14 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Quatrième semaine de Carême

 

Quatrième dimanche de Carême

Dimanche 15 mars

Des guérisons de personnes aveugles

 

En ce quatrième dimanche de Carême, l’Évangile rapporte la guérison de l’aveugle-né : « Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance… il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé ». L’aveugle y alla donc, il se lava. Quand il revint, il voyait… Jésus dit : « Je suis venu pour que ceux qui ne voient pas puissent voir … » »

Au Laus, plusieurs personnes aveugles sont guéries par l’onction de l’huile de la lampe. En effet, au commencement de la dévotion, la Bonne Mère avait dit à Benoîte que « l’huile de la lampe de la chapelle, si on en prend, si on s’en applique, et si on a recourt à son intercession et qu’on ait la foi, on guérira. Que Dieu a donné ce lieu pour la conversion des pécheurs. »

La première guérison due à l’onction de l’huile de la lampe est signalée pour la première fois en 1667 : la petite-fille du notaire de saint Julien en Beauchêne, Maître Pierre Rougier, était aveugle. Son grand-père vint au Laus le 23 juin ; il rapporte une fiole de l’huile de la lampe et fait une onction sur l’œil de la fillette. Le lendemain elle se trouve entièrement guérie.

En juin 1667 c’est la fille du juge Grimaud, nommée Charlotte, qui est guérie à son tour d’une cécité. Le père de Labriolle, dans son livre Benoîte, la bergère de Notre Dame du Laus, note que les guérisons des yeux sont les plus fréquentes. Ainsi nous voyons que les guérisons de l’Évangile se perpétuent à Notre-Dame du Laus…

 

Quatrième Semaine de Carême

Lundi 16 mars

Comment s’opèrent les guérisons miraculeuses du Laus

 

En ce lundi de la quatrième semaine de Carême, l’Évangile rapporte la guérison du fils d’un fonctionnaire royal. « Le fonctionnaire royal dit à Jésus : « Descends avant que mon enfant ne meure ». Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant ». L’homme crut à la parole de Jésus. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant est vivant. »

Comment s’opèrent les guérisons miraculeuses du Laus ? Essentiellement, selon l’expression d’alors, « en se vouant et en se rendant au Laus. » « En se vouant au Laus » à distance, c’est à dire en se confiant à Notre Dame du Laus, en promettant d’y venir en pèlerinage, de s’y confesser et de rendre grâce. Un certain nombre de guérisons s’opèrent par le vœu, avant l’arrivée au sanctuaire. Souvent la guérison est liée à une neuvaine à de prières. C’est le cas pour Catherine Vial.

Nous notons la fréquence de l’expression « en se vouant et en se rendant au Laus ». C’est le cas pour Antoine de Cazeneuve, fils d’un chirurgien, guéri le 28 juin 1665. Son père se résolut avec sa femme de le vouer à Notre Dame du Laus. Ils l’y amenèrent avec beaucoup de peine. En sortant de la chapelle l’enfant dit qu’il était guéri. Un petit enfant de 4 ans, du sieur Jean Léautier, qui fut guéri d’une fièvre ardente dès que ses parents l’eurent voué à Notre Dame du Laus et fait leur prière à ce sujet. Marguerite Aubert, indisposée des pieds et des mains, laquelle après s’être vouée et fait menée avec beaucoup de peine à Notre Dame du Laus, fut miraculeusement guérie de toutes ses infirmités. Marie Reignier qui ne pouvait marcher, laquelle son vœu fait et portée à Notre Dame du Laus, fut guérie de toutes ses incommodités.

Et ainsi de la plupart des dix-huit premières guérisons mentionnées par Mr Grimaud. Prenons la dix-huitième qui a bénéficié à Madeleine Pellegrin de Saint-Bonnet-en-Champsaur. Elle ne pouvait presque plus parler, « se voua au Laus » et fut guérie en y allant le 8 septembre. À partir de 1667, comme nous l’avons déjà vu, beaucoup de guérisons sont dues à l’onction d’huile de la lampe du sanctuaire de Notre Dame du Laus.

 

Quatrième semaine de Carême

Mardi 17 mars

Guérison de Catherine Vidal

 

En ce mardi, l’Évangile nous raconte la guérison du paralytique à la piscine de Siloé. « Jésus lui dit : « lève toi, prends ton brancard et marche. » Et aussitôt l’homme retrouva a santé ; il prit son brancard : il marchait.»

Au Laus, dans la nuit du 17 au 18 septembre 1665, Catherine Vidal, elle aussi, se lève de son lit et retrouve l’usage de ses jambes. Catherine Vidal était âgée de vingt-deux ans. Elle arrive au Laus accompagnée de sa mère, de sa tante et de son frère. Depuis six ans, elle est atteinte d’une rétraction des nerfs aux jambes. Son infirmité est particulièrement connue dans la région de Gap : son mari voyant son mal incurable, avait voulu faire déclarer son mariage non valide devant l’official de Gap. La jeune femme a commencé une neuvaine au Laus le 9 septembre. Elle logeait dans une maison du village, chez Jean Julien, tout près de l’église. Cette dernière nuit, sa mère l’entend crier de joie. Elle demande de la lumière et son livre de prières. Catherine rend grâce à Dieu. Au matin elle est conduite à la chapelle vers sept, huit heures. Le Grand Vicaire, Antoine Lambert, qui était venu mener un interrogatoire auprès de Benoîte, célébrait la messe. On crie au miracle.

Pierre Gaillard, qui servait la messe ce vendredi 18 septembre au matin, et François Grimaud, dressent quatre procès verbaux. On procède à une enquête aussi rigoureuse que possible : elle est signée par tous ceux qui ont vu et qui ont été impliqués. Lors de son interrogatoire les jours précédents, le Grand Vicaire Antoine Lambert avait demandé à Benoîte qu’elle obtienne de Dieu un signe pour qu’il puisse reconnaître l’authenticité des apparitions et de sa mission. Benoîte prie pour demander ce miracle. En constatant la guérison, le Grand Vicaire répète à plus de vingt reprises : « Le doigt de Dieu est là, le doigt de Dieu est là !» La guérison de Catherine Vial est significative et déterminante pour l’avenir du Laus. Elle est significative parce qu’elle est l’effet de la prière de Benoîte. Elle est déterminante parce qu’elle permet au Vicaire Général de reconnaître l’authenticité des apparitions et de la mission de la bergère. Il autorise la construction de l’église demandée par Marie.

 

Quatrième semaine de Carême

Mercredi 18 mars

Guérisons dues à l’onction d’huile

 

En ce mercredi de la quatrième semaine de carême où l’Évangile nous dit que Jésus donne la vie aux morts, écoutons plusieurs guérisons dues à l’onction de l’huile de la lampe du sanctuaire de Notre Dame du Laus, citées dans les Manuscrits. « La Bonne Mère dit à Benoîte que cette huile guérit toute sorte de maux. Les pèlerins, même les plus éloignés, en emportent presque tous ; mais l’éloignement fait qu’on n’en connaît pas les effets. » (année 1667)

« Un homme malade, abandonné des médecins, envoie chercher l’huile de la lampe, en prend pendant neuf jours, à la fin desquels il guérit. »  (année 1669) « On ne saurait dire le nombre de personnes qui ont été guéries de diverses sortes de maladies, tous les avis et consolations que Benoîte a donnés, toutes les conversions qui s’y font et le nombre des infirmités dont on guérit en prenant de l’huile de la lampe de Notre Dame ! On en prend et on en donne à ses parents, amis, voisins. »  (années 1672) 

« Cette année, plusieurs personnes sont guéries de plusieurs infirmités en prenant de l’huile de la lampe ; elles sont allées rendre grâce à Dieu et à sa Sainte Mère. » (année 1673) « Une personne ayant de la fièvre, la Mère de Dieu dit à Benoîte que Dieu la lui avait donné parce qu’elle était trop orgueilleuse ; qu’elle prenne de l’huile de la lampe pendant 9 jours, qu’elle ait bien la foi, et qu’elle guérirait. Ce qui fut vrai : elle le fit et guérit. »  (année 1674) « Un paysan de la Bâtie Neuve, malade à l’extrémité, prend de l’huile de la lampe durant neuf jours, guérit et en rend grâce à Marie et à Jésus. »  (année 1675) « Une femme qui a plusieurs ulcères va au Laus. Elle prend de l’huile de la lampe, en met dessus et s’en retourne bien guérie, rendant grâce à Jésus et à Marie. »  (année 1676)

De même, on lit dans l’Évangile de Marc, au chapitre 1 verset 34 : « Il guérit beaucoup de malades affligés de divers maux ».

