28 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Vingt-neuvième jour

Marie, Refuge des pécheurs et Consolatrice des affligés

 

« Il ne nous sied pas d’ouvrir la bouche devant le Seigneur que nous avons tant offensé ; mais c’est Marie qui parlera et intercédera pour nous… Vierge Sainte, vous ne pouvez pas mépriser les pécheurs, puisqu’ils sont causes que vous êtes Mère de Dieu » (Saint Albert-le-Grand).

 

I. Marie assura à la bienheureuse Villana, qu'après le titre de Mère de Dieu, il n'en est point dont elle se glorifie davantage que celui d'Avocate des pécheurs.

La confiance que le bienheureux Égidius avait en Marie, refuge des pécheurs et consolatrice des affligés, lui obtint de recouvrer, après sept années de pénitences sévères et de ferventes prières, une donation qu'il avait eu le malheur de faire de lui-même au démon. Cette Vierge sainte, le refuge des pécheurs repentants et la terreur des démons, obtint à Égidius que la cédule impie par laquelle il avait livré son âme à Satan, lui fût rendue. Par ses ruses, l'esprit de ténèbres voulait nuire, non-seulement à Egidius, mais à beaucoup d'autres; mais, par l'intercession de Marie, la miséricorde de Dieu le sauve, le sanctifie et convertit par lui une grande multitude de pécheurs.

« Oh ! Oui, mon Dieu ! Votre miséricorde surpasse toutes vos œuvres... elle donne la vie, elle donne la lumière qui fait connaître votre clémence à toute créature, dans les justes et dans les pêcheurs; elle brille au plus haut des cieux dans vos saints, et si je regarde sur la terre, elle y abonde ». (Dialogue de sainte Catherine de Sienne).

Marie déclara à sœur Benoîte, l'humble bergère du Laus, que son Fils lui avait donné ce lieu pour la conversion des pécheurs ; et comme Benoîte devait être son auxiliaire terrestre dans cette œuvre sublime, on ne la rencontra plus que le Rosaire à la main, et ses yeux innocents exprimaient la gravité de ses pensées.

Mais ce qui augmenta et dilata encore son zèle pour la conversion des pécheurs fut l'apparition de Notre-Seigneur crucifié et couvert de sang : « Ce que vous me voyez souffrir, ma fille, lui dit le Sauveur, n'est pas ce que je souffre à présent ; mais c'est pour vous faire voir ce que j'ai souffert pour les pécheurs et quel est l'amour que je leur porte ! » Cette vue douloureuse lui ôta la parole pendant deux jours et l'eût privée de vie, si elle se fût prolongée.

L'excès des douleurs qu'elle ressentit à cette occasion lui fit comprendre quelque chose de ce que le Fils de Dieu et sa sainte Mère avaient souffert sur le Calvaire, et combien les âmes leur avaient coûté ; la vive compassion qu'elle avait ressentie lui fit éprouver le reste de sa vie, tous les vendredis, une sorte de crucifiement, et elle fut honorée des stigmates de la passion de Jésus. Elle comprit qu'il n'y a point de barrière plus forte contre le péché que le souvenir d'un Dieu expirant, ni de levier plus puissant pour retirer les pécheurs de la fange du vice. La glorieuse Mère du Sauveur lui apparut peu après cette apparition, la consola et l'avertit de prier beaucoup pour la conversion des pécheurs, puisque c'était pour eux que son Fils s'était soumis à une mort si cruelle.

Qui nous dira les nouvelles ardeurs dont ces grâces enflammèrent le zèle de Benoîte pour la conversion des pécheurs ?

Sauver les âmes, les ramener à leur Dieu était la fin de toutes ses pensées, de tous ses entretiens, de toutes ses bonnes œuvres. Pour elles, Benoîte passait les jours et les nuits en prières ; pour elles, elle offrait à Dieu ses communions, ses jeûnes, ses souffrances, ses macérations,et quand, à force de verser des larmes la source en était tarie, de ses yeux coulait du sang.

Elle employait mille pieuses industries pour les toucher et les gagner, et volontiers elle eût acheté le salut d'une seule âme par l'effusion de tout son sang.

Une fois, pendant une extase, la vénérable Mère Hippolyte de Rocaberti vit Notre Seigneur irrité contre le monde coupable et résolu de le châtier ; alors la très Sainte Vierge l'engagea à entrer dans la plaie du côté de Jésus pour le conjurer, par cet amour immense qui lui avait fait supporter tant de souffrances et ouvrir son cœur pour tous les hommes, de daigner leur pardonner leurs péchés.

Un jour qu'elle était affligée par un mal d'yeux qui la rendait presque aveugle, elle pria la Mère de bonté de l'assister dans cette peine ; à l'instant celle-ci lui apparut, et rendit à ses yeux la vue et l'éclat de ceux des colombes.

Une autre fois qu'elle était toute triste et désolée, la Vierge Marie la consola par ces paroles : « Tace, ama, spera, taisez-vous, aimez et espérez ».

Un autre jour que le démon l'inquiétait beaucoup au sujet des livres qu'elle composait lui disant que tout cela n'était qu'orgueil et perte de temps, et que, jamais ils ne verraient le jour, espérant ainsi la détourner d'écrire, elle eut recours à la Consolatrice des affligés, et pendant qu'après matines, elle récitait en son honneur le Rosaire, ce qu'elle faisait exactement chaque jour, ces paroles qu'elle avait dites à matines lui revinrent dans l'esprit : « La crainte et le tremblement m'ont saisie, et je me suis trouvée dans l'obscurité ; j'ai dit : « Qui me donnera des ailes comme à la colombe, et je volerai et je me reposerai ».

Dans le même moment, son esprit et son cœur furent ravis au ciel où elle vit la Mère de Dieu dans une grande gloire. La sainte Vierge lui dit : « Venez dans mon sein, ma colombe, et vous y reposerez ». A peine la, vénérable Mère eut-elle entendu ces paroles, qu'il lui sembla voir son âme introduite dans ce sein virginal où elle jouit longtemps d'une paix et d'un repos ineffable, pendant lequel toutes les craintes que le démon avait voulu lui inspirer s'évanouirent entièrement. Depuis ce temps, toutes les fois que le démon voulait la troubler et lui faire de la peine, elle prononçait humblement et avec ferveur ces paroles : « Quis dabit mihi pennas sicut columbæ, et volabo, et requiescam ? » et soudain elle se sentait transportée près de Marie, sur la montagne de Sion, et hors des griffes de son adversaire infernal.

 

II. Ô Vierge Marie, refuge des pécheurs, consolatrice des affligés, c'est en Vous que j'espère et que j'espérerai toujours ! Lorsque j'élève vers vous mes mains suppliantes et mes yeux noyés de larmes, la douce paix qui ne peut venir que de Dieu, descend dans mon cœur. Le souvenir de mes péchés pourrait-il encore me troubler, quand je vois dans vos mains les grâces que vous êtes toujours prête à répandre sur celles qui, prosternées humblement devant vous, vous implorent, le cœur plein d'angoisse, de tristesse et de repentir ?... Vous qui, chaste et Immaculée colombe, triomphâtes du mal et de la mort, et devîntes le bouclier, le refuge, la forteresse imprenable où nous sommes à l'abri des traits enflammés de nos ennemis ! Amen.

 

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27 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Vingt-huitième jour

Vocations révélées par Marie

 

« Quand Marie a jeté ses racines dans une âme, Elle y produit des merveilles de grâce qu’Elle seule peut produire, parce qu’Elle est seule la Vierge féconde, qui n’a jamais eu sa semblable en pureté et en fécondité » (Saint Louis-Marie Grignion de Monfort).

 

I. « Il nous importe souverainement de rechercher quels sont les desseins de Dieu sur nous ; car si nous entrons dans le chemin qu'il nous destine, nous trouverons tous les jours sous notre main les grâces préparées d'avance pour nos besoins, et nous arriverons sans fatigue au terme de notre pèlerinage. Si, au contraire, nous prenons une voie différente de la voie où Dieu nous appelait, par une juste punition de notre désobéissance insouciante, nous serons semblables à une armée qui s'égare dans un désert, et qui périt peu a peu de fatigue et d'inanition. (De la Vocation religieuse, par le P. Ambroise Potion).

Mon Dieu ! Puisque par tant d'exemples vous m'éclairez aujourd'hui d'une si vive lumière, je veux, sans tarder davantage, examiner devant vous avec l'aide de ma Mère céleste, quel est l'état auquel vous m'appelez ; daignez mettre dans mon cœur les dispositions nécessaires pour une recherche si importante à votre gloire et à mon salut !

Le bienheureux Jourdain de Saxe excitait souvent son ami Henri de Cologne à suivre l'attrait qui l'appelait à la vie religieuse, et il rapporte ainsi son entrée dans l'Ordre de Saint-Dominique : « Je lui disais donc : « Quel plus grand mérite, quelle plus glorieuse couronne, que de nous rendre participants de la pauvreté du Christ et de ses apôtres, et d'abandonner le siècle par amour pour Lui ! » Mais bien que sa raison le fit tomber d'accord avec moi, sa volonté lui persuadait de me résister. La nuit même où nous venions de tenir ce discours, il alla entendre matines, dans l'église de la bienheureuse Vierge, et il y demeura jusqu'à l'aurore, priant la Mère du Seigneur de fléchir ce qu'il sentait de rebelle en lui ; et comme il ne s'apercevait pas que la dureté de son cœur fût amollie par sa prière, il commença à dire en lui-même :

« Maintenant, ô Vierge Bienheureuse, j'éprouve que vous n'avez point compassion de moi, et que je n'ai point ma place marquée dans le collège des pauvres du Christ ! » Il disait cela avec douleur, car il souhaitait la pauvreté, quoiqu'il n'eût pas le courage de l'embrasser de lui-même, et il allait se retirer de l'église de Notre-Dame ; triste de n'avoir point obtenu la force qu'il avait demandée. Mais à ce moment Celui qui regarde d'en haut les humbles, renversa les fondements de son cœur ; des ruisseaux de larmes arrivèrent à ses yeux; toute la dureté qui l'opprimait fut brisée, et le joug du Christ, auparavant si dur à son imagination, lui apparut ce qu'il est réellement, doux et léger. Il se leva dans le transport de sa joie, et courut auprès de Frère Reginald, entre les mains duquel il prononça ses vœux ». (Vie de saint Dominique).

Le jeune et illustre Tancrède, favori de l'empereur Frédéric II, s'adressait fréquemment à la sainte Vierge, la conjurant, par son intercession auprès de Dieu, de lui faire connaître l'état de vie dans lequel il serait le plus agréable au Seigneur, bien résolu de le prendre, quel qu'il pût être. Il y avait quelque temps qu'il persévérait dans sa demande, lorsqu'un soir la Mère de Dieu lui apparut, et lui dit : « Tancrède, vous demandez que je vous montre un état qui soit propre à assurer votre salut : allez donc, et entrez dans mon Ordre ». Puis Elle disparut. Tancréde, fort embarrassé, car il ne savait de quel Ordre la sainte Vierge avait voulu lui parler, s'endort l'esprit rempli de ce qu'il avait entendu. Pendant son sommeil, deux Frères Prêcheurs, dont l'Ordre lui était entièrement inconnu, se présentent à lui, et le plus âgé, lui dit : « Vous avez demandé à Dieu, par l'intercession de la sainte Vierge, de vous enseigner une voie sûre pour votre salut ; levez-vous promptement ; il faut que vous passiez le reste de vos jours avec nous ».

