31 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

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Dimanche 1er Janvier 2017

Miracles

 

Le procès de Louis commence à Lisieux, le 22 mars 1957 et est clôturé le 12 février 1960. le procès de Zélie est quant à lui instruit à Sées. Chose heureuse, les deux causes sont réunies en 1971. le 26 mars 1994, le Pape Jean Paul II signe les décrets d'héroïcité de leurs vertus et les proclame tous les deux Vénérables. Le 10 juin 2003, l'archevêque de Milan le Cardinal Tettamanzi clôture le miracle attribué à l'intercession de Louis et Zélie Martin, pour la guérison subite et inexpliquée d'un enfants né le25 mai 2002 avec de graves problèmes respiratoires à Monza. Cette guérison est reconnue comme miraculeuse le 3 juillet 2008 par le Pape Benoît XVI et ouvre à la voie à la béatification.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (pour deux de ses filles) Pour mon diamant et ma perle fine !: « Que pouvez-vous voir ailleurs que vous ne voyiez où vous êtes ? Vous avez devant les yeux le Ciel et la terre et tous les éléments. (…) Que pouvez-vous voir, en quelque lieu que ce soit, qui puisse longtemps demeurer stable sous le soleil ? » (Texte tiré de L'Imitation, copié de la main de Louis).

Parole de Dieu : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire » (Jean 1, 14).

 

Dans ma vie

 

Le langage fleuri de Louis Martin est à l'image de sa personnalité. Il connaît la valeur d'une belle montre en or et sait de quoi il parle quand il emploie le vocabulaire du bijoutier en parlant de ses filles : « Mon diamant, ma perle fine... ». La figure paternelle de Louis est marquée par le fait qu'il fut le père d'une fratrie de filles : de telles filles pour un tel homme ! Nous n'oublions pas ses fils décédés en bas âge et qui ornent son pêle-mêle familial de manière discrète et glorieuse tout en même temps. Pourquoi ne pourrions-nous pas les invoquer, eux aussi ?

Effet de Conversion : Si je le peux, j'irai à la Messe aujourd'hui et confierai à Notre Dame, Marie, Mère de Dieu, ma patrie la France et le monde. Pour que la Paix de Noël règne.

 

Avant l'Epiphanie

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Lundi 2 janvier

Modèle de sainteté

 

Louis et Zélie ont été officiellement proclamés Bienheureux, à Lisieux, le dimanche 19 octobre 2008, lors d'une célébration présidée par le Cardinal José Saraiva Martins, sous le pontificat de Benoît XVI. En déclarant Bienheureux Louis et Zélie Martin d'Alençon, l’Église Catholique offre à tous les couples de la terre un modèle indiquant un chemin de sainteté à part entière. C'est le second couple béatifié. Auparavant en 2001, un coupe italien, Luigi et Maria Beltrame-Quattrocchi, avait été porté à l'honneur des autels.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline à propos d'un pèlerinage à Lourdes) Au commencement, ton père n'approuvait pas que je vous emmène toutes les trois, mais maintenant, il le désire, disant qu'on ne peut faire trop de sacrifices pour obtenir un si grand miracle. (…) Nous devons nous mettre dans la disposition d'accepter généreusement la Volonté du Bon Dieu, quelle qu'elle soit, car ce sera toujours ce qu'il peut y avoir de meilleur pour nous » (Zélie).

Parole de Dieu : « La sagesse de l'homme fait luire son visage et son air austère est changé ». (Ecclésiaste 8, 1).

 

Dans ma vie

 

La Volonté de Dieu est notre boussole. Point de fécondité en dehors de l'acceptation sereine et paisible du bon vouloir divin. Oublions-nous qu'en toute chose nous sommes entre les mains de Dieu ? Ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l'avenir, rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ, lisons-nous dans les Saintes Ecritures. Plaçant ainsi notre espérance dans les choses qui demeurent, nous marcherons en présence de Dieu au milieu des vicissitudes de l'existence avec la légèreté d'un moineau qui vole de branches en branches. Rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ.

Effet de Conversion : Je remplacerai une connexion internet ou un appel téléphonique superflu par un Notre Père récité lentement à l'intention de mes ennemis.

 

Mardi 3 janvier

« Signes du Ciel »

 

Voici ce que disait le Cardinal Saraiva Martins lors de la béatification : « Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme : Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elles l'écrivait à l'Abbé Bellière – que beaucoup connaissent désormais par cœur - : « Le Bon dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre » (Lt 261).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Si la Sainte Vierge ne me guérit pas, je la supplierai de guérir mon enfant, d'ouvrir son intelligence et d'en faire une sainte. Ainsi, laissons toutes les affaires comme elles sont arrangées, elles me paraissent très bien, puis remettons-nous entre les mains de Dieu » (Zélie).

Parole de Dieu : « Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 14).

 

Dans ma vie

 

Notre demeure est dans le Ciel. Les souffrances du monde présent ne doivent pas nous faire redouter la bonté de Dieu qui permet ce qui nous arrive pour que nous nous approchions toujours plus à Lui. Les choses agréables, pour le remercier, et les plus difficiles pour compter d'avantage sur Sa Miséricorde. Nous ne pouvons rien sans Lui : c'est la raison pour laquelle Il permet que nous vivions de lourdes épreuves, qui ne sont pas là pour nous assommer mais pour éprouver notre foi en Lui. Nous sommes faits pour le Ciel. Et le Ciel commence aujourd'hui, dira la Petite Thérèse, à condition que nous ne lâchions jamais la main de la Divine Miséricorde.

Effet de Conversion : Je choisis de me priver de quelque chose en offrant cette contrariété pour le Pape, les évêques et pour les prêtres.

 

Mercredi 4 janvier

Reflet de l'amour

 

« L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4). Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à des amis) « Dieu a béni la maison d’Aaron », il a béni aussi la maison Nogrix (famille destinataire de la missive), car ta famille « file un bon nœud » ; espérons que le vent ne changera pas que tous ne soient rendus à bon port. (...) Thérèse, ma petite reine, est entrée hier au Carmel !... Dieu seul peut exiger un tel sacrifice... Ne me plaignez pas, car mon cœur surabonde de joie ». (Louis).

Parole de Dieu : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ».

 

Dans ma vie

 

« Filer un bon nœud », écrit Louis Martin. Filer un bon nœud, c'est faire fi des mauvais courants et des vents contraires. C'est se jouer des avaries en tous genres par une bonne préparation : rien de ce qui nous arrive ne doit être vécu en dehors de Dieu, les bonnes choses comme les tristes. Filer un bon nœud, c'est ne pas lâcher le cap qu'est le Christ en laissant les monstres marins, les dragons, s'enfoncer toujours plus loin dans les abysses. Avec Notre Dame, « Marie-des-Flots », filer un bon nœud c'est enfin ne jamais oublier que la lumière du phare, c'est la doctrine Catholique.

Effet de Conversion : Je choisis de vivre ma prochaine Messe comme une occasion de m'offrir tout entier à la suite de Jésus. Comme il l'a fait pour la Vierge Marie. Je demanderai au Seigneur de consacrer mon offrande pour lui faire porter du fruit.

 

Jeudi 5 janvier

Marcher humblement

 

« Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Le cou était pris de tous les côtés et de bouger le plus légèrement me mettait dans des douleurs atroces. (…) Il a fallu gémir toute la nuit; Louis, Marie et la bonne sont demeurés près de moi. Ce pauvre Louis, de temps en temps, me prenait dans ses bras comme une enfant. (...) La Sainte Vierge ne m'a pas guérie à Lourdes, que voulez-vous c'est que mon temps est fait et que le bon Dieu veut que je me repose ailleurs que sur la terre ». (Zélie)

Parole de Dieu : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de Mon Nom ; c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. (Luc 9, 48).

 

Dans ma vie

 

« Ce pauvre Louis me prenait dans ses bras comme une enfant », nous dit Zélie, alors qu'elle est en phase presque terminale de son cancer. Imaginons la scène et recueillons-nous. Savons-nous que Dieu nous prends dans ses bras lorsque nous souffrons ? Que celui qui est affligé de la maladie d'un très proche est lui-même enserré dans les bras généreux du Crucifié ? Ô divines plaies qui, au contact de notre pauvre être, réveillent en nous l'espérance de la résurrection... ayez pitié de nous.

Effet de Conversion : J'essaie de programmer la visite à un malade, à une personne handicapée, par amour pour le Christ.

 

Vendredi 7 janvier

Dieu premier servi

 

« Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise. Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à ses filles carmélites) Je tiens à vous dire, mes chères enfants, que je suis pressé de remercier le Bon Dieu, car je le sens notre famille, quoique très humble, a l'honneur d'être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Louis).

Parole de Dieu : Le Verbe était la lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9).

 

Dans ma vie

 

Les chrétiens sont des privilégiés. Par les eaux du saint baptême, ils ont été renouvelés dans le mystère d'amour qui a présidé à leur création. La mission des Saints Louis et Zélie Martin commence tout juste. Dans le mystère de la communion des élus, nous sommes pris, non pas au piège, mais dans le rayonnement d'un amour inouï dont l'épicentre est la Sainte Trinité. Louis et Zélie se sont laissés saisir par cet amour ; ils ont choisi de dire oui à Dieu et aux préceptes de l'Eglise, de ne rien garder pour eux. En ferons-nous autant ? Nous avons tant à gagner : la vie éternelle.

Effet de Conversion : pour nourrir mon oraison, je lirai le prologue de l'Evangile selon Saint Jean. Je m'arrêterai plusieurs fois au cours de la lecture pour laisser descendre en mon âme la parole qui donne vie à mon être.

 

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Samedi 8 janvier

La Béatification de Louis et Zélie Martin

 

Le premier miracle des Bienheureux Louis et Zélie Martin

 

Pietro, l’enfant miraculé grâce à l’intercession des bienheureux Louis et Zélie Martin.

 

« Je suis né malade, et quand j’étais malade, les époux Martin ont demandé à Jésus de me guérir et Il m’a guéri ».C’est ainsi que le petit Pietro Schilirò, âgé de six ans, explique le miracle de sa guérison alors qu’il était encore nouveau-né. Walter et Adèle, les parents du petit garçon, ont confié Pietro à l’intercession des époux Martin, Marie Zélie Guérin (1831-1877) et Louis Martin (1823-1894), parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ce miracle a permis la béatification du couple, qui a eu lieu le 19 octobre 2008, à la Basilique de Lisieux en France, précédée par la messe d’ouverture de la béatification à la basilique Notre-Dame d’Alençon.

 

Histoire d’un miracle

 

Pietro est le dernier d’une famille de cinq enfants. Il est né à Milan le 25 mai 2002. Dès le premier jour de sa naissance, il présente une grave malformation  pulmonaire, et doit rester à l’hôpital et suivre une thérapie intensive pour pouvoir respirer. Le père raconte :« Nous avons tout de suite compris que la maladie était très grave et qu’il n’y avait aucune chance de guérison. On nous a demandé de lui faire une radiographie des poumons pour voir ce qu’il en était ». Une biopsie s’avérait indispensable, mais comportait un grand risque pour le petit garçon. Aussi les parents décident de faire baptiser l’enfant sur-le-champ. Ils demandent alors à un carme italien, le P. Antonio Sangalli, d’administrer le sacrement. Le prêtre leur offre une petite image des époux Martin.« Ils avaient perdu quatre enfants en bas âge, explique Adèle, la maman de Pietro : les prier nous aurait aidés et soutenus dans la situation que nous étions en train de vivre et dans ce que le Seigneur nous demandait à ce moment-là ».

Les époux Schilirò savaient peu de choses de la vie de Zélie et Louis  en dehors de  ce qu’ils avaient lu dans les écrits de la petite Thérèse. Dans l’incertitude où ils se trouvaient  quant à la santé du petit Pietro, ils découvrirent une « mystérieuse proximité avec les époux Martin », avoue Walter.« C’est alors que nous avons osé demander au Seigneur ce qui nous tenait à cœur : la guérison de  Pietro. Le Seigneur avait mis entre nos mains les époux Martin », se rappelle Adèle. Au sein de leur souffrance, et à la vue de leur bébé relié à tant d’appareils artificiels pour pouvoir respirer, Adèle et Walter ont compris qu’ils devaient demander à Dieu de leur faire connaître Sa volonté pour Pietro.« Ce qui a été très important pour nous, car cela nous a aidé à regarder ce que notre enfant était en train de vivre. Il vivait pleinement sa vocation à travers ce qu’il faisait dans la souffrance et ce qu’il portait. Il participait au salut des âmes avec Jésus et, pour nous, cela a été le premier miracle ».

Le 26 juin Pietro a eu une grave crise d’insuffisance respiratoire. « Ce n’était plus qu’une question d’heures ou de quelques jours, nous ont dit les médecins. De toute façon, il n’y avait pas d’espoir pour Pietro », a poursuivi Adèle. Après avoir récité plusieurs fois la neuvaine aux époux Martin, le 29 juin, jour où l’Eglise célèbre la fête de saint Pierre et saint Paul, Pietro a commencé à montrer des signes d’amélioration. En l’espace de deux semaines, l’enfant pouvait respirer par lui-même, sans oxygène, et les médecins retinrent la guérison comme « un fait surprenant ». Les parents en parlèrent au père Antonio, et c’est ainsi que le prêtre devint vice-postulateur de la cause de béatification de Zélie et Louis.

« Nous débordons vraiment de gratitude. Nous ne le méritons pas, nous nous sentons dépassés », assure Adèle. Walter ajoute : « Il n’y a aucun mérite de notre part, absolument aucun. Ce qui est arrivé à Pietro rejaillit sur toute l’Eglise. C’est si vrai que nous sommes ici, aujourd’hui, pour remettre au pape cette relique, qui représente un grand signe pour toute l’Eglise ». Aujourd’hui, Pietro est un enfant normal : il joue, va à l’école et sait parfaitement que sa guérison est due au miracle obtenu par l’intercession des époux Martin. « Tous les soirs il récite avec nous, en famille, la prière des Martin pour intercéder en faveur des personnes qui nous demandent leurs prières », dit Adèle. « Il prie aussi pour le pape et tous nos chers amis prêtres, et pour toute une liste de personnes, ce qui prend toute la soirée », ajoute Walter.

Les parents de Pietro comprennent très bien ce que signifie se confier à la Providence quand on souffre pour la santé de ses enfants : « Je dirais aux parents d’enfants malades de ne pas perdre espoir, de se rapprocher du Christ à travers ses saints. Oser demander parce que le Seigneur est un Père qui est bon. Et il faut avoir cette force de comprendre que ce qui arrive est pour notre bien ».

« Au moment de l’épreuve, le Seigneur exige vraiment beaucoup de nous, mais si on met en Lui notre espérance et notre confiance, le Seigneur nous comble bien davantage encore. Il faut demander avant tout la conversion du cœur. C’est la première guérison à demander, toujours », recommande Adèle. (texte de Carmen Elena Villa Traduit de l’italien par E. de Lavigne, source ; Zenit.org, extrait du site http://louiszeliemartin-alencon.fr )

 

Parole de Dieu : « Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment Dieu sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour.

 

Homélie du Cardinal José Saraiva Martins,

prononcée lors de la Messe de Béatification de Louis et Zélie Martin à Lisieux, le 19 octobre 2008

 

Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme :  Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère!... (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elle l'écrivait à l'abbé Bellière - que beaucoup connaissent désormais par cœur -:  le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre (Lt 261).

Je viens de terminer le rite de béatification par lequel le Saint-Père a inscrit les deux époux conjointement dans l'Album des Bienheureux. C'est une grande première que cette béatification de Louis Martin et Zélie Guérin, que Thérèse définissait comme parents sans égaux, dignes du Ciel, terre sainte, comme toute imprégnée d'un parfum virginal (cf. Ms A).

Mon cœur rend grâce à Dieu pour ce témoignage exemplaire d'amour conjugal, susceptible de stimuler les foyers chrétiens dans la pratique intégrale des vertus chrétiennes comme il a stimulé le désir de sainteté chez Thérèse.

Pendant que je lisais la Lettre apostolique du Saint-Père, je pensais à mon père et à ma mère et je voudrais, en ce moment, que vous aussi pensiez à votre père et à votre mère et qu'ensemble nous remercions Dieu de nous avoir créés et fait chrétiens à travers l'amour conjugal de nos parents. Recevoir la vie est une chose merveilleuse mais, pour nous, il est plus admirable encore que nos parents nous aient amenés à l'Eglise qui seule est capable de faire des chrétiens. Personne ne peut se faire chrétien soi-même.

Parmi les vocations auxquelles les hommes sont appelés par la Providence, le mariage est l'une des plus nobles et des plus élevées. Louis et Zélie ont compris qu'ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d'une montée à deux. Aujourd'hui, l'Eglise n'admire pas seulement la sainteté de ces fils de la terre de Normandie, un don pour tous, mais elle se mire dans ce couple de bienheureux qui contribue à rendre la robe de mariée de l'Eglise, plus belle et splendide. Elle n'admire pas seulement la sainteté de leur vie, elle reconnaît dans ce couple la sainteté éminente de l'institution de l'amour conjugal, telle que l'a conçue le Créateur Lui-même. L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4).

Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux et ainsi ils sont devenus la lumière du monde que l'Eglise aujourd'hui met sur le lampadaire afin qu'ils brillent pour tous ceux qui sont dans la maison (Eglise). Ils brillent devant les hommes afin que ceux-ci voient leurs bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les cieux. Leur exemple de vie chrétienne est telle une ville située sur une montagne qui ne peut être cachée (cf. Mt 5, 13-16).

Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer. Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise.

Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine. Ils ont servi Dieu dans le pauvre, non par simple élan de générosité, ni par justice sociale, mais simplement parce que le pauvre est Jésus. Servir le pauvre, c'est servir Jésus, c'est rendre à Dieu ce qui est à Dieu:  chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait (Mt 25, 34-40). Dans quelques instants nous proclamerons notre profession de foi que Louis et Zélie ont répétée tant de fois à la messe et qu'ils ont enseignée à leurs enfants. Après avoir confessé la sainte Eglise catholique, le symbole des apôtres ajoute la Communion des saints.