 

Quatrième semaine de Carême

Jeudi 19 mars

Conversions des pécheurs


En ce jeudi de la quatrième semaine de carême, la première lecture tirée du livre de l’Exode nous présente l’histoire du veau d’or et la perversion du peuple, ainsi que l’intervention de Moïse. Les manuscrits du Laus décrivent les énormes péchés qui se commettent au XVIIe et XVIIIe siècles et le nombre très important de pécheurs qui viennent se convertir grâce à l’intervention  et à l’intercession de Benoîte.

Chez Benoîte, « ce qu’on remarque ce sont ses regrets, ses larmes et ses soupirs qui sont si grands que, quoiqu’elle soit toute consolée à la vue de la Mère de Dieu, elle ne saurait se consoler quand elle pense à ces énormes péchés que l’on commet et qui la font frémir chaque fois qu’elle y pense. »  (année 1670) « Un village des environs du Laus, qui avaient reçu de grandes grâces du Ciel, n’en reçoit plus. La Mère de Dieu dit à Benoîte de les avertir que, s’ils souffrent, c’est parce qu’ils supportent deux femmes publiques ; que les plus grands maux des pécheurs, c’est d’abuser des sacrements et de mourir dans l’impénitence finale. » (année 1671)

« Benoîte voit une femme qui a commis des péchés si énormes qu’elle n’en a jamais vu de semblables. Elle lui vit comme des doigts qui lui sortaient du front, ce qui l’étonna beaucoup. » (année 1678) « Quand Benoîte voit des personnes qui ont commis des péchés extraordinaires, elle voit sortir à travers de leur front un rond noir comme du charbon, de l’épaisseur d’un doigt, ce qui l’effraie beaucoup. »  (année 1689) « Le Sieur Peythieu a remarqué que le cœur a manqué à Benoîte plus de cent fois, quand elle sait que Dieu est offensé ; ce qui est son plus grand supplice, surtout quand ce sont des gens d’église ou des personnes consacrées à Dieu. »  (année 1690) Combien viennent encore aujourd’hui, parfois de loin, pour confesser leur péchés !

 

Quatrième semaine de Carême

Vendredi 20 mars

Conspiration contre Jésus et contre Benoîte

 

En ce vendredi, la première lecture tirée du livre de la Sagesse nous montre la conspiration des impies contre le juste : « Soumettons-le à des outrages et à des tourments. » Quant à Jésus dans l’Évangile de Jean : « On cherchait à l’arrêter mais personne ne mis la main sur lui car son heure n’était pas encore venue. »

Il en est de même pour Benoîte. Elle sera persécutée et mise à l’écart par les nouveaux prêtres de tendance janséniste qui s’installent au Laus de 1692 à 1712. Des rumeurs successives s’élèvent contre Benoîte et Aubin surtout à partir de 1696. Les extases de la bergère la feront traiter ouvertement d’épileptique, à tel point que la Vierge l’avertit qu’elle la verrait très rarement pour éviter ces soupçons. Les directeurs du Laus, Ristollant et d’Archias, l’éloigneront autant que possible des pèlerins et la tourneront en ridicule dans leurs conversations, surtout à l’occasion d’une bizarre affaire de médailles qu’elle aurait trouvées dans la montagne. Les entretiens d’Aubin avec les pèlerins irritent les jeunes chapelains, car notre ermite met en valeur avec un zèle débordant mais sans discernement, tout ce qui peut encourager la foi des pénitents.

Aussi obtiendront-ils bientôt que ce gêneur soit éloigné du Laus, interdiction lui étant faite d’y assister à plus d’une messe le dimanche avec ordre de retourner aussitôt dans son ermitage.

On interdit à Benoîte de parler aux gens et on lui enlève le soin de balayer l’église. Benoîte est très affligée de voir des pèlerins communier sans confession sérieuse. Selon Gaillard, des complots se seraient même tramés contre la bergère : on aurait médité de l’enlever la nuit et de faire croire qu’ils seraient partis, avec Aubin, « mener la vie » ! Un prêtre aurait eu l’intention de lui demander une conversation particulière, de la poignarder et de la jeter à la rivière…

 

Quatrième semaine de Carême

Samedi 21 mars

Les éclipses du Laus

 

En ce samedi de la 4e semaine de carême, dans la première lecture, le prophète Jérémie persécuté a la vengeance de Dieu. Et l’évangile de Jean continue à nous parler de la persécution contre Jésus :  « On se divise à son sujet – quelques-uns voulaient l’arrêter. » Ces lectures nous renvoient encore aux conspirations contre Benoîte. Elles sont l’occasion pour nous de mentionner le traité du Chanoine Gaillard sur « les éclipses du Laus ». Ils montrent comment dès le départ les conspirations ont tenté d’éclipser la grâce lumineuse de ce lieu et le rayonnement de Benoîte.

« Les ouvrages de Dieu, écrit-il, sont toujours contrariés… le démon les éclipse tant qu’il peut. Les éclipses du Laus sont de plus longue durée que celle du soleil…. » Une de ces éclipses du Laus dure quatre mois : on défend alors aux prêtres d’adresser la parole à Benoîte. La Bonne Mère dit à Benoîte qu’on a toujours dessein de l’enlever… En effet les prêtres des années 1710, non seulement ne croient pas à la dévotion, mais encore ils ne veulent pas savoir ce qui se passe au Laus ni reconnaître les miracles et les grâces qu’on y reçoit. En 1710, l’Ange dit à Benoîte que les prêtres du Laus dissuadent le monde d’aller au Laus, et défendent à ceux qui y vont de parler à Benoîte. Quelle étrange éclipse pour ce saint lieu !

 

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07 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Troisième semaine de Carême

 

Troisième dimanche de Carême

Dimanche 8 mars

Suite de l’apparition du 29 août 1664 au Vallon des Fours

 

En ce dimanche de Carême nous continuons le récit de la dernière apparition au Vallon des Fours, le 29 août 1664 qui nous renvoie à la fin du récit de la Transfiguration. Voici venu l’instant décisif où ce mystère va peut-être s’éclairer : ce récit limpide en marque bien l’atmosphère religieuse :

« Tandis que je priais Dieu, mais ardemment et de toute l’étendue de mes forces, de me faire connaître sa sainte volonté, récitant l’office de la Sainte Vierge à genoux sur une pierre, distant seulement de cinq à six pas de notre bergère… elle m’avertit avec un ton de joye tout-à-fait extraordinaire, en me disant ces paroles : « Eh ! M. le Juge ! vous… la damoiselle… je la vois… venez vittement ! ». Il ne faut pas dire si je m’y rends à grands pas, où estant je lui dis : « Où est-elle ? Sur quoi ? ». Elle me répondit, regardant dans l’antre avec joye et estonnement tout ensemble : « Quoy ! Monsieur le Juge ! vous ne la voyez pas ? » Et sur ce que je lui dis que je n’étais pas homme de bien pour mériter un tel honneur, elle me dit : « Monsieur ! elle vous tend la main… ». Ce qui m’obligea le chapeau au poing et à genoux de tendre la main dans l’antre pour savoir si quelque chose d’invisible me toucherait. Mais la, vérité, je ne touchai rien. Et dans ce temps la bergère me dit que la demoiselle disparaissait et s’enfoncait dans l’antre ».

