07 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Huitième jour

Le type consolateur des époux

 

L’apôtre enseigne que le mariage est un grand Sacrement, en ce qu’il représente l’union de Dieu et de l’Église. Mais combien plus parfaitement le mariage de Saint Joseph avec Marie, représentait-il cette union mystérieuse,dit saint Bonaventure ? Écoutons le saint Chancelier Jean Gerson, qui avait fait de ce magnifique sujet une étude toute particulière, comme il paraît par les belles choses qu’il en a écrites dans ses Considérations sur saint Joseph, « Jésus-Christ, comme vierge, est conjoint vierge pareillement à l’Église », dit ce dévot Docteur. On trouve en ce virginal mariage de Marie et de Joseph, qu’un homme vierge est joint à la vierge; et comme Jésus-Christ et une lignée spirituelle de la sainte Église, pareillement Saint Joseph et Notre-Dame ont eu ce bel enfant, ce béni fruit de vie, Jésus.

« Toute la cour du paradis et les Anges bienheureux, dit encore Gerson, tressaillèrent de joie de ce saint et sacré mariage. Car la virginité est la sœur des Anges, et ils virent que par ce mariage leur nombre serait réparé. Egalement les anciens Pères qui étaient dans les limbes, et qui, comme on peut le penser eurent connaissance des grâces spéciales de cette solennité, en furent tout joyeux, car leur rédemption approchait. On peut croire aussi que plusieurs des âmes détenues dans le purgatoire, en furent délivrées et élargies, en l’honneur et considération de ce joyeux, saint et glorieux mariage. De plus, nous pouvons religieusement penser que toutes les fois que nous, pécheurs, faisons mémoire honorable de ce mariage, nous en recueillons les biens et les aumônes de grâce et de pardon, de spirituelle joie et de dévotion. Car c'est pour nous pécheurs, et principalement pour notre salut que fut célébré ce mariage. Ainsi nous devons y avoir singulière confiance, amour, honneur et révérence, de quelque état, de quelque âge, et de quelque sexe ou condition que nous soyons, et quelque grâce que nous veuillons solliciter, et spécialement pour demander la paix et l'union. Car ici est signifiée l’union de la sainte Église à Jésus, son époux, et de l’âme à Dieu.

Ainsi s'exprime le saint Docteur Gerson sur cet ineffable mystère, auquel il fut on ne peut plus dévot. Par où l'on voit que les époux ont a la fois un beau modèle à étudier et une efficace protection à espérer du saint mariage de Joseph et de Marie, les deux plus saints époux qui seront jamais.

Saint Joseph est le modèle le plus accompli des époux, comme la vierge sainte est l’idéal le plus sublime des épouses. Son mariage a été l’ouvrage de l’Esprit-Saint, observe le vénérable Silveira, uni en Dieu à sa sainte épouse ils ne faisaient qu’un esprit et qu’un cœur pour aimer et servir Dieu plus parfaitement. Prédestiné pour être uni à la plus parfaite des créatures, il avait des dispositions et des vertus qu’aucun époux n’a pu jamais avoir à égal degré. Sous ce rapport, notre Saint a possédé des éléments de perfection dans le mariage, que nul autre ne saurait posséder. Mais il n’est pas moins certain que la grâce n’a pas tout opéré en lui sans son acquiescement et sa fidèle correspondance, et que, par conséquent, il a eu des peines, des combats intérieurs à surmonter pour vivre en paix et en toute douceur, avec la plus paisible et la plus douce des vierges, comme la nomme l’Église. C’est principalement sous ce rapport que le Cœur virginal de Saint Joseph-doit être présenté à l'admiration et à l’imitation des époux chrétiens.

La paix, la justice, la charité ont formé la sainte alliance de Joseph et de Marie et ont très intimiment uni leurs Cœurs en Dieu. Aussi bien, si la soumission de Marie est volontaire, la domination de Joseph est respectueuse ; si elle l'honore comme chef de la famille, il la respecte comme chef du mystère. Leur reconnaissance est mutuelle, et tous leurs intérêts sont saints, parce qu'ils n’ont qu’un objet, qui est Jésus-Christ. Voyez quelle union dans ce mariage ! Faut-il sur l'édit d'un superbe empereur, faire profession publique de soumission et de servitude, ils vont, ensemble confondre leurs noms avec les noms de tout l’univers. Dans tous les mystères de l’enfance du Christ, Joseph se rencontre toujours avec sa très sainte Épouse, dans une communauté de pensées et de sentiments, d’affections et de volontés.

Les époux qui honorent comme il convient, par leur vertus dans le mariage, l’union de Joseph et de Marie, ont de grands motifs d’espérer de ces deux très Saints Époux secours et protection dans toutes leurs nécessités, ainsi que de bien douces consolations dans les peines cuisantes du mariage. Qu’ils viennent donc avec une entière confiance aux pieds de notre bon Saint Joseph qui les comprendra d’autant mieux et les aidera d’autant plus efficacement que, quoiqu'il fut marié à la plus douce et la plus accomplie des épouses, qu’il soit possible d’imaginer, il connût néanmoins les peines et les tribulations inséparables des unions les mieux assortie, ainsi qu'on le voit par l’Evangile. Son tendre et béni Cœur est donc en état de compatir plus vivement aux épreuves des époux qui l’implorent, de pouvoir les leur rendre plus acceptables, plus douces et plus mémoires pour la bienheureuse éternité, et même pour cette vie temporelle.

Oh ! qu'un mariage est heureux, quand l’époux et l’épouse s'animent à servir Dieu, à le prier, à le louer par l’union des sentiments de piété et de vertu ; quand un époux chérit son épouse d'une affection aussi pure que celle avec laquelle Saint Joseph aimait l’incomparable Marie pour sa modestie, pour sa simplicité, pour sa chasteté ; quand l'un et l’autre s’efforcent, comme Joseph et sa virginale Épouse, de marcher dans les voies du Seigneur d'une manière ferme et irrépréhensible ; qu’ils se consolent dans leurs afflictions inévitables ; qu’ils ont les mêmes vues, une même espérance, les mêmes désirs, une même règle, celle de l’Evangile. Au contraire, un mariage devient comme un enfer, quand les époux vivent sans union, sans esprit de paix, sans but honnête e.t chrétien, en un mot sans vertu, sans lois, sans frein. La bénédiction de l’éternel n’y est pas, car elle ne demeure pas dans le trouble, le désordre et les disputes ; c’est donc sa malédiction qui y séjourne. De tels époux ne comprennent pas la dignité du mariage, et ils n’y répondent pas non plus. Semblables à cette herbe, dont parle David, qui trompe la main qui la moissonne, ceux qui seront près d'eux, qui verront ou entendront ce qui se passe dans leur demeure, ne diront point : « Que la bénédiction de l’Eternel soit sur vous. nous vous bénissons au nom du Seigneur ». J’ajouterai que ces époux n’auront pas les faveurs particulières de Saint Joseph, à moins qu’ils ne s’amendent et qu'ils reviennent avec sincérité de leurs égarements. Pourtant, ils ont un si pressant besoin de consolations, de secours spirituels !

Voyez dans ce ménage cette femme éplorée, les cheveux épars, et toute décomposée ; elle a pour époux un ivrogne, un dissipateur, un méchant ; elle vous montre les plaies encore saignantes qu’il lui et faites. Peut-être y a-t-il de sa faute à elle même, mais enfin le mal existe ; elle souffre beaucoup et en désespérée. D’autre part, je vois un époux triste, affligé, déconcerté, la face noyée dans ses pleurs, pourquoi gémit-il ? de quoi se plaint-il ? Il est brave, honorable, chrétien, bon chrétien et par conséquent bon époux : Qu’a-t-il donc ? soit imprévoyance, soit entraînement, soit imprudence il a pris pour compagne une des cousines de Satan, une femme prétentieuse, insoucieuse, acariâtre, négligente, incapable d’élever comme il convient, ses enfants, de gouverner la maison par ce qu’elle est à la fois sale, paresseuse, dissipatrice. Voilà pourquoi ce mari soupire, pourquoi il gémit et se plaint aux portes d’autrui. Voir pleurer un homme, c'est chose triste. Avec une femme plus convenable, plus douce, plus soumise, plus diligente, plus chrétienne, en un mot mieux élevée, il eut coulé des jours heureux et joui en quelque sorte du bonheur de saint Joseph dans la compagnie de Marie, sa sainte épouse. Tout est-il donc perdu pour lui ? Non ! Mais qu'il s’adresse à Saint Joseph qui lui obtiendra la résignation, cette vertu, la plus belle auréole de l’homme souffrant, le plus digne hommage dû à la divinité, comme la plus propre à le purifier et à lui faire gagner le ciel ; qui peut être même, car il est si bon Saint Joseph, convertira, ou du moins réformera par les grâces qu’il lui procurera son épouse infortunée.

 

Exemples

 

Un père de famille vivait depuis longues années dans l’oubli de ses devoirs religieux. Au mois de mars, son épouse et ses enfants entreprirent une neuvaine à saint Joseph pour obtenir sa conversion. La clôture en fut fixée au 19 mars, jour de la fête du Saint. Au même jour, cet homme, ignorant ce que les siens faisaient à son intention, entra par hasard dans une église; il y entendit une instruction qui le toucha, et se confessa avant de sortir. Il a persévéré depuis dans les meilleures dispositions.

Une femme pieuse souffrait avec résignation les rudes traitements de son mari, qui vivait contre toutes les lois de l'honnêteté et de la morale. L'épouse fidèle essaya de tous les moyens pour ramener dans le bon chemin l’époux infidèle, mais tout fut inutile. Enfin elle eut recours au modèle des époux, à saint Joseph, qui la consola aussitôt et l’exauça ; car ce malheureux reçut de Dieu de si grandes grâces, qu’il détesta ses péchés, répara les scandales qu’il avait donnés, s’appliqua à vivre chrétiennement et saintement, à la consolation de tout le monde et en particulier de sa pieuse épouse (Bollandistes).

 

Oraison du bienheureux Gerson en mémoire du mariage de Saint Joseph

 

Vierge sainte et sacrée, veuillez m'obtenir cette grâce de votre cher et doux Enfant Jésus, qu’on puisse en votre dite église de Notre Dame de Paris, et toutes les autres de la chrétienté célébrer dignement sans superstitions, le virginal mariage du saint, juste et vierge Joseph avec vous, lequel vous aima d'un amour si pur, vous garda et vous gouverna avec tant de soins vous, et le béni Enfant Jésus, vous accompagna toujours, vous honora chastement et saintement, comme vous le fîtes à son égard avec tant de bonté et d’humilité, de sorte que maintenant il jouit avec vous de la gloire. Que par les mérites et les intercessions votre chaste Époux, le très doux et glorieux Jésus qui vous est né, que.vous avez nourri en ce mariage sacré, nous fasse être participant des noces célestes et de la gloire éternelle, lui qui est l'Epoux de l’église triomphante, et Dieu béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.

 

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06 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

05

Septième jour

Le protecteur des vierges

 

Saint Alphonse de Liguori, qui a écrit un ouvrage si divin sur la virginité, assure d’abord que les Vierges qui ont le bonheur de se vouer à l’amour de Jésus, qui lui consacrent le lys de leur pureté, sont aussi chères à Dieu que les Anges. Vous pouvez juger de la combien aussi elles sont agréables à Marie, que l’Eglise appelle la Reine des Vierges, et à Saint Joseph, que je leur offre pour protecteur. Jésus est l’ami et l’époux des Vierges, il paît, comme le dit l’Ecriture, au milieu des lys de la piété, c’est-à-dire parmi les âmes chastes. Marie et Joseph sont les soutiens et les protecteurs des Vierges, parce que la virginité fut leur état permanent. À ce titre les Vierges appartiennent plus particulièrement que les autres à Saint Joseph. Et s’il est vrai que la pureté approche l’âme de Dieu, il est également certain qu’elle dispose merveilleusement l’âme qui en est ornée à s'attirer les regards et les faveurs de saint Joseph, l’Epoux Vierge d'une Vierge. Le jeune époux, dit Isaïe, demeurera avec la Vierge, son épouse. Cet époux, explique Saint Bonaventure, est saint Joseph qui a vécu très-purement et très-chastement avec la sainte Vierge Marie. Il est appelé « jeune » pour sa pureté éclatante, et c’est dans la pureté et la sainteté de son épouse qu’il trouve sa joie et sa félicité.

Ne considérez pas simplement Joseph comme l’époux de Marie, mais bien comme un époux Vierge. Si sa qualité d'époux de la Mère de Dieu est la véritable et essentielle base de ses grandeurs, sa qualité d’homme-Vierge est le principe et la source certaine de son bonheur. En effet, il n’eut pas été choisi pour Epoux à Marie, ni pour Père putatif du Sauveur s’il n'avait toujours vécu chaste et vierge. Et l’union qu'il contracta avec la divine Marie, loin de diminuer sa virginité, la perfectionna et y mit le sceau dont l’Esprit-Saint fut le garant. Bossuet, parlant de ce mariage tout mystérieux et tout angélique, dit très bien : « Ce sont deux virginités qui s’unissent pour se conserver éternellement l’une l’autre par une chaste correspondance ; et comme deux astres qui allient leur lumière. Belle et juste comparaison qui honore singulièrement la virginité de Marie et de Saint Joseph, et qui, si elle établit la bienheureuse Mère de Dieu la Reine des Vierges, montre saint Joseph comme le porte étendard de la virginité, selon que l’appelle Carthagène.

