07 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-et-unième jour

3e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

8 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul

 

Prélude. - Préparons-nous à suivre, avec un vif désir de l'imiter dans toute sa conduite, une des journées ordinaires de la vie de notre saint.

 

Récit. - Il est quatre heures du matin (1). Quoique vieux, malade, couché depuis de courts instants, encore passés le plus souvent dans l'insomnie, Vincent se lève, et le second coup de la cloche ne le trouve jamais dans la même posture que le premier. Cette obéissance à la règle du le ver est pour lui la première en importance comme dans l'ordre du jour, et c'est la première aussi qu'il recommande aux siens.

Donc, au premier signal, il sort du lit, fait le signe de la croix se prosterne et baise la terre.

Après ces premiers actes de religion, il fait son lit et se rend à l'église, où, malgré l'enflure de ses vieilles jambes qu'il lui a fallu bander, il est arrive plus tôt que les plus sains et les plus jeunes. La vue de sa famille assemblée devant Notre-Seigneur réjouit son âme. Il félicite les plus diligents, les traîneurs l'affligent. Pour lui, il ne manque jamais de se trouver à l'oraison du matin, au milieu même de la plus grande multiplicité des affaires et des traitements que lui imposent ses maladies.

C'est qu'il a pour l'oraison l'estime la plus profonde et la plus religieuse. Il la regarde comme la manne qu'il faut re cueillir chaque matin, sous peine de mourir dans le désert de la vie, Aussi il s'y livre avec ardeur, bien que son humilité en cache les efforts. Mais en descendant de la sainte montagne, son front paraît quelquefois tout lumineux comme celui de Moïse, et la ferveur de son âme rejaillit en toute sa personne, passe dans ses paroles et dans ses actes. Ses discours, au sortir de l'entretien divin sont plus brûlants encore de foi et de charité. Son humilité, sa mortification, sa patience, toutes ses vertus brillent d'un nouvel éclat dans sa conduite.

Cette oraison si chère, il s'y livrera dans ses longues insomnies ; il y consacrera tous les loisirs que lui laisseront les emplois de sa charge et le service du prochain ; et, chaque année, quelles que soient ses occupations, il y donnera au moins huit jours entiers, pendant lesquels il interrompra les plus saints commerces pour ne plus s'entretenir qu'avec Dieu.

 

(1) Cette méditation et celles qui suivront, jusqu'à la fin de cette seconde neuvaine, sont empruntées à l'Abrégé de la vie de saint Vincent de Paul, par M. l'abbé Maynard.

 

Pratique. - Se renouveler dans l'estime et l'amour de la méditation quotidienne.

 

Invocation. - Saint Vincent, homme d'oraison, apprenez-nous à méditer.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

I,'oraison est absolument nécessaire à ceux qui travaillent au salut des âmes, soit pour entretenir en eux un désir ardent de faire toujours des progrès nouveaux dans la dévotion et la ferveur, soit pour leur inspirer un courage toujours nouveau dans les services qu'ils rendent au prochain.

La pratique de l'oraison est aussi nécessaire aux ministres des autels que l'épée l'est aux soldats.

Un homme d'oraison est capable de tout ; il peut dire hardiment avec l'Apôtre : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ».

Lorsqu'on a à traiter avec d'autres de choses spirituelles, on doit commencer à s'en occuper avec Dieu dans l'oraison, et renoncer à son propre esprit et à ses propres sentiments, pour se remplir de l'Esprit-Saint qui peut seul nous éclairer et enflammer notre volonté.

N'attendez pas de grandes choses de quelqu'un qui ne sait pas s'entretenir avec Dieu.

L'oraison est un grand livre pour les prédicateurs ; c'est là qu'ils puiseront dans le Verbe éternel les vérités dont Il est la source, les vérités saintes qu'ils sont chargés d'annoncer au peuple.

L'étude des sciences ralentit en plusieurs la ferveur de l'esprit : ceux qui étudient doivent donc apporter tous leurs soins pour conserver la dévotion à l'aide des exercices de piété, et spéciale ment de la méditation, afin que, tout en perfectionnant leur esprit par la connaissance de la vérité, leur volonté s'enflamme de l'amour de Dieu, qui est l'auteur de toutes les sciences.

Les meilleures dispositions qu'on puisse apporter à la prière et à l'oraison, sont l'humilité, la conviction de son néant, la mortification de ses passions et des inclinations naturelles qui portent au mal, le recueillement intérieur, la pureté d'intention, la présence de Dieu, la conformité totale à sa volonté et de fréquentes aspirations vers la bonté divine.

L'oraison doit être effective et pratique, puisqu'elle n'a pour but que l'acquisition des vertus solides et la mortification des passions.

 

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06 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1024

 

Vingtième jour

2e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

7 octobre

 

La Visitation

 

Prélude. - Représentons-nous l'aimable et doux François de Sa les présentant l'humble et charitable Vincent de Paul aux religieuses de la Visitation.

 

Récit. - Vincent, comme nous venons de le voir, n'avait point songé à créer un ordre religieux. Ce n'est pas qu'il ne fût un très habile maître de la vie monastique. On le voit surabondamment à tant de monastères protégés par sa vigilance, et préservés de supérieurs incapables ou peu dignes. Il était le conseiller de la Rochefoucauld, depuis que le pieux cardinal avait accepté de diriger la réformation des cloîtres.

