16 août 2010

La Madone des Motards

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La Madone des Motards

Porcaro, Morbihan,

Diocèse de Vannes, France


Porcaro est une petite commune du Morbihan qui compte 626 habitants et se situe entre Guer et Ploermel, à 45 km de Rennes, l'on y venait autrefois de très loin pour venir se recueillir devant la sépulture de la Servante de Dieu Madeleine Morice se trouvant dans l'église Notre Dame. Madeleine Morice fut une grande mystique et stigmatisée bretonne, dont la cause de Béatification est en cours d'étude, elle reçoit toujours des pèlerins qui viennent demander, efficacement toutes sortes de grâces. Mais Porcaro est désormais reconnue comme la capitale française des motards. Chaque année, près de 25 000 motards de toute la France et de l'europe se retrouvent.pour faire la fete. C’est à la fois un lieu de ralliement et de pèlerinage pour des milliers d’adeptes de la moto qui viennent chaque année de plus en plus nombreux pour vénérer la Madone des motards de Porcaro. "En 1979 nous voulions organiser une procession en l’honneur de la vierge pour notre club motocycliste. Nous nous sommes servis d’une petite statue que j’avais ramenée de Fatima qui est ainsi devenue la Madone des motards de Porcaro… Nous étions une trentaine de motards ”  (L’Abbé Prévoteau, recteur de Porcaro de 1967 à 2003). En 1988, 10ème pardon, 800 motards inaugurent l’Oratoire. En 1992, une 1ère procession aux flambeaux est suivie par 4000 motos. En 1999, 20ème anniversaire, 15 000 motards sont présents. Depuis 2002, la presse annonce plus de 20 000 motards et 10 000 visiteurs : un succès grandissant ! Le Grand Pardon de 2010 a rassemblé cette année, plus de 20 000 motards, venus de mettre sous la protection de la Vierge Marie.




Renseignements

http://www.madonedesmotards.com

 

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26 juillet 2009

Notre Dame de Bonne Garde

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Notre Dame de Bonne Garde

Longpont sur Orge

« Virgini Pariturae »

Diocèse d’Evry



A 25 km au sud de Paris, la tour de Montlhéry se dresse, sentinelle avancée, témoin de bien des batailles. A 2 km au nord est, la Basilique Notre Dame de Bonne Garde est l’un des plus anciens sanctuaires de l’Ile de France, peut être même le plus ancien dédié à la Vierge Marie. Selon la légende en effet, au creux du vallon, au bord des marécages de l’Orge, les marchands rejoignaient par une longue digue – un long pont- la route de Lutèce à Orléans. Dans un bois de chênes, auprès d’une source, ils déposaient leur offrande aux pieds de la déesse mère. On dit même que les druides la vénéraient comme la Vierge qui allait enfanter, Virgini pariturae. Au IIIe siècle, Saint Denis, évêque de Paris, et Saint Yon, son disciple, viennent annoncer Marie à ces hommes qui l’attendent déjà sans la connaître. Cette légende – analogue à celle de Chartres – est plausible. En effet, lorsqu’en 1301, Guy, seigneur de Montlhéry, et sa femme Hodierne commencent l’église actuelle, visiblement ils respectent un site antérieur. On descend dans la nef par douze marches ; il y a une source, qu’on a retrouvée encore en 1942 et, semble t’il, une pierre tabulaire une peu au dessous du maître autel. En tout cas, dans cette légende nous reconnaissons volontiers la signification première du pèlerinage, l’événement fondateur, pourrait on dire : le vieux mode attendait un Sauveur. Aujourd’hui encore Marie accueille les attentes du monde, même les plus obscures et les portes à Son Fils.

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« Une aussi grande église pour un si petit village »


Donc le 25 mars 1031, Guy et Hodierne de Montlhéry invitent le roi de France, Robert le Pieux, et l’Archevêque de Paris, Humbert de Vergy, à poser la première pierre d’une vaste église. C’est déjà un sanctuaire de pèlerinage, mais il faudra 200 ans pour l’achever et, entre temps, on sera passé du roman au gothique. En 1061, Hodierne va trouver Saint Hugues à Cluny : il lui faut des moines pour animer de leur prières et de leurs chants le vaisseau naissant. Hugues se fait un peu tirer l’oreille, car Longpont est en Ile de France et Cluny en Bourgogne. Néanmoins, il envoie 22 moines fonder un prieuré. Jusqu’au XVIIe siècle, ces moines vivront en symbiose avec les seigneurs et les paysans de la contrée. En 1700, Louis XIV impose leur remplacement par les Bénédictins réformés de la Stricte Observance – les Mauristes – qui vont reconstruire à neuf le prieuré et se maintenir jusqu’à la révolution. Sanctuaire marial est aussi un lieu de passage. C’est une étape sur la route de Compostelle et depuis trois ans, j’ai encore vu passer deux pèlerins, dont une médecin hollandais qui s’en allait, avec son bourdon, prier pour ses cinq enfants. En 1130, Saint Bernard vient se recueillir devant la statue de la Vierge. Il s’en va à Etampes prêcher aux évêques et aux seigneurs le ralliement au pape Innocent II, alors que celui – ci a été chassé de Rome par l’antipape Anaclet II. Saint Louis avait gardé un mauvais souvenir de Montlhéry, où il s’était laissé enfermer par les seigneurs féodaux – c’est le peuple de Paris qui était venu le délivrer – mais il aimait bien venir partager la prière et la table des moines ; Philippe le Bel, Charles VIII et Anne de Bretagne qui achevèrent le portail, et tant d’autres… On peut dire que, pendant tout le moyen âge, Longpont a vu défiler des foules venues prier la Mère de Dieu, et peut être aussi attirées par un ensemble de reliques déjà important.

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« Péril et renaissance »


Aussi proche de Paris et de Montlhéry, Longpont n’a pas été à l’abri des vicissitudes de l’histoire. Le 16 juillet 1465 s’y déroule la bataille entre Louis XI et Charles le Téméraire, et nous avons encore une « rue du cimetière des bourguignons ». En 1562, le Prince Louis de Condé, oncle du futur Henri IV, à la tête de ses protestants, saccage la région et décapite une grande partie des statues du portail. En 1791, le prieuré est vendu parmi les biens nationaux et sera complètement rasé. L’église elle, a surtout souffert de n’être pas entretenue. Sous la restauration, certains souhaiteraient même détruire et reconstruire à la place une église plus modeste. En fait, en 1819, le transept, le chœur et l’abside sont démolis. En 1843, un jeune prêtre, l’abbé Arthaud, arrive dans une paroisse devenue misérable et très déchristianisée. Le matin du 22 mai- c’est lui qui raconte dans son cahier- il reçoit un pèlerin, un vieillard qui a retrouvé l’usage de ses jambes. D’abord perplexe, il interroge l’instituteur, le bedeau sur les origines du sanctuaire, mais surtout il va consulter des livres à Paris. Pendant 34 ans, patiemment, il va entreprendre la restauration de la paroisse, puis de la confrérie – promue Archiconfrérie Notre Dame de Bonne Garde en 1851 – et des pèlerinages. C’est l’époque où se développe la ligne des chemins de fers de Paris à Orléans, et beaucoup de groupes viennent de Paris, descendant à Saint Michel sur Orge ; nous avons encore une belle collection de bannières, témoins de cette renaissance. L’abbé Arthaud meurt en 1877, mais il a tant fait , tant remué les donateurs , les paroisses parisiennes , que le transept , le chœur et l’abside sont reconstruits de 1875 à 1878, en respectant semble t’il l’architecture originelle. C’est un autre curé le chanoine Nicolas, forte personnalité qui en 1913, obtiendra de Saint Pie X le titre de Basilique pour notre église. Mais il est put être temps de présenter le monument – sachant que la description ne remplace jamais la visite !

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Le portail : Marie élevée au ciel


Malgré ses mutilations, le portail principal demeure une œuvre attachante. Il date de 1230 environ – contemporain à celui de Notre Dame de Paris. A cette date, si les théologiens hésitent encore, la piété populaire, elle, tient déjà fermement confiance en l’Assomption de Marie. Au trumeau, une Vierge à l’enfant, majestueuse, nous accueille, tandis que dans les ébrasements ont reconnaît Saint Jean, peut être saint Barthélemy, patron d’une paroisse primitive de Longpont, Saint Denis et le diacre Saint Etienne. Au tympan, comme dans une bande dessinée, deux tombeaux représentent l’un la Dormition de Marie, mise en terre par les apôtres, l’autre son réveil par Son Fils Jésus qui lui tends les bras. Au dessus, Jésus la fait asseoir à côté de Lui, tandis qu’un Ange vient de la couronner, et qu’un Dieu le Père barbu, portant le globe et la croix domine l’ensemble. Si la première voussure – des anges portant nos prières – reprend un thème de l’Apocalypse assez classique , la seconde traite la parabole des vierges sages et des vierges folles et la présence de ce thème associé à celui de l’Assomption est , paraît il assez rare. Un autre petit portail, roman celui là s’inscrit dans la tour massive, qui penche : nous sommes bien sur un terrain marécageux !

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L’intérieur : élégance et robustesse


En pénétrant par le fond et en s’arrêtant avant de descendre les douze marches qui aboutissent à la nef, le pèlerin saisit d’un coup d’oeil un vaisseau composite certes, mais harmonieux. L’abside, voûtée en cul de four, l’arc triomphal du transept et les arcades de la nef sont solidement romans. Dans une partie de la nef, des chapiteaux hauts placés témoignent d’une période où cette nef était sans doute simplement recouverte d’une charpente. Les XIIe et XIIIe siècles ont apporté des voûtes gothiques, dont un bel ensemble à six nervures. La plupart des fenêtres n’ont pas de vitraux, mais de la grisaille. Mais les bas côtés étant moins nettement moins élevés que la nef, les baies sont grandes et l’ensemble est clair : la lumière y joue au rythme des jours et des saisons. La calotte de l’abside a été peinte par François Zbinden , un suisse élève de Puvis de Chavannes , dont l’œuvre n’est pas sans intérêt . Quand à la statue de Notre Dame de Bonne Garde qui domine l’autel, il est difficile de la dater. Elle a été couronnée en 18752, mais la couronne et le sceptre sont en toc, les originaux ayant été volés ! Disons que l’image est plutôt familière et accueillante ; les visiteurs qui passent chaque jour mettre un cierge ou confier leur intention au cahier de prière ne s’y trompent pas.

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Le reliquaire : l’immense cortège de tous les saints»


La présence d’une collection importante de reliques dans le sanctuaire de Longpont est attestée depuis au moins 1130, autour d’un morceau de voile de la Vierge, que Saint Denis aurait donné aux druides au IIIe siècle. Les reliques ont été cachées pendant les guerres de religion, puis pendant la Révolution Française, alors que les châsses, elles étaient fondues. L’abbé Arthaud était une fervent amateur de reliques ; aussi a t’il augmenté la collection grâce a des échanges, en particulier avec l’évêché de Turin. D’autres dons sont venus enrichir cet ensemble – en particulier au moment où les congrégations ont été expulsées de France. Actuellement, le reliquaire renferme 1400 reliques. C’est donc probablement la collection la plus importante de France. Si elles ne sont pas toutes sûrement authentiques, elles rappellent que les croyants forment la chaîne avec leurs pères dans la foi. Jadis les châsses étaient portées en procession lors du pèlerinage de Pentecôte. Actuellement, un gros effort est fait pour les répertorier et pour améliorer leur présentation.

