24 juin 2018

Neuvaine à la Vénérable Nennolina Meo

 

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Neuvaine à la Vénérable Nennolina Meo

Du 25 juin au 3 juillet

 

Antonietta naît à Rome le 15 décembre 1930, dans une famille plutôt aisée aux solides principes moraux et religieux. La maison se trouve à quelques pas de Sainte-Croix-de-Jérusalem. On récitait chaque jour le Rosaire, et on allait quotidiennement à la Messe. Ses parents aimaient beaucoup la Sainte Vierge, et, pour le voyage de noces, ils avaient été en pèlerinage au sanctuaire de la Reine du Rosaire de Pompéi. Les premiers mots que Nennolina, le surnom donné à Antonietta, apprend à écrire, par sa maman, sont les Noms de Jésus et de Marie. Quatrième d’une fratrie dont deux membres sont déjà « au Ciel », cette jolie brunette obéissante et joyeuse, ravit par son charme, sa candeur et sa capacité de réflexion très au-dessus de son âge. Nennolina était une enfant vive, toujours gaie, qui avait souvent une grande envie de sauter. Elle aimait beaucoup chanter.

A trois ans, elle entra au jardin d’enfant des religieuses. Elle connait dès son plus jeune âge un attrait pour la prière. A l'âge de quatre ans, elle est inscrite dans la section des Petites de l'Action catholique féminine.

Un jour, dans le jardin de la maison, elle tombe par terre et se cogne le genou sur un caillou. On la soigne, mais la douleur ne passe pas. Les médecins ne comprennent pas l'origine de sa douleur, mais, quand ils diagnostiquèrent le mal, il était trop tard : « osteosacoma, cancer des os », l'amputation de la jambe est alors inévitable. Tout le monde en est bouleversé...sauf elle.

Au printemps de l'année 1936, après l'intervention chirurgicale, on installe à Nennolina une lourde prothèse orthopédique, puis elle reprend sa vie d'enfant. Déjà à cet âge, elle avait un concept de la valeur de la souffrance, incompréhensible sans la grâce de Dieu.

Elle commença à aller à l’école primaire à six ans, avec une prothèse qui la gênait beaucoup. Mais elle offrait tout à Jésus : “Chaque pas que je fais, que ce soit un mot d’amour”. Le jour de l’anniversaire de l’amputation elle voulut le célébrer par un grand repas et par une neuvaine à la Vierge de Pompéi, parce que grâce à cet événement, elle avait pu offrir sa souffrance à Jésus. A 6 ans, elle obtient de faire sa première communion, comme le permet désormais l’Eglise (décret de Pie X d’août 1910, autorisant la communion des enfants à l’âge de raison, c'est-à-dire 7 ans, et même avant). Se préparant avec ferveur, elle promet à Jésus, quand il sera dans son cœur, de lui « dire des petits mots pour le consoler ».La nuit de Noël 1936, elle reçut la Première Communion et quelques mois plus tard la Confirmation.

L’amputation de la jambe n’avait pas bloqué la tumeur, qui s’étendit à la tête, à la main, au pied, à la gorge et à la bouche. Les souffrances de la maladie et celles des traitements destinés à la soigner étaient très fortes. Le mal progresse et après de longues et atroces souffrances, cette enfant toujours préoccupée des autres et qui ne s’est jamais plainte rend sa belle âme à Dieu, le 3 juillet 1937. Elle entre dans la Vie, n'ayant pas encore eu ses 7 ans, un samedi, comme elle l'avait annoncé. Elle est enterrée dans la Basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome.

Dès 1941, la présidente de l'Action catholique italienne propose l'ouverture de la cause en béatification et canonisation. Celle-ci s'ouvrira en 1972 après l'accord obtenu de la Congrégation pour les causes des saints.

Mais, conversions et grâces accompagneront sa mort : au cimetière romain du Verano, sa tombe sera jonchée de petits billets de prière et d’actions de grâce. Dans  l’année qui suivra, deux biographies de Nennolina seront publiées : sa réputation de sainteté se répandra si spontanément et si vite qu’elle dépassera non seulement les limites de sa paroisse, Sainte-Croix-de-Jérusalem, mais aussi celles de Rome et de l’Italie. Dès 1940, sa biographie paraît en plusieurs langues, y compris l’arménien. Le procès de béatification s’ouvre en 1942 et la phase diocésaine se termine en 1972. Mais son âge, à la limite de ce que l’on considère comme l’âge de raison, suscite la perplexité des personnes qui examinent son cas et de nombreuses difficultés surgissent au cours du procès. Aucune loi canonique ne détermine en fait l’âge à partir duquel on peut ouvrir un procès de béatification. Ce n’est qu’en 1981, avec la Déclaration de la Sainte Congrégation pour les Causes des Saints, que l’Eglise reconnaît pleinement que les enfants peuvent, eux aussi, accomplir des actes héroïques de foi, d’espérance et de charité, et par conséquent être élevés à l’honneur des autels.

Un décret, en date du 18 Décembre 2007, a été signé au Vatican, par le pape Benoît XVI, reconnaissant l'héroïcité de ses vertus. Nennolina est désormais Vénérable.

 

Prières quotidiennes

 

Prière à la Vénérable Antonietta Meo

 

O Dieu, Père des humbles, nous Te remercions parce que Tu nous as donné, en Antonietta Meo, une image vivante de Ton Amour et de Ta Sagesse révélés aux tout-petits. Toi qui lui as donné la Grâce d'être unie à la Croix du Seigneur Jésus et de souffrir avec force et avec joie. Rends-la glorieuse encore sur terre, afin qu'elle soit pour tous un exemple lumineux de fidélité à l'Evangile. Accorde-nous son amour simple et ardent pour l'Eucharistie et pour l'Eglise. Viens en aide à notre pauvreté et, par son intercession, rends-nous la grâce que nous Te demandons avec confiance. Amen.

 

Je crois en Dieu, Notre Père, 10 Je vous salue Marie,

Gloire au Père, O Marie conçue sans péché.

 

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Premier Jour

Antonietta, auteur d’une œuvre étonnante

 

Cette jeune enfant a écrit plus de cent cinquante lettres à Jésus, à Marie et à la Trinité, rédigées durant sa maladie, d’une maturité exceptionnelle. Cette œuvre étonnante témoigne d’une ascension spirituelle fulgurante. Ecrites de sa main malhabile de petite élève ou dictées à sa maman, ces incroyables petites lettres dégagent un tendre parfum d’intimité avec le Ciel : « Cher Jésus. Chère Petite Sainte Vierge »,commence l’auteur qui conclut souvent par : « Pleins de baisers de la part de ta petite Antonietta ».

C’est à partir du moment où sa mère commence à lui enseigner un peu de catéchisme, en vue de sa première communion qu’Antonietta se met à lui dicter de petites lettres, puis à les écrire elle-même, et à les poser chaque jour sous une statuette de l’Enfant Jésus au pied de son lit « pour qu’il vienne les lire la nuit ».

Sa mère témoignera : « Cela a débuté comme un jeu. C’est ainsi que souvent, le soir, après avoir dit sa prière à son ange gardien, Antonietta a pris l’habitude de me dicter des “poésies”,  d’abord pour moi, puis pour son papa et Margherita, puis pour Jésus et pour la Sainte Vierge. Je prenais le premier bout de papier que je trouvais, et je me contentais d’écrire ce qu’elle me disait, en souriant d’indulgence pour ce qu’elle me dictait avec tant de simplicité et de détermination ».

Confions tous les enfants à Jésus, pour que s’établisse dans leur cœur cette tendre relation avec lui.

Jésus, aide-nous à développer les talents que tu as mis en nous.

 

Prières quotidiennes

 

Deuxième Jour

Antonietta, future Docteur de l’Eglise

 

Le journal de Nennolina et ses lettres parlant de Jésus, de la Vierge Marie et de Dieu le Père sont chargées d'émotion et d'affection. Elles révèlent une union mystique vraiment extraordinaire. La théologie qui transpire de ses écrits, tracés d’une main enfantine et avec la manière simple et souvent incertaine des enfants, est d'une beauté surprenante. Beaucoup sont actuellement étudiés par les spécialistes. Car « l’œuvre » de cette jeune enfant dénote une profondeur spirituelle et une justesse théologique stupéfiantes.Au point que d’aucuns ont voulu voir en cette enfant de 6 ans un possible Docteur de l’Eglise. Cette correspondance place d’emblée sa jeune auteur dans la cour des plus grands. Comme eux, cette enfant aime Jésus d’un amour d’épouse. Amour mystique aux accents poétiques, qui rappelle celui de Thérèse de Lisieux. Elle écrit à Jésus : « Je veux être ta lampe et ton lys. La lampe qui brûle nuit et jour devant le tabernacle, ne te laissant jamais seul ; le lys qui orne l’autel et t’adore ». Des lys, elle promet d’ailleurs d’en envoyer beaucoup quand elle sera au paradis !

Jésus, fais de nous de précieux témoins de ton amour.

 

Prières quotidiennes

 

Troisième Jour

Antonietta aime Jésus jusqu’à l’héroïsme

 

Dès qu’elle apprend à tenir la plume, pendant sa première année d’école primaire, Nennolina veut signer toute seule : « Antonietta et Jésus ».Elle s’adresse à Jésus et à Marie avec une tendre familiarité. Ses petites lettres se terminent toujours par des caresses, des baisers, adressés à ses destinataires célestes. Les religieuses qui l’ont éduquée sont elles aussi témoins de cette tendre attitude, elles qui ont souvent vu, avant qu’elle ne sorte de l’église, la petite fille s’approcher du tabernacle et s’exclamer : « Jésus, viens jouer avec moi !».Elle écrit également dans ses lettres qu’elle désire que Jésus soit toujours avec elle : Pendant les mois qui la séparent de la nuit de Noël, ses lettres expriment tout son amour pour Jésus et l’ardent désir de le recevoir dans son cœur.

Les lettres de Nennolina sont des méditations-conversations avec Dieu le Père, Jésus, la Vierge Marie, l'Esprit Saint, la Sainte-Trinité. Elles sont pleines de tendresse, de douces expressions de l'amour ; de profondes réflexions sur les mystères de la foi ; de la persistance des souhaits de la réception de l'Eucharistie ; des offres de sa douleur à Jésus pour le salut des âmes.

La pensée de Jésus ne la quitte pas, elle compte les jours, les heures, les minutes. Les lettres sont répétitives et ses pensées, comme chez tous les enfants, sautent du coq à l’âne, mais sous leur forme enfantine, elles ne sont jamais banales ni puériles.

Son amour dépasse les mots : elle comprend qu’aimer Jésus, c’est faire sa volonté, jusqu’à l’héroïsme : « Rends-moi ma petite jambe si tu veux, écrit-elle à Jésus, mais si tu ne veux pas, fiat voluntas tua ».

O Jésus, fais-nous grandir, comme Nennolina, dans l’amour sans limite.

 

Prières quotidiennes

 

Quatrième Jour

Antonietta offre sa souffrance pour les pécheurs

 

Un peu plus tard, sa générosité extrême la fait monter encore plus haut : « Je ne te demande pas de me rendre ma jambe, je te l’ai donnée ». « Tu sais, maman ? J'ai proposé ma jambe à Jésus, pour la conversion des pauvres pécheurs et pour bénir tous les soldats en Afrique. »

Antonietta comprend qu’aimer Jésus, c’est aussi lui « donner des âmes ».Aussi offre-t-elle ses souffrances pour les pécheurs, « surtout pour les plus méchants »,précise-t-elle. Elle déclare vouloir beaucoup d’âmes : « O Jésus plein d’amour, donne-moi des âmes, donne m’en beaucoup !».

Elle prie pour les pécheurs : « Je te prie pour cet homme qui a fait tant de mal » ; «je te prie pour le pécheur que tu sais, qui est si vieux et qui est à l’hôpital Saint-Jean».

Nennolina comprend la valeur de la douleurA sa mère, elle dit : « Quand vous sentez la douleur, vous devez garder le silence et l'offrir à Jésus pour un pécheur. Jésus a tant souffert pour nous, mais il n'a pas commis de péché : Il était Dieu. Comment pouvons-nous nous plaindre, nous qui sommes pécheurs. Comment pouvons-nous le choquer toujours ? »

Prions pour les pécheurs, c’est ce que Marie nous demande de faire et qu’Antonietta a si bien compris et mis en œuvre.

 

Prières quotidiennes

 

Cinquième Jour

Antonietta comprend l’amour rédempteur de la douleur

 

Même si elle était très jeune, Antonietta a montré la compréhension de l'amour rédempteur de la douleur que vous ne pouvez pas expliquer si vous n'avez pas admis l'intervention d'une grâce extraordinaire. Nennolina comprend que chacun peut et doit remplir cette mission lui-même, en Jésus-douleur pour le salut de chaque âme. Elle offre sa douleur comme une récompense à Jésus pour toute la douleur qu’Il a soufferte. Elle a compris que sa douleur pourrait diminuer celle de Jésus qui continue à souffrir non plus dans son corps physique, mais dans son corps mystique. Jésus souffre sur les champs de bataille, dans les nombreux moyens par lesquels les hommes souffrent.

Antonietta, 6 ans, conseille à sa maman : « Pour ne pas souffrir, c’est bien simple : au lieu de penser à tes souffrances, pense à celles de Jésus, qui a tant souffert pour nous. Et tu verras que tu ne sentiras plus rien ». La petite fille qui sait à peine écrire, sait de quoi elle parle.

Quand quelqu'un lui demandait comment elle se sentait, elle répondait qu'elle allait bien.Elle ne voulait pas que quiconque prie pour son rétablissement, mais prie de l’aider à faire la volonté de Dieu. "Je veux rester avec Lui sur la croix parce que je l'aime", écrit-elle.

A son guide spirituel, elle dit  : "Pour un instant, je couche sur ma blessure, de manière à offrir plus de douleur à Jésus".

Cessons de nous plaindre et remercions Dieu pour les souffrances qu’il nous permet de partager avec lui.

 

Prières quotidiennes

 

Sixième Jour

Antonietta demande des grâces à Jésus

 

Antonietta ne cessera jamais de demander des grâces à Jésus et à sa Mère, pour ceux qui lui sont proches, pour ceux qui se recommandent à ses prières :

« Aujourd’hui j’ai fait un peu de caprices, mais prends, ô bon Jésus, ta petite fille dans tes bras... Aide-moi, parce que sans ton aide, je ne peux rien faire… Aide-moi de ta grâce… Aide-moi, car sans ta grâce je ne peux rien faire… Je t’en prie, Bon Jésus, garde toujours ta grâce dans mon âme ».

« Cher Jésus, demain tu seras dans mon cœur, fais comme si mon âme était une pomme. Et fais qu’il y ait une petite armoire à l’intérieur de mon âme, comme les pépins qui sont à l’intérieur d’une pomme. Et comme la graine blanche qui est sous la peau noire des pépins, fais qu’à l’intérieur de la petite armoire il y ait ta grâce, qui serait comme la graine blanche. Mettez Votre Grâce dans le placard et que cette Grace reste avec moi pour toujours. »

Le futur Paul VI, alors Secrétaire d’Etat, à la lecture de la biographie et des lettres d’Antonietta Meo, écrira que Dieu, en agissant dans les âmes par les voies les plus mystérieuses, concèdera à beaucoup de pénétrer, grâce à la lecture de la vie de cette enfant qui n’avait pas encore sept ans, le mystère de cette sagesse qui se cache aux superbes et apparaît aux enfants ». 

Demandons et il nous sera donné. Mais sachons demander avec persévérance.

 

Prières quotidiennes

 

Septième Jour

Nennolina, martyre

 

Le 12 juin 1937, l’état d’Antonietta s’aggrave. Elle respire avec peine. On extrait du liquide de ses poumons. Le 23, on lui scie trois côtes, sous anesthésie locale en raison de sa faiblesse. Voici ce que dit sa mère : « Je ne peux décrire le supplice de ce petit corps martyrisé. Ce jour-là, j’ai retenu mes larmes de toutes mes forces et je lui ai dit : “Tu verras, ma petite fille, dès que tu te seras remise, nous irons en vacances, nous irons au bord de la mer... tu aimes tant la mer... tu pourras aussi te baigner, tu sais !”.Elle m’a regardée, et m’a dit avec tendresse : « Maman sois heureuse, sois contente... Je sortirai d’ici dans un peu moins de dix jours” ».Sa mère ne pouvait pas savoir qu’Antonietta lui avait dit exactement le jour et l’heure auxquels elle allait mourir.

Dans les jours qui suivent, Antonietta continue avec une force désarmante à sourire. Elle sourit même aux infirmières qui viennent soigner sa cicatrice, alors que les métastases ont déjà envahi et dévasté tout son petit corps et que, sous la pression de la masse tumorale dans sa poitrine, le cœur a été déplacé. Tous les témoins du procès ont exprimé leur stupeur devant son extraordinaire sérénité. Sa mère en arrivera même à douter qu’elle souffre : « Je suis allée voir le docteur, et je lui ai dit : “Docteur, je ne crois pas... dites-moi la vérité, dites-moi vraiment... Antonietta souffre beaucoup ?”. “Mais Madame, quelle question ! Que dites-vous ! Taisez-vous ! Les douleurs sont atroces”. Je suis retournée près de son lit... je n’avais plus de voix, et je lui ai dit pour la première fois : “Antonietta, bénis ta maman... Antonietta, bénis maman”. Avec sa main, elle a tracé à grand-peine, une petite croix sur mon front ».

Au procès, le père d’Antonietta rendit le témoignage suivant : « Un jour, voyant son état s’aggraver, j’ai décidé qu’il fallait administrer l’extrême-onction à ma petite fille. Lorsque le prêtre lui a dit que les saintes huiles augmentent la grâce, Antonietta qui écoutait attentivement a répondu : « Oui, je les veux ! » Elle a répondu avec calme à toutes les prières, elle a récité l’acte de contrition, puis elle a tendu ses petites mains ouvertes au prêtre pour qu’il l’oigne... Elle a posé un baiser sur le crucifix de sa première communion. Tout s’est passé avec simplicité, dans la sérénité ».

L’aube de ce matin du 3 juillet 1937 s’était à peine levée quand son père s’approcha d’elle pour arranger encore une fois son oreiller, et Antonietta lui murmura, en approchant ses lèvres pour lui donner un baiser : « Jésus, Marie..., maman, papa ».Sa mère raconte : « Elle a fixé son regard devant elle... Elle a souri... et puis un long, dernier soupir ».

Le petit cercueil blanc fut transporté le lendemain, accompagné d’une foule émue, dans la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem, dans cette même basilique où se trouvent les reliques de la Passion de Jésus, et où Nennolina avait été baptisée à peine six ans auparavant. C’était le 28 décembre 1930, le jour des Saints Innocents.

Prions pour savoir témoigner jusqu’au martyre, comme Nennolina, s’il le faut.

 

Prières quotidiennes

 

Huitième Jour

La plus jeune vénérable de l’ère chrétienne

 

« Il y aura des saints parmi les enfants !»s’exclama saint Pie X lorsqu’il leur permit l’accès aux tabernacles eucharistiques, en abaissant l’âge auquel il était possible de recevoir la Communion. Mais il n’imaginait peut-être pas que cela viendrait si vite.

Décédée à l’âge de 6 ans, Antonietta Meo (15 décembre 1930-3 juillet 1937) est donc la plus jeune vénérable non martyre de l’histoire de l’Eglise.

Elle est plus jeune que les deux bergers de Fatima, Jacinthe et François, béatifiés par Jean-Paul II le 13 mai 2000 (morts à 10 ans), que la vénérable Anne de Guigné (10 ans et demi) ou que Marie-Carmen Gonzalez Valerio, sa contemporaine (1930-1939).

Devenir vénérable est la première étape vers la Béatification, étape nécessaire avant la canonisation. Antonietta Meo est la plus jeune candidate à la sainteté de toute l'histoire de l'Eglise catholique, qui ne soit pas martyre. Sa vie a été un témoignage de la sainteté des enfants qui souffrent.

Confions tous les innombrables êtres humains qui ne seront jamais canonisés mais qui le sont déjà dans le cœur de Dieu.

 

Prières quotidiennes

 

Neuvième Jour

La sainteté est pour tous !

 

Le cas de Nennolina est certainement une nouvelle confirmation de cette vérité, fortement mise en relief par Vatican II : La sainteté n'est pas à l'usage d'un petit nombre, mais un devoir contraignant pour tous les baptisés.

La dernière lettre de Nennolina porte la date du 2 juin. C’est celle qui arrivera dans les mains de Pie XI : “Cher Jésus crucifié, je t’aime tant, tu m’es si cher ! Je veux être avec toi sur le Calvaire. Cher Jésus, dis à Dieu le Père que je l’aime beaucoup lui aussi. Cher Jésus, donne-moi la force nécessaire pour supporter ces douleurs que j’offre pour les pécheurs ».

Sa mère témoigne : « A ce moment-là, Antonietta a été prise d’une violente crise de toux et de vomissements, mais aussitôt que la crise a pris fin, elle a voulu continuer à dicter.

Le professeur Milani, médecin pontifical qui avait été appelé par le docteur Vecchi pour une consultation, est venu examiner Antonietta. Il a dit que l’état de ma petite fille était grave, et qu’elle devait être ramenée à la clinique pour être de nouveau opérée. Le professeur est resté parler avec elle et a été frappé de la voir supporter ses douleurs sans se plaindre. Mon mari lui a parlé des lettres qu’elle écrivait. Il a demandé à voir la dernière. Après l’avoir lue, il a dit qu’il voulait parler d’Antonietta au Saint-Père et nous a demandé la permission d’emporter la lettre avec lui. Le lendemain, une automobile du Vatican s’est arrêtée devant notre habitation. Un délégué envoyé personnellement par le Saint-Père Pie XI était venu apporter la bénédiction apostolique à notre petite fille. Il nous a dit que Sa Sainteté avait été très émue par la lecture de la lettre, et nous a même laissé un billet du professeur Milani qui demandait à Antonietta de le recommander au Seigneur et d’implorer pour lui les dons qu’elle avait demandés pour elle-même ».

Prions pour l’humanité, afin qu’elle resplendisse de la lumière divine.

 

Prières quotidiennes

 

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Litanies

 

Voici quelques-uns des écrits de Nennolina, adressés à son « Cher Jésus ou à Marie », sous forme de litanies. La première lettre date du 15 septembre 1936 :

 

Cher Jésus, aujourd’hui je vais sortir et je vais chez ma sœur et je leur dis que je veux faire ma première communion à Noël. Jésus, viens vite dans mon cœur, je te serrerai très fort et je t’embrasserai.

Mon cher Jésus, aujourd’hui j’ai appris à faire le « O », comme ça je t’écrirai bientôt toute seule.

Cher Jésus, viens à l’école avec moi demain !

Cher Jésus, dis à l’Esprit Saint qu’il m’illumine d’amour et qu’il me remplisse de ses sept dons.

Cher Jésus, dis à la Sainte Vierge que je l’aime tant et que je veux être à côté d’elle.

Chère Sainte Vierge, tu es si bonne, prends mon cœur et donne-le à Jésus.

Cher Jésus, dites à la douce Vierge Marie que je sais que demain, ce sera sa journée, je veux faire beaucoup de sacrifices pour la réconforter.

Cher Jésus, je veux te répéter que je t’aime beaucoup. Mon bon Jésus, je te recommande mon père spirituel, donne-lui les grâces nécessaires.

Cher Jésus, je te recommande mes parents et Margherita. Ta petite fille t’envoie beaucoup de baisers.

Jésus, laisse cette grâce rester toujours, toujours avec moi. Je ne peux rien faire sans ta grâce.

Cher Jésus Eucharistie, mon cœur est plein d'amour pour vous et je suis heureux de vous accueillir demain matin à la sainte communion.

Cher Jésus eucharistie, je suis si, si contente que tu sois venu dans mon cœur. Ne t’en va plus de mon cœur, reste toujours, toujours avec moi. Jésus, je t’aime tant, je veux m’abandonner dans tes bras, fais de moi ce que tu veux.

Cher Jésus, aussi, vous pourrez venir dans mon cœur et rester enfermé avec moi. Je ferai beaucoup de sacrifices pour vous et vous dirai quelques mots doux pour vous réconforter. 

Cher Jésus, je t’aime beaucoup, je veux te le répéter que je t’aime beaucoup. Je te donne mon cœur.

Cher Jésus si vous étiez un homme comme nous et si vous étiez enfermé dans une maison, Vous ne connaîtriez pas toutes ces offenses qu'on vous fait.

Cher Jésus, dites à Dieu le Père que je l'aime tant.

Cher Jésus, je Vous adore et je baise Vos pieds.
Cher Jésus qui avez tant souffert sur la croix, apprenez-moi comment faire mon devoir pour que je puisse faire des sacrifices.

Cher Jésus, je sais combien tu as souffert sur la Croix, je veux t'offrir de petites fleurs et rester toujours près de Toi, sur la croix voisine, près de Ta petite Maman.