Je croyais, disait Thérèse, je sentais qu'il y a un ciel et que ce Ciel est peuplé d'âmes qui me chérissent, qui me regardent comme leur enfant... (Ms B).

Dans ce Ciel peuplé d'âmes, nous pouvons compter désormais les bienheureux Louis et Zélie, que pour la première fois, nous invoquons publiquement:  Louis et Zélie priez Dieu pour nous. Je vous en prie chérissez-nous, regardez-nous comme vos enfants, chérissez l'Eglise entière, chérissez surtout nos foyers et leurs enfants.

Louis et Zélie sont un don pour les époux de tous âges par l'estime, le respect et l'harmonie avec lesquels ils se sont aimés pendant 19 ans. Zélie écrivait à Louis:  Je ne puis pas vivre sans toi, mon cher Louis. Il lui répondait:  Je suis ton mari et ami qui t'aime pour la vie. Ils ont vécu les promesses du mariage:  la fidélité de l'engagement, l'indissolubilité du lien, la fécondité de l'amour, dans le bonheur comme dans les épreuves, dans la santé comme dans la maladie.

Louis et Zélie sont un don pour les parents. Ministres de l'amour et de la vie, ils ont engendré de nombreux enfants pour le Seigneur. Parmi ces enfants, nous admirons particulièrement Thérèse, chef d'œuvre de la grâce de Dieu mais aussi chef d'œuvre de leur amour envers la vie et les enfants. Louis et Zélie sont un don pour tous ceux qui ont perdu un conjoint. Le veuvage est toujours une condition difficile à accepter. Louis a vécu la perte de sa femme avec foi et générosité, préférant, à ses attraits personnels, le bien de ses enfants.

Louis et Zélie sont un don pour ceux qui affrontent la maladie et la mort. Zélie est morte d'un cancer, Louis a terminé son existence, éprouvé par une artériosclérose cérébrale. Dans notre monde qui cherche à occulter la mort, ils nous enseignent à la regarder en face, en s'abandonnant à Dieu.

Enfin je rends grâce à Dieu, en cette 82e journée mondiale des missions, car Louis et Zélie sont un modèle exemplaire de foyer missionnaire. Voilà la raison pour laquelle le Saint Père a voulu que la béatification se réalise en cette journée si chère à l'Eglise universelle, comme pour unir les maîtres Louis et Zélie à la disciple Thérèse, leur fille, devenue Patronne des missions et Docteur de l'Eglise. Les témoignages des enfants Martin au sujet de l'esprit missionnaire qui régnait dans leur foyer sont unanimes et frappants:  Mes parents s'intéressaient beaucoup au salut des âmes... Mais l'œuvre d'apostolat la plus connue chez nous était la propagation de la foi pour laquelle, chaque année, nos parents faisaient une très belle offrande. C'est encore ce zèle des âmes qui leur faisait tant désirer avoir un fils missionnaire et des filles religieuses.

Tout récemment, le cardinal Dias, préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (Propagande Fide) écrivait:  Pour un disciple du Christ, annoncer l'Evangile n'est pas une option mais un commandement du Seigneur... Un chrétien doit se considérer en mission (...) pour répandre l'Evangile dans chaque cœur, dans chaque maison, dans chaque culture (Conférence de Lambeth, 23 juillet 2008).

Puissent, mes frères, vos familles, vos paroisses, vos communautés religieuses, de Normandie, de France... et du monde entier, être aussi des foyers saints et missionnaires, comme l'a été le foyer des bienheureux époux Louis et Zélie Martin. Amen.

 

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Epiphanie du Seigneur

Dimanche 8 janvier

 

La Canonisation de Louis et Zélie Martin

 

Louis et Zélie Martin ont donc été béatifiés à Lisieux, le 19 octobre 2008. Pour qu’ils soient canonisés, il était nécessaire que l’Eglise reconnaisse un miracle survenu par leur intercession. Il a été obtenu en faveur d’une enfant prématurée de Valencia, en Espagne.

Carmen naît le 15 octobre 2008, après 28 semaines d’une grossesse très difficile. « Préparez-vous au pire » annonce la sage-femme. Les complications, fréquentes chez un grand prématuré, se multiplient : détresse respiratoire, cardiaque, double septicémie, hémorragie cérébrale au stade le plus avancé, etc.

L’enfant ayant vu le jour pour la Fête de sainte Thérèse d’Avila, le Papa se rend dans un carmel en dehors de la ville. Les soeurs prennent cette intention à coeur. Les parents viennent chaque dimanche à la Messe et repartent vite à l’hôpital. Fin novembre, le cas semble désespéré. Pour la première fois la maman a le droit de toucher son bébé, la couveuse reste ouverte. La famille commence à évoquer l’inhumation.

Le 23 novembre, la Prieure du Carmel remet aux parents la prière à Louis et Zélie en espagnol. Ils ne les connaissaient pas du tout, pas plus que leur célèbre fille Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face. Dès le lendemain a lieu un changement d’Hôpital providentiel. Contrairement à toute attente, Carmen le supporte, l’infection est jugulée. Elle commence à récupérer, au point de sortir le 2 janvier 2009.

Un point reste très préoccupant : l’hémorragie cérébrale dilate son crâne et la fait souffrir. Un examen est prévu le 19 février. Il faudra probablement opérer. Nouvelle « offensive » de prière aux Parents Martin dont le Reliquaire passe providentiellement au Sanctuaire de Llerida juste avant. Le père de Carmen, le grand frère Ismaël (né en 2004), et les grands-pères s’y rendent pour remercier et intercéder. De leur monastère, les carmélites se joignent à leur prière. Quelques jours après, l’échographie révèle que l’hémorragie cérébrale a disparu, on ne constate plus que les cicatrices et, ce qui est le plus surprenant (à ce jour les médecins ne peuvent l’expliquer), l’absence totale de séquelles neurologiques ou motrices. Cette guérison inexpliquée a été reconnue comme miracle par le Pape François, à Rome, le 18 mars 2015, permettant ainsi la canonisation des Bienheureux Parents Martin (d'après un texte extrait du site www.eglise.catholique.fr )

 

Homélie prononcée par le Pape François,

lors de la Messe de Canonisation de Louis et Zélie Martin

à Rome, 18 octobre 2015

 

Les lectures bibliques nous présentent (...) le thème du service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix.

Le prophète Isaïe décrit la figure du Serviteur du Seigneur (53, 10-11) et sa mission de salut. Il s’agit d’un personnage qui ne se vante pas de généalogies illustres, il est méprisé, évité par tous, expert en souffrance. Quelqu’un à qui on n’attribue pas d’entreprises grandioses, ni de discours célèbres, mais qui mène à son accomplissement le plan de Dieu à travers une présence humble et silencieuse et à travers sa propre souffrance. Sa mission, en effet, se réalise au moyen de la souffrance, qui lui permet de comprendre ceux qui souffrent, de porter le fardeau des fautes d’autrui et de les expier. L’exclusion et la souffrance du Serviteur du Seigneur, prolongées jusqu’à la mort, se révèlent féconde au point de racheter et de sauver les multitudes.

Jésus est le Serviteur du Seigneur : sa vie et sa mort, entièrement dans la forme du service (cf. Ph 2, 7), ont été cause de notre salut et de la réconciliation de l’humanité avec Dieu. Le kérygme, cœur de l’Évangile, atteste que dans sa mort et sa résurrection se sont accomplies les prophéties du Serviteur du Seigneur. Le récit de saint Marc décrit la scène de Jésus aux prises avec les disciples Jacques et Jean, qui – soutenus par leur mère – voulaient s’asseoir à sa droite et à sa gauche dans le royaume de Dieu (cf. Mc 10, 37), revendiquant des places d’honneur, selon leur vision hiérarchique du royaume même. La perspective dans laquelle ils se placent se révèle encore polluée par des rêves de réalisation terrestre. Jésus alors donne une première “secousse” à ces convictions des disciples rappelant son chemin sur cette terre : « La coupe que je vais boire, vous la boirez… quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela a été préparé » (vv. 39-40). Avec l’image de la coupe, il assure aux deux la possibilité d’être associés jusqu’au bout à son destin de souffrance, sans toutefois garantir les places d’honneur ambitionnées. Sa réponse est une invitation à le suivre sur le chemin de l’amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres.

Devant des gens qui intriguent pour obtenir le pouvoir et le succès, pour se faire voir, devant des gens qui veulent que leurs mérites personnels, leurs œuvres personnelles soient reconnus, les disciples sont appelés à faire le contraire. Il les avertit donc : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (vv. 42-44). Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne. Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. Jésus nous invite à changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir ; à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité.

Et après avoir présenté un modèle à ne pas imiter, il s’offre lui-même comme idéal auquel se référer. Dans l’attitude du Maître, la communauté trouvera la motivation de la nouvelle perspective de vie : « Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (v. 45). Dans la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu « domination, gloire et royauté » (Dn 7, 14). Jésus remplit d’un nouveau sens cette image et précise qu’il a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église.

Il y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance. La Lettre aux Hébreux, qui présente le Christ comme le souverain prêtre qui partage en tout notre condition humaine, excepté le péché, nous le rappelle : « Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché » (4, 15). Jésus exerce essentiellement un sacerdoce de miséricorde et de compassion. Il a fait l’expérience directe de nos difficultés, il connaît de l’intérieur notre condition humaine ; ne pas avoir fait l’expérience du péché ne l’empêche pas de comprendre les pécheurs. Sa gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, d’assumer et de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit, de les accompagner avec une infinie tendresse, de les accompagner sur leur chemin de souffrance.

Chacun de nous, en tant que baptisé, participe pour la part qui lui est propre au sacerdoce du Christ ; les fidèles laïcs au sacerdoce commun, les prêtres au sacerdoce ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la charité qui émane de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres : en devenant des “canaux” de son amour, de sa compassion, spécialement envers tous ceux qui sont dans la douleur, dans l’angoisse, dans le découragement et dans la solitude.

Ceux qui aujourd’hui ont été proclamés saints ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires, imitant ainsi le divin Maître. Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux.

Sainte Marie de l’Immaculée Conception, en puisant aux sources de la prière et de la contemplation, a vécu en personne dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades.

Les saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Le témoignage lumineux de ces nouveaux Saints nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie. Du ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de leur puissante intercession !

 

Effet de conversion : Je remercie la Sainte Vierge pour sa présence, sa bienveillance et son soutien et je lui confie les années qui me restent à vivre sur cette terre : « Priez pour nous... maintenant et à l'heure de notre mort ».

 

Fin

 

Prochain mois de Dévotion

Le Mois du Cœur agonisant de Jésus

Rendez-vous le 15 février

 

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

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19 octobre 2015

Neuvaine avec sainte Thérèse et ses parents Louis et Zélie Martin

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Neuvaine avec sainte Thérèse et ses parents Louis et Zélie Martin

« Le Bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre » ( L.T.261)

Prière du Chemin de Marie

Ne craignons pas d'être aujourd'hui des enfants de Dieu responsables. Que par l'action de l'Esprit Saint nos «oui» soient actions dans le monde d'aujourd'hui. Que nos familles reconnaissent l'importance de la fidélité et de la confiance dans la venue de Notre Seigneur Jésus, Christ hier, aujourd'hui et demain. Que chaque pensée de nos cœurs soit tournée dans le pardon et la miséricorde vers la Maison du Père. Que debout dans l'espérance en présence de la Vierge Marie nous choisissions le Chemin de la Vie. Que la voie d'enfance nous soit donnée par sainte Thérèse de Lisieux et ses parents Monsieur et Madame Martin. Que par le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, la grâce de la Vierge Marie, saint Joseph, la présence de la Cour Céleste et la Communion des Saints, nous soyons toujours appelés à la sainteté. Amen.

Imprimatur, Malines, 4 août 2001
Chanoine E.Van Billoen, vic.gén.

 

Neuf jours avec sainte Thérèse et ses parents Louis et Zélie Martin

Avant propos

Il nous a été donné de découvrir la beauté d'un nid familial, celui de la famille de Monsieur et Madame Martin et de leurs neuf enfants. Voici une neuvaine de prières en leurs compagnies. Laissons- nous porter d'une façon très filiale par cette famille exceptionnelle. Puissions-nous recevoir au cours de cette démarche de neuvaine, la fidélité qui était celle de la famille Martin à rythmer le temps de nos vies avec celui de l'Amour. Trouvons dans nos demandes adressées aux petits frères de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, la force pour accompagner nos prêtres et séminaristes dans le monde d'aujourd'hui. Dans nos demandes adressées aux sœurs et frères de sainte Thérèse, trouvons l'audace du témoignage afin de défendre la beauté de la famille dans le monde d'aujourd'hui. Puissions-nous nous reposer dans la découverte de la liturgie de la famille qui était si chère à Monsieur Martin et à Madame Martin. Cette liturgie quotidienne était celle de la mémoire familiale, celle de la transmission et de la fidélité à l'image de l'enseignement de sainte Anne à la Vierge Marie et ce dans une humilité proche de saint François d'Assise. Oui comme l'inspire la couverture de ce livret, puissions-nous nous laisser entraîner dans la paix et dans la confiance sur l'océan de l'Amour, vers les eaux tranquilles, profondes et nourricières de la Miséricorde du Père. Demandons à Notre Père, à Notre Seigneur Jésus Christ, à la Vierge Marie, à Saint Joseph, à sainte Anne, les guérisons nécessaires pour que soit reconnue la sainteté de la famille de sainte Thérèse de Lisieux. N'hésitons pas à nous confier à la Divine Volonté comme des pierres vivantes du Rosaire de nos vies.

Introduction

« Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu Il la créa, homme et femme, Il les créa » (Gen. 1-27)

Quelle joie doit être la nôtre de faire mémoire journalière de la création qui nous entoure. N'hésitons pas à chanter l'hymne de l'univers : « Toutes les oeuvres du Seigneur bénissez le Seigneur, à lui haute gloire et louange éternelle » (Dn. 3). Nos chemins de la terre élèvent et descendent, s'éclairent et s'obscurcissent, que ce soit dans l'humidité ou l'aridité, dans le brouillard ou le feu. Tout ici concourt à établir un hymne à la création. Louis Martin décrivait à ses enfants les profondes vallées et les cimes majestueuses des paysages qu'il aimait. Avec sa petite reine Thérèse, il contemplait toute la Création, jusqu'aux cyprès et le ciel d'Italie. En bon père de famille, il conduit encore aujourd'hui vers le clapotis des rivières, à l'écoute des chants d'oiseaux qui nous parlent de la terre. Louis Martin nous entraîne au bord des étendues marines où se mêlent le ciel, l'embrun et la mer. Avec Thérèse qui lisait dans les étoiles l'éclat de Dieu, qui connaissait les moineaux comme les aigles, les neiges comme les parfums des pollens, les pierres du Colisée, les couleurs de la terre et celles des vergers. Ainsi, dans le crépuscule des jours comme dans celui des aurores de Normandie, Louis Martin orchestrait en une musique familiale, l'ode de Dieu. Il chantait chaque soir et déclamait le poème du créateur pour sa famille réunie. Et Zélie Martin qui avait compris la beauté secrète d'un cristal de neige, la restituait dans ses points de dentelle pour composer la fresque des temps de fêtes et des souvenirs. A notre tour sachons rythmer pour nos enfants, le temps des saisons et les temps de vie comme celui des petites morts. Puissions nous lever les mains pour louer Dieu dans la création et le remercier. Avec Louis et Zélie Martin redécouvrons le sens profond de la vie porteur de l'essence divine. Oui, retrouvons le désir de la vie.: « Saint immortel, prends pitié de nous. A Toi Dieu, donateur de vie, purifie-nous de toute souillure, Toi qui es bonté » (liturgie des vêpres).

Prières pour chaque jour de la neuvaine

A Louis et à Zélie Martin parents de sainte Thérèse de Lisieux, de Marie, Pauline, Léonie, Hélène, Louis Joseph, Louis Jean Baptiste, Céline et Mélanie:

« Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin dont le couple fut fidèlement unis, donnant le témoignage d'une vie chrétienne exemplaire, par l'exercice du devoir d'état et la pratique des vertus évangéliques. Dans l'éducation d'une famille nombreuse, à travers les épreuves, les deuils et la souffrance, ils ont manifesté généreusement leur confiance en Toi, leurs soumissions à Ta volonté. Daigne, Seigneur, faire connaître les grâces que je sollicite, dans l'espérance que le père et la mère de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus pourront un jour être proposés en modèles aux familles d'aujourd'hui. Amen. » Notre Père, Je Vous salue Marie.

Premier jour

La Rencontre, le temps de Dieu

« N'oubliez jamais Celui que l'Amour a fait mourir pour vous. Mais vous ne l'aimerez que vous saurez souffrir en silence. Le préférer à la créature et l'éternité du temps. » (sainte Marguerite Marie à Paray le Monial).

Prière à l'Esprit -Saint : L'esprit et l'Epouse disent: «Viens»: que vienne ta grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous. Que celui qui entend dise: «Viens», que celui qui a soif vienne, que celui qui le veut reçoive de l'eau vive gratuitement. Celui qui atteste cela, dit: «Oui, je viens bientôt». Amen. Viens Seigneur Jésus, maranatha.

Psaume 23

Le Seigneur est mon berger: je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre; Il me conduit par le juste chemin, pour l'honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi: ton bâton me guide et me rassure. Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis; Tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie; J'habiterai la maison du seigneur pour la durée de mes jours.

