30 mars 2018

Le Mois de la Passion

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Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

 

Veille du premier jour

Combien il est juste de se soumettre à Dieu, à l’exemple de Jésus-Christ

 

I. Considère, ô mon âme, combien est grande la Majesté de Dieu, puisqu’il a fallu, pour lui rendre l’hommage qui lui est dû, qu’un Homme-Dieu, Son Fils unique, s’anéantit devant Lui, et se rendit obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la Croix.

Obéissance admirable, mais sanglante et terrible ! Dans la mort de Son Fils, Dieu a signalé son souverain pouvoir ; Il a fait éclater les droits de Son autorité, Il a été glorifié comme Il le mérite. Pour rendre un digne hommage à la souveraine grandeur de Dieu, il ne fallait rien moins que l’obéissance et l’anéantissement d’un Homme-Dieu.

II. Après un si grand exemple, qui osera résister à Dieu ? Des vers de terre, comme nous, oseront-ils secouer le joug de l’obéissance, sous lequel Jésus-Christ a plié et sous lequel il est mort ?

III. Considère, mon âme, ton Sauveur attaché à la Croix. Elle a été le terme de toute ses obéissances. Ce n’est qu’après avoir accompli dans le cours de sa vie toutes les Volontés de Son Père, qu’Il y est mort, et y a consommé Son Sacrifice. Pourrais-tu refuser à ton Dieu ta soumission et n’accomplir de ses Volontés que celles qui sont conformes à tes inclinations ?

IV. Considère surtout avec quel amour, avec quel zèle et quel respect Jésus-Christ s’est montré obéissant. « Je ne fais rien, dit-Il Lui-même, que ce qui plaît à Mon Père ; Ma nourriture est d’accomplir Sa Volonté : Mon Père, que Votre Volonté s’accomplisse et non la Mienne ». La seule consolation qu’il paraît avoir sur la Croix, c’est quand, avant d’expirer, se rappelant qu’Il avait accompli toutes les Volontés de Son Père, Il dit, en s’écriant avec une force toute divine : « Tout est consommé ».

V. Que signifient, ô mon âme, ces paroles de Saint Paul : « Jésus-Christ s’est rendu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la Croix » ? que signifient celles que prononça Jésus-Christ Lui-même dans un triste état de sanglante agonie : « O Mon Père, que Votre Volonté soit faite, et non la mienne » ?

Jésus-Christ comprenait la grandeur et la Majesté infinie de Dieu. Il savait que rien n’est plus juste et raisonnable que de se soumettre à Lui, et quoique, comme Son Fils unique Lui fut égal, Il a voulu ajuster à ses éminentes qualités celle de Son Serviteur, se faisant gloire et s’estimant heureux de mourir par Ses ordres.

Imitons ce glorieux exemple, nous qui, par notre nature, sommes les esclaves de Dieu, et ne sommes ses enfants que par Sa grâce. Nous Lui devons une soumission parfaite, parce qu’Il est notre Souverain Seigneur ; nous la Lui devons parce qu’Il est notre Père ; et en nous soumettant à Ses ordres, nous Lui faisons en même temps hommage de notre dépendance, et nous Lui témoignons notre amour.

 

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Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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24 avril 2012

Le Mois de la Passion de Jésus 4/4

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Le Mois de la Passion de Jésus

« Regardez et voyez s'il une douleur semblable à ma douleur ».

 

Vingt-cinquième jour

« Voilà votre Fils, voilà votre Mère »


Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus, ayant épuisé tous les trésors de Son Amour, il ne Lui restait plus sur la terre qu'une Mère affligée, Il nous la donne dans la personne de Saint Jean: « Voilà votre Mère ». Recevez avec reconnaissance cette preuve si sensible de la bonté de Jésus, et croyez qu'il ne pouvait vous laisser, en mourant, un plus précieux héritage. Marie vit bien qu'en acceptant Saint Jean pour son fils, Elle adoptait tous les hommes pour ses enfants; dès lors, Elle reçoit un cœur de Mère pour les pécheurs, Elle les regarde comme des enfants de douleur qu'elle a engendrés au pied de la Croix. Aimez une si bonne Mère, et montrez, par vos paroles et vos actions, que vous êtes Son fils.

 

Prière

 

O Marie, Médiatrice de la paix entre Dieu et les hommes, notre asile et notre espérance, Jésus scella de Son Sang sur la Croix le testament de réconciliation et de grâce qui nous donne droit au ciel; et c'est vous qui fûtes la coopératrice à ce grand ouvrage seul digne d'un Dieu. Ah! si notre perfidie pouvait refroidir Votre Amour pour nous, rappelez-vous le Calvaire: c'est là, ô Reine de douleur, que notre Sauveur, près d'expirer, nous mettant à sa place, par un excès de charité incompréhensible, nous donna à vous pour fils dans la personne de Saint Jean: « Femme, voilà vos enfants, ils vous appartiennent, ils sont le fruit de vos angoisses et de vos douleurs; élargissez vos entrailles maternelles pour les recevoir, Je ne vous ai rendue toute-puissante, qu'afin de les gagner par Vous à Mon Divin Cœur ». Des recommandations si pressantes, de la part d'un fils bien-aimé qui meurt, ne sauraient échapper de la mémoire d'une Mère; non, ma Sainte Mère, Vous ne pouvez nous laisser orphelins, à la vue d'une Charité sans exemple. Ah! si quelque chose pouvait tempérer nos douleurs dans ces jours de deuil, ce seraient surtout les desseins de prédilection que Jésus a eus sur nous en Vous remplissant de tendresse pour Vos enfants. Vous les appelez à Vous par la suavité de Vos caresses, Vous les réchauffez avec joie dans Votre Cœur plein d'Amour. Tant de bonté, ô Marie, Vous a conquis nos cœurs; nous sommes prêts à Vous obéir, à Vous aimer, à Vous vénérer; et notre plus grand bonheur c'est de Vous appartenir comme enfants d'une famille dont Vous êtes l'ornement et la gloire.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-sixième jour

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? »

 

Réflexions pratiques

 

Considérez ô mon âme, que Jésus, ne trouvant sur la terre personne qui le consolât dans de si affreux tourments, s'adressa à son Père pour lui demander quelque soulagement; mais le Père éternel qui voyait son fils couvert de la robe du pécheur, employa sa toute-puissance pour faire dans le Cœur de Jésus une profonde impression de douleur et d'angoisse. Alors le Sauveur, qui avait toujours souffert, sans se plaindre, proféra ces paroles: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? » Comprenez de là quel était l'excès de sa douleur et de sa tristesse intérieure, et combien vous aimait un Dieu qui mourait privé de toute consolation, pour vous consoler au moment de votre mort.

 

Prière

 

O Jésus! véritable consolateur des affligés, dans quel nouvel abîme de souffrances je vous vois plongé! Personne ne prend part à vos douleurs, personne ne vous console dans votre abandon universel. Le ciel parait d'intelligence avec la terre pour vous délaisser entièrement En vain vous vous plaignez à votre Dieu en des termes capables d'attendrir les rochers; il est sourd à vos soupirs et à vos plaintes. C'est encore votre amour, ô mon doux Sauveur! qui vous a réduit à ce cruel abandon: oui, c'est votre amour, votre seul amour qui vous a fait souffrir cet excès de désolation et de tristesse, sans assistance, sans secours, sans consolation. J'ai attendu que quelqu'un prit part à ma douleur, et personne ne l'a fait; j'ai attendu que quelqu'un me consolât, mais je n'ai trouvé personne. Cette mer de douleurs et d'amertumes dans laquelle vous mourez me donne l'espérance que je ne serai point abandonné de vous. Il est vrai, Seigneur Jésus, que je mérite, non pas que vous me consoliez, mais que vous me laissiez pauvre et désolé: car je vous ai souvent abandonné moi-même. Si telle est votre volonté, frappez, mon Dieu, je suis entre vos mains, et je m'incline sous votre verge; je ne refuse pas la part du calice, mais, ô Saint délaissé! ne m'abandonnez pas; envoyez-moi votre Ange qui me réconforte et me soutienne, ou plutôt venez me consoler vous-même dans mes peines, et surtout dans les angoisses de ma dernière agonie.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-septième jour

« J'ai soif »


Réflexions Pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que l'abondante effusion de sang, que Jésus avait soufferte, excita en lui une soif brûlante: « J'ai soif ». Aussitôt ses cruels bourreaux lui appliquent à la bouche une éponge pleine de vinaigre: « Ils m'ont donné du fiel pour ma nourriture; et dans ma soif ils m'ont présenté du vinaigre à boire ». Ceux-là donnent aussi du vinaigre à Jésus, qui passent les premières années de leur vie dans l'assouvissement de leurs passions, et consacrent à Dieu les tristes restes d'une vie épuisée. La véritable soif du Sauveur, c'est le désir de votre salut. Soulagez cette soif ineffable en travaillant avec crainte à votre sanctification.

