10 janvier 2017

Le Vénérable Isidore Zorzano

17274807406_bdb271a92b_b-001

Le Vénérable Isidore Zorzano

1902-1943

 

Isidore Zorzano naquit à Buenos Aires, en Argentine, le 13 septembre 1902. Trois ans après, sa famille revint en Espagne et s’installa à Logroño. Au lycée, il fut l’ami de Josémaria Escriva. Adolescent, il intensifia sa pratique religieuse et chercha l’aide de quelques prêtres pour le conseiller sur sa vie chrétienne. Très investi dans les œuvres de miséricorde, il était toujours disposé à aider les gens. Ingénieur industriel en 1927, il travailla dans le chantier naval de Cadiz. Plus tard, il fut embauché dans la Compagnie des Chemins de fer Andalous, à Malaga où il était aussi professeur à l’École industrielle. C’est à cette période de sa vie qu’Isidoro commença à sentir une profonde inquiétude spirituelle.

En 1930, Josémaria Escriva, ordonné prêtre en 1925, lui exposa le message de l’Opus Dei : chercher la sainteté et faire de l’apostolat à travers son travail professionnel et avec l’accomplissement des devoirs ordinaires. Ce panorama répondant à ses aspirations, Isidore décida de faire partie de l’Opus Dei. Pour cultiver sa vie de prière, il se levait de bonne heure pour assister à la Messe et communier. Il prêtait main forte à des œuvres d’assistance sociale. Son sens de la justice, son esprit de service et sa proximité étaient appréciés de ceux qui étaient sous sa direction. Durant la Guerre Civile espagnole, il secourut de nombreuses personnes en les ravitaillant, en leur procurant son aide spirituelle.

Il réussit à ce que les membres de l’Opus Dei, dispersés par le conflit, soient toujours en contact avec saint Josémaria et unis entre eux. Dans ces circonstances-là, son amour de l’Eucharistie était manifeste. En dépit des restrictions, il fournissait à saint Josémaria et à d’autres prêtres, le pain et le vin pour qu’ils arrivent à dire leur Messe dans la clandestinité. Il gardait les hosties pour porter la communion aux réfugiés et facilitait à ses connaissances l’assistance à la célébration eucharistique. Pour porter secours à tous ces gens, il se servait de son passe-droit argentin, condition d’étranger, très précairement étayée par un extrait de naissance à Buenos Aires. Il aurait pu être arrêté et exécuté à tout moment.

À la fin de la guerre, Isidore travailla dans la Compagnie Nationale des Chemins de fer de l’Ouest. Saint Josémaria lui confia la gestion des œuvres d’apostolat de l’Opus Dei. Il s’y attacha avec une grande disponibilité, beaucoup d’humilité et sans perdre la paix devant les difficultés financières. Isidore qui méditait profondément la vie du Christ, avait un attachement filial envers la Sainte Vierge et montrait combien il aimait Dieu en servant les autres et en prenant soin des petites choses. Au début de l’année 1943 il fut atteint d’une lymphogranulomatose maligne, dont il endura les souffrances avec force d’âme et en s’abandonnant à la volonté de Dieu. Il décéda, en odeur de sainteté, le 15 juillet, à quarante ans. Enterré au cimetière de La Almudena, à Madrid, sa dépouille fut transférée en 2009 à la paroisse San Alberto Magno, à Madrid, où il repose désormais.

La Cause de Béatification d'Isidore Zorzano a été ouverte à Madrid entre 1948 et 1961. elle a été déposée, au terme de sa phase diocésaine, auprès de la Curie Romaine le 25 mars 2006 ou elle est en cours d'instruction. Le 21 décembre 2016, le Pape François a signé le décret sur l'héroïcité de ses vertus par lequel le serviteur de Dieu Isidore Zorzano est déclaré vénérable.

 

92975362_134133072594

Prière pour demander la glorification du Vénérable Isidore Zorzano

(Pour la dévotion privée)

 

Dieu tout puissant, qui as comblé ton serviteur Isidoro d'abondant trésors de grâce dans l'exercice de ses devoirs professionnels au milieu du monde, fais que je sache moi aussi sanctifier mon travail ordinaire et apporter la lumière du Christ à mes amis et à mes collègues. Daigne glorifier ton serviteur Isidoro et accorde-moi, par son intercession, la faveur que je te demande (...). Amen.

 

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

 

Conformément aux décrets du pape Urbain VIII, nous déclarons ne prétendre anticiper en rien le jugement de l'autorité ecclésiastique, et ne destiner en aucune façon cette prière au culte public.

 

Les personnes qui obtiendraient des grâces par l'intercession du Vénérable Isidore Zorzano

sont invitées à le signaler auprès de l'Opus Dei,

sur leur site internet :

www.opusdei.fr

 

17113007038_d4c65aca94_b-001

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici


17 octobre 2013

Litanies du Bienheureux Ceferino Gimenez-Malla

ceferino-jimenez-el-pele

Bienheureux Ceférino Gimenez malla

Tertiaire Franciscain, Gitan, Martyr

1861-1936

Fête le 4 mai

 

Ceferino Gimenez-Malla, né en 1861 à Fraga province de Huesca, d'une famille gitane pauvre d’Espagne, s'était établi, car il était nomade, en 1880, maquignon à Barbastro, petite ville d'Aragon, à une heure de la frontière française. C'était un Gitan, surnommé « El Pelé » par les siens, ce qui signifie crûment « les couilles », afin de signaler sa grande force de caractère. Les bonnes relations qu'il savait entretenir tant avec sa communauté qu'avec les payos faisaient de lui un médiateur de premier ordre et lui valurent d'être surnommé « le Maire des Gitans ». Ceferino découvrit assez tardivement la foi en fréquentant les séances de prières d'un ordre franciscain. Ne sachant ni lire ni écrire, il s'était pourtant rendu célèbre pour sa foi profonde, pour sa capacité d'atténuer les conflits et, aussi, pour sa volonté d'aider tous les souffrants. Une histoire de sa vie raconte qu'en 1918, sur la place de Barbastro, un tuberculeux s'écroula sur terre en crachant du sang. En dépit de la menace de contamination, El Pele a accouru vers lui pour le nettoyer de son mouchoir. Aux dires de ses contemporains, c'était un homme grand et maigre, habillé avec soin et « distingué ». Il se maria et se sédentarisa peu à peu à Barbastro (Nord de l'Espagne). N'ayant pas d'enfant, il adopta « la Pepita », nièce de sa femme. Très pieux, il aimait l'Eucharistie (assistance quotidienne à la messe et adoration nocturne) et la Vierge Marie (chapelet). Il avait un don pour catéchiser les enfants en leur racontant des histoires. Homme de la paix, on l'appelle pour arbitrer des conflits entre gitans ou des conflits inter ethniques. L'évêque lui-même a recours à ses conseils. Devenu membre de Saint Vincent de Paul, il est généreux envers les pauvres. En 1936, il fut incarcéré par les Républicains pour avoir essayé de défendre un prêtre soupçonné de collaboration franquiste. En effet, pendant la révolution de 1936, il voit une foule de miliciens s'acharner dans la rue contre ce jeune prêtre. Il prend sa défense. On l'arrête. Quand on lui a demandé s'il avait une arme, il a sorti sans mot dire un chapelet de sa poche ! Un ami de la Pepita, anarchiste, essaie de le libérer : il lui suffirait d'être discret et de renoncer à son chapelet. N'étant pas ecclésiastique, il aurait pu avoir la vie sauve, mais il refusa de renier publiquement sa foi pour recouvrer la liberté. Il fut exécuté sommairement, à la nuit, le 9 août (il avait 75 ans) au bord d'une fosse commune creusée dans le cimetière de Barbastro. Au moment d'être fusillé en même temps que dix-huit autres personnes, Ceferino tenait un chapelet entre ses mains et s'exclama : « Viva el Cristo Rey ! ». « C´était quelque chose d´incroyable, a témoigné un soldat présent dans l´événement, qui fut ensuite Curé dans une paroisse à Zaragoza, ils avançaient, pleins de joie, on dirait qu´ils allait à une fête. Ils ne s´arrêtaient pas de chanter et de réciter des prières ». Ceferino Gimenez-Malla a été béatifié le 4 mai 1997, à Rome, par le Pape Jean-Paul II.

 

90025C

Litanies du Bienheureux Ceferino Gimenez-Malla, Franciscain Séculier Martyr

(Pour un usage privé)

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Vierge, conçue sans péché priez pour nous.

Sainte Vierge Marie, Reine des Martyrs, priez pour nous.

Saint François d'Assise, priez pour nous.

Sainte Claire d'Assise, priez pour nous.

 

Bienheureux Ceferino, homme de paix, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, honnête dans votre travail, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, fidèle à votre famille et vos amis, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, catéchiste des enfants, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, Gitan toujours fidèle à sa parole, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, qui avez aidé les pauvres, les personnes âgées et les malades, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, fidèle à la Messe et à la Communion, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, dévot constant et fidèle de la Très Sainte Vierge Marie, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, confiant en Dieu dans les difficultés, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, emprisonné pour avoir défendu un prêtre, priez pour nous. 

Bienheureux Ceferino, qui avez prié le rosaire en prison, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, qui vous avez préféré perdre la liberté plutôt que de renoncer à votre Foi, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, qui, pour l'amour de Dieu, avez pardonné à ceux qui vous ont persécuté, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, qui avez été martyrisé pour votre foi en Dieu, priez pour nous.

Bienheureux Ceferino, modèle et protecteur des Gitans, priez pour nous.

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, ô Bienheureux Ceferino,

Afin que nous devenions dignes des promesses du Seigneur.

 

Prions

 

Seigneur notre Dieu, qui avez accordé au Bienheureux Ceferino le courage et la force de confesser sa Foi chrétienne jusqu'à verser son sang pour le Christ, nous Vous en supplions, suscitez dans Votre Église, présente dans toutes les nations, de courageux témoins de la vérité de l'Évangile consacrant leur vie au service des autres. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

beato_zeferino (11)

Téléchargez le texte de ces Litanies (pdf) en cliquant ici

20 février 2013

Les Vendredis de Saint Vincent Ferrier 1/3

548_001 (2)

Les vendredis de Saint Vincent Ferrier


Au pieux lecteur


A mon sens, rien ne peut mieux exciter une âme dévouée à Saint Vincent Ferrier, que les quinze degrés de perfection enseignés par le Saint lui-même dans son Traité de la vie spirituelle. Ne vous effrayez pas, pieux lecteur, en entendant prononcer ce mot de perfection ; car si la chose était aussi difficile qu'on se le figure, Notre-Seigneur Jésus-Christ ne l'aurait pas recommandée à la foule lorsqu'il dit : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». (Matthieu 5 : 48) La pratique en est sans doute un peu difficile, je ne le nie pas ; mais la vertu est un bien si grand que, pour l'acquérir, il est juste de surmonter toutes les difficultés qui l'entourent. D'ailleurs, si vous cherchez à y arriver par l'échelle royale dressée par le Saint, vous trouverez cet exercice si suave, qu'il vous semblera voir l'âme monter au ciel par un chemin semé de roses.

Le saint, votre avocat, a agi en cela comme fait ordinairement une bonne mère pour son petit enfant ; afin de l'habituer à manger du pain, elle le lui taille en petits morceaux. De même saint Vincent : pour donner le pain de la perfection, cette nourriture si forte, aux plus faibles et aux plus petits dans la vertu, l'économe de Dieu l'a partagé en quinze degrés, tels qu'ils vous sont proposés en ces vendredis. C'est donc un très utile exercice pour acquérir, conjointement avec la protection d'un si grand saint, la perfection elle-même. Voici l'ordre que vous pourrez suivre. Premièrement, vous ferez sur chaque perfection successive une courte lecture, littéralement tirée du chapitre 18 du Traité de la vie spirituelle, composé par le saint. Pour la plus grande consolation des personnes simples, on a accompagné le texte d'une explication brève, mais très solide. Secondement, vous ferez une prière au saint, pour obtenir par son intercession le degré de perfection qu'il vous enseigne. En dernier lieu, pour vous animer efficacement à mettre en lui votre confiance, vous lirez un court entretien sur quelques miracles opérés par le saint. Vous terminerez le tout par une dévote prière, comme sept Pater et sept Ave, ou les litanies du saint.

En tout temps de l'année on peut célébrer les vendredis en l'honneur de saint Vincent, selon les besoins temporels et spirituels de chacun. Mais ceux qui ont une dévotion particulière à ce saint sont dans l'habitude de célébrer les sept vendredis avant sa fête, et les sept vendredis après. Tous les vendredis on fera bien de visiter la chapelle du saint, ou quelqu'une de ses images; on fera bien aussi de jeûner le même jour, si l'on peut; et quand on ne le pourra pas, il faudra y suppléer par quelque œuvre pieuse, d'après l'avis de son confesseur. Le même jour on devra se confesser et faire la sainte communion, pour gagner les indulgences accordées par le grand pontife Benoît XIII, et renouvelées par Pie VII. On devra faire une demi-heure d'oraison mentale, soit en une fois, soit en la partageant en un quart d'heure le matin et autant le soir.

Il faudra méditer les explications et les pratiques sur les perfections de la Vie spirituelle, proposées par le saint. Enfin on récitera sept Pater, sept Ave et sept Gloria Patri en l'honneur des sept dons de l'Esprit-Saint dont fut grandement enrichi notre saint.

Outre l'exercice des sept vendredis avant et après la fête du saint, je vous en propose un autre plus court et plus profitable : tous les vendredis de l'année, qui sont en l'honneur du saint, choisissez une vertu pratiquée par lui, et excitez-la en vous; par exemple : la charité, l'humilité, la mansuétude, l'obéissance, la modestie, la chasteté, la patience, la résignation, etc. ; et cela non pas d'une manière faible et passagère, mais constante et ferme, vous excitant à pratiquer la même vertu; la patience, par exemple, pendant plusieurs vendredis et autres jours, jusqu'à ce que vous la possédiez, et que pas à pas vous puissiez arriver à les pratiquer toutes. En cela, en effet, consiste la vraie dévotion au saint : l'imitation de ses vertus.

 

Pieuse oraison à Saint Vincent Ferrier à dire chaque vendredis de sa dévotion, pour obtenir sa protection et son assistance tous nos besoins et nécessités.

 

O glorieux apôtre de l'Espagne, miséricordieux thaumaturge saint Vincent Ferrier, me voici à vos pieds, misérable que je suis, pour vous supplier de me prendre sous votre puissante protection. Aujourd'hui donc et pour toujours, je vous choisis pour mon avocat particulier. Obtenez-moi de la divine clémence la grâce de m'enrichir par l'imitation de vos vertus. Je désire avoir en mon cœur un amour qui me consacre tout à Dieu et me rende fidèle à l'aimer souverainement et à le servir de tout mon cœur. Je désire que cet amour me porte à me consacrer au service de mon prochain, à l'aider et à le soulager dans ses nécessités. Je désire avoir une humilité qui me soumette à tous, et qui, m'éclairant sur ma misère, me dispose à me mettre au-dessous de tous. Je désire posséder une patience qui me rende fort dans l'adversité, humble dans les offenses, tranquille dans les calamités, sans emportement dans les infirmités, et résigné en tout à la volonté divine. Je désire enfin avoir un zèle véritable par lequel, en opérant comme je le dois pour le salut de mon âme, je me garde toujours d'être une occasion de chutes pour les autres.

Toutes ces vertus et les autres qui me sont nécessaires pour l'entier accomplissement des devoirs de mon état, obtenez-les moi, cher saint Vincent, afin qu'imitant en partie vos innombrables vertus, je puisse, par votre intercession, rester fidèle à mon Dieu. Je vous recommande, comme à mon protecteur, tout mon être : sous les yeux très-doux de votre compassion, je mets tous mes besoins spirituels et temporels, et tous ceux de mes parents, de mes amis et de mes ennemis, comme aussi de tous ceux qui se confient en Dieu et en vous. Ah! très-puissant saint, obtenez-nous aujourd'hui et pour toujours la grâce que vous connaissez être la plus nécessaire à notre avancement spirituel, et celle qui pourra mieux nous servir pour arriver à l'éternelle béatitude. Fortifiez-nous contre les ruses du démon, défendez-nous contre les ennemis de notre salut, délivrez-nous des périls de l'âme et du corps, et obtenez-nous la grâce de vivre avec Dieu sur la terre, afin de pouvoir arriver à jouir de lui avec vous dans le ciel. Ainsi soit-il.

684_001 (2)

 

Les Vendredis de Saint Vincent Ferrier 2/3

Les Vendredis de Saint Vincent Ferrier

444_001

Première partie

Les Sept Vendredis précédant la Fête du Saint

 


Premier Vendredi


Quinze perfections sont nécessaires à celui qui veut servir Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la vie spirituelle. La première est une claire et parfaite connaissance de ses manquements et de ses défauts.


Explication

 

« Voilà, dit saint Vincent Ferrier, le premier pas à faire pour une âme qui veut marcher dans le chemin de la perfection : il faut se connaître soi-même. C'est que la connaissance de soi-même est le fondement de l'humilité, qui produit elle-même la crainte de Dieu. Pleurer et connaître ses propres misères, c'est le principe du salut. Saint Jérôme nous l'assure ». (Chapitre 15).


