02 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

Troisième jour

Peines du voyage de la Très Sainte Vierge pour aller visiter Sainte Elisabeth

Le jour de l'Annonciation, à peine la très-Sainte Vierge eut-elle appris de l'Archange Gabriel qu'Elizabeth, sa parente, était devenue féconde par miracle, et malgré sa stérilité, qu'elle se mit en chemin pour la visiter .Elle gravit donc les montagnes de la Judée, où se trouvait la ville d'Hébron, qui était du domaine des prêtres, et où demeurait Zacharie. Il y avait au moins trente lieues de distance. Que n'eut pas à souffrir la très-Sainte Vierge pour les parcourir? Qu'on se rappelle son âge tendre, sa vie retirée, soit au temple pour prier, soit dans son humble demeure; toujours dans la ferveur, dans le silence et dans la contemplation; que n'eut-elle pas à endurer en quittant d'aussi saintes habitudes pour parcourir, pendant plusieurs jours, des chemins déserts, rudes et montueux? Ajoutons qu'elle fit ce voyage à la hâte: sa pudeur virginale, dit Saint Ambroise, ne lui permettant pas de demeurer long-temps en public; ou bien, suivant Origène, parce que l'enfant Jésus qu'elle portait dans son sein virginal, la pressait d'arriver pour sanctifier au plutôt Jean-Baptiste. Que de peines pour cette Vierge! que de sueurs! combien de fois, succombant à la fatigue du voyage, s'assit-elle sur une pierre ou sur l'herbe, pour prendre un peu de repos et respirer? Oh! Vierge sainte, si jeune encore, vous commencez à souffrir pour les hommes; vous supportez tant de fatigues, dans l'impatience de répandre sur le Précurseur et sur sa mère les trésors de votre ardente charité! Arrivée à Hébron, la très-Sainte Vierge, suivant l'opinion commune des Docteurs, demeura dans la maison d'Elizabeth jusqu'à la naissance de Saint Jean Baptiste, à peu près trois mois. Dès que cet heureux enfant fut né, au sentiment de Saint Pierre Damien, la très-Sainte Vierge le tenait dans ses bras et le pressait tendrement sur son sein virginal, pour le sanctifier toujours davantage et le rendre le digne précurseur de son divin Fils. Enfin, sa mission finie, Marie reprit le chemin de Nazareth vers la fin de juin. Mais la saison avancée dut rendre ce second voyage plus pénible que le premier. Elle eut à supporter les ardeurs du soleil brûlant de la Palestine, une soif ardente, et des fatigues qu'augmentait encore sa grossesse avancée.

Colloque

Je ne sais, Vierge sainte, ce que je dois le plus admirer en vous dans cette visite, ou l'héroïsme de votre charité, ou la profondeur de votre humilité, ou le prodige de votre patience. Votre charité, lorsque, pour obéir au Verbe divin, vous précipitiez votre marche afin de purifier plus tôt Jean-Baptiste de la tache originelle; votre humilité, lorsque déjà proclamée Mère de Dieu et Reine de l'Univers, vous ne dédaignâtes pas de servir votre parente Elizabeth; enfin, votre patience, lorsque surmontant les répugnances de votre pudeur virginale et de votre complexion délicate, vous fîtes à pied et enceinte du Verbe incarné, un voyage si pénible et si long! Ah! charitable Mère, visitez, je vous en conjure, ma pauvre âme; ôtez-en tout ce qui déplaît à vos yeux si purs, et à ceux de votre divin Fils; disposez-la, par votre puissant secours, à suivre vos traces admirables dans la charité, l'humilité et la patience.

Soupir à Marie

Sainte et tendre Vierge, vous allez toute seule, par des chemins longs et rudes, procurer la vie de la grâce à Jean-Baptiste avant sa naissance.

Exemple

 

Une des pratiques de l'Ordre des Pères Servites, en l'honneur de Notre Dame des Douleurs, est de porter solennellement sa statue en procession, dans les jours plus particulièrement destinés à son culte. Maintes fois, dans ces processions, la très-Sainte Vierge s'est plu à opérer de grands miracles; à Grenade, elle guérit plusieurs paralytiques; à Bologne, elle fit cesser la peste; à Capo-d'Istria, elle éteignit un incendie; à Vienne et à Florence, elle obtint du Seigneur un temps favorable; à Asti, ville du Piémont, pendant plusieurs années on remarqua, un peu avant le départ de la procession du dimanche des Rameaux, une étoile qui brillait en plein jour sur l'Eglise Sainte Catherine des Pères Servites; cette étoile suivait la direction de la procession, comme pour faire cortège à la statue de Notre-Dame-des-Douleurs, et la procession finie, elle disparaissait. (Act. Auth. cur. Episc. Asti.)

