21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 7/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Septième mardi

Charité de Saint Antoine pour le prochain


Répondant à un docteur de la loi qui l'interrogeait, Notre Seigneur dit: Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit. C'est à le premier et le plus grand commandement. Le second lui est semblable: Vous aimerez votre prochain comme vous-même. C'est là toute la loi et les prophètes. Notre Seigneur attache tant d'importance au deuxième commandement, celui de la dilection fraternelle, il le déclare semblable au premier. Jésus, à la dernière Cène, voulant le graver d'une manière ineffaçable dans le cœur des Apôtres, leur dit, avec toute l'affection du plus tendre des Pères: Mes petits enfants, je vous donne un commandement nouveau, c'est que vous vous aimiez les uns les autres ; mais que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés moi-même. Notre Seigneur l'appelle un commandement nouveau ! Le divin Maître continuant son sublime discours de la Cène revient de nouveau à ce commandement, et cette fois il l'appelle son propre commandement à lui: Voici mon commandement, c'est que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. personne n'a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis. Vous, vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Etre les amis du bon Jésus, à la seule condition d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, quelle céleste faveur et combien elle nous montre l'excellence de la charité fraternelle! Notre aimable Sauveur revient une troisième fois à ce commandement de l'amour du prochain et il leur dit avec l'accent d'une insistance toute divine: Ce que je vous commande, c'est que vous vous aimiez les uns les autres. N'est-ce pas là le sublime d'un cœur aimant ? L'apôtre saint Paul, qui a tant aimé Notre Seigneur, a poussé l'amour pour ses Frères jusqu'à désirer d'être anathème afin de les donner tous à Jésus, son adorable Maître! N'est-ce pas la charité fraternelle poussée jusqu'au delà même des limites du possible? Et le même Apôtre, recommandant toutes les autres vertus aux premiers chrétiens, leur disait: Mes bien-aimés Frères, ayez par-dessus tout la charité : car c'est elle qui est le lien de la perfection! Ames pieuses, qui lisez ces lignes, vous qui êtes si pleines de charité pour vos frères, écoutez maintenant les instructions de l'Esprit-Saint, le Dieu d'Amour, afin de vous perfectionner encore dans l'accomplissement de la grande loi de la Charité fraternelle. Et que saint Antoine soit lui-même notre modèle et notre guide : car il a couru lui-même avec une ardeur irrésistible dans les voies si belles de la prédilection envers ses frères ! Voulons-nous donc ne jamais manquer à la charité, servons-nous toujours, vis-à-vis de notre prochain, de paroles prévenantes et pleines de douceur; car, dit l'Esprit-Saint : La parole douce multiplie les amis et adoucit les ennemis : et la langue gracieuse produit dans l'homme de bien des fruits abondants. Evitons donc les paroles piquantes, sans exclure pour cela une sainte gaieté, car " le Sage par ses paroles mêmes se rend aimable. Evitons aussi les contestations, parce qu'elles proviennent de notre esprit de contradiction, et l'Esprit Saint nous dit que chacun a le droit d'abonder dans son sens ; ou de notre opiniâtreté dans notre propre jugement. Lorsqu'il suffit de dire oui, oui, non, non, abstenez-vous de toute contestation, dit le Sage, et vous empêcherez ainsi un grand nombre de fautes! Et si quelqu'un, par inadvertance ou par fragilité humaine, nous a dit une parole peu obligeante, répondons-lui sur le ton de la douceur, car Une douce réponse brise la colère, tandis qu'une parole dure excite la fureur. Enfin si nous avons eu le malheur de nous oublier nous-mêmes, que le soleil ne se couche pas sur notre différend, mais disposons-nous à une réconciliation mutuelle, afin de pouvoir dire dans notre prière du soir, sans mentir Dieu: Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Quant aux absents, ne critiquons jamais une action bonne, sous prétexte qu'elle part d'une intention mauvaise, car Dieu seul lit au fond des cœurs. Pour les actions qui paraissent indifférentes, pratiquons cette belle parole de saint François de Sales: Si une action avait cent visages, il faudrait toujours la regarder par le plus beau ! Quelle aimable charité! Enfin si une action est évidemment mauvaise, la vraie charité trouve encore des excuses ; elle rejette la faute de la personne qui l'a commise, ou sur la violence de la tentation, ou bien sur son ignorance. C'est ainsi que fit notre divin Maître, vis-à-vis de ses bourreaux, lors qu'il disait: Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font! O bon saint Antoine, vous qui avez pratiqué jusqu'à l'héroïsme, l'amour du prochain, obtenez-nous, nous vous en conjurons, par votre puissant crédit auprès de Dieu, que nous observions toujours nous-mêmes les Règles de la charité fraternelle que l'Esprit Saint vient de nous donner, et qu'ainsi, après avoir, à votre exemple, accompli ici-bas ce précepte si cher au divin Maître, nous soyons un jour aussi, admis avec vous au séjour de la gloire!


Exemple


L'an 1674, un africain qui avait été acheté à un marchand d'esclaves, était au service d'un chevalier, dans la ville de Naples. Ayant eu l'occasion de s'emparer d'une somme d'argent considérable, il l'emporta furtivement. Il mit dans le complot un autre domestique du logis ; et, l'entraînant dans sa fuite, il s'embarqua avec lui sur un navire qui faisait voile vers la Sicile. Ils étaient sur le point d'entrer au port, quand une violente tempête s'étant élevée, son compagnon fut renversé par le vent et enseveli au fond de la mer. Le maure craignit un pareil sort ; mais il sentit tout à coup la main de saint Antoine qui le saisissait par les cheveux en lui criant: Rends ce que tu as volé ; ou bien tu vas périr. En disant ces mots le Saint le ramena dans Naples, où il rencontra son maître. Celui-ci avait fait dire un certain nombre de messes en l'honneur du Saint, et il cherchait à découvrir la trace de son serviteur fugitif. L'esclave ne pouvant pas éviter sa présence, tomba à ses pieds, et lui demanda pardon pour l'offense qu'il avait commise envers lui. Il obtint sa grâce sans peine: après cela ayant déposé l'argent qu'il avait dérobé, il le restitua à son maître, selon l'ordre qu'il en avait reçu du Saint. Tout fut profit pour lui: il échappa à une mort certaine; et il racheta son âme du péché et de l'enfer, en recevant le baptême qui le mit au rang des fidèles du Seigneur.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 6/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Sixième mardi

L'amour de Saint Antoine envers Dieu


Jésus dans son discours à la dernière Cène, adresse à Dieu cette sublime prière: Mon Père, elle est venue l'heure; glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie. Puisque vous lui avez donné puissance sur toute chair, afin que, quant à tous ceux que vous lui avez donnés, il lui donne la vie éternelle. Or, la vie éternelle, c'est qu'ils vous connaissent, vous, seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. Toute la perfection d'une âme, disent les saints, consiste à connaître et à aimer Dieu et son divin Fils Jésus, notre adorable Maître. Aimons le bon Dieu, nous dit l'apôtre de l'amour, parce qu'il le mérite à tous les titres, c'est lui qui nous a aimés le premier. Il nous a aimés de toute éternité, et nous a attirés à lui ayant pitié de nous. Dieu, dont le cœur est si bon, voyant que les hommes se laissent captiver par des bienfaits, voulut que des bienfaits les enchaînassent à son amour, C'est l'amour qui a présidé à tous les dons que Dieu nous a faits. Il nous a créés à son image: c'est peur nous qu'il a créé toutes les merveilles que nous admirons dans l'univers et il nous a établis Rois sur toute la création. Dieu nous a tellement aimés, que lorsque fut arrivée la plénitude des temps, il nous donna même son propre Fils, son Fils unique, engendré de lui de toute éternité. Que dirons-nous donc après cela ? Si Dieu est ainsi pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n'a pas même épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, pouvait-il, en agissant ainsi, faire pour nous plus qu'il n'a fait? Je vis, et ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. Car si réellement je vis maintenant dans la chair, j'y vis en la Foi du Fils de Dieu, qui m'a aimé et s'est lui-même livré pour moi. Et il l'a fait librement, par pur amour pour moi. Il s'est offert lui-même victime pour moi parce qu'il l'a voulu. O que Jésus notre divin Maître nous a donc aimés ! Qui pourra jamais comprendre la grandeur de son amour pour les hommes, eux qui en tout temps s'en sont montrés si peu dignes? Qui pourra jamais sonder la profondeur des abaissements du Fils dans le Mystère de l'Incarnation, où il s'est anéanti lui-même, prenant la forme d'un esclave, par pur amour pour nous? Toute sa vie il s'est humilié pour nous, et il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et la mort la plus ignominieuse, la mort de la croix, tout cela par amour pour nous. L'amour que Jésus-Christ portait aux hommes était si grand qu'il lui faisait désirer l'heure de sa mort, pour leur prouver tout l'excès de sa tendresse pour eux. C'est dans ce sens qu'il parlait lorsqu'il dit à ses Apôtres: Je dois être baptisé d'un baptême (le baptême dans son propre sang !) et je n'ai pas de repos jusqu'à ce qu'il s'accomplisse. Et lorsque l'heure fut enfin venue, de retourner de ce monde vers Dieu son Père, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin. La veille de sa mort, toujours dans l'excès de son amour pour nous, il voulut nous laisser de cet amour la plus grande marque qu'il lui fût possible de donner... et il institua le sacrement de l'amour, l'adorable Eucharistie, et le lendemain il termina son divin Sacrifice, sur le sommet du Calvaire, en déclarant que tout était consommé pour nous, pour la Rédemption de nos âmes ! O que les âmes ingrates qui n'aiment pas Jésus qui les a tant aimées; qui cherchent même des prétextes et des prétextes pleins d'hypocrisie pour ne pas le recevoir dans leur cœur, par la sainte communion; qui sont d'une indifférence absolument révoltante pour l'assistance au plus auguste des sacrifices, celui que Jésus a offert sur la Croix, l'adorable sacrifice de la Messe; ô que ces ingrats auront à rendre, à la mort, un compte terrible, devant le tribunal du souverain Juge! Vous du moins, âmes pieuses, qui accomplissez cette dévotion des Treize Mardis, ne soyez pas du nombre de ces âmes ingrates, mais aimez le bon Jésus qui nous a tant aimés, qui nous aime toujours, et qui restera dans le sacrement de son amour jusqu'à la consommation des siècles, toujours par amour pour nous. Consolez son divin Cœur abreuvé de tant d'amertumes, dans ce siècle de froide indifférence, où l'esprit de ténèbres emploie tous les raffinements de sa perfidie satanique pour éloigner les âmes de l'amour de Jésus en les éloignant de l'église et de la sainte Table, afin de les entraîner ainsi sûrement avec lui dans les brûlants abîmes... Aimez donc Jésus-Christ, notre divin Sauveur, comme l'a aimé saint Antoine de Padoue que nous honorons en ce moment car, pour dire combien notre Saint a aimé Notre Seigneur, il faudrait reprendre toute l'histoire de sa vie ; toute sa vie n'a été qu'un acte d'amour de Dieu et une amende honorable à Jésus, à qui il voulait gagner le plus d'âmes possible, tant sa soif du salut des âmes était grande, ainsi, qu'à sa manière, le trait suivant nous le montrera avec évidence.


Exemple


Le bienheureux Père se trouvait au Puy en Velay. Une Dame, à la veille de devenir mère, vint se recommander à ses prières. Le Saint ayant prié avec ferveur, lui dit: Ayez bonne espérance et soyez dans l'allégresse, car le Seigneur vous donnera un fils; il sera grand dans l'Eglise de Dieu ; il entrera dans l'Ordre des Frères-Mineurs; il sera martyr et, par ses prédications, il obtiendra à beaucoup d'autres la palme du martyre. L'heureuse mère mit, en effet, au monde un fils, qui reçut au baptéme le beau nom de Philippe. Devenu grand, il entra dans l'ordre Franciscain, fut un zélé prédicateur dans sa patrie et passa enfin au-delà des mers, pour exercer sur un nouveau théâtre, son fructueux apostolat. Il aborda en Palestine. La ville d'Azot venait d'être livrée par trahison aux fanatiques Sarrasins et tous les chrétiens au nombre d'environ deux mille abandonnés aux mains de leurs cruels ennemis, et condamnés à la peine capitale. Le frère Philippe se trouva parmi eux, et il obtint, comme une grande faveur, d'être décapité le dernier, ayant ainsi l'occasion d'exhorter les autres captifs pour les conserver tous au Seigneur. Son ardente parole produisit, en effet, les plus consolants résultats. On fit subir un interrogatoire à tous ces infortunés, et on leur demanda s'ils voulaient conserver leur vie, en niant leur Foi, ou bien, persistant dans leur Religion, se soumettre au dernier supplice. Ils répondirent tous d'une voix unanime: Nous suivrons la voie que le frère Philippe, se sera choisie pour lui-même Alors l'intrépide Apôtre ayant réuni tous ces admirables confesseurs de la Foi, leur adressa une très fervente allocution qu'il termina en disant: Frères bien-aimés, demeurez fermes dans votre Foi, car cette nuit même Dieu m'a révélé que j'entrerai au ciel avec un grand nombre d'âmes qui m'accompagneront dans la voie du martyre. Après cette exhortation, le zélé missionnaire entendit la confession des captifs qui répondirent aux Sarrasins qu'ils acceptaient tous la mort pour garder intacte leur Foi en N. S. Jésus-Christ. L'horrible boucherie commence, et durant l'exécution, Philippe, intrépide, prêche aux martyrs la constance dans leur Foi. Le Soudan, ivre de colère, et plus cruel que le tigre et le léopard, fait couper au prédicateur toutes les articulations des doigts et les jointures des mains! Et comme l'invincible apôtre, malgré cet acte d'atroce barbarie, continue à prêcher aux chrétiens, il ordonne qu'on l'écorche vif jusqu'à la ceinture. L'Apôtre du Christ, demeurant comme insensible à cet horrible traitement, poursuit ses exhortations victorieuses. Alors le tyran donne un nouvel ordre qu'on lui arrache la langue, et le confesseur de la Foi, embrasé d'une irrésistible ardeur, continue du geste à fortifier la constance des chrétiens jusqu'à ce qu'il voie tomber à ses pieds la tête du dernier martyr. Alors, avec une indicible jubilation, il écarte de son mieux et avec un grand respect le capuce pour offrir sa tête libre au tranchant du glaive et cueille le dernier la palme du martyre ! Les corps des deux mille martyrs restèrent là quatre jours, sans sépulture. Le Soudan vint lui-même visiter le lieu de l'exécution et resta grandement surpris en voyant que malgré les grandes chaleurs de ces contrées orientales, cet énorme monceau de cadavres n'exhalait pas la moindre odeur de corruption. Les corps des martyrs se conservaient intacts. Ainsi se vérifia la prophétie du grand Thaumaturge saint Antoine de Padoue.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 5/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Cinquième mardi

