18 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Dix-neuvième jour

Douleur de Marie à la cruelle flagellation de son divin Fils


On croit pieusement qu'au moment où Marie apprit les cruautés qu'on exerça contre Jésus-Christ dans les tribunaux de Jérusalem, et où elle sut que l'infâme Pilate l'avait condamné au supplice barbare de la flagellation, cette sainte Mère accourut au prétoire; Dieu voulant sans doute que Marie, qui devait assister au crucifiement de son Fils, fût encore témoin de ses affreux tourments avant de monter au Calvaire. Hélas! Vierge désolée, arrêtez-vous; si vous allez plus loin vous ne pourrez résister à la douleur que vous causera la vue du spectacle sanglant qui se prépare. De grâce, n'approchez pas, car un regard seul peut vous donner la mort! Mais Marie s'avance, fend la foule amoncelée devant le Prétoire, et, surmontant tous les obstacles, elle arrive enfin, et que voit-elle, ô mon Dieu? Elle aperçoit son Fils bien-aimé qui s'approche de la colonne, on l'y attache fortement, et il abandonne son corps innocent et infiniment pur, aux lanières, aux fouets, aux cordes et aux lourdes chaînes. Marie voit tout autour des bourreaux pleins de rage, et Jésus au milieu, en posture non-seulement d'esclave mais d'esclave captif qui mérite d'être fouetté. O Ciel! quelle horrible boucherie! Marie entend le bruit des coups et le sifflement des fouets; elle entend les applaudissements et les cris de joie d'une populace féroce; elle distingue la fureur étincelante des archers ; elle voit les chastes membres du Sauveur déchirés, son sang qui coule à grand flots; elle voit!... Mais impies, arrêtez, arrêtez... Dès les premiers coups, la peau vole en éclats, le sang s'élance et roue le visage et les vêtements des bourreaux. Les fouets en sont teints, la terre en est imbibée, et ce corps adorable n'est plus qu'une plaie! Si Marie ne savait pas que c'est Jésus, si son cœur palpitant de tendresse ne le lui disait pas, elle ne pourrait pas le reconnaître tant on l'a défiguré. O spectacle horrible! il pénètre d'autant plus le cœur de Marie, que les tigres se lassent moins de frapper la douce victime; car ils frappent encore et tourmentent Jésus, quoique détaché de la colonne, à demi mort, gisant à terre et baigné dans son sang! ô vue déchirante! Si Marie se tient encore debout, si elle ne succombe pas à la douleur, on ne peut nier, dit Saint Anselme, que sa vie est un miracle.


Colloque


O mère la plus tendre et la plus désolée! je vous remercie d'avoir voulu, par une charité incomparable, assister à la cruelle flagellation de votre très saint Fils. Hélas! pendant ce supplice, vos yeux pleins de larmes étaient levés vers le Ciel; et en union à Jésus déchiré, vous offriez au Père Eternel chaque coup, chaque blessure, chaque goutte au précieux sang, pour l'expiation de mes péchés. Ah! mère affligée, c'est moi qui ai péché, c'est moi qui ai mérité la flagellation. Sainte Mère, prenez ce glaire meurtrier qui perça votre cœur au Prétoire, et tournez-le contre mon cœur coupable, afin que je pleure amèrement la flagellation de Jésus et vos angoisses.


Soupir à Marie


O quelle grêle de coups sur le corps de Jésus! Ciel, comment pouvez-vous le souffrir? Je ne tient pas à cette vue.


Exemple


Un jeune libertin de Perouges s'engagea, par écrit, à donner son âme au démon toutes les fois qu'il lui fournirait l'occasion de satisfaire une passion criminelle. Le démon remplit la condition, il apparut ensuite au jeune homme, dans le temps fixé, c'est-à-dire l'an 1615, et lui rappela sa promesse, en le conduisant pour cela auprès d'un puits, afin qu'il s'y précipitât, avec menace que s'il s'y refusait il l'entraînerait vivant dans l'enfer. Le jeune homme effrayé ne savait comment il pourrait échapper à ce danger; il quitta cependant ses habits et monta sur le bord du puits; mais il ne se sentit pas le courage de s'y jeter, et il pria le démon de l'y pousser. Heureusement pour cet infortuné, il portait sur lui le scapulaire de Notre Dame des Douleurs; le démon lui dit de s'en dépouiller, et qu'après il le jetterait dans le puits. Alors le jeune homme voyant son salut attaché à ce saint habit, refusa de le quitter. Après de nouvelles instances, l'esprit des ténèbres se retira couvert de honte; le jeune homme conçut un sincère repentir de ses désordres il les détesta de tout son cœur, et en mémoire de ce bienfait signalé, il suspendit un ex voto à l'autel de Notre Dame des Douleur, dans l'église de Sainte Marie-Neuve de la même ville.


Pratique: Réciter les Litanies de la très Sainte Vierge, en y ajoutant « Vierge affligée, priez pour moi »

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17 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Dix-huitième jour

Douleur de Marie à la prise de Jésus dans le Jardin


Après avoir quitte sa sainte Mère, Jésus se rendit au jardin de Gethsémani. Sa Mère éplorée donna un libre cours à ses larmes. Et la Providence ne permit pas que, suivant sa coutume, elle suivît son Fils, afin que dans l'obscurité de cette funeste nuit, cette Vierge sainte ne se trouvât pas mêlée aux soldats, aux pharisiens et à toute cette vile cohorte de meurtriers. Mais elle n'en sentit pas moins les peines de son Fils souffrant. Elle voyait encore mieux par la pénétration de son esprit que par les yeux du corps, l'âme infiniment pure de Jésus-Christ qui, par sa science divine, parcourait à cette heure suprême l'affreuse histoire des péchés des hommes, depuis la désobéissance d'Adam jusqu'au dernier crime qui sera commis à la fin du monde. Mais comme s'il ne lui eut pas suffi de les voir, il les prenait tous sur lui, et chargé de ce fardeau énorme, il se présentait à son Père sous l'apparence de pécheur. Marie voit Jésus dans cette position déplorable, levant les yeux au Ciel, considérant la puissance divine année de foudre, et son Père promenant son regard troublé et irrité. Le Sauveur tombe alors la face contre terre, il pleure, il gémit. Mon Père, s'écrie-t-il, que ce calice amer passe loin de moi! Néanmoins, si vous le voulez, je livre mon dos à la flagellation, ma tête aux épines, mon cœur à la lance, mon corps entier à la croix, pourvu que vous pardonniez à l'homme pécheur. Marie voit encore que pendant que l'aimable Rédempteur accompagne cette offrande de ses larmes, le Père lui envoie un Ange pour le fortifier. Mais à cette consolation succède une défaillance plus complète, il s'ensuit une agonie cruelle, au point qu'il s'échappe de tout le corps de Jésus une sueur de sang! O doux Jésus! ô Mère affligée! Un peu revenu à lui-même, le Sauveur se tourne vers ses trois Apôtres pour en être soulagé; et après en avoir reçu tant de protestations d'amour et de dévouement, il trouve que dans l'oubli de leur divin Maître et d'eux-mêmes, ils sont ensevelis dans un sommeil profond et tranquille. Marie remarque enfin, qu'ayant terminé sa prière douloureuse, Jésus dit à ses Apôtres: « Levez-vous, allons... Le traître s'approche Hélas! » qui aperçoit-il à la tête de cette troupe furibonde? un Apôtre, un Judas, qui, les lèvres encore teintes de son sang divin, lui donne un baiser, et trahit en même temps son bon Maître. Voilà ce que Marie pénètre par son cœur maternel, et ce qui lui fait répéter au milieu de ses soupirs et de ses sanglots: « Quoi! Judas, vous trahissez le Fils de l'Homme par un baiser!.... » Déjà , au signe convenu avec le traître, Marie voit les soldats se jeter sur Jésus, les archers le renverser par terre, l'enchaîner étroitement, l'environner, élever leurs flambeaux, et l'emmener fièrement comme une capture importante. Mais les Apôtres où sont-ils? Ah! ces Apôtres, qui, peu de moments auparavant, protestaient d'aimer si vivement Jésus et d'être prêts à mourir pour le défendre, Marie les voit abandonner leur Maître à l'instant du danger, et s'enfuir précipitamment, semblables aux Israélites qui prirent la fuite dans le combat et laissèrent l'Arche du Seigneur entre les mains des Philistins. O Marie à cette vue, quel supplice pour votre cœur maternel!


