25 mai 2008

L'icône des Nouveau martyrs d'Ukraine

ikua L'icône des Nouveau martyrs d'Ukraine

Ivanka Dymyd, peintre d'icône.

Il est Celui, "Qui offre et Qui est offert, Qui reçoit et Qui est distribué" (Prière avant l'hymne des Chérubins – le Chérubicon). Agneau et protoprêtre simultanément. Il est le vigneron et la vigne. Pour cette raison la figure du Christ se trouve comme au centre d'un immense calice, dont les bords repliés sont le ciel, la colonne – le Christ, et le piédestal – la table eucharistique. Le Christ est représenté en mandorle (cercles concentrés en forme d'ellipse), comme sur les icônes de la Transfiguration et de la Résurrection. Dans un vêtement blanc, qui est le signe de la "future gloire des saints", "comme si le Christ les liait à Soi, comme s'il les accueillait en Soi et les illuminait de Sa splendeur" (A. Shepytsky, Exercices spirituels pour prêtres, Lviv 1990). En même temps, le vêtement repose de la sorte à ne pas gêner les mouvements du Christ, qui est serviteur dans la vigne du Père. La personnalité du Christ est dynamique, en marche, ce qui signifie qu'Il remplit bénévolement et librement la volonté du Père; les paumes ouvertes comme sur le crucifix – c'est le geste de la confiance, l'invitation à la participation. A gauche du Christ croît la vigne, qui retrouve son prolongement : – sur terre, dans le calice eucharistique; – au ciel, dans les calices célestes où les anges ramassent la vendange. L'inscription: "Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits." (Jean 15.5) se rapporte non seulement aux martyrs, mais elle est aussi un encouragement pour les personnes qui contemplent l'icône, pour les générations à venir.

Les nouveaux martyrs, entre lesquels se trouvent évêques, prêtres, moines et moniales, mais aussi un laïc, jouissent de la même gloire dans le Christ et avec le Christ.

Ils demeuraient avec Lui, en Lui ils se sont habillés, ils L’ont servi et pour Lui ils ont donné leur vie, pour cela ils ont la Gloire de façon identique.

La première rangée symbolise justement leur différence: (de gauche à droite) la moniale, pieuse et silencieuse; l'étranger, qui de tout son cœur a accepté l'idée de la communion des Eglises; le prêtre-réfugié, exemple de père pour tout le monde; l'humble moine, l'archimandrite, personne, qui étant très riche, à choisi la pauvreté et la simplicité; le professeur, missionnaire, bon pasteur, prisonnier indomptable; l'évêque – maître des jeunes, fondateur d'ordre religieux; le chantre-laïc, serviteur de tous; le curé exemplaire.

En me plongeant dans les biographies de ces saintes personnes, je me suis efforcée de donner un vase symbolique ou une phrase de l'Evangile à chaque personne, pour qu'ils servent d'illustration à leur vie. Quand maintenant, je m'efforce d'expliquer, pourquoi justement comme cela et non autrement, je me trouve en difficulté pour répondre. Car le choix s'est fait spontanément, j'espère sous l'influence de l'Esprit Saint.

Les nouveaux martyrs, béatifiés en juin 2001, sont simplement une partie des milliers de saints anonymes ukrainiens. Leurs figures sont peintes dans la partie supérieure de l'icône en compagnie des anges.

Quelques figures peuvent être reconnues: voilà le père Kassian Kyprian avec un groupe d'enfants dans les bras, avec lesquels il gela dans une baraque du camp de concentration, devenant pour eux le meilleur saint Nicolas; voici une femme avec une bougie dans les mains; aussi voici un évêque anonyme… Ils sont nombreux, ils sont devenus une vive illustration aux paroles du Christ: "Nul n'a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis." (Jean 15.13). Ils sont presque dans chaque famille. Notre devoir – parler d'eux à nos descendants.

Prière aux pieds de l'icône des nouveaux martyrs

Seigneur, Créateur de l'univers, des mers, des étoiles, des oiseaux du ciel, des montagnes, des bois, et de tout ce qui est en eux. Je suis debout devant Ta grandeur, moi, créature de Tes mains. Tu vois ma faiblesse; prends pitié de moi et donne-moi la Force de Ton Esprit pour finir le travail entrepris. Pas pour ma gloire, mais pour le salut de l'âme et la gloire de Ta personne. Pour que chacun et chacune, regardant cette icône, Te voit en premier lieu, Te rende grâce, vénère tes saintes plaies par la force de nos saints martyrs, qui ont donné leur viecomme sacrifice pour la multitude. Car Tu es notre Dieu, Et nous tes créatures, Seigneur, Nous invoquons Ton nom, Père, Fils, et Saint Esprit. Amen.

