20 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingt-et-unième jour

Devoirs des confrères du Rosaire

 

Les devoirs particuliers dits de conseil pour les confrères du rosaire, quoique de pure dévotion, réunissent de si grands avantages et produisent tant de fruits de grâce et d'édification, que les confrères s'empressent de les remplir avec autant de zèle que de fidélité. Chacun choisit, parmi ces devoirs de conseil, ceux qui lui sont plus faciles, ou plus adaptés à sa position et à ses loisirs. Ces devoirs peuvent se réduire à trois : la pratique de quelques bonnes œuvres, l'assistance aux réunions de la confrérie, et l'assiduité aux dévotions de l'Ordre.

Les bonnes œuvres qui sont propres aux confrères du rosaire, sont des œuvres de charité ou d'édification. Chacun doit pratiquer les bonnes œuvres du christianisme; et la confrérie du rosaire, loin de les négliger, les encourage; mais il n'est ici question que des bonnes œuvres propres à la confrérie, qu'elle conseille, soutient et dirige, dans le but d'unir plus étroitement les confrères et de les secourir dans les moments les plus pressants et les plus critiques de leur vie. Les œuvres de charité, propres à l'association, sont la visite ou le soin des malades et des agonisants, et la piété envers les défunts de la Confrérie. La visite ou le soin des malades, surtout des agonisants, est une de ces œuvres précieuses que la confrérie s'est toujours fait gloire de pratiquer. Quelle douce consolation ne fait-elle pas éprouver, quand on la remplit avec un esprit de foi et de charité! Assis au chevet du lit d'un pauvre moribond, le confrère lui parle de Marie, lui montre le rosaire, et en lui parlant avec effusion de Notre Dame du Rosaire, il calme ses inquiétudes, l'entretient de la félicité des élus et de la couronne réservée aux cœurs purs qui espèrent en la bonté de Dieu et se confient en son amour. Et, si Dieu appelle l'âme à lui, il n'abandonne pas le corps du défunt; il joint ses gémissements et ses pleurs à la prière du prêtre et au Saint Sacrifice qui abrège le temps de l'expiation et délivre des flammes du Purgatoire: car la mort même ne fait pas oublier l'heureuse union et les liens sacrés de la Confrérie. Les confrères hâtent la délivrance des défunts en faisant dire des Messes pour leur repos et leur bonheur, afin que, délivrés par leurs suffrages et leur Charité, ils puissent s'intéresser un jour, à leur tour, pour leur délivrance et leur ouvrir les tabernacles éternels. Un autre devoir des confrères, c'est l'assis-tance à la récitation publique du Posaire. On puise en effet dans la prière commune un grand secours, et dans la ferveur des confrères ira puissant motif d'émulation.

L'exemple des confrères produit une salutaire impression; et la vraie dévotion du Rosaire nous en découvre la facilité dans la pratique, la beauté dans sa simplicité, une variété réelle dans son uniformité apparente et une onction pleine de charmes dans la répétition des divines paroles qui le composent. Malheur à celui qui n'en sentirait pas le prix, et qui, en faisant couler les grains du rosaire ou du chapelet entre ses doigts, ne s'unirait pas du fond du cœur à la prière commune! Quel fruit pourrait-il en retirer ? et quelle perte immense pour son salut, s'il ne profitait pas d'un moyen si efficace ! Et puis, l'assistance aux offices et aux processions des fêtes de la Sainte Vierge et des premiers dimanches du mois, au service annuel pour les défunts et aux autres messes ou offices de la Confrérie; on comprend aisément que la charité mutuelle et l'édification commune font un devoir aux associés de se rendre fidèles à ces différentes pratiques de piété.

En outre, pour gagner les indulgences attachées aux dévotions de l'Ordre, et pour obtenir de Dieu des grâces particulières par la médiation de Marie et par l'intercession de Saint Dominique et de Saint Vincent Ferrier, il faut: 1° l'assiduité à la visite de la chapelle de Notre Dame du Rosaire, aux jours de fête de la confrérie et tous les autres jours auxquels sont attachées des indulgences. 2° L'assiduité à l'heure annuelle du rosaire perpétuel. 3° L'assiduité aux quinze communions des vendredis, en l'honneur de Saint Vincent Ferrier, ce grand panégyriste de Marie et un des plus zélés missionnaires du rosaire. Il y a pour cette dernière dévotion une indulgence plénière, un de ces quinze vendredis, et de plus une indulgence partielle de 7 ans et 7 quarantaines, chacun de ces quinze vendredis. 4° L'assiduité aux communions des quinze mardis, en l'honneur de Saint Dominique auteur du Rosaire. La dévotion des quinze mardis de communion, approuvée et enrichie d'une indulgence plénière et d'une indulgence partielle de cent jours chaque mardi par les souverains Pontifes Innocent XI et Pie VII, avait lieu tous les mardis dans les églises de l'Ordre de Saint Dominique, parce que les Dominicains faisaient ce jour-là, s'il n'y avait pas empêchement, l'office solennel de leur patriarche et fondateur; c'est pour favoriser le concours des fidèles que les papes y avaient attaché des indulgences. Depuis la disparition de cet Ordre en France, des personnes pleines de zèle, mais peu éclairées à cet égard, se sont persuadé que l'on s'était trompé de jour et qu'il fallait substituer les samedis aux mardis; elles sont dans l'erreur; les brefs d'Innocent XI et de Pie VII sont positifs fur ce point; et les indulgences ne sont attachées qu'aux quinze mardis.

Cette dévotion qui a été le siècle dernier fort en vogue, surtout à Toulouse où l'on a compté jusqu'à quatorze cents communions dans la chapelle du Rosaire, consiste à s'engager à communier quinze mardis de suite, en mémoire des quinze Mystères du Rosaire et en l'honneur de la Sainte Vierge, afin d'obtenir de Dieu quelque grâce particulière. On conçoit aisément ce que cette dévotion a de beau, de conforme à l'esprit de l'Eglise, et combien elle est propre à attirer les regards de bonté et de miséricorde de Dieu en faveur dé ceux qui la pratiquent. Si elles n'est pas toujours efficace pour obtenir la grâce qu'on demande, elle l'est toujours pour faire faire de grands progrès dans la vertu et pour faire acquérir beaucoup de mérites.

Le Rosaire a pour but de nous faire imiter Jésus-Christ et les vertus comprises dans les quinze Mystères. La sainte Vierge a inspiré d'y joindre la fréquentation du saint sacrement de l'autel pendant quinze mardis de suite, afin de nous rendre semblables à Jésus-Christ. Si le Rosaire est une source de grâces et si ceux qui le récitent convenablement sont si favorisés de Jésus et de Marie, que ne doit-il pas en être de ceux qui font les quinze communions en l'honneur des quinze mystères, puisqu'ils reçoivent la source de la grâce, Dieu Lui-même avec tous ses dons ? Ils doivent espérer toutes sortes de bénédictions et de faveurs par le moyen de cette dévotion qui rappelle ces heureux temps où les chrétiens communiaient tous les jours. Désirant qu'un des fruits de la lecture de ce mois soit le rétablissement de cette dévotion des quinze communions, nous donnerons demain un aperçu de la manière de la pratiquer.

Résolution

Nous avons besoin d'une grâce spéciale pour bien vivre au milieu des dangers du monde, et pour bien mourir; prenons la résolution de pratiquer cette dévotion des quinze communions en l'honneur des quinze mystères du rosaire pour l'obtenir: et en vue de faire une chose bien agréable à la Sainte Vierge, engageons les âmes pieuses à pratiquer cette dévotion afin qu'elles deviennent de plus en plus semblables à Jésus, dont la connaissance et l'amour ne peuvent qu'augmenter par la méditation des 15 Mystères faite en communiant.

Prière

C'est Vous, tendre Mère du Sauveur, qui, par amour pour nous, avez inspire à vos fidèles serviteurs cette belle et salutaire dévotion si propre à nous faire obtenir de Votre Divin Fils les grâces nécessaires pour nous sauver; nous n'avons qu'un moyen sur de Vous en exprimer notre reconnaissance d'une manière qui Vous soit agréable en même temps qu'elle est profitable pour nous, c'est de la pratiquer et de persuader aux autres de la pratiquer. Intercédez pour nous, Vierge sainte, afin que nous eu retirions tout le fruit que des cœurs bien disposés ne peuvent manquer d'y trouver. Ainsi soit-il.

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19 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Vingtième jour

Devoirs des confrères du Rosaire

 

Si nous avons, dit Saint Bernard, quelque espérance de salut, si nous pouvons nous flatter d'être du nombre des prédestinés, toute notre confiance est en Marie, toute notre ressource est dans ses mérites et dans sa tendresse pour nous, qui surpasse celle de tous les Saints. Mais, pour mériter sa protection spéciale, les confrères du Rosaire doivent avoir une dévotion éclairée, une dévotion pleine de bonnes œuvres; ils doivent remplir tous les devoirs de leur état et être fidèles aux devoirs ou prescriptions de la Confrérie; en un mot, honorer Marie par le soin continuel d'augmenter toujours le trésor de leurs vertus pour lui en faire hommage: c'est à ce seul titre que Marie, ainsi honorée, viendra, comme nous l'avons vu hier, au jour de leur agonie et de leur mort, calmer leurs inquiétudes, écarter les embûches du démon, leur prodiguer tous les soins d'une tendre mère, et leur ouvrir les cieux.

Dans toutes les Confréries, les membres qui en font partie ont des devoirs à remplir, et il leur importe de les connaître, afin de s'y conformer. Ces devoirs sont ou généraux, ou particuliers; nous allons développer les uns et les autres. Pour entrer dans le véritable esprit des confréries et par conséquent de celle du rosaire, il ne faut jamais oublier qu'il y a des devoirs essentiels, communs à tous les chrétiens et qui doivent, en tout temps, l'emporter toujours sur les devoirs de surérogation. L'Eglise, aussi sage et prudente qu'elle est magnifique dans la dispensation de ses bienfaits, ouvre des trésors aux serviteurs de Marie; mais elle veut que, pour pouvoir y puiser, ils soient d'abord les serviteurs de Dieu, les enfants de son Eglise et les imitateurs de Marie, comme elle est elle-même l'imitatrice de Jésus-Christ. Marie nous dit à tous: « Soyez mes imitateurs, comme je l'ai été de Jésus-Christ ». Il faut donc remplir tous les devoirs du christianisme, c'est-à-dire: 1° Etre fidèle à la Loi de Dieu et aux commandements de son Eglise. 2° Etre exact à remplir tous les devoirs de sa condition, de son état ou de sa profession. 3° S'adonner à la pratique des vertus et des bonnes œuvres.

