26 avril 2009

Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 avril 2009

195_001

Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 avril 2009

Chers enfants, aujourd'hui Je vous appelle tous à prier pour la Paix et à en témoigner dans vos familles, afin que la paix devienne le plus grand trésor sur cette terre sans paix. Je suis votre Reine de la Paix et votre Mère. Je désire vous emmener sur le chemin de la Paix qui vient uniquement de Dieu. C'est pourquoi, priez, priez, priez. Merci d'avoir répondu à Mon appel."


Commentaire

La prière juive que l'on appelle "Kadish", sanctification du nom et qui est l'ancêtre du "Notre Père" dit : Toi qui fait régner la paix dans le Ciel fait aussi régner la paix sur nous et sur tout Israël. En effet la paix vient d'En-Haut et nos prières peuvent la faire descendre sur la terre. La Paix totale viendra avec la réconciliation finale de la terre et du Ciel et seulement lors de la venue du Christ dans la Gloire. En attendant nous avons à être des artisans de paix, et ce travail ne s'opère que dans la prière. Quand comprendrons-nous que Dieu ne peut rien faire sans nous, ne veut rien faire en dépit de nous ? C'est ce que signifie la salutation des anges à Noël : paix sur terre aux hommes de bonne volonté, c'est-à-dire aux hommes qui le veulent bien, qui le désirent. La Reine de la Paix est venue pour nous aider à demander comme il faut et pour le demander au bon moment, au moment où la terre est dans un grand danger d'embrasement général. Ecoutons la voix de notre Mère et ne serait-ce que pour lui faire plaisir, si nous ne comprenons pas vraiment que c'est notre intérêt; supplions pour la Paix, à cause d'elle, à cause de ses venues.

Frère Ephraïm, Diacre permanent, fondateur de la Communauté des Béatitudes

Retrouvez les anciens Messages de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation,

en cliquant sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-83937-273707.html

Posté par fmonvoisin à 11:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


11 avril 2009

La Nuit de la Résurrection

A1_078Z3

La Nuit de la Résurrection

Extrait des révélations de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Bientôt après je vis la tombeau du Seigneur ; tout était calme et tranquille alentour : il y avait six à sept gardes, les uns assis, les autres debout vis-à-vis et autour de la colline. Pendant toute la journée, Cassius n'avait presque pas quitté sa place dans le fossé, à l'entrée de la grotte. En ce moment il était encore là, dans la contemplation et dans l'attente, car il avait reçu de grandes grâces et de grandes lumières : il était éclairé et touché intérieurement. Il faisait nuit, les lanternes placées devant la grotte jetaient alentour une vive lueur. Je m'approchai alors en esprit du saint corps pour l'adorer. Il était enveloppé dans son linceul et entouré de lumière et reposait entre deux anges que j'avais vus constamment en adoration à la tête et aux pieds du Sauveur, depuis la mise au tombeau. Ces anges avaient l'air de prêtres ; leur posture et leurs bras croisés sur la poitrine me firent souvenir des Chérubins de l'arche d'alliance, mais je ne leur vis point d'ailes. Du reste, le saint sépulcre tout entier me rappela souvent l'arche d'alliance à différentes époques de son histoire. Peut-être cette lumière et la présence des anges étaient-elles visibles pour Cassius, car il était en contemplation prés de la porte du tombeau, comme quelqu'un qui adore le Saint Sacrement.

En adorant le saint corps, je vis comme si l'âme du Seigneur, suivie des âmes délivrées des patriarches, entrait dans le tombeau à travers le rocher et leur montrait toutes les blessures de son corps sacré. En ce moment, les voiles semblèrent enlevés : je vis le corps tout couvert de plaies, c'était comme si la divinité qui y habitait eut révélé à ces âmes d'une façon mystérieuse toute l'étendue de son martyre. Il me parut transparent de manière que l'intérieur était visible ; on pouvait reconnaître dans tous leurs détails les lésions et les altérations que tant de souffrances y avaient produites, et voir jusqu'au fond de ses blessures. Les âmes étaient pénétrées d'un respect indicible mêlé de criante et de compassion.


J'eus ensuite une vision mystérieuse que je ne puis pas bien expliquer ni raconter clairement. Il me sembla que l'âme de Jésus, sans avoir encore rendu la vie à son corps par une complète union, sortait pourtant du sépulcre en lui et avec lui : je crus voir les deux anges qui adoraient aux extrémités du tombeau enlever ce corps sacre, nu, meurtri, couvert de blessures, et monter ainsi jusqu'au ciel à travers les rochers qui s'ébranlaient ; Jésus semblai ; présenter son corps supplicié devant le trône de son Père céleste, au milieu de choeurs innombrables d'anges prosternés : ce fut peut-être de cette manière que les âmes de plusieurs prophètes reprirent momentanément leurs corps après la mort de Jésus et les conduisirent au temple, sans pourtant revenir à la vie réelle, car elles s'en séparèrent de nouveau sans le moindre effort. Je ne vis pas cette fois les âmes des patriarches accompagner le corps du Seigneur. Je ne me souviens pas non plus où elles restèrent jusqu'au moment où je les vis de nouveau rassemblées autour de l'âme du Seigneur.


Pendant cette vision, je remarquai une secousse dans le rocher : quatre des gardes étaient allés chercher quelque chose à la ville, les trois autres tombèrent presque sans connaissance. Ils attribuèrent cela à un tremblement de terre et en méconnurent la véritable cause. Mais Cassius fut très ému : car il voyait quelque chose de ce qui se passait, quoique cela ne fût pas très clair pour lui. Toutefois, il resta à sa place, attendant dans un grand recueillement ce qui allait arriver. Pendant ce temps les soldats absents revinrent.


Ma contemplation se tourna de nouveau vers les saintes femmes : elles avaient fini de préparer et d'empaqueter leurs aromates et s'étaient retirées dans leurs cellules. Toutefois elles ne s'étaient pas couchées pour dormir, mais s'appuyaient seulement sur les couvertures roulées. Eues voulaient se rendre au tombeau avant le jour. Elles avaient manifesté plusieurs fois leur inquiétude, car elles craignaient que les ennemis de Jésus ne leur tendissent des embûches lorsqu'elles sortiraient, mais la sainte Vierge, pleine d'un nouveau courage depuis que son fils lui était apparu, les tranquillisa et leur dit qu'elles pouvaient prendre quelque repos et se rendre sans crainte au tombeau, qu'il ne Leur arriverait point de mal. Alors elles se reposèrent un peu.


Il était à peu près onze heures de la nuit lorsque la Sainte Vierge, poussée par l'amour et par un désir irrésistible, se leva, s'enveloppa dans un manteau gris, et quitta seule la maison. Je me demandais avec inquiétude comment on laissait cette sainte mère, si épuisée, si affligée, se risquer seule ainsi au milieu de tant de dangers. Elle alla, plongée dans la tristesse, à la maison de Caïphe, puis au palais de Pilate, ce qui l'obligeait à traverser une grande partie de la ville, et elle parcourut ainsi tout le chemin de la croix à travers les rues désertes, s'arrêtant à tous les endroits où le Sauveur avait eu quelque chose à souffrir ou quelque outrage à essuyer. Elle semblait chercher un objet perdu ; souvent elle se prosternait par terre et promenait sa main sur les pierres : après quoi elle la portait à sa bouche, comme si elle eût touche quelque chose de saint, le sang sacré du Sauveur qu'elle vénérait en y appliquant ses lèvres. L'amour produisait en elle quelque chose de surhumain : car toutes les places sanctifiées lui apparaissaient lumineuses. Elle était absorbée dans l'amour et l'adoration. Je l'accompagnai pendant tout le chemin et je ressentis et fis tout ce qu'elle ressentit et fit elle-même, selon la faible mesure de mes forces.


Elle alla ainsi jusqu'au Calvaire, et comme elle en approchait, elle s'arrêta tout d'un coup. Je vis Jésus avec son corps sacré apparaître devant la sainte Vierge, précédé d'un ange, ayant à ses côtés les deux anges du tombeau, et suivi d'une troupe nombreuse d'âmes délivrées. Il ne faisait aucun mouvement et semblait planer dans la lumière qui l'entourait ; mais il en sortit une vois qui annonça à sa mère ce qu'il avait fait dans les limbes, et qui lui dit qu'il allait ressusciter et venir à elle avec son corps transfiguré ; qu'elle devait l'attendre près de la pierre où il était tombé au Calvaire.


L'apparition parut se diriger du côté de la ville, st la sainte Vierge, enveloppée dans son manteau, alla s'agenouiller en priant à la place qui lui avait été, désignée. Il pouvait bien être minuit passé, car Marie était restée assez longtemps sur le chemin de la croix. Je vis alors le cortège du Sauveur suivre ce même chemin, tout le supplice de Jésus fut montré aux âmes avec ses moindres circonstances : les anges recueillaient, d'une manière mystérieuse, toutes les portions de sa substance sacrée qui avaient été arrachées de son corps. Je vis que le crucifiement, l'érection de la crois, l'ouverture du côté, la déposition et l'ensevelissement leur furent aussi montrés. La sainte Vierge de son côté contemplait tout cela en esprit et adorait, pleine d'amour.


Il me sembla ensuite que le corps du Seigneur reposait de nouveau dans le tombeau, et que les anges y rejoignaient, d'uns façon mystérieuse, tout ce que les bourreaux et leurs instruments de supplice en avaient enlevé. Je le vis de nouveau resplendissant dans son linceul, avec les deux anges en adoration à la tête et aux pieds. Je ne puis exprimer comment je vis tout cela. Il y a là tant de choses, des choses si diverses et si inexprimables, qua notre raison dans son état ordinaire n'y peut rien comprendre. D'ailleurs, ce qui est clair et intelligible quand la le vois, devient plus tard complètement obscur et je ne puis le rendre avec des paroles.


Lorsque le ciel commença à blanchir à l'orient, je vis Madeleine, Marie, fille de Cléophas, Jeanne Chusa et Salomé quitter le Cénacle, enveloppées dans leurs manteaux. Elles portaient des aromates empaquetés, et l'une d'elles avait une lumière allumée, mais cachée sous ses vêtements. Les aromates consistaient en fleurs fraîches qui devaient être jetées sur le corps, en sucs extraits de diverses plantes, en essences et en huiles dont elles voulaient l'arroser. Je les vis se diriger timidement vers la petite porte de Nicodème.

138Fandescent_20detail

02 avril 2009

Chemin de Croix médité avec Soeur Josefa Menedez

2547792170_9d35d8e42f_b

Chemin de Croix médité avec Soeur Josefa Menedez

Méditations extraite d'Un Appel à l'Amour


Le Mercredi-Saint 25 mars 1923, Jésus fit le Chemin de Croix avec Sœur Josefa...


Que cette méditation, guidée par Jésus lui-même, nous conduise tous à la pleine révélation de son Amour infini pour nous…

laz_01

Première station

Jésus est condamné à mort par Pilate


"Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur" Mt 11,29


Ecoutez prononcer ma sentence de mort. Voyez avec quel silence et quelle patience mon Cœur la reçoit. Vous qui voulez imiter ma conduite, apprenez à garder le silence et la sérénité devant ce qui vous mortifie et vous contrarie.

laz_02

Deuxième station

Jésus est chargé de Sa Croix


"Qui veut venir après moi, qu’il se renonce et porte sa croix chaque jour". Lc 9,23

Regardez la Croix chargée sur mes épaules. Son poids est grand mais combien plus mon amour pour les hommes ! Vous qui m’aimez, comparez vos souffrances avec l’amour que vous avez pour moi et ne laissez pas l’abattement éteindre la flamme de cet amour.

laz_03

Troisième station

Jésus tombe pour la première fois


"Voici l’Agneau. Voici celui qui ôte le péché du monde". Jn 1,29


Le poids de la croix me fait tomber à terre. Mais mon amour pour vous me relève et me rend un nouveau courage afin de poursuivre le chemin. Vous que j’appelle à partager ma croix, voyez si l’amour de vos frères vous donne une nouvelle vigueur pour avancer sur le chemin du don total ou si l’amour excessif de vous-même vous abat sous le poids de la croix.

laz_04

Quatrième station

Jésus rencontre Sa Sainte Mère


"Vous êtes maintenant dans l’affliction, mais votre affliction se changera en joie, comme celle de la femme qui enfante." Jn 16, 20-21

Ici, je rencontre ma Mère très Sainte et très aimée. Contemplez le martyre de ces deux Cœurs... Mais la douleur les unit. Elle les fortifie et l’amour triomphe. Vous qui cheminez par le même sentier et qui m’aimez, que l’union dans la douleur vous soutienne et vous fasse embrasser généreusement les épines du chemin.

laz_05

Cinquième station

Jésus est aidé par Simon de Cyrène


"Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait." Mt 25,40

Voyez comment cet homme accepte pour un faible gain cette charge pénible et cruelle. Contemplez aussi mon corps qui perd ses forces. Si le courage vous manque en face de l’effort que vous devez soutenir en face de votre nature, comprenez bien que ce n’est pour pour une jouissance terrestre que vous vous êtes engagés à porter ma croix, mais pour acquérir la Vie éternelle et procurer le même bonheur à beaucoup d’autres.

