07 avril 2020

La Semaine Sainte avec Darwin Ramos

La Semaine Sainte avec Darwin Ramos

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Mercredi Saint

La coupe de gloire

 

Evangile selon Saint Marc (10, 35-40)

 

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »

 

Mercredi 19 septembre 2012

 

Darwin semble dormir paisiblement ce matin. Assis contre son petit lit d’hôpital, je suis en train de pomper aussi régulièrement que possible la poire reliée au tube coincé dans sa bouche. J’ai remplacé Jayson, un jeune qui nous a rejoint depuis trois ans déjà. Il a vécu l’enfer de la rue : drogue, prostitution, délinquance, mais avec l’aide de la Fondation et une volonté de fer, il a réussi à se relever. Il a repris ensuite ses études et rêve aujourd’hui de devenir à son tour éducateur de rue pour aider les enfants qui, comme lui, ont vécu le rejet et l’abandon. Jayson a choisi le créneau de nuit à l’hôpital. Il est resté aux côtés de notre jeune patient pendant quatre heures. Ankylosé par ce long moment de veille, il est sorti quelques instants pour se dégourdir les jambes.

Je regarde le visage de Darwin et me réjouis de le voir si tranquille. Il ne fronce p, ne secoue pas les sourcils, ne secoue pas non plus la tête comme la veille et s’oxygène régulièrement au rythme de l’assistance respiratoire. Il semble donc bien s’être habitué à ce corps étranger dans la gorge. Plus fortement cependant, je ressens cette paix extérieure comme l’expression de celle, profonde et intérieure, qui lui donne la grâce une fois encore d’accepter avec résignation sa condition physique. Darwin a toujours accueilli sans fatalité l’évolution de sa maladie qu’il appelle sa mission. Son infirmité et ses souffrances ont un sens, il le sait.

Je me souviens de ce jour où, au cours d’une discussion, Darwin m’avait dit :

- Vous savez, mon Père, je crois que Jésus veux que je tienne jusqu’au bout, comme Lui.

Il exprimait ainsi de manière édifiante, la compréhension qu’il avait de sa « mission » et marchait avec Celui qui a souffert comme lui. Et s’il n’avait aucune idée du chemin qu’il devait prendre, il avait toujours la conviction qu’il devait avancer sans se décourager, appuyé sur le bâton de la persévérance, côte à côte avec le Christ.

Darwin ouvre sans peine les yeux et m’aperçoit. Il ne peut dire un mot mais son sourire, gêné par le tube et pourtant si expressif, m’offre une salutation chaleureuse qui me rassure. Il va plutôt bien. Il ne semble pas trop souffrir et est heureux de notre présence à ses côtés.

Il essaie de me dire quelque chose. Je regarde donc avec attention ses lèvres pour saisir le sens des mots qu’il prononce sans pouvoir émettre de son.

- Comment allez-vous ? Articule-t-il doucement.

Sa question a quelque chose d’étrange tant notre attention est focalisée sur son état à lui.

- J’irais mieux si tu voulais bien sortir de l’hôpital.

Il y a volontairement un ton un peu taquin dans ma réponse. Darwin esquisse un sourire amusé et tourne sa tête vers la petite table à côté de lui où il m’a vu poser une petite boite en entrant. Elle l’intrigue car il aimerait bien savoir ce qu’elle contient.

- Je t’ai apporté une surprise, lui dis-je.

Et sans attendre, j’ouvre le paquet et en sors un petit lecteur vidéo et quelques disques de dessins animés. Son visage s’illumine car les longues heures d’attentes dans ce lit d’hôpital sont interminables. Il va pouvoir se divertir un peu. J’installe le gadget sur ses genoux et mets en route le premier disque. Darwin est captivé par les images mais il me lance tout ce même de temps en temps un œil reconnaissant.

Quant à moi, je le regarde en me demandant de ce que les mois à venir nous réservent et surtout comment nous allons pouvoir nous organiser pour l’accompagner au mieux dans les derniers moments de sa vie.

Entre alors dans la petite officine médicale, sœur Ana-Marie, religieuse Dominicaine polonaise, qui a pris l’habitude depuis quelques mois de venir enseigner le catéchisme aux enfants handicapés mentaux de la Fondation. Elle vient les voir une fois par semaine et m’accompagne aussi régulièrement dans les bidonvilles lors de mes visites hebdomadaires. Darwin l’aperçoit dans l’encadrement de la porte et oubliant son petit film, ne la quitte plus des yeux. Il semble tellement heureux de sa visite.

S’approchant de lui, elle l’embrasse et lui met dans la main une statuette en plastique de la Vierge Marie et dans l’autre un chapelet. Elle pose ensuite une image du Saint Pape Jean Paul II sur la petite table où sont entassées les boites de médicaments.

- Notre maman du Ciel et son Pape vont bien veiller sur toi. Sais-tu qu’il est originaire de mon pays ? Et sans lui laisser le temps d’acquiescer, elle continue : il a été très malade aussi, il sait ce que veut dure le mot souffrance, il va t’aider.

Elle s’assoit de l’autre côté du lit et entame une discussion avec le jeune patient muet qui l’écoute avec attention. Il la dévore des yeux et semble goûter chacun de ses mots.

La paix de son âme m’impressionne. Saint Vincent de Paul disait que le malade est comme une jauge avec laquelle vous pouvez sonder et savoir le plus assurément quelle est la vertu de tout un chacun. Appliquée à notre jeune myopathe, il faut alors parler de la mesure de toute une vie. Darwin édifie toujours ceux qui le rencontrent par la force qui émane de lui au travers de sa faiblesse. Dans les derniers moments de sa vie, il ne déroge pas à la règle et montre encore et toujours cette extraordinaire sérénité, reflet de la confiance qu’il a placée dans Celui qui donne le sens et la fin de sa « mission ».

« Merci » et « je t’aime » sont les deux expressions que Darwin aura prononcées le plus souvent dans sa vie. Deux formules toutes simples, usuelles et parfois vidées de leur substance dans un monde qui a tourné le dos à la relation pour s’asservir dans la compétition, mais des mots qui prennent une intensité toute particulière dans la souffrance.

Je contemple cette scène pleine de complicité entre le jeune garçon et la religieuse en habit blanc.

Après une bonne demi-heure de discussion rythmée par les histoires enflammées de sœur Ana-Marie et les sourires approbateurs du jeune patient, la Dominicaine s’excuse et nous quitte pour rejoindre son couvent à l’est de la ville. Darwin la suit du regard jusqu’à la porte puis se tourne vers moi sans perdre son sourire. Il vient de vivre la grâce toute simple d’une visite, baume de compassion qui tord le cou de l’indifférence. La Sainte de Calcutta, disait que la solitude était le mal de notre siècle, son remède réside assurément dans ces gestes anodins mais pleins d’amour, graines de consolation.

« Accepter l’autre qui souffre signifie, en effet, assumer en quelques manières sa souffrance, de façon qu’elle devienne aussi la mienne. Mais parce que maintenant elle est devenue souffrance partagée, dans laquelle il y a la présence d’un autre, cette souffrance est pénétrée par la lumière de l’amour. La parole latine con-solatio, consolation, l’exprime de manière très belle, suggérant un être-avec dans la solitude, qui n’est alors plus solitude » (Benoît XVI, Spe Salvi).

Darwin ferme les yeux et s’endort.

 

Extrait de « Plus fort que les ténèbres », Père Matthieu Dauchez, Editions Artège, 2015.

 

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Le Serviteur de Dieu Darwin Ramos

Le petit Philippin maître de joie

 

Darwin Ramos naît le 17 décembre 1994 dans une famille très pauvre de Manille (Philippines). Il est contraint de mendier dans la rue pour subvenir aux besoins de sa famille, malgré une maladie qui atrophie ses muscles et qui l’empêche rapidement de se tenir debout.

En 2006, il est accueilli par l’association ANAK-Tnk qui œuvre pour les enfants de la rue. Il est baptisé le 23 décembre, puis reçoit la Première Communion et la Confirmation un an plus tard. Darwin fait preuve d’une foi simple mais profonde, ancrée dans la prière et l’action de grâce. Il vit sa maladie dans une réelle union avec le Christ en Croix et dans une grande espérance. Il rayonne de joie et réconforte les enfants de ANAK-Tnk.

Le 16 septembre 2012, sa maladie s’aggrave. Il vit alors une véritable Semaine Sainte : le jeudi, un combat spirituel, le vendredi, il écrit dans une grande paix : « Un immense merci. Je suis très heureux ». Après un samedi silencieux, il meurt le dimanche 23 septembre 2012. Sa cause de béatification est en cours d'instruction.

 

Prière pour la béatification du Serviteur de Dieu Darwin Ramos

 

Ô Dieu de toute Joie, Père, Fils et Saint Esprit, Tu ne laisses jamais seuls ceux qui sont dans l’épreuve. Nous Te rendons grâce de nous avoir donné, en Darwin Ramos, enfant de la rue, un modèle lumineux de vie chrétienne. Dans sa brève existence, Tu lui as donné la grâce d’une foi simple et inébranlable, d’une espérance joyeuse dans la maladie, d’une charité constante pour le prochain. Nous Te demandons la glorification sur terre de ton serviteur Darwin, afin que les jeunes et les malades puissent trouver en lui un maître de Joie. Par son intercession, exauce notre prière (la formuler ici…). Nous Te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. Notre Père/Je vous salue Marie/Gloire au Père.

 

Imprimatur : Mgr. Honesto F. Ongtioco, évêque de Cubao (22 novembre 2018).

 

Pour plus d’infos, relations de grâces

https://darwin-ramos.org

 

Facebook : @DarwinRamosAssociation


06 avril 2020

La Semaine Sainte avec Darwin Ramos

La Semaine Sainte de Darwin Ramos

 

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Mardi Saint

Le Chant du coq

 

Évangile selon Saint Jean (13, 21-33, 36-38)

 

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son père, au cours du repas qu’il prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois.

 

Mardi 18 septembre 2012

 

En passant les portes de l’hôpital, je suis bien décidé à extirper des informations aux médecins pour en savoir plus sur l’état de santé de Darwin. Le vocabulaire médical est parfois opaque, reflet de l’impuissance inavouée des descendants d’Hippocrate devant la maladie. Ils m’ont dit hier que notre petit malade resterait intubé jusqu’à « la fin » et ce mot m’effraie. La fin ? La mort veulent-ils dire. Mais à défaut de pouvoir l’éviter, j’aimerais tant maîtriser, suivant en cela la tentation multimillénaire de l’orgueil humain.

 

J’aperçois dans un petit couloir la jeune femme médecin qui avait tenté d’adoucir les mots de sa désagréable collègue.

- Pardon de vous déranger encore, mais j’aimerais avoir quelques précisions à propos de mon jeune patient.

- Oui bien sût mon Père, je suis là pour ça.

- Soyez franche, s(il vous plaît, est-il en danger immédiat ?

- En fait, c’est difficile à dire, probablement non. Avec l’assistance respiratoire dont on vous a parlé, cela peut durer encore de longs mois.

 

La perspective de devoir accompagner Darwin pour si un long crépuscule n’est pas réjouissante et pourtant ces mots me rassurent. J’ai l’impression qu’ils nous accordent un précieux répit. Les maladies incurables sont comme des épées de Damoclès au-dessus de la tête. Le compte à rebours se met en route et le temps semble mettre à l’épreuve l’intensité de chaque moment vécu. On voudrait rallonger chaque minute pour leur donner plus de profondeur, de beauté, d’authenticité. On aimerait alors percer le mystère de l’éternité.

Je m’approche de la petite salle où Darwin est allongé au milieu d’instruments médicaux et de boites de médicaments. Il n’y a toujours pas de lits disponibles en soins intensifs et cette petite officine permet aux infirmiers de l’avoir constamment à l’oeil. Je suis d’ailleurs plutôt satisfait de cette situation d’exception car, non seulement notre patient est immanquablement surveillé par le va-et-viens du personnel médical mais surtout, contrairement aux autres chambres où les patients sont entassés parfois par dizaine, elle nous donne le luxe d’être seuls avec lui sans oreille indiscrète et sans ce regard lourd et indélicat que beaucoup posent encore sur le handicap.

Darwin dort. Ce n’est pas un sommeil apaisé car il secoue de temps en temps la tête, gêné par le tube qui irrite sa trachée-artère. Elmar, l’un de ses « grands frères de la rue » arrivé en même temps que lui à la Fondation, veille fidèlement, pressant mécaniquement et le plus régulièrement possible la poire de respiration. Je suis touché par cette scène toute simple qui reflète de manière émouvante l’atmosphère familiale de la Fondation. Les enfants viennent tous de la rue avec des histoires dramatiques, ayant pour la plupart du temps quitté le foyer familial très jeunes pour fuir les violences ou les abus sexuels. Ce sont des êtres très profondément blessés. Mais leurs coeurs restent assoiffés d’un grand amour à donner et à recevoir. La Fondation facilite cette résurrection en leur offrant un cadre où ils apprennent à s’aimer comme des frères et sœurs.

En contemplant cette scène, je me remémore l’échange étonnant que j’ai eu quelques mois auparavant avec Jerriel, un jeune adolescent qui a trouvé refuge à la Fondation alors qu’il avait 5 ans à peine. Il me disait sa souffrance d’être raillé par l’un de ses camarades de classe qui l’avait affublé du sobriquet de Batang ampunan en tagalog, ce qui se traduit littéralement par « enfant d’orphelinat ».

 

- Tu ne devrais pas être vexé par ces mots, lui avais-je alors dit pour tenter de l’apaiser, tu devrais en être fier au contraire car la Fondation c’est ta famille en quelque sorte.

Jerriel me quitta sans paraître vraiment convaincu après mon argumentaire. Pourtant il revint quelques jours après victorieux.

- Mon Père, il s’est encore moqué de moi.

- Ah bon, mais qu’as-tu dit ?

- Je lui ai demandé combien de frères et de sœurs il avait. Il m’a dit quatre.

Et gonflant fièrement la poitrine, il continua :

- … alors je l’ai regardé et je lui ai dit : « Eh bien moi, j’en ai deux cent soixante-quinze ! »

 

J’avais alors été profondément touché par cette fierté toute légitime de Jerriel qui me montrait à quel point il avait adopté la fondation comme nouvelle famille. En voyant Elmar s’occuper de Darwin je ressens à nouveau cette joie intense de les sentir unis comme de vrais frères.

