17 avril 2012

Prière du 18 avril 2012

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Année Jubilaire Sainte Claire

Prière du 18 avril 2012


Mes très chers frères et soeurs,

voici le texte de la prière de demain, organisée par l'Hospitalité Franciscaine. Nous vous invitons à vous joindre à nous par la prière, de 19 à 20h00.


1 - Ecoute la voix du Seigneur

Prête l’oreille de ton cœur

Qui que tu sois, ton Dieu t’appelle

Qui que tu sois, il est ton Père

 

Ref : Toi qui aimes la vie, O toi qui veux le bonheur

Réponds en fidele ouvrier, De sa très douce volonté

Réponds en fidèle ouvrier, De l’évangile et de sa paix

 

2 – Ecoute la voix du Seigneur

Prête l’oreille de ton cœur

Tu entendras que Dieu fait grâce

Tu entendras l’Esprit d’audace.

 

Livre du Deutéronome (30 ; 10, 14 )

 

Moïse disait au peuple d’Israël : « Ecoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses ordres et ses commandements inscrits dans ce livre de la loi. Reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. Car cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. …Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur afin que tu la mettes en pratique. »

 

Poursuivons notre cheminement avec Claire. Aujourd’hui elle nous invite à

 

« Devenir écoute »

 

« Claire veille à ce que ses filles soient nourries de la parole de Dieu par des prédicateurs fervents. De cette nourriture spirituelle elle prend elle-même la meilleure part, car l’écoute d’une sainte prédication l’inonde de joie et lui fait goûter avec délices au souvenir de Jésus. Sans être elle-même hautement lettrée, elle éprouve cependant du plaisir à entendre les sermons des maîtres ; elle sait que l’amande se cache sous l’écorce des mots, elle l’apprécie avec finesse et la savoure avec délices. Elle connaît l’art de tirer profit, pour son âme, du sermon de n’importe quel prédicateur et se montre aussi habile à cueillir une fleur sur un buisson d’épines qu’à manger le fruit d’un arbre bien cultivé » (Cel 37)

Au fil des années, dans la patience du temps et la prière persévérante, Jésus nous devient plus proche, plus familier. Progressivement, nous apprivoisons les traits de son visage. La contemplation porte son fruit ; Elle nous rend peu à peu semblable à lui, participant d’un même souffle. Elle fait nôtres ses paroles et ses actions. L’esprit qui animait Jésus de Nazareth repose sur nous. Il nous inspire comme il a inspiré Claire, François et tant d’autres. Il nous fait désirer entrer dans les sentiments du Christ, aimer ce qu’il aime, souffrir de ce qu’il souffre. Au gré de notre docilité à son action, il imprime en nos vies les mœurs de Dieu telles que l’Ecriture nous les révèle.

Liées par l’amour fraternel, Claire et ses sœurs vivent cette transformation intérieure dans une existence humble et pauvre. Où puisent-elles une connaissance vraie et savoureuse du Christ sinon dans l’écoute de la Parole ?


Du livre de Jérémie

 

« Toi, tu sais Seigneur, prends soin de moi….. Dès que je trouvais tes paroles, je les dévorais. Ta Parole m’a réjoui, m’a rendu profondément heureux. Ton nom a été proclamé sur moi, Seigneur Dieu des puissances. .. »(15,16)

 

Musique - Silence - Adoration

 

Un cœur à l’écoute

 

Dieu est le Dieu de la parole ; Tel un miroir, la parole nous révèle à nous-mêmes. Elle nous atteint au plus intime. En elle, nous pouvons connaître notre cœur et entrer dans un dialogue souvent balbutiant, toujours responsable, avec le Dieu qui s’est fait proche : «  La Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur « (Dt 30,14).

La Parole du Livre, entendue dans la liturgie, méditée dans le silence, s’imprime lentement en nous. Elle nous dit Dieu, nous explique la longue histoire de l’alliance qu’il noue avec chacun et chacune comme avec son peuple. Elle déchiffre avec nous notre propre histoire sainte et y découvre le désir de Dieu. Pour l’entendre il nous faut dépouiller notre imaginaire de tout ce qui ferait écran à l’accueil simple de la présence du Dieu pauvre et vulnérable. Pauvreté et silence du cœur creusent l’ouverture et la disponibilité pour nous laisser surprendre par lui. Amoureuse, la prière est d’abord écoute attentive de l’autre, de cet Autre, le Bien-aimé du Père (Mc 9,7)

Si nos yeux plongent dans le miroir pour y contempler le resplendissement de la gloire de Dieu, nos oreilles s’ouvrent larges pour que s’y engouffre la musique du langage humain par lequel Dieu choisit de nous parler ; Cette patiente assimilation de la Parole nous transforme tout entiers en l’image de Dieu et nous donne de savourer sa douceur secrète (3LAg13-14).

 

Comme un souffle fragile (U 45)

 

Refrain : Comme un souffle fragile, ta Parole se donne

Comme un vase d’argile, ton amour nous façonne

1– Ta Parole est murmure comme un secret d’amour

Ta Parole est blessure qui nous ouvre le jour

 

2– Ta Parole est naissance comme on sort de prison

Ta Parole est semence qui promet la moisson

3– Ta Parole est partage, comme on coupe du pain

Ta Parole est passage qui nous dit un chemin.

 

Silence - Adoration

 

L’amande sous l’écorce

 

Madame Claire prenait plaisir à écouter la parole de Dieu, déclare Sœur Agnès au procès de canonisation. La prédication et la liturgie s’offrent à elle comme les lieux privilégiés par les quels elle lui parvient. Malgré la pauvreté des moyens de connaissance exégétique de son temps, Claire fait preuve d’une étonnante familiarité avec la Bible. Ses écrits en sont imprégnés. Ni la rudesse du langage ni ses énigmes ne découragent son cœur tellement avide de connaître le Bien-aimé. Même les limites du discours des prédicateurs ne peuvent faire écran à son impérieux désir d’appendre du neuf sur le Seigneur (Cel 45). Toute lumière, toute intelligence qu’elle reçoit en partage rencontre en elle un accueil humble et joyeux. Elle s’émerveille du Dieu qui, au détour de nos mots humains, la surprend d’un éclat de son mystère. Aucun sermon, fut-il médiocre ne la rebute. La délicatesse de son amour la tient en éveil et lui permet de cueillir une fleur sur un buisson d’épines ! Libre de tout préjugé face aux prédicateurs fervents qui lui transmettent la parole, elle que pure et simple écoute du trésor enfoui dans le champ des Ecritures.

Elle sait que l’amande se cache sous l’écorce des mots, elle l’apprécie avec finesse et la savoure avec délices.

Claire mâche la Parole comme on mâche avec respect et bonheur le pain qui nous fait vivre. Sans répit, sa quête amoureuse brise l’écorce des mots du Livre, la gangue des discours humains, comme elle déchiffre le mystère caché dans la réalité la plus banale et quotidienne de sa communauté. Elle veut atteindre l’amande, le fruit savoureux de la Présence qui se livre, nourriture de vie pour son pèlerinage, pain du cœur qui fortifie les sœurs de St Damien plus que le pain mendié pour le corps. Quelle joie de forer sans cesse le puits de la Parole pour en boire une eau toujours neuve et s’abreuver, jour après jour, à la mémoire vivante de Celui qui l’a séduite, Jésus, le pauvre Crucifié. Son écoute accueille ce Dieu qui ne s’impose pas, mais vient à nous sous les dehors les plus humbles de la parole humaine. Sans hésiter, sa foi y reconnaît la trace de l’unique Parole de Celui qui domine ciel et terre (1LAg17)

 

Sous l’écorce des mots, le croquant d’une amande

(CD – Sur les pas de Claire d’Assise)


Sous l’écorce des mots, des senteurs de lavande

Sous l’écorce des mots, pourvu que tu l’entendes

Sous l’écorce des mots, la Parole en offrande

 

Ne restons pas sur notre faim

Et dégustons cette Parole

Partageons-la comme un bon pain

Les mots nous font la farandole

C’est Dieu qui régale aujourd’hui

Ses mots nous remplissent de Vie

 

Nous étions tous sans le savoir

Le tiers-monde de la Parole

Et nous avancions sans rien voir

Sans comprendre les Paraboles

Dans nos vies saturées de bruit

Nous n’entendions même plus nos cris

 

Savourons bien les mots de Dieu

Ils ne manquent pas sur la table

Ils sont subtils et délicieux

Que ce festin soit agréable

Attardons-nous pour écouter

Prenons du temps pour le goûter

 

Silence - Adoration

 

Quel n’est pas le bonheur de cette femme passionnée d’entendre les frères de François commenter la Parole et prêcher aux sœurs ! Comme Marie aux pieds de Jésus (Lc 10,38-42), avide de graver sur les tablettes de son cœur les traits du visage aimé et ses paroles vivifiantes, elle prend elle-même la meilleure part de cette nourriture spirituelle. Ce qu’un biographe nous dit de François convient parfaitement à Claire : il lisait parfois les Livres Saints et ce que son intelligence avait saisi, son cœur le retenait gravé de manière indélébile : sa mémoire lui servait de bibliothèque et ce n’est pas en vain que son oreille attentive percevait ce que son cœur aimant repassait ensuite sans répit. (2Cel 102)

Mettons-nous à l’école de Claire et de François. Laissons-nous ouvrir l’oreille chaque matin par la Parole toujours jeune du Dieu qui veut faire en nos vies toutes choses nouvelles (Ap21,5). Que nous instruise celui qui s’est dit la Voie, et dont la voix, au détour de chaque page de l’Ecriture, invite à se nourrir de sa parole d’amour : «  Je t’instruirai, je t’apprendrai la route à suivre, les yeux sur toi, je serai ton conseil » (Ps 31,8)

La Parole discrète du Seigneur se cache sous l’écorce de la lettre des Livres bibliques, des commentaires et des moyens actuels mis à notre disposition pour favoriser notre compréhension et notre méditation des textes. Mais à la suite de Claire, il nous faut nous aventurer au-delà. Au-delà de l’écorce que notre écoute amoureuse brise pour accueillir le Seigneur qui se donne. Par delà le bruit des mots et des discours, la communion personnelle avec le Fils de Dieu est fruit savoureux. Elle nous conduira peu à peu vers une existence évangélisée par la Parole entendue et reçue.

 

Ps 18 – 1

 

Ant : La loi du Seigneur est joie pour le cœur, lumière pour les yeux

 

La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie

La charte du Seigneur est sûre, qui rend sage les simples

Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur

Le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard

La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours

Les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables

Plus désirable que l’or, qu’une masse d’or fin,

Plus savoureuse que le miel qui coule des rayons

Aussi ton serviteur en est illuminé, à les garder il trouve son profit

Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m’échappent.

Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil: qu’il n’ait sur moi nulle prise

Alors je serai sans reproche, pur d’un grand péché.

Accueille les paroles de ma bouche, le murmure de mon cœur ;

Qu’il parvienne devant toi, Seigneur mon rocher, mon défenseur !

Rendons gloire au Père tout puissant, à son Fils Jésus-Christ le Seigneur

A l’Esprit qui habite en nos cœurs, pour les siècles des siècles. Amen

 

Silence – Adoration

 

Prière de louange

 

Ta Parole Seigneur est parfaite.

Par l’Eucharistie, elle nous redonne vie, Béni sois-tu Seigneur

 

Ta Parole Seigneur est sûre,

Par l’Eucharistie, elle nous donne la sagesse des simples. Béni sois-tu Seigneur

 

Ta Parole Seigneur est droite.

Par l’Eucharistie, elle réjouit notre cœur. Béni sois-tu Seigneur

 

Ta Parole Seigneur est limpide.

Par l’Eucharistie, elle clarifie notre regard. Béni sois-tu Seigneur

 

Ta Parole Seigneur, c’est Jésus crucifié,

Elle s’est révélée pour nous dans le discours de la croix,

Sagesse pour notre folie, force pour notre faiblesse. Béni sois-tu Seigneur

 

Expression libre


Nous t’adorons, ô toi le très saint

Nous t’adorons, Seigneur Jésus Christ

Dans toutes les églises et par toute la terre

Et nous te bénissons d’avoir sauvé le monde, par ta sainte Croix.

 

Prochaines rencontres

 

Mercredi 16 mai 2012 à 19h – «  Devenir amour » - préparé par la fraternité St Michel

Mercredi 20 juin 2012 à 19h – « Devenir bénédiction » - préparé par la fraternité Ste Claire

Mercredi 19 septembre à 19h – «  Devenir libre  » - préparé par l’hospitalité franciscaine


20 mars 2012

Prière de la Famille Franciscaine de Gironde du 21 mars

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Prière du 21 mars 2012

 

Très chers amis abonnés et visiteurs d'Images Saintes,

Paix et Bien!


Je vous invite à vous joindre à la prière qui se déroule chaque 3e mercredi du mois, dans la chapelle des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie de Bordeaux. Depuis quelques années, à tour de rôle, les Fraternités Franciscaines organisent un temps de prière, de 19 à 20h00. Je vous invite à vous joindre à notre prière ou que vous habitiez, vous en trouverez ci après le déroulement. La prière de ce mois-ci est organisée par la Fraternité Sainte Claire.


Franck Monvoisin, rédacteur du blog Images Saintes


Chant d'entrée

Ô croix dressée sur le monde – H 30

 

1 – Ô croix dressée sur le monde, ô croix de Jésus-Christ

Fleuve dont l’eau féconde du cœur ouvert a jailli

Par toi la vie surabonde, ô croix de Jésus-Christ

2 – Ô croix sublime folie, ô croix de Jésus-Christ

Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix

L’amour de Dieu est folie, ô croix de Jésus-Christ

3 – Ô croix sagesse suprême, ô croix de Jésus-Christ

Le Fils de Dieu lui-même, jusqu’à la mort obéit

Ton dénuement est extrême, ô croix de Jésus-Christ


En ce temps de carême, poursuivant notre cheminement avec Claire, et toujours dans la symbolique du miroir elle nous invite aujourd’hui à :

 

« Contempler le soir »

 

« A la fin de ce miroir, contemple avec quel indicible amour il a voulu souffrir sur l’arbre de la croix et y mourir de la mort la plus honteuse. Placé sur le bois de la croix, ce miroir enseignait lui-même aux passants à quoi ils devaient être attentifs : « ô vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur » D’une seule voix et d’un seul esprit, répondons à ses cris et à ses plaintes : « je ne pourrais pas l’oublier et ce souvenir me consume » (4LAg 23-26)

 

Il est resté nu sur le gibet

 

En contemplant le Christ crucifié, Claire se tient devant le buisson ardent d’un amour totalement décentré de lui-même, pure offrande, don radical. Si l’amour de Dieu est révélé par toute la vie de Jésus, nulle part il ne resplendit avec autant d’éclat qu’à l’heure où il accepte de mourir de la mort la plus honteuse. A cette heure, Jésus est pauvre de la plus haute pauvreté, outragé dans sa nudité, rejeté par tous, trahi par ses intimes. Déjà, les langes du nouveau-né de Bethléem avaient quelque chose de pitoyable, mais au moins ils disaient la tendresse et le respect d’une mère. Au calvaire, Jésus est exposé nu aux ricanements de la foule. L’homme pauvre de Nazareth devient un «  pauvre homme » livré à la dérision, à la honte. Au Golgotha, le mépris, l’incompréhension atteignent leur paroxysme. Le rejet, par l’humanité, de l’amour offert par le Crucifié inscrit la plus vive des blessures au cœur du Père.

L’Amour n’est pas aimé ! François aurait voulu parcourir la terre en pleurant la Passion du Seigneur. Il communiait en chaque fibre de son être à cet amour sans limite du Fils de Dieu, au point que les marques de la Passion du pauvre Crucifié s’imprimèrent dans sa chair. Pour Claire, pas de stigmates. Pourtant, comment croire qu’une femme aussi passionnée envers son Seigneur cloué sur une croix par amour de notre amour n’ait pas porté dans son être le plus profond la brûlure d’une telle offrande ?

 

Refrain : Le plus beau des enfants des hommes (CD – Sur les pas de Claire d’Assise)

Est devenu pour nous sauver

Le dernier des derniers des hommes

Pour nous il a tout supporté

On l’a traité pour rien, fouetté sur tout le corps

On l’a traité de chien et conduit à la mort

Il va tout supporter, sans crier au secours

Pour nous réconcilier il invente l’Amour

Achevé sur la croix, Agneau dans l’abattoir

Il nous posse un pourquoi, il invente l‘espoir

Dans le noir du tombeau, dans la mort, dans la nuit

Eclate un jour nouveau, il invente la vie


Silence/ Adoration

 

Dieu a soif

 

Jusqu’à présent, Claire nous demandait de regarder. Et voici qu’elle nous invite à entrer en dialogue. Brusquement, le miroir placé sur le bois de la croix s’anime. Une plainte s’élève au milieu du silence. De la bouche de Jésus en croix, Claire accueille une lamentation de Jérusalem humiliée (Lam 1,12) « Voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur ! » Douleur que St Jean traduira par un dernier cri : « J’ai soif » (Jn 19,28) Sur la croix, Jésus connaît une insondable solitude. Solitude de l’amour livré qui ne rencontre que le silence de la fuite, de l’incompréhension, du refus. Le cri de Jésus mourant dévoile son désir infini, sa soif de communion avec la créature. Il blesse le cœur de Claire, lui donnant de prendre la mesure de l’indicible amour.

