08 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Neuvième jour

Glaive qui perça le cœur de Marie, dans la prophétie de Syméon

Jérusalem renfermait, à cette époque, un juste nomme Syméon, plus charge de mérites que d'années, quoiqu'il fût d'un âge avancé. Pendant que Marie et Joseph entraient dans le temple, Syméon y arrive au moment même où ils présentaient le Messie nouveau-né. Eclairé d'une lumière supérieure, il regarde la mère, il admire le divin Enfant avec des yeux étincelants et d'un visage enflammé, il prend Jésus dans ses bras, le presse sur son cœur, et dans une douce extase, il bénit Dieu d'une si haute faveur, et lui fend de vives et solennelles actions de grâces d'avoir exaucé ses longs désirs à ce sujet. Ensuite, s'adressant à Marie, par l'inspiration du Saint-Esprit, il lui fait cette célèbre prédiction: « Cet enfant est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction des hommes ». Qui pourrait exprimer la douloureuse impression que fit cette triste prophétie sur le cœur maternel de Marie? Malgré les lumières qu'elle avait déjà reçues, elle vit alors encore plus clairement se dérouler à son esprit le sombre tableau des souffrances que son Fils devait endurer; elle connut plus que jamais qu'entre toutes les mères elle était la seule qui rachetait son premier-né pour peu de temps, puisqu'il était destiné aux douleurs, aux opprobres et aux supplices. Dès lors, au sentiment de Saint Jérôme, l'âme de Marie eut à subir un martyre plus dur que celui de tous les martyrs ensembles; martyre qui, selon Saint Bernard, dura trente-trois ans, pendant lesquels Marie vécut en mourant sans cesse, parce que son cœur souffrait une douleur pire que la mort, sans remède et sans adoucissement. Comme les eaux des fleuves, en entrant dans l'Océan, deviennent salées et amères, les consolations de Marie, depuis ce jour mémorable, se changeaient pour elle en violentes amertumes. De là, elle ne pouvait arrêter ses yeux sur l'admirable humanité du Sauveur, sans penser aussitôt aux mépris, aux tortures, à la croix qui l'attendaient. Déjà Marie croyait voir les blessures de ses pieds, de ses mains et de son côté toutes couvertes de sang!... Mère infortunée, ce ne fut pas seulement pendant la vie de son Fils qu'elle souffrit ce dur martyre, la plaie que lui fit la prophétie de Syméon ne se ferma jamais tant qu'elle vécut: « Cette douleur dit-elle un jour à Sainte Brigitte, affligea mon cœur jusqu'au moment où je fus élevée en corps et en âme dans le Ciel ». O glaive douloureux! O peine sans égale!


Colloque

O mère affligée! quel cœur ne se fondra pas de douleur et de componction en considérant le vôtre percé du glaive que lui annonça Syméon! Ah! quel cruel martyre pour vous, de penser que votre divin Fils, après une vie entière de souffrances, après une mort cruelle et ignominieuse, serait encore déchiré et crucifié de nouveau, avec plus d'impiété que jamais, par les monstrueux péchés des hommes! Non de semblables tortures n'étaient point faites pour votre beau cœur; elles me convenaient bien mieux à moi qui suis coupable de fautes graves! Vous savez d'ailleurs que j'ai lancé contre vous, non pas un seul glaive, mais cent, mais mille traits meurtriers, autant de fois que j'ai eu le malheur de pécher. Purifiez maintenant, par votre douloureux martyre, tout mes sentiments impurs; blessez si profondément la dureté de mon cœur, qu'il soit pénétré de la plus vive douleur d'avoir renouvelé, par mes péchés, la dure Passion de Jésus, et d'avoir de nouveau percé son cœur adorable.

Soupir à Marie

Glaive tranchant de Syméon qui du même coup blessâtes deux cœurs, frappez le mien avant que la triste prédiction s'accomplisse.

Exemple

Sainte Brigitte rapporte, que faisant oraison dans l'Eglise de Sainte Marie Majeure à Rome, le jour de la Purification de la très Sainte Vierge, elle eût la vision suivante: Elle crut voir dans le Ciel un temple très majestueux. Auprès de l'autel se trouvait un vénérable vieillard, c'était Syméon, tout préoccupé de recevoir le Sauveur dans ses bras. De la porte du temple, s'avançait gravement la très Sainte Vierge, tenant son divin Fils, précédée, accompagnée et suivie d'innombrables légions d'Anges. Au milieu d'eux, et immédiatement devant Marie, était un Ange plus éclatant que les autres, tenant à la main une épée toute teinte de sang, qui ressemblait parfaitement au glaive annoncé à la très Sainte Vierge par Syméon. A mesure que le cortège s'avançait, les voûtes du temple retentissaient d'une douce mélodie, et les Esprits bienheureux chantaient d'un ton ravissant: « Voilà la gloire que Marie reçoit dans le Ciel, en récompense du glaive de douleur dont elle a été blessée pendant la Passion de son Fils ».

Pratique: Réciter, quand l'horloge sonne, un Ave en l'honneur des douleurs de Marie.

