08 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Neuvième jour

Dévotion à la Purification de la très Sainte Vierge

 

« En souvenir de cette fête, vous vous offrirez, avec la Mère et le Fils au Père Eternel, pour être entièrement dévouées à sa gloire » (Lettre du Père Lequien).

 

I. La très Sainte Vierge Marie daigna plusieurs fois mettre l‘Enfant Jésus entre les bras de sainte Catherine de Ricci ; cela lui arrivait surtout à la fête de la Purification. Dans ces occasions, la sainte ne se lassait pas de témoigner son amour à son Bien-Aimé, et ne l'aurait pas rendu, si la glorieuse Vierge ne le lui avait redemandé.

Le bienheureux Jourdain de Saxe vit un jour de la Purification la très Sainte Vierge qui, avec son divin Enfant, bénissait tous les religieux, pendant qu'ils chantaient à l'église l'office divin.

Le bienheureux Pierre de Ruffia obtint la plus belle récompense de ses travaux, la couronne du martyre, le jour de la Purification. Heureux d'unir son sacrifice à celui que Jésus offrit alors dans le temple de Jérusalem à Dieu son Père !

Un jour de la Purification, pendant que le Père de Montfort prêchant dans l'église des Dominicains de la Rochelle, parlait des grandeurs de Marie, son visage exténué devint tout d'un coup lumineux et rayonnant ; et ses meilleurs amis ne purent en ce moment le reconnaître qu'à la voix. C'était un indice de la gloire céleste qui devait bientôt récompenser ses vertus et ses travaux.

Au temps de la Purification de la Vierge, pour se préparer dévotement à la recevoir dans le Temple, le bienheureux Henri Suso choisissait les trois jours qui précédaient cette fête, et il honorait symboliquement la virginité, l'humilité, la maternité de Marie en faisant brûler un cierge à trois branches et en récitant chaque jour trois Magnificat. Le matin de la solennité, avant que le peuple vint à l'église, il allait se prosterner devant le maître-autel, et il y méditait les gloires de Marie jusqu'au moment où Elle vint apporter son cher Fils au Temple ; alors il se levait, et s'imaginant qu'Elle était arrivée à la porte de l'église, il appelait tous les amis de Dieu et allait avec eux jusqu'à la porte, et sur la place, au-devant de la très Sainte Vierge. Quand il l'avait trouvée, il la priait de vouloir bien s'arrêter un peu avec son cortège pour entendre le cantique que son cœur voulait lui chanter dans le silence de son âme, avec l'aide de tous ceux qui l‘aimaient, et il entonnait avec tendresse cet hymne spirituel : « Vous êtes pure, vous êtes chaste et sans tache, ô Marie ! Aussi vous êtes devenue la porte éblouissante du ciel. Recevez le pieux tribut de nos louanges, ô Vierge compatissante, qui seule avez conservé votre pureté ! » À ces dernières paroles, il baissait humblement la tête, et suppliait Marie d'avoir compassion de son cœur, si pauvre et si chargé de péchés ; puis il se levait, et, se dirigeant vers l'autel, il la suivait en tenant son cierge, dont il faisait brûler la clarté mystérieuse pour demander à Marie qu'elle ne laissât jamais éteindre dans son cœur la lumière de l'éternelle sagesse et la flamme du divin amour. Il s'adressait à tous les amis de Dieu, les engageant à chanter avec lui l'hymne « Adorna thalamum »... et à recevoir le Sauveur et sa Mère avec les sentiments les plus vifs d'amour et de louanges.

Arrivé à l'autel, au moment où Marie allait offrir son cher Fils au vieillard Siméon, il la suppliait, humblement prosterné à terre, les yeux et les mains levés au ciel, de lui montrer son enfant, de lui permettre d'embrasser ses pieds, ses mains, de le confier un instant. à son âme. Marie consentait, et Frère Henri, tout tremblant de joie et d'amour. prenait Jésus dans ses bras, le pressait sur son cœur, l'embrassait et l'embrassait encore, comme s'il l'eût réellement possédé ; il contemplait avec bonheur ses yeux éblouissants, son visage pur comme le lait, sa bouche ravissante, ses petites mains, son corps blanc comme la neige, ses membres enfantins et divinisés par quelque chose de céleste. Dans son ravissement et son extase, il était tout étonné et tout ému de voir le Créateur de toutes choses à la fois si grand et si petit, si beau et si sublime dans le ciel, si faible et si pauvre sur la terre.

C'était au milieu de ses chants, de ses pleurs, de ses actions de grâces qu'il rendait le divin enfant à Marie, et qu'il l'accompagnait au chœur et dans les cérémonies de la fête.

 

II. Vierge sainte et généreuse, je veux aujourd'hui, comme le bienheureux Henri, vous considérer, venant dans le temple de Jérusalem, offrir au Seigneur le plus complet des sacrifices. Il ne vous suffit pas de vous être consacrée à Lui dès votre enfance, et Lui avoir fait l'hommage de votre virginité ; le Seigneur vous a enrichie de dons nouveaux ; il faut que ces dons retournent à leur auteur. Qu'elle est grande et digne de Lui l'offrande que vous lui présentez le jour de votre Purification ! C'est Jésus, le Fils de votre amour dont vous faites une victime pour le salut de tous ; c'est votre pureté, plus éclatante que celle de tous nos Esprits célestes, que vous soumettez à une purification qui n'est pas ordonnée pour vous ; c'est votre maternité divine que vous voilez sous les dehors d'une maternité commune et ordinaire ; c'est votre très Saint Cœur que la parole de Siméon transperce comme d'un glaive…

Ô Marie, pourquoi donc tant de sacrifices, tant de renoncements? Ah ! Combien il faut que vous ayez d'amour pour le Seigneur, puisque c'est le zèle de sa gloire qui vous porte à Lui immoler ainsi tout ce que vous avez de charité pour les hommes ! Puisque c'est pour leur salut que vous offrez votre Jésus, et que vous joignez votre sacrifice à celui de ce Fils adorable. Ô la plus soumise des vierges, vous avez prévu toutes les suites de l'offrande que vous faisiez et rien n'a arrêté votre courage ; vous avez vu de loin le sanglant sommet du Golgotha, et dès cet instant, vous avez fait le sacrifice de Jésus ; la victime a été agréée, et la terre réconciliée avec le ciel.

O ma divine Mère ! Votre exemple enflamme mon courage, et m'anime d'une sainte ardeur. Donnez-moi votre générosité, et joignez mon sacrifice à celui que vous avez offert dans le temple de Jérusalem. Offrez-moi et immolez-moi avec votre Jésus au Seigneur. Immolez lui mon corps, et que le glaive de la chasteté le sépare de tout ce qui flatte les sens. Immolez lui ma volonté, et que le glaive de l'obéissance le pénètre jusqu'à la division de l'âme. Immolez lui mon cœur, et que le glaive de la mortification le fasse mourir à toutes les joies de la terre, à toute affection dont Dieu seul ne serait pas le principe et la fin. Ô Marie, le souvenir de votre charité excite la mienne, je veux, avec Jésus, avec vous, avec tous les saints travailler à la gloire du Seigneur, expier les péchés du monde, et correspondre à toutes les grâces que j'ai reçues de Dieu.

Vierge sainte, offrez aussi au Seigneur, comme des victimes choisies, tous les enfants de Saint Dominique ; embrasez-les de cette charité qui peut seule donner l'amour du sacrifice, et qu'après avoir glorifié Dieu sur la terre par leurs vertus, ils soient glorifiés en Lui et en Vous, pendant toute l'éternité. Amen.

 

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06 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Septième jour

Dévotion à la maternité divine de Marie

 

« Marie, en devenant Mère de Dieu, et a raison de cette union étroite avec un bien infini, reçut en quelque sorte une grâce infinie » (Saint Thomas d'Aquin).

« La dignité de Mère de Dieu vient immédiatement après celle de Dieu et en conséquence Marie ne peut être plus unie à Dieu qu'elle ne le fut, à moins de devenir Dieu elle-même ». (Saint Albert le Grand).

 

I. « De même que la femme est la mère de tout l'homme, composé de corps et d'âme, bien que l'âme vienne de Dieu seul ; ainsi, bien que Notre Dame n'ait pas produit la Divinité, elle est véritablement la Mère de Dieu fait homme, puisqu'en effet ce divin composé est le terme de sa génération ; et c'est cette maternité qui la relève infiniment plus que tout ce qu'elle possède de grâce et de gloire, comme étant d'une dignité infinie : on juge, dit Saint Albert le Grand, de l'excellence de l'arbre par l'excellence du fruit. Ayant, dit saint Thomas, pour son terme un être infini en perfection, elle l'est aussi en grandeur ; de sorte que la dignité incomparable de Mère de Dieu contient en éminence toutes les dignités des Anges et des hommes ; elle les fait disparaître par son éclat, comme le soleil cache par sa splendeur la clarté des étoiles ; il n'est point d'esprit créé qui la puisse comprendre; les plus sublimes intelligences sont frappées d'étonnement et saisies de frayeur à sa vue ; à peine osent elles l'envisager.

« La même maternité a été pour la Vierge une source de prérogatives incomparables, savoir : 1° d'avoir été conçue sans péché, et enrichie au premier instant de son Immaculée Conception de la plénitude de la grâce ; 2° d'avoir produit dans le temps le même Fils que le Père Éternel engendre dans l'Eternité ; de l'avoir produit sans rien perdre de sa pureté virginale, comme le Père Éternel ne perd rien de sa divinité ; 3° d'avoir eu un pouvoir légitime de commander au Maître absolu de toutes les créatures, puisque c'est un droit que la nature donne aux mères, droit auquel a bien voulu se soumettre Celui qui était venu pour accomplir la loi, et non pour la violer ; mais ce droit est si glorieux à Marie que saint Bernard ne sait s'il est plus digne d'admiration que l'obéissance de Jésus ; car, dit-il, qu'un Dieu obéisse à une femme, c'est une humilité sans exemple ; mais qu'une femme commande à un Dieu, c'est une élévation sans pareille ; 4° d'avoir été l'Êpouse du Saint Esprit d'une manière infiniment plus noble que les autres vierges, puisque les autres méritent à peine d'être alliées à ce divin Époux, quant à l'âme, tandis qu'elle l'a été quant au corps, et de la manière du monde la plus chaste ; d'ailleurs, l'alliance des autres avec le Saint Esprit ne sert qu'à produire des actions de vertu, et la sienne a produit d'une manière ineffable le Seigneur des vertus ; 5° d'avoir été comme l'achèvement et le couronnement de la très Sainte Trinité, car elle a produit le plus excellent fruit de sa fécondité au dehors, c'est-à-dire un Homme-Dieu ; elle lui a donné un sujet capable de lui rendre tout l'honneur qu'elle mérite, ce qui était impossible à toutes les créatures jointes ensemble ; elle l'a honorée elle-même d'un culte tout particulier ; 6° d'avoir été faite Reine et Dame de toutes les créatures en mettant au monde leur Roi et leur Seigneur » (Père Ducos, « Pasteur apostolique »).

Oh ! Que de raisons nous obligent à honorer la Mère de Dieu, et qu'elles sont puissantes ! Oh ! Si nous considérions ce qu'elle est, ce que nous lui devons et ce qu'elle peut faire pour nous, que nous aurions de vénération, d'amour et de reconnaissance pour Elle, et que notre confiance en son secours serait ferme et cordiale !

Car 1° Qu'est-ce que la Mère de Dieu ? C'est un firmament où toutes les vertus brillent avec plus d'éclat que les étoiles dans le ciel ; c'est un soleil qui paraît à nos yeux toujours plus lumineux et plus beau ; c'est un océan où l'on ne peut mesurer les abîmes de grâces. Si Dieu a trouvé à propos de créer les Anges dans sa grâce, il ne faut pas douter qu'il n'ait créé aussi dans sa grâce l'incomparable Marie, et avec un privilège d'autant plus grand que sa dignité est relevée au-dessus de toutes les leurs. Pour être digne Mère de Dieu, telle que le Saint Esprit l'a rendue, il faut qu'elle ait surpassé en grâce et en mérite tous les Anges et tous les saints, et que la seule sainteté de son Fils adorable ait de l'avantage au-dessus de la sienne. Ainsi, comme après Jésus rien n'est comparable à la grandeur, à la sainteté, à la charité et à la beauté merveilleuse de sa très digne Mère, il faut qu'après Jésus, il faut que nous ayons plus de respect et plus d'amour pour Elle seule que pour tout ce qu'il y a de vénérable et d'aimable au ciel et sur la terre.

2° Que devons-nous, ou plutôt que ne devons-nous point à la Mère de Dieu ! Nous lui devons toutes choses, puisque nous lui devons Jésus-Christ Notre-Seigneur ! Cet adorable Fils de Dieu s'est voulu faire notre pain, et c'est du sang virginal de Marie que le Saint Esprit a pétri ce pain du ciel. Son corps très pur a été comme le four mystérieux où il a été consumé par le feu de la divine charité. Quand nous prenons donc cet aliment des Anges par la communion, une partie de nos remerciements en sont dus à cette Mère d'amour, qui allaite d'une manière si douce et si sainte les enfants de l'Église ; et toutes les fois que nous pensons, comme nous devons le faire très souvent, que notre grand Jésus nous est tout en toutes choses, nous devons nous ressouvenir, avec de très-grands sentiments de reconnaissance, que c'est du sein du Père Éternel et puis du sein de Marie, que nous est venu cet unique trésor de nos cœurs.

3° Enfin, que ne peut point faire pour nous la Mère de Dieu? Elle a droit, en quelque sorte, sur les diverses missions du Saint Esprit, c'est-à-dire sur les divers effets de grâce que ce Dieu d'amour produit dans les âmes. Elle continue sans cesse à l'attirer sur l'Église, ainsi qu'elle commença de le faire dans le Cénacle le jour de la Pentecôte. Comme il est certain que celle qui néglige de recourir à Elle ne va jamais loin dans la piété, pas une âme aussi, de celles qui implorent son secours avec confiance, ne manque d'expérimenter son merveilleux pouvoir auprès de Dieu... » (Père Ducos, « Pasteur apostolique »).

 

II. Parmi tous les noms divins et merveilleux que la tradition catholique a donnés à la Vierge Immaculée, quel est donc le plus auguste ? C'est le nom de Mère de Dieu !

