05 décembre 2015

L'Avent avec Saint François d'Assise

L'Avent avec Saint François

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Deuxième Dimanche de l'Avent

 

Les risques de la vocation

En renonçant au monde, François choisit l'insécurité quant à son avenir. Il n'entre pas dans une famille religieuse qui lui aurait offert un cadre déjà existant et une protection. Sans percevoir encore clairement ce à quoi Dieu l'appelle, il accepte de suivre un chemin obscur. Très concrètement, il renonce aux avantages de son ancien statut et il s'expose aux dangers. C'est ainsi que des brigands qu'il a rencontrés le rouent de coups.

 

À l'école de Saint François

« (Des brigands) lui demandèrent sauvagement qui il pouvait bien être. Ne tremblant devant rien, il leur répondit par cette parole prophétique : « Je suis le héraut du grand Roi ! En quoi cela vous intéresse-t-il ? » Mais eux s'indignèrent ; après lui avoir donné des coups, ils jetèrent le Serviteur de Dieu dans une fosse pleine de neige et dirent, en guise d'insulte au futur pasteur du troupeau du Seigneur : « Couché, le manant héraut de Dieu ! » Après le départ des malfaiteurs, il sauta tout joyeux hors de la fosse et fut retentir d'une voix plus vive ses louanges au Créateur de toutes choses ». (Julien de Spire, Vie de François 10).

 

Parole de Dieu : « Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi ». (Saint Matthieu 5, 11).

 

Dans ma vie

La venue d'un enfant dans un foyer est toujours un événement bouleversant. Il en est de même pour la venue en ce monde du Fils de Dieu. Marie et Joseph ont dû accepter de voir tous leurs projets bouleversés et ils eurent à supporter pour cet enfant l'inconfort du voyage à Bethléem, l'angoisse de la persécution d'Hérode, la tristesse d'un exil injuste. La vie en présence de Dieu ne nous donne pas de faire l'économie des difficultés ou des contrariétés. Mais elle nous permet de vivre tous ces événement dans la paix et la confiance, c'est à dire dans l'espérance.

 

Résolution : J'essaie de vivre tous les événements contraires de cette journée dans un esprit de Foi et d'abandon, heureux de pouvoir vivre, à l'instar de Saint François, de l'esprit des béatitudes, la charte fondatrice du Royaume des Cieux.

 

Méditation

 

Pourquoi l'Eglise attache-t-elle une telle importance à l'Ancien Testament ? Pourquoi le Chrétien est-il invité à en faire la lecture pour en tirer une méditation fructueuse ? Notre Foi nous fait ainsi découvrir la longue préparation dans l'histoire de la venue d'un Sauveur. Après le drame du péché de nos premiers parents, après l'entrée de la mort dans la destinée humaine, après la victoire apparente du Démon qui arrache pour un temps la créature à son Créateur, Dieu met tout en œuvre pour nous sauver. Le temps de l'Avent nous donne de communier aux sentiments de pénitence et d'espérance du peuple de la première Alliance. Saint Jean-Baptiste résume à lui seul toute l'histoire du Salut : il est le dernier et le plus grand des prophètes. Champion des droits de Dieu, il se tient sur le seuil du Nouveau Testament, et sa prédication, toujours actuelle prépare nos cœurs à la venue du Messie. Nous avons-nous aussi à prendre avec courage le chemin de la pénitence et de la conversion. Il n'est rien de pire qu'un cœur endurci, une existence qui n'attende plus rien et qui se contente de la morne possession de quelques biens créés. Un grand désir nous possède et nous sommes faits pour une autre lumière, celle qui va jaillir de la grotte de Bethléem et qui a fait la joie du petit Pauvre d'Assise comme celle de tous les Saints.

 

Deuxième Semaine de l'Avent

 

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Lundi

 

La joie et la certitude du pardon

« Le Seigneur me donna ainsi à moi, Frère François, de commencer à faire pénitence ». C'est ainsi que commence le Testament de notre Saint. Le pardon divin est au cœur du message Chrétien et l'Evangile est adressé aux hommes pour leur Salut. À la joie du pardon doit aussi correspondre chez le baptisé le ferme propos, la décision courageuse de ne plus offenser Dieu et de faire pénitence, comme le rappelle la formule de l'acte de contrition. La pénitence est donc un élément essentiel de la vie chrétienne parce qu'elle marque l'exigence de conversion permanente, une exigence d'amour, certes, mais qui suppose des moyens très concrets et la pratique des œuvres de miséricorde.

 

À l'école de Saint François

« Comme il repensait dans l'amertume de son âme aux années qu'il avait mal dépensées... alors une allégresse ineffable et une suprême suavité commencèrent peu à peu à inonder les tréfonds de son cœur. Il commença aussi à défaillir en sortant de lui-même ; ses sentiments s'évanouirent et les ténèbres qui, par crainte du péché, s'agglutinaient en son cœur se dissipèrent ; la certitude se répandit en lui que toutes ses fautes étaient remises et la confiance lui fut procurée qu'il pouvait reprendre souffle en la grâce » (Thomas de Celano Vita Prima, 26).

 

Parole de Dieu : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés » (Marc 2, 5).

 

Dans ma vie

Tout chrétien est appelé à connaître la joie du pardon et le temps de l'Avent le dispose à accueillir Celui qui se fait homme pour réconcilier les hommes avec le Père. La conscience du péché nous rend la Miséricorde d'autant plus accessible. Dès lors, à la lumière du don qui nous est fait, nous sommes encouragés à poursuivre ce chemin de conversion et de pénitence.

Résolution : Pour accueillir la venue du Seigneur avec un cœur humble, je décide aujourd'hui de renouveler, voire de reprendre, ma pratique du Sacrement de Pénitence. J'examine quelle a été ma vie ces dernières semaines et ces derniers mois et je supplie le Saint Esprit de m'éclairer.

 

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Mardi

 

Tout baptisé est un prophète

La conversion suppose un changement de regard d'esprit et de mentalité. Ce sont les premiers mots que Jésus adresse à la foule au début de sa vie publique. Se convertir, c'est accueillir la lumière de la Foi, c'est participer à notre mesure de créature à la connaissance que Dieu a de Lui-même et de toute la création. François, grâce à sa fidélité au Saint Esprit, à ses lumières et à ses inspirations, a bénéficié d'un certain nombre d'intuitions sur la vie et l'avenir de ceux qu'il rencontrait comme sa propre famille religieuse.

 

À l'école de Saint François

« Le Bienheureux Père, transporté par une sorte d'élévation supramondaine, avait soumis par une étonnante vertu tout ce qu'il y eut dans le monde : projetant toujours l'oeil de son intelligence devant cette lumière suprême, non seulement il savait alors par une révélation divine ce qu'il devait faire, mais il faisait de nombreuses prédictions grâce à un esprit de prophétie, scrutait les secrets des cœurs, connaissait les choses absentes, voyait et racontait à l'avance ce qui allait arriver ». (Thomas de Célano, Memorial 27).

 

Parole de Dieu : « Le témoignage de Jésus, c'est l'Esprit de prophétie » (Apocalypse de Saint Jean 19, 10).

 

Dans ma vie

La vie du Sauveur manifeste une constante fidélité au Saint Esprit que son humanité a reçu en plénitude dès le premier instant de sa conception humaine dans le sein de la Vierge Marie au matin de l'Annonciation. Il est venu sur la terre pour nous communiquer cette fidélité et le Saint Esprit est le don le plus excellent que Jésus fait à l'humanité. La sainteté chrétienne est la sainteté même du Christ. Par la venue de son Fils, Dieu fait une œuvre admirable : il nous recrée à l'image du Messie.

 

Résolution : Je demande aujourd'hui la grâce d'une fidélité au Saint Esprit à la suite de Saint François qui s'est mis à l'école de l'hôte intérieur pour accomplir au quotidien la volonté du Père. Je peux choisir dans mon missel, si j'en possède un, une des prières traditionnelles de la liturgie en l'honneur du Paraclet, ou un chant à l'Esprit Saint dont le refrain m'accompagnera toute la journée.

 

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Mercredi

 

Une règle de vie

Ayant bénéficié de la protection de l'évêque d'Assise, ce premier groupe de disciples autour de François ressent assez vite la nécessité d'être reconnu par l'Eglise universelle en la personne de son Pasteur suprême sur la terre, le Pape Innocent III. En 1209, François adresse au Souverain Pontife une règle sous la forme d'un projet de vie décrivant l'existence des premiers Frères Mineurs (C'est ainsi que François les appelle). Nous n'avons pas gardé trace de cette première ébauche, mais en 1221, les Frères réunis en chapitre votent une première règle composée par François, qui sera suivie d'une autre, plus brève, approuvée en 1223. C'est celle qui est suivie encore aujourd'hui par les trois branches de la Famille Franciscaine.

 

À l'école de Saint François

« La Règle et vie des Frères Mineurs est celle-ci : observer le Saint Evangile de Notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l'obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté. Frère François promet obéissance et révérence au Seigneur Pape Honorius et à ses successeurs... Et que les autres Frères soient tenus d'obéir à Frère François et à ses successeurs ». (Règle et vie des Frères Mineurs 1, 1-3).

 

Parole de Dieu : « Fais cela et tu vivras » (Luc 10, 28).

 

Dans ma vie

Une règle de vie approuvée par l'Eglise pour un ordre religieux ou une famille de consacrés ne se substitue pas à l'Evangile mais elle apprend à ses membres comment vivre le Saint Evangile, selon la grâce propre d'un fondateur. C'est ce que nous appelons un charisme de fondation. En promulguant ce type de texte, la hiérarchie reconnaît dans cette règle un chemin authentique pour suivre le Christ et servir l'Eglise. Mais parce qu'un charisme est un don fait à l'Eglise en son entier, tous les baptisés bénéficient ainsi de la grâce propre faite à un Saint fondateur.

 

Résolution : De ce que je sais du charisme de Saint François, je tire quelques principes concrets de vie que j'essaie de mettre en pratique dès maintenant. Je peux m'inspirer du propre de la Messe de Saint François (4 octobre). C'est ainsi que je prépare mon cœur à la célébration qui approche.

 

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Jeudi

 

La solitude du cœur

L'exemple de Saint François a poussé beaucoup de disciples à le rejoindre. Ensemble, ils forment une communauté fraternelle et missionnaire. Cependant notre Saint, dès le début de sa conversion, est aussi attiré par une vie d'ermite, où, dans la solitude, il passe de très longs moments dans la prière, l'intercession et la louange. Dans les constitutions de l'Ordre, il organise donc cette possibilité pour les Frères de prendre des périodes de vie en solitude. C'est encore une manière d'être fidèle à l'Evangile, à l'imitation du Seigneur Jésus qui consacre une grande partie de sa vie dans l'obscurité de la retraite. C'est aussi une constante dans la vie des Saints. C'est ainsi que leur action et leur prédication touchaient les cœurs et rayonnaient d'une fécondité qui marqué profondément l'Eglise et le monde.

 

À l'école de Saint François

« Ceux qui veulent rester religieusement dans les lieux déserts, qu'ils soient trois frères ou quatre au plus ; que deux d'entre eux soient les mères et aient deux fils, ou un au moins. Que les deux qui sont les mères mènent la vie de Marthe et que les deux fils mènent la vie de Marie ; et qu'ils aient un enclos où chacun aura sa cellule pour prier et dormir. Et qu'ils s'appliquent à retenir le silence » (Règle pour les ermitages, 1-3).

 

Parole de Dieu : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » (Saint Luc 10, 42)

 

Dans ma vie

Le mystère de Noël demande d'être accueilli dans un cœur attentif, disponible, contemplatif et silencieux. C'est toujours dans le silence que Dieu accompli ses plus grandes œuvres. La nécessité de la prière est une constante dans l'enseignement des Saints et, a contrario, la perte du goût de la prière stérilise l'activité de l'Eglise et fait perdre aux Sacrements une part considérable de leur efficacité salvifique.

 

Résolution : Je ménage dans mon emploi du temps des moments de solitude, de désert et de prière et je fais le point sur la résolution prise au premier jour de l'Avent.

 

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Vendredi

 

Envoyé aux hommes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle

À une vie pénitentielle, parfois menée dans la solitude, François ajoute une dimension missionnaire par la prédication. Il ne se retire pas du monde, mais il veut permettre à tous ceux qu'il rencontre de faire l'expérience de la joie du pardon. Voilà pourquoi la prédication tient une place centrale dans les nouvelles formes de vies consacrées qui apparaissent en ce treizième siècle. Le cœur de François s'élargit aux dimensions du monde, tant est grande sa soif du Salut des âmes.

 

À l'école de Saint François

« Considérons, Frères très chers, notre vocation par laquelle, dans Sa Miséricorde, Dieu nous a appelés non seulement pour notre Salut, mais pour le Salut d'un grand nombre en exhortant tous les hommes, plus par l'exemple que par la parole, à faire pénitence de leurs péchés et à avoir en mémoire les commandements de Dieu ». (Légende des Trois Compagnons 36).

 

Parole de Dieu : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Saint Matthieu 28, 19).

 

Dans ma vie

Tout baptisé est appelé à participer à la mission universelle de l'Eglise, quels que soient sa vocation, son état de vie, sa place et sa mission dans le peuple de Dieu et dans le monde. Les modalités concrètes de cette mission peuvent considérablement varier d'une région, d'une époque ou d'une Eglise à une autre. Mais c'est toujours le même Christ et Seigneur que nous devons annoncer. Le lumière qui jaillit de la Grotte de Bethléem doit resplendir dans le monde entier et les Chrétiens ont grâce d'état à la communiquer là ou la Providence Divine les a placés.

 

Résolution : Quels sont les gestes missionnaires que j'ai posés ces derniers temps, y compris et surtout auprès de mes proches, de mes connaissances, de mes relations de travail ou de loisirs ?

 

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Samedi

 

Une prédication féconde

On peut dire que François et ses compagnons sont un évangile vivant et donc une prédication vivante. Leur simplicité, leur pauvreté, leur humilité touchent les cœurs et donnent à leur parole un accent d'authenticité et de vérité qui ne trompent pas ceux qui sont vraiment en recherche ou qui ressentent l'appel à une fidélité renouvelée au Christ. Voilà pourquoi les fruits de conversion et d'adhésion se multiplient. Si François se montre parfois rude dans sa prédication, sa tendresse pour les pécheurs et son amour de Dieu bouleversent ceux qui écoutent sa voix.