Le lendemain matin, en allant à la messe, Tancrède rencontra le prieur des Dominicains de Bologne, et après l'avoir considéré attentivement, il reconnut avec surprise que c'était bien le religieux qu'il avait vu en songe. Il l'aborde. et lui exposa tout ce qui lui était arrivé. Puis ne doutant plus alors de la volonté de Dieu, il renonça sans regret à tous les avantages que lui offrait le monde, pour se consacrer au Seigneur dans l'Ordre de Saint Dominique, où il vécut et mourut saintement.

Un enfant de bonne famille ressuscité par l'intercession de Saint Dominique, et qui, pendant que son âme était séparée de son corps avait en connaissance de la béatitude des saints et en particulier de la gloire de notre bienheureux Père, résolut, lorsqu'il fut devenu grand, de renoncer au monde pour mener une vie mortifiée et d'entrer dans l'Ordre de Saint Dominique, pour mériter d'avoir part un jour au même bonheur que lui. Il cacha longtemps cette grâce, et ne l'aurait peut-être jamais fait connaître, si la charité ne l'y eût obligé dans l'occasion suivante : Il y avait à Paris dans le même couvent que lui un novice fortement tenté de retourner dans le monde ; il lui parla en secret, et lui dit : « Si vous saviez, mon frère, la grâce que Dieu vous a faite en vous appelant à l'Ordre de Saint-Dominique, non-seulement vous ne chercheriez pas à le quitter ; mais vous en chercheriez plutôt un autre encore plus austère. Je vous découvrirai, pour vous en convaincre, ce que je n'ai encore déclaré à qui que ce soit. J'étais enfant, lorsqu'il plut a Dieu de me retirer de ce monde ; mais pendant le temps que je fus, à ce qu'il me semblait, dans le ciel, je vis de si belles choses, surtout sur la gloire admirable de Saint Dominique que Notre-Seigneur avait fait arbitre de ma résurrection, qu'il n'y a pas de peine au monde que je ne sois prêt à souffrir pour y arriver; c'est pourquoi, je vous en conjure, ayez bon courage, le travail est court, et la gloire éternelle ; mais pour en obtenir la couronne, il faut nécessairement l'obtenir par la victoire dans le combat ». Cet aveu dissipa la tentation du novice, et il persévéra avec ferveur dans l'Ordre toute sa vie. Ce religieux qui l'avait soutenu dans la pratique de la mortification, y excellait lui-même ; il était surtout admirablement silencieux, il ne parlait jamais qu'il n'y fût obligé ou même forcé; mais alors il disait tant de choses admirables sur le paradis, la gloire des saints, celle de la sainte Vierge et la nature des Anges, qu'il embrasait les cœurs de tous ceux qui l'écoutaient, du désir du ciel, et les disposait à souffrir toutes les pénitences possibles, en vue de l'immense récompense qui doit les suivre.

Plusieurs docteurs habiles, parmi lesquels était le confesseur de Sainte Rose de Lima, considérant son aversion pour le monde, son dégoût pour le mariage, son attrait pour la solitude, l'oraison et les macérations, jugèrent qu'elle devait entrer dans un couvent cloîtré, et ménagèrent son entrée dans celui des Augustines. Il ne s'agissait pour Rose que d'échapper à sa famille. Le dimanche suivant fut choisi pour le jour de sa fuite ; elle partit en effet, ce jour-là, accompagnée de son frère, confident de son projet, et à l'insu de ses parents.

En passant près de l'église de Saint Dominique, où était la chapelle du Saint-Rosaire, elle voulut y entrer pour se recommander à la glorieuse Vierge, et lui demander sa bénédiction. Mais à peine eut-elle fléchi les genoux au pied de son autel, qu'elle se sentit comme clouée à terre.

Son frère la pria de partir, lui disant qu'elle prierait tant qu'elle voudrait dans le monastère. Rose, ne voulant pas découvrir à son frère l'empêchement qui la retenait, fit tous ses efforts pour se lever et le suivre, mais inutilement. Celui-ci, revenant pour la troisième fois de la porte de l'église, montra quelque impatience, et lui dit qu'elle courait le risque de retomber entre les mains de ses parente. Contrainte alors d'avouer son impuissance, elle pria son frère de la soulever, ce qu'il entreprit de faire, mais sans aucun succès ; on eut dit un rocher enraciné dans le sol, ou une masse de plomb trop pesante pour être mue par un homme. La sainte comprit ce que ce miracle signifiait : « Ou Dieu n'approuve pas, se dit-elle, que je quitte mes parents, ou bien la retraite que j'ai choisie n'est pas celle qu'il me destinait ». Alors, s'adressant à la Reine des Anges, elle lui dit :

« Je vous promets, auguste Marie, de retourner sur-le-champ auprès de ma mère et de rester près d'elle jusqu'à ce que vous me donniez l'ordre d'en sortir ». À peine eut-elle achevé ces paroles, qu'elle put se lever sans aucune difficulté et retourner chez elle. Les tentatives qu'elle fit pour entrer dans le Carmel furent également sans succès. Marie qui réservait cette Rose de vertus pour l'Ordre de son serviteur Dominique, lui fit comprendre par des signes non équivoques qu'elle devait entrer dans le Tiers Ordre de Saint Dominique.

Un jour que la Bienheureuse Agnès de Jésus demandait avec larmes de sortir promptement de ce monde pour aller se réunir à l'Époux céleste, Notre Seigneur lui dit : « Tu m'es nécessaire pour la sanctification d'une âme qui doit servir à ma gloire ». Peu de temps après, la très Sainte Vierge lui apparut, et lui fit entendre ces paroles : « Prie mon Fils pour l'abbé Olier », Agnès ne connaissait point cet abbé ; mais la recommandation de Marie lui inspira pour cette âme une charité incroyable ; elle consacra trois ans de prières, d'austérités et de larmes à lui mériter la grâce abondante du salut et de la sanctification. Elle joignit à ses pénitences excessives les soupirs ardents de son cœur, et d'abondantes larmes.

Après ces trois années, Dieu fit connaître d'une manière prodigieuse à Agnès l'homme qui était pour elle l'objet d'une si vive sollicitude. L'abbé Olier, fervent serviteur de Marie, s'adonnait alors aux exercices d'une sérieuse retraite dans la maison de Saint Vincent de Paul. Il était dans sa chambre en oraison, lorsque, tout à coup, il voit paraître devant lui une personne revêtue de l'habit de Saint Dominique. C'était Agnès, miraculeusement transportée de Langeac à Paris. Une gravité sainte, une douce majesté embellissaient sa pâle figure ; des pleurs coulaient de ses yeux. D'une main elle tenait un crucifix, et de l'autre un Rosaire. Son Ange gardien, d'une beauté resplendissante, portait l'extrémité de sa chape noire ; il tenait de l'autre côté un mouchoir pour recevoir les larmes dont la figure de la vénérable Mère était baignée ; elle ne lui dit que ces paroles : « Je pleure pour toi », et elle disparut.

Ce langage alla au cœur de l'abbé Olier et le remplit d'une douce tristesse. Dès lors il entrevit les grands desseins que Dieu avait formés sur lui et toute la miséricorde de Marie à son égard. Il regarda, après Elle, la Bienheureuse mère Agnès comme sa mère spirituelle, et lui attribua toutes les grâces particulières qui firent de lui l'ornement et la gloire du clergé de France, l'un des plus saints prêtres de l'Église, et l'homme vraiment apostolique suscité pour réformer le clergé, et par lui, le peuple chrétien.

 

II. Ô Marie, vous que l'Église appelle la Porte du ciel et l'Étoile de la mer, brillez à nos yeux, dissipez les nuages épais qui nous environnent, et laissez luire à nos regards une de ces vives lumières qui indiquent la voie à suivre. Mais par-dessus tout, armez-nous de courage pour correspondre à. la voix intérieure et à la vérité connue, car il y en a plusieurs qui ne voient point et qui n'entendent point, parce qu'ils ne veulent point entendre, et parce qu'ils ne veulent point voir. Dieu frappe à la porte de notre cœur; mais si nous refusons de l'ouvrir, il ne s'est point engagé à nous attendre et à frapper plusieurs fois. C'est pourquoi comme Henri de Cologne, Tancrède et tant d'autres, armons-nous de courage, et si nous entendons sa voix n'endurcissons point nos cœurs, (Ps. 44.).

Parlez, Seigneur, votre servante vous écoute. Que voulez-vous que je fasse, ô Marie ? C'est vers vous que j'élève mes regards ; dirigez, Mère de lumière, dirigez mon cœur vers votre divin Fils, afin que j'entre dans la voie où je dois le servir, et que j'obtienne ainsi la fin pour laquelle j'ai été créée, le bonheur de le voir et de le posséder avec vous pendant l'éternité. Amen.

 

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25 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

ND du Laus

 

Vingt-sixième jour

Le Pèlerinage de Notre-Dame du Laus

 

I. Notre-Dame du Laus doit son origine à une simple bergère nommée sœur Benoîte, du Tiers Ordre séculier de Saint Dominique. Rien de plus suave, de plus édifiant, de plus délicieux, que la vie de cette pieuse bergère. Depuis l'âge de treize ans, jusqu'à l'époque de sa mort, elle fut favorisée des apparitions presque journalières de la très Sainte Vierge, qui fut sa divine institutrice dans les voies de la perfection ; aussi quelque chose de céleste s'unissait au charme de la candeur de Benoîte et ses paroles avaient une extraordinaire puissance. Citons quelques faits de sa gracieuse et poétique histoire.

Marie avait daigné apparaître à sa jeune servante pendant qu'elle gardait ses troupeaux dans le vallon du Laus. Dès lors le cœur de la pieuse bergère ne fut plus à elle. Pareille à la blanche pâquerette qui, au lever du soleil, ouvre sa riante corolle à l'astre qui la réjouit et la féconde, l'humble enfant reste immobile et muette devant la radieuse Étoile qui s'est levée sur elle et livre toute son âme aux mystérieuses influences de la vision qui l'éclaire, l'échauffe et la réjouit. Voir. voir toujours ce qu'elle voit, c'est sa nourriture, sa prière, son repos et sa vie. Le pain, le temps, le troupeau, tout, jusqu'au Rosaire est oublié... Les étoiles la surprirent à la même place... le bêlement de ses brebis vint la rappeler à elle et l'avertir qu'il était temps de se retirer. Pendant quatre mois, chaque jour, il lui est donné de contempler celle dont la vue lui fait un paradis sur la terre. Pendant la nuit, seul temps qui sépare l'heureuse bergère de l'objet de son amour, elle en rêve, et tout en rêvant elle se lève pour aller la voir. Elle se surprend alors au milieu des ténèbres courant sur les rochers, les pieds nus et à peine vêtue; c'est que, pendant qu'elle dort, son cœur veille, et l'amour du cœur entraîne le corps.

