31 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

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Dimanche 1er Janvier 2017

Miracles

 

Le procès de Louis commence à Lisieux, le 22 mars 1957 et est clôturé le 12 février 1960. le procès de Zélie est quant à lui instruit à Sées. Chose heureuse, les deux causes sont réunies en 1971. le 26 mars 1994, le Pape Jean Paul II signe les décrets d'héroïcité de leurs vertus et les proclame tous les deux Vénérables. Le 10 juin 2003, l'archevêque de Milan le Cardinal Tettamanzi clôture le miracle attribué à l'intercession de Louis et Zélie Martin, pour la guérison subite et inexpliquée d'un enfants né le25 mai 2002 avec de graves problèmes respiratoires à Monza. Cette guérison est reconnue comme miraculeuse le 3 juillet 2008 par le Pape Benoît XVI et ouvre à la voie à la béatification.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (pour deux de ses filles) Pour mon diamant et ma perle fine !: « Que pouvez-vous voir ailleurs que vous ne voyiez où vous êtes ? Vous avez devant les yeux le Ciel et la terre et tous les éléments. (…) Que pouvez-vous voir, en quelque lieu que ce soit, qui puisse longtemps demeurer stable sous le soleil ? » (Texte tiré de L'Imitation, copié de la main de Louis).

Parole de Dieu : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire » (Jean 1, 14).

 

Dans ma vie

 

Le langage fleuri de Louis Martin est à l'image de sa personnalité. Il connaît la valeur d'une belle montre en or et sait de quoi il parle quand il emploie le vocabulaire du bijoutier en parlant de ses filles : « Mon diamant, ma perle fine... ». La figure paternelle de Louis est marquée par le fait qu'il fut le père d'une fratrie de filles : de telles filles pour un tel homme ! Nous n'oublions pas ses fils décédés en bas âge et qui ornent son pêle-mêle familial de manière discrète et glorieuse tout en même temps. Pourquoi ne pourrions-nous pas les invoquer, eux aussi ?

Effet de Conversion : Si je le peux, j'irai à la Messe aujourd'hui et confierai à Notre Dame, Marie, Mère de Dieu, ma patrie la France et le monde. Pour que la Paix de Noël règne.

 

Avant l'Epiphanie

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Lundi 2 janvier

Modèle de sainteté

 

Louis et Zélie ont été officiellement proclamés Bienheureux, à Lisieux, le dimanche 19 octobre 2008, lors d'une célébration présidée par le Cardinal José Saraiva Martins, sous le pontificat de Benoît XVI. En déclarant Bienheureux Louis et Zélie Martin d'Alençon, l’Église Catholique offre à tous les couples de la terre un modèle indiquant un chemin de sainteté à part entière. C'est le second couple béatifié. Auparavant en 2001, un coupe italien, Luigi et Maria Beltrame-Quattrocchi, avait été porté à l'honneur des autels.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline à propos d'un pèlerinage à Lourdes) Au commencement, ton père n'approuvait pas que je vous emmène toutes les trois, mais maintenant, il le désire, disant qu'on ne peut faire trop de sacrifices pour obtenir un si grand miracle. (…) Nous devons nous mettre dans la disposition d'accepter généreusement la Volonté du Bon Dieu, quelle qu'elle soit, car ce sera toujours ce qu'il peut y avoir de meilleur pour nous » (Zélie).

Parole de Dieu : « La sagesse de l'homme fait luire son visage et son air austère est changé ». (Ecclésiaste 8, 1).

 

Dans ma vie

 

La Volonté de Dieu est notre boussole. Point de fécondité en dehors de l'acceptation sereine et paisible du bon vouloir divin. Oublions-nous qu'en toute chose nous sommes entre les mains de Dieu ? Ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l'avenir, rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ, lisons-nous dans les Saintes Ecritures. Plaçant ainsi notre espérance dans les choses qui demeurent, nous marcherons en présence de Dieu au milieu des vicissitudes de l'existence avec la légèreté d'un moineau qui vole de branches en branches. Rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ.

Effet de Conversion : Je remplacerai une connexion internet ou un appel téléphonique superflu par un Notre Père récité lentement à l'intention de mes ennemis.

 

Mardi 3 janvier

« Signes du Ciel »

 

Voici ce que disait le Cardinal Saraiva Martins lors de la béatification : « Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme : Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elles l'écrivait à l'Abbé Bellière – que beaucoup connaissent désormais par cœur - : « Le Bon dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre » (Lt 261).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Si la Sainte Vierge ne me guérit pas, je la supplierai de guérir mon enfant, d'ouvrir son intelligence et d'en faire une sainte. Ainsi, laissons toutes les affaires comme elles sont arrangées, elles me paraissent très bien, puis remettons-nous entre les mains de Dieu » (Zélie).

Parole de Dieu : « Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 14).

 

Dans ma vie

 

Notre demeure est dans le Ciel. Les souffrances du monde présent ne doivent pas nous faire redouter la bonté de Dieu qui permet ce qui nous arrive pour que nous nous approchions toujours plus à Lui. Les choses agréables, pour le remercier, et les plus difficiles pour compter d'avantage sur Sa Miséricorde. Nous ne pouvons rien sans Lui : c'est la raison pour laquelle Il permet que nous vivions de lourdes épreuves, qui ne sont pas là pour nous assommer mais pour éprouver notre foi en Lui. Nous sommes faits pour le Ciel. Et le Ciel commence aujourd'hui, dira la Petite Thérèse, à condition que nous ne lâchions jamais la main de la Divine Miséricorde.

Effet de Conversion : Je choisis de me priver de quelque chose en offrant cette contrariété pour le Pape, les évêques et pour les prêtres.

 

Mercredi 4 janvier

Reflet de l'amour

 

« L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4). Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à des amis) « Dieu a béni la maison d’Aaron », il a béni aussi la maison Nogrix (famille destinataire de la missive), car ta famille « file un bon nœud » ; espérons que le vent ne changera pas que tous ne soient rendus à bon port. (...) Thérèse, ma petite reine, est entrée hier au Carmel !... Dieu seul peut exiger un tel sacrifice... Ne me plaignez pas, car mon cœur surabonde de joie ». (Louis).

Parole de Dieu : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ».

 

Dans ma vie

 

« Filer un bon nœud », écrit Louis Martin. Filer un bon nœud, c'est faire fi des mauvais courants et des vents contraires. C'est se jouer des avaries en tous genres par une bonne préparation : rien de ce qui nous arrive ne doit être vécu en dehors de Dieu, les bonnes choses comme les tristes. Filer un bon nœud, c'est ne pas lâcher le cap qu'est le Christ en laissant les monstres marins, les dragons, s'enfoncer toujours plus loin dans les abysses. Avec Notre Dame, « Marie-des-Flots », filer un bon nœud c'est enfin ne jamais oublier que la lumière du phare, c'est la doctrine Catholique.

Effet de Conversion : Je choisis de vivre ma prochaine Messe comme une occasion de m'offrir tout entier à la suite de Jésus. Comme il l'a fait pour la Vierge Marie. Je demanderai au Seigneur de consacrer mon offrande pour lui faire porter du fruit.

 

Jeudi 5 janvier

Marcher humblement

 

« Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Le cou était pris de tous les côtés et de bouger le plus légèrement me mettait dans des douleurs atroces. (…) Il a fallu gémir toute la nuit; Louis, Marie et la bonne sont demeurés près de moi. Ce pauvre Louis, de temps en temps, me prenait dans ses bras comme une enfant. (...) La Sainte Vierge ne m'a pas guérie à Lourdes, que voulez-vous c'est que mon temps est fait et que le bon Dieu veut que je me repose ailleurs que sur la terre ». (Zélie)

Parole de Dieu : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de Mon Nom ; c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. (Luc 9, 48).

 

Dans ma vie

 

« Ce pauvre Louis me prenait dans ses bras comme une enfant », nous dit Zélie, alors qu'elle est en phase presque terminale de son cancer. Imaginons la scène et recueillons-nous. Savons-nous que Dieu nous prends dans ses bras lorsque nous souffrons ? Que celui qui est affligé de la maladie d'un très proche est lui-même enserré dans les bras généreux du Crucifié ? Ô divines plaies qui, au contact de notre pauvre être, réveillent en nous l'espérance de la résurrection... ayez pitié de nous.

Effet de Conversion : J'essaie de programmer la visite à un malade, à une personne handicapée, par amour pour le Christ.

 

Vendredi 7 janvier

Dieu premier servi

 

« Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise. Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à ses filles carmélites) Je tiens à vous dire, mes chères enfants, que je suis pressé de remercier le Bon Dieu, car je le sens notre famille, quoique très humble, a l'honneur d'être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Louis).

Parole de Dieu : Le Verbe était la lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9).

 

Dans ma vie

 

Les chrétiens sont des privilégiés. Par les eaux du saint baptême, ils ont été renouvelés dans le mystère d'amour qui a présidé à leur création. La mission des Saints Louis et Zélie Martin commence tout juste. Dans le mystère de la communion des élus, nous sommes pris, non pas au piège, mais dans le rayonnement d'un amour inouï dont l'épicentre est la Sainte Trinité. Louis et Zélie se sont laissés saisir par cet amour ; ils ont choisi de dire oui à Dieu et aux préceptes de l'Eglise, de ne rien garder pour eux. En ferons-nous autant ? Nous avons tant à gagner : la vie éternelle.

Effet de Conversion : pour nourrir mon oraison, je lirai le prologue de l'Evangile selon Saint Jean. Je m'arrêterai plusieurs fois au cours de la lecture pour laisser descendre en mon âme la parole qui donne vie à mon être.

 

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Samedi 8 janvier

La Béatification de Louis et Zélie Martin

 

Le premier miracle des Bienheureux Louis et Zélie Martin

 

Pietro, l’enfant miraculé grâce à l’intercession des bienheureux Louis et Zélie Martin.

 

« Je suis né malade, et quand j’étais malade, les époux Martin ont demandé à Jésus de me guérir et Il m’a guéri ».C’est ainsi que le petit Pietro Schilirò, âgé de six ans, explique le miracle de sa guérison alors qu’il était encore nouveau-né. Walter et Adèle, les parents du petit garçon, ont confié Pietro à l’intercession des époux Martin, Marie Zélie Guérin (1831-1877) et Louis Martin (1823-1894), parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ce miracle a permis la béatification du couple, qui a eu lieu le 19 octobre 2008, à la Basilique de Lisieux en France, précédée par la messe d’ouverture de la béatification à la basilique Notre-Dame d’Alençon.

 

Histoire d’un miracle

 

Pietro est le dernier d’une famille de cinq enfants. Il est né à Milan le 25 mai 2002. Dès le premier jour de sa naissance, il présente une grave malformation  pulmonaire, et doit rester à l’hôpital et suivre une thérapie intensive pour pouvoir respirer. Le père raconte :« Nous avons tout de suite compris que la maladie était très grave et qu’il n’y avait aucune chance de guérison. On nous a demandé de lui faire une radiographie des poumons pour voir ce qu’il en était ». Une biopsie s’avérait indispensable, mais comportait un grand risque pour le petit garçon. Aussi les parents décident de faire baptiser l’enfant sur-le-champ. Ils demandent alors à un carme italien, le P. Antonio Sangalli, d’administrer le sacrement. Le prêtre leur offre une petite image des époux Martin.« Ils avaient perdu quatre enfants en bas âge, explique Adèle, la maman de Pietro : les prier nous aurait aidés et soutenus dans la situation que nous étions en train de vivre et dans ce que le Seigneur nous demandait à ce moment-là ».

Les époux Schilirò savaient peu de choses de la vie de Zélie et Louis  en dehors de  ce qu’ils avaient lu dans les écrits de la petite Thérèse. Dans l’incertitude où ils se trouvaient  quant à la santé du petit Pietro, ils découvrirent une « mystérieuse proximité avec les époux Martin », avoue Walter.« C’est alors que nous avons osé demander au Seigneur ce qui nous tenait à cœur : la guérison de  Pietro. Le Seigneur avait mis entre nos mains les époux Martin », se rappelle Adèle. Au sein de leur souffrance, et à la vue de leur bébé relié à tant d’appareils artificiels pour pouvoir respirer, Adèle et Walter ont compris qu’ils devaient demander à Dieu de leur faire connaître Sa volonté pour Pietro.« Ce qui a été très important pour nous, car cela nous a aidé à regarder ce que notre enfant était en train de vivre. Il vivait pleinement sa vocation à travers ce qu’il faisait dans la souffrance et ce qu’il portait. Il participait au salut des âmes avec Jésus et, pour nous, cela a été le premier miracle ».

