03 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

1 Francis Goes to War

 

Quatrième jour

Épreuves

 

Prélude : Adorons les desseins de la Providence qui attire au service des âmes par les voies mystérieuses de l'élection divine.

 

Réflexions

 

Dieu attire les siens par des voies pleines de mystère ; souvent la pauvre nature se révolte : l'esprit a de la peine à comprendre pourquoi Dieu traite ainsi ceux qu'il aime, l'infirmité humaine regimbe contre l'aiguillon de la souffrance. Mais, les jugements de Dieu ne sont pas comme les jugements de l'homme. L'effet prouve bien ensuite qui a eu raison, et, si cette révélation ne nous est pas toujours donnée complètement dès cette vie, au ciel, nous serons ravis en voyant le pourquoi des desseins de la Providence sur les événements et sur les hommes.

François devait connaître cette conduite de Dieu envers ses élus. Mais, chose admirable ! Alors que toutes ou presque toutes les âmes ainsi passées au creuset de la souffrance se scandalisent ou du moins éprouvent quelque étonnement de prime abord, lui n'en parut avoir aucune émotion. Tout jeune qu'il fut, cet adolescent, emporté par le besoin de se distraire et de jouir de la vie, se soumit avec une générosité toute joyeuse à la volonté de Dieu qui l'arrêtait au milieu de ses divertissements.

Assise et Pérouse étaient en guerre. Dans une rencontre, il fut fait prisonnier et retenu en captivité, pendant plus d'un an, avec quelques-uns de ses compatriotes, qui se laissaient abattre et vivaient dans un morne désespoir. Mais lui, sans rien changer à ses habitudes de gaîté et d'enjouement, leur disait : « Je vous plains, mes amis ; pour moi, j'ai l'esprit fort libre et je me réjouis. Vous me voyez maintenant prisonnier ; plus tard, vous me verrez honoré par toute la terre ». Son aimable caractère et cette joyeuse soumission à la volonté de Dieu finirent par relever les courages abattus : le futur apôtre de la pauvreté préludait à ce sublime apostolat par la résignation qu'il inspirait aux âmes éprouvées par la souffrance.

Pourtant, cette longue captivité ne suffit point à incliner son âme vers le détachement absolu auquel l'appelait son héroïque vocation. Aussi, quand il fut rentré à Assise, Dieu le visita de nouveau par une longue et accablante maladie, qui le réduisit à une faiblesse extrême, disposant par là son âme à subir les opérations de la grâce d'en haut qui l'appelait, nous le verrons bientôt, à une si sublime destinée, celle dont il avait parlé prophétiquement à Pérouse, sans savoir combien il disait vrai.

Quand il put sortir, le jeune convalescent, dont le cœur était si tendre et l'âme si poétique, pensa que la vue des champs réjouirait son être alangui. Mais, à sa grande surprise, la beauté du paysage ne réveilla aucun écho au-dedans de lui, il lui sembla même que tout ce qu'il avait aimé jusque là lui inspirait présentement du dégoût. Il sonda son cœur et il vit que son cœur méprisait ce qu'il avait tant prisé jusqu'alors, sa conduite passée lui parut une folie.

Dieu disposait ainsi cette grande âme à recevoir une des impressions les plus profondes de la grâce qu'il ait jamais accordée à aucune âme dans les annales de la sainteté. Nous la méditerons demain.

 

Pratique : S'habituer à voir, à reconnaître, à bénir, à aimer et à adorer la main de Dieu dans tout ce qui nous arrive de fâcheux selon le monde.

Invocation : Saint François, modèle de patience, priez pour les âmes éprouvées.

 

Fioretti

La prédiction d'un compatriote

 

Les belles qualités de François le rendaient aimable à toute la ville, qui le regardait comme la fleur de la jeunesse, et en concevait de grandes espérances. Un homme fort simple, mais éclairé d'en haut, le fit encore plus estimer. Lorsqu'il le rencontrait dans les rues, il étendait son manteau par terre devant lui, et, pour raison d'un tel respect, « ce jeune homme, disait-il, fera bientôt de grandes choses : il méritera toutes sortes d'honneurs et sera révéré de tous les fidèles ». François, à qui les desseins de Dieu étaient inconnus, ne comprenait pas le sens de la prédiction. Il ignorait que ces honneurs ne lui seraient rendus qu'après des humiliations, conformément à la parole de l'Evangile. Distrait par les affaires et attaché aux vanités de ce monde, il ne pensait guère à cette divine vérité, il la goûtait encore moins ; cependant il se flattait d'être honoré quelque jour, comme on l'annonçait, ce que Dieu permit qu'il prédit lui-même dans la disgrâce de sa captivité à Pérouse. (Vie de St François d'Assise, par le Père Chalippe).

 

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02 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

2 Francesco del francula

 

Troisième jour

Le Nazareth de François

 

Prélude : Entrons, avec un saint respect, dans cet intérieur où l'enfant de Bernardone et de Pica grandit, comme le fils de Marie et de Joseph, en grâce, en âge et en sagesse.

 

Réflexions

 

C'est à une des plus belles pages de l'historien populaire de notre bon saint que nous empruntons aujourd'hui notre sujet de méditation.

« Les premières années de François s'écoulèrent tranquilles et cachées près de ses parents, comme celles de l'Enfant Jésus à Nazareth. Sa mère formait son cœur ; de bons prêtres d'Assise formèrent son intelligence et lui donnèrent une instruction en rapport avec la fortune de son père. L'enfant apprit avec goût et facilité les belles lettres : plus tard, il ne parla si souvent de son ignorance que par humilité. La langue latine et la langue française lui étaient familières ; si dans sa vie il se servit peu de livres, c'est qu'il lisait dans le livre toujours ouvert pour lui, et qui renferme toute science, de Jésus crucifié. Bientôt Bernardone associa son fils à ses opérations de commerce ; l'enfant apporta à cette occupation le zèle et l'intelligence qu'il avait mis à s'instruire.

Mais, dès ses premiers temps, il différa grandement de son père par sa manière d'envisager la richesse. Généreux jusqu'à la prodigalité, il se plaisait plus à dépenser l'or qu'à l'amasser, et, montrant une grande âme jusque dans les défauts de sa folle jeunesse, il semblait un fils de roi plutôt qu'un fils de marchand. Il aimait l'éclat des fêtes, la beauté des vêtements, la splendeur des repas ; il donnait aux plaisirs du monde et à la société de ses joyeux amis tout le temps que lui laissait le négoce paternel, et, sans mener une vie coupable, il menait une vie dissipée.