Or, il y avait déjà quelques années que Dieu avait fait éclore le saint Ordre des religieuses de la Visitation et cette nouvelle fleur commençait à répandre une odeur de suavité dans le jardin de l’Église. C'était de saint François de Sales, évêque de Genève, que Dieu s'était servi pour donner la vie et la première culture à cette mystique plante : le doux et saint prélat s'y était appliqué avec tous les soins que sa charité incomparable avait pu lui suggérer. La mère de Chantal avait été envoyée à Paris par son bienheureux père, pour y fonder un monastère de ce saint Ordre ; et elle y travailla avec tant de zèle et de prudence que, malgré toutes les oppositions, contradictions et persécutions qui lui furent faites, les murs de cette Jérusalem et de cette demeure de paix s'élevèrent comme par enchantement.

Lorsqu'il fut question de trouver un père spirituel et une supérieure pour cette religieuse communauté, c'est-à-dire un ange visible qui en fut le gardien pour y conserver le premier es prit que Jésus-Christ lui avait donné, saint François de Sales, qui avait un don tout singulier pour discerner les esprits, et sainte Jeanne de Chantal, qui avait un esprit très éclairé, choisirent notre saint pour lui confier ce qui leur était le plus cher et le plus précieux en ce monde. Dieu bénit ce choix et le gouverne ment de saint Vincent qui dura jusqu'à sa mort, quelques efforts qu'il fit pour se décharger de ce fardeau.

Mais, le nom même de la Visitation devait lui rappeler que cette aimable institution était restée incomplète, que le fondateur avait été empêché de faire tout ce que son cœur lui inspirait pour les nécessités de son siècle, et que sa bonne pensée, arrêtée à la porte de l’Église, attendait toujours un introducteur. François de Sales en effet s'était proposé d'appliquer ses religieuses à la visite des malades, de là le nom de Visitation : mais il y avait renoncé sur les représentations réitérées et encore trop puissantes, de certaines âmes timorées ou routinières, qui ne comprenaient pas une religieuse sans cloître, ni la contemplation dans les œuvres de charité extérieure. Vincent de Paul fut amené insensiblement à exécuter ce que François de Sales n'avait eu que la liberté de concevoir. Il y réussit avec une approbation qui a dignement justifié l'évêque de Genève et l'a couronné lui-même de la gloire la plus connue et la plus durable.

 

Pratique. - Unir la pratique de la vie intérieure à l'accomplissement des devoirs de la vie active.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle de la vie chrétienne, apprenez-nous à unir la vie active à la vie contemplative, comme fit le Sauveur, votre divin exemplaire.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Un supérieur doit avoir de la complaisance pour les scrupuleux ; il doit supporter leurs faiblesses et les écouter avec une grande patience. Il doit en agir de même avec les esprits difficiles et pointilleux, qu'il faut traiter avec beaucoup de ménagement, leur faiblesse étant plus digne encore de compassion que les maladies corporelles.

La gloire de Dieu et le salut des âmes sont les deux seuls objets qu'un supérieur doit avoir en vue. Il ne peut les procurer plus efficacement que par l'humilité et la douceur.

Le supérieur doit donner tous ses soins à ceux qui sont affligés de peines intérieures ou tourmentés par des tentations, pour les aider et les délivrer ; et s'il trouve en eux quelques oppositions, il doit s'efforcer de les vaincre par des manières douces et humbles.

Le supérieur doit avoir une amitié, une tendresse paternelle pour ses inférieurs ; il doit leur faire un accueil si affectueux, que chacun d'eux connaisse qu'il en est tendrement aimé.

Le supérieur ne doit pas se décourager par les difficultés qu'il rencontre, ni s'inquiéter de ce que son gouvernement ne plaît pas à tous. Oh ! combien n'y a-t-il pas eu de personnes qui n'ont pas approuvé, et combien n'y en a-t-il pas encore aujourd'hui qui n'approuvent pas la conduite de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui même !

Rien n'est plus nuisible à une communauté que d'être gouvernée par des supérieurs trop faibles qui cherchent à plaire et à se faire aimer.

 

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05 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

8213

 

Dix-neuvième jour

1er jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

6 octobre

 

Les filles de la Charité

 

Prélude. - Écoutons pieusement le bon père, exhortant les premières filles de la Charité.

 

Récit. - Deux servantes des pauvres, mises au service de deux confréries de Paris, voilà tout le commencement des Filles de la Charité. Ensuite, un petit noviciat, établi dans la maison de mademoiselle Legras en 1633, bientôt transféré à sa chapelle et ramené définitivement au Faubourg Saint-Lazare, constitua la corporation.

Dès que le nombre eut augmenté sensiblement, il y eut concurrence à qui obtiendrait ces auxiliaires ; d'abord les confréries de Charité de Paris, puis les dames de la Charité pour l'Hôtel Dieu et pour leurs Enfants Trouvés, puis une protectrice de l'hospice des galériens qui fit, à cet effet, une rente de six mille livres, puis par imitation naturelle les confréries et les hôpitaux de provinces.

En 1644, la cause était gagnée. Vincent de Paul rédigea les constitutions, et l'archevêque de Paris érigea la Compagnie des « Filles de la Charité, servantes des pauvres », sous la direction du supérieur-général de la Congrégation de la mission.

Ainsi naquirent ces religieuses d'un nouveau genre, à qui notre siècle s'étonnerait avec tant de raison que l'on contestât le nom de religieuses; car elles le sont par tous les sacrifices qui multiplient le dévouement, par l'obéissance, le célibat, la pauvreté.