Être la Mère de Dieu ! c'est un honneur inexplicable, et pourtant la Vierge Marie est vraiment la Mère de Dieu !... Mère de Dieu ! C'est le cantique du ciel! mais c'est aussi le Cantique de la terre. Ne faut-il pas commencer à balbutier dès ici-bas les hymnes saints qui doivent nous réjouir pendant toute l'éternité ? Ne faut-il pas nous consoler un peu de nos tristesses. en prenant part, quoique de loin, à ces concerts de l'autre vie ?

Écoutez de toutes parts les voix des anges du saint Rosaire... Dans cette obscure demeure, voyez cette jeune fille, comme accablée sous le poids du travail de chaque jour. Autour d'elle tout est bien pauvre, et pourtant sur son front paraît la joie ; son visage respire la paix. Que dit-elle, et quelles paroles, toujours les mêmes, reviennent sur ses lèvres, tandis que ses doigts parcourent son Rosaire ? « Sainte Marie, Mère de Dieu ! Mère de Dieu ! priez pour nous ! » Ces mots suffisent pour la consoler dans ses fatigues.

Là, c'est une maison plus riche, dont le pauvre sait le chemin, car bien souvent il a trouvé près de ses portes l'aumône dont il a besoin pour vivre et faire vivre sa famille. Comment donc la maîtresse de ces lieux garde-t-elle, au milieu des dangers de la richesse, une âme candide et pure, un air paisible, un cœur joyeux ? Voulez-vous saisir le secret de ses vertus ? voyez-la dans son oratoire, elle tient en main le saint Rosaire, et tandis que ses doigts suivent les grains, entendez-la répéter : « Mère de Dieu, sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous ! » D'où vient à cette âme prête à franchir le redoutable passage qui sépare le temps de l'éternité le calme et la paix qui brillent sur son visage, ah ! c'est que bien souvent elle a répété : « Mère de Dieu, priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort », et Marie qu'on n'invoque jamais en vain, écarte, d'une main, d'auprès de sa couche funèbre les malins esprits qui voudraient l'attaquer dans ce moment suprême, et de l'autre, lui montre le ciel pour l'animer à combattre vaillamment son dernier combat.

Écoutons ces bruits confus, qui sur la terre s'élèvent de toutes parts, et qui montent vers le ciel ; bruits d'intérêts vains et terrestres ! Bruits d'avarice et de luxure ! Bruits d'indifférence ou de blasphème ! Bruits de terreur ou de souffrance ! Bruits d'angoisses ou de folie ! Bruits de crime ou de désespoir !

Mais au milieu de tous ces cris qui se confondent, écoutez cette pure mélodie... Quelles sont ces voix, si douces, qui chantent l'une après l'autre, qui, toujours sans se lasser, recommencent et continuent le concert ? Ah ! Reconnaissez le saint Rosaire... les heures passent et s'enfuient, le jour vient après la nuit, la nuit succède au jour, mais toujours les voix se succèdent et jamais l'hymne sacré ne s'interrompt.

Entendez ces doux accents qui pénètrent jusqu'à nos cœurs... « Mère de Dieu, disent les voix, sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous ! » N'est-ce pas le même chant que les Anges et les saints répètent pleins d'allégresse ! Sans cesse unissons-nous donc avec les Anges pour chanter la Mère de Dieu, car elle est, après Jésus son divin Fils, le principal des liens qui joignent la terre au ciel ».(Père Potton, Mois du Rosaire).

Le Père Mariano le Vieux vénérait avec une affection extraordinaire les neuf mois que le Verbe Incarné demeura dans le sein de Marie, et ce fut le premier qui introduisit à Palerme, dans son couvent, l'usage de célébrer, par une neuvaine,les jours qui précèdent la fête de Noël. Cette neuvaine se fit, pour la première fois, dans l'église de la Minerve, par le Père Jacques Cotta, en 1618. Depuis, cette dévotion s'est étendue à tous les couvents de l'Ordre. et Sa Sainteté Pie VII a accordé à cette dévotion une indulgence plénière le premier et le dernier jour de la neuvaine pour tous les fidèles qui visiteront une église de l'Ordre des Frères Prêcheurs, et y assisteront aux exercices pieux, aux prières ou aux sermons qui se feront à cet effet dans leurs églises, et une indulgence de sept ans et de sept quarantaines à tous les autres jours de la neuvaine.

Le Père Léodat de Montpellier avait une grande dévotion à la Mère de Dieu. Celle-ci lui étant apparue un jour, il ne pouvait croire à l'excès de son bonheur, et lui dit : « Qui êtes-vous ? » « Je suis la Mère de Dieu », lui répondit la sainte Vierge. « Si vous êtes la Mère de Dieu ne me laissez pas dans cette vallée de misères », lui dit le Père. Alors la divine Mère de Jésus l'assura de son salut éternel, lui dit qu'Elle était la protectrice de l'Ordre des Frères Prêcheurs, et le conduisit au ciel.

Ô Vierge Marie, vous que l'Église supplie de vous montrer notre Mère, daignez être tout particulièrement la mienne ; veillez sur moi, et apprenez-moi à me conduire comme votre enfant. Et vous, enfant Jésus, qui avez voulu naître, pour devenir notre frère, je suis bien faible, bien imparfaite, bien ignorante, bien délaissée ; mais Vous, Enfant Jésus, qui êtes la science, la bonté et la lumière infinie, enseignez-moi à connaître votre sainte volonté et à l'accomplir. Amen.

 

Prière de Saint Albert le Grand

 

Soyez bénie, ô humanité de mon Sauveur. qui avez été unie à la divinité, dans le sein d'une Mère Vierge ! Soyez bénie, ô sublime et éternelle divinité. qui avez voulu descendre jusqu'à nous sous l'enveloppe de notre chair. Soyez bénie à jamais, vous qui avez été unie à une chair virginale par la vertu de l'Esprit Saint ! Je vous salue, vous aussi, ô Marie, Vous en qui la plénitude de la Divinité a fait sa demeure ! Je vous salue, ô Vous en qui habite la plénitude de l'Esprit-Saint ! qu'elle soit bénie à jamais également la très pure humanité du Fils qui, sacré par le Père, est sorti de vous ! Je vous salue, virginité sans tache, élevée maintenant au-dessus de tous les chœurs des Anges. Réjouissez-vous, Reine du monde, d'avoir été jugée digne de devenir le temple de la très pure humanité du Christ ! Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, Vierge des vierges, dont la très pure chair servit à l'union de la Divinité avec cette très pure humanité ! Réjouissez-vous, ô Reine des cieux, dont le très chaste sein procura une digne demeure à cette très sainte humanité ! Réjouissez-vous, et soyez dans l'allégresse, ô fille des saints Patriarches, qui avez été digne de nourrir et d'allaiter, sur votre chaste sein, cette sainte humanité ! Je vous salue, Virginité féconde et à jamais bénie, qui nous avez rendus dignes d'obtenir de fruit de la vie et les joies du salut éternel. Amen.

 

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05 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Sixième jour

Dévotion à l'Annonciation de la Vierge Marie

 

« La moitié du royaume de Dieu fut donnée à Marie, quand elle conçut et enfanta le Verbe Eternel ». (Saint Thomas d'Aquin, Préface des Epîtres canoniques).

 

I. Le Seigneur révéla à sainte Catherine de Sienne qu'il avait accordé à Marie, en l'honneur de l'Incarnation du Verbe, que quiconque aurait recours à Elle, fût-il même pécheur, ne pourrait devenir la proie du démon. C'est le sentiment de plusieurs théologiens et de Saint Thomas en particulier, que la divine Vierge a obtenu à plusieurs morts en état de péché mortel la suspension de leur sentence et la grâce de revenir au monde pour faire pénitence.

La très Sainte Vierge se montra une fois à sainte Catherine de Ricci le jour de l'Incarnation, et lui fit pénétrer le mystère de sa profonde humilité. La bienheureuse Bienvenue récitait cinq mille Ave Maria le jour de l'Annonciation, pour honorer ce grand mystère d'amour.

L’Angélus, destiné à rappeler le souvenir du mystère de l'Incarnation, se récitait en plusieurs lieux, le soir, avant Benoît XIII, pape dominicain ; mais ce saint pape, « désirant que tous les fidèles, non une fois, mais plusieurs fois le jour, implorassent la protection de la Bienheureuse Vierge Marie, et vénérassent le mystère de l'Incarnation », accorda par un Bref universel et perpétuel des indulgences trois fois le jour à tous les fidèles qui réciteraient l'Angélus au son de la cloche.

Le Père Nicolas de Montmaurel expliquait dans la cathédrale de Narbonne, devant les chanoines, les versets du chapitre XXII de l'Ecclésiastique, lorsque, parlant avec amour de l'Incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de la glorieuse Vierge Marie, il s'endormit doucement dans le Seigneur. C'était le vendredi d'avant l'Ascension, le 3 des ides de mai de l'année 1299. Son corps fut déposé dans le cimetière des Dominicains de Narbonne, pour y attendre la résurrection.

Le Père de Montfort recommanda aux serviteurs de Marie de célébrer la fête de l'Incarnation avec une ferveur particulière.

« Pendant les années que saint Raymond de Peñafort passa à Bologne, Saint Dominique ne manqua pas de profiter des assiduités de son savant ami, surtout pour développer dans son cœur la dévotion à la sainte Vierge, qui, au reste, n'avait cessé d'y grandir depuis qu'il avait été témoin du miracle de Balbeza. Saint Dominique avait une grâce toute particulière pour faire croître dans les âmes de pareils germes ; il avait tant fait pour la gloire de Marie ! De retour dans son pays, saint Raymond de Peñafort donna une preuve éclatante de son amour pour la Reine du ciel et de la terre :

Le mystère de l'Incarnation et de la maternité divine est le mystère fondamental de la religion chrétienne ; il avait une importance toute particulière depuis que les disciples de Mahomet avaient couvert de ruines et de sang une partie du monde civilisé, en faisant appel aux convoitises et aux passions brutales des sens. En face des mœurs dissolues, des maximes dégradantes et du paradis infâme des disciples du faux prophète, l'Europe chrétienne s'attachait par le fond de, ses entrailles aux dogmes régénérateurs de sa foi, comme à une ancre de salut. Les adorables prérogatives de l'auguste Mère de Dieu étaient surtout l'objet du culte et de la vénération des peuples. Or, chose étrange ! Le mystère sublime de la maternité divine n'obtenait pas en Espagne tout l'honneur que sa grandeur et sa pureté réclament. La fête de l'Annonciation n'y avait nulle solennité, et l'église de Barcelone, comme toutes les autres, l'avait laissée dans l'obscurité que lui léguait le passé. Saint Raymond sentit ce grave oubli de sa ville ; il entreprit de le réparer. Il consacra une partie de ses revenus à rendre plus éclatante la fête de Marie. Grâce à lui, la ville de Barcelone la vit, la première, briller de la juste magnificence que lui devait la piété des chrétiens. Toutes les Églises d'Aragon et bientôt celles de Castille suivirent cet exemple, et Marie se vit honorée par son pieux serviteur du culte le plus cher à sa gloire. Ce fut, de toutes les œuvres qu'exécuta saint Raymond, la plus magnifique et la plus féconde.

Heureux qui a pu, une fois dans sa vie, être libéral envers quelque gloire régnante de l'empire céleste ! Heureux qui a su créer de la terre vers quelque trône céleste, un nouveau cours d'hommages que les siècles futurs ne doivent jamais laisser tarir ! Celui-là a ouvert sur lui-même et sur bien d’autres une source de bénédictions que l’avenir n’épuisera point.

Mais si cette libéralité élève jamais ses dons jusqu'au pied du trône de Marie, quel fleuve de grâces et de bienfaits n'en débordent pas sur l'homme et la nation dont ils lui viennent ! Comme on moissonne richement ce qu'on a pu semer dans ce sein ! C'est ce qu'éprouva saint Raymond.

Depuis son retour à Barcelone, il n'avait pas manqué d'aller bien souvent visiter les enfants de saint Dominique, arrivés naguère avec lui de Bologne ; cependant il n'avait pu jusqu'alors fixer sa vie où depuis si longtemps était fixé son cœur. Mais dès qu'il eut si magnifiquement servi Marie dans la pompe nouvelle donnée à sa fête, il n'y eut plus pour lui de retard possible, et il dut venir prendre sa place au sein de sa plus chère famille. Ce fut là la première faveur dont Marie paya son zèle et les avances faites à sa gloire: elle fut immense ; pour lui il ne s'en pouvait pas trouver de plus grande. La grâce d'une vocation religieuse n'est-elle pas la plus grande qui puisse se désirer ici-bas ?… » (Année dominicaine, T.I, p. 191 et 192).

Parmi les grands événements dont la religion consacre la mémoire, l'Annonciation de la Sainte Vierge et l'Incarnation du Verbe tiennent le premier rang. C'est comme le premier anneau de cette longue chaîne de merveilles dont se compose la rédemption des hommes ; aussi ne nous étonnons point si Saint Raymond mit tous ses soins à faire célébrer avec solennité dans son pays cette fête qu'un Concile appelle la fête de la Mère de Dieu par excellence (10e Concile de Tolède).

 

II. Félicitons Marie d'avoir si bien correspondu à sa sublime vocation, qu'elle a mérité d'être choisie pour la Mère de Dieu. Prions Marie de nous aider aussi à connaître notre vocation et à la suivre fidèlement. Pour mériter d'entendre la voix de l'Ange du Seigneur, imitons le recueillement, la piété, la modestie de Marie ; offrons à Dieu le tribut de notre reconnaissance pour les grâces qui du mystère de l'Annonciation ont découlé sur la nature humaine et sur chacun de nous en particulier ; et en songeant au sublime honneur où Dieu élève Marie dans ce mystère, réjouissons-nous d'avoir une Mère aussi puissante, laissons notre cœur s'embraser de la plus immense confiance pour Celle qu'on n'implore jamais en vain.

Auguste Vierge, souffrez que je me joigne à l'Envoyé céleste pour vous dire avec le sentiment du respect et de l'amour le plus profond : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ». Ô la plus sainte, la plus pure, la plus fidèle de toutes les vierges, faites que mon cœur imite le vôtre ; obtenez-moi qu'imitant votre humilité et votre chasteté, j'adore et je reçoive dignement ce même Verbe que vous avez mérité de recevoir dans votre sein, et que son amour pour nous tient captif dans le plus auguste de nos sacrements. Puissé-je être ce que vous avez été vous-même pendant le temps qu'il a passé dans le sanctuaire de votre cœur, une parfaite adoratrice qui lui offre, ainsi que saint Raymond, des hommages qui lui soient agréables. Puissé-je, parfaitement soumise au Seigneur, lui répondre, en toute occasion, à votre exemple : « Voici votre servante. qu'il me soit fait selon votre parole : » Amen.