laz_06

Sixième station

Véronique essuie la Face de Jésus


"Il était défiguré. Son aspect n’était plus celui d’un homme." Is 52,14

Voyez avec quel amour cette femme vient essuyer mon visage sans aucun respect humain. Ne permettez pas que la crainte de perdre l’estime des hommes vous empêche aujourd’hui d’essuyer, par des actes généreux, les blessures de mon visage. Regardez le sang qui l’inonde.

laz_07

Septième station

Jésus tombe pour la deuxième fois


"Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau et je vous soulagerai".Mt 11,28

La croix épuise mes forces, le chemin est long et pénible. Personne ne s’approche de moi pour me soutenir et mon angoisse est telle que je tombe pour la seconde fois. Ne vous découragez pas, vous qui cheminez à ma suite si votre vie est sans consolation, pleine de sècheresse et d’aridité, abandonné de tout appui spirituel. Ranimez votre courage en me contemplant sur le chemin du calvaire. C’est la seconde fois que je tombe... Mais je me relève et poursuis ma route jusqu’à la fin.

laz_08

Huitième station

Jésus console les femmes de Jérusalem


"Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, pleurez sur vous-mêmes...Car si l’on traite ainsi le bois vert, que fera-t-on du bois sec ?"Lc 23, 28-31

Les femmes de Jérusalem pleurent en me voyant dans un tel état d’agonie. Le monde pleure devant la souffrance. Vous qui me suivez sur la voie étroite, sachez que ceux qui vous méprisent vous verront dans les verts pâturages. Ceux qui font le mal marcheront sur le feu qu’ils auront eux-mêmes préparé.

laz_09

Neuvième station

Jésus tombe pour la troisième fois

"Ayez entre vous les sentiments dont était animé le Christ Jésus... Il s’est anéanti en prenant la condition d’esclave." Ph 2, 5-7

Contemplez-moi approchant du calvaire et tombant pour la troisième fois...Ici, je fortifierai ceux qui sont sur le point de tomber dans la mort éternelle. Le sang des blessures que me causa cette troisième chute les purifiera. Il leur obtiendra de se relever une dernière fois, afin d’arriver à la vraie Vie. Vous qui désirez me ressembler, ne refusez jamais un acte coûteux, dût-il vous faire une nouvelle blessure. Qu’importe !... Votre offrande donnera la vie à d’autres.

laz_10

Dixième station

Jésus est dépouillé de Ses vêtements


"Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ". Rom 13,14

Voyez avec quelle cruauté on me dépouille de mes vêtements. Contemplez dans quel silence et dans quel abandon je demeure ! Laissez-vous dépouiller de vos biens, de votre volonté propre, de tout ce que vous possédez... En échange, je vous revêtirai de pureté et je vous couvrirai des trésors de mon Cœur !

laz_11

Onzième station

Jésus est mis en Croix

"Il a été transpercé à cause de nos péchés. Par ses meurtrissures, nous sommes guéris." Is 53,5

Me voici au sommet du calvaire où je vais me livrer à la mort. On m’étend, on me cloue sur la croix. Je n’ai plus rien... Pas même la liberté de mouvoir une main... un pied...Mais ce ne sont pas les clous qui me retiennent : c’est l’Amour ! Aussi ne sort-il de mes lèvres ni une plainte, ni un soupir. Si vous êtes cloués sur la croix, ne vous plaignez pas, ne murmurez pas quand les clous vous déchirent. Venez et baisez mes plaies : là vous trouverez la force.

laz_12

Douzième station

Jésus meurt en Croix

"Et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tout à moi." Jn 12,32

La croix est ma compagne sur le chemin du calvaire et c’est sur la croix que je rends mon dernier soupir. Vous qui avez eu la croix comme compagne inséparable de votre vie, soyez sûrs qu’elle sera la porte par où vous entrerez dans la Vie. Embrassez-la avec amour et aimez-la comme le plus grand de vos trésors.

laz_13

Treizième station

Jésus est détaché de la Croix


"Ne fallait-il pas que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire ?" Lc 24-26

Considérez avec quelle charité cet homme juste descend mon Corps de la croix. Il le remet entre les bras de ma Mère. Elle l’adore, le baise, laisse tomber ses larmes sur mon visage et sur tous mes membres. Puis elle le livre à ceux qui vont l’embaumer et le déposer dans le sépulcre. Avec Marie, venez et contemplez mon Corps meurtri. Adorez ses plaies. Dites une parole de compassion à ma Mère chérie qui est la vôtre.

laz_14

Quatorzième station

Jésus est mis au tombeau


"Mon coeur est dans la joie, mon corps repose en sécurité. Tu ne permettras pas que celui qui t’aime voie la corruption." Ps 16, 9-10

Voyez avec quelle délicatesse on me dépose dans le sépulcre. Il est neuf et net de la plus légère souillure. Cherchez toutes les délicatesses que vous suggèrera l’amour. Que votre cœur soit pur et prêt à m’ensevelir dans votre amour tendre, fort, constant et généreux.

2547925566_1b62d1ce26_o

Sœur Josefa Menéndez

1890-1923


Josefa Menéndez voit le jour à Madrid le 4 février 1890, au sein d'une famille chrétienne, et vit une enfance heureuse, entourée de trois sœurs plus jeunes qu'elle. Le R.P. Rubio, grand zélateur de la dévotion au Sacré-Cœur, reçoit ses premières confidences, et, frappé de ses aptitudes surnaturelles, l'initie à la vie intérieure. En février 1901, elle est admise chez les Réparatrices, pour y préparer sa première communion, qui a lieu le 19 mars suivant. Elle y fait le vœu d'être toute à Dieu. Après avoir étudié durant deux ans à l'Institut pour le développement des Arts de Madrid, où elle apprend la couture et la confection, elle est placée avec ses sœurs à l'école des Religieuses du Sacré-Cœur. En 1907 meurt à l'âge de douze ans l'une de ses jeunes sœurs, Carmen. Quelques jours après, sa grand mère maternelle meurt à son tour, et la même année, ses parents tombent gravement malades. Josefa expérimente la souffrance et les privations. Elle subvient aux besoins de sa famille en travaillant comme couturière, rythmant ses journées par une pratique religieuse intense. Son père meurt en 1910, et sa sœur part l'année suivante pour le Noviciat de Chamartin, à Madrid. En février 1912, le R.P. Rubio guide Josefa vers les Réparatrices, où elle reste six mois. Mais sa mère la rappelant à la maison, elle obéit et se remet à la tâche. En 1917, elle demande son admission au Sacré-Cœur, où elle est acceptée, et obtient le consentement de sa mère. Mais devant le chagrin de celle-ci, Josefa recule, et abandonne son projet. Deux ans plus tard, elle renouvelle sa demande, mais cette fois elle essuie un refus. Elle supplie Jésus de la faire accepter au sein de la Société du Sacré-Cœur. Le 19 novembre, un courrier de Poitiers annonce que l'on y recherche de nouvelles vocations, pour le Noviciat qui vient d'y être fondé. Josefa s'offre à partir, avec le consentement de sa mère. Le 4 février 1920, elle quitte l'Espagne pour la France. "Ce n'est pas pour ce que tu es que je t'ai choisie, mais pour ce que tu n'es pas. J'ai trouvé ainsi où placer ma Puissance et mon Amour" lui dira le Christ. Elle arrive aux Feuillants, premier Noviciat de la Société du Sacré-Cœur fondée en 1800 par Madeleine Sophie Barat (1779-1865). Elle y expérimente douloureusement les assauts diaboliques, à plusieurs reprises, mais aussi les grâces du Cœur divin. A partir du mois de juin, elle est favorisée de visions et de locutions intérieures, qui deviennent quasi quotidiennes jusqu'en 1923. Le 16 juillet 1920, elle prend l'habit. "Et maintenant, Je vais commencer mon Œuvre" lui dit Jésus. Et comme elle lui demandera un jour "Seigneur, je ne comprends pas ce que c'est que cette Œuvre dont Vous me parlez toujours ? – Elle est d'Amour ! lui répondra Jésus. Je veux Me servir de toi pour faire connaître encore plus la Miséricorde et l'Amour de mon Cœur… Les paroles et les désirs que Je transmets par ton moyen, exciteront le zèle de beaucoup d'âmes et empêcheront la perte de beaucoup d'autres, et on connaîtra toujours davantage, que la Miséricorde de mon Cœur est inépuisable." Elle devient ainsi une intermédiaire entre le Cœur de Jésus et les hommes, notant par obéissance la teneur de tous ses entretiens avec le Christ, témoin de son amour infini, mais aussi de ses douleurs et de sa Passion – dont il l'entretient au Carême 1923, et dont elle aura à souffrir les tourments - , de sa soif des âmes et de l'amour qu'il porte à chacune d'elles, témoin aussi de la haine de Satan, dont elle aura encore à subir les assauts. Le Seigneur lui redira à de nombreuses reprises la nécessité de la souffrance, sa valeur réparatrice, et son rôle rédempteur pour les âmes. En 1923, par deux fois, elle quittera les Feuillants : d'avril à juin pour le monastère de Marmoutier, près de Tours, et en octobre pour Rome, où elle se rend avec sa Supérieure. De retour à Poitiers, elle y meurt après d'intenses souffrances, le 29 décembre de cette année 1923. Ses cahiers ont été rassemblés, et de larges extraits ont été publiés pour la première fois en 1938, sous le titre Un appel à l'Amour. Le cardinal Eugenio Pacelli, futur Pie XII, dans une Lettre-Préface, en recommande chaudement la lecture. Une seconde édition, beaucoup plus complète, a vu le jour en 1944, et n'a cessé d'être rééditée depuis.


« - J'irai ainsi consumant ta petitesse et ta misère. J'agirai en toi, Je parlerai par toi, Je Me ferai connaître par toi. Que d'âmes trouveront la vie dans mes Paroles ! Combien reprendront courage en comprenant le fruit de leurs efforts ! Un petit acte de générosité, de patience, de pauvreté… peut devenir un trésor et gagner à mon Cœur un grand nombre d'âmes… Toi, Josefa, tu disparaîtras bientôt, mais mes Paroles demeureront. » (7 août 1922)

« - Mon Cœur n'est pas seulement un Abîme d'Amour : Il est encore un Abîme de Miséricorde. Et connaissant toutes les misères humaines dont les âmes les plus aimées ne sont pas exemptes, J'ai voulu que leurs actions, si petites soient-elles, puissent se revêtir, par Moi, d'une valeur infinie pour le bien de celles qui ont besoin de secours et pour le salut des pécheurs.


« Toutes ne peuvent prêcher, ni évangéliser au loin les peuples sauvages, mais toutes, oui toutes, peuvent faire connaître et aimer mon Cœur… toutes peuvent s'aider mutuellement à accroître le nombre des élus en empêchant la perte éternelle de beaucoup d'âmes… et cela, par un effet de mon Amour et de la Miséricorde.


« Je dirai à mes Ames comment mon Cœur va plus loin encore : non seulement Il se sert de leur vie ordinaire et de leurs moindres actions, mais Il veut utiliser aussi, pour le bien des âmes, leurs misères... leurs faiblesses… leurs chutes mêmes.


« Oui, l'Amour transforme et divinise tout, et la Miséricorde pardonne tout ! » (5 décembre 1922)


« - Je suis l'Amour ! Mon Coeur ne peut plus contenir la Flamme qui Le dévore.


« J'aime à tel point les âmes, que J'ai donné ma vie pour elles.


« Pour leur amour, J'ai voulu rester emprisonné dans le tabernacle. Depuis vingt siècles, Je demeure là, nuit et jour, voilé sous les espèces du pain et caché dans l'Hostie, supportant, par amour, l'oubli, la solitude, les mépris, les blasphèmes, les outrages, les sacrilèges ....


« Pour l'amour des âmes, J'ai voulu leur laisser le Sacrement de Pénitence, afin de leur pardonner, non pas une fois ou deux, mais aussi souvent qu'elles auront besoin de recouvrer la grâce. Là, Je les attends... là, Je désire qu'elles viennent se laver de leurs fautes, non avec de l'eau, mais dans mon propre Sang. « Au cours des siècles, J'ai révélé, de différentes manières, mon Amour pour les hommes : je leur ai montré combien le désir de leur salut Me consume. Je leur ai fait connaître mon Cœur. Cette dévotion a été comme une lumière répandue sur le monde. Elle est aujourd'hui le moyen dont se servent, pour toucher les coeurs, la plupart de ceux qui travaillent à étendre mon Règne.


« Je veux maintenant quelque chose de plus, car si Je demande l'amour pour répondre à celui qui Me consume, ce n'est pas le seul retour que Je désire des âmes : Je désire qu'elles croient en ma Miséricorde, qu'elles attendent tout de ma Bonté, qu'elles ne doutent jamais de mon Pardon.


« Je suis Dieu, mais Dieu d'Amour ! Je suis Père, mais un Père qui aime avec tendresse et non avec sévérité. Mon Cœur est infiniment saint, mais aussi infiniment sage et, connaissant la misère et la fragilité humaines, Il s'incline vers les pauvres pécheurs avec une Miséricorde infinie.


« J'aime les âmes après qu'elles ont commis leur premier péché, si elles viennent Me demander humblement pardon .... Je les aime encore, quand elles ont pleuré leur second péché et, si cela se répète, Je ne dis pas un milliard de fois, mais des millions de milliards, Je les aime et leur pardonne toujours, et Je lave, dans le même sang, le dernier comme le premier péché !


