27 janvier 2008

La Chapelle de l'Ermitage de Goven

Chapelle_de_l_hermitageLa Chapelle Sainte Anne de l'Ermitage

Goven, Diocèse de Rennes

La Chapelle de l'Ermitage, dédiée à Sainte Anne, mère de Marie, est située sur la petite commune de Goven, canton de Guichen, Ile et Vilaine. Son origine est liée à des légendes, comme partout en Bretagne, les voici. Sainte Anne est particulièrement honorée à Goven, notamment par les anciens du pays, qui lui reconnaissent une très grande puissance d'intercession. Il arrive fréquemment que de forts orages, s'accumulant au-dessus de la chapelle de l'Ermitage, soient, racontent les anciens du pays, dispersés miraculeusement par la Sainte, récompensant ainsi la fidélité de ses paroissiens. Bien entendu, Sainte Anne est la Sainte Protectrice du village de Goven.

La statue de Sainte Anne

On eut un jour la malencontreuse idée de remplacer une vieille statue de Sainte Anne qui se trouvait dans la chapelle à la place d'honneur, par une statue neuve. La vieille image de la sainte aïeule du Christ fut mise dehors, dans une niche prévue à cet effet située au dessus de la porte d'entrée. Durant près de trois mois, il ne tomba pas une seule goutte de pluie et les récoltes allaient êtres compromises. C'était à n'en pas douter la vengeance de Sainte Anne. On en referra au Curé de la Paroisse, disant que lemécontentement était la cause d'une telle sécheresse. Après maintes hésitations, il accéda finalement aux désirs de ses paroissiens. On remit la statue à sa plece en grande pompe. A peine était-elle remise en place que le ciel se chargea brusquement de lourds nuages et, en abondance, la pluie se mit à tomber. Pendant le reste de la journée, ce fut un véritable déluge.

Si Sainte Anne tient à occuper la première place dans la chapelle, à plus forte raison, elle ne veut pas que l'on transporte son image ailleurs. En des temps déjà forts lointains, la chapelle tombant en ruines, on vint en procession la prendre, afin de la déposer dans l'église de Saint Thurial. Le lendemain matin, on la retrouva à sa place. Elle y était revenue toute seule pendant la nuit, ajoutent les gens du pays d'un air absolument convaincu...

Le vieil ermite

On raconte qu'un vieil ermite, Saint Thurial, pense-t-on, habitait jadis près de l'endroit où se situe la Chapelle de l'Ermitage. Par une année de grande sécheresse, il dut aller chercher son eau à plusieurs kilomètres de là. Le pauvre ermite était faible. Un jour, alors qu'il arpportait avec peine sa cruche pleine d'eau, il rencontra un gamin auquel il demanda de l'aide. Celui-ci, d'un air aimable, lui répondit: « Je n'ai pas le temps, mais je connais un moyen pour diminuer le poids de votre fardeau ». Il prit la cruche et après s'être bien désaltéré, répandit le contenu par terre. Puis, s'asseyant sur le l'ouvertur du vase, il rajouta, d'un air moqueur: « Voilà le moyen! » A peine avait-il dit ces paroles insolentes, qu'une épaisse fumée se dégagea du sol et il sentit qu'il s'enfonçait dans la cruche.

Puis, tout à coup, le sorcier le plus redouté de tout le pays, apparut au milieu de la fumée. « Méchant gamin, dit-il avec indignation, pour te punir, tu resteras pris dans cette cruche tout le temps qu'il me plaira; quand je jugerai la punition suffisante, je viendrais te dégager ». Ayant dit ces mots, le sorcier disparut. L'enfant pleurait à chaudes larmes.La tête et les bras seulement sortaient de la cruche. Ainsi prit, il ne réussit qu'éprès de longs efforts à faire basuler la cruche et reprit le chemin du retour en marchant sur les pieds et les mains. Il faisait nuit lorsqu'il arriva au Bois de la Hayrie, qu'il fallait traverser pour arriver au logis paternel. Il tremblait de frayeur en pensant aux sangliers et aux loups qui pullulaient alors dans les parages. Le socrier apparut à ce moment-là, dans un second nuage de fumée. Jugeant la punition suffisante, permit au méchant garçon de se dégager, à condition de creuser dès le lendemain une fontaine près de l'habitation du viel ermite. Dès l'aube, le coupable s'exécuta et avec le plus grand soin, creusa la fontaine. On pouvait la voir, autrefois, près du lavoir, situé près de la chapelle. D'après les anciens du pays, qui l'ont vue dans leur jeunesse, elle fournissait une eau abondante et limpide et ne tarissait point.

La Chapelle aujourd'hui

La Chapelle de l'Ermitage est située sur la route de Baulon, dans la vallée du Canut. L'ancienne chapelle, datée du 17e siècle a été détruite. Elle fut totalement reconstruite, au même emplacement, en 1938, dans le style régionaliste (style néo-breton de l'entre deux guerres), influencé par le gothique flamboyant.

L'intérieur de la chapelle est orné d'un chemin de croix sous forme de médaillons, suspendus aux murs de la nef. Ce genre de représentations en bas reliefs se retrouve fréquemment dans la région. Dans le choeur, un retable, fortement marqué par l'art de la Renaissance, comporte un motif central inspiré des feuilles d'acanthe et de laurier. La niche contient l'antique statue de Sainte Anne en bois. La chapelle est le but d'un pèlerinage au mois d'août.

D'après un texte extrait du site internet www.goven.fr