Le 26 juin Pietro a eu une grave crise d’insuffisance respiratoire. « Ce n’était plus qu’une question d’heures ou de quelques jours, nous ont dit les médecins. De toute façon, il n’y avait pas d’espoir pour Pietro », a poursuivi Adèle. Après avoir récité plusieurs fois la neuvaine aux époux Martin, le 29 juin, jour où l’Eglise célèbre la fête de saint Pierre et saint Paul, Pietro a commencé à montrer des signes d’amélioration. En l’espace de deux semaines, l’enfant pouvait respirer par lui-même, sans oxygène, et les médecins retinrent la guérison comme « un fait surprenant ». Les parents en parlèrent au père Antonio, et c’est ainsi que le prêtre devint vice-postulateur de la cause de béatification de Zélie et Louis.

« Nous débordons vraiment de gratitude. Nous ne le méritons pas, nous nous sentons dépassés », assure Adèle. Walter ajoute : « Il n’y a aucun mérite de notre part, absolument aucun. Ce qui est arrivé à Pietro rejaillit sur toute l’Eglise. C’est si vrai que nous sommes ici, aujourd’hui, pour remettre au pape cette relique, qui représente un grand signe pour toute l’Eglise ». Aujourd’hui, Pietro est un enfant normal : il joue, va à l’école et sait parfaitement que sa guérison est due au miracle obtenu par l’intercession des époux Martin. « Tous les soirs il récite avec nous, en famille, la prière des Martin pour intercéder en faveur des personnes qui nous demandent leurs prières », dit Adèle. « Il prie aussi pour le pape et tous nos chers amis prêtres, et pour toute une liste de personnes, ce qui prend toute la soirée », ajoute Walter.

Les parents de Pietro comprennent très bien ce que signifie se confier à la Providence quand on souffre pour la santé de ses enfants : « Je dirais aux parents d’enfants malades de ne pas perdre espoir, de se rapprocher du Christ à travers ses saints. Oser demander parce que le Seigneur est un Père qui est bon. Et il faut avoir cette force de comprendre que ce qui arrive est pour notre bien ».

« Au moment de l’épreuve, le Seigneur exige vraiment beaucoup de nous, mais si on met en Lui notre espérance et notre confiance, le Seigneur nous comble bien davantage encore. Il faut demander avant tout la conversion du cœur. C’est la première guérison à demander, toujours », recommande Adèle. (texte de Carmen Elena Villa Traduit de l’italien par E. de Lavigne, source ; Zenit.org, extrait du site http://louiszeliemartin-alencon.fr )

 

Parole de Dieu : « Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment Dieu sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour.

 

Homélie du Cardinal José Saraiva Martins,

prononcée lors de la Messe de Béatification de Louis et Zélie Martin à Lisieux, le 19 octobre 2008

 

Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme :  Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère!... (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elle l'écrivait à l'abbé Bellière - que beaucoup connaissent désormais par cœur -:  le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre (Lt 261).

Je viens de terminer le rite de béatification par lequel le Saint-Père a inscrit les deux époux conjointement dans l'Album des Bienheureux. C'est une grande première que cette béatification de Louis Martin et Zélie Guérin, que Thérèse définissait comme parents sans égaux, dignes du Ciel, terre sainte, comme toute imprégnée d'un parfum virginal (cf. Ms A).

Mon cœur rend grâce à Dieu pour ce témoignage exemplaire d'amour conjugal, susceptible de stimuler les foyers chrétiens dans la pratique intégrale des vertus chrétiennes comme il a stimulé le désir de sainteté chez Thérèse.

Pendant que je lisais la Lettre apostolique du Saint-Père, je pensais à mon père et à ma mère et je voudrais, en ce moment, que vous aussi pensiez à votre père et à votre mère et qu'ensemble nous remercions Dieu de nous avoir créés et fait chrétiens à travers l'amour conjugal de nos parents. Recevoir la vie est une chose merveilleuse mais, pour nous, il est plus admirable encore que nos parents nous aient amenés à l'Eglise qui seule est capable de faire des chrétiens. Personne ne peut se faire chrétien soi-même.

Parmi les vocations auxquelles les hommes sont appelés par la Providence, le mariage est l'une des plus nobles et des plus élevées. Louis et Zélie ont compris qu'ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d'une montée à deux. Aujourd'hui, l'Eglise n'admire pas seulement la sainteté de ces fils de la terre de Normandie, un don pour tous, mais elle se mire dans ce couple de bienheureux qui contribue à rendre la robe de mariée de l'Eglise, plus belle et splendide. Elle n'admire pas seulement la sainteté de leur vie, elle reconnaît dans ce couple la sainteté éminente de l'institution de l'amour conjugal, telle que l'a conçue le Créateur Lui-même. L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4).

Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux et ainsi ils sont devenus la lumière du monde que l'Eglise aujourd'hui met sur le lampadaire afin qu'ils brillent pour tous ceux qui sont dans la maison (Eglise). Ils brillent devant les hommes afin que ceux-ci voient leurs bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les cieux. Leur exemple de vie chrétienne est telle une ville située sur une montagne qui ne peut être cachée (cf. Mt 5, 13-16).

Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer. Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise.

Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine. Ils ont servi Dieu dans le pauvre, non par simple élan de générosité, ni par justice sociale, mais simplement parce que le pauvre est Jésus. Servir le pauvre, c'est servir Jésus, c'est rendre à Dieu ce qui est à Dieu:  chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait (Mt 25, 34-40). Dans quelques instants nous proclamerons notre profession de foi que Louis et Zélie ont répétée tant de fois à la messe et qu'ils ont enseignée à leurs enfants. Après avoir confessé la sainte Eglise catholique, le symbole des apôtres ajoute la Communion des saints.

Je croyais, disait Thérèse, je sentais qu'il y a un ciel et que ce Ciel est peuplé d'âmes qui me chérissent, qui me regardent comme leur enfant... (Ms B).

Dans ce Ciel peuplé d'âmes, nous pouvons compter désormais les bienheureux Louis et Zélie, que pour la première fois, nous invoquons publiquement:  Louis et Zélie priez Dieu pour nous. Je vous en prie chérissez-nous, regardez-nous comme vos enfants, chérissez l'Eglise entière, chérissez surtout nos foyers et leurs enfants.

Louis et Zélie sont un don pour les époux de tous âges par l'estime, le respect et l'harmonie avec lesquels ils se sont aimés pendant 19 ans. Zélie écrivait à Louis:  Je ne puis pas vivre sans toi, mon cher Louis. Il lui répondait:  Je suis ton mari et ami qui t'aime pour la vie. Ils ont vécu les promesses du mariage:  la fidélité de l'engagement, l'indissolubilité du lien, la fécondité de l'amour, dans le bonheur comme dans les épreuves, dans la santé comme dans la maladie.

Louis et Zélie sont un don pour les parents. Ministres de l'amour et de la vie, ils ont engendré de nombreux enfants pour le Seigneur. Parmi ces enfants, nous admirons particulièrement Thérèse, chef d'œuvre de la grâce de Dieu mais aussi chef d'œuvre de leur amour envers la vie et les enfants. Louis et Zélie sont un don pour tous ceux qui ont perdu un conjoint. Le veuvage est toujours une condition difficile à accepter. Louis a vécu la perte de sa femme avec foi et générosité, préférant, à ses attraits personnels, le bien de ses enfants.

Louis et Zélie sont un don pour ceux qui affrontent la maladie et la mort. Zélie est morte d'un cancer, Louis a terminé son existence, éprouvé par une artériosclérose cérébrale. Dans notre monde qui cherche à occulter la mort, ils nous enseignent à la regarder en face, en s'abandonnant à Dieu.

Enfin je rends grâce à Dieu, en cette 82e journée mondiale des missions, car Louis et Zélie sont un modèle exemplaire de foyer missionnaire. Voilà la raison pour laquelle le Saint Père a voulu que la béatification se réalise en cette journée si chère à l'Eglise universelle, comme pour unir les maîtres Louis et Zélie à la disciple Thérèse, leur fille, devenue Patronne des missions et Docteur de l'Eglise. Les témoignages des enfants Martin au sujet de l'esprit missionnaire qui régnait dans leur foyer sont unanimes et frappants:  Mes parents s'intéressaient beaucoup au salut des âmes... Mais l'œuvre d'apostolat la plus connue chez nous était la propagation de la foi pour laquelle, chaque année, nos parents faisaient une très belle offrande. C'est encore ce zèle des âmes qui leur faisait tant désirer avoir un fils missionnaire et des filles religieuses.

Tout récemment, le cardinal Dias, préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (Propagande Fide) écrivait:  Pour un disciple du Christ, annoncer l'Evangile n'est pas une option mais un commandement du Seigneur... Un chrétien doit se considérer en mission (...) pour répandre l'Evangile dans chaque cœur, dans chaque maison, dans chaque culture (Conférence de Lambeth, 23 juillet 2008).

Puissent, mes frères, vos familles, vos paroisses, vos communautés religieuses, de Normandie, de France... et du monde entier, être aussi des foyers saints et missionnaires, comme l'a été le foyer des bienheureux époux Louis et Zélie Martin. Amen.

 

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Epiphanie du Seigneur

Dimanche 8 janvier

 

La Canonisation de Louis et Zélie Martin

 

Louis et Zélie Martin ont donc été béatifiés à Lisieux, le 19 octobre 2008. Pour qu’ils soient canonisés, il était nécessaire que l’Eglise reconnaisse un miracle survenu par leur intercession. Il a été obtenu en faveur d’une enfant prématurée de Valencia, en Espagne.

Carmen naît le 15 octobre 2008, après 28 semaines d’une grossesse très difficile. « Préparez-vous au pire » annonce la sage-femme. Les complications, fréquentes chez un grand prématuré, se multiplient : détresse respiratoire, cardiaque, double septicémie, hémorragie cérébrale au stade le plus avancé, etc.

L’enfant ayant vu le jour pour la Fête de sainte Thérèse d’Avila, le Papa se rend dans un carmel en dehors de la ville. Les soeurs prennent cette intention à coeur. Les parents viennent chaque dimanche à la Messe et repartent vite à l’hôpital. Fin novembre, le cas semble désespéré. Pour la première fois la maman a le droit de toucher son bébé, la couveuse reste ouverte. La famille commence à évoquer l’inhumation.

Le 23 novembre, la Prieure du Carmel remet aux parents la prière à Louis et Zélie en espagnol. Ils ne les connaissaient pas du tout, pas plus que leur célèbre fille Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face. Dès le lendemain a lieu un changement d’Hôpital providentiel. Contrairement à toute attente, Carmen le supporte, l’infection est jugulée. Elle commence à récupérer, au point de sortir le 2 janvier 2009.

Un point reste très préoccupant : l’hémorragie cérébrale dilate son crâne et la fait souffrir. Un examen est prévu le 19 février. Il faudra probablement opérer. Nouvelle « offensive » de prière aux Parents Martin dont le Reliquaire passe providentiellement au Sanctuaire de Llerida juste avant. Le père de Carmen, le grand frère Ismaël (né en 2004), et les grands-pères s’y rendent pour remercier et intercéder. De leur monastère, les carmélites se joignent à leur prière. Quelques jours après, l’échographie révèle que l’hémorragie cérébrale a disparu, on ne constate plus que les cicatrices et, ce qui est le plus surprenant (à ce jour les médecins ne peuvent l’expliquer), l’absence totale de séquelles neurologiques ou motrices. Cette guérison inexpliquée a été reconnue comme miracle par le Pape François, à Rome, le 18 mars 2015, permettant ainsi la canonisation des Bienheureux Parents Martin (d'après un texte extrait du site www.eglise.catholique.fr )

 

Homélie prononcée par le Pape François,

lors de la Messe de Canonisation de Louis et Zélie Martin

à Rome, 18 octobre 2015

 

Les lectures bibliques nous présentent (...) le thème du service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix.

Le prophète Isaïe décrit la figure du Serviteur du Seigneur (53, 10-11) et sa mission de salut. Il s’agit d’un personnage qui ne se vante pas de généalogies illustres, il est méprisé, évité par tous, expert en souffrance. Quelqu’un à qui on n’attribue pas d’entreprises grandioses, ni de discours célèbres, mais qui mène à son accomplissement le plan de Dieu à travers une présence humble et silencieuse et à travers sa propre souffrance. Sa mission, en effet, se réalise au moyen de la souffrance, qui lui permet de comprendre ceux qui souffrent, de porter le fardeau des fautes d’autrui et de les expier. L’exclusion et la souffrance du Serviteur du Seigneur, prolongées jusqu’à la mort, se révèlent féconde au point de racheter et de sauver les multitudes.

Jésus est le Serviteur du Seigneur : sa vie et sa mort, entièrement dans la forme du service (cf. Ph 2, 7), ont été cause de notre salut et de la réconciliation de l’humanité avec Dieu. Le kérygme, cœur de l’Évangile, atteste que dans sa mort et sa résurrection se sont accomplies les prophéties du Serviteur du Seigneur. Le récit de saint Marc décrit la scène de Jésus aux prises avec les disciples Jacques et Jean, qui – soutenus par leur mère – voulaient s’asseoir à sa droite et à sa gauche dans le royaume de Dieu (cf. Mc 10, 37), revendiquant des places d’honneur, selon leur vision hiérarchique du royaume même. La perspective dans laquelle ils se placent se révèle encore polluée par des rêves de réalisation terrestre. Jésus alors donne une première “secousse” à ces convictions des disciples rappelant son chemin sur cette terre : « La coupe que je vais boire, vous la boirez… quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela a été préparé » (vv. 39-40). Avec l’image de la coupe, il assure aux deux la possibilité d’être associés jusqu’au bout à son destin de souffrance, sans toutefois garantir les places d’honneur ambitionnées. Sa réponse est une invitation à le suivre sur le chemin de l’amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres.