Ceci fait, je m’escartai encore un peu de notre bergère pour prier Dieu, et lui dit de demeurer encore là, et de prier aussi Dieu. Comme je continuais l’office de la Sainte Vierge, Dieu m’inspira de dire à Benoîte de demander à la demoiselle, qu’elle voyait, comment elle s’appelait. Elle le fit sur le champ, regardant dans l’antre, et elle me répondit d’abord [aussitôt] qu’Elle s’appelait « Dame Marie… et qu’elle ne la verrait de quelque temps ». Paroles qui me surprirent fort, et me confirmèrent tout à fait dans ma première croyance, savoir que la Sainte Vierge daignait bien paraître à cette pauvre et simple bergère. Et dès lors je conclus de très bonnes expériences de cette apparition et ceux que Dieu voulait favoriser, et celui de quelque grand bonheur. J’exhortai notre bergère de tout mon pouvoir de bien prier Dieu, et de se mettre en état de grâce, puisque la Sainte Vierge la comblait d’une faveur singulière. Comme Elle lui avait dit qu’Elle ne la verrait de quelque temps, notre bergère en estait inconsolable et fort affligée ; elle en pleurait même à chaudes larmes, parce que sa vue lui causait une joie inexprimable, ainsi que j’avais pu lire sur son visage estant au-devant de l’antre. »

La vision disparaît comme à la Transfiguration : « Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : relevez-vous, n’ayez pas peur ! Levant les yeux, ils ne virent plus que Lui, Jésus, seul ».

 

Troisième semaine de Carême

Lundi 9 mars

Nombre et importance des guérisons obtenues

 

En ce lundi de la 3e semaine de carême, la première lecture de la messe nous raconte la guérison de Naaman le Syrien, qui fut guéri de la lèpre en se plongeant sept fois dans le Jourdain, pour obéir à l’ordre d’Élisée. C’est l’occasion pour nous de parler du nombre et de l’importance des guérisons obtenues par l’intercession de Benoîte.

Pour dire le nombre et l’importance des guérisons miraculeuses qui ont eu lieu durant la vie de Benoîte, il suffit de prendre en main la copie de Galvin (1850) qui retranscrit les quatre manuscrits originaux des XVIIe et XVIIIe siècles : ceux du juge Grimaud, de Jean Peythieu, du frère Aubin et de Pierre Gaillard, auteur de « la grande histoire ».

Si nous prenons en main la copie du manuscrit du juge Grimaud datant de 1665, que remarquons-nous ? Sur les dix-sept pages de cette copie, onze pages sont consacrées à la relation des guérisons. Nous avons deux pages d’introduction, une page et demi qui relatent les apparitions du début du mois de mai au 29 août 1664 au Vallon des Fours, l’apparition de Pindreau et celle de la chapelle de Bon Rencontre, ensuite une demi-page qui évoque le mouvement des foules de Pentecôte 1665 à janvier 1667 affluant vers le Laus. C’est tout. Tout le reste est consacré au récit des guérisons.

 

Troisième semaine de Carême

Mardi 10 mars

L’Annonciation

 

« L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph. Et le nom de la jeune fille était Marie. » En ce jour nous allons méditer sur l’Annonciation de l’Ange à Marie nous pouvons faire mémoire d’une annonciation dont bénéficia Benoîte : celle des apparitions de la Vierge. Cette annonciation eut lieu sur la « montagne de Saint Maurice » au-dessus du village de Valserres : le saint lui-même, qui était vénéré en ce lieu, annonce à Benoîte au début du mois de mai 1664, que le lendemain, au lieu appelé « Vallon des Fours », elle verra la Mère de Dieu.

Voici le texte : « Elle vit un vieillard tout blanc habillé de rouge, une bonne mine, une longue barbe, une belle taille… Le vieillard lui apparaît, s’approche d’elle, lui demande ce qu’elle fait :« Je garde mes moutons, prie Dieu, cherche de l’eau à boire. » Elle prend son pain et l’invite à manger ; il répond qu’il n’en a pas besoin. « Il faut bien que vous mangiez », dit-elle. « Non ma fille, je ne vis pas du pain terrestre, je ne mange que du pain céleste… Je suis Maurice… » Et il lui dit qu’elle aille dans le vallon qu’il lui montre, qui est au-dessus de Saint-Étienne, où elle verra la mère de Dieu. » Le lendemain, au Vallon des Fours, Benoîte rencontre pour la première fois la « Belle Dame » qui va lui apparaître en ce lieu durant quatre mois, presque tous les jours, « du matin aux étoiles, jusqu’au soir aux étoiles. »

 

Troisième semaine de Carême

Mercredi 11 mars

Premières guérisons

 

Nous avons évoqué lundi le nombre et l’importance des guérisons qui se sont opérées au Laus au temps de Benoîte. Aujourd’hui nous rapporterons quelques exemples significatifs et la première gerbe de guérisons.

La première guérison du Laus est celle d’un estropié du village de Lazer qui a lieu durant le premier pèlerinage, en avril 1665. Le juge Grimaud nous fournit un abrégé des procès-verbaux de dix-huit guérisons, survenues entre le dimanche 28 juin 1665 et le 8 septembre, et consignés par lui-même du 12 août au 8 septembre. Il les transcrit, nous dit-il, dans le but apologétique de confirmer les fidèles dans leur confiance envers la Vierge du Laus, et aussi de faire réfléchir les calvinistes : « nous pouvons dire qu’un grand nombre sont ébranlés dans leur âme, quelque mine qu’ils fassent ». Cette liste de guérisons, Grimaud la poursuit jusqu’à fin juin 1667 dans le compte rendu qu’il a préparé pour Monseigneur d’Aubusson, l’Archevêque d’Embrun alors à Madrid, et dont le texte se trouve aux archives du Laus.

Les huit premiers cas concernent des familles gapençaises bien connues. Les autres se répartissent dans le Bas-Champsaur, les cantons de Chorges et de Savines. « Le premier est arrivé le 28 juin, en la personne du fils de messire Anthoine de Cazeneuve, chirurgien de Gap, appelé Pierre, âgé d’environ onze ans ; il avait sept ulcères à la jambe gauche, trois à la cuisse et quatre depuis le genou jusqu’en bas ; Cela durait depuis environ quinze mois. Une grande fluxion sous l’œil gauche, lui enlevait de temps en temps la vue. Son père, voyant que tous les remèdes de son art de chirurgien étaient comme inutiles, se résolut avec sa femme à le vouer à Notre Dame du Laus. L’ayant mené avec beaucoup de peine, et ayant fait leur dévotion, au sortir de la chapelle l’enfant dit qu’il était guéri. Il revint en effet dans la ville de Gap tout seul, marchant sans douleur, et en moins de trois jours les ulcères furent tout consolidés sans rien y faire et il fut aussi guéri de la fluxion, au grand étonnement de tous ceux qui l’avaient vu en pitoyable état. Le père et la mère l’ont déclaré et signé le 12 août 1665 ».

Le Carême est un temps de guérison. Voilà pourquoi dans les jours suivants nous continueront ces récits de guérisons obtenues par l’intercession de la mère de Dieu, par la foi des pèlerins et l’intervention de Benoîte.

 

Troisième semaine de Carême

Jeudi 12 mars

D’autres guérisons

 

En ce jeudi 27 mars, Jésus expulse un démon qui rend un homme muet… et il proclame : « Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous ». Le vicaire général Antoine Lambert, après la guérison de Catherine Vial qui avait retrouvé l’usage de ses jambes, s’était écrié à plus de vingt reprises : « le doigt de Dieu est là, le doigt de Dieu est là ! »

À deux reprises, dans les manuscrits du Laus, on voit Benoîte participer à la délivrance de deux personnes possédées en septembre 1710 et en octobre 1716. Il s’agit de Madeleine Petet de Saint Martin de Queyrières (Hautes-Alpes). Nous avons le procès-verbal fait au Laus le 8 septembre 1710 à deux heures de l’après midi, signé par Gaillard qui est prêtre et deux autres personnes. Madeleine était victime d’un maléfice. Le 7 septembre 1710, elle arrive au Laus sur les huit heures du matin. « Elle aboit comme un chien, si fort que les prêtres la firent sortir de l’église parce qu’elle empêchait tous le monde de prier Dieu. Après ma messe, la sœur Benoîte prie les assistants de dire les Litanies de Notre Dame pour elle. Sitôt après, cette bonne femme se trouve délivrée de ce maléfice et elle parle comme auparavant. » On est en droit de penser que cette délivrance subite est due à la qualité de la foi et de la prière de Benoîte qui rejaillit sur l’assistance.