Pratique: Visiter une église on une image de Notre Dame des Douleurs.

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01 septembre 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

 

Deuxième jour

Trouble de la Très Sainte Vierge dans son Annonciation

 

Quoique dans ce jour l'Archange Gabriel annonçât une heureuse nouvelle à Marie, il est écrit qu'elle en fut troublée. Premièrement cette Vierge sainte apprenait qu'elle allait devenir mère, ne sachant pas comment cela pourrait se faire, puisqu'elle était la première entre toutes les femmes qui gardât la virginité, et qui s'y fût obligée par un vœu. En second lieu, suivant Saint Laurent Justinien, Marie ne se troubla pas précisément de la vue d'un Ange, étant habituée à converser avec ces esprits célestes, mais ce fut d'entendre qu'elle avait été choisie entre toutes les créatures pour être la mère de son Dieu, parce que, dans sa profonde humilité, elle se regardait comme la dernière de toutes. Cependant la cause principale de son trouble, consistait dans la vue anticipée qu'elle eut alors de toutes les peines, et de la mort de cet Homme-Dieu, qui devait prendre naissance dans son sein virginal. Voilà pourquoi dès ce moment, dit Saint Bernardin de Sienne, elle fut crucifiée dans son cœur, et, pour le prouver, il ajoute, que la sagesse éternelle voulut s'incarner dans les chastes entrailles de Marie, le jour même dans lequel il devait ensuite donner sa vie. Or, quelle douleur pour cette Vierge sainte de voir clairement qu'elle voilait, sous l'abjecte enveloppe de la nature humaine, un Dieu qui, après une vie penible et laborieuse, devait être un jour ignominieusement crucifié! Car c'est pour cela qu'elle répondit à l'Ange: Voici la servante du Seigneur; qu'il me soit fait suivant votre parole: comme acceptant un fardeau et non un honneur. En effet, si elle n'eût vu qu'une prérogative dans la maternité qu'on lui offrait, sa réponse aurait été l'expression de sa reconnaissance; mais comme elle prévit les peines immenses attachées à cette dignité, elle répondit en se soumettant à un commandement dur et difficile. Elle Imita d'avance le Sauveur acceptant la mort au jardin des Olives, et disant à son Père : Que votre volonté soit faite et non la mienne. O Mère affligée! il est donc vrai que les honneurs vous sont à charge, et que vos joies sont mêlées d'amertumes!

 

Colloque

 

O Vierge sainte! il m'est impossible de ne pas vous plaindre, en pensant que votre élévation à la dignité de Mère de Dieu ne vous remplit pas de joie; et qu'au contraire, toute la gloire de la Maternité divine vous donna lieu de vous affliger et de vous confondre encore davantage. Si je réfléchis ensuite que vous consentîtes généreusement à être la Mère du Verbe divin, précisément parce qu'il devait mourir crucifié, je n'en suis que plus touché, et ma douleur n'en est que plus profonde. Mais je vous bénis mille fois, et je vous prie, par votre immense charité et vos admirables exemples, de m'obtenir la grâce d'être, à votre exemple, humble dans les prospérités, et patient dans les contradictions.

 

Élévation à Marie

 

O Marie! vos augustes prérogatives sont mêlées d'immenses amertumes, puisque vous êtes la mère à la fois heureux et affligée d'un Dieu qui doit expirer sur la croix.

 

Exemple

 

La bienheureuse Véronique de Binasco eut toujours une dévotion particulière à Notre Dame des Douleurs. Ce fut pour elle une source de faveurs privilégiées, et de précieuses révélations sur les douleurs de Marie et sur la Passion du Sauveur. En voici deux qui sont mémorables: Un jour de l'Annonciation, elle vit l'Archange Gabriel tout resplendissant de gloire, et il lui fut dit que cet, envoyé céleste, après avoir déclaré la volonté de Dieu à la très-Sainte Vierge, lui développa clairement tous les Mystères de la Vie, de la Passion, et de la Mort du Sauveur, quoique les Évangélistes n'en. parlent point. Dans la seconde vision, le divin Sauveur apparut visiblement lui-même à la bienheureuse, et lui dit qu'il agréait souverainement les méditations qu'elle faisait continuellement sur sa Passion ; mais que l'amour immense qu'il portait à sa très-sainte Mère, lui rendait infiniment agréable la considération des douleurs que la très-Sainte Vierge avait souffertes à l'accomplissement de ces mystères douloureux.