Mon bon Jésus, donne-moi des âmes, donne m’en beaucoup, je te le demande volontiers. Je te le demande pour que tu les fasses devenir bonnes et qu’elles puissent aller près de toi au Paradis. Cette prière, Antonietta la répétera de très nombreuses fois.

 

Dans sa dernière lettre du 2 juin 1937, elle écrit : « Cher Jésus, dis à ta petite maman que je l’aime et que j’ai hâte d’être votre voisine. »

 

Le Pape Benoît XVI a parlé d’Antonietta, lors de l’Audience aux garçons et aux filles de l’Action catholique, 20 décembre 2007. En voici quelques extraits : « Je suis heureux que vous ayez cité le nom d’une fillette, Antoinette Meo, appelée Nennolina. Il y a trois jours, j’ai décrété la reconnaissance de ses vertus héroïques. Quel exemple lumineux nous laisse cette fillette de votre âge ! Nennolina, enfant romaine, pendant sa courte vie – six ans et demi seulement – a fait preuve d’une foi, d’une espérance et d’une charité spéciales, ainsi que des autres vertus chrétiennes. Bien qu’étant une enfant fragile, elle est arrivée à donner un témoignage fort et ferme et vous pouvez la considérer comme l’une de vos amies, comme un modèle dont vous pouvez vous inspirer. Sa vie, à la fois si simple et si importante, montre qu’on peut être saint à tout âge : c’est vrai pour les enfants et pour les adolescents, pour les adultes et pour les personnes âgées. Chaque étape de notre vie est bonne pour décider d’aimer vraiment Jésus et de le suivre fidèlement. En quelques années, Nennolina a atteint le sommet de la perfection chrétienne que nous sommes tous appelés à rechercher, elle a parcouru à toute vitesse l’autoroute qui mène à Jésus.Comme vous le savez, Antoinette vit maintenant auprès de Dieu, et du haut du ciel, elle est proche de vous : sentez-la présente avec vous, dans vos groupes. Apprenez à la connaître et à suivre son exemple ».

 

Neuvaine proposée par l’Etoile Notre Dame

 

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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

 

 

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20 juin 2018

Neuf jours avec Joseph Engling

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Neuf jours avec Joseph Engling

Victime de l'œuvre de Schœnstatt

1898-1918

 

Une neuvaine du Père Alexandre Menningen

 

Introduction

 

 Le 18 octobre 1914, le Père Joseph Kentenich, aumônier de l’internat de Schoenstatt, près de Vallendar, sur le Rhin, suscita parmi les membres de la congrégation mariale d’alors, un courant spirituel qui devint peu à peu, au cours des années, l’Œuvre de Schoenstatt d’aujourd’hui. Depuis ; l’ Œuvre a pris pied dans presque tous les continents. Partout où elle est connue, on cite les noms de ces jeunes cofondateurs qui, sur les champs de batailles de la Première Guerre mondiale, ont offert à la Sainte Vierge le sacrifice de leur vie. Parmi eux, Joseph Engling tient, sans contredit, la première place. Il prit dans l’histoire de la fondation de Schoenstatt, une part prépondérante et ouvrit la voie avec succès. Schoenstatt se fit connaître comme une œuvre authentique de la Providence Divine et obtint l’approbation et la bénédiction de l’Église. Nous sommes donc fondés à penser que, dans la fondation de Schoenstatt, Joseph Engling fut l’instrument de la Providence Divine.

Jusque bien loin, un élan religieux et moral peu ordinaire a suscité une sincère admiration et une grande confiance envers Joseph Engling. C’est ainsi que se multiplièrent bientôt les voix des personnes attestant s’être tournées vers lui dans leurs détresses et leurs soucis et avoir eu leurs prières exaucées grâce à son intercession. D’où le souhait clairement exprimé d’une neuvaine qui soit totalement dans l’esprit de Schoenstatt et de Joseph Engling. C’est à ce souhait que veut répondre ces présentes pages.

La neuvaine est une forme de culte catholique des Saints et de la piété populaire, qui a connu dans les derniers siècles une large propagation. C’est avant tout dans les neuvaines que les gens en grande difficulté ont volontiers cherché leur recours, encore aujourd’hui. Que la prière se prolonge durant neuf jours prouve combien nous mettons notre espérance, non pas en nous mêmes, mais en Dieu et en ses Saints, en qui Dieu se manifeste admirablement.

L’exemple biblique d’une neuvaine, nous le trouvons dans la communauté primitive de Jérusalem. Comme le relatent les Actes des Apôtres, après l’Ascension du Sauveur, elle se rassembla dans le Cénacle autour de Marie, Sa Mère virginale, et durant neuf jours, implora avec Elle la venue du Saint Esprit.

Il n’est pourtant pas nécessaire de poursuivre la neuvaine neuf jours consécutifs. Sans doute même peut elle être faite avec plus de profit si elle se répartit sur un plus grand laps de temps.

Si la neuvaine doit être comprise dans l’esprit de Joseph Engling, on ne peut la concevoir comme une simple prière de demande dans nos peines. Elle se veut bien plutôt une formation éducative pour la tâche que Dieu veut pour notre vie. Elle pourrait dès lors nous donner une méthode succincte pour tendre vers une véritable piété et sanctifier notre vie de tous les jours. Mais surtout l’exemple de Joseph Engling est pour nous une exhortation à nous remettre avec confiance à la Mère de Dieu pour notre tâche quotidienne, son fardeau et sa peine. Il a engagé totalement sa vie au service de la Mère de Grâce de Schoenstatt, même dans ses heures pénibles. C’est elles justement qu’il lui a offertes afin que, de son Sanctuaire, sorte un torrent de grâces pour le renouveau religieux et moral du monde. Si Dieu, dans son dessein insondable, te laisse, malgré tes prières, tes tourments et tes épreuves, remets ton sacrifice entre les mains de la Mère Trois Fois Admirable de Schoenstatt. Demande, en union avec son fidèle serviteur Joseph Engling, que ton offrande devienne source de grâces pour ton salut et celui des autres.

La vie et la mort de Joseph Engling sont étroitement liées au Sanctuaire de la Mère et Reine Trois Fois Admirable de Schoenstatt ainsi qu’à l’œuvre qui en est issue. L’offrande du sacrifice de sa vie sur le champ de bataille fut accompagnée d’une prière : que la Sainte Vierge veuille choisir Schoenstatt comme lieu d’une particulière activité de sa part. Un regard sur le passé et le présent de l’Église le laisse paraître : la Providence de Dieu en a ainsi souvent disposé, que l’intercession de la Mère de Dieu soit liée à un lieu choisi qu’on nomme donc son lieu de grâce ou son sanctuaire. Comment ne pas constater que Marie se laisse approcher partout et toujours en sa qualité de bienveillante médiatrice de grâces en faveur des croyants ? La famille de Schoenstatt a la conviction que l’offrande de la vie de Joseph Engling a contribué à faire de Schoenstatt un lieu de grâce de la Sainte Vierge et le berceau d’une authentique œuvre de Dieu.

 

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Courte biographie de Joseph Engling

 

Joseph Engling naquit le 5 janvier 1989 à Prossitten en Prusse orientale dans une famille d'artisans de 7 membres. Son père était maître tailleur et vivait dans des conditions modestes mais pas vraiment précaires. Une maladie d'enfance eut pour séquelle une légère déformation du sternum, de sorte que les épaules paraissaient un peu voûtée. Bien que sa croissance ultérieure fit de lui un jeune fort et solidement bâti, suite à cette déformation sa silhouette resta pourtant un peu courbée et plutôt gauche. A cela s'ajoutait un léger défaut de prononciation, de sorte que les sons R, S ou L il ne pouvait les prononcer qu'avec difficultés. Ces défauts physiques constituèrent pour sa vie ultérieure une croix réellement pesante, qui lui réserva bien des heures pénibles.

Son naturel fit le lui un jeu réfléchi et sincère, doué d'une vive sensibilité avec un attrait marqué pour la vie familiale. A cela le poussait un besoin inné d'agir, d'affronter avec courage tout travail à la maison comme aux champs. La fête de la Première Communion en 1910, laissa dans son âme très sensible aux choses religieuses une profonde impression. C'est alors que ce garçon âgé de 12 ans entreprit un journal spirituel dont les écrits trahissent un jugement sûr et une piété tendre et mûrie. A 14 ans Joseph Engling se décida pour une vocation sacerdotale et arriva en septembre 1912, alors que celui-ci venait d'être terminé, à l'externat des Pallotins à Schœnstatt, près de Vallendar sur le Rhin. Le jeune campagnard ne donna pas l'impression d'un talent éblouissant mais pourtant d'un écolier appliqué, plus que moyennement doué et d'un bon camarade.

Sans s'arrêter à ses défauts physiques et grâce à son caractère irréprochable, il acquit bientôt parmi ses condisciples un ascendant spirituel communément reconnu. C'est alors qu'il reçut des instructions du Père spirituel la première orientation pour une auto éducation et une formation de caractère méthodiques.

Elle marqua profondément sa vie, sa participation à la fondation de la Congrégation mariale de l'internat, dont devait sortir plus tard la fondation du Mouvement Apostolique de Schœnstatt. L'acte de fondation de cette Congrégation eut lieu le 18 octobre 1914. Ce jour là, le Père Joseph Kentenich, l'instigateur du Mouvement de Schœnstatt, prononça devant les congréganistes cet exposé mémorable qui est entré dans l'histoire de Schœnstatt, sous le nom de « Charte de Fondation ». En décidant cette fondation, le Père aumônier et les jeunes co fondateurs concluaient ensemble ce qui fut appelé plus tard « l'Alliance d'amour » avec la Mère de Dieu, Alliance qui, grâce à une assistance spéciale de la Providence Divine, devint la cellule initiale de l'actuelle Famille de Schœnstatt.

Cette « Alliance d'amour » historique avec la Sainte Vierge, Mère Trois Fois Admirable, Joseph Engling l'a tellement prise à cœur, que le fondateur de l'œuvre de Schœnstatt, des années après, pouvait l'appeler « l'Acte de fondation » vécu. Depuis les jours de l'histoire primitive de Schœnstatt, un trait fondamental se dessina dans sa vie : le rapport d'une filiation spirituelle envers le père et fondateur de la Famille de Schœnstatt à venir. C'est ainsi que, dès lors, il portait à maturité et incarnait clairement ces idées et ces forces vitales qui ont façonné l'œuvre de Schœnstatt.

Durant l'année scolaire 1915-16, Joseph Engling devint Préfet de la Petite Congrégation, qui rassemblait les classes moyennes. Sous son efficace direction, malgré les dures contraintes du temps de guerre, la jeune Congrégation connut un sommet.

C'est à cette époque que se dessina son idéal personnel : « tout à tous et entièrement donné à Marie. » Celui-ci devrait donner à sa vie consistance et orientation. Son amour pour la Mère de Dieu le poussait à un incessant travail et, envers les autres, à un service apostolique plein d'abnégation. Avant tout il fut le précurseur de l'idée de « Capital de grâces » de la Mère Trois Fois Admirable de Schœnstatt. Un ordre du jour spirituel, dans lequel il avait consigné les prières les plus importantes et les sacrifices au quotidien, représentait son incessante contrition à ce « Capital de grâces » .

En novembre 1916, il reçut sa convocation pour le service des armes. Avec 17 autres jeunes de l'internat il partit à Haguenau, en Alsace, pour faire ses classes. A cause de ses défauts physiques il n'était pas fait pour être soldat de parade. De ce fait la vie en caserne devint pour lui une dure et pénible épreuve, surtout lorsqu'il se trouva sous les ordres de gradés inhumains et en compagnie de quelques camarades grossiers. Malgré ces conditions éprouvantes il resta imperturbablement attaché à son effort et à l'entretien de sa vie intérieure et il tint à la caserne son Ordre du jour spirituel exactement comme dans la grande paix de l'internat. Sa persévérance alla jusqu'à servir d'encouragement et de soutient à ses condisciples, qui ne souffraient pas moins de la vie militaire, dont ils faisaient la dure expérience.

Début juin 1917 Joseph Engling partit pour le front. C'est d'abord sur celui de l'Est, en Russie, que fut dirigé son régiment. Certes, il ne vécut pas là de très grands combats. Mais durant les mois que dura son séjour à l'Est, il connut de dures marches, la morsure de la faim consécutive à un ravitaillement insuffisant, la monotonie d'une guerre de position. Là aussi, il poursuivit sans relâche son combat pour la sainteté. C'est à cette époque qu'il rassembla autour de lui un groupe de condisciples dispersés : il resta jusqu'à sa mort leur centre dynamique en maintenant entre eux un échange de pensées par lettres.

Au commencement de l'année 1918 son régiment fut transféré sur un sol abreuvé devant la place forte de Verdun, à proximité de la hauteur 304. Joseph Engling qui, entre temps, s'était avéré soldat d'élite, entra dans la troupe d'assaut du régiment. Dans cette unité, il participa à plusieurs opérations périlleuses. A cette même époque, au milieu de l'agitation de la vie au front, il ne cessa de progresser dans la prière solitaire. Sur son ordre du jour spirituel figurèrent, en plus des prières quotidiennes, nombre d'autres exercices tels que la participation spirituelle à la Sainte Messe, la communion spirituelle, deux heures de gardes, le chapelet, la lecture spirituelle, la bonne intention, l'examen de conscience et la contrition du soir. A cela s'ajoutait une résolution particulière par laquelle il menait le combat contre une faiblesse de caractère ou pour l'exercice d'une vertu. Sur ce vaste programme religieux de chaque jour il se rendait à lui-même des comptes par écrit. Comme l'attestent ses annotations, à peu d'exceptions près, il a tenu consciencieusement, durant toute sa vie de soldat, ce compte-rendu écrit. Durant l'année 1918, il y a ajouté plusieurs fois, dans la tranchée, une journée de récollections personnelle et une fois, autant que faire se put, une retraite privée.

A la mi-avril sa division participa à la grande attaque allemande entre Ypres et Béthune. Plusieurs fois, sous un feu intense, le régiment de Joseph Engling subit de lourdes pertes. Dans l'épouvante de cette guerre de matériel son amour pour Marie grandit jusqu'à l'héroïsme. La Foi en la mission de Schœnstatt le remplit au point d'offrir volontairement sa vie pour que soit atteint ce but : il le fit dans une consécration écrite à la Mère Trois Fois Admirable. Alors que le frisson de la mort régnait autour de lui et que beaucoup de ses camarades tombaient sous les obus, se fit jour en lui la résolution particulière de renouveler en esprit plusieurs fois par jour devant la Sainte Vierge l'offrande du sacrifice de sa propre vie. Le sérieux de cette offrande se vérifia particulièrement dans la paix intérieure avec laquelle il affronta courageusement les plus grands dangers et exerça la camaraderie. Il était là toutes les fois qu'il y avait des blessés à ramener, des ensevelis à dégager et des morts à enterrer. Il était volontaire pour aller chercher le ravitaillement sous les obus.

Les derniers mois de sa vie se passèrent dans les combats de la retraite. En ces jours où les soldats eurent à endurer des souffrances inhumaines, il resta un camarade bon et fidèle à son devoir. C'est justement cette période difficile qui le vit au sommet de son itinéraire spirituel. Et pas seulement en continuant, comme toujours, à tenir fidèlement son Ordre du jour spirituel, qu'il soit complètement épuisé par de longues marches, totalement absorbé dans des opérations ou fatigué à mourir à force de travailler aux terrassements. Durant ces semaines, il ne cessa de penser à adorer chaque heure le Dieu en trois Personnes demeurant dans son âme et ainsi à poursuivre continuellement son chemin avec Dieu. Peu de temps avant sa mort, sa vie de prière atteignit une telle profondeur et une telle intimité qu'elle était comme une constante union à Dieu et qu'elle s'élevait à proximité quasi palpable de Dieu.

Le 4 octobre 1918 au soir, il fut touché, aux environs de Cambrai, à Thun-Saint Martin, par un tir meurtrier. C'est alors que fut scellée dans une mort héroïque sa consécration à la Mère de Dieu. Enterré à la hâte, jusqu'à aujourd'hui l'on a jamais retrouvé son corps.

Parmi les compagnons de Joseph Engling, prévalut depuis toujours la conviction que durant sa vie, il avait pratiqué les vertus avec héroïsme. Quand, avec la première biographie, furent connus ses journaux, lettres et annotations, cette conviction ne fit que s'affermir. On comprend que, ces dernières années, la vénération à son égard ne fait que s'accroître. Tout cela a fait qu'aux autorités ecclésiastiques compétentes fut présentée la proposition d'instaurer la cause de Béatification de Joseph Engling. Cette proposition, Mgr l'évêque l'a reçue favorablement et, le 4 octobre 1952 à Trèves, il a ouvert officiellement le procès. Durant l'été 1964 le procès y aboutit à une conclusion provisoire et l'enquête officielle fut introduite à Rome.

 

Au delà de la mort

  

L’article de Foi concernant la communion des Saints nous enseigne que les élus du Ciel et le peuple de Dieu en chemin sont étroitement unis entre eux. C’est pourquoi l’Église nous engage à demander la céleste intercession de ceux que Dieu a reçu dans sa maison. Nous pouvons espérer que leur intercession peut nous obtenir la bienveillante assistance de Dieu, quand nous nous tournons vers eux pour qu’ils nous aident dans les afflictions de notre pèlerinage terrestre.

La mort précoce de Joseph Engling n’a pas mis fin à son activité terrestre. Les personnes sont de plus en plus nombreuses à témoigner qu’à l’évidence leurs demandes ont été exaucées. Dans les dernières années, des centaines et des centaines, concernant presque toutes les détresses de la vie quotidiennes : cas de maladie, détresses au plan professionnel, souffrance morale, la famille, cas de malheur de toutes sortes, crises dans le couple, crises de la Foi chez des proches, etc...

 

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Neuf jours avec Joseph Engling

 

Prière préparatoire 

 

Dieu bon et miséricordieux, Père de tous les hommes, tu nous as dit par la bouche de Ton Divin Fils : « Demandez et vous recevrez ». Docile à Ta sainte volonté, je viens à Toi dans la détresse de mon cœur et j’implore Ton puissant secours et Ta protection. Montre-moi Ta miséricorde et fais-moi ressentir que Tu es mon Père. Comme l’enseigne Ton Église, Tu révèles Ta puissance, avec une particulière prédilection, par tous ceux qui t’ont servi ici bas avec amour total. C’est pourquoi je dépose, plein de confiance, mon intention dans les mains de Ton serviteur Joseph Engling et j’attends de son intercession que Tu exauces mes prières.

Mère aimée trois fois admirable, Mère de grâce de Schoenstatt, tu es venue déjà en aide à tant de personnes dans leurs multiples détresses. Jette les yeux avec bienveillance sur le grand souci qui accable mon âme. Je l’ai confié aux mains de Ton fidèle serviteur Joseph Engling. Par son amour si tendre, il Te fut toujours donné ici-bas ; maintenant qu’il est devenu Ton protégé de choix, Tu l’exauces volontiers. Par son intercession, que Dieu le Seigneur accueille favorablement ma prière et me donne la joie d’être exaucé grâce à lui. Amen.

 

Premier Jour

Auto éducation et formation de caractère

 

Lecture de la lettre de Saint Paul aux Ephésiens (6,13-18)

 

C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice; mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l'Évangile de paix; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin; prenez aussi le casque du salut, et l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.

 

Sur le champ de bataille de son propre cœur

 

Quand Joseph Engling arriva à l'école de formation de Schoenstatt, il se bâtit un idéal personnel de vie en ces termes: « Tout à tous et entièrement donné à la Sainte Vierge ». C'est ce but que visait tout le combat de sa vie. L'arme avec laquelle il mena le combat fut la résolution particulière. Celle-ci consistait à exercer la vertu que son idéal exigeait le plus dans les circonstances connues ou à combattre la faiblesse qui l'empêchait le plus de tendre vers son idéal. Arrivait-il parmi des camarades frustes, sa résolution particulière s'énonçait de telle façon: « Aimable et serviable dans les relations ». Rencontrait-il des supérieurs désagréables, sa résolution était alors: « Considérez les ordres de l'autorité légitime comme donné par Dieu ». Les efforts et le service des armes devenaient-ils accablants, c'est alors qu'il disait: « Par amour pour la Mère de Dieu, ne pas perdre ma bonne humeur ». Était-il exposé à bien des excitations et des distractions, c'était l'occasion de veiller au recueillement durant la prière. Dès qu'apparaissait clairement l'objectif du combat, il s'y engageait avec sa résolution particulière. Et il la mettait en pratique jusqu'à ce qu'il ait surmonté les difficultés. A chaque confession, il rendait compte de la façon dont il avait tenu sa résolution particulière. C'est ainsi qu'il venait à bout de deux faiblesses innées de caractère: la propension aux accès de colère et aux soudains changements d'humeur. Sa ténacité à mettre en pratique sa résolution particulière en toute situation, malgré les difficultés et les échecs, exigeait un rude combat pour son idéal de vie.

 

Comment vivre cela? 

 

As-tu déjà une fois examiné à fond tes dispositions de caractère? Y as-tu décelé des faiblesses innées? Peut-être as-tu un tempérament irritable qui se répand vite en paroles violentes. Peut-être es-tu porté à rechercher tes aises, à vivre dans l'insouciance et ainsi tu es négligeant dans ton travail professionnel. Ou bien tu es tout de suite blessé, de mauvaise humeur ou mal luné et tu fais peser cela sur ton entourage. Ou bien tu es jouisseur et prétentieux et tu exiges toujours pour toi ce qu'il y a de mieux. Réfléchis donc là-dessus. Quand tu auras trouvé ton plus gros défaut, formule à partir de là ta résolution particulière. Que la vigueur et la fidélité avec lesquelles tu la tiendras aujourd'hui soient, pour ce premier jour, ton cadeau à Notre-Dame de Schoenstatt.

 

Prière

 

Divin Sauveur, Maître et modèle de toute vertu, Tu m'as appelé à Te suivre. Tu veux que je tende vers une vraie sainteté et, pour cela, que je mène un sérieux combat contre mes faiblesses et mes tendances au mal. Voici que je suis prêt à suivre Ton appel. Éclaire mon intelligence pour que je me connaisse vraiment moi-même, fortifie ma faible volonté pour que je ne mollisse jamais dans le combat. Tu me montres en Ton courageux lutteur, Joseph Engling, un modèle lumineux, qui m'instruit et me stimule. Confiant en l'aide de Ta grâce, je veux le suivre. Accorde-moi l'accomplissement de ce que Tu as commencé en moi. Amen.

 

Offrande du soir ( à dire chaque jour)

 

Bien-aimée Mère trois fois admirable de Schoenstatt, accueille favorablement toute ma tâche quotidienne avec toutes ses fatigues et ses fardeaux, et tout ce que j’ai pu accomplir à Ton service. Je Te confie, en Te priant de le répandre en grâce sur tous ceux qui vont en pèlerinage dans Ton Sanctuaire. Sois indulgentes pour les fautes et les faiblesses de ce jour et répare ce que j’ai gâché par na négligence. Je Te remercie pour toute protection et toute bénédiction que tu m’as accordées aujourd’hui. J’implore maintenant de Toi Ton secours pour que je continue à avancer sur le chemin où ton fidèle serviteur Joseph Engling me précède ces jours-ci. Amen.

 

Nous prions avec Joseph Engling (chaque jour)

 

Mère trois fois admirable, je T’offre toutes mes actions, toutes mes bonnes œuvres, tout mon effort de sanctification personnelle pour servir les desseins que toi, ô Mère, tu assignes à notre congrégation. Amen.

 

Deuxième Jour

Priant Solitaire 

 

Évangile de Saint Luc (21, 34-36)

 

Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s'appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d'échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l'homme.

 

Sa prière au quotidien

 

La vie de prière de Joseph Engling atteignit son sommet au milieu des événements agités et stressants du front. Ses exercices spirituels, qu'il voulait assurer au long de la journée, il les inscrivait dans son Ordre du jour spirituel. Chaque soir, par écrit, il notait pour lui-même s'il s'en était acquitté et de quelle façon. Il commençait la journée avec la prière du matin, la bonne intention, la participation en pensée à la Sainte Messe, la communion spirituelle. Durant ce temps, il se transportait assez souvent dans la petite chapelle de grâce de Schoenstatt. Là, il adorait le Sauveur présent dans l'Eucharistie, il renouvelait la participation spirituelle au sacrifice de la Messe et passait l'heure, autant que faire se pouvait, dans le recueillement intérieur. En dehors de cela, au cours de la journée, il récitait le chapelet et faisait une courte lecture spirituelle. Presque chaque mois, il réalisait une journée de récollection et même, à l'occasion, une retraite pour lui seul. Il concluait la journée avec la prière du soir, examen de conscience et un acte de contrition parfaite. Vers la fin de sa vie, chaque heure, il se remettait en présence de Dieu et restait en oraison. Ces exercices spirituels, il les a assurés presque chaque jour de sa vie de soldat. Et pourtant il était fatigué jusque?à l'épuisement par des marches pénibles, des travaux nocturnes de terrassement et par la faim. En ces heures-là, il était parfois complètement absorbé par les péripéties stressantes de la bataille ou bien retourné intérieurement, crispé par son entourage. Dans ces pénibles circonstances, il restait un priant solitaire.

