01 décembre 2008

Mon chant d’Aujourd’hui

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Mon chant d’Aujourd’hui

Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère.
Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit.
Tu le sais, ô mon Dieu ! Pour t’aimer sur terre
Je n’ai rien qu’aujourd’hui !

Oh ! Je t’aime, Jésus vers toi mon âme aspire.
Pour un jour seulement reste mon doux appui.
Viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire
Rien que pour aujourd’hui !

Que m’importe, Seigneur, si l’avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non je ne le puis !
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd’hui.

Si je songe à demain, je crains mon inconstance.
Je sens naître en mon cœur la tristesse et l’ennui.
Mais je veux bien, mon Dieu, l’épreuve, la souffrance
Rien que pour aujourd’hui.

Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle.
O Pilote Divin ! Dont la main me conduit.
Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle
Rien que pour aujourd’hui.

Ah ! Laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face.
Là je n’entendrai plus du monde le vain bruit.
Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce
Rien que pour aujourd’hui.

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

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Mon Ciel à moi !

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Mon Ciel à moi !

Pour supporter l'exil de la vallée des larmes
Il me faut le regard de mon Divin Sauveur
Ce regard plein d'amour m'a dévoilé ses charmes
Il m'a fait pressentir le Céleste bonheur
Mon Jésus me sourit quand vers Lui je soupire
Alors je ne sens plus l'épreuve de la foi
Le Regard de mon Dieu, son ravissant Sourire,
Voilà mon Ciel à moi !…

Mon Ciel est de pouvoir attirer sur les âmes
Sur l'Eglise ma mère et sur toutes mes sœurs
Les grâces de Jésus et ses Divines flammes
Qui savent embraser et réjouir les cœurs.
Je puis tout obtenir lorsque dans le mystère
Je parle cœur à cœur avec mon Divin Roi
Cette douce Oraison tout près du Sanctuaire
Voilà mon Ciel à moi !...

Mon Ciel, il est caché dans la petite Hostie
Où Jésus, mon Epoux, se voile par amour
A ce Foyer Divin je vais puiser la vie
Et là mon Doux Sauveur m'écoute nuit et jour
" Oh ! quel heureux instant lorsque dans la tendresse
Tu viens, mon Bien-Aimé, me transformer en toi
Cette union d'amour, cette ineffable ivresse
Voilà mon Ciel à moi !... "

Mon Ciel est de sentir en moi la ressemblance
Du Dieu qui me créa de son Souffle Puissant
Mon Ciel est de rester toujours en sa présence
De l'appeler mon Père et d'être son enfant
Entre ses bras Divins, je ne crains pas l'orage
Le total abandon voilà ma seule loi.
Sommeiller sur son Cœur, tout près de son Visage
Voilà mon Ciel à moi !...

Mon Ciel, je l'ai trouvé dans la Trinité Sainte
Qui réside en mon cœur, prisonnière d'amour
Là, contemplant mon Dieu, je lui redis sans crainte
Que je veux le servir et l'aimer sans retour.
Mon Ciel est de sourire à ce Dieu que j'adore
Lorsqu'Il veut se cacher pour éprouver ma foi
Souffrir en attendant qu'Il me regarde encore
Voilà mon Ciel à moi !...