Une grâce spéciale de Dieu et l'élévation naturelle de son âme le préservèrent toujours des mauvaises mœurs : son cœur demeura pur, et quand plus tard Dieu marqua son corps des stigmates de sa Passion, il les imprima sur une chair virginale. Le doux adolescent avait d ailleurs une autre sauvegarde puissante contre les tentations des sens et les embûches du démon, c'était l'amour des pauvres qui précéda en lui l'amour de la pauvreté, et qui, de degré en degré, le porta jusqu'aux sommets les plus sublimes de la sainte charité. Il chérissait les pauvres comme frères, se plaisait à les secourir et se sentait particulièrement touché quand ils lui demandaient l'aumône pour l'amour de Dieu. Ces mots d'amour de Dieu remplissaient dès lors son âme, encore mondaine, d'une mystérieuse émotion. Une seule fois, préoccupé d'une affaire de son négoce, il rebuta un mendiant qui l'implorait avec cette divine formule. Mais aussitôt, rentrant en lui- même, il se repentit amèrement, courut tout en pleurs après le pauvre repoussé, lui fit une large aumône, et prit de ce jour la résolution, à laquelle il ne faillit point, de ne jamais refuser l'aumône à personne.

Ce mélange de vertus naissantes et de qualités naturelles, le charme de sa jeunesse, vivacité, son ardeur, sa générosité d'âme, gagnèrent à François, dès son adolescence, les sympathies de tous : ses compagnons le choisissaient volontiers pour chef et maître de leurs jeux ; son père, tout en regrettant ses prodigalités, était secrètement flatté de ses succès et du prestige qui déjà l'entourait, et Pica, sa pieuse mère, entrevoyait avec joie, sous ses qualités et ses défauts mêmes, le germe de célestes vertus et l'espérance d'un grand amour de Dieu ».

 

Pratique : Concourir, dans la sphère de son influence, à l'éducation chrétienne de la jeunesse.

Invocation : Saint François, qui avez passé la jeunesse dans l'innocence, priez pour les jeunes gens dont la vertu est exposée à faire naufrage.

 

Fioretti

Les deux étudiants

 

Un jour que saint François prêchait à Bologne, ses paroles avaient une onction si merveilleuses qu'elles paraissaient plutôt sortir de la bouche d'un ange que de celle d'un homme : c'étaient autant de flèches aiguës qui transperçaient le cœur de ceux qui les écoutaient. Aussi produisirent-elles la conversion d'une multitude de personnes. De ce nombre se trouvèrent deux étudiants distingués de la Marche d'Ancône, dont l'un s'appelait Pellegrino et l'autre Rinieri. Intérieurement touchés de la grâce en entendant les paroles du saint, ils vinrent le trouver aussitôt après sa prédication, lui protestant qu'ils voulaient entièrement renoncer au monde et entrer dans son Ordre. Connaissant alors, par révélation, que c'était Dieu lui-même qui les lui envoyait et qu'ils devaient se sanctifier dans son Institut, voyant aussi la grande ferveur dont ils étaient animés, saint François les reçut avec joie et leur dit : « Pellegrino, vous suivrez dans l'ordre la voie de l'humilité ; et vous, frère Rinieri, vous vous dévouerez au service des religieux ». Les nouveaux frères se montrèrent fidèles à ces recommandations. (Légendes du Moyen-âge, traduites par l'abbé Riche).

 

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01 octobre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

Baptistère de St Rufin d'Assise-001

 

Deuxième jour

Le baptême

2 Octobre

 

Prélude : L'Esprit Saint plane au-dessus du petit enfant qui se présente au baptême, accompagné des anges impatients de faire une cour à cet élu de Dieu, qui va entrer dans l’Église où son œuvre sera si puissante.

 

Réflexions

 

L'histoire de notre bon Saint est remplie de merveilles. Dès ses premiers pas dans la carrière de ce monde, on eut dit que le ciel s'appliquait à l'entourer de miracles, comme plus tard on dira qu'il semble avoir recouvré sur la nature le domaine suprême d'Adam avant la chute.

Avec quelle impatience, cette pieuse mère, qui l'avait enfanté à l'instar de la naissance du Sauveur, ne dut-elle pas presser l'heureux moment où ce cher fils serait en même temps le fils de Dieu et le frère de Jésus ! Toutes les heures, qui allaient s'écouler entre la naissance et la régénération, lui semblaient dérobées au seul légitime seigneur de son enfant. Le baptême eut donc lieu aussitôt que la mère put faire procurer au nouveau-né cet inestimable bienfait, dont le délai entraîne toujours la privation de beaucoup de mérites et expose souvent aux plus graves conséquences.

Lorsque le prêtre demanda comment on voulait nommer ce catéchumène, les parents répondirent qu'il s'appellerait Jean. C'est le nom du précurseur de Jésus, c'est aussi le nom du disciple bien-aimé. À ces deux titres, il convenait admirablement au thaumaturge, prédestiné à marcher devant la face du Seigneur et à préparer ses voies dans les âmes, pour qui il serait une lumière ardente et brillante. Il convenait aussi à ce préféré du Seigneur Jésus, qui serait admis à pénétrer dans les secrets de son cœur divin et à boire le calice de sa Passion.

Mais, le père de l'enfant avait une autre pensée. S'il consentit à lui laisser imposer le nom de Jean, il se réservait d'y ajouter cet autre nom que le fils de Bernardone a immortalisé et qui est une si grande gloire pour la France chrétienne.

Le surnom de François, qui devint bientôt son seul nom, lui fut donné par son père, suivant les uns en souvenir de la France où il se trouvait au moment de la naissance de ce fils premier-né, suivant les autres à cause de la facilité avec laquelle l'enfant apprit la langue française et de la grâce qu'il mettait à la parler. Quoi qu'il en soit, François porta toujours à la France une affection toute filiale, et notre patrie peut à juste titre se glorifier de lui comme d'un enfant d'adoption.

C'est en effet une grande gloire pour la France d'avoir souvent, dans l'histoire de l’Église, partagé avec Rome les prédilections des saints et de Jésus qui les inspire. Malgré les défaillances de l'heure présente, Dieu nous maintient ce privilège, c'est un signe de sa miséricorde, c'est aussi un heureux présage pour l'avenir de notre pays. On ne peut désespérer d'une nation aussi visiblement aimée du ciel.

 

Pratique : S'employer pour empêcher qu'on diffère, autour de nous, le baptême des nouveaux-nés.

Invocation : Saint François, qui aimez la France, priez pour elle.

