21 novembre 2009

Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 6/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Sixième mardi

L'amour de Saint Antoine envers Dieu


Jésus dans son discours à la dernière Cène, adresse à Dieu cette sublime prière: Mon Père, elle est venue l'heure; glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie. Puisque vous lui avez donné puissance sur toute chair, afin que, quant à tous ceux que vous lui avez donnés, il lui donne la vie éternelle. Or, la vie éternelle, c'est qu'ils vous connaissent, vous, seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. Toute la perfection d'une âme, disent les saints, consiste à connaître et à aimer Dieu et son divin Fils Jésus, notre adorable Maître. Aimons le bon Dieu, nous dit l'apôtre de l'amour, parce qu'il le mérite à tous les titres, c'est lui qui nous a aimés le premier. Il nous a aimés de toute éternité, et nous a attirés à lui ayant pitié de nous. Dieu, dont le cœur est si bon, voyant que les hommes se laissent captiver par des bienfaits, voulut que des bienfaits les enchaînassent à son amour, C'est l'amour qui a présidé à tous les dons que Dieu nous a faits. Il nous a créés à son image: c'est peur nous qu'il a créé toutes les merveilles que nous admirons dans l'univers et il nous a établis Rois sur toute la création. Dieu nous a tellement aimés, que lorsque fut arrivée la plénitude des temps, il nous donna même son propre Fils, son Fils unique, engendré de lui de toute éternité. Que dirons-nous donc après cela ? Si Dieu est ainsi pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n'a pas même épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, pouvait-il, en agissant ainsi, faire pour nous plus qu'il n'a fait? Je vis, et ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. Car si réellement je vis maintenant dans la chair, j'y vis en la Foi du Fils de Dieu, qui m'a aimé et s'est lui-même livré pour moi. Et il l'a fait librement, par pur amour pour moi. Il s'est offert lui-même victime pour moi parce qu'il l'a voulu. O que Jésus notre divin Maître nous a donc aimés ! Qui pourra jamais comprendre la grandeur de son amour pour les hommes, eux qui en tout temps s'en sont montrés si peu dignes? Qui pourra jamais sonder la profondeur des abaissements du Fils dans le Mystère de l'Incarnation, où il s'est anéanti lui-même, prenant la forme d'un esclave, par pur amour pour nous? Toute sa vie il s'est humilié pour nous, et il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et la mort la plus ignominieuse, la mort de la croix, tout cela par amour pour nous. L'amour que Jésus-Christ portait aux hommes était si grand qu'il lui faisait désirer l'heure de sa mort, pour leur prouver tout l'excès de sa tendresse pour eux. C'est dans ce sens qu'il parlait lorsqu'il dit à ses Apôtres: Je dois être baptisé d'un baptême (le baptême dans son propre sang !) et je n'ai pas de repos jusqu'à ce qu'il s'accomplisse. Et lorsque l'heure fut enfin venue, de retourner de ce monde vers Dieu son Père, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin. La veille de sa mort, toujours dans l'excès de son amour pour nous, il voulut nous laisser de cet amour la plus grande marque qu'il lui fût possible de donner... et il institua le sacrement de l'amour, l'adorable Eucharistie, et le lendemain il termina son divin Sacrifice, sur le sommet du Calvaire, en déclarant que tout était consommé pour nous, pour la Rédemption de nos âmes ! O que les âmes ingrates qui n'aiment pas Jésus qui les a tant aimées; qui cherchent même des prétextes et des prétextes pleins d'hypocrisie pour ne pas le recevoir dans leur cœur, par la sainte communion; qui sont d'une indifférence absolument révoltante pour l'assistance au plus auguste des sacrifices, celui que Jésus a offert sur la Croix, l'adorable sacrifice de la Messe; ô que ces ingrats auront à rendre, à la mort, un compte terrible, devant le tribunal du souverain Juge! Vous du moins, âmes pieuses, qui accomplissez cette dévotion des Treize Mardis, ne soyez pas du nombre de ces âmes ingrates, mais aimez le bon Jésus qui nous a tant aimés, qui nous aime toujours, et qui restera dans le sacrement de son amour jusqu'à la consommation des siècles, toujours par amour pour nous. Consolez son divin Cœur abreuvé de tant d'amertumes, dans ce siècle de froide indifférence, où l'esprit de ténèbres emploie tous les raffinements de sa perfidie satanique pour éloigner les âmes de l'amour de Jésus en les éloignant de l'église et de la sainte Table, afin de les entraîner ainsi sûrement avec lui dans les brûlants abîmes... Aimez donc Jésus-Christ, notre divin Sauveur, comme l'a aimé saint Antoine de Padoue que nous honorons en ce moment car, pour dire combien notre Saint a aimé Notre Seigneur, il faudrait reprendre toute l'histoire de sa vie ; toute sa vie n'a été qu'un acte d'amour de Dieu et une amende honorable à Jésus, à qui il voulait gagner le plus d'âmes possible, tant sa soif du salut des âmes était grande, ainsi, qu'à sa manière, le trait suivant nous le montrera avec évidence.


