07 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Huitième jour

Les bergers de la Salette

 

Les apparitions se produisent d'ordinaire au sommet des montagnes, ou au fond des déserts; sans doute parce que ces terres sont encore les plus vierges de la création. Les bergers sont souvent les témoins privilégiés de ces manifestations célestes; sans doute aussi, à cause de l'innocence de la vie des champs, et parce qu'ils sont généralement les plus simples d'entre les hommes. Ce fait est constant dans l'histoire. Dès la loi antique, Dieu parlait à Abraham dans les solitudes de Mambré; Moïse gardait les troupeaux au désert, et entendait sortir d'un buisson, la voix qui lui ordonnait d'aller délivrer le peuple de Dieu; David était dans les champs avec ses agneaux, quand Dieu voulut en faire un prophète et un roi. A l'origine de la loi nouvelle, Jésus-Christ se choisit pour précurseur, Jean-Baptiste au désert; pour mère, une humble fille de Juda; pour apôtres, des bateliers; et pour résumer tous ces faits dans un seul, le plus éclatant de tous, Jésus a envoyé des anges aux bergers des montagnes de la Judée, pour en faire les premiers adorateurs de son berceau, dans l'étable de Bethléem. Or, depuis cette inclination connue du cœur de Dieu pour les petits et les faibles, la préférence de Marie ne fut jamais démentie. Tous les sanctuaires où la Mère de Dieu est spécialement honorée, ont d'ordinaire pour principe, une apparition de la Sainte Vierge à des enfants, à des bergers, à des pauvres; telle est l'origine de Notre Dame du Laus, de l'Osier, de Lourdes et de tant d'autres, au milieu desquelles brille Notre Dame de la Salette, qui donne un éclat nouveau aux préférences divines pour les petits et les humbles. Elle appelle sur la chaîne des Alpes, deux bergers inconnus, ignorants et grossiers; ils ont l'insigne faveur de voir couler ses larmes et d'entendre son discours; et Elle les admet encore à ses côtés, dans les représentations publiques de son apparition, sur les montagnes et dans nos églises. Aussi bien, la vocation des enfants de la Salette a-t-elle quelque chose d'étrange, d'unique: elle rappelle à certains égards, celle des apôtres. C'est au bord du lac de Genésareth, ou sur les rivages des mers que sont appelés les apôtres, soignant leurs barques et raccommodant leurs filets; et leur grossièreté native demeure trente ans, sans intelligence aucune des enseignements de leur divin Maître. Les bergers de la Salette sont trouvés sur la montagne, veillant à la garde de leurs troupeaux; leur âge est sans culture, leur esprit sans instruction; et pour faire comprendre son message, Marie dut condescendre à parler le langage grossier de ces pâtres et de leurs montagnes... Sous le souffle de l'Esprit Saint, toutes choses divines sont révélées aux apôtres, et la fermeté de leur témoignage éclaire le monde, autant qu'elle déconcerte l'erreur et la tyrannie. Il semble que Marie ait répandu, elle aussi, sa vertu céleste sur l'esprit de ses deux petits apôtres, rendus capables en un instant de retenir tout un long discours, et répondant avec une noble simplicité aux contradicteurs de l'apparition: « Nous avons reçu mission de la Sainte Vierge, de vous dire ce que nous avons vu et entendu, et non pas de vous le faire croire!... » L'œuvre de ces humbles bergers, la dévotion à Notre-Dame de la Salette, a déjà pris un des caractères de l'œuvre des apôtres, qui est l’Église, l'universalité; elle compte six cents sanctuaires, élevés en divers points du globe, sur les cinq parties du monde. Enfin, il fut commandé aux apôtres de partir et d'aller enseigner toutes les nations. Il a été dit aux enfants de la Salette: « Eh bien, mes enfants,allez, vous le ferez passer à tout mon peuple ». Et des pâtres des Alpes, comme des apôtres, il semble encore que l'on puisse dire: Leur voix a retenti par toute la terre et jusqu'aux extrémités du monde.

 

Réflexions

 

Une montagne isolée, deux enfants ignorants, une apparition et un discours tout vulgaire ; quel besoin avaient Dieu et la Sainte Vierge de choisir un tel mode et de tels personnages, pour une révélation de cette nature? Dieu sans doute n'a besoin de rien ni de personne, pour atteindre le but de sa providence; mais ici, la prédilection accordée aux bergers sur les autres hommes, est merveilleusement conforme aux secrets de l'action divine, et très-opportune contre l'orgueil de notre siècle. 1° Secrets de faction divine. Dieu ne recherche pas ce qui est célèbre et grand; il semble même s'étudier à laisser à l'écart le renom et la gloire; mais son action publique incline toujours son cœur à ce qui est humble et petit ; il a fait, de cette prédilection, une sorte de profession invariable à travers les siècles: David enfant instruisait le roi de Babylone; le jeune Samuel portait les menaces de Dieu au grand prêtre Élie. Cela a été son bon plaisir en ce monde, sa loi providentielle dans la conduite de toutes choses; cela a été, dit Bossuet, sa marche éternelle; il est toujours demeuré le même, choisissant ce qui est infirme, pour confondre et détruire ce qui est. D'ailleurs, de marche, Dieu n'en pouvait pas avoir d'autre; procéder à la façon des hommes, c'eût été oublier qu'il était Dieu, et l'action divine eût perdu son caractère divin, à travers les moyens naturels et les éléments humains; l'inclination de son cœur à tout ce qui est humble et petit, convient donc merveilleusement à sa nature divine et à l'éclat de son action publique. L'apparition de la Salette, confiée à des bergers, en est une manifestation glorieuse; qui pourrait en effet nier l'intervention et l'action divine en la personne de ces pauvres pâtres des Alpes, oubliés de tous dans leurs montagnes, connus aujourd'hui du monde entier, et qui ont ajouté au culte de Marie, le vocable d'une dévotion nouvelle, sur la seule affirmation de leur simple témoignage, accepté par l'épiscopat, et confirmé par les faveurs spirituelles de l’Église 2° Le choix des bergers, confond l'orgueil de notre siècle: Le fait de la Salette a d'innombrables pareils dans les annales religieuses; il n'en est pas qui donnent une confirmation plus éclatante à cet oracle évangélique: « Seigneur, vous avez caché vos secrets aux sages et vous les avez révélés aux petits enfants ». Si Dieu nous eût envoyé ses avertissements par l'intermédiaire des philosophes, des savants de notre siècle, on les eût acceptés sans peine; mais que ce message céleste nous arrive de bergers dépourvus des connaissances les plus vulgaires, la raison hésite à croire, et la science orgueilleuse ne se peut résigner. Or, Marie ne sait que suivre les plans de son divin Fils; et, à son exemple, Elle choisit toujours pour agir, ce qu'il y a de plus vil, de plus méprisable selon le monde. Non, les savants, les riches, les puissants, ne seront pas les élus de la Reine du Ciel : ceux qui sont les témoins de son apparition, les confidents de ses secrets, les apôtres de son discours sur la montagne, ce seront des enfants, c'est à dire, ce qu'il y a de plus faible, de moins estimé parmi les hommes; ce seront des bergers, pauvres, dénués de tout!... Et en vérité, il appartenait à un siècle raisonneur et philosophe d'être éclairé, pour sa confusion, par des enfants ignorants et grossiers. On le voit, Dieu est toujours conforme à lui-même; il dédaigne partout l'orgueil, et se révèle à la simplicité; et cela, dit l'apôtre saint Paul, afin que nulle créature ne se glorifie devant Lui.

 

Pratique : A l'exemple de Marie, n'affectons pas de préférer le rang, la distinction, les choses élevées; et suivons le conseil de l'Apôtre, disant aux chrétiens: « Ne vous élevez pas à des pensées trop hautes; mais abaissez-vous jusqu'aux personnes les plus humbles ».

 

Guérison de sœur Marcelline, religieuse de la communauté d'Evion, à Bais

(Lettre de M. le curé de Bais à M. le Supérieur)

 

Mon Révérend Père, Je vous prie de vouloir bien excuser le retard que j'ai mis à vous répondre, mais j'avais besoin de l'avis de Monseigneur avant de le faire. Voici donc, dans toute sa simplicité, le fait merveilleux dont vous me demandez le rapport : Une des sœurs de notre établissement, qui relève de la communauté d'Evron, s'en allait mourante depuis six mois et plus; elle crachait et vomissait le sang. Depuis quatre mois, elle avait entièrement perdu l'usage de la voix; le médecin, qui la visitait avait déclaré que le larynx était en suppuration. Divers emplâtres lui furent successivement appliqués, mais sans obtenir à la malade le moindre soulagement. Déjà six semaines s'étaient écoulées depuis qu'elle s'était vue contrainte à garder son lit sans pouvoir plus le quitter. Je ne supposais même pas qu'elle dût aller loin. Le 25 novembre dernier (1865), après avoir entendu la lecture d'une guérison miraculeuse, publiée à cette époque par le journal le Monde, elle commença, sur mon invitation et avec l'e concours de ses compagnes et de quelques personnes pieuses, une neuvaine à Notre-Dame de la Salette. Pendant cette neuvaine, l'état de la pauvre sœur empira au lieu de s'améliorer. Le premier dimanche de l'Avent, dernier jour de la neuvaine, je lui portai la sainte communion avant la première messe que j'allais dire immédiatement après pour elle. La messe est à peine achevée que tout à coup la bonne sœur recouvre la voix et se trouve parfaitement guérie. Les emplâtres s'étaient desséchés sans laisser aucune trace de cicatrices. J'étais au confessionnal, quand la supérieure, pleurant de joie, vint me dire: « Sœur Marcelline est guérie, elle veut se lever et venir à la messe ». « Laissez-la venir remercier le bon Dieu, lui dis-je: elle ne pourra jamais assez le bénir, ni nous non plus ». Elle vint donc à la messe d'actions de grâces que dit pour elle un prêtre de la paroisse. Le soir, elle assista à vêpres. Depuis lors elle a assisté à tous les exercices de la communauté, et sa santé s'est parfaitement maintenue. Il ne m'appartient pas de qualifier cette guérison; mais nous croyons que nous ne pourrons assez remercier Dieu et bénir Marie, notre bonne Mère. Je ne songeais pas à vous envoyer encore ce rapport, et j'ai même différé de l'envoyer à Monseigneur l’évêque. Mais les journaux s'étant occupés de ces faits, je me suis décidé à vous en donner communication, avec l'assentiment de l'autorité compétente. Puissent-ils contribuer à la gloire de Dieu et à l'honneur de Noire-Dame de la Salette. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

 

Prière

 

O Marie, que de grâces faites à la simplicité! Que de bonheur accordé au cœur humble et modeste! Vous choisissez de pauvres enfants pour les témoins du miracle de votre apparition; et ils sont seuls admis à entendre votre voix maternelle et à connaître vos desseins de miséricorde; toutefois, ô Mère, ces préférences de votre cœur ne nous étonnent pas: venant demander au monde une naissance nouvelle à votre loi, vous deviez, comme votre Fils naissant en son étable, être saluée tout d'abord par les bergers des montagnes! Et nous aussi, ô Marie, nous viendrons dans ce sanctuaire, image de votre montagne, entendre votre voix et méditer votre apparition. Comme aux bergers, donnez-nous de vous porter toujours un esprit simple et docile, et un cœur plein d'un zèle ardent et inconfusible, à répandre les enseignements salutaires de Notre Dame de la Salette. Ainsi soit-il.

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06 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Septième jour

Le vallon de l'apparition

 

Sous le plateau des Baisses, à la montagne de la Salette, se découvre un ravin peu profond: il est formé par deux éminences légèrement inclinées, et baignées à leur base par le petit ruisseau appelé le Sézia: c'est au fond de ce vallon, sur la rive droite du ruisseau, à l'endroit même où coule aujourd'hui la célèbre fontaine, que fut tout d'abord aperçue la Sainte Vierge, assise et pleurant. Quelques mètres plus bas, debout, et les bras reposés sur sa poitrine, Elle parle aux deux bergers, rassurés et invités à s'approcher. Enfin, ayant franchi d'un seul pas le petit ruisseau le Sézia, Elle remonte l'éminence opposée, sans faire plier le gazon qu'elle effleure; là, Elle disparaît peu à peu, aux yeux des enfants étonnés, éloignés de trois pas à peine, lorsqu'elle s'éleva dans les airs, dans un nuage de lumière éblouissante. Et de là, ces trois noms, donnés sur la montagne, à ces lieux bénis, qui ont reçu plus particulièrement l'empreinte des pas de Marie: L'apparition, la conversation, l'assomption. La pierre et la verdure ont disparu sous les mains avides des pèlerins, tenant pour une sorte de relique tout ce qui a touché à cette terre vénérée; trois statues en bronze, représentant chacune une des poses de l'apparition de la Vierge, s'élèvent en ces lieux; elles sont toutes d'une beauté majestueuse, d'une expression saisissante, qui font plier tous les genoux et couler bien des larmes; quatorze croix de bois sont échelonnées sur le chemin parcouru par Marie; et les fidèles ne manquent jamais de faire le chemin de la croix, tracé là, non par l'instrument de l'ouvrier, mais par les genoux et les lèvres des pèlerins. Telle est la description locale du plateau de l'apparition. Et quel sentiment religieux, quelle émotion pieuse éveille dans l'âme l'aspect de ce vallon béni! peu profond et de courte étendue, il étale au soleil du printemps la plus tendre verdure; on dirait vraiment que la montagne s'est là doucement inclinée, toute seule et d'elle-même, comme pour y former un berceau à la mère de Dieu. Au contraire, sous les frimas de l'hiver, alors que la tête de la Vierge et le front des bergers apparaissent seuls au-dessus d'une épaisse couche de neige, quelle beauté sévère, quel religieux mystère planent sur ces collines! On croit voir apparaître, errant au fond de ce vallon, les figures bibliques de Marie; il semble que ces lèvres de bronze de la Vierge, vont s’entrouvrir, pour dire avec le prophète: « Voyez, je suis sévère au-dessus de cette blancheur de neige, mais, je suis belle!... » Et l'âme, saisie d'une émotion toute compatissante pour Marie ensevelie sous ces frimas glacés, continuant la figure du prophète, invite l'hiver à se retirer, la Vierge à dépouiller son manteau de neige, pour se montrer à tous, Mère bonne, et Reine radieuse.