La prière devant le Crucifié est échange. La prière de Claire, et la nôtre à sa suite se fait rencontre, dialogue d’amour et de compassion, écoute pour essayer de comprendre, avec la grâce de l’Esprit, l’incompréhensible démesure de la miséricorde du Père. Cette contemplation se grave en la mémoire : je ne pourrai pas oublier. La Passion de Jésus habitait Claire jour et nuit. La souffrance de l’Aimé devient la sienne dans une communion qui est à la fois douleur et émerveillement. Prière dont elle fait confidence à Ermentrude de Bruges quand elle lui écrit : « De toutes le fibres de ton être, aime Dieu et son Fils Jésus. Il a été crucifié pour nous, pécheurs. Que jamais son souvenir ne te quitte, mais fais attention à méditer sans cesse les mystères de la croix et les douleurs de sa mère debout sous la croix. (LEr11,12)

 

Gardez en votre cœur le brûlant désir de vous unir au Christ pauvre et méprisé. Alléluia ! Il a souffert pour nous nous le supplice de la croix. Alléluia ! ( CD – Lumières d’Assise)

 

Psaume 15


Veille sur moi Seigneur / car j’ai cherché refuge auprès de toi.

J’ai dit au Seigneur « tu es mon Dieu / Je n’ai pas d’autre bonheur que toi »

Le Seigneur met sa joie dans les saints qui vivent en cette terre/

Il accomplit pour eux les merveilles de son dessein bienveillant.

Mais ceux qui s’empressent vers des dieux étrangers/ voient se multiplier leur détresse. Gardez en votre cœur ….

Je ne verserai pas leurs libations de sang/ je ne mettrai jamais leurs noms sur mes lèvres

Seigneur, ma part d’héritage et ma coupe/ tu veilles sur la part que le sort m’a fixée.

Une terre de délices vient m’échoir en partage/ Un héritage qui me comble de joie.

Je bénis le Seigneur qui m’a révélé son dessein/même durant la nuit mon cœur me le rappelle. Gardez en votre cœur …

 

Le Seigneur est toujours devant mes yeux / il se tient à ma droite, je ne puis chanceler

Aussi mon cœur tressaille et mon esprit exulte/ car ma chair reposera dans la paix

Tu n’abandonneras pas mon âme au pouvoir des Enfers / tu ne laisseras pas ton ami voir la corruption

Tu me feras connaître le chemin de vie+

Et tu me combleras de bonheur devant ta face / près de toi, je serai dans la joie pour

toujours !

Gloire au Père, au Fils, au Saint Esprit,/ pour les siècles des siècles. Amen ! Gardez en votre cœur ….

 

Silence/ Adoration

 

Que je meure par amour de ton amour

 

Si souvent notre prière est remplie de ce que nous voulons dire à Dieu. Et voilà que sur la croix, il nous supplie, il quête de notre part attention à sa douleur, compassion pour son injuste souffrance. Le Christ se fait mendiant de l’amour de chacun. Son invitation à regarder sa douleur, blesse le cœur de Claire. Elle devient vulnérable, à l’image du pauvre Crucifié. Ce souvenir me consume.. Avec Claire nous pouvons demeurer dans une tendresse douloureuse, si pauvre soit-elle, qui nous unira au Bien-aimé, ne pas laisser le Christ seul au moment de la plus haute détresse, devenir présence silencieuse et aimante, souffrant de sa souffrance. Long et difficile apprentissage que celui de consentir à avoir mal de ce qui le blesse, à laisser la peine de Dieu nous toucher, nous affecter, devenir nôtre.

Chaque être humain est l’enfant bien-aimé de Dieu. En son cœur de Père, la douleur s’annonce aussi démesurée que son amour tant qu’un seul de ses petits ne connaîtra pas le bonheur. Jésus pauvre et crucifié, Claire le contemple, lui vient en aide dans chacun des membres accablés de son corps sublime (3LAg8). En sa compassion, elle garde mémoire de la Passion du Christ et la perçoit reflétée en toute réalité souffrante. Ainsi Claire rejoint les femmes de l’Evangile, debout au pied de la croix, et son amour vigilant offre un lieu de repos à la douleur de Dieu.


Que la force brûlante de ton amour, prenne possession de mon âme, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as voulu mourir par amour de mon amour !

( CD – Lumières d’Assise)

 

Silence / Adoration

 

 Les fruits de la Croix

 

Claire n’observe pas à distance la force salvifique du Crucifié, mais elle se laisse envahir tout entière par elle. Du coup elle devient par grâce source de salut, de santé pour ses frères et sœurs souffrantes. Dans la prière, elle participe à l’amour du Crucifié qui guérit : peu à peu, l’indicible amour de Dieu s’imprime dans son cœur, merveilleux échange où elle recueille de l’arbre de la croix toute la force de vie bienfaisante et bonne que l’amour communique. Le Christ rend amour pour amour à celle qui l’aime. Claire brûle de charité pour lui et accomplit des choses extraordinaires par la puissance de la croix. A peine trace-t-elle le signe de la croix sur les malades que leurs infirmités disparaissent (Cel 32). Son attention prévenante s’empresse de soulager autant qu’elle le peut ses sœurs et les autres malades. De toute la force de sa foi, elle s’offre au service des miséreux afin qu’à travers elle, le Crucifié poursuive son œuvre. Rien de magique en cela, mais, en bénissant chacune de ses sœurs, Claire, petite et pauvre, offre à la grâce l’espace libre où elle pourra se déployer, manifestant ainsi que Dieu seul est source de tout bien.

Considérer le mystère de l’ineffable charité de Dieu dans le Christ en croix nous conduit à une même fécondité, car l’amour se donne pour être livré : deviens celui que tu contemples

 

Hymne à la croix

 

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

O Christ notre frère venu nous sauver, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Sagesse éternelle et Verbe de Dieu, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Splendeur de la lumière éternelle du Père, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Jésus tu éclaires nos ténèbres et nos nuits, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

Voici la croix du Christ, arbre de la vie ! Voici la croix du Christ, signe de la Paix !

Toi qui es venu dans le monde, prends pitié de nous

Toi qui fus pendu à la croix, prends pitié de nous

Toi qui pour nous a accepté la mort en croix, Jésus-Christ, source de la vie

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

Voici la croix du Christ, arbre de la vie ! Voici la croix du Christ, signe de la Paix !

(CD Signes n° 63)

 

Silence/adoration

 

Expression libre


Prière de clotûre

 

Nous t’adorons, Seigneur Jésus-Christ

Ici et dans toutes les églises qui sont dans le monde entier

Et nous te bénissons, parce que, par ta sainte croix,

Tu as racheté le monde

 

Prochaines rencontres

 

Mercredi 18 avril 2012 à 19h – «  Devenir écoute » - préparé par l’hospitalité franciscaine

Mercredi 16 mai 2012 à 19h – «  Devenir amour » - préparé par la fraternité St Michel

Mercredi 20 juin 2012 à 19h – « Devenir bénédiction » - préparé par la fraternité Ste Claire

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici


Je vous serai gré reconnaissant de me faire parvenir vos impressions et vos témoignages, concernant ces prières, soit par mail, à franck.monvoisin@laposte.net ou en laissant un commentaire sur le mur d'Images Saintes. Je les ferai suivre aux Fraternités.

 

03 septembre 2010

Chemin de Croix médité avec Jean Paul II

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Chemin de Croix

Méditations du Vénérable Jean Paul II

Le Vendredi-Saint de l'An 2000, année sainte

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.  Amen.

« Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ». (Mt 16, 24)

Depuis vingt siècles, l'Église se rassemble en cette soirée, pour se rappeler et pour revivre les événements de l'ultime étape du chemin terrestre du Fils de Dieu. Aujourd'hui, comme chaque année, l'Église qui est à Rome se réunit au Colisée, pour se mettre à la suite de Jésus qui, « portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit: le Crâne, ou Calvaire, en hébreu: Golgotha » (Jean 19, 17). Nous nous trouvons ici, convaincus que le chemin de croix du Fils de Dieu ne fut pas le simple fait de marcher vers le lieu de son supplice. Nous croyons que chaque pas du Condamné, chacun de ses gestes et chacune de ses paroles, et aussi ce qu'ont vécu et accompli ceux qui ont pris part à ce drame, nous parlent continuellement. C’est aussi dans sa souffrance et dans sa mort que le Christ nous révèle la vérité sur Dieu et sur l'homme. En cette année jubilaire, nous voulons réfléchir avec une intensité particulière sur le contenu de cet événement, afin qu'il parle avec une force nouvelle à nos esprits et à nos cœurs, et qu’il devienne pour nous source de la grâce d'une authentique participation. Participer signifie avoir part. Que veut dire avoir part à la croix du Christ ? Cela veut dire faire l'expérience dans l'Esprit Saint de l'amour que la croix du Christ cache en elle. Cela veut dire reconnaître, à la lumière de cet amour, sa propre croix. Cela veut dire la prendre sur ses épaules et, toujours en vertu de cet amour, marcher... Marcher tout au long de la vie, en imitant Celui qui « endura une croix, dont il méprisa l'infamie, et qui est assis désormais à la droite du trône de Dieu » (Hébreux 12, 2).

Prions

Seigneur Jésus Christ, remplis nos cœurs de la lumière de ton Esprit, afin que, te suivant sur ton ultime chemin, nous connaissions le prix de notre rédemption et devenions dignes de participer aux fruits de ta passion, de ta mort et de ta résurrection. Amen.

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Première station

Jésus est condamné à mort

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Es-tu le roi des Juifs ? » (Jean 18, 33). « Ma royauté ne vient pas de ce monde; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici » (Jean 18, 36). Pilate ajouta : « Alors, tu es roi? » Jésus répondit: « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci: rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix ». Pilate répliqua:  « Qu'est-ce que la vérité? ». À ce point, le Procureur romain considéra l'interrogatoire comme terminé. Il alla chez les Juifs et leur dit: « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation » (Jean 18, 37- 38). Le drame de Pilate se cache dans la question: « Qu'est-ce que la vérité? » Ce n'était pas une question philosophique sur la nature de la vérité, mais une question existentielle sur son rapport à la vérité. C'était une tentative de se dérober à la voix de sa conscience qui lui ordonnait de reconnaître la vérité et de la suivre. L'homme qui ne se laisse pas conduire par la vérité se dispose même à émettre une sentence de condamnation à l'égard d'un innocent. Les accusateurs devinent cette faiblesse de Pilate et c'est pourquoi ils ne cèdent pas. Avec détermination ils réclament la mort en croix. Les demi-mesures auxquelles Pilate a recours ne l'aident pas. La peine cruelle de la flagellation infligée à l'Accusé n'est pas suffisante. Quand le Procureur présente à la foule Jésus flagellé et couronné d'épines, il semble chercher une parole qui, à son avis, devrait faire céder l'intransigeance de la foule. Montrant Jésus, il dit: « Ecce homo! Voici l'homme! » Mais la réponse est: « Crucifie-le, crucifie-le! » Pilate cherche alors à discuter: « Reprenez-le, et crucifiez-le vous-mêmes; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation » (Jean 19, 5-6). Il est toujours plus convaincu que l'Accusé est innocent, mais cela ne lui suffit pas pour émettre une sentence d'acquittement. Les accusateurs recourent à l'ultime argument: « Si tu le relâches, tu n'es pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur » (Jean 19, 12). La menace est claire. Devinant le danger, Pilate cède définitivement et émet la sentence. Mais non sans faire le geste lâche de se laver les mains: « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme; cela vous regarde! » (Mt 27, 24). C'est de cette façon que Jésus a été condamné à la mort sur une croix, Lui le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur du monde. Tout au long des siècles, la négation de la vérité a engendré souffrance et mort. Ce sont les innocents qui paient le prix de l'hypocrisie humaine. Les demi-mesures ne sont pas suffisantes. Il ne suffit pas non plus de se laver les mains. La responsabilité pour le sang du juste demeure. C'est pour cela que le Christ a prié avec tant de ferveur pour ses disciples de tous les temps: « Père, consacre-les par la vérité: ta parole est vérité » (Jean 17, 17).

Prière

Ô Christ, toi qui as accepté une condamnation injuste, accorde-nous, ainsi qu’à tous les hommes de notre temps, la grâce d'être fidèles à la vérité; ne permets pas que le poids de la responsabilité pour la souffrance des innocents retombe sur nous et sur ceux qui viendront après nous. À toi, Jésus, juste Juge, l’honneur et la gloire pour les siècles sans fin. Amen.

Pater noster, qui es in cælis: sanctificetur nomen tuum; adveniat regnum tuum; fiat voluntas tua, sicut in cælo, et in terra. Panem nostrum cotidianum da nobis hodie; et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris; et ne nos inducas in tentationem; sed libera nos a malo. Amen.

Notre Père, qui êtes aux Cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrivé, que Votre Volonté soit accomplie sur la terre comme au Ciel, donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Amen.

Stabat mater dolorosa,

iuxta crucem lacrimosa,

dum pendebat Filius.

Debout, la Mère douloureuse,

près de la Croix était en larmes,

devant son Fils suspendu.

2
Deuxième station

Jésus est chargé de sa croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

La croix. Instrument de mort infamante. Il n'était pas licite de condamner à la mort de la croix un citoyen romain: c'était trop humiliant. Le moment où Jésus de Nazareth s'est chargé de la croix pour la porter sur le Calvaire marque un tournant dans l'histoire de la croix. Signe d'une mort infamante, réservée à la catégorie la plus basse des hommes, la croix devient une clé. Désormais, avec l'aide de cette clé, l'homme ouvrira la porte des profondeurs du mystère de Dieu. Par le geste du Christ qui accepte la croix, instrument de son dépouillement, les hommes sauront que Dieu est amour. Amour sans limites: « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » (Jean 3, 16). Cette vérité sur Dieu s'est révélée par la croix. Ne pouvait-elle pas se révéler d'une autre façon ? Peut-être que oui. Toutefois Dieu a choisi la croix. Le Père a choisi la croix pour son Fils, et le Fils l'a prise sur ses épaules, il l'a portée sur le Calvaire et sur elle il a offert sa vie. « Sur la croix il y a la souffrance, sur la croix il y a le salut, sur la croix il y a une leçon d'amour. Ô Dieu, celui qui une fois t'a compris ne désire rien d'autre, ne cherche rien d'autre » (Chant polonais de Carême). La Croix est signe d'un amour sans limites!

Prière

Ô Christ, toi qui acceptes la croix de la main des hommes, pour en faire le signe de l'amour salvifique de Dieu pour l'homme, accorde-nous, ainsi qu'à tous les hommes de notre temps, la grâce de la foi en cet amour infini, afin que, en transmettant au nouveau millénaire le signe de la croix, nous soyons des témoins authentiques de la Rédemption. À toi, Jésus, prêtre et victime, la louange et la gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Cuius animam gementem,

contristatam et dolentem,

pertransivit gladius.

Dans son âme qui gémissait,

toute brisée, endolorie,

le glaive était enfoncé.

3

Troisième station

Jésus tombe pour la première fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Dieu a pris sur lui nos péchés à nous tous » (Isaïe 53, 6). « Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous » (Isaïe 53, 6) Jésus tombe sous la croix. Cela arrivera par trois fois sur le chemin relativement bref de la « Via Dolorosa ». Il tombe d'épuisement. Le corps ensanglanté par la flagellation, la tête couronnée d'épines. Tout cela fait que les forces lui manquent. Il tombe, et la croix de tout son poids l'écrase contre terre. Il faut revenir aux paroles du prophète qui, des siècles auparavant, entrevoit cette chute. C'est comme s'il la contemplait de ses propres yeux: devant le Serviteur du Seigneur à terre sous le poids de la croix, il montre la vraie cause de sa chute: « Dieu a pris sur lui nos péchés à nous tous ». Ce sont les péchés qui ont écrasé contre terre le divin Condamné. Ce sont eux qui ont déterminé le poids de la croix qu'il portait sur ses épaules. Ce sont les péchés qui ont provoqué sa chute. Le Christ péniblement se relève pour reprendre le chemin. Les soldats qui l'escortent cherchent à le stimuler par des cris et des coups. Après un moment le cortège repart. Jésus tombe et se relève. C’est ainsi que le Rédempteur du monde s'adresse sans prononcer un mot à tous ceux qui tombent. Il les exhorte à se relever. « Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris » (1 Pierre 2, 24).