 

Prière

 

Mon cher Jésus, il n'est point de douleur que vous n'ayez soufferte pour la guérison de nos maux; vous avez voulu accumuler sur votre corps souffrances sur souffrances, afin de nous donner des marques toujours nouvelles de votre amour. Vous avez soif, et ils vous donnent du fiel et du vinaigre! Quoi! vous êtes la fontaine dont les eaux vives et fortifiantes jaillissent jusqu'à la vie éternelle; vous avez donné à la Samaritaine cette eau délicieuse et abondante qui éteint pour toujours la soif des passions mondaines, et qui excite une sainte avidité pour les biens célestes; et dans la soif ardente qui vous consume, ils vous présentent un breuvage amer plus propre à vous déchirer les entrailles qu'à vous rafraîchir. Vous souffrez une autre soif, ô Jésus! et vous la souffrirez jusqu'à la consommation des siècles: c'est le désir du salut des hommes, lequel ne sera satisfait que lorsque vous les aurez reçus dans votre royaume éternel. Mais hélas! les insensés ne cessent de vous abreuver de fiel et de vinaigre; ils se sont éloignés de vous, préférant les plaisirs trompeurs de Babylone au bonheur plus vrai de la Jérusalem céleste. Ne permettez pas, mon Seigneur, qu'ils abusent plus longtemps de votre Sang très précieux, et qu'ils ferment l'oreille à la voix de vos souffrances. Sauvez les pécheurs: que ce soit là le premier fruit de cette soif que vous avez soufferte sur la croix et votre plus douce récompense pour les traits si multipliés de votre amour pour nous.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-huitième jour

« Tout est consommé »

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus sur la croix dit d'une voix mourante: « Tout est consommé, l'œuvre de votre rédemption est achevée, la justice divine est satisfaite, le paradis est ouvert, je n'ai plus qu'à mourir ». Tout est-il consommé pour vous? Avez-vous fait tout ce que le Seigneur vous a commandé ? Que vous serez heureuse à la mort, si > après avoir imité l'humble résignation de votre divin Maître, vous pouvez dire: « Tout est consommé », et ajouter avec Saint Paul: « J'ai combattu un bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi; au reste» la couronne de justice m'est réservée, et le Seigneur, juste juge, me la donnera! »

 

Prière

 

Mon Sauveur, tout est consommé! la rage et la fureur des bourreaux, vos travaux, vos souffrances et vos humiliations, la mission que vous avez reçue de votre Père, l'iniquité des Juifs, la colère de Dieu contre les pécheurs, votre charité pour les élus, l'œuvre de notre rédemption, les figures et les prophéties, vous avez tout accompli. Oui, tout est consommé de votre part: vous n'avez plus rien à souffrir pour notre salut, et vous avez employé toute votre vie à l'œuvre que Dieu vous avait confiée. Puis-je dire tout est consommé: j'ai fait la sainte volonté de Dieu sur la terre, en m'appliquant à l'œuvre particulière qu'il m'a donnée à faire, j'ai fait tout ce qu'il m'a commandé? Heureuse l'âme qui peut se rendre ce consolant témoignage, et qui, purifiée par le feu de la tribulation et de la douleur, jette un dernier regard sur cette terre qu'elle abandonne, et prend son essor vers le ciel, après avoir consommé, par la patience, tout ce qui la retenait dans cette vie de misère et de péché. Au moins, ô Jésus! accordez-moi la grâce de vous aimer et de vous servir avec plus de ferveur: achevez l'ouvrage de ma sanctification que votre miséricorde a commencé, afin que je puisse dire, à l'heure de ma mort, que tout est consommé selon vos desseins, afin que vous me consommiez vous-même dans l'unité divine, selon la parole que vous en avez donnée à vos Apôtres, après leur avoir distribué le Sacrement de l'unité et de la consommation chrétienne.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-neuvième jour

« Mon Père, je remets mon âme entre vos mains »

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que la tête vénérable de Jésus se penche, ses yeux, qui avaient été la consolation des affligés, commencent à se fermer, ses lèvres, d'où sortaient les paroles de la vie éternelle, deviennent froides et livides. Toutefois fortifié par sa propre vertu, il lève la tète, il ouvre les yeux et, les tenant attachés au ciel: « Mon Père, s'écrie-t-il, je remets mon âme entre vos mains ». Recueillez, avec un profond respect, ces dernières paroles de votre Sauveur, conservez-les précieusement, afin que vous puissiez les lui rendre tous les jours, avant votre repos et à l'heure de votre mort, avec un cœur brûlant d'amour.

 

Prière

 

Mon Père, mon aimable Père, je connais la mansuétude et la bonté de votre cœur: aussi, je me jette dans le sein et dans les bras de votre divine miséricorde, je m'abandonne avec une confiance pleine d'amour à votre adorable volonté: si elle paraît amère à ma faiblesse, votre grâce rendra léger un moment de souffrances qui sera suivi d'un poids éternel de gloire. Le soin de ma dépouille mortelle m'inquiète peu: car je sais que vous ranimerez ma poussière par le souffle de votre puissance. Mais, pour mon âme, ô mon Père! que vous avez créée à votre image, et qui soupire ardemment après le bonheur de vous voir et de vous posséder, je désire la remettre entre vos mains sacrées, dans lesquelles seules elle trouvera le repos et la sécurité. Ah! si je vivais, comme le doit faire un fils qui rend à son père l'amour, le respect et l'obéissance qu'il lui doit, avec quel pieux empressement je conserverais mon âme pure et simple comme la colombe, pour la rendre agréable à vos yeux et digne de vous être remise! mais n'est-ce pas à vous, mon Dieu, qu'il appartient de purifier et de sanctifier mon âme, mon esprit, mon cœur, ma volonté? Disposez de moi, selon votre bon plaisir; car, dès maintenant et toujours, je veux m'abandonner à vous sans réserve; tous les jours de ma vie, avant de prendre mon repos, et aussi à ma dernière heure, je veux vous dire avec amour: « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains ».

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Trentième jour

A trois heures, Jésus expire sur la Croix

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus, laissant échapper de son Cœur affligé un profond soupir et baissant la tète, en signe de soumission, expira par la force de la douleur, et remit son âme entre les mains de Dieu son Père. Jésus est mort; Jésus, le fils de Dieu, l'auteur de la vie, est mort sur une croix, comme un malfaiteur, entre deux scélérats: quelle mort après une telle vie! Votre Jésus est mort, et c'est pour vous qu'il est mort: que rendrez-vous au Seigneur pour un si grand bienfait? Ah! si vous aimez Jésus, vous pleurerez sa mort par les larmes de la componction, vous mourrez vous-même de douleur et d'amour, à la vue d'un Dieu que vos péchés ont attaché à la croix et mis à mort.

 

Prière

 

O Jésus, mon Sauveur, Vous êtes mort pour réparer l'honneur de Dieu outragé par le péché, pour m'arracher à l'enfer et m'ouvrir le ciel. Un Dieu mort sur une croix pour sa créature: je ne comprendrai jamais ce profond, ce sublime mystère, si je n'apprends auparavant quelle est la puissance de l'amour. Faites-moi, je vous prie, comprendre toute la grandeur de la charité qui vous a porté à mourir pour moi, afin que je n'aime plus que vous seul, et que je vous rende la reconnaissance que je vous dois pour une mort si glorieuse à Dieu et si salutaire à mon âme. Que puis-je faire, Seigneur, sinon d'adorer, dans une sainte frayeur, ce terrible mystère, de vous offrir tout ce que j'ai de volonté, de vie et d'affection, pour vous être consacré par tel genre de mort qu'il vous plaira de m'envoyer? Si je ne puis mourir pour vous, qui avez daigné mourir pour moi; s'il ne m'est pas accordé de vous donner mon sang et ma vie par la main des bourreaux, j'accepte au moins avec résignation la mort que vous m'avez destinée, et j'espère de votre miséricorde que vous la rendrez sainte, bonne et heureuse. Il est vrai, ô Jésus! que vous m'avez racheté de votre sang, mais à quoi me servirait ce sang précieux, si je me damnais misérablement? Non, vous ne permettrez pas que je me perde, et que je sois éternellement séparé de vous ; mais vous daignerez recevoir dans vos mains ma pauvre âme, comme votre Père reçut votre âme bienheureuse, l'accueillir avec bonté et l'introduire dans votre royaume céleste.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

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Fin du Mois de la Passion de Jésus

 

Prochain Mois de dévotion, Mois de Marie de Notre Dame de Lourdes

16 avril 2012

Le Mois de la Passion de Jésus 3/4

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Le Mois de la Passion de Jésus

« Regardez et voyez s'il une douleur semblable à ma douleur ».

 

Dix-septième jour

« Ecce Homo », Jésus est montré au peuple

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Pilate, voyant Jésus réduit à un état si digne de compassion, pensa que sa vue attendrirait les Juifs; il le leur présenta donc du haut d'une galerie en disant: « Voilà l'Homme, voilà celui que vous avez traduit à mon tribunal, et que j'ai, malgré son innocence, condamné aux fouets pour vous plaire; êtes-vous contents? » « Crucifiez-le, crucifiez-le, s'écrièrent-ils, et que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ». Le Père éternel nous présentait, en même temps du haut du ciel, son fils bien-aimé en disant pareillement: « Voilà l'Homme, voilà celui que je vous ai promis pour Rédempteur: c'est mon fils unique, devenu pour vous le plus malheureux des hommes; aimez-le, aimez-le ».

