03 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Quatrième jour

La Visitation


Le Cantique de Marie


Marie dit alors: « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit a tressailli d'allégresse en Dieu mon sauveur: parce qu'Il a regardé l'humilité de Sa Servante; et voilà que toutes les générations désormais m'appelleront Bienheureuse; car Celui qui est Puissant a fait en moi de grandes choses, et Son Nom est Saint, et Sa Miséricorde se répand d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a signalé la force de Son bras; Il a dispersé les superbes qui s'enorgueillissent dans le cœur... se ressouvenant de Sa Miséricorde, Il a relevé Israël son serviteur.... »  Ainsi la Vierge-Mère renvoie à Dieu la gloire des grandes choses opérées en Elle; plus on l'exalte, plus Elle s'abîme dans son humilité. Élisabeth attribue le bonheur de Marie à Sa Foi, et Marie l'attribue uniquement à la Bonté du Seigneur. Et, dans sa reconnaissance, Elle chante les infinies Miséricordes de Celui qui vient de sauver son peuple en se montrant fidèle à ses promesses. D'un regard prophétique, Elle entrevoit tout l'honneur que lui rendront les siècles à venir, mais la révélation de sa grandeur ne fait que la rendre plus humble. Apprenons de Marie à renvoyer toute gloire à l'Auteur de tous biens.


Exemple


Pendant que Saint Bernard prêchait la Croisade en France et en Allemagne, il vint se reposer quelques temps à l'Abbaye d'Afflighem, entre la Flandre et le Brabant. Au fond du cloître se trouvait une statue de Marie. Bernard ne passait jamais sans la saluer avec respect; et un jour il entendit la statue, devenue comme vivante, lui dire: « Je te salue, Bernard ». Aussi ne quitta-t-il qu'à regret cette Abbaye, il y laissa le pavillon de sa crosse, en  reconnaissance de la faveur qu'il y avait reçue. Saluons Marie; Elle nous rendra le salut!


Prière


O Mère de mon Dieu, faites-moi participer à l'ardente Charité que Vous communique Jésus vivant en Vous. Obtenez-moi que le résultat pratique de mes Communions soit un plus grand amour pour le prochain et un plus grand zèle, un dévouement plus entier au service de mes frères.

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Méditation du Mystère de la Visitation


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de la Visitation, descendez dans mon âme ».


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02 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Troisième jour

La Visitation


Louange de Sainte Élisabeth


En jours-là, Marie, se levant, s'en alla avec hâte vers les montagnes, en une ville de Juda; elle entra das la maison de Zacharie, et elle salua Élisabeth. Lorsque Élisabeth entendit la salutation de Marie, il arriva que l'enfant tressaillit dans son sein, et Élisabeth fut remplie du Saint Esprit. Et élevant la voix, elle s'écria: « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le Fruit de Votre Sein est béni. Et d'où me vient ceci, que la Mère de mon Seigneur vienne vers moi? Car sitôt que la voix de votre salutation est venue à mes oreilles, l'enfant a tressailli de joie dans mon sein. Et bienheureuse, Vous qui avez cru, car ce que le Seigneur Vous adit, s'accomplira ». Admirons la fidélité de Marie à l'inspiration de l'Esprit-Saint, et la tendre Charité qui la porte à se rendre en toute hâte auprès de sa parente. Jésus veut se communiquer par Sa Mère; Elle sera le canal de ses grâces et de ses bienfaits. C'est par Marie qu'Élisabeth est comblée de bénédictions; c'est par Marie que le Précurseur participe d'avance aux fruits de la Rédemption, sanctifié et purifié du péché dès le sein de sa mère. Recourons à Marie puisque c'est par Elle que Jésus veut se donner à nous.


Exemple


Sainte Mechtilde, vierge de l'Ordre de Saint Benoît, dit un jour à, la Sainte Vierge dans l'ardeur du transport de son âme, pendant que l'on chantait à l'église le « Salve Sanctus Parens »: « Si je pouvais, ô Reine du Ciel, Vous saluer de la plus douce salutation que le cœur de l'homme ait pu imaginer, je le ferais volontiers ». La Sainte Vierge lui apparut aussitôt, ayant sur la poitrine la Salutation Angélique écrite en lettres d'or, et Elle lui dit: « Cette Salutation surpasse tout ce qu'ont fait les hommes, et personne ne pourra Me saluer avec plus de douceur que celui qui me salue plein de ce respect, avec lequel Dieu le Père m'a saluée par ces paroles ».


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur Jésus, cette dizaine en l'honneur de la Visitation de Votre Sainte Mère à sa cousine Sainte Élisabeth; et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Saint Rosaire une très grande Charité à l'égard du prochain.

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Méditation du Mystère de la Visitation


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de la Visitation, descendez dans mon âme ».


