11 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Douzième jour

La Grotte

 

A l’extrémité méridionale de la colline autour de laquelle tournait le chemin qui conduisait dans la vallée des Bergers, se trouvait, indépendamment de plusieurs autres grottes ou caves creusées dans le roc, la grotte où Joseph chercha un abri pour la sainte Vierge. L’entrée, tournée au couchant, conduisait par un passage étroit à une espèce de chambre, arrondie d‘un côté, triangulaire de l’autre, située dans la partie orientale de la colline. La grotte était creusée dans le roc par la nature ; seulement, du côté du midi, où passait le chemin qui conduisait à la vallée des Bergers, on avait fait quelques réparations au moyen d'une maçonnerie grossière.

De ce côté qui regardait le midi, il y avait une autre entrée ; mais elle était ordinairement bouchée, et Joseph la rouvrit pour son usage. En sortant par là, on trouvait à main gauche une ouverture plus large qui conduisait à un caveau étroit, incommode, placé à une plus grande profondeur et allant jusque sous la grotte de la Crèche. L’entrée ordinaire de la grotte de la Crèche regardait le couchant. On pouvait voir de là les toits de quelques maisons de Bethléem. Si en sortant par la on tournait à droite, on arrivait à l’entrée d‘une grotte plus profonde et plus obscure, dans laquelle la sainte Vierge fut un jour obligée de se cacher.

Il y avait devant l’entrée du couchant un toit de jonc, appuyé sur des pieux, qui se prolongeait aussi au midi jusqu’au dessus de l’entrée qui était de ce côté, en sorte qu'on pouvait être à l’ombre devant la grotte. A sa partie méridionale, la grotte avait dans le haut trois jours grillés par où venaient l'air et la lumière; une ' ouverture semblable se trouvait dans la voûte du rocher. Elle était recouverte de gazon et formait l’extrémité de la hauteur sur laquelle Bethléem était située.

L’intérieur de la grotte était à peu près disposé comme il suit. Du côté du couchant, on entrait par une porte de branches entrelacées dans un corridor de moyenne largeur, aboutissant à une chambre de forme irrégulière, moitié ronde, moitié triangulaire, laquelle s’étendait surtout du côté du midi, en sorte que le plan de la grotte entière pouvait être comparé aune tête reposant sur son cou : le cou figurerait le corridor, et la tête le souterrain proprement dit. Quand on passait du corridor, qui était moins élevé, dans la grotte creusée par la nature, on descendait sur un sol plus bas ; cependant le sol se relevait tout autour de la grotte, qui était entourée comme d‘un banc de pierre de largeur variable. Les parois de la grotte, sans être tout à fait polies, étaient cependant assez unies et assez propres, et avaient quelque chose qui agréait et charmait.

Au nord du corridor se trouvait l’entrée d'une grotte latérale plus petite. En passant devant cette entrée, on arrivait à l’endroit où Joseph allumait le feu ; puis la paroi tournait au nord-est dans l‘autre grotte plus spacieuse et plus élevée. Ce fut la que plus tard fut mis l’âne de Joseph. Derrière cette place était un recoin assez grand pour recevoir l’âne et où il y avait du fourrage.

C’était dans la partie orientale de cette grotte, en face de l’entrée, que se trouvait la sainte Vierge lorsque la Lumière du monde sortit d‘elle. Dans la partie qui s’étendait au midi se trouvait la crèche où l‘on adora l’Enfant Jésus. La crèche n’était autre chose qu’une auge creusée dans la pierre qui servait pour faire boire les bestiaux. Au-dessus était une mangeoire évasée, formée d'un treillage en bois et élevée sur quatre pieds, de façon que les animaux pouvaient prendre commodément l’herbe ou le foin qu’on y avait placé, et n’avaient qu’à baisser la tête pour boire dans l‘ange de pierre qui était au-dessous.

C’était en face de la crèche, au levant de cette partie de la grotte, qu’était assise la sainte Vierge avec 1’Enfant Jésus, quand les trois rois mages offrirent leurs présents. Si, en partant de la crèche, ou tournait à l’ouest dans le corridor qui précédait la grotte, ou passait devant l’entrée méridionale déjà mentionnée, et on arrivait à un endroit dont saint Joseph fit plus tard sa chambre, en le séparant, du reste, avec des cloisons en clayonnage. Il y avait de ce côté un enfoncement où il déposait toute sorte de choses.

En dehors de la partie méridionale de la grotte passait le chemin qui menait à la vallée des Bergers. Il y avait çà et là sur des collines de petites maisons, et dans la plaine quelques hangars avec des toits de roseaux portés sur des pieux. Au-devant de la grotte, la colline s’abaissait dans une vallée sans issue, fermée au nord et large d’environ un demi-quart de lieue.

Il y avait là des buissons, des arbres et des jardins. En traversant une belle prairie oh coulait une source, et en passant sous des arbres rangés régulièrement, on arrivait au côté oriental de cette vallée, où se trouvait, dans une colline faisant saillie, la grotte du tombeau de Maraha, nourrice d’Abraham, qui était aussi appelée la grotte du Laiton de l’Allaitement. La sainte Vierge y séjourna avec l’Enfant Jésus en diverses occasions. Au-dessus était un grand arbre dans les branches duquel on avait pratiqué des sièges. On voyait mieux Bethléem de cet endroit que de l’entrée de la grotte de la Crèche.

Voici l’histoire de cette grotte de Maraha. Abraham avait une nourrice appelée Maraha, qu’il honorait particulièrement et qui atteignit un âge très avancé. Elle le suivait partout dans ses voyages, montée sur un chameau. Elle vécut longtemps près de lui à Succoth. Plus tard, dans ses derniers jours, elle le suivit aussi dans la vallée des Bergers, où il avait dressé ses tentes dans les environs de cette grotte. Ayant dépassé sa centième année, et voyant sa dernière heure approcher, elle demanda à Abraham d’être enterrée dans cette grotte, sur laquelle elle fit des prédictions et à laquelle elle donna le nom de grotte du Lait ou de grotte de la Nourrice.

La grotte était alors un corridor étroit et élevé, creusé dans une matière blanche qui n’était pas très dure. D’un côté était une couche de cette matière qui ne montait pas jusqu’à la voûte. En montant par dessus cette couche, on pouvait arriver a l'entrée d’autres grottes placées plus haut.

La grotte fut agrandie plus tard, parce qu’Abraham y pratiqua dans la partie latérale une excavation pour le tombeau de Maraha. Sur un gros bloc de pierre reposait comme une auge également en pierre, supportée par des pieds courts et épais.

Cette grotte du tombeau de la nourrice avait un rapport prophétique avec la Mère du Sauveur nourrissant son Fils pendant la persécution ; car, dans l’histoire de la jeunesse d’Abraham, il se trouva aussi une persécution figurative, et sa nourrice lui sauva la vie en le cachant dans une grotte. Le roi qui régnait dans la patrie d’Abraham eut un songe où on lui fit une prédiction sur un enfant qui allait naître et qui devait être dangereux pour lui. Il prit des mesures en conséquence, La grossesse de la mère d’Abraham fut tenue secrète, et elle se cacha dans une grotte pour le mettre au monde. Maraha, sa nourrice, l’allaita en secret. Elle vécut comme une pauvre esclave, travaillant dans une solitude près d’une grotte dans laquelle elle nourrissait l’enfant. Ses parents le reprirent plus tard près d’eux ; et, comme il était beaucoup plus grand que son âge ne le comportait, on le fit passer pour un enfant né antérieurement à la prédiction faite au roi. Étant encore enfant, il courut pourtant des dangers à cause de certaines manifestations merveilleuses, et la nourrice le cacha de nouveau, en l’emportant secrètement sous son large manteau. On fit mourir alors plusieurs enfants de sa taille.

Cette grotte, depuis l’époque d’Abraham, était un lieu de dévotion, surtout pour les mères et les nourrices, et il y avait là quelque chose de prophétique, car l'on vénérait dans la nourrice d’Abraham la figure de la sainte Vierge, de même qu’Elie l’avait vue dans la nuée qui apportait la plaie, et lui avait érigé un oratoire sur le Carmel. Maraha avait coopéré, en quelque sorte, à l’avènement du Messie, puisqu’elle avait nourri de son lait l’aïeul de la sainte Vierge. Il y avait là quelque chose comme un puits profond allant jusqu’à la source de la vie universelle, et on y puisa toujours jusqu‘à ce que Marie y montât comme une eau limpide.

L’arbre qui était au-dessus de cette grotte étendait au loin son ombre comme un immense tilleul, large par le bas et pointu par le haut. C’était un térébinthe. Abraham se rencontra avec Melchisédech sous cet arbre. Ce vieil arbre avait quelque chose de sacré pour les bergers et les gens d‘alentour. On aimait à se reposer sous son ombre et à y prier. Il y avait à côté une fontaine dont l'eau était considérée par les bergers, comme ayant des vertus particulières à certaines époques de l’année. Des deux côtés de l’arbre se trouvaient des cabanes ouvertes où l’on pouvait passer la nuit. Tout cela était entouré d'une haie. Sainte Hélène bâtit une église en cet endroit, et on y a dit la messe.

 

Considération

Saint Joseph d’après Marie d'Agreda

 

La Vénérable Marie de Jésus, abbesse du monastère de l’Immaculée Conception de la ville d’Agréda, eut d’admirables et incontestables révélations sur la vie de la très sainte Vierge et sur celle de saint Joseph. Elle les a consignées dans son ouvrage intitulé « La Cité mystique de Dieu », qu’elle conclut ainsi, pour ce qui concerne saint Joseph :

« Béni soit l’auteur de si grandes merveilles, et béni soit aussi le plus heureux des hommes, Joseph, en qui elles furent toutes dignement opérées! Il mérite que toutes les générations le connaissent et le bénissent, puisque le Seigneur n’a fait pour aucun autre d‘aussi grandes choses et n’a manifesté à aucun autre autant d’amour.

De combien de visions sublimes et d’admirables révélations ne l’a-t-il pas favorisé ! L'on ne saurait les rapporter toutes ; mais on peut s’en faire une idée en considérant qu’il eut une profonde connaissance des mystères de Notre Seigneur et de sa très sainte Mère, ayant vécu dans leur compagnie pendant de si longues années, passant pour le Père de ce divin Sauveur, et constitué le véritable Epoux de notre auguste Reine.

Mais, en outre de cela, le Très-Haut lui a accordé, en récompense de sa grande Sainteté, plusieurs privilèges en faveur de ceux qui se mettraient sous son patronage et qui l’invoqueraient avec une vraie dévotion.

Par le premier de ces privilèges, saint Joseph fait obtenir à ceux qui l’invoquent comme il faut la vertu de chasteté et le triomphe sur les dangereuses tentations de la chair.

Par le second, notre Saint procure de puissants secours pour sortir du péché et recouvrer l’amitié de Dieu.

Le troisième privilège, c’est de nous faire obtenir les faveurs de la très Sainte Vierge et la dévotion envers elle.

Le quatrième assure à ses serviteurs une bonne mort et une assistance particulière contre 1e démon à cette dernière heure.

Le cinquième consiste dans la terreur qu’inspire aux démons le nom seul de saint Joseph.

Le sixième privilège fait obtenir la santé du corps et un soulagement dans les divers maux de la vie.

Enfin, l’effet du septième, c’est d’empêcher les familles de s’éteindre, en leur obtenant des héritiers.

Dieu accorde toutes ces faveurs, et bien d’autres encore, à ceux qui les lui demandent comme il faut, par l'intercession de 1’Epoux de notre Reine, le glorieux saint Joseph, et je prie tous les fidèles enfants de la sainte Eglise d'être bien dévots à ce grand Saint et d’être persuadés qu’ils ressentiront les favorables effets de sa protection, s‘ils se disposent dignement à les mériter et à les recevoir ».

Après quoi, Marie d’Agréda termine par cette merveilleuse instruction, qui lui fut dictée par la très sainte Vierge : « Ma fille, lui dit-elle, c’est avec raison que vous avez écrit que mon époux Joseph est le plus illustre parmi les Saints et les Princes de la Jérusalem céleste ; mais c’est en vain que vous essaieriez maintenant de dépeindre son éminente sainteté. Les mortels ne sauraient l’apprécier avant d’être arrivés à jouir de la vue de Dieu, en qui ils découvriront avec admiration, et en louant, le Seigneur, cette grandeur mystérieuse de mon Epoux.

Au dernier jour, quand tous les hommes seront jugés, les réprouvés pleureront amèrement le malheur d’avoir méconnu, à cause de leurs péchés, ce moyen de salut si puissant et si efficace. Ils regretteront d’avoir négligé de s’en servir, comme ils le pouvaient, pour se concilier l’amitié du juste Juge.

Le monde a trop ignoré jusqu’ici les privilèges, les prérogatives accordées par le Très-Haut à mon saint Epoux, et combien son intercession est puissante auprès de la divine Majesté, ainsi qu’auprès de moi. Je vous assure, ma fille, qu’en présence de la justice suprême, parmi les premiers favoris du Seigneur, mon Epoux est un de ceux qui peuvent le plus efficacement détourner son bras de la tête des pécheurs.

Pour vous, qui venez de recevoir des révélations et des lumières sur les grandeurs incompréhensibles de saint Joseph, ayez soin de faire éclater votre reconnaissance pour cette faveur que le Seigneur a daigné vous accorder. Efforcez-vous d’en profiter, en vous excitant à une plus grande dévotion et à une plus tendre affection envers mon saint Epoux, et bénissez le Seigneur de ce qu’il l’a favorisé de dons si magnifiques, ainsi que de la joie que j’éprouve a les contempler.

Dans tous vos embarras, ayez soin de recourir à son intercession. Propagez aussi la, dévotion envers lui, et que vos religieuses en donnent l’exemple ; car ce que mon Epoux demande dans le ciel, le Très-Haut l’accorde sur la terre. Chacune de ses prières, chacune de ses paroles est pour les hommes une source de faveurs, précieuses et extraordinaires, pourvu qu’ils ne se rendent pas indignes de les recevoir.

Tous ces privilèges découlent de la parfaite innocence et des éminentes vertus de cet admirable Saint, parce qu’elles lui ont valu les faveurs de la bonté divine, qui veut déployer à son égard toute sa magnificence, en répandant les trésors de sa miséricorde sur lui et sur ceux qui auront recours à son intercession ».

 

Pratique

Petit Office de saint Joseph

 

Beaucoup de pieux serviteurs de la très Sainte Vierge sont dans l’usage de réciter plus ou moins exactement, soit son Petit Office, soit le Petit Office de l’Immaculée Conception, etc. C’est une pieuse pratique que l’Eglise a encouragée et bénie. Les pieux serviteurs de saint Joseph ont de même adopté le Petit Office du saint Patriarche, lequel consiste dans la récitation, à chaque heure de cet Office, de quelques versets, d’une hymne, d’une antienne et de l’oraison, en l’honneur du Saint.

L’Eglise n'a point accordé de faveurs spéciales à cette récitation ; mais on peut la pratiquer utilement, soit pour honorer plus particulièrement notre grand Saint, soit pour solliciter sa singulière protection dans des circonstances plus difficultueuses, soit pour le remercier de quelque grâce obtenue par Sa médiation. Cette dévotion est facile et agréable à accomplir, et l’on pourrait citer de nombreux exemples des avantages que l’on y a recueillis.

Il en est qui font remonter son origine jusque dans le moyen-âge. Ce qu’il y a de certain, c’est que ce Petit Office était très usité en France au XVIIe siècle. Ne dégénérons pas de nos ancêtres, et récitons-le souvent nous-mêmes.

 

Retrouvez le Petit Office de Saint Joseph en cliquant ICI

 

Prière

Pour tous les besoins

 

Ô saint et fidèle dépositaire des trésors célestes, auguste gardien de Jésus et de Marie, je vous consacre et vous confie tout ce que je suis et tout ce que je possède. Du haut de votre gloire, abaissez un regard de bienveillance sur votre indigne serviteur. Voyez ma pauvreté et ma faiblesse. Grand dispensateur des grâces de Dieu, enrichissez mon indigence. Auguste protecteur de Jésus et de Marie, défendez-moi contre les nombreux ennemis qui assiègent mon âme, ainsi que contre les dangers et les écueils du monde. Faites briller à mes yeux cette divine lumière du soleil de justice qui éclaire mon intelligence et l‘empêche de s’ouvrir aux vanités de la terre. Gardez mon cœur des séductions du siècle et des passions de la chair. Détachez-le de l‘amour trompeur des créatures et de tout ce qui passe. Soyez avec moi, ô saint Protecteur, dans les combats de mon âme ; fortifiez_moi dans mes peines intérieures, et secourez-moi dans mes souffrances corporelles. Soyez mon conseil et mon guide pour la direction de tous mes intérêts spirituels et temporels. Soutenez-moi dans les tentations. Consolez-moi dans les épreuves de cette vie, et surtout dans les difficultés et les angoisses de mes derniers moments. Défendez-moi à cette heure suprême, et obtenez-moi la grâce d’expirer doucement, comme vous, entre les bras de Jésus et de Marie, dans les sentiments de la plus tendre confiance en leur protection et en la vôtre. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

 

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10 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Onzième jour

Bethléem

 

De la dernière station jusqu’à Bethléem, il y avait environ trois heures de marche. Joseph et Marie firent un détour au nord de Bethléem, et s’approchèrent de la ville par le côté du couchant. Ils firent une halte sous un arbre, en dehors de la route. Marie descendit de l'âne et mit ses vêtements en ordre. Alors Joseph se dirigea avec elle vers un grand édifice entouré d'autres bâtiments plus petits et de cours, à quelques minutes en avant de Bethléem. Il y avait aussi là de grands arbres, et beaucoup de gens avaient dressé des tentes dessous. C’était l’ancienne maison de la famille de David, qu’avait possédée le père de Joseph. Des parents ou des connaissances de Joseph y habitaient encore ; mais ils le traiteront en étranger et ne voulurent pas le reconnaître. C’était maintenant la maison où l’on recevait les impôts pour le gouvernement romain.

Joseph, accompagné de la sainte Vierge et tenant l’âne par la bride, se rendit à cette maison; car tous ceux qui arrivaient devaient s’y faire connaître et y recevaient un billet sans lequel on ne laissait pas entrer à Bethléem. La jeune ânesse n’est pas avec eux ; elle court autour de la ville, vers le midi, au fond d‘un petit vallon. Joseph est entré dans le grand bâtiment ; Marie est dans une petite maison sur la cour, avec des femmes. Elles sont assez bienveillantes pour elle et lui donnent à manger.... Ces femmes préparent à manger pour les soldats... Ce sont des soldats romains ; on les reconnaît aux bandes de cuir qui enveloppent leurs jambes. Il fait un temps magnifique et nullement froid. Le soleil se montre au-dessus de la montagne qui est entre Jérusalem et Béthanie. On a d’ici une très-belle vue... Joseph est dans une grande pièce qui n’est pas au rez-de-chaussée ; on lui demande qui il est, et on consulte de grands rouleaux, dont plusieurs sont suspendus aux murs ; on les déploie, et on y lit sa généalogie, ainsi que celle de Marie. Il ne paraissait pas savoir qu’elle descendait directement de David par Joachim. On lui demanda aussi où était sa femme...

Joseph est un peu en retard pour payer l’impôt, mais on a des égards pour lui... On lui a demandé encore quels étaient ses moyens d‘existence, et il a répondu qu’il n’avait pas de biens-fonds, qu‘il vivait de son métier, et qu’il était en outre aidé par sa belle-mère.

Enfin, Joseph put descendre; et quand il fut descendu, on appela Marie dans une galerie devant les scribes, mais ils ne lui lurent pas leurs papiers. Ils dirent à Joseph qu’il aurait pu se dispenser d’amener sa femme avec lui, et ils eurent l‘air de le plaisanter à cause de la jeunesse de Marie. Ce qui le rendit un peu confus.