 

Pratique: Réciter sept fois le je Vous salue Marie en l'honneur de Notre Dame des sept Douleurs

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31 août 2010

Le Mois de la Vierge des Douleurs

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Le Mois de la Vierge des Douleurs

 

Premier jour

Angoisses de la très-Sainte Vierge à sa Naissance

 

A l'approche de la plénitude des temps, apparut, sur le ténébreux horizon de la terre, l'Aurore éclatante et tant désirée, avant-courrière du Soleil de justice. L'adorable Trinité se plut à donner dans la naissance privilégiée de cette fille du Ciel, une figure de sa sublime gloire; Les Esprits célestes furent dans la joie à la vue de celle qui devait réparer la perte des Anges prévaricateurs. Sainte Anne, sa mère, fut consolée de sa longue stérilité par cet enfantement prodigieux. La Judée en fut dans l'allégresse, et jouit du bonheur d'être la première à voir cette fille ravissante. Enfin tout le genre humain se félicita à la venue d'une Reine compatissante, d'une tendre Protectrice, d'une Avocate toute-puissante. Mais hélas! il arriva à cette sainte Vierge en naissant, ce qu'éprouve un flambeau allumé, qui luit et réjouit les autres de ses vifs rayons, en se détruisant et en se consumant lui-même. Oui, tandis que cette bienheureuse enfant remplit de joie le ciel et la terre par sa naissance, elle est contrainte à pleurer amèrement dès son entrée dans le monde, à vivre resserrée dans ses langes, et à ressentir tout le poids de son âge tendre. Il est vrai, comme l'assure d'ailleurs Saint Pierre Chrysologue, que les Anges devaient descendre du Ciel en foule pour essuyer les premières larmes de cette enfant incomparable, pour apaiser ses premiers cris, et agiter son berceau de leur main céleste. Cependant Marie ressentait bien plus vivement que tous les mortels, les angoisses de son enfance, parce que, bien différente des misérables enfants d'Adam, elle jouissait, dès sa conception, du plein usage de sa raison éclairée. Or, si, suivant Sénèque, la condition des hommes est malheureuse au point qu'aucun esprit ne l'embrasserait s'il était libre de la choisir avec la connaissance parfaite de ses maux; et si, entre les divers âges de la vie, l'âge de l'enfance est celui où l'homme est sujet à un plus grand nombre de misères, misères si grandes qu'il a fallu que la Providence, pour rendre ces peines supportables, réglât que cet âge serait dénué de prévoyance et s'écoulerait dans une ignorance complète, en sorte qu'au développement de la raison dans les enfants, les misères du premier âge seraient passées; quelles furent les angoisses de cette céleste enfant, qui, par un décret divin, fut privée dans ses langes de l'adoucissement accordé à tous les hommes? Oh! que sa pleine connaissance dut ajouter à ses maux! Combien plus encore sa prescience de l'avenir dut augmenter ses douleurs, puisqu'elle avait à gémir à la fois, et de ses peines présentes, et encore de toutes celles de sa vie mortelle!

 

Colloque

 

Je ne puis retenir mes larmes, ô très Sainte Vierge, en pensant que vous pleuriez sur les bras de votre tendre mère et dans votre berceau. Les langes qui vous resserrent vous arrachent des cris plaintifs qui me déchirent le cœur. O enfant remplie de grâces, combien je compatis à vos peines! Que ne puis-je vous rendre les mêmes services que les saints Anges vous prodiguèrent; vous consoler comme eux par une douce mélodie, et essuyer vos précieuses larmes! Mais puisque je n'ai pas ce bonheur, je veux au moins vous rendre l'hommage de la plus tendre dévotion; je voudrais pouvoir baiser mille fois votre berceau; et je vous supplie humblement d'offrir au Seigneur une de vos larmes en expiation de mes péchés. O Vierge aimable! vous pleurez dans vos langes; mais vos larmes sont la rosée céleste qui prélude à la naissance du Soleil de justice.