Pratique

 

Le moyen d'acquérir cette connaissance consiste à examiner souvent sa propre conscience, à recevoir volontiers la correction fraternelle, et à désirer même d'être averti de ses défauts ; à ne jamais penser à ceux des autres, mais à veiller sur soi» comme l'Apôtre nous y exhorte : « Soyez attentifs sur vous-mêmes, etc ». (1 Timothée 4 : 16)


Prière au Saint

 

O grand Saint Vincent Ferrier, en quelles angoisses cruelles se trouve mon âme ! Si je me regarde à l'intérieur, je ne puis me supporter; et pourtant, si je ne réfléchis sur moi-même, il me sera impossible de me connaître ! Quand je considère ce que je suis, je m'épouvante ; et, au lieu de me corriger, je me désespère presque, en me voyant chargé de tant de péchés et de tant de défauts ! Mais si je néglige l'examen de mon intérieur, je me croirai peut-être dans le chemin du salut, et j'irai les yeux fermés me précipiter dans l'enfer ! Que ferais-je donc ? Je recourrai à vous, ô mon protecteur, glorieux Apôtre du XVe siècle, grand Saint Vincent. Quand vous étiez sur la terre, vous recherchiez ardemment les pécheurs, afin de leur inspirer un vrai repentir par la connaissance de leurs iniquités, et alors, avec une bonté inexprimable et une joie indicible, vous les receviez dans votre cœur. Me voici, grand Saint, prosterné à vos pieds. je reconnais ma misère et la gravité de mes offenses, mais je ne les connais pas encore aussi clairement que je le voudrais. Obtenez-moi, je vous en prie, un rayon de la céleste lumière; que par elle je me connaisse vraiment tel que je suis. Mais que cette lumière me console par l'espérance du pardon, qu'elle m'anime à me corriger, et qu'au milieu des assauts de mes passions je reste ferme dans le droit sentier de la vertu. Vous avez obtenu cette grâce à des milliers de pécheurs que vous avez délivrés des ténèbres du péché, convertis à Dieu et amenés à la perfection. Ne pourrais-je espérer autant ? Oh ! Oui, je l'espère, parce que je sais combien votre intercession est puissante. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Parmi les innombrables prodiges que le Saint opéra à Valence et ailleurs, on compte la guérison des yeux malades et la restitution de la vue à beaucoup d'aveugles. Mais, pour votre plus grande satisfaction, je m'arrêterai à un fait particulier. Écoutez ce qui lui arriva avec un marchand qui avait perdu la vue. Cet homme nommé Seuchier, habitant du bourg de Bram, dans le département de l'Aude, entendit dire que Saint Vincent Ferrier était allé à Montolieu ; aussitôt il s'y fit conduire pour recevoir de lui la guérison de son infirmité.

Le très affable Saint alla au-devant du marchand dans l'escalier de l'abbaye des Bénédictins, où il avait choisi son asile ; et lorsque cet homme fut averti que le saint venait au-devant de lui, il se jeta à terre en sa présence, disant : « Maître, puisque vous êtes, ainsi que je le crois, vrai disciple de Jésus-Christ, je vous prie de me rendre la vue que j'ai perdue depuis trois ans ». Saint Vincent, faisant sur ses yeux le signe de la croix, le guérit parfaitement, et le marchand recouvra subitement la vue.

Reconnaissez ici vous-même la grande bonté du saint, qui court au-devant de ceux qui viennent à lui pour obtenir quelques grâces. Remarquez sa promptitude à satisfaire aux besoins de son prochain, car a peine l'aveugle lui a-t-il demandé la vue qu'il la lui rend aussitôt. Que vous êtes heureux d'avoir choisi pour avocat un saint si bon et si prompt à secourir ceux qui l'invoquent ! S'il montra une libéralité si grande envers un homme privé des yeux du corps, combien n'en montrera-t-il pas davantage envers votre âme, hélas ! Frappée de la cécité spirituelle !


Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.



Deuxième Vendredi


La seconde perfection est une généreuse et continuelle résistance aux mauvaises inclinations et aux désirs contraires à la justice.

 

Explication

 

Beaucoup mettent la différence qui sépare les serviteurs de Dieu de ceux qui ne le servent pas, dans l'absence des mauvaises inclinations. Ils se trompent; car servir Dieu, ce n'est pas n'éprouver jamais, mais ne consentir jamais aux tendances perverses et aux passions corrompues. Aussi le Saint homme Job définit-il la vie de l'homme un combat continuel. « Dieu, dit le cardinal Hugues de Saint-Cher, nous a placés ici-bas, afin que, combattant nos Mauvaises inclinations, nous puissions gagner la couenne immortelle ».

 

Pratique

 

Ne vous excusez pas en disant : « J'ai un naturel mauvais ». Dieu vous a donné ce naturel afin que vous le domptiez, et que par là vous puissiez acquérir une grande récompense dans le Ciel. N'accusez donc plus vos passions d'être la cause de vos chutes ; rejetez plutôt la faute sur vous-même, qui ne savez ni ne voulez les modérer. Lorsque les passions s'irriteront, rappelez-vous qu'il faut les vaincre si vous voulez arriver à la perfection, puisqu'il est écrit : « Celui-là seul sera couronné, qui aura courageusement combattu ». (2 Timothée 2).

 

Prière au Saint

 

Grand Saint Vincent Ferrier, qui avez toujours montré une si rare fidélité à la Grâce, en réprimant continuellement en vous-même jusqu'à la fin les instincts mauvais dont nous avons tous reçu le funeste héritage du premier père, je vous en prie, ne permettez pas que mon âme flatte sa lâcheté et s'autorise des difficultés de la vertu pour vivre dans l'oubli de ses devoirs, dans une honteuse connivence avec les sens, dans l'esclavage indigne des passions. Sans doute je suis pétri, pour ainsi dire, d'une corruption infecte. Une fatale expérience ne me le confirme que trop : « J'ai été conçu dans l'iniquité, et ma mère m'a conçu dans le péché ». (Psaume 50). Il y a en moi l'homme de l'esprit, puisque je suis chrétien ; mais il y a aussi l'homme de la chair, et ce dernier est puissant, audacieux, tyrannique : il se révolte insolemment contre l'autre, il prétend régner en maître, il veut le dominer, l'étouffer. Grand Saint, assistez-moi de votre intercession efficace dans la lutte ardente qui se déclare. Que ferai-je, que deviendrai-je si vous m'abandonnez ? Avec Dieu, grand Saint, soyez toute ma force, je vous en supplie. Alors je répéterais avec l'Apôtre : « De moi-même je ne puis rien, mais je puis tout en celui qui me fortifie ; je puis tout en mon Dieu, je puis tout en Vincent, son Serviteur. Avec l'aide de Dieu, avec l'aide de Vincent, mon protecteur bien-aimé, j'attaquerai résolument les ennemis intérieurs de mon salut, je résisterai à leurs murmures, à leurs révoltes, à leurs exigences, à leurs assauts ; je m'en rendrai le maître, et comme vous, ô grand Saint, je mériterai l'éloge du victorieux ». Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Dès sa jeunesse Saint Vincent Ferrier passait souvent la nuit en oraison. Une fois, méditant devant l'autel de la Très Sainte Vierge, le tentateur lui apparut sous la figure d'un ancien Père du désert, ayant une barbe qui descendait presque jusqu'à la ceinture. Il s'approcha du Saint et lui dit :

« Frère Vincent, je suis venu du ciel pour te visiter, à cause de l'affection que je te porte, et par la compassion que j'ai de toi, afin de te donner quelques avis qui te seront bien utiles pour te conduire au vrai chemin du ciel sans te fatiguer dans le milieu du voyage. Je suis un de ces célèbres anachorètes qui peuplèrent les solitudes d'Égypte; dans ma jeunesse je menai une vie dissolue, et je me livrai aux plaisirs des sens. Depuis, tremblant d'être surpris par une mort soudaine, je songeai à changer de vie, et je me retirai dans le désert, où, déjà rassasié des plaisirs du monde et aidé de la grâce de Dieu, j'entrepris de mener la vie d'anachorète. J'obtins le pardon de mes péchés, et je m'ensevelis dans cette retraite, où je ne m'occupai qu'à plaire à Dieu. Si donc tu désires arriver à la cime de la perfection, et terminer ta vie d'une façon vraiment sainte, suis les conseils que je vais te donner. N'afflige pas ton corps à la fleur de ton âge, et ne te livre pas à tant de mortifications. Personne ne peut vivre sans accorder tôt ou tard quelque chose aux exigences de ses propres passions, et il est mieux de le faire dans la jeunesse que dans un âge plus avancé. Lorsqu'on arrive à l'époque où l'on doit craindre la mort, alors par de ferventes prières et une sincère pénitence on peut obtenir facilement le pardon des plaisirs charnels qu'on a goûtés dans le jeune âge, et arriver au ciel pour jouir de ses pures délices avec les anges, et parmi tant d'autres saints pénitents ».

A peine l'ange de ténèbres transformé en ange de lumière eut-il prononcé ces dernières paroles, qu'il crut voir saint Vincent Ferrier tenté contre la constance et la persévérance dans les entreprises de mortification avec lesquelles il avait résolu de conserver l'innocence de son baptême jusqu'à la mort. Mais le valeureux soldat de Jésus-Christ, s'armant du signe de la croix et prononçant les doux noms de Jésus et de Marie, répondit : « J'ai consacré à Dieu ma jeunesse et ma vieillesse, parce que je veux lui donner entièrement ma vie ». Alors le démon, se voyant découvert et vaincu, s'enfuit tout confus en jetant des cris et des hurlements affreux, et en laissant derrière lui une odeur fétide et insupportable. A l'imitation du saint, repoussons courageusement les perfides insinuations au moyen desquelles Satan voudrait nous empêcher de secouer le joug de la concupiscence pour embrasser la loi de l'esprit.


Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.


Troisième Vendredi

 

La troisième perfection est une crainte continuelle des péchés commis jusqu'à ce jour contre Dieu ; péchés au sujet desquels nous ne pouvons savoir si nous avons satisfait, et si Dieu nous les a pardonnés.


Explication

 

Beaucoup, après avoir confessé leurs péchés, n'y pensent pas plus que s'ils ne les avaient jamais commis, et ils n'en font pas pénitence. Ceux-là ont un pressant besoin d'acquérir le troisième degré de perfection enseigné par Saint Vincent. Ainsi, après avoir connu et confessé ses péchés, et après s'en être corrigé, celui qui veut être parfait doit, tout en ayant l'espérance du pardon, avoir encore de la crainte pour les fautes passées, et ne jamais cesser de les pleurer avec un continuel repentir qui lui transperce le cœur; c'est qu'effectivement il est certain d'avoir offensé Dieu, mais il est incertain d'en avoir obtenu le pardon. « Bienheureux l'homme qui craint sans cesse », dit l'Esprit-Saint dans l'Écriture. (Proverbes, chapitre 28).

 

Pratique

 

La manière de s'exercer à cette sainte crainte de Dieu est de faire souvent des actes de contrition et de recourir aux saints avocats, afin qu'ils apaisent la juste colère de Dieu. En outre, celui qui tremble vraiment pour les péchés passés, qui reconnaît avoir offensé Dieu par des plaisirs défendus, s'abstient même de ceux qui sont permis, afin de satisfaire pour les fautes passées. C'est Saint Grégoire qui nous l'enseigne.


Prière au Saint

 

Après avoir offensé Dieu comme j'ai eu le malheur de le faire, il est bien juste, ô Saint Vincent Ferrier, mon protecteur, que je n'oublie jamais le mal dont je me suis rendu coupable, et de m'en humilier sans cesse devant Dieu, comme vous me l'enseignez. O vous qui par votre parole éloquente inspiriez aux pécheurs qui vous entendaient les sentiments d'une contrition si vive et si parfaite, continuez à mon égard ce ministère plein de vertu. Faites que j'aie sans cesse devant les yeux les jugements terribles du Seigneur, faites que la mémoire de mes iniquités ne s'efface jamais de mon âme. Semblable aux pénitents que vous avez convertis d'une manière admirable, faites que je puisse dire avec eux, comme avec le Prophète repentant : « Mon péché est sans cesse contre moi ; il est toujours devant mes yeux ; jour et nuit je le déplore, je l'abhorre, je le déteste, j'en demande pardon au Seigneur ». Oui, doux Vincent, que ce soit là le cri de mon âme, le sentiment perpétuel de mon cœur ; que sans cesse je crie : « Miséricorde, mon Dieu, Miséricorde ! Nous avons agi injustement à Votre égard, nous avons commis l'iniquité, nous sommes des ingrats, nos prévarications sont sans excuse ». (Psaume 105). Oui, doux refuge des âmes pénitentes, accueillez vous-même ces paroles que m'inspire la vue de votre vie si sainte en comparaison de la mienne qui est si méprisable. Soyez mon intercesseur. Fléchissez pour moi la justice de mon Dieu, afin que, changé intérieurement, je puisse répéter avec confiance tous les jours de ma vie cette affirmation consolante du roi David : « Seigneur, vous ne rejetterez point un cœur contrit et humilié ». (Psaume 4). Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Lorsque saint Vincent Ferrier était en France, il se trouvait à Béziers un homme qui avait commis de grands crimes, entre autres celui de l'inceste, et de plus il désespérait Presque entièrement de la Miséricorde Divine. Le saint étant allé prêcher dans la ville habitée par ce grand criminel, celui-ci alla l'entendre, et il fut tellement pénétré du feu de ses paroles, qu'il vint, tout contrit et humilié, se jeter à ses pieds pour lui faire l'accusation de ses péchés. Effectivement il se confessa avec une contrition si grande, que Saint Vincent, lui ayant imposé sept années de pénitence, il s'écria : « Comment, mon Père ! Pour des péchés si graves, une si légère pénitence ! » « Oui, mon fils, répondit le saint, et je veux même vous la diminuer. Votre pénitence ne sera pas un jeûne de sept ans, mais seulement de trois jours au pain et à l'eau ».

La douleur de ce vrai pénitent s'accrut en entendant le Saint diminuer ainsi une pénitence qui lui paraissait déjà trop faible, et il répondit : « Mais, mon Père, est-il possible que pour des fautes si graves vous m'imposiez une satisfaction si légère ? » A ces paroles Saint Vincent répondit avec une sainte résolution : « Allons, mon fils, je ne veux vous imposer d'autre pénitence que celle-ci : trois fois la récitation du Pater ». Le pénitent, sincère et soumis, inclina humblement la tête, et se mit à réciter ses trois Pater. Mais sa douleur fut si grande, sa contrition si parfaite que, ne pouvant terminer sa pénitence, il tomba mort aux pieds du Saint Confesseur. La nuit suivante, l'âme glorieuse de ce pénitent apparut à Vincent : « Par la grande miséricorde de Dieu, dit-elle, et à cause de ma contrition parfaite, le Seigneur m'a octroyé son pardon complet, et je suis entré dans le paradis sans passer par les flammes du Purgatoire ».

Dans un autre lieu, une femme qui menait une vie scandaleuse était venue à l'église pour entendre prêcher le saint. Mais comme elle y était allée pour tout autre motif que celui d'entendre la parole divine, elle se mit à une place bien apparente, afin d'être mieux vue de ses admirateurs. L'homme de Dieu monte en chaire, et il se met prêcher contre les vains ornements des femmes et contre les péchés des sens. Il exhorte avec force ses auditeurs à les détester comme autant d'offenses de Dieu très graves. O puissance admirable de la Parole divine ! Les exhortations du saint pénétrèrent le cœur de la courtisane, au point que la contrition dont elle fut saisie lui fit verser une grande abondance de larmes de repentir; sa douleur fut même si vive, qu'elle en fut suffoquée : elle tomba morte par terre à la vue de tout l'auditoire.

Tous ceux qui étaient présents avaient été témoins de sa douleur et de ses larmes, mais néanmoins ils tremblaient pour le salut de son âme. En la voyant mourir ainsi subitement, ils prirent cette mort soudaine pour un châtiment de Dieu, et ils déploraient sa perte, qui pouvait être éternelle. Mais le saint orateur les consola promptement : « Mes braves gens, leur dit-il, ne craignez pas pour le Salut de cette femme, parce que sa contrition parfaite l'a sauvée. Priez pour elle ». A ces paroles, le saint prédicateur fut interrompu par une voix venue du ciel qui lui dit : « Il n'est plus nécessaire de prier pour elle, mais priez qu'elle intercède pour vous, parce qu'elle est déjà en paradis ». Ainsi fut confirmé ce qu'avait annoncé le saint, que la contrition parfaite avait sauvé cette femme, et que déjà elle jouissait de la couronne de gloire parmi les âmes des vrais pénitents qui sont dans le ciel. Que ces beaux exemples vous animent à concevoir de vos péchés une vive haine et un sincère repentir !

 

Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.


Quatrième Vendredi


La quatrième perfection est une frayeur continuelle que notre fragilité ne nous fasse faire des chutes nouvelles semblables aux anciennes, et peut-être plus grandes.


Explication

 

Dans ce degré le saint nous montre que plus l'âme s'approche de la perfection, plus elle doit craindre de nouvelles chutes. Ainsi elle fera bien de s'enraciner dans une sainte et filiale crainte de Dieu. Cette crainte est comme un rocher qui préservera l'âme des péchés futurs; car si elle en sort, elle s'expose inévitablement à des désastres irréparables, conformément à ce que nous lisons dans l'Ecclésiaste: « Si tu ne restes continuellement dans la crainte de Dieu, ton édifice tombera vite ». (Ecclésiaste, chapitre 1) Ces paroles concernent l'édifice de la perfection, que chacun doit chercher à élever.

 

Pratique

 

Pour se tenir dans une filiale crainte de Dieu, le moyen le plus efficace est d'éviter les fautes légères, les péchés véniels ; ces choses offensent Dieu. Or quiconque néglige les petites fautes, tombe infailliblement dans les grandes. « Qui craint Dieu, dit le Sage, ne néglige rien, mais fait compte de tout ». (Ecclésiaste, chapitre 7).