Prière

Ô Christ, toi qui es tombé sous le poids de nos fautes et qui t'es relevé pour notre justification, nous t’en prions, aide-nous, ainsi que tous ceux qui sont écrasés par le péché, à nous remettre debout et à reprendre le chemin. Donne-nous la force de l'Esprit, pour porter avec Toi la croix de notre faiblesse. À toi, Jésus, écrasé sous le poids de nos fautes, notre louange et notre amour pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

O quam tristis et afflicta,

fuit illa benedicta,

mater Unigeniti !

Qu'elle était triste et affligée,

la Mère entre toutes bénie,

la Mère du Fils unique !

4

Quatrième station

Jésus rencontre sa mère

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin » (Luc 1, 30-33). Marie se remémorait de ces paroles. Elle y revenait souvent dans le secret de son cœur. Quand, sur le chemin de la croix, elle rencontra son Fils, peut-être justement ces paroles lui revinrent-elles à l'esprit. Avec une force particulière. « Il régnera... Et son règne n'aura pas de fin... », avait dit le messager céleste. Maintenant, alors qu'elle voit son Fils, condamné à mort, porter la croix sur laquelle il devra mourir, elle pourrait se demander humainement parlant : Comment donc ces paroles peuvent-elles se réaliser ? De quelle façon régnera-t-il sur la maison de David ? Et comment se pourra-t-il que son règne n'ait pas de fin ? Humainement parlant, ces questions peuvent se comprendre. Cependant Marie se souvient qu'alors, après avoir entendu l’annonce de l’ange, elle avait répondu: « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Luc 1, 38). Maintenant elle voit que cette parole se réalise comme parole de la croix. Parce qu'elle est mère, Marie souffre profondément. Toutefois, maintenant aussi elle répond comme elle avait répondu alors à l'Annonciation: « Que tout se passe pour moi selon ta parole ». De cette façon, elle prend maternellement dans ses bras la croix avec le divin Condamné. Sur le chemin de la croix, Marie se manifeste comme Mère du Rédempteur du monde. « Vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s'il est une douleur pareille à la douleur qui me tourmente » (Lamentations de Jérémie 1, 12). C'est la Mère des Douleurs qui parle, la Servante qui obéit jusqu'au bout, la Mère du Rédempteur du monde.

Prière

Ô Marie, toi qui as parcouru le chemin de la croix avec ton Fils, déchirée de douleur dans ton cœur de mère, mais te souvenant toujours de ton fiat et intimement convaincue que Celui à qui rien n'est impossible saurait réaliser ses promesses, implore pour nous et pour les hommes des générations futures la grâce de l'abandon à l'amour de Dieu. Fais que, face à la souffrance, au refus, à l'épreuve, même prolongée et violente, nous ne doutions jamais de son amour. À Jésus, ton Fils, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quæ mærebat et dolebat,

pia mater, cum videbat

Nati pœnas incliti.

Qu'elle avait mal, qu'elle souffrait

la tendre Mère, en contemplant

son divin Fils tourmenté !

5

Cinquième station

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Ils réquisitionnèrent Simon » (Marc 15, 21).  Les soldats romains firent ainsi, craignant que le Condamné épuisé ne parvienne pas à porter la croix jusqu’au Golgotha. Ils n’auraient pas pu exécuter la sentence de crucifixion portée sur lui. Ils cherchaient un homme qui l’aidât à porter la croix. Leur regard se posa sur Simon. Ils le réquisitionnèrent pour le charger de ce poids. On peut imaginer qu’il ne fut pas d’accord et qu’il s’y opposa. Porter avec un condamné sa croix pouvait être considéré comme une offense à la dignité d’un homme libre. Bien qu’à contrecœur, Simon prit la croix pour aider Jésus. Dans un chant de Carême résonnent ces paroles: « Sous le poids de la croix, Jésus accueille le Cyrénéen ». Ce sont des paroles qui laissent entrevoir un changement total de perspective : le divin Condamné apparaît comme quelqu’un qui, en un certain sens, «fait don» de la croix. N’est-ce pas lui qui a dit: « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi » (Matthieu 10, 38)? Simon reçoit un don. Il en est devenu « digne ». Ce qui aux yeux de la foule pouvait offenser sa dignité lui a, au contraire, conféré une nouvelle dignité dans la perspective de la Rédemption. Le Fils de Dieu l’a fait participer d’une manière singulière à son œuvre salvifique. Simon en est-il conscient? L’évangéliste Marc identifie Simon de Cyrène comme étant le « père d’Alexandre et de Rufus » (15, 21). Si les fils de Simon de Cyrène étaient connus de la première communauté chrétienne, on peut penser que lui aussi, précisément tandis qu’il portait la croix, a cru au Christ. Il passa librement de la contrainte à la disponibilité, comme s’il avait été intimement touché par ces paroles: « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi ». Alors qu’il portait la croix, il fut introduit à la connaissance de l’évangile de la croix. Depuis lors, cet évangile parle à de nombreuses personnes, innombrables Cyrénéens appelés au cours de l’histoire à porter la croix avec Jésus.

Prière

Ô Christ, qui as conféré à Simon de Cyrène la dignité de porter ta croix, accueille-nous aussi sous son poids, accueille tous les hommes et donne à chacun la grâce de la disponibilité. Fais que nous ne détournions pas notre regard de ceux qui sont accablés par la croix de la maladie, de la solitude, de la faim, de l’injustice. Fais que, portant les poids les uns des autres, nous devenions témoins de l’évangile de la croix, des témoins véritablement crédibles de toi, qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quis est homo qui non fleret,

matrem Christi si videret

in tanto supplicio ?

Quel est celui qui sans pleurer,

pourrait voir la Mère du Christ

dans un supplice pareil ?

6

Sixième station

Véronique essuie le visage de Jésus

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

Véronique ne figure pas dans les Évangiles. Ce nom n’y est pas mentionné, bien qu’il y ait celui de différentes femmes qui apparaissent aux côtés de Jésus. Il se peut donc que le nom exprime plutôt ce que fit cette femme. En effet, selon la tradition, sur le chemin du Calvaire une femme se fraya un chemin parmi les soldats qui escortaient Jésus et, avec un voile, elle essuya la sueur et le sang du visage du Seigneur. Ce visage resta imprimé sur le voile; un reflet fidèle - une «icône véritable». C’est à cela qu’on lierait le nom même de Véronique. S’il en est ainsi, ce nom, qui rend mémorable le geste accompli par cette femme, renferme en même temps la plus profonde vérité sur elle. Un jour, suscitant les critiques de l’assistance, Jésus prit la défense d’une femme pécheresse qui avait versé sur ses pieds de l’huile parfumée et qui les avait essuyés avec ses cheveux. À l’objection qui lui fut faite alors, il répondit: « Pourquoi tourmenter cette femme? C’est une action charitable qu’elle a faite à mon égard [...]. Si elle a versé ce parfum sur mon corps, c’est en vue de mon ensevelissement » (Matthieu 26, 10. 12). On pourrait aussi appliquer ces paroles à Véronique. Ainsi est manifestée la portée profonde de cet événement. Le Rédempteur du monde donne à Véronique une image authentique de son visage. Le voile sur lequel reste imprimé le visage du Christ devient un message pour nous. Il dit en un sens: Voilà comment toute action bonne, tout geste de véritable amour envers le prochain renforce en celui qui l’accomplit la ressemblance avec le Rédempteur du monde. Les actes d’amour ne passent pas. Tout geste de bonté, de compréhension, de service, laisse dans le cœur de l’homme un signe indélébile, qui le rend toujours plus semblable à Celui qui « se dépouilla lui-même, en prenant la condition de serviteur » (Philippiens 2, 7). Ainsi se forme l’identité de l’homme, son vrai nom.

Prière

Seigneur Jésus Christ, Toi qui as accepté le geste désintéressé d’amour d’une femme et qui en retour as fait en sorte que les générations s’en souviennent avec le nom de ton visage, fais que nos actions, et celles de tous ceux qui viendront après nous, nous rendent semblables à toi et laissent au monde le reflet de ton amour infini. À toi, Jésus, splendeur de la gloire du Père, louange et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quis non posset contristari

Christi matrem contemplari,

dolentem cum Filio?

Qui pourrait sans souffrir comme elle

contempler la Mère du Christ,

douloureuse avec son Fils?

7

Septième station

Jésus tombe une deuxième fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple » (Psaume 21 [22], 7). Ces paroles du psaume viennent à l’esprit tandis que nous regardons Jésus qui, pour la deuxième fois, tombe sous la croix. Voici que, dans la poussière de la terre, gît le Condamné. Écrasé sous le poids de la croix. Ses forces l’abandonnent toujours davantage. Mais, à grand peine, il se relève pour continuer son chemin. Que signifie pour nous, hommes pécheurs, cette deuxième chute ? Plus encore que la première, elle semble nous exhorter à nous relever, à nous relever une nouvelle fois sur notre chemin de croix. Cyprian Norwid a écrit: « Non pas derrière nous-mêmes avec la croix du Sauveur, mais derrière le Sauveur avec notre croix ». Maxime brève mais qui en dit long. Elle explique en quel sens le christianisme est la religion de la croix. Elle laisse entendre que tout homme rencontre ici-bas le Christ qui porte la croix et qui tombe sous son poids. À son tour, sur le chemin du Calvaire, le Christ rencontre tout homme et, tombant sous le poids de la croix, il ne cesse d’annoncer la Bonne Nouvelle. Depuis deux mille ans, l’évangile de la croix parle à l’homme. Depuis vingt siècles, le Christ qui se relève de la chute rencontre l’homme qui tombe. Tout au long de ces deux millénaires, beaucoup en ont fait l’expérience: tomber ne signifie pas la fin du chemin. En rencontrant le Sauveur, ils se sont sentis rassurés par Lui: « Ma grâce te suffit: ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 9). Ils se sont relevés réconfortés et ils ont transmis au monde la parole de l’espérance qui jaillit de la croix. Aujourd’hui, une fois franchi le seuil du nouveau millénaire, nous sommes appelés à approfondir le contenu de cette rencontre. Il faut que notre génération transmette aux siècles futurs la bonne nouvelle de notre relèvement dans le Christ.

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui tombes sous le poids du péché de l’homme et qui te relèves pour le prendre sur toi et l’effacer, donne-nous, à nous hommes faibles, la force de porter la croix de chaque jour et de nous relever de nos chutes, pour transmettre aux générations qui viendront l’Évangile de ta puissance salvifique. À toi, Jésus, soutien de notre faiblesse, la louange et la gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Pro peccatis suæ gentis,

vidit Iesum in tormentis,

et flagellis subditum.

Pour les péchés de tout son peuple

elle le vit dans ses tourments,

subissant les coups de fouet.

8

Huitième station

Jésus console les femmes de Jérusalem

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants! Voici venir des jours où l’on dira: « Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité! » Alors on dira aux montagnes: « Tombez sur nous », et aux collines: « Cachez-nous ». Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? » (Luc 23, 28-31).Ce sont là les paroles de Jésus aux femmes de Jérusalem qui pleuraient, exprimant ainsi leur compassion pour le Condamné. « Ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants! » À ce moment-là, il était certainement difficile de comprendre le sens de ces paroles. Elles contenaient une prophétie, qui devait se vérifier rapidement. Peu avant, Jésus avait pleuré sur Jérusalem, annonçant l’horrible sort qui la frapperait. Maintenant, il semble se référer à cette prédiction: « Pleurez sur vos enfants... » Pleurez, parce qu’ils seront, eux précisément, témoins et participants de la destruction de Jérusalem, de cette Jérusalem qui « n’a pas reconnu le moment où Dieu la visitait » (Luc 19, 44). Si, tandis que nous suivons Jésus sur le chemin de la croix, s’éveille en nos cœurs la compassion pour sa souffrance, nous ne pouvons pas oublier cet avertissement. « Si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec? » Pour notre génération, qui est au tournant d’un millénaire, plutôt que de pleurer sur le Christ martyrisé, c’est l’heure de «reconnaître le temps où elle est visitée». Déjà resplendit l’aurore de la Résurrection. « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut » (2 Colossiens 6, 2). À chacun de nous, le Christ adresse ces paroles de l’Apocalypse: « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Le vainqueur, je le ferai siéger près de moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, je suis allé siéger près de mon Père sur son Trône » (3, 20-21).

Prière

Ô Christ, toi qui es venu en ce monde pour visiter tous ceux qui attendent le salut, fais que notre génération reconnaisse le temps où elle est visitée et qu’elle ait part aux fruits de ta Rédemption. Ne permets pas qu’il faille pleurer sur nous et sur les hommes du nouveau siècle parce que nous avons repoussé la main du Père miséricordieux. À toi, Jésus, né de la Vierge Fille de Sion, honneur et gloire pour les siècles éternels. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Tui Nati vulnerati,

tam dignati pro me pati,

pœnas mecum divide.

Ton enfant n'était que blessures,

lui qui daigna souffrir pour moi;

donne-moi part à ses peines.

9

Neuvième station

Jésus tombe pour la troisième fois

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

Voilà de nouveau le Christ tombé à terre sous le poids de la croix. La foule, curieuse, regarde s’il aura encore la force de se relever. Saint Paul écrit: « Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Philippiens 2, 6-8). Voilà précisément ce que semble exprimer la troisième chute: le dépouillement, la kénose, du Fils de Dieu, l’humiliation sous la croix. Jésus avait dit à ses disciples qu’il était venu non pour être servi mais pour servir (Matthieu 20, 28). Au Cénacle, en s’abaissant jusqu’à terre et en leur lavant les pieds, il avait d’une certaine manière voulu les habituer à cette humiliation de sa personne. En tombant à terre pour la troisième fois sur le chemin de la croix, il nous crie encore à pleine voix son mystère. Écoutons sa voix! Ce Condamné, qui succombe sous le poids de la croix tout près du lieu de son supplice, nous dit: « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jean 8, 12). Ne soyons pas troublés à la vue d’un Condamné qui tombe à terre, épuisé sous la croix. Cette manifestation extérieure de la mort qui s’approche cache la lumière de la vie.

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui, par ton humiliation sous la croix, as révélé au monde le prix de sa rédemption, donne aux hommes du troisième millénaire la lumière de la foi, afin que, reconnaissant en toi le Serviteur souffrant de Dieu et de l’homme, ils aient le courage de suivre le même chemin qui, par la croix et le dépouillement, conduit à la vie éternelle. À toi, Jésus, soutien de notre faiblesse, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Eia, mater, fons amoris,

me sentire vim doloris

fac, ut tecum lugeam.

Daigne, ô Mère, source d'amour,

me faire éprouver tes souffrances

pour que je pleure avec toi.

010

Dixième station

Jésus est dépouillé de ses vêtements, abreuvé de vinaigre et de fiel

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Il en goûta, mais ne voulut pas boire » (Matthieu 27, 34). Il ne veut pas de calmants, qui auraient obscurci sa conscience durant l’agonie. Il voulait agoniser sur la croix en toute conscience, en accomplissant la mission reçue de son Père. C’était contraire aux méthodes en usage chez les soldats chargés de l’exécution. Chargés de clouer le condamné sur la croix, ils cherchaient à diminuer sa sensibilité et sa conscience. Dans le cas du Christ, il ne pouvait en être ainsi. Jésus sait que sa mort en croix doit être un sacrifice d’expiation. C’est pourquoi il veut garder sa conscience éveillée jusqu’à la fin. Privé de celle-ci, il n’aurait pas pu, de façon totalement libre, accepter la pleine mesure de sa souffrance. Il doit monter sur la croix pour offrir le sacrifice de la Nouvelle Alliance. Il est Prêtre. Il doit entrer, par son propre sang, dans les demeures éternelles, après avoir accompli la rédemption du monde (Hébreux 9, 12). Conscience et liberté: telles sont les caractéristiques imprescriptibles d’un agir pleinement humain. Le monde connaît tant de moyens pour affaiblir la volonté en obscurcissant la conscience! Il faut les protéger jalousement contre toutes les violences! Même l’effort légitime pour atténuer la souffrance doit toujours se faire dans le respect de la dignité humaine. Il faut comprendre profondément le sacrifice du Christ, il faut s’unir à lui pour ne pas céder, pour ne pas permettre que la vie et la mort perdent leur valeur.

Prière

Seigneur Jésus, Toi qui, avec un entier dévouement, as accepté de mourir sur la croix pour nous sauver, fais que nous ayons part, ainsi que tous les hommes du monde, à ton sacrifice sur la croix, afin que notre existence comme nos actions expriment notre participation libre et consciente à ton œuvre de salut. À toi, Jésus, Prêtre et Victime, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Fac ut ardeat cor meum

in amando Christum Deum,

ut sibi complaceam.

Fais qu'en mon coeur brûle un grand feu

pour mieux aimer le Christ mon dieu

et que je puisse lui plaire.