Bossuet semble s’être inspiré de la pensée du chancelier Gerson, qu'il appelait son Maître, et auquel il a dû, en partie, la profondeur de la pensée et la force des expressions. D'après la gracieuse idée du vénérable Gerson, quand Joseph s’unit à la Vierge, l’on vit, pour la première fois, sur la terre, la virginité se marier avec la virginité. Dieu créa et sanctifia Saint Joseph tout exprès pour Celle qui devait être sa propre Mère. nous devons croire qu'il le rendit son semblable en pureté, qu’il le fit presque son égal en virginité et que, selon l'expression biblique, il donna à Marie un aide qui lui ressemblât. Ce qui fait ajouter au docte commentateur Escobar : « Dieu fit Joseph, en quelque sorte semblable a Marie, l’ayant doté comme elle de l’ornement des plus belles vertus ».C’était pour le Saint Patriarche un rapport de convenance. Et Dieu tout puissant, tout bon, qui a pu le faire aussi pur, aussi chaste, l’a fait. Il convenait, il était juste, raisonnable, équitable, que le Dieu de toute sainteté et de toute pureté non-seulement naquit d’une Mère Vierge, mais encore qu’il fut nourri, conservé, porté par un Père saint et Vierge, le plus saint et le plus vierge de tous les hommes saints et vierges. Penser autrement serait faire injure à Dieu et à son Fils Jésus-Christ, ainsi qu'à Marie et à Joseph, son époux.

Le pieux et célèbre Escobar, n'a fait que rendre sous une autre forme la doctrine du chancelier Gerson, qui dit, en style laconique : « Saint Joseph, plus pur que tous les hommes, a été semblable à la glorieuse Vierge Marie ». Du reste l’opinion généralement admise dans l’Église, et qui est appuyée sur les témoignages les plus nombreux des Pères, sur une vénérable tradition, sur le sentiment commun des fidèles, c’est que Saint Joseph n’a pas été seulement vierge, mais vierge au degré le plus excellent, après sa très sainte Épouse.

Car d’après les saints Docteurs, Saint Joseph connût par l’inspiration divine, peut-être par le ministère d’un Ange, qu’il était destiné à être l’époux de la Mère de Dieu. dès lors il fit vœu de virginité, afin que le lys de la pureté de son crieur, exhalât devant Dieu un plus suave parfum. Il ne fut poussé au mariage que par le souffle divin, et il est possible qu’une fois marié avec l'Auguste Vierge, il renouvela comme elle son vœu de virginité perpétuelle. Cette doctrine est affirmée par plusieurs Pères, tels que saint Augustin, saint Bonaventure, saint Thomas et le pieux Gerson. Il est certain que Saint Joseph-Vierge fut un époux très digne de Marie-Vierge. Il le prouva bien par les actes de sa très Sainte Vie, par le zèle avec lequel il prit la défense de l’honneur et de la virginité de cette chaste Épouse, pour empêcher la calomnie de noircir sa réputation. De là vient que Saint Albert le Grand l’appelle le Protecteur ; le Patron de Marie, le protecteur des vierges.

Les saintes Vierges, ces fleurs mystiques de l’Église, le jardin de délices du Christ, qui tendent à la perfection, parce qu’elles sont les favorites de ce divin Epoux qu’elles ont choisi pour leur partage pour cette vie et la vie future, sont aussi les protégées du Cœur de Saint Joseph, quand elles l’honorent comme elles le doivent faire. Elles sont nommées dans la Bible, les prémices de Dieu et de l'Agneau Jésus, « par la raison, dit le saint cardinal Hugues, que les premiers fruits sont les plus agréables, et que, ainsi les Vierges lui sont plus agréables et plus chères que les autres personnes ». Mais si elles ont le plus de droit aux faveurs divines, elles ont également plus d’assurance de voir notre bon Saint Joseph les protéger dans tous leurs besoins. Notez bien que ce qui est dit ici des Vierges s'applique également a ces âmes qui, quoiqu’elles soient engagées dans les liens du mariage, mènent une vie détachée, innocente, et comme l’aigle volent dans les régions supérieures de la perfection, les regards fixés vers les biens célestes. Sursum corda ! Selon la grande devise du bienheureux Gerson : avoir toujours l’esprit et le cœur élevés vers Dieu, c'est là la virginité parfaite.

Il importe donc beaucoup de se conserver chaste et vierge pour jouir des bénédictions du Cœur de saint Joseph ; car l’Ecriture dit que celui qui aime la pureté du cœur aura le roi pour ami, c'est-à-dire Jésus. Les saints dans le ciel sont aussi autant de rois, mais Saint Joseph est, après Marie, le plus grand de ces rois ; or, que ne peut-on pas obtenir de lui si on possède sa faveur et son amitié ? Pour vivre dans la chasteté, il faut nécessairement en prendre les moyens, tels que la fuite des occasions, condition première ; ensuite le recueillement, la modestie, la prière assidue, surtout dans les tentations. Quand malgré notre vigilance et notre fuite des mauvaises occasions nous sommes tentés, la seule invocation de Jésus, de Marie et de Joseph, faite avec humilité et confiance suffit pour nous faire vaincre l'ennemi, purifier notre intelligence et notre cœur des mauvaises suggestions, effets de la nature corrompue de concert avec les esprits infernaux.

Saint Alphonse de Liguori dit, dans son Imitation : « Théophile, pour persévérer dans la pureté et vous délivrer du vice contraire, il faut vous recommander souvent et avec instance a la Reine des Vierges, à Marie. Celui qui a recours à elle sera délivré de la luxure, en prononçant seulement son nom avec confiance. Beaucoup de personnes tentées contre la chasteté ont triomphé par une simple aspiration affectueuse à Marie Immaculée ». Et ce Saint Père ajoute : « Les images de cette chaste. Vierge éteignent les ardeurs de la concupiscence en ceux qui les regardent avec dévotion ». On peut bien dire la même chose du très-saint Joseph, de son nom et de ses images.

Quand donc Satan et la concupiscence s'élèvent contre nous, après avoir fait respectueusement un Signe de Croix, au moins avec le pouce sur la poitrine pour consacrer notre cœur à la très adorable Trinité et à Jésus crucifié, faisons une dévote aspiration à Marie Immaculée et au Cœur de saint Joseph. Si nous avons une image du Saint, fixons-là d’un regard suppliant, mais confiant, et serrons-là sur la poitrine, saint Joseph nous aidera à triompher de notre faiblesse et de la malice de Satan. Rappelons-nous souvent cette belle pensée du saint Maître Gerson : « Autant de tentations vaincues, autant de perles brillantes sont attachées à la couronne que le Seigneur nous prépare dans le ciel, si nous sommes en sa sainte grâce ».

Courage donc, ô Vierges ! Courage, ô âmes chastes, dignes épouses de l’Agneau Jésus, persévérez sous la protection de Saint Joseph dans la voie bienheureuse que vous avez choisie, qui vous procurera les grâces de votre bien-aimé Seigneur. Sachez que la virginité est cette meilleure part que vous pouviez désirer, part que l’âme conservera avec un signe distinctif durant toute l’éternité, alors qu’elle Sera glorifiée à l’égal des anges de Dieu. Aussi, devez-vous tout faire et tout souffrir pour l’amour de Jésus-Christ, plutôt que de sacrifier l’aimable et céleste pureté.

 

Exemple

 

L’une des Congréganistes des Enfants de Marie, de Lyon, touchée de la beauté de la grâce sanctifiante, demandait souvent à son Bon Père, c’est le nom que ces jeunes enfants donnent à l’envi à Saint Joseph, de la lui conserver toujours. Un jour, c’était en 1858, aux environs du jour de l’an, où il y a dans le pensionnat sortie générale. l’enfant entre en classe toute joyeuse, court auprès de sa maîtresse d’un air triomphant. Elle était couverte de rougeurs. La maîtresse également étonnée de cette éruption subite et de la joie qu’en témoignait la jeune fille, l’interroge avec intérêt. « Ah ! Madame, répond celle-ci, j’ai gagné ma cause auprès de saint Joseph ! Il doit y avoir des fêtes à la maison, à l’occasion du mariage de ma sœur, j’ai craint d’y souiller mon innocence et d'y perdre la grâce, et j’ai dit à Saint Joseph : « Bon père, empêchez que je sorte ». « Voyez », et elle montrait ses mains et son visage tout défigurés par l’éruption. « Je ne puis aller au grand air en cet état ! »

 

Supplication à Saint Joseph pour obtenir la pureté

 

Grand Saint, qui êtes couronné des plus beaux lys de la virginité, qui par l'admirable chasteté de votre vie, avez mérité de devenir le gardien et le Père nourricier de Jésus, le Roi des Vierges, et l’Epoux de l’Immaculée Mère de Dieu, apprenez-nous le secret de cette vertu angélique, le plus bel ornement de votre Saint Cœur. Elle nous favorisera aussi de l'insigne privilège d’avoir le Roi des cieux pour ami. Par les mérites de la pureté de votre béni Cœur, ô doux Protecteur, rendez-nous pures et chastes comme vous, afin qu’après avoir été uni à Jésus-Christ l'amateur des âmes vierges et pures durant cette vie, nous puissions éternellement le contempler avec vous dans la céleste patrie. Ainsi soit-il.

 

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05 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Sixième jour

La protection de la jeunesse

 

Saint Joseph couvre des ailes de sa protection non-seulement l’enfance, mais encore la jeunesse. C'est toujours l'enfance, mais elle est passée dans un âge qui devient d’autant plus dangereux pour elle, que les sens sont plus tendres, plus ouverts, et plus impressionnables aux vanités du siècle. Tout ce qui est dans le monde, dit saint Jean, est concupiscence de la chair, concupiscence des yeux, et orgueil de la vie. Ce.sont la les trois grands filets que Satan à tendus dans l'obscurité pour attraper une multitude de jeunes gens ; ce sont la les trois amorces par lesquelles il se les attire pour les précipiter dans l’abîme de la perdition. Or saint Joseph qui sait que les dangers pour la jeunesse sont nombreux, grands et difficiles à surmonter, s'offre à ces jeunes gens pour leur servir de guide et de protecteur.

Comme guide, ses exemples sont bien propres à faire impression sur l'esprit de la jeunesse. D’après de graves auteurs, on ne vit jamais un jeune homme d’une piété plus éminente, d’une pureté plus parfaite, d'une modestie plus angélique, d’un esprit plus droit, d"un cœur plus généreux, d’une application plus soutenue à s'instruire, d'un caractère plus doux et plus aimable à l’égard de tous. Ses regards, ses gestes, ses discours, tout en notre Saint était réglé par le mouvement du Saint-Esprit qui habitait en lui, comme dans son temple. C'est ainsi que le jeune Joseph s’avançait de vertu en vertu, comme parle le prophète, et qu'il s’en servait de degrés pour gravir déjà le sentier âpre, étroit et élevé de la perfection. Saint Joseph ne fait jamais défaut aux tendances si bienveillantes de son bon Cœur, pour secourir les jeunes gens qui l’implorent avec piété et. confiance. Il est deux époques principales où ils ont un plus grand besoin de sa douce protection, pour la première communion et pour le choix d’un état : de ces deux circonstances dépend la bonne ou la mauvaise direction de la vie, le bonheur ou le malheur temporel et éternel. C'est là une chose extrêmement importante.

Saint Joseph a trop à cœur de voir Notre Seigneur Jésus-Christ son Fils adoptif, aimé et servi par la jeunesse, pour ne pas s‘empresser d'obtenir des grâces de lumières et de ferveur aux âmes encore innocentes qui vont le recevoir la première fois au banquet Eucharistique ; il jouit du bonheur qu’ils sont appelés à goûter en reposant sur le Cœur de Jésus, comme il s’y reposait lui-même sensiblement, lorsqu’il le portait dans ses bras à Nazareth. A cette fin, il les aide merveilleusement par les inspirations intérieures qu’il leur communique, au moyen de leur Ange gardien, à se préparer à cet acte si grand, si décisif et si honorable. Que les enfants donc qui se disposent à la première communion, recourent à saint Joseph, comme à leur Père et puissant Protecteur ; ils verront les fruits précieux qui découleront de cette pratique pour le jour fortuné où ils s’unirent à Jésus tout entier et pour le reste de la vie. Surtout, que ce jour-là, ils se consacrent plus particulièrement à notre Saint, par un acte qu’ils devront renouveler aux grandes fêtes de l'année où ils recevront le Dieu qui réjouit leur jeunesse.

La protection de Saint Joseph n'est pas moins assurée aux jeunes gens dans les sentiers périlleux qu'ils auront à parcourir après la première communion, notamment pour le choix d’une profession, que le pieux Grenade et le saint docteur Liguori appellent la maîtresse route de la vie. Il n’est que trop ordinaire de passer légèrement sur ce point qui entraîne des conséquences infinies. Il faut se bien persuader que, comme l’écrit l’Apôtre, chacun reçoit de Dieu le don qui lui est propre, c’est-à-dire, selon le commentaire de Corneille, que Dieu donne à chacun sa vocation, et lui choisit un état dans lequel il veut le sauver. Pour connaître cette vocation, il faut des lumières, il faut aussi du courage pour la suivre une fois qu’elle est reconnue et sanctionnée par l’autorité du directeur de la conscience, qu’il est utile de consulter à ce sujet. Or, ces grâces de lumière et de force, saint Joseph ne manque jamais de les obtenir aux jeunes gens qui l’en prient avec ardeur et avec pureté d’intention.

Pères et mères, dit un pieux et savant Curé, amenez donc vos enfants à Saint Joseph, placez-les sous sa puissante protection. Il les protégera, les défendra contre le démon, qui est encore plus à redouter que le cruel Hérode. Sachez aussi qu’il vengera leur faute contre vous-mêmes, si vous en êtes la cause, par votre négligence, vos scandales et vos exemples mauvais. Et vous, aimable jeunesse, aimez votre père Saint Joseph ; honorez-le de tout votre pouvoir, chantez ses louanges, recourez à lui avec une confiance filiale ; il reçoit avec plaisir les hommages des enfants vertueux. Si vous vous montrez ses dignes enfants, si vous êtes soumis, respectueux, aimables comme l’Enfant Jésus, il aura pour vous la même tendresse, la même protection, les mêmes soins.