 

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04 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

Nativité de Marie

 

Cinquième jour

Dévotion à la Nativité de la Vierge Marie

 

« Ô Vierge Marie, jamais en ce monde ne naquit une femme semblable à vous ; votre berceau est tout fleuri de roses et tout parfumé de lys » (Bréviaire Dominicain)

 

I. « ...Et je le suivis.... Au fond d'une grande chambre reposait l'heureuse Mère. Ses parents se tenaient réunis à l'entour ; sur leurs visages se peignait une joie silencieuse et paisible. Au bruit de nos pas, ils se retournèrent ; et comme j'approchais avec Joachim, ils me saluèrent gracieusement et m'ouvrirent passage. Et je vis près du lit maternel, dans son petit berceau la Vierge d'Isaïe, la tige de Jessé, la fleur de nos vallées ! Mon Dieu, qu'elle était donc belle ! Son doux visage s'épanouissait comme une petite rose de mai entre les lys. Ses yeux semblaient purs et profonds comme l'azur du ciel ! On aurait dit deux lacs paisibles sous une brise endormie, deux océans d'amour, tout pleins de Dieu ! Ah ! Que je sentis alors délicieusement la vérité de la parole du Cantique : « Ma bien-aimée, par l'un de vos yeux vous avez blessé mon cœur ! » Elle me blessait par tous deux et mon âme s'y perdait et je la sentais descendre aux profondeurs de l'amour céleste et elle allait se reposant en Dieu ! Mais surtout quel doux sourire! quel parfum dans le souffle naissant de sa poitrine virginale comme ses lèvres étaient bien les bords entr'ouverts d'un vase plein de tous les arômes !... Je me penchai à l'oreille de Joachim et je lui dis : « Père, quel sera son nom ? » « Le nom de la sœur de Moïse : Marie ! » et avec un respect infini, je m'inclinai sur le berceau de la Vierge, et bien bas, bien bas, mais d'un cœur enivré, je lui dis : « Marie ! Marie ! » Marie ! Ah ! Ce nom, je l'aurais redit un siècle ! Marie ! Nom plus doux que l'huile des parfums répandus ! Nom que toutes les vierges devraient aimer ! Nom que tous les Anges se jettent éternellement comme un cri d'amour ! Mais elle, comme si elle m'eût compris, elle fixa ses yeux, ses grands yeux sur moi, et elle me sourit comme à un ami. Ô sourire ! Ô regard ! Non, je vivrais mille ans que je ne les oublierais jamais !

Je demeurais là, immobile, ravi, ne sachant plus où j'étais. Et tandis que je contemplais ainsi dans l'extase de l'amour, j'entendis un chant : c'étaient les Anges répandus autour de son berceau qui s'essayaient par leurs chants à réjouir leur petite Reine. Et moi, pauvre jeune homme, je me jetai aux genoux du vieillard. « Accordez-moi, lui dis-je, de rester sous votre toit ! acceptez-moi pour le petit serviteur de votre fille ! »

Le père la regarda comme pour l'interroger. « Eh bien oui, dit-il, en me tendant la main, soyez des nôtres ».

Depuis lors, j'ai compté bien des années ; j'ai vu la délicieuse enfant grandir; je l'ai vue épouser Joseph ; je l'ai vue devenir Mère sans cesser d'être Vierge ! Elle m'a permis de jouer avec son Fils, de le porter dans mes bras, de le baiser au front ! c'étaient là ses joies et les miennes... Après, les douleurs sont venues, et je les ai partagées. Au pied de la croix, devant son Fils expirant, je l'ai vue debout, pleurant, abîmée dans l'amour, et j'ai souffert avec elle ! Sur la montagne des Oliviers, quand ce même Fils ressuscité montait au ciel, je l'ai vue encore lui donner le dernier baiser, et puis, lui parti, je me suis retrouvé seul avec Elle, comme aux jours de son enfance. Ah ! Divine exilée ! depuis ce moment, que de soupirs, que de pleurs silencieux, que de regards vers le ciel !... Enfin elle est morte, morte d'amour, et l'amour l'a ressuscitée, et l'amour la portée triomphante au ciel, et l'amour l'a fait asseoir sur un trône, et elle vit éternellement dans l'amour. Et moi, maintenant vieux pèlerin, j'ai vu toutes ces choses et je n'ai pu mourir ; et voilà des années et des années que, privé du Fils, privé de la Mère, je chemine tout seul dans mon long exil. Ah ! Parfois c'est bien dur. Mais pourtant j'y trouve encore une consolation ; chaque année ressuscite mes vieux souvenirs, chaque mois de septembre renouvelle mes premières joies ; et ainsi, plus je vieillis, plus mon cœur s'attendrit, plus je me prends à aimer ma petite Vierge d'autrefois, plus je reprends courage, plus je marche d'un pas joyeux vers le terme de ma course. vers le ciel où Marie m'attend »...

Et maintenant que le pèlerin a fini son récit, devinez-vous qui il est ? Enfants du Rosaire, c'est le genre humain. Il errait tristement dans les ombres de l'erreur et du mal, quand naquit Marie. Par Elle, il a retrouvé la lumière, le courage du bien, la paix, le bonheur ! par Elle il a reçu Jésus, son salut, et depuis que Jésus et Marie sont montés au ciel, le genre humain, rentré dans la maison de Dieu et devenu par amour serviteur de Dieu et de sa Mère, s'en va courageusement à travers les siècles dans l'espoir d'atteindre un jour à la bienheureuse demeure qu'ils habitent. Là, plus de ténèbres ; là, une joie sans fin ; là, le parfait bonheur avec Jésus et Marie !

Voilà le pèlerin ! Et le pèlerin, c'est encore toute âme ; c'est vous qui me lisez, si vous le voulez, car c'est pour vous que Marie est née, comme c'est pour vous qu'est né son Fils ; et votre vie doit se passer à méditer tous les mystères de leur vie, et à désirer leur chère compagnie au ciel.

Ô âmes chrétiennes, ô enfants du Saint Rosaire, voyez donc si vous voulez aimer cette chère petite enfant qui est née pour vous, pour votre amour ; voyez si vous voulez vous dévouer à son service. Vous me demanderez comment ?... Ce qu'il lui faut pour le moment, c'est un lieu où se reposer; oui, à cette nymphe céleste, il faut son alvéole de miel, à cette goutte de rosée son calice de rose, à cette colombe son nid, à cette enfant Vierge son berceau ! Donnez-lui donc un berceau ; donnez-lui votre cœur, dans l'humilité, dans la pureté, dans l'amour; et quand la Vierge y reposera, ornez-le de guirlandes de roses; qu'elles s'épanouissent au-dessus de sa tête, qu'elles se penchent sur son front, qu'elles s’effeuillent sur son sein ; qu'elles parfument ses pieds. Autour de cette Rose, qu'il y ait partout des roses ; c'est-à-dire, que notre Rosaire la salue dès son entrée dans le monde ; qu'il devance près d'Elle l'archange Gabriel, et que, pour charmer les longues heures qu'elle passe sans sommeil dans son berceau, il lui répète sans cesse : Ave Maria ! » (Couronne de Marie, septembre 1862).

La sainte Vierge, le jour de la Nativité. apparaissait au bienheureux François de Possadas, se montrant à lui comme elle était dans son berceau, au moment de sa naissance.

« Mon Père, écrivait un associé du Rosaire, la fête de la Nativité de Marie a été pour moi un vrai jour de fête. Quand on aime sa mère. comment ne pas se réjouir lorsque arrive l'anniversaire de sa naissance ? Et Marie n'est-elle pas notre Mère, plus que notre Mère ? Il m'a semblé qu'elle prenait mon âme et qu'elle l'emmenait avec Elle au ciel... Oh ! Qu'il fait bon dans le ciel, tout près de Marie, aux pieds de Jésus ! J'aurais voulu n'en plus sortir ; mais il m'a semblé entendre sa voix me dire : « Il faut encore souffrir et pleurer pour l'Église... souffrir et pleurer pour cette Église qui a coûté le sang de mon Fils, et que l'enfer attaque avec rage aujourd'hui »... Ô mon Père, comme Marie était triste en me disant ces paroles ! Soyons donc sa consolation par un dévouement sans bornes, et avec Elle souffrons et prions pour l'Église ». (Couronne de Marie, octobre 1860).

 

II. Vierge bienheureuse, à votre entrée dans le monde, nous avons relevé nos fronts abattus, parce que votre naissance annonce celle du Rédempteur, comme l'aurore annonce l'arrivée du jour. Je vous salue, brillante et pure étoile du matin; le soleil de justice va se lever, le jour de la grâce va luire, et c'est vous qui aurez hâté sa venue. Vos désirs, plus ardents que ceux des patriarches et des prophètes, attireront le véritable Emmanuel dans votre sein. Ah ! Jésus, fils de Marie, daignez allumer pour Elle dans mon cœur l'amour le plus tendre, le plus filial, le plus respectueux. Faites, Seigneur, qu'entraînée par mon amour, je marche pas à pas sur les traces de Marie, et que, par Elle et avec Elle, avec tous les enfants de saint Dominique, je ne vive que de Vous, qu'en Vous et pour Vous, de telle sorte que nous méritions d'arriver à la vie éternelle. Amen.

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03 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Quatrième jour

Dévotion à l'Immaculée Conception de Marie

 

« Et j'invoquerai le nom de Marie, le nom de la Vierge à jamais Immaculée ». (Père Toricelli, Mois de Marie).

 

I. Si nous avions eu le bonheur de conserver le livre qu'écrivit saint Dominique pour réfuter l'hérésie des Albigeois, ce livre qui, jeté trois fois dans un brasier ardent, y demeura intact, nous y verrions la preuve que notre bienheureux Père admettait l'Immaculée Conception, et que Dieu approuva manifestement cette doctrine de son saint serviteur, puisqu'il préserva de la destruction le livre qui l'enseignait.

Dans une collection de pièces sur l'Immaculée Conception publiée à Palerme en 1742, on trouve une lettre du Père Alessandro Santo-Canale, jésuite, qui dit : « Un des Ordres les plus ardents en faveur de l'Immaculée Conception de Marie a été le si saint et si savant Ordre des Frères Prêcheurs, même dès son origine, c'est-à-dire au temps du grand patriarche saint Dominique. C'est ce que nous voyons par la controverse qu'il soutint si glorieusement pour lui-même et pour l'Église, contre les Albigeois, à Toulouse ».

On lit dans une ancienne tablette, datant presque de l'époque de saint Dominique et conservée jusqu'à ce jour pour réfuter ces erreurs : « Saint Dominique écrivit un livre sur la sainte humanité de Jésus-Christ ; et les Albigeois, s'élevant avec fureur contre le bienheureux, dirent que la Vierge était conçue dans le péché originel. Or le bienheureux répliqua, d'après ce qui est écrit sur son livre, que la proposition qu'ils annonçaient était fausse, la Vierge Marie étant celle dont l'Esprit Saint parlait par Salomon quand il dit : « Vous êtes toute pure, ma bien-aimée, il n'y a pas de tache en vous ». En un autre passage du livre de saint Dominique, on trouve les paroles suivantes, tirées des actes de saint André : « Ainsi que le premier Adam fut formé d'une terre vierge, qui n'avait jamais été maudite, de même il était convenable que le second Adam fût formé de la même manière ».

Saint Alphonse de Liguori assure que saint Thomas d'Aquin eut une apparition de la très Sainte Vierge qui lui prédit la définition du dogme de son Immaculée Conception.

Le vénérable Louis de Grenade termine plusieurs de ses ouvrages par la louange de Marie Immaculée, et l'éminentissime cardinal Gaude, mort récemment en odeur de sainteté, a fait paraître un opuscule remarquable sur l'Immaculèe Conception.

Un serviteur de Dieu qui avait dirigé assez longtemps la vénérable Mère Françoise des Séraphins, parle ainsi de sa dévotion à l'Immaculée Conception : « La première chose que j'ai à dire sur cette grande servante de Dieu, c'est qu'elle était convaincue qu'elle tenait sa vocation à la religion des mains de la très Sainte Vierge pure et Immaculée, ce qui la rendit si reconnaissante envers cette Mère de bonté, et la porta à lui rendre un si fidèle honneur pendant toute sa vie, qu'elle me dit, plusieurs fois, avec le zèle d'un vrai Séraphin, qu'elle n'avait pas de plus grande joie que d'être dans un lieu où elle pût, avec treize sœurs, louer incessamment nuit et jour cette aimable Mère, et qu'elle n'avait point de plus grand désir que de donner sa vie pour témoigner en présence du ciel et de la terre, des anges et des hommes, de ces belles vérités : que cette Auguste Reine est la vraie et digne Mère de Dieu ; qu'elle est la Vierge par excellence, et qu'elle a été conçue sans aucune tache... Elle ajoutait qu'elle voudrait que les filles qui servaient dans ce monastère fussent appelées les filles de l'Immaculée Conception de la très pure Mère de Dieu. Elle brûlait du désir de la glorifier, et je ne pouvais jamais la quitter sans qu'elle m'eût obligé de lui en enseigner le moyen. Parfois, dans ses entretiens sur cette divine Mère, elle était si fort transportée d'amour qu'il fallait la faire revenir à elle. Elle se plaignait presque toujours de ce qu'elle ne pouvait contenter son désir de la servir dignement, et bien souvent il fallait la consoler à cet égard, en lui disant que cette Mère de Miséricorde excuse notre faiblesse, et que, pourvu qu'elle voie nos cœurs entièrement à Elle, Elle se contente pour le reste de notre bonne volonté. Elle me pria un jour d'agréer qu'elle lui fît la donation de tout elle-même ; je lui en remis la formule par écrit, et lui dis de la signer de son sang. « Hélas ! me dit-elle, que tout ce que j'en ai dans les veines ne peut-il être répandu pour la gloire de son Immaculée Conception : Je me trouverais bien fortunée si je pouvais en être la martyre ! »

La fête de l'Immaculée Conception se célèbre dans l'Ordre de Saint-Dominique avec la même solennité que les fêtes de l'Assomption et du très Saint Rosaire.