 

Baptistère de St Rufin d'Assise 4-001

 

Fioretti

Les parrains mystérieux

 

D'après une tradition constante, un jeune homme inconnu apparut au moment où l'on présentait le nouveau-né sur les fonts baptismaux, le prit dans ses bras et l'y tint pendant toute la cérémonie, sans rien dire, mais les yeux fixés sur lui avec une céleste complaisance. Au retour du baptême, un autre inconnu, un autre envoyé de Dieu, le caressa doucement et traça sur son épaule droite un signe de croix, comme pour le marquer dès sa naissance du caractère sacré de Jésus-Christ. La suite de sa vie, pleine de grâces si extraordinaires et de si merveilleuses vertus, fait croire sans peine à ces mystérieuses prémices. Dans toutes les œuvres divines, la grandeur des fondements est en rapport avec la beauté de l'édifice. Mais, au début, Dieu agit seul ; plus tard, l'homme, correspondant à ses grâces, agit avec lui, et coopère, dans sa liberté, à la grande œuvre de sa propre sainteté. (Histoire populaire de saint François d'Assise, par le Marquis de Ségur).

 

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30 septembre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

1 NASCITA DEL SANTO

 

Premier jour

La Naissance

 

Prélude : Pénétrons respectueusement dans l'humble asile où François vient au monde, pour faire revivre sur la terre une image admirablement parfaite du Seigneur Jésus.

 

Réflexions

 

Assise !... Le nom seul de cette ville fait tressaillir involontairement le cœur pieux. C'est que là se conservent des parfums et des souvenirs auxquels les âmes chrétiennes ne savent pas rester insensibles. « Ô cité chérie, disait saint François, quand il mourut tourné du côté d'Assise, ô cité chérie ! Sois bénie du Seigneur, parce que beaucoup d'âmes seront sauvées en toi et par toi. Un grand nombre de serviteurs du Très-Haut demeureront dans l'enceinte de tes murailles, et plusieurs de les citoyens seront élus pour le royaume éternel ».

Assise est une petite ville de l'Ombrie, cachée dans les montagnes des Apennins, située à égale distance de Rome et de Lorette, à l'entrée d'une large et belle vallée dont Pérouse garde l'autre extrémité. Les pins d'Italie, sombres et odoriférants, couronnent les hauteurs environnantes ; les oliviers couvrent les collines de leur pâle feuillage, et, dans les vallées, la vigne, courant d'arbre en arbre, jette partout le caprice. de ses pampres, et produit un raisin délicieux. Cette contrée, bénie de Dieu, est célèbre par ses saints, ses artistes et ses grands hommes ; mais saint François est et sera toujours sa gloire la plus pure et sa plus belle couronne.

À cette description d'un récent historien de notre Séraphique Père, il convient d'ajouter le bel hommage que rendit à la ville natale le plus grand poète de l’Italie. C'est entrer dans la pensée de François, que d'honorer et d'aimer cette cité, qu'il aima avec prédilection, parce que Dieu у avait marqué de toute éternité son berceau. Ainsi, Jésus bénit ceux qui aiment à parler de Bethléem et de Nazareth. Écoutons donc Dante :

« Entre le Lupino et la rivière qui s'écoule de la colline choisie par le bienheureux Ubald, descend d'une haute montagne une côte fertile. A l'endroit d'où Pérouse reçoit le froid et le chaud par la porte du soleil, et sur l'autre revers pleurent sous un joug pesant Nocéra et Gualdo. Au point où cette côte adoucit sa pente, naquit au monde un soleil comme celui-ci sort du Gange. Et que ceux qui veulent parler de ce lieu ne l'appellent point Assise, car ce nom ne dirait pas assez ; mais il faudrait l'appeler Orient ».

Son père, continue Monseigneur de Ségur, Pierre Bernardone, riche marchand d'étoffes, faisait grand commerce avec la France. C'était homme intéressé, presque uniquement occupé du soin d'accroître sa fortune. La femme de Bernardone, nommée Pica, bonne et pieuse, méritait d'être la mère d'un saint. Des présages célestes, des signes prophétiques, annoncèrent la grande destinée de cet enfant et accompagnèrent sa naissance. Sa mère, soit avertie par un songe, soit par un pèlerin mystérieux, se rendit dans une étable au moment d'enfanter, et ce fut là, sur de la paille, parmi des animaux domestiques, que, semblable au Sauveur Jésus, saint François vint au monde. Cette étable se voit encore à Assise : elle est devenue une chapelle connue sous le nom de Saint François-le-Petit. Sur la porte, on lit cette inscription en latin : « Cette chapelle a été l'étable du bœuf et de l'âne, où est né François, le miroir du monde ».

 

Pratique : Retrancher quelque chose dans les superfluités de son logement.

Invocation : Saint François, qui êtes né comme le Sauveur dans une étable, priez pour nous !

 

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Fioretti

Une nuit de Noël

 

Depuis quelque temps, sainte Claire était attaquée d'une grave maladie qui la mettait dans l'impossibilité de se rendre à l'office pour y réciter l'office avec ses sœurs. La nuit de la Nativité de Notre Seigneur, au moment où elles allaient à Matines, elle se vit encore, malgré le vif désir qu'elle avait de les suivre, obligée de rester au lit, privée de la consolation spirituelle qu'elles allaient recevoir. Mais Jésus-Christ, son époux, ne pouvant souffrir de la voir ainsi triste et abandonnée, la transporta miraculeusement à l'église de Saint François, où elle assista à tout l'office de Matines et à la messe de la nuit ; bien plus, il lui procura le bonheur de recevoir la sainte communion, et elle fut ensuite de nouveau transportée sur son lit. Lorsque l'office fut terminé à l'église de Saint Damien, les sœurs revinrent trouver sainte Claire et lui dirent : « ô notre mère ! Sœur Claire, quelle consolation nous avons goûtée dans cette sainte fête de la Nativité ! Oh ! Plût à Dieu que nous eussions pu vous y voir parmi nous ! - Ô mes sœurs et mes très chères filles ! répondit la sainte, grâces et louanges soient rendues à Notre Seigneur Jésus-Christ ! car, moi aussi, j'ai assisté avec une grande consolation d'esprit à toute la solennité de cette très sainte nuit, et même à une solennité bien plus magnifique encore que celle où vous vous êtes trouvées. Par les mérites de saint François et par la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, j'ai été transportée dans l'église de mon vénérable père, et là, en corps et en âme, j'ai entendu out l'office et le son des instruments, et même j'ai reçu la très sainte communion. Réjouissez-vous donc de la grâce insigne qui m'a été accordée, et remerciez-en le Seigneur ». (Fioretti, traduites par l'abbé Riche).