 

Prière

 

Mon bien-aimé Rédempteur, Pilate Vous expose à la vue des Juifs, couvert d'un haillon rouge, un roseau à la main, une couronne d'épines sur la tète, déchiré de plaies, les cheveux arrachés, le Visage défiguré et couvert de crachats. Qui voudra, Seigneur, Vous reconnaître pour son Roi dans cet état d'ignominie et de douleur, où aurait honte de se trouver le plus vil de tous les hommes? Ce ne sera pas ce peuple ingrat qui, comblé de Vos bienfaits, Vous insulte et Vous outrage, ce peuple barbare qui, mon cœur se glace à le dire, demande votre mort à cris redoublés. Ce sera moi, Seigneur Jésus: il est vrai que vous n'avez plus ce visage radieux qui brilla sur le Thabor; mais, à mes yeux, Vous êtes toujours le plus beau des enfants des hommes; plus Vous êtes humilié et malheureux, plus Vous êtes digne de mon amour et de ma vénération. Si ce peuple infidèle vous méprise, comme un infâme scélérat, je Vous adore, comme mon Sauveur et mon Dieu; s'il Vous renonce pour son Roi, je Vous choisis pour mon Maître et mon Seigneur; et je proteste, à la face de l'univers, que je n'aurai jamais d'autre roi que Vous, parce que Vous êtes un Roi bon et clément, dont le sang répandu sur nous, nous obtient Miséricorde. Vos opprobres font ma gloire, Vos souffrances mon bonheur, Votre Pauvreté ma richesse: consacrés par Votre exemple et celui de Vos Saints Martyrs, les affronts et les mépris, que je souffrirai pour Vous, me seront d'autant plus profitables que, si je porte avec Vous une couronne d'épines sur la terre, je recevrai de Vos mains une couronne de Gloire dans le Ciel.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Dix-huitième jour

A dix heures, Jésus condamné à mort

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, combien fut injuste la sentence qui condamna Jésus-Christ à être crucifié: le juge qui avait reconnu et proclamé tant de fois son innocence, le condamne cependant et le livre à la volonté des Juifs. Jésus entend cette sentence, et la reçoit comme l'expression du décret de son Père éternel, à qui il offre sa condamnation pour le salut des hommes. Il accepte la mort avec une humble résignation et une parfaite obéissance; il se réjouit même de mourir pour nous témoigner l'excès de son amour. Apprenez à vous soumettre, de bon cœur, à la volonté de celui qui se livre si volontiers à la mort pour vous délivrer de la mort éternelle.

 

Prière

 

O Jésus, ma vie, mon espérance, qui pourra entendre, sans être saisi d'horreur, la cruelle sentence qui Vous condamne à mourir sur la croix? Le cœur humain comprendra-t-il qu'il y a eu des lèvres assez audacieuses pour prononcer l'arrêt de Votre condamnation? Il fallait que la passion et la haine eussent bien aveuglé les Juifs pour qu'ils demandassent Votre Mort à grands cris. Mais quel crime aviez-Vous commis, mon Sauveur, pour être condamné au dernier supplice, comme un vil scélérat, Vous, le Dieu Tout-Puissant, le Dieu Saint, le Dieu Bon qui n'avez fait que du bien? Votre crime, c'est l'Amour excessif que Vous avez pour nous, c'est le vif désir qui Vous presse de consommer, par la mort, l'ouvrage de notre rédemption. A la pensée des tigres altérés de la dernière goutte de Votre sang, mon cœur se brise, mon front rougit de honte pour l'humanité; mes yeux versent des larmes, en voyant un Dieu qui veut souffrir et mourir pour nous. Mais je Vous entends, ô Jésus, exhorter les filles de Jérusalem à pleurer sur elles et sur leurs enfants, plutôt que sur Vous-même. Il est vrai, ce sont mes péchés qui Vous ont attaché à la croix, ce sont mes crimes qui Vous ont condamné à mourir; sans doute ils criaient encore plus haut que les Juifs: « Crucifiez-le »; aussi, pour les expier, Vous êtes-Vous livré à la fureur de vos ennemis. Pénétrez-moi de cette vérité, afin que je pleure mes péchés, qui sont la seule cause de Votre mort, et que, touché de Votre grâce, je meure de douleur et d'amour, à la vue d'un Dieu qui meurt dans le temps, et qui vit éternellement avec le Père et le Saint-Esprit.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Dix-neuvième jour

Jésus chargé de sa croix

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Pilate livre la plus innocente des victimes à ces loups furieux qui, après l'avoir liée, lui remettent ses habits. Ils font, à la hâte, une Croix longue de cinq mètres, et la placent rudement sur les épaules ensanglantées du Sauveur. Au milieu des condamnés s'avance le Roi du Ciel, chargé de Sa Croix, vers le Calvaire, pour y être supplicié sur un gibet infâme. Il marche, le Corps penché, les genoux tremblants, dégouttant de Sang, épuisé de forces. Sortez aussi, venez accompagner votre Seigneur dans ce douloureux voyage et porter votre croix à Sa suite; c'est là que vous apprendrez ce que lui a coûté l'amour qu'il a eu pour vous.

 

Prière

 

Adorable Jésus, éternel ami des hommes, non content de Vous être laissé flageller et couronner d'épines, Vous embrassez Votre Croix qui a été, pendant trente-trois ans, l'objet de Vos désirs; Vous-même, de Vos propres mains, Vous la mettez avec empressement sur Vos épaules couvertes de plaies; rien ne Vous arrête et ne vous intimide: ni l'infamie du supplice des voleurs, ni un fardeau qui est au dessus de Vos forces affaiblies, ni les nouvelles humiliations et les nouvelles souffrances que Vous rencontrerez sur Votre passage. Et où allez-Vous sans moi, ô mon bien-aimé Jésus? Permettez que je porte Votre Croix à la place de Simon le cyrénéen, et que je Vous suive dans ce douloureux trajet. Où allez-Vous donc? Ah! je le comprends, Vous allez répandre Votre Sang jusqu'à la dernière goutte pour épargner le mien; Vous allez souffrir le supplice de la Croix pour me délivrer du supplice éternel de l'enfer, mourir enfin sur un gibet, d'une mort ignominieuse, pour me donner la vie de la gloire. Arrêtez, Seigneur, Vous êtes assez rassasié de douleurs; et, si Vous prétendez, par Vos Souffrances, gagner mon amour, cessez de souffrir encore: car ce que Vous avez déjà souffert me dit assez combien Vous m'avez aimé, et combien je dois Vous aimer. J'avoue que j'ai été assez malheureux pour vivre longtemps sans Vous aimer et dans l'oubli de Vos bontés. Mais comment penser à Vos souffrances et ne pas Vous aimer? Je Vous aime, ô Jésus, je ne veux aimer que Vous. Ah! que ne puis-je, pour Vous prouver que je Vous aime, Vous sacrifier mille vies, ou au moins mourir d'une plaie d'amour et transpercé d'un trait si doux et si désirable!

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingtième jour

A douze heures, Jésus attaché à la croix

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus vaincu par l'excès de Ses douleurs et par la multitude de Ses blessures, si l'Amour Divin peut l'être, soutient avec peine ses pas chancelants, lorsqu'Il arrive au Calvaire, où Il meurt pour nous dans de cruelles Souffrances. Cependant Ses bourreaux arrachent une troisième fois avec violence Ses vêtements collés à Son Corps déchiré et rouvrent Ses plaies avec une nouvelle effusion de Sang; puis ils le jettent sur la Croix. Docile à leur volonté, l'Agneau de Dieu s'étend sur ce lit de douleur, Il présente Ses mains et Ses pieds pour être cloués, et, élevant les yeux au ciel, Il offre à Son Père le sacrifice de Sa Vie pour le Salut des hommes. Vivez crucifiés avec Jésus qui est mort crucifié pour vous.

 

Prière

 

Gardez mon âme, ô Jésus, dans un profond silence: l'heure sainte est sonnée; voilà le moment solennel où, après un océan de douleurs et d'humiliations, Vous êtes attaché à la Croix, comme Victime de Dieu, pour y sacrifier le reste de Votre Vie, par un parfait holocauste. Des rapports ineffables s'établissent entre le Créateur et la créature: médiateur entre l'un et l'autre, Vous réconciliez le Ciel avec la terre. Si les hommes avaient pu voir ce qui se passait alors mystérieusement sur le Calvaire, tous se seraient frappé la poitrine, comme le centenier, et Vous auraient reconnu pour l'envoyé du Ciel. Mais non: ils sont autour de Vous comme des tigres qui ont brisé leurs chaînes. Ils percent de gros clous ces mains puissantes qui ont créé et soutiennent l'univers, ces pieds sacrés qui ont frayé à tous les mortels le chemin de la justice et du vrai bonheur. O cruauté inouïe, ils déchirent Votre Chair, et Vous ne faites pas entendre une seule plainte! Ils Vous crucifient, et Vous regardez le Ciel, priant pour eux; et il se trouvera un homme qui n'aime pas un Dieu si bon, si patient, si charitable! un seul homme qui ne soit pas touché et attendri jusqu'aux larmes à la pensée de tant d'amour! O éternel ami de mon âme! quelle plus touchante marque de tendresse pouvez-Vous me donner que de Vous laisser clouer à un bois infâme pour me sauver et me racheter? Je Vous en supplie, par le Sang qui coule de Vos Plaies, par la pointe cruelle qui traverse Vos pieds et Vos mains, blessez-moi du trait tout-puissant de votre amour.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-et-unième jour

Jésus élevé en croix

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que, pendant qu'on élève le Sauveur entre le Ciel et la terre, Sa Chair se déchire, Ses os se déboîtent, tout Son Corps est ébranlé par les secousses de la Croix, Son Sang coule à grands flots. Du haut de ce Trône de douleur, où Il souffre un si horrible supplice, Il entend les blasphèmes que vomissent contre Lui ceux qui l'entourent: « Si Tu es le fils de Dieu, descends de la Croix... » « Il a sauvé les autres, et Il ne saurait se sauver Lui-même ». Non, Il ne descendra de la Croix, qu'après y avoir laissé la Vie et vous avoir prouvé qu'Il vous a aimée jusqu'à la mort.