 

II. Vierge Marie ! Le Saint Esprit vous a préservée du péché originel et ornée d'une pureté divine ; votre âme a brillé à ses yeux de plus d'éclat que les plus purs esprits de la Jérusalem céleste et dès votre Immaculée Conception, il a pu prendre en vous ses plus douces complaisances. Vierge Immaculée, le Seigneur Vous a confié les trésors de la science ; il vous a éclairée de sa sagesse, embrasée de sa charité, vivifiée de sa propre vie. Ô Vierge privilégiée, de quelle douce joie nous inonde le souvenir de votre Immaculée Conception ! Que volontiers nous vous reconnaissons pour notre Mère et notre Reine dans ce moment où vous triomphez de l'enfer, où vous écrasez la tête de notre infernal ennemi !...

Vierge sainte, daignez agréer le tribut d'hommages que je vous offre en ce jour, et recevez ma prière. Vous savez combien est lourd le poids de ma misère, combien est rapide la pente qui m'entraîne au mal. Je vous en conjure, venez à mon secours. Par votre Immaculée Conception, purifiez mon esprit et mon cœur; purifiez mes pensées, mes désirs, mes inclinations ; faites qu'en moi, comme dans la Mère Françoise des Séraphins, ne règne plus que le pur amour de Dieu qui, dès votre Immaculée Conception, fut toute votre vie. Vierge pleine de bonté, quand les fils de l’apostolique Dominique bravent tous les périls pour aller porter la foi chez les nations infidèles ; quand, dans nos contrées, infatigables Prêcheurs de la Vérité, ils se dévouent tout entiers au salut des âmes et à la conversion des pécheurs, soyez leur force, leur appui, leur guide, leur consolation ; et qu'alors, aujourd'hui et toujours, les cieux exaltent votre gloire, que la terre tressaille de joie et d'allégresse et se joigne à nous pour répéter sans cesse : Bénie soit la sainte et Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie ! Amen.

 

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02 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Troisième jour

Puissance de Marie

 

« Puisque Marie est la mère et la dispensatrice de tous les biens, ou peut dire que celui qui la trouve a trouvé toutes les grâces, toutes les vertus, puisqu'il n'y a rien qu'elle n'obtienne par son intercession ». (Saint Antonin).

 

I. « L'Église reconnaît dans la sainte Mère de Jésus deux attributs bien distincts : la puissance et la bonté. Sans la puissance, la bonté de Marie serait à peu près stérile ; et sans la bonté, sa puissance ne serait pour nous d'aucun secours. Mais Dieu voulant faire de Marie l'instrument de sa miséricorde, le refuge des pécheurs. l'ange protecteur et consolateur de tout ce qui souffre ici-bas, la porte du ciel, pour toute âme désireuse de son salut, lui a communiqué tout à la fois sa puissance et sa bonté et par l'union de ces deux attributs, Marie peut accomplir tout ce que lui suggère la tendresse de son cœur à l'égard de ses enfants, et elle le veut, dans toute l'étendue de sa puissance. Elle peut, elle veut ; elle veut, elle peut : tout est renfermé dans ces deux mots. Nous accourons nous réfugier sous votre égide tutélaire, ô sainte Mère de Dieu; ne rejetez pas notre confiance, mais sauvez-nous de tout danger... Et Marie, du haut des cieux, étend ses ailes maternelles sur le monde chrétien, comme l'aigle qui plane puissant dans les airs ». (P. Marie-Augustin, Couronne de Marie, février 1861).

Un jour que saint Dominique préchait sur la place de Carcassonne à une grande foule de peuple, en lui amena un homme possédé du démon. Saint Dominique demanda aux démons : « Pourquoi êtes-vous entrés dans cet homme ? » Ils répondirent : « C'est premièrement à cause de son irrévérence envers la Vierge Marie ; c'est ensuite pour son incrédulité : depuis un mois cet hérétique t'a entendu prêcher le culte de la Vierge, il n'a pas voulu croire à ta parole ; au contraire, il a fait tout le mal dont il était capable. C'est pourquoi, forcés par un juste jugement de Dieu à qui nous ne pouvons résister, nous sommes entrés dans le corps de ce blasphémateur ; c'est bien malgré nous, nous ne voulions pas le tourmenter, il nous gagnait tant d'âmes ! »

Après plusieurs autres questions, saint Dominique dit enfin aux démons : « Quelle est dans le ciel la créature la plus redoutable pour vous et la plus digne en même temps de l'amour et du culte des hommes ici-bas ? » A cette demande, les démons jetèrent des cris si perçants que les assistants terrifiés tombèrent par terre. Mais le saint, imposant silence aux malins esprits, rendit le courage au peuple. Toutefois il continua à presser les démons de répondre, et ceux-ci le conjuraient de les laisser tranquilles. Le saint dit : « Je cesserai de vous tourmenter quand vous aurez répondu à ma question ». « Au moins, répliquèrent-ils alors, laisse-nous le dire à toi seul, en secret, nous t'en conjurons, et non devant cette multitude d'hommes et de femmes ; nous y perdrions trop ! » « Peine inutile ! dit le saint ; hâtez-vous de parler à haute, claire et intelligible voix ».

Puis, comme ils résistaient toujours, le saint, se mettant à genoux, fit cette prière : « Ô très-digne Mère de la Sagesse incarnée, ce peuple connaît déjà le culte du Rosaire qui vous est si cher. Ah ! pour le salut de ces âmes, je vous en prie, forcez vos adversaires à dire clairement la vérité sur ce que je leur demande ». A ces mots apparurent soudain une multitude d'Anges couverts d'une armure d'or, et au milieu d'eux la glorieuse Mère du Sauveur, qui, avec un sceptre d'or touchant le possédé, lui enjoignit de répondre aux questions de son serviteur Dominique. Les démons s'écrièrent : « Ô notre ennemie et notre perte ! ô notre confusion ! Pourquoi êtes-vous descendue du ciel pour nous tourmenter ici ? Ah ! c'est vous qui empêchez l'enfer de se remplir. Vous priez pour les pêcheurs en puissante avocate, et vous êtes pour eux la voie du ciel très sûre et très certaine. Il faut donc vous répondre sans retard. Nous ne voulons pas, nous résistons ; et pourtant nous sommes forcés de découvrir la vérité, de publier nous-mêmes le moyen et la manière de nous confondre. Ô nécessité cruelle et confusion ! Ô affreuse malédiction ! Écoutez donc, chrétiens, ajoutèrent-ils : la Mère de Jésus est toute-puissante pour préserver ses serviteurs de l'enfer. De même que le soleil chasse les ténèbres, elle dissipe nos machinations et nos pièges. Aucune de nos tromperies ne lui échappe ; elle anéantit toutes nos ruses. Hélas ! nous sommes forcés d'en faire l'aveu : nul ne se perd avec nous de ceux qui se consacrent au culte de Marie et y persévèrent. Un seul de ses soupirs offert à la très Sainte Trinité surpasse en excellence et en vertu les prières et les vœux des autres saints.Aussi nous la craignons, elle seule,plus que tous les autres ensemble. Impossible de vaincre un seul de ses serviteurs fidèles. A l'heure de la mort, s'ils l'invoquent, elle en sauve malheureusement pour nous un grand nombre de ceux qui nous appartiennent. Si cette femme ne nous retenait et ne réprimait nos efforts, depuis longtemps nous aurions exterminé l'Église; souvent nous aurions fait perdre la foi à toutes les classes de la société chrétienne. Mais nous sommes contraints de vous le révéler, aucun de ceux qui persévèrent dans la dévotion prêchée par Dominique ne subira les tourments de l'enfer ; Marie obtiendra à ses serviteurs fidèles une vraie contrition de leurs péchés et la grâce d'en faire une confession salutaire ».

Après ces aveux, si pénibles à l'enfer, saint Dominique invita les assistants à réciter à haute voix le saint Rosaire. À chaque Ave Maria récité par le saint et le peuple en même temps, une foule de démons sortaient du corps du possédé sous la forme de charbons ardents. Le Rosaire terminé, Marie donna sa bénédiction au peuple et disparut. Quant au possédé, entièrement délivré, il resta sain et sauf devant saint Dominique, et cette manifestation publique de la puissance de Marie convertit un grand nombre d'hérétiques. (Manuel du Très Saint Rosaire par le Père Pradel).

Sœur Benoîte du Laus, membre du Tiers-Ordre de saint Dominique, fut soumise aux plus dures épreuves ; on soupçonna même la vérité de ses rapports avec le ciel, et l'archevêque d'Embrun envoya au Laus un formidable cortège de juges ecclésiastiques pour interroger la servante de Marie et la punir sévèrement, s'il y avait lieu. Benoîte, en apprenant l'arrivée de ses juges, fut saisie d'une crainte bien naturelle ; mais la sainte Vierge lui apparut et lui dit : « Ne craignez rien, ma fille, il faut rendre raison aux gens d'Église ; répondez à toutes les questions qu'on vous adressera, je suis avec vous ». Puis elle conclut par ces paroles remarquables : « Les prêtres peuvent bien commander à mon Fils, et non à moi ». Benoîte, fortifiée par ces paroles, attendit tranquillement ses juges, et parut devant eux plus tranquillement encore. Elle parla simplement de ses visions, satisfit à toutes les questions qui lui furent adressées, et ne manqua pas de répéter d'après sa bonne Mère, « que les prêtres peuvent bien commander à Jésus-Christ, mais non à la sainte Vierge », et il arriva que la plus astucieuse subtilité échoua devant l'innocence et la candeur de la jeune bergère.

II. Toute cette gloire de Marie, c'est votre gloire, Seigneur, car c'est vous qui avez donné la puissance au bras de Marie; vous l'avez élevée au-dessus des Anges, Vous l'avez couronnée de gloire et d'honneur, et l'avez établie Reine sur toutes les œuvres de vos mains.

Esprits célestes, louez Marie, louez et glorifiez votre puissante Reine.

Ô soleil, louez-la dans votre premier rayon matinal, et dans la lumière éclatante de votre midi, et dans votre dernier adieu du soir.

Et vous, lune, louez-la dans la douceur de vos reflets argentés !

Et vous, étoiles, dans la splendeur du firmament !

Cieux des cieux, louez Marie, louez-la, exaltez-la dans le cours des siècles !

Hélas ! Vierge puissante. ma vie n'est qu'une alternative de promesses de vous servir et d'infidélités, d'offenses et de repentirs. Ô Marie, de ce trône où vous avez été couronnée Reine, tendez-moi vos bras protecteurs. Ah ! Par pitié, ne permettez plus que je m'éloigne jamais de votre Jésus. Vous qui, par la bonté infinie de Dieu, avez reçu la puissance sur le domaine de la Rédemption, régnez sur ce cœur racheté et pourtant toujours rebelle à son Rédempteur. Vous qui pouvez tout obtenir de Dieu, faites qu'il m'accorde la grâce de lui être toujours uni, rendez-vous maîtresse absolue de mon cœur ; pénétrez-le d'amour et d'une irrésistible admiration pour ces dons excellents qui vous ont mérité de devenir la Mère d'un Dieu. Ô vous, dont l'éclat est plus pur que celui de l'étoile du matin, laissez tomber sur mon cœur avec la lumière de cette grâce dont Dieu vous a rendue la dispensatrice, un rayon de votre splendeur immaculée qui élève mon âme au-dessus des illusions de cet exil, faites briller à mes yeux la douce lueur des espérances éternelles. Ô Marie, je vous demande encore, à l'heure terrible de la colère, à cette heure d'amertume et d'angoisse qui terminera mon dernier jour, daignez m'accorder votre assistance, et me porter dans vos bras puissants devant le tribunal de Jésus-Christ, ce juge d'une majesté si sévère, mais aussi votre Fils bien-aimé. Amen. (Extrait di Mois de Marie Immaculée du Père Louis Toricelli).

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01 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Deuxième jour

Le Très Saint Nom de Marie

 

« La gloire du Nom de Marie est comparé à l’huile dans le Cantiques ; car l’huile cicatrise les plaies, répand de l’odeur, alimente la flamme ; ainsi le nom de Marie guérit les malades, réjouit les coeurs et les enflamme de l’amour divin ; à ce nom Satan s’enfuit et l’enfer tremble » (Bienheureux Alain de la Roche).

 

I. Marie ! c'est le nom qui, dans les conseils du Très-Haut, a été donné à Celle dont les vertus, les perfections, les souffrances et la gloire devaient étonner la terre et les cieux. Marie !... C'est le nom que sur un berceau de Juda, deux vieillards, dans un transport d'amour, imposèrent à l'auguste enfant qui,contre toute attente, leur fut donnée. Marie ! C'est le nom que Gabriel donna à la fille de David lorsque, messager céleste, il salua la Vierge de Nazareth. Marie !... c'est le nom que l'Enfant-Dieu aimait à prononcer quand, sur les genoux de sa Mère, enlaçant son cou de ses bras innocents, il la baisait en souriant. Marie ! C'est le nom qui, dans le premier des conciles, vint se poser sur les lèvres des apôtres ; nom sublime, qu'ils gravèrent, avant de se séparer, dans le symbole de la foi, afin que l'univers crût et s'inclinât à ce nom : Oui, Jésus-Christ est né de la vierge Marie, natus ex Maria Virgine. Marie ! C'est le nom que tous les saints adressèrent dans des transports d'amour et de reconnaissance à la créature prodige de perfections, dont le souvenir les inondait de joie. Marie ! C'est le nom qu'aimaient à prononcer dans l'effusion de leurs âmes les Dominique, les Thomas d'Aquin, les Vincent Ferrier, les Hyacinthe, les Raymond de Peñafort, les Antonin, les Pierre martyr, les Louis Bertrand, les Pie V, les Catherine de Sienne, les Rose de Lima, etc., ils ne se lassaient pas de redire ce nom suave et doux, qui comme un mystérieux incendie d'amour embrasait leurs cœurs.

Marie ! c'est le nom qui, dans la superbe basilique, sous le vocable de la Reine du Ciel, apparaît grand de gloire et de magnificence ; et c'est ce nom aussi qui, dans l'oratoire de la vallée, sous l'invocation de la Mère de Dieu, apparaît grand de modestie et d'humilité. Marie ! c'est le nom glorieux et béni que l'univers catholique proclame ; c'est le nom que les chrétiens, agenouillés sur les dalles de vos sanctuaires, redisent en ce jour, ô Vierge bénie, et vont proclamer durant ce beau mois. Marie ! Et moi aussi, pauvre Vermisseau, je veux le redire sans cesse ce doux nom, je veux le bénir et le chanter. Les innombrables lettres de sainte Catherine de Sienne, écrites sous l'inspiration du Saint Esprit, commencent toutes, non-seulement par l'invocation du très Saint Nom de Jésus, mais encore par celui de la douce Vierge Marie.