Colloque


Vierge affligée! il faudrait n'avoir pas un cœur, pour ne pas compatir à vos vives douleurs. O Ciel! ce corps de Jésus si délicat que vous enveloppâtes de langes, et que vous pressâtes si souvent sur votre cœur avec tant d'amour, est maintenant durement lié et chargé de chaînes pour mes péchés! Mère infortunée, que je vous plains! Et ce qui m'afflige davantage c'est d'avoir contribué moi-même à augmenter vos peines, en me joignant à ces meurtriers qui lièrent le Sauveur dans le jardin, au traître Judas qui le leur livra, aux lâches disciples qui l'abandonnèrent au plus fort du danger. Maintenant aurais-je la cruauté, le courage de vous laisser sans consolation au milieu d'une désolation si affreuse? Oh! Non, Mère affligée, me voilà prosterné à vos très saints pieds, comme un enfant égaré; je reviens à vous pénétré de repentir, et je vous demande humblement pardon de mes fautes énormes et sans nombre; je compatis à vos peines de tout mon cœur, et je vous conjure, par le mérite de vos douleurs, de m'obtenir la grâce de ne jamais plus trahir moi-même votre adorable Fils.


Soupir à Marie


O mon âme! rappelez-vous ce divin enfant que Marie embrassait si doucement, et qu'elle pressait si tendrement sur son cœur; considérez-le à présent lié et garrotté dans le jardin des Oliviers.


Exemple


Deux habitants de Césène étaient liés d'une étroite amitié. L'un d'eux, nommé Barthelemy, malgré ses défauts, conservait une tendre dévotion à Notre Dame des Douleurs, et récitait tout les jours le Stabat en son honneur, sans en être détourné par les railleries de son ami. Un jour que Barthelemy faisait cet acte de piété, il fut transporté hors de lui-même, et il lui sembla d'être jeté avec son ami dans un étang de feu très ardent. Pendant qu'il y souffrait d'atroces douleurs, il vit la très Sainte Vierge qui lui tendit miséricordieusement la main droite et le retira du feu. Ensuite elle lui conseilla de se jeter aux pieds de Jésus Christ et de lui demander pardon de ses péchés. Barthelemy le fit sur le champ, mais il fut repoussé deux fois par le Sauveur; alors la très Sainte Vierge se prosterna devant son divin Fils, et le pria si instamment qu'elle obtint le pardon du coupable, à condition qu'il se convertirait et ferait pénitence de ses péchés. Barthelemy revenu à lui-même, apprit la triste nouvelle que son ami venait d'être misérablement assassiné; il en conclut que la vision était réelle; il attribua sa délivrance de la mort éternelle à la protection de Notre Dame des Douleurs; il quitta le monde, entra dans l'Ordre des Capucins, où il mena une vie très austère, et mourut en réputation de sainteté. (Ex lib. Apum Thom. Cantiprat.)


Pratique: Réciter trois Pater, Ave et Gloria en l'honneur du Cœur affligé de la très Sainte Vierge.

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15 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Seizième jour

Pleurs de Marie quand Jésus lui fait ses adieux pour aller à la mort


L'heure du Sauveur était venue. Jésus était en ce moment à Béthanie; comme il se préparait à accomplir la volonté de Dieu, il se tourne vers Marie, et, le visage plein de douleur et de compassion, il prend congé d'elle pour aller à la mort. Il lui rappelle la volonté du Père Eternel, la tyrannie de l'enfer, l'esclavage des hommes, la rédemption du monde tant désirée; il soutient la force de sa Mère, il l'encourage, il la console, et en l'embrassant, il lui dit: « Mère chérie, l'heure du salut du monde est sonnée... il est temps que tout ce que les prophètes ont écrit de moi s'accomplisse Je vais dans peu d'instants, être livré à mes ennemis; ils feront ce qu'il leur plaira..... La croix m'attend; le genre humain, esclave, ne souffre plus de délai; laissez-moi me séparer de vous... Adieu, ma Mère!... je vous laisse ». et à ces mots, il va à la mort. Marie voudrait répondre: « Adieu, mon Fils! » mais ses lèvres tremblantes s'y prêtent à peine; le cœur lui manque; elle tombe dans une mortelle défaillance. Jésus est parti, et sa pauvre Mère demeure, je ne sais si je dois dire étonnée, ou immobile, ou interdite. Elle savait bien que son Fils était destiné à toutes ces rigueurs; mais que pouvait cette connaissance contre ce coup de foudre? Ah! combien de semblables malheurs sont sensibles! Hélas! approchons-nous de Marie pour mieux contempler sa douleur et l'agonie de son cœur! A peine est-elle un peu revenue à elle-même, qu'elle s'épuise en tristes réflexions: « Dans quelques heures, dit-elle, mon Fils bien-aimé, le divin Jésus, en proie à la rage satanique du grand conseil, tombera victime des plus cruels supplices! O abîme de peine! ô douleur inexprimable! Voilà donc ce décret rigoureux qui s'exécute! Oui, mon cœur sera percé, déchiré de ce glaive meurtrier que Syméon m'annonça dans le temple, il y a plus de trente ans!.:. » Ici, n'oublions pas que la douleur de Marié fut si profonde et si vive, que, suivant Saint Bernardin de Sienne, elle se Serait offerte à mourir, non seulement une fois, mais mille fois, mais une infinité de fois, à la place de son Fils adorable. O spectacle déchirant! O cruelle séparation!