L'héroïque patience de Saint Antoine


Notre Seigneur veut que nous soyons tous des, Saints. L'Apôtre saint Paul disait aux premiers chrétiens: Mes Frères, vous avez appris de nous comment il faut que vous marchiez pour plaire à Dieu. Or, plaire à Dieu, c'est se sanctifier, et c'est là sa volonté expresse; car, ajoute l'Apôtre: La volonté de Dieu c'est votre sanctification. Le bon Dieu, dans son admirable Sermon sur la montagne, l'avait dit clairement à la foule accourue là pour l'entendre. Après avoir donné le précepte si important du pardon des injures, et de l'amour des ennemis, notre divin Maître ajoute: Soyez donc parfaits, vous, comme votre Père céleste lui-même est parfait. Mais où se trouve cette perfection que Jésus-Christ demande de nous ? Précisément dans la vertu que nous proposons aujourd'hui, cher Lecteur, à votre pieuse méditation et dont saint Antoine nous a donné un si édifiant exemple. L'Apôtre saint Jacques instruisant, lui aussi, les premiers fidèles, leur dit que notre perfection consiste dans la vertu de Patience! Considérez comme sujet d'une joie complète, mes Frères, lorsque vous tombez en diverses tentations, sachant que l'épreuve de votre Foi produit la Patience: or, la Patience rend les œuvres parfaites, de manière que vous soyez parfaits, accomplis, et ne manquant de rien. Saint Alphonse de Liguori, en parlant des sept douleurs de Marie, fait sur cette parole de l'Apôtre saint Jacques, cette belle réflexion. Le Seigneur, dit ce grand Saint, nous ayant donné la Bienheureuse Vierge pour modèle de perfection, il a donc fallu qu'il la comblât de tribulations, afin que nous puissions admirer et imiter son héroïque Patience ! Jésus et Marie, voilà nos grands modèles!... Jésus, annonçant les grandes tribulations réservées à ses apôtres, leur disait: (Quand elles seront arrivées) C'est par votre Patience que vous posséderez vos âmes. L'Apôtre saint Paul, exhortant les Hébreux à demeurer fermes dans leur Foi, leur disait: Ne perdez donc pas votre confiance, laquelle a une grande récompense. Et sachez que la Patience vous est nécessaire, afin que, faisant la volonté de Dieu, vous obteniez l'effet de la promesse. Et c'est ainsi que le même Apôtre exhortait toujours les premiers chrétiens, à se souvenir, dans toutes leurs tribulations, de la grande Patience de Notre Seigneur Jésus-Christ; et avec ses exhortations, il leur adressait les souhaits les plus affectueux et les plus paternels, disant: Que le Seigneur dirige donc vos cœurs dans l'amour de Dieu et la Patience de Notre Seigneur Jésus-Christ. La vertu de Patience est si importante et si 'pratique (car elle est de tous les jours et de tous les instants) que Dieu a voulu nous donner d'étonnants exemples de patience même avant la venue de son divin Fils, dans la personne des Justes de l'Ancienne Loi. Les chrétiens qui sont encore faibles dans leur Foi ne connaissent pas la mystérieuse conduite de Dieu envers ses élus, et se demandent pourquoi tant de tribulations pour les âmes justes. L'Esprit-Saint leur répond par l'exemple du saint homme Job et de Tobie. Racontant comment ce dernier devint aveugle, l'Ecrivain sacré ajoute: Or Dieu permit que cette épreuve lui arrivât, afin que sa Patience fût donnée, en exemple à la postérité, comme celle du saint homme Job. Ah! si l'on méditait plus souvent ces grands enseignements de l'Esprit-Saint, il y aurait moins de murmures dans le monde parce que l'on y pratiquerait mieux la sainte vertu de patience. L'archange saint Raphaël dit plus tard à Tobie, après le grand miracle de sa merveilleuse guérison: C'est parce que vous étiez agréable à Dieu, qu'il a été nécessaire que la tentation vous éprouvât. Et l'Apôtre saint Paul nous le répète lorsque, écrivant à son disciple saint Timothée, il lui dit: Ainsi tous ceux qui veulent vivre en Jésus-Christ souffriront persécution. Parce que le Seigneur châtie celui qu'il aime. Enfin Notre Seigneur nous le dit lui-même, dans le livre mystérieux de l'Apocalypse, en s'adressant à l'ange de l'église de Laodicée; Pour moi, je reprends et je châtie ceux que j'aime. Et le bon Jésus, pour tous ceux qui souffrent, mais avec patience, sans murmure, pour l'amour de Dieu, toutes les contradictions de cette vie, Jésus ajoute cette magnifique conclusion: Celui qui aura vaincu, je le ferai asseoir avec moi, sur mon trône! Notre Saint avait compris toutes ces choses et il les avait mises en pratique; c'est pourquoi il nous a laissé l'exemple d'une héroïque Patience! Comme on éprouve l'or dans la fournaise, ainsi Dieu se plut à perfectionner par l'épreuve la vertu de notre Saint. Antoine brûlait du désir du martyre; Dieu ne jugea pas à propos de le lui accorder. Une fièvre maligne s'empara de lui sur les rives d'Afrique; elle ne le quitta presque plus; aussi tous les historiens nous disent que saint Antoine était d'un tempérament maladif. Lorsque l'obéissance a ouvert devant le Saint la carrière du ministère apostolique, la maladie l'arrête au milieu de sa course et le tient sur un grabat pendant près de deux ans. Que n'eut-il pas à souffrir dans ses nombreux voyages! Son corps, miné parla fièvre, avait à lutter contre des fatigues de tout genre et des privations de tous les jours. Comme si ce n'était pas assez de souffrances, des pécheurs obstinés injurient et vont jusqu'à frapper le charitable apôtre. Les hérétiques le calomnient et cherchent à attenter à ses jours par le fer et la prison. L'âme séraphique d'Antoine ne repoussa jamais la croix. Tendrement unie à Jésus crucifié, elle se réjouissait à souffrir avec lui et pour lui. O grand et bon Antoine, obtenez-nous du bon Jésus, obtenez surtout pour toutes nos bonnes mères qui ont tant de misère avec leurs petits enfants, et dans les Soins du ménage la vertu si précieuse, si nécessaire, la vertu sans laquelle nous perdons tous nos mérites pour le ciel, la vertu que vous avez si héroïquement pratiquée vous-même, la sainte vertu de Patience !!!


Exemple


C'est un exemple de patiente charité de notre Saint pour une pauvre femme, victime, hélas comme encore souvent aujourd'hui, de la brutalité de son mari. Du temps que le Saint était encore Gardien à Limoges, en France, une pieuse dame qui était toute dévouée au bien des Religieux, allait de temps en temps acheter ce qui était nécessaire pour leur nourriture. Elle avait un mari brutal, jaloux, sans religion. Un soir qu'elle s'était attardée plus que de coutume, son mari l'injuria, disant: Tu viens encore, sans doute, de la maison de ceux à qui tu as vendu ton affection ! C'est vrai, dit-elle, avec douceur, je viens du couvent des Frères Mineurs que j'aime pour l'amour du bon Dieu. " A cette parole, cet homme, plein de rage, se jette sur elle, la saisit par les cheveux, la traîne horriblement de çà et de là dans la maison et la traite avec tant de brutalité qu'il lui arrache tous les cheveux de la tête. La pauvre femme ainsi maltraitée et souffrant affreusement, mais pleine de confiance, ramasse tous ses cheveux épars, les dépose, sans se plaindre, sur son oreiller, et se couche dessus péniblement, Dès qu'il fit jour, elle envoya vers le Saint, le priant de venir la voir, parce qu'elle ne se sentait pas trop bien. L'homme de Dieu, la pensant malade, crut qu'elle désirait se confesser et se rendit chez elle avec empressement. En le voyant: Père, lui dit-elle, voilà ce que j'ai souffert pour vos Religieux. Et lui montrant tous ses cheveux ainsi barbarement arrachés, elle ajouta comme par inspiration et pleine de confiance: Si vous voulez prier Dieu pour moi, je sais qu'il me rendra toute ma chevelure et la remettra telle qu'elle était auparavant. Le Saint un peu humilié lui répondit: Ah! vraiment, ma bonne Dame, c'est pour cela que vous m'avez appelé! Et cela dit, le saint homme retourna à son couvent. Là, il réunit ses Religieux, leur raconta avec simplicité ce qui était arrivé à cette Dame, leur généreuse bienfaitrice, et il ajouta: Prions pour elle, mes Frères, et peut-être, comme je l'espère, le Seigneur regardera sa Foi. Ils prièrent tous et le Saint avec eux, et voilà que les cheveux de cette femme si confiante et si résignée, se rangeant d'eux-mêmes, merveilleusement, dans le plus bel ordre, se rattachèrent à sa tête, et elles e leva avec sa belle chevelure, tout comme auparavant. Dans l'intervalle, son mari était sorti : lorsqu'il fut de retour, son innocente épouse lui montra, toute souriante, ses cheveux bien remis, et lui raconta, avec des paroles pleines de douceur tout ce qui venait d'arriver, Son mari tout stupéfait, et touché par la grâce du bon Dieu, demanda humblement pardon à sa vertueuse épouse de tous les mauvais traitements dont il l'avait accablée: il se trouva, en même temps, complètement délivré de toute pensée de jalousie, et se dévoua pour toujours, comme sa vertueuse épouse, à la commune utilité des Religieux du couvent du bon saint Antoine !


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 4/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Quatrième mardi

la profonde humilité de Saint Antoine


Pour perfectionner ses premiers disciples dans la sainte vertu d'humilité, notre Séraphique Père Saint François avait coutume de dire et il le répétait encore: Mes Frères bien-aimés et mes Enfants bénis, sachez que Notre Seigneur quittant le ciel, n'est venu sur la terre que pour une seule chose, que pour nous donner une seule Leçon et cette Leçon est celle-ci: Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ! Parcourez d'un bout à l'autre tout le Livre des Saints Evangiles et vous trouverez que le divin Maitre, en nous donnant ses préceptes et ses conseils, n'a dit qu'une fois: Apprenez de moi... C'est que l'humilité est la base, le fondement, la racine de toutes les vertus. Oui, si nous étions plus humbles, notre Foi serait plus vive, notre Espérance plus ferme et notre Amour plus ardent. Si nous avions bien l'humilité, nous pratiquerions mieux la patience, nous posséderions toujours la paix du cœur, et nous porterions sans peine, c'est Jésus lui-même qui le dit, le joug du Seigneur ; et nous accepterions les épreuves de la vie, sans murmure ! Les Saints qui ont tous été si humbles, parce qu'ils ont eu le bonheur de mettre en pratique cette Leçon de notre divin Maître, les Saints ont essayé de nous donner une définition de la vraie humilité, et ils nous disent, un peu en hésitant, avec saint Bernard: L'humilité est une vertu qui nous rend méprisables à nos propres yeux, par la véritable connaissance que nous avons de nous-mêmes. Ensuite les Saints admettent plusieurs degrés dans l'humilité. Le Docteur séraphique saint Bonaventure les réduit tous à trois principaux. Le Premier consiste donc à se mépriser soi-même. Le Second consiste à être bien aise que les autres nous méprisent. Or, si nous étions bien solidement établis dans le Premier, nous n'aurions guère de chemin à faire pour arriver au Second. Car si nous avions véritablement du mépris pour nous-mêmes, nous ne serions pas fâchés que les autres en eussent aussi. En voulez-vous une preuve, dit le même Saint ; " N'est-il pas vrai que naturellement nous éprouvons de la satisfaction que les autres se conforment à notre propre sentiment ? que si cela est, pourquoi n'en éprouvons-nous pas lorsqu'ils nous méprisent ? C'est que nous ne nous méprisons pas nous-mêmes en réalité, mais que nous avons bonne opinion de nous-mêmes. O sainte vertu d'humilité, à qui donc de nous sera-t-il donné de gravir dès aujourd'hui même ce second Echelon et de pratiquer cette sentence du même Docteur Séraphique: Aimer à rester inconnu et à être considéré pour rien ! Le Troisième degré d'humilité, c'est lorsqu'une personne ayant reçu de grands dons de Dieu, et se voyant honorée et estimée, ne s'enfle de rien et ne s'attribue rien à elle-même, mais rapporte tout à la source de tout bien qui est Dieu lui-même. Ce troisième degré, continue saint Bonaventure, n'est que pour ceux qui étant déjà consommés dans la vertu, s'humilient d'autant plus en toutes choses, qu'ils sont plus élevés dans la perfection. Venons donc à la pratique. Les vertus morales, dit saint Basile, non plus que les arts et les sciences, ne s'acquièrent que par l'exercice et par la pratique. Donc, si nous voulons acquérir l'humilité, il faut quel nous en pratiquions les actes. Si vous voulez acquérir l'humilité, ajoute saint Bernard, commencez par vous mettre résolument dans le chemin de l'humiliation; car si vous ne pouvez souffrir les humiliations, vous ne pourrez pas non plus parvenir à l'humilité. Mais si nous pratiquons les actes d'humilité promptement, facilement et avec plaisir, ah ! Réjouissons-nous, car nous commençons à entrer dans la perfection de cette indispensable vertu. Notre Saint a été, comme son séraphique Père, profondément humble. Ecoutons, à ce sujet, un Auteur déjà cité. Quelle humilité dans saint Antoine! Il redoute les honneurs de la terre, il fuit môme les dignités de l'Eglise. Toute son ambition est de vivre obscur et ignoré dans la maison du Seigneur. Héritier d'un grand nom, il l'échange contre celui d'Antoine, à l'aide duquel il espère vivre inconnu au monde, dans un Ordre mendiant. Il cache ses talents avec tant de soin, que pendant assez longtemps ses confrères le regardent comme à peu près incapable. Il se plait à remplir les offices les plus bas. Pour l'arracher à sa vie toute cachée en Dieu, il fallut un ordre formel de Saint François. Devenu la merveille de son siècle, il ne s'attribue en rien ses triomphes : il en renvoie toute la gloire à Dieu, auteur de tout don parfait. Est-il étonnant que Dieu lui ait donné le pouvoir d'opérer tant et de si grands prodiges ?


Exemple


Tous les Saints ont eu, à l'imitation du divin Sauveur, une prédilection marquée pour les petits enfants, à cause de leur candeur et de leur innocence. Saint Antoine semble les avoir pris spécialement sous sa protection. Déjà nous avons vu que l'origine du Pain de saint Antoine est due, selon certains Auteurs à la résurrection d'un petit enfant, opérée par notre grand Thaumaturge. Le fait suivant est arrivé à Rome, en l'année 1830, Un petit enfant de six ans se laissa tomber de la fenêtre d'un troisième étage sur le pavé. Sa pauvre mère en le voyant tomber, s'écria: Ah ! saint Antoine! et elle courut aussitôt pour relever son enfant. Elle s'attendait à le trouver mort, ou au moins tout abîmé; l'enfant n'avait aucun mal, il était debout sur le pavé. "Comment cela s'est-il fait, mon pauvre petit, lui demanda sa mère? Un Religieux s'est trouvé là, répondit l'enfant, il m'a reçu entre ses bras et m'a posé bien doucement à terre. La pieuse mère songea à saint Antoine qu'elle avait invoqué, et aussitôt elle allai au couvent de l'Ara Cœli demander une messe d'action de grâce à l'autel du Saint. Elle raconta le fait à plusieurs Pères qui se trouvaient en ce moment à la sacristie. L'un d'eux, le P. François de Camajore, s'adressant à l'enfant, lui posa cette question: Ce Religieux dont tu parles, me ressemblait-il? Il était bien plus beau, répondit naïvement le petit. La mère alla ensuite avec son enfant prier devant le tableau de saint Antoine. A peine l'enfant eut-il jeté les yeux sur l'image du Saint, qu'il se retourna vers sa mère: Maman, lui dit-il avec vivacité, le voilà le Religieux qui m'a porté à terre. Et sa petite main montrait le tableau. L'heureuse mère ne pouvait contenir ses transports de joie et de sa reconnaissance. Elle se retira en criant: Vive saint Antoine, vive mon cher Saint !