Devant des gens qui intriguent pour obtenir le pouvoir et le succès, pour se faire voir, devant des gens qui veulent que leurs mérites personnels, leurs œuvres personnelles soient reconnus, les disciples sont appelés à faire le contraire. Il les avertit donc : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (vv. 42-44). Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne. Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. Jésus nous invite à changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir ; à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité.

Et après avoir présenté un modèle à ne pas imiter, il s’offre lui-même comme idéal auquel se référer. Dans l’attitude du Maître, la communauté trouvera la motivation de la nouvelle perspective de vie : « Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (v. 45). Dans la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu « domination, gloire et royauté » (Dn 7, 14). Jésus remplit d’un nouveau sens cette image et précise qu’il a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église.

Il y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance. La Lettre aux Hébreux, qui présente le Christ comme le souverain prêtre qui partage en tout notre condition humaine, excepté le péché, nous le rappelle : « Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché » (4, 15). Jésus exerce essentiellement un sacerdoce de miséricorde et de compassion. Il a fait l’expérience directe de nos difficultés, il connaît de l’intérieur notre condition humaine ; ne pas avoir fait l’expérience du péché ne l’empêche pas de comprendre les pécheurs. Sa gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, d’assumer et de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit, de les accompagner avec une infinie tendresse, de les accompagner sur leur chemin de souffrance.

Chacun de nous, en tant que baptisé, participe pour la part qui lui est propre au sacerdoce du Christ ; les fidèles laïcs au sacerdoce commun, les prêtres au sacerdoce ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la charité qui émane de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres : en devenant des “canaux” de son amour, de sa compassion, spécialement envers tous ceux qui sont dans la douleur, dans l’angoisse, dans le découragement et dans la solitude.

Ceux qui aujourd’hui ont été proclamés saints ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires, imitant ainsi le divin Maître. Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux.

Sainte Marie de l’Immaculée Conception, en puisant aux sources de la prière et de la contemplation, a vécu en personne dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades.

Les saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Le témoignage lumineux de ces nouveaux Saints nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie. Du ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de leur puissante intercession !

 

Effet de conversion : Je remercie la Sainte Vierge pour sa présence, sa bienveillance et son soutien et je lui confie les années qui me restent à vivre sur cette terre : « Priez pour nous... maintenant et à l'heure de notre mort ».

 

Fin

 

Prochain mois de Dévotion

Le Mois du Cœur agonisant de Jésus

Rendez-vous le 15 février

 

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

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19 octobre 2015

Neuvaine avec sainte Thérèse et ses parents Louis et Zélie Martin

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Neuvaine avec sainte Thérèse et ses parents Louis et Zélie Martin

« Le Bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre » ( L.T.261)

Prière du Chemin de Marie

Ne craignons pas d'être aujourd'hui des enfants de Dieu responsables. Que par l'action de l'Esprit Saint nos «oui» soient actions dans le monde d'aujourd'hui. Que nos familles reconnaissent l'importance de la fidélité et de la confiance dans la venue de Notre Seigneur Jésus, Christ hier, aujourd'hui et demain. Que chaque pensée de nos cœurs soit tournée dans le pardon et la miséricorde vers la Maison du Père. Que debout dans l'espérance en présence de la Vierge Marie nous choisissions le Chemin de la Vie. Que la voie d'enfance nous soit donnée par sainte Thérèse de Lisieux et ses parents Monsieur et Madame Martin. Que par le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, la grâce de la Vierge Marie, saint Joseph, la présence de la Cour Céleste et la Communion des Saints, nous soyons toujours appelés à la sainteté. Amen.

Imprimatur, Malines, 4 août 2001
Chanoine E.Van Billoen, vic.gén.

 

Neuf jours avec sainte Thérèse et ses parents Louis et Zélie Martin

Avant propos

Il nous a été donné de découvrir la beauté d'un nid familial, celui de la famille de Monsieur et Madame Martin et de leurs neuf enfants. Voici une neuvaine de prières en leurs compagnies. Laissons- nous porter d'une façon très filiale par cette famille exceptionnelle. Puissions-nous recevoir au cours de cette démarche de neuvaine, la fidélité qui était celle de la famille Martin à rythmer le temps de nos vies avec celui de l'Amour. Trouvons dans nos demandes adressées aux petits frères de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, la force pour accompagner nos prêtres et séminaristes dans le monde d'aujourd'hui. Dans nos demandes adressées aux sœurs et frères de sainte Thérèse, trouvons l'audace du témoignage afin de défendre la beauté de la famille dans le monde d'aujourd'hui. Puissions-nous nous reposer dans la découverte de la liturgie de la famille qui était si chère à Monsieur Martin et à Madame Martin. Cette liturgie quotidienne était celle de la mémoire familiale, celle de la transmission et de la fidélité à l'image de l'enseignement de sainte Anne à la Vierge Marie et ce dans une humilité proche de saint François d'Assise. Oui comme l'inspire la couverture de ce livret, puissions-nous nous laisser entraîner dans la paix et dans la confiance sur l'océan de l'Amour, vers les eaux tranquilles, profondes et nourricières de la Miséricorde du Père. Demandons à Notre Père, à Notre Seigneur Jésus Christ, à la Vierge Marie, à Saint Joseph, à sainte Anne, les guérisons nécessaires pour que soit reconnue la sainteté de la famille de sainte Thérèse de Lisieux. N'hésitons pas à nous confier à la Divine Volonté comme des pierres vivantes du Rosaire de nos vies.

Introduction

« Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu Il la créa, homme et femme, Il les créa » (Gen. 1-27)

Quelle joie doit être la nôtre de faire mémoire journalière de la création qui nous entoure. N'hésitons pas à chanter l'hymne de l'univers : « Toutes les oeuvres du Seigneur bénissez le Seigneur, à lui haute gloire et louange éternelle » (Dn. 3). Nos chemins de la terre élèvent et descendent, s'éclairent et s'obscurcissent, que ce soit dans l'humidité ou l'aridité, dans le brouillard ou le feu. Tout ici concourt à établir un hymne à la création. Louis Martin décrivait à ses enfants les profondes vallées et les cimes majestueuses des paysages qu'il aimait. Avec sa petite reine Thérèse, il contemplait toute la Création, jusqu'aux cyprès et le ciel d'Italie. En bon père de famille, il conduit encore aujourd'hui vers le clapotis des rivières, à l'écoute des chants d'oiseaux qui nous parlent de la terre. Louis Martin nous entraîne au bord des étendues marines où se mêlent le ciel, l'embrun et la mer. Avec Thérèse qui lisait dans les étoiles l'éclat de Dieu, qui connaissait les moineaux comme les aigles, les neiges comme les parfums des pollens, les pierres du Colisée, les couleurs de la terre et celles des vergers. Ainsi, dans le crépuscule des jours comme dans celui des aurores de Normandie, Louis Martin orchestrait en une musique familiale, l'ode de Dieu. Il chantait chaque soir et déclamait le poème du créateur pour sa famille réunie. Et Zélie Martin qui avait compris la beauté secrète d'un cristal de neige, la restituait dans ses points de dentelle pour composer la fresque des temps de fêtes et des souvenirs. A notre tour sachons rythmer pour nos enfants, le temps des saisons et les temps de vie comme celui des petites morts. Puissions nous lever les mains pour louer Dieu dans la création et le remercier. Avec Louis et Zélie Martin redécouvrons le sens profond de la vie porteur de l'essence divine. Oui, retrouvons le désir de la vie.: « Saint immortel, prends pitié de nous. A Toi Dieu, donateur de vie, purifie-nous de toute souillure, Toi qui es bonté » (liturgie des vêpres).

Prières pour chaque jour de la neuvaine

A Louis et à Zélie Martin parents de sainte Thérèse de Lisieux, de Marie, Pauline, Léonie, Hélène, Louis Joseph, Louis Jean Baptiste, Céline et Mélanie:

« Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin dont le couple fut fidèlement unis, donnant le témoignage d'une vie chrétienne exemplaire, par l'exercice du devoir d'état et la pratique des vertus évangéliques. Dans l'éducation d'une famille nombreuse, à travers les épreuves, les deuils et la souffrance, ils ont manifesté généreusement leur confiance en Toi, leurs soumissions à Ta volonté. Daigne, Seigneur, faire connaître les grâces que je sollicite, dans l'espérance que le père et la mère de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus pourront un jour être proposés en modèles aux familles d'aujourd'hui. Amen. » Notre Père, Je Vous salue Marie.

Premier jour

La Rencontre, le temps de Dieu

« N'oubliez jamais Celui que l'Amour a fait mourir pour vous. Mais vous ne l'aimerez que vous saurez souffrir en silence. Le préférer à la créature et l'éternité du temps. » (sainte Marguerite Marie à Paray le Monial).

Prière à l'Esprit -Saint : L'esprit et l'Epouse disent: «Viens»: que vienne ta grâce, que ce monde passe et tu seras tout en tous. Que celui qui entend dise: «Viens», que celui qui a soif vienne, que celui qui le veut reçoive de l'eau vive gratuitement. Celui qui atteste cela, dit: «Oui, je viens bientôt». Amen. Viens Seigneur Jésus, maranatha.

Psaume 23

Le Seigneur est mon berger: je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre; Il me conduit par le juste chemin, pour l'honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi: ton bâton me guide et me rassure. Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis; Tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie; J'habiterai la maison du seigneur pour la durée de mes jours.

Réflexion : Dieu ne sèmerait pas un désir en nous s'Il ne voulait qu'il s'accomplisse. En effet le désir de l'Esprit habitait Louis et Zélie Martin, celui de choisir la vie consacrée et du don total. Pourtant les portes espérées ne se sont pas ouvertes devant eux pour une vie monastique. Dieu leur préférait, dans son plan divin, un autre temps, une autre entrée, une autre porte. Rappelons-nous l'engagement entre Tobie et Sarah: «Désormais tu es mon frère et elle est ta soeur. Elle t'est donnée à partir d'aujourd'hui pour toujours» ( Tob.7-11). Il n'est jamais bon en effet que nos actions s'inscrivent dans la seule volonté de les voir aboutir. Voilà pourquoi nous devons nous inscrire à l'école de la patience et accepter de nous laisser modeler en nous laissant porter par la seule Volonté de l'Esprit. La Divine Volonté, voilà ce qui est important. A travers les points de dentelles de Zélie Martin, le temps des horloges de Louis Martin, laissons les parents de sainte Thérèse nous ramener à notre temps terrestre, là où nous sommes pour aimer. Relisons le texte que Monsieur Martin adressait à Zélie : « Le lien qui constitue ce sacrement est indépendant de sa consommation. Nous avons une preuve éclatante de cette vérité dans la Sainte Vierge et Saint Joseph qui, bien que véritablement mariés, ont gardé une continence perpétuelle. Ces illustres époux ont eu pour imitateurs plusieurs saints vivants vierges dans le mariage, se bornant à l'union pure du coeur, renonçant d'un commun consentement au commerce charnel qui leur était permis. Ces mariages avaient tout l'essentiel nécessaire à leur validité, ils avaient même ces avantages sur les autres de représenter d'une manière plus parfaite l'union chaste toute spirituelle de Jésus Christ avec son Eglise ». Comprendre et accompagner le désir spirituel des époux Martin à vivre de la sainteté, nous renvoie au fait qu' à la lumière de l'Esprit, la fécondité du couple s'incarne souvent au-delà du désert : « Là ils se mirent à penser qu'ils n'avaient pas seulement à acquérir la sainteté, mais aussi, en s'adjoignant des compagnons nouveaux , à développer l'ordre que Notre Dame avait commencé par eux » (ordre des Servites). Dieu Notre Père, apprends-nous à compter ton temps et non pas le nôtre si souvent encombré par nos désirs de la terre. Que nos rencontres et nos choix d'amour se lisent dans Ta seule Présence.

Demande: Que Louis et Zélie Martin nous apportent le don de l'attente pour accueillir l'Esprit de Dieu. Monsieur et Madame Martin, apprenez-nous à faire mémoire du don de l'Esprit.

Prières du jour: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Deuxième jour

Les fruits de l'Esprit

« Le Seigneur m'a donné des parents plus dignes du ciel que de la terre » (sainte Thérèse de l'Enfant Jésus).