 

Exemple

 

Un ecclésiastique réduit à l'extrémité par une grave maladie, et assailli de tentations du démon, en était accablé et saisi de frayeur; mais comme il avait honoré Notre Dame des Douleurs, elle ne tarda pas à lui adresser ces douces et consolantes paroles: « Pourquoi, mon fils, vous livrez-vous à tant de tristesse, vous qui m'avez si souvent consolé dans mes douleurs? Prenez courage, réjouissez-vous, vous guérirez. C'est ce qui arriva à l'instant même. (Pré fleuri, part. 2, liv: 3, chapitre 75. )

 

Pratique de Piété: Réciter le Chapelet des sept douleurs

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30 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

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Le Mois du Cœur de Marie

 

Trente-et-unième jour

Le Cœur de Marie Reine et Mère de miséricorde

 

En ce dernier jour, ô ame dévote, considérez avec une confiance et un amour filial, le Cœur envers nous si compatissant de la Reine et Mère de miséricorde. Le Père éternel a assigné à Jésus-Christ le Règne de la justice, et à Marie le Règne de la miséricorde, dit saint Bonaventure. Saint Bernard se demande pourquoi l'Eglise appelle Marie, Reine de miséricorde, et répond: « Afin que nous croyions que Marie ouvre l'abîme de la miséricorde a qui elle veut, quand elle veut, et comme elle veut; de sorte qu'il n'est point de si grand pécheur qui ne se sauve, si la Sainte Reine de tous les Saints le prend sous sa puissante protection ». A l'occasion d'un pécheur supplicié, et sauvé ensuite par Marie, que ce pécheur avait honorée de son vivant, Notre Seigneur révéla à sainte Catherine de Sienne, que par un des privilèges de cette divine Mère, quiconque lui avait été dévot pendant la vie , ne périssait pas. « Ah! s'écrie saint Antonin, quel soin la Vierge Marie ne prend-elle pas de nous? »  Sainte Madeleine de Pazzi, dans un de ses ravissements, nous adresse cette exhortation: « Vous qui ne trouvez pas de miséricorde, recourez à Marie qui est toute bonne et toute-puissante; vous qui êtes sans cesse agité, recourez à Marie qui est une mer pacifique; vous à qui les plaisirs du monde sont devenus insipides, recourez à Marie qui est une mer amère; vous qui êtes sous l'empire du démon, recourez à Marie, qui est la Mère de l'humilité, car rien ne chasse plus le démon que l'humilité. Recourez donc tous à Marie ».

 

Recourons donc à Marie. Mais, dit saint Bernard, pour cela nous devons diriger vers elle toutes les puissances de notre âme. « Elle reconnaît, elle aime ceux qui l'aiment; elle assiste ceux qui l'invoquent avec sincérité, ceux surtout qui s'efforcent de se rendre semblables à elle en chasteté et en humilité, pourvu toutefois qu'ils aient en même temps la charité, qu'ils mettent en elle, après son Fils, toute leur espérance, et qu'ils la cherchent de tout leur cœur ». Mais nous, sommes-nous de ces vrais dévots, de ces enfants chéris de la Reine de miséricorde? O glorieuse Reine, recevez-moi au nombre de vos fidèles serviteurs. « Puisque vous êtes la Reine de miséricorde, vous dirai-je avec saint Bernard, vos véritables sujets sont les misérables. Vous êtes la Reine de miséricorde; et moi je suis des pécheurs le plus misérable, le plus abject de vos sujets; exercez donc sur moi votre empire, gouvernez-moi, dirigez-moi, ô Reine de miséricorde. Ne me rebutez donc pas, ô Marie, car je veux être tout vôtre: je veux avoir pour vous un cœur de fils, comme vous avez pour moi un cœur de mère. Que mon cœur puisse ainsi parvenir à s'unir au vôtre, pour aimer, dans cette sainte union et pendant la bienheureuse éternité, votre Fils, à qui soit honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Amen.

 

Fleur: Réciter avec dévotion, les bras ouverts, le Salve Regina.

Fruit: En toute occasion, montrer un cœur de fils à Marie, et conseiller de faire pendant un mois de l'année de saints exercices de dévotion au sacré Cœur de Marie.