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 3/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Troisième mardi

la grande simplicité de Saint Antoine


Simplicité, ô que cette vertu est nécessaire pour faire un Saint! L'Esprit Saint faisant l'éloge du saint homme Job, commence par cette parole : Il y avait un homme nommé Job; et cet homme était simple, droit, craignant le Seigneur et s'éloignant du mal. " Il avait la droiture du cœur parce qu'il était simple. Le Sage, en invitant les puissants de la terre à aimer la justice et à chercher le Seigneur, sans quoi il n'y a de salut pour personne, commence le Livre merveilleux de la Sagesse, par cette autre parole, indiquant la manière de chercher le Seigneur, Auteur de notre salut : Ayez du Seigneur de bons sentiments et cherchez-le dans la simplicité de votre cœur. Notre Seigneur ne demandait-il pas une grande simplicité de ses Apôtres, lorsqu'il leur disait: Soyez simples comme des colombes. Et saint Paul, imitant son divin Maître, prévenait avec une grande sollicitude les premiers chrétiens contre les perfidies de l'antique serpent qui cherche toujours, afin de nous éloigner de la voie de la sainteté, à nous faire pécher contre la vertu de simplicité: Je suis jaloux de vous, disait-il aux corinthiens, d'une jalousie de Dieu même. En effet, je vous ai fiancés à un Epoux unique, au Christ, pour vous présenter à lui, comme une Vierge pure. Mais je crains que comme le serpent séduisit Eve par son astuce, ainsi vos esprits ne se corrompent et ne dégénèrent de la simplicité qui est dans le Christ Jésus. Et le grand Apôtre exhorte souvent les premiers fidèles à pratiquer la simplicité sur le modèle de Jésus, leur adorable Maître. Pourquoi donc tant d'insistance pour une vertu que les prétendus sages tournent si facilement en division ? Ecoutons encore, pieux Lecteurs, la réponse de l'Esprit de toute vérité : Dieu veillera au salut des hommes droits, et il protégera ceux qui marchent dans la simplicité. Et ainsi sous la protection de Dieu Celui qui marche dans la voie de la simplicité, marche sûrement. Et celui qui marche ainsi sait qu'il marche sûrement parce que la Bienveillance du Seigneur est pour ceux qui marchent avec simplicité. Finalement il obtiendra le salut éternel, parce que celui qui marche avec simplicité, celui-là sera sauvé. Ainsi marcha toujours notre grand Thaumaturge, saint Antoine. Sa vie tout entière est semée de grands actes de simplicité : il marchait noblement en cela sur les traces de François son séraphique Père. La simplicité est toujours, du reste, le signe caractéristique de son ordre, la prédilection de tous ses vrais Enfants comme le Bienheureux Frère Egide, saint Pascal Baylon, saint Félix de Cantalice, saint Laurent de Brindes, saint Joseph de Copertino. Et pour ne citer qu'un seul exemple de simplicité daans tous ces Saints, on raconte le dernier le trait suivant : Un jour on amena au Père Joseph, un pauvre fou. C'était un grand et beau jeune homme et ses parents affligés le lui présentèrent pour qu'il le bénît et lui obtînt sa guérison. Pour toute réponse, le Père Joseph pousse un petit cri, saisit le jeune homme par les cheveux et l'entraîne avec lui à travers les airs. Le Saint avait un Ravissement ! mais le pauvre fou, lui, n'était point en extase, et la peur terrible qui l'avait saisi, le rendait plus mort que vif. En revenant de son extase, le Père Joseph le déposa tranquillement à terre et il lui dit, avec beaucoup de bonhomie et de simplicité: Mon ami, es-tu encore fou maintenant ? Le jeune homme encore tremblant répondit: Non, mon Père, j'ai eu trop peur. Il avait laissé effectivement sa folie dans les airs, et parfaitement sain d'esprit, il retourna chez lui, avec ses heureux parents, louant Dieu et remerciant le Saint de l'avoir guéri d'une manière originale, il est vrai mais pourtant si réelle et si consolante !L'exemple qui va suivre prouve la simplicité de notre propre Saint, le bon saint Antoine que nous invoquons en ce moment.


Exemple


Le Livre des miracles, Liber miraculorum, inséré dans la vie de saint Antoine, par les Bollandistes, rapporte un miracle bien extraordinaire que le saint opéra, contre toute vraisemblance humaine à Padoue, lorsqu'il y prêcha le carême de 1231. Un jour donc, pendant que le Saint prêchait à Padoue, un citoyen de la ville, appelé Léonard, vint trouver l'homme de Dieu pour lui faire sa confession. Entre autres péchés, il s'accusa d'avoir donné un coup de pied à sa mère, avec tant de violence que la pauvre femme lut renversée jusqu'à terre. En écoutant cet aveu, l'homme de Dieu fut saisi d'horreur; et,opposant à l'émotion de son âme, il lui adressa de sévères reproches, en ajoutant : Le pied qui a frappé sa mère, mériterait d'être coupé. Dans sa simplicité, le pauvre Léonard ne saisit pas la pensée de son dire, le remords de son crime et l'indignation du Saint ait plongé dans une amère tristesse. Egaré par sa douleur, il rentra dans sa maison ; et prenant à la lettre ce qu'il lui avait dit, il se coupa le pied. Le bruit de cette pénitence héroïque, si elle n'avait pas été contre nature, se répandit bientôt dans toute la ville et arriva jusqu'aux oreilles de la mère de Léonard. Celle-ci courut en toute hâte; et apercevant son fils horriblement mutilé, elle demanda la cause de ce malheur. On lui raconta ce qui s'était passé ; à l'instant, elle alla trouver le serviteur de Dieu, en poussant des cris et des menaces. Elle adressa au Bienheureux de sanglants reproches, et l'accusa d'être la cause de la mort de son fils. L'homme de Dieu excusa sa douleur, et se défendit lui-même du crime qu'on lui imputait. En même temps, on transporta auprès du pauvre mutilé: il adressa à Dieu une prière, avec une tendre dévotion et une sollicitude anxieuse; ensuite il prit le pied coupé et il prit la jambe, en traçant le signe de la croix, et faisant sur le membre des onctions avec ses mains vénérables. Il continua quelques instants: alors le pied s'adapta à la jambe et y demeura uni avec une grande solidité. Le bon Léonard se leva avec prestesse; et, fut heureux de sa guérison, il s'abandonna à des transports de joie, louant Dieu de la protection dont il l'avait entouré.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 2/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Deuxième mardi

Saint Antoine, Lys de céleste pureté


Le Sage contemplant à travers les siècles, l'aimable et sainte vertu de Pureté, s'écrie dans son âme ravie: quelle est belle la chaste génération des âmes virginales ! car, sa mémoire est immortelle, et elle est connue et de Dieu et des hommes. Cette vertu est si précieuse aux yeux de Dieu et de ses saints Anges que le Saint-Esprit nous assure, au Livre de l'Ecclésiastique que tout le prix de l'or n'est rien au prix d'une âme vraiment chaste et pure ! Notre Seigneur, en descendant du ciel en terre pour opérer l'œuvre de notre Rédemption n'a voulu avoir pour Mère qu'une âme chaste et pure, une âme virginale, Marie Immaculée, la Reine des âmes angéliques et pures. Ensuite le bon Jésus ne fit connaître d'abord le mystère de son Incarnation qu'à des âmes pures et virginales, saint Joseph, le Patriarche de la chasteté et saint Jean-Baptiste, sanctifié dès le sein de sa mère, en mourant plus tard, martyr pour la défense de la chasteté conjugale, pour la défense de la sainte vertu le pureté. Notre Mère la sainte Eglise nous fait remarquer, avec les saints Pères, que Notre divin Maître eut pour l'apôtre saint Jean, la prédilection marquée dans l'Evangile, parce que saint Jean était une âme virginale. Et Marie, la Mère de Jésus, n'a-t-elle pas, elle aussi, dans ses célestes apparitions, durant tout le cours des siècles, marqué sa prédilection, comme toutes les vies des saints en font foi, pour les âmes innocentes et pures ? Bienheureux donc ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Qui montera sur la montagne du Seigneur ? ou qui demeurera dans son Sanctuaire ? — Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur : celui-là recevra du Seigneur la bénédiction et la miséricorde de Dieu son Sauveur. Comme ces paroles du Psalmiste s'appliquent admirablement à l'angélique saint Antoine. Ses mains étaient innocentes, parce que son cœur était pur. Nous l'avons déjà vu dans l'Abrégé de sa Vie : tout petit enfant, à l'âge de cinq ans, il fit le vœu de virginité, et dans tout le cours de son existence, il conserva, avec un soin jaloux, pure et sans tache la blanche robe de son innocence baptismale. Il semble que les Litanies composées en l'honneur de notre Saint, aient voulu résumer en un seul mot toute la beauté de cette âme si pure, en l'appelant Lys de céleste pureté. Et comme la vertu, surtout chez les Saints est essentiellement communicative, la voix seule de notre Saint, l'innocence peinte sur son angélique visage portait les autres à la vertu. Le seul contact même de ses vêtements avait une vertu particulier pour combattre les tentations et pour chasser l'esprit impur, cet esprit, encore sept fois plus méchant que les autres, qui tyrannise si affreusement ses malheureuse victimes. Notre Saint venait d'arriver à son Couvent de Limoges. Un jeune Religieux Bénédictin, d'une abbaye voisine, passait par le tourment si pénible des tentations impures. Ayant entendu parler de la haute sainteté d'Antoine, ce pauvre Religieux demanda à son Abbé d'aller trouver le Saint. Il se jeta à ses pieds, et lui fit l'aveu des humiliantes tentations qui jour et nuit assaillaient son âme. L'homme de Dieu l'accueillit avec une incomparable bonté, lui donna ses conseils; le consola et par une de ces inspirations que Dieu donne aux Saints, il ôta sa propre tunique pour en revêtir son cher pénitent. Aussitôt les tentations cessèrent immédiatement. Le jeune Religieux, au comble du bonheur, trouva avec la paix de l'esprit, la sérénité d'une âme pure! O aimable saint Antoine, vous, vrai Lis de céleste ah ! couvrez-nous donc tous de votre tunique, embaumée du parfum de votre angélique pureté ! Mais surtout prenez sous votre protection les jeunes gens de nos jours, si exposés aux traits empoisonnés de leur perfide ennemi. Obtenez-leur, par votre puissant crédit auprès de Jésus, la Pureté des Vierges, et de sa douce Mère, Marie Immaculée. Qu'ils aient tous un grand amour pour la sainte vertu de pureté et que pour la conserver dans leurs jeunes coeurs, ils fuient avec horreur les mauvaises compagnies et les occasions dangereuses, qu'ils veillent à la garde de leurs sens, pratiquant la mortification chrétienne, ne négligeant point le saint exercice de la prière et surtout de la prière en famille, et qu'ils fréquentent fidèlement les Sacrements. Oh ! que d'âmes seront sauvées et bienheureuses pour l'éternité, si Dieu daigne, aimable Saint, par votre angélique intercession, exaucer notre suppliante prière !


Exemple


Un jour que saint Antoine rentrait à Padoue par des sentiers solitaires, afin d'éviter les applaudissements de la foule électrisée par son éloquence, une femme prenant des chemins de traverse, se mit courir après lui, respirant à peine, tant sa marche était précipitée. Elle portait dans ses bras son petit enfant qui était perdu des bras et des jambes, depuis sa naissance. Dès qu'elle fut en présence du Bienheureux, elle se jeta à ses pieds, le conjurant avec des gémissements et des larmes d'avoir pitié d'une mère malheureuse et de daigner faire le signe de la croix sur son enfant. Elle espérait que le petit malade recouvrerait une santé parfaite parla vertu de cette bénédiction.! Comme le serviteur du Christ, par un sentiment d'humilité profonde, refusait d'exaucer sa prière, elle redoubla ses sanglots, et réitéra ses supplications, en criant : Père Antoine, ayez pitié de moi. Le saint homme touché de compassion à la vue de la douleur de la mère et de l'infirmité de l'enfant ; pressé d'ailleurs par les exhortations de son compagnon de route dont la piété était célèbre, se décida à tracer le signe de la croix sur l'enfant, le bénissant au nom et par la puissance de Jésus-Christ. O prodige ! l'enfant se redressa aussitôt parfaitement guéri. Tandis que, auparavant sa mère désolée le portait appuyé sur son sein, elle le ramena rétabli, dans sa maison en le tenant par la main. L'homme de Dieu ne rapporta pas la grâce obtenue, à ses mérites, mais à la foi de cette femme, en la quittant, il lui recommanda de ne la révéler à personne, avant sa mort.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 1/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Origine des 13 mardis de Saint Antoine


Saint Antoine est mort un vendredi, mais certaines difficultés soulevées au sujet des obsèques et des nombreux miracles opérés au contact de ses restes sacrés firent différer la date de sa sépulture. Il ne fut inhumé que le mardi 17 juin 1231. En ce Jour d'impérissable mémoire les prodiges furent plus nombreux et plus éclatants que jamais. Ce jour de merveilles ne pouvait s'oublier, la reconnaissance et l'admiration des peuples firent que le mardi devint spécialement consacré à saint Antoine. Ainsi on choisissait de préférence le mardi pour aller prier sur le tombeau du Saint. C'était une croyance générale à Padoue que l'on obtenait toutes les grâces que l'on désirait en ce jour. Ensuite on se mit à faire des Neuvaines en l'honneur du grand Thaumaturge; et saint Antoine montra combien lui étaient agréables les neuvaines qui étaient faites en son honneur. Une pieuse personne ayant promis au Saint qu'elle visiterait son Tombeau pendant neuf jours consécutifs s'il délivrait son champ d'une multitude d'oiseaux qui venaient piller ses cultures de blé au moment de la moisson, fut à l'instant même exaucée, ainsi que le rapportent les Annales de l'Ordre: les oiseaux s'envolèrent soudainement comme effrayés, pour ne plus jamais revenir. Un événement encore plus saisissant rendit célèbre la dévotion des Neuf Mardis. C'est un grand miracle opéré par saint Antoine en 1617, en faveur d'une noble Dame de Bologne, en Italie, et que nous rapporterons un peu plus loin. Les Frères Mineurs divulguèrent aussitôt ce miracle et recommandèrent vivement la dévotion des Neuf Mardis. Cette pratique se répandit rapidement dans toute l'Italie et dans beaucoup d'autres endroits du monde catholique. La dévotion des peuples n'en resta pas là. Le mardi étant consacré à saint Antoine: le miracle autorisait cette dévotion. Les fidèles portèrent à treize le nombre des mardis destinés à honorer le Saint, et cela en souvenir de sa bienheureuse mort arrivée le 13 Juin. L'Eglise a approuvé cette dévotion par son autorité suprême et l'a enrichie de nombreuses indulgences. Ce que l'Eglise approuve sur la terre est approuvé au Ciel, Dieu l'a montré glorieusement en accordant d'innombrables grâces aux ceux qui pratiquent la dévotion des treize mardis de saint Antoine.


Indulgences accordées a la dévotion des Treize Mardis


Une Indulgence Plénière, pour chacun des Treize Mardis consacrés à honorer spécialement saint Antoine, a toute période de l'année, aux membres de la Pieuse Union qui font cet exercice de dévotion, en l'honneur du saint Thaumaturge, pourvu qu'à chacun des mardis, après s'être confessés et avoir communié, ils visitent une église ou un oratoire public, et y prient aux intentions du Souverain Pontife (Décret de la S. C. des Indulg. du 4 mai 1894).