Exemple


Le bienheureux Père se trouvait au Puy en Velay. Une Dame, à la veille de devenir mère, vint se recommander à ses prières. Le Saint ayant prié avec ferveur, lui dit: Ayez bonne espérance et soyez dans l'allégresse, car le Seigneur vous donnera un fils; il sera grand dans l'Eglise de Dieu ; il entrera dans l'Ordre des Frères-Mineurs; il sera martyr et, par ses prédications, il obtiendra à beaucoup d'autres la palme du martyre. L'heureuse mère mit, en effet, au monde un fils, qui reçut au baptéme le beau nom de Philippe. Devenu grand, il entra dans l'ordre Franciscain, fut un zélé prédicateur dans sa patrie et passa enfin au-delà des mers, pour exercer sur un nouveau théâtre, son fructueux apostolat. Il aborda en Palestine. La ville d'Azot venait d'être livrée par trahison aux fanatiques Sarrasins et tous les chrétiens au nombre d'environ deux mille abandonnés aux mains de leurs cruels ennemis, et condamnés à la peine capitale. Le frère Philippe se trouva parmi eux, et il obtint, comme une grande faveur, d'être décapité le dernier, ayant ainsi l'occasion d'exhorter les autres captifs pour les conserver tous au Seigneur. Son ardente parole produisit, en effet, les plus consolants résultats. On fit subir un interrogatoire à tous ces infortunés, et on leur demanda s'ils voulaient conserver leur vie, en niant leur Foi, ou bien, persistant dans leur Religion, se soumettre au dernier supplice. Ils répondirent tous d'une voix unanime: Nous suivrons la voie que le frère Philippe, se sera choisie pour lui-même Alors l'intrépide Apôtre ayant réuni tous ces admirables confesseurs de la Foi, leur adressa une très fervente allocution qu'il termina en disant: Frères bien-aimés, demeurez fermes dans votre Foi, car cette nuit même Dieu m'a révélé que j'entrerai au ciel avec un grand nombre d'âmes qui m'accompagneront dans la voie du martyre. Après cette exhortation, le zélé missionnaire entendit la confession des captifs qui répondirent aux Sarrasins qu'ils acceptaient tous la mort pour garder intacte leur Foi en N. S. Jésus-Christ. L'horrible boucherie commence, et durant l'exécution, Philippe, intrépide, prêche aux martyrs la constance dans leur Foi. Le Soudan, ivre de colère, et plus cruel que le tigre et le léopard, fait couper au prédicateur toutes les articulations des doigts et les jointures des mains! Et comme l'invincible apôtre, malgré cet acte d'atroce barbarie, continue à prêcher aux chrétiens, il ordonne qu'on l'écorche vif jusqu'à la ceinture. L'Apôtre du Christ, demeurant comme insensible à cet horrible traitement, poursuit ses exhortations victorieuses. Alors le tyran donne un nouvel ordre qu'on lui arrache la langue, et le confesseur de la Foi, embrasé d'une irrésistible ardeur, continue du geste à fortifier la constance des chrétiens jusqu'à ce qu'il voie tomber à ses pieds la tête du dernier martyr. Alors, avec une indicible jubilation, il écarte de son mieux et avec un grand respect le capuce pour offrir sa tête libre au tranchant du glaive et cueille le dernier la palme du martyre ! Les corps des deux mille martyrs restèrent là quatre jours, sans sépulture. Le Soudan vint lui-même visiter le lieu de l'exécution et resta grandement surpris en voyant que malgré les grandes chaleurs de ces contrées orientales, cet énorme monceau de cadavres n'exhalait pas la moindre odeur de corruption. Les corps des martyrs se conservaient intacts. Ainsi se vérifia la prophétie du grand Thaumaturge saint Antoine de Padoue.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 5/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Cinquième mardi

L'héroïque patience de Saint Antoine


Notre Seigneur veut que nous soyons tous des, Saints. L'Apôtre saint Paul disait aux premiers chrétiens: Mes Frères, vous avez appris de nous comment il faut que vous marchiez pour plaire à Dieu. Or, plaire à Dieu, c'est se sanctifier, et c'est là sa volonté expresse; car, ajoute l'Apôtre: La volonté de Dieu c'est votre sanctification. Le bon Dieu, dans son admirable Sermon sur la montagne, l'avait dit clairement à la foule accourue là pour l'entendre. Après avoir donné le précepte si important du pardon des injures, et de l'amour des ennemis, notre divin Maître ajoute: Soyez donc parfaits, vous, comme votre Père céleste lui-même est parfait. Mais où se trouve cette perfection que Jésus-Christ demande de nous ? Précisément dans la vertu que nous proposons aujourd'hui, cher Lecteur, à votre pieuse méditation et dont saint Antoine nous a donné un si édifiant exemple. L'Apôtre saint Jacques instruisant, lui aussi, les premiers fidèles, leur dit que notre perfection consiste dans la vertu de Patience! Considérez comme sujet d'une joie complète, mes Frères, lorsque vous tombez en diverses tentations, sachant que l'épreuve de votre Foi produit la Patience: or, la Patience rend les œuvres parfaites, de manière que vous soyez parfaits, accomplis, et ne manquant de rien. Saint Alphonse de Liguori, en parlant des sept douleurs de Marie, fait sur cette parole de l'Apôtre saint Jacques, cette belle réflexion. Le Seigneur, dit ce grand Saint, nous ayant donné la Bienheureuse Vierge pour modèle de perfection, il a donc fallu qu'il la comblât de tribulations, afin que nous puissions admirer et imiter son héroïque Patience ! Jésus et Marie, voilà nos grands modèles!... Jésus, annonçant les grandes tribulations réservées à ses apôtres, leur disait: (Quand elles seront arrivées) C'est par votre Patience que vous posséderez vos âmes. L'Apôtre saint Paul, exhortant les Hébreux à demeurer fermes dans leur Foi, leur disait: Ne perdez donc pas votre confiance, laquelle a une grande récompense. Et sachez que la Patience vous est nécessaire, afin que, faisant la volonté de Dieu, vous obteniez l'effet de la promesse. Et c'est ainsi que le même Apôtre exhortait toujours les premiers chrétiens, à se souvenir, dans toutes leurs tribulations, de la grande Patience de Notre Seigneur Jésus-Christ; et avec ses exhortations, il leur adressait les souhaits les plus affectueux et les plus paternels, disant: Que le Seigneur dirige donc vos cœurs dans l'amour de Dieu et la Patience de Notre Seigneur Jésus-Christ. La vertu de Patience est si importante et si 'pratique (car elle est de tous les jours et de tous les instants) que Dieu a voulu nous donner d'étonnants exemples de patience même avant la venue de son divin Fils, dans la personne des Justes de l'Ancienne Loi. Les chrétiens qui sont encore faibles dans leur Foi ne connaissent pas la mystérieuse conduite de Dieu envers ses élus, et se demandent pourquoi tant de tribulations pour les âmes justes. L'Esprit-Saint leur répond par l'exemple du saint homme Job et de Tobie. Racontant comment ce dernier devint aveugle, l'Ecrivain sacré ajoute: Or Dieu permit que cette épreuve lui arrivât, afin que sa Patience fût donnée, en exemple à la postérité, comme celle du saint homme Job. Ah! si l'on méditait plus souvent ces grands enseignements de l'Esprit-Saint, il y aurait moins de murmures dans le monde parce que l'on y pratiquerait mieux la sainte vertu de patience. L'archange saint Raphaël dit plus tard à Tobie, après le grand miracle de sa merveilleuse guérison: C'est parce que vous étiez agréable à Dieu, qu'il a été nécessaire que la tentation vous éprouvât. Et l'Apôtre saint Paul nous le répète lorsque, écrivant à son disciple saint Timothée, il lui dit: Ainsi tous ceux qui veulent vivre en Jésus-Christ souffriront persécution. Parce que le Seigneur châtie celui qu'il aime. Enfin Notre Seigneur nous le dit lui-même, dans le livre mystérieux de l'Apocalypse, en s'adressant à l'ange de l'église de Laodicée; Pour moi, je reprends et je châtie ceux que j'aime. Et le bon Jésus, pour tous ceux qui souffrent, mais avec patience, sans murmure, pour l'amour de Dieu, toutes les contradictions de cette vie, Jésus ajoute cette magnifique conclusion: Celui qui aura vaincu, je le ferai asseoir avec moi, sur mon trône! Notre Saint avait compris toutes ces choses et il les avait mises en pratique; c'est pourquoi il nous a laissé l'exemple d'une héroïque Patience! Comme on éprouve l'or dans la fournaise, ainsi Dieu se plut à perfectionner par l'épreuve la vertu de notre Saint. Antoine brûlait du désir du martyre; Dieu ne jugea pas à propos de le lui accorder. Une fièvre maligne s'empara de lui sur les rives d'Afrique; elle ne le quitta presque plus; aussi tous les historiens nous disent que saint Antoine était d'un tempérament maladif. Lorsque l'obéissance a ouvert devant le Saint la carrière du ministère apostolique, la maladie l'arrête au milieu de sa course et le tient sur un grabat pendant près de deux ans. Que n'eut-il pas à souffrir dans ses nombreux voyages! Son corps, miné parla fièvre, avait à lutter contre des fatigues de tout genre et des privations de tous les jours. Comme si ce n'était pas assez de souffrances, des pécheurs obstinés injurient et vont jusqu'à frapper le charitable apôtre. Les hérétiques le calomnient et cherchent à attenter à ses jours par le fer et la prison. L'âme séraphique d'Antoine ne repoussa jamais la croix. Tendrement unie à Jésus crucifié, elle se réjouissait à souffrir avec lui et pour lui. O grand et bon Antoine, obtenez-nous du bon Jésus, obtenez surtout pour toutes nos bonnes mères qui ont tant de misère avec leurs petits enfants, et dans les Soins du ménage la vertu si précieuse, si nécessaire, la vertu sans laquelle nous perdons tous nos mérites pour le ciel, la vertu que vous avez si héroïquement pratiquée vous-même, la sainte vertu de Patience !!!