Pour la jeunesse, le prêtre est ce que Saint Joseph était à l’égard de Jésus adolescent : il lui est tout a la fois Père, Protecteur et Pourvoyeur. Que les jeunes gens ne craignent donc pas d’aborder le prêtre, au contraire qu’ils viennent à lui en toute confiance, comme ils viennent à Notre Seigneur et à Saint Joseph, lui raconter leurs peines, leurs combats intérieurs, et lui demander, de ces conseils salutaires que Dieu leur dicte toujours, dans ce cas, pour les âmes droites et sincères. Mais pour obtenir ces résultats si désirables, il faut inspirer à l’enfance une grande estime, un grand respect et une sainte vénération pour le prêtre. Cette estime et cette confiance qu’ils auront alors conçues pour l’Homme de Dieu, ne disparaîtra jamais entièrement de leur cœur. « Les enfants, dit le saint chancelier Gerson, sont très capables de recevoir les premiers principes des bons enseignements, lorsqu’ils ne sont pas encore imbus des fausses opinions, et que de pernicieuses doctrines n’ont pas encore germé profondément dans leurs cœurs ».

Il importe donc extrêmement de prendre l’enfance sous la protection de saint Joseph pour l’amener à Jésus-Christ, et afin qu’elle y demeure fixée pour tous les âges de la vie. Mais l’enfance ne viendra à Jésus-Christ, ne se maintiendra avec lui durant la jeunesse surtout, que par l'intermédiaire du prêtre, le représentant vivant de la personne du Christ même. Oh ! qu’ils font de mal, qu'ils sont coupables et criminels, ceux-là qui inspirent à l’enfance et à la jeunesse l’éloignement du prêtre, le mépris du prêtre ; et quel déplaisir. ils causent à Notre Dame et à saint Joseph ! N'est-ce pas où tendent ces libres-penseurs qui veulent l’instruction et l’éducation exclusivement laïques ?

Le pieux traducteur et interprète du Traité de Parvulis, du Bienheureux Gerson, l’abbé Gouvenot, écrit les lignes qui suivent, que je livre à la méditation surtout des pères et mères et des maîtres de l’enfance, qui veulent plaire à saint Joseph et imiter sa conduite, pour mériter sa douce protection. « J'ai souvent entendu raconter par les mères la joie de leurs enfants, et elles disaient dans leur langage si simple et si beau : « Mon enfant est aux Anges ». Ce bonheur de l’innocence dans l’enfant durera S'il est conduit au catéchisme dès son jeune âge, (ajoutons et même après sa première communion). Il entendra avec fruit les instructions, et surtout il s’habituera à voir dans le prêtre l’Ami de son enfance : il se rappellera le dévouement sacerdotal, ce sera une douce figure qui lui apparaîtra dans les dangers et les tentations, et alors il viendra épancher son cœur et ouvrir son âme sur le sein de cet Ami que le Ciel a formé pour le bonheur des hommes. Si l’habitude des pratiques de piété et de religion est donnée à l’enfant, il deviendra la gloire de son père et de sa mère, et il croîtra en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Ce qu’il faut aujourd’hui plus que jamais, parce que les moyens de corruption sont mille fois plus nombreux, mille fois plus actifs et plus dangereux que dans les siècles écoulés ; ce qu’il faut dis-je, et de suite et sans retard, comme l’inculque avec tant de force dans ses beaux écrits, le très-savant évêque d’Orléans, c’est une éducation chrétienne, forte et prononcée de l’enfance et de la jeunesse et surtout des petites filles.

J’ai insisté, insisté beaucoup sur ce point capital, décisif dans mon ouvrage Feminiana ; daigne le bon saint Joseph faire comprendre à mes lecteurs cette chose, comme je la conçois moi-même. Ne voyez-vous pas que notre pauvre société se meurt, périt, qu'il n’y a plus de famille, plus de respect, plus d’harmonie, plus d’amour saint dans la famille; de là, quels désordres dans le monde ! Ah ! que nous avons besoin du regard paternel et protecteur du Bienheureux Joseph ! « Il n’y a plus d’enfants ! », s’écrie le docte chanoine Tridon. Ce mot, ajoute-il, devenu proverbial, exprime une lamentable vérité. Il révèle une calamité plus grande que ne pourraient être la peste, la guerre et la famine réunies. Il n’y a plus d’enfants, c’est à-dire plus d’innocence, plus de simplicité, plus d’obéissance, par conséquent plus de vie au cœur des jeunes générations, qui, dans vingt ans occuperont notre place... Le terme est court, bâtons-nous! ».

« A la vue de l’incendie, ajoute plus loin le même écrivain, qui dévore et menace de tout engloutir, il y en a qui dissertent sur les progrès du.mal, sur l'énormité des pertes présentes et les dangers de l’avenir. Discours inutiles, vaines lamentations. Une chose est à faire : courir à la chaîne et verser de l'eau.

Chaque jour, le Bienheureux Gerson recommandait à la Vierge Immaculée et à Son virginal Époux, Saint Joseph, les petits enfants qu’il instruisait à Lyon, et Marie et Joseph versaient abondamment sur ces jeunes plantes la rosée Salutaire des bénédictions célestes, « Mes enfants, leur disait ce saint Maître, aimez, aimez beaucoup la sainte Famille, Jésus, Marie et Joseph ! Adressez vous et Elle dans tous les besoins de l’âme et du corps, du temps et de l’éternité. Dans vos peines, dans vos tentations, dans vos épreuves et vos désolations, invoquez avec confiance leurs noms bénis et vous serez.de suite consolés, soulagés, éclairés et sauvés ! » Quel bel exemple pour les parents et les instituteurs de l’enfance et de la jeunesse, dont le Bienheureux Serviteur de Dieu Gerson, est le Modèle et le Patron. On ne saurait trop inculquer à cette chère jeunesse, comme le rappelle sans cesse notre bien-aimé Pontife Pie IX, l’esprit de prière, les bonnes pensées et les saintes maximes et une grande confiance en la Trinité de la terre Jésus, Marie et Joseph, comme Gerson la qualifiée le premier.

L’enfance et la jeunesse ont tant besoin de secours ! Qui ne sait que l'enfance a toute la fragilité des jeunes plantes, que les grâces naturelles de la jeunesse l’exposent à des dangers dont la vieillesse est affranchie, abandonnée qu’elle est des passions plutôt qu’elle ne s’est soustraite a leur empire. Hélas ! Ces premières années, les plus belles de la vie, s’écoulent rapidement. Si l’on considère alors quelle est la force de l’habitude, si l’on pense avec un ancien philosophe que cette force est si grande qu’elle devient en quelque sorte une seconde nature, on restera profondément convaincu qu’il n’y a rien de plus à craindre et de plus amer dans leurs suites que les mauvaises coutumes, comme au contraire il n’y a rien de plus doux, de plus satisfaisant pour la conscience que les bonnes.

 

Exemple

 

On écrit au Révérend Père Huguet, l’apôtre incomparable de saint Joseph : « Remerciez avec nous, Révérend Père, Marie et Joseph, d’avoir arrêté par un miracle presque évident, un mariage commencé, selon les apparences, sous les auspices de notre Saint Patron. La confiance sauve. Nous avons fait en son honneur quelques pratiques de piété, nous avons fait brûler des bougies devant son image, nous lui avons dit d'agir ! Il a permis que nous fussions détrompés et il a préservé une jeune fille pieuse et confiante de chaînes qui auraient été trop pesantes ».

 

Prière à Saint Joseph, Guide de la jeunesse

 

C'est à juste titre, pieux et bon Joseph, que l'on vous regarde comme le Patron de la jeunesse, vous qui servîtes de guide à l'enfance du Sauveur. Ah ! Ne perdez pas de vue les besoins du jeune âge, si exposé à mille périls par son inexpérience et sa simplicité. Guide de Jésus en Égypte, dirigez la jeunesse a travers les montagnes, les voies tortueuses de cette vie. Obtenez pour elle du Sauveur Enfant la fuite du monde, la crainte de ses séductions. Que par vos suffrages et ceux de la bonne Marie, chaque enfant soit un autre Jésus en docilité, en tendresse, en respect ; qu’il console l’Église par sa foi, ses parents par son amour; et que, vertueux jusqu'à la mort, il les dédommage des peines qu’il leur fit éprouver. Riche en pouvoir auprès de Dieu, vous l'êtes en miséricorde, n'abandonnez ni l'enfance, ni la vieillesse. Ainsi soit-il.

 

O Olhar de são José

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04 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Cinquième jour

Saint Joseph accueille l'innocence

 

Nul doute que le Cœur de saint Joseph n'ait pour l’enfance chrétienne une prédilection particulière, parce qu’elle est la plus vive image de l‘enfant Jésus confié à sa vigilance, à ses soins, à sa tendresse. Jésus est appelé le Jésus des petits enfants, Marie, Notre Dame des enfants, parce qu’elle les aime de l’amour de son Fils. Pourquoi saint Joseph, qui partage leurs sentiments, ne serait-il pas appelé le Père spirituel et le Protecteur des enfants ? Tout enfant lui rappelle l’Enfant Jésus, donc tout enfant lui est cher; tout enfant chrétien est membre de Jésus, donc tout enfant chrétien est aimé de Saint Joseph comme était aimé Jésus. Je sais que Joseph aimait à la fois Jésus comme son fils et comme son Dieu ; ce ne peut donc être que du premier amour qu'il aime les enfants, et, certes, c'est là un grand honneur. un grand bonheur pour les enfants sages d’être ainsi considérés, ainsi aimés par notre Saint. Ce leur est un gage bien grand de sa paternelle protection sur eux. Si quelqu’un osait douter de cette tendresse du Saint Patriarche pour l'enfance, nous lui mettrions devant les yeux l'amour immense que le Sauveur avait pour ce jeune âge. N'est-ce pas lui, Jésus, qui laissa tomber de ses lèvres divines cette parole pleine de douceur et de charme : « Laissez venir à moi les petits enfants ? » Or, incontestablement le Cœur virginal de Joseph a participé aux sentiments et aux dispositions du Cœur adorable de Jésus ; il a donc dû prendre aussi ses affections pour l’enfance ; il éprouve donc pour eux le même amour, et il peut donc dire, lui aussi : « Laissez venir à moi les petits enfants, parce qu’en venant à moi ils iront sûrement à Jésus, qui est seul le salut et la vie ». Ce sont les expressions que le savant et pieux frère Philippe prête à notre Saint, et elles lui conviennent très bien.

Non seulement saint Joseph aime les enfants, mais il les protège, de son trône céleste, avec une attention et une bienveillance toutes spéciales. Je ne saurais mieux les décrire qu’en empruntant la plume du spirituel écrivain et supérieur général des Frères que je viens de citer, qui a la mission si noble, la fonction si auguste de diriger les milliers d’enfants de toutes les conditions confiés aux soins de ses disciples. Saint Joseph, dit-il, veille sur les enfants du haut du ciel ; il s’intéresse à tout ce qui peut contribuer à leur salut ; il leur continue la sollicitude qu'il avait pour l’Enfant-Dieu qu’ils représentent ; il se fait auprès de lui leur intercesseur, et leur obtient toutes les grâces qui leur sont nécessaires ; il pourvoit avec une tendresse toute paternelle aux besoins de leurs âmes ; il les protège contre les attaques des démons, il déjoue la perfidie de ces esprits de ténèbres, dont Hérode n’était que l’aveugle instrument. et qui n'aspirent qu'à faire mourir Jésus dans le cœur des hommes. Saint Joseph protège surtout les enfants sages et d’une conduite vertueuse, il les secourt dans tous les dangers de l’âme et du corps ou ils sont tous exposés. Il sait que le démon, brûlant de rage, est continuellement à leur poursuite, et il redouble de zèle, de soins sur eux ; il envoie les Anges qui les défendent et, selon l’expression du Psalmiste, les portent dans leurs mains, de crainte qu'ils ne se blessent dans le chemin de la vie contre la pierre du scandale et des séductions qui les environnent de toutes parts. Mais, pour que les petits enfants obtiennent ces faveurs si précieuses, il importe qu’ils soient dévots à Saint Joseph ; qu’ils le prient souvent, surtout le matin et le soir, et dans le moment du danger. Il faut donc que les parents et les maîtres les initient a ces petites pratiques de piété, qui attireront sur ces jeunes âmes les bénédictions du ciel les plus abondantes.

Dans un ouvrage consacré exclusivement au très Saint Joseph, il n’y aurait qu'un esprit méticuleux et mal fait qui pût trouver à redire d’y rencontrer si souvent le nom vénérable et doux avec les éloges du pieux Gerson. On ne saura jamais tout ce que cet incomparable Docteur à fait, d'une part pour la glorification terrestre de saint Joseph, et de l'autre pour l'instruction et l’éducation chrétiennes des petits enfants. Plus on étudie avec impartialité ces deux grands traits caractéristiques de cette majestueuse et belle figure du Catholicisme, plus on demeure étonné, ravi, stupéfait. Ses détracteurs sont et ne peuvent être que des ignorants ou des malveillants ! Ailleurs, on l’a montré comme un homme poussé par le désir de contribuer de toutes manières à la gloire de saint Joseph, le célébrant dans ses discours, le chantant dans ses poésies qui forment un traité d'un charme naïf en même temps que d‘une érudition profonde, ne cessant, par sa parole, par sa plume, et par sa grande influence dans l’Église, de travailler à la gloire du Saint qu’il avait choisi pour protecteur et en quelque sorte pour ami. Ici nous allons le présenter travesti en maître d'école et en catéchiste des enfants, pour les attirer, ou comme il s'exprime, pour les entraîner vers Jésus-Christ. « De parvulis trahendis ad Christum ». Tel est l'admirable ouvrage que Gerson écrivit sur ses vieux jours, ouvrage où surabonde la sagesse, la douceur, la piété et surtout l’onction, digne frère de l’Imitation, et que monsieur le curé de Saint Sulpice appelle « un petit Chef d’œuvre de douce piété », et monseigneur Dupanloup « un beau Traité ».

