06 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Septième jour

Convenance du titre de Notre Dame du Bon Conseil donné à Marie

 

3° Considérée en Elle-même

 

Considérons Marie en Elle-même et nous la trouverons douée du plus profond esprit de conseil. Le conseil est un don par lequel on acquiert la capacité de diriger les actions de la vie vers la sanctification, fin suprême de la créature raisonnable. Donc celui qui, fidèle à la grâce, obtient l'unique nécessaire de l’Évangile, le salut de son âme, celui-là est vraiment homme de conseil. En Marie, la fin dernière était sa propre sanctification, mais aussi le développement de cette sanctification jusqu'au degré que pouvait atteindre une parfaite créature. Rachetée par anticipation, toujours à Dieu et toujours sainte, Marie fut exempte de faute. Elle devait pourtant, semblable au soleil qui s'avance vers son midi, croître toujours en sainteté. Elle paraît, et en Elle, pour la première fois, la terre admire l'héroïsme de cette vertu qui fait de l'homme un ange mortel, la sainte virginité. Elle paraît, et en Elle resplendit la perfection de l'humilité, qu'elle porte à un point que notre intelligence ne saurait apprécier.

C'est ainsi que par son humilité, Elle est trouvée digne de concevoir dans une chair humaine le Verbe éternel, de même que par sa virginité, Elle sait attirer les complaisances de Dieu. Tout cela, remarquons-le bien, avait son commencement magnifique en Marie avant la lumière radieuse de l’Évangile, avant la prédication et les exemples de Jésus-Christ. Jetons encore un regard sur Marie : le divin Sauveur vient de prescrire d’aimer ceux qui nous font du mal, détruisant et condamnant à jamais l'axiome des anciens : Tu haïras ton ennemi ; et voilà que Marie nous offre l'exemple le plus parfait de cet héroïsme de charité, quand, au pied de la Croix, elle demande, en union avec la divine Victime, pardon pour les bourreaux de son Enfant bien-aimé.

La vie de Marie fut donc remplie de vertus, de vertus de tout genre et toujours en progrès, dans un temps où la vertu était imparfaitement pratiquée et la perfection complètement ignorée. De sorte que, sans s'arrêter jamais dans la voie de la sainteté, Marie atteignit le but auquel Elle était prédestinée, c'est-à-dire, la plus haute sanctification dont une créature soit capable. Pour parler comme saint Ambroise, Elle fut un modèle de vertu, un prodige de sainteté, et par cela même, la véritable Mère du Céleste Conseil.

 

Exemple

 

Voici un effet vraiment merveilleux de la protection de la bonne Mère du Bon Conseil, raconté par la personne elle-même qui en a été l'heureux sujet : « Je souffrais, depuis 2 ans et demi, d'une maladie intérieure, et les médecins étaient unanimes à déclarer que ma guérison ne pouvait avoir lieu que par une opération. J'étais décidée à aller la subir à Paris ; tous mes préparatifs étaient faits, quand une personne de ma famille que je visitais, huit jours avant mon départ, me conseilla de faire une neuvaine à Notre-Dame du Bon Conseil, pour savoir d'abord si je devais aller me faire opérer. Cet avis me fit sourire, décidée que j'étais d’aller demander à la science une guérison que je croyais bien ne jamais obtenir autrement. Quoi qu’il en soit, je commence ma neuvaine, et, dès le deuxième jour, je vois ma résolution s'évanouir et remplacée par une résignation absolue à la volonté du ciel. Dès lors mon parti est pris, je me mets entièrement entre les mains de la bonne Mère du Bon Conseil, la priant de tout coeur en union avec la personne qui avait été près de moi son interprète. Ceci se passait au mois d'octobre. A partir de cette époque, ma maladie ne fit qu'empirer, mais sans que ma confiance en Marie en fût diminuée. Nous arrivons ainsi au mois de mars. Nos prières à Notre-Dame du Bon Conseil sont ferventes, en unissant toutefois saint Joseph puisque nous sommes dans son mois. Le 19, fête de ce glorieux saint, un mieux sensible se produit et trois jours après je suis complètement guérie. Mon médecin m'a délivré un certificat à la date du 9 juillet 1889. Reconnaissance éternelle à la bonne Mère du Bon Conseil ! »

 

Prière

 

En vous, ô Mère du Bon Conseil, nous mettons notre espérance, car vous connaissez tous nos besoins et votre amour maternel est toujours prêt à nous soulager. On n'a pas entendu dire, et on ne dira jamais qu'une personne ait placé en vain son espérance en vos bontés. Dans votre belle Image vous vous montrez à nous si pieuse, si aimable et si douce, que nos coeurs ne balancent pas un instant à mettre en vous toute leur confiance. Dieu seul connaît les larmes que vous essuyez tous les jours, les nécessités auxquelles vous pourvoyez, les douleurs que vous adoucissez, les dangers dont vous nous délivrez, les maladies que vous guérissez, les prières que vous exaucez ! Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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05 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Sixième jour

Convenance du titre de Notre-Dame du Bon Conseil donné à Marie

 

2° Par rapport à Dieu dans la Rédemption

 

Dans l’oeuvre de la Rédemption, Marie se révèle à nous comme l'objet du plus sublime dessein. N'est-elle pas appelée, en effet, à y remplir le plan mystérieux de la divine sagesse ? Dieu, par un seul acte de Sa volonté, eût pu relever l'humanité déchue et la réhabiliter, c'eût été un acte de Sa toute-puissance ; mais Dieu veut plutôt faire éclater Sa sagesse, et c'est pourquoi Sa miséricorde se sert des moyens par lesquels l’homme était tombé. Sans excuser Adam, nous pouvons dire que le péché d'Eve contribua et pour beaucoup à la ruine universelle. Oh ! le terrible malheur qu'attira sur nous le mauvais conseil de notre première mère ! Sans doute la sanctification des hommes devait découler et découla de Jésus, mais Dieu avait décidé qu'une femme coopérerait à cette sanctification et nous attirerait des biens sans nombre. Cette femme privilégiée fut Marie. Si Dieu a voulu substituer à l'Adam terrestre Jésus-Christ, l'Adam céleste, Il a voulu aussi à la première Eve, substituer Marie, la nouvelle Eve, vraie Mère de vie. Tandis que celle-là fut la femme inconsidérée, Celle-ci a brillé par son esprit de Conseil et a réparé la ruine originelle.

Comment l'a-t-elle réparée ? Le voici : Notre salut demandait, avec le sacrifice de Jésus-Christ, le consentement de Marie, puisque Marie, en acceptant la Maternité divine, devait offrir la matière apte à ce sacrifice, c'est-à-dire la chair et le sang de l'homme. L'amour maternel aurait dû s'opposer à la mort d'un Fils unique tendrement aimé, vraies délices du paradis. Marie, au contraire, immole son affection de mère et unit sa volonté à celle de Dieu, offrant elle-même pour les péchés du monde les tourments et la Passion de son Enfant chéri, comme parle saint Bernard. Elle veut le sacrifice de Jésus, sacrifice qui dépend de la volonté du Père Éternel et du consentement de la Mère. Puisqu'elle s'associe aux divins Conseils et veut ce que veut le Père, la Mère veut donc aussi la mort de son Fils. Avant que le Saint et le Juste soit devenu victime d'expiation sur le Calvaire, il est déjà une hostie immaculée dans le Cœur de Marie. Le Fiat prononcé dans l'humble maison de Nazareth, voilà la grande parole du Conseil qui fit de Marie la coopératrice de notre salut et la réparatrice des maux causés par l'imprudence d'Eve. Ses rapports avec Dieu dans l'oeuvre de la Rédemption comme dans l'oeuvre de la Création, lui méritent donc parfaitement le titre de Notre-Dame du Bon Conseil.