Réflexion : Dieu ne sèmerait pas un désir en nous s'Il ne voulait qu'il s'accomplisse. En effet le désir de l'Esprit habitait Louis et Zélie Martin, celui de choisir la vie consacrée et du don total. Pourtant les portes espérées ne se sont pas ouvertes devant eux pour une vie monastique. Dieu leur préférait, dans son plan divin, un autre temps, une autre entrée, une autre porte. Rappelons-nous l'engagement entre Tobie et Sarah: «Désormais tu es mon frère et elle est ta soeur. Elle t'est donnée à partir d'aujourd'hui pour toujours» ( Tob.7-11). Il n'est jamais bon en effet que nos actions s'inscrivent dans la seule volonté de les voir aboutir. Voilà pourquoi nous devons nous inscrire à l'école de la patience et accepter de nous laisser modeler en nous laissant porter par la seule Volonté de l'Esprit. La Divine Volonté, voilà ce qui est important. A travers les points de dentelles de Zélie Martin, le temps des horloges de Louis Martin, laissons les parents de sainte Thérèse nous ramener à notre temps terrestre, là où nous sommes pour aimer. Relisons le texte que Monsieur Martin adressait à Zélie : « Le lien qui constitue ce sacrement est indépendant de sa consommation. Nous avons une preuve éclatante de cette vérité dans la Sainte Vierge et Saint Joseph qui, bien que véritablement mariés, ont gardé une continence perpétuelle. Ces illustres époux ont eu pour imitateurs plusieurs saints vivants vierges dans le mariage, se bornant à l'union pure du coeur, renonçant d'un commun consentement au commerce charnel qui leur était permis. Ces mariages avaient tout l'essentiel nécessaire à leur validité, ils avaient même ces avantages sur les autres de représenter d'une manière plus parfaite l'union chaste toute spirituelle de Jésus Christ avec son Eglise ». Comprendre et accompagner le désir spirituel des époux Martin à vivre de la sainteté, nous renvoie au fait qu' à la lumière de l'Esprit, la fécondité du couple s'incarne souvent au-delà du désert : « Là ils se mirent à penser qu'ils n'avaient pas seulement à acquérir la sainteté, mais aussi, en s'adjoignant des compagnons nouveaux , à développer l'ordre que Notre Dame avait commencé par eux » (ordre des Servites). Dieu Notre Père, apprends-nous à compter ton temps et non pas le nôtre si souvent encombré par nos désirs de la terre. Que nos rencontres et nos choix d'amour se lisent dans Ta seule Présence.

Demande: Que Louis et Zélie Martin nous apportent le don de l'attente pour accueillir l'Esprit de Dieu. Monsieur et Madame Martin, apprenez-nous à faire mémoire du don de l'Esprit.

Prières du jour: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Deuxième jour

Les fruits de l'Esprit

« Le Seigneur m'a donné des parents plus dignes du ciel que de la terre » (sainte Thérèse de l'Enfant Jésus).

Prière à l'Esprit -Saint: « O Feu consumant, Esprit d'amour, survenez en moi afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe; que je lui sois une humanité du surcroît, en laquelle il renouvelle tout son mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, couvrez-la de votre ombre, ne voyez en elle que le Bien Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ». (Bienheureuse Elisabeth de la Trinité)

Psaume 21

Seigneur, Ta Force réjouit le roi; Combien Ton Salut le comble d'allégresse Tu lui as accordé le désir de son coeur, Tu n'as point refusé le souhait de ses lèvres car tu l'as prévenu de bénédictions de choix, Tu as mis sur sa tête une couronne d'or fin; Tu lui as accordé la vie qu'il demandait, longueur de jours, encore et à jamais. Grande gloire lui fait ton salut, Tu as mis sur lui le faste et l'éclat; oui, tu l'établis en bénédictions pour toujours, Tu le réjouis de bonheur près de ta face.

Réflexion: Le « Oui » donné dans le souffle de l'Esprit correspond à un engagement sur le chemin de la confiance et de l'abandon, si cher à sainte Thérèse: « Seigneur que Ta volonté se fasse et non la mienne ». Effectivement, à l'écoute de l'Esprit, il nous sera plus facile dans le tumulte du monde, de discerner l'appel à la sainteté. Ce chemin particulier  peut s'avérer rebutant, aride, voire désertique quand il ne se nourrit pas de la pratique des sacrements, de l'Eucharistie. A chaque pratique recommencée, on retrouve l'échos de la voix d'Osée si proche de nous encore aujourd'hui: « Je te fiance à moi à jamais par la justice et le droit, par la grâce et la miséricorde. Je te fiance à moi par la fidélité et toi tu connaîtras le Seigneur » (Osée 2, 21-22). L'espérance est un moteur, une dynamique, pour ceux qui se reconnaissent vivants: « L'Esprit te couvre de son ombre, tu accueilles en toi la rosée du ciel, déjà les temps sont accomplis. Au loin blanchissent les moissons de ceux qui traversent le Jourdain, terre d'Israël » (Chroniques). Louis et Zélie Martin connaissaient le chant de l'Esprit et ils reconnaissaient les parfums de l'aurore. Ils ont, depuis toujours, désirer consacrer leur union en mémoire de Tobbie et Sarah: « Tobbie se lève du lit et dit à Sarah: Debout ma soeur. Il faut prier tous deux et recourir à Notre Seigneur pour obtenir sa grâce et sa protection. Elle se leva et ils se mirent à prier pour obtenir d'être protégés. » (Tobbie 8). Voila pourquoi il est important que la construction de nos familles de la terre se réalise à l'image de l'humanité du Père, celle de la famille de Nazareth, celle de saintes familles. Nous sommes tous appelés à être des architectes de l'espérance et de l'amour : « Comme un jeune homme épouse une vierge, ton architecte t'épousera et comme le mari se réjouit de son épouse, ton Dieu se réjouira de toi » (Is 62-5). A travers cette douce relation établie avec Notre Père, sainte Thérèse peut nous rassurer sur notre vocation de parents. Comme le dit la Vierge Marie : « Familles ne vous laissez pas détruire ». Que Louis et Zélie Martin nous enseignent le « Oui » afin que nous parvenions à construire. Par ce « Oui » donné, puissions nous devenir des enfants prodigues. Donnons la vie pour que la vie nous soit donnée.

Demande: Louis et Zélie Martin, puisque dans l'incarnation de votre amour vous confirmez votre désir de la conception pour chacun de vos enfants, aidez-nous à obtenir cette grâce du repos dans la vie donnée du Père. Puissions-nous Lui consacrer tous nos actes de vie et nos dons d'amour.

Prière quotidienne: Notre père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Troisième jour

L'épreuve et la maladie

« Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau » (Math.11-28)

Prière à l'Esprit Saint : Parlez, Saint-Esprit, pour faire une fontaine en mon coeur, dont l'eau pure et salutaire sauve le plus grand pêcheur guérit le plus incurable en lui dessillant les yeux, et pardonne au plus coupable en rejaillissant aux cieux. Pire que la Madeleine, que Lazare au tombeau et que la Samaritaine, je vous demande cette eau; j'en veux boire, j'en demande, J'en sais le don précieux; Plus cette faveur est grande, plus vous serez glorieux. Soutenez mon impuissance, je suis un roseau vivant. Arrêtez mon inconstance, je change plus que le vent. Dissipez mon ignorance, je suis un aveugle né. (saint Louis Marie Grignon de Montfort).

Psaume 41

Heureux qui pense au pauvre et au faible; au jour de malheur le Seigneur le délivre; le Seigneur le garde, Il lui rend vie et bonheur sur terre: Il ne le livre pas à l'appétit de ses ennemis, le Seigneur le soutient sur son lit de douleur; Tu refais tout entière la couche où il languit. Moi j'ai dit : « Pitié pour moi, Seigneur, guéris mon âme, car j'ai péché contre toi ». Mes ennemis parlant de moi me malmènent: « Quand va-t-il mourir et son nom périr? » Vient-on me voir, on dit des paroles en l'air, le coeur plein de malices, on déblatère en dehors. Mais toi Seigneur, pitié pour moi, fais-moi lever, je les paierai de leur dû, ces gens: par là, je connaîtrai que tu es mon ami, si l'ennemi ne lance plus contre moi son cri; et moi, que tu soutiens, je resterai indemne, Tu m'auras à jamais établi devant Ta Face. Béni soit Seigneur, le Dieu d'Israël, depuis toujours jusqu'à toujours. Amen.

Réflexion: Aux Buissonnets, la Vierge au Sourire nous appelle et nous invite à comprendre que son sourire, que tout sourire est accueil et source de guérison. A l'école de sainte Thérèse, reconnaissons le vrai sourire dans l'épreuve comme dans la maladie loin du repli sur soi, loin du discours négatif : « Pourquoi cela m'arrive-t-il? », qui dessèche toute espérance. Zélie Martin jusqu'au bout de sa vie a porté son épreuve. Elle l'a conduite aux pieds de la Vierge Marie à Lourdes au-delà de la maladie et de la souffrance. Elle pratiqua l'espérance par-dessus tout. A Lisieux, Louis Martin a déposé son chemin de croix sur l'autel de pierre comme un  holocauste d'amour. Les époux ont choisi de se tenir au pied de la croix en enfants fidèles et dans la compassion car ils savaient, fidèles à l'école de sainte Bernadette, qu'ils ne seraient par heureux en ce monde mais dans l'autre. A notre tour, nous devons comprendre que toute notre existence, quelles que soient les épreuves qui la composent,  peut devenir et doit devenir une offrande. Mais comment réussir à trouver ce passage entre l'ombre à la lumière? Ecoutons saint Pierre Chrysologue: « Offre à Dieu ta vie, l'oblation du jeûne pour qu'il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n'aura pas d'excuse, parce que on a toujours soi-même à offrir. Mais pour que ces dont soient agrées, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s'il n'est pas arrosé par la miséricorde. Car ce que tu n'abandonnes pas à autrui tu ne l'auras pas ». Les épreuves de famille, la maladie, les déceptions professionnelles nous guettent et nous menacent régulièrement. Tout peut nous sembler démesuré et injuste quand un cataclysme ébranle nos vies ou notre entourage. Mais quoiqu'il nous arrive, sachons demeurer dans le juste discernement, le juste état d'âme. Demeurons toujours dans l'écoute de l'autre. Maintenons intact notre capacité à donner, à offrir, même si Dieu nous semble reprendre ce qu'il a donné dans une relation amoureuse mystérieuse. L'offrande de nous-mêmes doit être notre idéal de vie soutenu par la Charité, grande vertu théologale. Louis et Zélie Martin ont tout donné. Ils ont tout offert, sans distinction. Toujours ils ont semé pour faire grandir dans la Patrie Céleste. Sommes-nous capables de semer et d'attendre la récolte avec patience et humilité ? Accepter d'être dans la main du Père comme un petit enfant, n'est-ce pas déjà accepter Sa Bénédiction ?

Demande: Louis et Zélie Martin permettez-nous d'avoir accès à une compréhension de l'amour au sein même de nos épreuves et maladies. Intercédez pour nous afin que dans l'offrande de toute épreuve, nous devenions les porteurs d'eau qui nettoient les plaies de Celui qui a tout donné par amour.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Quatrième jour

Eclatement de la famille

« Soyez entre vous plein de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns les autres comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Oui, cherchez à imiter Dieu puisque vous êtes ses enfants bien aimés » (He).

Prière à l'Esprit- Saint :« O Feu de l'Esprit paraclet, vie de la vie de toute créature, tu es saint, toi qui vivifies les formes. Tu es saint, toi qui couvres de baume les dangereuses fractures, tu es saint, toi qui panses les fétides blessures. O souffle de sainteté, ô feu de charité, ô douce saveur dans les coeurs, et pluie dans les âmes, odorante de vertus. O très pure fontaine où l'on voit Dieu assembler les étrangers et rechercher les égarés. O cuirasse de la vie, espoir de l'union de tous les hommes, retraite de la beauté, sauve les êtres. Garde ceux qu'emprisonne l'ennemi et délivre ceux qui sont enchaînés, ceux que veut sauver la divine puissance ». (sainte Hildegarde)

Psaume 132

Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d'être unis. On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d'Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement. On dirait la rosée d'Hermon qui descend sur les collines de Sion. C'est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie pour toujours.

Psaume 133

Vous tous, bénissez le Seigneur, vous qui servez le Seigneur, qui veillez dans la maison du Seigneur au long des nuits. Levez les mains vers le sanctuaire, et bénissez le Seigneur, que le Seigneur te bénisse de Sion, Lui qui a fait le ciel et la terre.

Réflexion: Tout évènement de la vie peut servir de fondation pour établir une famille dans le ciel. Par exemple ceux qui nous quittent, nos défunts, peuvent nous préparer un chemin. N'oublions jamais la belle prière pour les âmes de nos défunts. Ils ont tant besoin de nous. Que dire également de nos familles divorcées, ces effritements de l'alliance quand celles-ci  construisent un veau d'or?  Dans la mémoire de ce que nous dit l'Evangile « C'est par tes blessures Jésus que nous serons guéris » pensons d'une façon positive à toutes les formes de blessures d'amour et plaçons-nous en situation d'accueil et non de rejet. Il se peut que nous soyons amenés à vivre une séparation pour accéder à d'autres relations plus enrichissantes pour nous-mêmes et automatiquement pour les autres. Les petits frères de Thérèse n'étaient-ils pas des anges du ciel pour leur famille de la terre ? Thérèse elle-même nous apprend dans P. N. 16. 5: « Lève les yeux vers la céleste Patrie et tu verras sur des trônes d'honneur un père aimé, une mère chérie auxquels tu dois ton immense bonheur. » Donc nous pouvons établir des relais dès ce monde à condition de le vouloir : «  Ecoute ma voix. Je te donne un conseil et que Dieu soit avec toi. Tu discerneras, tu feras, allège ta charge. Que d'autres la portent avec toi. Si tu faits celà , Dieu te donnera ses ordres et tu pourras tenir... Moïse écouta la voix de son beau-père et fit tout ce qu'il avait dit. » (Ex. 18, 13-27) Divorcés, nous pouvons par exemple demeurer fidèles à un sacrement donné, à un époux parti, en préservant dans l'espérance de la miséricorde, un dialogue d'amour avec notre Père des Cieux. Quel que soit notre état de séparation et dans l'attente d'être rétablis dans notre alliance avec le Père, apprenons à bénir puisque nous sommes appelés à bénir. Sachons recevoir et donner le pardon. Louis et Zélie Martin dans la fidélité à l'alliance, ont toujours accueilli la bénédiction du Père pour la transmettre dans la paix familiale, à leurs enfants et autour d'eux. Oui le ciment de l'Alliance est en nous car notre identité est en notre Père. « Ne crains pas, car je t'ai racheté. Je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi. » (Isaïe 43, 1-5) Avec saint Jean retenons la phrase de Notre Seigneur : «  Ne murmurez pas entre vous ». Et chantons le psaume: « Voyez qu'il est bon, qu'il est doux, d'habiter en frères tous ensemble ».

Demande: Louis et Zélie Martin, apprenez-nous à faire de nos éclatements de familles, des chemins de guérison. Louis et Zélie Martin, apprenez-nous à affirmer nos « oui »  ou « non ». Que nos événements de vie soient mis dans un éclairage de vérité et de fraternité.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Cinquième jour

Au-delà de toute souffrance

« Réjouissez-vous que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux, pas du  reste ». (Lc 10-20).

Prière d'action de grâce : « Marie vivant dans la pensée du Père, Marie épouse des desseins du Père; rappelle-moi dans l'enveloppement de ta présence maternelle, que j'ai été créé avec sagesse et par amour afin que je puisse dire. Rempli de reconnaissance pour un Père si infiniment bon: «Je te rends grâce Seigneur pour la merveille que je suis ». Marie visite l'instant de ma conception, je te le consacre. Je te consacre mon père et ma mère de la terre, je te consacre leur union. Je te consacre toutes les unions de la terre, pour qu'à l'image de Dieu, l'homme donne la vie avec sagesse et par amour ». (Fr. Ephraïm)

Réflexion: S'il nous est promis qu'au-delà de toute souffrance une joie éternelle nous attend, peut-on affirmer qu'il existe un début et une fin à toute souffrance? La souffrance est dans la conception même de la vie. Or si la vie est don gratuit, toute résistance faite à cette gratuité peut devenir génératrice de lutte, de doute et donc de souffrance. Nous devons choisir entre la maîtrise et l'abandon : « Lorsque la bonté divine choisit quelqu'un pour une grâce particulière ou pour un état sublime, elle lui donne tous les charismes nécessaires à sa personne ainsi qu'à sa fonction et qui augmentent fortement sa beauté spirituelle. » (saint Bernardin de Sienne). La souffrance peut être existentielle, physique ou psychologique. Et si elle peut être constitutionnelle ou réactionnelle, elle peut correspondre à un registre de vie ou de mort. Sommes-nous prêts à accompagner Notre Seigneur Jésus Christ chaque jeudi soir à Gethsémani? : « Se relevant de sa prière, il vint à ses disciples et les trouva endormis de tristesse. Il leur dit: « Qu'avez-vous à dormir? Levez-vous et priez pour ne pas entrer en tentation". (Lc 22-45). Ne soyons donc pas tentés de fuir, de nous replier, de nous aigrir, dans cette lutte contre ce qui nous semble être injuste. Toute souffrance doit être au contraire partagée, offerte à tout instant mais si cela dépasse notre compréhension terrestre. Car au-delà de toute souffrance émerge l'acceptation de la grâce, celle d'être reconnu frère en Jésus Christ, et donc d'être reconnu fils de Dieu. Si nous ne pouvons les retenir, laissons venir les larmes car elles sont toujours nourrissantes et fruit de l'Esprit. Toute forme de désir sans la souffrance peut se comprendre comme une illusion sur l'amour. La souffrance vécue et acceptée des grands Saints est ici une école à la portée de tous, mais nous ne la considérerons jamais comme une fin en soi. Si là où est notre faiblesse réside notre force, la compassion au pied de la croix n'apparaît plus comme une gratuité ou une faiblesse, mais bien comme une attente, une espérance silencieuse. Car si au pied de la croix se tenait la première Eglise, soyons nous aussi, dans cette compassion, prêts à nous laisser embraser: « Comme ils l'emmenaient, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus" ( Lc 23-26).