Prière au Saint

 

Hélas! de quelque côté que je me tourne, je me trouve dans un péril évident. Je considère ma vie passée, alors il me semble voir l'enfer près de m'engloutir dans ses flammes. Je jette un regard sur ma vie présente, aussitôt je me vois dans le monde comme dans un abîme de vices. Si je n'ai un ange qui tempère cet incendie, comme celui qui éteignit avec un vent rafraîchissant les flammes de la fournaise de Babylone où les trois enfants avaient été jetés, hélas! me voilà perdu. Mais heureusement je le vois, ô Saint Vincent Ferrier, très fidèle avocat de mon âme, vous qui avez été cet ange envoyé de Dieu dans le monde pour le délivrer de l'incendie des vices par le vent de la crainte de Dieu, qui, au dire de Saint Bonaventure, est semblable à celui avec lequel l'ange éteignit les flammes de Babylone. O vous qui avez donné une si grande crainte au monde en prêchant le jugement universel par ces paroles : « Craignez Dieu et rendez-lui l'honneur qui lui est dû, car l'heure du jugement approche (Apocalypse, chapitre 14) ; et qui par ces mots avez transformé le monde, qui était un repaire de tous les vices, en un véritable paradis de vertus ; réparez, je vous en prie, ô glorieux Saint Vincent, mon âme si pauvre et si misérable, par cette douce brise de la crainte de Dieu, afin que je ne périsse ni dans cet incendie des vices en ce monde, ni dans l'éternel incendie de l'enfer. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Vous avez prié votre grand avocat, afin que, comme l'ange du Seigneur, il Vous délivre par la crainte de Dieu de l'incendie des vices ; vous ne pouviez l'invoquer sous un titre qui lui fût plus cher, puisque saint Vincent se complaît grandement dans ce nom d'ange ; il fut le premier en effet qui, inspiré de Dieu, se le donna à lui-même, et comme preuve que ce nom lui était bien dû, le Seigneur fit par lui un prodige surprenant.

Le saint, prêchant un jour à Salamanque à plusieurs milliers de personnes, arrêta un moment son discours ; puis il se mit à dire à la foule étonnée : « Je suis l'ange annoncé par saint Jean dans l'Apocalypse, cet ange qui doit prêcher à tous les peuples, à toutes les nations, dans toutes les langues, et leur dire: « Craignez Dieu et rendez-lui tout honneur, parce que l'heure du jugement approche ». Saint Vincent, voyant le peuple surpris et paraissant même ne pas vouloir ajouter foi à ses paroles, répéta ces mots : « Je vous le dis encore une fois, je suis l'ange de l'Apocalypse, et de cette affirmation je veux vous donner une preuve manifeste. Allez à la, porte de Saint-Paul, vous y trouverez une morte qu'on con- duit à la sépulture; amenez-la ici, et vous aurez la preuve de ce que je vous annonce ». Ainsi que l'avait dit le Saint inspiré de l'esprit prophétique, on trouva la morte ; on la conduisit sur la place, et l'on mit le cercueil de façon à ce que tout le monde pût le voir.

Saint Vincent ordonna à cette morte de revenir à la vie. « Qui suis-je ? » lui dit-il en lui commandant de parler. La morte se leva aussitôt et dit : « Vous, Père Vincent, vous êtes l'ange de l'Apocalypse, ainsi que vous l'avez annoncé ». Le saint demanda ensuite à la ressuscitée si elle voulait mourir de nouveau, ou si elle resterait encore volontiers sur la terre. Celle-ci répondit qu'elle désirait vivre encore, et le saint lui dit : « Vous vivrez encore un bon nombre d'années ». Ce qui arriva effectivement. Voilà la principale raison pour laquelle on représente saint Vincent avec des ailes ; car, on le sait, ainsi sont dépeints les anges.

De tout ceci concluez combien est grande l'inclination qui porte saint Vincent à vous secourir. Il veut être appelé du nom d'ange et représenté avec des ailes, pour vous montrer qu'il est très-fidèle et très prompt à venir en aide aux âmes qui l'invoquent.


Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.


Cinquième Vendredi


La cinquième perfection est de tenir dans une exacte et rigoureuse discipline tous ses sens corporels, afin que les sens soient soumis à l'âme pour le service de Notre-Seigneur Jésus-Christ.


Explication

 

Ce cinquième degré est bien nécessaire. Écoutez saint Ambroise : « Jacob, se trouvant en voyage et voulant se reposer, se mit sous la tète une dure pierre ». Ainsi, dit le grand docteur, ceux qui sont dans le chemin de la perfection doivent se résoudre à mener un genre de vie rigoureux, c'est-à-dire se priver de tout ce qui est délicat, choisir un lit dur, des aliments grossiers, et ainsi de suite. Ceci est une règle importante de la stratégique spirituelle à laquelle l'âme doit s'assujettir dès qu'elle est entrée dans le rocher de la sainte crainte de Dieu, pour suivre son chef et son guide Jésus, qui fut couronné d'épines. « Sous un chef percé d'épines, il n'est pas convenable que les membres soient délicats », dit Saint Bernard. (Sermon V).

 

Pratique

 

Jetez un regard sur le genre de vie que mena Saint Vincent encore enfant. Il jeûnait deux fois la semaine sans jamais y manquer, le mercredi et le vendredi, et toujours au pain et à l'eau. Il donnait, avec la permission de ses parents, le plus qu'il pouvait aux pauvres et particulièrement aux religieux. Il avait une dévotion très grande envers la Passion de Notre Seigneur, car il récitait chaque jour l'office de la Sainte Croix ; et chaque fois qu'il rencontrait sur son chemin le signe de notre Rédemption, il le saluait avec une grande piété. Il avait une affection semblable envers la Bienheureuse Vierge Marie, à laquelle il recourait dans tous ses besoins. Rapprochez-vous autant que vous le pourrez de l'exemple que nous donne le saint, votre avocat, et, à son imitation, menez une vie mortifiée et pieuse, qui vous conduise à la perfection que vous désirez acquérir.


Prière au Saint

 

Faites-moi comprendre, ô Saint Vincent, que mon ennemi le plus cruel c'est moi-même; faites passer dans mon âme cette conviction profonde qui animait la vôtre au sujet de la nécessité où se trouve tout chrétien de mortifier son corps. Oh ! que vous disiez avec vérité pendant votre séjour ici-bas cette parole de l'apôtre saint Paul : « Je châtie mon corps et je le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres je ne sois moi-même réprouvé ». (1 Corinthiens, 9). Hélas ! je suis bien loin de ce beau modèle. Vous voyez devant vous un misérable pécheur tout plongé dans le sang et dans la chair, une âme sensuelle qui redoute la moindre gène, qui fuit toute pénitence, qui court ardemment après d'indignes voluptés. En suivant des inclinations aussi perverses, puis-je compter sur mon salut ? Non, je ne le puis pas. La prudence de la chair n'est-elle pas la mort? (Romains, 8). N'est-elle pas l'ennemie de Dieu ? La chair et le sang peuvent-ils entrer en possession du royaume de Dieu ? (1 Corinthiens, 15). Le caractère du chrétien n'est-il pas, au contraire, de crucifier ses sens (Galates, 5), de dominer les exigences du physique? (Romains, 8). A vous donc, ô mon bien-aimé patron saint Vincent, j'ai recours ; à vous je demande cet esprit de Dieu, l'opposé de l'esprit de la chair. Vous l'avez possédé en si grande abondance, vous : qu'il s'en écoule sur moi un rayonnement salutaire. J'ai la confiance, ô grand saint, que par votre intercession puissante mes instincts seront changés. Appuyé sur vos mérites, je veux à l'avenir brûler ce que j'ai adoré, et adorer ce que j'ai brûlé. Obtenez-moi, s'il vous plaît, la réalisation de ce vœu, que je présente au Seigneur par vos mains : « Créez en moi, ô Dieu, un cœur droit, et renouvelez. en moi l'esprit de droiture ». (Psaume 4). Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Grande est l'astuce du démon pour nous porter à croire qu'il nous est de toute impossibilité de marcher sur les traces des saints. Il nous décourage, il met notre faiblesse devant les yeux, et elle nous paraît effectivement si grande, que nous pensons ne pouvoir rien faire des choses que tant d'autres ont faites avant nous. Mais si vous réfléchissez bien à la conduite du glorieux saint Vincent, qui observa toujours une vie rigoureuse, même au milieu des plus grands labeurs, que penserez-vous de vous-même en voyant votre tiédeur et votre lâcheté pour pratiquer des mortifications que le saint pratiquait à un si haut degré, au milieu de fatigues bien plus grandes que les vôtres ?

Il était d'un sang noble, par conséquent plus faible de complexion que bien d'autres hommes. Et cependant, à peine fut-il religieux, qu'il jeûna presque tous les jours de sa vie. Il était continuellement en voyage. Il faisait ses courses à pied un bâton à la main, ou sur un âne, lorsque son âge ou ses infirmités l'y forcèrent. Il ne voulut jamais manger de viande, ni laisser la discipline qu'il prenait chaque soir, après avoir prêché deux et trois fois le jour. Voici un très-éclatant miracle arrivé à propos de son abstinence :

Le saint fut reçu un jour dans la maison d'un certain bourgeois, qui laissa l'ordre à sa femme de préparer dans la matinée le dîner du saint. Il lui recommanda, entre autres choses ; de ne lui servir que des poissons. La femme avait de temps en temps des accès de folie ; il arriva qu'elle en fut prise ce jour même, et d'une manière si cruelle, qu'elle tua son petit enfant d'un âge très tendre, le coupa en morceaux et en prépara un mets horrible, dans l'intention de l'offrir au Saint. Le mari retourna à la maison aussitôt que la prédication fut achevée, et il demanda si le dîner était prêt.

Sa femme lui dit : « Oui », et elle ajouta : « J'ai préparé pour le Saint Père Vincent un mets exquis avec une viande très bonne et très délicate ». « Mais, reprit le bourgeois, ne vous ai-je pas dit que frère Vincent ne mangeait pas de viande ? » « C'est vrai, dit la femme, mais j'ai voulu avec les poissons mêler la chair de notre petit enfant; je l'ai donc tué et mis en morceaux, afin que frère Vincent vit que nous lui donnons ce que nous avons de meilleur ». En disant cela, elle montra à son mari les apprêts sanglants du festin qu'elle avait rêvé. On conçoit aisément combien le père fut profondément affligé à la vue de cet horrible accident ; il en serait mort de douleur, si le saint n'était arrivé à la maison en ce moment même, et s'il ne l'eût consolé d'une façon merveilleuse. En effet, voyant l'innocente créature tuée et traitée de cette sorte, Vincent en fut ému de compassion. Il se fit donc apporter sans retard tous les membres de ce petit corps ; puis il les unit les uns aux autres avec ses mains, et ayant dit une courte prière accompagnée d'un signe de croix sur l'enfant. Il le ressuscita. C'est ainsi qu'il le rendit sain et sauf à son père, qui le reçut, comme on pense bien, avec une extrême consolation.

D'après un si éclatant prodige, vous pouvez comprendre, pieux lecteur, comment Dieu accepte les abstinences et les mortifications faites pour assujettir notre chair mortelle. Considérez combien Dieu veut honorer l'abstinence et les mortifications du saint, puisqu'il fait un si grand miracle. Continuez à supplier votre avocat de vous obtenir la force de pouvoir, par les mortifications et les saintes rigueurs de la pénitence, acquérir la sainte perfection. Il est si puissant! il vous l'obtiendra de Dieu.

 

Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.



Sixième Vendredi


La sixième perfection est une grande force et une patience invincible dans les tentations et les adversités.


Explication

 

Voici la pensée du saint: si régulière que soit une personne dans sa conduite, elle ne manquera pas pourtant de combats, de tentations et d'adversités. Aussi le sixième degré vous est-il recommandé vivement. Il consiste dans la force dont l'âme doit être douée au combat des tentations, conformément à l'avis du Sage (Ecclésiaste, 2) : « Mon fils, en entrant au service de Dieu, prépare ton âme à la tentation ». Mais la force ne suffit pas, si elle n'est unie à la patience, par laquelle on est vainqueur des adversités et des persécutions, qui arrivent ordinairement à ceux qui aspirent à la perfection, selon ce que dit Saint Paul : « Tous ceux qui veulent vivre saintement en Notre Seigneur Jésus-Christ seront persécutés ». (1 Timothée, 3).

 

Pratique

 

Si vous voulez arriver à ce degré, recourez à Dieu toutes les fois que vous serez tenté, en disant avec la Cananéenne : « Seigneur, aidez-moi ! » (Matthieu, 15) ; et il l'accorde à celui qui connaît bien sa faiblesse, et qui implore son assistance divine. Le moyen le plus propre pour s'exercer à la patience est de se rappeler dans les disgrâces et dans les infirmités, que vous en mériteriez bien davantage à cause de vos péchés; et dans les persécutions, songez que les saints ont été persécutés dans le monde, et que Notre Seigneur Jésus-Christ fut crucifié. Ces considérations vous consoleront, et au lieu de vous épouvanter parce que le monde vous haïra, vous vous réjouirez, parce que ce sera un signe que vous n'êtes pas au monde, mais à Dieu, conformément à ce que dit le Sauveur a ses apôtres. (Jean 15).

 

Prière au Saint

 

Très invincible héros de l'Église, saint Vincent, vous qui dès l'âge le plus tendre étiez déjà déterminé à mener une vie rigoureuse, et vous adonniez à une oraison continuelle, aux jeûnes et aux pénitences, pour acquérir la perfection à laquelle vous êtes arrivé si heureusement; vous qui repoussiez avec force les assauts du monde et de la chair, et qui avec une indicible patience souffriez toutes sortes de persécutions, me voici prosterné à votre autel, me repentant d'avoir si mal employé ma vie jusqu'à ce jour. Les ruines de mon âme sont grandes, parce que j'ai vécu sans règle de conduite, ou si quelquefois j'ai pris des résolutions, le plus léger vent des tentations ou des contrariétés a suffi pour me faire perdre courage et tout abandonner. Je prends la résolution aujourd'hui de servir de tout mon cœur et jusqu'à la mort le Dieu que vous avez servi vous-même avec tant de fidélité; et la règle que je me propose de suivre, c'est d'imiter, autant que ma position me le permettra, votre très sainte vie, en combattant toujours, à votre imitation, contre le démon, le monde et la chair. Mais comment y arriverai-je, si vous ne m'investissez de votre force, si vous ne me donnez le bouclier de votre patience? Obtenez-moi, très-glorieux saint, ces deux vertus si nécessaires pour conduire à bon terme l'entreprise de la perfection, chemin battu seulement par les âmes fortes et persévérantes qui souffrent avec patience et résistent jusqu'au bout. O grand Saint ! puisque vous daignez nous enseigner ce degré de perfection, obtenez-moi aussi ces armes de force et de patience avec lesquelles, combattant constamment, je puisse acquérir à la fin, comme vous, la couronne de l'éternelle gloire. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Parmi les conversions opérées par saint Vincent Ferrier, les plus célèbre furent celles des femmes de mauvaise vie, réunies d'abord dans les maisons publiques, et qui, après avoir servi à la perdition des âmes, devenaient ensuite de véritables modèles de la plus sincère pénitence. Cette conversion générale déplut grandement aux débauchés qui leur servaient de médiateurs. Ils entrèrent en fureur contre le saint, qui par ce changement, fruit de son zèle, leur ôtait le bénéfice considérable de cet infâme commerce. En Espagne ils résolurent Un jour de retirer la vie au saint, « puisque, disaient-ils, il leur avait retiré le pain ». Comme il était parti de Lérida pour Balaguer, ces misérables lui dressèrent des embûches, afin de l'assaillir en chemin.

Saint Vincent, averti de leurs desseins criminels, dit à ses compagnons de voyage : « Ceux qui viennent au-devant de nous sont les médiateurs des femmes de mauvaise vie qui se sont converties, et ils viennent à moi avec la ferme résolution de me tuer ». Les compagnons de l'homme de Dieu s'offrirent aussitôt à le défendre ; mais il leur répondit : « Je n'ai pas besoin de vous ; allez devant, et laissez-moi seul avec ces hommes ».

A peine donc ces malheureux le virent-ils seul et détaché de sa compagnie, qu'ils l'entourèrent, et tirant leurs épées, ils s'apprêtaient à le tuer. Mais Vincent se tourna vers eux, et faisant le signe de la croix, il dit : « Per signum crucis de inimicis nostris libera me, domine. Par le signe de la croix, de nos ennemis délivrez-moi, Seigneur ». Soudain les assassins restent immobiles sans pouvoir remuer leurs épées : ils étaient devenus comme des statues. Alors le saint commença à leur prêcher la pénitence, et quand il les reconnut tous repentants et résolus à changer de vie, il leur permit de partir. A ces mots, le mouvement fut rendu à leurs corps. Ils déposèrent leurs armes, et se prosternant aux pieds du Saint apôtre, ils lui demandent, outre leur pardon, la grâce de vouloir bien les devoir dans sa sainte compagnie, pour faire une pénitence publique de leurs scandales et mener une vie vraiment chrétienne. Le saint maître les admit à sa suite avec une grande bonté, et ils vécurent en cette céleste compagnie, donnant à tous de grands exemples d'édification.

 

Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.

Septième Vendredi

 

La septième perfection consiste à éviter avec soin et à fuir toutes les personnes et toutes les créatures qui non-seulement nous pousseraient à pécher, mais qui encore seraient pour nous un obstacle dans le combat des imperfections.


Explication

 

Prenez la résolution généreuse de servir Dieu en menant une vie mortifiée et en vous armant de force et de patience, ainsi que vous l'a conseillé le saint. L'autre degré qu'il nous enseigne est la prudence avec laquelle on fuit de tout son pouvoir non-seulement les occasions d'offenser Dieu, mais encore toutes les conversations et affaires qui pourraient être un sujet de chute. Il faut éviter aussi de se trouver avec les personnes qui, par leurs paroles et leurs mauvais exemples, pourraient diminuer en vous la ferveur de l'esprit. L'âme qui aborde de la sorte la bataille spirituelle, et qui fuit avec soin tous les périls, devient formidable au démon.