 

Réflexions

 

1° Souvenirs et sentiments : Nous voici sur la montagne de la Salette, debout sur le lieu même de l'apparition; représentons-nous par la pensée, ce qui a été vu et entendu, dans l'enceinte de ce vallon; ouvrez les yeux de la foi; considérez cette terre bénie, que Marie a regardée avec tant d'amour... Vos pieds touchent cette terre, sur laquelle ont reposé ses pieds augustes... Vous marchez sur le gazon qu'a effleuré son pas léger; baisez avec respect ces traces vénérées!... Prêtez maintenant l'oreille du cœur: on croit voir encore, comme un reflet éblouissant de la gloire de Marie... on croit entendre comme un écho lointain de sa voix céleste... on croit sentir une des larmes miraculeuses de la Salette tomber sur son âme! Et à genoux, et tout ému, là, tout près de cette fontaine où le cœur de Marie s'est montré débordant de tendresses maternelles, le pèlerin se dit en son âme: O bonheur! c'est ma Mère du ciel que j'entends en ce lieu; c'est ma Mère du Calvaire, perdue pendant de si longs siècles, et dont je respire ici le souvenir embaumé et la douce présence!... Heureuse montagne qui avez servi de marchepied à ma Mère; je n'ai rien à vous envier ! c'est bien vous plutôt qui envieriez mon bonheur, si vous pouviez le connaître et le comprendre! 2° Leçon de pénitence et de réparation: Que de leçons touchantes sont révélées à l'âme, au fond de ce vallon!... On se sent là pénétré d'une atmosphère religieuse, et d'un désir de pénitence et de réparation, qui saisissent l'âme tout entière!... Et qui peut dire parmi nous, pauvres pécheurs: je n'ai pas besoin de conversion, d'amélioration morale, d'expiation, de pénitence. En un mot, qui ne doit mille fois s'écrier avec le saint roi David: Seigneur, quel mortel pourrait se flatter de connaître tous ses péchés? Purifiez-moi de ceux que mon œil ne sait pas découvrir, et faites-moi grâce pour ceux d'autrui, dont je puis avoir à répondre à votre jugement. Pour entrer donc plus avant dans les desseins miséricordieux de Notre Dame de la Salette, représentons-nous aujourd'hui ce vallon béni de l'apparition, comme l'image lointaine de la vallée du jugement, et mettons dans notre âme les sentiments de regret, de repentir, de conversion sincère, que nous voudrions être trouvés en elle, à l'arrivée du souverain juge.

 

Pratique : Prendre la résolution et la sainte coutume de faire de temps en temps le chemin de la croix, si pieusement suivi dans le vallon de la montagne, par exemple le 19 de chaque mois, jour anniversaire de l'apparition.

 

Conversion et mort édifiante

(Lettre d'une sœur sur l'heureuse mort de son frère, à M. le supérieur de la Salette)

 

« Je dois à la grandeur de cette fête (l'Immaculée Conception) de prendre sur ma faiblesse pour vous écrire quelques lignes. Encore une victoire de Notre Dame de la Salette, une de ces fleurs cueillies dans les larmes et dans le deuil, mais dont le parfum endormira nos douleurs. Mon pauvre frère que Notre Dame de la Salette a guéri pendant que j'étais, en septembre, sur la sainte Montagne, vient de mourir d'une laryngite aiguë. Il nous a été enlevé en deux jours de souffrances, au milieu de nombreuses grâces célestes de tout genre. La plus grande de toutes a été sa parfaite conversion, opérée instantanément. Lundi matin, tout près d'étouffer, faute d'air dans le poumon, il consent à prier, puis à se confesser à Monseigneur N, qui lui a dicté les paroles par lesquelles il pourrait faire, en peu de temps et à travers les suffocations, une confession de si longues années. L'absolution lui a donné un peu de calme et un instant de mieux qui a trompé les médecins eux-mêmes. Mais, hélas! cette lueur d'espérance devait bientôt s'évanouir. Dès onze heures jusqu'à son dernier soupir, à deux heures et demie, ce pauvre ami n'a pas interrompu ses prières dans son cœur, ses actes de contrition et d'amour, et ses larmes sur son crucifix, qu'il a tellement pressé sur son cœur, qu'il en a brisé les pieds. Et l'eau de la Salette! c'est la seule boisson qu'il pouvait avaler, et quand il a senti qu'elle ne descendait plus, il nous a présenté ses deux mains pour que nous lui en versions quelques gouttes dans le creux, et il s'en aspergeait avec une confiance touchante, et il baisait ensuite ses mains mouillées. Puis, il retournait à son crucifix, à sa médaille et à son scapulaire qu'il s'est attaché lui-même. Il est mort dans un dernier baiser à son Christ, que ma belle-sœur venait de lui présenter pour une dernière fois. Ce qui montre le plus, ce me semble, la grandeur de la grâce qui lui a été faite, c'est l'impression profonde de recueillement dans les personnes vertueuses, et de repentir dans les pauvres pécheurs, que la nouvelle de sa conversion a faite. On a peu vu, ou plutôt point vu, je crois, depuis des années, des funérailles qui se soient faites dans de pareils sentiments et avec de semblables manifestations. J'ai vu trois jeunes gens, francs-maçons, qui, au milieu d'un torrent de larmes, demandaient de mourir ainsi. L'un d'eux était allé vers le lit de mort de mon pauvre frère, et, prenant de l'eau bénite, il faisait le signe de la croix sur son corps, et disait en pleurant les prières de son enfance. Tout cela est dû, je n'en doute pas, à Notre-Dame de la Salette, à laquelle mon frère a cru, dès qu'il s'est vu guéri, à l'époque de mon voyage. J'irai sur la sainte Montagne, en actions de grâces, accompagnée de ma nièce. J'aurais d'autres détails à vous donner encore, je les réserve pour un autre jour, car c'est par-un sentiment de reconnaissance envers notre Mère du ciel que je vous écris aujourd'hui toutes ces choses. Veuillez, mon Révérend Père, etc.. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, nous voici dans un vallon sanctifié par vos pas, et embaumé de tous vos parfums! Je ne me suis jamais senti si près de vous ! Est-ce bien vrai que je touche la terre que vous avez touchée; que je suis à genoux par la pensée, sur la montagne dont vous vous êtes fait un trône ; qu'en baisant ces rochers, je puis baiser ici comme l'escabeau de vos pieds?... Quelle grâce, ô ma Mère; et comme en ces lieux je me sens proche du ciel! Montagne de la Salette, je me sens aujourd'hui élevé comme vous!... Comme vous, je vois Marie, j'entends sa voix, je sens sa présence errante encore sur ces collines! O Marie, comme à vos petits bergers, dites nous d'approcher; comme eux, enveloppez nous du manteau de votre lumière; comme à eux aussi, parlez-nous ici, en pleurant, des péchés des hommes, et de la colère de votre divin Fils!... Vos larmes provoqueront nos larmes; nous pleurerons à vos côtés, l'indifférence religieuse, l'abandon de la prière, la désertion de nos églises, et les blasphèmes de l'impie! Oui, mêlons nos larmes; n'ayons qu'une seule coupe pour recueillir tous ces pleurs; et l'offrant vous-même à votre Fils, il nous viendra de son cœur, grâce, pardon, miséricorde. Ainsi soit-il.

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05 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Sixième jour

La Montagne de la Salette

 

Il est remarquable que les faits les plus importants de la religion se passent sur les montagnes: L'arche s'arrête, après le déluge, sur une montagne d'Arménie. Jéhovah dicte ses lois à Moïse, sur le mont Sinaï. Le prophète Élie doit gravir l'Horeb, pour entendre la voix du Seigneur. Dieu établit le siège de la royauté de David, sur la montagne de Sion. Quand Jésus-Christ commence sa vie apostolique, c'est du haut d'une montagne qu'il parle pour la première fois à la foule, il conduit sur le Tabor ses trois disciples les plus aimés, et c'est là qu'il se transfigure: il prélude à sa passion, en veillant et en priant sur la montagne des Oliviers; il meurt sur le Calvaire, et enfin, quand il est près de remonter dans le sein de son père, il revoit une dernière fois ses apôtres sur une montagne de la Galilée, et de là, il s'élève vers les cieux. Aussi, les montagnes sont-elles souvent mentionnées dans nos saints livres, et nous pouvons rappeler ces paroles du psalmiste: Dieu abaisse sur les montagnes des regards de complaisance ; et leurs cimes sont à lui. Marie semble partager ces complaisances mystérieuses du cœur de Dieu pour les montagnes; à peine a-t-elle conçu son divin Fils dans ses chastes entrailles, qu'elle s'élève vers les montagnes. A la mort de ce Fils, Elle est debout sur le mont Calvaire. Pendant les jours de sa vie mortelle, une pieuse tradition nous la représente parcourant amoureusement les montagnes sanctifiées par les pas de son Jésus, et après son Assomption dans le ciel, les lieux élevés ont été préférablement choisis par elle pour se montrer à la terre : les montagnes sont le théâtre ordinaire de ses apparitions; ses sanctuaires sont bâtis sur les hauteurs, et ses statues dominent nos plaines, des cimes de nos montagnes: telle est précisément la gloire de la montagne de la Salette, d'avoir été favorisée d'une de ces apparitions miraculeuses de Marie, et servi de trône à son pied virginal!... et qui dira la majesté imposante de ce sommet béni? là, tout est grand; les horizons y sont immenses, étendus comme l'espace, saisissants comme le vide; les montagnes tantôt, perdues dans les nues, tantôt couronnées de neige, s'élancent comme des géants dans les airs, et les profonds abîmes eux-mêmes, creusés tout autour, semblent s'incliner par respect, et vénérer l'empire de Marie!... Non, tout cela n'est pas sans voix pour le cœur; et si peu soit-on chrétien, ce spectacle impose, il émeut; et l'on ne saurait descendre de la montagne de la Salette comme l'on y était monté!... Ah! c'est que, si comme Moïse, il n'a pas fallu quitter sa chaussure pour entrer dans le sanctuaire qui couronne ce sommet béni, la voix de Marie s'y est fait entendre à notre cœur, comme la voix de Dieu, au sein du buisson enflammé du désert. On a laissé dans le sein de cette Mère miséricordieuse, l'aveu de fautes peut-être graves et nombreuses: et alors on redescend ces collines, l'esprit plus éclairé, le cœur plus fort, et l'âme ressuscitée à une vie nouvelle et depuis longtemps inconnue, la vie de la grâce.

 

Réflexions

 

Les montagnes ont, dans nos saints livres, un langage symbolique, dont voici les accents principaux: 1° Les montagnes dominent la terre, et les spectacles qui s'y manifestent attirent plus facilement les regards : c'est ainsi que l’Église est assimilée à une montagne, et de sa haute cime, l'exemple et la parole doivent se répandre dans l'univers entier... 2° Les montagnes sont l'emblème des divines contemplations: ici-bas, tout est vil, et toute atmosphère empoisonnée; mais à mesure que l'on monte, que l'on s'élève dans l'espace, l'air est plus pur, plus vivifiant: et voilà pourquoi les âmes contemplatives vont se bâtir une demeure sur les hauteurs des montagnes, pour se rapprocher du ciel, et se dilater plus encore à ce contact plus immédiat de leur cœur avec celui de Dieu, vrai soleil d'amour: semblable à l'aigle, qui va se renouveler, et s'animer d'un vol plus hardi, et d'une flamme plus vive, en s'élevant plus haut au firmament, dans les régions du soleil... 3° Les montagnes de la terre sont l'image de la montagne céleste ; et leurs cimes éclairées les premières par la Lueur naissante du jour, figurent la lumière divine se levant à l'horizon du ciel, et colorant de ses premiers feux, le premier jour de l'éternité... et voilà pourquoi l'âme pieuse, saisie d'effroi à l'aspect inconnu de cette lumière, pousse ce cri amoureux, dans nos saints livres: Émigre, ô mon âme, émigre vers les montagnes, comme le passereau, ou plutôt, prends des ailes comme la colombe, vole vers la montagne, et ne te repose qu'au sommet, avec Dieu et près de Dieu... Ces considérations nous doivent bien faire comprendre la gloire de la montagne de la Salette, et la faveur insigne dont la Sainte Vierge l'a honorée en daignant la visiter. Levant donc nos yeux vers cette hauteur sanctifiée, comme les prophètes vers les montagnes d'Israël, nous pouvons dire avec David: Je lèverai mes yeux vers la montagne, d'où le secours me viendra... Enfin, nous l'avons dit, c'est surtout sur les montagnes que Marie se plaît à placer son trône: ce fait, que l'histoire atteste, et que l'apparition de la Salette a rendu plus éclatant, a quelque chose d'étrange: ce n'est point pour s'élever plus haut que Marie choisit les montagnes, à l'exemple des hommes qui se dressent pour être plus grands: modeste et humble pendant la vie, elle reste humble et modeste dans la manifestation de sa gloire; mais elle se place sur les montagnes pour porter plus loin ses regards maternels, ou plutôt, pour nous attirer à elle, loin du bruit des flots, et du tumulte du monde, pour régner plus efficacement sur nos cœurs, dans le recueillement de la solitude, et la paix du silence.

 

Pratique : Visiter quelquefois une de ces montagnes vénérées que couronne un sanctuaire à la Sainte Vierge; rame se sent à ces hauteurs plus détachée de la terre, et Dieu lui parle plus intimement du ciel.