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01 octobre 2010

Le Mois du Saint Rosaire

Le Mois du Saint Rosaire

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Deuxième jour

L'annonciation


L'incarnation du Verbe


« Voilà que Vous concevrez dans votre Sein, et Vous enfanterez un Fils, à qui Vous donnerez le Nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David, son père; et Il règnera éternellement sur la Maison de Jacob, et Son règne n'aura pas de fin. Marie dit à l'Ange: « Comme cela se fera-t-il? Car je ne connais point d'homme ». Et l'Ange répondit: « L'esprit Saint surviendra sur Vous, et la Vertu du Très-Haut Vous couvrira de Son Ombre. C'est pourquoi le Fruit Saint qui naîtra de Vous sera appelé le Fils de Dieu ». Le Messie, attendu depuis plus de 4000 ans, va paraître: le Fils de Dieu daigne s'anéantir en revêtant la forme de l'esclave. Pour sauver l'homme, il s'abaisse jusqu'à se faire semblable à lui et Il accepte toutes nos misères, toutes nos infirmités, à l'exception du péché. Adorons avec Marie le Verbe fait chair devenu notre Frère, descendu jusqu'à nous afin de nous élever jusqu'à Lui. Recueillons-nous en union avec la Mère de Dieu, pour contempler un mystère si étonnant, et remercions avec Elle un Dieu devenu son Fils pour être notre Sauveur.


Exemple


Saint Bernard et le Bienheureux Alain de la Roche, qui ont goûté les fruits délicieux de la Salutation Angélique, en expliquent ainsi les douceurs: « Lorsque je prononce Ave Maria, dit le premier, je cause de la joie dans le Ciel, j'excite de l'allégresse parmi les Anges, la terre se réjouit, l'esprit de l'homme est dans la jubilation, les démons fuient et l'enfer tremble ». « Que tous ceux qui aiment Votre Nom sacré, ô Divine Marie, dit le second, apprennent que, lorsque je dis Ave Maria, le Ciel se réjouit, la terre s'étonne, toute la pompe du siècle disparaît à mes yeux et mon Cœur est ravi de joie ».


Prière


O Vierge Sainte, faites-moi participer à Votre Humilité et à Votre Pureté incomparables quand je me prépare à recevoir dans la Sainte Communion le Verbe fait chair, qui daigne s'abaisser jusqu'à moi.

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Méditation du Mystère de l'Annonciation


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de l'Annonciation, descendez dans mon âme ».


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Le Mois du Saint Rosaire

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Le Mois du Saint Rosaire


Mystère joyeux


Premier jour

L'annonciation


Le salut de l'Ange


L'ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans la ville de Galilée appelée Nazareth, à une Vierge qui avait épousé un homme nommé Joseph, de la maison de David; et le nom de la Vierge était Marie. Or, l'Ange étant venu vers elle, lui dit: « Je Vous salue, pleine de grâce; le Seigneur est avec Vous; Vous êtes bénie entre les femmes ». Lorsque Marie l'eût entendu; Elle fut troublée de ses paroles, et Elle se demandait quelle pouvait être cette salutation. Mais l'Ange lui dit: « Ne craignez point Marie, Vous avez trouvé grâce devant Dieu ». Cette visite de l'Ange, son attitude pleine de respect, ses paroles si élogieuses doivent nous inspirer une admiration sans bornes pour la Vierge Immaculée, dont la pureté sans tache a fixé le choix de Dieu. Au moment où le messager céleste annonce ses grandeurs à la Reine des Anges, voici qu'elle se trouble dans sa profonde humilité, et celle que le Ciel honore déjà comme la Mère de Dieu, se dira simplement la Servante du Seigneur. Saluons avec l'Ange la Vierge incomparable, annoncée par les prophètes; réjouissons-nous de ses grandeurs et de ses vertus. Craindrions-nous de trop honorer Marie, après l'exemple que nous donnent les Anges et la Sainte Trinité Elle-même?


Exemple


La Sainte Vierge a confirmé et approuvé ce nom de Rosaire, donné à cette pratique de dévotion, qui consiste à réciter trois chapelets, en révélant qu'on lui présentait autant de roses agréables, qu'on récitait d'Avé Maria et autant de couronnes de roses qu'on disait de Rosaires en son honneur. Dans diverses apparitions rapportées par de graves auteurs, on a vu Marie, présente à la récitation du Rosaire, recueillir autant de roses qu'il se trouve d'Avé Maria dans cette pratique, s'en tresser une magnifique couronne, en parer son front et remonter au Ciel plus glorieuse.


Prière


Nous Vous offrons, Seigneur Jésus, cette première dizaine des Mystères Joyeux en l'honneur de Votre Incarnation dans le Sein de Marie, et nous Vous demandons, par ce Mystère et par l'intercession de Notre Dame du Rosaire, une profonde humilité.

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Méditation du Mystère de l'Annonciation


1 Notre Père, 10 je Vous salue Marie, 1 Gloire au Père


A la fin: « Grâces du Mystère de l'Annonciation, descendez dans mon âme ».


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30 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Trente et unième jour