Montrons Comment le Serviteur et l'Ami de Saint Joseph, qui dut être si favorisé par ce grand Saint et par l'auguste vierge Marie, quoique son héroïque humilité nous ait voilé sa vie à son déclin dans la solitude, montrons, dis-je, comment Gerson savait, lui, avec une douceur inexprimable, attirer les enfants à Jésus-Christ. Il est question de ces paroles que le Christ dit a ses disciples qui repoussaient avec menaces ceux qui lui présentaient des petits enfants : « Laissez venir à moi les petits enfants », et le reste. Si, dit le Bienheureux Docteur, nous pesons ces paroles qui sont autant d‘oracles et de sentences, nous aurons contre ceux qui négligent le salut des enfants et les éloignent du divin Maître, la matière d’une vive et sévère leçon qu'ils ne méritent que trop. Mais loin de nous un zèle amer, loin de nous la colère et les paroles irritantes. Dans un sujet qui regarde les enfants, nous imiterons leur simplicité, et nous éviterons tout ce qui sentirait la déclamation, l’aigreur et la contention. Nous nous rappellerons, pour nous inspirer d'un si touchant exemple, la modération avec laquelle le Sauveur reprit ses disciples, malgré la peine que lui causait leur conduite ; nous nous rappellerons ses paroles en cette circonstance : « Laissez venir a moi les petits enfants !... »

Le Docteur très chrétien, le Maître des consolations divines, n’écrivit en partie son sublime Traité : « De parvulis Trahendis ad Christum », que pour répondre à ses ennemis et aux ennemis du règne de Jésus qui critiquaient sa conduite, ne pouvant concevoir comment un homme de son mérite, revêtu d'une telle dignité, qui jouait un rôle si grand dans les affaires de l’Église et de l'Etat avait pu s'abaisser, s’annihiler en quelque sorte jusqu’à instruire les petits enfants pauvres. Mais aux yeux éclairés de Gerson, il n'y avait pas de fonction plus divine que celle d’attirer les enfants au Sauveur. Par la il voulait poser les vrais moyens de réformer l’Église, ce qu’il n’avait pu obtenir au Concile de Constance. Il faudrait lire en entier ce Traité pour comprendre la noble idée qu’il se faisait de l’éducation chrétienne de l'enfance et des fonctions angéliques de ceux qui s’y appliquent. « Si nous réfléchissons, dit-il, que Jésus-Christ n'a rien fait d'inutile et n’a rien dit que de grave et de sérieux, nous conviendrons qu’il n’avait pas en vue une chose de peu d’importance, lorsqu’il appelait à lui les petits enfants, qu’il réprimait ses disciples bien-aimés, qui s’opposaient à ce que ses enfants lui fussent présentés. « Il les entourait en leur imposant les mains et il les bénissait ».

« Qui pourrait, ô divin Jésus, s’écrie le bienheureux Docteur, qui pourrait rougir d’être à votre exemple humble avec les enfants ? Qui serait assez vain et assez fier de son rang et de sa science pour oser mépriser leur jeune âge, leur ignorance et leur faiblesse, quand vous, qui êtes le Dieu béni dans tous les siècles, qui êtes celui en qui ont été cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu, vous êtes abaissé jusqu'à les Embrasser et les presser dans vos bras sacrés ! Loin de nous donc, loin de nous toute fierté, loin de nous la pensée coupable de nous éloigner des enfants. L’exemple divin donné par Notre Seigneur a laissé bien loin derrière lui cette affabilité de Socrate, si vantée par les philosophes, parce qu’il ne rougissait pas, pour se délasser des affaires publiques, de jouer avec les enfants en courant, comme eux, à cheval sur un bâton. Oh ! qu’il aurait amusé nos Catons, nos censeurs modernes ! qu’ils auraient ri s’ils l'avaient vu se recréer de la sorte ! Si nous nous permettons aussi de jouer avec les enfants, c’est pour leur apprendre à avoir horreur de toute immodestie, de toute parole impie, de tout mauvais jeu, de toute action libre. Il y a en outre deux autres bonnes raisons : la première, c'est de nous abaisser, pour faire, la volonté de Dieu, à l’exemple de David, qui, dépouillé de ses ornements royaux, dansa de toutes ses forces devant l’arche d’alliance ; la seconde, c’est de chercher un simple délassement à l’esprit ».

Ainsi justifiait sa conduite ce grand serviteur de Saint Joseph, dont l’admirable. dévouement pour l'éducation de l’enfance arrachait des larmes d'émotion au grand et savant pontife Benoît XIV, qui le propose pour modèle à tous les ministres de l'Évangile. Il leur recommande qu’ils aient pour se stimuler dans le sublime apostolat de. l'instruction chrétienne, surtout des enfants à l’Église, l’exemple de Gerson, chancelier de l'Église et de la Faculté de Paris, qui fut, en son temps, une lumière de grand éclat, et dont la réputation n’était pas moindre que le mérite.

 Tout récemment le Cardinal Giraud, le proposait aussi comme l'un des plus grands catéchistes de l’Église catholique. « Ce chancelier de l'Université, dit cette Éminence, le docte et pieux Gerson, quittant les conseils des rois et les conseils de l’Église, pour se faire humble répétiteur de l’alphabet de la foi, et ne voulant d’autre couronne à son illustre vieillesse qu’une troupe de petits enfants réunis pour l’écouter, et pour apprendre de sa bouche ‘la crainte et la loi du Seigneur ». En effet, voulant pratiquer la sainte humilité qu’il recommande si fortement dans l’Imitation, à, un haut degré, il enseignait dans sa vieillesse, dit une tradition répétée par des milliers de plumes, avec beaucoup d’assiduité le catéchisme aux enfants de la ville de Lyon. A la fin de chaque leçon, il faisait réciter à ces petits innocents cette prière : « Mon Dieu, mon Créateur, faites miséricorde à votre pauvre serviteur Jean Gerson ! » Ces voix angéliques arrachaient des larmes des yeux de tous ceux qui les entendaient, et attiraient les miséricordes de Dieu sur ce vertueux et saint Serviteur de saint Joseph, et sur toute la cité Lyonnaise. Il mourut (agenouillé au pied de son crucifix), par un effet de l’amour divin, disent le Cardinal Bona et Saint François de Sales. Heureuse mort, conforme a celle de Marie et de Joseph qu’il avait si bien glorifiés ! La cité Lyonnaise hérita de la dévotion et de l‘amour de Gerson pour saint Joseph ; là plus que partout ailleurs le Saint Patriarche fut toujours fort honoré, et en retour y multiplia les prodiges de son Cœur compatissant, comme on peut s'en convaincre par la lecture du beau livre du père Paul de Barri sur saint Joseph.

 

Exemple

 

Un digne émule de Gerson, comme lui dévoré du zèle des âmes des petits enfants, Saint Jean-Baptiste De la Salle, fondateur des Frères des Écoles chrétiennes, qui rendent un service d’une portée infinie et l’Église et à la société, reprit et continua sur une plus vaste échelle l’œuvre du Saint Docteur Gerson, l'instruction et l’éducation chrétiennes de l'enfance. Rien ne saurait rendre la dévotion qu’il avait pour saint Joseph, le gardien de l‘enfance de Jésus... Il mit son Institut sous sa protection, dès le premier instant de sa fondation, il ne négligea aucun moyen pour l'honorer et le faire honorer par ses Disciples. Il leur ordonna de réciter chaque soir les litanies de ce grand Saint, d'observer religieusement sa fête, de recourir à sa bonté dans tous leurs besoins. Les Frères ont toujours rempli ce vœu de leur Saint Fondateur. On ne saurait exprimer avec quel soin ils inculquent à l'enfance une tendre vénération pour saint Joseph. Ajoutons que leurs communautés furent des premières à pratiquer régulièrement le Mois de Saint Joseph.


Invocation à Saint Joseph pour les enfants

 

Grand Saint Joseph rempli des grâces du bon Dieu, replete gratia, comme disait le Bienheureux Gerson, et orné des plus belles vertus comme d’autant de fleurs du paradis, on dit que vous aimez d'un amour de père tous les membres de la famille chrétienne, que tous ceux qui vous invoquent sont assurés d’avance d'être exaucés, et qu'il suffit de frapper à la porte de votre Cœur béni pour y être aussitôt introduit, consolé, enrichi de dons célestes. Cependant, il est une portion de cette famille chérie, qui paraît être plus intéressante à vos yeux, plus chère encore à votre Cœur et à qui vous ne savez rien, absolument rien refuser, ce sont les enfants. Quand donc, ô bienheureux Père de Jésus, les enfants viennent à vous et vous adressent une prière, exaucez-les prenez-les sous votre sauvegarde, afin que préservés des embûches du démon qui en veut à leur innocence, ils arrivent sous votre direction à Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

 

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03 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quatrième jour

Recours à Saint Joseph

 

J’ai montré ce que valait à nous le titre de Patron de l’Église donné à Saint Joseph, et comme nous avons en ce Saint un modèle accompli, un protecteur généreux. C'est là, n’en doutons pas, une grande gloire que le Christ réservait à son Père putatif en ces derniers temps. Après la glorification de Marie dans le plus beau, le plus grand, le plus cher de ses privilèges, son Immaculée conception, il convenait que Saint Joseph reçut l'apogée de sa glorification terrestre, en étant choisi et constitué par la sainte Église pour son Patron et Protecteur universel. Joseph est cet habile charpentier qui entretient l’Arche, dans les flancs de laquelle est le salut de tous; mais s’il prépare un abri tutélaire à l'humble. pénitence, ne doutons pas aussi qu’il n'apprête un cercueil pour les ennemis endurcis de Dieu et de son Église, qui, en ce moment de meurtre, de sang et de carnage, trament de noirs complots contre son Auguste chef,ou qui essaient de corrompre l’intégrité de la foi et la pureté de la morale de l’Évangile, en faisant donner à l’enfance une instruction et une éducation païennes ; en propageant divers éléments d’impiété, livres obscènes, feuilles anti-religieuses, bals et théâtres immoraux. Toutes ces choses appellent bien-haut la malédiction divine sur nos têtes, comme le déclare en plusieurs lieux de ses savants et onctueux écrits le saint Docteur Gerson. Et en ces jours de désolation, de douleurs et de deuil, nous n’éprouvons que trop bien comment le ciel sait se venger, ou plutôt, venger les droits de Dieu, méconnus, méprisés, foulés aux pieds par les enfants des hommes prévaricateurs.

Pour nous, Chrétiens, qui considérons Saint Joseph aussi bien que Marie très Sainte comme un trône de grâce et de miséricorde dont nous devons nous approcher avec confiance, ainsi que saint Paul le dit de Jésus-Christ ; pour nous qui envisageons saint Joseph aussi bien que Marie, son Épouse comme la Main de Dieu, au moyen de laquelle l’Éternel nous secourt, selon qu’il est dit dans un Psaume précédent : « Il étendra sa main en rétribuant » et ailleurs : « Vous me protégez de votre main ». Et encore : « Vous ouvrez votre main et tout animal est rempli de vos bienfaits » ; pour nous, dis-je, qui sommes persuadés du grand crédit de Saint Joseph dans le Ciel, recueillons avec respect, avec-amour, avec reconnaissance cette parole que nous adresse l’Église, que nous adresse Jésus-Christ lui-même : « Dans toutes vos nécessités, allez à Joseph » : « Ite ad Joseph ! »

« Ite ad Joseph ! » fut-il crié à l’antique Egypte, et les peuples entiers, avides des biens de la terre, affamés d’un pain matériel, accoururent à ce Joseph qui devint pour eux l’image brillante de la Providence. « Ite ad Joseph ! » répéterons-nous, nous-mêmes, et à nous et aux autres, au milieu d’un monde privé par sa propre faute des biens spirituels, c’est-à-dire de la vérité, de la Foi, de la grâce, et de la paix, de ces biens qu'il cherche vainement loin de Dieu. « Ite ad Joseph ! » Le Patriarche du Nouveau Testament ne fera pas moins que le premier. Docile aux impulsions de son Cœur si compatissant et à nos prières ardentes, il nous secourra, obtiendra des lumières au Souverain-Pontife et aux prélats qui gouvernent l’Église, tous les dons et les faveurs nécessaires aux divers membres de ce corps mystique du Christ, afin que chacun remplisse dignement la fin que l’Eternel lui a tracée dans sa vocation sur la terre.

Écoutons donc la voix de Jésus-Christ, la voix de Marie, la voix de l’Église et celle de tant de saints et de Docteurs qui crient : « Allez, allez à saint Joseph ! Adressez-vous à lui avec la plus entière confiance dans tous vos besoins temporels et éternels, sûrement sa protection ne vous fera jamais défaut, si vous savez vous la concilier ».

Je disais dans un ouvrage sur Saint Joseph, composé et imprimé il y a dix ans, qui compte plusieurs réimpressions : Elle est bien belle cette gracieuse image qui fait partie de la collection des Grandes images catholiques, où Marie, la divine Mère de Jésus, est représentée assise sur un trône ; les misérables de toute sorte, et qui est-ce qui ne l'est point ? lui présentent chacun leurs requêtes ; les uns lui demandent une guérison, d’autres le pain de chaque jour ; ceux-ci quelque chose de mieux, la santé de l’âme, la victoire sur les passions, la pureté ; et ceux-là l'amour de Dieu et la persévérance. Mais, cette bonne Vierge, leur montrant de la main Saint Joseph, les envoie tous à ce grand et puissant Avocat ; des anges présentent les suppliques au Saint qui les signe en vertu des pouvoirs que Jésus-Christ lui a accordés. Touchant tableau, m’écriai-je ? Ah ! si les hommes comprenaient, ou du moins voulaient comprendre cette voix assez forte qui crie à tous pour être entendue de tous : « Ite ad Joseph ! » « Allez à saint Joseph ! » Allez à lui dans toutes vos nécessités ; dans quelque position pénible que vous puissiez être, et quelque soit votre profession, vous trouverez en Joseph un excellent modèle à imiter, un puissant et fidèle protecteur à supplier, et le reste ».

Ce que je disais alors, je le répète avec bonheur aujourd’hui. J’ai tant d’obligations à Saint Joseph, comme aussi j'éprouve un si grand besoin de sa protection, que je veux m'unir à la piété de mes Lecteurs. Qu’ils ne dédaignent pas la lecture de ces quelques faibles pages composées en l’honneur de ce Bienheureux Saint, dans ces jours de pénible épreuve où la capitale est investie par le plus barbare des ennemis de la religion et de la paix, afin que ces bien-aimés Lecteurs remercient et prient Saint Joseph pour moi, qui n’ai eu en vue que de les édifier plutôt que de les instruire.

