09 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Dixième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous purifie dans le sacrement de la Pénitence

 

Il y avait à Jérusalem une piscine appelée Probatique, qui était entourée de cinq portiques, où étaient des infirmes de toute espèce, attendant la venue de l'Ange du Seigneur, qui mettait les eaux en mouvement, et le premier qui s'y plongeait était guéri. Or cette piscine, disent les saints Pères, était un symbole du sacrement de la Pénitence, formé avec le sang de la Rédemption. L'Eglise ouvre aux âmes un bain salutaire plus miraculeux que cette piscine des Juifs: il y coule une fontaine intarissable, formée non du sang des animaux et des victimes expiatoires, mais du sang très saint de l'Agneau immaculé, immolé et offert en sacrifice pour la rédemption du genre humain; et il offre avec la piscine des Hébreux cette différence que, dans cette dernière, un seul infirme était guéri au contact des eaux miraculeuses mises en mouvement par l'Ange du Seigneur, tandis que dans la piscine salutaire du sang de Jésus-Christ, non-seulement un chrétien, mais tous les chrétiens peuvent en tout temps trouver la guérison de leurs mortelles infirmités. Et que faut-il pour l'obtenir? Rien autre que de le vouloir efficacement. Voulez-vous être guéri? dit le Seigneur à ce malade de la piscine Probatique; et il le répète encore à chaque pécheur. Et le pécheur, que répond-il? Hélas! combien y en a-t-il parmi nous qui aiment mieux gémir dans leurs souillures que de se purifier dans ce bain salutaire?

 

Il conviendrait à beaucoup de chrétiens de répéter ce que dit ce serviteur fidèle à Naaman, le lépreux Syrien, alors que le prophète Elisée lui recommanda de se laver dans les eaux du Jourdain pour se guérir de la lèpre, et qu'il s'y refusait : « Si le prophète t'avait commandé une chose difficile, tu aurais dû la faire, à plus forte raison dois-tu lui obéir, quand il t'a dit de te laver pour être guéri » (Rois 5, 13). Ainsi, si le Seigneur nous avait commandé de recouvrer la santé de notre âme au prix de notre sang, nous devrions le faire; combien avec plus de raison encore devons-nous lui obéir, quand il nous commande seulement de nous laver dans le sang de Jésus-Christ par la pénitence sacramentelle! C'est là le Jourdain: nous devons nous y laver pour être purifiés de la lèpre abominable du péché: nul n'étant pur de souillure, la source qui coule des blessures sacrées du Seigneur est nécessaire à tous, dit saint Bernard. Du moment que le péché est confessé au prêtre avec un vrai repentir, et que les paroles de l'absolution sacramentelle ont été prononcées, l'a me est purifiée. O immense libéralité de mon Rédempteur! à quel point en est venu votre amour! nous laver avec votre propre sang! Qui donc refusera d'aller plonger ses fautes dans cette mer inépuisable de votre très-précieux sang, qui fera disparaître toutes ses infirmités?

 

Colloque

 

Mon Jésus, je vais sans retard à cette bienfaisante fontaine, et quoique je me voie souillé de bien des fautes, cependant, en me plongeant dans cette mer inépuisable de miséricorde, j'ai la confiance que mon âme en sortira purifiée, puisque telle est l'assurance que vous m'en donnez par le prophète: « Si fucrint peccata vestra sicut coccinum, quasi nix dealbabuntur » (Isaïe 1, 18). Et de même que quelques gouttes d'eau dans une vaste mer sont aussitôt absorbées par les ondes, il en sera ainsi de mes fautes jetées dans la mer immense de votre très-saint sang, et qui seront aussitôt effacées; et l'âme plongée dans ces eaux de miséricorde en sortira nette et purifiée. Donnez-moi pourtant, ô mon Jésus, une vive douleur, un sincère repentir, afin que j'unisse ma douleur à votre sang, et qu'avec un cœur contrit et humilié, que vous ne repoussiez pas, je puisse recevoir la rémission de mes iniquités; faites que votre sang guérisse les blessures de ma pauvre a me, pour vérifier en moi ces paroles: Sanguis Christi emundat nos ab omni iniquitate ».

 

Exemple

 

Pour la consolation des âmes qui craignent parfois de ne pas avoir, dans la confession sacramentelle, une douleur suffisante de leurs péchés, il sera utile de rapporter ce que dit par inspiration divine sainte Marie-Madeleine de Pazzi, pour montrer que le sang de Jésus-Christ supplée encore à cette douleur. La Sainte, méditant sur la sueur de sang répandue par le Sauveur agonisant dans le jardin, disait: « Qui peut pénétrer, ô Seigneur! les abîmes d'angoisse et de douleur que vous éprouvez, afin de satisfaire pour tant d'âmes et obtenir leur contrition? Par là, dans votre sacrement, notre attrition se change en contrition, et nous sommes justifiés sans faire acte de contrition parfaite, parce que vous avez pris sur vous la contrition que nous devrions avoir; vous avez satisfait pour cette douleur interne qui nous manque, avec cette angoisse, cette douleur et cette contrition que vous avez senties pour nous dans votre Cœur affligé ». Ainsi s'exprime la Sainte.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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07 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Huitième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous purifie dans le sacrement de Baptême

 

Jésus-Christ, en expirant sur la croix, venait de consommer le sacrifice de justice et de charité que le divin Agneau offrit pour nous sur cet autel de miséricorde; un des soldats qui étaient sur le Calvaire prit alors une lance, et frappant le côté sacré de Jésus-Christ, l'entr'ouvrit et en fit sortir l'eau et le sang, symbole, au dire de saint Augustin, des sacrements qui purifient et alimentent. Ainsi dans cette eau très-pure est figuré le sacrement de baptême, fontaine de régénération et de vie, par laquelle nous sommes régénérés à la grâce. Mais d'où vient à cette eau l'admirable vertu de purifier les âmes du péché originel dans les enfants, et de tous les péchés actuels dans les adultes qui reçoivent ce sacrement? D'où dérive une si grande efficacité dans cet élément? L'abbé Rupert répond: « Elle dérive du sang très-précieux de Jésus-Christ »; c'est par l'union et le mélange de l'eau avec le sang du Rédempteur, que l'eau a acquis une vertu si efficace et si merveilleuse; d'où il résulte que tous les effets que le baptême produit dans l'âme dérivent de ce sang précieux; c'est par lui que nous sommes régénérés à la grâce; c'est par lui que nous sommes devenus fils de Dieu par adoption , frères de Jésus-Christ, héritiers du paradis. O mystères sublimes de la bonté ineffable de Jésus! ô puissance ineffable de ce sang!

 

Mais comment s'est maintenue cette vie de grâce qui nous fut donnée dans le Baptême? Comment avons-nous conservé cette innocence baptismale dont notre âme a été embellie par la vertu du sang de Jésus-Christ? Hélas! Aux premières lueurs de la raison n'avons-nous pas perdu la belle robe de l'innocence du baptême, n'avons-nous pas souillé cette âme lavée dans le sang du divin Agneau, et ne pouvons-nous pas dire en pleurant avec saint Augustin: « Où ai-je été, et quand ai-je été innocent? » Nous sommes devenus fils de Dieu par le baptême, et après une aussi grande faveur, nous cessons d'agir avec l'esprit de Dieu; nous sommes enfants de lumière, et nos œuvres sont des œuvres de ténèbres; après être devenus héritiers du ciel, nous nous sommes soumis a l'esclavage de Lucifer. Souviens-toi donc, ô chrétien, m'écrierai-je avec le grand pontife saint Léon, souviens-toi de ta dignité, et après avoir été fait participant de la nature divine par le baptême, ne t'abaisse pas jusqu'à reprendre de nouveau ce joug infernal, auquel t'a soustrait le sang de Jésus-Christ. Nous sommes fils de Dieu, que nos œuvres soient donc dictées par l'esprit de Dieu: Frères de Jésus Christ et héritiers du ciel, n'attachons pas notre coeur à la terre.

 

 

Colloque

 

Quel remerciement pourra vous rendre mon âme, Très-aimable Jésus, pour avoir daigne me faire naître dans le giron de la sainte Eglise, et m'admettra aux fonts sacrés du baptême! Ne pouvais-je pas aussi bien naître dans les ténèbres de l'idolâtrie et de l'infidélité? Et cependant vous m'avez fait naître parmi les catholiques, vous m'avez purifié dans le baptême, et fait participant des mérites de votre sang. C'est pourquoi je suis confus en voyant que je n'ai pas répondu à votre amour, et combien ma vie a dégénéré de ce caractère de chrétien que vous avez imprimé à mon âme; je l'ai défiguré, je l'ai avili par mes œuvres mauvaises. Mon Dieu! purifiez de nouveau mon âme, et si de votre côté ouvert coula cette eau unie à votre très-précieux sang par laquelle j'ai été purifié dans le baptême, aujourd'hui je joins une autre eau à votre sang vivifiant; c'est l'eau de mes larmes excitées par la contrition du cœur; que ces larmes unies à votre très précieux sang forment un baume salutaire de pénitence, pour laver de nouveau l'âme des souillures contractées depuis le baptême.

