13 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Quatorzième jour

La prédication

 

Prélude : Saint François prêche. Son auditoire, ravi et ému, fond en larmes, tandis que l'esprit de Dieu plane sur les auditeurs et sur le prédicateur.

 

Réflexions

 

Notre bon saint, qui a accompli tant de merveilles dans les âmes par la parole, hésita d'abord pour savoir si c'était bien par ce ministère qu'il était appelé à accomplir son œuvre, ou bien s'il lui valait mieux s'adonner, ses compagnons et lui, uniquement à la prière.

Saint Bonaventure donne deux motifs pour expliquer pourquoi Dieu permit que le grand patriarche passât par l'épreuve de ce doute : c'est d'abord afin que les oracles du ciel, qui déclarèrent que François était appelé à la prédication, donnassent une plus haute idée du mérite de ce ministère ; c'est ensuite afin de conserver son humilité et de la rendre plus profonde, puisqu'elle le portât à consulter ses frères et à leur soumettre son doute :

« Mes frères, dit-il avec une humble simplicité, que me conseillez-vous ? Lequel des deux jugez-vous le meilleur, que je vaque à l'oraison ou que j'aille prêcher ? Il semble que l’oraison me convienne mieux, car je suis un homme simple, qui ne sais pas bien parler, et j'ai reçu le don de la prière plus que celui de la parole. D'ailleurs, on gagne beaucoup en priant, c'est la source des grâces ; et en prêchant, on ne fait que distribuer aux autres ce que Dieu a communiqué. L'oraison purifie notre cœur et nos a affections, nous unit au seul vrai et souverain bien, et nous affermit dans la vertu. La prédication rend poudreux les pieds de l'homme spirituel ; c'est un emploi qui distrait et qui dissipe, qui fait aussi relâcher de la discipline régulière. Enfin, dans l'oraison, nous parlons à Dieu, nous l'écoutons et nous conversons avec les anges, comme si nous menions une vie angélique. Dans la prédication, il faut avoir beaucoup de condescendance pour les hommes, et vivant parmi eux, voir et entendre, parler et penser en quelque sorte comme eux, d'une manière humaine. Mais, il y a une chose qui paraît l'emporter sur tout cela devant Dieu ; c'est que le Fils unique, qui est dans le sein du Père et la souveraine sagesse, est descendu du ciel pour sauver les âmes, pour instruire les hommes par son exemple et par sa parole, pour les racheter de son sang, et pour leur faire de ce sang précieux un bain et un breuvage : tout ce qu'il avait, il l'a donné libéralement et sans réserve pour notre salut. Or, étant obligés de faire toutes choses, selon le modèle qui nous est montré en sa personne, comme sur une haute montagne ; il parait plus conforme à la volonté de Dieu, que j'interrompe mon repos pour aller travailler au dehors ».

Plût à Dieu, dit à ce propos un pieux biographe, que, sans demander des miracles et sans en attendre, toutes les vocations, particulièrement pour les saints ministères et toutes les autres affaires de conscience, fussent examinées sur des principes aussi solides, et consultées par des moyens aussi propres à méditer les lumières du Ciel.

François envoya donc deux de ses religieux. Philippe et Massée, au frère Sylvestre, prêtre, qui était alors sur la montagne, près d'Assise, continuellement occupé de l'oraison, le prier de consulter le Seigneur sur son doute, et de lui mander ce qu'il apprendrait. Il dit encore à Massée : « Allez trouver sœur Claire, dites-lui, de ma part, de s'unir à quelques- unes de ses compagnes les plus pieuses, et de prier Dieu de me faire connaître le parti que je dois prendre ; si je dois destiner mes frères à la prédication, ou seulement à la prière ».

Quand les deux religieux revinrent, François les reçut avec beaucoup de respect et de tendresse : il leur lava les pieds, les embrassa, et leur fit donner à manger. Puis, il les mena dans le bois, où il se mit à genoux, la tête nue et baissée, les mains croisées sur la poitrine, et leur dit : « Apprenez-moi ce que mon Seigneur jésus-Christ m'ordonne de faire. Mon très cher frère et mon père, lui dit Massée, Sylvestre et Claire ont reçu de Notre Seigneur Jésus-Christ, précisément la même réponse, qui est que vous alliez prêcher ; parce que ce n'est pas seulement pour votre salut qu'il vous a appelé ; c'est aussi pour le salut des autres, et pour eux il mettra ses paroles dans votre bouche ».

 

Pratique : Apprendre à consulter Dieu et ses ministres, avant de se décider à entreprendre quelque chose d'important dans l'ordre du salut.

Invocation : Saint François, qui avez été si fidèle à la conduite du Saint Esprit, apprenez-nous à nous laisser conduire par Dieu dans toutes nos entreprises.

 

Fioretti

Les oiseaux viennent écouter

 

Comme il traversait un grand bois, il vit une multitude d'oiseaux chantant en voletant d'arbre en arbre. Se souvenant de la parole du Seigneur à ses apôtres : « Allez, et prêchez l'Evangile à toute créature », il s'arrêta tout à coup et dit à ses compagnons : « Attendez-moi ici sur le chemin, je vais prêcher mes frères les oiseaux ». Tous les oiseaux s'approchèrent à sa voix, et lui leur dit avec amour : « Mes petits frères, vous devez toujours louer votre Créateur et l'aimer toujours, lui qui vous a revêtus de plumes, qui vous a donné des ailes avec la liberté de voler en tout lieu. Il vous a fait avant toutes ses créatures ; il a conservé votre espèce dans l'arche de Noé ; il vous a assigné pour séjour les régions pures de l'air. Sans que vous semiez, sans que vous moissonniez, il vous nourrit, il vous donne de grands arbres pour faire vos nids, et il veille sur vos petits. Ainsi donc, louez toujours le bon Dieu ». Il disait, et les oiseaux, étendant leur petit cou, baissant et relevant la tête, semblaient le comprendre et témoignaient leur allégresse des paroles de leur frère saint François. Le saint, de son côté, passant au milieu d'eux, admirait naïvement leur nombre, leur variété merveilleuse et leur familiarité. Enfin, il leur donna sa bénédiction, et ils s'envolèrent en forme de croix vers les quatre parties du monde. Le Seigneur voulut sans doute montrer par ce miracle à son serviteur l'efficacité merveilleuse qu'il donnerait à ses paroles. (Histoire populaire de saint François d'Assise, par le marquis de Ségur).

 

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12 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

130

 

Treizième jour

Les pauvres Clarisses

 

Prélude : Représentons-nous l'illustre fondatrice des Pauvres Dames d’Assise, entourée de ses filles spirituelles qui l'écoutent avec amour et respect.

 

Réflexions

 

C'est en suivant, avec un intrépide courage, la voie douloureuse, que Claire, par l'odeur de ses vertus, attire à elle des femmes célèbres et qu'elle fonde le monastère des Pauvres Dames. Quelle magnifique protestation contre l'amour déréglé des biens périssables et contre les folies du luxe ! Établie supérieure, elle révèle des qualités rares pour le gouvernement de la communauté. Elle y dépose, dès le principe, des germes qui seront un jour des arbres majestueux chargés de bons fruits. La règle, expression de la volonté divine, elle la fait observer avec autant de prudence que de douceur. Les biens qu'elle pouvait légitimement retenir au profit de ses religieuses, elle les a versés dans le sein des pauvres, elle ne veut que la chétive aumône qui lui vient de l'extérieur. En tout, elle donne l'exemple. Les offices les plus bas, les plus opposés à notre délicatesse, elle se les réserve, elle les remplit dans toutes les circonstances. Grégoire IX, effrayé de tant de rigueurs dans une réunion de femmes, se propose d'y apporter quelques adoucissements. Claire, par ses prières, par ses instantes supplications, obtient du pape qu'il ne sera rien changé aux premières dispositions de l'établissement.