Au sortir de là, Joseph et Marie entrèrent dans la ville, dont les maisons étaient séparées les unes des aulnes par d’assez longs intervalles. On entrait à travers des décombres et comme par une porte détruite. Marie se tint tranquillement près de l’âne à l‘entrée de la rue, et Joseph chercha vainement un logement dans les premières maisons, car il y avait beaucoup d‘étrangers à Bethléem, et les rues regorgeaient de monde. Il revint vers Marie, et lui dit qu’on ne pouvait pas trouver à se loger dans ce quartier, et qu‘il fallait aller plus avant dans la ville. Il conduisit l’âne par la bride, pendant que la sainte Vierge marchait a côté de lui. Quand ils furent à l'entrée d’une autre rue, Marie resta de nouveau près de l‘âne, pendant que Joseph alla encore de porte en porte demander un logement, sans pouvoir en trouver. Il revint bientôt tout attristé. Cela se répéta plusieurs fois, et souvent la sainte Vierge eut bien longtemps à attendre. Partout la place était prise, partout on le rebute, et il finit par dire à Marie qu’il fallait aller dans une autre partie de Bethléem, où ils trouveraient sans doute ce qu’ils cherchaient. Ils revinrent alors sur leurs pas, dans la direction contraire à celle qu’ils avaient prise en venant, puis ils tournèrent au midi. Ils suivirent une rue qui ressemblait plutôt à un chemin dans la campagne, car les maisons étaient isolées et placées sur de petites élévations. ça aussi, toutes les tentatives furent vaines et inutiles.

Arrivés de l’autre côté de Bethléem, où les maisons étaient encore.plus dispersées, ils y trouvèrent un grand espace vide situé dans un fond : c’était comme un champ désert dans la ville. Il y avait là une espèce de hangar, et à peu de distance un grand arbre assez semblable à un tilleul, dont le tronc était lisse et dont les branches s’étendaient au loin et formaient comme un toit autour de lui. Joseph conduisit la sainte Vierge à cet arbre ; il lui arrangea avec des paquets un siégé commode au pied du tronc, afin qu'elle pût se reposer pendant qu‘il chercherait encore un logement dans les maisons d’alentour. L’âne resta la tête tournée vers l’arbre. Marie se tint d’abord debout, appuyée contre le tronc.Sa robe de laine blanche n’avait pas de ceinture et tombait en plis autour d’elle ; sa tête était couverte d’un voile blanc ; Plusieurs personnes passèrent et la regardèrent, ne sachant pas que leur Sauveur fût si près d‘elles. Combien elle était patiente, humble et résignée ! Il lui fallut attendre bien longtemps, et elle s’assit enfin sur les couvertures, les mains jointes sur la poitrine et la tête baissée. Joseph revint tout triste vers elle ; il n’avait pas pu trouver de logement. Les, amis dont il avait parlé à la sainte Vierge voulaient a peine le reconnaître. Il pleurait, et Marie le consolait. Il alla encore de maison en maison ; mais comme, pour faire mieux accueillir ses prières, il parlait de la prochaine délivrance de sa femme, il s‘attirait par la des. refus plus formels.

Il y avait moins de monde dans cette partie de la ville. Cependant les passants finirent par s’arrêter et regarder de loin avec curiosité, comme on fait ordinairement quand on voit quelqu’un rester longtemps a la même place a la chute du jour. Quelques uns même adressèrent la parole à Marie et lui demandèrent qui elle était. Enfin Joseph revint ; il était tellement troublé, qu‘il osait à peine s’approcher d'elle. Il lui dit que tout était inutile, mais qu’il connaissait en avant de la ville un endroit où des bergers s‘établissaient souvent quand ils venaient à Bethléem avec leurs troupeaux, et qu'ils trouveraient la au moins un abri. Il connaissait ce lieu depuis sa jeunesse : quand ses frères le tourmentaient, il s‘y retirait souvent pour y prier a l’abri de leurs persécutions. Il disait que si les bergers y venaient, il s‘arrangerait aisément avec eux ; mais que, du reste, ils s‘y tenaient rarement à cette époque de l'année. Quand elle y serait tranquillement établie, ajoutait-il, il ferait de nouvelles recherches.

Ils sortirent alors par le côté oriental de Bethléem, suivant un sentier désert qui tournait à gauche. C’était un chemin semblable à celui que l’on suivrait en marchant le long des murs écroulés, des fossés démolis et des fortifications en ruine d‘une petite ville démantelée. Le chemin montait d‘abord un peu, puis il descendait la pente. d’un monticule, et il les conduisit à quelques minutes à l’est de Bethléem devant le lieu qu’ils cherchaient, près d’une colline ou d’un vieux rempart, en avant duquel se trouvaient quelques arbres. C’étaient des arbres verts, des térébinthes ou des cèdres, et d‘autres arbres qui avaient de petites feuilles comme celles du buis. Tout ce côté de Bethléem ressemblait aux abords d’une petite ville autrefois fortifiée.

 

Considération

Saint Joseph d’après le Père Suffren

 

Le Père Suffren, de la Compagnie de Jésus, est auteur d’une Année chrétienne, qu’il composa à la prière de saint François de Sales, et d’où nous tirons la méditation suivante, intitulée : « La Couronne des douze Privilèges de saint Joseph ». Tout aussi bien, après avoir entendu sur saint Joseph, saint Bernardin, de l’ordre de Saint François, Isidore des Iles, de l’ordre de Saint Dominique, sainte Thérèse, de l’ordre des Carmes, il est bien naturel d’entendre un des premiers Pères de l’illustre Compagnie. Ils sont d’ailleurs nombreux, les Jésuites qui ont écrit sur le saint Patriarche. Voici donc ce qu’en dit le P. Suffren :

« De même que la Vierge destinée à être Mère de Dieu a en des privilèges très grands, conformes à cette dignité, de même Dieu a fait de grandes faveurs à saint Joseph, l’ayant destiné à être l’Epoux de la Vierge et le Père nourricier de Jésus. Dans les autres mariages, les femmes prennent leur honneur et leur dignité des maris, uxores coruscant radiis maritorum ; mais en celui-ci, le mari le prend de la femme. Et comme la sainte Vierge est couronnée de douze étoiles, qui sont douze principaux privilèges, ainsi en est-il de saint Joseph.

1° Elle a été conçue sans la tache du péché originel et sanctifiée dans le sein de Sa mère. Lui, conçu vraiment dans le péché originel, mais sanctifié avant de naître, selon l‘opinion des docteurs.

2° Elle n’a jamais en la rébellion des passions contre la raison, ni le foyer du péché, et jamais elle n’a commis aucun péché, ni mortel, ni véniel. En lui la même rébellion a été éteinte ou liée, et il n‘a jamais commis de péché mortel ; il n’en a commis que fort peu de véniels, toute sa vie ayant été une continuelle oraison et union avec Dieu.

3° Elle a été toujours Vierge et à fait voeu de Virginité. Lui aussi a été tel.

4° Elle a connu la première, par révélation de l’Ange Gabriel, le mystère de l’Incarnation. Lui, trois mois après, l‘a connu par là révélation du même Ange.

5° Elle a été la vraie Mère de Jésus, ayant sur lui l‘autorité de mère. Lui, le Père putatif, et à juste raison, car, par le mariage, la personne de la Vierge tombait sous son domaine. Donc le fruit qui a été produit lui appartient, comme les métaux qui naissent dans les champs sont au maître du champ, et comme la fleur produite miraculeusement en un jardin appartient au maître du jardin. Le mariage faisant du mari et de la femme une même personne civile, tout est commun entre eux ; et le mari étant le chef de la famille, saint Joseph était le chef dans cette sainte Famille, où se trouvaient Jésus et Marie. Il avait l‘autorité de père sur Jésus, et de mari sur la Vierge. Jésus lui était sujet et obéissant comme à son père, et la Vierge comme à son époux. Oh ! Quel honneur de commander à ceux qui commandent au ciel et sur la terre avec une pleine puissance !

6° Elle a été la nourrice de Jésus, l’ayant nourri de son propre lait dès le berceau ; et elle a été spirituellement nourrie par son Fils. Lui, le nourricier de Jésus tant qu’il a vécu, gagnant par son travail ce dont il pouvait le nourrir, et en récompense il a été nourri par lui intérieurement en son âme.

7° Elle a conversé familièrement avec Jésus durant les trente ans de sa vie cachée, et elle l’a suivi souvent durant les trois ans de ses prédications ; et par cette conversation, elle a continuellement accru la grâce et la sainteté qui était en elle. Lui a conversé avec la Vierge et vécu avec Jésus à Nazareth et en Egypte presque trente ans, travaillant avec lui à l’office de charpentier ; et il l’eût suivi dans ses prédications, s’il eût été en vie en ce temps-là.

8° Elle a été remplie de grâce et de lumière divines par-dessus tous les Anges et tous les Saints. Lui a plus de grâces que les autres Saints, comme ayant été plus proche et ayant communiqué plus souvent aux deux fontaines de grâce, Jésus et Marie, et ayant vu leurs actions et entendu leurs saints discours. Si Moïse, pour avoir conversé quarante jours avec un Ange à la montagne, avait sa face si lumineuse, quelle a été la face de l’âme de saint Joseph, ayant tant d‘années conversé avec le Roi et la Reine des Anges ?

9° Elle est morte par un excès de l'ardeur de l’amour de Dieu, une pareille mort étant convenable à celle qui est Mère de Dieu. Lui est mort entre les bras de Jésus et de Marie, enflammé du feu de l‘amour de Dieu, qu’ils lui jetaient dans le cœur.

10° Elle est ressuscitée trois jours après sa mort ; elle est au ciel en corps et en âme. Lui est ressuscité trois ans après sa mort, lorsque plusieurs ressuscitèrent avec Jésus-Christ, et il est au ciel en corps et en âme.

11° Elle est la plus élevée dans le ciel près de Jésus, son cher Fils. Lui est le plus élevé dans le ciel près de la Vierge, sa chère Epouse.

12° Elle est la médiatrice des hommes envers son Fils. Lui le médiateur des hommes envers la Vierge, son Épouse, et envers Jésus, son Fils putatif.

Honorez donc ce Saint et respectez-le pour ces douze privilèges... Réjouissez-vous avec lui de ce que son ministère regarde directement l’ordre de l’union personnelle du Verbe divin avec notre chair.... Réjouissez-vous avec la Vierge de ce qu’elle a eu un tel Epoux... Imitez-le, car sa grande sainteté lui est venue d'avoir conversé familièrement tant d‘années avec Jésus et Marie... Considérez bien leurs vies, et pratiquez leurs vertus... »

 

Pratique

Cordon de Saint Joseph

 

Le Cordon de saint Joseph est un petit cordon blanc, en laine, fil ou coton, se terminant à une de ses extrémités par sept noeuds qui rappellent ses mystères joyeux, douloureux et glorieux, et que l‘on porte sur les reins, par mode de ceinture, en l’honneur du saint Patriarche, et dans le but d’obtenir, avec sa protection spéciale, la pureté de l’âme, la chasteté de son état, la persévérance finale et une assistance particulière à l’heure de la mort. Il doit être bénit par un Prêtre ayant le pouvoir de le donner, comme, par exemple, le Directeur de l’Archiconfrérie de Beauvais, ou un Prêtre son délégué.

Les Associés du saint Cordon peuvent, pourvu qu’ils récitent chaque jour la prière « Ô saint Joseph, père et protecteur, etc »., gagner l’Indulgence plénière : 1° le jour de l’admission ; 2° aux Fêtes de saint Joseph, 23 janvier, 19 mars et le 3e Dim. après Pâques ; 3° à l'article de la mort ; et l’Indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque Dimanche qui suit les Quatre Temps ; quand on visite l’Eglise de la Confrérie, ou à son défaut, l’Eglise paroissiale ; quand on y assiste à quelque office ; quand on accompagne le Très Saint Sacrement ; quand on fait telle ou telle œuvre de piété et de charité.

Toutes ces Indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire, et l’Indulgence plénière de l’autel privilégié est attachée à toutes les Messes célébrées pour les Associés défunts, à quelque autel ou dans quelque Eglise que ce soit.

 

Prière

Universelle et pour tous

 

Glorieux saint Joseph, vous dont le cœur virginal et paternel est ouvert a tous ceux qui implorent votre secours, du haut des cieux jetez sur nous tous un regard favorable et obtenez-nous à tous la grâce de toujours vivre conformément à la divine volonté, en imitant vos vertus, et surtout votre foi, votre humilité, votre chasteté, votre douceur. Ô bon saint Joseph, priez votre Jésus pour le triomphe de la sainte Eglise, pour le Souverain Pontife, pour les Evêques, les Prêtres et tous les ordres religieux ; pour la persévérance des justes, pour la conversion des pécheurs, pour le retour des hérétiques et des schismatiques à l‘unité ; pour les mourants, pour les âmes du Purgatoire, pour les pauvres, les affligés ; pour tous ceux qui souffrent ; pour toutes les familles chrétiennes, et tout particulièrement pour la mienne, en vous faisant le pourvoyeur de tous ses besoins, le protecteur et le défenseur de tous ses intérêts. Veillez aussi sur.notre pauvre patrie. Que la religion, l'ordre et la paix, les vertus et les bonnes mœurs y refleurissent. Que tous nos cœurs, enfin, soient embrasés de l’amour de Jésus et de Marie, et, à notre dernière heure, venez avec eux nous défendre, nous assister et recevoir notre âme entre vos bras bénis, afin qu’éternellement nous puissions avec vous aimer et bénir la très sainte Trinité qui vous a couronné de tant de gloire. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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09 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Dixième jour

Voyage vers Bethléem

 

Le voyage de Nazareth à Bethléem dura dix jours. Le premier jour, au matin, les saints voyageurs arrivèrent à six lieues de Nazareth, dans une plaine appelée Ghinim, où l’ange était apparu à Joseph l’avant-veille. Anne possédait un pâturage en cet endroit, et ses serviteurs vinrent y prendre l’ânesse d’un an que Joseph devait emmener avec lui. Elle courait tantôt en avant et tantôt en arrière de la petite troupe. Anne et Marie de Cléophas prirent ici congé des saints voyageurs et s’en retournèrent avec les serviteurs.

Cependant Joseph et Marie continuèrent leur route par un chemin qui montait vers les montagnes de Gelboë. Ils ne passaient pas dans les villes, et suivaient la jeune ânesse qui prenait toujours des chemins de traverse. C’est ainsi qu’ils gagnèrent une propriété de Lazare, à peu de distance de la ville de Ghinim, du côté de Samarie. L’intendant les reçut amicalement. Il les avait connus lors d’un autre voyage. Leur famille avait des relations avec celle de Lazare. Il y avait là de beaux vergers et des allées. La position était si élevée, qu’on avait du toit une vue très étendue. Lazare avait hérité ce bien de son père. Notre Seigneur Jésus-Christ s’arrêta souvent en cet endroit pendant sa prédication, et enseigna dans les environs. L’intendant et sa femme s’entretinrent très amicalement avec la Sainte Vierge, et se montrèrent étonnes qu’elle eût entrepris ce grand voyage dans la position où elle se trouvait, lorsqu’elle pu rester commodément établie dans la maison de sa mère.

Le surlendemain, les saints Epoux étaient à quelque lieues au-delà de l’endroit que nous venons de citer, se dirigeant, pendant la nuit, vers une montagne le long d’une vallée très froide. Il avait gelé. La Sainte Vierge souffrait beaucoup du froid, et elle dit à Joseph : « Il faut nous arrêter ; je ne puis pas aller plus loin ». À peine avait-elle dit ces paroles, que l’ânesse, qui les devançait, s’arrêta sous un grand térébinthe très vieux qui se trouvait près de là, et dans le voisinage duquel était une fontaine. Ils firent halte sous cet arbre : Joseph arrangea avec des couvertures un siège pour la sainte Vierge, qu’il aida à descendre de son monture, et qui s’assit contre l’arbre. Joseph suspendit à une branche de l’arbre la lanterne qu’il portait avec lui. C’était l’usage des gens qui voyageaient dans ce pays.

Cependant la Sainte Vierge conjura Dieu de ne pas permettre que le froid lui fut nuisible. Au même instant, elle sentit une si grande chaleur qu’elle tendit les mains à Saint Joseph pour qu’il y réchauffa les siennes. Ils se réconfortèrent un peu avec des petits pains et des fruits qu’ils avaient avec eux, et burent l’eau de la fontaine voisine dans laquelle ils mirent du baume que Joseph portaient dans un cruchon. Joseph consola et encouragea le Sainte Vierge. Il était si bon ! Il souffrait tant de ce que ce voyage était si pénible ! Il lui parla du bon logis qu’il espérait lui procurer à Bethléem. Il connaissait une maison appartenant à de très braves gens, où ils seraient commodément à très bon compte. Il lui vanta Bethléem en général, et lui dit tout ce qui pouvait la consoler. Mais hélas ! Les choses devaient se passer tout autrement.

À ce point de leur voyage, ils avaient passé deux petits cours d’eau ; ils avaient traversé l’un d’eux sur un pont élevé, et les deux ânes avaient passé à gué. La jeune ânesse qui courait en liberté avait des allures singulières. Quand la route était bien tracée, entre deux montagnes, par exemple, et qu’on ne pouvait se tromper, tantôt elle courait derrière les voyageurs, tantôt elle allait bien loin. Quand le chemin se partageait, elle reparaissait toujours et prenant la bonne direction. Lorsqu’ils devaient s’arrêter, elle s’arrêtait elle-même, comme lors de leur halte sous le térébinthe. On ne sais pas s’ils passèrent la nuit sous cet arbre, ou s’ils atteignirent un autre gite.

Ce térébinthe était un vieil arbre sacré qui avait fait partie du bois de Moreh, près de Sichem. Abraham venant de la terre de Canaan, y a vu apparaître le Seigneur, qui lui avait promis cette terre pour sa postérité. Il avait élevé un autel sous le térébinthe. Jacob, avant d’aller à Bethel pour y offrir un sacrifice au Seigneur, avait enfoui sous ce térébinthe les idoles de Laban et les bijoux que sa famille avait avec elle. Josué y avait érigé le tabernacle où était l’Arche d’Alliance, et y ayant rassemblé le peuple, l’avait fait renoncer aux idoles. C’est aussi en ce lieu qu’Abimelech, fils de Gédéon, avait été proclamé roi par les Sichémites.

Le troisième jour, Joseph et Marie arrivèrent à une grande ferme, à deux lieues plus au midi que le térébinthe. La maîtresse de la maison était absente, et le maître refusa de recevoir Saint Joseph, lui disant qu’il pouvait bien aller plus loin. Quand ils eurent fait un peu de chemin au-delà, ils trouvèrent une jeune ânesse dans une cabane de bergers, où ils entrèrent aussi. Quelques bergers, qui étaient aussi occupés à la vider, les accueillirent avec beaucoup de bienveillance. Ils leur donnèrent de la paille et des petits paquets de jonc et de ramée pour faire du feu. Ces bergers allèrent à la maison d’où ils avaient été repoussés ; et quand ils racontèrent à la maîtresse de cette maison combien Joseph paraissait bon et pieux, combien sa femme était belle et avait l’air sainte, elle fit des reproches à son mari pour avoir repoussé de si excellentes gens. Puis cette femme se rendit aussitôt près de la cabane où s’était arrêtée la Sainte Vierge ; mais elle n’osa pas entrer, par timidité, et retourna chez elle pour y prendre quelques aliments.

Le lieu où ils se trouvaient était sur le versant nord d’une montagne, à peu près entre la Samarie et le Thebez. À l’orient de ce lieu, au-delà du Jourdain, se trouve Succoth ; Ainon est un peu plus au midi ; toujours au-delà du fleuve ; Salem est en deçà. Il pouvait y avoir douze lieues de là à Nazareth.

Au bout de quelques temps, la femme vint avec deux enfants trouver les saints voyageurs, apportant avec elle quelques provisions. Elle s’excusa poliment et se montra touchée de leur position. Quand les voyageurs eurent mangé et pris quelques repos, le mari vint aussi, et demanda pardon à saint Joseph de l’avoir repoussé. Il lui conseilla de monter encore une lieue vers le sommet de la montagne, lui disant qu’il pouvait y arriver à un bon gite avant le commencement du Sabbat, et y rester pendant le jour du repos. Sur/quoi Joseph et Marie se mirent en route.

Quand ils eurent fait à peu près une lieue en montant toujours, ils arrivèrent à une hôtellerie d’assez bonne apparence, composée de plusieurs bâtiments entourés de jardins et d’arbres. Il y avait aussi là des arbrisseaux qui donnent le baume, rangés en espaliers. Cependant l’hôtellerie était encore sur le côté nord de la montagne.