 

Exemple

 

Une mère de famille d'une petite ville de la Basse Normandie, prise des fièvres typhoïdes, était bientôt, à toute extrémité, elle n'entendait plus, elle ne voyait plus. Une de ses filles écrit à un prêtre de sa connaissance pour lui demander de dire une messe, sans parler en aucune manière de Notre-Dame du Bon Conseil. A sa réponse, le prêtre, membre de la Pieuse Union, joint une image de la Madone du Bon Conseil, recommandant de la placer en vue de la malade. Sa recommandation est exécutée et l'image attachée aux rideaux du lit. Aussitôt et en présence du médecin, la malade s'écrie : « Oh ! la belle Vierge que je vois !… » Le médecin qui n'a pas vu l'image déclare que c'est l'effet du délire. Mais la malade insiste : « Je vois, dit-elle, aussi bien que vous ! » Et, se levant sur son séant, elle veut saisir la belle image... Le médecin constate non seulement que la malade voit, mais qu’il y a en elle un mieux sensible. Le mieux s'accentue de jour en jour, et, une quinzaine après, l'heureuse privilégiée fait annoncer sa guérison, en l'attribuant entièrement à Notre-Dame du Bon Conseil qui lui était parfaitement inconnue jusque-là.

 

Prière

 

Priez pour nous, Vierge du Bon Conseil, Mère du Sauveur, qui avez mis au monde le Verbe sans commencement, le Fils dont le trône est celui même du Père, le Consubstantiel avec le Père et l'Esprit, l’Éternel comme le Père et l’Esprit, le Verbe qui a donné aux cieux leurs voûtes, à la terre sa base ! Salut, Vierge sainte, fournaise spirituelle qui a donné à l'humanité, pour sa nourriture, la flamme et le pain de vie ! Ô douce Mère ! Soyez mon secours et mon conseil. Plus grande est ma misère et plus grande aussi doit être votre compassion. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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04 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Cinquième jour

Convenance du titre de Notre-Dame du Bon Conseil donné à Marie

 

1° Par rapport à Dieu dans la Création

 

Parmi les titres si variés et si nombreux dont le Christianisme a honoré Marie, il faut compter celui de Mère du Bon Conseil, titre qui lui est justement dû comme nous allons le voir d'abord en la considérant par rapport à Dieu dans la création. Marie, en vertu de son éminente dignité de Mère du Verbe, n'est-elle pas le terme des Conseils éternels ? Or, parmi les œuvres de la Divinité que les Conseils éternels, c'est-à-dire, la volonté de Dieu, ont pour but, il convient de placer en premier lieu la création et la rédemption. La fin de la création est assurément la gloire du Seigneur, étant la fin de toutes choses comme il en est le commencement, mais, d'autre part, on ne peut nier que la fin secondaire de la création ne soit Marie. Dieu, dans Son plan éternel, avait décidé que toutes les choses créées devaient être rapportées à Marie, comme symboles de Ses vertus et lui être soumises comme des vassales toujours prêtes à obéir à Son commandement souverain. Nous pouvons donc dire, avec saint Bernard, que Dieu a créé le monde pour Marie et qu'Il le conserve pour Marie.

Voyez plutôt : l'univers ne célèbre-t-il pas dans un langage muet les gloires de cette Femme incomparable ? C’est pour sa pureté la neige du Liban ou le lys de la vallée ; pour sa douceur le rayon de miel ou le parfum du baume ; pour son humilité le nard, plante chétive, ou la violette des collines ; pour sa charité la pourpre de la rose. Toutes les créatures enfin, depuis le cèdre de la montagne jusqu’à l'hysope des champs, figurent Celle que les générations proclament bienheureuse. Le ciel et la terre exécutent les ordres de Marie. Elle commande : vents, foudres, pluies disparaissent aussitôt. Elle parle, les flots s'apaisent, les pestes cessent, les fléaux reculent et s'enfuient. Bref toutes les créatures écoutent leur gracieuse Maîtresse. Mais les hommes et les anges lui doivent une plus noble soumission, vu qu'Elle étend sur eux un plus auguste empire. Marie règne sur les hommes. Elle s'empare de leurs pensées, de leur volonté, de leur science, de leurs ardeurs. L'humanité, d'un bout à l'autre du monde, a recours à Elle dans ses nécessités spirituelles et corporelles, lui demandant la santé, la paix, la vie, la béatitude. N'est-ce pas là une reconnaissance incontestable de cette royauté ? Enfin, Marie règne sur les anges, qu’elle ravit par l'entière contemplation de sa majesté. Aussi les choeurs des anges la servent, la louent, la bénissent et la proclament le chef-d'oeuvre de la création. Quand il s'agit d'exécuter ses ordres, ils se mettent à l'oeuvre rapides comme le vent, plus ardents que le feu.

Ainsi Dieu a voulu que tout se rapportât à cette auguste Reine, terme de Ses conseils, fin secondaire de la création. C'est donc à juste titre que nous l'appelons N.-D. du Bon Conseil.

 

Exemple

 

Un prêtre de l'Ouest de la France expose ainsi au Directeur des Annales de Notre-Dame du Bon Conseil la manière extraordinaire dont la Madone s'est révélée à lui : « A la fin de novembre 1886, je reçois une lettre d'une religieuse de la Visitation du Mans ; à cette lettre étaient jointes une photographie de Notre-Dame du Bon Conseil et une notice concernant l'Image miraculeuse et la Pieuse Union. L'Image me semble singulièrement belle, mais le récit des prodiges de la Sainte Image de Genazzano me fait d'abord sourire : j’étais pris du défaut de saint Thomas !... Cependant la Sainte Vierge fait éclater la merveilleuse vertu de sa sainte Image. Je n'en puis détacher les yeux..., elle me gagne..., m'attire..., me séduit..., si bien qu'à une seconde lecture de la notice, l’incrédule devint un admirateur enthousiaste, et déjà surgit en son cœur un désir ardent, incompréhensible de devenir apôtre de cette aimable Madone. Jamais je n'oublierai l'ineffable impression que je ressentis alors ; mon cœur pas plus que mes yeux ne pouvait se détacher de l'Image miraculeuse, et avec cela, impossible d'éloigner de mon esprit la pensée de prêcher cette dévotion qui m’apparaît si belle. Il en fut ainsi durant un mois... ; je n'y pouvais plus tenir..., il fallait céder à la douce violence de la Divine Mère ! En dépit de mille obstacles, j'expose une copie de la Sainte Image de Notre-Dame du Bon Conseil dans mon église et j'établis la Pieuse Union ».