 

Comment vivre cela? 

 

L'exhortation du Divin Sauveur à prier en tout temps est valable aussi pour toi, malgré ton travail quotidien qui disperse ton esprit, et tes occupations professionnelles usantes. Certes, tu ne dois pas exiger de toi ce dont Joseph Engling a été capable. Commence petitement. Mais aujourd'hui, sans doute, pourrais-tu faire un peu plus qu'hier. Peut-être réussirais-tu, pour une journée, à assurer quelques-uns des exercices de l'Ordre du jour spirituel de Joseph. Ou bien tu te fit pour la journée d'aujourd'hui quelques petites pauses de prière. Alors tu te retires un peu à l'écart et tu te recueilles un moment dans la prière. Ce peut être aussi des oraisons jaculatoires, d'instantes prières que tu répètes assez souvent au cours de la journée. Parmi ces suggestions, choisis celles qui te conviennent.

 

Prière 

 

Seigneur Jésus-Christ, Tu nous as exhortés à prier en tout temps. Dans la prière, c'est Ta grâce qui nous visite et nous fortifie dans le combat pour le bien. Apprends-moi à prier comme autrefois Tu as appris à Tes disciples à le faire. Éveille en mon intérieur l'esprit de recueillement, pour que je ne me laisse pas absorber par les distractions de l'existence quotidienne. Éveille en moi le sens de Ta mystérieuse présence en mon âme, élève mon cœur vers Toi dans le silence du recueillement. Fais moi marcher à Ton côté au long de ce jour, comme Tu m'en as donné l'exemple dans Ton serviteur Joseph Engling.

 

Troisième Jour

Tout à tous 

 

Évangile de Saint Jean (15, 9-10, 12-14, 17)

 

Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Son amour du prochain sans réserve 

 

Joseph Engling était naturellement porté au don de soi à son prochain. D'où aussi son grand idéal de vie: Tout à tous! Déjà à Schoenstatt, il s'imposait cette exigence d'avoir l'œil sur tout besoin de l'autre et d'aller au-devant de chacun dans une totale disponibilité. Ses condisciples savaient qu'on pouvait attendre de lui n'importe quel service. Il donna de son dévouement des manifestations inhabituelles, surtout quand il devint soldat. C'est là que parfois de mauvais camarades abusèrent de sa serviabilité. Bien qu'il leur ait témoigné beaucoup d'amabilité, quelques brutes ont tourné en ridicule sa piété, l'ont volé, grossièrement calomnié ou traité sans ménagements. Après un violent combat intérieur, il en venait pourtant à garder même avec eux des rapports de camaraderie. Un soldat de sa compagnie atteste que Joseph Engling donnait souvent son dernier morceau de pain à des camarades qui avaient faim, dût-il lui-même souffrir de la faim. Au milieu des explosions d'obus, en Flandre, il a souvent, au péril de sa vie et comme volontaire, ramené des blessés, enterré des morts et dégagé des ensevelis. Quand personne ne voulait aller chercher le ravitaillement à cause de la violence des tirs, Joseph se levait en silence et partait. A des hommes d'un certain âge, il faisait arrêter le dur travail de terrassement et l'accomplissait à leur place. Un jour, un père de famille fut détaché pour une patrouille dangereuse et broyait du noir à la pensée des siens au pays, alors bien vite, Joseph s'approcha de lui et dit: « Reste, camarade, j'y vais pour toi! » Comme point final, l'offrande de sa vie que fit Joseph à la Mère de Dieu fut une expression de son amour du prochain et de son zèle pour le Salut des Âmes immortelles.

 

Comment vivre cela? 

 

Aujourd'hui doit être le jour d'un généreux amour du prochain. C'est maintenant que tu devrais accomplir un sacrifice spécial d'amour serviable. Réfléchis où il pourrait se situer. Peut-être vivent dans ton entourage des personnes qui te sont très antipathique. Sois donc patient et aimable dans les relations. Peut-être a-t-on répondu à ta bonne volonté par l'ingratitude, l'indifférence et les blessures. Sois pourtant avenant et prêt à rendre service. Ou bien tu pourrais choisir pour toi aujourd'hui ce qu'il y a de plus humble et de désagréable: tu peux faire cela où on recueille le moins de remerciement et de reconnaissance. Sois donc toute la journée l'aide aimable de ton entourage et cherche à susciter la joie par des services spontanés. Peut-être peux-tu aussi faire un cadeau à quelqu'un au prix d'un sacrifice personnel, faire plaisir discrètement à un pauvre homme, visiter un malade ou choisir quelque chose de ce genre là. Précise-toi maintenant, si possible, en quoi ton sacrifice va consister.

 

Prière

 

Seigneur et sauveur Jésus-Christ, Tu nous appelles Tes amis si nous nous aimons les uns les autres. Je voudrais être digne de Ton amitié et donc apprendre de Toi à aimer les autres comme je le dois. Par la vie de Joseph Engling, Tu m'as mis devant les yeux un exemple de la façon dont je puis être tout  à tous dans le don total de moi-même. Mais dans mon cœur je trouve encore tant d'incitations à l'égoïsme et au désir de jouissance, qui me font obstacle. Dans Ta grâce, purifie donc mon amour pour que je me donne sans attendre en retour, remerciement ni reconnaissance. Par amour pour Toi, je veux, avec bonté de cœur, partager tout besoin et rester disponible à toute assistance. Accorde-moi la force de faire preuve d'amour même là où ma bonne volonté ne reçoit que l'ingratitude et le mépris. Amen.

 

Quatrième jour

Porter la croix avec courage 

 

Évangile de Saint Luc (9, 23-25)

 

Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il se détruisait ou se perdait lui-même? 

 

Son courage dans la souffrance 

 

La vie n'a pas été pour Joseph Engling une école de facilité. Combien lui ont coûté ses déficiences physiques, son attitudes courbée, sa démarche lourde et son défaut de prononciation! A la caserne surtout, il eut à souffrir beaucoup de la part d'un supérieur un peu « cinglé » et de quelques camarades. Durant la guerre, il affronta de multiples épreuves. Dans les dures conditions de service de leur cantonnement, les nouvelles recrues souffrirent tellement de la faim que des camarades gardèrent de ce séjour, durant bien des années, un souvenir terrible. Un jour, il fut faussement accusé de vol par quelques camarades et dut patiemment supporter un pénible interrogatoire de la part de l'adjudant. La vie au front était souvent faite d'efforts surhumains, à croupir en terre durant des mois dans de misérables trous, par tous les temps. A cela, il fallait ajouter le stress, l'épouvante d'une bataille moderne à grand renfort de matériel. Ses efforts pour engager d'autres personnes à Schoenstatt n'aboutissaient presque jamais. Même parmi les autres congréganistes schoenstattiens, il ne trouva pas toujours une juste compréhension, d'où bien souvent l'impression de solitude. A cela s'ajoutaient de fréquents accès de mélancolie, qui provoquaient chez lui un profond accablement. Toutes ces croix, il les a portées courageusement. Il ne renacla pas devant son sort, ne devint pas aigri à cause des autres, il ne perdit pas courage. Un camarade rapporte que Joseph Engling n'a aucune parole de découragement en 1918 devant la situation générale catastrophique. La peine de ces dures années de guerres, il la déposa en esprit d'offrande dans les mains de la Mère de grâces de Schoenstatt.

 

Comment vivre cela? 

 

Toi aussi, tu as sûrement ta croix à porter. Peut-être est-ce une maladie qui te frappe, ou le dur combat pour la pain quotidien, ou encore un mal moral qui t'accable. Cela pourrait être aussi une peine dans la famille parce que vous devez affronter un coup du sort ou parce qu'un membre de la famille est en extrême danger moral. Ce jour présent doit te trouver fort pour porter la croix. Offre ta peine au Seigneur portant sa croix, uni à la Mère des Douleurs. Répète fréquemment avec Lui, durant ce jours, les paroles qu'Il a prononcées au Mont des Oliviers : « Père, s'il est possible, fais que cette coupe s'éloigne de moi. Pourtant que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse mais la Tienne.

 

Prière

 

Seigneur Jésus-Christ crucifié, comme Toi, j'ai aussi une croix à porter et, comme Toi, je sens peser la charge. Mais ce qui me donne force, c'est que je ne suis pas seul sur le chemin de croix. Tu marches avec moi et partages avec moi le fardeau. Je ne veux donc pas renoncer mais poursuivre fidèlement à Ton côté tant que, selon le dessein insondable du Père Céleste, durera ce chemin de croix. Douloureuse Mère de Dieu, implore pour moi de Dieu la force de rester courageux, comme Tu le fus au pied de la croix. par Tes mains, j'offre tout avec les mêmes sentiments dans lesquels Ton fidèle serviteur Joseph Engling T'a offert les tribulations de sa vie. Amen.

 

Cinquième jour

Apôtre pour le royaume de Dieu 

 

Évangile de Saint Matthieu (28, 18-20)

 

Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.

 

Le sens et le service apostoliques de Joseph

 

Déjà lorsque Joseph Engling se décida à devenir prêtre, son unique désir était de se consacrer au Royaume de Dieu. Ce désir ne fit que croître quand, à Schoenstatt, il découvrit pour sa vie une haute mission. Ce qui lui en donna la force, ce fut avant tout une foi inébranlable en la mission de Schoenstatt voulue par Dieu pour un renouveau religieux et moral de cette époque dans le Christ. Il devint préfet de la congrégation de l'école et, à cette place de responsable, il déploya parmi les congréganistes un apostolat empressé. C'était un travail de contact, soutenu et sans bruit, de l'un à l'autre. C'est ainsi qu'il réussit à porter la congrégation à un haut niveau. Quand il fut aux armées, il organisa un vaste réseau de correspondance avec ses condisciples et chercha, de cette façon, à les maintenir dans l'amour idéal et la fidélité envers lui. Son apostolat s'exerçait aussi dans son entourage immédiat. Des camarades l'avaient surnommé « l'adjudant de l'aumônier de la division ». Son souci particulier concernait la célébration de la Messe. Même s'il y avait une longue route à parcourir, il cherchait à motiver les camarades pour qu'ils y participent et reçoivent les sacrements. Il faisait des sacrifices particuliers pour l'apostolat par l'écrit. Avec sa maigre solde il s'achetait de bon livres et revues et, dans son sac lourdement chargé, les traînait jusque dans la tranchée. Plus d'une fois, il se tourna vers Schoenstatt et demanda de la littérature missionnaire. L'apostolat de la parole, on le trouve dans son engagement en faveur des enseignements et des droits de l'Eglise. Dans les derniers mois, figurait dans son ordre du jour spirituel une prière pour l'association Saint Boniface et son travail en faveur des frères dans la foi dispersés dans la diaspora.

 

Comment vivre cela?

 

Toi aussi, tu es appelé à l'apostolat. Mets en oeuvre spécialement aujourd'hui ton esprit apostolique. Rassemble dans ton esprit les occasions qui se prêtent bien au service de l'apostolat. Peut-être peux-tu t'intéresser au travail, aux services de la pastorale paroissiale ou, d'une façon ou d'une autre, participer aux groupes d'Eglise. Peut-être peux-tu faire quelque chose dans le domaine caritatif, pour les missions, pour l'apostolat par la presse. Ou bien fais visite à un malade, fais un don pour une bonne cause. Cultive l'apostolat de la bonne parole et cherche à gagner des personnes en danger. Si une action extérieure t'es impossible, offre aujourd'hui un sacrifice particulier et prie pour l'Eglise de Dieu opprimée.

 

Prière

 

Divin Sauveur Jésus-Christ, par le Baptême Tu m'as appelé à l'apostolat, par la Confirmation Tu m'as sacré militant du royaume de Dieu. Remplis-moi du sentiment de responsabilité pour la mission qui m'est confiée et éveille en moi le sens missionnaire pour Ta Sainte cause. Donne-moi le courage du sacrifice, afin que je ne craigne aucune peine. Le courage de rester fort, afin que nul échec ne me paralyse. Mets dans mon cœur les sentiments qui conviennent sur mes lèvres la parole opportune. Oriente toutes mes actions, tous mes soucis et fais-les tourner à la gloire de Ton Saint Nom et à l'extension de Ton Royaume ici sur terre. Amen.

 

Sixième jour

Tout donné à la Sainte Vierge 

 

Évangile selon Saint Jean (19, 25-27)

 

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

 

Sa dévotion à Marie

 

La grande caractéristique de la vie intérieure de Joseph Engling fut l'amour authentique qui l'anima pour la Mère de Dieu. D'où cette deuxième face de son idéal de vie : « Tout donné à la Sainte Vierge. » Elle était la Reine à qui son cœur appartenait, à qui il confiait tout. Sa vie, son travail, sa prière et sa souffrance, il les comprenait comme une action continuelle au service de la Mère de grâce de Schoenstatt. Les points culminants de sa dévotion mariale étaient toujours les fêtes de Marie et le mois de Mai. C'est alors qu'il rassemblait ce qu'il appelait « les fleurs de mai ». Il entendait par là une grosse brassée de sacrifices vécus dans l'existence quotidienne et qu'il offrait à Marie comme cadeau de Mai. Pendant les durs combats de Flandre sa résolution particulière consista, durant des semaines, à se souvenir souvent, dans la journée, de la Mère de Dieu, à la saluer et à offrir par ses mains tout ce qu'il vivait. Chaque jour, en esprit, il pérégrinait jusqu'à Schoenstatt en son petit sanctuaire. C'était l'endroit même où il se sentait chez lui, où il avait ses racines. Ainsi peut-on lire maintes fois dans son journal intime que les durs efforts et renoncements de sa vie au front étaient devenus légers à la pensée de la Mère trois fois admirable. Le don de soi atteignit un sommet quand, au milieu de la bataille, il mit par écrit sa consécration à la Sainte Vierge. Par ces quelques lignes il offrit à Marie sa vie en sacrifice pour la mission et la cause de Schoenstatt. Jusqu'à dix fois par jour, durant ces semaines passées au danger, il a renouvelé de vive voix sa consécration. Quelques mois plus tard, sur le champ de bataille, celle-ci fut scellée par la mort.

 

Comment vivre cela?

 

Comme ce fut le cas pour Joseph Engling, que ta vie aussi soit entièrement donnée à la Mère de Dieu. Elle est le chemin le plus sûr qui mène au Christ. Pour devenir un serviteur de Marie, il n'est besoin de rien d'autre qu'un amour simple et droit et d'une confiance sincère. Que l'exercice de l'un et l'autre constitue le meilleur de la journée présente. Tu peux mettre en pratique cette intention en accomplissant à la perfection tel devoir d'état par amour pour la Sainte Vierge. Tu peux lui faire plaisir en faisant plaisir aux autres. Tu peux lui témoigner ta vénération en décorant son image chez toi, en visitant une stèle ou une chapelle dédiées à Marie. Adresse-lui ta salutation par le chapelet ou quand sonne l'angélus. En esprit, met-toi en route pour Schoenstatt auprès de la Mère de grâce et là, offre-lui une victoire sur toi-même accomplie avec cœur L'amour te rendra inventif sur les façons d'offrir tes services à la Mère de Dieu.

 

Prière

 

Mère bien-aimée, trois fois admirable, combien ton serviteur Joseph Engling T'a aimée et avec quelle fidélité il Te fut dévoué, sa vie durant ! C'est bien cet amour pour Toi qui l'a fait vivre dans l'intimité de Dieu et lui a donné force d'âme. Moi aussi, je voudrais T'appartenir sans réserve et rester à Ton service. Accepte donc ma consécration, par laquelle je me lie à Toi pour toujours. Pour qu'advienne Ton règne, je veux à l'avenir engager toutes mes forces. De Ton côté, prends ma vie sous Ta protection et façonne-la sur le modèle de Ton divin Fils. En Toi, Mère bien-aimée de Dieu, j'ai mis ma confiance, conduis-moi tout au long de mon pèlerinage terrestre. Amen.

 

Septième jour

Porter le Christ 

 

Lecture de la lettre de Saint Paul aux Galates (2, 16, 19-20)

 

Sachant que ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus Christ, afin d'être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi. car c'est par la loi que je suis mort à la loi, afin de vivre pour Dieu. J'ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi.

 

Sa vie dans le Christ

 

Dans sa plus grande jeunesse, Joseph Engling vécut une profonde expérience du Christ: la célébration de sa première communion. Dès ce temps-là, âgé de 12 ans, il tenait un journal spirituel, qui porte témoignage de sa maturité de sa vie intérieure. A Schoenstatt cela devint encore plus profond quand il se joignit, à l’intérieur de la congrégation mariale, à la section eucharistique. On peut le constater : les époques que distingue une intense dévotion mariale ne tardent pas à engendrer un amour plus grand encore pour la Christ. C’est ainsi que la célébration quotidienne de l’Eucharistie devient bientôt le centre de ses occupations journalières. Son zèle pour le Christ eucharistique le poussa, durant les vacances dans sa paroisse d’origine, à introduire un usage qui n’existait pas encore: celui de la communion fréquente. Et il commença dans sa propre famille. La participation quotidienne au sacrifice de la Messe, il la prit tellement à cœur que, durant sa vie de soldat, il souffrit beaucoup d’en être privé. En compensation, il s’efforçait, chaque matin, d’y participer en esprit et de faire, à cette occasion, la communion spirituelle. Pendant la journée il se remettait devant la présence de Dieu en son âme par deux heures de garde eucharistique. D’après ses annotations écrites, il s’est acquitté de ses exercices à peu prés chaque jour, quelles que soit les conditions de vie au front. Si l’occasion se présentait de participer réellement à la Messe célébrée par un aumônier, ce jour devenait pour lui un jour de fête qui remplissait son âme d’un réel enthousiasme. Il vivait l’année liturgique de telle façon que, malgré les événements éprouvant du front, les grandes fêtes marquaient sa vie spirituelle. En août 1918, sa résolution particulière fut, tout un temps, de se rendre attentif, chaque heure, à la présence du Fils de Dieu dans son âme : ainsi cheminait-il uni au Christ tout au long de sa journée.

 

Comment vivre cela?

 

Qu’en est-il de ta vie avec et dans le Christ? Es-tu continuellement en état de grâce? comment participes-tu au Saint-Sacrifice de la Messe et comment soignes-tu la réception des sacrements? Ce jour-ci doit traduire ton amour pour le Sauveur eucharistique. Choisis parmi les propositions suivantes quelque chose qui te convienne. Si les circonstances le permettent, assiste aujourd’hui au Saint-Sacrifice de la Messe. Continue dans la journée ta participation à la Messe. Concentre-toi assez souvent dans le recueillement intérieur. Transporte-toi alors en esprit dans l'église de ta communauté pour y adorer comme Joseph Engling une heure de garde. Fais aussi une visite au Saint Sacrement ou une lecture de la Sainte Écriture. Rends grâce à Dieu qui habite en toute âme en état de grâce et te croise aujourd’hui bien plus d’une fois dans le prochain. Que ton salut adressé à l’autre soit en même temps un salut au Christ Jésus.

 

Prière

 

Sauveur Eucharistique, caché mystérieusement sous les apparences du pain, je crois au mystère de Ta présence réelle dans le sacrement de l’autel et je T’adore. Pénètre-moi toujours plus de cette foi pour que je puisse prendre une part active au Saint Sacrifice, que Tu renouvelles chaque jour sur l’autel. En Toi, je voudrais être transformé pour que ce ne soit plus moi qui vive mais Toi en moi. Demeure avec moi, Seigneur, et ne permets pas que je perde jamais par le péché la partage de ta vie. Amen.

 

Huitième jour

Vivre en enfant de Dieu 

 

Lecture de la lettre de Saint Paul aux Romains (8, 14-17)

 

Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui.

 

Sa vie d’enfant de Dieu

 

Plusieurs mois avant la fin de sa vie, la conscience qu’il avait d’être enfant de Dieu agit sur son âme comme un puissant levier. Cela ne lui vint pas d’un enseignement extérieur mais ce fut la conséquence naturelle et le plus beau fruit de sa piété mariale et de son amour du Christ longtemps entretenus. Désormais, il pratique, au milieu des occupations quotidiennes imposées par la situation, un cheminement constant avec le Dieu trinitaire. Chaque heure il renouvelait expressément sa conviction de la présence de Dieu en son âme. Il élevait son cœur vers lui dans la prière et s’efforçait d’accomplir d’une façon qui plaise à Dieu l’action alors en cours. Cette solitude dans la prière et cette continuelle union à Dieu se haussaient en lui jusqu’à une proximité presque perceptible de Dieu. Mais, en même temps, croissait aussi en lui la délicatesse de conscience de sorte qu’il détectait en lui-même les fautes les plus légères. Cela éveillait le vif désir de racheter ces infidélités par une pénitence et une mortification accrues. Son cheminement avec Dieu était constamment lié à l'exercice précis d’une vertu. C’est ce que laissait entendre sa dernière résolution particulière: se dire à haute voix que Dieu, le Père bien-aimé de tous les hommes, était prés de lui et le poussait au don de soi sans réserve au prochain.

 

Comment vivre cela?

 

Deviens convaincu que, par ton état de grâce, tu es un enfant de Dieu et que tu portes en toi une haute valeur. Vis-tu aussi comme Joseph Engling, ta condition d’enfant de Dieu? Qu’en est-il de ta relation à Dieu? Est-ce la relation de l’homme qui se sait conduit par la main de Dieu le Père, ou bien est-ce la relation troublée par le péché, peut-être même par la crainte non fondée de pécher. Ou bien avances-tu dans la vie sans te poser de questions, sans prendre en compte le fait que Dieu est avec toi et demeure en toi? rappelle-toi assez souvent que Dieu est présent en ton âme et prie-le. Pense que sa providence garde ta vie et la conduit. Laisse-toi donc conduire par lui en toute confiance. Fais lui don de l’action dont tu es justement en train de t’acquitter par devoir d’état. Accomplis-la de telle façon qu’il en soit honoré et non déshonoré. Fais aujourd’hui une lecture de Bible pour approfondir en toi la conscience de la présence de Dieu.

 

Prière

 

Dieu, Père du Ciel, Créateur de ma vie, de qui j’ai reçu tout ce que je suis. Je reconnais ma totale dépendance par rapport à Toi, je T’adore et Te vénère. Je veux aussi T’appartenir totalement et c’est pourquoi je confie à Ta providence tout mon destin. Père Céleste, par Ton Fils Jésus-Christ, Tu as suscité en moi une mystérieuse vie. Rends-Moi conscient, au plus profond de l'âme que je suis à Toi et que Ton amour de Père règne sur moi. Garde-moi dans Ton amour. Sous Ton regard à qui rien n’échappe je veux, fidèle à Tes commandements, aller dans Ta vie. Purifie mon intérieur de tout péché et de tout désordre pour que Te plaise constamment et que mes actes soient un incessant sacrifice de louange à la gloire de Ton Saint Nom. Amen.

 

Neuvième jour

Fidèle jusqu’à la mort

 

Lettre de Saint Paul aux Romains (8, 35-39)

 

Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? selon qu'il est écrit: C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur.

 

Sa persévérance dans le bien

 

Les paroles de l’apôtre peuvent quasiment à la lettre s’appliquer a la vie de Joseph Engling. Rien n’a pu le faire dévier de son but: devenir un saint. La « détressée du fait de ses défauts corporels et de caractère ne l’a pas découragé. « L’angoisse » provoquée par des fausses accusations n’ont pas engendré chez lui l’amertume à l’égard des autres. La « faim » n’a pas pu stopper sa marche vers l’idéal, le « dénuement » non plus dans les misérables logements de la tranchée. Le « danger » de la bataille ne parvient pas à étouffer sa vie intérieure, et le « supplice », la mort, ne l’a pas séparé du Christ mais l’a uni à Lui pour toujours. On peut considérer comme l’exploit de sa vie, que nul échec ne put briser son élan vers la Sainteté. Il eut le courage, en dépit de tout, de recommencer sans cesse chaque jour. Lui aussi, pourtant, dans les contrariétés de la vie, les accès de découragements auraient pu l’anéantir. Mais jamais ils n’eurent le dessus dans son combat religieux et moral.

 

Comment vivre cela?

 

Tu sais déjà certainement par expérience que la persévérance est ce qu’il y a de plus dur. Cela vaut tout autant pour ton effort vers l’accomplissement de toi-même pour ta prière. Quand donc la vue de tes fautes ou de tes faiblesses va te décourager, rappelle-toi une chose : l’insatisfaction de toi-même, dont tu souffres, est justement signe que la grâce de Dieu est agissante en ton âme Ne renonce donc pas. Dieu est avec toi et si ta prière, apparemment, n’a encore eu que peu de succès, ne pense pas que Dieu s’est détourné de toi. Tu ne connais pas ses insondables desseins. Reste persévérant dans la prière. D’une façon ou d’une autre, tu es toujours exaucé par Dieu. Viendra le temps où tu constateras que le Seigneur agissait justement. Souvent, il a bien tout dirigé justement quand il n’exauçait pas nos désirs humains. Recueille-toi donc aujourd’hui dans une prière de don de toi à la Sainte Volonté de Dieu et promet-lui de ne te laisser détourner da Sa providence par aucun événement. Reste-lui fidèle jusqu’à la mort.