Colloque


O Mère désolée! si la seule pensée de vos douleurs me touche si vivement, quelle impression ont-elles dû faire sur votre cœur? Cependant, pour vous conformer à la volonté du Père adorable, vous les endurâtes généreusement; et malgré l'excès de votre affliction, vous consentîtes à vous séparer de ce que vous aviez de plus cher, de votre bien-aimé Fils; et vous lui permîtes de s'immoler pour moi à la justice de Dieu irrité, comme une victime de propitiation sur l'autel de la croix. O amour incomparable! pour sauver une âme infidèle et chargée de crimes, vous avez livré votre Fils à un cruel et ignominieux supplice, et votre cœur à un affreux martyre! Comment pourrai-je m'en reconnaître dignement à votre égard? Hélas! je n'ai à vous offrir qu'une vive douleur de mes péchés, qui furent la cause de votre douloureuse séparation. Ah! sainte Mère, par le mérite de la douleur qui déchira alors votre cœur, faites que je rompe tout attachement humain, et que je ne soupire désormais que pour le bonheur éternel.


Soupir à Marie


Allez, mon Fils; allez à la mort, j'y consens. Alors même que vous serez mort, vous vivrez dans mon cœur; mais quoique vivante, je mourrai de vous voir souffrir.


Exemple


Un lion furieux parcourait Florence; il faisait fuir tout le monde et répandait une alarme générale, et la crainte des plus grands malheurs. Quand il eut parcouru plusieurs quartiers, il s'arrêta sur la place de l'Annonciation, où résident les Pères Servites. Un frère convers du monastère, inspiré de Dieu, se rend sans armes sur la place; il va sans crainte droit au lion, et invoquant avec une foi vive le nom de Notre Dame des Douleurs, au grand étonnement de tout le monde, il saisit l'animal, lui passa au cou le scapulaire de Notre Dame des Douleurs, le rend plus doux qu'un agneau, et le reconduisit dans sa cage, aux applaudissements et aux bénédictions de la multitude, qui ne se lassait pas de glorifier Marie. (Angel. Lottinus in mirac. d. Annunc. de florent. )


Pratique: Réciter le Chapelet des sept douleurs.

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14 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Quinzième jour

Douleurs de la très-Sainte Vierge pendant les trois ans de la prédication de son divin Fils


Jésus avait environ trente ans, lorsque, pour obéir à la volonté de son père, il vint se confondre parmi les pécheurs, et reçut avec eux le baptême de Jean Baptiste sur les rives du Jourdain. Après cette cérémonie, le Sauveur, rempli du Saint-Esprit, déjà préparé au ministère de la parole divine par un jeûne rigoureux de quarante jours et quarante nuits qu'il passa dans le désert, sortit vainqueur des assauts du démon, et se rendit à Capharnaüm, pour y commencer sa vie publique. Mais à peine eut-il entrepris de prêcher dans les synagogues et les bourgades, et d'appuyer sa céleste mission sur les miracles, que sa sainte Mère conçut les plus vives alarmes à son sujet, Elle voyait les Juifs ingrats repousser sa doctrine, et censurer ses prodiges. Ses angoisses augmentaient en apprenant que son Fils était l'objet de la jalousie, de la critique et de la malignité des masses turbulentes. Son cœur avait frémi sur les suites funestes qu'elle appréhendait de la part de quelques furieux, lorsqu'elle apprit que son Fils, un fouet à la main, avait renversé les tables et l'argent des marchands, et chassé du temple les vendeurs de bœufs, d'agneaux et de colombes. Quelle frayeur encore quand on lui annonça que l'incestueux Hérode, poussé par la fureur d'Hérodiade, avait mis en prison le courageux Jean-Baptiste! quelle appréhension n'eut-elle pas, que l'envie des Pharisiens n'induisit Pilate faire arrêter Jésus! Heureusement pour sa tranquillité, le Sauveur ne tarda pas à retourner en Galilée. Là, au moins ses craintes auront cessé. Mais Jésus disait lui-même que nul n'est prophète dans sa patrie; et précisément à Nazareth, le Fils de Dieu fut plus décrié et plus méprisé qu'ailleurs. On ne se contenta pas de l'insulter, on voulut attenter à sa vie. A la fin, Jésus abandonna cette patrie ingrate et endurcie, et revint à Capharnaüm. Mais lorsque après la glorieuse résurrection de Lazare, le maudit Sanhédrin conspira la mort du Sauveur; lorsque l'impie Caïphe eut prophétisé qu'un seul devait mourir pour tous; dès ce moment, Marie ne quitta plus Jésus. Qui pourrait exprimer les craintes et les angoisses de son cœur maternel, lorsqu'elle voyait les nuages sanglants qui s'amoncelaient sur la tête innocente de son cher Fils? Elle prévoyait juste. Sur la fin de la troisième année, pendant que Jésus se disposait à se rendre de Béthanie à Jérusalem, pour y célébrer la fête de Pâques, qui devait être la dernière pour lui, puisqu'il avait déjà prédit sa flagellation et sa mort; pendant que la diligente Marthe et la pénitente Madeleine cherchaient à rassurer Marie, elle entendit son Fils confirmer lui-même ses noirs pressentiments. Pauvre Mère, vous ne l'avez donc suivi que pour le voir arraché de vos côtés, et conduit à la mort! O monstrueuse ingratitude des Juifs! O Mère désolée!


Colloque


Vierge sainte, je vous vois de nouveau soumise aux plus dures épreuves. Il fallait que vous fussiez témoin de la fureur des hommes contre le Fils de Dieu, pendant tout le temps qu'il leur distribuait, avec tant de charité, la parole de vie et le pain du salut. Que ne souffrîtes-vous pas pendant trois ans! Vous auriez donné volontiers votre vie aux Juifs pour soustraire à la mort votre Fils adorable. Mais Dieu ne se contentait pas d'un seul sacrifice de votre part; il en voulait une longue suite dans les angoisses prolongées que vous causaient les persécutions continuelles que le divin Rédempteur éprouvait. O Mère désolée! je compatis de toute mon âme à vos profondes douleurs; et par les mérites de l'affliction inexprimable de votre cœur maternel, pardonnez à mon repentir et à mes sincères regrets, mes fautes passées, par lesquelles, aussi coupable que les Juifs, je donnai la mort, autant qu'il était en moi, à votre cher Fils, mon Père et mon Dieu.


Soupir à Marie


O Marie! vous souffrez pour moi, et, à la vue de votre long martyre, mon cœur est aussi dur qu'un rocher: que faut-il donc pour l'attendrir, s'il est insensible à vos douleurs?