Nous tous donc, ménageons-nous la protection de Saint Joseph, comme nous y engage la Sainte Église, notre mère. Avec elle implorons sans cesse les prières de saint Joseph, et ne doutons point, comme le dit l’Abbé de Saci, que celui qui a porté durant sa vie la qualité de père de Jésus-Christ ne soit très-puissant auprès de lui après sa mort, pour attirer sur nous les grâces qui nous sont nécessaires, et que nous lui demanderons par l’intercession et par les mérites d'un si grand Saint ». Soyons bien persuadés que cette confiance honorera beaucoup Notre Seigneur et Marie, épouse de Saint Joseph, qui ne savent rien refuser de tout ce qu’on leur demande de juste, d'honnête, d’utile par l’intercession de Joseph, comme la séraphique sainte Thérèse l'affirme.

 

Exemple

 

Une dame veuve se trouvait dans une situation d'affaires bien pénible ; elle avait surtout à écrire une lettre très difficile et très délicate relativement à ces mêmes affaires. Dans son extrême embarras, elle place sur son bureau une petite statue de saint Joseph, et, s’adressant au saint protecteur de sa jeunesse qu’elle avait toujours vénéré et invoqué, elle lui demande avec simplicité de lui dicter cette lettre qu'elle ne sait seulement pas commencer ; rassurée par cette prière, elle prend la plume et écrit... La lettre terminée assez rapidement, elle la relit et s’aperçoit avec émotion que c’est absolument ce qu'il y avait de plus convenable à dire dans la circonstance actuelle. Elle remercie le bon saint Joseph avec effusion de cœur et reste convaincue que c’est bien lui qui lui est venu en aide, d’autant plus que depuis sa lettre expédiée, elle ne se ressouvient plus de ce qu’elle a écrit.

 

Prière du Bienheureux Jean Gerson à Saint Joseph, pour demander son secours

 

Illustre Patriarche, Saint Joseph, noble rejeton de David, ami particulier de la justice, l’égal des plus illustres Prophètes, resplendissant aussi de l’éclat de la virginité, le gardien de Marie, le témoin, le pourvoyeur et le fidèle ministre de Jésus-Christ, le confident du mystère qu’ont ignoré les siècles passés, vous qui avez porté dans vos mains le Verbe fait chair et avez commandé à Celui qui commande à l’univers, vous l’époux et le seigneur de la Mère du Seigneur des seigneurs ; vous qui avez accompli si excellemment votre pèlerinage de la terre et régnez maintenant dans la céleste patrie, exempt de toute crainte, de tout labeur, de toute angoisse, daignez, nous vous en supplions, abaisser sur nous des regards bienveillants et venir à notre secours dans les mille dangers que nous courons. Soyez des pauvres pèlerins que vous voyez à vos pieds le protecteur, le guide. la ressource ; soutenez-les dans leurs fatigues, ôtez les obstacles qui leur obstruent le chemin. Dirigez les aveugles, relevez, ceux qui tombent, et obtenez-nous à tous la grâce pour guide, l’espérance pour bâton, la paix dans la foi, les douceurs de l’oraison. Faites aussi, par votre protection, que nous surmontions les suggestions du démon, du monde et de la chair, et ne rejetez point des pécheurs à l'occasion desquels le Seigneur a tant fait pour vous et votre sainte Épouse, la divine Mère de Dieu. C’est par là que vous mettrez le comble aux obligations que nous vous avons et à la reconnaissance que nous vous devons. Ainsi soit-il.

SAN JOSE SAO JOSE ITAPIRANGA ST JOSEPH CHASTE HEART CORAZON

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02 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Troisième jour

Domaine de Saint Joseph

 

Des théologiens enseignent que, en un sens, Saint Joseph à la prééminence sur Jésus et sur Marie ; cette doctrine est soutenue par le docte Suarez, et elle n’a rien qui blesse la foi. Assurément c’est une chose merveilleuse entre toutes, comme l’observe le saint chancelier Gerson, que saint Joseph ait été, sur la terre, supérieur à un Dieu incarné et à la Mère de ce Dieu incarné; que celui-là a qui toutes les créatures obéissent; ait obéi à Joseph ; que celui-là de qui dépend la plénitude de tous les êtres, ait plié volontiers sous l’empire d’une créature mortelle. Que Marie, la Reine du Ciel et de la terre, la souveraine de l’univers, la Mère de Dieu, ait obéi à saint Joseph, c’est encore la une merveille moins grande sans doute que la première, mais pourtant qui surpasse nos conceptions. Cette prééminence de Saint Joseph sur Jésus et Marie reconnue, il n’est pas difficile d'admettre que ce grand Saint, ce saint unique et incomparable domine toutes les créatures, après la bienheureuse Vierge ; je, dis, après la bienheureuse Vierge, car il est de foi que Marie dans le ciel est la créature qui touche le plus près la divinité, que son crédit est supérieur à toute autre créature, à tel point que les saints Pères la nomment unanimement avec Saint Alphonse-Marie de Liguori, ce puissant écho de la Tradition, « une toute puissante suppliante », ajoutant que tout ce qu’elle veut, se fait à l'instant même. Elle domine sur tout ce qui n'est pas Dieu dans le ciel et sur la terre. Or tel est après celui de Marie le domaine universel de saint Joseph.

 Il a en une certaine manière une pleine et universelle autorité sur toute la Nature, puisque nous voyons que celui à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre passe sa vie dans une très parfaite dépendance et exécution de toutes ses volontés. Assurément le pouvoir qui lui a été donné par tout le royaume du Roi des rois, surpasse de beaucoup celui que l’ancien Joseph eut jadis sur l’Egypte, puisqu’en effet, le crédit de celui-ci ne 'se 'fit paraître que sur les vassaux de son prince, tandis que l’autorité de notre Saint s’étend jusque sur le Verbe incarné, et par une conséquence certaine sur toutes les créatures tant celles qui sont sur la terre, que celles qui sont dans le ciel, comme l'affirme Morales après les saints Docteurs. On regarde comme le plus grand miracle dans la Nature que le soleil ait obéi à la voix de Josué. Mais, dit Osorius, la merveille est infiniment plus admirable que Jésus, le Soleil de Justice, ait vécu soumis a saint Joseph. De la vient que notre Saint a été établi dominateur de toutes les créatures ; c’est encore le fruit de l’empire parfait qu’il eut toujours sur lui-même, car toutes les créatures se mettent volontiers au service de celui qui sert Dieu dans toute la générosité de son cœur, dit Saint François d'Assise.

 Un brave et sage capitaine, parlant de son cher fils Diophanes, disait ingénieusement : « Mon fils est tout puissant dans la Grèce, parce qu’il commande à sa mère, et sa mère à moi, et moi aux Athéniens, qui en sont absolument les maîtres ». Trouverez vous étrange, maintenant, que Saint Joseph exerce une certaine omnipotence sur toutes les créatures, puisqu'il commande durant sa vie non-seulement à Marie qui elle-même commande à Jésus, mais aussi à Jésus, Fils de Dieu, à Jésus, auquel le Père éternel a donné pour héritage toutes les nations, et pour possession tons les éléments dont se compose l’univers. Que celui qui voudrait contester cette vérité le fasse. Pour les fidèles éclairés surnaturellement, ils croiront volontiers avec un excellent théologien, que Saint Joseph méritait de gouverner le monde, ayant été le gouverneur de celui-là même qui l’avait crée. On retrouve la même doctrine dans un sermon du pieux Bernardin de Buste, homme si dévoué à la sainte Famille : « Celui, dit-il, qui fut choisi par Dieu, pour diriger son Fils qui est infiniment plus excellent et plus grand que ce monde, qui a gouverné la Vierge son épouse, qui elle aussi, est plus digne que tout l’univers, méritait de gouverner tout le monde ».

 Pour moi, il me semble entendre Notre-Seigneur dire à notre bienheureux Joseph ce que dit autrefois Pharaon au fils de Jacob : « Comme il n’y a personne (excepté Marie, votre épouse, et ma mère) qui vous égale en intelligence et en prudence,ce sera vous qui aurez l’autorité sur ma maison, (ce grand univers), tout mon peuple recevra avec respect les ordres émanés de votre bouche, et je n’aurai au-dessus de vous que le trône et la royauté. Je vous établis sur toute l'Egypte, c’est-a-dire sur tout le monde. Ainsi Jésus-Christ à remis entre les mains de saint Joseph une partie de son pouvoir universel sur tout ce qui existe ; de manière que toutes les créatures sont àu service de Saint Joseph, que son crédit est tel qu'il peut à son gré obtenir du Dieu tout-puissant, toutes sortes de miracles dans l’ordre temporel et spirituel. Et il faut bien qu’il en soit ainsi, pour qu'il puisse être vraiment le Prince et le Protecteur de ses frères le Sauveur du pays et le solide appui du peuple de Dieu.

 

Exemple

 

« Dans la province de la Nouvelle Espagne, après Mexico, la Puebla est la ville principale. Il y a plusieurs montagnes aux environs qui contiennent des matières sulfuriques et minérales. Parmi ces montagnes, on eu distingue une d’une élévation extraordinaire. Elle est habituellement environnée de nuages à mi-hauteur, et sa cime est si élevée qu'elle se perd dans les cieux. Je ne crois pas avoir jamais vu de montagne si haute. Du milieu au sommet, elle est toujours couverte de neige ; cependant elle brûle constamment dans ses flancs sans se consumer, et elle envoie au dehors une nuée de vapeur que l’on voit clairement même pendant le jour. Les habitants nomment ce mont le Vulcain. Il lance des traits continuels qui tombent presque chaque jour dans la Puebla. Notre ville a cela de particulier, c’est que pendant environ six mois de l’année, de mai à la fin d'octobre, on souffre à peu près tous les jours un orage subit et violent de quelques heures. Durant les autres mois, le ciel paraît de bronze. Mais en outre dans la Puebla il tombe jusqu’à douze de ces traits volcaniques en un jour, et néanmoins ils ne causent jamais de mal à personne. On doit attribuer ce prodige, me dirent les Pères du collège, à la grande dévotion des habitants au glorieux Saint Joseph. Le peuple l'a pris pour son protecteur contre l'intempérie des saisons, et, fidèle à l’invoquer dans le danger, il éprouve les bienfaits de sa protection ». (Lettre du R. P., Goretti de la Compagnie de Jésus).

 

Supplication au Cœur de saint Joseph

 

Cœur très saint, très riche, très noble, très puissant, très fidèle et très compatissant, qui avez à votre disposition toutes les grâces de Notre Seigneur pour sanctifier notre âme et l’usage de tous les éléments qui composent l'univers, pour nous aider dans tous nos besoins de cette vie, ah ! Étendez votre miséricorde sur nous, procurez-nous d’abord un cœur semblable au vôtre par les vertus d’humilité, de douceur, de patience et de bonté, et par surcroît les secours temporels nécessaires à notre avancement spirituel dans la perfection. Ainsi soit-il.

 

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01 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Deuxième jour

Grande confiance en Saint Joseph

 

Je réduis les motifs de cette confiance à trois principaux, et d’abord à son crédit pour nous auprès du Christ. Sur la terre son pouvoir s'est étendu sur Jésus-Christ ; il a rendu des services réels à ce divin Enfant ; il l’a sauvé. en Egypte ; il l’a ramené dans ce pays ; il l’a conduit au temple et ramené à la maison ; il l’a vêtu, logé, nourri du travail de ses mains et de la sueur de son visage ; en sa qualité de père adoptif, de père légal, de père nourricier et protecteur, il a fait pour Jésus ce qu’un père fait pour son fils. Rappelez-vous ici quel fut autrefois le pouvoir étonnant de Moïse, plus grand encore a été celui de saint Joseph. Moïse n’avait que la conduite du peuple de Dieu, et Joseph a eu la conduite du Fils de Dieu même : Moïse n’a été que simple serviteur de la maison de Dieu, Joseph a été établi comme Maître de tout ; Moïse eut un successeur à qui le soleil obéit une fois, et Joseph a vu le Créateur du soleil lui obéir pendant plusieurs années ; si ce saint homme a été si puissant sur la terre, combien ne l’est-il pas-davantage dans les cieux ?

Ce qui augmentera sûrement notre confiance en saint Joseph, c’est que tout puissant près de Dieu, il est tout charité pour nous. Comme Père de Jésus et comme Epoux de Marie, il nous regarde tous comme ses enfants. Quel vif intérêt ne prend-il donc pas à notre salut? Jusqu’où ne le désire-t-il pas ? Avec quelle ardeur ne sollicite-t-il pas les secours qui nous sont nécessaires pour l’opérer ? Plaçons ici les figures à côté de la réalité ; consultons les types pour connaître la vérité, rappelons-nous l’histoire d’un Joseph, fils d’un premier Jacob, et comparons-là avec celle de notre Joseph, fils d'un second Jacob, quelle admirable conformité entre la vie de ces deux saints ! Quelle admirable conformité surtout pour le soin à soulager la misère des malheureux ! Le premier garda des froments pour tout le peuple ; le second eut le pain vivant en sa garde, tant pour lui que pour le monde entier ; le premier fut établi intendant général sur l'Egypte,... le second a été établi comme un économe fidèle et prudent sur toute la famille de Jésus-Christ. Lorsque l’Egyptien pressé par la faim allait demander des aliments à son roi, celui-ci le renvoyait à Joseph qui lui en donnait autant qu’il lui en fallait ; et lorsque nous avons besoin de grâces ou même de biens temporels dans l’ordre du salut, le Christ, notre Dieu, nous dit de nous adresser à saint Joseph, et qu’il,nous exaucera par lui. Qui dira avec quelle sollicitude, avec quel amour saint Joseph s’intéresse à nous ! Ne sait-il pas que nous sommes ses frères, et même ses enfants spirituels, étant par la grâce les frères de Jésus, son Fils bien-aimé ? Certes, ce motif me dispense bien d'en alléguer d’autres, telles que la volonté de Dieu, son honneur et la gloire de Jésus.