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« A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera »

(La très Sainte Vierge Marie aux petits bergers de Fatima, en 1917)

 

Fin du Mois du Cœur Immaculé de Marie

 

Prochain Mois de Dévotion

Le Mois de la Vierge des Douleurs

Qui débutera le 1er septembre

Je vous donne rendez-vous le 31 août pour la 1ere Méditation du Mois de la Vierge des Douleurs

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Pour télécharger l'intégralité du Mois du Cœur de Marie (pdf) cliquer ici

29 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

16

Le Mois du Cœur de Marie

 

Trentième jour

Le Cœur de Marie devenu Océan de grâce à la descente du Saint-Esprit

 

Considérez avec quelle profusion le Saint-Esprit se communiqua à la Vierge son Epouse, préférablement à tous ceux qui se trouvaient avec elle dans le Cénacle. L'Ange l'avait déjà saluée pleine de grâce: Ave gratia plena. Elle avait été remplie de grâce avec une nouvelle abondance, dès le moment qu'elle conçut le divin Verbe par l'opération du Saint Esprit: Spiritus Sanctus superveniet in te. Elle était donc alors remplie avec une extrême abondance, et c'est sur cette abondance extrême que le Saint-Esprit survint de nouveau avec un surcroît d'abondance; car l'Ange n'avait pas dit: Le Saint-Esprit viendra; mais, Il surviendra; Superveniet. Chercherait-on à comprendre jusqu'à quel degré cet Amour incréé communiqua ses dons à sa sublime Epouse déjà remplie et surabondamment remplie de lui? On n'y parviendrait pas; c'est impossible. Imaginez un immense océan de grâce, sur lequel tombe du ciel un déluge plus grand encore que cet océan; comme lors du déluge universel qui fit dépasser à la mer ses limites, couvrir ses rivages et inonder toute la terre. C'est ce qui arriva à Marie, disent les saints Pères qui lui attribuent même la descente du Saint-Esprit sur les âmes de tous les fidèles, sans en excepter les Apôtres. Saint Epiphane dit: « Elle fit tomber en torrents la pluie du Saint-Esprit sur toute la terre, pour y produire le fruit de la Foi ».

 

Notre âme a été arrosée de cette pluie, dans le Sacrement du Baptême, dans celui de la Confirmation, et dans les autres Sacrements. Mais quels sont les fruits qu'a produits notre Foi? Pouvons-nous dire avec l'Apôtre: La grâce de Dieu n'a pas été stérile en moi ? » « O Femme pleine de grâce, comblée de grâce avec une telle surabondance, qu'elle suffirait pour faire revivre toutes les créatures, si elles en étaient arrosées »; ah! faites qu'aujourd'hui la grâce qui me fut autrefois donnée dans le saint Baptême, soit en moi revivifiée, et que j'en sois ressuscité.

 

Fleur: Réciter souvent l'oraison jaculatoire: « Mère de la grâce divine, priez pour moi ».

Fruit: Pratiquer les bonnes œuvres, et faire valoir le talent de la grâce reçu de Dieu.

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Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à Vous!


28 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

16

Le Mois du Cœur de Marie

Vingt-neuvième jour

Le Cœur de Marie encouragé, fortifié, et ravi jusqu'au Ciel, dans l'ascension de son Fils

Sainte Madeleine de Pazzi ayant entendu, dans une de ses merveilleuses extases, le dernier entretien secret de Jésus avec sa Mère, nous le rapporte en ces termes: « Notre Dieu est grand. Les secrets que le divin Epoux de nos âmes communique à Marie sont grands. O Marie, l'entretien que votre Fils eût avec vous, avant sa Passion, fut un entretien de conformité à la volonté de Dieu son Père; celui qu'il eut après sa Résurrection fut un entretien de joie; celui-ci, étant le dernier, fut un entretien de gloire. Mais quel sujet pouvait alors vous intéresser, ô Marie? Serait-ce, le Verbe, époux des Vierges, entouré des Vierges? Oui, sans doute ; puisque vous étiez Vierge, et éprise de la virginité, vos délices devaient être de vous entretenir des Vierges ». Considérez maintenant quel encouragement et quelle force dut puiser le Cœur de la Reine des Vierges dans un entretien si honorable aux Epouses de Jésus-Christ, et imaginez-vous d'être à la suite du divin Rédempteur, lorsque , après cet entretien, il s'acheminait avec sa Mère et ses Disciples vers la montagne des oliviers. Y étant arrivé, prenant congé de sa Mère, et les bénissant tous: « Il se sépara d'eux, et il était porté au Ciel » à leur vue; jusqu'à ce qu'élevé à une grande hauteur une nue le déroba à leurs regards. Ah! peut-on concevoir parfaitement toute la joie, tout le ravissement de Marie voyant ainsi ce beau triomphe de son divin Fils, et admirant ce corps formé dans son sein, s'élevant au-dessus du bienheureux empyrée, et plus brillant que le soleil? Elle ne se rassasiait pas de le regarder, et ne cessait de tenir les yeux fixés vers cette partie du ciel où planait cet Aigle victorieux. Mais le Cœur de Marie l'a suivi, plus loin que sa vue , jusqu'au ciel, où son cher Jésus est assis à la droite de Dieu le Père.