Quelle fausse dévotion ne serait-ce pas, si l'on prétendait pouvoir se prévaloir de son affiliation à la confrérie du rosaire, pour former dans son cœur la monstrueuse alliance de J.-C. et de Bélial, en laissant régner le péché dans les membres de Jésus-Christ, qui sont devenus le temple du Saint-Esprit ! Ce serait imiter cet empereur romain qui était assez insensé pour honorer tour à tour ses idoles et l'image de Jésus-Christ qu'il conservait dans son palais. Combien néanmoins ne voyons-nous pas de ces faux dévots ? Les uns sont superstitieux et ignorants: ils se croiraient perdus s'ils passaient un seul jour sans dire, selon l'usage de la confrérie, une partie du rosaire, et ils ne se font aucun scrupule de passer des mois entiers dans le dérèglement, dans les fêtes mondaines, etc. Les autres, superficiels et aveugles, sont rigides observateurs des usages et des règles de la confrérie, et ils négligent les devoirs essentiels du christianisme. N'est-ce pas se faire illusion? et les paroles suivantes de l'apôtre Saint Jacques ne s'appliquent elles point à ces faux dévots: « Si quelqu'un d'entre vous croit être vraiment chrétien et religieux, en s'abusant ainsi lui-même; il se trompe étrangement, et sa religion est vaine et chimérique ».

Quant aux devoirs particuliers des confrères, les uns sont d'obligation, les autres de conseil seulement; mais ni les uns ni les autres n'obligent sous peine de péché mortel ou véniel: ceux qui remplissent ces devoirs, sont participants des grâces, faveurs et indulgences y relatives, et des mérites des bonnes œuvres de l'ordre ou de la confrérie; ceux qui sont négligents à les remplir, se privent seulement des avantages particuliers attachés aux devoirs qu'ils ont omis. Les devoirs particuliers d'obligation pour les confrères du Rosaire, sont ceux qu'il faut remplir nécessairement pour être membre de la confrérie et pour jouir de ses privilèges, c'est-à-dire: 1° être inscrit dans le registre de la confrérie; 2° avoir un rosaire ou chapelet bénit et indulgencié; 3° réciter le rosaire en entier une fois dans la semaine; 4° méditer sur chaque dizaine le mystère correspondant; 5° s'approcher des Sacrements, aux jours des indulgences plénières de la confrérie si on veut les gagner.

Quiconque veut devenir membre d'une confrérie du Rosaire, doit se faire inscrire dans le registre de la Confrérie établie dans sa paroisse, ou dans celte qu'il préfère ou affectionne le plus, quelque part qu'elle soit; la plupart des confrères préfèrent celle qui se trouve dans le lieu de leur résidence, et quelques-uns se font quelquefois inscrire dans plusieurs confréries, pour l'édification commune des personnes qui en font partie. Aucun des confrères ne doit omettre la récitation hebdomadaire du Rosaire. Dans le temps de la primitive institution de la Confrérie du Rosaire, on était obligé de réciter le Rosaire en entier, tous les jours; on a ensuite substitué en 1584, à la récitation quotidienne la récitation hebdomadaire: il en résulte qu'il suffit aujourd'hui de réciter le rosaire en entier, une seule fois dans la semaine, et qu'on peut le partager en plusieurs parties, au gré et selon le loisir de chacun. En France l'usage a prévalu parmi les confrères qui ne récitent pas le chapelet tous les jours, de dire deux dizaines par jour et trois dizaines le dimanche, afin de dire ainsi le rosaire en entier, dans l'espace d'une semaine.

On peut réciter le Rosaire en tout temps et en tout lieu, à genoux ou debout, assis ou en marchant, en travaillant même si on se porte bien, et en se reposant si on est malade ou fatigué. Il faut non-seulement réciter le Rosaire de bouche, mais le dire de cœur, et par conséquent méditer et considérer tour à tour et par ordre, les quinze Mystères du Rosaire, non, d'une manière approfondie, mais de sorte qu'on puisse les avoir présents à son esprit, les goûter même et en retirer du fruit. On peut s'en pénétrer par une suite de réflexions, ou mieux encore par une série d'élévations à Jésus et à Marie, sorte de méditations ou de raisonnement qui se confond avec la prière, tandis que l'onction divine s'insinue avec le sentiment au fond du cœur. Nous donnerons une sorte de modèle de ce genre d'élévations après avoir traité de la nécessité de la méditation ou oraison mentale, afin d'en faciliter la méthode et la pratique; chacun est libre de s'y conformer, ou d'en adopter d'autres; mais il faut nécessairement méditer sur chaque mystère, d'une manière quelconque, pour s'acquitter de cette obligation et gagner les indulgences. Les malades et autres personnes, pareillement incapables d'application ou de réflexions suivies, en sont seuls dispensés. Quant à la fréquentation des Sacrements, c'est le directeur de sa conscience que chaque confrère doit consulter afin de suivre ses conseils; mais aucun ne peut gagner les indulgences plénières s'il ne s'approche pas du Tribunal de la Pénitence et de la Sainte Table.

Résolution

Si nous sommes inscrits dans une Confrérie du Rosaire ou si nous sommes décidés à nous y faire inscrire, soyons bien résolus d'en remplir les devoirs; car, bien qu'on n'y soit nullement obligé sous peine de péché, on conçoit que ce n'est guère raisonnable d'être ou d'entrer dans une association sans vouloir remplir aucune des prescriptions de ses statuts. Agir ainsi c'est ressembler à un pauvre, et ne sommes-nous pas des pauvres spirituels, qui se rendrait de son propre mouvement dans un lien plein de richesses, dont il pourrait jouir moyennant quelques petites conditions très faciles à remplir, et qui, négligeant de remplir ces conditions, n'en jouirait pas et demeurerait pauvre.

Prière

Vierge sainte et puissante, obtenez à tous les confrères du Rosaire et à tous les fidèles qui pratiquent cette dévotion, la grâce d'être exacts à remplir les devoirs que l'Eglise a prescrits pour pouvoir avoir part aux faveurs spirituelles dont elle a comblé cette salutaire institution. Ne permettez pas qu'ils soient négligents à s'en acquitter ni qu'ils s'en acquittent mal; faites au contraire, par Votre puissante intercession, qu'ils se distinguent par leur ferveur et par leur exactitude à réciter le Rosaire et à s'approcher des Saints Sacrements les jours d'indulgence plénière. Ainsi soit-il.

 

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18 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Dix-neuvième jour

Avantages de la Dévotion et de la Confrérie du Rosaire

 

2° Droits spirituels que donne la dévotion du Rosaire

 

La dévotion du Rosaire donne à tous les membres de la confrérie des droits infiniment précieux dans toutes les situations de la vie, en santé comme en maladie. D'abord elle les fait participer aux mérites de l'Ordre de Saint Dominique, aux prières et aux bonnes œuvres des confrères; elle leur donne en outre des droits incontestables à la protection de Marie. En vertu de la communion des Saints, tout est commun dans l'Église; mérites, bonnes œuvres, prières, grâces, etc. La charité qui unit tous les membres, opère cette communication réciproque parmi les fidèles qui sont en état de grâce. De même, dans la société du Rosaire, il y a une communication particulière de biens spirituels; et comme, de toutes les confréries particulières qui existent dans la grande société de l'Église, elle est la plus étendue, par conséquent le trésor ou le fond de ces biens spirituels est plus considérable et se communique à tous les membres avec plus d'abondance. Le Saint Sacrifice, les communions, les mortifications, les prières de l'Ordre de Saint Dominique; les vertus, la vie intérieure et crucifiée des Religieux et des Religieuses et du Tiers-Ordre; les bonnes œuvres de tous les dévots de la confrérie du Rosaire; tout cela est appliqué à chacun des membres de cette pieuse association. Tous les âges et tous les sexes, toutes les conditions et tous les états: le prêtre et le laïc, le pauvre et le riche, le prince et le sujet, tous de concert portent à la masse commune le tribut de leur offrande spirituelle; en sorte que, si vous êtes de la confrérie, vous retirer à chaque instant de ce trésor de mérites, de nouveaux avantages pour opérer votre salut ou vous avancer dans la vertu.

Vous participez encore à toutes les bonnes œuvres de chacun des Confrères; et sans énumérer ici les œuvres de Charité de tous les membres de la Confrérie dans tontes les parties du monde, bornons-nous seulement aux œuvres de Charité des Ordres religieux. Le Rosaire est si répandu qu'il est adopté maintenant dans la plupart des communautés religieuses, même dans celles qui étaient peu portées à adopter de nouvelles pratiques de piété, et qui se sont depuis imposé la loi de porter le rosaire ou de le dire : partout on en récite chaque jour une partie. Eh bien ! tout confrère du Rosaire a une part dans tous les actes de Charité que fait chaque Religieux dans tous les Ordres; et combien ces actes ne sont-ils pas multipliés ! Si Dieu vous découvrait les trésors immenses de mérites de tant d'âmes privilégiées sur lesquels vous avez des droits acquis, votre vie toute entière ne suffirait pas pour les contempler, et remercier Marie de ce bienfait; l'éternité seule pourra vous les révéler.

Mais un avantage encore plus précieux sur lequel tout vrai dévot du Rosaire, tout confrère fervent peut compter, c'est d'être assuré de la protection de la sainte Vierge. Marie est la Mère de tous les Chrétiens, mais Elle est particulièrement la Reine, la Maîtresse, l'Avocate et la Protectrice des Confréries qui la reconnaissent pour leur Patronne. C'est à ce titre qu'Elle est la Protectrice spéciale des Confrères du Rosaire. Le jour où nous nous sommes consacrés à Son service, Elle nous a adoptés pour ses enfants de prédilection; et Son Cœur tendre et maternel, depuis ce jour, n'a cessé de veiller sur nous, de nous aider dans nos besoins et de nous secourir dans les dangers. Et quels sont les confrères ou mêmes les fidèles attachés à la dévotion du Rosaire, qui n'ont pas éprouvé les effets de cette protection dans les tentations, les peines et les périls sans nombre qui environnent ici-bas notre faiblesse ? La protection de Marie n'est-elle pas pour eux une source de bénédictions pendant la vie ? Toute la terre est pleine de ses miséricordes. Il n'est point de nation, de royaume, de ville, de bourg, qui n'éprouve sa protection; point de condition, de sexe, d'âge, qui ne participe à ses largesses. Elle les prodigue à tous les fidèles qui se consacrent à Elle pour l'honorer et faire honorer Son Fils par leurs exemples et par leurs vertus. Aussi quel empire n'a-t-Elle pas sur le Cœur de Son Divin Fils !