Exemple


C'est un exemple de patiente charité de notre Saint pour une pauvre femme, victime, hélas comme encore souvent aujourd'hui, de la brutalité de son mari. Du temps que le Saint était encore Gardien à Limoges, en France, une pieuse dame qui était toute dévouée au bien des Religieux, allait de temps en temps acheter ce qui était nécessaire pour leur nourriture. Elle avait un mari brutal, jaloux, sans religion. Un soir qu'elle s'était attardée plus que de coutume, son mari l'injuria, disant: Tu viens encore, sans doute, de la maison de ceux à qui tu as vendu ton affection ! C'est vrai, dit-elle, avec douceur, je viens du couvent des Frères Mineurs que j'aime pour l'amour du bon Dieu. " A cette parole, cet homme, plein de rage, se jette sur elle, la saisit par les cheveux, la traîne horriblement de çà et de là dans la maison et la traite avec tant de brutalité qu'il lui arrache tous les cheveux de la tête. La pauvre femme ainsi maltraitée et souffrant affreusement, mais pleine de confiance, ramasse tous ses cheveux épars, les dépose, sans se plaindre, sur son oreiller, et se couche dessus péniblement, Dès qu'il fit jour, elle envoya vers le Saint, le priant de venir la voir, parce qu'elle ne se sentait pas trop bien. L'homme de Dieu, la pensant malade, crut qu'elle désirait se confesser et se rendit chez elle avec empressement. En le voyant: Père, lui dit-elle, voilà ce que j'ai souffert pour vos Religieux. Et lui montrant tous ses cheveux ainsi barbarement arrachés, elle ajouta comme par inspiration et pleine de confiance: Si vous voulez prier Dieu pour moi, je sais qu'il me rendra toute ma chevelure et la remettra telle qu'elle était auparavant. Le Saint un peu humilié lui répondit: Ah! vraiment, ma bonne Dame, c'est pour cela que vous m'avez appelé! Et cela dit, le saint homme retourna à son couvent. Là, il réunit ses Religieux, leur raconta avec simplicité ce qui était arrivé à cette Dame, leur généreuse bienfaitrice, et il ajouta: Prions pour elle, mes Frères, et peut-être, comme je l'espère, le Seigneur regardera sa Foi. Ils prièrent tous et le Saint avec eux, et voilà que les cheveux de cette femme si confiante et si résignée, se rangeant d'eux-mêmes, merveilleusement, dans le plus bel ordre, se rattachèrent à sa tête, et elles e leva avec sa belle chevelure, tout comme auparavant. Dans l'intervalle, son mari était sorti : lorsqu'il fut de retour, son innocente épouse lui montra, toute souriante, ses cheveux bien remis, et lui raconta, avec des paroles pleines de douceur tout ce qui venait d'arriver, Son mari tout stupéfait, et touché par la grâce du bon Dieu, demanda humblement pardon à sa vertueuse épouse de tous les mauvais traitements dont il l'avait accablée: il se trouva, en même temps, complètement délivré de toute pensée de jalousie, et se dévoua pour toujours, comme sa vertueuse épouse, à la commune utilité des Religieux du couvent du bon saint Antoine !