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

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19 novembre 2008

Neuvaine à Saint Augustin

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Saint Augustin

Évêque d'Hippone, Père et Docteur de l'Église
354-430

Fête le 28 août

Saint Augustin est l'un des plus grands génies qui aient paru sur la terre et l'un des plus grands Saints dont Dieu ait orné Son Église. Moine, pontife, orateur, écrivain, philosophe, théologien, interprète de la Sainte Écriture, homme de prière et homme de zèle, il est une des figures les plus complètes que l'on puisse imaginer. Ce qu'il y a de plus admirable, c'est que Dieu tira cet homme extraordinaire de la boue profonde du vice pour l'élever presque aussi haut qu'un homme puisse atteindre; c'est bien à son sujet qu'on peut dire: "Dieu est admirable dans Ses Saints!" Augustin naquit à Tagaste, en Afrique, l'an 354, et, s'il reçut de la part de sa sainte mère, Monique, les leçons et les exemples de la vertu, il reçut les exemples les plus déplorables de la part d'un malheureux père, qui ne se convertit qu'au moment de la mort. A l'histoire des égarements de cœur du jeune et brillant étudiant se joint l'histoire des égarements étranges de son esprit; mais enfin, grâce à trente années de larmes versées par sa mère, Dieu fit éclater invinciblement aux yeux d'Augustin les splendeurs de la vérité et les beautés seules vraies de la vertu, et le prodigue se donna tout à Dieu: "Le fils de tant de larmes ne saurait périr!" avait dit un prêtre vénérable à la mère désolée. Parole prophétique, qui renferme de grands enseignements pour les nombreuses Moniques des Augustins modernes. C'est à Milan, sous l'influence d'Ambroise, qu'Augustin était rentré en lui-même. La voix du Ciel le rappela en Afrique où, dans une retraite laborieuse et paisible, avec quelques amis revenus à Dieu avec lui, il se prépara aux grandes destinées qui l'attendaient. Augustin n'accepta qu'avec larmes l'évêché d'Hippone, car son péché était toujours sous ses yeux, et l'humilité fut la grande vertu de sa vie nouvelle. Il fut le marteau de toutes les hérésies de son temps; ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l'intelligence humaine éclairée par la foi, et ils demeurent comme la source obligée de toutes les études théologiques et philosophiques. Si les écrits d'Augustin sont admirables par leur science, ils ne le sont pas moins par le souffle de la charité qui les anime; nul cœur ne fut plus tendre que le sien, nul plus compatissant au malheur des autres, nul plus sensible aux désastres de la patrie, nul plus touché des intérêts de Dieu, de l'Église et des âmes. Il passa les dix derniers jours de sa vie seul avec Dieu, dans le silence le plus absolu, goûtant à l'avance les délices de l'éternité bienheureuse.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

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Neuvaine à Saint Augustin

Premier jour

Tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos jusqu’à tant qu’il repose en toi.

Seigneur, Tu es notre créateur et notre Père. Tu nous as tous faits à ta ressemblance et nous sommes égaux en dignité devant Toi. C’est pourquoi Tu nous appelles, Tu nous invites à partager avec Toi la vie qui ne finira pas, où il n’y aura plus ni larmes ni souffrance ni mort. Écoute notre prière comme tu as écouté ton ami Augustin en son temps, nous lui demandons de Te la présenter : prends pitié de nos frères et sœurs souffrant en Algérie.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie

Deuxième jour

Aime et fais ce que tu veux ! Tu te tais, tais-toi par amour, tu cries, crie par amour ; tu corriges, corrige par amour, tu pardonnes, pardonne par amour.

Notre ancêtre dans la foi, Augustin de Tagaste, l’actuelle Souq Ahras nous a dit : « Les bons usent du monde pour jouir de Dieu ; les méchants au contraire veulent user de Dieu pour jouir du monde. » Ô Seigneur de toute bonté, Toi qui nous a appris par ton Fils que Tu es le Dieu d’amour, voici que nous t’adressons notre prière par ton serviteur Augustin : prends pitié des femmes et des hommes d’Algérie, afin qu’ils vivent non pas en ennemis les uns des autres mais en frères solidaires qui ont en partage les richesses qui viennent de Toi.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie

Troisième jour

O Seigneur, notre Dieu, protège-nous et porte-nous ! Tu porteras, toi, oui, tu porteras, toi, les tout petits et jusqu’aux vieillards chenus, c’est toi qui les porteras !

Dieu créateur, Tu es l’auteur de toutes choses, et Tu as mis en nous le désir du bien et de la justice. Prêtes l’oreille à notre cri, entends nos demandes pour nos frères et sœurs d’Algérie qui endurent l’injustice et qui aspirent au règne de la charité : voici que nous les confions, pour te les présenter, au grand frère Augustin, étudiant en son temps à Madaure, près de l’actuelle M’Daourouch.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie

Quatrième jour

Tu remets les péchés, quand on avoue ; tu exauces le gémissement du captif entravé ; tu dégages des liens que nous nous sommes faits.