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Longpont aujourd’hui


Longpont est situé dans le département de l’Essonne, et donc dans le diocèse d’Evry – Corbeil, un de ceux qui sont nés de celui de Versailles, en 1966.Le 31 mai 1969, Mgr Malbois, premier évêque d’Evry Corbeil, proclame Notre Dame de Bonne Garde « patronne et protectrice du diocèse ».La Basilique est donc d’abord un centre de vie pour notre diocèse, nous y accueillons avec joie des ordinations de prêtres et de diacres permanents. Depuis 1987- justement pour les 20 ans du diocèse – nous avons restauré un pèlerinage diocésain de printemps, dont le thème et la prière s’inscrivent dans les orientations pastorales du moment. Mais Longpont demeure aussi un haut lieu spirituel de l’Ile de France. Depuis 42 ans, dans la nuit du samedi au dimanche le plus proche du février, les Equipes Notre Dame de toute la région font une rude marche pour aboutir à Longpont au petit matin. Le 15 août 1988, pour la clôture de l’Année Mariale, nous avons restauré un pèlerinage de l’Assomption. A une période qu’on dit aussi creuse en région parisienne, nous avons été surpris d’accueillir tant de monde, dans une atmosphère de joie familiale. Et puis les groupes les plus divers viennent prier : des aumôneries, des paroisses et des secteurs, des groupes de Vie Montante. Nous ne sommes pas équipés pour des pèlerinages de plusieurs jours et l’hiver la Basilique est difficile à chauffer ! Mais c’est toujours avec joie que nous nous associons à la démarche des pèlerins. Nous présentons toujours la basilique, et parfois nous intervenons pour un enseignement ou une célébration ; tout ceci demeurant très souple, au gré des organisateurs de groupes.


Texte du Père Hilaire Barbier

Recteur de la Basilique

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Prière à Notre Dame de Bonne Garde


O Marie, Mère du Christ et de l’Eglise, des générations de croyants est venues Vous prier ici, depuis des siècles. Me voici avec eux devant vous, plein de confiance en Votre Bonté et en Votre Puissance. C’est par Vous que le Père a voulu nous donner Son Fils. Je Vous prie pour le monde et pour l’Eglise. ND de Bonne Garde, gardez leur la paix promise par Jésus. Je Vous prie aussi, Mère de Bonté et de Miséricorde, par la Passion et la Résurrection de Votre Fils, pour tous ceux que j’aime et pour moi même. Gardez nous dans la Foi, l’Espérance et la Charité. Prenez pitié de moi et présentez mes supplications à Dieu notre Père. Demandez pour moi, je Vous en supplie, la grâce de… Bénissez moi, ma Mère, j’espère en vous, je ne serai pas confondu. Amen.


Notre Dame de Bonne Garde, priez pour nous

Presbytère de la Basilique Notre Dame de Bonne Garde

12, rue de Paris

91310 Longpont sur Orge


Texte extrait du journal « Le Règne de Jésus par Marie » août septembre 1990

Renseignements

http://evry.catholique.fr/article.php3?id_article=512

19 juillet 2009

Notre Dame des Joyaux

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Notre Dame des Joyaux

Montrœul-au-Bois, Belgique

De temps immémoriaux, on vénère dans l'église de Montrœul-au-Bois une antique statue miraculeuse de Notre Dame, que chaque jour, mais particulièrement le Lundi de Pentecôte et durant la Neuvaine des Pèlerins du Pays et de l'étranger viennent invoquer contre le mal des glandes, dit des joyaux, et tous les maux semblables. Par extension, on vient invoquer la Vierge Marie avant une opération délicate, en situation de cancer avancé, ou lorsqu'on est atteint d'un mal incurable tel que le SIDA. Lorsqu'un enfant souffre d'une croissance difficile, ses parents s'en remettent à Notre-Dame des Joyaux. Lorsqu'une grossesse est à risque pour l'enfant ou la maman, on vient prier la Vierge-Mère. Fréquemment, les pèlerins y trouvent l'amélioration de leur état, la guérison et toujours la consolation et l'espérance. Ils repartent "rassurés devant les épreuves de cette vie où nous espérons le bonheur que Dieu promet" (Prière eucharistique). Le culte de Notre-Dame des Joyaux est très ancien. La statue aurait été sculptée dans un bloc de chêne en 1314 par un moine. En 1316, l'Evêque de Cambrai lègue "à fin de pèlerinage" un domaine boisé de 4 hectares dit "Bois de la Vierge". Dès lors, la dévotion ne cesse de se répandre dans les environs. En 1761, une Confrérie de Notre Dame y fut canoniquement érigée par Sa Sainteté Clément XIII, avec une indulgence pour la Fête de la Pentecôte, et Sa Sainteté Grégoire XVI étendit cette indulgence à tout l'octave, en faveur des nombreux pèlerins qui visitent la Sainte Image à cette époque. Nombre de pèlerins s'y font inscrire afin de se mettre plus spécialement sous la protection de Notre Dame.

Prière efficace à Notre Dame des Joyaux

O Notre Dame des Joyaux, Consolatrice des Affligés, Vous qui êtes le Salut de ceux qui Vous invoquent, le Refuge de ceux qui souffrent, le Secours des Chrétiens, je viens à vos pieds avec la plus grande confiance, me prosterner à Vos pieds dans ce Sanctuaire tant de fois témoin de Vos insignes faveurs, pour implorer Votre assistance: Vous connaissez le mal dont je souffre, la peine dont je suis accablé, daignez m'en obtenir la délivrance, afin que je puisse mieux servir Votre Divin Fils en ce monde, et mériter de jouir, en l'autre, de son éternelle Présence. O Notre Dame des Joyaux, qui consolez toujours les cœurs affligés, exaucez mes prières, priez pour moi. Ainsi soit-il.

Imprimatur

Tornaci, 5 aprilis 1862

J.B Ponceau, Vic. Gen.

Pour approfondir

http://www.montroeul.be/histoire.htm

22 février 2009

Le Vieux Bon Dieu de Tancrémont

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Le Vieux Bon Dieu de Tancrémont

Banneux, Belgique

Son origine

Au bord de la route allant de Pepinster à Banneux Notre-Dame, au lieu-dit Tancrémont, se trouve une petite chapelle contenant une croix remarquable: c’est la croix, connue dans la région comme le “Vieux Bon Dieu”. L’origine de cette croix est assez obscure. Les archives de la paroisse de Theux toute proche, mentionnent plusieurs fois la présence d’une vieille croix dans l’église des saints Alexandre et Hermes dont l’édification remonte au IXe siècle. Les marques décelables au dos et au pied de la croix de Tancrémont laissent supposer qu’elle est bien la croix glorieuse qui a surplombé le chœur de cette église pendant de nombreux siècles. Les archives attestent que, ne correspondant plus au goût de l’époque, elle fut reléguée dans une chapelle latérale au XVIIIe siècle. C’est probablement à la Révolution française qu’elle a été enterrée dans un champ et protégée par une grosse pierre. Ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’un paysan l’a découverte au XIXe siècle dans un bon état de conservation dû à un environnement sec. La chapelle de Tancrémont a été construite en 1895 pour contenir et honorer cette croix. Celle-ci a été restaurée en 1932, puis en 1986.

Mensurations et datation

La croix est en chêne. Elle avait, à l’origine, la forme d’un tau (T). Plus tard, on y a ajouté la partie supérieure pour former une croix latine. Elle mesure 2,04 m. de haut et 1,80 m. de large. Quant au Christ, il mesure 1,5 m. de haut et 1,4 m. de large. Il est en bois de tilleul qui, d’après la méthode du carbone 14, date d’une période allant de l’an 810 à l’an 965.

Valeur esthétique, symbolique et religieuse

Par respect, on a revêtu le Christ d’une tunique droite et plissée appelée colobium. La tunique porte des traces de polychromie. A l’origine, celle-ci imitait probablement un tissu byzantin vert à motifs ovales rouges. L’analyse microscopique effectuée lors de la deuxième restauration montre qu’elle a été repeinte huit fois, d’abord en bleu, ensuite en doré, puis à nouveau en bleu avec des étoiles dorées. Plus tard, on l’a peinte en brun et même en gris.

Prière

Seigneur Jésus, dont la Face s'est inclinée si Miséricordieusement sur l'Arbre de la Croix au jour de la Passion pour le Salut du monde! Nous Vous en supplions, aujourd'hui encore, par Pitié, inclinez-Vous vers nous, pauvres pécheurs que nous sommes; laissez tomber sur nous un regard de Miséricorde et de compassion et recevez-nous enfin au baiser de la Paix. Ainsi soit-il.

D'après une prière de Monsieur Dupont, le Saint Homme de Tours

Pour approfondir

Site du sanctuaire de Tancrémont

www.tancremont.be

17 janvier 2009

La Maison de la Vierge

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La Maison de la Vierge

Ephèse, Turquie

Ceux qui ont eu la chance d'aller en pèlerinage à Ephèse y visitent les ruines de la Basilique de Saint Jean, la Caverne des Sept Saints Dormants et Meryem Ana sur la colline de Bülbül Dag. Ceux qui ne peuvent y aller recueilleront le témoignage de cette étonnante histoire.

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En préliminaire

Le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie en tout cas depuis 1950, est objet de Foi. La Dormition de Marie était depuis la primitive Église reconnue par les Chrétiens et surtout par les Orthodoxes. Quand au lieu de cette élévation au Ciel, Jérusalem ou Ephèse, c'était une question disputée. Toutefois depuis le siècle dernier, le Cardinal Roncalli (Bienheureux Jean XXIII) et les Souverains Pontifes Paul VI, Jean Paul II et Benoît XVI ayant visité Meryem Ana légitimement en quelque sorte le sentiment que Marie, prise en charge par Saint Jean selon la demande de Jésus en Croix, ait vécu dans la dite Maison. Les circonstances de la découverte de cette maison au 19e siècle méritent, tel un signe providentiel, d'être contées. La Béatification d'Anne Catherine Emmerich en 2004, lève aussi l'hypothèque de ses révélations.

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La découverte

En 1881, un Prêtre Français du Diocèse de Paris, l'Abbé Gouyet, eût l'idée d'aller à Ephèse, pour vérifier l'exactitude de la description de la Maison de la Vierge, telle que la donnait la stigmatisée allemande Anne-Catherine Emmerich dans son livre « La Vie de la Sainte Vierge ». Bien qu'encouragé dans ses recherches par l'évêque du lieu, et après avoir trouvé des traces de cette maison, le rapport de l'Abbé de ne recueillit pas l'assentiment des autorités parisiennes et romaines. Dix ans plus tard, les Filles de la Charité, qui tenaient l'Hôpital Français de Smyrne (Izmir maintenant en Turquie), avaient la coutume de lire pendant le repas un livre pieux. Alors que cette « Vie de la Sainte Vierge » de la visionnaire allemande était lue au réfectoire, et que d'après ses dires Marie aurait vécu près d'Ephèse, la Supérieure de l'Hôpital, Sœur Marie de Mandat-Grancey, dit à l'aumônier, M. Jung, Lazariste « Ephèse n'est pas bien loin, il vaudrait bien la peine d'y aller voir » (Les Lazaristes comme les Filles de la Charité sont mêmes disciples de Saint Vincent de Paul). Le Père Jung demeurait toutefois sceptique.