 

Guérison miraculeuse d'une jeune paralytique

 

Amanthe-Marie-Louise est âgée de quatorze ans; elle est simple, naïve, timide et d'une grande piété. Elle habite avec sa mère malade une modeste chambre dans l'asile que nous venons d'ouvrir aux pauvres de la paroisse, et dans l'impossibilité elle-même de pouvoir subvenir aux besoins de sa fille, infirme depuis quinze mois, et condamnée à l'immobilité pour le reste de sa vie. Louise avait été, à la suite d'un accident, frappée de paraplégie. La paralysie a été complète pendant dix mois. La malade ne pouvait elle-même faire le moindre trajet. On la portail dans une chaise d'un lieu à un autre. Le moindre mouvement lui causait des douleurs intolérables. Louise, au début de sa maladie, avait été visitée par deux habiles médecins; mais le traitement demeura incomplet, ne pouvant procurer à la jeune personne, à cause de la misère de la pauvre mère, une saison des eaux thermales. Ne comptant plus sur l'art des hommes, la pauvre mère tourna ses regards vers le ciel. Elle pria beaucoup et intéressa en sa faveur quelques âmes pieuses. Elle fit une neuvaine qui resta sans succès. Sa confiance était toujours ardente; elle était persuadée que la Sainte Vierge guérirait son enfant vers la fin du mois de Marie, qu'on célébrait alors, et elle commença une seconde neuvaine à Notre-Dame de la Salette. Pendant ces pieux exercices, elle tomba si malade, qu'on crut devoir lui administrer les derniers sacrements; on continuait néanmoins de prier avec la plus vive confiance. Le troisième jour de la neuvaine, la mère était sur son lit de douleur, et la jeune fille auprès de sa petite fenêtre. Tout à coup, Louise tremblante, s'écrie: « Maman, quelqu'un me lève! » « Tais-toi, étourdie! répond la mère, ne te remue pas, tu pourrais tomber ». Cet événement n'eut pas d'autre suite. Mais à la fin de la neuvaine, le 21 mai, à sept heures du matin, Louise venait d'être retirée de son lit par une voisine charitable et remise à sa place ordinaire, quand tout à coup elle pousse un cri d'effroi: « Maman, maman, on me lève, quelqu'un me tient à la taille; mais voyez donc! on me porte; maman, mon Dieu! mon Dieu! » La mère presque agonisante, lui dit alors: « Ma fille, c'est la Sainte Vierge qui veut te guérir; lève toi, et viens ici ». Louise était déjà debout, pâle comme la mort, tremblante de frayeur, n'osant ni marcher ni s'asseoir: elle est toujours soutenue par une puissance occulte, par une main invisible. Enfin elle se précipite vers le lit de sa mère, d'où on venait de l'enlever quelques instants auparavant percluse. La pauvre enfant mêle les larmes de sa joie aux larmes de sa mère. Quel admirable cantique d'amour et de reconnaissance dut monter vers le trône de la Reine du ciel pendant ce long embrassement! Les cris d'admiration que poussent ces deux heureuses créatures ont bientôt attiré tous les pauvres de l'asile et les habitants du voisinage. Un cri spontané s'élève de la foule impressionnée et émue jusqu'aux larmes: « C'est un miracle, s'écrie-t-on de toutes parts; allons à l'église remercier Notre Dame de la Salette ». La nouvelle de l'événement se répand avec la rapidité de l'éclair jusqu'aux extrémités de la ville, et la foule devient si .nombreuse et si avide de voir la pieuse miraculée, que l'autorité crut devoir prendre des mesures pour assurer l'ordre et la circulation autour de l'asile des pauvres. Le lendemain, Louise se rendait à l'église pour faire la sainte communion à une messe d'actions de grâces, accompagnée, chose étonnante, par sa mère, revenue des portes du tombeau. Louise marche seule, sans appui, avec un air d'admirable candeur; autour d'elle ce sont les mêmes cris d'admiration et d'enthousiasme que la veille. Puisse ce fait éclatant, raconté dans toute sa simplicité, et dont nous venons d'être les heureux témoins, procurer la gloire de Dieu et de sa sainte Mère. (Rapport de monsieur le curé du Centre, Saint Pierre, Martinique France).

 

Prière

 

O montagne de la Salette, 2 000 mètres mesurent la hauteur de ta cime au-dessus de la terre; ce n'est là qu'une hauteur médiocre; ton élévation véritable est celle qu'a donnée à ton sommet, en le touchant, le pied virginal de Marie! oui, depuis ce jour, tu es le plus grand, le plus majestueux des monts qui t'avoisinent; tu brilles, parmi nos montagnes de France, d'un éclat égal à celui du Liban, au milieu des monts d'Israël... ta cime élevée, tous les peuples l'aperçoivent, et voilà pourquoi ils viennent à ton sanctuaire, des régions les plus lointaines; et nous aussi, nous venons invoquer la Vierge à qui tes roches ont servi de marchepied ; ô Marie, ô Mère, soyez-nous propice, ouvrez le cœur de votre Fils sur notre pauvre cœur, du haut de cette montagne bénie, où tout est agréable à Dieu: alors la solitude tressaillira ; elle sera ravie de joie, et fera entendre tes glorifications... Ainsi soit-il.

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04 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Cinquième jour

Marie Médiatrice à la Salette

 

Nous avons pour médiateur auprès de l'infinie majesté de Dieu, Jésus-Christ, sans lequel nous ne pourrions approcher le trône de l’Éternel ; il est le seul dont on puisse absolument ainsi parler, selon ces paroles de saint Paul: Le médiateur unique est Jésus-Christ fait homme. Mais nous avons besoin aussi d'un intermédiaire auprès de Jésus-Christ., pour obtenir plus sûrement sa médiation indispensable; si, comme homme, il se rapproche de nous, comme Dieu, il demeure à une distance infinie, et s'il est notre Sauveur, il est aussi notre juge; or, il a plu au cœur de Jésus-Christ de rapprocher ces distances; et pour nous donner auprès de lui un accès plus facile, il nous a donné pour médiatrice sa divine Mère; et parmi les plus beaux titres que l’Église aime à donner à la Sainte Vierge, il faut certainement compter celui de médiatrice entre Dieu et les hommes, et ce privilège insigne n'est pas une faveur simplement gratuite, il était en quelque sorte acquis à Marie, par le consentement libre par Elle donné au mystère de l'Incarnation, par son acquiescement volontaire à la mort de son Fils: et nous savons avec quelle générosité magnanime Elle exerce toujours ces fonctions augustes, passant comme ce même Fils, les longues heures de son éternité, à intercéder pour ses, enfants. Or, la Sainte Vierge ne mérite jamais mieux d'être saluée sous ce nom et honorée dans cette prérogative, que dans son apparition aux enfants de la Salette; voici, en effet, sa médiation auguste au sommet d'une montagne: semblable à ces ambassadeurs que les princes envoient à leurs tributaires pour décider les grandes questions de paix ou de guerre, Marie vient de la part de Dieu et descend sur nos terrestres confins: Elle est Mère de Dieu et des hommes. Mère de Dieu, elle parle de son Fils méprisé, de ses lois méconnues, de son saint Nom profané, elle plaide les intérêts de Dieu. Mère des hommes, elle donne à ses enfants des avertissements salutaires, elle s'efforce de les toucher par ses reproches, de les attirer par ses promesses, de les attendrir par ses larmes, et de les mener tous à conversion; elle plaide les intérêts des hommes. Et c'est ainsi, qu'à la montagne de la Salette, se montre à nous, de nos jours renouvelé, l'auguste spectacle d'une seconde médiation céleste, et que sur ce sommet béni, comme au Calvaire, se baisent et s'embrassent une seconde fois sur le cœur maternel de Marie, la justice et la miséricorde, justitia et pax osculatae sunt... et il semble vraiment que cette médiation auguste, tout la veuille grandir; elle trouve un emblème jusque dans ce plateau qu'elle choisit, pour se montrer aux hommes; ce plateau est céleste, tant il est élevé au-dessus des terres habitées, et pourtant il est terrestre, considéré du ciel, aussi terrestre que nos plus basses plaines et nos plus humbles montagnes.

 

Réflexions

 

Le but de toute médiation, c'est la paix, c'est une réconciliation. L'objet de l'apparition de la Sainte Vierge, c'est la paix, la réconciliation de nos âmes, c'est-à-dire notre conversion, notre retour à Dieu; pour répondre à ce dessein miséricordieux de notre Mère, et nous faire apprécier ce que nos âmes ont coûté au ciel de sang et de larmes, contemplons les deux grandes victimes de la médiation des hommes: Jésus, médiateur au Calvaire, Marie, médiatrice à la Salette. 1° Considérons, dans le médiateur suprême, qu'il a été nécessaire, pour effacer nos péchés, pour apaiser un Dieu irrité par la violation de ses lois, que le Verbe éternel soit descendu sur la terre, se soit revêtu des pauvres haillons de notre humanité; qu'il ait jeûné, pleuré, passé trente-trois ans en de continuels travaux, et qu'il ait souffert la mort la plus ignominieuse, la plus douloureuse qui fût jamais. Il a fallu, pour réparer nos péchés, que la Majesté souveraine fût méprisée; que la Sainteté infinie fût mise au nombre des pécheurs; que la Sagesse éternelle fût tenue pour folie; que le vrai Dieu, en un mot, fût réduit à cette extrémité humiliante, de mourir sur la croix de la mort des esclaves!... Que ceux donc qui vivent, dit saint Paul, ne vivent plus à eux-mêmes, mais à celui qui est mort pour eux, rapportant à sa gloire toutes nos œuvres, toutes nos pensées, toutes nos affections. 2° L'apparition à la Salette, c'est le spectacle douloureux de la médiation du Calvaire renouvelée en la personne de Marie. Il y a ici, comme au Calvaire, une victime innocente, placée entre le ciel et la terre, la justice et la miséricorde; à la place du sang d'un Dieu, il y a les larmes de sa Mère. Selon la pensée d'un des bergers de la Salette, si au temps de Jonas Marie eût existé, c'est elle-même que Dieu eût envoyée aux Ninivites; ce qu'elle n'a pu faire alors, elle le fait de nos jours, dans son apparition, se montrant au sommet d'une montagne, médiatrice universelle entre Dieu et les hommes; ici, c'est d'une part Jésus-Christ remettant à sa Mère ses droits de juge sur les pécheurs; de l'autre, ce sont les pécheurs se remettant, eux aussi, dans les mains de Marie; et au milieu de Dieu et des pécheurs, c'est Marie elle-même, procurant par ses larmes satisfaction à la justice divine, et au pécheur, repentir et conversion; et c'est ainsi que la paix nouvelle se conclut sur la montagne de la Salette. La voilà donc, la médiatrice de nos temps malheureux, intercédant pour nous, pauvres pécheurs, tristes exilés dans cette vallée de larmes. Avec quelle confiance ne devons-nous pas élever notre voix vers sa montagne, et faire monter nos soupirs jusques aux pieds de son trône; conjurons bien cette tendre Mère de ne pas détourner de nous ses regards de miséricorde, et, comme le médiateur suprême, toujours vivant pour intercéder, qu'elle ne cesse de prier pour nous, jusqu'au jour où elle nous montrera au ciel, Jésus son divin Fils et notre Sauveur.

 

Pratique : 1° Dans nos peines, nos tristesses, nos découragements, nous souvenir que Marie est notre médiatrice, et recourir à Elle, avec une grande confiance. 2° Réciter bien pieusement le Souvenez-vous, pour nous reposer, corps et âme, dans les bras de sa miséricorde.


 

Guérison de Mademoiselle Anaïs Leroy, de Montmirail

 

Melle Anaïs Leroy, âgée de 24 ans, était native de Montmirail,près Châlons (Marne, France). Depuis trois ans, une maladie très grave retenait cette jeune personne sur son lit, la réduisant à un état de faiblesse extrême et la soumettant à des crises très-douloureuses. Plusieurs fois, elle s'est trouvée dans un état d'agonie qui faisait craindre une mort prochaine. Les derniers sacrements lui ont été administrés à deux fois différentes. Pendant les trois mois de l'hiver 1864, elle ne put conserver la moindre nourriture; de fréquents vomissements lui faisaient rejeter les boissons les plus légères, et, à la suite de cette épreuve terrible, elle dut se résigner à conserver toujours la même position dans son lit; le moindre changement provoquait des syncopes ou de très vives douleurs. Elle fut visitée par plusieurs médecins, qui lui donnèrent, avec beaucoup de dévouement, tous les soins que réclamait sa situation; tous avaient reconnu chez la jeune fille une maladie de poitrine, mortelle au premier chef, et ils furent unanimes à déclarer que toute guérison était humainement impossible. Cependant la jeune personne, animée des sentiments d'une vraie piété, et pleine de confiance dans celle que Dieu nous permet d'appeler le Salut des infirmes, eut occasion d'entendre parler de Notre-Dame de la Salette, par une bonne chrétienne revenue depuis peu de la sainte Montagne. Elle résolut alors de faire une neuvaine pour obtenir sa guérison par l'intercession de Notre-Dame de la Salette. Plusieurs personnes pieuses voulurent y prendre part; on commença les prières le dimanche, 13 octobre, fête de la Pureté de Marie. La malade put se procurer de l'eau de la Salette, et elle en but tous les jours sans être incommodée. Cependant son état devint sensiblement plus grave; les souffrances étaient plus vives, et le médecin crut devoir multiplier ses visites et employer des remèdes énergiques. Le samedi, elle reçut le saint Viatique; la nuit suivante, contre toute espérance, fut bien meilleure que toutes les précédentes, et le dimanche matin, jour du Patronage de Marie, pendant que sa sœur était à la messe, la malade ressentit un bien-être qu'elle ne connaissait plus depuis longtemps; il lui vint à la pensée qu'elle était guérie, et, sur-le-champ, elle veut en faire l'expérience: elle s'assied sur son lit sans éprouver la moindre indisposition; quelques instants après elle se lève, et ses jambes qui, depuis longtemps, ne pouvaient soutenir le poids du corps, s'affermissent et lui permettent de rester dans cette position sans en être incommodée ! Plus de doute, elle est guérie; elle sent que Dieu vient de la visiter sur la demande de sa sainte Mère; elle tombe à genoux, pleurant de joie et de reconnaissance. Les premières émotions un peu calmées, la malade voulut s'habiller elle-même. Quelques heures après, soutenue par sa sœur, la jeune personne se rendit à l'église pour y remercier le Seigneur et sa sainte Mère, et s'en retourna sans éprouver ni gêne ni faiblesse. Le lendemain, dernier jour de la neuvaine, elle assista à la messe d'actions de grâces et y fit la communion. Depuis ce temps, elle a repris ses travaux de lingerie, pleine d'ardeur et de reconnaissance envers Notre-Dame de la Salette. Ces détails qui se rattachent à cette guérison sont revêtus de toute authenticité et ont été donnés tels qu'ils viennent d'être racontés par monsieur le curé de la paroisse de Montmirail, qui en a été le témoin oculaire. C'est un témoignage de plus en faveur de la puissante intercession de Marie, et une nouvelle preuve de son désir d'être invoquée sous le titre de Notre-Dame de la Salette. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O notre grande médiatrice, ô Mère de la divine grâce, nous pouvons bien aujourd'hui vous saluer de ces titres; vous avez été pour nous la messagère de la paix sur la sainte Montagne, et vos douces paroles plus encore que vos menaces, demeureront à jamais gravées dans nos cœurs reconnaissants et convertis; mais il vous faut continuer votre mission auprès de nous, ô tendre Mère: parlez toujours à nos âmes, les rendant plus dociles à vos enseignements; gravez de plus en plus dans notre mémoire les vérités que vous êtes venue nous rappeler; avec votre puissant secours, nos cœurs braveront tous les ennemis conjurés pour les perdre, et votre bonté maternelle, après nous avoir ramenés à Dieu par de salutaires avertissements sur la montagne, nous ouvrira les portes du paradis, à l'heure de la mort. Ainsi soit-il.