On trouve le même type de délivrance avec Catherine Hermite, la possédée de Seynes les Alpes que Benoîte accueillit et fit entrer dans la basilique. Elle est guérie en mangeant du pain béni à la sacristie et par une confession générale qui la libère complètement. Benoîte la fit diner avec elle et elle repartit calme et paisible. À Seynes les Alpes, les gens étaient dans l’admiration de la retrouver dans cet état. Ils exprimèrent leur confiance et leur vénération envers la Vierge du Laus et sa messagère.

Ce récit est le dernier où Benoîte apparaît en action auprès des pèlerins. C’est elle qui aurait encouragé cette fille à faire une confession générale. Ce trait final manifeste clairement son charisme et de sa mission.

 

Troisième semaine de Carême

Vendredi 13 mars

Les guérisons d’un chartreux et d’un archevêque

 

En ce vendredi de la troisième semaine de carême, nous mentionnons les guérisons étonnantes de Jean Barthélémy, prieur de la Chartreuse de Durbon, et celles de l’archevêque d’Embrun, Monseigneur d’Aubusson de la Feuillade.

« Jean Barthélémy, prieur de la Chartreuse de Durbon, était fort incommodé des jambes depuis longtemps, sans pouvoir s’en soutenir. Un de ses religieux lui dit de se vouer à Notre Dame du Laus, qui faisait tant de miracles. Il répondit qu’il leur était interdit de faire aucun vœu, mais que si néanmoins il plaisait à Dieu que l’intercession de sa Sainte Mère le soulage de son mal, il s’en irait célébrer la Sainte Messe dans son oratoire du Laus, dès qu’il pourrait monter à cheval. La veille de la Saint Martin, il eut la pensée que la Vierge lui disait de se lever, et qu’il était guéri. Il se lève, tout étonné de ne point sentir de mal à ses jambes ; il croit rêver, marche par sa chambre librement et sans bâton, appelle ses religieux, les avertit du miracle arrivé en sa personne, les conjure de rendre grâces à Dieu et à la Sainte Vierge d’un tel bienfait et fait dire l’office De Beata. Puis il fait préparer un cheval pour partir au Laus. Il rencontre en chemin le sieur Bonnet, médecin de Gap, qui venait avec un plein panier de drogues pour le soulager ; il lui dit qu’il avait trouvé un autre médecin que lui ! Le lendemain, deuxième jour de la foire de Saint Martin, il quitte Gap pour le Laus où il vient célébrer la messe, et revient coucher à Gap. Il témoigne de toute sa guérison en place publique, en présence d’un grand nombre de notables et de représentants de la religion calviniste. »

« Monseigneur l’Archevêque d’Embrun, ambassadeur pour le Roy en Espagne, a été guéri instantanément  d’une très grave maladie à laquelle il n’espérait point réchapper. Cela sur l’avis qui lui avait été donné qu’une nouvelle dévotion arrivait dans son diocèse et après s’être voué à la Vierge du Laus : ceci l’obligea de donner ordre de faire dire une neuvaine de messes en action de grâce, de faire présent à ladite chapelle de 300 livres pour la bâtisse en attendant ses plus grandes libéralités ».

 

Troisième semaine de Carême

Samedi 14 mars

La nature de ces guérisons

 

En ce samedi de la troisième semaine de Carême, nous évoquons la nature des guérisons opérées en deux ans du temps de Benoîte. Nous citerons d’abord en synthèse un texte de l’historien Juvénis, contemporain de Benoîte, dans sa chronique historique : « On y faisait des vœux, des processions et des offrandes. Les ulcéreux, les phtisiques, les perclus, les impotents, les autres malades y recevaient la guérison. Les pécheurs invétérés et rebelles y trouvaient par des confessions très douloureuses une salutaire pénitence ».

Le Père de Labriolle note que, de l’automne 1665 à l’hiver 1669, les guérisons des yeux sont les plus fréquentes avec celle des ulcères ; puis ce sont les paralysies des membres, les cas dits désespérés ; ensuite les maladies digestives ou nerveuses et enfin les grosses fièvres et les surdités. Pierre Gaillard note entre 1701 et 1703 : « ceux qui ont mal aux yeux offrent des cœurs d’argent après leur guérison ; ceux qui sont guéris de chancre au nez, au visage, au sein, etc… offrent aussi des présents. »

En 1669 et 1684, des guérisons nombreuses et variées sont signalées chaque année par Gaillard. Également en 1673, 74, 75, 76 ; après avoir énuméré six cas de guérison, il ajoute : « qu’on juge des autres miracles par ce petit nombre cité en si peu de temps, par les autres guérisons dont on n’a pas parlé et qui sont continuelles. » En 1677 et 1678 il cite une nouvelle liste de guérisons ; en 1679 une autre guérison est signalée ; et presque chaque année dans son manuscrit, Gaillard répète comme un refrain : « quel dommage qu’on ait recueilli que quelques miettes. »

Peythieu n’avait-il pas écrit en 1671 : « je m’accuse de négliger à recueillir les guérisons qu’on m’a rapportées, aussi extraordinaires qu’on pourrait imaginer, parce que dans les commencements je n’avais pas assez de piété pour les croire. » Nous relevons vingt-huit guérisons en 1684 et 1685 et seize dans les trois années suivantes. En tout, cinquante et une guérisons durant ces cinq années. Neuf autres cas sont signalés de 1701 à 1703. Le Père de Labriolle relève dans le manuscrit de Gaillard neuf guérisons de 1709 à 1711.

Si nous revenons un peu en arrière pour prendre conscience du nombre de guérisons, nous avons un total de quatre-vingt guérisons signalées du printemps 1665 à la fin de l’année 1669, donc presque une centaine de guérisons en moins de cinq ans. Et Gaillard fait remarquer qu’il y en a eu une infinité d’autres qu’on n’a pas eu le soin d’observer ou d’écrire. On a, en effet, consigné par écrit surtout les guérisons des gens du voisinage, mais il y en a sûrement eu d’autres, de gens plus éloignés qui n’ont pas été rapportées, non seulement de la France mais des pays étrangers.

 

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28 février 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Deuxième semaine de Carême

 

Deuxième Dimanche de Carême

Dimanche 1er mars

La Transfiguration

 

L’Evangile que nous prendrons en ce deuxième dimanche de carême est celui de la Transfiguration : « Jésus prend avec Lui Pierre, Jacques et Jean et il les emmène à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; Son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière ».

Les apparitions de Marie à Benoîte sont un reflet de la Transfiguration du Seigneur. La Vierge glorieuse de l’Assomption apparaît toute lumineuse à Benoîte et transfigure cette dernière. Le prêtre Jean Peythieu après avoir bien observé la voyante nous dit : « Elle la voit toujours de la même façon : de ses habits et de son visage sortent tant de lumière qu’elle n’en n’a pu bien remarquer les traits… Les effets de cette extase sont qu’elle s’oublie de ce qu’elle faisait, du lieu où elle était, de l’heure qu’il est. Mais l’extase dure fort peu quand elle revient, sa face paraît embrasée : elle se met à genoux et invite ceux qui sont autour à remercier Dieu et sa Sainte Mère »…

À Pindreau, après les quatre mois des apparitions au Vallon des Fours, « elle y voit sa souveraine princesse, les délices de son âme, sa toute aimable, sur le haut de ces messieurs, plus éclatante que le soleil », écrit Pierre Gaillard. Il est dit autre part dans les Manuscrits qu’après les apparitions, Benoîte était comme un soleil. Les similitudes avec le texte évangélique de la Transfiguration sont indéniables.