Premier mardi

Saint Antoine, tout aimable dès son enfance


Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Et Dieu nous a donné son Fils unique sous la forme douce, aimable et attrayante d'un petit enfant! Jésus, notre divin Maître, a toujours montré, durant les trois années de sa vie publique sur la terre, une grande prédilection pour les petits enfants; et cela à cause de leur simplicité et de l'innocence de leur cœur. Le saint Evangile nous montre partout le très doux Sauveur, en compagnie de ces anges de la terre, les chers petits enfants. Un jour, entre autres, se trouvant aux confins de la Judée, au delà du Jourdain, de grandes foules l'avaient suivi, et il guérit tous les malades. Alors on lui présenta des petits enfants, pour qu'il leur imposât les mains et pria sur eux. Mais ses disciples, encore très ignorants, menaçaient ceux qui les présentaient. Jésus les voyant fut indigné et leur dit: « Laissez les petits enfants venir à moi et ne les en empêchez pas, car le royaume des cieux est à eux et tous ceux qui leur ressemblent. En vérité, je vous le dis: Quiconque n'aura pas reçu le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera pas. Et les embrassant et imposant les mains sur eux, il les bénissait ». Dans une autre circonstance, les disciples demandaient à Notre Seigneur qui sera le plus grand dans le royaume des cieux; et le divin Maître prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et leur enseigna l'humilité. Et lorsque plus tard, Jésus entre triomphalement dans Jérusalem, il rencontre au Temple, ses amis, les petits enfants qui chantent hautement ses louanges... Marie, la douce Reine du ciel, a divine Mère, a toujours aussi marqué sa prédilection pour les petits enfants: dans ces célestes apparitions, n'est ce pas ordinairement à des petits enfants qu'elle se manifeste avec amour? A Lourdes, à la Salette, à Ponmain, etc... on ne voit là d'abord que de jeunes, d'innocents enfants! O heureux parents! s'ils comprenaient leur bonheur, lorsque le bon Dieu leur accorde de nombreux enfants ! Car c'est alors qu'on pourrait leur adresser ces magnifiques paroles du Roi-Prophète: « Bienheureux tous ceux qui craignent le Seigneur, qui marchent dans ses voies. Et toi, vénéré Père de la nombreuse famille, en te nourrissant du travail de tes mains, tu es heureux, et le bonheur sera toujours ton partage. Ta femme, de son côté, sera, dans l'intérieur de ta maison, comme une vigne féconde; et tu verras tes aimables petits enfants, comme de jeunes plants d'oliviers, rangés autour de la table, dans une innocente allégresse ». Car c'est ainsi que sera béni l'homme qui craint le Seigneur. Heureux parents d'une nombreuse famille, que le Seigneur donc vous bénisse du haut de Sien ; et que vous voyiez, pour la consolation de votre vieillesse, vos enfants bénis, et les enfants de vos enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération; c'est là la paix sur Israël! Les parents de notre Saint eurent ce bonheur, parce qu'ils reçurent avec joie, comme un présent du ciel, cet enfant de bénédiction. Dieu, dit un pieux Auteur, Dieu voulait surtout faire du petit Fernando, qui devait plus tard s'appeler Antoine, un grand saint : pour cela, il orna ses parents de toutes les vertus qui font les vrais chrétiens. Dieu, en effet, a coutume, quand il destine un enfant à une grande sainteté, de le confier d'abord au sacerdoce le plus suave et le plus doux, à celui d'une bonne mère. Il agit ainsi à l'égard de notre Saint. Grâce à sa pieuse mère, le petit Antoine connut le bon Dieu dès les premières lueurs de sa raison, et il l'aima tendrement. Il apprit aussi d'elle qu'il avait au ciel une autre Mère, la Mère du bon Jésus ! et Dona Térésa se plaisait, en le berçant sur ses genoux, à lui chanter ce Cantique si doux, qu'il répétait avec elle, qu'il chanta ensuite souvent dans sa vie et qu'il chanta encore pour la dernière fois au moment de partir pour le ciel: O gloriosa Domina, O glorieuse Souveraine ! Quand il pleurait, sa mère n'avait qu'à le porter à la fenêtre et à lai montrer l'église de Sainte-Marie; l'enfant tendait ses petits bras vers la Vierge et ne pleurait plus. Ses parents le conduisirent le plus tôt possible à cette église bénie, où il avait reçu le saint Baptême. C'est dans une de ces visites au sanctuaire de Marie, c'est devant l'image de la Reine du Ciel que ses parents l'entendirent prononcer de lui-même, à l'âge de cinq ans, le vœu de virginité perpétuelle ! O aimable Enfant, maintenant que dans les splendeurs des Cieux vous jouissez pour toujours de la présence de Jésus et de Marie, ah ! daignez nous bénir, nous qui sommes encore dans ce triste exil de 1a terre; bénissez aussi tous nos chers petits enfants du Canada, et obtenez par votre puissante et aimable intercession que Jésus et Marie veillent sur leurs jeunes ans, les accompagnent et les protègent à travers tous les dangers de la vie et les introduisent un jour, comme vous, ô aimable Saint, dans les éternelles joies du beau Paradis !


Exemple


Une Dame de Bologne, en Italie, était restée pendant vingt-deux ans de mariage sans enfants, et ayant entendu parler du grand nombre de miracles que faisait saint Antoine, allait souvent se prosterner devant l'autel de cet admirable thaumaturge chez les Frères-Mineurs. Une nuit le Saint lui apparut en songe, revêtu d'une admirable gloire : il lui dit d'aller neuf Mardis de suite visiter l'église des Frères-Mineurs, d'y faire chaque fois la sainte Communion et de prier devant son Image, lui promettant que ses désirs seraient accomplis. Elle crut à la promesse et obéit. Elle eut, en effet, un enfant, mais quelle ne fut pas sa douleur en voyant que le nouveau-né était une masse de chair plutôt qu'un enfant ! Toutefois elle ne perdit pas confiance, elle le fit emmailloter et le fit déposer sur l'autel du Saint. Saint Antoine n'avait pas seulement en vue d'éprouver la confiance de cette bonne mère et de lui donner ensuite une grande joie ; il voulait par un éclatant et indéniable prodige établir à jamais la dévotion des Neuf Mardis, Pendant qu'on exécutait l'ordre de la Dame, celle-ci priait ardemment son Saint bien-aimé, Or, on avait à peine déposé sur l'autel cette masse de chair, informe et muette, qu'on entendit un petit vagissement, une voix enfantine : on court à l'autel, on enlève le maillot et l'on voit, ô prodige ! cette masse de chair transformée en un enfant d'une rare beauté. Ce miracle rendit célèbre la gloire du Saint et l'efficacité de la Neuvaine des Mardis : divulgué en Italie, en Autriche, en Allemagne, en France, en Espagne et dans les Pays-Bas, il excita chez tous ces peuples une dévotion telle envers saint Antoine, qu'on suivit en foule dans toutes les églises des Frères-Mineurs la dévotion des Neuf Mardis (et plus tard, par extension des Treize). On a continué cette pratique jusqu'à nos jours, pratique que le bon Saint n'a cessé d'encourager par des merveilles sans nombre. "


Répons Miraculeux

( A réciter à chaque Mardi)


Si vous voulez des miracles, écoutez; la mort, l'erreur, les calamités, le démon, la lèpre sont mis en fuite. Les malades se lèvent guéris.


La mer s'apaise, les chaînes tombent des mains des captifs; le jeune homme et le vieillard demandent l'usage de leurs membres elle recouvrement des choses perdues et l'obtiennent.


Les dangers disparaissent, la misère n'existe plus: qu'ils le racontent ceux qui ont éprouvé ses bienfaits, que les habitants de Padoue le redisent.


La mer s'apaise, etc.


Gloire soit au Père, au Fils, et au Saint-Esprit.


La mer s'apaise, etc.


Saint Antoine, priez pour nous.

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.


Prions


O mon Dieu, que la puissante intercession du bienheureux Antoine, votre confesseur, réjouisse votre Eglise, en lui obtenant toujours de nouvelles faveurs spirituelles et la jouissance des joies éternelles, par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi-soit-il.

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08 novembre 2009

Le Serviteur de Dieu Matteo d'Agnone

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Le Serviteur de Dieu Matteo d'Agnone

Frère Mineur Capucin

1563-1616


Le Serviteur de Dieu Matteo d'Agnone naquit en 1563 de parents très pieux qui lui donnèrent au Baptême le prénom de Prosper. L'éducation, profondément chrétienne qu'il reçut de ses parents lui fit voir Dieu en toutes les choses. Il fréquenta l'université de Naples les universités de philosophie et de médecine. L'idéal franciscain idéal resplendit dans son esprit, et dans cette lumière, il préféra devenir Frère Mineur Capucin, afin de pouvoir faire connaître les vérités de la théologie et devenir un pieux médecin des âmes. Il fait son noviciat à Sessa Aurunca et après un bref séjour dans la province religieuse de Naples, il est envoyé chez les Frères Mineurs Capucins de Foggia. La, il se distingue par son grand amour pour la Vierge Marie, dont il avec beaucoup de passion défendait l'hypothèse de la montée au Ciel de son corps et de son âme lors de l'Assomption. Elu Supérieur local et provincial, il fut aussi un savant et fervent orateur. Le Seigneur lui accorda le charisme de prophétie et il fut aussi un puissant thaumaturge. Par le simple Signe de la Croix qu'il effectuait, eût lieu un très grand nombre de guérisons à Agnone, à Vaste et a Serracapriola. Il fut aussi un puissant exorciste. Beaucoup de douleurs physiques accompagnèrent sa vie et elles furent pour lui, une constante occasion de louer et de rendre grâce au Seigneur. Trois mois avant sa mort, il fut envoyé au couvent de Serracapriola et les frères de ce couvent l'accueillirent en chantant le Te Deum. Il entra dans la vie le 31 octobre 1616. Le 5 Mai 1751 eût lieu la reconnaissance canonique d'abord par Mgr Scipione De Laurentis, évêque de Larino et le 19 Octobre 1978, un sexon exament qui fut réalisé par Mgr. Angelo Crisci, évêque de San Severo. Le 26 Avril 1984, ce même évêque de San Severo, ouvra le procès information diocésain pour la Béatification du Père Matteo d'Agnone. Le 19 Juin 1996, Mgr. Cesare Bonicelli a ouvert officiellement la cause de béatification et de canonisation en la cathédrale de San Severo. Le 9 Mai 2002, Monseigneur Michele Seccia, au dans le couvent des Capucins de Serracapriola, a présidé la célébration solennelle et la cérémonie de clôture pour la phase diocésaine de la cause de Béatification. Le 16 mai 2002 les dossiers contenants la documentation historique sur le Serviteur de Dieu a été remise à la Congrégation des Saints. Le 31 Mars 2006 la même Sacrée Congrégation a publié un décret de validité du Procès Diocésain. En Juin de 2006, un rapporteur de la cause a été nommé.


Prière à la Vierge Marie pour demander la glorification du Serviteur de Dieu, le Padre Matteo d'Agnone


O Vierge Marie, notre Mère, vous vous êtes toujours montrée sensible à vos fidèles, nous vous prions humblement pour que vous nous obteniez de la Sainte Trinité, par votre puissante intercession de fille du Père, de mère du Fils et d'épouse de l'Esprit, la glorification de votre serviteur le Père Matteo d'Agnone, qui, par ses paroles et ses écrits, montra et promulga l'assomption au Ciel de votre corps et de votre âme, ainsi que la divine royauté de votre Fils, qui est aussi notre Seigneur Jésus-Christ. Nous avons confiance en votre aide maternelle.


Trois je Vous salue Marie


Imprimatur

San Severo, 25.3.1984

† Angelo Crisci, Evêque


Pour recevoir des images et des biographies et pour transmettre des relations de grâces attribuées au Serviteur de Dieu Matteo d'Agnone, s'adresser au

Père Cipriano de Meo, Couvent des Cappuccinos, I- 71016 Saint Sévère (FG)

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23 octobre 2009

Fils spirituel de Saint Pio de Pietrelcina

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Fils spirituel de Saint Pio de Pietrelcina

Témoignage de Pierre Quantin

Chères Soeurs, Chers Frères, Bonjour !