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Marie et Jean à Ephèse, plan de la Maison de Marie

Le Père Eugène Poulin, Lazariste, Supérieur du Collège du Sacré Cœur à Izmir, qui avait lu le livre de Catherine Emmerich, décida avec le Père Jung de monter avec lui à Bülbül Dag, sur la montagne où était indiquée la fameuse Maison. Le Père Poulin, savant hébraïsant, connaissant le Liber Miraculorum de Grégoire de Tours (538-594) qui parle de Saint Jean vivant dans une maison d'Ephèse... mais n'attachait pas beaucoup de crédit aux déclarations de ce célèbre Evêque de Tours qui mêle parfois l'Histoire et la légende. Les Lazaristes se mettent donc en route vers cette montagne décrite dans le livre de la visionnaire. A 17 km de Meryem Ana, ils rencontre des Kirkindjiotes, Orthodoxes, habitant cette région, qui chaque année, le jour de l'Assomption montaient à un sanctuaire. C'était le Monastir, sorte de Chapelle, doté d'une source « miraculeuse », l'Ayassama. Près de cette chapelle délabrée se trouvait d'après les habitants Kirkindjiotes un lieu dit Panaghia Kapoulou (Panakia Kapoulou), les « Portes de la Toute-Sainte », c'est à dire la Maison de la Vierge. Ces Kirkindjiotes étaient des descendants des premiers Chrétiens d'Ephèse ayant fui cette ville et vivant au pied de la montagne, à une quinzaine de kilomètres d'Ephèse. Ils étaient Orthodoxes, et bien que pour l'Église Orthodoxe Marie soit « endormie » dans le Seigneur à Jérusalem, eux sur place, vénéraient Marie et sa Dormition-Assomption à Panaghia Kapoulou. Tradition multiséculaire. Les Pères Lazaristes vécurent beaucoup de péripéties dans cette région repaire de bandits, dépourvue de route.

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Le jeudi 13 août 1891, vers 11 heures du matin, après une ascension difficile, nos deux Lazaristes arrivent sur une terrasse près d'une chapelle en ruine et couverte de plantations. Livre en mains, ils scrutent le paysage et découvrent plusieurs ressemblances avec la description de la voyante allemande. D'abord les rochers derrière la « maison »; la montagne du haut de laquelle on voit Ephèse et la mer. Quant à la maison elle correspondait à la description de la vision: deux pièces, l'une devant, l'autre derrière. Seule la cheminée n'apparaissait pas. Des fouilles furent entreprises; on y trouva de nombreux indices de l'antiquité de cet établissement (pièce de monnaies, poteries). Le déblaiement des gravats, terres etc... fit apparaître un amas de pierres soigneusement rangées, et sous ces pierres des tuiles noircies d'un côté. C'était de la cendre. Le foyer de la maison, l'âme, était découvert. Les Pères chercheurs consignèrent leur découverte dans un procès verbal, aux fins de la transmission à l'évêque du lieu. (NDLR, en mars 1996, Monseigneur Bernardini nous affirma qu'au milieu des cendres se trouvaient des braises; témoignage transmis mais non consigné dans les PV officiels). A la suite des comptes redus des deux Prêtres, Monseigneur Timoni, évêque de Smyrne, forma une commission compétente, composée de sept Prêtres et de cinq laïcs dont lui-même se réservait la présidence. Le 1er décembre 1892, les douze membres, évêque en tête, montaient à Meryem Ana. Ils consignèrent leurs constatations et leur correspondances des lieux avec le texte d'Anne Catherine Emmerich, en procès verbal en bonne et due forme. Entre temps, la Sœur Marie de Mandat Grancey acheta pour 40 000 Francs le domaine, et utilisa l'argent de sa dot à la réparation de la Chapelle. De nombreux déboires administratifs et policiers vinrent assaillir les religieux gardiens des lieux. Pour certaines autorités Turques, une telle présence Chrétienne en pays Musulman semblait un blasphème. Et pourtant Chrétiens en Musulmans venaient de plus en plus nombreux en pèlerinage à Meryem Ana. Le Gouvernement Turc, en 1950, comprenant l'intérêt touristique du site, ordonna la construction d'une route.

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Meryem Ana et l'Église

Dès 1895, Léon XIII envoya en Orient une commission chargée d'étudier la question des rites orientaux. Le Commissaire principal de cette commission se rendit à Meryem Ana et enquêta sur place. A son retour à Rome il rendit compte directement à Léon XIII. En 1896, Saint Pie X et Pie XI prirent connaissance des brochures avec photos de la maison et félicitèrent les auteurs; en 1931, à l'occasion du 15e centenaire du Concile d'Ephèse, Monseigneur Roncalli (futur Bienheureux Jean XXXIII) manifesta le désir de monter sur la montagne; mais faute de route, il dut y renoncer.

En se rendant à la Maison de la Théotokos près d'Ephèse, les trois récents Papes ont encouragés le pèlerinage qui rassemble parfois autant de Musulmans que de Chrétiens. Marie Mère de Jésus, n'est-elle pas citée 34 fois dans le Coran? Leur pèlerinage n'est peut-être pas preuve de l'authenticité historique de la Maison de la Vierge, rien n'étant rajouté à l'Evangile, mais une incitation à vivre les signes, ces clins d'oeil de la Providence.

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Lieu de réconciliation: Chrétiens et Musulmans

En 1961, Louis Massignon, ce chantre de l'amitié Islamo-Chrétienne, déclarait: « Ephèse doit devenir, avant le rassemblement final à Jérusalem pour tous les groupes Chrétiens et Musulmans le lieu de la réconciliation en Marie « Hazrat Meryem Ana » (Notre Mère en Turc en attendant qu'Israël, la reconnaisse enfin comme la gloire de Sion, rejoigne cette unanimité tant désirée. » Le sanctuaire d'Ephèse est un lieu de rencontre exceptionnel entre les Chrétiens et les Musulmans, « où les divers ex-votos montrent que la Vierge accorde des miracles aux uns comme aux autres ».

Il ne reste plus guère de Chrétiens à Ephèse; mais au-delà du patrimoine Chrétien – la Basilique Saint Jean avec son tombeau, et Meryem Ana – on ressent dans un contact avec nos origines une Église secrète vouée au silence de l'amour. Ce patrimoine-source a marqué la Chrétienté primitive, « une empreinte d'exil, de vie commune érémitique », selon les mots de Louis Massignon (cité par Moncelon).

L'histoire de la Maison de la Vierge à Ephèse et les circonstances de sa découverte n'ont pas à être vues comme un récit merveilleux, un jeu de piste spirituel, mais comme un cadeau affectueux pour notre temps. De l' « Asie » où se réfugia Marie, on entend encore le « faites toute ce qu'Il vous dira » de Cana, et des dernières paroles de Jésus en Croix: « Femme voici Ton fils, puis il dit au disciple: voici ta Mère... Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui » (JN 19, 27).

Texte paru dans le magazine Stella Maris, N° 453 de décembre 2008

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03 novembre 2008

Notre Dame de la Trinité

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Notre Dame de la Trinité

Notre Dame des Trois Ave

Blois, France


Historique de l'Ave Maria


L'Ave Maria n'a trouvé la forme définitive que nous connaissons, que lorsque saint Pie V l'introduit dans le bréviaire, en 1568. Tout commence bien sûr dans l'Évangile. Dès le Ve siècle, on trouve dans des liturgies orientales, la réunion des deux salutations à Marie, de l'Évangile de saint Luc. « Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous » (1, 28) et : « Vous êtes bénie entre les femmes et le fruit de vos entrailles est béni » (1, 42). Au VIle siècle un antiphonaire grégorien y ajoute le nom « Maria » , et c'est le pape Urbain IV qui y place en finale le nom « Jésus ». De la liturgie, la salutation passe dans la dévotion privée des monastères, puis du peuple chrétien. On connaît les belles homélies de saint Bernard sur l'Ave Maria. On y ajoute une supplication empruntée aux Litanies des Saints : « Sainte Marie, priez pour nous, pécheurs ». L'usage s'en répand en particulier avec le franciscain saint Bernardin de Sienne au XVème siècle. C'est sans doute, spontanément, sans qu'on puisse préciser une date, que l'on prend l'habitude de la répétition litanique des Ave. Au Xlème siècle, saint Bruno demande qu'on les récite avant Matines. Puis ce sont tous les fidèles qui sont invités à prier Marie pour le succès de la croisade en 1095 sous Urbain Il. Au début du Xlllème siècle, saint François d'Assise contemple Marie dans la lumière trinitaire. « Fille et Servante du Roi très-Haut, le Père sdu Ciel, Mère de Notre Très Saint Seigneur Jésus-Christ, Epouse du Saint Esprit ».

Les premiers franciscains, frères itinérants à travers toute l'Europe, répandirent et popularisèrent les trois Ave Maria. Saint Bonaventure, ministre général de l'Ordre, fit une ordonnance en 1262, donc à peine plus de 35 ans après la mort du Saint d'Assise, invitant les frères à « exhorter le peuple à saluer la glorieuse Vierge Marie, Mère de Jésus, par trois Ave Maria au son de la cloche qui se fait entendre après Complies, parce que, d'après la tradition, c'est l'heure où elle fut saluée par l'ange. » (Pensons à la cloche offerte par Louis XI à Béhuard, au XVème siècle, et appelée cloche de l'Ave Maria). La coutume de l'Angélus est sans doute venue par là. Marial et franciscain sont donc légitimement mêlés. Sainte Colette de Corbie, réformatrice des Clarisses au XVème siècle et saint Léonard de Port-Maurice au XVlllème, entre autres, furent de grands fervents des trois Ave Maria. Mais dès la fin du Xlllème cette pratique avait, en quelque sorte, été déjà approuvée par le ciel lors des apparitions de Marie à la cistercienne sainte Mechtilde, lui révélant la dimension trinitaire de cette louange. C'est à partir du contenu de cette révélation, qu'au début de notre siècle le Père Jean-Baptiste composa la neuvaine appelée à une si grande diffusion. On peut citer quelques extraits : « Récite chaque jour trois Ave Maria. Par le premier tu t'adresseras à Dieu le Père, qui, dans sa souveraine Puissance a exalté mon âme... et tu lui demanderas que je sois présente à l'heure de ta mort. « Par le second tu t'adresseras au Fils de Dieu, qui, dans son insondable Sagesse, m'a douée d'une plénitude de science et d'intelligence... et tu lui demanderas que je remplisse ton âme, à l'heure de ta mort, des lumières de la foi et de la science.. « Par le troisième tu t'adresseras au Saint-Esprit qui m'a inondée de son Amour et tu lui de¬manderas que je sois présente à l'heure de ta mort... pour répandre en ton âme la suavité du divin Amour... » Vous pouvez découvrir d’autres saints qui se sont illustrés dans la récitation des Trois Ave Maria en visitant les petits vitraux dans les chapelles latérales de la basilique Notre Dame de la Trinité à Blois.