« Je ne Me lasse pas des âmes et mon Coeur attend sans cesse qu'elles viennent se réfugier en Lui, et cela d'autant plus, qu'elles sont plus misérables ! Un père n'a-t-il pas plus de soin de l'enfant malade que de ceux qui se portent bien ? Pour lui, sa sollicitude et ses délicatesses ne sont-elles pas plus grandes ? Ainsi, mon Cœur répand-Il sur les pécheurs, avec plus de largesse encore que sur les justes, sa Compassion et sa Tendresse.


« Voilà ce que Je désire expliquer aux âmes : J'enseignerai aux pécheurs que la Miséricorde de mon Cœur est inépuisable ; aux âmes froides et indifférentes, que mon Cœur est un Feu qui veut les embraser, parce qu'Il les aime ; aux âmes pieuses et bonnes, que mon Cœur est le Chemin pour avancer vers la perfection et arriver en sécurité au terme bienheureux. Enfin, aux âmes qui Me sont consacrées, aux prêtres, aux religieux, à mes Ames choisies et préférées, Je demanderai, une fois de plus, qu'elles Me donnent leur amour et ne doutent pas du Mien, mais surtout qu'elles Me donnent leur confiance et ne doutent pas de ma Miséricorde ! Il est si facile d'attendre tout de mon Coeur. » (11 juin 1923)

« - Je veux pardonner. Je veux régner. Je veux pardonner aux âmes et aux nations. Je veux régner sur les âmes, sur les nations et sur le monde entier. Je veux répandre ma Paix jusqu'aux extrémités du monde, mais d'une manière spéciale, sur cette terre bénie, berceau de la dévotion à mon Cœur. Oui, Je veux être sa Paix, sa Vie, son Roi ! Je suis la Sagesse et le Bonheur, Je suis l'Amour et la Miséricorde, Je suis la Paix, Je régnerai ! Pour effacer son ingratitude, Je répandrai un torrent de Miséricorde. Pour réparer ses offenses, Je prendrai des victimes qui obtiendront le pardon.... Oui, il y a dans le monde beaucoup d'âmes qui désirent Me plaire.... Il y a encore des âmes généreuses qui Me donneront tout ce qu'elles ont, afin que Je Me serve d'elles selon mes Désirs et ma Volonté. Pour régner, Je commencerai par faire Miséricorde, car mon Règne est de Paix et d'Amour : Voilà la fin que Je veux réaliser, voilà mon Œuvre d'Amour ! » (12 juin 1923)


« - Aide-Moi, Josefa, aide-Moi à découvrir mon Cœur aux hommes ! Voici que Je viens leur dire qu'en vain cherchent-ils le bonheur en dehors de Moi, ils ne le trouveront pas… Souffre et aime, car nous avons à conquérir des âmes ! » (13 juin 1923)


Texte extrait de « Rayonnement du Cœur Miséricordieux de Jésus » N° 6 –d'Avril 2003


Prière pour obtenir des grâces par l'intercession de Sœur Josefa


O Jésus qui ne pouvez résister à la supplication d'une âme qui attend tout de Vous, donnez-nous la foi, la confiance et l'abandon qui touchent votre Cœur, afin que sûrs de Vous, nous puissions obtenir de votre Toute-Puissante Bonté, ce que nous Vous demandons humblement pour votre Gloire et l'accomplissement de votre Règne d'Amour et de Miséricorde. O Jésus, glorifiez votre Cœur en nous accordant la grâce (conversion ou guérison, faveur spirituelle ou temporelle) que nous sollicitons, par l'intercession de votre humble servante Josefa.

Imprimatur: Monpellier, 1er November 1938, + Gabriel, Evêque de Monpellier.

Pour approfondir

Site officiel des Oeuvres du Sacré Coeur

www.oeuvre-du-sacre-coeur.be

Téléchargez le texte de ce Chemin de Croix (pdf) en cliquant ici

30 mars 2009

Chemin de Croix avec la Bienheureuse Alexandrina Maria da Costa

ALEX6B1a

Chemin de Croix avec la Bienheureuse Alexandrina Maria da Costa

Prologue


Combien elle fut difficile à Jésus, sa vie sur la terre ! Ce ne fut pas le seul Jardin des Oliviers, le Calvaire et la souffrance de quelques heures: Toute sa vie fut un Jardin des Oliviers et un Calvaire. Il grandissait en âge et en sagesse, et avec Lui et en Lui la Croix aussi grandissait; Il ne s’en sépara un seul instant: En elle Il grandissait et en elle Il souffrait, Mais toujours souriant et plein de bonté.

1__3_

Première station

Jésus est condamné


"Alors il le leur livra pour être crucifié." (Jn 19, 16)


Je vois et j’entends la grande foule qui d’une seule voix, sans pitié pour moi, crie demandant ma crucifixion. Mes oreilles entendent ce cri : « Qu’il meurt ! Qu’il soit condamné ! » Quels cris, ceux de la foule ! Entendant la sentence de mort.

2__3_

Deuxième station

Il reçoit la croix


"Et ils prirent Jésus et l'emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire, en Hébreu Golgotha." (Jn 19, 17)


Le poids de la croix est tel que je me sens écrasée ; Je ne porte pas uniquement la croix, mais le monde entier. Il reste peu d’amis… Presque tous sont des ennemis.

3__3_

Troisième station

Jésus tombe pour la première fois


J'ai regardé, et personne pour m'aider ; j'étais étonné, et personne pour me soutenir. Alors mon bras m'a sauvé, et ma fureur m'a soutenu. (Is. 63, 5)


Je tombe sous le poids de la croix. Il me semble perdre la vie. La perdre pour donner la vie à tous me redonne force. Je reprends mon chemin.

4__3_

Quatrième station

Jésus rencontre Sa Mère


"Jésus ayant vu sa mère…" (Jn, 19, 26)


La Petite-Maman vient à ma rencontre. Nous nous regardons intensément. Je continue de marcher. Elle aussi chemine, Guidée par mon regard, Qui l’a blessée et ravit son cœur et son âme. Je ne porte pas uniquement ma croix, mais aussi sa douleur.

5__3_

Cinquième station

Simon de Syrène aide Jésus


"Comme ils l'emmenaient, ils saisirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait de la campagne, et ils le chargèrent de la croix." (Lc 23, 26)


À chaque pas je crois défaillir. J’ai besoin que quelqu’un porte ma croix. Quelqu’un la porte, non pas par amour, mais par obligation. Malgré cela je lui dispense beaucoup d’amour On me prend la croix, mais j’ai l’impression de porter toujours le même poids.

6__3_

Sixième station

Il rencontre Véronique


"En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." (Mt 25, 40)


Une femme qui compatit à ma douleur, vient à ma rencontre. Avec quelle délicatesse et avec quel amour elle essuie de mon visage la sueur, le sang, la poussière ! Mon visage et l’amour de mon cœur restent imprimés sur son tissu.

7__3_

Septième station

Jésus tombe pour la deuxième fois


"Parce qu'il a livré son âme à la mort et qu'il a été compté parmi les malfaiteurs." (Is 53, 12)


À moitié chemin, la chute est cruelle. J’embrasse la terre dans laquelle je me blesse : Mes lèvres sont ouvertes, le sang coule. Les regards de mon âme couvrent toute l’humanité.

8__3_

Huitième station

Il rencontre les saintes femmes


"Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants." (Lc 23, 28)


Quelques femmes me suivent ; elles pleurent amèrement. Je les regarde avec compassion et je leur murmure : « Ne pleurez pas pour moi, mais pour vous ; pleurez vos fautes : elles sont la cause de mes souffrances ».

9__3_

Neuvième station

Jésus tombe pour la troisième fois


"Tu m’as réduit en poussière, je suis entouré par une motte de chiens." (Si 22, 16-17)


Le monde et le ciel sont contre moi ! Je tombe. Une fois encore, avec fureur, mes bourreaux me traînent avec force. Malgré cela, de mon cœur ne coule que de l’amour et de la compassion.

10__3_

Dixième station

On lui enlève ses vêtements


"Ils se partagèrent ses vêtements, en les tirant au sort, à qui aurait quelque chose." (Mc 15, 24)


Ils me déshabillent avec une violence capable de m’arracher la chair en lambeaux : quelles douleurs atroces ! Être déshabillé en public ! Les rires moqueurs sont nombreux. Je sens que la Petite-Maman veut me couvrir avec son manteau.

11__3_

Onzième station

Jésus est crucifié


"Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils l'y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche." (Lc 23,33)


Ils m’allongent sur la croix. J’offre moi-même mes mains et mes pieds pour être crucifié : C’est une étreinte éternelle à la croix, à l’œuvre de la rédemption.

12__3_

Douzième station

Jésus meurt sur la Croix


"Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : « Tout est consommé », et baissant la tête il rendit l'esprit." (Jn 19, 30)


Tout s’assombrit sur le Calvaire. Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! Père, mon Père, toi aussi tu m’abandonnes ? Mes enfants, j’ai soif de vous ! Ma Mère, accepte le monde : il est à toi ! C’est l’enfant de mon sang, c’est le fils de ta douleur. Tout est accompli. Père, je te remets mon esprit : il est pour toi mon dernier soupir.

13__3_

Treizième station

Jésus est déposé de la Croix


"Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc." (Mt 27,59)


La Mère portant son fils mort sur les genoux ! Ce fut l’amour qui amena Jésus à donner la vie. La Petite-Maman continue la même mission d’amour : Nous aimer comme Jésus.

14__3_

Quatorzième station

Jésus est déposé au tombeau


"[Joseph] le descendit, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis." (Lc 23,53)


L’amour, uni à la grâce et à la vie divine, triompha de la douleur et sur la mort. Ce fut un être humain qui a souffert ; une vie divine qui a vaincu.


Épilogue

Ô Calvaire glorieux ! Ô Croix du Salut ! Le sang arrose la terre : pluie féconde, pluie d’amour, qui réconcilie le Ciel et la Terre ! Le Ciel et la Terre se sont réconciliés !


Chemin de Croix, établi d’après le livre « La Passion de Jésus en Alexandrina Maria da Costa », traduit d’ un petit dépliant publié à Milan, Italie, par « Spirito e Verità ».

90074J

La Bienheureuse Alexandrina Maria da Costa

1904-1955

Fête le 13 octobre


Alexandrina (Alexandrine) Maria da Costa naît le Mercredi Saint de l’année 1904 au lieu-dit Gresufes du village de Balasar dans le district de Porto et l’archidiocèse de Braga. Elle est baptisée le Samedi Saint suivant. Quelques années plus tard, la famille se déplace au lieu-dit Calvário (nom prédestiné! ) du même village de Balasar. Dès l’âge de 9 ans, Alexandrina travaille aux champs puis, comme journalière. A 12 ans, elle fait une première chute d’un chêne et on doit lui donner l’extrême-onction. Elle se rétablit. Alexandrina est nommée catéchiste et membre de la chorale. Elle a une belle voix et aime beaucoup la musique. A 14 ans, en 1918, survient le drame qui bouleverse sa vie : le Samedi Saint, trois hommes entrent dans la chambre où elle fait de la couture avec sa sœur Olinda et une amie et ils tentent de la violenter. Elle n’a d’autre ressource que de sauter par la fenêtre ; elle tombe dans le jardin, quatre mètres plus bas. Il s’ensuit une compression de la moelle épinière et un handicap permanent. Ni cure ni médecins ne réussissent à améliorer son état. Parfois, elle peut marcher en se traînant jusqu’à l’église mais on se moque de sa démarche ; elle réussit au prix de grands efforts à assister au congrès eucharistique de Braga en 1924. Peu après, elle s’alite définitivement, pour les trente dernières années de sa vie. Dès lors, sa sœur plus âgée, Olinda, devient son infirmière, son assistante en tout et, plus tard, sa secrétaire. Au début, Alexandrina demande à Dieu la guérison et lui promet de devenir missionnaire si elle l’obtient. Finalement, elle comprend qu’il faut se résigner. Elle accepte et s’offre. Jésus se révèle à elle et lui parle familièrement jour et nuit. Souvent, elle lui demande ce qu’il faut faire et invariablement, il lui répond : “souffrir, aimer, racheter”. Il lui propose de s’assimiler complètement à sa passion. Chaque Vendredi, et cela jusqu’en 1942, elle revit la Passion d’une façon si concrète que son directeur spirituel, le Père Pinto, peut en voir le déroulement, et, à cette occasion-là, Alexandrina retrouve la liberté de ses mouvements. A ces souffrances s’en ajoute une autre : Sa mère s’est portée garante pour une parente, mais celle-ci n’ayant pu rembourser, les poursuites se retournent contre la famille d’Alexandrina qui, pendant six ans, connaît le cauchemar de la pauvreté et même le risque d’être chassée de leur maison.


En 1938, le Seigneur demande à Alexandrina de faire connaître sa volonté que le monde soit consacré au Cœur Immaculé de Marie par le pape (et chaque diocèse par son évêque). Sinon, on connaîtra le terrible châtiment de la guerre à cause des péchés, notamment celui de l’impureté et des communions sacrilèges. Pendant un an, son directeur, chargé de faire parvenir ce message à Rome, fait la sourde oreille. Au début de 1939, il écrit enfin au cardinal Pacelli, lequel, devenu Pape sous le nom de Pie XII, réalisera cette consécration en 1942. A partir de cette année-là, Alexandrina obtient la grâce que sa passion et ses stigmates ne soient plus visibles à l’extérieur. C’est alors aussi qu’elle cesse totalement de se nourrir, et cela jusqu’à sa mort, c'est-à-dire pendant 13 ans. Ces événements mystiques étant de plus en plus connus (à son grand regret, mais Jésus lui explique qu’elle revit sa vie publique), des foules, de plus en plus nombreuses, commencent à affluer chez elle : 15000 personnes le 29 juin 1953. (L’archevêché avait interdit toute visite en 1944 et 1952, mais finalement était revenu sur sa décision). Alexandrina voit la mort approcher avec lucidité ; alors, par deux fois, elle dicte un testament spirituel adressé aux pécheurs. Elle meurt le Jeudi 13 octobre 1955 (jour anniversaire de la dernière apparition  à Fatima).