La sainte Vierge avait mis pied à terre, Joseph conduisait l’âne. Ils s’approchèrent de la maison, et Joseph pria l’hôte de les loger ; mais celui-ci s’excusa, parce que son hôtellerie était pleine. Sa femme vint alors, et comme la sainte Vierge s’adressa à elle et lui demanda avec la plus touchante humilité de leur procurer un logement, cette femme ressentit une profonde émotion, et l‘hôte aussi ne put plus résister. Il leur arrangea un abri commode dans une cabane voisine et mit leur âne a l'écurie. L’ânesse n’était pas là : elle courait en liberté dans les environs. Elle était toujours, loin d‘eux quand elle n’avait pas a montrer le chemin.

Joseph apprêta sa lampe, sous laquelle il se mit en prières avec la sainte Vierge, observant le sabbat avec une piété touchante. Ils mangèrent quelque chose, et se reposèrent sur des nattes étendues par terre.

Le quatrième jour était le jour du Sabbat, et les saints Epoux restèrent dans ce lieu toute la journée, priant ensemble. La femme de l’hôte resta presque toujours près de la Sainte Vierge avec ses trois enfants. L’autre femme qui s’était montrée la veille si compatissante vint aussi la visiter avec ses deux enfants. Elle s’assirent auprès d’elle d’un air très amical, et furent très touchées de la modestie et de la sagesse de Marie.

La Sainte Vierge s’entretint avec les enfants et leur donna des instructions. Les enfants avaient avec eux de petits rouleaux de parchemins. Marie leur en fit lire quelques passages qu’elle leur expliqua avec tant de bonté, qu’ils ne la quittaient plus des yeux. C’était touchant de voir, et encore plus touchant à entendre.

Saint Joseph, dans l’après-midi, se promena avec l’hôte dans les environs, examina les jardins et les champs et tint avec lui des discours édifiants. C’est ce que faisaient toujours les gens pieux du pays le jour su sabbat. Les saints voyageurs restèrent encore en ce lieu la nuit suivante.

Les bons hôteliers de la Sainte Famille avaient pris la Sainte Vierge en affection à un degré incroyable, et ils lui témoignèrent une tendre compassion pour son état. Ils la prièrent amicalement de rester chez eux et d’y attendre le moment de sa délivrance. Ils lui montrèrent une chambre commode qu’ils voulaient lui donner. La femme lui offrit du fond du coeur tous ses soins et toute son amitié ; mais Joseph et Marie reprirent le voyage de grand matin, le lendemain du Sabbat, et descendirent par le côté sud-est de la montagne dans une vallée. Ils s’éloignèrent alors davantage de Samarie, où semblait les conduire la direction qu’ils avaient prise jusque là. Pendant qu’ils descendaient, ils pouvaient voir le temple qui est sur le mont Garizim. On l’apercevait de très loin. Il y avait sur le toit plusieurs figures de lions ou d’autres animaux qui brillaient au soleil.

Ils firent en ce jour environ six lieues. Vers le soir, étant dans une plaine à une lieue au sud-est de Sicham, ils entrèrent dans une assez grande maison de bergers, où ils furent bien accueillis. Le maître de la maison était chargé de surveiller les vergers et des champs qui dépendaient d’une ville voisine. La maison n’était pas tout à fait dans la plaine, mais sur une pente. Ici tout était plus fertile et en meilleure condition que dans le pays parcouru précédemment, car ici ont était tourné vers le soleil, ce qui dans la terre promise, fait une différence considérable à ce moment de l’année. D’ici jusqu’à Bethléem il y avait beaucoup de semblables habitations de bergers, dispersées dans les vallées.

Les habitants de ces vallées étaient de ces bergers dont plusieurs des trois rois mages, restés en Palestine, épousèrent plus tard les filles. D’une de ces unions provenait un garçon que Notre Seigneur guérit dans cette maison, à la prière de la Sainte Vierge, le 31 juillet de la seconde année de sa prédication, après son colloque avec la Samaritaine. Jésus le prit, ainsi que deux autres jeunes gens, pour l’accompagner dans le voyage qu’il fit en Arabie après la mort de Lazare, et il devint plus tard disciples du Sauveur. Jésus s’arrêta souvent ici et y enseigna. Il y avait des enfants dans cette maison, Joseph les bénit avant son départ.

Le sixième jour, Joseph et Marie suivirent un chemin plus uni. La sainte Vierge allait de temps en temps à pied. Ils trouvaient plus souvent des haltes commodes où ils se réconfortaient. Ils avaient avec eux des petits pains et une boisson à la fois rafraîchissante et fortifiante dans de petites cruches très élégantes qui avaient deux anses et brillaient comme du bronze. C’était du baume que l’on mêlait avec de l’eau. Ils cueillaient aussi des baies et des fruits qui pendaient encore aux arbres et aux buissons dans certains endroits exposés au soleil. Le siège de Marie sur l’âne avait à droite et à gauche des espèces de rebords sur lesquels les pieds s’appuyaient, de sorte qu’il ne pendaient pas comme chez les gens de la campagne qui vont à âne dans notre pays. Ses mouvements étaient singulièrement posés et décents. Elle s’asseyait alternativement à droite et à gauche. La première chose que faisait Joseph, quand on faisait une halte ou qu’on entrait quelque part, était de chercher une place où la sainte Vierge pût s‘asseoir et se reposer commodément. Il se lavait souvent les pieds, ainsi que Marie. En général, ils se lavaient souvent.

Il faisait déjà nuit lorsqu’ils arrivèrent à une maison isolée. Joseph frappa et demanda l’hospitalité. Mais le maître du logis ne voulut pas ouvrir; et quand Joseph lui représenta la situation de Marie, qui n‘était pas en état d’aller plus loin, ajoutant qu‘il ne demandait pas à être logé gratuitement, cet homme dur et grossier répondit que sa maison n’était pas une auberge, qu‘il voulait qu‘on le laissât tranquille et qu‘on cessait de frapper, et autres choses semblables. Cet homme intraitable n’ouvrit même pas, mais fit sa grossière réponse à travers la porte fermée. Ils continuèrent donc leur chemin, et au bout de quelque temps ils entrèrent dans un hangar près duquel ils trouvèrent l’ânesse arrêtée. Joseph se procura de la lumière et prépara un lit pour la sainte Vierge, qui l’y aida. Il fit aussi entrer l’âne, pour lequel il trouva de la litière et du fourrage, ils prièrent, mangèrent un peu, et dormirent quelques heures.

De la dernière hôtellerie jusqu’ici il pouvait y avoir six lieues de chemin. Ils étaient maintenant à environ vingt-six lieues de Nazareth et à dix de Jérusalem. Jusqu’alors ils n’avaient pas suivi la grande route, mais avaient traversé plusieurs chemins de communication qui allaient du Jourdain à Samarie, et aboutissaient au grandes routes qui conduisaient de Syrie en Egypte. Les chemins de traverse qu’ils suivaient étaient très étroits ; dans la montagne, ils étaient souvent si resserrés, qu’il fallait beaucoup de précautions pour y avancer sans broncher. Mais les ânes y marchaient d’un pas très assuré. La présente station était dans la plaine.

Joseph et Marie quittèrent ce dernier lieu le lendemain avant le jour. Le chemin redevint un peu montant. Ils durent toucher à la route qui conduisait de Gabara à Jérusalem, et qui formait en cet endroit de limite entre la Samarie et la Judée. Ils furent encore une fois grossièrement repoussés d’une maison. Comme ils étaient à plusieurs lieues au nord-est de Béthanie, il arriva que Marie étant très fatiguée éprouva le besoin de prendre quelque chose et de se reposer. Alors Joseph se détourna de là dans un endroit où se trouvait un beau figuier qui était ordinairement chargé de fruits. Cet arbre était entouré de bancs où l’on pouvait se reposer, et Joseph le connaissait depuis un de ces précédents voyages. Mais quand il y arrivèrent, ils n’y trouvèrent pas un seul fruit, ce qui les attrista. Plus tard Jésus rencontra cet arbre, qui était couvert de feuilles vertes mais ne portait plus de fruits. Il le maudit dans un voyage qu’il fit après s’être enfui de Jérusalem, et l’arbre se dessécha entièrement.

Ils approchèrent ensuite d’une maison dont le maître commença par traiter grossièrement Joseph qui lui demandait humblement l’hospitalité. Il regarda la sainte Vierge à la lueur de sa lanterne et railla Joseph de ce qu’il tenait avec lui une femme aussi jeune. Mais la maîtresse de la maison, étant survenue, eut pitié de la sainte Vierge, leur offrir amicalement une chambre dans un bâtiment attenant à la maison, et leur porta même quelques petits pains. Le mari se repentit aussi de sa grossièreté, et se montra très serviable envers les saints voyageurs.

Ils allèrent plus tard dans une troisième maison, habités par un jeune ménage. On les y accueillit, mais sans beaucoup de courtoisie : on ne s’occupa guère d’eux. Ces gens n’étaient pas des bergers aux mœurs simples, mais comme les riches paysans de ce pays, assez occupés d’affaires, de négoce, et le reste.

Jésus visita une de ces maisons, après son baptême, le 20 octobre, le 1er du mois de Tisri. On avait fait un oratoire de la chambre où ses parents avaient passé la nuit. C’était peut être la maison dont le maître avait d’abord raillé Saint Joseph. Quoi qu’il en soit, on avait fait cet arrangement après les miracles qui signalèrent la naissance du Sauveur.

Joseph fit des haltes fréquentes à la fin du voyage ; car la sainte Vierge en était de plus en plus fatiguée. Ils suivirent le chemin que leur indiquait la jeune ânesse, et firent un détour d‘une journée et demie à l’est de Jérusalem. Joseph connaissait très bien cette contrée, parce que son père y avait possédé des pâturages. Si ils avaient traversé directement le désert qui est au midi derrière Béthanie, ils auraient atteint Bethléem en six heures ; mais ce chemin était montueux et très incommode dans cette saison. Ils suivirent donc l’ânesse le long des vallées et se rapprochèrent un peu du Jourdain.

Le huitième jour, les saints voyageurs arrivèrent à une grande maison de bergers, qui pouvait être à trois lieues de l’endroit où Jean baptisait dans le Jourdain, et à environ sept lieues de Bethléem. C’est la maison où, trente ans après, Jésus passa la nuit la veille du jour où, pour la première fois après son baptême, il passa devant Jean-Baptiste. Près de cette maison, se trouvait une grange séparée où étaient déposés les instruments de labourage et dont se servaient les bergers, Il y avait dans la cour une fontaine entourée de bains qui recevaient par des conduits l‘eau de cette fontaine. Le maître de la maison devait avoir, des propriétés étendues, et il y avait là une exploitation considérable, où l’on voyait aller et venir de nombreux valets qui prenaient la leur repas.

Le maître de la maison accueillit les voyageurs très amicalement et se montra fort serviable. On les conduisit dans une chambre commode et en prit soin de leur âne. Un domestique lava les pieds de Joseph à la fontaine et lui donna d’autres habits, pendant qu‘on nettoyait les siens qui étaient couverts de poussière ; une servante rendit les mêmes offices à la sainte Vierge. Ils prirent leur repas dans cette maison et y dormirent.

La maîtresse de la maison était d’un caractère assez bizarre, et elle resta renfermée dans sa chambre. Elle avait regardé les voyageurs à la dérobée ; et comme elle était jeune et vaine, la beauté de la sainte Vierge lui avait déplu. Elle craignait, en outre, que Marie ne s‘adressât à elle, ne voulut rester dans sa maison et y faire ses couches. Aussi eût-elle l'impolitesse de ne pas se montrer et prit-elle ses mesures pour que les voyageurs partissent le jour suivant. C’est la femme que Jésus, trente ans après, le 11 octobre, trouva dans cette même maison, aveugle et courbée en deux, et qu’il guérit, après lui avoir donné quelques avis sur son inhospitalité et sa vanité. Il y avait aussi des enfants dans la maison. Joseph et Marie y passèrent la nuit.

Le lendemain, vers midi, ils quittèrent le lieu où ils avaient logé la veille. Quelques habitants de la maison les accompagnèrent jusqu‘à une certaine distance.

Après un court voyage d’environ deux lieues, ils arrivèrent sur le soir à un lieu que traversait une grande route, bordée de chaque côté d'une longue rangée de maisons avec cours et jardins. Joseph avait des parents qui demeuraient en ce lieu, peut-être les enfants du second mariage d’un beau-père ou d‘une belle-mère. Leur maison avait beaucoup d’apparence. Ils traversèrent pourtant cet endroit d’un bout a l’autre ; puis, à une demi-lieue de là, ils tournèrent à droite, dans la direction de Jérusalem, et arrivèrent à une grande hôtellerie, dans la cour de laquelle se trouvait une fontaine avec-plusieurs conduits. Il y avait là beaucoup de gens rassemblés : on y célébrait des funérailles.

L’intérieur de la maison, au centre de laquelle se trouvait le foyer avec un conduit pour la fumée, avait été transformé en une grande pièce par la suppression de cloisons mobiles qui formaient ordinairement plusieurs, chambres séparées. Derrière le foyer étaient suspendues des tentures noires, et en face se trouvait quelque chose qui ressemblait à une bière recouverte en noir. Il y avait là plusieurs hommes qui priaient ; ils portaient de longues robes noires, et par-dessus, des robes blanches plus courtes ; quelques-uns avaient une espèce de manipule noir à franches suspendu au bras. Dans une autre chambres se trouvaient les femmes, entièrement enveloppées dans leurs vêtements ; elles étaient assises sur des coffres très-bas et pleuraient. Les maîtres de la maison, occupés de la cérémonie funèbre, se contentèrent de faire signe aux voyageurs d‘entrer ; mais les serviteurs les accueillirent très-bien et prirent soin d‘eux. On leur prépara un logement à part formé avec des nattes suspendues, qui le faisaient ressembler à une tente. Plus tard les gens de la maison visitèrent les saints voyageurs et s‘entretinrent amicalement avec eux. Ils n’avaient plus leurs vêtements blancs de dessus. Joseph et Marie, après avoir pris un peu de nourriture, prièrent ensemble et se reposèrent.

Le dixième jour, enfin, vers midi, Joseph et Marie se mirent en route pour Bethléem, dont ils étaient encore éloignés d‘environ trois lieues. La maîtresse de la maison les engagea à rester, parce qu‘il lui semblait que Marie pouvait accoucher d’un moment à l‘autre. Marie répondit, après avoir baissé son voile, qu’elle avait encore trente-six heures à attendre. Peut-être a-t-elle dit trente-huit. Cette femme les aurait gardés volontiers, non pas pourtant dans sa maison , mais dans un autre bâtiment. Au moment du départ, Joseph parla de ses ânes avec l’hôte ; il fit l’éloge de ces animaux, et dit qu‘il avait pris l’ânesse avec lui pour la mettre en gage en cas de nécessité. Comme les hôtes parlaient de la difficulté de trouver un logement à Bethléem, Joseph dit qu’il y avait des amis et qu’il y serait certainement bien accueilli. Cela fait vraiment peine a l’entendre parler avec tant d’assurance du bon accueil qu"il attendait. Il en parla encore à Marie pendant la route. On voit par là que même d’aussi saints personnages peuvent se tromper ; mais ces douces illusions de la pieuse confiance ne sont-elles pas souvent, comme ici, un effet de la bonté de Dieu ?

 

Considération

Saint Joseph d’après Saint François de Sales

 

Saint François de Sales aimait à entretenir ses Filles de la Visitation du glorieux Epoux de Marie, pour lequel il avait une affection particulière. Voici la doctrine de son Entretien avec elles sur les vertus de notre Saint Patriarche.

Il commence par comparer Saint Joseph au palmier, le roi des arbres, et qui possède, dit-il, les trois propriétés particulières de la virginité, de l’humilité et de la constance ; lesquelles propriété conviennent davantage à Saint Joseph, qui est, ainsi que la Sainte Eglise nous fait dire, semblable à la palme. Oh ! Quel Saint est le glorieux saint Joseph. Il n’est pas seulement Patriarche, mais le coryphée de tous les Patriarches. Il n’est pas simplement confesseur, mais plus que confesseur ; car dans sa confession sont encloses les dignités des évêques, la générosité des martyrs et de tous les autres saints. C’est donc à juste raison qu’il est comparé au palmier qui est le roi des arbres, et lequel à la propriété de la virginité, celle de l’humilité et de la constance et vaillance, trois vertus dans lesquelles le glorieux saint Joseph a grandement excellé ; et si l’on osait faire des comparaisons, il y en aurait plusieurs qui maintiendraient qu’il surpasse tous les autres saints en ces trois vertus.

Dieu, expose-t-il ensuite, ayant destiné de toute éternité, en sa divine Providence, qu’une Vierge concevrait un fils qui serait Dieu et homme tout ensemble, voulut néanmoins que cette Vierge fût mariée, parce qu’il fallait que cette Vierge conçût et enfantât ce doux trait de vie, Notre Seigneur, sous l’ombre du saint mariage, mariage donc qui n’était point selon l’ordinaire tant pour la communication des biens extérieurs que pour l’union et conjonction des biens intérieurs.

Ô la divine union que celle qui existait entre Notre Dame et le glorieux saint Joseph ! union qui faisait que ce bien des biens éternels, qui est Notre Seigneur, fut et appartint à saint Joseph, ainsi qu‘il appartenait à Notre Dame, non selon la nature qu’il avait prise dans les entrailles de notre glorieuse maîtresse (nature qui avait été formée par le Saint Esprit du très pur sang de Notre Dame), mais selon la grâce, laquelle le rendait participant de tous les biens de sa chère Epouse, et laquelle faisait qu’il allait merveilleusement croissant en perfection. Car de même que l’on voit un miroir opposé aux rayons du soleil recevoir ses rayons très parfaitement, et un autre miroir étant mis vis-à-vis de celui qui les reçoit, bien que le dernier miroir ne prenne et ne reçoive les rayons du soleil que par réverbération, les représente pourtant si fidèlement, que l’on ne pourrait presque pas juger lequel c’est qui les reçoit immédiatement du soleil, ou celui qui est opposé au soleil, ou celui qui ne les reçoit que par réverbération ; de même en était-il de Notre-Dame, laquelle , comme un très pur miroir opposé aux rayons du soleil de justice, rayons qui apportaient en son âme toutes les vertus en leur perfection, perfections et vertus qui faisaient une réverbération si parfaite en saint Joseph, qu’il semblait presque qu'il fût aussi parfait, ou qu‘il eût les vertus en un aussi haut degré comme les avait la glorieuse Vierge notre maîtresse.

Et, partant de ce principe, notre bienheureux exalte la virginité de saint Joseph élevée à un si haut degré par son contact avec celle de la sainte Vierge, qu’elle lui fait surpasser tous les Saints, les Anges et les Chérubins mêmes, en cette vertu tant recommandable de la virginité ; sa très sainte humilité, sous l’abri de laquelle il tient cachées ses grandes vertus et ses si hautes dignités d’Epoux de Marie, et de gouverneur, de Père même putatif de Notre Seigneur ; sa vaillance et sa force contre les deux plus grands ennemis de l’homme, le diable et le monde ; sa constance et sa persévérance contre notre grand ennemi intérieur qui est l’ennui dans la continuation des choses abjectes, humiliantes, pénibles, adverses ; son amour si sincère de la pauvreté, son obéissance si parfaite, sa soumission si entière à la divine volonté, laquelle allait toujours croissant et se perfectionnant, parce qu’il la tirait de Notre Dame, comme Notre Dame tirait sa propre perfection de son divin Fils.

Enfin, notre saint auteur s’écrie, après avoir démontré et affirmé que saint Joseph est très certainement au ciel en corps et en âme : « Oh ! combien serons-nous heureux, si nous pouvons mériter d’avoir part en ses saintes intercessions ! car rien ne lui sera refusé, ni de Notre Dame, ni de son glorieux Fils. Il nous obtiendra, si nous avons confiance en lui, un saint accroissement en toutes sortes de vertus, mais spécialement en celles qu’il a eues au plus haut degré que toutes les autres, qui sont la très sainte pureté de corps et d’esprit, la très aimable vertu d’humilité, la constance, la vaillance et la persévérance, vertus qui nous rendront victorieux, en cette vie, de nos ennemis, et qui nous feront mériter la grâce d’aller jouir en la vie éternelle des récompenses qui sont préparées à ceux qui imiteront l’exemple que saint Joseph leur a donné, étant en cette vie, récompense qui ne sera rien moindre que la félicité éternelle, en laquelle nous jouirons de la claire vision du Père, du Fils et du Saint Esprit. Dieu soit béni.