Darwin ouvre péniblement les yeux. Il fixe le plafond un long moment, comme si, réalisant à nouveau sa situation, il prenait le temps de l’accepter, de s’abandonner à nouveau. Il jette un coup d’oeil rapide vers Elmar, son bon samaritain, puis tourne la tête vers moi. Ses yeux sont perçants, ses deux billes noires étant désormais son unique moyen d’expression. Il pose sur moi son regard longuement, minutieusement même, cherchant à savoir si je ne lui cache pas d’autres mauvaises nouvelles, puis me fait signe d’approcher en bougeant son pouce. Je m’assied sur le bord de son petit lit et prends un air interrogatif en haussant les sourcils pour savoir ce qu’il veut. Darwin me regarde, esquisse un sourire discret, puis il regarde à nouveau vers le plafond tout en serrant autant qu’il peut ma main entre son pouce et son index. Il ne veut rien de particulier, simplement que je sois là, assis à ses côtés. Inutile de lui murmurer des paroles réconfortantes, c’est une présence qu’il désire, un silence qui dise quelque chose de la sympathie que j’aimerais tant lui exprimer : porter sa souffrance avec lui, le soulager de cette croix, l’apaiser.

Et pourtant, témoin impuissant de l’un des plus grands scandales que le monde connaisse, ce mal qui s’abat sur des enfants innocents, je ressens curieusement au fond de mes tripes un sentiment partagé. J’aimerais que Darwin ressente l’affection que j’ai pour lui, et c’est tout son être à lui qui transpire l’amour. J’aimerais qu’il puise chez moi un peu de courage, et je sens en lui une grandeur d’âme contagieuse. J’aimerais être un soutien dans son épreuve, il est une source d’inspiration. Sa faiblesse devient ma force.

Un infirmier entre sans nous adresser la parole, ni même nous regarder. Il jette un coup d’oeil à la perfusion, tourne un peu la manette pour que les gouttes de Dextrose s’écoulent plus rapidement puis attrape le carnet de notes dans lequel sont consignées, jour après jour, toutes les interventions du corps médical. Je contemple cette scène avec un certain malaise. Il est là, devant nous, mais complètement absent.

J’ai compris quelques minutes auparavant, grâce à Darwin, la puissance magnifique d’une simple présence, même silencieuse, et je réalise par cette simple scène à laquelle j’assiste, à quel point l’absence, son antonyme, peut-être si destructrice, vecteur de l’indifférence. Notre amour est manifesté par des petits gestes insignifiants, des regards posés, des paroles. Notre indifférence, quant à elle, se propage par les omissions innombrables de ces signes discrets qui ont pourtant valeur d’éternité.

Darwin ne peut plus parler. Il a non plus la force de serrer ceux qu’il aime dans ses bras. Il lui reste encore son regard dont la portée va bien au-delà d’une simple vision des choses qui l’entourent. Notre jeune paralysé n’a plus d’autres occupations sur son petit lit d’hôpital que de laisser son coeur aimer. Et les deux petites pupilles noires de ses yeux, dernier pont de communication avec le monde extérieur, ne se privent pas d’exprimer avec force et profondeur tout l’amour qui emplit son coeur d’enfant. Cet amour muet est un curieux mystère mais il est palpable.

Dans la petite officine d’un hôpital de Manille, au beau milieu d’un tourbillon médical, s’élève un chant d’amour, un hymne silencieux que l’oreille n’entend pas mais le coeur, lui, reconnaît avec certitude.

 

Extrait de « Plus fort que les ténèbres », Père Matthieu Dauchez, Editions Artège, 2015.

 

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Le Serviteur de Dieu Darwin Ramos

Le petit Philippin maître de joie

 

Darwin Ramos naît le 17 décembre 1994 dans une famille très pauvre de Manille (Philippines). Il est contraint de mendier dans la rue pour subvenir aux besoins de sa famille, malgré une maladie qui atrophie ses muscles et qui l’empêche rapidement de se tenir debout.

En 2006, il est accueilli par l’association ANAK-Tnk qui œuvre pour les enfants de la rue. Il est baptisé le 23 décembre, puis reçoit la Première Communion et la Confirmation un an plus tard. Darwin fait preuve d’une foi simple mais profonde, ancrée dans la prière et l’action de grâce. Il vit sa maladie dans une réelle union avec le Christ en Croix et dans une grande espérance. Il rayonne de joie et réconforte les enfants de ANAK-Tnk.

Le 16 septembre 2012, sa maladie s’aggrave. Il vit alors une véritable Semaine Sainte : le jeudi, un combat spirituel, le vendredi, il écrit dans une grande paix : « Un immense merci. Je suis très heureux ». Après un samedi silencieux, il meurt le dimanche 23 septembre 2012.

 

Prière pour la béatification du Serviteur de Dieu Darwin Ramos

 

Ô Dieu de toute Joie, Père, Fils et Saint Esprit, Tu ne laisses jamais seuls ceux qui sont dans l’épreuve. Nous Te rendons grâce de nous avoir donné, en Darwin Ramos, enfant de la rue, un modèle lumineux de vie chrétienne. Dans sa brève existence, Tu lui as donné la grâce d’une foi simple et inébranlable, d’une espérance joyeuse dans la maladie, d’une charité constante pour le prochain. Nous Te demandons la glorifi cation sur terre de ton serviteur Darwin, afi n que les jeunes et les malades puissent trouver en lui un maître de Joie. Par son intercession, exauce notre prière (la formuler ici…). Nous Te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. Notre Père/Je vous salue Marie/Gloire au Père.

 

Imprimatur : Mgr. Honesto F. Ongtioco, évêque de Cubao (22 novembre 2018).

 

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05 avril 2020

La Semaine Sainte avec Darwin Ramos

La Semaine Sainte avec Darwin Ramos

 

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Lundi Saint

Le parfum de nard

 

Evangile selon Saint Jean (12, 1-11)

 

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

 

Lundi 17 septembre 2021

 

Je me réveille avec un nœud au ventre, ayant quitté l’hôpital hier soir sans plus d’informations qu’un laconique : « Il faut attendre l’avis du pneumologue ». J’ai laissé Joseph et Darwin dans cette pièce aux odeurs d’éther le temps d’aller fermer les yeux quelques heures.

Célébrer la Sainte Messe en gardant à l’esprit le regard inquiet de Darwin donne un relief particulier au Sacrifice renouvelé. « Nous T’offrons pour eux un relief particulier pour eux-mêmes et tous les leurs ce Sacrifice de louange ». La messe achevée, je dois passer par le centre d’accueil de la Fondation avant de retourner les voir à l’hôpital.

Coup de téléphone. C’est Joseph qui me dit que les médecins demandent à me parler rapidement.

 

- Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Un problème ? Comment va Darwin ?

- Ils veulent envisager avec vous une possible intubation.

- Ah bon ? Dis-leur que je sera là dans une heure.

- Non je crois qu’il faut venir tout de suite, il y a une certaine urgence, ils vont vous expliquer.

 

Je ne pose pas plus de questions et file immédiatement à l’hôpital. Je reconnais un des gardes qui travaillait il y a quelques années sur la paroisse où je réside, un sanctuaire marial le long du périphérique. Il me salue avec un grand sourire et je me dirige vers la salle des urgences où j’ai laissé mon jeune patient et son « ange gardien » la veille. Mais le garde m’arrête et m’oriente de l’autre côté, vers le bureau des infirmiers. Il n’y avait plus de place aux soins intensifs et comme l’état de Darwin nécessite un suivi très serré, ils l’ont tout simplement installé au beau milieu de leur petite officine qui sert surtout de réserve de médicaments et de compresses.

J’entre, non sans une certaine émotion que j’essaie tant bien que mal de dissimuler, car je ne veux pas que Darwin sente mon inquiétude. Le petit corps atrophié, dont les forces ont faibli petit à petit depuis toutes ces années, est abandonné de tout son poids sur le lit d’hôpital. Darwin est entouré de trois infirmières qui vérifient sa tension et s’assurent que la perfusion est bien en place, mais aucun médecin en vue. Il est toujours aussi pâle, mais semble toutefois avoir retrouvé une respiration plus confortable grâce à l’assistance respiratoire manuelle. Il se laisse faire sans broncher et réclame juste de temps en temps d’être changé de position quand l’immobilité de son corps le gêne. Cela demande à celui qui le garde une certaine habileté et une vraie robustesse car Darwin, malgré sa maigreur terrifiante, pèse le poids surprenant d’un corps sans prise.

Christian, un autre infirmier de la Fondation, a remplacé Joseph pour quelques heures. Il est aux côté de notre jeune myopathe et c’est lui qui presse à intervalles réguliers cette grosse poire en caoutchouc qui accompagne le mouvement affaibli des poumons.

Darwin m’aperçoit et fait une moue gênée que je fais mine d’ignorer. Je l’embrasse sur le front et soulève yb instant le masque en plastique qui recouvre sa bouche et le relie à l’assistance respiratoire.

 

- Comment te sens-tu ?

- Je suis tellement désolé, me dit-il aussitôt.

- Ben parce que je te crée des ennuis. Tu as plein de choses à faire et je te fais perdre ton temps en te faisant venir à l’hôpital. Pardonne-moi.

 

Je suis médusé par ses mots. Il porte sur son visage la souffrance et la vit dans sa chair, mais oublie sa peine pour se soucier de mes petites épines dont le piquant s’évanouit pourtant devant la noblesse de sa croix.

Christian me dit que les médecins m’attendent au service de pneumologie qui se situe de l’autre côté du bâtiment, non loin de l’entrée. Il m’accompagne en prenant soin de confier à un infirmier la précieuse poire de respiration.

Un groupe de quatre femmes médecins nous attend effectivement. La plus corpulente, sans prendre la peine de me saluer, me dit assez sèchement :

 

- Nous avons besoin de votre autorisation pour procéder à une intubation trachéale.

 

Je suis ahuri par la technicité sans nuance de ces mots dans un moment qui, me semble-t-il, devrait être avant tout teinté d’humanité.

 

- Que voulez-vous dire ?

 

La jeune médecin qui à est sa droite, apparemment plus compatissante, comprend mon imperméabilité à tout vocabulaire spécialisé.

 

- Mon Père, Darwin ne réussit plus à respirer correctement, vous l’avez remarqué, me dit-elle avec une voix douce. Cela fait partie, malheureusement, des étapes irrémédiables de sa maladie. Il inspire l’oxygène à peu près normalement, mais ses poumons affaiblis n’ont plus la force d’expirer le dioxyde de carbone. Du coup, ce qui devrait être rejeté naturellement par la bouche s’évacue par le sang et c’est en train de l’empoisonner.

- Il est en danger ?

- Si on attend, oui. Le manque d’oxygène est important, c’est pour cela qu’il faut l’assister.

- Mais pourquoi l’intuber, un masque ne suffit-il pas ?

- Non malheureusement. D’ailleurs il faut que vous sachiez…

 

Elle jette un regard furtif à sa collège comme si elle craignait d’en dire trop.

- Quoi ?…. Qu’y a-t-il ?

- Il faut que vous sachiez que c’est peut-être un étape durable, voire définitive. Nous ne pouvons pas vous assurer qu’une fois le patient intubé, nous serons en mesure un jour de lui retirer la canule. Il n’est pas impossible, vue l’avancée de sa maladie, que Darwin reste ainsi jusqu’à la fin.

- Mais avec ce tube, il sera soulagé ? Le danger sera écarté ?

- Il aura une gêne inévitable au début, mais s’y fera vite et il peut continuer de vivre encore longtemps ainsi, si son corps réagit bien.

 

La première pneumologie, toujours aussi revêche et manifestement bien décidée à en rester aux aspects techniques me dit froidement :

- Mais l’hôpital ne dispose pas assez de BIPAP.

- … C’est une machine, un ventilateur mécanique, corrige la jeune avec un air désolé.

- … Il vous faudra utiliser le BAVU.

- … L’insufflateur manuel, reprend comme en écho la collège compatissante.

- Peut-on procéder à l’intubation ? Conclut alors notre despote médical sans la moindre délicatesse.

 

Je reste sans voix car j’ai l’impression de devoir prendre une décision qui ne me revient pas, cette sensation curieuse d’un verdict sans crime.

 

- Laissez-moi lui le temps de lui parler, s’il vous plaît.

 

Je retourne en silence vers la petite officine pour retrouver Darwin. Christian, à mes côtés, ne dit pas un mot percevant sans difficulté ma confusion. Mille pensées défilent dans ma tête : « Je ne veux pas qu’il souffre », « Il va falloir organiser des gardes avec les grands adolescents de la Fondation », « comment lui expliquer ? », « sont-ils si sûrs qu’il n’y a pas d’autres solutions ? »…

Je m’arrête à la porte de la petite pièce qui lui sert de chambre pour reprendre mon souffle et surtout entrer avec un visage qui ne respire plus l’inquiétude.

En entrant, Darwin m’offre un beau sourire mais lit sans difficulté malgré mes efforts le trouble dans mes yeux. Il ne dit pourtant rien et continue de poser son regard sur moi.

 

- Darwin, je viens de parler aux médecins…

Il reste silencieux.

-… Il me disent que tes poumons sont fatigués et qu’ils ont besoin d’être assistés. Il va falloir introduire un tube jusqu’à tes poumons le temps qu’ils libèrent une machine.

 

Une petite crainte se lit sur son visage, mais il ne dit rien.

- Ça va être un peu gênant pour toi au début et tu ne pourras pas marcher tant que tu auras ce truc dans la bouche, mais il faut que tu l’acceptes.

- Pourquoi un tube ? Le masque, comme ça, c’est pas pareil ?

- D’après eux, non. Tu sais, Darwin, ils savent ce qu’ils font.

- J’ai pas envie, j’ai peur, me dit-il avec des yeux suppliants.

- Il faut que tu mes fasses confiance.

 

Il reste silencieux. Ses yeux balaient la pièce, avec un regard angoissé.

Les médecins entrent comme des bourreaux à l’heure d’une exécution. L’atmosphère est pesante. Ils s’approchent de Darwin et attendent mon signal pour l’endormir. Mon petit protégé tourne la tête vers moi et fait un « non » de la tête. Je m’approche de lui et soulève un peu sa tête qui ne tient plus toute seule.

- S’il te plaît, Darwin, il le faut.

 

Il reste fixé sur moi, ignorant les médecins. Ses yeux s’embuent. Il hoche légèrement la tête et sans me quitter du regard il me dit :

- Je sais qu’il le faut. Je te crois.

 

Les médecins n’attendent pas une seconde de plus. Ils injectent un produit dans le cathéter et je vois aussitôt les paupières de Darwin s’alourdir. Je repose doucement sa tête sur l’oreiller et les médecins s’affairent séance tenante.

La canule en place, une infirmière s’avance pour poser quelques sparadraps qui la maintiendront tant bien que mal dans la position la moins inconfortable possible pour le jeune patient. Et la poire de nouveau fixée sur le dispositif reprend son rythme régulier avec le bruit d’un ballon qui se gonfle et se dégonfle sans cesse.

Après quelques trop courtes minutes, le jeune patient se réveille non sans un certain désarroi. Il sent une gêne terrible et fait quelques mouvements de la gorge pour se débarrasser de ce tube indésirable. Mais très vite il comprend qu’il n’y a rien à faire. Quelques petites larmes discrètes glissent sur ses joues.

Je lui tiens la main pour lui exprimer ma compassion. Elle est sincère et mes tripes sont remuées de le voir se débattre ainsi. Il me fixe à nouveau du regard. Je m’approche alors de son visage.