Le Saint Cardinal Pierre Damien nous assure que Marie s'approche du Trône de la Divine Réconciliation, non comme une servante, mais comme une dame souveraine des confrères, d'où lui vient le titre de Notre-Dame; elle s'avance vers l'autel d'or, moins pour prier que pour y prendre et y puiser tous les biens qui découlent sur nous. Saint Bernardin ne craint pas de dire que si toutes les créatures, même la sainte Vierge, rendent un hommage de soumission à la toute-puissance divine, tout, même son Fils, obéit aussi à la voix de Marie, Mère de Dieu. La Sainte Vierge serait-elle donc plus puissante que Dieu ? dit Saint Anselme. Non, sans doute; mais Dieu a arrêté, dans Son Divin conseil, d'honorer ainsi Marie, afin que les hommes sachent qu'ils peuvent tout obtenir par Elle. Mais c'est surtout à la mort que Marie, puissante dispensatrice des grâces, nous les obtient avec plus d'abondance et d'efficacité. Le Ciel et l'enfer même nous ont attesté cette vérité, comme on le voit dans un ouvrage imprimé à Rome en 1683. Un hérétique qui avait osé blasphémer contre les quinze Mystères du Rosaire en fut puni de Dieu et livré à quinze démons. Saint Dominique, ayant été appelé pour l'exorciser et le délivrer de cette possession, força les démons a faire publiquement amende honorable en faveur du Rosaire. Alors on les entendit s'écrier par la bouche du possédé: « Nous vous disons que quiconque persévérera dans le pieux exercice du rosaire se préservera des feux éternels, par la protection de la sainte Vierge, qui lui obtiendra la grâce de la contrition ». Le Bienheureux Alain de la Roche, ce grand serviteur de Marie, reçut aussi de la bouche de la Sainte Vierge, cette promesse : « Quiconque persévérera dans la récitation de mon psautier du rosaire, je lui obtiendrai la remise de la peine de ses péchés et lui ménagerai la contrition de ses fautes ».

Résolution

Puisque notre désir est de pouvoir mériter le beau et consolant titre d'enfants de Marie pour en être protégés, et dans le cours de notre vie, et à l'heure de la mort, pratiquons avec ferveur et confiance la dévotion du Rosaire si agréable à cette bonne Mère et si propre à nous faire obtenir de sa part une protection spéciale. Cette dévotion n'eût-elle que cet avantage, il suffirait pour nous y attacher de cœur et d'âme.

Prière

Jamais, Vierge Sainte, il n'a été dit que Vous ayez abandonné un de vos vrais serviteurs; aucun ne périra, dit Saint Bernard; obtenez-nous la grâce d'être au nombre de vos vrais serviteurs en pratiquant avec ceux qui Vous aiment, Vous honorent et Vous imitent, la belle et salutaire dévotion du Rosaire. C'est une couronne de prières, d'actes de vertus et de bonnes œuvres qu'en union avec tous les confrères nous voulons Vous offrir sans cesse avec une tendresse filiale; ô la plus douce, la plus puissante, la plus Miséricordieuse des mères. Ainsi soit-il.

 

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17 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Dix-huitième jour

Avantages de la Dévotion et de la Confrérie du Rosaire

 

1° Secours spirituels que procure la dévotion du rosaire

 

Avant de considérer les avantages de la dévotion du Rosaire, nous devons prémunir les fidèles contre quelques illusions ou fausses interprétations qu'on ne peut admettre. Quand on parle des dévots du Rosaire, on n'entend point parler de ceux qui se contentent de le réciter sans pratiquer les vertus qu'il prescrit, mais de ceux qui, en le récitant, conforment leur conduite aux vérités saintes qu'il enseigne. Il n'est pas convenable ni permis de dire qu'une dévotion est au-dessus de toutes les autres; qu'elle est une marque infaillible de prédestination, le signe le plus certain du salut, etc. Mais nous répétons aujourd'hui avec confiance et conformément à l'esprit de l'Eglise, ce que nous disions déjà le premier jour, à savoir: que la dévotion éclairée et pratique du rosaire est un grand moyen de salut, une marque non équivoque de prédestination, une voie sûre pour se procurer la protection de la Mère et les faveurs du Fils; et que ces avantages sont promis aux vrais dévots et confrères du rosaire, qui, prosternes au pied de l'autel de Marie, « ne s'en approchent pas de bouche, mais de cœur; et ne l'honorent pas seulement des lèvres, mais du fond de leurs entrailles ». (Isaïe, ch. 29).

La dévotion du Rosaire est aussi utile dans ses effets que solide dans ses fondements. L'expérience nous apprend qu'elle éclaire les ignorants et instruit les savants eux-mêmes; qu'elle convertit les pécheurs, perfectionne les justes, et prévient ou soulage tous les maux. L'histoire nous la montre de tout temps comme une source abondante de toute sorte de biens, le fléau de l'hérésie, la terreur des infidèles, le rempart de la foi et des bonnes mœurs. Elle est maintenant si accréditée partout qu'elle est regardée avec raison comme la dévotion des prédestinés, par les secours qu'elle procure aux confrères du Rosaire et par les droits qu'elle leur donne. Parmi les secours multipliés que procure la dévotion du Rosaire, nous ne parlerons que de ceux qui sont propres à la confrérie, savoir: l'union qui en lie saintement tous les membres; les indulgences que l'Eglise y a attachées, et la méditation des principaux mystères.

L'union et l'assistance des confrères du Rosaire, cimentées par le bon exemple et la ferveur qui lient tons les membres dans un esprit de Charité, furent de tout temps de précieux avantages de la dévotion du rosaire. Dès son berceau, cette dévotion jeta partout un si vif éclat, que l'exemple des confrères semblait faire revivre les plus beaux jours de la primitive Eglise. Le Bienheureux Alain de la Roche, ce grand prédicateur du Rosaire et beaucoup d'autres orateurs sacrés nous en ont tracé un tableau fidèle, bien propre à ranimer parmi les chrétiens cette union des premiers temps et cette antique ferveur. En effet, dès l'origine de cette dévotion, le Rosaire, récité dans des sentiments de religion et de Foi, attira sur les peuples tant de grâces et de bénédictions du ciel, qu'on ne voyait partout que changement de vie, conversion de mœurs, pénitence si sincère et si fervente, qu'on aurait pris ceux qui s'engageaient dans cette pieuse association plutôt pour des Anges que pour des hommes. A l'exemple de Marie, ils entraient par leurs sentiments dans l'esprit des quinze Mystères: tantôt on les voyait remplis de consolations divines, dans la méditation des mystères joyeux, renoncer avec courage à toutes les joies d'un monde profane; tantôt on les voyait baignés de larmes et l'âme pénétrée de componction, dans la méditation des mystères de douleur, souffrir avec résignation toutes les peines et les afflictions d'ici-bas; tantôt enfin on les voyait dans la méditation des mystères glorieux, avec un visage si serein et un esprit si calme, qu'ils semblaient ne plus tenir à la terre, et jouir déjà, par anticipation, de la félicité et de la gloire des bienheureux. Ces effets étaient si visibles, même dans le commerce de la vie, qu'on distinguait les confrères du rosaire de tous les autres fidèles, comme autrefois les premiers Chrétiens, par leur union, leur ferveur, leur Charité et leur persévérance dans la prière et les bonnes œuvres. Tout semblait commun entre eux; ils ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme; la tâche habituelle qu'ils s'imposaient était remplie avec la plus tendre sollicitude: assister la veuve et l'orphelin, revêtir l'indigent, doter le pauvre, consoler les affligés, visiter les malades, conforter les agonisants: tels étaient les fruits de leur zèle à l'égard de leurs confrères: tels étaient les doux engagements de leur pieuse confraternité. O beaux jours ! qui nous donnera de les revoir ? Heureuse la confrérie qui les verra revivre ! Heureux les confrères qui trouveront dans cette communication mutuelle, les ressources de la charité et les secours précieux du salut !

Un des plus solides et des plus précieux avantages de la dévotion du Rosaire est la multitude des indulgences que l'Église y a attachées pour engager les fidèles à embrasser cette dévotion. Les souverains Pontifes, comme nous en avons déjà vu le détail, ont ouvert tous les trésors de l'Église, avec une sorte de profusion, en faveur des confrères du Rosaire, non pour encourager la tiédeur ou la négligence des faux dévots, mais pour nourrir la piété, entretenir la ferveur des vrais chrétiens, multiplier les conversions, inspirer la pénitence, augmenter l'amour de Dieu et conduire à la plus haute perfection. Ces indulgences sont en si grande quantité, que nous ne craignons pas de dire qu'il n'est point de Confrérie dans l'Eglise que les souverains Pontifes aient comblée d'un plus grand nombre d'indulgences et de privilèges. Quelle ressource donc pour les fidèles associes à cette dévotion! quelle perte immense, s'ils ne mettaient pas à profit un secours aussi facile et aussi efficace ! Combien ne seraient-ils pas ennemis d'eux-mêmes et négligents pour leurs propres intérêts, s'ils refusaient de recueillir un si précieux héritage; et quel compte n'auraient-ils pas à rendre à Dieu d'avoir négligé des sources aussi abondantes de salut ?

Enfin, un des avantages les plus signalés de la dévotion du rosaire, c'est l'habitude qu'elle fait contracter de la méditation. Ce point est si important que nous le considérerons spécialement un jour. Il est évident que le dessein de l'Eglise en comblant de faveurs la dévotion du rosaire a été de donner lieu à ses enfants de méditer de la manière la plus facile et le plus à la portée de tous, les principaux mystères de la religion. En récitant le rosaire, ils suivent Jésus-Christ pas à pas dans toutes les démarches qu'il a faites pour leur salut, et reconnaissant que par eux-mêmes ils ne méritent pas d'être exaucés dans leurs prières, ils ont recours à l'intercession de sa Très Sainte Mère, pour rendre leur dévotion plus agréable à son cher Fils. Un vrai enfant de l'Eglise en récitant le rosaire, après avoir contemplé Jésus-Christ dans son état glorieux et lui avoir rendu tous les hommages qu'une foi vive exige d'un cœur reconnaissant, doit s'unir au divin Sauveur, par l'amour, par des dispositions toutes conformes aux siennes; avoir les mêmes pensées, entrer dans les mêmes sentiments. Sa naissance temporelle sur la terre devient le modèle de sa naissance spirituelle; sa naissance, son incarnation, son enfance et les humiliations qui en ont été l'apanage sont pour le chrétien un pressant motif de renoncer a la vaine estime du monde, à la fausse gloire et aux pompes du siècle profane; l'a retraite de Jésus-Christ, ses travaux, sa prière continuelle et surtout l'excès de ses anéantissements dans sa passion, le convainquent aussi de la nécessité qu'il y a de mener sur la terre une vie pénitente, crucifiée, mortifiée, pour se rendre conforme à son chef; enfin, portant les yeux jusque sur le trône de gloire où Jésus-Christ est assis à la droite de Son Père qui a récompensé ses humiliations, il ne vit plus sur la terra que comme un étranger, qui désire sans cesse de se réunir à Jésus-Christ, dans la Céleste Patrie; les bonnes œuvres qu'il pratique sans relâche sont les fruits de ses pieuses réflexions en récitant le rosaire, les effets des fervents désirs de son cœur rempli d'amour par la méditation des mystères de ta Vie, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Quels immenses avantages ne découlent donc pas pour le chrétien de la pratique de cette dévotion !