 

À l'école de Saint François

« C'était en effet un prédicateur de vérité, conforté par l'autorité apostolique, qui n'usait pas de flatteries et rejetait les caresses des mots ; car le conseil qu'ils donnait aux autres en parole, ils se 54).l'était d'abord donné à lui-même en le mettant en œuvre pour pouvoir dire la vérité avec une très grande assurance. Même les lettrés et les doctes s'émerveillaient de la force de la vérité de ses sermons, qui ne lui venaient pas de l'enseignement d'un homme » (Légende des Trois Compagnons).

 

Parole de Dieu : « Ils étaient frappés par son enseignement, car il parlait avec autorité ». (Saint Luc 4, 32).

 

Dans ma vie

Dans l'Enfant de la Crèche qui ne parle pas encore, nous adorons le Verbe de Dieu, la Parole qui retentit dans le monde pour lui annoncer la Bonne Nouvelle du Salut. Les auditeurs de Jésus seront frappés de son autorité parce qu'Il est la vérité qu'Il annonce et qu'Il proclame. Cette unité est une grâce donnée aux Saints. La Miséricorde qu'ils communiquent, ils en sont les premiers bénéficiaires, ils se sont vraiment mis à l'école du Christ « doux et humble de Coeur ». C'est pou l'Eglise et les missionnaires de l'Evangile le secret de la fécondité de leu parole et de leur prédication.

 

Résolution : Je m'interroge sur la qualité de mes paroles. Ont-elles l'autorité même du Christ parce que je cherche à Lui être uni dans toute ma vie ? Ou alors expriment-elles plutôt le désir de m'imposer et de faire valoir à tout prix mon point de vue, même lorsqu'il n'est pas éclairé ?

 

Extrait du Hors série de Parole et prière « Mon Avent avec Saint François » sorti en 2013

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20 mars 2012

Prière de la Famille Franciscaine de Gironde du 21 mars

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Prière du 21 mars 2012

 

Très chers amis abonnés et visiteurs d'Images Saintes,

Paix et Bien!


Je vous invite à vous joindre à la prière qui se déroule chaque 3e mercredi du mois, dans la chapelle des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie de Bordeaux. Depuis quelques années, à tour de rôle, les Fraternités Franciscaines organisent un temps de prière, de 19 à 20h00. Je vous invite à vous joindre à notre prière ou que vous habitiez, vous en trouverez ci après le déroulement. La prière de ce mois-ci est organisée par la Fraternité Sainte Claire.


Franck Monvoisin, rédacteur du blog Images Saintes


Chant d'entrée

Ô croix dressée sur le monde – H 30

 

1 – Ô croix dressée sur le monde, ô croix de Jésus-Christ

Fleuve dont l’eau féconde du cœur ouvert a jailli

Par toi la vie surabonde, ô croix de Jésus-Christ

2 – Ô croix sublime folie, ô croix de Jésus-Christ

Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix

L’amour de Dieu est folie, ô croix de Jésus-Christ

3 – Ô croix sagesse suprême, ô croix de Jésus-Christ

Le Fils de Dieu lui-même, jusqu’à la mort obéit

Ton dénuement est extrême, ô croix de Jésus-Christ


En ce temps de carême, poursuivant notre cheminement avec Claire, et toujours dans la symbolique du miroir elle nous invite aujourd’hui à :

 

« Contempler le soir »

 

« A la fin de ce miroir, contemple avec quel indicible amour il a voulu souffrir sur l’arbre de la croix et y mourir de la mort la plus honteuse. Placé sur le bois de la croix, ce miroir enseignait lui-même aux passants à quoi ils devaient être attentifs : « ô vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur » D’une seule voix et d’un seul esprit, répondons à ses cris et à ses plaintes : « je ne pourrais pas l’oublier et ce souvenir me consume » (4LAg 23-26)

 

Il est resté nu sur le gibet

 

En contemplant le Christ crucifié, Claire se tient devant le buisson ardent d’un amour totalement décentré de lui-même, pure offrande, don radical. Si l’amour de Dieu est révélé par toute la vie de Jésus, nulle part il ne resplendit avec autant d’éclat qu’à l’heure où il accepte de mourir de la mort la plus honteuse. A cette heure, Jésus est pauvre de la plus haute pauvreté, outragé dans sa nudité, rejeté par tous, trahi par ses intimes. Déjà, les langes du nouveau-né de Bethléem avaient quelque chose de pitoyable, mais au moins ils disaient la tendresse et le respect d’une mère. Au calvaire, Jésus est exposé nu aux ricanements de la foule. L’homme pauvre de Nazareth devient un «  pauvre homme » livré à la dérision, à la honte. Au Golgotha, le mépris, l’incompréhension atteignent leur paroxysme. Le rejet, par l’humanité, de l’amour offert par le Crucifié inscrit la plus vive des blessures au cœur du Père.

L’Amour n’est pas aimé ! François aurait voulu parcourir la terre en pleurant la Passion du Seigneur. Il communiait en chaque fibre de son être à cet amour sans limite du Fils de Dieu, au point que les marques de la Passion du pauvre Crucifié s’imprimèrent dans sa chair. Pour Claire, pas de stigmates. Pourtant, comment croire qu’une femme aussi passionnée envers son Seigneur cloué sur une croix par amour de notre amour n’ait pas porté dans son être le plus profond la brûlure d’une telle offrande ?

 

Refrain : Le plus beau des enfants des hommes (CD – Sur les pas de Claire d’Assise)

Est devenu pour nous sauver

Le dernier des derniers des hommes

Pour nous il a tout supporté

On l’a traité pour rien, fouetté sur tout le corps

On l’a traité de chien et conduit à la mort

Il va tout supporter, sans crier au secours

Pour nous réconcilier il invente l’Amour

Achevé sur la croix, Agneau dans l’abattoir

Il nous posse un pourquoi, il invente l‘espoir

Dans le noir du tombeau, dans la mort, dans la nuit

Eclate un jour nouveau, il invente la vie


Silence/ Adoration

 

Dieu a soif

 

Jusqu’à présent, Claire nous demandait de regarder. Et voici qu’elle nous invite à entrer en dialogue. Brusquement, le miroir placé sur le bois de la croix s’anime. Une plainte s’élève au milieu du silence. De la bouche de Jésus en croix, Claire accueille une lamentation de Jérusalem humiliée (Lam 1,12) « Voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur ! » Douleur que St Jean traduira par un dernier cri : « J’ai soif » (Jn 19,28) Sur la croix, Jésus connaît une insondable solitude. Solitude de l’amour livré qui ne rencontre que le silence de la fuite, de l’incompréhension, du refus. Le cri de Jésus mourant dévoile son désir infini, sa soif de communion avec la créature. Il blesse le cœur de Claire, lui donnant de prendre la mesure de l’indicible amour.

La prière devant le Crucifié est échange. La prière de Claire, et la nôtre à sa suite se fait rencontre, dialogue d’amour et de compassion, écoute pour essayer de comprendre, avec la grâce de l’Esprit, l’incompréhensible démesure de la miséricorde du Père. Cette contemplation se grave en la mémoire : je ne pourrai pas oublier. La Passion de Jésus habitait Claire jour et nuit. La souffrance de l’Aimé devient la sienne dans une communion qui est à la fois douleur et émerveillement. Prière dont elle fait confidence à Ermentrude de Bruges quand elle lui écrit : « De toutes le fibres de ton être, aime Dieu et son Fils Jésus. Il a été crucifié pour nous, pécheurs. Que jamais son souvenir ne te quitte, mais fais attention à méditer sans cesse les mystères de la croix et les douleurs de sa mère debout sous la croix. (LEr11,12)

 

Gardez en votre cœur le brûlant désir de vous unir au Christ pauvre et méprisé. Alléluia ! Il a souffert pour nous nous le supplice de la croix. Alléluia ! ( CD – Lumières d’Assise)

 

Psaume 15


Veille sur moi Seigneur / car j’ai cherché refuge auprès de toi.

J’ai dit au Seigneur « tu es mon Dieu / Je n’ai pas d’autre bonheur que toi »

Le Seigneur met sa joie dans les saints qui vivent en cette terre/

Il accomplit pour eux les merveilles de son dessein bienveillant.

Mais ceux qui s’empressent vers des dieux étrangers/ voient se multiplier leur détresse. Gardez en votre cœur ….

Je ne verserai pas leurs libations de sang/ je ne mettrai jamais leurs noms sur mes lèvres

Seigneur, ma part d’héritage et ma coupe/ tu veilles sur la part que le sort m’a fixée.

Une terre de délices vient m’échoir en partage/ Un héritage qui me comble de joie.

Je bénis le Seigneur qui m’a révélé son dessein/même durant la nuit mon cœur me le rappelle. Gardez en votre cœur …

 

Le Seigneur est toujours devant mes yeux / il se tient à ma droite, je ne puis chanceler

Aussi mon cœur tressaille et mon esprit exulte/ car ma chair reposera dans la paix

Tu n’abandonneras pas mon âme au pouvoir des Enfers / tu ne laisseras pas ton ami voir la corruption

Tu me feras connaître le chemin de vie+

Et tu me combleras de bonheur devant ta face / près de toi, je serai dans la joie pour

toujours !

Gloire au Père, au Fils, au Saint Esprit,/ pour les siècles des siècles. Amen ! Gardez en votre cœur ….

 

Silence/ Adoration

 

Que je meure par amour de ton amour

 

Si souvent notre prière est remplie de ce que nous voulons dire à Dieu. Et voilà que sur la croix, il nous supplie, il quête de notre part attention à sa douleur, compassion pour son injuste souffrance. Le Christ se fait mendiant de l’amour de chacun. Son invitation à regarder sa douleur, blesse le cœur de Claire. Elle devient vulnérable, à l’image du pauvre Crucifié. Ce souvenir me consume.. Avec Claire nous pouvons demeurer dans une tendresse douloureuse, si pauvre soit-elle, qui nous unira au Bien-aimé, ne pas laisser le Christ seul au moment de la plus haute détresse, devenir présence silencieuse et aimante, souffrant de sa souffrance. Long et difficile apprentissage que celui de consentir à avoir mal de ce qui le blesse, à laisser la peine de Dieu nous toucher, nous affecter, devenir nôtre.

Chaque être humain est l’enfant bien-aimé de Dieu. En son cœur de Père, la douleur s’annonce aussi démesurée que son amour tant qu’un seul de ses petits ne connaîtra pas le bonheur. Jésus pauvre et crucifié, Claire le contemple, lui vient en aide dans chacun des membres accablés de son corps sublime (3LAg8). En sa compassion, elle garde mémoire de la Passion du Christ et la perçoit reflétée en toute réalité souffrante. Ainsi Claire rejoint les femmes de l’Evangile, debout au pied de la croix, et son amour vigilant offre un lieu de repos à la douleur de Dieu.


Que la force brûlante de ton amour, prenne possession de mon âme, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as voulu mourir par amour de mon amour !

( CD – Lumières d’Assise)

 

Silence / Adoration

 

 Les fruits de la Croix

 

Claire n’observe pas à distance la force salvifique du Crucifié, mais elle se laisse envahir tout entière par elle. Du coup elle devient par grâce source de salut, de santé pour ses frères et sœurs souffrantes. Dans la prière, elle participe à l’amour du Crucifié qui guérit : peu à peu, l’indicible amour de Dieu s’imprime dans son cœur, merveilleux échange où elle recueille de l’arbre de la croix toute la force de vie bienfaisante et bonne que l’amour communique. Le Christ rend amour pour amour à celle qui l’aime. Claire brûle de charité pour lui et accomplit des choses extraordinaires par la puissance de la croix. A peine trace-t-elle le signe de la croix sur les malades que leurs infirmités disparaissent (Cel 32). Son attention prévenante s’empresse de soulager autant qu’elle le peut ses sœurs et les autres malades. De toute la force de sa foi, elle s’offre au service des miséreux afin qu’à travers elle, le Crucifié poursuive son œuvre. Rien de magique en cela, mais, en bénissant chacune de ses sœurs, Claire, petite et pauvre, offre à la grâce l’espace libre où elle pourra se déployer, manifestant ainsi que Dieu seul est source de tout bien.

Considérer le mystère de l’ineffable charité de Dieu dans le Christ en croix nous conduit à une même fécondité, car l’amour se donne pour être livré : deviens celui que tu contemples

 

Hymne à la croix

 

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

O Christ notre frère venu nous sauver, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Sagesse éternelle et Verbe de Dieu, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Splendeur de la lumière éternelle du Père, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Jésus tu éclaires nos ténèbres et nos nuits, De ta croix a jailli la joie dans le monde

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

Voici la croix du Christ, arbre de la vie ! Voici la croix du Christ, signe de la Paix !

Toi qui es venu dans le monde, prends pitié de nous

Toi qui fus pendu à la croix, prends pitié de nous

Toi qui pour nous a accepté la mort en croix, Jésus-Christ, source de la vie

Nous te louons, nous t’adorons ! De ta croix a jailli la joie dans le monde

Voici la croix du Christ, arbre de la vie ! Voici la croix du Christ, signe de la Paix !

(CD Signes n° 63)

 

Silence/adoration

 

Expression libre


Prière de clotûre

 

Nous t’adorons, Seigneur Jésus-Christ

Ici et dans toutes les églises qui sont dans le monde entier

Et nous te bénissons, parce que, par ta sainte croix,

Tu as racheté le monde

 

Prochaines rencontres

 

Mercredi 18 avril 2012 à 19h – «  Devenir écoute » - préparé par l’hospitalité franciscaine

Mercredi 16 mai 2012 à 19h – «  Devenir amour » - préparé par la fraternité St Michel

Mercredi 20 juin 2012 à 19h – « Devenir bénédiction » - préparé par la fraternité Ste Claire

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici


Je vous serai gré reconnaissant de me faire parvenir vos impressions et vos témoignages, concernant ces prières, soit par mail, à franck.monvoisin@laposte.net ou en laissant un commentaire sur le mur d'Images Saintes. Je les ferai suivre aux Fraternités.

 

30 juin 2011

8e Centenaire de la fondation de l’Ordre de Sainte-Claire

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8e Centenaire de la fondation de l’Ordre de Sainte-Claire

 

Sur terre elle fut claire, au ciel elle est lumière; toute sa vie chanta jusqu’au dernier moment: « Sois béni, Seigneur, éternellement béni de m’avoir créée ».