Que ceux qui ne connaissent pas assez la puissance de la grâce viennent contempler le spectacle que nous leur présentons. Voici une jeune vierge distinguée par sa noblesse et par ses agréments ; elle a brisé tous les liens qui l'attachent à la terre ; elle prend pour partage la croix, mais la croix dans ce qu'elle a de plus redoutable et de plus opposé à nos convoitises. Elle voit se grouper autour d'elle d'autres jeunes filles. À celles-ci elle montre un asile où l'on ne trouve que la pauvreté et les humiliations, une cellule où les ornements ne sont que des instruments de pénitence et de guerre à toute espèce de sensualisme : elle ne leur permet, pour le soutien de leur vie corporelle, qu’un peu d'eau avec un morceau de pain et quelques légumes. Les bruits du monde ne viendront jamais troubler le silence du cloître. Vous diriez un enterrement d'êtres vivants. Eh bien ! Ce projet ne reste pas à l'état de rêve, il se réalise par une institution qui s'implante solidement dans le sol de la foi, et qui s'étend dans toute l'Europe. Aux premières filles de Sainte Claire succèdent d'autres filles qui continuent, sous l'œil de l’Église, l'œuvre admirable de la Fondatrice.

Ici, la raison reste muette d'étonnement. Le fait sublime et merveilleux qui l'accable ne peut s'expliquer que par une surhumaine, dont la force est infinie. Le temps a effacé bien des inscriptions qui devaient perpétuer la mémoire de certains hommes ; il n'effacera pas, quoiqu'il arrive, l'empreinte du passage de sainte Claire en ce monde ; elle est gravée sur une matière cause plus durable que le marbre et l'airain.

On se tromperait étrangement si l'on prétendait que sainte Claire, absorbée dans la contemplation et dans les souffrances, demeurait étrangère à tout ce qui se rapporte aux grands intérêts sociaux. Il est impossible que Celle qui vivait dans le cœur de Celui qui a tant aimé les hommes, n'ait pas aimé les hommes. Un jour, ayant devant elle le Saint Sacrement, elle fait reculer les Sarrasins. Cet acte de courage sauve la ville d'Assise. Dans une autre circonstance, au moment d'un péril extrême, elle pense aux habitants de qui elle recevait des secours. Aussitôt, elle se couvre la tête de cendres, elle veut que ses religieuses en fassent autant. Toutes sont en prières, et l'armée ennemie est en déroute. Le Pape, les cardinaux, les évêques, les théologiens qui la visitaient, et qui avaient pour elle la plus haute estime, n'étaient pas des esprits faibles. Ils voyaient dans l'œuvre de sainte Claire une d'immenses avantages pour l’Église et pour la société.

L'institut de Sainte Claire existe depuis plus de huit siècles, et il a d'innombrables ramifications dans tous les pays de la chrétienté. Comptez toutes les victimes qui s'y sont immolées ; comptez toutes les prières, toutes les mortifications, toutes les austérités qui s'y sont renouvelées à chaque heure du jour et de la nuit ; comptez ensuite toutes les personnes qui sont venues y chercher des conseils, des consolations dans le malheur, y demander des suffrages pour une multitude de cas et d'intentions qui sont le secret des familles ; croyez-vous que toutes ces choses ne sont pour rien auprès de Dieu dans l'intérêt des hommes ? Mais ce serait outrager la Providence ; ce serait nier, ce serait renverser les plus beaux sentiments, les meilleurs instincts, qui nous portent invinciblement à regarder ceux qui sont purs et parfaits, comme pouvant, comme devant nous être utiles, quand nous les implorons. Fermons les yeux de la chair, ouvrons les yeux de la foi, élevons-nous, sursum corda, nous comprendrons que la réversibilité est une loi du gouvernement divin ; nous saurons que les ardentes supplications, que les âmes saintes et privilégiées font monter vers le ciel, retombent sur la terre comme une abondante rosée de bénédictions spirituelles et temporelles.

Du haut de son trône, sainte Claire, sans nul doute, contemple et protège son institut. Elle voit avec bonheur qu'il a traversé mille révolutions, et qu'il est resté debout au milieu des ruines d'une foule d'empires et d'institutions qu'on croyait immortels. Elle voit avec non moins de bonheur que, toujours plein de sève dans sa racine et dans ses branches, il continue de condamner vigoureusement notre sensualisme, d'exalter l'excellence de la pauvreté, de l'humilité, et la puissance des sacrifices imposés à la nature. Non, il n'est pas besoin que les filles de sainte Claire puissent se rendre compte à elles- mêmes des titres ou des mystérieux rapports, par lesquels leur vie se rattache dans notre intérêt à l'ordre surnaturel. Mais il est nécessaire, pour nous, qu'elles s'affermissent de plus en plus dans l'esprit de leur mission; il est nécessaire qu'elles pleurent, qu'elles gémissent, qu'elles souffrent et qu'elles redoublent d'efforts, pour apaiser le courroux du ciel, et pour désarmer le bras de la Justice irritée.

 

Pratique : Ne parler jamais qu'avec respect et vénération des couvents et spécialement des couvents adonnés à la contemplation.

Invocation : Saint François, qui avez guidé sainte Claire et ses premières compagnes dans les voies de la perfection religieuse, priez pour les monastères qui attirent les bénédictions d'en haut sur l’Église et sur la société.

 

Fioretti

Le second Ordre

 

Les vertus de la sainte épouse de Jésus-Christ, comme un parfum précieux, attirèrent des âmes pures et innocentes, qui firent de la maison de Saint Damien, un nombreux monastère, et l'origine de l'Ordre nommé des Pauvres Dames, ou des Pauvres Sœurs, ou de Sainte Claire, le second des trois qui furent institués par saint François. Il établit Claire, abbesse de Saint Damien, malgré l'humilité qui la portait à n'être que la servante des autres, et qu'il ne put vaincre que par l'obéissance qu'elle lui avait promise. Ce fut dit que cette sainte abbesse demeura renfermée quarante-deux ans, dans la pratique d'une éminente perfection. (Vie de saint François d'Assise, par le Père Chalippe).

 

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11 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Douzième jour

Sainte Claire d'Assise

 

Prélude : Représentons-nous Claire à genoux, devant le Séraphique patriarche qui coupe les cheveux de l'héroïque jeune fille et la consacre à Jésus-Christ.

 

Réflexion

 

Les magnifiques considérations, qui vont passer aujourd'hui et demain sous les yeux des pieux enfants de saint François, sont empruntées à un des meilleurs écrits du saint évêque de Versailles, Mgr Mabile.

Saint François d'Assise, obéissant à son zèle de feu, avait conçu et organisé contre les désordres du siècle une croisade, qui devait perpétuer au milieu des chrétiens le mépris des plaisirs et l'amour de la pauvreté et de la mortification. Or, les femmes devaient avoir leur place et leur action dans cette croisade. L'une est le complément de l'autre. Sainte Claire sera l'instrument dont Dieu va se servir pour ajouter de nouvelles perles, de nouvelles fleurs à la couronne monastique et pour apprendre aux mondains ce que peut l'être le plus délicat, le plus faible, quand dans un élan de ferveur il s'abandonne aux mouvements de la grâce.