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La Prière de l’Ave Maria


« Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Jesus. Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus nunc et in hora Mortis nostrae. Amen. »

Ancienne traduction française

« Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. »

« Réjouis-toi, Marie, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, ton enfant, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pauvre pécheurs, maintenant et à l’heure de la mort. Amen.

Traduction moderne

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L'histoire de l'Œuvre Notre Dame de la Trinité

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1890: Le Père Jean-Baptiste de Chémery, capucin du couvent de Blois, se fait l’ardent apôtre de la dévotion populaire aux « 3 AVE MARIA » par sa prédication, puis par des tracts rédigés en de multiples langues qui connaissent une diffusion foudroyante.

1902: N° 1 de la Revue « Le propagateur des 3 Ave Maria » Début de la prière appelée : « Neuvaine à Notre Dame des Trois Ave ». En raison des difficultés que connaissent à l’époque les religieux (expulsions, spoliations, expropriations), l’œuvre trouve refuge dans une petite maison près de la Cathédrale St-Louis. Un oratoire y est érigé qui devient le « Centre National » de la confrérie. L’œuvre recevra le soutien des Papes successifs.

1918: Le Père Clovis succède au Père Jean-Baptiste, décédé cette année-là.

1921: Le 30 juillet Benoit XV approuve « l’archiconfrérie des 3 Ave Maria » Le Père Clovis lance le projet d’une église qui en soit le digne centre international. Il ouvre une souscription. Il sera l’artisan obstiné de la construction de l’édifice. En même temps, sous son impulsion, la réflexion théologique s’approfondit. On parle de plus en plus de « Notre Dame de la Trinité ». En 1934 Pie XI utilisera ce vocable.

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1932: Le 16 octobre, pose de la première pierre de l’église.A la suite de nombreuse difficultés, le chantier est interrompu pendant plusieurs années. Les travaux reprennent en 1936 sous l’impulsion de l’architecte Paul Rouvière qui en a complètement modifié les plans.

1939: Le gros œuvre de l’édifice est terminé quand éclate la guerre. L’Architecte Paul Rouvière y est tué en 1939. l’ornementation intérieure est largement avancée mais les travaux  arrêtés. 

1945: Le Père Grégoire succède au Père Clovis décédé au mois d’Août. Les travaux reprennent : Louis Barillet et Jean Le Chevallier poursuivent la pose des vitraux. Lambert-Rucki termine ses bas-reliefs polychromes : chemin de croix et scènes évangéliques. Puyforcat habille le sanctuaire de son orfèvrerie. Louis et Jean Barillet mettent en place la mosaïque de la voûte. L’Architecte Yves Froidevaux, prenant la suite de Paul Rouvière, conçoit et aménage la crypte. La revue connaît à ce moment-là une grande diffusion. Le Propagateur des 3 AVE MAIA » devient « Notre Dame de la Trinité » revue mariale et franciscaine (1946)

1949: Le 16 juillet, l’église est ouverte au culte. Consécration solennelle de l’édifice, du maître-autel, de l’autel du St-Sacrement et de celui de la crypte. Le gros bourdon (5.300 Kgs) et les 48 cloches du carillon (Maison Paccard, d’Annecy) en place depuis longtemps dans le campanile l’annoncent à tous les horizons. Durant trois jours on fête l’événement par des célébrations, des conférences, des jeux scéniques. Le service du Pèlerinage est confié à la communauté des capucins de Blois.

1952: Monseigneur Roncalli, Nonce du Pape à Paris et futur Jean XXIII préside les fêtes du cinquantenaitre de l’œuvre.

1956: Le Pape Pie XII érige l’église Notre-Dame de la Trinité de Blois en Basilique.

1959: Inauguration du Foyer Notre-Dame pour accueillir et héberger les Pèlerins.

Novembre 1992: la Revue Notre Dame de la Trinité sort son N° 1000.

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Le Père Jean-Baptiste de Chémery (1861-1918 )

Apôtre des Trois Ave Maria, ce capucin de Blois consacra sa vie à étendre le Royaume de Dieu par son amour envers la Vierge Marie. Originaire de Chémery dans le Loir-et-Cher, c'est dans une terre fertile qu'il naît le 8 avril 1861 ; son père, Auguste Jousse, tient un commerce de grains, tout en cultivant des vignes. On compte, parmi ses oncles et tantes directs, un prêtre et cinq religieuses. Quand l'enfant a 7 ans, sa mère le sauve de la tuberculose en invoquant pour lui Marie et Joseph. Une fois guéri, il apprend avec son oncle prêtre les rudiments du latin, puis entre au petit séminaire de Tours, où il fait de brillantes études. À 17 ans, au cours d'un pèlerinage à Lourdes, il reçoit le désir de la vie religieuse. 


A la suite de saint Jean-Baptiste

Au noviciat capucin du Mans, il choisit le nom de Jean-Baptiste et prend l'habit le 4 octobre, fête de la saint François. À la suite des expulsions de 1880, le jeune profès rejoint le couvent de Budel la Hollande pour y continuer ses études. Là, il lutte contre son amour-propre qu'il appelle « un monstre ».Après sa profession solennelle le 4 octobre 1885, il est ordonné prêtre le 19 juin 1886. Un an plus tard, il commence à prêcher « pour l'utilité et l'édification du peuple » et trouve, en son saint patron, un exemple. Missionnaire à Calais, en 9 ans il prêchera 112 missions ou retraites. Il adopte bientôt pour devise la parole de saint Bernard « À Jésus par Marie » ; il propose aux fidèles de porter le scapulaire, de dire le rosa ire. Il assure que « ce qui convertit, c'est moins la parole que la sainteté de la vie » et s'efforce pour cela de mener une vie évangélique. 

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Blois

Les capucins reviennent à Blois en 1895 ; le Père Jean-Baptiste sera bientôt un des leurs. Les saints sont ses guides dans son travail d'évangélisation Antoine de Padoue, Léonard de Port-Maurice qui recommande de réciter les trois Ave, matin et soir, Mechtilde, qui récite elle aussi cette prière. À leur école, il découvre que les trois Ave amènent les fidèles à prier chaque jour. En 1901, il commence la « relation de tous les faits qui concernent » cette pratique. Afin d'aider les fidèles, il diffuse de petites feuilles intitulées : « Tout à Jésus par Marie et Joseph ». Le Pape Léon XIII soutient la récitation de cette prière, ce qui la rend très populaire. Au cours du premier congrès marial qui se réunit à Lyon en septembre 1900, le Père Jean-Baptiste fait connaître à un large public cette pratique.


« Le Propagateur »


En 1901, il commence à rédiger une chronique dans le Bulletin fondé par l'Association réparatrice envers la Sainte Trinité. En 1902, celle-ci est remplacée par « Le Propagateur des Trois Ave Maria ». L'auteur évoque les liens entre les apparitions de la Vierge à Lourdes, Pontmain et Pellevoisin et la pratique de Blois. Une neuvaine est bientôt proposée. Peu à peu, le Père Jean-Baptiste se consacre à la revue, où l'on trouve des articles de théologie mariale, des cantiques à Marie, des témoignages de reconnaissance pour les grâces reçues. Il doit parfois défendre l'oeuvre avec les armes de sa plume, en vaillant chevalier de la Vierge Marie. En effet, en cette période troublée, l'Église vit de nombreuses persécutions ; les capucins de Blois, pour leur part, sont expulsés de leur couvent, le 19 mars 1904, et accueillis chez des laïcs de la ville.

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Dans toutes les langues, pour tous les âges


L'oeuvre naît bientôt au Brésil, au Mexique, en Espagne, au Canada. Le feuillet Le ciel ouvert de Lyon est traduite en flamand, italien, allemand, anglais. À la veille de la guerre, 8 millions d'exemplaires sont parus. Images, médailles, statues se multiplient. Les évêques de Blois encouragent l'oeuvre naissante. Le Père Jean-Baptiste marque une prédilection envers les enfants et fonde pour eux en 1905 le « Petit Propagateur des Trois Ave Maria », qui vise à l'éducation religieuse des 7 à 14 ans. Il insiste pour que les parents leur apprennent à prier. Il fait envoyer au pape saint Pie X un recueil de milliers de signatures d'enfants, en reconnaissance pour leur admission précoce à la première communion.Au milieu des persécutions religieuses de ce début de siècle où se multiplient les fermetures d'écoles religieuses et les expulsions de religieux, il confie la France à Marie Reine et encourage chacun à prier le chemin de Croix. Il publie dans Le Propagateur le nombre de chemins de croix que les lecteurs se sont engagés à accomplir pendant l'année 1904 : presque un million. Pendant la guerre, il entretient l'espoir des lecteurs. Dès ce moment, dans un petit oratoire dédié à Notre-Dame des Trois Ave Maria, brûle en permanence une lampe aux intentions recommandées. Une confrérie est fondée ; son but est de « remercier les trois Personnes divines des grands privilèges de Puissance, Sagesse et Miséricorde dont fut gratifiée la Vierge Immaculée ». Vers la fin de sa vie,le Père de Chémery ne cesse de s'offrir à la volonté de Dieu. II rend son âme le samedi 27 juillet 1918, au prieuré de Saint Louans, près de Chinon.


Depuis, à l'ombre de la Basilique, un petit couvent abrite la Fraternité des Capucins de Blois


Menant la vie fraternelle {Selon la règle de St. François d'Assisse) sept ou huit frères se relayent au service de Notre Dame pour accueillir les pèlerins, maintenir la récitation des heures, assurer les messes de chaque jour. Bien insèrés dans le diocèse et la paroisse de Blois - Centre.. En semaine , ils assurent trois heures de permanence chaque jour pour le sacrement de réconciliation et un entretien spirituel. Selon leurs charismes et leurs dons personnels, ils répondent à certains engagements. Les frères accompagnent certains groupes, tels que La Fraternité séculière de St François, ouverte à tous ceux, jeunes, anciens, célibataires et couples, qui veulent vivre dans l'esprit de St François; le groupe de prière de Padre Pio avec sa réunion mensuelle et divers autres groupes (adoration et dévotions mariales). Toute la journée, la crypte reste ouverte à ceux qui veulent s'y recueillir dans le silence ou partager l'office des Laudes et des Vêpres. Chaque soir, nous récitons la Neuvaine mariale aux intentions de tous les membres la grande famille de Notre Dame de La Trinité.


Qui sont les Capucins? 


Des Fils de Saint François d'Assisse. Dès 1516 ; parmi les nombreux disciples de François, certains se concertèrent pour vivre plus à la manière de François retrouvant son immense amour de Jésus et son amour de la création. Aujourd'hui, avec les Frères Conventuels, les Frères Franciscains de l'union Léonienne, les Frères Capucins forment le 1er Ordre de Saint François, le 2nd Ordre groupant nos Seours Clariesse et toutes les Sœurs Franciscaines et le 3ième tous les Frères et Sœurs de nos fraternités séculières.