Saint Joseph n’est pas seulement très-puissant et très-bon pour nous secourir, il est encore très fidèle lorsque nous le prions. Ce que l’Apôtre écrit de Moïse, qu’il a été fidèle dans toute la maison de Dieu peut se dire de notre Saint. Il n’en est pas de lui comme des hommes dont le caractère est léger, inconstant, trompeur comme le déclare l'Esprit-Saint ; c’est un Ami, un Protecteur dévoué, un Père dont l’amour pour ses enfants est inaltérable. Il ne repousse personne, si grand pécheur que l’on puisse être, pourvu qu’on ait un sincère désir de se corriger et de se donner à Dieu. Ceux qui souffrent le plus, qui sont le plus méprisés et rebutés des hommes sont les mieux accueillis et les plus protégés par lui dont la vie a été si remplie de peines de tout genre. Et pour appliquer à saint Joseph, ce que l'Apôtre dit du Christ : « C’est par ce qu’il a souffert lui-même et qu’il a été éprouvé, qu’il est puissant et fidèle pour secourir ceux qui sont mis à l’épreuve ».

Ces trois qualités de puissant, bon et fidèle protecteur se trouvent réunies en saint Joseph au degré le plus absolu qui fut jamais accordé à aucun homme. Notre confiance doit donc être solide, entière et persévérante lorsque nous le supplions. Toutefois je suis bien aise de la consolider encore plus en ajoutant que notre Saint est un Protecteur généreux et éclairé. Non ! saint Joseph ne ressemble pas aux grands de la terre, qui souvent parce qu’ils sont élevés au-dessus de leurs frères dont ils ne sentent plus les revers de l’infortune, refusent avec arrogance ce qu'on sollicite, ou n’en accordent comme à regret qu’une partie. Il n’oublie pas que si l’Eternel l’a enrichi de toutes manières, c'est afin qu’il fasse refluer sur nous ses richesses abondantes avec une grande libéralité, qui nous engage à rendre à Dieu des actions de grâces pour les singuliers privilèges dont il l'a orné, le pouvoir immense dont il l’a investi. Généreux et d’une admirable magnificence, jamais il ne rejette une prière, et toujours il accorde plus qu'on ne lui demande. Comme Dieu, et par les trésors infinis que Dieu a mis à sa disposition, il nous fournit abondamment toutes les choses dont nous avons besoin. Observez bien ces derniers mots : « Les choses dont nous avons besoin ». Car, comme il connaît mieux nos vrais intérêts que nous ne les connaissons nous-mêmes, si ce que nous désirons obtenir par son entremise doit nous détourner de la voie du salut, il a trop de sagesse et nous aime avec une tendresse trop éclairée pour se rendre à nos vœux téméraires. Alors il agit à notre égard, comme le ferait un riche vertueux à l’égard d’un pauvre qui, mourant de faim et presque nu, demande des objets de luxe et de pure fantaisie, au lieu de ces choses qui ne le garantiraient pas de la misère, le riche lui donne du pain et des vêtements. Lors donc qu’il nous semblera que saint Joseph ne nous exauce pas au gré de nos désirs, appelons la foi à notre aide et persuadons-nous bien qu’il nous exauce de la manière la plus utile à nos intérêts éternels surtout, qui sont les seuls vrais, puisque en qualité de disciple du Christ, « nous ne considérons pas les choses visibles, mais les invisibles, dit l’Apôtre, parce que les choses visibles sont temporelles et que les invisibles sont éternelles ». Que d’ailleurs les courts instants de cette vie ne nous sont donnés, qu'afin que nous opérions notre salut avec crainte, c’est-à-dire en y rapportant tout le reste comme à l'affaire unique, personnelle et essentielle.

Le Bienheureux Jean Gerson a dit une parole qui semble hardie, qui réduite même à sa plus faible expression, ne laisse pas que de nous encourager beaucoup à recourir avec une pleine confiance à saint Joseph : « Non impetrat sed imperat », dit ce dévot chancelier, avec cette concision qui domine dans l’Imitation, c’est-à-dire saint Joseph, quand il prie Notre-Seigneur pour nous, commande plutôt qu’il ne supplie, ce que ce saint Père explique : « Quand, dit-il, un époux, quand un père prie son épouse ou son fils, c’est une sorte de commandement qu’il leur adresse ». D’ailleurs cet adage a été par les Pères et les Docteurs de tous les âges appliqué à Marie très sainte, pourquoi ne pourrait-on l’appliquer aussi à saint Joseph ? puisque nous ne lui donnons, qu’on l'entende bien, qu’une autorité de suppliant, mais dont les prières sont si efficaces, si puissantes, si bien accueillies qu'elles valent des ordres. Telle au fond est la pensée du Docteur très chrétien. C'est un doux empire que lui a cédé sur son Cœur le Verbe fait chair, qui seul, avec les deux autres personnes de la très adorable Trinité, a par sa nature divine la souveraine puissance.

 

Exemple

 

On écrit au Révérend Père Huguet : « Notre communauté, vouée à l’enseignement des jeunes demoiselles, se trouvait dans le besoin ; une somme assez considérable nous était nécessaire ; pour l’obtenir, nous avons eu l’heureuse pensée de nous adresser au père adoptif du Sauveur : une neuvaine a été commencée a cet effet le 5 de mars ; les élèves se sont jointes à la Communauté avec une ferveur édifiante, quoiqu’elles ne connussent pas le motif de nos prières. Elles se sont avisées de plus d'offrir tous les jours une petite mortification que chacune allait déposer aux pieds du bon Patriarche, écrite sur un petit papier. Notre saint protecteur n’a pas été insensible aux sacrifices de ces cœurs innocents : samedi dernier, une personne qui n’avait aucune connaissance de notre position nous a porté justement la somme que nous demandions. La communauté a été rendre immédiatement ses actions de grâces a celui qui venait de nous donner une preuve si touchante de sa puissance et de sa bonté en permettant de ne rien négliger pour lui en témoigner notre reconnaissance ». M. P. Religieuse du Saint Nom de Jésus.

 

Acte d’espérance en saint Joseph

 

Saint Joseph, notre grand et très fidèle Protecteur, nous espérons avec une ferme confiance, que votre Cœur très doux nous obtiendra par les mérites de Jésus-Christ toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous sanctifier en ce monde et pour arriver au bonheur éternel. Ainsi soit-il.

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21 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 4/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Vingt-deuxième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant je vous laisse l'amour du silence ».

 

Le silence est un des moyens les plus efficaces de faire des progrès dans la vie spirituelle. Il dispose à l'oraison, nourrit les sentiments de piété, alimente les ardeurs de la charité, facilite la pratique de l'humilité, enfin, il unit l'âme pieuse à Dieu, qui la conduit dans la solitude pour lui parler au cœur et s'entretenir familièrement avec elle. Si j'ai élevé si haut l'édifice de ma perfection, c'est parce que j'ai toujours vécu dans une grande solitude intérieure. Quoique parfaitement instruit des mystères de Dieu, je n'ai jamais communiqué aux autres les secrets divins qui m'avaient été confiés. J'écoutais en silence les Bergers et les Mages qui venaient adorer le Sauveur, et qui s'entretenaient des prodiges qui avaient accompagné sa naissance ; et cependant que de choses admirables j'aurais pu leur dire sur les grandeurs futures de ce Divin Enfant, que l'Ange m'avait révélées ! J'écoutais dans le temple, avec respect, le saint vieillard Siméon, comme s'il m'eût découvert des mystères que j'eusse jusque-là ignorés. Ne vous contentez pas, mon enfant, de pratiquer le silence extérieur, mais soyez fidèle encore à faire taire votre esprit rempli de préoccupations terrestres, et à supprimer une multitude de vaines réflexions qui agitent et dissipent votre âme.

Pratique : Gardez le silence intérieur, évitant avec soin les pensées inutiles.

 

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Vingt-troisième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à l'oraison ».

 

L'oraison est une élévation de l'esprit vers Dieu, un entretien familier de l'âme avec son Créateur, dans lequel elle rend à sa divine Majesté ses hommages et ses devoirs. Il n'y a point de langue qui puisse jamais assez exprimer de quel prix est cette communication de l'homme avec Dieu. L'oraison est incompatible avec le péché. C'est à la fidélité à ce saint exercice que je dois d'avoir correspondu à toutes les grâces du ciel. Je ne perdais jamais de vue Jésus-Christ ; je recueillais toutes ses paroles, toutes ses leçons, et je m'en nourrissais intérieurement ; j'admirais les prodiges de son humilité, son amour de la vie cachée, son obéissance aveugle aux ordres d'un pauvre ouvrier. Les prophéties me fournissaient la connaissance des mystères qui n'étaient pas encore accomplis. Voilà mon enfant, quel doit être le sujet ordinaire de vos oraisons et de vos occupations intérieures. Jésus est votre Pain super substantiel, votre pain de tous les jours, le pain de vie qui doit communiquer à votre âme l'immortalité. Il ne le faut jamais quitter, et si vous prenez quelquefois d'autre nourriture, il faut toujours revenir à celle-ci. La méditation des perfections et des souffrances de Jésus-Christ, est comme le fondement de tout l'édifice spirituel: elle vous remplira de ses lumières et de ses maximes.

Pratique: soyez fidèles à faire tous les jours un quart d'heure de méditation, ou du moins à remplir vos devoirs en esprit d'oraison.

 

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Vingt-quatrième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à me tenir en la présence de Dieu ».

 

Par un insigne privilège, dès cette vie, il m'était donné de goûter la félicité des esprits qui voient sans interruption la Face de Dieu. Si je parlais, si je conversais, c'était toujours avec Jésus et uniquement des choses qui intéressaient la gloire du Très-Haut. Je partageais tous mes repas avec mon divin Fils, assis à mes côtés, comme il est dans le ciel assis à la droite de son Père. Et pendant que je lui donnais le pain matériel gagné à la sueur de mon front, Jésus nourrissait mon âme de sa divine Parole, enflammait mon cœur des ardeurs de sa charité. Si je travaillais, c'était toujours avec Jésus et pour Jésus. Quand je voyageais, c'était dans la compagnie de Jésus, que je portais sur mes bras dans son enfance ou que je tenais par la main pendant son adolescence. Lorsque je me livrais au sommeil afin de réparer mes forces, c'était à côté de Jésus, dont le cœur ne dort jamais, et qui veillait avec amour sur son bien-aimé Père. Le matin, mon premier regard, mon premier amour était pour Jésus qui venait me saluer avec une respectueuse tendresse. Enfin, c'est dans le sein de Jésus que j'ai rendu mon dernier soupir. Mon enfant, de tous les moyens de vous tenir en la présence de Dieu, le plus efficace, c'est d'avoir la Vie de Jésus-Christ, ses mystères et ses Paroles dans votre esprit et dans votre cœur, recevant une lumière de son visage.

Pratique : Ayez votre cœur en Dieu et Dieu dans Votre cœur ; pensant souvent à Lui.

 

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Vingt-cinquième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma Charité envers le prochain ».

 

L'amour naturel, fondé sur la chair et le sang, ou sur des considérations d'intérêt et de plaisir, est aussi ancien que le monde. Mais l'amour dont Jésus veut que vous aimiez votre prochain est un amour nouveau, surnaturel, qui vous fait aimer vos frères en Dieu et pour Dieu même. Voyant tout ce que la Charité de Jésus avait fait, tout ce qu'elle préparait afin de sauver. les hommes, mon cœur, à son exemple était embrasé d'amour pour eux. Après avoir si souvent, pendant ma vie, entendu le Sauveur manifester l'ardent désir qui le brûlait de donner pour chacun de nous jusqu'à la dernière goutte de son sang, comment aurais-je pu demeurer insensible aux besoins de mon prochain ? Rien mon enfant, n'est plus recommandé dans la Sainte Écriture que cette Charité fraternelle. Et il ne suffit point que cette Charité reste renfermée dans le cœur; il faut quelle se prouve par des œuvres en vérité. Vous ne pouvez aimer Dieu sans aimer le prochain, et vous ne pouvez offenser le prochain sans offenser Dieu. Songez que tous les hommes ne sont que les membres d'un seul corps qui est Jésus-Christ.

Pratique : Faites plusieurs fois pendant la journée, des actes de Charité, en pensant aux personnes que vous aimez le moins.

 

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Vingt-sixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon humilité ».

 

L'humilité est le fondement de la perfection ; elle est comme la pierre angulaire sur laquelle repose tout votre édifice spirituel. De toutes les faveurs que le Seigneur m'a accordées, la connaissance et le mépris de moi-même est la plus précieuse : de cette vertu comme d'une source pure et féconde, ont découlé dans mon âme une infinité d'autres. C'est parce que je me suis abaissé, anéanti à mes propres désirs, que le Verbe Divin m'a choisi pour son père nourricier et pour son gardien, que le Seigneur m'a donné pour époux à Marie, la plus humble de toutes les créatures. Les exemples du Sauveur me donnaient des lumières extraordinaires sur la grandeur de Dieu et sur le néant de la créature ; ils me communiquaient sur l'humilité des vues que je ne pouvais avoir auparavant; ils m'enseignaient que, si la majesté divine ne peut-être dignement honorée que par les humiliations d'un Dieu fait homme, tous nos hommages ne sont rien devant lui, et ne sauraient mériter par eux-mêmes que le Seigneur les reçoive. Éclairé des plus pures lumières de la Foi, faites toujours, mon enfant, plus de cas du moindre acte de vertu que de tous les dons célestes, parce que ce ne sont pas ces dons, mais les vertus, dont l'existence coûte à la nature, qui glorifient Dieu et vous sanctifient.

Pratique : Répétez plusieurs fois cette invocation en union avec Saint Joseph : « Jésus doux et humble de Cœur, rendez-moi semblable à Vous ».

 

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Vingt-septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma conformité à la Volonté de Dieu ».