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07 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Huitième Jour

Humiliation de la Très Sainte Vierge dans sa Purification

Comme la très-Sainte Vierge était la mère de Dieu, et qu'elle avait conçu son divin maitre, non comme les femmes ordinaires, mais par la seule vertu du St-Esprit, il s'en suivait évidemment qu'elle n'était point sujette à la double loi de la Purification et du rachat, que Dieu avait donnée dans l'Exode et le Lévitique. Cependant Marie, oubliant les motifs qui l'en dispensaient, voulut paraître une mère ordinaire, et se soumit à la purification, qui supposait qu'elle en avait besoin, et à la présentation de son Fils, cérémonie d'offrande et de rachat, indispensable pour tout autre. Cette Vierge incomparable accomplit ainsi la volonté suprême du Père Eternel, qui avait prescrit l'abaissement de la Mère de Dieu, et l'humiliation de son Fils. O vertu sans pareille! qui confond l'orgueil humain. Oui, cette Vierge, qui n'avait eu rien tant à cœur que sa pureté sans tache, qui pour la conserver aurait renoncé volontiers à la maternité divine; qui fut plus jalouse de cette vertu que de toute autre, au point qu'elle mérita précisément par là d'attirer du Ciel et de concevoir dans son sein le Verbe éternel, suivant ce mot d'un père: Elle plut par son humilité, mais elle conçut par sa virginité. Cette Vierge très sainte et sans tache, ne craint pas, dans ce Mystère, de paraître impure comme les autres mères aux yeux des hommes, quoique dans la réalité elle soit au milieu des femmes du monde, comme le lis entre les épines. Elle savait très-bien que sa pureté surpassait infiniment celle de toutes les autres créatures de la terre; elle n'ignorait pas même, dit Saint Antoine, qu'elle était plus pure que les Anges eux-mêmes, or, jugez de là, qu'elle fut son humiliation en ce moment; quelle rougeur pudique colorait son modeste visage, et combien lui était sensible le jugement que le monde portait d'elle sur ce point d'après les apparences. Mais non contente de cette héroïque humilité, Marie y joignit encore une patience admirable. Suivant la coutume en pareil cas, les mères juives, pour remplir la loi, offraient un agneau en holocauste, et une colombe pu une tourterelle en sacrifice expiatoire. Si elles étaient pauvres, elles pouvaient substituer la tourterelle ou la colombe à l'agneau. Or, la sainte Mère de Dieu ayant, par son héroïque charité, répandu généreusement dans le sein des pauvres les riches dons des Mages, ne put pas. offrir l'agneau à Dieu, elle se contenta de présenter à sa place deux tourterelles gémissantes, ou deux innocentes colombes, symboles touchants de ses humbles soupirs et de sa pureté sans tache. Ce fut encore là, pour cette Vierge sainte, un sujet réel d'humiliations infiniment méritoire.

Colloque

Vierge sainte, j'admire votre humble maintien et la modeste rougeur que vous montrâtes dans le temple, pour m'apprendre et à mépriser les vains jugements du monde, quand il s'agit de remplir la loi de Dieu, et à faire courageusement les bonnes œuvres, qui bien qu'elles ne soient pas commandées, sont néanmoins agréables au Ciel et salutaire à mon âme. Je vous en remercie de tout mon cœur, et je vous prie aussi de m'obtenir une si belle vertu, et la grâce d'être délivré de tout sentiment d'orgueil et d'ambition, si contraire au caractère et à la qualité de votre Fils, que j'estime au-dessus de tous les biens.

Soupir à Marie

Quelle confusion pour Marie d'être confondue dans le temple avec les mères juives! Qu'un si grand exemple nous api prenne à pratiquer l'humilité!

Exemple

Plusieurs années après l'Assomption de la très-Sainte Vierge, Saint Jean l'Evangéliste avait un ardent désir de la revoir. Il pria Dieu dans cette vue avec tant de ferveur et de persévérance, qu'il mérita d'être exaucé. Le Sauveur et la très Sainte Vierge lui apparurent, s'entretenant des douleurs qu'ils avaient souffertes l'un et l'autre pendant la douloureuse Passion du Sauveur. Jean entendit ensuite que la très Sainte Vierge pria son divin Fils d'accorder quelque grâce particulière à ceux qui s'occuperaient souvent de ses douleurs avec dévotion. Le Seigneur lui répondit qu'il accorderait quatre faveurs signalées à. ceux qui le prieraient en mémoire des douleurs de sa sainte Mère, Premièrement, une parfaite douleur de leurs péchés avant la mort; secondement, une assistance particulière à l'article de la mort; troisièmement, de graver dans leurs cœurs les mystères de la sainte Passion, et de leur en donner une grande récompense dans le Ciel; enfin, une faculté très étendue à sa très sainte Mère d'obtenir en leur faveur quelque grâce que ce pût être. (Diari. di Mac. tom. 2. Serm. nella selt. 5. )

Pratique: Réciter les sept courtes prières à Notre Dame des Douleurs.

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06 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Septième jour