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 4/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Quatrième mardi

la profonde humilité de Saint Antoine


Pour perfectionner ses premiers disciples dans la sainte vertu d'humilité, notre Séraphique Père Saint François avait coutume de dire et il le répétait encore: Mes Frères bien-aimés et mes Enfants bénis, sachez que Notre Seigneur quittant le ciel, n'est venu sur la terre que pour une seule chose, que pour nous donner une seule Leçon et cette Leçon est celle-ci: Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ! Parcourez d'un bout à l'autre tout le Livre des Saints Evangiles et vous trouverez que le divin Maitre, en nous donnant ses préceptes et ses conseils, n'a dit qu'une fois: Apprenez de moi... C'est que l'humilité est la base, le fondement, la racine de toutes les vertus. Oui, si nous étions plus humbles, notre Foi serait plus vive, notre Espérance plus ferme et notre Amour plus ardent. Si nous avions bien l'humilité, nous pratiquerions mieux la patience, nous posséderions toujours la paix du cœur, et nous porterions sans peine, c'est Jésus lui-même qui le dit, le joug du Seigneur ; et nous accepterions les épreuves de la vie, sans murmure ! Les Saints qui ont tous été si humbles, parce qu'ils ont eu le bonheur de mettre en pratique cette Leçon de notre divin Maître, les Saints ont essayé de nous donner une définition de la vraie humilité, et ils nous disent, un peu en hésitant, avec saint Bernard: L'humilité est une vertu qui nous rend méprisables à nos propres yeux, par la véritable connaissance que nous avons de nous-mêmes. Ensuite les Saints admettent plusieurs degrés dans l'humilité. Le Docteur séraphique saint Bonaventure les réduit tous à trois principaux. Le Premier consiste donc à se mépriser soi-même. Le Second consiste à être bien aise que les autres nous méprisent. Or, si nous étions bien solidement établis dans le Premier, nous n'aurions guère de chemin à faire pour arriver au Second. Car si nous avions véritablement du mépris pour nous-mêmes, nous ne serions pas fâchés que les autres en eussent aussi. En voulez-vous une preuve, dit le même Saint ; " N'est-il pas vrai que naturellement nous éprouvons de la satisfaction que les autres se conforment à notre propre sentiment ? que si cela est, pourquoi n'en éprouvons-nous pas lorsqu'ils nous méprisent ? C'est que nous ne nous méprisons pas nous-mêmes en réalité, mais que nous avons bonne opinion de nous-mêmes. O sainte vertu d'humilité, à qui donc de nous sera-t-il donné de gravir dès aujourd'hui même ce second Echelon et de pratiquer cette sentence du même Docteur Séraphique: Aimer à rester inconnu et à être considéré pour rien ! Le Troisième degré d'humilité, c'est lorsqu'une personne ayant reçu de grands dons de Dieu, et se voyant honorée et estimée, ne s'enfle de rien et ne s'attribue rien à elle-même, mais rapporte tout à la source de tout bien qui est Dieu lui-même. Ce troisième degré, continue saint Bonaventure, n'est que pour ceux qui étant déjà consommés dans la vertu, s'humilient d'autant plus en toutes choses, qu'ils sont plus élevés dans la perfection. Venons donc à la pratique. Les vertus morales, dit saint Basile, non plus que les arts et les sciences, ne s'acquièrent que par l'exercice et par la pratique. Donc, si nous voulons acquérir l'humilité, il faut quel nous en pratiquions les actes. Si vous voulez acquérir l'humilité, ajoute saint Bernard, commencez par vous mettre résolument dans le chemin de l'humiliation; car si vous ne pouvez souffrir les humiliations, vous ne pourrez pas non plus parvenir à l'humilité. Mais si nous pratiquons les actes d'humilité promptement, facilement et avec plaisir, ah ! Réjouissons-nous, car nous commençons à entrer dans la perfection de cette indispensable vertu. Notre Saint a été, comme son séraphique Père, profondément humble. Ecoutons, à ce sujet, un Auteur déjà cité. Quelle humilité dans saint Antoine! Il redoute les honneurs de la terre, il fuit môme les dignités de l'Eglise. Toute son ambition est de vivre obscur et ignoré dans la maison du Seigneur. Héritier d'un grand nom, il l'échange contre celui d'Antoine, à l'aide duquel il espère vivre inconnu au monde, dans un Ordre mendiant. Il cache ses talents avec tant de soin, que pendant assez longtemps ses confrères le regardent comme à peu près incapable. Il se plait à remplir les offices les plus bas. Pour l'arracher à sa vie toute cachée en Dieu, il fallut un ordre formel de Saint François. Devenu la merveille de son siècle, il ne s'attribue en rien ses triomphes : il en renvoie toute la gloire à Dieu, auteur de tout don parfait. Est-il étonnant que Dieu lui ait donné le pouvoir d'opérer tant et de si grands prodiges ?


Exemple


Tous les Saints ont eu, à l'imitation du divin Sauveur, une prédilection marquée pour les petits enfants, à cause de leur candeur et de leur innocence. Saint Antoine semble les avoir pris spécialement sous sa protection. Déjà nous avons vu que l'origine du Pain de saint Antoine est due, selon certains Auteurs à la résurrection d'un petit enfant, opérée par notre grand Thaumaturge. Le fait suivant est arrivé à Rome, en l'année 1830, Un petit enfant de six ans se laissa tomber de la fenêtre d'un troisième étage sur le pavé. Sa pauvre mère en le voyant tomber, s'écria: Ah ! saint Antoine! et elle courut aussitôt pour relever son enfant. Elle s'attendait à le trouver mort, ou au moins tout abîmé; l'enfant n'avait aucun mal, il était debout sur le pavé. "Comment cela s'est-il fait, mon pauvre petit, lui demanda sa mère? Un Religieux s'est trouvé là, répondit l'enfant, il m'a reçu entre ses bras et m'a posé bien doucement à terre. La pieuse mère songea à saint Antoine qu'elle avait invoqué, et aussitôt elle allai au couvent de l'Ara Cœli demander une messe d'action de grâce à l'autel du Saint. Elle raconta le fait à plusieurs Pères qui se trouvaient en ce moment à la sacristie. L'un d'eux, le P. François de Camajore, s'adressant à l'enfant, lui posa cette question: Ce Religieux dont tu parles, me ressemblait-il? Il était bien plus beau, répondit naïvement le petit. La mère alla ensuite avec son enfant prier devant le tableau de saint Antoine. A peine l'enfant eut-il jeté les yeux sur l'image du Saint, qu'il se retourna vers sa mère: Maman, lui dit-il avec vivacité, le voilà le Religieux qui m'a porté à terre. Et sa petite main montrait le tableau. L'heureuse mère ne pouvait contenir ses transports de joie et de sa reconnaissance. Elle se retira en criant: Vive saint Antoine, vive mon cher Saint !