 

Prière

 

Vous êtes vraiment un Homme de Douleur, ô mon tout aimable Rédempteur! Et Vous savez ce que c'est que souffrir. Après mille tourments et mille outrages variés et choisis pour Vous faire souffrir ce qu'il y a de plus douloureux et de plus amer, on dresse le gibet honteux auquel Vous êtes suspendu par trois clous. Mais qui comprendra les douleurs inouïes que Vous endurez de la secousse et de l'enfoncement de la Croix, de la dislocation de Vos os, de la rupture de Vos veines? Enfin la Croix est dressée, et le Maître de la nature est suspendu entre le Ciel et la terre; et Vous souffrez toujours: Votre Corps pesant et tout déchiré n'est soutenu que sur des clous, n'est appuyé que sur des Plaies; mais Votre Tête Sacrée surtout, de quels tourments, grand Dieu ! N'est-elle pas affligée! Comment la tenir? si Vous la levez, les épines dont elle est couronnée s'enfonceront davantage, et Vous verrez les pontifes et la cohorte insolente qui Vous insultent et Vous outragent. L'abaisserez-Vous, la vue de Votre Sainte Mère Vous pénétrera d'amertume; si Vous la remuez, le mouvement seul est capable d'aigrir et de rouvrir Vos Plaies. Quel supplice! Que ne puis-je le partager avec Vous, ou du moins alléger de si cruelles douleurs! Attirez-moi Vous-même à Vous, ô mon doux Sauveur, selon Votre promesse; attirez, par la force de Votre Amour, toutes les affections de mon âme, afin que je m'offre à Vous sur la Croix, et que j'y meure d'amour pour Vous qui allez y mourir d'Amour pour moi.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-deuxième jour

Contemplation de Jésus crucifié

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, votre Dieu crucifié, et voyez les tourments qu'Il a soufferts dans Son Corps: « Ils ont percé Mes mains et Mes pieds; ils ont compté tous Mes os ». Dans Son Ame, le mépris: « Ils se sont moqués de Moi avec insulte. Je suis devenu un objet de dérision pour mon peuple ». L'infamie de la Croix à laquelle Il a été attaché avec des voleurs: « Il a été mis au rang des scélérats ». La privation de toute consolation: « Il n'en est aucun, parmi ceux qui Lui sont chers, qui le console; tous ses amis l'ont méprisé ». L'ingratitude des hommes et le peu de fruit qu'ils retireront de Sa Mort: « Quel avantage y a-t-il dans Mon Sang? Considérez et voyez s'il est une douleur semblable à la mienne ».

 

Prière

 

Est-ce là, Seigneur, ce Jésus qu'on a vu naguère marcher en triomphe dans la ville de Jérusalem? Que Vous êtes différent de ce Jésus, de cette beauté céleste qui fait le bonheur des Anges! Puis-je Vous reconnaître pour mon Dieu, à travers les Plaies qui sont au milieu de Vos mains, à travers les épines qui percent si cruellement Votre tête? Vos joues sont pâles et défigurées, Votre Corps déchiré et encore couvert de sueur, de Sang et de crachats. Plus je Vous contemple attaché pour moi à la Croix, plus j'embrasse Vos précieuses blessures, source de mon salut, plus aussi je Vous reconnais pour mon Sauveur et mon Dieu, plus je sens mon cœur s'embraser du Feu de Votre Amour. Hé! Comment pourrai-je me défendre de Vous consacrer toutes les affections de mon cœur, quand je vois cet Amour écrit partout en caractères de Sang? Pour Vous aimer, ô bon Jésus, ne suffit-il pas de voir cette tête penchée pour me donner le baiser de paix, ce Cœur ouvert pour m'aimer, ces bras étendus pour m'embrasser, ces Plaies par lesquelles, comme par autant de bouches éloquentes, Vous priez Votre Père de me pardonner? Ah! si je pesais ces grandes vérités dans mon cœur au poids du sanctuaire, mon cœur serait attaché tout entier par reconnaissance au Cœur de Celui qui est attaché à la Croix par amour pour moi. Oui, mon Sauveur, Vous m'avez vraiment aimé, et Vous Vous êtes livré Vous-même pour moi; je Vous aime aussi, je me livre et me consacre entièrement à Vous.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-troisième jour

« Mon Père, pardonnez-leur car ils ne savent ce qu'ils font »

 

Réflexions pratiques

 

Apprenez, ô mon âme, à connaître la Miséricorde et l'Amour de Jésus pour ses ennemis. La violence de Ses tourments l'a presque complètement épuisé; néanmoins recueillant le peu de forces qui lui reste: « Mon Père, s'écrie-t-il, pardonnez-leur; car ils ne savent ce qu'ils font ». Telles sont les paroles qui tombèrent les premières de l'Arbre de Vie; ce sont ces mêmes paroles que votre Charité doit faire remonter vers le Ciel pour ceux qui vous ont offensé. C'est en pardonnant à vos ennemis, en les bénissant, en priant pour eux que vous les changerez en frères, en amis, et que vous obtiendrez vous-même le pardon de vos péchés.

 

Prière

 

Vous n'avez fait que du bien pendant Votre Vie mortelle, ô Jésus, et Vous en ferez jusqu'à la fin. A peine êtes-Vous attaché à la Croix, que Vous faites entendre des paroles de grâce et de pardon pour Vos plus cruels ennemis. Vous n'avez jamais dit un mot pour Vous ni pour Votre Sainte Mère; et, si Vous ouvrez la bouche dans Vos derniers moments, c'est en faveur de ceux qui Vous crucifient: « Mon Père, pardonnez-leur ». Si je suis chrétien et enfant d'un Dieu crucifié pour moi; si je suis l'image d'un Sauveur qui pardonne à ses propres bourreaux, qui intercède pour eux comme pour ses frères, non-seulement je pardonnerai à mes ennemis, mais je leur ferai du bien, j'entretiendrai tellement la charité qu'il n'y aura plus entre mon prochain et moi qu'un cœur et qu'une âme. Sans doute, ô mon Sauveur, Vous aimez à trouver dans vos enfants toutes les vertus; mais celle qui plaît surtout à Votre Cœur, c'est la Charité parmi les frères, c'est à elle que Vous avez promis le pardon. Après l'exemple de clémence et de générosité que Vous me donnez aujourd'hui, le souffle vénimeux de la haine n'entrera jamais dans mon cœur. Toute la vengeance que je veux exercer envers mes ennemis, c'est d'attirer sur eux le Feu du Ciel, c'est-à-dire, l'Amour de Jésus Crucifié pour nous, c'est de les aimer, de prier pour eux, de leur pardonner. Imprimez, Seigneur, de plus en plus en moi des dispositions si conformes à Votre Divin Cœur, afin que j'aie le droit de vous demander pour moi-même le pardon de mes péchés, et de répéter tous les jours: « Pardonnez-nous nos offenses ».

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Vingt-quatrième jour

« Vous serez aujourd'hui avec Moi dans le Paradis »

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que le bon larron reproche à son compagnon ses blasphèmes, avoue son péché, atteste l'innocence de Jésus-Christ et croit à sa divinité. Qu'elle est en un moment la force de la grâce de Dieu avec notre coopération! Le larron pénitent demande à Jésus, non qu'il le délivre de la Croix, mais qu'il se souvienne de lui: « Seigneur, souvenez-vous de moi ». Il se croit assez heureux, si Dieu daigne se souvenir de lui. Deux hommes sont à côté de Jésus: l'un se convertit et obtient son pardon, qui n'espérera pas? l'autre s'opiniâtre dans son péché et se précipite dans les flammes éternelles, qui ne craindra pas, même auprès de Jésus?