011

Onzième station

Jésus est cloué sur la croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Ils me percent les mains et les pieds, je peux compter tous mes os » (Psaume 21 (22), 17-18). Les paroles du prophète s’accomplissent. L’exécution commence. Les coups des bourreaux écrasent les pieds et les mains du Condamné sur le bois de la croix. Dans le creux des mains, les clous sont fixés avec violence. Ces clous maintiendront le condamné suspendu dans les tourments inexprimables de l’agonie. Dans son corps, comme dans son esprit très sensible, le Christ souffre d’une manière indicible. Avec lui, on crucifie deux vrais malfaiteurs, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. La prophétie s’accomplit: « Il a été compté avec les pécheurs » (Isaïe 53, 12). Quand les bourreaux dresseront la croix, alors commencera une agonie qui durera trois heures. Il faut que s’accomplisse aussi cette parole: « Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jean 12, 32). Qu’est-ce qui « attire » chez ce Condamné en agonie sur la croix? Il est certain que l’image d’une souffrance aussi intense éveille la compassion. Mais la compassion ne suffit pas pour inciter à lier sa propre vie à Celui qui est cloué à la Croix. Comment expliquer que, de génération en génération, cette terrible vision ait pu attirer des foules innombrables de personnes qui ont fait de la croix la caractéristique de leur foi? D’hommes et de femmes qui, au cours des siècles, ont vécu et ont donné leur vie en regardant ce signe? Du haut de la croix le Christ attire par la puissance de l’amour, de l’Amour divin, qui ne s’est pas soustrait au don total de soi; de l’Amour infini, qui a élevé de terre sur l’arbre de la croix le poids du corps du Christ, pour compenser le poids de l’antique faute; de l’Amour sans limites, qui a comblé tout le manque d’amour et qui a permis à l’homme de se réfugier à nouveau dans les bras du Père miséricordieux. Que le Christ élevé sur la croix nous attire, nous, hommes et femmes du nouveau millénaire! À l’ombre de la croix, évivons dans l’amour comme le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire » (Ephésiens 5, 2).

Prière

Christ élevé, Amour crucifié, remplis nos cœurs de ton amour, afin que nous reconnaissions dans ta Croix le signe de notre rédemption et que, attirés par tes blessures, nous vivions et mourions avec toi, qui règnes avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Sancta mater, istud agas,

Crucifixi fige plagas

cordi meo valide.

Ô sainte Mère, daigne donc

graver les plaies du Crucifié

profondément dans mon coeur.

012

Douzième station

Jésus meurt sur la croix

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Au plus vif de la Passion, le Christ n’oublie pas l’homme, et en particulier il n’oublie pas ceux qui sont la cause directe de sa souffrance. Il sait que l’homme, plus que toute autre créature, a besoin d’amour; qu’il a besoin de la miséricorde qui, en cet instant, se répand sur le monde. « Amen, je te le déclare: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Luc 23, 43). Jésus répond ainsi à la demande du malfaiteur suspendu à sa droite: « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne » (Luc 23, 42). La promesse d’une nouvelle vie. Tel est le premier effet de la passion et de la mort imminente du Christ. Une parole d’espérance pour l’homme. Au pied de la croix se tenait sa Mère, et près d’elle le disciple, Jean l’évangéliste. Jésus dit: « Femme, voici ton fils! », et au disciple: « Voici ta mère! » (Jean 19, 26-27). « Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19, 27). C’est son testament pour les personnes les plus chères à son cœur. Son testament pour l’Église. En mourant, Jésus veut que l’amour maternel de Marie embrasse tous ceux pour qui Il donne sa vie, l’humanité entière. Aussitôt après, Jésus s’écrie: « J’ai soif » (Jean 19, 28). Parole où transparaît la terrible soif qui brûle tout son corps. C’est la seule parole qui manifeste directement sa souffrance physique. Puis Jésus ajoute: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Matthieu 27, 46; Psaume 21 (22), 2). Il prie avec les paroles du psaume. Malgré sa teneur, la phrase met en évidence son union profonde avec son Père. Dans les derniers instants de sa vie sur la terre, Jésus se tourne vers son Père. Désormais, le dialogue ne se déroulera plus qu’entre le Fils qui meurt et le Père qui accepte son sacrifice d’amour. Quand arrive la neuvième heure, Jésus s’écrie: « Tout est accompli! » (Jean 19, 30). Voici l’heure où s’accomplit l’œuvre de la rédemption. La mission pour laquelle il est venu sur la terre a atteint son but. Le reste appartient au Père: « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 46). Ayant dit cela, il expira. « Le rideau du Temple se déchira en deux... » (Luc 27, 51). Le « Saint des Saints » du Temple de Jérusalem s’ouvre au moment même où y entre le Prêtre de la Nouvelle et Éternelle Alliance.

Prière

Seigneur Jésus Christ, Toi qui, au moment de l’agonie, n’es pas resté indifférent au sort de l’homme et qui, dans ton dernier souffle as confié avec amour à la miséricorde du Père les hommes et les femmes de tous les temps avec leurs faiblesses et leurs péchés, remplis-nous, nous-mêmes et les générations futures, de ton Esprit d’amour, afin que notre indifférence ne rende pas vaine en nous les fruits de ta mort. A toi, Jésus crucifié, sagesse et puissance de Dieu, honneur et gloire pour les siècles éternels. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Vidit suum dulcem Natum

morientem desolatum,

dum emisit spiritum.

Elle vit son enfant très cher

mourir dans la désolation,

alors qu'il rendait l'esprit.

013

Treizième station

Jésus est descendu de la croix et confié à sa Mère

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

O quam tristis et afflicta,

fuit illa benedicta,

Mater Unigeniti.

Qu’elle était triste et affligée,

la Mère entre toutes bénie,

la Mère du Fils unique!

On a remis entre les mains de la Mère le corps sans vie de son Fils. Les Évangiles ne disent pas ce qu’elle a éprouvé en cet instant. C’est comme si les Évangélistes, par ce silence, voulaient respecter sa douleur, ses sentiments et ses souvenirs. Ou simplement comme s’ils ne s’estimaient pas capables de les exprimer. C’est seulement la dévotion séculaire qui a conservé l’image de la «Pietà», fixant ainsi dans la mémoire du peuple chrétien l’expression la plus douloureuse de cet ineffable lien d’amour, né dans le cœur de la Mère le jour de l’Annonciation et mûri dans l’attente de la naissance de son divin Fils. Cet amour s’est révélé dans la grotte de Bethléem, il a déjà été soumis à l’épreuve durant la présentation au Temple, il s’est approfondi en même temps que les événements conservés et médités dans son cœur (Luc 1, 37). Maintenant, ce lien étroit d’amour doit se transformer en une union qui dépasse les frontières de la vie et de la mort. Et il en sera ainsi tout au long des siècles: les hommes s’arrêtent auprès de la statue de la Pietà de Michel-Ange, s’agenouillent devant l’image de la Bienfaitrice Douloureuse (Smetna Dobrodziejka) dans l’église des Franciscains à Cracovie, devant la Mère des Sept Douleurs, Patronne de la Slovaquie, et ils la vénèrent dans de nombreux sanctuaires à travers le monde entier. Ils apprennent ainsi le difficile amour qui ne se dérobe pas devant la souffrance, mais qui s’abandonne avec confiance à la tendresse de Dieu, à qui rien n’est impossible (Luc 1, 37).

Prière

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita dulcedo et spes nostra salve. Ad te clamamus... illos tuos misericordes oculos ad nos converte et Iesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende.

Obtiens-nous la grâce de la foi, de l’espérance et de la charité, afin que, comme toi, nous sachions nous aussi persévérer au pied de la croix jusqu’à notre dernier souffle. À ton Fils, Jésus, notre Sauveur, avec le Père et avec l’Esprit Saint, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Fac me vere tecum flere,

Crucifixo condolere,

donec ego vixero.

Que vraiment je pleure avec toi,

qu'avec le Christ en Croix je souffre,

chacun des jours de ma vie!

014

Quatorzième station

Le corps de Jésus est mis au tombeau

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

« Il a été crucifié, est mort et a été enseveli... » Le corps sans vie du Christ a été déposé dans le tombeau. Pourtant, la pierre du tombeau n’est pas le sceau définitif de son œuvre. Le dernier mot n’appartient pas au mensonge, à la haine et à l’abus de pouvoir. Le dernier mot sera prononcé par l’Amour, qui est plus fort que la mort. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jean 12, 24). Le tombeau est la dernière étape de la mort du Christ au cours de toute sa vie terrestre; c’est le signe de son sacrifice suprême pour nous et pour notre salut. Très vite, désormais, ce tombeau deviendra la première annonce de louange et d’exaltation du Fils de Dieu dans la gloire du Père. «Il a été crucifié, est mort et a été enseveli,(...) le troisième jour est ressuscité des morts ». Avec la mise au tombeau du corps sans vie de Jésus, au pied du Golgotha, l’Église commence la veillée du Samedi saint. Marie conserve et médite au fond de son cœur la passion de son Fils; les femmes se donnent rendez-vous le lendemain matin après le sabbat, pour oindre le corps du Christ avec des aromates; les disciples se rassemblent, en se cachant au Cénacle, jusqu’à ce que le sabbat soit passé. Cette veillée s’achèvera avec la rencontre près du tombeau, le tombeau vide du Sauveur. Alors le tombeau, témoin muet de la résurrection, parlera. La pierre roulée, l’intérieur vide, les bandelettes à terre, voilà ce que verra Jean, arrivé au tombeau avec Pierre: « Il vit et il crut » (Jean 20, 8). Et avec lui l’Église crut, elle qui, depuis ce moment-là, ne se lasse pas de transmettre au monde cette vérité fondamentale de sa foi: « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité » (1 Corinthiens 15, 20). Le tombeau vide est le signe de la victoire définitive de la vérité sur le mensonge, du bien sur le mal, de la miséricorde sur le péché, de la vie sur la mort. Le tombeau vide est le signe de l’espérance qui « ne trompe pas » (Romains 5, 5). « Par notre espérance, nous avons déjà l’immortalité » (Sagesse 3, 4).

Prière

Seigneur Jésus Christ, toi qui, dans la puissance de l’Esprit Saint, as été conduit par le Père des ténèbres de la mort à la lumière d’une vie nouvelle dans la gloire, fais que le signe du tombeau vide nous parle, à nous et aux générations futures, et qu’il devienne source de foi vive, de charité généreuse et de ferme espérance. À toi, Jésus, présence cachée et victorieuse dans l’histoire du monde, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

Pater noster, qui es in cælis...

Quando corpus morietur,

fax ut animæ donetur

paradisi gloria. Amen.

Au moment où mon corps mourra,

fais qu'à mon âme soit donnée

la gloire du Paradis. Amen.

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01 février 2009

Neuvaine à Notre Dame de Lourdes

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Neuvaine à Notre Dame de Lourdes

Du 3 au 11 février 2009

O Marie, ô Vierge de Lourdes, encore tout entiers à la grâce du Jubilé, nous suivons avec humilité le chemin de Bernadette. Nous nous laissons guider par elle dans la contemplation du Mystère de Dieu qui rayonnait en elle quand elle Vous contemplait.

Suivant les pas de Bernadette, tant de pauvres viennent à la Source que dans la Foi elle creusa, tant de pécheurs y boivent et retrouvent la fraîcheur, tant de malades y recueillent espérance et douceur, tant de pèlerins y déposent leur soucis pour goûter à la plénitude de la Joie de Dieu. Comme eux, nous nous tournons vers Vous. Accueillez nos prières et guidez-nous en chemin.

Pratique de la Neuvaine

Chaque jour: une dizaine de Chapelet et trois fois les invocations

Notre Dame de Lourdes, priez pour nous

Sainte Bernadette, priez pour nous

ensuite la prière ci dessus.

Messe et communion de préférence le 11 février, fête de Notre Dame de Lourdes.

Association Notre Dame de Salut

10, rue François 1er

75008 Paris

http://pelerinage-national.org

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Téléchargez le texte de la Neuvaine à ND de Lourdes (pdf) en cliquant ici

27 janvier 2009

Neuvaine à Saint Paul de Tarse

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Saint Paul de Tarse

L'apôtre des Nations

Fête le 29 juin

L’environnement de saint Paul

Si l'action divine sur la volonté et l'intelligence n'était qu’une impulsion mécanique, si l'homme inspiré n’était qu’un objet dans les mains de Dieu, il serait inutile de rechercher quelles furent la physionomie et l'ambiance de l’auteur sacré. Mais celui-ci n'est ni une matière inerte ni un instrument inanimé. Il sent, il veut, il pense; et ses pensées et ses sentiments ne peuvent manquer de colorer la révélation qui pénètre ces pensées et ces sentiments comme un liquide colore le rayon lumineux qui le traverse. Isaïe et Ézéchiel ne délivrent pas du même ton le même message divin. Ce n'est point une seule affaire de vocabulaire. Quelle que soit la traduction utilisée, on ne sera pas exposé à prendre un chapitre de saint Marc pour une page de saint Jean. Aussi tous les exégètes affirment-ils avec raison la nécessité d'étudier le caractère individuel des écrivains sacrés, avec leurs habitudes d'esprit, le tour ordinaire de leurs pensées, leur éducation et leur situation sociale, les circonstances extérieures de leur vie et de leur action. On n'a d'un homme, surtout d'un écrivain, qu'une connaissance bien imparfaite, tant qu'on ignore le milieu intellectuel et moral où il a grandi. Par sa naissance comme par son éducation, Saul nous fait prévoir une nature complexe où s'uniront tous les contrastes. « Juif de race, originaire de Tarse, citoyen romain », tel est l'état civil fourni par lui-même au magistrat chargé d'instruire sa cause. Au dire de saint Jérôme, Giscala en Galilée fut le berceau de sa famille.

Alors comme aujourd'hui, les Juifs étaient les plus cosmopolites des hommes, ils avaient semé de leurs colonies tous les points de l'empire romain. A cette époque, Tarse était une des villes les plus florissantes de l'Asie Mineure assez proche du nord de la Palestine. Située dans une plaine fertile donnant sur la Mer Méditerranée et adossée au Mont du Taurus. Le fleuve Cydnus qui la traversait, servait alors à l’irrigation de la plaine et au transport fluvial. Comblée de faveurs par Rome, Tarse devait à son site superbe d'être un entrepôt de premier ordre et un marché des plus actifs. Pourtant le panorama riant et grandiose que saint Paul avait eu sous les yeux, semble n'avoir laissé aucune trace dans son imagination. Plus tard il traversera les sites les plus merveilleux par les faveurs de la nature sans trahir le moindre tressaillement d’admiration, sans enrichir son style d'une comparaison d’une couleur quelconque. A ce point de vue, il est l'antipode des prophètes et des évangélistes. On a voulu expliquer ce phénomène, soit par une faiblesse congénitale de la vue, soit par le manque du don d'observation. En réalité, la nature morte ne dit rien à cet esprit replié sur lui-même. Il est beaucoup plus absorbé par le spectacle de la lutte intérieure et douloureuse dont son âme est le théâtre et le prix. Il ne voit la nature inanimée que dans ses rapports avec l'homme. Son domaine est la psychologie. On a remarqué depuis longtemps que ses métaphores sont tirées presque toutes, non du spectacle et des activités de la nature, mais des manifestations extérieures de la vie humaine. Il observe avec intérêt et décrit avec finesse les jeux du stade, les soldats romains souples et agiles sous le poids des armes, les marchés orientaux grouillants d'esclaves, et même les grands édifices, temples et palais, où se révèlent la puissance et le génie de l'homme.

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L’enfance et l’éducation

Vers l'âge de six ans, l'enfant juif fréquentait l'école. Les écoles célèbres abondaient à Tarse. On s'y appliquait à toutes les sciences, surtout à la philosophie. Les Tarsiens rivalisaient sur ce point avec les philosophes d'Alexandrie et d’Athènes et passaient même pour l'emporter sur eux. Leur spécialité était de fournir des instituteurs aux gouvernants du monde. Le précepteur d'Auguste, Athénodore le Stoïcien, était de Tarse; celui de Tibère aussi. Tous deux revinrent d’ailleurs mourir dans leur ville natale, comblés d'or et d’honneurs. Ce n'est pas pourtant de ces maîtres que saint Paul apprit les éléments des lettres. Son grec n'est pas le grec des écoles : c'est une langue attrapée par l'usage, au hasard de la conversation, vive, imagée, pittoresque, remarquable d'expression, d'originalité et de mouvement, mais étrangère aux préceptes des grammairiens officiels. En effet, partout où ils étaient en nombre, les Juifs avaient leurs écoles à part. Les livres païens en étaient sévèrement bannis; l'étude principale, sinon unique, y était la Bible; seulement, dans la Diaspora, on la lisait en grec. C'est là que Saul dut être envoyé par son père qui était un pharisien rigide. Somme toute, la première jeunesse de saint Paul passée à Tarse n'a pas fait sur son intelligence une empreinte profonde. Sa famille ne s'est point laissé pénétrer par l'atmosphère ambiante. Son père, Juif de vieille souche, parait avoir médiocrement goûté la culture hellénique et les habitudes sociales du monde gréco-romain. Plus tard, Paul pourra se dire un « Hébreu fils d'Hébreux, pharisien, fils de pharisien », tant le milieu helléniste l'a peu effleuré. Cela est important à souligner, car on a accusé mal intentionnellement saint Paul d’avoir introduit la culture grecque dans la doctrine évangélique, ce qui est scientifiquement infondé.