 

Deuxième semaine de Carême

Lundi 2 mars

La première apparition au Vallon des Fours

 

Nous restons cette semaine dans la lumière de la Transfiguration à travers les apparitions de Dame Marie à Benoîte. C’est le récit rajouté par l’ermite Aubin sur un cahier de Peytieu qui nous détaille cet événement. En voici le texte : « Le lendemain [de la montée à Saint-Maurice], Benoîte va dans le vallon où son souhait fut accompli… C’est au pied du bois de Saint Etienne, où il y a du côté gauche en montant un petit antre vis-à-vis, où elle récite son chapelet en gardant ses moutons. Tout à coup elle voit une belle Dame sur la roche, qui tient un petit enfant par la main, d’une beauté singulière. « Belle Dame ! Lui dit-elle, que faites-vous là-haut ? Venez-vous acheter du plâtre ?… (après ?) Voudriez-vous gouster avec moy : j’ai un peu de bon pain, nous le tremperions dans la fontaine ! ». La Dame sourit de sa simplicité, et ne lui dit mot. « Belle Dame ! Vous plairait-il de nous donner cet enfant, qui nous réjouirait tant ». La Dame sourit encore sans répondre ». Peytieu l’explicite ainsi : « Ce bel objet qui la surprit lui fait glisser tant de douceurs et de joye qu’elle n’en pouvait plus perdre l’idée. Il l’embrasa tellement de son amour, que la nuit lui était une année, et, le jour lui était trop court à la vue de cette Dame ».

Soulignons ici les deux expressions : « une belle damoiselle » et « ce bel objet » : nous retrouvons là deux termes dont usera Bernadette à Lourdes pour décrire ce qu’elle contemple. Toutes deux auront aussi la même attirance invincible pour retrouver cette vision. Peytieu note en effet : « Elle n’en revenait avec son troupeau qu’aux étoiles, et elle y retournait le matin — à moins que son maître l’en empeschât — aux étoiles. Cette faveur dura presque quatre mois sans qu’elle sent qui estait cette belle Dame ». Gaillard rajoute une précision importante : « Elle est tellement charmée à cette vue que plusieurs fois au gros de la nuit, elle se lève en dormant, prend son troupeau, s’en va toute en chemise et à nus-pieds, le mène droit au lieu où elle voit la Dame. S’éveillant, se voyant en chemise, toute honteuse, qu’elle est s’en retourne avec son troupeau, le ramène à l’estable, se va coucher jusqu’au point du jour. Puis elle y retourne toujours plus empressée de voir la Dame. Elle n’a point de plus grand plaisir que d’être dans ce vallon, sans se soucier de boire et de manger ». À la Transfiguration, les trois Apôtres, comme Benoîte, ressentent une grande joie et ne veulent plus repartir. « Pierre alors prit la Parole et dit à Jésus : « Seigneur il est heureux que nous soyons ici ! Si Tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie ».

 

Deuxième semaine de Carême

Mardi 3 mars

9 août 1664, dernière apparition au Vallon des Fours

 

Le témoignage du Juge Grimaud : « Sur l’advis qui m’avait été donné de cette procession, d’autant que j’avais donné l’ordre de bien observer toutes choses, je ne manquai point de m’y rendre pour voir s’il y arriverait quelque chose de singulier, qui nous fit cognaistre que Dieu prend plaisir ; que la Sainte Vierge fût honoré en ce lieu… » Voilà un fonctionnaire qui se sent responsable au double titre de représentant de l’ordre public, et de chrétien soucieux des volontés divines.

« Je trouvai la procession au-devant de l’antre, qui chantait les Litanies de la Sainte Vierge, et tout le monde dans de grandes constrictions [perplexités], pour savoir ce que ce pouvait être. Je dis au sieur prieur de se retirer avec tout le monde, et d’agréer que Benoîte demeurât seule avec nous audit lieu. Mais comme plusieurs personnes s’arrestaient ça et là pour voir ce que nous ferions, Benoîte qui était demeurée au-devant de l’antre, à quelques pas de nous, me dit que la Demoiselle lui disait — sans la voir néanmoins — de me dire de faire retirer tout ce monde, ce que je fis. (...) M’estant rapproché de notre bergère, sur le visage de laquelle paraissait une joye et satisfaction incomparables, je lui demandai si elle voyait la Demoiselle, qu’elle était accoutumée de voir. Laquelle me répondit nettement qu’elle ne voyait alors rien, bien qu’elle l’ait vue en arrivant avec la procession. Comme j’avais une passion très grande de découvrir une si importante affaire, je dis à notre bergère de prier Dieu à genoux devant l’antre, tandis que je m’écarterais à quelques pas d’elle pour prier aussi, moy en particulier Dieu et sa sainte Mère de me faire connaître leur volonté. Je luy donnai l’ordre, si elle voyait quelque chose, de m’avertir pour m’y rendre promptement ».

 

Deuxième semaine de Carême

Mercredi 4 mars

Saint Joseph

 

Nous parlerons aujourd’hui de Saint Joseph, « le serviteur fidèle et avisé que le Seigneur a établi sur sa famille », nous dit la prière d’ouverture de la messe. « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » C’est la parole de l’Ange qui est apparu en songe à Joseph, nous dit l’évangile de Matthieu. La proximité de Joseph avec Marie évoque la proximité de Benoîte avec la Mère de Dieu. L’évangile nous apprend qu’ « à partir de ce jour, Joseph la prit chez lui ». C’est ce qu’a fait saint Jean après la mort de Jésus. C’est ce qu’a fait Benoîte qui n’a cessé de vivre en contact avec Marie et dans son rayonnement maternel.

Il était donc normal que saint Joseph apparût à Benoîte. Pierre Gaillard nous dit donc dans sa grande histoire qu’en l’année 1669 : « Saint Joseph est apparu six fois à Benoîte, lui disant de prendre bien patience en gardant son troupeau, de le bien suivre sans se fâcher.» Dans son texte sur les éclipses du Laus, il mentionne une autre apparition de saint Joseph : « Saint Joseph apparaît à Benoîte et lui dit que parce que le père Aubin parle toujours de la dévotion, on veut le mettre en prison »… Il nous dit aussi que c’est le jour de la Saint-Joseph, le 19 mars 1689, que mourut Jean Peythieu.

 

Deuxième semaine de Carême

Jeudi 5 mars

L’apparition de la Vierge à la cathédrale d’Embrun le jour de la Fête Dieu, le 8 juin 1670

 

Voici le texte du prêtre Jean Peythieu : « Presque durant toute la prédication elle s’extasia à la vue d’un si admirable objet ; ceux qui en avaient soin crurent que c’était une pâmoison. La Mère de Dieu lui dit de ne s’estonner, et que les ennemis du Laus seraient confondus ». Gaillard complète ce récit à l’aide des souvenirs de Benoîte : « Elle eut l’honneur de voir la divine Marie, pendant qu’on disait la Grand-Messe, habillée en reine, une couronne sur la teste, toute éclatante de lumière. Quand on commença à jouer de l’orgue, ce qui surprend Benoîte, la Mère de Dieu lui apparaît, et lui dit de n’avoir pas peur, que ce sont de petits instruments pour honorer son très cher Fils, dont c’était la plus grande fête, la marque de son amour infini… et quantité d’autres belles choses dont elle ne se souvient plus, et qu’on n’a pas eu le soin d’escrire, mais que j’ai su depuis que ce lieu lui serait bien contraire à la dévotion du Laus, mais qu’il fallait avoir bon courage, bien prier son très cher Fils, faire toujours de bonnes œuvres, souffrir très patiemment tout ce qu’on ferait contre elle et contre le Laus ; mais tous les ennemis de ce saint lieu seront un jour confondus ».

 

C’est le vendredi après-midi que la bergère reçoit enfin la permission de quitter Embrun. « Benoite, nous dit Pierre Gaillard, prend congé du grand Vicaire, va avec sa mère à Savines à pied sans boire ni manger encore. Très embrasée de l’amour de Dieu après sa vision, elle s’occupe continuellement à la prière dans les chemins et partout ». Elle arrive dans la soirée au Laus, se rend à la chapelle de Bon Rencontre demeurant près d’une heure en extase.

 

Deuxième semaine de Carême

Vendredi 6 mars

La vision du Paradis

 

« Le jour de l’Assomption de Notre-Dame 1698, notre Reine entre à la chambre de Benoîte sur les sept à huit heures du soir ; elle disait ses Litanies et eut une joye extraordinaire de voir sa bonne Mère portée par quatre Anges en forme de petits enfants d’un an, que Benoîte appelle des « angeons ». La divine Marie lui dit : « Ma fille suivez-moi, et vous réjouissez : je vais vous faire voir des choses que vous, n’avez jamais vues ». Aussitôt deux Anges prennent Benoîte de chaque côté, et la portent après la Sainte Vierge. Quand elle fut beaucoup élevée en l’air, elle entendit quantité d’Anges, qui chantaient les Mystères de la Passion de Jésus, disant : « Jésus méprisé ! Jésus passé par le larron ! Jésus crucifié ! », et ainsi du reste, ne se souvenant pas de tout ce qu’ils disaient. Les odeurs suaves et embaumantes de la Sainte Vierge et des Anges l’enveloppaient.