Vincent de Paul, pour ménager encore les scrupules de quelques-uns de ses contemporains, consentait à dire : « Ce ne sont des religieuses, mais des filles qui vont et viennent comme des séculières ; elles n'ont pour monastères que les maisons des malades, pour cellule quelque chambre, pour chapelle l'église paroissiale, pour cloître les rues de la ville, pour clôture l'obéissance, pour grille la crainte de Dieu et pour voile la sainte modestie ».

Mais, s'il sacrifiait le nom, il ne diminuait pas les devoirs : « Une fille de la Charité, écrivait il encore, a besoin de plus de vertus que les religieuses les plus austères. Il n'y a point de religion de filles qui ait autant d'emplois qu'elles en ont ; car les filles de la Charité ont presque tous les emplois des religieuses : elles ont à travailler à leur perfection comme les carmélites et autres semblables ; au soin des malades comme les religieuses de l'Hôtel Dieu de Paris et autres hospitalières ; à l'instruction des pauvres filles comme les ursulines ».

La reconnaissance publique a solennellement confirmé ce témoignage, et de toutes les institutions monastiques il n'en est as de plus respectée en France. Les Filles de la Charité sont devenues et demeurent par excellence les religieuses du peuple.

 

Pratique. - Concourir, en toute occasion, aux œuvres de charité qui nous sont proposées.

 

Invocation. - Saint Vincent, fondateur des Filles de la Charité, veillez sur votre famille spirituelle.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Ce n'est pas le faste des discours qui contribue au salut des âmes ; c'est la simplicité et l'humilité qui disposent et ouvrent les cœurs aux opérations de la grâce.

Quoique Notre-Seigneur Jésus Christ eût pu très aisément donner au peuple des instructions sublimes et merveilleuses, Il a cependant préféré employer les comparaisons d'un ouvrier, d'un vigneron, d'un champ, d'un petit grain de sénevé, et autres paraboles semblables.

La simplicité fait que nos paroles sont toujours conformes au sentiment de notre cœur. Elle ne veut cependant pas que nous manifestions toutes nos pensées, parce que cette vertu n'est pas contraire à la prudence, qui nous fait discerner ce que nous devons dire et ce que nous devons taire ; qui nous fait connaître le moment de parler et celui où il faut garder le silence.

La simplicité nous fait aller droit à Dieu, sans consulter notre intérêt propre, ni le respect humain. Elle nous fait parler et agir simplement, sans déguisement, sans artifice ; et non-seulement elle nous fait un devoir de la vérité et de la pureté d'intention, mais elle nous inspire le plus grand éloignement pour toute espèce de duplicité.

La simplicité se porte vers Dieu, à qui seul elle cherche à plaire. Elle nous rend semblables à Dieu, qui est un être souverainement simple, qui ne peut ad mettre aucun mélange.

On doit réprimer le désir de paraître, et on ne doit rien faire par respect humain.

Disons à Dieu, et disons-nous à nous-même : de deux pensées qui pourront me venir à l'esprit, je ne produirai au dehors que la moindre pour m'humilier, et je retiendrai la plus belle pour en faire un sacrifice à Dieu dans le secret de mon cœur.

 

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04 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

8212

 

Dix-huitième jour

8e et dernier jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

5 octobre

 

Mademoiselle Legras

 

Prélude. - Cette admirable femme est à genoux devant saint Vincent de Paul qui l'exhorte, l'instruit et l'anime de son esprit de charité.

 

Récit. - Cependant, il fallait à ces belles créations des agents réguliers, qu'une pratique constante rendît habiles dans l'art de servir les pauvres, et capables de l'enseigner aux autres, des gardiens spéciaux et permanents qu'aucun autre soin ou devoir légitime ne vint distraire de cette occupation.

Louise de Marillac, veuve de Legras, secrétaire de Marie de Médicis, si connue sous le nom de « Mademoiselle Legras », s'était mise entièrement sous la direction de Vincent de Paul, au mérite duquel son nom est resté glorieusement uni, Comme elle était libre de son temps et de sa fortune, il la chargea de visiter les Confréries de Charité établies dans les campagnes, de raffermir celles qui chancelaient, de dresser les inexpérimentées, d'assurer par des tournées régulières, l'effet de ses bons conseils.

Ce système d'inspection réussit à merveille ; mais, à mesure que l'œuvre s'étendit, de nouvelles mesures parurent indispensables à sa conservation.

Les femmes qui composaient les Confréries de Charité, sur tout dans les villes, et d'abord à Paris, avaient quelquefois plus de bonne volonté que de liberté ; il leur était plus facile de contribuer de leur argent que de leurs personnes. L'opposition de leurs maris, le soin de leurs familles, leurs devoirs domestiques, l'inégalité même des forces et des santés, ne leur permettaient pas de consacrer toujours et également aux malades une part de leur temps. On sentit qu'il faudrait à chaque confrérie une ou plusieurs « servantes des malades », qui n'auraient pas d'autre emploi, seconderaient les associées, et seraient toujours prêtes à les remplacer au besoin.

Vincent de Paul, loin de rejeter cette proposition, la trouva op portune et d'autant plus facile à réaliser qu'il avait souvent rencontré de bonnes filles à qui le mariage ne convenait pas, à qui la vie des cloîtres était peu abordable, « mais qui seraient bien aises de se donner pour l'amour de Dieu au service des pauvres ». Telle fut l'origine des « Filles de la Charité ».

 

Pratique. - S'adonner aux bonnes œuvres, dans la mesure des exigences de la position sociale que l'on occupe.