Puis-je devenir capucin? 


Oui bien sûr et c'est tout simple. Prends contact avec un frère ou exprime ton désir au frère qui s'occupe des jeunes:


Couvent des Capucins 

5, rue Mgr Hoch/BP 12 

F-67035 Strasbourg cedex 2 (France)


Tél: 08 88 30 81 50 

Fax: 03 88 30 81 79 

Site Web: www.capucins.org



La revue Notre Dame de la Trinité


La revue Notre Dame de la Trinité
paraissant chaque mois est un moyen d’approfondir la Foi, une aide pour progresser dans la prière et porter un regard chrétien sur les questions du monde et celles que chacun se pose. Etre abonné à la revue ‘’Notre Dame de la Trinité’’ c’est rejoindre une grande famille spirituelle groupée autour de Marie, et faire partie de la communauté des amis de Notre Dame de la Trinité.


Renseignements sur le site internet du Sanctuaire Notre Dame de la Trinité (voir plus bas)

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Neuvaine à Notre Dame de la Trinité

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Notre Dame de la Trinité, fille et Servante du Père des Cieux,

nous te proclamons bienheureuse! Le Seigneur t'a choisie dès avant la création du monde pour accomplir son œuvre d'amour. Eve nouvelle, par ton obéissance, l'humanité retrouve la beauté qu'elle avait perdue par le péché. Accompagne notre marche dans la foi. Enseigne-nous l'abandon simple et joyeux à la volonté du Père. Vierge attentive à la Parole du Seigneur, aide-nous dans nos efforts contre le mal qui nous éloigne de Dieu. A l'heure de l'épreuve, du doute et de la tentation, sois avec nous. Apaise nos soucis, guéris nos blessures, remplis-nous de patience, soutiens notre espérance. Donne-nous un cœur attentif, qui accueille avec tendresse et compassion nos frères souffrants et brisés. Mère de Miséricorde apprends-nous à aimer, et nous découvrirons la joie du pardon.


O Marie, par ton Fils et dans l'Esprit-Saint, conduis-nous au Père. 

Notre-Dame de la Trinité, prie pour nous. AVE MARIA...

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Notre Dame de la Trinité, Mère de Notre Seigneur Jésus-Christ,

tu es bénie entre toutes les femmes!Tu as été comblée de grâce par Dieu, pour être la Mère de son Fils Bien-Aimé. En ton sein virginal, le Verbe de Dieu s'est fait homme afin de sauver l'homme. Au pied de la croix tu as reçu le testament de Jésus ton Fils et tu es devenue notre Mère. Toi que le Rédempteur associe pleinement à son mystère de Pâques nous avons recours à ta protection. Montre-toi notre Mère et donne-nous le Christ, source de Vie et d'Amour. Aide-nous à demeurer fidèles à notre baptême en faisant tout ce que ton Fils nous enseigne dans l'Evangile. Mère des croyants, puissions-nous à ton exemple, rayonner la Paix et la Joie du Ressuscité. Fais que les hommes découvrent le Christ, Lumière des nations.

O Marie, par ton Fils et dans l'Esprit-Saint, conduis-nous au Père.

Notre-Dame de la Trinité, prie pour nous. AVE MARIA...

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Notre Dame de la Trinité, Epouse Virginale,

à la plénitude des temps l'Esprit-Saint t'a couverte de son ombre pour que tu sois l'arche de l'Alliance Nouvelle. Le Seigneur fait en toi des merveilles et par toi sont bénies toutes les familles de la terre. Dans l'Eglise naissante, avec les apôtres, tu as imploré le Don de l'Esprit -Saint. Regarde avec bonté l'Eglise dont tu es la Mère et la parfaite image. Qu'elle soit, comme toi, disponible aux appels de l'Esprit, fidèle aux exigences du Royaume de Dieu et de sa justice. Soutiens sa mission au service de l'Evangile, et que les ouvriers ne manquent jamais à la moisson du Seigneur. Appelle l'Esprit sur l'Eglise, afin que la communion fraternelle l'emporte sur les germes de division. Mère du Rédempteur, nous remettons entre tes mains nos intentions les plus chères, présente-les au Seigneur et obtiens-nous la grâce de les voir exaucées. Étoile de notre vie, guide nos pas jusqu'à la cité du Ciel, où les saints, déjà rassemblés, chantent avec toi la gloire de l'éternelle Trinité. 


O Marie, par ton Fils et dans l'Esprit-Saint, conduis-nous au Père.

Notre-Dame de la Trinité, prie pour nous. AVE MARIA...

Notre-Dame de Dusenbach

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Notre-Dame de Dusenbach

Le Pèlerinage le plus pittoresque d’Alsace

Diocèse d'Épinal


Un vallon de paix qui appelle à la prière

Le touriste qui traverse pour la première fois la coquette ville de Ribeauvillé ne peut qu’admirer les trois châteaux qui surplombent fièrement la région et qui se dressent altièrement dans la splendeur de leur ruines : le Saint Ulrich, le Girsberg et le Haut Ribeaupierre. Mais ce même chemin qui monte à ces châteaux, en prenant le chemin qui monte à ces châteaux, est surpris de découvrir tout à coup, à 400 m d’altitude, sur un rocher boisé, niché dans le creux d’un vallon boisé, le sanctuaire de Dusenbach. Alors à ses lèvres montent des mots d’émerveillement et d’admiration : « O que c’est beau ! Quel cadre merveilleux ! Tout y invite à une halte pour se recueillir, pour goûter au spectacle gratuit qu’offre la nature : la beauté des arbres variés, le parfum des fleurs, le chant des oiseaux, la musique douce de l’eau du ruisseau, la présence du couvent et des chapelles, les stations du Chemin de Croix !… Devant ces réalités parlantes à une âme franciscaine, on ne peut que répondre à la douce invitation des cloches en louant le Créateur de toutes ces merveilles, en fredonnant dans son cœur les « Ave Maria » qui résonnent dans le vallon à l’adresse de la Vierge à l’enfant placée en haut de la chapelle mariale. Pas étonnant qu’un tel lieu fut un jour choisi par un ermite pour devenir un lieu de prière et de pèlerinage ! »

Un hymne séculaire à la Vierge

Situé à une vingtaine de kilomètres de Colmar, le Pèlerinage de Dusenbach est accessible par un chemin forestier qui part de la route de Ribeauvillé vers Sainte Marie-aux-Mines. Dusenbach est le nom donné au petit torrent qui longe l'abri des pèlerins, l’église, le Couvent des Capucins et la Chapelle de Notre-Dame de Dusenbach. Dès le XIIIe siècle, les fidèles suivaient ce torrent pour vénérer une Madone à l’enfant. Cette statuette fut ramenée d’Orient par Egelophe, Seigneur de Ribeauvillé au retour d’une croisade, et confiée en 1221 à un ermite qui vivait en ces lieux pour remercier Dieu de l’avoir protégé par l’intercession de la Vierge. Il fit construire sur un rocher une chapelle pour abriter cette Madone à l’enfant. Comme ce lieu connut une renommée grandissante auprès des gens des environs , à cause des grâces obtenues par l’intercession de Marie, les descendants d’Egelolphe firent construire deux autres chapelles en 1260 et une quatrième en 1297. On fit venir des Augustins pour desservir ce lieu pèlerinage marial. Au siècle suivant, en 1360, le Pèlerinage fut détruit une première fois, par des pillards anglais issus « des grandes compagnies », après le traité de Brétigny. La Statue de la Madone disparut à ce moment. Fut-elle détruite par les pillards ou mise à l’abri en Bavière par les Seigneurs de Ribeaupierre ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que les dévastations furent réparées en 1370 et que le pèlerinage reprit vie. Vers la fin du XVe siècle, le pèlerinage subit une modification profonde par Maximin II de Ribeaupierre. De retour d’un pèlerinage en Terre Sainte, ce dernier décida de reproduire à Dusenbach les principales scènes de la Passion du Christ. Les Chapelles furent transformées en conséquences, un chemin de Croix fut édifié et, en 1494, une Vierge des Douleurs remplaça la Madone à l’Enfant disparue. Cette statue polychrome représentant Marie assise tenant sur ses genoux le corps inanimé de son Fils est attribuée à un artiste sculpteur de Ribeauvillé du nom de Laurent. En 1632, le Pèlerinage fut pillé et incendié une deuxième fois par les soldats suédois du Général Horn. La statue de la piéta fut cachée à temps dans le creux d’un rocher. C’est en 1656 qu’elle fut retrouvée par une dame qui consacra tous ses biens à la restauration des différentes chapelles de Dusenbach. Le culte marial fut rétabli et les pèlerins en foule reprirent le chemin du vallon béni. De sorte qu’au XVIIe siècle le Dusenbach devint le pèlerinage de la Vierge le plus renommé en Alsace. Quand vint la Révolution Française, les Chapelles du Pèlerinages furent vendues en 1792 comme biens nationaux et, sur ordre du Directoire, le 25 mars 1794, le Dusenbach connut sa troisième destruction. Elle fut exécutée par la Garde Nationale de Sélestat en présence de nombreux fidèles qui protestèrent contre ce sacrilège en récitant à haute voix la prière séculaire à Notre Dame de Dusenbach. Cette fois-ci encore, la statue de la Vierge Douloureuse fut cachée à temps jusqu’en 1811, année où elle fut exposée et vénérée dans la chapelle de l’église Saint Grégoire de Ribeauvillé pendant plus de 80 ans. Dans le Second Empire, les ruines de Dusenbach furent classées Monument Historique. Les dimanches et fêtes, des pèlerins continuèrent à se rassembler et à se recueillir devant ce sanctuaire dévasté. Leur prière fut exaucée puisque, lors d’une visite de ces ruines, Mgr Fritzen, Evêque de Strasbourg fut tellement enchanté par le site de Dusenbach qu‘il décida l’achat des ruines et la restauration des chapelles selon le plan primitif. C’était en avril 1893. Le Chanoine Raess, Curé de Ribeauvillé, fut chargé de trouver les fonds et l’architecte Winkler de Colmar d’accomplir les travaux. Le chantier dura une année et le 10 juin 1894, la statue de la Vierge Douloureuse du XV e siècle fut solennellement ramenée en procession de l’église de Ribeauvillé à la chapelle de Dusenbach, nouvellement bénie, en présence d’une grande foule de pèlerins. Ce nombre important de fidèle emmena les autorités religieuses à décider la construction d’une église plus grande à côté de la chapelle mariale. Après neuf ans d’efforts généreux, ce fut chose faite et l’église reçut sa bénédiction le 8 septembre 1903 pour la plus grande joie des pèlerins. C’est à la même époque que furent érigées par les stations Meyer de Munich les différentes stations du Chemin de Croix sur le sentier qui mène au Dusenbach. Le cadre matériel du pèlerinage étant mis en place, il fallait maintenant trouver ceux qui allaient en être les animateurs.