 

Exemple

 

Cette robe blanche, qui servait à revêtir les néophytes, après qu'ils avaient reçu le sacrement du baptême, ce linge blanc qui se place sur les enfants après qu'ils ont été baptisés, sont le symbole de la netteté et de la pureté que l'âme acquiert par le sang de Jésus-Christ dans ce sacrement; pureté que nous devons conserver immaculée, afin de nous présenter nets et purs devant le tribunal de Jésus-Christ après notre mort. C'est pourquoi sainte Maruta montra cette robe blanche à un apostat, afin qu'il reconnût le bienfait reçu dans le baptême au moyen du sang innocent de l'Agneau immaculé, et qu'il retournât de nouveau à la foi qu'il avait abandonnée.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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06 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Septième jour

Le désir ardent qu'a Jésus-Christ de voir toutes les âmes participer à son très-précieux sang

 

Combien était grand le désir qu'a eu Jésus-Christ pendant toute sa vie mortelle, de répandre son sang pour la rédemption du monde! Il ne désire pas moins ardemment aujourd'hui que tous en profitent, que tous y participent. C'est pourquoi, en nous invitant à cette fontaine de miséricorde, il nous dit: « Bibite ex hoc omnes » (Matthieu 26, 27); et ouvrant dans ses saintes plaies quatre fontaines, comme dit saint Bernard, fontaine de miséricorde, fontaine de paix, fontaine de dévotion, fontaine d'amour, il convie toutes les âmes à venir s'y désaltérer. Et pourquoi, en effet, a-t-il institué les sacrements, qui sont comme les canaux par lesquels se communiquent les mérites de ce sang précieux? pourquoi s'offre-t-il perpétuellement à son Père éternel dans le ciel, et veut-il que, chaque jour, il soit offert par ses ministres sur les saints autels? pourquoi , de nos jours, a-t-il réveillé d'une manière toute particulière dans le cœur de tant de fidèles une pareille dévotion? C'est parce qu'il désire ardemment que tous, au moyen de son sang, puisent les eaux de la grâce aux sources sacrées de ses plaies. Oh! quelle monstrueuse ingratitude que de ne pas profiter, par notre négligence, d'un moyen de salut si efficace!

 

Qui peut exprimer tous les desseins admirables qu'a eus le cœur de Jésus dans l'effusion de ce sang d'amour? Par là, il a voulu apaiser sa divine justice, nous réconcilier avec son divin Père, purifier nos âmes de toute iniquité, nous mériter les secours efficaces de sa grâce, nous ouvrir les abords du royaume bienheureux de sa gloire. Qui peut donc douter qu'il ne brûle du désir ardent que tous en profitent, que tous répondent à sa charité inépuisable? Il semble même se plaindre des âmes qui ne savent pas l'apprécier. Homme fait de terre, songe au sang qui a été répandu pour toi; ne le méprise pas, ne le foule pas à tes pieds, ne fais pas en sorte qu'il ait été inutilement répandu pour toi. Songe que celui qui a versé ce sang, et qui te l'offre, a pour nom le Verbe de Dieu; qu'il est ce Verbe fait homme qui est mort pour toi, et qui, un jour, doit te juger. Rappelle-toi que ce sang est un gage de son amour; mais que, si tu en abuses, il sera ta condamnation. Rappelle-toi que si à présent tu ne témoignes pas ta dévotion et ta gratitude envers ce divin sang , tu ne pourras avoir ta place parmi les bienheureux, ni bénir avec eux pendant toute l'éternité l'Agneau immaculé qui les a rachetés et sauvés. O mon âme! quels sont tes sentiments, quelles sont tes résolutions?

 

Colloque

 

Ah! Jésus qui nous aimez tant, si le péché vit encore en nous, si nous sommes tièdes et négligents dans votre service, et s'il nous est si difficile de marcher dans le sentier de la vertu, la faute tout entière en est à nous; c'est que nous ne venons pas au pied de votre croix nous plonger dans votre très-précieux sang; c'est que nous ne l'appliquons pas à nos âmes, c'est que nous ne savons pas faire usage de ce trésor inestimable que vous nous offrez avec tant d'amour! Nous sommes misérables au milieu des richesses, nous sommes pauvres au milieu des trésors de votre grâce. Que pouviez-vous faire de plus pour nous? Et après cela, ingrats que nous sommes, nous ne voulons rien faire pour nous et pour notre salut! Vous avez bien raison de dire: « Que pouvais-je faire de plus pour ma vigne? » Et nous, à noire confusion, nous pourrions dire: « Que pouvions-nous faire de moins pour vous? » Vous avez répandu tout votre sang, et vous nous invitez chaque jour à y prendre part. Vous êtes mort pour nous sauver, sur une croix, au milieu des angoisses et des douleurs; et nous sommes, nous, si obstinés, si insensibles à vos invitations, à votre sang, à votre mort! Mais il n'en sera pas ainsi à l'avenir; nous nous proposons de toute notre force de vous montrer désormais la plus sincère gratitude, le plus fidèle retour, et de professer une affectueuse et constante dévotion envers votre sang très-saint; il sera toujours l'objet de notre amour, et d'exemple comme de parole, nous le ferons adorer de tous.

 

Exemple

 

Arrêtez-vous aujourd'hui quelques instants devant une image de Jésus crucifié, et avec une attention toute particulière, écoutez la voix du sang qui coule de ses plaies; que vous dira-t-elle ? Elle vous dira ce que Jésus dit un jour à sainte Lutgarde: « Vois, ma chère Lutgarde, comme mes blessures crient vers toi, pour que mon sang n'ait pas été répandu en vain! » Ah! c'est que tant de sang a été répandu en vain et sans fruit pour bien des âmes; c'est que les perles précieuses de la Divinité sont jetées à des animaux immondes, assez hardis pour fouler aux pieds le sang divin du Verbe fait homme; c'est que nul n'aime le Sauveur qui tient chacun de vous imprimé sur son cœur en lettres de sang. Réveillez-vous donc à cette voix, appliquez ce sang sur votre cœur, et soyez reconnaissant envers celui qui l'a répandu.

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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05 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Sixième jour

Le sang très précieux de Jésus-Christ produit dans l'âme l'ordre parfait et la véritable tranquillité

 

Le péché avait troublé la belle ordonnance que Dieu avait établie parmi ses créatures, voulant que la volonté de l'homme fût soumise en tout à sa très-sainte volonté. L'homme s'étant révolté contre la majesté du Seigneur, les passions étaient soulevées, les appétits désordonnés, le démon tyrannisait les âmes, et ainsi s'était perdue l'heureuse paix, l'heureuse tranquillité du cœur. Jésus-Christ parut au monde, et avec l'effusion de son sang il fit renaître parmi nous la paix. Il nous remit en paix avec Dieu, en paix avec nous-mêmes; par ce sang il nous réconcilia avec son divin Père; il fit en sorte que la miséricorde et la vérité se rencontrassent ensemble, et que la justice et la paix fussent réunies; il réprima nos passions rebelles, mit en fuite le démon, et cette belle ordonnance que le passé avait troublée fut rétablie: « Pacificans per sanguinem crucis ejus, sive quae in terris, sive quae in cœlis sunt », paroles que saint Cyrille d'Alexandrie interprète de cette manière: « Ne voyez-vous pas que Jésus-Christ qui, d'après saint Paul, a pacifié, non-seulement ce qui est sur lu terre, mais ce qui est au ciel, est le veau d'expiation offert pour le péché? » C'est lui qu'il reconnaît comme figuré par cette victime pacifique qu'on offrait pour le péché dans l'ancienne alliance. Et ailleurs il dit encore: « II a plu au Père divin de tout réconcilier par le sang pacifique de son divin Fils unique, en qui il a fait reposer la plénitude de ses grâces ». Et voilà pourquoi le titre de roi pacifique et de prince de la paix convient à Jésus, car il l'a bien mérité par l'effusion pleine d'amour de son sang.

 

Savons-nous la maintenir cette paix que Jésus nous a acquise au prix de son sang? Conservons-nous cet ordre parfait, cette tranquillité qu'il nous a méritée par son propre sacrifice? Hélas! avec quelle facilité nous les perdons! pour une misère, pour un vil intérêt, pour un plaisir momentané, nous perdons un aussi précieux trésor. On perd la paix avec Dieu en perdant sa grâce, on livre son cœur au péché, qui est l'ennemi juré de la paix, et qui n'apporte que remords, amertumes et afflictions d'esprit. On perd la paix avec le prochain; pour une légère offense, pour une légère contradiction, pour un faible dommage, la colère s'allume dans notre cœur, et on donne carrière à la haine et à la vengeance; on perd la paix avec soi-même en donnant un libre cours à ses passions, qui ne savent que faire la guerre à l'esprit, et plonger les âmes dans les plus horribles tristesses! Rentrons donc en nous-mêmes et ne perdons pas un trésor qui a coûté tant de sang à Jésus; conservons la paix avec Dieu en gardant fidèlement dans notre cœur le trésor de sa grâce; conservons la paix avec le prochain en pardonnant promptement les offenses, et en aimant celui qui nous outrage et nous persécute, selon les adorables enseignements de Jésus; conservons la paix avec nous-mêmes, en refrénant les passions rebelles qui nous livrent la guerre.