 

- Darwin, je suis désolé. Je suis si désolé.

 

Mais il fronce aussitôt les sourcils en signe de désaccord et fait non de la tête, puis esquisse un petit sourire malgré le tube incommodant et ses yeux mouillés. Le « non » qu’il oppose à mon chagrin, est un « oui » qu’il offre à son épreuve. Il l’accepte. Il s’abandonne.

Ému, je sors une minute dans le couloir. Mes larmes montent immédiatement puis coulent sans discontinuer.

Je viens de réaliser que je n’entendrai plus sa voix.

 

Extrait de « Plus fort que les ténèbres », Père Matthieu Dauchez, Editions Artège, 2015.

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Le Serviteur de Dieu Darwin Ramos

Le petit Philippin maître de joie

(1994-2012)

 

Darwin Ramos naît le 17 décembre 1994 dans une famille très pauvre de Manille (Philippines). Il est contraint de mendier dans la rue pour subvenir aux besoins de sa famille, malgré une maladie qui atrophie ses muscles et qui l’empêche rapidement de se tenir debout.

En 2006, il est accueilli par l’association ANAK-Tnk qui œuvre pour les enfants de la rue. Il est baptisé le 23 décembre, puis reçoit la Première Communion et la Confirmation un an plus tard. Darwin fait preuve d’une foi simple mais profonde, ancrée dans la prière et l’action de grâce. Il vit sa maladie dans une réelle union avec le Christ en Croix et dans une grande espérance. Il rayonne de joie et réconforte les enfants de ANAK-Tnk.

Le 16 septembre 2012, sa maladie s’aggrave. Il vit alors une véritable Semaine Sainte : le jeudi, un combat spirituel, le vendredi, il écrit dans une grande paix : « Un immense merci. Je suis très heureux ». Après un samedi silencieux, il meurt le dimanche 23 septembre 2012.

 

Prière pour la béatification du Serviteur de Dieu Darwin Ramos

 

Ô Dieu de toute Joie, Père, Fils et Saint Esprit, Tu ne laisses jamais seuls ceux qui sont dans l’épreuve. Nous Te rendons grâce de nous avoir donné, en Darwin Ramos, enfant de la rue, un modèle lumineux de vie chrétienne. Dans sa brève existence, Tu lui as donné la grâce d’une foi simple et inébranlable, d’une espérance joyeuse dans la maladie, d’une charité constante pour le prochain. Nous Te demandons la glorifi cation sur terre de ton serviteur Darwin, afi n que les jeunes et les malades puissent trouver en lui un maître de Joie. Par son intercession, exauce notre prière (la formuler ici…). Nous Te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. Notre Père/Je vous salue Marie/Gloire au Père.

 

Imprimatur : Mgr. Honesto F. Ongtioco, évêque de Cubao (22 novembre 2018).

 

Pour plus d’infos, relations de grâces

https://darwin-ramos.org

 

Facebook : @DarwinRamosAssociation

04 avril 2020

La Semaine Sainte avec Darwin Ramos

La Semaine Sainte avec Darwin Ramos

 

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Dimanche des Rameaux et de la Passion

 

Evangile selon Saint Marc (11, 1-10).

 

Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, vers Bethphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est en face de vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous dit : “Que faites-vous là ?”, répondez : “Le Seigneur en a besoin, mais il vous le renverra aussitôt.” » Ils partirent, trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachèrent. Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire. Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »

 

Dimanche 16 septembre 2012

 

- Mon Père, venez vite, Darwin ne va pas bien, il respire très mal. Je vais aux urgences.

Je raccroche mon téléphone portable et j’enfile rapidement un pantalon, l’esprit encore un peu embué par ce réveil brusque. Puis j’attrape les clés de ma petite moto et sors du presbytère. Je ne sais pas très bien l’heure qu’il est. Minuit ou une heure du matin peut-être. Peu importe d’ailleurs car il faut aller vite, je le sens. Joseph, l’aide-soignant de la fondation qui accompagne Darwin depuis plus de six ans avait une voix inquiète.

Il ne me faut pas plus d’une dizaine de minutes pour rejoindre l’hôpital en empruntant la grande avenue de Manille. Il y a peu de circulation. C’est un vrai petit miracle pour cette métropole de dix-huit millions d’habitants qui est en agitation constante de jour comme de nuit. Je roule vite, trop vite, je le sais bien, mais j’ai un mauvais pressentiment et je parle tout haut dans mon casque, l’angoisse me prenant aux tripes.

Je prie.

- Parle maintenant, Seigneur, s’il vous plaît. Pas encore. Je ne veux pas le perdre, mon Dieu. Je ne suis pas prêt.

Aux urgences, je gare rapidement mon deux-roues sur le parc de stationnement entre deux ambulances. Puis ignorant les appels du gardiens que je feins de ne pas voir, je m’engouffre parmi les nombreux badauds qui attendent l’appel de leur numéro. La liste est longue, le désordre parlable. C’est un hôpital pour enfants avec cette atmosphère comme un lieu. De nombreux dessins colorés jonchent les murs représentant des personnages de dessins animés. Les scènes joyeuses croquées sur les murs jurent un peu d’ailleurs avec les cris et les pleurs qui règnent dans cette cour des miracles où les parents tentent maladroitement de rassurer leur progéniture sans pour autant réussir à cacher leur propre inquiétude. Chacun s’observe sans rien dire, en échangeant un sourire gêné.

Je m’oriente immédiatement vers les soins intensifs, le ICU (Intensive Care Unit), me doutant bien que c’est là, dans cette grande pièce, que Darwin est soigné. Il est devenu un habitué du lieu. Les médecins le connaissent bien car il a vécu des mois dus à l’inexorable évolution de sa maladie.

Darwin est atteint de la myopathie de Duchenne, maladie incurable qui lui grignote petit à petit toutes ses forces musculaires. Depuis plusieurs années, inéluctablement son corps décline.

En entrant dans la grande salle, je suis pris à la gorge par cette émanation d’éther ou d’alcool qui couvre d’autres odeurs nauséabondes. Il y a une trentaine de lits installés côte à côte, tous occupés par des enfants, dont la plupart sont encore des bébés. Ils ont tous à leurs côtés l’un ou l’autre de leurs parents. Une maman essuie religieusement le front de son enfant endormi avec un sourire plein d’amour. Une autre essaie désespérément d’obtenir plus d’informations auprès d’infirmières dépassées par les événements. Un papa, quelques mètres plus loin, est endormi assis sur une chaise en plastique, son front posé sur ses bras en croix au coin du brancard où est allongé son fils d’une douzaine d’années qui semble dormir d’un sommeil agité.

Assez près de l’entrée, j’aperçois Darwin, seul, les yeux fermés. Les sourcils se froncent par moments, signe discret des intenses douleurs qu’il ressent. Il est allongé sur un lit dont le dossier a été relevé au maximum pour le maintenir dans une position assise. Amaigri par ces années de combat contre la maladie, ses muscles s’éteignent petit à petit. C’est un petit corps affaibli dont il ne reste que la peau sur les os.

Mais la première chose qui me frappe en le voyant, c’est la couleur inhabituelle de sa peau. Elle est jaunâtre. Je m’approche doucement de lui car je ne veux surtout pas le réveiller s’il dort. Je pose mon casque et enlève ma veste. Il ouvre les yeux, m’aperçoit et me fixe aussitôt de ses deux billes noires si expressives. Pas de sourire cette fois-ci. Darwin est grave et son regard inquiet. Surtout il semble respirer très difficilement et par toutes petites secousses. Ses poumons n’ont plus de force.

Joseph, l’aide-soignant, arrive juste après moi. Il revient de la petite pharmacie de l’hôpital où il est allé chercher les premiers médicaments prescrits par le médecin de garde. Il me salue rapidement et jette immédiatement un coup d’oeil complice à Darwin feignant de ne pas voir son inquiétude. Il s’intercale alors entre nous, puis lui tourne le dos et me dis d’une voix à peine audible pour éviter que notre jeune patient n’entende :

- Lorsque je suis arrivé dans le foyer cet après-midi, j’ai vu tout de suite que Darwin était très éteint, peu souriant. Et je le connais mon garçon, s’il ne me montre pas son grand sourire quand je viens le voir, c’est qu’il ne se sent pas bien.

- Tu l’as amené immédiatement ici ?

- Non, car Darwin m’assurait que tout allait bien. Un petite crise passagère seulement, disait-il. Mais, un peu plus tard, lorsque j’ai vu que ça ne s’améliorait pas, j’ai insisté. Je lui ai demandé s’il voulait aller à l’hôpital. Darwin n’a rien dit. Les yeux baissés, il a juste hoché la tête en signe d’acquiescement.

Darwin nous regarde fixement, avec une certaine inquiétude dans les yeux. Je vois bien qu’il cherche en même temps à capter mon regard mais je feins de l’ignorer pour laisser Joseph continuer. Je veux entendre son rapport jusqu’au bout car je crains d’entendre « »la » mauvaise nouvelle, la condamnation des médecins, comme un verdict qui tombe, une sentence sans appel.

- As-tu parlé aux médecins ? Que disent-ils de son état ?

- Ils ne savent pas encore, me répond Joseph. Ils ont fait plusieurs tests et prises de sang. Il essaient de comprendre où en est Darwin dans l’évolution de sa maladie, car il craignent tout de même une nouvelle étape dans sa dégradation. Probablement les poumons qui faiblissent.

Darwin continue inlassablement de remuer avec difficulté son corps affaibli pour attirer notre attention. Je m’approche de lui et lui prends la main, en faisant attention de ne pas toucher la perfusion qui l’alimente en dextrose. Sa main est chaude et il serre ses doigts sur la mienne sans me quitter des yeux, en esquissant, pour la première fois depuis mon arrivée depuis mon arrivée aux urgences, un petit sourire. Notre simple présence semble semble le soulager un peu.

Il ferme de temps en temps les yeux mais ne lâche pas ma main. Joseph s’approche des médecins de garde pour leur soutirer quelques informations supplémentaires mais cela devient un jeu de langages et les termes techniques utilisés, accessibles uniquement aux initiés, se multiplient et se compliquent pour finalement ne dire que l’impuissance des soignants. Il faut attendre le résultat des contrôles et l’avis du pneumologue qui ne reviendra que le lendemain.

Je regarde ce spectacle avec un certain étonnement mêlé de dégoût. Les palabres remplacent l’attention, la technique se substitue aux soins et un snobisme médico-intellectuel détrône petit à petit l’humanité de ces médecins qui semblent pourtant tenir la vie de notre enfant dans leurs mains. À chacun de leurs mots ou de leurs gestes, aussi futiles soient-ils, s’accroche notre espérance. « Ce n’est rien », « une petite infection passagère », « il va pouvoir rentrer très vite à la maison ». Des expressions de rien du tout dont rêvent tous les parents d’enfants malades. Quelques mots tout simples qui ne viennent pas. Il faut attendre. Le surveiller et attendre. Il restera à l’hôpital cette nuit.

Je sens que Darwin me serre la main entre son pouce et son index. Je le regarde et il semble vouloir me dire quelque chose. Ses lèvres bougent un peu. Il parle difficilement à cause de sa respiration irrégulière et je n’entends pas grand-chose mais ses yeux grands ouverts m’interpellent. Il fronce les sourcils comme pour me supplier. Il doit avoir besoin de quelque chose, il a soif peut-être, ou bien mal. J’approche mon oreille de sa bouche pour entendre la voix faible de mon petit bonhomme et ce qu’il veut me dire.

Darwin prend une grande respiration, ce qui lui demande un réel effort afin de sortir un son audible car il est à bout de souffle. Et forcissant un peu le son de sa voix saccadée par la douleur, il me dit lentement pour que je comprenne chacun de ses mots :

- Mon Père, un immense merci pour tout.

Merci. C’est tout. Il voulait me dire merci.

Darwin résumait ainsi sa vie en un mot. Une action de grâce. Ce mot « merci », il ne cessait de le répéter : lorsqu’on venait le voir au Centre, lorsqu’un éducateur passait devant lui, lorsqu’il était poussé par ses camarades ou encore si on lui présentait des invités de la Fondation. Darwin manquait profondément tous ceux qui le rencontraient par son sourire et ses mots affectueux. Ce soir-là, alors que commence la dernière étape de sa passion, il ne déroge pas à la règle. Bien que prononcer ces mots est une véritable épreuve pour lui. Il veut dire ce mot « merci ».

Ce n’est donc ni une plainte qu’il veut exprimer, ni un besoin qu’il veut nous signifier. Il déploie tous ces efforts simplement pour dire « merci ». Ce mot gratuit, petit clin d’oeil du coeur.

Expiration divine.

Merci.

Darwin est en souffrance et pourtant ne s’apitoie pas sur lui-même. Il lui faut aimer encore et toujours, dans chacun de ses actes, de ses paroles, à tout moment, même dans la souffrance, surtout dans la souffrance.

Je lui dois tant et c’est lui qui me dit merci.

Mes larmes montent mais j’essaie tant bien que mal de les lui cacher. Je veux lui imposer de se taire, de garder ses forces et de me dire plutôt ce dont il a besoin, ce qui peut l’apaiser. Mais aucun son ne sort de sa bouche. Darwin esquisse à nouveau laborieusement un petit sourire. C’est tout ce qu’il veut me dire.

Merci.

Darwin est comme ce petit âne attaché que l’on amène à Jésus au matin du dimanche des Rameaux. Monture de roi qui accompagne noblement Celui qui à sonné sa vie entièrement.

Il ferme ses yeux doucement, et s’endort.

 

Extrait de « Plus fort que les ténèbres », Père Matthieu Dauchez, Editions Artège, 2015.

 

Darwin-Ramos

Le Serviteur de Dieu Darwin Ramos

Le petit Philippin maître de joie

(1994-2012)

 

Darwin Ramos naît le 17 décembre 1994 dans une famille très pauvre de Manille (Philippines). Il est contraint de mendier dans la rue pour subvenir aux besoins de sa famille, malgré une maladie qui atrophie ses muscles et qui l’empêche rapidement de se tenir debout.

En 2006, il est accueilli par l’association ANAK-Tnk qui œuvre pour les enfants de la rue. Il est baptisé le 23 décembre, puis reçoit la Première Communion et la Confirmation un an plus tard. Darwin fait preuve d’une foi simple mais profonde, ancrée dans la prière et l’action de grâce. Il vit sa maladie dans une réelle union avec le Christ en Croix et dans une grande espérance. Il rayonne de joie et réconforte les enfants de ANAK-Tnk.

Le 16 septembre 2012, sa maladie s’aggrave. Il vit alors une véritable Semaine Sainte : le jeudi, un combat spirituel, le vendredi, il écrit dans une grande paix : « Un immense merci. Je suis très heureux ». Après un samedi silencieux, il meurt le dimanche 23 septembre 2012.