 

Invocation. - Saint Vincent, inspirateur des âmes charitables, développez l'esprit de charité au sein de notre pauvre société.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il ne faut quelquefois qu'un mot charitable pour convertir un cœur endurci ; de même aussi une seule parole dure est capable de désoler une âme et de la pénétrer d'une douleur amère qui peut lui être très nuisible.

La douceur et l'affabilité sont des vertus très puissantes pour gagner les âmes à Dieu.

Il faut être affable, mais jamais flatteur, parce qu'il n'est rien de plus vil ni de plus indigne d'un cœur chrétien, rien de plus détestable aux yeux des personnes solidement pieuses, que la flatterie.

L'affabilité jointe à l'amour est un moyen très efficace pour s'insinuer dans l'esprit des hommes, et pour les engager à embrasser les choses les plus répugnantes à la nature.

Il y a nombre de personnes qui se bornent à avoir un extérieur bien modeste, et de grands sentiments de Dieu dans leur intérieur ; mais, lorsqu'il s'agit de supporter pour Dieu de grandes fatigues, d'instruire les pauvres, de souffrir, de se mortifier, de recevoir avec amour les maladies, d'être en butte à des calomnies ou à d'autres disgrâces, le courage leur manque et tout s'évanouit.

La modestie extérieure et le bon exemple sont une prédication muette, mais très efficace ; ces vertus sont comme le caractère qui distingue essentiellement les vrais serviteurs de Dieu des hommes esclaves de leurs sens ; et, comme elles prennent leur source dans une grâce intérieure, elles opèrent nécessairement des effets merveilleux sur ceux qui en sont les témoins.

 

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03 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1038

 

Dix-septième jour

7e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

4 octobre

 

Les Enfants Trouvés

 

Prélude. - Vénérons saint Vincent, portant dans ses bras un pauvre petit enfant qu'il a trouvé dans la rue.

 

Récit. - Dès que les Dames de la Charité eurent pris l'habitude de consacrer aux pauvres une partie de leur fortune, d'attirer à elles les dons de leurs amies, et de doubler les revenus de la Compagnie par ce concours, Vincent de Paul s'enhardit à leur recommander d'autres infortunés.

Il commença, en 1638, par les Enfants Trouvés.

Ces petites créatures, produit et victimes d'une débauche aussi lâche qu'effrénée, périssaient presque toutes, par l'abandon ou par l'insuffisance des soins qu'elles recevaient dans une pauvre maison où les faisaient porter les commissionnaires du Châtelet. Vincent de Paul invita ces Dames à visiter cette maison, sachant bien que ce qu'elles y verraient éveillerait en elles une grande pitié, un vif désir de supprimer un si grand mal.

Ce pieux calcul ne fut pas trompé, Dès la première vue, les Dames de la Charité prirent à leur charge douze de ces enfants qu'elles logèrent dans une maison de louage ; peu à peu, elles en admirent un plus grand nombre ; et jamais elles ne se découragèrent, malgré le surcroît considérable de dépenses que l'accroissement des besoins faisait peser sur elles. Souvent menacée de déficit, mais toujours relevée par une série d'exhortations et d'efforts qui sont restés célèbres, l'œuvre des Enfants-Trouvés finira par devenir une institution publique : elle est encore aujourd'hui un des types les plus populaires des bons services et de la charité infatigable de Vincent de Paul.

Il emploiera de la même manière les Dames de la Charité à fonder la maison des Filles de la Providence, retraite offerte à d'honnêtes filles trop exposées dans le monde.

Ces auxiliaires lui trouveront encore l'argent nécessaire à ses pauvres galériens, puis ces millions qui seront la principale assistance des provinces ravagées par la guerre, puis les premiers matériaux de l'Hôpital Général.

 

Pratique. - Concourir toujours par quelque aumône à toutes les bonnes œuvres, auxquelles on nous propose de nous intéresser.

 

Invocation. - Saint Vincent, inspirateur de la charité, inspirez-moi.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

On ne gagne à Dieu les âmes les plus obstinées dans le péché que par la douceur, par la compassion pour leurs travers, et par la sensibilité qui fait partager leurs malheurs.

On doit user de cordialité et d'affabilité avec les pauvres et les personnes les plus méprisables, et ne pas les traiter avec des manières impérieuses : la hauteur les révolte ; au lieu que, quand on est affable avec eux, ils deviennent plus dociles, et ils profitent mieux des avis qu'on leur donne.

Comme il n'y a qu'une grande nécessité qui puisse décider à donner des remèdes à un malade dans un violent accès de fièvre, ainsi on ne doit pas ordinairement reprendre quelqu'un dans le moment même où il fait une faute.

Nous ne devons jamais témoigner du ressentiment contre ceux qui nous persécutent par leurs injures, leurs calomnies, les maux qu'ils nous font, etc. ; mais nous devons continuer de les traiter avec cordialité, comme nous le faisions auparavant, ne disant d'eux que du bien, et leur rendant tous les services qu'il nous est permis de leur rendre.

On doit choisir un moment qui soit propre à la correction que l'on veut faire. On doit reprendre la première fois avec beaucoup de douceur et d'affabilité ; la seconde fois avec un peu de sévérité et de gravité, assaisonnée cependant de douceur ; la troisième fois avec zèle et fermeté, en faisant connaître aux coupables quel est le dernier remède qu'on emploiera s'ils ne se corrigent point.

La douceur supporte les défauts du prochain, et ses mauvais procédés, pour l'attirer par ces égards à la connaissance et à l'amour de Dieu.