L'Eglise nous exhorte tous les jours, à la sainte Messe, d'élever nos cœurs. Sursùm corda, dit-elle; et nous répondons : Habemus ad Dominufn: Nos cœurs sont élevés au Seigneur. Mais répondons-nous vrai? « Si nous sommes ressuscites avec Jésus-christ , nous dit l'Apôtre, nous devons, non pas rechercher les choses de la terre mais nous occuper de, celles du ciel, où le Christ est assis a la droite de Dieu le Père »; et l'Eglise ajoute: « Que nos cœurs soient fixés où sont les vrais contentements ». O mon Jésus, enlevez mon cœur; ravissez-le, attirez-le vous-même à vous, et tenez-le toujours uni au vôtre et à celui de votre tendre Mère. Qu'il ne soit plus détenu dans le bourbier de ce misérable monde. Faites-moi cette grâce, ô mon Jésus, par l'amour avec lequel vous enlevâtes avec vous au Ciel le Cœur de notre divine Mère.

Fleur: Répéter l'oraison jaculatoire: « Attirez-moi après vous ».

Fruit: Tenir son cœur détaché de la terre, et élevé au Ciel.

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Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à Vous!


27 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

16

Le Mois du Cœur de Marie

Vingt-huitième jour

Allégresse du Cœur de Marie en voyant son Fils ressuscité

Considérez l'allégresse et la joie du Cœur de Marie, à la vue de Jésus, se présentant à elle au moment qu'il Tient de ressusciter. Pour la comprendre, cette joie ineffable, qui pénétra à l'instant dans ce Cœur si profondément affligé, il faudrait s'être fait une juste idée de ses précédentes peines: car la joie de voir son Fils glorieux et ressuscité dut être proportionnée à l'excès des douleurs qu'elle avait éprouvées en le voyant souffrir les plus étranges tourments et la mort la plus cruelle. Quel ne fut donc pas le torrent d'allégresse qui inonda tout-à-coup le Cœur de la Vierge? Saint Ambroise dit, qu'il excita au plus haut degré l'admiration des Anges, et qu'aucune langue humaine ne saurait l'exprimer. Cette joie fut assurément la plus grande que ce, grand Cœur eut jusqu'alors ressentie. Sainte Madeleine de Pazzi, à la seconde fête de Pâque, après la Communion, étant en extase, et contemplant l'apparition de Jésus à sa Mère, s'adresse à lui, et lui dit: « Comme, dans le douloureux entretien que vous eûtes avec votre très sainte Mère avant votre Passion, vous lui donnâtes la connaissance complète de tout ce que votre Humanité sainte avait opéré et devait opérer pour notre salut, et lui révélâtes d'avance toutes vos souffrances et tous vos tourments; de même, dans cet entretien si doux, où elle se trouvait avec vous au comble de la joie, du contentement et de l'allégresse, vous lui donnâtes la connaissance de ce que votre Divinité avait déjà opéré et de ce qu'elle devait opérer à l'avenir en nous et pour nous ». Qui pourrait donc comprendre la joie et le contentement de Marie?

Réjouissons-nous aussi avec elle et avec son divin Fils, en le suppliant d'effectuer ce qu'il annonçait à sa bienheureuse Mère qu'il opérerait en nous. O la plus heureuse des Mères , ô glorieux Jésus, je me réjouis avec vous de tout mon cœur; et de tout mon cœur je vous remercie de tout ce que vous avez souffert pour moi. Daignez, de grâce, m'en appliquer le mérite, et opérer en moi ce qui convient le mieux à votre plus grande gloire et au salut de mon âme.