 

Prière

 

Ô Mère très aimable, de votre dévote Image tournez vos regards vers nous : embrasez nos cœurs de l'amour du ciel et détruisez en nous l'amour du monde. Dirigez vers la céleste patrie nos pensées et nos affections ; obtenez-nous cette pureté et cette douceur qui firent vos plus chères délices. Puissions-nous ainsi mériter de contempler un jour dans le Paradis votre ineffable beauté, et de former une joyeuse couronne autour de votre trône avec les Anges et les Saints. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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03 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Quatrième jour

La Pieuse Union sous le patronage de Notre-Dame du Bon Conseil

 

Comme l'expérience a souvent démontré que la Sainte Vierge n'accorde pas seulement ses grâces à ceux qui viennent à Genazzano se prosterner devant son image, mais encore à ceux qui la vénèrent dans d'autres églises ou qui la gardent chez eux avec honneur, on a fondé à Genazzano, une association de prières sous le nom de la Pieuse Union. Benoît XIV, par un bref en date du 2 juillet 1752, lui donna son approbation et voulut le premier inscrire de sa propre main son nom sur le registre de l’association. Quelque temps après, elle comptait plus de cent quatre-vingt dix mille membres. Les malheurs des temps diminuèrent ce zèle au commencement de notre siècle ; mais cette Pieuse Union a repris de nouveaux développements. Elle s'est répandue dans toute l’Europe et même en Amérique. Elle compta parmi ses membres plusieurs Papes, Pie VIII, Pie IX et Léon XIII. Les plus beaux noms parmi les cardinaux de tous les pays, ainsi que la plupart des membres de l’Épiscopat figurent sur nos registres de la Pieuse Union.

Le but de cette union est d’encourager le culte de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, de l'honorer spécialement dans son titre de Mère du Bon Conseil, par le moyen de l'Image qu'elle a si miraculeusement placée dans l'église de Genazzano, et qu'elle y conserve d'une façon non moins extraordinaire. Aussi les associés, outre l'inscription de leurs noms dans le registre de l'association, doivent-ils avoir en leur possession, et autant que possible exposée aux regards dans leurs appartements, une copie du céleste original. La vue de cette touchante représentation de la Vierge-Mère et de son divin Enfant sera pour eux l'occasion de beaucoup de grâces et de pieux sentiments. En regardant souvent l'Enfant et la Mère, ils seront portés à les aimer tous les deux, toujours de plus en plus. On peut cependant satisfaire à cette première obligation des Associés en portant sur soi une médaille ou le scapulaire de Notre-Dame du Bon Conseil. Les Associés doivent en outre, dire tous les jours trois fois l'Ave Maria aux intentions des membres de la Pieuse Union, et chaque année faire dire ou célébrer une messe. On peut, si on est dans l’impossibilité de faire autrement, remplacer cette dernière œuvre par la communion. En remplissant ces conditions, les Associés ont part au trésor spirituel de la Pieuse Union ; ils se mettent tout spécialement sous la protection de Celle que l'Eglise appelle le Trône de la Sagesse, et méritent, par la direction de son Conseil, d'éviter les embûches de Satan, et ordonner sûrement leur vie vers le terme de l'éternelle béatitude.

 

Exemple

 

La chapelle Pauline, au Vatican, possède depuis un certain nombre d'années, une splendide image de Notre-Dame du Bon Conseil, ayant appartenu, dit-on, au vénérable serviteur de Dieu, le R. P. Etienne Bellesini. Cette image avait pour tout ornement un cadre doré, posé sur un piédestal bien simple et bien modeste. Pie IX entoura le cadre de rayons étincelants, renouvela le piédestal et fit construire un autre autel, vrai chef-d’oeuvre de style, de goût et de délicatesse. Un jour que le Pape, escorté de sa noble antichambre et de plusieurs cardinaux et prélats, était allé vénérer la pieuse Image, le R. P. Guillaume Pifféri, se prosternant aux pieds de Sa Sainteté, lui offrit deux images et une Histoire de Notre-Dame du Bon Conseil. Semblable cadeau fut fait à la plupart de ceux qui accompagnaient le Souverain Pontife. Le R. P. Pifféri ne s'en tint pas là ; désirant enrichir les registres de la Pieuse Union du nom immortel de Pie IX, il communiqua sa pensée à Mgr Negroni, serviteur dévoué de la Madone. Deux jours après, 25 avril 1872, on fêtait à la chapelle Pauline Notre-Dame du Bon Conseil ; le ministre en profita pour dire au Souverain Pontife avec quelle joie les Révérends Pères Augustins inscriraient son nom sur les registres de Genazzano. Pie IX sourit ; la proposition allait trop à son cœur pour qu'il la refusât. Le 16 mai suivant, le Supérieur général des Augustins et le Prieur de Genazzano offrirent au Souverain Pontife avec leurs remerciements, une très belle Image. Genazzano tout entier se mit en fête et un Triduum solennel d'actions de grâces fut célébré en l'honneur de la Madone des Papes.

 

Prière

 

Ô Vierge Mère du Bon Conseil, c'est sur les traces des Vicaires de votre Fils que nous venons à vous avec amour et confiance. Ils nous ont donné l'exemple : nous voulons les imiter en vous rendant chaque jour un hommage de respect et de tendresse filiale, et en attirant un grand nombre d’âmes à votre amour et à celui de Jésus. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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02 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Troisième jour

Notre-Dame du Bon Conseil avec son Fils

 

Que voyons-nous sur notre belle Image ? Jésus, Marie s'embrassant, gracieux symbole de leur parfaite union. Ce n'est point là une fantaisie d'artiste, mais une vérité qui se réalisa sur terre durant toute la vie de la Très Sainte Vierge, vérité qui subsiste au ciel et qui subsistera éternellement. Marie se trouve étroitement unie à Jésus. N'a-t-elle pas avec Lui les relations les plus intimes que la grâce connaisse, relations de Mère de Dieu à l'égard du Fils incarné du Père céleste ? « Jamais, dit saint Bonaventure, Jésus ne S'est vu sans Marie ou sans l'assistance de Marie ».

L'image que nous vénérons nous montre Jésus se reposant entre les bras de Marie, et cependant nous en parlons comme si elle n'était que l'image de Notre-Dame du Bon Conseil. En cela il n'y a pas un atome de mépris pour le divin Enfant. Lui-même, du reste, nous donne le droit d'agir ainsi. Sa vie ne fut-elle pas, avec ses principaux mystères, unie à la vie de la Très Sainte Vierge ? Quoique cette Image soit pour nous l'Image de Marie plutôt que l’Image de Jésus, le divin Enfant ne s’en montre point jaloux. Cela se comprend : l'honneur accordé à Sa Très Sainte Mère rejaillit tout entier sur Lui-même ; c'est en quoi se vérifie le proverbe : les fils sont la gloire des pères.

Quelle douce joie pour le cœur, à l'aspect d'une image de Marie, tenant son cher Fils dans les bras ! Elle est sublime la figure de la Vierge pleine de grâce, qui, en vertu de son éternelle prédestination, s'offre à nous debout sur le globe terrestre, écrasant de son pied virginal la tête du serpent, plus sublime encore lorsque, appuyée sur la nuée étincelante, entourée des choeurs angéliques qui chantent ses louanges, le regard brillant d'amour, les bras étendus, elle s'élève vers le ciel, avec le désir d'embrasser et de posséder son bien-aimé Fils. Mais, sur l'image du Bon Conseil, Marie tenant son divin Enfant dans les bras, est infiniment belle et souverainement aimable. Là nous apparaît la cause de son absolu bonheur et de son incomparable dignité. «Tout son ornement consiste en Jésus : Il lui est, comme un bracelet précieux, un collier magnifique, un très noble joyau». Prions Marie, véritable prêtre, de nous donner la plus sainte des bénédictions, avec Jésus qu’elle porte si respectueusement, si pieusement !

