veille près du berceau du Fils et prie. En son âme elle possède des splendeurs qui surpassent celles dont l'étoile embellit les choses. De la rue principale s'avance un défilé : chevaux harnachés et d'autres conduits à la main, dromadaires et chameaux, les uns montés, les autres chargés. Le son des sabots fait un bruit d'eau qui ruisselle, en les heurtant, sur les pierres d'un torrent. Arrivés sur la place, tous s'arrêtent. Le défilé, sous le rayonnement de l’étoile, est d'une splendeur fantastique. Les ornements des très riches montures, les habits des cavaliers, les visages, les bagages, tout resplendit ravivant et unissant le propre éclat des métaux, des cuirs, des soies, des gemmes, des pelages, à la clarté de l'étoile. Les yeux rayonnent et les bouches sourient parce que une autre splendeur s'est allumée en leur cœur : celle d'une joie surnaturelle.


Pendant que les serviteurs se dirigent vers le caravansérail avec les animaux, trois personnages de la caravane descendent de leurs montures respectives qu'un serviteur conduit ailleurs et se dirigent à pied vers la maison. Là, ils se prosternent, front contre terre, baisant la poussière. Ce sont trois personnages puissants comme l'indiquent leurs très riches habits. L'un, de peau très foncée, à peine descendu d'un chameau s'enveloppe tout entier dans un magnifique vêtement de soie blanche. Son front est ceint d’un cercle de métal précieux et il a à la taille une riche ceinture d'où pendent un poignard ou une épée dont la garde est ornée de gemmes. Les deux autres, descendus de deux magnifiques chevaux, sont vêtus l'un d'une étoffe rayée très belle où domine la couleur jaune. Cet habit est fait comme un long domino garni d'un capuchon et d'un cordon qui semblent faits tout d'une pièce en filigrane d'or tant ils sont ornés de broderie d'or. Le troisième porte une chemise de soie bouffante qui sort d'un large et long pantalon serré aux pieds. Il est enveloppé dans un châle très fin, véritable jardin fleuri tant sont vives les couleurs dont il est orné tout entier. Sur la tête un turban retenu par une chaînette ornée de chatons de diamants. Après avoir vénéré la maison où réside le Sauveur, ils se relèvent et se rendent au caravansérail où les serviteurs ont frappé et fait ouvrir. Ici s'arrête la vision.


Elle reprend trois heures plus tard avec la scène de l'adoration des Mages à Jésus. Voilà le jour. Un beau soleil resplendit dans un ciel d'après-midi. Un serviteur des trois mages traverse la place et monte le petit escalier de la maisonnette. Il rentre. Il sort. Il retourne à l'auberge. Les trois Mages sortent, suivis chacun de son propre serviteur. Ils traversent la place. Les rares passants se retournent pour regarder les majestueux personnages qui passent très lentement avec solennité. Entre la venue du serviteur et celle des trois, il s'est passé un bon quart d'heure ce qui a donné aux habitants de la maisonnette le temps de se préparer à recevoir les hôtes. Ceux-ci sont encore plus richement vêtus que le soir précédent. Les soies resplendissent, les gemmes brillent, un grand panache de plumes de grand prix parsemé d'écailles encore plus précieuses étincelle sur la tête de celui qui porte le turban.


L'un des serviteurs porte un coffre tout orné de marqueteries dont les garnitures métalliques sont en or buriné. Le second porte une coupe d'un travail très fin, couvert par un couvercle tout en or ciselé. Le troisième une sorte d'amphore large et basse, en or également, avec une fermeture en forme de pyramide qui à son sommet porte un brillant. Ces objets doivent être lourds, car les serviteurs ont peine à les porter, spécialement celui qui est chargé du coffre. Les trois montent l'escalier et entrent. Ils pénètrent dans une pièce qui va de la route à l'arrière de la maison. On aperçoit le jardinet par derrière à travers une fenêtre ouverte au soleil. Des portes s'ouvrent dans les deux autres murs, d'où regardent les propriétaires de la maison : un homme, une femme et trois ou quatre enfants entre deux âges. Marie est assise avec l'Enfant sur son sein et Joseph debout à côté. Mais elle se lève aussi et s'incline quand elle voit entrer les trois Mages. Elle est toute vêtue de blanc. Si belle dans son simple habit blanc qui la couvre de la base du cou aux pieds, des épaules aux poignets délicats, si belle avec la tête couronnée de tresses blondes, en son visage que l'émotion couvre d'un rose plus vif, en ses yeux qui sourient avec douceur, avec une bouche qui s'ouvre pour saluer : "Dieu soit avec vous." Les trois Mages en restent un instant interdits. Puis ils s'avancent, se prosternent à ses pieds et la prient de s'asseoir. Eux non, ils ne s'assoient pas malgré l'invitation de Marie. Ils restent à genoux appuyés sur leurs talons. En arrière et à genoux aussi, sont les trois serviteurs. Ils sont tout de suite derrière le seuil. Ils ont posé devant eux les trois objets qu'ils portaient et ils attendent. Les trois Sages contemplent le Bébé. Il me paraît avoir de neuf mois à un an tant il est éveillé et robuste. Il repose sur le sein de sa Mère. Il sourit et jase avec une voix de petit oiseau. Il est tout vêtu de blanc, comme la Maman, avec des sandalettes minuscules aux pieds. Un petit vêtement très simple : une tunicelle d'où sortent les petits pieds remuants, les mains grassouillettes qui voudraient tout saisir, et surtout le très joli petit visage où brillent les yeux d'azur foncé, et la bouche qui fait des fossettes des deux côtés quand il rit et découvre ses premières petites dents. Les petites boucles de cheveux semblent une poussière d'or tant ils sont brillants et vaporeux.


Le plus âgé des Sages parle au nom de tous. Il explique à Marie qu'ils ont vu, une nuit du mois de décembre précédent une nouvelle étoile qui s'est allumée dans le ciel avec une inhabituelle splendeur. Jamais les cartes célestes n'avaient porté cet astre ou ne l'avaient signalé. Son nom était inconnu. Elle n'avait pas de nom. Née du sein de Dieu, elle avait fleuri pour dire aux hommes une vérité bénie, un secret de Dieu. Mais les hommes n'en avaient pas fait cas, car leurs âmes étaient plongées dans la boue. Ils ne levaient pas leurs regards vers Dieu et ne savaient pas lire les paroles qu'Il trace - qu'Il en soit éternellement béni - avec les astres de feu sur la voûte des cieux. Eux l'avaient vue et s'étaient efforcés de comprendre sa voix. Renonçant de bon cœur au peu de sommeil qu'ils accordaient à leurs membres, oubliant de manger, ils s'étaient plongés dans l'étude du Zodiaque. Et les conjonctions des astres, le temps, la saison, les calculs des anciens temps et des combinaisons astronomiques leur avaient dit le nom et le secret de l'étoile. Son nom : "Messie". Son secret : "Être le Messie venu au monde". Et ils étaient partis pour l'adorer chacun à l'insu des autres. Traversant monts et déserts, vallées et fleuves, voyageant de nuit, ils étaient venus vers la Palestine car l'étoile allait dans cette direction. Et chacun, des trois points différents de la terre, s'en allait vers cette direction, et ils s'étaient trouvés ensuite ensemble au-delà de la Mer Morte. La volonté de Dieu les avait réunis là, et ensemble ils étaient allés de l'avant se comprenant, bien que chacun parlât sa langue propre, comprenant et pouvant parler les langues des pays traversés par un miracle de l'Éternel. Ensemble ils étaient allés à Jérusalem parce que le Messie devait être le Roi de Jérusalem, le roi des Juifs. Mais l'étoile s'était cachée sur le ciel de cette ville. Ils avaient senti leurs cœurs se briser de douleur et s'étaient examinés pour savoir s'ils avaient démérité de Dieu, Mais s'étant rassurés la conscience, ils étaient allés trouver le roi Hérode pour lui demander dans quel palais était né le Roi des Juifs qu'ils étaient venus adorer. Le roi, ayant réuni les princes des prêtres et les scribes, leur avait demandé où pouvait naître le Messie et ils avaient répondu : "A Bethléem de Juda."


Ils étaient venus vers Bethléem et l'étoile était réapparue à leurs yeux, avait quitté la Cité Sainte et le soir précédent avait augmenté de splendeurs. Le ciel était tout embrasé. Puis, l'étoile s'était arrêtée, rassemblant la lumière des autres étoiles en son rayonnement, au-dessus de cette maison. Ils avaient compris que c'était là que se trouvait le Divin Né. Maintenant ils l'adoraient, offrant leurs pauvres cadeaux et, par-dessus tout, leur cœur qui n'avait jamais cessé de bénir Dieu pour la grâce qu'Il leur avait accordée et d'aimer son Fils dont ils voyaient la sainte Humanité. Ensuite ils retourneraient rendre compte au roi Hérode parce que lui aussi désirait l'adorer. "Voici à la fois, l'or qu'il convient à un roi de posséder, voici l'encens comme il convient à un Dieu, et voici, ô Mère, voici la myrrhe parce que ton Enfant Né, qui est Dieu, est aussi un Homme et dans sa chair et sa vie d'homme il connaîtra l'amertume et la loi inévitable de la mort. Notre amour voudrait ne pas les dire, ces paroles et penser que sa chair est éternelle comme son Esprit. Mais, ô Femme, si nos cartes et surtout nos âmes ne se trompent pas, Lui, ton Fils est le Sauveur, le Christ de Dieu et pour ce motif il devra, pour sauver la terre, prendre sur Lui le mal de la terre dont un des châtiments est la mort. Cette résine est pour cette heure, pour que ses chairs saintes ne connaissent pas la pourriture de la corruption et conservent leur intégrité jusqu'à la résurrection. Qu'à cause de ces dons, Lui se souvienne de nous et sauve ses serviteurs en leur donnant son Royaume." Pour l'instant, pour en être sanctifiés, qu'elle, sa Mère, offre son petit Enfant "à notre amour. Et en baisant ses pieds descende sur nous la bénédiction céleste." Marie, qui a surmonté l'effroi provoqué par les paroles des Sages et a caché sous un sourire la tristesse de la funèbre évocation, offre le Bébé. Elle le met sur les bras du plus ancien qui l'embrasse et reçoit ses caresses, et puis le passe aux autres. Jésus sourit et joue avec les chaînettes et les franges des trois. Il regarde avec curiosité l'écrin ouvert plein d'une matière jaune et brillante. Il rit en voyant que le soleil fait un arc-en-ciel en touchant le brillant du couvercle de la myrrhe. Puis les trois rendent le Bébé à sa Mère et se lèvent. Marie aussi se lève. Le plus jeune des Mages donne à son serviteur l'ordre de sortir, alors on s'incline de chaque côté. Les trois parlent encore un peu. Ils ne peuvent se décider à quitter cette maison. Des larmes d'émotion se voient dans tous les yeux. A la fin ils se dirigent vers la sortie, accompagnés de Marie et de Joseph.