Douleur de la très Sainte Vierge, à la Circoncision de son divin Fils

Le huitième jour de la naissance miraculeuse du Fils de Dieu était arrivé, et il était temps, suivant l'ancienne loi, de remplir la cérémonie de la circoncision qui obligeait tous les enfants hébreux. C'était un signe de servitude et de péché. Le Saint des saints, le Roi des rois, le Dieu infiniment pur par sa nature ne pouvait y être tenu. La très Sainte Vierge le savait mieux que personne; mais elle savait aussi que le Père Éternel, en envoyant son Fils sur la terre, voulut qu'il se soumît à la loi, quoiqu'il n'y fût point obligé. En conséquence, Marie se décida à faire circoncire l'Enfant Jésus; elle surmonta la pénible appréhension de cette douloureuse cérémonie, et de même qu'autrefois Séphora considéra Moïse sur les eaux du Nil; de même que la mère des Macchabées fut témoin de leur supplice, Marie, avec plus de fermeté encore, voulut assister à l'accomplissement de ce Mystère, et remplir ce devoir si pénible à son cœur. O Mère désolée! les larmes, les sanglots de votre divin Fils pendant cette douloureuse cérémonie; la vue des prémices de son sang adorable qu'il répand pour le salut du monde; quel glaive de douleur pour votre tendresse maternelle! Mais, suivant la remarque de Saint Bonaventure, la très Sainte Vierge dut pleurer d'autant plus qu'elle voyait clairement que notre divin Sauveur souffrait davantage que les autres enfants, à raison de sa pleine intelligence et de sa connaissance surhumaine; par surcroît, Marie réfléchissait encore que le Créateur des Anges, qui s'était déjà immensément humilié en prenant la nature humaine, se confondait encore plus en se revêtant actuellement de l'apparence d'un pécheur. Cette Mère affligée dut donc recueillir précieusement ce divin sang, et s'adressant au Saint Esprit, qui avait opéré la divine Incarnation, elle dut lui dire, comme autrefois Séphora à son époux: « Ah! divin Esprit, vous êtes pour moi un, époux de sang! » Il me semble l'entendre; dire ensuite à Jésus souffrant: « O Fils adorable! à peine êtes-vous né, que vous fondez en larmes et que vous versez votre sang pour expier les péchés des hommes! »: Voilà, chrétiens, ce qu'il en coûta au Fils et à la Mère, pour accomplir une loi de Dieu.

Colloque

Vierge affligée, je ne puis penser à la douleur que vous ressentîtes en assistant à la circoncision de votre tendre Fils, sans en être touché et y compatir. O combien vous eûtes le cœur déchiré en voyant l'Enfant Jésus blessé, sangloter, gémir et verser si tôt son précieux sang! Comment votre cœur put-il résister lorsque Jésus souffrant tournait vers vous ses yeux mouillés de larmes, lorsqu'il vous tendait ses mains tremblantes, et qu'il se pressait à votre cou comme pour vous demander secours et soulagement dans sa souffrance? Je vous plains, ô Mère de douleur! et en même temps je me confonds en pensant que ce sang divin fut dès lors répandu pour moi, tout indigne pécheur que je suis. Hélas! par ce torrent de larmes que vous versâtes dans ce Mystère, obtenez-moi la grâce d'opposer à mes appétits déréglés, le fer d'une mortification continuelle.

Soupir à Marie

J'admire, dans la circoncision de Jésus, les deux sacrifices de deux cœurs pleins d'amour: le Sauveur offre son sang, et Marie ses larmes.

Exemple

Un bon religieux, tourmenté de scrupules, implorait sans cesse le secours de Notre Dame des Douleurs. Arrivé à l'heure de la mort, il en était tellement accablé qu'il en gémissait encore davantage que des souffrances de son agonie. Pendant ce combat, la très Sainte Vierge lui apparut, et lui dit, avec un doux sourire: Ah! mon fils, après m'avoir si souvent consolée dans mes douleurs, ne deviez-vous pas espérer que je vous consolerais dans vos dernières peines. Prenez courage, et ne craignez point. Ces paroles remplirent le religieux de joie, et il expira paisiblement.

Pratique: Compatir pendant un quart-d'heure aux Douleurs de la très-Sainte Vierge.

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05 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

 

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Sixième jour

Excès des souffrances de Marie en voyant naître si douloureusement l'Enfant Jésus

Le Sauveur du monde naquit enfin dans un vil réduit, pendant le silence de la nuit; cette heureuse naissance semblait présager à Marie une joie ineffable: son cœur ne pouvait suffire au bonheur. de voir son Fils tant désire, de toucher ses divins membres, et de l'avoir mis au monde sans douleurs. De plus, à la douceur céleste qu'il lui avait procurée pendant qu'il fut renfermé dans son sein, succédèrent les tendres regards de son divin Fils, dont la beauté ravissait les cœurs des hommes; le gracieux sourire de ses lèvres empourprées, qui répandait la douceur du paradis; la perfection de son corps adorable. Combien Marie fut heureuse de le nourrir de son lait virginal, de lui prodiguer les plus tendres caresses, et de le voir honoré si sincèrement et avec tant d'ardeur par les bergers. Mais, d'un autre côté, quelle douleur pour elle de voir ce Dieu que le ciel et la terre ne peuvent contenir, couché dans une crèche, sur la paille, et la tête sur une pierre mal couverte de haillons? Quel spectacle pour son cœur maternel, de considérer ce divin enfant renfermé-dans de pauvres langes, au milieu de deux brutes, dans une grotte froide, à demi-ouverte, exposée aux injures de l'air, et dans la nuit de l'hiver le plus rigoureux! A cette vue et aux pleurs du divin nouveau-né, cette mère désolée ne devait-elle pas s'écrier comme elle le révéla à Sainte Brigitte: « Hélas! ô mon Fils! vous souffrez plutôt de mes peines que des vôtres! » Une autre source d'affliction pour la très Sainte Vierge, ce fut tout ce qu'une lumière prophétique lui fit prévoir dans l'avenir, touchant son divin Fils. Ces vues affligeantes répandirent l'amertume sur les délices qu'elle goûtait en pressant le divin enfant sur son cœur. Souvent, au rapport de Sainte Brigitte, la très Sainte Vierge faisait entendre cette douce plainte: « Ah! mon cher Fils, maintenant vous reposez dans les bras de ma tendresse et de mon amour, mais le temps viendra où vous serez cloué sur les bras durs d'une ignominieuse croix. Maintenant je vous donne des baisers sincères, et un jour à venir vous recevrez le baiser sacrilège du traître Judas. A présent je vous nourris de mon lait, et à votre mort on vous désaltérera avec un breuvage amer. Maintenant je vous couvre de langes pauvres mais blancs, et je vous entoure de douces bandelettes, un jour, hélas! on vous revêtira d'un haillon de pourpre, et on vous liera cruellement avec des cordes et des chaînes! O mon Dieu! si je vous vois dormir doucement dans mes bras, je pense aussitôt à ce cruel moment où du haut de la croix je recevrai de nouveau votre corps mort tout déchiré et couvert de plaies! » Et en parlant ainsi, Marie donne un libre cours à ses soupirs et à ses larmes; et l'Enfant Jésus, dans les bras de sa tendre Mère, loin de la placer dans un paradis terrestre de joie, devient au contraire pour elle un faisceau de myrrhe et d'amertume.