 

Prière pour la béatification du Serviteur de Dieu Darwin Ramos

 

Ô DIEU de toute Joie, Père, Fils et Saint Esprit, Tu ne laisses jamais seuls ceux qui sont dans l’épreuve. Nous Te rendons grâce de nous avoir donné, en Darwin Ramos, enfant de la rue, un modèle lumineux de vie chrétienne. Dans sa brève existence, Tu lui as donné la grâce d’une foi simple et inébranlable, d’une espérance joyeuse dans la maladie, d’une charité constante pour le prochain. Nous Te demandons la glorifi cation sur terre de ton serviteur Darwin, afi n que les jeunes et les malades puissent trouver en lui un maître de Joie. Par son intercession, exauce notre prière (la formuler ici…). Nous Te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. Notre Père/Je vous salue Marie/Gloire au Père.

 

Imprimatur : Mgr. Honesto F. Ongtioco, évêque de Cubao (22 novembre 2018).

 

Pour plus d’infos, relations de grâces

https://darwin-ramos.org

 Facebook : @DarwinRamosAssociation

 

 

24 octobre 2018

Saint Paul VI

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Saint Paul VI

1963-1978

Le Pape écartelé

Fête le 26 septembre

 

Jean-Baptiste Enrico Antoine Marie Montini est né le 26 Septembre, 1897 à Concesio (Lombardie), d'une riche famille de la classe supérieure. Son père, qui avait une formation d'avocat, était éditeur, et un courageux promoteur de l'action sociale. Il fut un enfant intelligent, mais fragile, qui reçut son éducation chez les Jésuites, près de la maison paternelle à Brescia. Après son entrée au séminaire en 1916, il a été autorisé à séjourner à la maison paternelle en raison de sa santé précaire.

Après son ordination en 1920, il fut envoyé à Rome pour étudier à l'Université Grégorienne et à l'Université de Rome, en 1922 il a été transféré à l'Accademia dei Nobili Ecclesiastici afin de poursuivre son étude de diplomate et les études de droit canon à la Grégorienne.

En 1923, il fut envoyé à Varsovie comme attaché à la nonciature, mais il fut rappelé à Rome en 1924, en raison des effets qu'avaient le climat hivernal de la Pologne sur sa santé, là, il fut affecté au bureau de la Secrétairerie d'Etat où resta pendant trente ans. Outre l'enseignement à l'Accademia dei Nobili Ecclesiastici, il fut nommé aumônier de la Fédération des étudiants de l'université catholique italienne (FUCI), cette mission devait avoir un effet décisif sur ses relations avec les fondateurs du parti Démocrate Chrétien de l'après-guerre. En 1937, il a été nommé substitut des affaires ordinaires par le cardinal Pacelli, secrétaire d'État, et il l'a accompagné à Budapest en 1938 à l'occasion du Congrès eucharistique international.

Lors de l'élection de Pie XII en 1939, Pacelli comme Montini ont étés confirmé à leurs postes dans la nouvelle secrétaire d'État, par le cardinal Luigi Maglione. Lorsque ce dernier est décédé en 1944, Montini a continué de s'acquitter de ses fonctions sous le contrôle direct du pape. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a été chargé d'organiser le vaste travail de secours et de soins des réfugiés politiques.

Dans le secret du consistoire de 1952, le Pape Pie XII a annoncé son intention d'élever Montini et Domenico Tardini au Sacré Collège, mais ils avaient tous les deux demandé à en être dispensés. En revanche, à tous les deux, il a conféré à tous le titre de prosecrétaire d'État. L'année suivante, Montini est nommé archevêque de Milan, sans avoir le titre de cardinal. Il a pris possession son nouveau diocèse le 5 janvier 1955 et bientôt, il fut surnommé "l'archevêque des ouvriers." Il a revitalisé le diocèse entier, prêchant le message social de l'Évangile, travaillant pour conquérir toutes les classes sociales, promouvant l'enseignement Catholique à tous les niveaux et soutenant la presse Catholique.

Son impact sur la ville à cette époque était tellement grand qu'il a attiré l'attention du monde entier. Au conclave de 1958, son nom a été souvent mentionné, et au premier consistoire du Pape XXIII, en décembre de cette même année, il a été l'une des 23 prélats élevés à la dignité cardinalice avec son premier nom de la liste. Sa réponse à l'appel du Concile a été immédiate et même avant, il avait déjà été identifié comme un ardent défenseur du principe de collégialité. Il a été nommé à la Commission préparatoire de Vatican II et aussi à la Commission technique et d'organisation.

À la mort du Pape Jean XXIII, Montini a été élu le 21 Juin 1963, pour lui succéder. Dans son premier message au monde, il s'est engagé à une poursuite de l'oeuvre engagée par Jean XXIII. Tout au long de son pontificat, la tension entre la primauté papale et la collégialité de l'épiscopat a été une source de conflit. Le 14 Septembre 1965, il a annoncé la création du Synode des Évêques, appelé par le Conseil des pères, mais certaines questions qui semblait convenir à la discussion par le Synode, ont été réservés à lui-même. La question du célibat a été enlevée du débat de la quatrième session du Concile, a fait le sujet d'une encyclique, le 24 juin 1967); la question de la régulation des naissances a été traité dans Humanae vitae le 24 juillet 1968), sa dernière encyclique. Les controverses nées autour de ces deux discours ont tendance à éclipser les dernières années de son pontificat. Le Pape Paul VI a eu une mauvaise presse et inexplicablement son image de marque en prit un coup en comparaison avec son prédécesseur, Jean XXIII, qui était très jovial.

Ceux qui le connaissaient bien, cependant, l'ont décrit comme un homme brillant, profondément spirituel, humble, réservé et doux, un homme d'une infinie courtoisie. Il a été l'un des Papes les plus voyageurs de l'histoire pontifical et le premier à visiter cinq continents. Son remarquable corpus de pensée devrait être redécouvert autant dans ses lettres apostoliques que dans ses déclarations majeures. Sa conclusion du Concile Vatican II a laissé sa marque sur l'histoire de l'Église, mais l'histoire enregistrera aussi sa réforme rigoureuse de Curie Romaine, son bon accueil à l'ONU en 1965, son encyclique Populorum progressio (1967), Sa deuxième grande lettre sociale Octogesima adveniens (1971) - le premier à montrer une conscience des nombreux problèmes qui ont récemment été en lumière et son exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, sa dernière déclaration majeure qui a aussi soulevé la question centrale de la juste conception de la libération et du salut.

Le Pape Paul VI, le Pape pèlerin, est décédé le 6 août 1978, en la la fête de la Transfiguration. Il a demandé que ses funérailles soient simples, sans catafalque et qu'il n'y ait aucun monument sur sa tombe. Béatifié à l'occasion de la clotûre du Synode des Familles, à Rome, le 19 octobre 2014, Paul VI a été canonisé le 14 octobre 2018. 

 

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Prière pour obtenir des grâces par l'intercession de Saint Paul VI

 

Seigneur, notre misère nous amène à solliciter votre aide. Nous le faisons avec la certitude que le cœur de votre Père est toujours prêt à écouter les demandes de tous ses enfants. C'est par l'intercession du Saint Pape Paul VI, Pape du dialogue, Pape pèlerin, Pape de la civilisation de l'amour, que nous Vous présentons nos intentions. O Seigneur, par son intercession, écoutez les prières que nous vous adressons, et obtenez-nous la grâce de toujours accomplir Votre Volonté et la grâce suivante (...). Amen.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

 

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Les personnes qui obtiendraient des grâces par l'intercession du Saint Pape Paul VI sont priées de le signaler à l'adresse suivante

 

Sanctuaire Notre Dame des Grâces de Brescia

E-mail: papamontini@santuariodellegrazie.brescia.it

 

Renseignements

http://www.santuariodellegrazie.brescia.it

 

90028O

 

Dernière mise à jour de la page: le 24 octobre 2018

 

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21 juin 2018

Vénérable Soeur Emilie Engel

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Vénérable Soeur Emilie Engel

 Co-fondatrice des Soeurs de Marie de Schoenstätt

 Une merveille de confiance

 1893-1955

On ne connaît guère en France cette Allemande qui vécut de 1893 à 1955 et dont le procès de béatification est en cours. Sa vie a été publiée en 2004, en français sous le titre : « Je persiste dans mon Oui. » Ce titre résume toute la spiritualité qui anima cette femme de foi et qui la transforma profondément dans son être et dans son action. Sa vie, en effet, fut un Oui continuel au Père du ciel, à tous les appels qu’elle perçut avec sa fine sensibilité et auxquels elle répondit très généreusement malgré les obstacles rencontrés.

Née dans le Sauerland, au sud de la Ruhr, elle grandit dans une famille nombreuse et très croyante de cultivateurs. A 6 ans elle commença à vivre une terrible épreuve morale, une peur intense, que l’éducation religieuse de ce temps-là, sauf dans sa famille, n’était pas faite pour apaiser : peur de Dieu, peur du jugement et, associé à cela, un complexe d’infériorité.

A la maison, on la retrouvait parfois cachée sous l’escalier. Cette souffrance extérieure réapparaîtra bien souvent au cours de sa vie. Elle s’en libérera très progressivement en faisant totale confiance au Père du ciel et en se tournant résolument vers les autres, malgré sa timidité.

De fait, elle ne manquait pas de volonté. Elle résolut, comme deux de ses sœurs, de s’orienter vers l’enseignement primaire, ce qui était une profession tout à fait inhabituelle pour une jeune fille du monde rural au début du vingtième siècle. Elle fut envoyée dans des cités minières de la Ruhr, où elle découvrit une misère en tout genre, qu’elle ne soupçonnait pas jusqu’alors. Bien loin de se contenter d’assurer ses heures d’école, elle visita les familles de ses élèves et fut consternée. « Aux plus malheureux l’accueil le plus chaleureux » était sa devise. Repas offerts chez elle à des enfants qui avaient faim, soins apportés à une mère tuberculeuse dans un extrême dénuement, prise en charge des enfants de celle-ci après son décès, etc… Son dévouement était inlassable, au mépris de la contagion, qui la gagna, sans doute, à cette époque. Toute sa vie, de fait, fut marquée par la tuberculose, avec des années en sanatorium, de pénibles opérations et un Oui qui ne se démentait pas.

En cela elle fut confortée par la découverte qu’elle fit du Mouvement de Schoenstatt (à Vallendar près de Coblence) et par son fondateur, le Père Joseph Kentenich. Cette rencontre, commencée en 1921, sera pour elle une révélation : désormais elle se sait appelée personnellement par le Père du ciel, elle prend conscience du rôle de Marie dans sa vie, et l’apostolat, qu’elle a toujours exercé, s’impose à elle de plus en plus. Le fondateur, qu’elle a choisi comme guide spirituel, l’aide avec une surnaturelle clairvoyance et un sens aigu de la psychologie et de la pédagogie, à se libérer peu à peu de ses craintes et de ses complexes, en devenant une « merveille de confiance » en la Providence divine. Devenue sœur de Marie de Schoenstatt, elle fera partie de la génération fondatrice de cette grande famille et y acceptera des charges diverses, malgré de multiples assauts de la maladie et une nature réservée qui aurait préférer rester en retrait.

Pendant les trois années et demie que le Père Kentenich passa au camp de concentration de Dachau (1941-1945), sœur Emilie se sentira investie d’une nouvelle responsabilité à l’égard de ses sœurs. Elle l’assurera avec calme et ferme espérance. Au retour du fondateur, elle est disponible pour la fonction de provinciale, qu’elle exerce avec tout son cœur maternel et l’ardent désir que sa province devienne une province de saintes. Le nom choisi pour celle-ci est un programme pour toutes :  « Province de la Providence ». Qu’elle soit le « jardin de Marie » où tout ce qui pousse d’utile et de beau dans un jardin soit à la gloire de Marie.

Une nouvelle épreuve attend la famille de Schoenstatt. L’exil à Milwaukee (USA) imposé par le Saint-Office au Père Kentenich en 1951. Cet exil ne prendra fin qu’en 1965 avec la fin du Concile Vatican II et la totale réhabilitation par le Pape Paul VI. Sœur Emilie mourra en 1955 sans avoir revu celui qui l’avait tellement marquée par ses conseils, sa sagesse, son enseignement et sa sainteté.

Les dernières années de Emilie Engel seront marquées par la déchéance physique mais aussi par d’admirables progrès dans la consécration de sa personne entre les mains du Père céleste et de Marie, jusqu’à rendre grâce pour toutes ses souffrances et même jusqu’à demander toutes les souffrances imaginables. En cela, rien de morbide mais simplement une disponibilité sans réserve à toute la volonté du Père pour la sanctification de ses sœurs. L’éclat qui, jusqu’à la fin, brille dans son regard est le signe manifeste de sa joie d’enfant de Dieu qui n’a vécu que pour être aimée de Lui et pour aimer. Le secret de cette libération et de ce rayonnement est son esprit d’enfance spirituelle vécue héroïquement.

 

 (Texte de l’Abbé Louis Fleury, extrait du site internet du Diocèse de Cambrai)

 

Bibliographie : « Je persiste dans mon Oui », Disponible auprès des Soeurs de Marie de Thun-Saint-Martin

 

Un décret reconnaissant l’héroïcité des Vertus de Soeur Emilie Engel a été signé le 10 mai 2012 par le Pape Benoît XVI. Soeur Emilie Engel est donc ainsi déclarée Vénérable.

 

Prière pour la béatification de Soeur Emilie

 

Dieu, notre Père, Soeur Emilie a cheminé sa vie durant avec la confiance d’un enfant en Ta sage et bienveillante Providence. À Ton désir et à Ta Volonté, sa réponse était toujours « Oui, Père », même dans la souffrance et la précarité. Elle trouvait ainsi dans Ton Coeur Paternel un refuge assuré et se trouvait libérée de la peur et de la détresse morale. Tu as merveilleusement manifesté en sa personne Ton amour et Ta Miséricorde.

Je Te demande la béatification de Soeur Emilie pour l’honneur de Ton Nom, pour l’honneur de la Mère Trois Fois Admirable et Reine de Schoenstatt, et pour le bonheur de l’humanité.

Par son intercession, accorde-moi de voir exaucées mes intentions personnelles dans la mesure où cela correspond à Ta bienveillante Providence. Amen.

 

Merci de signaler toutes grâces reçues par l’intercession de la Vénérable Soeur Emilie Engel à

 

Soeurs de Marie de Schoenstatt

Sanctuaire de l’Unitté

1,Route nationale

F- 59141 Thun-Saint-Martin

www.sanctuairedelunite.fr

Mail : Schoenstattfr@aol.com

 

Soeurs de Marie de Schoenstatt

Maison « Providentia »

Trierer Str. 388

D- 56078 Koblenz-Metternich

www.haus-providentia.de 

Mail: info@haus-providentia.de

 

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Neuvaine avec le Père Joseph Kentenich

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Neuvaine avec le Père Joseph Kentenich

 

Le Père Joseph Kentenich

1885-1968

 

Le Père Joseph Kentenich est le fondateur d'un mouvement de renouveau religieux. Des aptitudes exceptionnelles de cœur et d'esprit, des grâces insignes aussi, lui ont permis d'assumer une très grande mission.