 

Prière

 

Vous êtes une source intarissable de bonté, Seigneur, et rien ne peut épuiser le trésor de Vos Miséricordes. Le bon Larron confesse hautement son péché, et plein d'espérance, il Vous adresse cette humble prière: « Souvenez-Vous de moi, Seigneur, lorsque Vous serez dans Votre Royaume ». Aussitôt, et sans différer un seul jour l'effet de Vos promesses, Vous lui accordez plus qu'il ne demande: « Vous serez avec moi aujourd'hui dans le Paradis ». Moi aussi , ô mon Dieu! j'espère en Vous, et j'ose Vous dire avec la confiance du larron: « Souvenez-Vous de moi; souvenez-vous de cette brebis égarée pour laquelle Vous souffrez une si cruelle agonie sur l'Arbre de la croix. Souvenez-Vous de moi: je suis l'ouvrage de Vos mains et le prix de Votre sang; je porte gravée sur mon front la lumière de Votre Visage ». Tels sont les titres que j'invoque en ma faveur, et qui me donnent le droit de répéter: « Souvenez-Vous de moi ». Je ne Vous demande pas, Seigneur, la grâce que Vous faites au larron pénitent d'entrer, dès aujourd'hui, dans Votre Royaume: à la vérité, ce serait un grand bonheur pour moi d'aller avec Vous en paradis, et je voudrais bien y être; mais on ne parvient à de si grandes récompenses, que par de grands travaux, et ce n'est qu'après avoir souffert avec Vous que je régnerai avec Vous. Je vais demeurer attaché à Votre Croix: là, je trouverai une plus ferme assurance du pardon de mes péchés; là, je Vous embrasserai d'un amour plus tendre et plus pur; là enfin, Vous me direz: « Sortez de ce monde: car vous serez aujourd'hui avec moi dans le paradis ».

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

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08 avril 2012

Le Mois de la Passion de Jésus 2/4

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Le Mois de la Passion de Jésus

« Regardez et voyez s'il une douleur semblable à ma douleur ».

 

Neuvième jour

Jésus abandonné de ses Disciples

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que les disciples de Jésus l'ayant vu pris et lié, l'abandonnèrent et s'enfuirent; leurs protestations de fidélité s'étaient évanouies: « Allons et mourons avec lui ». « Je donnerai ma vie pour vous ». Tous, sans en excepter Pierre d'un si ardent amour pour Jésus, ni Jean le bien-aimé, ayant délaissé ce bon maître, se sauvèrent pour arracher leur vie au danger. Bravez le fer et le feu pour aller à Jésus; cependant ne vous fiez pas à votre ferveur et à vos promesses: souvent vous échouez à la plus petite difficulté, et lorsque déjà vous comptiez les palmes qui devaient orner votre triomphe. Ce n'est que par les œuvres que l'on reconnaîtra la solidité de vos résolutions.

 

Prière

 

Seigneur Jésus, vous avez donné à vos Apôtres les plus fortes preuves de votre amour et de votre bienveillance, en les admettant à votre table, à votre familiarité et à votre apostolat. C'est à vous qu'ils devaient l'ineffable faveur d'être tous les jours à votre école pour apprendre votre céleste doctrine, pour y puiser cette force invincible qui fait triompher du péché, du monde et de toutes les puissances de l'enfer; c'est vous qui, dernièrement encore, leur avez procuré l'inestimable bonheur de s'asseoir à votre table sainte et de recevoir votre corps sacré et votre sang précieux. Pénétrés de reconnaissance pour tant de bienfaits, ils devaient vous arracher des mains de vos ennemis, ou au moins vous accompagner devant les tribunaux pour rendre témoignage de votre innocence. Il est vrai qu'ils vous avaient promis de mourir avec vous; mais bientôt la crainte s'empara de leurs âmes timides, et ils s'éloignèrent de vous. Qui prendra votre défense, si vos amis vous abandonnent? Combien de fois, ô mon divin Maître! n'ai-je pas imité cette lâche désertion, en vous quittant pour un plaisir honteux! Jamais vous n'êtes abandonné de ceux qui vous aiment; c'est parce que j'ai cessé de vous aimer, que je vous ai perdu de ma mémoire et chassé de mon cœur. Ne permettez pas que je laisse éteindre le feu divin de votre amour; mais faites qu'il s'enflamme en moi de plus en plus, et qu'il aille toujours croissant jusqu'au dernier soupir.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Dixième jour

A minuit, Jésus introduit auprès de Caïphe

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus, après avoir été fort maltraité sur la route de Jérusalem, entra chez Caïphe, où les soldats, les prêtres et la populace le chargèrent d'imprécations. Un homme vil poussa même l'insolence jusqu'à donner un soufflet au fils de Dieu dans l'assemblée des princes pour une réponse pleine de douceur et de modestie: on applaudit à ce sacrilège et on se moque de Jésus. Le pontife, l'ayant entendu affirmer qu'il était le fils de Dieu, déchira ses vêtements en disant qu'il avait blasphémé. Un seul taxe de blasphème la plus sainte parole, et tous s'écrient: « Il est coupable de mort »; et alors commencent de nouvelles insultes que Jésus souffre en silence.

 

Prière

 

Jésus, mon divin Sauveur, qui donnera à mes yeux une fontaine de larmes, pour pleurer les outrages commis chez Caïphe contre votre personne adorable? Quoi! une vile créature que vous pouviez renverser d'un souffle de votre bouche divine, ose vous interroger sur la doctrine céleste que vous avez annoncée aux hommes! Il applaudit à l'affront sacrilège du monstre qui a porté sa main sur votre face sacrée! il vous traite vous, le fils de Dieu, et Dieu comme votre Père, d'infâme blasphémateur; et vous ne répondez à tous ces outrages que par votre silence, ou par quelques paroles pleines de modération et de dignité! Si un vil esclave traitait ainsi un roi mortel, y aurait-il sur la terre un supplice assez grand pour punir le coupable? et vous, mon Sauveur, qui êtes le Roi des rois, vous souffrez avec une patience inaltérable tout ce qu'il y a de plus douloureux pour le corps et de plus injurieux pour l'honneur: vous êtes comme un doux agneau qui se tait sous la main qui le tond. J'ai mérité les supplices éternels de l'enfer, et cependant je ne puis, sans éprouver la plus grande peine et sans éclater en plaintes très amères, souffrir un petit affront, une parole tant soit peu injurieuse. Détruisez mon orgueil, ô Jésus méprisé! donnez-moi votre douceur, votre humilité, donnez-moi voire grâce et votre force, je vous les demande par le mérite de vos humiliations, afin que je souffre, avec joie et pour votre amour, les injures, les mépris, les contradictions.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Onzième jour

A deux heures, Jésus conspué


Réflexions pratiques

 

Représentez-vous, ô mon âme, tout ce que vous pouvez imaginer d'outrages, de la part d'une soldatesque échauffée par le vin, inspirée par le démon, et dont personne n'arrête la fureur. Les uns lui crachent au visage, le frappent à coups de poing; les autres lui donnent des soufflets; et lui bandant les yeux, ils lui dirent :Devine qui t'a frappé. Cracher au visage de quelqu'un, n'est-ce pas là le comble du mépris et de la haine? Jésus souffre cette étonnante ignominie sans se plaindre. Vous avez craché à la figure de Jésus-Christ toutes les fois que vous avez péché mortellement: car vous êtes créée à l'image de Dieu.

 

Prière

 

Mon tout aimable Jésus, puis-je croire qu'il y a eu sur la terre des hommes assez scélérats pour vous cracher au visage, ce visage adorable, celte auguste face qui ravit les Saints, et dont les Anges ne peuvent soutenir l'éclat? Vos cruels bourreaux vous regardent comme un infâme destiné au dernier supplice; dès lors ils vous donnent des soufflets et des coups de poing; ils vous bandent les yeux pour ajouter aux outrages les railleries les plus injurieuses à votre divinité. Il est vrai, mon Dieu, que vous n'avez pas détourné votre visage de ceux qui vous disaient des injures et vous couvraient de crachats; vous vous êtes laissé mépriser, bafouer, conspuer par la plus vile populace, sans faire entendre ni reproches, ni plaintes, ni menaces, mais avec une patience, une douceur, une humilité toute divine. Moi aussi, pécheur abominable, oubliant que vous êtes la figure de la substance divine, et que votre Père vous a couronné de gloire et d'honneur, je vous ai craché au visage par mes révoltes, je vous ai traîné dans la boue par mes impuretés, frappé rudement par mon orgueil. De si indignes traitements couvrent mon âme de honte et fendent mon cœur de douleur. Laissez, Seigneur Jésus, que j'essuie ces vilains crachats par ma pénitence, que je publie votre gloire par mes cantiques de louanges et d'actions de grâces, que je punisse ma vanité par une humilité profonde; trop heureux, si je contemple un jour ce visage majestueux dont la resplendissante beauté me comblera d'allégresse pendant l'éternité!

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Douzième jour

Jésus renié par Saint Pierre


Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Pierre, le premier des Apôtres, lui qui avait protesté hautement qu'il aimerait mieux mourir que d'abandonner son maître, le renie à la voix d'une servante, il atteste par trois fois qu'il ne le connaît pas. Je ne sais ce que vous dites, je ne connais pas cet homme. Il parlait encore lorsque le Seigneur, oubliant , pour ainsi dire, les tourments qu'il souffre, ne pense qu'au salut de son serviteur; il ne se permet pas même un reproche, il ne répond à son parjure que par un regard plein de douceur qui convertit l'Apôtre infidèle. Le Seigneur s'étant retourné regarda Pierre, et lui, étant sorti dehors, pleura amèrement. Défiez-vous de vous-même: priez sans cesse, et, si vous péchez, revenez promptement au Seigneur votre Dieu.