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03 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Quatrième jour

Le nom et le costume de Notre Dame de la Salette

 

Il semble que la Sainte Vierge ait voulu apparaître à la Salette sous la double figure de Mère de Dieu et de Mère des hommes. La Mère de Dieu s'est montrée à nous, dans la méditation précédente, dans l'éclat majestueux qui convient à ce titre et à cette dignité: voici, aujourd'hui, la Mère des hommes sous un nom obscur, sous un costume humble et modeste, pour nous servir d'exemple et de modèle, dans les actions ordinaires et la conduite générale de la vie ; à travers toutes les richesses qui composent la parure éclatante de Notre Dame de la Salette, je découvre une robe de forme très-simple, un fichu négligemment croisé sur la poitrine, une coiffure haute et tout abaissée, un tablier uni, marque distinctive de dépendance et de servitude. Ce costume grossier, humiliant, à l'usage de nos serviteurs, tel qu'il est porté dans nos montagnes et dans les plus pauvres villages, convient-il à la Reine du ciel, à la Mère de Dieu? Je l'avoue, à première vue, l'étrangeté de ce costume ne peut manquer de provoquer l'étonnement des plus indulgents, et le sourire du mécréant; mais, comme nous, Marie ne juge pas. Nous n'avons, nous, du beau, qu'un faux idéal; tel n'est pas celui de Marie: l'idéal du beau, pour Marie, c'est son divin Fils; or, son Fils est apparu à la crèche couvert de pauvres langes, à la flagellation, d'un manteau de pourpre déchiré, et au Calvaire, d'un linceul de sépulture qu'il fallut demander à l'aumône; et dans le sacrifice de l'autel, qui résume et qui continue tous ces profonds mystères, Jésus-Christ ne se montre que sous l'apparence d'un peu de pain dont il se fait un vêtement fragile, où il semble ne conserver de l'être que tout juste ce qu'il en faut pour ne pas cesser d'exister. Marie connaît ces secrets de la vraie grandeur, ces procédés du véritable amour; dédaignant donc les illusions trompeuses de la beauté humaine pour le beau divin, elle nous apparaît sous la forme la plus vulgaire qu'elle ait jamais revêtue: et le voilà tout expliqué, ce costume singulier de Notre Dame de la Salette, décrié quelquefois parce qu'il n'est ni médité ni compris; sa source, c'est le cœur et l'exemple de Dieu qui en a inspiré le choix et les préférences; son but pratique, c'est de donner pour type et pour principe au mérite et à la valeur de nos actions, la simplicité et la modestie. Autre source de grandeur pour la Vierge des Alpes, c'est cette appellation obscure qui la désigne par le monde: Notre Dame de la Salette. Notre Dame de Lorette, Notre Dame des Victoires, Notre Dame de France; tous ces vocables sont connus et participent à la célébrité de leur nom; mais quel pays plus obscur, quelle terre plus ignorée que la Salette avant l'apparition! Il paraît que ces montagnes étaient méprisées de ceux qui pouvaient les connaître, et ce qu'on avait dit autrefois de Nazareth, leur était applicable: Peut-il venir quelque chose de bon de ce pays méconnu et sans gloire? Et voilà que depuis le jour de l'apparition, toutes les terres, toutes les mers ont entendu le nom des montagnes de la Salette: il marche à travers le monde à l'égal des vocables les plus anciens et les plus glorieux; les peuples acclament cette dévotion nouvelle, de ses enthousiasmes les plus sympathiques et leurs plus religieux; et c'est ainsi que Notre-Dame de la Salette trouve un double titre de gloire dans la préférence donnée au modeste costume qu'elle revêt, et aux lieux obscurs où elle daigne descendre.

 

Réflexions

 

Écoutons avec un respect filial les deux leçons touchantes qui nous viennent, aujourd'hui, du haut de la sainte Montagne. 1° Leçon d'humilité et de simplicité: Ce n'est pas au sein de nos cités bruyantes et somptueuses que Marie a daigné apparaître et parler; c'est dans une solitude déserte, au milieu de montagnes écartées et inconnues; c'est que l'humilité redoute le bruit et l'éclat, elle préfère le silence, elle veut surtout sa cacher aux regards du monde. La Vierge Marie s'est souvenue en outre, que son divin Fils n'a pas craint de se faire appeler Nazaréen ; elle ne craindra pas non plus de se faire appeler Notre Dame de la Salette. Le monde peut sourire, s'il lui plaît, à cette appellation naïve et simple; n'importe, Marie la garde et l'aime; et comme le salut nous vint de Nazareth, la grâce et la miséricorde sont descendues des hauts sommets de la Salette. Aux pures clartés de ce noble exemple, qui donc pourra rougir de ce qui révèle en nous pauvreté, humiliation, obscurité? Utile sujet de méditation pour nous, qui pensons toujours à nourrir notre orgueil par nos paroles, notre recherche affectée, nos œuvres et nos démarches. 2° Leçon de décence et de modestie: « Marie portait l'humble tablier de servante et le modeste fichu des simples femmes; ses cheveux étaient si bien couverts par sa lumineuse coiffure, qu'on ne les voyait pas; les longues manches de sa robe cachaient entièrement ses mains ». Quelle leçon pour nous! Ce n'est pas assurément une forme nouvelle de vêtements et de costume que Marie veut introduire; c'est un esprit de décence, perdu parmi nous, qu'elle voudrait ressusciter. Où est notre simplicité? Où en sommes-nous de la modestie chrétienne? Voyez Notre Dame de la Salette: Elle est bien la Rose mystique, la Maison d'or, la Tour d'ivoire, l’Étoile brillante du matin; Elle est Reine, en un mot. Mais elle est aussi l'humble servante du Seigneur, se montrant à nous pauvrement vêtue, comme on l'est au village sous le toit couvert de chaume. Or, sied-il bien au luxe et à l'immodestie de nos jours de regarder en face les formes sévères de son costume, où la Mère de Dieu semble s'effacer sous les humbles dehors d'une simple créature? Ah! que de chrétiennes, même parmi celles qui portent le titre d'enfants de Marie, se jugeraient plus sévèrement si elles se regardaient dans ce miroir de modestie que leur présente la Vierge de la Salette! Que de mères qui font sucer, pour ainsi dire avec le lait, à leurs enfants, le goût d'une parure aussi vaine qu'elle est dispendieuse! qu'elles viennent donc ici apprendre à pénétrer ces jeunes cœurs de cette vérité si évidente et si méconnue, que le vêtement n'est pas un mérite, et que la modestie, jointe à une noble simplicité, fait, aux yeux mêmes du monde, le plus digne ornement des enfants et des mères.

 

Pratique : Éviter soigneusement la recherche de soi-même, et pratiquer en toutes choses la simplicité... Que les mères prennent aujourd'hui surtout, pour elles-mêmes et pour leurs enfants, une résolution inébranlable de décence en leur parure, de tenue et de modestie chrétienne en toute leur personne.

 

Guérison miraculeuse

 

Un père de famille, chef de commerce, résistait depuis longtemps aux tendres et pressantes sollicitations de sa pieuse sœur qui le conjurait souvent de revenir a Dieu et à la pratique de ses devoirs de chrétien. Le bon exemple qu'il devait à ses enfants, la piété héréditaire dans sa famille, ses premières années dans la vertu et la religion, rien ne le touchait; il tournait tout en ridicule, et devenait insolent dès qu'on le pressait un peu. A bout de tout moyen, sa sœur lui dit un jour: « Eh bien! frère, puisque rien ne te touche, je m'en vais à la Salette demander à la Sainte Vierge ta conversion! » « Tu peux bien aller à Rome et à Jérusalem, si tu veux, lui répond ce frère obstiné ! tu me retrouveras comme tu me laisses ». Cette pieuse demoiselle part, bien désolée, car son frère n'avait pas voulu même lui promettre de dire un Ave Maria pour elle. Son pèlerinage se fait avec piété, elle prie avec ferveur et avec larmes sur la sainte Montagne; elle demande à tous les pèlerins des prières; enfin il lui semble que la Sainte Vierge l'a exaucée, et qu'elle retrouvera son frère mieux disposé. Elle repart, arrive à L... et, en le revoyant: « Eh bien! lui dit-elle un peu émue, ai-je été exaucée ? J'ai bien prié pour toi, j'ai bien offert pour ta conversion toutes les fatigues de ce pèlerinage! » Elle n'obtient point de réponse. Son frère gardait le silence et paraissait violemment agité. « Tu ne me dis rien ? » « Je te laisse libre, laisse-moi libre moi-même. Je suis un honnête homme et je n'ai rien à me reprocher ». « Oh! repartit la sœur, il n'est pas possible que Notre Dame de la Salette ne m'ait pas exaucée! Tu aurais donc le cœur plus dur qu'un rocher ? » Elle ne put en dire davantage, l'émotion, les larmes arrêtèrent sa voix. Vers le soir, retirée dans sa chambre pour y prendre un peu de repos, son âme triste et affligée ne pouvait éloigner de sa pensée la scène de son arrivée. Son frère obstiné malgré tout ce qu'elle s'était imposé pour lui, était pour son cœur sensible et dévoué une peine des plus grandes. Elle ne put goûter un instant les douceurs d'un sommeil si nécessaire pourtant à réparer ses forces, à la suite des fatigues d'un long et pénible voyage. Elle priait, conjurait la Mère des miséricordes de convertir ce pauvre pécheur, quand de bon matin, elle entend frapper à sa porte. « Ah! ma sœur, je n'y tiens plus! s'écrie son frère avec vivacité en entrant dans sa chambre. Conduis-moi auprès d'un prêtre, je veux me confesser. Toute la nuit, j'ai souffert comme une âme damnée. Je suis honteux de ma conduite, et j'ai peur de la justice de Dieu: c'est bien sincère, je veux me confesser! » La pieuse demoiselle se met à pleurer de bonheur, elle embrasse son frère et ne met point de retard à l'accomplissement de son désir. La conversion était facile, ou plutôt elle était déjà faite. Notre Dame de la Salette l'avait elle-même opérée. Il se confessa, et, quelque temps après, il était à genoux à la table sainte, à côté de sa sœur; le recueillement, la joie, le bonheur étaient peints sur son visage; il goûtait sans doute cette paix qui surpasse tout sentiment, la paix de Dieu! Sa conversion fut une belle leçon pour tous ses employés de commerce, et une grande joie pour sa famille qu'il continue à édifier. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

Vous voulez être toujours, ô Vierge Marie, l'humble servante du Seigneur; vous en avez pris le titre à Nazareth à l'annonce de l'ange; vous en revêtez aujourd'hui le costume, à la Salette. O bonne Mère! de touchantes leçons sont tombées de votre cœur sur le monde, pleines de larmes et d'ineffable tendresse. Nulle n'était plus utile, plus nécessaire, plus actuelle que celle que nous prêche le vêtement sévère de votre apparition ; nous sommes si habiles à nourrir notre vanité, si trempés de sensualisme, et le luxe immodeste de notre siècle favorise nos illusions d'une manière et d'un entraînement si lamentables! O Notre-Dame de la Salette! ne permettez pas que nous rendions inutiles vos enseignements salutaires; parlez à nos âmes avec toute l'autorité du plus auguste, du plus touchant message de la cour céleste, et pénétrez nos cœurs de tous sentiments de simplicité, de modestie, d'humilité, qui méritent ici-bas la grâce de Dieu, et au ciel l'éternelle récompense. Ainsi soit-il.

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02 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Troisième jour

Description et portrait de Notre Dame de La Salette

 

Les bergers témoins de l'apparition, ont pris soin de nous tracer eux-mêmes le portrait de Notre Dame de la Salette: le voici, tel que nous le trouvons dans leur récit, leurs lettres et conversations: « « Tout à coup, disent les enfants, une grande clarté s'est ouverte, et nous avons vu une belle dame dans cette clarté!... Elle avait une coiffure blanche, brillante, argentée, transparente d'or, haute et arrondie au sommet, légèrement inclinée en avant. Au dessus, et tout autour, était posée une couronne de roses blanches, rouges et bleues; de tous côtés s'élevaient de petites fleurs d'or, du milieu desquelles jaillissaient des flammes de lumière: entre chaque branche de fleur, se trouvait une branche de brillants: ces branches formaient des tiges, les autres, des paillettes ou des étoiles, et tous ces ornements étaient resplendissants. La coiffure de la Vierge descendait sur le cou, et cachait entièrement les cheveux et les oreilles; les traits de Marie étaient allongés, et son visage céleste, d'une blancheur et d'une beauté admirables, exprimait la douceur, la bonté, et brillait d'un éclat merveilleux. Elle avait un fichu blanc, croisé sur la poitrine, dont les deux bouts, liés par un simple nœud, croisaient sur le dos; ce fichu, et la robe dont Marie était revêtue, montaient très-haut, et cachaient presque entièrement le cou; une guirlande formée de roses semblables à celles de la couronne, bordait tout le fichu ; une large chaîne d'or tout uni, sans dessin ni anneaux, était posée le long de cette guirlande; une chaîne pareille, mais plus petite, tenait un crucifix d'or, avec un christ très-brillant; au côté droit de ce crucifix, étaient suspendues des tenailles, et au côté gauche, un marteau, tout autant d'instruments de la Passion. La robe de la Vierge était d'une blancheur virginale, semée de paillettes d'or, d'un grand éclat; sa chaussure était blanche aussi, surmontée d'une boucle en or, et entourée de roses, plus petites que celles de la couronne, mais de même couleur: et du milieu de toutes les roses que portait la Vierge, dit Mélanie, sortaient des flammes de lumière et d'or le plus beau, qui s'élevaient comme de l'encens, et venaient se mêler à la lumière qui environnait sa Protectrice... » Enfin, un tablier uni, presque aussi long que la robe, d'un tissu léger et tout brillant, complétait ce portrait descriptif de Notre Dame de la Salette. Il faut en convenir, à défaut d'autres témoignages, l'étude de la parure de la Vierge des Alpes, serait, à elle seule, une preuve de l'apparition. D'où serait venue, à deux pauvres bergers, ignorants et grossiers, la pensée de revêtir leur héroïne de formes si humbles, si mystérieuses?... et au contraire, quel imposteur ne se fût pas gardé de donner à Marie une parure sous laquelle la Sainte Vierge n'a jamais été représentée dans le passé, dans aucun tableau, par aucune statue! Les formes symboliques de la Vierge de la Salette n'ont donc pu être imaginées que par un être surnaturel, et cet être surnaturel, c'est Marie elle-même!