Tristesses de la très Sainte Vierge pendant le reste de sa vie


La très-Sainte Vierge ne pouvant plus voir sur la terre son amour crucifié, depuis sa glorieuse Ascension au Ciel. espérait qu'elle pourrait trouver quelque consolation dans la possession des instruments de la Passion de son divin Fils; elle pensait que leur vue lui aurait rappelé son bien-aimé. Elle désirait conserver ses clous et la couronne d'épines consacrés parle sang du Sauveur; mais, suivant Baronius, cela ne fut pas en son pouvoir, car les Juifs avaient la coutume d'ensevelir avec le corps des condamnés, les instruments de leur supplice, comme sujets à la même malédiction. En conséquence, les clous et les épines furent ensevelis avec Jésus-Christ; et la croix, qui n'aurait pas pu entrer dans le tombeau, fut enterrée séparément. Suivant ce même auteur et d'autres encore, la très Sainte Vierge réussit à recueillir respectueusement et à conserver un peu du sang précieux et de l'eau mystérieuse qui sortirent du côté de Jésus. Elle retint aussi de petits linges teints du divin sang, sans parler des diverses empreintes qu'en avaient conservé ses habits. Or, ayant presque toujours sous les yeux ces reliques sanglantes de la cruelle Passion de son Fils, que de soupirs et que de larmes cette vue a dû lui arracher! On peut donc affirmer, sans crainte de se tromper, que dès l'instant funeste où son divin Fils fut mis dans le tombeau, son âme fut dans une affliction continuelle; et que, non contente de renouveler ses peines par la vue de ces objets, elle parcourait, tant qu'elle vécut, les lieux consacrés par le sang de l'Homme Dieu. Cette Vierge sainte se rappelait ainsi successivement, la noire trahison de Judas, les divers tribunaux, l'horrible flagellation; elle se représentait les peines de son Fils, la malice des hommes, la justice sévère du Père céleste, la voie douloureuse teinte du divin sang; lorsqu'elle était seule, elle se rappelait sa fécondité par l'opération du St-Esprit, la longue suite des mépris et des persécutions du Verbe fait chair parmi les hommes, jusqu'au moment où il scella le testament de la Rédemption par sa mort sur la croix. Marie pesait tout et connaissait tout parfaitement. Son imagination lui retraçait les Apôtres fugitifs et dispersés dans la nuit fatale, et abandonnant leur Maître dans le danger: elle en exceptait Jean, qui suivit Jésus sans pouvoir le secourir, et Pierre qui lui fut infidèle et le renia au foyer du Vestibule. Ensuite Marie jetant au Ciel un regard qui dit tout sans prononcer un mot; et puis, baissant le front vers la terre, elle s'écriait avec tristesse: « O humanité inconsidérée! combien coûte ton crime? » Telles furent les sombres pensées qui occupèrent Marie le le plus souvent, jusqu'à ce que son divin Epoux lui lança un trait d'amour plus ardent, qui la pénétra tout entière et l'enleva à cette vie pénible et mortelle.


Colloque


Vierge sainte, votre vie fut un martyre continuel, et les puissances mêmes de votre belle âme, lui fournirent une ample moisson. Votre mémoire fut toujours frappée du souvenir déchirant de la Passion de votre divin Fils. Votre entendement vous donnait les motifs les plus forts de compatir à ses tourments. Votre volonté était occupée à la fois des actes les plus ardents d'amour et de douleur. C'est donc à juste titre qu'un diadème douloureux convient mieux à votre tête auguste, comme Reine des martyrs, parce qu'il vous rend plus semblable à Jésus, qui est le Roi des martyrs; et que le sang d'un Dieu crucifié, dont votre manteau fut arrosé sur le Calvaire, vous a orné d'une pourpre plus vive et plus éclatante que le manteau d'or que forme l'astre du jour. Je vous salue, Vierge auguste, je compatis à vos peines sur la terre, et je vous félicite en même temps de tout mon cœur, maintenant que vous régnez dans le Ciel, parce que vous n'avez pas moins de gloire dans les souffrances que dans les joies. Je vous prie, ô ma bien-aimée Reine! de m'obtenir une constance chrétienne dans l'adversité, et de me regarder toujours comme un des sujets les plus fidèles de votre empire.


Soupir à Marie


O Marie! vous ne pleurez pas vos plaies, mais mes fautes. Daignez guérir les plaies de mon cœur.


Exemple


Du temps de Sainte Brigitte, un noble, riche, mais dépravé, compatissait cependant à Notre Dame des Douleurs chaque fois qu'il y pensait. Il tomba malade, et près de mourir, il ne s'occupait nullement du salut de son âme. Sainte Brigitte, par inspiration divine, lui envoya un prêtre pour l'exhorter à faire une bonne confession. Le bon prêtre y alla deux fois, mais inutilement; le malade prétendait n'avoir pas besoin de confession. La sainte l'y renvoya une troisième fois, en faisant savoir au malade, de la part de Jésus-Christ, qu'il était au pouvoir de sept démons qui le conduiraient certainement à la damnation. A cette nouvelle, le malade fut touche au point qu'il se confessa quatre fois dans un jour avec beaucoup de larmes; il communia ensuite avec de saintes dispositions, et mourut le lendemain. Dès qu'il eut expiré, Notre-Seigneur révéla à Sainte Brigitte que l'âme de cet homme était allée en Paradis, et avait échappé à l'enfer, uniquement par la dévotion à Notre Dame des Douleurs. (Revel. S. Brig. lib. 6. c. 87.)


Pratique: Méditer sur le Cœur afflige de Marie.