Fleur: Réciter l'oraison jaculatoire: « Réjouissez-vous, ô Vierge Marie, soyez dans la joie, et louez le Seigneur; parce que le Seigneur est véritablement ressuscité; louez le Seigneur ».

Fruit: Coopérer à la grâce de Jésus-Christ, qui opère en nous.

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Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à Vous!


26 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

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Le Mois du Cœur de Marie

Vingt-septième jour

Le Cœur de Marie avec Jésus dans le sépulcre

Considérez la Mère de Jésus, qui, près du sépulcre où son Fils est enseveli , ne sait, ne peut s'en détacher, comme le dit saint Bernard. Elle y soupire ces tristes plaintes: « Jésus mon Fils, mon Fils Jésus, mon bon et doux Jésus, vous le Créateur de tout, vous fait homme pour l'amour des hommes, et mis a mort par le plus ignominieux des supplices; vous que la terre, la mer, les deux ne peuvent contenir, vous êtes donc en ce moment renfermé dans cet étroit sépulcre! Mon Fils est mort! il est mort, il est là, sous ces pierres. Mon Fils, ma vie, c'est là que vous êtes, c'est là que je suis avec vous ». Elle-même l'a révélé à sainte Brigitte: « Oui, mon Fils étant enseveli, deux Cœurs en quelque sorte furent renfermés dans le même sépulcre »; c'est-à-dire, le Cœur de Marie et le Cœur de Jésus. Et véritablement cela dut être ainsi; Car Jésus nous a dit, dans l'Evangile: « Où est notre trésor, là est aussi notre cœur ». Le trésor du Cœur de Marie était Jésus certainement. Jésus était dans le sépulcre; le Cœur de Marie y était donc aussi.

Mais notre cœur, où est-il? Il est de même où est notre trésor, c'est-à-dire, l'objet que nous aimons. Et quel est cet objet? Est-ce Jésus? Ah! ne serait-ce pas quelque cadavre, vivant encore, mais qui doit bientôt pourrir dans un tombeau? ou bien, l'argent, ou bien la fumée des vains honneurs et d'une fausse gloire? Trésors abominables devant Dieu! inépuisables sources de misères! Hélas! que de cœurs y sont attachés! O Jésus, mon bien et mon trésor, ayez pitié de moi. Jusqu'à présent mon cœur courait à sa perte, en poursuivant les biens trompeurs et misérables de cette vie. Quel n'était pas mon aveuglement? Je m'en repens du tond de mon cœur; et ce cœur je l'attache à vous. Qu'il soit toujours avec vous! Tendre Mère, obtenez-moi cette grâce, par l'amour que vous portez à Jésus votre trésor.

Fleur: Visiter Notre-Seigneur Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement.

Fruit: Penser souvent à Jésus, et lui rapporter tous les sentiments de notre cœur, surtout dans les tentations.

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Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à Vous!

25 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

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Le Mois du Cœur de Marie

Vingt-sixième jour

Sentiments du Cœur de Marie, quand elle vit Jésus incliner la tête et expirer sur la Croix

Considérez quels furent les sentiments du Cœur de Marie, déjà au comble de la douleur, en voyant le visage de son cher Fils se couvrir d'une pâleur mortelle, ses paupières se fermer, et enfin sa tête s'incliner humblement, en signe de respect et de soumission envers son Père, pour rendre le dernier soupir. Comment l'âme de cette bienheureuse Vierge ne se sépara-t-elle pas de son corps, lorsque l'âme de son cher Fils quitta le sien? « Ce fut par un très grand miracle, que cela n'arriva pas »,  rapporte sainte Brigitte. Puisque « les pierres se fendirent », en signe de douleur, comment son tendre et sensible Cœur ne se fendit-il pas aussi? Ce fut l'amour même qui le conserva dans son intégrité. Comme Marie fut en tout semblable à Jésus pendant la vie, elle lui fut aussi semblable à la mort. Elle incline aussi la tête; elle comprime dans son Cœur l'immensité de ses peines et de ses douleurs, et toute résignée, elle adore les décrets maintenant accomplis du Père éternel. Voici pourquoi cette âme très sainte ne se sépara pas alors de son Corps. Cette âme était avec celle de son cher Fils comme contenue et resserrée par la véhémence de l'amour qui les pressait et les unissait étroitement toutes deux ensemble.