C'est dans une de ses apparitions que Marie déclara un jour à Sœur Benoîte qu'elle voulait être honorée au Laus et qu'on lui élevât là une chapelle où elle répandrait ses faveurs à pleines mains. « Mais, lui répondit Benoîte, qui connaissait la misère du pays, où prendra-t-on de l'argent pour bâtir cette église ? » « Soyez sans inquiétude, reprit la sainte Vierge, l'argent ne manquera point, et je veux que ce soit celui des pauvres ». Et voilà qu'à la voix de l'humble bergère, et attirés par les miracles qui se succédaient au Laus, une multitude de pèlerins s'y acheminaient. Le sanctuaire commencé en 1667 était achevé l'année suivante. Les pèlerins apportaient chacun une pierre pour concourir à la construction de l'édifice où il s'opérait chaque jour des conversions et des guérisons remarquables. La très Sainte Vierge avait promis qu'un des signes de sa présence au Laus serait une odeur céleste. Voici comment un vicaire général de Gap s'explique sur ces suaves effluves du ciel : « Les odeurs de Marie sont si délicieuses, et d'une si grande consolation, que celui qui les sent croit déjà jouir des avant-goûts du ciel. À mesure qu'elles frappent l'od0rat, elles enlèvent l'âme et toutes ses puissances, et remplissent le cœur de joie ; les parfums des fleurs ne sont rien en comparaison de ceux-ci. Si les hommes experts dans la distillation des plantes aromatiques et la préparation des baumes, respiraient ceux du Laus, ils en seraient pâmés de consolation. Ils ne sauraient ni, les connaître, ni en parler, parce qu'ils sont des écoulements de la divinité ». (Histoire des merveilles de N. D. du Laus).

Sœur Benoîte, qui respirait à leur source les doux parfums de la Rose mystique, et dont les sens, épurés par le travail de la sainteté, étaient plus exquis, en était toute transformée. Chaque fois qu'elle revenait d'auprès de sa tendre Mère, son visage paraissait lumineux, et son âme était tellement enivrée de consolation, que semblable aux bienheureux, elle ne pouvait ni boire, ni manger, ni dormir... Ses vêtements étaient aussi tout imprégnés de la bonne odeur, et la conservaient plusieurs jours. À ces signes, on connaissait qu'elle avait vu la Reine des anges ; ainsi l'abeille, chargée des parfums et de la poudre d'or du lys, laisse deviner qu'elle sort du sein de la Reine des fleurs.

Les bonnes odeurs étaient donc, pour la foule qui ne voyait pas la Mère de Dieu, une preuve d'autant plus sensible de sa présence, que ces odeurs paraissaient moins être une grâce particulière qu'un attribut de la nature céleste de Marie, en sorte qu'il eût fallu un acte de sa puissance pour les retenir.

Tout ce qui appartenait à la sainte bergère était parfumé, sa bute, son voile, sa main, son haleine, tout ce qu'elle touchait, et l'air qu'elle traversait. Lorsqu'elle parlait,le souffle de ses lèvres prévenait délicieusement l'odorat avant d'aller remuer le cœur. On se trouvait si bien auprès d'elle qu'on n'eût jamais voulu la quitter. Lorsque son cœur avait encore été échauffé par une communion, une extase, une vision, elle enivrait tous ceux qui l'approchaient, car ces fragrantes émanations avaient un flux réglé sur celui de l'amour. L'amour était le foyer intérieur qui volatilisait les arômes de son corps pur ; plus le foyer était ardent, plus il dégageait de parfums.

Si donc Benoîte ne porte pas l'or et les perles de la souveraine qu'elle représente, à la place elle répand de célestes parfums. Ce signe de sa mission n'est pas moins concluant que celui de la pénétration de son regard dans les ténèbres des consciences. Les parfums de Jésus-Christ, de la sainte Vierge, des Anges, et de sœur Benoîte composent ce que la tradition a nommé les bonnes odeurs du Laus, mots magiques, dont le charme subsiste encore, car les bonnes odeurs sont sensibles pour plus d'une âme privilégiée.

Lorsque l'église du Laus fut achevée, la sainte Vierge y envoya des Anges pour en célébrer l'inauguration, qui eut lieu le 25 décembre, après la messe de minuit. Benoîte était dans l'église, et suivait le cortège angélique dans sa procession. Du dehors, en apercevait par les fenêtres une grande lumière à l'intérieur, et de suaves parfums s'échappaient de toutes parts, quoique l'église fut fermée.

Sœur Benoîte est enterrée à l'entrée même de la chapelle miraculeuse, et sur sa tombe on lit cette simple inscription : « Tombeau de la, sœur Benoîte, morte en odeur de sainteté, le 28 décembre 1718 ».

 

II. Ô Marie, qui aimez à vous manifester aux âmes simples et innocentes, et qui avez daigné apparaître si souvent à notre sœur Benoîte sur la montagne du Laus, conversant si familièrement avec elle, qu'elle ne vous nommait que sa Bonne Mère, souffrez que je me mette sous votre protection, et daignez me faire sentir aussi les effets de votre maternelle bonté. Dites à mon cœur de ne plus aimer que ce qui peut plaire à votre divin Fils et à Vous, aidez-moi à accomplir mes bonnes résolutions ; attirez-moi dans le chemin de la perfection par l'odeur de vos parfums. Si, comme sœur Benoîte, je ne suis pas digne de la faveur de vous voir d'une manière sensible. Ah ! du moins, faites-moi éprouver la force et la douceur de votre puissante protection et alors je pourrai vous imiter, vous aimer, vous servir tous les jours de ma vie, et après ma mort vous contempler dans le ciel sur le trône de votre gloire. Amen.

 

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22 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Vingt-troisième jour

Diverses pratiques de dévotion en l’honneur de la très sainte Vierge Marie

 

« Heureux les saints qui ont imaginé en l'honneur de Marie ces pieuses pratiques adoptées par la dévotion catholique. si conformes d'ailleurs à la nature humaine et en même temps si propres à exercer saintement les sens et à exciter les sentiments et les affections intérieures de la vraie piété ! » P. Contenson, Mariologie, chap.II).

 

I. La Bienheureuse Villana vit un jour, dans une vision céleste, la Mère de Dieu sous l'emblème d'une fontaine où l'on venait en foule pour y puiser l'eau de la grâce ; mais qu'arrivait-il ? Ceux qui portaient des vases intacts conservaient en entier les grâces reçues ; mais ceux qui portaient des vases fêlés, c'est-à-dire des âmes chargées de péchés, ne recevaient les grâces que pour les perdre aussitôt.

Si nous voulons que nos pratiques de dévotion envers Marie lui soient agréables et que les grâces qu'elles nous obtiendront ne s'écoulent sans profit pour nos âmes, comme l'eau d'un vase fêlé, nous devons les soutenir par la pureté de notre vie et l'imitation des vertus de Marie; c'est sur ce fondement qu'il faut établir l'espérance de notre salut, et non sur le seul accomplissement de pratiques extérieures, sans néanmoins mépriser ni négliger ces pratiques, qui sont de puissants moyens d'obtenir les faveurs de Marie.

Le Père Ducos nous dit que « nous pouvons honorer Marie par pensée, par affection, par parole et par œuvre ». (Pasteur Apostolique, p. 444). Nous l'honorons par pensée en portant une grande attention aux prières que nous lui adressons, en considérant sérieusement ses perfections, et en ayant une haute estime de sa personne bénie et pleine de grâce.

Nous l'honorons par affection en l'aimant et en la révérant au-dessus de toutes les pures créatures, en nous réjouissant et en rendant grâce à Dieu de son bonheur, en désirant avec ardeur l’accroissement de son culte, en conservant toujours une confiance filiale dans sa bonté maternelle. C'est principalement dans ces sentiments d'amour et de respect que consiste la dévotion à la sainte Vierge. Prions son divin Fils de nous y faire entrer ; travaillons-y nous-mêmes, en poussant souvent de ces sortes d'affections avec toute la ferveur possible.

Le culte de la parole consiste à parler souvent d'Elle, et de ses grandeurs, à porter les autres à sa dévotion et à leur en enseigner les pratiques, à lui adresser avec respect et confiance des prières vocales. La bouche parle de la plénitude du cœur, ainsi c'est témoigner de l'amour pour la Reine du ciel que de parler d‘Elle, d'exhorter les autres à lui être dévots, de la prier souvent; ce qui se fait en récitant chaque jour ses Litanies. son Rosaire, en disant un Ave Maria chaque fois que l'horloge sonne, en invoquant son saint nom, tant dans nos besoins et surtout nos besoins spirituels, que dans nos tentations : remède qui est quelquefois plus prompt et plus efficace que l'invocation du Saint Nom de Jésus, non parce qu'elle est plus puissante, mais parce que le Fils veut par là honorer sa Mère.

Le bienheureux Alain de la Roche, assailli un jour de violentes tentations, allait succomber et se perdre, faute de s'être recommandé à la très Sainte Vierge, lorsque dans ce danger imminent la Mère de Miséricorde lui apparut, et le frappant doucement sur la joue, lui dit : « Si tu m'avais invoquée, tu ne te serais pas trouvé dans ce péril ! »

Entre toutes les œuvres par lesquelles nous pouvons honorer Marie, la plus excellente consiste à nous corriger de nos vices et à imiter ses vertus.

Jeûner en l'honneur de la Mère de Dieu, le samedi et la veille de ses fêtes, s'approcher avec les dispositions nécessaires des sacrements aux jours de ses solennités, visiter ses chapelles et les lieux consacrés à son culte, faire des aumônes et donner des chapelets pour son amour ; avoir son image dans sa chambre et la saluer par un Ave toutes les fois qu'on en sort et qu'on y rentre, voilà sans doute des œuvres qui lui plaisent beaucoup ; mais nous conformer autant que nous le pouvons à ce parfait modèle d'innocence et de sainteté par une fidèle imitation de ses vertus, voilà ce qui lui est infiniment plus agréable,et ce qui nous est à nous-mêmes très salutaire.

 Nous pouvons suppléer à notre tiédeur et à notre négligence dans le service de la Sainte Vierge, en lui offrant le Cœur de son Fils bien-aimé. Elle enseigna elle-même cette sainte pratique à Sainte Gertrude, un jour que ses infirmités ne lui permirent pas d'assister à une procession où son image était portée.

La pieuse pratique, si facile à imiter, de composer un bouquet de toutes nos bonnes œuvres pour les présenter à Marie, est un excellent moyen de les rendre plus agréables à Dieu, puisqu'elles passeront par les mains d'une si tendre Mère, pour arriver jusqu'à son Fils, qui se plaît, à son tour, à faire passer ses grâces et ses bienfaits par celles de sa Mère. C'est ce que faisait si souvent et d'une manière si fervente le Vénérable Père Antoine Lequien, qu'un volume suffirait à peine pour faire le récit de toutes les preuves de vénération, d'amour et de dévouement qu'il donnait sans cesse à la très Sainte Vierge.

Voici comment il s'exprime lui-même à ce sujet dans un de ses écrits : « Pour la Mère de Dieu, elle a été toute mon espérance, je crois que je lui dois le baptême, l'ayant reçu par une protection spéciale de sa part. C'est pourquoi je la regarde comme ma mère de baptême, ma mère de conversion, ma mère de religion, ma mère de salut, par laquelle j'espère obtenir le paradis ; et aussi je me sens si fort obligé à cette bonne Mère que je lui rapporte toutes les grâces et toutes les faveurs que j'ai reçues et que j'espère recevoir de Dieu, ainsi que toutes les bonnes œuvres que je pourrai faire jusqu'à la fin de ma vie ; je remets tout cela à ses pieds et lui en fais un bouquet. O ma Mère, que je sois avec vous éternellement ! Amen ».

Que dirons-nous de l'amour, de la tendresse du Père Marie-Augustin pour Marie, de toutes les pratiques qu'il exerçait en son honneur ! Le monde connaît ses grands travaux, son zèle infatigable pour l'amour et la gloire de Celle qu'il avait choisie pour sa Mère ; mais ce qu'il ignore, ce sont les délicatesses de l'amour le plus naïf et le plus pur, pour qui les petits riens sont de grandes choses.