Saint Paul connaît la Bible dans les deux langues grecque et hébraïque ; mais il la cite presque toujours en grec, soit que la version des Septante lui fût réellement plus familière, soit plutôt qu'écrivant en grec, le texte des Septante lui revint plus naturellement à la mémoire. D'après un calcul toujours sujet à révision, mais dont la donnée générale est juste, sur quatre-vingt-quatre citations, trente-quatre s'accordent exactement avec les Septante, deux seulement sont faites d'après l'hébreu, non sans supposer le texte des Septante présent à l'esprit de l'auteur. Bref, l'Apôtre n'aime pas à se départir de la version de la Septante généralement reçue et il y reste fidèle même en des cas où il semble qu'il y avait profit à l'abandonner. Au reste l'érudition de Paul n'est pas livresque : il ne possède à fond qu'une seule science, la religion révélée ; et qu'un seul livre, la Bible. En effet, l’école juive n’était qu’une annexe de la synagogue. L’instruction y était exclusivement religieuse. Mathématiques, géographie, histoire profane (et non religieuse), philosophie, tout cela n’existait pas pour le juif orthodoxe ; il n’y avait que la morale, le droit positif et l’histoire sainte : et tout cela, c’était la Bible. C’est en l’épelant qu’on apprenait à lire ; beaucoup de scribes la savaient par cœur, comme la savent peut-être, aujourd'hui encore quelques Israélites. Nous voyons Paul la citer constamment de mémoire. Même quand il ne la cite pas, son langage est un tissu de réminiscences, inconscientes ou voulues. Son style, comme celui de saint Bernard et de Bossuet, est tout imprégné d'expressions bibliques, qui jaillissent spontanément de son souvenir. Cela suppose une connaissance détaillée et minutieuse, fruit de longues années d'étude.

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Aux pieds de Gamaliel

Saul était âgé d'environ treize ans quand il s'achemina vers Jérusalem pour y achever son éducation. Nous ignorons si ses parents l'y accompagnèrent. Une quarantaine d'années plus tard, le fils d'une de ses sœurs, établie dans la Ville sainte, lui sauvera la vie. Nous connaissons déjà les mœurs voyageuses des Juifs à cette époque; il faut nous habituer de plus en plus à ces déplacements continuels, que l'histoire du siècle apostolique enregistre à chaque page. On destinait l’enfant au métier de scribe, profession ambiguë qui préparait à toutes les carrières et ouvrait la porte à tous les honneurs, le scribe étant à la fois, ou tour à tour, avocat et avoué, magistrat et jurisconsulte, conseiller et prédicateur, homme de loi et homme d’église, lettré, rhéteur et grammairien.Les étudiants de Jérusalem se partageaient alors entre deux écoles rivales dont les fondateurs, Hillel et Shammaï de légendaire mémoire, personnifient aux yeux de la postérité, l’un les vues étroites et la petitesse d'esprit, l'autre les idées larges d'un libéralisme éclairé ; l'école d'Hillel penchait en général vers l'interprétation la moins rigoriste. Le successeur d'Hillel, héritier de ses principes sinon de son sang, était alors Gamaliel l'Ancien. Vénérable aux yeux des chrétiens pour avoir défendu les apôtres, sa réputation posthume n'en a pas souffert auprès de ses coreligionnaires. Gamaliel est resté le type du pharisien idéal : « Depuis sa mort, dit la Mishna, le respect de la Loi n'est plus ; la pureté du pharisaïsme est morte avec lui. »

C'est donc aux pieds de Rabban Gamaliel, comme on le surnommait par honneur, que le jeune Saul vint s'asseoir. Il allait s'initier laborieusement à la science sacrée, au centre même de la vie nationale, au moment où Jésus, son aîné de sept ou huit ans, progressait en grâce et en sagesse dans un coin obscur de la Galilée. Nous avons pu nous demander si et dans quelle mesure le sol natal avait influé sur la pensée de Paul. Pour Jérusalem, le doute n'est pas possible. Tarse est sa patrie civile où il reçoit, avec le titre envié de citoyen romain, cette langue hellénique qui le fait, en quelque sorte, citoyen de l'univers; mais Jérusalem est la patrie de son âme, la patrie de son intelligence autant ou plus que celle de son cœur. C'est vers Jérusalem qu'il gravitera toujours au cours de son pèlerinage terrestre et il a pleinement conscience d'avoir reçu là l'empreinte indélébile de sa formation religieuse et morale. C'est là proprement qu'il a été instruit, élevé, aux pieds de Gamaliel. Il était à bonne école. Malgré certaines subtilités futiles et des inconséquences pratiques que Jésus relèvera, les pharisiens restaient les vrais dépositaires de la science sacrée et les interprètes les plus autorisés de la loi divine. Jésus devait leur rendre ce témoignage que s’il fallait éviter d’imiter leur conduite, il fallait cependant suivre leurs leçons. Et nous avons dans les écrits de l'Apôtre, les traces de son éducation rabbinique, à l'école de Jérusalem. C'est à la tradition juive, par exemple, qu'il doit le sens typique de l'Écriture et l'usage fréquent de l'allégorie. L'Ancien Testament portant les assises du Nouveau, il est naturel que le Saint-Esprit, auteur de toute la Bible, lui ait donné un sens prophétique ou figuratif, qui résulte soit des récits eux-mêmes soit de la manière de les raconter. Ce sens superposé à la lettre de l'Écriture s'appelle sens spirituel ; en le nommant typique, nous avons le double avantage d’écarter une équivoque et de nous conformer à la terminologie de Paul.

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Saul, le pharisien persécuteur

A cette époque, il se distinguait par la rigueur de son pharisaïsme : « J'étais, dit-il, plein de zèle pour [la Loi de] Dieu. J’ai vécu en pharisien, selon la secte la plus stricte de notre religion ». Quand ses adversaires se targueront de leur fidélité scrupuleuse à la Loi, il leur répondra : « Moi aussi, j’étais pharisien, persécuteur de l'Église par zèle irréprochable au point de vue de la justice selon la Loi. » L’histoire ne nous dit pas s’il a rencontré Jésus avant Pâques. Mais sans nul doute, a-t-il entendu parler de Lui dont la renommée était répandue dans toute la Palestine. Mais comme un ennemi de la Loi de Moïse, un réformateur qui vient changer les coutumes pharisiennes. Si sa présence est absente des évangiles, il semble peu probable qu’il ait ignoré son existence. Disciple de Gamaliel qui ne paraît pas dans l’Évangile, mais dans les Actes où il se montre bienveillant à l’égard des Apôtres, on peut penser qu’à l’instar de son maître, il restait plutôt indifférent aux agitations qui entouraient Jésus. Ni disciple, ni ennemi. Par contre, après la pentecôte, son hostilité allait croître de jour en jour jusqu’à l’apparition du Christ sur la route de Damas.

Il gardait les habits des témoins qui lapidaient St Etienne sans participer lui-même à la lapidation, peut-être parce qu’il n’était pas qualifié pour être le juge et le bourreau du martyr. Mais, en son for intérieur, il sanctionnait tout, il approuvait tout. Le martyre d'Étienne ne fera qu'aiguiser sa soif de sang chrétien. Non content d'assister au supplice des victimes, il pénétrait dans les maisons, en arrachait les habitants, hommes et femmes, pour les traîner dans les cachots. Bientôt, faute d'aliment, la persécution s'éteignit à Jérusalem et Saul dut porter ailleurs sa rage inassouvie. Il supplia le grand prêtre de l'investir d'une mission officielle pour rechercher, dans les synagogues de Damas, les disciples secrets de Jésus et les amener, chargés de chaînes, devant le sanhédrin. C'est là que le doigt de Dieu l'attendait. Ce que saint Paul dit de son passé de persécuteur de l’Église est de la plus haute importance pour juger de son état psychologique au moment de sa conversion : « Je persécutais sans mesure et je ravageais l'Église de Dieu, dépassant par [l'exaltation de] mon judaïsme la plupart de mes contemporains. — Je suis le dernier des apôtres et je ne suis pas digne du nom d’apôtre, parce que j'ai persécuté l'Église du Christ — Je fus jadis un blasphémateur et un persécuteur, un insulteur; mais j’ai obtenu miséricorde parce que j'agissais par ignorance dans l'infidélité. — Pharisien selon la Loi, persécuteur de l'Église par zèle, irréprochable au point de vue de la justice qui vient de la Loi. »

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La conversion

La conversion de saint Paul est, après la résurrection du Sauveur, le miracle le mieux attesté et le plus rebelle à toute explication naturelle, et par suite le plus gênant pour la libre pensée. Il n’est pas d’efforts désespérés que la critique rationaliste n’ait faits pour en atténuer la force probante. Comme pour la résurrection de Jésus-Christ, on a essayé, en vain, de mettre les témoignages en désaccord. Il existe en effet, au Livre des Actes, trois récits de la vision de Damas, l’un fait par saint Luc pour son propre compte les deux autres mis dans la bouche de saint Paul. De l'aveu de tous, les trois récits concordent sur tous les points de quelque importance : l'occasion, le lieu, l'heure de l'événement, la clarté éblouissante dont fut enveloppée soudain la caravane, le dialogue entre Saul prosterné à terre et la voix mystérieuse, sa cécité temporaire, son baptême, sa guérison, l'orientation toute nouvelle qui, subitement, d'un persécuteur fit de lui un apôtre. On a beau scruter ces textes avec la dernière rigueur pour y chercher des contradictions, on n’y relève que des détails les plus insignifiants, des minuties qu’on rougirait de relever dans un historien profane, et des circonstances extérieures au fait lui-même.

Au reste, en niant le miracle de l'apparition de Jésus, on ne se met pas en peine pour autant d'expliquer cet autre miracle d'ordre moral, plus inexplicable encore si l'on supprime le premier, la conversion de saint Paul. La vie entière de l’Apôtre, le sérieux de son pharisaïsme, la fermeté inébranlable de sa foi chrétienne, protestent contre tout système qui fait de lui un halluciné, un détraqué. De même ses écrits : ses déclarations sont formelles : « il a vu le Seigneur ; le Christ lui est apparu. » Pas d'étape dans sa conversion; pas d'acheminement graduel vers la foi. Jésus-Christ l’a saisi à l'improviste au milieu de sa course. Le coup qui le renversa fut foudroyant, irrésistible. Rien ne le présageait, rien ne le préparait : c'est un pur effet de la grâce toute-puissante. Vous lui supposez des rapports antérieurs avec les chrétiens. Il ne les connaissait que comme le bourreau connaît ses victimes. Il ne savait rien de leur doctrine si ce n'est qu'elle était incompatible avec la Loi de Moïse, inconciliable avec le judaïsme, et partant haïssable et digne d'extermination : cela lui suffisait et il ne désirait pas en savoir davantage. Vous lui prêtez des hésitations, des anxiétés, des remords. Il vous répond qu'il n'éprouvait aucun trouble, aucune inquiétude, qu'il croyait sincèrement servir Dieu, qu'il était de bonne foi et qu'il doit à son ignorance d'avoir obtenu miséricorde. C’est pourquoi, pour supprimer un miracle, on en forge autre, un miracle psychologique encore plus merveilleux. Mieux vaut donc renoncer à expliquer l'inexplicable. Certes, la grâce rencontrait dans la riche nature de Paul un terrain propice et même des germes précieux. Les convictions fortes au service de la passion sont plus faciles à tourner au bien qu'un scepticisme armé d'indifférence. Dieu entre plus aisément dans les cœurs et dans les esprits qui n'ont pas péché contre la lumière. D’autre part, le besoin inné de justice et le sentiment profond de son impuissance inclinaient spontanément l’âme de saint Paul vers la doctrine chrétienne, où ces deux tendances devaient trouver satisfaction et repos.

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Conséquences théologiques

L'apparition de Damas a exercé sur la théologie de saint Paul une influence multiple dont il convient de signaler ici quelques traits : Une des théories les plus hardies et les plus originales de l'Apôtre est bien l'incorporation au Christ, en vertu de laquelle le Christ est tout en tous et tous sont un en lui. Cette théorie n'est-elle pas contenue en germe dans cette question de Jésus : « Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Paul ne s'attaquait pas directement à la personne du Christ : il y a donc entre Jésus et les siens une identité mystérieuse, pour qu'en frappant les disciples, on atteigne le Maître. Dans la conversion de Paul, l'œuvre de la grâce est tangible. Le revirement est instantané : c'est un éclair, un éblouissement, l'adhésion rapide à l’appel divin d'une volonté qui n'a presque pas conscience d'avoir consenti. Qui a connu pareille crise a le sentiment plus net, l'intuition plus vive que tout l'honneur du changement revient à Dieu ; il aime à se représenter l'opération de la grâce comme foudroyante, la foi comme un acte d'obéissance, libre sans doute, mais qui, une fois posé, vous jette tout d'un coup en un monde nouveau de droits et de devoirs, d'obligations et de privilèges. Voilà bien la foi de l'Épître aux Galates et de l’Épître aux Romains, cette foi agissante, où le cœur a autant de part que l’esprit, cette foi qui révolutionne tout l'être, envahit toutes les puissances de l'âme et oriente en un instant la vie tout entière. Enfin le Christ entrevu laisse dans la mémoire de Paul un inoubliable idéal. Dès lors, son regard reste éperdument fixé sur l'incomparable modèle. Il aspire et il veut qu'on aspire à la mesure, à la plénitude du Christ. On n'en approchera jamais; qu'importe! Il faut y tendre toujours. La morale paulinienne est tout imprégnée de ce souvenir vivant; et au lieu de nous proposer l’exemple de Jésus dans sa vie mortelle, elle nous invite à l'imitation du Christ ressuscité et glorieux. Il est toutefois excessif de dériver toute la théologie de saint Paul du fait de sa conversion. La vision de Damas est la plus claire et la plus intime des révélations, mais ce n'est que la première; et l'expérience religieuse ne peut tirer d'un fait que ce qu'il contient réellement. La foi chrétienne ne se réduit pas à une impression subjective et les dogmes ne sont pas les produits arbitraires et relatifs de la conscience individuelle.

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Baptême de Paul

L'imagination populaire aime à rapprocher la conversion de Paul de son apostolat effectif. Le matin, c'est le loup dévorant qui ravage le bercail du Christ; le soir, c'est le conquérant qui traîne au pied de la croix, vaincus et captifs, les ennemis de l'Évangile. En réalité, ni la nature ni la grâce ne procèdent par bonds; six ou sept ans, au minimum, s'écoulent dans l'intervalle : période de gestation féconde où sa pensée se mûrit et s'achève dans la solitude, le silence et la prière; période obscure aussi, où l'histoire perd souvent sa trace et n'a pour guide que le récit plein de vie et de mouvement, mais intermittent et fragmentaire, des Actes des Apôtres. Après son baptême et sa guérison, le néophyte Saul ne resta à Damas que très peu de jours, mais suffisamment pour être instruit des premiers rudiments de la foi. L'éducation religieuse de Paul, pas plus que celle des autres apôtres, ne pouvait se faire en un jour. Après qu'une crise subite en a marqué les débuts, le développement ultérieur prend un cours normal et progressif. Si la vision de Damas fut l’amorce d'une synthèse théologique, la synthèse elle-même sera le fruit d'une révélation lente et continue, et pas forcément par apparition. En effet il ne faudrait pas aller jusqu’à rapporter à la même source divine tout ce que l'Apôtre a jamais prêché, même ce qu'il pouvait facilement apprendre par intermédiaire, comme la vie, les miracles, les discours de Jésus ? En ce cas, Paul aurait été beaucoup plus favorisé que ses collègues dans l'apostolat qui étaient réduits à apprendre par le récit des autres beaucoup de faits dont ils n'avaient pas été témoins oculaires ; il n’y a pas de raison à penser qu’il en fut autrement pour saint Paul. La providence, qui ne fait rien d’inutile, observe, jusque dans le miracle, une certaine économie de moyens. Sans doute, selon la sage remarque d'Estius, il n’en coûtait pas plus au Seigneur de lui apprendre en un instant toutes les vérités de la foi chrétienne que de le convertir miraculeusement; mais Dieu a voulu se servir du ministère d’Ananie, afin que personne ne dédaigne le magistère humain, en voyant le Docteur des nations catéchisé par un homme. Il n'y a là rien de contraire aux prétentions de Paul. « Il a reçu les éléments de la foi, comme les autres catéchumènes, au moment de son baptême; mais le Christ se réserve de lui enseigner lui-même les mystères les plus profonds du christianisme. » C’est par révélation qu'il va plaider auprès des apôtres la cause des Gentils. L'Esprit de Dieu l’empêche de prêcher en Asie, lui ferme les frontières de la Bithynie et le pousse irrésistiblement en Macédoine; il l’encourage et le console à Corinthe après l'échec d'Athènes; il le ramène de force à Jérusalem malgré la perspective d'une longue captivité; puis, quand tout espoir de voir Rome semblait perdu, il lui en renouvelle l'assurance. Bref, la providence le conduira à toute heure comme par la main.