 

Exemple

 

Dans le Sanctuaire de Genazzano, en dehors des grandes solennités, la Sainte Image est recouverte d'une plaque d’argent et d'une étoffe de soie artistement brodée. Et lorsqu’on la montre à quelque personnage de distinction, des prêtres en rochet président à la cérémonie, et l'Image n’apparaît qu'au milieu des lumières et des nuages d’encens, tandis que de pieux cantiques retentissent en son honneur. Le jour de la fête de la Madone, chants, parfums, lumières et décorations rivalisent d’éclat pour la célébrer. La dévotion des foules est intense, ardente, bruyante, disons le mot, italienne. Ici, une caravane récite ses rosaires ; plus loin, un cortège dit ses cantiques ; là, on chante les litanies. Par moments, comme sous l'effort d'une impulsion magique, un même formidable cri, parti d’un point de la vaste et somptueuse basilique, est répété par toutes les bouches : « Vive Marie ! Vive la Madone ! Sainte Marie ! » Et, après un court silence, qui forme comme l’écho des âmes à ce choeur de voix, les prières, les cantiques, les litanies reprennent leur cadence étrange et passionnée. Ce n'est pas beau, c'est sublime ! Contrairement à ce qu'on ne voit, hélas ! Que trop souvent dans les lieux de pèlerinage, les habitants de Genazzano sont demeurés bien dévots à leur Dame. Chaque soir, au son de l'Ave Maria, il s'en trouve un bon nombre pour se réunir dans l'église et réciter devant son autel, son petit office en latin.

 

Prière

 

Seigneur Jésus, auteur et dispensateur de tout bien, qui, en Vous incarnant dans le sein de la bienheureuse Verge Marie, lui avez communiqué des lumières au-dessus de toutes les intelligences célestes, faites qu'en l'honorant sous le titre de Notre-Dame du Bon Conseil, nous méritions de recevoir toujours de sa bonté des conseils de sagesse et de salut, qui nous conduisent au port de l'éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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01 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Deuxième jour

Description de l'image miraculeuse de Notre Dale du Bon Conseil

 

Tous ceux qui ont eu la consolation de contempler l'Image de la Vierge Mère du Bon Conseil, conservée à Genazzano, ont été frappés de sa beauté toute divine. Elle présente un ensemble ravissant de pureté, de modestie, de simplicité, de douce et maternelle bonté, avec l'empreinte d'une certaine tristesse pleine de calme et de résignation. La Vierge se penche avec amour vers l'Enfant Jésus, qu'elle tient du bras gauche comme appuyé sur ses genoux. L'enfant, passant la main droite sur les épaules de Sa mère, S'efforce de l'attirer à Lui, tandis que Sa main gauche s'appuie doucement sur la poitrine en S'attachant au col brodé de la tunique. Impossible de décrire tout ce qu'il y a de tendresse et d'amour dans cette attitude de l'Enfant et de Sa Mère. La ressemblance est frappante entre les traits de Marie et ceux de son divin Enfant. Les couleurs sont très vives et très fraîches bien qu'elles aient de longs siècles d'existence. C'est une fresque peinte sur une mince et frêle couche de ciment suspendue sans base ni appui d'aucune sorte, fait extraordinaire qui s'est perpétué jusqu'à nos jours.

En 1682 et en 1747, une vérification attentive et scrupuleuse fut faite de ce prodige, par les soins de la Sacrée Congrégation des Rites. Les changements d'aspect qu'on a souvent remarqués dans les traits de la Madone, sont aussi extraordinaires. François-Xavier Vasquez, qui vécut et écrivit sous Benoît XIV, s'exprime ainsi : « Nous avons vu à Genazzano la ravissante Image qui, en 1467, y fut apportée de l'Albanie par les mains des Anges : tous ceux qui la contemplent sont charmés de sa grande beauté. Elle paraît tantôt joyeuse, tantôt triste, tantôt empourprée de teintes rosées, selon les dispositions du visiteur qui s'en approche. Sa beauté vraiment étonnante est digne du ciel ; c'est pour cela qu’autrefois on l'appelait Sainte Marie du Paradis ».

De nombreuses copies ont été faites de la céleste Image et sont vénérées dans une multitude d'endroits. La divine Mère s'est plu à opérer, par leur intermédiaire, les grâces qu'elle a coutume d'accorder aux pieux pèlerins de Genazzano. C'est d’une de ses copies que saint Louis de Gonzague, dans l'église de Madrid, entendit la Vierge Marie lui parler à différentes reprises, le fortifiant dans ses peines et le confirmant dans sa vocation. Saint Alphonse de Liguori avait la sainte Image dans son bureau. Pie IX, la gardait dans son cabinet de travail, et Léon XIII allait souvent la vénérer dans la chapelle Pauline au Vatican.

 

Exemple

 

En 1747, le peintre Luigi Tosi, élève de l'illustre Solimène, fut chargé par la ville de Gênes de faire une copie de l'Image merveilleuse. Il se rendit à Genazzano, et le 11 juin, en la fête de saint Barnabé, il put contempler à son aise la Madone. Il résuma ainsi ses observations : « Les traits de l'enfant sont si délicats et si aimables, les lignes si singulières et si douces que le tableau défie l'artiste le plus consommé, et qu'il semble moins une œuvre humaine qu'une œuvre angélique. En outre, l'Image n'appartient ni au style grec, ni au style gothique, ni au style des siècles passés, ni au style moderne. Elle offre, dans toutes ses parties une telle pureté de goût, qu'il faut en observer avec soin les moindres détails si l'on veut exécuter une copie convenable. L’Image change souvent de couleur et d'expression. Elle se montre d'abord avec des traits joyeux et doux, quoique pâles, puis avec un air de majesté elle prend un visage si radieux et si brillant que ses joues ressemblent à deux roses fraîches et vermeilles. Quand la sainte image change d'aspect, le regard et la lumière des yeux changent aussi. Selon qu'elle a le front serein ou le teint pâle, les yeux deviennent majestueux ou perdent leur éclat, mais quand le visage est enflammé, brillant comme la rose, alors les yeux paraissent plus lucide, plus joyeux, plus ouverts ». Telle est la suave et sainte Image de Notre Dame du Bon Conseil.

 

Prière

 

Prosternés à vos Pieds, ô Vierge Marie Mère du Bon Conseil, nous contemplons en vous, par cette dévote Image, la réunion de tous les dons de la nature et de la grâce que la main de Dieu a prodigués à Ses créatures. Le nom de gracieuse, que la Sainte Eglise donne à votre Image, est pour nous un doux souvenir de votre beauté surnaturelle. Votre visage est céleste, votre regard plein de douceur et d'amabilité. La vue de vos traits si purs ouvre à notre âme un Paradis de saintes pensées et de sentiments du ciel. Vous êtes belle comme le sourire de Dieu, plus agréable que la rose, plus blanche que le lys, plus suave que le cinnamome et les parfums de tous les aromates. Nous vous admirons comme ce qu'il y a de plus beau au ciel et sur la terre après Dieu, nous vous aimons, comme ce qu'il y a de plus précieux et de plus estimable dans toute la création. Ainsi soit-il.