Née dans une condition où les richesses, les plaisirs, les honneurs s'offraient à elle sous les images les plus séduisantes, Claire pouvait, sans aucune peine, se procurer une existence très-heureuse selon le monde. Mais, prévenue de la grâce et s'élevant tout d'abord par la foi aux clartés célestes, elle dédaigne tout, elle méprise tout ce qui vient de la terre. Aimer Dieu, se consacrer à Dieu, vivre pour Dieu, souffrir pour la gloire de Dieu et pour l'expiation des péchés qui se commettent chaque jour : voilà ce qu'elle veut, voilà la part qu'elle choisit comme la meilleure part qui ne lui sera point enlevée. Une parole de Saint François d'Assise est pour elle un trait de lumière, un jet de flamme, dont son intelligence et son cœur ressentiront éternellement les effets. L'heure est venue. À dix-huit ans, elle court à l'autel, et le sacrifice qu'elle y consomme avec des transports de joie, elle le renouvellera toute sa vie, jusqu'à son dernier soupir.

Claire n'aspirait pas à une sainteté commune ; son ambition, ambition bien permise en pareil cas, allait beaucoup plus loin. Il fallait donc qu'elle eût à traverser, dès le début, des épreuves non communes. Ses parents, le monde, le démon, dans l'espoir de la vaincre, s'unissent pour l'attaquer et pour essayer de flétrir les palmes qu'elle veut cueillir à tout prix. Le combat sans doute est rude et terrible, mais la jeune vierge a mis Dieu dans ses intérêts et la victoire n'est pas douteuse. Elle fait taire la voix du sang ; elle prend le monde en horreur ; elle terrasse le prince des ténèbres. Jésus-Christ est définitivement, irrévocablement, son époux. Elle ne voit que lui, elle ne respire que pour lui, elle se croirait souverainement ingrate et malheureuse, si elle don ait quoi que ce soit de son cœur et de sa vie à un autre qu'à Jésus-Christ.

Il est à propos de bien remarquer que Sainte Claire ne se consacre pas à Dieu comme beaucoup d'autres ont pu et peuvent s'y consacrer. Elle a une vue supérieure des choses, nous dirions volontiers une théologie transcendantale : elle pénètre par les dons du Saint-Esprit jusqu'aux entrailles de l'ascétisme le plus effrayant pour la nature ; elle y découvre des trésors dont la possession coûte d'immenses sacrifices. Son époux c'est Jésus-Christ, mais Jésus-Christ pauvre, humilié, délaissé, souffrant ; Jésus-Christ outragé dans sa prison et dans son amour pour les hommes. À cet époux qu'elle aime avec tant d'ardeur, elle ne demande que l'honneur d'une place dans la vie caché, où elle puisse souffrir, s'humilier et s'anéantir en union avec lui. Les plus rudes pénitences, les mortifications qui nous révoltent et nous font trembler, sont ses aliments quotidiens ; elle y trouve une suavité inexprimable et des joies dont son cœur surabonde. Après avoir parcouru le cercle des austérités en usage dans les monastères les plus sévères, elle se creuse l'esprit et l'imagination pour en trouver de nouvelles, tant elle brûle de témoigner son amour à Jésus-Christ, tant elle voudrait le dédommager de la gloire qui lui est ravie et réparer les outrages dont il est l'objet dans le Saint Sacrement. Oh ! comme elle peut s'écrier avec Saint Paul : « J'accomplis dans ma chair ce qui reste à souffrir à Jésus-Christ, en souffrant moi-même pour son corps qui est l’Église ». (Col. 1, 24).

 

Pratique : Se garder de blâmer, comme on le fait si souvent dans le monde, les vocations religieuses dont on est le témoin.

Invocation : Saint François, père de Sainte Claire, priez pour les âmes que Dieu appelle à la perfection évangélique.

 

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Fioretti

Le repas de sainte Claire

 

Claire désirait vivement prendre un repas avec saint François, et plusieurs fois elle lui en avait fait la demande, mais il avait constamment refusé. Ses compagnons, qui connaissaient le désir de la sainte, lui dirent un jour : « Père, il nous semble que la rigueur doit vous usez envers Sœur Claire n'est pas inspirée par la divine charité… - Vous croyez donc, répondit le saint, que je dois me rendre à ses désirs ? - Oui, Père, répondirent les Frères, Sœur Claire mérite que vous lui accordiez ce qu'elle vous demande. - Eh bien ! Répliqua saint François, votre avis est le mien, je consens ; et, pour procurer à notre sœur une plus grande consolation, je veux qu'elle vienne prendre ce repas à Sainte Marie des Anges. Depuis longtemps déjà, elle est renfermée à St-Damien ; ce sera pour elle un bonheur de revoir ce couvent où elle a déposé les livrées du siècle pour se faire l'épouse de Jésus-Christ ; c'est là que nous mangerons ensemble au nom de Dieu ». Au jour convenu pour ce repas, sainte Claire sortit de son monastère avec une de ses compagnes, et, conduite par quelques-uns des frères, elle se rendit à Sainte Marie des Anges. Lorsqu'elle y fut arrivée, elle alla se prosterner au pied de l'autel devant lequel on lui avait coupé les cheveux et donné le voile ; puis, en attendant l'heure du repas, on la conduisit visiter le couvent. Pendant ce temps-là, saint François faisait tout préparer ; et, suivant son usage, il voulait que les mets fussent posés à terre. Enfin, à l'heure indiquée, lui-même avec un de ses compagnons, et la Sainte avec sa compagne, se rangèrent auteur des mets qu'on avait disposés, et les autres frères prirent aussi humblement leur place. Au premier mets, le saint se mit à parler de Dieu, avec tant de suavité, de profondeur et d'éloquence, que l'abondance divine descendant bientôt sur ceux qui l'écoutaient, tous se sentirent ravis en extase, et ils se tenaient les mains et les yeux levés vers le ciel. En ce moment, les habitants d'Assise, de Bettone et des environs virent l'église de Sainte Marie des Anges, tout le couvent et le bois tellement enflammés, que tout paraissait en proie à un immense incendie. Dès qu'ils aperçurent les flammes, les habitants d'Assise s'empressèrent d'accourir pour les éteindre ; mais, arrivés près du couvent et se voyant trompés, ils entrèrent et trouvèrent saint François, sainte Claire et tous ceux qui les accompagnaient ravis en Dieu par la contemplation et assis autour de quelques pauvres mets. Ils comprirent alors que c'était un feu divin et non pas un feu matériel que Dieu avait fait apparaître miraculeusement, voulant signifier, par là, les flammes du divin amour dont étaient embrasées ces saintes âmes. Ils se retirèrent édifiés et le cœur rempli de consolation. Après une longue extase, sainte Claire, saint François et tous les autres convives revinrent à eux et se sentirent tellement rassasiés de la nourriture spirituelle qu'ils venaient de recevoir, qu'ils ne songèrent plus aux mets grossiers qu'on avait disposés. Ainsi se termina ce repas béni. (Fioretti, traduction de l'abbé Riche).