Pratique

 

On s'exerce à ce degré en conversant peu avec le monde et beaucoup avec Dieu. Ainsi, fuyez les conversations, les veillées, les fêtes, les bals, afin d'arriver à la perfection; vous ne l'acquerrez jamais sans la pureté de la vie et la sainteté de la langue : deux choses difficiles à sauvegarder dans les conversations et les entretiens du monde.


Prière au Saint

 

O très savant maître de la vie spirituelle, Saint Vincent Ferrier, vous nous avez enseigné, et par vos paroles et par votre exemple, jusqu'à quel point une âme doit travailler à se rendre pure. Éclairez donc, s'il vous plaît, mon esprit sur la doctrine importante dont aujourd'hui vous me livrez le secret. J'ai bien besoin de votre assistance, plongé comme je le suis dans les ténèbres spirituelles, et, ce qui est pire, embarrassé dans une multitude d'affections vaines et inutiles qui retardent mon union avec Dieu. Je reconnais pourtant, et je le dois sans doute aux prières que vous faites pour moi, je reconnais le faible de mon âme. Elle est infirme, malade, impuissante, et c'est bien par sa faute; car, reconnaissant combien une attache désordonnée aux créatures est funeste à son avancement, elle persiste néanmoins dans cette affection aveugle. C'est ici, grand saint, que j'ai besoin de votre secours particulier. Je vous en prie humblement, obtenez pour mon esprit des lumières plus vives; obtenez pour mon cœur une volonté plus énergique. Faites-moi toucher au doigt, pour ainsi dire, la vanité et le néant de tout ce qui n'est pas mon Dieu; inspirez-moi un saint dégoût de toutes les choses de ce monde ; versez à pleines mains l'amertume sur tout ce qui pourrait distraire mon cœur de Dieu; obtenez-moi l'amour du silence, de la retraite, de la solitude. Ah ! puissé-je comme vous vivre en étranger au sein du tumulte de la société humaine! Puissé-je, comme vous, avoir au milieu de mon cœur une cellule intérieure, impénétrable à tous les bruits de la terre ! Alors Dieu ne m'oublierait pas ; il me parlerait dans le secret de l'âme, et ma conversation, comme la vôtre, serait dans les cieux. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Lorsque Saint Vincent Ferrier retourna pour un temps dans sa patrie, la reine Violante se mit sous sa conduite. Le saint lui adressait des discours si remplis du feu de l'amour divin, que la reine sentit naître en elle une telle vénération pour l'homme de Dieu, qu'elle devint désireuse de le visiter dans sa cellule. Elle lui en fit donc de, mander la faveur à plusieurs reprises; mais, loin de lui accorder cette grâce, le saint lui fit répondre qu'il lui défendait expressément d'entrer chez lui ; ce qui excita davantage encore la curiosité de la reine. Mettant de côté toute obéissance, elle vint au couvent suivie de sa cour, choisissant le moment où elle supposait que son saint confesseur était absorbé dans l'oraison. La cellule lui fut ouverte par les religieux; Ils trouvèrent le saint à genoux et priant ; mais, chose merveilleuse, il ne fut pas possible à la reine de le voir, quoiqu'il fût devant elle. Les religieux, pensaient que le saint était plongé dans ses contemplations, crurent qu'il ne s'était pas aperçu de la visite de la reine; ils l'en avertirent, afin qu'il se levât pour la complimenter.

« Comment ! des compliments, répondit le saint ; ne savez-vous pas que les femmes ne peuvent entrer dans nos cellules ? Elle y est venue sans ma permission : elle ne me verra pas tant qu'elle n'en sortira pas ». La reine demeura toute surprise en entendant la voix du saint qu'elle cherchait en vain à découvrir ; elle lui demanda où il était. « Je suis ici », répondit-il, et il ajouta de nouveau que, tant qu'elle ne sortirait pas de sa cellule, elle ne le verrait pas. La reine sortit enfin, saint Vincent la suivit, et, lorsqu'elle allait sortir, il se rendit visible à elle, mais avec un visage sévère. Armé d'un saint zèle, il l'avertit de ne plus venir dans sa cellule, car elle aurait bien pu payer cher cette entrée. « Dieu vous aurait sévèrement châtiée, lui dit-il, si l'ignorance et le manque de réflexion ne vous avaient poussée à commettre cette faute ». La reine s'humilia ; elle reçut la correction du saint avec un grand respect, et elle lui demanda Pardon de sa désobéissance. Cependant elle ne fut pas entièrement guérie de sa curiosité. Peu de jours après elle retourna de nouveau au couvent, afin de voir son saint maître en oraison. Mais, arrivée là, elle n'osa pas, comme la première fois, entrer dans sa cellule. Elle ne demanda même point qu'on l'ouvrît ; elle se contenta de l'observer seulement par la fente de la porte. Elle vit le saint absorbé dans une profonde contemplation. Sa face était éclairée de rayons de lumière qui illuminaient toute sa chambre. La reine, se retournant alors vers ses dames, leur dit : « Allons, partons, cet homme est beaucoup plus saint qu'on ne le pense ». La vénération de la reine pour son saint maître s'accrut tellement, que toutes les fois qu'elle lui parlait, elle se prosternait à ses pieds, comme si elle avait vu un ange du ciel.

Voici encore un autre miracle que le saint opéra dans Valence, son heureuse patrie. La princesse Jeanne de Prades, sœur de la reine Marguerite, veuve de Martin, roi d'Aragon, se trouvait un jour à une prédication de saint Vincent Ferrier, qui avait lieu sur le marché au bois. Sans qu'on pût savoir d'où cela pouvait venir, on aperçut une grosse pierre qui déchira les tentures destinées à préserver du soleil, et cette pierre alla tomber avec force sur la tête de la princesse. Elle fut étendue par terre par la violence du coup, et chacun la crut morte. Les assistants émus se lamentaient de voir dans quel état leur princesse était réduite. Mais le saint prédicateur les encouragea à ne pas s'alarmer, parce que cette pierre, disait-il, n'était pas tombée pour tuer la princesse, mais seulement pour abattre la tour qu'elle portait sur sa tète, voulant parler de l'ornement extravagant de sa chevelure. Le saint, se tournant donc vers la princesse, lui dit : « Princesse Jeanne, levez-vous ». A ces paroles et à la grande stupéfaction de tous les assistants, elle se releva saine et sauve, préservée miraculeusement de la mort et entièrement corrigée de son excessive vanité. Elle sut si bien profiter du coup venu du Ciel et des avis du saint prédicateur, qu'elle se revêtit d'habits modestes, et n'alla jamais au delà des exigences de sa position. Ainsi, à Valence, on comprit parfaitement que la chute de cette pierre était un trait de la divine Providence qui avait voulu donner lieu au saint de corriger cette grande princesse de son amour pour les ornements superflus et les vains habillements, qui souvent sont pour la jeunesse imprudente des sujets de scandale et de ruine.

 

Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.

684_001

Pour le jour de la Fête du Saint


La huitième perfection pour le serviteur du Seigneur est de porter en soi la croix de Jésus-Christ, et cette croix a quatre branches : la première est la mortification des passions ; la seconde, l'abandon de tout ce qui passe; la troisième, le renoncement à toutes les affections charnelles de parents et amis; la quatrième enfin, le mépris, la haine, et l'abnégation de soi-même au degré le plus élevé.


Explication

 

Jusqu'à présent le saint docteur a conduit l'âme par la voie purgative ; mais, dans ce huitième degré, il commence à la conduire dans la voie illuminative. La croix de l'abnégation de soi-même est celle dont parle Notre-Seigneur lorsqu'il dit : « Que celui qui veut venir à moi prenne sa croix et qu'il me suive ». (Luc, 6). L'âme est éclairée par cette croix qui détruit les quatre principales causes de l'aveuglement spirituel, savoir : les passions, l'intérêt, l'affection désordonnée des parents et l'amour-propre déréglé. Dans la croix de l'abnégation, les vices se détruisent d'abord par la mortification ; ensuite, par l'abandon des choses qui passent, on préfère l'éternel au temporel, et l'âme reconnaît qu'il vaut mieux perdre tous les biens du monde que de perdre la grâce de Dieu, conformément à ce que dit le divin Maître : « Que servirait à l'homme de gagner tout l'univers s'il vient à perdre son âme ? » (Matthieu, 16). Par le détachement des parents on purifie son esprit de toutes les maximes dictées par la chair et le sang. Enfin par le mépris de soi-même on reconnaît combien on a besoin de la grâce et de la Miséricorde de Dieu, et combien de choses sont nécessaires pour arriver à la perfection ; alors le désir de l'acquérir à tout prix s'allume de plus en plus dans l'âme.


Pratique

 

Pour embrasser cette sainte croix de l'abnégation et du mépris de soi-même, il faut faire tout votre possible pour vous délivrer de toutes les habitudes du vice. Rappelez-vous principalement que les Saints Pères du désert, désireux d'acquérir la perfection, commençaient à vaincre le vice de la langue. Si vous souhaitez vous détacher de l'affection désordonnée de vous-même et de vos parents, pensez souvent à cette sentence du Christ : « Qui aime son père et sa mère plus que Moi n'est pas digne de moi ». (Matthieu, 10). Et dans une autre circonstance, le Sauveur dit : « Quiconque ne se hait lui-même, c'est-a-dire ne veut pas contrarier ses passions et dompté ses mauvaises inclinations, celui-là ne peut être Mon disciple ». (Luc, 16).

 

Prière au Saint

 

Soleil resplendissant de vertus, miroir de sainteté, saint Vincent Ferrier ! Si un rayon de votre lumière ne vient éclairer les ténèbres de mon âme, comment pourrai-je embrasser la croix d'une continuelle abnégation- de moi-même, aveugle comme je suis, et par conséquent ne sachant apprécier ni le mérite ni l'abondance des grâces célestes qui sont renfermées dans cette croix ? Je vous rends grâces de cet enseignement précieux, que sans la nacelle de cette sainte croix on n'arrive jamais au port de la perfection chrétienne. Mais en cette mer périlleuse du monde, comment pourrai-je faire voile sans votre aide et votre secours? Soyez donc, ô mon glorieux avocat, le prudent pilote de mon âme. Soyez l'étoile qui dirige mes pas dans ce grand chemin de la perfection; délivrez-moi des périls si nombreux qu'on rencontre en ce voyage. Oui, j'espère en vous qui vous êtes fatigué sur la terre à enseigner au monde le chemin du salut; dans le ciel où vous êtes, vous m'obtiendrez, par votre puissante intercession, la grâce de pratiquer ce que vous avez enseigné si souvent dans vos prédications et vos écrits. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Une des plus belles vertus de la grande âme de saint Vincent fut là pauvreté. C'était une des plus précieuses joies qu'il rencontrait dans la croix de l'abnégation de soi-même. Il savait Ce que dit le grand évêque d'Hippone, que celui qui durait toutes les choses du monde, s'il n'avait pas la grâce de Dieu, n'aurait rien. A cause de cela, il ne désirait rien de ce qui est sur la terre. Il savait aussi ce qu'ajoute saint Augustin, que quiconque n'aurait rien sur terre, mais posséderait la grâce de Dieu, celui-là aurait tout. Et à cause de cela, laissant toutes choses, il mit toute son étude à enrichir son âme des richesses de la grâce, qui sont les vertus. En cette pauvreté son esprit fut si riche, que Dieu voulut en perpétuer le témoignage par un prodige.

Pauvre et humble, le religieux saint Vincent allait dans ses missions et partout à pied, jusqu'à ce qu'enfin, quinze ans avant sa mort, ayant une plaie à la jambe, il fût dans la nécessité de se faire transporter. Le pauvre de Jésus-Christ ne voulut choisir d'autre monture qu'un âne chétif, c'est-à-dire l'animal le plus vil et le plus abject. Il en accepta un en aumône ; il n'avait pas d'argent pour l'acheter; sa pauvreté en outre était si grande, qu'il n'avait même pas de quoi le faire ferrer. Un jour il le conduisit à un maréchal ferrant, le priant par charité de vouloir bien lui ferrer sa bête. Quand l'opération fut terminée, le maréchal, ne pensant nullement avoir travaillé par charité, demanda au religieux le prix de la main d'œuvre et de ses fournitures. « Je n'ai rien à vous donner, lui dit le saint, mais Dieu vous récompensera de votre charité ». « Eh Père! reprit l'ouvrier, je ne peux travailler uniquement par charité : je suis, voyez-vous, chargé de famille. Payez-moi, ajouta-t-il, ou je ne vous rends pas votre âne ».

Le bon saint le pria de nouveau, en l'exhortant à lui faire cette aumône ; mais le maréchal répondit encore : « Il est certain que je ne peux le faire, et vous n'aurez ni la bête ni les fers que vous ne m'ayez payé. » Alors le saint, ô prodige inouï ! se tournant du côté de la bête, lui dit : « Cet homme ne veut pas donner les fers qu'il vous a mis, parce que je ne peux le payer; allons, rendez-les-lui, et partons ». A ces paroles, l'animal, comme s'il avait compris, secoua ses pieds l'un après l'autre, et jeta miraculeusement les fers que le maréchal lui avait posés. A la vue de ce miracle, l'ouvrier, stupéfait, se précipita aux genoux du saint, lui demanda pardon de son avarice obstinée, et, ferrant de nouveau l'âne, il lui donna les fers et son travail par charité. Il se contenta de se recommander humblement aux prières du religieux, reconnaissant que si un saint aussi grand priait pour lui, son intercession lui rapporterait bien plus que tout l'or et tous les trésors du monde.


Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.

412_001

 

Les Vendredis de Saint Vincent Ferrier 3/3

Les Vendredis de Saint Vincent Ferrier

187

Deuxième partie

Les Sept Vendredis après la Fête de Saint Vincent Ferrier

 

Premier Vendredi

 

La neuvième perfection est d'avoir une mémoire continuelle et permanente des bienfaits reçus de Dieu jusqu'à ce jour par Notre-Seigneur Jésus-Christ.


Explication

 

Nous supposons l'âme exercée dans les vertus nécessaires pour être conforme au Seigneur Jésus-Christ, vertus qui sont : l'obéissance, la pauvreté, la charité et le mépris de soi-même. Suit maintenant un neuvième degré, qui consiste, dit le Saint, dans la mémoire des bienfaits et des grâces reçus de Dieu. Par ce souvenir votre âme, reconnaissant son ingratitude, la détestera, et ainsi vous pratiquerez l'abnégation de vous-mêmes. Vous croîtrez merveilleusement dans la connaissance de Dieu. La vue de sa libéralité et de sa bonté envers vous, vous inspirera une confusion salutaire. Alors vous vous anéantirez, en considérant toutes les grâces qu'il a faites à une créature si misérable. Dieu dit à l'âme par la bouche de son prophète : « Souviens-toi de Moi ». Et il donne à son serviteur Abraham, si désireux de sa perfection dans le bien, ce moyen : le souvenir de Dieu, par lequel il tiendra continuellement son esprit dans la pensée de son bienfaiteur, ajoutant que là se trouve le vrai chemin de la perfection : « Marche, lui dit-il, en Ma présence, et tu seras parfait ». (Genèse 17).


Pratique

 

Pour avoir cette mémoire des bienfaits de Dieu, il convient de se servir des moyens suivants : Voyez-vous une croix ? rappelez-vous aussitôt le bienfait de la rédemption. Voyez-vous des infirmes ? Rappelez-vous le don de la santé dont vous jouissez. Avez-vous devant les yeux un pauvre ? pensez que vous seriez encore plus pauvre sans les avantages temporels que Dieu vous dispense à pleines mains. Enfin, si vous entendez parler des chutes d'autrui, songez que vous feriez bien pire, si Dieu ne tenait sa sainte Main sur votre tête. Tel est le moyen de rappeler sans cesse à votre mémoire Dieu, votre grand bienfaiteur.