La douceur doit être accompagnée d'une fermeté et d'une constance qui nous empêchent de condescendre à ce qui blesserait une conscience délicate. Quand nous n'avons pas à craindre ce danger, nous devons donner la préférence à la douceur, comme étant beaucoup plus puissante et plus efficace pour soumettre la volonté des hommes, que ne l'est la rigueur et la sévérité.

Il faut encourager les pécheurs et ranimer leur confiance. Le démon se sert ordinairement de la rigueur et de la dureté de certaines personnes pour porter un trouble plus violent dans les âmes.

 

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02 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1066

 

Seizième jour

6e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

3 octobre

 

Dans les hôpitaux

 

Prélude. - Suivons notre saint visitant les hôpitaux et y faisant pénétrer, avec un rayon de joie, la paix de Jésus-Christ.

 

Récit. - Non content d'évangéliser les galériens avec fruit, il avait obtenu du Roi et de Richelieu le soulagement de leurs misères corporelles, par la création de deux hôpitaux, dont le régime parut à ces infortunés « le paradis ». Il se laissa donc inviter à prendre soin d'un autre hôpital, dont il semblait que les malades eussent encore plus de droit à la compassion du public ; et ici, comme en bien d'autres circonstances, de sa vie, il arriva qu'en déférant à la pensée d'autrui, il rencontra l'occasion de développer plus largement autour de lui le zèle de la charité, et de rassembler des ressources plus abondantes pour la souffrance.

L'Hôtel-Dieu de Paris n'était pas alors aussi bien administré qu'il importait aux besoins de sa nombreuse population. Une riche veuve, qui avait remarqué cette insuffisance et qui voulait contribuer de sa fortune à y remédier, pria Vincent de Paul de chercher les moyens d'assurer cette réparation.

Il ne l'entreprit qu'après s'être assuré du consentement des supérieurs, mais dès ses premiers pas on put pressentir de grands résultats. Il réunit plusieurs assemblées de dames, où l'on comptait bon nombre de présidentes, comtesses, marquises, duchesses et princesses, et il les constitua en « Compagnie des Dames de la Charité ».

Elles s'engageaient à recueillir l'argent nécessaire aux aumônes, à visiter les malades de l'hôpital, à leur parler de leurs devoirs spirituels, à leur porter un supplément de nourriture, des bouillons le matin, une collation dans l'après-midi. On ne tarda pas à voir ces femmes du monde changées en infirmières, ceintes du tablier de service, parcourir les salles, passer d'un lit à l'autre, et présenter aux infirmes les aliments substantiels, ou les « petites douceurs » préparées quelque fois par elles-mêmes, dans une chambre qu'elles avaient louée pour cet effet dans le voisinage.

Les conséquences se montrèrent bientôt dans le changement de mœurs de ces malheureux ramenés à la religion et à la vertu, comme dans l'heureuse influence de ces soins charitables sur leur santé.

Mais, ce qui n'est pas moins admirable, c'est que la « Compagnie des Dames de la Charité », créée dans le principe pour une seule œuvre, devint en peu de temps la mère et le soutien de beaucoup d'autres.

 

Pratique. - Visiter les hôpitaux et chercher à y exercer la Charité.

 

Invocation. - Saint Vincent, bienfaiteur des pauvres malades et infirmes, conservez-leur les soins des saintes filles qui se dévouent à leur soulagement, en soutenant le courage de ces servantes des pauvres.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Dieu nous envoie des peines et des afflictions pour exercer notre patience et pour nous apprendre à compatir aux maux des autres.

Dieu a coutume d'éprouver ses serviteurs, et de corriger par des châtiments ceux qu'il aime.

Les familles et les particuliers doivent regarder comme un malheur d'être toujours tranquilles, de voir tout réussir au gré de leurs désirs, et de n'avoir rien à souffrir pour l'amour de Dieu.

Jésus-Christ nous a appris, par son exemple, combien les souffrances peuvent glorifier Dieu et contribuer à nous sanctifier.

Toutes les fois qu'il nous survient quelque événement inattendu, soit des afflictions, soit des consolations spirituelles ou corporelles, nous devons tâcher de les recevoir avec égalité d'esprit, en pensant que tout vient de la main de Dieu.

Nous devons remercier et bénir Dieu, quand nous nous trouvons dans l'occasion de souffrir quelques peines, en exerçant la Charité.

Puisque l'on prend les médecines les plus amères pour recouvrer ou conserver la santé du corps, on doit recevoir volontiers les peines, quelque répugnantes qu'elles soient à la nature, et les regarder comme des remèdes très efficaces dont Dieu se sert pour purifier une âme, et pour la faire parvenir à la perfection à laquelle il l'appelle.

L'affabilité fait que nous nous supportons mutuellement, et que nous acquiesçons sans peine à ce que les autres disent ; et tandis que la charité nous unit comme les membres d'un même corps, l'affabilité perfectionne cette union divine.

 

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01 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1020

 

Quinzième jour

5e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

2 octobre

 

Aumônier général des galères

 

Prélude. - Contemplons Saint Vincent de Paul au milieu des pauvres galériens, qui l'entourent de leur vénération et l'écoutent avec respect.

 

Récit. - Gondi, général des galères, voyant avec quelle bénédiction et avec quel fruit notre saint travaillait à procurer le salut des âmes sur toutes ses terres, voulut lui fournir une occasion d'étendre plus loin sa charité : il le fit nommer aumônier général des galères.