 

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10 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

La joie parfaite-001

 

Onzième jour

Les leçons du Père

 

Prélude : Représentons-nous le bon saint, entouré de ses fils et frères en religion, qu'il instruit avec une douce modestie, tandis que ceux-ci l'écoutent avec simplicité, comme dans une sorte de ravissement.

 

Réflexion

 

Quand Rome eut parlé, François, embaumé des bénédictions du Christ transmises par son vicaire, se retira, avec ses douze compagnons, d'abord dans les grottes de Rivotorto ; puis, sa famille spirituelle s'accroissant, dans un modeste asile, à Notre Dame des Anges, ce bien-aimé couvent, le premier qui abrita la jeune famille franciscaine.

François instruisait ses disciples. Avec quelle ineffable douceur il leur parlait de la chère vertu de pauvreté, cette vertu-mère autour de laquelle le saint fondateur groupait toutes les autres.

Voici en quels termes, disent les Fioretti, il enseignait les choses dans lesquelles consiste la joie parfaite, ce grand résultat des vertus franciscaines.

« Ô Frère Léon ! Plaise à Dieu que les Frères Mineurs donnent à toute la terre un grand exemple de sainteté ; néanmoins fais bien attention et note soigneusement que là n'est pas la joie parfaite.

Ô Frère Léon ! Quand les Frères rendraient la vue aux aveugles, chasseraient les démons, feraient parler les muets et ressusciteraient les morts de quatre jours, fais bien attention que là n'est pas la joie parfaite.

Ô Frère Léon ! Si les Frères Mineurs savaient toutes les langues et toutes les sciences, s'ils avaient le don de prophétie et celui du discernement des cœurs, fais bien attention que là n'est pas la joie parfaite.

Ô Frère Léon ! chère petite brebis de Dieu, si les Frères Mineurs par laient la langue des Anges, s'ils connaissaient le cours des astres, la vertu des plantes, les secrets de la terre et la nature des oiseaux, des poissons, des hommes et de tous les animaux, des arbres, des pierres et de l'eau, fais bien attention que là n'est pas la joie parfaite.

Ô Frère Léon ! Quand les frères Mineurs convertiraient, par leurs prédications, tous les peuples infidèles à la foi du Christ, fais bien attention que là n'est pas la joie parfaite.

Enfin, Frère Léon, étonné, lui demanda : « Ô Père, je t'en prie, au nom de Dieu, dis-moi en quoi consiste la joie parfaite ? »

Saint François répondit : « Quand nous arriverons à Sainte Marie des Anges, bien mouillés, bien crottés, transis de froid, mourants de faim, et que nous frapperons à la porte, le portier nous dira : « Qui êtes-vous ? » nous répondrons : « Nous sommes deux de vos frères. - Vous mentez, dira-t-il, vous êtes deux vagabonds qui courez le monde et enlevez les aumônes aux véritables pauvres ; partez d'ici ». Et il refusera de nous ouvrir, et il nous laissera à la porte, pendant la nuit, exposés à la neige, au froid, et mourants de faim. Si nous souffrons ce traitement avec patience, sans trouble et sans murmure ; si même nous pensons humblement et charitablement que le portier nous connaît bien pour ce que nous sommes, et que c'est par la permission de Dieu qu'il parle ainsi contre nous, ô Frère Léon ! Crois bien que c'est en cela que consiste la joie parfaite.

Si nous continuons de frapper à la porte, et que le portier courroucé nous chasse comme des fainéants importuns, nous accable d'injures, de soufflets, et nous dise : « Partirez-vous d'ici, misérables filous ? Allez à l'hôpital : il n'y a rien à manger vous ». Si nous supportons ces mauvais traitements avec joie et avec amour, ô Frère Léon ! Crois-le bien, c'est en cela que consiste la joie parfaite. Si enfin, dans cette extrémité, la faim, le froid, la nuit nous contraignent de faire insistance avec des larmes et des cris ici pour pour entrer dans le couvent et que le portier, irrité, sorte avec un gros bâton noueux, nous tire par le capuchon, nous jette dans la neige et nous donne tant de coups qu'il nous couvre de plaies, si nous supportons toutes ces choses avec joie, dans la pensée que nous devons participer aux souffrances de notre béni Seigneur Jésus-Christ, ô Frère Léon ! Crois-le bien, c'est là que se trouve la joie parfaite.

Et maintenant écoute la conclusion, Frère Léon : de tous les dons du Saint Esprit que Dieu a daigné répandre sur ses serviteurs, le plus considérable est de se vaincre soi-même et de souffrir volontiers, pour l'amour de Jésus, les injures, les peines, les opprobres et les plus pressants besoins ; car, nous ne pouvons pas nous glorifier de tous les autres dons, puisqu'ils ne viennent pas de nous, et l'Apôtre a dit : « Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu de Dieu ? Que si vous tenez tout de lui, pourquoi vous en glorifier, comme si tout venait de vous ? Mais, dans la croix de la tribulation et de l'affliction, nous pouvons nous glorifier justement ; car, comme dit encore l'Apôtre : A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose que dans la croix de Notre-Seigneur Jésus- Christ ! »

 

Pratique : Chercher à se vaincre soi-même sur quelque point difficile, qui contrarie notre nature, et cela en vue d'être de dignes enfants de saint François.

Invocation : Saint François, qui avez instruit vos disciples, communiquez-nous votre esprit si profondément chrétien et religieux.

 

Fioretti

La petite brebis de Dieu

 

Frère Léon, dont il vient d'être parlé, a quelque chose du caractère de Saint Jean. Il était le confesseur, l'ami intime de saint François : ils ne se quittaient pas, voyageaient ensemble, pleuraient ensemble ; ils ont toujours vécu appuyés l'un sur l'autre. Saint François appelait très-amoureusement Léon la petite brebis de Dieu, la pecorella di Dio... Léon ne fut pas séparé de François, même dans la mort : son corps fut déposé au pied de l'autel de son ami, canonisé et glorifié. (Histoire de saint François d'Assise, par l'abbé Chavin de Milan).

 

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09 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

6

 

Dixième jour

Innocent III

 

Prélude : Le bienheureux patriarche de l'ordre séraphique est aux pieds du vicaire de Jésus-Christ, recueilli, écoutant et soumis.

 

Réflexion

 

« Paul, étant revenu du troisième Ciel, vint voir Pierre, afin de donner la forme aux siècles futurs ; et qu'il demeurât établi pour jamais que, quelque docte, quelque saint que l'on soit, fût-on un autre saint Paul, il faut voir Pierre ». Ainsi parlait Bossuet. Ainsi pensait François d'Assise.

Sans doute, il eut pu continuer de vivre sous l'obédience de son évêque et l'inspiration du Saint Esprit qui le dirigeait. Mais, sa foi si pure et son inviolable attachement au Saint Siège, ces deux caractères qu'il léguera à sa postérité spirituelle comme un signe d'honneur, lui inspirèrent d'aller à Rome, se jeter aux pieds du vicaire de Jésus en terre. D'abord, le Pape l'écouta peu et il fallut que Dieu lui-même, qui n'abandonne jamais les vrais croyants, vint miraculeusement au secours de cet humble enfant de la sainte Eglise. Innocent III eut un songe, où il vit croître à ses pieds peu à peu une palme, qui devint un très-bel arbre, et il lui fut révélé que cette image représentait le pauvre rebuté par lui la veille.