 

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29 septembre 2021

Le Mois de Saint François d’Assise

Le Mois de Saint François d’Assise

 

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Veille du premier jour

Ce qu'a été saint François

 

Prélude

 

Avec l'innombrable multitude des Frères et Sœurs du Tiers-Ordre Franciscain, des associés de l'archiconfrérie du Cordon Séraphique, prosternons-nous aujourd'hui aux pieds des autels de notre bienheureux Père, et unissons la faiblesse de nos prières à la ferveur des hommages que d'autres lui offrent dès ce jour, pour pour suivre, en communion avec eux, la sainte carrière du mois de saint François d'Assise.

 

Réflexion

 

Ce qu'a été saint François et pourquoi Dieu le désigne à une vénération si tendre et si universelle, un grand évêque de notre temps, qui porte son nom et qui aime avec prédilection le Séraphin d'Assise, va nous l'expliquer dans son pieux et éloquent langage.

Saint François, dit Mgr de la Bouillerie, n'a été ni un grand conquérant ni un grand politique ; il a été simplement un grand chrétien. Il a été l'un des plus parfaits et des plus fidèles imitateurs de Jésus-Christ ; et lorsqu'à la fin de sa vie, l'archange imprimait sur ses mains, sur ses pieds et sur son côté, les stigmates du divin Crucifié, c'était comme un sceau de perfection que le Dieu du Calvaire gravait sur la chair même de son imitateur.

Il a imité Jésus-Christ, en ce qu'il a été l'homme de la pauvreté, l'homme du véritable amour, l'homme de la paix.

1° L'homme de la pauvreté : c'est en se faisant pauvre que saint François est devenu chrétien. Il a tant aimé la pauvreté qu'il se l'est choisie pour épouse, et l'un des plus grands peintres du moyen-âge nous a représenté ces aimables fiançailles : il nous montre la pauvreté s'avançant vers saint François comme une vierge modeste, vêtue d'une simple robe blanche, n'ayant sur ses habits ni or, ni argent, ni bijoux, mais possédant cette beauté intérieure qui captive le cœur du Roi et qui avait ravi le cœur de saint François d'Assise. Il demeura toujours fidèle à son épouse, et, sur la couche dure où il mourut, la pauvreté était encore près de lui. - Plus encore que la pauvreté, saint François a aimé les pauvres, et ses mains, qui ne possédaient ni or, ni argent, renfermaient cependant un trésor où les pauvres puisaient toujours sans jamais le tarir : le trésor de la charité.

2° L'homme du véritable et parfait amour. C'est pour cela que l’Église lui a donné le beau nom de Séraphique. Saint François a été comme un séraphin qui, un moment, s'est dérobé au ciel pour venir habiter la terre : il a su aimer Dieu comme l'aiment les séraphins. Les anges voient Dieu face à face et leur cœur s'attache immédiatement à ce bien suprême qu'ils contemplent. Mais ce n'est pas seulement Dieu qu'ils aiment : en même temps qu'ils contemplent Dieu, ils voient en lui et dans son divin Verbe toutes les choses créées ; or, de même qu'ils les voient, ils les aiment ; et ainsi leur cœur dilaté embrasse toute la série des êtres qu'ils aiment pour Dieu, en Dieu et dans leurs relations avec Dieu. Tel est le cœur des séraphins, tel a été le cœur de saint François d'Assise. Si j'osais employer cette image, je dirais que son cœur a embrassé le clavier de l'amour comme les doigts du grand artiste embrassent le clavier de l'instrument. L'artiste fait entendre tout à la fois les notes hautes et les notes basses, mais toutes ces notes sont en parfait accord, et toutes ensemble elles forment une immense harmonie. Ainsi du cœur chrétien. C'est saint François qui a entonné ce beau cantique : « L'amour m'a mis en feu, l'amour m'a mis en feu » ; mais, cette magnifique épopée du poète séraphique n'a pas seulement des chants pour Dieu, elle chante aussi toutes les créatures, l'astre qui nous éclaire et la petite herbe que nous foulons aux pieds.

3° L'homme de la paix. La paix, dit saint Augustin, est la tranquillité de l'ordre, ce qui signifie que, là où tout est dans l'ordre, là règne la paix. Dieu, nous disent nos saints Livres, a créé toutes les choses du monde suivant le nombre, le poids et la mesure, c'est-à-dire suivant l'ordre. Or, les hommes semblent s'attacher à bouleverser et à détruire cet ordre ; mais la religion aime l'ordre, et c'est pour cela qu'elle aime la paix. Saint François a été à coup sûr l'une des âmes les plus pacifiques qui aient été données à la terre ; il disait souvent qu'il avait reçu du Sauveur lui-même cette salutation qu'il adressait à tous : « Que le Seigneur vous donne la paix », et jamais il n'ouvrait la bouche sans annoncer et sans prêcher la paix... Il avait entrepris de faire vivre pacifiquement les loups et les agneaux... Et un jour que, dans son voisinage, on lui avait signalé un loup qui menaçait de dévaster tout un troupeau, il fit venir le loup à ses pieds, il lui reprocha sa cruauté en termes sévères et ne le laissa partir que lorsqu'il eut reçu de lui l'assurance qu'il ne toucherait plus à un agneau.

Pratique : Commencer avec ferveur les saints exercices de ce mois béni et invoquer dès aujourd'hui la protection de saint François d'Assise sur notre âme, afin qu'elle obtienne la grâce spéciale que nous devons nous proposer, dès la veille du mois de notre Séraphique Père, d'obtenir par sa paternelle intercession.

Invocation : Saint François d'Assise, notre Séraphique Père, priez pour nous !

 

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30 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Trente-et-unième et dernier jour

Consécration

 

Prélude. - Prosternons- nous aujourd'hui, avec tous les pieux enfants de saint Dominique, aux pieds d'une image de notre bienheureux Père et renouvelons-lui l'hommage de notre filiale confiance, nous consacrant de nouveau à son culte et à son imitation, pour mériter d'éprouver les effets de sa puissante protection.

 

Acte de consécration à Saint Dominique

Composé par le Bienheureux Jourdain de Saxe

 

Très saint prêtre de Dieu, Confesseur vénérable, Prédicateur éminent, Bienheureux Père saint Dominique, choisi vierge par le Seigneur, vous qui avez su entre tous plaire à Dieu et être aimé de lui, pendant vos jours ; vous, qui vous êtes rendu glorieux par votre vie, par votre doctrine et vos miracles, nous nous réjouissons de vous avoir pour avocat favori auprès du Seigneur notre Dieu. Vers vous, qu'entre les Saints et les élus de Dieu je vénère d'une dévotion toute spéciale, j'élève la voix du fond de mon cœur, dans cette vallée de misère.