19144973

Prière pour demander la Canonisation de la Bienheureuse Alexandrina de Balasar


Très Sainte Trinité, source de toute sainteté, je Vous adore et Vous rends grâce pour les vertus que Vous avez fait jaillir dans le cœur de votre servante la Bienheureuse Alexandrina Maria. Faites que je sache imiter son zèle ardent pour Votre Gloire. Suscitez en mon cœur l’horreur du péché, un amour plus grand pour l’Eucharistie, un vif esprit de prière. Glorifiez aussi sur la terre Votre Servante et accordez-moi, par son intercession, la grâce qu’ardemment je vous demande... Glorifiez-la par le Cœur Immaculé de Marie, par elle aimé avec une filiale prédilection.


Notre Père, Je vous salue Marie, Gloria.

Alexandrina Maria, prie le Seigneur pour nous.

Pour approfondir

http://alexandrina.balasar.free.fr

Alex_Colle

Téléchargez le texte de ce chemin de Croix (pdf) en cliquant ici

23 mars 2009

Prière à Notre Dame de Beauraing

053_ND_de_Beauraing

Prière à Notre Dame de Beauraing

Notre Dame de Beauraing, Vierge immaculée, porte à Jésus, ton Fils, toutes les intentions que nous te confions aujourd'hui. Mère au Cœur d'or, reflet de la tendresse du Père, regarde avec amour les hommes et les femmes de notre temps, et comble-les de la joie de ta présence. Toi qui as promis de convertir les pécheurs fais-nous découvrir l'infinie miséricorde de notre Dieu. Éveille en nous la grâce de la conversion afin que toute notre vie devienne le reflet de cette miséricorde. Sainte Mère de Dieu, penche-toi sur nos misères ; console-nous dans nos peines ; donne force et réconfort à tous ceux qui souffrent. Reine des cieux, couronnée de lumière, aide-nous à grandir dans la foi, l'espérance et l'amour, et nous pourrons rendre grâce sans fin. Tu as mis Jésus au monde ; puissions-nous, par la prière, le partage de sa Parole et le témoignage d'une vie remplie d'amour et de joie, Le faire naître dans tous les Cœurs. Fais que chaque instant de notre existence soit un oui à la question que tu nous poses aujourd'hui : "Aimez-vous mon Fils ? M'aimez-vous ?" Alors le règne de Jésus viendra dans le monde. Amen.

646_001

Site du sanctuaire de la Vierge au Cœur d'Or de Beauraing

http://beauraing.catho.be

518_001__2_

Posté par fmonvoisin à 15:02 - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


Notre Dame de Beauraing

IMG_0147_2___2_

Notre Dame de Beauraing

La Reine au Cœur d'Or

Apparitions en 1932

Beauraing, Belgique

Beauraing est une localité des Ardennes Belges, dans la grisaille du pays marinier. Le soir du 29 novembre 1932, Fernande Voisin et son frère André, accompagnés de leurs amies Andrée et Gilberte Degeimbre, vont chercher leur sœur Gilberte au pensionnant situé en contrebas de la voie du chemin de fer. La nuit tombe. Chemin faisant, la petite bande s'amuse à tirer les sonnettes des maisons proches, puis tous repartent en courant vers l'école. Albert sonne à la porte et, en attendant qu'une religieuse vienne ouvrir, il se retourne machinalement: dans la nuit, il voit au-dessus du pont une Dame toute blanche qui va et vient, les mains jointes. Il s'exclame, mais sa sœur lui répond sans même se retourner: « Tais-toi, sot, c'est une auto qui descend de la route de Feschaux. » Finalement tous regardent et voient la Dame. Ils ont peur. A ce moment, la porte du pensionnat s'ouvre, et la religieuse, à qui ils en parlent se moque d'eux: comment la statue de la grotte de Lourdes, aménagée près de l'école pourrait-elle voler? Les enfants repartent en courant; ils se retournent, revoient la Dame, courent de plus belle. Ils rentrent chez eux très émus, racontent ce qu'ils ont vu. On ne les croit pas. Le lendemain, l'incident se reproduit, le surlendemain, jeudi 1er décembre, la Dame apparaît quatre fois: la mère Degeimbre et quelques personnes ont accompagné les enfants qui tombent à genoux, comme foudroyés, dès que l'apparition se manifeste. Il se passe décidément quelque chose! Bientôt la nouvelle se répand, des gens viennent se joindre aux cinq voyants; la Vierge – elle a répondu affirmativement quand les enfants lui ont demandé si Elle est l'Immaculée Conception – apparaît désormais dans une aubépine, près de la grille du pensionnat: chaque soir jusqu'au 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, les enfants vont y réciter le Chapelet, en attendant l'apparition; ce soir-là, la Vierge est plus lumineuse que d'habitude.989_001__2_

Puis quatre jours se passent, sans que les enfants ne voient rien. Est-ce fini? Le « message » est bref; la Vierge a demandé aux enfants « d'être bien sages » et de revenir le jour de l'Immaculée Conception. C'est tout. Mais il y a ces chutes à genoux, spectaculaires, synchronisées, et ces extases où les enfants paraissent insensibles au monde extérieur, absorbés dans la vision de la Vierge toute de blanc vêtue, lumineuse, une couronne d'or posée sur le voile qui couvre ses cheveux, tenant entre ses mains jointes un chapelet, qui leur dira le dernier jour: « Je suis la Mère de Dieu, la Reine des Cieux. »

Le 13 décembre, les apparitions reprennent, se succédant à un rythme irrégulier, souvent silencieuses; mais, tous les soirs, les enfants récitent le Chapelet à l'aubépine, et fidèles et curieux se joignent à eux, de plus en plus nombreux. Le Curé reste sur la réserve, note que le mouvement de ferveur populaire s'amplifie, que des conversions et des retours à la pratique religieuse s'opèrent, notamment dans les familles des voyants, plutôt indifférentes. La presse s'empare de l'évènement, le monte en épingle. Dès médecins interviennent, étudient les extases, une polémique s'ensuit. L'évêque de Namur préconise prudence et discrétion. On écarte toute supercherie, toute suggestion des plus jeunes par les aînées, Andrée et Fernande, qui ont près de 15 ans. La Vierge parle peu: Elle vient pour donner l'exemple de la prière, faire prier une population devenue tiède en matière de religion; le 29 décembre, écartant les mains, Elle dévoile sur Sa poitrine un Cœur d'Or, entouré de rayons; les appels à la prière et au sacrifice se multiplient. La Vierge confie un secret aux enfants, puis c'est la dernière apparition, le 3 janvier 1933.

736_001

Avec le temps, le sens des apparitions se précise: c'est un message en profondeur, au-delà des paroles, intériorisé. Il n'y a pas de sensationnel, de surenchère au merveilleux. L'élan de ferveur initial ne s'est jamais démenti, la vie exemplaire des voyants – tous mariés, (dont il ne reste plus qu'un de vivant) – constitue un beau témoignage de la grâce reçue. Des miracles de guérisons ont déterminé Monseigneur Charue à reconnaître, en 1949, au terme d'une enquête rigoureuse, le caractère surnaturel des faits. Actuellement, le sanctuaire de la Vierge au Cœur d'Or est un des pèlerinages les plus importants de Belgique.

D'après « Les Apparitions de la Vierge », de Joachim Boufflet, Ed. Calmann-Lévy

017_001

Prière à Notre Dame de Beauraing

O Vierge Marie! Vierge de Beauraing! Mère de Dieu, Reine des Cieux! Qu'il fait bon pour l'âme, de vivre en ce lieu que Vous Vous êtes choisi, en ce Beauraing qu'hier encore j'ignorais totalement, et où, je viendrais volontiers me fixer, près de Vous à jamais. O Divin et Gracieux Prophète qui venez et nous! Nous Vous reconnaissons à Vos fruits de Grâce et de Miséricorde. Depuis des mois, Vous en inondez les âmes qui viennent ici Vous visiter. D'aucuns réclament de Vous un miracle extérieur, telle n'est pas notre prière, Vierge de Beauraing! Tout autre l'objet de nos désirs! Notre prière! C'est tout d'abord un acte de profonde et filiale reconnaissance pour Vos bienfaits: bienfaits d'apparitions, bienfaits de conversion, de sanctification! Ce que nous Vous demandons, Mère Bien-Aimée, c'est de réaliser de plus en plus Votre promesse et de donne à ce nouveau centre de pèlerinage que Vous instituez, ce caractère spécifique et durable: lieu de conversion des âmes! A d'autres, les faveurs temporelles: à nous les âmes, ô Marie. Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Permis d'imprimer

Verdun 2 février 1933

Maximilien Huart, Vicaire Général

307_001

Site du sanctuaire de la Vierge au Cœur d'Or de Beauraing

http://beauraing.catho.be

455_001__2_

04 mars 2009

Jésus dans le désert

calendar93

Jésus dans le désert. Son jeûne de quarante jour

Extraits des révélations de la Bienheureuse Anne Catherine Emmerich


Avant le sabbat, Jésus, accompagné de Lazare, alla à l'hôtellerie que celui ci possédait sur le chemin du désert. Il lui dit en particulier qu'il reviendrait dans quarante jours. à partir de l'hôtellerie, il continua son chemin seul et pieds nus. Il n'alla pas d'abord dans la direction de Jéricho, mais vers le midi, comme s'il eût voulu aller à Bethléhem, en passant entre la résidence des parents de sainte Anne et celle des parents de saint Joseph près de Maspha : alors il se dirigea vers le Jourdain, faisant le tour de tous les villages par des sentiers ; il passa tout contre le lieu où l'arche d'alliance s'était arrêtée, et où Jean avait célébré une fête. Il commença à gravir la montagne à une lieue environ de Jéricho ; et il entra dans une caverne spacieuse. Cette chaîne de montagne, à partir de Jéricho, court entre le levant et le midi, et, de l'autre côté du Jourdain, elle se dirige vers Madian. Jésus commença son jeûne ici, près de Jéricho ; il le continua en divers endroits situés au delà du Jourdain et revint le terminer sur cette première montagne, qui est celle où le diable le transporta. Au sommet de cette montagne, on a une vue très étendue. Elle est en partie couverte de buissons, en partie nue et sauvage. Elle ne s'élève pas jusqu'au niveau de Jérusalem, mais sa base est située beaucoup plus bas, et elle est dans une situation plus isolée. Lé point lé plus élevé des hauteurs de Jérusalem est la colline du Calvaire qui se trouve au niveau du faîte du temple. Du côté de Bethléhem, et vers le midi, Jérusalem aboutit à des escarpements coupés à pic : de ce côté aussi il n'y a pas d'entrée, et tout l'emplacement est occupé par des palais. Jésus gravit pendant la nuit la montagne escarpée et sauvage qu'on appelle aujourd'hui montagne de la Quarantaine. Il y a trois crêtes et trois grottes placées l'une au dessus de l'autre. Derrière la grotte supérieure dans laquelle entra Jésus, l'oeil plongeait dans les sombres profondeurs d'un précipice escarpé : toute la montagne était pleine de fentes effroyables et dangereuses. Cette même grotte, quatre siècles auparavant avait été habitée par un prophète dont j'ai oublié le nom. Elle aussi, à une époque, a longtemps résidé ici en secret : il élargit même l'une des grottes. Il descendit de là parmi le peuple sans que personne sût d'où il venait ; il prophétisait et pacifiait. Cent cinquante ans avant Jésus, des Esséniens, au nombre d'environ vingt cinq, y avaient fait leur demeure. Le camp des Israélites était au pied de cette montagne lorsqu'ils firent le tour de Jéricho en portant l'Arche d'alliance au son des trompettes. La fontaine dont Elisée rendit douces les eaux amères, est aussi dans les environs. Sainte Hélène fit disposer des chapelles dans ces grottes. J'ai vu sur le mur de l'une d'elles une peinture représentant la Tentation. Il y eut plus tard un couvent sur cette hauteur. Je ne puis m'imaginer comment les ouvriers pouvaient venir travailler là. Sainte Hélène a fait construire des églises dans beaucoup de lieux saints de la Palestine. Ce fut elle qui bâtit l'église placée au lieu de la naissance de sainte Anne, deux lieues avant Séphoris. Les parents d'Anne avaient aussi une maison à Séphoris même. Combien il est triste que la plupart de ces saints lieux aient été tellement dévastés, que le souvenir même s'en est perdu ! Lorsque étant jeune fille, j'allais avant le jour dans la neige à l'église de Coesfeld, je voyais distinctement tous ces lieux sanctifiés, et je vis souvent des hommes pieux qui se prosternaient à terre dans le chemin devant les guerriers qui les dévastaient, afin de les préserver de la destruction. Les paroles de l'Ecriture : " II fut conduit par l'Esprit dans le désert, "doivent s'interpréter ainsi : " Le Saint Esprit qui vint sur lui dans le baptême " , en ce sens que Jésus fit participer son humanité à tout ce qui appartient à la Divinité, le poussa à aller dans le désert, et à se préparer, en tant qu'homme, en présence de son Père céleste, aux souffrances auxquelles il était appelé.