Vincent, étant venu à Marseille, y vit le spectacle le plus pitoyable qu'on puisse imaginer des criminels, doublement misérables, plus chargés du poids insupportable de leurs péchés que de la pesanteur de leurs chaînes ; accablés de misères et de peines qui leur ôtaient le soin et la pensée de leur salut, et les portaient incessamment au blasphème et au désespoir. C'était une vraie image de l'enfer, où l'on n'entendait parler de Dieu que pour le renier et le déshonorer : la mauvaise disposition de ces galériens rendait toutes leurs souffrances inutiles et sans fruit.

Étant donc touché d'un sentiment de compassion envers ces pauvres forçats, il se mit en devoir de les consoler et assister le mieux qu'il lui fut possible : et surtout il employa tout ce que la charité put lui suggérer pour adoucir leurs esprits, et les rendre par ce moyen susceptibles du bien qu'il désirait procurer à leurs âmes. Pour cet effet, il écoutait leurs plaintes avec une grande patience, compatissait à leurs peines, les embrassait, baisait leurs chaînes, et il obtint de l'administration qu'ils fussent traités plus humainement, s'insinuant ainsi dans leurs cœurs pour les gagner plus facilement à Dieu.

Les malheureux galériens de Paris étaient dans un état encore plus déplorable que ceux de Marseille, entièrement négligés pour le corps et pour l'âme. Saint Vincent loua une maison exprès pour y retirer ces pauvres forçats. Là, il leur rendit toutes sortes de bons offices, il les visitait fort souvent, les instruisait, les consolait, les disposait à faire de bonnes confessions générales, leur administrait les sacrements, et non content du soin qu'il prenait de leurs âmes, il pourvoyait encore au soulagement de leurs corps, et quelquefois il se retirait avec eux, et il y demeurait pour leur rendre plus de services et leur donner plus de consolation, ce qu'il a fait même en temps d'épidémie et de maladie contagieuse, l'amour qu'il portait à ces pauvres affligés le faisant s'oublier lui-même et sa propre conservation, pour se donner entièrement à eux. Quand il était obligé de s'absenter pour d'autres affaires, il en laissait le soin à deux bons et vertueux ecclésiastiques.

 

Pratique. - Se prêter aux œuvres qui ont pour but le soulagement et l'évangélisation des pauvres prisonniers.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui n'avez laissé aucune misère sans vous porter à la soulager, priez pour les malheureux endurcis dans le péché.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Lorsque nous recevons avec une entière et parfaite résignation les afflictions que Dieu nous envoie, elles deviennent pour nous des faveurs et des bienfaits, puisque la conformité à la volonté de Dieu est un gain bien supérieur à tous les avantages temporels.

Les calomnies et les persécutions sont des faveurs que Dieu accorde à ceux qui le servent fidèlement : elles sont des moyens dont la Sagesse divine se sert pour sanctifier davantage les âmes, et pour les détacher de tout ce qui les empêche de s'unir à lui parfaitement.

Il y a des contradictions par tout : il suffit que deux hommes se trouvent ensemble pour qu'ils se donnent mutuellement des occasions d'exercer la patience ; et, quand même quelqu'un serait seul, il aurait encore besoin de cette vertu, tant il est vrai que notre misérable vie est pleine de croix !

Notre-Seigneur a, en quelque sorte, ennobli et sanctifié les misères humaines, en s'assujettissant à toutes, excepté l'ignorance et le péché. Il nous a appris par là à ne pas mépriser ceux qui en sont les plus accablés, et à ne pas refuser de les soulager.

Les afflictions sont le gage le plus certain que Dieu puisse nous donner de l'amour qu'il a pour nous.

Plus l'amour de Dieu s'accroît dans une âme, et plus l'amour des souffrances et des humiliations s'accroît en elle.

La marque que Dieu a de grands desseins sur une âme, c'est lorsqu'il lui envoie désolations sur désolations et peines sur peines.

 

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30 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1014

 

Quatorzième jour

4e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

1er octobre

 

Les confréries de Charité

 

Prélude. - Le saint réunit quelques femmes de Châtillon-les-Dombes et leur proposa son dessein.

 

Récit. - La compassion pour les souffrances lui était venue en même temps que le zèle des âmes et du même mouvement, c'est-à-dire de la vue et du sentiment des misères publiques.

Elle lui inspira d'abord les Confréries de charité.

Ces confréries admettaient dans leur sein toutes les femmes, de bonne volonté et de tout rang, qui avaient dessein de servir les pauvres. Elles tiraient leurs ressources de quêtes faites en leur nom dans les paroisses, de dons en argent ou en nature, tels que blé, linge, meubles et ustensiles de ménage, offerts par les associées ou par leurs amies. Une trésorière avait la garde de l'argent, une garde-meuble celle du linge et autres objets qui devaient être à la disposition des malades ; un procureur tenait le contrôle des quêtes et des dons, le catalogue des membres de la confrérie, la liste des pauvres assistés. Les associées visitaient les malades, leur portaient la nourriture sou vent apprêtée par elles ou chez elles, faisaient leurs lits, leur administraient les remèdes, et ne reculaient devant aucun soin vulgaire.

Ainsi, les malades trouvaient dans « leur pauvre chambre » toute la vigilance, tous les services, qu'aurait pu leur offrir l'hôpital le mieux administré, et, ce qui valait bien plus encore, ils n'étaient pas à l'hôpital, mais dans leur domicile et dans leur famille. On leur apportait tous les remèdes corporels et spirituels, « sans séparer le mari d'avec la femme, ni la mère d'avec les enfants ».