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Qui est Sainte Claire d'Assise ?


« Claire par son nom, plus claire encore par sa vie, très claire par son amour »: tels furent les premiers mots du pape Alexandre IV quand il canonisa Claire, deux ans après sa mort. Née à Assise en 1193 d’une famille noble, Claire réalise la prédiction faite avant sa naissance: « Cette enfant sera une lumière plus resplendissante que le jour ». Adolescente, elle est séduite par la vie de pauvreté et la prédication de François qui l’encourage dans son projet de se consacrer à Dieu. La nuit des Rameaux 1212, laissant derrière elle sa maison et sa famille, elle se rend à la petite église de la Portioncule où François lui coupe les cheveux. L’Ordre des clarisses est né. Claire a 18 ans. Non seulement les gens du peuple et les frères mineurs, mais aussi les papes et les cardinaux viennent prendre conseil auprès de soeur Claire et solliciter ses prières. Elle sera la première femme à rédiger une Règle, qu’elle appelle Forme de vie. Elle osera même solliciter du Pape le privilège de pauvreté qui lui permet de refuser toute possession. Après 42 ans d’une vie de prière, de travail et de joyeuse pauvreté, Claire meurt en remerciant Dieu de l’avoir créée. C’était le 11 août 1253. Aujourd’hui, c’est encore comme femme de lumière que Claire reste présente à notre monde. Femme réussie, sa vie jette une clarté d’Évangile sur notre génération en quête de sens. Car toute la Forme de vie que sainte Claire a écrite tient en ces trois mots: observer le saint Évangile.

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Clarté de Claire aujourd'hui


Pour toute l’Église : Lumière de sa prière contemplative: long regard d’émerveillement sur Dieu. Pour les âmes consacrées : Lumière d’une sainte liberté, dans une vie désencombrée qui chante et fait chanter la création. Pour les personnes en autorité : Lumière du sage discernement de Claire, miroir et modèle de ses soeurs durant plus de 40 années. Pour les jeunes : Lumière d’un amour qui donne tout, à 18 ans! et qui joue le grand risque d’ouvrir un chemin neuf. Pour tous les âges de la vie : Lumière de l’émerveillement de Claire qui chante au soir de sa vie: “Sois béni, Seigneur, de m’avoir créée!” Pour les malades : Lumière de la tendresse de Claire qui a tant de fois tracé la croix pour guérir. Pour les peuples en guerre : Lumière de la foi intrépide de Claire qui prend appui sur l’Eucharistie pour terrasser l’ennemi envahissant Assise. Pour le monde des médias : Lumière prophétique de Claire: au XIIIe siècle, elle voit déjà à distance une liturgie célébrée en l’église Saint-François; et elle devient, au XXe siècle, patronne de la télévision.

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Récit de la vocation de Claire

 

« Aimons tous le Seigneur Dieu de tout notre coeur, de toute notre âme, de tout notre esprit, de tout notre pouvoir et courage, de toute notre intelligence, de toutes nos forces, de tout notre effort, de toute notre affection, de toutes nos entrailles, de tous nos désirs, de toute notre volonté... » Devant ces paroles de feu que François, le nouveau converti, prêchait dans la cathédrale d’Assise, Claire n’y tint plus. Elle alla, en compagnie de sa chère Bona, exposer son dilemme à François. Ses parents voulaient la marier, or depuis son enfance, elle désirait se donner tout entière à Jésus Christ. Ce qu’elle voulait, ce n’était pas un couvent bien nanti, bien organisé, c’était simplement tout quitter pour vivre l’Évangile. François écoutait très attentivement. Chaque parole de Claire résonnait comme un écho dans son propre coeur. Il y retrouvait l’appel que lui avait adressé le Seigneur. Oui, ce qu’il avait voulu, ce qu’il voulait, c’était simplement suivre la vie et la pauvreté de notre Seigneur Jésus Christ. Claire se sentit comprise et encouragée dans son propos. Or, Claire était belle de visage, elle avait la réputation d’être intelligente. Sa famille était noble et riche. Elle avait reçu une éducation soignée. Les beaux partis ne manquaient pas. Et la famille de Claire commençait à s’inquiéter, car la jeune fille refusait obstinément le mariage. Jusque-là, elle était douce et docile. Très pieuse, elle avait le souci des pauvres. Alors que les jeunes filles de son âge étaient souvent à la fenêtre, à l’affut de tout ce qui advenait dans la rue, promptes à parler et à rire très fort lorsque passaient des jeunes gens, Claire, elle, ne se montrait jamais, ce qui, d’ailleurs, était tout à son honneur. Pourquoi, alors, ce refus catégorique du mariage? Que faire pour la convaincre? Un voisin et ami de la famille, messire Ranieri di Bernardo, fut envoyé en ambassade. Mais Claire refusa de l’écouter, pire encore, elle lui prêcha le peu de valeur de tous les biens terrestres. Claire le savait, il lui fallait prendre une décision. Jamais sa famille ne la laisserait partir. Avec Bona, elle alla à nouveau trouver François qui vint, accompagné de Frère Philippe. « Désormais que rien ne vous encombre, plus d’obstacle, plus de barrière, plus d’écran », proclamait François. La fête des Rameaux était tout proche. François, qui avait déjà prévenu l’évêque Guido de la détermination de la jeune fille, prescrivit à Claire de revêtir ses plus beaux atours et d’aller, avec tout le peuple, à la bénédiction des Palmes, puis, la nuit suivante, de sortir de la ville pour s’unir à la Passion du Christ.

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Claire


Lorsque Claire d’Assise rencontre François, elle fait preuve d’une audace inouïe : fille de la noblesse, femme encore jeune (elle n’a pas 18 ans), destinée au mariage par ses parents, il est tout à fait scandaleux qu’elle désire et, plus encore, arrive à avoir des entretiens avec François.

Pour son milieu, c’est un homme qui appartient à cette classe des bourgeois, ces nouveaux riches avides de supplanter la noblesse qu’ils ont forcée à l’exil et dont ils ont brûlé les châteaux. Claire elle-même, dans son enfance, a dû s’exiler à Pérouse avec sa famille. Maintenant qu’un accord a été trouvé et que tous ont pu revenir à Assise, François défraye la chronique et, même si le fils du drapier Bernadone intéresse bien peu les proches de Claire, dans cette petite ville où chacun se connaît, ils ne peuvent ignorer les frasques de François ; après avoir été le roi de la jeunesse, un vaniteux ne songeant qu’à s’amuser et à dépenser l’argent paternel à pleines poignées, il mène désormais une vie encore plus extravagante : il s’est brouillé avec son père, mendie sa nourriture, court les routes en clamant l’amour de Dieu. Pire encore, son exemple a séduit quelques jeunes d’Assise, dont Rufin, le cousin de Claire.

La jeune fille sait que François a le soutien de l’évêque, elle l’a entendu prêcher dans les églises d’Assise et a été bouleversée par sa parole simple et enflammée. Elle a été émue par son amour pour Jésus et par sa pauvreté. Elle a reconnu en lui ce que, depuis son enfance, elle désire du plus profond de son coeur : se donner totalement à Dieu dans une vie simple, pauvre, évangélique.

Après s’en être entretenu discrètement avec François, elle quitte en secret la demeure familiale le soir des Rameaux 1212 et vient rejoindre les frères à la Portioncule. Après lui avoir tondu les cheveux en signe d’appartenance à Dieu, François la revêt de la robe de bure et du voile des paysannes, puis il la conduit chez les bénédictines avant d’aménager un petit couvent à côté de Saint-Damien, la première église qu’il a restaurée. Malgré la fureur de la tribu familiale qui tente en vain de reprendre de force Claire et sa soeur venue la rejoindre, les jeunes femmes restent fermes dans leur propos et une petite communauté se forme rapidement autour d’elles.

Claire vécut quarante années avec ses soeurs dans le petit enclos de Saint-Damien. François leur a donné l’Évangile comme forme de vie. Leurs journées sont rythmées par l’office, souvent prolongé par la prière silencieuse. Elles partagent les travaux ménagers et la confection de linges d’autel pour les églises d’alentour. Leur pauvreté est grande : comme François et avec ses encouragements, elles ne veulent avoir aucune propriété. Des soeurs vont mendier leur subsistance, quelques frères les secondent pour la quête et leur assurent les secours spirituels. Claire est la mère mais aussi la soeur et la servante de ses compagnes. Elle veut qu’il en soit ainsi pour celles qui auront le service de l’autorité. Malgré une santé délabrée par les privations, elle partage autant qu’elle le peut les besognes les plus humbles, entre autres le soin des soeurs malades. La vie pauvre, joyeuse, fraternelle de Saint-Damien rayonne et des monastères de Soeurs Pauvres voient le jour dans toute l’Europe. Tout, cependant, n’est pas facile. Après la mort de François, Claire se trouve seule pour défendre sa forme de vie évangélique. Les papes veulent lui faire accepter des propriétés pour assurer la subsistance des soeurs, mais Claire refuse fermement et devra lutter toute sa vie pour n’avoir d’autre « privilège » que celui de suivre le Christ pauvre.

Le rayonnement de Claire a sa source dans son amour passionné pour le Christ, mais aussi dans sa riche personnalité toute entière au service de cet amour. Son obéissance envers l’Église n’altère pas sa vigueur à défendre son charisme. La fermeté qu’elle sait exercer envers ses soeurs s’allie à une grande douceur et même à une tendresse toute maternelle. Elle sait écouter les confidences, voir les détresses, panser les plaies. Son amour pour le Christ est pleinement incarné. Il met en oeuvre ses sens, tout son corps, autant que son intelligence, son coeur et sa mémoire. Il a épanoui et unifié tout son être de femme. C'est sans doute ce qui nous la rend si proche.

Nous avons la chance d’avoir des documents de première main pour connaître Claire : ses écrits comportent une règle et un testament composés à la fin de sa vie. Ils nous livrent sa manière de suivre le Christ. Il reste également cinq lettres qui nous dévoilent les richesses de sa vie spirituelle. Sa biographie a été écrite par son contemporain, Thomas de Celano, dont les dons d’historien sont reconnus par tous, même s’il faut les découvrir sous le style hagiographique de l’époque. Et, surtout, les témoignages du procès de canonisation, recueillis trois mois seulement après le décès de Claire, nous offrent les souvenirs très vivants de personnes qui l’ont connue.


Texte extrait de la revue « Arbre » n°284

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Prière à Sainte Claire

 

Salut, épouse du Christ, vierge sainte, fleur de l’Ordre des Frères Mineurs, ô vase de pureté, ô modèle de tes soeurs, Claire, par tes prières, conduis-nous au Royaume des cieux.


V. Prie pour nous, bienheureuse Claire,

R. Afin que nous devenions dignes des promesses du Christ.

 

Prions


Dieu qui as voulu que, par l’éclat de ses vertus, la bienheureuse Claire illuminât les choeurs innombrables des vierges, accorde-nous, par ses mérites et son intercession, de marcher toujours ici-bas dans la lumière et de jouir éternellement des splendeurs de ta face dans le Royaume des cieux. Amen.

Claire

Pour approfondir sur Sainte Claire

http://www.franciscain.net/index.php?option=com_content&view=article&id=729:a-lire&catid=101:jubile&Itemid=351

16 mars 2011

Spectacle "Le Très Bas"

 

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Diocèse de Bordeaux/Bazas

Dans le cadre des chantiers diocésains 2011 sur l'écologie

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Le Très Bas

ou

"le choix de François d'Assise"

d'après le roman de Christian Bobin (Ed. Gallimard)

 

Le samedi 26 mars 2011 en l'église Notre Dame

a 20h30

 

Prix des billets : 15 euros

 

Renseignements : tresbasbdx@yahoo.fr

20 janvier 2011

Pèlerinage National Franciscain

Pèlerinage National Franciscain 2011

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Renseignements

Cliquer sur le lien suivant
http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-cat-83937-175553-hospitalite_franciscaine.html


01 décembre 2010

« François et la Joie de l'Evangile »

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« François et la Joie de l'Evangile »

Un spectacle qu'il faut ne surtout pas manquer


Le samedi 11 décembre à 20 heures 30

à l'église Saint Ferdinand de Bordeaux


« François et la joie de l'évangile », est un spectacle monté par la troupe « Laudato Si » et joué avec 20/30 jeunes de la Fraternité Franciscaine de Cholet. C'est un mystère religieux, comme ceux qui étaient joués sur les parvis des églises au Moyen Age, par lequel nous souhaitons partager notre découverte de l'actualité évangélique de Sait François d'Assise.


Pendant 1h30, ces différents tableaux, joués en mime, avec l'accompagnement de chanteurs et de musiciens, permettent à toutes les générations de mettre leurs pas dans ceux de François, des fêtes de sa jeunesse à sa vie de fraternité et de pauvreté. Nous sommes tous invités à découvrir comment sa simplicité et son amour du Christ ont transformé ceux qu'ils rencontrait sur son chemin: bourgeois et brigands, le Sultan au milieu des Croisades, le fameux loup de gubbio...


Ce mystère a été joué de nombreuses fois en France, sur les parvis des basiliques d'Assise et de Padoue en Italie, lors du rassemblement de la Famille Franciscaine à Lourdes en octobre 2009 et du chapitre des familles à Cholet en 2010. En août 2011, il sera donné aux JMJ à Madrid.


Ce spectacle joyeux se déguste (sans limite) à tout âge, n'hésitez pas à venir avec de jeunes enfants. L'entrée est libre, une participation aux frais est seulement demandée.


Renseignements

Les Franciscains de Cholet

Couvent saint François

57, rue Pasteur

49300 CHOLET

Tél : 02 41 62 06 37
franciscainscholet@laposte.net

14 août 2009

Fête de Saint Maximilien-Marie Kolbe

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Saint Maximilien-Marie Kolbe

Martyr de l'Immaculée

1894-1941

Fête le 14 août


Polonais, Catholique et Romain (1894-1919)


Raymond Kolbe est né le 8 janvier 1894, dans la ville de Zdunska-Wola, en Pologne. Il a été baptisé le jour même de sa naissance en l’église paroissiale dédiée à Notre-Dame de l’Assomption. Il était le deuxième fils de Julius Kolbe et de Maria Dabrowska, qui en auront cinq, dont trois seulement survécurent. (...)