Il fut appelé à devenir le père d'une famille spirituelle de grande expansion. Avec patience et abnégation, avec amour et fidélité, il se dépensa au service de tous les membres des communautés qu'il formait avec un art exceptionnel de direction.

Tel un prophète, il propagea avec enthousiasme les vérités divines, et, au milieu des confusions de l'époque, il fraya la route à d'innombrables hommes de tous les continents. Homme de Dieu, sous l'impulsion de l'Esprit Saint, il travailla sans relâche et souffrit saintement pour sa mission dans l'Église. Héraut de la Sainte Mère de Dieu, c'est à son image qu'il voulut modeler « l'homme nouveau dans la Communauté nouvelle ».

Le Père Kentenich naquit le 18 novembre 1885 à Gymnich, près de Cologne, en Allemagne. Il reçut de sa mère un très grand amour pour la Vierge Marie. A l'âge de 9 ans, il se consacrait totalement à la Mère de Dieu. Il reçut sa formation Théologique chez les Pères Pallotins, à Limbourg. C'est dans cette même ville qu'il fut ordonné Prêtre en 1910.

Il fut d'abord professeur au Petit Séminaire d'Ehrenpreis, puis, de 1912 à 1919, directeur spirituel au Petit Séminaire des Pères Pallotins de Schœnstätt, près de Vallendar, sur le Rhin. Son charisme d'éducation se manifesta dès les premières années de son sacerdoce. Il savait toucher ses élèves et les enthousiasmer pour les grandes causes.

Avec quelques-un de ses élèves, le 18 octobre 1914, le Père Kentenich posait le premier jalon de la fondation de l'œuvre de Schoenstatt, dans un acte de Foi et de confiance en la Providence Divine. Dans la vieille chapelle de Saint Michel, il scella avec la Mère de Dieu une alliance qu'il se plaisait à appeler « Alliance d'amour ». En effet, profondément convaincu de l'Amour de Marie pour tous les hommes, il la supplia, par la prière et le sacrifice de se laisser toucher pour que cette petite chapelle devienne un lieu privilégié de grâces et qu'elle puisse y attirer des multitudes d'hommes et de les instruire en vue de l'œuvre du Royaume de Dieu.

L'allocution qu'il prononça en cette circonstance est considérée comme l'Acte de Fondation du Mouvement de Schoenstatt.

Les jeunes qui dirigeait le Père comprirent d'emblée ses intentions et témoignèrent de leur esprit de sacrifice pendant les dures années de la première guerre mondiale. Quelques uns d'entre eux, au milieu des dangers du front, firent le sacrifice de leur vie pour servir la cause de Schoenstatt. Parmi ces derniers, le Serviteur de Dieu Joseph Engling se distingua particulièrement: il tomba près de Cambrai, dans le nord de la France. Son procès de Béatification est en cours.

Conduit par la Divine Providence, conscient de la mission que le Seigneur lui confiait et doué d'un talent extraordinaire d'organisateur, le Père Kentenich commença en 1919, la fondation de son œuvre multiforme et internationales de communautés sacerdotales et laïques. A partir de 1926, il jetait les bases de plusieurs instituts séculiers. Il fut pour tous le Père conscient de sa responsabilité, qui savait unir les siens dans l'amour de la Mère Trois Fois Admirable de Schoenstatt et de son sanctuaire.

Au cours des dernières décennies, ce « sanctuaire des origines » fut reproduit, dans le même style, dans les mêmes dimensions, en de nombreuses régions d'Europe et autres continents. Ainsi naquirent dans le monde entier des centres de Schoenstatt et à partir desquels, le mouvement du Renouveau s'enracina dans bien des pays.

De 1914 à 1945, le Père Kentenich fut détenu à la prison de la Gestapo de Coblence, puis déporté au camp de concentration de Dachau. Ferme dans la souffrance et animé d'une joyeuse résignation, il supporta les rigueurs et les périls du camp : il y fut pour tous un soutien. Même dans les situations les plus périlleuses, il travaillait sans relâche pour son œuvre, tout en exerçant une grande prudence.

Sain de corps et d'esprit, imprégné d'une Foi agissante, il revint à Schoenstatt dès la fin de la guerre et se consacra sans tarder à son œuvre. A partir de 1947, il entreprit des voyages en Afrique et en Amérique pour y répandre et y affermir les communautés de la Famille de Schoenstatt.

De 1946 à 1965, c'est par l'Église que le Fondateur et son œuvre furent mis à rude épreuve. Le Père Kentenich dut se séparer de sa fondation et s'exiler durant 14 ans à Milwaukee, aux États Unis. Longue période de silence pendant laquelle il supporta avec courage les incompréhension et les calomnies. Son amour pour l'Église et sa fidélité à son œuvre triomphèrent de l'épreuve.

Il considéra comme le plus grand cadeau de la Mère de Dieu son retour dans la famille de Schoenstatt, rendant grâce à Dieu pour les siens qui avaient gardé en l'Église et en lui-même une inébranlable fidélité. Au cours des trois dernières années de sa vie, malgré son âge avancé, le Père Kentenich travailla avec zèle au perfectionnement interne de son œuvre. Par de nombreuses conférences, il prit une position claire et nette face à la confusion de certaines doctrines théologiques ainsi qu'à une crise d'autorité dans l'Église. Il était le conseiller de plus d'un personnage influent. Son enseignement confirmait les siens dans la fidélité à la tradition et au Magistère de l'Église et favorisait l'ouverture à un aggiornamento. Il prenait particulièrement à cœur l'affermissement de la Foi de ses disciples aux réalités surnaturelles et voulait les mettre « avec Marie sur les voies des temps nouveaux dans une joyeuse espérance et la certitude de la victoire ».

Le Père Kentenich mourut subitement après avoir célébré l'Eucharistie, le 15 septembre 1868, en la Fête le Notre Dame des Sept Douleurs. Son corps repose dans la sacristie de l'église de l'Adoration, à Berg-Schoenstatt, à l'endroit même où il remet son âme entre les mains du Père.

 

Préface

 

Toute sa vie, le Père Kentenich a su s'attirer la confiance d'innombrables amis. Ils percevaient en lui un homme proche de Dieu et bénéficiaient de sa bonté et de sa sagesse. Joseph Kentenich leur offrait aide et conseil dans leurs besoins spirituels autant que matériels. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner qu'après sa mort, beaucoup continuent de s'adresser à lui et de lui faire confiance puisqu'il se trouve maintenant pleinement en Dieu.

Dans la lumière de Dieu, il est à même de connaître nos besoins et il continue sa mission avec un autre mode de présence. Il est toujours le père qui se préoccupe de sa Famille de Schoenstatt et de tous ceux qui sollicitent son aide. Son amour le pousse à intercéder pour nous auprès du Père de l'Amour qui l'écoute et lui accorde ce qui est le mieux pour notre bien.

La présente Neuvaine que nous allons faire avec le Père Kentenich, sous forme de prière à nos intentions, va nous conduire, chaque jour, à une rencontre spirituelle avec le Fondateur de Schoenstatt: elle nous invite à la réflexion et à l'imitation de sa vie et veut affermir notre confiance.

En plus des textes à lire et à méditer, on peut réciter chaque jour une prière pour la Béatification du Père Kentenich.

Sachons enfin qu'auprès de la tombe du Fondateur, beaucoup prient aux intentions de tous ceux qui font cette Neuvaine. Aujourd'hui, un flot ininterrompu de chrétiens viennent prier sur sa tombe, confiants en son intercession. Innombrables en effet furent ceux qui trouvèrent en lui un guide et un père et qui, persuadés de la sainteté de sa vie, prient pour sa prochaine Canonisation.

 

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Prière à Dieu le Père pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Père Éternel, Vous avez fait vivre de la Bonne Nouvelle de Votre Fils Votre Serviteur, le Père Joseph Kentenich. Il nous l'a fait connaître: nous sommes Vos enfants. O Père attirez à Vous nos cœurs comme Vous avez attiré le sien afin que nous fassions avec amour ce qui Vous plaît. Disposez de nous selon Votre Volonté et donnez-nous la grâce d'être prêts à accepter la Croix dans notre vie. Par l'intercession du Père Joseph Kentenich, mettez en nous une infinie confiance en Vous. Père de Miséricorde, guidés par Votre main, faites que nous cheminions ici-bas paisiblement et courageusement jusqu'à la plénitude de la perfection. Nous voulons chanter éternellement les louanges de Votre amour infini. O Père très Bon, accordez à tous les hommes de connaître clairement le sens et le but de leur vie: le retour vers Vous. Par l'intercession du Père Joseph Kentenich, multipliez les guérisons et les miracles de conversions intérieure. Écoutez nos prières. Daignez bientôt accorder à Votre Serviteur l'honneur des autels pour que se révèle Votre Amour Paternel et que s'affermisse chez les hommes la Foi en Votre Amour et la confiance en Votre Miséricorde. Amen.

 

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Premier jour

Témoin de l'Amour

 

« Comme le Père M'a aimé, Moi aussi Je vous ai aimée. Demeurez en Mon Amour » (Jean 19: 5) 

« Ce que Je vous commande, c'est de vous aimer les un les autres ». (Jean 15: 17)

 

 

A une époque où « par suite de l'iniquité, l'amour se refroidit chez un grand nombre » (Matthieu 24: 12), Dieu nous a donné un homme qui aima beaucoup. Son intimité avec Dieu se reflétait nettement dans ses paroles et dans ses actes. Son être tout entier était pénétré de Dieu. Tous ceux qui ont eu des contacts avec lui ont pu le constater. Il ne refusait rien à l'Amour éternel: que ce soit au camp de concentration ou en exil, sa fidélité fut à toute épreuve. Cet amour de Dieu le poussait à se donner totalement aux autres. Il recevait tous ceux qui l'approchaient, avec amour, respect, intuition, cordialité. Sans se ménager, il leur consacrait sa force et son temps. Il était disponible à tous: aux prêtres qui demandaient conseil, aux laïcs qui le consultaient, à celui qui avait besoin de consolation dans la souffrance ou de lumière pour sa conscience. Sa patience était inlassable. Il n'acceptait les cadeaux que pour faire plaisir à d'autres. Celui qui rencontrait le Père Kentenich découvrait en lui la bonté et la Miséricorde de Dieu, l'image du Bon Pasteur qui donne sa vie pour les siens. C'est ainsi qu'il rapprochait de Dieu tous ceux qui le consultaient.

 

Réflexion

 

Nous sommes sur terre pour aimer Dieu. Il nous a aimés le premier et nous attire à Lui dans un Amour éternel. Il veut notre cœur, notre volonté, nos actions, notre prière. Où que nous soyons, nous avons à être témoins d'un grand amour. Sachons transmettre d'amour désintéressé, serviable, indulgent, qui pardonne, l'amour qui se penche sur le faible pour l'aider, sur les cœurs pour les unir.

 

Aujourd'hui, je réciterai souvent la prière suivante: O Seigneur, augmente mon amour pour toi ».

Aujourd'hui, pour témoigner de mon amour de Dieu, je serai spécialement attentif à venir en aide aux autres.

 

Mon Seigneur et mon Dieu, détruisez ce qui m'enchaîne dans mon élan vers Vous. Tout ce qui paralyse ou pourrai amoindrir l'amour que j'ai pour vous; mais donnez-moi tout ce qui peut faire jaillir l'amour que j'ai pour vous, et ce moi misérable, ôtez-le, si cela gène l'amour que j'ai pour vous! (D'après le Père Kentenich)

 

Réciter la prière pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Deuxième jour

En alliance avec la Mère Trois Fois Admirable

 

« Je conclurai avec eux une alliance pacifique, ce sera avec eux une alliance perpétuelle. Je les établirai, Je les multiplierai et J'établirai Mon Sanctuaire au milieu d'eux à jamais. Je ferai Ma demeure au-dessus d'eux et Je serai leur Dieu et ils seront Mon peuple ». (Ézéchiel 37: 27-26).

Dès sa plus tendre enfance, le Père Kentenich aima la Mère de Dieu. Il se donna à Elle dès l'âge de neuf ans dans une consécration qui fut décisive pour toute sa vie religieuse. Il avouait que Marie était sa seule éducatrice et son seul guide. Ce fut Elle qui le conduisit avec fermeté à travers toutes les crises spirituelles de ses années d'études. Elle lui fit don de la lumière et de la force pour sa mission de Fondateur. « Tout ce que je suis, répondait-il sans cesse, tout ce qui se fait à Schoenstatt, je le dois à la Mère de Dieu ». Comme elle le fut pour la vie du Fondateur, la consécration à Marie fut le principe et le fondement solide de la vie des communautés qu'il a fondées. Le 18 octobre 1914, dans la Chapelle Saint Michel à Schoenstatt, le Père Kentenich scella une Alliance d'amour avec la Mère de Dieu, la Mère Trois Fois Admirable. La Vierge répondit à l'offrande du Père Kentenich par un amour réciproque. Elle combla toutes ses espérances et, dans cette petite chapelle, elle établit son « Trône de Grâces » vers lequel elle attira d'innombrables cœurs pour les relier plus intimement à Dieu. Schoenstatt devint ainsi un lieu de pèlerinages, centre d'un Mouvement universel de renouveau religieux et moral. Le Père Kentenich était persuadé que l'offrande de sa personne à la Mère de Dieu était le gage sacré de fidélité à l'alliance baptismale, car Marie nous aide à demeurer fermes dans la Foi et à mener une vie Chrétienne. C'est pourquoi, avec une ténacité et un enthousiasme sans pareils, le Père Kentenich annonçait le message de l'Alliance d'amour avec la Mère Trois Fois Admirable. Animé d'une Foi inébranlable, « l'allié de la Mère de Dieu » remit entre ses mains sa vie et son honneur en des heures difficiles et décisives de sa vie comme de l'histoire de Schoenstatt. Il la servit jour après jour avec une inlassable fidélité.

 

Réflexion

 

Dieu Trinité veut nous donner la vie éternelle. C'est pour cela que par le Baptême Il a scellé une alliance avec nous, mais Il exige fidélité à cette promesse baptismale. Si, par l'Alliance d'amour, nous sommes liés à la Mère de Dieu, celle-ci nous aide dans la lutte contre les puissances du mal qui veulent nous séparer du Christ. Dans les crises actuelles de la Foi, elle est pour nous un guide sûr. Sa préoccupation majeure est de nous faire parvenir à la vie éternelle. « Servus Mariae nunquam peribit » (Un serviteur de Marie ne saurait périr), peut-on lire en latin sur le cadre illuminé qui entoure l'image de la Mère Trois Fois Admirable.

 

Que l'alliance de mon Baptême demeure toujours solide.

Dans toutes les circonstances, ai-je confiance en la fidélité de la Mère de Dieu, mon Alliée?

Aujourd'hui, je renouvelle mon alliance baptismale et mon alliance d'amour avec la Mère de Dieu, et j'implore la grâce de la fidélité.