Je vous en prie, ô Père miséricordieux, soyez favorable à mou âme pécheresse, privée de toute vertu et de toute grâce, et enveloppée d'une multitude de fautes et de la lèpre des pécheurs. Soyez favorable à mon âme coupable et infortunée, ô âme bénie et bienheureuse de cet homme de Dieu, qui fûtes enrichie par la grâce divine de tant de bénédictions, que, non-seulement elles vous élevèrent au repos bienheureux, au séjour de la paix, à la gloire céleste, mais que, par l'exemple de votre vie admirable, elles en entraînèrent un grand nombre d'autres à la même béatitude, après les avoir animés par de doux conseils, les avoir instruits par une doctrine suave, et les avoir excités par de ferventes paroles. Soyez-moi donc favorable, Bienheureux Dominique, et inclinez l'oreille de votre pitié vers le cri de mes supplications.

Se réfugiant vers vous dans sa pauvreté, mon âme indigente se prosterne devant vous, et aussi humblement qu'elle le peut, elle s'efforce de se présenter languissante à vos pieds. Mourante, elle tâche, selon ses forces, de vous supplier, en sollicitant vos puissants mérites et vos tendres prières, afin que vous daigniez la vivifier, la guérir et la combler des dons abondants de votre bénédiction ; je sais, oui, je le sais, et je suis sûr que vous le pouvez ; et, d'après votre grande charité, j'ai la confiance que vous le voulez ; et j'espère de la miséricorde immense du Sauveur, que tout ce que vous aurez voulu près de lui vous l'effectuerez. J'espère aussi de votre tendre familiarité avec Jésus-Christ, votre bien-aimé choisi entre mille , qu'il ne vous refusera rien, mais qu'auprès de lui (qui, bien qu'il soit le Seigneur Dieu, est cependant aussi votre ami), vous obtiendrez ce que vous voudrez.

Car qu'est-ce que ce bien-aimé pourrait refuser à celui qu'il aime ? Que ne donnerait-il pas à celui qui, méprisant toutes choses, n'a pas hésité de se donner, lui et tout ce qui lui appartenait, à ce cher bien-aimé ? Ainsi nous osons le dire, oui, nous vous louons et vous vénérons.

Encore à la fleur de l'âge, vous avez conservé votre virginité à ce magnifique époux des vierges. Vêtu de la blancheur baptismale et paré des grâces du Saint Esprit, vous avez voué votre âme au Roi des rois, dans les sentiers de l'amour le plus pur. Depuis longtemps muni des armes de la règle, vous avez disposé des degrés vers le ciel dans votre cœur. Croissant de vertus en vertus, vous vous êtes élevé du bien au mieux. Vous avez présenté à Dieu votre corps comme une hostie vivante, sainte et agréable. Formé par une loi divine, vous vous êtes tout entier consacré à Dieu. Ayant enfin abordé la voie de la perfection, après avoir tout abandonné, pour suivre, dépouillé de tout, Jésus-Christ pauvre lui-même, vous avez préféré amasser des trésors dans les cieux plutôt que sur la terre.

Vous reniant tout-à-fait vous-même, et portant courageusement votre croix, vous vous êtes appliqué à suivre les traces de notre Rédempteur et véritable guide. Par zèle de Dieu, consumé d'un feu divin, mû par votre excessive charité, dans la ferveur d'un esprit ardent et par vœu de pauvreté, vous vous êtes adonné tout entier à la religion apostolique et très parfaite ; et, pourvoyant à cette œuvre par un conseil d'en haut, vous avez institué l'Ordre des Frères Prêcheurs. Par vos mérites glorieux et par vos exemples, vous avez éclairé la sainte Eglise dans toute la terre. Ayant enfin quitté la prison de la chair, ravi dans la cour suprême, vous êtes monté glorieux dans le ciel. Encore revêtu de votre première robe d'innocence, vous vous êtes approché de Dieu, ô notre puissant avocat. Je vous en supplie donc, vous qui avez désiré avec tant de zèle le salut du genre humain, secourez-moi, secourez tous mes chers frères, tout le clergé et le peuple et le pieux sexe féminin.

Vous êtes, par-dessus tous les Saints et après la Bienheureuse Reine des vierges, mon espérance et ma douce consolation. Vous êtes mon refuge de prédilection. Prêtez-vous donc favorablement à mon aide. Je me réfugie vers vous seul, vers vous seul je m'approche hardiment, je me prosterne à vos pieds. Suppliant, je vous invoque comme mon patron, je vous implore, je me recommande à vous avec dévotion. Daignez, je vous en conjure, me recevoir, me garder, me protéger, me se courir avec bonté, afin qu'avec l'aide de votre protection, je sois digne d'acquérir la grâce désirée de mon Dieu, de trouver miséricorde et d'obtenir pour mon salut les remèdes de la vie présente et de la vie future.

Obtenez-moi cela, ô Maître, obtenez-le moi je vous en prie, Chef illustre, Père nourricier, Bienheureux Dominique, qu'il en soit ainsi ! Je vous demande instamment de me secourir, moi et tous ceux qui vous invoquent. Soyez nous véritablement Dominique, c'est à-dire le gardien vigilant du troupeau du Seigneur. Veillez toujours sur nous, et gouvernez ceux qui vous sont confiés ; réformez-nous, et, corrigés, réconciliez- nous avec Dieu. Après cet exil, offrez-nous avec joie au Seigneur béni et à notre Seigneur et sauveur Jésus Christ le Fils bien aimé et très-haut de Dieu, dont l'honneur, la louange, la gloire, la joie inénarrable, la félicité perpétuelle, avec la glorieuse Vierge Marie, et toute la cour des habitants du Ciel, subsistent sans fin dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.

 

Pratique : Former la résolution de célébrer encore l'année prochaine et tous les ans jusqu'à la mort les saints exercices du mois consacré à saint Dominique.

Invocation : Saint Dominique, notre bon père, priez pour nous !

 

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Fin du Mois de Saint Dominique

 

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29 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Trentième jour

Sur les autels

 

Prélude. - Unissons-nous à l'enthousiasme avec lequel les fils de saint Dominique durent célébrer le premier office public en l'honneur de leur bienheureux père.