Colloque

O Vierge sainte! comment n'avez-vous pas cessé de souffrir à cet heureux moment auquel vous mîtes au monde le Fils de Dieu? En cet instant vous fûtes au faîte des grandeurs humaines et célestes; vous reçûtes, à juste titre, les félicitations des bergers accourus à la crèche; les Anges descendus dans l'étable vous portèrent envie, et tout le Paradis vous admira et vous reconnut pour sa Souveraine et sa Reine bien-aimée. Mais hélas! dans une si grande élévation, ô Mère affligée! vous êtes réduite à soupirer et à beaucoup pleurer. Comment, en effet, auriez-vous pu retenir vos larmes, en voyant un enfant si beau en proie à tant de besoins; vêtu si pauvrement et sans avoir moyen de le soulager; en entendant ses cris et en considérant ses pleurs sans pouvoir les sécher? De quel glaive de douleur votre cœur maternel ne fut-il pas percé? O que je vous plains! Ah! si du moins je pouvais vous offrir mon cœur pour servir de berceau à votre divin Fils! Que je le ferais volontiers! Mais vous savez combien ce cœur est plein de vices, vous savez qu'il est encore plus souillé que l'étable de Bethléem. Obtenez-moi, ô très-sainte Mère! la grâce de le purifier auparavant par une vraie pénitence; ensuite prenez-le, servez-vous-en comme il vous plaira, et ne me le rendez-plus, puisqu'il est de mon plus grand intérêt de ne l'avoir pas, pourvu qu'il soit entre vos mains sacrées.

Soupir à Marie

L'Enfant Jésus étant sur le foin, je pleure de joie et de douleur tout ensemble; mon cœur est partagé entre l'allégresse et la peine.

Exemple

Le Bienheureux Jacques-Philippe de Faenza, de l'Ordre des Servites, reçut, dès son enfance, beaucoup de faveurs de Notre Dame des Douleurs. A l'âge de deux ans, il fut atteint du mal caduc, mais à peine son père l'eût-il consacré par, vœu à Notre Dame des Douleurs, qu'il recouvra la santé. Lorsqu'il eut atteint l'âge de neuf ans, il prit le saint habit; dans l'Ordre des Servites, et vécut dans la pratique des plus éclatantes vertus. Il eut une dévotion particulière à Notre Dame des Douleurs, et en son honneur, il passa sa vie toute entière dans les, soupirs et les larmes. Mais la très Sainte Vierge, qui rend toujours au centuple ce qu'on fait pour elle, lui obtint, en récompense, la grâce de jouir, quelques jours avant sa mort, des saintes joies du Paradis: il les passa dans une douce extase d'amour divin, au bout de laquelle il rendit paisiblement l'esprit entre les mains de sa grande Protectrice. (Arcang. Giani in Annal. Serv.)

Pratique: Réciter les Litanies des douleurs de Marie.

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02 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Quatrième jour

Trouble de la très Sainte Vierge à l'occasion des peines que sa miraculeuse grossesse donnait à Saint Joseph

La très Sainte Vierge, devenue Mère du Verbe incarné par l'opération du Saint Esprit, retourna à Nazareth auprès du Patriarche Saint Joseph. Son terme approchait visiblement. Son vertueux époux en fut d'autant plus étonné, qu'il ignorait les secrets des conseils divins; il ne savait pas que le fruit renfermé dans le sein virginal de son épouse était l'œuvre du Saint Esprit; il était, par conséquent, dans des angoisses extraordinaires, et son cœur était accablé d'inquiétude et de douleur. En proie à la plus cruelle perplexité, il n'ose soupçonner ua crime dans la très Sainte Vierge; il connaissait trop sa délicatesse et sa vertu pour en avoir la pensée. La pureté des sentiments de Marie, la sévérité de sa conduite, rassurent Saint Joseph, et il trouve dans la sublime vertu de cette belle âme, la plus solide garantie qu'elle n'a point violé la fidélité qu'elle lui a promise. Mais, suivant Saint Basile, Saint Bernard et d'autres Pères de l'Eglise, le juste Joseph, au milieu de ses peines, attribuait ce qu'il voyait dans sa chaste épouse à une cause surnaturelle et miraculeuse, et sous ce point de vue, il s'estimait indigne d'être dans la compagnie d'une personne si privilégiée et si sainte, et il pensait à s'en éloigner secrètement et sans bruit. Marie s'aperçut très-bien des inquiétudes et en même temps du respect de Joseph, qui, bien que rarement, lui manifestait ses sentiments par quelques paroles d'humilité. O mon Dieu! qui pourrait exprimer le tourment de cette Vierge sainte de ne pouvoir consoler Joseph comme elle l'aurait voulu, en lui dévoilant le mystère de l'Incarnation du Verbe. Pendant ces tristes jours, que de soupirs douloureux s'échappaient de son cœur oppressé! Au commencement, Joseph garda le silence avec elle par respect, et ne lui fit aucune question sur ce mystère. De son côté, la très Sainte Vierge ne lui en disait rien, parce que l'humilité lui fermait la bouche et lui faisait cacher sa dignité ineffable; elle savait d'ailleurs que les grands dons de Dieu ne doivent se publier que quand Dieu lui-même le veut: ainsi son humilité d'une part, et de l'autre, le respect de Joseph, furent deux glaives qui déchirèrent son tendre cœur. Oh! qui pourrait exprimer les doux colloques de Marie avec Jésus renfermé dans son sein, au sujet de cette profonde affliction; avec quelle ardeur devait-elle le supplier d'abréger le temps de cette épreuve pour son cher Joseph? et nous, hélas! combien devons-nous et l'admirer et compatir à sa peine? combien surtout devons-nous rougir à la vue de l'exemple d'humilité, de silence et de charité qu'elle nous donne?