 

Colloque

 

Aimable Rédempteur, auteur de la paix, roi pacifique, qui, pour réconcilier nos a mes avec votre justice irritée, avez donné votre vie et votre sang; oh! faites que nous sachions apprécier autant qu'il le mérite un trésor aussi précieux, cette paix que vous avez obtenue pour nous, cette paix que le monde ne peut donner avec tous ses biens; paix qui surpasse toute louange humaine; paix qui est un gage et un avant-goût de cette paix imperturbable dont on jouira au ciel. Voyez quels sont les périls qui nous entourent, et les occasions continuelles de perdre cette paix; voyez la guerre intestine que nous font nos passions. O mon Dieu! contenez-les, et si à votre voix souveraine les vents et les tempêtes au sein des mers orageuses se sont calmés pour faire place à une parfaite tranquillité, faites de nouveau entendre cette voix à mon cœur, afin que je puisse retrouver la paix parfaite et la tranquillité perdue par le péché. Et faites-le par ce sang précieux, qu'avec tant d'amour vous avez répandu pour nous racheter la paix vraie et parfaite.

 

Exemple

 

Le cœur qui veut jouir de la vraie paix, doit s'unir au cœur très-aimable de Jésus, et s'arroser de ce sang précieux qui découle de ses blessures. Sainte Françoise Romaine, comme on lit dans sa vie, vit un jour sortir du côté sacré de Jésus, et de ses plaies, une multitude de chaînes de feu qui transmettaient avec elles une grande quantité de sang pour le salut des âmes. Ce sont les chaînes d'amour auxquelles le cœur doit s'unir pour vivre en paix. Il doit s'abreuver de ce sang pacifique qui calme les passions, dompte le démon, et donne sur cette terre un avant-goût de cette paix éternelle, imperturbable, dont on jouira dans le ciel. (Vie de Sainte Françoise Romaine).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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04 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Cinquième jour

Le sang précieux de Jésus-Christ purifie l'âme souillée par le péché

 

Oh! qu'elles sont hideuses et repoussantes ces souillures que nos fautes produisent en notre âme! Elles la corrompent tellement, que saint Augustin va jusqu'à dire: « L'odeur d'un chien mort est préférable à celle qu'exhale une âme pécheresse devant Dieu ». Et c'est pourquoi le prophète Isaie, en parlant aux pécheurs, les exhorte à se laver et se purifier à la fontaine de vie. Mais quelle est cette fontaine de vie, si ce n'est pas le sang vivifiant et purifiant de l'Agneau immaculé, où se plongent les âmes pour en sortir purifiées de toute souillure? « Sanguis Christi emundat nos ab omni iniquitate », nous assure l'Apôtre. Le sang du Rédempteur est comparé à une source qui n'est ni fermée ni cachée, mais ouverte et visible à tous. C'est ainsi que le prophète Zacharie la voit en esprit fournir en abondance les eaux qui doivent purifier les âmes. Elle les déverse ensuite avec profusion dans toutes les parties de la maison du véritable Jacob, qui est l'Eglise; et sa principale destination est d'enlever en nos âmes les souillures du péché. Faut-il qu'il s'en trouve encore qui veuillent rester dans leurs impuretés, et qui refusent d'approcher de cette source bienfaisante de salut?

 

Considérez l'injure que fait le pécheur au sang très-précieux de Jésus-Christ, lorsqu'il aime mieux vivre dans toute la laideur du péché, que de se purifier à cette fontaine de vie. Que diriez-vous, ô mon âme, de celui qui, tombé dans la fange, aimerait mieux s'y rouler que d'approcher d'une fontaine d'eau limpide qui pourrait le laver? Quelle serait sa folie! Eh Lien, la folie du pécheur est bien plus détestable, lui qui passe les années dans la fange de ses fautes, et oubliant son âme, l'éternité et Dieu, se tient éloigné du bain purifiant de ce sang divin. Pécheurs, réveillez-vous, c'est pour vous que cette fontaine est ouverte. Venez, lavez-vous et purifiez-vous. Mais, que dis-je? ce n'est pas une fontaine. Le sang de Jésus-Christ est un vaste fleuve, et mieux encore, une mer profonde, sans bornes et sans rivage, qui inonde et couvre toute la terre; car la miséricorde divine, qui distribue ce sang précieux, n'a pas de limites. C'est ce qui faisait dire à sainte Marie-Madeleine de Pazzi, que le Seigneur nous avait envoyé deux fois le déluge: la première fois au temps de Noé, à l'époque de l'inondation universelle de la terre; et l'autre à l'époque de la plénitude de la grâce. Le Verbe fait homme (ce sont ses propres paroles) envoya encore le déluge dans ce misérable monde; et quel est ce déluge? Une grâce surabondante et l'effusion de son sang. Et c'est ce qui fait dire également à saint Jean Chrysostôme: « Hic sanguis effusus universum abluit orbem terrarum ». Maintenant, voici, o pécheur! voici l'occasion favorable de précipiter au sein de cette mer immense la masse de vos péchés, et vous ne pouvez douter de la volonté du Seigneur de les effacer au plus vite, puisqu'il vous a fait entendre par son prophète Michée qu'il jettera toutes nos iniquités dans la mer profonde de sa miséricorde.

 

Colloque

 

Très-aimable Jésus, qui m'invitez aujourd'hui à me plonger dans la mer immense de votre très-précieux sang, afin de me purifier de toutes les souillures contractées par mes iniquités, je serais trop coupable envers vous si je faisais le sourd à l'invitation de votre grâce. Oh! oui, mon Jésus, je veux immerger mon a me tout entière dans ces eaux de miséricorde et de grâce. Vous voyez toutes les impuretés, toutes les attaches, toutes les misères qui sont en elle, et vous seul pouvez la purifier. Purifiez-moi donc, Seigneur, dirai-je avec le lépreux de l'Evangile, parce que vous le pouvez. Un seul signe de votre volonté suffit pour me purifier. Faites donc que j'entende de vos lèvres ces douces et consolantes paroles: « Je le veux, sois purifié ». Et ainsi purifié par votre sang, conservez-moi cette pureté jusqu'à la mort.

 

Exemple

 

Pour encourager les pécheurs à se plonger dans son sang avec une entière confiance dans sa miséricorde, le Seigneur apparut un jour à sainte Mathilde sur un autel, les mains étendues. Ses saintes plaies, comme si elles eussent été récentes, répandaient un sang abondant, et il lui dit: « Voici mes blessures ouvertes de nouveau, afin de pouvoir apaiser envers les pécheurs mon divin Père. Il y en a qui ont le cœur si craintif et si timide, qu'ils n'ont pas la hardiesse de se confier dans mon amour. S'ils avaient souvent recours à la Passion, et s'ils adoraient dévotement mes plaies sanglantes, ils chasseraient toute crainte bien loin d'eux ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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03 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Quatrième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ rachète lame de la servitude du péché

 

Un des plus déplorables effets que le péché produit dans notre âme, est de la rendre esclave des passions et du démon, ce qui, de toutes les servitudes, est la plus dure et la plus triste; il la rend esclave des passions, parce que l'homme devient esclave de celui qui l'a vaincu; et ailleurs nous lisons: « Qui facit peccatum servus est peccati » (2 Jean 8, 34). Celui qui commet le péché se fait esclave du péché. Il la rend esclave du démon; car consentir à ses mauvaises suggestions, c'est se soumettre à son joug tyrannique, sous lequel la pauvre âme est tenue dans une honteuse dépendance; et on peut dire des pécheurs qu'ils sont soumis à la volonté du démon. Eh bien, le sang de Jésus-Christ nous arrache à l'opprobre d'un pareil esclavage, il nous arrache au joug des passions, en les domptant, en les réprimant par les mérites du Fils de Dieu qui a répandu ce sang précieux. Il noua arrache au démon, parce qu'il le renverse, parce qu'il le terrasse; et en parlant de ce sang divin on peut dire avec vérité: « Et nunc princeps mundi ejicietur foras ». Voyez donc, ô mon âme, quelle source de richesses et de biens découle de ce sang précieux!

 

Et, mon Dieu! combien toutes ces vérités sont bien indiquées dans ces paroles de la Sagesse bénissant le bois où s'effectua la justice. Par cette justice, il faut entendre le paiement rigoureux que Jésus-Christ a acquitté sur le bois de la croix pour racheter les âmes de la servitude du démon, effacer la sentence de notre damnation éternelle, et au prix de son sang nous procurer la liberté des enfants de Dieu. Voici comme saint Ambroise explique le texte que nous venons de citer: « C'est à la justice que la sainte Ecriture attribue le pardon des péchés, parce que notre Seigneur Jésus-Christ en montant sur cette croix, a crucifié la sentence de nos péchés, et par son sang a purifié le monde entier ». Mais cet affranchissement que le sang de Jésus Christ nous a mérité, en profitons-nous? Vivons-nous comme de vrais enfants de Dieu? Hélas! combien de fois, et volontairement, reprenons-nous ces dures chaînes, au joug desquelles Jésus-Christ nous avait soustraits? Celui qui laisse dominer de mauvaises passions dans son cœur, celui qui donne son consentement aux tentations du démon, se fait de lui-même esclave du démon! Ne savons-nous donc pas île quelle manière ce grand ennemi traite les âmes? ne savons-nous pas les remords, les amertumes, les afflictions d'esprit, dont sont abreuvées les âmes qui combattent sous ses bannières? Et si quelquefois, avec une perfide douceur, il vient présenter à nos lèvres la coupe empoisonnée du plaisir, ne savons-nous pas que nos lèvres doivent y puiser la mort! Oh! ces chaînes sont trop dures: brisons-les enfin, et jouissons de cette liberté que Jésus nous a acquise au prix de son sang.