Explication des personnages

I-er rang en haut
(la liste va toujours de gauche à droite)

  1. L'évêque martyr Grégoire Lakota tient dans ses mains le Grand Séminaire de Peremysl donc il était le recteur.

  2. Le prêtre martyr Vital Bajrak. Sa vie était l'incarnation de l'amour, et pour cette raison il tient la 1-re Epître aux Corinthiens avec le texte: "L’amour ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues? elles se tairont." (13.8).

  3. L'évêque martyr Nikita Budka porte dans ses mains le calice, qui symbolise le choix des souffrances, l'inévitabilité du sacrifice. Rappelez-vous la phrase: "Père … éloigne de moi cette coupe!" (Marc 14.36).

  4. Le prêtre martyr Séverin Baranyk tient ses mains dans un geste de prière d'adoration, d'entrain comme dans le "Notre Père".

  5. L'évêque martyr Grégoire Khomyshyn porte dans sa main la cathédrale de Stanislaviv, donc il était l'évêque. Le texte est le suivant: "Jésus Christ est le même hier et aujourd'hui, il le sera à jamais." (Hébreux 13.8).

II-e rang du haut

  1. L'évêque martyr Théodore Romza tient le calice – symbole du sacrifice, de la souffrance, de l'Eucharistie.

  2. L'évêque martyr Siméon Loukatch, qui n'a jamais trahi, a ses mains posées en forme de croix sur sa poitrine dans un geste d'innocence et d'humilité devant le futur.

  3. Le prêtre martyr Joachim Sen'kivsky porte l'église du monastère st Onoufre de Lviv, où il vécut et préchat. Le texte est le suivant: "Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés" (Jean 15.9).

  4. Le prêtre martyr Zénon Kovalyk est l'unique personnage peint avec un nimbe en forme de croix, car il est mort par crucifixion comme le Christ. L'enfant nouveau-né, qui est introduit dans ses entrailles est aussi un martyr car il fut crucifié avec lui.

  5. Le prêtre martyr Emilien Kovtch. Son phélonion (sa chasuble) est en forme d'uniforme de camp de concentration avec le numéro qu'il portait à Majdanek. Il élève sa main pour bénir tout le monde: ses bourreaux et les paroissiens de Peremysl, les non-baptisés, les juifs et les ukrainiens, les dirigeants du camp et les orphelins.

  6. L'évêque martyr Ivan Slesiuk nous montre le calice et l'Epître aux Galates avec les paroles: "Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi" (2.20). Ces dernières sont devenues le mot d'ordre de toute la vie de cet entreprenant évêque.

III-e rang du haut

  1. Le prêtre martyr Nicolas Tsehelsky tient dans une main le calice, comme symbole de son holocauste; dans l'autre main nous voyons l'Evangile serré contre lui, comme signe de force intérieure.

  2. Le prêtre martyr Pierre Verhun servit comme vicaire apostolique en Allemagne, où il devint "tout pour tous". C'est pourquoi les paroles de st Paul: "Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure" (Romains 12.15) illustre son credo vital.

  3. L'évêque martyr Basile Velytchkovky nous montre un couvercle de boite de conserve, qui dans la zone du camp de concentration lui servait "de calice, de disque (patène), d'autel et d'église,… que rien ni personne n'ont pu détruire, car c'est la force de la conviction, c'est la Grâce de Dieu" (Témoignage du métropolite Maxym Hermaniuk). Le texte nous dit: "Yahvé est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je?" (Psaumes 27(26).1).

  4. Le prêtre martyr André Ichtchak tient une balance comme symbole de la justice et de l'équité. Il était docteur en droit canonique.

  5. Le prêtre martyr Roman Lysko détient dans ses mains les paroles du psaume n°1: "Heureux l'homme", qu'il chantait sûrement parmi d'autres dans la prison sur la rue Lontskoho à Lviv. Il périt, emmuré vivant, à l'âge du Christ.