Prière à l'Esprit -Saint: « O Feu consumant, Esprit d'amour, survenez en moi afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe; que je lui sois une humanité du surcroît, en laquelle il renouvelle tout son mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, couvrez-la de votre ombre, ne voyez en elle que le Bien Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ». (Bienheureuse Elisabeth de la Trinité)

Psaume 21

Seigneur, Ta Force réjouit le roi; Combien Ton Salut le comble d'allégresse Tu lui as accordé le désir de son coeur, Tu n'as point refusé le souhait de ses lèvres car tu l'as prévenu de bénédictions de choix, Tu as mis sur sa tête une couronne d'or fin; Tu lui as accordé la vie qu'il demandait, longueur de jours, encore et à jamais. Grande gloire lui fait ton salut, Tu as mis sur lui le faste et l'éclat; oui, tu l'établis en bénédictions pour toujours, Tu le réjouis de bonheur près de ta face.

Réflexion: Le « Oui » donné dans le souffle de l'Esprit correspond à un engagement sur le chemin de la confiance et de l'abandon, si cher à sainte Thérèse: « Seigneur que Ta volonté se fasse et non la mienne ». Effectivement, à l'écoute de l'Esprit, il nous sera plus facile dans le tumulte du monde, de discerner l'appel à la sainteté. Ce chemin particulier  peut s'avérer rebutant, aride, voire désertique quand il ne se nourrit pas de la pratique des sacrements, de l'Eucharistie. A chaque pratique recommencée, on retrouve l'échos de la voix d'Osée si proche de nous encore aujourd'hui: « Je te fiance à moi à jamais par la justice et le droit, par la grâce et la miséricorde. Je te fiance à moi par la fidélité et toi tu connaîtras le Seigneur » (Osée 2, 21-22). L'espérance est un moteur, une dynamique, pour ceux qui se reconnaissent vivants: « L'Esprit te couvre de son ombre, tu accueilles en toi la rosée du ciel, déjà les temps sont accomplis. Au loin blanchissent les moissons de ceux qui traversent le Jourdain, terre d'Israël » (Chroniques). Louis et Zélie Martin connaissaient le chant de l'Esprit et ils reconnaissaient les parfums de l'aurore. Ils ont, depuis toujours, désirer consacrer leur union en mémoire de Tobbie et Sarah: « Tobbie se lève du lit et dit à Sarah: Debout ma soeur. Il faut prier tous deux et recourir à Notre Seigneur pour obtenir sa grâce et sa protection. Elle se leva et ils se mirent à prier pour obtenir d'être protégés. » (Tobbie 8). Voila pourquoi il est important que la construction de nos familles de la terre se réalise à l'image de l'humanité du Père, celle de la famille de Nazareth, celle de saintes familles. Nous sommes tous appelés à être des architectes de l'espérance et de l'amour : « Comme un jeune homme épouse une vierge, ton architecte t'épousera et comme le mari se réjouit de son épouse, ton Dieu se réjouira de toi » (Is 62-5). A travers cette douce relation établie avec Notre Père, sainte Thérèse peut nous rassurer sur notre vocation de parents. Comme le dit la Vierge Marie : « Familles ne vous laissez pas détruire ». Que Louis et Zélie Martin nous enseignent le « Oui » afin que nous parvenions à construire. Par ce « Oui » donné, puissions nous devenir des enfants prodigues. Donnons la vie pour que la vie nous soit donnée.

Demande: Louis et Zélie Martin, puisque dans l'incarnation de votre amour vous confirmez votre désir de la conception pour chacun de vos enfants, aidez-nous à obtenir cette grâce du repos dans la vie donnée du Père. Puissions-nous Lui consacrer tous nos actes de vie et nos dons d'amour.

Prière quotidienne: Notre père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Troisième jour

L'épreuve et la maladie

« Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau » (Math.11-28)

Prière à l'Esprit Saint : Parlez, Saint-Esprit, pour faire une fontaine en mon coeur, dont l'eau pure et salutaire sauve le plus grand pêcheur guérit le plus incurable en lui dessillant les yeux, et pardonne au plus coupable en rejaillissant aux cieux. Pire que la Madeleine, que Lazare au tombeau et que la Samaritaine, je vous demande cette eau; j'en veux boire, j'en demande, J'en sais le don précieux; Plus cette faveur est grande, plus vous serez glorieux. Soutenez mon impuissance, je suis un roseau vivant. Arrêtez mon inconstance, je change plus que le vent. Dissipez mon ignorance, je suis un aveugle né. (saint Louis Marie Grignon de Montfort).

Psaume 41

Heureux qui pense au pauvre et au faible; au jour de malheur le Seigneur le délivre; le Seigneur le garde, Il lui rend vie et bonheur sur terre: Il ne le livre pas à l'appétit de ses ennemis, le Seigneur le soutient sur son lit de douleur; Tu refais tout entière la couche où il languit. Moi j'ai dit : « Pitié pour moi, Seigneur, guéris mon âme, car j'ai péché contre toi ». Mes ennemis parlant de moi me malmènent: « Quand va-t-il mourir et son nom périr? » Vient-on me voir, on dit des paroles en l'air, le coeur plein de malices, on déblatère en dehors. Mais toi Seigneur, pitié pour moi, fais-moi lever, je les paierai de leur dû, ces gens: par là, je connaîtrai que tu es mon ami, si l'ennemi ne lance plus contre moi son cri; et moi, que tu soutiens, je resterai indemne, Tu m'auras à jamais établi devant Ta Face. Béni soit Seigneur, le Dieu d'Israël, depuis toujours jusqu'à toujours. Amen.

Réflexion: Aux Buissonnets, la Vierge au Sourire nous appelle et nous invite à comprendre que son sourire, que tout sourire est accueil et source de guérison. A l'école de sainte Thérèse, reconnaissons le vrai sourire dans l'épreuve comme dans la maladie loin du repli sur soi, loin du discours négatif : « Pourquoi cela m'arrive-t-il? », qui dessèche toute espérance. Zélie Martin jusqu'au bout de sa vie a porté son épreuve. Elle l'a conduite aux pieds de la Vierge Marie à Lourdes au-delà de la maladie et de la souffrance. Elle pratiqua l'espérance par-dessus tout. A Lisieux, Louis Martin a déposé son chemin de croix sur l'autel de pierre comme un  holocauste d'amour. Les époux ont choisi de se tenir au pied de la croix en enfants fidèles et dans la compassion car ils savaient, fidèles à l'école de sainte Bernadette, qu'ils ne seraient par heureux en ce monde mais dans l'autre. A notre tour, nous devons comprendre que toute notre existence, quelles que soient les épreuves qui la composent,  peut devenir et doit devenir une offrande. Mais comment réussir à trouver ce passage entre l'ombre à la lumière? Ecoutons saint Pierre Chrysologue: « Offre à Dieu ta vie, l'oblation du jeûne pour qu'il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n'aura pas d'excuse, parce que on a toujours soi-même à offrir. Mais pour que ces dont soient agrées, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s'il n'est pas arrosé par la miséricorde. Car ce que tu n'abandonnes pas à autrui tu ne l'auras pas ». Les épreuves de famille, la maladie, les déceptions professionnelles nous guettent et nous menacent régulièrement. Tout peut nous sembler démesuré et injuste quand un cataclysme ébranle nos vies ou notre entourage. Mais quoiqu'il nous arrive, sachons demeurer dans le juste discernement, le juste état d'âme. Demeurons toujours dans l'écoute de l'autre. Maintenons intact notre capacité à donner, à offrir, même si Dieu nous semble reprendre ce qu'il a donné dans une relation amoureuse mystérieuse. L'offrande de nous-mêmes doit être notre idéal de vie soutenu par la Charité, grande vertu théologale. Louis et Zélie Martin ont tout donné. Ils ont tout offert, sans distinction. Toujours ils ont semé pour faire grandir dans la Patrie Céleste. Sommes-nous capables de semer et d'attendre la récolte avec patience et humilité ? Accepter d'être dans la main du Père comme un petit enfant, n'est-ce pas déjà accepter Sa Bénédiction ?

Demande: Louis et Zélie Martin permettez-nous d'avoir accès à une compréhension de l'amour au sein même de nos épreuves et maladies. Intercédez pour nous afin que dans l'offrande de toute épreuve, nous devenions les porteurs d'eau qui nettoient les plaies de Celui qui a tout donné par amour.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Quatrième jour

Eclatement de la famille

« Soyez entre vous plein de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns les autres comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Oui, cherchez à imiter Dieu puisque vous êtes ses enfants bien aimés » (He).

Prière à l'Esprit- Saint :« O Feu de l'Esprit paraclet, vie de la vie de toute créature, tu es saint, toi qui vivifies les formes. Tu es saint, toi qui couvres de baume les dangereuses fractures, tu es saint, toi qui panses les fétides blessures. O souffle de sainteté, ô feu de charité, ô douce saveur dans les coeurs, et pluie dans les âmes, odorante de vertus. O très pure fontaine où l'on voit Dieu assembler les étrangers et rechercher les égarés. O cuirasse de la vie, espoir de l'union de tous les hommes, retraite de la beauté, sauve les êtres. Garde ceux qu'emprisonne l'ennemi et délivre ceux qui sont enchaînés, ceux que veut sauver la divine puissance ». (sainte Hildegarde)

Psaume 132

Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d'être unis. On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d'Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement. On dirait la rosée d'Hermon qui descend sur les collines de Sion. C'est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie pour toujours.

Psaume 133

Vous tous, bénissez le Seigneur, vous qui servez le Seigneur, qui veillez dans la maison du Seigneur au long des nuits. Levez les mains vers le sanctuaire, et bénissez le Seigneur, que le Seigneur te bénisse de Sion, Lui qui a fait le ciel et la terre.

Réflexion: Tout évènement de la vie peut servir de fondation pour établir une famille dans le ciel. Par exemple ceux qui nous quittent, nos défunts, peuvent nous préparer un chemin. N'oublions jamais la belle prière pour les âmes de nos défunts. Ils ont tant besoin de nous. Que dire également de nos familles divorcées, ces effritements de l'alliance quand celles-ci  construisent un veau d'or?  Dans la mémoire de ce que nous dit l'Evangile « C'est par tes blessures Jésus que nous serons guéris » pensons d'une façon positive à toutes les formes de blessures d'amour et plaçons-nous en situation d'accueil et non de rejet. Il se peut que nous soyons amenés à vivre une séparation pour accéder à d'autres relations plus enrichissantes pour nous-mêmes et automatiquement pour les autres. Les petits frères de Thérèse n'étaient-ils pas des anges du ciel pour leur famille de la terre ? Thérèse elle-même nous apprend dans P. N. 16. 5: « Lève les yeux vers la céleste Patrie et tu verras sur des trônes d'honneur un père aimé, une mère chérie auxquels tu dois ton immense bonheur. » Donc nous pouvons établir des relais dès ce monde à condition de le vouloir : «  Ecoute ma voix. Je te donne un conseil et que Dieu soit avec toi. Tu discerneras, tu feras, allège ta charge. Que d'autres la portent avec toi. Si tu faits celà , Dieu te donnera ses ordres et tu pourras tenir... Moïse écouta la voix de son beau-père et fit tout ce qu'il avait dit. » (Ex. 18, 13-27) Divorcés, nous pouvons par exemple demeurer fidèles à un sacrement donné, à un époux parti, en préservant dans l'espérance de la miséricorde, un dialogue d'amour avec notre Père des Cieux. Quel que soit notre état de séparation et dans l'attente d'être rétablis dans notre alliance avec le Père, apprenons à bénir puisque nous sommes appelés à bénir. Sachons recevoir et donner le pardon. Louis et Zélie Martin dans la fidélité à l'alliance, ont toujours accueilli la bénédiction du Père pour la transmettre dans la paix familiale, à leurs enfants et autour d'eux. Oui le ciment de l'Alliance est en nous car notre identité est en notre Père. « Ne crains pas, car je t'ai racheté. Je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi. » (Isaïe 43, 1-5) Avec saint Jean retenons la phrase de Notre Seigneur : «  Ne murmurez pas entre vous ». Et chantons le psaume: « Voyez qu'il est bon, qu'il est doux, d'habiter en frères tous ensemble ».

Demande: Louis et Zélie Martin, apprenez-nous à faire de nos éclatements de familles, des chemins de guérison. Louis et Zélie Martin, apprenez-nous à affirmer nos « oui »  ou « non ». Que nos événements de vie soient mis dans un éclairage de vérité et de fraternité.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Cinquième jour

Au-delà de toute souffrance

« Réjouissez-vous que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux, pas du  reste ». (Lc 10-20).