Demande: Louis et Zélie Martin, apprenez-nous chaque jour à découvrir et à reconnaître ce triomphe de l'amour sur la souffrance encouragée par votre petite reine Thérèse. Acceptons comme vous le fîtes, de nous confier en adoption à la Vierge Marie et à saint Joseph pour obtenir toute forme de guérison. Nous vous remercions Monsieur et Madame Martin car vous nous montrer le chemin du meilleur choix et de l'acceptation de l'adoption filiale afin de vivre à Nazareth comme aux Buissonnets dans votre famille.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Sixième jour

La nuit, le désert, la purification

« C'est pourquoi je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son cœur » (Osée 14)

Prière à l'Esprit Saint : « Venez, Père des lumières, venez Dieu de Charité, formez en moi mes prières, montrez-moi la vérité, faites descendre en mon âme un charbon de votre feu qui la pénètre de flamme et la remplisse de Dieu. Venez Saint Esprit, qui faites les martyrs, les confesseurs, les apôtres, les prophètes, les grands héros, les grands coeurs, c'est Votre seule conduite que mon sauveur a suivie; afin donc que je l'imite, conduisez-moi comme lui. » (saint Louis- Marie Grignon de Montfort).

Psaume 4

Quand je crie, réponds-moi, Dieu ma justice. Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière. Fils des hommes, jusqu'où irez-vous dans l'insulte à ma gloire, l'amour du néant et la course au mensonge ? Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle, le Seigneur entend quand je crie vers lui. Mais vous tremblez, ne pêchez pas, réfléchissez dans le secret, faites silence. Offrez les offrandes justes et faites confiance au Seigneur. Beaucoup demandent: « Qui nous fera voir le bonheur? » Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage. Tu mets dans mon coeur plus de joie que toutes leurs vendanges et leurs moissons. Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, car Tu me donnes d'habiter, Seigneur, seul dans la confiance.

Réflexion: Nos conceptions du désert, de la solitude, de la nuit, se mêlent à celles de l'abandon, de la tristesse, de la punition. Si nous acceptons que notre temps de la terre ne soit pas celui de Dieu, alors nous pouvons mieux comprendre ces conceptions négatives. Car Notre Père ne se présente pas à nous dans les orages, les épreuves, les grandes manifestations, mais comme Elie le vécut, dans le silence et le souffle léger. N'est-ce pas dans le souffle léger quese disent les secrets ? Car Dieu donne puis Il reprend et ce dans un grand mystère d'échange d'amour. De notre côté, il arrive que quand nous donnons nous ne soyons pas compris. Parfois nous refusons de donner comme nous refusons de recevoir. Zélie Martin a tout donné et jusqu'à la mort pour ses enfants. Louis Martin a tout donné jusqu'à l'holocauste sur l'autel eucharistique. Et ces « tout » donnés sont couronnement dans le ciel. Ainsi, nos nuits de la terre, nos déserts, ne sont pas ceux du ciel. Comme le jour triomphe sans heurt des ténèbres parce qu'il sait qu'il sera vainqueur, il nous faut accepter sans violence toute nuit, tout désert, toute purification. Au Calvaire, au coup de lance, le sang et l'eau étaient fontaine jaillissante de vie. Il fallait que Dieu pleure pour que nous l'acceptions. Le coup de lance venu à la fin de l'agonie préfigurait une naissance. Il ne pouvait venir avant l'agonie qui aurait annoncé une mort. Thérèse désirait au Colisée la poussière du sang séché des martyrs. Zélie Martin a engendré dans l'épreuve physique et morale une sainte famille. Louis Martin a porté au Carmel son désir de la prêtrise et comme Moïse, après le désert, il n'a pu contempler la terre promise. Relisons ce texte de Monsieur Martin: «Dieu n'a ouvert qu'une voie pour conduire tous les hommes au bonheur qu'Il leur destine. C'est celle des contradictions et des croix. Elle est pour les princes comme pour les bergers et la foi nous apprend qu'Il n'en exempte personne. »

Demande: Louis et Zélie Martin, apprenez-nous à être simplement, pauvrement, des instruments de Dieu Comme Thérèse préparait à chaque Eucharistie la table du repas, puissions-nous dans la fidélité, inviter notre Dieu à notre table. Alors l'attente deviendra présence et nous deviendrons serviteurs.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Septième jour

L'abandon dans l'espérance

« Demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira » (Math. 7, 7).

Prière à l'Esprit Saint :« Viens Esprit Saint, viens Feu d'Amour, viens Père des pauvres épris de mes blessures, Seigneur, Tu m'as choisie dès ma plus tendre enfance, et je puis m'appeler l'oeuvre de Ton amour. » (sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)

Poème

Réjouis-toi, Jérusalem: jubilez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez. Soyez remplis d'allégresse à cause d'elle, vous tous qui portiez son deuil. Afin que vous soyez allaités et rassasiés par son sein de consolation. Afin que vous savouriez avec délices sa mamelle de gloire. Car ainsi parle le Seigneur : Je vais faire couler vers elle la paix comme un fleuve, Et comme un torrent débordant la gloire des nations. Ses nourrissons seront portés sur les bras et caressés sur les genoux. Comme un fils que sa mère console, Moi aussi je vous consolerai. (Is. 66, 10-14)

Réflexion: A la maison de Nazareth comme à Alençon, il n'y a de place que pour une pédagogie douce et gratifiante. La douce école de la Vierge Marie comme celle de Thérèse, nous éduque dans la Sagesse et la Vérité : « La vérité vous rendra libres », libre d'aimer mais surtout libre pour reconnaître, recevoir et aimer l'amour. L'Amour nous pouvons le reconnaître car il est source de grâce et de guérison. D'ailleurs, Louis et Zélie Martin nous donnent un grand exemple de fidélité dans la prière au temps des épreuves. Ils sont fidèles aux neuvaines, aux pèlerinages : « Qu'ils sont beaux les pieds qui portent  la bonne nouvelle" (saint Paul) Dans la maladie, Zélie Martin s'abandonne confiante dans un voyage à Lourdes. De l'épreuve à l'abandon, dans la confiance vers la guérison, tous nos états de misère devraient se nourrir de l'un ou et de l'autre. Quel mystère, quel trésor à découvrir. A l'école de Thérèse nous recevons tout par Marie pour Jésus. Nous recevons la voie d'enfance cette si belle voie de guérison : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai pour que le Père soit glorifié dans le fils. .. Celui qui m'aime sera fidèle à ma parole. Mon Père l'aimera, Nous viendrons à lui et Nous ferons chez lui Notre demeure. » (Jn. 14, 13 et 23) Dans cet abandon, Zélie Martin a reçu en son sein les sept enfants consacrés au Seigneur. En notre sein, acceptons de porter un nouvel enfant du nom de coeur et de pardon.

Demande: Zélie Martin montrez-nous le chemin de Marie, la grande voie d'enfance prophétisée par Thérèse. Faites que nous puissions renaître dans la confiance du sein de Marie sans la force de nos poignets. Louis et Zélie Martin apprenez-nous à nous laisser faire dans le temps et dans la grâce du Père par la seule force de l'Esprit.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Huitième jour

La maison du Père

« Comme un jour près de Toi, vaut mieux que mille ailleurs, je voudrais habiter dans ton temple, comme un jour près de Toi vaux mieux que mille ailleurs, je voudrais habiter ta maison Seigneur ».

Prière à l'Esprit -Saint : Viens, esprit créateur nous visiter, viens éclairer l'âme de tes fils; Emplis nos coeurs de grâces et de lumières, Toi qui créas toute chose avec amour, donne-nous les sept dons de ton amour, Toi, le doigt qui oeuvre au nom du Père; Toi dont il nous promit le règne et la venue, Toi qui inspires nos langues pour chanter. Gloire à Dieu note Père dans les cieux, Gloire au Fils qui monte des enfers; Gloire à l'Esprit de force et de sagesse, dans tous les siècles des siècles. Amen. (Veni Creator)

Evangile (Jn 14, 1)

« Que votre coeur cesse de se troubler. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père, sinon je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai vous prendre avec moi, afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. Et du lieu où je vais vous connaissez le chemin. »

Réflexion: Dieu est constant dans son amour. Dans cette espérance de l'amour fidèle de Notre Père, comprenons Sa douceur, laissons venir Sa Miséricorde. Et si la douceur de l'amour du Christ est réservée à la maison du Père que dans nos maisons  nous en fassions l'expérience de l'espérance. Chantons, dansons, louons. Pourquoi ne pas respecter nos maisons par une propreté, un éclairage, une odeur qui rappelle les demeures de Nazareth, d'Alençon, les Buissonnets ?: « Levons nos mains vers le Dieu trois fois Saint, que ma prière s'élève devant Toi comme l'encens et mes mains comme l'offrande du soir . » ( office des Vêpres) Dans son atelier, Monsieur Martin, les yeux dans les éclats de la joaillerie, ne contemplait-il pas la splendeur d'une Jérusalem céleste? A la fin de sa vie, en offrant l'autel eucharistique à l'Eglise saint Pierre de Lisieux, ne vivait-il pas du Tabernacle de la maison du Père comme Marie le fut pour Jésus? Louis Martin gérait ses biens en bon père de famille, prince et berger rappelons-nous: « Ainsi, quiconque écoute ces paroles que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc » (Math. 7,2) L'odeur de la terre natale existe comme le parfum de la maison du Père. Soyons heureux de cette reconnaissance de la maison du Père: «  Réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux pas du reste » (Lc 10, 20). Relisons également Thérèse: « Lève les yeux vers la céleste Patrie et tu verras sur des trônes d'honneur un père, une mère chérie, auxquels tu dois ton immense bonheur ». Pour revenir à la Maison osons la voie d'enfance par le chemin de Marie. Osons cette voie évangélique qui vient nous réintroduire dans cette ressemblance que nous avons avec Dieu et de tout ce qui Le constitue à l'image de la demeure de la Jérusalem Céleste. Cette voie d'enfance qui peut nous ramener dans le temps d'avant le péché originel. Demandons Lui de nous apprendre la Divine Volonté.

Demande: Louis et Zélie Martin enseignez-nous cette voie d'enfance, de purification, qui peut nous ramener à la Maison du Père. Puisse votre famille nous introduire dans le mystère d'un Dieu qui a des entrailles de mère.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Neuvième jour

Consécration

« J'ai donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu à ceux qui croient en mon nom » (Jn. 1, 12).

Consécration à Marie

« Je te choisis aujourd'hui, ô Marie, en présence de toute la cour céleste pour ma Mère et ma Reine. Je te livre et consacre en toute soumission et amour mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, te laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient sans exception, selon ton bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l'éternité. Amen ». (saint Louis Marie Grignon de Montfort)

Réflexion: Depuis notre baptême nous arrive-t-il de nous rappeler que nous sommes baignés de l'onction du Seigneur, incorporé au Christ ? Par les sacrements nous rappelons-nous que nous recevons la bénédiction du Père? : « Jacob appela ses fils et dit : « Réunissez-vous que je vous annonce ce qui arrivera dans la suite du temps.... » Il les bénit. A chacun il a donné une bénédiction qui lui convenait. » (Gen. 49, 1-28) A chacun Dieu donne ce qui lui convient dans son état au temps opportun comme un mission, une guérison, une conversion. Dans l'attente de cette Rencontre et dans ce temps de gestation, réfugions-nous dans la chambre nuptiale des époux du Ciel. Nous sommes tous unis au Christ dans la vie Trinitaire par une circulation d'Amour: « Que le Christ habite en vos coeurs par la foi et que vous soyez enracinés, fondés dans l'Amour. » (Eph. 3, 14-20) Alors levons-nous et dans un face à face avec notre Dieu, proclamons notre foi. Rendons-nous disponibles pour recevoir l'Esprit afin que la bénédiction du Père coule sur nous comme une rosée sanctifiante, miséricordieuse. Merci mon Dieu pour cette espérance que nous puissions te recevoir chez nous et que nous soyons dignes de te porter.

Demande finale: Louis et Zélie Martin consacrés dans le sein de la famille de Nazareth apprenez-nous le désir de la consécration. Amen. Nous vous demandons Monsieur et Madame Martin, la consécration pour nous mêmes, notre famille et celle du monde. Amen. Par sainte Thérèse, Zélie Martin, donnez-nous l'amour de la vie. Amen. Par sainte Thérèse petite reine, Louis Martin, roi de famille, enseignez-nous la liturgie des familles où nous sommes appelés, prêtre, prophète et roi. Amen. Notre Père Ave Maria.

Prière de l'enfant d'un saint (de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de SainteFace s'adressant à ses parents du Ciel): « De tes enfants exauce notre prière, protège nous, daigne encore nous bénir. Tu retrouves là-haut notre mère chérie qui t'avait précédé dans la céleste patrie. Maintenant dans les cieux, vous régnez tous les deux, veillez sur nous. Maintenant tes enfants t'adressent leurs prières, ils bénissent ta croix et ta douleur amère. Sur ton front glorieux, rayonnent dans les cieuxNeuf lys en fleur. »

Prière finale: Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin dont le couple fut fidèlement uni, donnant le témoignage d'une vie chrétienne exemplaire, par l'exercice du devoir d'état et la pratique des vertus évangéliques. Dans l'éducation d'une famille nombreuse, à travers les épreuves, les deuils et la souffrance, ils ont manifesté généreusement leur confiance en Toi, leur soumission à ta volonté. Daigne, Seigneur, faire connaître tes desseins à leur égard, et m'accorder les grâces que je sollicite, dans l'espérance que le père et la mère de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus pourront un jour être proposés en modèles aux familles d'aujourd'hui. Amen.

Pour la cause de béatification, toute personne pouvant témoigner d'une grâce particulière reçue par l'intercession de Monsieur et de Madame Martin peuvent nous la communiquer à l'adresse : chm@chemindemarie.com

Imprimatur

Cette neuvaine en compagnie de Louis et Zélie Martin peut être diffusée chez les personnes et groupes qui souhaitent s'en inspirer.

Monseigneur A.M. LEONARD
Evêque de Namur
Le 21.09.1998

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Téléchargez le texte de la Neuvaine (pdf) en cliquant ici

 

Saints Louis et Zélie Martin

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Saints Louis et Zélie Martin

"Le Bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre"

(Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (lettre 261 du 26 juillet 1897)

 

Pour les parents de Thérèse, Dieu est toujours premier servi. Thérèse sera profondément marquée par leur foi profonde et la ferveur religieuse de sa famille. Louis Martin (1823-94) et Zélie Guérin (1831-77). Parents de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, déclarées "Vénérables" par Jean-Paul II le 26 mars 1994. Le procès pour les Causes de Canonisation des Serviteurs de Dieu Louis MARTIN et Zélie GUERIN, parents de Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, ont été instruits séparément par les diocèses de Bayeux-Lisieux et de Sées, entre 1957 et 1960, puis envoyés à Rome. Ces deux Causes, conduites selon la méthode historique et présentées à la Congrégation pour les causes des saints dans une unique étude ou Positio, seront discutées en même temps. Si l'Eglise décide, les deux époux pourront ainsi être glorifiés ensemble. Les fidèles sont donc invités à invoquer conjointement Louis Martin et Zélie Guérin pour obtenir faveurs et miracles par leur intercession. Le 26 mars 1994, le Pape Jean-Paul II les a déclarés "Vénérables", reconnaissant leurs "vertus héroïques". Béatifiés à Lisieux le 19 octobre 2008, ils ont étés canonisés à Rome par le Pape François, le 18 octobre 2015.

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Prière pour obtenir des grâces par l'intercession des Saints Louis et Zélie Martin

 

Dieu notre Père, je Vous remercie de nous avoir donné Saint Louis Martin et Zélie Guérin. Dans l'unité et la fidélité du mariage, ils nous ont offert le témoignage d'une vie chrétienne exemplaire, en accomplissant leurs tâches quotidiennes selon l'esprit de l'Evangile. En élevant une famille nombreuse, à travers les épreuves, les deuils et les souffrances, ils ont manifesté leur confiance en Vous et adhéré généreusement à Votre Volonté. Seigneur, accordez-nous les grâces que nous Vous demandons, par l'intercession du père et de la mère de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, modèles des familles de notre temps. Amen

 

Biographies, documents, prières, neuvaine sur et aux Parents Martin,

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13 décembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 16/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles

Septième jour

Consécration à Marie Mère

Qui mieux que Marie peut nous enseigner ce qu'est la maternité? L'Hymne Acathiste nous dit qu'Elle est porteuse de Celui qui porte tout. Chaque mère considère que l'enfant qu'elle porte est l'univers entier, son petit est son tout. Il est d'abord une partie intégrante d'elle-même qu'elle va mettre au monde puis une autre créature pour laquelle elle se donne sans compter puis elle devra, tout en gardant un lien unique et inaltérable, le laisser voler de ses propres ailes et accepter qu'il est tout autre qu'elle-même. Ce cheminement ne s'est pas fait sans douleur pour la Vierge qui a dû offrir Son Fils pour le monde, pour que le monde devienne par l'Eglise une immense famille dont Elle sera la Mère. Songeons à la Parole du Christ en Croix: « Femme voici ton fils, fils voici ta Mère ». Jésus enseigne à Sa Mère le renoncement au lien exclusif et Lui donne un enfant qu'Elle n'a pas enfanté. La maternité revêt un caractère universel, une mère est mère de tous les enfants du monde. D'une certaine manière, Marie perd son enfant qui va devenir Son Frère. L'achèvement de la maternité est dans une relation de fraternité, d'amitié humaine et spirituelle dont la source d'inspiration est la vie de Foi. La mère doit choisir que son enfant grandisse et s'affranchisse, la maternité doit grandir et se transformer en même temps que l'enfant. Dieu possède un caractère maternel qui trouve son expression en Marie, Mère de Miséricorde. La Miséricorde signifie littéralement, en hébreux, « l'utérus »; (hyster, en grec, qui a donné le mot « hystérique », la conception juive est plus optimiste et positive!), la matrice. Cet amour en effet ne passe pas par la raison, il est viscéral, plus fort que tout. Même si une mère arrivait à oublier son enfant, le Père de Miséricordes, le Père possédant des entrailles de mère, ne pourrait détourner de lui son amour. Dans le jugement de Salomon ce sont ces entrailles maternelles qui s'expriment chez la vraie mère. Vivre à la fois cet amour puissant et inconditionnel pour l'enfant et respecter sa liberté est une tâche difficile. L'exemple et le secours de la Vierge nous sont nécessaires. Comme la paternité, la maternité procède d'en-hait, elle se reçoit du créateur. Bien des mères aujourd'hui considèrent que l'accueil de la vie, et des vies nombreuses constitue un empêchement à vivre sur le plan humain alors qu'il est l'épanouissement d'une mission, d'une vocation reçue de Dieu.