 

Pratique

Chapelet de saint Joseph

 

Ce qu’on appelle le Chapelet ou Couronne de saint Joseph , se compose de trente grains divisés en trois dizaines, pour honorer les trente années que saint Joseph a passées dans la compagnie de Jésus et de Marie. On le récite plus particulièrement pour demander la grâce d’une bonne mort ; et voici la manière plus ordinaire de le dire :

Sur la croix, après avoir dit « Au nom du Père, etc., » l’on dit : « Vous l‘avez, Seigneur, couronné d’honneur et de gloire, et constitué prince dans votre maison, et sur tout ce qui vous appartient ».

Sur les gros grains : « Que les mérites du chaste Epoux de votre très sainte Mère, ô divin Jésus, viennent en aide à notre insuffisance, afin que par son intercession il nous soit accordé ce qu’il n’est pas en notre pouvoir d’obtenir. Nous vous en conjurons, Seigneur, qui, étant Dieu, vivez et régnez avec le Père dans l’unité du Saint Esprit, pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

Sur les petits grains : « Je vous salue, Joseph, fils de David, homme juste. Epoux de Marie, de laquelle est né Jésus. Saint Joseph, Père nourricier de Jésus, priez pour nous, pauvres pécheurs , maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il ».

Si cette méthode paraissait compliquée et présentait quelques difficultés dans la pratique, on pourrait y apporter des modifications, comme de dire le Pater sur la croix, l’Ave, Maria, sur les gros grains, et la Salutation à saint Joseph, sur les petits, etc.

 

Invocation

Bon saint Joseph

 

Bon Saint Joseph, protégez-nous et protégez la sainte Eglise ! Bon saint Joseph ! Nous savons bien que Dieu seul est bon, mais puisque le bon Dieu vous a fait bon aussi, le Père, en vous associant à sa divine paternité, le Fils, en vous admettant pendant trente ans dans une incomparable intimité, le Saint Esprit, en vous unissant comme Epoux à la bonne Vierge Marie, rappelez-vous que vous n’avez été fait bon qu’à cause de nous, et afin que rien ne vienne mettre des bornes à votre bonté pour nous.

Protégez-nous ! Car les temps sont bien mauvais, les jours bien malheureux, les dangers bien pressants, et voilà que toutes les vérités saintes sont diminuées parmi les enfants des hommes. Dans cette extrémité, nous avons recours à votre toute-puissante protection, dans la confiance que vous ne rejetterez pas nos prières, mais que vous nous protégerez dans tous nos dangers.

Et protégez la sainte Eglise ! La sainte Eglise si tourmentée, si éprouvée, si persécutée, si accablée, si écrasée, et qui devrait périr mille fois, si elle n’avait pour elle les promesses de celui qui a bien voulu se faire votre Fils. Mais, malgré ces promesses, elle n’en est pas moins trop opprimée. Protégez-la donc, tout-puissant saint Joseph, et sauvez-la de nos jours, comme vous l‘avez sauvée dans ses premiers jours et les anciens temps.

C’est dans ces sentiments que nous vous disons avec Pie IX indulgenciant cette invocation (50 jours pour les associés du Culte Perpétuel), avec tous les associés du Culte Perpétuel,avec tous vos fidèles serviteurs qui poussent vers vous ce cri de leur détresse et de leur confiance : « Bon Saint Joseph, protégez-nous et protégez la Sainte Eglise ! »

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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08 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Neuvième jour

Départ pour Bethléem

 

Environ 4000 ans s’étaient écoulés depuis la création du monde, 2348 depuis le déluge, 1921 depuis la vocation d’Abraham,1491 depuis la loi de Dieu donnée sur le mont Sinaï, 1005 depuis la dédicace du temple de Salomon, 558 depuis la fin de la captivité de Babylone. On était entré dans la 63e semaine prédite par le prophète Daniel, dans la 194e Olympiade, selon la manière de compter des Grecs, dans la 752e année depuis la fondation de Rome, et l’Empire romain étendait sa domination sur toute la terre. C’est alors que César Auguste ordonna le dénombrement de tous ses habitants. Ce dénombrement fut fait pour la Judée par Cyrinus, gouverneur de Syrie, et l’on vit pendant plusieurs mois le pays parcouru en tous sens par toutes sortes de personnes qui allaient se faire inscrire dans les lieux dont elles étaient originaires.

Cependant la sainte Vierge était auprès de sa mère, sainte Anne, dont la maison était à peu près à une lieue de Nazareth, dans la vallée de Zabulon. Il n’était resté à la maison de Nazareth que la servante qui servait saint Joseph, tandis que Marie était chez sa mère. Du reste, tant qu’Anne vécut, ils n’eurent pas de ménage entièrement séparé ; mais ils recevaient toujours de celle-ci ce dont ils avaient besoin.

Depuis plusieurs semaines aussi, la sainte Vierge était occupée des préparatifs pour la naissance de Jésus-Christ : elle apprêtait des couvertures, des bandages et des langes. Son père Joachim ne vivait plus, et Anne s’était remariée, d’après l’ordre du ciel, à un homme qui avait un emploi dans le Temple, où il inspectait les victimes destinées aux sacrifices ; en dehors du Temple, il restait ordinairement auprès de ses troupeaux, où Anne lui envoyait sa nourriture : c’étaient des petits pains et des poissons qu'elle mettait dans un sac de peau divisé en plusieurs compartiments. Il y avait encore chez sainte Anne une petite fille, d’environ sept ans, qui était souvent près de la sainte Vierge, laquelle lui donnait des leçons. Ce devait être la fille de Marie de Cléophas, qui s’appelait aussi Marie.

C’était donc dans la maison d’Anne que la sainte Vierge passait le temps de sa grossesse, en compagnie de plusieurs autres femmes qui préparaient des effets et des couvertures pour ses couches. Anne avait des propriétés assez considérables en troupeaux et en pâturages. Elle fournissait abondamment la sainte Vierge de tout ce qui lui était nécessaire suivant son état. Comme elle croyait que Marie ferait ses couches chez elle, et que tous ses parents la visiteraient à cette occasion, elle faisait toute espèce de préparatifs pour la naissance de l’Enfant de la promesse. On apprêtait pour cela de belles couvertures et de beaux tapis.

Il y avait une couverture de ce genre, lors de la naissance de Jean, dans la maison d’Elisabeth. Elle était ornée de figures symboliques et de semences tracées à l’aiguille. Au milieu était une espèce d‘enveloppe dans laquelle l‘accouchée se plaçait de telle façon, que, quand les diverses parties de la couverture étaient assujetties autour d’elle avec des lacets et des boutons, elle était là comme un petit enfant dans son maillot, et pouvait facilement rester assise entre des coussins, pour recevoir les visites de ses amies, qui s’asseyaient auprès d’elle sur le bord du tapis.

On préparait aussi dans la maison d’Anne des objets de ce genre, outre des bandelettes et des langes pour l’enfant, dans lesquels on allait jusqu’à faufiler çà et là des fils d‘or et d’argent. Tous ces effets et ces couvertures n’étaient pas uniquement pour l’usage de l’accouchée ; il y avait beaucoup de choses destinées aux pauvres, auxquels on pensait toujours dans ces jours d‘allégresse. La sainte Vierge et d’autres femmes, assises par terre autour d‘un grand coffre, travaillaient à une grande couverture qui était placée sur ce coffre au milieu d’elles. Elles se servaient de petits bâtons où étaient attachés des fils de diverses couleurs. Sainte Anne était très affairée : elle allait ça et la pour prendre de la laine, la partager, et donner leur tâche à chacune des travailleuses.

Cependant Joseph était allé à Jérusalem, où il avait conduit des animaux pour le sacrifice. Il les avait laissés dans une petite hôtellerie située à un quart de lieue en avant de Jérusalem, du côté de Bethléem, et tenue par un vieux ménage sans enfants. C‘étaient des gens pieux, chez lesquels on pouvait loger en toute confiance. Joseph alla de là à Bethléem, mais il ne visita pas les parents qu'il y avait. Il voulait seulement prendre des informations relativement à un dénombrement ou à une levée d’impôts qui exigeaient que chacun comparût dans son lieu de naissance. Il ne se fit pourtant pas encore inscrire, car il avait l’intention, lorsque, le temps de la purification de Marie serait accompli, d‘aller avec elle de Nazareth au Temple de Jérusalem, et de là à Bethléem, où il voulait s’établir. On ne sait pas bien quel avantage il y trouvait, mais le séjour de Nazareth ne lui plaisait pas. C’est pour cela qu’il profita de l’occasion pour aller à Bethléem, où il prit des informations relativement à des pierres et à des bois de charpente, ayant toujours le projet d’y bâtir une maison. Il revint ensuite à l’hôtellerie voisine de Jérusalem, alla offrir son sacrifice au Temple, et se remit en route peur Nazareth.

Mais pendant la nuit, comme il traversait la plaine de Ghinim, à six lieues de Nazareth, un Ange lui apparut et lui enjoignit de partir avec Marie pour Bethléem, car c’était là qu’elle devait mettre son Enfant au monde. L’Ange lui prescrivit aussi ce qu’il devait prendre avec lui. Il devait emporter peu d’effets, et notamment aucune couverture brodée. Il devait aussi, outre l’âne sur lequel Marie monterait, emmener avec lui une ânesse d’un an qui n’avait pas encore eu de petits. Il devait la laisser courir en ‘liberté et suivre toujours le chemin qu’elle prendrait.

Ce soir, Anne se rendit a Nazareth avec la sainte Vierge ; elles savaient que Joseph arriverait. Elles ne paraissaient pourtant pas savoir que Marie irait à Bethléem ; elles croyaient qu’elle mettrait son Enfant au monde dans sa maison de Nazareth, où l’on porta plusieurs des objets qu’on avait préparés. empaquetés dans des nattes. Joseph arriva le soir à Nazareth.

Le lendemain, saint Joseph fit connaître à la sainte Vierge et à sainte Anne ce qui lui avait été dit la nuit précédente. Elles revinrent ensemble dans la maison d’Anne, et firent des préparatifs pour un prompt départ. Anne en était tout attristée. La sainte Vierge savait d’avance qu’elle devait enfanter son Fils à Bethléem, mais elle n’en avait rien dit par humilité. Elle le savait par les prophéties sur la naissance du Messie qu’elle conservait a Nazareth. Elle avait reçu ces écrits de ses maîtresses du Temple, et ces saintes femmes les lui avaient expliqués. Elle les lisait souvent et priait pour leur accomplissement. Ses ardents désirs invoquaient toujours la venue du Messie ; elle appelait toujours bienheureuse celle qui devait mettre au monde le saint Enfant, et désirait seulement pouvoir être la dernière de ses servantes ; elle ne pensait pas, dans son humilité, que cet honneur pût lui être destiné. Comme elle savait, par les textes des prophéties, que le Sauveur devait naître à Bethléem, elle se conforma avec d’autant plus de joie à la volonté divine, et se prépara à un voyage très pénible pour elle dans cette saison, car il faisait souvent un froid très vif dans les vallées, entre les chaînes des montagnes.

Ce même soir donc, Joseph et la sainte Vierge, accompagnés d’Anne, de Marie de Cléophas, et de quelques serviteurs, partirent de maison d’Anne. Marie était assise sur le bât d’un âne qui portait aussi son bagage. Joseph conduisait l’âne. Il y avait un second âne sur lequel sainte Anne devait revenir. Son mari était dans les champs lors du départ de la sainte compagnie.

 

Considération

Saint Joseph d’après Sainte Thérèse

 

Une des gloires de la mission providentielle de sainte Thérèse a été de propager le culte de saint Joseph dans toute l'Église. Par la page céleste qu'on va lire, et dans laquelle sa plume, séraphique a si bien exalté le saint Patriarche, l’illustre réformatrice du Carmel a comme ouvert la carrière aux pieux auteurs qui voudraient publier ses louanges, et donné le signal du culte qui devait lui être rendu. Aussi, depuis lors, que de livres publiés à la gloire de saint Joseph, et qui n’ont été qu’un pieux ou savant commentaire de ce qu’elle a écrit ! Que d‘hommages ont été adressés au glorieux Père nourricier de Jésus, de tous les points du monde catholique ! Et que de ferventes invocations sont sorties des lèvres de tous ceux qui se sont pressés autour de ses autels, et qui n’ont été, à le bien prendre, que l’éclosion des sentiments qu’elle avait fait naître dans tous les cœurs !

« Je pris, nous dit-elle dans sa Vie écrite par elle-même, ch. VI, pour avocat et pour protecteur le glorieux saint Joseph, et je me recommandai très instamment à lui. Ce tendre Père de mon âme, ce bien-aimé Protecteur m'a toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé jusqu’à ce jour qu’il ne me l’ait accordé. Quel tableau je mettrais sous les yeux, s’il m‘était donné de retracer les grâces insignes dont Dieu m’a comblée, et les dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint !

Le très-Haut donne seulement grâce aux autres Saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin ; mais le glorieux saint Joseph, je le sais pas expérience, étend son pouvoir à tous, Notre Seigneur veut nous faire entendre par là que de même qu’il lui fut soumis sur cette terre d’exil, reconnaissant en lui l’autorité d’un père nourricier et d’un gouverneur, de même il se plaît encore à faire sa volonté dans le ciel, en exauçant toutes ses demandes. C’est ce qu’on vu comme moi, par expérience, d’autres personnes auxquelles j’avais conseillé de se recommander à cet incomparable Protecteur. Aussi le nombre des âmes qui l’honorent commence-t-il à être grand, et les heureux effets de sa médiation confirment de jour en jour la vérité des mes paroles.

Connaissant aujourd’hui par une si longue expérience l’étonnant crédit de saint Joseph auprès de Dieu, je voudrai persuader tout le monde de l’honorer d’un culte particulier. Jusqu’ici, j’ai toujours vu les personnes qui ont eu pour lui une dévotion vraie et soutenue par des œuvres faire des progrès dans la vertu ; car ce céleste Protecteur favorise d’une manière frappante l’avancement des âmes qui se recommandent à lui. Déjà, depuis plusieurs années, je lui demande, le jour de sa fête, une faveur particulière, et j’ai toujours vu mes désirs accomplis. Si, par quelque imperfection, ma demande s’écartait tant soit peu du but de la gloire divine, il la redressait admirablement, dans la vue de m’en faire tirer un plus grand bien.

Si j’avais autorité pour écrire, je goûterai un plaisir bien pur à raconter, dans un récit détaillé, les grâces dont tant de personnes sont comme moi redevables à ce grand Saint. Je me contente de conjurer, pour l’amour de Dieu, ceux qui ne me croiraient pas d’en faire l‘épreuve; ils verront par expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux Patriarche et de l‘honorer d’un culte particulier. Les personnes d’oraison surtout devraient toujours l’aimer avec une filiale tendresse. Je ne comprends pas comment on peut penser a la Reine des Anges et à tout ce qu’elle essuya de tribulations durant le bas âge du divin Enfant Jésus, sans remercier saint Joseph du dévouement si parfait avec lequel il vint au secours de l’un et de l'autre. Que celui qui ne trouve personne pour lui enseigner l’oraison choisisse cet admirable Saint pour maître, il n’aura pas à craindre de s’égarer sous sa conduite ».

Et fidèle à ses sentiments à l’égard de Saint Joseph, la bienheureuse avait recours à lui dans ses doutes, ses embarras, ses diverses nécessités. Elle lui dédia la plupart de ses fondations, les mit toutes sous sa garde, et plaça de ses mains à la porte d’entrée de tous ses monastères l’image de la Sainte Vierge et de Saint Joseph fuyant en Egypte. Elle voulut aussi que toutes les religieuses eussent une dévotion particulière envers le Saint Patriarche, et elle leur faisait réciter, croit-on, chaque jour, comme elle les récitait elle-même, les dernières paroles de la prière suivante.

 

Pratique

Litanies de Saint Joseph

 

Les Litanies sont une suite d’invocations que l’on adresse, soit à Dieu, à qui nous demandons,sa grâce en lui disant : « Ayez pitié de nous », « secourez-nous », « pardonnez-nous » ; soit aux Saints, à qui nous demandons seulement d‘intercéder pour nous auprès de Dieu, en leur disant : « Priez pour nous ». Nous ne disons pas autre chose, en effet, même à saint Joseph, même à la sainte Vierge, parce que, quelque puissants qu’ils, soient auprès de Dieu, toute leur bienveillance pour nous se borne à un pouvoir d’intercession, intercession, toutefois que l’on pourrait presque dire infaillible.

Dès 1601, le Souverain Pontife Sixte V attacha 200 jours d’Indulgence à la récitation des Litanies de la sainte Vierge, et Pie VII, en 1817, éleva cette Indulgence a 300 jours, en accordant de plus à ceux qui les réciteraient chaque jour une Indulgence plénière à gagner aux cinq Fêtes principales de la sainte Vierge.

Le 8 juin 1862, Pie IX, heureusement régnant, accorda, pour leurs diocèses respectifs, aux Evêques qui le lui demandèrent, 300 jours d’Indulgence à la récitation des Litanies du saint Nom de Jésus.

Le Saint Siège n‘a point attaché, jusqu’à présent, d'Indulgence aux Litanies de saint Joseph ; mais divers Evêques ont enrichi d’une Indulgence de 40 jours celles qu‘ils ont approuvées pour leurs propres Diocèses, et Mgr l’Evêque de Namur a même approuvé une Octave de ces Litanies appliquées a chaque jour de la semaine.

 

Retrouvez le texte des Litanies de Saint Joseph en cliquant ICI

 

Prière

Tirée de Sainte Thérèse

 

Mon bien-aimé Protecteur, que je vous remercie des grâces insignes dont Dieu m'a comblée, et des dangers, tant de l’âme que du corps, dont il m’a délivrée par votre toute-puissante médiation. Je ne me souviens pas, en effet, de vous avoir jamais rien demandé que vous ne me l’ayez obtenu de Dieu ; mais ce dont je me souviens, c’est que vous m’avez toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances. M’appuyant donc sur la longue expérience que j’ai faite de votre étonnant crédit auprès de Dieu, soit par moi-même, soit par ceux à qui j‘ai conseillé de recourir à votre incomparable protection, je m‘adresse encore à vous en ce moment, dans la pleine confiance que vous ne me refuserez pas les nouvelles grâces que je viens vous demander.

Et vous, Dieu très bon et tout-puissant, qui, dans votre providence, avez destiné le juste saint Joseph pour Epoux à la Vierge Marie, votre Mère, en en faisant votre Père nourricier, daignez, en considération de ses prières et de ses mérites, accorder le calme et la paix à votre Eglise, et nous faire parvenir nous-mêmes à cette glorieuse éternité où vous vivez et régnez avec le Père et le Saint Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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03 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

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Quatrième jour

Mariage de saint Joseph

 

Les noces de Marie et de Joseph, qui durèrent sept à huit jours, furent célébrées à Jérusalem, dans une maison près de la montagne de Sion, qu‘on louait souvent pour de semblables occasions. Outre les maîtresses et les compagnes de Marie à l‘école du Temple, il y avait beaucoup de parents d‘Anne et de Joachim, entre autres une famille de Gophna avec deux filles. Les noces furent solennelles et somptueuses. Beaucoup d’agneaux furent immolés et offerts en sacrifice. L‘habit nuptial de la sainte Vierge était si remarquable et si beau, que les femmes qui avaient assisté au mariage aimaient encore à en parler bien des années après.

Voici quel était ce vêtement de fiancée de Marie. Elle avait une robe de dessous en laine sans manches ; les bras étaient enveloppés de bandelettes de laine blanche. Elle mit à son cou une espèce de collerette tombant sur la poitrine et ornée de perles. Elle revêtit ensuite une robe très ample, ouverte par devant avec de larges manches. Cette robe était fond bleu, semée de grandes roses rouges, blanches et jaunes, entremêlées de feuilles vertes, comme les riches chasubles des anciens temps. Le bord inférieur était garni de franges et de houppes, et elle se rattachait par le haut au collet blanc qui couvrait le cou. Sur cette large robe on plaça un scapulaire semblable à celui que portent plusieurs ordres religieux, et entre autres les Carmes. Il était en soie blanche avec des fleurs d’or, large d’une demi-aune et couvert sur la poitrine de perles et de pierres brillantes ; il descendait jusqu’au bas de la robe et recouvrait l’ouverture qui était par devant. Sur le dos pendait une bande semblable, et de plus courtes et plus minces sur les épaules et les bras. Ces quatre bandes formaient une croix autour du cou. Les larges manches sur lesquelles retombaient les parties du scapulaire qui couvraient les épaules étaient rattachées au milieu du bras et de l’avant-bras par des bracelets larges de deux doigts et sur lesquels des lettres étaient gravées. Par-dessus tout cela, elle portait un manteau bleu de ciel qui avait la forme d’un grand drap. Outre ce manteau, les femmes juives portaient encore dans certaines occasions une espèce de manteau de deuil à manches. Le manteau de Marie était assujetti sur la poitrine par un fermoir au-dessus duquel une fraise brodée comme avec des plumes ou de la bourre de soie entourait son cou. Le manteau retombait sur les épaules, revenait en avant des deux côtés et se terminait en queue. Les bords étaient brodés de fleurs d'or.