Le Bébé a voulu descendre et donner sa petite main au plus ancien des trois. Il marche ainsi, une main dans la main de Marie, l'autre dans celle du Sage qui se penche pour le conduire. Jésus a le pas encore incertain de l'enfant et rit en frappant du pied la bande lumineuse que fait le soleil sur le pavé. Arrivés au seuil - il ne faut pas oublier que la pièce prenait toute la longueur de la maison - les trois personnages prennent congé en s'agenouillant une dernière fois et en baisant les pieds de Jésus. Marie, penchée sur le Bébé, prend sa petite main et la guide pour faire un geste de bénédiction sur la tête de chacun des Mages. C'est déjà un signe de croix tracé par les petits doigts de Jésus que guide Marie. Puis les trois descendent l'escalier. La caravane est déjà là toute prête et qui attend. Les bossettes des chevaux resplendissent au soleil couchant. Les gens se sont rassemblés sur la petite place pour voir l'insolite spectacle. Jésus rit en battant les petites mains. La Maman l'a soulevé et appuyé au large parapet qui borde le palier. Elle le tient, avec un bras sur sa poitrine pour l'empêcher de tomber. Joseph est descendu avec les trois et tient l'étrier à chacun d'eux pendant qu'ils montent à cheval ou à chameau. Maintenant, serviteurs et maîtres, tout le monde est en selle. On donne le signal du départ. Les trois se courbent jusque sur le cou de leurs montures pour un ultime salut. Joseph s'incline. Marie aussi, et elle se met à guider la petite main de Jésus en un geste d'adieu et de bénédiction.

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Méditation de Saint Pio de Pietrelcina sur l'Epiphanie


Considère, mon âme, les trois rois mages qui, entièrement donnés à leurs études astronomiques, virent apparaître dans le ciel une nouvelle étoile ; ils admirèrent dans le nouvel astre une lumière tout à la fois nouvelle et mystérieuse. Déjà instruits de ce que l’apparition d’un nouvel astre annoncerait la venue sur la terre du Messie attendu, une lumière bien plus resplendissante et merveilleuse illumine leur esprit. Le travail intérieur de la grâce les remue et les emplit de ferveur. Prêts désormais à répondre à l’appel divin, ils abandonnent tout, jusqu’au confort de leurs palais, et affrontent un voyage long, désastreux et incertain ; pendant l’une des saisons les moins favorables, ils partent à la recherche de celui qui les appellent pour se manifester à eux, pour qu’ils l’adorent, lui présentent leurs hommages comme au roi suprême du ciel et de l’univers entier. L’étoile, symbole de la foi, les meut et les guide vers celui qui les appelle intérieurement par l’impulsion de la grâce, car personne ne peut aller à lui s’il ne l’attire. Jésus appelle les pauvres et simples bergers par le moyen des anges, afin de se manifester à eux. Il appelle les savants (mages) par l’étoile de leur science, et tous, mus par l’influence intérieure de sa grâce, courent à lui pour l’adorer. Il nous appelle tous par ses inspirations divines, et se communique à nous par sa grâce. Combien de fois ne nous a–t-il pas, nous aussi, amoureusement invités ? Et nous, avec quelle rapidité avons-nous répondu ? Mon Dieu, je rougis et je me sens plein de confusion de devoir répondre à une telle question ! Que n’a-t-il entrepris pour se faire chemin de notre cœur et l’approcher du sien, ne se rebutant pas de notre misère ! Mais qu’est-ce que l’homme que tu en prennes souci ? Tu abandonnes ton palais céleste pour aller à la recherche de la brebis perdue. Tu te manifestes à elle, et par les impulsions de ta grâce tu l’appelles sans cesse, tu attires son cœur vers toi, afin qu’elle te connaisse de près, t’aime, t’adore. As-tu vraiment besoin d’elle pour être pleinement heureux dans ton paradis ? Non, c’est ta bonté ordinaire qui te pousse vers elle, c’est ton amour qui aime à se répandre et à la conquérir, pour la rendre heureuse de cette même félicité dont tu es rempli. O Jésus, nous sommes un rien laid, et c’est justement pour cela que tu nous cherches : pour nous donner ton être divin, par l’opération et la communication de ta grâce. O Jésus, qui pourra te résister ? Fais que, pauvre comme je suis, je te demande tout ce dont j’ai besoin pour te plaire, qui vienne de toi et te soit agréable. Donne –moi et conserve en moi cette foi vive qui me fasse croire et agir pour ton seul amour. Et ceci est le premier don que je te présente et, uni aux saints mages, prosterné à tes pieds, je confesse sans aucun respect humain devant le monde entier que tu es notre seul et vrai Dieu.


Les mages arrivèrent à Jérusalem et ne trouvèrent aucun signe extérieur de fête, comme ils l’auraient pensé, pour le grand avènement du nouveau roi. L’étoile qui les guidait, quand ils entrèrent dans la ville, disparut à leurs yeux. Leur foi est coulée dans un ciment solide ; ainsi ils n’hésitent pas : fermes dans leur foi, ils demandent des nouvelles du Messie né. Personne ne sait quoi leur dire. Les gens de ce monde, engouffrés dans leurs affaires, vivent dans l’obscurité et dans l’erreur ; ils n’ont nulle pensée quant à leur salut éternel, ils ne sont nullement empressés de savoir qu’il est venu, ce Messie attendu avec des soupirs par les païens, prophétisé et prédit par les prophètes. Alors, les mages, qui suivent l’impulsion de la grâce et de la ferveur, fermes dans l’espérance de trouver celui que le peuple n’a pas voulu reconnaître et a rejeté du milieu de lui, vont vers Hérode. Lui, il doit savoir où est né le vrai roi des Juifs. Mais là aussi c’est la désillusion, car lui non plus ne sait rien. Cachant sa méchanceté et la peur que ce nouveau roi, tant désiré par Jacob et ses descendants, lui conteste son trône, et simulant un sentiment de zèle religieux, il demande à savoir où les prophètes dirent que devait naître le Messie et si le temps prédit par Daniel était déjà achevé. S’en étant assuré, il le révèle aux mages, et leur recommande que, quand ils l’auraient trouvé, ils reviennent ici pour que lui-même puisse aller l’adorer et lui rendre les honneurs qui lui sont dus. Quelle ruse ! Combien d’impiété se cache-t-elle derrière ce zèle feint ! Et quelle foi que celle des mages ! Ceux-ci, ayant appris le lieu où le Messie devait être né, se remettent en route, fermes et convaincus qu’ils découvriraient celui qui, caché, appelle à lui les cœurs qui le cherchent en vérité et dans une charité ardente. A peine sortis de Jérusalem, voici que l’étoile leur apparaît à nouveau et les précède, afin qu’ils ne s’égarent pas en chemin. La foi nous guide, nous aussi ; et nous, à la suite de sa lumière, nous parcourons sûrement le chemin qui conduit à Dieu, à sa patrie, comme les saints mages, sous la garde de l’étoile, symbole de la foi, arrivent au lieu désiré. L’étoile s’arrête au-dessus de la grotte et eux, illuminés par la grâce divine, reconnaissent dans cette masure le palais du roi du ciel nouveau-né. Emus, ils entrent ; mais que leur est-il donné à voir pour qu’ils reconnaissent le roi divin, le Messie ? Quelle certitude est la leur, face à tant de pauvreté, que ce bébé tremblant qu’ils voient dans les bras d’une jeune fille, est leur Dieu ? Qu’est-ce qui le leur révèle, de telle sorte qu’ils s’abîment dans une profonde adoration devant lui ? Qu’ils montrent qu’ils sont venus de loin pour l’adorer et le vénérer, pour apporter en tribut devant lui les honneurs comme au roi des rois, alors qu’aucune cour céleste ou terrestre ne l’entoure ? Mais Jésus les a appelés pour se manifester à eux. Il les attirés à lui pour qu’ils le reconnaissent. L’émotion intérieure les fait se prosterner à terre. Les mouvements internes de la grâce révèlent à leurs âmes que ce tendre nouveau-né est Dieu et homme, qu’il est le vrai Messie. Les battements fréquents et précipités de leurs cœurs leur confirment qu’il est leur Dieu incarné. Ainsi prosternés à terre, ils humilient devant l’Eternel fait enfant, leur dignité royale. Ils le reconnaissent, l’adorent, l’aiment, lui apportent en tribut les honneurs royaux, se placent sous sa domination divine et s’offrent à lui avec tout ce qu’ils ont et qui leur appartient. Ils embrassent avec transport ces petits pieds divins, que sa gracieuse mère leur propose d’embrasser,et, après avoir épanché leurs cœurs enflammés d’amour, ils lui offrent trois présents : l’encens car ils le reconnaissent comme leur Dieu, la myrrhe car il est homme, l’or car il est roi. Avertis ensuite en songe par un ange de s’en retourner par un autre chemin dans leur pays, et ainsi de ne pas donner satisfaction à la méchanceté d’Hérode, ils s’en vont de Bethléem, mais seulement de corps, car ils laissent là leurs cœurs. Eux, brûlants de zèle pour la gloire de Dieu, transformés en apôtres, répandent dans leurs peuples par l’exemple et la parole la bonne odeur de Jésus Christ ; ils proclament les merveilles de Dieu, que leurs yeux ont vues et que leurs cœurs ont goûtées. Ils professent sans respect humain leur foi et l’espérance à venir en cet enfant, qu’il sera le Sauveur. Par ses mérites, ils participeront un jour, avec tous les disciples de l’Evangile, à sa gloire dans la bienheureuse patrie du ciel. L’amour ne souffre pas de retard, et eux, à peine revenus, ne se reposent pas de leurs fatigues, mais font connaître et aimer celui qui, par l’action de la grâce, avait conquis leurs cœurs, les emplissant de cette charité qui aime se répandre, parce que le cœur, dans sa petite masse, ne peut la contenir et aime communiquer ce qui le remplit. O Jésus, avec les saints mages nous t’adorons, avec eux nous t’offrons les trois dons de notre foi te reconnaissant et t’adorant comme notre Dieu humilié par amour pour nous, comme cet homme revêt de la fragile chair pour souffrir et mourir pour nous ; et, mettant notre espérance en tes mérites, nous sommes assurés de parvenir à la gloire éternelle. Par notre charité, nous te reconnaissons souverain d’amour de nos cœurs, priant pour que, dans ta bonté infinie, tu daignes agréer ce que tu nous as toi-même donné. Daigne transformer nos cœurs comme tu as transformé ceux des rois mages et ais encore que nos cœurs, ne pouvant contenir les ardeurs de ta charité, te proclament aux âmes de nos frères afin de les conquérir. Ton règne n’est pas loin et tu nous feras participer à ton triomphe sur terre, puis participer à ton règne au ciel. Fais que, ne pouvant contenir les dons de ta charité divine, nous prêchions par l’exemple et par les œuvres la royauté divine. Prends possession de nos cœurs dans le temps afin de la posséder dans l’éternité ; que jamais nous ne nous retirions de dessous ton sceptre : ni la vie ni la mort ne valent que nous nous séparions de toi. Que notre vie soit une vie qui puise en toi à larges gorgées d’amour, pour se répandre ensuite sur l’humanité ; qu’elle nous fasse mourir à chaque instant, afin de vivre seulement de toi, afin que tu sois répandu en nos cœurs.