27 et 28 octobre

Je vis Jésus à genoux et les bras étendus dans la grotte. Il demandait à son Père céleste de le fortifier et de le consoler dans toutes les souffrances qui lui étaient préparées. Il vit d'avance toutes ses souffrances, et demanda la grâce nécessaire pour chacune d'elles en particulier. Je vis cette vision depuis deux heures jusqu'à quatre heures trois quarts du matin : elle contenait tant de choses, que c'était comme si elle eut duré pour moi une année. Je vis des représentations de toutes les peines, de toutes les douleurs de Jésus jusqu'à sa mort. Je le vis implorer son Père, et recevoir pour chacune d'elles la force, la consolation et tout ce qui la rendait méritoire. Je vis s'abaisser sur lui une nuée blanche et lumineuse aussi grande qu'une église, et après chacune de ses prières, s'approcher de lui de grandes figures incorporelles, lesquelles prenaient la forme humaine quand elles étaient près de lui, lui rendaient hommage et lui apportaient chacune une consolation et une promesse. Je ne puis exprimer tout ce que je vis et comment je le vis. Je vis que Jésus conquit pour nous dans le désert tout ce qui nous est donné de consolations, d'encouragements, de secours, de victoires dans les luttes que nous avons à soutenir ; qu'il acheta pour nous tout ce qui peut rendre méritoires nos combats et nos triomphes ; qu'il prépara d'avance pour nous tout ce qui fait la valeur de nos mortifications et de nos jeûnes ; qu'enfin il offrit à Dieu le Père tous les travaux et toutes les souffrances qui l'attendaient pour donner du prix aux travaux futurs, aux luttes spirituelles, aux efforts faits dans la prière par tous ceux qui croiraient en lui. Je vis aussi le trésor que Jésus amassait par là pour l'Eglise et qu'elle ouvre dans le temps du Carême. Je vis Jésus avoir une soeur de sang pendant cette prière, et je me trouvai moi même, lors de cette vision, ha tête et la poitrine inondées de sang. En ce moment, le jour commençait à poindre. Aujourd'hui, Jésus descendit de la montagne vers le Jourdain, entre Galgala et le lieu où Jean baptisait, qui était environ une lieue plus au midi. Il s'embarqua lui même sur une poutre qui se trouvait là pour traverser le Jourdain dans cet endroit étroit et profond que je ne connaissais pas auparavant. Il passa sur la rive orientale, puis, laissant à droite Bethabara et coupant plusieurs routes qui conduisaient au Jourdain, il entra dans les montagnes par le désert, en suivant des sentiers escarpés qui se dirigeaient entre le levant et le midi il passa par une vallée qui va vers Callirrhoé, et où il traversa une petite rivière, puis il s'avança plus au nord, en suivant une arête de montagne jusqu'à un endroit où l'on a en face de soi, dans la vallée, la ville de Jachza. C'était là que les enfants d'Israël avaient battu Sehon, roi des Amorrhéens. Dans ce combat, les Israélites étaient trois contre seize : mais il y eut un miracle en leur faveur. un bruit effrayant se fit entendre au dessus des Amorrhéens et les frappa de terreur. Jésus était alors sur des montagnes extrêmement sauvages : c'était quelque chose d'encore plus âpre que la montagne voisine de Jéricho. On se trouve à peu près en face de celle ci. Le mont du désert où est Jésus est à environ neuf lieues du Jourdain. C'est ici que Jésus fera son jeûne de quarante jours. Ici aussi il a prié et vu dans toute leur étendue les souffrances qui l'attendent. Satan n'est pas encore venu près du Sauveur. La divinité et la mission de Jésus lui sont tout à fait cachées. Il n'a compris les paroles : ' C'est mon Fils bien aimé dans lequel je me complais, "que comme s'il s'agissait d'un homme, d'un prophète. Toutefois, Jésus a déjà à souffrir des luttes intérieures fréquentes et de diverse nature. La première tentation fut cette pensée : " Ce peuple est trop pervers : dois je souffrir tout cela pour eux, sans pourtant faire l'oeuvre complètement ". Mais sa charité et sa miséricorde infinies lui firent vaincre cette tentation causée par la vue de toutes ses souffrances.


29 octobre

Je vis Jésus dans une étroite grotte de montagne située dans la contrée de Jachza. Il était à genoux, priait sans relâche et parlait à son Père. Je vis tous les péchés du monde entier se présenter devant ses yeux, à partir de la chute originelle de l'homme. Tout cela vint sur lui comme de grands nuages orageux : il vit tout ce qu'il avait à souffrir pour cela, ce qui serait gagné et ce qui serait perdu. Des anges vinrent encore près de lui. Je vis Satan se glisser près de là : il s'approcha de l'entrée de la grotte et y fit du bruit. Il avait pris la figure d'un des fils des trois veuves que Jésus affectionnait particulièrement. Il pensait que Jésus se mettrait en colère en voyant que ce disciple l'avait suivi malgré sa défense. C'était ridicule et absurde à Satan. Jésus ne tourna même pas les yeux de son côté. Satan regarda dans la grotte et se mit à tenir toute espèce de propos sur Jean Baptiste, qui, disait il, en voulait beaucoup à Jésus de ce qu'il faisait baptiser en certains endroits, ce qu'il ne lui appartenait pas de faire.


Le 30 octobre, la narratrice ne communiqua aucune vision, mais le mercredi 31 octobre, elle dit : "Jusqu'à quatre heures du matin, j'ai eu la vision qui suit. Je vins près de Jésus dans la grotte. Elle me parut cette fois plus spacieuse : hier je n'en avais vu que l'entrée. Il s'y trouvait une ouverture par laquelle entrait un air pénétrant et froid. Dans cette saison de l'année, le temps ici est très froid et très nébuleux. La grotte était âpre et rocailleuse et le sol très inégal. Elle était formée d'une pierre veinée de couleurs variées, qu'on aurait prises pour de la peinture si elle eût été polie. Aux alentours du rocher, il venait quelques broussailles : on voyait là aussi des quartiers de roc qui ressemblaient presque à des buissons. La grotte était assez spacieuse pour que Jésus put s'agenouiller et se prosterner à une place où il n'avait pas l'ouverture au dessus de sa tête. Lorsque je vins près de Jésus, il était étendu la face contre terre. Je me tins longtemps près de lui, et je regardai ses pieds que sa robe laissait découverts jusqu'aux chevilles : ils étaient rouges et blessés par les rudes sentiers qu'il avait suivis, car il était allé pieds nus dans le désert. Je le vis tantôt se redresser, tantôt prier la face contre terre. Je pus tout voir, car il était environné de lumière. une fois un bruit partit du ciel, et une grande clarté se répandit dans la grotte : il vint toute une troupe d'anges qui portaient divers objets. Je me sentis tellement oppressée et accablée, qu'il me sembla entrer, pour ainsi dire, dans la paroi du rocher : j'eus l'impression que j'enfonçais, et je me mis à crier : "J'enfonce ! je vais enfoncer près de mon Jésus ! "Là dessus je m'éveillai, j'allumai ma lumière, j'entendis sonner l'heure, et je vis tout ce qui suit étant éveillée. Je vis les anges s'incliner devant Jésus, lui rendre hommage et lui demander s'ils devaient lui présenter ce qu'ils étaient chargés de lui apporter ; ils lui demandèrent aussi si c'était toujours sa volonté de souffrir comme homme pour les hommes, ainsi que ç'avait été sa volonté lorsqu'il était descendu du sein de son Père céleste et s'était incarné dans le sein de la Vierge. Jésus ayant accepté de nouveau ces souffrances, les anges érigèrent devant lui une grande croix dont ils avaient apporté séparément les différentes parties. Cette croix avait la forme que je lui ai toujours vue, mais elle se composait de quatre pièces de même que les pressoirs en forme de croix, que je vois dans mes visions. Ainsi, la partie supérieure de l'arbre de la croix, qui s'élève entre les deux bras, était séparée. Je crois avoir vu là environ vingt cinq anges. Cinq portaient la partie inférieure de la croix, trois la partie supérieure, trois le bras gauche, trois le bras droit, trois le morceau de bois où posaient les pieds, trois portaient une échelle, un autre une corbeille avec des cordes et des outils, d'autres une lance, un roseau, des verges, des fouets, une couronne d'épines, des clous et aussi les habits dont il devait être revêtu par dérision ; enfin tout ce qui figura dans sa passion se trouvait là. La croix était creuse : elle s'ouvrait comme une armoire, et elle était remplie partout d'innombrables instruments de martyre de toute espèce. Au milieu, à l'endroit où le coeur de Jésus fut percé, un assemblage des instruments de supplice les plus variés représentait toutes les tortures imaginables. La couleur de la croix était d'un rouge de sang dont la vue causait une émotion douloureuse. Toutes les parties et toutes les places de cette croix étaient teintes de couleurs différentes d'après lesquelles on pouvait reconnaître la peine qui y serait endurée ; de chacun de ces endroits partaient des rayons qui aboutissaient au coeur. Les instruments mis chacun à leur place étaient également la figure des tortures qu'ils devaient causer. Il y avait en outre dans la croix des vases avec du fiel et du vinaigre, puis aussi de l'onguent, de la myrrhe et quelque chose qui ressemblait à des aromates ; tout cela vraisemblablement avait rapport à la mort du Sauveur et à sa sépulture. Il y avait encore une quantité de longues banderoles déroulées comme des écriteaux de différentes couleurs, de la largeur de la main, sur lesquelles étaient inscrites des souffrances de divers genres. Les couleurs indiquaient avec leur différents degrés d'épaisseur les ténèbres où les souffrances du Sauveur avaient à faire pénétrer la lumière. La couleur noire désignait ce qui devait se perdre ; la couleur brune, ce qui était trouble, desséché, mélangé, souillé ; la couleur rouge, ce qui était appesanti, terrestre, sensuel ; la couleur jaune marquait la mollesse et la répugnance à souffrir. Il y avait des bandes moitié jaunes, moitié rouges, qui devaient devenir entièrement blanches ; d'autres étaient complètement blanches, d'une blancheur de lait, et l'écriture y était lumineuse ; on voyait à travers. Celles ci désignaient ce qui était gagné, ce qui était accompli. Tous ces rubans avec leurs couleurs donnaient comme le compte des douleurs et des travaux de toute espèce, que Jésus aurait à supporter dans sa carrière avec ses disciples et d'autres personnes. On lui mit aussi devant les yeux, tous les hommes par lesquels devaient lui venir le plus souvent des souffrances cachées ; ainsi les Pharisiens avec leur malignité, le traître Judas, les Juifs sans pitié pour sa mort cruelle et ignominieuse. Les anges disposèrent et firent passer tout cela sous les yeux du Sauveur avec un respect indicible et une solennité sacerdotale ; quand toute la passion fut figurée et représentée devant lui, je le vis pleurer ainsi que les anges. Ensuite les anges se retirèrent et je fus ravie dans une vision concernant les pauvres âmes du purgatoire.


2 novembre

Comme j'étais près du Seigneur, je le vis prier, la face contre terre. Le diable avait fait apparaître devant lui sept à huit de ses disciples. Ils entrèrent un à un dans la grotte et dirent qu'ils avaient appris par Eustache où il était, qu'ils l'avaient cherché pleins d'inquiétude, qu'il ne devait pas les abandonner pour se réduire à la dernière détresse sur le haut de cette montagne. On tenait tant de propos sur son compte, disaient ils ; il ne devait pourtant pas se laisser imputer telle et telle chose. Mais Jésus ne répondit rien, si ce n'est : `` Retire toi de moi, Satan, le temps n'est pas encore venu. " Alors tout disparut.


3 novembre

Je vis le Seigneur prier dans la grotte, la face contre terre. I| était tantôt agenouillé, tantôt debout ; je l'ai vu aussi une fois couché sur le côté. Je vis un homme très vieux, très faible, d'un aspect vénérable, gravir péniblement la montagne escarpée. C'était chose si difficile pour lui que j'en avais pitié. Il s'approcha de la grotte et tomba tout épuisé à l'entrée en poussant un gémissement plaintif. J'étais presque chagrine de ce que Jésus ne venait pas à son aide ; mais il ne le regarda même pas. Le vieillard se releva lui même et dit à Jésus qu'il était un Essénien du mont Carmel, qu'il avait entendu parler de lui et que, quoique mourant, il était venu à sa suite jusqu'ici. Il le priait donc de vouloir bien l'accueillir et s'entretenir avec lui de choses saintes ; lui aussi savait ce que c'était que jeûner et prier, disait il, quand deux personnes s'unissent ensemble en Dieu, l'édification est plus grand, etc. Jésus ne répondit que quelques mots, comme : " Arrière, Satan, le temps n'est pas encore venu. " Alors, je commençai à voir que c'était Satan, car lorsqu'il se retira et s'évanouit, je le vis devenir sombre et plein de rage. Alors je trouvai risible qu'il se fût jeté par terre et qu'il eût été obligé de se relever à lui tout seul. Satan ne connaissait pas la divinité du Christ. Il le prenait pour un prophète ordinaire. Il avait vu sa sainteté dès sa jeunesse et aussi la sainteté de sa mère qui ne faisait aucune attention à Satan. Elle n'était accessible à aucune tentation. Il n'y avait rien en elle à quoi il pût se prendre. Elle était la plus belle des 20 vierges et des femmes, mais elle n'avait jamais eu sciemment de prétendants, sinon lors de l'épreuve qui fut faite dans le temple avec des branches d'arbre, et à la suite de laquelle il lui fallut prendre un mari. Ce qui induisait le mauvais esprit en erreur, c'était que Jésus n'avait point vis à vis de ses disciples la même sévérité que les pharisiens, en ce qui touchait certains usages de peu d'importance. Il le croyait un homme parce que quelques irrégularités de ses disciples scandalisaient les Juifs. Comme il avait souvent vu Jésus plein de feu et d'ardeur, il chercha d'abord à l'irriter en lui montrant ses disciples le suivant malgré lui ; l'ayant vu plein de miséricorde, il voulut le toucher en se montrant sous la figure d'un pauvre vieillard tombant en défaillance, puis entrer en discussion avec lui en qualité d'Essénien.