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Prochain Mois de Dévotion: Le Mois du Rosaire, rendez-vous le 31 septembre

Téléchargez l'intégralité du Mois de la Vierge des Douleurs (pdf) en cliquant ici

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29 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Trentième jour

Sanglots de la très Sainte Vierge pendant la sépulture du Sauveur


Le pieux Joseph et le vertueux Nicodème attendaient le moment d'embaumer le corps de leur divin Maître pour le placer ensuite dans le tombeau, Mais le jour déclinait, ils voyaient que sa Mère affligée ne pouvait arrêter le cours de sa douleur, et dans la crainte qu'elle n'expirât sur son Fils mort, après un doux combat de compassion, ils lui ôtèrent respectueusement cet objet chéri, et retendirent sur un linge blanc. Marie voulut encore, suivant un grave auteur, aider à rendre ce dernier devoir. D'une main respectueuse et tremblante, elle enleva de la tête de Jésus la couronne d'épines; mais les sanglots lui rendaient la respiration pénible, elle avait peu de force pour arracher les épines, et à la vue de ces profondes plaies et des chairs déchirées de toutes parts et dans les endroits les plus sensibles, elle pleurait amèrement en fermant les yeux et la bouche de son Fils; elle essuya le sang des blessures et des plaies, et lui rangea décemment les pieds. Mais, suivant la révélation de Sainte Brigitte, malgré tous ses efforts, il lui fut impossible de plier les bras du Sauveur; Jésus voulant montrer par là qu'il les tient toujours ouverts pour recevoir les pécheurs repentants. Les disciples environnèrent le corps d'aromates, suivant l'usage des Juifs, et l'ayant enveloppé d'un suaire, ils le portèrent dans un jardin, près du Calvaire, où était un tombeau taillé à neuf dans le roc. La Providence voulut ainsi que la douloureuse Passion de Jésus-Christ commençât dans un jardin et finit dans un autre jardin. Le corps de l'Homme-Dieu, au milieu de l'abjection et de la douleur, porté sur les épaules des pieux disciples, ouvrait la marche; venait ensuite le disciple bien-aimé plongé dans la douleur, puis les Maries en pleurs, qui assistèrent jusqu'à la fin au sacrifice sanglant, et qui tour à tour se partageaient le soin de soutenir la Vierge désolée, qui, à demi-morte, voulut, d'un pas mal assuré et tremblant, accompagner son Fils au tombeau; mais quand elle vit qu'on y déposait le corps adorable de Jésus, quel coup mortel pour son cœur! Elle se jette elle-même sur ce corps divin; elle demande avec larmes qu'on lui découvre encore ce visage sacré; elle veut le voir et lui donner un dernier baiser; elle l'étend et l'enveloppe de ses propres mains, et pendant qu'elle l'adore profondément, elle sent défaillir son cœur maternel par la violence de la douleur Elle ne peut l'en séparer, et semble demander, par ses soupirs et ses sanglots, d'être ensevelie avec son Fils bien-aimé. Ce spectacle arrache les larmes des fidèles disciples et des pieuses Maries qui pleurent d'attendrissement et de compassion; Saint Jean verse des larmes encore plus abondantes que les saintes femmes; enfin, la Mère de Dieu, mourante, fait son dernier adieu, et une grosse pierre ferme le monument. Mais en ce moment, quel redoublement de sanglots! Marie embrasse étroitement cette pierre fortunée qui renferme son trésor; elle veut y laisser son cœur, ou plutôt elle voudrait renfermer le tombeau tout entier dans son cœur. Ses larmes en ce moment furent si abondantes, que, suivant Saint Bernard, on en voit encore les vestiges sur le marbre tumulaire. Au reste, son martyre devait être extrême, puisqu'il ne reçut de.. soulagement ni divin ni humain


Colloque


Mère désolée, vous confiez enfin au tombeau le corps sacré du Sauveur. Quelle cruelle séparation! Oui, c'est ici le plus dur moment de votre martyre! Votre tendresse va donc survivre à la mort douloureuse d'un Fils adoré, sans en contempler même la froide dépouille! O douleur au-dessus de toute force humaine! Si le doux Jésus, pendant sa vie, se troubla vivement au tombeau de Lazare, parce qu'il était son ami, quelle dut être l'émotion de votre cœur maternel au tombeau d'un Fils infiniment aimable, d'un Fils Homme-Dieu! Cette seule pensée attriste l'âme et la trouble, elle glace le cœur! O Vierge désolée! je ne puis vous consoler, car vous ne pouvez plus recevoir de consolation humaine; mais, par votre douleur incompréhensible, consolez vous-même mon malheureux esprit dans ses épreuves; faites-moi mériter de pleurer avec vous auprès du divin tombeau, pour que j'arrive un jour à une résurrection glorieuse et immortelle.


Soupir à Marie


Qu'on ne me dise plus, le Seigneur est avec vous, puisque la douceur de ma vie et la lumière de mes yeux n'est plus avec moi!


Exemple


Entre beaucoup de faveurs que Notre Dame-des-Douleurs procura à Sainte Mechtide, elle lui en accorda une singulière le Vendredi saint. A l'heure de Vêpres, Marie lui apparut avec son Fils mort entre les bras, et lui dit: « Approchez-vous, et baisez les plaies faites à mon doux Fils pour votre amour. Donnez trois baisers à son beau cœur qui vous a tant aimé, et remerciez-le de tant de grâces que vous en avez reçues, comme d'une vive source, vous et tous les élus ». Ensuite, à l'heure de Compiles, la très Sainte Vierge lui dit: Maintenant, prenez mon Fils mort et ensevelissez-le dans votre cœur. A l'instant, Sainte Mechtilde vit tout-à-coup son cœur changé en une urne d'argent, avec un couvercle d'or. L'argent signifiait la pureté, et l'or, la charité par lesquelles l'âme conserve son Dieu. (Ex lib. Rev. S. Melctildis.)


Pratique: Réciter les Litanies des douleurs de Marie.