Pour montrer sa grande simplicité : montant toujours, elle pensait : « Où vas-tu ? Où est-tu ? Tu es si grosse et pesante ! Si ces deux petits angeons n’avaient pas la force de te porter… en quel précipice tomberais-tu ? ». La Sainte Vierge la rassura : « Ma fille, vous ne tomberez pas ! ». Par le grand éclat de la divine Marie, elle voyait plus clair qu’en plein midi. Quand la Sainte Vierge fut aux portes du Paradis, un homme habillé de rouge lui ouvre la porte, et la salue avec un profond respect. Étant entrée dans le Ciel ses deux Anges la quittent, et ceux de Benoîte aussi : elle suit à pied sa bonne Mère sans savoir où elle était, où elle allait, ce qu’elle faisait, éblouie de tant d’éclat, de splendeur et de gloire, qu’elle voyait de part et d’autre, de quelque côté qu’elle se tourne.

Quand elle fut un peu avancée dans le Paradis, elle vit les Bienheureux plus resplendissants que le soleil, chacun dans son siège, d’une beauté et d’un esclat qu’elle n’a sû exprimer, tous découverts, d’une chevelure blonde, tous jeunes, lui semblait-il, et tous d’un même âge, qui tantôt s’asseyaient, tantôt se tenaient debout. Ils chantaient des cantiques à la louange de Dieu et souriaient tous en la vouant passer. »

Nous sommes toujours dans la lumière de la Transfiguration : « Son visage devint brillant comme le soleil et son vêtement blanc comme la lumière ».

 

Deuxième semaine de Carême

Samedi 7 mars

Suite de la vision du Paradis

 

Nous avons vu hier Benoîte transportée au Paradis par la Sainte Vierge et les Anges, éblouies de tant d’éclat, de splendeur et de gloire, elle voit les bienheureux plus resplendissants que le soleil. « Elle vit Messieurs Peytieu, M. Hermitte, sa mère qui la saluent souriants vers elle ; elle vit beaucoup de personnes connues : parents, amis et autres. Comme elle voulait s’approcher de ces deux Messieurs, la Vierge lui dit : « Suivez-moi, ma fille ! ». La suivant elle vit de grandes tribunes toutes parsemées de pierreries, dont l’éclat l’éblouissait : elles étaient élevées les unes sur les autres, de degré en degré. […] La Sainte Vierge lui dit. « Ma fille, le plus haut degré de ces trois, ce sont les Martyrs habillés de rouge ; après les Vierges non martyrs en blanc ; au plus haut degré les « chancelantes » [autres élus lumineux] habillées de diverses couleurs. Les Bienheureux qu’elle voit aussi loin que sa vue peut s’étendre chantaient les louanges de Dieu, les mains jointes. Benoîte ne les connaissant pas disait en son cœur : « Que feras-tu ici, estant si éloignée de ceux de ta connaissance ! Au moins si tu étais proche de tes deux confesseurs et des autres que tu connais, tu serais plus contente. […] Je ne les saurais trouver à présent ! ». La Mère de Dieu pour la rassurer lui dit de n’appréhender rien, qu’Elle la retournerait où Elle l’avait prise.

Étant beaucoup avancée dans le Paradis, elle vit un Trosne rond tout parsemé de pierreries, élevé pardessus tous les autres, d’un brillant et d’une splendeur inestimables, dont l’éclat lui ôtait la vue. À l’entour du trône une infinité d’Anges tout rayonnants de gloire. La Sainte Vierge passant devant Celui qui était au Trône lui fit une profonde révérence et l’adora, sans que Benoîte scut qui c’était. Quand la Mère de Dieu passait, tous les bienheureux se levaient de leur siège et la saluaient.

Au milieu du Paradis elle vit un grand arbre, fort épais et étendu : les feuilles et les branches étaient d’or, lui semblait-il, et quantité de belles pommes. Elle avait grande envie d’en prendre une, mais par respect elle ne l’osa faire. Elle dit à la Mère de Dieu : « Voilà un bel arbre ! ». « C’est l’Arbre de Vie », lui répondit la bonne Mère. N’ayant vu que quelques prêtres dans le Paradis, parmi cette foule innombrable, elle dit : « Je n’y vois guère de prêtres ! ». La Bonne Mère lui dit qu’elle ne les lui a pas voulu monstrer, parce qu’elle en aurait trop de déplaisir ».

Elle poursuivit cette visite toute le nuit et se retrouva au point du jour au pied de la descente du Laus. Il y a de quoi nous surprendre.

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11 juin 2008

Notre Dame du Laus

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Notre Dame du Laus

Marie, Refuge des pécheurs

(le monument de Pindrau)

Prière

Seigneur, plein de tendresse et de Miséricorde, Ton Fils nous adonné Marie pour Mère; par Elle, Tu as choisi le Laus comme refuge des pécheurs; fais qu'à la suite de Benoîte Rencurel et par l'intercession de Marie, Demeure de l'Esprit Saint, nous nous laissions transformer pour vivre aujourd'hui la fidélité à l'Evangile, dans l'Eglise et dans le monde. Amen.

Notre Dame du Laus, priez pour nous!

Voir aussi: http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2008/05/02/9036739.html

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02 mai 2008

Neuvaine avec Benoîte Rencurel

Num_riser0014 Neuf étapes de la vie de Benoîte Rencurel,

bergère de Notre Dame du Laus,
pour vivre une neuvaine de prière en sa compagnie.

A partir des écrits des Manuscrits du Laus, mais aussi avec les lieux marqués par la vie de Benoîte (1647-1718), voici 9 étapes fondamentales dans la vie de la Bergère de St Etienne d'Avançon. La parole de Dieu puis une prière permet d'avancer spirituellement pas à pas, jour par jour, grâce au témoignage de Benoîte.

Premier jour

L'enfance de Benoîte à St Etienne d'Avançon.


Benoîte est baptisée le 17 septembre 1647 à St Etienne d'Avançon. Elle est la 2ème fille de Guillaume Rencurel et de Catherine Materons. Elle a une sœur aînée, Madeleine et bientôt une sœur cadette, Marie. Son père meurt en 1654,  Benoîte à 7 ans. Catherine est destituée de tous ses biens. La maman et ses trois filles se trouvent rapidement dans une situation d'extrême précarité. A l'âge de 12 ans, Benoîte est mise en service pour garder les moutons, tantôt dans une famille du village, tantôt dans une autre.


La Parole de Dieu : "La mère et les frères de Jésus arrivèrent près de lui mais ils ne pouvaient le rejoindre à cause de la foule. On lui annonça : "Ta mère et tes frères se tiennent dehors ; ils veulent te voir." Il leur répondit : " Ma mère et les frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mette en pratique." (Lc 8, 19-21)

Prions pour les familles en difficultés à cause de la maladie, d'un décès, du chômage de l'un des parents ou des deux. Très tendre Marie, nous confions à ta prière tout spécialement les enfants de ces familles pour que tu les accompagnes sur le chemin de ton fils, Jésus-Christ.

Récitation d'un chapelet.

Deuxième jour

La préparation de Benoîte à la vie spirituelle


Benoîte a 12 ans. Elle est placée chez Louis Astier qui avait confiance en elle. Mais il meurt rapidement et sa femme reste seule avec six enfants. Benoîte donne souvent son pain aux enfants de Madame Astier. Elle se consolait en disant : "Oh ! C’est bien assez que je mange la semaine prochaine chez mon autre maître." Benoîte apprend un jour qu’une femme est gravement malade (elle avait perdu la parole). Sensible à ce drame, elle réunit ses compagnes : "Venez – dit-elle – allons dire le rosaire pour cette malade." Guidée par la prière de Benoîte, les jeunes filles récitent alors le chapelet. Leur prière n’est pas terminée que la malade retrouve la parole, et le premier usage qu’elle en fait est de remercier les jeunes filles et Benoîte qui se rendaient à son chevet. Ne sachant ni lire ni écrire, elle s'ouvre très tôt à une vie de prière très intense. Son comportement manifeste les signes indéniables d'une authentique vie spirituelle et d'une charité très généreuse, jusqu'au jour où, touchée par les mots d'un sermon de son curé, Jean Fraisse, qui parle de la Mère de Miséricorde, elle éprouve le désir secret de la voir. Elle a 17 ans.