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Paul en Arabie

Mais, pour l’heure, après son baptême, Saul avait hâte de fuir le tumulte des villes. Après l'ébranlement moral qu'il venait d'éprouver, il sentait le besoin de se trouver en face de lui-même et en tête à tête avec Dieu. Il partit donc pour l'Arabie. On peut douter qu'il y fût attiré par une pensée d'apostolat; quoique destiné à porter le nom de Jésus jusqu'aux extrémités de la terre, il attendait sans impatience ni inquiétude l'heure de Dieu. Il voulait sonder son âme, méditer les Écritures, se recueillir sous l'œil du Seigneur, prêter l'oreille à cette voix intérieure qu'on perçoit d'autant plus distinctement que les échos du monde sont plus lointains et plus affaiblis. Il y passa un an, deux ans peut-être. Rien ne nous aide à percer le mystère de cette retraite. Saint Luc ne dit pas un mot de ce séjour en Arabie, bien qu'il semble indiquer un double séjour à Damas entre lequel s'intercale assez naturellement le voyage en Arabie. A son retour à Damas, Saul était armé pour la controverse. Sa prédication se fortifiait de preuves scripturaires irrésistibles. Ce n'était plus seulement, comme la première fois, la déposition du témoin oculaire, c'était l'enseignement raisonné du docteur et le message inspiré du prophète. Incapables de lui répondre, ses adversaires prirent le parti de lui fermer la bouche! L'ethnarque du roi Arétas, soudoyé par les ennemis de saint Paul, se chargea de leur vengeance. Pour déjouer la vigilance des mercenaires du gouverneur qui, nuit et jour, faisaient bonne garde aux portes de Damas, il fallut cacher l'Apôtre dans une manne et le descendre le long des murs par une poterne. Après sa pittoresque évasion, il se rendit en hâte à Jérusalem pour y voir Pierre. De nouvelles embûches l'y attendaient, cette fois de la part des Juifs hellénistes. Au bout de quinze jours, les frères alarmés l'emmenèrent à Césarée et le mirent sur le chemin de Tarse, qu'il gagna par la voie de terre. Pendant trois ou quatre ans au moins, nous le perdons de vue. Puis il reparaît à Antioche où Barnabé l’avait ramené de Tarse, pour l’aider dans l’évangélisation de la communauté chrétienne de cette grande ville impériale. En effet, les conversions y étaient nombreuses, et c’est à Antioche que commença l’évangélisation officielle des païens.

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Début de l'évangélisation officielle des Gentils

Après la mort d'Étienne, quelques fugitifs de la persécution étaient venus à Antioche, et y avaient prêché le Christ Jésus aux païens eux-mêmes¹. Pour cimenter les nombreuses conversions, l'église mère de Jérusalem envoya dans la capitale de la Syrie un de ses meilleurs missionnaires, Barnabé. Barnabé avait peut-être connu Paul à l'école de Gamaliel et l'avait revu chrétien à Jérusalem ; aussi s’était-il empressé d'aller le chercher à Tarse. Une année entière, ils cultivèrent ensemble le champ que la providence avait semé pour eux. Cependant l'influence de Paul grandissait tous les jours. Quand il fallut porter à Jérusalem les aumônes de l'église d'Antioche, en prévision de la famine prédite par Agabus, Barnabé et lui furent délégués. Ils n'y trouvèrent point les apôtres. C'était au fort de la persécution d'Hérode Agrippa ; Jacques le Majeur venait de rendre à Jésus le témoignage du sang ; Pierre, miraculeusement délivré, avait quitté la ville ; les autres s'étaient dispersés. Aussi leur mission remplie, les deux envoyés rentrèrent à Antioche. C’est vers le même temps que le roi persécuteur Hérode mourut (44 ap. JC) Comme l'église d'Antioche pouvait alors se suffire, il fut décidé sous l’inspiration de l'Esprit de Dieu, d’envoyer Barnabé et Saul pour l'apostolat en grand des Gentils. Saul paraît d’abord occuper une position subordonnée. C’est par l'île de Chypre, d'où Barnabé est originaire que les deux apôtres commencent leur tournée. Le proconsul de l’île Sergius Paulus embrasse la foi, et dès lors, les rôles sont intervertis. Saul, devenu subitement Paul, prend la conduite de l'expédition évangélique, et Barnabé, avec une simplicité égale à sa modestie, s'efface derrière celui dont il reconnaît la vocation providentielle. Au changement de nom qui s’est fait à Chypre pendant cette première mission auprès des Gentils, il ne faut pas chercher de mystère. Les papyrus contemporains nous apprennent qu'un grand nombre de personnages portaient alors deux noms, l'un indigène, l'autre romain. Saul, citoyen de Rome, prend son nom latin, Paul, au moment où il entre en rapports avec les Romains. Plus remarquable est le changement de rôles : la caravane apostolique s'appellera désormais « la suite de Paul ». Tandis qu'autrefois Barnabé avait la primauté, c'est maintenant le contraire. Il y a cependant quelques exceptions ; mais celles-ci sont seulement apparentes et s'expliquent aisément : à Lystres par l'opinion des Lycaoniens frappés de la prestance de Barnabé; à Jérusalem par le fait que Barnabé est nommé le premier dans la lettre du concile et prend le premier la parole. En ce cas, Luc n'est que rapporteur des évènements ; mais, quand saint Luc exprime sa propre pensée, il renverse les rôles et attribue toujours à Paul la place d'honneur.

Après Chypre, les missionnaires, repassant sur le continent asiatique, évangélisent tour à tour Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres, Derbé. Leur méthode de prédication est toujours la même. Ils s'installent dans la synagogue tant que les Juifs et les prosélytes veulent leur prêter audience. Quand on leur en ferme les portes ou que l'émeute les en bannit, ils s'adressent aux Gentils. Les intrigues et les complots des Juifs les chassent d'Antioche et d'Iconium ; à Lystres, Paul est lapidé et laissé pour mort ; à Derbé on leur barre sans doute le chemin, car au lieu de rentrer en Syrie par la voie directe de Cilicie, ils font à rebours la même route, et évangélisent Pergé qu'ils n'avaient fait d'abord que traverser et s'embarquent finalement à Attalie pour Antioche¹. Ainsi, dans un laps de temps qui ne doit pas avoir dépassé quatre ou cinq années, ils ont fondé au moins sept chrétientés : deux à Chypre, Salamine et Paphos, deux dans la Pisidie phrygienne, Antioche et Iconium, deux en Lycaonie, Lystres et Derbé, une en Pamphylie, Pergé. Rentrés à Antioche qui les avait « livrés à la grâce de Dieu », ils racontent aux frères, convoqués en Assemblée plénière, ce que Dieu a fait avec eux et par eux et comment ils ont ouvert aux Gentils la porte de la foi. C'était là un événement dont il est impossible d'exagérer la portée, car c’était la conquête du monde qui commençait à se réaliser. Mais en même temps une terrible épreuve faillit l’anéantir dès sa naissance si la thèse de Paul n'avait pas finalement triomphé.

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L’Église et la synagogue

Il s'agissait de savoir à quelles conditions les Gentils seraient admis dans l'Église et quelle place ils y occuperaient. L'église mère de Jérusalem se rattachait encore si étroitement à la synagogue qu'elle aurait pu passer pour une secte juive. Distinction des aliments purs et impurs, visites au Temple, sacrifices, purifications légales: tout cela confondait presque, au dehors, les nouveaux disciples du Christ avec les Israélites dévots. Les chrétiens de Jérusalem cherchaient visiblement à ménager leurs compatriotes juifs et anciens coreligionnaires ; au reste, une rupture violente, en coupant court à tout espoir de prosélytisme, eût atrophié l'Église au berceau. Confiné d'abord dans les cercles judaïques, l'Évangile ne s'en dégagea qu'insensiblement. Il avait fallu un ordre exprès du ciel pour décider saint Pierre à baptiser le centurion Corneille ; et malgré l'éclatant miracle qui la sanctionna, cette exception n'alla pas sans quelque étonnement de la part des fidèles. L'admission des Samaritains, circoncis et à moitié Juifs en dépit de leur hérésie et de leurs haines héréditaires ne souleva pas de difficulté sérieuse : à la première annonce de leur conversion, Pierre et Jean leur furent dépêchés. La première église mixte fut Antioche. Des chrétiens dispersés par la bourrasque qui suivit la mort d'Étienne, y avaient prêché le Christ même aux Grecs. C'était un fait sans précédent mais que les apôtres s'empressèrent de ratifier en déléguant Barnabé à Antioche. Là, Juifs et Grecs convertis, désignés maintenant sous le nom de chrétiens, qui les distingue comme association religieuse spéciale, semblent avoir bien frayé ensemble. Peut-être les Juifs d'Antioche étaient-ils moins intransigeants que leurs frères de Palestine; ou les fidèles venus du paganisme plus accommodants; peut-être aussi se fit-on des concessions mutuelles.

Mais la question de savoir à quelles conditions les Gentils devaient être admis dans l'Église, se dressa soudainement quand Paul et Barnabé annoncèrent qu'ils avaient ouvert toutes grandes les portes de la foi et que les païens s'y précipitaient en masse, que se fondaient des chrétientés d'où l'élément juif était à peu près absent et qui prétendaient vivre sur le pied d'égalité avec les autres. Sur ces entrefaites, vinrent de Jérusalem à Antioche des personnages qui devaient jouir d'un certain crédit. Ils prêchaient hautement que la circoncision était une condition essentielle pour être admis dans l'Église et pour espérer le salut. Grande fut l'émotion. Paul et Barnabé s'élevèrent avec force contre ces prétentions nouvelles. Le moment était solennel. Maintenir la circoncision, avec l'observation intégrale de la Loi qu'elle implique, c'était renoncer à l'espoir de conquérir le monde. Jamais le monde ne se serait fait juif. Mais la question de principe était plus grave encore. Faire d'une pratique mosaïque la condition essentielle du salut, c'était nier virtuellement le caractère transitoire de l'ancienne économie, nier la suffisance de la rédemption et la valeur du sang et des mérites du Christ; c'était renverser le dogme fondamental du christianisme. Il fut donc décidé que la question serait soumise à l'église mère de Jérusalem. Paul et Barnabé furent choisis pour représenter l’église d'Antioche. Sans doute Paul, tout désigné d'ailleurs par sa situation prépondérante et par le rôle capital qu'il venait de jouer dans l'évangélisation des Gentils, s'offrit-il spontanément, car une révélation lui enjoignait d'aller plaider lui-même sa cause comme il l’écrit dans sa lettre aux Galates.

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Le concile de Jérusalem

Presque tous les critiques et tous les exégètes, estiment que le récit de saint Paul dans sa lettre aux Galates et celui de saint Luc au chapitre 15 des Actes relatif au concile de Jérusalem, se rapportent au même événement. En effet, les acteurs sont les mêmes, Paul et Barnabé d'un côté, Pierre et Jacques de l'autre. Les lieux sont les mêmes : Antioche et Jérusalem. Le débat est le même : on veut obliger les Gentils à la circoncision, malgré les protestations de Paul et de Barnabé. La date est la même. Enfin le dénouement est le même : les idées de Paul triomphent. On ne trouve rien à reprendre dans sa prédication et les colonnes de l'église sanctionnent pleinement son évangile. Cette première victoire de Paul fut éclatante. Après ce coup d'autorité, il était facile à saint Paul de faire prévaloir sa thèse. Il réclamait pour les Gentils le privilège d'être exonérés des observances légales. Saint Pierre abonda dans son sens, en rappelant que la liberté des Gentils avait été proclamée également par le Saint-Esprit lui-même. Mais ce fut Jacques qui eut l'honneur de proposer une solution vraiment pratique, à laquelle tout le monde se rallia. Il fut d'avis de déclarer les Gentils exempts de la Loi mosaïque, sauf quatre restrictions, destinées à faciliter leurs rapports avec les judéo-chrétiens. On devait leur interdire les viandes immolées aux idoles, la fornication — c'est-à-dire, selon toute apparence, les mariages entre consanguins défendus par la Loi mosaïque — les chairs étouffées et le sang. Ces quatre points étaient jadis prescrits sous peine de mort à tous les étrangers fixés en Israël. Mais ces quatre prohibitions — idolothytes, fornication, sang et chairs sanglantes — leur sont imposées, non de par la Loi de Moïse, mais en vertu de l'autorité des apôtres. On choisit les observances qui devaient rendre possibles les rapports de table et de société entre les deux fractions de la communauté chrétienne; car on ne pouvait pas espérer voir les fidèles issus du judaïsme dépouiller de sitôt leur horreur instinctive pour les idolothytes et les viandes non saignées. Enfin le décret apostolique concernait seulement l'église mixte d'Antioche, où la controverse s'était élevée, et les églises de Syrie et de Cilicie, qui se trouvaient dans des conditions analogues, et non pas l’église de Jérusalem et celles de Palestine. En somme, c'était le triomphe complet des idées de Paul. La liberté des Gentils reconnue en principe, leur évangélisation approuvée explicitement, les églises pauliniennes maintenues dans leur statu quo. Saint Paul peut dire en toute rigueur de vérité que les grands apôtres n'ont rien changé ni rien ajouté à son évangile.

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Altercation entre Paul et Pierre

Cependant le décret de Jérusalem ne levait pas tous les doutes. Les Gentils, officiellement dispensés de la Loi, ne restaient-ils pas libres de l'observer dans toute sa teneur ? N'y avait-il pas pour eux mérite et perfection à le faire ? Les quatre articles qu'on leur imposait par nécessité, sans spécifier la nature de cette nécessité, semblaient les assimiler aux prosélytes juifs de second rang. N'étaient-ils pas ainsi placés, par rapport aux fidèles issus du Judaïsme, dans un état d'humiliante infériorité, qu'ils feraient cesser en assumant l'observation intégrale de la Loi ? Bien que formellement déchargées du fardeau de la Loi, les recrues de la gentilité ne se trouvent-elles pas de ce fait placées dans un état d'infériorité, par rapport aux recrues du judaïsme ? D'autre part, si la mesure prise par les apôtres donnait satisfaction aux judéo-chrétiens modérés, elle ne supprimait pas les objections des judaïsants stricts qui prétendaient que la tolérance du concile concernait les seuls Gentils et que tout le fardeau de la Loi continuait à peser sur les Juifs de race. De là cet incident qui suivit l’assemblée de Jérusalem et que saint Paul raconte : « quand je vis qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile, je dis à Képhas devant tout le monde : "Si toi, qui es Juif, tu vis comme les Gentils et non comme les Juifs, pourquoi forces-tu les Gentils à judaïser ?" ».

Sur la question de principe, les deux apôtres Pierre et Paul étaient pleinement d'accord. En effet, dans l'église d'Antioche, où les Juifs n'étaient qu'une minorité, Pierre avait coutume de manger avec les Gentils. Son changement d'attitude fut provoqué par l'arrivée des judaïsants de Jérusalem. Pierre eut peur de ces croyants intransigeants de l’entourage de saint Jacques et jugea bon de les ménager. Aussi, à partir de ce jour, il prit l'habitude de décliner les invitations des fidèles issus de la gentilité et d'éviter même leur commerce. L'esprit de conciliation le poussait trop loin. Sa conduite était une dissimulation véritable, comme saint Paul le lui reprocha, puisqu'il agissait au rebours de ses convictions intimes; de plus, elle eut deux fâcheux résultats qu'il n'avait pas prévus: Les autres Juifs d'Antioche et Barnabé lui-même, qui auparavant ne se faisaient pas scrupule de manquer aux prescriptions légales, crurent nécessaire de l'imiter, tant son exemple avait de poids; Par contre, les païens convertis, dont la liberté venait d'être reconnue, se virent menacés d'isolement s'ils ne vivaient pas à la juive : placés dans l'alternative de renoncer à leurs privilèges ou de n'être plus les convives des apôtres et de leurs frères Hébreux, ils étaient moralement contraints de judaïser. Saint Paul sonda d'un coup d'œil les conséquences plus ou moins lointaines, mais fatales, de cette fausse situation. Il comprit que la « dissimulation » de Pierre et de ses imitateurs, bien que s'inspirant de motifs avouables, lésait, sous couleur de charité, les droits d'une portion de l'Église; elle pouvait amener une scission dans la communauté chrétienne. Paul connaissait la loyauté, l'humilité, la grandeur d'âme du chef des apôtres. Il ne craignit pas de lui reprocher publiquement, non pas une faute mais un exemple dangereux, non pas une erreur mais une inconséquence. Pierre se rendit certainement aux raisons de Paul.