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28 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Vingt-neuvième jour

Gémissements de la très Sainte Vierge à la descente de la Croix


Joseph d'Arimathie et Nicodème, disciples secrets de Jésus, munis de la permission de Pilate, s'empressèrent de remplir eux-mêmes le pieux et charitable devoir de descendre de la croix le corps mort du Sauveur, en face de Jérusalem et sous les yeux d'un peuple nombreux, ne comptant pour rien le grave déshonneur qu'il y avait pour eux à se montrer les disciples d'un homme crucifié. Ils arrivèrent au pied de la croix, avec les outils et les échelles, pour en détacher Jésus. Ils y trouvent sa mère désolée, et impatiente de recueillir le corps de son Fils dans ses bras. Elle les pria avec larmes d'agir promptement, pour soustraire ce corps adorable à de nouveaux outrages. Les pieux disciples, les larmes aux yeux, appuient les échelles à la croix, ils y montent, ils arrachent avec force, mais respectueusement, les clous: en ce moment Marie redouble ses soupirs en voyant les bras pendants du Sauveur, sa tête sacrée tombe sur la poitrine, et enfin le corps entier sur les épaules des disciples! Anges de paix, qui pleurez amèrement, suspendez vos larmes! Hâtez-vous de venir fortifier Marie maintenant qu'elle reçoit dans son sein les membres froids de son cher Fils! O mon Dieu! quel spectacle! quels tourments! quel palpitement! quelle immense douleur! Ah! c'est ici qu'on peut dire avec raison que Marie passe d'une croix à l'autre, ou plutôt qu'elle est une croix vivante d'angoisses et de déchirements. Dans le Cénacle, le Sauveur avait dit aux Apôtres qu'il était sorti du sein de son Père pour entrer dans le monde, et qu'il allait bientôt y retourner; mais il put dire, ajuste titre, quand il fut rendu à Marie sur le Calvaire: « Je suis sorti du sein de ma Mère pour venir sur la croix, et je quitte maintenant la croix pour retourner à ma Mère ». Mais quelle douleur inexprimable pour Marie que ce retour! Elle presse, il est vrai, ces divins membres contre son cœur, mais ils sont gelés et défigurés. Au lieu d'entendre l'aimable voix de Jésus, au lieu de voir le plus beaux des enfants des hommes, et de contempler ses grâces ravissantes, elle n'a sous les yeux que des plaies sanglantes et d'horribles blessures! A la vue de ses épines qui ont percé cette tête auguste, elle s'écrie: « O cruelles épines! êtes-vous rassasiées maintenant du sang d'un Dieu? Elle sonde la profondeur des blessures et surtout de celle du divin côté, et parcourant des yeux tous ces membres déchirés », elle dit, comme autrefois Jacob affligé à l'occasion du jeune Joseph: « Hélas! une bête féroce à dévoré mon Fils! O mon Dieu! vit on jamais plus de barbarie exercée sur l'innocence même? O Père Eternel! ce n'est plus qu'un squelette et la victime de la cruelle mort; je vous offre cette adorable humanité de votre Fils, telle qu'elle est à ce moment, toute déchirée et toute sanglante! Voyez, ô Père saint! si c'est la tunique de votre Fils bienaimé! Et vous , pécheurs, approchez et voyez les suites funestes de vos péchés! Qui a blessé cette tête auguste? qui a percé ces pieds et ces mains? qui a ouvert ce sein divin? Ah! voilà le fruit de vos crimes et de vos infamies! » Suivant Saint Augustin, Marie, l'âme sur les lèvres,couvrit de ses baisers et de ses larmes le visage divin, les mains augustes et les membres ensanglantés de son divin Fils; et si, comme Saint Germain l'assure, Marie, à force de pleurer, finit par répandre des larmes de sang, il s'en suit que la Mère arrosa de ses larmes vermeilles le corps de son Fils, et que réciproquement le Fils teignit du sang de ses plaies le visage éclatant de Marie. Parmi tant d'angoisses et tant de sang, cette Mère accablée aurait voulu mourir en embrassant son Fils mort, comme Féclie, mère du saint martyr Calliope, expira en embrassant son fils crucifié. Mais Marie ne l'obtint pas, parce que la mesure des tourments que la Providence lui réservait n'était pas épuisée.


Colloque


O Sainte Mère de Dieu! quel cruel moment pour vous! Le cœur me manque en vous voyant pleurer sans la moindre consolation sur la mort de votre divin Fils! Hélas! que mes péchés l'ont défiguré! Si la justice divine a puni avec tant de rigueur un Fils qui n'avait que l'ombre et l'apparence du péché, à quoi dois-je m'attendre? Ah! tendre Mère! Mère désolée, comment pourrais-je réparer un si grand mal? que voulez-vous que je fasse? que je déteste mes fautes? je les déteste. Que je fasse pénitence? j'y suis résolu. Que je compatisse à vos souffrances? Ah! amollissez mon cœur, afin que je remplisse dignement ce devoir de religion. Enfin, par votre compassion et votre douleur à la vue de Jésus mort, ne permettez pas que, par de nouvelles fautes, j'accumule de nouvelles cruautés sur le corps de votre Fils, et de nouvelles rigueurs sur votre cœur affligé.


Soupir à Marie


Cruelle mort, pourquoi ne me frappes-tu pas avec mon fils? Mais que dis-je? ne perds-je pas la vie avec lui!