4 et 5 novembre

Je vis près de la grotte une nuée lumineuse dans laquelle j'aperçus comme des visages. Il en sortit des anges qui avaient la forme humaine. Ils allèrent à Jésus, le fortifièrent et le consolèrent. Le dixième jour, 5 novembre, je vis Jésus prosterné dans la grotte, la face contre terre. Je le vis prier agenouillé et debout et je vis des anges entrer et sortir.


6 novembre

Je vis Jésus dans la grotte couché sur le côté et je vis apparaître l'essénien Eliud qui s'approchait de lui. C'était encore Satan, et je compris qu'il devait avoir connaissance que tout récemment la croix avait été présentée à Jésus, car il lui dit avoir appris par une révélation quels terribles combats lui avaient été montrés, combats qu'il avait bien senti être au dessus des forces de Jésus. Il n'était pas non plus, disait il, en état de jeûner quarante jours, c'est pourquoi il était venu, poussé par l'affection qu'il lui portait, pour le voir encore une fois, et pour le prier de lui permettre de lui tenir compagnie dans sa solitude, ajoutant qu'il voulait se charger d'une partie de son voeu. Jésus ne prêta aucune attention à tout cela. Il se releva, leva les mains au ciel et dit : " Mon père, retirez moi cette tentation ! " Je vis alors Satan se montrer plein de rage et disparaître. Jésus alors se mit à genoux pour prier. Au bout de quelque temps, je vis s'approcher trois jeunes gens qui l'avaient accompagné lorsqu'il était sorti pour la première fois de Nazareth et qui l'avaient quitté plus tard. Ces jeunes gens s'avancèrent d'un air timide, se prosternèrent devant Jésus et se plaignirent de ne pouvoir trouver de repos nulle part tant qu'il ne leur avait pas pardonné. Ils le prièrent de les prendre en pitié, de les admettre de nouveau et de les laisser jeûner avec lui comme pénitence. Ils voulaient, dorénavant, être les plus fidèles de ses disciples. Ils se lamentaient très haut et ils étaient entrés dans la grotte en faisant toute sorte de bruit autour de lui. Jésus se releva, étendit les mains et invoqua Dieu, et ils disparurent.


7 et 8 novembre

Comme je regardais Jésus qui priait à genoux dans la grotte, je vis Satan, vêtu d'une robe resplendissante, arriver à travers les airs et planer près de l'endroit où le rocher était coupé à pic. De ce côté, il n'y a pas d'entrée dans la grotte, mais seulement quelques fissures : c'est le côté du levant.


9 novembre

Remarque de l'écrivain le 8 novembre 1821 : La vision de ce jour sur le jeûne de Jésus fut continuellement mêlée à d'autres visions où la narratrice se livrait à ces travaux qu'elle avait coutume de faire la nuit dans son oraison : c'est du reste ce qui arrive le plus souvent et de là vient qu'elle a rarement le temps de faire des communications complètes. Toute la série de ses contemplations nocturnes a la forme d'un voyage qu'elle fait sous {a conduite de son ange gardien. Le but spirituel de ce voyage se détermine d'après les travaux en oraison qui lui sont assignés, suivant les circonstances de l'époque où elle vit ou suivant le temps de l'année ecclésiastique. Le point central de ce voyage est la Terre Promise, où elle retrouve chaque jour ses visions sur la vie de Jésus et où la tâche qu'elle a pour le moment, remplir dans son oraison s'unit aux mérites de ce jour de la vie du Rédempteur. Dans ce voyage, elle passe par les contrées où ont vécu les saints dont on fait la fête ce jour là, elle se mêle à leur vie, unit leurs mérites aux mérites de Jésus, et les applique au succès des prières qu'elle a à faire pour les pays avec lesquels ces saints ont quelque relation particulière. Il en est ainsi sur tout le chemin qu'elle parcourt soit pour aller, soit pour revenir et à cela se mêle la vue de tous les besoins et de toutes les misères du présent et de l'avenir. Or depuis le 2 novembre, jour des Morts, sa principale occupation était de prier pour l'Eglise souffrante. Elle faisait ainsi l'oeuvre d'un chrétien, qui, priant et contemplant. suit, à travers le temps, comme un fit conducteur, la série des jours de l'année ecclésiastique. La vision d'aujourd'hui sur la vie de Jésus se présenta de la manière suivante : Je vis cette nuit Jésus prier dans la grotte, tantôt couché, tantôt à genoux, tantôt debout. Pendant la plus grande partie de la nuit, j'ai été dans la grotte près de Jésus, agenouillée moi même et priant. J'ai eu une terrible nuit. Il faisait si mauvais et si froid sur cette montagne. Il y eut de l'orage et il est tombé beaucoup de pluie et de grésil. J'ai vu les misères morales du monde entier et aussi ma propre abjection. J'ai vu le triste état de l'Eglise et les chutes de tout genre des prêtres. J'ai vu les grâces et les ressources innombrables que Jésus nous a octroyées, et j'ai eu le sentiment de tout ce qu'il a déjà conduis pour nous, rien que dans ce pénible jeûne du désert. J'étais toute brisée et comme broyée : j'éprouvais en outre pour Jésus qui était près de moi, une compassion qui me déchirait le coeur, et j'avais en même temps le sentiment de ma propre méchanceté. Et pourtant au milieu de toutes ces douleurs, ma faiblesse faisait que je ne pouvais m'empêcher de me dire de temps en temps : " Pourquoi Jésus ne me dit il rien ? Pourquoi ne me dit il pas : Lève toi ! " car je me croyais hors d'état de supporter toutes ces peines. Comme j'étais prête à m'impatienter, il ne me dit rien que ce seul mot : Patience ! et je me sentis soulagée. Je restai là encore quelque temps étendue par terre et j'eus le sentiment complet du désert, avec son âpre température et celui des douleurs de Jésus. Alors à travers le froid, il m'arriva un air tiède et une sensation agréable. Trois âmes pleuraient près de moi dans la grotte et chacune avait deux anges à côté d'elles : elles remercièrent à propos de souffrances qui les avaient soulagées et disparurent. Je les connaissais alors, maintenant je ne les connais plus. Je suis encore dans un état misérable. Il m'a été aussi ordonné de prier pour prévenir des malheurs imminents que j'ai vus, mais surtout à l'occasion des mariages mixtes à propos desquels il m'a été montré que des maux innombrables en résultent pour l'Eglise.


10 et 11 novembre

Je vis Jésus comme toujours prier dans la grotte prosterné, agenouillé ou debout. Il porte son vêtement ordinaire. Seulement sa robe est lâche et n'est pas attachée : il n'a pas de ceinture et il a les pieds nus. Son manteau est posé par terre avec sa ceinture et une paire de poches comme en portent les Juifs, et il s'y appuie quelquefois il ne mange ni ne boit : il souffre souvent de la faim. Des anges le réconfortent. Alors il descend sur lui comme une nuée légère, et il coule dans sa bouche comme une espèce de rosée. Les quarante jours, dans le désert, sont un nombre mystérieux et se rapportant, comme les quarante années des Israélites dans le désert, à quelque chose que j'ai oublié. Jésus a chaque jour un nouveau travail à accomplir par sa prière ; chaque jour il conquiert pour nous de nouvelles Grâces, et ce qui a précédé ne se représente jamais. Sans ce travail auquel il s'est soumis, jamais notre résistance aux tentations n'aurait pu être méritoire. Le il j'ai vu Jésus prier comme précédemment dans différentes postures.


12 novembre

Je vis Satan sous la figure d'un vieil ermite du mont Sina venir vers Jésus dans là grotte. Il gravissait péniblement la montagne ; il était à moitié nu ; son corps était couvert comme de peaux de bêtes, et il avait une longue barbe ; il y avait dans sa physionomie quelque chose de moqueur et d'astucieux. Il lui dit qu'un Essénien du mont Carmel, qui était venu le voir, lui avait parlé du baptême de Jésus, de sa sagesse, de ses miracles et du jeûne rigoureux qu'il faisait actuellement. Là dessus, malgré son grand âge, il avait entrepris ce long voyage pour venir le trouver : il voulait s'entretenir avec lui, d'autant plus qu'il avait une longue expérience de la mortification. Il pensait que Jésus en avait assez fait et devait maintenant se reposer : il voulait, lui, se charger d'une partie de ce qu'il s'était imposé. Il dit beaucoup de choses dans ce sens. Jésus regarda de côté et dit : "Retire toi de moi, Satan ! "Alors je vis Satan tout ténébreux et, sous la forme d'un globe noir, rouler avec fracas jusqu'au bas de la montagne. Je demandai alors intérieurement comment il se faisait que la divinité de Jésus restât si parfaitement cachée pour Satan, et je reçus à ce sujet de belles et admirables instructions ; je me préoccupais vivement de savoir comment je pourrais raconter tout cela, mais je l'ai tout à fait oublié : je vis clairement l'extrême avantage qu'il y avait pour les hommes à ce que ni Satan, ni eux n'en eussent connaissance ; il leur fallait apprendre à croire. Le Seigneur me dit notamment quelque chose que j'ai retenu. "L'homme n'a pas su que le serpent qui l'a séduit était Satan, c'est pourquoi Satan, non plus, ne doit pas savoir que c'est Dieu qui rachète l'homme. c J'eus, à cette occasion, de très belles visions, et je vis que Satan ne connut la divinité du Christ que lorsqu'il délivra les âmes des limbes.

Du 14 au 16 novembre, elle fut trop malade pour pouvoir rien raconter. Le 17, elle dit : J'ai vu tous ces jours ci Jésus prier dans la grotte et jeûner. J'ai oublié les détails La grotte n'est pas tout à fait au sommet de la montagne.


18 novembre

Je vis aujourd'hui Satan entrer dans la grotte sous la figure d'un homme de distinction de Jérusalem. Il dit qu'il venait par suite du grand intérêt qu'il lui portait, car il situait que sa mission était de rendre la liberté aux Juifs. Il lui raconta en outre toutes les contestations qui avaient eu lieu à Jérusalem à son sujet et tout ce qui avait été dit. Il venait le voir pour prendre sa cause en main. Il voulait aller avec lui à Jérusalem où ils demeureraient ensemble dans le palais d'Hérode (elle croit qu'il s'agit de l'Hérode dont l'autre Hérode, qui habitait à Callirrhoé, avait enlevé la femme). Il me sembla que c'était un agent de cet Hérode. Il ajouta que Jésus pouvait faire venir là ses disciples en secret et procéder à la réalisation de ses projets. Il le pressa de venir avec lui sans retard. Il débita tout cela à Jésus très au long. Jésus ne le regarda pas, nais il pria avec ardeur, et je vis Satan se retirer ; sa figure devint hideuse, et il sortit de son nez comme du feu et de la vapeur, après quoi il disparut.


19-20 novembre

Pendant cette nuit où je fus malade à mourir, j'étais depuis la veille au soir en contemplation prés de Jésus dans la grotte, et je vis toute sa passion grandir devant lui comme un arbre qui croît. J'en vis tous les détails dans des tableaux merveilleux jusqu'à son crucifiement avec ses tortures et ses affreuses souffrances. Dans ces représentations je vis, comme toujours, la croix faite de cinq espèces de bois, avec des bras insérés dans le tronc, un coin sous chaque bras et un morceau de bois pour soutenir les pieds. La partie de l'arbre qui était au dessus de la tête et où l'écriteau était attaché était surajoutée, car d'abord l'arbre était trop court pour qu'on pût placer l'inscription au dessus de la tête. à propos de cette addition, la Soeur mentionne quelque chose comme des feuilles : elle dit aussi une fois : " C'est placé au dessus comme un couvercle sur un étui. " Je vis tout cela dans un merveilleux tableau symbolique, et je vis en outre toutes sortes de transformations mystérieuses dans le Saint Sacrement. Je crois que Jésus eut aussi ces visions, car je vis près de lui des anges qui vénéraient ces mystères. Je m'éveillai alors dans les douleurs les plus cruelles, mais je me réjouissais toujours de m'endormir de nouveau pour éprouver ces souffrances. Tous ces jours ci je vis Jésus dans la grotte riant et jeûnant, et je m'unis à lui pour prier, pour renoncer et pour surmonter toute répugnance.