Il avait toujours une petite statue de la sainte Vierge avec lui ou près de lui ; il la contemplait, il lui prodiguait les plus tendres baisers, il la donnait à baiser à ses frères et aux autres personnes qui venaient le visiter. Il demandait qu'on la lui fît baiser souvent ; il la faisait reposer sur son cœur. Souvent il lui offrait les prémices de sa boisson, en la faisant boite elle-même dans le vase où il buvait lui-même, ou en le lui faisant bénir. « Ce sont des enfantillages, disait-il, mais, Marie aime ces petits témoignages de la tendresse de son petit enfant ».

Pendant sa dernière maladie, il avait fait vœu, s'il se guérissait, de toujours prêcher sur la Sainte Vierge, ou sur le Rosaire et ses mystères ; se dévouant ainsi à être plus que jamais le serviteur, le prédicateur, l'apôtre de Marie, pour engendrer par Elle les âmes à Jésus son fils. Il fit aussi un pacte avec Marie. C'était dans ses plus mauvais jours, alors qu'il se sentait pour la première fois près de sa fin. « J'ai tout donné à Marie, nous dit-il : mon esprit, mon cœur, ma volonté, mon âme toute entière et mon corps aussi ; je lui ai donné mes œuvres, mes mérites, si j'en ai, et surtout mes péchés, et quant à la coulpe, et quant à la peine : maintenant ma cause est entre ses mains, c'est son affaire ; c'est à elle à me défendre ; pour moi, je ne m'en mêle plus ; j'ai toute confiance en Elle. Elle ne m'abandonnera pas... » Il disait encore en ce moment cette parole qu'il répétera plus tard : « In manus tuas, Domina, commendo spiritum meum ».

Mais c'est quand il parlait de Marie doucement, à quelque Frère penché sur son cœur, qu'il disait des choses admirables de Celle qu'il aimait si tendrement. Il suffisait d'entrer en communication un peu intime avec lui ; aussitôt il parlait de la sainte Vierge avec transport ; son doux Nom mêlé à celui de Jésus était sans cesse sur ses lèvres. Son admirable pureté se serait effrayée de tout, si son confesseur ou son supérieur ne l'eussent rassuré souvent. Et où puisait-il cette grande pureté d'âme ? On le devine bien.

Il avait demandé à Marie « un cœur bien pur pour bien aimer Jésus, pour bien aimer Marie » ; sa prière était exaucée : c'était au contact de son âme avec Marie, c'est dans cette union habituelle avec la plus pure des créatures, la Vierge des Vierges, la Vierge Immaculée, qu'il purifiait sans cesse son cœur virginal, et qu'en le purifiant sans cesse, il aimait sans cesse davantage. (Les derniers moments du P. Marie-Augustin, p. 75 et ss).

 

II. Prière de la Bienheureuse Esprite de Jésus

 

Vierge toute pure, Mère de mon Dieu, je viens à vous, je me mets sous votre protection, recevez-moi au nombre de vos servantes ; je vous promets une fidélité inviolable. Soyez, s'il vous plaît, ma Maîtresse et mon Avocate ; je vous donne mon cœur; ne permettez pas qu'il soit à un autre qu'à votre Fils, qui le rendra pur et chaste. Assistez-moi toujours, et surtout à l'heure de ma mort. Si l'ennemi me trouble, et s'il s'efforce, dans ce dernier moment, de me tenter de désespoir. Mère de mon Dieu ! Dissipez par vos deux regards les brouillards de cet esprit de ténèbres, et ne m'abandonnez pas. Amen.

 

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21 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Vingt-deuxième jour

Les images de Marie

 

« La première règle est d’avoir dans votre maison des peintures représentant la sainte enfance de Jésus ou la Vierge. C’est une charmante chose que la Vierge Marie portant sur son bras le divin Enfant » (Bienheureux Jean-Dominique).

 

I. L'Église a pris la défense du culte des images jusqu'à répandre pour sa défense le sang de ses martyrs ; et la divine Marie a montré par mille prodiges combien lui est agréable le culte rendu à ses images ; c'est pourquoi ses fidèles serviteurs les ont toujours vénérées avec une tendre affection. Il y avait à Lima une fort belle statue de la sainte Vierge du Rosaire, apportée par les premiers prédicateurs de la foi, et regardée dans tout le Pérou comme la sauvegarde du royaume. En 1553, les Espagnols, au nombre de 600 hommes, se trouvèrent en face de 200 000 guerriers indiens ; ils allaient infailliblement être écrasés, lorsque quelques Dominicains qui accompagnaient la phalange chrétienne implorèrent Notre Dame du Rosaire.

Aussitôt la divine Marie apparut dans les airs à la vue des deux armées, tenant à la main une verge qu'elle agitait contre les infidèles. Les Indiens effrayés laissèrent tomber leurs armes, et demandant la paix, se soumirent de grand cœur au joug de Jésus Christ. Les Espagnols avaient remarqué que la Vierge avait pris dans cette apparition la forme de la statue de Lima ; aussi cette image devint plus célèbre et plus chère au peuple que jamais. Dès sa plus tendre enfance, Sainte Rose de Lima ressentit pour cette statue un attrait tout particulier, et la chapelle où elle se trouvait devint si l'on peut ainsi dire son domicile privilégié. Toutes les fois que la sainte voulait obtenir quelque grâce pour elle ou pour les autres, elle courait à la chapelle du Rosaire, et là elle priait, en contemplant attentivement le visage de Marie, jusqu'à ce qu'elle y vît une expression favorable. L'expression du visage de la Vierge bénie lui disait sur quoi elle pouvait compter. C'était une opinion générale à Lima que sainte Rose obtenait à coup sûr toutes les grâces qu'elle demandait aux pieds de cette statue. En effet, chaque fois qu'on lui recommandait de prier Notre Dame du Rosaire pour quelque nécessité publique ou particulière, elle consentait sans peine à se charger de la requête, et au sortir du saint lieu, elle promettait la grâce sollicitée d'une manière aussi positive que si elle avait en le diplôme à la main.

Il y avait une autre image pour laquelle Sainte Rose avait une dévotion particulière. Celle-ci était une peinture représentant l'enfant Jésus couché sur les genoux de l'auguste Marie. Un jour que la femme du questeur, dans le parloir duquel était cette image, parlait à quelques-unes de ses amies des merveilles qui s'opéraient dans l'église d'Atocha, où l'image miraculeuse de Marie attirait un concours prodigieux, Rose, dont les yeux étaient fixés sur son tableau chéri, écoutait avec une pieuse avidité la narration, et pria qu'on la continuât.

Elle dit ensuite à la femme du questeur : « Pendant que vous racontiez les miracles de la Vierge d'Atocha, l'auguste Marie manifestait une joie extraordinaire; elle jetait sur nous des regards pleins de bonté, et semblait s'avancer hors de la toile, comme pour nous apporter son Fils endormi. Ne convenait-il pas de continuer une conversation qui paraissait lui être si agréable ? »

Les Tartares assiégeant la ville de Kiev, Saint Hyacinthe, qui était prieur du couvent que les Dominicains y possédaient, prit la résolution de quitter cette ville avec ses religieux ; mais avant de partir, il alla célébrer la Sainte messe pour la dernière fois à l'autel de la sainte Vierge, où se trouvait une grande statue d'albâtre représentant la Reine du ciel, et devant laquelle il avait la pieuse habitude de passer chaque jour plusieurs heures en prière.

A peine le saint avait-il fini sa messe, qu'il entendit la statue de Marie lui adresser ces paroles : « Mon fils, pourquoi me laissez-vous ici ? Voulez-vous donc m'abandonner à mes ennemis ? » Saint Hyacinthe ayant répondu, les larmes aux yeux, qu'il était trop faible pour porter un si pesant fardeau : « Prenez-moi, répliqua la statue, je deviendrai légère entre vos bras ».

Encouragé par cette réponse, le saint s'approcha de l'autel, prit d'une main le saint ciboire, de l'autre la statue de la Mère de Dieu, et sortit avec ses religieux par une porte dont l'ennemi ne s'était point encore emparé. Il traversa, ainsi chargé, la Moscovie, la Lituanie et plusieurs autres provinces, passant les fleuves à pied sec, et arriva enfin à Cracovie où il déposa dans l'église de la Trinité la statue de Notre Dame, qui, par un nouveau prodige, reprit aussitôt sa pesanteur naturelle.

La Bienheureuse Marguerite de Hongrie ne passait jamais devant une image de la Vierge, sans la saluer par un Ave Maria.

Un jour que la Vénérable Madeleine-Angélique priait devant une image de la sainte Vierge, en lui demandant le don de la pureté, l'image s'anima et lui répondit : « Sois assurée, ma fille, que ce que tu demandes te sera accordé ».

La Vénérable Marie de Jésus-Christ avait une dévotion particulière envers la Sainte Vierge, et entre autres honneurs qu'elle lui rendait, elle avait grand soin de tenir une lampe allumée devant une de ses images, et l'huile qui servait à alimenter cette lampe se multipliait miraculeusement dans le vase qui la contenait.

La vue des images de Marie remplissait le cœur de l'abbé Olier de joie et de confiance. Un jour qu'il passait une rivière, il se trouva en grand danger de faire naufrage; mais au moment le plus critique, ayant aperçu sur le rivage une image de Marie attachée a une maison, il dit à son compagnon : « Courage, il n'y a rien à craindre, la Sainte Vierge nous regarde, je ne crains plus. C'est la protectrice des corps et des âmes, la trésorière universelle de tous les biens ». Il saluait avec respect dans les rues les images de Marie qu'il rencontrait, lors même qu'il était entouré de monde. Il y avait alors beaucoup de ces images dans les rues de Paris, l'abbé Olier les connaissait toutes et il choisissait toujours pour son chemin les rues où elles se trouvaient. On connaissait cet usage, et on les appelait les rues de l'abbé Olier.

 

II. Je veux, divine Marie, vous avoir toujours sous les yeux, comme l'Étoile de la Mer, dont la vue rassuré les marins sur les flots orageux. Oui, Marie, votre image sera toujours près de moi ; s'il me vient une tentation, je vous regarderai et je la surmonterai ; s'il faut soutenir un assaut, la vue de ma mère me fera remporter la victoire. Marie, vous serez toujours près de moi ; ma prière du matin passera par vos mains pour s'élever plus agréablement vers le trône de votre divin Fils; quand je quitterai ma cellule, je vous demanderai, ainsi que l'ont fait tant de nos saints, votre bénédiction maternelle, et en rentrant, je vous saluerai encore. Quand la tristesse m'enveloppera de ses sombres Voiles, je jetterai les yeux sur vous, vous me tendrez les bras, vous m'encouragerez, vous me direz : « Courage, ma fille, j'ai souffert bien davantage, courage ! Je suis avec vous, je compte vos soupirs et vos larmes ! » Et quand la maladie m'étendra pour la dernière fois sur mon lit de douleur, ce sera Surtout alors, ô Marie, que je tournerai vers vous mes yeux mourants, que je vous rappellerai combien de fois je vous ai priée de m'assister à l'heure de ma mort ; et j'en ai la douce confiance, vous voudrez bien me tendre les bras pour m'attirer vers Vous, vous remplirez mon âme de force et d'espérance, et je m'endormirai paisiblement dans le Seigneur, en prononçant votre nom béni uni à celui de Jésus votre divin Fils, et de Joseph votre chaste époux. Amen.