Cependant, le grand Pape hésitait encore à approuver une règle aussi nouvelle et aussi difficile, bien que très-persuadé qu'elle amènerait les âmes à une perfection conforme aux conseils de l'Evangile. Dieu lui envoya un autre songe mystérieux, pendant lequel il vit l'église de Latran sur le point de tomber, tandis qu'un homme pauvre et chétif, en qui il reconnut François, la soutenait de ses épaules. « Ah ! véritablement, s'écria-t-il, c'est cet homme-là qui soutiendra l’Église de Jésus-Christ par ses œuvres et par sa doctrine ! » Dès lors, Innocent III n'hésita plus. Il approuva l'Institut des Frères Mineurs, rassemblés sous la conduite de saint François, pour donner à l’Église, en la personne de vrais pauvres, un modèle d'humilité et lui montrer la merveille de ce siècle ».

 

Pratique : Se rattacher, dans tous ses actes et dans toutes ses pensées, à la chaire infaillible de Pierre, centre de l'unité et organe de la vérité.

Invocation : Saint François, dévot fils de l’Église, priez pour le Pape et pour ses enfants fidèles ou révoltés.

 

Fioretti

La parabole de saint François

 

Nous avons abrégé aujourd'hui la méditation pour lire plus à l'aise la touchante parabole que, après avoir longtemps prié Dieu, François vint proposer au Pape Innocent :

« Très saint Père, lui dit-il, il y avait une fille très belle, mais pauvre, et qui demeurait dans un désert. Le roi du pays, qui la vit, fut si charmé de sa beauté, qu'il la prit pour épouse : il demeura quelques années avec elle, et en eut des enfants qui avaient tous les traits de leur père, et pas moins de beauté que leur mère ; puis il revint à sa cour. La mère éleva ses enfants avec un grand soin, et dans la suite elle leur dit : « Mes enfants, vous êtes nés d'un grand roi ; allez le trouver, marquez-lui qui vous êtes, et il vous donnera tout ce qui convient à votre naissance. Pour moi, je ne veux point quitter. ce désert, et même je ne le puis ». Les enfants allèrent à la cour du roi leur père, qui, reconnaissant en eux tous ses traits, aussi bien que la beauté de leur mère, les reçut avec plaisir et leur dit : Oui, vous êtes mes véritables enfants, et je vous entretiendrai comme des enfants de roi, car, si j'ai des étrangers à ma solde, et si je nourris des officiers de ce que l'on sert sur ma table ; combien aurai-je plus de soin de mes propres enfants qui viennent d'une mère si belle ? Comme j'aime extrêmement la mère, je retiendrai les enfants à  ma cour et je les ferai manger à ma table.

Ce roi, très saint Père, c'est Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette fille si belle, c'est la pauvreté, qui, étant rejetée et méprisée partout, se trouvait en ce monde comme dans un désert. Le Roi des rois, descendant du ciel, et venant sur la terre, eut pour elle tant d'amour qu'il l'épousa dans la crèche. Il a eu plusieurs enfants dans le désert de ce monde : les Apôtres, les Anachorètes, les Cénobites, et quantité d'autres qui ont embrassé volontairement la pauvreté. Cette bonne mère les a envoyés au Roi du ciel leur père, avec les marques de sa pauvreté royale, aussi bien que de son humilité et de son obéissance. Ce grand roi les a reçus avec bonté, promettant de les nourrir et leur disant : « Moi qui fais lever mon soleil sur les justes et sur les pécheurs, qui donne de ma table et de mes trésors aux pauvres et aux hérétiques, le vivre, le vêtir, et tant d'autres choses, combien plus volontiers vous donnerai-je ce qui vous est nécessaire, à vous et à tous ceux qui sont nés de la pauvreté ma très chère épouse ».

C'est à ce roi céleste, très saint Père, que cette dame, son épouse, envoie ses enfants que vous voyez, lesquels ne sont pas de moindre condition que les autres qui sont venus longtemps avant eux. Ils ne dégénèrent point ; ils ressemblent en beauté à leur père et à leur mère, puisqu'ils font profession de la plus parfaite pauvreté. Il n'y a donc pas lieu de craindre qu'ils meurent de faim, étant les enfants et les héritiers du Roi immortel, nés d'une mère pauvre, à l'image de Jésus-Christ, par la vertu du Saint-Esprit, et devant être élevés par l'esprit de pauvreté dans un Ordre très pauvre. Si le Roi du ciel promet à ceux qui l'imitent de les faire régner éternellement ; avec combien plus d'assurance doit-on croire qu'il leur donnera ce qu'il donne ordinairement et avec tant de libéralité aux bons et aux méchants (Vie de saint François, par saint Bonaventure).

 

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08 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Neuvième jour

Premiers compagnons

 

Prélude : Représentons-nous les premiers Frères Mineurs autour de leur bienheureux Père, écoutant sa parole simple et persuasive, suivant ses pas.

 

Réflexions

 

« Peu à peu, dit Mgr de Ségur, les gens d'Assise comprirent qu'il y avait quelque chose de surnaturel dans la conduite de ce jeune homme. Aux dérisions succéda bientôt une sorte de vénération, surtout quand on vit un bourgeois riche et estimé, nommé Bernard de Quintavalle, et un prêtre, nommé Pierre de Catane, s'attacher à ses pas et son embrasser son genre de vie. D'autres suivirent cet exemple, vivant avec lui et comme lui d'aumônes, de privations, de dures austérités, priant toujours et donnant partout l'exemple des vertus évangéliques les plus sublimes.

Le dernier fut un beau chevalier, nommé Ange de Tancrède, que François rencontra un jour sur chemin. Il l'arrêta, et plein de l'esprit de Dieu, il lui dit : « Ange, descends de cheval ; laisse-là la milice du siècle et suis-moi. Désormais, tu auras pour armure la poussière du chemin et pour chaussure la boue de la terre ». Et Ange de Tancrède obéit aussitôt, reçut l’humble habit de la pauvreté, et devint le douzième des premiers Frères Mineurs. De retour à Assise, saint François groupa ses douze premiers compagnons auprès de l'humble petite église de la Portioncule, appelée aussi Notre Dame des Anges, qu'il avait, comme celle de Saint Damien, rebâtie de ses propres mains. Il y passait en oraison les jours et les nuits, fréquemment visité par une multitude d'esprits célestes, et priant ardemment la Mère de Dieu de le prendre, lui et ses bien aimés Frères, sous sa protection spéciale. Ce fut là, comme il se plaisait à le dire, qu'il fut comme enfanté par la Bienheureuse Vierge à la vie évangélique et apostolique. Bientôt après, François et les douze allèrent à Rome nu-pieds, mendiant leur pain, menant une vie plus angélique qu'humaine, pleins de ferveur, de joie sainte, d'humilité, de charité mutuelle, ne faisant, comme les premiers chrétiens, qu'un cœur et qu'une âme en Jésus-Christ.

Ces premiers compagnons de saint François n'avaient point encore de nom qui les distingua des autres religieux. « Si l'on vous demande qui vous êtes, leur avait dit le bienheureux Père, vous répondrez : Nous sommes des pénitents venus d’Assise ». Ce fut le Pape lui-même qui leur donna leur nom, sans s'en douter, lorsque approuvant leur règle, il dit pour les désigner : Istos Fratres Minores, c'est-à-dire « ces petits Frères », d'où leur est venu le nom de Frères Mineurs. Tout jeune encore, François était déjà un grand saint, consommé en mérites et en très sublimes vertus. Déjà Notre-Seigneur l'avait comblé de faveurs miraculeuses, et lui avait entre autres révélé que tous ses péchés lui étaient pardonnés, et qu'il allait devenir le Père d'un grand et saint Ordre, qui s'étendrait sur toute la terre et régénérerait l’Église et le monde ».