 

Réflexions

 

Deux points fixent ici notre attention: le symbolisme de cette parure, les analogies de cette description de la Vierge de la Salette, de tous points conformes au portrait que les Pères de l’Église nous ont laissé de Marie. Premièrement, la charité remplit l'âme de Marie; c'est sous son inspiration qu'Elle apparaît à la Salette; cette vertu est symbolisée par l'or qui éclate en toute sa personne, et dont Elle voudrait voir parées toutes nos âmes. La blancheur de ses vêtements rappelle son innocence parfaite, qu'elle voudrait donner en apanage à tous ses enfants. Les roses, emblème de virginité, couronnent sa tète, et les couleurs qui les diversifient, nous redisent ses vertus : le blanc nous prêche sa pureté sans tache; le ronge, sa charité parfaite; le bleu, l'ensemble de toutes ses vertus; le bleu, en effet, rappelant l'idée du ciel, patrie de toutes les vertus, symbolise leur réunion au cœur de Marie; enfin, le corps très-pur de Marie, semblable à un astre resplendissant, se mouvait dans une atmosphère lumineuse et tranquille: cette clarté très brillante, c'est le rejaillissement de son âme glorifiée: la clarté d'un corps glorieux, dit saint Augustin, dérive de la clarté de son âme; jugeons dès lors combien devait être resplendissant le corps .immaculé de la Mère de Dieu!... Deuxièmement, au témoignage des Pères de l’Église, la taille de Marie dépassait la grandeur moyenne: La Dame apparue aux bergers de la Salette était plus grande que toutes celles qu'ils eussent jamais vues. La figure de Marie, selon la tradition, n'était pas ronde, mais allongée ; sur l'affirmation de Mélanie, la Vierge de la Salette avait aussi les traits allongés. Aucune fierté, disent les Pères, n'apparaissait dans les traits de Marie, mais la simplicité, la candeur; rien ne sentait la mollesse, ses regards et ses paroles respiraient la douceur: son langage, dit saint Jean de Damas, était agréable, parce qu'il découlait de sa belle âme!... d'après les enfants de la Salette, les yeux de Marie exprimaient la douceur; son regard était si bon, disent-ils, si affable, qu'il les attirait vers Elle malgré eux; sa voix était si attrayante, qu'Elle leur faisait l'effet d'une musique incomparable!... Et pour l'extérieur, le corps de Marie, dit saint Ambroise, était le tableau de son âme; c'était l'image de la vertu ; son aspect, comme son âme, resplendissait d'une beauté angélique: Elle avait, dit le saint docteur, tant d'innocence et de sainteté, qu'Elle répandait la pureté dans le cœur de ceux qui la regardaient. Il était impossible de porter les yeux sur Elle, sans avoir des sentiments et des inclinations pour la chasteté! Et tel est l'effet produit en l'âme, devant la statue qui a su donner à Notre-Dame de la Salette, sa véritable expression; il s'échappe de ses traits, de tout son corps, une beauté si douce, si pure, que l'âme est saisie, et que le cœur tout ému, se sent poussé à l'amour et à la pratique de la plus belle de toutes les vertus!...

 

Pratique : Nous efforcer de pratiquer toujours, dans nos pensées, nos paroles, nos relations, nos lectures, la charité, la pureté, qui sont for de la vertu, et que nous prêchent aujourd'hui les formes symboliques de Notre-Dame de la Salette: supplier Marie d'obtenir à notre âme la céleste parure de ces vertus, qui donneront aux enfants quelques traits de ressemblance avec leur divine Mère!

 

Guérison d'un enfant, racontée par sa mère

 

Le fait suivant, arrivé au mois de novembre 1852 à L... (Ardèche), est dû à la protection bien visible de Notre Dame de la Salette qui, sous ce vocable, voulait opérer elle-même celte guérison. Pour plus d'exactitude, laissons parler cette pieuse mère: « Mon petit Charles, né le 15 juillet 1851, fut atteint l'année suivante d'une inflammation qui fut déclarée grave à son début. L'enfant dépérissait à vue d'œil, et bientôt on s'aperçut d'une déviation dans la taille; son corps décrivait une courbe de côté et se repliait sur lui-même; des palpitations presque incessantes, d'abondantes hémorragies l'avaient réduit à un état de faiblesse extrême. Trois médecins furent appelés, ils pensaient que la carie avait atteint les os, tous avaient jugé que la maladie était incurable et avaient prononcé hautement que l'enfant ne survivrait pas si jeune à tant de souffrances. Quatre mois se passèrent, le pauvre enfant s'affaiblissait progressivement, on décida une nouvelle consultation, à laquelle devait s'adjoindre un quatrième médecin; le jour était fixé pour le lundi 11 novembre. Le samedi 9 novembre, vers minuit, je lui dis: « Mon enfant, il faut demander à la Sainte Vierge de te guérir, je te conduirai à Notre Dame du Bon Secours ». Il répondit: « Je veux celle de la Salette ». « Eh bien, mon ami, répète: « Sainte Vierge de la Salette, guérissez-moi! ». L'enfant obéit et répéta ces mêmes paroles. Je promis alors qu'il porterait un an de plus le bleu et le blanc (l'enfant avait été voué avant sa naissance), et que je le conduirais à Notre-Dame de la Salette après sa première communion. Il s'endormit, et à son réveil il me dit: « Maman, je suis guéri; la Sainte Vierge m'a guéri; je l'ai vue toute en or et toute en fleurs ». Je ne pouvais croire à tant de bonheur. L'enfant se rendormit jusqu'au matin. Son père entra dans sa chambre. Lorsqu'il se réveilla, le petit Charles en le voyant s'écria : « Papa, je n'ai plus de mal, la Sainte Vierge m'a guéri ». M. L... que je n'avais pas encore vu, fut étonné de ce langage. A partir de ce moment, l'enfant alla toujours de mieux en mieux; il reprit des forces nouvelles; un mois après, il était bien portant et très droit. Les médecins ont été stupéfaits. Je racontai à monsieur le curé le prodige dont je venais d'être témoin. Monsieur le curé vint, portant à l'enfant une image de Notre-Dame de la Salette qu'il n'avait jamais vue: « Vois, mon petit, la belle image, lui dit monsieur le curé, c'est Notre-Dame du Bon-Secours ». L'enfant répondit avec assurance: « Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai, monsieur le curé; c'est Notre-Dame de la Salette, je la connais ». L'enfant persista à dire qu'il avait vu la Sainte Vierge toute en or et toute en fleurs. Charles est aujourd'hui dans sa seizième année, et il n'a pas perdu de vue cette heureuse vision, il a conservé toujours une dévotion particulière à Notre-Dame de la Salette. Daigne cette bonne Mère obtenir à mon enfant la grâce d'être un jour un zélé serviteur de Dieu. (Annales de Notre-Dame de la Salette.)

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette, vous voici, sur la chaîne des Alpes, volant en quelque sorte, comme autrefois votre divin Fils, à une nouvelle conquête des âmes: et pour y mieux réussir, vous vous montrez à vos enfants, parée de l'or de la terre, des couleurs brillantes du firmament, et de l'éclat éblouissant de toutes les séductions célestes!... ô Mère, brisez en moi, sans égard pour ma faiblesse, tout obstacle à votre action maternelle! je sais trop, qu'en gagnant mon âme, vous ne ferez pas une précieuse conquête... elle est si oublieuse de ses devoirs, si inconstante dans ses résolutions, si ardente au mal, si lâche à la pratique du bien!... Mais, si vous daignez, ô Mère, abaisser sur sa misère, un regard de protection, elle sera moins indigne de vous, et aidée par votre grâce, elle voudra se parer de quelques-unes de vos vertus, et présenter à votre divin Fils, au jour du jugement, un cœur imparfait sans doute, mais qui s'est efforcé du moins d'imiter sa Mère, en suivant de loin en loin et d'un pas trop inégal, les traces de la belle vertu, qui mène sûrement au ciel. Ainsi soit-il.

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01 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Deuxième jour

Apparition de la Sainte Vierge à La Salette

 

L'apparition dont nous allons méditer pendant ce mois le récit et les enseignements, eut lieu le 19 septembre 1846. C'était le dernier jour des Quatre Temps, un samedi, veille, cette année-là, de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, et à l'heure des premières vêpres, c'est-à-dire au moment même où l’Église chantait, dans son office, ces paroles: « Oh! de quelle abondance de larmes est inondée la Vierge Mère! Quelle angoisse! Quelle douleur !... » Cet événement extraordinaire se passait sur une montagne des Alpes, dans une paroisse nommée La Salette, canton de Corps, diocèse de Grenoble: Maximin Giraud et Mélanie Calvat, enfants de douze et treize ans, et qui s'étaient vus la veille pour la première fois, arrivaient ensemble à la suite de leurs troupeaux, sur le versant méridional de cette chaîne de montagnes: à l'heure de midi, que les deux petits bergers reconnurent au son de l'Angélus, ils se munirent de leurs provisions et allèrent prendre leur modeste repas tout près d'une source alors tarie: il y avait là quelques pierres superposées; ils s'assirent à deux ou trois pas l'un de l'autre, et, le repas fini, ils s'endormirent: à leur réveil ils allèrent chercher leur troupeau, qu'ils aperçurent à peu de distance: « Je suis revenue la première, dit ici Mélanie; lorsque j'étais à cinq ou six pas avant d'arriver à la source, j'ai vu, sur le rocher de la fontaine, une clarté comme le soleil, encore plus brillante; et j'ai dit à Maximin: « Viens vite voir une clarté là bas!... » Alors la clarté s'est ouverte, et nous avons vu une grande Dame dans la lumière »: c'était la Sainte Vierge apparaissant aux petits bergers. La Bienheureuse Mère de Dieu était assise sur une pierre près de la fontaine tarie, triste, pleurant, et la figure cachée dans ses mains. Elle était vêtue d'une robe blanche, couverte de perles: sa tête était ornée d'un riche diadème; une chaîne d'or pendait à son cou et soutenait une croix avec son Christ. Les enfants, effrayés de l'apparition subite d'une personne qui leur paraissait si étrange, se disposaient à fuir: la Sainte Vierge leur fit signe, avec bonté, de s'approcher d'Elle, et leur dit avec l'expression de la plus grande tristesse: Que la France, par ses crimes, avait provoqué la colère de son Fils; qu'il allait verser sur elle, si elle ne se convertissait, la coupe de ses vengeances: que le blasphème, en particulier, le mépris des lois de l’Église, et la profanation des jours consacrés à Dieu, excipient sa juste indignation; qu'Elle les chargeait de faire passer tout cela à son peuple, d'annoncer la disette des récoltes, les fléaux de la peste, de la famine; mais que si le peuple revenait à Dieu, le bras de sa justice serait désarmé et qu'il y aurait abondance, là même où l'on avait désespéré de récolter. Après ce discours, dont nous méditerons toutes les pensées, la Sainte Vierge confia à chacun des enfants un secret particulier, connu du pape (Bienheureux) Pie IX, seul, et que ni les promesses, ni la ruse d'autres personnes ne purent jamais arracher à leur discrétion; puis, après avoir fait quelques pas en leur présence, en marchant sur la pointe des herbes qui ne pliaient pas sous le poids de son corps, la Sainte Vierge disparut à leurs yeux, laissant après Elle une clarté éblouissante dans l'espace d'où Elle s'était élevée au ciel.

 

Réflexions

 

« Dieu, dit Bossuet, est le maître de disposer de ses créatures, soit pour les tenir sujettes aux lois générales qu'il a établies, soit pour leur donner d'autres lois, quand il juge nécessaire de réveiller le genre humain endormi, par quelque coup surprenant... » De là, les prodiges nombreux dont font mention les saintes Écritures et les Annales de l’Église. Le grand fait de l'apparition de la Sainte Vierge sur les montagnes de La Salette, est de ce nombre. Pour réveiller par quelque coup surprenant notre société endormie dans les voies de sa perdition, le Seigneur, fatigué des désordres des hommes, nous a envoyé, non un prophète, comme autrefois, mais sa sainte Mère, l'auguste Reine du ciel, la miséricordieuse Marie: c'est-à-dire, pour emprunter le langage de l'Apôtre, que Dieu, après nous avoir parlé autrefois et de plusieurs manières, par le ministère des prophètes, nous a parlé tout récemment, novissime, par sa propre Mère; qu'avons-nous fait de cette apparition de Marie, la plus éclatante, la plus propre à exciter dans nos âmes une salutaire terreur, et une douce espérance?... Il y a quelques années, les montagnes de la Salette étaient inconnues; à peine quelques bergers y conduisaient leurs troupeaux: aujourd'hui le chemin qui mène à ces sommets escarpés des Alpes, est une voie publique où passent tous les peuples; et on pourrait, avec quelque raison, appeler Notre Dame de la Salette, Notre-Dame des Nations!... Et il devait en être ainsi; ce n'est pas en vain que la Mère de miséricorde a daigné visiter les enfants des hommes; ce n'est pas en vain qu'à la vue des désordres qui excitent la colère de son Fils, Elle est venue, en quelque sorte, se réfugier dans nos montagnes, verser des larmes, nous avertir des châtiments qui nous étaient réservés, si on ne se convertissait pas ; nous rappeler la crainte de Dieu, le respect pour son saint nom, la sanctification du dimanche, l'observation de tous les commandements de Dieu et de l’Église. Des paroles descendues de si haut devaient avoir un immense retentissement, et être entendues de toutes les nations, comme le lieu où Elle s'est montrée, devait être assez haut pour être aperçu de tous les peuples. Reportez-vous à l'origine de ce grand événement : voyez sa naissance presque inconnue, sa prompte diffusion à travers la France et l'Europe, son vol rapide dans les quatre parties du monde, enfin, son arrivée providentielle dans la capitale du monde chrétien. A Dieu seul, honneur et gloire!... A l'auguste Vierge de la Salette ce résultat inespéré! Elle seule avait préparé le succès, Elle seule saura couronner son œuvre... pour couvrir toujours de sa protection, nos personnes, nos familles, notre chère patrie et le monde entier. Il est vrai qu'il est des hommes que l'on irrite, et dont on provoque les dédains quand on parle A"événements surnaturels, d'apparitions miraculeuses, en leur présence orgueilleuse, comme si le bras de Dieu était raccourci, ou si sa miséricorde ne pouvait plus faire éclater la puissance des anciens jours... A tous ces esprits orgueilleux nous opposons la parabole suivante, tirée de l’Évangile: Dix-huit siècles avant d'envoyer sa Mère sur la montagne de la Salette, Jésus-Christ était descendu lui-même des hauteurs du ciel, et Jean Baptiste, son précurseur, envoya des messagers pour lui adresser cette demande: « Êtes vous le Messie, ou devons-nous en attendre un autre? » Et le Sauveur, voulant répondre par les monuments éclatants de sa mission divine, prononça ces paroles: « Allez, et rapportez à Jean, votre maître, ce que vous avez vu, ce que vous avez entendu: les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les pauvres sont évangélisés ». A tous les pieux pèlerins qui demanderont à la Mère de Dieu, si c'est réellement Elle qui descendit, il y a quelques années, sur la montagne de la Salette, Marie peut répéter la réponse de son Fils, invoquant en faveur de son apparition la grande voix de miracles nombreux et authentiques. Et le Sauveur ajouta: « Heureux celui qui ne sera pas scandalisé en moi ». L'auguste Vierge de la Salette, Mère du Dieu qui a prononcé ces paroles, a bien le droit de nous tenir le même langage.