 

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19 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Vingtième jour

Le samedi

 

« Le samedi tient le milieu entre le jour de la joie qui est le dimanche et le jour de la peine qui est le vendredi ; à ce titre il devait être consacré à Marie qui est la médiatrice entre Dieu qui jouit de la plus entière béatitude et l’homme qui est le jouet de toutes les souffrances » (Père Justin Miechow)

 

I. Dès les temps les plus reculés, le samedi fut comme le Dimanche de Marie ; et au VIIe siècle, il existait déjà un office de la Vierge qu'on aimait à réciter ce jour-là. Au Xe, dit Mabillon, la coutume s'introduisit de faire abstinence le samedi, de dire la messe de Beata, et de réciter l'office de Marie.

Le pape Urbain Il, en 1096, voulut que le samedi fût spécialement consacré à Marie dans l'Église, et qu'on fît son office ce jour-là. Saint Pie V, dominicain, en restreignant l'obligation de réciter le petit office. le conserva pour le samedi, quand il 'ne s'y rencontrerait pas un jour de fête. Saint Pierre Damien, par l'ordre d'Urbain II, composa le petit office quotidien et l'office du samedi en l'honneur de Marie.

Une pieuse tradition porte à croire que le samedi fut le jour béni où Dieu donna Marie à la terre et celui où il l'appela à venir partager au ciel la gloire de son divin Fils.

Ne pourrait-on pas dire aussi que suivant le testament de Jésus mourant sur la croix : « Mère, voilà votre Fils... Fils, voilà votre Mère », le samedi est le jour où, Jésus étant dans le tombeau, nous fûmes, pour la première fois, dans la personne du disciple bien-aimé, l'objet de la sollicitude maternelle de Marie, et où Marie obtint aussi les prémices de notre tendresse filiale ?... Cet usage d'honorer particulièrement Marie le samedi est si ancien dans l'Église, que saint Grégoire le Grand parle dans ses dialogues d'un saint artisan, qui distribuait aux pauvres le samedi tout ce qu'il avait gagné dans sa semaine ; une âme pieuse aperçut en vision un somptueux palais que Dieu préparait au ciel pour ce serviteur de Marie, et qui ne se bâtissait que le samedi.

Marie elle-même sembla accepter le samedi comme le jour privilégié qu'elle choisit pour répandre ses faveurs ; car elle révèle au pape Jean XXII, qu'elle délivrerait des flammes du purgatoire le samedi après leur mort tous ceux qui mourraient revêtus de son scapulaire.

L'Ordre de Saint-Dominique se distingua par sa dévotion à honorer le jour consacré à Marie. Qui ne connaît la dévotion des quinze samedis, pratiquée pendant quinze samedis. consécutifs en l'honneur des quinze Mystères du Rosaire ? Cette dévotion qui prit naissance dans la ville de Toulouse, à la fin de l'an 1600, s'est depuis propagée parmi les fidèles ; l'Église l'a approuvée et enrichie d'indulgences. Des avantages innombrables paraissent attachés à la dévotion des quinze samedis. Par elle, selon des dépositions authentiques, des aveugles ont recouvré la vue, une foule de malades ont été guéris, des pécheurs se sont convertis sincèrement, des affligés ont reçu de douces consolations. On lui doit enfin des vocations extraordinaires à la vie religieuse, la victoire sur ses passions, l'acquisition des vertus, etc.

Le roi saint Louis avait une dévotion si tendre et si vive pour la sainte Vierge, et tant d'amour pour son humilité, qu'afin de l'honorer et de l'imiter, il faisait réunir chaque samedi, jour consacré à Marie, une multitude de pauvres dans son palais. Lorsqu'ils étaient assemblés dans son appartement, il leur lavait les pieds à l'exemple du Sauveur, les essuyait et les leur baisait avec un respect qui faisait bien voir à tous qu'il reconnaissait en eux les membres de Jésus-Christ. Ensuite, pour joindre la charité à l'humilité, il les faisait asseoir à une table copieusement servie, et il les servait de ses mains royales, plus satisfait mille fois de glorifier par là Jésus et sa sainte Mère, que de tous les hommages qu'il recevait de sa cour. Enfin, il distribuait à chacun de ses pauvres convives une riche aumône, toujours en l'honneur de la Reine du ciel et de la terre. Il avait dû la vie à la Sainte Vierge, ayant été donné à sa mère, la reine Blanche, après que celle-ci eût récité et fait réciter par les personnes les plus pieuses le Rosaire, récemment établi par Saint Dominique. Ce saint roi avait désiré mourir un samedi, comme pour couronner par l'hommage de ses derniers soupirs, tous les honneurs qu'il avait rendus à Marie à pareil jour, chaque semaine de sa vie. Il fut exaucé, Marie voulant que ce jour d'honneur pour Elle. fut aussi celui de l'entrée dans la gloire céleste pour son fidèle serviteur.

Le vénérable Père Antoine Lequien jeûnait tous les samedis au pain et à l'eau en l'honneur de Marie. Il prêchait aussi tous les samedis à la même intention, et une foule immense se pressait dans la chapelle du Rosaire pour entendre ses instructions. Un jour qu'il prêchait dans cette chapelle sur les peines de l'enfer, il parla avec encore plus de chaleur et de véhémence qu'à l'ordinaire, et au moment de terminer son discours, il se tourna vers la statue de la Sainte Vierge placée sur l'autel, et s'adressant à elle avec un saint transport, il la pria de bénir elle-même ses auditeurs, afin qu'il n'y en eût aucun de damné. Étant ensuite descendu de la chaire sans donner la bénédiction accoutumée, on vit alors la statue de la sainte Vierge lever les bras et bénir toute l'assemblée.

La très Sainte Vierge fit entendre intérieurement cette parole au vénérable Monsieur Olier : « Fais vœu de dire une messe tous les samedis, pour remercier Dieu de ce qu'Il m'a rendue Mère de son Fils ». Le saint prêtre promit à l'instant. Le samedi était pour lui un jour qu'il sanctifiait comme les fêtes de l'Église, il ne faisait pas même travailler les ouvriers ce jour-là. Son directeur approuva cette pratique, et lui assura qu'elle était très agréable à Marie Tous les premiers samedis du mois, les enfants de la paroisse étaient offerts et consacrés à Marie ; ils assistaient à une messe solennelle, et à une procession en son honneur. Monsieur Olier, dans son ardent amour pour la sainte Vierge, se félicitait d'être né un samedi.

La vénérable Dominica du Paradis allait tous les samedis cueillir les fleurs les plus fraîches pour en faire de belles couronnes, qu'elle offrait à Marie et à son divin Fils. Un samedi matin qu'elle lui offrait des bouquets de roses, en la conjurant de vouloir bien les accepter et les sentir, son admirable et pieuse simplicité fut récompensée par deux miracles: comme elle élevait ses bouquets de roses vers l'image de la Vierge et de son céleste enfant, ils restèrent suspendus en l'air sans soutien naturel, et ensuite Jésus et Marie prirent les bouquets, les odorèrent et les remirent à Dominica, qui, en les baisant à son tour, les trouva embaumés d'une odeur infiniment plus pénétrante et plus délicieuse qu'auparavant.

Un autre samedi que, selon sa pieuse coutume Dominica avait couronné de roses les statues de la très Sainte Vierge et de son divin Fils, ils lui apparurent tous les deux peu après, et eurent avec elle un délicieux entretien qui embrasa son cœur du céleste amour.

Le samedi, la vénérable Hippolyte de Rocaberti offrait à l'honneur de la Mère de Dieu toutes les messes qu'elle entendait. Un samedi qu'elle demandait à Marie avec une grande ferveur ce qu'elle pourrait faire pour être agréable à son divin Fils et à Elle, la divine Vierge lui répondit : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même ». Elle fut en même temps remplie des plus vives lumières.

Persuadée, d'après une pieuse croyance, que le samedi fut le jour de la Nativité de Marie, la bienheureuse Benvenuta vénérait ce jour avec un respect particulier ; elle récitait deux mille Ave Maria en souvenir de cette joyeuse naissance et une fois elle mérita d'entendre les Anges la célébrer dans leurs chants.

Un Frère Prêcheur d'Allemagne, d'une grande réputation de sainteté, avait une dévotion toute particulière pour la très Sainte Mère du Sauveur, et il honorait d'une manière spéciale ce cœur si pur qui crut dans le Christ, et l'aima plus que toutes les créatures ensemble, ces entrailles virginales qui le portèrent, ces mains qui le servirent avec un si entier dévouement, ce sein qui l'allaita et sur lequel il reposa son enfance divine, en faisant chaque fois une prosternation et en récitant autant d'Ave Maria. Son intention était d'honorer par cette pratique, l'humilité, la charité, la chasteté, la patience, et toutes les vertus qui méritèrent à Marie la grâce de devenir la Mère de Dieu. Par la puissance que lui donne cet auguste titre, il la conjurait de lui obtenir la grâce d'imiter ses vertus. Un samedi, la bienheureuse Vierge lui apparut, et Elle répandit dans son âme les plus suaves délices et en même temps l'arôme de toutes les vertus auxquelles il aspirait si ardemment.

Tous les samedis le Père de Montfort allait communier à Notre Dame de Paris, tant que dura son séjour au Séminaire de Saint Sulpice.

Parmi les pratiques de dévotion que le Père Marie-Augustin recommande en l'honneur de Marie dans la Rose Mystique, il dit : « Consacrez au moins un jour par semaine, le samedi par exemple, pour remercier la sainte Trinité des immenses bienfaits dont Elle a comblé la Sainte Vierge, et faites la sainte communion à cette intention si cela Vous est possible. En suite, remerciez la sainte Vierge elle-même de tout ce qu'elle a fait pour vous, car les cœurs qui sont ingrats sont de bien tristes cœurs ».

Lorsqu'on fit remarquer à la Mère Marie-Dominique. atteinte de sa dernière maladie, qu'elle se mettait au lit un samedi : « Samedi, s'écria-t-elle, ah ! Marie ma Mère, venez me chercher ! »..., et elle disait ces mots en étendait les bras, comme si elle eut entrevu Celle qu'elle appelait de tous les vœux de son cœur. Enfin, patiente, heureuse de beaucoup souffrir comme elle l'avait demandé, désirant même souffrir davantage, elle mourut en s'immolant pour l'Église et les pêcheurs, le samedi 28 septembre 1861.

 

II. Ô Marie, ma bonne Mère, jusqu'ici je vous ai trop peu remerciée des grâces sans nombre que vous m'avez obtenues ; mais je veux, pour réparer mes négligences passées, vous offrir dans mon cœur votre Jésus, le jour qui vous est spécialement consacré chaque semaine, faire chaque samedi une légère aumône en votre honneur ; surtout, ô Vierge sainte, je veux vous donner tout mon amour, mes chants et mes prières. À vous, puissante protectrice, je m'abandonne sans retour. Si le monde m'appelle je lui répondrai : à Celle que Dieu nomme sa Mère, que l'Ange vénère, que le chrétien proclame son secours, à l'Astre des mers, à l'Etoile du matin, au doux rayon du ciel qui brille entre les nues, à l'aurore du soleil de justice, à Celle qui m'a si souvent préservée du naufrage, à Marie enfin, j'ai donné tout mon amour. Je lui donne à jamais mes larmes, mes maux, mes combats, mon âme, mes pensées, mes prières et mon cœur pour que, sur les ailes de l'amour céleste, elle les porte à son Jésus. Amen.