 

 

Texte extrait du livre "Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano", disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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30 avril 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Mois de Marie devant l'Image miraculeuse

de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano

Abbé Eugène Lerat

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Premier jour

Jugement de l’Église sur l'image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil

 

Au temps de la Translation de la Madone par les Anges, Paul Il occupait la Chaire de saint Pierre. Ce Pape se préoccupa fort d'un événement aussi extraordinaire, et ordonna une enquête canonique. Il envoya à Genazzano deux prélats, Gaucher de Forcalquier évêque de Gap, et Nicolas à Crucibus, évêque de l'île Fara, aujourd'hui Lésina, voisine de Scutari. Le résultat de leur enquête fut favorable, car les Papes n'ont pas cessé, depuis cette époque d'encourager la dévotion des peuples à la sainte Image. Citons Sixte IV et saint Pie V, mais surtout Urbain VIII qui vint à Genazzano implorer la Très Sainte Vierge pour la cessation de la peste qui ravageait alors l’Italie. Il fut reçu solennellement par le seigneur de la ville, un membre de la famille Colonna, qui lui adressa ces paroles : « La Reine du ciel et de la terre, la Mère de Dieu a voulu être honorée en ces lieux. L'image qu'on y vénère n'a pas été peinte par le pinceau d'un mortel, elle n'a pas non plus été apportée par la main des hommes, mais elle est, comme on le pense, l'oeuvre d'un artiste céleste. On l'a vue subitement apparaître dans ce temple, de sorte que le Latium n'a rien à envier à Lorette ».

Le 17 novembre 1682, Innocent XI fit couronner solennellement la sainte Image, voulant ainsi obtenir de la bienheureuse Vierge, aide et protection contre les Musulmans, qui menaçaient de nouveau l'Église et l'Europe. Il fut exaucé, et les Turcs essuyèrent sous les murs de Vienne une défaite qui brisa leur puissance sur terre, comme la victoire de Lépante l'avait détruite sur mer.

Les Papes Grégoire XIII, Benoît XIII, Clément XII et Benoît XIV enrichirent successivement le Sanctuaire de Genazzano de grands privilèges. A la fin du siècle dernier, sous le pontificat de Pie VI, la Sacrée Congrégation des Rites, après un mûr examen des preuves qui établissent la vérité de la miraculeuse apparition de l'Image, autorisa un office et une messe propres comme pour la translation de la sainte Maison de Nazareth à Lorette. Bon nombre d'évêques français, dans ces derniers temps, ont introduit cet office dans leurs diocèses, et naguère le Général de la Compagnie de Jésus l'obtenait pour tous ses prêtres. Pie IX avait pour la Mère du Bon Conseil une tendre dévotion. Il aimait à garder près de lui sa belle image, et c'est à elle qu'il recourait au milieu des difficultés si grandes de son long pontificat : c'est devant une image de la Madone qu'il avait célébré sa première messe, et il le rappelait souvent avec bonheur. Léon XIII, dont l'univers admire encore la sagesse, ne cessa de montrer la plus grande sympathie pour la dévotion à Notre-Dame du Bon Conseil.

 

Exemple

 

C'était pendant la captivité de Pie VII à Fontainebleau. Une famille patriarcale de nos provinces de l'est, chez laquelle le culte des Papes est héréditaire comme la foi, avait sollicité la faveur de faire bénir par le Saint-Père divers objets de piété. Le Vénérable Vieillard accueillit cette prière avec Sa paternelle bonté. Sa Sainteté daigna en outre prendre une petite Image de la Vierge Mère qu'Elle avait dans son bréviaire, la bénit et l'offrit à la personne qui s'était chargée de ce message. Celui-ci, à son retour, en fit don à la digne famille que nous venons de citer. Quelle était cette Image ?... C'était Notre-Dame du Bon Conseil. Oui ; c'était bien Elle, la divine Conseillère, qui voulait venir en France, par la main de son Pontife ; c'était bien notre chère Madone du Bon Conseil, que Pie VII venait de donner à notre Patrie, cette France où il souffrait, mais qu'il aimait d’une tendresse toute spéciale, puisque peu de temps après son élévation au Souverain Pontificat, il écrivait : « Nous sacrifierions notre vie pour ceux de nos enfants qui habitent la France... Ne vous semble-t-il pas que Léon XIII se fit l'écho de ces sentiments quand il parla de la France ou qu’il écrivit à ses Évêques ?... Quant à l’Image donnée par Pie VII, après une période de 80 ans où une seule famille la vénérait, un fac-similé fut offert au saint Évêque, Mgr Pifferi, Sacriste1 de Sa Sainteté, incomparable apôtre de Notre-Dame du Bon Conseil, qui, à plusieurs reprises, vint en France apporter aux membres de la Pieuse Union, avec ses bénédictions, les encouragements du Vicaire de Jésus-Christ. La sainte Image elle-même a été offerte, en 1903, à Sa Sainteté Pie X qui « l'agréa beaucoup à cause de sa provenance ».

 

Prière

 

Que votre incessante prière, ô Marie, garde spécialement ceux qui, durant ce mois, vous offriront leurs hommages. N'oubliez pas, au ciel, ceux qui ne vous oublieront pas sur la terre. O notre Souveraine, notre médiatrice, daignez nous recommander à votre Fils, nous réconcilier avec Lui, nous présenter à Lui. Faites, nous vous en supplions, qu'Il nous rende participants de Son bonheur, Celui qui, par votre médiation, S'est rendu participant de nos misères et de nos faiblesses. O Marie, Mère du Bon Conseil, nos délices à nous seront, pendant tout ce mois et pendant toute notre vie, d’être avec vous par la prière et par l'amour, afin de pouvoir habiter près de vous dans l’éternité de gloire. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano, disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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29 avril 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Mois de Marie devant l'Image miraculeuse

de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano

Abbé Eugène Lerat

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Veille du premier jour

Histoire de la Madone de Genazzano dite Notre Dame du Bon Conseil

 

Dans les États pontificaux, à Genazzano, l'église des religieux de Saint-Augustin possède une image miraculeuse de la Mère de Dieu, invoquée sous le titre de Notre Dame du Bon Conseil. Voici l'origine du culte rendu à cette madone. C'était une peinture à fresque, en grande vénération dans une église de Scutari, en Albanie. Vers le XVè siècle, les Turcs, s'étant rendus maîtres de cette ville, résolurent de transformer en mosquée le Sanctuaire de la Mère de Dieu. Mais ils comptaient, sans l'intervention de Celle que I'Eglise appelle si justement la Vierge puissante, qui déjoua leur projet impie en punissant d'une mort terrible les plus hardis d'entre eux. Ce que voyant, les Turcs épouvantés fermèrent l’église et se retirèrent.