La chevelure de la sainte Vierge était arrangée avec beaucoup d’art : elle formait une raie au milieu de la tête et se partageait en un grand nombre de filets non tressés qui, liés transversalement avec des cordons de soie blanche et des perles, formaient un grand réseau tombant sur les épaules et descendant jusqu’au milieu du manteau. Elle portait immédiatement sur les cheveux une guirlande de soie ou de laine blanche qui aboutissait en haut par trois rubans a une espèce de bourrelet de même étoffe. Là-dessus reposait une couronne fermée, enrichie de pierres précieuses et large à peu près comme la main, et sur le devant de cette couronne se trouvaient trois perles placées l‘une au-dessus de l’autre, et une autre perle de chaque côté.

Les vierges du Temple arrangèrent la chevelure de Marie : plusieurs d’entre elles s’y employèrent, et cela se fit plus vite qu’on ne pourrait le croire. Anne avait apporté l’habit de noces, et Marie, dans son humilité, ne voulait pas consentir à s’en revêtir après les fiançailles. Ses cheveux furent rattachés autour de sa tête, on lui mit un voile blanc qui pendait jusqu’au-dessous des épaules, et la couronne fut placée sur ce voile.

La sainte Vierge avait une chevelure abondante d’un blond doré, des sourcils noirs et élevés ; de grands yeux habituellement baissés avec de longs cils noirs, un nez d’une-belle forme et un peu allongé, une bouche noble et gracieuse, un menton effilé ; sa taille était de moyenne grandeur ; elle marchait revêtue de son riche costume avec beaucoup de grâce, de décence et de gravité. Elle mit ensuite pour ses noces un autre habit moins magnifique, Elle portait cet habit rayé à Cana. et dans d’autres occasions solennelles. Elle mettait quelquefois sa robe de noces pour aller au Temple. Il y avait des gens riches qui changeaient trois ou quatre fois d‘habits pour leur mariage, Dans ces habits de parade, Marie rappelait un peu certaines femmes illustres d’une époque postérieure, par exemple, l'impératrice sainte Hélène, et même sainte Cunégonde, quoiqu’elle s’en distinguât par le manteau dans lequel s’enveloppaient ordinairement les femmes juives, et qui ressemblait davantage à celui des dames romaines. Il y avait à Sion, dans le voisinage du cénacle, un certain nombre de femmes qui apprêtaient de belles étoffes de toute espèce.

Quant à saint Joseph, il avait pour habit nuptial une longue robe fort ample, de couleur grise, fermée de haut en bas par des agrafes, ou plutôt par des glands. Les larges manches de cette robe étaient aussi fermées sur le côté par des agrafes, relevées au poignet, et garnies de poches à l’intérieur. Autour du cou il avait une fraise brunâtre, ou plutôt une large étole, et sur la poitrine retombaient deux bandes d‘étoffe blanche, assez semblables aux rabats des prêtres, mais beaucoup plus longues.

Nous ne dirons rien des circonstances du mariage de la sainte Vierge et de saint Joseph, du festin nuptial et de tout le reste de la tête ; mais nous ne pouvons pas passer sous silence ce qui regarde l’anneau nuptial de la sainte Vierge, si célèbre dans l’Église. Cet anneau n’était ni d‘or, ni d’argent, ni d‘autre métal, mais d’une matière brunâtre et chatoyante. Ce n’était pas un petit cercle mince ; il était assez épais, et large d’un doigt. Il paraissait uni, bien que l’on y vit de petits triangles réguliers qui paraissaient enchâssés, et qui supportaient des lettres. De l’un de ses côtés, celui que l’on mettait à l’intérieur, il ne présentait aucun dessin. Cet anneau avait une signification mystérieuse, et il fut conservé plus tard dans une belle église, sous plusieurs serrures. Les personnes pieuses, avant de se marier, lui font toucher leur anneau nuptial.

Ajoutons ici que le saint Époux de Marie, qui avait aussi les cheveux blonds, était grand, grave, avec une singulière expression de douceur, calme, mesuré en toutes choses. Il avait d’excellentes manières et conservait un cachet de distinction jusque dans les rapports les plus familiers. Il avait enfin dans toute sa personne quelque chose qui annonçait une extrême bonté et l’empressement à rendre service.

 

Considération

Saint Joseph dans le moyen-âge

 

Après l’ère des persécutions commence celle des hérésies, qui, attaquant l’une après l’autre les vérités saintes, les dégagent peu à peu de toutes ombres et les font briller à la fin aux yeux des hommes dans tout l’éclat de leur pureté. Déjà la divinité de Notre Seigneur a été affirmée contre Arius, celle du Saint Esprit contre Macédonius, la maternité divine de Marie contre Nestorius, les deux natures et les deux volontés en Jésus-Christ contre les Eutychiens et les Monothélites, le culte des Saints et des Images contre les Iconoclastes et autres, et l’Eglise, ayant ainsi formulé les principaux points de son enseignement, put se livrer avec plus d‘expansion aux développements de son dogme et de son culte.

C’est alors aussi que le dogme chrétien sur saint Joseph commence à se produire comme timidement d‘abord, mais en s'accentuant de jour en jour et de siècle en siècle. Les Pères des premiers âges, les Cyprien, les Grégoire de Nazianze, les Hilaire de Poitiers, les Ambroise, les Jérôme, les Augustin, les Chrysostome, ne font mention de saint Joseph qu’en exposant le mystère de l’Incarnation, mais toujours en exaltant sa justice suréminente, sa virginité associée à celle de Marie, sa grande dignité de Père putatif du Sauveur. Ils n‘en parlent qu‘en passant, mais ils n’en affirment que plus fortement la tradition de l'Eghse. Viennent ensuite le vénérable Bède, saint Pierre Damien, saint Anselme, saint Bernard, saint Bonaventure, qui publient bien plus haut les louanges de saint Joseph, et enfin saint Thomas d‘Aquin, qui, partant de ce point que « plus une chose approche de son principe, plus elle participe à l‘effet de ce principe », en conclut « que si la bienheureuse Vierge participe davantage à la grâce du Christ, c’est parce qu‘elle eut des rapports plus directs avec le Christ ». D’où Suarez et les autres théologiens ont conclu à leur tour que « nul, après la Vierge, n’ayant plus approché du Christ, source de la grâce, et de la Vierge, canal universel de la grâce, que Joseph, nul aussi, après la Vierge, n‘a plus participé a la grâce du Christ que Joseph ». Et c’est sans doute pour tirer les dernières conséquences de son principe que le Docteur angélique a déclaré que « s’il a été donné à certains bienheureux de nous venir en aide dans certaines nécessités, saint Joseph a reçu le pouvoir de nous assister en toutes et de nous couvrir tous de sa paternelle protection ».

Et cependant son culte aussi s’établit, et la peinture murale et sur verre, la sculpture et la statuaire aidant, se développe d’âge en âge. Les Bollandistes se sont même demandé, sans oser se prononcer, si son nom ne figurait pas dans le Martyrologe dit de saint Jérôme, mais traduit et abrégé par lui d'Eusèbe de Césarée, qui vivait au VI° siècle. Quoi qu'il en soit, ils assurent que le culte de saint Joseph fut en honneur, dès les premiers temps, dans les laures ou agrégations anachorétiques de Jérusalem, a Antioche, en Syrie, dans toute l’Église d‘0rient, quoiqu’il ne se soit propagé que plus tard dans l’Eglise d‘Occident. Et ne sont-ce point les Carmes de Syrie qui nous l’auront apporté à la suite des Croisades ? Ce qui porterait a le croire, c’est que l’ordre des Carmes fut le premier à honorer singulièrement saint Joseph. Mais une fois qu’il eut commencé, il fut bien vite suivi par les Franciscains, les Dominicains, les Jésuites, et différentes Eglises particulières en Belgique, en France, en Espagne, en Allemagne, et en Italie.

A partir aussi de cette époque, le culte de saint Joseph commence a se propager, et sa dévotion devient populaire. Ce ne fut cependant qu'au commencement du XVIIe siècle que le Pape Grégoire XV permit sa Fête dans toute l’Eglise. Urbain VIII, allant plus loin que son prédécesseur, ordonna que cette Fête serait de précepte. Son décret, du reste, n’eut son plein effet que sous le pontificat d’lnnocent X, son successeur.

C'est dès lors aussi que l’on s‘empressa de lui ériger partout des églises, des chapelles, des oratoires, et de former sous son patronage diverses Confréries, comme celle des Jeûnes Filles, à Avignon, que l’on croit avoir été établie par Grégoire XV lui-même ; des Écoliers et des Gens mariés, en Belgique ; des Artisans, à Sainte Marie de la Rotonde à Rome. L’Eglise favorise, d’ailleurs, ces associations, en leur accordant de précieuses Indulgences, et le ciel lui-même, pour accroître la dévotion des peuples envers le glorieux saint Joseph, intervient par de nombreux miracles rapportés par les auteurs du temps et qui ne vont plus, pour ainsi dire, discontinuer dans l’Eglise.

Qu’il est donc beau, dès les premières fleurs qu‘il donne, le lys de la dévotion à saint Joseph ! Mais maintenant qu’il est éclos, il ne cessera plus de s’épanouir jusqu’à ce qu‘il ait atteint sa dernière efflorescence à la consommation des siècles. Heureux ceux qu‘il attirera à lui et qui accourront à l’odeur de ses incomparables parfums !

Et vous tous, glorieux Pontifes et éminents Docteurs, plus profonds théologiens et plus pieux auteurs, orateurs sacrés et apologistes chrétiens, succédez-vous les uns aux autres pour faire resplendir ce beau lys, dans la suite des âges, de tout l’éclat de ses fleurs si propres à parfumer tous les cœurs de la bonne odeur de toutes les vertus.

 

Pratique

Mois de saint Joseph

 

C’est le nom que prend le mois de mars, que beaucoup de fidèles consacrent aujourd’hui à notre saint Patriarche, parce que c’est dans ce mois, le 19, que tombe sa Fête principale. Née en Italie, cette dévotion s’est développée sous le regard et les bénédictions du successeur de saint Pierre, et répandue ensuite dans toute l’Eglise. Encouragée par les Souverains Pontifes et par les Evêques, adoptée par toutes les âmes fidèles désireuses de plaire à Jésus et à Marie, confirmée par d’éclatants miracles, elle est bientôt devenue pour ceux qui la pratiquent une source inépuisable de grâces et de consolations.

Mais qu‘y a-t-il à faire pour pratiquer cette dévotion ? Rien autre chose que de rendre, chaque jour du mois, des hommages particuliers à saint Joseph. Moyennant cela, l’on peut gagner les mêmes Indulgences que pendant le mois de Marie, c’est-à-dire l’Indulgence de 300 jours pour chaque jour du mois, et l‘Indulgence plénière une fois dans le mois, au jour que l‘on choisit, pourvu que, s’étant confessé et ayant fait la sainte communion, l’on prie selon les intentions ordinaires.

Ainsi l’a décrété le Pape Pie IX, si zélé pour la gloire de saint Joseph, dans son bref du 27 avril 1865, disposant en outre que ces Indulgences pouvaient être appliquées aux âmes du Purgatoire.

 

Prière

Souvenez-vous à saint Joseph

 

Bon saint Joseph, que j‘éprouve de consolation de penser que si depuis longtemps les pieux dévots de Marie, qui sont aussi les vôtres, ont accoutumé de lui redire chaque jour, et chaque jour avec une nouvelle confiance, leur Souvenez-vous, il leur est venu également au cœur de vous adresser la même prière, au souvenir de vos bontés pour nous et de votre immense puissance auprès de celui qui a bien voulu se faire votre Fils. Et voilà que l’Eglise, pour les récompenser de leur dévotion, a fixé elle-même les paroles de cette prière et a attaché à sa récitation de précieuses Indulgences (300 jours, une fois par jour, applicables aux défunts, 26 juin 1863). C’est donc avec cette sainte Eglise, notre mère, avec le Pape Pie IX, avec tous vos fidèles serviteurs, et dans l’intention de gagner ces Indulgences, que je vous dis moi-même :

« Souvenez-vous , ô très chaste Epoux de la vierge Marie, saint Joseph, mon aimable protecteur, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont invoqué votre protection et imploré votre secours, soit resté sans consolation. Plein de confiance en votre pouvoir, je viens en votre présence et me recommande à vous avec ferveur. Ah ! ne dédaignez pas mes prières, ô vous qui êtes appelé Père du Rédempteur, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il ».

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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02 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Troisième jour

Fiançailles de Marie et de Joseph

 

La sainte Vierge vivait dans le Temple avec plusieurs autres vierges, sous la surveillance de pieuses maîtresses. Ces vierges s’occupaient de broderies et d’ouvrages du même genre pour les tentures du Temple et les vêtements sacerdotaux ; elles étaient aussi chargées de nettoyer ces vêtements et d‘autres objets servant au culte divin. Elles avaient de petites cellules d‘où elles avaient vue sur l’intérieur du Temple et où elles priaient et méditaient. Quand elles étaient arrivées à l’âge mobile, on les mariait. Leurs parents les avaient entièrement données à Dieu, en les conduisant au Temple, et il y avait chez les plus pieux d'entre les Israélites un pressentiment secret que de l’un de ces mariages sortirait un jour le Libérateur promis.

La sainte Vierge ayant quatorze ans et devant bientôt sortir du temple pour se marier, avec sept autres jeunes filles, sainte Aune vint la visiter. Joachim ne vivait plus, et Anne, par ordre de Dieu, avait pris un autre mari. Quand on annonça à Marie qu’elle devait quitter le Temple et se marier, profondément émue, elle déclara au prêtre qu’elle désirait ne pas quitter le Temple, qu’elle s’était consacrée à Dieu seul et n’avait pas de goût pour le mariage ; mais on lui répondit qu’elle devait prendre un époux.

Elle entra ensuite dans son oratoire et pria Dieu avec ferveur. Puis, se trouvant très altérée, elle descendit avec sa petite Cruche pour puiser de l‘eau a une fontaine ou à un réservoir ; et là, sans apparition visible, elle entendit une voix qui la consola et la fortifia, tout en lui faisant connaître qu’elle devait consentir à se marier. Ce ne fut pas là l’Annonciation, car elle eut lieu plus tard à Nazareth. Cependant apparut dans le Temple un prêtre très vieux, qui ne pouvait plus marcher : ce devait être le grand prêtre. Il fut porté par d’autres prêtres dans le Saint des Saints, et pendant qu’il allumait un sacrifice d’encens, il lisait des prières sur un rouleau de parchemin placé sur une espèce de pupitre. Puis il fut ravi en esprit. Il eut une apparition, et son doigt fut placé sur le passage suivant du prophète Isaïe, qui se trouvait écrit sur le rouleau : « Une branche sortira de la racine de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine » (Isaïe, 11, 1). Quand le vieux prêtre revint à lui, il lut ce passage et y reconnut une prescription divine.

On envoya ensuite des messagers de tous les côtés dans le pays, et on convoqua au Temple tous les hommes de la race de David qui n‘étaient pas mariés. Lorsque plusieurs d’entre eux se furent rassemblés dans le Temple, en habits de fête, ou leur présenta la sainte Vierge, et il se trouvait parmi eux un jeune homme très pieux de la contrée de Bethléem. Ce jeune homme avait demandé à Dieu avec une grande ferveur l’accomplissement de la promesse, et il conçut dans son cœur un grand désir de devenir l’Époux de Marie. Quant à Marie, elle revint dans sa cellule et versa de saintes larmes, ne pouvant pas s’imaginer qu’elle ne dût pas rester vierge.

Alors le grand prêtre, obéissant à une impulsion intérieure qu‘il avait reçue, présenta des branches à chacun des assistants, et leur enjoignit de marquer chacun une branche de leur nom et de la tenir à la main pendant la prière et le sacrifice. Quand ils eurent fait ce qui leur avait été dit, on leur reprit les branches, qui furent mises sur un autel devant le Saint des Saints, et il leur fut annoncé que celui d’entre eux dont la branche fleurirait était désigné par le Seigneur pour devenir l’Époux de Marie de Nazareth.

Pendant que les branches étaient devant le Saint des Saints, on continua le sacrifice et la prière. Durant ce temps, le jeune homme dont nous venons de parler cria vers Dieu, les bras étendus, dans une salle du Temple, et versa des larmes brûlantes, lorsque, après le temps fixé, on leur rendit les branches en leur annonçant qu’aucun d’entre eux n’était désigné par Dieu comme devant être le fiancé de cette vierge. Ces hommes furent alors renvoyés chez eux, et ce jeune homme se retira sur le mont Carmel, auprès des anachorètes qui vivaient là depuis le temps d’Élie ; il y vécut aussi depuis lors, priant continuellement pour l'accomplissement de la promesse.

Cependant les prêtres du Temple cherchèrent de nouveau dans les registres des familles s’il n‘existait pas quelque descendant de David qu’on eût oublié. Comme ils y trouvèrent l‘indication de six frères de Bethléem, dont l’un était inconnu et absent depuis longtemps, ils s‘enquirent du séjour de Joseph et le découvrirent à peu de distance de Samarie, dans un lieu situé près d’une petite rivière, où il habitait au bord de l’eau, travaillant pour un maître charpentier.

Sur l’ordre du grand prêtre, Joseph vint à Jérusalem et se présenta au Temple. On lui fit, à lui aussi, tenir une branche à la main pendant qu’on priait et qu’on offrait un sacrifice ; comme il se disposait à la poser sur l’autel devant le Saint des Saints, il en sortit une fleur blanche semblable à un lys, et une apparition lumineuse descendit sur lui : c’était comme s’il eût reçu le Saint-Esprit. On comprit alors que Joseph était l’homme désigné par Dieu pour être le fiancé de la sainte Vierge, et les prêtres le présentèrent à Marie en présence de sa mère. Marie, résignée à la volonté de Dieu, l’accepte humblement pour son fiancé, car elle savait que tout est possible à Dieu, qui avait reçu son vœu de n'appartenir qu’à lui.

 

Considération

Saint Joseph dans les temps apostoliques

 

Que saint Joseph soit mort avant la Passion de Notre Seigneur, et même avant son Baptême et sa Vie publique, personne n’en doute. Notre-Seigneur n‘avait plus besoin de lui, ni pour pourvoir à sa subsistance, ni pour évangéliser les Juifs, déjà trop portés à ne voir en lui que le fils du charpentier. Il convenait dès lors de le faire disparaître de la scène du monde et de le soustraire aux regards des hommes, pour lesquels il aurait pu être une occasion de pensées injurieuses à Notre-Seigneur.

Que saint Joseph soit ressuscité et que son corps, loin de subir la corruption du tombeau, soit maintenant glorifié dans le ciel avec ceux de son divin Fils et de son Épouse Immaculée, c’est ce qui parait également hors de doute, d‘autant plus que nous ne possédons point de lui des Reliques proprement dites, mais seulement l’anneau qu’il donna à la sainte Vierge lors de leur saint mariage, des fragments du manteau dans lequel il reçut et porta l’Enfant Dieu, et les pierres que l’on détache de son tombeau resté en grande vénération, quoique vide, à Jérusalem.

Mais s‘il fallait, pour quelque temps au moins, comme effacer saint Joseph dans le souvenir des hommes, ne croyons pas que, de son côté, Notre Seigneur le mette en oubli. Ne lisons-nous pas, en effet, qu’il se fit un devoir de rendre hommage a sa mémoire toutes les fois qu‘il en eut l’occasion, en visitant les lieux où saint Joseph avait séjourné ? N’en aura-t-il pas, d’ailleurs, souvent parlé à ses Apôtres, soit dans ces circonstances, soit dans mille autres, pour le recommander particulièrement à leur vénération ?