Les Capucins au service du pèlerinage de Dusenbach

Pour mieux subvenir aux nécessités des pèlerins , Mgr Fritzen et le Recteur Raess firent appel aux Pères Capucins et leur confièrent le ministère et l’administration de Notre-Dame de Dusenbach, le 4 avril 1904. Un service qu’ils ont assuré jusqu’à nos jours, tout en vivant une vie fraternelle au Couvent de Dusenbach. Les différents responsables depuis 1948 ont été : le PP. Cyprien Striebel (48-51) , P. Célestin Hatsh (51-57), P. Florent Wurtz (57-64), P. Damien Holstein (64-70) , P. Hugues Rothemacher (70-73) , P. Bernard Picard (82-89) , P. Daniel Skica depuis janvier 1989. Au cimetière de Dusenbach reposent 5 capucins qui ont œuvré ici : P. Armand Grasser (+ 45), P. Conrad Thorr (+ 46), P. Gratien Ziegeltrum (+ 63), P. Hugues Rothemacher (+ 77) et P. Emmanuel Riebel (+ 79). Beaucoup de pèlerins se recueillent sur leur tombe en signe de reconnaissance et de communion. Pour eux comme pour les confrères capucins, ils font partie du Dusenbach et ils sont leurs confidents. Pendant les 45 derniers ans, il y eut des transformations au couvent, dans les chapelles et à l'abri des Pèlerins ainsi que la construction du Foyer Saint François avec quelques chambres, une salle de réunion et la Salle du Rocher qui permettent un meilleur accueil des pèlerins et des personnes qui désirent faire une récollection ou un séjour de solitude et de formation spirituelle. En ce moment une fraternité de Capucins est présente au Dusenbach pour continuer le ministère auprès des pèlerins et le service d’accueil auprès de personnes qui passent : le P. Bernard, supérieur provincial, le P. Skica, responsable de la Fraternité et Recteur du Pèlerinage, et le P ; Georges, chargé plus particulièrement de la Pastorale auprès des jeunes. Pour ce service d’animation et d’accueil les Capucins sont aidés par Sœur Alexandrine et par Mme Jeannine Ehret, ainsi que par un groupe de personnes bénévoles pour les jours plus chargés ou des services spéciaux : Sœur Marie-Madeleine, Lucas, Louis, Marie…K Une association a été créée en 1986 : l’Association des Amis de N. D. du Dusenbach, qui s’occupe essentiellement de la gestion , de l’hébergement et de l’administration de l'abri des Pèlerins et organise des journées associatives au profit du pèlerinage. Les personnes qui composent la communauté de Dusenbach essaient de vivre une vie franciscaine et fraternelle de partage des services et des responsabilités. Pour y parvenir, elles se retrouvent régulièrement à la Chapelle Mariale pour prier les psaumes, pour célébrer l’Eucharistie, pour vivre des temps d’adoration et porter ainsi les intentions de prière des pèlerins au Seigneur par Notre-Dame du Dusenbach. Elles se donnent aussi des temps de réflexion pour chercher ensemble comment mieux assurer les différents services. Cette vie fraternelle et priante, unie au Seigneur et à Marie, soude la communauté et la rend plus disponible et plus dynamique pour sa mission auprès des pèlerins et des touristes.

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Qui sont les groupes et les personnes qui passent au Dusenbach ?

La Communauté de Dusenbach est heureuse dans ce lieu de pèlerinage où il lui est donné d’accueillir tant d’hommes et de femmes en quête de paix intérieure ou qui, l’ayant trouvée, sont venues remercier le Seigneur par Marie. Ces personnes sont de tout l’éventail sociologique : des adultes, des jeunes , des personnes isolées, des couples, des familles, des groupes, des Français, des gens venus d’autres pays et parlant d’autres langues, des chrétiens , des croyants d’autres religions, des pèlerins et des touristes. De ce fait, Dusenbach participe à la construction de l’Europe humblement, mais sûrement, car il permet à Marie de faire se rencontrer les hommes de différents pays, de les conduire vers Son Fils Jésus-Christ le Seul vrai Rassembleur des enfants de Dieu dispersés et divisés. Viennent également au Dusenbach des groupes de jeunes pour se préparer à la Profession de Foi, à la Confirmation ou pour une journée de récollection avec des animateurs. Des adultes aiment venir pour un ressourcement spirituel, théologique ou marial pendant une ou plusieurs journées. Dans certains cas, des couples viennent pour se préparer au mariage ou au baptême de leurs enfants. Bien sûr, le nombre des personnes est plus important pendant les vacances d’été, le Carême et jours de fête surtout lorsqu’il fait beau. De sorte que cela représente des milliers de personnes par an.

Pourquoi aiment-ils venir au Dusenbach ?

Dieu seul le sait, car Lui seul connaît le cœur des hommes et ce qui les anime dans leur démarche. Lui seul peut discerner les pèlerins et les touristes, le cheminement des uns et des autres. Pourtant il y a des signes qui révèlent les attitudes intérieures des personnes qui viennent ici. En arrivant au Dusenbach par le Chemin de Croix et en se recueillant à chaque station, les gens témoignent de leur désirs de faire une démarche religieuse, une rencontre avec le Christ Sauveur Miséricordieux surtout si cette démarche aboutit à la célébration du sacrement, du pardon ou à l’Eucharistie célébrée dans l’église où le Christ de Saint Damien d’Assise se présente à tout pèlerin comme Source de Vie et d‘Espérance. C’est ce qui se vit surtout au temps du Carême, les dimanches après-midi, par 50 à 100 personnes groupées autour d’un Capucin, mais aussi tout au long de l’année, par des personnes seules ou en petit groupes ou les adultes son interpellés par les enfants demandant l’explication des différentes stations du Chemin de Croix, où se vit une évangélisation mutuelle. Un autre signe qui nous révèle pourquoi les gens viennent au Dusenbach, c’est le nombre relativement important des personnes qui participent à la Messe de 10h et de 16 h, les dimanches. Le célébrant n'a pas de difficultés pour les faire chanter, leur faire lire la Parole de Dieu, pour se faire aider à la Communion. Avec chorale ou sans chorale, les Eucharisties au Dusenbach sont bien vivantes et priantes.

Ce qui explique surtout pourquoi les gens aiment venir au Dusenbach, c’est la Foi qui les anime, la confiance qu’ils font à la Vierge Douloureuse de ce lieu où tout porte au recueillement : la Chapelle de la Mise au Tombeau du Christ, les vitraux de la Vie de Marie, les ex-votos qui témoignent de tant de prières exaucées, les lumignons allumés devant la Pietà, les cierges devant Saint Antoine, visité par Vierge à l’Enfant, devant Saint Joseph mourant en présence de Jésus et de Marie, qui expriment la Foi en la présence de Dieu qui se révèle par la Sainteté de la Vierge Marie et des Saints que vénère particulièrement le peuple alsacien et qui invite le pèlerin à une confiance, une supplication, une louange, une communion, une consécration, enfin et surtout les personnes en prière silencieuse dans la Chapelle Mariale où se trouvent le Saint Sacrement , un grand crucifix en bois et la statue vénérée de Notre-Dame de Dusenbach. La cahier des intentions, à la sortie de la chapelle, est là pour témoigner de ce qu’elles ont pu dire au Seigneur, à la Vierge Marie ou avec Marie et Son Fils Jésus à Dieu le Père pour elles, pour les leurs ou pour les hommes. En lisant ces pages avec un cœur attentif, nous sommes chaque fois plongés dans les réalités concrètes de la vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui et nous ne pouvons pas ne pas faire nôtres ces prières de louanges et de supplication tellement elles sont cris des hommes et appels de Dieu !

Journées de pèlerinages importants au Dusenbach

Parmi les pèlerinages annuels montant au Dusenbach, celui des Ménétriers est le plus connu. En effet, fidèles à une tradition qui remonte à 1480 et qui a été revalorisée en 1954, des musiciens et des chantres de la Fédération des Sociétés Catholiques de Chant et de Musique d’Alsace mettent un point final aux festivités de la semaine du Pfifferday à Ribeauvillé, en venant rendre hommage à Notre-Dame du Dusenbach, leur patronne. Ce pèlerinage à lieu le deuxième dimanche de septembre, proche de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. Il commence par une procession à partir de Ribeauvillé à laquelle participent une délégation de musiciens et de chorales de la région, le conseil municipal de la ville en tenue d’échevins portant sur un baldaquin, orné de grappes de raisin frais, la statue copie de la Vierge de Dusenbach est enfin le groupe des pèlerins. Arrivés à la hauteur de la 12e station du Chemin de Croix, sur le parvis de l’église, ils sont cordialement accueillis par les Capucins qui les invitent à la Messe solennelle d’actions de grâces. Les Pèlerinage se termine par un vin d’amitié offert dans la salle de l'abri des Pèlerins et par une animation musicale en plein air. Les autres moments importants de pèlerinage au Dusenbach sont le dimanche des Rameaux, le Vendredi-Saint, Pâque, l’Ascension, la Pentecôte (Pèlerinage des Gitans), l'assomption et la nuit de Noël où des centaines de pèlerins montent au Dusenbach en cheminant à travers la forêt à la lueur de leur lampe ou de leur torche. Quand il y a de la neige, cette montée a quelque chose de féerique et dispose les cœurs à l’accueil du mystère de Noël.

Témoignage de jeunes pèlerins

Le fait de n’accéder au Dusenbach que par un chemin forestier ou par le Chemin de Croix lui garde un cachet de recueillement possible et d’émerveillement certain pour le pèlerin comme pour le touriste. Dédié à Marie, le Sanctuaire, au terme du Chemin de Croix qui y conduit, nous dit la place et le rôle de Marie dans le mystère de la Rédemption, dans la vie de l’Eglise et de celle de tout chrétien. Entrer dans l’intelligence de ce message est un chemin de conversion jamais achevé, une source de bonheur vrai, comme l’écrivait un jeune dans le cahier des pèlerins : « Quand je viens au Dusenbach, je laisse ma voiture en bas du parking et je marche. Cela me fait du bien de sentir les rochers, les arbres, comme imprégnés de la prière de tous ceux qui sont montés la haut de puis des siècles. » Et un autre : « Dusenbach est pour moi un lieu de résurrection, de recommencement toujours possibles. Il faut souvent monter pour descendre au fond de soi-même. Et un troisième jeune : « Frères et sœurs d’Alsace ! Frères et sœurs de toute la terre, venez en pèlerins découvrir par vous-mêmes Notre-Dame de Dusenbach. Prenez du temps et laissez-vous apprivoiser, mais je vous en prie, ne rentrez pas chez vous laissant, seule, derrière vous, cette Vierge si Douloureuse… Venez et revenez, avec ferveur, s’il le faut, pour connaître l’Absolu de Tendresse et d’Amour qui nous vient de chez Dieu ! »

Frère Daniel Skica

Dusenbach

Prière à Notre Dame de Dusenbach

Très Sainte Vierge Marie, Toi qui as veillé sur l’Alsace avec une si maternelle sollicitude, Toi que nos ancêtres venaient invoquer avec tant de confiance dans leurs luttes pour la Conversion de la Foi Catholique, Toi qu’ils prirent pour leur Protectrice officielle et aux pied de qui ils répandaient si souvent d’ardentes prières afin d’obtenir le triomphe de l’Eglise, la conversion des pécheurs, nous T’implorons : daigne abriter toujours notre pays de Ta puissante Protection. Nous T’en supplions : daigne nous venir en aide en ces jours où la Foi est si menacée. Obtiens-nous la grâce de toujours mieux aimer et de pratiquer cette Foi qui est la source du salut. Oui, qu’à Ta prière le Seigneur réveille en nous la Foi et piété, afin qu’ainsi Jésus-Christ soit de plus en plus aimé et servi par les hommes d’aujourd’hui. Amen.