  6. Le prêtre martyr Ivan Ziatyk porte sur l'épaule une croix de glace, dans lequel sont congelées des fleurs blanches. Il a été arrosé d'eau dans la gelée. Il est devenu lui-même comme une croix du Christ en glace.

  7. Les bienheureuses martyres Olympia Bida et Laurentia Harassymiv sont toujours ensemble au monastère et en exil. Elles s'embrassent, comme des personnes dans une situation de danger mortel, cherchant le réconfort dans la prière.

IV-e rang à partir du haut, ou I-er rang à partir du bas

  1. La bienheureuse martyre Tarsykia Matskiv a dans sa main gauche du fil rouge (symbole de la vie dans l'icône de l'Annonciation), hormis le fait qu'elle était couturière. Le fil est cassé. La solution au problème, qui se trouve dans l'autre main, sont les clés. Quand elle ouvra la porte sa vie se lacéra. La main droite fait le geste de bénédiction. Elle bénit cet instant – la rencontre avec le Fiancé Céleste, elle bénit celui qui lui ôtât la vie.

  2. Le prêtre martyr Léonide Fiodorov tient une croix à deux transversales.

  3. Le prêtre martyr Alexis Zaretsky est représenté avec des enfants, qui "se sont toujours serré contre lui" (Mémoires).

  4. Le prêtre martyr Clément Sheptytsky tient dans une main le monastère de Univ donc il était l'higoumène (prieur) pendant de nombreuses années. Dans l'autre main – les Règles monacales.

  5. L'évêque martyr Nicolas Tchernetsky montre le texte de l'Epître au Romains (6.5): "Si c'est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable". Dans l'autre main il détient le bâton de voyageur. C'est un philosophe, un consolateur, un Homme.

  6. L'évêque martyr Josaphat Kotsylovsky est représenté avec une croix. Humble personnage, plein d’une profonde paix spirituelle intérieure.

  7. Le prêtre martyr Vladimir Pryjma est habillé en chemise brodée, et ceint d'une ceinture populaire. Il a dans une main le texte: "Pourvus de dons… exerçons-les; si c'est le service, en servant" (Romains 12.7). Toute sa personnalité exprime l'empressement au service. Dans l'autre main – l'encensoir, duquel s'élève la fumée.

Le prêtre martyr Nicolas Konrad tient un calice dans les mains. C'est un pasteur calme, qui ne délaisse pas ses brebism il est un maître averti. C’est un saint.

Les nouveaux martyrs, béatifiés en juin 2001, sont simplement une partie des milliers de saints anonymes ukrainiens. Ils sont nombreux, ils sont devenus une vive illustration des paroles du Christ: "Nul n'a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis." (Jean 15.13). On les trouve presque dans chaque famille. Notre devoir – parler d'eux à nos descendants. Leurs figures sont peintes dans la partie supérieure de l'icône en compagnie des anges. Quelques figures peuvent être reconnues: une femme avec une bougie dans les mains; un évêque anonyme… Il y a aussi le père Cyprien Kassian. Je l'ai peint parmi les saints anonymes avec des enfants dans les bras.

Le père Cyprien se trouvait dans un Goulag de droit commun quelque part en Sibérie. Tous aimaient beaucoup le père et priaient avec lui, même un général de l'armée soviétique. Un jour pendant l'hiver, le père apprit que dans le camp, à part la zone des femmes, se trouvait encore la ‘zone des enfants', où étaient parqués les enfants nés au Goulag. Ces enfants avaient terriblement faim car on ne leur donnait que les restes des autres prisonniers. Le père Cyprien, avec l'aide du général, creusa un tunnel menant jusqu'à la zone des enfants et les visitait secrètement. Les enfants étaient très affaiblis à cause de la faim. Chaque jour il en mourait. Le père accompagnait leur âme par la prière. Il parvint à trouver du sucre, et en le mélangeant avec de l'eau, il fabriqua des petits anges en sucre pour les enfants. Cependant le père Cyprien apprit qu'on allait exécuter les enfants car le camp devait changer d'endroit. Il prit alors tous les petits anges qu'il avait eu le temps de fabriquer la veille et demanda à l'officier de fermer derrière lui le souterrain. Il fit ses adieux à chacun et demanda de prier. Puis il partit vers les enfants. On reporta la fusillade en raison d'une tempête de neige. Quand, après trois jours, les soldats vinrent exécuter les ordres, ils virent que tous étaient morts de froid. Les enfants étaient serrés contre le prêtre. Le prêtre tenait dans ses bras un petit garçon. L'enfant tenait dans ses mains un petit ange en sucre.