Résolution

Convaincus comme nous le sommes que nous ne pouvons rien sans le secours continuel de la grâce de Jésus-Christ, implorons-la fréquemment par la récitation du rosaire qui est comme un baume qui fera pénétrer dans notre âme la bonne odeur de Jésus-Christ, en nous rendant semblables à ses plus fervents disciples par notre humilité, notre charité, notre patience; en on mot, par toutes les vertus dont il a été un parfait modèle. Oh! qu'il est avantageux et qu'il est doux, s'écrie le roi-prophète, que les frères vivent dans l'union de prières, comme cela a lieu dans la dévotion du rosaire. « Si deux d'entre vous, dit Jésus-Christ, s'unissent ensemble sur la terre pour prier, quelque chose qu'ils demandent, elle leur sera accordée par mon Père ».

Prière

Nous Vous remercions, Seigneur, de nous avoir fait comprendre les avantages du Rosaire; Vous avez promis formellement d'exaucer les prières et les vœux de ceux qui sont unis ensemble; or cette dévotion nous apprend à unir la méditation à la prière et ainsi à prier plus du cœur que des lèvres; elle est donc pour nous un fond inépuisable de richesses, et Marie nous y apprend à vivre de la véritable vie qui peut seule nous rendre heureux en cette vie et en l'autre. Ainsi soit-il.

 

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16 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Dix-septième jour

La dévotion du Rosaire a été enrichie de nombreuses indulgences et de précieux privilèges

 

Après avoir achevé aujourd'hui la nomenclature des faveurs spirituelles accordées aux Confréries du Rosaire, nous nous instruirons sur la doctrine des indulgences, afin qu'en en comprenant mieux l'importance et l'utilité, nous nous décidions à pratiquer la dévotion du rosaire dans l'esprit qui doit animer les associés.

10° Pour les jours de stations à Rome et autres jours de l'année. a) Toutes les indulgences plénières ou partielles attachées aux stations de Rome, à ceux qui visiteront 5 autels de l'église du rosaire, ou 5 fois un seul autel, au défaut de 5 autels, aux jours de chaque station. b) Une indulgence plénière à ceux qui visiteront l'autel du rosaire; 1° le 3e dimanche d'Avril; 2° aux fêtes de Pâques, de la Pentecôte, de la Trinité, de la Fête-Dieu et du saint patron titulaire de l'Eglise; 3° le dimanche dans l'octave de la Nativité de la sainte Vierge. 11° Pour différentes œuvres de piété. Des indulgences partielles. 1° De cent jours aux confrères qui assistent au Salve Regina des complies dans l'église du rosaire. 2° De 3 ans et 8 quarantaines de plus aux fêtes de la sainte Vierge, des apôtres et des saints de l'ordre de Saint Dominique. 3° De 40 jours de plus, tous les samedis et fêtes de l'année. 4° D'un an de plus encore les samedis de carême, à ceux qui assisteront à la messe, au sermon ou au Salve Regina. 5° De 300 jours, 5 ans et S quarantaines à ceux qui visiteront les infirmes, et à ceux qui accompagneront les morts à la sépulture. 6° De 8 ans à ceux qui assistent aux services hebdomadaires pour les défunts. 7° De 100 jours chaque jour où ils visiteront la chapelle du Rosaire. 8° De 140 jours chaque fois, à ceux qui feront dire le rosaire aux autres. 9° De 100 ans et 100 quarantaines, à ceux qui . vraiment contrits, porteront le rosaire par un respectueux et tendre dévotion envers la sainte Vierge. 10° Enfin de 60 jours généralement pour toutes sortes d'œuvres de piété. 11° Pour les moribonds ou agonisants. a) L'indulgence plénière, qui est propre et applicable aux confrères du rosaire moribonds ou agonisants, pour tous ceux qui récitent le rosaire dans le courant de la semaine. b) Une indulgence plénière aux confrères qui auront reçu les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie dans le cours de leur maladie. c) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés ou résolus de se confesser, mourront tenant a la main le cierge béni du rosaire, pourvu qu'ils aient récité le rosaire au moins une fois avant leur mort. d) Une indulgence plénière aux confrères qui, confessés et communié, invoqueront, à l'article de la mort, le saint Nom de Jésus, au moins de cœur, s'ils ne peinent le faire de bouche, et donneront quelque signe de contrition. e) Une indulgence plénière aux confrères qui, à l'article de la mort, ayant reçu les sacrements de l'Eglise, et fait leur profession de foi, réciteront le Salve Regina pour se recommander à la sainte Vierge.

Il résulte de cette multiplicité d'indulgences extraites du « Manuel du Chapelet et du Rosaire » par Monsieur l'abbé Sambucy, qu'il faudrait des volumes entiers pour en donner un détail complet, et que les fidèles, afin de pouvoir les gagner toutes ou n'en perdre que le moins possible doivent: 1° Etre reçus dans une Confrérie du Rosaire établie canoniquement. 2° Réciter le Rosaire une fois par semaine en un ou plusieurs jours, ayant soin de méditer les quinze Mystères que nous ferons connaître. 3° Visiter la Chapelle du Rosaire, lorsque cette visite est exigée. Les malades en sont dispensés. 4° S'être confessés et avoir communié et prier selon les fins ordinaires, du moins pour la plupart des indulgences plénières. Nous le répétons, le plus simple est d'avoir l'intention en pratiquant la dévotion du Rosaire, de gagner toutes les indulgences possibles, connues ou inconnues. Il est aussi à conseiller d'en faire l'application aux âmes du purgatoire: rien de plus louable ni de plus digne de la charité chrétienne.

Nous pouvons sans doute maintenant conclure que la dévotion du Rosaire est très excellente, puisqu'elle jouit de tant de faveurs et d'indulgences de l'Eglise; qu'elle réunit tous les autres titres et caractères d'une solide dévotion; et que tout concourt pour la faire apprécier dans l'univers entier. Nous espérons que cette dévotion sera pratiquée chaque jour avec plus de ferveur, parce que, malgré l'affaiblissement de la Foi, on remarque parmi les fidèles une sainte avidité pour gagner des indulgences, et que ces faveurs spirituelles contribuent singulièrement à nourrir la piété. C'est que les fidèles n'ignorent pas qu'il est infiniment important pour nous de faire pénitence de nos péchés dans cette vie et par suite de gagner des indulgences, parce que les peines du purgatoire où l'on ne peut plus mériter, sont bien autres que celles qu'on peut endurer sur la terre même en étant accablé des plus cruelles douleurs.

Le trésor de l'Eglise se compose des mérites et des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et des Saints, satisfactions qui, n'ayant pas eu d'application, sont comme en dépôt dans le sein de la Miséricorde et de la Justice de Dieu, pour purifier, sanctifier et enrichir ceux qui ont le bonheur d'en connaître le prix et de se les approprier, en remplissant les conditions qui nous sont imposées. Or, c'est en puisant dans ce précieux trésor que l'Église remet les péchés quant à la coulpe et quant à la peine; quant à la coulpe, par l'absolution qui les efface et justifie le pécheur devant Dieu; quant à la peine, en imposant des pénitences satisfactoires, et en faisant l'application des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ et des Saints par les indulgences. Chaque fidèle peut sans doute puiser dans le trésor de l'Eglise et se faire l'application des mérites et des satisfactions de Jésus-Christ par des prières particulières, des jeûnes, des aumônes et d'autres bonnes œuvres. C'est ce que Saint Paul appelait accomplir dans sa chair ce qui manque aux souffrances de Jésus-Christ. Nous pouvons, nous devons même, à l'exemple de l'Apôtre, nous faire sans relâche cette application en demeurant unis à Jésus-Christ, en imitant ses vertus, en vivant de Son Esprit; mais cette application sera toujours plus sûre, plus parfaite, plus efficace quand elle nous sera faite au nom de l'Eglise et en employant les paroles, les pratiques auxquelles elle a attache une application privilégiée des mérites de notre Divin Sauveur.

Mais, dira-t-on peut-être, comment se persuader qu'une courte prière, une petite pratique de piété puisse compenser une pénitence de plusieurs années, par le moyen d'une indulgence ? Il Faut répondre que les grâces les plus précieuses et les plus abondantes sont attachées, dans la religion, à des prières et à des pratiques en apparence fort légères. Nous en trouvons la preuve dans les effets du baptême, de la confirmation, de la pénitence, des paroles de la consécration, etc. Nous sommes trop petits pour être capables de faire de grandes choses, et c'est pour cela, sans doute, que notre divin Maître a voulu ennoblir et diviniser même les plus petites choses, pourvu qu'elles soient faites en son nom et pour l'amour de lui, afin de les rendre dignes de la récompense éternelle qu'il nous prépare. « Celui qui donne un verre d'eau en Mon Nom, dit Jésus-Christ, ne sera pas sans récompense ». (S. Marc, 9, 40).

Résolution

Si d'un côté les indulgences accordées à la récitation du Rosaire, surtout aux membres des Confréries de Notre Dame du Rosaire, sont multipliées et faciles à gagner, nous devons craindre de l'autre de ne pas les gagner, du moins en entier, à cause du peu de disposition intérieure et d'esprit de pénitence que nous apportons en pratiquant cette dévotion. Prenons donc la résolution de faire en sorte que ces indulgences contribuent à nourrir en nous la piété et l'esprit de pénitence, but que l'Eglise se propose en les accordant, et qui a été celui de Saint Dominique eu établissant cette pratique après y avoir été porté par la Sainte Vierge.

Prière

Plus nous apprenons à connaître l'intention de l'Eglise dans la concession des indulgences, plus nous apprécions, Seigneur, l'ineffable faveur que Vous avez faite à vos serviteurs par l'institution du Rosaire et des privilèges que Vous avez inspiré à Votre Eglise d'attacher à cette belle et sainte pratique de dévotion. Trop longtemps, Seigneur, nous l'avons négligée; ou nous l'avons du moins remplie sans en connaître l'excellence; il n'en sera plus ainsi désormais; nous l'espérons de Votre Divine grâce et par l'intercession de Marie. Ainsi soit-il.