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Prions


Aujourd'hui, Seigneur, Vous avez révélé Votre Fils unique aux Nations, grâce à l'étoile qui les guidait; daignez nous accorder, à nous qui Vous connaissons déjà par la Foi, d'être conduits jusqu'à la claire vision de Votre splendeur. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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24 décembre 2009

Nativité du Seigneur

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Nativité du Seigneur

Prions pour que cet Enfant apporte au monde cette Paix qui lui manque tant, spécialement en Terre Sainte. 

Prions pour que cet Enfant donne aux malades le secours dont ils ont besoin, et qu'Il nous donne le courage et la Foi de nous conduire en Chrétiens responsables envers tous ceux qui nous entourent.

Qu'en ce beau jour l'Enfant Jésus vienne naître dans tous les coeurs et qu'Il vienne faire naître en nous son Innocence, sa paix et qu'Il règne!


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Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (2: 1-17)


En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre — ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. — Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple: Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. » Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu'à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d'y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

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Méditation de Saint Padre Pio sur Noël


C’est au cœur de la nuit, au cours de la saison la plus rigoureuse, dans la grotte la plus glaciale, habitation des troupeaux plus que d’une créature humaine, que vint à la lumière, à la plénitude des temps, le Messie promis – Jésus – le Sauveur des hommes. Aucun bruit autour de lui ; un bœuf et un âne réchauffent le pauvre Enfant nouveau-né ; une femme humble, un homme pauvre et fatigué en adoration devant lui. Ne se font entendre que les vagissements et les pleurs de Dieu devenu enfant. Et par ces pleurs, par ces vagissements, il offre à la justice divine la première rançon pour notre réconciliation. Depuis plus de quarante siècles il est attendu ; c’est avec des soupirs que les Patriarches en avaient invoqué la venue ; les auteurs sacrés avaient prophétisé clairement et le lieu et l’époque de sa naissance… Pourtant tout est silence et il semble que nul ne sait rien de ce grand avènement. Un peu plus tard seulement, des bergers qui gardaient leurs troupeaux dans les champs viennent lui rendre visite. Ils ont été avertis par des esprits célestes de cet avènement grandiose, et invités à se rendre à la grotte où il se trouve. Qu’ils sont nombreux et importants, ô chrétiens, les enseignements qui partent de la grotte de Bethléem ! Oh, comme notre cœur doit se sentir brûlant d’amour pour celui qui s’est fait toute tendresse pour nous ! Comme nous devrions avoir au cœur le désir de conduire le monde entier à cette humble grotte, refuge du roi des rois, plus grande que tout palais humain, parce que trône et demeure de Dieu ! Demandons à ce divin Enfant de nous revêtir d’humilité, parce que seule cette vertu nous fera goûter ce mystère rempli de tendresse divine. Les palais de l’Israël orgueilleux scintillent, mais ce n’est pas en eux qu’est venue au monde la Lumière ! Mettant leur assurance dans la grandeur humaine, baignant dans l’or : ainsi sont les notables de la nation juive ; les prêtres du temple sont pleins de vaine gloire et de superbe ; à l’encontre du sens véritable de la révélation divine ils attendent un Sauveur rabougri, venant dans le monde selon la grandeur humaine et la puissance. Mais Dieu, qui a toujours à cœur de confondre la sagesse de ce monde, balaie leurs projets et, à l’encontre de l’attente de ceux qui sont privés de la sagesse divine, descend parmi nous dans la plus grande abjection, renonçant à naître dans l’humble maison de Joseph ou même dans celle d’un parent ou d’une connaissance dans la ville de Juda ; et, en quelque sorte rejeté par les hommes, il demande asile et secours à de vils animaux, choisissant leur demeure comme lieu de sa naissance, leur paille pour réchauffer son petit corps délicat. Il fait en sorte que le premier hommage lui soit rendu par de pauvres et rustres bergers qu’il a lui-même, par l’intermédiaire de ses anges, informés de ce grand mystère. O sagesse et puissance de Dieu ! nous sentions le devoir de nous exclamer – entrés en extase avec ton Apôtre – combien tes jugements sont incompréhensibles et insondables tes voies ! Pauvreté, humilité, abjection et mépris entourent le Verbe fait chair ; nous, cependant, nous comprenons une chose de cette obscurité dans laquelle le Verbe fait chair est enveloppé, nous entendons une parole, nous entrevoyons une vérité sublime : Tout cela, il l’a fait par amour ; il ne nous invite qu’à l’amour, il ne nous parle que d’amour, il ne nous donne que des preuves d’amour. L’Enfant céleste souffre et gémit dans la crèche, afin que la souffrance nous devienne aimable et méritoire, afin que nous la recherchions : il manque de tout afin que nous apprenions de lui le renoncement aux biens terrestres, il prend plaisir en ces pauvres et humbles adorateurs, pour nous pousser à aimer la pauvreté et à préférer la compagnie des petits et des simples à celle des grands de ce monde. Ce petit Enfant, qui est tout mansuétude et douceur, veut insuffler en nos cœurs, par son exemple, ces vertus sublimes, afin que dans ce monde déchiré et bouleversé surgisse une ère de paix et d’amour. Par sa naissance il nous indique notre mission : mépriser ce que le monde aime et recherche. Oh ! Prosternons-nous devant la crèche, et avec le grand saint Jérôme, le saint enflammé d’amour pour Jésus enfant, offrons-lui tout notre cœur, sans réserve ; et promettons-lui de suivre les enseignements qui viennent à nous depuis la grotte de Bethléem, et peuvent presque se résumer en ceci : Vanité des vanités, tout est vanité.

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Prière à l'Enfant Jésus

O Saint Enfant-Jésus qui répandez Vos Grâces sur ceux qui Vous invoquent, regardez-nous prosternés devant Vous et écoutez notre prière. Nous Vous recommandons tous les nécessiteux qui se confient à Votre Divin Coeur. Etendez sur eux Votre main toute-puissante et venez au secours de leur indigence. Etendez la main sur les malades pour les guérir et sanctifier leurs peines; sur les affligés pour les consoler; sur les pécheurs pour les attirer à la lumière de Votre grâce; sur ceux qui, accablés par la douleur et la misère, invoquent avec confiance Votre aide pleine d'Amour. Etendez la main encore sur nous pour nous bénir. Accordez ô Petit Roi, les trésors de Votre Miséricorde au monde entier et gardez-nous maintenant et toujours dans la grâce de Votre Amour! Amen.

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Saint François d'Assise invente la crèche de Noël

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Saint François d'Assise invente la crèche de Noël

C'est en effet François d'Assise qui créa la première crèche que tu retrouves souvent sous l'arbre de Noël. Voici donc cette belle histoire... Nous sommes en 1223 et François se trouvait à Greccio, une ville de l'Italie. Il dit à l'un de ses amis, qui avait mis à la disposition des frères une grotte dans la montagne: "Je veux célébrer Noël avec toi, cette année, dans la grotte. Tu y installeras une mangeoire pleine de foin. Fais venir un bœuf et un âne. Il faut que cela ressemble à la crèche où est né Jésus". Et tous les habitants de la ville vinrent entourer les frères et assister à la Messe de Minuit. Ils étaient si nombreux, avec leurs cierges et leurs lanternes, que le bois était éclairé comme en plein jour. La Messe fut dite au-dessus de la mangeoire qui servait d'autel. La légende raconte que tout à coup, l'ami de saint François vit un petit enfant étendu dans la mangeoire. Il avait l'air endormi...Et François s'approcha, prit l'enfant tendrement dans ses bras. Puis le petit bébé s'éveilla, sourit à François, caressa ses joues et saisit sa barbe dans ses petites mains ! Et cet ami comprit que Jésus avait semblé endormi dans le cœur des humains et que c'est François qui l'avait réveillé par sa parole et par ses exemples. François, qui assistait le prêtre à l'autel en qualité de diacre, parla si bien à la foule de la naissance de Jésus et de ce que veut dire Noël que tous furent remplis d'une grande joie. L'année suivante, les habitants de Greccio avaient raconté avec tant d'admiration les merveilles de cette belle nuit de Noël que, un peu partout, on se mit à reconstituer, dans des grottes ou des étables, la scène touchante de la naissance de Jésus. Et c'est pourquoi maintenant, nous avons partout des crèches à Noël; on dit même que le mot vient du nom de la ville de Greccio.