 

Pratique : A ce premier jour du mois, en présence de cette solennelle ambassade de Dieu aux hommes, recueillons-nous... regardons cette apparition de la Sainte Vierge, et faisons la envisager aux autres, comme une source abondante, un canal nouveau des grâces du ciel, une autre porte de salut ouverte à notre siècle.

 

Guérison d'une jeune enfant, racontée par son père

(Lettre à Monsieur le Supérieur des Missionnaires de la Salette)


 

« Mon Révérend Père, il y a quatorze mois environ, j'avais l'honneur de recommander à vos ferventes prières une de mes petites tilles âgée de huit ans, Marie-Thérèse. Cette chère enfant était cruellement atteinte d'une hypertrophie de cœur; trois célèbres médecins que j'avais appelés en consultation auprès d'elle, déclarèrent unanimement que tout espoir de guérison était perdu. Un d'eux voulut tenter un remède qui eût été violent; toutefois, de l'avis de ses deux confrères, il ne persista pas, parce que, dirent-ils tous trois, il ne fallait pas faire souffrir inutilement une si frêle enfant qui devait fatalement succomber. Il n'est pas besoin de vous dire de quelle immense douleur ce verdict médical accabla notre âme. Oh! mon Révérend Père, qu'il est terrible pour un père et une mère, le jour où leurs yeux, noyés dans les larmes, voient un enfant adoré se mourir, sans qu'il soit permis à leurs cœurs éplorés d'espérer même un peu de soulagement! Les secours de la terre étant impuissants à nous conserver notre chère Marie-Thérèse, Mme P... et moi, nous unissant dans une pensée commune d'amour pour notre enfant et de foi ardente, nous demandâmes à Notre-Dame de la Salette de daigner jeter sur nous un bienveillant regard de bonne et tendre mère. Et notre prière fut comme instantanément exaucée. En effet, depuis un mois environ, notre jeune malade ne pouvait plus rester dans son lit; à peine si elle pouvait rester un peu dans un fauteuil, la tète penchée en avant et appuyée sur des carreaux. Or, le même jour où la science humaine nous disait: « Pauvres père et mère résignez-vous, Dieu vous demande votre enfant », ce même jour, ma chère Marie put reposer une bonne partie de la nuit dans son lit. Depuis ce jour, l'enflure considérable qui avait envahi son corps et qui menaçait sa poitrine, commença à s'arrêter, puis elle diminua, enfin elle disparut. Le mieux s'est continué jusqu'à ce jour. Depuis longtemps il y a guérison; aujourd'hui elle est complète. Bonne Mère de la Salette, vous avez daigné nous donner une preuve de votre immense amour en nous conservant noire enfant; comment pourrons-nous jamais vous témoigner toute notre reconnaissance! Et vous, Révérend Père, qui avez si charitablement prié pour nous, comment pourrons-nous jamais vous exprimer toute notre gratitude! En attendant qu'il nous soit permis de faire un pèlerinage à votre pieux sanctuaire, nous prions notre excellent vicaire, M. C..., qui a le bonheur de se rendre sur la sainte Montagne, de vouloir bien porter le portrait de notre chère ressuscitée. Permettez-lui d'en faire don à notre bonne mère de la Salette, et de le placer le plus près possible de sa statue, où il sera comme une prière perpétuelle de toute notre famille à notre sainte Consolatrice, à notre puissante et bien aimée Protectrice ». (Annales de Notre-Dame de la Salette, 15 août 1866.)

 

Prière

 

O Notre-Dame de la Salette, de même que vous avez franchi autrefois les montagnes d'Israël, de nos jours, vous avez abaissé, en quelque sorte, les collines éternelles jusqu'au niveau des monts de la terre, et vous vous êtes montrée à nous, comme à vos proches de la Judée. O Mère médiatrice! daignez reproduire dans nos âmes les mystères de votre apparition à la Salette; toujours placée entre Dieu et nous, parlez-lui de nous, parlez-nous de Dieu; des hauteurs de ce Liban céleste où vous êtes couronnée, descendez jusqu'au cœur de chacun de vos enfants; saisissez-les dans la solitude du recueillement et du silence; que votre voix retentisse à leur oreille, comme autrefois à l'oreille de votre cousine Élisabeth; car votre voix est douce et votre parole persuasive: elle instruit, elle fortifie, elle console; et dans les élévations où notre âme, quoique pécheresse, arrive par la prière, sur les hauteurs où la foi transporte nos cœurs affligés, ô Vierge de la Salette, daignez nous entendre, nous appeler, et dire à chacun de nous comme aux bergers des Alpes: « Mon enfant, approchez, et n'ayez pas peur!... »

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30 avril 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Premier jour

Les apparition en général et leur opportunité

 

Les apparitions surnaturelles, les manifestations divines ne sont, ni inventées par une superstition aveugle, ni nouvelles dans l’Église catholique: l'histoire est pleine des récits authentiques et touchants de ce divin commerce du ciel avec la terre: Dieu se promène avec le premier homme, sous une forme sensible, au paradis terrestre; il est assis à côté d'Abraham, sous la tente et les chênes du désert; il apparaît à Jacob dans un songe mystérieux; Moïse entend sa voix dans un buisson en feu ou sur le Sinaï: et dans les autres âges, lorsqu'il ne se montre pas lui-même, Il se révèle par les patriarches, par les prophètes; et sous la loi nouvelle par les anges, par les élus, par sa divine Mère. Aux esprits orgueilleux que pourraient étonner ces communications surnaturelles, il faut montrer une apparition bien autrement surprenante: celle qui a ouvert le ciel pour faire place au Fils de Dieu qui est descendu au milieu de nous: « Il a paru sur la terre, dit l'Apôtre, et il a conversé avec les hommes ». Or, après cette grande apparition, visible à tous les yeux, d'une durée de trente-trois ans, pendant lesquels le Fils de Dieu a vécu, agi, parlé au milieu de nous, se faisant l'ami de l'homme, le compagnon exilé de sa vie; quel esprit sincère peut se donner le droit injurieux, la prétention orgueilleuse de nier le divin commerce de Dieu avec l'homme, à travers les divers âges religieux de ce monde? Au reste, ces communications surnaturelles ont trois principaux motifs: Le premier est au cœur même de Dieu qui nous recherche toujours parce qu'il nous aime; n'a-t-il pas dit que ses délices étaient de vivre et d'habiter au milieu des enfants des hommes? 2° Les apparitions sont une sorte de chaîne mystérieuse entre l’Église du ciel et l’Église de la terre, unissant les membres d'une même famille; et enfin, Père des élus et des hommes, Dieu ne veut pas le silence entre ses enfants, mais il les envoie quelquefois se visiter et converser ensemble des douleurs de l'exil et des gloires de la patrie, pour les amener tous à la conquête du ciel. Mais, de toutes les apparitions, celles de la Sainte Vierge sont les plus fréquentes: établie au Calvaire Mère des hommes, elle ne saurait les délaisser, et son Assomption dans le ciel place sous nos yeux une image aussi douce que merveilleuse: c'est Marie assise sur un trône resplendissant, à côté de son fils; mais Elle y apparaît si occupée des hommes, qu'Elle semble oublier sa propre gloire: comme si le ciel était trop au-dessus de la terre, Elle descend ici-bas pour converser avec ses enfants: et que de fois Elle s'est montrée à eux, aux vierges dans les cloîtres, aux enfants au fond des vallons obscurs, aux bergers sur de hautes montagnes; et cette condescendance de la Sainte Vierge nous touche, mais elle ne nous étonne pas: Elle est notre Mère, et une mère peut-elle n'être pas partout où sont ses enfants pour les consoler ou les instruire?

 

Réflexions

 

Nous ne cherchons pas ici à soulever indiscrètement les voiles de l'avenir: cependant, l'illusion n'est plus possible: aveugle et sourde en son orgueil, notre société avance toujours sur la pente des abîmes; vaine de sa science trompeuse, fière de son progrès matériel, confiante en sa force apparente, elle s'en va, insultant le ciel, humiliant l’Église, foulant dédaigneusement aux pieds toutes les lois de Dieu... Encore quelques nouveaux crimes peut-être, et la mesure débordera de toutes parts... Le ciel semble prêt à venger les iniquités sans nombre, dont le flot monte sans cesse; les signes avant-coureurs éclatent en divers lieux... il n'est pas jusqu'à ce calme apparent dont nous jouissons qui ne soit un indice que les nuages se forment dans les régions cachées des tempêtes!... En un mot, dans cet oubli passé et présent des choses de Dieu, nous allions toucher à un moment solennel, à une heure terrible. Le bras du Seigneur depuis longtemps alourdi et lassé par nos crimes, allait enfin frapper; et, dans l'attente du coup suprême de la justice, il se faisait au ciel un grand silence. Alors, notre divine Mère, descendant de son trône de gloire, se prosterne devant Dieu pleine de douleurs mystérieuses: « Grâce, ô mon Fils Jésus, s'écrie-t-elle, grâce pour des coupables qui sont aussi mes enfants! » « O ma mère bien-aimée, répond le Verbe incarné... eh quoi! le Martyre du Golgotha sera-t-il donc toujours renouvelé en votre cœur?... C'est assez, ma Mère, c'est assez d'inépuisable amour!... Laissez-moi venger vos douleurs méprisées! » « Non, mon Fils, non, vous ne frapperez pas encore; vous êtes né de moi, le doux Sauveur des hommes ». Et Jésus, résistant doucement à Marie: « Faites place à ma justice, ne retenez plus mon bras, ô ma Mère; il faut frapper des ingrats qui me méprisent et qui vous font gémir! » Mais, Marie, intercédant toujours: « Encore, encore la miséricorde, répétait-elle... j'irai visiter les coupables, mon fils, je leur parlerai; ils écouteront la voix de leur Mère, et ils se convertiront... » Et sans attendre le dernier mot de la justice, Marie est partie du ciel, hâtant ses pas!... et le visage voilé de ses mains virginales, la voilà; la voilà tristement assise sur les rochers des montagnes de la Salette, versant d'abondantes larmes, nous conjurant d'apaiser la colère de son Fils et de consoler ses douleurs. En face de ce message divin et des larmes de Marie devant les abîmes ouverts de nos temps si malheureux, qui ne déclarera merveilleusement opportune, cette grande apparition de la Sainte Vierge, et bien miséricordieusement providentielle, la dévotion à Notre Dame de la Salette, qui nous avertit de tous nos maux et nous en offre les remèdes salutaires ?

 

Pratique : Professer un respect religieux pour tous événements merveilleux et suffisamment authentiques de l'ordre surnaturel; s'abstenir tout au moins de toute critique, souvent aussi injuste qu'elle est peu éclairée.

 

Guérison d'un jeune Séminariste

 