Une enfance prédestinée


Les époux Kolbe étaient tous deux de pauvres ouvriers tisserands. Maria avait désiré se faire religieuse, mais elle ne put suivre sa vocation, car aucun monastère n’était en mesure de la recevoir sans dot. Après avoir beaucoup prié, elle avait épousé, à vingt et un ans, Julius Kolbe, catholique fervent et appartenant au tiers ordre franciscain, dont il était aussi dirigeant. Les Kolbe avaient peu d’argent et n’en désiraient pas, car ils considéraient la richesse comme un obstacle à la perfection, et même au salut. Très pieux, ils avaient une grande dévotion à la Vierge Marie, Reine de Pologne, et ils se rendirent plusieurs fois en pèlerinage à Czestochowa avec leurs enfants. En même temps qu’un trésor de mansuétude, Raymond avait reçu un tempérament naturellement fougueux. L’éducation sévère de ses parents lui fut très nécessaire pour dompter son caractère. (...)


La mère d'un Saint

La supérieure du couvent de Cracovie, où la mère de notre saint terminera sa vie, nous donne ce témoignage de première valeur : « Marie Dabrowska est née le 25 février 1870. Mère du P. Maximilien et du P. Alphonse, de l’Ordre des Franciscains, elle a été reçue dans notre Congrégation en 1913, en qualité de tertiaire, attachée aux services hors de la clôture, sur la demande du Père M. Sobolewski, Provincial des Franciscains de Pologne. Elle a vécu dans la Maison-Mère de Cracovie, rue Smolensk, jusqu’à la fin de sa vie, le 17 mars 1946. « Elle s’occupait avec abnégation des affaires de notre Congrégation, s’occupait d’expédier le courrier, était chargée des funérailles des religieuses et fut en toutes ces choses d’une grande utilité pour notre Congrégation. « C’était une personne de vertus éminentes qui édifiait ceux qui l’approchaient. Elle avait une dévotion particulière pour la Vierge Immaculée, elle avait dans sa chambre deux petits autels de l’Immaculée, toujours ornés de fleurs fraîches. Tard le soir, elle chantait à voix basse des cantiques, et le matin elle se levait à quatre heures pour avoir plus de temps à consacrer à la prière. « Elle se mortifiait sans cesse et n’exigeait jamais rien de la Congrégation, si bien que les Supérieures devaient veiller à ce que le nécessaire ne lui manquât pas. Après sa mort, on trouva dans son lit une discipline et une mauvaise planche entre son drap et le matelas. C’est ainsi que cette femme de soixante-seize ans savait mortifier son corps. « Elle pratiquait d’une façon peu commune la pauvreté religieuse et aidait les pauvres. Quand elle recevait de la Supérieure l’argent destiné à ses besoins, elle le redonnait aussitôt pour la célébration d’une sainte messe. Dans sa communion quotidienne, elle puisa les forces pour supporter les coups que lui ont portés la mort de son fils, le Père Alphonse, et le martyre du Père Maximilien. Durant son agonie, elle doit probablement avoir vu ce dernier, parce qu’elle prononça ces paroles : “ Mon fils ”. Inexplicablement elle dut supporter avec patience la calomnie d’une domestique, dont la fausseté ne fut connue qu’après sa mort. Elle passait tous ses moments de liberté en adoration devant le Saint Sacrement. Elle avait prédit qu’un jour elle ferait une chute dans la rue, et c’est ce qui arriva. »


La vision de l'Immaculée offrant les deux couronnes

C’est vers l’âge de dix ans qu’il faut situer l’épisode le plus important et le plus extraordinaire de l’enfance de Raymond : une très douce et maternelle apparition de la Vierge qu’il n’oubliera jamais et qui sera continuellement pour lui un stimulant dans son futur amour chevaleresque pour l’Immaculée et dans les fatigues de l’apostolat. Sa mère l’a racontée: « Une fois, quelque chose en lui m’avait déplu, et je lui dis : Mon petit Raymond, qu’est-ce que tu deviendras plus tard ? Après je n’y pensai plus, mais j’observai que l’enfant changeait de telle manière qu’on ne le reconnaissait plus. Nous avions un petit autel caché près duquel il se rendait souvent sans se faire voir, et il y priait en pleurant. En général, il avait un comportement au-dessus de son âge, étant toujours recueilli, sérieux ; quand il priait, il était en larmes. Je me demandai avec inquiétude si par hasard il n’était pas malade et lui dis alors : Qu’est-ce qui t’arrive ? Et je commençai à insister : Tu dois tout raconter à ta petite maman ! Tremblant d’émotion et les larmes aux yeux, il me dit : Maman, quand tu m’as grondé, j’ai beaucoup prié la Vierge de me dire ce que je deviendrais. Me trouvant ensuite à l’église, je la priai de nouveau ; alors elle m’est apparue tenant dans ses mains deux couronnes : une blanche et une rouge. Elle me regarda avec tendresse et me demanda si je voulais ces deux couronnes. La blanche signifiait la persévérance dans la pureté, et la rouge le martyre. Je répondis que je les acceptais. Alors elle me regarda avec douceur et disparut. Le changement extraordinaire survenu chez l’enfant attestait pour moi la vérité de la chose. Il en était pénétré en permanence et, en toute occasion, le visage rayonnant, il faisait allusion à cette mort de martyr qu’il désirait. C’est ainsi que j’y fus préparée comme la Vierge Marie après la prophétie de Siméon... ”(...) En octobre 1907, à l’âge de treize ans, il entre au petit séminaire des Frères mineurs conventuels, à Lwów, avec son frère ainé. Pendant les trois ans où il y fait ses études, il manifeste intelligence, application, esprit scientifique, mais aussi sensibilité, bonté, courtoisie, gaieté et piété. (...)


Un nouveau Saint François

Après avoir connu une forte tentation d’entrer dans l’armée, tentation qu’une visite inattendue de sa mère chassa, il revêtit l’habit franciscain et reçut le nom de frère Maximilien, le 4 septembre 1910. Il a seize ans et huit mois. (...) Le 5 septembre 1911, il faisait sa profession simple. Un an plus tard, il était désigné pour se rendre au Collège séraphique international de Rome, en vue d’obtenir des diplômes en philosophie et en théologie. Il y restera sept ans. C’est pendant cette période romaine, le 1er novembre 1914, qu’il fait profession solennelle et ajoute à son nom religieux celui de “ Marie ”, expression significative de la note dominante de sa spiritualité, qui s’affirme de plus en plus. (…) À Rome, il sera le disciple du Père Stéphane Ignudi, qui avait été lui-même le confident et le confesseur de saint Pie X. (…) Le frère Maximilien recevra de lui son amour pour la Vierge Immaculée, son esprit romain et sa vénération pour le Pape, sa volonté de lutter contre le mal, particulièrement la franc-maçonnerie, et pour la défense inflexible des droits spirituels et temporels de l’Église. (…) Le P. Ignudi notera en 1919 dans le registre journalier du Collège cette appréciation sur son disciple : sanctus juvenis (“ un jeune saint ”). (…)


1917: Le choc de la secte impie


Frère Maximilien-Marie souffrait cruellement de tout ce qu’il voyait se produire contre l’Église dans la ville de Rome. (…) L’anticléricalisme rageur et vulgaire éclatait en toute occasion contre les catholiques et contre le Pape et atteignit son paroxysme en pleine guerre, en 1917, année où l’on célébrait le quatrième centenaire de la Réforme protestante (1517) et le bicentenaire de la fondation de la franc-maçonnerie (1717). (…) Le jeune religieux en fut fortement impressionné, il écrira plus tard : « Cette haine mortelle pour l’Église de Jésus-Christ et pour son Vicaire n’était pas une simple gaminerie d’individus dévoyés, mais une action systématique découlant du principe de la franc-maçonnerie : Détruisez toute religion quelle qu’elle soit, surtout la religion catholique. »(…)

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La Consécration à l'Immaculée (16 octobre 1917)


Le 20 janvier 1917, alors que le Père Ignudi lit et commente la prodigieuse apparition de la Vierge Immaculée à Alphonse Ratisbonne et la conversion fulgurante du jeune juif, frère Maximilien-Marie conçoit l’institution de la Milice de l’Immaculée. Dès le lendemain, il confie son audacieux projet à six confrères parmi les clercs les plus exemplaires du Collège. Il leur propose de fonder une Association mariale, avec l’approbation de l’autorité ecclésiastique : le but principal serait d’endiguer ce flot d’impiété, d’arrêter ces mouvements hostiles à l’Église qui augmentaient sans cesse. (…) Selon le P. Pignalberi, présent lors de la fondation de la  M.I., frère Maximilien proposa cette réflexion : « Est-il possible que nos ennemis doivent déployer tant d’activité jusqu’à avoir la supériorité, tandis que nous resterions oisifs tout au plus appliqués à prier, sans pourtant nous mettre à l’œuvre ? N’avons-nous pas, peut-être, des armes plus puissantes, la protection du Ciel et de la Vierge Immaculée ? L’Immaculée, victorieuse et triomphatrice de toutes les hérésies, ne cédera pas la place à l’ennemi qui relève la tête, si elle trouve des serviteurs fidèles dociles à son commandement ; elle remportera de nouvelles victoires plus grandes que tout ce que l’on peut imaginer. (...) « Il faut que nous nous mettions, tels des instruments dociles, entre ses mains, employant tous les moyens licites, nous introduisant partout par la parole, par la diffusion de la presse mariale et de la médaille miraculeuse, valorisant notre action par la prière et le bon exemple. » (…) C’est ainsi que le soir du 16 octobre 1917, ces six premiers candidats à la nouvelle “ chevalerie ”, guidés par frère Maximilien-Marie, faisaient leur consécration à Marie devant l’autel de l’Immaculée, dans la chapelle du Collège séraphique. C’était trois jours après la sixième apparition de Notre-Dame le 13 octobre 1917 à Fatima.


La Milice de l'Immaculée


La M.I. est ainsi officiellement fondée. L’acte de consécration contient en germe toute sa doctrine sur le mystère de l’Immaculée Conception, telle qu’Elle s’est révélée à Lourdes, et le règlement de la M.I., rédigé aussi en ce 16 octobre, exprime toute la mission mariale que le Père Kolbe reçut de la Vierge Marie, à savoir : “ remettre à Dieu le monde entier par l’Immaculée ”. (…)


Acte de consécration de saint Maximilien Kolbe à l’Immaculée Conception


Daigne recevoir ma louange, ô Vierge bénie ! Immaculée – Conceptionn Reine du ciel et de la terre, Refuge des pécheurs et Mère très aimante à qui Dieu voulut confier tout l’ordre de la Miséricorde, me voici à tes pieds, moi, N..., pauvre pécheur. Je t’en supplie, accepte mon être tout entier comme ton bien et ta propriété ; agis en moi selon ta volonté, en mon âme et mon corps, en ma vie et ma mort et mon éternité. Dispose avant tout de moi comme tu le désires, pour que se réalise enfin ce qui est dit de toi : « La Femme écrasera la tête du serpent » et aussi : « Toi seule vaincras les hérésies dans le monde entier ». Qu’en tes mains toutes pures, si riches de miséricorde, je devienne un instrument de ton amour capable de ranimer et d’épanouir pleinement tant d’âmes tièdes ou égarées. Ainsi, s’étendra sans fin le Règne du Cœur divin de Jésus. Vraiment, ta seule présence attire les grâces qui convertissent et sanctifient les âmes, puisque la Grâce jaillit du Cœur divin de Jésus sur nous tous, en passant par tes mains maternelles.

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Croisade Mariale et Eucharistique


Les Supérieurs demanderont au Père Kolbe de ne pas parler de sa pieuse association, et ce, jusqu’à ce que le Pape Benoît XV lui accorde en avril 1919 bénédictions et encouragements. Trois années s’écouleront encore avant que la Milice de l’Immaculée reçoive l’approbation ecclésiastique définitive, le 2 janvier 1922. Maximilien avait reçu le sacerdoce le 28 avril 1918, et célébré sa première messe en l’église Sant’Andrea delle Fratte, à l’autel du miracle qui rappelle l’apparition de la Vierge Immaculée au juif Alphonse Ratisbonne. C’est sous sa direction qu’il obtiendra, le 22 juillet 1919, son doctorat en théologie. Déjà, dès cette époque, le P. Maximilien eut à souffrir de nombreuses critiques de la part de ses confrères pour ses plans d’apostolat audacieux, tels que ses projets futurs pour diffuser la dévotion à la Vierge Immaculée, spécialement par la presse et tous les moyens modernes. (...)


Cracovie (1919-1922)


Ayant obtenu ses diplômes, le Père Kolbe rentre en Pologne à Cracovie. À cause de sa mauvaise santé, un ministère de confessions et de petites prédications lui est alors confié, qui lui permettra d’enrôler de nouveaux membres dans la M.I. (…) Déjà, il songe à créer un petit journal. Il aura le temps de méditer ce projet jour et nuit durant son premier séjour au sanatorium. En effet, durant l’automne 1919 il est frappé de phtisie, et en janvier 1920 il est hospitalisé à Zakopane. Il y séjournera de façon intermittente jusqu’en avril 1921, y exerçant un apostolat de souffrance et d’évangélisation parmi les malades non catholiques. Là, il rédigera un premier livre destiné à faire connaître la M.I. Il a à peine vingt-six ans. (…) De retour à Cracovie, il lance, en janvier 1922, la publication de sa revue mariale : “ Le Chevalier de l’Immaculée ”. Comme les forces du mal se servent de la technique moderne, de la presse et de la radio pour diffuser l’erreur, le P. Kolbe veut aussi utiliser ces inventions pour la plus grande gloire de Dieu. Mais il manque d’argent. Ses confrères craignent un échec financier et critiquent la manière dont le bulletin est rédigé. Certains le surnomment : “ Max le naïf ”. (…) De ce fait, ces années 1922-1923 furent bien éprouvantes pour lui. Mais la “ caisse sans fond de la Divine Providence ” pourvoyait à tout, et le Chevalier put se maintenir et se développer.  (...)