Exemple


Une noble et pieuse dame avait un fils unique et chéri, qui fut assassiné par un ennemi. Le meurtrier, pour échapper aux poursuites de la justice, se réfugia, après avoir commis son crime, dans un palais peu éloigné, sans savoir que c'était précisément la demeure de sa victime; La mère du mort ne connaissant pas l'accident, fit l'accueil le plus charitable au réfugié. À la nouvelle de là mort de sont fils, qu'elle reçut peu d'instants après, elle faillit mourir de douleur. Cependant, revenue à elle-même, elle réfléchit à la générosité avec laquelle la très Sainte Vierge avait pardonné, sur le Calvaire aux bourreaux de son Fils; et, touchée de cet exemple sublime, la dame voulut l'imiter, et pour l'amour de Marie, elle résolut de pardonner au meurtrier de son fils et de le combler de ses bienfaits. Elle le tint caché tant qu'elle put dans sa maison; ensuite, elle lui fournit un cheval, des habits et de l'argent pour qu'il prît la fuite. La très Sainte Vierge ne tarda pas à récompenser une action aussi héroïque, car le mort apparut à sa mère affligée, tout joyeux et content, et lui dit que pour prix de son acte éminent de charité, Notre Dame des Douleurs l'avait délivré du Purgatoire, où il devait souffrir longtemps. (Thesaur. de SS. Mar. lib. 2. c. 16.)


Pratique: Réciter sept Ave Maria, les bras en croix, et baiser sept fois la terre.

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13 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Quatorzième jour

Douleur de Marie à la mort de Saint Joseph


 

La sainte Famille vivait d'une manière toute céleste dans la maison solitaire de Nazareth. Mais, ô mon Dieu! une nouvelle affliction devait blesser le cœur innocent de Jésus et de Marie. Le bon Joseph avait veillé avec autant de fidélité que de constance et d'amour à la garde du Verbe Incarné, pendant les premières années de sa vie d'obéissance, lorsque la mort, ou plutôt un excès d'amour, l'enleva à sa pénible carrière. Sans doute il ne pouvait y avoir de mort plus heureuse, puisqu'il fut assisté par le Sauveur du monde en personne, et par la Mère de Dieu, son épouse. Mais qui pourrait exprimer la désolation de cette Vierge sans tache à cette séparation? O Marie! quels furent vos soupirs lorsque vous lui rendîtes les derniers devoirs dans la vallée de Josaphat, auprès du tombeau de Siraéon, de ce saint vieillard qui vous avait prédit dans le temple cette affliction avec tant d'autres? O combien votre cœur fut alors déchiré en vous rappelant son amour, son zèle infatigable, ses sages conseils, ses longues peines, ses craintes, ses appréhensions et ses souffrances pour vous et pour Jésus! Sa perte vous rend plus sensibles la grandeur et l'élévation d'âme que vous lui connaissiez; et cette séparation vous afflige extrêmement. Vous vous rappeliez avec douleur ses rares vertus qui vous le rendaient si cher pendant sa vie; et la privation d'un si doux spectacle ajoute à l'affliction de votre veuvage. Veuve infortunée, comment, loin d'un compagnon si utile, pourrez-vous vous garantir contre le nuage furieux qui vous menace de sa foudre meurtrière? Pour vous, bienheureux Joseph, vous êtes digne d'envie! Vous éprouvâtes, je le sais, une vive peine au sortir de ce monde, parce que vous auriez voulu assister la Mère et le Fils dans les jours funestes et sanglants que vous prévoyiez. Mais, saint Patriarche, il vaut mieux pour vous ne plus vivre. Vous auriez succombé, sans aucun doute, à la douleur de cette catastrophe; vous n'auriez pu survivre en voyant les supplices atroces des deux tendres objets de votre amour et de vos soins; l'impossibilité de les arracher au martyre, et même de leur donner le moindre soulagement, vous aurait fait mourir de douleur.


Colloque


Vierge sainte, le Ciel vous réservait tien d'autres douleurs et de différentes espèces, au moment même où vous fûtes privée d'abord de vos heureux parents et ensuite de votre saint époux! Si la perte des premiers vous coûta tant de larmes, combien n'en versâtes-vous pas à la mort de Joseph! quelle triste perspective se présentait à votre esprit! Vous voyiez approcher le temps de la Passion de votre Fils, et alors qu'un soutien vous devenait plus nécessaire, vous demeuriez seule et sans aucun secours humain. Ah! il ne fallait pas moins que votre fermeté inébranlable, pour résister à l'impression de tant de coups sensibles et de tant d'amertumes! O Mère de douleurs! je compatis à votre désolation, et j'admire à la fois la généreuse intrépidité de votre cœur magnanime, et votre admirable résignation à la volonté divine. Ah! que je suis loin de cet héroïsme! obtenez-moi un peu de votre force, et faites que je supporte désormais toutes les épreuves qu'il plaira à Dieu de m'envoyer sur cette terre d'exil.


Soupir à Marie


Marie, au plus fort de ses peines, demeure orpheline et veuve; pleurons, ô mon âme! pleurons l'excès de sa désolation.


Exemple


Un jeune homme, très dévot à Notre Dame des Douleurs, eût le malheur de succomber à une tentation du démon, et de pécher mortellement. Le lendemain, il vint réciter ses prières ordinaires devant l'image de Notre-Dame, et il y vit huit glaives sur le cœur au lieu de sept. Dans son extrême surprise, il ne se rassasiait pas de considérer un spectacle si nouveau; mais il entendit une voix qui lui déclara que son péché avait ajouté le huitième glaive au cœur de Marie. A l'instant, pénétré de confusion et de repentir, il alla se présenter au tribunal de la pénitence pour obtenir. le pardon de son péché, et ensuite il vit disparaître le huitième glaive de la sainte image. (Reviglion. p. 4.)


Pratique: Mortifier le goût, en se privant de quelque aliment par amour pour Notre Dame des Douleurs.

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12 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Treizième jour

Douleur de Marie sur la vie cachée de son divin Fils


Au milieu du silence qui régnait dans la maison mystérieuse de Nazareth, Jésus expliquait souvent à sa Mère et à son nourricier les Mystères divins. Avec quelle attention ils écoutaient ses paroles! avec quel soin ils les gravaient dans leurs cœurs, Marie surtout Jésus développait chaque jour le trésor de ses vertus, et manifestait de plus en plus sa sagesse et la grâce dont il était rempli; il était l'objet des complaisances du Père Eternel, et de l'étonnement des hommes. Le cœur de Marie tressaillait à ce spectacle; le vénérable Joseph en était ému: mais que dis-je? étaient-ils dans les transports de la joie? Non certainement; hélas! ils souffraient beaucoup, et spécialement Marie. Combien de fois, en voyant son Fils partageant les travaux et les fatigues de Joseph, dut-elle dire: O « Mon Fils! vous, le Créateur éternel du monde, comment êtes-vous assujetti aux peines et aux sueurs d'un artisan? » Combien de fois, en voyant la main de Jésus tenir de vils outils, dut-elle dire: « O mon Fils! comment se fait-il que cette main qui étendit les cieux, donna au soleil sa lumière, et forma le premier homme avec un peu de limon, soit maintenant occupée comme celle d'un ouvrier? » Combien de fois, admirant l'humilité, la docilité, l'obéissance et la soumission de Jésus, dut-elle dire: « O Fils adorable! maître absolu du monde, Roi des rois, dont dépend tout ce qui respire, comment vous soumettez-vous à un pauvre artisan et à une humble servante? » Combien de fois en voyant souffrir ce divin Fils, pensait-elle: « Voilà le Tout-Puissant, dont les richesses et les trésors sont infinis, et cependant je le vois pauvre et ayant besoin du pain de chaque jour? » Mais en faisant ces réflexions, le cœur de Marie était oppressé de voir son divin Fils réduit à tant d'humiliation, d'indigence et de peines pour le salut des hommes. Encore si cette douleur ne se fût fait sentir qu'à longs intervalles, Marie n'en mériterait pas moins notre compassion; mais il n'en fut pas ainsi: la pauvreté et les peines de Jésus furent continuelles, et ne cessèrent d'accabler le cœur de Marie et d'occuper son esprit. Le Seigneur voulait, suivant le Prophète, que sa douleur n'eût pas de trêve. O martyre de sa vie entière!