Un vénérable chanoine du chapitre cathédral de V.... et ancien supérieur du petit séminaire de cette ville, a rapporté le fait suivant; la rédaction est de la plus rigoureuse exactitude. Au mois de mai 1847, moins d'un an après l'apparition, je fis le pèlerinage de la sainte Montagne, et j'emportai alors comme souvenir, un flacon d'eau de la source miraculeuse. Le mois suivant, un de nos enfants fut atteint d'une douleur très-vive à l'index de la main gauche. Le mal était des plus douloureux. Un matin, il entre dans ma chambre et me dit : « Monsieur le supérieur, je n'y tiens plus; si cela continue, j'en perds la tête; je suis fou de douleur ». A son état d'exaltation, je voyais bien que la souffrance était bien grande: j'essayais de le consoler; mais c'est un remède qu'il venait me demander, et où le prendre? lorsque tout à coup, le flacon d'eau de La Salette me vint à la pensée. Ce fut pour moi comme un trait de lumière. Je m'adressai alors à l'enfant, et lui dis: « Mon ami, croyez-vous à l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette? » « Ah! Monsieur, si j'y crois! il me semble que j'y crois comme vous ». J'avais en effet raconté mon pèlerinage à nos enfants, et mon récit les avait vivement impressionnés. « Eh bien! lui dis-je, puisque vous croyez à l'apparition, nous allons essayer d'un remède ». Je lui recommandai avant, de se mettre à genoux sur mon prie-Dieu et de réciter de tout son cœur un acte de Contrition, trois Ave Maria suivis de l'invocation que nous récitâmes ensemble. Il fit sa prière avec tant de ferveur que je sentis ma confiance redoubler. J'enlevai de son doigt l'enveloppe qui le couvrait. C'était vraiment hideux à voir. L'enflure, la couleur de la chair, la pourriture qui en sortait, tout cela expliquait son état d'exaltation et la violence de son mal. Je trempai dans cette eau une simple compresse que j'appliquai sur ce membre malade, et je l'envoyai à l'infirmerie, lui recommandant bien de revenir le soir et le lendemain matin aussi, et ainsi de suite deux fois par jour, jusqu'à complète guérison. Le soir, à l'heure désignée, je l'attendais dans ma chambre, mais l'enfant ne parut pas; je le fis appeler, il était au dortoir, dans son alcôve, et sur le point de se coucher. Il vint bientôt. « Excusez-moi, M. le Supérieur, me dit-il en entrant, je ne l'avais pas oublié; mais, comme je ne souffrais pas, je n'ai pas voulu vous déranger ce soir ». « Et depuis quand ne sentez-vous plus votre mal, lui dis-je? » Après un moment de réflexion, il me répondit: « J'ai accepté aujourd'hui même une partie de balle qu'on m'avait proposée; j'ai même remarqué que la balle a plusieurs fois frappé sur mon doigt, et je n'ai ressenti aucune douleur ». Ces détails me firent la plus vive impression, et je ne doutai pas un instant que la confiance de ce cher enfant avait été récompensée par un trait particulier de la protection de Notre-Dame de la Salette. Je le fis passer à l'infirmerie pour examiner ce doigt. Quelle ne fut pas alors ma surprise! Non seulement il n'y avait plus d'enflure ni de plaie, mais le doigt était dans l'état le plus sain sans porter la plus légère trace du mal. Je conduisis alors l'enfant auprès de nos Messieurs (les professeurs) qui prenaient ensemble un moment de récréation, et comme moi, ils admirèrent ce trait prodigieux de la bonté de Notre Dame de la Salette. Je voulus alors, pour l'exciter à une grande reconnaissance, lui faire quelques réflexions sur la bonté que la Sainte Vierge lui avait témoignée. Mais, à mesure que je parlais, il se mit à pleurer et avec une telle abondance de larmes, que j'en fus vraiment peiné un instant. « Qu'avez-vous donc, mon enfant, lui dis-je, et d'où vient que vous pleurez de la sorte ? » II me fit cette touchante réponse: « Ah! Monsieur le Supérieur, je ne puis vous dire combien je suis touché. Si je m'étais trouvé bien malade, je comprendrais que la Sainte Vierge eût pensé à me guérir; mais qu'Elle ait eu la pensée de s'occuper d'un doigt! de si peu de chose! quelle condescendance! » Et le pauvre enfant n'en pouvait plus d'émotion. Quelques années après, ayant terminé ses études, il quitta le séminaire, et par un sentiment de reconnaissance que j'aimais en lui, il m'écrivait quelquefois. Dans une de mes réponses à ses lettres, j'eus la pensée de lui demander le récit de sa guérison qu'il me donna tel que je viens de le rapporter, et il ajouta ce détail: « Non seulement le mal n'a jamais reparu, mais encore, bien que je sois sujet, à l'entrée de l'hiver, à avoir des mains difformes, sous l'action du froid, le doigt de la Sainte Vierge (c'est ainsi qu'il appelait le doigt guéri) est le seul qui ne subisse en aucune manière l'influence du froid, et il semble jouir d'un printemps perpétuel ».

 

Prière

 

O Marie, on a écrit de votre Fils: « Il est venu du ciel pour sauver les pécheurs ». Elle est venue du ciel pour sauver les pécheurs, pouvons-nous dire aussi en parlant de vos apparitions sur nos montagnes. O Mère de tous les hommes! du haut de votre trône où vous dominez sur nous, bien autrement encore que des hauteurs de la Salette, voyez toujours le monde du même regard, aimez-le toujours du même amour; il est chrétien encore, malgré l'affaiblissement de sa foi. Regardez tous les peuples infortunés qui vous invoquent; éclairez les idolâtres, ramenez les hérétiques, touchez les indifférents, convertissez les pécheurs; rendez à la religion toute la vigueur de sa jeunesse, pacifiez le monde, et bénissez-nous tous; car vous êtes, ô bonne Mère, la tige principale, nous sommes les rejetons; et comme les Fils de l'Olivier nous viendrons, pendant ce mois, enlacer en quelque sorte nos âmes aux fleurs et aux couronnes de vos autels: vous ne trouverez en nous ni des anges, ni des saints, mais vous verrez à vos pieds des pécheurs repentants qui vous veulent encore pour Mère, et qui vous proclameront toujours leur Reine sur la terre et dans le ciel. Ainsi soit-il.

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29 avril 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Première partie
L’Apparition

 

Instruction sur le Mois de Marie

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Origine du mois de Marie

 

« Toutes les nations me diront bienheureuse ». Par ces paroles, Marie avait prédit sa gloire future, et l'amour de tous ses enfants; cette prédiction s'affirme chaque jour elle-même: autant il y a de nations et de cœurs qui glorifient Dieu, autant il y a de nations et de cœurs qui bénissent Marie. La gloire de la Sainte Vierge se répand dans une proportion égale à la diffusion de la foi, et l'amour de Marie, dans le cœur des peuples, est la mesure de leur amour pour Dieu; la prédiction de la Reine des Prophètes aura ainsi son accomplissement définitif, complet et parfait, au jour bienheureux auquel s'accomplira celle de Jésus-Christ: Et il n'y aura qu'un troupeau et un pasteur. Mais à chaque nouveau danger de l'Église, se manifestent de nouveaux hommages, de nouvelles tendresses pour la plus tendre des Mères: à chaque besoin public éclate, au milieu des nations fidèles, un soupir suppliant vers la protectrice de toutes les nations: c'est ainsi qu'ont pris naissance les diverses dévotions en l'honneur de la Mère de Dieu; dévotions qui pourraient servir de monuments séculaires, sur la route des âges, indiquant les différents besoins des siècles. Le siècle dernier a marqué les pages de son histoire par un débordement effroyable d'incrédulité et d'erreurs; il a signalé aussi ses derniers jours par l'institution du plus tendre, du plus efficace exercice de dévotion envers la Sainte Vierge, l'institution du Mois de Marie. Cette dévotion est, en effet, la réunion de toutes les dévotions en l'honneur de la Mère de Dieu; c'est un faisceau de flèches d'amour que nos cœurs lancent au cœur de Marie; c'est la guirlande de toutes les fleurs de la terre que nous semons aux pieds de la maîtresse du monde; c'est la couronne de tous nos sentiments que nous offrons à la Reine de tous les cœurs; c'est, en un mot, comme une armée de tous ses enfants, rangés en bataille autour de ses autels, et s'efforçant de retenir leur Mère, captive tout un mois dans nos églises, dans les liens de leur amour! La dévotion du mois de Marie a pris naissance en Italie, terre privilégiée où la religion a placé son trône, et où l'auguste Mère de Dieu reçoit les plus touchants hommages; et qui n'admirerait ici ce dessein providentiel de Dieu, qui a donné une patrie commune à son Église, et à la dévotion la plus chère au cœur de sa Mère! Le même sentiment de piété qui avait porté les fidèles à honorer Marie, trois fois le jour, à lui dédier un jour de chaque semaine, et une fête chaque mois, leur a inspiré la salutaire pensée de lui consacrer un mois tout entier, parmi les mois de l'année : et ce n'est pas trop d'un mois mis à répandre nos prières et nos cantiques devant les autels de notre Mère. Cette Mère, l'adorable Trinité a mis toute sa puissance à la produire; le temps, quatre mille ans à nous la montrer, et à la fin des âges, la cour des anges, des saints et des vierges passera les siècles éternels à la bénir, à la chanter dans les cieux.

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Harmonies du mois de Mai avec le culte de la Sainte Vierge

 

Le cœur, dit agréablement un auteur moderne, doit toujours présenter ce qu'il a de mieux: c'est pourquoi la piété publique a choisi de préférence le plus beau mois de l'année, le mois de Mai... le mois de Mai, qui par le renouvellement de la nature, invite l'âme à renaître aussi à la grâce; le mois de Mai, qui transforme la terre en un jardin embaumé, dont les fleurs semblent exhaler leurs parfums les plus exquis et emprunter une voix pour inviter Marie à descendre du ciel, et à habiter parmi elles... Et Marie entend toutes ces voix de la création, et Elle descend sur nos autels, disant: « Abîmes des mers, terre, collines, vallons et montagnes, me voici, donnez-moi des fleurs, soutenez-moi au milieu des fleurs, fulcite me floribus!... » Nous aimons ce symbolisme, qui, par les plus gracieuses harmonies, rapproche ce que le ciel possède de plus aimable, et la terre de plus délicat et de plus pur. Écoutons saint Bernard : « Le culte de Marie est un parfum; et dans ce beau mois, les champs sont inondés des plus suaves odeurs. Le nom de la Vierge est une mélodie; et les oiseaux, à cette époque du printemps, chantent sous la nouvelle et fraîche verdure des bois et des haies. Ce nom d'une Mère divine ravit notre âme de joie, et l'enivre d'espoir; et tout dans la nature respire aussi le bonheur; le cœur des enfants des hommes sourit à l'espérance, à la vue de tant de trésors répandus dans la création. Le culte de Marie, c'est la lumière; et le soleil la verse plus pure sur nos têtes. Marie, enfin, c'est la Mère du bel amour, et l'air embaumé qu'on respire, et toute la nature renaissante nous commande aussi l'amour de Dieu, auteur de tant de bienfaits, et la dévotion à l'auguste Marie, dont il a fait sa divine Épouse !... » N'est-ce pas cette admirable harmonie que le Saint-Esprit a voulu exprimer dans le Cantique des Cantiques, par ces paroles: « Levez-vous, hâtez-vous, mes bien-aimés, car l'hiver est passé, les pluies ont cessé , les fleurs ont apparu dans nos campagnes, le temps de tailler les forêts est venu, la voix de la tourterelle a été entendue dans nos contrées; le figuier a poussé ses bourgeons; les vignes fleurissant ont répandu leur odeur. Levez-vous donc, ô mes bien-aimés, levez-vous, et venez!... » Ne croit-on pas ici entendre la Vierge elle-même, nous invitant à lui consacrer notre amour pendant ce beau mois de Mai, et venant nous apprendre, par cette gracieuse peinture, les délices qu'il fera goûter à nos âmes dans sa célébration?...

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Sentiments et conseils pratiques pour le mois de Marie

 

Le mois de Marie est devenu de nos jours dans l’Église, une dévotion particulière, qui nous arrive, soit comme récompense d'un Carême bien observé, soit comme réparation à ce qui manquait de notre part, à ce saint temps de pénitence: c'est une sorte de jubilé annuel offert par Marie, à tous les pécheurs, pour qu'ils se convertissent; à tous les justes, pour se sanctifier encore; à tous les cœurs enfin, pour qu'ils s'excitent à aimer Jésus et sa Mère, d'un amour toujours plus vif et plus efficace; et voici à cette fin quelques conseils pratiques: Vous vous rendrez tous les soirs dans une chapelle consacrée à la Sainte Vierge pour y suivre fidèlement le pieux exercice du mois de Marie: Il est à désirer que, durant ce mois, on entende la messe tous les jours en l'honneur de la Sainte Vierge: Ce serait faire une chose bien agréable au cœur de Marie, et très-utile à votre âme, que de vous disposera faire la communion, le samedi de chaque semaine, jour spécialement, consacré par l’Église à la Mère du Sauveur: Ne laisser passer aucun jour de ce mois sans faire une mortification, pour nous corriger de nos défauts principaux, acquérir les vertus nécessaires à notre sanctification, au salut du prochain et surtout de nos proches; afin que, par les mérites de Jésus, munis de la protection de Marie, et sentant ses vertus, nous arrivions au bonheur de la contempler dans le ciel.

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Prière

Offrande du Mois à Notre Dame de La Salette

 

O Marie! voici dans votre sanctuaire, les enfants dévoués au culte de votre apparition sur les montagnes de la Salette: à genoux au pied de votre autel, et sous le regard maternel de votre image vénérée, nous vous offrons et vous consacrons ce mois béni, qui porte un nom si doux, si cher à votre cœur, le Mois de Marie. Du haut de ce trône nouveau, par vous dressé sur la terre de France, au sommet des Alpes, daignez répandre sur nous une effusion abondante des dons célestes, et rendre efficaces les pieux exercices qui vont partout commencer en votre honneur; nous viendrons méditer tous les jours les enseignements salutaires de votre apparition; et s'il est doux pour un enfant de rencontrer les regards de sa mère, avec quel bonheur nous entendrons votre voix sur la montagne! ô divine Marie, touchez nos cœurs, ouvrez notre esprit à l'intelligence de votre céleste message, pour glorifier votre saint nom, étendre de plus en plus votre règne, et mériter ainsi les grâces diverses qui, après nous avoir sanctifiés pendant les jours trop rapides de ce mois, nous conduiront dans un siècle qui ne doit pas finir, à la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.

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12 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Treizième jour

Les diverses opérations du Saint Esprit


En promettant le Saint Esprit à ses Apôtres, le divin Sauveur emploie ces expressions dans lesquelles je dois trouver aujourd'hui un beau sujet de méditation: « Moi je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Consolateur ». Ai-je d'abord bien remarqué ces mots: « Un autre Consolateur? » Ils signifient évidemment que déjà un consolateur avait été donné aux Apôtres par le Père céleste. Or, ce Consolateur était Jésus christ lui-même. Aussi la promesse d'un consolateur nouveau est-elle faite après que le Sauveur a dit à ses disciples: « Moi je vais vers mon Père; mais je ne vous laisserai point orphelins ». C'est donc pour les consoler de son absence, après qu'il sera retourné à son Père, que Jésus christ promet aux hommes le Saint Esprit, en l'appelant un autre Consolateur. Le Saint Esprit, par son ministère, dédommagera les disciples de l'Homme-Dieu de la perte qu'ils doivent faire en étant privés de sa présence sensible. Il entre dans le plan divin que l'Eglise soit gouvernée par le Saint Esprit, et que tous les fidèles reçoivent par lui l'abondance des biens spirituels que le Fils de Dieu est venu apporter au monde par son Incarnation. Le Saint Esprit conduira les fidèles dans les voies de Dieu, il les fortifiera dans les épreuves de la vie présente, il leur inspirera le goût de Dieu, le goût de Jésus Christ, le goût du ciel. Telle est la fin de sa mission. Ici je veux entendre le grand Docteur saint Augustin. Jésus christ, nous dit ce Père de l'Eglise, fut pour les Apôtres un avocat et un intercesseur par la prière, il fut encore pour eux comme un excitateur qui les poussa dans la voie du ciel par des exhortations puissantes; enfin la présence, les actes, les discours de Jésus christ ne cessèrent jamais de soutenir le courage des Apôtres, en répandant dans leur âme l'onction divine et toujours bien douce de sa grâce. Eh bien! en annonçant qu'il va quitter la terre, en promettant aux hommes un autre Consolateur qui viendra du ciel, qui sera envoyé par Dieu le Père, le divin Maître annonce que le Saint Esprit fera tout ce qu'il a fait lui-même, et continuera jusqu'à la fin des temps à diriger, à soutenir, à consoler les fidèles pour les aider à-conquérir le ciel, et pour empêcher qu'en passant à travers les choses temporelles, ils aient le malheur d'oublier et de perdre les choses éternelles. Ainsi parle l'Eglise dans une prière qui appartient à la liturgie. Oh ! comme je désire cette opération de l'Esprit Saint dans mon âme! Seigneur Jésus, je l'espère comme un effet et une conséquence de la promesse que vous avez faite à vos Apôtres, la veille de votre mort.