La Parole de Dieu :"Des gens amenaient à Jésus même des bébés pour qu'il les touche. Voyant cela, les disciples les rabrouaient. Mais Jésus fit venir à lui les bébés  en disant : "Laissez les enfants venir à moi; ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent." (Lc 18, 15-17)

Père, envoie ton Esprit Saint sur les enfants et sur les jeunes afin qu'ils découvrent la beauté de la Bonne Nouvelle de Ton Fils, Jésus-Christ. Que son témoignage éclaire leur chemin pour qu'ils deviennent, comme Benoîte, des témoins de la foi de ton Eglise. Qu'ils découvrent ainsi en recevant Ton Esprit Saint, la joie intérieure la plus intense qui soit.


Récitation d'un chapelet.


Troisième jour

L'appel de Benoîte: Les premières apparitions (1664-1665)

Dès le début de mois de mai, Benoîte rencontre chaque jour au Vallon des Fours, près de son village, une "belle dame" qui tient par la main un petit enfant d'une beauté singulière. Après 2 mois de silence, la conversation s'engage : la dame éduque Benoîte à la patience, au détachement et à la prière. C'est une période de décantation, d'affinement et de profonde transformation de la Bergère, jusqu'au 29 août où, à l'issue d'une procession, la Dame révèle son nom : "Je suis Dame Marie". Elle lui fait savoir qu'elle ne la verra plus de quelque temps. Auparavant, le juge de la vallée, François Grimaud, qui est présent sur les lieux, avait interrogé Benoîte. Il dit avoir été impressionné par sa joie et la qualité de ses réponses. Après un mois d'attente silencieuse, la Bergère revoit Dame Marie à Pindreau, de l'autre côté de la vallée de l'Avance. Elle est invitée à se rendre au Laus où elle trouvera une petite chapelle d'où sortiront de bonnes odeurs. Là, elle la verra et elle priera très souvent. En effet, presque quotidiennement, la jeune fille revient à la petite chapelle, durant tout l'automne et tout l'hiver. La Mère de Dieu la prépare à sa mission, lui commandant de prier continuellement pour les pécheurs.


La Parole de Dieu: "Comme il marchait le long de la mer de Galilée, Jésus vit deux frères, Simon appelé Pierre et André son frère, en train de jeter les filets dans la mer : c'était des pêcheurs. Il leur dit : "Venez à ma suite et je vous ferai des pêcheurs d'hommes. Laissant leurs filets, ils le suivirent." (Mt 4, 18-20)


Père, appelle toujours plus de jeunes à te servir et à servir Ton Eglise. Donne-leur la force de Benoîte pour qu'ils persévèrent dans l'écoute de Ta volonté. Qu'ils découvrent ainsi la mission que Tu veux leur confier. Donne-moi aussi d'entendre cet appel à marcher à la suite de Ton Fils. Que je sache toujours mieux accueillir le souffle d'amour que Tu m'envoies et pour le transmettre à tous.



Récitation d'un chapelet


Quatrième jour

La mission de Benoîte devant l'affluence des foules


Dès le printemps les pèlerins commencent à se rendre au Laus. 130 000 personnes viendront en 18 mois, selon le rapport du juge de la vallée, François Grimaud, à l'archevêque d'Embrun. Benoîte accueille les pèlerins. Ayant reçu de la Vierge Marie le don de lire dans les consciences, elle les prépare à la confession et les conduit aux prêtres en vue de recevoir le sacrement du pardon de Dieu et l'Eucharistie. Les Manuscrits notent de nombreuses conversions, beaucoup de guérisons, des confessions d'une rare qualité. De nombreux pèlerins témoignent de la perception d'odeurs suaves qui ouvrent les cœurs et les âmes aux réalités invisibles. Le vicaire général d'Embrun, Antoine Lambert, autorise la construction de l'église (1666-1669), après reconnaissance de la guérison miraculeuse de Catherine Vial. Le Laus est placé sous la haute autorité spirituelle et morale de Pierre Gaillard, vicaire général de l'évêque de Gap, docteur en théologie et en droit canon, qui va devenir le grand historien de Benoîte et du pèlerinage.


La
Parole de Dieu : "Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole : "Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple." Et, ce disant, il s'écriait : "Entende, qui a des oreilles pour entendre !" (Lc 8, 4-8)


Père, Tu as donné à Benoîte le don de clairvoyance et  celui du discernement des âmes. Tu as permis par le témoignage de Benoîte que des hommes et des femmes vivent au Laus, de profondes conversions. Je te prie de me donner aussi ce sens pénétrant pour acquérir cette très belle écoute des autres et les guider, avec charité, sur le chemin des sacrements de l'Eglise.


Récitation d'un chapelet.


Cinquième jour

Les souffrances de Benoîte


Les visions du Crucifié à la Croix d'Avançon.
Les deux grands interrogatoires (1669 – 1684)


Alors que l'église est achevée, Benoîte, attirée par un parfum se rend à la Croix d'Avançon où elle aura, au moins à 5 reprises, la vision du Christ crucifié. A partir de 1673, elle participe aux douleurs de la Passion de son Seigneur en vivant ce que les Manuscrits appellent "les souffrances du vendredi", où elle est comme crucifiée. Ces souffrances sont interrompues de 1677 à 1679 durant la construction de la Maison des prêtres. Elles reprendront alors pour cesser définitivement en 1684. Entre-temps, Benoîte est interrogée d'abord à Embrun pendant 10 jours en 1670 par le nouvel administrateur apostolique, et l'année suivante pendant deux heures et demie au Laus par le nouvel archevêque Mgr Charles Brulard de Genlis. A l'issue de ces deux interrogatoires, elle est reconnue et confirmée dans sa mission par l'autorité ecclésiastique.


Parole de Dieu: "Prenant avec lui les Douze, il leur dit : "Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats ; après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera." Et eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait."  (Lc 18, 31-34)

Père, tu as envoyé ton propre fils pour guérir et sauver les hommes du refus de Ta parole. Tu as donné à Benoîte le douloureux privilège de voir dans la souffrance de Ton Fils sur la Croix les conséquences des péchés des hommes. Aide-moi à convertir mon propre cœur pour l'ouvrir à la vraie compassion auprès de ceux qui m'entourent et à accompagner leur vie sur le chemin de l'Espérance.

Récitation d'un chapelet.


Sixième jour

Le grand essor du pèlerinage (1684-1692)

Le pèlerinage connaît alors pendant cette période un grand essor avec les prêtres Jean Peytieu et Barthélémy Hermitte qui se consacrent totalement à la vie du pèlerinage, collaborant harmonieusement avec Benoîte à l'œuvre divine de conversion. Jean Peytieu devient confesseur de Benoîte. Il est témoin de la vie quotidienne de la voyante et du pèlerinage, pendant vingt ans jusqu'à sa mort en 1689. On apprend de Pierre Gaillard, combien la Mère de Dieu invite Benoîte à demeurer obéissante envers ses confesseurs sans jamais chercher à se mettre au centre du pèlerinage. Les prêtres et Benoîte se consacreront tous les jours ensemble à l'accueil des foules et des personnes. Dans ses Mémoires, le prêtre, déjà octogénaire, constate la grande complémentarité entre la tâche de cette laïque totalement dévouée au Seigneur et à sa Mère, et celle des confesseurs dévoués à recevoir les pénitents pour leur offrir le sacrement du pardon. Le pèlerinage du Laus devient une mission perpétuelle et attire les pèlerins, non seulement de la région mais de tout le royaume de France et même d'ailleurs.