Godno (1922-1927)


Lorsqu’il entra en possession de la première machine à imprimer, le P. Maximilien-Marie venait d’être envoyé par son Supérieur au couvent de Grodno. Il y demeurera cinq ans, tout occupés de ministère paroissial, de la direction de la M.I. et de la publication du Chevalier, qui tirera bientôt à 12 000 exemplaires. (…) De nombreux jeunes gens se pressèrent bientôt aux portes du couvent pour rejoindre le Père Kolbe dans sa mission évangélique. Certains Pères prirent ombrage de son influence sur les jeunes, de la force et de l’originalité de son caractère, de sa fidélité à la Règle et de son goût de la perfection. D’autre part, la présence de l’imprimerie à l’intérieur du monastère, même dans un dessein apostolique, suscita un certain nombre de conflits. (…) En 1926, le P. Kolbe est de nouveau hospitalisé pendant six mois, laissant la charge de la M.I. et du Chevalier à son frère Alphonse. Ses Supérieurs lui ayant ordonné de “ ne plus s’occuper de rien ”, il obéit scrupuleusement, se contentant de prier l’Immaculée pour qu’Elle aide son frère. Celui-ci s’acquittera à merveille de sa charge, en disciple convaincu du P. Kolbe plus encore qu’en frère. Quand le P. Maximilien-Marie revient de Zakopane en 1927, la M.I. et le Chevalier auront atteint un tel développement qu’ils ne pourront plus rester à Grodno. Le Chevalier tirait alors à 60 000 exemplaires.


Niepokalaw (1927-1930)


En juin 1927, le Chapitre provincial de Cracovie accorde au Père Kolbe la permission de fonder Niepokalanów (“ Cité de l’Immaculée ”), à une quarantaine de kilomètres de Varsovie. Le terrain lui a été offert gratuitement par son propriétaire. Le soir du départ, le Père Maximilien-Marie avait dit aux deux Pères et aux dix-huit frères qui l’accompagnaient :  « (…) Dans le nouveau couvent, notre sacrifice devra être total. La vie religieuse devra y fleurir dans la plus parfaite observance, particulièrement dans la pratique de l’obéissance. Il y aura beaucoup de pauvreté selon l’esprit de saint François. Il y aura beaucoup de travail, beaucoup de souffrances et de privations. La Règle et les Constitutions devront être rigoureusement observées parce que Niepokalanów devra être un modèle de vie régulière pour tous. (…) » Dès le mois d’août, il avait fait commencer la construction d’une chapelle en bois et de pauvres baraques sur le terrain nu où trônait seulement la statue de l’Immaculée. Quand la communauté y arriva le 21 novembre. L’ensemble était d’une grande pauvreté : pas de tables, mais des planches ; pas de lit, mais de la paille. Qu’importe le froid et les privations, tout était pour l’Immaculée, dans la joie, la fraternité, le travail et la prière. Le 7 décembre, le couvent est béni solennellement par le Père provincial, et érigé canoniquement. La Cité de l’Immaculée était fondée et elle allait connaître un essor extraordinaire grâce à la parfaite organisation et au génie de son fondateur. Peu à peu on verra apparaître des services de rédaction, d’impression et d’expédition d’une haute technicité. Des ateliers de maçonnerie, menuiserie, couture et cordonnerie, buanderie. Un corps de pompiers fut constitué, car tous les bâtiments étaient en bois. Au centre de tout : la chapelle, avec le Saint-Sacrement souvent exposé, autour de laquelle se trouvaient les logements des frères, d’une grande pauvreté, et un immense réfectoire. Devant de tels développements et l’afflux des vocations, les Supérieurs craignirent un échec, car le P. Kolbe n’avait aucune ressource financière. Mais lui n’avait ni doute ni crainte. « On avait l’impression que des assurances secrètes le soutenaient », témoignera son proche collaborateur. (…)


Nagasaki (1930-1936)


En janvier 1930, le Père Kolbe demanda la permission de partir en mission au Japon, pour y fonder une Cité de l’Immaculée ! (…) Ainsi, au début du mois de mars 1930, frère Maximilien-Marie s’embarque pour l’Orient avec quatre frères. Il laissait Niepokalanów aux mains de son frère, Alphonse, en qui il avait toute confiance. Arrivés au Japon, l’évêque de Nagasaki accepta de les garder, sans enthousiasme. (…) Un mois, jour pour jour, après avoir débarqué sans un sou, sans connaître personne, sans lire ni parler un seul mot de la langue, les religieux distribuaient dans la rue deux mille exemplaires du Chevalier japonais, le “ Seibo no Kishi ”. Malgré leur extrême dénuement, ils parviennent à se procurer les machines nécessaires à l’impression. (…) De juin à août, le P. Maximilien-Marie rentre en Pologne afin de participer au Chapitre provincial et d’obtenir la permission de fonder une nouvelle Cité de l’Immaculée. (…) Mais il est obligé de repartir brusquement pour le Japon. Ses frères sont aux prises avec d’inextricables difficultés pour l’impression et la diffusion du Seibo no Kishi. Ses deux collaborateurs prêtres se sont découragés. Croyant que le P. Kolbe allait à un échec certain, ils ont décidé de retourner en Pologne. (…) Quant à l’évêque, Mgr Hayasaka, ne voyant pas arriver les documents officiels, nécessaires à la fondation canonique, se prit à douter de cette entreprise. Il alla jusqu’à retirer l’autorisation, déjà accordée, de célébrer la messe dans la petite chapelle privée de leur Maison. Heureusement lorsqu’il reçut l’autorisation canonique du Saint-Siège en octobre, Monseigneur rendait aux religieux toute sa confiance. On commençait, semblait-t-il, à pouvoir travailler avec un peu de sérénité, quand brusquement, le 7 décembre 1930, arriva la nouvelle : le Père Alphonse était mort. Qu’allait devenir Niepokalanów ? Le Père Kolbe devait-il être rappelé en Pologne ? Fallait-il fermer la mission japonaise ? Le Père Maximilien-Marie écrivit à ses frères : « J’adhère à la volonté de Dieu, et je veux la réaliser particulièrement dans les moments les plus difficiles et les plus critiques. La croix est une école d’amour. Les croix purifient les intentions, parce que la souffrance nous permet d’agir uniquement par amour. » Les Supérieurs ne rappelèrent pas le Père Kolbe et ce fut le Père Koziura qui fut désigné à la tête de Niepokalanów.


Mugenzai no sono « Le Jardin de l'Immaculée »

Pour fonder la nouvelle Cité de l’Immaculée, le Père Maximilien-Marie ne put acquérir qu’un terrain dans les faubourgs de Nagasaki, à cause de la précarité de ses moyens. Ce lieu était éloigné, difficile d’accès, mais de là la vue pouvait embrasser la ville entière, et l’Immaculée rayonnerait sur tous. On ne manqua pas de critiquer ce choix, mais le Père refusa de changer sa décision. Plus tard, on y verra une inspiration divine, puisque, grâce à la pente du terrain, Mugenzai no Sono fut totalement épargnée lorsque éclata la bombe atomique le 9 août 1945 ! (…) En 1933, le Chevalier japonais tirait à plus de 50 000 exemplaires. En trois ans, il avait pris la première place parmi les périodiques catholiques. Cet apostolat n’était fructueux que parce qu’il était inspiré et soutenu par l’attrait qu’exercent sur les âmes, même païennes, la Vierge Immaculée, la pauvreté franciscaine de ses chevaliers et leur esprit vraiment apostolique. (…) En moins de deux ans, les baptêmes se succèdent, et parmi les baptisés de nombreux jeunes sont attirés par l’Immaculée et désirent recevoir la bure. En août 1931, le Père ouvre un noviciat et l’année suivante il crée un petit séminaire avec l’accord de ses Supérieurs. Mais tout cela ne se faisait pas sans difficultés. Le P. Kolbe les acceptait pour l’amour de Marie, les appelant des “ douceurs ” et des “ bonbons ”. Sa mauvaise santé était cause des “ douceurs ” les plus ordinaires. Le médecin qui le traitait a témoigné : « Comme médecin, je fus convaincu qu’il avait un besoin absolu de repos. Comme je le lui prescrivais, il me dit que les médecins européens avaient déjà déclaré sa maladie incurable, et que, voulant faire quelque chose sur cette terre, il ne le pourrait qu’avec de grands sacrifices. Son activité m’apparaissait impossible à mener à bien avec les seules forces humaines, sans une intervention spéciale de Dieu. Il avait souvent quarante degrés de fièvre, et malgré tout son activité était vraiment extraordinaire. » Mais lui, il exhortait ainsi ses frères : « Notre tâche ici est très simple : trimer toute la journée, se tuer au travail, passer pour fou à lier auprès des nôtres, et, anéanti, mourir pour l’Immaculée. Étant donné que nous ne vivons pas deux fois sur cette terre, mais une seulement, il est nécessaire par conséquent d’approfondir au maximum chacune des expressions indiquées pour manifester le plus possible notre amour pour l’Immaculée. N’est-ce donc pas un bel idéal de vie que celui-là ? (…) Notre espérance est toute entière dans l’Immaculée ; courage donc, frère, viens mourir de faim, de fatigue, d’humiliations et de souffrances pour l’Immaculée. » (…)


La crucifiante dissension


Entre 1930 et 1933, (…) les peines les plus amères lui vinrent de certains confrères, venus comme missionnaires au Japon, et qui n’acceptaient pas l’ “ esprit de Niepokalanów ”, c’est-à-dire le don sans limites à l’Immaculée, fondement de l’activité missionnaire. Ils refusaient également de reconnaître la médiation universelle de Marie, qui était le point central de la spiritualité du P. Kolbe, principe moteur de son activité, qui conférait à la Milice de l’Immaculée son caractère théologique. (…) Le Père Maximilien dira n’avoir jamais eu une croix aussi lourde à porter. Il souffrit profondément de voir qu’on condamnait une œuvre approuvée et bénie par l’autorité ecclésiastique, et que l’on menaçait de supprimer ou de vider de leur idéal les Cités de l’Immaculée. (...)


Le Père Kolbe est déposé (juillet 1933)


Le 8 avril 1933, le Père Maximilien-Marie quitta Nagasaki afin de participer en juillet au chapitre qui devait élire un nouveau Père provincial. (…) Au Chapitre provincial de Cracovie, il est démis de sa charge de Supérieur et reçoit l’obédience de repartir pour le Japon, avec la simple charge de professeur de philosophie et de théologie au collège, et de rédacteur du Chevalier japonais. (…) Dans les trois années qui vont suivre, le Père Maximilien-Marie se montrera pour son supérieur, qui le remplace à la tête de la Mugenzai no Sono, un collaborateur sincèrement et fidèlement soumis. Celui-ci lui confia la direction spirituelle des frères, car il mesurait à quel point le Père Kolbe était l’âme de ce monastère.

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Victime pour son peuple


Au Chapitre général de 1936, le Père Maximilien-Marie est rappelé en Pologne pour reprendre la tête de la Cité de l’Immaculée, où il arrive en juillet. Au cours de ce Chapitre, les Pères firent bon accueil à une motion qu’il avait déposée l’année précédente pour demander la consécration de l’Ordre tout entier à l’Immaculée. Ils fixèrent cette consécration au 8 décembre et décidèrent de la renouveler chaque année à la même date. Ainsi, à partir de ce 8 décembre 1936, fête de l’Immaculée Conception, l’esprit de la M.I. pouvait officiellement pénétrer et vivifier l’Ordre franciscain tout entier. (…)

Bruits de guerre

À cette époque, se souvient frère Luc, le Père Kolbe disait sa messe dans un tel “ état de grâce ” qu’il semblait “ rayonner d’une lumière surnaturelle. ” Cette intensité de vie intérieure ne l’empêchait pas de faire preuve d’un sens très aigu des réalités terrestres. Ainsi, dès 1936, il entrevoit, en analysant la situation politique de nos pays d’Europe, le terrible désastre de la deuxième guerre mondiale : « Il va se produire quelque chose dans le monde entier, mais à nous qui sommes consacrés à l’Immaculée, que peut-il arriver, où que nous soyons ? Tout au plus pourra-t-on nous ôter la vie. En ce cas, alors, on nous rendra le plus grand service, parce que nous pourrons ainsi travailler avec une grande efficacité à la conquête du monde entier à l’Immaculée. » Ne voulant rien négliger pour préparer ses “ enfants ” aux conflits douloureux qui les attendaient, Maximilien-Marie prit l’habitude de leur faire des sortes de causeries spirituelles deux fois par semaine et le dimanche. Il leur montrait comment utiliser la souffrance pour leur propre sanctification et celle d’autrui, comment demeurer dans la joie au milieu des épreuves et des appréhensions et comment rester libre aussi, en ne redoutant jamais rien ni personne. Il leur rappelait enfin l’importance de l’amour et de la prière pour les persécuteurs, pour ceux qui torturent et qui tuent. (…)


La « dernière cène »