 

Prière

 

Doux Jésus, aimable Sauveur, quelle douleur n'avez-vous pas dû éprouver, lorsque celui que vous aviez élevé au dessus de tous les Apôtres, à qui vous aviez donné des marques spéciales de votre amour, l'un de ceux qui avaient montré le plus de zèle pour votre gloire, n'osa s'avouer votre ami en votre présence. Quoi! c'est Saint Pierre qui vous abandonne lâchement, lui qui naguère prit votre défense jusqu'à tirer l'épée! il ne connaît pas l'homme qui l'a sauvé des flots, qu'il a confessé le fils de Dieu, et dont il a vu les miracles! Cependant vous jetez un regard de miséricorde sur ce disciple lâche et coupable, pour lui rappeler son devoir et surtout votre amour; votre grâce ranime sa foi et sa charité, ouvre son cœur aux sentiments de douleur et de pénitence et forme de ses yeux comme deux ruisseaux de larmes qui creusent ses joues et ne tarissent qu'à sa mort. Plus malheureux que Saint Pierre, je vous ai offensé, Seigneur, non pas trois fois, mais cent fois, mille fois peut-être; souvent j'ai rougi de me montrer chrétien, et vous ne m'avez pas rejeté; lorsque vous pouviez me punir, vous vous êtes souvenu de votre miséricorde, pour me pardonner mes péchés qui ont tant prolongé le martyre de votre passion. Versez, ô Jésus! en plus grande abondance dans mon cœur l'huile de votre grâce qui en amollisse la dureté et y produise l'esprit d'une véritable pénitence.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Treizième jour

A six heures, Jésus traité comme un fou chez Hérode

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme! qu'Hérode ayant vu Jésus-Christ, en eut une grande joie, parce qu'il espérait obtenir de lui quelques miracles; mais Jésus ne voulant pas satisfaire la vaine curiosité de ce prince, celui-ci offensé de son silence, l'insulte et l'outrage avec toute sa cour; il le traite d'ignorant et d'insensé; et, pour marquer tout le mépris qu'il en fait, il le revêt d'une robe blanche. La sagesse éternelle de Dieu passe pour folie aux yeux des hommes; comprenez pur là combien il est honorable et avantageux de passer pour insensé aux yeux du inonde; mais il n'appartient qu'à Dieu de faire comprendre cette vérité. Heureux l'homme fou de la folie de Dieu, qui a choisi les insensés et rejeté les sages du monde!

 

Prière

 

Vous êtes, Seigneur mon Dieu, le Verbe divin, la gloire des justes et la lumière du monde. Je n'ai pas besoin , pour le croire, de nouvelles preuves de votre sagesse et de votre puissance; et si l'éclat de vos merveilles n'a pas lui aux yeux d'Hérode, c'est qu'il les a fermés pour ne pas voir. Il demande des miracles; et il ne voit pas que votre silence est le plus grand des miracles; et c'est ce silence même, caché au monde et admiré des Anges, qui est cause qu'il vous méprise comme un insensé, et qu'il vous fait conduire avec un vêtement d'ignominie par toutes les rues de Jérusalem. Votre amour pour moi vous pressait donc bien fort, ô mon Seigneur Jésus! puisque vous avez voulu être, non-seulement en butte aux contradictions , mais rassasié d'opprobres, mais traité comme un fou, comme un imposteur , un séducteur du peuple. Comment pouviez-vous avoir tant d'amour pour moi qui, plus coupable qu'Hérode, vous ai autrefois si indignement méprisé, outragé? Je mériterais bien que vous me punissiez en me privant, comme Hérode, du son de votre voix et de la douceur de vos inspirations: cela est vrai, je mérite ce terrible châtiment; mais, Seigneur, Hérode ne se repentit pas de vous avoir outragé, je me repens bien sincèrement de mes péchés; Hérode ne vous aimait pas, je vous aime par-dessus tout. Eclairez-moi intérieurement de votre esprit et de vos divines lumières, et dites ce que vous exigez de moi; apprenez-moi à me taire dans les calomnies et les injures, à souffrir et à être méprisé pour vous, à vous regarder seul comme mon juge, ma sagesse, mon trésor, ma gloire et mon bonheur.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Quatorzième jour

A sept heures, Jésus mis en parallèle avec Barrabas

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon ame! que les Juifs criaient: Nous ne voulons point de Jésus, donnez-nous Barrabas. Beaucoup de chrétiens tiennent encore un pareil langage, sinon au milieu du peuple, au moins dans le secret de leurs cœurs. Ainsi vous-même avez-vous préféré Barrabas à Jésus, quand, pour votre plaisir, vous avez négligé le service de Dieu; quand, pour être agréable aux hommes, vous avez omis l'accomplissement de vos devoirs, quand vous avez aimé la créature plus que Dieu, qui cependant est digne de tout votre amour. Poursuivez Barrabas; faites périr vos mauvais penchants, et faites vivre Jésus dans votre cœur: car Jésus mérite la préférence sur toutes choses, et le comparer à un royaume serait un crime énorme.

 

Prière

 

Jésus, mon Sauveur et mon Dieu, on vous traîne comme le plus vil des criminels, de tribunal en tribunal; partout vous êtes abreuvé d'humiliations, et accablé d'outrages, et partout, de votre part, le même silence et la même douceur. Mais tous ces supplices sont pour vous moins affreux que celui de voir un Barrabas vous être préféré par votre peuple, par ce peuple chéri que vous êtes venu enseigner et sauver. Crucifiez-le: qu'il soit crucifié! quelle parole plus injurieuse, plus sensible à votre cœur, qui ne cherchait qu'à s'épancher et à répandre des bienfaits? Je vous ai fait autrefois la même injure, ô mon Dieu] lorsque j'ai commis un péché mortel, j'ai préféré à vous le monde, mes passions, le démon; j'ai consenti à vos tourments, à vos supplices, en suivant mes penchants criminels. Je vous demande pardon de vous avoir ainsi traité, vous, la vie et l'espérance de mon âme, vous que je devrais aimer, s'il était possible, d'un amour infini. Si le monde vous rejette, mon Jésus, venez à moi, et je vous recevrai dans mon cœur, je vous adorerai comme mon premier principe, et le trésor des biens célestes. Car je vous reconnais pour mon Seigneur et mon Dieu au milieu des voleurs; et, tandis qu'on vous préfère un homicide, je confesse que vous êtes l'auteur de la vie éternelle et le Père du siècle futur. Entrez, ô mon aimable Jésus! dans mon âme qui vous appartient; vivez et régnez dans mon cœur dont vous êtes le maître et le souverain Seigneur; ce n'est qu'avec vous que je trouverai le véritable bonheur et le repos éternel. Ainsi soit-il.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Quinzième jour

A huit heures, Jésus flagellé dans le prétoire

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus, étant arrivé au lieu de la flagellation, se dépouilla lui-même de ses habits, et appliqua ses mains à la colonne pour y être attaché. Jugez de la cruauté du supplice par le choix des instruments, par la rage des bourreaux, qui déchargèrent sur lui une grêle de coups. Saint Augustin rapporte qu'un des licteurs, touché d'une telle barbarie, coupa les cordes qui tenaient Jésus attaché à la colonne, et que le Sauveur étant tombé, roula dans son sang. Approchez, et voyez Jésus, regardé comme le dernier des hommes, comme un lépreux frappé de la main de Dieu; et si vous demeurez insensible à cette cruelle flagellation, vous êtes plus dur que le marbre même de la colonne.

 

Prière

 

O Jésus! ô mon Sauveur! le plus beau des enfants des hommes, qui reconnaîtrait votre face divine dans le pitoyable état où vous a réduit votre amour pour nous? Votre sacré corps est tout couvert de blessures, votre chair virginale est en lambeaux, votre sang a jailli au loi n, les mains des bourreaux, la colonne du supplice, tout est couvert de ce sang précieux, la terre même en est arrosée. Combien est grande ma douleur, en pensant que j'ai offensé un Dieu si bon, qui, pour racheter toutes nos fautes, et principalement nos impuretés, a bien voulu souffrir des tourments si affreux sur sa chair innocente! Mais ma honte est à son comble, quand je réfléchis que je vous ai frappé par le ministère de vos bourreaux, et que je me suis réuni à eux pour vous flageller: oui, Seigneur, mes cruelles mains ont fait tomber sur vous cette grêle effroyable de coups de fouets qui ont sillonné votre corps et Vont couvert de plaies profondes, depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tète. Je vous demande pardon, mon Jésus, de vous avoir fait endurer un supplice si cruel et si ignominieux; et je vous conjure, par les mérites de votre flagellation, de sanctifier mon âme et mon corps, de les laver dans votre précieux sang et de les préserver de toute souillure. Guérissez mes plaies par les vôtres; et comme vous avez voulu être dépouillé de vos vêtements, dépouillez-moi du vieil homme et de ses œuvres criminelles; laissez-moi seulement mon cœur, car, je ne puis vivre sans vous aimer et sans bénir votre charité qui a souffert pour moi. Qui n'aimerait un Dieu flagellé et épuisé de sang pour notre amour? Je vous aime, ô Jésus souffrant! je vous aime uniquement.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Seizième jour

A neuf heures, Jésus couronné d'épines

 

Réflexions pratiques

 

Considérez , ô mon âme, que ces barbares, après les cruautés de la flagellation, font souffrir au Sauveur un nouveau genre de supplice. Ils jettent sur ses épaules, en guise de manteau royal, une vieille chlamyde de drap écarlate; ils enfoncent, à grands coups sur sa tète, une couronne d'épines, en forme de couronne royale; un roseau mis à la main lui sert de sceptre. Assis en cet état sur un trône d'ignominie, ils fléchissent le genou devant lui, et le saluent avec dérision, en lui disant: « Salut ô roi des Juifs ». Ensuite ils lui crachent au visage, lui donnent des soufflets, et font entendre des cris de joie féroce et des ris insultants. Voilà comment Jésus a voulu expier votre orgueil et votre ambition.