Le bienheureux Henri Suso, par l'invocation de ce nom, mettait l'esprit malin en fuite. « Ô Marie, disait-il, qu’êtes-vous donc vous-même, si votre nom seul est si délicieux ? Non, les harpes n'ont pas de si douces harmonies que celles qu'apporte aux cœurs affligés le très Saint Nom de Marie, la Vierge Immaculée. Que tous les peuples s'inclinent et s'agenouillent à ce nom sublime et divin de Marie ! »

Le bienheureux Jourdain de Saxe, de l'illustre famille des comtes d'Ebernstein, avait reçu de Dieu, en outre d'une charité inépuisable, d'une ineffable douceur et du don de calmer les âmes troublées, une tendre dévotion pour Marie. Il nous laissa un mémorial de son amour pour elle en établissant la touchante coutume de chanter tous les soirs le Salve Regina dans les couvents de notre saint Ordre. Il composa cette pieuse salutation appelée Couronne du nom de Marie, dont les prières sont si propres à enflammer les coeurs d'une tendre et solide dévotion envers la divine Mère de Jésus.

À peine la bienheureuse Marguerite de Hongrie put-elle parler qu'elle prononçait les saints Noms de Jésus et de Marie, ajoutant toujours à ce dernier nom : « Mère de Dieu et mon espérance ! »

Le bienheureux Martin de Porrès, après avoir récité avec les frères l'office de la sainte Vierge, se rendait promptement dans la chapelle du Rosaire ; et là, se prosternant dans un angle obscur, il restait plusieurs heures immobile devant l'image de Notre Dame, l'invoquant avec une douce dévotion et répétant son Saint Nom dans les transports d'une pieuse joie. La reine des Anges daigna souvent avec son céleste enfant apparaître alors à l'heureux Martin, et par sa présence et ses paroles lui donna un avant-goût des suaves douceurs du paradis.

À peine le bienheureux Jacques Salomon put-il bégayer quelques syllabes que le nom de Marie fut sans cesse sur ses lèvres ; ses délices et sa joie étaient de célébrer les louanges de Marie.

La vénérable Léonore de Parras étant devenue paralytique ne pouvait pas prononcer d'autres paroles que celles-ci : « Mater Dei ».

Le Père Ange de Jésus-Maria avait une si grande dévotion à ces très Saints Noms, qu'il ne les prononçait presque jamais sans tomber en extase.

La vénérable sœur Virginie d'Afilito, pendant une maladie qui dura deux années, ne put proférer que ces paroles : « Belle Marie ! Belle Marie ! »

Le nom seul de Marie suffisait pour consoler et réjouir Monsieur Olier, fondateur de Saint-Sulpice, qui était membre du Tiers Ordre de Saint-Dominique. C'était un son agréable pour son oreille, un baume très suave pour son cœur. « J'espère, disait-il, que le Nom de Marie Sera béni à jamais dans notre maison. Tout mon désir est de l'imprimer dans le cœur de mes frères ». Les lettres initiales de ce nom chéri furent mises partout dans le séminaire, sur les meubles, les vitres, les serrures ; le linge de la maison en fut marqué. Lorsqu'un pauvre, en demandant l'aumône, prononçait le nom de la sainte Vierge, l'abbé Olier ne pouvait plus le refuser ; c'était un supplice pour lui, s'il n'avait rien en ce moment dont il pût disposer. Il donnait du moins une médaille, un livre, un mouchoir ou tout autre objet. Quelquefois il empruntait à ses compagnons de quoi faire l'aumône, ou bien il conduisait les pauvres chez lui. « Ce nom, disait-il, m'est en si grande vénération que tout en moi est forcé de lui céder ».

 

II. Pour imiter tous nos saints, et ne pas porter en vain le nom d'enfants de saint Dominique, aimons Marie, aimons-la comme tout ce que nous avons de plus cher après Jésus, et, chaque jour, en récitant les prières qui lui sont consacrées, goûtons au fond de nos cœurs les fruits délicieux que produit l'invocation de ce nom béni : efforçons-nous de le faire connaître et aimer ; enfin vivons de l'amour de cette divine Vierge, et désirons de mourir dans ses bras en prononçant son doux nom uni à celui de Jésus. (Méditations de la mère Saint-Dominique, qui fut la fondatrice d’un couvent sous le vocable du Très-Saint Nom de Marie près de Lyon).

La parole ne peut exprimer, l'écriture ne saurait rendre. l'expérience seule fait connaître ce qu'on gagne à aimer Marie ! Glorieux père saint Dominique, bienheureux Jourdain de Saxe, qui avez fait cette heureuse expérience, obtenez-nous d'invoquer toujours le Saint Nom de Marie avec cette foi et cet amour qui furent pour vous la source de tant de grâces !… Quand je pense,Vierge sainte, que par la miséricorde de Dieu j'ai reçu au saint baptême votre nom béni, je me sens pénétrée de reconnaissance ; mais en même temps ma faiblesse s'effraye des devoirs que m'impose ce beau nom, et je crains, avec trop de raisons, de le porter indignement. Ô Marie, ô ma Mère ! venez donc à mon aide ; protégez-moi dans tous les dangers, et faites que je marche si fidèlement sur vos traces que je mérite de voir mon nom inscrit sur le livre de la vie éternelle, avec celui de tous ceux qui pendant leur vie auront invoqué avec amour et confiance votre saint nom. Amen.

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21 avril 2019

Via Lucis

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Le Chemin de Lumière


Le chemin de croix, qui fait méditer sur les évènements de la Passion et la mort du Christ, est une dévotion qui existe depuis longtemps dans la tradition chrétienne. Il semble logique de le prolonger par un chemin de lumière, illustrant le temps pascal, de Pâques à la Pentecôte. Cependant, jusqu‘ici, personne n'en avait eu l’idée.

Il y a quelques années, en Italie, un Père salésien, le P. Palumbieri, a eu cette inspiration, et l'artiste Giovanni Dragoni a sculpté dans du bois le premier chemin de lumière qui se trouve dans un des hauts-lieux salésiens près de Turin.

Un autre père salésien, François Dufour, a repris cette idée et a confié au Père de la Croix M.Afr, le soin d‘illustrer le chemin de lumière pour un Centre de retraites spirituelles près de Johannesbourg qui accueille quotidiennement des groupes de jeunes. Ce chemin a été inauguré le dimanche de la Pentecôte 1998.

Le chemin de lumière peut être une catéchèse de la foi et une forme de dévotion attirante pour les jeunes (et les moins jeunes). Ce chemin nous présente le parcours qui mène les apôtres et les premiers disciples du compagnonnage avec Jésus à la reconnaissance de sa présence nouvelle, invisible et spirituelle après sa résurrection.

Les 50 jours du Temps Pascal sont une marche paisible, toute empreinte d‘une joie puisée à une certitude: le Seigneur est ressuscité ! Marche nécessaire pour avancer dans l'insondable mystère qu'il nous est donné de célébrer.


Instructions

A chaque station :

1. L’évènement est annoncé par le titre.

2. Un court refrain :

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !

3. Le court passage d‘écriture sainte est lu par un lecteur.

4. À invitation « prions », la prière est récitée, tous ensemble.


Introduction


« Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts, et pendant de nombreux jours, il est apparu à ceux qui l'avaient accompagné de la Galilée à Jérusalem. Ils sont maintenant ses témoins pour le peuple d'Israël. Et nous-mêmes, nous sommes ici pour vous apporter la Bonne Nouvelle ! Ce que Dieu avait promis à nos ancêtres, il l’a accompli maintenant pour nous, qui sommes leurs descendants, en ramenant Jésus à la vie ! » (Ac. 13, 30-33 ).

 

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Première Station
Les femmes découvrent le tombeau vide

 

Jésus est ressuscité !

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Très tôt le dimanche matin, les femmes allèrent au tombeau, emportant les huiles parfumées qu’elles avaient préparées. Elles trouvèrent la pierre roulée loin de l’entrée du tombeau ; elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps de Jésus. Soudain, deux hommes aux vêtements brillants leur apparurent et leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est pas ici : il est ressuscité ! » (Luc 24, 1-9 ).

 

Prions


Seigneur Ressuscité, ta résurrection est véritablement bonne nouvelle ! Nous te louons pour ta victoire sur le péché et sur la mort ! Ta résurrection nous apporte l'espérance, le salut et le commencement d’une vie nouvelle en toi ! Aide-nous à croire de plus en plus fort que, arrivée à son terme, notre vie ne se termine pas, mais qu'elle est seulement transformée ! Amen.

 

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Deuxième Station

Pierre et Jean courent au tombeau

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Pierre et Jean coururent jusqu’au tombeau. Ils entrèrent et virent le linceul resté là. Ils virent, et ils crurent ! » (Jean 20, 3-9).

 

Prions


Seigneur ressuscité, alors que nous nous tenons devant ton tombeau vide, tu nous invites à revivre l'expérience de Pierre et de Jean. Tandis que nous réfléchissons sur le mystère de ta mort et de ta résurrection, accorde-nous la grâce de mieux comprendre que tu nous rachètes par ton sang versé pour nous, et que nous renaissons par ton Esprit. Amen.

 

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Troisième station
Jésus apparaît à Marie-Madeleine

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !

 

« Marie restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se pencha vers l’intérieur et, à l’endroit où Jésus avait été déposé, elle aperçut deux anges vêtus de blanc. « Femme, pourquoi pleures-tu ? », lui demandent ils. Elle se retourne, et voit Jésus qui était là, mais elle ne le reconnaît pas. Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : « Dis-moi où tu l’as mis et j’irai le reprendre ! » Jésus lui dit : « Marie ! » Se tournant vers lui, elle répond : »Rabbouni ! » , ce qui veut dire « Maître ! » (Jean 20, 11-18).


Prions


Seigneur ressuscité, tu as donné à Marie-Madeleine d’être le premier témoin de ta résurrection, et tu l'as envoyée annoncer la nouvelle. De même, tu nous appelles, nous aussi, par notre nom et tu nous demandes de partager cette bonne nouvelle avec tous ceux que nous rencontrons. Aide-nous à témoigner avec courage. Amen.

 

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Quatrième Station

Jésus rejoint les pèlerins d'Emmaüs

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Jésus leur dit : « De quoi parliez-vous tout en marchant ? » Ils s’arrêtèrent tout tristes. L’un d’eux répondit : « Tu dois être le seul à Jérusalem à ne pas savoir ce qui s’est passé ces derniers jours ! » Jésus leur dit alors : « Comme vous êtes lents à croire ce qu’ont écrit les prophètes ! » Et il leur expliqua ce qu’on disait de lui dans toute l’Ecriture, en partant de Moïse et tous les prophètes. ( Luc, 24, 13-27).


Prions

 

Seigneur ressuscité, tu as rejoint ces deux disciples alors que, déroutés, ils s’enfuyaient. Tu les as aidés à comprendre la vraie signification des évènements qui les attristaient tant. Leur invitation : « Reste avec nous ! » devient notre prière. Aide-nous à te reconnaître en tous ceux qui marchent près de nous, dans notre monde en désarroi. Amen.

 

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Cinquième Station

Ils reconnaissent Jésus à la fraction du pain

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !

 

« Quand ils arrivèrent près du village où ils se rendaient, Jésus fit comme s’il voulait aller plus loin, mais ils le retinrent en disant : « Reste avec nous, il fait bientôt nuit ». Il entra donc et se mit à table avec eux. Il prit le pain, le bénit, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de leurs yeux. Ils se dirent l’un à l’autre : « Est-ce qu’il n’y avait pas comme un feu au dedans de nous lorsqu’il nous parlait sur la route en nous expliquant les Ecritures ? » (Luc 24, 28 35 ).

 

Prions


Seigneur ressuscité, les disciples d’Emmaüs t’ont reconnu à la fraction du pain, et eux-mêmes se sont reconnus. Ils étaient toujours tes disciples ! Tes paroles ont ranimé leur Foi en toi. Chaque fois que nous célébrons l'Eucharistie, tu nous invites à nous renouveler en tant que disciples en écoutant ta Parole et en partageant ton Corps et ton Sang. Amen.

 

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Sixième Station

Jésus apparaît à ses apôtres derrière les portes verrouillées

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Tandis qu’ils étaient à table, soudain, Jésus lui-même se tint au milieu d’eux : « La Paix soit avec vous » dit-il. Mais ils étaient saisis de crainte, croyant voir un fantôme. Il leur dit : « Pourquoi avez-vous si peur ? Pourquoi tous ces doutes dans votre esprit ? Regardez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ! Un fantôme n'a ni chair, ni os, comme vous pouvez voir que j’en ai ! » Ils n'arrivaient toujours pas à croire, tout en étant remplis de joie et d'étonnement. Il leur demanda : « Avez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui donnèrent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea sous leurs yeux. (Luc, 24, 36-43).


Prions

 

Seigneur ressuscité, aujourd’hui encore, il nous est difficile de croire en ta résurrection et en la nôtre. Supplée à notre manque de foi. Amen.

 

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Septième Station

Jésus donne à ses apôtres le pouvoir de pardonner les péchés

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« De nouveau Jésus vint, et se tenant debout au milieu d’eux, il leur dit : « La Paix soit avec vous. Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie ! » Puis il souffla sur eux et dit : « Recevez l’Esprit-Saint. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils obtiendront le pardon. Ceux à qui vous refuserez le pardon ne l’obtiendront pas ». (Jean 20, 21-23).


Prions

 

Seigneur ressuscité, tu es apparu à tes apôtres et tu leur as insufflé l'Esprit-saint. Verse en nous ton Esprit qui guérit, afin que nous puissions continuer ta mission qui est d'apporter ton pardon à notre monde blessé. Amen.

 

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Huitième Station

Jésus confirme la foi de Thomas

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Thomas n'était pas avec eux lorsque Jésus était venu, et il refusait de les croire. Huit jours plus tard, les disciples étaient de nouveau réunis à la maison et Thomas était avec eux. Les portes étaient verrouillées, mais Jésus vint et se tint au milieu d’eux. Il dit à Thomas : « Avance ta main et mets-la dans mon côté. Regarde mes mains, cesse d’être incrédule ! Sois croyant ! » Thomas dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus ajouta : « Tu crois parce que tu m'as vu. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». (Jean 20, 24-29).