Colloque


O Marie! quel tourment pour vous de voir sans cesse, pendant trente ans, votre Fils adorable toujours humilié, toujours souffrant, sans que vous pussiez y remédier! Quelle douleur, d'aimer si ardemment Jésus, et de ne pouvoir le lui marquer en le soulageant, à cause de votre pauvreté! Quelle confusion pour votre modestie de vous voir servie et obéie par le Dieu Tout-Puissant qui commande au ciel et à la terre! Ah! par les mérites de l'humble soumission que Jésus vous témoigna, obtenez-moi, je vous en conjure, la grâce d'obéir promptement à mes supérieurs, de les respecter, de les assister, et surtout de remplir fidèlement la loi de mon Dieu.


Soupir à Marie


De quelle tendre compassion n'étiez-vous pas émue, ô Marie en voyant votre divin Fils travailler comme un artisan à la sueur de son front!


Exemple


Thomas Cantipré rapporte qu'un prêtre, très dévot aux douleurs de Marie, poussé par un excès de ferveur, avait coutume de se cacher souvent dans une église où il y avait une statue de Notre Dame des Douleurs, devant laquelle il manifestait sa fervente compassion par l'abondance de ses larmes et de ses soupirs. Il montait ensuite sur l'autel, il embrassait avec un profond respect la statue, la consolait par les plus tendres expressions, et lui essuyait les yeux avec un petit linge. Au bout de quelques années, il tomba gravement malade. Quand il fut à l'extrémité, la très Sainte Vierge lui apparut sous la forme d'une dame remplie de majesté, Elle lui donna d'abord les plus aimables consolations, ensuite elle essuya sa sueur mortelle sur son front avec un mouchoir, et le guérit parfaitement. Alors le bon prêtre lui dit: « Qui êtes-vous , pour que je vous remercie comme je le dois? » « Je suis, dit-elle, celle dont vous avez si souvent essuyé les larmes ». Et la vision disparut. (Lib. Apum. th. c.)


Pratique: Reciter sept Ave, Maria, et autant de fois la onzième strophe du Stabat.

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11 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Douzième jour

Tristesse de la très Sainte Vierge lorsqu'elle perdit Jésus dans le temple


La sainte Famille avait demeuré sept ans en Egypte par l'ordre exprès du Seigneur, et avait beaucoup souffert dans ce long exil, lorsqu'un Ange signifia à Saint Joseph de retourner en Israël. Le retour fut plus pénible encore que n'avait été le voyage précédent. Quand il fallut fuir, l'Enfant Jésus pouvait se porter au bras; mais à l'âge de sept ans, dit Saint Bonaventure, il était trop grand pour être porté, et trop petit pour faire à pied un si long voyage. Le cœur de Marie était donc plus affligé qu'auparavant en cette circonstance, et par rapport à son cher Fils, et par la peine de Joseph devenu plus âgé. Dans la fuite, la très-Sainte Vierge éloignait son Fils de ses ennemis; en retournant en Judée, elle leur allait au-devant et conduisait Jésus à la mort; car elle savait qu'il serait un jour la victime de leur barbarie. Enfin, de retour à Nazareth, Jésus, Marie et Joseph y vécurent dans le travail et avec beaucoup de peine; ils n'en sortaient qu'aux jours de fêtes, où, suivant la loi, ils allaient au temple de Jérusalem, pour écouter les divins oracles des livres saints, participer aux sacrifices, et célébrer les solennités légales. Ils avaient toujours eu l'Enfant Jésus avec eux, et rien de fâcheux ne leur était encore arrivé dans ces voyages; mais lorsque le Sauveur eut atteint l'âge de douze ans, ils le conduisirent, selon leur coutume, à Jérusalem, pour y faire la Pâques. Ils assistèrent pieusement aux sacrifices de la solennité, pendant sept jours,dans le temple. Lorsqu'ils retournèrent à Nazareth, le divin Enfant demeura à Jérusalem sans qu'ils y fissent attention, et ils ne s'en aperçurent qu'après une journée de chemin. Quelle douleur pour Marie et pour Joseph! Ils étaient arrivés dans l'asile où ils devaient passer la nuit, et ne virent point leur bien-aimé. Jésus s'était caché ou rendu invisible à leur départ de Jérusalem. Sa tendre Mère et son fidèle gardien, par une disposition admirable de la Providence, pensèrent que Jésus s'était joint à d'autres familles de Nazareth, également venues à la fête. Mais quelles furent les angoisses de Marie quand elle vit que son divin Fils ne s'y trouvait pas! Joseph dit: nous l'avons donc perdu! que sera devenu ce cher Fils? Puis-je vivre sans lui! retournons sur le champ sur nos pas; demandons-le; cherchons-le... non, mon cœur ne pouvait être frappé plus douloureusement; allons, ne perdons pas un moment; hâtez-vous... de grâce, hâtez-vous.... En effet, Marie se met en marche quoiqu'il soit dejà nuit, elle cherche Jésus parmi les parents et les connaissances qu'elle rencontre, et retourne à Jérusalem. Ses larmes sont plus nombreuses que ses pas; ses soupirs continuels embarrassent sa respiration; et à tout instant, elle dit aux passants comme l'épouse du Cantique: « Avez-vous vu le bien-aimé de mon âme? » Mais, hors de Jérusalem comme dans Jérusalem, personne ne lui en donne des nouvelles. Elle s'écrie dans sa douleur: « Saints Anges, qui accompagnez ce Fils adorable; éléments, qui lui obéissez; soleil, qui éclairez son séjour; montrez-le-moi! Cette Vierge désolée pleure le jour et la nuit; inconsolable, son amertume va toujours croissant, elle ne peut prendre ni nourriture ni repos, parce qu'elle a perdu à la fois son Fils, son père, son époux, son trésor, son Dieu. L'esprit agité de mille lugubres pensées, le cœur déchiré par une séparation si inattendue et si douloureuse, elle se meurt: Père Eternel, ayez pitié de cette mère désolée, sa vie est en danger; de grâce faites-lui trouver son. Fils!... Mais non, elle en sera privée pendant trois jours... Elle court, elle revient, elle demande encore Jésus dans les maisons et dans les rues; peine inutile! son deuil augmente, ses angoisses n'ont plus de bornes!... Enfin, au bout du troisième jour, elle vient au temple toute éplorée, et en y entrant elle voit son divin Fils assis au milieu des Docteurs? les écoutant et leur proposant des questions sur la loi de Moïse... La douleur de Marie avait été si vive pendant ces trois jours, son cœur en avait été oppressé à un tel point, qu'en revoyant Jésus elle ne put s'empêcher de lui faire cette douce plainte: « Mon fils, pourquoi en avez-vous usé ainsi envers nous? Nous vous cherchions, votre père et moi, étant fort affligés ».