Ô Dieu de miséricorde et de pardon, Tu connais nos besoins et Tu sais combien nous sommes faibles. Guide nous et enseigne nous tes voies, elles mènent à la vérité et à la vraie vie, Toi qui est le chemin, la vérité et la vie. Nous te le demandons aussi pour nos frères et sœurs d’Algérie par l’intercession de leur ancêtre Augustin dont le cœur contrit T’a touché en son temps : qu’ils obtiennent aussi ton pardon par Ton Fils bien aimé Jésus Christ.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie

Cinquième jour

Donne-moi les forces pour chercher, toi qui as permis qu’on te trouve et qui me donnes l’espérance de te trouver encore davantage. Ma force et ma faiblesse sont devant toi, soutiens l’une, guéries l’autre.

Te connaître et connaître Celui que Tu as envoyé, conçu de l’Esprit Saint, né de la Vierge Marie, pour nous arracher au pouvoir du mal, et nous rétablir dans ton amitié, voilà la vraie lumière qui dissipe les ténèbres. Éclaire nous ainsi que nos frères et sœurs d’Algérie par l’intercession d’Augustin, le pasteur que Tu as donné en son temps à tes brebis de Numidie.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie

Sixième jour

Par une femme la mort, par une femme la vie ; par Ève, la ruine, par Marie, le salut.

Elle est pure, elle est belle celle qui t’a donné son « fiat » librement et en toute humilité pour la réalisation de tes desseins. Apprend-nous à accomplir ta volonté comme Marie, purifie nos intentions par le feu de Ton Esprit. Car Tu ne refuses pas l’Esprit Saint à ceux qui te le demandent, Dieu de gloire, dont la gloire est l’homme libéré du péché et debout devant ta face. Répands Ton Esprit sur l’Algérie aussi, nous te le demandons par l’intercession d’Augustin, le docteur que tu as donné à ton Église en son temps.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie

Septième jour

Ceux-là sont tes serviteurs, mes frères, dont tu as voulu que, tes fils, ils fussent mes seigneurs et que tu m’as enjoint de servir, si je veux avec toi vivre de toi.

Père bon, nous sommes tous tes enfants, mais c’est librement que Tu nous proposes d’accepter cet état. Tu n’as pas empêché l’enfant prodigue de te quitter, mais Tu as fêté son retour. Tu attends ainsi que nous revenions tous vers Toi, pour goûter ensemble le repos du septième jour auprès de Toi. Augustin nous y encourage et nous a montré que la cité de Dieu se construit durant notre pèlerinage sur terre : que par son intercession notre prière monte vers Toi, pour nous et pour tes enfants d’Algérie.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie 

Huitième jour

Sur ta vie, ce n’est pas possible que le fils de telles larmes soit perdu.

Gloire et louange à Toi Seigneur, en ce jour que l’Eglise a consacré à Monique la mère dévouée d’Augustin qu’elle poursuivit jusqu’aux pieds de ton Saint évêque Ambroise, à Milan. Par sa prière constante et incessante elle l’a enfanté, pour ainsi dire, une seconde fois dans les eaux du baptême. Prends pitié, Dieu grand et charitable de toutes les mamans et de toutes les femmes d’Algérie, nous te le demandons par l’intercession d’Augustin, de sa mère et de tous les saints d’Afrique.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie

Neuvième jour

C’était toi que je cherchais. Et toi, tu étais et au-dedans du plus profond et au dessus du plus haut de mon être.

Gloire et louange à Toi Seigneur, en ce jour, où notre frère dans la foi Augustin, est retourné à Toi, à Hippone l’actuelle ville de Annaba. Malgré les difficultés de l’heure il n’a pas hésité à répéter avec confiance : « La captivité passe. Voici venir l’éternité. » Il était plein de reconnaissance envers Toi, car tu ne l’as pas oublié lorsqu’il était égaré et loin de toi. Par son intercession, nous te demandons aujourd’hui d’entendre notre supplication : que nos frères et sœurs d’Algérie obtiennent la paix en cherchant à mieux Te connaître, T’aimer et Te servir, toi le seul vrai Dieu.