Prière d'action de grâce : « Marie vivant dans la pensée du Père, Marie épouse des desseins du Père; rappelle-moi dans l'enveloppement de ta présence maternelle, que j'ai été créé avec sagesse et par amour afin que je puisse dire. Rempli de reconnaissance pour un Père si infiniment bon: «Je te rends grâce Seigneur pour la merveille que je suis ». Marie visite l'instant de ma conception, je te le consacre. Je te consacre mon père et ma mère de la terre, je te consacre leur union. Je te consacre toutes les unions de la terre, pour qu'à l'image de Dieu, l'homme donne la vie avec sagesse et par amour ». (Fr. Ephraïm)

Réflexion: S'il nous est promis qu'au-delà de toute souffrance une joie éternelle nous attend, peut-on affirmer qu'il existe un début et une fin à toute souffrance? La souffrance est dans la conception même de la vie. Or si la vie est don gratuit, toute résistance faite à cette gratuité peut devenir génératrice de lutte, de doute et donc de souffrance. Nous devons choisir entre la maîtrise et l'abandon : « Lorsque la bonté divine choisit quelqu'un pour une grâce particulière ou pour un état sublime, elle lui donne tous les charismes nécessaires à sa personne ainsi qu'à sa fonction et qui augmentent fortement sa beauté spirituelle. » (saint Bernardin de Sienne). La souffrance peut être existentielle, physique ou psychologique. Et si elle peut être constitutionnelle ou réactionnelle, elle peut correspondre à un registre de vie ou de mort. Sommes-nous prêts à accompagner Notre Seigneur Jésus Christ chaque jeudi soir à Gethsémani? : « Se relevant de sa prière, il vint à ses disciples et les trouva endormis de tristesse. Il leur dit: « Qu'avez-vous à dormir? Levez-vous et priez pour ne pas entrer en tentation". (Lc 22-45). Ne soyons donc pas tentés de fuir, de nous replier, de nous aigrir, dans cette lutte contre ce qui nous semble être injuste. Toute souffrance doit être au contraire partagée, offerte à tout instant mais si cela dépasse notre compréhension terrestre. Car au-delà de toute souffrance émerge l'acceptation de la grâce, celle d'être reconnu frère en Jésus Christ, et donc d'être reconnu fils de Dieu. Si nous ne pouvons les retenir, laissons venir les larmes car elles sont toujours nourrissantes et fruit de l'Esprit. Toute forme de désir sans la souffrance peut se comprendre comme une illusion sur l'amour. La souffrance vécue et acceptée des grands Saints est ici une école à la portée de tous, mais nous ne la considérerons jamais comme une fin en soi. Si là où est notre faiblesse réside notre force, la compassion au pied de la croix n'apparaît plus comme une gratuité ou une faiblesse, mais bien comme une attente, une espérance silencieuse. Car si au pied de la croix se tenait la première Eglise, soyons nous aussi, dans cette compassion, prêts à nous laisser embraser: « Comme ils l'emmenaient, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus" ( Lc 23-26).

Demande: Louis et Zélie Martin, apprenez-nous chaque jour à découvrir et à reconnaître ce triomphe de l'amour sur la souffrance encouragée par votre petite reine Thérèse. Acceptons comme vous le fîtes, de nous confier en adoption à la Vierge Marie et à saint Joseph pour obtenir toute forme de guérison. Nous vous remercions Monsieur et Madame Martin car vous nous montrer le chemin du meilleur choix et de l'acceptation de l'adoption filiale afin de vivre à Nazareth comme aux Buissonnets dans votre famille.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Sixième jour

La nuit, le désert, la purification

« C'est pourquoi je vais la séduire, la conduire au désert et parler à son cœur » (Osée 14)

Prière à l'Esprit Saint : « Venez, Père des lumières, venez Dieu de Charité, formez en moi mes prières, montrez-moi la vérité, faites descendre en mon âme un charbon de votre feu qui la pénètre de flamme et la remplisse de Dieu. Venez Saint Esprit, qui faites les martyrs, les confesseurs, les apôtres, les prophètes, les grands héros, les grands coeurs, c'est Votre seule conduite que mon sauveur a suivie; afin donc que je l'imite, conduisez-moi comme lui. » (saint Louis- Marie Grignon de Montfort).

Psaume 4

Quand je crie, réponds-moi, Dieu ma justice. Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière. Fils des hommes, jusqu'où irez-vous dans l'insulte à ma gloire, l'amour du néant et la course au mensonge ? Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle, le Seigneur entend quand je crie vers lui. Mais vous tremblez, ne pêchez pas, réfléchissez dans le secret, faites silence. Offrez les offrandes justes et faites confiance au Seigneur. Beaucoup demandent: « Qui nous fera voir le bonheur? » Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage. Tu mets dans mon coeur plus de joie que toutes leurs vendanges et leurs moissons. Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, car Tu me donnes d'habiter, Seigneur, seul dans la confiance.

Réflexion: Nos conceptions du désert, de la solitude, de la nuit, se mêlent à celles de l'abandon, de la tristesse, de la punition. Si nous acceptons que notre temps de la terre ne soit pas celui de Dieu, alors nous pouvons mieux comprendre ces conceptions négatives. Car Notre Père ne se présente pas à nous dans les orages, les épreuves, les grandes manifestations, mais comme Elie le vécut, dans le silence et le souffle léger. N'est-ce pas dans le souffle léger quese disent les secrets ? Car Dieu donne puis Il reprend et ce dans un grand mystère d'échange d'amour. De notre côté, il arrive que quand nous donnons nous ne soyons pas compris. Parfois nous refusons de donner comme nous refusons de recevoir. Zélie Martin a tout donné et jusqu'à la mort pour ses enfants. Louis Martin a tout donné jusqu'à l'holocauste sur l'autel eucharistique. Et ces « tout » donnés sont couronnement dans le ciel. Ainsi, nos nuits de la terre, nos déserts, ne sont pas ceux du ciel. Comme le jour triomphe sans heurt des ténèbres parce qu'il sait qu'il sera vainqueur, il nous faut accepter sans violence toute nuit, tout désert, toute purification. Au Calvaire, au coup de lance, le sang et l'eau étaient fontaine jaillissante de vie. Il fallait que Dieu pleure pour que nous l'acceptions. Le coup de lance venu à la fin de l'agonie préfigurait une naissance. Il ne pouvait venir avant l'agonie qui aurait annoncé une mort. Thérèse désirait au Colisée la poussière du sang séché des martyrs. Zélie Martin a engendré dans l'épreuve physique et morale une sainte famille. Louis Martin a porté au Carmel son désir de la prêtrise et comme Moïse, après le désert, il n'a pu contempler la terre promise. Relisons ce texte de Monsieur Martin: «Dieu n'a ouvert qu'une voie pour conduire tous les hommes au bonheur qu'Il leur destine. C'est celle des contradictions et des croix. Elle est pour les princes comme pour les bergers et la foi nous apprend qu'Il n'en exempte personne. »

Demande: Louis et Zélie Martin, apprenez-nous à être simplement, pauvrement, des instruments de Dieu Comme Thérèse préparait à chaque Eucharistie la table du repas, puissions-nous dans la fidélité, inviter notre Dieu à notre table. Alors l'attente deviendra présence et nous deviendrons serviteurs.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Septième jour

L'abandon dans l'espérance

« Demandez et l'on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira » (Math. 7, 7).

Prière à l'Esprit Saint :« Viens Esprit Saint, viens Feu d'Amour, viens Père des pauvres épris de mes blessures, Seigneur, Tu m'as choisie dès ma plus tendre enfance, et je puis m'appeler l'oeuvre de Ton amour. » (sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)

Poème

Réjouis-toi, Jérusalem: jubilez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez. Soyez remplis d'allégresse à cause d'elle, vous tous qui portiez son deuil. Afin que vous soyez allaités et rassasiés par son sein de consolation. Afin que vous savouriez avec délices sa mamelle de gloire. Car ainsi parle le Seigneur : Je vais faire couler vers elle la paix comme un fleuve, Et comme un torrent débordant la gloire des nations. Ses nourrissons seront portés sur les bras et caressés sur les genoux. Comme un fils que sa mère console, Moi aussi je vous consolerai. (Is. 66, 10-14)

Réflexion: A la maison de Nazareth comme à Alençon, il n'y a de place que pour une pédagogie douce et gratifiante. La douce école de la Vierge Marie comme celle de Thérèse, nous éduque dans la Sagesse et la Vérité : « La vérité vous rendra libres », libre d'aimer mais surtout libre pour reconnaître, recevoir et aimer l'amour. L'Amour nous pouvons le reconnaître car il est source de grâce et de guérison. D'ailleurs, Louis et Zélie Martin nous donnent un grand exemple de fidélité dans la prière au temps des épreuves. Ils sont fidèles aux neuvaines, aux pèlerinages : « Qu'ils sont beaux les pieds qui portent  la bonne nouvelle" (saint Paul) Dans la maladie, Zélie Martin s'abandonne confiante dans un voyage à Lourdes. De l'épreuve à l'abandon, dans la confiance vers la guérison, tous nos états de misère devraient se nourrir de l'un ou et de l'autre. Quel mystère, quel trésor à découvrir. A l'école de Thérèse nous recevons tout par Marie pour Jésus. Nous recevons la voie d'enfance cette si belle voie de guérison : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai pour que le Père soit glorifié dans le fils. .. Celui qui m'aime sera fidèle à ma parole. Mon Père l'aimera, Nous viendrons à lui et Nous ferons chez lui Notre demeure. » (Jn. 14, 13 et 23) Dans cet abandon, Zélie Martin a reçu en son sein les sept enfants consacrés au Seigneur. En notre sein, acceptons de porter un nouvel enfant du nom de coeur et de pardon.

Demande: Zélie Martin montrez-nous le chemin de Marie, la grande voie d'enfance prophétisée par Thérèse. Faites que nous puissions renaître dans la confiance du sein de Marie sans la force de nos poignets. Louis et Zélie Martin apprenez-nous à nous laisser faire dans le temps et dans la grâce du Père par la seule force de l'Esprit.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Huitième jour

La maison du Père

« Comme un jour près de Toi, vaut mieux que mille ailleurs, je voudrais habiter dans ton temple, comme un jour près de Toi vaux mieux que mille ailleurs, je voudrais habiter ta maison Seigneur ».

Prière à l'Esprit -Saint : Viens, esprit créateur nous visiter, viens éclairer l'âme de tes fils; Emplis nos coeurs de grâces et de lumières, Toi qui créas toute chose avec amour, donne-nous les sept dons de ton amour, Toi, le doigt qui oeuvre au nom du Père; Toi dont il nous promit le règne et la venue, Toi qui inspires nos langues pour chanter. Gloire à Dieu note Père dans les cieux, Gloire au Fils qui monte des enfers; Gloire à l'Esprit de force et de sagesse, dans tous les siècles des siècles. Amen. (Veni Creator)

Evangile (Jn 14, 1)

« Que votre coeur cesse de se troubler. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père, sinon je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai vous prendre avec moi, afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. Et du lieu où je vais vous connaissez le chemin. »

Réflexion: Dieu est constant dans son amour. Dans cette espérance de l'amour fidèle de Notre Père, comprenons Sa douceur, laissons venir Sa Miséricorde. Et si la douceur de l'amour du Christ est réservée à la maison du Père que dans nos maisons  nous en fassions l'expérience de l'espérance. Chantons, dansons, louons. Pourquoi ne pas respecter nos maisons par une propreté, un éclairage, une odeur qui rappelle les demeures de Nazareth, d'Alençon, les Buissonnets ?: « Levons nos mains vers le Dieu trois fois Saint, que ma prière s'élève devant Toi comme l'encens et mes mains comme l'offrande du soir . » ( office des Vêpres) Dans son atelier, Monsieur Martin, les yeux dans les éclats de la joaillerie, ne contemplait-il pas la splendeur d'une Jérusalem céleste? A la fin de sa vie, en offrant l'autel eucharistique à l'Eglise saint Pierre de Lisieux, ne vivait-il pas du Tabernacle de la maison du Père comme Marie le fut pour Jésus? Louis Martin gérait ses biens en bon père de famille, prince et berger rappelons-nous: « Ainsi, quiconque écoute ces paroles que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc » (Math. 7,2) L'odeur de la terre natale existe comme le parfum de la maison du Père. Soyons heureux de cette reconnaissance de la maison du Père: «  Réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux pas du reste » (Lc 10, 20). Relisons également Thérèse: « Lève les yeux vers la céleste Patrie et tu verras sur des trônes d'honneur un père, une mère chérie, auxquels tu dois ton immense bonheur ». Pour revenir à la Maison osons la voie d'enfance par le chemin de Marie. Osons cette voie évangélique qui vient nous réintroduire dans cette ressemblance que nous avons avec Dieu et de tout ce qui Le constitue à l'image de la demeure de la Jérusalem Céleste. Cette voie d'enfance qui peut nous ramener dans le temps d'avant le péché originel. Demandons Lui de nous apprendre la Divine Volonté.

Demande: Louis et Zélie Martin enseignez-nous cette voie d'enfance, de purification, qui peut nous ramener à la Maison du Père. Puisse votre famille nous introduire dans le mystère d'un Dieu qui a des entrailles de mère.

Prière quotidienne: Notre Père, Ave Maria, Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin...