Colloque


O Vierge admirable! que de larmes vous répandîtes pendant les trois funestes jours où vous fûtes privée de votre souverain bien! Ah! combien ce cruel martyre m'apprend à connaître et à pleurer l'aveuglement et la dureté de mon cœur! Vous étiez l'innocence même, par une grâce spéciale vous étiez impeccable, et vous gardiez Jésus dans votre cœur comme sur un trône ou il prenait ses complaisances; et cependant vous pleurates amèrement jour et nuit sa perte, et vous le cherchâtes sans délai et sans relâche. Et moi, j'ai eu le malheur de le perdre volontairement tant de fois, et de le chasser de mon cœur par tant de péchés et avec une si noire ingratitude!... Toute autre perte, dit Saint Augustin, plonge les imprudents dans la tristesse, l'abattement et le désespoir... Mais bêlas! en perdant Jésus, je perds mon Dieu, et néanmoins, par une indifférence qui tient du sacrilège, je mange, tranquillement, je vis content, et j'ose goûter les douceurs du repos! Quelle folie! et qui me donnera une fontaine de larmes intarissable pour pleurer mon, âme privée de son Dieu? O sainte Mère! apprenez-moi à chercher Jésus, puisqu'en le perdant je perds tout à la fois, mon âme, mon Dieu, ma félicité, le Ciel. O Mère de miséricorde, faites que je le cherche avec ardeur et constance, de peur qu'après ne l'avoir pas cherché, maintenant que je puis le trouver, je ne le cherche en vain dans la suite. O Marie ! faites-moi trouver Jésus pendant ma vie et à l'heure de ma mort, en me faisant trouver sa grâce; mais surtout faites qu'après ma mort je retrouve Jésus dans sa gloire. Et vous, ô mon Dieu! qui voulûtes peut-être vous cacher pour que Votre tendre Mère vous retrouvât par le mérite de ses larmes, de grâce exaucez sa prière tandis que je vous adresse ces désirs du chartreux Lodolphe: « Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, que vos parents cherchèrent pendant trois jours, et qu'ils trouvèrent enfin dans le temple, faites que ma pauvre âme vous désire, qu'en vous désirant elle vous cherche, qu'en vous cherchant elle vous trouve, qu'en vous trouvant elle vous aime, qu'en vous aimant elle rachète ses péchés, et qu'en les rachetant elle n'y retombe jamais. Ainsi soit-il.


Soupir à Marie


O Marie! qui pourrait comprendre seulement votre long martyre, lorsque, pendant trois jours, vous crûtes avoir perdu votre Fils unique et votre souverain bien!


Exemple


La Bienheureuse Bienvenued'Autriche, de l'Ordre de Saint Dominique, méditant un jour avec une ferveur extraordinaire la douleur de Marie lorsqu'elle eut perdu Jésus dans le temple, la pria instamment de lui en faire éprouver quelque sentiment. A l'instant elle voit une dame majestueuse tenant un enfant d'une beauté ravissante, d'une figure divine et rayonnante de gloire. A cette vue , la sainte religieuse fut tellement inondée de délices, qu'il lui semblait jouir du bonheur du Ciel. Elle ne se rassasiait pas de contempler et l'enfant et la mère. Mais au moment où cette vue la rendait heureuse, la vision disparut tout à coup. Elle en fut si affligée et sa douleur fut si vive qu'elle semblait mourir à chaque instant. Pendant trois jours elle ne fit que pleurer, attribuant à sa faute la perte de son céleste contentement. Au bout des trois jours, la très-Sainte Vierge lui apparut de nouveau tenant son divin Fils au bras, et lui dit: « Ne m'avez-vous pas demandé de participer un peu à ma peine lorsque je perdis Jésus dans le temple? Vous en avez fait l'essai ; mais n'y pensez plus, parce que votre faible santé ne pourrait résister à une si vive douleur ». (Marches. Diar. Di Mar. 30. 8°)


Pratique: Jeûner le premier vendredi en l'honneur de Notre Dame des Douleurs.

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09 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Dixième jour

Souffrances de la très Sainte Vierge dans la fuite en Egypte

Après la cérémonie de la Purification de Marie et de la Présentation de son Fils au temple, la sainte Famille retourna à Nazareth. Or, Hérode, roi des Juifs, ayant appris des Mages la naissance d'un nouveau prince, et déjà instruit par la voie publique de ce qui s'était passé au temple quand le divin Enfant y avait été présenté, il n'en fallut pas davantage à ce roi soupçonneux pour craindre que ce rejeton de David ne lui enlevât la couronne. Il prit donc, sans délai, des mesures pour affermir son trône, qu'il jugea en péril, et il forma le dessein de mettre à mort le nouveau-né. Misérable orgueil humain! La Mère et le nourricier de Jésus n'étaient occupés, dans leur chétive demeure, qu'à contempler le Fils de Dieu qui croissait en grâce chaque jour. Contents de leur état en vue de Dieu, ils travaillaient et dormaient en paix. Une nuit, entre autres, dans laquelle, plus fatigué qu'à l'ordinaire, Joseph dormait profondément, un Ange lui dit à l'oreille de se lever promptement et de fuir en Egypte, avec son épouse et le divin Enfant, attendu qu'Hérode cherche à faire mourir Jésus. Docile à la voix de l'Ange, Joseph, étonné, va réveiller Marie et lui communique l'ordre du Ciel. Tendre Mère! quelle triste nouvelle! dans quelle fâcheuse situation elle se trouve! faible, délicate, avec un tendre nourrisson et un époux âgé et fatigué, que fera-t-elle? Ah! je la vois dans une véritable agonie; son cœur tombe en défaillance en pensant au danger que court le divin Enfant!.. Mais à quoi servent les délais? elle se prépare à exécuter au plus tôt les ordres du Ciel. Elle s'approche en tremblant du berceau où l'Enfant Jésus dormait paisiblement; elle le lève, le prend entre ses bras, l'enveloppe promptement de ses langes, le couvre de son mieux pour le défendre des injures de l'air rigoureux de la saison; et sans tarder davantage, sans dire adieu à ses voisins et à ses amis, sans dire un seul mot, ne portant aucune provision, mais seulement quelques hardes, elle part dans le silence de la nuit, sous la protection des ténèbres, appuyée du côté gauche sur le bon vieillard Joseph, et de sa main droite pressant l'Enfant Jésus sur son cœur. C'est en soupirant, qu'elle part et fuit en Egypte. Au moindre bruit qu'elle entend, elle frémit, son cœur palpite, son sang se glace dans ses veines, elle craint que les émissaires du roi inhumain ne viennent dans l'ombre arracher son Fils de son sein, et le massacrer. Si l'on considère ensuite la longueur et la difficulté du chemin, que n'eut pas à souffrir cette Vierge sainte! Il lui a fallu marcher pendant trente jours au moins; traverser des déserts; gravir des montagnes, et passer dans des forêts inhabitées. Pendant combien de jours n'aura-t-elle eu pour toute nourriture que des herbes crues et des racines sauvages? combien en aura-t-elle passé sans boire ni manger? combien de nuits, dans cette saison froide, a-t-elle dû passer couchée sur la pierre? Mais quel Surcroît de douleur pour elle de sentir l'Enfant Jésus souvent tout glacé, malgré les soins qu'elle prenait de le couvrir, de le presser sur son sein, et de l'échauffer par ses soupirs enflammés! combien de fois pour apaiser ses pleurs, lui aura-t-elle donné, en l'allaitant, son cœur fondant de douleurs? O souffrances universelles! ô peines incompréhensibles!