 

Prière

 

Dieu Tout Puissant et Père plein de bonté, Toi qui mystérieusement diriges ma vie selon Tes insondables desseins, apprends-moi à renoncer à ma volonté propre et à être tout donné à la Tienne. Par l’intercession de Marie, Ta Sainte Mère, et de Ton serviteur Joseph Engling, accorde moi la grâce de la persévérance jusqu’à la fin. Fortifie-moi dans les épreuves de cette terre, pour que je ne me laisse pas gagner par le découragement. C’est en Toi que je veux espérer, là où les vues humaines ne laissent plus aucun espoir. Je veux compter sur Toi là où les forces humaines sont impuissantes. C’est en Toi, Seigneur, que je mets ma confiance, ne me laisse jamais périr. Amen.

 

 

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Conclusion

 

Tu as maintenant achevé ta neuvaine à Joseph Engling et, durant neuf jours, tu t’es éduqué à son école. Si donc tu pouvais te compter parmi ceux qui ont éprouvé la bénédiction de son intercession, ou qui l’éprouveront, alors remercie ton intercesseur auprès du Trône de Dieu et remercie aussi la Sainte Vierge, si possible, envoie un message au Secrétariat Joseph Engling, Schönstatt Institut, Marienbrüder, Höhrer Strasse 80an D-56179 Vallendar.

Mais si ta prière n’est pas tout de suite exaucée, ne renonce pas. Bien des gens ont fait la neuvaine, pas seulement une fois, mais plusieurs, avant que Dieu n’agrée leur supplique. Reste donc persévérant. S’il est dans le plan de Dieu d’exaucer ta demande, tu peux avoir confiance que Joseph Engling implorera certainement auprès de Dieu l’heureuse issue de ta prière. Persévère donc inébranlablement dans la confiance. Et si Dieu, en son insondable dessein, en avait décidé autrement, alors acquiesce car c’est pour ton plus grand bien. Dépose avec patience tous tes soucis dans la main de la Sainte Vierge. Du haut de la Croix le Sauveur a béni le monde, de même ta croix actuelle deviendra aussi pour d’autres une source de bénédictions. Ta confiance en la Mère Trois Fois Admirable et en son serviteur Joseph Engling ne reste pas sans réponse. Si tu as fait comme il faut cette Neuvaine, tu t’es enrichi intérieurement. Très certainement, d’une autre façon, elle deviendra pour toi aussi bénédiction, telle que tu ne peux encore aujourd'hui la deviner.

  

Prière

 

Bien-aimée Vierge Marie, Mère Trois Fois Admirable de Schoenstatt ! Arrivé au terme de cette Neuvaine, je viens à Toi et je dépose en tes mains ce que ces neuf jours comportent de travail, de prière et d’esprit de sacrifice. Dans ta bonté sois indulgente et ne tiens pas compte des manques et des défauts qui entachent mon offrande. Reçois-la favorablement comme un signe de mon amour et de ma gratitude. Je te confie l’heureux aboutissement de ma prière. De ta main je recevrai volontiers ce que le Père du Ciel, dans Son insondable Providence, a décidé. S’il accorde ce pour quoi je l’implore, aide-moi à remercier. S’il me laisse ma croix, aide-moi à me plier avec courage à sa Sainte Volonté. À l’exemple de Ton serviteur Joseph Engling, je veux Te servir avec fidélité. Et ainsi j’espère de Ton intercession, protection et bénédiction dans toutes les situations de ma vie. Qu’il soit aussi dorénavant mon compagnon de route et qu’il marche à mes côtés au long de mon pèlerinage terrestre, jusqu’à Toi, dans l’éternelle patrie. Amen.

  

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Prière pour la béatification de Joseph Engling

 

Etends la main, Seigneur, et fais surgir signes, miracles et guérisons par l’intercession de Ton fidèle serviteur Joseph Engling, afin que soient manifestées au monde entier Ton infinie Miséricorde, la puissance et la bonté de la Mère et Reine Trois Fois Admirable de Schoenstatt. Amen.

Bien-aimée Mère et Reine Trois Fois Admirable de Schoenstatt, Mère de Grâce, Tu nous as accordé, en la personne de Ton fidèle serviteur Joseph Engling, un exemple lumineux qui nous indique comment T’aimer et comment lutter pour le Règne de Ton Fils. Avec une fidélité constante, il Te fut totalement donné et, avec un zèle inlassable, il s’est fait tout à tous. Nous t’en supplions, par la puissance de ton intercession, fais qu’il soit inscrit au nombre des saints confesseurs, afin qu’il puisse continuer ici-bas, avec plus d’efficacité encre, à agir pour Ta Gloire et pour le Règne de Ton Fils. Obtiens-nous aussi la grâce de suivre l’exemple de ses vertus et d’être toujours dévoué à ton service dans le sacrifice et la joie de l’amour. Nous promettons d’offrir volontiers par Tes mains, Mère de Grâces de Schoenstatt, toutes nos prières, nos travaux et nos souffrances pour que jaillisse de Ton Sanctuaire un abondant torrent de grâces pour le renouveau religieux et moral du monde dans le Christ. Amen.

 

Relations de grâces

Faire connaître, s’il vous plaît, les cas de prières exaucées à

 

Secrétariat Joseph Engling,

 Schönstatt-Institut,

 Marienbrüder,

 Höhrer Strasse 80a,

 D-56179 Vallendar.

www.josef-engling-france.com.pl

 

Sœurs de Marie de Schœnstatt

Thun St Martin

F. 59 141 Iwuy

www.sanctuairedelunite.fr

 

 

Téléchargez le texte de la Neuvaine à Joseph Engling (pdf) en cliquant ici

 

 

Voir aussi: http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-492492.html

 

 

Pour approfondir

"Joseph Engling et la spiritualité de Schönstatt", de René Lejeune, Editions du Parvis, 1992. Vous pouvez vous le procurer sur le site de l'éditeur en cliquant ici

"Joseph Kentenich et le Mouvement de Schoenstatt, douze portes pour découvrir et comprendre", par une Soeur Ermite, aux Editions Parole et Silence, 2018. Présentation de ce livre sur le site de l'éditeur en cliquant ici

 

16 mai 2016

La Vénérable Montse Grases

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La Vénérable Montse Grases

Jeune laïque de l'Opus Dei

1941-1959

 

En pleine jeunesse, Montse a perçu l’appel de Dieu à le servir dans la vie ordinaire. Elle a transmis à ses amis et à ses parents la paix de la proximité de Dieu, manifestée de façon exemplaire à l’occasion de la dure maladie qui l’a conduite à la mort. Après le premier cycle de ses études secondaires, elle a suivi les cours de l'École professionnelle féminine du Conseil régional de Barcelone. En 1957, elle a senti dans son âme que le Seigneur l'appelait à suivre dans l'Opus Dei un chemin de sanctification pour vivre en plénitude la vie chrétienne dans le monde : après avoir pris les conseils opportuns, elle a demandé l'admission dans l'Œuvre. Sa lutte pour atteindre la sainteté se caractérisait en particulier par son amour de la très Sainte Humanité du Christ, sa piété eucharistique, sa dévotion envers la Sainte Vierge, ainsi que par une profonde humilité et un grand effort pour servir les autres. Elle a su trouver Dieu, en accomplissant par amour ses devoirs d'étude et de travail, ainsi que dans les petites choses de chaque jour. En juin 1958, on lui diagnostiqua un cancer des os à une jambe. Ce sera la cause d'intenses douleurs supportées avec une sérénité et une force d'âme héroïques. Pendant sa maladie, elle continua d'approcher de Dieu bon nombre de ses amies et de ses camarades, grâce à sa joie contagieuse, qu'elle n'a jamais perdue, et à une capacité d'amitié qui naissait d'un zèle véritable pour les âmes. Elle est décédée le Jeudi Saint, 26 mars 1959. Par un décret daté du 27 avril 2016, Montse Grases a été déclarée vénérable par le Pape François.

 

Prière pour demander la glorification de Montse Grases

Pour la dévotion privée

 

Seigneur, toi qui as concédé à ta servante Montserrat la grâce d'un don serein et joyeux à ta divine volonté, vécu avec une simplicité admirable au milieu du monde, fais que je sache t'offrir avec amour toute mon activité quotidienne et la transformer en un service chrétien des autres. Daigne glorifier ta servante et accorde-moi par son intercession la faveur que je te demande....Amen.


Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père

 

Si vous avez reçu des grâces par l'intercession de la Servante de Dieu Montse Grases, merci d'en faire parvenir le témoignage à

 

Prélature de l'Opus Dei

Région de France

7, rue Dufrenoy

75116 Paris

www.opusdei.fr

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

25 décembre 2015

Les Serviteurs de Dieu Alberto Michelotti et Carlo Grisolia

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Les Serviteurs de Dieu Alberto Michelotti et Carlo Grisolia

 

Alberto Michelotti et Carlo Grisolia sont deux garçons de Gênes qui ont vécu l'un et l'autre, une histoire d'amitié, ouverte et alimentée par l'objectif commun d'apporter à tous le don de l'idéal évangélique d'un monde uni, choisissant la voie de « devenir saints ensemble ». En 1980, Chiara Lubich disait aux jeunes du Mouvement des Focolari : « Je vous exhorte à devenir saints, de grands saints, bien vite. Je suis sûre de vous donner ainsi le bonheur en pleines mains ». Alberto et Carlo, deux jeunes italiens, décédés brusquement la même année, à peine quarante jours séparant le départ de l’un de celui de l’autre, ont accueilli pleinement cette invitation.

Alberto

Alberto Michelotti

(1958-1980)

 

Alberto était un garçon intelligent et très talentueux, responsable d'un groupe de jeunes du Mouvement des Focolari à Gênes. Il aimait se mettre à la dernière place pour servir. Les lettres qu'il a laissées, disent sa grande capacité dans l'art d'aimer tous ceux qu'il rencontrait, et révèlent son secret : « Lentement ma vie est en train de changer : il y a « quelqu'un » qui entre de plus en plus dans ma journée, C'est Jésus. Certains jour, je cours à travers la ville, dans une église quand à lieu la dernière messe de la journée : là, je me retrouve avec « Lui » dans l'Eucharistie ; pour y parvenir, je quitte l'université, en sautant d'un bus à l'autre. Soudainement, je pense : « Alberto, il y a un mois, tu n'aurais fait cela pour personne, pas même pour ta petite amie ». Amoureux de la montagnes, il tombe le 18 août 1980 au cours d'une ascension d'un couloir de glace des Alpes Maritimes.

 

Carlo

Carlo Grisolia

(1960-1980)

 

Carlo est né le 29 Décembre 1960. diplômé en agronomie, il vivait dans le même quartier d'Alberto, avec qui il a partagé l'expérience du Mouvement des Focolari. Le lendemain de la mort d'Albert, alors qu'il faisait son service militaire, une tumeur maligne cancéreuse fut diagnostiquée. Avec son caractère extraverti, et son amour pour Dieu, il commença son relais (40 jours) « pour voir Jésus », pendant lequel Carlo dit souvent que « Alberto est là avec lui » pour le soutenir, et « garde Jésus au milieu », comme toujours. Avant de mourir, Carlo avait dit à ses amis rassemblés autour de lui : «Je suis à la fin. Je voulais vous dire de toujours être prêts à donner votre vie les uns pour les autres. J'offre ma vie pour vous tous, mais surtout pour l'humanité souffrante, pour les enfants de mon quartier, de ma paroisse, et pour un monde uni ». Il achève à son tour son plongeon en Dieu le 29 Septembre 1980.

25 ans après leur « départ » pour le ciel, le cardinal Bertone, alors évêque de Gênes, a annoncé qu’un procès en béatification de Carlo et Alberto sera ouvert avec cette particularité :  pour la première fois, on voudrait établir si les deux jeunes sont parvenus ensemble à la sainteté en incarnant par leurs vies la phrase de Jésus : « Là où deux ou plus sont unis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20).

 

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Prière

 

Seigneur Jésus, crucifié et abandonné, qui, dans les mystères de ta vie, de ta mort et de ta résurrection, manifeste ton amour infini pour tous les hommes ; nous t'en prions, fais qu'a l'exemple d'Albert et Charles, nous grandissions dans l'amitié avec toi et entre nous, de manière à ce que croisse en nous la plénitude de la vie chrétienne. Accorde-nous, par leur intercession, les grâces que nous te demandons (...) mais, surtout, d'apporter les fruits de la vie éternelle à tous ceux qui nous sont confié. Amen

+ Tarcisio card. Bertone,

Archevêque de Gênes

 

Les personnes qui ont obtenus des grâces, par l'intercession des Serviteurs de Dieu et Carlo Alberto, sont priées d'en avertir la postulation pour la cause de Béatification :

 

Avv. Emilio Artiglieri,

via Goito 24/7 A

16122 GENOVA

studiolegalecanonico@tin.it

 

Où à:

 

« Comitato Alberto Michelotti e Carlo Grisolia »,

via Palestro 3/3

16122 GENOVA

comitato@albertoecarlo.it

 

Site internet de la Postulation

www.albertoecarlo.it

 

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

 

Pour approfondir

Documentaire

"Ensemble on peut tout ! Sur les traces de d'Alberto et de Carlo"

12 avril 2012

Les Enfants Martyrs des Lucs sur Boulogne

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Le Massacre des Lucs sur Boulogne

28 février 1794

 

En 1793, les Vendéens s'insurgeaient contre le gouvernement révolutionnaire, persécuteur des Prêtres et de la Religion. Pendant près d'un an, ils tinrent tête aux Armées de la Convention qui, pour en finir, organisa les Colonnes Infernales, avec mission de mettre la Vendée à feu et à sang. Le massacre des Lucs, à la date du 28 février 1794, est l'un des épisodes les plus tragiques de cette histoire.

Les Lucs formaient en ce temps-là deux paroisses : le Grand Luc, 2050 habitants, et le Petit Luc, 100 habitants. Les Bleus s'avancèrent sur deux colonnes parties, l'une de Mormaison, l'autre de Legé. « Sur leur passage, tout flambe : villages, étables, barges, paillers. Tout est détruit. On compte des victimes en près de 60 hameaux. Le Curé du Petit Luc, l'Abbé Voyneau, est horriblement massacré dans le chemin de la Malnaie ; les bleus lui arrachent, dit-on, la langue et le cœur qu'ils écrasent sur les pierres du chemin ».

« A l'approche des bandits, de nombreux paroissiens se sont réfugiés dans l'église du Petit Luc, des vieillards, des femmes avec leurs enfants. Ils se préparent à la mort en récitant le Chapelet. Qui dira la ferveur de cette invocation suprême : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.... »

« Les assassins arrivent. Sans un mouvement de pitié, ils déchargent leurs fusils sur la foule agenouillée, ils s'acharnent sur les mourants à coups de baïonnettes... Puis, satisfaits, n'ayant plus rien à tuer, ils s'en vont vers les landes de Launay. Parvenus à quelque distance, ils aperçoivent le clocher du Petit Luc. Ils tirent dessus à coups de canon. Le clocher s'effondre, écrasant de sa masse le monceau des victimes encore pantelantes... » (Abbé Auguste Billaud).

En 1863, on découvrit, sous les décombres de l'église, les ossements de ces martyrs enlacés de leurs scapulaires et de leurs chapelets. Un témoin oculaire, l'Abbé Barbedette, Curé du Grand Luc « en ce temps de persécution la plus atroce » a dressé le long martyrologe de ses fidèles. Il a recueilli 563 noms dont 458 nous ont été conservés. Parmi ces morts, beaucoup d'enfants. La Liste suivante ne comprend que ceux de 7 ans et au-dessous. « Les Lucs, a-t-on dit, avec leurs 110 martyrs en fleurs, sont le Bethléem de la Vendée ».

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Liste des enfants martyrs des Lucs

 

Marie-Modeste AIRIAU, de la Ricoulière, 5 ans et 7mois,

Thomas AIRIAU, de Villeneuve, 10 mois,

Joseph ARCHAMBAUD, de Puyberne, 20 mois,

Agathe ARNAUD de Belleville (tuée au Lucs ) 4 ans et demi,

Etienne BERIAU, de l’Erzandière.15 jours,

Marie-Madeleine BERIAU, de Roblin, 2 ans et 11 mois,

Jeanne BERIAU, du Petit-Luc, 4 ans,

Marie BERNARD, de la Jarrie, 3 ans,

Céleste BOISSELEAU, de la Grézaudière, 6 ans,

Pierre BOISSELEAU, de la Gaconnière, 6ans et demi,

François BOSSIS, du bourg du Grand-Luc, 7 mois,

Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois,

Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans,

Pierre BOUET, de la Surie, 27 mois,

Louis BOURON, de Bourgneuf, 3 mois,

Madeleine BOURON, sa cousine, de Bourgneuf, 3 ans,

Marie CHARUAU, de la Guyonnière, 2 ans,

Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois,

Jean CHARRIER, de la Devinière, 3 ans,

Marie DAVIAUD, de l’Erzandière, 1 mois,

Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois,

Jeanne DAVIAUD, au Petit-Luc, 2 ans et 11 mois,

Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois,

Louis EPIARD, du Chef-du-Pont, 5 ans et 10 mois,

Jean-François ERCEAU, de la Sorinière, 27 mois,

Pierre FETIVEAU, de la Gaconnière, 27 mois,

N…FETIVEAU, son frère, 3 mois,

Jeanne FEVRE, du Chef-du-Pont, 5 ans et demi,

Suzanne FORGEAU, de la Sorinière, 20 mois,

Rose-Aimée FORT, du Champ-Dolent, 31 mois,

Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois,

Marie-Anne FOURNIER, bourg du Grand-Luc, 30 mois,

Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois,

Marie GARREAU, de la Cornetière, 7 ans,

Marie-Anne GAUTRET, de la Guénière,7 ans,

Pierre GEAI, des Temples ; 25 mois,

Jean GIRARD, du Chef-du-Pont, 1 an,

Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois,

Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois,

Pierre GOUIN, des Temples, 1 an,

Louis GRALEPOIS, de la Grézaudière, 13 mois,

Jeanne GRALEPOIS, de la Bretonnière, 5 ans,

Pierre GRATON, du Puy, 3 ans et 4 mois,

Jeanne GRIS, de la Cernetière, 5 mois,

Pierre GRIS, son frère, 5 ans,

Lubin GUILLET, du Bourg du Grand-Luc, 6 ans,

Marie GUITET, de l’Erzandière, 4 ans et demi,

Marie HERMOUET, du bourg du Grand-Luc, 5 mois,

Louis HIOU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,

Marie-Anne JOLI, de la Bromière, 27 mois,

Marie MALARD, du Marchais, 4 ans,

Jean MALIDIN, de la Primaudière, 18 mois,

Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois,

Jeanne MALIDIN, de la Bruère, 3 ans,

Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois,

Joseph MANDIN, du bourg du Grand-Luc, 23 mois,

Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois,

Véronique MARTIN, de la Moricière, 1 an,

Marie-Françoise MARTIN, du Petit-Luc, 2 ans,

Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois,

Rosalie MARTIN, de la Guénière, 2 ans et 10 mois,

Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois,

Rosalie MARTINEAU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,

Jean MIGNEN, de la Sorinière, 1 an,

Louise MINAUD, du Brégeon, 15 jours,

Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois,

Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois,

Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois,

Jeanne MINAUD, de la Davière, 15 mois,

André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois,

Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois,

Pierre MINAUD, leur cousin de la Davière, 4 ans,

Louise MINAUD, de l’Ethelière, 33 mois,

Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois,

Anne MORILLEAU, de la Primaudière, 2 ans

Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois,

Jean PERROCHEAU, du Retail, 5 ans et 3 mois,

Pierre POGU, de la Pellerinière, 22 mois,

Jean POGU, son frère, 5 ans,

Rose PREVIT, de Villeneuve, 10 mois,

Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans,

Rose REMAUD, de Bourgneuf, 4 ans et 11 mois,

Marie REMAUD, de la Grande-Métairie, 4 ans et demi,

Pierre RENAUD, de la Nouette, 18 mois,

Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi,

Jeanne RENAUD, leur cousine, de la Nouette, 4 ans,

Marie-Anne RENAUD, de la Petite-Brosse, 4 ans,

Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi,

Marie RICOULEAU, de la Bromière, 22 mois,

Jeanne ROBIN, de la Retardière, 5 ans,

Marie-Anne RORTAIS, de la Guyonnière, 4 ans,

Jeanne ROUSSEAU, de la Gaconnière, 23 mois,

Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois,

Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans,

Victoire ROUSSEAU, cousine, de la Gaconnière, 11 mois,

Jeanne ROUSSEAU, sœur de Victoire, 4 ans,

Jeanne SAVARIAU, de la Sorinière, 5 ans et 10 mois,

Pierre SIMONEAU, de la Moricière, 6 mois,

Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois,

Jacques SIMONEAU, de la Bugelière, 18 mois,

Joseph, SIMONEAU, cousine, de la Bugelière, 8 mois,

Henri SORET, du Petit-Luc, 2 ans,

Jacques SORIN, de la Bromière, 5 mois,

Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois,

Madeleine TENET, du Chef-du-Pont, 7 ans,

Louis VRIGNAUD, de la Ricoulière, 23 mois,

Marie-Jeanne VRIGNAUD, de la Cornetière, 3 ans,

Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois.

 

En 1947, Son Eminence, Monseigneur Cazaux, Evêque de Luçon, commença le procès de Béatification de ces petits enfants et Monsieur l'Abbé Prouteau, Curé des Lucs, actif promoteur de la Cause, en porta les pièces à Rome. Les grandes personnes ne pourront, hélas ! Prétendre aux honneurs de la glorification officielle par l'Eglise, faute de document précis nous révélant leurs attitude en face de la mort. Pour les petits enfants, évidemment la question de l'acceptation du Martyre ne se pose pas. Il suffira de prouver qu'ils furent immolés en haine de la religion : démonstration relativement facile, semble-t-il, car les persécuteurs ont pris soin d'avouer eux-mêmes leur haine antireligieuse. Aussi se sont-ils vantés d'avoir pu « décalotter à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leur insignes du fanatisme ». (C'est-à-dire, évidemment, leurs chapelets et leurs Sacrés Sœurs). En juin 1960, le Bienheureux Pape Jean XXIII appelait sur le Séminaire des Herbiers « l'intercession des jeunes martyrs ». Prions-les nous aussi et demandons à Dieu le succès de leur cause, unique en son espèce dans les annales de la Sainteté.

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Prière pour demander leur Béatification

 

Seigneur Jésus, qui avez couronné de l’auréole des martyrs les petits enfants de Bethléem immolés à votre place par Hérode, daignez nous accorder la Glorification des petits enfants des Lucs, victimes de l’impiété révolutionnaire. N’est-ce pas en haine de votre nom qu’ils furent eux aussi massacrés, nouveaux Saints Innocents de cette paroisse justement surnommée le Béthléem de la Vendée ? Nous Vous supplions donc, ô Divin Ami des enfants, d'exaucer les prières que nous adressons à ces petits anges, afin que, bientôt, la Sainte Eglise puisse les donner pour modèles aux petits enfants de chez nous. Nous Vous demandons encore, ô Jésus, que l'exemple de leur mort nous apprenne l'amour de Votre Sacré Cœur et la vraie dévotion au Rosaire et que leur céleste protection nous aide à montrer dans toutes les actes de notre vie une fidélité chrétienne digne de nos pères. Amen.

 

Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous !

Notre-Dame du Petit-Luc, Reine des Martyrs, priez pour nous !

 

Conformément aux décrets d'Urbain VIII, nous déclarons qu'en donnant aux Victimes des Lucs, le titre de Martyrs, nous n'avons voulu prévenir, aucunement, le jugement officiel de l'Eglise.

 

Nihil Obstat

Luçon, le 22 décembre 1961

+ Ch. Massé, V.G.

 

Imprimatur

Luçon, le 22 décembre 1961

+ A.M. Cazaux, Evêque de Luçon.

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05 mars 2012

La Servante de Dieu Nellie Organ

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La Servante de Dieu Nellie Organ

La Petite Violette du Saint Sacrement

1903-1908

 

Née en Irlande, le 24 août 1903, la petite Nellie fut amenée malade au Couvent du Bon Pasteur de Corkle 11 mai 1907. Les religieuses furent d'abord frappées par l'intelligence déjà très développée de l'enfant et de ses extraordinaires dispositions pour les choses de Dieu. Un mystérieux instinct de grâce l'attirait tout spécialement vers la Divine Eucharistie et la Sainte Passion de Jésus. Elle demandait souvent à la Sœur infirmière de la porter près du Saint Sacrement, surtout les jours d'exposition, et de s'approcher d'elle après ses communions. A l'église, elle se tenait comme un ange, les mains jointes et les yeux fixés sur l'Hostie.