Quant à ses compagnons, c'étaient des hommes apostoliques, qui prêchaient partout la grandeur et la bonté de Dieu, l'obligation de l'aimer et d'observer sa loi, et de faire pénitence. Quand ils manquaient du nécessaire, ils s'en félicitaient, comme d'un trésor acheté au prix de tout leur bien. La singularité de leur habit, jointe à l'austérité de leur vie, choquait la plupart de ceux qui les voyaient. Ils furent même souvent insultés, couverts de boue, traînés par leur capuce et battus cruellement : ils l'enduraient avec joie, jugeant, au profit intérieur, que c'était un avantage. Ils n'avaient du chagrin que lorsque leur vertu attirait le respect et l'admiration des hommes.

 

Pratique : Suivre les exemples des Saints et se détacher de plus en plus de tout ce que le monde estime.

Invocation : Saint François, contempteur des biens et déshonneurs du siècle présent, détachez notre âme des biens terrestres.

 

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La Règle de saint François

 

La Règle que notre saint fondateur donna à ses premiers compagnons était l'une simplicité incomparable. Elle pouvait se résumer en deux idées : saint François prenait le postulant qui se présentait à lui, lui enlevait tout, lui mettait sur le dos un pauvre sac de laine grossière, avec une grosse corde en guise de ceinture, et l'envoyait, pieds nus et tête nue, mendier son pain à travers le monde en lui disant : « Tu seras si mal que la terre que, bon gré mal gré, tu ne pourras plus regarder que le Ciel ». Telle était la première idée constitutive du Frère Mineur. La seconde n'était pas moins simple. Saint François présentait l'Evangile et la croix au nouveau frère, et lui disait : « Voici ta Règle. Je ne t'en donne point d'autre. La vie de communauté que nous mènerons ensemble, n'en sera que le cadre. Et maintenant, viens, suis-moi, porte ta croix tous les jours, et sois parfait. Avec moi tu aimeras Jésus, tu feras pénitence et tu prêcheras la pénitence. Le séraphique saint François, par Mgr De Ségur).

 

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07 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Huitième jour

Le jour des Noces

 

Prélude : Contemplons le Séraphique fondateur de l'Ordre franciscain, au moment où il reçoit la pleine révélation des vues de Dieu sur lui.

 

Réflexions

 

C'est une page capitale dans l'histoire de notre bon saint. Voici en quels termes son plus récent historien l'a écrite. On ne saurait, à coup sûr, mieux exprimer les sentiments que doit faire naître en notre âme ce touchant épisode.

« Dès le commencement de l'an de grâce 1208, la chapelle de Sainte Marie des Anges, arrachée à l'oubli et au déshonneur, avait retrouvé son culte séculaire, servait de nouveau de tabernacle au Saint des saints, et de but de pèlerinage à la piété des fidèles. Elle devint en même temps l'oratoire habituel et comme la demeure de François. Il aimait ce sanctuaire d'un amour de prédilection, ayant sans doute quelque. pressentiment divin des grandes choses que le Seigneur devait y opérer par son entremise. Il y passait ses jours et ses nuits en prière, adorant, aimant, pleurant, attendant, comme un enfant docile, que son Père céleste lui fit connaître par quelles œuvres il devait désormais le servir. La réponse de Dieu ne se fit pas longtemps désirer.

C'était dans le courant de cette même année 1208, qui tient une si grande place dans la vie du serviteur de Dieu. Un jour, il assistait dans son cher sanctuaire à une messe qu'il avait prié le prêtre de Saint Damien de dire en l'honneur des apôtres. Arrivé à la lecture de l'évangile, au moment où le prêtre prononçait ces paroles que Notre-Seigneur adressa à ses disciples : « Ne portez ni or, ni argent, ni aucune monnaie dans votre bourse, ni sac, ni deux vêtements, ni souliers, ni bâton », François reçut d'en haut une vive effusion de lumière ; sa vocation, jusqu'alors entrevue seulement, lui fut montrée dans une clarté toute céleste, et la pauvreté, la sainte pauvreté apostolique qui parcourt le monde, recevant le pain du corps et donnant le pain de l'éternelle vie, lui apparut comme son unique épouse et la compagne féconde de son apostolat. « Voilà, voilà ce que je cherche ! » s'écria-t-il tout rayonnant de joie et d'amour ; et dans  le même moment, avec cette ardeur d'obéissance et cette impétuosité sublime de sacrifice qui d'un bond lui faisait atteindre les sommets de la perfection chrétienne, il achève son dépouillement, jette avec horreur sa bourse, son bâton, ses chaussures, et les pieds nus, couvert d'une grossière tunique grise qui fut jusqu'à la fin son unique vêtement, les reins entourés d'une corde, absolument pauvre et absolument joyeux, il part pour évangéliser le monde et conquérir les âmes à Jésus-Christ.

De ce jour date véritablement le commencement de la famille franciscaine, la naissance de cet ordre des Frères Mineurs qui devait en quelques années s'étendre jusqu'aux extrémités de la terre. C'est le jour de la mission de saint François, le jour de ses noces mystiques avec la sainte pauvreté, noces heureuses et fécondes qui allaient remplir le monde de bénédictions et d'angéliques vertus. Merveilleuse efficacité de la parole de Dieu et merveilleuse unité de ses voies ! Aux premiers temps du christianisme, saint Antoine entend dans une église d'Egypte ces paroles du Sauveur : « Si vous voulez être parfait, allez, vendez tout ce que vous avez, et le donnez aux pauvres » ; et, transformé par la vertu divine, il devient le fondateur et le père de la vie monastique en Orient. Dix siècles plus tard, dans une pauvre chapelle d’ltalie, François, fils du marchand Bernardone. entend une autre parole de l'Evangile qui tombe sur le bon terrain de son âme ; et la vie religieuse parfaite renaît en Occident, et l'Ordre des Frères Mineurs est fondé. Désormais la période solitaire de la vie de saint François, celle qui correspond à la vie du Sauveur à Nazareth, est terminée. Sa vie publique et sociale commence, et nous allons voir en lui se réaliser d'une façon merveilleuse ce mot étonnant de l'Evangile : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes encore ».

 

Pratique : Suivre fidèlement les inspirations que Dieu nous donne dans nos lectures pieuses, et spécialement dans celle des Livres Saints.

Invocation : Saint François, si fidèle observateur des voies de Dieu, dirigez nos pas dans les sentiers de la perfection à laquelle Dieu nous appelle.

 

Fioretti

La chère église

 

Des trois églises que François avait réparées, il choisit celle de Sainte Marie des Anges pour y faire sa demeure, afin d'honorer la mère de Dieu et les Intelligences célestes. Saint Bonaventure dit qu'il y fut souvent favorisé de la visite des anges, et qu'anciennement ce lieu avait été nommé Sainte Marie des Anges, à cause des fréquentes apparitions qu'y faisaient ces bienheureux esprits. L'homme de Dieu y passait les jours et les nuits en de ferventes prières, où il demandait à la Sainte Vierge, que, comme elle a conçu et enfanté le Verbe du Père, plein de grâce et de vérité, elle eût la bonté de devenir son avocate, pour en obtenir la participation : ce fut là aussi  que, par les mérites de cette puissante avocate, il obtint le bonheur de concevoir et d'enfanter, pour ainsi dire, la vie évangélique ; fruit précieux de la grâce et de la vérité, que le Fils de Dieu est venu apporter à la terre. (Vie de St-François, par le Père Chalippe).