Colloque

Vierge affligée, à peine êtes-vous devenue Mère de Dieu, que les peines viennent accabler votre beau cœur. O que je vous plains! Mais en même temps, combien je me réjouis devoir que le Ciel, touché de votre affliction, envoie un Ange à Joseph pour dissiper ses craintes, en lui annonçant le mystère de l'Incarnation, et vous rend à tous les deux votre tranquillité. Ah! ma très sainte Mère, jetez sur moi un regard de compassion, et par le mérite de la douleur que je viens de méditer, préservez-moi de tout fâcheux accident, ou bien, faites que je le supporte avec une sainte résignation, afin que je partage ensuite vos consolations éternelles dans le Ciel.

Soupir à Marie

O Marie! quelle fut votre douleur en voyant le trouble de Joseph pendant que le secret du Ciel lui demeura caché!

Exemple

On lit dans les lettres édifiantes des missions de la Compagnie de Jésus, qu'un jeune Indien gardait dans sa chambre une statue de Notre Dame des Douleurs, qui avait un glaive fixé sur le cœur. Un jour, poussé par une violente passion, il résolut de la satisfaire à tout prix; mais en sortant de sa chambre dans cette intention, il entendit tout à coup une voix miraculeuse qui lui dit: « Arrête, où vas-tu? » il se retourna et vit la statue de Notre Dame des Douleurs étendre le bras, ôter le glaive de dessus son cœur, et pendant qu'il avait les yeux fixés sur ce prodige, il entendit ces paroles: « Allons, prends ce glaive et frappe-moi plutôt que de blesser mon Fils par ton péché ». A ces mots, le jeune homme, stupéfait et contrit, se prosterne à terre, et demande avec un torrent de larmes pardon de sa faute à Dieu et à la très-Sainte Vierge, formant la sincère résolution de n'y plus retomber.

Pratique: Réciter le Stabat Mater.

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Troisième jour

Peines du voyage de la Très Sainte Vierge pour aller visiter Sainte Elisabeth

Le jour de l'Annonciation, à peine la très-Sainte Vierge eut-elle appris de l'Archange Gabriel qu'Elizabeth, sa parente, était devenue féconde par miracle, et malgré sa stérilité, qu'elle se mit en chemin pour la visiter .Elle gravit donc les montagnes de la Judée, où se trouvait la ville d'Hébron, qui était du domaine des prêtres, et où demeurait Zacharie. Il y avait au moins trente lieues de distance. Que n'eut pas à souffrir la très-Sainte Vierge pour les parcourir? Qu'on se rappelle son âge tendre, sa vie retirée, soit au temple pour prier, soit dans son humble demeure; toujours dans la ferveur, dans le silence et dans la contemplation; que n'eut-elle pas à endurer en quittant d'aussi saintes habitudes pour parcourir, pendant plusieurs jours, des chemins déserts, rudes et montueux? Ajoutons qu'elle fit ce voyage à la hâte: sa pudeur virginale, dit Saint Ambroise, ne lui permettant pas de demeurer long-temps en public; ou bien, suivant Origène, parce que l'enfant Jésus qu'elle portait dans son sein virginal, la pressait d'arriver pour sanctifier au plutôt Jean-Baptiste. Que de peines pour cette Vierge! que de sueurs! combien de fois, succombant à la fatigue du voyage, s'assit-elle sur une pierre ou sur l'herbe, pour prendre un peu de repos et respirer? Oh! Vierge sainte, si jeune encore, vous commencez à souffrir pour les hommes; vous supportez tant de fatigues, dans l'impatience de répandre sur le Précurseur et sur sa mère les trésors de votre ardente charité! Arrivée à Hébron, la très-Sainte Vierge, suivant l'opinion commune des Docteurs, demeura dans la maison d'Elizabeth jusqu'à la naissance de Saint Jean Baptiste, à peu près trois mois. Dès que cet heureux enfant fut né, au sentiment de Saint Pierre Damien, la très-Sainte Vierge le tenait dans ses bras et le pressait tendrement sur son sein virginal, pour le sanctifier toujours davantage et le rendre le digne précurseur de son divin Fils. Enfin, sa mission finie, Marie reprit le chemin de Nazareth vers la fin de juin. Mais la saison avancée dut rendre ce second voyage plus pénible que le premier. Elle eut à supporter les ardeurs du soleil brûlant de la Palestine, une soif ardente, et des fatigues qu'augmentait encore sa grossesse avancée.