Le Divin Maître entendit le désir de cette âme angélique et ne sût résister à ses ardents appels. Monseigneur l'Evêque de Cork lui donna le Sacrement de Confirmation, et le 6 décembre 1907, premier vendredi du mois, à l'âge de quatre ans et trois mois, Nellie, portée dans les bras de son infirmière, reçut dans la Chapelle du Couvent, avec une ferveur tout a fait singulière, le Dieu de sa Première Communion. Une clarté de joie céleste illumina son visage ravagé par la souffrance et tous les témoins de cette scène en furent dans le ravissement.

Fortifiée souvent par visite sacramentelle du « Dieu Saint », elle communia trente deux fois en moins de deux mois. La petite enfant supporta, avec une patience héroïque et sans plainte, les plus terribles souffrances, immobile dans son petit lit, et pressant toujours son crucifix contre son cœur. Chaque fois qu'elle recevait le Pain des Anges, sa figure se transfigurait, et elle demeurait en action de grâces pendant plusieurs heures. Avec une maturité bien au dessus de son âge, elle exhortait ceux qui souffraient autour d'elle à se souvenir de la Passion du Sauveur, disant qu'Il avait bien d'avantage souffert pour nous.

Des grâces de guérisons et de consolations furent sollicitées et obtenues par ses innocentes et victorieuses prières. Le 2 février 1908, après une agonie, pendant laquelle l'enfant semblait, là l'extrémité de son lit, une vision que fixaient ses yeux grands ouverts, la petite Nellie rendit son âme à Dieu, et comme elle l'avait souvent répété, « prit son vol vers le Paradis ».

Pendant l'année qui suivit, les élèves eurent la pensée de faire une Neuvaine à leur petite Nellie, pour lui demander d'obtenir un « miracle » : celui d'inspirer le Souverain Pontife d'accorder le bienfait de la Communion aux toute petits enfant du monde entier. Quelques mois plus tard, Sa Sainteté Pie X publiait le Décret « Quam Singulari », prescrivant la Communion à tous les enfants qui jouissent de l'usage de la raison. Informé de tout ce qui s'était passé, par une adresse de remerciement, composée par les élèves du Bon Pasteur de Cork, le Saint Père a daigné, dans une lettre-autographe, leur envoyer la Bénédiction Apostolique, le 21 novembre 1910, écrivant de son auguste main que « Nellie encore enfant, a été appelée au Paradis ».

On rapporte des guérisons soudaines, des grâces extraordinaires accordées par l'intercession de la Petite Nellie, au point que sa réputation de Sainteté se répand partout comme le parfum de la « Petite Violette du Saint Sacrement », et que l'on envisage d'introduire sa cause de béatification auprès du Saint Siège.

 

Bénédiction de Sa Sainteté Pie X


« Que Dieu remplisse de toute bénédiction le cher Prêtre Marie-Eugène Prévost et tous ceux qui, à son exemple, recommandent la fréquente Communion aux petits garçons et aux petites filles, leur proposant pour monde la Petite Nellie ».

Le 4 juin 1912,

Pie X, Pape.

 

Prière pour demander la glorification de la Petite Nellie

 

Seigneur Jésus qui avez dit : « Laissez venir à Moi les petits enfants », nous Vous rendons grâce de ce que Vous avez daigné prévenir de Votre Douceur, l'âme de la Petite Nellie, en lui inspirant une grande dévotion à Votre Sainte Passion et un véhément désir de Vous recevoir dans la Divine Eucharistie, en Vous donnant Vous-même en communion dès sa plus tendre enfance et en la favorisant d'une dévotion toute filiale envers Votre Mère Immaculée. Puissent, ô Divin Ami des enfants, tous Vos desseins d'Amour et de Miséricorde sur Votre petite Servante s'accomplir pour Votre plus grande Gloire et pour l'édification des petites enfants du monde entier. Ainsi soit-il.

 

Imprimatur

Albertus Lepidi, O.P., S.A. Magister

 

Imprimatur

Joseph Ceppetelli. Patr. Const. Vicesgerens.

 Nellie Organ

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29 février 2012

Le Serviteur de Dieu Guy de Fontgalland

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Guy de Fontgalland

1913-1925

 

Cet enfant prédestiné mourut dans sa 12e année à Paris, le 22 janvier 1925. Il eût trois grandes dévotions : la dévotion au Petit Jésus, à la Sainte Vierge et au Pape. Le matin de sa première communion, à sept ans, le Petit Jésus lui dit : « Tu ne seras jamais Prêtre comme tu le désires ; tu seras Mon ange ; Je viendrais bientôt ». Deux ans plus tard, Notre Dame de Lourdes l'avertit qu'Elle viendrait le chercher un samedi, pour l'emmener au Ciel tout droit. Guy mourut un samedi, et aussitôt après sa mort, accorda de grandes grâces.

 

Les trois dévotions de Guy

 

Le Petit Jésus

 

« Jésus et moi nous nous aimons tellement ! »

« Je voudrais faire aimer le Petit Jésus dans le monde entier ».

« Quand Il est dans mon cœur, Il me parle ; je l'écoute et je le savoure ».

« A l'élévation je le fixe et lui demande des grâces ; c'est mon moment ! »

« Je ne veux être remarqué par personne ; je ne veux être regardé que par le Petit Jésus ! »

« Maman... Je l'aime le Petit Jésus, dis-le lui pour moi ; ça me fatigue de parler ».

« O Jésus, je t'aime... maman ! » (Sa dernière parole)

 

La Sainte Vierge

 

« Ma Maman du Ciel est plus bonne que toutes les mamans réunies ».

« La Sainte Vierge m'aime tant qu'elle va venir me prendre pour me mener au Ciel tout droit... Elle me l'a promis à Lourdes ».

« Que j'ai appris de choses en récitant lentement l'Avé Maria ! »

« Que serait-il arrivé si la Sainte Vierge n'avait pas dit oui le jour de l'Annonciation ? »

« Le plus joli mot qu'on puisse dire à Dieu, c'est oui ».

 

Le Saint Père

 

« Demandez de communier très tôt. Dites que vous avez envie du Petit Jésus... Et puis le Pape l'a dit : « Il faut, il faut... »

« Oh ! Le Saint Père, je l'aime... Peu m'importe son nom, c'est le Pape, je l'aime ! »

« Je construirai un avion. Je l'offrirai au Pape pour qu'il puisse se promener autour du Vatican ».

« Quand j'irai le voir, je lui dirai : Saint Pape, je vous aime bien ».

 

Prière à Jésus, ami des enfants, pour obtenir des grâces par l'intercession de Guy de Fontgalland

 

O Jésus qui jadis, en Galilée, avez donné comme modèle à Vos disciple un tout petit enfant, faites-nous aimer l'Eucharistie, la Sainte Vierge, et le Pape, comme les aimaient le petit Guy... Et puisqu'il Vous plaît de toujours confondre la force par la faiblesse, glorifiez-Vous en glorifiant cet enfant, ami de « son Petit Jésus, de sa Maman du Ciel et du Saint Père ». Nous Vous supplions donc, ô Jésus, d'exaucer toutes les prières adressées à Guy, afin que la Sainte Eglise, refaisant Votre geste Divin de Galilée puisse un jour nous donner comme modèle ce tout petit communiant de sept ans. Ainsi soit-il.

 

Imprimatur

Lugduni die 1 octobris 1928,

A. Rouche, V.G.

 

Quiconque reçoit des grâces, est prié de le signaler auprès de l'Association

"Les Amis du petit Guy de Fontgalland."

3 passage de la fontaine

94800 Villejuif (France)

E-mail amisdeguy-defontgalland@neuf.fr

 

Biographie plus détaillée de Guy de Fontgalland,

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-881069.html

 

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13 décembre 2011

Neuvaine à Sainte Agnès

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Sainte Agnès de Rome

Vierge et Martyre

+ 290-303

Fête le 21 janvier

 

Sa naissance et ses premières vertus

 

Sainte Agnès naquit à Rome de parents distingua aux yeux du monde, parce qu'ils étaient nobles et riches; mais plus illustres encore devant Dieu, parce qu'ils étaient chrétiens. Au baptême, ils donnèrent à leur enfant le nom d'Agnès. Et, dit Saint Ambroise, « son nom seul est une louange ». En grec, il signifie « chaste » et, en latin, il veut dire « brebis », Sainte Agnès, en effet, a toujours été une petite brebis chaste, qui a préféré souffrir un cruel Martyre et mourir plutôt que de perdre sa virginité. Dès le berceau elle conçut, sous la douce inspiration de sa mère, un brûlant amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ. Dès lors aussi elle l'appelait son Bien-Aimé, son Divin Epoux, et la méditation de ses souffrances faisait son aliment le plus ordinaire. Aussi devint-elle bientôt un modèle d'obéissance à ses parents, un ange de pureté, un chérubin d'amour divin, une petite fiancée noblement fière et jalouse de conserver son cœur uniquement à son Fiancé. A l'exemple du Divin Enfant, elle croissait en sagesse et en grâce, et la beauté de son âme, se reflétant au dehors, donnait à ses traits extérieurs une harmonie ravissante qui excitait l'admiration. La religion et la piété étaient si aimables et si gracieux en elle, qu'elle commença dès lors à attirer beaucoup de personnes à la vertu. Elle en convertit même plusieurs de son sexe à la Foi catholique. Vérifiant ainsi elle-même ce que la Sainte Ecriture à dit de la Très Sainte Vierge Marie: « D'autres vierges viendront à sa suite se donner au Roi » (Psaume 44).

 

Elle refuse la main de Procope pour se conserver à son Divin Epoux

 

Cependant le démon fut jaloux de Notre Seigneur Jésus-Christ. II aurait voulu, lui, posséder l'âme d'Agnès si fidèle à son Sauveur. Comme un lion rugissant, rôdant autour d'elle pour la dévorer, il résolut de lui ravir son innocence et sa Foi, lorsque Sainte Agnès approcha de sa treizième année, il voulut, comme pour bien d'autres jeunes personnes, se servir de la beauté de son corps, pour lui faire perdre celle de son âme. Dans ce but il alluma un violent amour pour Agnès dans le cœur de Procope, fils du gouverneur de Rome. Ce jeune seigneur, voyant qu'Agnès était noble, intelligente et belle, crut qu'il ne se mésallierait pas en la prenant pour épouse, et il mit tout en œuvre pour obtenir sa main virginale. D'abord il la demanda à ses parents, qui, connaissant les goûts de leur angélique enfant, ne se hâtèrent pas de répondre. Ensuite, il chargea plusieurs personnes de faire connaître sa passion à Agnès, qui, inspirée d'en Haut, sut confondre leur sagesse toute humaine bien que captieuse. Enfin, il fit en sorte de rencontrer lui-même Agnès pour lui ouvrir son cœur, lui découvrir son amour et lui faire personnellement sa demande. Après lui avoir dit tout ce que sa passion lui mit à la bouche et lui avoir supplié de ne pas refuser son alliance, il lui offrit les riches présents qu'il avait apportés pour achever de la convaincre. Mais Agnès, fiancée à Jésus lui répondit avec une fermeté toute chrétienne :

« Retire-toi, tison d'enfer, aiguillon de péché, pierre de scandale et appât de mort ! Ne pense pas que je sois jamais infidèle à mon Divin Epoux, à qui je me suis tellement unie, que mon âme ne vit que de son amour. Ne flatte pas non plus ta pensée qu'il y ait quelque mérite en toi qui te puisse justement faire prétendre à être son, rival; car il possède six qualités qui le rendent incomparable et uniquement digne d'amour; il est noble, il est beau, il est sage, il est riche, il est bon, il est puissant. Si tu veux avoir son extraction, il reconnaît un Dieu pour son Père, qui l'a produit sans mère, et la Mère qui l'a mis au monde n'a pas moins été Vierge pour avoir eu ce Fils. Il est si beau, que sa splendeur surpasse la clarté du soleil et de tous les astres, et que les deux mêmes sont ravis dans l'admiration de sa beauté, et disent, dans leur langage, qu'ils ne sont que ténèbres à son égard. Il est si sage et m'a tellement captivée de son amour, que je ne puis penser à d'autre qu'à lui. Et maintenant, que je parle de son excellence, je sens un si grand plaisir que, quoique je t'aie en horreur, je suis bien aise de te voir pour te le pouvoir dire. Il est si riche qu'il m'a donné un trésor qui vaut mieux que tout l'empire romain, et que personne ne le voit qui ne soit comblé de richesses. Que te dirai-je de sa bonté qui n'a point de mesure ! Pour la faire paraître avec plus d'éclat, il m'a marquée de son Sang. Il m'a donné sa foi et sa parole qu'il ne m'abandonne jamais. Il m'a prise pour son épouse, il m'a donné de belles robes et des joyaux d'un prix inestimable. Il est si puissant qu'il ne peut-être vaincu par toutes les forces du ciel et de la terre. Les malades sont guéris par le parfum céleste qui s'échappe de sa personne, et les morts reviennent en vie par l'éclat de sa voix. C'est pourquoi je suis toute à lui. Je l'aime plus que mon âme et que ma vie même, et je serais très heureuse de pouvoir mourir pour lui. Quand je l'aime, je suis chaste ; quand je m'approche de lui, je suis pure, et quand je l'embrasse, je suie vierge. Cela étant ainsi, vois si je puis l'abandonner dans l'espoir de quelques récompenses ou par la crainte de quelques peines ».

Ainsi devraient parler toutes celles qui, se sachant appelées par une vocation toute divine à un état plus parfait, sont cependant encore exposées aux dangers et aux illusions du monde.

 

Elle est condamnée au lieu infâme, mais elle met sa confiance en Dieu : ses cheveux croissent par miracle

 

En entendant la réponse d'Agnès, Procope crut qu'elle était éprise d'amour pour quelque autre grand seigneur, et que, étant enivrée de cette passion, elle parlait en frénétique, appelant celui qu'elle aimait son Dieu, son âme et sa vie. Et il devint si jaloux qu'il en tomba malade au lit. Le gouverneur de Rome, son père, fit venir Agnès pour lui persuader d'épouser son fils, l'assurant qu'il était le meilleur parti qu'elle pût souhaiter. Mais Agnès fût inébranlable. Elle lui dit même que pour tous les biens du monde elle ne changerait point l'Epoux qu'elle avait déjà pris. Alors il voulut savoir quel pouvait être celui qu'elle aimait tant, et quelqu'un lui dit : « Seigneur, cette fille est chrétienne ! Elle a été, dès le berceau nourrie en l'art magique, auquel s'appliquent fort les chrétiens, ainsi qu'on le voit par ce qu'ils font tous les jours. Soyez. assuré que cet Epoux dont elle parle, n'est autre que le Dieu des chrétiens ». Cette nouvelle Causa beaucoup de joie au gouverneur, car il y entrevit de suite un moyen de se venger d'Agnès. Le refus d'épouser Procope ne pouvait pas être fini ; car Agnès était noble ; mais elle était chrétienne, et ce nom pouvait servir à Symphrone pour la faire souffrir.

Il la fit donc comparaître de nouveau devant son tribunal, où il voulut d'abord la gagner par de belles et de douces paroles. Et, comme il vit que les promesses ne pouvaient pas détacher le cœur d'Agnès de son Divin Epoux, il prit le ton de la menace et lui dit: « Marie-toi, ô Agnès, ou, si tu veux être vierge, sacrifie à la déesse Vesta et sers-la toute ta vie comme le font toute les autres filles romaines, sinon je te châtierai comme tu le mérites et te ferai conduire en un lieu où tu souffriras toutes sortes d'indignités, sans pouvoir te retirer des mains de ceux qui te tiendront une fois ». La sainte fille lui répondit: « Ne vous échauffez pas d'avantage, ô gouverneur; car il n'y a rien au monde capable de me faire quitter l'Epoux que j'ai choisi. Je refuse le mariage de votre fils, et je ne me laisserai pas abuser jusqu'au point d'adorer des statues insensibles, qui n'ont ni oreilles, ni langue, ni vie. Vous me menacez de me faire traîner en un lieu infâme, pour y exposer ma pureté; c'est ce que je ne crains pas; parce que j'ai avec moi l'un des innombrables serviteurs de mon Epoux, un ange par qui je suis gardée et qui prendra merveilleusement ma défense. Et mon Seigneur Jésus, que vous ne connaissez pas, m'environne de toutes parts, comme un mur, que l'on ne saurait forcer ».

Cette réponse mit l'inique juge en une telle fureur qu'il ordonna qu'Agnès fût dépouillée de tous ses vêtements et traînée toute nue jusqu'au lieu infâme, auquel il l'aurait destinée. Il voulut de plus qu'une trompette allât devant elle, criant que c'était Agnès, la sorcière, la chrétienne, que le gouverneur avait condamnée aux maisons d'infâmie pour avoir blasphémé contre les dieux, afin que ceux qui en voudraient abuser puissent y aller librement. C'était ainsi que les païens vengeaient leurs dieux, faisant voir par là que ces dieux étaient impurs et malhonnêtes. Or, les filles et les femmes chrétiennes estimaient ce supplice plus horrible que les autres tourments et la mort même; car elles aimaient mieux, dans leur estime de la sainte vertu, être exposées aux griffes des lions qu'à des regards et à des mains impudiques. Dieu, cependant, souffrait cette impiété pour faire triompher les âmes pures, qui ne sont jamais abandonnées dans les tentations, si elles prient, et pour faire éclater sa Miséricorde sur elle. Des bourreaux donc se jetèrent sur Agnès et la dépouillèrent de ses vêtements; mais en un instant, ses cheveux grandirent par miracle, en si grande quantité qu'elle en eut assez pour cacher tous ses membres. De sorte que son corps ne pût être vu, ni servir de spectacle aux yeux sensuels de ses bourreaux. Lorsqu'elle fut contrainte d'entrer dans le lieu infâme, elle y trouva un ange pour la défendre et une robe plus blanche que la neige pour la couvrir, et même le lieu fut éclairé d'une brillante lumière. De quoi la sainte fille étant toute consolée et transportée de l'amour de son chaste Epoux, elle se mit en prière pour rendre grâce à celui qui avait fait tant de prodiges pour la sauver.

 

Un Ange la défend dans le lieu infâme et la venge de Procope

 

Défendue par un ange et par une clarté céleste, la chasteté d'Agnès ne fut point souillée, elle conserva intact et intègre son corps, son esprit et son cœur. De jeunes hommes lascifs entrèrent, il est vrai, dans la chambre où elle était enfermée; mais, tout étonnés de ce qu'ils voyaient, ils en sortaient chastes et convertis. Cependant Procope, plus impur et plus audacieux que les autres, voulut accomplir son abominable dessein. Il entra dans la chambre, et, sans voir ce qu'il y avait d'admirable, il voulut attaquer Agnès et lui faire violence. Mais Agnès fit une prompte et fervente prière, et l'Ange qui la gardait, frappant Procope au cœur, le renversa raide mort. Le bruit s'en répandit aussitôt dans toute la ville, et Symphrone au désespoir accourut au lieu où gisait le corps de son fils. Le voyant sans vie, il adressa la parole à Agnès avec rage et fureur. Il l'appela sorcière et enchanteresse, furie sortie des enfers, monstre né pour la désolation de ses jours, lui demandant avec imprécations pourquoi elle lui avait ravi son fils, comme si celui qui fait un tel outrage ne méritait pas la mort.

Agnès reçut ces injures avec douceur et répondit avec calme et réserve: « Je n'ai point ôté la vie à votre fils ; son effronterie et sa témérité ont seules causé sa mort. Ceux qui sont entrés ici avant lui en sont sortis librement, parce que, voyant cette chambre pleine de clarté, ils ont rendu au grand Roi du Ciel, l'honneur qui lui est dû. Ils ont su que, quand j'ai été dépouillée, il m'a revêtue; que, quand j'ai été seule et abandonnée, il m'a préservée de mes persécuteurs, et qu'il a conservé ma virginité, que je lui ai consacrée dès le berceau. Mais votre fils, transporté de fureur, sans avoir de respect pour mon Dieu, a voulu me souiller. C'est pourquoi l'Ange qui me garde la fait mourir misérablement ». Le démon le cède donc aux fidèles serviteurs de Dieu, puisqu'il a été vaincu par une jeune fille de treize ans, abandonnée de la terre et soutenue seulement par son courage et par la grâce; puisque, au milieu d'un abîme de corruption, la virginité a trouvé un asile sûr, et que ce lieu infâme est devenu un paradis de chastes plaisirs, un séjour angélique, un temple du vrai Dieu. Oui ! une église bâtie dans ce lieu perpétue encore le souvenir de l'illustre victoire remportée par une jeune vierge chrétienne.

 

Elle ressuscite Procope

 

Alors, le gouverneur lui dit d'une voix plus modérée: « Je te prie donc de rendre la vie à mon fils, afin que chacun connaisse que tu ne la lui as pas ôtée par des charmes et des magies ». La sainte lui répondit: « Sans doute que votre aveuglement vous rend indigne de cette faveur; mais, afin que la gloire de mon Epoux en soit mieux reconnue, et que toute la ville de Rome sache le bonheur de ceux qui le servent avec fidélité, sortez de cette chambre, vous et votre suite, tandis que je ferai ma prière pouf obtenir de lui ce que vous demandez ». Symphrone étant sorti, Agnès se jeta à terre, et, les joues baignées de larmes, elle pria son Bien-Aimé de rendre la vie à Procope. Pendant qu'elle priait, un Ange descendit du Ciel et ressuscita le jeune homme, qui, sortant aussitôt de la maison, se mit à crier: « Il n'est point d'autre Dieu au ciel, ni sur la terre, en la mer, ni dans les abîmes, que le Dieu adoré par les chrétiens. Lui seul doit être adoré. Les idoles ne sont que des esprits trompeurs, qui nous abusent pour nous traîner en enfer ». Mais à ses discours les pontifes idolâtres s'écrièrent: « Que la chrétienne meure! » Et le gouverneur qui avait vu de si grandes merveilles et qui tenait maintenant Agnès en haute estime, eût bien voulu la sauver. Cependant, à la manière des juges timides et lâches, qui, connaissant la vérité, n'osent pas la défendre, il céda à la fureur populaire et à la peur. Il se retira, en simulant la pitié, et chargea son lieutenant Aspase d'expédier cette cause.

 

Le feu l'épargne mais le bourreau l'immole

 

Aspase fit comparaître Agnès, puis, ayant fait allumer un grand feu, il la fit jeter dedans. Mais Dieu ne permit pas que celle qui n'avait jamais été brûlée par le feu de la concupiscence fut consumée par le feu matériel. Les flammes se divisèrent, laissant Agnès saine et sauve, et, tournant leur fureur contre les idoles, elles en réduisirent plusieurs en cendres. Pour Agnès, toute pénétrée de reconnaissance et de joie, elle se tourna vers son Divin Epoux et lui dit: « Mon Dieu! je loue et glorifie votre Saint nom de ce que, par la vertu de Jésus-Christ votre Fils unique, j'ai vaincu la violence des tyrans et passé par le chemin de l'impureté sans être souillée. Pour comble de merveilles, je vois que votre Ange adoucit l'ardeur de ce feu, et que les bourreaux, qui me tourmentent, éprouvent eux-mêmes la violence de cet élément. Béni soit votre saint nom, ô Seigneur, puisque je vois déjà ce que je désirais, je jouis de ce que j'espérais, je tiens entre mes bras ce que j'aimais. Mon cœur, ma langue, mes entrailles, mon âme vous louent vous glorifient. Je vais à vous, ô vrai Dieu éternel, qui régnez avec votre Fils unique Jésus Christ dans les siècles des siècles ».

A peine eût-elle achevé sa prière que le feu s'éteignit au point de ne pas même laisser de vestiges. Néanmoins, Aspase, pour apaiser le tumulte populaire, lui fit donner un coup d'épée dans la gorge (Que l'infidélité et le péché rendent cruel!) Il sortit de cette plaie une telle abondance de sang que le corps de la vierge en fut tout inondé. Quand le bourreau leva l'épée pour la frapper, il trembla et changea de couleur, comme s'il eût été lui-même condamné à mort, tandis qu'Agnès attendit le coup avec calme et résignation. Elle dit même au bourreau: « Que fais-tu ? Qu'attends-tu ? qui te retient ? Fais mourir ce corps qui peut être vu des yeux des hommes, dont je ne veux pas être regardée, et que mon âme aille rejoindre mon Dieu! Que ce Seigneur, qui m'a élue pour son épouse et auquel je veux plaire, me veuille, par sa bonté, recevoir entre ses bras! » C'est ainsi que, le 21 janvier 305, au sein des plus grandes tribulations, elle remporta la double couronne du martyre et de la virginité. « Avant de recevoir le coup, dit Saint Ambroise, elle s'enferme de ses vêtements. Elle est morte et sa pudeur veille encore. Elle est tombée à genoux, et sa main voile son visage ». Son âme environnée de lumière s'élança comme une colombe à travers les airs, et un groupe d'anges l'accompagna dans ce sentier lumineux. O Vierge bienheureuse, noble habitante des Cieux, Priez pour nous !