Prions

 

Seigneur ressuscité, tu as renouvelé la Foi de Thomas en toi, le Ressuscité ! Sa Foi est la Foi de l’Eglise. Veille sur l’Eglise que tu as bâtie sur les apôtres, approfondis notre foi en ta victoire finale et aide-nous à nous fortifier en l’espoir de ton retour. Amen.

 

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Neuvième Station

Jésus apparaît sur le bord du lac de Tibériade

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


Simon-Pierre dit aux autres disciples : « Je vais pêcher ». Ils répondent : « Nous venons avec toi ! » Alors ils sortirent en barque mais ne prirent rien de toute la nuit. Au lever du jour, Jésus était là au bord de l’eau, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. Jésus les appela : « Avez-vous pris quelque chose les amis ? » Comme ils répondaient que non, il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque et vous en prendrez ». C’est ce qu’ils firent et il y avait tant de poissons qu’ils ne pouvaient plus sortir le filet de l’eau. Le disciple que Jésus aimait dit : « C’est le Seigneur ! » (Jean 21, 1-19).


Prions


Seigneur ressuscité, dans ce symbole de tant de poissons rassemblés dans un unique filet sans qu'il ne se rompe, tu nous dis ton désir de rassembler en un seul peuple saint tous les hommes et femmes de toutes les nations. De même que tu as fait prendre à tes disciples une telle quantité de poissons, continue de nous faire avancer dans la voie de l'unité. Amen.

 

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Dixième Station

Jésus confie à Pierre le soin de son troupeau

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis ». (Jean 21, 15-17).


Prions


Seigneur ressuscité, non seulement tu as pardonné à Pierre qui t'avait renié trois fois, mais tu l'as choisi pour être le chef de ceux qui te suivent, le Berger de ton troupeau. En se ré-engageant à t’aimer jusqu'au bout, Pierre a assumé la responsabilité de mener ton peuple à la découverte de la guérison grâce à ta tendre miséricorde. Puisse les successeurs de Pierre continuer à maintenir ton Eglise dans la voie de la vérité et de la vie, et puissions-nous être fidèles à remplir notre mission de répandre la bonne nouvelle du salut. Amen.

 

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Onzième Station

Jésus envoie ses disciples évangéliser le monde

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Jésus se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient ». (Marc 16, 14-20).


Prions

 

Seigneur ressuscité, tu as aidé tes disciples à comprendre le mystère merveilleux de ta mort et de ta résurrection. Puis tu leur as confié la tâche d‘être des messagers d‘espérance et des porteurs de la bonne nouvelle de ta victoire sur le péché et sur la mort. Tandis que nous nous efforçons de poursuivre leur mission, aide-nous à manifester ta résurrection par toute notre vie. Amen.

 

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Douzième Station

Jésus monte au Ciel

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Jésus les conduisit jusqu’à Béthanie. Il leva les mains et les bénit. Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut enlevé au ciel. Ils avaient encore les yeux fixés sur lui quand deux hommes habillés de blanc se trouvèrent tout à coup auprès d’eux et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé du milieu de vous pour aller au ciel, reviendra de la même manière que vous l’avez vu partir ». (Luc 24, 50-52 ; Actes des Apôtres 1, 9-11).


Prions

 

Seigneur ressuscité, ta promesse du don de l'Esprit-Saint, et celle d’être toujours avec nous, nous remplissent de joie. Là où tu nous as précédés dans la gloire, nous espérons te suivre. Tu es assis à la droite du Père, intercède maintenant pour nous, tandis que nous plaçons toute notre confiance en toi, notre prêtre éternel. Amen.

 

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Treizième Station

Marie et les apôtres attendent la venue de l'Esprit-saint

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Les apôtres retournèrent alors à Jérusalem et montèrent à la chambre ou ils se tenaient d’habitude. Ils se réunissaient fréquemment pour prier ensemble, avec les femmes dont Marie, la mère de Jésus ». (Actes des Apôtres 1, 12-14).


Prions


Seigneur ressuscité, ce petit groupe de tes disciples dans l’attente et la prière au Cénacle était l'Eglise dans sa forme embryonnaire. Nous qui sommes rassemblés en communion avec tous les saints, nous te prions afin que, à nouveau, tu envoies les dons de l'Esprit-Saint sur tout ton peuple, et que tu réalises ainsi dans le coeur de tes fidèles ce que tu as accompli lorsque l’Evangile fut prêche à ses débuts sur la terre. Amen.

 

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Quatorzième Station

La Pentecôte, l'Esprit Saint descend sur les apôtres

 

V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons ;
R. Parce que, par ta résurrection, tu nous remplis d'espérance et de joie, Alléluia !


« Quand le jour de la Pentecôte arriva, tous les disciples étaient réunis au même endroit. Soudain il y eut un bruit venu du ciel. Il était semblable à celui d’un vent de tempête, et il remplissait la maison ou ils se trouvaient. Puis ils virent ce qui ressemblait à des langues de feu qui se séparèrent et se posèrent sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis de l’Esprit-Saint et commencèrent à parler en d’autre langues, selon ce que l’Esprit leur faisait exprimer ». (Ac. 2, 1-4)


Prions


Dieu notre Père, nous te remercions de nous avoir envoyé ton Fils unique pour nous appeler en ton Royaume. Embrase-nous comme tu as embrasé les premiers disciples, avec la puissance de l‘Esprit-Saint. Pénètre nos coeurs et aide-nous à renouveler la face de la terre. Amen.


Réflexion finale


Jésus a fait encore, devant ses disciples, beaucoup d4autres miracles, qui ne sont pas racontes ici. Mais ceux-ci ont été rappelés afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, par cette foi, vous puissiez être sauvés et avoir la vie en lui. (Jean 20, 30-31).

 

ND de Pâques


Regina Coeli

 

Regina Cœli, laetare, alléluia

quia quem meruisti portare, alléluia.

Resurrexit, sicut dixit, alléluia.

Ora pro nobis Deum, alléluia.

 

V. Gaude et laetare, Virgo Maria, alléluia.

R. Quia surrexit Dominus vere, alléluia.

 

Oremus

 

Deus, qui per resurrectionem Filii tui, Domini nostri Jesu Christi, mundum laetificare dignatus es: praesta, quaesumus, ut, per ejus Genitricem Virginem Mariam, perpetuae capiamus gaudia vitæ. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

  

Reine du Ciel, réjouis-toi, alléluia !

Car celui qu'il t‘a été donné de porter, alléluia !

comme il l‘avait dit, alléluia !

Prie Dieu pour nous, alléluia !


V. Réjouis-toi et sois heureuse ô Vierge Marie, alléluia !

R. Car le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia !


Prions


Ô Dieu qui a donné la joie au monde par la résurrection de ton Fils notre Seigneur Jésus Christ, accorde-nous de pouvoir obtenir par l’intercession de la Vierge Marie le bonheur de la vie éternelle, par ce même Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.



 

Textes extraits du livret « Le Chemin de Lumière, au de-là de la Croix », disponible aux Editions Téqui

 

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30 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Trente-et-unième jour

Après la mort de saint Joseph

 

C’est donc à Nazareth que Saint Joseph est mort et a été inhumé dans le tombeau qu‘un homme de bien lui avait donné et préparé. Son corps fut transporté ensuite par les chrétiens à Bethléem, et déposé dans un autre tombeau.

Marie, fille de Cléophas, fut une des premières à se rendre auprès de la sainte Vierge à Nazareth, après la mort de Saint Joseph. Elle avait avec elle l’enfant qu’elle avait eu de son troisième mariage, le jeune Siméon. Elle avait laissé à la maison d'Anne, qu‘elle occupait dans le voisinage de Nazareth, ses serviteurs et tout son ameublement.

Les trois fils que Marie de Cléophas avait eus de son union avec Alphée, et qui étaient établis en leur particulier, vinrent aussi le même jour qu’elle à Nazareth pour consoler la sainte Famille, à l’occasion de la mort de saint Joseph.

Entre autres personnes qui vinrent également visiter la sainte Vierge à cette occasion, il faut encore compter Séraphia, plus connue sous le nom de Véronique, Jeanne Chusa, Marie, mère de Marc, une pieuse veuve, du nom de Léa, et le fils de Véronique, qui fut plus tard au nombre des disciples.

Mais peu de temps après la mort de saint Joseph, notre Seigneur alla s’établir à Capharnaüm, sans toutefois abandonner entièrement Nazareth. La maison de Nazareth resta comme la demeure de la sainte Vierge, et la maison de Capharnaüm devint celle de Notre Seigneur. La sainte Vierge ne faisait que des allées et venues à Capharnaüm.

Pendant son absence, la maison de Nazareth restait fermée, quoique parfaitement lavée, nettoyée et rangée. À la voir en cet état, ou l’eût prise pour une église ou une chapelle : le foyer avait l’apparence d'un autel, et un petit tabernacle, qui le surmontait, portait un vase avec des fleurs. Elle était confiée à la garde d’Esséniens amis de la sainte Famille, et surtout d’un vénérable vieillard, nommé Eliud, neveu de Zacharie, qui, étant devenu veuf, demeurait avec sa fille. Ils étaient tout dévoués à la sainte Famille.

Non loin de là, et en avant des murs de la ville, était l’endroit où Saint Joseph avait travaillé autrefois. Il était habité par des gens pauvres, mais vertueux, qui l’avaient beaucoup connu et dont les fils avaient été au nombre des compagnons d‘enfance du Sauveur. Eliud conduisit un jour Notre Seigneur chez ces braves gens, qui leur présentèrent du pain et de l’eau fraîche. L’eau de Nazareth, du reste, était excellente.

Quant à la maison que Notre-Seigneur habitait à Capharnaüm, elle n’était pas dans la ville même, mais faisait partie d’un groupe de maisons entre Capharnaüm et Bethsaïda. Cette maison appartenait à un nommé Lévi, de Capharnaüm, qui l’avait cédée à Notre-Seigneur par attachement pour la sainte Famille. Des serviteurs de Lévi y demeuraient pour le service des hôtes, et il envoyait de la ville les provisions nécessaires. C’est de cette maison que Notre Seigneur fit sa principale résidence pendant les trois années de ses courses apostoliques en Galilée et en Judée. Mais, au milieu de ces courses évangéliques, il n’oublia pas le culte qu’il avait toujours rendu à saint Joseph, et le lui continua après même que celui-ci eut quitté la terre.

Toutes les fois, en effet, que Notre-Seigneur a trouvé l’occasion de glorifier la mémoire de son saint Père nourricier, il ne l’a pas manquée et s’est fait comme un devoir de la saisir. Il semble qu‘il veuille nous répéter ici, à propos de Saint Joseph, cette parole qui résume toute sa divine vie : « Je vous ai donné l’exemple, afin que vous fassiez comme j’ai fait moi-même ».

 

Considération

Saint Joseph et la fin des temps

 

Touchons-nous a cette fin des temps, et, comme plusieurs le prétendent, la génération actuelle, c’est-à-dire les plus jeunes d‘entre nous, les derniers-nés de notre époque, verront-ils la destruction et l‘anéantissement du monde visible que nous habitons ? La prophétie dite de saint Césaire sur la dernière restauration, mais pour un temps seulement, du christianisme, va-t-elle avoir son accomplissement, et allons-nous voir apparaître le Pontife saint et le Monarque puissant qu’il annonce, d’après l'Apocalypse ? Notre très Saint Père le Pape Pie IX serait-il vraiment, aux termes de la prophétie attribuée à saint Malachie sur la succession des Papes. le onzième avant-dernier des Pontifes romains, qui doivent, d’ailleurs, se succéder rapidement les uns aux autres dans les derniers temps ? Selon les prévisions et les calculs sur l’Apocalypse du vénérable Holzauser, dont il ne faut pas oublier que les prédictions qu’il a faites se sont réalisées, les unes de son vivant, les autres après sa mort, l’Antéchrist serait-il né et grandirait-il, inconnu jusqu’à présent, dans une bourgade de l’Orient ? Notre plume tremble en écrivant ces lignes, qui pourtant ne manquent pas de vraisemblance.

Quoi qu’il en soit, il est toujours incontestable que nous commençons à être les témoins des signes avant-coureurs du dernier avènement de notre Seigneur. Sans parler des faux Prophètes et des faux Christs, que nous pouvons bien voir dans les chefs de la démagogie et de la Révolution qui se donnent souvent eux-mêmes, et que leurs partisans acceptent, comme les envoyés du ciel et les messies des temps nouveaux, entendons-nous parler d’autres choses que de luttes et de révolutions, de guerres et de bruits de guerre, de soulèvements de peuples contre peuples, de nations contre nations ? La prédication de l’Evangile par toute la terre n’est-elle pas à peu près un fait accompli, quoique la foi aille s’éteignant de jour en jour, et que Notre-Seigneur eût déjà de la peine à en retrouver, s’il revenait dès maintenant ici-bas ? Comme au temps de Noé et de Luth, les hommes ne se livrent-ils pas a toutes les voluptés charnelles et terrestres, sans vouloir rien pré— voir des maux qu’on leur annonce ? L’iniquité n’abonde-t-elle pas partout, et la charité du grand nombre ne se refroidit-elle pas d’une manière effrayante ? Ne se dessinent-ils pas de plus en plus, ces derniers jours prédits par l’Apôtre, où les hommes seront amateurs d’eux-mêmes, avides de biens, fiers, superbes, médisants, sans obéissance pour les parents, ingrats, impies, dénaturés, sans foi et sans parole, calomniateurs, intempérants, inhumains, ennemis des gens de bien, traîtres, insolents, enflés d’orgueil, ayant plus d’amour de la volupté que de Dieu ? Le mystère d’iniquité aussi se forme, et tout ce qui est Dieu, culte, enseignement divin, morale divine, expression de Dieu sur la terre, ne tend-il pas de jour en jour à s’effacer et à disparaître, pour faire place à la grande apostasie de la fin des temps ? Oui, tout annonce le commencement de la fin.

Quoi qu’il en soit encore, un autre signe des derniers temps, signe plus consolant, il est vrai, mais qui n’en est pas moins caractéristique, c’est l’accroissement, le développement et le perfectionnement du culte de Saint Joseph. Selon une opinion que nous a léguée le moyen-âge, et qui, émise par Isidore des Iles, est passée tellement dans les convictions de tous, qu’elle est devenue une sorte de prophétie, ce culte de saint Joseph doit, avant le jugement, arriver à son apogée, parce qu’a la fin des temps, Dieu, dans tout l‘empire de l’Eglise militante, le comblera des grands honneurs et le rendra l’objet de la vénération la plus profonde…, le fera reconnaître pour protecteur particulier de cette Eglise… et inspirera au Vicaire de Jésus-Christ d’ordonner que la fête du grand Patriarche soit solennellement célébrée dans toutes les contrées de l’Église Catholique... Mais puisque cette heure fortunée a sonné, c’est donc que le monde est sur son déclin et doit songer à sa fin.