 

Le grand secret pour être saint et heureux sur la terre, c'est de se conformer entièrement à la volonté de Dieu. Il n'y a rien de plus élevé et de plus parfait dans les vertus que la Charité. Et ce qu'il y a de plus sublime, de plus pur et de plus exquis dans, cet amour, c'est de n'avoir en toute chose d'autre volonté que celle de Dieu. Toute la conduite du divin Sauveur pendant le cours de sa vie mortelle, a été l'application de ces belles paroles sorties de sa bouche divine : « Qu'il soit fait. Seigneur, non pas comme je veux, mais comme Vous voulez ». « Je suis descendu du Ciel, non pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui m'a envoyé ». Voilà pourquoi, à l'exemple du divin Maître, dans les divers événements qui ont traversé ma vie, je voyais le doigt de Dieu qui conduit et dispose tout pour notre plus grand bien. Ne trouvant nulle part l'hospitalité à Bethléem, au lieu de murmurer, je disais, en union avec Marie et le Verbe incarné qu'elle portait dans son sein : « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite! » Plus tard, j'ai demeuré huit ans en Égypte, au milieu d'un peuple barbare, sans me plaindre, sans me troubler, sans demander une seule fois au Seigneur d'abréger le temps de mon exil. Ne l'oubliez pas, mon enfant ; votre fidélité à pratiquer cette vertu vous obtiendra les plus grandes grâces ; car Dieu se plaît à combler de ses faveurs ceux qui n'ont d'autre volonté que la sienne.

Pratique : Répétez plusieurs fois, en union avec Joseph: « Mon Dieu, que Votre Volonté soit faite ! »

 

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Vingt-huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'esprit de Foi ».

 

La foi est en même temps un don et une vertu. Elle est un don de Dieu, en tant que c'est une lumière qu'il répand dans l'âme ; elle est une vertu, quant à l'exercice que l'âme en fait. La foi ne doit pas seulement vous servir de règle pour croire, mais encore pour agir; votre foi doit passer de l'esprit au cœur. C'est ainsi que je ne me bornais pas à soumettre ma raison aux vérités de la Foi, mais qu'encore je réglais toute ma conduite sur ses divers enseignements, mettant tout mon bonheur à en pratiquer les œuvres. L'esprit de foi était la règle unique de mes jugements sur chaque chose, sur chaque personne, sur chaque événement ; jugements par là toujours équitables, toujours exempts d'erreur et de surprise. Prenez garde, mon enfant, de ne pas juger sur le rapport des sens et de l'imagination, sur ce que vous inspire l'intérêt de vos diverses passions, sur les jugements des hommes sans vertus et sans expérience. Accoutumez-vous à vous faire comme une espèce de conseil entre Dieu et vous ; lisez pour ainsi dire dans ses yeux et sur son visage ce qu'il juge et ce qu'il approuve : « De vultu tuo judicium meum prodeat ». Rien ne vous paraîtra important que ce qui regarde le Salut et l'éternité.

Pratique : Avant chaque action principale, demandez-vous, à l'exemple de Saint Louis de Gonzague : « Quid hoc ad aeternitatem ? A quoi cela me servira pour l'éternité ? »

 

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Vingt-neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma correspondance à la grâce ».

 

Par la grâce de Jésus-Christ, l'homme devient participant de la nature divine. La gloire répond à la grâce. La grâce est une gloire commencée, et la gloire est une grâce consommée. En vue de Marie, dont je devais être le gardien et l'époux, et du Verbe incarné à qui je devais servir de père, j'ai été comblé dès ma naissance des faveurs les plus signalées, par l'adorable Trinité. Si j'ai fait de si admirables progrès dans la voie parfaite, c'est parce que j'ai été fidèle aux premières grâces que le Seigneur m'a accordées, cette correspondance à toutes les inspirations de l'Esprit-Saint, à tous les bons mouvements, m'a obtenu de nouvelles grâces plus grandes que les précédentes. C'est ainsi que Dieu peut toujours accroître indéfiniment la perfection de son ouvrage, car plus il s'élève, plus il le remplit, plus il l'agrandit : c'est un océan dont les flots creusent le lit et reculent les rives en les remplissant. Ah ! Ne l'oubliez jamais, mon enfant, chaque augmentation de grâce, quelque petite qu'elle soit, aura une grande influence sur votre bonheur éternel. Par votre fidélité à cette grâce, vous mériterez de connaître et d'aimer Dieu plus parfaitement ; vous embrasserez jésus plus étroitement ; vous serez plus près de Marie dans le Ciel.

Pratique : Examinez-vous sérieusement devant Dieu sur votre correspondance à la Grâce.

 

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Trentième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant Je vous laisse la joie de l'âme ».

 

Une douce paix, une sainte joie régnait dans mon cœur. La conscience toujours pure, toujours en repos, répandait sur toute mon existence une félicité à laquelle rien ne saurait être comparé et jamais, même dans les épreuves les plus délicates et les plus difficiles, je ne laissais, la mauvaise tristesse troubler mon âme. Mon enfant, si vous êtes fidèle à la grâce vous vivrez dans l'allégresse ; car « la lumière est faite pour le juste, et la joie pour ceux qui ont le cœur droit et pur ». La sainte joie des enfants de Dieu est non-seulement un effet, mais elle est encore une grande marque de la grâce. Quand range Raphaël salua Tobie, il ne lui dit rien autre chose que ces mots : « Que la joie soit toujours avec vous ». Je vous fait le même souhait, mon enfant, car Dieu est un bon Maître, qui ne peut pas être servi avec chagrin et répugnance, mais avec bonne volonté et affection. Ne le servez donc pas comme un esclave sert un tyran ; mais ayez pour lui les sentiments d'un bon fils pour le meilleur des pères. Par là, vous honorerez Dieu, vous édifierez le prochain, vous ferez estimer la vertu, vous donnerez à vos œuvres plus de mérite et de perfection. Enfin, mon fils bien-aimé, vous vous rendrez la persévérance plus facile, et vous arriverez d'un pas ferme et plus généreux à la bienheureuse patrie.

Pratique : A l'exemple de Saint Joseph, soyez fidèle aux inspirations célestes afin d'avoir la paix de l'âme.

 

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Trente-et-unième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon espérance ».

 

Ma confiance s'augmentait et se fortifiait à proportion des grâces que j'avais reçues de la bonté divine. Mon espérance reposait sur les mérites infinis de Jésus-Christ, que je nourrissais du fruit de mes labeurs, et sur ma piété envers Marie toute-puissante auprès de Dieu. Aussi, au milieu des plus rudes épreuves et dans les plus grands dangers, jamais la défiance n'a pénétré dans mon cœur, et la pensée du Ciel me consolait de tous les mécomptes de la terre. Destiné à un bonheur infini, votre cœur, mon enfant, ne peut trouver de paix et de véritable contentement que dans la possession et la jouissance de Dieu, qui est le principe et le terme de tous les biens, la plénitude de la vie et le repos éternel des bienheureux. Mais n'oubliez pas que pour posséder cette gloire, il ne suffit pas de la désirer et de l'espérer, il faut encore accomplir fidèlement la volonté du Père céleste. Il n'y a, vous le savez, que ceux qui seront trouvés conformes à Jésus-Christ qui partageront la gloire infinie qu'il a méritée par ses souffrances. Voulez-vous assurer votre persévérance finale, appliquez-vous constamment à imiter Jésus, en demandant avec confiance à Marie cette grâce, marque assurée de votre prédestination.

Pratique : Au milieu de vos épreuves, à l'exemple de saint Joseph, levez les yeux vers le Ciel, où Dieu essuiera toute larme.

 

Ce Mois de Saint Joseph, du R.P. Huguet a été publié à Montréal, chez J.B. Rolland et fils, Libraires-Editeurs, en 1880.

 

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Fin du mois de Saint Joseph

 

Prochain Mois de Dévotion, le Mois de Marie de la Médaille Miraculeuse, rendez-vous le 30 avril.

14 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 3/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Quinzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon obéissance ».

 

L'obéissance est plus agréable au Seigneur que le sang des victimes. Elle est, pour celui qui la pratique, le vrai secret d'avoir la paix de l'âme. Si vous saviez combien il est doux d'obéir à Dieu, de le servir dans toute la simplicité de son cœur et de lui prouver son amour en observant les préceptes de la loi, avec quelle joie vous vous appliqueriez à accomplir ses divins commandements! Fidèle à la grâce, dans toutes les circonstances de ma vie, je disais comme Abraham: « Je suis prêt, Seigneur », comme Isaïe: « Me voici, envoyez-moi », comme Samuel: « Parlez, Seigneur votre serviteur écoute ». En entrant dans ces saintes dispositions, vous attirerez sur vous l'abondance des grâces du Très-Haut. Cette obéissance, mon enfant, doit s'étendre à tous ceux que Dieu à revêtus de son autorité sur la terre, et par-dessus tout à la Sainte Église, qu'il éclaire de son divin esprit, et qu'il a chargée de la conduite de votre âme. Jésus, qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et jusqu'à la mort de la croix nous était soumis. Comprenez, mon enfant, toute la grandeur de cette parole: « Le Maître du ciel et de la terre m'obéissait comme à son père ». Il m'était soumis ; Lui, devant qui le Ciel, la terre, les enfers doivent fléchir le genou ! Quel ineffable abaissement ! Quelle leçon donnée aux chrétiens!

Pratique: A l'exemple de Saint Joseph, voyez Dieu lui-même dans la personne de vos supérieurs.

 

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Seizième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'amour de la pauvreté ».

 

Quoique descendant des rois de Juda, je me vis obligé, sans regret, à exercer un état méprisable aux yeux des hommes, afin de me procurer les choses les plus indispensables à la vie. Mais combien j'appréciais davantage l'excellence de la pauvreté, après avoir été témoin du dénûment au milieu duquel naquit le Fils unique de Dieu, qui n'eut jamais un lieu pour reposer sa tête!... Éclairé des plus pures lumières de la foi, sachez-même, mon enfant, à l'exemple de Jésus et de Marie, apprécier les avantages de la pauvreté évangélique. C'est elle qui vous dispose a recevoir les richesses de l'amour divin, en vous délivrant d'une infinité de vaines et de frivoles sollicitudes. La pauvreté est encore un moyen très efficace pour faire des progrès dans la perfection; car, comme la cupidité est la racine de tous les maux, ainsi la pauvreté est le principe et le fondement de toutes sortes de biens. Elle garde l'humilité, elle conserve la chasteté à cause de la mortification qui en est la campagne inséparable. Elle nous aide à pratiquer l'abstinence tempérance. C'est une vertu céleste et divine, parce que dégageant l'âme de tout ce qui pourrait la retenir au milieu du monde, elle lui donne une grande facilité pour s'élever à Dieu et s'attacher uniquement à Lui.

Pratique: Souffrez en esprit de pauvreté les privations que la Providence vous ménage.

 

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Dix-septième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse l'amour du travail ».

 

Quoique issu d'un sang royal, j'ai gagné mon pain à la sueur de mon front, depuis ma jeunesse jusqu'à ma mort. Mon travail était obscur, pénible, assujettissant. Chaque jour, j'endurais des fatigues nouvelles, qu'interrompaient à peine un repas frugal pris à la hâte et un court sommeil. Apprenez de mon exemple qu'il n'est d'occupation, quelque basse qu'elle soit selon les préjugés du monde, dont un Chrétien doive rougir; qu'au contraire, il a sujet de s'estimer heureux et bien honoré si son état le rapproche davantage de Jésus et de Marie; mais pour avoir une plus parfaite conformité avec eux, il faut que vous acceptiez par amour le travail auquel votre profession ou votre condition vous assujettit. La paresse ne consiste pas toujours dans cet état d'indolence qui semble la caractériser plus particulièrement; elle s'allie très-souvent avec une activité étonnante, mais cette activité, appliquée à d'autres objets, vous fait mettre de la négligence dans vos devoirs, et vous porte quelquefois à les omettre tout à fait. Pour rendre vos occupations méritoires, ayez le soin de les faire comme moi en Jésus, pour Jésus et avec Jésus. En agissant ainsi, vos œuvres les plus communes seront une source de précieux mérites.

Pratique : Remplissez vos devoirs d'état en union avec Jésus, Marie et Joseph.

 

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Dix-huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à sanctifier les actions les plus communes ».

 

La piété, qui vous rend agréable à Dieu et qui vous dévoue tout entier à son service, consiste à tout faire ce qu'Il veut, et a accomplir précisément, dans les temps, dans les lieux et les circonstances ou Il vous met, ce qu'Il désire de vous. C'est ainsi que je suis parvenu moi-même à un degré de vertu si élevé. J'étais toujours, il est vrai, dans la disposition de sacrifier au bon plaisir de Dieu tout ce que je pouvais avoir de plus précieux et de plus cher: mon bien et mon temps, ma liberté et ma vie; mais quand le Seigneur ne me demandait rien d'héroïque, je me contentais d'animer mes actions ordinaires d'un grand esprit de Charité, ne regardant pas le nombre et la qualité de mes œuvres, mais l'honneur qu'elles avaient de plaire à Dieu. Tout ce qui porte l'empreinte de la Volonté de Dieu et de Son bon plaisir est grand, quelque petit qu'il en soit. Si l'Amour de Dieu paraît avec plus de générosité dans les grands sacrifices, Il en montre dans les petits, continuellement réitérés, plus d'attention et de délicatesse. La vie, en général se compose de petites choses, et c'est vraiment par elles que vous vous élevez ou vous dégradez peu à peu; car elles forment les habitudes bonnes et mauvaises, d'où viennent les vertus et les vices.

Pratique: Ayez le soin, en commençant vos principales actions, de les offrir à Dieu.

 

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Dix-neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le secret de rendre toutes vos œuvres méritoires pour le Ciel ».