 

Colloque

 

Ah! mon Jésus, si je considère toute la grandeur de mes fautes, et le triste état auquel elles m'ont réduit, combien n'ai-je pas à craindre? Mes innombrables iniquités me paraissent autant de chaînes; mais si je tourne mes regards vers le prix de la rédemption que vous avez acquitté pour moi sur la croix, quelle douce confiance conçoit alors mon cœur, et combien est forte l'espérance appuyée sur un tel fondement! « Merità mihi spes valida in illo est », m'écrierai-je avec saint Augustin. Oui, c'est là que mon espérance sera tout entière Le poids incommensurable et l'immensité de mes péchés précipiterait mon âme dans l'abîme du désespoir, si vous ne m'excitiez pas à la confiance du pardon, ô mon divin Sauveur, si je ne vous voyais assis à la droite de votre Père céleste et offrant tous les jours voire sang pour moi misérable pécheur. Ce sang qui m'a racheté et m'a délivré tant de fois de l'enfer, j'ai confiance en lui, et je n'ai nulle crainte de mes ennemis: « Ille tuus unicus redemit me sanguine suo », dirai-je encore avec confiance : « Non, la multitude de mes péchés ne m'effraie pas, quand je pense au prix de mon salut, qui est votre sang, ô mon aimable Sauveur »,

 

Exemple

 

Sainte Catherine de Sienne, par ses douces paroles, obtint d'un jeune gentilhomme de Pérouse, nommé Nicolas, qu'il souffrît avec résignation une sentence de mort qui lui paraissait injuste. Elle lui disait : Tu iras à la mort arrosé du très-précieux sang du Fils de Dieu, et tu mourras avec le doux nom de Jésus sur les lèvres; et elle le délivra ainsi de la grande douleur et de l'épouvante qu'il avait d'être décapité, et de la crainte de ne pouvoir persévérer au dernier moment dans sa résignation. La sainte fit plus; elle voulut elle-même l'assister dans ses derniers moments, et elle le fit en effet, l'exhortant à se souvenir du sang de l'Agneau divin ; et le jeune homme ne cessait de répéter: « Mon cher Jésus, Jésus, Jésus! » C'est ainsi qu'il mourut, et lorsque la tête fut détachée du corps, Catherine, fixant les yeux au ciel, vit Jésus-Christ qui portait cette âme fortunée au royaume éternel. (Vie de la Sainte, par le P. Frigerio)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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02 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Troisième jour

Le sang très précieux de Jésus remédie aux grands et horribles maux qu'occasionne le péché

 

Qui peut comprendre et exprimer les tristes effets que le péché produit dans notre âme? C'est par lui que la mort est entrée dans le monde, mort spirituelle, mort temporelle et mort éternelle. Il dépouille l'âme de la grâce sanctifiante, et la rend un objet d'abomination aux yeux d'un Dieu de pureté, qui ne peut supporter l'iniquité; il la fait esclave de Lucifer, et la rend tellement hideuse qu'un seul péché mortel la fait semblable au démon. De plus, il injurie la majesté du Seigneur, excite son courroux, et fait répandre sur les fils des hommes le calice amer de toutes les tribulations. Quel remède reste-t-il donc à tant de maux, sinon le sang très-précieux de Jésus-Christ, ce baume salutaire qui guérit toutes les blessures de l'âme causées par le péché? C'est lui qui nous réconcilie avec la divine justice outragée par nous, c'est lui qui apaise le Seigneur, et calme sa colère. Il nous remet en état de paix avec Dieu et avec les anges. Il nous rend les mérites que nous avons perdus, et nous purifie de toute iniquité. O bonté ineffable de Jésus, qui avec son sang nous fournit tant de remèdes, et des remèdes si efficaces!

 

Si le pécheur considère, dit saint Bernard, toute l'horreur de ses fautes, oh! combien il doit se troubler et s'épouvanter! Mais s'il se tourne vers le crucifié et regarde ses plaies saignantes, oh! avec quelle confiance doit-il compter sur la miséricorde et le pardon! « Peccavi peccatum grande, turbatur conscientia, sed non perturbatur, quoniam vulnerum Domini recordabor », s'écrie-t-il avec confiance. Le sang du Rédempteur versé pour notre salut est l'unique moyen de guérir nos plaies; c'est, comme l'affirme saint Ambroise, le seul remède salutaire à tous les maux de l'âme. Ce prix livré par Jésus-Christ sur la croix, est le seul qui pourra acquitter envers la divine justice les dettes immenses contractées par les hommes pour leurs péchés: « Suum pro nobis effudit sanguinem , et debitum nostrum delevit », assure le même saint docteur. Et c'est ce qu'exprime l'apôtre saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens, en disant: In quo habemus redemptionem per sanguinem ejus, remissionem peccatorum secundum divitias gratiœ ejus (Ephésiens 17). Jésus par l'effusion de son sang a prodigué les richesses de sa grâce pour payer nos dettes. Prix inestimable qui nous a tant enrichis, et qui a si généreusement satisfait pour nous!

 

Colloque

 

Quelle reconnaissance, mon Jésus, vous doit mon âme pour avoir été guérie par vous, médecin plein de tendresse, avec le baume inestimable de votre sang! Que serais-je, et dans quel gouffre de misères serait plongée cette âme, si elle n'avait pas été rachetée par vous, et tant de fois guérie des profondes plaies produites en elle par tant de fautes dont je suis coupable? Vous Seul étiez capable de remédier à tant de maux. Faites donc que je ne retombe plus dans cet état de mort dont voire sang m'a délivré. Qu'il soit mon salut, qu'il soit mon unique remède, qu'il soit mon soutien pendant la vie et à la mort. Quand je réfléchis à mon ingratitude passée, je voudrais mourir de douleur à vos pieds. Mon Jésus, transpercez mon cœur de douleur et d'amour pour toutes les blessures dont je vous ai transpercé, pour tout le sang que mes péchés ont fait couler de vos veines; et faites que je ne vous offense plus, mais que je vous aime toujours, et toujours. Amen.

 

Exemple

 

Sainte Catherine de Sienne vit un jour deux malheureux qui marchaient au supplice. Pendant qu'on déchirait leur chair avec des fers brûlants, et qu'ils poussaient d'horribles blasphèmes, elle pria pour eux avec une grande ferveur, rappelant au Seigneur les miséricordes dont il avait usé envers tant de pécheurs. Jésus, touché de ses prières, daigna apparaître à eux couvert de ses plaies saignantes. Aussitôt ils se convertirent au milieu même de cet horrible supplice, bénirent Dieu, moururent dans une résignation parfaite et montèrent au ciel. (Vie de la Sainte, par le P. Frigerio)

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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01 juin 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Deuxième jour

Le prix de notre âme démontré par le Sang Précieux de Jésus-Christ

 

La valeur d'une pierre précieuse se mesure d'après la somme payée pour son acquisition, et plus cette somme est élevée, plus l'objet acquis nous est précieux. Eh bien, notre âme n'a pas été rachetée au vil prix de l'or et de l'argent, mais au prix du sang du divin Agneau, dit l'apôtre saint Paul; et saint Basile: « Anima Christi sanguine reparatur ». O dignité incomparable de notre âme! dit avec raison saint Bernard. Il y a plus, pour une seule âme, au dire de saint Ephrem, Jésus aurait donné tout le sang de ses veines. Notre âme n'est pas moins précieuse par sa création, puisqu'elle a été créée à l'image de Dieu, que par sa rédemption, puisqu'elle a été rachetée par Jésus au prix de son propre sang. Et cependant combien les hommes tiennent peu de compte de cette âme! Pour un vil intérêt, pour un caprice, pour un immonde plaisir, ils la livrent au démon. Rentre en toi-même, âme chrétienne, et vois combien tu as coûté à Jésus. Pense qu'il ne te servira de rien de gagner le monde entier, si tu te perds toi-même, qu'il ne te servira de rien d'avoir richesses, honneurs, plaisirs. C'est une vérité infaillible annoncée par Jésus-Christ. Il n'y a qu'une affaire importante sur la terre, c'est de sauver une âme rachetée et arrosée par le sang très-précieux de Jésus. O âme! pense combien a été abondant ce prix de valeur infinie qu'il a donné pour toi. Il suffisait d'une seule goutte de ce sang divin pour racheter le monde entier, comme l'enseigne le pontife Clément VI, et comme le répète le docteur angélique saint Thomas: « Cujus una stilla salvum facere totum mundum quit ab omni scelere ». Et néanmoins, par un amour ineffable pour nos âmes, il a voulu le verser tout entier. Et toi, qu'as-la fait jusqu'ici pour te sauver? où sont les épines, les clous, les croix souffertes? où est le sang répandu? Ah! combien cette comparaison doit nous rendre confus! Jésus a tant souffert pour nous sauver, et nous, après cela, nous ne voulons rien souffrir; dès qu'il s'agit de notre âme, tout nous déplaît: faire des oraisons, mortifier cette passion rebelle, extirper du cœur cette affection désordonnée, faire abnégation de soi-même, se faire violence. Mais réfléchis, mon âme, que si de ton côté tu ne penses pas à te sauver, le sang répandu de Jésus-Christ ne te servira de rien; bien au contraire, il sera ta condamnation, car Dieu qui t'a fait sans toi, comme dit le saint docteur Augustin, ne te sauvera pas sans toi. Et de même que les Hébreux trouvèrent leur salut dans la Mer Rouge où les Egyptiens trouvèrent la mort, ainsi, si tu mets à profit le sang de Jésus-Christ, tu te sauveras; si tu en abuses, tu trouveras la mort éternelle.