Nous ne nous connaissons pas en effet au sens strict du terme mais nous nous connaissons au titre de la Fraternité, Soeurs et Frères en Jésus Christ. Vous êtes bien destinataires, dans le témoignage et dans la gratuité des choses. Nous devons être attachés à toutes nos soeurs et à tous nos frères ainsi qu'aux religieuses et religieux qui veillent sur nos parcours, comme un dernier bastion face à l'innommable, le cosaque comme le nommait notre Père Spirituel Saint Padre PIO. Il serait fastidieux de raconter ici mon histoire par le détail mais je peux cependant vous faire un résumé succinct là où la vie des autres relève plus de mon intérêt, pour aujourd'hui et pour demain. Nous sommes Français par notre Père (originaires de la région de Blois en France) et malgache par notre mère. Je suis né à Madagascar (à Mananara Nord, côte Est) où j'ai vécu les 10 premières années de notre existence. Je suis allé au collège de lescat (frères Canadiens du Sacré Coeur à Antananarivo chez lesquels aux dires de mes pairs les choses étaient déjà en préparation sur l'enfant que j'étais. Il aura fallu attendre l'année 2000 pour que les choses se révèlent pleinement). Nous avons grandi avec les pères missionnaires à Madagascar et avec Monseigneur Jean WOLFF (voir sa vie sur internet) Archevêque de Diego qui était un ami de notre famille et qui a bercé notre enfance jusqu'à l'âge adulte. Nous avons continué à rendre visite à Monseigneur jusqu'au Dorat où il est décédé plusieurs années après son retour définitif en France, entouré des religieuses qui s'étaient très bien occupées de lui. J'ai été saisi d'un ''sentiment'' très fort à Notre Dame de la Trinité à Blois (année 2000) ainsi que devant la relique du Précieux Sang à Neuvy-St-Sépulcre, petit village de l'Indre situé à côté de Chateauroux. Un Père Jésuite à l'Ile de la Réunion (responsable du MEJ) a été le premier à me faire prendre conscience des choses. Il est devenu mon ami et mon accompagnateur. Le Père Jean DEROBERT (autre fils spirituel de St Padre PIO qui a vécu 7 ans avec le Grand Saint et qui vit à Marseille où il est l'aumônier de la maison des religieuses âgées. Il est connu pour tous ses ouvrages sur Saint Padre PIO) à l'occasion d'une visite à La Réunion m'a confirmé aussi ma filiation avec Francesco FORGIONE d'une manière surprenante : en me donnant un franc coup de poing à la mâchoire de la part du Padre PIO. Je l'avais rencontré à Saint Benoit (Ile de La Réunion) dans l'église où il était venu durant trois heures nous parler de la vie du Padre. Notre Padre que je nomme " Familièrement " et affectueusement ''Mon Petit Vieux''. Le Révérend Père Jean DEROBERT est mon référent dans tout ce que j'entreprends, notre grand frère à tous. Ensuite tout s'est enchaîné avec différentes communautés de religieuses, Donato CALABRESE (autre fils spirituel de Saint Padre PIO vivant en Italie. Voir ses sites sur internet), les Capucins de San Giovanni ROTONDO, différents prêtres, congrégations, laïques, les ''indéfectibles'' Frères de la Basilique de Saint Antoine de Padoue (qui nous soutiennent dans toutes nos actions) etc ... dans des liens fraternels sans cesse renouvelés. Ah ! la belle famille que voilà. Sans la prière communautaire il n'y aurait aucun essor. Depuis l'année 2000 les anecdotes n'ont jamais cessées de fleurir sur notre chemin, '' Loué ! soit notre Seigneur ! '' : les petits tours fraternels à mon encontre de Sainte Thérèse de Lisieux, la bienveillance de Sainte Rita, l'accueil de la Bienheureuse Victoire Rasoamanarivo (protectrice de nos missions humanitaires sur Madagascar, dont les lépreux qu'elle aimait tant), le visage sans cesse porté à même sol avec Saint Thomas d'Acquin, l'arrachage à soi-même avec Saint Augustin, le Coeur Brisé partagé avec Bernadette, à la lumière de Saint Jean-Joseph de La Croix à chacune de nos missions humanitaires, le petit frère fidèle à Lucie/Jacynthe et Francesco, le visage rayonnant de grâce de Claire d'Assise dans mes moments de solitude, la sérénité apportée par Sainte Gemma Galgani, la dévotion à la Sainte Vierge Marie et les invocations à l'Esprit Saint avec la Bienheureuse Mariam BAOUARDI, la Providence avec Sainte Maravillas de Jésus, la direction montrée par Jean-Marie Vianney, à la lumière de la Foi avec Sainte Imelda LAMBERTINI, la passion du Christ avec Sainte Véronique GIULIANI et Sainte Catherine de RICCI, la rencontre avec Saint Jean-Baptiste de la Salle, l'adoration Eucharistique avec Saint Pierre Julien EYMARD, la consolidation avec la ''Grande'' Sainte Thérèse d'Avila, sur le chemin de la Providence, au service des pauvres avec Saint Luigi ORIONE (stratège de la Charité disait Jean-Paul II) et encore et encore ... De la poussière d'étoiles dont je ne me suis jamais secoué. Il y a quelques années à l'occasion d'un déplacement en métropole avec ma famille, nous étions passés à la Basilique de Fourvières à Lyon puis au village d'Ars. Là contre toute attente j'ai reçu ma feuille de route, dans ces deux lieux. Nous vivons dans la Providence, essayant de demeurer au service des plus démunis. Poussé par un ''sentiment'' ... j'ai écrit, en qualité de responsable du pôle humanitaire, à Monseigneur LE GALL Archevêque de Toulouse pour lui demander de bien vouloir être le parrain de notre Association Humanitaire. Il a été touché semble-t-il par notre histoire et il a accepté le parrainage dans des termes qui ont été de nature à nous donner à tous les ailes de l'espoir. Un Frère aimant. Le nom de l'Association MIARA-DIA (nom malgache qui signifie marcher ensemble) a été trouvé par l'une de nos Soeurs religieuses Guadaloupaines de la salle sur la Paroisse Notre Dame de l'Assomption à l'Ile de La Réunion. Le site de notre Association Humanitaire pour Madagascar : http://prevact.canalblog.com Je témoigne depuis sept ans à l'Ile de la Réunion outre les missions humanitaires à Madagascar. J'essaye entre autre de faire connaître la vie du Padre PIO dans la petite comme dans la grande île ainsi que certaines Saintes comme Gemma GALGANI qui est très peu connue. Montages divers en couleur, distributions gratuites là où je dis que nos nuits, même écourtées, sont aussi belles que nos jours. Nous essayons de demeurer dans la rue à l'image de Saint François d'Assise. Je suis très attaché à la Paroisse de Notre Dame du Mont Carmel à la Réunion où j'ai rencontré un prêtre qui chemine avec nous, au service des plus démunis. Cet ami avant tout a été touché par la compassion. Mes missions actuelles : témoigner dans l'apostolat, oeuvrer dans la rue, essayer de réparer voire construire ou reconstruire les chapelles en brousse à Madagascar, aider les pauvres et les lépreux, soutenir avec les petits moyens qui sont les nôtres les religieuses et les prêtres malgaches (avec la Bénédiction de Monseigneur Michel MALO, Archevêque de Diego Suarez, qui est le second parrain de notre Association Humanitaire et Caritative avec Monseigneur LE GALL), construire des maisons pour les malgaches qui n'ont plus de toit etc ... Pour le reste et au fil du temps je laisse à vos Coeurs le soin de prendre connaissance de nos témoignages et photos tant spirituels qu'associatifs. Nous nous en remettons à vous, en union de prières, là où une religieuse ''Charismatique'' Franciscaine, rencontrée dans la Providence, m'avait demandé si je voulais savoir quelle était la nature de cette amitié que je portais à tous. Dans un moment de faiblesse j'ai bien voulu l'écouter et apprendre ... Je ne relève d'aucune académie, d'aucun parcours dit ''Officiel''. Il y a des femmes et des hommes qui ne sont ni sur une autoroute, ni sur une départementale, ni sur une communale, même par sur une vicinale, encore moins sur un chemin de terre, voire absent du sentier des muletiers. Ils sont plein champ !. Il n'y a aucune déperdition lorsque c'est notre ''Rabbinou'' qui veille à tout. Outre le Père Jean DEROBERT je remercie la supérieure des Franciscaines à l'Ile de La Réunion (depuis elle est rentrée à l'Ile Maurice) pour m'avoir fait mettre à genoux. J'ai reçu de sa part la bénédiction de Saint François d'Assise à Frère Léon, dans un instant solennel. Sur le chemin de l'Apostolat je ne cesse de faire l'expérience de la phrase de Saint Paul : la connaissance gonfle d'orgueil tandis que l'Amour fait oeuvre constructive. J'aime Saint François aussi pour cela, il relevait plus de la rue que des bibliothèques. Chaque jour et avant tout mouvement, j'inscris dans le creux de ma main le numéro de cellule de notre Père Spirituel Saint Padre PIO, la ''Reconnaissance'' rivée au Coeur. Il y a une citation de Saint François d'Assise qui m'anime sans cesse. Celle-ci a été prononcée par François avant qu'il ne monte vers le Père : '' Et il m'a donné des Frères ! ''. Ah ! Ce sentiment secret éprouvé par Saint François d'Assise tandis qu'il confiait la direction de l'Ordre à Pierre de CATANE. De cet instant, mon Coeur se nourrira à '' Jamais ! ''. C’est merveilleux, Jésus répartit ses vertus sur plusieurs. Aussi, il ne faut pas se contenter de lire l’Evangile pour apprendre le secret de la sainteté ; il faut encore savoir lire les Evangiles vivants que Dieu a placé autour de nous et que sont nos frères ! (Frère Rédemptoriste Marcel VAN) Chères Soeurs, Chers Frères, nous vivons tous là une belle aventure humaine avec l'Aimé, le Désiré.

Fraternellement à vous.

Pierre QUANTIN

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L'Association Prevact-Miara-Dia

Humanitaire à Madagascar

Le pôle humanitaire de l’Association PREV’ACT a été mis en place en 2007 suite à une rencontre providentielle entre le Président de l’Association Mr Jean-Daniel ARACKSING et Monsieur Pierre QUANTIN d’origine malgache. L’Association basée à l’Ile de la Réunion a pour objet de susciter, de participer, dans la mesure de ses possibilités, à des projets humanitaires, préventifs, de solidarité et/ou culturels dans les villages de la côte Nord-Est de Madagascar. L’accent a été mis sur la construction en bois, plus résistante, de maisons pour les villageois qui ont été touchés successivement par les cyclones, très fréquents dans la région. Situé en bord de mer et proche du grand parc naturel de Masoala, le village de SANTAHA, qui signifie ’’Ruisseau’’ en langue malgache, a été choisi pour mener les premières actions humanitaires, dont la construction de maisons pour des familles sans abri qui habitaient initialement dans des cases en paille. Pour bâtir une case en bois sur pilotis de 20 m2, 750 euros sont nécessaires. Une quinzaine de maisons doivent être construites dans l’urgence dans le village qui compte un millier d’habitants. Un vrai projet de développement est en cours d’étude dont, pour ne citer que quelques exemples, la mise en construction de barques et l’achat de filets pour développer la pêche locale, la mise en place d’un élevage de poulets et de canards avec un suivi assuré par une coopérative, la construction d’une école, la recherche d’énergies renouvelables (électricité solaire) etc... Le bilan au bout de six mois d’activité : cinq maisons construites, des aides financières mises en place pour l’hospitalisation des villageois, des prêts sans intérêt aux paysans malgaches, l’achat de trois boeufs, des investissements dans le matériel nécessaire à la construction dont un groupe électrogène, achats de fournitures scolaires pour les enfants, achats de graines diverses pour les plantations. Dans les semaines à venir nous allons mettre en place des pompes, 100 Euros la pompe malgache, pour pouvoir puiser de l’eau propre dans le village. Nous voulons amener dans ce village des médecins, animateurs, enseignants et bénévoles qui seraient prêts, outre l’écotourisme, à vivre à la malgache au milieu d’un peuple accueillant. Nous n’avons pas la prétention de vouloir changer le Monde mais celle au moins d’essayer d’aider une partie de la population à un endroit déterminé de l’île, sans chercher à nous éparpiller. Pour cela nous avons besoin de votre confiance renouvelée et de vos soutiens.

Pour plus d'informations

http://prevact.canalblog.com

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14 août 2009

Fête de Saint Maximilien-Marie Kolbe

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Saint Maximilien-Marie Kolbe

Martyr de l'Immaculée

1894-1941

Fête le 14 août


Polonais, Catholique et Romain (1894-1919)


Raymond Kolbe est né le 8 janvier 1894, dans la ville de Zdunska-Wola, en Pologne. Il a été baptisé le jour même de sa naissance en l’église paroissiale dédiée à Notre-Dame de l’Assomption. Il était le deuxième fils de Julius Kolbe et de Maria Dabrowska, qui en auront cinq, dont trois seulement survécurent. (...)

Une enfance prédestinée


Les époux Kolbe étaient tous deux de pauvres ouvriers tisserands. Maria avait désiré se faire religieuse, mais elle ne put suivre sa vocation, car aucun monastère n’était en mesure de la recevoir sans dot. Après avoir beaucoup prié, elle avait épousé, à vingt et un ans, Julius Kolbe, catholique fervent et appartenant au tiers ordre franciscain, dont il était aussi dirigeant. Les Kolbe avaient peu d’argent et n’en désiraient pas, car ils considéraient la richesse comme un obstacle à la perfection, et même au salut. Très pieux, ils avaient une grande dévotion à la Vierge Marie, Reine de Pologne, et ils se rendirent plusieurs fois en pèlerinage à Czestochowa avec leurs enfants. En même temps qu’un trésor de mansuétude, Raymond avait reçu un tempérament naturellement fougueux. L’éducation sévère de ses parents lui fut très nécessaire pour dompter son caractère. (...)


La mère d'un Saint

La supérieure du couvent de Cracovie, où la mère de notre saint terminera sa vie, nous donne ce témoignage de première valeur : « Marie Dabrowska est née le 25 février 1870. Mère du P. Maximilien et du P. Alphonse, de l’Ordre des Franciscains, elle a été reçue dans notre Congrégation en 1913, en qualité de tertiaire, attachée aux services hors de la clôture, sur la demande du Père M. Sobolewski, Provincial des Franciscains de Pologne. Elle a vécu dans la Maison-Mère de Cracovie, rue Smolensk, jusqu’à la fin de sa vie, le 17 mars 1946. « Elle s’occupait avec abnégation des affaires de notre Congrégation, s’occupait d’expédier le courrier, était chargée des funérailles des religieuses et fut en toutes ces choses d’une grande utilité pour notre Congrégation. « C’était une personne de vertus éminentes qui édifiait ceux qui l’approchaient. Elle avait une dévotion particulière pour la Vierge Immaculée, elle avait dans sa chambre deux petits autels de l’Immaculée, toujours ornés de fleurs fraîches. Tard le soir, elle chantait à voix basse des cantiques, et le matin elle se levait à quatre heures pour avoir plus de temps à consacrer à la prière. « Elle se mortifiait sans cesse et n’exigeait jamais rien de la Congrégation, si bien que les Supérieures devaient veiller à ce que le nécessaire ne lui manquât pas. Après sa mort, on trouva dans son lit une discipline et une mauvaise planche entre son drap et le matelas. C’est ainsi que cette femme de soixante-seize ans savait mortifier son corps. « Elle pratiquait d’une façon peu commune la pauvreté religieuse et aidait les pauvres. Quand elle recevait de la Supérieure l’argent destiné à ses besoins, elle le redonnait aussitôt pour la célébration d’une sainte messe. Dans sa communion quotidienne, elle puisa les forces pour supporter les coups que lui ont portés la mort de son fils, le Père Alphonse, et le martyre du Père Maximilien. Durant son agonie, elle doit probablement avoir vu ce dernier, parce qu’elle prononça ces paroles : “ Mon fils ”. Inexplicablement elle dut supporter avec patience la calomnie d’une domestique, dont la fausseté ne fut connue qu’après sa mort. Elle passait tous ses moments de liberté en adoration devant le Saint Sacrement. Elle avait prédit qu’un jour elle ferait une chute dans la rue, et c’est ce qui arriva. »


La vision de l'Immaculée offrant les deux couronnes

C’est vers l’âge de dix ans qu’il faut situer l’épisode le plus important et le plus extraordinaire de l’enfance de Raymond : une très douce et maternelle apparition de la Vierge qu’il n’oubliera jamais et qui sera continuellement pour lui un stimulant dans son futur amour chevaleresque pour l’Immaculée et dans les fatigues de l’apostolat. Sa mère l’a racontée: « Une fois, quelque chose en lui m’avait déplu, et je lui dis : Mon petit Raymond, qu’est-ce que tu deviendras plus tard ? Après je n’y pensai plus, mais j’observai que l’enfant changeait de telle manière qu’on ne le reconnaissait plus. Nous avions un petit autel caché près duquel il se rendait souvent sans se faire voir, et il y priait en pleurant. En général, il avait un comportement au-dessus de son âge, étant toujours recueilli, sérieux ; quand il priait, il était en larmes. Je me demandai avec inquiétude si par hasard il n’était pas malade et lui dis alors : Qu’est-ce qui t’arrive ? Et je commençai à insister : Tu dois tout raconter à ta petite maman ! Tremblant d’émotion et les larmes aux yeux, il me dit : Maman, quand tu m’as grondé, j’ai beaucoup prié la Vierge de me dire ce que je deviendrais. Me trouvant ensuite à l’église, je la priai de nouveau ; alors elle m’est apparue tenant dans ses mains deux couronnes : une blanche et une rouge. Elle me regarda avec tendresse et me demanda si je voulais ces deux couronnes. La blanche signifiait la persévérance dans la pureté, et la rouge le martyre. Je répondis que je les acceptais. Alors elle me regarda avec douceur et disparut. Le changement extraordinaire survenu chez l’enfant attestait pour moi la vérité de la chose. Il en était pénétré en permanence et, en toute occasion, le visage rayonnant, il faisait allusion à cette mort de martyr qu’il désirait. C’est ainsi que j’y fus préparée comme la Vierge Marie après la prophétie de Siméon... ”(...) En octobre 1907, à l’âge de treize ans, il entre au petit séminaire des Frères mineurs conventuels, à Lwów, avec son frère ainé. Pendant les trois ans où il y fait ses études, il manifeste intelligence, application, esprit scientifique, mais aussi sensibilité, bonté, courtoisie, gaieté et piété. (...)