Exemple


L'historien des exemples de miséricorde rapporte qu'un scélérat, après avoir tué son père et son frère, avait pris la fuite. Un jour de carême, il entendit un sermon sur la miséricorde; il en fut si touché qu'il alla sur-le-champ se jeter aux pieds d'un confesseur, et lui fit l'aveu de ses crimes avec une vive componction et beaucoup de larmes. Le ministre charitable lui donna l'absolution, et lui imposa d'aller devant l'autel de Notre Dame des Douleurs, qui tenait Jésus crucifié entre ses bras, et d'y continuer à pleurer et à implorer la miséricorde de Jésus souffrant et de Notre Dame des Douleurs. Le pénitent obéit aussitôt, et avec une si grande ferveur que son cœur succomba à la véhémence de sa contrition, et qu'il tomba mort au pied de l'autel. Le lendemain, le même prédicateur recommanda au peuple de prier pour l'âme de ce défunt, et tout-à-coup on vit dans l'église une colombe blanche, portant à son bec un billet qu'elle fit tomber aux pieds de l'orateur chrétien. Il le ramassa et lut sur le champ les paroles suivantes: « L'âme du mort, à peine séparée de son corps a été portée en Paradis par les Anges; et vous, continuez à prêcher l'infinie miséricorde de Dieu ». (Discip. in prompt. Exempl. 5 misericor.)


Pratique: Réciter le Chapelet des sept douleurs.

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27 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Vingt-huitième jour

Le coup de lance qui perça le côté de Jésus après sa mort, blesse au vif l'âme de Marie


Après la mort de Jésus, sa Sainte Mère demeura au pied de la croix. Pâle, désolée, accablée de douleur, elle attendait que quelque personne compatissante lui procurât la triste consolation de recevoir le corps de son Fils dans ses bras. Mais, ô mon Dieu! au lieu de trouver de la compassion, elle est témoin d'une nouvelle barbarie; elle voit le centurion qui, pour s'assurer de la mort de Jésus, et comme si sa cruauté n'était pas encore satisfaite, prend une lance affilée, s'approche audacieusement de là croix, vise au côté droit du Sauveur, et, sous les yeux de Marie, y porte un coup si violent qu'il perce le doux cœur de Jésus. O barbare Longin! ta cruauté sur le corps du Fils crucifié, blesse horriblement l'âme de sa Mère désolée. Oui, cette âme sainte, qui vivait seule dans ce corps mort, ressentit toute la douleur de ce nouveau déchirement, quoique l'insulte fut tout entière pour Jésus! De là, l'Eglise taxe de cruauté, non la croix, ni les épines, ni les clous, mais seulement la lance. Oui, cette lance fut cruelle, parce que dans le cœur de Jésus mort, résidait éminemment l'âme de Marie, qui, par l'amour, ne faisait qu'une seule âme avec lui. C'est sûrement ce que Syméon avait en vue, quand il dit à Marie: « Votre âme sera percée d'un glaive de douleur. O bienheureuse Marie! ajoute Saint Bernard, votre âme fut, en effet, percée du glaive quand la cruelle lance ouvrit le côté de Votre Fils mort; son âme n'y était pas mais la vôtre s'y trouvait certainement ». Toute la douleur fut donc ici pour Marie, elle versa alors d'abondantes larmes, que Saint Ambroise appelle, à juste titre, le sang du cœur. Ah! si selon Saint Jérôme, une piqûre d'aiguille, faite à Jésus, eût été un coup de lance pour Marie, quelle blessure ne dut pas faire à l'âme de Marie, le cruel coup de lance donné à son Fils? Hélas! elle appuya sa tête languissante sur la croix, et, renfermée dans son manteau, elle fut toute trempée du divin sang qui tombait sur elle, de la nouvelle plaie de son Fils! En ce moment, suivant Baronius, cette mère incomparable recueillit de son mieux le sang et l'eau qui tombèrent du côté du Sauveur; afin, dit Saint Anselme, de les employer au salut de nos âmes: Mariae commissa est Domini sanguinis dispensatio.


Colloque


Vierge Sainte! la triste prédiction de Syméon est accomplie en vous! Votre belle âme est profondément blessée d'une cruelle lance, dans le cœur du Sauveur mort! Oui, votre douleur en ce moment, fut plus perçante que toute épée à deux tranchants, et pénétra jusqu'à faire la dissection de l'âme et de l'esprit, comme dit Saint Paul. Que ferais-je pour guérir une si profonde blessure? Ah! l'unique. remède consiste dans l'abondance des larmes, et dans une compassion tendre et sincère. Je compatis à vos peines dit fond de mon cœur; je partage vivement votre douleur inexprimable. Je voudrais pouvoir vous arracher le fer meurtrier qui vous blesse, et en frapper mon cœur. perverti, afin qu'il conçoive une vive douleur de mes péchés, qui furent la cause de vos innombrables tourments. Heureux encore, dirai-je avec Saint Bernard, si je me sens blessé de la pointe de ce glaive! Si summâ quasi cuspide hujus gladii pungi interdùm me sensero!


Soupir à Marie


Cruelle lance, tu cherches à tuer la mère dans son Fils mort! Voilà mon cœur: je ne veux plus vivre après la mort de mon Dieu.