Et la très sainte Vierge, qui aimait dans saint Joseph I’Epoux vraiment digne d’elle et le Père choisi de Jésus, comment supposer qu'elle ne leur ait pas fait ses recommandations à son sujet, dans les jours, par exemple, qu’elle a passés avec eux après l'Ascension de son divin Fils au ciel ? Comment. croire qu’en leur donnant ses conseils pour la constitution de l’Église de tous les temps, elle ne leur ait pas inculqué l’estime dans laquelle ils devaient le tenir et le culte que les fidèles auraient à lui rendre dans la suite des âges ?

Et les Apôtres, dont plusieurs avaient dû connaître plus particulièrement saint Joseph, comment n’auraient-ils pas vénéré sa mémoire ? Si, pour ne pas offusquer la foi naissante des premiers fidèles, ils devaient faire de son culte une sorte de question réservée, en étaient-ils moins imprégnés du parfum de cette douce mémoire ? S’ils ne lui rendaient point un culte public et solennel, ne l’honoraient-ils point en leur particulier comme l’auguste Père nourricier de leur Dieu et le très-digne Époux de sa sainte Mère ? S’ils ne l’invoquaient point ostensiblement, ne lui rendaient-ils point leurs hommages en secret, et ne recouraient-ils point à lui dans leurs nécessités particulières ?

Mais ils vont partir pour aller annoncer au monde la bonne nouvelle ; et de même qu’ils ont déposé en germe, comme on l'a dit, dans leur Symbole, le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, ils y ont consigné également la substance de la divine doctrine sur saint Joseph et les premières origines du culte qui devait lui être rendu plus tard. C‘est ce qu’ils ont fait dans leur troisième article, ainsi formulé : Qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la vierge Marie. Oui, qui a été conçu du Saint Esprit, parce que, « quoique Marie eût épousé Joseph, c’est avant qu’ils eussent été ensemble qu’elle se trouva enceinte par l’opération du Saint-Esprit ». Qui est né de la vierge Marie, parce que « Joseph ne l'avait point connue, lorsqu’elle enfanta son Fils premier-né, à qui il donna le nom de Jésus ».

Elles ont, en effet, un sens bien profond, ces paroles de notre Symbole. Inspirés par le Saint Esprit, les Apôtres y ont renfermé toute la divine doctrine sur le mystère de l’Incarnation, ses suites, ses conséquences et ses corollaires pour la sainte Vierge et saint Joseph. Instruits par eux, les fidèles, dans la première ébullition de leur foi, accueillent et professent cette doctrine dans toute sa teneur, et confessent, sans se préoccuper de celui qui peut être appelé le Père de Jésus, que le Fils de Dieu, en se faisant homme, a été conçu par l’opération du Saint Esprit, et est né de la vierge Marie. Mais, le dogme une fois admis, si l’on demande comment cela a pu se faire, puisqu‘il y avait la, visible et incontesté, un Époux de la Mère et un Père de l’Enfant, c’est alors que la foi, continuant de projeter ses splendeurs sur la personne de saint Joseph, le montre à tous les âges comme le virginal protecteur de l’opération du Saint Esprit et de la maternité de la Vierge qui a conçu et enfanté sans cesser d’être vierge.

Et voilà bien cet ineffable mystère de l’Incarnation, qui n’a pu s’opérer que sous le voile du mariage que la Vierge-Mère avait contracté avec saint Joseph, et en vertu duquel elle a donné Joseph pour père réputé et légal à Jésus; qui nous montre la maternité de Marie appelant la paternité de Joseph, puisque l’on ne peut affirmer l’une sans supposer l’autre ; et qui, pour peu que l’on pénètre dans sa méditation, nous met aussitôt en présence de la personne de Joseph, devenue nécessaire et indispensable dans le plan divin.

Pour les Pères apostoliques, marchant sur les traces des Apôtres, ils ne parleront de Joseph qu‘en expliquant cet article du Symbole et exposant le texte sacré. Les fresques, d’ailleurs, des Catacombes ne le représenteront que dans les mystères de la Naissance de Jésus, de la Présentation au Temple, de la fuite en Égypte, de la sainte enfance du Sauveur. Le temps n’est pas encore venu d’en faire davantage pour le saint Patriarche.

 

Pratique

La Dévotion des sept Dimanches

 

La dévotion des sept Dimanches consacrés à honorer plus particulièrement les douleurs et les allégresses de saint Joseph n'est pas toute nouvelle dans l’Église., et les fidèles serviteurs du saint Patriarche, encouragés par les faveurs dont le ciel les récompensait, la pratiquaient bien avant que les Souverains Pontifes l’aient enrichie des plus précieuses Indulgences. Grégoire XVI avait accordé, en date du 22 janvier 1836, 300 jours à la récitation, pendant sept Dimanches consécutifs, dans le courant de l’année, de la prière connue sous le nom des Sept Allégresses et des Sept Douleurs de saint Joseph, et le septième Dimanche une Indulgence plénière. Mais le saint pontife Pie IX a appliqué, le 1er février 1847, l’Indulgence plénière à chaque Dimanche ; et le 22 mars de la même année, il a étendu ces Indulgences à tous ceux qui, ne sachant point lire ou n’ayant pas la prière susdite, réciteraient ces mêmes Dimanches sept Pater, Ace, Gloria, etc., en remplissant les conditions d’usage pour gagner les Indulgences plénières.

Quoiqu’il n’y ait aucune époque déterminée dans l‘année pour gagner ces Indulgences, il semble cependant que l‘on peut choisir de préférence les Dimanches qui précèdent les Fêtes de saint Joseph, ou bien quelques circonstances particulières dans lesquelles on a besoin de grâces plus abondantes. Puis, comme ces Indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire, l’on peut encore recourir à cette dévotion après la mort d’un parent ou d’un ami, pour les soulager dans leurs peines, et alléger sa propre douleur.

N’oublions pas surtout de remplir ces pratiques pendant sept Dimanches consécutifs. Une interruption, même involontaire, obligerait de recommencer.

 

Prière

communément appelée efficace

 

Me voici prosterné à vos pieds, ô bienheureux saint Joseph, pour vous adresser la prière connue depuis longtemps sous le nom d’efficace, parce que vous l’avez toujours écoutée et exaucée, et qu’elle a toujours obtenu son effet auprès de vous. Confiant dans vos bontés et certain que vous ne voudrez pas qu’elle soit moins efficace pour moi que pour tant d’autres, je vous l’adresse en ce moment en union avec le Pape Pie VII, qui l’a indulgenciée pour les prêtres (une année à chaque récitation, 23 septembre 1802) ; avec Pie IX, qui l’a indulgenciée pour tous les fidèles (100 jours chaque fois, 3 février 1863) ; avec tous les associés du saint Cordon, qui en ont fait leur prière propre et particulière ; avec tous vos fidèles serviteurs qui sont si heureux d’en recueillir tous les jours les salutaires effets, et je vous dis avec eux tous :

« Ô saint Joseph, père et protecteur des vierges, gardien fidèle à qui Dieu confia Jésus, l’innocence même, et Marie, la Vierge des vierges, ah ! Je vous en supplie et vous en conjure par Jésus et Marie, par ce double dépôt qui vous fut si cher, faites que, préservé de toute souillure, pur de cœur et chaste de corps, je serve constamment Jésus et Marie dans une chasteté parfaite. Ainsi soit-il ».

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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28 février 2019

Le Mois de Saint Joseph

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Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

Premier jour

Généalogie de Saint Joseph

Saint Joseph, le Saint parmi les saints, et qui a tellement accompli toute justice, qu’il a été trouvé digne de devenir l’Époux de l’Immaculée Vierge Marie et le Père nourricier du Fils de Dieu fait homme, descendait de la race royale de David, et était cousin germain de saint Joachim, le bienheureux père de sa sainte Épouse, ainsi que le supposent et le constatent les deux généalogies qu’ont données de Notre-Seigneur saint Matthieu et saint Luc.

Le grand-père, en effet, de saint Joseph, descendait de David par Salomon et s’appelait Mathan. Mathan eut deux fils, Joses et Jacob, père de saint Joseph. Mais, Mathan étant mort, sa veuve épousa en secondes noces un nommé Lévi, qui descendait de David par Nathan, et en eut Mathat, père d’Héli, ou Joachim, père lui-même de la sainte Vierge. Joachim et Joseph étaient donc cousins germains du côté maternel.

Voici, du reste, comment cette généalogie fut montrée à Anne-Catherine Emmerich. À partir de David, elle vit l’arbre généalogique du Sauveur se séparer en deux rameaux distincts. Le rameau de droite commençait à Salomon et finissait à Jacob, père de Joseph, époux de Marie. Sur ce rameau étaient les figures de tous les parents de saint Joseph, nommés dans l’Évangile, et qui descendaient ainsi de David par Salomon. Ce rameau avait une signification plus élevée que l’autre ; il sortait presque en entier de la bouche du roi prophète, et était complètement blanc, sans mélange d’aucune couleur. Les figures placées à côté de ce rameau s’élevaient tentes au-dessus des figures correspondantes de l’autre rameau. Toutes avaient à la main une tige longue comme le bras, avec des fleurs palmées à l’entour ; la tige se terminait par une clochette blanche, avec cinq étamines jaunâtres, desquelles tombait une poussière singulièrement fine. Trois membres de ce rameau, avant le milieu en commençant par le haut, étaient détachés, noircis, et semblaient complètement morts. Les fleurs variaient pour la grandeur, la force et la grâce ; celle de saint Joseph était sans une seule tache, et ses feuilles étaient parfaitement fraîches : il avait la plus belle de toutes les fleurs. En plus d’un endroit de ce rameau, les rejetons se trouvaient très écartés. Ces rameaux se touchaient quelquefois, et se croisaient vers leur extrémité. La signification de ce rameau était haute et mystérieuse ; il était plus spirituel et moins charnel que l’autre ; il tenait plus de Salomon. Mais ce sont des choses qu’il est difficile d’expliquer.

Le rameau de gauche allait de Nathan, fils de David, à Héli. Héli était le véritable nom de saint Joachim ; il ne reçut qu’assez tard le nom de Joachim, de même qu’Abraham porta d’abord le nom d’Abram. Tout ce rameau était plus bas que l’autre ; il était coloré, il avait çà et là des taches, puis il retrouvait son éclat resplendissant de rouge, de jaune, de blanc, mais jamais de bleu. Les figures étaient plus petites que celles de l’autre rameau ; elles avaient à côté d‘elles des branches d’arbuste avec des feuilles dentelées. d‘un vert jaunâtre, et au sommet, un bouton rouge, de la couleur de celui de l’églantine. De ces boutons, les uns étaient encore frais, et les autres étaient fanés. Le bouton n‘était pas un bouton à fleur, mais un bouton à fruit, un ovaire, et il était touj0urs fermé. Aux branches se rattachait un double rang de petits rameaux du côté où pendaient des feuilles dentelées.

Les deux lignes se croisaient trois ou quatre générations avant Héli ou Joachim, et aboutissaient l’une et l‘autre à la sainte Vierge. Et c’est a l'endroit où elles se croisaient que le sang de Marie commençait à briller dans le rayon.

Mais c’eût été peu pour les desseins de Dieu sur notre saint Patriarche de le faire descendre d'une si longue suite de Bois et de saints personnages, s‘il ne l'eût appelé en même temps à une sainteté suréminente. et quine fût point au-dessous de sa future dignité d’Époux de la Vierge-Mère et de Père réputé et légal de Jésus. Si sa sainteté ne pouvait égaler celle de Marie, dont aucune autre ne peut approcher, elle devait venir immédiatement après. Saint Joseph devait être la plus sainte créature après l’Immaculée Mère.

Aussi, s’il fut conçu dans le péché comme tous les enfants d’Adam, ne parait-il pas douteux qu’il fut purifié de la tache originelle et sanctifié dès le sein de sa mère, comme Jean-Baptiste et plusieurs autres.

L’on tient même généralement que ce glorieux privilège lui fut accordé le septième mois après sa conception, et le deuxième avant sa naissance. Il est donc à croire qu‘il naquit, comme Marie, plein de grâce et singulièrement orné de toutes les vertus.

Le huitième jour après sa naissance, il fut circoncis et reçut le nom de Joseph, nom qui signifie accroissement, augmentation, et dont il devait accomplir la la lettre la signification, non-seulement parce que Dieu allait toujours l’augmenter de ses dons, mais parce que lui-même augmenterait toujours de vertus en vertus, et que, plus tard, d’ailleurs, sa gloire irait toujours en augmentant dans l’Église.

 

Considération

Saint Joseph dans les desseins de Dieu

 

Les temps arrêtés dans les desseins de Dieu pour la Rédemption du genre humain sont accomplis, et le Fils de Dieu va se faire homme pour venir racheter les hommes. Mais du moment qu’il se fait homme, il lui faut une Mère. Quelle sera cette Mère ? Mère du Sauveur des hommes, elle doit être prise d’entre les homme ; mais aussi Mère de Dieu, elle doit approcher de Dieu aussi près qu’il peut l’être donné à la créature. Que fera donc Dieu pour elle ? Pour elle il épuisera en quelque sorte tous les trésors de son infinie munificence, en lui communiquant de sa divinité tout ce qu’il peut en conférer à une simple créature. Comment cela ? En la formant toute sainte, toute pure, mille fois plus pure que les Anges, pure comme lui, dont elle deviendra, d’ailleurs, la Mère par la seule opération du Saint Esprit.

Mais ce n'est pas tout, et il faut, dans l’ordre humain, que le voile du mariage vienne ombrager de ses plis protecteurs l’ineffable mystère. Il faut, dans cet ordre humain, un Époux à cette Vierge Mère, un Père à cet Enfant Dieu ; à la Vierge-Mère, un Époux qui-vénère tellement sa virginité, que Dieu seul puisse être l’auteur de sa maternité ; à l’Enfant Dieu, un Père d’adoption qui, sauf la génération, aura éminemment tous les autres attributs de la paternité. Et quel sera le mortel que Dieu choisira, non pas entre mille, ni entre dix 'mille, mais entre tous les hommes, pour l’élever à cette double et incomparable dignité ? Dieu l’a dit, ce sera Joseph, qu’il fera assez saint et assez pur pour qu’il puisse confier à sa virginité la garde de la virginité de Marie, et assez accompli en toute perfection pour qu'il puisse se décharger sur lui du soin de l’humanité de son divin Fils.

Gloire donc, honneur, louange et bénédiction à l’homme béni entre tous les hommes, comme Marie fut la femme bénie entre toutes les femmes. Car si toutes les générations appellent Marie bienheureuse, parce que le Seigneur a fait pour elle de grandes choses, elles peuvent bien appeler aussi Joseph bienheureux, puisque le Seigneur a fait pour lui des choses également grandes.

Mais comment Dieu introduira-t-il dans le monde cet homme si singulièrement privilégié ? Ce sera sans doute avec splendeur et avec éclat, comme pour le recommander davantage à la vénération des autres hommes ? Loin de là. Il le fera en silence, sans bruit, sans commotion, de la manière dont il opère toutes ses grandes œuvres. Puis, il le tiendra en réserve dans le plus secret de son éternel sanctuaire, jusqu’au jour, jusqu‘au moment, nous ne dirons pas où il aura besoin, mais où il voudra se servir de lui : tout l’Ancien Testament sera plein de Jésus et de Marie, mais sans s’occuper de Joseph, ni dans ses promesses, ni dans ses figures, ni dans ses prophéties, qui, d‘accord avec la tradition des peuples, supposeront toujours une Vierge-Mère. Enfin, quand le moment sera venu de le montrer à la terre, l‘on ne connaîtra rien, ni de sa naissance, ni de son enfance, ni de son adolescence, et il grandira dans une obscurité telle, que l‘on aura peine à le découvrir lorsqu‘il faudra le trouver pour le donner pour époux à Marie. Les Prêtres qui procéderont à leurs épousailles ne le soupçonneront même pas d’abord, et Dieu sera obligé de faire un miracle pour le leur désigner.

Mais les saintes épousailles ont été célébrées, et quelques jours après s’opère, à l’insu de Joseph, dans le sein de Marie, son épouse, l’ineffable mystère. Un Ange vient bientôt l’en avertir, et, à partir de ce moment, il est tout entier à la Mère et à l’Enfant, qui n’ont plus qu’à se reposer sur lui de leurs sollicitudes de chaque jour. C’est ainsi que, fidèle à sa sublime mission, il s’occupe de la naissance de Jésus à Bethléem, de sa Circoncision, de sa manifestation aux Mages, de sa Présentation au temple, de sa fuite en Égypte, de son séjour dans la terre étrangère, de son retour à Nazareth. Quand enfin l’Enfant est devenu grand et a atteint l’âge de l’homme parfait, sa mission étant remplie, Dieu le retire de la terre aussi silencieusement qu’il l’y a mis, et sans que sa mort fasse le moindre bruit, pour le cacher de nouveau dans le secret de sa face, Jusqu’à ce qu’il lui plaise de le glorifier d'une manière plus éclatante à la fin des temps.

Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont incompréhensibles, et que ses voies sont impénétrables ! Que ses pensées sont élevées au-dessus de nos pensées, et que ses manières d‘agir sont différentes des nôtres ! De même qu’il abaisse ceux qui s’élèvent, il élève ceux qui s’abaissent, et il travaille pour eux d’autant plus en secret qu'il veut les honorer davantage. Il les tient d’abord d’autant plus cachés, qu‘il les réserve pour la suite à de plus hautes destinées. Ainsi en a-t-il été de saint Joseph. Ainsi en est-il de chacun de nous, toutes les fois que nous répondons aux desseins de Dieu sur nous.

 

Pratique

Fêtes de Saint Joseph

 

La première des Pratiques par lesquelles nous devons nous empresser de mériter la protection de saint Joseph est naturellement la célébration des Fêtes que l’Église. lui a consacrées, et qui constitue pour tous les fidèles la base du culte que tous ont à lui rendre, mais que doivent surtout lui rendre ceux qui font gloire de l’honorer plus particulièrement, et qui ont à cœur de lui plaire davantage, sans même songer à l’intéresser plus efficacement en leur faveur. Les vrais serviteurs de saint Joseph n’ont d'autre préoccupation , en célébrant ses Fêtes, que de suivre les inspirations de leur foi, de leur dévotion, et de leur amour. Des enfants qui fêtent un père s‘oublient eux-mêmes pour ne penser qu’à lui.

Ces Fêtes sont sa solennité principale, la grande Fête du 19 mars, que le Pape Pie IX, si glorieusement régnant, en proclamant saint Joseph Patron de l’Église Catholique, vient d’élever au rite double de première classe, la mettant ainsi au rang de nos plus grandes solennités ; celle de son Patronage, que, par décret du 10 septembre 1847, il a fixée pour toute l’Église au 3e Dimanche après Pâques ; et celle de ses Épousailles avec la très sainte Vierge, qui se célèbre le 23 janvier.

Des Indulgences plénières sont attachées à ces trois Fêtes dans toutes les Confréries et Associations en l’honneur de saint Joseph, et même dans beaucoup d’autres.

Les pieux dévots au saint Patriarche honorent aussi sa Fuite en Égypte, le 28 décembre ; son Retour d’Égypte en Galilée, le 7 janvier, et son bienheureux Trépas, le 20 juillet.

 

Oraison dédicatoire

Tirée de saint François de sales

 

Très sainte Mère de Dieu, vaisseau d’incomparable élection, élection de la souveraine dilection, vous êtes la plus aimable, la plus aimante, et la plus aimée de toutes les créatures. Mais, ô Mère toute triomphante, qui peut jeter les yeux sur votre Majesté sans voir à votre droite celui que votre Fils voulut si souvent, pour l‘amour de vous, honorer du titre de Père, vous l’ayant uni par le lien céleste d‘un mariage tout virginal, afin qu’il fût votre secours et coadjuteur en la charge de la conduite et éducation de sa divine enfance ?

On mettait jadis les lampes de l’ancien temple sur des fleurs de lys d’or. Ô Marie et Joseph, pair sans pair, lys sacrés d’incomparable beauté, entre lesquels le Bien-Aimé se repaît et repaît tous ses amants, hélas ! vous le savez, si j'ai composé cet écrit, c’est dans la seule fin de vous glorifier de mon mieux l‘un et l‘autre, ainsi que votre divin Fils. Où puis-je alors mieux le colloquer que parmi vos lys, lys entre lesquels le soleil de justice, splendeur et candeur de la lumière éternelle, s’est si souvent récréé, qu’il y a pratiqué les délices de l’ineffable dilection de son Cœur envers nous ?