Notre Dame de Dusenbach, Gardienne de la Foi en Alsace, prie pour nous.

Renseignements

Père Capucins

Pèlerinage de Notre-Dame de Dusenbach

68 150 Ribeauvillé

Site internet: http://pagesperso-orange.fr/capucins/frats/dusenbach.htm

Texte paru dans le journal « Le Règne de Jésus par Marie » de mars 1990

20 septembre 2008

Le Chemin du Jubilé de Lourdes

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Le Chemin du Jubilé

pour le 150e anniversaire des Apparitions de Lourdes

Un chemin a été proposé à tous les pèlerins pour entrer dans l’esprit du Jubilé. Il comporte quatre étapes : l’église paroissiale de Lourdes, le cachot, la Grotte de Massabielle, l’oratoire de l’hôpital de Lourdes.

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L’église paroissiale de Lourdes

La construction de l’église paroissiale du Sacré-Cœur date d’après les Apparitions et elle n’a été inaugurée qu’en 1903. C’est alors qu’on a démoli l’ancienne église Saint-Pierre, l’église où Bernadette a été baptisée le 9 janvier 1844. L’église du Sacré-Cœur renferme des vestiges de l’histoire de Bernadette : dans la chapelle latérale gauche, les fonts baptismaux, c’est-à-dire la cuve où Bernadette a été baptisée. Dans cette chapelle se trouve aussi une statue provenant de l’ancienne église : elle représente saint Jean-Baptiste. Le reste du mobilier liturgique de l’ancienne église se trouve dans la chapelle du château fort de Lourdes, dans la crypte, le tombeau de Mgr Peyramale, décédé le 8 septembre 1877, curé de Lourdes à l’époque des Apparitions. Les fonts baptismaux sont ornés d’un bas-relief réalisé par Sœur Mercredis Cailleter. De nombreux pèlerins aiment à se recueillir dans cette église que Bernadette n’a pas connue, mais qui est le lieu de rassemblement de la paroisse, c’est-à-dire de la communauté chrétienne de Lourdes à laquelle Bernadette a appartenu. Le baptistère établit un lien concret avec l’ancienne église où Bernadette se rendait si souvent.

Les fonts Baptismaux qui ont servi pour Bernadette ont été conservés dans l'église actuelle. Au mur, on peut voir la reproduction de l'acte de Baptême, endommagé par un incendie. Le retable évoque la vie de Bernadette à Lourdes, en particulier à l'époque des apparitions. Mais le plus important, c'est la cuve baptismale. Avant d'être voyante, Bernadette est une chrétienne. Elle a été déclarée Sainte, parce qu'elle a magnifiquement vécu la Grâce de son Baptême.

Prions

Seigneur, par le Baptême, Tu m'as fait entrer dans Ton Royaume. En Bernadette, ce Baptême a porté des fruits de Sainteté. En cette année du Jubilé des Apparitions, que mon pèlerinage en ce lieu me renouvelle dans la Grâce de mon Baptême.

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père...

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Le cachot

Dans une des ruelles de la ville haute, rue des Petits Fossés, se trouve une vieille bâtisse triste et grise : l’ancienne prison. Au fond de cette prison, une cellule sombre et humide, de 3,77 m sur 4,40 m, ouvrant sur une cour intérieure par une unique et minuscule fenêtre : le Cachot. Les Soubirous y habiteront à partir de 1856 et y resteront jusqu’à l’automne 1858. François, Louise et leurs 4 enfants s’y entassent dans à peine 16 m². Une unique pièce pour tout faire : dormir, cuisiner, manger, prier. C’est de là que Bernadette partira à la Grotte pour rencontrer 18 fois la Vierge Marie. Rénovée durant l’hiver 1995-1996, on peut découvrir aujourd’hui cette pièce dépouillée de tout meuble. A l’époque de Bernadette : « La chambre était noire et malsaine. Comme meubles, deux pauvres lits, à droite en entrant et une seule petite malle pour mettre le linge ». Ce lieu rappelle que la Vierge a choisi la plus pauvre et la plus ignorante pour révéler à chacun qu’il occupe une place unique dans le cœur de Dieu. Ce paradoxe de Lourdes n’est rien d’autre que le paradoxe de l’Évangile. Le cachot est la propriété des sœurs de la Charité de Nevers et de l’Instruction Chrétienne.

Depuis novembre 1856, la famille Soubirous (les parents et les 4 enfants) habitai dans une seule pièce, celle où se trouve la cheminée. L'endroit était humide et obscur. C'est la misère avec le déshonneur qui l'accompagne. Comme Dieu est allé chercher Marie dans le village inconnu de Nazareth, Marie est allée chercher sa messagère dans ce lieu de grande pauvreté.

Prions

Seigneur, Tu as regardé l'humilité de Ta servante Marie, et Tu L'as choisie pour donner au monde Ton Fils. L'Inconnue de Nazareth est devenue la Mère de Dieu, Notre Dame. Pour rappeler le Message de l'Evangile, dans ce Cachot, Tu as choisi Bernadette, misérable aux yeux du monde. Que cette étape sur le Chemin du Jubilé renouvelle mon regard sur les plus pauvres et me fasse entrer dans l'esprit des Béatitudes.

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père...

Vers la Grotte

Porte Saint Michel

Prions

Seigneur Jésus, c'est Toi qui es la Porte. C'est Toi qui nous donne accès au Royaume des Cieux et qui nous ouvres à la Vie éternelle. Prépare-nous à vivre joyeusement le temps de la rencontre avec Marie dans la Grotte où Elle est apparue à Bernadette. Prépare-nous aussi à entendre son appel à la conversion.

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père...

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Aux Arcades

A Rome, lors des Années Saintes, les pèlerins entrent dans les Basiliques par les Portes Saintes. Les 7 arcades qui mènent à la Grotte en tiennent lieu. Sous chaque arcade a été placée une mosaïque représentant la Vierge à l'Enfant: Marie nous donne Son Fils.

Prions

Marie, Toi qui es notre Mère, apprends-moi à dire comme Toi: « Voici la Servante du Seigneur ». Apprends-moi à chanter comme Toi: « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur », et accompagne-moi maintenant vers la Grotte où coule la Source, signe de la Vie et de la Joie.

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père...

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La Grotte de Massabielle

Le rocher dans lequel la Grotte est creusée s’appelle Massabielle, ce qui signifie : vieille roche. Dans cette masse de 27 m de haut, la Grotte mesure 3,80 m de hauteur, 9,50 m de profondeur et 9,85 m de largeur. Elle se compose de 3 ouvertures inégales : la plus grande est devenue un lieu de célébration de la messe. Au dessus, un peu à droite, se situe une niche ogivale de 2 m de hauteur.

Cette niche ogivale est l’endroit où la Vierge Marie apparut à Bernadette entre le 11 février et le 16 juillet 1858. La statue, de 1,88 m de hauteur, représente l’Apparition dans l’attitude qu’elle a prise lorsqu’elle a dit : « Je suis l’Immaculée Conception ». La statue fut installée dans cette niche le 4 avril 1864. Don de 2 Lyonnaises, elle fut réalisée par Joseph Fabisch, professeur à l’école des Beaux Arts de Lyon. Sur le sol, à gauche face à la Grotte, l’emplacement exact où se trouvait Bernadette est matérialisé par une plaque : « Ici priait Bernadette le 11 février 1858 ». Au fond de la Grotte, à gauche de l’autel, on peut voir jaillir la source que Bernadette mit à jour sur les indications de la Vierge, le 25 février 1858. Cette eau est aujourd’hui canalisée vers les fontaines, les piscines et le chemin de l’eau. Derrière l’autel, se trouve une urne où chacun peut déposer ses intentions de prière. Devant l’autel, une plaque rappelle la venue du pape Jean-Paul II, le 15 août 1983 et les 14 et 15 août 2004. Le mercredi 11 février 1858, Bernadette Soubirous entend un bruit comme un coup de vent et aperçoit une lumière. Elle voit une jeune fille, vêtue de blanc, avec une ceinture bleue, une rose jaune sur chaque pied, un chapelet à son bras. La Vierge apparaîtra à 18 reprises à Bernadette. Au moment même des Apparitions, on a compté jusqu’à 10 000 personnes rassemblées à la Grotte. Aujourd’hui, la Grotte est un des lieux les plus fréquentés au monde avec environ 6 millions de pèlerins et visiteurs chaque année. Entre 1858 et 1900, on a fait reculer en 2 fois le lit du Gave sur une longueur de 350 m et une largeur d’environ 28 m. Le canal (qu’avait traversé Bernadette) et le ruisseau de la Merlasse ont été détournés en amont. On a comblé leur ancien lit. Il y a ainsi devant la Grotte un parvis suffisant pour accueillir plusieurs milliers de pèlerins.

Si cela vous est possible, ne vous contentez pas de rester devant la Grotte: traversez-la. Avec ceux qui vous précèdent et ceux qui vous suivent, vous formez une petite communauté de prière, silencieuse. Souvent dans la Bible nous lisons «L'Eternel est mon Rocher ». Si vous voulez offrir un cierge, déposez-le dans le bac situé à côté du grand chandelier.

Nous dirons ensemble la Prière de l'année jubilaire de Lourdes 2008

Dieu notre Père, parmi toutes tes créatures, Tu as fait éclore Marie, la créature parfaite, « l’Immaculée  Conception ». Ici, à Lourdes, Elle a prononcé ce nom et Bernadette l’a répété. L’Immaculée Conception, c’est un cri d’espérance : le mal, le péché et la mort ne sont plus les vainqueurs. Marie, signe précurseur, aurore du salut ! Marie, Toi l’Innocence et le Refuge des pécheurs : nous Te prions:

Je Te salue Marie, comblée de grâces...

Seigneur Jésus, Tu nous as donné Marie comme Mère. Elle a partagé Ta Passion et Ta Résurrection. Ici, à Lourdes, Elle s’est montrée à Bernadette, attristée de nos péchés mais rayonnante de Ta Lumière. Par Elle, nous Te confions nos joies et nos peines, les nôtres, celles des malades, celles de tous les hommes. Marie, notre Sœur et notre Mère, notre confidente et notre soutien : nous Te prions:

Je Te salue Marie, comblée de grâces...

Esprit Saint, Tu es Esprit d’amour et d’unité. Ici, à Lourdes, par Bernadette, Marie a demandé de bâtir une chapelle et de venir en procession. Inspire l’Eglise que le Christ construit sur la Foi de Pierre : rassemble-la dans l’unité. Guide le pèlerinage de l’Eglise : qu’elle soit fidèle et audacieuse ! Marie, Toi qui es comblée de l’Esprit Saint, Tu es l’épouse et la servante. Tu es le Modèle des Chrétiens et le Visage Maternel de l’Eglise : nous Te prions:

Je Te salue Marie, comblée de grâces...