 

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15 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Seizième jour

La dévotion du Rosaire a été enrichie de nombreuses indulgences et de précieux privilèges

 

Si l'excellence d'une dévotion doit être appréciée d'après les faveurs que l'Eglise lui a prodiguées, pour la propager et en encourager la pratique, il faut avouer que la dévotion du Rosaire doit être d'un grand prix à ses yeux, puisqu'elle a été enrichie de tant d'indulgences et de si précieux privilèges, qu'elle ne le cède en ce point à aucune autre dévotion. Cette multiplicité de faveurs a été si extraordinaire, que ceux qui ne connaissent ni l'esprit de l'Eglise, ni le but ou le motif des indulgences, en ont pris occasion de taxer les papes de prodigalité. Les fidèles éclairés n'en jugent pas de même: ils savent que l'Eglise a étendu ou augmenté les indulgences du Rosaire, selon les lieux et les circonstances, selon les besoins et les différents genres de bonnes œuvres, mais surtout pour propager l'instruction et la connaissance des mystères de la religion, accroître la piété dans le cœur des fidèles, et maintenir la pureté des mœurs.

Voici d'abord les Indulgences du Rosaire communes à tous les fidèles qui le récitent en méditant les 15 Mystères du Rosaire; bien entendu que le Chapelet ou le rosaire doit avoir été indulgencié par un prêtre qui en avait le pouvoir, en outre, la méditation des Mystères est essentielle pour gagner l'indulgence; le pape Benoît XIII n'en dispense que les personnes qui, par défaut d'intelligence seraient tout à fait incapables de faire cette méditation; pour celles-là, il suffit qu'elles récitent le rosaire avec dévotion. Il y a une indulgence de cent jours pour chaque Pater et pour chaque Ave, soit qu'on récite le rosaire entier, c'est-à-dire 15 dizaines, soit qu'on n'en récite que le tiers, c'est-à-dire 5 dizaines. Il est accordé une indulgence plénière à tous les fidèles qui réciteront chaque jour le chapelet, le jour de l'année à leur choix, où s'étant confessés et ayant communié, ils prieront pour les besoins de l'Eglise. Il y en a d'autres encore que nous mentionnerons dans la liste ci-après.

Voici maintenant les indulgences accordées aux confrères du Rosaire; pour plus de facilité nous les classons en plusieurs divisions. Elles sont toutes perpétuelles et applicables aux morts. 1° Pour le jour de l'admission dans la confrérie. a) Une indulgence plénière, pourvu que les nouveaux inscrits soient contrits, se soient confessés et aient communié. b) Une indulgence plénière aux mêmes, si, ayant communié dans l'église ou chapelle du rosaire, au jour où ils seront inscrits pour la première fois, ils récitent cinq dizaines du rosaire et les prières accoutumées selon les intentions du souverain Pontife. 2° Pour le premier dimanche de chaque mois. Une indulgence plénière aux confrères contrits et confessés qui communieront dans l'église de la confrérie et prieront selon les fins ordinaires. La même indulgence est accordée à ceux qui, sans avoir communié dans l'église de la confrérie, la visitent ce dimanche et prient selon l'usage.

3° Pour les processions du premier dimanche du mois. Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés et ayant communié, assisteront à la procession et plieront selon les fins ordinaires. 4° pour les fêtes de la sainte Vierge. a) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés ou résolus de se confesser au temps prescrit par l'Eglise, visiteront dévotement la chapelle du rosaire depuis les premières vêpres la veille jusqu'après le coucher du soleil du jour des fêtes de la sainte Vierge, savoir: de la Purification, de l'Annonciation, de la Visitation, de l'Assomption, de la Nativité, de la Conception et de la Présentation. b) Une indulgence plénière aux mêmes confrères, s'ils y joignent la communion et font les prières d'usage. c) Une indulgence plénière au jour de la fête de l'Assomption, si, contrits, s'étant confessés et ayant communié, ils visitent dévotement l'église de la confrérie, et y récitent les prières d'usage, autant de fois qu'ils le feront. d) Une indulgence plénière au jour de la fête de l'Annonciation, si, contrits, s'étant confessés et ayant communié, ils récitent le rosaire en entier. e) Enfin des indulgences partielles de 10 ans et 10 quarantaines aux confrères qui réciteront une partie du rosaire dans ces jours de fête; et d'autres indulgences partielles de 7 autres années et autant de quarantaines à ceux qui diront le rosaire en entier et visiteront l'église du rosaire.

5° Pour les processions des fêtes de la sainte Vierge. Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits et s'étant confesses ou résolus de se confesser au temps prescrit, accompagneront la procession aux fêtes de la sainte Vierge. 6° Pour la fête du rosaire, premier dimanche d'octobre. a) Toutes les indulgences plénières des 1ers dimanches du mois. b) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits et s'étant confesses à un religieux dominicain, communieront dans une église de la confrérie, le jour de la fête. c) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés et ayant communié, visiteront la chapelle du rosaire la veille ou le jour de la fête. Cette indulgence est commune à tous les fidèles. d) Une indulgence plénière aux mêmes confrères au jour qu'ils auront visité la chapelle du rosaire dans un des jours de l'octave. 7° Pour les fêles des mystères du rosaire. a) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés et ayant communié, visiteront la chapelle du rosaire. b) Des indulgences partielles 1° de 7 ans et autant de quarantaines à ceux qui réciteront 5 dizaines du rosaire, aux fêtes des Mystères du Rosaire; 2° de 7 ans de plus et de 7 quarantaines, à ceux qui visiteront l'autel du rosaire, aux grandes fêtes, Noël, Pâques, la Pentecôte, l'Assomption et la Toussaint.

8° Pour les visites de la chapelle ou de l'autel du rosaire. a) Une indulgence plénière aux confrères qui, contrits, s'étant confessés et ayant communié, visiteront la chapelle du Rosaire 1° au 1er dimanche de chaque mois et aux l'êtes de la sainte Vierge ; 2° aux fêtes des Mystères du Rosaire de la Sainte Vierge; 3° au 1er dimanche d'octobre; 4° au 8° dimanche d'avril; 5° au jour de la fête de l'Assomption. b) Une indulgence plénière aux fidèles vraiment contrits et s'étant confesses ou résolus de se confesser au temps prescrit, qui visiteront la chapelle du rosaire, aux fêtes de la sainte Vierge. c) Beaucoup d'indulgences partielles. 9° Pour la récitation du rosaire. 1° Aux confrères qui le récitent en entier dans un même jour, a) Une indulgence plénière. b) Toutes les indulgences dont jouissent les fidèles Espagnols pour la récitation de la couronne ou chapelet de la sainte Vierge. 2° Aux confrères qui le réciteront en entier dans le courant de la semaine, a) Une 1ere ind. plénière une fois dans la vie, au jour qu'ils voudront. b) Une 2e ind. plénière à l'article de la mort. c) Des indulgences partielle 1° de 2 années pour chaque tiers du rosaire; 2° de 7 ans et 7 quarantaines; 3° de 10 ans et 10 quarantaines, s'ils sont contrits, se sont confessés ou sont résolus de se confesser. 3° Aux confrères qui réciteront le tiers du rosaire, s'ils sont contrits et si; sont confessés, outre beaucoup d'autres indulgences partielles, une de 50 ans, chaque fois qu'ils le réciteront dans une église ou chapelle de la confrérie. Il y a même une indulgence de 5 ans et 5 quarantaines lorsqu'on prononce le saint nom de Jésus en terminant chaque Ave.

Enfin, pour nous arrêter aujourd'hui dans cette nomenclature, Benoît XIII a accordé au Rosaire le même privilège spécial que Clément XI avait accordé aux Chapelets de Sainte Brigide, c'est-à-dire une indulgence plénière au jour de l'année, à leur choix, à tous les fidèles qui réciteront, tous les jours de l'année, au moins la 3e partie du rosaire, c'est-à-dire 5 dizaines et qui, s'étant confessés, communieront le même jour. De plus, il a accordé au Rosaire le privilège accordé aux Chapelets de sainte Brigide, consistant en cent jours d'indulgence pour chaque Pater et pour chaque Ave, soit qu'on le récite en entier soit seulement en partie, c'est-à-dire 6 dizaines.

Résolution

Après avoir lu ces nombreuses indulgences accordées au Rosaire, ne devons-nous pas prendre la résolution d'aimer et de pratiquer de plus en plus cette dévotion, mais surtout d'y mettre toute l'attention, toute la ferveur nécessaires pour que ces indulgences nous soient appliquées. Ne nous attachons pas à vouloir retenir la quotité de toutes les indulgences partielles, ce n'est pas nécessaire, il suffit que nous ayons l'intention de les gagner en récitant le rosaire avec la méditation des mystères.

Prière

O Dieu de bonté, qui avez donné à Votre Église le pouvoir de remettre les peines dues au péché, nous Vous rendons d'humbles actions de grâces pour ce bienfait, et en particulier pour avoir permis qu'elle accordât de si nombreuses et si importantes indulgences à la récitation du Rosaire et aux Confréries formées en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire. Puissions-nous en profiter, afin qu'au sortir de ce monde nous n'ayons plus rien à satisfaire pour nos péchés. Nous Vous demandons cette grâce au Nom de Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

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14 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Quinzième jour

Les Confréries en général et de la Confrérie du Rosaire en particulier

 

Le mot de confrérie signifie la réunion de plusieurs personnes qui s'engagent à vivre ensemble ou à s'entr'aider dans des intérêts temporels ou spirituels, comme des frères et des sœurs; aussi ces personnes sont-elles appelées, dans le langage ordinaire, confrères et consœurs. On fait remonter l'origine des confréries, prises en général, jusqu'au roi de Rome, Numa Pompilius qui, dit-on, établit de ces sortes d'associations pour les arts et les métiers, et voulut que chacun fit des sacrifices aux dieux tutélaires qu'il leur avait assignés. A l'origine du christianisme, tous les fidèles vivaient dans une si grande Charité réciproque, qu'ils n'avaient qu'un cœur et qu'une âme, et ne faisaient, pour ainsi dire, qu'une grande confrérie spirituelle. De là, nous ne voyons pas dans l'histoire des premiers siècles, qu'il ait été question alors d'établir des Confréries spéciales, comme il y en a eu depuis. La première dont il soit fait mention après l'établissement des confréries du rosaire, est celle dite du Confalon, établie sous le pontificat de Clément IV, en 1267. Son but était de racheter les chrétiens faits captifs par les Sarrasins; elle portait un étendard appelé Confalone, qui lui donna son nom; sur cet étendard était l'image de la Sainte Vierge, sous la protection de laquelle elle s'était mise.