Un nouveau Saint François

Après avoir connu une forte tentation d’entrer dans l’armée, tentation qu’une visite inattendue de sa mère chassa, il revêtit l’habit franciscain et reçut le nom de frère Maximilien, le 4 septembre 1910. Il a seize ans et huit mois. (...) Le 5 septembre 1911, il faisait sa profession simple. Un an plus tard, il était désigné pour se rendre au Collège séraphique international de Rome, en vue d’obtenir des diplômes en philosophie et en théologie. Il y restera sept ans. C’est pendant cette période romaine, le 1er novembre 1914, qu’il fait profession solennelle et ajoute à son nom religieux celui de “ Marie ”, expression significative de la note dominante de sa spiritualité, qui s’affirme de plus en plus. (…) À Rome, il sera le disciple du Père Stéphane Ignudi, qui avait été lui-même le confident et le confesseur de saint Pie X. (…) Le frère Maximilien recevra de lui son amour pour la Vierge Immaculée, son esprit romain et sa vénération pour le Pape, sa volonté de lutter contre le mal, particulièrement la franc-maçonnerie, et pour la défense inflexible des droits spirituels et temporels de l’Église. (…) Le P. Ignudi notera en 1919 dans le registre journalier du Collège cette appréciation sur son disciple : sanctus juvenis (“ un jeune saint ”). (…)


1917: Le choc de la secte impie


Frère Maximilien-Marie souffrait cruellement de tout ce qu’il voyait se produire contre l’Église dans la ville de Rome. (…) L’anticléricalisme rageur et vulgaire éclatait en toute occasion contre les catholiques et contre le Pape et atteignit son paroxysme en pleine guerre, en 1917, année où l’on célébrait le quatrième centenaire de la Réforme protestante (1517) et le bicentenaire de la fondation de la franc-maçonnerie (1717). (…) Le jeune religieux en fut fortement impressionné, il écrira plus tard : « Cette haine mortelle pour l’Église de Jésus-Christ et pour son Vicaire n’était pas une simple gaminerie d’individus dévoyés, mais une action systématique découlant du principe de la franc-maçonnerie : Détruisez toute religion quelle qu’elle soit, surtout la religion catholique. »(…)

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La Consécration à l'Immaculée (16 octobre 1917)


Le 20 janvier 1917, alors que le Père Ignudi lit et commente la prodigieuse apparition de la Vierge Immaculée à Alphonse Ratisbonne et la conversion fulgurante du jeune juif, frère Maximilien-Marie conçoit l’institution de la Milice de l’Immaculée. Dès le lendemain, il confie son audacieux projet à six confrères parmi les clercs les plus exemplaires du Collège. Il leur propose de fonder une Association mariale, avec l’approbation de l’autorité ecclésiastique : le but principal serait d’endiguer ce flot d’impiété, d’arrêter ces mouvements hostiles à l’Église qui augmentaient sans cesse. (…) Selon le P. Pignalberi, présent lors de la fondation de la  M.I., frère Maximilien proposa cette réflexion : « Est-il possible que nos ennemis doivent déployer tant d’activité jusqu’à avoir la supériorité, tandis que nous resterions oisifs tout au plus appliqués à prier, sans pourtant nous mettre à l’œuvre ? N’avons-nous pas, peut-être, des armes plus puissantes, la protection du Ciel et de la Vierge Immaculée ? L’Immaculée, victorieuse et triomphatrice de toutes les hérésies, ne cédera pas la place à l’ennemi qui relève la tête, si elle trouve des serviteurs fidèles dociles à son commandement ; elle remportera de nouvelles victoires plus grandes que tout ce que l’on peut imaginer. (...) « Il faut que nous nous mettions, tels des instruments dociles, entre ses mains, employant tous les moyens licites, nous introduisant partout par la parole, par la diffusion de la presse mariale et de la médaille miraculeuse, valorisant notre action par la prière et le bon exemple. » (…) C’est ainsi que le soir du 16 octobre 1917, ces six premiers candidats à la nouvelle “ chevalerie ”, guidés par frère Maximilien-Marie, faisaient leur consécration à Marie devant l’autel de l’Immaculée, dans la chapelle du Collège séraphique. C’était trois jours après la sixième apparition de Notre-Dame le 13 octobre 1917 à Fatima.


La Milice de l'Immaculée


La M.I. est ainsi officiellement fondée. L’acte de consécration contient en germe toute sa doctrine sur le mystère de l’Immaculée Conception, telle qu’Elle s’est révélée à Lourdes, et le règlement de la M.I., rédigé aussi en ce 16 octobre, exprime toute la mission mariale que le Père Kolbe reçut de la Vierge Marie, à savoir : “ remettre à Dieu le monde entier par l’Immaculée ”. (…)


Acte de consécration de saint Maximilien Kolbe à l’Immaculée Conception


Daigne recevoir ma louange, ô Vierge bénie ! Immaculée – Conceptionn Reine du ciel et de la terre, Refuge des pécheurs et Mère très aimante à qui Dieu voulut confier tout l’ordre de la Miséricorde, me voici à tes pieds, moi, N..., pauvre pécheur. Je t’en supplie, accepte mon être tout entier comme ton bien et ta propriété ; agis en moi selon ta volonté, en mon âme et mon corps, en ma vie et ma mort et mon éternité. Dispose avant tout de moi comme tu le désires, pour que se réalise enfin ce qui est dit de toi : « La Femme écrasera la tête du serpent » et aussi : « Toi seule vaincras les hérésies dans le monde entier ». Qu’en tes mains toutes pures, si riches de miséricorde, je devienne un instrument de ton amour capable de ranimer et d’épanouir pleinement tant d’âmes tièdes ou égarées. Ainsi, s’étendra sans fin le Règne du Cœur divin de Jésus. Vraiment, ta seule présence attire les grâces qui convertissent et sanctifient les âmes, puisque la Grâce jaillit du Cœur divin de Jésus sur nous tous, en passant par tes mains maternelles.

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Croisade Mariale et Eucharistique


Les Supérieurs demanderont au Père Kolbe de ne pas parler de sa pieuse association, et ce, jusqu’à ce que le Pape Benoît XV lui accorde en avril 1919 bénédictions et encouragements. Trois années s’écouleront encore avant que la Milice de l’Immaculée reçoive l’approbation ecclésiastique définitive, le 2 janvier 1922. Maximilien avait reçu le sacerdoce le 28 avril 1918, et célébré sa première messe en l’église Sant’Andrea delle Fratte, à l’autel du miracle qui rappelle l’apparition de la Vierge Immaculée au juif Alphonse Ratisbonne. C’est sous sa direction qu’il obtiendra, le 22 juillet 1919, son doctorat en théologie. Déjà, dès cette époque, le P. Maximilien eut à souffrir de nombreuses critiques de la part de ses confrères pour ses plans d’apostolat audacieux, tels que ses projets futurs pour diffuser la dévotion à la Vierge Immaculée, spécialement par la presse et tous les moyens modernes. (...)


Cracovie (1919-1922)


Ayant obtenu ses diplômes, le Père Kolbe rentre en Pologne à Cracovie. À cause de sa mauvaise santé, un ministère de confessions et de petites prédications lui est alors confié, qui lui permettra d’enrôler de nouveaux membres dans la M.I. (…) Déjà, il songe à créer un petit journal. Il aura le temps de méditer ce projet jour et nuit durant son premier séjour au sanatorium. En effet, durant l’automne 1919 il est frappé de phtisie, et en janvier 1920 il est hospitalisé à Zakopane. Il y séjournera de façon intermittente jusqu’en avril 1921, y exerçant un apostolat de souffrance et d’évangélisation parmi les malades non catholiques. Là, il rédigera un premier livre destiné à faire connaître la M.I. Il a à peine vingt-six ans. (…) De retour à Cracovie, il lance, en janvier 1922, la publication de sa revue mariale : “ Le Chevalier de l’Immaculée ”. Comme les forces du mal se servent de la technique moderne, de la presse et de la radio pour diffuser l’erreur, le P. Kolbe veut aussi utiliser ces inventions pour la plus grande gloire de Dieu. Mais il manque d’argent. Ses confrères craignent un échec financier et critiquent la manière dont le bulletin est rédigé. Certains le surnomment : “ Max le naïf ”. (…) De ce fait, ces années 1922-1923 furent bien éprouvantes pour lui. Mais la “ caisse sans fond de la Divine Providence ” pourvoyait à tout, et le Chevalier put se maintenir et se développer.  (...)


Godno (1922-1927)


Lorsqu’il entra en possession de la première machine à imprimer, le P. Maximilien-Marie venait d’être envoyé par son Supérieur au couvent de Grodno. Il y demeurera cinq ans, tout occupés de ministère paroissial, de la direction de la M.I. et de la publication du Chevalier, qui tirera bientôt à 12 000 exemplaires. (…) De nombreux jeunes gens se pressèrent bientôt aux portes du couvent pour rejoindre le Père Kolbe dans sa mission évangélique. Certains Pères prirent ombrage de son influence sur les jeunes, de la force et de l’originalité de son caractère, de sa fidélité à la Règle et de son goût de la perfection. D’autre part, la présence de l’imprimerie à l’intérieur du monastère, même dans un dessein apostolique, suscita un certain nombre de conflits. (…) En 1926, le P. Kolbe est de nouveau hospitalisé pendant six mois, laissant la charge de la M.I. et du Chevalier à son frère Alphonse. Ses Supérieurs lui ayant ordonné de “ ne plus s’occuper de rien ”, il obéit scrupuleusement, se contentant de prier l’Immaculée pour qu’Elle aide son frère. Celui-ci s’acquittera à merveille de sa charge, en disciple convaincu du P. Kolbe plus encore qu’en frère. Quand le P. Maximilien-Marie revient de Zakopane en 1927, la M.I. et le Chevalier auront atteint un tel développement qu’ils ne pourront plus rester à Grodno. Le Chevalier tirait alors à 60 000 exemplaires.


Niepokalaw (1927-1930)


En juin 1927, le Chapitre provincial de Cracovie accorde au Père Kolbe la permission de fonder Niepokalanów (“ Cité de l’Immaculée ”), à une quarantaine de kilomètres de Varsovie. Le terrain lui a été offert gratuitement par son propriétaire. Le soir du départ, le Père Maximilien-Marie avait dit aux deux Pères et aux dix-huit frères qui l’accompagnaient :  « (…) Dans le nouveau couvent, notre sacrifice devra être total. La vie religieuse devra y fleurir dans la plus parfaite observance, particulièrement dans la pratique de l’obéissance. Il y aura beaucoup de pauvreté selon l’esprit de saint François. Il y aura beaucoup de travail, beaucoup de souffrances et de privations. La Règle et les Constitutions devront être rigoureusement observées parce que Niepokalanów devra être un modèle de vie régulière pour tous. (…) » Dès le mois d’août, il avait fait commencer la construction d’une chapelle en bois et de pauvres baraques sur le terrain nu où trônait seulement la statue de l’Immaculée. Quand la communauté y arriva le 21 novembre. L’ensemble était d’une grande pauvreté : pas de tables, mais des planches ; pas de lit, mais de la paille. Qu’importe le froid et les privations, tout était pour l’Immaculée, dans la joie, la fraternité, le travail et la prière. Le 7 décembre, le couvent est béni solennellement par le Père provincial, et érigé canoniquement. La Cité de l’Immaculée était fondée et elle allait connaître un essor extraordinaire grâce à la parfaite organisation et au génie de son fondateur. Peu à peu on verra apparaître des services de rédaction, d’impression et d’expédition d’une haute technicité. Des ateliers de maçonnerie, menuiserie, couture et cordonnerie, buanderie. Un corps de pompiers fut constitué, car tous les bâtiments étaient en bois. Au centre de tout : la chapelle, avec le Saint-Sacrement souvent exposé, autour de laquelle se trouvaient les logements des frères, d’une grande pauvreté, et un immense réfectoire. Devant de tels développements et l’afflux des vocations, les Supérieurs craignirent un échec, car le P. Kolbe n’avait aucune ressource financière. Mais lui n’avait ni doute ni crainte. « On avait l’impression que des assurances secrètes le soutenaient », témoignera son proche collaborateur. (…)


Nagasaki (1930-1936)


En janvier 1930, le Père Kolbe demanda la permission de partir en mission au Japon, pour y fonder une Cité de l’Immaculée ! (…) Ainsi, au début du mois de mars 1930, frère Maximilien-Marie s’embarque pour l’Orient avec quatre frères. Il laissait Niepokalanów aux mains de son frère, Alphonse, en qui il avait toute confiance. Arrivés au Japon, l’évêque de Nagasaki accepta de les garder, sans enthousiasme. (…) Un mois, jour pour jour, après avoir débarqué sans un sou, sans connaître personne, sans lire ni parler un seul mot de la langue, les religieux distribuaient dans la rue deux mille exemplaires du Chevalier japonais, le “ Seibo no Kishi ”. Malgré leur extrême dénuement, ils parviennent à se procurer les machines nécessaires à l’impression. (…) De juin à août, le P. Maximilien-Marie rentre en Pologne afin de participer au Chapitre provincial et d’obtenir la permission de fonder une nouvelle Cité de l’Immaculée. (…) Mais il est obligé de repartir brusquement pour le Japon. Ses frères sont aux prises avec d’inextricables difficultés pour l’impression et la diffusion du Seibo no Kishi. Ses deux collaborateurs prêtres se sont découragés. Croyant que le P. Kolbe allait à un échec certain, ils ont décidé de retourner en Pologne. (…) Quant à l’évêque, Mgr Hayasaka, ne voyant pas arriver les documents officiels, nécessaires à la fondation canonique, se prit à douter de cette entreprise. Il alla jusqu’à retirer l’autorisation, déjà accordée, de célébrer la messe dans la petite chapelle privée de leur Maison. Heureusement lorsqu’il reçut l’autorisation canonique du Saint-Siège en octobre, Monseigneur rendait aux religieux toute sa confiance. On commençait, semblait-t-il, à pouvoir travailler avec un peu de sérénité, quand brusquement, le 7 décembre 1930, arriva la nouvelle : le Père Alphonse était mort. Qu’allait devenir Niepokalanów ? Le Père Kolbe devait-il être rappelé en Pologne ? Fallait-il fermer la mission japonaise ? Le Père Maximilien-Marie écrivit à ses frères : « J’adhère à la volonté de Dieu, et je veux la réaliser particulièrement dans les moments les plus difficiles et les plus critiques. La croix est une école d’amour. Les croix purifient les intentions, parce que la souffrance nous permet d’agir uniquement par amour. » Les Supérieurs ne rappelèrent pas le Père Kolbe et ce fut le Père Koziura qui fut désigné à la tête de Niepokalanów.


Mugenzai no sono « Le Jardin de l'Immaculée »

Pour fonder la nouvelle Cité de l’Immaculée, le Père Maximilien-Marie ne put acquérir qu’un terrain dans les faubourgs de Nagasaki, à cause de la précarité de ses moyens. Ce lieu était éloigné, difficile d’accès, mais de là la vue pouvait embrasser la ville entière, et l’Immaculée rayonnerait sur tous. On ne manqua pas de critiquer ce choix, mais le Père refusa de changer sa décision. Plus tard, on y verra une inspiration divine, puisque, grâce à la pente du terrain, Mugenzai no Sono fut totalement épargnée lorsque éclata la bombe atomique le 9 août 1945 ! (…) En 1933, le Chevalier japonais tirait à plus de 50 000 exemplaires. En trois ans, il avait pris la première place parmi les périodiques catholiques. Cet apostolat n’était fructueux que parce qu’il était inspiré et soutenu par l’attrait qu’exercent sur les âmes, même païennes, la Vierge Immaculée, la pauvreté franciscaine de ses chevaliers et leur esprit vraiment apostolique. (…) En moins de deux ans, les baptêmes se succèdent, et parmi les baptisés de nombreux jeunes sont attirés par l’Immaculée et désirent recevoir la bure. En août 1931, le Père ouvre un noviciat et l’année suivante il crée un petit séminaire avec l’accord de ses Supérieurs. Mais tout cela ne se faisait pas sans difficultés. Le P. Kolbe les acceptait pour l’amour de Marie, les appelant des “ douceurs ” et des “ bonbons ”. Sa mauvaise santé était cause des “ douceurs ” les plus ordinaires. Le médecin qui le traitait a témoigné : « Comme médecin, je fus convaincu qu’il avait un besoin absolu de repos. Comme je le lui prescrivais, il me dit que les médecins européens avaient déjà déclaré sa maladie incurable, et que, voulant faire quelque chose sur cette terre, il ne le pourrait qu’avec de grands sacrifices. Son activité m’apparaissait impossible à mener à bien avec les seules forces humaines, sans une intervention spéciale de Dieu. Il avait souvent quarante degrés de fièvre, et malgré tout son activité était vraiment extraordinaire. » Mais lui, il exhortait ainsi ses frères : « Notre tâche ici est très simple : trimer toute la journée, se tuer au travail, passer pour fou à lier auprès des nôtres, et, anéanti, mourir pour l’Immaculée. Étant donné que nous ne vivons pas deux fois sur cette terre, mais une seulement, il est nécessaire par conséquent d’approfondir au maximum chacune des expressions indiquées pour manifester le plus possible notre amour pour l’Immaculée. N’est-ce donc pas un bel idéal de vie que celui-là ? (…) Notre espérance est toute entière dans l’Immaculée ; courage donc, frère, viens mourir de faim, de fatigue, d’humiliations et de souffrances pour l’Immaculée. » (…)


La crucifiante dissension


Entre 1930 et 1933, (…) les peines les plus amères lui vinrent de certains confrères, venus comme missionnaires au Japon, et qui n’acceptaient pas l’ “ esprit de Niepokalanów ”, c’est-à-dire le don sans limites à l’Immaculée, fondement de l’activité missionnaire. Ils refusaient également de reconnaître la médiation universelle de Marie, qui était le point central de la spiritualité du P. Kolbe, principe moteur de son activité, qui conférait à la Milice de l’Immaculée son caractère théologique. (…) Le Père Maximilien dira n’avoir jamais eu une croix aussi lourde à porter. Il souffrit profondément de voir qu’on condamnait une œuvre approuvée et bénie par l’autorité ecclésiastique, et que l’on menaçait de supprimer ou de vider de leur idéal les Cités de l’Immaculée. (...)