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 3/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Troisième mardi

la grande simplicité de Saint Antoine


Simplicité, ô que cette vertu est nécessaire pour faire un Saint! L'Esprit Saint faisant l'éloge du saint homme Job, commence par cette parole : Il y avait un homme nommé Job; et cet homme était simple, droit, craignant le Seigneur et s'éloignant du mal. " Il avait la droiture du cœur parce qu'il était simple. Le Sage, en invitant les puissants de la terre à aimer la justice et à chercher le Seigneur, sans quoi il n'y a de salut pour personne, commence le Livre merveilleux de la Sagesse, par cette autre parole, indiquant la manière de chercher le Seigneur, Auteur de notre salut : Ayez du Seigneur de bons sentiments et cherchez-le dans la simplicité de votre cœur. Notre Seigneur ne demandait-il pas une grande simplicité de ses Apôtres, lorsqu'il leur disait: Soyez simples comme des colombes. Et saint Paul, imitant son divin Maître, prévenait avec une grande sollicitude les premiers chrétiens contre les perfidies de l'antique serpent qui cherche toujours, afin de nous éloigner de la voie de la sainteté, à nous faire pécher contre la vertu de simplicité: Je suis jaloux de vous, disait-il aux corinthiens, d'une jalousie de Dieu même. En effet, je vous ai fiancés à un Epoux unique, au Christ, pour vous présenter à lui, comme une Vierge pure. Mais je crains que comme le serpent séduisit Eve par son astuce, ainsi vos esprits ne se corrompent et ne dégénèrent de la simplicité qui est dans le Christ Jésus. Et le grand Apôtre exhorte souvent les premiers fidèles à pratiquer la simplicité sur le modèle de Jésus, leur adorable Maître. Pourquoi donc tant d'insistance pour une vertu que les prétendus sages tournent si facilement en division ? Ecoutons encore, pieux Lecteurs, la réponse de l'Esprit de toute vérité : Dieu veillera au salut des hommes droits, et il protégera ceux qui marchent dans la simplicité. Et ainsi sous la protection de Dieu Celui qui marche dans la voie de la simplicité, marche sûrement. Et celui qui marche ainsi sait qu'il marche sûrement parce que la Bienveillance du Seigneur est pour ceux qui marchent avec simplicité. Finalement il obtiendra le salut éternel, parce que celui qui marche avec simplicité, celui-là sera sauvé. Ainsi marcha toujours notre grand Thaumaturge, saint Antoine. Sa vie tout entière est semée de grands actes de simplicité : il marchait noblement en cela sur les traces de François son séraphique Père. La simplicité est toujours, du reste, le signe caractéristique de son ordre, la prédilection de tous ses vrais Enfants comme le Bienheureux Frère Egide, saint Pascal Baylon, saint Félix de Cantalice, saint Laurent de Brindes, saint Joseph de Copertino. Et pour ne citer qu'un seul exemple de simplicité daans tous ces Saints, on raconte le dernier le trait suivant : Un jour on amena au Père Joseph, un pauvre fou. C'était un grand et beau jeune homme et ses parents affligés le lui présentèrent pour qu'il le bénît et lui obtînt sa guérison. Pour toute réponse, le Père Joseph pousse un petit cri, saisit le jeune homme par les cheveux et l'entraîne avec lui à travers les airs. Le Saint avait un Ravissement ! mais le pauvre fou, lui, n'était point en extase, et la peur terrible qui l'avait saisi, le rendait plus mort que vif. En revenant de son extase, le Père Joseph le déposa tranquillement à terre et il lui dit, avec beaucoup de bonhomie et de simplicité: Mon ami, es-tu encore fou maintenant ? Le jeune homme encore tremblant répondit: Non, mon Père, j'ai eu trop peur. Il avait laissé effectivement sa folie dans les airs, et parfaitement sain d'esprit, il retourna chez lui, avec ses heureux parents, louant Dieu et remerciant le Saint de l'avoir guéri d'une manière originale, il est vrai mais pourtant si réelle et si consolante !L'exemple qui va suivre prouve la simplicité de notre propre Saint, le bon saint Antoine que nous invoquons en ce moment.


Exemple


Le Livre des miracles, Liber miraculorum, inséré dans la vie de saint Antoine, par les Bollandistes, rapporte un miracle bien extraordinaire que le saint opéra, contre toute vraisemblance humaine à Padoue, lorsqu'il y prêcha le carême de 1231. Un jour donc, pendant que le Saint prêchait à Padoue, un citoyen de la ville, appelé Léonard, vint trouver l'homme de Dieu pour lui faire sa confession. Entre autres péchés, il s'accusa d'avoir donné un coup de pied à sa mère, avec tant de violence que la pauvre femme lut renversée jusqu'à terre. En écoutant cet aveu, l'homme de Dieu fut saisi d'horreur; et,opposant à l'émotion de son âme, il lui adressa de sévères reproches, en ajoutant : Le pied qui a frappé sa mère, mériterait d'être coupé. Dans sa simplicité, le pauvre Léonard ne saisit pas la pensée de son dire, le remords de son crime et l'indignation du Saint ait plongé dans une amère tristesse. Egaré par sa douleur, il rentra dans sa maison ; et prenant à la lettre ce qu'il lui avait dit, il se coupa le pied. Le bruit de cette pénitence héroïque, si elle n'avait pas été contre nature, se répandit bientôt dans toute la ville et arriva jusqu'aux oreilles de la mère de Léonard. Celle-ci courut en toute hâte; et apercevant son fils horriblement mutilé, elle demanda la cause de ce malheur. On lui raconta ce qui s'était passé ; à l'instant, elle alla trouver le serviteur de Dieu, en poussant des cris et des menaces. Elle adressa au Bienheureux de sanglants reproches, et l'accusa d'être la cause de la mort de son fils. L'homme de Dieu excusa sa douleur, et se défendit lui-même du crime qu'on lui imputait. En même temps, on transporta auprès du pauvre mutilé: il adressa à Dieu une prière, avec une tendre dévotion et une sollicitude anxieuse; ensuite il prit le pied coupé et il prit la jambe, en traçant le signe de la croix, et faisant sur le membre des onctions avec ses mains vénérables. Il continua quelques instants: alors le pied s'adapta à la jambe et y demeura uni avec une grande solidité. Le bon Léonard se leva avec prestesse; et, fut heureux de sa guérison, il s'abandonna à des transports de joie, louant Dieu de la protection dont il l'avait entouré.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 2/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Deuxième mardi