 

Colloque

 

Mon Jésus, qui avez été prodigue de votre sang précieux, au point de le verser tout entier pour le rachat de cette âme qui m'appartient , je puis dire avec raison qu'il n'y a pas une goutte qui n'ait été versée pour moi. Arrosée de ce sang précieux, cette pauvre âme se présente vers vous, et a recours à vous. O mon Dieu, faites qu'elle ne tombe pas en perdition cette âme qui vous a tant coûté, et qu'elle n'ait pas un jour à entendre de votre bouche l'amer reproche d'avoir inutilement versé votre sang pour moi. Ah! excitez aujourd'hui dans mon pauvre cœur un désir efficace de me sauver, dût—il m'en coûter et mon sang et ma vie. Par les entrailles de votre miséricorde, et par les mérites de votre très-précieux sang, sauvez-moi, mon Jésus, secourez-moi dans les tentations, soutenez-moi dans les périls, délivrez-moi de la mort éternelle, moi qui vous coûte votre sang.

 

Exemple

 

Sainte Thérèse eut une très-grande dévotion au sang très-précieux de Jésus-Christ: elle se sentait tout émue à la vue seule de quelque image représentant Jésus-Christ répandant son sang; cette vue lui rappelait tout le prix de son âme, et l'amour que Jésus avait eu pour elle. Elle rapporte ce qui lui arriva une fois: « Un jour, dit-elle, en entrant dans l'oratoire, je vis une image représentant le Christ couvert de plaies, et tellement pleine d'expression, qu'à sa vue je me sentis toute troublée, tant elle représentait avec vérité tout ce que Jésus-Christ souffrit pour nous. Tel fut le sentiment de douleur que j'éprouvai alors, qu'il me sembla que mon cœur se brisait, et me jetant tout en larmes au pied de l'image, je suppliai Jésus de me donner, une fois pour toutes, la force nécessaire pour ne plus l'offenser à l'avenir ».

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

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31 mai 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Premier jour

Les victoires que Jésus-Christ a remportées par l'effusion de son précieux sang

 

Vaincue et enchaînée par l'ennemi infernal, la malheureuse humanité gémissait dans les ombres de la mort; d'elle-même elle ne pouvait se relever du triste état où elle était tombée, ni vaincre l'horrible ennemi qui, au moyen du péché, l'avait rendue son esclave; ce n'était donc que du ciel que les pauvres mortels attendaient ce puissant vainqueur de l'enfer et de la mort qui seul pouvait les délivrer, lorsqu'enfin les temps étant accomplis, Jésus parut dans le monde pour triompher de toutes les puissances des ténèbres, et arracher la misérable humanité au joug tyrannique qui l'opprimait. Et comment y est-il parvenu? Ah! ne le sais-je pas? mon Jésus, cette victoire, vous ne la devez qu'à l'effusion de votre très-précieux sang, dont vous avez répandu les prémices huit jours après votre naissance, pour le verser plus lard jusqu'à la dernière goutte sur l'autel de la croix; c'est par là que vous avez triomphé de l'enfer et de toutes les puissances des ténèbres.

 

Considérez en outre, ô mon âme, comment Jésus avec ce sang nous a armés pour le combat. Notre vie sur la terre est une guerre continuelle. Nous avons à combattre contre un monde trompeur qui, avec ses vanités et ses illusions, cherche à nous séduire et nous faire tomber dans ses lacs; nous avons à vaincre une chair rebelle qui fait à l'esprit une guerre incessante; nous avons à terrasser un dragon infernal qui, pareil à un lion furieux, cherche toujours à nous dévorer. Gomment donc pourrons-nous vaincre ces ennemis si puissants et si terribles, comment chaque jour remporter d'aussi difficiles victoires, à moins de nous être prémunis de ce sang précieux, ce sang qui nous rendrait terribles à l'enfer tout entier déchaîné contre nous? Comprenons la nécessité de réveiller en nos cœurs une fervente dévotion envers le gage de notre Rédemption et la cause de nos victoires, et de mettre en lui la plus vire confiance du triomphe. « Par ce signe tu vaincras », fut-il dit au grand empereur Constantin, lequel, par la vertu du signe adorable de la croix, devait dissiper les innombrables armées de ses ennemis. Eh bien, nous aussi, nous saurons vaincre par la vertu de cette croix très-sainte, arrosée du sang de l'Agneau immaculé; nous célébrerons les plus glorieux triomphes sur tous nos ennemis; et il nous arrivera ce qui est dit dans l'Apocalypse 12, 11: « Ils ont vaincu le dragon par le sang de l'Agneau ».

 

Colloque

 

O Jésus tout-puissant, qui avez complètement triomphé du dragon mauvais, qui l'avez enchaîne par l'effusion de votre Très Précieux Sang, et qui avez encore préparé pour nous de puissantes armes pour les combats continuels de cette misérable vie; quelle confiance vous réveillez aujourd'hui dans nos cœurs assurés du triomphe et à l'épreuve de la crainte! Vous êtes le bras tout-puissant de votre divin Père, qui nous donne la victoire en vertu des mérites de votre sang répandu pour nous; c'est là que nous devons prendre de la force et du courage pour vaincre le dragon infernal dont on triomphe par vous. Oh! qu'on est bien tout auprès de votre croix! quel bonheur d'arroser son âme de votre sang divin, de l'y plonger tout entière! C'est lui qui nous fortifie dans les tentations, et nous fait acquérir cette couronne de gloire immortelle que votre amour nous tient prête dans le ciel.

 

Exemple

 

On connaît ce trait de la vie de saint Edmond, qui, tenté et tourmenté par le démon, s'arma courageusement, pour combattre, des mérites du sang de Jésus-Christ, et ayant adjuré le démon, au nom de la Passion et du sang de Jésus-Christ, de confesser ce qu'il craignait le plus, celui-ci lui répondit: « Ce que tu viens de nommer, c'est-à-dire le Sang Très Précieux de Jésus-Christ ». Tant est vraie cette assertion de saint Jean Chrysostôme, que ce sang tout-puissant met en fuite les démons. (Vie de saint Edmond).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

 

Indulgence : Le souverain pontife Pie VII a accordé cent jours d'indulgence à gagner, chaque fois qu'on récitera la prière ci-dessus; c'est ce qui résulte du rescrit déposé aux archives des Pères Passionnistes, à Rome.

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Saint Gaspard de Buffalo

1786-1837

Fête le 28 décembre

 

Gaspard del Bufalo naquit à Rome le 6 janvier 1786: il eut pour père Antoine del Bufalo, et pour mère Annunziata Quartieroni. Atteint de la petite vérole à deux ans, il courut le danger de perdre la vue; mais sa pieuse mère l'ayant recommandé à Saint François Xavier, il fut préservé de ce malheur. A mesure qu'il croissait en âge, il croissait de même en piété, grâces aux tendres soins de son excellente mère, qui faisait pénétrer doucement et par degré dans son jeune cœur les saintes maximes de la foi. Jouer à la chapelle était l'amusement habituel de son enfance: souvent il demeurait en prières devant son petit autel, ou y répétait les cérémonies qu'il avait vu célébrer à l'église. Il montra dès sa première enfance une inclination particulière pour la prédication: une chaise dominant d'autres chaises était sa tribune, sa mère seule était tout son auditoire. On le voyait souvent à l'église del Gesu à servir la messe, et prier devant l'autel de saint François-Xavier. A l'âge de six ans il s'approcha pour la première fois du tribunal de la pénitence: il eût pour confesseur Mgr Marchetti, qui l'admit à la Sainte Table à peine âgé de onze ans. Un ne saurait se faire une idée de sa ferveur, lorsqu'il allait se nourrir du Pain des anges. Pour être plus recueilli, il aimait à se retirer dans un coin de la chapelle de la sainte Vierge dans cette même église del Gesu. Ce fut aussi dans cet âge encore si tendre qu'il embrassa quelques pratiques d'une dure pénitence: il se fit un cilice de morceaux de fer-blanc percés de trous, dont les aspérités déchiraient ses reins délicats: il trouva même le moyen d'ajouter à cette cruelle ceinture une chaîne de fer; mais il ne put se livrer long-temps à ces rigueurs, car le sang dont son linge était mouillé lui fit bientôt craindre que sa mère ne connût son secret. Il montra dès sa première enfance une grande dévotion envers la sainte Vierge. Souvent il lui arriva, par amour pour elle, de se priver de son déjeuner, et de le donner aux pauvres. Sa mère s'en étant aperçue voulut plusieurs fois lui faire servir un second déjeuner, mais le jeune Gaspard le refusait avec un joyeux sourire, ajoutant que ce serait lui ôter tout mérite auprès de la Madone. Il n'était pas rare de le rencontrer vers le soir chantant les Litanies de la Vierge, à genoux devant quelques-unes de ces saintes images, qui sont exposées dans les rues à la vénération publique. Il se fit associer à différentes confréries pour accroître de plus en plus dans son cœur son tendre amour envers Marie.