Bientôt il se forma d'autres associations de personnes pieuses qui se proposaient, les unes, de s'aider réciproquement à faire pénitence et à pratiquer la vertu; d'autres, de soulager les âmes du purgatoire par des indulgences, des prières, des aumônes et d'autres bonnes œuvres; celles-ci de secourir les pauvres, de consoler les affligés, d'assister les malades, d'ensevelir les morts, etc.; celles-là, d'honorer tel ou tel mystère de la religion, d'exciter ou d'entretenir la dévotion envers la Très Sainte Vierge, les Anges et les Saints. L'Église a toujours encouragé ces pieuses réunions, en leur accordant des grâces spéciales, des privilèges et surtout beaucoup d'indulgences. Le nombre des Confréries qui ont existé ou qui existent encore maintenant dans les différentes parties de l'Église est très considérable; nous ne parlerons que de la Confrérie du Rosaire, après avoir examiné la question de savoir s'il est utile aux fidèles de se faire inscrire dans ces pieuses associations.

D'après les paroles de Jésus-Christ: « Où deux ou trois sont assemblés en Mon Nom, Je me trouve au milieu d'eux », nous ne devons pas craindre d'assurer que c'est Lui-même, en quelque sorte, qui est le premier auteur de ces pieuses associations. L'union fait la force: telle est la devise des armoiries belges; or, notre force spirituelle ne consiste-t-elle pas aussi dans l'union, dans la communion des Saints ? Et cette union, ne sera-t-elle pas plus forte, si elle a lieu avec des personnes ferventes et décidées à bien vivre et à bien mourir ? Le profit spirituel que nous ferons en unissant nos bonnes œuvres et nos prières avec ces fidèles serviteurs, ne sera-t-il pas plus considérable, que si nous les faisions isolément et sans pouvoir jouir des faveurs accordées à ces associations ? L'Eglise primitive était une grande Confrérie dont tous les membres se distinguaient par leur charité et leur ferveur; aujourd'hui ses membres sont confondus dans la foule et ce n'est, en général, que dans ces pieuses associations qu'on les retrouve. Quel avantage n'y a-t-il donc pas de s'unir a eux, afin que nos prières si peu agréables d'elles-mêmes au Seigneur, et si peu propres à nous en obtenir des grâces, reçoivent quelque valeur, aient quelque mérite par celles de plus fervents associés ? Et puis, l'exemple qu'ils nous donnent, les vertus qu'ils pratiquent, la charité dont leur cœur est embrasé pour Dieu: ne sont-ce pas là des moi ifs suffisants pour nous faire mettre en pratique le conseil suivant de Saint François de Sales.

« Entrez volontiers dans les Confréries du lieu où vous demeurez, et principalement en celles dont les exercices vous feront espérer plus d'utilité et d'édification: ce sera une manière d'obéissance fort agréable à Dieu; car, bien que l'on ne vous ordonne rien sur ce point, il est toutefois aisé de voir que l'Eglise vous le recommande; et ses intentions se font assez connaître, par les indulgences et les autres privilèges qu'elle accorde à ces pieuses sociétés. D'ailleurs, c'est un vrai exercice de la charité chrétienne, que d'entrer dans les saintes inspirations des autres, et de contribuer à leurs bons desseins; et quand vous feriez en votre particulier et avec plus de goût quelque chose d'aussi bon que ce qui se fait dans les confréries, Dieu, cependant, y est plus glorifié par l'union que la piété y fait des esprits et des oblations. Je dis la même chose de toutes les prières et des dévotions publiques auxquelles nous devons contribuer autant que nous pouvons, de notre bon exemple, pour la gloire de Dieu, pour l'édification du prochain, et pour la fin commune qu'on s'y propose ».

Enfin, un motif qui doit engager à entrer dans ces pieuses associations , c'est l'espèce d'obligation d'engagement, libre toutefois et non strict, qu'on contracte de pratiquer telle dévotion, de fréquenter les sacrements, etc.; cet engagement d'honneur, pour ainsi dire, fait qu'on s'habitue à réciter telle prière ou à faire telle bonne œuvre, habitude qu'on n'aurait pas prise si l'on n'était pas membre de telle confrérie, parce qu'en général l'homme a besoin d'être astreint par quelque lien, à faire quelque chose, pour s'en bien acquitter. C'est ainsi qu'en se faisant inscrire dans la confrérie du rosaire, on a l'intention et l'on contracte l'habitude de réciter, une fois par semaine, le rosaire, en méditant les quinze mystères. De plus, cette pratique de dévotion engage à communier le 1er dimanche du mois et aux fêtes de la Sainte Vierge, pour gagner les indulgences accordées ces jours-là.

Ce fut peu de temps après l'institution du rosaire qu'on établit des confréries sous le titre du saint rosaire et qu'on dressa des statuts. La ferveur toujours croissante leur mérita bientôt la sanction du Saint Siège. On croit que ce fut sous le pontificat d'Urbain IV, vers l'année 1261. On vit alors s'élever de toutes parts des chapelles et des autels en l'honneur de Notre Dame du Rosaire, afin d'y ériger la confrérie que tant de papes ont depuis enrichie d'un grand nombre d'indulgences, comme nous le verrons demain.

Résolution

Les engagements contractés en s'associant à une confrérie, n'obligeant nullement sous peine de péché, qu'est-ce qui pourrait nous empêcher de nous faire inscrire dans celle du Rosaire, établie entre autres à Liège, dans les églises de Saint Jean et de Saint Denis ? La plupart des fidèles récitent moralement tous les jours un Chapelet. Eh bien! Pour gagner plusieurs indulgences accordées aux confrères du Rosaire, il suffit qu'ils récitent trois Chapelets par semaine, avec méditation des quinze Mystères; car c'est cette méditation qui produit tant de fruit, et qui distingue la récitation du Rosaire de celle du Chapelet ordinaire.

Prière

Nous Vous rendons mille actions de grâces, Seigneur, d'avoir établi dans votre Eglise ces saintes associations enrichies de faveurs spirituelles. Rendez-nous dignes d'en faire partie, afin qu'en prenant part aux mérites, aux prières et aux bonnes œuvres des associés, nous devenions de jour en jour plus attachés à vos Saintes Lois, et que par la protection de Marie que nous voulons honorer en nous faisant inscrire dans une Confrérie du Saint Rosaire, nous obtenions la grâce de sanctifier Votre Nom, de Vous glorifier et de régner avec Vous éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

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13 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Quatorzième jour

La dévotion du Rosaire a été accueillie par le concours unanime des Fidèles

 

A l'époque de l'institution du Rosaire, il y eut un redoublement de ferveur pour le culte de Marie. Une preuve évidente c'est que, dans le treizième siècle, les temples et les chapelles en l'honneur de la Sainte Vierge se multipliaient partout. On assure qu'à Constantinople on comptait cinquante-neuf églises ou chapelles érigées en l'honneur de Marie; et à Rome on en comptait cent soixante-sept, tant l'empressement des fidèles à honorer la mère de Dieu était prodigieux. Ce redoublement de ferveur produit par l'institution du rosaire, explique comment il se fait que cette dévotion est si répandue dans tous les pays, non-seulement parmi les membres de la confrérie, mais parmi toutes les personnes dévoués à Marie, que l'on voit dans toutes les conditions comme dans tous les états, dans les villes, comme dans les bourgs, la plupart des chrétiens fidèles à ses pratiques. Eh! comment n'attacheraient-ils pas du prix à une dévotion pour la propagation de laquelle ils voient partout d'augustes exemples?

D'abord parmi les souverains Pontifes, depuis l'origine du Rosaire, les uns ont enrichi d'indulgences cette dévotion; les autres ont fait inscrire leurs noms dans les registres de la confrérie; tous récitent avec confiance le Rosaire et le distribuent même à ceux qu'ils honorent de leur affection ou de leur estime. Boniface VIII, ayant fait représenter sur le satin les Mystères du Rosaire, ordonna qu'on les mit, après sa mort, dans son cercueil, comme une marque de l'estime qu'il faisait de cette dévotion.Les évêques s'honorent partout, non-seulement de réciter le Rosaire, mais d'en propager la pratique dans leur propre maison, ainsi que parmi le Clergé et les fidèles, appuyés sur l'usage transmis par leurs prédécesseurs et par les plus illustres évêques de la catholicité: Saint Charles Borromée, Saint François de Sales, etc. Tous les fondateurs d'Ordres ou de Congrégations des derniers siècles, ont adopté cette dévotion et l'ont prescrite à leurs disciples qui se font un devoir d'allier cette dévotion avec celles de leur institut, et de la propager parmi les fidèles. Tous les missionnaires apostoliques l'ont préconisée dans leurs prédications. D'ordinaire ils faisaient réciter dans leurs missions, comme on le fait encore de nos jours, une partie du Rosaire, attribuant à cette dévotion toutes les bénédictions que Dieu répandait sur leurs travaux.

Tous les princes chrétiens, les chefs augustes des Etats de l'Europe, ont donné l'exemple à leurs peuples en adoptant et en pratiquant cette dévotion. En Allemagne, l'empereur Charles-Quint regardait le Rosaire comme une excellente pratique pour obtenir la protection de Dieu. Il était si fidèle à réciter le rosaire, que, lorsqu'il l'avait commencé, il ne l'interrompait jamais pour les affaires les plus importantes de son empire; et quand on venait pour l'interrompre, il répondait: « Après avoir achevé le Rosaire, je m'occuperai des affaires de la guerre ». En Portugal, le roi Alphonse V, disait à ses ministres: « Prions la sainte Vierge, afin que Son Rosaire soit le guide du gouvernement de mon empire ». En Espagne, Philippe II, dans les avis qu'il donnait à son fils pour bien gouverner sou royaume, lui disait: « Mon fils, si vous voulez mettre vos royaumes à l'abri de tous dangers, portez toujours avec vous le Rosaire ». Dans le duché de Parme et de Plaisance, le duc don Ferdinand, modèle de piété parmi les confrères du Rosaire, fit un opuscule sur cette dévotion pour en faciliter la pratique à ses sujets. En Bohême, le roi Jean disait, en parlant du Rosaire: « J'ai mis dans cette dévotion toute confiance pour mon salut ».