Prière au Saint

 

Quel modèle parfait de reconnaissance envers Dieu me présente votre vie admirable, ô Saint Vincent ! Si vous avez reçu du Ciel des grâces de choix, vous vous en êtes bien rendu digne par la correspondance que vous leur avez donnée. Votre fidélité à en témoigner une pieuse et sincère gratitude vous en attirait sans cesse de nouvelles. Et maintenant, quand je considère ma pauvreté spirituelle en présence des dons prodigieux dont la divine Providence s'est plu à vous combler, je me demande où est la source d'une misère si profonde. Votre doctrine, ô grand Saint, me la révèle; c'est une chose bien claire, mon indigence vient de mon ingratitude; non, je ne pense pas assez aux bienfaits de Dieu sur moi. Si je les considérais attentivement, mon cœur attendri se fondrait d'amour dans ma poitrine. Je vous prie donc humblement, ô mon doux protecteur, de m'obtenir de la Divine Miséricorde la grâce d'avoir toujours présentes devant les yeux les attentions de la Bonté infinie pour moi, soit dans l'ordre temporel, soit dans l'ordre spirituel. Que de bienfaits accumulés sur ma tête ! Biens du corps, biens de l'âme, préservation d'une multitude de dangers inconnus, vocation au christianisme, lumières de la foi, touches secrètes d'une grâce puissante, promesses d'une assistance continuelle, expectative certaine d'un bonheur sans fin, pourvu que je sois fidèle aux doux commandements de mon Dieu : voilà l'abrégé des grâces que le Seigneur m'accorde. Que vous êtes bon, ô Dieu d'Israël ! (Psaume 78) Que vous êtes magnifique envers vos enfants! A l'exemple de votre saint prédicateur, je chanterai éternellement vos miséricordes. (Psaume 88). Je bénirai le Seigneur en tout temps ; sa louange sera toujours sur mes lèvres. (Psaume 33). Non, mon Dieu, jamais je n'oublierai vos bienfaits, et je les célébrerai avec ardeur jusqu'au dernier jour de ma vie. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

A Valence, qui fut bien souvent le théâtre des plus éclatants miracles de notre Saint, il arriva que, passant un jour par une certaine rue, Saint Vincent entendit sortir d'une maison des voix bruyantes et des cris de rage, accompagnés de parjures, de blasphèmes et d'horribles imprécations. Le Saint, entrant dans cette maison, en vit sortir le chef de famille suffoqué par la colère, et il trouva sa femme qui continuait à le maudire et à vomir d'exécrables blasphèmes. Aussitôt Vincent entreprit de l'apaiser. Il lui demanda pourquoi elle était si furieuse, et pour quelle raison elle proférait des blasphèmes si détestables. La femme répondit en sanglotant : « Mon Père, ce n'est pas seulement aujourd'hui, mais tous les jours et à toutes les heures du jour, que ce malheureux homme, mon mari, vient me persécuter, et il n'en finit jamais de me battre cruellement et de me déchirer de ses coups ; ce n'est pas une vie, mon Père, c'est une mort continuelle, une damnation de l'âme, et un enfer pire que celui des démons ». « Non, ma fille, ne parlez pas ainsi, répondit le saint avec une extrême douceur; cette colère ne vous avance à rien, sinon qu'à offenser Dieu plus grandement encore, lui qui pour votre amour a souffert sur la croix et sur le calvaire ». « Mais, dites-moi de grâce, pour quelle raison votre mari vous persécute et vous maltraite de la sorte ? » « C'est que je suis laide, répondit la femme ». « Et c'est pour cela, répondit le saint, qu'il offense Dieu si fort ! » Alors, levant sa main droite sur le visage de cette femme, il ajouta : « Allons, ma fille, à présent vous ne serez plus laide ; mais rappelez-vous de servir Dieu et d'être une sainte ».

A l'instant même cette pauvre malheureuse devint la femme la plus belle qui se trouvât alors à Valence. Après cela, l'homme de Dieu l'exhorta avec beaucoup de gravité à servir le Seigneur bien fidèlement et à être sainte, l'assurant qu'à l'avenir son mari n'aurait plus occasion de l'injurier et de la maltraiter à cause de sa laideur. Ensuite il partit, content d'avoir ainsi retiré de cette maison l'occasion d'offenser Dieu aussi grièvement, et d'avoir remédié au sort éternel de cet homme qui maltraitait sa femme avec tant de cruauté. Ce miracle est devenu si célèbre en Espagne, que de nos jours encore, alors qu'on rencontre une femme difforme, on dit en manière de proverbe : « Cette femme aurait bien besoin de la main de Saint Vincent ».

A propos de ce grand miracle, nous ferons une observation nécessaire. La beauté corporelle en elle-même n'est pas une occasion de péché ; elle est un don de Dieu. Mais elle devient matière de péché quand une femme, par exemple, s'en fait un sujet d'orgueil et de pompe, quand elle cherche à l'accroître d'une façon immodérée par ses habillements vains, et pour une fin coupable, comme Saint Vincent lui-même nous en avertit. Ainsi, en donnant à la femme affligée la beauté nécessaire pour plaire à son mari, il lui dit qu'elle ait à devenir sainte et à se rappeler de servir Dieu fidèlement, c'est-à-dire de ne pas s'enorgueillir de ce don qu'elle venait de recevoir, de n'en pas faire étalage pour plaire aux autres, mais de le réserver pour son propre mari seulement. De cette façon la beauté du corps et celle de l'âme peuvent parfaitement rester unies dans une même personne, ainsi qu'on les a vues en sainte Catherine vierge et martyre, en sainte Cécile et en tant d'autres vierges saintes. Or, comme l'enseigne saint Vincent Ferrier, la beauté de la divine grâce conservée dans l'intérieur du cœur sert à accroître grandement la splendeur et la beauté corporelles, de la même façon qu'une lampe de cristal, belle d'elle-même, reçoit une beauté et une splendeur bien plus grandes si au dedans d'elle on fait brûler une lumière dont l'effet est d'accroître la beauté de ce cristal. Soyons vertueux, et notre physique même y gagnera.


Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.

 

Second Vendredi

 

La dixième perfection est de rester en oraison jour et nuit.


Explication

 

Du souvenir des divers bienfaits de Dieu, l'âme doit passer à l'exercice d'une oraison presque continuelle; et celle-ci consiste dans l'union de l'âme avec son Dieu, en s'excitant le plus possible à de saintes et pieuses considérations. « Ceux, dit un saint docteur, qui reçoivent les dons de Dieu sans jamais lever le cœur et l'esprit vers lui, sont semblables aux animaux immondes qui mangent les glands que leur maître leur jette de dessus l'arbre, sans jamais lever la tête pour voir celui qui les leur donne ». Ainsi faisons-nous lorsque, goûtant les dons de Dieu qui descendent continuellement du ciel sur nous, nous ne nous souvenons pas de lever la tête, et de regarder notre Dieu, qui avec tant de libéralité et d'amour nous favorise sans cesse. Pensez donc toujours à Dieu, car c'est ce qui s'appelle faire toujours oraison.


Pratique

 

Elle n'est pas difficile à ceux qui la comprennent bien, cette oraison enseignée par le Saint. Il ne veut pas dire qu'on soit toujours en prière, parce que cela est impossible en cette vie; mais il a voulu dire seulement que nous levions souvent l'esprit et le cœur vers Dieu. Et certainement, si l'on aimait vraiment Dieu, il serait très-facile de se tourner vers lui et de penser à lui; car là où est la pensée, là est l'amour de chacun. La manière de pratiquer cette oraison consiste dans l'usage des oraisons jaculatoires, dites parfois seulement de cœur, ou prononcées parfois par la bouche.


Prière au Saint

 

O très-glorieux saint, qui dans vos contemplations célestes étiez continuellement consolé et visité par votre saint patriarche Dominique, par les saints anges, par la reine du ciel, Marie mère de Dieu, et même par son très-divin Fils Jésus, qui par sa divine présence vous délivrait du mal, et vous caressait en touchant votre face de ses mains divines en signe d'amour! O grand saint! qui, par votre persévérance à converser avec Dieu pendant les nuits entières, avez acquis tant de splendeur que votre visage rayonnait de lumière, comme s'il était devenu un soleil! Ah! s'il m'était donné de recueillir une parcelle de cette nourriture céleste, que vous trouviez dans vos oraisons ! Ah ! si un rayon de vos lumières illuminait les ténèbres de mon âme! alors je saurais méditer les grandeurs de Dieu, je connaîtrais l'importance de l'oraison, et je pourrais rejeter et mépriser toutes les vaines consolations de la terre. Éclairez-moi, ô mon saint avocat Vincent, vous qui étiez tant éclairé de Dieu. Je tiens les yeux de mon âme fixés sur vous, et j'espère en votre puissante intercession. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Le saint prédicateur avait presque toujours un nombre infini de personnes qui le suivaient dans ses courses apostoliques. Cette suite était composée de gens qu'il avait convertis, et qui désiraient arriver à la perfection chrétienne. Ils passaient tout leur temps à prier, et dans l'oraison de leur saint Père ils trouvaient des secours dans leurs plus grandes nécessités. Un jour que cette multitude le suivait au milieu d'une vaste campagne, le saint, s'apercevant que tous étaient fatigués du voyage et grandement altérés et affamés, commença d'abord par les recommander à Dieu dans une courte prière; ensuite, plein de confiance en la Providence divine, il se retourna vers ses compagnons de voyage, et les encouragea : « Non loin d'ici, leur dit-il, il y a un monticule, et en même temps il le leur montrait du doigt ; mais un peu plus loin nous trouverons un logement où nous serons reçus avec affabilité, et où nous pourrons réparer nos forces ». Effectivement, à peine eût-on passé le monticule, qu'on découvrit dans une campagne un palais somptueux. Tous y entrèrent; ils furent accueillis par une troupe de jeunes gens si beaux, mais si beaux, qu'ils les prirent pour des anges, et c'était en réalité des esprits célestes. Là ils trouvèrent des vins exquis, du pain et d'autres mets délicats, au point qu'ils paraissaient être une nourriture du paradis. Après avoir réparé leurs forces et rendu grâces à Dieu, les voyageurs adressèrent mille remerciements à leurs hôtes, et ils repartirent avec leur saint prédicateur. Or voici la confirmation du prodige. Lorsque le saint se vit à la distance d'une lieue, sachant que dans sa compagnie il se trouvait un homme qui croyait assez faiblement à ses miracles, il résolut de le retirer de son erreur.

Il l'appela donc, et lui dit : « J'ai laissé dans l'hôtellerie où nous sommes allés mon couvre-chef, allez le prendre, je l'ai posé sur une table ». Le disciple incrédule obéit, et il alla au lieu où ils avaient été reçus ; mais il eut beau chercher de toutes parts, il ne put jamais découvrir dans le lieu d'où ils venaient de partir naguère, ni le palais, ni aucune trace de maison ; c'était une rase campagne, au milieu de laquelle se trouvait une grosse pierre, et dessus était posé le couvre-chef du saint. Étonné, l'incrédule disciple pensa que ce palais où ils avaient été reçus ne pouvait être qu'une habitation préparée miraculeusement par les anges, et, raisonnant ainsi, il arriva près du saint. Aussitôt il se jeta à ses genoux, et lui demanda pardon de son incrédulité. Le saint le lui accorda avec bonté, mais il lui défendit de faire connaître à qui que ce fût ce miracle. Le disciple toutefois, ne pouvant se contenir, le proclama partout, disant que les anges, voulant honorer saint Vincent, étaient descendus du ciel, et avaient préparé miraculeusement une habitation pour le recevoir, ainsi que toute sa compagnie, et qu'ils avaient été servis de la main des anges.

Apprenez du saint à recourir à l'oraison, et même au milieu de vos occupations ne délaissez pas ce saint exercice. Regardez-le comme la plus importante affaire de ceux qui, à la suite du saint, veulent acquérir la perfection. Apprenez encore de saint Vincent à cacher, autant que vous le pourrez, les grâces que Dieu vous fait. Mais, à l'exemple du fidèle disciple? Vous devez manifester pour la gloire de Dieu les miracles du saint, comme si ces paroles de l'ange vous avaient été adressées : « Bénissez le Seigneur, et racontez ses merveilles. » (Tobie.) Vous le ferez en lisant la vie, et en croyant aux miracles de saint Vincent , pour bénir le Seigneur qui l'a tant glorifié, et vous vous rappellerez de faire connaître aux autres les étonnantes merveilles dont Dieu a enrichi ce nouvel apôtre de l'Espagne.


Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.

Troisième Vendredi

La onzième perfection consiste à savourer et à désirer continuellement la douceur divine.


Explication

 

L'âme étant déjà exercée dans les vertus, et disposée spécialement par les deux degrés précédents, on commence maintenant à la conduire dans la vie unitive, qui consiste dans l'exercice du saint amour de Dieu. Par la mémoire des bienfaits divins on enseigne l'âme à préparer la matière, ou, comme dit le cardinal Hugues de Saint-Cher : « Le bois de ce feu céleste, ce sont les dons de Dieu. » Par le degré suivant, l'oraison communique le souffle sous l'action duquel le feu de la charité s'allume. A présent, il convient de traiter des effets admirables de ce feu de l'amour. Les âmes arrivées à ce degré vivent, pour ainsi dire, dans un continuel incendie. De même que le fer est d'autant plus chaud, qu'il participe davantage au feu, ainsi plus l'âme désire le divin amour, plus s'allume en elle le feu de la charité. Et, de la même manière que le fer, lorsqu'il est incandescent, devient très-malléable sous la main de l'ouvrier, de même les âmes enflammées de la charité divine, quand elles sont frappées par les adversités et les, infirmités, n'ouvrent pas la bouche pour se plaindre, mais supportent tout avec une patience héroïque. Bien plus, elles reçoivent tous les coups de la main-de Dieu avec une grande joie, parce qu'elles font en toutes choses la volonté de leur Dieu. Elles aiment les souffrances et désirent souffrir, pour pouvoir se perfectionner dans l'amour de Dieu, et acquérir de plus grands mérites pour l'autre vie, ainsi qu'il est écrit du séraphique, Père saint François, qui disait : « Le prix que j'attends .est si grand, que la souffrance m'est une volupté ».


Pratique

 

Le cardinal Hugues de Saint-Cher, expliquant ce. verset du psaume 36 : « Réjouis-toi en Dieu, et il contentera les désirs de ton cœur », demande : « Ceux qui ont ainsi l'heureux sort de se réjouir en Dieu, qui sont-ils ? » Et il répond : « Ceux qui méprisent le monde ». Le prophète Isaïe enseigne la manière de le faire, en disant : « Rejetez bien loin les concupiscences, les joies charnelles, les richesses, les honneurs; méprisez votre volonté, et en toutes choses, recherchez le, bon plaisir de Dieu; réprimez l'intempérance de. votre langue; évitez les discours vains et pernicieux; alors vous éprouverez les consolations divines, ces consolations qui remplissent de joies incomparables les âmes qui les goûtent ». Si nous n'éprouvons pas ces consolations si pures, ou si nous ne les éprouvons que rarement, reconnaissons-le avec l'auteur de l'Imitation, c'est parce que nous n'avons pas la componction du cœur, et parce que nous ne savons pas détacher notre affection des consolations vaines et périlleuses du monde.


Prière au Saint

 

La douceur de Dieu, la manne cachée, les consolations du Saint-Esprit : oh ! Comme vous connaissiez expérimentalement toutes ces choses, grand saint Vincent! aussi vous soupiriez après elles comme le cerf après les fontaines des eaux vives, et les extases de l'amour céleste étaient la juste récompense de vos désirs. Moi, hélas! je n'éprouve pas, comme vous, le sentiment de la divine douceur; mon âme est tiède et languissante, froide et indifférente aux caresses de l'Époux sacré. J'en connais la cause, ô grand saint; elle est bien évidente : je ne suis pas assez détaché ni de moi-même ni de la créature. Le Seigneur est un Dieu jaloux; il exige un renoncement sincère à tout ce qui n'est pas lui ; et, si nous avons le malheur de lui offrir un cœur partagé par des affections étrangères, il le refuse, et, en le refusant, il le prive des communications intimes de ses suavités : dommage funeste, perte digne d'être pleurée avec des larmes de sang! Mon doux protecteur, donnez-moi l'intelligence de cette vérité capitale. Que par votre puissante intercession, ô flambeau étincelant de l'Église , je comprenne les véritables intérêts. Mettez un terme aux sécheresses de mon esprit, aux aridités de mon cœur; que je dise au monde entier, que je me dise à moi-même un éternel adieu ; car si je méprise les joies temporelles, celles du Ciel me sont accordées. Pourquoi donc hésiterais-je entre deux félicités si inégales? Non, je ne balance plus, mon choix est fait, j'en ai pris mon parti : je suis tout à Dieu, et de tout ce qui est en moi rien n'appartient ni au monde ni à moi-même. Ratifiez, ô grand saint, les serments que je prononce en votre présence; offrez-les, s'il vous plaît, au Seigneur en mon propre nom. C'est vous qui me les avez inspirés par votre exemple ; vous les accueillerez donc avec cette bonté admirable qui jamais en vous ne se dément; sous votre patronage auguste ils arriveront jusqu'au trône de la miséricorde divine; votre suffrage les rendra agréables à Dieu, et alors, ô grand saint, les consolations de l'esprit viendront me ranimer, m'encourager, me fortifier, afin que je m'applique aux bonnes œuvres avec une ardeur et une persévérance sans bornes. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Parmi les miracles opérés par le Saint, on peut citer celui que rapportent, pour en perpétuer la mémoire, l'évêque de Lucera et le P. Jérôme Borselli. Le saint prêchant dans un pays du royaume de Valence, il se trouva présent à ses prédications un certain religieux. Celui-ci, réfléchissant au zèle du saint apôtre pour sauver les âmes, et considérant avec attention les exemples de ses héroïques vertus, se sentit animé d'un ardent désir de le suivre. Il en demanda donc la permission à son abbé, qui refusa de la lui accorder. Alors le religieux fut contraint de rentrer à son monastère ; mais le désir d'entendre les prédications du saint s'alluma de plus en plus dans son cœur. Un matin, à l'heure où, d'après son calcul, Vincent allait prêcher, il monta lui-même sur un endroit élevé du monastère, et, retenant son haleine, il essaya d'entendre de ce lieu la prédication du saint. Il obtint la grâce de pouvoir l'entendre si distinctement et si clairement, bien qu'il fût éloigné du saint de quarante milles environ, c'est-à-dire de plus de dix lieues, qu'il put écrire le sermon en entier sans en omettre une syllabe. Le saint apôtre, qui voyait en esprit cette merveille, dit à la fin de sa prédication :

« Mes enfants, vous qui êtes venus à mon sermon, je vous recommande de ne pas oublier mes paroles, parce que beaucoup auraient voulu être présents et ne l'ont pu. Parmi eux est un religieux d'un monastère éloigné de bien des milles d'ici, et à l'oreille duquel toutes mes paroles sont arrivées ». Lorsque le saint eut terminé, le bon religieux plein de joie alla trouver son Père abbé et lui dit : « Vous, Père abbé, vous n'avez pas voulu m'accorder la grâce d'aller avec maître Vincent pour entendre sa prédication, et voilà que ce matin, étant monté sur la terrasse du monastère, non-seulement j'ai entendu tout son sermon, mais de plus je l'ai entendu si distinctement et si clairement, que j'ai pu le transcrire en entier ». A cette nouvelle, le Père abbé demeura saisi d'étonnement, et, se faisant donner le sermon écrit, il voulut savoir si ce que venait de lui dire le religieux était véritable.