Colloque

Je ne sais, Vierge sainte, ce que je dois le plus admirer en vous dans cette visite, ou l'héroïsme de votre charité, ou la profondeur de votre humilité, ou le prodige de votre patience. Votre charité, lorsque, pour obéir au Verbe divin, vous précipitiez votre marche afin de purifier plus tôt Jean-Baptiste de la tache originelle; votre humilité, lorsque déjà proclamée Mère de Dieu et Reine de l'Univers, vous ne dédaignâtes pas de servir votre parente Elizabeth; enfin, votre patience, lorsque surmontant les répugnances de votre pudeur virginale et de votre complexion délicate, vous fîtes à pied et enceinte du Verbe incarné, un voyage si pénible et si long! Ah! charitable Mère, visitez, je vous en conjure, ma pauvre âme; ôtez-en tout ce qui déplaît à vos yeux si purs, et à ceux de votre divin Fils; disposez-la, par votre puissant secours, à suivre vos traces admirables dans la charité, l'humilité et la patience.

Soupir à Marie

Sainte et tendre Vierge, vous allez toute seule, par des chemins longs et rudes, procurer la vie de la grâce à Jean-Baptiste avant sa naissance.

Exemple

 

Une des pratiques de l'Ordre des Pères Servites, en l'honneur de Notre Dame des Douleurs, est de porter solennellement sa statue en procession, dans les jours plus particulièrement destinés à son culte. Maintes fois, dans ces processions, la très-Sainte Vierge s'est plu à opérer de grands miracles; à Grenade, elle guérit plusieurs paralytiques; à Bologne, elle fit cesser la peste; à Capo-d'Istria, elle éteignit un incendie; à Vienne et à Florence, elle obtint du Seigneur un temps favorable; à Asti, ville du Piémont, pendant plusieurs années on remarqua, un peu avant le départ de la procession du dimanche des Rameaux, une étoile qui brillait en plein jour sur l'Eglise Sainte Catherine des Pères Servites; cette étoile suivait la direction de la procession, comme pour faire cortège à la statue de Notre-Dame-des-Douleurs, et la procession finie, elle disparaissait. (Act. Auth. cur. Episc. Asti.)

Pratique: Visiter une église on une image de Notre Dame des Douleurs.

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31 août 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

 

Premier jour

Angoisses de la très-Sainte Vierge à sa Naissance

 

A l'approche de la plénitude des temps, apparut, sur le ténébreux horizon de la terre, l'Aurore éclatante et tant désirée, avant-courrière du Soleil de justice. L'adorable Trinité se plut à donner dans la naissance privilégiée de cette fille du Ciel, une figure de sa sublime gloire; Les Esprits célestes furent dans la joie à la vue de celle qui devait réparer la perte des Anges prévaricateurs. Sainte Anne, sa mère, fut consolée de sa longue stérilité par cet enfantement prodigieux. La Judée en fut dans l'allégresse, et jouit du bonheur d'être la première à voir cette fille ravissante. Enfin tout le genre humain se félicita à la venue d'une Reine compatissante, d'une tendre Protectrice, d'une Avocate toute-puissante. Mais hélas! il arriva à cette sainte Vierge en naissant, ce qu'éprouve un flambeau allumé, qui luit et réjouit les autres de ses vifs rayons, en se détruisant et en se consumant lui-même. Oui, tandis que cette bienheureuse enfant remplit de joie le ciel et la terre par sa naissance, elle est contrainte à pleurer amèrement dès son entrée dans le monde, à vivre resserrée dans ses langes, et à ressentir tout le poids de son âge tendre. Il est vrai, comme l'assure d'ailleurs Saint Pierre Chrysologue, que les Anges devaient descendre du Ciel en foule pour essuyer les premières larmes de cette enfant incomparable, pour apaiser ses premiers cris, et agiter son berceau de leur main céleste. Cependant Marie ressentait bien plus vivement que tous les mortels, les angoisses de son enfance, parce que, bien différente des misérables enfants d'Adam, elle jouissait, dès sa conception, du plein usage de sa raison éclairée. Or, si, suivant Sénèque, la condition des hommes est malheureuse au point qu'aucun esprit ne l'embrasserait s'il était libre de la choisir avec la connaissance parfaite de ses maux; et si, entre les divers âges de la vie, l'âge de l'enfance est celui où l'homme est sujet à un plus grand nombre de misères, misères si grandes qu'il a fallu que la Providence, pour rendre ces peines supportables, réglât que cet âge serait dénué de prévoyance et s'écoulerait dans une ignorance complète, en sorte qu'au développement de la raison dans les enfants, les misères du premier âge seraient passées; quelles furent les angoisses de cette céleste enfant, qui, par un décret divin, fut privée dans ses langes de l'adoucissement accordé à tous les hommes? Oh! que sa pleine connaissance dut ajouter à ses maux! Combien plus encore sa prescience de l'avenir dut augmenter ses douleurs, puisqu'elle avait à gémir à la fois, et de ses peines présentes, et encore de toutes celles de sa vie mortelle!