 

« A l'alliance d'amour qui demeure fidèle ne périra jamais: ma conviction est telle ». (Adapté d'après des poèmes écrits en camp de concentration par le Père Kentenich).

 

Réciter la prière pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Troisième jour

L'apôtre des magnificences de Marie

 

« Quelle est celle-ci qui surgit comme l'aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil, redoutable comme des bataillons? » (Cantique des Cantiques 6: 10)

 

« Voici ta Mère »: ces paroles de Jésus furent pour le Père Kentenich tout un programme de vie spirituelle. Partout où il enseignait, il parlait de la Mère de Dieu et proclamait ses magnificences. Il allumait dans les cœurs une grande émotion et un enthousiasme débordant, il parlait de la beauté de l'Immaculée, de la bonté et de la sagesse de la Mère, de la grandeur de celle qui accompagna et assista le Christ, de la dignité de la Reine. Il désignait Marie comme « celle qui vient à bout de toutes les hérésies » et comme guide éprouvé dans les controverses spirituelles de notre temps. Parce qu'il accumulait les expériences de son pouvoir et de son amour, il demeurait serein dans toutes les difficultés. Ses paroles comme ses actes étaient un vibrant appel à mettre en Marie une confiance sans limites. On retrouvait manifestement dans sa vie le reflet des traits fondamentaux de Marie: son abandon total au Père surtout, dans la Foi, l'espérance et l'amour, sa fidélité, contre vents et marées, au Rédempteur et à son œuvre, sa pureté et sa transparence, son amour serviable et désintéressé. Au cours des nombreuses années de son ministère sacerdotal, il s'efforça toujours de former les siens à l'image de Marie et de placer ses fidèles au service personnel de la Reine des Apôtres. « Comme une armée rangée en ordre de bataille » pour la lutte en faveur du Royaume de Dieu.

 

Réflexion

 

La Très Sainte Vierge Marie a été merveilleusement favorisée par Dieu. Son être tout entier est d'une parfaite harmonie. Elle est notre Mère, notre Reine. Si nous nous abandonnons à Elle, Dieu agit en nous par l'image idéale de « l'homme nouveau ». Elle supplée à nos faiblesses et nous n'implorons jamais en vain sa toute puissance suppliante.

 

Quelle est ma prière préférée à Marie?

Qu'est-ce qui m'attire le plus en Marier, Mère de Dieu?

Aujourd'hui, tout au moins sur un point, j'essaie de suivre son exemple.

 

Rendez-nous pareil à Votre image, tout à fait comme Vous: pas à pas à Votre suite en ce pèlerinage de la vie avec Vous. Vous dont le Cœur si doux déborde de dignité, de force et de simplicité, venez en nous semer la concorde, et la joie et l'amour. (Adapté d'après un poème du Père Kentenich).

 

Réciter la prière pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Quatrième jour

Guidé par le Père

 

« Mon rempart, mon refuge, mon Dieu en qui je me fie! » (Psaume 91: 2)

« Envoyez Votre Lumière et Votre Vérité: qu'elles soient mon guide et me ramènent vers Votre Montagne Sainte vers Vos demeures » (Psaume 43: 3)

 

Le Père Kentenich demeurait inébranlable dans les remous du doute et de l'incrédulité de notre époque. Il était pénétré de la certitude que Dieu est Père et qu'Il conduit les évènements du monde et le destin de chacun de nous. Pour le Père Kentenich, tout laissait transparaitre Dieu aussi bien pour donner un sens aux événement importants de l'histoire du monde que dans les menus faits de la vie quotidienne. Inlassablement, il cherchait à découvrir les plans de la Providence: « l'oreille collée au Cœur de Dieu et les doigts sur le pouls du monde ». Ses projets personnels ne comptaient pas quand Dieu lui indiquait la route à suivre. Il marchait simplement, avec confiance, malgré les obscurités et les souffrances. Quand il percevait clairement la Volonté du Père, il l'accomplissait, même s'il devait affronter les pires difficultés. Avec un sens éclairé de la Foi, il conduisait les siens en toute sécurité au milieu des tempêtes soulevées au cours des cinquante années de l'histoire de sa fondation. Par un labeur patient et méticuleux, il apprit à ses fidèles que Dieu dirige avec amour le destin de ses enfants: pour celui qui aime « tout concourt au bien », même le péché et la mort. Même les plus rudes coups du sort ne purent ébranler sa Foi profonde en l'amour attentionné du Père. Dans le tourbillon du temps ce fut un roc solide. Par son joyeux message de Foi, à la recherche de Dieu, le véritable chemin qui conduit au Cœur du Père.

 

Réflexion

 

Dieu est Père. Dieu est bon. Tout ce qu'Il fait est bon. Il m'a conduit jusqu'à présent. Bien que le sens de sa conduite me soit encore caché, Il en connait le but et m'indique le chemin. Son Amour s'étend sur moi.

 

Est-ce que je crois vraiment que Dieu est Père, qu'Il m'aime et me conduit personnellement?

En quelles circonstances m'a-t-Il montré Son Amour d'une manière spéciale?

Est-ce que je découvre aussi l'Amour du Père dans les heures sombres de mon passé?

 

Aujourd'hui, je vais être attentif aux signes qu'Il me donne.

 

Dans les ténèbres, dans la nuit, avec Vous je chemine, car Votre Amour toujours me suit et me domine ». (Père Kentenich)

 

Réciter la prière pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Cinquième jour

Instrument dans la main de Dieu

 

« Cet homme m'est un instrument de choix pour porter Mon Nom devant les païens, les rois et les enfants d'Israël. Moi-même en effet Je lui montrerai tout ce qu'il lui faudra souffrir pour mon Nom » (Ac. 9: 15-16)

 

Le Père Kentenich était appelé par Dieu à fonder un mouvement universel. Profondément disponible pour la réalisation des plans Divins, il se mettait sans réserves entre les mains du Père, se soumettant à Sa Volonté, comme l'instrument est soumis à son maître. Marie était pour lui l'exemple de la parfaite disponibilité à Dieu. Il ne reculait devant aucune tâche. Avec fougue et sans crainte, il fonçait dès qu'il était convaincu que Dieu attendait quelque chose de lui. Jamais il n'aurait voulu modifier les plans de Dieu. Parce qu'il s'en remettait entièrement au Seigneur, ce fut dans une paix inaltérable et la certitude de la victoire qu'il put réaliser de grandes œuvres. En prison, on lui offrait la possibilité d'être exempté du camp de concentration, mais il décida d'aller librement à Dachau, profondément convaincu d'un dessein providentiel: « Si Dieu veut que je fasse cela, disait-il, Il me donnera la force de le réaliser. Là aussi je serai à Son service! » Et, au camp de concentration, Dieu fit de lui le soutien et le conseiller de beaucoup de ses compagnons de captivité. Il lui donna même le courage de fonder deux nouvelles branches de ses Communautés, durant ce temps. Jusqu'à la fin de sa vie, il fit montre d'une grande docilité qui le rendait capable de répondre au moindre désir de Dieu. Le Seigneur marqua de son sceau cette vie de totale dépendance en rappelant à Lui, dans la Patrie éternelle, son Serviteur le Père Kentenich, alors qu'il venait de célébrer la Sainte Messe dans l'église de l'Adoration.

 

Réflexion

 

Dieu me veut aussi à son service et, par mon intermédiaire, il veut agir dans mon milieu de vie. Il a besoin de moi et me prépare pour la mission qu'Il m'a confiée si je m'en remets entièrement à Lui. Il me donne les forces nécessaires pour réaliser tout ce qu'Il attend de moi.

 

Suis-je un instrument docile entre les mains de Dieu?

M'est-il arrivé parfois de m'opposer à Lui?

Aujourd'hui, je cherche une occasion de faire quelque chose pour la cause de Dieu et pour Son Royaume.

 

Réciter la prière pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Sixième jour

Fidèle à la Mission

 

« Va vers tous ceux à qui Je t'enverrai et tout ce que Je t'ordonnerai, dis-le. N'aie aucune frayeur devant eux, car Je suis avec toi pour te protéger ». (Jérémie 1: 7-8).

 

Pour le Père Kentenich, sa mission fut une grâce, mais aussi un lourd fardeau. L'Esprit de Dieu alluma en lui un ardent amour et un courage à toute épreuve. Il était choisi pour porter ce feu au monde et l'enflammer pour Dieu. Il annonçait comme une réconfortante vérité cette Bonne Nouvelle d'un Dieu qui aime chaque homme d'un amour unique. Le Père Kentenich était doué du charisme d'éducateur. Il fut pour beaucoup un Père diligent, extrêmement bon et sage, qui transmettait l'amour de Dieu largement offert et manifesté. Au cours de sa longue vie sacerdotale, il put admirer en bien des âmes et reconnaître la claire signification d'un noble amour humain propice à la naissance et au développement d'un solide et fervent amour de Dieu. Sa mission fut d'instaurer une méthode pédagogique qui tienne compte de cette connaissance, qui favorise et utilise ce qu'il y a de naturellement bon pour la formation religieuse. « La grâce présuppose la nature ». Le Père Kentenich découvrait en Marie la grande Éducatrice des peuples. Il était convaincu que le maintien du Christianisme dépendait de la fidélité à la Mère de Dieu. Si le Père Kentenich ne laisse que peu d'ouvrages imprimés, en revanche, il grava dans le cœur de beaucoup d'hommes d'ineffaçables empreintes. Sa préoccupation majeure était de réaliser concrètement les inspirations divines. Pour qu'elles prennent corps, rien ne lui paraissait trop pénible. Ses principaux objectifs étaient constamment présents à son esprit, aussi bien dans les services rendus à des particuliers que dans d'innombrables conférences et voyages à travers le monde. Son activité, notamment le caractère marial de sa mission, lui valut souvent l'opposition de l'opinion publique car il allait à contre-courant des fluctuations de la pensée moderne. Loin de se laisser déconcerter, il encaissa toutes les attaques, les fausses interprétations, voire les calomnies, et dirigea les siens avec énergie vers le but voulu par Dieu. L'histoire de l'œuvre de Schoenstatt en est la preuve.

 

Réflexion

 

A moi aussi Dieu a donné une mission à remplir autour de moi, mission de grâce et de responsabilité. Nul ne peut l'accomplir à ma place car cette mission m'est personnelle. Ma formation humaine et spirituelle, mon travail professionnel, mon service auprès des hommes, tout cela fait partie de ma mission. La fidélité à cette mission sera parfois cause d'opposition de la part de mon entourage.

 

Est-ce que je connais bien ma mission personnelle?

Comment supporter les difficultés inhérentes à cette mission personnelle?

Est-ce que je m'efforce de me rendre indépendant face aux opinions du jour?

Aujourd'hui, je réfléchis à la grâce et à la charge de ma mission.

 

« Retirez-nous toute volonté personnelle, et faites de nous les instruments de Votre Bonté, et mettez en nous un cœur pur et fidèle, et permettez-nous d'accomplir Votre Volonté ». (Père Kentenich)

 

Réciter la prière à Dieu le Père pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Septième jour

Fondateur de grandes œuvres

 

« Je te fais père d'une multitude de peuples. Je te rendrai extrêmement fécond, de toi Je ferai des peuples et des rois sortiront de toi » (Genèse 17: 5-7)

 

Par l'intermédiaire du Père Kentenich, Dieu a donné à l'Église un immense Mouvement de renouveau. L'œuvre qu'Il commença au Petit Séminaire de Schoenstatt, par une congrégation mariale d'étudiants, comprend aujourd'hui des communautés ouverte aux  Prêtres et aux laïcs, aux jeunes, aux hommes, aux femmes, aux familles. A partir des communautés types de Schoenstatt, le Père Kentenich étendit le mouvement dans quatre continents. L'œuvre devenait ainsi mondiale et l'unité du Mouvement était garantie par l'amour de la Mère et Reine Trois Fois Admirable de Schoenstatt, le lien entre les différents sanctuaires et la fidélité au Père Fondateur. Former des « hommes nouveaux » dans une « communauté nouvelle », tel fut le but essentiel du Père Kentenich. But vers lequel il aspirait avec ardeur et de toutes ses forces. Toutes les communautés qu'il fonda sont constituées en groupes spécifiques sous une direction autonome. Il est clair et bien entendu que, dans tous ces groupes indépendants et aux objectifs précis, doivent s'épanouir des hommes d'esprit marial, remplis de zèle apostolique. Ils visent la famille idéale dont le trait d'union est un amour respectueux et où chacun se consacre de tout cœur à une seule grande mission: le renouveau marial et religieux du monde. Jusque dans les dernières années de sa vie, le Père Kentenich dispensa largement son amour de Père et de Fondateur aux diverses communautés. Celles-ci s'affermirent d'une manière inespérée et se rapprochèrent de plus en plus. La Fondation ne formait plus qu'une grande famille, ceci malgré la corruption de l'époque, la contradiction et l'instinct grégaire: une époque où tant d'hommes étaient profondément déracinés.

 

Réflexion

 

Nous sommes tous appelés à devenir des « hommes nouveaux », une « nouvelle communauté », une  « nouvelle création » (Galates 6:15) et à servir la « nouvelle communauté », c'est à dire la petite communauté dans laquelle nous vivons et la grande famille du peuple de Dieu. Notre vie a un but sublime. Dieu veut se servir de nous pour ses œuvres. Nos limites ne sont pas des obstacles si nous les reconnaissons et si nous nous confions en la force de Dieu.

 

Que puis-je faire pour la communauté dans laquelle je me trouve?

Est-ce que j'aspire à un amour magnanime et serviable?

Aujourd'hui je serai attentif à combler les désirs du prochain.

 

« Mettez en nous l'Esprit de Force de notre Sauveur pour faire de nous l'amorce d'un monde meilleur » (Père Kentenich).

 

Réciter la prière à Dieu le Père pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Huitième jour

Éprouvé par la souffrance

 

« Au jour de l'épreuve il fut trouvé fidèle, c'est pourquoi Dieu lui promit par serment de bénir toutes les nations en sa descendance » (Sir. 44 : 20-21).

 

Avant d'appeler ses prophètes, Dieu leur faisait ressentir leur impuissance. Sa grâce peut alors se répandre dans le vase purifié par la souffrance. Le Père Kentenich dut aussi faire l'expérience de son impuissance physique et spirituelle dans une mesure que Dieu attend de ses préférés. Confiant en sa  grâce, le Fondateur allait à la rencontre de la Croix. Alors qu'il était prisonnier politique, il fit cette prière: « Si Vous voulez mes forces, ma vie, me voici: adsum! Si Vous voulez que mes forces spirituelles diminuent progressivement: me voici! » Rien ne le faisait douter de l'Amour du Père. Sa conviction le poussait à dire: « Sans doute, c'est la voie actuelle qui est la meilleure pour moi. S'il n'en était pas ainsi, Dieu ne me laisserait pas m'y engager ». Il souffrit pour son Œuvre et pour les siens à la manière du Christ, qui disait de Lui-même: « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15:13). Il supporta la douloureuse confrontation avec l'Église, car il reconnaissait que Dieu le voulait ainsi. Dans les heures les plus sombres, il ne cherchait aucun soutien humain: il se confiait uniquement à Dieu et à la Très Sainte Vierge. Pour lui, la souffrance était précieuse: quelque chose qu'il pouvait offrir au Père éternel pour le développement de sa Fondation et pour qu'elle puisse accomplir sa mission dans les siècles à venir, pour le bien du monde. A cause de sa fidélité, le Seigneur le bénit ainsi que son œuvre.