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La prédication de saint Paul

Les premiers sermons des apôtres durent être coulés dans un moule uniforme. Il comprenait deux points essentiels : la conversion sincère et la foi en Jésus-Christ Sauveur. A son tour, la conversion supposait :1) un acte de l'esprit et 2) un mouvement du cœur : l'adoration exclusive du vrai Dieu et le repentir du passé, inspiré par la perspective des jugements divins. Devant un auditoire juif, déjà imbu de monothéisme, la prédication se résumait donc en ces deux mots : pénitence et foi. Mais la foi au Christ prenait un caractère spécial ; ce n'était plus seulement la foi en Jésus mort pour nos péchés, dont Dieu avait sanctionné par le miracle de la résurrection la mission rédemptrice; c'était la foi au Messie prédit par les prophètes, espérance d'Israël et couronnement des promesses. Rupture complète avec le passé, profession du monothéisme, attente du salut par la médiation du Fils: tels étaient les actes de volonté et d'intelligence que saint Paul cherche à inculquer à ses auditeurs et qui les constitueraient chrétiens. A l'origine, l'article relatif au jugement de Dieu prenait volontiers la forme dramatique de la parousie : consolation des croyants, épouvante des infidèles. Dès qu'un auditeur touché de la grâce avait dit : Je crois, commençait pour lui la catéchèse proprement dite. Le dogme primordial était celui de la résurrection du Christ, qui appartient plutôt aux préliminaires de la foi, parce qu'il renferme la preuve la plus solide, comme la plus accessible, de la divinité du christianisme. Paul y appuyait avec une insistance particulière, car c'était pour lui la clef de la valeur sacramentelle du baptême et l'un des fondements de sa morale. C'est aux Gentils que Paul a reçu mission spéciale de prêcher. Son éducation helléniste et sa vive sympathie pour les Grecs l'y préparaient mieux que les autres. Il savait que la conscience veille toujours au cœur de l’homme et il percevait, au fond du sentiment religieux le plus dégradé, une sorte de monothéisme latent qu’il s’agissait de dégager. Dieu est le Dieu des Gentils aussi bien que des Juifs et il n'y a qu'à le montrer à la raison bien disposée pour le lui faire reconnaître. Ce problème de l’universalisation de l’évangile est donc un thème important de la théologie de saint Paul. Elle est souvent présente dans ses lettres.

Bien que les nouveaux croyants vinssent en majeure partie de la gentilité, les premières instructions religieuses leur avaient été d’abord données dans la synagogue. Cela explique pourquoi le dogme chrétien fondamental leur est présenté comme la réalisation des prophéties : le Nouveau Testament faisant suite à l'Ancien. L'auteur de l'Épître aux Hébreux range parmi les vérités élémentaires qu'aucun chrétien n'est censé ignorer, et qui devaient donc constituer le premier objet de la catéchèse, les articles suivants : 1 pénitence des œuvres mortes, 2 foi en Dieu, 3 doctrine du baptême, 4 imposition des mains, 5 résurrection des morts et 6 jugement éternel. En réalité, les deux premiers articles et les deux derniers entraient toujours dans les sermons adressés aux infidèles pour les amener à croire; seule, l'explication relative au baptême et à l'imposition des mains pouvait être réservée aux catéchumènes. Les Actes des apôtres nous donnent un intéressant spécimen de la prédication de saint Paul devant un auditoire où l'élément juif prédominait. Arrivés à Antioche de Pisidie, les missionnaires allèrent s'asseoir, dès le premier sabbat, au milieu des Juifs et des prosélytes qui remplissaient la synagogue. Après la lecture de la Loi et des prophètes, on invita saint Paul à prendre la parole. C'était une politesse qu'on ne manquait pas de faire aux étrangers de distinction. Paul y comptait. Aussi quand on lui proposa de prendre la parole, il se leva aussitôt et, d'un geste réclama l’attention et le silence. Que son exorde lui ait été suggéré ou non par la lecture du jour, il se mit à développer une des idées favorites de l'Écriture: la vocation divine d'Israël et la providence spéciale dont il fut l’objet, au temps des patriarches, en Égypte, dans le désert, sous les Juges, lors de l'institution de la royauté. Jusqu'ici rien ne pouvait exciter la défiance des auditeurs et le pharisien le plus orthodoxe n’aurait point parlé autrement. Mais, parvenu à David, l'orateur imprime insensiblement à son discours une autre direction, sans sortir toutefois du terrain prophétique. C'est de la race de David que doit naître, selon la promesse, le Sauveur d'Israël; et ce Sauveur est apparu il s’appelle Jésus, il a eu pour précurseur et pour garant un homme dont ils ne sauraient récuser le témoignage, puisqu’il leur appartient, puisqu'ils l'ont vénéré comme un thaumaturge et comme un prophète, saint Jean-Baptiste.

Ici commence proprement le corps du sermon, dont saint Luc ne nous donne sans doute qu'un bien court résumé. Saint Paul suit exactement la marche qu'il nous dit avoir adoptée dans l'évangélisation de Corinthe, tactique d'ailleurs si naturelle et si conforme à sa doctrine qu'on pouvait la soupçonner a priori. Il prouve par l’Écriture que la mort, la sépulture et la résurrection du Christ étaient prédites depuis longtemps, que les bourreaux de Jésus ont contribué, sans le savoir et sans le vouloir, à remplir les prophéties, que Dieu y a mis le sceau en ressuscitant son Fils. Le fait même de la résurrection se démontre comme toujours par la déposition de témoins oculaires encore vivants dont tout le monde peut contrôler l'attestation. La démonstration achevée, l'Apôtre conclut en ces termes : « Sachez donc, frères, que par lui la rémission des péchés vous est annoncée. La justification que vous n'avez pas pu obtenir par la Loi de Moïse, tout croyant la trouve en lui. » Il est impossible de ne pas sentir ici la touche de saint Paul. Pas une idée, presque pas un mot qui ne soit de son style et de sa langue. Tout y est caractéristique: l'opposition entre la foi et la Loi, l'impuissance de cette dernière, la rémission des péchés par la médiation du Christ, la justification par la foi en la personne du Rédempteur.

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Portrait de l’Apôtre

De tous les personnages de l'âge apostolique, saint Paul est, sans contredit, celui que nous connaissons le mieux. Saint Luc, dans les Actes, et plus encore lui-même dans ses Épîtres ont dépeint sa personne et son caractère. Il était de taille médiocre. « Il avait trois coudées, dit saint Chrysostome, et pourtant il touchait le ciel. » Sa physionomie avait plus de finesse que de majesté, aussi les Lycaoniens le prirent-ils pour Mercure, tandis qu'ils regardaient saint Barnabé comme Jupiter, à cause de sa prestance extérieure. Ses ennemis de Corinthe reconnaissaient la force et l'énergie de son âme dans ses lettres; mais ils étaient étonnés de la faiblesse de son corps et de son apparence chétive. Aux yeux de quelques gens d'un goût raffiné et difficile, son élocution paraissait quelquefois embarrassée, quoiqu'elle fût ordinairement abondante et suffisamment ornée. Absorbé par des pensées sérieuses, il ne faisait pas beaucoup de cas de l'éloquence; mais sa diction était empreinte d'une certaine fierté, et, à l'occasion, son langage devenait entraînant, persuasif, noble et sublime. Ce qui donnait plus de force à son discours, c'est qu'il avait la conviction de posséder l'esprit de Dieu et que Jésus-Christ parlait par sa bouche : de là la confiance qui l'anime, sans jamais lui faire défaut. Mais, sous cette frêle enveloppe est cachée une âme forte, un esprit généreux, un cœur que rien ne saurait abattre, que le danger n'étonne et n’épouvante jamais. Si son corps est débile, si la souffrance l'accable, il se glorifie de ses infirmités. Il sent sa propre faiblesse, mais il est fort de la force de Dieu. Il montre comme des souvenirs glorieux les cicatrices des coups et des blessures qu'il a reçus dans l'exercice de l'apostolat et dont son corps est couvert. Ce sont les stigmates auxquels on reconnaît qu'il est serviteur de Jésus-Christ. Quatre fois, comme il nous l'apprend lui-même, saint Paul fut consolé et fortifié par des visions célestes; il eut même une extase où il fut transporté en présence de la majesté divine, et entendit des paroles mystérieuses qui ne pouvaient être répétées. Dix ans environ avant sa mort, il avait déjà été flagellé cinq fois par les Juifs. En violation de ses droits de citoyen romain, trois fois il fut battu de verges. A Lystre, après avoir voulu lui rendre les honneurs divins, le peuple, par suite d'un changement inconcevable, le lapida et le laissa pour mort. Dans ses voyages sur mer, trois fois il fit naufrage; une fois il passa un jour et une nuit à la merci des flots, soutenu sur un débris de navire. Durant ses pérégrinations apostoliques, il fut enchaîné et jeté sept fois en prison. Dans les tribulations qu'il endure, au milieu des douleurs qui l'accablent, il voit la continuation et le complément des souffrances de Jésus-Christ dans sa Passion. Peu lui importe la vie ou la mort, pourvu que sa vie ou sa mort contribue à la glorification de Jésus. Il eût préféré mourir pour être uni au Christ, mais il accepte de grand cœur la nécessité du travail pour remplir sa mission. Vrai modèle de l'Apôtre et du pasteur des âmes, saint Paul se fait tout à tous, se plie aux circonstances, s'identifie avec les sentiments et les besoins de ceux qu'il a convertis à la foi. Il garde toujours la dignité de l'Apôtre, il est ferme dans le maintien de la foi et les pratiques importantes; mais pour le reste il est indulgent, facile, miséricordieux. Pour ses néophytes il a des entrailles de mère. Il pense, il sent, il souffre, il se réjouit avec eux. Au lieu de leur imposer sèchement des lois, il s'efforce, en usant de toute la condescendance possible, de les amener à ne pas avoir d'autre volonté que la sienne. Rarement il use du commandement. Il semble toujours calculer d'avance l'effet de ses paroles, guidé par son expérience des hommes, et par son amour pour les nouveaux chrétiens. Nous pouvons le suivre prêchant depuis Jérusalem jusqu'en Illyrie et dans les régions environnantes, avant même d'avoir mis les pieds en Italie, comme il l'écrivait lui-même aux Romains. L'Arabie, la Séleucie, le pays de Damas, la région d'Antioche, les villes de l'île de Chypre, de la Pamphylie, de la Pisidie, de la Lycaonie, de la Syrie, de la Cilicie, de la Phrygie, de la Galatie, de la Mysie, de l'Achaïe, de l'Épire et des autres contrées situées entre Jérusalem et l'Illyrie, ont entendu sa parole apostolique ; ces régions l'ont vu créant des Églises en courant, et faisant surgir du sein de l'idolâtrie le peuple fidèle, destiné à adorer Dieu en esprit et en vérité.

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Le martyre

Averti par une révélation divine, que le temps de sortir de ce monde approchait, saint Paul acheva ses itinéraires apostoliques. Il reprit le chemin de Rome en compagnie de Luc, de Tite, et d'autres coopérateurs. Saint Astère pense que saint Paul retrouva saint Pierre à Rome, et s'appliqua, de concert avec lui, à instruire les Juifs dans les synagogues, et à convertir les païens. Surtout ils réconfortèrent les chrétiens qui avaient échappé jusqu'alors à la persécution de Néron. Arrêté et mis en prison à son tour, saint Paul comparut devant l’empereur. Il fut alors abandonné de ses amis qui le considéraient comme perdu à leurs yeux et qui craignirent, en lui prêtant leur appui, d'être entraînés dans sa perte. Mais si tout secours humain fit défaut à l'Apôtre, Dieu lui donna un courage surhumain, et le rendit invincible. Il échappa momentanément à la mort, mais il demeura vraisemblablement en prison. La prison, malgré ses murs épais, ne mit aucun obstacle sérieux à sa prédication apostolique. Que Jésus-Christ fût glorifié, le reste le préoccupait peu. Saint Paul écrivait plus fréquemment ; il multipliait ses Épîtres, ses avis, son enseignement ; vrai testament de son inépuisable charité, dernière expression de sa foi ferme et constante, c'était comme la dernière étincelle du désir ardent qu'il avait de voir achevée son œuvre de l'établissement de la foi parmi les Païens. Le martyre de saint Pierre et de saint Paul mit le comble à la persécution de Néron. Saint Paul suivit la voie d'Ostie jusqu'à un lieu nommé les Eaux salviennes. Là il eut la tête tranchée par le glaive ; en qualité de citoyen romain il devait périr ainsi et non par la croix, supplice réservé par Rome aux personnes de basse condition. D’après la Tradition, le martyre de saint Paul arriva le 29 juin de l'an 66. Toujours d’après une tradition respectable, à peine tranchée, la tête de saint Paul rebondit trois fois, et à chaque fois elle fit jaillir de terre une source d'eau vive. Ces trois sources ont donné leur nom à ce lieu du martyre qu’on appelle les Trois-Fontaines. Les reproductions anciennes placent souvent derrière l’image de saint Paul un phénix sur un palmier, double emblème de la résurrection qui a, en grec, le même nom. On peut en voir de nombreux exemples dans des mosaïques. Cette particularité avait sans doute pour but d'honorer le principal prédicateur de la résurrection future. Saint Paul porte quelquefois comme attribut le livre de ses Épîtres. Ainsi le voit-on dans une mosaïque du VI° siècle, de Sainte-Marie in Cosmedin, de Ravenne, paraissant offrir deux volumes roulés au trône de l'Agneau, tandis que saint Pierre, de l'autre côté, a ses clefs dans les mains. L'attribut du glaive, qui fut l'instrument de sa mort, est postérieur aux premiers siècles de l'Église.

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Neuvaine à Saint Paul de Tarse

Neuvaine écrite par Florence Saillen

Chaque jour

Faire le signe de croix

Réciter le Credo

Credo

Je crois en Dieu, Le Père Tout-Puissant, Créateur du Ciel et de la Terre et en Jésus-Christ, Son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux Cieux, est assis à la Droite de Dieu, le Père tout puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la Sainte Église Catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la Résurrection de la chair, à la Vie Éternelle. Amen

Prière à Saint Paul

Apôtre de Jésus Christ, Dieu t'a appelé alors que tu étais encore un persécuteur.... Infatigable missionnaire, tu as parcouru villes et pays pour annoncer à tous la Bonne Nouvelle. Puissent nos vies être disposées à une conversion profonde du cœur et de l’esprit. Apprends-nous la persévérance et la joie simple qui vient de la certitude d’être aimés et sauvés par le Seigneur. Donne-nous de ne jamais perdre de vue Celui auprès duquel nos cœurs aspirent. Saint Paul, toi qui fus dans les larmes et dans les drames un guide et un pasteur, aide-nous à cheminer chaque jour, avec une foi et une espérance inébranlables, conduits par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Premier jour

Fruit demandé : La paix du Christ dans nos vies

«Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C’est ainsi qu’Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté, à la louange de gloire de sa grâce, dont Il nous a gratifiés dans le Bien-aimé. En lui nous trouvons la rédemption, par son sang, la rémission des fautes, selon la richesse de sa grâce, qu’Il nous a prodiguée, en toute sagesse et intelligence : Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu’Il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres. (Ep 1, 3-10) Car c’est lui qui est notre paix, lui qui de deux réalités n’a fait qu’une, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la croix : en sa personne il a tué la Haine. Alors il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches : par lui nous avons en effet, tous deux en un seul Esprit, libre accès auprès du Père.»
(Ep 2, 14-18)

Temps de silence et de réflexion

Paul, par ton intercession, obtiens-nous la grâce d’être toujours plus à l’écoute de la Parole de Dieu afin que nos vies lui rendent gloire et louanges éternelles. Que la Paix de Dieu rayonne pleinement sur nos visages, dans nos existences et aussi dans nos relations avec notre prochain, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Un Notre Père, un je Vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton Règne vienne, que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.