Marie-Thérèse, d'Autriche, épouse de Louis XIV, fut héritière de la dévotion de la reine régente; elle suivait comme elle la procession du rosaire, les premiers dimanches du mois et les fêtes de la Sainte Vierge, dans tous les lieux où elle se trouvait; et elle s'acquittait exactement de tons les autres devoirs de la confrérie. Louis XIV, reçu dès son berceau dans la confrérie, fut toute sa vie fidèle à celle dévotion, le Père De La Rue rapporte qu'ayant trouvé un jour ce monarque récitant son Chapelet, composé de fort gros grains, il lui en témoigna une surprise accompagnée de sentiments d'édification, à cause de ses nombreuses et importantes occupations: « Ne soyez pas surpris, lui dit le roi, je me fais gloire de dire mon chapelet; c'est une pratique que je tiens de la reine, ma mère; et je serais fâché de manquer un seul jour à m'en acquitter ». En Angleterre, le roi Jacques II faisait réciter tous les jours, publiquement et en présence de toute sa cour, une partie du Rosaire, avec l'explication des mystères.

Nous pourrions citer encore d'illustres exemples, mais nous devons nous borner; on les trouvera dans les recueils volumineux où ils sont consignés. En France, les progrès du Rosaire ont été si rapides de siècle en siècle, que les églises du Rosaire ne pouvaient contenir les fidèles, tant l'affluence était considérable. A Toulouse, surtout, il y eut une époque où le concours immense des fidèles fut si tumultueux, à cause de la foule, que deux ordres religieux de cette ville, pour satisfaire la dévotion des peuples, voulurent introduire un nouveau genre de Rosaire; mais le Saint Siège refusa de l'approuver. L'Europe s'empressa de se ranger sous l'étendard du rosaire; on forma des associations dans les villes et les campagnes. Mais cette dévotion n'a pas été resserrée en Europe; elle s'est propagée partout, en Afrique, en Amérique et en Asie, avec une étonnante rapidité, avec un zèle et une édification qui croissent chaque jour et qui produisent des fruits infinis de grâce et de sanctification dans tous les lieux où la confrérie est établie. Il est plusieurs paroisses où il est d'usage d'inscrire dans la Confrérie du Rosaire les enfants le jour de leur première communion, tellement l'on considère cette association comme étant à la portée de tous, et l'on juge naturel pour tout chrétien d'en faire partie, flous ne pouvons qu'approuver cet usage, pourvu qu'on ait soin d'expliquer aux enfants et au peuple quel est l'esprit de cette confrérie, quelles en sont les obligations et les faveurs; points que nous aurons lieu de développer les jours suivants; mais auparavant nous verrons demain ce qu'on entend par confrérie en général, et par Confrérie du Rosaire en particulier.

Résolution

Plus une dévotion est générale et populaire, et plus elle doit nous paraître sainte et divine: ce principe d'un docteur de l'Eglise s'applique sans nul doute à la dévotion du rosaire que nous apprenons mieux à connaître chaque jour comme étant populaire et universelle. Prenons donc aujourd'hui la résolution de la pratiquer, ou, si nous la pratiquons déjà, celle de ne jamais la négliger, mais de nous en acquitter avec un vif désir d'imiter tous les fidèles enfants de l'Eglise qui se sont toujours fait un devoir de payer ce tribut d'hommages et d'invocation à la Mère de Miséricorde.

Prière

Il est passé en proverbe, Seigneur, que la voix du peuple est Votre propre voix; j'en reconnais la vérité relativement à la belle, à la Sainte dévotion du Rosaire. Faites donc, Dieu de bonté, que je m'unisse chaque jour aux nombreux fidèles qui, en méditant les principaux Mystères de la Religion, implorent l'assistance toute-puissante de Marie; je Vous demande la grâce de ne faire avec eux qu'un cœur et qu'une âme pour Vous louer, Vous bénir, Vous remercier et Vous glorifier par Marie, que Votre Divin Fils nous a donnée pour Mère du haut de Sa Croix où Il mourait pour notre rédemption. Ainsi soit-il.

 

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12 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

our lady of the rosary

Treizième jour

La dévotion du Rosaire a été autorisée par des miracles

 

Les miracles de protection particulière de Notre Dame du Rosaire sont très nombreux; il faudrait des volumes entiers pour en rapporter seulement les principaux. Nous nous bornerons aux plus connus, et nous citerons des miracles de préservation ou de délivrance, de guérison et de conversion.

Monsieur Gaultier, docteur en médecine, inscrit dans la Confrérie du Rosaire, partit en 1805 pour l'armée, en qualité de chirurgien, bien résolu de remplir eu toute occasion ses devoirs de chrétien et d'associé du Rosaire. Fidèle à cet engagement, au milieu des périls de mille séductions, il en fut récompensé par une assistance de la Sainte Vierge, qu'on peut appeler miraculeuse. En 1808, il se trouvait à Madrid, lorsque éclata cette fameuse insurrection du 2 Mai, où le peuple espagnol massacra sans pitié, durant plusieurs heures, tous les français qu'il put rencontrer. La veille, premier dimanche du mois, suivant l'usage des fervents associés, M. Gaultier, avait fait la communion en l'honneur de la sainte Vierge. Le jour de l'insurrection, ignorant le mouvement qui se préparait, il sort de chez lui pour se rendre à son poste, et bientôt il est au milieu d'une bande furieuse, armée de poignards; elle s'empare de lui et s'apprête à le massacrer. Dans ce danger imminent, son premier soin est de se recommander à Dieu et d'implorer la protection de Marie. Entendant les Espagnols traiter les Français d'impies: « Eh ! Non, leur dit-il, je ne suis pas un impie, en voulez-vous la preuve ? » Et aussitôt il tire de sa poche le rosaire qu'il portait toujours sur lui. A la vue de ce rosaire, le meurtriers s'arrêtent comme par enchantement: instruits de la piété de Monsieur Gaultier par un homme qui le connaissait et que le ciel lui envoyait pour rendre témoignage, au lieu de le massacrer, ils le comblent de caresses, lui enlèvent son rosaire, le baisent avec respect, le font baiser à tous les assistants et à lui-même, et le conduisent dans une maison sûre pour le mettre à l'abri de tout danger. « Plus je réfléchis, dit Monsieur Gaultier, aux circonstances de cet événement, plus je reconnais devoir la vie à la protection de la Sainte Vierge du rosaire ». Si ce n'est pas un miracle proprement dit, c'est tout au moins une assistance spéciale et manifeste.

L'an 1578, la peste désolait la Lombardie et la plus grande partie des habitants de Pavie avaient déjà été enlevés par ce fléau, lorsque cette ville fit vœu de bâtir une chapelle magnifique à Notre Dame du Rosaire, si elle daignait écarter cette fatale calamité: la peste cessa ce jour-là même. En reconnaissance de ce bienfait signalé, les habitants de Pavie firent bâtir une des plus riches chapelles de la contrée. Plusieurs autres villes d'Italie éprouvèrent la même protection. Ce miracle se renouvela à Cologne. La peste faisait un affreux ravage dans cette ville, lorsqu'elle se consacra par un vœu public, à Notre Dame du Rosaire. Elle fut délivrée presque aussitôt. C'est en vertu de ce vœu qu'une procession solennelle y a lieu chaque année.

La dévotion du rosaire a été comme une source d'abondance dans les temps de disette et un remède à une infinité de causes de famine, en beaucoup de pays. On se rappelle encore le succès merveilleux qu'elle eut dans la principauté de Bénévent, enclavée dans le royaume de Naples. La ville de Bénévent était couverte et dévastée par des milliers de petites sauterelles qui dévoraient les grains dans la campagne et qui semblaient être les précurseurs d'une longue famine; les habitants firent une procession générale en l'honneur de Notre Dame du Rosaire: aussitôt le fléau cessa. Les sauterelles se retirèrent le long des murs de la ville, et furent desséchés par les ardeurs du soleil.

Saint Dominique ayant été pris par des pirates en fut très maltraité. Dieu voulut venger son serviteur en soulevant une furieuse tempête qui fit échouer leur vaisseau sur un banc de sable. Dans ce danger imminent où chacun attendait la mort comme certaine, Saint Dominique leur promet au nom de la Sainte Vierge, qu'ils échapperont au naufrage, s'ils veulent se convertir et implorer l'assistance de cette Reine des cieux. Ces pirates suivent ses conseils et commencent à pleurer leurs péchés et à réciter le rosaire, avec respect. Aussitôt le vaisseau se dégage miraculeusement.

Ce fut à la pratique de la dévotion du rosaire que la Reine Blanche de Castille dut de devenir mère de Saint Louis, roi de France et le modèle des rois. Ce fut à la même dévotion pratiquée par sa mère que Louis XIV dut sa naissance, le 8 Septembre 1688, au moment où l'on faisait la procession du Rosaire pour obtenir l'heureuse naissance d'un prince. En mémoire de ce grand événement, la reine, pleine de reconnaissance envers Notre Dame du Rosaire, fit recevoir le roi son fils au nombre des membres de la confrérie.

Les guérisons obtenues par la dévotion du rosaire sont innombrables. Chaque ville, chaque village en conserve le souvenir. Tous les exemples que nous pourrions citer à l'appui n'ajouteraient rien à la persuasion des fidèles; comme notre silence à cet égard ne pourra diminuer, en aucune manière, leur confiance envers Notre Dame du Rosaire. Qu'il nous suffise de faire remarquer que partout, dans les chapelles du Rosaire, on voit clairement par les ex-voto qui y sont attachés, que des aveugles ont recouvré la vue, des sourds l'ouïe, des muets la parole, des boiteux et des paralytiques l'usage des membres, et toute sorte de malades une santé qu'ils ne pouvaient attendre des secours ordinaires de la médecine. Marie est la Protectrice des chrétiens; Elle s'intéresse à leur bien tant spirituel que temporel. Si Elle veille sur nos corps pour les préserver de tous les maux temporels, Elle veille avec plus de sollicitude encore sur nos âmes pour les préserver ou les retirer de l'abîme du péché. Mère des justes, clic est encore plus la Mère des pécheurs, l'asile, le refuge et l'Avocate de ceux qui veulent se convertir véritablement. Elle s'interpose entre la justice de Dieu et les hommes criminels, pour lui présenter les larmes qu'une arrière contrition fait verser à ceux qui réclament le secours de la grâce d'en haut. Aussi Marie a-t-elle toujours été la consolation des vrais pénitents, parce que sa tendresse a, pour ainsi dire, forcé la Divine Bonté pour en obtenir leur conversion.

Le nombre des conversions opérées par la vertu du Rosaire est incalculable. Combien de pécheurs endurcis, dont le salut était presque désespéré, se sont convertis à l'issue des prières et des méditations du Rosaire ! Combien d'hérétiques opiniâtres dans l'attachement à leur secte ont été éclairés ! Que de villes, de royaumes, de provinces ont été heureusement changés ! Combien ont réformé leurs mœurs ou abjuré leurs erreurs, du vivant même de saint Dominique.