Le 28 novembre, elle dit : J'ai vu aujourd'hui des anges montrer à Jésus, dans plusieurs tableaux, l'ingratitude des hommes, le doute, la raillerie, l'injure, la trahison, le reniement, tout ce que devaient faire ses amis et ses ennemis jusqu'à sa mort et après sa mort, et tout ce qui devait se perdre de ses travaux et de ses peines. Il vit tout cela, et dans son angoisse, il eut une soeur de sang. Pour le consoler, ils lui montrèrent alors tout ce qui était gagné. Ils lui montraient tout du doigt, à mesure que les tableaux se succédaient.


Le 29, elle dit : J'ai vu aujourd'hui Jésus tout épuisé de ses luttes et plongé dans la tristesse, en considérant la grandeur des pertes et l'inutilité de ses efforts pour le salut d'un bien grand nombre d'hommes.


30 novembre

J'ai vu aujourd'hui Jésus soumis à une tentation : il commençait à avoir grand faim et surtout à souffrir beaucoup de la soif. Je le vis, il est vrai réconforté quelquefois par des anges, mais jamais manger ni boire : je ne je vis jamais non plus hors de la grotte. il n'y avait pas en lui d'amaigrissement sensible, mais il était devenu très blanc et très pâle. Je vis Satan s'approcher de lui sous la figure d'un vieil ermite et lui dire : " J'ai bien faim, je vous prie de me donner des fruits qui sont là sur la montagne devant la grotte, car je ne peux pas en cueillir sans la permission du propriétaire (il feignait de prendre Jésus pour le propriétaire) ; asseyons nous donc ensemble et parlons de choses édifiantes. À, Il y avait, non pas à l'entrée, mais ailleurs, à quelque distance, près du côté opposé de la grotte qui regardait le levant, des figues et une espèce de fruit semblable à la noix, mais avec une enveloppe plus molle, comme celle des nèfles : il y avait aussi des baies. Jésus lui dit : " Retire toi de moi ! toi qui es menteur depuis le commencement des siècles, et n'endommage pas ces fruits '. Alors je vis l'ermite, transformé en une petite figure noire, fuir comme un trait par dessus la montagne et une vapeur sombre sortir de sa bouche. Je ne savais pas qu'il pût endommager ces fruits, quoique je pensas bien qu'il laissait après lui une odeur infecte.


Aujourd'hui, jour de la fête de saint André, elle parla de lui et raconta ceci entre autres choses : André est allé aujourd'hui chez un frère ou demi frère qu'il avait, indépendamment de Pierre, et qui est devenu disciple. André s'entretint avec lui : il était triste et inquiet de ce que Jésus était dans le désert depuis si longtemps : il était agité au sujet de son retour, et il avait des doutes à combattre. Il s'entretint aujourd'hui avec son frère à ce sujet.


2 décembre

Satan vint encore trouver Jésus sous la figure d'un voyageur. Il lui demanda s'il ne voulait pas manger des beaux raisins qui étaient dans le voisinage et qui étaient si bons pour apaiser la soif. Jésus ne répondit rien et ne tourna même pas les yeux de son côté. Le jour d'après, il le tenta de la même façon en lui parlant d'une source.


3 décembre

Vers midi, je vis Satan venir vers Jésus dans la grotte. Il vint en qualité de savant faiseur de tours : il lui dit qu'il venait à lui comme à un sage, et voulait lui montrer que lui aussi savait faire quelque chose, l'engageant à le regarder faire. Alors il lui fit voir, suspendue à son bras, une machine semblable à une boule, ou plutôt à une cage d'oiseau. Jésus ne le regarda pas, tourna le des et entra plus avant dans la grotte. Ce fut la première fois que je vis pareille chose. J'ai vu ce qu'il y avait à voir dans la boîte. On y avait sous les yeux un paysage ravissant, un jardin de plaisance agréable, plantureux, plein de beaux ombrages, de sources fraîches, d'arbres chargés de fruits et de raisins magnifiques. Tout cela était si rapproché, qu'on semblait le toucher, et il s'y produisait des changements à vue de plus en plus attrayants. Jésus lui tourna le des, et Satan disparut. Cette tentation avait encore pour but d'interrompre le jeûne de Jésus, qui maintenant commençait à ressentir vivement la faim et la soif. Satan ne sait pas comment s'y prendre avec lui. Il connaît les prédictions faites à son sujet, et il sent aussi que Jésus a autorité sur lui, mais ignore qu'il est Dieu, qu'il est le Messie que rien ne peut empêcher de faire son oeuvre, parce qu'il le voit jeûner, soutenir des luttes, avoir faim, en un mot, parce qu'il le voit pauvre, sujet à bien des souffrances, semblable en tout à un homme ordinaire. En cela, Satan est, à quelques égards, aussi aveugle que les pharisiens : mais il le regarde comme un saint homme que dans tous les cas il peut tenter et faire faillir.


4 décembre

Je vis Jésus agité et très combattu il souffrait de la faim et de la soif. Je le vis plusieurs fois devant la grotte. Je vis vers le soir Satan gravir la montagne sous la figure d'un homme grand et robuste ; il avait pris en bas deux pierres qui étaient de la grandeur de deux petits pains, mais anguleuses, et je vis qu'en montant il les maniait et leur donnait complètement la forme de pains. Il y avait dans son aspect quelque chose d'incroyablement farouche lorsqu'il vint vers Jésus dans la grotte. Il tenait une des pierres dans chaque main, et il lui parla à peu près en ces termes : " Tu fais bien de ne pas manger de fruits, ils ne font qu'irriter l'appétit ; mais si tu es le Fils bien aimé de Dieu sur qui l'Esprit est descendu à son baptême, vois ces pierres auxquelles j'ai fait prendre la forme de pains : change les maintenant en pain." Jésus ne regarda pas Satan : je l'entendis seulement prononcer ces paroles : " L'homme ne vit pas seulement de pain. "Je n'ai entendu distinctement ou retenu que ces paroles : dans l'Evangile il y en a d'autres encore qui vraisemblablement m'ont échappé, car alors je vis Satan au comble de la rage. Il étendit ses griffes vers Jésus, et je vis alors les deux pierres posées sur ses bras. Après cela il s'enfuit, et je ne pus m'empêcher de rire en le voyant obligé de remporter ses pierres.


Vers le soir du jour suivant, je vis Satan, sous la figure d'un ange puissant, voler vers Jésus avec grand bruit Il avait une espèce de vêtement de guerre, comme je le vois aux apparitions de saint Michel ; mais à travers son plus grand éclat on peut toujours distinguer quelque chose de sombre et de furieux. Il se vanta en présence de Jésus, et lui dit à peu près : " Je veux te faire voir qui je suis, ce que je puis, et comment les anges me portent dans leurs mains. Voilà Jérusalem ! voilà le temple ! Je te porterai sur son faite le plus élevé. Montre alors ce que tu peux faire : voyons si les anges te porteront jusqu'en bas. "Pendant qu'il parlait ainsi, il me sembla voir Jérusalem et le temple tout contre la montagne, mais je crois que c'était seulement une vision. Jésus ne lui fit aucune réponse. Alors Satan le prit par les épaules et le porta à travers les airs, à Jérusalem, mais en volant près de terre : il le posa sur la cime d'une des quatre tours qui s'élevaient aux quatre coins de l'enceinte du temple, et que jusqu'alors je n'avais pas remarquées. Cette tour était du côté occidental, vis à vis la forteresse Antonia. La montagne du temple était presque à pic en cet endroit. Ces tours étaient comme des prisons : dans une d'elles on gardait les vêtements précieux du grand prêtre. Elles étaient terminées par une plate forme autour de laquelle on pouvait marcher. Au milieu s'élevait encore une coupole creuse que surmontait une grosse boule sur laquelle il y avait place pour deux personnes. On pouvait de là voir au dessous de soi le temple tout entier. Ce fut sur ce point culminant de la tour que Satan plaça Jésus : celui ci gardait le silence. Mais Satan vola d'en haut jusqu'au sol et lui dit : "Si tu es le Fils de Dieu, montre ta puissance et descends à ton tour, car il est écrit : il ordonnera à ses anges de te porter dans leurs mains, de peur que tu ne te heurtes contre la pierre. "Mais Jésus répondit : `` il est écrit aussi : Tu ne tenteras pas ton Seigneur. "Sur quoi Satan revint à lui plein de rage, et Jésus dit : " use du pouvoir qui t'a été donné. Alors Satan, saisi d'une nouvelle fureur, le saisit de nouveau par les épaules et vola avec lui au dessus du désert, dans la direction de Jéricho. Satan, cette fois, me parut voler plus lentement. Je le vis, dans sa colère et sa rage contre Jésus, planer tantôt haut, tantôt bas, et en vacillant, comme quelqu'un qui veut décharger sa colère, et qui n'est pas maître de le faire. Il porta Jésus à sept lieues de Jérusalem, sur cette même montagne ou il avait commencé son jeûne. J'ai vu qu'en le portant il passa tout contre le grand et vieux térébinthe dont j'ai eu récemment près de moi une relique que j'ai reconnue. Ce bel et grand arbre s'élève dans l'ancien jardin d'un Essénien, de ceux qui ont autrefois habité ici : Elle aussi y séjourna. Le térébinthe était derrière la grotte, à peu de distance de l'escarpement à pic. Trois fois par an on fait des entailles aux arbres de celle espèce, et on en tire un baume d'assez médiocre qualité. Satan posa le Sauveur au point culminant de la montagne sur un rocher inaccessible qui surplombait : ce point est beaucoup plus haut que la grotte. Il faisait nuit : mais pendant que Satan montrait les divers points de l'horizon, tout était éclairé, et on voyait dans toutes les directions les plus beaux pays du monde. Le démon parla à peu près en ces termes : "Je sais que tu es un grand docteur, que lu veux rassembler des disciples autour de toi et répandre ta doctrine. Vois tous ces magnifiques pays, ces puissantes nations, et vois aussi ce qu'est en comparaison d'eux la petite Judée. C'est là qu'il faut aller : Je te donnerai tous ces pays si tu te prosternes devant moi pour m'adorer. Par cette adoration, le démon entendait une posture humble et suppliante que prenaient souvent les Juifs d'alors et en particulier les Pharisiens devant de grands personnages et des rois quand ils voulaient obtenir d'eux quelque chose. Le démon présentait ici à Jésus, sur une plus grande échelle, une tentation semblable à celle par laquelle il avait cherché à le séduire lorsqu'il était venu le trouver, sous la figure de l'agent d'un Hérode de Jérusalem, et l'avait engagé à venir dans le palais que le roi avait dans cette ville, en lui promettant de l'aider dans son entreprise. Lorsque Satan montrait ainsi les divers points de l'horizon, on voyait apparaître de grands pays avec les mers qui les baignaient, puis leurs villes, puis leurs monarques dans tout l'éclat d'une pompe triomphale, avec leur cortège et leurs armées. On voyait tout cela aussi distinctement que si l'on en eût été tout près et même encore plus distinctement ; on était réellement dans tous ces lieux, et chaque scène, chaque peuple se montrait avec la pompe et l'éclat qui lui étaient propres, avec ses moeurs et ses usages particuliers. Satan fit ressortir les prérogatives de chaque peuple et montra avec une insistance particulière un pays où l'on voyait de grands et beaux hommes magnifiquement vêtus, ressemblant presque à des géants. Je crois que c'était la Perse : il conseilla à Jésus d'aller de préférence enseigner là. Il lui montra là Palestine comme une petite contrée insignifiante. C'était un spectacle merveilleux : on voyait tant de choses et si clairement, et tout était si brillant et si magnifique ! Jésus ne dit que ces mots : "Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul. Retire toi de moi, Satan. Alors je vis Satan, sous une forme incroyablement hideuse, s'élancer du haut du rocher dans le précipice, et disparaître comme si la terre l'eut englouti. Aussitôt après, je vis une troupe d'anges s'approcher de Jésus et s'incliner devant lui : ils le portèrent, je ne sais de quelle manière, comme sur leurs mains, et, planant doucement avec lui près du rocher, ils le ramenèrent dans la grotte où il avait commencé son jeûne de quarante jours. Il y avait douze anges principaux avec d'autres troupes d'assistants qui formaient aussi un nombre déterminé : je ne sais plus bien s'ils étaient soixante douze, mais je suis portée à le croire : car il y eut dans toute cette vision quelque chose qui me rappela les apôtres et les disciples. Il y eut alors dans la grotte comme une fêle d'actions de grâces pour une victoire et comme un festin solennel. Je vis la grotte tapissée intérieurement de feuilles de vigne par les anges : elle était ouverte, et une couronne triomphale de feuillage était suspendue en l'air au dessus de la tête de Jésus. Tout cela se fit avec un ordre et une solennité merveilleuse : tout y était clair, symbolique et lumineux, et ce fut promptement fait, car ce qui était planté ou apporté dans une intention répondait comme de soi même à cette intention et se développait suivant la destination qui lui était assignée. Les anges apportèrent aussi une table couverte d'aliments célestes qui, petite au commencement, s'accrut et grandit rapidement. Les mets et les vases étaient semblables à ceux que je vois toujours sur les tables du ciel : je vis Jésus, les douze anges principaux et les autres aussi en prendre leur part. On ne faisait pas passer les aliments par la bouche, et pourtant on se les assimilait ; l'essence des fruits passait jans ceux qui les prenaient, et il y avait réfection et participation. C'est quelque chose qu'il est impossible d'exprimer.