Neuvième jour

Consécration

« J'ai donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu à ceux qui croient en mon nom » (Jn. 1, 12).

Consécration à Marie

« Je te choisis aujourd'hui, ô Marie, en présence de toute la cour céleste pour ma Mère et ma Reine. Je te livre et consacre en toute soumission et amour mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, te laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient sans exception, selon ton bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l'éternité. Amen ». (saint Louis Marie Grignon de Montfort)

Réflexion: Depuis notre baptême nous arrive-t-il de nous rappeler que nous sommes baignés de l'onction du Seigneur, incorporé au Christ ? Par les sacrements nous rappelons-nous que nous recevons la bénédiction du Père? : « Jacob appela ses fils et dit : « Réunissez-vous que je vous annonce ce qui arrivera dans la suite du temps.... » Il les bénit. A chacun il a donné une bénédiction qui lui convenait. » (Gen. 49, 1-28) A chacun Dieu donne ce qui lui convient dans son état au temps opportun comme un mission, une guérison, une conversion. Dans l'attente de cette Rencontre et dans ce temps de gestation, réfugions-nous dans la chambre nuptiale des époux du Ciel. Nous sommes tous unis au Christ dans la vie Trinitaire par une circulation d'Amour: « Que le Christ habite en vos coeurs par la foi et que vous soyez enracinés, fondés dans l'Amour. » (Eph. 3, 14-20) Alors levons-nous et dans un face à face avec notre Dieu, proclamons notre foi. Rendons-nous disponibles pour recevoir l'Esprit afin que la bénédiction du Père coule sur nous comme une rosée sanctifiante, miséricordieuse. Merci mon Dieu pour cette espérance que nous puissions te recevoir chez nous et que nous soyons dignes de te porter.

Demande finale: Louis et Zélie Martin consacrés dans le sein de la famille de Nazareth apprenez-nous le désir de la consécration. Amen. Nous vous demandons Monsieur et Madame Martin, la consécration pour nous mêmes, notre famille et celle du monde. Amen. Par sainte Thérèse, Zélie Martin, donnez-nous l'amour de la vie. Amen. Par sainte Thérèse petite reine, Louis Martin, roi de famille, enseignez-nous la liturgie des familles où nous sommes appelés, prêtre, prophète et roi. Amen. Notre Père Ave Maria.

Prière de l'enfant d'un saint (de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de SainteFace s'adressant à ses parents du Ciel): « De tes enfants exauce notre prière, protège nous, daigne encore nous bénir. Tu retrouves là-haut notre mère chérie qui t'avait précédé dans la céleste patrie. Maintenant dans les cieux, vous régnez tous les deux, veillez sur nous. Maintenant tes enfants t'adressent leurs prières, ils bénissent ta croix et ta douleur amère. Sur ton front glorieux, rayonnent dans les cieuxNeuf lys en fleur. »

Prière finale: Dieu Notre Père, je te rends grâce pour Louis et Zélie Martin dont le couple fut fidèlement uni, donnant le témoignage d'une vie chrétienne exemplaire, par l'exercice du devoir d'état et la pratique des vertus évangéliques. Dans l'éducation d'une famille nombreuse, à travers les épreuves, les deuils et la souffrance, ils ont manifesté généreusement leur confiance en Toi, leur soumission à ta volonté. Daigne, Seigneur, faire connaître tes desseins à leur égard, et m'accorder les grâces que je sollicite, dans l'espérance que le père et la mère de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus pourront un jour être proposés en modèles aux familles d'aujourd'hui. Amen.

Pour la cause de béatification, toute personne pouvant témoigner d'une grâce particulière reçue par l'intercession de Monsieur et de Madame Martin peuvent nous la communiquer à l'adresse : chm@chemindemarie.com

Imprimatur

Cette neuvaine en compagnie de Louis et Zélie Martin peut être diffusée chez les personnes et groupes qui souhaitent s'en inspirer.

Monseigneur A.M. LEONARD
Evêque de Namur
Le 21.09.1998

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Téléchargez le texte de la Neuvaine (pdf) en cliquant ici

 

Saint Louis Martin

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Le Vénérable Louis Martin

Père de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

1823-1894

Fête le 13 juillet

 

Prière de l'enfant d'un Saint

A son bon Père, rappelé à Dieu le 29 juillet 1894

 

Rappelle-toi qu'autrefois sur la terre

Ton seul bonheur était de nous chérir;

De tes enfants exauce la prière,

Protège-nous, daigne encor nous bénir !

Tu retrouves là-haut notre mère chérie,

Depuis longtemps déjà dans la sainte patrie;

Maintenant, dans les cieux,

Vous régnez tous les deux...

Veillez sur nous !

 

Rappelle-toi ton ardente Marie,

Celle qui fut la plus chère à ton coeur ;

Rappelle-toi qu'elle remplit ta vie,

Par son amour, de charme et de bonheur.

Pour Dieu, tu renonças à sa douce présence,

Et tu bénis la main qui t'offrait la souffrance.

De ton beau « diamant »

Toujours plus scintillant,

Oh ! souviens-toi !

 

Rappelle-toi ta belle « perle fine »,

Que tu connus faible et timide agneau;

Vois-la, comptant sur la force divine,

Et du Carmel conduisant le troupeau.

De tes autres enfants elle est aujourd'hui mère,

Viens guider ici-bas celle qui t'est si chère;

Et sans quitter le ciel,

De ton petit Carmel,

Oh ! souviens-toi...

 

 

Rappelle-toi cette ardente prière

Que tu formas pour ta troisième enfant.

Dieu l'entendit !... elle estime la terre

Un lieu d'exil et de bannissement.

La Visitation la cache aux yeux du monde,

Elle aime le Seigneur, sa douce paix l'inonde ;

De ses brûlants soupirs,

De ses ardents désirs,

Oh ! souviens-toi...

 

Rappelle-toi ta fidèle Céline

Qui fut pour toi comme un ange des cieux,

Lorsqu'un regard de la Face divine

Vint t'éprouver par un choix glorieux.

Tu règnes dans le ciel... sa tâche est accomplie;

Maintenant à Jésus elle donne sa vie...

Protège ton enfant

Qui redit bien souvent Rappelle-toi !...

 

Oh ! souviens-toi de ta «petite reine »,

Du tendre amour dont son coeur déborda...

Rappelle-toi que sa marche incertaine

Ce fut toujours ta main qui la guida.

Papa, rappelle-toi qu'aux jours de son enfance

Tu voulus pour Dieu seul garder son innocence.

Ses boucles de cheveux

Qui ravissaient tes yeux,

Rappelle-toi !

 

Rappelle-toi que dans le belvédère,

Tu l'asseyais souvent sur tes genoux,

Et, murmurant alors une prière,

Tu la berçais par ton refrain si doux !

Elle voyait du ciel un reflet sur ta face,

Quand ton regard profond se plongeait dans l'espace...

Et de l'éternité

Tu chantais la beauté,

Rappelle-toi !

 

Rappelle-toi ce radieux dimanche

Où, la pressant sur ton coeur paternel,

Tu lui donnas une fleurette blanche,

Et lui permis de voler au Carmel.

O père, souviens-toi qu'en ses grandes épreuves,

Du plus sincère amour tu lui donnas des preuves;

A Rome après Bayeux

Tu lui montras les cieux;

Rappelle-toi !

 

Rappelle-toi que la main du Saint-Père,

Au Vatican, sur ton front se posa;

Mais tu ne pus comprendre le mystère

Du sceau divin qui sur toi s'imprima.

Maintenant tes enfants t'adressent leur prière;

Ils bénissent ta croix et ta douleur amère !

Sur ton front glorieux

Rayonnent dans les cieux

Neuf lis en fleurs !

 

Août 1894.

Documents sur Louis et Zélie Martin,

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-83937-173690.html

 

05 décembre 2009

Litanies des Bienheureux Louis et Zélie Martin

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Litanies des Bienheureux Louis et Zélie Martin

Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous


Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous

Bienheureux Louis et Zélie Martin, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, père et mère de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez mis votre Foi et votre Espérance dans le Seigneur, priez pour nous

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez vécu votre union dans la fidélité, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez enfanté de nombreux enfants, priez pour nous

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez élevé vos enfants dans la Foi, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez désiré sainteté pour vous et vos enfants, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez offert vos enfants au Seigneur, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez perdu des enfants en bas âge, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez travaillé de vos mains, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez pratiqué une ardente Charité, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez puisé votre force dans l'Eucharistie quotidienne, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez prié fidèlement chaque jour, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez partagé le souci missionnaire de l'Église, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui vous êtes toujours confié à la Vierge, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui avez connu la souffrance et la maladie, priez pour nous.

Bienheureux Louis et Zélie Martin, qui contemplez dans le Ciel la Face Adorable du Seigneur; priez pour nous.


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


priez pour nous, Bienheureux Louis et Zélie Martin,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ


Prions


Dieu d’éternel amour, Vous nous donnez dans les Bienheureux époux Louis et Zélie Martin, un exemple de sainteté vécue dans le mariage: Ils ont gardé la Foi et l’Espérance au milieu des devoirs et des difficultés de la vie; Ils ont élevé leurs enfants pour qu’ils deviennent des Saints. Puissent leur prière et leur exemple soutenir les familles dans leur vie chrétienne et nous aider tous à marcher vers la sainteté. Si telle est Votre Volonté, daignez nous accorder les grâces que nous demandons maintenant à travers leur intercession, et les inscrire au nombre des saints de Votre Eglise. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Téléchargez le texte des Litanies des Bx Louis et Zélie Martin (pdf) en cliquant ici

23 décembre 2008

La Vierge du Sourire

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La Vierge du Sourire

Apparition à Lisieux le 13 mai 1883

« La Sainte Vierge s'est avancée vers moi! Elle m'a souri... » Ainsi s'exprime Thérèse Martin, la future Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face. En ce 13 mai 1883, elle est alitée, en proie à une maladie mystérieuse qui dure depuis plusieurs jours. La famille fait une neuvaine à Notre Dame des Victoires, car l'état de la fillette suscite de vives craintes. La croyant tout à coup sur le point de mourir, dans un élan de Foi et de confiance, ses sœurs se jettent aux pieds de la Madone ornant la chambre de la petite malade. Soudain, le visage de Thérèse s'illumine: la statue s'anime et l'enfant voit la Sainte Vierge s'avancer vers elle et lui sourire. A l'instant même Thérèse est guérie.