Saint Antoine, Lys de céleste pureté


Le Sage contemplant à travers les siècles, l'aimable et sainte vertu de Pureté, s'écrie dans son âme ravie: quelle est belle la chaste génération des âmes virginales ! car, sa mémoire est immortelle, et elle est connue et de Dieu et des hommes. Cette vertu est si précieuse aux yeux de Dieu et de ses saints Anges que le Saint-Esprit nous assure, au Livre de l'Ecclésiastique que tout le prix de l'or n'est rien au prix d'une âme vraiment chaste et pure ! Notre Seigneur, en descendant du ciel en terre pour opérer l'œuvre de notre Rédemption n'a voulu avoir pour Mère qu'une âme chaste et pure, une âme virginale, Marie Immaculée, la Reine des âmes angéliques et pures. Ensuite le bon Jésus ne fit connaître d'abord le mystère de son Incarnation qu'à des âmes pures et virginales, saint Joseph, le Patriarche de la chasteté et saint Jean-Baptiste, sanctifié dès le sein de sa mère, en mourant plus tard, martyr pour la défense de la chasteté conjugale, pour la défense de la sainte vertu le pureté. Notre Mère la sainte Eglise nous fait remarquer, avec les saints Pères, que Notre divin Maître eut pour l'apôtre saint Jean, la prédilection marquée dans l'Evangile, parce que saint Jean était une âme virginale. Et Marie, la Mère de Jésus, n'a-t-elle pas, elle aussi, dans ses célestes apparitions, durant tout le cours des siècles, marqué sa prédilection, comme toutes les vies des saints en font foi, pour les âmes innocentes et pures ? Bienheureux donc ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Qui montera sur la montagne du Seigneur ? ou qui demeurera dans son Sanctuaire ? — Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur : celui-là recevra du Seigneur la bénédiction et la miséricorde de Dieu son Sauveur. Comme ces paroles du Psalmiste s'appliquent admirablement à l'angélique saint Antoine. Ses mains étaient innocentes, parce que son cœur était pur. Nous l'avons déjà vu dans l'Abrégé de sa Vie : tout petit enfant, à l'âge de cinq ans, il fit le vœu de virginité, et dans tout le cours de son existence, il conserva, avec un soin jaloux, pure et sans tache la blanche robe de son innocence baptismale. Il semble que les Litanies composées en l'honneur de notre Saint, aient voulu résumer en un seul mot toute la beauté de cette âme si pure, en l'appelant Lys de céleste pureté. Et comme la vertu, surtout chez les Saints est essentiellement communicative, la voix seule de notre Saint, l'innocence peinte sur son angélique visage portait les autres à la vertu. Le seul contact même de ses vêtements avait une vertu particulier pour combattre les tentations et pour chasser l'esprit impur, cet esprit, encore sept fois plus méchant que les autres, qui tyrannise si affreusement ses malheureuse victimes. Notre Saint venait d'arriver à son Couvent de Limoges. Un jeune Religieux Bénédictin, d'une abbaye voisine, passait par le tourment si pénible des tentations impures. Ayant entendu parler de la haute sainteté d'Antoine, ce pauvre Religieux demanda à son Abbé d'aller trouver le Saint. Il se jeta à ses pieds, et lui fit l'aveu des humiliantes tentations qui jour et nuit assaillaient son âme. L'homme de Dieu l'accueillit avec une incomparable bonté, lui donna ses conseils; le consola et par une de ces inspirations que Dieu donne aux Saints, il ôta sa propre tunique pour en revêtir son cher pénitent. Aussitôt les tentations cessèrent immédiatement. Le jeune Religieux, au comble du bonheur, trouva avec la paix de l'esprit, la sérénité d'une âme pure! O aimable saint Antoine, vous, vrai Lis de céleste ah ! couvrez-nous donc tous de votre tunique, embaumée du parfum de votre angélique pureté ! Mais surtout prenez sous votre protection les jeunes gens de nos jours, si exposés aux traits empoisonnés de leur perfide ennemi. Obtenez-leur, par votre puissant crédit auprès de Jésus, la Pureté des Vierges, et de sa douce Mère, Marie Immaculée. Qu'ils aient tous un grand amour pour la sainte vertu de pureté et que pour la conserver dans leurs jeunes coeurs, ils fuient avec horreur les mauvaises compagnies et les occasions dangereuses, qu'ils veillent à la garde de leurs sens, pratiquant la mortification chrétienne, ne négligeant point le saint exercice de la prière et surtout de la prière en famille, et qu'ils fréquentent fidèlement les Sacrements. Oh ! que d'âmes seront sauvées et bienheureuses pour l'éternité, si Dieu daigne, aimable Saint, par votre angélique intercession, exaucer notre suppliante prière !