Le succès ayant justifié l'entre prise, Vincent de Paul la renouvela dans plus de trente paroisses qui relevaient de la maison de Gondi. Les prêtres de la mission, dès leur commencement, travaillèrent, partout où ils prêchaient, à produire des confréries de Charité, comme un des meilleurs fruits de leur parole Le fondateur n'avait aspiré qu'à les former dans les campagnes, où les hôpitaux manquaient, où les aumônes étaient moins abondantes. Mais, les villes ne restèrent pas en arrière.

 

Pratique. - S'agréger, dans la mesure du possible à quelqu'une de ces œuvres de charité qui s'occupent du soin et de l'assistance des pauvres.

 

Invocation. - Saint Vincent de Paul, organisateur de la Charité, protégez ceux qui s'occupent de l'assistance des malheureux.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Notre divin Rédempteur nous disant : « Vous serez heureux quand les hommes vous persécuteront et diront de vous toute sorte de mal », c'est un bonheur bien grand d'être traité comme l'a été Jésus-Christ, notre Sauveur.

Les calomnies sont pour nous un motif de remercier Dieu et de nous réjouir quand nous n'avons pas donné occasion à ce que l'on dit contre nous. Nous sommes heureux, si Dieu nous fait la grâce de souffrir pour la justice, d’aimer le mépris et la confusion et de rendre le bien pour le mal.

Oh ! Qu'il est malheureux d'être sans croix ! Quand nous ne souffrons rien, nous ne sommes pas conformes à Jésus-Christ ; et c'est pourtant cette conformité qui est la véritable marque de notre prédestination.

Il n'y a aucun état dans le monde qui n'ait ses amertumes et ses dégoûts, et qui, par conséquent, ne nous inspire le désir d'embrasser un autre genre de vie.

Si nous pouvions voir les tribulations avec des yeux vraiment chrétiens, et si notre esprit était débarrassé de certaines maximes du monde, qui s'opposent, ainsi que de sombres nuages, aux rayons de la foi ; et qui ne laissent pas pénétrer cette lumière céleste jusqu'au fond de nos âmes nous nous estimerions très heureux d'être calomniés, d'être regardés non-seulement comme des hommes oisifs et inutiles, mais encore comme des méchants et des vicieux.

Dieu, pour procurer sa gloire, permet quelquefois que nous soyons diffamés et persécutés sans raison : Il veut en cela nous rendre semblables à son Fils, qui fut calomnié et traité de séducteur, d'ambitieux et de possédé.

Une âme toujours en repos peut être comparée à une mare d'eau sans mouvement, qui se corrompt et répand une odeur fétide ; une âme, qui est exercée par la tentation, est semblable à une eau courante, toujours claire et toujours agréable.

 

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29 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

15507

 

Treizième jour

3e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

30 septembre

 

Fondateur des séminaires

 

Prélude. - Écoutons le saint, entouré de jeunes séminaristes à qui il fait entendre les plus solides et les plus édifiantes exhortations.

 

Récit. - Malgré les exercices des Ordinands, et les conférences des ecclésiastiques, il manquait toujours à la régénération du clergé une condition capitale, celle qui avait été recommandée à tout l'épiscopat par le saint concile de Trente : l'établissement de séminaires pour disposer par avance la jeunesse au sacerdoce.

En vain, proclamait-on, dans les synodes, dans l'assemblée du clergé de 1629, que, avec les séminaires, on verrait avant peu d'années refleurir, dans l’Église, l'érudition sacrée, la piété et la pureté de la vie ; tous les efforts tentés en suite de ces exhortations venaient échouer, soit contre le manque d'argent, soit contre le défaut d'organisateurs capables, soit contre le calcul égoïste des familles qui présentaient bien leurs enfants à l'instruction gratuite, puis les reprenaient dès qu'ils étaient assez instruits pour en profiter personnellement.

Il n'existait encore aucune école spéciale, où tout fut organisé pour réunir et retenir ensemble les aspirants au sacerdoce, leur distribuer, dans la mesure suffisante, avec le temps nécessaire, la science de la théologie, la connaissance des lois et de la discipline ecclésiastiques, et constater les aptitudes et les intentions par une épreuve prolongée et certaine.

Vincent de Paul donna enfin l'impulsion décisive.

Il avait établi, en 1636, au collège des Bons Enfants, une école de jeunes clercs à qui on enseignait les humanités et les bonnes mœurs, dans l'espoir de trouver un jour des prêtres parmi eux ; c'était, comme nous disons aujourd'hui, un petit séminaire.

Au mois de février 1642, il établit au même collège douze aspirants aux ordres, qu'il fit nourrir et instruire pendant deux ans. L'essai fut une fondation durable, à laquelle ne manquèrent ni les élèves, ni les ressources, et la première création de ce genre qui ait subsisté.

Ainsi, successivement, par les missions dans les campagnes, par l'établissement des Prêtres de la mission, par les exercices des Ordinands, par les conférences pour les ecclésiastiques, par la fondation des séminaires, Vin cent prenait, sans le chercher, une place éminente parmi les réformateurs de l’Église, clergé et fidèles.

Il est temps de l'étudier comme bienfaiteur de l'humanité.

 

Pratique. - Favoriser de tout son pouvoir les vocations ecclésiastiques, comme étant l'œuvre par excellence.

 

Invocation. - Saint Vincent, instituteur du clergé, protégez les grands et les petits séminaires de France.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Le premier pas que doit faire celui qui veut suivre Jésus-Christ, c'est de renoncer à soi-même, c'est-à-dire à ses propres sentiments, à ses passions, à sa volonté, à son jugement propre, et à tous les mouvements de la nature.