A l'extrémité de la table se trouvait seul un grand calice lumineux, entouré de petites coupes : il était de la même forme que celui qui figura à l'institution de la sainte Cène ; seulement il était plus grand et avait quelque chose de plus immatériel. il y avait aussi une assiette avec des petits pains ronds très minces. Je vis Jésus verser quelque chose du calice dans les coupes et y tremper des morceaux de pain : après quoi les anges les prirent et les emportèrent. Dans ce moment, le tableau disparut, et Jésus quitta la grotte et descendit vers le Jourdain. Les anges qui servaient Jésus parurent sous des formes différentes et suivant un ordre hiérarchique : ceux qui, en dernier lieu, disparurent avec le pain et le vin étaient en habits sacerdotaux. Je vis, dans le même instant, des consolations : merveilleuses de toute espèce arriver aux amis présents et futurs de Jésus. Je vis à Cana Jésus apparaître en vision à la sainte Vierge et la réconforter. Je vis Lazare et Marthe très émus et remplis d'un nouvel amour pour Jésus. Je vis Marie la Silencieuse recevoir réellement de la main d'un ange un aliment pris sur la table du Sauveur. Je vis l'ange près d'elle, et elle reçut ce qu'il lui apportait avec la simplicité d'un enfant. Elle avait vu constamment toutes les souffrances et les tentations de Jésus ; sa vie se passait à les contempler et à y compatir, et elle n'éprouva aucune surprise. Je vis aussi Madeleine singulièrement remuée. Elle était occupée à se parer pour une fête, lorsqu'elle fut saisie inopinément d'une vive inquiétude sur sa vie et d'un ardent désir du salut, si bien qu'elle jeta là sa parure, ce qui lui attira force moqueries de la part de son entourage. Je vis aussi plusieurs des futurs apôtres réconfortés et pleins d'ardeur. Je vis Nathanaël dans sa demeure pensant à tout ce qu'il avait entendu dire de Jésus et très ému à ce sujet, mais chassant encore ces pensées de son esprit. Je vis Pierre, André et tous les autres fortifiés et touchés. C'était une vision admirable dont je ne me rappelle que peu de chose. Au moment où Jésus commençait son jeûne, Marie résidait dans sa maison, près de Capharnaum. Il en était alors comme à présent, et la faiblesse humaine reste toujours la même. Il venait s'installer chez la sainte Vierge des voisines indiscrètes, qui, sous prétexte de la consoler, reprochaient à Jésus de s'en aller on ne savait ou, de la négliger complètement, quoi que ce fût son devoir, depuis la mort de Joseph, de prendre une profession pour soutenir sa mère, etc. En général, on tenait beaucoup de propos sur Jésus dans tout le pays, car les circonstances merveilleuses de son baptême, le témoignage de Jean, les récits de ses disciples dispersés, tout concourait à attirer l'attention sur lui. Il n'y eut autant dé bruit à son sujet que plus tard, lors de la résurrection de Lazare et avant sa passion. La sainte Vierge était très sérieuse et concentrée en elle même : lorsque Jésus était séparé d'elle, elle avait toujours des mouvements intérieurs et des pressentiments, et souffrait avec lui.


Vers la fin des quarante jours, Marie était allée à Cana, en Galilée, chez les parents de la fiancée de Cana. Ce sont des gens considérés et comme les principaux personnages de l'endroit : ils ont une belle maison presque au centre de la ville, qui est très agréable et bien bâtie. Elle est traversée par une route, je crois que c'est celle de Ptolémaïs : on voit la route descendre des hauteurs qui s'élèvent en face de la ville. Les rues sont moins tortueuses, et le terrain moins inégal que dans bien d'autres endroits. Le mariage doit se faire dans cette maison. Ils en ont une autre qu'ils donnent toute meublée avec leur fille. La sainte Vierge y habite pour le moment. Le fiancé est à peu près de l'âge de Jésus : c'est, je crois, un fils du premier lit d'une des trois veuves de Nazareth : il n'est pas de ceux qui suivirent une fois Jésus jusqu'à Hébron. Il est, chez sa mère, comme maître de la maison : il est à la tête de son ménage. Il est maintenant près d'elle : je crois que plus tard il doit assister son beau père dans son emploi. Ces bonnes gens consultent la sainte Vierge pour l'éducation de leurs enfants et ils lui confient tout : elle s'entretient aussi avec la fiancée, qui est une belle jeune fille. Je vois celle ci se rencontrer avec son fiancé en présence d'autres personnes, mais toujours voilée. Je vis Jean pendant ce temps continuer toujours à baptiser. Hérode s'efforçait d'obtenir de lui qu'il vint le voir : il lui envoyait aussi des messagers pour tâcher de savoir de lui quelque chose sur Jésus. Mais Jean le traitait toujours avec aussi peu d'égards que précédemment, et il répétait ce qu'il avait dit de Jésus. Des envoyés de Jérusalem sont encore venus près de lui pour lui faire subir un interrogatoire sur Jésus et sur lui même. Jean répondit comme toujours qu'il n'avait pas vu Jésus de ses yeux, antérieurement à son baptême, mais qu'il était envoyé pour lui préparer la voie. Je vis que Jean, depuis ce temps, enseignait toujours que l'eau avait été sanctifiée par le baptême de Jésus et par le Saint Esprit qui était venu sur lui. J'appris que la descente du Saint Esprit sur Jésus, pendant qu'on le baptisait, avait donné plus de sainteté au baptême, et qu'il était alors sorti de l'eau beaucoup de mauvais éléments. C'était pour cela que j'avais vu la noire figure de Satan et toutes ces affreuses bêtes se presser au sein du nuage qui était sur le Jourdain, au moment où le Saint Esprit descendit. C'était comme un exorcisme de l'eau. Jésus voulut recevoir le baptême, afin que l'eau tût sanctifiée par là, car il n'en avait aucun besoin. Le baptême de Jean fut dès lors plus pur et plus saint : c'est pourquoi je vis Jésus baptisé dans un bassin séparé qu'on mit en communication avec le Jourdain et avec le réservoir où l'on baptisait tout le monde : c'est aussi pour cela que Jésus et ses disciples y prirent de l'eau et l'emportèrent avec eux pour qu'elle servît dans d'autres baptêmes.

la_tentation_au_desert_123540917387297000

28 février 2009

Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 Février 2009

1158

Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje

du 25 Février 2009

« Chers enfants, en ce temps de renoncement, de prière et de pénitence, Je vous appelle à nouveau : allez, confessez vos péchés afin que la grâce ouvre vos cœurs et permettez-lui de vous changer. Convertissez-vous, petits enfants, ouvrez-vous à Dieu et à Son Plan pour chacun de vous. Merci d’avoir répondu à Mon appel. »


Mot d'ordre


Dieu n'est jamais loin de nous, il est le tout proche, plus intime à nous-mêmes que nous le sommes comme le dit saint Augustin, mais c'est nous qui sommes loin de nous-mêmes et donc loin de Dieu. Nous faisons tout pour nous distraire de l'éternité qui nous habite parce que nous avons peur ou parce que nous fuyons en avant. Revenir vers soi-même c'est retourner à Dieu ! Marie en ce mercredi des Cendres nous indique une porte vers notre profondeur, celle de la confession des péchés. Il ne s'agit pas de se mettre en règle ou de "pratiquer" un sacrement, il s'agit de le vivre, de se laisser toucher en profondeur et de demander à l'Esprit de nous donner le don des larmes, la grâce du véritable retour. Découvrant notre abîme, notre néant nous nous précipiterons dans Celui qui est, nous découvrirons alors que notre vie à un sens et que Dieu a un plan bien spécifique pour chacun de nous.

Frère Ephraïm, Diacre, Fondateur de la Communauté des Béatitudes

Retrouvez les Messages précédents de Marie Reine de la Paix

en cliquant sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-83937-273707.html

Posté par fmonvoisin à 12:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

08 février 2009

Message donné par Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Mirjana le 2 février 2009

800DSC00931

Message donné par Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Mirjana

le 2 février 2009


La voyante Mirjana, qui a cessé d'avoir des apparitions quotidiennes le 25 décembre 82 et voit désormais la Vierge le 18 mars de chaque année - est régulièrement gratifiée d'apparitions le "2" du mois. Avec Marie, elle prie alors pour les non-croyants. Ces messages ne sont pas toujours rendus publiques:

"Chers enfants, aujourd'hui, avec Mon Amour Maternel, Je désire vous rappeler ou attirer votre attention sur l'incommensurable Amour de Dieu et la Patience qui en découle. Votre Père M'envoie et attend. Il attend vos cœurs ouverts, disposés pour Ses oeuvres. Il attend vos coeurs unis dans l'amour chrétien et la miséricorde dans l'esprit de mon Fils. Enfants, ne perdez pas de temps, car vous n'en êtes pas les maîtres. Je vous remercie."

Retrouvez les anciens messages de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje

en cliquant sur le lien suivant

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-83937-273707.html

Posté par fmonvoisin à 17:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

02 février 2009

La Présentation de Jésus au Temple

ib56

La Présentation de Jésus au Temple

Extrait des révélations de la Vénérable Maria d'Agreda

La très-sainte Vierge et saint Joseph restèrent avec le divin enfant dans la pauvre maison de Bethléem, jusqu'au temps prescrit par la loi de le présenter au temple, qui étaIt de quarante jours. Le temps étant accompli, ils résolurent d'aller à Jérusalem, et d'offrir suivant la loi le fils unique du père éternel, connaissant le désir qu'il avait d'être soumis à la loi et d'être offert à son divin Père. Ayant fixé le jour du départ, il prirent congé de la pieuse femme qu'ils laissèrent comblée de célestes bénédictions. Ils allèrent d'abord visiter la sainte grotte, et prosternés à terre, ils vénérèrent ce lieu sacré avec de tendres émotions. Après avoir accompli cette dévotion, la sainte Vierge demanda pour satisfaire sa profonde humilité la permission à son époux de faire le voyage à pied nu, et de porter dans ses bras le saint enfant. Saint Joseph lui accorda sa dernière demande, mais non la première dans la crainte qu'elle éprouvât une trop grande souffrance. L'humble Vierge ne répliqua rien, elle demanda avec saint Joseph la bénédiction à son fils, qui la leur donna d'une manière visible et ils se mirent en voyage; elle fut accompagnée non-seulement des dix mille anges qui l'assistaient depuis l'incarnation mais de plusieurs autres légions. Il faisait un froid très-vif qui n'épargnait pas son créateur ,et plusieurs fois le saint enfant en pleura dans les bras de sa mère, comme homme véritable. Touchée de ces souffrances elle se servit de son autorité sur les créatures, et changea ces rigueurs à un temps très-doux pour son fils, mais elle n'usa jamais pour elle de ce pouvoir.

Les trois saintes personnes s'approchaient déjà de Jérusalem, lorsque Dieu par des lumières intérieures prévint saint Siméon et Amie la prophétesse que le Messie venait pour être présenté au temple, mais dans un état pauvre et humble Siméon et Anne s'étant communiqués leurs saintes inspirations résolurent d'envoyer un des serviteurs à la rencontre sur le chemin de Bethléem pour les conduire dans sa maison, sans lui découvrir la qualité des personnes au-devant des quelles il allait. Le serviteur exécuta avec soin ce qu'on lui avait ordonné, il rencontra les trois pauvres pèlerins, les conduisit dans sa maison et vint en donner avis au saint prêtre. Pendant ce temps la sainte Vierge et saint Joseph recherchèrent ce qu'ils devaient faire, ils arrêtèrent que le soir même Joseph irait offrir au temple les présents des rois mages, afin que l'offrande restât plus secrète, et au retour il achèterait les tourterelles qu'il fallait offrir le jour suivant en public. Il exécuta ponctuellement tout cela, et le matin la Vierge mère ayant enveloppé l'enfant divin dans ses langes et préparé toutes choses, se dirigea vers le temple accompagnée de saint Joseph et de milliers d'anges en forme humaine, visibles à ses yeux. Étant arrivée, elle se prosterna à terre, et adora le Très-Haut, en ce moment la très-sainte Trinité se manifesta à elle par une vision intellectuelle et elle entendit une voix qui dit : Hic est filius meus dilectus, in quo mihi benè complacui. En même temps Siméon conduit par l'esprit de Dieu vint au temple, et s'approchant du lieu où était Marie avec Jésus, il les vit tous rayonnants d'une vive lumière. Anne vint aussi au temple conduite par l'esprit de Dieu et vit la même chose. Siméon prit l'enfant dans ses bras, l'offrit au père éternel et entonna le célèbre cantique : Nunc dimittis servum tuum, domine, secundum verbum tuum in pace. Il annonça ensuite la passion cruelle qu'elle devait souffrir dans son coeur à la vue des souffrances de Jésus. Lorsque le saint prêtre prophétisa la passion, l'enfant inclina humblement la tête pour témoigner qu'il acceptait la prophétie et voulait l'accomplir. Après cela la sainte Vierge prit congé du prêtre à qui elle demanda la bénédiction et baisa la main, elle se tourna ensuite vers sainte Anne sa maîtresse et la pria de la bénir. Étant sortis du temple, ils retournèrent à la maison que leur avait fait préparer Siméon où ils restèrent encore plusieurs jours. Ils allaient chaque jour au temple renouveler leur offrande, et ils restaient en prières, depuis l'heure de tierce jusqu'au soir, dans le lieu le plus humble et le plus retiré du temple.

Texte extrait de la Vie Divine de la Très Sainte Vierge