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21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 13/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Treizième mardi

Saint Antoine de Padoue dans la gloire


Notre Bienheureux Père saint Antoine a donc quitté cette terre, le lieu de son exil, et il est entré dans le lieu de son repos, au séjour de la gloire, dans le beau Paradis! O le Paradis, le beau Paradis! Ah! chaque fois que nous essayons de parler de la beauté du ciel et du bonheur des élus, notre entendement se confond et notre langue reste muette. Le grand docteur de l'Eglise, saint Augustin, voulut un jour, à la prière de Sévère, son ami, faire un Traité sur la beauté du ciel. Se disposant à écrire à saint Jérôme pour le consulter sur une matière si difficile, tout-à-coup, c'est lui-même qui le raconte, une lumière insolite et que rien ne peut dépeindre, éclaire sa cellule et la remplit de parfums dune suavité inconnue. Etonné et comme hors de lui-même, il entend alors clairement une voix qui lui dit: Que veux-tu donc faire, Augustin? Crois-tu pouvoir enfermer dans une petite coupe la mer tout entière; embrasser la terre avec ta main? Veux-tu voir ce que l'œil n'a point vu, comprendre ce qui est incompréhensible?... C'était la voix de saint Jérôme, mort ce jour-là même à Bethléem, et qui, au moment de son entrée en Paradis, veut faire sentir à Augustin qu'un tel bonheur est indescriptible. Va, en effet, l'Apôtre saint Paul, rappelant les paroles du prophète Isaïe, dans sa première épître aux Corinthiens, leur dit: L'œil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, et le cœur de l'homme n'a jamais compris ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment. Un peu plus tard, dans sa dernière lettre aux Corinthiens, il parle de son grand ravissement jusqu'au troisième ciel; et là il entendit et vit des choses si merveilleuses et si souverainement belles que sa langue demeure radicalement incapable de les redire! Lucifer lui-même qui avant sa chute a joui de l'ineffable beauté de Dieu, est incapable d'en donner une peinture, bien qu'il en ail conservé le souvenir, comme il l'a confessé plusieurs fois dans des exorcismes. Un Religieux de l'Ordre de saint Dominique faisant un jour un exorcisme, adressa au démon cette question: Dieu est-il beau ? Le démon lui répondit par la bouche du possédé: Je l'ai vu un peu plus d'un moment; mais si je pouvais le voir encore une fois de même, je souffrirais volontiers jusqu'au jour du jugement toutes les peines des damnés dans l'enfer! Une autre fois, c'était en 1634, aux célèbres exorcismes de Loudun. Là, on exorcisait plusieurs possédés. L'exorciste interrogea aussi le démon et lui dit: Que ferais-tu pour voir le bon Dieu? Je consentirais à grimper le long d'une colonne qui irait du fond des enfers jusqu'au sommet du ciel, toute hérissée de pointes aigües, de lames tranchantes, d'épines déchirantes; je consentirais en outre à souffrir dix mille ans, uniquement pour avoir le bonheur de contempler Dieu dans le ciel, durant une seule minute! Ah! si les hommes lavaient ce qu'ils perdent, en perdant la grâce de Dieu! Pour nous, âmes pieuses, ne nous exposons jamais à perdre la grâce du bon Dieu ; mettons-nous sous la protection des Saints, nous qui sommes les enfants! des Saints et qui attendons comme eux une vie meilleure dans le beau Paradis. Car, dit saint Augustin, si nous ne pouvons décrire la beauté du ciel, nous pouvons, si nous le voulons, acquérir le ciel les Saints, les amis du bon Dieu! déjà, dès ici-bas, ils avaient comme un avant-goût du Paradis, lorsque le bon Dieu les favorisant de ses grâces de choix, ils étaient ravis hors d'eux-mêmes dans de douces et célestes extases. Notre Père saint François entendit un jour un Ange jouant d'un instrument de musique, et il faillit en mourir de plaisir. Le bienheureux Bernard de Quintavalle, son premier disciple, étant triste, un jour fut consolé par l'apparition d'une simple main qu'il vit dans les airs : cette main tenait un archet, et en donna un seul coup du ciel vers la terre, et il s'en dégagea une harmonie si grande, une douceur si excessive, que si la main, dit-il lui-même, avait ramené l'archet de la terre vers le ciel, son âme se serait séparée de son corps, tant la mélodie qu'il entendait était suave. Est-ce que saint Joseph de Copertino, à la seule vue d'une image de Marie, n'a pas été plusieurs fois soulevé de terre dans de grands ravissements? Nous avons connu nous-même un jeune Religieux que la simple pensée de la beauté de la sainte Vierge faisait tomber en extase! Tâchons donc de devenir nous-mêmes des saints en imitant leurs vertus. Nous oublions trop tout ce que, en vivant saintement, nous pourrions faire de bien sur la terre. Que d'âmes dans le Purgatoire seraient délivrées de leurs peines! que de pauvres âmes pécheresses obtiendraient la grâce de leur conversion! et quelle belle couronne nous nous préparerions aussi nous-mêmes, pour le beau Paradis! Voici un exemple choisi entre mille de ce qu'une âme pieuse peut obtenir de Dieu, par l'intercession des Saints, et surtout par l'invocation de la Reine des Saints, Marie notre tendre Mère. Une servante de Dieu, la sœur Séraphine de Capri priant un jour la sainte Vierge dans la Neuvaine de son Assomption, lui demanda la conversion de mille pécheurs et elle craignit ensuite d'en avoir demandé trop; mais la Mère du Sauveur lui apparut et la reprit de sa vaine appréhension, en lui disant: Pourquoi crains-tu? ne suis-je pas assez puissante pour obtenir de mon Fils le salut de mille pécheurs. Cela est déjà fait, les voilà. Alors, elle la conduisit en esprit dans le Paradis, et elle montra des âme sans nombre, qui avaient mérité l'enfer, et qui, sauvée par son intercession, jouissaient de la béatitude éternelle! Si nous voulons donc faire beaucoup de bien si la terre et obtenir par là un jour nous-mêmes la grâce du Paradis, pratiquons dès ce moment, tout ce que les saints ont pratiqué, soyons nous-mêmes des saints et surtout ayons, comme eux, à l'exemple de saint Antoine, une dévotion vraie, sincère, toute filiale envers la Très sainte Vierge Marie! Car nous le rappelons en terminant: Un vrai serviteur, une vraie servante de Marie ne saurait périr. Louée soit donc à jamais la bonté infinie de notre Dieu qui a daigné nous donner dans le ciel une avocate telle que Marie, laquelle comme Mère de notre Juge et comme Mère de miséricorde, peut intercéder efficacement pour nous dans la grande affaire de notre salut, et nous introduire, après cet exil, dans le beau Paradis !


Exemple


Un homme résidant près de Padoue, voulant connaître par les démons certaines choses secrètes, se plaça une nuit dans un cercle magique avec un certain clerc qui par l'art de la magie savait invoquer les démons. Lors donc que cet homme fut placé dans le cercle et que le susdit clerc eut invoqué les démons, ceux-ci accoururent avec grand fracas et de grands rugissements. Et comme cet homme épouvanté ne savait quoi dire aux démons, les esprits infernaux, séance tenante, lui arrachèrent la langue de son palais et les yeux de sa tête. Après ce terrible traitement, salaire de sa coupable imprudence, cet homme, brisé extérieurement par la douleur de ses yeux arraché» et de sa langue détruite, et extérieurement par l'énormité de sa faute et l'impossibilité de la confesser à un prêtre, eut recours à l'intercession de saint Antoine et mit toute sa confiance en lui. Il se rendit donc au couvent des Franciscains et là passa de longs jours et de longues nuits à prier et conjurer le Seigneur de lui venir en aide par la puissante intercession du grand Thaumaturge saint Antoine. Or, un jour tandis que les Religieux chantaient à la messe le Benedictus qui venit in nomine Domini et que le prêtre élevait la sainte Hostie à la consécration, de nouveaux yeux revinrent à cet homme, à la place des premiers. Un tel miracle groupa immédiatement autour de lui tous les assistants, et ils s'unirent à lui d'un seul cœur et d'une seule âme pour conjurer le Seigneur qu'il daignât, dans sa grande bonté et par les mérites du Thaumaturge, compléter cette œuvre sainte pour cet infortuné, en lui rendant aussi sa langue. Lorsque le chœur eut entonné l'Agnus Dei, et qu'il eut terminé le chant par les mots: dona nobis pacem Dieu, dans sa bonté rendit à cet homme la langue et la parole, et celui-ci s'en servit sur le champ avec une indicible joie pour remercier le Seigneur et chanter les louanges du grand Thaumaturge saint Antoine.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 12/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Douzième mardi