Notre-Père, Je Vous Salue Marie

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21 octobre 2008

Neuvaine à Sainte Thérèse d'Avila

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Sainte Thérèse de Jésus d'Avila

Réformatrice du Carmel

1515-1582

Fête le 15 octobre

Née dans une noble famille d'Avila en Castille, elle entre à 20 ans au Carmel. Elle se rend compte que les pratiques religieuses de cet Ordre se sont dégradées et elle veut le réformer pour le faire revenir à la Règle primitive, malgré bien des résistances. Elle fonde de nombreux couvents en Espagne. Elle vit des expériences mystiques très fortes et rencontre Saint Jean de la Croix, lui même mystique. Elle nous a laissé des écrits de haute spiritualité, en particulier « Le château intérieur de l'âme » qui est une extraordinaire méthode de prière et d'oraison qui la range parmi les meilleurs guides de l'oraison contemplative. Paul VI la proclame Docteur de l'Eglise en 1970. « Qu'il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s'enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose ! » (Chemins de la Perfection)

« Qu’il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s’enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose ! » (Sainte Thérèse d'Avila)

Neuvaine à Sainte Thérèse d'Avila


Premier jour


Me voici encore à vos pieds, ô ma Mère; et toujours pour obtenir la grâce que je sollicite depuis tant d’années; mes espérances sont augmentées, mais, hélas! ce ne sont que des espérances, je suis toujours dans le monde, toujours loin de vos saints asiles, et je ne vois pas même de route certaine pour y arriver. Je persiste, ô mon Dieu, à me soumettre sans réserve à votre sainte volonté; je ne demandais que de la connaître. Eût-elle été opposée à mes vœux, sur le champ je m’y serais soumise, j’aurais renoncé à mes plus chers desseins, et je me serais fixée dans l’état où votre adorable Providence m’aurait retenue. Mais soyez-en loué à jamais, ô mon Dieu, votre miséricorde n’a point rejeté mes vœux; votre oracle a parlé; vous avez agréé mon sacrifice; et il ne me reste qu’à attendre le moment que vous avez marqué. Je l’attends ô mon Dieu, et c’est avec autant de soumission que d’empressement: mais vous nous permettez de vous prier, et vous ne prenez point mes sollicitations pour des révoltes. Hâtez donc, ô mon Dieu, hâtez, précipitez cet heureux moment.


Deuxième jour


Ô ma bonne Mère, joignez vos instances à celles d’un enfant que vous ne pouvez plus désavouer: jetez les yeux sur moi, voyez l’esclavage où je suis, l’agitation où je vis; mes prières gênées, mes méditations coupées, mes dévotions contrariées; voyez les affaires temporelles dont je suis assaillie; voyez le monde, qui sème sous mes pas ses pompes, ses jeux, ses spectacles, ses conversations, ses délices, ses vanités, ses méchancetés, ses tentations, sans que je puisse ni fuir ni me détourner; voyez les dangers que je cours, les épines sur lesquelles je marche, mes fautes, le peu de bien que je fais; voyez mes désolations, mes tristesses, mes ennuis; ayez pitié de moi; obtenez-moi, enfin la sainte liberté des enfants de Dieu.


Troisième jour


Ne suis-je pas assez éprouvée, ne connaissez-vous pas à fond le vœu de mon cœur; après tant d’années de constance? Doutez-vous de ma résolution, m’avez-vous vue varier un seul instant, ne m’avez-vous pas toujours aperçue toute tournée vers la voix qui m’appelle, tendant à elle de toutes mes pensées, de tous mes désirs et de toutes mes forces; soupirant sans cesse après le bonheur de la suivre; fondant en larmes de me voir ainsi renvoyée d’année en année; conjurant Dieu de toute la ferveur, et dans toute la sincérité de mon âme, de briser, enfin, mes liens; vous pressant, vous sollicitant de m’aider à les rompre, employant pour vous y engager, l’intercession de vos plus chères filles? N’ai-je pas connu assez le monde pour le détester à jamais, pour ne jamais le regretter? J’ai considéré tant de fois, une à une, toutes les douceurs de cet état, auquel je veux renoncer! Vous m’êtes témoin, ô mon Jésus, qu’il n’en est point que j’aie balancé à vous sacrifier. Vaines douceurs, douceurs pleines d’amertume, fussent-elles mille fois plus pures, je préfère le Calice de mon Sauveur. Ne me dites point, ma Sainte Mère, que je ne connais pas encore assez votre règle. Ah! ne m’avez-vous pas vu la lire sans cesse, la méditer, la porter toujours sur moi, en faire mes délices? Je ne me suis rien déguisé, abaissements, pauvreté, austérités de toutes espèces, privations de toutes sortes, solitude, délaissements, contradictions, humiliations, mépris, mauvais traitements, j’ai mis tout au pis; rien ne m’a effrayée, j’ai comparé l’état de Princesse et l’état de Carmélite, et toujours j’ai prononcé que celui de Carmélite valait mieux que celui de Princesse; et jamais ce jugement ne s’effacera de mon cœur; j’ai vu, ô mon Jésus, j’ai soupesé la croix, dont je, vous prie de me charger. Ah! que n’est-elle aussi pesante que la vôtre!