Antienne

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né. (Psaume 87).

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La Parole de Dieu

Premier Livre des Rois 3: 16-28

Alors deux femmes prostituées vinrent chez le roi, et se présentèrent devant lui. L'une des femmes dit: Pardon! mon seigneur, moi et cette femme nous demeurions dans la même maison, et je suis accouché près d'elle dans la maison. Trois jours après, cette femme est aussi accouché. Nous habitions ensemble, aucun étranger n'était avec nous dans la maison, il n'y avait que nous deux. Le fils de cette femme est mort pendant la nuit, parce qu'elle s'était couchée sur lui. Elle s'est levée au milieu de la nuit, elle a pris mon fils à mes côtés tandis que ta servante dormait, et elle l'a couché dans son sein; et son fils qui était mort, elle l'a couché dans mon sein. Le matin, je me suis levée pour allaiter mon fils; et voici, il était mort. Je l'ai regardé attentivement le matin; et voici, ce n'était pas mon fils que j'avais enfanté. L'autre femme dit: Au contraire! c'est mon fils qui est vivant, et c'est ton fils qui est mort. Mais la première répliqua: Nullement! C'est ton fils qui est mort, et c'est mon fils qui est vivant. C'est ainsi qu'elles parlèrent devant le roi. Le roi dit: L'une dit: C'est mon fils qui est vivant, et c'est ton fils qui est mort; et l'autre dit: Nullement! c'est ton fils qui est mort, et c'est mon fils qui est vivant. Puis il ajouta: Apportez-moi une épée. On apporta une épée devant le roi. Et le roi dit: Coupez en deux l'enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l'une et la moitié à l'autre. Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s'émouvoir pour son fils, et elle dit au roi: Ah! mon seigneur, donnez-lui l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l'autre dit: Il ne sera ni à moi ni à toi; coupez-le! Et le roi, prenant la parole, dit: Donnez à la première l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. C'est elle qui est sa mère. Tout Israël apprit le jugement que le roi avait prononcé. Et l'on craignit le roi, car on vit que la sagesse de Dieu était en lui pour le diriger dans ses jugements.

Marie est la Mère du Verbe, qui plus qu'Elle écoute la Parole de Dieu et la met en pratique? Mais Jésus vient affirmer que les liens de la chair et du sang doivent être assumés par les liens de l'Esprit.

Saint Luc 8: 19-21

La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent l'aborder, à cause de la foule. On lui dit: Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir. Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

La traduction exacte n'est pas voici ta mère, mais voici la mère:

Saint Jean 19: 26-27

Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

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L'Enseignement de l'Eglise

Vénérable Jean Paul II, « La Dignité et la Vocation de la Femme », § 18

La maternité comporte dès son origine une ouverture particulière à cette personne nouvelle: c'est justement là le «rôle» de la femme. Dans cette ouverture, dans la conception et l'enfantement, la femme «se trouve par le don désintéressé d'elle-même». Le don de la disponibilité intérieure à accepter l'enfant et à le mettre au monde est lié à l'union matrimoniale qui, comme on l'a dit, devrait constituer un moment particulier du don de soi réciproque de la part et de la femme et de l'homme. La conception et la naissance d'un nouvel être humain s'accompagnent, selon la Bible, de ces paroles de la femme-mère: «J'ai acquis un homme de par le Seigneur» (Gn 4, 1). L'exclamation d'Eve, «mère de tous les vivants», se répète chaque fois que vient au monde un nouvel être humain, elle exprime la joie de la femme et sa conscience de participer au grand mystère de la génération éternelle. Les époux participent à la puissance créatrice de Dieu!

Pourtant, même si tous deux sont ensemble les parents de leur enfant, la maternité de la femme constitue un «rôle» particulier dans leur rôle commun de parents, et même le rôle le plus exigeant. Etre parents, même si cela concerne l'un et l'autre, cela se réalise beaucoup plus en la femme, spécialement dans la période prénatale. C'est la femme qui «paie» directement le prix de cet engendrement commun où se consomment littéralement les énergies de son corps et de son âme. Il faut donc que l'homme ait pleinement conscience de contracter une dette particulière envers la femme, dans leur fonction commune de parents. Aucun programme de «parité des droits» des femmes et des hommes n'est valable si cela n'est pas pris en compte d'une manière tout à fait centrale. La maternité comporte une communion particulière avec le mystère de la vie qui mûrit dans le sein de la femme: la mère admire ce mystère; par son intuition unique, elle «comprend» ce qui se produit en elle. A la lumière du «commencement», la mère accepte et aime comme une personne l'enfant qu'elle porte dans son sein. Ce genre unique de contact avec le nouvel être humain en gestation crée, à son tour, une attitude envers l'homme, non seulement envers son propre enfant mais envers l'homme en général, de nature à caractériser profondément toute la personnalité de la femme. On admet habituellement que la femme est plus capable que l'homme d'attention à la personne humaine concrète, et que la maternité développe encore cette disposition. L'homme, même s'il prend toute sa part dans cette fonction des parents, se trouve toujours «à l'extérieur» du processus de la gestation et de la naissance de l'enfant, et, à bien des égards, il lui faut apprendre de la mère sa propre «paternité». Cela, peut-on dire, entre dans le dynamisme humain normal de la fonction des parents, même quand il s'agit des étapes postérieures à la naissance de l'enfant, spécialement dans la première période. L'éducation de l'enfant, considérée dans son ensemble, devrait inclure la double contribution des parents: la contribution maternelle et la contribution paternelle. Cependant le rôle de la mère est décisif pour les fondements d'une personnalité humaine nouvelle.

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

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L'exemple de la Famille Martin

Thérèse demande à sa maman si elle ira au Ciel: « Je lui ai dit que oui, si elle était bien sage. Elle me répond: « Oui, mais si je n'étais pas mignonne j'irais dans l'enfer, mais moi je sais bien ce que je ferais, je m'envolerais avec toi qui serais au Ciel, comment le Bon Dieu ferait-Il pour me prendre? Tu me tiendrais bien fort dans tes bras! » Et sa mère ajoute: « J'ai vu dans ses yeux qu'elle croyait positivement que le Bon Dieu ne lui pouvait rien si elle était dans les bras de sa mère! » (Zélie, lettre N° 170, « Correspondance Familiale », Ed. Du Cerf)

« La Sainte Vierge m'a fait sentir que c'était vraiment Elle qui m'avait souri et m'avait guérie. Je compris qu'Elle veillait sur moi, que j'étais son enfant, aussi je ne pouvais plus Lui donner que le nom de « Maman », car il me semblait encore plus tendre que celui de « Mère ». Avec quelle ferveur ne l'ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l'ombre de son manteau virginal. Ah! C'était là un de mes premiers désirs d'enfant. En grandissant, j'avais compris que c'était au Carmel qu'il me serait possible de trouver véritablement le manteau de la Sainte Vierge et c'était vers cette montagne fertile que tendaient tous mes désirs ». (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, « Manuscrits Autobiographique », Manuscrit A, folio 57, Oeuvres Complètes, aux Ed. Du Cerf).

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

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Prière consécratoire

O Marie, Nouvelle Eve, je Vous consacre, aujourd'hui toutes mes capacités à être mère, et à vivre la maternité en Vous, Mère de tous les vivants. Je Vous consacre toutes les souffrances liées à mon enfance qui m'empêchent de vivre pleinement la grâce de la maternité. Que je puisse à Votre exemple, Marie, être réceptacle de ce mystère extraordinaire de fécondité, quelles que soient les circonstances humaines et psychologiques de ma vie. Donnez-moi, Marie, d'accueillir pleinement la vie, les vies, que le Créateur me donne ou me donnera de porter, tout en Lui remettant ces liens d'amour indestructibles, pour que je puisse vivre un amour oblatif avec chacun de mes enfants. Amen.

Sion chaque homme l'appelle sa mère, car en elle, tout homme est né.

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Exercice

Dans cet exercice, chaque mère consacrera toutes les souffrances liées à la maternité, afin de vivre dans la paix, le calme et la sérénité que la famille attend d'elle. Pour cela nous méditerons en premier lieu le merveilleux commentaire du Vénérable Jean Paul II sur le verset: « la femme qui enfante dans la douleur »: « En contemplant cette Mère, à qui «une épée a transpercé l'âme» (cf. Lc 2, 35), l'esprit se tourne vers toutes les femmes qui souffrent dans le monde, qui souffrent physiquement ou moralement. Dans cette souffrance, la sensibilité propre de la femme joue aussi son rôle; même si souvent elle sait mieux résister à la souffrance que l'homme. Il est difficile de faire le bilan de ces souffrances, il est difficile de les nommer toutes: on peut rappeler la préoccupation maternelle pour les enfants, surtout quand ils sont malades ou qu'ils prennent une voie mauvaise, la mort des personnes les plus chères, la solitude des mères qu'oublient les enfants adultes ou celle des veuves, les souffrances des femmes qui luttent seules pour survivre et des femmes qui ont été lésées ou qui sont exploitées. Il y a enfin les souffrances des consciences à cause du péché qui a blessé la dignité humaine ou maternelle de la femme, les blessures des consciences qui ne se cicatrisent pas facilement. C'est aussi avec ces souffrances qu'il faut venir au pied de la Croix du Christ. Mais les paroles de l'Evangile sur la femme qui éprouve de la tristesse lorsqu'est venue pour elle l'heure de donner le jour à son enfant expriment aussitôt après la joie: c'est «la joie qu'un homme soit venu au monde». Cette joie se rattache aussi au mystère pascal, c'est-à-dire à la joie qui est donnée en partage aux Apôtres le jour de la Résurrection du Christ ». (Dignité et Vocation de la Femme, Vénérable Jean Paul II, § 19).

Comme le dit le Saint Père, les souffrances de la maternité sont très nombreuses, nous allons en considérer quelques-unes dans la présence de Marie. L'accueil de la vie est parfois difficile à cause des circonstances pénibles dans lesquelles elle a été transmise, particulièrement quand elle est le fruit égoïste de l'homme, voire de violences conjugales s'apparentant au viol. Il s'agit de considérer que la puissance de la vie est infiniment plus grande que notre acquiescement. Au lieu de s'attarder sir les conditions de transmission de la vie, contemplons le désir de Dieu de donner la vie. Il n'est jamais trop tard pour dire oui. Le coût d'une vie peut paraître disproportionné? Evoquons, les grossesses difficiles qui ont comme effacé la joie d'attendre un enfant et trouvons des ressources dans la joie de Marie de porter en Elle le Fils de Dieu, même dans les fatigues et les soucis de la Fuite en Egypte. Emerveillons-nous devant le miracle de la vie. Remettons à la Vierge toute amertume d'être seule pendant le temps de la gestation, que l'absence du père soit physique ou psychologique. Apportons au pied de la Croix toutes formes de souffrances, afin qu'unies à celles de Jésus, elles deviennent rédemptrices pour notre famille. Enfin, acceptons avec Marie, de donner nos enfants, acceptons les séparations, les incompréhensions, les reproches, les mésententes.

Exercice supplémentaire pour les familles où s'est produite une interruption de grossesse

Pour une interruption volontaire, la première chose à faire est de recourir au Sacrement de la Réconciliation, on méditera avec un grand profit l'Encyclique du Vénérable Jean Paul II et plus spécialement la strophe 99: « le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. Vous vous rendrez compte que rien n'est perdu et vous pourrez aussi demander pardon à votre enfant qui vit désormais dans le Seigneur. Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l'accueil et l'attention envers ceux qui ont le plus besoin d'une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l'homme ». Dans les deux cas (interruption volontaire ou accidentelle), ce qui est sûr, c'est que votre enfant vit dans le Seigneur comme l'affirme le Saint Père, il est doc important de le reconnaître, de lui donner un nom, d'avoir recours à sa prière. Il est aussi important après un tel acte, de reconsacrer son sein à la vie, de prier la Sainte Vierge et de méditer sur l'instant où le Verbe est venu dans son sein. En effet, l'enfant qui sera conçu ensuite doit percevoir le sein maternel comme un lieu de vie et de lumière et non comme un lieu de mort.

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16 novembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 15/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Sixième jour

Consécration à Marie Médiatrice de la paternité


Nous avons déjà parlé du rôle médiateur de la femme, il nous faut préciser ce que nous entendons par médiation. Ce terme est souvent compris comme intermédiaire incontournable. Dans ce cas il vaudrait mieux s'adresser directement à Dieu, se passer de cette médiation qui serait une sorte d'obstacle en contradiction avec les Saintes Ecritures qui nous disent que le Christ est l'unique Médiateur entre Dieu et les hommes. Le Cardinal Ratzinger (Benoît XVI) reprend l'étymologie de médiation pour mettre en valeur le « milieu ». La Vierge est un « milieu » comblé de grâces, autrement dit, Elle est un état de grâce auquel nous pouvons accéder dans un esprit d'enfance qui nous rend capables de recevoir les grâces qu'Elle a reçues et de voir Dieu comme Elle le voit, comme Elle le connaît. Marie est le milieu divin des humbles qui la choisissent pour Reine et Mère. C'est ainsi que dans les familles, la femme est le milieu où se révèlent bien des choses divines, dont l'autorité paternelle, car elle procède de Dieu. Si la mère n'autorise pas le père à exercer son autorité, elle n'existe pas, elle est disqualifiée aux yeux des enfants. Là encore nous trouvons une source d'un grand nombre de troubles identitaires. Ce devrait être un principe intangible que les parents ne se contestent pas l'un l'autre devant les enfants à propos d'une décision prise à leur égard. Le père doit prendre la décision en dernier recours et si elle fait l'objet d'un désaccord, il ne doit pas le manifester en présence des enfants, c'est les insécuriser, c'est briser le tuteur sur lequel ils grandissent. Lors de la Fuite en Egypte, Marie obéit à Joseph: dans sa grande humilité qui est le secret de sa force, Elle ne se demande pas pourquoi Dieu a parlé à son époux et pas à Elle directement, Elle ne met pas en avant l'erreur passée de Joseph qui voulait la répudier en secret. Il ne s'agit pas de savoir qui a raison ou tort, il s'agit de vivre saintement et de rayonner des vertus évangéliques sur les enfants, de leur inculquer par exemple l'esprit du Sermon sur la montagne.


Antienne


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse. (Ruth 3: 11)

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Parole de Dieu


A Cana, Marie est Médiatrice de la Volonté du Père, de hâter l'heure du Salut. Elle ne discute pas avec les serviteurs, ni avec Son Fils, dans l'humilité et la douceur, Elle prononce ces paroles d'une grande clarté: « Faites tout ce qu'Il vous dira ». La Bible nous offre l'exemple de femmes médiatrices comme Judith et Esther, prophéties vivantes du rôle de Marie.


Evangile selon Saint Jean 2: 1-5


Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n'ont plus de vin. Jésus lui répondit: Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu'il vous dira.


La médiation se traduit également par intercession. Intercession signifie étymologiquement s'asseoir entre, entre une situation, une personne et Dieu, entre le père et les enfants. Nous trouvons dans la Bible de nombreux exemples où des femmes intercèdent en faveur de leurs enfants comme la Cananéenne qui importune Jésus et ici, la Sunamite, des femmes étrangères qui font venir le Salut dans leur famille.


Deuxième Livre des Rois  4: 17-37


Cette femme devint enceinte, et elle enfanta un fils à la même époque, l'année suivante, comme Élisée lui avait dit. L'enfant grandit. Et un jour qu'il était allé trouver son père vers les moissonneurs, il dit à son père: Ma tête! ma tête! Le père dit à son serviteur: Porte-le à sa mère. Le serviteur l'emporta et l'amena à sa mère. Et l'enfant resta sur les genoux de sa mère jusqu'à midi, puis il mourut. Elle monta, le coucha sur le lit de l'homme de Dieu, ferma la porte sur lui, et sortit. Elle appela son mari, et dit: Envoie-moi, je te prie, un des serviteurs et une des ânesses; je veux aller en hâte vers l'homme de Dieu, et je reviendrai. Et il dit: Pourquoi veux-tu aller aujourd'hui vers lui? Ce n'est ni nouvelle lune ni sabbat. Elle répondit: Tout va bien. Puis elle fit seller l'ânesse, et dit à son serviteur: Mène et pars; ne m'arrête pas en route sans que je te le dise. Elle partit donc et se rendit vers l'homme de Dieu sur la montagne du Carmel. L'homme de Dieu, l'ayant aperçue de loin, dit à Guéhazi, son serviteur: Voici cette Sunamite! Maintenant, cours donc à sa rencontre, et dis-lui: Te portes-tu bien? Ton mari et ton enfant se portent-ils bien? Elle répondit: Bien. Et dès qu'elle fut arrivée auprès de l'homme de Dieu sur la montagne, elle embrassa ses pieds. Guéhazi s'approcha pour la repousser. Mais l'homme de Dieu dit: Laisse-la, car son âme est dans l'amertume, et l'Éternel me l'a caché et ne me l'a point fait connaître. Alors elle dit: Ai-je demandé un fils à mon seigneur? N'ai-je pas dit: Ne me trompe pas? Et Élisée dit à Guéhazi: Ceins tes reins, prends mon bâton dans ta main, et pars. Si tu rencontres quelqu'un, ne le salue pas; et si quelqu'un te salue, ne lui réponds pas. Tu mettras mon bâton sur le visage de l'enfant. La mère de l'enfant dit: L'Éternel est vivant et ton âme est vivante! je ne te quitterai point. Et il se leva et la suivit. Guéhazi les avait devancés, et il avait mis le bâton sur le visage de l'enfant; mais il n'y eut ni voix ni signe d'attention. Il s'en retourna à la rencontre d'Élisée, et lui rapporta la chose, en disant: L'enfant ne s'est pas réveillé. Lorsque Élisée arriva dans la maison, voici, l'enfant était mort, couché sur son lit. Élisée entra et ferma la porte sur eux deux, et il pria l'Éternel. Il monta, et se coucha sur l'enfant; il mit sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains, et il s'étendit sur lui. Et la chair de l'enfant se réchauffa. Élisée s'éloigna, alla çà et là par la maison, puis remonta et s'étendit sur l'enfant. Et l'enfant éternua sept fois, et il ouvrit les yeux. Élisée appela Guéhazi, et dit: Appelle cette Sunamite. Guéhazi l'appela, et elle vint vers Élisée, qui dit: Prends ton fils! Elle alla se jeter à ses pieds, et se prosterna contre terre. Et elle prit son fils, et sortit.