 

Sa sépulture et le martyre de Sainte Emérentienne

 

Les chrétiens déposèrent le chaste corps d'Agnès dans une terre de l'un de ses parents, au-delà de la porte de Numa, aujourd'hui sainte Agnès extra muros (Hors des Murs), non avec des pleurs et des sanglots, mais avec une grande allégresse et une grande dévotion. Les gentils en furent indignés. Ils se jetèrent sur les chrétiens, qu'ils maltraitèrent, entre autres une sœur de lait et compagne d'Agnès, Sainte Emérentienne, jeune vierge, qui, n'étant encore que catéchumène, fut martyrisée et baptisée ainsi dans son sang. Son corps fut placé auprès de celui d'Agnès, et l'église célèbre sa fête le 23 janvier, qui fut aussi le jour de son martyre. Pour permettre aux chrétiens d'aller honorer le sépulcre d'Agnès et de l'invoquer plus efficacement, Dieu épouvanta les infidèles par des tremblements de terre, par des éclairs, et par des tonnerres, qui, tombant sur eux, en firent mourir plusieurs et mirent les autres en fuite; en sorte que les fidèles demeurèrent maîtres de la place. Quant aux parents de la sainte, ils ne cessèrent, ni nuit ni jour, de faire leur dévotion en ce lieu. C'était une consolation pour eux.

 

Elle apparaît à ses parents et à Sainte Constance

 

Huit jours après le martyre d'Agnès, ses parents en prières sur son tombeau virent une grande multitude de vierges parées de robes de drap d'or recouvertes de pierres précieuses couronnées de guirlandes, de perles et de beaux diamants. Au milieu d'elles s'avançait Sainte Agnès triomphante et glorieuse, avec un agneau plus blanc que la neige sur son bras. La Sainte s'arrêta et pria ses compagnes de s'arrêter aussi ; puis, se tournant vers ses parents, elle leur dit : « Mes chers parents, ne me pleurez plus comme morte, réjouissez-vous plutôt avec moi de ce que j'ai acquis dans le Ciel la couronne de gloire en une si sainte compagnie, et ce que je possède celui, que vivant sur la terre j'aimais de tout mon cœur et de toute mon âme ». Ensuite elle se tut et passa outre avec le choeur de vierge dont elle était accompagnée. Cette révélation fut si célèbre que toute la ville en fut informée. L'Eglise en fait mémoire par une fête particulière, qui se célèbre le 28 janvier, et que l'on appelle Sainte Agnès Secundo.

Quelques années plus tard, Constance, fille de l'empereur Constantin, couverte de plaies des pieds jusqu'à la tête, ayant entendu parler de cette vision par ceux même qui l'avaient vue, voulut prier elle aussi au Sépulcre de la Sainte pour y être guérie. Et là, bien qu'elle ne fût pas encore Chrétienne, elle la pria avec beaucoup de confiance et de ferveur de lui obtenir sa guérison. Elle venait à peine de commencer à prier lorsqu'elle fut surprise par un doux sommeil. Pendant ce repos, la Bienheureuse Agnès lui apparut et lui dit : « Constance ! N'oubliez pas votre nom, embrassez immédiatement la Foi de Jésus-Christ par qui toute vos plaies seront dès ce moment parfaitement guéries. Vous ne sentirez plus la mauvaise odeur de votre corps, la douleur de vos plaies de nous tourmentera plus, et vous serez délivrée de la crainte d'autres nouvelles maladies. Souvenez-vous de ce que vous étiez et de ce que vous êtes maintenant: reconnaissez Notre Seigneur Jésus-Christ et remerciez-le de ses bienfaits ». Constance, à ces paroles, s'éveilla et se trouva parfaitement guérie. En reconnaissance de ce bienfait, elle fit faire un superbe sépulcre pour les ornemente de la Sainte, et bâtir une magnifique église, pour lui rendre les honneurs dues à ses mérites, et oh le peuple accourt toujours depuis en grand nombre. Même elle voulut suivre l'exemple de Sainte Agnès et demeurer toujours vierge. De concert avec plusieurs autres jeunes filles, elle fit profession de l'angélique vertu et reçoit aujourd'hui au Ciel la récompense de son sacrifice.

 

Bénédiction de deux agneaux le jour de la fête de Sainte Agnès, manières de la représenter

 

A l'église, où furent déposées les reliques de sainte Agnès, et qui fut bâtie par Constance, s'appelle aujourd'hui Sainte Agnès extra muros et elle est un titre de Cardinal. Chaque année il s'y fait une gracieuse et touchante cérémonie. A la fête de sainte Agnès, l'abbé de Saint Pierre-aux-Liens y bénit deux agneaux blancs à la grand'messe, après laquelle on les porte au Pape, qui leur donne aussi sa bénédiction. Ils sont ensuite portés dans un monastère de religieuses qui les élèvent avec soin. La laine de ces petits agneaux sert à tisser les Palliums, que le Pape envoie, comme signe de puissance et de juridiction, à tous les archevêques du monde catholique. Ainsi cet ornement de laine blanche que, à certaines grandes fêtes, ces prélats doivent porter sur leurs épaules à l'instar du Bon Pasteur qui porte sa brebis, et que le Pape prend sur l'autel même de Saint Pierre, va porter jusqu'aux extrémités du monde, dans une union symbolique, le sentiment de la puissance suprême de Pierre et celui de la douceur virginale d'Agnès.

On représente Sainte Agnès de différentes manières: 1° debout avec un diadème sur la tête et un livre à la main. A ses pieds sont un glaive et la flamme d'un bûcher qui indiquent les deux genres de tourmente qu'elle eut à souffrir. Vêtements riches ; 2° debout tenant une couronne; 3° A genoux et tenant un petit agneau sur un livre; 4° A genoux et près d'elle un agneau; 5° tenant une branche de lys; 6° défendue par un Ange dans le lieu publia, où elle a été exposée. L'ange frappe un jeune homme de mort; 7° recouverte de sa chevelure comme d'un manteau ; 8° brûlée vive; 9° enfin, à Notre-Dame de lourdes de Montréal, on voit une magnifique statue de la Sainte de trois pieds de hauteur. Sainte Agnès y est debout. Elle porte une robe de drap d'or recouverte d'un manteau empourpré de sang. Sur son bras gauche, dont la main est cachée dans les replis de son manteau, elle porte un petit agneau plus blanc que la neige, et, dans la main droite, la palme de son martyre. Ses longs cheveux ondulés, flottant sur ses épaules, rappellent le miracle dont nous avons parlé, et la tête élevée et radieuse de la Sainte ainsi que ses regard, perdus dans les cieux expriment un bonheur ineffable. Sur sa tête, une couronne de lys et de roses rappellent à la fois sa pureté virginale et son martyre. Enfin, on invoque Sainte Agnès contre les périls de la mer. Et son nom, étant au canon de la Sainte Messe, elle y est tous les jours invoquée par le Prêtre au nom de toute l'église.

 Sainte Agnès, priez pour nous.

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Neuvaine préparatoire à la Fête de Sainte Agnès

 

Premier jour

Vocation de Sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès était noble, riche et belle. Le fils du gouverneur lui demandait sa main. Elle aurait pu devenir l'une des plus grandes dames, de la ville de Rome. Maie elle méprisa tous ces avantages terrestres. Elle se sentait appelée à une vie plus parfaite. Une voix intérieure lui disait dans l'âme que le baptême est le plus grand titre de noblesse, que la grâce sanctifiante est le plus riche trésor et que Notre Seigneur Jésus-Christ chérit surtout les âmes virginales. Elle eût le courage de suivre cette inspiration, et se donna à son Dieu par le vœu de chasteté qu'elle fit au berceau. Elle dit à Procope : « Retire-toi, appât de mort, parce que je suis engagée à un autre amant ».

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Vierge des vierges, priez pour nous.

Mère du Christ, priez pour nous.

Mère de la divine grâce, priez pour nous.

Mère très pure, priez pour nous.

Mère très chaste, priez pour nous.

Mère toujours vierge, priez pour nous.

Mère sans tache, priez pour nous.

Mère aimable, priez pour nous.

Mère admirable, priez pour nous.

Mère du bon conseil, priez pour nous.

Mère du Créateur, priez pour nous.

Mère du Sauveur, priez pour nous.

Vierge très prudente, priez pour nous.

Vierge vénérable, priez pour nous.

Vierge digne de louange, priez pour nous.

Vierge puissante, priez pour nous.

Vierge clémente, priez pour nous.

Vierge fidèle, priez pour nous.

Miroir de justice, priez pour nous.

Trône de la sagesse, priez pour nous.

Cause de notre joie, priez pour nous.

Vase spirituel, priez pour nous.

Vase d'honneur, priez pour nous.

Vase insigne de la dévotion, priez pour nous.

Rose mystique, priez pour nous.

Tour de David, priez pour nous.

Tour d'ivoire, priez pour nous.

Maison d'or, priez pour nous.

Arche d'alliance, priez pour nous.

Porte du ciel, priez pour nous.

Étoile du matin, priez pour nous.

Salut des infirmes, priez pour nous.

Refuge des pécheurs, priez pour nous.

Consolatrice des affligés, priez pour nous.

Secours des Chrétiens, priez pour nous.

Reine des Anges, priez pour nous.

Reine des Patriarches, priez pour nous.

Reine des Prophètes, priez pour nous.

Reine des Apôtres, priez pour nous.

Reine des Martyrs, priez pour nous.

Reine des Confesseurs, priez pour nous.

Reine des Vierges, priez pour nous.

Reine de tous les Saints, priez pour nous.

Reine conçue sans le péché originel, priez pour nous.

Reine élevée au ciel, priez pour nous.

Reine du Très saint Rosaire, priez pour nous.

Reine de la Paix, priez pour nous.

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

 

V/. Vous êtes devenue Mère, ô Vierge Sainte, vous êtes demeurée sans tâche,

R/. Mère de Dieu, intercédez pour nous.

 

Prions : O Dieu, qui en rendant féconde la Virginité de la Bienheureuse Marie, avez assuré au genre humain le salut éternel, faites-nous éprouver, s'il vous plaît, combien est puissante auprès de vous l'intercession de celle par laquelle nous avons reçu l'auteur de la vie, notre Seigneur Jésus Christ votre Fils. Ainsi soit-il.

 

Réciter ensuite 3 je Vous salue Marie, 3 fois l'invocation : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Et 3 fois l'invocation : « Sainte Agnès, priez pour nous ».

 

Deuxième jour

Fidélité de sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès, s'étant fiancée à Notre Seigneur Jésus-Christ, eût beaucoup à combattre pour lui demeurer fidèle. Procope, ses amis, son père firent des instances pour détacher son cœur de son Divin Epoux. On lui fit promesses et menaces. Mais, se rappelant son vœu et le bonheur qu'elle en éprouvait, elle répondit: « Jésus a entouré ma main droite et mon cou de pierres précieuses, il a mis à mes oreilles des boucles d'un prix inestimable ». Lui seul possédera ma main, son joug seul reposera sur mes épaules, et mes oreilles n'aimeront que sa voix.

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge

 

Troisième jour

Constance de Sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès, s'étant fiancée à Notre Seigneur Jésus-Christ, eût beaucoup à souffrir pour lui conserver son corps, son esprit et son cœur. Elle fut citée devant les tribunaux, menacée, dépouillée, traînée en un lieu infâme, jetée dans le feu, égorgée et tuée. Mais, se rappelant son vœu, elle dit : « Il a posé un signe sur ma figure, afin que je n'aie jamais d'autre amant que Lui ». Jamais mon visage ne servira à m'attirer d'autres regards. Je n'aimerai que lui.

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge

 

Quatrième jour

Pureté de Sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès avait fait vœu de chasteté, dès son berceau. Elle avait promis à son Divin Epoux de n'avoir jamais de pensée et désir que pour lui et de ne faire jamais que des actions capables de lui paire. Et voilà, que malgré sa modestie, des bourreaux lui enlèvent ses vêtements. Dieu, qui voit sa honte et sa peine, fait en un instant croître ses longs cheveux et lui envoie son Ange pour la garder, et sa lumière pour l'éclairer. Et elle s'écrie dans sa reconnaissance : « Le Seigneur m'a revêtue d'un manteau brodé d'or, il m'a parée de joyaux magnifiques ». Toujours je m'environnerai de son amour et n'aimerai que lui.

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge

 

Cinquième jour

Piété de Sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès, étant chrétienne et fiancée au Divin époux des âmes pures, se voit en proie à la persécution la plus brutale,et abandonnée de la terre. Un juge inique veut lui faire abandonner son Dieu, lui faire adorer les fausses divinités, mais elle pense à son Ange et s'écrie: « J'adore le Christ dont la Mère est Vierge. Car, lorsque je l'aime, je suis chaste ; lorsque je le touche, je suis pure ; lorsque je l'embrasse, je suis vierge. Il m'a donné du miel et du lait et son Sang a décoré mes joues. Rien au monde ne saurait me faire quitter l'Epoux, que j'ai choisi ». Je ne savourai jamais que miel de ses délices, le lait de ses consolations.

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge

 

Sixième jour

Charité de Sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès défendue par un Ange, voit à ses pieds le cadavre de Procope. Elle prie baignée de larmes et il est ressuscité. Elle voit ses parents éplorés sur son tombeau ; elle descend du Ciel et les console en disant : « Ne me pleurez pas, mais réjouissez-vous plutôt, j'ai acquis une couronne de gloire, je possède Celui que j'aimais de tout mon cœur ». Constance l'invoque dans ses souffrances et elle est guérie. Agnès a gardé sa Foi a son Jésus seul, à Lui seul elle s'est donnée entièrement.

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge

 

Septième jour

Courage de Sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès, âgée de treize ans, abandonnée de la terre, mais plaçant toute sa confiance en son Divin Epoux, refuse la main d'un prince, résiste au gouverneur, confond Aspase et défie le bourreau. Jésus était sa force, son ange l'aidait, et elle, dans le transport de son allégresse, elle disait : « Quand j'ai été dépouillée, il m'a revêtue ; quand j'ai été seule et abandonnée, il m'a conservée ».

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge

 

Huitième jour

Prédication de sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès, fiancée à Notre Seigneur Jésus Christ, lui amène encore Emérentienne et d'autres épouses virginales. Elle apprend à Procope qu'il est noble, qu'il est beau, qu'il est sage, qu'il est riche, qu'a est bon, qu'il est puissant Et elle dit à Constance. « N'oubliez pas votre vœu, embrassez constamment la Foi de Jésus-Christ, par qui tontes vos plaies seront à l'instant parfaitement guéries, à qui je suis fiancé et que les Anges servent, et dont la lune et le soleil admirent la beauté.

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge

 

Neuvième jour

Gloire de Sainte Agnès

 

La Bienheureuse Agnès, fiancée à Notre Seigneur Jésus-Christ, persécutée par les bourreaux, mais défendue de leurs mains impures, et gardée par les Anges, monte au Ciel escortée d'esprits glorieux. Elle revient avec un choeur de Vierges richement parées et dit: « Mon seigneur Jésus-Christ m'a gagée de son anneau, et comme une épouse il m'a couronnée. réjouissez-vous avec moi; car je vois ce que j'ai désiré: je tiens ce que j'ai espéré; je suis unie dans les Cieux à celui que sur la terre j'ai tant aimé ».

 

Et aujourd'hui heureuse avec son Divin Epoux, elle chante à Jésus l'Hymne des vierges que nous dirons avec elle:

 

O Jésus, couronne des Vierges, conçu par cette mère qui seule enfanta sans cesser d'être vierge, écoutez avec bonté nos soupirs. Vous qui marchez parmi les lys, environné des choeurs des Vierges, époux éclatant de gloire, et qui récompensez vos épouses, Les vierges vous suivent partout où vous allez; elles vous accompagnent en chantant vos louanges et en faisant entendre de mélodieux accords. Nous vous supplions humblement de donner à nos sens la vertu d'ignorer toujours ce qui peut blesser et corrompre la sainte pureté.

 

Puissance, honneur, louange, gloire à Dieu le Père, et au Fils, et au Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Parée de votre gloire et de votre beauté.

Apprêtez-vous à combattre, à vaincre et a régner.

 

Priez pour nous, sainte Agnès,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui vous servez, de la faiblesse des petits pour confondre la force des grands: soyez-nous propice et permettez que, célébrant la fête de la bienheureuse Agnès, votre vierge et votre martyre, nous sentions sa protection auprès de vous. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

Et à Marie, Reine des vierges, nous dirons avec sainte Agnès les Litanies de la Sainte Vierge


Biographie et Neuvaine extraites de "Petite vie de Sainte Agnès, Vierge et Martyre", Abbé Moreau, Imprimerie de l'Institution des Sourds Muets, Montréal, 1886

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04 août 2011

Neuvaine à la Bienheureuse Imelda Lambertini

336_001Vie de la Bienheureuse Imelda Lambertini

Vierge de l'ordre de Saint-Dominique

 

Par le Vénérable Père Marie-Jean-Joseph Lataste

 

Lu et approuvé

le 14 octobre 1865,

Frère Auguste Martin O.P., Maître en Théologie Sacrée des Frères Précheurs.

Frère J.M. Monsabré O.P.

 

Imprimatur

Frère E.C. Minjard O.P.

Provincial de la Province de France.

 

Dédicace

 

C'est à vous que je dédie plus particulièrement ce petit livre, chers petits enfants, qui vous préparez à la première communion, vous que le Sauveur Jésus aimait tant! vous qu'il a tant honorés en la personne d'une de vos compagnes, la petite Imelda; vous enfin qu'il va honorer bientôt d'une grâce presque semblable, en se donnant à vous! Toute communion n'est-elle donc pas un miracle?.. Je n'ose vous souhaiter la mort de notre petite sainte, si belle et si heureuse qu'elle soit! Que diraient vos mères !.. Du moins, je vous souhaite sa vie. Vivez de telle sorte que le bon Sauveur puisse nous dire de vous ce qu'il disait à ses disciples au temps de son passage sur la terre. « Si vous ne devenez semblables à ces petits enfants, vous n'aurez point d'entrée au royaume des cieux ». C'est à vous que je dédie ce petit livre, mais c'est aussi à vos mères, à vos grandes sœurs, à tous vos parents enfin, à toutes les familles chrétiennes. Dieu veuille à cette lecture, retremper leurs âmes dans les souvenirs de leur première communion, elles exciter à vous accompagner bientôt à la sainte table, et y recevoir enfin du Dieu de l'Eucharistie le baiser de la réconciliation et de l'amour.

 

« Achevée en peu de jours, sa vie a rempli beaucoup d'années parce qu'elle a beaucoup aimé ».

 

Il n'est peut-être pas de vie plus angélique ni de mort plus sainte à la fois et plus merveilleuse que celle de la Bienheureuse Imelda, de l'ordre de Saint Dominique. Sa jeunesse, sa douce piété, sa pureté surtout et son amour pour l'Époux des Vierges auraient dû, semble-t-il, en faire la patronne obligée de toutes les congrégations de jeunes filles. Il en est ainsi, dit-on, en Italie et en Espagne; là on la propose pour modèle à toutes les jeunes personnes, particulièrement à l'époque de la première communion; mais dans notre patrie elle n'est pas connue; en dehors de l'ordre des Frères Prêcheurs, où elle est spécialement honorée (1) et où elle a toujours compté de fidèles dévots, il n'est peut-être pas en France un seul cœur qui se tourne quelquefois vers elle et recoure à son aimable intercession. Puissent les quelques lignes qui vont suivre la faire connaître et aimer d'un grand nombre d'âmes! Puissent-elles surtout les porter à l'imiter! Puisse enfin notre Bienheureuse obtenir à tous ceux qui les liront, comme à celui qui les a écrites, un peu de ce sublime amour qui consuma sa vie sitôt écoulée et si bien remplie!

 

I

 

Notre angélique docteur, saint Thomas, un des interprètes les plus éclairés des choses divines, nous enseigne dans ses écrits, que la perfection de la vie chrétienne est toute dans la charité, et il semble que Dieu ait voulu confirmer cette vérité dans les merveilles opérées par lui en la bienheureuse Imelda: une enfant de douze ans à peine, qui, par une charité tout exceptionnelle, est devenue une sainte et a mérité d'être mise sur nos autels! D'une pureté tout angélique, elle a beaucoup aimé, comme Madeleine(2)! Elle a beaucoup aimé! Voilà toute sa vie; voilà comment en peu de jours elle a vécu de longues années.

 

Issue de la noble famille des Lambertini de Bologne, Imelda donna dès sa jeunesse des signes d'une piété rare et d'une maturité précoce. Il est de ces enfants merveilleux qu'on croirait des Anges prêtés un instant à la terre pour l'édifier et la réjouir; ils inspirent à ceux qui les approchent un respect involontaire; ils attirent à eux tous les cœurs; mais leur vie est courte, et leur fin prématurée n'étonne pas. Chacun répète en versant des larmes et des fleurs sur leur tombe: « Cette âme était trop pure pour la terre, elle n'était pas faite pour nous! »

 

Telle fut notre Bienheureuse. Elle était encore tout enfant, et déjà Ton remarquait en elle quelque chose de surnaturel, une délicatesse extrême, une pudeur instinctive et gracieuse, qui jetaient dans l'admiration tous ceux qui avaient le bonheur de la voir de près. Venait-elle à pleurer, au lieu des contes dont on amuse d'ordinaire les enfants, on n'avait qu'à s'entretenir devant elle de choses pieuses, qu'à prononcer les Noms bénis de Jésus et de Marie pour ramener le sourire sur ses lèvres et sécher à l'instant tous ses pleurs. A peine sortie de l'enfance, elle s'était construit de ses propres mains un petit oratoire où, fuyant les jeux ordinaires de son âge, elle récitait gravement les psaumes de David et d'autres dévotes prières. Toutes les séductions du monde, toutes les splendeurs de la maison de son père n'inspirèrent que du dédain à notre jeune vierge; et, dès qu'elle eut commencé à les connaître, dès l'âge de dix ans, elle résolut de s'en séparer au plus vite et d'embrasser pour l'amour de Jésus la pauvreté, l'obéissance et la chasteté dans une maison religieuse où elle pût être toute à lui.

 

Elle obtint de ses pieux parents d'être placée au couvent de Sainte Marie Madeleine, à Valdipietra, près Bologne, et d'y revêtir, selon la coutume du temps, l'habit de notre saint Ordre, en attendant le jour où, plus capable de mesurer la portée de ses engagements, elle pourrait enfin être admise à prononcer solennellement des vœux qu'elle avait déjà prononcés irrévocablement dans son cœur.

 

La plus jeune et la plus inexpérimentée de toutes, elle fut bientôt pour toutes un sujet d'édification autant que d'étonnement. Il n'était pas de point si difficile dans la règle qu'elle n'accomplît avec une scrupuleuse exactitude, pas de si rudes combats à livrer à sa volonté et à ses affections personnelles qu'elle n'en sortît toujours victorieuse, pas de pénitence si austère qu'elle ne voulût l'infliger à son petit corps. S'il faut en croire la tradition, (elle si pure pourtant !) elle pratiqua la mortification corporelle à l'égal de ces femmes longtemps criminelles, célèbres depuis par leurs pénitences expiatoires. Eh! pourquoi donc? Parce que, dit un vieil auteur, quand on porte au cœur un ardent amour, il faut qu'il éclate et se fasse jour en quelque manière. Comme la jeune Agnès, elle eût été bien heureuse de donner sa vie pour l'amour de Dieu; ne le pouvant pas, du moins elle a voulu châtier son corps pour se consoler dans les souffrances de n'être pas, elle aussi, martyre de Jésus-Christ.

 

En peu de temps elle devint un type si accompli des vertus religieuses, que ses sœurs, les plus anciennes elles-mêmes, n'hésitèrent pas à la prendre pour leur modèle. Toutes l'aimaient de cet amour irrésistible qu'engendre dans les âmes pures une véritable vertu. Elle se faisait remarquer surtout par son assiduité à l'oraison, son amour filial pour la Reine des anges et sa dévotion extraordinaire envers la très-sainte Eucharistie. Elle n'avait pas de plus grand bonheur que de passer des heures entières auprès de l'adorable Sacrement de nos autels; elle y goûtait en son cœur la vérité de ces paroles du Prophète : Que vos tabernacles sont aimables, Seigneur, Dieu des vertus!.. Qu'ils sont doux vos autels, mon Seigneur et mon Dieu! Comme un seul jour passé dans votre sanctuaire vaut mieux que mille sous les tentes des pécheurs!.. Chaque jour, pendant le saint sacrifice, elle demeurait absorbée dans la méditation de ce mystère ineffable; son amour alors se trahissait par des larmes, et la violence de ses désirs arrachait à son âme virginale de chastes soupirs qu'elle essayait en vain d'étouffer. Mais c'était surtout au moment de la sainte communion, quand ses compagnes allaient s'asseoir au céleste banquet, intérieurement. Dans ses récréations, indifférente à tout ce qui se passait autour d'elle, une seule question la préoccupait, et elle ne cessait de la poser à ses compagnes, naïve enfant qu'elle était : Oh! je vous en prie, disait elle avec une ingénuité tout angélique, expliquez-moi comment on peut recevoir Jésus dans son cœur et ne pas mourir !..