 

Réflexions

 

La translation des restes du saint patriarche eut lieu le 24 mai 1233, pendant le chapitre de l'Ordre, qui se tenait à Bologne, aux fêtes de la Pentecôte, sous la présidence du bienheureux Jourdain de Saxe. Une odeur suave s'exhala de ces restes sacrés. « Nous avons senti, dit Jourdain, cette précieuse odeur, et ce que nous avons vu et senti, nous en rendons témoignage. Nous ne pouvions nous rassasier d'ouvrir nos sens à l'impression qu'elle nous causait, quoique nous fussions resté de longues heures près du corps de saint Dominique à la respirer. Elle n'apportait avec le temps aucun ennui, elle excitait le cœur à la piété, elle opérait des miracles. Touchait-on le corps avec la main, avec une ceinture ou quelque autre objet, aussitôt l'odeur s'y attachait ».

Ce miracle n'eut pas lieu seulement au moment de la translation. Flaminius, qui vivait trois cents ans plus tard, écrivait en 1527 : « L'odeur sacrée s'exhale encore de nos jours des saintes reliques ». Dieu récompensait, par un signe extérieur, l'admirable pureté de cette âme innocente.

Impossible de relater ici les innombrables miracles qui rendaient chaque jour plus glorieux le sépulcre de saint Dominique. On ne sentait même pas le besoin de ces miracles, pour attester sa sainteté. « Quel besoin y a- t- il de canonisation ? disait un de ses disciples ; la sainteté de maître Dominique est connue... » Ce pendant, le clergé et le peuple attendaient cette canonisation. La bulle, qui l'inscrivait au catalogue des saints, fut enfin publiée au mois de juillet 1234. Par une heureuse rencontre, le pape Grégoire IX, que des rapports d'une amitié si étroite avaient lié avec les fondateurs des deux Ordres, des Frères Mineurs et des Frères Prêcheurs, les éleva tous deux sur les autels pendant son pontificat. Il disait souvent : « Je ne doute pas plus de la sainteté de cet homme, que de celle de saint Pierre et de saint Paul ».

Trois fêtes ont été consacrées à vénérer la mémoire de saint Dominique : le 4 août, au lieu du 6, anniversaire de sa mort, déjà consacré à la fête de la Trans figuration ; le 24 mai, en mémoire de la translation de ses reliques et le 15 septembre, en l'honneur de l'image miraculeuse de Soriano.

 

Pratique : Célébrer, chaque année, avec une filiale dévotion, chacune des trois fêtes de notre bienheureux père.

Invocation : Saint Dominique, vous qui êtes vêtu d'un manteau royal, priez pour nous !

 

Trait historique

La bulle de canonisation

 

Pour notre consolation et la gloire du bienheureux Dominique, nous ne terminerons pas ces réflexions pieuses en son honneur sans relire quelque chose du magnifique hommage que lui a rendu le vicaire de Jésus-Christ :

« Dieu a suscité les légions des Frères Prêcheurs et Mineurs, avec leurs chefs élus pour le combat. L'un de ces chefs fut saint Dominique, homme à qui Dieu avait donné la force et l'ardeur de la foi, et au cou duquel il avait attaché, comme au cheval de sa gloire, le hennissement de la divine prédication. Dès l'enfance, il eut un cœur de vieillard, pratiqua la mortification de la chair et rechercha l'auteur de la vie. Consacré à Dieu sous la règle du bienheureux Augustin, il imita Samuel dans le service assidu du temple, et continua Daniel dans la ferveur de ses religieux désirs. Athlète courageux, il suivait les sentiers de la justice et de la voie des saints, se reposait à peine de la garde du tabernacle et des offices de l’Église militante, soumettant la chair à la volonté, les sens à la raison, et, transformé en un seul esprit avec Dieu, s'efforçait de se perdre en lui par l'excès de la contemplation, sans diminuer dans son cœur et dans ses œuvres l'amour du prochain. Pendant qu'il blessait à mort les délices de la chair, et frappait d'éclat lumineux l'intelligence aveuglée des impies, tout le reste des impies trembla, toute l’Église des fidèles tressaillit. La grâce ce pendant croissait en lui avec l'âge, et le zèle du salut des âmes l'enivrait d'une ineffable joie, non content de s'être donné tout entier à la parole de Dieu, il convertit au ministère évangélique un si grand nombre d'hommes, qu'il mérita d'avoir un nom et une œuvre dans la terre des patriarches. Devenu pasteur et prieur parmi le peuple de Dieu, il institua par ses mérites un nouvel ordre de prédicateurs, le régla par ses exemple, et ne cessa de le confirmer par d'évidents et authentiques miracles. Car, entre autres signes qui manifestèrent sa puissance et sa sainteté durant le cours de sa vie mortelle, il rendit la parole aux muets, la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, l'action aux paralytiques, la santé à une foule de malades, et il parut clairement, à tous ces prodiges, quel était l'esprit qui animait la glèbe de son très saint corps. Nous donc qui l'avons connu et qui avons eu dans le spectacle même de sa vie une insigne preuve de sa sainteté, maintenant que des témoins dignes de foi nous ont attesté la vérité de ses miracles, nous croyons avec le troupeau du Seigneur confié à nos soins, que, grâce à la miséricorde de Dieu, il pourra nous être utile par ses suffrages, et qu'après nous avoir consolé sur la terre par son aimable amitié, il nous aidera dans le ciel de son puissant patronage ». (Bullaire de l'Ordre des Frères Prêcheurs).

 

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28 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-neuvième jour

Glorieuses manifestations

 

Prélude. - Suivons, avec tous les habitants de Bologne et en nous mêlant à la troupe des enfants de saint Dominique, les funérailles triomphantes de notre bienheureux Père.

 

Réflexions et trait historique

 

À l'heure même de la sainte mort du glorieux patriarche, frère Guala, prieur du couvent de Brescia et depuis évêque de cette ville, s'étant appuyé contre la tour où étaient les cloches du couvent, ſut pris d'un léger sommeil. Dans cet état, il vit des yeux de l'âme une ouverture qui se faisait au ciel, et deux échelles qui descendaient jusqu'à terre par cette ouverture. Au sommet de l'une était Jésus-Christ ; au sommet de l'autre était la bienheureuse Vierge, sa Mère. Au bas, entre les deux échelles, un siège était placé, et sur ce siège, quelqu'un était assis, ayant la ressemblance d'un frère ; mais on ne discernait pas quel était ce frère, parce qu'il avait la tète voilée de son capuce, à la manière des morts. Le long des deux échelles, des anges montaient et descendaient en chantant des cantiques ; et les échelles s'élevaient au ciel, tirées par Jésus Christ et sa sainte Mère, et avec elles le siège et celui qui était assis dessus. Quand elles furent tout à fait en haut, le ciel se ferma et la vision disparut. Frère Guala, quoique encore faible d'une maladie récente, se rendit à Bologne, et connut que Dominique était mort le même jour et à la même heure où il avait eu cette vision.