 

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18 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Dix-neuvième jour

L'Onction de la très Sainte Vierge sur le Bienheureux Réginald et le Scapulaire

 

I. « En 1218, il y avait en France un docteur célèbre appelé Réginald, et qui était doyen du chapitre de Saint-Aignan à Orléans. Il était venu à Rome vénérer les tombeaux des saints Apôtres Pierre et Paul, et se préparait à suivre le dessein, sans savoir comment, que Dieu lui inspirait de tout abandonner pour se livrer dans un état de pauvreté volontaire à la prédication de l'Evangile. Ayant ouvert son cœur sur ce sujet à un cardinal, celui-ci lui dit que Saint Dominique était alors à Rome pour établir un nouvel Ordre qui avait pour but d'unir la pratique de la pauvreté à l'office de la prédication. Maître Réginald s'empressa d'aller trouver le saint, et de lui révéler le secret de son âme, et il résolut dès lors d'entrer dans l'Ordre. Sur ces entrefaites il tomba si dangereusement malade, que les médecins désespéraient de le sauver. Saint Dominique, affligé de perdre un enfant dont il n'avait pas même joui, se tourna vers la divine miséricorde, la suppliant de lui accorder la vie de ce fils précieux, au moins pour un peu de temps. Pendant qu'il priait ainsi, la bienheureuse Vierge Marie, accompagnée de deux jeunes filles d'une beauté sans pareille, apparut à Réginald, éveillé et consumé par les ardeurs de la fièvre, et la Reine du ciel lui dit : « Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai ».

Comme il délibérait en lui-même, une des jeunes filles lui suggéra de ne rien demander, mais de s'en remettre à la volonté de la Reine des Miséricordes, ce qu'il agréa volontiers. Alors Celle-ci, étendant sa main virginale, lui fit une onction sur les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains, les reins et les pieds. Elle prononçait en même temps des paroles appropriées à chaque onction. Ainsi, en touchant les reins : « Que tes reins soient ceints du cordon de la chasteté ». Et en touchant les pieds : « Joins tes pieds pour la prédication de l'Évangile de paix ». Elle lui montra ensuite l'habit des Frères Prêcheurs, en lui disant : « Voici l'habit de ton Ordre » ; et Elle disparut à ses yeux. Réginald se trouva aussitôt parfaitement guéri, oint qu'il avait été par la Mère de Celui qui a le secret de tout salut. Le lendemain matin, quand Dominique vint le Voir, il lui apprit qu'il n'avait aucun mal, et lui raconta sa vision. Tous deux en rendirent de grandes actions de grâces au Seigneur, et les médecins admirèrent un retour si subit et si inespéré à la santé, ne sachant pas la main qui avait donné le remède.

Trois jours après, Réginald étant assis avec Saint Dominique et un religieux de l'Ordre des hospitaliers, l'Onction miraculeuse fut renouvelée sur lui en leur présence, comme si l'auguste Mère de Dieu eût attaché à cet acte une importance considérable, et qu'elle eût tenu à l'accomplir devant témoins. En effet, Réginald n'était ici que le représentant des Frères Prêcheurs, et la Reine du Ciel et de la terre contractait alliance en sa personne avec l'Ordre entier. Le Rosaire avait été le premier signe de cette alliance et comme le joyau de l'Ordre à son baptême ; l'onction de Réginald, indice de virilité et de confirmation, devait avoir aussi un signe durable et commémoratif. C'est pourquoi la très Sainte Vierge, en présentant au nouveau Frère l'habit de l'ordre, ne le lui présenta pas tel qu'on le portait alors, mais avec un changement remarquable.

En effet, dans l'habit que la Sainte Vierge montra à Réginald, le surplis de lin que les enfants de Saint Dominique portaient alors, était remplacé par un scapulaire de laine blanche. Né au désert d'un sentiment de pudeur, tombant comme un voile sur le cœur de l'homme, le scapulaire était devenu dans la tradition chrétienne le symbole de la pureté, et par conséquent l'habit de Marie, la Reine des vierges. En même temps donc que Marie, dans la personne de Réginald, ceignait les reins de l'Ordre du cordon de la chasteté, et préparait ses pieds à la prédication de l'Evangile de paix, elle lui donnait dans le Scapulaire le signe extérieur de cette vertu des Anges, sans laquelle il est impossible de sentir et d'annoncer les choses célestes. Après cet événement, l'un des plus fameux de l'antiquité Dominicaine, l'Ordre quitta le surplis de lin pour le scapulaire de laine devenu la partie principale et caractéristique de son habillement. Lorsque le Frère Prêcheur fait profession, son scapulaire seul est béni par le prieur qui reçoit ses vœux, et en aucun, cas il ne peut sortir de sa cellule sans en être revêtu même pour aller au tombeau.

En l'an 1220, Réginald, de retour à Paris, était atteint d'une maladie mortelle ; le Prieur du couvent de Saint Jacques vint l'avertir que l'heure du dernier combat approchait, et lui demanda s'il ne voulait pas qu'on fit sur son corps les suprêmes onctions. « Je ne crains pas le combat, répondit Réginald, je l'attends avec joie. J'attends aussi la Mère de Miséricorde, qui m'a oint à Rome de ses propres mains, et en laquelle je me confie ; mais de peur que je paraisse mépriser l'onction ecclésiastique, il me plaît aussi de la recevoir, et je la demande ».

Peu de frères savaient la manière mystérieuse dont Réginald avait été appelé à l'Ordre, car il avait prié saint Dominique de n'en point parler de son vivant ; mais le souvenir de cette insigne faveur se présentant à son esprit à l'instant de sa mort, il ne put s'empêcher d'y faire allusion, et la reconnaissance lui arracha un secret que son humilité avait gardé jusque-là ». (Vie de saint Dominique, par le P. Lacordaire).

Les restes mortels de Réginald opérèrent des miracles, et furent pendant plusieurs siècles l'objet d'un culte constant, dans le monastère de Notre Dame des Champs.

D'une main Marie nous offre donc le saint scapulaire, pour nous servir de « boulevard et de défense contre tous les périls du corps et de l'âme ». (Cérémonial de la vêture du Tiers Ordre). De l'autre, Elle nous présente le Rosaire comme une chaîne sacrée, pour nous lier à son service et y attirer tous nos frères. Sainte Rose de Lima, malade, voulait avoir son scapulaire étendu sur son lit, et au moment de mourir elle le baisait en disant : « Belle livrée blanche, tu me conduis au Ciel ! » Mademoiselle Blanc, qui était cruellement tourmentée par les écrouelles, ayant été présentée par sa mère au Père Antoine Lequien, il posa son scapulaire sur la tête de la malade, et après une courte élévation de cœur vers Dieu, il la rendit à sa mère guérie, et elle n'éprouva jamais depuis aucun retour de cette fâcheuse maladie.

 

II. Sainte Marie, Mère de Dieu, mon cœur n'est plus à moi, il est à vous ! C'est vous, qui m'attirant vers l'Ordre de saint Dominique, m'en ouvrant l'entrée, m'avez revêtue de ce vêtement tutélaire, de cet ornement précieux, de ce symbole de la plus aimable des vertus, de ce saint scapulaire que vous donnâtes au bienheureux Réginald. C'est Vous, Mère chérie, qui, dans votre amour maternel, m'avez revêtue d'un habit protecteur contre tous les dangers auxquels je puis être exposée ici-bas ; c'est vous, qui toujours ménagez à ma profonde misère, à mes besoins sans cesse renaissants des grâces plus abondantes pour me faire éviter le mal et pratiquer la vertu (1). Faites donc encore, ô Marie, qu'à l'ombre de ce vêtement sacré je trouve toujours la fraîcheur contre l'ardeur des passions (Manuel du Tiers Ordre, prière de la prise d'habit), que pendant ma vie, et surtout à l'heure de ma mort, il me serve de boulevard et de défense contre tous les périls du corps et de l'âme. Daignez en outre, Vierge sainte et pleine de miséricorde, oindre, au moins spirituellement, toutes mes puissances et tous mes sens, afin que tout en moi soit purifié et consacré sans réserve et pour jamais, au service de Jésus et au vôtre, douce Mère. Amen.

 

(1). Le Scapulaire signifie le joug de l'Evangile, si doux à ceux qui veulent le porter avec amour. Nous avons désire ce joug toute notre vie ; nous devons avoir toujours pour lui le même amour. Il signifie aussi l'obéissance, à cause de la partie de derrière. Cette partie qui couvre le dos, rappelle l'homme qui s'incline et est prêt à recevoir un fardeau. L'autre partie qui est par devant indique le commandement et la protection. Le dominicain, semblable à un père, entoure des ailes de sa prudente sollicitude ceux qui lui sont soumis. Il signifie que nous devons oublier nos mérites passés pour en acquérir de nouveaux, et que, par la pénitence, nous devons jeter loin de nous nos iniquités, loin d'en garder un souvenir qui nous plaise; autrement notre saint habit ne serait que la couverture d'un cadavre. L'égalité des deux côtés du Scapulaire nous marque combien rarement il est facile de discerner la vraie justice d'avec la fausse. Demain cette partie du Scapulaire qui est aujourd'hui derrière nous pourra être devant. Hélas! que d'hommes, pieux aujourd'hui, demain sont méchants ; ils jettent derrière leur des leurs iniquités ; mais un jour Dieu les remettre devant leur face, et alors ils ne pourront plaire ni à Dieu, quand ils subiront son jugement, ni à eux-mêmes, quand ils souffriront en enfer. Alors plus de conversion possible. Pendant que nous en avons le temps, convertissons-nous donc sincèrement. (Année dominicaine, septembre 1861).

 

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17 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Dix-huitième jour

L’Office de la très Sainte Vierge

 

« La prière de l'Église est essentiellement symbolique. D'abord elle cherche li reproduire les adorations de la cour céleste, et puis elle est comme une peinture expressive de l'âme chrétienne ou plutôt elle nous en fait entendre le véritable cri ; ce cri, c'est celui de l'homme soupirant après le ciel, après les biens de l'amour divin, de la paix, et qui sont comme l'avant-goût et l'image de l'éternelle félicité. retrouvant toujours Notre Seigneur au milieu de toutes les impressions religieuses, les lui offrant, et s'appuyant sur lui. Voilà la double inspiration, la pensée de l’0flice divin ». (Année dominicaine, novembre 1862).

 

I. Il est hors de doute que ce sont les Apôtres qui ont les premiers appliqué à la très Sainte Vierge les admirables passages de l'Ecriture sainte qui se rapportent au Verbe incarné, et chanté ou récité les psaumes de David et les Cantiques sacrés en l'honneur de Marie. Les successeurs des Apôtres continuèrent ces prières et y ajoutèrent eux-mêmes sous l'inspiration de l'Esprit-Saint.

Par la suite, l'Église qui recueillait les anciennes prières liturgiques pour en composer l'office divin connu sous le nom de Bréviaire, recueillit également les prières usitées en l'honneur de Marie, et forma ce que nous appelons l'Office de la Vierge, office qui, pour la substance, remonte aux temps apostoliques, mais dont la forme actuelle est bien moins ancienne. Saint Pie V, pour exciter la ferveur des fidèles pour l'Office de la Vierge, accorda de grandes indulgences à ceux qui le réciteraient.

Où pourrions-nous trouver de plus belles prières que celles qui composent cet office ? C'est la Salutation Angélique par laquelle nous commençons et nous terminons chacune des heures de l'office ; et lorsque cette salutation sort de nos lèvres, Marie tressaille de bonheur et les démons s'enfuient épouvantés.

C'est cet élan d'amour envers la sainte Trinité, ce Gloria Patri sorti du cœur embrasé de Saint Jérôme, et que nous ne nous lassons pas de répéter ; ce sont ces belles et tendres hymnes en l'honneur de l'auguste Vierge : Ave Maris Stella... Ô Gloriosa Domina, etc., etc., les riches versets et capitules tirés de l'Ecclésiaste, des cantiques, et appliqués à Marie ; les belles antiennes qui se succèdent selon les différentes époques de l'année, comme les fleurs de nos prairies selon les différentes saisons ; les ferventes prières que nous adressons à nos saints bien-aimés, pour obtenir par leur intercession la grâce d'imiter les vertus qui les ont conduits à la gloire céleste, car les vertus sont les fleurs que doit produire notre dévotion envers Marie.