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Le Récit par Sainte Thérèse

Extraits de l'Histoire d'une Âme

Circonstances de la maladie

La maladie dont je fus atteinte venait certainement du démon, furieux de votre entrée au Carmel, il voulut se venger sur moi du tort que notre famille devait lui faire dans l’avenir, mais il ne savait pas que la [27v°] douce Reine du Ciel veillait sur sa fragile petite fleur, qu’elle lui souriait du haut de son trône et s’apprêtait à faire cesser la tempête au moment où sa fleur devait se briser sans retour…Vers la fin de l’année je fus prise d’un mal de tête continuel mais qui ne me faisait presque pas souffrir, je pouvais poursuivre mes études et personne ne s’inquiétait de moi, ceci dura jusqu’à la fête de Pâques de 1883. Papa étant allé à Paris avec Marie et Léonie, ma Tante me prit chez elle avec Céline. Un soir mon Oncle m’ayant emmenée avec lui, il me parla de Maman, des souvenirs passés, avec une bonté qui me toucha profondément et me fit pleurer ; alors il dit que j’avais trop de cœur, qu’il me fallait beaucoup de distraction et résolut avec ma Tante de nous procurer du plaisir pendant les vacances de Pâques. Ce soir-là nous devions aller au cercle catholique, mais trouvant que j’étais trop fatiguée, ma Tante me fit coucher ; en me déshabillant, je fus prise d’un tremblement étrange, croyant que j’avais froid ma Tante m’entoura de couvertures et de bouteilles chaudes, mais rien ne put diminuer mon agitation qui dura presque toute la nuit. Mon Oncle, en revenant du cercle catholique avec mes cousines et Céline, fut bien surpris de me trouver en cet état qu’il jugea très grave, mais il ne voulut pas le dire afin de ne pas effrayer ma Tante. Le lendemain il alla trouver le docteur Notta qui jugea comme mon Oncle que j’avais une maladie très grave et dont jamais une enfant si jeune n’avait été atteinte. Tout le monde était consterné, ma Tante fut obligée de me garder chez elle et me soigna avec une sollicitude vraiment maternelle. Lorsque Papa revint de Paris avec mes grandes sœurs, Aimée les reçut avec une figure si triste que Marie [28r°] Ms A Folio 28, r° crut que j’étais morte… Mais cette maladie n’était pas pour que je meure, elle était plutôt comme celle de Lazare afin que Dieu soit glorifié… Il le fut en effet, par la résignation admirable de mon pauvre petit Père qui crut que « sa petite fille allait devenir folle ou bien qu’elle allait mourir. » Il le fut aussi par celle de Marie !… Ah ! qu’elle a souffert à cause de moi… combien je lui suis reconnaissante des soins qu’elle m’a prodigués avec tant de désintéressement… son cœur lui dictait ce qui m’était nécessaire et vraiment un cœur de Mère est bien plus savant que celui d’un médecin, il sait deviner ce qui convient à la maladie de son enfant… Cette pauvre Marie était obligée de venir s’installer chez mon Oncle car il était impossible de me transporter alors aux Buissonnets. Cependant la prise d’habit de Pauline approchait ; on évitait d’en parler devant moi sachant la peine que je ressentais de n’y pouvoir aller, mais moi j’en parlais souvent disant que je serais assez bien pour aller voir ma Pauline chérie. En effet le Bon Dieu ne voulut pas me refuser cette consolation ou plutôt Il voulut consoler sa Fiancée chérie qui avait tant souffert de la maladie de sa petite fille… J’ai remarqué que Jésus ne veut pas éprouver ses enfants le jour de leurs fiançailles, cette fête doit être sans nuages, un avant-goût des joies du Paradis, ne l’a-t-Il pas montré déjà 5 fois ?… Je pus donc embrasser ma Mère chérie, m’asseoir sur ses genoux et la combler de caresses… Je pus la contempler si ravissante, sous la blanche parure de Fiancée… Ah ! ce fut un beau jour, au milieu de ma sombre épreuve, mais ce jour passa vite… Bientôt il me fallut monter dans la voiture qui m’emporta bien loin de Pauline… bien loin de mon Carmel chéri. En arrivant aux Buissonnets, on me fit coucher, malgré moi car j’assurais [28v°] être parfaitement guérie et n’avoir plus besoin de soins. Hélas, je n’étais encore qu’au début de mon épreuve !… Le lendemain je fus reprise comme je l’avais été et la maladie devint si grave que je ne devais pas en guérir suivant les calculs humains… Je ne sais comment décrire une si étrange maladie, je suis persuadée maintenant qu’elle était l’œuvre du démon, mais longtemps après ma guérison j’ai cru que j’avais fait exprès d’être malade et ce fut là un vrai martyre pour mon âme… Je le dis à Marie qui me rassura de son mieux avec sa bonté ordinaire, je le dis à confesse et là encore mon confesseur essaya de me tranquilliser, disant que ce n’était pas possible d’avoir fait semblant d’être malade au point où je l’avais été. Le Bon Dieu qui voulait sans doute me purifier et surtout m’humilier me laissa ce martyre intime jusqu’à mon entrée au Carmel où le Père de nos âmes m’enleva tous mes doutes comme avec la main et depuis je suis parfaitement tranquille.

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Description de la maladie

Il n’est pas surprenant que j’aie craint d’avoir paru malade sans l’être en effet, car je disais et je faisais des choses que je ne pensais pas, presque toujours je paraissais en délire, disant des paroles qui n’avaient pas de sens et cependant je suis sûre de n’avoir pas été privée un seul instant de l’usage de ma raison… Je paraissais souvent évanouie, ne faisant pas le plus léger mouvement, alors je me serais laissé faire tout ce qu’on aurait voulu, même tuer, pourtant j’entendais tout ce qui se disait autour de moi et je me rappelle encore de tout… Il m’est arrivé une fois d’être longtemps sans pouvoir ouvrir les yeux et de les ouvrir un instant pendant que je me trouvais seule… Je crois que le démon avait reçu un pouvoir extérieur sur moi mais [29r°] qu’il ne pouvait approcher de mon âme ni de mon esprit, si ce n’est pour m’inspirer des frayeurs très grandes de certaines choses, par exemple pour des remèdes très simples qu’on essayait en vain de me faire accepter. Mais si le Bon Dieu permettait au démon de s’approcher de moi il m’envoyait aussi des anges visibles… Marie était toujours auprès de mon lit me soignant et me consolant avec la tendresse d’une Mère, jamais elle ne témoigna le plus petit ennui et cependant je lui donnais beaucoup de mal, ne souffrant pas qu’elle s’éloigne de moi. Il fallait bien cependant qu’elle aille au repas avec Papa, mais je ne cessais de l’appeler tout le temps qu’elle était partie, Victoire qui me gardait était parfois obligée d’aller chercher ma chère « Mama » comme je l’appelais… Lorsque Marie voulait sortir il fallait que ce soit pour aller à la messe ou bien pour voir Pauline, alors je ne disais rien… Mon Oncle et ma Tante étaient aussi bien bons pour moi ; ma chère petite Tante venait tous les jours me voir et m’apportait mille gâteries. D’autres personnes amies de la famille vinrent aussi me visiter, mais je suppliai Marie de leur dire que je ne voulais pas recevoir de visites ; cela me déplaisait de « voir des personnes assises autour de mon lit en rang d’oignons et me regardant comme une bête curieuse. » La seule visite que j’aimais était celle de mon Oncle et ma Tante. Depuis cette maladie je ne saurais dire combien mon affection pour eux augmenta, je compris mieux que jamais qu’ils n’étaient pas pour nous des parent s ordinaires. Ah ! ce pauvre petit Père avait bien raison quand il nous répétait souvent les paroles que je viens d’écrire. Plus tard il expérimenta qu’il ne s’était pas trompé et maintenant il doit protéger et bénir ceux qui lui prodiguèrent des soins si dévoués… Moi je suis encore exilée et ne sachant pas montrer ma reconnaissance, je n’ai qu’un seul moyen pour soulager mon cœur : Prier pour les parents que j’aime, qui furent et qui sont encore si bons pour moi ! Léonie était aussi bien bonne pour moi, essayant de m’amuser de son mieux, moi je lui faisais quelquefois de la peine car elle voyait bien que Marie ne pouvait être remplacée auprès de moi… Et ma Céline chérie, que n’a-t-elle pas fait pour sa Thérèse ?… Le Dimanche au lieu d’aller se promener elle venait s’enfermer des heures entières avec une pauvre petite fille qui ressemblait à une idiote ; vraiment [29v°] il fallait de l’amour pour ne pas me fuir… Ah ! mes chères petites Sœurs, que je vous ai fait souffrir !… personne ne vous avait fait autant de peine que moi et personne n’avait reçu autant d’amour que vous m’en avez prodigué… Heureusement, j’aurai le Ciel pour me venger, mon Époux est très riche et je puiserai dans ses trésors d’amour afin de vous rendre au centuple tout ce que vous avez souffert à cause de moi… Ma plus grande consolation pendant que j’étais malade, c’était de recevoir une lettre de Pauline… Je la lisais, la relisais jusqu’à la savoir par cœur… Une fois, ma Mère chérie, vous m’avez envoyé un sablier et une de mes poupées habillée en carmélite, dire ma joie est chose impossible… Mon Oncle n’était pas content, il disait qu’au lieu de me faire penser au Carmel il faudrait l’éloigner de mon esprit, mais je sentais au contraire que c’était l’espérance d’être un jour carmélite qui me faisait vivre… Mon plaisir était de travailler pour Pauline, je lui faisais des petits ouvrages en papier bristol et ma plus grande occupation était de faire des couronnes de pâquerettes et de myosotis pour la Sainte Vierge, nous étions au beau mois de mai, toute la nature se parait de fleurs et respirait la gaîté, seule la « petite fleur » languissait et semblait à jamais flétrie…

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La grâce du sourire

Cependant elle avait un Soleil auprès d’elle, ce Soleil était la Statue miraculeuse de la Sainte Vierge qui avait parlé deux fois à Maman, et souvent, bien souvent, la petite fleur tournait sa corolle vers cet Astre béni… Un jour je vis Papa entrer dans la chambre de Marie où j’étais couchée ; il lui donna plusieurs pièces d’or avec une expression de grande tristesse et lui dit d’écrire à Paris et de faire dire des messes à Notre-Dame des Victoires pour qu’elle guérisse sa pauvre petite fille. Ah ! que je fus touchée en voyant la Foi et l’Amour de mon Roi chéri ! [30r°] J’aurais voulu pouvoir lui dire que j’étais guérie, mais je lui avais déjà fait assez de fausses joies, ce n’était pas mes désirs qui pouvaient faire un miracle, car il en fallait un pour me guérir… Il fallait un miracle et ce fut Notre-Dame des Victoires qui le fit. Un Dimanche (pendant la neuvaine de messes), Marie sortit dans le jardin me laissant avec Léonie qui lisait auprès de la fenêtre, au bout de quelques minutes je me mis à appeler presque tout bas : « Mama… Mama… ». Léonie étant habituée à m’entendre toujours appeler ainsi, ne fit pas attention à moi. Ceci dura longtemps, alors j’appelai plus fort et enfin Marie revint, je la vis parfaitement entrer, mais je ne pouvais dire que je la reconnaissais et je continuais d’appeler toujours plus fort : « Mama… ». Je souffrais beaucoup de cette lutte forcée et inexplicable et Marie en souffrait peut-être encore plus que moi ; après de vains efforts pour me montrer qu’elle était auprès de moi, elle se mit à genoux auprès de mon lit avec Léonie et Céline puis se tournant vers la Sainte Vierge et la priant avec la ferveur d’une Mère qui demande la vie de son enfant, Marie obtint ce qu’elle désirait… Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle…Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le « ravissant sourire de la Ste Vierge ». Alors toutes mes peines s’évanouirent, deux grosses larmes jaillirent de mes paupières et coulèrent silencieusement sur mes joues, mais c’était des larmes de joie sans mélange… Ah ! pensai-je, la Sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse… oui [30v°] mais jamais je ne le dirai à personne, car alors mon bonheur disparaîtrait. Sans aucun effort je baissai les yeux, et je vis Marie qui me regardait avec amour ; elle semblait émue et paraissait se douter de la faveur que la Sainte Vierge m’avait accordée… Ah ! c’était bien à elle, à ses prières touchantes que je devais la grâce du sourire de la Reine des Cieux. En voyant mon regard fixé sur la Sainte Vierge, elle s’était dit : « Thérèse est guérie! » Oui, la petite fleur allait renaître à la vie, le Rayon lumineux qui l’avait réchauffée ne devait pas arrêter ses bienfaits ; il n’agit pas tout d’un coup, mais doucement, suavement, il releva sa fleur et la fortifia de telle sorte que cinq ans après elle s’épanouissait sur la montagne fertile du Carmel.

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Prière à la Vierge du sourire

O Marie, Mère de Jésus et la nôtre, qui, par un visible sourire, avez daigné consoler et guérir autrefois votre enfant privilégiée, Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, nous vous en supplions, venez nous consoler, nous aussi, dans les peines de cette vie; détachez nos cœurs de la terre, donnez-nous la santé de l'âme et du corps, affermissez-nous dans l'espérance, obtenez-nous enfin de jouir éternellement dans le Ciel de votre maternel et ravissant sourire. Ainsi soit-il.


O Vierge du Sourire, convertissez les pécheurs, guérissez les malades, et assistez les agonisants.


Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, priez pour nous.


Imprimatur

200 jours d'indulgence,

Paul-Émile Cardinal Léger, Arch. de Montréal, 7 novembre 1960.


Prière à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus pour le Salut de la France

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Prière à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus pour le Salut de la France


Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui avez dit : « J’aime la France, ma patrie, je veux lui conserver la foi », ayez pitié de la France ! Délivrez-la des ténèbres qui l’environnent, détournez-la du mensonge, vous qui étiez une âme de lumière et de Vérité. O vous qui disiez encore : « J’aime l’Eglise, ma Mère, je serais prête, pour la défendre, à verser tout mon sang », ramenez notre patrie infidèle à cette Eglise, Mère des âmes. Nouvelle et puissante patronne de la France, demandez à la Vierge Immaculée, Reine de France, de sauver sa Nation privilégiée. Revenez vers nous avec Saint Martin et Saint Louis, avec Sainte Geneviève et Sainte Jeanne d’Arc, pour chasser l’étranger du Royaume. Nous ne voulons pas que cet étranger - l’esprit de révolte et d’incrédulité - règne sur nous, mais le Prince de la Paix, Jésus, notre seul Maître et Sauveur bien-aimé. Ainsi soit-il.


Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Sauvez la France !

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Prière du matin par Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

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Offrande de la journée

Prière du matin composée par Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face


Mon Dieu, je vous offre toutes les actions que je vais faire aujourd'hui, dans les intentions et pour la gloire du Coeur Sacré de Jésus; je veux sanctifier les battements de mon coeur, mespensées et mes oeuvres les plus simples en les unissant à ses mérites infinis, et réparer mes fautes en les jettant dans la fournaise de son amour miséricordieux. O mon Dieu! je vous demande pour moi et pour ceux qui me sont chers la grâce d'accomplir parfaitement votre sainte volonté, d'accepter pour votre amour les joies et les peines de cette vie passagère afin que nous soyons un jour réunis dans les Cieux pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

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Le Chapelet de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

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Le Chapelet de Sainte Thérèse


Le Chapelet se compose de 24 grains, en souvenir des 24 années de la vie de Sainte Thérèse. Un 25ème grain séparé des autres est ajouté après la médaille de sainte Thérèse.