Le même jour, frère Raoul était allé de Rome à Tivoli, en compagnie de Tancrède, prieur de Sainte Sabine. À l'heure de sexte, il célébra la messe, et se souvint devant Dieu, durant le saint sacrifice, du bienheureux fondateur qu'il savait alors à l'extrémité, à Bologne. Comme il priait, il lui sembla voir la grande route de cette ville, et Dominique sortant de Bologne entre deux hommes d'un aspect vénérable, le front ceint d'une couronne d'or et resplendissant de lumière. Ces deux vieillards, comme les deux anges de la première vision, symbolisent l'action et la contemplation si merveilleusement unies en saint Dominique.

On rapporte aussi qu'un étudiant de l'Université, très attaché au saint, et qui n'avait pu assister à ses funérailles, le vit, la nuit suivante, assis dans l'église Saint Nicolas, brillant d'une gloire extraordinaire. La vision était si distincte qu'il s'écria : « Comment êtes-vous encore ici, maître Dominique ? - Je vis dans le ciel, lui répondit le saint, puisque Dieu a daigné m'accorder la vie éternelle ». Quand il alla à Saint Nicolas, il vit que Dominique avait été enseveli à l'endroit même où il était apparu.

Le cardinal Hugolin arriva à Bologne peu après que Dominique eut rendu le dernier soupir. Il voulut célébrer lui-même l'office de ses funérailles et vint à Saint Nicolas, où se trouvèrent aussi le patriarche d’Aquilée, des évêques, des abbés, des seigneurs et tout un peuple. On apporta sous les yeux de cette multitude le corps du saint, dépouillé du seul trésor qui lui fut resté : c'était la chaîne de fer. Tous les regards et tous les cours étaient attachés sur ce corps sans vie. L'office commença par des chants qui se ressentaient de la tristesse universelle, et qui tombaient des lèvres comme des larmes. Mais peu à peu la pensée des Frères s'éleva au-dessus de ce monde ; ils ne virent plus leur père vaincu par la mort et ne leur laissant que des restes inanimés. Sa gloire leur apparut par la certitude qu'ils en avaient. Un chant de triomphe succéda aux lamentations funèbres, et une joie inénarrable descendit du ciel dans les esprits. En ce moment, le prieur de Sainte Catherine de Bologne, nommé Albert, que Dominique avait affectionné, entra dans l'église et la joie des Frères tombant à l'improviste au sein de sa douleur personnelle, il ne se posséda plus. Le voilà qui se jette sur le corps du saint ; il le couvre de baisers, il le sollicite par de longs embrassements, comme s'il eut voulu le forcer de revivre et de lui répondre. Les reliques de son ami se montrent sensibles à l'excès de sa piété. Albert se relève et dit à Ventura : « De bonnes nouvelles, père prieur, de bonnes nouvelles. Maître Dominique m'a embrassé et m'a dit que cette année même j'irai le rejoindre dans le Christ ». Il mourut en effet dans l'année .

 

Pratique : Invoquer souvent saint Dominique, pour obtenir la grâce si précieuse d'une bonne mort.

Invocation : Saint Dominique, vous qui êtes placé parmi les premiers sièges des bienheureux, priez pour nous !

 

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27 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-huitième jour

La sainte Mort

 

Prélude. - Contemplons le saint mourant et suivons son âme, quand elle est introduite dans le paradis.

 

Réflexions et traits historiques

 

Dominique s'affaiblissait alors si rapidement, que ses enfants virent qu'en peu d'instants ils seraient privés de leur père, auquel leurs cœurs étaient attachés avec une si grande tendresse. Tous fondaient en larmes. Frère Rodolphe soutenait la tête du saint, et essuyait la sueur de son beau visage avec un linge.

Frère Ventura se pencha sur lui, et lui dit : « Père, vous savez dans quelle tristesse et dans quelle désolation vous nous laissez ; souvenez-vous de nous devant le Seigneur ». Alors le bienheureux recueillit ses forces, qui l'abandonnaient peu à peu, et, élevant les mains et les yeux au ciel, il dit d'une voix claire et distincte : « Père saint, j'ai accompli votre volonté, et ceux que vous m'aviez donnés, je les ai conservés et gardés ; maintenant je vous les recommande, conservez-les et gardez-les ». Puis, se tournant vers ses enfants, il leur dit tendrement : « Ne pleurez pas , mes enfants, je vous serai plus utile où je vais, que je ne l'ai jamais été en cette vie ».

Un d'entre eux, lui demandant encore de leur dire où il voulait être enseveli, il répliqua, comme il l'avait déjà dit : « Sous les pieds de mes frères ! » Il parut alors s'apercevoir pour la première fois qu'on l'avait placé sur un lit , et il recommanda aux frères de l’en ôter et de le placer à terre sur des cendres.

Les novices s'étant retirés, il appela douze des plus anciens et des plus graves d'entre les frères, et fit tout haut en leur présence la confession générale de sa vie à frère Ventura. Quand elle fut terminée, il ajouta, en s'adressant à tous : « La miséricorde de Dieu m'a conservé jusqu'à ce jour une chair pure et une virginité sans tache ; si vous désirez la même grâce, évitez tout commerce suspect. C'est la garde de cette vertu qui rend le serviteur agréable au Christ, et qui lui ôte gloire et crédit devant le peuple. Persistez à servir le Seigneur dans la ferveur de l'esprit ; appliquez-vous à soutenir et à étendre cet ordre, qui n'est que commencé ; soyez stables dans la sainteté, dans l'observance régulière , et croissez en vertu ».

Puis, troublé en lui-même de son aimable et sainte naïveté, il dit tout bas à frère Ventura : « Frère, je crois que j'ai péché en parlant publiquement aux frères de ma virginité, j'aurais dû m'en taire ». Après cela, il se tourna de nouveau vers eux, et, employant la forme sacrée du testament, il leur dit : « Voici, mes frères bien-aimés, l'héritage que je vous laisse comme à mes enfants : ayez la charité, gardez l'humilité, protégez la pauvreté volontaire ». Et afin de donner une plus grande sanction à la clause de ce testament qui regardait la pauvreté, il menaça de la malédiction de Dieu et de la sienne quiconque oserait corrompre son ordre en y introduisant la possession des biens de ce monde.

Il dit alors : « Commencez », et on commença la recommandation de l'âme, et Dominique la faisait avec les frères, du moins on voyait ses lèvres se mouvoir.