 

Colloque

 

Je ne puis retenir mes larmes, ô très Sainte Vierge, en pensant que vous pleuriez sur les bras de votre tendre mère et dans votre berceau. Les langes qui vous resserrent vous arrachent des cris plaintifs qui me déchirent le cœur. O enfant remplie de grâces, combien je compatis à vos peines! Que ne puis-je vous rendre les mêmes services que les saints Anges vous prodiguèrent; vous consoler comme eux par une douce mélodie, et essuyer vos précieuses larmes! Mais puisque je n'ai pas ce bonheur, je veux au moins vous rendre l'hommage de la plus tendre dévotion; je voudrais pouvoir baiser mille fois votre berceau; et je vous supplie humblement d'offrir au Seigneur une de vos larmes en expiation de mes péchés. O Vierge aimable! vous pleurez dans vos langes; mais vos larmes sont la rosée céleste qui prélude à la naissance du Soleil de justice.

 

Exemple

 

Un ecclésiastique réduit à l'extrémité par une grave maladie, et assailli de tentations du démon, en était accablé et saisi de frayeur; mais comme il avait honoré Notre Dame des Douleurs, elle ne tarda pas à lui adresser ces douces et consolantes paroles: « Pourquoi, mon fils, vous livrez-vous à tant de tristesse, vous qui m'avez si souvent consolé dans mes douleurs? Prenez courage, réjouissez-vous, vous guérirez. C'est ce qui arriva à l'instant même. (Pré fleuri, part. 2, liv: 3, chapitre 75. )

 

Pratique de Piété: Réciter le Chapelet des sept douleurs

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30 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

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Le Mois du Cœur de Marie

 

Trente-et-unième jour

Le Cœur de Marie Reine et Mère de miséricorde

 

En ce dernier jour, ô ame dévote, considérez avec une confiance et un amour filial, le Cœur envers nous si compatissant de la Reine et Mère de miséricorde. Le Père éternel a assigné à Jésus-Christ le Règne de la justice, et à Marie le Règne de la miséricorde, dit saint Bonaventure. Saint Bernard se demande pourquoi l'Eglise appelle Marie, Reine de miséricorde, et répond: « Afin que nous croyions que Marie ouvre l'abîme de la miséricorde a qui elle veut, quand elle veut, et comme elle veut; de sorte qu'il n'est point de si grand pécheur qui ne se sauve, si la Sainte Reine de tous les Saints le prend sous sa puissante protection ». A l'occasion d'un pécheur supplicié, et sauvé ensuite par Marie, que ce pécheur avait honorée de son vivant, Notre Seigneur révéla à sainte Catherine de Sienne, que par un des privilèges de cette divine Mère, quiconque lui avait été dévot pendant la vie , ne périssait pas. « Ah! s'écrie saint Antonin, quel soin la Vierge Marie ne prend-elle pas de nous? »  Sainte Madeleine de Pazzi, dans un de ses ravissements, nous adresse cette exhortation: « Vous qui ne trouvez pas de miséricorde, recourez à Marie qui est toute bonne et toute-puissante; vous qui êtes sans cesse agité, recourez à Marie qui est une mer pacifique; vous à qui les plaisirs du monde sont devenus insipides, recourez à Marie qui est une mer amère; vous qui êtes sous l'empire du démon, recourez à Marie, qui est la Mère de l'humilité, car rien ne chasse plus le démon que l'humilité. Recourez donc tous à Marie ».

 

Recourons donc à Marie. Mais, dit saint Bernard, pour cela nous devons diriger vers elle toutes les puissances de notre âme. « Elle reconnaît, elle aime ceux qui l'aiment; elle assiste ceux qui l'invoquent avec sincérité, ceux surtout qui s'efforcent de se rendre semblables à elle en chasteté et en humilité, pourvu toutefois qu'ils aient en même temps la charité, qu'ils mettent en elle, après son Fils, toute leur espérance, et qu'ils la cherchent de tout leur cœur ». Mais nous, sommes-nous de ces vrais dévots, de ces enfants chéris de la Reine de miséricorde? O glorieuse Reine, recevez-moi au nombre de vos fidèles serviteurs. « Puisque vous êtes la Reine de miséricorde, vous dirai-je avec saint Bernard, vos véritables sujets sont les misérables. Vous êtes la Reine de miséricorde; et moi je suis des pécheurs le plus misérable, le plus abject de vos sujets; exercez donc sur moi votre empire, gouvernez-moi, dirigez-moi, ô Reine de miséricorde. Ne me rebutez donc pas, ô Marie, car je veux être tout vôtre: je veux avoir pour vous un cœur de fils, comme vous avez pour moi un cœur de mère. Que mon cœur puisse ainsi parvenir à s'unir au vôtre, pour aimer, dans cette sainte union et pendant la bienheureuse éternité, votre Fils, à qui soit honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Amen.

 

Fleur: Réciter avec dévotion, les bras ouverts, le Salve Regina.

Fruit: En toute occasion, montrer un cœur de fils à Marie, et conseiller de faire pendant un mois de l'année de saints exercices de dévotion au sacré Cœur de Marie.

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« A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera »

(La très Sainte Vierge Marie aux petits bergers de Fatima, en 1917)

 

Fin du Mois du Cœur Immaculé de Marie

 

Prochain Mois de Dévotion

Le Mois de la Vierge des Douleurs

Qui débutera le 1er septembre

Je vous donne rendez-vous le 31 août pour la 1ere Méditation du Mois de la Vierge des Douleurs

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Pour télécharger l'intégralité du Mois du Cœur de Marie (pdf) cliquer ici

29 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

16

Le Mois du Cœur de Marie

 

Trentième jour

Le Cœur de Marie devenu Océan de grâce à la descente du Saint-Esprit

 