Ivanka Dymyd est iconographe. Elle vient de recevoir à Kiev le prix Vassili Stouss qui récompense chaque année les meilleurs artistes ukrainiens. Née à Lviv en 1968, issue d'une famille gréco-catholique ayant donné des prêtres pendant sept générations successives. Sa mère a été déportée à Vorkuta avec sa famille alors qu'elle n'avait que 5 ans et ne put retourner en Galicie qu'après la mort de Staline. Ivanka a épousé le père Michel Dymyd, directeur de l'Institut du droit canonique au sein de l'Université catholique d'Ukraine, et a mis au monde quatre enfants. Son grandoncle, le père Roman Lysko, et l'oncle de ce dernier le père Nicolas Tseghelski, ont été canonisés par l'Eglise catholique le 27 juin 2001. C'est à elle que le synode de l'Eglise gréco-catholique a demandé de réaliser l'icône des nouveaux martyrs d'Ukraine. Avant de commencer cette icône, qui mesure 2 mètres sur 1,5 mètre, Ivanka s'est documentée soigneusement sur la vie de chaque saint. Se remémorant le martyr de chacun, elle s'est mise à prier en pensant également à tous ceux qui n'avaient pas pu encore être canonisés mais dont le témoignage fut tel que leur sainteté est indubitable. L'icône est apparue comme un rayon de lumière, en l'espace d'un mois.

Texte extrait du site http://www.ucu.edu.ua/ukr


24 mai 2008

L'Icône de l'Amour Miséricordieux

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Icône de l'Amour Miséricordieux, Congrégation des Soeurs de Sainte Anne

L'Icône de l'amour miséricordieux

Dans l'icône de l'Amour miséricordieux, les trois anges sont représentés dans une attitude d'attention profonde et d'amour envers un jeune homme qui semble être complètement abandonné à lui-même. L'attitude dans laquelle ils se trouvent, leur apparence, la position de leurs mains, présentent leur dévouement le plus total envers les pauvres et les plus démunis parmi les hommes. Comme dans toutes les icônes, les visages des personnages, sont de «couleur de terre mélangée avec la lumière": un teint transfiguré, qui ne peut être identifié avec telle ou telle race humaine, parce que toutes les cultures et les races se reconnaissent en celle-ci. Les yeux des anges sont grands et offrent la vitalité, ainsi, il nous invitent à nous familiariser avec eux, ils recherchent "l'intérieur" et nous, une recherche dans notre cœur avec une profonde bonté et miséricorde. Les couleurs de leurs vêtements sont rouge, bleu, vert et rose-lilas.

Le Père, représentanté par l'ange qui se trouve à droite, est incliné sur son "fils" qui a péché, et avec une adhérence ferme, il le soutient avec ses mains. Il est presque agenouillé devant "sa" créature: "Il ne veut pas perdre le travail de ses propres mains… Il a créé l'homme afin qu'il puisse être heureux" (Charles de Barolo). Son regard est rempli d'un amour très miséricordieux, il veille sur l'homme avec sa providence toute paternelle et avec une infinie tendresse. Il porte un vêtement transparent rose-lilas et son manteau qui a des nervures d'or, met en lumière l'imperméabilité du mystère qui l'enveloppe complètement, nous suggérant que nul ne connaît le Père. L'édifice derrière lui symbolise l'Eglise universelle, les portes du bâtiment sont ouvertes, rappelant l'universalité de l'Eglise et de son message.