Ne semble-il pas, d’ailleurs, comme d’autres l’ont remarqué avant nous, que cette apogée du culte de Saint Joseph est le dernier perfectionnement que notre-Seigneur devait donner à sa sainte religion, et que conséquemment le monde se précipite vers sa ruine ?

Mais si Dieu a réservé ce perfectionnement du culte de saint Joseph pour les derniers temps, n’est-ce point pour nous préparer un suprême refuge contre les maux qui nous menacent ? Que tous ceux donc qui veulent se prémunir contre les scandales et les chutes des derniers jours viennent se réfugier sous le manteau de Saint Joseph, sous ce royal manteau qui, pour le soustraire aux fureurs d’Hérode, emporta dans ses plis bénis notre doux Sauveur en Egypte, et avec lui l’Eglise naissante qu’il fallait déjà défendre contre ses ennemis. Laissons-nous donc aussi emporter, avec Jésus et son Eglise, par saint Joseph, et restons à l’abri de sa puissante protection dans les malheureux temps où nous vivons.

Lorsque la famine vint à sévir autrefois dans cette Egypte, tout le peuple accourait à Pharaon pour lui demander des aliments et du pain. Et Pharaon les renvoyait au premier Joseph, figure bien imparfaite du second, qu’il avait établi sur toute la terre d’Egypte, en leur disant : « Allez à Joseph, Ite Ad Joseph ». Une grande famine sévit aussi maintenant dans le monde ; et combien d’âmes périssent, parce qu’elles manquent du pain de la vérité, de la foi, de la justice, de la sainteté, de la vie éternelle ! À qui donc s‘adresseront tous ces affamés du vrai pain des corps et des âmes ? À Dieu, c’est vrai, mais qui les renverra au véritable Joseph, qu’il a constitué le maître de sa maison et le prince de tout son domaine ; le dispensateur fidèle et prudent que le Seigneur a établi sur sa famille pour donner à tous, au temps voulu, la mesure de froment appropriée aux besoins de_leurs âmes et de leurs corps. Ô vous donc tous qui avez faim de la vérité et de la justice, venez à Joseph. Il est assez riche pour répondre aux besoins de tous.

Venez à Joseph, prêtres de Jésus-Christ, dont l’auguste ministère et les saintes fonctions ont tant d’analogie avec les siens. Par lui vous obtiendrez toutes les grâces pour vous et pour les autres.

Venez à Joseph, âmes spécialement consacrées à Dieu pour avoir embrassé la vie religieuse, et, avec la vie religieuse, la bienheureuse vie intérieure. Il est le patron et le modèle des âmes intérieures.

Venez à Joseph, princes et nobles, qui, a aucun point de vue, ne pouvez avoir plus de noblesse que lui. Vous trouverez auprès de lui toutes les grâces nécessaires pour restera la hauteur de votre condition et de votre position.

Venez à Joseph, ouvriers et travailleurs de toutes les classes et de toutes les situations. Il fut aussi l‘homme de la condition ordinaire et du travail manuel, et vous devez recourir à lui dans toutes vos nécessités.

Venez à Joseph, petits enfants, qui serez pour lui autant d’Enfants-Jésus, qu’il chérira de toutes ses affections paternelles.

Venez à Joseph, adolescents de l’un et de l‘autre sexe. Il aime la jeunesse et l‘aide à garder intacte sa virginité.

Venez à Joseph, époux chrétiens, qui avez tant besoin de sa protection pour observer la chasteté de votre état.

Venez à Joseph, parents qui vous préoccupez d‘accomplir tous vos devoirs si nombreux et si difficultueux. Lui seul peut vous aider à les remplir.

Venez à Joseph, fidèles de tous les âges, de toutes les conditions et de toutes les situations. Il n’en est aucune par laquelle il n’ait passé et pour laquelle il n’ait une vraie toute-puissance de médiation auprès de Dieu.

Venez à Joseph, vieillards qui vous acheminez vers votre éternité. En vous mettant et restant sous sa protection, vous aurez, comme lui, une vieillesse sainte, respectée et honorée.

Venez à Joseph, malades, mourants et agonisants. S’il se plaît à faire sentir son assistance à tous, il a grâce surtout pour la rendre efficace envers vous.

Venons tous a Joseph, et tous nous trouverons dans son culte et sa dévotion tous les moyens de nous prémunir, nous le répétons, contre les scandales et les chutes des derniers temps.

 

Pratique

Persévérance dans le culte de Saint Joseph

 

À l’époque où nous sommes arrivés, non-seulement il n’est plus permis à personne de rester indifférent à Saint Joseph et à son culte, mais chacun doit s’employer de son mieux a lui témoigner sa vénération, son amour, sa confiance, et sa dévotion. Ne comptons donc plus avec lui ; mais à lui, après Dieu, Jésus et Marie, tout notre zèle, notre dévouement et nos affections. Et pourvu que nous ne l’égalions pas à eux dans nos sentiments et dans les hommages que nous lui rendrons, nous n’avons plus de réserves à garder avec lui, à l‘imitation, du reste, de Dieu, de Jésus et de Marie.

Mais, comme l’amour est naturellement expansif, loin de nous contenter d’offrir à saint Joseph nos seuls devoirs, nous ne négligerons rien pour lui gagner des cœurs et lui procurer de la gloire. Nous serons maintenant industrieux pour répandre son culte, pour faire connaître les salutaires pratiques approuvées par l’Eglise en son honneur. Quelle que soit la position où la divine Providence nous ait placés, nous pouvons et nous devons, sans sortir de notre sphère, sans négliger les devoirs de notre état, contribuer efficacement à sa gloire, en nous appliquant la le faire aimer et honorer de tous ceux sur lesquels nous pouvons prendre quelque influence. Et à plus forte raison, si vous avez le bonheur d‘être prêtre eu l’honneur d’être père et mère de famille, instituteur ou institutrice.

Enfin, comme dit le P. Jacquinot, employez-vous bien à l’augmentation de la gloire de Saint Joseph, en excitant les autres à lui être dévots, en leur en fournissant les moyens, en n’épargnant, en un mot, ni biens, ni sang, ni vie, s’il en est besoin, pour lui procurer de l'honneur, puisque Dieu, qui s’est rendu très admirable en ce saint, le veut ainsi ; puisque Jésus et Marie le désirent ardemment ; puisqu’il le mérite lui-même par toutes sortes de considérations, et qu’il vous en reviendra de notables avantages en l’esprit et au corps, en cette vie et en l’autre, au temps et en l’éternité. Ainsi soit-il.

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Consécration à Saint Joseph

du Vénérable Monsieur Boudon

 

Je me prosterne en votre présence, ô grand saint Joseph, et vous honore comme le chaste Epoux de la Mère de Dieu, le Chef de la plus sainte Famille qui fût jamais, le Père nourricier de Jésus-Christ, le fidèle dépositaire des trésors de la très Sainte Trinité. Je révère en votre personne le choix de Dieu le Père, qui a voulu partager avec vous son autorité sur son Fils ; le choix de Dieu le Fils, qui a voulu dépendre de vous et devoir au travail de vos mains sa subsistance ; le choix du Saint Esprit, qui a voulu vous confier son Epouse chérie et vous la donner pour compagne. Je vous félicite du bonheur que vous avez eu de porter Jésus Christ entre vos bras, de l’appuyer sur votre sein, de l’embrasser amoureusement, de l’arroser de vos larmes pendant les saintes caresses dont vous étiez si souvent favorisé par ce divin enfant. Qui pourrait comprendre les trésors de lumières, de sagesse et de grâces, que vous avez acquis, et dont vous avez été comme inondé pendant les trente années que vous avez passées entre Jésus et Marie.

Pénétré de respect et d’amour à la vue de vos grandeurs et de votre sainteté, je vous offre et je vous consacre mon cœur. Après Jésus et Marie. vous en serez le maître et le directeur. Je vous regarderai désormais comme mon père et mon protecteur; daignez me regarder comme votre enfant. Faites-moi sentir les effets de votre grand crédit auprès de Dieu et de votre grande charité pour moi. Obtenez-moi une sincère conversion et toutes les grâces dont j’ai besoin pour remplir ses adorables desseins.

Obtenez-moi cet esprit de recueillement, cette vie intérieure, cette fidélité à la grâce, cette union intime avec Dieu, cette profonde humilité de cœur, cette parfaite conformité à sa pure et sainte volonté, cette patience dans les adversités, cette estime, cet amour des croix, ce parfait abandon à la conduite du Seigneur, cette confiance a ses volontés, surtout cet amour ardent pour la personne sacrée de Jésus et pour sa sainte Mère, qui ont fait votre caractère particulier. Prenez, ô grand saint, sous votre protection, les âmes intérieures, surtout celles qui, à votre exemple, écoutent et imitent Jésus et Marie dans la retraite et le silence. Enfin, par le privilège de votre très heureuse mort entre les bras de Jésus et de Marie, obtenez-moi, ô grand Saint ! une mort semblable à la vôtre, dans le dénuement parfait de ma volonté à Jésus et à Marie. Ainsi soit-il.

 

Gloire à jamais à Jésus, Marie, Joseph.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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Fin du Mois de Saint Joseph

 

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29 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

Jahenny 3-1

Trentième jour

Mort de Saint Joseph

 

Nous n’avons guère de détails sur les derniers jours et la mort de Saint Joseph ; et ceci, sans nul doute, par la continuation du dessein de Dieu sur le bienheureux Patriarche, qui n’a eu d‘autre mission sur la terre que d’apporter sa part contributive au mystère de l’incarnation, confié à sa garde et à son fidèle gouvernement. Ôtez ce mystère, et saint Joseph n’ayant plus sa raison d’être, il n’y a plus de Joseph. Du moment donc que l’on nous a dit tout ce que Joseph a fait par rapport à l’Incarnation du Fils de Dieu en terre, l’on nous a raconté toute sa vie, et le reste n‘est plus que du détail et de l‘accessoire.

Durant son séjour à Nazareth, Notre Seigneur ne quitta guère la sainte Vierge et Saint Joseph. Dans son enfance, il est grand et élancé ; son teint est clair ; son visage, bien qu’un peu pâle, annonce la santé. Son front est haut et découvert ; ses cheveux, longs et d‘un blond foncé, se divisent par le milieu et retombent sur ses épaules. Il porte habituellement une longue tunique d’un gris foncé, qui lui recouvre les talons, et dont les manches s’élargissent par le bas.

Entre la dixième et la vingtième année de la vie du Sauveur, l’on vit deux fois Jésus, Marie et Joseph dans une maison étrangère. Pendant les dix années suivantes, ils restèrent toujours seuls dans la maison où ils demeuraient. Cette humble demeure se composait seulement de trois chambres. La Sainte Vierge occupait la plus grande et la plus belle, et l’on s’y réunissait pour prier. Ils priaient debout, les bras croisés sur la poitrine, et à haute voix, ainsi que l’indiquait le mouvement de leurs lèvres. C’était aussi ordinairement à la lueur d’une lampe à plusieurs becs, et quelquefois à la lumière d‘une sorte de candélabre attaché à la muraille. Hors le temps de la prière, ils n’étaient presque jamais ensemble. Notre Seigneur restait seul dans sa chambre ; saint Joseph travaillait dans la sienne, transportant ou coupant du bois et rabotant des planches, et souvent l’Enfant Jésus l’aidait dans ces travaux. La sainte Vierge s’occupait à coudre ou à tricoter avec de longues aiguilles de bois. Elle était assise pour ces différents travaux, et avait à ses côtés une petite corbeille.

Chacun des membres de la sainte Famille passait la nuit dans sa modeste chambre, où la couche était formée d’une simple couverture que l’on étendait par terre pendant la nuit, et que l’on roulait le matin quand on s’était levé.

Le divin Enfant, avant sa douzième année, rendit à Marie et à Joseph tous les petits services dont il était capable. Il en était de même à l’extérieur et dans les rues : partout il montrait le plus grand empressement à obliger le prochain. Dès ses plus jeunes années, il était le modèle des enfants de Nazareth, qui le chérissaient tous et craignaient surtout de lui faire de la peine. Quand un enfant avait désobéi, ses parents ne manquaient pas de lui dire : « Que dira le petit Jésus, quand il saura que tu as été désobéissant ? Combien cela ne lui fera-t-il pas de peine ! » Souvent ils se plaignaient à lui de leurs enfants qu’ils lui amenaient, et ils le priaient de leur dire de ne plus faire ceci ou cela. Le divin Enfant se rendait à leur désir avec une admirable simplicité, et, tout en jouant, il engageait ses petits amis à ne plus faire de peine à leurs parents. Il s’unissait à eux pour demander au bon Dieu la grâce de se corriger ; il les portait enfin à implorer leur pardon et a avouer ingénument leurs fautes.

Aussi, à partir de cette époque, devint-il le maître de ses compagnons. Souvent, assis au milieu d’eux, ou les accompagnant dans la campagne, il leur apprenait mille choses utiles. Quand il eut dix-huit ans, il commença à seconder plus activement Saint Joseph dans les travaux de sa profession. Mais plus approchait le moment où devait commencer sa mission, plus on le voyait recueilli et occupé à méditer.

Notre Seigneur était âgé d’environ trente ans, quand Saint Joseph commença à s’affaiblir et à décliner de jour en jour. Jésus et Marie se trouvaient plus souvent auprès de lui. Pendant sa maladie, Notre Seigneur sortit seulement dans les environs ; mais on ne le vit jamais beaucoup s’éloigner de la maison. Souvent aussi la très Sainte Vierge était auprès de son lit, assise par terre ou sur un morceau de bois, de forme ronde, supporté par trois pieds, et qui leur servait aussi de table. On ne les voyait manger que rarement. Les seuls aliments qu’ils prissent ou qu’ils offrissent au malade étaient de petits morceaux de pain blanc, larges de deux doigts, de forme allongée, et placés sur une assiette l’un à côté de l’autre, ou quelques fruits sur une soucoupe. Ils donnaient aussi à boire au malade avec une sorte de cruche.