Le Père Kolbe est déposé (juillet 1933)


Le 8 avril 1933, le Père Maximilien-Marie quitta Nagasaki afin de participer en juillet au chapitre qui devait élire un nouveau Père provincial. (…) Au Chapitre provincial de Cracovie, il est démis de sa charge de Supérieur et reçoit l’obédience de repartir pour le Japon, avec la simple charge de professeur de philosophie et de théologie au collège, et de rédacteur du Chevalier japonais. (…) Dans les trois années qui vont suivre, le Père Maximilien-Marie se montrera pour son supérieur, qui le remplace à la tête de la Mugenzai no Sono, un collaborateur sincèrement et fidèlement soumis. Celui-ci lui confia la direction spirituelle des frères, car il mesurait à quel point le Père Kolbe était l’âme de ce monastère.

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Victime pour son peuple


Au Chapitre général de 1936, le Père Maximilien-Marie est rappelé en Pologne pour reprendre la tête de la Cité de l’Immaculée, où il arrive en juillet. Au cours de ce Chapitre, les Pères firent bon accueil à une motion qu’il avait déposée l’année précédente pour demander la consécration de l’Ordre tout entier à l’Immaculée. Ils fixèrent cette consécration au 8 décembre et décidèrent de la renouveler chaque année à la même date. Ainsi, à partir de ce 8 décembre 1936, fête de l’Immaculée Conception, l’esprit de la M.I. pouvait officiellement pénétrer et vivifier l’Ordre franciscain tout entier. (…)

Bruits de guerre

À cette époque, se souvient frère Luc, le Père Kolbe disait sa messe dans un tel “ état de grâce ” qu’il semblait “ rayonner d’une lumière surnaturelle. ” Cette intensité de vie intérieure ne l’empêchait pas de faire preuve d’un sens très aigu des réalités terrestres. Ainsi, dès 1936, il entrevoit, en analysant la situation politique de nos pays d’Europe, le terrible désastre de la deuxième guerre mondiale : « Il va se produire quelque chose dans le monde entier, mais à nous qui sommes consacrés à l’Immaculée, que peut-il arriver, où que nous soyons ? Tout au plus pourra-t-on nous ôter la vie. En ce cas, alors, on nous rendra le plus grand service, parce que nous pourrons ainsi travailler avec une grande efficacité à la conquête du monde entier à l’Immaculée. » Ne voulant rien négliger pour préparer ses “ enfants ” aux conflits douloureux qui les attendaient, Maximilien-Marie prit l’habitude de leur faire des sortes de causeries spirituelles deux fois par semaine et le dimanche. Il leur montrait comment utiliser la souffrance pour leur propre sanctification et celle d’autrui, comment demeurer dans la joie au milieu des épreuves et des appréhensions et comment rester libre aussi, en ne redoutant jamais rien ni personne. Il leur rappelait enfin l’importance de l’amour et de la prière pour les persécuteurs, pour ceux qui torturent et qui tuent. (…)


La « dernière cène »


Un jour, dans un entretien avec les frères profès, il leur révèle que le Ciel lui a été promis par la Sainte Vierge : « C’était le dimanche 10 janvier 1937. Après le repas du soir, la communauté devait assister à une représentation scénique du mystère de Noël. Tout le monde attendait avec impatience cet événement de la soirée. Le Père Maximilien annonça la représentation au cours du repas, en laissant cependant aux profès solennels la liberté de rester au réfectoire pour s’entretenir avec lui. Après le repas, la majorité se rendit au petit théâtre. Mais un certain nombre resta pour parler avec le P. Kolbe qui leur dit en substance : (...) Mes chers fils, maintenant je suis avec vous. Vous m’aimez et moi aussi je vous aime. Je mourrai et vous, vous resterez. Avant de quitter ce monde, je veux vous laisser un souvenir. Comme je veux moi aussi accomplir la volonté de l’Immaculée, j’ai demandé que ne restent que les profès de vœux solennels qui le désirent. Votre présence est le signe que l’Immaculée vous voulait ici. Vous m’appelez Père Gardien, et je le suis. Vous m’appelez Père Directeur, et vous dites bien, puisque je le suis, au couvent et à l’imprimerie. Mais qui suis-je encore ? Je suis votre père. Un père plus vrai encore que votre père charnel qui vous a donné la vie physique. C’est par moi, en fait, que vous avez reçu la vie spirituelle qui est vie divine, ainsi que cette vocation religieuse qui dépasse la vie temporelle elle-même. (...) « Il nous enveloppait tous de son regard ; il semblait maintenant préoccupé de quelque chose de grand qu’il aurait voulu révéler, qui lui tenait à cœur, mais qu’un sentiment d’humilité l’empêchait de dire. À la fin, comme s’il avait vaincu une réserve pleine de pudeur, il baissa les yeux, inclina la tête, et laissa voir sa vive émotion. L’atmosphère, à cet instant, semblait remplie du mystère qu’il allait nous révéler. Et il reprit : Mes chers enfants, vous savez que je ne peux pas être toujours avec vous. C’est pourquoi je désire vous dire quelque chose en souvenir de moi. Oui, oui, dites, Père ! s’écrièrent-ils tous ensemble, en retenant leur souffle. Oh, si vous saviez, mes chers enfants, comme je suis heureux ! Mon cœur déborde de bonheur et de paix, autant de joie et de paix qu’on peut en goûter ici-bas. Malgré les contrariétés de la vie, une paix ineffable demeure toujours au fond de mon cœur. Mes chers enfants, aimez l’Immaculée, aimez-la et elle vous rendra heureux ! Ayez confiance en Elle, une confiance sans limites. Il n’est pas donné à tout le monde de comprendre l’Immaculée. Cela ne s’obtient que par la prière. La Mère de Dieu est la Mère très sainte. Nous comprenons ce que veut dire mère... Mais Elle est la Mère de Dieu, et seul l’Esprit-Saint peut donner la grâce de connaître son Épouse à qui il veut et quand il veut. Je voulais vous dire encore quelque chose, mais peut-être cela suffit-il ? « Là, il nous regarda tous, avec une sorte de timidité, mais nous insistâmes, et nous lui demandâmes de ne rien nous cacher et de tout nous révéler. Bien, alors, je le dirai ! Ajouta-t-il aussitôt. Je vous ai dit que j’étais très heureux et débordant de joie, et cela, parce que le Ciel m’a été promis en toute certitude... Mes chers fils, aimez la Vierge Marie, aimez-la autant que vous savez et pouvez le faire ! « Il le dit avec tant d’émotion que ses yeux s’étaient remplis de larmes. Un autre instant de silence, puis : Cela vous suffit, peut-être, d’avoir appris cela ? C’est peu encore ! Père, dites-nous encore d’autres choses ! Nous n’aurons peut-être jamais plus une dernière cène comme cela. Puisque vous insistez tant, j’ajoute encore ceci : c’est arrivé au Japon ! Je ne dirai plus rien, mes chers enfants, ne m’interrogez pas davantage sur ce sujet ! « Certains des assistants réclamaient encore qu’il entre un peu plus dans les détails, mais tout fut inutile, il ne voulut rien ajouter sur son secret. Quand nos questions insistantes cessèrent, il continua à parler, paternellement. Je vous ai révélé mon secret, et je l’ai fait pour vous donner la force et l’énergie spirituelle dans les difficultés de la vie. Les difficultés et les épreuves, les tentations et la tristesse viendront. C’est alors que ces souvenirs vous rendront la force de persévérer dans la vie religieuse et vous pousseront à accepter les sacrifices que l’Immaculée vous demandera. Mes chers fils, n’aspirez pas à des choses extraordinaires, faites simplement la volonté de l’Immaculée. Que sa volonté s’accomplisse et non la nôtre ! (…) Je vous en prie, ne racontez tout cela à personne tant que je serai en vie... Promettez-le ! Nous le promettons ! répondirent tous ceux qui étaient là. « Après un silence, nous nous mîmes à poser des questions sur différents sujets, surtout sur l’avenir. Comment agir dans telle ou telle circonstance, comment se comporter dans telle éventualité. Le P. Maximilien répondit à tout, clairement, avec une assurance remplie de l’Esprit de Dieu. « La réunion extraordinaire était finie. Nous quittâmes le réfectoire avec dans le cœur et sur les lèvres ces paroles qui ne pouvaient rester secrètes : “ Aimez l’Immaculée, mes chers fils, aimez l’Immaculée ! ” Et ce qui dominait, dans nos pensées, c’étaient ces perspectives que le Père avait fait passer devant nos yeux, comme éclairées d’une lumière prophétique. Des temps difficiles vont venir, des temps d’épreuve, de tentations, de découragement. Mais le souvenir des grâces reçues sera pour vous un soutien ferme et une force victorieuse dans les difficultés de la vie. »


L’Immaculée triomphera...

Le Père Maximilien-Marie disait encore pendant cette année 1937 : « Qu’en sera-t-il dans vingt ou trente ans ? Les frères travaillent déjà en Extrême-Orient. Si cela continue ainsi, ils travailleront dans le monde entier. Le démon prévoit tout cela, et c’est pourquoi il se débat. Hier, j’ai appris que les socialistes, avec les communistes sont en train de préparer de nouvelles attaques pour en finir avec Niepokalanów. Mais nous savons par la Sainte Écriture que l’Immaculée écrasera la tête du serpent qui tend ses pièges : Ipsa conteret caput tuum (Gn 3, 15). Cela, ce sera toujours vrai. Nous devons donc nous mettre à l’œuvre pour nous rapprocher toujours plus de l’Immaculée, parce qu’on ne pourra jamais trop l’aimer. » (…) « L’amour de l’Immaculée ne consiste pas seulement dans un acte de consécration récité même avec une grande ferveur, mais dans le fait de beaucoup souffrir de privations et de travailler pour elle sans arrêt. » (…) Lors d’une conférence, à Rome, après avoir résumé l’apostolat de la M.I. au cours de ses vingt années d’existence, son fondateur dit d’un ton prophétique : « Nous ne croyons pas qu’il soit lointain, ni qu’il soit simplement un rêve, ce jour grandiose où la statue de l’Immaculée trônera, grâce à ses missionnaires, au cœur même de Moscou. »


... Mais après « l'épreuve du sang »


Pour que cela se réalisât, il y avait une condition préalable, énoncée par le P. Maximilien lui-même. (...) Il affirma en effet, « qu’au centre de Moscou se dresserait la statue de l’Immaculée, mais qu’auparavant l’épreuve du sang serait nécessaire. » (…) « Le 28 août, il nous parla des trois étapes de la vie : la première, qui consiste à se préparer à l’activité ; la seconde, qui est le temps de l’activité ; la troisième enfin, qui est celle de la souffrance. (…) » « Le 1er septembre 1939, la guerre éclata entre l’Allemagne et la Pologne, et en moins de trois semaines l’armée allemande atteignait Varsovie. Niepokalanów se trouva encerclée par les troupes de l’envahisseur et livrée à leur caprice. « Ce qu’avait prévu le Père Maximilien-Marie devenait la triste réalité. L’heure de l’épreuve avait sonné pour Niepokalanów. Les combats se déroulèrent avec une telle rapidité que, quatre jours seulement après l’ouverture des hostilités, le 5 septembre, la préfecture de Varsovie ordonna l’évacuation de Niepokalanów. (…) « En ce triste après-midi du 5 septembre 1939, après avoir béni ses frères qui partaient, et les avoir salués fraternellement, il ajouta : “ Adieu, chers fils. Pour moi, je ne survivrai pas à cette guerre. ” (…)  « À la mi-septembre, après un bombardement qui avait fait s’écrouler différents édifices, des groupes de soldats de la Wehrmacht firent irruption à Niepokalanów et saccagèrent tout ce qui leur tomba sous la main. Niepokalanów, la “ Lourdes ” spirituelle de la Pologne, qui avait coûté douze ans de sacrifices, n’était plus ce lieu de travail paisible et fructueux pour les âmes ; l’occupation militaire lui faisait tout perdre. Comme le saint homme Job, le Père Maximilien-Marie répétait : “ L’Immaculée nous a tout donné, Elle nous l’enlève. Elle sait bien ce qu’il en est ! Le dégoût et l’inquiétude qui suivent l’échec viennent de l’amour propre. ” »


Première déportation (septembre-décembre 1939)


Le matin du 19 septembre, la police allemande se présente à Niepokalanów. Rassemblement sur l’esplanade. Tous les religieux doivent partir en déportation, sauf deux qui devront prendre soin des blessés, réfugiés en grand nombre au monastère. Embarqués dans des camions, ils arrivent au camp de Amtitz. Dans cet univers de haine, de souffrance et d’humiliation, le P. Kolbe atteint les plus hauts sommets de l’amour et de l’oubli de soi. Ses compagnons en ont témoigné. (...) Il réconfortait et encourageait ses frères en les confessant, en les réunissant pour des entretiens spirituels où il ne cessait de parler de l’Immaculée, et en organisant des retraites. Il leur disait : « Nous ne savons pas ce que nous deviendrons. Essayons d’être prêts à tout ce que l’Immaculée voudra de nous. Donnons-nous complètement à Elle, pour qu’Elle nous guide toujours selon sa volonté. »(…) Ils restèrent à Amtitz jusqu’au 9 novembre où on les fit partir pour Ostrzesrów, en territoire polonais. (…) Et la vie reprit dans le froid, les privations, la souffrance. Le Père Kolbe ne manquait jamais une occasion de partager sa maigre ration avec les frères qui souffraient le plus de la faim. La sainteté du Père réussit à conquérir le respect et l’amitié d’un officier ennemi. Est-ce lui qui intervint auprès du commandant du camp ? Toujours est-il que le 8 décembre 1939, le P. Kolbe et ses frères sont libérés. (...)


La Cité de l'Immaculée dévastée


Quand ils arrivèrent à Niepokalanów, ce fut pour trouver un couvent saccagé. (…) Sans se décourager, le P. Kolbe entreprit de tout remettre en état, avec ses quarante-quatre frères présents. La statue de Notre-Dame, restaurée, retrouva vite sa place à la grille d’entrée. Le Saint-Sacrement rayonna à nouveau dans la petite chapelle de bois. Toute la journée, à tour de rôle, les religieux s’y relayèrent par groupes de six, adorant Jésus-Hostie. Petit à petit, les frères qui avaient fui revinrent. Ils se retrouvèrent au nombre de 349, tandis que les autres, recherchés par la Gestapo, devaient encore se cacher. Les autorités allemandes refusaient que le couvent abrite plus de 70 frères. Le Père Kolbe eut donc l’idée d’ouvrir des ateliers dont la production servirait aux populations voisines. (…) De nombreux frères étant nécessaires à la marche de ces ateliers, il obtint pour eux l’autorisation de résider à Niepokalanów. Le Père s’occupa aussi d’ouvrir un centre de Croix-Rouge pour soigner les blessés. Malgré la grande pauvreté du couvent, il accueillait tous les réfugiés. Ainsi, par camions entiers, les nazis débarquèrent 1 500 juifs et 2 000 autres en une seule fois ! Pour nourrir tant de malheureux, les frères étaient obligés d’aller mendier. En juillet 1940, une partie des logements sera réquisitionnée en plus pour offrir un abri provisoire à 1 500 Allemands vivant hors de leur patrie ! Le P. Kolbe manifesta envers eux la même charité, pratiquant le commandement de Notre-Seigneur qui demande d’aimer ses ennemis, de pardonner et de rendre le bien pour le mal.