Colloque

O Vierge affligée! que votre exemple me confond. Dans un âge si tendre, vous fuyez en Egypte avec tant de peines, foulant aux pieds les aises et les plaisirs du monde; modèle accompli de résignation, d'obéissance, de charité, de confiance en Dieu; tandis que non-seulement je ne fuis pas le danger d'offenser Dieu, mais encore je m'y expose souvent de propos délibéré, m'abandonnant à ma présomption, à ma négligence, à mon esprit d'indépendance, à mon orgueil! O Mère de miséricorde! rendez-moi semblable à vous, je vous en supplie; daignez aussi m'accorder votre puissant secours dans le voyage terrible que je fais maintenant vers l'Eternité. Faites que j'évite les dangers de l'Egypte de ce monde, afin que je partage un jour votre bonheur dans la céleste Jérusalem.

Soupir à Marie

Auguste mais pauvre Pèlerine, vous fuyez en Egypte avec Jésus et Joseph, et vous n'avez pour guide que l'amour divin, et pour compagne que la peine.

Exemple

Un jeune novice de l'Ordre de Saint Dominique, vaincu par la tentation, voulait s'enfuir secrètement. Mais avant d'exécuter son projet, il prit à sa main un morceau du pain de communauté, qui lui répugnait singulièrement. Il va devant une image de Notre Dame des Douleurs, qui tenait son Fils mort entre ses bras, et lui dit: « O Consolatrice de tous les affligés, voyez vous-même si ce pain est nourrissant, et s'il n'est pas plutôt capable de rendre malade! Je désirerais de tout mon cœur embrasser la vie religieuse, mais j'avoue franchement que je ne m'en sens pas le courage. Ne m'en veuillez donc pas si je laisse votre habit à vos pieds, mais je n'ai plus la force de le porter ». En même temps, il commençait à se dépouiller de sa robe de laine; mais en ce moment, Notre Dame des Douleurs eut pitié de ce malheureux: elle étendit miraculeusement la main droite, et lui dit de lui donner ce pain dont il ne savait pas se nourrir, à l'instant elle le trempe dans le sang qui sortait des plaies du Sauveur, et le lui rend avec ordre d'en manger sur le champ. Le novice obéit aussitôt, et non seulement il le trouva excellent, mais en le mangeant il se sentit le cœur tellement fortifié, que dans la suite il supporta constamment et avec joie toutes les rigueurs de la vie religieuse.  ( March. Diar. Mar. tom. 2. sem. 65. )

Pratique: S'abstenir aujourd'hui, en l'honneur de Notre Dame des Douleurs, de quelque plaisir permis.

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08 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Neuvième jour

Glaive qui perça le cœur de Marie, dans la prophétie de Syméon

Jérusalem renfermait, à cette époque, un juste nomme Syméon, plus charge de mérites que d'années, quoiqu'il fût d'un âge avancé. Pendant que Marie et Joseph entraient dans le temple, Syméon y arrive au moment même où ils présentaient le Messie nouveau-né. Eclairé d'une lumière supérieure, il regarde la mère, il admire le divin Enfant avec des yeux étincelants et d'un visage enflammé, il prend Jésus dans ses bras, le presse sur son cœur, et dans une douce extase, il bénit Dieu d'une si haute faveur, et lui fend de vives et solennelles actions de grâces d'avoir exaucé ses longs désirs à ce sujet. Ensuite, s'adressant à Marie, par l'inspiration du Saint-Esprit, il lui fait cette célèbre prédiction: « Cet enfant est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction des hommes ». Qui pourrait exprimer la douloureuse impression que fit cette triste prophétie sur le cœur maternel de Marie? Malgré les lumières qu'elle avait déjà reçues, elle vit alors encore plus clairement se dérouler à son esprit le sombre tableau des souffrances que son Fils devait endurer; elle connut plus que jamais qu'entre toutes les mères elle était la seule qui rachetait son premier-né pour peu de temps, puisqu'il était destiné aux douleurs, aux opprobres et aux supplices. Dès lors, au sentiment de Saint Jérôme, l'âme de Marie eut à subir un martyre plus dur que celui de tous les martyrs ensembles; martyre qui, selon Saint Bernard, dura trente-trois ans, pendant lesquels Marie vécut en mourant sans cesse, parce que son cœur souffrait une douleur pire que la mort, sans remède et sans adoucissement. Comme les eaux des fleuves, en entrant dans l'Océan, deviennent salées et amères, les consolations de Marie, depuis ce jour mémorable, se changeaient pour elle en violentes amertumes. De là, elle ne pouvait arrêter ses yeux sur l'admirable humanité du Sauveur, sans penser aussitôt aux mépris, aux tortures, à la croix qui l'attendaient. Déjà Marie croyait voir les blessures de ses pieds, de ses mains et de son côté toutes couvertes de sang!... Mère infortunée, ce ne fut pas seulement pendant la vie de son Fils qu'elle souffrit ce dur martyre, la plaie que lui fit la prophétie de Syméon ne se ferma jamais tant qu'elle vécut: « Cette douleur dit-elle un jour à Sainte Brigitte, affligea mon cœur jusqu'au moment où je fus élevée en corps et en âme dans le Ciel ». O glaive douloureux! O peine sans égale!