En ce même temps, la divine Vierge apparut à une pieuse femme nommée Pétruccia qui habitait Genazzano. Elle l'invita à faire rebâtir le Sanctuaire élevé en son honneur par saint Marc, sous le vocable de Mère du Bon Conseil, qui menaçait ruines. Pétruccia, confiante, obéit, elle y sacrifia tout son avoir ; mais parce que sa fortune était trop modeste et que Dieu permit qu'elle ne fût pas secondée dans sa généreuse entreprise, les travaux furent laissés inachevés. C'était en 1466. Sur ces entrefaites, deux zélés serviteurs de la Madone du Bon Conseil, Georgio et de Sclavis, étaient avertis par elle-même, qu'elle devait quitter son église de Scutari. En effet, bientôt après, en leur présence, l'Image miraculeuse se détacha du mur, et, s'étant élevée dans les airs, elle commença à s'éloigner de la ville. Les deux Scutarins se mirent à sa suite, et, dès le départ, une colonne de nuages précéda leur marche pour les guider. Lorsqu'ils se trouvèrent sur les bords de la mer Adriatique, un autre prodige affermit leur confiance. L'élément humide ne fut pas pour eux un obstacle, ils marchèrent sur les flots affermis sous leurs pas et atteignirent ainsi à la suite de la sainte image les côtes de l'Italie. Arrivés à Rome, une épreuve vint affliger leur piété : la consolante Image disparut à leurs yeux sans qu'ils pussent soupçonner la direction qu'elle avait prise.

Le même jour, 25 avril 1467, fête de saint Marc, patron de Genazzano, à trois heures de l'après-midi, en présence d'une grande foule de fidèles, au moment où les religieux Augustins chantaient les vêpres, un nuage blanc, tout rayonnant d'une éclatante lumière, descend sur l'église de Sainte-Marie et s'en va comme envelopper le mur inachevé de la chapelle bâtie par Pétruccia. Bientôt le nuage s'évanouit et laisse voir la sainte image de la Madone du Bon Conseil, qui reste suspendue miraculeusement au mur, sans y être appliquée. En même temps toutes les cloches de la ville sonnent d'elles-mêmes, et saluent l'arrivée de la Reine du ciel. Le bruit du prodige se répandit bientôt dans les environs et jusqu'à Rome. Les deux Scutarins furent consolés à cette nouvelle, et s'empressèrent d'accourir à Genazzano reconnaître leur chère Madone. Le concours des fidèles, loin de diminuer, ne fit qu’augmenter de jour en jour, et leur foi ne cessa d'être récompensée par des grâces signalées et de nombreux miracles.

 

Exemple

 

Le 15 août 1864, le Saint Père Pie IX quittait Castelgondolfo, sa résidence d’été, et venait à Genazzano par la nouvelle route de Valmontone. Il descendit de voiture sur la place du Sanctuaire. Là s'étaient réunis, pour le recevoir, avec les autorités municipales, l’Évêque de Palestrine et son secrétaire, le séminaire, le général des Augustins et ses religieux. Sa Sainteté entra dans l'église, splendidement décorée. Il était dix heures. Mgr Pacca, maître de chambre, célébra la messe, et Mgr Borromeo Arese, majordome, offrit à la Vierge du Bon Conseil, au nom de Sa Sainteté, un collier enrichi de diamants et un cœur d'or. On chanta ensuite les litanies de la Sainte Vierge et le Pape récita les oraisons. Après avoir admiré et vénéré la sainte Image, la cour se retira dans la grande salle du couvent, où les évêques, le clergé et les autorités civiles furent présentés par le Cardinal Amat, évêque de Palestrine, et admis au baisement du pied. Puis, Sa Sainteté se rendit au palais Colonna. Une fois revêtu de ses ornements pontificaux, la tiare en tête, le pape se mît au balcon, et entouré du Cardinal et des évêques, il donna la bénédiction solennelle à la foule immense, agenouillée sur la place, dans les prairies, sur les collines. A une heure il rentra au couvent et déjeuna en particulier. Avant de partir, le Souverain Pontife visita en détail le Sanctuaire, se prosterna de nouveau devant la pieuse Image et récita lui-même les litanies, le peuple répondant aux invocations. Vers cinq heures, il reprit le chemin de Castelgondolfo.

 

Prière

 

Ô mon Dieu ! Auteur et source première de tout Bon Conseil, qui sauvâtes si merveilleusement des mains musulmanes l'Image de la Mère de Votre Fils unique, et qui la fîtes transporter par vos saints anges de Scutari à Genazzano, voulant que cette aimable Madone fût invoquée sous le titre de Notre Dame du Bon Conseil, accordez-nous, nous Vous en supplions, qu'en vénérant cette image si gracieuse, nous nous montrions toujours fidèles à suivre les inspirations de la divine Conseillère, et que nous puissions entourer au ciel son trône si resplendissant de gloire. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano, disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Trentième jour

Des motifs contre le désespoir à l’heure de la mort

 

I. Durant la vie humaine, l’ennemi de notre salut s’attache à nous perdre en nous inspirant une confiance présomptueuse dans la Miséricorde de Dieu : à l’heure de la mort il nous attaque par la tentation du désespoir, en nous représentant le nombre et l’énormité de nos péchés. Répondons-lui avec confiance, que nos péchés, quel qu’en soit le nombre, quelle qu’en soit l’énormité, sont propres à faire éclater en nous les richesses de la Miséricorde Divine et la vertu de la Croix du Sauveur. Cette vertu brille avec bien plus d’éclat dans la sanctification des pécheurs pénitents, que dans celle de ceux qui n’auraient pas péché. Jésus-Christ, comme il l’a dit lui-même, n’est pas venu sur la terre pour appeler les justes, mais les pécheurs ; Son Sang est le Sang de l’Agneau qui efface les péchés du monde. Quelques énormes que soient mes péchés, ce Sang précieux a encore plus de vertus pour les effacer et me sanctifier.

II. L’excellence de la Passion de Jésus-Christ serait comme obscurcie, le prix de Son Sang et la vertu de Sa Croix seraient comme éteints, s’il n’y avait eu ni pécheur à convertir, ni péché à expier. Les plus grands pécheurs, quand il se convertissent sont ceux qui contribuent le plus à sa gloire. La célébrité d’un médecin ne dépend pas du régime de santé qu’il prescrit à ceux qui se portent bien, mais de la guérison des maladies les plus compliquées et les plus désespérées. Jésus-Christ est le médecin de nos âmes ; plus je suis malade, plus Il apportera de soin à ma guérison, plus Il me prodiguera le baume de Son Sang précieux. Ah ! Avec un tel médecin, je ne puis périr, à moins que je n’aie pas recours à Lui, que je ne lui découvre pas mes plaies honteuses, ou que je ne mette pas toute ma confiance en Lui.

III. À qui le Sauveur du monde montra-t-il de la préférence, durant le cours de sa vie mortelle ? Aux pécheurs, et aux plus grands pécheurs. Il les prévenait, Il les recherchait, Il mangeait avec eux, Il en usait à leur égard avec tant d’indulgence et de bonté que ce fut un sujet de scandale pour les Pharisiens et les faux zélés. Il se représentait Lui-même sous l’image d’un bon pasteur qui abandonne son troupeau pour courir après une brebis égarée ; d’un bon père qui reçoit avec bonté un fils indigne qui revient à lui après les égarements les plus douteux ; d’un médecin zélé qui se consacre tout entier au soin des malades. Non content de recevoir les pécheurs avec bonté Il les invitait, Il les pressait de venir à Lui. « Venez à Moi, vous tous qui gémissez sous le poids de vos iniquités, et Je vous soulagerai ». Ô mon âme, le Coeur de Jésus n’a pas changé. C’est encore la même compassion pour les pécheurs, la même Miséricorde, le même zèle pour leur salut et Son Sang qui efface les péchés du monde, n’a rien perdu de ses mérites ni de sa vertu.