On raconte entre autres le trait suivant. Une femme, remplie de piété et de vertu, avait épousé un homme fort riche, mais malheureusement déréglé dans ses mœurs. Inconsolable d'avoir rencontré un si grand obstacle à son salut, en la personne de son mari, elle consulta Saint Dominique sur le moyen de pouvoir remédier à ce malheur. Ce Saint et illustre dévot de Marie lui conseilla de réciter le Rosaire pendant quinze jours consécutifs, le plus dévotement possible. Cette pieuse femme le récita avec tant de ferveur et avec une si grande abondance de larmes, qu'elle fut exaucée le jour même. Dans la nuit qui suivit ce premier jour de la quinzaine, Dieu représenta si vivement, en songe, à son mari les supplices réservés dans l'enfer aux impudiques, qu'il s'éveilla en sursaut avec un grand frissonnement dans tous ses membres; et, après avoir versé un torrent de larmes sur ses égarements, pénétré de reconnaissance envers Marie, à la vue du danger auquel il s'était exposé, il alla trouver promptement Saint Dominique, se fit recevoir dans la Confrérie du Rosaire, et vécut saintement le reste de ses jours.

Résolution

Pensons souvent aux diverses grâces que la Sainte Vierge nous a obtenues dans le cours de notre vie; et, puisque la lecture d'aujourd'hui et celle d'hier nous prouvent que la pratique du rosaire est, pour ainsi dire, un moyen sujet efficace d'en obtenir les secours nécessaires dans les dangers tant du corps que de l'âme, ayons-y recours chaque jour, puisque chaque jour nous sommes en danger de nous perdre. « Veillez, nous dit saint Pierre, car votre ennemi le démon, semblable à un lion rugissant, tournant de tous côtés et cherchant qui dévorer ».

Prière

O Vierge sainte, on n'a jamais entendu dire que quelqu'un ait eu recours à Vous sans avoir été exaucé; je proclame surtout cette vérité à l'égard de vos fidèles serviteurs qui ont réclamé Votre puissante intercession par la pratique de la dévotion du Rosaire. Plein de confiance en ce moyen que Vous avez prouvé si fréquemment Vous être agréable, je veux, tendre Mère, y avoir sans cesse recours, afin d'éprouver Votre protection maintenant et à l'heure de ma mort. Ainsi soit-il.

 

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11 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Douzième jour

La dévotion du Rosaire a été autorisée par des miracles

 

Tous les prodiges qui semblent de vrais miracles ne sont pas néanmoins toujours suffisants pour autoriser une dévotion; ils peuvent édifier, encourager la piété des fidèles, leur inspirer de la confiance, quand ils sont revêtus de caractères qui paraissent certains; mais les miracles authentiques par leur publicité historique ou monumentale, et confirmés par le suffrage éclairé de l'Eglise, sont les seuls qui puissent autoriser une dévotion; et, lorsque l'Eglise ou son chef visible établit des fêtes pour en constater la mémoire ou pour rendre grâces à Dieu de quelque bienfait signalé, elle autorise, par cela même, la dévotion qui est l'objet de la fête; or, c'est ce qui est arrivé pour le Rosaire. Il y a des miracles de protection publique et des miracles de protection particulière: nous ne parlerons aujourd'hui que des premiers.

La bataille de Muret, livrée le 3 Septembre 1213, et couronnée du plus heureux succès, est le premier triomphe du au Saint Rosaire: en voici les détails. Vers la fin du douzième siècle s'étaient montrés de nouveaux hérétiques, les Albigeois, Leur parti était puissant et ils arboraient partout l'étendard de la révolte. Il y avait déjà plusieurs provinces infectées de ce poison fatal qui se répandait dans toutes les parties de l'Europe. Albi et les principales villes du Languedoc furent le principal théâtre d'une guerre sanglante. Saint Dominique, brûlant de zèle pour la gloire de Dieu, suppliait sans cesse avec larmes le Seigneur d'avoir pitié de son Eglise. Un jour, la sainte Vierge lai apparut pendant qu'il priait, et le consola en l'assurant que la prédication du Rosaire terrasserait l'hérésie. En effet, à peine eut-il arboré l'étendard du Rosaire et prêché l'excellence et les avantages de cette dévotion, qu'il dessilla les yeux des hérétiques et des schismatiques: on les vit en fouit! accourir de toutes parts, et les églises retentissaient de leurs gémissements et de leurs sanglots. Les Albigeois, effrayés de la multiplicité et de l'éclat de tant de conversions, résolurent de réparer leurs pertes par un combat décisif: ils rassemblèrent une armée formidable. Le comte de Montfort, le chef des croisés catholiques, ce prodige de piété et de valeur, l'admiration du monde et la terreur des ennemis; en un mot, le Macchabée des catholiques ne voulut engager le combat que sous les auspices de Saint Dominique. Celui-ci paraît avec un grand crucifix au milieu des croisés comme un prophète; il leur promet la victoire, par le crédit de Marie auprès du Dieu des années, s'ils récitent avec dévotion le Saint Rosaire. Le comte de Montfort n'avait que 1800 hommes au plus, et l'armée des hérétiques en comptait 100 000, Plein de confiance dans l'assistance de Marie et dans les prodiges de la prière, il l'attaque, la met en déroute, tue le général en chef, fait un carnage affreux des ennemis et remporte, par la puissante protection de Notre-Dame du rosaire, une des plus signalées victoires des annales du monde.

Le 7e jour nous avons parlé longuement de la mémorable victoire de Lépante, à l'occasion de laquelle fut établie la fête de Notre Dame du Rosaire.

La victoire remportée le 18 Septembre 1683 par Sobieski, Jean III, rot de Pologne, est encore un trophée de la protection de Marie. Il n'avait que 75 000 hommes et les Turcs en comptaient 800 000; mais il invoqua le Dieu de la victoire par l'entremise de Marie; et à peine les ennemis qui assiégeaient la ville de Vienne l'ont ils reconnu, qu'ils s'écrient: « Voilà Sobieski », et prennent la fuite laissant un butin immense. Sobieski entre en triomphe comme un libérateur dans Vienne, se transporte à la Métropole, et y entonne lui-même le Te Deum, l'hymne d'action de grâces, pour rendre hommage au Dieu des armées et à la sainte Vierge, dont la protection puissante lui avait obtenu un si mémorable succès. La fête du Nom de Marie fut établie dans l'octave de la Nativité, à l'occasion de cette victoire.

Le prince Eugène remporta en 1716 plusieurs victoires contre les Turcs bien supérieurs en nombre, et il les attribua toutes à la protection de Marie. Mais ce fut surtout à la bataille de Belgrade, le 16 Août 1717, qu'on reconnut devoir attribuer à l'intercession de Notre-Dame du rosaire l'intrépidité, la valeur, la sagesse et 1rs succès du prince Eugène. En conséquence, le Pape Clément XI fit présent aux Dominicains de Rome, d'un des cinq étendards enlevés à l'ennemi, et ordonna qu'il serait suspendu dans la Chapelle du Rosaire.

L'histoire de France nous fournit encore un trait singulièrement remarquable par ses circonstances. Louis XIII ayant pris la résolution de réduire sous son obéissance l'importante ville de La Rochelle, l'asile et le fort de l'hérésie, mit son armée sous la protection de la Sainte Vierge et écrivit à la reine-mère de faire faire des prières publiques en son honneur pour la prospérité de ses armes. La reine-mère choisit à cet effet l'église des Dominicains pour y faire réciter le rosaire publiquement. A sa demande, l'archevêque de Paris annonça qu'on commencerait cette récitation le 22 Mai 1628 pour la continuer tous les samedis, et lui-même voulut lire à haute voix les sujets et les élévations de chaque mystère. Cette dévotion fut suivie avec beaucoup d'empressement et de ferveur par un concours immense de fidèles. Le roi en ayant été informé, fit pratiquer la même dévotion dans son armée. Le camp résonnait à certaines heures du jour et de la nuit, des louanges de Marie et des prières du rosaire qui furent continuées jusqu'à la réduction de la place: aussi les troupes du roi, « semblables aux Macchabées, combattant de la main et priant du fond du cœur, remportèrent-elles une victoire éclatante, pleines de joie de l'assistance de Dieu ». (2e. Livre des Macchabées 15). Le roi attribua cet heureux succès à la protection de Notre Dame du Rosaire, et voulut que les pères Dominicains qui se trouvaient dans le camp, entrassent les premiers dans la ville. En effet, ils devancèrent l'armée en chantant les Litanies de la Sainte Vierge, ayant en tête leur bannière qui représentait d'un côté l'image de Jésus Crucifié, de l'autre, celle de Notre Dame du Rosaire, avec cette inscription en latin: « Réjouissez-vous, ô Marie toujours vierge, vous seule avez détruit les hérésies dans tout l'univers ». Ce triomphe fut si éclatant que l'université de Paris, par l'organe de la faculté de théologie de la Sorbonne, ne craignit pas de regarder comme nu miracle de Notre Dame du Rosaire, la défaite des Calvinistes, si ouvertement soutenus par l'Angleterre et dont la ville de La Rochelle était le plus redoutable boulevard.

Ces quelques faits joints à la victoire de Lépante, nous montrent tous des succès signalés obtenus par l'intercession de Marie invoquée par la pratique du Rosaire; ils suffisent sans doute pour autoriser cette dévotion et la faire pratiquer avec plus de ferveur que jamais dans des temps de guerre ou de calamités publiques. Ils nous prouvent aussi que c'est à juste titre que Marie est surnommée Notre Dame des Victoires et que ce n'est pas en vain qu'on l'appelle Secours des chrétiens.

Résolution

Invoquons souvent Marie comme protectrice des empires et des royaumes, et en particulier comme Patronne de la France et Reine du Ciel et de la terre. Si ce pays n'a pas de guerre à soutenir contre des ennemis extérieurs, il en a une contre des ennemis intérieurs d'autant plus dangereux qu'ils ont les moyens de tromper les esprits et d'avoir la multitude de leur côté. Ils ne réussiront pas dans leurs projets, si nous avons soin d'implorer avec ferveur. Notre Dame du Rosaire qui saura obtenir du Ciel les grâces nécessaires pour que la France demeure fidèle à la foi de ses pères, et se distingue toujours par son attachement à notre Mère la Sainte Eglise.

Prière

Seigneur, Dieu des armées, qui tenez en mains le sort des empires, nous avons recours à la puissante Patronne de ce pays, à votre auguste et sainte Mère pour obtenir, par son intercession, que votre Nom soit sanctifié en France, que votre règne s'établisse dans tons les cœurs, et que les ennemis de l'Eglise et de la religion n'y dominent jamais. Nous allons vous demander cette grâce en invoquant Notre-Dame du rosaire par la récitation d'une dizaine du chapelet. Ainsi soit-il.

1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

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