Un « autre Christ »

Les témoignages nous font connaître comment il puisait dans la prière toutes les forces nécessaires : (…) « Le P. Maximilien savait prier dans toutes les circonstances de sa vie ; et c’est à cette source qu’il puisait les forces nécessaires. Plus d’une fois Niepokalanów eut à traverser de grandes difficultés dans son activité de Milice de l’Immaculée. Tout le monde, effrayé, se confiait au P. Kolbe : Quel va être le sort de notre couvent ? Mais lui, en ces moments là, préférait mettre le ciel en alarme. Avec une confiance sans faille, il se jetait aux pieds de l’Immaculée de Lourdes, dans la chapelle, saisissait à pleines mains la statue, et ainsi, quasi immobile, il persistait à prier durant quelques quarts d’heure. Souvent j’ai assisté à cette scène, et en moi même j’ai alors réfléchi : ces prières par lesquelles le P. Kolbe “ attaque ” le Ciel, ne peuvent pas rester sans être exaucées. » Un autre frère témoigne : « Quand les choses allaient mal, il était encore heureux et nous disait : “ Pourquoi être triste ? L’Immaculée ne sait-Elle pas tout ? ”. » (…) Pour comprendre les raisons de l’arrestation du P. Kolbe, il faut y reconnaître l’aversion radicale du nazisme pour la religion catholique : « En Allemagne, de courageux évêques avaient proclamé l’incompatibilité de l’idéologie nazie avec le christianisme. Les nazis avaient répondu par de très dures persécutions contre la religion. Les premiers camps de concentration furent créés pour les juifs et pour les chrétiens fidèles à leur conscience ; y furent enfermés beaucoup de dirigeants d’associations catholiques et de nombreux prêtres. (…) « C’est donc dans la haine anti catholique que l’on doit rechercher avant tout la cause déterminante de l’arrestation et de la mort du Père Kolbe. Il était un représentant brillant et influent de la religion catholique ; c’est pourquoi ils voulurent l’éliminer lorsqu’ils eurent compris qu’ils ne pouvaient s’en faire un collaborateur. Toutes les autres motivations –dénonciations, activités de conspirateur, publications de revues et du quotidien – ne furent que des prétextes. »


Fils de la Pologne Catholique


Au cours de l’année 1940, « le Père Maximilien laissait entendre dans ce qu’il disait qu’il ne resterait pas longtemps à Niepokalanów. Il pressentait qu’un jour ou l’autre on allait l’arrêter. (...) « Et pourtant, il aurait eu la possibilité d’éviter l’arrestation et toutes ses souffrances, s’il l’avait voulu. (...) En optant pour la nationalité allemande, grâce à son nom et à l’origine de sa famille. (…) “ Il repoussa la proposition, en affirmant qu’il avait toujours été, qu’il était et voulait rester fils de la Pologne. ” » (...) La Gestapo s’intéressait de très près au couvent. Régulièrement le Père voyait arriver ses agents pour fouiner ici ou là, interroger des habitants ou des réfugiés. (…)


La trahison d'un ancien Frère


Dès le mois de janvier 1941, le Père ne cessa de répéter à ses fils qu’il ne vivrait pas jusqu’à la fin de la guerre. (…) La Gestapo obtint un témoignage sur les “ activités subversives ” du Père Kolbe, en interrogeant un ancien frère de Niepokalanów qu’il avait dû renvoyer. En cachette de son supérieur, ce frère avait essayé de fabriquer de la fausse monnaie allemande. Heureusement le Père découvrit son trafic avant les Allemands, et chassa ce Judas. Le Père vit la déclaration de son ex-fils. « Il en fut rempli de tristesse, puis il pria, non pour lui-même mais pour celui qui le livrait. Pour ne pas inquiéter les religieux, il ne leur dit rien de ce qui se tramait, mais on le sentait soucieux. » (…)

L’arrestation

« Au matin du 17 février 1941, deux automobiles camouflées se présentèrent à Niepokalanów. En descendirent un interprète et quatre soldats des SS qui appartenaient à la Gestapo, laquelle, par ses méthodes brutales et aveugles, inspirait de la crainte même aux soldats allemands. Ils réclamèrent le P. Kolbe qui était en train de dicter à son secrétaire ses réflexions pour un “ projet de livre ” sur l’Immaculée. Il se présenta à la Gestapo avec gentillesse, mais sans complaisance et en toute tranquillité. (…) « Puis, ils ordonnèrent le rassemblement de tous les frères – ils étaient environ 350 – dans une cour et commencèrent une perquisition minutieuse des bâtiments. Vers midi, sans aucune justification, le P. Maximilien et cinq autres Pères furent arrêtés et on les fit monter à bord des voitures des SS. (...) « Ils furent conduits à Varsovie et enfermés à la prison Pawiak, où se faisait le triage vers des camps de concentration. (…) Les gardiens, dès la fin de 1940, étaient exclusivement des soldats et des officiers des SS, aidés plus tard par des Ukrainiens. La haine et le mépris anti-polonais des SS s’exprimaient par des brutalités de tous genres envers les prisonniers ; leur férocité redoublait lorsqu’il s’agissait de prêtres. S’ils découvraient, au cours de leurs minutieuses perquisitions, des médailles, des crucifix ou autres signes religieux, ils les arrachaient avec rage. Le Père Kolbe y entra vêtu de sa bure franciscaine, ce qui l’exposa particulièrement aux mauvais traitements. « Un jour du mois de mars 1941, pénétra dans sa cellule, qu’il partageait avec deux autres prisonniers, un chef de groupe des SS et, le voyant vêtu de sa bure de frère, le crucifix pendant du chapelet attaché à sa corde, il se jeta sur lui, saisit le crucifix et, en le secouant, siffla :

– Tu crois à ça ? Toi ?

J’y crois, répondit le Père avec conviction.

« Le garde SS le frappa alors avec violence. Il répéta la question avec plus de rage encore :

Tu y crois ?

« Le Père Kolbe répondit encore :

J’y crois !

« Les coups redoublèrent jusqu’à ce que le gardien, rouge et écumant de haine, sortît en claquant la porte, laissant le Père meurtri et ensanglanté. « Ses deux compagnons de cellule, durant cette scène de haine sauvage, étaient restés silencieux ; ensuite, cependant, ils exhortèrent le Père à se défaire de sa bure franciscaine ; mais lui, avec une grande douceur, comme si rien ne s’était passé, fit remarquer qu’il n’y avait pas lieu de tellement se tourmenter : “ Cela, ce n’est rien du tout, c’est tout pour la Petite Mère. ” » (…) Le Père Kolbe resta cent jours à la prison de Pawiak. Comme il l’avait été à Amtitz et comme il le sera à Auschwitz, il se montra « le protecteur spirituel et le père de tous ses pauvres compagnons de prison. Il était très respecté des prisonniers, à cause de sa simplicité et de sa manière de réagir aux conditions de vie souvent dures de la prison. Toute sa personne respirait le calme, une douceur pénétrante, si bien que tous se serraient autour de lui. » (…)


La montée du calvaire

Le 28 mai 1941, il est transféré au camp d’Auschwitz que les Allemands avaient construit spécialement pour briser l’opposition des Polonais. Il y resta 79 jours pendant lesquels il souffrit, avec la même patience et sérénité que nous lui connaissons, la faim, le dénuement, le travail exténuant, les injures et les mauvais traitements. Il était toujours là pour aider, réconforter les autres. Des témoins racontent comment il fut spécialement victime de la cruauté de ses gardiens : « Il y eut un jour particulièrement dur pour le Père. Le chef sanguinaire le choisit comme victime, il le tourmenta avec une satisfaction visible, s’acharnant sur lui comme le rapace sur sa proie sans défense. » (…) Pour encourager un détenu, il lui avait dit : « Mon petit Henri, tout ce que nous souffrons est pour l’Immaculée. Qu’ils voient tous que nous sommes des confesseurs de l’Immaculée. » Épuisé, le P. Kolbe fit un séjour de trois semaines à l’hôpital du camp, puis il fut envoyé vers le 20 juillet au bloc 12, celui des invalides. On l’y laissa à peine une semaine, et comme il était un peu mieux, on l’envoya au bloc 14, occupé aux travaux agricoles... C’est là qu’il donnera sa vie.


« Ma vie, c'est Moi qui la donne » (Jn.10: 18)


Quelques jours après son arrivée au bloc 14, un prisonnier s’évada. Le lendemain, tous les détenus du bloc 14 durent rester au garde-à-vous toute la journée, avec un seul repas, sous un soleil brûlant. À l’appel du soir, dans un silence total, le commandant choisit dix condamnés qui iraient mourir dans le “ bunker de la faim ”. L’un d’eux sanglote, le sergent François Gajowniczek : “ Adieu, adieu, ma pauvre femme, mes pauvres enfants ”. Alors, le P. Kolbe s’avance : il est digne, droit, le visage très calme. Il s’arrête devant le commandant.“ Qu’est-ce que veut ce cochon de Polonais ? ” Le Père, désignant François Gajowniczek, répondit : “ Je suis un prêtre catholique polonais ; je suis vieux, je veux prendre sa place parce qu’il a femme et enfants... ” Le commandant, stupéfait, ne put parler. (…) D’un geste, il autorisa le Père Maximilien à prendre la place du condamné. Avec les neuf autres, il fut conduit au bunker de la mort. La Providence permit qu’un prisonnier polonais y fut employé par les geôliers. Grâce à lui, nous savons ce que fut la mort de notre saint : une mort d’amour dans la louange de Marie Immaculée.  « Je faisais alors office de secrétaire et d’interprète dans ce souterrain. En repensant à l’attitude sublime que cet homme héroïque a eue en face de la mort, à l’étonnement des gardes de la Gestapo eux-mêmes, je me souviens encore avec précision des derniers jours de sa vie. (…) « Les dix prisonniers du bloc 14, furent contraints de se déshabiller entièrement, devant le bloc où se trouvaient déjà environ vingt autres victimes d’un précédent “ procès ”. Les nouveaux arrivants furent emmenés dans une cellule séparée. En refermant, les gardes ricanèrent : “ vous vous dessécherez comme des tulipes ! ” « Depuis ce jour-là, ils n’eurent plus aucune nourriture. Chaque jour, les gardes faisaient les visites de contrôle et ordonnaient d’emporter les cadavres de ceux qui étaient morts dans la nuit. François Gajowniczek, le père de famille sauvé par le P. Kolbe, en visite à la cellule de la mort. « De la cellule où se trouvaient les malheureux, on entendait chaque jour des prières récitées à haute voix, le chapelet et des chants religieux, auxquels les prisonniers des autres cellules se joignaient. Quand les gardes étaient absents, je descendais dans le souterrain pour parler avec eux et les réconforter. Les prières ferventes et les hymnes à la Vierge se diffusaient dans tout le souterrain. J’avais l’impression d’être à l’église. Le P. Maximilien commençait, et tous les autres répondaient. Quelquefois ils étaient si plongés dans leurs prières qu’ils ne s’apercevaient pas que les gardes arrivaient pour la visite habituelle ; finalement, ce sont les cris de ceux-ci qui les faisaient taire. « Quand on ouvrait les cellules, les pauvres malheureux sanglotaient et imploraient un morceau de pain et un peu d’eau, ce qu’on leur refusait. Si l’un des plus forts s’approchait de la porte, il recevait aussitôt des coups de pied au ventre, et en retombant en arrière sur le ciment il se tuait, ou bien on l’abattait. (…) « Le P. Maximilien Kolbe se comportait héroïquement, il ne demandait rien et ne se plaignait de rien ; il encourageait les autres, persuadait les prisonniers que le fugitif serait retrouvé et eux-mêmes libérés. « Comme ils étaient déjà très affaiblis, ils récitaient les prières à voix basse. À chaque visite, tandis qu’ils étaient presque tous déjà étendus sur le sol, on voyait le P. Maximilien debout, ou à genoux au milieu, et son regard serein se posait sur les arrivants. Les gardes savaient qu’il s’était proposé lui-même, ils savaient aussi que tous ceux qui mouraient avec lui étaient innocents, c’est pourquoi ils avaient du respect pour le P. Kolbe et se disaient entre eux : “ Ce prêtre est tout à fait un homme d’honneur. Jusqu’à présent nous n’en avons pas eu un comme lui ”. » (…)


« Et moi, ver et non plus homme » (Ps. 22: 7)


« À la fin de la troisième semaine il en resta seulement quatre, parmi lesquels le P. Kolbe. Les autorités trouvaient que cela se prolongeait trop, on avait besoin de la cellule pour d’autres victimes. « C’est pourquoi un jour (le 14 août), on fit à chacun une piqûre intraveineuse de poison au bras gauche. Le P. Kolbe priait, et de lui-même il tendit son bras au bourreau. Ne pouvant supporter ce spectacle, je prétendis que j’avais du travail au bureau, et je sortis. « Le garde et le bourreau partis, je revins à la cellule, et j’y trouvai le P. Kolbe assis, appuyé au mur, les yeux ouverts, la tête inclinée sur le côté gauche (c’était son attitude habituelle). Son visage était calme, beau, et rayonnant. (...) » Ricciardi conclut : « Le P. Maximilien mourut le 14 août 1941, veille de la solennité de l’Assomption, cette entrée dans la gloire de celle qu’il appelait “ Petite Mère ”. Celle qui avait été tout pour lui, le poème de sa vie, la lumière de son intelligence et de son génie, le battement de son cœur, la flamme de son enthousiasme, son inspiratrice et son guide, la vie même de sa vie, l’attira au Ciel en ce jour de son entrée dans la gloire du Ciel. « Son pauvre corps lui-même, martyrisé, consumé, nu, parut ce jour-là comme transfiguré et lumineux. (...) “ Quand j’ouvris la porte de fer, témoignera Borgowiec, il avait cessé de vivre ; mais il me paraissait vivant. Le visage était radieux, d’une manière insolite, les yeux grands ouverts et fixés sur un point. Tout le visage était comme en extase. Ce spectacle, je ne l’oublierai jamais. ” » (…) Le Père Maximilien avait plusieurs fois exprimé le désir de mourir un jour de fête mariale. Comme si la Vierge Marie avait voulu exaucer son fidèle chevalier, c’est le jour de l’Assomption, vendredi 15 août 1941, qu’on fit les “ funérailles ” : son corps, après avoir été ôté de la cellule mortuaire, fut placé dans une caisse de bois, porté au four crématoire et brûlé, tandis que son âme chantait, au Paradis, l’Immaculée triomphante. (…) Béatifié par le Pape Paul VI le 17 octobre 1971, le Père Maximilien-Marie Kolbe fut canonisé le 10 octobre 1982 par Jean-Paul II. 

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Prière


Dieu qui as mis au cœur de Saint Maximilien un amour filial envers la Vierge Immaculée et une ardente Charité pour le prochain, accorde-nous par son intercession de travailler pour Ta Gloire et de nous mettre au service des hommes à la suite de Ton Fils Jésus-Christ, lui qui vit et règne avec Toi dans l'unité du Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.