IV. Quand on présenta au Sauveur une femme adultère, n’aurait-on pas dit qu’Il allait la condamner à subir toute la rigueur de la Loi de Moïse ? Au contraire, Il la délivre de ses accusateurs, Il la console et comme personne ne l’a condamnée, Il ne veut pas être le premier à la condamner, Il la renvoie avec bonté, en lui recommandant de ne plus pêcher. Il vit avec plaisir à ses pieds une pécheresse publique les parfumer et les baigner de larmes. Il devint son défenseur contre ses censeurs indiscrets, et prédit que l’Evangile rendrait sa pénitence célèbre dans tous les siècles. Pleurons et aimons, à l’exemple de cette pécheresse scandaleuse ; et nos péchés, comme les siens, fussent-ils encore plus énormes, nous seront pardonnés.

V. Puis-je douter de la facilité de Jésus-Christ à pardonner les péchés, tous les péchés, et les péchés les plus énormes, lorsque je considère qu’Il a donné à Saint Pierre et à tous les ministres de Son Eglise le pouvoir de remettre tous les péchés sans en excepter un seul ? Ô Miséricorde inconcevable ! Dieu, pour obtenir ma grâce, me renvoie à Son Fils, et Son Fils me renvoie à des hommes faibles et pécheurs comme moi. Ô mon Dieu ! Pouviez-vous me rendre ma réconciliation plus facile ? Et si je me damne, ne sera-t-il pas vrai de dire que ma perte ne vient que de moi seul ? En vain dans l’enfer les réprouvés souffrent les plus affreux tourments, en vain ils poussent des cris et des hurlements ; jamais le feu qui les dévore ne consumera la tache de leurs péchés ; et sur la terre, si nous sommes pénitents, la seule parole d’un homme peut effacer tous nos péchés et éteindre tous les feux de l’enfer, en nous appliquant les mérites du Sauveur, en nous lavant dans son Sang Précieux. Ô mon Jésus ! Si de la conversion des pécheurs dépend Votre gloire, Vous avez de quoi Vous glorifier en moi. Je mets au pied de Votre Croix une vie souillée de mille et mille péchés. Puisque vous n’êtes que le Sauveur des pécheurs, soyez le mien, et que le salut de mon âme pécheresse ajoute à Votre gloire et au triomphe de Votre Croix, qui n’est enrichie que des dépouilles enlevées à l’enfer.

 

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Conclusion

Pratiques de piété qui doivent être le fruit des méditations du Mois de la Passion

 

I. Dans tout le cours de ma vie j’imiterai l’exemple de Saint Paul ; et comme cet apôtre zélé de la Croix de Jésus-Christ, je me ferai gloire de ne connaître en toutes choses que Jésus, et Jésus crucifié. Je graverai Sa croix divine dans mon coeur ; je l’imprimerai dans mon âme ; je la porterai sur mon corps ; je ne penserai qu’à elle ; je ne verrai qu’elle ; je ne parlerai que d’elle. Elle éteindra le feu de mes passions impures ; elle sera la garde de mes yeux, de ma langue et de mes oreilles ; elle me consolera dans mes afflictions ; elle me sanctifiera dans mes tentations ; elle me défendra des ennemis de mon salut ; elle soutiendra mes afflictions ; elle me rendra chaste et pur, doux et humble de coeur, elle imprimera à toutes mes actions le sacré caractère de la sainteté de Jésus-Christ.

II. Je n’adorerai pas seulement dans moi-même la croix de mon Sauveur, je l’adorerai dans tout ce qui m’environne ; je prendrai part et au bonheur de ceux qu’elle sanctifie par une vie sainte, et au malheur de ceux qui l’outragent par une vie criminelle. Quand je verrai se multiplier les enfants de Dieu par la vertu du baptême, ou les pécheurs convertis se purifier dans les eaux salutaires de la pénitence, je dirai : « Voici ceux qui ont lavé leur robe dans le Sang de l’Agneau » ; car on ne devient enfant de Dieu que par la vertu de la Croix : on ne peut être purifié de ses péchés que par le Sang précieux qui a coulé sur la Croix. Je m’efforcerai d’honorer la Croix de mon Sauveur en m’opposant au cours du péché, soit en moi-même par une vie conforme à son Saint Evangile, soit chez les autres, par mes exemples, par mes conseils, par tous les moyens qui seront en mon pouvoir ; et rien ne m’affligera plus que de voir le Seigneur renié, trahi, insulté, crucifié de nouveau par tant de péchés.

III. Dans les pauvres, dans les personnes souffrantes et affligées, j’honorerai mon Sauveur souffrant et crucifié ; je les regarderai comme ses membres et ses images vivantes : dans cette vue, je compatirai à leurs peines ; je les consolerai ; je les soulagerai, selon mon pouvoir ; me rappelant que Jésus-Christ nous a dit, qu’il regarderait comme fait à Lui-même ce qui serait au moindre des siens.

IV. Je regarderai toutes mes peines et mes afflictions comme une participation de la croix de mon Sauveur, sur laquelle je veux vivre et mourir ; je ne m’estimerai heureux qu’autant que je souffrirai avec Lui et pour Lui ; et pour que mon coeur ne cesse d’être attaché à Sa croix, j’aurai toujours dans l’esprit ces paroles divines : « Si quelqu’un veut marcher à Ma suite, il faut qu’il se renonce lui-même, que tous les jours il porte sa croix et Me suive ». Pour animer ma foi et soutenir mon courage, dans le plus fort de mes peines, je méditerai souvent ces paroles de Saint Paul : « Jetez les yeux sur Jésus, l’auteur et le consommateur de notre Foi, qui, au lieu de la joie qu’Il pouvait goûter, a souffert la croix, méprisant l’ignominie, et est maintenant assis à la droite de Dieu ». Représentez-vous donc celui qui a souffert une si grande contradiction de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez pas et ne manquiez pas de courage. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’à répandre votre sang en combattant contre le péché.

V. Le plus grand soin, la plus douce consolation de ma vie sera de participer souvent et le plus dignement qu’il me sera possible aux Sacrements dans lesquels Jésus-Christ a enfermé le trésor de ses mérites, pour en faire part à ses membres ; j’y recueillerai fidèlement, et avec le respect le plus profond et le plus ardent amour, le Sang précieux qu’Il a répandu pour moi sur la croix. Chaque jour je m’unirai à Lui, comme un membre doit être uni à son chef, pour m’immoler avec Lui dans le Saint Sacrifice de l’Autel. Souvent, avec un coeur contrit et humilié, j’irai me plonger dans la piscine de la pénitence, où Son Sang qu’Il a répandu sur la croix pour effacer les péchés du monde, effacera de plus en plus les taches des mes iniquités. Souvent j’irai me présenter, avec une humble confiance à la table où Il nourrit les enfants de Dieu de Sa Chair et de Son Sang ; je le recevrai comme mon médecin qui me guérira de mes infirmités, comme mon Sauveur, comme l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, et dont le Sang imprimera dans mon âme le sceau du salut. Ma mission ne sera pas une raison de m’éloigner de Lui ; elle en sera une de recourir à Lui, puisque je ne puis cesser d’être misérable que par Lui. En lui disant comme Saint Pierre : « Seigneur, éloignez-Vous de moi qui suis un pécheur » ; je ne cesserai de le tenir embrassé et de m’unir à Lui ; afin qu’Il me transforme en Lui et que je ne vive plus mais que Lui-même vive en moi comme un chef vit dans les membres qu’Il anime.