Exemple


Un jour que saint Antoine rentrait à Padoue par des sentiers solitaires, afin d'éviter les applaudissements de la foule électrisée par son éloquence, une femme prenant des chemins de traverse, se mit courir après lui, respirant à peine, tant sa marche était précipitée. Elle portait dans ses bras son petit enfant qui était perdu des bras et des jambes, depuis sa naissance. Dès qu'elle fut en présence du Bienheureux, elle se jeta à ses pieds, le conjurant avec des gémissements et des larmes d'avoir pitié d'une mère malheureuse et de daigner faire le signe de la croix sur son enfant. Elle espérait que le petit malade recouvrerait une santé parfaite parla vertu de cette bénédiction.! Comme le serviteur du Christ, par un sentiment d'humilité profonde, refusait d'exaucer sa prière, elle redoubla ses sanglots, et réitéra ses supplications, en criant : Père Antoine, ayez pitié de moi. Le saint homme touché de compassion à la vue de la douleur de la mère et de l'infirmité de l'enfant ; pressé d'ailleurs par les exhortations de son compagnon de route dont la piété était célèbre, se décida à tracer le signe de la croix sur l'enfant, le bénissant au nom et par la puissance de Jésus-Christ. O prodige ! l'enfant se redressa aussitôt parfaitement guéri. Tandis que, auparavant sa mère désolée le portait appuyé sur son sein, elle le ramena rétabli, dans sa maison en le tenant par la main. L'homme de Dieu ne rapporta pas la grâce obtenue, à ses mérites, mais à la foi de cette femme, en la quittant, il lui recommanda de ne la révéler à personne, avant sa mort.


Répons Miraculeux (voir au premier mardi)

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue 1/13

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Les Treize mardis de Saint Antoine de Padoue

Bienheureux Frédéric Jansoone


Origine des 13 mardis de Saint Antoine


Saint Antoine est mort un vendredi, mais certaines difficultés soulevées au sujet des obsèques et des nombreux miracles opérés au contact de ses restes sacrés firent différer la date de sa sépulture. Il ne fut inhumé que le mardi 17 juin 1231. En ce Jour d'impérissable mémoire les prodiges furent plus nombreux et plus éclatants que jamais. Ce jour de merveilles ne pouvait s'oublier, la reconnaissance et l'admiration des peuples firent que le mardi devint spécialement consacré à saint Antoine. Ainsi on choisissait de préférence le mardi pour aller prier sur le tombeau du Saint. C'était une croyance générale à Padoue que l'on obtenait toutes les grâces que l'on désirait en ce jour. Ensuite on se mit à faire des Neuvaines en l'honneur du grand Thaumaturge; et saint Antoine montra combien lui étaient agréables les neuvaines qui étaient faites en son honneur. Une pieuse personne ayant promis au Saint qu'elle visiterait son Tombeau pendant neuf jours consécutifs s'il délivrait son champ d'une multitude d'oiseaux qui venaient piller ses cultures de blé au moment de la moisson, fut à l'instant même exaucée, ainsi que le rapportent les Annales de l'Ordre: les oiseaux s'envolèrent soudainement comme effrayés, pour ne plus jamais revenir. Un événement encore plus saisissant rendit célèbre la dévotion des Neuf Mardis. C'est un grand miracle opéré par saint Antoine en 1617, en faveur d'une noble Dame de Bologne, en Italie, et que nous rapporterons un peu plus loin. Les Frères Mineurs divulguèrent aussitôt ce miracle et recommandèrent vivement la dévotion des Neuf Mardis. Cette pratique se répandit rapidement dans toute l'Italie et dans beaucoup d'autres endroits du monde catholique. La dévotion des peuples n'en resta pas là. Le mardi étant consacré à saint Antoine: le miracle autorisait cette dévotion. Les fidèles portèrent à treize le nombre des mardis destinés à honorer le Saint, et cela en souvenir de sa bienheureuse mort arrivée le 13 Juin. L'Eglise a approuvé cette dévotion par son autorité suprême et l'a enrichie de nombreuses indulgences. Ce que l'Eglise approuve sur la terre est approuvé au Ciel, Dieu l'a montré glorieusement en accordant d'innombrables grâces aux ceux qui pratiquent la dévotion des treize mardis de saint Antoine.


Indulgences accordées a la dévotion des Treize Mardis


Une Indulgence Plénière, pour chacun des Treize Mardis consacrés à honorer spécialement saint Antoine, a toute période de l'année, aux membres de la Pieuse Union qui font cet exercice de dévotion, en l'honneur du saint Thaumaturge, pourvu qu'à chacun des mardis, après s'être confessés et avoir communié, ils visitent une église ou un oratoire public, et y prient aux intentions du Souverain Pontife (Décret de la S. C. des Indulg. du 4 mai 1894).