La mort de Saint Antoine


Pieux lecteurs, nous allons voir aujourd'hui combien est douce la mort de ceux qui toute leur vie ont bien servi le bon Dieu et qui ont beaucoup aimé la Sainte Vierge. La mort des justes est précieuse aux yeux du Seigneur. La mort de notre Bienheureux fut bien la mort du juste. Toute sa vie n'avait été qu'un long acte d'amour pour Dieu, une glorification non interrompue de Marie Mère de Dieu ! Aussi celle qu'il aimait tant à invoquer sous le beau titre: O Gloriosa Domina, comme une bonne et tendre Mère, vint le consoler à l'heure suprême. Notre saint malade, avant de rendre sa belle âme à Dieu, voulut une dernière fois saluer sa Mère, et il chanta, d'une voix presque éteinte, son hymne favorite: O Gloriosa Domina, et tandis qu'il la chantait, il vit la glorieuse Reine du ciel se présenter à lui, avec son divin Fils Jésus. Comme son visage, à ce spectacle rayonnait d'une splendeur toute céleste, et comme il tenait les yeux fixés en haut, un de ses Frères lui dit : " Que voyez-vous donc, vénéré Père? Je vois, répondit le Saint, je vois Jésus et sa très sainte Mère qui m'invitent à les suivre en Paradis! Quelques moments après, son âme se détacha doucement de son corps, et les suivit en Paradis! La mort qui effraie tant les âmes négligentes, et qui est horrible pour les pécheurs, la mort, elle est pleine de douceur pour les âmes justes! Car tel que mourut saint Antoine, notre aimable Père, ainsi meurent tous ceux qui, comme lui, ont beaucoup aimé Jésus et Marie sur la terre. Mais qui donc peut nous dépeindre mieux combien est précieuse aux yeux de Dieu la mort des Saints que les Saints eux-mêmes? Nous laisserons donc parler les Saints, et nous tâcherons, âmes pieuses, de bien comprendre tout leur céleste langage. Saint Jean de la Croix, dans ses Cantiques intitulés: Vive Flamme d'Amour parle ainsi de la mort des justes: La mort des âmes qui ont brûlé de l'amour de Dieu est souverainement suave et douce. La douceur de mourir surpasse tout ce qu'elles ont jamais ressenti de plus doux dans le cours de leur vie spirituelle. La cause de cet inénarrable plaisir qu'elles goûtent en mourant, c'est qu'elles succombent à la force même de l'amour divin. Près de s'unir à Dieu, elles commencent à entrevoir sa beauté qui va se donner à elles et les transformer en soi, et l'impression de béatitude divine, causée par cette vue, est si puissante qu'elles succombent. Ainsi leur mort commence par un élan extatique d'amour qui brise leurs liens et se termine par la claire vision et la pleine possession de Dieu. C'est pour cela que les Saints, au lieu de craindre la mort, soupiraient après elle, trouvant trop long leur exil sur la terre, et la désiraient avec une ardeur irrésistible. Le grand Apôtre avait ce désir, lorsque, écrivant aux Philippiens, il leur disait: Ma vie c'est Jésus-Christ et la mort m'est un gain. Que si cependant je demeure plus longtemps dans ce corps mortel, je tirerai du fruit de mon travail: aussi je ne sais que choisir; je me trouve pressé des deux côtés: car, d'une part, je désire être dégagé des liens du corps et être avec Jésus-Christ, ce qui est sans comparaison le meilleur ; et de l'autre, il est plus utile pour vous que je demeure encore en cette vie! Ecoutons maintenant saint Alphonse parlant de la séraphique Thérèse de Jésus: La mort, objet de la plus grande frayeur des mondains, est ce que désirent le plus les amis de Dieu. Les uns appellent cette vie une prison: saint Paul l'appelle une véritable mort! Mais qui pourrait exprimer la tristesse et les angoisses extrêmes que le désir de mourir faisait éprouver à notre Sainte, surtout depuis le temps où Notre Seigneur l'appela à son parfait amour. Elle écrit, dans sa vie, que le désir qu'elle avait de mourir pour aller voir Dieu était si grand, qu'il ne lui laissait pas même le loisir de penser à ses péchés... La Sainte pensant d'ailleurs au danger où elle était durant sa vie d'offenser Dieu et de le perdre, disait qu'un seul jour et même une seule heure lui paraissait un temps trop long. C'est pourquoi elle s'écriait; Hélas! Seigneur, tant que nous sommes en cette misérable vie, la vie éternelle est toujours en danger. O vie, ennemie de mon bien, qui pourra te finir! Je te supporte parce que Dieu te supporte; je te conserve, parce que tu lui appartiens: ne me sois ni perfide, ni ingrate. Oh! quand viendra le bienheureux jour, où je me verrai abîmée dans l'océan immense de la souveraine vérité, où tu n'auras plus la liberté de pécher... Oh! Jésus, que la vie de l'homme est longue! Elle est courte, considérée comme moyen d'acquérir la vraie vie, mais elle est longue pour l'âme qui désire se voir en la présence de son Dieu! En un mot tout son soulagement et toute sa consolation, en cette vie, était de penser à sa mort. Et saint Alphonse parlant lui-même de ce désir de la mort, dans son précieux Livre de La préparation à la mort, dit: Comprenons bien que celui qui offre à Dieu sa mort, fait envers Dieu rade d'amour le plus parfait possible.... Celui qui aime Dieu doit soupirer après la mort. O est un signe de peu d'amour pour Dieu que de n'avoir pas le désir d'aller bientôt jouir de sa vie, avec l'assurance de ne pouvoir plus le perdre Aimons donc le bon Dieu le plus possible, dans cette vie: le degré d'amour que la mort trouvera en nous sera la mesure de l'amour dont nous aimerons Dieu dans le ciel, pour toute l'éternité! Les Pères du désert, les Solitaires de la Thébaïde comprenaient bien cette consolante doctrine, et l'un! d'eux, saint Jean Climaque, nous a laissé sur le désir de la mort, cette parole mémorable: Il est digne de louange, celui qui attend la mort, comme devant arriver chaque jour; mais celui-là est un Saint, qui la désire à chaque heure!


Exemple


Au royaume de Portugal, un homme appelé Pierre de Pierre, riche et puissant, était fort attaché à l'Ordre des Frères-Mineurs: c'est pourquoi il leur concéda dans ses propres terres tout l'emplacement nécessaire pour le couvent et de nombreux matériaux pour le construire. Cependant cet insigne bienfaiteur des Frères tomba gravement malade: or une nuit, le malade étant déjà à l'agonie, quatre Religieux étaient là avec beaucoup d'amis, veillant, priant et attendant son dernier soupir. Le moribond avait près de lui, par dévotion, le grand habit de l'Ordre, avec lequel il désirait être enseveli. Mais voici que deux Frères-Mineurs viennent se placer à son chevet, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche; et l'un des deux lui dit: Pierre, nous connaissez-vous ? Le moribond retrouvant assez de voix pour répondre: Je vous reconnais, dit-il pour des Frères-Mineurs, mais je ne sais pas qui vous êtes. Je suis saint François et celui-ci est saint Antoine: à cause delà dévotion que vous avez toujours eue pour nous et à cause de toutes vos largesses envers nos Religieux qui habitent ce couvent. Dieu nous a envoyés pour vous consoler et vous guérir de cette maladie. Alors le malade adorant le Très-Haut, pria saint François de daigner bénir l'habit qu'il avait avec lui. Le saint accéda à sa prière et tous les deux disparurent. Quant au moribond il recouvra la santé avec tant de célérité que tous les assistants en restèrent comme frappés de stupeur. Pierre vécut encore douze ans, ne gardant la clef d'aucun trésor si ce n'est celle de l'écrin où il renferma le précieux habit qui avait reçu la bénédiction du séraphique Père saint François avec lequel il fut enseveli!


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 11/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Onzième mardi