Que dirai-je de ces cantiques sacrés, de ces psaumes qui composent encore notre office ? Ce sont des chants inimitables, des poésies immortelles où le Prophète-Roi a créé pour le cœur, l'esprit, l'imagination, comme un océan de beautés sans égales, de pensées sublimes, de sentiments divins. Que dirai-je encore ? Tous les siècles, tous les pays chantent avec nous quand nous chantons les psaumes de David. Pendant que je les récite, ces immortels cantiques se répètent par les voix dominicaines, à Rome, à Paris, à Londres, à Mossoul, au Tonkin sous le glaive du bourreau, en Chine, en Californie, au Chili, etc. Le temple de Salomon, les plaines brûlantes de Babylone et de Memphis, les rives désertes du Jourdain et de l'Euphrate, les grottes de la Thébaïde, les catacombes de Home et de Lyon, les basiliques de Nicée et d'Antioche les ont entendus ! Par combien de bouches plus pures et plus ferventes que la mienne n'ont-ils point passé ! Tobie, pendant son exil, Esther à la cour d'Assuérus, les enfants dans la fournaise, Daniel dans la fosse aux lions, Judas Macchabée à la tête des guerriers d'Israël, les ont répétés ; Antoine et Paul les soupiraient au désert, Chrysostome à Antioche, Augustin à Hippone, Bernard à Clairvaux, Dominique partout où le menait l'esprit de Dieu, Hyacinthe dans les steppes glacées de la Tartarie et au Tibet, Louis IX à Paris, Vincent Ferrier dans ses courses apostoliques, Catherine à Sienne, Rose à Lima, Las Casas à Mexico, etc, et après tant de siècles, après avoir exprimé tant de sentiments divers, ces cantiques sont aussi nouveaux qu'aux jours où, pour la première fois, David les fit retentir sur sa lyre harmonieuse. Et cela ne dirait rien à nos cœurs! cela n'agrandirait pas nos idées, et ne nous ferait pas comprendre toute la beauté, toute la grandeur de ce nom incommunicable de ma Mère l'Église Catholique !

La récitation de l'Office de la Sainte Vierge nous fait accomplir en outre ce précepte de la prière si fort recommandé par le Sauveur ; elle nous fait honorer chaque jour les mystères accomplis en Marie : sa Conception immaculée, sa vie, sa mort dans le temps, sa glorieuse Assomption, son Couronnement dans le ciel, et elle nous fait mériter d'avoir part aux grâces de ces différents mystères et d'obtenir une plus maternelle et plus constante protection de Marie qui daigna plusieurs fois témoigner combien la récitation de son office lui est agréable.

Tauler invite ses frères à réciter les heures de la sainte Vierge avec dévotion, leur promettant que cette divine Reine, par son intercession, leur obtiendra les plus grandes grâces.

Saint Louis, malgré les soucis et les occupations que donne le gouvernement d'un grand royaume, assistait chaque jour à l'Office de la Vierge, ou le récitait dans son particulier. Saint Vincent Ferrier le récitait dès son enfance, et continua jusqu'à sa mort. Ce fut aussi la pratique de plusieurs de nos saintes et bienheureuses.

La Bienheureuse Jeanne, infante de Portugal, dès l'âge de neuf ans, disait tous les jours l'Office de la Vierge, qu'elle se fit traduire en portugais, pour le dire avec plus d'attention et de dévotion. La Bienheureuse Marguerite de Hongrie, dès l'âge de cinq ans, savait par cœur l'Office de la sainte Vierge, et le récitait avec une grande ferveur.

La très Sainte Vierge daigna un jour chanter Complies avec la Vénérable Mère Hippolyte de Rocaberti, et par la douceur et l'harmonie de sa voix, exciter la ferveur et la dévotion de sa servante. Cette sainte religieuse exhortait souvent ses novices à une grande attention, ferveur et modestie pendant les offices divins, et particulièrement celui de la Vierge, voulant que, comme de véritables filles, elles la servissent et l'honorassent comme leur Mère. Un jour qu'elles récitaient son office avec quelque précipitation, elle les arrêta tout court par ces paroles : « Je crois, mes filles, que vous n'avez pas la crainte du Seigneur ». La connaissance qu'elle avait eue du châtiment que Dieu exerce sur ceux qui négligent de se bien acquitter des offices divins, la portait à une grande vigilance sur ce point. Une nuit, elle entendit clairement et distinctement commencer au chœur les psaumes de la pénitence. Plusieurs religieuses les entendirent aussi, et l'une d'elles ayant eu la curiosité et le courage de traverser le chœur fut bien surprise de n'y voir personne, quoique la récitation des psaumes continuât ; alors elle fut saisie d'une telle frayeur, qu'elle tomba comme morte ; les médecins déclarèrent que sa guérison était un miracle qui rendait plus croyable ce qu'elle disait, que ces religieuses faisaient leur purgatoire au lieu même où elles avaient commis leurs fautes. En 1679 on avait vu la même chose dans le couvent de Sainte Croix, à Grenade, où un religieux souffrait dans le Chœur les peines de son purgatoire.

Le Père Vincent Valverd, premier évêque de Cuseo, au Pérou, et martyr, avait une grande dévotion pour Marie. Après lui avoir consacré sa cathédrale, il ordonna en outre que tous les ecclésiastiques de son diocèse récitassent son office les jours de fête.

 

II. Ô Marie, je veux désormais réciter votre saint Office avec toute la ferveur dont je serai capable ; au Venite, je vous saluerai très profondément avec tous les anges et tous les saints. À l'Hymne, je désirerai que vous soyez aimée de tous les cœurs.

Au premier psaume, je me réjouirai de ce ce que le Père Éternel vous a choisie pour sa fille, et je vous supplierai de m'adopter pour votre enfant. Au deuxième psaume, je me réjouirai de ce que le fils de Dieu vous a choisie pour sa Mère, et je vous conjurerai, par cette grâce inestimable, de daigner me regarder comme votre pauvre enfant. Au troisième psaume, je me réjouirai de ce que le Saint Esprit vous a envisagée de toute éternité, pour faire de vous sa digne Épouse, et je vous prierai instamment de m'agréer pour votre humble servante. Aux trois leçons je produirai des actes de foi, d'espérance et de charité, en l'honneur et en union de l'exercice que vous avez fait de ces trois vertus pendant votre vie sur la terre. Enfin, Vierge très pure, je passerai le reste du divin office en m'unissant aux hommages qu'on vous rend dans la cour céleste, en me réjouissant de votre gloire et de votre félicité incomparables, en vous suppliant d'avoir soin de mon âme pour la conduire au terme de Dieu, à l'heure de ma mort. Amen. (Extrait des œuvres de la vénérable mère Françoise des Séraphins).

 

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16 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Dix-septième jour

Le Salve Regina

 

« Ô Clemens ! Ô Pia ! Ô Dulcis Virgo Maria ! »

« Ô Clémente ! Ô Miséricordieuse ! Ô Douce Vierge Marie ! »

 

I. Dans les premiers commencements de l'Ordre des Frères Prêcheurs, sous le généralat du Bienheureux Jourdain de Saxe, successeur immédiat du saint Patriarche Dominique, les démons apparurent à la fois dans plusieurs couvents de l'Ordre, et notamment à Paris et à Bologne. Irrités de voir les grands fruits de sainteté que produisait cet Institut nouveau, furieux d'apprendre chaque jour que les pécheurs se convertissaient, que les justes s'affermissaient, que les saints s'accomplissaient par le zèle de ces nouveaux apôtres, les démons se mirent à faire grand tumulte, afin d'épouvanter les religieux, et à les molester par des visions dangereuses pour la sainte vertu, et par des spectres horribles qui joignaient quelquefois les blessures aux coups et aux menaces.

En apprenant ces explosions de la rage infernale, le bienheureux Père Jourdain, plein de confiance dans la puissance et la protection des Saints Anges, ordonna de chanter après l'office de nuit, au milieu des ténèbres que les démons affectionnent, le neuvième répons de l'office de Saint Michel, prince de la céleste milice. Mais sans se laisser étonner par cette invocation et par ces chants, les démons n'en continuèrent pas moins leurs persécutions et leurs sévices.

Alors le bienheureux général se résolut à chercher un refuge auprès d'une protectrice plus miséricordieuse et plus puissante. Chaque soir, aussitôt après Complies, lorsque la nuit ramène les heures silencieuses où les démons aiment à exercer leur empire, les frères, par l'ordre de leur supérieur, entonnèrent au chœur, à genoux, la belle et dévote antienne : « Salve, Regina, Mater misericordiae ».

Ensuite, précédés par les acolytes en surplis et les cierges allumés, ils sortirent processionnellement dans l'église implorant sur eux la protection de Celle que nous appelons notre avocate, demandant pour toute défense un regard de ses yeux pleins de miséricorde ; et la saluant avec Saint Bernard comme leur très Clémente, très Pieuse et très Douce Mère : « Ô Clemens, ô Pia, ô Dulcis Virgo Maria ! »

À ces invocations suaves, tous les démons s'enfuirent dans leurs abîmes ; et ceux que n'effrayaient point les Saints Anges disparurent aussitôt, épouvantés, dès qu'ils sentirent la présence de leur irréconciliable et toute-puissante ennemie.

Ô Marie, Reine du Ciel ! Les fils de saint Dominique n'ont point laissé périr cette institution de leurs Pères. Tous les soirs encore, lorsque les labeurs de la journée sont à leur terme, lorsque la bénédiction du prélat est descendue pleine de paix sur les têtes inclinées des frères ; tous les soirs nous nous mettons à genoux pour vous saluer comme notre Mère et notre Reine. Nous sortons du chœur, deux à deux, en nous inclinant profondément devant l'autel où brille l'image de votre Fils, crucifié pour nos crimes. Nous nous espaçons dans la longue nef, au milieu de la foule attentive et recueillie des fidèles, et lorsque viennent ces paroles bénies : « Eia, ergo, Advocata nostra... », tous les soirs nous tombons à genoux, en implorant sur nous votre intercession et vos prières. Puis, confiants dans votre bonté, nous nous relevons, pour ajouter comme nos Pères, avec les mêmes accents, avec la même tendresse, avec le même amour : Ô Clemens ! Ô Pia ! Ô Dulcis Virgo Maria !... » Ô Clemens, car nous sommes pécheurs et nous avons besoin de clémence. Ô Pia, car nous sommes tièdes, et nous avons besoin d'ardeur et de piété dans la prière. Ô Dulcis, car nous sommes affligés, et nous avons besoin de ces consolations que vous savez répandre au fond des cœurs, ô très Clémente, ô très Pieuse, ô très Douce Vierge Marie ! C'est pourquoi, Vierge digne de tout éloge, Vierge notre vie, notre douceur, notre espérance ; souvenez-vous sans cesse que depuis six cents ans, nous, vos enfants bien-aimés, nous avons recours à vous notre protectrice et notre Mère. La rage de nos adversaires n'est point éteinte, et s'ils ne peuvent plus, parce que vous avez mis un frein à leur furie, s'ils ne peuvent plus nous attaquer sous des formes visibles, par des tentations extérieures et menaçantes, nous savons qu'ils ne cessent de nous poursuivre jusque dans ces couvents sacrés où règne le silence, où respire la prière, où votre aimable dévotion embaume tout de ses suaves parfums. Mais nous avons confiance que vous êtes, aujourd'hui comme autrefois, notre appui, notre secours, notre victoire. A mesure que les chants sacrés retentissent sous les voûtes de nos églises, les puissances infernales sentent diminuer leur audace ; elles se troublent et s'agitent ; elles s'épouvantent et s'enfuient pleines d'une secrète terreur. Toujours vous êtes victorieuse, ô notre Mère ! Et lorsque nous achevons de chanter cette pieuse antienne que nous avons reçue de nos Pères selon l'esprit, il ne reste plus autour de nous que les anges de lumière, qui, dispersés dans l'église, pleins d'une sainte joie, recueillis, modestes et revêtus comme nous de blanches tuniques, répètent les derniers échos de la céleste mélodie : Ô Clemens ! Ô Piat ! ô Dulci Virgo Maria ! (Année dominicaine, juin 1860).