L'ange de gauche représente le Fils: "la deuxième Personne de la Trinité divine, mû par l'amour, s'est offert lui-même à Son Père, comme un sublime holocauste ..." (Charles de Barolo) Il semble qu'il est presque prosterné devant l'homme, dont il est titulaire de ses pieds, sa position nous rappelle l'épisode du lavement des pieds, image par excellence du service. Il porte un manteau bleu et une tunique rouge, sur son épaule droite on aperçoit le rouge de sa tunique, avec des nervures d'or. La couleur bleue réfère au ciel, elle symbolise la divinité du Christ, l'immatérialité, ainsi que l'absolu. Le rouge indique le sang de l'humanité et rappelle l'amour infini du Christ, qui l'a poussé a exécuter Son Sacrifice expiatoire, en embrassant la Croi pour nous. Le bleu combiné avec rouge indiquent les deux natures: l'humanité enveloppé par la divinité, des éléments qui rendent l'ange semblable à la personne du Christ. En outre, la tunique symbolise aussi est la mission que le Christ a accomplie: Son Incarnation, Sa Mort, Sa Résurrection et Son Ascension vers le Père. L'arbre se trouvant derrière Lui rappelle l'arbre de vie et symbolise la Croix.


L'Esprit Saint, symbolisé par l'ange au centre, semble tout juste descendu du ciel, symbolisé par un cercle bleu, placé en haut de l'icône, dans lequel sont représentées les étoiles. Le mouvement des ailes souligne sa descente: il participe avec les autres au travail pour "sauver l'homme". Les couleurs de ses vêtements sont bleues, symbole de la divinité et en vert, couleur qui symbolise l'eau, donc la fertilité, la régénération de vitalité, ammènent le printemps, la jeunesse, la maternité. À ses épaules sont visibles des langues de feu qui inondent la scène. Il est l'Esprit Divin qui transmet la vie, Il est aussi la Force et de la Consolation pour toute personne humaine. C'est l'Esprit qui nous réchauffe, qui ouvre nos yeux, qui nous consacre et qui nous envoie dans le monde pour «changer les larmes de désespoir dans la douceur des larmes de l'espérance" (Julie Colbert).


Les ailes des anges rappellent qu'Ils ne sont pas de ce monde et qu'Ils viennent d'ailleurs. Leur mouvement anime toute la scène, il se diffuse sur l'icône la «douce ivresse de l'Esprit". Ils ont des sandales, indiquant leur présence dans notre milieu: même si ils sont des anges, ils ne sont pas pour autant étrangers à notre monde.

Le jeune homme au centre de ces trois personnes, est enveloppé par l'amour et annonce notre participation au banquet céleste. Entouré de l'amour de la Trinité, il est placé au centre de l'icône, sur une plate-forme très raffinée et allongé sur un tissu rouge. Cette description veut nous dire que nous sommes tous très important pour notre Seigneur, nous sommes passé destinés à passer de la terre à la vie éternelle et en même temps enveloppé d'une enveloppe royale symbolisée par le tissu rouge (rouge); en vue de l'éternité nous sommes pris en charge et guidés sur cette terre; l'attention et l'amour miséricordieux du Seigneur réaffirment à quel point nous sommes aimés: "Dieu nous aime et il veut notre bien et de plus, il désire notre bonheur" (Bienheureuse Marie Henriette Dominici. Le visage du jeune homme rappelle notre mission: nous sommes envoyés par la Trinité vers les jeunes générations, vers les petits et les pauvres, sachant que, dans chacun, se trouve "une âme d'un prix infini, que Jésus-Christ aime avec un amour immense immense "(Const. 1846 art. 384).

La scène se déroule sur une montagne, symbolisant une "Théophanie", c'est à dire une manifestation de Dieu, la montagne, comme l'arbre et l'édifice, sont transfigurés. L'or fond de l'icône symbolise la lumière, qui représente la demeure de Dieu, le Paradis. L'icône est construite dans une perspective inverse indiquant d'une manière particulière par la plate-forme et la montagne que ce n'est pas nous qui devons aller vers le Divin, mais qu'au contraire, c'est le divin qui vient rencontrer à chacun d'entre nous: "Car Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ". (Jn 3,16).