Un jour, dans un entretien avec les frères profès, il leur révèle que le Ciel lui a été promis par la Sainte Vierge : « C’était le dimanche 10 janvier 1937. Après le repas du soir, la communauté devait assister à une représentation scénique du mystère de Noël. Tout le monde attendait avec impatience cet événement de la soirée. Le Père Maximilien annonça la représentation au cours du repas, en laissant cependant aux profès solennels la liberté de rester au réfectoire pour s’entretenir avec lui. Après le repas, la majorité se rendit au petit théâtre. Mais un certain nombre resta pour parler avec le P. Kolbe qui leur dit en substance : (...) Mes chers fils, maintenant je suis avec vous. Vous m’aimez et moi aussi je vous aime. Je mourrai et vous, vous resterez. Avant de quitter ce monde, je veux vous laisser un souvenir. Comme je veux moi aussi accomplir la volonté de l’Immaculée, j’ai demandé que ne restent que les profès de vœux solennels qui le désirent. Votre présence est le signe que l’Immaculée vous voulait ici. Vous m’appelez Père Gardien, et je le suis. Vous m’appelez Père Directeur, et vous dites bien, puisque je le suis, au couvent et à l’imprimerie. Mais qui suis-je encore ? Je suis votre père. Un père plus vrai encore que votre père charnel qui vous a donné la vie physique. C’est par moi, en fait, que vous avez reçu la vie spirituelle qui est vie divine, ainsi que cette vocation religieuse qui dépasse la vie temporelle elle-même. (...) « Il nous enveloppait tous de son regard ; il semblait maintenant préoccupé de quelque chose de grand qu’il aurait voulu révéler, qui lui tenait à cœur, mais qu’un sentiment d’humilité l’empêchait de dire. À la fin, comme s’il avait vaincu une réserve pleine de pudeur, il baissa les yeux, inclina la tête, et laissa voir sa vive émotion. L’atmosphère, à cet instant, semblait remplie du mystère qu’il allait nous révéler. Et il reprit : Mes chers enfants, vous savez que je ne peux pas être toujours avec vous. C’est pourquoi je désire vous dire quelque chose en souvenir de moi. Oui, oui, dites, Père ! s’écrièrent-ils tous ensemble, en retenant leur souffle. Oh, si vous saviez, mes chers enfants, comme je suis heureux ! Mon cœur déborde de bonheur et de paix, autant de joie et de paix qu’on peut en goûter ici-bas. Malgré les contrariétés de la vie, une paix ineffable demeure toujours au fond de mon cœur. Mes chers enfants, aimez l’Immaculée, aimez-la et elle vous rendra heureux ! Ayez confiance en Elle, une confiance sans limites. Il n’est pas donné à tout le monde de comprendre l’Immaculée. Cela ne s’obtient que par la prière. La Mère de Dieu est la Mère très sainte. Nous comprenons ce que veut dire mère... Mais Elle est la Mère de Dieu, et seul l’Esprit-Saint peut donner la grâce de connaître son Épouse à qui il veut et quand il veut. Je voulais vous dire encore quelque chose, mais peut-être cela suffit-il ? « Là, il nous regarda tous, avec une sorte de timidité, mais nous insistâmes, et nous lui demandâmes de ne rien nous cacher et de tout nous révéler. Bien, alors, je le dirai ! Ajouta-t-il aussitôt. Je vous ai dit que j’étais très heureux et débordant de joie, et cela, parce que le Ciel m’a été promis en toute certitude... Mes chers fils, aimez la Vierge Marie, aimez-la autant que vous savez et pouvez le faire ! « Il le dit avec tant d’émotion que ses yeux s’étaient remplis de larmes. Un autre instant de silence, puis : Cela vous suffit, peut-être, d’avoir appris cela ? C’est peu encore ! Père, dites-nous encore d’autres choses ! Nous n’aurons peut-être jamais plus une dernière cène comme cela. Puisque vous insistez tant, j’ajoute encore ceci : c’est arrivé au Japon ! Je ne dirai plus rien, mes chers enfants, ne m’interrogez pas davantage sur ce sujet ! « Certains des assistants réclamaient encore qu’il entre un peu plus dans les détails, mais tout fut inutile, il ne voulut rien ajouter sur son secret. Quand nos questions insistantes cessèrent, il continua à parler, paternellement. Je vous ai révélé mon secret, et je l’ai fait pour vous donner la force et l’énergie spirituelle dans les difficultés de la vie. Les difficultés et les épreuves, les tentations et la tristesse viendront. C’est alors que ces souvenirs vous rendront la force de persévérer dans la vie religieuse et vous pousseront à accepter les sacrifices que l’Immaculée vous demandera. Mes chers fils, n’aspirez pas à des choses extraordinaires, faites simplement la volonté de l’Immaculée. Que sa volonté s’accomplisse et non la nôtre ! (…) Je vous en prie, ne racontez tout cela à personne tant que je serai en vie... Promettez-le ! Nous le promettons ! répondirent tous ceux qui étaient là. « Après un silence, nous nous mîmes à poser des questions sur différents sujets, surtout sur l’avenir. Comment agir dans telle ou telle circonstance, comment se comporter dans telle éventualité. Le P. Maximilien répondit à tout, clairement, avec une assurance remplie de l’Esprit de Dieu. « La réunion extraordinaire était finie. Nous quittâmes le réfectoire avec dans le cœur et sur les lèvres ces paroles qui ne pouvaient rester secrètes : “ Aimez l’Immaculée, mes chers fils, aimez l’Immaculée ! ” Et ce qui dominait, dans nos pensées, c’étaient ces perspectives que le Père avait fait passer devant nos yeux, comme éclairées d’une lumière prophétique. Des temps difficiles vont venir, des temps d’épreuve, de tentations, de découragement. Mais le souvenir des grâces reçues sera pour vous un soutien ferme et une force victorieuse dans les difficultés de la vie. »


L’Immaculée triomphera...

Le Père Maximilien-Marie disait encore pendant cette année 1937 : « Qu’en sera-t-il dans vingt ou trente ans ? Les frères travaillent déjà en Extrême-Orient. Si cela continue ainsi, ils travailleront dans le monde entier. Le démon prévoit tout cela, et c’est pourquoi il se débat. Hier, j’ai appris que les socialistes, avec les communistes sont en train de préparer de nouvelles attaques pour en finir avec Niepokalanów. Mais nous savons par la Sainte Écriture que l’Immaculée écrasera la tête du serpent qui tend ses pièges : Ipsa conteret caput tuum (Gn 3, 15). Cela, ce sera toujours vrai. Nous devons donc nous mettre à l’œuvre pour nous rapprocher toujours plus de l’Immaculée, parce qu’on ne pourra jamais trop l’aimer. » (…) « L’amour de l’Immaculée ne consiste pas seulement dans un acte de consécration récité même avec une grande ferveur, mais dans le fait de beaucoup souffrir de privations et de travailler pour elle sans arrêt. » (…) Lors d’une conférence, à Rome, après avoir résumé l’apostolat de la M.I. au cours de ses vingt années d’existence, son fondateur dit d’un ton prophétique : « Nous ne croyons pas qu’il soit lointain, ni qu’il soit simplement un rêve, ce jour grandiose où la statue de l’Immaculée trônera, grâce à ses missionnaires, au cœur même de Moscou. »


... Mais après « l'épreuve du sang »


Pour que cela se réalisât, il y avait une condition préalable, énoncée par le P. Maximilien lui-même. (...) Il affirma en effet, « qu’au centre de Moscou se dresserait la statue de l’Immaculée, mais qu’auparavant l’épreuve du sang serait nécessaire. » (…) « Le 28 août, il nous parla des trois étapes de la vie : la première, qui consiste à se préparer à l’activité ; la seconde, qui est le temps de l’activité ; la troisième enfin, qui est celle de la souffrance. (…) » « Le 1er septembre 1939, la guerre éclata entre l’Allemagne et la Pologne, et en moins de trois semaines l’armée allemande atteignait Varsovie. Niepokalanów se trouva encerclée par les troupes de l’envahisseur et livrée à leur caprice. « Ce qu’avait prévu le Père Maximilien-Marie devenait la triste réalité. L’heure de l’épreuve avait sonné pour Niepokalanów. Les combats se déroulèrent avec une telle rapidité que, quatre jours seulement après l’ouverture des hostilités, le 5 septembre, la préfecture de Varsovie ordonna l’évacuation de Niepokalanów. (…) « En ce triste après-midi du 5 septembre 1939, après avoir béni ses frères qui partaient, et les avoir salués fraternellement, il ajouta : “ Adieu, chers fils. Pour moi, je ne survivrai pas à cette guerre. ” (…)  « À la mi-septembre, après un bombardement qui avait fait s’écrouler différents édifices, des groupes de soldats de la Wehrmacht firent irruption à Niepokalanów et saccagèrent tout ce qui leur tomba sous la main. Niepokalanów, la “ Lourdes ” spirituelle de la Pologne, qui avait coûté douze ans de sacrifices, n’était plus ce lieu de travail paisible et fructueux pour les âmes ; l’occupation militaire lui faisait tout perdre. Comme le saint homme Job, le Père Maximilien-Marie répétait : “ L’Immaculée nous a tout donné, Elle nous l’enlève. Elle sait bien ce qu’il en est ! Le dégoût et l’inquiétude qui suivent l’échec viennent de l’amour propre. ” »


Première déportation (septembre-décembre 1939)


Le matin du 19 septembre, la police allemande se présente à Niepokalanów. Rassemblement sur l’esplanade. Tous les religieux doivent partir en déportation, sauf deux qui devront prendre soin des blessés, réfugiés en grand nombre au monastère. Embarqués dans des camions, ils arrivent au camp de Amtitz. Dans cet univers de haine, de souffrance et d’humiliation, le P. Kolbe atteint les plus hauts sommets de l’amour et de l’oubli de soi. Ses compagnons en ont témoigné. (...) Il réconfortait et encourageait ses frères en les confessant, en les réunissant pour des entretiens spirituels où il ne cessait de parler de l’Immaculée, et en organisant des retraites. Il leur disait : « Nous ne savons pas ce que nous deviendrons. Essayons d’être prêts à tout ce que l’Immaculée voudra de nous. Donnons-nous complètement à Elle, pour qu’Elle nous guide toujours selon sa volonté. »(…) Ils restèrent à Amtitz jusqu’au 9 novembre où on les fit partir pour Ostrzesrów, en territoire polonais. (…) Et la vie reprit dans le froid, les privations, la souffrance. Le Père Kolbe ne manquait jamais une occasion de partager sa maigre ration avec les frères qui souffraient le plus de la faim. La sainteté du Père réussit à conquérir le respect et l’amitié d’un officier ennemi. Est-ce lui qui intervint auprès du commandant du camp ? Toujours est-il que le 8 décembre 1939, le P. Kolbe et ses frères sont libérés. (...)


La Cité de l'Immaculée dévastée


Quand ils arrivèrent à Niepokalanów, ce fut pour trouver un couvent saccagé. (…) Sans se décourager, le P. Kolbe entreprit de tout remettre en état, avec ses quarante-quatre frères présents. La statue de Notre-Dame, restaurée, retrouva vite sa place à la grille d’entrée. Le Saint-Sacrement rayonna à nouveau dans la petite chapelle de bois. Toute la journée, à tour de rôle, les religieux s’y relayèrent par groupes de six, adorant Jésus-Hostie. Petit à petit, les frères qui avaient fui revinrent. Ils se retrouvèrent au nombre de 349, tandis que les autres, recherchés par la Gestapo, devaient encore se cacher. Les autorités allemandes refusaient que le couvent abrite plus de 70 frères. Le Père Kolbe eut donc l’idée d’ouvrir des ateliers dont la production servirait aux populations voisines. (…) De nombreux frères étant nécessaires à la marche de ces ateliers, il obtint pour eux l’autorisation de résider à Niepokalanów. Le Père s’occupa aussi d’ouvrir un centre de Croix-Rouge pour soigner les blessés. Malgré la grande pauvreté du couvent, il accueillait tous les réfugiés. Ainsi, par camions entiers, les nazis débarquèrent 1 500 juifs et 2 000 autres en une seule fois ! Pour nourrir tant de malheureux, les frères étaient obligés d’aller mendier. En juillet 1940, une partie des logements sera réquisitionnée en plus pour offrir un abri provisoire à 1 500 Allemands vivant hors de leur patrie ! Le P. Kolbe manifesta envers eux la même charité, pratiquant le commandement de Notre-Seigneur qui demande d’aimer ses ennemis, de pardonner et de rendre le bien pour le mal.


Un « autre Christ »

Les témoignages nous font connaître comment il puisait dans la prière toutes les forces nécessaires : (…) « Le P. Maximilien savait prier dans toutes les circonstances de sa vie ; et c’est à cette source qu’il puisait les forces nécessaires. Plus d’une fois Niepokalanów eut à traverser de grandes difficultés dans son activité de Milice de l’Immaculée. Tout le monde, effrayé, se confiait au P. Kolbe : Quel va être le sort de notre couvent ? Mais lui, en ces moments là, préférait mettre le ciel en alarme. Avec une confiance sans faille, il se jetait aux pieds de l’Immaculée de Lourdes, dans la chapelle, saisissait à pleines mains la statue, et ainsi, quasi immobile, il persistait à prier durant quelques quarts d’heure. Souvent j’ai assisté à cette scène, et en moi même j’ai alors réfléchi : ces prières par lesquelles le P. Kolbe “ attaque ” le Ciel, ne peuvent pas rester sans être exaucées. » Un autre frère témoigne : « Quand les choses allaient mal, il était encore heureux et nous disait : “ Pourquoi être triste ? L’Immaculée ne sait-Elle pas tout ? ”. » (…) Pour comprendre les raisons de l’arrestation du P. Kolbe, il faut y reconnaître l’aversion radicale du nazisme pour la religion catholique : « En Allemagne, de courageux évêques avaient proclamé l’incompatibilité de l’idéologie nazie avec le christianisme. Les nazis avaient répondu par de très dures persécutions contre la religion. Les premiers camps de concentration furent créés pour les juifs et pour les chrétiens fidèles à leur conscience ; y furent enfermés beaucoup de dirigeants d’associations catholiques et de nombreux prêtres. (…) « C’est donc dans la haine anti catholique que l’on doit rechercher avant tout la cause déterminante de l’arrestation et de la mort du Père Kolbe. Il était un représentant brillant et influent de la religion catholique ; c’est pourquoi ils voulurent l’éliminer lorsqu’ils eurent compris qu’ils ne pouvaient s’en faire un collaborateur. Toutes les autres motivations –dénonciations, activités de conspirateur, publications de revues et du quotidien – ne furent que des prétextes. »


Fils de la Pologne Catholique


Au cours de l’année 1940, « le Père Maximilien laissait entendre dans ce qu’il disait qu’il ne resterait pas longtemps à Niepokalanów. Il pressentait qu’un jour ou l’autre on allait l’arrêter. (...) « Et pourtant, il aurait eu la possibilité d’éviter l’arrestation et toutes ses souffrances, s’il l’avait voulu. (...) En optant pour la nationalité allemande, grâce à son nom et à l’origine de sa famille. (…) “ Il repoussa la proposition, en affirmant qu’il avait toujours été, qu’il était et voulait rester fils de la Pologne. ” » (...) La Gestapo s’intéressait de très près au couvent. Régulièrement le Père voyait arriver ses agents pour fouiner ici ou là, interroger des habitants ou des réfugiés. (…)


La trahison d'un ancien Frère


Dès le mois de janvier 1941, le Père ne cessa de répéter à ses fils qu’il ne vivrait pas jusqu’à la fin de la guerre. (…) La Gestapo obtint un témoignage sur les “ activités subversives ” du Père Kolbe, en interrogeant un ancien frère de Niepokalanów qu’il avait dû renvoyer. En cachette de son supérieur, ce frère avait essayé de fabriquer de la fausse monnaie allemande. Heureusement le Père découvrit son trafic avant les Allemands, et chassa ce Judas. Le Père vit la déclaration de son ex-fils. « Il en fut rempli de tristesse, puis il pria, non pour lui-même mais pour celui qui le livrait. Pour ne pas inquiéter les religieux, il ne leur dit rien de ce qui se tramait, mais on le sentait soucieux. » (…)

L’arrestation

« Au matin du 17 février 1941, deux automobiles camouflées se présentèrent à Niepokalanów. En descendirent un interprète et quatre soldats des SS qui appartenaient à la Gestapo, laquelle, par ses méthodes brutales et aveugles, inspirait de la crainte même aux soldats allemands. Ils réclamèrent le P. Kolbe qui était en train de dicter à son secrétaire ses réflexions pour un “ projet de livre ” sur l’Immaculée. Il se présenta à la Gestapo avec gentillesse, mais sans complaisance et en toute tranquillité. (…) « Puis, ils ordonnèrent le rassemblement de tous les frères – ils étaient environ 350 – dans une cour et commencèrent une perquisition minutieuse des bâtiments. Vers midi, sans aucune justification, le P. Maximilien et cinq autres Pères furent arrêtés et on les fit monter à bord des voitures des SS. (...) « Ils furent conduits à Varsovie et enfermés à la prison Pawiak, où se faisait le triage vers des camps de concentration. (…) Les gardiens, dès la fin de 1940, étaient exclusivement des soldats et des officiers des SS, aidés plus tard par des Ukrainiens. La haine et le mépris anti-polonais des SS s’exprimaient par des brutalités de tous genres envers les prisonniers ; leur férocité redoublait lorsqu’il s’agissait de prêtres. S’ils découvraient, au cours de leurs minutieuses perquisitions, des médailles, des crucifix ou autres signes religieux, ils les arrachaient avec rage. Le Père Kolbe y entra vêtu de sa bure franciscaine, ce qui l’exposa particulièrement aux mauvais traitements. « Un jour du mois de mars 1941, pénétra dans sa cellule, qu’il partageait avec deux autres prisonniers, un chef de groupe des SS et, le voyant vêtu de sa bure de frère, le crucifix pendant du chapelet attaché à sa corde, il se jeta sur lui, saisit le crucifix et, en le secouant, siffla :

– Tu crois à ça ? Toi ?