Parole de Dieu: "Beaucoup de signes et de prodiges s'accomplissaient dans le peuple par la main des apôtres. Ils se tenaient tous, unanimes sous le portique de Salomon, mais personne d'autre n'osait s'agréger à eux; le peuple faisait partout leur éloge, et des multitudes de plus en plus nombreuses d'hommes et de femmes se ralliaient par la foi, au Seigneur."
(
Actes 5, 12-14)


Père, tu as envoyé la "Belle Dame" à Benoîte, pour éduquer celle-ci à la vie chrétienne. Des prêtres sont venus à leur tour servir les pèlerins pour les rassembler, leur offrir les sacrements et les enseigner. Sois béni pour la très fructueuse collaboration entre le ministère de Benoîte et celui de tes prêtres. Suscite encore aujourd'hui des laïcs au service du ministère des prêtres pour contribuer à édifier ensemble le Corps de ton Fils.


Récitation d'un chapelet.


Septième jour

Les persécutions contre l'œuvre de Dieu.

L'invasion de 1692. L'exil à Marseille.

L'éclipse du Laus et la période des persécutions (1692 – 1712)

L'invasion savoyarde de 1692 a fait beaucoup de mal dans les Alpes dauphinoises. Elle oblige Benoîte à s'enfuir à Marseille. Connue pour sa foi, la bergère de Saint Etienne du Laus y est très bien accueillie. Elle visite les couvents de religieuses et elle a une influence considérable qui provoque de nombreuses transformations. Hélas, à son retour, en septembre, le Laus est ruiné. Une nouvelle équipe de prêtres originaires d'Embrun se met en place. Benoîte est mise à l'écart, brimée et persécutée pendant 20 ans, jusqu'à l'arrivée des Pères Missionnaires de la Sainte Garde qui viennent de Carpentras. Durant ces vingt ans, elle est soutenue par le chanoine Gaillard qui est devenu son confesseur et qui achève d'écrire sa grande histoire et quelques traités complémentaires en 1712. Benoîte qui connaît depuis 1686 des attaques nocturnes diaboliques est profondément atteinte dans sa santé par ces années difficiles. Elle a 65 ans.

La parole de Dieu :"Ce jour-là, éclata contre l'Eglise de Jérusalem une violente persécution. Tous, sauf les apôtres se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie." (Actes 8, 1)

Père, tu connais la violence dont les hommes sont capables entre eux. Tu as souffert des guerres et des oppositions qu'a connues le Pèlerinage du Laus au temps de Benoîte. Je te prie pour la paix dans le monde, pour plus de pardon entre les hommes. Donne-moi Seigneur, la foi droite et l'humilité profonde pour que je sois à l'exemple de Benoîte, un témoin de ta paix auprès de tous mes frères désunis.



Récitation du chapelet.


Huitième jour

Le monde surnaturel aux côtés de Benoîte.

Benoîte s’est incroyablement approchée du monde surnaturel. Plutôt, c’est le monde divin qui semble être descendu dans la Vallée de l’Avance. La Vierge Marie, le Christ en Croix, saint Joseph et d’autres saints de l’Eglise catholique sont venus se présenter et parler à la voyante du Laus, et aussi les anges, beaucoup d’anges. Ils sont partout, là où se trouve Benoîte, et viennent sans cesse la consoler lors des attaques du démon. Ils font partie de la vie normale de Benoîte ; elle les appelle "ses amis". Les Manuscrits sont remplis de témoignages où l’on découvre les anges dicter à Benoîte, au nom de la Vierge Marie, les réponses à faire aux demandes adressées par les pèlerins. Ils l’accompagnent dans son discernement pour des situations difficiles et ils vont même jusqu’à suggérer des avertissements à quelques pécheurs qui se présentent à elle. On perçoit une intimité fraternelle, une complicité entre Benoîte et les anges et inversement. Ils collaborent vraiment avec Benoîte pour l’aider à réaliser l’œuvre de Dieu et aussi les paroles de la Vierge Marie.

La parole de Dieu : "Et j'entendis la voix d'anges nombreux autour du trône, des animaux et des anciens. Leur nombre était myriades de myriades et milliers de milliers. Ils proclamaient d'une voix forte : il est digne, l'agneau immolé, de recevoir puissance, richesse et sagesse, force honneur, gloire et louange." (Ap; 5, 11-12)


Père, tu connais mon chemin, les parcours souvent difficiles et infidèles des hommes et des femmes, tes enfants. Dans nos fragilités, ne nous soumets pas à la tentation. Viens à mon secours pour me défendre du mal. Comme tu l'as fait pour ta servante Benoîte, envoie-moi tes anges de paix. Qu'ils viennent à moi comme à tous mes frères et sœurs en amis joyeux, nous rappeler ta miséricorde. Loué sois-tu Seigneur, pour le don de ton fils mort et ressuscité. Loué sois-tu Seigneur pour ton Eglise céleste qui descend sur le monde des hommes et les sanctifie.


Récitation d'un chapelet.


Neuvième jour

Les dernières années de Benoîte et la grâce du Laus.


L'arrivée des Pères Missionnaires de Notre-Dame de la Sainte Garde marque l'étape du renouveau du pèlerinage. Benoîte a acquis une grande maturité spirituelle. Par son action et par sa foi, désormais les pèlerins sont accueillis depuis toujours dans ce refuge des pécheurs. Au nom de son Fils Jésus, la Vierge Marie leur offre deux signes de la grâce de Dieu : l'huile qui guérit le corps et l'âme des pécheurs, les parfums qui montrent la bienveillance de Dieu sur chacun. A Notre-Dame de Guadeloupe et, plus tard, à La Salette, à Lourdes, à Fatima, à Pontmain ou Baneux, des milliers de pèlerins viennent aussi déposer le poids de leur vie, leurs interrogations, peut-être même leurs doutes.... Au Laus, une forme de « réponse » toute simple et très douce semble entourer d’affection l’un ou l’autre, parfois même plusieurs personnes. Un signe de résurrection descend sur l'un ou l'autre des pèlerins. Une odeur forte et d'une merveilleuse douceur survient ainsi, conduisant le pèlerin sur le chemin de l'Espérance. La servante de Dieu, épuisée par ses mortifications, les vexations qu'elle a subies et les attaques nocturnes, meurt le 28 décembre 1718. Elle bénit les prêtres qui se considèrent comme ses enfants et qui attestent sa haute sainteté.

Parole de Dieu : "Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare, que Jésus avait ressuscité d'entre les morts. On lui fit là un repas. Marthe servait. Lazare était l'un des convives. Alors Marie, prenant une livre d'un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux ; et la maison s'emplit de la senteur du parfum." (Jn 12, 1-3) 


Père, sois loué pour ce très haut lieu de Ta présence qu'est devenu le Laus par les paroles de la Vierge Marie et par le témoignage de Benoîte. Tu en as fait un lieu de prière et un refuge des pécheurs. Que je sache poursuivre la très belle mission de Benoîte en imitant la charité de son écoute et la profondeur de son adoration de Ton Fils Jésus, mort et ressuscité. Loué sois-tu Père, Fils et Esprit Saint. Louée sois-tu, Toi, la Belle Dame du Laus. Louée sois-tu, Benoîte, servante de l'Eglise, guide mes pas incertains vers la "splendeur de la vérité toute entière."

Récitation d'un chapelet.

Prière pour obtenir la glorification de Benoîte Rencurel

Seigneur, plein de Miséricorde, Ton Fils nous a donné Marie pour Mère. OPar Elle, Tu as choisi le Laus comme refuge des pécheurs, grâce au témoignage de Ta Servante, Benoîte Rencurel, dont nous espérons ardemment la prochaine Béatification. Nous Te prions à cette intentions. Fais qu'à la suite de cette missionnaire laïque et par l'intercession de Marie, demeure de l'Esprit Saint, nous nous laissions transformer pour vivre aujourd'hui la fidèlité à l'Evangile, dans l'Eglise et dans le monde. Amen.

Les personnes qui penseraient avoir obtenu des grâces après avoir demandé au Seigneur la Béatification de Benoîte Rencurel, sont invitées à en faire part à Monsieur le Recteur de Notre Dame du Laus, à l'adresse suivante:

Monsieur le Recteur de Notre Dame du Laus

F-05130 Saint Etienne-le-Laus (France)

Biographie de Benoîte Rencurel,

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-768059.html

Téléchargez le texte de la Neuvaine à Benoite Rencurel (pdf) en cliquant ici

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