On doit faire profession d'agir toujours suivant la doctrine de Jésus-Christ, qui ne peut jamais tromper, et ne se conformer jamais aux maximes du monde, qui trompent toujours.

L'esprit de Jésus est un esprit de droiture et de sincérité ; celui qui est appelé à glorifier ce Dieu Sauveur doit agir d'après son esprit.

Nous devons apprendre de Jésus-Christ à être doux et humble de cœur, lui demander sans cesse qu'il nous donne ces deux vertus. Nous devons apporter une attention particulière pour ne pas nous livrer aux deux passions qui leur sont contraires et qui nous feraient détruire d'une main ce que nous cherchons à élever de l'autre.

La prudence chrétienne et véritable fait que, sans crainte de nous tromper, nous soumettons notre esprit aux maximes de l'Evangile. Elle nous apprend à juger des choses comme Jésus Christ en jugeait, à parler et agir comme il parlait et agissait lui même.

Dieu nous fait une grande grâce quand il nous prive de tout ce qui peut nous rendre dissemblables à Jésus-Christ, qui ne posséda rien en propre ; pourrions-nous nous trouver dans une situation plus avantageuse et plus agréable à sa divine Majesté, que celle-là même où il nous a placés ?

Quelle a été la vie de Notre Seigneur et celle de sa sainte Mère ? Ç'a été une vie d'une parfaite pauvreté ; et il a voulu que tous ceux qui désiraient se mettre à sa suite, embrassassent sa pauvreté. « Si vous voulez, dit-il, être parfaits, quittez tout et me suivez ».

 

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28 septembre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1030

 

Douzième jour

2e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

29 septembre

 

Les Conférences des Ecclésiastiques

 

Prélude. - Se figurer saint Vincent, entouré de prêtres qu'il instruit.

 

Récit. - Une fois appelé dans cette voie, Vincent de Paul ne pouvait plus s'arrêter, puisque toute œuvre bien commencée cherche d'elle-même son perfectionnement, et qu'il avait l'habitude de se prêter à toutes celles qui venaient solliciter une direction de sa prudence et de son zèle. Aux Exercices des Ordinands, il joignit les Conférences des Ecclésiastiques.

Plusieurs prêtres, nouvelle ment ordonnés, s'étant adressés à lui pour savoir par quels moyens ils pourraient entretenir en eux la persévérance et la pratique du bien, il leur proposa de se réunir une fois par semaine à St-Lazare, pour y conférer entre eux des choses qui regardaient leur état, des vertus ecclésiastiques, des fonctions du ministère, excellent moyen, assurément, pour chacun, de ne jamais perdre le souvenir de ses obligations personnelles, de retremper sans cesse son ardeur dans le conseil et dans l'exemple, et pour tous de s'encourager et de se surveiller réciproquement, sans apparence de reproche et sans affectation d'autorité.

Les conférences, établies à St Lazare, furent bientôt remarquées par le nombre des assistants, et plus encore par les services auxquels ils s'appliquaient dans la ville et aux environs, dans les prisons et dans les hôpitaux. Richelieu, espérant y trouver de bons évêques, invita Vincent de Paul à lui désigner ceux qu'il croyait les plus dignes de l'épiscopat, l'historien remarque que le ministre écrivit leurs noms de sa main.

De Paris, l'institution passa aux provinces. Ollier, qui en avait été un des fondateurs, la porta en Auvergne et l'établit au Puy. Heureux du succès, il écrivait à la Conférence de Saint-Lazare : « Vous êtes établis comme des lumières, posées sur un grand chandelier dans la ville de Paris, pour éclairer tous les ecclésiastiques de France ».

Deux ans avant sa mort, Bossuet, élève des conférences de Saint-Lazare, dans le procès de canonisation de Vincent de Paul, protestait qu'il avait « reçu, de ce personnage, les sentiments de la piété chrétienne dans toute leur pureté, et le véritable esprit de la discipline ecclésiastique ».

 

Pratique. - Prier souvent pour les prêtres.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle et pasteur du clergé français, maintenez dans son sein la pureté de la foi et la ferveur de la vie ecclésiastique.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Pourvu que Dieu soit glorifié, peu importe que ce soit par le moyen de telle personne ou de telle autre. Quand nous serons dans le ciel, si Dieu nous fait la grâce d'y être admis, nous verrons que, sous l'empire de la par faite charité, il n'y a ni mien ni tien.

Les entreprises, qui se commencent par des voies simples et communes, sont plus favorisées de Dieu, que celles dans lesquelles on emploie des moyens extraordinaires et éclatants.

Le zèle du salut des âmes n'est qu'une ardente charité, un désir enflammé de les faire arriver au bonheur éternel par la fidélité au service de Dieu.

On doit toujours conserver la sainte pratique d'agir avec douceur et avec charité, soit en public, soit en particulier, lors même que l'on traite avec des pécheurs obstinés. Il ne faut jamais se servir d'invectives, de reproches, de paroles dures ; moyen si peu convenable à celui qui cherche à être utile à son prochain ; moyen qui, loin d'attirer et de gagner les âmes à Dieu, ne fait que les irriter et les en éloigner avantage.

Le salut d'une âme est quelque chose de si important, que, pour le procurer, on doit exposer non seulement ses biens, mais sa vie.

La vie d'un ouvrier évangélique a pour fondement l'abnégation de soi-même, et l'imitation de la vie de Jésus-Christ et de ses apôtres.

 

3083-01

 

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