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse.

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L'Enseignement de l'Eglise


Lettre de Jean Paul II « Familiaris Consortio »


En devenant parents, les époux reçoivent de Dieu le don d'une nouvelle responsabilité. Leur amour parental est appelé à devenir pour leurs enfants le signe visible de l'amour même de Dieu, «d'où vient toute paternité au ciel et sur la terre». (§ 14)


Pour construire une telle communion, (…) cela leur sera plus facile si les parents exercent sans faiblesse leur autorité comme un véritable «ministère», ou plutôt comme un service ordonné au bien humain et chrétien des enfants et plus particulièrement destiné à leur faire acquérir une liberté vraiment responsable (...) aucune famille n'ignore combien l'égoïsme, les dissensions, les tensions, les conflits font violence à la communion familiale et peuvent même parfois l'anéantir: c'est là que trouvent leur origine les multiples et diverses formes de division dans la vie familiale. Mais, en même temps, chaque famille est toujours invitée par le Dieu de paix à faire l'expérience joyeuse et rénovatrice de la «réconciliation», c'est-à-dire de la communion restaurée, de l'unité retrouvée.  (§ 21)


Là surtout où les conditions sociales et culturelles poussent facilement le père à se désintéresser d'une certaine façon de sa famille, ou du moins à être moins présent au travail d'éducation, il faut faire en sorte que l'on retrouve dans la société la conviction que la place et le rôle du père dans et pour la famille sont d'une importance unique et irremplaçable. Comme le montre l'expérience, l'absence du père provoque des déséquilibres psychologiques et moraux ainsi que des difficultés notables dans les relations familiales. (§ 25)


« Le Secret de Marie », de Saint Louis Marie Grignion de Montfort


Se consacrer ainsi à Jésus par Marie, c'est mettre entre les mains de Marie nos bonnes actions qui, quoiqu'elles paraissent bonnes, sont très souvent souillées et indignes des regards et de l'acceptation de Dieu devant qui les étoiles ne sont pas pures. (Cf Job 15: 15) Ah! prions cette bonne Mère et Maîtresse que, ayant reçu notre pauvre présent, elle le purifie, elle le sanctifie, elle l'élève et l'embellisse de telle sorte qu'elle le rende digne de Dieu. Tous les revenus de notre âme sont moindres devant Dieu, le Père de famille, pour gagner son amitié et sa grâce, que ne serait devant le roi la pomme véreuse d'un pauvre paysan, fermier de sa Majesté, pour payer sa ferme. Que ferait le pauvre homme, s'il avait de l'esprit et s'il était bien venu auprès de la reine? Amie du pauvre paysan et respectueuse envers le roi, n'ôterait-elle pas de cette pomme ce qu'il y a de véreux et de gâté et ne la mettrait-elle pas dans un bassin d'or entouré de fleurs; et le roi pourrait-il s'empêcher de la recevoir, même avec joie, des mains de la reine qui aime ce paysan... Si vous voulez offrir quelque chose à Dieu, dit saint Bernard, mettez-le dans les mains de Marie. (§ 37).


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse.

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L'exemple de la Famille Martin


Pour la retraite de Marie à la Visitation, tu sais comme il aime peu à se séparer de vous et il avait d'abord formellement dit qu'elle n'irait pas. Je le voyais si bien décidé que je n'avais pas essayé d plaider la cause. J'ai au contraire approuvé, bien résolue dans le fond à revenir à la charge. Hier soit, Marie se lamentait à ce propos; je lui ai dit: « Laisse-moi faire, j'arrive toujours à ce que je veux et sans combat; il y a encore un mois d'ici-là. C'est assez pour décider ton père dix fois ». Je ne me trompais pas, car à peine une heure après, lorsqu'il est entré, il s'est mis à parler très amicalement à ta soeur qui travaillait alors avec activité: « Bon, me dis-je, voilà le moment! » Et j'ai insinué l'affaire. « Tu désires donc beaucoup faire cette retraite? » dit son père à Marie. « Oui papa ». « Eh bien, vas-y! » Et lui qui n'aime ni les absences ni les dépenses, m'affirmait encore hier: « Je ne veux pas qu'elle y aille; et certainement elle n'ira pas: on n'en finit plus avec tous les voyages du Mans et de Lisieux ». Je disais tout comme lui, mais avec une arrière pensée. Il y a longtemps que je connais la ruse du métier! Aussi quand je dis à quelqu'un: « Mon mari ne veut pas », c'est que je n'ai pas plus envie que lui de la chose. Car lorsque les raisons sont justes de mon côté, je sais bien l'y décider et je trouve que j'avais une bonne occasion de vouloir que Marie aille à la retraite. Il est vrai que c'est une dépense, mais l'argent n'est rien quand il s'agit de la sanctification et de la perfection d'une âme; et l'année dernière, Marie m'est revenue toute transformée: les fruits durent encore. Cependant, il est temps aussi qu'elle renouvelle sa provision. Au fond d'ailleurs, c'est bien aussi la pensée de ton père, et c'est pour cela qu'il a cédé si gentiment ». (Zélie Martin, Lettre N° 201, Correspondance Familiale, Ed. du Cerf).


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse.

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Prière consécratoire


O Marie, Médiatrice de toute paternité, je dépose en Vous, dans Votre Cœur Immaculé, tout ce qui en moi refuse de donner et d'autoriser mon époux à exercer sa vocation de père. Je renonce à tout amour captatif envers mes enfants, amour d'où l'autorité paternelle serait amoindrie, exclue et même disqualifiée. Je Vous consacre ma vocation de médiatrice, prenant la décision de ne jamais contester une décision de mon époux et je Vous demande la justesse, la sagesse et l'humilité pour qu'ensembles, dans la prière, nous prenions toutes les décisions concernant notre famille. Ainsi notre amour parental sera le signe visible de l'Amour de Dieu d'où vient toute paternité. Donnez-moi, Marie, d'instaurer réellement mon  époux dans sa vocation de père, sans jugement, mais dans la confiance, afin que nos enfants puissent grandit dans un climat de sécurité.


Maintenant, ma fille, ne crains point, Je ferai pour toi tout ce que tu diras; car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme vertueuse.

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Exercice


Demandons à l'Esprit Saint de nous remettre en mémoire une scène, une situation de conflit où le comportement de l'un et de l'autre n'a pu s'ajuster, voire s'est opposé, laissant chacun dans une frustration, une amertume et dans la désunion. Nous nous remémorons les circonstances, les personnages de la scène, les arguments de chacun, tout en essayant de revivre les sentiments qui nous animent en ces instants. Maintenant, moi, épouse, je prends la place de Marie, Epouse de Joseph, mois époux, je prends la place de Joseph, époux de Marie, et nous revivons cette scène à leur place. Quelle est l'attitude de Joseph? Celle de Marie? Leur mots, leurs interventions ou leur silence, leurs sentiments, leur objectif en cette situation? Comment auraient-ils réagis? Un petit exemple: un couple accueille dans son foyer un homme troublé dans son affectivité. Lors d'un partage, l'épouse est choquée par l'attitude de proximité de son mari avec cet homme, tout en se rendant compte que son mari en est inconscient. Elle ne peut cependant s'empêcher de réagir assez ouvertement. Après cette scène, le couple se retrouve pour faire le point. Il faut se réajuster l'un à l'autre sans se justifier inutilement. Donc le couple demande à Marie et Joseph de les instruire sur l'attitude qu'ils auraient eu dans cette situation. Immédiatement, l'époux peut imaginer l'attitude du Juste Joseph. Dans ce cas, il est un peu plus distant, il est fort et accueillant en même temps. Il rassure et réajuste l'autre par ce qui émane de lui. L'épouse peut voir l'attitude de Marie qui reste toute écoute et paisible, participant à l'harmonie générale, dans aucune réaction violente. Le couple peut alors se réconcilier, chacun reconnaissant ses torts. Ainsi, lorsque plus tard la situation se reproduit, chacun peut réajuster son attitude, fort de cette expérience. Il est important de renouveler cet exercice à chaque nouveau conflit dans le couple et la famille, ajustant toujours plus ses attitudes dans l'imitation de Marie, Joseph et l'Enfant Jésus (pour les enfants).

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08 novembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 14/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Cinquième jour

Consécration de l'union charnelle


L'Eglise nous enseigne que l'homme est un tout et que l'on ne peut séparer la réalité physique, psychologique et spirituelle. L'union des corps doit correspondre à l'union spirituelle et affective entre les époux. Elle doit être une célébration de la vie dans la joie et le plaisir, elle est une jubilation dans le don et le respect de soi et le respect de l'autre. Le corps traduit donc une réalité psychologique et spirituelle. Nous vivons malheureusement à une époque où le corps est dissocié de ces deux réalités. En ce jour de consécration nous nous attacherons à reconnaître la réalité charnelle pour en découvrir toute la beauté et la grandeur dans sa merveilleuse complexité. Ce serait le Paradis si nous n'avions pas certaines blessures qui prennent racine dans le manque d'amour. C'est ainsi que l'érotisme où se manifeste un désir égoïste ou l'autre devient objet de satisfaction s'origine dans le retard que le tout-petit enfant rencontre dans le besoin de satisfaction de ses désirs. Cette tension douloureuse qui aboutit à la satisfaction engendre le besoin de reproduire ce schéma retard-douleur-satisfaction lié à cette douleur. La théologie appelle cette pulsion d'un bien vilain nom: la concupiscence. Ecoutons ce qu'en dit le Pape Jean Paul II: « Donc, la concupiscence empêche de s'identifier soi-même avec son corps, non seulement de manière individuelle, mais aussi de manière relationnelle, et surtout de manière relationnelle, et c'est pourquoi on le cache devant l'autre de manière relationnelle, et c'est pourquoi on le cache devant l'autre. (…) Et ceci montre que la béatifique union originelle, qui était plénière dans l'union sponsale de l'origine, est déformée dans le cœur des personnes, par la concupiscence. Cette opposition confère à la réalisation de cette union une autre dimension et qui sera le propre de l'homme de concupiscence: l'homme et la femme sont, en effet, menacés par l'insatiabilité de cette union et de cette unité, car ils restent des personnes appelées de toute éternité à exister en communion plénière des personnes ». (18 juin 1980). Pour le Pape, la honte vient de la concupiscence puisque le don du corps n'est plus le don de la personne et la nudité devient obscène, c'est à dire détournée de sa vocation. La honte, à son tour, engendre la domination de la femme par l'homme et « cette domination » entraîne chez la femme un désir d'union différentes. L'insatisfaction sur le plan sexuel peut traduite un manque du don de soi, un refus de la chair sur le plan psychologique, mais aussi un désordre dans la finalité de l'acte sexuel. Jésus nous dit qu'un homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l'adultère avec elle. En ce jour, nous demanderons pardon à Dieu pour les infidélités de notre cœur et nous Lui demanderons la grâce de nous revirginiser.


Antienne


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin! (Cantique 4: 10).

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La Parole de Dieu


1 Corinthiens 7: 3-7


Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme. Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence. Je dis cela par condescendance, je n'en fais pas un ordre. Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l'un d'une manière, l'autre d'une autre.


Ephésiens 5: 22-33


Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l'Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église, parce que nous sommes membres de son corps. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand; je dis cela par rapport à Christ et à l'Église. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari.


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin!

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L'enseignement de l'Eglise


Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 2360-2362


La sexualité est ordonnée à l’amour conjugal de l’homme et de la femme. Dans le mariage l’intimité corporelle des époux devient un signe et un gage de communion spirituelle. Entre les baptisés, les liens du mariage sont sanctifiés par le sacrement. « La sexualité, par laquelle l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre par les actes propres et exclusifs des époux, n’est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que si elle est partie intégrante de l’amour dans lequel l’homme et la femme s’engagent entièrement l’un vis-à-vis de l’autre jusqu’à la mort » (…) « Les actes qui réalisent l’union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécue d’une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s’enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance ». La sexualité est source de joie et de plaisir. Le Créateur lui-même (...) a établi que dans cette fonction [de génération] les époux éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l’esprit. Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant. Ils acceptent ce que le Créateur leur a destiné. Néanmoins, les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d’une juste modération (Pie XII, discours 29 octobre 1951).


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin!

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L'exemple de la Famille Martin


Après dix mois de vie commune, l'opportune intervention d'un confesseur amena Monsieur et Madame Martin à modifier leurs vues et à réaliser d'une autre manière les desseins du Ciel à leur égard. Leur conception du mariage s'élargit. Il comprirent que, selon le mot du Père Sertillanges, « la chair mise à sa place n'offusque pas l'esprit, elle le sert ». Les répugnances primitives firent place à la pleine compréhension de l'oeuvre de vie, dans laquelle la théologie Catholique voit non seulement le moyen divinement ordonné à perpétuer la race et à peupler le Ciel d'élus, mais aussi le symbole concret de l'unité conjugale, l'expression achevée de l'amour sans réserve qui lie les conjoints l'un à l'autre, en un mot, le signe sensible du don total qu'ils se font de tout leur être pour « s'entreporter à Dieu », comme dit joliment Saint François de Sales. Ce qui par-dessus tout décida les époux à interrompre leur sainte expérience, ce fut l'ambition de donner des fils et des filles au Seigneur. La vision du Couvent et de l'Autel qui avait enchanté leur jeunesse, ne pourraient-ils la revivre dans une postérité façonnée de leurs mains pour le service de Dieu? Quelle allègre revanche qu'un tel destin: les enfants, gages et fruits de leur amour, incarnation vivante et synthèse de leurs traits, objet enfin de leur commun dévouement, prenant leur place pour se consacrer au Très-Haut et offrir à leur mariage un prolongement sacerdotal et religieux! L'exaltante perspective, et qui avait de quoi faire vibrer ces coeurs de chrétiens! Elle les réconcilia, oserons-nous dire, avec les mille contraintes matérielles de la vie conjugale. (Père Piat, Histoire d'une Famille », aux Ed. Téqui).


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin!

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Prière consécratoire


O Marie, toute pure, je Vous consacre l'union charnelle entre mon époux et moi-même. Je dépose dans Votre Cœur Immaculé toute peur et crainte par rapport à mon corps et à celui de mon époux. Que je Vous abandonne tout retour sur moi-même, tout sentiment d domination ou au contraire de soumission servile, tout sentiment de culpabilité et de honte. Que l'union de nos corps soit une hymne à notre union charnelle et affective, dans le don total de nous-mêmes et dans un grand respect. Je Vous consacre l'union de nos corps pour que toute crainte soit bannie et que nous nous donnions l'un à l'autre dans la joie, que ce soit une célébration dans le don désintéressé. Que nous respections, Marie, ce mystère de l'union des corps et des coeurs dans sa grandeur et sa finalité. Obtenez-nous la pureté de Votre regard sur toute créature et rendez l'innocence à nos coeurs infidèles.


Que ton amour a de charmes, ma soeur, ma fiancée, que ton amour est délicieux, plus que le vin!

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Exercice


Merveille que je suis! C'est ce que chacun d'entre nous devrait dire. Si nous examinons d'un oeil de mouche au microscope nous ne pouvons que nous émerveiller devant un tel chef d'oeuvre de miniaturisation et d'architecture. A plus forte raison devons-nous nous émerveiller devant la beauté du moindre atome, de la moindre cellule de notre corps. Pour retrouver la vocation du corps il nous faut d'abord l'accepter et nous réjouir d'avoir ainsi été créés. Si nos en avons honte c'est qu'au fond de nous, inconsciemment, nous croyons avoir transgressé une loi. Il nous faut découvrir laquelle. Avons-nous mesuré, abusé de notre corps? En avons-nous faut un instrument de domination? Avons-nous été conditionnés par des lois qui ne sont pas les nôtres? La réponse est certainement différente pour chacun. La source de la honte réside dans le sentiment de ne pas correspondre à une loi réelle ou supposée. Elle apporte donc un trouble dans la relation sociale. J'ai honte de mes parents parce qu'ils ne correspondent pas à l'image que je me fais de parents normaux, honorables aux yeux de mes amis par exemple/ La honte a conduit Adam et Eve à se cacher des yeux de Dieu, à se voiler avec des feuilles de vignes. Il y a là un désir de disparaître, de dit-on pas que dans telle situation de honte: « J'aurais voulu me cacher sous terre »? Les causes de honte sont multiples et vont de la grossesse en dehors du mariage, au fruit de l'adultère. Là encore, la vie n'est pas accueillie comme un don de Dieu, mais comme une effraction.