Considérez avec quelle profusion le Saint-Esprit se communiqua à la Vierge son Epouse, préférablement à tous ceux qui se trouvaient avec elle dans le Cénacle. L'Ange l'avait déjà saluée pleine de grâce: Ave gratia plena. Elle avait été remplie de grâce avec une nouvelle abondance, dès le moment qu'elle conçut le divin Verbe par l'opération du Saint Esprit: Spiritus Sanctus superveniet in te. Elle était donc alors remplie avec une extrême abondance, et c'est sur cette abondance extrême que le Saint-Esprit survint de nouveau avec un surcroît d'abondance; car l'Ange n'avait pas dit: Le Saint-Esprit viendra; mais, Il surviendra; Superveniet. Chercherait-on à comprendre jusqu'à quel degré cet Amour incréé communiqua ses dons à sa sublime Epouse déjà remplie et surabondamment remplie de lui? On n'y parviendrait pas; c'est impossible. Imaginez un immense océan de grâce, sur lequel tombe du ciel un déluge plus grand encore que cet océan; comme lors du déluge universel qui fit dépasser à la mer ses limites, couvrir ses rivages et inonder toute la terre. C'est ce qui arriva à Marie, disent les saints Pères qui lui attribuent même la descente du Saint-Esprit sur les âmes de tous les fidèles, sans en excepter les Apôtres. Saint Epiphane dit: « Elle fit tomber en torrents la pluie du Saint-Esprit sur toute la terre, pour y produire le fruit de la Foi ».

 

Notre âme a été arrosée de cette pluie, dans le Sacrement du Baptême, dans celui de la Confirmation, et dans les autres Sacrements. Mais quels sont les fruits qu'a produits notre Foi? Pouvons-nous dire avec l'Apôtre: La grâce de Dieu n'a pas été stérile en moi ? » « O Femme pleine de grâce, comblée de grâce avec une telle surabondance, qu'elle suffirait pour faire revivre toutes les créatures, si elles en étaient arrosées »; ah! faites qu'aujourd'hui la grâce qui me fut autrefois donnée dans le saint Baptême, soit en moi revivifiée, et que j'en sois ressuscité.

 

Fleur: Réciter souvent l'oraison jaculatoire: « Mère de la grâce divine, priez pour moi ».

Fruit: Pratiquer les bonnes œuvres, et faire valoir le talent de la grâce reçu de Dieu.

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Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à Vous!

28 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

16

Le Mois du Cœur de Marie

Vingt-neuvième jour

Le Cœur de Marie encouragé, fortifié, et ravi jusqu'au Ciel, dans l'ascension de son Fils

Sainte Madeleine de Pazzi ayant entendu, dans une de ses merveilleuses extases, le dernier entretien secret de Jésus avec sa Mère, nous le rapporte en ces termes: « Notre Dieu est grand. Les secrets que le divin Epoux de nos âmes communique à Marie sont grands. O Marie, l'entretien que votre Fils eût avec vous, avant sa Passion, fut un entretien de conformité à la volonté de Dieu son Père; celui qu'il eut après sa Résurrection fut un entretien de joie; celui-ci, étant le dernier, fut un entretien de gloire. Mais quel sujet pouvait alors vous intéresser, ô Marie? Serait-ce, le Verbe, époux des Vierges, entouré des Vierges? Oui, sans doute ; puisque vous étiez Vierge, et éprise de la virginité, vos délices devaient être de vous entretenir des Vierges ». Considérez maintenant quel encouragement et quelle force dut puiser le Cœur de la Reine des Vierges dans un entretien si honorable aux Epouses de Jésus-Christ, et imaginez-vous d'être à la suite du divin Rédempteur, lorsque , après cet entretien, il s'acheminait avec sa Mère et ses Disciples vers la montagne des oliviers. Y étant arrivé, prenant congé de sa Mère, et les bénissant tous: « Il se sépara d'eux, et il était porté au Ciel » à leur vue; jusqu'à ce qu'élevé à une grande hauteur une nue le déroba à leurs regards. Ah! peut-on concevoir parfaitement toute la joie, tout le ravissement de Marie voyant ainsi ce beau triomphe de son divin Fils, et admirant ce corps formé dans son sein, s'élevant au-dessus du bienheureux empyrée, et plus brillant que le soleil? Elle ne se rassasiait pas de le regarder, et ne cessait de tenir les yeux fixés vers cette partie du ciel où planait cet Aigle victorieux. Mais le Cœur de Marie l'a suivi, plus loin que sa vue , jusqu'au ciel, où son cher Jésus est assis à la droite de Dieu le Père.

L'Eglise nous exhorte tous les jours, à la sainte Messe, d'élever nos cœurs. Sursùm corda, dit-elle; et nous répondons : Habemus ad Dominufn: Nos cœurs sont élevés au Seigneur. Mais répondons-nous vrai? « Si nous sommes ressuscites avec Jésus-christ , nous dit l'Apôtre, nous devons, non pas rechercher les choses de la terre mais nous occuper de, celles du ciel, où le Christ est assis a la droite de Dieu le Père »; et l'Eglise ajoute: « Que nos cœurs soient fixés où sont les vrais contentements ». O mon Jésus, enlevez mon cœur; ravissez-le, attirez-le vous-même à vous, et tenez-le toujours uni au vôtre et à celui de votre tendre Mère. Qu'il ne soit plus détenu dans le bourbier de ce misérable monde. Faites-moi cette grâce, ô mon Jésus, par l'amour avec lequel vous enlevâtes avec vous au Ciel le Cœur de notre divine Mère.

Fleur: Répéter l'oraison jaculatoire: « Attirez-moi après vous ».

Fruit: Tenir son cœur détaché de la terre, et élevé au Ciel.

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Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à Vous!