Peine, affliction, douleur et tourments inouïs! Marie seule les a tous éprouvés. Et quels exemples ne nous a-t-elle pas en même temps donnés de soumission, d'uniformité, de constance et de résignation? Est-il école plus instructive? Et cependant, ô confusion extrême! à peine voit-on en nous l'ombre de ces vertus! O mon Dieu, je confesse qu'il ne faut qu'un léger souffle de vent qui ne flatte pas mon humeur ou mon amour-propre, pour me précipiter dans les abîmes de l'erreur et du vice; qu'il suffit d'un ordre un peu sévère, pour me faire secouer le joug de l'obéissance; qu'une petite affliction peut m'entraîner hors de la voie de vos divins Commandements. Mon Dieu, mon Sauveur, ayez pitié de moi! Et vous, Marie, notre Mère chérie, obtenez-moi ces vertus qui vous fortifièrent et vous rendirent invincible au pied de la Croix ».

Fleur: Réciter sept Ave Maria à l'honneur des sept douleurs du Cœur de Marie.

Fruit: L'amour de la Croix, et, dans toutes les adversités, résignation à la volonté de Dieu.

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Coeur Douloureux et Immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à Vous!

 

24 août 2010

Le Mois du Cœur de Marie

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Le Mois du Cœur de Marie

Vingt-cinquième jour

Le Cœur de Marie est pour nous un Cœur de Mère

Jusqu'à présent Marie nous avait aimés comme des sœurs ou des frères: maintenant considérons son amour devenu maternel. Depuis que Jésus nous a remis en ses mains, elle nous a aimes comme des enfants chéris. Elle ne s est pas méprise sur le sens des paroles de son Fils. « Ce disciple choisi, dit Denis le Chartreux, représente chaque fidèle. Ainsi lorsque Jésus-christ dit à Jean : Voilà votre Mère; il donna sa Mère pour mère à chaque chrétien ». Saint Bernardin de Sienne dit aussi: « Nous voyons dans la personne de Jean tous les chrétiens, dont la sainte Vierge est devenue la Mère par amour »; ce que saint Bernard confirme, en disant: « Dans la Passion de Jésus-Christ, tous les enfants de la grâce sont devenus enfants de Marie ». Elle a donc bien compris le sens des paroles de Jésus, en nous acceptant pour ses enfants. « Aussi, dit saint Bernardin de Sienne, dès ce moment elle nous porta tous dans son sein, comme une véritable mère y porte ses enfants ». « Elle est, par l'esprit, la Mère des Membres du Sauveur, puisqu'elle a coopéré par sa charité à la naissance des fidèles dans l'Eglise, comme l'enseigne saint Ambroise ». Qui pourrait donc exprimer avec quel amour elle nous a porté dans ses entrailles et nous a enfantés à la vie de la grâce? Semblable au Père éternel, « elle a aimé le monde au point de donner pour lui son Fils unique », dit saint Bonaventure.

Examinons maintenant quel a été notre amour pour une telle Mère. Une mère qui nous aime d'un amour maternel, nous devons l'aimer d'un amour filial. Mais avons-nous véritablement un tel amour pour une telle Mère? Si nous l'avions, continuerions-nous toujours d'offenser son divin Fils? et ne saurions-nous pas faire, pour son amour, le plus petit sacrifice, après qu'elle en a fait un si grand pour notre amour? Je confesse, ô notre Mère, que , jusqu'à présent, mon amour pour vous n'a consisté qu'en paroles, et non en œuvres. Qu'il n'en soit plus ainsi à l'avenir. Je veux me corriger, je veux me convertir; et pour cela je mets en vous ma confiance. « O salutaire confiance! La Mère de Dieu est notre Mère ». Vous l'avez dit vous-même à sainte Brigitte, « que vous étiez la Mère de tous les pécheurs qui voulaient se convertir ». C'est donc à vous que j'ai recours et que je me recommande.

Fleur: Répéter souvent l'oraison jaculatoire: « Montrez que vous êtes notre Mère ».

Fruit: Prouver par des oeuvres notre amour filial pour Marie.

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