Pour tant de grâces reçues ici, Pour toutes les conversions, tous les pardons, toutes les guérisons, pour les vocations et les promesses que Tu as confirmées ou que Tu as fait naître ici pour la joie du service que Tu nous donnes de goûter, Notre-Dame de Lourdes, nous Te remercions ! Avec tous nos frères et sœurs humains, avec les peuples en mal de paix et de justice, avec les jeunes qui cherchent leur voie, Toi qui T’es montrée toute jeune à la jeune Bernadette, avec les victimes d’un deuil, d’une maladie, d’un handicap, d’un échec, avec ceux qui auraient un motif de désespérer, Notre-Dame de Lourdes, nous Te prions ! Parce que Tu es le Sourire de Dieu, le Reflet de la Lumière du Christ, la Demeure de l’Esprit Saint, parce que Tu as choisi Bernadette dans sa misère, que Tu es l’Etoile du matin, la Porte du Ciel, et la première Créature ressuscitée, Notre-Dame de Lourdes, nous T’admirons, nous T’acclamons et avec Toi nous chantons les merveilles de Dieu :

Mon âme exalte Le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! Il s'est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est Son Nom ! Son Amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui Le craignent. Déployant la Force de Son bras, Il disperse les superbes. Il Renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles, Il Comble de biens l'affamé, Il renvoie les riches les mains vides, Il relève Israël Son serviteur, Il se souvient de Son Amour, de la Promesse faite à nos pères en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

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L’oratoire de l’hôpital de Lourdes

A proximité de la gare de Lourdes, un grand bâtiment du XIXe siècle accueille les pèlerins, avec sa façade austère et son double alignement de fenêtres en pierre de taille. A part la chapelle néo-gothique construite plus récemment, cette façade a conservé l’aspect de l’ancien hospice, fondé en 1834 par les sœurs de la charité de Nevers de l’instruction chrétienne. Fidèles à leur vocation, les religieuses remplissaient là leur double mission de soigner les malades, les plus pauvres et d’éduquer les enfants défavorisés. Sept à dix religieuses œuvraient comme infirmières. La communauté avait comme aumônier l’abbé Pomian. Bernadette y vit comme externe dans la classe des « indigentes » de janvier 1858 à juillet 1860 puis comme pensionnaire jusqu’en juillet 1866, date de son départ définitif de Lourdes pour Nevers. C’est à l’hospice que Bernadette fait sa Première communion le 3 juin 1858. Aujourd’hui, l’hospice est devenu l’un des bâtiments du centre hospitalier de Lourdes. Deux pièces, dont l’ancienne chapelle et le grand couloir du rez-de-chaussée, ont été conservées et aident les pèlerins à entrer dans cette période de la vie de Bernadette. De plus, dans l’ancien parloir sont exposés des souvenirs de Bernadette. En 2005, l’Oratoire a été rénové par David Pons. La pièce a été agrandie, un nouveau parquet a été posé, un éclairage discret mettant en valeur la Croix a été installé. L’autel est la pièce maîtresse de cette rénovation. En marbre bleu, il supporte un épais plateau de verre soufflé. Les quatre coins sont marqués d’une croix argentée, au centre une croix dorée, sertie, elle aussi dans le verre, renferme les reliques. Peintre et sculpteur d’art sacré, David Pons réalise l’aménagement liturgique des lieux de culte moderne ou historique. Il emploie ses connaissances académiques, développées durant cinq ans au Vatican, dans les domaines religieux épousant la peinture à l’huile, les fresques (a fresco), les autels, tabernacles ou sculptures suivant l’objet de la commande. Le Chemin du Jubilé commence par le baptême et s’achève par l’eucharistie. Il met aussi en exergue plusieurs dimensions de la vie chrétienne : les sacrements (baptême et eucharistie), la prière (Grotte), l’attention aux pauvres (cachot et hospice).

Avant même les Apparitions, les Sœurs de la Charité de Nevers tenaient à Lourdes un hospice et une école pour filles. Depuis janvier 1858, Bernadette fréquentait l'école des Sœurs. C'est là qu'elle a préparé sa Première Communion. La célébration a eu lieu le 3 juin 1858. C'est là aussi qu'elle a appris à servir les malades et les plus pauvres. Le Chemin du Jubilé a commencé par le Baptême et s'achève par l'Eucharistie et le service: c'est le chemin de la vie Chrétienne. Le Christ est présent dans le Sacrement de l'Autel et dans le frère, le prochain: « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c'est à Moi que vous l'avez fait. » Vous entrez par la Chapelle qui a été construite après le départ de Bernadette. Vous pouvez vous y recueillir, mais le vrai lieu de pèlerinage, c'est l'oratoire qui a été réaménagé récemment.

Prions

Ravive en moi, Seigneur, l'amour de l'Eucharistie et mon engagement au service de tous ceux qui se trouvent dans le besoin. Que Bernadette prie pour moi, elle qui a uni, en sa vie, l'Eucharistie et le service, elle qui est aujourd'hui dans le Lumière, près de Toi.

Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père...

24 juin 2008

L'apparition de la Croix de Migné-Auxances

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L'apparition miraculeuse de la Croix de Migné-Auxances

Le 17 décembre 1826, dans le Diocèse de Poitiers, France

17 décembre 1826. Un événement extraordinaire met en émoi la petite commune de Migné. La population du village et des environs s'est réunie pour la plantation d'une croix de mission. Alors que l'assemblée écoute le discours du prédicateur, une croix mystérieuse apparait dans le ciel. Contrairement à la croix qu'on vient de dresser, celle-ci est très grande, régulière, lumineuse et couchée. Elle reste ainsi une bonne demi-heure, orientée d'est en ouest, étendue par-dessus la foule, rassemblée devant l'église.

Les autorités civiles et religieuses sont alertées. Une commission d'enquête chargée de vérifier les faits est mise en place. La publication des conclusions de cette commission, qui confirment le fait, et la diffusion de lithographies représentant le miracle déclenchent une polémique nationale diffusée par les médias de l'époque: presse, brochures et livres. Les tenants de l'Eglise et du Concordat y voient une approbation divine, les anti-Concordataires dénoncent le coup monté et les libres-penseurs tournent en dérision les gens de Migné qu'ils traitent de paysans arriérés et crédules. Mais peu à peu d'autres préoccupations font la une de l'actualité et les médias abandonnent l'affaire de Migné.

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La Croix commémorative accrochée à la voûte de l'église de Migné Auxances

L'apparition n'en est pas oubliée pour autant. Dans un mandement officiel l'évêque de Poitiers, monseigneur de Bouillé la déclare miraculeuse. Il fait agrandir l'église en forme de croix et la réoriente vers l'ouest, dans le sens de la croix de l'apparition. Sur la stèle de Mgr de Bouillé dans la cathédrale de Poitiers, un bas-relief illustre tout à la fois l'apparition et la reconstruction de l'église. Cette église reste le mémorial essentiel de l'événement. A l'intérieur, une grande croix recouverte de cuivre est fixée à la voûte du transept, à l'endroit exact de l'apparition. Un tableau dans la nef et le vitrail du transept de gauche représentent l'événement. Une inscription gravée au-dessus de l'entrée de l'église et une autre dans le transept, rappellent aussi ce fait exceptionnel. Même à Paris, il est possible de se remémorer ce miracle. Dans la basilique du Sacré-Cœur à Montmartre, la première chapelle de gauche est consacrée à sainte Radegonde, patronne de Poitiers. L'autel fut construit aux frais de la Comtesse de Beauchamp de St Julien l'Ars en mémoire de sa belle-fille brûlée vive dans la catastrophe de l'incendie du bazar de la charité à Paris le 4 mai 1897. Il comprend deux bas-reliefs: Celui de gauche retrace l'arrivée à Sigon (quartier de Migné) en 569 de l'évêque de Tours apportant à sainte Radegonde un fragment de la croix du Christ offert par l'empereur de Constantinople. Le bas-relief de droite représente le miracle de l'apparition de la croix lumineuse le 17 décembre 1826.

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Le bas relief de l'autel de Sainte Radegonde de la Basilique du Sacré Coeur de Montmartre

Prière à la Sainte Croix

Dieu tout puissant, qui avez souffert la mort à l’arbre patibulaire pour tous nos péchés, soyez avec moi.

Sainte Croix de Jésus-Christ, ayez pitié de moi.

Sainte Croix de Jésus-Christ, soyez mon espoir

Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute arme tranchante

Sainte Croix de Jésus-Christ, versez en moi tout bien,

Sainte Croix de Jésus-Christ, détournez de moi tout mal,

Sainte Croix de Jésus-Christ, faites que je parvienne au chemin du salut.

Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute atteinte de mort

Sainte Croix de Jésus-Christ, préservez-moi des accidents corporels et temporels

Que j’adore la Sainte Croix de Jésus-Christ à jamais !

Jésus de Nazareth crucifié, ayez pitié de moi.

Faites que l’esprit malin et nuisible, fuie de moi dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

En l’honneur du sang précieux de Notre Seigneur Jésus Christ, En l’honneur de son incarnation, par où Il peut nous conduire à la vie éternelle, aussi vrai que Notre Seigneur Jésus Christ est né le jour de Noël et qu’Il a été crucifié le Vendredi Saint. Ainsi soit-il.

Pour en savoir plus

http://membres.lycos.fr/mignememoires/index.htm

(dont ce récit et les photos sont extraits)

et aussi:

http://www.diocese-poitiers.fr/poitiers-nord/index.htm

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20 juin 2008

La Vierge au Parasol

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La Vierge au Parasol

Bois Blanc, Piton de la Fournaise, Ile de la Réunion, France

La statue de la Vierge de Bois-Blanc, protégée de la pluie par un parasol, est l'une des plus célèbres de La Réunion. Elle reçoit les fidèles quotidiennement. Elle est fêtée par une foule nombreuse le jour de l'Assomption marquant la résurrection de la Vierge Marie. Sur son origine circulent plusieurs versions : la plus vraisemblable est qu'elle fut placée au pied du Brûlé, partie effondrée de l'enclos du volcan, par un propriétaire soucieux de protéger ses terres des coulées de lave de La Fournaise. Cette première statue fut néanmoins recouverte par la lave en 1961. Sa remplaçante fut rapprochée de la paroi du volcan. En 2001, lors des éruptions à répétition du volcan, elle fut déboulonnée préventivement. Une heureuse initiative car son ancien emplacement se trouva sur le chemin d'une des coulée. Pour son deuxième déménagement, la Vierge au Parasol a pris place de l'autre côté du Brûlé, vers Saint-Philippe.

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Souvenez-Vous à la Vierge Marie

Souvenez-Vous, ô très pieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à Votre Protection , imploré Votre Secours, ou demandé Votre assistance, ait été abandonné. Animé d'une pareille confiance, je viens, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, me jeter entre vos bras et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à Vos pieds. O Mère du Verbe incarné, ne dédaignez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer ! Ainsi soit-il !

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