 

Dédaignant les biens périssables de la terre, je mettais toute mon application à me faire un riche trésor de mérites dans le Ciel. J'agissais toujours selon Dieu, en Dieu et pour Dieu. Selon Dieu: je ne faisais rien contre Sa Volonté adorable, tâchant de me conformer en tout à ses moindres désirs. En Dieu: ayant le soin de me tenir en état de grâce, faisant en sorte que la grâce actuelle fût le principe de toutes mes actions. Pour Dieu: je n'agissait que par un motif surnaturel, pour la gloire de Dieu, pour plaire à Dieu, par amour pour Dieu, en la présence de Dieu ; avec beaucoup de ferveur, m'unissant alors à Jésus qui travaillait avec moi. Voulez-vous aussi, mon enfant, ne pas perdre le fruit de vos œuvres ? Rappelez-vous que sans la grâce vous ne sauriez rien faire de méritoire pour la vie éternelle. Voilà pourquoi, en commençant une action importante, vous devez vous adresser à Dieu par une fervente aspiration, pour obtenir le secours de la bien faire, vous tenant uni à Jésus-Christ par la Charité, comme les branches de la vigne à leur cep. Si votre intention est pure, votre action, quoique très-petite, sera élevée au même degré de perfection, comme l'eau qui égale toujours en remontant la hauteur de sa source.

Pratique: Ayez le soin de vous exciter à la contrition parfaite avant vos actions principales, afin de les faire en état de grâce.

 

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Vingtième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse mon amour de le vie cachée ».

 

La vie chrétienne doit être une vie cachée ; le chrétien véritable doit désirer ardemment de demeurer couvert sous l'aile de Dieu, sans avoir d'autre témoin de, ses bonnes œuvres que le Souverain Juge. Fidèle à l'inspiration de la grâce, je me suis appliqué à dérober avec soin aux yeux des hommes tout ce qui aurait pu donner de l'éclat à ma personne ; je mettais mon bonheur à être inconnu et réputé pour rien. J'étais heureux de pouvoir me dévouer aux intérêts sacrés de Jésus et de Marie sans sortir de l'obscurité d'une vie humble et ignorée. Apprenez de moi, mon enfant, à vous produire le moins que vous pourrez, et vous trouverez comme moi le repos de votre âme. Éloigné du monde, je n'étais point exposé à ses discours ni sujet à ses contradictions. Dans l'étroite enceinte d'une maison pauvre où je me tenais renfermé et où je me bornais à mon travail, je n'étais pas troublé par les passions qui agitaient les autres hommes ; je jouissais tranquillement du silence et des avantages de la solitude ; si je m'entretenais avec quelqu'un, c'était avec Jésus et Marie, dont je recevais les plus saintes et les plus douces communications. Faites de même et vous direz avec un Saint: « O bienheureuse solitude! Seule béatitude! »

Pratique: Évitez, pour honorer la vie obscure de saint Joseph, de vous produire sans nécessité.

 

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Vingt-et-unième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma discrétion dans les paroles ».

 

A l'école du Verbe incarné, dont toutes les paroles produisent des fruits de vie, j'appris de bonne heure à mettre une garde de circonspection sur mes lèvres et à ne rompre le silence que lorsque la gloire de Dieu ou le bien du prochain le demandaient. Quoique parfaitement instruit des mystères sacrés, je n'ai jamais entrepris de communiquer aux autres les secrets qui m'avaient été confiés. Voulez-vous, mon enfant, faire des progrès dans la vie intérieure ? Attachez-vous surtout à ne parler qu'à propos. La langue intempérante est la cause de bien des malheurs. Parlez le moins possible du prochain et de ce qui le concerne, excepté pour en dire du bien quand l'occasion s'en présente. Aimez à parler de Dieu et surtout de son amour et de sa bonté. Et cependant défiez-vous encore de vous-même sur ce point ; rendez-vous plutôt attentif à ce que les autres vous en diront, et conservez au fond de votre cœur les bonnes paroles que vous aurez entendues. Pour les autres conversations, laissez arriver seulement jusqu'à vos oreilles le bruit de leurs paroles, et tenez votre esprit uni à Dieu. Ou bien, si vous devez y prêter attention pour y répondre, ne laissez pas de donner de temps en temps quelques pensées au Ciel où réside votre Dieu.

Pratique : Soyez fidèle à garder aujourd'hui le silence pendant quelques instants.

 

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07 mars 2013

Le Mois de Saint Joseph 2/4

Le Mois de Saint Joseph

Legs pieux de ce glorieux Patriarche à ses enfants

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Huitième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à visiter Jésus ».

 

Ma pauvre maison de Nazareth était comme un petit ciel où Dieu résidait en personne. Si j'avais suivi mon attrait, je ne me serais jamais éloigné de ce séjour bien-aimé. Mais, obligé de fournir aux besoins de ma sainte famille, je savais quitter Dieu pour Dieu. Dès le point du jour, avant de me rendre à mon travail, je m'empressais d'aller offrir mes hommages au Verbe incarné ; je baisais avec respect ses petits pieds; je collais ma bouche sur son Coeur adorable. Forcé de partir, je m'arrêtais encore quelque temps debout, contemplant le berceau de Jésus. Son pieux souvenir était comme un baumerafraîchissant au milieu de mes pénibles labeurs. Quand, à la fin de la journée, je revenais le soir au milieu des miens, mon bonheur était de me reposer près du berceau du divin Enfant, en la compagnie de Marie. Le jour du Shabbat, interrompant tous mes travaux, je goûtais plus à loisir le bonheur d'être avec Jésus, de le voir, de l'entendre, de m'entretenir coeur à Coeur avec Lui. Vous le pouvez si vous le voulez, mon enfant, participer à mon bonheur. Jésus est avec vous, comme il était avec moi, dans l'adorable sacrement. Il est toujours disposé à vous recevoir, à vous entendre, à vous consoler dans vos épreuves.

Pratique: Visitez, au moins en esprit, le matin et le soir, Jésus au Très Saint Sacrement

 

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Neuvième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse le bonheur de recevoir Jésus »

 

Dès que l'Ange m'eût révélé que le Verbe s'était incarné dans le sein très pur de Marie, je sentis mon coeur empressé du désir de le recevoir entre mes bras et de lui prodiguer mes adorations et mes services. A dater de ce bienheureux moment, je veillais plus attentivement sur tous mes sens, sur toutes mes affections, afin de me rendre moins indigne de toucher de mes mains et de presser sur mon coeur l'Agneau immaculé qui se plaît à reposer parmi les lys. A peine le Sauveur fut-il venu au monde, que Marie, voulant me faire partager son bonheur et préparer à la Crèche, me remit le divin Enfant; prosterné à genoux, je le reçus avec autant d'amour que de respect, et, le couvrant de mes baisers, je lui promis de me dévouer sans réserve à son adorable personne. Par la sainte Communion, il vous est donné, mon enfant, de partager mon bonheur, et de posséder Jésus aussi pleinement que moi. Tâchez de le recevoir avec foi, amour et confiance, et vous en retirerez de grands fruits de salut. Après l'adorable sacrifice de l'autel, rien ne procure autant de gloire à Dieu qu'une fervente communion. Ne ressemblez pas aux habitants de Bethléem qui refusèrent de recevoir Jésus.

Pratique: A l'exemple de Saint Joseph, prenez Maris pour modèle dans vos dispositions à la Communion.

 

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Dixième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse les mérites infinis de Jésus-Christ ».

 

Pour suppléer à mon insuffisance, je prenais souvent Jésus entre mes mains, et je l'offrais à Dieu le Père pour la rédemption du monde. Marie unissait ses prières et son amour à cette oblation d'un prix infini, répétant de concert avec moi ces paroles du prophète: « Regardez Seigneur la face de votre Christ ». De toutes les prières offertes à Dieu, il n'en est pas de plus digne de lui, de plus capable de désarmer sa justice et d'attirer Sa Miséricorde que l'auguste Sacrifice de l'autel, parce que c'est un sacrifice plein de Dieu : puisque c'est un Dieu qui en est l'auteur, un Dieu qui en est la victime, un Dieu qui opère en s'immolant les plus étonnantes merveilles. Si vous êtes assuré d'obtenir tout ce que vous demanderez à Dieu, au nom de Jésus, combien plus devez-vous espérer ses grâces et ses faveurs en lui offrant Jésus-Christ lui-même! Vos prières, pour être agréables à Dieu, doivent être faites par Jésus-Christ et au nom de Jésus-Christ, par les mérites duquel elles sont sanctifiées. Jésus-Christ, votre médiateur, les présente à son Père, qui les reçoit favorablement et les exauce. Soyez donc fidèle, autant que vous le pourrez a assister à la Sainte Messe, comme vous auriez assisté au grand sacrifice du Calvaire.

Pratique: A l'exemple des âmes ferventes, unissez-vous en esprit aux Messes qui se célèbrent, dans toute l'Eglise à chaque instant du jour et de la nuit.

 

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Onzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma dévotion à Marie ».

 

Ma dévotion à Marie partait de mon esprit et de mon coeur. Elle venait de l'estime que j'avais pour la Très Sainte Vierge, honorée des plus sublimes prérogatives que Dieu puisse accorder à celle qu'il a choisie pour sa Mère, et de la haute idée que je m'étais formée de ses vertus, dont j'étais l'heureux témoin. Ma dévotion à Marie était pleine de confiance dans la plus sainte, la plus puissante et la meilleure des créatures. J'avais recours à mon angélique compagne dans toutes mes nécessités spirituelles et corporelles, avec beaucoup de simplicité, de foi et d'abandon. Ma piété envers Marie me portait à éviter les plus légères imperfections qui auraient pu contrister cette épouse immaculée. Je m'appliquais avec le plus grand soin à imiter en tout la très sainte Vierge, et à reproduire, dans le détail de ma vie, ses vertus, particulièrement sa pureté angélique, son humilité profonde, sa foi vive, son obéissance aveugle, son oraison continuelle, sa mortification universelle, sa douceur ineffable et sa sagesse suréminente. Cette dévotion sera pour vous mon enfant comme elle a été pour moi une source des grâces les plus précieuses et un gage assuré de prédestination.

Pratique: Ne passez pas un seul jour sans donner à Marie un témoignage de votre piété.

 

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Douzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant, je vous laisse ma fidélité à saluer Marie ».

 

Heureux témoin de l'amour filial avec lequel Jésus se plaisait à offrir à sa divine Mère la Salutation angélique, principe de toute sa gloire et de son bonheur, je m'unissais moi-même au Verbe incarné, devenu notre Fils, pour saluer Marie. Le matin, lorsque je rencontrais mon épouse immaculée auprès du berceau du divin Enfant, j'aimais à lui répéter ces touchantes paroles qui remplissaient son âme d'une joie céleste: « Je vous salue, Marie, pleine de grâces; le Seigneurs est avec vous, devenue sa fille, son épouse, sa mère; c'est vous qui l'avez donné à la terre ; c'est vous qui m'avez procuré l'insigne honneur de partager vos sollicitudes pour ce cher Sauveur ». Et le soir, avant de me séparer de Marie, je lui redisais encore cette belle Salutation qui renouvelait au fond de son coeur la joie ineffable que lui causa Gabriel, lorsqu'il vint, de la part du Très-Haut, lui annonçant le mystère de l'incarnation du Fils de Dieu dans ses flancs très purs. Soyez heureux vous aussi, mon enfant, de saluer votre tendre Mère. Qu'il soit doux à vos lèvres, plus doux encore à votre coeur, cet Ave Maria qui vous arrive tout parfumé, comme un cantique du Ciel, répété par autant d'échos qu'il a passé de saintes âmes sur la terre.

Pratique: Saluez Marie chaque fois que vous passerez devant son image ou que vous entendrez sonner l'heure ou l'Angélus.

 

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Treizième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon infant, je vous laisse le secours des Saints Anges ».

 

Le Seigneur, dont l'aimable providence veille avec tant d'amour et de sollicitude sur toutes les créatures, avait chargé les plus élevés des Anges de me conduire dans toutes mes voies. C'est un de ces Esprits célestes qui me rassura quand je voulais m'éloigner de Marie, me jugeant indigne d'habiter avec l'auguste Mère de Dieu. C'est un ange qui m'avertit de fuir en Egypte, afin de soustraire le divin Enfant aux fureurs d'Hérode. Enfin c'est encore un messager céleste qui m'engagea à revenir dans ma chère patrie, parce que ceux qui voulaient attenter à la vie de Jésus étaient morts. Soyez fidèle, mon enfant, à vivre dans une grande pureté, aimant Jésus et Marie de tout votre coeur; et les Anges se plairont avec vous ; ils vous conseilleront dans vos doutes ; ils vous fortifieront dans vos faiblesses, ils vous consoleront dans vos épreuves ; ils combattront pour vous contre les démons ; ils présenteront à Dieu vos bonnes oeuvres et vos souffrances ; enfin, après avoir assisté à votre dernière heure, il vous conduiront eux-mêmes au tribunal du Souverain Juge. Ils vous visiteront dans le purgatoire, si vous n'avez pas expié tous vos péchés.

Pratique: Invoquez votre bon Ange gardien soir et matins et dans les circonstances difficiles.

 

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Quatorzième jour

Testament du Glorieux Saint Joseph

 

« Mon enfant je vous laisse mon amour pour la pureté ».

 

Fidèle à l'inspiration du ciel, dès ma jeunesse je me consacrai à Dieu sans réserve. Cet amour de la pureté fut pour moi la source des grâces les plus précieuses. Dieu daigna me choisir entre tous pour être l'angélique époux de la Vierge immaculée. Les yeux de Marie distillaient comme une rosée virginale qui purifiait de plus en plus mon coeur où elle tombait. Ayant le bonheur de toucher si souvent de mes mains le Verbe incarné, de le presser avec autant de respect que d'amour sur mon sein, j'en recevais une vertu qui transfigurait tout mon être. C'est ainsi; mon enfant y qu'en recevant Jésus dans la sainte Communion, vous deviendrez toujours plus pur. Aimez la pureté par-dessus toutes choses, parce que, comme le dit le Sage, n'en ne lui est comparable. « Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, parce qu'ils verront Dieu ». « Ils suivront l'Agneau partout où il ira, et ils chanteront un cantique nouveau qu'aucune autre bouche ne peut chanter. Celui qui aime la pureté du coeur aura le Roi pour ami ». Ne l'oubliez pas, cette vertu est aussi fragile que belle.

Pratique: Pour conserver ce trésor si précieux, soyez fidèle à recourir souvent à Marie, à recevoir fréquemment Jésus dans la sainte Communion, à fuir l'oisiveté et les occasions dangereuses, et à marcher en la présence de Dieu.

 

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