 

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Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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Fin du Mois de la Passion

 

A suivre: Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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28 avril 2018

Le Mois de la Passion

Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Vingt-neuvième jour

Combien notre rédemption est abondante ;

mais c’est le plus grand des malheurs d’en abuser

 

I. Pour connaître la fécondité de la rédemption de Jésus-Christ, considérons ce qui se passe dans une âme pécheresse qui retrouve la vie dans la mort de son Sauveur. Elle est tombée dans le péché, elle est coupable et ennemie de Dieu : il faut donc ou qu’elle périsse et soit condamnée à la mort éternelle, ou que Jésus-Christ meure pour elle et la régénère dans Son Sang. Car, comme disait Saint Pierre, il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ ; il n’y a que Son Sang qui ait la vertu de nous laver de nos péchés. Que fera cette âme malheureuse entre l’espérance et la crainte ? Elle embrasse la Croix de Jésus-Christ ; Il s’offre à la mort pour elle ; Il meurt, Il offre de nouveau le sacrifice de Son Sang et cette âme est arrachée à l’enfer, qui menaçait de l’engloutir, et ses péchés sont effacés, et Dieu lui rend sa grâce et son amour.

II. Si elle est fidèle à conserver le trésor que Jésus-Christ lui a acquis au prix de Son Sang, il semble que ce Divin Sauveur peut se consoler de l’avoir rachetée aux dépens de sa vie, et qu’il lui est glorieux de jouir de sa conquête. Mais si, inconstante et volage, elle abandonne encore son Dieu, et se replonge dans ses premiers désordres, il semble alors qu’elle est sans ressource, et que son salut est désespéré. Jésus-Christ avait donné la vie pour sa réconciliation : ses nouveaux péchés ont éteint la vertu de sa mort, ils ont rendu ses mérites inutiles, ils ont anéanti le fruit de sa rédemption. Cette âme infidèle est à la veille de périr éternellement : quel parti prendra-t-elle ? Si accablée sous le poids de son iniquité, elle se prosterne devant Dieu, quel langage lui tiendra-t-elle ?

Ah ! Mon Dieu, j’ai perdu mon Sauveur : que ferai-je, si Vous ne me le donnez encore ? j’ai foulé Son Sang aux pieds : que ferai-je si Vous ne me le rendez, pour me laver et me purifier de nouveau ? Ah ! Si le sang d’Abel a demandé vengeance et s’il a été exaucé, Dieu sera-t-il sourd aux cris du Sang de Son Fils, dont le pécheur abuse indignement, et qu’il foule aux pieds toutes les fois qu’il s’abandonne au péché ?

III. Cependant, au lieu d’une éternelle malédiction, si le pécheur se reconnaît encore et fait pénitence, la mort de Jésus-Christ se ranime encore pour lui rendre la vie ; ce divin Sauveur, dont la Miséricorde est inépuisable, et dont les satisfactions sont assez abondantes pour l’expiation d’une infinité de péchés, ouvre encore ses plaies pour, y recevoir le coeur du pécheur contrit et humilié, et le laver dans Son Sang. Saint Paul parlait de nos rechutes réitérées et des conversions qui leur succèdent, lorsqu’il disait : « Il y en a qui crucifient de nouveau Jésus-Christ ». Nous le crucifions lorsque nous retombons dans le péché, parce qu’il a été attaché à la Croix en punition du péché : nous le crucifions encore, lorsque la pénitence nous fait recourir à sa croix, parce que, pour nous réconcilier avec Dieu, Il doit rouvrir Ses Plaies, Il doit encore faire couler Son Sang, et mourir, pour ainsi dire, de nouveau. C’est de quoi Il se plaint amèrement, en disant des pécheurs : « Ils ont ajouté de nouvelles douleurs à Mes douleurs ».

IV. Ainsi Jésus-Christ, à la conversion d’un pécheur auquel Il avait si souvent appliqué les mérites de Son Sang, est obligé de reprendre la qualité de Sauveur, et d’acquitter encore par l’effusion de Son Sang, les nouvelles dettes qu’il a contractées. Ô mon Jésus ! Doit s’écrier un pécheur que Dieu reçoit en grâce après tant d’infidélités, ô mon Sauveur ! Car Vous l’avez été tant de fois et Vous l’êtes encore aujourd’hui ! Sauveur ancien, Sauveur nouveau ! Ah ! Bonté ancienne, bonté nouvelle ! Vous serez toujours nouvelle à ma pensée ; votre dernier bienfait ne s’effacera jamais de ma mémoire et j’aimerais mieux mourir mille fois que de perdre par une nouvelle infidélité le fruit précieux de ma rédemption.

V. Que doit penser, que doit dire une âme à la vue des objets funestes qui ont corrompu son innocence ? Ah ! Mon Dieu, des beautés mortelles qui m’ont séduites et empoisonnées, ce vain éclat des richesses, ces faux honneurs du monde, ne sont que des fantômes propres à me séduire ; ce sont des appâts empoisonnés dont le démon et le monde se servent pour me corrompre et me perdre. Non, jamais je ne m’y laisserai prendre ; je ne serai jamais assez ingrat pour crucifier Jésus-Christ de nouveau et le contraindre à répandre encore Son Sang pour effacer mes nouvelles iniquités.

VI. Mais enfin que le pécheur d’habitude n’ait pas la présomption sacrilège de croire que plus il commettra de péchés, plus le Sang de Jésus-Christ en effacera. s’il est assez ingrat pour abuser des miséricordes divines, qu’il ne soit pas assez insensé pour croire qu’Il peut accumuler péchés sur péchés, crimes sur crimes, parce que Dieu est infiniment bon, parce que les satisfactions de Jésus-Christ sont infinies. Jésus-Christ ne sauvera pas tous ceux pour lesquels Il est mort ; Il ne sauvera que les pécheurs véritablement pénitents, et Son Sang criera vengeance contre tous ceux qui l’auront profané dans le péché et l’impénitence ; Il tombera sur eux comme Il est tombé sur les juifs impénitents et endurcis. Le Sauveur du monde ne peut être indifférent pour les hommes ; Il est établi où pour les sauver de leurs péchés, où pour les perdre dans leur impénitence. Il sauvera tous ceux qui invoqueront Son Saint Nom, qui mêleront les larmes de la pénitence au Sang Précieux qu’Il a répandu pour effacer leurs péchés, et qui auront profané dans l’habitude du péché et de l’impénitence le Sang qui devait les purifier et les sauver. Ô mon âme, n’abuse pas du Sang de Jésus-Christ ; il se répand sur toi dans les Sacrements ; n’en approche qu’avec le plus profond respect, avec un coeur vraiment pénitent et sincèrement converti. Alors ne mets pas de bornes à ta confiance et ne te désespère pas, ni pour le nombre, ni pour l’énormité de tes péchés.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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