 

Prière

 

O mon très doux Jésus! ô mon aimable Sauveur ! De Roi du ciel que Vous êtes, Vous voilà devenu un Roi de douleur et d'ignominie, la fable de toute la ville de Jérusalem. Une couronne d'épines ceint Votre front, Vous avez à la main un sceptre d'infamie, un lambeau de pourpre couvre Vos épaules; et, pour faire tourner à Votre honte ce qu'il y a de plus honorable chez les hommes, assis sur une pierre, qui Vous sert de trône, on Vous traite en roi de théâtre par les dérisions les plus amères. On couvre Votre Visage adorable de crachats et de soufflets; on Vous arrache le roseau que Vous tenez à la main, pour frapper Votre Tête ensanglantée. Si je considère Votre Corps, ô Jésus, je ne vois que Plaies, que Sang; si je pénètre jusqu'à Votre Cœur, je n'y trouve que des angoisses et des amertumes qui Vous font souffrir l'agonie de la mort. Il n'y a point d'insultes, point d'outrages dont ne Vous abreuve la populace effrénée. Et Vous voulez souffrir encore; mais quoi Seigneur, y a-t-il une peine, une humiliation que Vous n'ayez soufferte? Cependant Votre Amour n'est pas satisfait : il faut que Votre Tête vénérable soit percée de cruelles épines, et qu'elle répande autant de ruisseaux de Sang qu'elle reçoit de plaies. Quel autre qu'un Dieu d'une Bonté infinie aurait pu s'humilier jusqu'à souffrir des peines et des ignominies si étonnantes, des outrages si sanglants? Percez, ô mon Jésus ! percez mon cœur de Vos épines: qu'elles soient comme autant de traits acérés qui le déchirent et le pénètrent de douleur, comme autant de flèches brûlantes qui l'embrasent et le consument du Feu Sacré de Votre Amour.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

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31 mars 2012

Le Mois la Passion de Jésus 1/4

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Le Mois la Passion de Jésus

« Regardez et voyez s'il une douleur semblable à ma douleur ».

 

Premier jour

Consécration du mois à Jésus souffrant

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme! que la dévotion à Jésus souffrant est la plus utile et la plus affectueuse de toutes les dévotions, celle qui excitera davantage dans votre cœur l'amour de Dieu et le regret de vos péchés. Pour honorer avec piété la passion douloureuse du Sauveur, suivez-le, pendant ce mois, sur les différents théâtres de ses souffrances; représentez-vous l'Homme-Dieu, livré à une tristesse excessive dans le jardin de Gethsémani, traîné devant les tribunaux, couronné d'épines, flagellé, déchiré de coups et meurtri par le poids accablant de la croix. Après avoir assisté à cette longue agonie de Jésus, pourrez-vous lui refuser quelques larmes de pitié et de tendresse?

 

Prière

 

O Dieu qui, pour la rédemption du monde, avez daigné naître, être circoncis, rejeté par les juifs, trahi par Judas, lié comme un innocent Agneau destiné au sacrifice, traîné indignement devant les tribunaux d'Anne, de Caïphe, de Pilate et d'Hérode, et accusé par de faux témoins; qui avez voulu être flagellé, couvert de crachats et d'opprobres, couronné d'épines, meurtri par les souffrances et frappé à coups de roseau, pendant que, par dérision, on voilait votre face divine; qui enfin vous êtes laissé dépouiller de vos vêtements, clouer à là croix, élever entre deux voleurs, abreuver de fiel et de vinaigre, et percer par une lance; je vous supplie de m'accorder la grâce, tout indigne que j'en suis, de considérer, pendant ce mois, tant et de si cruelles peines, de déplorer la malice des méchants déchaînée contre vous, et de bénir votre patience inaltérable. C'est dans cette intention, ô Jésus souffrant et crucifié! que je désire vous suivre en esprit dans les diverses stations de votre passion douloureuse et de méditer vos souffrances et vos humiliations durant les jours que l'Eglise consacre plus particulièrement à la vénération de cet adorable et lugubre mystère. Il est vrai, Seigneur, que ma vie ne serait pas trop longue pour lire le livre de vos douleurs et de vos ignominies; mais, si vous daignez, pendant ces jours de salut, imprimer profondément dans mon cœur vos plaies sacrées et enivrer mon âme de votre précieux sang, comme je le désire et vous en supplie, pourrai-je oublier celui à qui j'ai tant coûté? pourrai-je refuser à tant de sang une larme d'amour et de repentir?

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Deuxième jour

Le Sacré-Cœur de Jésus souffrant

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que le Cœur de Jésus a le premier connu la douleur, et qu'au temps de la passion il a épuisé goutte à goutte l'amer calice au fond duquel était la mort du Sauveur et la vie du monde; et c'est l'amour qui a été la source de tant de souffrances. Vous avez affligé le Cœur de Jésus et renouvelé sa passion par vos péchés; et cependant cette noire ingratitude ne l'a pas empêché un seul instant de vous aimer et d'être plus touché de votre perte éternelle que de l'injure que vous lui avez faite en méprisant sa tendresse. Gémissez de la froideur et du mépris dont vous avez payé un amour si tendre et si généreux.

 

Prière

 

Divin Sauveur, que la bonté de votre Cœur a été admirable! Vous avez préféré mon salut à votre honneur et à votre vie. Compatissant autant que généreux, vous vous êtes sacrifié tout entier à mon bonheur éternel; vous n'avez rien ménagé pour amollir la dureté de mon cœur et l'attacher à vous par les liens de la plus tendre charité. Pour moi, ô aimable Jésus! vous vous êtes répandu en sanglots dans le jardin de Gethsémani où l'amour vous a fait répandre une sueur de sang. Pour moi, votre tète a été couronnée d'épines, votre bouche abreuvée de vinaigre, vos pieds et vos mains attachés à .la croix, et votre Cœur percé d'une lance. Combien de fois, Seigneur, auriez-vous pu très-justement me perdre en me livrant à la puissance des démons et aux supplices de l'enfer! Vous m'avez toujours supporté, toujours attendu avec une patience ineffable, vous avez écouté la voix de votre Cœur, le cri de votre sang, qui vous demandait grâce pour moi. Ne permettez pas que j'abuse encore de cette clémence invincible; mais gravez dans mon âme vos amertumes et vos ignominies, afin que j'en éprouve toute l'impression, et que l'épée qui perça votre Cœur adorable reste toujours enfoncée dans le mien. Pardonnez aussi, ô Jésus! à tant de pécheurs qui vous offensent, ramenez à vous tant d'ingrats qui vous abandonnent, ouvrez les yeux à tant d'aveugles qui se précipitent dans l'abîme, afin que tous recueillent les fruits de grâce et de miséricorde que nous a mérités votre Cœur humilié pour nos péchés.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Troisième jour

Dieu a tellement aimé le monde

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. O miséricorde de notre Dieu 1 pour sauver le pécheur et racheter l'esclave, il livre son fils chéri à la mort de la croix; pour épargner le coupable, il condamne l'innocent. Que de grâces renfermées dans ce divin bienfait, et que ne vous a-t-il pas donné en vous donnant Jésus-Christ devenu votre libérateur, votre pontife, votre paix, votre réconciliation, votre espérance, le prix et l'auteur de votre salut! Un tel excès de bonté devrait exciter en vous les sentiments du plus tendre amour et de la plus vive reconnaissance.