Quatrième jour


Ô ma bonne Mère, que faut-il donc de plus? Mes jours se dissipent, mes années s’écoulent; hélas! que me restera-t-il à donner à Dieu? Vos filles elles-mêmes ne me trouveront-elles pas trop âgée? Ouvrez-moi donc enfin, ô ma Mère, ouvrez-moi la porte de votre maison, tracez-moi la route, frayez-moi le chemin, aplanissez-moi tout obstacle; dès le premier pas, j’ai besoin de tous vos secours pour me déclarer à celui dont le consentement m’est nécessaire; faites-moi naître une occasion favorable, préparez-moi son cœur, disposez-le à m’écouter, défendez-moi de sa tendresse, défendez-moi de la mienne, donnez-moi avec le courage de lui parler, des paroles persuasives qui vainquent toutes ses répugnances; mettez-moi sur les lèvres ce que je dois lui dire, ce que je dois lui répondre; parlez-lui vous-même pour moi, et répondez-moi pour lui. Vous obtîntes autrefois tant de grâces pour rompre les liens qui vous retenaient dans le monde; vous en obtenez tant de pareilles pour vos filles; intercédez donc aussi pour moi, ô ma Mère, et dites à mon cœur, avant que je sorte d’ici, que je puis parler quand je voudrai et que le cœur du Roi est incliné à mes vœux; mais, ma sainte Mère, comment apprendra-t-il ma résolution? Y consentira-t-il? La verra-t-il s’exécuter sans être touché de Dieu, et sans retourner entièrement vers lui. Moi Carmélite et le Roi tout à Dieu. Quel bonheur ! Dieu le peut, Dieu le fera, ô ma sainte Mère, si vous le lui demandez. Hélas! il le ferait même pour moi, si j’avais autant de foi que de désir; ah! je crois, ô mon Dieu, je crois, ô ma bonne Mère, présentez ma foi aux pieds de votre divin Époux; qu’elle croisse, qu’elle s’augmente entre vos mains, et qu’elle égale la vôtre; et comme elle a mérité des miracles, après cela qu’aurais-je à désirer? Mourir, et mourir Carmélite; et laisser ici-bas toute ma famille dans le chemin du Ciel.


Cinquième jour


Mais s’il faut encore par quelque délai acheter de si grandes grâces; ah! du moins, ma sainte Mère, augmentez-en le pressentiment dans mon cœur; faites-y luire le plein jour de la volonté de Dieu; daignez sans cesse m’y certifier ma vocation, mais surtout ne me laissez pas perdre cet intervalle, quel qu’encore qu’il puisse être, aidez-moi à me défaire dès aujourd’hui de tous les attachements contraires à ma vocation. Hélas! à quoi ne s’attache pas notre cœur, et presque toujours sans que nous nous doutions de l’attachement. Parents, amis, meubles, habits, bijoux, bonne chère, commodités, habitudes, consolations humaines: que sais-je? Voyez, faites moi voir, arrachez-y tout ce que je ne dois pas porter chez vous. Ah! n’épargnez rien au-dedans de moi; mais au dehors, ma bonne Mère, retenez par vos instances les plus vives, ce bras terrible qui a déchiré mon âme par tant de funestes coups. Ô mon Dieu, conservez la Reine; donnez-lui la consolation de me voir au nombre de ses chères carmélites; conservez toute ma famille, conservez tous ceux que j’aime, ne m’en détachez que par votre grâce. Non, je ne serai pas rebelle, et je foulerai aux pieds toutes mes inclinations pour suivre votre voix. Mais, ô ma sainte Mère, pendant que je travaille à déraciner toutes mes anciennes attaches, ne permettez pas que j’en contracte de nouvelles; protégez-moi contre toutes les occasions, contre tous les pièges qu’on me tend.