Exemple


En 1253, Philippe Benizi, âgé de vingt ans, résolut de quitter le monde. Le jeudi, dans l'Octave de Pâques, au pied de l'autel de l'Annonciation de Florence, il pria la très Sainte Vierge de lui faire connaître dans quel ordre il devait entrer. Il fut ravi en extase, et aperçut la Mère de Dieu qui était sur un char d'or; elle lui présentait un habit noir, et l'invitait à s'approcher de son char. La nuit suivante, la très-Sainte Vierge, dans une nouvelle apparition, lui commanda d'aller trouver ses serviteurs, qui-lui donneraient l'explication du char mystérieux; ce qui arriva en effet. Le vendredi suivant, il retourna au couvent de l'Annonciation, se prosterna aux pieds du Père Bonfils Monaldi, un des fondateurs, et alors supérieur de ce couvent, qui lui expliqua le mystère, et lui annonça, par une lumière prophétique, qu'il répandrait partout comme en triomphe l'Ordre et le culte de Notre Dame des Douleurs, et qu'elle voulait qu'il prît l'habit et la noire livrée de son veuvage. ( Pecoroni dell'abit. coron. 7 dol. page 19. )


Pratique: Réciter le Stabat Mater à l'aurore, à midi et le soir.

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26 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Vingt-septième jour

Martyre de la très Sainte Vierge à la mort du Sauveur


Enfin, le Sauveur avait passé trois heures dans l'agonie la plus douloureuse, il avait recommandé ses ennemis à son Père, sa Mère à son disciple, son esprit à Dieu son Père; on voyait ses yeux éteints; ses joues horriblement creuses; sa bouche ouverte et pleine de sang et de fiel amer; ses oreilles avaient été remplies de malédictions et de blasphèmes; ses traits étaient effacés; une pâleur mortelle régnait sur son corps qui avait perdu tout son sang; ses bras et la plante des pieds étaient raides et retirés; maudit au dehors, maudit au dedans par la justice divine, le terme de ses souffrances approchait; et à la neuvième heure, le Sauveur, mourant, prononça cet oracle mystérieux: « Tout est consommé! » il inclina modestement la tête sur sa poitrine, et rendit l'esprit. O mon Dieu! ici la force manque pour exprimer le martyre de Marie désolée à ce spectacle; quelle couleur pourrait d'ailleurs esquisser l'ombre la plus faible? Si le soleil déroba sa lumière en ce moment, si une nuit extraordinaire ensevelit l'Univers dans les ténèbres, si les vents se déchaînèrent, si l'éclat de la foudre vint ajouter à l'horreur des ténèbres, si les rochers se fendirent, si la terre fut ébranlée dans ses fondements, si les morts sortirent de leurs tombeaux, enfin, si la nature entière fut bouleversée et pleura la mort de son Auteur, qui pourrait exprimer l'abîme de douleur et de désolation où fut plongée Marie en ce moment funeste? Dans quelle défaillance ne sera-t-elle pas tombée à la vue de l'agonie et de la mort violente et ignominieuse de son Fils unique, de ce Fils très saint, infiniment aimable, et qu'elle chérissait de toute son âme, dans l'ordre de la nature, comme son fils, et dans l'ordre surnaturel, comme son Dieu? Marie disait alors, suivant Saint Bernard: « En ce moment, tout à la fois, je perds mon Père, je suis privée de mon Epoux, je n'ai plus de Fils, je perds tout! Elle dut dire avec plus de douleur et de tendresse encore que David: Qui me donnera de mourir pour vous, mon Fils! » Et, sans aucun doute, sa propre mort lui aurait été beaucoup moins douloureuse que celle de son Fils qu'elle aimait plus qu'elle-même. O supplice immense et inexprimable pour Marie, de voir expirer l'Homme-Dieu au milieu de mille supplices, d'en être spectatrice, et de ne pouvoir soutenir la tête mourante de Jésus, ni essuyer sa sueur mortelle! Ah! la douleur de Marie fut si excessive, qu'on peut affirmer qu'après avoir partagé elle-même pendant trois heures les angoisses et l'agonie de Jésus,elle mourut avec son Fils crucifié. Si Marie ne mourut pas naturellement sous le poids de la plus atroce douleur au pied de là Croix, c'est que le Ciel lui refusa encore cette consolation, et voulut, par un prodige de toute-puissance, lui prolonger la vie pour la réserver à de nouveaux martyres.


Colloque


Ô Vierge affligée! qui donnera à mes yeux deux sources de larmes continuelles, pour pleurer nuit et jour votre douloureux martyre? Saint Ildephonse avait bien raison de dire que vos peines surpassèrent tous les supplices des martyrs. Saint Bernardin de Sienne n'était pas moins fondé à assurer que votre douleur au Calvaire, partagée entre tous les hommes, suffirait pour les faire mourir! Ah! si ce fut par un prodige de la toute-puissance divine que vous ne mourûtes pas quand votre Fils expira sur la croix, il me semble, ô tendre Mère! que c'en est un d'ingratitude de ma part, de ne pas mourir de compassion pour vous. Daignez amollir mon cœur plus dur que les rochers qui se fendirent au spectacle de l'horrible déicide et de votre cruel martyre. Et, par la violence que vous vous fîtes alors, je vous conjure de m'assister à ma dernière heure avec cet amour tendre qui vous animait à la mort douloureuse de votre divin Fils. Obtenez-moi encore que je dise, en quittant cette vallée de larmes, ces dernières paroles: « O Mère de miséricorde! je remets mon esprit entre vos mains ».


Soupir à Marie


Helas! quel affreux martyre souffre Marie! le cœur navré et fondant en larmes, elle meurt dans son Fils avant d'expirer elle-même.