 

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06 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

5

 

Septième jour

Devant l'évêque d'Assise

 

Prélude : Pénétrons avec un saint respect dans le cœur de notre bienheureux patriarche, pour y admirer l'action du Saint Esprit.

 

Réflexions

 

C'était en l'an 1206, François avait vingt-cinq ans. L'heure de Dieu avait sonné pour le grand Séraphin de la terre.

Ne se préoccupant plus en rien du monde, de ses biens ni de son estime, le saint jeune homme avait quitté la maison paternelle, pour se retirer à Saint Damien, où le Crucifié lui parla si amoureusement.

Mais, Bernardone ne pouvait supporter que son fils François, sur qui il avait fondé les plus orgueilleuses espérances, embrassât un genre de vie qui l'exposait à la risée du monde ; il était surtout furieux de le voir se dépouiller de tout ce qu'il possédait pour le donner aux pauvres, ou le consacrer à la réparation des églises. Un jour, il poussa la brutalité jusqu'à le frapper violemment ; puis, il le renferma dans un endroit obscur que l'on voit encore aujourd'hui et que l'on appelle la prison de saint François.

D'accord avec son autre fils Angelo, il n'est rien que le père n'inventât pour détourner François de suivre l'appel divin, il épuisa tous les moyens sans parvenir à arracher ce saint amant de Jésus de la divine folie de la croix. Il le traduisit devant les tribunaux civils, sans rien pouvoir gagner sur ce cœur si dévoué à son héroïque vocation.

Enfin, d'après l'avis des magistrats d'Assise, Bernardone eut recours à l'évêque de cette ville, Vico Secundi, pour arrêter les libéralités de son fils. L'évêque fit donc appeler François, et lui dit : « Votre père est très irrité contre vous ; si vous voulez servir Dieu librement, rendez-lui l'argent que vous avez... Mon fils, ajouta paternellement le saint prélat, ayez confiance en Dieu, ne craignez pas, il sera votre aide ; et, pour le bien de son Eglise, il vous donnera tout ce qui est nécessaire ». Vico Secundi, inspiré de l'esprit de Dieu, prophétisait en parlant ainsi.

L'entendant parler de la sorte, François, comme enivré de Dieu, se leva, en s'écriant : « Seigneur et Maître, je lui rendrai tout ce qui est à lui, même mes vêtements ». Il se dépouille aussitôt de ses habits, et reparaît, rayonnant, inspiré, sa chair virginale recouverte seulement d'un cilice. Puis, déposant tous ses vêtements devant l'évêque, il dit : « Écoutez et comprenez. Jusqu'à présent, j'ai appelé Pierre Bernardone, mon père ; désormais, je puis dire hardiment : Notre père, qui êtes aux cieux, en qui j'ai mis tout mon trésor et la foi de mes espérances ».

Tous les assistants, émus jusqu'aux larmes, maudissaient la rapacité de Bernadone. Mais, François était dans l'extase de la joie. L'évêque, ravi de la plus tendre admiration, ouvrit ses bras et son cœur au saint jeune homme, et le couvrit du manteau que l'on voit encore à Saint Georges, au couvent des Clarisses. François y traça une croix blanche avec du mortier, et s'éloigna, dépouillé de tout, libre de tous les liens de la terre, le plus pauvre et le plus joyeux des hommes.

 

Pratique : S'attacher au dépouillement des choses de la terre pour dégager son âme vers le ciel, où Dieu nous revêtira d'un manteau de gloire éternelle.

Invocation : Saint François, vrai pauvre de Jésus-Christ, détachez mon cœur des biens de ce monde.

 

Fioretti

Le Héraut du grand Roi

 

Dégagé de tous les liens des convoitises mondaines, selon ses désirs, il alla chercher hors de la ville quelque endroit à l'écart, où seul et en silence il put écouter la voix de Dieu. Dans un bois où il passait, chantant les louanges du Créateur en langue française, des voleurs vinrent lui demander qui il était : « Je suis le Héraut du grand Roi », leur répondit-il, en un sens prophétique, avec une parfaite confiance en Dieu. Sur cette réponse, ils le battirent cruellement, le jetèrent dans une fosse pleine de neige, et se moquèrent de la qualité qu'il prenait. Lorsqu'ils furent éloignés, il sortit de là et se remit à louer le Seigneur d'une voix encore plus haute, fort joyeux d'avoir eu occasion de souffrir. À un monastère voisin, où il demanda l'aumône, qu'il reçut comme un mendiant méprisable, on l’employa quelques jours aux plus vils offices de la cuisine. Mais, voyant que cela s'accordait mal avec ses exercices spirituels, il s'en vint à Gubbio, où un de ses amis le reconnut, et lui donna, pour le vêtir plus décemment, un habit d’ermite, une tunique courte, une ceinture de cuir, des souliers, avec un bâton. Sous cet habit de pénitence, il affligea son corps de nouvelles austérités ; et, afin de remplir toutes les fonctions de l'humilité qu'il aimait extrêmement, il se dévoua au service des lépreux. (Vie de Saint François d'Assise, par le Père Chalippe).

 

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05 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Sixième jour

Jésus crucifié

 

Prélude : Jésus en croix regarde François d'Assise agenouillé et l'entretient, tandis que son ardent disciple l'écoute dans le ravissement de l'amour.

 

Réflexions

 

Jésus et Jésus crucifié ! C'est l'unique science dont le grand apôtre se glorifiait, ce fut la grande école où le Séraphique François apprit à se vaincre et à grandir dans la plus sublime perfection.

Au lendemain de sa conversion, il eut l'apparition de Jésus crucifié. À ce spectacle, son âme, naturellement tendre et aimante, se fondit et se liquéfia, au point que, à partir de cette heure, quand il pensait à cette première vision du Sauveur en croix, il ne pouvait retenir ses larmes. Ce jour-là, il eut la révélation complète du mystère renfermé dans l'admirable exhortation de Notre Seigneur : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ! » Il reçut les prémices de cet esprit de pauvreté et d'humilité qui fera le caractère de sa vie et comme l'esprit de son œuvre. Son cœur s'y embrasa d'une charité sublime, qui, malgré sa répugnance instinctive, le poussa à soigner, à embrasser et à baiser tendrement les pauvres lépreux, parce qu'Isaïe avait prophétisé de Jésus, en le comparant à un de ces malheureux. « François, lui disait le Sauveur, si tu veux connaître ma volonté, il faut que tu méprises et que tu haïsses tout ce que tu as aimé et désiré selon la chair. Ne t'effraie point de ce nouveau sentier, car si les choses qui te plaisaient doivent te devenir amères, celles qui te déplaisaient te paraîtront douces et agréables ».

C'est encore par amour pour Jésus pauvre et dépouillé sur la croix qu'il se voua dès lors avec une si incomparable générosité au service et au soulagement des pauvres. Il se dépouillait pour les vêtir, il partageait ses vêtements avec eux, il se levait de table pour leur porter les aliments qu'on ſui servait, il prenait même volontiers leurs haillons, foulant aux pieds l'orgueil humain et s'élevant par degrés à la perfection de la pauvreté évangélique. Rien n'égalait sa douleur du mauvais emploi de sa jeunesse et son attention à mortifier ses sens, afin de porter la croix de Jésus-Christ dans son corps, comme il la portait dans son cœur.