Mais quand on en fut arrivé à ces mots : « Venez à son aide, saints de Dieu ; venez au-devant de lui, anges du Seigneur, prenez son âme et portez-la en présence du Très-Haut, ses lèvres s'agitèrent une dernière fois, ses mains et ses bras firent un mouvement d'ascension vers le ciel,et il expira, dans la cinquante-et-unième année de son âge. On était au 6 août 1221, à l'heure de midi, un vendredi.

Ô Dominique, j'accompagne de mes hommages votre âme dans son ascension, faites-moi partager un jour votre triomphe.

Ses enfants en pleurs restèrent quelque temps auprès de son corps, sans oser toucher à ses restes sacrés. Quand vint le moment de songer aux funérailles, ils commencèrent à dépouiller leur père de la tunique dans laquelle il était mort, et qui n'était pas à lui, mais au frère Monéta ; des larmes de tendresse coulèrent de nouveau de leurs yeux, quand ils découvrirent une chaîne de fer étroitement serrée autour de sa taille ; aux cicatrices et aux marques qu'elle avait faites, ils reconnurent qu'il l'avait portée depuis de nombreuses années. Rodolphe l’ôta avec le plus grand respect, et la donna plus tard au bienheureux Jourdain, successeur de Dominique dans le gouvernement de l'ordre, qui la garda comme une précieuse relique.

 

Pratique : Former le dessein d'invoquer le nom de saint Dominique, après ceux de Jésus, Marie et Joseph, au moment de la mort.

Invocation : Saint Dominique, vous qui êtes entré dans le paradis, accompagné et conduit par Jésus et Marie, priez pour nous !

 

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26 août 2021

Le Mois de Saint Dominique

Le Mois de Saint Dominique

 

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Vingt-septième jour

La maladie

 

Prélude. - Contemplons notre bienheureux père étendu sur la couche où la fièvre consume sa vie mortelle, tandis que ses regards cherchent le ciel qui s'ouvre pour recevoir cette grande âme.

 

Réflexions et traits historiques

 

Ces précieux détails sont si pieusement instructifs que, dans cette méditation comme dans les deux qui vont suivre, nous n'avons rien de mieux à faire qu'à relire, en les complétant l'un par l'autre, les récits des deux récents biographes auxquels nous avons souvent eu recours durant ce mois.

On était au plus fort des chaleurs de l'été. Un soir, à la fin du mois de juillet, Dominique entra au couvent de Saint Nicolas. Malgré la fatigue, il s'entretint jusqu'à minuit avec le prieur et le procureur ; puis, il se rendit à l'église, où il demeura en prière jusqu'à l'heure des matines, malgré les instances des deux pères, inquiets de son état. Les matines terminées, il avoua que l'ardeur de la fièvre l'empêchait de veiller debout. Malgré la souffrance cependant, il refusa de se coucher dans un lit, il se tenait tout habillé sur un sac de laine. Les progrès du mal ne lui arrachaient aucune marque d'impatience, aucune plainte, aucun gémissement ; il paraissait joyeux comme l'ordinaire. Son front était baigné de la sueur que lui causaient ses vives souffrances, mais alors même il ne voulut point s'épargner, et il commanda qu'on fit venir les novices autour de lui, pour qu'il pût leur parler ; car il sentait que c'était la dernière fois qu'il allait les voir. Pendant tout ce temps, sa patience et sa douceur ne se démentirent pas, et la pâleur de la mort, qui se répandait sur ses nobles traits, ne put point en altérer la joie un seul instant.

Les frères cependant ne désespéraient pas encore de la vie de leur père. Ils ne pouvaient croire que Dieu le ravît sitôt à l’Église et à eux. D'après le conseil des médecins et dans la pensée que le changement d'air lui serait salutaire, ils le transportèrent à Sainte Marie du Mont, église dédiée à la sainte Vierge sur une hauteur voisine de Bologne. Lui cependant, sachant bien qu'aucun secours humain ne pourrait opérer sa guérison, fit venir la communauté autour de lui. Il voulait donner à ses fils son dernier testament :

« Ayez la charité dans vos cœurs, leur dit-il, pratiquez l'humilité à l'exemple de Jésus Christ et faites votre trésor et vos richesses de la pauvreté volontaire. Vous savez que servir Dieu c'est régner, mais vous devez le servir par amour et de tout votre cœur. C'est seulement par une sainte vie et la fidélité à votre règle, que vous pourrez honorer votre profession ».

Il parlait ainsi, couché sur le plancher, tandis que les frères pleuraient autour de lui. La maladie, rebelle à tous les remèdes et à tous les vœux, ne fit qu'empirer. Dominique, se croyant près de mourir, appela de nouveau les frères auprès de lui. Ils vinrent au nombre de vingt avec leur prieur Ventura, et se rangèrent autour du malade gisant devant eux. Il leur adressa un discours, dont les historiens disent que jamais paroles plus touchantes n'étaient sorties de son cœur. « Il ne poussa pas un gémissement, dit Ventura dans sa déposition, je ne l'entendis jamais prononcer des paroles si excellentes et si pleines d'édification ».

Il reçut ensuite le Sacrement de l'Extrême Onction. Puis, ayant su de frère Ventura que le religieux préposé à la garde de l'église de Sainte Marie du Mont se promettait d'y garder son corps et de l'y ensevelir, il dit : « À Dieu ne plaise que je sois enseveli ailleurs que sous les pieds de mes frères ! Portez-moi dehors, dans cette vigne, afin que j'y meure, et que vous me donniez la sépulture dans notre église ».

Les frères craignaient de le voir expirer pendant la route, ils obéirent à ses ordres, et le reportèrent en pleurant à Saint Nicolas, à travers les champs et les vignes, enveloppé dans une couverture déchirée. Comme il n'avait pas de cellule à lui au couvent, on le déposa dans celle du frère Monéta. On voulut le changer de vêtements ; mais il n'en avait pas d'autres que ceux qu'il portait sur lui, et Monéta donna une de ses tuniques pour le couvrir.

Après être resté paisible environ une heure, il appela auprès de lui le prieur et lui dit : « Préparez-vous », voulant parler de la recommandation de l'âme. Mais, comme ils allaient commencer, il ajouta : « Vous pouvez attendre un peu », et ce fut peut-être en ce moment que, selon la révélation faite à sainte Brigitte, la mère de Dieu, envers laquelle il s'était montré un si loyal et si affectionné serviteur, lui apparut et lui promit de ne jamais retirer à son Ordre son patronage et sa protection.

 

Pratique : Demander à Dieu la grâce de la bonne mort par l'intercession de saint Dominique et invoquer souvent le nom de ce bienheureux père dans la maladie.

Invocation : Saint Dominique, afin qu'à notre mort nous soyons reçus avec vous dans le ciel, priez pour nous.

 

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