C‘est donc a vos pieds que je le dépose, ô Mère bien-aimée du Bien-Aimé, ô Époux bien-aimé de la Bien-Aimée, en vous offrant en même temps mon âme avec toutes ses facultés, mon corps avec tous ses sens, tout ce que j’ai, tout ce que je suis, tout ce que je serai à jamais. Je vous le consacre et vous le dédie, dans l’espérance qu’à cause de l’hommage que nous vous faisons de tout nous-mêmes, vous nous prendrez tous, auteur et pieux lecteurs, sous votre singulière protection, dont vous nous ombragerez pendant la vie, dont vous nous couvrirez surtout à l’heure de la mort, et que vous daignerez nous continuer pendant l’interminable cours de la bienheureuse éternité.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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18 février 2019

Les cinq Psaumes de Saint Joseph

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Les cinq Psaumes de Saint Joseph

 

Parmi les nombreuses dévotions à saint Joseph, il existe celle dite des "Cinq psaumes", que l’on trouve dans un recueil de prières du début du XIXe siècle intitulé Raccolta. Dite avec confiance, elle assure « la protection efficace de saint Joseph dans la vie ». En 1809, le Pape Pie VII autorise la prière des « Cinq psaumes » afin « d’encourager les chrétiens à pratiquer cette dévotion à saint Joseph pour qu’ils obtiennent sa protection efficace dans la vie, mais plus encore dans la mort ». Il s’agit pour cela de dire les antiennes et psaumes suivants, dans l’intention d’honorer saint Joseph. Cette dévotion à saint Joseph est assez peu connue. N’hésitez pas à la prier pour vous inspirer de son exemple et invoquer son aide : c’est un excellent intercesseur auprès de Dieu.

 

I Psaume 99

 

Antienne : Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

 

Acclamez le Seigneur, terre entière,

servez le Seigneur dans l'allégresse,

venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :

il nous a faits, et nous sommes à lui,

nous, son peuple, son troupeau.

Venez dans sa maison lui rendre grâce,

dans sa demeure chanter ses louanges ;

rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour,

sa fidélité demeure d'âge en âge.

 

Gloire au Père…

 

Antienne : Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

 

II Psaume 46

 

Antienne : C’était Joseph, de la maison de David et cette Vierge s’appelait Marie.

 

Tous les peuples, battez des mains,

acclamez Dieu par vos cris de joie !

Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,

le grand roi sur toute la terre,

celui qui nous soumet des nations,

qui tient des peuples sous nos pieds ;

il choisit pour nous l'héritage,

fierté de Jacob, son bien-aimé.

Dieu s'élève parmi les ovations,

le Seigneur, aux éclats du cor.

Sonnez pour notre Dieu, sonnez,

sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :

que vos musiques l'annoncent !

Il règne, Dieu, sur les païens,

Dieu est assis sur son trône sacré.

Les chefs des peuples se sont rassemblés :

c'est le peuple du Dieu d'Abraham.

Les princes de la terre sont à Dieu

qui s'élève au-dessus de tous.

 

Gloire au Père…

 

Antienne : C’était Joseph, de la maison de David et cette Vierge s’appelait Marie.

 

III Psaume 128

 

Antienne : Joseph, son mari, étant juste, et ne voulant pas la déshonorer.

 

Que de mal ils m'ont fait dès ma jeunesse, à Israël de le dire

que de mal ils m'ont fait dès ma jeunesse : ils ne m'ont pas soumis !

Sur mon dos, des laboureurs ont labouré et creusé leurs sillons ; *

mais le Seigneur, le juste, a brisé l'attelage des impies.

Qu'ils soient tous humiliés, rejetés, les ennemis de Sion ! *

Qu'ils deviennent comme l'herbe des toits, aussitôt desséchée !

Les moissonneurs n'en font pas une poignée, ni les lieurs une gerbe, *

et les passants ne peuvent leur dire : « La bénédiction du Seigneur soit sur vous ! »

Au nom du Seigneur, nous vous bénissons.

 

Gloire au Père…

 

Antienne : Joseph, son mari, étant juste, et ne voulant pas la déshonorer.

 

IV Psaume 80

 

Antienne :Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre Marie pour votre épouse.

 

Criez de joie pour Dieu, notre force, acclamez le Dieu de Jacob.

Jouez, musiques, frappez le tambourin, la harpe et la cithare mélodieuse.

Sonnez du cor pour le mois nouveau,

quand revient le jour de notre fête.

C'est là, pour Israël, une règle, une ordonnance du Dieu de Jacob ;

Il en fit, pour Joseph, une loi quand il marcha contre la terre d'Égypte.

J'entends des mots qui m'étaient inconnus : +

« J'ai ôté le poids qui chargeait ses épaules ;

ses mains ont déposé le fardeau.

« Quand tu criais sous l'oppression, je t'ai sauvé ; +

je répondais, caché dans l'orage,

je t'éprouvais près des eaux de Mériba.

« Écoute, je t'adjure, ô mon peuple ; vas-tu m'écouter, Israël ?

Tu n'auras pas chez toi d'autres dieux,

tu ne serviras aucun dieu étranger.

« C'est moi, le Seigneur ton Dieu, +

qui t'ai fait monter de la terre d'Égypte !

Ouvre ta bouche, moi, je l'emplirai.

« Mais mon peuple n'a pas écouté ma voix,

Israël n'a pas voulu de moi.

Je l'ai livré à son coeur endurci :

qu'il aille et suive ses vues !

« Ah ! Si mon peuple m'écoutait, Israël,

s'il allait sur mes chemins !

Aussitôt j'humilierais ses ennemis,

contre ses oppresseurs je tournerais ma main.

« Mes adversaires s'abaisseraient devant lui ;

tel serait leur sort à jamais !

Je le nourrirais de la fleur du froment,

je te rassasierais avec le miel du rocher ! »

 

Gloire au Père...

 

Antienne :Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre Marie pour votre épouse.

 

V Psaume 86

 

Antienne : Joseph, s’étant éveillé, fit ce que l’Ange lui avait ordonné.

 

Elle est fondée sur les montagnes saintes. +

Le Seigneur aime les portes de Sion

plus que toutes les demeures de Jacob.

Pour ta gloire on parle de toi, ville de Dieu ! *

« Je cite l'Égypte et Babylone entre celles qui me connaissent. »

Voyez Tyr, la Philistie, l'Éthiopie : chacune est née là-bas. *

Mais on appelle Sion : « Ma mère ! »

car en elle, tout homme est né.

C'est lui, le Très-Haut, qui la maintient. +

Au registre des peuples, le Seigneur écrit :

« Chacun est né là-bas. » *

Tous ensemble ils dansent, et ils chantent :

« En toi, toutes nos sources ! »

 

V/ Le Seigneur l’a établi sur sa maison,

R/ Et lui a donné l’autorité sur tout ce qu’Il possède.

 

Prions

 

Ô Dieu, qui par une providence ineffable, avez daigné choisir le bienheureux saint Joseph pour être l’époux de votre très sainte Mère ! Faites que nous méritions d’avoir pour intercesseur dans le ciel ce grand patriarche, que nous honorons sur la terre comme notre protecteur. Vous qui étant Dieu, vivez et régnez avec votre Fils dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen.

 

Conclure avec l’hymne de Saint Joseph :

 

Vous qui voulez passer vos jours en paix et terminer avec joie le cours de votre vie, implorez l’assistance de saint Joseph.

Époux de la Vierge immaculée, Père nourricier de Jésus, le juste, le fidèle, l’intègre, il obtient tout ce qu’il demande par ses prières.

Vous qui voulez, etc.

Il adore le divin Enfant couché sur la paille, et le console ensuite dans son exil ; il le perd plus tard à Jérusalem, mais le retrouve enfin après d’inquiètes recherches.

Vous qui voulez, etc.

Le puissant Créateur du monde est nourri par son travail, et le Fils du Père éternel lui est soumis et obéissant.

Vous qui voulez, etc.

Au moment de sa mort, il voit à ses côtés Jésus et Marie, et c’est dans leurs bras qu’il s’endort avec joie dans la paix du Seigneur.

Vous qui voulez, etc.

Gloire soit au Père , etc.

Vous qui voulez, etc.

 

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24 juin 2018

Neuvaine à la Vénérable Nennolina Meo

 

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Neuvaine à la Vénérable Nennolina Meo

Du 25 juin au 3 juillet

 

Antonietta naît à Rome le 15 décembre 1930, dans une famille plutôt aisée aux solides principes moraux et religieux. La maison se trouve à quelques pas de Sainte-Croix-de-Jérusalem. On récitait chaque jour le Rosaire, et on allait quotidiennement à la Messe. Ses parents aimaient beaucoup la Sainte Vierge, et, pour le voyage de noces, ils avaient été en pèlerinage au sanctuaire de la Reine du Rosaire de Pompéi. Les premiers mots que Nennolina, le surnom donné à Antonietta, apprend à écrire, par sa maman, sont les Noms de Jésus et de Marie. Quatrième d’une fratrie dont deux membres sont déjà « au Ciel », cette jolie brunette obéissante et joyeuse, ravit par son charme, sa candeur et sa capacité de réflexion très au-dessus de son âge. Nennolina était une enfant vive, toujours gaie, qui avait souvent une grande envie de sauter. Elle aimait beaucoup chanter.

A trois ans, elle entra au jardin d’enfant des religieuses. Elle connait dès son plus jeune âge un attrait pour la prière. A l'âge de quatre ans, elle est inscrite dans la section des Petites de l'Action catholique féminine.

Un jour, dans le jardin de la maison, elle tombe par terre et se cogne le genou sur un caillou. On la soigne, mais la douleur ne passe pas. Les médecins ne comprennent pas l'origine de sa douleur, mais, quand ils diagnostiquèrent le mal, il était trop tard : « osteosacoma, cancer des os », l'amputation de la jambe est alors inévitable. Tout le monde en est bouleversé...sauf elle.

Au printemps de l'année 1936, après l'intervention chirurgicale, on installe à Nennolina une lourde prothèse orthopédique, puis elle reprend sa vie d'enfant. Déjà à cet âge, elle avait un concept de la valeur de la souffrance, incompréhensible sans la grâce de Dieu.

Elle commença à aller à l’école primaire à six ans, avec une prothèse qui la gênait beaucoup. Mais elle offrait tout à Jésus : “Chaque pas que je fais, que ce soit un mot d’amour”. Le jour de l’anniversaire de l’amputation elle voulut le célébrer par un grand repas et par une neuvaine à la Vierge de Pompéi, parce que grâce à cet événement, elle avait pu offrir sa souffrance à Jésus. A 6 ans, elle obtient de faire sa première communion, comme le permet désormais l’Eglise (décret de Pie X d’août 1910, autorisant la communion des enfants à l’âge de raison, c'est-à-dire 7 ans, et même avant). Se préparant avec ferveur, elle promet à Jésus, quand il sera dans son cœur, de lui « dire des petits mots pour le consoler ».La nuit de Noël 1936, elle reçut la Première Communion et quelques mois plus tard la Confirmation.

L’amputation de la jambe n’avait pas bloqué la tumeur, qui s’étendit à la tête, à la main, au pied, à la gorge et à la bouche. Les souffrances de la maladie et celles des traitements destinés à la soigner étaient très fortes. Le mal progresse et après de longues et atroces souffrances, cette enfant toujours préoccupée des autres et qui ne s’est jamais plainte rend sa belle âme à Dieu, le 3 juillet 1937. Elle entre dans la Vie, n'ayant pas encore eu ses 7 ans, un samedi, comme elle l'avait annoncé. Elle est enterrée dans la Basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome.

Dès 1941, la présidente de l'Action catholique italienne propose l'ouverture de la cause en béatification et canonisation. Celle-ci s'ouvrira en 1972 après l'accord obtenu de la Congrégation pour les causes des saints.

Mais, conversions et grâces accompagneront sa mort : au cimetière romain du Verano, sa tombe sera jonchée de petits billets de prière et d’actions de grâce. Dans  l’année qui suivra, deux biographies de Nennolina seront publiées : sa réputation de sainteté se répandra si spontanément et si vite qu’elle dépassera non seulement les limites de sa paroisse, Sainte-Croix-de-Jérusalem, mais aussi celles de Rome et de l’Italie. Dès 1940, sa biographie paraît en plusieurs langues, y compris l’arménien. Le procès de béatification s’ouvre en 1942 et la phase diocésaine se termine en 1972. Mais son âge, à la limite de ce que l’on considère comme l’âge de raison, suscite la perplexité des personnes qui examinent son cas et de nombreuses difficultés surgissent au cours du procès. Aucune loi canonique ne détermine en fait l’âge à partir duquel on peut ouvrir un procès de béatification. Ce n’est qu’en 1981, avec la Déclaration de la Sainte Congrégation pour les Causes des Saints, que l’Eglise reconnaît pleinement que les enfants peuvent, eux aussi, accomplir des actes héroïques de foi, d’espérance et de charité, et par conséquent être élevés à l’honneur des autels.

Un décret, en date du 18 Décembre 2007, a été signé au Vatican, par le pape Benoît XVI, reconnaissant l'héroïcité de ses vertus. Nennolina est désormais Vénérable.

 

Prières quotidiennes

 

Prière à la Vénérable Antonietta Meo

 

O Dieu, Père des humbles, nous Te remercions parce que Tu nous as donné, en Antonietta Meo, une image vivante de Ton Amour et de Ta Sagesse révélés aux tout-petits. Toi qui lui as donné la Grâce d'être unie à la Croix du Seigneur Jésus et de souffrir avec force et avec joie. Rends-la glorieuse encore sur terre, afin qu'elle soit pour tous un exemple lumineux de fidélité à l'Evangile. Accorde-nous son amour simple et ardent pour l'Eucharistie et pour l'Eglise. Viens en aide à notre pauvreté et, par son intercession, rends-nous la grâce que nous Te demandons avec confiance. Amen.

 

Je crois en Dieu, Notre Père, 10 Je vous salue Marie,

Gloire au Père, O Marie conçue sans péché.

 

Blessed-Antonietta-Meo

 

Premier Jour

Antonietta, auteur d’une œuvre étonnante

 

Cette jeune enfant a écrit plus de cent cinquante lettres à Jésus, à Marie et à la Trinité, rédigées durant sa maladie, d’une maturité exceptionnelle. Cette œuvre étonnante témoigne d’une ascension spirituelle fulgurante. Ecrites de sa main malhabile de petite élève ou dictées à sa maman, ces incroyables petites lettres dégagent un tendre parfum d’intimité avec le Ciel : « Cher Jésus. Chère Petite Sainte Vierge »,commence l’auteur qui conclut souvent par : « Pleins de baisers de la part de ta petite Antonietta ».

C’est à partir du moment où sa mère commence à lui enseigner un peu de catéchisme, en vue de sa première communion qu’Antonietta se met à lui dicter de petites lettres, puis à les écrire elle-même, et à les poser chaque jour sous une statuette de l’Enfant Jésus au pied de son lit « pour qu’il vienne les lire la nuit ».

Sa mère témoignera : « Cela a débuté comme un jeu. C’est ainsi que souvent, le soir, après avoir dit sa prière à son ange gardien, Antonietta a pris l’habitude de me dicter des “poésies”,  d’abord pour moi, puis pour son papa et Margherita, puis pour Jésus et pour la Sainte Vierge. Je prenais le premier bout de papier que je trouvais, et je me contentais d’écrire ce qu’elle me disait, en souriant d’indulgence pour ce qu’elle me dictait avec tant de simplicité et de détermination ».

Confions tous les enfants à Jésus, pour que s’établisse dans leur cœur cette tendre relation avec lui.

Jésus, aide-nous à développer les talents que tu as mis en nous.

 

Prières quotidiennes

 

Deuxième Jour

Antonietta, future Docteur de l’Eglise

 

Le journal de Nennolina et ses lettres parlant de Jésus, de la Vierge Marie et de Dieu le Père sont chargées d'émotion et d'affection. Elles révèlent une union mystique vraiment extraordinaire. La théologie qui transpire de ses écrits, tracés d’une main enfantine et avec la manière simple et souvent incertaine des enfants, est d'une beauté surprenante. Beaucoup sont actuellement étudiés par les spécialistes. Car « l’œuvre » de cette jeune enfant dénote une profondeur spirituelle et une justesse théologique stupéfiantes.Au point que d’aucuns ont voulu voir en cette enfant de 6 ans un possible Docteur de l’Eglise. Cette correspondance place d’emblée sa jeune auteur dans la cour des plus grands. Comme eux, cette enfant aime Jésus d’un amour d’épouse. Amour mystique aux accents poétiques, qui rappelle celui de Thérèse de Lisieux. Elle écrit à Jésus : « Je veux être ta lampe et ton lys. La lampe qui brûle nuit et jour devant le tabernacle, ne te laissant jamais seul ; le lys qui orne l’autel et t’adore ». Des lys, elle promet d’ailleurs d’en envoyer beaucoup quand elle sera au paradis !

Jésus, fais de nous de précieux témoins de ton amour.

 

Prières quotidiennes

 

Troisième Jour

Antonietta aime Jésus jusqu’à l’héroïsme

 

Dès qu’elle apprend à tenir la plume, pendant sa première année d’école primaire, Nennolina veut signer toute seule : « Antonietta et Jésus ».Elle s’adresse à Jésus et à Marie avec une tendre familiarité. Ses petites lettres se terminent toujours par des caresses, des baisers, adressés à ses destinataires célestes. Les religieuses qui l’ont éduquée sont elles aussi témoins de cette tendre attitude, elles qui ont souvent vu, avant qu’elle ne sorte de l’église, la petite fille s’approcher du tabernacle et s’exclamer : « Jésus, viens jouer avec moi !».Elle écrit également dans ses lettres qu’elle désire que Jésus soit toujours avec elle : Pendant les mois qui la séparent de la nuit de Noël, ses lettres expriment tout son amour pour Jésus et l’ardent désir de le recevoir dans son cœur.

Les lettres de Nennolina sont des méditations-conversations avec Dieu le Père, Jésus, la Vierge Marie, l'Esprit Saint, la Sainte-Trinité. Elles sont pleines de tendresse, de douces expressions de l'amour ; de profondes réflexions sur les mystères de la foi ; de la persistance des souhaits de la réception de l'Eucharistie ; des offres de sa douleur à Jésus pour le salut des âmes.

La pensée de Jésus ne la quitte pas, elle compte les jours, les heures, les minutes. Les lettres sont répétitives et ses pensées, comme chez tous les enfants, sautent du coq à l’âne, mais sous leur forme enfantine, elles ne sont jamais banales ni puériles.

Son amour dépasse les mots : elle comprend qu’aimer Jésus, c’est faire sa volonté, jusqu’à l’héroïsme : « Rends-moi ma petite jambe si tu veux, écrit-elle à Jésus, mais si tu ne veux pas, fiat voluntas tua ».

O Jésus, fais-nous grandir, comme Nennolina, dans l’amour sans limite.

 

Prières quotidiennes

 

Quatrième Jour

Antonietta offre sa souffrance pour les pécheurs

 

Un peu plus tard, sa générosité extrême la fait monter encore plus haut : « Je ne te demande pas de me rendre ma jambe, je te l’ai donnée ». « Tu sais, maman ? J'ai proposé ma jambe à Jésus, pour la conversion des pauvres pécheurs et pour bénir tous les soldats en Afrique. »

Antonietta comprend qu’aimer Jésus, c’est aussi lui « donner des âmes ».Aussi offre-t-elle ses souffrances pour les pécheurs, « surtout pour les plus méchants »,précise-t-elle. Elle déclare vouloir beaucoup d’âmes : « O Jésus plein d’amour, donne-moi des âmes, donne m’en beaucoup !».

Elle prie pour les pécheurs : « Je te prie pour cet homme qui a fait tant de mal » ; «je te prie pour le pécheur que tu sais, qui est si vieux et qui est à l’hôpital Saint-Jean».

Nennolina comprend la valeur de la douleurA sa mère, elle dit : « Quand vous sentez la douleur, vous devez garder le silence et l'offrir à Jésus pour un pécheur. Jésus a tant souffert pour nous, mais il n'a pas commis de péché : Il était Dieu. Comment pouvons-nous nous plaindre, nous qui sommes pécheurs. Comment pouvons-nous le choquer toujours ? »

Prions pour les pécheurs, c’est ce que Marie nous demande de faire et qu’Antonietta a si bien compris et mis en œuvre.