Dévotion de Saint Antoine envers la Sainte Vierge


Tous les Saints ont eu une dévotion spéciale envers la sainte Vierge, Mère de Jésus et notre Mère. Donc, la dévotion à Marie est un signe de prédestination. Mais saint Antoine, dit le pieux Auteur que nous continuons à citer, brille au premier rang parmi les dévots serviteurs de la sainte Vierge. Il était né le jour de l'Assomption de Marie, et il avait reçu le baptême dans l'église cathédrale de Lisbonne, consacrée aussi à l'Assomption de Marie. Tout petit enfant, il ne pouvait être consolé que par la vue de la sainte demeure de Marie. Par les soins de sa pieuse mère, il grandit dans l'amour de Marie. Dans ses nombreuses pérégrinations, dans sa solitude, dans ses études, il aimait à redire l'hymne de son enfance O Gloriosa Domina! Dans ses tentations, dans les dangers qui menaçaient son corps ou son âme, il appelait à son secours sa bonne Mère, sa Glorieuse Reine. Il chercha à communiquer aux peuples l'ardent amour dont il était embrasé pour Marie. Il a laissé de nombreux et doctes sermons sur les grandeurs et les bontés de sa Glorieuse Reine. Enfin, avant de rendre le dernier soupir, il voulut adresser un dernier et solennel hommage à celle qu'il avait tant de fois appelée la Porte brillante de l'éternelle lumière; et de sa voix mourante il chanta son hymne favorite: O Gloriosa Domina. Ames pieuses, vous qui aimez Marie, et qui voulez à tout prix, par l'intermédiaire de Marie, aller rejoindre un jour saint Antoine et tous les Saints en Paradis, vous qui aimez à répéter, avec t jus ces mêmes Saints, qu'un vrai serviteur, une vraie servante de Marie ne saurait périr, permettez-nous donc de vous expliquer, dans la méditation si douce de ce Onzième Mardi comment il faut entendre cette consolante proposition: Un serviteur de Marie ne peut périr. Mais ce n'est pas nous qui parlerons, c'est un grand docteur et un très aimable Saint, saint Alphonse de Liguori, qui, dans tous ses écrits, mais spécialement dans son beau Livre, son livre d'or Les gloires de Marie a admirablement parlé de notre Glorieuse Reine, la douce Reine du ciel, notre Mère, la très sainte Vierge Marie! Il est impossible, dit saint Alphonse, qu'un serviteur de Marie se perde, pourvu qu'il la serve fidèlement et qu'il se recommande à elle... quand nous disons qu'il est impossible qu'un serviteur de la Sainte Vierge se damne, cela ne s'entend point de ceux qui se prévalent de leur dévotion pour pécher avec plus de sécurité. Il semble donc que, lorsque nous exaltons la miséricorde de Marie envers les pécheurs, on a tort de nous blâmer, sous prétexte que ces malheureux s'en autorisent pour pécher plus librement; car nous disons que de tels présomptueux, parleur téméraire confiance se rendent dignes de châtiment, et non de miséricorde. Ainsi, les pécheurs dont il est ici question, sont ceux qui, au désir de s'amender, joignent la fidélité à servir et à invoquer la mère de Dieu. Pour ceux-ci, je soutiens, il est moralement impossible qu'ils se perdent. Saint Alphonse étudie ensuite les docteurs et les Saints qui l'ont précédé et qui concluent unanimement avec lui, qu'un vrai serviteur de Marie ne saurait périr et il continue: En effet, il est certain, comme l'affirme saint Bernard, que la Bienheureuse Vierge ne peut manquer ni de puissance ni de bonne volonté pour nous sauver. La puissance ne lui manque pas, puisqu'il est impossible que ses prières ne soient pas exaucées, ainsi que l'assure saint Antonin. Saint Bernard dit pareillement que ses demandes ne peuvent jamais être vaines, et qu'elle obtient tout ce qu'elle veut. La volonté de nous sauver ne lui manque pas non plus», puisqu'elle est notre Mère, et qu'elle désire plus notre salut que nous le désirons nous-mêmes. Si donc tout cela est vrai comment un serviteur de Marie pourrait-il se perdre? C'est un pécheur, dira-t-on; mais, si avec fidélité et désir de s'amender, il se recommande à cette bonne Mère, elle se chargera de lui procurer les lumières nécessaires pour sortir de son mauvais état, le repentir de ses fautes, la persévérance dans le bien et enfin une bonne mort. Et quelle est la mère qui, ayant toute facilité d'arracher son fils à la mort, demandant seulement sa grâce au juge, ne le ferait pas ? Comment donc penser que Marie, la Mère la plus tendre pour ceux qui s'attachent à son culte, pouvant délivrer un de ses enfants de la mort éternelle, et le pouvant si facilement, n'en ferait rien? Ah! pieux Lecteurs! remercions le Seigneur, si nous voyons qu'il nous a donné la confiance et l'affection que nous devons avoir envers la Reine du ciel, puisque Dieu, selon saint Jean Damascène, n'accorde cette grâce qu'à ceux qu'il a résolu de sauver. Voici les paroles remarquables par lesquelles ce grand Saint anime son espérance et la nôtre: O Mère de Dieu ! je mets ma confiance en vous, je serai sauvé; si je suis sous votre protection, je n'ai rien à craindre; car, vous être dévoué, c'est avoir des armes qui assurent la victoire, armes que Dieu n'accorde qu'à ceux qu'il veut sauver. Marie est notre Mère, elle nous a adoptés pour ses enfants, au pied de la croix, sur le Calvaire! Oh! heureux ceux qui vivent sous la protection d'une Mère si aimante et si puissante! Le prophète David, bien que Marie ne fût pas encore née alors, demandait à Dieu son salut, en se déclarant fils de Marie, et faisait cette prière: Sauvez-moi, Seigneur! moi qui suis le fils de votre servante. De quelle servante parlait-il, demande saint Augustin, sinon de celle qui a dit: Je suis la servante du Seigneur? Eh ! qui osera jamais, dit le Cardinal Bellarmin, venir arracher du sein de Marie ceux de ses enfants qui s'y réfugient pour échapper à leurs ennemis? O Mère pleine de tendresse! Mère pleine de bonté! soyez à jamais bénie! et béni soit à jamais le Dieu qui vous a donnée à nous pour Mère, et pour Refuge assuré dans tous les dangers de la vie! Ayez donc toujours bon courage, ô vous qui êtes les enfants de Marie et nous savons qu'elle reçoit pour ses enfants tous ceux qui désirent l'être. Courage et confiance! quelle crainte auriez-vous de périr, quand une telle mère vous défend et vous protège ? Voici ce que doit se dire, avec saint Bonaventure, quiconque aime cette bonne Mère et se met sous sa protection: O mon âme! que crains tu? la cause de ton salut éternel ne peut se perdre, puisque la sentence est laissée à la décision de Jésus, qui est ton Père, et de Marie qui est ta Mère! La même pensée rassurait saint Anselme et le remplissait de joie: O heureuse confiance! s'écriait-il, ô refuge assuré ! la Mère de Dieu est ma Mère; avec quelle certitude ne dois-je pas espérer, quand je vois l'affaire de mon salut entre les mains d'un Père si bon et d'une Mère si compatissante! Ecoutons donc la voix de notre Mère qui nous engage à devenir comme de petits enfants, à nous tenir près d'elle et à l'invoquer dans tous nos besoins. Les enfants ont toujours à la bouche le nom de leur mère; et dans tous les dangers qui les menacent, dès que la moindre crainte les saisit, on les entend aussitôt s'écrier: Ma mère, ma mère! Ah ! douce Marie, ma tendre Mère! c'est là précisément ce que vous désirez de nous: vous désirez que, comme vos enfants, nous vous appelions à notre secours dans tous les périls, parce que vous voulez nous protéger et nous sauver, ainsi que vous avez toujours fait, quand vos enfants ont eu recours à vous.


Exemple


L'an 1683, Nicolas Grassi, président de la chambre royale, fut envoyé en mission dans l'Etrurie par le vice-roi de Naples. A son retour, il s'arrêta à Rome, avec toute sa suite, pour vénérer les sanctuaires de cette ville. On était à la fin du carnaval, quand son fils unique tomba malade. Il fut bientôt réduit à la dernière extrémité ; si bien que les médecins l'abandonnèrent. Sa mère était au désespoir; mais parce qu'elle était très dévote à saint Antoine, elle lui adressa de ferventes prières. Le mardi avant les cendres, environ vers trois heures du matin, elle entendit son jeune enfant, qui s'appelait Philippe, prononcer doucement le nom de saint Antoine: elle courut aussitôt vers le lit du pauvre agonisant, et lui demanda ce qu'il voulait. L'enfant se contenta de remuer sa petite main: il semblait lui dire de s'écarter, comme si elle était un obstacle au soulagement qu'il attendait. La mère s'éloigna en effet; mais elle l'entendit répéter avec plus de joie encore, le nom de saint Antoine. Comme elle lui demanda ce que signifiait cette appellation réitérée du Saint, l'enfant lui répondit: J'ai vu un petit Frère, qui portait une robe grise: ce Frère c'était saint Antoine. Il tenait à la main quelques fleurs blanches et rouges, avec un livre sur lequel était assis un petit enfant qui brillait comme s'il était tout en argent. Il ne sut pas en dire davantage; cependant il donna à entendre par ses signes qu'il avait vu autre chose. Bientôt après il entra en convalescence; et le quatrième jour du mois de mars suivant, il était complètement guéri. Quelque temps après, on le porta dans une église où l'on vénérait l'image de saint Antoine. En l'apercevant, il se tourna, vers sa mère et dit: Voilà, Maman, comment était le petit Frère qui m'a guéri. Chaque fois qu'il rencontrait un Franciscain, il répétait: L'habit que portait le petit Frère ressemblait à celui-là. Quand le président fut rentré à Naples avec sa femme et ses enfants, il alla rendre grâce à l'église Saint Laurent: depuis il ne cessait de publier partout la grâce insigne dont il avait été l'objet.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 10/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Dixième mardi

Saint Antoine et la Sainte Eucharistie


La divine Eucharistie! C'est ici que nous retrouvons notre angélique Saint tout entier. Le fameux miracle de la mule rapporté par l'histoire, a rendu son nom célèbre dans tout l'univers. Puisse-t-il donc nous obtenir à tous, maintenant qu'il jouit, dans le ciel, de ce bon Jésus qu'il avait tant aimé sur la terre, puisse-t-il nous obtenir au moins une faible parcelle de cet amour qui le consumait pour Jésus dans la divine Eucharistie! Ah ! fasse le ciel que nous puissions au moins comprendre Un peu les merveilles de la divine Eucharistie que nous allons méditer en ce moment! Notre Seigneur, à la dernière Cène, quand l'heure fut venue, se mit à table, et les douze apôtres avec lui. Et il leur dit: J'ai désiré d'un grand désir de manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir. A ce brûlant désir de se donner à nous dans la sainte communion, notre divin Maître ajoute le précepte formel: et au précepte, afin que nous ne cherchions pas à nous y soustraire, il joint la promesse du Paradis. Il y a plus, il nous menace de l'enfer, si nous refusons de le recevoir. Ces invitations, ces promesses, ces menaces, naissent toutes, dit saint Alphonse, du désir extrême que Jésus a de se communiquer à nous dans ce sacrement de son amour. Le saint Concile de Trente exhorte, conjure, dans sa 13e session, tous et chacun des chrétiens vraiment dignes de ce nom, par les entrailles de la miséricorde divine, de vivre avec une dévotion et une piété telles qu'ils puissent recevoir fréquemment ce Pain super substantiel de la sainte communion. Et à la session 22e, le saint Concile ajoute ces paroles mémorables: Le très saint Concile désirerait que les Fidèles, chaque fois qu'ils assistent à la sainte messe, ne se contentassent pas de faire seulement la communion spirituelle, mais la fissent sacramentalement, afin de retirer plus de fruit de cet adorable sacrifice! De son côté le Catéchisme du Concile, parle de l'obligation grave du devoir pascal, dit: Cependant que les Fidèles ne se persuadent pas qu'il suffit pour entrer dans l'esprit du précepte de communier une seule fois l'an, mais qu'ils considèrent qu'il faut Communier plus souvent dans le cours de l'année. Quant à déclarer s'il convient, pour tous, de communier tous les mois, ou toutes les semaines ou même tous les jours, on ne peut point là-dessus prescrire une règle générale, cependant c'est une Règle très certaine qu'indique saint Augustin, quand il dit: Vivez de telle manière que vous soyez capable de communier tous les jours. Et de fait, continuent les mêmes Pères qui ont composé le Catéchisme, les premiers chrétiens communiaient tous les jours, comme nous le lisons dans les actes des Apôtres. Les mondains et les indifférents ne comprennent rien à la sublimité fie cette doctrine, mais les âmes saintes, dans tous les temps, depuis les premiers chrétiens jusqu'à nos jours, ont toujours eu faim et soif de la communion fréquente. C'est qu'elles connaissaient les avantages divins de la sainte communion. Le même saint Concile de Trente expose ces avantages, lorsqu'il répond, en face du protestantisme naissant, avec une autorité souveraine et dans un langage infaillible, au pourquoi de l'institution de l'adorable Eucharistie. Donc notre Sauveur, avant de quitter ce monde pour retourner vers son Père, institua ce Sacrement, dans lequel il a comme épanché toutes les richesses de son amour divin pour les hommes, en en faisant l'abrégé de toutes ses merveilles. Et en instituant ce Sacrement il a voulu que les hommes le reçussent comme la nourriture spirituelle de leurs âmes; pour entretenir en elles la vie, pour les fortifier, pour les faire vivre de la vie même de Celui qui a dit: Celui qui me mange vivra aussi par moi; et comme un antidote qui nous délivre des fautes vénielles et quotidiennes et qui nous préserve des fautes mortelles! Il a voulu en outre que ce Sacrement fût le gage de notre gloire future et de notre perpétuelle félicité; comme aussi le symbole de l'union de ce corps dont Lui-même est le Chef et dont nous sommes les membres, dans les liens très-resserrés de la Foi, de l'Espérance et de la Charité, afin que nous n'eussions tous qu'un seul et même langage et qu'il n'y eût point de division parmi nous! Après cette sublime et consolante doctrine, que dirons-nous de tant d'âmes, pieuses d'ailleurs, mais qui s'abstiennent, fréquemment peut-être, de s'approcher de la sainte Table, et cela pour des raisons absolument futiles? ô qu'elles le regretteront à leur heure dernière. Il est pourtant si consolant de faire la communion fréquente et aussi souvent que notre Directeur spirituel nous y autorise. Notre Seigneur apparut un jour à sainte Marguerite de Cortone et lui dit: Je sais, ma fille, que tu as faim et soif de la communion fréquente, et en cela tu me plais grandement. Je bénis ton confesseur à qui j'accorderai une grâce toute spéciale, parce qu'il te dirige en ce sens et qu'il te remonte dans tes craintes. Et lorsque mourut ce confesseur, Notre Seigneur révéla à la Sainte qu'il était magnifiquement récompensé dans le ciel!