D'après un texte extrait du site www.suoredisantanna.org

04 mars 2008

La Sainte Pieta de Cannobio

Cannobio_Pieta_1_1_2 La Sainte Pieta de Cannobio

L'origine du tableau de la Sainte Pietà de Cannobio vient dans le contexte culturel de la "Devotion moderne" qui trouve naissance avec Saint François d'Assise, dans sa contemplation de la Divine Humanité du Christ, qui ensuite l'a transporté en Europe, puis à travers le monde entier. Dans cette période, l'on développe une nouvelle façon d'approcher le mystère de Christ, non plus seulement comme en "Christ glorieux" issu de la tradition byzantine, mais aussi et surtout comme "Christ souffrant". A cette époque, l'on passe d'une "Devotion" raffinée, mais en somme quand même un peu abstraite, à une "Devotion" moderne, concrète, qui a entre autre, donné naissance à de célbres prières et hymnes, comme l'Ave Verum Christ, ou l'Anima Christi... C'est donc dans cette culture, cette tradition, cette "Devotion" qui se trouve cettes extraordinaire "Icône", qu'est l'image de la Sainte Pietà de Cannobio, dont nous pourrions dire qu'elle est théologique, presque liturgique, baptismale et eucaristique.

Ce petit tableau, fut réalisé peint sur un parchemin dans la seconde moitié du 15e siècle par un artiste dont le nom ne nous est hélas pas connu Il s'agit d'une véritable icône qui interprète en mode picturale le chapitre 19 de l'Evangile selon Saint Jean; de manière très symbolique, reprenant ce que nous appelon communément le « Mystère Pascal, c'est à dire le mystère de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Seigneur. Quand nous regardons l'image, nous remarquons un tombeau, qui pourrait cepedant aussi être un autel. Du tombeau, émergent trois personnes et au dessus de leurs épaules une grande croix. Cette Croix, plus visible dans sa dimension horizontale, domine tout le tableau et fait contrepoids au sépulcre, ou à l'autel. Tout autour de la Croix, sont rappelés les « moyens de la Passion. Certains sont posés sur la barre transersale de la Croix, tel par exemple le suaire, le marteau, les tenailles et les clous; nous voyons de chaque côté, les dès, la cuvette, le linge et les mains de Pilate ainsi que l'éponge imbibée de vinaigre enfoncée sur une lance et enfin la lance du centurion romain, nous voyons aussi les mains de Judas indiquant: « C'est Lui, arrêtez-Le », la main du soldat qui a arraché les cheveux et la barbe de Jésus, et enfin une autre main, indiquant un geste moqueur, de raillerie.

Les trois personnes, Jésus, Marie et Jean, qui sont au centre du tableau, sont aussi toutes dans le même tombeau, et en émergent, c'est sur ce point que le 'icône de la Sainte Pieta de Cannobio a quelque chose de théologique, car elle ne représenta pas un fait qui s'est passé sur le calvaire, mais une interprétation de l'Evangile de Saint Jean, cette icône nous invite donc à la réflexion et à la méditation. Jésus a les mains croisées, très décharné, dans l'attitude de la mort, rappelant le Saint Suaire de Turin, faisant comprendre qu'Il a pleinement accompli la Volonté du Père. Jean est en prière et Marie ne cherchant pas à fermer le côté ouvert de Son Fils,mais, au contraire l'ouvre, faisant ainsi comprendre que cette blessure est le point central de l'image.

Jésus porte sur Lui toutes les marques de la Passion: la couronne d'épines, les traces de la flagellation, les marques des clous dans ses mains. Il présente les signes de la mort, le visage baissé et, sur la droite, le côté transpercé. En même temps, il est debout et à les yeux entr'ouverts, en signe de Sa proche Résurrection. à Côté de Lui, se trouve Marie. Son regard est tourné vers Son Fils; leurs regards se rencontrent, car ils sont dans le même axe. La main droite de Marie ouvre la blessure du côté de Jésus, tandis que sa main droite est derrière les épaules de Jésus, formant une sorte de cercle qui se ferme, soulignant le rôle de Marie dans l'hitoire du Salut: Elle est Corédemprice. Jean est un peu à l'écart, incliné de trois quart, les yeux dans l'axe de la blessure du côté, d'où il vit sortir le Sang et l'Eau, éléments à la conotation hautement symboliques, puisqu'ils représentent, non seulement le Baptême et l'Eucharistie, sacrements lezs plus importants de l'Eglise, mais aussi à la Miséricorde Divine. Avec les mains en attitude de prière, Jean semble nous dire: « Je rends témoignage de ces choses, parce que ces faits sonts vrais et que je sais que ce qu'Il a dit est réel, pour que vous aussi puissiez y croire. »

D'après un texte traduit de l'Italien, extrait du site www.santuariosantapieta.it

10 février 2008

La Sainte Face de Créteil

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La Sainte Face Miraculeuse de Créteil