Il en conféra donc avec un grand nombre de personnes qui avaient entendu le sermon, et toutes attestèrent que ce que le religieux avait écrit était exactement ce que le Père maître Vincent avait prêché. Ils purent ainsi confronter les paroles de la fin du sermon, par lesquelles le saint prédicateur annonçait en terminant à ses auditeurs, que toutes ses paroles étaient arrivées à l'oreille d'un religieux éloigné de lui de bien des milles. Par cet écrit du bon religieux, on reconnut jusqu'à l'évidence combien était puissante la vertu des miracles chez le saint apôtre, et combien était merveilleux le don de prophétie que Dieu lui avait accordé. Chacun glorifia le Seigneur, qui dispense ses grâces avec tant de libéralité en faveur de ses serviteurs fidèles.


Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.



Quatrième Vendredi


La douzième perfection est un grand et fervent désir d'exalter notre sainte foi, c'est-à-dire souhaiter avec ardeur que Notre-Seigneur Jésus Christ soit connu, craint, honoré et aimé de tous.


Explication

 

Ce degré de perfection fait suite au précédent. L'âme étant agréable au Seigneur elle désire, et c'est naturel, de voir son Dieu connu, aimé et servi de tous, afin que les autres jouissent comme elle des douceurs de la divine bonté. Ces saints désirs de la gloire de Dieu plaisent tant au Seigneur, que les fleurs de ces désirs forment le jardin de délices du céleste Époux, et ces fleurs, qui embellissent merveilleusement les âmes de ceux qui aiment Dieu, portent bien souvent les fruits de la conversion des pécheurs et des infidèles; car Dieu les convertit pour exaucer les prières des âmes qui désirent le salut du prochain, et qui continuellement prient pour sa conversion. Mais ils sont en petit nombre ceux qui arrivent à ce degré de l'amour de Dieu. Voilà ce qui faisait gémir l'apôtre saint Paul : « Tous, disait-il, cherchent leurs propres intérêts et non ceux de Jésus-Christ ». Il veut dire, selon l'interprétation du docteur Angélique saint Thomas, qu'une grande partie des hommes cherchent leurs propres commodités, leurs satisfactions, leurs intérêts, et n'ont pas à cœur, comme ils le devraient, la gloire de Jésus-Christ notre Rédempteur, la propagation de la foi et le salut des âmes. Faites en sorte de n'être pas du nombre de ceux lui se recherchent eux-mêmes, mais soyez du petit nombre de ceux qui cherchent avec un cœur sincère la gloire de Dieu.


Pratique

 

Le vrai et sincère désir de la gloire de Dieu doit être accompagné d'un zèle très-ardent, Parce que plus est grand le désir de l'honneur de Dieu, plus doit être grand le zèle de l'âme pour empêcher de tout son pouvoir qu'il soit offensé. Or comme votre Dieu est offensé en trois manières, par pensées, par paroles et par actions; ainsi, si vous l'aimez sincèrement, vous devez appliquer vos pensées, vos paroles et vos actions à sa gloire et à la destruction des péchés. Par la pensée, cherchez sérieusement tous les moyens propres à promouvoir la gloire de Dieu et le bien des âmes, selon que le Seigneur vous en fournira la facilité et les occasions. A cela vous devez ajouter la prière. Dans vos oraisons, priez spécialement le Seigneur pour la conversion des infidèles à la foi catholique et pour le retour des pécheurs à la pénitence, en le suppliant de vous exaucer pour sa propre gloire et pour le salut des âmes. Par les paroles, faites en sorte, dans vos conversations charitables, de ramener les pécheurs pour les gagner à Dieu ; et si vous avez des enfants ou des serviteurs, enseignez-leur la doctrine chrétienne. Quant aux œuvres, ne craignez jamais ni fatigues ni incommodités lorsqu'il s'agira de délivrer une âme du péché, vous rappelant que, pour sauver les âmes, Notre-Seigneur Jésus-Christ a voulu mourir sur la croix.


Prière au Saint

 

Très glorieux Saint, à qui devrai-je jamais recourir, sinon à vous, pour avoir un avocat qui m'obtienne le zèle de l'honneur de Dieu et du salut des âmes? N'avez-vous pas été, comme Daniel, l'homme des désirs? Qui ignore que votre cœur était continuellement consumé d'amour par le désir ardent que vous aviez de la conversion des pécheurs? O vous qui, rempli du céleste feu de l'amour de Dieu, ne vous arrêtiez jamais, mais alliez partout pour l'allumer dans le cœur de tous, faites, ô séraphin d'amour, qu'une étincelle de ce feu céleste enflamme mon cœur si froid, afin qu'il brûle sans cesse de l'ardeur des saints désirs de la gloire de Dieu et du salut des âmes. Obtenez-moi l'accroissement de ces désirs, et la grâce de les voir s'accomplir en moi. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Le saint roi David dit dans ses Psaumes, que Dieu satisfait les désirs du cœur de celui qui le sert fidèlement. (Psaume 144). On voit l'accomplissement de ces paroles en saint Vincent. Puisqu'il désirait pour cela plus spécialement la conversion des infidèles. Il lui fut accordé d'en amener un très grand nombre à la foi catholique. Rappelons seulement ici la conversion d'une synagogue entière.

Un jour Vincent se fit introduire dans la synagogue de Salamanque par un Israélite avec lequel il s'était lié d'amitié pour ce motif. Il y entra le crucifix à la main, ce qui mit la confusion et le trouble parmi les assistants. Mais le saint les tranquillisa en leur disant qu'il était venu pour leur parler d'une affaire importante, et il le pensait bien ainsi, car il ne trouvait point d'affaire plus importante que celle du Salut. A ce mot d'affaire importante, les Juifs s'imaginèrent donc que c'était pour leur parler de quelque intérêt public, et ils l'écoutèrent avec une grande attention. Alors, usant de douces et suaves paroles, Vincent commença à leur parler de la sainte foi chrétienne et particulièrement de la Passion et de la mort du Fils de Dieu. Pendant que le saint prédicateur s'efforçait de persuader l'assistance sur les gloires de la croix du Christ Rédempteur du monde, il parut un grand nombre de croix sur les habits de chacun de ceux qui étaient réunis dans cette célèbre synagogue. Mais ce qui est plus prodigieux encore, c'est que les croix qui paraissaient au dehors sur les vêtements des hommes et. des femmes pénétraient invisiblement dans leurs cœurs, et, remués par la divine grâce, ils se firent tous chrétiens. La consolation du saint fut si grande en cette prodigieuse conversion, qu'il voulut les baptiser tous de ses propres mains. Puis il fit consacrer cette synagogue en une église qui fut appelée la Vraie-Croix.

Tels sont les fruits des saints désirs de Vincent Ferrier! Bénissez Dieu de ce qu'il a donné à ce grand saint la grâce de voir tant d'infidèles se convertir, et réfléchissez que, si vous menez une vie sainte, vous pourrez par elle convertir un grand nombre de pécheurs, puisque la sainteté de la vie est une prédication plus modeste, si vous voulez, mais très-efficace, qui porte de grands fruits dans les âmes.

 

Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.



Cinquième Vendredi

 

La treizième perfection est d'avoir envers le prochain, et dans toutes les circonstances, la miséricorde et la compassion que nous voudrions dans les autres à notre propre égard.


Explication

 

L'amour du prochain conserve l'amour de Dieu, et si l'âme se refroidit dans l'amour et dans les aumônes envers le prochain, c'est un signe qu'elle a peu d'amour pour Dieu, puisque de l'amour de Dieu naît l'amour du prochain, et que par l'amour du prochain l'amour de Dieu se fortifie, comme l'affirme saint Grégoire. Aussi saint Jean l'assure : « Celui qui prétend aimer Dieu sans aimer son prochain, c'est un menteur ». (1 Jean, 4). Notre saint recommande et l'amour du prochain et son effet, c'est-à-dire la miséricorde. Celui qui aime vraiment le prochain, le secourt dans ses nécessités et ses misères, ainsi que le dit saint Jean dans la même Êpître. Voilà donc le degré de perfection que saint Vincent vous propose. Si vous aimez vraiment Dieu, évidemment vous devez aimer votre prochain fait à l'image de Dieu. Plus en vous croîtra l'amour de Dieu, plus devra augmenter aussi l'amour, la miséricorde et la compassion envers le prochain ; car vous vous rappellerez cette parole de Jésus-Christ, que tout ce que vous ferez au prochain pour son amour, il le regardera comme fait à lui-même. (Matthieu, 24).

 

Pratique de la Charité envers le prochain


Avez-vous un vrai désir de tenir votre âme étroitement unie à votre Dieu ? il faut que, persévérant dans les exercices de perfection, vous preniez le vêtement de la charité , en vous appliquant à l'observance exacte de cette règle : Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit. Ainsi, si vous étiez créancier, vous ne voudriez pas qu'on différât de vous payer ; faites donc ce qui fut dit au jeune Tobie par son père : « Paie de suite à qui tu dois, et ne retiens en aucune façon le salaire de l'ouvrier.» (Tobie, 4). Si vous vous trouviez dans la nécessité, dans la misère, vous ne voudriez pas être abandonné, mais secouru : vous devez donc observer cet autre conseil donné au même Tobie : « Ne détourne jamais ta face du pauvre, et alors Dieu ne détournera pas les yeux de dessus toi ; selon que tu le pourras, sois miséricordieux. Si tu as beaucoup, donne avec abondance; si tu as peu, donne volontiers le peu que tu pourras donner ». (Tobie, 4). Enfin vous ne voudriez pas certainement voir les autres juger mal vos actions, ni parler mal de vous: observez donc ce commandement du Sauveur : « Ne jugez pas, si vous ne voulez pas être jugé ». (Matthieu, 7). Non, ne jugez jamais les actions d'autrui, ne médisez jamais, et gardez-vous aussi de murmurer contre votre prochain. On pratique encore ce degré de perfection en priant pour ses ennemis, en bénissant ceux qui nous maudissent, en faisant du bien à ceux qui nous persécutent ou qui nous ont fait quelque affront, quelque déplaisir. Surtout on doit exercer la perfection chrétienne sur cet article en se gardant bien de rendre à personne le mal pour le mal, ainsi que nous l'enseigne Notre-Seigneur Jésus-Christ.


Prière au Saint

 

O glorieux Saint ! qu'elle est admirable votre charité envers vos semblables ! Tous ces infidèles baptisés par vous, tous ces pécheurs convertis, ces malades guéris, ces pauvres et ces affligés secourus dans toutes leurs nécessités, tous sont bien la preuve éclatante de l'amour ardent que vous portiez à votre prochain. On peut dire de vous ce que disait de lui-même l'apôtre saint Paul : « Je me suis fait tout à tous pour les gagner tous ». (1 Corinthiens, 9). Ainsi, dans votre admirable vie, avez-vous été pendant plus de quarante ans infatigable dans l'exercice de votre charité envers le prochain, ne vous préoccupant ni des incommodités des longs voyages, ni des indispositions de votre corps, ni de la vieillesse, ni de l'insomnie, ni de vos occupations si nombreuses. Toujours prompt à soulager les infirmes, vous alliez les trouver aussitôt qu'on vous réclamait. Que ne puis-je avoir, ô mon glorieux avocat, une parcelle de ce grand feu de charité qui brûlait si ardemment dans votre cœur! Je recours à vous en toute humilité, je vous supplie instamment, et j'espère de votre intercession que vous m'obtiendrez du Seigneur tant d'amour de Dieu, que j'arrive, à votre exemple, à consacrer ma vie au service de mon prochain, et à l'assister dans tous ses besoins, afin de jouir comme vous de la gloire promise aux âmes charitables et miséricordieuses. Ainsi soit-il.

 

Entretien spirituel

 

La charité de saint Vincent envers le prochain fut si héroïque qu'on peut dire de lui en toute vérité ce que disait le saint homme Job : « La miséricorde et la compassion sortirent avec moi des entrailles de ma mère, et elles augmentèrent dans mon enfance. » (Job, 31). Dès son enfance, en effet, saint Vincent donnait aux pauvres tout ce qu'il possédait ; il les vêtissait le mieux qu'il pouvait, et bien souvent il leur lavait les pieds. Mais ce qui est plus admirable, c'est que dès l'âge le plus tendre, afin de soulager les affligés, il conjurait Dieu de faire des miracles. Parmi les innombrables prodiges du saint, nous en citerons deux vraiment surprenants, qui donneront une juste idée de sa grande charité envers le prochain. Le premier fut opéré dans son enfance, alors qu'avec une grande simplicité, et comme se divertissant, il ressuscita un mort. Le second fut lorsqu'il s'employa auprès de la très-sainte Trinité pour obtenir le pardon d'une pécheresse publique, si elle venait à confesser ses péchés. Les choses se passèrent ainsi : Voici le premier miracle.

Le jeune thaumaturge avait un condisciple âgé comme lui de neuf ans, et il avait l'habitude de l'appeler à l'heure des classes. Or ce jeune enfant fut un jour frappé d'une mort soudaine. Selon la coutume, Vincent était allé l'appeler lorsqu'il entendit dans la maison de son condisciple des pleurs, des cris et des lamentations. Il monte l'escalier en toute hâte, et il trouve la mère de son ami dans la plus grande désolation. Il lui demande la cause de son affliction. « Mon fils est mort ! répond-elle en sanglotant, mon fils est mort ! » A cette triste nouvelle Vincent s'attendrit, et pour consoler la mère, à l'exemple de Jésus qui dit au chef de la synagogue : « Votre fille n'est pas morte, mais elle est endormie », il se mit à sourire et il dit à la mère : « Allons, mon ami ne sera pas mort, il dort. Allons le voir ». Vincent s'approcha du lit, et prenant par la main le cadavre froid ! « Eh ! lui cria-t-il, lève-toi ! il est l'heure d'aller à l'école ». Et voilà qu'à cette voix, comme s'il se réveillait d'un profond sommeil, le petit jeune homme ouvre les yeux. Il fut rendu vivant à sa mère, qui était dans le plus grand étonnement. Vincent le fit habiller et l'emmena avec lui à l'école. Telles furent les prémices de sa charité.

Voici maintenant l'autre trait. Le saint était de passage à Pampelune, et sa sainteté étant bien reconnue de tous les habitants , ils le supplièrent pour les besoins spirituels et la conversion d'une fameuse courtisane, qui au dernier jour de sa vie demeurait impénitente. La charité de saint Vincent, qui ne désirait rien tant que le salut des âmes, le poussa à accourir promptement et avec joie auprès de cette pauvre pécheresse. Il trouva la malheureuse entièrement endurcie. Elle était opiniâtre et si désespérée de son salut qu'elle s'écriait en blasphémant : « Il m'est impossible de me sauver; Dieu ne peut pardonner ni à la multitude ni à l'horreur de mes péchés ». Le saint commença donc avec toute la véhémence de son esprit à lui donner les raisons puissantes qui devaient l'encourager à espérer un généreux pardon de Dieu. Mais ce fut inutilement, cette âme était endurcie dans le mal. Voyant cela, Vincent éleva son cœur vers Dieu, lui fit une courte prière, et, poussé par une inspiration divine, il promit à la pécheresse de lui faire venir du Ciel son absolution écrite, si elle lui promettait de se confesser. La courtisane se mit à rire d'une promesse aussi extraordinaire et qui lui paraissait impossible ; cependant elle dit au saint : « S'il en est ainsi, je veux bien me confesser ». Alors le saint se fit porter ce qu'il fallait pour écrire, et il traça ces mots : « Frère Vincent Ferrier supplie la Très Sainte Trinité de daigner accorder à la présente pécheresse l'absolution de ses péchés ». Puis il plia le papier, et le jeta en l'air ; l'écrit vola hors de la maison; mais quelques minutes après il retourna plié et fermé. Chose prodigieuse! en l'ouvrant, saint Vincent trouva écrite en lettres d'or la suivante promesse : « Nous très-sainte Trinité, à la demande de notre Vincent, nous accordons à la pécheresse dont il nous a parlé, le pardon de ses fautes ; nous la dispensons de toutes les peines qu'elle devait endurer ; et, si elle se confesse, elle sera dans une demi-heure portée dans le ciel, où elle jouira éternellement de Nous, du Ciel., Nous, Père, Fils et Saint-Esprit ». Vincent lut la réponse, et sans retard l'heureuse femme se confessa; une demi-heure après son âme s'envola dans le ciel. Oh! l'heureuse pécheresse !

Si un bienfait aussi extraordinaire fut obtenu pour cette grande pécheresse à la prière de notre saint, lorsqu'il était encore vivant, que ne devons-nous pas attendre de lui, nous, grands pécheurs, il est vrai, mais qui sommes ses dévots, à présent que, consumé de charité, il jouit de Dieu qu'il voit face à face, et que, près de lui, il l'implore continuellement pour ceux qui ont recours à ses prières !

 

Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.

Sixième Vendredi


La quatorzième perfection est en toutes choses de rendre toujours grâces à Dieu, et de louer et glorifier Notre-Seigneur Jésus-Christ.


Explication

 

L'ingratitude dessèche la fontaine des bontés de Dieu; mais la reconnaissance fait que les flots des divins bienfaits retournant à Dieu par l'action de grâces qu'on lui en rend, ils reviennent à nous plus multipliés, et avec des grâces plus grandes encore.