Exemple


A la mort de saint Antoine de Padoue, les miracles se multipliaient de tous côtés. Ceux que je vais raconter s'accomplirent en faveur de deux esprits prévenus contre le Bienheureux. L'incrédulité est une maladie terrible: la guérison n'en est que plus éclatante. Un soldat nommé Alcardino, du bourg de Salvatiera, peu zélé pour la foi catholique qu'il avait abjurée, entendait parler de tout côté des grands miracles qui s'opéraient au tombeau du bienheureux Antoine; mais il refusait obstinément d'y croire. Sur ces entrefaites, il vint à Padoue; et, comme dans l'hôtellerie où il était logé, les étrangers commentaient, à table, les merveilles qu'on racontait en ville, il dit: J'ai la foi dure: avant de croire à vos propos, je vais jeter cette coupe de verre contre le pavé de la salle: si le thaumaturge dont vous êtes si enthousiastes l'empêche de se casser, je me rendrai à l'évidence. A l'instant même, il prit la coupe, et il la lança de toute la force de son bras contre les dalles de pierre de la salle. Or tandis qu'il aurait suffi de la laisser tomber par mégarde pour qu'elle volât en éclats, ce jour-là, elle rebondit comme si elle était élastique, et resta entière. A la vue du prodige, Alcardino se rangea à l'avis de l'assemblée: il proclama la sainteté d'Antoine et la foi catholique. Depuis il se purifia de ses fautes par une bonne confession. Non content de se soumettre aux lois de l'Eglise, il prêchait partout la puissance du Bienheureux, dont il était la preuve vivante, portant à la main la coupe, désormais frimeuse, dont Dieu s'était servi pour lui ouvrir les yeux. Un autre jour, dans une réunion assez nombreuse, on parlait des miracles en général. Un des assistants vanta beaucoup les miracles du bienheureux Antoine: il cita en exemple le miracle de la coupe de verre que le soldat incrédule avait lancée, de toute sa hauteur, contre les dalles de la salle et qui ne s'était pas cassée. Alors un esprit fort qui écoutait ce récit, voulut faire une plaisanterie : prenant d'une main une coupe vide et de l'autre des sarments desséchés, il dit: Si le bienheureux Antoine fait naître des raisins sur ces sarments, et en assez grande quantité pour qu'en les exprimant je remplisse cette coupe de vin, je crierai au miracle et j'ajouterai foi à celui que vous venez de rapporter. Chose merveilleuse! il avait à peine fini de parler, que les sarments commencèrent à verdir. Ils se couvrirent de feuilles comme au printemps: enfin, on vit naître des raisins qui fleurirent d'abord et arrivèrent bientôt à leur pleine maturité Quand on les pressa dans la main, le vin qui en coula remplit, la coupe de verre jusqu'au bord. Ce prodige rendit les témoins stupéfaits: ceux qui se moquaient du Saint devinrent ses panégyristes.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 9/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Neuvième mardi

Amour de Saint Antoine pour la pauvreté


Bienheureux les pauvres d'esprit, car le royaume des cieux est a eux. Ce fut par ces paroles que le Sauveur du monde commenta, son admirable sermon sur la montagne. Notre Seigneur voulait ainsi établir la pauvreté volontaire pour fondement delà perfection évangélique. Et il nous prêcha lui-même la sainte pauvreté par son exemple. Il naquit dans une étable, pauvre: il vécut toute sa vie, pauvre: il n'avait pas même un denier quand il fallut payer le tribut à César: il n'avait pas non plus de maison où il pût célébrer la Pâque avec ses disciples ; et il n'avait pas même de demeure où il pût se reposer: Les renards ont des tanières; les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. La première des huit Béatitudes est donc pour les pauvres d'esprit, c'est-à-dire les pauvres de cœur et d'affection ; s'ils n'ont point de richesses, ils n'en désirent pas; s'ils en ont, ils n'y attachent pas leur cœur. Et combien est grande la récompense que Notre Seigneur promet à tous ceux qui voudront le suivre dans les voies de la sainte pauvreté! Ce n'est pas seulement la vie éternelle qu'il promet, cet adorable Maître, mais même le centuple des cette vie, en ce monde. Quiconque quittera sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, pour l'amour de moi, recevra le centuple présentement, dans ce siècle même, et dans le siècle à venir la vie éternelle. Tous les pauvres volontaires, c'est-à-dire toutes les âmes religieuses qui quittent tout pour l'amour de Dieu, et qui s'attachent à lui par le triple vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, ont droit à cette magnifique récompense promise par Jésus-Christ notre divin Maître. Tous les Saints ont suivi Notre Seigneur dans les sentiers de la pauvreté, mais aucun, ce semble, n'a été passionné pour la pauvreté, comme saint François notre Père. Or, le Saint que nous glorifions en ce moment, saint Antoine de Padoue, a été, dit la sainte Eglise, un digne émule de son Séraphique Père. En faisant donc l'éloge de l'un, nous faisons aussi l'éloge de l'autre. Tout le monde sait, tant cet aimable Saint reste toujours populaire, tout le monde sait que saint François aimait éperdument la sainte Pauvreté, qu'il appelait sa Dame, sa Maîtresse, sa Reine!Nous lisons dans la vie de saint François, qu'à l'origine de son Ordre, le nombre des disciples de la pauvreté croissait admirablement à l'ombre du délicieux sanctuaire de Sainte Marie des Anges. Ce charitable Père, en effet, portait tous ses enfants dans son cœur, et là, dans ce doux Sanctuaire, sous le regard de Marie, il les élevait avec la tendresse d'une mère. Il était le premier à aller demander l'aumône déporte en porte, pour subvenir à leurs besoins; quelquefois même il y allait seul pour leur éviter les premières confusions de la mendicité, si naturelles, du reste, à des hommes à peine sortis du siècle et de ses serviles vanités. Il fallait pourtant leur apprendre à demander résolument l'aumône pour l'amour de Dieu; et c'est pourquoi il leur tint ce discours. Mes Frères et mes Enfants bénis ! n'ayez point de honte d'aller demander l'aumône, puisque Notre Seigneur s'est rendu pauvre en ce monde pour l'amour de nous, et qu'à son exemple, nous avons choisi l'état de la plus parfaite pauvreté. Allez donc, avec la bénédiction de Dieu, demander l'aumône, et cela avec une confiance plus grande que celui qui irait offrir cent pour un. Car, c'est l'amour de Dieu que vous offrez en la demandant, puisque vous dites: faites-nous l'aumône pour l'amour de Dieu, et que le ciel et la terre ne sont rien, comparés à ce divin amour. Il leur disait encore avec la même simplicité: Le pain que la sainte pauvreté fait ramasser de porte en porte est le pain des anges, parce que ce sont les bons anges qui inspirent aux fidèles de le donner pour l'amour de Dieu. Le Très-Haut a donné les Frères Mineurs au monde dans ces derniers temps, afin que les élus puissent pratiquer ce qui les fera glorifier par le Souverain Juge, lorsqu'il leur adressera ces paroles si consolantes: Ce que vous avez fait à l'un des plus petits de mes Frères, c'est à moi-même que vous l'avez fait. Puisse cette dernière parole du Pauvre d'Assise réjouir le cœur de toutes les personnes qui continuent toujours, avec la même générosité, à donner le pain de chaque jour, à ses enfants pauvres ! Et daigne le Seigneur exaucer les prières que ces mêmes pauvres font aussi monter tous les jours au ciel, en témoignage de gratitude pour ces âmes charitables qui ici, au Canada, les inondent de leurs abondantes aumônes ! O bon Jésus, vous le vrai Père des pauvres, faites donc bien comprendre à toutes ces charitables Bienfaitrices des enfants du Pauvre d'Assise, et le grand mérite de l'aumône faite au pauvre, et le grand prix en retour, de la prière du pauvre! puisque l'aumône délivre de la mort et que c'est elle qui lave les péchés et fait trouver la miséricorde et la vie éternelle! Et la prière des pauvres, vous l'exaucez toujours, Seigneur: Vous exaucez jusqu'au désir des pauvres: votre oreille entend même la simple préparation de leur cœur! Et vous toutes, âmes si bonnes et si charitables, continuez à renfermer l'aumône dans le cœur des pauvres; et cette aumône, l'Esprit-Saint vous l'assure, prier pour vous et elle vous préservera de tout mal.