Je vous salue Marie

Je vous salue, Marie pleine de grâces; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Gloire au Père

Gloire au Père et au Fils et au Fils et au Saint Esprit comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Deuxième jour

Fruit demandé : Se laisser guider par l’Esprit Saint

«Vous en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement, que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair, mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres. Car une formule contient toute la Loi dans sa plénitude : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns des autres, prenez garde que vous allez vous entre-détruire. Or je vous dis : laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle. Car la chair convoite contre l’esprit et l’esprit contre la chair ; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez.» (Ga 5,13-17)

Temps de silence et de réflexion

Paul, toi qui t’es laissé mener par l’Esprit, aide-nous aussi à nous abandonner entièrement en la Providence, sans doute ni crainte et dans la certitude absolue de marcher main dans la main avec le Père, quoi qu’il nous arrive, dans les bons comme les mauvais moments, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Un Notre Père, un Je vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

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Troisième jour

Fruits demandés : Charité et don de soi

«Songez-y : qui sème chichement moissonnera aussi chichement ; qui sème largement moissonnera aussi largement. Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur, non d’une manière chagrine ou contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. Dieu d’ailleurs est assez puissant pour vous combler de toutes sortes de libéralités afin que, possédant toujours et en toute chose tout ce qu’il vous faut, il vous reste du superflu pour toute bonne œuvre, selon ce qu’il est écrit : Il a fait des largesses, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure à jamais. Celui qui fournit au laboureur la semence et le pain qui le nourrit vous fournira la semence à vous aussi, et en abondance, et il fera croître les fruits de votre justice. Enrichis de toutes manières, vous pourrez pratiquer toutes les générosités, lesquelles par notre entremise, feront monter vers Dieu l’action de grâces. Car le service de cette offrande ne pourvoit pas seulement aux besoins des saints ; il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâces envers Dieu.» (2 Co 9, 6-11)

Temps de silence et de réflexion

Paul, par ton intercession, obtiens-nous la grâce de pouvoir semer avec la même générosité que Dieu exerce envers nous. Que nos récoltes soient riches d’amour, de partage et de solidarité, à l’exemple même de ta vie, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Un Notre Père, un je Vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

Quatrième jour

Fruit demandé : L’humilité

«Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez, ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure. Pleins d’une égale complaisance pour tous, sans vous complaire dans l’orgueil, attirés par ce qui est humble, ne vous complaisez pas dans votre propre sagesse. Sans rendre à personne le mal par le mal, ayant à cœur ce qui est bien devant tous les hommes, en paix avec tous si possible, autant qu’il dépend de vous, sans vous faire justice à vous-mêmes, mes bien-aimés, laissez agir la colère ; car il est écrit : C’est moi qui ferai justice, moi qui rétribuerai, dit le Seigneur.» (Rm 12, 14-19) «Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien.» (Rm 12, 21)

Temps de silence et de réflexion

Paul, toi qui as cheminé pour annoncer l’Évangile, parfois au péril de ta propre vie, obtiens-nous la grâce de l’humilité. Que nous ne cherchions pas à nous justifier nous-mêmes, mais que nous comptions sans cesse sur l’océan de miséricorde de Dieu pour nous relever de nos tombeaux, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Un Notre Père, un je vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

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Cinquième jour

Fruit demandé : Le respect de nos corps

«Pour moi, frères, je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des êtres de chair, comme à des petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné à boire, non une nourriture solide ; vous ne pouviez pas encore la supporter. Mais vous ne le pouvez pas davantage maintenant, car vous êtes encore charnels. Du moment qu’il y a parmi vous jalousie et dispute, n’êtes-vous pas charnels et votre conduite n’est-elle pas tout humaine ?» (1 Co 3, 1-3) «Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, celui-là, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous.» (1 Co 3, 16-17)

Temps de silence et de réflexion

Paul, aide-nous à prendre conscience du respect que nous devons à nos propres corps. Et qu’à travers la multitude des gestes quotidiens, nous sachions percevoir ce qui nous grandit, ou au contraire, ce qui nous avilit et nous rend indignes du Temple de Dieu au milieu de nous, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Un Notre Père, un je vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

Sixième jour

Fruit demandé : Le courage de porter nos croix

«Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce du Christ Jésus. Ce que tu as appris de moi sur l’attestation de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, capables à leur tour d’en instruire d’autres. Prends ta part de souffrances, en bon soldat du Christ Jésus. Dans le métier des armes, personne ne s’encombre des affaires de la vie civile, s’il veut donner satisfaction à qui l’a engagé. De même l’athlète ne reçoit la couronne que s’il a lutté selon les règles. C’est au cultivateur qui travaille dur, que doivent revenir, en premier lieu, les fruits de la récolte. Comprends ce que je veux dire. D’ailleurs le Seigneur te fera tout comprendre. Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, issu de la race de David, selon mon Evangile. Pour lui je souffre jusqu’à porter des chaînes comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas enchaînée. C’est pourquoi j’endure tout pour les élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui est dans le Christ Jésus avec la gloire éternelle. Elle est sûre cette parole : si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous tenons ferme, avec lui nous régnerons. Si nous le renions, lui aussi nous reniera. Si nous sommes infidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même.» (2 Tm 2, 1-13)

Temps de silence et de réflexion

Paul, toi l’apôtre des nations, aide-nous à rendre témoignage de l’espérance qui est en nous, et qu’en toutes circonstances nous ne dévions pas. Puissions-nous, à la suite du Christ, prendre nos croix courageusement, afin de le suivre, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles.

Un Notre Père, un Je vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

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Septième jour

Fruits demandés : Confiance et abandon

«Que dire après cela ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ? Qui se fera l’accusateur de ceux que Dieu a élus ? C’est Dieu qui justifie. Qui donc condamnera ?» (Rm 8, 31-33) «Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ?» (Rm 8, 35) «Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni auteur ni profondeur, ni aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur.» (Rm 8, 38-39)

Temps de silence et de réflexion

Paul, obtiens-nous la grâce de la confiance et de l’abandon. Et que rien ne puisse jamais nous éloigner du feu d’amour que Dieu a pour l’humanité tout entière. Choisissons d’être «pour Dieu» comme Lui, qui est fidèlement et depuis la nuit des temps «pour nous», au point de livrer son propre Fils, pour la rémission de tous nos péchés, Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles.

Un Notre Père, un je Vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

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Huitième jour

Fruit demandé : Un esprit de prière tout au long du jour

«Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. Au nom de la grâce qui m’a été donnée, je le dis à tous et à chacun : ne vous surestimez pas plus qu’il ne faut vous estimer, mais gardez de vous une sage estime, chacun selon le degré de foi que le Seigneur lui a départi.» (Rm 12,1-4)

Temps de silence et de réflexion

Paul, par ton intercession, obtiens-nous de distinguer la volonté de Dieu à travers tout ce qui nous arrive chaque jour. Pour cela, aide-nous à persévérer dans la prière, moment privilégié avec Dieu, où tout notre être est en communion intime avec Lui, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Un Notre Père, un je Vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

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Neuvième jour

Fruit demandé : L’amour, comme moteur de vie

«Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. Les prophéties ? Elles disparaîtront. Les langues ? Elles se tairont. La science ? Elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j’étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant.» (1 Co 13, 1-11) «Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité.» (1 Co 13, 13) «J’ai eu grande joie dans le Seigneur à voir enfin refleurir votre intérêt pour moi ; il était bien toujours vivant, mais vous ne trouviez pas d’occasion. Ce n’est pas mon dénuement qui m’inspire ces paroles ; j’ai appris en effet à me suffire en toute occasion. Je sais me priver comme je sais être à l’aise. En tout temps et en toutes manières, je me suis initié à la satiété comme à la faim, à l’abondance comme au dénuement. Je puis tout en Celui qui me rend fort. Cependant, vous avez bien fait de prendre part à mon épreuve.» (Ph 4, 10-14) «La grâce du Seigneur soit avec votre esprit !»

Temps de silence et de réflexion

Paul, par ton intercession, aide-nous à imprégner d’amour notre quotidien. Que rien ne soit fait de manière automatique ou machinale, mais qu’au contraire, un esprit de charité nous anime sans cesse, quelque soit nos humeurs ou les circonstances de nos vies. Et qu’à la dernière heure, nous puissions sans honte aucune, nous dire que le moteur de nos vies fut l’amour, qui nous est donné par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Un Notre Père, un je Vous salue Marie, un Gloire au Père et la Prière à Saint Paul

Imprimatur de Mgr Norbert Brunner le 30 octobre 2008

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06 janvier 2009

Prière à Saint Paul 2

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Prière à Saint Paul

Saint Paul, apôtre du Christ, toi qui t’es laissé approcher, transformer, convertir, toi qui as osé annoncer l’évangile, toi qui as été jusqu’au bout de ton amour pour le Christ, prie pour nous. Que notre foi soit profonde, que notre espérance soit toujours présente, que notre amour pour le Christ grandisse, pour que nous puissions dire comme toi « ce n’est plus moi mais le Christ qui vit en moi ». Aide nous à devenir des apôtres, à nous mettre au service de l’Eglise et de nos frères, à être témoins de ta lumière partout dans le monde. Apprends-nous à dire avec toi : « Gloire et louange à Dieu Notre Père, dans l’Eglise et dans le Christ pour tous les âges et tous les siècles » Amen.

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Prière à Saint Paul

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Prière à Saint Paul

A la suite de Paul, Nous te rendons grâce, Dieu notre Père. Par le baptême, tu nous sauves, tu fais de nous des vivants avec Jésus ressuscité. Nous te rendons grâce pour l’Eglise : Elle est le corps dont nous sommes les membres. Nous te rendons grâce pour ton Esprit : Qu’il porte en nous beaucoup de fruits, pour que nous soyons des témoins de Jésus à l’école, à la maison, au milieu des autres, partout où nous vivons. Amen.

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Litanies de saint Paul, Apôtre des gentils

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Saint Paul

L'apôtre des gentils

Il naît entre 5 et 10 à Tarse en Cilicie. son nom hébreu est Saül qu'il changera en Paul après sa conversion. Il a été disciple de Gamaliel, un maître pharisien réputé dont on trouve des traces dans la tradition juive (Talmud). Il assiste le Grand-prêtre lors de la persécution des chrétiens hellénistes de Jérusalem. Envoyé en mission à Damas pour persécuter les chrétiens, il se convertit en route après une rencontre fulgurante avec le Christ qui lui dit "Saul, pourquoi me persécutes tu?". Il tombe aveugle et sera guéri par le chrétien Ananias qui le baptisera. Il prêche pendant 3 ans à l'Est du Jourdain, revient à Damas. Il se rend à Jérusalem en 38 ou 39, et c'est là que Barnabas le prend pour la mission de l'Église d'Antioche. En 41, Barnabas et Paul sont désignés par l'Église d'Antioche pour tirer au clair l'admission des païens dans l'Église. En 48, Barnabas et Paul vont remettre à Jérusalem une collecte de solidarité. Ils partent ensuite en voyage missionnaire de 48 à 50. A leur retour à Antioche, ils retrouvent Pierre, à qui Paul reproche trop de conciliation avec les judaïsants. Jacques, chef de l'Eglise de Jérusalem ayant réussi à influencer Pierre et Barnabas, Paul se fâche. Il part en grand périple missionnaire : Corinthe, puis les églises de macédoine (il fonde celles de Philippe et de Thessalonique, visite Bérée et Athènes). Il écrit les épîtres auxThéssaloniciens. Puis Éphèse de 53 à 56, où il écrit les épîtres aux Galates, aux Corinthiens, aux Philippiens. L'hiver 57-58, il est à Corinthe où il écrit l'épître aux Romains. Il se met en route pour Jérusalem. Il est mal accueilli à Jérusalem. Accusé par ses ennemis, il est en captivité souple des romains (58-60) avant d'être emmené à Rome car il a fait appel à César. Il écrit la lettre aux éphésiens. En 63, il est acquitté, il retourne peut-être à Éphèse (est-ce lui qui écrit 1 Timothée et Tite) et en macédoine jusqu'en 65 où il est à nouveau arrêté (2 Timothée serait son testament). Il meurt martyr à Rome sous Néron en 66 ou 67.

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L’Hymne à la charité

J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. (1 Co 13, 1-8)

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Vivre en communauté chrétienne

Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. (2Co 13, 11-13)

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Litanies de saint Paul, Apôtre des gentils

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus Christ, écoutez-nous.

Jésus Christ, exaucez-nous.

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.

Reine conçue sans péché originel, priez pour nous.

Saint Paul, Apôtre des Gentils,

Saint Paul, qui a obtenu la miséricorde de Dieu,

Saint Paul, en qui le Fils de Dieu a été révélé,

Saint Paul, qui avait été un navire d'élection pour le Christ,

Saint Paul, qui avait été prédicateur, apôtre et docteur des païens dans la vérité,

Saint Paul, dont l'apostolat a été confirmé par des merveilles,

Saint Paul, qui avait été un ministre très fidèle de l'Eglise,

Saint Paul, vous avait donné aux nations l'Evangile du Christ et votre vie,

Saint Paul, qui portait le fidèle dans votre cœur et dans vos chaines,

Saint Paul, qui avait été crucifié avec le Christ,

Saint Paul, en qui le Christ a vécu et a parlé,

Saint Paul, que rien ne pourrait séparer de l'amour du Christ,

Saint Paul, qui avait subi l'emprisonnement,

Saint Paul, qui avait subi des blessures et des dangers,

Saint Paul, qui avait été pris au ciel tout en vivant sur la terre,

Saint Paul, qui avait glorifié votre ministère,

Saint Paul, qui avez péri par l'épée,

Saint Paul, qui avait reçu la couronne après votre mission,

Agneau de Dieu, qui avait converti le persécuteur Paul, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui avait couronné l'apôtre Paul, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui avait glorifié le martyr Paul, ayez pitié de nous, Seigneur.

Vous êtes un navire d'élection, Saint Paul Apôtre.

Prédicateur de la vérité à travers le monde.

Prions

Ô Dieu, vous avez annoncé votre parole à de nombreuses nations par la prédication du bienheureux apôtre, Paul. Faites que par la puissance de son intercession nous puissions suivre l'évangile et que soyons dignes des promesses de Jésus Christ. Amen.

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30 décembre 2008

Prière pour l'année jubilaire des 150 ans de la mort du Saint Curé d'Ars

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Prière pour l'année jubilaire des 150 ans de la mort du Saint Curé d'Ars

Saint Jean-Marie Vianney, vous qui avez indiqué le “chemin du Ciel” à tant de fidèles, montrez-nous le chemin de l’amitié et de la vie avec le Père. Aidez-nous à goûter le bonheur qu’il y a à connaître Jésus-Christ, à L’aimer et à Le faire aimer. Comme vous, que nous découvrions la joie de vivre dans la grâce de l’Esprit-Saint, afin de le suivre avec confiance dans la foi. Apprenez-nous à aimer et à vivre toujours plus des sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie. C’est là que nous rencontrons le Seigneur en vérité pour grandir dans la vraie liberté et nous laisser sanctifier. Que Sa présence dans le Saint-Sacrement nous attire, nous comble et soit pour chacun source de consolation. Aidez-nous à découvrir que la Parole de Dieu est une lumière pour aujourd’hui et un guide pour aimer et servir nos frères avec joie, spécialement les plus pauvres et les plus petits. Vous êtes le “patron de tous les curés de l’univers” et un modèle plein de charité pour chaque prêtre. Nous venons vous les confier et prier pour eux ; gardez-les dans la paix et la fidélité à l’Église. Saint Curé d’Ars, aidez-nous à être toujours plus des témoins de la miséricorde ; faites grandir en nous le désir d’être des saints. Amen.

Site internet du Sanctuaire du Saint Curé d'Ars

www.arsnet.org

13 février 2008

Notre Dame de Lourdes

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Prière pour l'année jubilaire de Lourdes

Seigneur, Tu as préparé Marie pour qu'elle soit la Mère de Ton Fils. Par Son Immaculée Conception, Tu l'a protégée de tout péché, de toute blessure du péché. C'est ainsi qu'Elle eut la force de dire le « oui » de la foi, depuis l'Annonciation jusqu'à la Croix. Ce que Tu as réalisé en Marie, Seigneur, est admirable. Nous Te rendons grâce.

A Lourdes, Seigneur, Tu as préparé Bernadette pour qu'elle soit témoin des apparitions de la Vierge. Dans la transparence de son coeur, par son humilité et son courage, elle a déjoué tous les pièges du Malin. Ce que Tu as réalisé en Bernadette, Seigneur, est admirable. Nous Te rendons grâce.

Et maintenant, Seigneur, voici qu'approche le jubilé des Apparitions. Prépare-nous à le fêter dans un grand élan de joie. Fais-nous entendre, dès maintenant, Ta Parole de Réconciliation et de Paix. Ouvre nos coeurs, nos yeux et nos bras aux détresses des autres. Que l'année jubilaire soit un temps de grâce pour ceux qui viendront à la Grotte de Massabielle et pour ceux qui s'uniront de loin à la prière des pèlerins.

Comme Bernadette qui désirait tant recevoir l'Eucharistie, avive en nous le désir de communier au Christ et d'être habités par l'Esprit Saint, encore davantage, en cette année jubilaire que tu nous offres, à l'exemple et à l'intercession de Marie, Ton humble servante, qu'avec toutes les générations nous proclamons Bienheureuse.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles.  Amen !