Pratique de la reconnaissance

 

L'apôtre saint Paul nous ordonne grandement la gratitude lorsqu'il dit : « Soyez reconnaissants ». On est reconnaissant en paroles, lorsqu'on récite avec dévotion et affection singulière les louanges divines. Saint Antonin, archevêque de Florence, dit que la bienheureuse Vierge Marie avait toujours sur les lèvres ces douces paroles : Deo gratias. Imitons notre Mère. Nous devons encore démontrer notre reconnaissance par les œuvres, et cela en vivant de façon à ne jamais perdre la grâce de Dieu. Oh! qu'ils sont ingrats ceux qui perdent volontairement les dons reçus et qui rendent le mal pour le bien! Si donc vous reconnaissez que Dieu vous a fait un nombre infini de grâces spirituelles et temporelles, comprenez bien que ces bienfaits ne doivent pas être payés par des offenses. Le Saint ajoute qu'il faut rendre grâces à Dieu en toutes choses; c'est que ceux qui aiment vraiment le Seigneur ne se contentent pas de le remercier des biens qu'il envoie, mais en outre dans les afflictions et les peines ils lui rendent grâces, sachant bien que c'est par l'effet d'un amour infini que Dieu envoie les infirmités, la pauvreté et les autres tribulations. D'où il résulte que, dans toutes ses dispositions, Dieu mérite d'être loué, béni et aimé. C'est pourquoi l'Apôtre exhorte les Thessaloniciens à cette gratitude universelle, lorsqu'il leur dit : « En toutes choses, rendez grâces à Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (1 Thessal., v.).


Prière au Saint

 

Oh ! si je pouvais avoir cette sublime connaissance des bienfaits de Dieu comme vous l'avez, ô glorieux saint, vous qui lisiez dans toutes les créatures, comme dans un livre, la fin pour laquelle Dieu les a créées, reconnaissant que c'est à notre profit, afin que par elles nous arrivions à conclure que Dieu est notre unique bien! « Car Dieu, dit le Prophète, a donné la raison aux nations, et les peuples possèdent les biens, afin qu'ils observent ses commandements, et qu'ils cherchent sa sainte loi ». (Psaume 104). Oui, comme vous, mon glorieux avocat, je m'unirai aux trois enfants de Babylone pour inviter toutes les créatures à louer le Seigneur, et je leur dirai : « Œuvres du Seigneur, bénissez-le toutes, et exaltez-le dans tous les siècles ». (Daniel, 3). C'est la grâce que j'implore, ô glorieux saint! Daignez me revêtir de vos sentiments de reconnaissance, afin que je ne prenne plus le moyen pour la fin, en abusant des créatures pour offenser Dieu, qui me donne tout pour le servir et l'aimer. J'espère cette grâce de votre très-efficace protection. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Saint Vincent passa un jour par la cité de Zamora, où autrefois dans ses prédications il avait fait des miracles, et entre autres il avait converti deux jeunes gens débauchés en faisant un sermon sur le vice impur.

Le saint fut reçu dans un couvent où les religieux l'accueillirent avec une grande politesse, et lorsqu'il fut sur le point de les quitter, ils le prièrent de vouloir bien leur laisser un petit souvenir. Le saint, qui était aimable pour tous, et principalement envers ceux qui lui avaient fait quelque bien, leur dit : « »Très volontiers : je vous laisse notre cloche. Tenez-en compte, et ayez-la en vénération, parce qu'elle devra servir à un grand, noble et agréable emploi ». Les religieux ne comprirent pas alors quel pouvait être ce noble et agréable emploi. Ils déposèrent donc le présent du saint dans un lieu à part, où ils le gardèrent avec une grande vénération, comme une précieuse relique d'un grand saint. Il ne se passa pas longtemps sans qu'ils découvrissent le but pour lequel Vincent leur avait laissé cette cloche. C'était pour les avertir de la mort prochaine de quelque religieux, ainsi qu'il arriva; car la cloche sonna d'elle-même quelques jours avant la mort de l'un d'entre eux. Telle fut la reconnaissance de notre saint envers cette religieuse communauté, et ce miracle dura jusqu'à l'année 1550. La cloche sonna pour la dernière fois à la mort du Père Jean de Saint-Dominique. C'est ainsi que notre saint paya à ces bons Pères leur charitable hospitalité.

Ce prodige est semblable à celui de la cloche de l'école de Saint-Thomas, au couvent de Salerne, qui jusqu'à ce jour continue à sonner miraculeusement pour annoncer la mort d'un religieux. Tous ceux qui seront persévérants dans la dévotion à notre saint peuvent s'attendre à des grâces semblables et à de plus grandes encore.


Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.



Septième Vendredi


La quinzième perfection, après avoir fait tout ce que nous avons dit, est de nous répéter en nous-mêmes, en le reconnaissant véritablement : « Seigneur Jésus-Christ, mon vrai Dieu, je ne suis rien, je ne puis rien, je ne vaux rien. Je vous sers bien mal, et en toutes choses je vous suis un serviteur inutile ».


Explication

 

L'humilité est la cendre sous laquelle se conserve allumé le feu de l'amour de Dieu et du prochain. Et de même que le lis élevé est blanc et beau, mais pourtant se penche toujours vers la terre, ainsi fait une âme humble. Plus elle est élevée dans la perfection et blanche par la pureté de sa conscience, plus elle est belle par les grâces et les dons de l'Esprit-Saint, plus elle s'humilie et plus elle s'abaisse, incapable qu'elle est d'ôter de sa mémoire son néant et sa misère. « Quiconque s'abaisse sera élevé », dit Notre-Seigneur. (Luc, 18). Ainsi, plus l'âme s'humilie, plus elle se concentre dans son néant, plus elle est élevée à ce sublime degré de perfection vis-à-vis de Dieu, qui exalte les humbles.


Pratique de l'humilité

 

Tobie enseigne à son fils la pratique de cette vertu par ces paroles : « Ne permets jamais que dans ton cœur et dans tes paroles l'orgueil domine ». (Tobie, 4). Ce qui veut dire, selon les saints commentateurs, que non-seulement on doit éviter dans les œuvres toute vanité, faste et orgueil, mais que nos paroles, nos pensées et toutes nos actions doivent respirer l'humilité. De plus, ces œuvres elles-mêmes seraient-elles de nature à nous procurer quelques louanges de la part des hommes, il faut chasser comme d'iniques suggestions du démon toute pensée de vaine gloire et de désir d'être loué. Pensez sérieusement, non à ce peu de bien que vous avez fait, mais à vos défauts et à toutes les vertus qui vous manquent. Songez combien peu vous aimez Dieu, en comparaison de l'amour que lui portait saint Vincent, alors qu'il était sur cette terre, et à celui qu'il lui porte dans le ciel, où il est réuni aux autres saints. En face de ces considérations vous sentirez s'allumer en vous une ferveur extraordinaire, un grand amour de Dieu qui vous excitera à persévérer dans le bien, à faire des œuvres grandes et héroïques, enfin à aimer Dieu et à le servir toujours davantage. Tels sont, pieux lecteurs, les exercices des vertus enseignés par le saint pour arriver à la perfection. Ils vous sont proposés en ces sept vendredis avant la fête du saint, et en ces sept autres vendredis après la fête, qui sont consacrés à honorer le saint. Vous ferez bien en outre de jeûner, de vous confesser et de communier avec ferveur. Tous ces actes vous aideront grandement à acquérir les vertus chrétiennes. Ainsi disposé, et avec la protection du grand saint, puissiez-vous, en lisant les degrés de perfection qu'il nous enseigne, les saisir plus facilement et commencer à les pratiquer! Souvenez-vous cependant, qu'après avoir fait toutes ces choses, il faut dire du fond du cœur ce que Notre-Seigneur Jésus-Christ enseignait à dire à ses apôtres : « Nous sommes des serviteurs inutiles ».


Prière au Saint

 

Oh! si j'avais, glorieux saint Vincent, au milieu de mes misères un peu de l'humilité que vous aviez au milieu de votre grande perfection et de votre gloire ! Hélas ! combien ma pauvre âme est loin de l'humilité qui brillait en vous ! Vous humble et faisant des miracles, moi superbe et orgueilleux, ne faisant que pécher! Vous humble et illuminé du don de prophétie, moi superbe dans les ténèbres de l'intelligence qui offusquent mon esprit ! Vous humble et saint, moi pécheur et orgueilleux. Très humble saint, si vous ne m'obtenez l'humilité, je suis perdu, et je ne pourrai jamais élever dans mon cœur l'édifice de la perfection que vous nous avez enseigné. Que je sache bien ceci, vouloir accumuler les vertus sans l'humilité, c'est jeter de la poudre au Vent qui l'emporte en un clin d'œil. Faites que jamais je n'oublie cette vertu capitale. Ainsi soit-il.


Entretien spirituel

 

Une des plus grandes merveilles qui brillaient en saint Vincent, c'était sa profonde humilité au milieu des honneurs. Lorsqu'il entrait dans une cité, pour l'ordinaire il était reçu au son des cloches. Le clergé séculier et régulier allait au-devant de lui processionnellement, revêtu des habits sacrés et avec la croix. A eux se joignaient les confréries des séculiers, des artisans, chacun avec son étendard ou sa bannière. A la nouvelle de sa prochaine arrivée, tout le peuple des villes voisines arrivait pour le voir, comme si c'eût été un apôtre des premiers temps. La noblesse allait au-devant pour l'accueillir. Les grands d'Espagne le recevaient la tête découverte. Les souverains des royaumes d'Aragon, d'Espagne et d'Angleterre le suivaient à pied, et souvent ils le recevaient les genoux en terre. Les évêques et les autres prélats ecclésiastiques étaient si avides de son arrivée, qu'ils allaient à sa rencontre pendant plusieurs journées.

Quand il entrait dans les cités sur un vil animal, à l'imitation de Jésus-Christ, il était entouré d'un grand cercle de fer, afin de n'être pas oppressé par la multitude. D'autres fois arrivant à pied, il était porté sur un baldaquin jusqu'à l'église cathédrale où il faisait sa première visite; d'autres fois il était porté sur des machines en bois sur les épaules des hommes, de la même manière qu'on porte les statues des saints en procession, et tous chantaient : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». La dévotion du peuple était telle, que tous s'efforçaient de lui faire toucher ou leurs chapelets ou leurs mouchoirs.

Un jour étant conduit de cette manière dans la cité de Valence, sa patrie, un religieux du séraphique Père saint François, grand ami du saint, observant tout cela, s'avança près de la foule et cria au saint : « Frère Vincent, comment va la superbe à présent? » Vincent répondit : « Elle va et vient, mais elle ne s'arrête pas en moi ». Le saint savait que les citoyens des villes où il allait voulaient le recevoir avec de semblables honneurs ; aussi avait-il coutume, avant d'entrer dans la cité, de s'agenouiller avec sa compagnie, et il récitait ces paroles du Psalmiste : « Ce n'est point à nous, Seigneur, ce n'est point à nous qu'appartient la gloire, mais à votre nom ». (Psaume 113).

Cette admirable humilité au milieu de si grands honneurs peut prendre place parmi les grands prodiges que vous avez vus dans cet écrit, et qui sont une faible partie des innombrables miracles que Dieu a opérés et opère par le moyen de la puissante intercession de notre saint. Vous en éprouverez tous les effets si vous vous en rendez dignes en imitant les vertus de votre auguste avocat, et en persévérant dans le chemin de la perfection que vous avez entrepris sous sa protection puissante dans le cours de ces vendredis qui précèdent et accompagnent sa fête.

 

Réciter 7 Notre Père, 7 je Vous salue Marie, 7 Gloire au Père et les Litanies du Saint.

 

Extrait de « Saint Vincent Ferrier, sa vie, ses enseignements spirituels, son culte pratique », par le R. P. Fr. André Pradel, Paris Librairie Poussielgue-Rusand, 1864.

080_001 (4)

Téléchargez l'intégralité des Vendredis de Saint Vincent Ferrier (pdf) en cliquant ici


19 janvier 2013

Les Bienheureuses Martyres Visitandines de Madrid

098_001

Les Bienheureuses Martyres Visitandines de Madrid

« Quel bonheur de mourir pour le Christ ! »

+ le 18 novembre 1936

Fête le 18 novembre

 

Le premier monastère de la Visitation en Espagne fut établi à Madrid en 1748. C’est à cette communauté qu’appartiennent les sept martyres que l’on célèbre le 18 novembre. Lorsque éclate la guerre civile, les  moniales Visitandines se rendent rapidement compte qu’il est dangereux de rester en ville et décident de se retirer dans un petit village de Navarre, Oronoz. Toutefois un groupe de sept religieuses va rester sur place parce que l’église du couvent est encore ouverte au culte. Avant de partir, la Mère Supérieure leur prépare – en cas de danger – un appartement où elle pourront trouver refuge, à proximité du monastère. Sœur Marie du Refuge est désignée pour diriger cette petite communauté : en vraie Visitandine, elle anime le courage, la confiance et la foi des autres sœurs. Toutes sont conscientes d’être exposées à des sévices et à la mort violente mais, dans la prière et le silence, elles intensifient le don généreux d’elles-mêmes qu’elles ont déjà fait à Dieu par leur profession monastique, et elles s’offrent pour que la grâce de la paix soit rendue à l’Eglise d’Espagne. Le 18 juillet 1936, le monastère est attaqué, pillé, incendié… Les Visitandines ont eu le temps de fuir, mais elles ne peuvent plus quitter l’appartement en sous-sol où elles sont réfugiées : il est devenu un minuscule couvent où l’on prie constamment pour l’Espagne. Quelques prêtres, lorsque cela est possible, leur rendent visite et célèbrent pour elles la Sainte Messe. Lorsque le risque est plus important ils s’abstiennent de venir, mais la sœur d’une des religieuses leur apporte la sainte communion. Leur présence est connue de leurs voisins, qui les aiment… à l’exception de deux personnes qui habitent l’immeuble et qui vont les dénoncer par haine de la religion. Une période d’incertitude et d’angoisse commence alors : les sœurs subissent plusieurs fouilles au cours desquelles elles sont insultées et dépouillées de leurs biens. Lors de la fouille du 17 novembre, les miliciens annoncent qu’ils reviendront le lendemain. Sœur Marie du Refuge propose à ses soeurs de les conduire dans des consulats où elles seront hors d’atteinte. Mais la ferveur des Filles de Saint François de Sales est plus forte que la crainte de la mort et elles s’écrient : « Quelle joie, le martyre va arriver bientôt! (…) Si l’Espagne doit être sauvée en versant notre sang, que ce soit le plus tôt possible! » Elles passent la nuit à prier.

Le 18 novembre 1936, vers 19h, une patrouille de la F.A.I (Fédération Anarchiste Ibérique) fait irruption dans l’appartement. On oblige toutes les religieuses à sortir, même Sœur Maria-Inès malade, atteinte d’une forte fièvre. Dans la rue on entend les cris de la populace. En voyant les Sœurs faire le signe de croix, une voix s’élève : « C’est ici qu’il faut les tuer, car se signer est une provocation! » La sérénité des moniales contraste avec ce vacarme. Elles sont fusillées quelques minutes plus tard, se tenant toutes par la main. Cependant la plus jeune des religieuses – Soeur Maria-Cecilia, âgée de 26 ans – ne fut pas  atteinte par les balles et, prise de panique, lâchant la main de la soeur morte à côté d’elle, elle partit en courant dans la nuit. Un peu plus loin, croisant des policiers et reprenant courage, elle leur cria : « Je suis l’une des religieuses… » Elle fut à nouveau arrêtée et on la conduisit dans l’une des innombrables prisons improvisées de la ville, dans lesquelles siégeaient des « tribunaux populaires ». Interrogée, elle témoigna sans faiblir de son identité et de sa foi et fut condamnée à mort. On la fusilla au matin du 23 novembre, avec une autre femme et une dizaine de jeunes gens, contre un mur du cimetière. On peut donc dire qu’elle a subi le martyre à deux reprises. Son corps, jeté dans une fosse commune, put être identifié, après la guerre, grâce à sa croix de Visitandine, tordue par les balles (vous pouvez en voir une photographie au commencement de cet article).

Ces 7 Bienheureuses Visitandines sont : 1) Sœur Marie du Refuge (Maria-Gabriela) de Hinojasa y Naveros, qui était née le 24 juillet 1872 à Alhama (Grenade) et était la responsable du groupe ; 2) Sœur Josefa-Maria (Maria del Carmen) Barrera y Izaguirre, née le 23 mai 1881 à El Ferrol (La Coruna) ; 3) Sœur Teresia-Maria (Laura) Cavestany y Anduaga, née le 30 juillet 1888 à Puerto Real (Cadix) ; 4) Sœur Maria-Angela (Martina) Olaizola y Garagarça, née le 12 novembre 1893 à Azpeitia (Guipuzcoa) ; 5) Sœur Maria-Engracia (Josepha-Joachima) Lecuona y Aramburu, née le 02 juillet 1897 à Oyarzun (Guipuzcoa) ; 6) Sœur Maria-Inès (Agnès) Zudaire y Galdeano, née le 28 janvier 1900 à Echavarri (Navarre) ; 7) Sœur Maria-Cecilia (Maria-Félicité) Cendoya y Araquistain, née le 10 janvier 1910 à Azpeitia (Guipuzcoa), celle qui fut exécutée le 23 novembre. Elles ont été béatifiées, à Rome, le 10 mai 1998.

 

Texte extrait du site : http://leblogdumesnil.unblog.fr

 

7385554820_ee91398d36_o

Prière pour demander des grâces et leur prompte canonisation

 

Jésus, doux et humble de Cœur, Vous qui avez couronné par la palme du martyre la Bienheureuse Maria Gabriella et ses compagnes, par leur intercession, accordez-nous d'imiter leur vie de don total et de fidélité à Votre Amour, et la grâce de... si c'est pour Votre plus grande Gloire et le bien de nos âmes. Amen.