Sixième jour


À mesure que mon cœur se videra de toutes les pensées de la terre, il se remplira de celles de ma vocation, de celles du Ciel. Ô ma Mère, dilatez, étendez dans mon âme toutes les vertus religieuses; que dès à présent j’en pratique tout ce qu’il m’est possible de pratiquer dans le monde; donnez-moi des occasions fréquentes d’obéir, de me mortifier, de m’humilier, de me confondre avec mes inférieurs, de descendre au-dessous d’eux, de fouler aux pieds le monde et ses vanités, de glorifier Dieu sans respect humain, d’embrasser, sans honte, la croix de Jésus, de confesser hautement sa Religion et son Église, de renoncer à moi-même et à toutes mes affections, de goûter les contradictions, les délaissements, le défaut de consolations humaines; de sentir le froid, le chaud, la faim, la lassitude , de me dépouiller de ma propre volonté, de me résigner à celle de Dieu; de m’élever à lui ; de le prier, de converser avec lui, de l’aller visiter au pieds de ses autels; de participer à sa Sainte-Table, d’entendre sa Parole, d’assister à ses saints offices. Multipliez toutes les occasions pareilles, et que je n’en perde pas une; que partout, et dans les lieux les plus consacrés au monde, je porte un cœur crucifié, un cœur de Carmélite; que toutes mes pensées soient dignes de vous.


Septième jour


Soyez sans cesse à mes côtés, ô ma sainte Mère, pour me dire, sans relâche, songez à votre vocation, il vous reste peu de temps, songez à former une Carmélite; une Carmélite ne penserait pas, ne dirait pas, ne ferait pas cela. Ah! qu’avec cette assistance, j’espérerais former en moi dès à présent, et au milieu même du monde, une parfaite Carmélite, à qui il ne manquerait que le cloître et l’habit. Daignez donc, ma sainte Mère, si vous voulez encore me laisser dans le monde, daignez ne me pas perdre un moment de vue ; veillez sur moi comme sur une de vos filles, soyez mon soutien, soyez ma sûre garde, soyez mon conseil assidu.


Huitième jour


Je vous recommande non seulement mon cœur pour y former toutes les vertus et toutes les perfections de votre règle, mais encore mon corps pour le mettre en état d’en soutenir les austérités; je ne demande pas une santé parfaite, je veux ô ma sainte Mère, vous ressembler en tout point, je veux ressembler à Jésus-Christ, mon divin modèle, et porter sa croix en mon cœur et en mon corps jusqu’au dernier soupir. Ou souffrir ou mourir, sera ma devise, comme ce fut la vôtre; mais qu’au milieu des douleurs et des infirmités, mon tempérament se fortifie, afin que sa faiblesse ne soit pas un obstacle à ma vocation, quand par la miséricorde de Dieu, tous les autres obstacles seront levés.


Neuvième jour


Mais tandis que je m’occupe de mon cœur, que je m’en propose les vertus, et que je m’y exerce, ne me laissez pas non plus, ô ma sainte Mère, négliger l’état où la Providence me retient encore, quelque court que doive être le temps qu’elle m’y retiendra. Suggérez-moi aussi tous les devoirs, obtenez-moi de les remplir ponctuellement avec autant d’exactitude, d’émulation, et de perfection, que si je devais être toute ma vie ce que je suis à présent; multipliez aussi, sous mes mains, les occasions de faire le bien propre de cet état, le bien que je ne pourrai plus faire dans le cloître. Hélas ! qu’ai-je fait ici pour répondre à la Providence, et la justifier de m’avoir placée, et de m’avoir tenue plus de trente ans dans ce rang d’élévation? Ô mon Dieu ! Remplissez le peu de jours qui me restent de cette grandeur, et que de leur plénitude soient comblés tous les vides de ma vie passée. Donnez-moi dans ce court espace de temps de servir la Religion, l’Église et l’État; de tirer de la misère tous les malheureux, de soutenir, de ranimer, d’encourager la piété, de protéger l’innocence opprimée, d’imposer un silence éternel à la calomnie et à la médisance, de vous gagner toute ma maison, d’édifier toute la Cour; et avant de m’enfermer pour travailler uniquement à mon salut, d’avoir procuré celui de tous ceux à qui l’élévation dont je descends m’aura donnée en spectacle. Ainsi soit-il.

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