 

Réflexion

 

La Croix se présente souvent dans ma vie comme une sombre énigme. Elle me tourmente d'autant plus que j'en saisis moins le sens. La solution est dans la Foi; derrière toute souffrance, la Foi perçoit la présence du Père éternel, le Père de l'Amour infini qui veut purifier son enfant pour se donner davantage à Lui. Celui qui aime croit que la « voie de la Croix » est le chemin du Salut. Le Christ est à la recherche d',hommes qui veuillent bien porter la Croix avec Lui afin que Sa Grâce triomphe dans les âmes.

 

Dans ma vie, quelle est mon attitude face à la Croix? Dans les difficultés que je rencontre?

Les expériences douloureuses ont-elles été pour moi source de bénédictions?

Suis-je décidé à ce que Dieu dispose également de moi dans la souffrance et à accepter la Croix pour le bien des autres? Chaque épreuve est un signe de Dieu.

Aujourd'hui je vais accepter toutes les petites contrariétés comme un signe de l'Amour de Dieu.

 

« Père, vous ne m'enverriez ni la Croix ni les épreuves, si par ailleurs Vous n'offriez aussi des forces toutes neuves pour les supporter » (Père Kentenich).

 

Réciter la prière à Dieu le Père pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

Neuvième jour

« Il aimait l'Église »

 

« Je sais, ô mon Dieu que Vous sondez les cœurs et que Vous Vous plaisez à la droiture, c'est d'un cœur droit que j'ai engagé tout cela, et, à cette heure, j'ai vu avec joie Votre peuple, ici présent, s'engager envers Vous » (1 Ch 29: 17).

 

Le Père Kentenich aimait l'Église et, en Prêtre zélé, se mit totalement à son service. Il vit arriver sur le peuple de Dieu les crises inhérentes à son développement. Mais prévoyant, il envisageait les moyens pour y faire face à longue échéance. Témoin du renouveau dans l'Église, il sur en donner le signal de façon claire et en baliser l'itinéraire. Grâce à son Œuvre, il put mettre à la disposition de l'Église des groupes de chrétiens bien formés et bien préparés: communautés sacerdotales qui dirigent le Mouvement de renouveau ou travaillent avec zèle à la direction spirituelle dans les diocèses; cercles de laïcs ayant pleine conscience de leur mission en vue du renouveau de l'Église et qui entendent la réaliser en communion avec l'autorité ecclésiastique. Fidèle au Saint Siège, le Père Kentenich était attaché à tous les enseignements concernant la Foi et les transmettait par tous les moyens. A l'instar d'autres fondateur de grandes communautés, animé d'un charisme insigne, parce qu'il ouvrait les voies d'une vie nouvelle, il eut à souffrir dans l'Église, il supporta en silence la tension entre la hiérarchie et sa mission charismatique. Les grandes missions doivent être testées, il le savait bien! Elles doivent se modeler à la suite du Christ. Confiant en la fidélité de Dieu, le Père Kentenich espérait qu'il ne laisserait jamais périr, son œuvre.

 

Réflexion

 

Aujourd'hui encore, le penchant à la critique et l'instabilité dans la Foi dominent dans bien des milieux. Acculés aux opinions les plus contradictoires, beaucoup n'entendent plus la voix de la Vérité et se laissent détourner de la fidélité à l'Église et au Saint Père.

 

Est-ce que je fais confiance à l'opinion publique, à n'importe quelle presse, quelle radio, ou au représentant du Christ?

Ai-je le courage d'affirmer mes convictions?

Aujourd'hui, je récite le Credo.

 

« Je veux écouter l'Église: elle doit toujours me trouver ferme dans la Foi et docile à ses enseignements ».

 

« Avec la plus grande fermeté, nous croyons au Message de l'éternelle Vérité. Nous inclinant avec courage et lucide docilité et nous mettant vite à l'ouvrage pour Le suivre sans hésiter ». (Père Kentenich).

 

Réciter la prière pour la Glorification du Père Joseph Kentenich

 

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Nous prions tous ceux qui ont bénéficié de l'aide du Père Kentenich de consigner par écrit comment leur prière fut exaucée et d'en adresser le témoignage à:

 

Secrétariat Père Kentenich

Berg Schoenstatt 7

56779 Vallendar (Allemagne)

www.pater-kentenich.org

 

Sœurs de Marie de Schoenstatt

Foyer de Schoenstatt

Thun Saint Martin

F- 59141 Iwuy (France)

www.sanctuairedelunite.fr

 

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Téléchargez le texte de la Neuvaine au P. Kentenich (pdf) en cliquant ici

 

Cette Neuvaine a été publiée sur Images Saintes le 30 avril 2010. Mise à jour le 21 juin 2018

06 mars 2018

Le Serviteur de Dieu Joachim de Flore

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Le Serviteur de Dieu Joachim de Flore

1130-1202

 

Joachim de Fiore est né à Celico (Cv) vers 1130. Dès son enfance, il manifesta un esprit de prière et aimait se retirer dans des lieux déserts et dans les grottes des falaises de la région de Sila. Quand il commença ses études, il se rendit en Terre Sainte où il écrivit son amour pour les Saintes Écritures. En 1177 il fut été élu abbé et su conjuguer la charge de son abbatiat avec l'étude de la Parole de Dieu. En 1182 il se rendit Casamari puis à Veroli, où il obtint du Pape l’approbation pour son prestigieux commentaire de l'Apocalypse. En 1189, il se retire à Sila, où il fonde la congrégation Florense. Le pape Célestin III en approuva la Règle le 25 avril 1196, puis dans la région de la Calabre, ensuite il multiplie les fondations. Homme de sainte vie, doté de l'esprit de prophétie, il sut conjuguer son caractère fort par obéissance à l'Église à laquelle il soumit tous ses désirs et tous ses écrits. Il mourut le 30 mars 1202, après avoir affronté les rigueurs de l'hiver de la région de Sila. À sa mort, il fut inhumé à Canale près de Pietrafitta. Son corps a été transféré à l'abbaye de San Giovanni de Fiore vers 1226 ou il se trouve actuellement.


Prière


Dieu éternel et tout-Puissant, nous t’en supplions, daigne glorifier ton Serviteur Joachim de Fiore, Abbé Florense, qui méditait sur les Ecritures et su parler de Toi-même en aimant Ta présence Trinitaire dans l'histoire des hommes. Humblement, nous t’en supplions, accordons-nous par son intercession, de contempler déjà sur cette terre ton mystère afin de jouir dans le ciel de la béatitude qu'il a annoncé prophétiquement. Nous Te le demandons pour Christ, Seigneur. Amen.


(Avec Approbation Ecclésiastique)



Pour toute informations, communiquer les grâces reçues, et obtenir du matériel sur le Serviteur de Dieu, contacter :


Vice Postulazione “Servo di Dio Gioacchino da Fiore"

Palazzo Arcivescovile - Piazza Parrasio, 16 - 87100 Cosenza

 


Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

 

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08 octobre 2017

Le Bienheureux Solanus Casey

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Le Vénérable Solanus Casey

Frère Mineur Capucin

1870-1957

 

Le message du Père Solanus Casey

 

Qui était le Père Solanus ?

Un homme simple. Un Simple Prêtre. Pas un homme de lettres, bien que parfois il écrivait comme un poète. Pas un homme à diplômes, sa pensée, cependant atteignait une grande profondeur. Pour son époque, il était très en avance sur son temps. Tel un prophète, il était un homme avec un message pour notre temps. Tel un prophète, in vécût une vie soucieuse du peuple de Dieu, souffrant et oeuvrant pour la conversion des pécheurs. Son message, toujours celui de la foi et de la confiance en Dieu, était destiné à consoler et à encourager. Il amenait la paix en insistant avec bienveillance sur nos bonnes relations et notre confiance en Dieu et en nos voisins. Ce prêtre, Frère Mineur Capucin, le Père Solanus Casey, est né le 25 novembre 1870, sixième enfant d’une famille de dix garçons et de six filles, dans une ferme du Wisconsin située sur les rives du Mississippi. Ses parents, des immigrants irlandais, l’appelèrent Bernard, comme son père. Très tôt, ses parents qui craignaient Dieu, lui apprirent l’obéissance, la persévérance et la piété, tandis que la vie à la ferme lui apprit à être pratique et plein de ressources.

A 17 ans, il quitta volontairement la ferme pour un autre emploi, désireux d’apporter sa contribution aux revenus de la famille, après plusieurs années de mauvaises récoltes. Il travailla pendant un certain temps à Stillwater, une ville toute proche dans le Minnesota, comme ouvrier sus les chantiers d’exploitation forestière, comme gardien de prison à mi-temps, et ensuite il fut l’un des premiers conducteurs de tramway lorsque Stillwater installa les nouveaux tramways électriques. En 1981, Bernard pût réaliser son vieux rêve: devenir un prêtre. Il commença ses études à 21 ans, en fréquentant le séminaire de St-François à Milwaukee dans le Wisconsin, où il se dédia à sa formation spirituelle et scolaire. Appelé par Dieu à l’ordre des Capucins, il pris le nouveau nom de Solanus. Bientôt il devint un modèle de la pratique religieuse, toujours fidèle au voeux de Pauvreté, de Chasteté et d’Obéissance. Bien qu’il eut certaines difficultés dans ses études, il édifia tellement les autres religieux et ses supérieurs, de sorte que l’on estima qu’il était digne d’être ordonné prêtre le 24 juillet 1904. Son long ministère débuta alors à New-York.

Pendant les quatorze années où il servit la paroisse du Sacré Cœur dans le quartier Yonkers à New-York, Père Solanus y remplit les modestes fonctions de sacristain, de portier, tout en étant directeur de la Congrégation des Jeunes Femmes, directeur des enfants de choeur et il remplît de nombreuses autres fonctions pastorales. Rapidement il édifia ses paroissiens par l’exemple de ses prières à la messe et aux dévotions, ainsi que par sa grande charité envers les malades, les enfants, ceux qui n’étaient pas catholiques et les pauvres. Les malades particulièrement lui étaient dévoués et attendaient avec impatience ses visites de prêtre et son réconfort. Cet apostolat envers les malades et les pauvres se poursuivit en d’autres places aussi. Il fut assigné pour trois ans à la paroisse de Notre Dame des Douleurs dans la ville de New-York, puis à Notre Dame des Anges à Harlem, New-York, pour trois ans. Après plus de cinquante années son nom y est toujours entouré la plus grande vénération.

Peu de temps après sa nomination au monastère des Frères Mineurs Capucins Saint Bonaventure de Détroit, le 31 juillet 1924, Père Solanus s'y fit connaître et aimer par ses vertus. Toujours disponible pour les pauvres, les malades et les âmes en détresse, il apportait son réconfort et son aide aux personnes de tous âges et de tout mode de vie. Il était prêt et disposé à écouter chacun, à tout moment. Son ministère de charité et de réconfort fut spécialement remarqué durant la crise de 1929, lorsque sa sollicitude envers les pauvres inspira aux Frères Mineurs Capucins de Détroit la création de leur soupe populaire, service de charité qui existe encore aujourd’hui. Pendant les années de guerre, de 1941 à 1945, les conseils et les prières de Père Solanus aidèrent beaucoup de familles inquiètes pour leurs filles et leurs fils engagés dans la grande guerre. Rempli de zèle pour la propagation de la Foi catholique, il promut activement l’aide aux missions et fit preuve d’une grande charité et de sollicitude envers ceux qui n’étaient pas catholiques. Ses conseils sages et sa foi ardente conduisirent beaucoup d’entre eux à la Foi catholique.

Toujours plein de zèle pour les âmes, son sacerdoce pour les malades et affligés se poursuivit sans répit, même plus tard dans sa vie, lorsque ses supérieurs qui voulaient lui donner une retraite bien méritée, l’envoyèrent au monastère Saint Félix à Huntington dans l’Indiana au printemps de 1946. Il y passa son temps entre la prière et le ministère envers les malades et les gens dans la détresse jusqu’à ce que sa santé l’obligea à retourner à Détroit, pour y recevoir des soins médicaux spéciaux. Dix-huit mois plus tard, après environ un mois d’hospitalisation où il supporta ses peines avec une grande force d’âme, sa longue vie de sacrifices fut complétée. Ce fut une vie entière qui fut dévouée à la gloire de Dieu, au service et à la sanctification de ses contemporains, dans un sacrifice entier et total, remplissant à la perfection ses devoirs de Chrétien, de religieux et de prêtre de Dieu. Au cours de sa dernière maladie, il a dit: « J’offre mes souffrances pour que toutes ne soient qu’une. Si seulement je pouvais voir le monde entier se convertir ». Sa dernière action consciente fut de s’asseoir dans son lit et de s’exclamer: « Jésus Christ, entre tes mains je remets mon esprit ». Le Père Solanus est mort en odeur de sainteté à Détroit (Michigan) le 31 juillet 1957 à l’âge de 86 ans ou il est inhumé, dans le monastère Saint Bonaventure.

 

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La cause de Béatification du Père Solanus Casey

 

Au début de 1958, le Père Gerald Walker, de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins, Provincial de la Province Capucine Saint Joseph envoya aux supérieurs généraux à Rome son rapport sur la vie et les vertus de Père Solanus Casey, de l’Ordre des Frères-Mineurs Capucins. Le Ministre Général des Capucins, Père Benignus de Saint Llario, répondit avec une grande admiration pour Père Solanus, qu’il le considérait comme un extraordinaire exemple, un vrai capucin, voire un double de Saint François. Il écrivit que l’hommage rendu par les catholiques et les non-catholiques au Père Solanus après sa mort, donnent l’ample preuve que notre spiritualité traditionnelle est toujours tout à fait capable de rassembler des personnes dans une conception du monde vraiment spirituelle. Son hommage contribua à soutenir les nombreux récits concernant les vertus exceptionnelles de Père Solanus qui commencèrent à affluer de toutes parts après sa mort.

Un tel nombre de personnes exprimèrent le désir de conserver le souvenir de Père Solanus, qu’en juillet 1960, fut organisée la Guilde de Père Solanus. Elle débuta sous les auspices des Capucins de Détroit, avec l’approbation des Supérieurs de la Province Saint Joseph. L’objectif de la Guilde est de maintenir mémoire de Père Solanus, de répandre la connaissance de son exemple et de sa vie, ainsi que d’oeuvrer à rassembler des informations au sujet de sa vie et de ses actions. La Guilde se dévoue résolument à faire avancer la Cause pour la Béatification et la Canonisation du Serviteur de Dieu.