J’y crois, répondit le Père avec conviction.

« Le garde SS le frappa alors avec violence. Il répéta la question avec plus de rage encore :

Tu y crois ?

« Le Père Kolbe répondit encore :

J’y crois !

« Les coups redoublèrent jusqu’à ce que le gardien, rouge et écumant de haine, sortît en claquant la porte, laissant le Père meurtri et ensanglanté. « Ses deux compagnons de cellule, durant cette scène de haine sauvage, étaient restés silencieux ; ensuite, cependant, ils exhortèrent le Père à se défaire de sa bure franciscaine ; mais lui, avec une grande douceur, comme si rien ne s’était passé, fit remarquer qu’il n’y avait pas lieu de tellement se tourmenter : “ Cela, ce n’est rien du tout, c’est tout pour la Petite Mère. ” » (…) Le Père Kolbe resta cent jours à la prison de Pawiak. Comme il l’avait été à Amtitz et comme il le sera à Auschwitz, il se montra « le protecteur spirituel et le père de tous ses pauvres compagnons de prison. Il était très respecté des prisonniers, à cause de sa simplicité et de sa manière de réagir aux conditions de vie souvent dures de la prison. Toute sa personne respirait le calme, une douceur pénétrante, si bien que tous se serraient autour de lui. » (…)


La montée du calvaire

Le 28 mai 1941, il est transféré au camp d’Auschwitz que les Allemands avaient construit spécialement pour briser l’opposition des Polonais. Il y resta 79 jours pendant lesquels il souffrit, avec la même patience et sérénité que nous lui connaissons, la faim, le dénuement, le travail exténuant, les injures et les mauvais traitements. Il était toujours là pour aider, réconforter les autres. Des témoins racontent comment il fut spécialement victime de la cruauté de ses gardiens : « Il y eut un jour particulièrement dur pour le Père. Le chef sanguinaire le choisit comme victime, il le tourmenta avec une satisfaction visible, s’acharnant sur lui comme le rapace sur sa proie sans défense. » (…) Pour encourager un détenu, il lui avait dit : « Mon petit Henri, tout ce que nous souffrons est pour l’Immaculée. Qu’ils voient tous que nous sommes des confesseurs de l’Immaculée. » Épuisé, le P. Kolbe fit un séjour de trois semaines à l’hôpital du camp, puis il fut envoyé vers le 20 juillet au bloc 12, celui des invalides. On l’y laissa à peine une semaine, et comme il était un peu mieux, on l’envoya au bloc 14, occupé aux travaux agricoles... C’est là qu’il donnera sa vie.


« Ma vie, c'est Moi qui la donne » (Jn.10: 18)


Quelques jours après son arrivée au bloc 14, un prisonnier s’évada. Le lendemain, tous les détenus du bloc 14 durent rester au garde-à-vous toute la journée, avec un seul repas, sous un soleil brûlant. À l’appel du soir, dans un silence total, le commandant choisit dix condamnés qui iraient mourir dans le “ bunker de la faim ”. L’un d’eux sanglote, le sergent François Gajowniczek : “ Adieu, adieu, ma pauvre femme, mes pauvres enfants ”. Alors, le P. Kolbe s’avance : il est digne, droit, le visage très calme. Il s’arrête devant le commandant.“ Qu’est-ce que veut ce cochon de Polonais ? ” Le Père, désignant François Gajowniczek, répondit : “ Je suis un prêtre catholique polonais ; je suis vieux, je veux prendre sa place parce qu’il a femme et enfants... ” Le commandant, stupéfait, ne put parler. (…) D’un geste, il autorisa le Père Maximilien à prendre la place du condamné. Avec les neuf autres, il fut conduit au bunker de la mort. La Providence permit qu’un prisonnier polonais y fut employé par les geôliers. Grâce à lui, nous savons ce que fut la mort de notre saint : une mort d’amour dans la louange de Marie Immaculée.  « Je faisais alors office de secrétaire et d’interprète dans ce souterrain. En repensant à l’attitude sublime que cet homme héroïque a eue en face de la mort, à l’étonnement des gardes de la Gestapo eux-mêmes, je me souviens encore avec précision des derniers jours de sa vie. (…) « Les dix prisonniers du bloc 14, furent contraints de se déshabiller entièrement, devant le bloc où se trouvaient déjà environ vingt autres victimes d’un précédent “ procès ”. Les nouveaux arrivants furent emmenés dans une cellule séparée. En refermant, les gardes ricanèrent : “ vous vous dessécherez comme des tulipes ! ” « Depuis ce jour-là, ils n’eurent plus aucune nourriture. Chaque jour, les gardes faisaient les visites de contrôle et ordonnaient d’emporter les cadavres de ceux qui étaient morts dans la nuit. François Gajowniczek, le père de famille sauvé par le P. Kolbe, en visite à la cellule de la mort. « De la cellule où se trouvaient les malheureux, on entendait chaque jour des prières récitées à haute voix, le chapelet et des chants religieux, auxquels les prisonniers des autres cellules se joignaient. Quand les gardes étaient absents, je descendais dans le souterrain pour parler avec eux et les réconforter. Les prières ferventes et les hymnes à la Vierge se diffusaient dans tout le souterrain. J’avais l’impression d’être à l’église. Le P. Maximilien commençait, et tous les autres répondaient. Quelquefois ils étaient si plongés dans leurs prières qu’ils ne s’apercevaient pas que les gardes arrivaient pour la visite habituelle ; finalement, ce sont les cris de ceux-ci qui les faisaient taire. « Quand on ouvrait les cellules, les pauvres malheureux sanglotaient et imploraient un morceau de pain et un peu d’eau, ce qu’on leur refusait. Si l’un des plus forts s’approchait de la porte, il recevait aussitôt des coups de pied au ventre, et en retombant en arrière sur le ciment il se tuait, ou bien on l’abattait. (…) « Le P. Maximilien Kolbe se comportait héroïquement, il ne demandait rien et ne se plaignait de rien ; il encourageait les autres, persuadait les prisonniers que le fugitif serait retrouvé et eux-mêmes libérés. « Comme ils étaient déjà très affaiblis, ils récitaient les prières à voix basse. À chaque visite, tandis qu’ils étaient presque tous déjà étendus sur le sol, on voyait le P. Maximilien debout, ou à genoux au milieu, et son regard serein se posait sur les arrivants. Les gardes savaient qu’il s’était proposé lui-même, ils savaient aussi que tous ceux qui mouraient avec lui étaient innocents, c’est pourquoi ils avaient du respect pour le P. Kolbe et se disaient entre eux : “ Ce prêtre est tout à fait un homme d’honneur. Jusqu’à présent nous n’en avons pas eu un comme lui ”. » (…)


« Et moi, ver et non plus homme » (Ps. 22: 7)


« À la fin de la troisième semaine il en resta seulement quatre, parmi lesquels le P. Kolbe. Les autorités trouvaient que cela se prolongeait trop, on avait besoin de la cellule pour d’autres victimes. « C’est pourquoi un jour (le 14 août), on fit à chacun une piqûre intraveineuse de poison au bras gauche. Le P. Kolbe priait, et de lui-même il tendit son bras au bourreau. Ne pouvant supporter ce spectacle, je prétendis que j’avais du travail au bureau, et je sortis. « Le garde et le bourreau partis, je revins à la cellule, et j’y trouvai le P. Kolbe assis, appuyé au mur, les yeux ouverts, la tête inclinée sur le côté gauche (c’était son attitude habituelle). Son visage était calme, beau, et rayonnant. (...) » Ricciardi conclut : « Le P. Maximilien mourut le 14 août 1941, veille de la solennité de l’Assomption, cette entrée dans la gloire de celle qu’il appelait “ Petite Mère ”. Celle qui avait été tout pour lui, le poème de sa vie, la lumière de son intelligence et de son génie, le battement de son cœur, la flamme de son enthousiasme, son inspiratrice et son guide, la vie même de sa vie, l’attira au Ciel en ce jour de son entrée dans la gloire du Ciel. « Son pauvre corps lui-même, martyrisé, consumé, nu, parut ce jour-là comme transfiguré et lumineux. (...) “ Quand j’ouvris la porte de fer, témoignera Borgowiec, il avait cessé de vivre ; mais il me paraissait vivant. Le visage était radieux, d’une manière insolite, les yeux grands ouverts et fixés sur un point. Tout le visage était comme en extase. Ce spectacle, je ne l’oublierai jamais. ” » (…) Le Père Maximilien avait plusieurs fois exprimé le désir de mourir un jour de fête mariale. Comme si la Vierge Marie avait voulu exaucer son fidèle chevalier, c’est le jour de l’Assomption, vendredi 15 août 1941, qu’on fit les “ funérailles ” : son corps, après avoir été ôté de la cellule mortuaire, fut placé dans une caisse de bois, porté au four crématoire et brûlé, tandis que son âme chantait, au Paradis, l’Immaculée triomphante. (…) Béatifié par le Pape Paul VI le 17 octobre 1971, le Père Maximilien-Marie Kolbe fut canonisé le 10 octobre 1982 par Jean-Paul II. 

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Prière


Dieu qui as mis au cœur de Saint Maximilien un amour filial envers la Vierge Immaculée et une ardente Charité pour le prochain, accorde-nous par son intercession de travailler pour Ta Gloire et de nous mettre au service des hommes à la suite de Ton Fils Jésus-Christ, lui qui vit et règne avec Toi dans l'unité du Saint Esprit, pour les siècles et les siècles. Amen.

09 février 2009

Pèlerinage National Franciscain à Lourdes 2009

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Pèlerinage National Franciscain

Lourdes 2009

Du 18 au 23 mai 2009

Sous la présidence de Monseigneur Jean Pierre Grallet, Franciscain, Archevêque de Strasbourg


Michel Wackenheim, Prêtre compositeur, nous aidera à prier grâce à des chants composés à partir des prières de Saint François

Programme

Lundi 18 mai

Dans la journée

Départ des régions Est, Paris, Belgique et Nord.

Fin d'après-midi

Arrivée des cars des régions Sud-Est, Sud-Ouest et Auvergne

Mardi 19 mai

Matin

Arrivée du train spécial

Prière, pour les pèlerins valides

Après-midi

Arrivée des groupes en avion

Ouverture du Pèlerinage

Passage à la Grotte

Messe

Mercredi 20 mai

Matin

Messe à la Grotte

Rencontre avec l'Evêque, Monseigneur Jean Pierre Gallet

Après-midi

Célébration pénitentielle

Procession du Très Saint Sacrement

Soir

Procession Mariale

Jeudi 21 mai

Fête de l'Ascension du Seigneur

Matin

Messe internationale, à la Basilique Saint Pie X

Après-midi

Temps libre (excursions facultatives)

Vendredi 22 mai

Matin

Prière pour les pèlerins valides

Onction des malades

Conférence

Après-midi

Chemin de Croix

Messe

Soir

Veillée avec les chants de Michel Wackenheim, composés sur les prières de Saint François

Samedi 23 mai

Matin

Célébration de l'envoi

Départ des cars

Conférence

Après-midi

Messe dominicale anticipée

Départ des groupes en avion

Soir

Départ des groupes en train

Ce programme pourra connaître quelques adaptations ou modification en fonction des activités des autres pèlerinages présents à Lourdes.

Avis important

Pèlerins malades et handicapés

Pour être admis, ils doivent remplir un formulaire qui leur sera envoyé sur demande et qui devra être retourné avant le 30 mars. Après étude, le Comité Médical leur adressera le dossier médical et leur communiquera ensuite son avis. Le médecin du Pèlerinage ne peut, légalement, prendre en charge les malades ne se faisant connaître qu'au cours du voyage ou à l'hôtel.

Instructions pour le départ

Elle seront envoyées environ une semaine avant le départ.

Délai d'inscription

Le 10 avril, pour les malades et handicapés et pour les membres de l'Hospitalité.

Le 15 mars, pour les pèlerins voyageant en avion.

Le 20 avril, pour les pèlerins voyageant en train ou en car.

Nota bene

Il est vivement recommandé aux personnes âgées ou handicapées qui ne sont pas prises en charge par l'Hospitalité, de se faire accompagner par une personne pouvant leur venir en aide.

Renseignements

Permanences du lundi au vendredi, de 11 heures à 18 heures.