Voulant le récompenser de ce zèle à l'imiter, Jésus crucifié, qui s'était fait son maître, lui accorda cette magnifique récompense, dont parlent tous ses biographes. Un jour qu'il méditait dans la vieille église de Saint Damien, hors d'Assise, il se prosterna devant le crucifix, et, inspiré d'en haut, il redit trois fois cette belle invocation, qui depuis lui demeura familière : « Grand Dieu, plein de gloire, et vous, mon Seigneur Jésus-Christ, je vous prie de m'éclairer et de dissiper les ténèbres de mon esprit, de me donner une foi pure, une ferme espérance et une parfaite charité. Faites, ô mon Dieu, que je me connaisse si bien, qu'en toutes choses je n'agisse jamais que selon vos lumières et conformément à votre sainte volonté ». Ce disant, il regardait fixement le crucifix, les yeux baignés de larmes, et le crucifix s'anima, pour lui dire : « François, va, répare ma maison, que tu vois tomber en ruines ». La voix miraculeuse répéta trois fois les mêmes paroles. Elles signifiaient que Jésus-Christ l'appelait à réparer, par son ministère et par les travaux de ses disciples, son Eglise et aussi qu'il avait reçu la mission de restaurer la vieille église de Saint Damien.

Mais, cette voix du crucifix imprima plus avant dans son âme le mystère de la Passion. Il se sentit intérieurement blessé des plaies de Jésus, et il les pleurait avec des larmes si cuisantes que ses yeux en étaient comme ensanglantés, au sortir de l'oraison.

 

Pratique : Se renouveler dans la dévotion aux mystères de la Passion et de la mort de Jésus- Christ.

Invocation : Saint François, vivante image de Jésus crucifié, imprimez profondément dans mon âme les plaies du Sauveur.

 

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Le divin lépreux

 

Au début de sa conversion, comme il passait à cheval dans la plaine d'Assise, François aperçut un lépreux qui venait droit à lui. D'abord, il en fut saisi d'horreur ; mais, se ressouvenant qu'il avait résolu de travailler à la perfection, et que, pour être soldat de Jésus-Christ, il faut commencer par se vaincre soi-même, il descendit de cheval, alla baiser le lépreux, et lui donna l'aumône. Quand il fut remonté, il ne vit plus personne, quoi qu'il regardât de tous côtés dans la plaine qui était toute découverte. Rempli d'admiration et transporté de joie, il se mit à chanter les louanges du Seigneur, avec un ferme propos de se rendre toujours plus parfait. (Vie de St-François d'Assise, par le Père Chalippe).

 

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04 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Cinquième jour

Les songes mystérieux

 

Prélude : Adorons Notre Seigneur Jésus-Christ à la poursuite de son cher François d'Assise, dont il veut faire un parfait modèle de sa vie pauvre.

 

Réflexions

 

Avec le retour à la santé, notre bon saint eut un regain de jeunesse, il s'adonna de nouveau au goût des beaux habits et des divertissements profanes. Mais, son âme était dès lors blessée par la flèche de l'amour divin, son cœur inclinait par une pente de plus en plus sensible vers cet amour qui détache des amours terrestres et sa tendresse pour les pauvres devenait chaque jour plus vive.

L'heure était venue où la voix de Jésus allait pouvoir résonner à cette oreille inclinée pour l'entendre. Une nuit, Dieu fit voir à son serviteur un beau palais, rempli d'armes marquées du signe de la croix. Il demanda pour qui toutes ces armes. La voix mystérieuse répondit : « Pour toi et pour tes soldats ! » Le bouillant jeune homme, sans remarquer les croix, n'avait considéré que les armes. Il partit donc pour aller offrir ses services à Gautier de Brienne, annonçant qu'il reviendrait un jour à Assise en grand seigneur.

Arrivé à Spolète, Jésus-Christ l'arrêta dans sa fougue et dans son illusion. « François, lui dit- il dans un nouveau songe, lequel des deux peut te faire plus de bien : le maître ou le serviteur, le riche ou le pauvre ? - C'est le  maître et le riche, répliqua simplement le jeune guerrier. - Pourquoi donc, continua le sauveur, quittes-tu Dieu, qui est le maître et le riche, pour chercher l'homme, qui est le serviteur et le pauvre ? »

Pour le coup, le nouveau Saül avait rencontré son chemin de Damas. Terrassé par la foudre de la miséricorde, il se jeta à genoux, et, dans un élan plein de ferveur, il s'écria : « Ah ! Seigneur ! que vous plaît-il que je fasse ? - Retourne dans ta ville, répondit Jésus, qui parlait dès lors en maître de cette âme conquise, ce que tu as vu ne signifie rien que de spirituel ; c'est de Dieu,et non des hommes, que tu en recevras l'accomplissement ».

Aussitôt, le docile disciple du Sauveur reprend le chemin d'Assise, pour y attendre les ordres de son Seigneur et Maître, sans se mettre le moins du monde en peine de ce que ses compagnons diraient de ce retour si inopiné.

 

Pratique : Se rendre docile aux moindres inspirations de la grâce et se garder, comme du plus grand de tous les malheurs, de contrister l'Esprit-Saint.

Invocation : Saint François, qui avez écouté l'appel de la grâce, priez pour nous.

 

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La divine fiancée

 

De retour à Assise, François réunit ses compagnons de plaisir dans un repas qui devait être le dernier. Il les traita avec sa magnificence accoutumée et le charme habituel de son humeur ; mais son âme était déjà toute en Dieu, et le sourire de la gaieté n'était plus qu'à la fleur de son visage. Après le repas, comme ils allaient, riant et devisant par les rues d’Assise, François marchait derrière eux, plongé dans une profonde rêverie. Tout à coup, il s'arrêta : je ne sais quelle intuition céleste lui montra dans une lumière surnaturelle la vanité des choses de la terre ; la pauvreté évangélique lui apparut comme sa vocation et son unique compagne, et Dieu se répandit en son âme avec une telle effusion qu'il demeura sans voix et sans couleur. Il raconta depuis à son confesseur que si, dans ce moment, on eut déchiré son corps en lambeaux, il n'en eût rien senti, tant son âme était ravie en Dieu. Ses compagnons, le voyant immobile, accoururent et d'abord s'effrayèrent ; mais bientôt, quand il fut revenu à lui, ils reprirent leur frivole gaieté et lui dirent en riant : « Où avais-tu l'esprit, François ? Songerais-tu donc à prendre femme ? - Oui, répondit-il d'une voix grave, je veux prendre une épouse, mais si noble et si belle, qu'il n'y en aura point de semblable au monde ! » C'était la pauvreté qu'il voulait dire, la sainte pauvreté chrétienne, que Dieu venait de lui révéler, si méprisée dans le monde et trop oubliée même dans l’Église en ces temps malheureux ; c'était à cette fiancée, cette épouse mystique à laquelle il devait donner sa vie, qui devait lui tenir fidèle compagnie, comme au Sauveur, son premier époux, pendant tout son pèlerinage et jusqu'au suprême dépouillement de la mort. (Histoire populaire de saint François d’Assise, par le Marquis de Ségur).

 

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