Voici comment réciter ce chapelet :


Sur le premier grain séparé des autres, dire la prière suivante :

« Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Patronne des Missions, priez pour nous »


Sur chacun des 24 grains réciter le Gloire au Père, pour remercier la Sainte Trinité de nous avoir donné Sainte Thérèse.

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Pour se procurer le Chapelet de Sainte Thérèse,

cliquer sur le lien suivant:

www.le-chapelet.com

Neuvaine de Prière par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

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Neuvaine de Prière par l'intercession de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

Dieu notre Père, tu accueilles près de Toi ceux qui, en ce monde,Te servent fidèlement: Nous invoquons Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la sainte Face à cause de son amour pour Toi. Sa filiale confiance lui faisait espérer "que tu ferais sa volonté au Ciel, puisqu'elle avait toujours fait la Tienne sur la Terre". Je Te supplie d'exaucer la prière que je t'adresse avec foi en me confiant à son intercession.


Notre Père...


Seigneur Jésus, Fils Unique de Dieu et notre Sauveur souviens toi que Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face consuma sa vie ici-bas pour le salut des âmes, et voulut "passer son Ciel à faire du bien sur la terre": parce qu'elle fut ton épouse bien aimée, passionnée par ta Gloire, nous la prions. Je m'en remets à Toi, afin d'obtenir les grâces que j'implore en me confiant à son intercession.


Je vous salue Marie...

Esprit Saint, source de toute grâce et de tout amour, c'est par ton action que Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face fut comblée de prévenances divines et y répondit avec une parfaite fidélité. Maintenant qu'elle intercède pour nous, et ne veut prendre aucun repos jusqu'à la fin des temps, nous l'implorons. Je te demande d'inspirer et d'écouter ma prière, afin que me soit accordée la faveur confiée à son intercession.


Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et Toujours, et pour les siècles des siècles.

O Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, vois la confiance que je mets en toi et accueille mes intentions. Intercède pour moi auprès de la Vierge Marie qui vint te sourire au moment de l'épreuve. Regarde aussi tous ceux qui te prient: je m'unis à eux comme à des frères. A travers les grâces que nous désirons si telle est la volonté du Seigneur, donne nous d'êtres fortifiés dans la Foi, l'Espérance et l'Amour sur le chemin de la Vie, et d'être aidés au moment de la mort, afin de ce monde dans la Paix du Père, et de connaître l'éternité de joie des enfants de Dieu. Amen.

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01 décembre 2008

Pourquoi je t'aime, ô Marie !

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Pourquoi je t'aime, ô Marie !

Oh ! je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t'aime
Pourquoi ton nom si doux fait tressailler mon coeur
Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême
Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur
Si je te contemplais dans ta sublime gloire
Et surpassant l'éclat de tous les bienheureux
Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire
O Marie, devant toi, je baisserais les yeux !...


Il faut pour qu'un enfant puisse chérir sa mère
Qu'elle pleure avec lui, partage ses douleurs
O ma Mère chérie, sur la rive étrangère
Pour m'attirer à toi, que tu versas de pleurs !...
En méditant ta vie dans le saint Evangile
J'ose te regarder et m'approcher de toi
Me croire ton enfant ne m'est pas difficile
Car je te vois mortelle et souffrant comme moi...


Lorsqu'un ange du Ciel t'offre d'être la Mère
Du Dieu qui doit régner toute l'éternité
Je te vois préférer, ô Marie, quel mystère
L'ineffable trésor de la virginité.
Je comprends que ton âme, ô Vierge Immaculée
Soit plus chère au Seigneur que le divin séjour
Je comprends que ton âme, Humble et Douce Vallée
Peut contenir Jésus, L'Océan de l'Amour !...


Oh ! je t'aime, Marie, te disant la servante
Du Dieu que tu ravis par ton humilité
Cette vertu cachée te rend toute-puissante
Elle attire en ton coeur la Sainte Trinité
Alors l'Esprit d'Amour te couvrant de son ombre
Le Fils égal au Père en toi s'est incarné...

De ses frères pécheurs bien grand sera le nombre
Puisqu'on doit l'appeler : Jésus, ton premier-né !...


O Mère bien-aimée, malgré ma petitesse
Comme toi je possède en moi Le Tout-Puissant
Mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse :
Le trésor de la mère appartient à l'enfant
Et je suis ton enfant, ô ma Mère chérie
Tes vertus, ton amour, ne sont-ils pas à moi ?
Aussi lorsqu'en mon coeur descend la blanche Hostie
Jésus, ton Doux Agneau, croit reposer en toi !...


Tu me le fais sentir, ce n'est pas impossible
De marcher sur tes pas, ô Reine des élus,
L'étroit chemin du Ciel, tu l'as rendu visible
En pratiquant toujours les plus humbles vertus.
Auprès de toi, Marie, j'aime à rester petite,
Des grandeurs d'ici-bas, je vois la vanité,
Chez Sainte Elisabeth, recevant ta visite,
J'apprends à pratiquer l'ardente charité.


Là j'écoute ravie, Douce Reine des anges,
Le cantique sacré qui jaillit de ton coeur.
Tu m'apprends à chanter les divines louanges
A me glorifier en Jésus mon Sauveur.
Tes paroles d'amour sont de mystiques roses
Qui doivent embaumer les siècles à venir.
En toi le Tout-Puissant a fait de grandes choses
Je veux les méditer, afin de l'en bénir.


Quand le bon Saint Joseph ignore le miracle
Que tu voudrais cacher dans ton humilité
Tu le laisses pleurer tout près du Tabernacle
Qui voile du Sauveur la divine beauté !...
Oh ! que j'aime, Marie, ton éloquent silence,
Pour moi c'est un concert doux et mélodieux
Qui me dit la grandeur et la toute-puissance
D'une âme qui n'attend son secours que des Cieux...


Plus tard à Bethléem, ô Joseph et Marie !
Je vous vois repoussés de tous les habitants
Nul ne peut recevoir en son hôtellerie
De pauvres étrangers, la place est pour les grands...
La place est pour les grands et c'est dans une étable
Que la Reine des Cieux doit enfanter un Dieu.

O ma Mère chérie, que je te trouve aimable
Que je te trouve grande en un si pauvre lieu !...


Quand je vois L'Eternel enveloppé de langes
Quand du Verbe Divin j'entends le faible cri
O ma mère chérie, je n'envie plus les anges
Car leur Puissant Seigneur est mon Frère chéri !...
Que je t'aime, Marie, toi qui sur nos rivages
As fait épanouir cette Divine Fleur !...
Que je t'aime écoutant les bergers et les mages
Et gardant avec soin toute chose en ton coeur !...


Je t'aime te mêlant avec les autres femmes
Qui vers le temple saint ont dirigé leurs pas
Je t'aime présentant le Sauveur de nos âmes
Au bienheureux Vieillard qui le presse en ses bras,
D'abord en souriant j'écoute son cantique
Mais bientôt ses accents me font verser des pleurs.
Plongeant dans l'avenir un regard prophétique
Siméon te présente un glaive de douleurs.


O Reine des martyrs, jusqu'au soir de ta vie
Ce glaive douloureux transpercera ton coeur
Déjà tu dois quitter le sol de ta patrie
Pour éviter d'un roi la jalouse fureur.
Jésus sommeille en paix sous les plis de ton voile
Joseph vient te prier de partir à l'instant
Et ton obéissance aussitôt se dévoile
Tu pars sans nul retard et sans raisonnement.


Sur la terre d'Egypte, il me semble, ô Marie
Que dans la pauvreté ton coeur reste joyeux,
Car Jésus n'est-Il pas la plus belle Patrie,
Que t'importe l'exil,, tu possèdes les Cieux ?...
Mais à Jérusalem, une amère tristesse
Comme un vaste océan vient inonder ton coeur
Jésus, pendant trois jours, se cache à ta tendresse
Alors c'est bien l'exil dans toute sa rigueur !...


Enfin tu l'aperçois et la joie te transporte,
Tu dis au bel Enfant qui charme les docteurs :
"O mon Fils, pourquoi donc agis-tu de la sorte ?
"Voilà ton père et moi qui te cherchions en pleurs."
Et l'Enfant Dieu répond (oh quel profond mystère !)
A la Mère chérie qui tend vers lui ses bras :
"Pourquoi me cherchiez-vous ?... Aux oeuvres de mon Père
"Il faut que je m'emploie; ne le savez-vous pas ?"


L'Evangile m'apprend que croissant en sagesse
A Joseph, à Marie, Jésus reste soumis
Et mon coeur me révèle avec quelle tendresse
Il obéit toujours à ses parents chéris.
Maintenant je comprends le mystère du temple,
Les paroles cachées de mon Aimable Roi.
Mère, ton doux Enfant veut que tu sois l'exemple
De l'âme qui Le cherche en la nuit de la foi.


Puisque le Roi des Cieux a voulu que sa Mère
Soit plongé dans la nuit, dans l'angoisse du coeur;
Marie, c'est donc un bien de souffrir sur la terre ?
Oui souffrir en aimant, c'est le plus pur bonheur !...
Tout ce qu'Il m'a donné Jésus peut le reprendre
Dis-lui de ne jamais se gêner avec moi...
Il peut bien se cacher, je consens à l'attendre
Jusqu'au jour sans couchant où s'éteindra ma foi...


Je sais qu'à Nazareth, Mère pleine de grâces
Tu vis très pauvrement, ne voulant rien de plus
Point de ravissements, de miracles, d'extases
N'embellissent ta vie, ô Reine des Elus !...

Le nombre des petits est bien grand sur la terre
Ils peuvent sans trembler vers toi lever les yeux
C'est par la voie commune, incomparable Mère
Qu'il te plaît de marcher pour les guider aux Cieux.


En attendant le Ciel, ô ma Mère chérie,
Je veux vivre avec toi, te suivre chaque jour
Mère, en te contemplant, je me plonge ravie
Découvrant dans ton coeur des abîmes d'amour.
Ton regard maternel bannit toutes mes craintes
Il m'apprend à pleurer, il m'apprend à jouir.
Au lieu de mépriser les joies pures et saintes
Tu veux les partager, tu daignes les bénir.


Des époux de Cana voyant l'inquiétude
Qu'ils ne peuvent cacher, car ils manquent de vin
Au Sauveur tu le dis dans ta sollicitude
Espérant le secours de son pouvoir divin.
Jésus semble d'abord repousser ta prière
"Qu'importe", répond-Il, "femme, à vous et à moi ?"
Mais au fond de son coeur, Il te nomme sa Mère
Et son premier miracle, Il l'opère pour toi...


Un jour que les pécheurs écoutent la doctrine
De Celui qui voudrait au Ciel les recevoir
Je te trouve avec eux, Marie, sur la colline
Quelqu'un dit à Jésus que tu voudrais le voir,
Alors, ton Divin Fils devant la foule entière
De son amour pour nous montre l'immensité
Il dit : "Quel est mon frère et ma soeur et ma Mère,
"Si ce n'est celui-là qui fait ma volonté ?"


O Vierge Immaculée, des mères la plus tendre
En écoutant Jésus, tu ne t'attristes pas
Mais tu te réjouis qu'Il nous fasse comprendre
Que notre âme devient sa famille ici-bas
Oui tu te réjouis qu'Il nous donne sa vie,
Les trésors infinis de sa divinité !...
Comment ne pas t'aimer, ô ma Mère chérie
En voyant tant d'amour et tant d'humilité ?


Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
Et tu consens pour nous à t'éloigner de Lui.
Aimer c'est tout donner et se donner soi-même
Tu voulus le prouver en restant notre appui.
Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
Il savait les secrets de ton coeur maternel,
Refuge des pécheurs, c'est à toi qu'Il nous laisse
Quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel.


Marie, tu m'apparais au sommet du Calvaire
Debout près de la Croix, comme un prêtre à l'autel
Offrant pour apaiser la justice du Père
Ton bien-aimé Jésus, le doux Emmanuel...
Un prophète l'a dit, ô Mère désolée,
"Il n'est pas de douleur semblable à ta douleur !"
O Reine des Martyrs, en restant exilée
Tu prodigues pour nous tout le sang de ton coeur !


La maison de Saint Jean devient ton seul asile
Le fils de Zébédée doit remplacer Jésus...
C'est le dernier détail que donne l'Evangile
De la Reine des Cieux il ne me parle plus.
Mais son profond silence, ô ma Mère chérie
Ne révèle-t-il pas que
Le Verbe Eternel
Veut Lui-même chanter les secrets de ta vie

Pour charmer tes enfants, tous les Elus du Ciel ?


Bientôt je l'entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor... Mère... voici le soir !...
Je ne crains plus l'éclat de ta gloire suprême
Avec toi j'ai souffert et je veux maintenant
Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime
Et redire à jamais que je suis ton enfant !.....


La petite Thérèse...


Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face

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