 

Il fut le modèle de la congrégation de Saint Louis de Gonzague, dont il suivait exactement les pieux exercices avec son frère Louis del Bufalo; il se rendait avec le même zèle aux instructions du catéchisme pour y apprendre d'abord les éléments de la doctrine chrétienne, et puis pour les enseigner aux autres. L'heure à laquelle sa famille avait coutume de prendre ses repas l'obligeait quelquefois à se priver du dîner pour ne pas manquer au catéchisme, et lorsque sa mère lui en témoignait son chagrin: « Oh! chère mère, répondait-il en riant, je mangerai ce soir ». Dans ces réunions de catéchistes il s'essaya de bonne heure à la prédication: un jour, ayant prêché dans l'église de sainte Ursule, Mgr Cadolini, alors Barnabite, ne put s'empêcher, après l'avoir entendu, d'en faire le plus grand éloge au chanoine Horace, directeur de cette église, lui prédisant que ce jeune homme deviendrait un prédicateur distingué. Gaspard fit de même de rares progrès dans ses études, à la grande satisfaction de ses maîtres. Bientôt la crainte des dangers du monde lui inspira la pensée d'entrer chez les religieux de saint Sylvestre. Il s'ouvrit de son projet à l'un de ses camarades d'étude; ils allèrent ensemble trouver le supérieur, l'abbé Bartolotti. Dès que la mère de Gaspard en fut informée, elle courut s'en plaindre à ce religieux, et fit tous ses efforts pour détourner son fils d'un tel projet: elle y réussit sans peine, car aussitôt Gaspard, plein qu'il était de docilité, dit à son ami que Dieu sans doute ne l'appelait pas à cette carrière, qu'il était bien jeune encore, et qu'il aurait bien le temps d'y penser.

 

Ses études n'étaient pas encore achevées lorsqu'il eut la douleur de perdre son frère Louis. Cette perte cependant ne put pas affaiblir dans son cœur le vif désir qu'il avait de se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastique. Plus zélé, au contraire, à étudier sa vocation, il se mit à fréquenter l'hospice de Sainte-Galle, où depuis 1806 les pauvres trouvaient un asile: là il se joignait à la pieuse société des prêtres qui s'y consacrent à l'instruction de ces pauvres âmes. Tous ses soins et toutes ses sollicitudes se portèrent vers les bonnes œuvres dont il ranima l'esprit et la pratique. De concert avec don Gaetano Bonanni, aujourd'hui évêque de Norcia, et Mgr Antoine Santelli, il ouvrit l'oratoire nocturne de Santa Maria in Vineis, près de Saint Nicolas in carcere Tulliano; il n'épargna rien pour l'établissement et la prospérité de ce pieux asile, dans lequel il fonda plus tard la congrégation des frères de Saint-François-Xavier. Pour se former de plus en plus à la prédication , il suivit, n'étant encore que simple clerc, le cours d'éloquence sacrée de Mgr Bacolo, ainsi que les conférences de l'Ecriture sainte de Mgr Marchetli, dont il eut la gloire de continuer les leçons dans l'église del Gesu, à la grande satisfaction de tous, bien qu'il ne fût encore que diacre. Il fut ordonné prêtre en 1808, le jour de la fête de saint Ignace. L'anniversaire de ce beau jour de sa vie excitait les sentiments de la plus tendre dévotion dans son cœur, et il le célébrait par des prières plus particulières; il disait la messe avec une grande ferveur, observant avec une fidélité scrupuleuse les moindres cérémonies, dont il avait fait une étude minutieuse; il ne dédaignait pas de remplir l'office de maître de cérémonies dans l'église de Saint Marc, dont il avait été nommé chanoine. Toujours exact à se rendre au chœur, il y récitait l'office divin avec beaucoup de recueillement et de piété.

 

A l'époque malheureuse de l'invasion française, il suivit le sort de ses confrères, et, quoique d'un naturel très-timide, d'une complexion délicate, et même d'une santé, très faible, il se sépara courageusement de sa famille, et quitta Rome au mois de juin 1810 pour prendre le chemin de l'exil. Il se retira d'abord à Plaisance, où il demeura jusqu'en décembre. Là, il fut atteint d'une maladie mortelle, dont il ne guérit que par une sorte de miracle; il lui en resta cependant jusqu'à la fin de sa vie une agitation nerveuse et une altération dans les humeurs, qui se manifestait plus ou moins clans toutes les parties de son corps; il eut encore à souffrir très-fréquemment dans le cours de sa vie de vives douleurs d'estomac, qu'il supporta toujours d'un visage riant, bien qu'il en ressentît quelquefois une grande oppression. Il quitta Plaisance pour se rendre à Bologne. Ce fut là qu'au mois de novembre 1811 il reçut la triste nouvelle de la mort de sa mère bien-aimée, décédée le 20 octobre. Cette perte déchira profondément son cœur, mais il en fit à Dieu le sacrifice. Il s'occupait à Bologne à faire tout le bien possible, particulièrement en prêchant dans les chapelles privées. Bientôt un nouveau décret de l'Empereur ayant prescrit la réclusion des déportés, Gaspard fut jeté avec quelques autres de ses compagnons d'exil dans la prison de Saint Jean in Monte. La mauvaise soupe qu'on a coutume dé donner aux prisonniers fut pour lui comme une exquise nourriture. Gai, joyeux de souffrir pour la gloire du divin Rédempteur, il animait, il encourageait ses compagnons, et quelquefois les invitait à chanter avec lui. Il introduisit même dans cette prison des conférences sur la morale, qui remplissaient une partie de ses journées. Il changea plusieurs fois de prison: de Bologne il fut transféré à Imola, et de là dans la forteresse de Lugo. Il y souffrit plus que partout ailleurs; la plus cruelle de ses privations fut, sans contredit, la nécessité à laquelle il fut condamné, ainsi que les autres prisonniers, de s'abstenir, pendant trois mois de suite, de la célébration de la sainte messe. Il leur était également défendu d'écrire, et ils étaient soumis à la surveillance la plus rigoureuse. Gaspard ne perdit point sa tranquillité d'âme: retiré dans un coin de la prison, il s'y livrait tout entier à la prière et à l'étude, et il n'en sortait que pour se rendre aux conférences de morale et pour prendre ses repas. Le premier dimanche d'octobre i8i3, il obtint enfin la permission de célébrer la sainte messe: il en éprouva une joie indicible. Au mois de décembre suivant, il fut encore envoyé à Bologne, de là à Florence pour être encore transféré ailleurs, mais le gouvernement français étant tombé, il recouvra sa liberté et se rendit à Rome. Il y reprit immédiatement les bonnes œuvres qu'il avait été forcé d'abandonner, il redoubla d'efforts et de zèle pour le bien, relevant les pieuses institutions et en fondant de nouvelles. Il nourrissait au fond de son cœur la pensée de se retirer du monde, et de se consacrer plus particulièrement à Dieu dans la compagnie de Jésus, qui allait se rétablir. En effet, il se présenta avec le jeune Charles Odescalchi, le même qui depuis a renoncé à la dignité de cardinal pour aller finir ses jours chez les Pères Jésuites. Ses désirs cependant ne purent pas se réaliser: reconnaissant que Dieu l'appelait à l'exercice des missions, enflammé d'un zèle ardent pour la sanctification du clergé et des fidèles, il se livra tout entier au ministère apostolique, sans penser à aucun autre genre de vie. Ce fut à partir de ce moment qu'il réunit tous ses efforts pour fonder une congrégation de prêtres à Saint Félix de Janus, dans le diocèse de Spolete. S'y étant rendu pour prêcher une mission, il trouva les Pères Passionnistes déjà disposés à céder leur maison: un sieur Bélisaire Crystaldi, protecteur plein de zèle et de fermeté de toutes les bonnes œuvres, s'employa pour obtenir un rescrit favorable de la Congrégation de la Réforme.