Tel. Marie Isabelle: 04 90 89 76 70 et Matthieu: 03 89 81 65 36

Région parisienne et secrétariat National

Pèlerinages Franciscains

27, rue Sarette

75014 Parisienne

Tel et fax: 01 45 42 37 87

courriel pelefranciscain@wanadoo.fr

Sud-Est, Centre-Est, Auvergne et Corse

Marie-Isabelle Jolly

12, rue Mariotte

84 000 Avignon

Tel et fax: 04 90 89 76 70

courriel: marie-isabelle.jolly@orange.fr

pour la Corse, se renseigner aussi auprès des Franciscains du sanctuaire Notre Dame de Lavasina

20222 Erbalunga

tel: 04 95 33 25 39

fax: 04 95 58 23 03

courriel: franciscains.lavasina@wanadoo.fr

Est

Mr Gérard Keiflin, directeur technique

50, Rue du 19 novembre

68870 Barthenheim

tel et fax: 03 88 51 27 24

courriel: adpf68@wanadoo.fr

Frère Bruno Dupuis

Pèlerinage Notre Dame

67 170 Hohatzenheim

Tel: 03 88 51 27 24

Fax: 03 88 51 43 77

courriel: brunopelerinage@orange.fr

Région Nord et Belgique

Danièle Lebriez

203, rue Edouard Vaillant

59100 Roubaix

tel: 03 20 75 83 23

courriel: jean.lebriez@wanadoo.fr

Région Sud-Ouest

Jean-Marie Delbeke

20, Le Bourg Nord

33660 Puynormand

tel 05 57 49 63 62

Courriel: gjm.delbeke@wanadoo.fr

Net: http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-83937-175553.html

Pour tous renseignements supplémentaires

(tarifs, etc...)

Veuillez consulter le site internet des pèlerinages Franciscains

http://www.pelerinages-franciscains.org/lourdes/Lourdes2009.htm

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21 janvier 2009

Temps de prière de la famille Franciscaine

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Chers amis,

Comme vous le savez peut-être, j'organise, tous les 4 mois, pour l'Hospitalité Franciscaine Notre Dame de Lourdes du Sud Ouest, un temps de prière. Vous trouverez ci après les textes de notre temps de prières. Pour tous ceux qui peuvent venir, cette prière à lieu de 19 à 20 heures, chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, rue Kyrié à Bordeaux. Pour tous ceux qui ne peuvent se déplacer, je vous invite à prendre ce temps de prière en communion avec nous, de 19 à 20 heures ce soir, en lisant les textes. Nous prierons pour toutes vos intentions.

Bien fraternellement. Franck Monvoisin, rédacteur du blog

Temps de Prière de la Famille Franciscaine

Mercredi 21 janvier 2009

C’est notre première rencontre, en cette année où nous célébrons le 8ème centenaire de la naissance du charisme franciscain. Avant d’entrer dans la prière, vénérons François et Claire et demandons-leur de nous affermir dans notre vocation franciscaine.

Cloches de Lourdes

« Pour moi, vivre, c’est le Christ » « Suivre les traces de mon Seigneur Jésus-Christ » Paul, comme François se sont laissés saisir totalement par le Christ. En cette semaine de l’unité des chrétiens, alors que nous allons célébrer dimanche la fête de la conversion de St Paul, nous avons souhaité centrer notre prière sur cette conversion nécessaire pour chacun, afin qu’advienne l’unité des chrétiens.

Chant : «  C’est Jésus qui nous rassemble  » cf : Feuille A 22-99, couplets 1,2,4,5

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Lecture du Livre des Actes des Apôtres (22, 3-16)

La conversion de Paul devant la porte de Damas

Paul, menacé de mort par les Juifs de Jérusalem, leur parla ainsi: « je suis Juif, né à Tarse en Cilicie; mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. J'ai persécuté à mort cette doctrine, liant et mettant en prison hommes et femmes. Le souverain sacrificateur et tout le collège des anciens m'en sont témoins. J'ai même reçu d'eux des lettres pour les frères de Damas, où je me rendis afin d'amener liés à Jérusalem ceux qui se trouvaient là et de les faire punir. Comme j'étais en chemin, et que j'approchais de Damas, tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel resplendit autour de moi. Je tombai par terre, et j'entendis une voix qui me disait: Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? Je répondis: Qui es-tu, Seigneur? Et il me dit: Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes. Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière, mais ils n'entendirent pas la voix de celui qui parlait. Alors je dis: Que ferai-je, Seigneur? Et le Seigneur me dit: Lève-toi, va à Damas, et là on te dira tout ce que tu dois faire. Comme je ne voyais rien, à cause de l'éclat de cette lumière, ceux qui étaient avec moi me prirent par la main, et j'arrivai à Damas. Or, un nommé Ananias, homme pieux selon la loi, et de qui tous les Juifs demeurant à Damas rendaient un bon témoignage, vint se présenter à moi, et me dit: Saul, mon frère, recouvre la vue. Au même instant, je recouvrai la vue et je le regardai. Il dit: Le Dieu de nos pères t'a destiné à connaître sa volonté, à voir le Juste, et à entendre les paroles de sa bouche; car tu lui serviras de témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues. Et maintenant, que tardes-tu? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. »

Parole du Seigneur! nous rendons grâce à Dieu!

Chant de méditation : Apôtre des nations - Messager de la Nouvelle, (sur CD) Le monde est ta maison - Par ta voix, Dieu se révèle

1 – Pour toi, vivre, c’est le Christ 2 – Pour toi, vivre, c’est le Christ Et l’annoncer nourrit ta joie Sagesse offerte à qui te croit Antioche te reçoit Athènes où Dieu t’envoie Et les chrétiens se multiplient Entend le nom de l’inconnu Heureuse Eglise Heureuse ville Où l’Esprit souffle à tous les vents ! Où sur les places on dit Jésus !

3 – Pour toi, vivre, c’est le Christ 4 – Pour toi, vivre, c’est le Christ Et tu le portes aux gens sans droits Et la rencontre avec sa croix Corinthe s’ouvre à toi, Combien de durs combats Tu vois les pauvres se lever Jusque dans Rome tu mèneras Heureuse Eglise Heureuse Eglise Où des frontières sont tombées ! Où les prophètes gardent foi !

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Lecture de la Légende des Trois Compagnons (5, 13-14)

François à Saint Damien

Comme François passait près de l'église Saint Damien, une voix intérieure lui dit d'entrer pour y faire oraison. Il entra. Il commençait à prier avec ferveur devant une image du Christ en Croix, lorsqu'il entendit une voix lui dire avec douceur et bienveillance: « François, ne vois-tu pas que Ma Maison tombe en ruine? Va donc et répare-là par amour pour Moi. » Tremblant et frappé de stupeur, il répondit : »Je vais m'y mettre de toute mon âme Seigneur. » Il comprit qu'il s'agissait de l'église Saint Damien, que sa grande vétusté menaçait d'une chute prochaine. Les paroles Divine le remplirent de joie, et son âme s'éclaira d'une vive lumière: il eût l'intime conviction que c'était Jésus crucifié qui lui adressait cet appel. A la sortie de l'église, il trouva un prêtre assis tout près de la porte. Mettant la main à la bourse, il lui offrit de l'argent et lui dit: « Je t'en conjure, messire, achète de l'huile pour faire brûler sans interruption une lampe devant ce crucifix: et quand tu auras dépensé cette somme, je te donnerai de nouveau autant qu'il le faudra. » A partir ce ce jour, son cœur fut si frappé et si profondément meurtri au souvenir de la Passion du Seigneur que, tout le reste de sa vie, il garda en son âme la mémoire des stigmates du Seigneur Jésus. La chose fut bien connue plus tard, lorsque les stigmates du Sauveur se reproduisirent sur le corps de François par un miracle dont il y eût les preuves d'une évidente Charité.

Ref : Que ton règne vienne – Comme l’aube sur la nuit

Que ton règne vienne – Qu’il éclaire et change notre vie !

1 - Là où il y a la haine que surgisse ton amour – Là où il y a le doute, que s’élève un chant de foi !

2 - Là où règnent les ténèbres, que paraisse ta clarté – Là ou cesse l’espérance, que s’élève un chant d’espoir !

3 – Là où naissent les discordes, que s’installe l’unité – Là où il y a la guerre, que s’élève un chant de paix !

4 – Là où il y a l’offense, que s’éveille le pardon – Là où règne la tristesse, que s’élève un chant de joie !

5 – Là où germe le mensonge, Fais fleurir la vérité – Là où siège l’injustice, que s’élève un chant d’amour !

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Exposition du Très Saint Sacrement

« Aimer, c’est tout donner, et se donner soi-même … »

Intercession

1 – L’apôtre Paul a recherché la vérité et l’a trouvée dans le Christ. François a cherché Dame pauvreté et l’a trouvée dans le Christ. Pour tous ceux qui découvrent avec bonheur la présence de Dieu sur leur route, et pour ceux qui poursuivent leur quête de vérité, prions le Père

2 – L’apôtre Paul a été un grand missionnaire. François a envoyé ses frères aux quatre points de l’horizon; Prions pour ceux qui quittent leur confort, leurs projets et leurs peurs pour annoncer l’Evangile autour d’eux et jusqu’au bout du monde, prions le Père.

3 – L’apôtre Paul a vécu sur une terre à évangéliser. François n’a pas hésité à aller à la rencontre du sultan. Pour les pays où les chrétiens sont une faible minorité et sont persécutés, prions le Père.

4 – Les écrits de l’apôtre Paul témoignent d’innombrables rencontres. Les écrits de François et de Claire sont notre richesse. Pour nos amis, nos familles, nos proches, et pour ceux à qui nous avons promis notre prière, prions le Père

Intentions libres

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Antienne: « Celui qui plante n'est rien, celui qui arrose n'est rien. Dieu seul compte, qui donne la croissance ».

Très haut, tout puissant, bon Seigneur, à toi sont les louanges, la gloire et l’honneur, et toute bénédiction.
A toi seul, Très-Haut, ils conviennent ; et nul homme n’est digne de prononcer ton nom.

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures : spécialement Messire frère soleil qui donne le jour, et par qui tu nous éclaires ;

il est beau et rayonnant avec une grande splendeur : de toi, Très-Haut, il est le symbole.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur lune et pour les étoiles :

dans le ciel tu les as créées, claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère vent, pour l’air et les nuages, et le ciel pur, et tous les temps,
par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur eau,

qui est très utile et humble, précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère feu, par qui tu éclaires la nuit ;

il est beau et joyeux, robuste et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la terre, qui nous soutient et nous nourrit,
et produit divers fruits avec les fleurs aux mille couleurs et l’herbe.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent pour l’amour de toi, et supportent douleur et tribulation ;
bienheureux ceux qui persévèreront dans la paix, car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur la mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui meurent en état de péché mortel !

Bienheureux ceux qu’elle trouvera conforme à tes très saintes volontés, car la seconde mort ne leur fera point de mal.

Louez et bénissez mon Seigneur et rendez-lui grâces,

et servez-le avec grande humilité.

Antienne: « Celui qui plante n'est rien, celui qui arrose n'est rien. Dieu seul compte, qui donne la croissance ».

Comme Jésus nous l’a appris, avec confiance nous osons dire : Notre Père….

Dieu qui as instruit le monde entier par la Parole de l'Apôtre Saint Paul dont nous célébrons aujourd'hui la conversion, accorde-nous d'aller vers Toi en cherchant à lui ressembler, et d'être, dans le monde, les témoins de Ton Évangile. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde ! Que le Seigneur fasse briller sur nous son visage, qu’il se penche vers nous ! Que le Seigneur tourne vers nous son visage, qu’il nous apporte la paix ! Et que Dieu nous bénisse, lui qui est Père, Fils et saint Esprit

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Reposition du St Sacrement et Chant final - Il dansera pour toi

Refrain : Il dansera pour Toi avec des cris de joie, Ton Dieu est en toi , Alléluia, alléluia, alléluia !

1- Pousse des cris de joie, Fille de Sion ! Éclate en ovations Israël !

2- Trésaille d’allégresse, réjouis-toi, Fille de Jérusalem !

3- Le Roi d’Israël , Adonaï est en toi , Tu n’as plus à craindre le malheur !

4- Ce jour-là on dira à Jérusalem, ne crains pas Sion ne faiblis pas !

5- En Toi , il y aura , sa joie et sa danse, Il te recréée par son Amour !

Prochaines rencontres :

Mercredi 18 février : Fraternité Ste Claire

Mercredi 18 mars : Marie Alexandrine et Christophe

Mercredi 15 avril : Fraternité St Michel

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Prière pour l'année jubilaire des 150 ans de la mort du Saint Curé d'Ars

Saint François d'Assise joua un très grand rôle dans la vie du Saint Curé d'Ars; à un moment donné de sa vie, il pensa à entrer chez les Frères Mineurs Capucins de Lyon, mais le Père Léonard de Port Maurice lui conseilla de rester dans sa Paroisse et d'entrer dans le Tiers Ordre Franciscain, ce qu'il fit en 1847; l'année suivante une Fraternité fut établie à Ars et il recommandait aux Curés voisins d'en faire autant. Totalement purifié et uni à Jésus, il entre dans la Vie le 4 août 1859 et fut canonisé en 1925. Il a été proclamé Saint Patron de tous les curés de l'univers. Le 8 décembre 2008, s'est ouverte à Ars l'année jubilaire des 150 ans de sa mort.

Saint Jean-Marie Vianney, vous qui avez indiqué le “chemin du Ciel” à tant de fidèles, montrez-nous le chemin de l’amitié et de la vie avec le Père. Aidez-nous à goûter le bonheur qu’il y a à connaître Jésus-Christ, à L’aimer et à Le faire aimer. Comme vous, que nous découvrions la joie de vivre dans la grâce de l’Esprit-Saint, afin de le suivre avec confiance dans la foi. Apprenez-nous à aimer et à vivre toujours plus des sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie. C’est là que nous rencontrons le Seigneur en vérité pour grandir dans la vraie liberté et nous laisser sanctifier. Que Sa présence dans le Saint-Sacrement nous attire, nous comble et soit pour chacun source de consolation. Aidez-nous à découvrir que la Parole de Dieu est une lumière pour aujourd’hui et un guide pour aimer et servir nos frères avec joie, spécialement les plus pauvres et les plus petits. Vous êtes le “patron de tous les curés de l’univers” et un modèle plein de charité pour chaque prêtre. Nous venons vous les confier et prier pour eux ; gardez-les dans la paix et la fidélité à l’Église. Saint Curé d’Ars, aidez-nous à être toujours plus des témoins de la miséricorde ; faites grandir en nous le désir d’être des saints. Amen.

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Téléchargez la feuille du temps de prière (pdf) en cliquant ici

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