 

Cependant les supérieurs, moins attentifs à la piété, à la modestie, à la sagesse précoce de la jeune vierge qu'à sa jeunesse même, ne jugèrent pas devoir l'admettre encore à la sainte Table, car c'était alors l'usage dans ces pays de ne pas faire la première communion avant l'âge de quatorze ans. Imelda dut se résigner et attendre.

 

Oh! qui pourra bien dire ce qu'elle a souffert! Quel tourment, s'écrie le vieil auteur espagnol que je citais tout à l'heure, quel tourment, quand on aime et quand on aime Dieu, de désirer l'union, et de ne voir jamais son désir assouvi!.. Aimer Dieu! soupirer après lui, aspirer à le recevoir dans son cœur, à l'étreindre des bras de son âme, et Favoir toujours sous les yeux, et ne l'avoir jamais à soi!.. Quel supplice! Et toutefois, heureux, ô mon Dieu, ceux qui ont ainsi votre amour pour bourreau, continue notre pieux auteur (3), et qu'il serait à désirer que tous les mortels, et moi avec eux, fussions torturés en cette manière. Il dit ailleurs: Sainte Thérèse appelle l'amour divin enfer, suivant ces paroles sacrées: L'amour est fort comme la mort, l'amour est dur comme l'enfer, Fortis est ut mors dilectio, dura sicut infernus œmulatio(C. C. VIII, 6.); mais mille fois heureux, Seigneur, celui qui recevrait ainsi de votre main le coup mortel, et se verrait précipité dans ce divin enfer doit il n'espérerait plus, ou pour mieux dire, d'où il ne craindrait plus de sortir jamais!

 

II

 

Imelda fut donc réduite à attendre. Mais on ne saurait voir longtemps ses espérances frustrées, quand une fois, ô mon Dieu, on s'est mis d'un cœur sincère à la recherche de votre amour; car il n'y a devant vous acception d'âge ni de personne, et l'amour seul est de quelque poids à vos yeux. C'est ce que vous nous avez déclaré vous-même par la bouche du Sage : Ceux qui m'aiment sont aimés de moi, avez-vous dit; et ceux qui me cherchent dès le matin me trouveront infailliblement. Cette parole divine ne pouvait faillir, et celui qui se plaît parmi les lis ne tarda pas de se rendre aux désirs de la pieuse enfant.

 

C'était le jour de l'Ascension, 12 mai 1333, notre petite sainte avait alors douze ans, presque l'âge de Marie quand elle reçut en son cœur la visite du Fils de Dieu. Ses compagnes, heureuses et recueillies, allaient, chacune à son tour, prendre leur place à la table des anges. Imelda seule ne s'y rendit pas. Agenouillée devant sa petite stalle, elle pleurait d'envie en songeant à leur bonheur. Jamais prières plus ferventes, ni larmes plus brûlantes et plus pressées n'avaient accompagné des désirs plus impatients. Les yeux levés au ciel, ses deux petites mains croisées sous son scapulaire blanc, et comprimant sa poitrine comme pour modérer la violence des battements de son cœur qui semblait près de se rompre, elle pressait entre ses doigts l'image de Jésus crucifié qui ne la quittait jamais, et lui disait doucement avec l'âme sainte des Cantiques: « Venez, ô le Bien-Aimé de mon âme! Descendez dans ce jardin qui est tout à vous, et cueillez-en les fruits. Ou cessez d'abaisser vers moi vos regards, ou laissez mon âme s'envoler sur vos traces. Entraînez-moi après-vous, que je coure à l'odeur de vos parfums! Vous m'êtes, ô mon Bien-Aimé, comme un bouquet de myrrhe; votre image bénie reposera toujours sur mon sein; mais que ne puis-je faire davantage et moi aussi vous donner asile aujourd'hui, et vous faire fête dans mon cœur! Venez, Seigneur Jésus, venez, car je languis d'amour et me meurs du désir de votre adorable présence!.. »

 

Mais Jésus ne venait pas; et sachant que tout est possible à une prière opiniâtre, elle ne cessait de l'importuner, pour ainsi dire, de ses cris; son cœur trop plein débordait en ces amoureuses plaintes, C'est ce même auteur pieux qui nous les a transmises; nous les traduirons dans toute leur naïve et aimable simplicité: « Eh quoi! vous plaît-il donc, ô mon Roi, que votre petite servante brûle et se consume toujours ainsi en d'inefficaces désirs? Pardonnez à ma hardiesse, Seigneur; mais je ne vois pas pourquoi, seule, je suis ainsi rejetée de vous? pourquoi, seule, privée de vous presser sur mes lèvres? pourquoi seule enfin, toujours éloignée de votre banquet nuptial! On me dit que je suis une enfant, que je suis trop petite; mais n'avez-vous pas dit à vos Apôtres: « Laissez venir à « moi les petits enfants et ne les empêchez pas d'approcher de moi? » Que je suis trop petite! Mais est-ce bien là une raison? C'est donc en vain que vous vous êtes fait petit vous-même, si leur âge vous est un motif pour vous refuser aux enfants comme moi, même quand ils vous aiment et vous désirent tant! On me dit encore ce que vous répondîtes autrefois à l'un de vos plus aimants serviteurs: « Croîs, et tu me mangeras(4)! Mais, Seigneur, je sais aussi ce que vous répondit la pauvre Cananéenne, que les petits chiens se nourrissent des miettes de pain qui tombent de la table de leur maître. Eh bien! quoique très indigne, n'obtiendrai-je pas comme eux, Seigneur, une miette de votre table somptueuse et royale? Une miette, une seule miette de votre Pain sacré suffirait à votre petite esclave pour rassasier la faim qui la dévore. Accordez-la-moi, Seigneur! Accordez-la-moi, ô le Roi de mon âme, ou bien... vous le voyez, je dépéris, je me meurs! Vous eûtes pitié de la foule qui vous suivait, et elle ne vous avait suivi que trois jours cependant, vous ne voulûtes pas la laisser partir affamée, de peur qu'elle ne tombât en défaillance le long du chemin; vous fîtes un nouveau miracle pour la rassasier; et vous n'auriez pas pitié, Seigneur, de cette pauvre enfant qui est à vous, à vous tout entière et sans réserve; elle qui depuis tant d'années court après vous, soupirant et se mourant du désir de s'asseoir à votre banquet sacré? Vous répandez vos biens à profusion sur toute créature; toutes attendent de vous leur nourriture, et vous la leur donnez à propos; vous ouvrez vos mains, et tous les êtres sont inondés de vos bienfaits: même aux petits des corbeaux vous donnez leur pâture; et moi, vous me laisseriez mourir de faim!.. Non, cela n'est pas possible; cela répugne à votre bonté. Non, vous avez promis d'accorder tout à la foi et à la persévérance, vous ne me refuserez pas aujourd'hui. Ou donnez-moi de ce Pain dont mon âme est affamée, ou bien laissez-moi mourir enfin; car j'ai hâte d'être unie à vous, et si ce n'est dans l'Eucharistie, que ce soit au moins dans la mort! Venez donc, venez donc, ô Jésus! ou donnez-moi les ailes de la colombe, que je m'envole et que j'aille enfin me reposer en vous! »

 

Ainsi gémissait la jeune vierge. Elle demandait l'une ou l'autre de ces grâces, elle les obtint toutes deux. Comme elle pleurait et priait encore, tout à coup, est-ce un rêve? une hostie miraculeuse se détache du saint ciboire, traverse la grille du chœur, et, voltigeant en l'air, s'arrête au niveau de son front. Les religieuses, émues d'un tel spectacle, n'osent d'abord en croire leurs yeux; mais l'illusion bientôt n'est plus possible: le miracle persévère; une clarté subite se répand dans l'église, accompagnée d'une suave odeur; et comme une main invisible et puissante retient le Pain mystique suspendu devant la jeune enfant. Triomphante et timide à la fois, elle demeure partagée entre la joie de se sentir si près de Celui qu'elle aime et la douleur de ne pouvoir s'unir à Lui. On eût dit un ange en adoration plutôt qu'une simple mortelle. Son confesseur, averti de ce prodige, accourt, et voyant dans ce fait une manifestation non équivoque de la volonté divine, recueille respectueusement la sainte Hostie sur une patène et en communie la trop heureuse enfant...

 

III

 

Enfin ses vœux sont accomplis! et, comme si elle n'eût pu dans un corps mortel supporter une telle joie, elle s'affaisse sur elle-même, abîmée dans une contemplation profonde : ainsi la fleur s'incline sous les gouttes de la rosée du ciel, trop frêle pour en soutenir le poids. Les mains toujours croisées sur la poitrine, les yeux doucement fermés, Imelda paraissait livrée à un délicieux sommeil. Comme les heures devaient s'écouler rapides dans cette extase de l'amour! A voir ses lèvres mi-closes, décolorées, mais éclairées d'un sourire tout céleste et comme agitées d'un frémissement léger, on eût cru les entendre murmurer ces paroles du Cantique: « Mon Bien-Aimé est à moi, et je suis à Lui! Il m'a introduite dans ses celliers, il m'a enivrée de son amour... J'ai trouvé Celui que mon cœur aime; je l'ai trouvé, je le tiens, et ne le laisserai pas aller! » Longtemps ses sœurs l'admirèrent en silence. Elles ne se lassaient pas de la regarder, de la voir, de la voir encore, ni de louer Dieu au fond de leur cœur, parce qu'il est bon, et que sa miséricorde s'étend à tous les siècles. Toutefois l'office achevé, la voyant toujours immobile et prosternée, elles ne peuvent se défendre d'une vague inquiétude. On l'appelle; on la prie, on la supplie, on lui commande de se relever; elle, toujours si prompte en obéissance, cette fois n'obéit pas; elle n'a pas entendu...; on la touche, elle n'a pas senti...; on la relève..., elle était morte!....

 

Morte! Morte à douze ans!.. Morte d'amour, et d'amour pour son Dieu! au jour et à l'heure de sa première communion! O l'heureuse mort! Trop heureuse enfant! ) Avec des sens moins imparfaits et 'moins grossiers que les nôtres, on eût pu voir son âme, comme une légère vapeur, s'élever dans les airs à la suite du Sauveur, en ce jour de son Ascension glorieuse, et les Anges auxquels elle allait être à jamais réunie, accourir sur ses pas et, fêtant sa bienvenue, chanter comme autrefois à l'Assomption de leur Reine: « Quelle est celle-là qui s'élève à travers le désert comme un nuage d'encens? Elle s'avance comme l'aurore à son lever, belle et douce comme l'astre des nuits, radieuse comme le soleil... Quelle est celle-là qui s'élève ainsi du désert, tout environnée de délices, et appuyée sur son Bien-Aimé ?.. — C'est notre petite sœur, disaient les Anges (5). Venez, petite enfant, chère au cœur de Jésus, pure comme la colombe, douce comme le miel, quasi mel data, Imelda, petite sœur, venez! venez recevoir la couronne qui? vous est préparée! »

 

Comme Marie, elle avait rendu son dernier soupir dans un suprême élan d'amour. La charité, comme la mort, a ses victimes. L'amour est fort comme la mort. Oh! comment pouvons-nous si souvent recevoir Jésus dans nos cœurs et ne pas mourir! En 1566, les Dominicaines quittèrent leur couvent de Valdipietra pour s'établir à Bologne même. C'est dans leur église que reposent aujourd'hui les restes précieux de la bienheureuse Imelda Lambertini. Un des descendants de cette illustre famille, le cardinal Lambertini, depuis pape sous le nom de Benoît XIV, restaura et embellit de ses propres deniers l'église de nos Dominicaines de Bologne, alors qu'il occupait le siège archiépiscopal de cette ville; il y fit élever une chapelle et un autel en l'honneur de notre jeune sainte, sa parente; d'autres membres de sa famille, pour honorer sa mémoire, firent graver en 1591, sur la pierre de son sépulcre, le trait miraculeux qui termina sa vie et que nous venons de raconter.

 

Petite Sœur Imelda, priez pour nous!

 

Notes

 

(1) Sur l'examen des pièces du procès de béatification, le pape Léon XII, après avoir consulté la Sacrée Congrégation des Rites, a approuvé son culte et autorisé l'ordre des Frères-Prêcheurs à réciter son office et à célébrer la sainte messe en C son honneur. Sa fête a été fixée au 46 septembre.

 

(2) Il semble que Dieu l'ait prédestinée dès le berceau à cette vie toute d'amour. Madeleine fut son premier nom, celui qui lui fut donné au baptême et le seul sous lequel elle fut connue avant son entrée en religion. Dans le cloître on l'a nommée Imelda, sans doute à cause de sa douceur et de son extrême amabilité: Imelda, c'est-à-dire donnée au monde comme du miel, quasi mel data, ? suivant l'étymologie d'un pieux et savant religieux Ç f du Carmel, un de ses plus ardents dévots.

 

(3) Un de nos Pères espagnols, du couvent de Bénavarre (Aragon), auteur d'un « Abrégé de la Vie très-prodigieuse de la Bienheureuse Imelda de Lambertini, Vierge de l'Ordre de Saint-Dominique ».

 

(4) Cresce, et manducabis me. (Saint Augustin, Confessions.)

 

(5) Soror nostra parva. (Cant. C, vin, 8.)

Beata_Imelda_Lambertini

Neuvaine à la Bienheureuse Imelda Lambertini

Vierge de l'Ordre de Saint Dominique

 

Pour se préparer à recevoir dignement la Sainte Eucharistie

particulièrement au jour de la Première Communion

 

D'après un vieux manuscrit espagnol, composé par une religieuse espagnole à l'époque de la Béatification de la Bienheureuse Imelda

 

Tous les jours de la Neuvaine

 

Après avoir fait le signe de la croix, un acte fervent de contrition, et un acte de charité, on dira l'oraison suivante:

 

Seigneur, incompréhensible dans vos voies, Dieu éternel, mon très-aimable Père, en qui je crois, en qui j'espère, et que j'aime de tout mon cœur pardessus toutes choses, prosterné en votre divine présence, je vous adore, vous bénis et vous loue, pour votre Être ineffable , pour vos perfections infinies, et parce que vous vous montrez toujours admirable dans vos Saints. Je vous rends honneur, louange et gloire de ce que, parmi vos autres créatures, vous avez daigné choisir votre très fidèle et très chère Épouse, la Bienheureuse Imelda, pour servir de modèle à toutes les âmes amantes de votre Fils Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie. Je vous supplie de m'accorder, par sa puissante intercession et par les mérites du même Jésus-Christ, mon Rédempteur, le pardon de tous mes péchés; et pour fruit de cette sainte neuvaine, le remède à mes maux, l'amendement de ma vie et l'imitation de ses vertus; afin que, mourant comme Elle en votre sainte grâce, je puisse vous aimer et vous bénir éternellement avec Elle dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

On ajoutera à cette oraison commune une oraison propre à chaque jour, ainsi qu'il est marqué plus loin. Après l'oraison propre on récitera trois Pater, trois Ave et trois Gloria, dans le but d'obtenir de Dieu la grâce spéciale qu'on lui demande dans cette neuvaine, et on les récitera de la manière suivante:

 

Petite Imelda, puisque votre amour attira Jésus en votre âme, obtenez-nous la même flamme; puissions-nous enfin l'aimer sans retour!

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.


 

Si petite encore, de la charité, vous eûtes vraiment la science, vous qu'une sainte impatience unit à Jésus pour l'éternité!

 

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Enfant, vous l'aimiez comme un séraphin; Il vint, et d'extase ravie en ses bras vous cherchiez la vie: vous eûtes la mort.. mais l'amour sans fin!


Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Priez pour nous, Bienheureuse Imelda.

Pour que nous devenions dignes des promesses du Christ.

 

Oraison

 

Jésus Christ, Notre Seigneur, qui reçûtes au ciel la Bienheureuse Vierge Imelda blessée du feu d'une ardente charité et nourrie miraculeusement de l'Hostie immaculée, accordez-nous, par son intercession, d'approcher avec la même ferveur de la Table sainte; faites que nous désirions comme elle la dissolution de notre corps; et qu'affranchis des liens de la terre, nous méritions d'être unis à vous qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit par tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

On terminera par les oraisons suivantes qui seront récitées chaque jour.

 

A Notre Seigneur Jésus Christ

 

Mon Seigneur Jésus-Christ, qui dans le sacrement de l'Eucharistie êtes vraiment l'Aimant des âmes aimantes, vous qui avez dit que vos délices sont d'être avec les enfants des hommes et qui l'avez bien prouvé dans votre petite Épouse la bienheureuse Imelda, puisque, ne pouvant supporter les retards que les créatures mettaient à son union à vous dans le sacrement de l'autel, vous opérâtes cette merveille inouïe, que, vous donnant miraculeusement à elle, vous l'avez affranchie des liens de la terre et transportée dans vos bras au sein de l'éternelle béatitude où personne plus ne la pourra séparer de votre chaste et ineffable union; nous vous supplions, par les complaisances que vous avez daigné prendre en une si pure créature, de nous donner, au moment de vous recevoir, ces mêmes dispositions et ces mêmes sentiments qui vous la rendirent si chère, afin que nous aussi nous r devenions participants un jour des délices de votre Amour dans la gloire sans fin. Ainsi soit-il.

 

A la Très Sainte Vierge du Rosaire

 

Et vous, ô très-aimable Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Souveraine, Notre Dame du Très Saint Rosaire, par la joie que vous reçûtes le jour où votre divin Fils vous présenta dans ses bras l'âme si gracieuse de sa petite amante Imelda, nous vous supplions de nous obtenir de sa divine Majesté les grâces que nous lui demandons par cette neuvaine, et aussi la conversion des pauvres pécheurs, la force nécessaire aux agonisants et le repos des âmes du purgatoire. Ainsi soit-il.

 

On pourra terminer par un cantique à la bienheureuse Imelda. Ainsi se fera la neuvaine de chaque jour.

 

Oraisons propre

 

Premier jour

Pour demander à Dieu une parfaite correspondance à sa grâce et une grande fidélité à ses commandements

 

O ma Protectrice, bienheureuse Imelda, parfait modèle des servantes de Dieu, épouse très fidèle de l'Agneau sans tâche, mon Seigneur Jésus-Christ, exemplaire nouveau au sein de son Église et gloire de la Famille Dominicaine, je vous vénère et vous aime de tout mon cœur. Attiré par la très suave odeur de votre très éminente sainteté, j'ai recours à vous; à vous qui avez toujours conservé dans votre âme bénie la candeur de l'innocence baptismale, sans la souiller jamais, à vous qui fûtes si parfaite dans l'observance des commandements de Dieu. Je désire ardemment imiter vos exemples, et par là me rendre digne de votre gracieuse intercession auprès du Tout-Puissant. Demandez-lui pour moi une parfaite correspondance à sa grâce, une grande fidélité à ses commandements, et qu'en outre de la faveur toute spéciale que je lui demande par votre entremise, durant cette neuvaine, il m'accorde encore de mourir saintement, afin de le contempler et de jouir de Lui éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Deuxième jour

Pour obtenir le don d'une parfaite obéissance


 

O très obéissante Vierge et ma sœur bien-aimée, Bienheureuse Imelda, digne fille du Dieu de majesté, vous qui, inclinant l'oreille intérieure de votre âme à la douce voix de sa divine inspiration, lui obéîtes si fidèlement, faisant en toutes choses sa Très Sainte Volonté avec la plus parfaite abnégation de la vôtre, l'unissant en tout et partout à celle du Seigneur! par cette admirable conformité vous parvîntes à une si grande perfection que vous eûtes la force de demeurer longtemps privée du Pain des élus, malgré votre ardent désir, pour condescendre au bon plaisir de vos supérieures et au jugement de vos directeurs. Je vous supplie humblement de prier pour moi sa divine Majesté, qu'elle daigne m'accorder et la grâce de vous imiter dans cette vertu comme en toutes les autres, et la faveur spéciale que je lui demande dans cette neuvaine, par votre intercession; afin qu'accomplissant en tout et toujours sa Très Sainte Volonté sur la terre, j'aille un jour l'accomplir mieux encore avec les Bienheureux dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

 

Troisième jour

Pour demander l'esprit de la pauvreté et le détachement des choses d'ici-bas

 

O ma très aimable sœur et vénérée protectrice, Bienheureuse Imelda, fidèle imitatrice de la pauvreté de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour l'amour duquel vous renonçâtes parfaitement à toutes choses, le suivant en nudité d'esprit, et de telle manière que hors de Lui vous n'aimiez rien, vous ne possédiez rien, méritant par là d'être son Épouse choisie et privilégiée, enrichie de l'abondance de ses dons, prévenue de ses plus douces bénédictions et de ses grâces les plus signalées; je vous supplie d'intercéder pour moi auprès du Tout-Puissant; qu'il m'accorde la faveur spéciale que je lui demande dans cette neuvaine; mais surtout qu'il éloigne de mon cœur toute affection aux choses terrestres, afin que l'aimant uniquement et par-dessus toutes choses, durant le temps qui me reste à vivre sur la terre, j'obtienne le bonheur de mourir dans son amitié et dans sa grâce, pour le louer et le bénir éternellement dans la gloire. Ainsi soit-il.

 

Quatrième jour

Pour demander le don d'une inaltérable chasteté

 

O très chaste et très pure Vierge, mon avocate, Bienheureuse Imelda, par votre virginité angélique digne Épouse de l'Agneau sans tache, temple vivant et demeure de l'Esprit-Saint par votre très pure chasteté; terre vierge qui, fécondée par la rosée de la grâce divine, produisîtes des fruits abondants de justice et de sainteté; étoile resplendissante qui embellissez le ciel Dominicain: je vous supplie par cette vertu et toutes celles que vous avez si bien pratiquées, par toutes les grâces dont vous orna votre céleste Epoux, de m'obtenir de sa divine Majesté le pardon de mes péchés, la pratique de la plus inviolable chasteté, la victoire sur toutes les tentations qui lui sont contraires, et qu'en outre de la faveur spéciale que je demande dans cette neuvaine, il m'accorde, après une vie sainte et pure, l'heureuse mort des justes et le bonheur de le voir et de le louer éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Cinquième jour

Pour demander l'esprit de pénitence et de mortification

 

Ma très pénitente et très innocente protectrice, Bienheureuse Imelda, exemplaire vivant de toutes les vertus, qui sûtes unir la rigueur de la plus austère pénitence à une innocence merveilleuse d'âge et de mœurs; qui portâtes dans votre petit corps virginal la mortification de votre Époux souffrant, Jésus-Christ, par les rudes coups dont vous le maltraitiez: je vous supplie de m'obtenir de Dieu un véritable esprit de mortification, qui m'aide à dompter mes passions et' rende mon âme plus libre pour les choses du ciel. Qu'il m'accorde encore la faveur particulière que je désire obtenir, si tel est son bon plaisir, en cette neuvaine, et surtout la grâce singulière de faire durant la vie et à la mort de dignes fruits de pénitence, pour jouir éternellement de sa divine présence dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Sixième jour

Pour demander à Dieu la sainte humilité

 

O ma très humble sœur et ma puissante avocate, Bienheureuse Imelda, trésor très-riche de sainteté enfoui dans le champ de votre humilité héroïque, jardin fermé, mais délicieux par les fruits divins que vous cachiez dans le secret de votre cœur; puits abondant des eaux vives de la grâce et des dons les plus parfaits, profond de la profondeur même de votre abaissement; vous fûtes, par cette vertu, semblable au grain de sénevé de l'Évangile, car votre humilité mérita que le Tout-Puissant fît en vous de grandes choses, vous élevant miraculeusement de cette terre au séjour des Saints: je vous supplie instamment de m'obtenir de la divine Majesté la véritable humilité de cœur, la faveur spéciale que j'attends de cette neuvaine, et particulièrement la grâce qu'il a promise aux humbles, afin que le servant fidèlement dans cette grande vertu durant la vie, j'obtienne, après la mort, de le voir et de jouir de Lui pour toujours dans l'éternelle félicité. Ainsi soit-il.

 

Septième jour

Pour demander la patience et la résignation dans les épreuves de la vie


 

Ma très douce avocate, Bienheureuse Imelda, modèle admirable de résignation et de patience dans la dure impossibilité où vous fûtes longtemps, malgré vos ardents désirs, de vous unir à votre Époux Jésus-Christ dans le sacrement de l'Amour; vous le souffrîtes sans ouvrir la bouche pour vous plaindre, imitant en cela le Prophète royal et Jésus lui-même, dans leurs grandes afflictions; par la très-haute perfection de cette patience où vous conservâtes inaltérable la paix intérieure de votre âme, inaltérable la suavité de votre cœur, effet visible de la parfaite union de votre volonté à celle du bon Maître, je vous supplie de m'obtenir de sa Majesté la faveur que je lui demande dans cette neuvaine, mais particulièrement la patience dans les adversités, la conformité à sa très-sainte volonté dans tous les accidents de la vie, et enfin de mourir dans sa grâce et de jouir de Lui pour toujours dans la béatitude éternelle. Ainsi soit-il.