 

Le jour de la fête de sainte Anne, en 1815, Gaspard alla recevoir la bénédiction apostolique du pape Pie VII avec Mgr Bonanni, et la nuit même il partit pour Janus, afin d'y préparer toutes choses. Le 15 août de la même année, ses nouveaux compagnons étant allés le rejoindre, l'installation se fît à la suite de trois jours de pieux exercices, couronnés par une communion générale et par un Te Deum en présence d'un immense concours de fidèles. Ce fut là le commencement de la Congrégation des Missions, sous le titre du Précieux Sang. Gaspard revint ensuite à Rome pour y chercher de nouveaux coopérateurs, sans succès cependant: il se démit de son canonicat, et se remit pour tout le reste à la volonté de Dieu. Cependant il continuait à se consacrer aux Missions; il en entreprit quelques-unes par ordre de Pie VII, d'autres sur l'invitation des évêques ou de leurs vicaires, s'aidant comme il pouvait, prenant çà et là les coopérateurs que Dieu lui envoyait. Il alla deux fois à Bénévent et à Frosinone, une fois à Civitavecchia, Rieti, Ancône, Baguaja, Nettuno, Arci, Cori, Sermonette, Loretto, Recanati, Montesano, Civita-Nuova: deux fois à Norma, à Giulianello, Roua, Massima, Noura, Fabriano, Matellica, San Severino, San Elpidio: trois fois à Forlimpopoli, deux fois à Meldola, Mont-Canin, Castelfidato, San Quirico, Sassaferrato, Gualdstadino et autres pays. Outre ces Missions innombrables, il donna plusieurs retraites dans des villes, villages, communautés religieuses, séminaires, aux employés, militaires, prisonniers. Dans les premières années de son apostolat, il lui arrivait de prêcher jusqu'à dix, douze et seize fois par jour. Sa manière de parler était respectueuse, franche, noble, pleine de dignité et de fermeté. Au jugement des hommes les plus instruits, personne ne lui était comparable dans le genre apostolique, dans ses Conférences aux ecclésiastiques et aux nobles. Des digressions soudaines auxquelles il se laissait aller, loin de nuire à sa parole, lui donnaient plus de grâce, et produisaient un plus puissant effet sur son auditoire. Il avait soin de varier les exercices de ses Missions, toujours conformes à l'esprit de l'Eglise, et à la pratique des plus ilIustres Missionnaires, les deux Segneri, le Père Pinamonti, le bienheureux Alphonse de Liguori; le bienheureux Léonard de Port-Maurice.

 

Il n'épargnait rien pour exalter la gloire du Précieux Sang, dont il répandit partout la dévotion d'une manière admirable. En tous les lieux où il passait, il s'efforçait de raviver et d'établir les pieuses institutions, parmi lesquelles il avait surtout à cœur la confrérie de Saint-François Xavier, l'oratoire nocturne pour les hommes, et pour les jeunes gens l'association de Saint Louis de Gonzague; l'association des Filles de Marie pour les jeunes filles, et celles des Sœurs de la Charité pour les femmes. C'est par l'établissement de toutes ces pieuses confréries qu'il s'efforçait de perpétuer le fruit des Missions. Il fondait dans le même but, partout où il le pouvait, l'association des Apôtres, composée des prêtres les plus zélés, à chacun desquels il assignait des attributions particulières. Son ministère fut accompagné de bénédictions extraordinaires, particulièrement dans les Marches et dans la Romagne, où il opéra d'importantes et durables conversions, Quoique les devoirs de ce ministère apostolique l'appelassent sans cesse d'un lieu à un autre, soit pour y prêcher, soit pour y célébrer quelque cérémonie, ou y établir quelque pieuse confrérie; il ne laissait pas d'entendre les confessions, particulièrement des hommes, qui se pressaient en foule autour de son confessionnal. Pour qui y prenait garde, c'était une chose vraiment remarquable que ce naturel, cette facilité avec laquelle il passait d'une chose à l'autre, comme s'il n'avait rien fait. Cependant, au milieu de tant d'occupations, il ne perdait pas de vue la Congrégation qu'il songeait à établir, et dont il attribuait la pensée à son guide spirituel, Mgr Albertini.

 

Le plus grand désir de Gaspard eût été de voir des maisons de Missionnaires et de retraites établies dans tous les pays de la catholicité, le clergé ramené à une vie de retraite, de prière et d'étude, se livrer ensuite au saint ministère, et le calice de la rédemption à la main, se répandre par toute la terre, appliquant à toutes les âmes les mérites du sang de Jésus Christ, et les portant à leur sanctification; il fit pour cela d'incroyables efforts, tant il aurait voulu allumer dans tous les cœurs le feu de l'amour divin. Il ne put pas obtenir cependant tout ce qu'il voulait. Ayant toutefois réussi à rassembler quelques nouveaux coopérateurs, il établit, en décembre 1819, une seconde maison de Missionnaires à Piévetorium, diocèse de Camerino, et une troisième à Albano, au mois de mars 1821. Dans la suite, voyant combien la province maritime manquait de moyens d'instruction, il réunit un petit nombre de compagnons, et, avec l'aide et l'approbation du Pape Pie VII, il ouvrit trois maisons à Frosinone, Terracine, Sonniiio et Sermonette, et Vallecoria. Plus tard encore, il en fonda de nouvelles à Bénévent, Rimini, Césène, Pennabili et Népi; il fit des règlements appropriés au clergé séculier; il voulut que les maisons de résidence des Missionnaires fussent en même temps des maisons de retraites pour les différentes classes d'hommes qui voudraient y passer quelques jours dans de pieux exercices. Il assigna quelques maisons pour les jeunes ecclésiastiques, afin qu'en s'y livrant à l'étude et à la prière, ils pussent se préparer à l'exercice du saint ministère. Il voulut encore que dans toutes les églises de l'Institut, ses prêtres annonçassent régulièrement la parole de Dieu, écoutassent les confessions des fidèles, et y célébrassent tous les saints offices. Il ordonna que chaque jour il y fût célébré de bonne heure une messe suivie de la récitation du chapelet en l'honneur du précieux sang; le soir, les réunions de l'oratoire pour les hommes; le jeudi la visite au saint Sacrement; le vendredi le chemin de la croix; le samedi la méditation de la vie de la sainte Vierge; le dimanche le catéchisme; les jours de fêtes un sermon: le dernier dimanche du mois un jour de retraite comme préparatoire à la mort, avec communion générale, instruction et méditation dans l'après-midi. Il voulut faire honorer Marie d'une manière toute spéciale dans le mois qui lui est consacré. Il établit la dévotion du précieux sang pour le mois de juin, ainsi que celle du carnaval sanctifié, les saints exercices pour le peuple durant le mois de mars, la neuvaine pour la fête de l'Assomption, et pour la fête de Saint François Xavier; il ne cessa de recommander les œuvres pies, dont nous avons déjà parlé, l'instruction des militaires, des prisonniers, et le soin des malades dans les hôpitaux. Il serait impossible de dire quelles furent ses préoccupations, sa sollicitude, ses fatigues, les contradictions et les peines qu'il eut à souffrir de tous côtés pour l'heureux établissement de sa congrégation. Toujours plein de courage et de confiance à la protection divine, il ne se reposa que lorsqu'il eut conduit à bonne fin cette œuvre, qu'il appelait l'œuvre de Dieu, l'œuvre miraculeuse.

 

Enfin, exténué par une suite de fatigues non interrompues, oppressé par une toux convulsive, il toucha au dernier jour de sa vie, et mourut paisiblement à Rome, muni de tous les sacrements, le 28 décembre 1837, à deux heures de l'après midi. II avait un extérieur agréable, une taille ordinaire, une complexion un peu grasse; les traits de son visage étaient réguliers, sa physionomie aimable et pleine de noblesse, ses manières affables; il était modeste dans son maintien, posé dans sa démarche, propre dans sa personne, aimant la solitude, ennemi de la paresse, désirant faire beaucoup sans le laisser paraître, ne cherchant en toute chose que les intérêts de la gloire de Dieu. Sa dépouille mortelle fut transportée à Albano pour y être ensevelie. Son corps demeura exposé dans l'église de Saint-Paul, auprès de la maison de ses fils bien-aimés, et après trois services solennels, qui furent célébrés en présence d'un immense concours de fidèles, il fut enseveli le 3 janvier 1838 dansla chapelle de Saint-Jérôme, où il repose encore aujourd'hui. Béatifié par le Pape Saint Pie X en 1904, Gaspard del Bufalo a été canonisé par le Vénérable Pie XII le 12 juin 1954.