Exemple


Le Bienheureux Joachim de Sienne, l'une des lumières de l'Ordre des Servites, demanda ardemment à  Notre Dame des Douleurs de mourir le jour de la mort du Sauveur. Le Jeudi saint, la très-Sainte Vierge. lui apparut et l'assura qu'il mourrait le lendemain. En effet, au bout de trente trois ans de vie religieuse, autant qu'avait vécu Jésus-Christ, pendant qu'on chantait dans son église, à Sienne, la Passion de Saint Jean, au moment où l'on chantait ces paroles: La Mère de Jésus était debout auprès de la croix, le bienheureux tomba tout à coup en agonie; et après ces autres parole de la Passion, qui exprimaient la mort du Sauveur, et ayant baissé la tête, il rendit l'esprit: le bienheureux rendit aussi son âme à son Créateur. A l'instant, toute l'église fut remplie d'une lumière extraordinaire, et d'une suave odeur; ce qui porta le peuple à applaudir à une mort si sainte et si désirable, par des cantiques de joie et de bénédiction. ( P. Rossign. Piétà ossequiosa. )


Pratique: Faire le Chemin de la Croix.

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25 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs


Vingt-sixième jour

Douleur de Marie lorsqu'elle entendit Jésus mourant se plaindre de l'abandon de son Père Eternel


Le Sauveur n'avait pas encore épuisé le calice d'amertume que l'Archange lui avait présenté au Jardin des Olives. Par la même raison, Marie n'était pas au bout de ses souffrances. Debout, au pied de la croix, elle contemplait les douleurs de son amour crucifié; elle le voyait à la cime du mont funèbre, donné en spectacle sanglant au milieu de deux voleurs, dont l'un le blasphémait et l'insultait ; et cela, à la fête de Pâques, pour ajouter à son ignominie; et tournant le dos à Jérusalem, comme réputé indigne de la regarder. 0 mon Dieu! qui pourrait exprimer les idées sombres qui s'accumulaient dans l'esprit de Marie? Mais la plus vive de ses douleurs, ce fut d'entendre le Sauveur se plaindre profondément à son divin Père de l'avoir abandonné à toutes les angoisses et à l'agonie douloureuse de sa sainte humanité. Quoi donc! disait Marie, Jésus ne trouvera personne pour le consoler! Ah ! sans doute, je suis affligée que ses disciples aient pris la fuite, et que les Juifs, qui doivent à Jésus les aliments, la santé et la vie, le traitent maintenant avec tant de cruauté ; mais que son Père Eternel lui-même l'abandonne , ah ! voilà le comble de ma douleur! O mon Jésus! qui donc vous assistera, si votre infortunée Mère n'a pas la faculté de vous donner le moindre secours! le moindre soulagement?... Il me semble voir cette mère affligée inondée du torrent de ses douleurs. Oh! qu'elle aurait besoin elle-même d'encouragement et de consolation! mais, hélas! où en trouvera-telle? Si elle regarde autour d'elle, elle découvre, du même coup-d'œil, et le Sauveur mourant, qui recommande ses bourreaux à son Père, et les dérisions des prêtres juifs, et la joie féroce des ennemis de Jésus, et tout autour un peuple immense qui lui prodigue les insultes, les malédictions et les blasphèmes. O cœur de Marie! si cruellement déchiré sans la moindre lueur de consolation !


Colloque


O la plus affligée de toutes les mères! quelle fut votre douleur, lorsque vous entendîtes votre Fils expirant s'écrier: « Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'avez-vous abandonné? et montrer par là l'excès de ses souffrances et la rigueur de la justice du Père céleste, qui, pour augmenter son supplice, l'abandonnait aux angoisses de son humanité. O Marie! je compatis à vos douleurs; et par les larmes amères oie vous versâtes alors, daignez consoler man âme, lorsqu'à ma dernière heure elle se verra abandonnée et du monde et des parents, et de son corps; et faites qu'elle, ne soit pas rejetée de Dieu ni de vous, qui êtes, après Dieu, toute mon espérance et mon unique consolation.


Soupir à Marie


Jésus souffre sur la croix; mais la plus vive peine de son cœur est de voir son Père aussi loin de lui que sa Mère en est près.


Exemple


Un jour, Saint Jean-de-Dieu faisait oraison devant un crucifix qui avait à sa droite Notre Dame des Douleurs et à sa gauche, Saint Jean l'Evangéliste. Pendant que le saint était absorbé dans la plus haute contemplation de la Passion de Jésus et des douleurs de Marie, et qu'il compatissait vivement à leurs souffrances, il vit descendre sur l'autel la très Sainte Vierge et Saint Jean, qui s'approchèrent de lui, et placèrent sur sa tête une couronne d'épines. Ensuite, la très Sainte Vierge lui dit: « Jean, mon Fils, veut que vous vous enrichissiez de beaucoup de mérites par le moyen des épines et des peines ». Alors le saint, transporté d'une extase d'amour par une si précieuse faveur, répondit: « Ah! Très Sainte Marie, les peines qui me viendront de vos mains bénies seront pour moi des fleurs délicieuses et des roses odorantes. L'événement le justifia, car sa belle âme recueillit les fruits immortels de la vie éternelle. (Thom. Auriemma. Chambre de l'âme, part. 3. c. 8.)


Pratique: Réciter le Chapelet des sept douleurs.

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