 

Huitième jour

Pour demander à Dieu l'amour du prochain

 

Ma très douce et très aimable Patronne, Bienheureuse Imelda, parfait modèle de la plus douce et de la plus héroïque charité envers le prochain; charité précoce, puisque, dès vos plus tendres années, ne sachant pas encore parler, vous aviez déjà cette compassion pour les pauvres qui fit de vous plus tard la consolatrice des affligés, l'aide des misérables, le refuge de tous les nécessiteux; je vous supplie, avec toute l'ardeur dont je suis capable, d'exercer envers moi votre brûlante charité en m'obtenant de Dieu une charité semblable; une charité à toute épreuve, comme la vôtre, large, immense, inépuisable, que rien ne rebute, que rien ne fatigue, que rien n'arrête; une charité compatissante à toutes les infortunes et qui, puisant sa source au cœur même de Jésus-Christ, s'étende aussi à tous les hommes, sans distinction d'âge, ni de condition, ni de race, ni de pays, ni de religion même, les aimant tous comme moi-même et pour Dieu seul; aimant les bons pour qu'ils soient meilleurs, les méchants pour qu'ils se convertissent et qu'ils vivent; une charité en un mot comme la veut et l'aime Jésus: bonne, patiente, point envieuse ni téméraire, ni précipitée; sans orgueil, sans ambition; ne cherchant point ses propres intérêts; qui ne se pique et ne s'aigrit point; qui ne pense point le mal; qui ne se réjouit pas de l'injustice, mais se réjouit de la vérité; qui supporte tout, qui croit tout, espère tout, souffre tout. Priez Dieu qu'il m'accorde encore, avec la faveur particulière que je lui demande en cette neuvaine, la grâce d'une sainte mort et le salut éternel de mon âme. Ainsi soit-il.

 

Neuvième jour

Pour demander un ardent amour de Dieu

 

Ma très dévote, très fervente et très aimante avocate, Bienheureuse Imelda, très digne Épouse de l'Agneau immaculé de Dieu, qui efface les péchés du monde, sainte demeure où réside l'Esprit-Saint avec ses dons les plus précieux, aimée et favorisée de Dieu; choisie entre mille pour être les délices du Créateur; fournaise sacrée de la divine charité dont vous embrasez ceux qui contemplent dévotement votre heureux trépas; moi le plus humble de vos dévots, je me mets à présent et pour toujours à l'ombre de votre tout aimable protection. Je vous supplie, gracieuse Imelda, qu'en outre de la singulière faveur que j'ai demandée par votre intercession durant cette neuvaine, vous m'obteniez de la divine Majesté la grâce spéciale de vous imiter dans toutes les vertus que vous avez pratiquées, mais principalement dans votre ardente charité pour Lui. Que je l'aime! Que je l'aime beaucoup! Que je l'aime toujours davantage! Que je l'aime par-dessus tout et par-dessus moi-même! de tout mon cœur, de toute mon âme, de toutes mes forces! Dans quelques jours il va se donner à moi en nourriture! Il va se donner tout à moi, sans réserve! Oh! que je me donne à Lui sans réserve aussi! A Lui dès cette heure! A lui pour toujours! A la vie, à la mort; pour le temps et pour l'éternité! Et si je ne puis mourir, comme vous, dans ses bras et sur son cœur, du moins que ma vie entière s'use et se consume pour Lui! Que ce soit là, ma bien-aimée petite sœur Imelda, le fruit particulier de la dévotion avec laquelle je vous ai vénérée en cette neuvaine et que je vous ai vouée pour toujours! Que ce me soit le moyen de me préparer dès maintenant, par une sainte vie, à la mort qui approche, afin que, mourant embrasé du plus ardent amour pour Dieu, je passe enfin de cet exil à la Patrie où je pourrai le voir et le bénir avec vous toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Elans d'amour de Saint Alphonse de Liguori

Pouvant servir de préparation ou d'action de grâce à la Sainte Communion

 

Mon doux Jésus! vous seul me suffisez. O mon amour! ne permettez pas que je me sépare jamais de vous. Qui suis-je donc, Seigneur, que vous mettez tant de soins à rechercher mon amour? Eh! qui pourrais-je aimer, si je ne vous aimais pas, ô mon doux Jésus? Me voici, Seigneur; disposez de moi selon votre bon plaisir. Donnez-moi votre amour, c'est tout ce que je vous demande. Faites que je sois entièrement à vous avant que je meure. Père éternel, pour l'amour de Jésus-Christ, ayez pitié de moi. Mon Dieu, je ne veux que vous et rien de plus; mon doux Jésus! que ne puis-je me sacrifier pour vous qui vous êtes sacrifié pour moi! Si je venais à mourir en état de péché, je ne pourrais plus vous aimer. Maintenant que je le puis encore, je veux vous aimer autant que je le pourrai. Je vous consacre tout ce qui me reste de vie. Je veux ce que vous voulez, et rien que ce que vous voulez. Faites, ô mon Dieu, que je vous voie apaisé contre moi, la première fois que je vous verrai. Vous ne m'abandonnerez pas; je ne vous laisserai jamais. Nous ne cesserons de nous aimer, ô mon Dieu, dans cette vie et dans l'autre. Mon ingratitude serait trop noire, si, après tant de grâces, je ne vous aimais beaucoup. Vous vous êtes donné tout à moi; je me donne tout entière à vous. Vous qui aimez qui vous aime, je vous aime, aimez-moi donc aussi. Si je ne vous aime pas assez, donnez-moi l'amour que vous désirez de moi. Vous m'avez obligée à vous aimer; donnez-moi la force de tout surmonter pour vous plaire. Recevez l'amour d'une âme qui vous a donné tant de déplaisirs. Faites-moi connaître, ô mon Dieu! quel bien infini vous êtes, afin que je puisse vous aimer autant que je le dois. Je veux vous aimer beaucoup en cette vie, pour pouvoir vous aimer beaucoup dans l'autre. J'espère, ô Dieu éternel! vous aimer éternellement. Que ne vous ai-je toujours aimé ! Que ne suis-je morte avant de vous avoir offensé! Je vous consacre ma volonté, ma liberté; disposez de moi selon votre bon plaisir. Je veux que mon unique contentement soit de vous contenter, ô bonté infinie! O mon Dieu! je me réjouis de votre béatitude infinie! Vous êtes tout-puissant, rendez-moi sainte. Vous m'avez cherchée lorsque je vous fuyais; vous m'avez aimée quand je dédaignais votre amour: ne m'abandonnez pas maintenant que je vous aime et que je vous cherche. Qu'aujourd'hui soit le jour où je me donne tout à vous! Infligez-moi toutes sortes de châtiments; mais ne me privez pas de la faculté de pouvoir vous aimer. Je vous remercie de ce que vous me donnez le temps de vous aimer. Je vous aime, ô mon doux Jésus! je vous aime; et j'espère terminer ma vie en répétant encore: Je vous aime, je vous aime. Je veux vous aimer sans réserve, et faire tout ce que je connaîtrai pouvoir vous plaire. Je préfère à tous les applaudissements du monde le bonheur de vous plaire. Je suis prête à éprouver toutes les peines, pourvu que je vous aime, ô mon Dieu. Oh! puissé-je mourir pour vous, ô mon Dieu! qui êtes mort pour moi! Oh! que ne puis-je faire que tout le monde vous aime comme vous le méritez! O volonté de mou Dieu, vous êtes mon amour! O Dieu d'amour! donnez-moi votre amour. O Marie! attirez-moi tout à Dieu. O ma Mère, faites que j'aie recours à vous. C'est à vous qu'il appartient de me conduire à la sainteté: c'est aussi ce que j'espère de vous. Vivent Jésus notre amour, et Marie notre espérance! Ainsi soit-il.

 

Efficacité de l'intercession de la Bienheureuse Imelda Lambertini

 

Le jour de l'Épiphanie, au moment où l'on termine l'impression de cette Vie, il me vient du fond de la Mésopotamie une lettre qui m'est adressée par un de mes bons frères du noviciat, un juif converti, aujourd'hui ardent apôtre en nos missions de Mossoul, le R. P. Jean-Baptiste Lévy. Cette lettre se rattache de trop près à la gloire de notre Bienheureuse et de nos missionnaires pour que je puisse résister au désir d'en donner ici un extrait, bien assuré d'avance qu'il sera lu par tous avec le plus vif intérêt.

 

Mossoul, 3 décembre 1865.


Bien-aimé frère, père et ami, Le choléra a sévi ici aussi. Nous avons, pourra gloire de Dieu, été les sauveurs de la ville. Le chef politique et le chef religieux, musulmans, sont venus nous remercier, ainsi que les principaux habitants de toutes les sectes. Secours religieux aux catholiques, à tous force morale, ainsi que secours médicaux et pécuniaires, ont été donnés par la mission, motus proprio, car ici, chacun est pour soi et Dieu pour tous. Par la force même des choses, les missionnaires étaient devenus tout à la fois prêtres, médecins, apothicaires, sœurs d'hôpital; nous étions tout. Nous nous étions partagé la ville en quartiers, et nous allions chez tous les malades, accompagnés d'hommes de la police, car il fallait des gardes autour de nos chevaux pour nous préserver de la foule, qui nous aurait arraché les habits sans cette précaution. On nous traquait nuit et jour, sans nous laisser de relâche. Il fallait nous voir dans les rues suivis d'un cortège de suppliants; tous nous bénissaient, les Juifs, les Musulmans, les Arabes, les hérétiques Jacobites ou Arméniens, les Catholiques Syriens et Chaldéens. Tous nous appelaient les Envoyés de Dieu. Les Musulmans, dans leur admiration pour ce dévouement, s'écriaient: « Ce ne sont pas des chrétiens!... Ce sont des Musulmans, fils du Prophète! » Car ces pauvres gens ne peuvent s'imaginer que, pour l'amour de Jésus, on puisse sacrifier sa vie au service des Musulmans! A ce sujet, je vous dirai que, depuis ma venue ici, j'ai inculqué aux enfants des écoles la dévotion à notre petite sainte Imelda. Son image est à l'école. On la prie; on l'aime; et elle fait des prodiges. En particulier, pendant le choléra, une fille nommée Madjouda (la glorieuse), âgée de dix ans, ma pénitente, est atteinte du choléra. On m'appelle; j'y vais. Je lui donne des remèdes pour le corps et pour l'âme. Enfin son mal s'aggrave; elle entre dans la période algide. Que faire? Elle n'a pas fait sa première communion! Elle se rappelle Imelda; elle veut communier le jour de sa mort. Comme les vomissements avaient cessé, je la prépare. Elle s'unit à la bienheureuse Imelda; elle reçoit la sainte communion, les indulgences, etc.. puis elle ferme les yeux! On la croit morte; on pleure! Mais son cœur est encore chaud; il est nuit; on attend le lendemain pour l'enterrer. Le matin, la petite s'éveille et dit à ses parents: « La sainte Vierge veut que je devienne une sainte ! Elle m'a dit: « Sois guérie ! » On crie au prodige. Mais le lendemain, voilà que le corps de la petite fille enfle; elle souffre de grandes et insupportables douleurs. On croit qu'elle va mourir. J'arrive, je ne la reconnais pas, tellement elle est enflée et changée par la fièvre tvphoïde. Je lui demande ce qu'elle veut... Elle me répond: « Jésus! » Je la confesse; elle communie... Sur le champ la fièvre a disparu. Elle redevint maigre comme le choléra l'avait laissée; elle se lève et va se promener au soleil dans la cour de la maison. Aussi la dévotion à notre chère sainte a bien augmenté; et la fille a reçu, à la place du nom de Madjouda, celui plus glorieux d'Imelda, qui j veut dire en arabe un être tendre, jeune (tener en latin). Vous voyez que notre union continue; le même esprit nous anime : pendant que vous écrivez la vie d'Imelda, je la communique à de bonnes petites âmes arabes, portant dans leurs cœurs pour Jésus et Marie les ardeurs du soleil brûlant qui dessèche leurs déserts. J'ai annoncé votre petit livre, car vous me l'avez promis. Je veux le traduire en arabe; peut-être sera-t-il imprimé à Mossoul... Quelle gloire!... A Dieu! Rappelez-moi au souvenir de tous, et croyez-moi pour la vie,

 

Votre fidèle ami et frère

Frère J.B. Levy, Missionnaire Apostolique des Frères Précheurs.

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Le Vénérable Marie-Jean Joseph Lataste

Fondateur des Dominicaines de Béthanie

1832-1869

 

Alcide Lataste est né à Cadillac sur Garonne, en Gironde, dans le Diocèse de Bordeaux, le 5 septembre 1832, après une jeunesse remplie de dévouement au sein de la Société de Saint Vincent de Paul, pour laquelle il fonda des Conférences locales, il entra, en 1857, dans l'Ordre des Frères Précheurs, plus communément appelés Dominicains, où il prit le nom de Père Marie-Jean-Joseph. En 1864, il prêcha une retraite aux détenues de la Centrale de Cadillac, actuellement, le Château des Ducs d'Epernon, et, pendant ces jours, il découvrit en elles les merveilleux effets de la Miséricorde et, en certaines, il discerna un réel appel à se donner au Seigneur dans la vie consacrée. C'est dans cette prison, devant le Seigneur exposé, qu'il reçut l'inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse dans laquelle toutes les Soeurs, quel que soit leur passé, les unes converties, les autres religieuses, seraient unies dans un même amour et une même consécration, témoignant ainsi que « pour se donner à nous, Dieu ne regarde pas ce que nous avons été, mais ce que nous sommes ». Le Père Marie-Jean-Joseph Lataste est entré dans la Vie à Frâsne-le-Château, en Haite Saône. Il repose actuellement dans la maison généralice, qui se trouve à Saint Sulpice de Favière, où il est entouré de la vénération de ses Filles. La décret autorisant sa Béatification a été signé le 27 juin 2010.

 

Pour approfondir

 

« Ces femmes qui étaient mes sœurs » Jean-Marie Gueulette, aux Editions du Cerf. « Le Précheur de la Miséricorde », de Jean-Marie Gueulette, aux Editions du Cerf. « Marie-Madeleine a encore quelque chose a dire », de sœur Emmanuelle-Marie, aux Editions du Cerf/ Nouvelles Cité. « Le Message du Père Lataste et les Dominicaines de Béthanie », de Monseigneur Gérard Daucourt, aux Ed. Le Livre Ouvert.

 

Prière du Père Lataste

 

O mon Jésus, que je Vous aime! Donnez-Vous à mois et donnez-moi à Vous! Identifiez-moi à Vous: que ma volonté soit la Vôtre! Incorporez-moi à Vous, que je ne vive qu'en Vous et pour Vous! Que je dépense pour Vous tout ce que j'ai reçu de Vous, sans en rien garder pour moi-même! Que je meure à tout pour Vous! Que je Vous gagne des âmes! Des âmes, ô mon Jésus, des âmes!

 

Relations des grâces

Dominicaines de Béthanie

91 910 Saint Sulpice de Favières

www.dominicainesdebethanie.org

 

Cette Neuvaine a été publiée à Paris, chez Poussielgue et fils, 27, rue Cassette, 1906.

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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

16 mai 2011

Neuvaine au Serviteur de Dieu Guy de Fontgalland

 

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Le Serviteur de Dieu Guy de Fontgalland

L’Ange de Jésus

1913-1925

 

Guy de Fontgalland est né à Paris, 6 rue de la Bienfaisance le 30 novembre 1913. Son père était avocat, sa mère s'occupait du foyer. Il a été baptisé et consacré à Marie le 7 décembre 1913 en l'église Saint Augustin. Il avait un petit frère: Marc, de trois ans plus jeune que lui et qu'il aimait beaucoup. La famille, l'école, le jeu constituaient l'univers qui remplissait sa vie d'enfant. Il est mort à Paris, dans sa chambre de la rue Vital, le 24 janvier 1925, frappé par la diphtérie....Il venait d'avoir onze ans.... Dès sa mort consommée, les êtres proches: parents,camarades,professeurs furent profondément marqués par sa disparition et mesurèrent l'immense vide que constituait désormais son absence. On vient de toute la France, puis du monde entier se recueillir sur sa tombe...où des milliers de prières allaient s'élever comme des mains tendues vers le ciel... On encourage Madame de Fontgalland a écrire une biographie de soixante cinq pages sur son fils...publiée à quatre cent ,puis quatre mille ,puis quatre-vingt quinze mille exemplaires...elle fut traduite ensuite en treize langues !... De tous les continents, des prélats, des prêtres,des théologiens,des scientifiques, des hommes de lettres, des intellectuels, des gens simples, des enfants, des parents, des familles entières, des religieux et des religieuses, des laïcs écrivent pour révéler les grâces qu'ils ont obtenues et qu'ils attribuent à l'intercession de Guy. Les guérisons se multiplient: guérisons physiques mais aussi conversions... Des dizaines et dizaines de jeunes avouent qu'ils doivent à Guy d'avoir répondu à leur vocation religieuse ou sacerdotale... En octobre 1931, à l'occasion de l'inauguration de la statue du Christ Rédempteur à Rio de Janeiro, l'épiscopat brésilien et plus de cinq cent prêtres demandent la béatification de l'enfant. Au total six cent cinquante mille signatures furent envoyées à Rome ou à Paris entre 1926 et1931! En juin 1932 un tribunal diocésain fut constitué par l'archevêque de Paris pour instruire la cause de Guy. Cinq ans plus tard, le 8 février 1937, le dossier de l’enquête (1804 pages !) fut envoyé à Rome à la Sacrée Congrégation des Rites. Entre-temps, en mars 1936, on exhuma le corps de Guy pour le placer dans la chapelle Sainte Paule à Valence pour veiller sur la vocation des séminaristes. La décision négative de la Congrégation des Rites fut d'abord connue officieusement en novembre 1941, puis officiellement le 18 novembre 1947...soit dix ans après l’enquête! La décision parut dans les Acta Apostolicae Sedis des 28 janvier-27 février 1948 (page 43.)... « la cause était écartée et devait le rester ». Mais Guy rayonne toujours... Aujourd'hui il reste très connu en Asie, au Japon, au Sri-Lanka (où c'est un prénom assez courant) et en Amérique du Sud.

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Neuvaine à Guy de Fontgalland

Prière de la Neuvaine

(à dire chaque jour)


Ô cher petit Guy de Fontgalland qui avez été si sensible à la misère, et qui écoutez toutes les prières qui vous sont adressées avec confiance, soyez mon intercesseur avec Marie, votre « Maman du Ciel », auprès du « Petit Jésus » que vous avez tant adoré, et soyez mon puissant protecteur durant ma vie terrestre. Daignez, je vous en supplie, écouter favorablement la requête que je confie à votre puissante intercession: insufflez-moi votre amour simple et ardent pour la Sainte Eucharistie et pour l’Église, donnez-moi d’être capable de dire, comme vous un « oui » inconditionnel à Dieu, et aidez-moi à toujours refuser de prononcer le moindre mensonge. Priez pour que j’ai toujours la grâce de suivre les inspirations de mon Ange gardien, pour, qu'ainsi, je puisse marcher tous les jours, sur le chemin de la perfection. Instillez en moi la force de pouvoir faire, à votre exemple, des petits sacrifices quotidiens que j'offrirai comme des preuves d’amour à Jésus. Obtenez-moi aussi, Ô cher petit Guy de Fontgalland, la grâce temporelle que je désire tant (dire maintenant les grâces que vous désirez). Je vous en supplie, Seigneur Jésus, de m’accorder cette grâce par l’intercession de Votre petit serviteur, Guy de Fontgalland, à qui Vous avez révélé: « Je ferai de toi un Ange », je fais la promesse de lui rendre les hommages qui lui sont dus en témoignant autour de moi des miracles obtenus par sa puissante intercession et en faisant célébrer une Messe d’action de grâces en son honneur dans les délais les plus brefs. Amen.

 

Premier jour

O petit Guy de Fontgalland, qui avez partagé vos bonheurs avec les malheureux et ajouté la noblesse à la charité en les secourant, donnant en plus de l'argent de poche qui venait de vos parents, une poignée de main qui venait de vous, soyez mon protecteur sur cette terre. Vous qui avez plaidé pour les autres, comme votre père avocat, mais devant Dieu dont vous contemplez la face et qui avez obtenu nombre de grâces et de guérisons, soyez mon intercesseur au Ciel.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Deuxième jour


O Guy de Fontgalland, Petit lys si pur, qui avez manifesté pour vous et pour les autres une pudeur excessive qui était un appel à la véritable pureté, que vous avez conservée dans la prière, la confession et la mortification et par l'examen quotidien de votre conscience en compagnie de votre petit frère, afin que l'innocence ne se confonde pas avec l'ignorance, apprenez-moi la pénitence.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Troisième jour


O Guy de Fontgalland, parfait croisé de l'Eucharistie, qui avez ardemment prié et communié, aimé le Saint-Père et qui avez accompli chaque jour de petits sacrifices pour l'amour de Jésus, comme autant de pétales jetés sur le chemin de la Sainte-Table où vous avez conduit à votre suite les plus jeunes, de même que vous avez escorté le Petit Jésus en procession du Saint-Sacrement, faites de moi un apôtre de la communion.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

Quatrième jour

 

O Guy de Fontgalland, ange missionnaire, qui avez souhaité, avant l'âge de raison, imiter Jésus en tout, jusqu'à retirer vos gants puisqu'Il n'en portait pas, qui avez désiré L'aimer toujours plus que tout et résolu, pour le prouver, de tout quitter pour Lui et devenir son prêtre. Vous qui avez regretté de ne pas connaître le latin pour mieux suivre la messe, qui avez imaginé fabriquer un avion pour évangéliser le monde et qui avez suscité tant de conversions et de vocations, depuis que Jésus fit de vous son Ange, donnez-moi une semblable confiance en la Sainte Église.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Cinquième jour

 

O Guy de Fontgalland, Garçon loyal et franc, qui avez refusé le moindre mensonge, au point de révéler de vous-même vos fautes et de faire la leçon aux petits et aux grands, mais qui avez refusé aussi de dénoncer les autres ou même d'en dire du mal et qui avez gardé le secret de votre fin prochaine pour ne pas attrister vos proches, donnez-moi un tel esprit de vérité qui distingue celle qui ne fait pas plaisir de celle qui fait mal.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Sixième jour


O Guy de Fontgalland, petit serviteur de Dieu, qui avez accepté de mourir jeune pour mieux vous unir à Lui, répondant à son annonciation par un simple « oui », que vous trouvez le plus beau mot qu'on puisse dire à Dieu, et qui avez attendu l'agonie et affronté la mort avec l'espérance de joyeuses retrouvailles. Vous qui vous êtes détaché des choses de ce monde, qui vous émerveillait pourtant à l'exemple de votre savant aïeul, pour vous évader en Jésus dans le paradis, inspirez-moi un pareil abandon à sa volonté.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...


Septième jour


Cher petit Guy, qui avait suivi précocement la petite voie de Thérèse sur laquelle son parfum de sainteté guida vos pas, et qui avez gravi à genoux le chemin de Croix de la grotte de Lourdes où votre Maman du Ciel promit de vous emmener là-haut tout droit. Vous qui avez détesté qu'on vous remarque pour n'être regardé que par Dieu et qui avez combattu la prétention par la simplicité et la colère par la douceur, faites-moi suivre vos traces sur le chemin de l'humilité.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

 

Huitième jour


O Guy de Fontgalland, fils très aimant de Notre-Dame, qui avez eu le péché en horreur parce que c'est à cause de lui que Jésus a tant souffert pour nous et sa Mère tant pleuré, qui avez souffert volontiers par amour de Lui et qui avez promis à votre mère de lui envoyer du Ciel des croix qu'elle devrait pareillement supporter, enseignez-moi le sacrifice.


Notre Père... Je vous salue Marie...


Neuvième jour

 

O Guy de Fontgalland, ange de Jésus, qui avez vécu dans son intimité dès votre plus jeune âge et causé avec Lui comme à un ami, que vous avez écouté et savouré, soyez mon messager. Vous qui avez protégé les plus faibles sans vous défendre vous-même, qui avez été souvent incompris et parfois moqué et qui avez pardonné sans garder rancune, soyez mon ange-gardien.

 

Notre Père... Je vous salue Marie...

 

Prière pour obtenir la béatification de Guy de Fontgalland


Seigneur, qui êtes Vous-Même, la gloire et la récompense de Vos serviteurs, Faites-nous la Grâce de tout espérer de Votre bonté et de l'intercession efficace de Celui dont Vous avez fait un de Vos Anges au Ciel, le petit Guy de Fontgalland. Accordez-nous la (grâce ou la guérison) que nous le supplions de demander pour nous, Afin que nous puissions, comblés de Vos dons, Vous louer de tout notre cœur, Et Vous bénir le reste de nos jours. Glorifiez-Vous, Ô Père infiniment bon, en Glorifiant cet enfant afin que la Sainte Église puisse un jour nous donner comme Modèle ce tout petit communiant de 7 ans. Nous Vous en prions par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.


Prières extrait du site: http//lepeupledelapaix.forumactif.com

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