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30 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Trente-et-unième jour

L'Assomption de Notre Dame de la Salette

 

Nous voici en présence des dernières circonstances de l'apparition: or, pendant que la divine Vierge s'élevait en l'air, Elle a regardé le ciel, ensuite la terre du côté de Rome, et puis, Elle a disparu peu à peu aux yeux des enfants, pour remonter au séjour glorieux d'où Elle était descendue. Etudions aujourd'hui, avec les yeux de la foi et les sentiments de la piété, ces deux derniers regards de notre Mère, dont l'un va au ciel et l'autre à Rome. 1° Premier regard de Notre-Dame de la Salette, vers l'Italie, du côté de Rome: L'Italie, Rome, quels mots, quels souvenirs! Quel appel touchant à nos pensées et à nos sentiments! Rome, la nouvelle Jérusalem de la terre; Rome, la tête et le cœur de l'Eglise, le centre de la vérité, le foyer de la vie catholique! La source intarissable de cette eau surnaturelle qui étanche la soif de l'esprit et du cœur, et qui jaillit jusqu'à la vie éternelle!... Dans ce regard inexprimable de Marie vers notre Rome, et les pleurs qui ont deux fois rempli ses yeux, il y avait sans doute des larmes sur les malheurs qui menaçaient de la rendre veuve de son pontife ; des larmes sur les œuvres sacrilèges qui pourraient la livrer aux mains impies des méchants!.., Mais aussi, que de tendresse ineffable, que de forte consolation, que d'amour protecteur et maternel dans ce même regard sur la ville de son Fils et sur le front de son pontife! Et ce regard maternel, Marie le devait à Pie IX, qui l'a proclamée Vierge immaculée. Ah! nous aussi, à l'exemple de Marie, et des yeux du cœur éclairés par la foi, regardons Rome avec une filiale tendresse, et offrons à l'Eglise mère, dans l'effusion de notre cœur, le serment du Prophète: « Que je m'oublie moi-même, si jamais je pouvais l'oublier, si je pouvais jamais te devenir infidèle! » 2° Après ce premier regard d'amour, Marie regarde le ciel, où Elle va remonter... Le ciel! Oh! quel mot consolant pour les âmes! Le ciel, notre patrie! le ciel, notre espérance! Le ciel, l'objet, le terme de tous nos vœux, de tous nos efforts! l'aspiration de tout notre être, de toute notre existence! le ciel, pour lequel nous avons été créés, pour lequel nous avons tout reçu de sa libéralité infinie! le ciel, où la bonne Mère nous attend, et Dieu lui-même, pour nous faire partager un incompréhensible bonheur! Richesses, plaisirs, honneurs, vous n'êtes rien à côté du ciel! Vous pouvez être aux mondains l'incessante pâture de l'illusion; vous pouvez jeter à leur faim insatiable quelques miettes empoisonnées! mais comme vous disparaissez et devenez méprisables à mes yeux, placés à l'horizon du ciel!... Non, je le sens aujourd'hui en voyant monter ma Mère au ciel, vous n'êtes pas faits pour moi! je suis trop grand pour descendre jusqu'à vous; vous êtes trop bas pour monter jusqu'à moi, destiné à une gloire et à une félicité infinies! Et il ne faut pas vous plaindre de mon indifférence et de mon mépris ; Jésus vous a ainsi traités, méprisant tout de la terre, richesses, royauté, honneurs; et Marie imite aujourd'hui son exemple, ne voulant emporter au ciel rien de la terre, pas même les roses dont Elle avait fait à ses pieds une couronne virginale! Tels sont la portée et le sens des deux derniers regards de Notre Dame de la Salette, au moment de prendre son essor, au sommet des Alpes, dans la nuée lumineuse de sa gloire; en face de ces deux regards de notre Mère, âme chrétienne, il nous faut estimer ce que Dieu nous a faits, c'est-à-dire, un citoyen du ciel, un frère des saints, un noble membre de la famille de l'Eglise, dont les pensées et les sentiments doivent monter et monter sans cesse, jusqu'à ce qu'il aille vivre là-haut éternellement de lumière et d'amour, d'inaltérable lumière et de parfait amour.

 

Réflexions

 

On pourrait appeler l'assomption de Notre Dame de la Salette, la voie du ciel : elle nous est indiquée par toutes les circonstances qui accompagnent cette assomption. 1° Marie, pour s'élever au ciel, n'est pas restée au fond du vallon de l'apparition; Elle a gravi l'éminence voisine, un lieu plus élevé qui domine le plateau de la montagne: cet acte de notre Mère est un enseignement: Elle a voulu, en montant Elle-même, nous apprendre à nous élever au-dessus des basses régions de la terre, vers le ciel, offert à nos désirs, promis à nos aspirations et à nos efforts. 2° Aux termes du récit, la Vierge se balançait doucement dans les airs comme un globe de feu, au moment de l'assomption: il résulte de ces paroles, que le corps très pur de Marie, semblable à un astre resplendissant, se mouvait dans une atmosphère lumineuse: cette clarté brillante était le rejaillissement de son âme glorifiée: « la beauté du corps, dit saint Augustin, dérive de la clarté de son âme ». Marie se propose ici figure et modèle de l'âme innocente et pure, qui, au moment de quitter la vie, secouant ses blanches ailes, trouve sans effort une puissance d'essor suffisante à la ravir au ciel... 3° La Vierge disparaît peu à peu aux regards attentifs des deux bergers. Cette disparition progressive contient encore un enseignement salutaire: il faut voir dans cette circonstance, l'image de ce détachement commandé, par lequel nous devons successivement nous déprendre de tout ce qui est corruptible et passager; faire disparaître de notre esprit la fausse appréciation des choses terrestres; en détruire l'illusion trompeuse et l'amour fallacieux dans notre cœur; devenir, en un mot, selon la belle expression de saint Paul, des hommes spirituels, qui s'envolent à l'éternel séjour, où il ne peut rien entrer que de pur; et vers lequel ne peut monter, dit saint Ambroise, que ce qui est dégagé de tout poids étranger!... 4° Marie, en disparaissant, disent les bergers, laissait après Elle, dans l'espace, une traînée lumineuse. Il faut voir ici l'emblème du doux et pur éclat des vertus chrétiennes que nous devons laisser après nous à ceux qui nous survivent; c'est-à-dire, un sillon de lumière qui leur montre le chemin de la vraie gloire, de la vraie fortune, de la vraie félicité, par lequel ils devront nous suivre, et venir nous rejoindre au ciel!... 5° Enfin il est raconté qu'en voyant Marie s'élever et disparaître complètement, les bergers s'élancent, pour retenir, disent-ils, quelque chose de ce qui s'échappe du corps et des pieds de la Vierge; mais tout s'évanouit dans l'espace, et ils ne saisissent que le vide!... Ames chrétiennes, pourrons-nous vous proposer, à la fin de ce mois béni, une image plus fidèle, une figure plus saisissante du néant de la vie, et du vide de toutes choses humaines et créées?... Oui, comme la vie est courte! comme le temps passe rapidement! comme tout s'évanouit dans le vide, ne laissant ici-bas que l'empreinte presque effacée d'avance d'un vague souvenir! et où allons-nous? à l'éternité!... Nous traversons le temps avec ses affaires, ses rares joies, ses nombreuses tristesses, et nous arriverons là, à ce terme inévitable de toute vie, l'éternité!... « L'éternité, terme sans terme, disent les Pères; fin qui est un commencement, et un commencement sans fin!... »

 

Consécration à Notre Dame de la Salette pour la clôture du Mois de Marie

 

On raconte, ô Notre Dame de la Salette, qu'un pieux pèlerin de la Terre Sainte, après avoir visité avec une ardente dévotion tous les lieux consacrés par les souffrances de Notre Seigneur, étant arrivé enfin au Calvaire, y expira d'émotion et d'amour... Quel doux trépas, quelle mort bienheureuse et digne d'envie!... Ah! si l'émotion et l'amour ne me peuvent ôter la vie, qu'ici, du moins, à vos pieds, à cette heure, tout ce qui est terrestre en moi, tout ce qui est trop humain, meure, expire, pour ne plus revivre jamais; que toutes mes ardeurs prennent leur cours, leur élan vers le ciel où est mon aimable Jésus, et où vous êtes, vous aussi, ô ma douce Mère! c'est la résolution de mon âme, l'offrande de mon cœur, à cette heure dernière de votre mois béni, qui va nous clore ses charmes et ses grâces!… Mais ici, ô bonne Dame de la Salette, il se présente à ma mémoire un consolant souvenir. Après votre disparition, les petits bergers des Alpes se disaient dans leur ignorante naïveté: « Si nous avions su que ce fût une grande sainte, nous lui aurions dit de nous mener avec Elle !... » Ah! ce que ne savaient pas ces pauvres enfants, moi je le sais: je sais que vous êtes bien plus qu'une grande sainte, la plus sainte des créatures, je sais que vous êtes la Reine de tous les saints! je vous dis donc aujourd'hui, dans toute l'ardeur de mon âme: « Menez-moi avec vous, ô ma tendre Mère, menez-moi avec vous! » Je n'ose vous dire: « Prenez-moi au ciel »; j'en suis encore si indigne, j'ai tant à réparer, à expier!... mais, prenez au moins mes pensées, prenez mes sentiments, faites-les monter jusqu'à vous! prenez mes désirs, prenez mes aspirations, prenez toutes mes facultés d'aimer, de connaître, de vouloir et d'agir: attirez-moi par l'odeur de vos parfums; prenez mon cœur, tout mon cœur, pour le donner à Jésus, sans réserve et sans retour! et quand je serai assez purifié, quand j'aurai assez réparé, assez expié: oh! alors menez-moi avec vous, prenez-moi avec vous; faites-moi entrer avec vous au paradis, afin qu'avec vous, j'adore, je loue, j'aime éternellement votre divin Fils, voyant la lumière dans la lumière de Dieu même, et m'enivrant à son cœur, sous l'aile de votre protection maternelle, du torrent de ses ineffables délices. Ainsi soit-il.

 

Pour télécharger l'intégralité des méditations du Mois de Notre Dame de la Salette, (pdf), cliquer ici


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Fin du Mois de Marie

Prochain Mois de Dévotion, le Mois du Précieux Sang

Rendez-vous le 31 mai