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Le Saint-Esprit console les Ames en les élevant lui-même jusqu'à Dieu


Une âme qui peut sortir de la vie des sens, de la vie purement naturelle, et monter jusqu'à Dieu, trouve la source de tous les biens et de toutes les consolations. Mais par quel acte cette âme va-t-elle à Dieu, et s'élève-t-elle jusqu'à lui? On me l'a dit depuis longtemps, cet acte c'est la prière. Tous les enfants n'ont-ils pas appris que la prière est l'élévation de l'âme vers Dieu? Mais quelle est l'âme capable de cet acte, de cette élévation qui- produit l'union avec Dieu? Celle dont le Saint Esprit devient le Maître. Sans le Saint-Esprit qui vient au secours de notre faiblesse, qui crie dans nous: Père, Père, l'âme serait toujours sur la terre, attachée à la créature, incapable de parler avec Dieu. C'est le Saint Esprit, dit le grand Apôtre, qui, dans le fonds de nos cœurs, demande par des gémissements inénarrables, et opère cette action divine que les saints ont connue, et que les âmes pieuses sentent en elles-mêmes à chaque instant. O action divine, opération infiniment douce, que tu es précieuse pour moi! Comme je te désire ! En criant dans nous: « Mon Père! » le Saint Esprit nous remplit d'amour, il nous donne la confiance, il nous inspire les saints désirs; or tout cela plaide en notre faveur auprès de Dieu; d'où il suit que le Saint Esprit, seul et unique auteur de tous ces mouvements surnaturels, est véritablement notre avocat auprès de Dieu, et qu'il fait descendre dans nous, du sein éternel du Père céleste, toutes les consolations capables d'adoucir la rigueur de notre exil. Mais je veux voir cette action du Saint Esprit dans tonte sa richesse, et je l'étudie auprès d'un grand maître, l'Apôtre des nations. Et d'abord, ce qui est incontestablement vrai, d'après l'enseignement de saint Paul toujours en parfaite harmonie avec la doctrine du Sauveur, c'est que la première pensée, le premier mouvement qui remue mon âme et la porte à vouloir prier, me vient directement du Saint Esprit comme une grâce, un don parfaitement gratuit. « Vous êtes parfaitement reconnus pour être la lettre du Christ, écrite par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant; non sur des tables de pierre, mais sur les tables charnelles du cœur. Or, une telle confiance, nous l'avons en Dieu par le Christ, non que nous soyons suffisants pour former aucune pensée par nous-mêmes, comme de nous; mais notre suffisance vient de Dieu ». Voilà une première vérité qui nous montre notre effroyable misère, et, en même temps, la nécessité du secours, de l'aide qui nous vient par le Saint Esprit.


En second lieu, il n'est pas moins certain que par nous-mêmes nous ne saurions jamais parler à Dieu, ni lui demander quoi que ce soit d'une manière efficace. J'ai vu, il n'y a qu'un moment, cette vérité clairement enseignée par le divin Sauveur, quand il dit: « Le Saint Esprit viendra dans vous ». Mais cet enseignement qui écrase l'orgueil est, d'un autre côté, bien consolant pour moi; car enfin,n'est-il pas doux de penser que si je veux m'approcher de Dieu, c'est le Saint Esprit qui me pousse, qui m'invite et qui m'encourage? N'est-il pas doux encore de savoir que je n'ai qu'à abandonner au Saint Esprit la direction de ma prière, puisque lui seul est capable de dicter à l'âme docile les choses que cette âme doit dire à Dieu? Mais il y a dans ce que m'apprend le grand Apôtre une parole sur laquelle je veux m'arrêter davantage. Saint Paul dit: « Le Saint-Esprit demande par des gémissements ineffables »; quel est donc le vrai sens de ces derniers mots, gémissements ineffables? La prière n'est-elle pas en réalité un gémissement, un cri que pousse vers son Dieu l'âme qui souffre de sa misère, de sa faiblesse, de ses tentations, et surtout de sou éloignement de Dieu? Ce gémissement, l'Apôtre l'appelle inénarrable, parce que, dit saint Augustin, c'est un gémissement céleste, divin, autant dans son principe qui est le Saint Esprit que dans sa fin, dans son objet qui est Dieu. Saint Anselme, d'accord avec le grand Evêque d'Hippone, ajoute: « Ce gémissement de l'âme est caché, inconnu et incompréhensible, à cause de la gloire qui en est l'objet ». Non, les gémissements de l'âme qui cherche le bien dans Dieu, sont inexplicables, parce que le Saint Esprit qui opère dans nous ne dévoile pas ses secrets. Celui-là seul qui scrute les cœurs sait ce que l'Esprit désire. Les gémissements du cœur sont encore inénarrables, parce que la vertu qui leur est propre est supérieure à tous les discours. Dieu en est le silencieux témoin. C'est ce qui consolait le Roi-Prophète, qui s'écriait avec une grande effusion de confiance et d'amour: Non, mon Dieu, mes gémissements ne sont pas pour vous une chose cachée. Mais si tout ce que j'apprends ici est certain, qui dira le bonheur d'avoir dans soi-même le Saint Esprit? Existe-t-il pour l'homme ici-bas un bien plus précieux, plus désirable, que la présence du Saint Esprit dans sou âme? Hélas! parler, souffrir, gémir sans le Saint-Esprit, quoi de plus affreux? Que de pauvres âmes crient au dedans d'elles-mêmes et gémissent seules ! Pleurer et gémir en étant seul, quelle situation, quel état digne d'une profonde pitié! O âme fidèle, ne sois jamais seule. Appelle le Saint Esprit, il sera pour toi un vrai consolateur, parce qu'il t'apprendra à monter jusqu'à Dieu où tu ne manqueras jamais de trouver la source des plus ineffables consolations.

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Le Saint Esprit est donné à l'âme fidèle comme un guide sûr et toujours actif


S'il est vrai, comme nous le voyons par la sainte Ecriture, que Dieu envoie à l'homme les esprits célestes dont il fait ses ministres; si ces ministres de Dieu deviennent comme un feu brûlant, actif, qui rend l'âme de l'homme plus forte, plus vigoureuse dans les combats, qui te soutient contre la malice des esprits de ténèbres, qui nous dira les effets de la présence du Saint Esprit lui-même dans une âme qu'il possède, dont il s'est rendu le maître, et qui consent à se livrer à lui comme au souverain Maître de toute son existence? Quand il nous parle du Saint Esprit, saint Augustin l'appelle impulsion, exhortation, invitation, parce que c'est le propre du Saint Esprit, régnant sur une âme, de la pousser en avant, de l'exhorter, de l'exciter, pour que jamais cette âme ne s'arrête dans la voie qui conduit à la perfection. Si nous sommes lâches, si notre volonté s'engourdit, si nous sommes tentés d'inaction, le Saint Esprit agit sur nous; voilà l'aiguillon qui, en nous piquant, nous réveille, nous excite et nous fait marcher. Les opérations du Saint Esprit nous sont connues par les effets qu'elles produisent. Voyez le chemin qu'a parcouru dans six mois ce pécheur converti, cette femme qui a consenti à devenir chrétienne, après dix ou vingt ans perdus dans la dissipation et la mondanité. N'est-ce pas aux exhortations fortes du Saint Esprit dont l'aiguillon se faisait sentir, que ces âmes doivent les progrès qu'elles ont fait en si peu de temps? Oh! de quoi serait donc capable un chrétien qui consentirait à écouter les exhortations intérieures de l'Esprit Saint! Quelquefois une âme paresseuse est lente dans les voies de Dieu; qu'elle ait recours au Saint Esprit, qu'elle le sollicite. Le Saint Esprit viendra, il poussera l'âme avec force, il l'excitera au bien, à la fidélité, à la ferveur, et cette âme longtemps indolente, presque sans mouvement, étonnera ceux qui la connaissent et qui verront la rapidité de sa marche. Voyez les Apôtres après la Pentecôte. Quelle force motrice dans ces âmes hier si lentes à croire et à faire! quelle activité! quels innombrables travaux! Faut-il voir dans eux ces mêmes hommes qui s'endormirent à Gethsémani, et qui n'osèrent pas approcher du Calvaire?


Hélas! un grand nombre de pauvres âmes ont cessé de marcher, de travailler, de combattre; peut-être même plusieurs n'ont-elles jamais commencé. Où est la cause de ce mal? Ne faut-il pas l'attribuer à l'éloignement du Saint-Esprit? On n'entend pins ses exhortations, on ne sent plus l'impulsion secrète, que l'on a connue autrefois, tout est silencieux dans le cœur. Mais le Saint Esprit se plaît-il à déserter une âme, après l'avoir remplie? Non, certes, jamais. La vérité est que le Saint Esprit a été négligé, que ses exhortations ont été reçues avec indifférence d'abord, et puis avec tristesse; on les a trouvées importunes, on les a méprisées. Ses sollicitations intérieures ont offensé l'amour-propre qui, bientôt ligué avec la sensualité, a éteint sous ses vapeurs épaisses la flamme divine qui éclairait l'âme; le Saint Esprit a été éconduit comme un hôte fâcheux, querelleur, dont les représentations ne pouvaient pas être tolérées, C'est l'histoire de beaucoup de femmes dévotes abandonnées à leur propre esprit, et pour lesquelles le Saint Esprit n'est plus qu'un étranger odieux qu'on sait bien tenir à distance. Ames infortunées, tous les travers de votre prétendue piété attestent ce que je dis; non, vous n'êtes plus exhortées, poussées, sollicitées et conduites par le Saint Esprit; vous ne voulez plus de lui; aussi vos œuvres ne sont-elles plus que des œuvres mortes. Mon Dieu, si j'étais une de ces âmes, je sécherais de douleur, en voyant ici mon portrait. Mais non, Seigneur, je ne voudrais pas d'une douleur sans espérance. Je sais, que le Saint Esprit revient quand on l'appelle, et voilà précisément ce que je vais faire. Je crierai vers le ciel à chaque instant, et le ciel s'ouvrira pour moi, et le Saint Esprit descendra de nouveau dans mon cœur que je veux lui livrer, lui abandonner entièrement, afin qu'il l'avertisse, qu'il l'exhorte, qu'il le reprenne, qu'il le corrige, qu'il le pousse avec force dans la voie de la perfection, à laquelle je sais bien que le Seigneur m'appelle.

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Le Saint Esprit est donné à l'âme fidèle comme un principe de douceur et de joie


C'est une erreur funeste de croire qu'en entrant dans la bonne voie, en voulant avec sincérité pratiquer le bien suivant l'esprit de l'Evangile, on devient exempt de tentations, de doutes, d'anxiétés, de peines intérieures capables de répandre et même d'entretenir dans l'âme une grande amertume. Hélas! la paix parfaite, la joie sans mélange de tristesse, ne sont que pour le ciel, Demandons à saint Paul ce qu'il a souffert dans son cœur, lui qui nous parle si souvent de ses tristesses et de sa douleur habituelle. Continuus dolor cordi meo. Mais le même Apôtre appelle Dieu le consolateur des humbles, des petits. Or ce Dieu Consolateur nous le connaissons, et Jésus-christ nous l'a annoncé, c'est le Saint Esprit. Ecoutons l'Eglise, quand elle adresse ses supplications solennelles au Saint-Esprit. Elle l'appelle à grands cris, en le nommant Père des pauvres, Donateur de tous les biens, Lumière des cœurs, Consolateur parfait; doux, aimable habitant de notre âme, son rafraîchissement, son repos, son soulagement dans les larmes. C'est vous, dit toujours l'Eglise en parlant au Saint Esprit, c'est vous qui lavez nos âmes, qui les purifiez; c'est vous qui, vraie lumière des cœurs, redressez les voies tortueuses, rendez flexible l'âme, qui vous opposait de la résistance; c'est vous qui répandez l'eau salutaire, la rosée qui rafraîchit, sur notre âme sèche et aride. Si maintenant je mets en regard toutes ces délicieuses paroles et le grand mot de Jésus-christ: Je vous enverrai un autre Consolateur, il m'est impossible de ne pas voir dans le langage de l'Eglise le commentaire de la parole du divin Sauveur.


Saint Bernard, en traitant le sujet dont je m'occupe, disait à ses religieux: Le Saint-Esprit est pour nous le gage du salut, les arrhes du ciel, la lumière de la science, la force qui fait vivre. Il rend possible tout ce qui ne le serait pas sans lui. Que de larmes le Saint-Esprit essuie tous les jours! Que de douleurs il apaise! Combien d'âmes désolées hier, lui doivent aujourd'hui des torrents de pures délices! Saint Paul qui a dit avec tant de force ses continuelles épreuves, nous parle avec la même éloquence de la joie que le Saint Esprit fait surabonder dans son âme. L'Eglise nous dit aussi que le Saint Esprit est une onction spirituelle pour tous les cœurs dont il ferme les plaies, et dont il dissipe les amertumes. Qui dira les tempêtes du cœur apaisées tous les jours par le Saint Esprit? un rayon de lumière, une étincelle de ce feu divin dont le Saint Esprit est le foyer éternel, une goutte de cette eau vive dont il est le divin réservoir, tout suffit à l'âme affligée, triste, découragée, abattue, pour la rendre forte, énergique, capable de tout dans le domaine de la sainteté. Oh! comme elles sont à plaindre, ces pauvres chères âmes qui ne connaissent pas le Saint-Esprit, qui ne lui parlent jamais, qui vivent seules, sans cet hôte divin dont la présence procure tous les genres de biens! Puissent-elles un jour comprendre leur profonde misère, et faire connaissance avec le Saint Esprit! Alors elles l'invoqueront, elles dirigeront vers lui tous leurs désirs, et bientôt elles éprouveront la vérité de la promesse de Jésus-christ: « Mon Père vous enverra un autre Consolateur »!

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