En 1966, pressé par les appels urgents de beaucoup d’habitants de Détroit et par la Guilde du Père Solanus, le Père Provincial, le Père Gérard Hesse de l’ordre des Frères Mineurs Capucins, envoya à la Curie Générale des Capucins de Rome un compte-rendu des faveurs rapportées par beaucoup de personnes, et attribuées à l’intercession de Père Solanus Casey. Le 4 octobre 1966, le Père Bernadin de Sienne, Postulateur Général de l’Ordre des Capucins, nomma le Père Pascal Siler, de l’ordre des Frères Mineurs Capucins, Vice-Postulateur de la Cause pour la Béatification et la Canonisation du Serviteur de Dieu Solanus Casey. Ensuite, le Père Pascal contacta beaucoup de personnes qui avaient connu Père Solanus et commença à rassembler des informations au sujet de sa vie et de son oeuvre. En 1974, le Frère Léo Wollenweber, de l’ordre des Frères Mineurs Capucins, succéda à Père Pascal et poursuivit les recherches.

Au début de l'année 1961, un écrivain de Détroit, Patrick Derum, proposa d’écrire une biographie de Père Solanus Casey. Il passa sept ans à faire des recherches grâce aux documents mis à sa disposition. Son oeuvre, « Le Portier de Saint Bonaventure », fut publiée en novembre 1968 et a été rééditée plusieurs fois depuis. De plus en plus de personnes qui avait apprécié l’aide de Père Solanus lors de son vivant, relatèrent combien ils avaient été touchés par son contact. D’autres commencèrent à rapporter au Vice Postulateur les résumés des grâces obtenues par son intercession depuis sa mort. La visite à Détroit, en mai 1975, du Ministre Général de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, le Père Pascal Rywalski, donna une nouvelle impulsion à la Cause du Père Solanus Casey. Il encouragea les religieux à la poursuivre, de sorte que le message de Foi et de Charité du Père Solanus puisse inspirer et encourager le monde d'aujourd’hui.

Le 24 juin 1976, lors d’une rencontre avec l’archevêque de Détroit, John Cardinal Dearden, le Vice Postulateur présenta une pétition formelle afin de lancer la Cause de Béatification et de Canonisation du Père Solanus Casey. Petit à petit, les différentes étapes du procès commencèrent se révéler. Une requête officielle pour tous les écrits attribués au Père Solanus fut publiée par le Cardinal Dearden en janvier 1977. En 1980, ces écrits furent rassemblés, dactylographiés et reliés en quatre volumes et finalement emportés à Rome pour le procès. Ce premier document à recommander la Cause auprès de la Sacrée Congrégation pour la Cause des Saints, fut présenté en janvier 1981. Après étude, elle fut recommandé au Saint Père, le Pape Jean-Paul II. Celui-ci accorda le Nihil Obstat le 19 juin 1982, en donnant l’autorisation d’introduire la Cause dans l’archevêché de Détroit.

Le 21 septembre 1983, le nouvel Archevêque de Détroit, Edmund C. Szoska émit un décret pour l’introduction de la Cause et ouvrit une instruction. D’octobre 1983 jusqu’en septembre 1984, cinquante-trois personnes, des prêtes, de religieux et des laïus qui avaient été très proches du Père Solanus furent appelés à témoigner au tribunal. Tous avaient gardé un souvenir très vif de la gentillesse de Père Solanus et de sa sollicitude pour leurs problèmes et leurs besoins. Le 8 octobre 1984, l’instruction fut achevée. Des dépositions furent emmenées à Rome et présentées le 13 octobre 1984 à la Sacrée Congrégation pour la Cause des Saints où elles sont toujours en cours d’étude. Ces témoignages doivent prouver par-dessus tout, que Père Solanus a en effet exalté ses vertus à un degré héroïque.

L’exhumation et l’examen du corps du Père Solanus qui a eu lieu le 8 juillet 1987 en la présence de l’Archevêque Szoka et des officiels du Diocèse, a constitué une autre étape importante. Ensuite, son corps vêtu de nouveaux vêtements et placé dans un cercueil en métal fut réinhumé dans une voûte sous le sol du transept nord de l’église de Saint Bonaventure. Nous ne pouvons anticiper le jugement de l’église, mais tous ceux qui connurent Père Solanus espèrent que son brillant exemple deviendra un signe d’espoir et d’encouragement pour tous les Chrétiens d’aujourd’hui. Puissent tous ceux qui sont intéressés et se sentent vivifiés par la vie de Père Solanus prier pour le succès de cette Cause.

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Dates importantes de la vie du Père Solanus Casey

 

1870: Le 25 novembre: Bernard Casey (Père Solanus) nait près de Prescott dans le Wisconsin.

1870: Le 18 décembre: Bernard Francis Casey est baptisé à l’église St-Joseph des Missions à Prescott dans le Wisconsin.

1883: Première Communion dans l’église St-Patrick à Hudson, Wisconsin.

1887: Il quitte l’école cantonale de Burkhardt, Wisconsin.

1887: Il habite et travaille à Stillwater dans le Minnesota.

1890: Il travaille à Superior, Wisconsin sur les nouveaux tramways électriques.

1892: Il étudie au Séminaire St-François de Sales à Milwaukee, Wisconsin.

1896: Le 24 décembre: Il arrive au Monastère de St-Bonaventure à Détroit dans le Michigan.

1897: Le 14 janvier: Il devient le Capucin Novice, Frère François Solanus.

1898: Le 21 juillet: Il prononce ses premiers voeux à la Chapelle de Saint-Bonaventure à Détroit, Michigan, puis il poursuit ses études au Monastère de St-François à Milwaukee, Wisconsin.

1901: Le 21 juillet: Il prononce ses Voeux Solennels au monastère St-François à Milwaukee, Wisconsin.

1903: Le 8 décembre: Il est ordonné Sous-Diacre de la Chapelle Saint-François de Sales, Milwaukee, Wisconsin.

1904: Le 20 mars: Il est ordonné Diacre de l’église St-François à Milwaukee, Wisconsin.

1904: Le 24 juillet: Il est ordonné prête à l’église St-François de Milwaukee, Wisconsin.

1904: Le 31 juillet: Il célèbre sa Première Sainte Messe à l’église St-Joseph d’Appleton, Wisconsin.

1904: Il arrive au Monastère du Sacré-Coeur dans le quartier new-yorkais de Yonkers ou il est affecté.

1918: Juillet: Il est transféré à la paroisse de Notre-Dame-des-Douleurs dans la ville de New-York.

1921: Le 25 octobre: Il est transféré à Notre-Dames-des-Anges dans le Bronx à New-York.

1924: Le 1 août: Arrivée au Monastère de Saint-Bonaventure à Détroit, Michigan, sa nouvelle affectation.

1945: Le 23 juillet: Il est transféré à la paroisse de St-Michel à Brooklyn, New-York.

1946: Le 25 avril: Il vit à demi-retiré au Monastère St-Félix à Huntington, dans l’Indiana.

1956: Printemps: Il retourne à Détroit, Michigan, pour se faire soigner.

1957: Le 31 juillet: Il rend son âme à Dieu. Il meurt à l’hôpital Saint-Jean de Détroit, Michigan.

1957: Le 3 août: Il est enterré dans le cimetière du Monastère St-Bonaventure de Détroit, Michigan.

1987: Le 8 juillet: Son corps est exhumé puis réenterré dans l’église St-Bonaventure de Détroit, Michigan.

2017: Le 18 novembre: Solanus Casey est béatifié à Détroit, dans le Michigan.

 

 

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La Guilde du Père Solanus, son histoire et son but

 

La Guilde fut créée le 8 mai 1960, lorsqu’un groupe d’amis du Père Solanus se réunit, afin de discuter de l’organisation d’une guilde en sa mémoire. Le 31 juillet 1960, la Guilde tint sa première Assemblée Générale après la Messe du Troisième Anniversaire du Père Solanus. C’est avec l’approbation des Supérieurs Provinciaux des Frères Mineurs Capucins, que furent organisées les élections pour le Conseil des Officiers. Bientôt, beaucoup d’amis de Père Solanus demandèrent d'adhérer à la Guilde. Aujourd’hui, elle est si répandue que l’on trouve des membres dans beaucoup d’endroits aux Etats-Unis et dans quelques pays à l’étranger. Son but est de maintenir la mémoire  du Père Solanus, d’apporter la connaissance de sa vie inspiratrice, de rassembler des informations au sujet de sa vie ainsi que de prier pour la Cause de la Béatification et de lui apporter son soutien. Depuis le début de sa création, la Guilde a activement oeuvré pour la Cause du Père Solanus en la mémoire de qui, les membres ont aidé beaucoup de Novices des Frères Mineurs Capucins et promu les travaux de cet Ordre. Certains membres ont pris part à la tâche ardue qui consiste à repérer des témoins qui ont connu le Père Solanus. Depuis que la Cause a eu une nouvelle impulsion, la Guilde effectue actuellement des travaux de bureau pour le Vice Postulateur de la Cause. Nous encourageons les membres à prier pour la Cause du Père Solanus Casey. Une Messe spéciale a lieu chaque mois pour tous les membres vivants. Une Messe Commémorative a lieu une fois par an pour tous les membres décédés. Une carte de membre spéciale est donnée à chaque adhérent. Tous reçoivent la publication trimestrielle « Father Solanus Guild News ».

 

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Prière pour la canonisation du Père Solanus Casey

 

Ộ mon Dieu, je vous adore et me remets entre vos mains afin d'être la personne que vous désirez que je sois,  Et que j'accomplisse votre volonté aujourd'hui. Je vous remercie des dons que vous  avez donnés au Père Solanus. Si cela est votre volonté, veuillez nous bénir avec la canonisation du Bienheureux Solanus pour que nous puissions imiter et transmettre son amour aux pauvres et ceux qui souffrent dans notre monde. Comme il a accepté avec joie vos plans divins, Je vous demande, selon votre bonne volonté, d'entendre ma prière pour... (votre intention). Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi-soit-il.

 

«Que Dieu soit bénit dans tous ses desseins»

 

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Renseignements et relations de grâces

Guilde du Père Solanus

1780 Mt. Elliott

Detroit, MI 48207-3496 USA

www.solanuscasey.org

 

Mail: solanusguild@thecapuchins.org

 

Téléchargez le texte de cette notice (pdf) en cliquant ici

 

Mise à jour de la page: le 8 octobre 2017

10 janvier 2017

Le Vénérable Isidore Zorzano

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Le Vénérable Isidore Zorzano

1902-1943

 

Isidore Zorzano naquit à Buenos Aires, en Argentine, le 13 septembre 1902. Trois ans après, sa famille revint en Espagne et s’installa à Logroño. Au lycée, il fut l’ami de Josémaria Escriva. Adolescent, il intensifia sa pratique religieuse et chercha l’aide de quelques prêtres pour le conseiller sur sa vie chrétienne. Très investi dans les œuvres de miséricorde, il était toujours disposé à aider les gens. Ingénieur industriel en 1927, il travailla dans le chantier naval de Cadiz. Plus tard, il fut embauché dans la Compagnie des Chemins de fer Andalous, à Malaga où il était aussi professeur à l’École industrielle. C’est à cette période de sa vie qu’Isidoro commença à sentir une profonde inquiétude spirituelle.

En 1930, Josémaria Escriva, ordonné prêtre en 1925, lui exposa le message de l’Opus Dei : chercher la sainteté et faire de l’apostolat à travers son travail professionnel et avec l’accomplissement des devoirs ordinaires. Ce panorama répondant à ses aspirations, Isidore décida de faire partie de l’Opus Dei. Pour cultiver sa vie de prière, il se levait de bonne heure pour assister à la Messe et communier. Il prêtait main forte à des œuvres d’assistance sociale. Son sens de la justice, son esprit de service et sa proximité étaient appréciés de ceux qui étaient sous sa direction. Durant la Guerre Civile espagnole, il secourut de nombreuses personnes en les ravitaillant, en leur procurant son aide spirituelle.

Il réussit à ce que les membres de l’Opus Dei, dispersés par le conflit, soient toujours en contact avec saint Josémaria et unis entre eux. Dans ces circonstances-là, son amour de l’Eucharistie était manifeste. En dépit des restrictions, il fournissait à saint Josémaria et à d’autres prêtres, le pain et le vin pour qu’ils arrivent à dire leur Messe dans la clandestinité. Il gardait les hosties pour porter la communion aux réfugiés et facilitait à ses connaissances l’assistance à la célébration eucharistique. Pour porter secours à tous ces gens, il se servait de son passe-droit argentin, condition d’étranger, très précairement étayée par un extrait de naissance à Buenos Aires. Il aurait pu être arrêté et exécuté à tout moment.

À la fin de la guerre, Isidore travailla dans la Compagnie Nationale des Chemins de fer de l’Ouest. Saint Josémaria lui confia la gestion des œuvres d’apostolat de l’Opus Dei. Il s’y attacha avec une grande disponibilité, beaucoup d’humilité et sans perdre la paix devant les difficultés financières. Isidore qui méditait profondément la vie du Christ, avait un attachement filial envers la Sainte Vierge et montrait combien il aimait Dieu en servant les autres et en prenant soin des petites choses. Au début de l’année 1943 il fut atteint d’une lymphogranulomatose maligne, dont il endura les souffrances avec force d’âme et en s’abandonnant à la volonté de Dieu. Il décéda, en odeur de sainteté, le 15 juillet, à quarante ans. Enterré au cimetière de La Almudena, à Madrid, sa dépouille fut transférée en 2009 à la paroisse San Alberto Magno, à Madrid, où il repose désormais.

La Cause de Béatification d'Isidore Zorzano a été ouverte à Madrid entre 1948 et 1961. elle a été déposée, au terme de sa phase diocésaine, auprès de la Curie Romaine le 25 mars 2006 ou elle est en cours d'instruction. Le 21 décembre 2016, le Pape François a signé le décret sur l'héroïcité de ses vertus par lequel le serviteur de Dieu Isidore Zorzano est déclaré vénérable.

 

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Prière pour demander la glorification du Vénérable Isidore Zorzano

(Pour la dévotion privée)

 

Dieu tout puissant, qui as comblé ton serviteur Isidoro d'abondant trésors de grâce dans l'exercice de ses devoirs professionnels au milieu du monde, fais que je sache moi aussi sanctifier mon travail ordinaire et apporter la lumière du Christ à mes amis et à mes collègues. Daigne glorifier ton serviteur Isidoro et accorde-moi, par son intercession, la faveur que je te demande (...). Amen.

 

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

 

Conformément aux décrets du pape Urbain VIII, nous déclarons ne prétendre anticiper en rien le jugement de l'autorité ecclésiastique, et ne destiner en aucune façon cette prière au culte public.

 

Les personnes qui obtiendraient des grâces par l'intercession du Vénérable Isidore Zorzano

sont invitées à le signaler auprès de l'Opus Dei,

sur leur site internet :

www.opusdei.fr

 

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