 

Prières quotidiennes

 

Cinquième Jour

Antonietta comprend l’amour rédempteur de la douleur

 

Même si elle était très jeune, Antonietta a montré la compréhension de l'amour rédempteur de la douleur que vous ne pouvez pas expliquer si vous n'avez pas admis l'intervention d'une grâce extraordinaire. Nennolina comprend que chacun peut et doit remplir cette mission lui-même, en Jésus-douleur pour le salut de chaque âme. Elle offre sa douleur comme une récompense à Jésus pour toute la douleur qu’Il a soufferte. Elle a compris que sa douleur pourrait diminuer celle de Jésus qui continue à souffrir non plus dans son corps physique, mais dans son corps mystique. Jésus souffre sur les champs de bataille, dans les nombreux moyens par lesquels les hommes souffrent.

Antonietta, 6 ans, conseille à sa maman : « Pour ne pas souffrir, c’est bien simple : au lieu de penser à tes souffrances, pense à celles de Jésus, qui a tant souffert pour nous. Et tu verras que tu ne sentiras plus rien ». La petite fille qui sait à peine écrire, sait de quoi elle parle.

Quand quelqu'un lui demandait comment elle se sentait, elle répondait qu'elle allait bien.Elle ne voulait pas que quiconque prie pour son rétablissement, mais prie de l’aider à faire la volonté de Dieu. "Je veux rester avec Lui sur la croix parce que je l'aime", écrit-elle.

A son guide spirituel, elle dit  : "Pour un instant, je couche sur ma blessure, de manière à offrir plus de douleur à Jésus".

Cessons de nous plaindre et remercions Dieu pour les souffrances qu’il nous permet de partager avec lui.

 

Prières quotidiennes

 

Sixième Jour

Antonietta demande des grâces à Jésus

 

Antonietta ne cessera jamais de demander des grâces à Jésus et à sa Mère, pour ceux qui lui sont proches, pour ceux qui se recommandent à ses prières :

« Aujourd’hui j’ai fait un peu de caprices, mais prends, ô bon Jésus, ta petite fille dans tes bras... Aide-moi, parce que sans ton aide, je ne peux rien faire… Aide-moi de ta grâce… Aide-moi, car sans ta grâce je ne peux rien faire… Je t’en prie, Bon Jésus, garde toujours ta grâce dans mon âme ».

« Cher Jésus, demain tu seras dans mon cœur, fais comme si mon âme était une pomme. Et fais qu’il y ait une petite armoire à l’intérieur de mon âme, comme les pépins qui sont à l’intérieur d’une pomme. Et comme la graine blanche qui est sous la peau noire des pépins, fais qu’à l’intérieur de la petite armoire il y ait ta grâce, qui serait comme la graine blanche. Mettez Votre Grâce dans le placard et que cette Grace reste avec moi pour toujours. »

Le futur Paul VI, alors Secrétaire d’Etat, à la lecture de la biographie et des lettres d’Antonietta Meo, écrira que Dieu, en agissant dans les âmes par les voies les plus mystérieuses, concèdera à beaucoup de pénétrer, grâce à la lecture de la vie de cette enfant qui n’avait pas encore sept ans, le mystère de cette sagesse qui se cache aux superbes et apparaît aux enfants ». 

Demandons et il nous sera donné. Mais sachons demander avec persévérance.

 

Prières quotidiennes

 

Septième Jour

Nennolina, martyre

 

Le 12 juin 1937, l’état d’Antonietta s’aggrave. Elle respire avec peine. On extrait du liquide de ses poumons. Le 23, on lui scie trois côtes, sous anesthésie locale en raison de sa faiblesse. Voici ce que dit sa mère : « Je ne peux décrire le supplice de ce petit corps martyrisé. Ce jour-là, j’ai retenu mes larmes de toutes mes forces et je lui ai dit : “Tu verras, ma petite fille, dès que tu te seras remise, nous irons en vacances, nous irons au bord de la mer... tu aimes tant la mer... tu pourras aussi te baigner, tu sais !”.Elle m’a regardée, et m’a dit avec tendresse : « Maman sois heureuse, sois contente... Je sortirai d’ici dans un peu moins de dix jours” ».Sa mère ne pouvait pas savoir qu’Antonietta lui avait dit exactement le jour et l’heure auxquels elle allait mourir.

Dans les jours qui suivent, Antonietta continue avec une force désarmante à sourire. Elle sourit même aux infirmières qui viennent soigner sa cicatrice, alors que les métastases ont déjà envahi et dévasté tout son petit corps et que, sous la pression de la masse tumorale dans sa poitrine, le cœur a été déplacé. Tous les témoins du procès ont exprimé leur stupeur devant son extraordinaire sérénité. Sa mère en arrivera même à douter qu’elle souffre : « Je suis allée voir le docteur, et je lui ai dit : “Docteur, je ne crois pas... dites-moi la vérité, dites-moi vraiment... Antonietta souffre beaucoup ?”. “Mais Madame, quelle question ! Que dites-vous ! Taisez-vous ! Les douleurs sont atroces”. Je suis retournée près de son lit... je n’avais plus de voix, et je lui ai dit pour la première fois : “Antonietta, bénis ta maman... Antonietta, bénis maman”. Avec sa main, elle a tracé à grand-peine, une petite croix sur mon front ».

Au procès, le père d’Antonietta rendit le témoignage suivant : « Un jour, voyant son état s’aggraver, j’ai décidé qu’il fallait administrer l’extrême-onction à ma petite fille. Lorsque le prêtre lui a dit que les saintes huiles augmentent la grâce, Antonietta qui écoutait attentivement a répondu : « Oui, je les veux ! » Elle a répondu avec calme à toutes les prières, elle a récité l’acte de contrition, puis elle a tendu ses petites mains ouvertes au prêtre pour qu’il l’oigne... Elle a posé un baiser sur le crucifix de sa première communion. Tout s’est passé avec simplicité, dans la sérénité ».

L’aube de ce matin du 3 juillet 1937 s’était à peine levée quand son père s’approcha d’elle pour arranger encore une fois son oreiller, et Antonietta lui murmura, en approchant ses lèvres pour lui donner un baiser : « Jésus, Marie..., maman, papa ».Sa mère raconte : « Elle a fixé son regard devant elle... Elle a souri... et puis un long, dernier soupir ».

Le petit cercueil blanc fut transporté le lendemain, accompagné d’une foule émue, dans la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem, dans cette même basilique où se trouvent les reliques de la Passion de Jésus, et où Nennolina avait été baptisée à peine six ans auparavant. C’était le 28 décembre 1930, le jour des Saints Innocents.

Prions pour savoir témoigner jusqu’au martyre, comme Nennolina, s’il le faut.

 

Prières quotidiennes

 

Huitième Jour

La plus jeune vénérable de l’ère chrétienne

 

« Il y aura des saints parmi les enfants !»s’exclama saint Pie X lorsqu’il leur permit l’accès aux tabernacles eucharistiques, en abaissant l’âge auquel il était possible de recevoir la Communion. Mais il n’imaginait peut-être pas que cela viendrait si vite.

Décédée à l’âge de 6 ans, Antonietta Meo (15 décembre 1930-3 juillet 1937) est donc la plus jeune vénérable non martyre de l’histoire de l’Eglise.

Elle est plus jeune que les deux bergers de Fatima, Jacinthe et François, béatifiés par Jean-Paul II le 13 mai 2000 (morts à 10 ans), que la vénérable Anne de Guigné (10 ans et demi) ou que Marie-Carmen Gonzalez Valerio, sa contemporaine (1930-1939).

Devenir vénérable est la première étape vers la Béatification, étape nécessaire avant la canonisation. Antonietta Meo est la plus jeune candidate à la sainteté de toute l'histoire de l'Eglise catholique, qui ne soit pas martyre. Sa vie a été un témoignage de la sainteté des enfants qui souffrent.

Confions tous les innombrables êtres humains qui ne seront jamais canonisés mais qui le sont déjà dans le cœur de Dieu.

 

Prières quotidiennes

 

Neuvième Jour

La sainteté est pour tous !

 

Le cas de Nennolina est certainement une nouvelle confirmation de cette vérité, fortement mise en relief par Vatican II : La sainteté n'est pas à l'usage d'un petit nombre, mais un devoir contraignant pour tous les baptisés.

La dernière lettre de Nennolina porte la date du 2 juin. C’est celle qui arrivera dans les mains de Pie XI : “Cher Jésus crucifié, je t’aime tant, tu m’es si cher ! Je veux être avec toi sur le Calvaire. Cher Jésus, dis à Dieu le Père que je l’aime beaucoup lui aussi. Cher Jésus, donne-moi la force nécessaire pour supporter ces douleurs que j’offre pour les pécheurs ».

Sa mère témoigne : « A ce moment-là, Antonietta a été prise d’une violente crise de toux et de vomissements, mais aussitôt que la crise a pris fin, elle a voulu continuer à dicter.

Le professeur Milani, médecin pontifical qui avait été appelé par le docteur Vecchi pour une consultation, est venu examiner Antonietta. Il a dit que l’état de ma petite fille était grave, et qu’elle devait être ramenée à la clinique pour être de nouveau opérée. Le professeur est resté parler avec elle et a été frappé de la voir supporter ses douleurs sans se plaindre. Mon mari lui a parlé des lettres qu’elle écrivait. Il a demandé à voir la dernière. Après l’avoir lue, il a dit qu’il voulait parler d’Antonietta au Saint-Père et nous a demandé la permission d’emporter la lettre avec lui. Le lendemain, une automobile du Vatican s’est arrêtée devant notre habitation. Un délégué envoyé personnellement par le Saint-Père Pie XI était venu apporter la bénédiction apostolique à notre petite fille. Il nous a dit que Sa Sainteté avait été très émue par la lecture de la lettre, et nous a même laissé un billet du professeur Milani qui demandait à Antonietta de le recommander au Seigneur et d’implorer pour lui les dons qu’elle avait demandés pour elle-même ».

Prions pour l’humanité, afin qu’elle resplendisse de la lumière divine.

 

Prières quotidiennes

 

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Litanies

 

Voici quelques-uns des écrits de Nennolina, adressés à son « Cher Jésus ou à Marie », sous forme de litanies. La première lettre date du 15 septembre 1936 :

 

Cher Jésus, aujourd’hui je vais sortir et je vais chez ma sœur et je leur dis que je veux faire ma première communion à Noël. Jésus, viens vite dans mon cœur, je te serrerai très fort et je t’embrasserai.

Mon cher Jésus, aujourd’hui j’ai appris à faire le « O », comme ça je t’écrirai bientôt toute seule.

Cher Jésus, viens à l’école avec moi demain !

Cher Jésus, dis à l’Esprit Saint qu’il m’illumine d’amour et qu’il me remplisse de ses sept dons.

Cher Jésus, dis à la Sainte Vierge que je l’aime tant et que je veux être à côté d’elle.

Chère Sainte Vierge, tu es si bonne, prends mon cœur et donne-le à Jésus.

Cher Jésus, dites à la douce Vierge Marie que je sais que demain, ce sera sa journée, je veux faire beaucoup de sacrifices pour la réconforter.

Cher Jésus, je veux te répéter que je t’aime beaucoup. Mon bon Jésus, je te recommande mon père spirituel, donne-lui les grâces nécessaires.

Cher Jésus, je te recommande mes parents et Margherita. Ta petite fille t’envoie beaucoup de baisers.

Jésus, laisse cette grâce rester toujours, toujours avec moi. Je ne peux rien faire sans ta grâce.

Cher Jésus Eucharistie, mon cœur est plein d'amour pour vous et je suis heureux de vous accueillir demain matin à la sainte communion.

Cher Jésus eucharistie, je suis si, si contente que tu sois venu dans mon cœur. Ne t’en va plus de mon cœur, reste toujours, toujours avec moi. Jésus, je t’aime tant, je veux m’abandonner dans tes bras, fais de moi ce que tu veux.

Cher Jésus, aussi, vous pourrez venir dans mon cœur et rester enfermé avec moi. Je ferai beaucoup de sacrifices pour vous et vous dirai quelques mots doux pour vous réconforter. 

Cher Jésus, je t’aime beaucoup, je veux te le répéter que je t’aime beaucoup. Je te donne mon cœur.

Cher Jésus si vous étiez un homme comme nous et si vous étiez enfermé dans une maison, Vous ne connaîtriez pas toutes ces offenses qu'on vous fait.

Cher Jésus, dites à Dieu le Père que je l'aime tant.

Cher Jésus, je Vous adore et je baise Vos pieds.
Cher Jésus qui avez tant souffert sur la croix, apprenez-moi comment faire mon devoir pour que je puisse faire des sacrifices.

Cher Jésus, je sais combien tu as souffert sur la Croix, je veux t'offrir de petites fleurs et rester toujours près de Toi, sur la croix voisine, près de Ta petite Maman.

Mon bon Jésus, donne-moi des âmes, donne m’en beaucoup, je te le demande volontiers. Je te le demande pour que tu les fasses devenir bonnes et qu’elles puissent aller près de toi au Paradis. Cette prière, Antonietta la répétera de très nombreuses fois.

 

Dans sa dernière lettre du 2 juin 1937, elle écrit : « Cher Jésus, dis à ta petite maman que je l’aime et que j’ai hâte d’être votre voisine. »

 

Le Pape Benoît XVI a parlé d’Antonietta, lors de l’Audience aux garçons et aux filles de l’Action catholique, 20 décembre 2007. En voici quelques extraits : « Je suis heureux que vous ayez cité le nom d’une fillette, Antoinette Meo, appelée Nennolina. Il y a trois jours, j’ai décrété la reconnaissance de ses vertus héroïques. Quel exemple lumineux nous laisse cette fillette de votre âge ! Nennolina, enfant romaine, pendant sa courte vie – six ans et demi seulement – a fait preuve d’une foi, d’une espérance et d’une charité spéciales, ainsi que des autres vertus chrétiennes. Bien qu’étant une enfant fragile, elle est arrivée à donner un témoignage fort et ferme et vous pouvez la considérer comme l’une de vos amies, comme un modèle dont vous pouvez vous inspirer. Sa vie, à la fois si simple et si importante, montre qu’on peut être saint à tout âge : c’est vrai pour les enfants et pour les adolescents, pour les adultes et pour les personnes âgées. Chaque étape de notre vie est bonne pour décider d’aimer vraiment Jésus et de le suivre fidèlement. En quelques années, Nennolina a atteint le sommet de la perfection chrétienne que nous sommes tous appelés à rechercher, elle a parcouru à toute vitesse l’autoroute qui mène à Jésus.Comme vous le savez, Antoinette vit maintenant auprès de Dieu, et du haut du ciel, elle est proche de vous : sentez-la présente avec vous, dans vos groupes. Apprenez à la connaître et à suivre son exemple ».

 

Neuvaine proposée par l’Etoile Notre Dame

 

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31 mai 2018

Le mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trente-et-unième jour

Notre Dame du Bon Conseil, triomphante dans les Cieux

 

Le corps virginal qui avait fourni au Verbe fait chair sa substance humaine, qui par un prodige inouï l'avait conçu et l'avait enfanté sans douleur et sans rien perdre de son intégrité, dont l'âme, par une merveille, plus insigne encore, avait été préservée de la tache originelle et de toute espèce de péché, dont la mort enfin n'avait été qu'un pur effet d'amour, devait-il, pouvait-il subir la corruption du tombeau ? Non certes, « le corps sacré de notre Mère, dit Bossuet, le trône de la chasteté, le temple de la sagesse incarnée, l'organe du Saint-Esprit et le siège de la vertu du Très-Haut n'a pas dû demeurer dans le tombeau ; et le triomphe de Marie serait imparfait, s'il s'accomplissait sans sa sainte chair qui a été comme la source de sa gloire ».

Non, non, la croyance des siècles, les glorieuses solennités de l'Eglise, les enseignements de tous les saints Pères, les traditions antiques de toute la catholicité, attestent, sous le nom d'Assomption de la glorieuse Vierge Marie, le double triomphe de son corps virginal et de son âme immaculée, et toutes les voix catholiques, tous les âges, répètent avec transport les hymnes prophétiques de l’ancienne loi. « Levez-vous, Seigneur, et entrez dans Votre repos, Vous et l'arche que Vous avez sanctifiée. Quelle est celle qui monte à travers le désert, belle de toutes les vertus, semblable à une vapeur transparente composée des arômes de la myrrhe, de l'encens, et de toute espèce de parfums ». - « Venez du Liban, ô épouse chérie, venez et vous serez couronnée. Les hauteurs d'Amana, de Sanir et d'Hermon, toutes les vertus les plus élevées des hiérarchies célestes seront votre couronne : venez, venez. C'est elle, elle vient, elle monte du désert, comblée de délices, appuyée sur son bien-aimé ».

Lui-même l'a conduite par la main ; avec Lui elle a franchi toutes les hauteurs célestes. Son trône est près du trône de son Fils. Elle est reine, reine de toutes les hiérarchies angéliques, reine de tous les saints. Seule, elle forme, dit Gerson, la première hiérarchie du ciel, n'ayant au-dessus d'elle que Dieu, l'unique, l'infini, le maître souverain du ciel et de la terre ; et le Salomon des cieux lui a répété ce que celui de la terre avait dit à Bethsabée sa mère : « Demandez, ô ma mère, et rien ne vous sera refusé ! » Quelle gloire ! Quel triomphe ! Réjouissons-nous dans toute l'allégresse de nos coeurs, Enfants de la Mère du Bon Conseil. Celle que nous aimons est l'objet de ce triomphe incomparable, triomphe que nous partagerons un jour, nous en avons pour garantie l'image du Bon Conseil, portraits de la Reine du ciel et de son divin Fils, qu’Elle-même nous a envoyée des cieux !

 

Exemple

 

On lit le fait suivant dans le livre intitulé la Vierge Mère du Bon Conseil par Mgr Dillon : « Le 4 septembre 1796, il arriva que le maître de la boulangerie de Compatri, appartenant au prince de Borghèse, eut l'occasion de blanchir sa demeure. Tandis qu'il s'y préparait une image de Notre Dame du Bon Conseil, gravée sur du papier commun, se détacha du mur et tomba dans le bois destiné au feu. On la jeta par inadvertance dans le four avec le bois. Toute la masse s'enflamma ; au bout de quelque temps, quand on supposa que le bois était suffisamment consumé pour avoir chauffé le four, le boulanger regarda à l'intérieur, et à son grand étonnement vit un morceau de papier intact parmi les cendres enflammées. Son premier mouvement fut de le mêler de nouveau avec les matières embrasées. Cependant il fut encore plus surpris de voir tous ses efforts inutiles. Il le retira donc du four et reconnut l'image de la Madone du Bon Conseil, mêlée involontairement au bois. Sa surprise et celle de toutes les personnes qui entendirent parler du miracle, est plus aisée à imaginer qu'à décrire. L'image fut immédiatement placée avec vénération dans la chapelle du cimetière du Vatican où on la voit encore. Il y a pourtant un léger indice de brûlure aux extrémités, et quelques étincelles semblent avoir été projetées sur les figures de Jésus et de Marie. Les pieux Romains continuent à visiter cette image qui repose maintenant sous un tabernacle, et à y prier pour les morts. En mémoire du miracle, ils l'appellent : « La Libératrice des âmes du Purgatoire ». En effet, les pauvres âmes ont bien à remercier N.-D. qui opéra ce prodige en leur faveur ».

 

Prière

 

Ô Vierge du Bon Conseil, qui par un miracle touchant, avez procuré tant de prières à vos enfants retenus en Purgatoire, vous nous montrez par là qu'aucun de nos besoins n'échappe à votre vigilance maternelle. Votre sollicitude, qui nous accompagne pendant notre exil, nous suit au tribunal de notre Juge suprême et ne nous quitte pas dans les flammes expiatrices. Vous inspirez à vos enfants de la terre de prier pour ces pauvres âmes prisonnières de la divine justice, d'offrir pour elles leurs expiations et leurs bonnes oeuvres, et hâter ainsi le moment de leur délivrance. Ô Mère du Bon Conseil, du sein de votre gloire incomparable, prenez pitié de tous nos Frères défunts et en particulier des membres de la Pieuse Union. Ayez aussi pitié de nous, quand notre heure sera venue et faites qu’ayant été miséricordieux à l’égard de nos frères souffrants, nous soyons à notre tour, traités avec miséricorde. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

Fin du Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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