Exemple


On sait que dans l'Ordre de saint François qui a toujours été si prodigieusement nombreux dès son origine, les Religieux, qui, comme tous les autres ne possèdent rien en propre, ne possèdent aussi rien en commun. La Règle dit absolument: Que les Frères ne possèdent rien en commun, ni maison, ni lieu, ni aucune autre chose sous le ciel; mais comme des pèlerins et des étrangers dans ce siècle, qu'ils servent le Seigneur dans la pauvreté et l'humilité et qu'ils aillent avec confiance demander l'aumône. Ils vivent depuis près de sept siècles, sur l'unique fonds de la divine Providence. Cependant l'histoire générale de l'Eglise fait remarquer que dans les épidémies, les famines, les plus extrêmes détresses, jamais Franciscain, que l'on sache, n'est mort de faim. Il y a eu pourtant des époques pénibles où les Enfants de saint François se trouvèrent dans de grandes angoisses. Nous, ne voulons en citer qu'un exemple. Dans la Mission de Terre-Sainte, à l'époque des persécutions sanglantes et dans un moment de détresse générale, les Franciscains allaient manquer réellement de pain pour eux et leurs pauvres de Jérusalem. On n'envoyait presque plus d'aumônes des pays catholiques, et les Juifs, à qui il fallut recourir, faute d'autres, pour les nécessités indispensables, les Juifs eurent assez peu de cœur, pour nous prêter, alors que nos pauvres se mouraient de faim, au taux inqualifiable de cinquante pour cent! Pauvres Juifs, ils ont donc bien toujours été les mêmes! Cette usure révoltante augmentait, on le comprend, démesurément la dette. La position n'était pas tenable. Que firent alors les Pères de Terre-Sainte ? Ils eurent recours à notre illustre Thaumaturge, admirable en tous pays. Ils allumèrent dans la Procure absolument vide une petite lampe devant une modeste statue de saint Antoine, et commencèrent avec confiance une Neuvaine en son honneur. Le secours vint, sans tarder, et du côté où il fallait le moins l'attendre. Un musulman inconnu se présenta et, par ses largesses, il aida les Franciscains à sortir des mains des Juifs et à liquider tranquillement leur énorme dette! La petite lampe brûle toujours devant la statue de notre aimable Saint à l'antique procure des Pères de a Terre-Sainte.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 8/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Huitième mardi

Amour de Saint Antoine pour la Croix


C'est Notre Seigneur qui a dit et qui nous le répète dans son saint Evangile. Si nous ne faisons pénitence, nous périrons tous. Depuis le péché d'Adam, c'est la loi de la souffrance pour tout homme venant en ce monde. La vie ici-bas est un combat continuel. Le saint homme Job se trouvait dans le rude combat dont il parle, et il disait encore: L'homme né de la femme vit peu de temps et cette vie si courte est pour lui toute pleine de misères. Les mauvais chrétiens ne veulent pas se soumettre à l'indispensable loi de la mortification, de la pénitence. Comme ils ne sont pas au Christ, ils dédaignent de crucifier leur chair avec ses vices et toutes ses convoitises. Et comme ils ne mettent aucun frein aux inclinations mauvaises de la nature, leurs propres passions les tyrannisent : et c'est là, dès ce monde, le châtiment de leur orgueil, semblables à ces philosophes païens, dont l'apôtre saint Paul retrace l'horrible portrait dans sa Lettre aux Romains: Ils sont inexcusables, parce que ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, ou ne lui ont pas rendu grâces ; mais ils se sont perdus dans leurs pensées, et leur cœur insensé a été obscurci. Aussi Dieu les a livrés aux désirs de leurs cœurs, à l'impureté ; en sorte qu'ils ont déshonoré leurs propres corps en eux-mêmes, se livrant à des passions d'ignominie... remplis de toute iniquité, malice, fornication, avarice, méchanceté ; pleins d'envie, de meurtre, de l'esprit de contention, de fraude, de malignité, délateurs, détracteurs, violents, orgueilleux, arrogants, inventeurs de toutes .sortes de mal, insensés, dissolus, sans affection, sans fidélité, sans miséricorde, qui ayant connu la justice de Dieu, n'ont pas compris que ceux qui font ces choses sont dignes de mort ; et non-seulement ceux qui les font, mais quiconque aussi approuve ceux qui les font. " Les chrétiens médiocres admettent la nécessité de la mortification, de la pénitence, mais ils n'en accomplissent pas bien les œuvres. Ils trouvent la pratique de la vertu difficile ; ils croient au-dessus de leurs forces le précepte de l'amour des ennemis, du pardon des injures. Il se créent des raisons imaginaires pour échapper à la loi de l'abstinence et du jeûne, et ils vont rarement se prosterner aux pieds du prêtre pour faire l'humble aveu de leurs fautes. Ils ne ressemblent point non plus à Jésus Crucifié, et ils s'exposent ainsi à leur damnation éternelle. Les bons chrétiens, les vrais disciples de Jésus Crucifié, ceux-là comprennent la loi delà pénitence et travaillent à la mettre généreusement en pratique. Comme pour la sainte vertu d'humilité, les Saints trouvent aussi trois degrés dans la pratique de la mortification. Le Premier est celui que nous enseigne l'Apôtre Saint Pierre, quand il dit: Mes bien-aimés, je vous conjure, comme étrangers et voyageurs sur cette terre, de vous abstenir des désirs charnels qui font la guerre à l'âme. Heureux, dit saint Bernard, celui qui se regarde comme un voyageur sur la terre, qui connaît et qui pleure le malheur de son exil et qui s'adressant à Dieu lui dit du fond de son cœur: Seigneur, ne soyez point sourd à mes larmes; je suis devant vous un étranger et un voyageur, comme tous ceux qui m'ont précédé, rappelez-moi donc auprès de vous. Il est certain que ce Premier degré est d'une vertu très-haute, et nous ne ferons pas peu, si nous pouvons y parvenir; mais il y en a pourtant un autre plus élevé et d'une perfection plus sublime. C'est celui que saint Paul nous désigne quand il dit: Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu. Ce n'est donc pas assez que nous soyons comme des voyageurs, il faut que nous tâchions d'y être comme des personnes mortes. Heureux, s'écrie encore saint Bernard, celui qui est mort de cette sorte! car cette mort est une véritable vie, puisqu'elle nous conserve sans tache au milieu du siècle, ou que plutôt elle nous en sépare dès ici-bas complètement. Le Troisième degré se trouve dans ces paroles du même Apôtre: Le monde m'est crucifié, et moi je suis crucifié au monde. Ce degré est encore plus élevé que le Second; car, à celui qui est parvenu jusque-là, c'est peu que l'estime et la gloire du monde lui soient indifférents comme à un mort, elles sont même pour lui une croix et un supplice; et de l'ignominie et du mépris, il en fait le sujet de sa joie et de sa gloire. A Dieu, ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la Croix de N. S. Jésus-Christ. " Tout ce que le monde aime, est une croix pour moi, et tout ce qui est une croix pour le monde est pour moi douceur et jouissance ! Que chacun de nous juge là-dessus, dit toujours saint Bernard, jusqu'à quel degré il est parvenu, et tâche de faire tous les jours de nouveaux progrès, parce que c'est en s'élevant de vertu en vertu que nous verrons enfin le Dieu des dieux dans la céleste Sion. Notre grand Saint, à l'imitation de saint Paul et de saint François, son séraphique Père, a parcouru ces trois degrés de la mortification chrétienne. En effet, qui pourrait dire jusqu'à quel point saint Antoine a porté l'esprit et la pratique de la mortification, de la pénitence ? Dès sa plus tendre enfance, il mortifie ses appétits et ses goûts; il mate son corps innocent par les veilles et les privations. Devenu Frère Mineur, il jeûne les sept carêmes pratiqués par saint François ; sa vie est un carême perpétuel. Il n'accorde qu'un petit nombre d'heures au repos ; et quel repos ! pris le plus souvent sur la terre nue. Il est vêtu d'une simple tunique, d'étoffe rude et grossière, qui ne peut le défendre des rigueurs du froid en hiver ; et qui, par sa pesanteur, lui rend plus intolérables les chaleurs de l'été. Sous cette tunique, il cache de rudes cilices; il ensanglante son corps par de fréquentes disciplines. A ces mortifications volontaires viennent s'ajouter la fatigue des voyages, accomplis à pied la plupart du temps, la privation de nourriture, les fatigues de la prédication et du tribunal de la pénitence. Arrivé au terme de sa vie, ce vrai pénitent ne croit pas avoir assez fait, et d'une voix tremblante, il récite avec ses Frères les Psaumes de la Pénitence.


Exemple


Vers la fin du dix septième siècle, les monuments historiques racontent la conversion miraculeuse d'un jeune indien du royaume de Bengale. C'était un esclave que les Pères de Saint-Augustin, établis dans ces parages, avaient acheté. Ils mirent tous leurs soins à lui apprendre les vérités du salut; mais ils ne purent pas venir à bout de vaincre l'obstination du petit païen, très- épris du culte de ses ancêtres. Or, un jour, tandis qu'il était seul dans une chambre où se trouvait l'image de saint Antoine Padoue, on l'entendit pousser des cris perçants. Les Pères accoururent aussitôt ; et aux questions qu'ils lui adressèrent pour savoir ce qui lui était arrivé, il répondit que le Saint dont l'image était suspendue à la muraille, avait dénoué la corde qu'il portait autour des reins, et qu'il lui avait donné une rude discipline, en lui commandant d'embrasser la religion de Jésus-Christ. C'est ce qu'il fit peu de jours après. Non content d'être chrétien, il prit l'habit religieux, et il commença à prêcher l'Evangile. Les succès qu'il obtint furent tels qu'en peu de temps il convertit jusqu'à vingt mille païens. Les Pères de Saint Augustin, ne pouvant pas, à eux seuls, baptiser et catéchiser convenablement un si grand nombre de néophytes, firent appel aux missionnaires les plus voisins. Ceux-ci répondirent à leur invitation, et ils mirent la faux dans cette moisson! déjà jaunissante. Dieu bénissait leurs travaux; aussi le nombre des nouveaux chrétiens se multiplia avec une rapidité merveilleuse.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

stnathony