Premier mardi

Saint Antoine, tout aimable dès son enfance


Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Et Dieu nous a donné son Fils unique sous la forme douce, aimable et attrayante d'un petit enfant! Jésus, notre divin Maître, a toujours montré, durant les trois années de sa vie publique sur la terre, une grande prédilection pour les petits enfants; et cela à cause de leur simplicité et de l'innocence de leur cœur. Le saint Evangile nous montre partout le très doux Sauveur, en compagnie de ces anges de la terre, les chers petits enfants. Un jour, entre autres, se trouvant aux confins de la Judée, au delà du Jourdain, de grandes foules l'avaient suivi, et il guérit tous les malades. Alors on lui présenta des petits enfants, pour qu'il leur imposât les mains et pria sur eux. Mais ses disciples, encore très ignorants, menaçaient ceux qui les présentaient. Jésus les voyant fut indigné et leur dit: « Laissez les petits enfants venir à moi et ne les en empêchez pas, car le royaume des cieux est à eux et tous ceux qui leur ressemblent. En vérité, je vous le dis: Quiconque n'aura pas reçu le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera pas. Et les embrassant et imposant les mains sur eux, il les bénissait ». Dans une autre circonstance, les disciples demandaient à Notre Seigneur qui sera le plus grand dans le royaume des cieux; et le divin Maître prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et leur enseigna l'humilité. Et lorsque plus tard, Jésus entre triomphalement dans Jérusalem, il rencontre au Temple, ses amis, les petits enfants qui chantent hautement ses louanges... Marie, la douce Reine du ciel, a divine Mère, a toujours aussi marqué sa prédilection pour les petits enfants: dans ces célestes apparitions, n'est ce pas ordinairement à des petits enfants qu'elle se manifeste avec amour? A Lourdes, à la Salette, à Ponmain, etc... on ne voit là d'abord que de jeunes, d'innocents enfants! O heureux parents! s'ils comprenaient leur bonheur, lorsque le bon Dieu leur accorde de nombreux enfants ! Car c'est alors qu'on pourrait leur adresser ces magnifiques paroles du Roi-Prophète: « Bienheureux tous ceux qui craignent le Seigneur, qui marchent dans ses voies. Et toi, vénéré Père de la nombreuse famille, en te nourrissant du travail de tes mains, tu es heureux, et le bonheur sera toujours ton partage. Ta femme, de son côté, sera, dans l'intérieur de ta maison, comme une vigne féconde; et tu verras tes aimables petits enfants, comme de jeunes plants d'oliviers, rangés autour de la table, dans une innocente allégresse ». Car c'est ainsi que sera béni l'homme qui craint le Seigneur. Heureux parents d'une nombreuse famille, que le Seigneur donc vous bénisse du haut de Sien ; et que vous voyiez, pour la consolation de votre vieillesse, vos enfants bénis, et les enfants de vos enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération; c'est là la paix sur Israël! Les parents de notre Saint eurent ce bonheur, parce qu'ils reçurent avec joie, comme un présent du ciel, cet enfant de bénédiction. Dieu, dit un pieux Auteur, Dieu voulait surtout faire du petit Fernando, qui devait plus tard s'appeler Antoine, un grand saint : pour cela, il orna ses parents de toutes les vertus qui font les vrais chrétiens. Dieu, en effet, a coutume, quand il destine un enfant à une grande sainteté, de le confier d'abord au sacerdoce le plus suave et le plus doux, à celui d'une bonne mère. Il agit ainsi à l'égard de notre Saint. Grâce à sa pieuse mère, le petit Antoine connut le bon Dieu dès les premières lueurs de sa raison, et il l'aima tendrement. Il apprit aussi d'elle qu'il avait au ciel une autre Mère, la Mère du bon Jésus ! et Dona Térésa se plaisait, en le berçant sur ses genoux, à lui chanter ce Cantique si doux, qu'il répétait avec elle, qu'il chanta ensuite souvent dans sa vie et qu'il chanta encore pour la dernière fois au moment de partir pour le ciel: O gloriosa Domina, O glorieuse Souveraine ! Quand il pleurait, sa mère n'avait qu'à le porter à la fenêtre et à lai montrer l'église de Sainte-Marie; l'enfant tendait ses petits bras vers la Vierge et ne pleurait plus. Ses parents le conduisirent le plus tôt possible à cette église bénie, où il avait reçu le saint Baptême. C'est dans une de ces visites au sanctuaire de Marie, c'est devant l'image de la Reine du Ciel que ses parents l'entendirent prononcer de lui-même, à l'âge de cinq ans, le vœu de virginité perpétuelle ! O aimable Enfant, maintenant que dans les splendeurs des Cieux vous jouissez pour toujours de la présence de Jésus et de Marie, ah ! daignez nous bénir, nous qui sommes encore dans ce triste exil de 1a terre; bénissez aussi tous nos chers petits enfants du Canada, et obtenez par votre puissante et aimable intercession que Jésus et Marie veillent sur leurs jeunes ans, les accompagnent et les protègent à travers tous les dangers de la vie et les introduisent un jour, comme vous, ô aimable Saint, dans les éternelles joies du beau Paradis !


Exemple


Une Dame de Bologne, en Italie, était restée pendant vingt-deux ans de mariage sans enfants, et ayant entendu parler du grand nombre de miracles que faisait saint Antoine, allait souvent se prosterner devant l'autel de cet admirable thaumaturge chez les Frères-Mineurs. Une nuit le Saint lui apparut en songe, revêtu d'une admirable gloire : il lui dit d'aller neuf Mardis de suite visiter l'église des Frères-Mineurs, d'y faire chaque fois la sainte Communion et de prier devant son Image, lui promettant que ses désirs seraient accomplis. Elle crut à la promesse et obéit. Elle eut, en effet, un enfant, mais quelle ne fut pas sa douleur en voyant que le nouveau-né était une masse de chair plutôt qu'un enfant ! Toutefois elle ne perdit pas confiance, elle le fit emmailloter et le fit déposer sur l'autel du Saint. Saint Antoine n'avait pas seulement en vue d'éprouver la confiance de cette bonne mère et de lui donner ensuite une grande joie ; il voulait par un éclatant et indéniable prodige établir à jamais la dévotion des Neuf Mardis, Pendant qu'on exécutait l'ordre de la Dame, celle-ci priait ardemment son Saint bien-aimé, Or, on avait à peine déposé sur l'autel cette masse de chair, informe et muette, qu'on entendit un petit vagissement, une voix enfantine : on court à l'autel, on enlève le maillot et l'on voit, ô prodige ! cette masse de chair transformée en un enfant d'une rare beauté. Ce miracle rendit célèbre la gloire du Saint et l'efficacité de la Neuvaine des Mardis : divulgué en Italie, en Autriche, en Allemagne, en France, en Espagne et dans les Pays-Bas, il excita chez tous ces peuples une dévotion telle envers saint Antoine, qu'on suivit en foule dans toutes les églises des Frères-Mineurs la dévotion des Neuf Mardis (et plus tard, par extension des Treize). On a continué cette pratique jusqu'à nos jours, pratique que le bon Saint n'a cessé d'encourager par des merveilles sans nombre. "


Répons Miraculeux

( A réciter à chaque Mardi)


Si vous voulez des miracles, écoutez; la mort, l'erreur, les calamités, le démon, la lèpre sont mis en fuite. Les malades se lèvent guéris.


La mer s'apaise, les chaînes tombent des mains des captifs; le jeune homme et le vieillard demandent l'usage de leurs membres elle recouvrement des choses perdues et l'obtiennent.


Les dangers disparaissent, la misère n'existe plus: qu'ils le racontent ceux qui ont éprouvé ses bienfaits, que les habitants de Padoue le redisent.


La mer s'apaise, etc.


Gloire soit au Père, au Fils, et au Saint-Esprit.


La mer s'apaise, etc.


Saint Antoine, priez pour nous.

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.


Prions


O mon Dieu, que la puissante intercession du bienheureux Antoine, votre confesseur, réjouisse votre Eglise, en lui obtenant toujours de nouvelles faveurs spirituelles et la jouissance des joies éternelles, par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi-soit-il.

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