Si les religieux de l'Ordre de Saint-Dominique sont heureux de chanter ainsi ce cantique de louange à Marie, au déclin de chaque jour, ils ont encore la consolation de l'entendre chanter près d'eux par leurs frères au moment de quitter la vie, au moment d'aller voir de près l'auguste Reine qu'ils ont fait profession d'aimer et de servir.

Le vénérable Guillaume Constet, religieux de la Réforme de Toulouse, fut martyrisé au Japon avec ses compagnons, pendant qu'ils chantaient le Salve Regina (XVII° siècle).

Pendant que la vénérable Mère Hippolyte de Rocaberti écrivait sur le Salve Regina, la très Sainte Vierge lui apparut tous les jours à l'heure où, selon la coutume de l'Ordre, la communauté chantait cette pieuse antienne après les Complies, lui témoignant, par la consolation qu'elle lui donnait, le plaisir qu'elle éprouvait de la voir s'occuper à écrire sur ses perfections et ses vertus. Elle lui promit de l'assister à l'heure de la mort, et de lui envoyer, pour la protéger contre le démon, le chœur des prophètes pour qui elle avait toujours en une dévotion particulière.

La vénérable Paule de Saint Thomas, éprouvée pendant sept années par une tentation des plus tenaces et des plus pénibles. en fut enfin délivrée par la récitation du Salve Regina ; elle disait ensuite n'avoir jamais rien demandé à la sainte Vierge par le moyen de cette antienne sans l'avoir obtenu, quelquefois même avant de l'avoir achevée ; aussi elle en recommandait beaucoup la récitation.

Quelquefois lorsqu'on entonnait le Salve Regina, la vénérable sœur Adélaïde de Rheifnelden, des Unterlinden , semblait hors d'elle-même et s'écriait : « Chantez, mes sœurs, chantez, car la Reine,du Ciel est ici ! »

Un religieux était souvent tenté contre sa vocation, et il était près de succomber à cette tentation, lorsque son Prieur, touché de compassion, ne sachant comment rendre le calme à cette pauvre âme troublée, eut l'inspiration de recourir à Marie. Il va dans la cellule du religieux et lui dit : « Allons,mon frère, ayons recours à notre bonne Mère ; disons un Salve Regina les bras en croix ». Le religieux y consentit avec une certaine difficulté, et récita tant bien que mal le Salve Regina. Quand il fut arrivé à ces mots : « Ô Clemens ! Ô pia ! Ô Dulcis Virgo Maria ! » La douce Vierge qu'il invoquait amollit tellement son cœur, qu'il tomba par terre, et que, baigné dans ses larmes, il s'écria : « C'est assez, mon Père, c'est assez ; je veux persévérer toute ma vie dans la pénitence ». Le Prieur, le relevant, l'embrassa cordialement, en l'exhortant à se souvenir toujours qu'il avait été guéri par l'intercession de la Sainte Vierge, et à lui vouer son amour et une reconnaissance sans bornes.

 

II. Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve. Ad te, clamamus, exules filii Evæ ; ad te, suspiramus, gementes et flentes, in hac lacrymarum valle. Eia ergo, Advocata nostra, illos tues misericordes oculos ad nos converte. Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende. Ô Clemens ! Ô Pia ! Ô Dulcis Virgo Maria !

 

V. Dignare me, laudare te, Virgo sacrata.

R. Da mihi virtutem contra hostes tuos.

 

Oremus

 

Concede nos famulos tues, quœsumus, Domine Deus, perpetua mentis et corporis salute gaudere ; et gloriosa beatæ Mariæ semper Virginis intercessione, a presenti liberari tristitia, et æterna perfrui lætitia. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre espérance, salut ! Enfants d'Ève exilés, nous crions vers vous ; Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Ô vous notre avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants. Et, après cet exil, faites-nous voir Jésus, le fruit béni de vos entrailles. Ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie ! Amen.

 

V. Rendez-moi digne de vous louer, Vierge sainte.

R. Donnez-moi la force contre vos ennemis.

 

Prions


Dieu de miséricorde, portez secours à notre faiblesse ; faites qu'en évoquant la mémoire de la sainte Mère de Dieu, nous puissions compter sur l'efficacité de son intercession pour nous relever de nos péchés. Par le même Christ notre Seigneur. Amen.

 

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15 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Seizième jour

Le Magnificat

 

« Méditez profondément les paroles du beau cantique que Marie antenne en l'honneur du grand mystère de l'Incarnation. Voyez comme elle y loue l'humilité, comment elle y rabaisse l'orgueil. comment elle y exalte sans mesure la miséricorde, la fidélité et la Providence paternelle de Dieu envers ses élus ». (Vénérable Louis de Grenade).

 

I. « Au discours d'Elisabeth qui exaltait si haut son excellence, que va répondre Marie ? Oh ! c'est ici qu'il faut bien prêter toute notre attention et recueillir religieusement les leçons de notre Reine et de notre modèle. De la voix la plus douce et la plus mélodieuse, la Mère de la sagesse entonna le cantique que nous répète saint Luc : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, de ce qu'il a regardé la bassesse de sa servante, car désormais je serai appelée Bienheureuse dans la durée de tous les siècles. Parce que le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses, et son nom est saint. Sa miséricorde s'étend de génération en génération sur ceux qui le craignent... »

« Il faudrait des livres entiers pour retracer les magnificences de ce cantique, le plus sublime qui fut jamais ; cantique merveilleux auquel le monde chrétien ne peut s'habituer depuis dix-huit siècles qu'il le redit. Cantique fortuné, qui recevra toujours de plus en plus dans les âges futurs sa prédiction : « Et voici que les nations m'appelleront Bienheureuse ». Remarquons toutefois que ce qui fait la majesté et la puissance de ce chant sacré, c'est l'humilité de Celle qui le profère. Où l'humble Vierge a-t-elle pris tous ces transports, ces accents de gloire et de grandeur qui se pressent sur ses lèvres, qui louent le Très Haut comme il ne l'avait jamais été par tous les prophètes à la fois ? Elle les a puisés dans le sentiment de sa faiblesse, joint à celui de la grandeur qu'elle a reçue de Dieu. Ces deux sentiments, inspirés à Marie par la vérité même, personnellement vivante dans son sein, étaient comme deux abîmes qui s'appelaient réciproquement : « La vue de sa bassesse lui donnait le sentiment distinct de la grandeur qu'elle devait à Dieu, et la vue de cette grandeur accroissait le sentiment de sa bassesse ». Marie louait donc Dieu en Elle et se louait à la fois en Dieu dans ces mots : « Il a fait en moi de grandes choses », mais, ne l'oublions pas, Elle se loue comme la servante du Seigneur, Elle ne voit que Lui, Elle ne tressaille de joie qu'en Lui, et si Elle nous invite à le louer, c'est parce qu'il a regardé « sa bassesse ». D'où il suit, que ne pas honorer Marie c'est dés lors ne pas honorer Dieu dans son plus grand sujet créé de louange.

« Il y a donc là un profond enseignement à retenir, à savoir : que l'humilité est le seul et solide fondement que le Seigneur a jeté pour l'élévation de sa créature. « Il a renversé les puissants de leurs trônes, et il a exalté les humbles ». (Nicolas, Études philosophiques sur la Vierge Marie, II° partie).

 « La Bienheureuse Vierge a glorifié le Seigneur, et pour célébrer Celui qu'elle avait conçu, elle a laissé échapper un cantique d'amour. C'est ainsi que l'âme qui porte Dieu en elle, lui chante des hymnes de louanges et d'allégresse, s'efforce de publier les magnificences qu'elle a pu découvrir, met au service de la gloire de Dieu tous ses sentiments les plus intimes et toutes les actions dont elle est capable, et ne savoure d'autre joie que celle .de penser à Dieu et de l'aimer ». (Extrait de La Théologie, du Père Contenson).

La vénérable Mère Françoise des Séraphins donnait à ses religieuses une fort belle et fort sainte explication de tous les versets du Magnificat. Elle y faisait remarquer les élévations merveilleuses de la très Sainte Vierge, et ses vertus très éminentes, particulièrement sa très sincère et très profonde humilité ; et c'est ce qu'elle entreprit d'imiter en elle avec tant d'affection et de confiance, qu'elle n'aimait rien tant que d'être cachée et anéantie en toutes choses, à son exemple.

La Vénérable sœur Paule de Saint Thomas avait un grand désir d'obtenir une profonde humilité, et considérant que la sainte Vierge dans son immortel cantique loue particulièrement la miséricorde de Dieu parce qu'il a regardé sa bassesse, elle la conjurait de lui faire part de cet intime et humble sentiment d'elle-même, et pour obtenir cette grâce qui lui fut accordée, elle se rendit à pied pendant plusieurs jours pour prier Marie devant une de ses images miraculeuses qu'on vénérait hors des portes de Rome.

Dans une extase où le Bienheureux Henri Suso entrevit les délices du ciel, il entendit les Anges chanter le Magnificat, et lorsque ce chant fut terminé, la sainte Vierge s'approcha de lui.

Le Père Grignion de Montfort engage les serviteurs de Marie à réciter souvent le Magnificat pour remercier Dieu des grâces qu'il a faites à la très Sainte Vierge. « C'est la seule prière et le seul ouvrage que la sainte Vierge ait composé, dit-il, ou plutôt que Jésus a fait en Elle, car Il parlait par sa bouche ; c'est le plus grand sacrifice de louange que Dieu ait reçu d'une pure créature ; c'est d'un côté le plus humble et le plus reconnaissant, et de l'autre le plus sublime et le plus relevé de tous les cantiques. La très Sainte Vierge récitait souvent elle-même ce cantique, et particulièrement en actions de grâces après la communion. On rapporte plusieurs miracles opérés par sa vertu, et les diables tremblent et s'enfuient quand ils entendent ces paroles du verset : « Fecit polentiam ». (Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge).

 

II. Magnificat anima mea Dominum.

Et exultavit spiritus meus, in Deo salutari meo.

Quia respexit humilitatem ancillæ suæ ;

ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Quia fecit mihi magna qui potens est, et sanctum nomen ejus.

Et misericordia ejus a progenie in progenies, timentibus eum.

Fecit potentiam in brachia suo ;

dispersit superbos mente cordis sui.

Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles.

Esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes.

suscepit israel puerum suum, recordatus misericordiæ suæ,

Sicut locutus est ad patres nostrosi Abraham et semini ejus in secula.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.

Sicut erat in principio et nunc, et semper, et in secula seculorum Amen.

 

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante ;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;

Saint est son nom !

Son amour s’étend d’âge en âge

sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,

renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,

pour les siècles des siècles. Amen.

 

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