Au moment où saint Joseph expira, la sainte Vierge était à son chevet, le tenant dans ses bras, et Jésus était plus vers le milieu du lit. La chambre était remplie de clartés célestes, et il s’y trouvait un grand nombre d’Anges. Et quand il eut rendu le dernier soupir, on lui croisa les bras sur la poitrine, on l’enveloppa dans un linceul blanc, on le plaça dans un cercueil assez étroit, et on le transporta dans un magnifique sépulcre que lui avait donné un homme de bien. Jésus, Marie et quelques autres personnes seulement suivirent le cercueil au tombeau ; mais il était resplendissant de lumière, et une multitude d’esprits célestes accompagnèrent ses précieuses dépouilles.

Saint Joseph devait mourir avant Notre Seigneur, car son état de faiblesse et son amour pour lui ne lui eussent pas permis de supporter les scènes de la Passion et du crucifiement. Il avait eu déjà, dans les dernières aimées de sa vie, beaucoup à souffrir des persécutions que la haine secrète des Juifs dirigeait dès lors contre le divin Sauveur. Ceux-ci le voyaient avec peine, et disaient que le fils du charpentier voulait tout savoir mieux que les autres ; et cela, parce qu’il contredisait souvent les enseignements des Pharisiens, et que beaucoup de jeunes gens s’attachaient à lui. La sainte Vierge ne souffrit pas moins de ces persécutions, bien plus cruelles que le martyre. Pour le divin Sauveur, il est impossible d’exprimer l‘ardente charité avec laquelle il supporta ces premiers témoignages de la haine de ses ennemis.

 

Considération

Saint Joseph et Pie IX

 

Il est donc écrit que notre bien aimé Pie IX sera plus qu’extraordinaire dans toutes ses œuvres comme dans ses merveilleuses destinées. Outre que, seul de tous les Souverains Pontifes qui ont gouverné l’Eglise dans la suite des âges, il a dépassé les années des plus longs règnes, y compris celui de saint Pierre, non seulement il a été annoncé dans la prophétie dite de Saint Malachie sur la succession des Papes, sous le titre que tous les événements politiques ne lui font que trop bien justifier, Crux de cruce, mais il a encore été bien plus annoncé et prédit comme le Pontife devant proclamer l’incomparable privilège de Marie, donner au culte de Saint Joseph ses derniers développements et tenir le grand Concile qui, en terrassant toutes les erreurs, doit donner à l’Eglise des jours de prospérité et de paix qu‘elle ne connaît pas depuis longtemps.

Et n’est-ce pas ce qu’il a fait, en rassemblant, malgré toutes les oppositions du monde et de l'enfer, des quatre vents du ciel, tous ces Evêques qui sont accourus à l'envi pour commencer ce Concile qui se terminera, c‘est vrai, quand il plaira à Dieu, mais qui a pu, comme peur répondre en principe à toutes les erreurs qui surgiront désormais, formuler le dogme de l'infaillibilité doctrinale du Pontife romain, dogme si approprié aux nécessités de notre temps flottant à tout vent, non de doctrine, mais même d’opinion ? N’est-ce pas ce qu’il a fait, comme pour répondre aux besoins de nos âmes, si souillées pan les vices de la chair, en prononçant dans sa suprême infaillibilité que « la doctrine qui tient que la Bienheureuse Vierge Marie a été dès le premier instant de sa conception, par un singulier privilège de Dieu, préservée de toute tache de la faute originelle et révélée de Dieu, et doit conséquemment être crue fermement et constamment par tous les fidèles », et en attachant ainsi le fleuron qui manquait au diadème dont la terre avait couronné le front de Marie ? N’est-ce pas ce qu’il a fait, comme pour opposer un contre-poids aux passions de notre siècle, si saturé d’orgueil, de cupidité, de jouissance et de concupiscence, en développant le culte de l’humble, du pauvre, du détaché, du juste Joseph ?

À peine était-il élevé sur la chaire de Saint-Pierre, que, dès le 10 septembre 1847, il rendait obligatoire pour toute I’Eglise la Fête du Patronage de saint Joseph, qu'il fixait, par son décret Urbi et orbi, au 3e Dimanche après Pâques, introduisant ainsi son culte public parmi les fidèles. Jusqu’alors Saint Joseph n’était un peu connu que des âmes pieuses, qui pouvaient l'honorer en leur particulier, mais à peu près ignoré du commun des chrétiens, qui n’avaient pas même l‘occasion de célébrer de temps à autre sa seule Fête du 19 mars, puisqu’à cause du Carême elle était remise à un jour sur semaine, lorsqu’elle tombait le Dimanche. Et Pie IX, en décrétant ainsi la Fête de son Patronage, a en quelque sorte mis et constitué le saint Patriarche dans le domaine public. Aussi, à partir de ce moment, saint Joseph est-il plus connu, plus honoré, plus invoqué.

À partir de ce moment encore, que n’a pas fait Pie IX pour saint Joseph ? N‘a-t-il pas recommandé sa dévotion toutes les fois qu’il en a trouvé l’occasion ? N'a-t-il pas approuvé, encouragé, enrichi de précieuses Indulgences les diverses pratiques en son honneur ? Et que d’Archiconfréries, de Confréries, d’Associations sous son patronage n’a-t-il pas autorisées et érigées ! Est-il une faveur qui lui ait été demandée à propos de saint Joseph, et qu‘on puisse dire qu’il ait même eu la pensée de ne pas accorder ? Il avait dit dans les premiers temps de son pontificat : « Les soutiens de l’Eglise naissante, Marie et Joseph, reprennent dans les cœurs la place qu’ils n’auraient jamais dû perdre. Encore une fois, le monde sera sauvé ». Et, pour sauver ce monde, n’a-t-il pas constamment travaillé à rendre à Marie et à Joseph cette place qu’ils auraient dû toujours occuper dans nos cœurs ?

C’est ce qu’il a fait enfin pour saint Joseph, en accédant aux vœux des Pères du Concile du Vatican, vœux d’ailleurs qu’il avait lui-même provoqués, suggérés, excités, en déclarant saint Joseph Patron de l’Eglise universelle par son décret du 8 décembre 1870, que nous ne pouvons nous dispenser de citer ici. C’est un résumé, en quelques mots, de la tradition et de la doc—trine de l’Eglise sur le saint Patriarche.

« De même, dit ce décret Urbi et orbi, que Dieu avait établi Joseph, fils du patriarche Jacob, gouverneur de toute l’Egypte, afin d’assurer des vivres au peuple, ainsi, quand fut arrivée la plénitude des temps où il devait envoyer sur la terre son Fils unique, Sauveur du monde, choisit-il un autre Joseph, dont le premier était la figure, et l’établit-il seigneur et prince de sa maison et de ses biens, en lui confiant la garde de ses principaux trésors. C’est pourquoi Joseph épousa l’immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la vertu de l’Esprit-Saint, naquit Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui daigna passer aux yeux des hommes pour le fils de Joseph et lui fut soumis. Et Celui que tant de rois et de prophètes avaient désiré voir, Joseph, non seulement le vit, mais conversa avec lui, l‘entoura de sa paternelle affection, le couvrit de ses baisers, et mit toute sa sollicitude pour nourrir Celui que le peuple fidèle devait ensuite recevoir comme le pain descendu du ciel, pour obtenir la vie éternelle. À cause de cette sublime dignité que Dieu a conférée à son très fidèle serviteur, l’Eglise a toujours comblé le bienheureux Joseph, après la Vierge Mère de Dieu, son Epouse, des plus grands honneurs et de toutes ses louanges, comme elle a toujours, dans les circonstances difficiles, imploré son intercession. Mais comme, en ces tristes temps, l’Eglise se trouve tellement assaillie de tous côtés par ses ennemis, et Sous l’oppression de telles calamités, que les impies se persuadent déjà que les portes de l‘enfer vont enfin prévaloir contre elle, les vénérables Prélats de tout l’univers catholique ont présenté au Souverain Pontife leurs prières et celles des fidèles confiés à leurs soins, pour qu'il daignât proclamer saint Joseph Patron de l’Eglise catholique. Au saint Concile œcuménique du Vatican, ces prières et cette demande ayant été plus instamment renouvelées, notre très Saint Père le Pape Pie IX, déterminé parle désolant état de choses qu’ont fait les derniers événements à se mettre, lui et tous les fidèles, sous la très-puissante protection du saint Patriarche Joseph, a voulu répondre aux vœux des Evêques, et la solennellement déclaré Patron de l’Église Catholique, ordonnant que sa Fête, qui arrive le 19 mars, soit désormais célébrée sous le rite double de première classe, sans octave cependant, a cause du Carême. Il a réglé, en outre, que la susdite déclaration prendrait force de loi par le pré« sent décret de la Sacrée Congrégation des Rites, à partir de ce jour (8 décembre 1870), consacré à la Mère de Dieu, Vierge Immaculée et Epouse du très Chaste Joseph ».

Un autre décret, en date du 7 juillet 1871, arrête, en application de celui que nous venons de citer, les honneurs liturgiques qui, dans le culte public ecclésiastique, doivent être décernés à saint Joseph, comme Patron de l’Eglise catholique.

Et maintenant, puissions-nous voir bientôt se réaliser les espérances que nous ont données les Saints, et apparaître ce triomphe du bien sur le mal et cette pacification générale qu’ils nous ont annoncés comme devant suivre la glorification de saint Joseph ! C’était la dernière condition dont le ciel demandait l’accomplissement, disent certaines révélations particulières, qui, sans être de foi divine, sont au moins de foi humaine infiniment respectable, pour accorder cette grâce à la terre.

Puisse aussi, conséquemment, s’accomplir au plus tôt la bonne parole de Pie IX : « Encore une fois, le monde sera sauvé ! »

 

Pratique

Confréries et Archiconfréries

 

Si l’union fait la force, c’est surtout dans l’ordre spirituel et de Dieu, parce que, dans cet ordre spirituel et divin, Dieu, fidèle à sa promesse, se met toujours de part avec ceux qui s’associent en son nom pour l’honorer, dans ses Saints, en restant au milieu d’eux pour les consoler par sa présence et ses grâces. C’est ce qui explique l’origine et la nature de toutes ces pieuses Associations, qui prennent le nom de Confréries lorsqu’elles se restreignent dans une communauté plus particulière de prières et de bonnes œuvres, et que l’Eglise appelle Archiconfréries, lorsqu’elle veut généraliser leur action pour la plus grande gloire de Dieu et la plus ample édification des âmes.

Mais qui dira les nombreux avantages de ces saintes Associations aux formes si diverses, parce qu’elles répondent à tous les besoins, à tous les goûts, à toutes les situations de la vie chrétienne ? Qui dira aussi leur puissance de médiation auprès de Dieu, et de sanctification, tant pour chacun de leurs membres que pour tous en général, et à cause des pieux rapports qu’ils ont ensemble ? Qui dira, en particulier, tous les biens soit spirituels, soit temporels, qui se rencontrent dans les Associations en l’honneur du tout-puissant saint Joseph, si bon d’ailleurs pour tous ceux qui font gloire de le servir à titre spécial ?

Enrôlons-nous donc dans quelques-unes des Confréries existant sous son patronage. Grâce à Dieu, il est peu de bonnes villes où l’on n’en ait à cette heure érigé de l’autorité des Evêques, et même avec l’approbation du Souverain Pontife, si heureux de les enrichir des plus précieuses Indulgences. Nous citerons en particulier, outre les Archiconfréries du Cordon de saint Joseph et de son Culte Perpétuel, celles de Beauvais, d’Angers, de Paris, de Nevers, de Lourdoueix, en faveur des jeunes étudiants et de leurs familles ; de Lyon et de Toulouse, pour la bonne mort, et leurs nombreuses affiliations partout disséminées.

« Saint François de Sales, rapporte le pieux Abelly, conseillait aux personnes qui le consultaient d’entrer dans toutes les Confréries des lieux où elles se trouveraient, afin de participer à toutes les bonnes œuvres qui s’y font. Il les rassurait sur la fausse crainte qu’elles avaient de pêcher, si elles n’accomplissaient pas certaines pratiques qui sont plutôt recommandées que commandées par les statuts de ces Confréries. Ce que l’on recommande aux Confréries n’est que de conseil, et non de précepte. Il y a des Indulgences pour ceux qui le font, que manquent de gagner ceux qui ne le font pas, mais manquement tout à fait exempt de péché. Il y a beaucoup à gagner et rien à perdre. Il s’étonnait que si peu de personnes s’y engageassent. li ajoutait que deux sortes de personnes en étaient cause : les unes par scrupule, craignant de s’imposer un joug qu’elles ne pourraient porter ; les autres par défaut de religion, traitant d’hypocrites ceux qui s’y engagent ».

 

Prière pour notre Saint Père le Pape

 

Glorieux saint Joseph, que notre bien-aimé Pontife Pie IX vient de proclamer Patron de l’Eglise universelle, ne vous montrerez-vous point aussi son Patron particulier à lui-même ? N’est-il donc point le Pontife annoncé par les oracles des Saints, et attendu par les âges passés, comme devant mettre le comble à votre gloire et aux honneurs qui vous sont si justement dus ? N'est-il donc point ce Vicaire de Jésus-Christ prédit, il y a quatre siècles, comme devant ordonner que votre Fête fût célébrée solennellement dans toute l’étendue de l’Eglise militante ? Et n’est-ce point ce qu’il vient de décréter, après avoir tant fait, durant le cours de son long pontificat, pour l’augmentation de votre gloire et la propagation de votre culte ? Et vous l’abandonneriez il la merci de ses ennemis, si nombreux et si acharnés !

Ah ! plutôt continuez de le soutenir, de le protéger, de le défendre contre les assauts de la tempête. Déployez la force de votre bras pour confondre les desseins des impies qui travaillent à sa ruine, et, quand les puissants de la terre le délaissent, soyez son soutien, son appui et son salut.

Renversez, ô Joseph, les vaines idoles que des esprits aveugles et égarés veulent mettre à la place de l'oint du Seigneur, seul docteur infaillible pour paître les agneaux et les brebis, les fidèles et les pasteurs.

Couvrez-le de votre protection sur la terre, et plaidez sa cause dans le ciel auprès de Jésus, votre Fils, dont il est le si digne représentant et l’auguste Vicaire ici-bas.

Enfin, défendez-le de la violence des uns et de l’hypocrisie des autres, afin que, recevant de plus en plus le don de sagesse et de force, il continue, à la grande admiration du ciel et de la terre, de diriger la barque de Pierre au milieu des orages et des tempêtes que nous traversons.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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