Colloque

O mère affligée! quel cœur ne se fondra pas de douleur et de componction en considérant le vôtre percé du glaive que lui annonça Syméon! Ah! quel cruel martyre pour vous, de penser que votre divin Fils, après une vie entière de souffrances, après une mort cruelle et ignominieuse, serait encore déchiré et crucifié de nouveau, avec plus d'impiété que jamais, par les monstrueux péchés des hommes! Non de semblables tortures n'étaient point faites pour votre beau cœur; elles me convenaient bien mieux à moi qui suis coupable de fautes graves! Vous savez d'ailleurs que j'ai lancé contre vous, non pas un seul glaive, mais cent, mais mille traits meurtriers, autant de fois que j'ai eu le malheur de pécher. Purifiez maintenant, par votre douloureux martyre, tout mes sentiments impurs; blessez si profondément la dureté de mon cœur, qu'il soit pénétré de la plus vive douleur d'avoir renouvelé, par mes péchés, la dure Passion de Jésus, et d'avoir de nouveau percé son cœur adorable.

Soupir à Marie

Glaive tranchant de Syméon qui du même coup blessâtes deux cœurs, frappez le mien avant que la triste prédiction s'accomplisse.

Exemple

Sainte Brigitte rapporte, que faisant oraison dans l'Eglise de Sainte Marie Majeure à Rome, le jour de la Purification de la très Sainte Vierge, elle eût la vision suivante: Elle crut voir dans le Ciel un temple très majestueux. Auprès de l'autel se trouvait un vénérable vieillard, c'était Syméon, tout préoccupé de recevoir le Sauveur dans ses bras. De la porte du temple, s'avançait gravement la très Sainte Vierge, tenant son divin Fils, précédée, accompagnée et suivie d'innombrables légions d'Anges. Au milieu d'eux, et immédiatement devant Marie, était un Ange plus éclatant que les autres, tenant à la main une épée toute teinte de sang, qui ressemblait parfaitement au glaive annoncé à la très Sainte Vierge par Syméon. A mesure que le cortège s'avançait, les voûtes du temple retentissaient d'une douce mélodie, et les Esprits bienheureux chantaient d'un ton ravissant: « Voilà la gloire que Marie reçoit dans le Ciel, en récompense du glaive de douleur dont elle a été blessée pendant la Passion de son Fils ».

Pratique: Réciter, quand l'horloge sonne, un Ave en l'honneur des douleurs de Marie.

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07 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Huitième Jour

Humiliation de la Très Sainte Vierge dans sa Purification

Comme la très-Sainte Vierge était la mère de Dieu, et qu'elle avait conçu son divin maitre, non comme les femmes ordinaires, mais par la seule vertu du St-Esprit, il s'en suivait évidemment qu'elle n'était point sujette à la double loi de la Purification et du rachat, que Dieu avait donnée dans l'Exode et le Lévitique. Cependant Marie, oubliant les motifs qui l'en dispensaient, voulut paraître une mère ordinaire, et se soumit à la purification, qui supposait qu'elle en avait besoin, et à la présentation de son Fils, cérémonie d'offrande et de rachat, indispensable pour tout autre. Cette Vierge incomparable accomplit ainsi la volonté suprême du Père Eternel, qui avait prescrit l'abaissement de la Mère de Dieu, et l'humiliation de son Fils. O vertu sans pareille! qui confond l'orgueil humain. Oui, cette Vierge, qui n'avait eu rien tant à cœur que sa pureté sans tache, qui pour la conserver aurait renoncé volontiers à la maternité divine; qui fut plus jalouse de cette vertu que de toute autre, au point qu'elle mérita précisément par là d'attirer du Ciel et de concevoir dans son sein le Verbe éternel, suivant ce mot d'un père: Elle plut par son humilité, mais elle conçut par sa virginité. Cette Vierge très sainte et sans tache, ne craint pas, dans ce Mystère, de paraître impure comme les autres mères aux yeux des hommes, quoique dans la réalité elle soit au milieu des femmes du monde, comme le lis entre les épines. Elle savait très-bien que sa pureté surpassait infiniment celle de toutes les autres créatures de la terre; elle n'ignorait pas même, dit Saint Antoine, qu'elle était plus pure que les Anges eux-mêmes, or, jugez de là, qu'elle fut son humiliation en ce moment; quelle rougeur pudique colorait son modeste visage, et combien lui était sensible le jugement que le monde portait d'elle sur ce point d'après les apparences. Mais non contente de cette héroïque humilité, Marie y joignit encore une patience admirable. Suivant la coutume en pareil cas, les mères juives, pour remplir la loi, offraient un agneau en holocauste, et une colombe pu une tourterelle en sacrifice expiatoire. Si elles étaient pauvres, elles pouvaient substituer la tourterelle ou la colombe à l'agneau. Or, la sainte Mère de Dieu ayant, par son héroïque charité, répandu généreusement dans le sein des pauvres les riches dons des Mages, ne put pas. offrir l'agneau à Dieu, elle se contenta de présenter à sa place deux tourterelles gémissantes, ou deux innocentes colombes, symboles touchants de ses humbles soupirs et de sa pureté sans tache. Ce fut encore là, pour cette Vierge sainte, un sujet réel d'humiliations infiniment méritoire.

Colloque

Vierge sainte, j'admire votre humble maintien et la modeste rougeur que vous montrâtes dans le temple, pour m'apprendre et à mépriser les vains jugements du monde, quand il s'agit de remplir la loi de Dieu, et à faire courageusement les bonnes œuvres, qui bien qu'elles ne soient pas commandées, sont néanmoins agréables au Ciel et salutaire à mon âme. Je vous en remercie de tout mon cœur, et je vous prie aussi de m'obtenir une si belle vertu, et la grâce d'être délivré de tout sentiment d'orgueil et d'ambition, si contraire au caractère et à la qualité de votre Fils, que j'estime au-dessus de tous les biens.

Soupir à Marie

Quelle confusion pour Marie d'être confondue dans le temple avec les mères juives! Qu'un si grand exemple nous api prenne à pratiquer l'humilité!

Exemple

Plusieurs années après l'Assomption de la très-Sainte Vierge, Saint Jean l'Evangéliste avait un ardent désir de la revoir. Il pria Dieu dans cette vue avec tant de ferveur et de persévérance, qu'il mérita d'être exaucé. Le Sauveur et la très Sainte Vierge lui apparurent, s'entretenant des douleurs qu'ils avaient souffertes l'un et l'autre pendant la douloureuse Passion du Sauveur. Jean entendit ensuite que la très Sainte Vierge pria son divin Fils d'accorder quelque grâce particulière à ceux qui s'occuperaient souvent de ses douleurs avec dévotion. Le Seigneur lui répondit qu'il accorderait quatre faveurs signalées à. ceux qui le prieraient en mémoire des douleurs de sa sainte Mère, Premièrement, une parfaite douleur de leurs péchés avant la mort; secondement, une assistance particulière à l'article de la mort; troisièmement, de graver dans leurs cœurs les mystères de la sainte Passion, et de leur en donner une grande récompense dans le Ciel; enfin, une faculté très étendue à sa très sainte Mère d'obtenir en leur faveur quelque grâce que ce pût être. (Diari. di Mac. tom. 2. Serm. nella selt. 5. )

Pratique: Réciter les sept courtes prières à Notre Dame des Douleurs.

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