Gloire soit au Père et au Fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen (X3)

 

5339773000_f55e13002a_o-001

Oraison

D'après une prière traduite de l'espagnol

 

Ô Dieu, qui avez concédé aux Bienheureuses Marie-Gabrielle et ses compagnes martyres, la Grâce de souffrir pour le Nom de Votre Fils, accordez-nous favorablement, par leurs exemples, de nous associer fidèlement au Christ afin de montrer avec les œuvres la Foi que nous professons. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Pour la diffusion et la communication de grâces ou pour tout don, s'adresser au

Premier Monastère de la Visitation (Salesas)

C Santa Engracia, 20

28010 Madrid (Espagne)

 

7334297492_caebd971b7_b

Téléchargez le texte de ces prières (pdf) en cliquant ici

Posté par fmonvoisin à 13:27 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 mars 2012

Le Vénérable Alberto Capellan Zuazo

Capellan

Le Vénérable Alberto Capellan Zuazo

Agriculteur, père de famille et adorateur nocturne

1888-1965

 

Le Vénérable Alberto Capella-Zuazo est né à Santo Domingo de la Calzada (Espagne), le 7 août 1888. Il se marie avec Isabel Arenas le 30 juin 1909. Agriculteur et père de 8 enfants, il a eu une mort sainte dans sa ville natale, le 24 février 1965. Il mène une vie Chrétienne « ordinaire », jusqu'à ce qu'il se convertisse pleinement à Dieu en 1919. quelques mois plus tard, il rejoint l'Adoration Nocturne. Son énergie d'adorateur est reconnue durant 15 ans en tant que président. 660 nuits passées devant le Saint Sacrement lui ont valu d'être promu vétéran, vétéran permanent. Son amour extraordinaire pour l'Eucharistie et la Vierge Marie, le mènent à servir prioritairement les pauvres. Pour eux, il construit un abri en 1928, qu'il appellera « Récollection », ou il prend soin personnellement d'eux jusqu'à la mort : « Que de fois j'ai eu la grande chance de porter le Christ sur mes épaules dans la personne des pauvres ! » il évalue tout sa vie à la lumière de la Foi. Fidèle laïc de notre temps, il a eu une vie de prière très profonde et il a manifesté un très grand amour pour ses frères les pauvres. Le moment est venu de prier avec plus de fois pour sa Béatification.

 

Prière pour la dévotion privée

 

Seigneur, Vous qui avez donné au Bienheureux Alberto Capellan un amour singulier pour les mystères de Votre Corps et de Votre Sang, ainsi que le charisme de Vous trouver et de Vous servir dans les plus pauvres, faites que, moi aussi, je sache vivre intimement uni à Vous, en Vous servant auprès des plus nécessiteux. Faites que Votre Serviteur, Alberto, soit déclaré Bienheureux et, que par son intercession, j'obtienne la faveur que je Vous demande. Amen.

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Pour communiquer les grâces ou demander des renseignements, veuiller vous adresser à :

Cause de Béatification d'Alberto Capellan-Zuazo

C/ Obispo Fidel Garcia, n°1

E- 26004 Logrono (Espagne)

E-mail : albertocapellan@iglesiaenlarioja.org

Site internet : www.iglesiaenlarioja.org/albertocapellan

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

08 novembre 2010

Le Serviteur de Dieu Antonio Gaudi

283_001__2_

Le Serviteur de Dieu Antonio Gaudi

Le Saint Architecte

1852-1926


 

L'architecte espagnol Antonio Gaudi, connu notamment pour la construction de la Basilique de la Sagrada Familia de Barcelone, encore inachevée, a récemment eu sa Cause de Béatification acceptée par le Saint Siège. Gaudi, né en 1852, fut rapidement reconnu comme un génie dans son domaine. Les familles les plus aisées de Barcelone lui accordant de grandes commissions afin de  construire des bâtiments et des maisons, cela fit accroitre sa notoriété et sa richesse à un âge assez jeune. Les oeuvres de Gaudi sont uniques et modernes de par leur structures et par leur ornement, qui se constitue de façon très complexe, s'inspirant des organismes biologiques que l'on trouve dans la nature. L'architecte, rejetant les convention, employa des couleurs et incorpora bien souvent les mosaïques dans des structures en béton. La reconnaissance précoce Gaudí a reçu conduit à sa commission à la construction du Temple Expiatoire  de la Sainte Famille en 1878, dont le projet avait vu le jour en 1878, sous l'impulsion de Saint Joseph Manyaet y Vives, en réparation pour les outrages commis contre la famille. La Sagrada Familia deviendra non seulement l'œuvre de sa vie, mais aussi la source principale de sa conversion. Gaudi passa les dernières années de sa vie à superviser la construction de la sublime et magnifique église et à recueillir des fonds afin de financer sa construction. Pendant cette période, il devint profondément croyant: il assistait à la Messe chaque jour et vivait dans une prière continuelle, l'on rapporte même qu'il a bénéficié de grâces et de lumières mystiques. Il renonça à sa richesse matérielle et se consacra totalement à son chef-d'œuvre qui est toujours en construction. L'engagement du Saint architecte dans son oeuvre et son ascétisme continuèrent jusqu'à mort, en 1926, à la suite de blessures reçues après s'être fait renverser par un train de banlieue, alors qu'il se rendait à la Messe quotidienne. Après l'accident, Gaudi, pauvrement habillé, fut pris pour un mendiant et envoyé à l'hôpital des indigents. Quand ses amis le retrouvèrent, Gaudi refusa d'être conduit ailleurs. Deux jours plus tard, le 10 juin 1926, âgé de 74 ans, Antonio Gaudi remit son âme entre les mains du Père. Si Antonio Gaudi accède aux honneurs de la Béatification, il sera le premier artiste professionnel à atteindre cette dignité. C'est en partie pour cette raison, que beaucoup espèrent que la béatification de ce génie artistique et de ce fervent et pieux Catholique se fera rapidement. Le Vénérable Jean-Paul II ainsi que son successeur Benoit XVI, ont eus un intérêt pour l'aboutissement de sa cause, le Pape Benoît XVI, a consacré la Sagrada Familia et lui a décerné le titre de Basilique Mineure le 7 novembre 2010.

878_001

Prière pour demander la glorification du Serviteur de Dieu Antonio Gaudi

Pour la récitation privée


O Dieu notre Père, nous Vous rendons grâce d'avoir accordé à Votre Serviteur Antonio Gaudí, architecte, un grand amour pour la Création et un amour ardent pour l'imitation les Mystères de l'Enfance et de la Passion de Votre Divin Fils. Permettez, nous Vous en supplions, qu'à son exemple et avec la grâce de l'Esprit Saint, nous ayons, nous aussi le goût et l'amour du travail parfaitement accompli, et daignez glorifier Votre serviteur Antonio Gaudi, en nous accordant par son intercession, les grâces que nous Vous demandons (...). Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


Relations de Grâces

Paroisse de la Sagrada Familia

C/ Provença 450

08025 Barcelona (Espagne)

www.sagradafamiliabcn.com


E-mail: lboneta@arqbcn.org

012_001__2_

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

26 octobre 2010

Saint Vincent de Saragosse

Posté par fmonvoisin à 18:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

18 août 2009

Neuvaine à Sainte Geneviève Torres Morales

sgenovevatorresSainte Geneviève Torres Morales

L'Ange de la Solitude

1870-1956

Fête le 5 janvier

Genoveva (Geneviève) Torres Morales naît en 1870 à Almenara en Espagne (Castille). Elle se retrouve orpheline de père et de mère à l’âge de huit ans. Elle doit s’occuper de son frère, exigeant et taciturne. Du coup, elle s’habitue elle-même à la vie retirée. A treize ans, on doit l’amputer, sans anesthésie, de la jambe gauche. S’ensuivront des séquelles de souffrance et de maladies et elle marchera avec des béquilles jusqu’à la fin de sa vie. De 1885 à 1894, elle est hospitalisée à la ‘Maison de la Miséricorde’ de Valence tenue par les Carmélites de la Charité. Elle y complète sa formation culturelle et spirituelle. Elle essaie d’entrer dans cette Congrégation mais elle n’est pas acceptée pour raison de santé. En 1894, à 24 ans, elle fonde avec deux amies la ‘Société Angélique’. Elles sont pauvres et mènent une vie de prière (adoration nocturne), de solitude et de charité. « Le trait caractéristique qui donne son élan à la spiritualité (de Geneviève) est l’adoration réparatrice de l’Eucharistie à partir de laquelle elle accomplira son apostolat. » (Jean-Paul II) Elle a une grande dévotion à la Vierge Marie, s’exprimant en particulier par le Rosaire. En 1911, son directeur lui suggère de fonder une nouvelle Communauté religieuse pour aider beaucoup de femmes pauvres, impuissantes face aux difficultés de la vie. Geneviève y pensait depuis longtemps. Une première communauté est établie à Valence ; l’œuvre connaît une rapide extension dans d’autres régions de l’Espagne, la Maison mère étant à Saragosse. La Mère Geneviève accomplit un apostolat plein d’humilité et de simplicité, d’abnégation et de charité. En 1953, la congrégation reçoit l’approbation pontificale sous le nom de « Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus et des Saints Anges ». Absorbée par le souci de ses fondations, la Mère souffre de ne pouvoir se livrer à sa chère solitude. Elle meurt à Saragosse en 1956. La population commence à l’invoquer sous le nom : ‘Ange de la solitude’. Sainte Genoveva Torres fut un instrument de la tendresse de Dieu à l’égard des personnes seules et en quête d’amour. » (Jean-Paul II)

91490E

Neuvaine à Sainte Geneviève Torre Morales

Chaque jour

Prière d'ouverture

O mon Dieu, Vous avez comblé Votre Religieuse Sainte Geneviève Torre Morales, d'innombrables grâces, en la choisissant comme fidèle instrument pour combattre la solitude dans laquelle vivent et se trouvent tant d'êtres humains, nous Vous en supplions, accordez-nous par son intercession que nous puissions toujours savoir transformer chaque moment et circonstance de notre vie en occasion de Vous aimer et de pouvoir servir dans la joie et la simplicité Votre Église et notre prochain, en illuminant les chemins de ce monde de la lumière de la foi et de l'amour. Daignez aussi nous accorder les grâce que nous Vous demandons par l'intercession de Sainte Geneviève Torre Morales (...) Nous Vous le demandons, Père, par Jésus Christ notre Seigneur. Amen.

Méditer ensuite sur la pensée quotidienne extraite des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales, lire la prière du jour et conclure par la prière finale.

Prière finale

O Dieu, riche en Miséricorde, par Votre vierge Sainte Geneviève Torre Morales, invalide dans son corps, Vous avez manifesté la grandeur de l'Amour du cœur Miséricordieux de Jésus, plus particulièrement à l'égard de toutes les personnes seules et isolées; par son intercession, accorde-nous de pouvoir toujours imiter son exemple et ses vertus afin que nous puissions toujours suivre fidèlement Jésus-Christ, Votre Divin Fils, Lui qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

Premier jour

« Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. » (I Jean 5, 2-3)

"Le chemin de la vertu est le chemin de la maturité et, par conséquent, celui de la souffrance.(...) Que le flambeau de la foi soit notre phare, et que notre guide soit l'amour de Dieu et du prochain, et notre force l'espérance". (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

Dieu notre Père très Saint, pour notre bien spirituel Vous nous avez ordonné de savoir dominer notre corps par le moyen de l'austérité, nous Vous en supplions, aidez-nous à nous libérer de la séduction du péché et à toujours accomplir filialement Votre Sainte Loi très sainte. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

Deuxième jour

« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. » (Mt 10, 38-39).

"La vie spirituelle est de remplir nos devoirs à la perfection, et d'être uni à Dieu, il suffit de se conformer à Sa Sainte Volonté; et tant que je serais unie, je renoncerai à tout pour embrasser la Croix du Christ ". (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

Seigneur notre Dieu, qui êtes le Créateur de toutes choses, Vous avez envoyé les hommes pour qu'ils accomplissent les devoirs du travail, faites que, par Votre Miséricorde, chacun de nos actes permette et serve à l'extension du royaume de Jésus,Votre Fils, qui vit et règne avec Vous dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et pour les siècles et les siècles. Amen. Christ.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

Troisième jour

"Je serais avec vous chaque jour jusqu'à la fin du monde" (Mt 28, 30).

"Soyez confiantes et allez au tabernacle! Il est seul, pourquoi ne nous pas se tenir près de Lui ? Il souffre, pourquoi ne pas souffrir nous aussi? Il se cache, pourquoi ne nous cachons nous pas? Il pardonne et s'offre à Son Père éternel, pourquoi ne le faisons nous pas? Réjouissons-nous en Lui. " (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

Seigneur notre Dieu, dans le Sacrement de l'Eucharistie, Vous nous avez nous laissé le mémorial de Votre passion, nous Vous en supplions, accordez-nous la grâce de toujours vénérer les saints mystères de Votre Corps et de Votre Sang, pour que nous goûtions aux fruits de Votre Rédemption. Vous qui vivez et régnez pour les siècles des siècles.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

Quatrième jour

« Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t'ai préparé. » (Ex 23, 20).

"L'Ange Gardien est le meilleur ami de mon âme. Je recours à lui quand je rencontre toutes sortes de nécéssités, tant pour l'âme que pour le corps, et quand j'ai des peines et des souffrances, il me fortifie dans mon pèlerinage vers Dieu. L'Ange est toujours à mes côtés et il me donne la grâce de vivre dans la paix." (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

O Dieu, dans Votre Mystérieuse Providence, vous avez envoyé Vos Saints Anges pour nous garder, daignez répondre à nos prières, en nous assurant le bienfait de leur protection et la joie de vivre en leur compagnie pour toujours. Nous Vous le demandons, ô Père, par Jésus Christ notre Seigneur.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

Cinquième jour

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur. » (Lc 1, 46-47).

"Combien dois-je la Vierge Marie! La première maison lui a été dédiée et confiée à sa protection. Combien de grâces je lui dois! Tant de souvenirs ô ma mère chérie ! Gardez-moi toujours sous votre protection plus spécialement quand je dois faire face aux soucis de cette vie. L'Institut est à vous. Ainsi, soyez le gouvernail qui conduira le navire à bon port. " (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

Dieu tout-puissant, accordez à tous Vos fidèles qui se réjouissent sous la protection de la Vierge Marie, de toujours être protégés de tous les malheurs de ce monde, et par son intercession, de pouvoir jouir pleinement de la les joie du ciel. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

Sixième jour

« Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés, revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, et de patience. Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. » (Col 3, 12-13 ).

«J'ai toujours vu avec regret les désaccords, il semble que le Seigneur ne soit pas content de cela, parce que nous sommes tous enfants du même Père. C'est la vie, tous souffrir et ne jamais faire souffrir personne." (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

O Dieu, Unité suprême et Vrai Amour; accordez à vos enfants d'avoir un seul un cœur et un seul un esprit, pour qu'ils vivent toujours dans une parfaite harmonie et pour que l'Église, fondée sur la vérité, puisse être maintenue dans une parfaite unité. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus-Christ notre Seigneur.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire

Septième jour

« Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur, pour le Seigneur et non pour plaire à des hommes. » (Col 3, 23).

"Le Seigneur veut de grandes âmes, et qui ne soient pas enfermées dans une petite partie de Son propre Cœur. Alors nous sommes oiseaux de proie. Le Seigneur n'accepte pas l'offrande d'un cœur divisé, on peut dire qu'il aime, celui qui a peur de ce le Seigneur lui demande". (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

O Dieu, Père de tous les dons, de qui vient tout ce que nous avons et ce que nous sommes, apprends-nous à reconnaître les bénédictions de ton amour, pour que nous puissions Vous aimer de toutes nos forces et de tout notre cœur. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus-Christ notre Seigneur.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

Huitième jour

« Tenez-vous donc humblement sous la main puissante de Dieu, pour qu'il vous élève quand le jugement viendra. Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu'il s'occupe de vous. » ( 1 P. 5, 6-7).

"Vivons entre les mains de Dieu, comme un jouet dans les mains d'un enfant espiègle qui, s'il la jette loin, ne la perd jamais de vue. Ma paix est dans l'accomplissement de la Volonté de Dieu pour moi, sans jamais regarder mes désirs et ma volonté". (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

O Dieu, Vous avez préparé une place en Votre Royaume pour les humbles et simples de cœur, nous Vous en supplions, accordez-nous la grâce de toujours être en conformité avec Votre Sainte Volonté sainte, pour que Votre gloire éternelle nous soit révélée, nous Vous le demandons, Père, par Jésus-Christ notre Seigneur.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire

Neuvième jour

« Frères, je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l’Église. » (Col. 1, 24).

"Dans mes souffrances physiques et morales, rien ne pourra arrêter la musique intérieure de mon âme, la louange de Dieu par des actes de vertus, en m'offrant à Lui par amour, car la maladie est pour moi une incitation à demander à Dieu de ne pas guérir, si cela doit être pour être conforme à Sa Volonté". (Des écrits de Sainte Geneviève Torre Morales)

Prière

Seigneur, notre Dieu, Salut éternel de ceux qui croient en Vous, écoutez les prières que vous adressent vos enfants malades; en Votre Miséricorde, soutenez-les dans leurs souffrances, afin qu'ayant retrouvé la santé, ils puissent Vous rendre grâce en Votre Eglise. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus Christ notre Seigneur.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

Téléchargez le texte de la Neuvaine à Ste Geneviève Torre Morales (pdf) en cliquant ici

Pour en savoir plus

Site de la Congrégation des Soeurs du Sacré Coeur et des Saints Anges

www.angelicas.org

Notice biographie sur Sainte Geneviève Torres-Morales, cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-1398674.html

Posté par fmonvoisin à 16:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,