Pour guérir de la honte, il faut nous affranchir des lois humaines ou les faire passer au second plan en mettant au premier plan la Loi Divine, qui n'est qu'amour, élection, respect. Il nous fait prendre conscience de notre dignité de fils et de notre élection à l'instar de Saint Paul qui, bien qu'ayant un passé de persécuteur du Christ, peut déclarer: « Mais quand Celui qui m'avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m'a appelé par Sa Grâce, daigna révéler en moi Son Fils... » (Galates 1: 15). Prendre conscience de cette dignité, de cette correspondance au dessein de Dieu sur nous, nous affranchit de la crainte et de la honte: « C'est Toi qui as formé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère. Je Te loue pour la merveille que je suis. Tes oeuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien. Mon corps n'était point caché devant Toi, lorsque j'ai été fait dans un lieu secret, tissé dans les profondeurs de la terre. Quand je n'étais qu'une masse informe, Tes yeux me voyaient; et sur Ton Livre étaient tous inscrits les jours qui m'étaient destinés, avant qu'aucun d'eux existât » (Psaume 139: 13-16. Quelle est ma honte? 1° Il est bon d'identifier la situation où on a ressenti de la honte et se demander quelle loi on a transgressé. Cette loi est-celle valable? Est-elle celle de Dieu ou celle des hommes? 2° Entrer bien en contact avec le ressenti de cette expérience de transgression. 3° Se placer alors sous le regard de Dieu. Ancrer l'expérience du pardon total par un geste que vous maintiendrez pendant le reste du temps. 4° Revenir à l'expérience initiale en transférant tout ce que vous avez ressenti sous le regard de Celui qui ne nous fait jamais honte. Comparez les deux expériences et comment la seconde a transformé la première. 5° Décidez qu'à l'avenir, en essayant de ne pas transgresser Ses Lois, vous demeurerez sous le regard de Dieu, que Sa seule Loi est Son Amour Miséricordieux, qu'en Lui vous ne pouvez être confondu.

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01 novembre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 13/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Quatrième jour

Consécration à Marie Epouse de Saint Joseph


La leçon que nous donne la nature est précieuse, en elle tout tend à l'union. Même les arbres les plus éloignés unissent leur pollen par l'entremise des abeilles et du vent, tout est ordonné à l'union et à la fécondité. Dans la tradition juive on répond à la question de savoir ce que Dieu fait depuis qu'Il a achevé la Création en disant: il arrange des mariages! L'humanité est faite pour le mariage, sa vocation est nuptiale dans l'ordre de la création comme dans l'ordre de l'éternité. Toute âme est appelée à l'union intime avec Dieu dans des noces éternelles selon la parole du Prophète Isaïe: « Car ton Créateur est ton époux: le Seigneur des armées est Son Nom, et ton Rédempteur est le Saint d'Israël: Il se nomme Dieu de toute la terre » (Isaïe 54: 5). Bien sûr on n'épouse pas totalement que dans la mort, mais notre vie est un chemin où nous devons découvrir notre vocation sponsale et anticiper la vie du monde à venir. La femme est médiatrice dans l'ordre de l'amour, c'est pour cela que le démon la tente et non l'homme, afin qu'elle perde ce rôle et devienne médiatrice dans l'ordre du mal et de la chute. Il est essentiel qu'elle redécouvre la nature de cette médiation d'amour dont les fruits sont doubles: humains et spirituels. La femme est naturellement adoratrice et contemplative, dans le couple, c'est elle qui doit conduire l'homme à la découverte de la vocation nuptiale et ordonne l'humain au divin. C'est seulement dans la contemplation et l'adoration que se nourrit la vocation sponsale. Marie est le parfait exemple de la femme restaurée dans sa grâce initiale, c'est pour cela qu'elle est notre source et notre modèle.

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Antienne


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys. (Cantique 2: 16).

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La Parole de Dieu


Isaïe 54: 4-15


Ne crains pas, car tu ne seras point confondue; Ne rougis pas, car tu ne seras pas déshonorée; Mais tu oublieras la honte de ta jeunesse, Et tu ne te souviendras plus de l'opprobre de ton veuvage. Car ton créateur est ton époux: L'Éternel des armées est son nom; Et ton rédempteur est le Saint d'Israël: Il se nomme Dieu de toute la terre; Car l'Éternel te rappelle comme une femme délaissée et au coeur attristé, Comme une épouse de la jeunesse qui a été répudiée, dit ton Dieu. Quelques instants je t'avais abandonnée, Mais avec une grande affection je t'accueillerai; Dans un instant de colère, je t'avais un moment dérobé ma face, Mais avec un amour éternel j'aurai compassion de toi, Dit ton rédempteur, l'Éternel. Il en sera pour moi comme des eaux de Noé: J'avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre; Je jure de même de ne plus m'irriter contre toi Et de ne plus te menacer. Quand les montagnes s'éloigneraient, Quand les collines chancelleraient, Mon amour ne s'éloignera point de toi, Et mon alliance de paix ne chancellera point, Dit l'Éternel, qui a compassion de toi. Malheureuse, battue de la tempête, et que nul ne console! Voici, je garnirai tes pierres d'antimoine, Et je te donnerai des fondements de saphir; Je ferai tes créneaux de rubis, Tes portes d'escarboucles, Et toute ton enceinte de pierres précieuses. Tous tes fils seront disciples de l'Éternel, Et grande sera la postérité de tes fils. Tu seras affermie par la justice; Bannis l'inquiétude, car tu n'as rien à craindre, Et la frayeur, car elle n'approchera pas de toi. Si l'on forme des complots, cela ne viendra pas de moi; Quiconque se liguera contre toi tombera sous ton pouvoir.


1 Pierre 3: 1-6


Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n'obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée. Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d'or, ou les habits qu'on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu. Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, comme Sara, qui obéissait à Abraham et l'appelait son seigneur. C'est d'elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte.


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys.

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L'enseignement de l'Eglise


Lettre de Jean Paul II aux femmes


L'Église voit en Marie la plus haute expression du « génie féminin » et trouve en elle une source d'inspiration constante. Marie s'est définie elle- même « servante du Seigneur » (Lc 1, 38). C'est par obéissance à la Parole de Dieu qu'elle a accueilli sa vocation privilégiée, mais pas du tout facile, d'épouse et de mère de la famille de Nazareth. En se mettant au service de Dieu, elle s'est mise aussi au service des hommes: service d'amour. C'est ce service qui lui a permis de réaliser dans sa vie l'expérience d'une mystérieuse mais authentique « royauté ». Elle n'est pas invoquée par hasard comme « Reine du ciel et de la terre ». Toute la communauté des croyants l'invoque ainsi; de nombreux peuples et nations l'invoquent comme « Reine ». Sa « royauté » est un service! Son service est une « royauté »! C'est ainsi que devrait être comprise l'autorité dans la famille comme dans la société et dans l'Église. La « royauté » est une révélation de la vocation fondamentale de l'être humain, en tant que créé à « l'image » de Celui qui est Seigneur du ciel et de la terre, et appelé à être son fils adoptif dans le Christ. L'homme est la seule créature sur la terre que « Dieu a voulu pour elle-même », comme l'enseigne le deuxième Concile du Vatican, qui ajoute de manière significative que l'homme « ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même » (Gaudium et Spes N)° 24). En cela consiste la « royauté » maternelle de Marie. Ayant été, dans tout son être, un don pour le Fils, elle devient aussi un don pour les fils et les filles du genre humain tout entier, ravivant la confiance très profonde de celui qui se tourne vers Elle pour être conduit le long des chemins difficiles de la vie vers son terme personnel, son destin transcendant. À travers les étapes de sa vocation particulière, chacun parvient à ce but final, qui oriente l'engagement dans le temps de l'homme comme de la femme.


Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 1624


Les diverses liturgies sont riches en prières de bénédiction et d’épiclèse demandant à Dieu sa grâce et la bénédiction sur le nouveau couple, spécialement sur l’épouse. Dans l’épiclèse de ce sacrement les époux reçoivent l’Esprit Saint comme Communion d’amour du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 32). C’est Lui le sceau de leur alliance, la source toujours offerte de leur amour, la force où se renouvellera leur fidélité.


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys.

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L'exemple de la Famille Martin


« Il me tarde d'être auprès de toi, mon cher Louis, je t'aime de tout mon cœur et je sens encore redoubler mon affection par la privation que j'éprouve de ta présence: il me paraît impossible de vivre éloignée de toi (…) J'essaierais de t'écrire demain, si c'est possible, mais je ne sais à quelle heure nous rentrerons de Trouville (…) Nous revenons mercredi soir à sept heures et demie. Que cela me paraît long. Je t'embrasse comme je t'aime ». (Lettre de Zélie à Louis Martin, après onze ans de mariage. Extraite de la « Correspondance Familiale, aux Ed. Du Cerf).


La vivacité naturelle de Louis lui faisait parfois refuser certaines propositions justifiées de Zélie. Celle-ci, intuitive et patience, savait lui faire accepter au bout d'un certain temps de réflexion les décisions toujours prises en commun. Ainsi, en mai 1877, Monsieur Martin, en bon gérant de ses biens, ne tenait pas à faire une dépense supplémentaire pour une retraite de Marie à la Visitation, alors qu'il finançait déjà un pèlerinage à Lourdes pour elle, Pauline, Léonie et leur mère. Mais il finit par accepter de satisfaire le désir de Marie à qui la retraite de l'année précédente avait fait beaucoup de bien. Zélie était intervenue. A ce propos, elle parle de « ruse du métier ». Ce mot paraît péjoratif, mais il s'agit bien d'un jeu psychologique qui prend pour comparaison la « ruse » de la dentellière, c'est à dire l'habileté qui lui permet d'obtenir des raccords invisibles. (Docteur Cadéot, « Zélie Martin, Ed. Oeil/ F.X. De Guibert).


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys.

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Prière consécratoire


O Marie, épouse de Joseph, je Vous consacre ma vocation d'épouse. Que par ma docilité à l'Esprit Saint, semblable à la femme parfaite des Proverbes, je m'ouvre à l'intelligence du cœur, que par mon désir de sainteté, je « séduise » et attire mon époux vers le Royaume. O Marie, que je rentre de plus en plus dans ce mystère de nuptialité où Dieu nous appelle, que par toute ma vie et par tous mes actes, je me prépare dès ici-bas avec mon époux à participer aux noces de l'Agneau. Que ma parure d'épouse, Vierge toute belle, soit la sagesse, la confiance, la force et la beauté réservées à toutes celles qui regardent vers Vous, Epouse et Reine. Donnez-moi de transformer chacune de mes tâches d'épouse en actes surnaturels et divins, cherchant toujours à Vous imiter.


Mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui, le pâtre parmi les lys.

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Exercice

Médiatrice dans l'ordre de l'amour


Les différentes lectures nous amènent à dégager un certain nombre de valeurs qui sont propres à la femme comme porteuse du mystère de l'union et riche d'un grand désir de s'unir, qu'elle transmet à l'homme. Le terme de soumission est une traduction dangereuse voire erronée, comme dans le Notre Père: ne nous soumets pas à la tentation. En effet, soumettre, en français, signifie mettre en dessous, ce qui voudrait dire que Dieu nous tente, nous place dans une situation où la tentation est sur nous. Il vaudrait mieux traduire: ne nous laisse pas aller dans la tentation. Quant à l'attitude de la femme envers son mari, il serait plus juste de dire: femme, montrez de la déférence envers vos maris. Ne vous révoltez pas contre leur inconduite, mais, que votre attitude de douceur et d'humilité, votre reconnaissance de leur autorité leur fasse peu à peu comprendre qu'ils se trompent, que votre sainteté les confonde et qu'ainsi, ils reviennent à Dieu. Le Livre des Proverbes nous offre un beau portrait d'épouse. Le premier verset est difficilement traduisible: eshet haïl signifie à la fois la femme parfaite (celle qui est achevée et non pas celle qui n'a pas de défaut), la femme forte (haïl veut dire aussi soldat, songeons à Marie, forte comme une armée rangée en bataille) et vertueuse (virtus en latin signifie également force). C'est le portrait d'une reine et d'une servante. Il s'agit dans cet exercice, de méditer ce texte, afin de comprendre en qui réside la grande force de la femme dans une sorte d'examen de conscience. Force dans le dévouement envers son  mari et ses enfants, force dans les choses matérielles et spirituelles. On voit que la renommée de son mari dépend d'elle, de même que le succès de ses affaires, elle montre l'exemple de la Charité, elle est rassurante, car confiante en la Providence.


« La femme forte, qui la trouvera? » Elle a bien plus de valeur que les perles. Le cœur de son mari a confiance en elle, et les produits ne lui feront pas défaut. Elle lui fait du bien, et non du mal, tous les jours de sa vie. Elle se procure de la laine et du lin, et travaille d'une main joyeuse. Elle est comme un navire marchant, elle amène son pain de loin. Elle se lève lorsqu'il est encore nuit, et elle donne la nourriture à sa maison et la tâche à ses servantes. Elle pense à un champs, et elle l'acquiert, du fruit de son travail elle plante une vigne. Elle ceint de force ses reins, elle affermit ses bras. Elle sent que ce qu'elle gagne est bon, sa lampe ne s'éteint point pendant la nuit. Elle met la main à la quenouille, et ses doigts tiennent le fuseau. Elle tend la main au malheureux, elle tend la main à l'indigent. Elle ne craint pas la neige pour sa maison, car toute sa maison est vêtue de cramoisi. Elle se fait des couvertures, elle a des vêtements de fin lin et de pourpre. Son mari est considéré aux portes, lorsqu'il siège avec les anciens du pays. Elle fait des chemises, et les vend, et elle livre des ceintures au marchand. Elle est revêtue de force et de gloire, et elle se rit de l'avenir. Elle ouvre la bouche avec sagesse, et des instructions aimables sont sur sa langue. Elle veille sur ce qui se passe dans sa maison, et elle ne mange pas le pain de paresse. Se fils se lèvent, et la disent bienheureuse, son mari se lève, et lui donne des louanges: « Plusieurs filles ont une conduite vertueuse, mais toi tu les surpasse toutes ». (Proverbes 31: 10-29).

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26 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 12/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Troisième jour

Marie accordée en mariage

(les fiançailles bibliques)


Jésus enseigne ses disciples sur le mariage en leur disant que l'homme quitte son père et sa mère pour s'attacher à sa femme. 'Matthieu 19: 5). C'est également vrai de la femme. Le temps des fiançailles est donné pour les futurs époux accomplissent un travail de préparation qui commence par un travail de séparation et même de libération. En effet, on ne peut se donner que si on est libre, que si on s'est libéré. La véritable libération de la femme passe donc par une coupure. On parle beaucoup de couper le cordon ombilical. Cette expression symbolique traduit une réalité de souffrance, une pénible attraction en arrière. La régression vers le sein maternel est souvent vécue dans des rêves fusionnels comme en vivent les jeunes filles qui s'inventent un prince charmant avec lequel elles vivent une relation indifférenciée, dans une idéalisation de l'amour humain entretenue par la lecture des romans sentimentaux et la passion les feuilletons américains. Le lien mère-fille devra être purifié dans une solitude ontologique et spirituelle, ce n'est que dans la rencontre de notre solitude avec Dieu seul que s'abolit le sentiment de solitude. Cette solitude prépare la rencontre d'une autre solitude qui conduira à l'union dans le respect des personnes. C'est quand elle assume la séparation d'avec sa soeur, qui joua pour elle le rôle de mère, que Zélie Martin envisagea le mariage. L'Eglise et l'exemple des saints nous invitent au réalisme dans l'amour. Il nous faut nous décider à vivre nos rêves plutôt que de rêver notre vie.

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Antienne


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur. (Cantique 3: 11).

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Parole de Dieu


Livre d'Osée 2: 16-22


En ce jour-là, dit l'Éternel, tu m'appelleras: Mon mari! et tu ne m'appelleras plus: Mon maître!  J'ôterai de sa bouche les noms des Baals, afin qu'on ne les mentionne plus par leurs noms. En ce jour-là, je traiterai pour eux une alliance avec les bêtes des champs, les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre, je briserai dans le pays l'arc, l'épée et la guerre, et je les ferai reposer avec sécurité. Je serai ton fiancé pour toujours; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde; je serai ton fiancé par la fidélité, et tu reconnaîtras l'Éternel. En ce jour-là, j'exaucerai, dit l'Éternel, j'exaucerai les cieux, et ils exauceront la terre; la terre exaucera le blé, le moût et l'huile, et ils exauceront Jizreel.


Luc 1: 26-27


Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie.


2 Corinthiens 11: 1-3


Oh! si vous pouviez supporter de ma part un peu de folie! Mais vous, me supportez! Car je suis jaloux de vous d'une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l'égard de Christ.


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur.

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L'enseignement de l'Eglise


Sermon 2, « Missus Est », Saint Bernard


La raison pour laquelle le Seigneur a voulu que Marie fût fiancée à Joseph est la même que celle pour laquelle il a permis de doute de Saint Thomas sur la résurrection. C'était la coutume chez les Juifs de confier, aussitôt après les fiançailles, la futur épouse au futur époux, jusqu'au temps des noces, pour qu'il fût le gardien de sa chasteté, et qu'ils se gardassent l'un à l'autre une fidélité plus grande. Or, de même que Saint Thomas, en doutant et en touchant, est devenu le plus généreux confesseur de la résurrection de Jésus-Christ; de même Joseph, étant fiancé à Marie et en faisant, pendant tout le temps qu'elle fut confiée à sa vigilance, l'épreuve de la sainteté de sa conduite, est devenu le témoin le plus irréprochable de sa chasteté. Rien de plus admirable que ce rapport du doute de Saint Thomas avec les fiançailles de Marie.


Discours du 14 novembre 1979, Jean Paul II


Avec la solitude biblique achemine l'homme vers la communion des personnes. Face aux animaux, face aux réalités créées, il est amené à découvrir l'aide qui lui est accordée. Donc, la solitude est préparation, attente, ouverture vers la communion des personnes. Ce qui montre, en lien avec le chapitre 1 de la Genèse, que l'image de Dieu se lit à travers cette communion que l'homme et la femme constituent à l'origine. L'homme devient image de Dieu, moins au moment de la solitude, qu'au moment de la communion des personnes. En effet, dès l'origine, il est non seulement une image qui reflète la solitude d'une personne qui régit le monde, mais aussi, et essentiellement, l'image d'une insondable communion divine de Personnes, tel est l'aspect théologique le plus profond de tout ce que l'on peut dire sur l'homme. Nous nous trouvons dans la moelle même de la réalité anthropologique dont le nom est « corps humain ».


Discours du 19 décembre 1979, Jean Paul II


La pudeur est une expérience complexe: elle implique une expérience externe et interne, qui éloigne  et qui rapproche, qui est crainte de l'autre moi-même, et de moi-même à travers lui. Elle est en vérité, la recherche de la juste valeur et donc, elle a une signification fondamentale quant à la recherche de « l'ethos » dans la communion des personnes, et, en particulier, dans les relations mutuelles entre l'homme et la femme. En même temps qu'elle m'éloigne de la nudité de l'autre, elle me rapproche de son intériorité. Ce caractère complexe de la pudeur s'exprime aussi par la crainte de l'autre moi-même et de moi-même à travers lui. Car la pudeur exprime les règles essentielles de la « communion des personnes » et est étroitement liée à la dimension de solitude originelle de l'homme. Loin d'exprimer une carence, cela indique, au contraire, une particulière plénitude de conscience et d'expérience, surtout la plénitude de compréhension de la signification du corps lié au fait « qu'ils étaient nus et n'en avaient pas honte » dans le texte de la Genèse, l'apparition de la honte  et de la pudeur est mise en liaison avec la perte de la plénitude originelle. Nous devons nous demander à quelle plénitude de compréhension, avant la honte du corps, correspond la nudité originelle qui dit: « Ils étaient nus et n'en avaient pas honte ».


Consitution Gaudium et Spes, § 49


Il faut instruire à temps les jeunes, et de manière appropriée, de préférence au sein de la famille, sur la dignité de l’amour conjugal, sa fonction, son exercice: ainsi formés à la chasteté, ils pourront le moment venu, s’engager dans le mariage après des fiançailles vécues dans la dignité.


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur.

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L'exemple de la Famille Martin


C'est à l'heure de la séparation déchirante d'avec celle qui était vraiment l'âme de son âme, que Zélie Guérin va brusquement voir s'ouvrir devant elle la perspective du mariage. Y songeait-elle effectivement ou subissait-elle encore, à son insu, l'attirance du voile et du recueillement qu'il confère? De taille un peu en dessous de la moyenne, le visage très joli et d'une expression toute pure, les cheveux bruns solidement noués, le nez long et de ligne harmonieuse, les yeux noirs pétillants de décision, où passait par moments une ombre de mélancolie, la jeune fille avait de quoi plaire. Toute en elle était vivacité, finesse, amabilité. D'esprit sémillant et cultivé, de très haut sens pratique et de grand caractère, par dessus tout et de foi intrépide, c'était une femme supérieure qui devait attirer les regards. Un jour que Zélie Guérin passait sur le Pont Saint Léonard, elle croisa un jeune homme dont la noble physionomie, l'allure réservée, la tenue pleine de dignité l'impressionnèrent. Au même moment, une voix intérieure lui murmurait en secret: « C'est celui-là que j'ai préparé pour toi ». L'identité du passant lui fut bientôt révélée. Elle apprit à connaître Louis Martin. (…) Les deux jeunes gens ne tardèrent pas à s'apprécier et à s'aimer. Leur accord moral s'établit si promptement que les fiançailles religieuses scellèrent sans retard leur engagement mutuel et que, trois mois après leur première rencontre, ils purent s'unir devant Dieu. Le 12 juillet 1858, à 22 heures, eut lieu le mariage civil qui, à leurs yeux n'était dans les termes qu'un odieux contresens et, dans la réalité, qu'une vaine formalité. Deux heures plus tard – c'était donc le 13 – ils s'échangèrent leur serment dans la splendide église Notre Dame. L'abbé Hurel, Curé Doyen de Saint Léonard, qui avait sans doute appuyé le projet de son autorité de père spirituel, reçut le consentement des époux. La scène se passait à minuit, dans la plus stricte intimité, comme pour ne savourer de la cérémonie que le parfum chrétien, peut être aussi parce que les grandes oeuvres de Dieu s'opèrent dans le silence nocturne et qu'elle était marquée au coin de la grandeur, l'union d'où devait naître la Sainte de Lisieux. (…) Ce qu'il (Louis) entrevit de noblesse dans l'âme de sa fiancée lui fit concevoir l'espérance de nouer avec elle, à la façon de Cécile et de Valérien, des Saints Tertiaires Franciscains Elzéar de Sabran et Delphine de Glandève, une de ces unions fraternelles où, dépassant le domaine des sens, les âmes seules se fondent pour se porter vers Dieu de tout le dynamisme d'un amour divinement épuré. (…) Chaque jour, en effet, les deux époux appréciaient davantage le charme de leur tendresse spiritualisée. (…) Non, la résolution des époux Martins n'était le faux départ d'une idylle brusquée. C'était la providentielle préparation d'une race sainte entre toutes. Dieu qui fit naître Son Fils en terre virginale, voulut ne confier Thérèse de l'Enfant Jésus qu'à des parents capables, pour l'avoir pratiquée, de comprendre la splendeur de la virginité. (Père Piat, Histoire d'une Famille, Ed. Téqui).


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur.

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Prière consécratoire


O Marie, Source de toute pureté, je Vous consacre le temps de mes fiançailles, je renonce à tous liens fusionnels, notamment avec ma mère, pour que, libre et adulte, je puisse honorer mon père et ma mère et, à mon tour, fonder une famille selon le Cœur de Dieu. Je Vous consacre ce temps afin que, libérée de tout rêve et fausses images de l'homme, je puisse vivre mes rêves au lieu de rêver ma vie. O Marie, je Vous consacre mon besoin d'amour et ma peur ontologique de la solitude. C'est dans l'union de plus en plus grande de mon être tout entier avec Dieu, mon Créateur, que je pourrai devenir une épouse véritable, à l'exemple de Marie vivant dans la Sainte Famille.


Sortez, filles de Sion, regardez le Roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l'a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur.

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Exercice


L'autonomie psychologique et affective se traduit pas le sentiment de plénitude que chante David lorsqu'il s'exclame: « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer ». L'expérience du manque est remplacée par la certitude d'être entier, accompli, parfait au sens étymologique du terme, c'est à dire « achevé ». C'est ce qu'exprime l'Apôtre quand il nous invite à atteindre la stature parfaite du Christ. Nous appellerons cet exercice: « Qui est en Dieu, rien ne lui manque » (Sainte Thérèse d'Avila). 1 – Identifier le manque en tant que sensation. Où ce manque se situe-t-il dans le corps? Je m'imagine vu de l'extérieur comme une silhouette en trois dimensions, j'évalue les manques dans cette silhouette, je les ressens et je les « ancre » en touchant les parties manquantes sur et dans mon propre corps. 2 – Je médite sur Dieu en qui il n'est pas de manque, il est plénitude. L'Esprit remplit tout, j'imagine les cieux et la terre, en qui il n'est pas de vide. Le Père, Créateur de tout, désire tout remplir, la nature comme le Cœur de l'homme, ce dernier à la liberté de refuser. Le Fils désire remplir le cœur des hommes de son amour. Je m'imagine une Pentecôte d'Amour, où tout est rempli jusqu'à l'ivresse, du monde géologique au règne animal avec l'humanité. Je précise bien quelle est la matière de ce « remplissage », j'en éprouve à la fois la constance et la fluidité, la température, la capacité d'imprégnation, je donne un nom à cette « matière » comme Amour ou Etre, ou un autre nom. Quand j'éprouve cette plénitude jusqu'à l'ivresse, « j'ancre » cet état par un chant ou une exclamation de joie. 3 – Je réactive « l'ancre » du manque en touchant les parties de mon corps ou se situe le manque et en visualisant la silhouette. J'entonne le chant ou l'exclamation de joie que je répète en voyant la silhouette se remplir de la « matière » dont j'ai éprouvé l'existence et que je nomme. Quand elle est pleine, je m'associe à elle, je la réintègre entièrement. Je note alors les changements positifs. 4 – Je m'imagine dans le futur, dans des situations bien concrètes, particulièrement celles où j'éprouvais les manque, dans la solitude ou en compagnie, dans le travail quotidien ou dans les transports en commun, etc. Je me vois dans cet état complet où rien ne me manque et j'en éprouve des sentiments nouveaux. Je peux alors me lever et célébrer cette victoire.

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25 octobre 2010

Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille 11/26

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Consécration à la Sainte Trinité par la Sainte Famille

Communion Marie Reine des Familles


Deuxième jour

Consécration à Marie Enfant


La Tradition voit en Marie la fille préférée du Père. La psychologie de son côté nous apprend que le rôle de père est irremplaçable dans la formation de la personnalité de la jeune fille, c'est son regard d'homme qui lui révèle son identité de femme, transmise par la mère. Pour Marie, le regard du Père lui donnera son innocence, sa pureté e Cœur, car c'est un regard de bonté, de douceur et d'Amour Miséricordieux. Ce regard l'affranchit du regard des hommes, lui donne une immense sécurité, Elle habite ce regard. A l'exemple de la Vierge, il s'agit pour la femme de se placer sous le regard du Père et non pas sous le regard de l'homme qui convoite et qu'elle veut séduire, qui exige et dont elle veut mériter l'amour. La femme ne doit pas dépendre du regard de l'homme mais de celui du Père. Bien des femmes cherchent leur identité dans la considération que l'homme leur porte ou, au contraire, dans une indépendance réactionnelle. On n'est adulte que lorsqu'on est autonome et responsable. La femme responsable répond d'elle-même devant Dieu, comme le fit Marie à l'Annonciation: « Me voici, je suis la servante du Seigneur », elle décline son identité. Autonome signifie littéralement qui a sa loi (nomos en grec) en soi, sa loi, son principe. Elle ne peut dépendre d'un autre, sa dignité est dans cette autonomie, dans cette loi qui est divine et qui l'habite.

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Antienne


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards. (Cantique 4: 9).

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La Parole de Dieu


Il y a un secret entre le Père et elle, il est si jalousement gardé que l'on ne peut se servir pour en parler que des textes qui ne s'appliquent pas directement à elle, mais, que nous lisons métaphoriquement. Marie n'est pas la Sagesse, mais elle y est parfaitement transparente, ce qui fait que beaucoup de saints l'ont contemplée sous les traits de la Sagesse.


Sagesse 7: 22-30


En elle, en effet, un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, rapide, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, acéré, incoercible, bienfaisant, ami des humains, constant, ferme, sans souci, qui peut tout, surveille tout, pénètre tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils. Car plus que tout mouvement, la Sagesse est mobile; elle traverse et pénètre tout grâce à sa pureté. Elle est un souffle de la puissance Divine, une effusion toute pure de la gloire du Tout-Puissant; aussi, rien de souillé ne pénètre en elle. Elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l'activité de Dieu,l'image de sa bonté, une image de son excellence. Bien qu'unique, elle peut tout, sans sortir d'elle-même, elle renouvelle toutes choses. Elle se répand au long des âges dans les âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes; car Dieu n'aime que celui qui vit avec la Sagesse. Elle est en effet, plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations; comparée à la lumière, elle l'emporte: car la lumière fait place à la nuit,mais contre la Sagesse le mal ne saurait prévaloir.


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards.

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L'enseignement de l'Eglise


Les Grandeurs de Marie de Louis d'Argentan


Marie a été faite pour manifester en dehors de ce qu'il y a de plus grand et de plus profond dans la Divinité. Le Père, qui n'a qu'un seul Fils consubstantiel, voulait une fille qui lui donnât plusieurs enfants adoptifs dont il se ferait une famille très nombreuse. Le Fils unique, qui a un Père mais pas de mère, en voulait une selon l'humanité qui fût digne de Lui et ne blessât pas la dignité du Père éternel. Le Saint Esprit, seule personne au-dedans de Dieu qui ne produise une autre Personne, voulait une épouse avec laquelle Il devint si fécond en dehors de Dieu que par Sa divine opération le Fils de Dieu fût réellement produit selon l'humanité. Enfin, toute l'Adorable Trinité, qui ne demeurait qu'en elle-même, voulait un temple secret pour y faire sa demeure.


1er Livre des Révélations de Sainte Brigitte de Suède, chapitre 51


Ma très chère Mère, vous êtes semblable à cette fleur qui est éclose et qui a crû en une vallée proche de laquelle il y avait cinq hautes montagnes. Cette fleur est sortie de trois racines, avec une tige droite, laquelle n’avait aucuns nœuds; elle avait cinq feuilles pleines de toute sorte de suavité et de douceur. Or, cette humble vallée s’est élevée avec sa fleur par-dessus ces cinq montagnes, et ses feuilles se sont élargies et épandues sur toute l’étendue du ciel et par-dessus tous les chœurs des anges. C’est vous, ma Mère bien-aimée, qui êtes cette vallée, à raison de votre humilité, que vous avez eue par-dessus les autres. Celle-ci a dépassé les cinq montagnes. La première montagne, c’était Moïse, à raison de sa puissance, car par ma loi, il a eu puissance sur mon peuple comme si ce peuple eût été enfermé dans son poing: mais vous avez enfermé dans votre sein le Seigneur et le législateur divin de toutes les lois: partant, vous êtes plus élevée que cette montagne. La deuxième montagne était Élie, qui a été tellement saint qu’il fut ravi et élevé en corps et en âme en un lieu saint : mais votre âme, ma très chère Mère, est montée, et avec elle, votre corps très pur, par-dessus tous les chœurs des anges: partant, vous êtes plus haute et plus éminente qu’Élie. La troisième montagne, c’était la force incomparable de Samson, laquelle il a eue par-dessus tous les hommes, et toutefois, le diable l’a vaincu et surmonté par sa tromperie et sa subtilité: mais vous avez surmonté le diable par votre force admirable: partant, vous êtes plus forte que Samson. La quatrième montagne, c’était David, qui a été selon mon cœur et selon ma volonté, lequel toutefois est tombé en péché abominable et cruel: mais vous, ma Mère, vous avez suivi en tout et partout les arrêts et les décrets de ma volonté, et n’avez jamais péché. La cinquième et la dernière montagne, c’était Salomon, qui a été rempli de sagesse, et qui toutefois devint insensé: mais vous, ma Mère, vous avez été remplie de toute sagesse, et n’avez jamais été insensée, déçue ni trompée: partant, vous êtes bien plus éminente que Salomon. Or, cette fleur est sortie de trois racines, d’autant que, dès votre jeunesse, vous avez eu trois choses: l’obéissance, la charité et l’intelligence divine. Certes, de ces trois racines s’est élevée cette tige droite et sans aucun nœud, c’est-à-dire, votre volonté, qui ne fléchissait jamais qu’à la mienne.  Cette fleur aussi a eu cinq feuilles, qui se sont étendues par-dessus tous les chœurs des anges. Vraiment, ma Mère, vous êtes cette fleur à cinq feuilles. La première feuille, c’est votre honnêteté. (...)  La deuxième feuille, c’est votre miséricorde. (…) ,La troisième feuille, c’est votre douceur. (…)  La quatrième feuille, c’est votre prodigieuse et admirable beauté. (…), La cinquième feuille, c’était votre divine délectation.


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards.

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L'exemple de la Famille Martin


Comment pourrai-je redire toutes les tendresses que papa prodiguait à sa petite Reine? Il est des choses que le cœur sent, mais que la parole et même la pensée ne peuvent arriver à rendre. Ils étaient pour moi de beaux jours, ceux où mon roi chéri m'emmenait à la pêche avec lui. J'aimais tant la campagne, les fleurs et les oiseaux! Quelques fois, j'essayais de pêcher avec ma petite ligne, mais je préférais aller m'asseoir seule sur l'herbe fleurie. Alors mes pensées étaient bien profondes, et sans savoir ce que c'était de méditer, mon âme se plongeait dans une réelle oraison. Quelle journée que celle du dimanche! Thérèse était bien contente d'aller prendre la main de son Roi, qui ce jour-là l'embrassait encore plus tendrement qu'à l'ordinaire: puis toute la famille allait à la Messe. Tout au long du chemin et même dans l'église, la petite « Reine à papa » lui donnait la main. Sa place était à côté de lui. Quand nous étions obligés de descendre pour le sermon, il fallait encore deux chaises l'une auprès de l'autre. Ce n'était pas bien difficile... Tout le monde avait l'air de trouver cela si gentil de voir un beau vieillard avec une si petite fille, que les personnes se dérangeaient pour donner leur place. (Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Manuscrit A folio 17).


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards.

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Prière consécratoire


O Marie, Fille préférée du Père, je me consacre dans Votre Enfance, je confie à Votre Cœur Immaculé toutes les blessures et les souffrances liées à la paternité humaine, qui m'ont empêchée d'être fille et de me placer sous le regard du Père des Miséricordes. Je renonce à chercher mon identité dans une dépendance du regard de l'homme sur moi mais avec Vous, Marie Enfant, j'ose entrer dans ce regard amoureux du Père qui m'innocente et me donne la dignité de fille, source de mon identité. Libre en Vous, mon Dieu et mon Père, à l'exemple de Marie, je peux vous dire: me voici.


Tu me ravis le cœur, ma soeur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards.

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Exercice


Il s'agit dans cet exercice, de visualiser le regard du Père comme un faisceau lumineux qui descend du Ciel, il est d'un beau jaune doré, il a un volume. Que voyez-vous dans cette lumière? La pureté, l'innocence, la joie, un amour infini fait de bonté, de tendresse, de douceur, de pardon, de Miséricorde. Recherchez dans votre vie des expériences de bonté, de tendresse, de douceur, etc. Revivez pleinement ces expériences et, chaque fois, placez dans le faisceau lumineux, le contenu de ces expériences en prononçant distinctement bonté, tendresse, douceur, etc... Entrez maintenant dans le faisceau lumineux et constatez ce que vous ressentez. Demeurez-y un long moment, puis laissez-vous aspirer par le regard du Père, jusqu'à entrer dans Sa Personne, jusque dans Son Cœur, ce lieu infiniment chaud et lumineux. Puis allez sur Ses genoux comme Thérèse était assise sur les genoux de Louis Martin pendant la prière du soir. Nommez bien ce que vous ressentez puis ouvrez les yeux et regardez autour de vous, votre mari (votre femme), vos enfants.

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