 

Prière

 

Père éternel, Dieu de bonté et de miséricorde, vous ne voulez pas qu'aucun de vos enfants périsse; aussi avez-vous envoyé votre fils unique dans le monde, afin que le monde fût sauvé par lui. Vous oubliez, en quelque sorte, qu'il est l'objet de vos complaisances éternelles, les délices des Anges, pour le livrer entre les mains de ses plus cruels ennemis qui lui font souffrir les opprobres, les ignominies, les tourments, le supplice de la croix. Père juste, où trouverez-vous une victime plus agréable? elle vient elle-même s'offrir à vos coups et s'immoler pour le salut des hommes. Frappez, grand Dieu, venez rassasier votre colère; mais qu'un dévouaient si généreux, qu'un sacrifice si parfait apaise votre courroux. Regardez, non nos péchés qui crient vengeance contre nous, mais la face de votre Christ couvert de plaies, qui demande miséricorde. Si le nombre de nos iniquités arrête le cours de vos grâces, souvenez-vous que vous nous avez délivrés, par votre fils, de la servitude du démon et de la damnation éternelle, et que cet adorable Sauveur nous a mérité, par sa passion et par sa croix, le salut et la gloire d'une éternité bienheureuse. Sans doute, ô mon Dieu! vous mériteriez un amour infini pour un bienfait également infini, mais je ne suis qu'une pauvre créature. Ah! qu'au moins ce don ineffable, qui renferme tous les dons, absorbe tout mon amour et toute ma reconnaissance; je vous aime donc, ô Dieu d'amour! et ne veux aimer que vous, je vous aime de toute l'étendue de mon cœur et de toute l'ardeur de mon âme.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Quatrième jour

Jésus souffrant a tellement aimé le monde

 

Réflexions pratiques

 

Admirez, ô mon âme, la bonté infinie, la tendresse ineffable, la charité incompréhensible de Jésus souffrant pour les hommes. Il vous a aimée plus que lui-même, puisque, pour vous racheter de la mort éternelle, il a sacrifié son repos, son honneur, sa vie. Que peut-il ajouter à cet excès de miséricorde et d'amour? Il ne lui reste plus rien à faire pour vous montrer combien il vous aime. Mais si le divin Sauveur s'est donné à vous en souffrant et en mourant sur une croix pour votre salut, n'est-il pas bien juste que vous vous donniez à lui en vivant pour l'aimer uniquement?

 

Prière

 

O Jésus ! mon aimable Jésus, à quel prix m'avez-vous racheté! que mon âme vous a coûté cher! Je vous vois chargé d'opprobres, couvert de sang et de plaies, couronné d'épines, expirant dans les douleurs les plus cruelles sur un infâme gibet. Quel excès de souffrances et d'amour! car vous n'avez supporté tant d'outrages et souffert tant de tourments que pour me témoigner votre amour et gagner mon cœur: mais moi, ô malheur! au lieu de vous aimer, j'ai osé commettre le péché qui vous a donné la mort. Recevez, ô mon Sauveur! les regrets d'un cœur contrit et humilié qui reconnaît sa faute et sollicite son pardon. Hélas! y aurait-il un enfer assez rigoureux pour moi, si, après avoir connu l'amour que vous me témoignez dans votre passion, je me damnais misérablement, en méprisant un Dieu crucifié qui veut me sauver? Il n'en sera pas ainsi, je l'espère de votre grâce et de votre amour, de votre sang et de votre croix: vous ne perdrez pas ce pauvre pécheur qui vous aime, et que vous aimez jusqu'à mourir pour le sauver. Oui, Seigneur souverainement aimable, je vous aime; et qui aimerais-je, si ce n'est vous? Vos plaies ne sont-elles pas des plaies d'amour qui blessent les cœurs les plus durs. des flammes qui embrasent les âmes les plus glacées? Je vous aime donc, ô l'unique objet de toutes mes affections! je vous aime sans partage , et autant que je puis vous aimer.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Cinquième jour

A sept heures, Jésus institue le Sacrement de son amour

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que, pendant qu'on délibérait dans la maison de Caïphe sur le moyen de faire périr Jésus Christ, il instituait le Sacrement de son corps et de son sang, et enseignait quelle hostie devait être offerte à Dieu. Ainsi les pièges dressés à sa vie, la haine violente des Juifs, les vexations de tout genre, rien n'a pu éteindre sa charité. Les tourments déjà si proches, la croix, les opprobres, loin de le séparer de ses enfants, l'ont uni davantage à eux par ce Sacrement d'amour et d'unité. Qui donc vous séparera de l'amour de Jésus? Dites avec un cœur reconnaissant et enflammé d'amour: « Je souffre pour celui qui m'a aimée, et rien ne me séparera de son amour ».

 

Prière

 

Près de vous immoler pour nous sur la croix, ô bon Jésus, vous voulez, pour satisfaire votre tendresse, trouver le moyen de rester avec nous jusqu'à la consommation des siècles; et c'est la veille de votre mort, lorsque vos ennemis vous préparent la croix et les tourments, que vous instituez le Sacrement de votre amour. Loin de nous abandonner à cause d'une si noire ingratitude, vous nous donnez le gage le plus précieux de votre incomparable charité. J'ai ardemment désiré de manger cette pâque avec vous, avant que de souffrir. Quelle est, ô Jésus, la cause de ce grand désir, de cette vive ardeur qui ne peut souffrir le moindre délai? Ah! je le vois, vous voulez demeurer avec nous dans cette vallée de larmes pour nous consoler et nous nourrir de votre chair sacrée. O bonté immense! Ô Charité incompréhensible d'un Dieu qui prélude d'une manière si admirable aux outrages et aux ignominies de sa passion! Puisque toutes vos souffrances, ô mon généreux Rédempteur! n'ont servi qu'à resserrer les liens qui vous unissent à nous, qui me séparera de votre amour? sera-ce l'affliction ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? Je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni aucune créature ne me séparera de votre amour. Car, lorsque, non content de me racheter au prix de tout votre sang, vous vous donnez à moi avec une prodigalité toute divine, que puis-je vous refuser après un tel excès d'amour et de tendresse? Vous voulez mon cœur à quelque prix que ce soit, je vous le donne, il est à vous, il ne désire que vous, il n'aime que vous, il ne soupire qu'après vous.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Sixième jour

A huit heures, Jésus au jardin de Gethsémani

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus entra de lui-même dans la voie des douleurs et s'avança avec intrépidité vers le premier théâtre de sa sanglante passion. Le combat qu'il soutint pendant trois heures dans le jardin de Gethsémani contre l'ennui, la crainte et la tristesse fut si violent, que son cœur semblait se briser, et qu'il éprouvait comme les convulsions d'un mourant qui lutte contre le trépas; il tomba dans une mortelle agonie, et une abondante sueur de sang dégoutta de tout son corps jusqu'à terre. La cause de cette désolation générale fut la triste perspective des tourments de sa passion , la parfaite connaissance de tous les péchés du monde et du peu de fruit qu'on devait retirer de sa mort. Voilà ce que Jésus a souffert à causette vous et pour vous.

 

Prière

 

Je n'aperçois dans ce jardin, ô mon Jésus! ni fouets, ni épines, ni clous qui déchirent votre chair innocente: d'où vient que vous êtes baigné de sang depuis la tète jusqu'aux pieds? Vous êtes si pressé de souffrir pour nous, que vous n'attendez pas que des flots de douleurs et d'amertumes, viennent fondre sur vous, ni que vos ennemis vous chargent de chaînes, vous couvrent d'opprobres et d'ignominies. Une fois entré dans la voie des souffrances, vous vous livrez vous-même à un dégoût si amer, à un ennui si profond, que, succombant à la violence de ce combat intérieur, vous répandez une grande abondance de sang qui trempe vos habits et découle sur la terre. Quoi! Seigneur Jésus, vous êtes la béatitude des Anges, la force des Martyrs, la joie du ciel; et votre âme, triste jusqu'à la mort, souffre ce qu'il y a de plus violent dans les épreuves de la vie. Aujourd'hui se déroule à vos yeux le tableau des plus cruelles souffrances causées par l'injure infinie que le péché fait à Dieu, par l'inutilité de vos travaux pour tant d'infortunés pécheurs , par la perte de tant d'âmes réprouvées; déjà tous les blasphèmes , tous les sacrilèges, toutes les impuretés, tous les crimes du monde viennent, comme des bêtes féroces, déchirer votre cœur. Il est donc vrai, Seigneur, que j'ai été aussi un de vos bourreaux, et que mes péchés ont été le cruel pressoir, qui, par les efforts de la tristesse et de la douleur, a fait jaillir le sang de votre corps adorable. Donnez à mon cœur un sincère repentir, et à mes yeux des larmes amères, afin que je pleure mes iniquités, et qu'à force de les pleurer, je mérite d'en obtenir le pardon, et de ressentir sans cesse en moi les mérites de votre première agonie.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Septième jour

A onze heures, Jésus trahi par Judas

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que Jésus, sachant que l'homme qui devait le trahir arrivait dans le jardin avec les soldats, va au-devant de lui. Judas s'avance, aussitôt avec impudence et baise sais maître. Vivement touché de la perfidie de son Apôtre, Jésus lui dit avec douceur, moins pour le confondre que pour le convertir: « Quoi, Judas, est-ce ainsi que, par un baiser, vous livrez le fils de l'homme? » Mais l'Apôtre infidèle reste insensible à une remontrance si capable d'exciter le remords dans son âme: le désespoir et l'enfer furent le prix de son horrible trahison. Si le péché creuse un abîme, le désespoir seul peut en fermer la porte. Comment désespérer jamais de la miséricorde, en voyant un Dieu crucifié pour nous?

 

Prière

 

Jésus, mon Sauveur, si tous ceux qui se damnent causent à votre cœur une vive douleur, quelle peine n'avez-vous pas ressentie, en voyant périr malheureusement Judas voire perfide Apôtre! Il n'y a que celui qui connaît l'étendue de votre amour qui puisse comprendre quelle fut alors l'amertume de votre aine. Cette perte vous a été d'autant plus sensible que vous aviez donné à ce misérable des marques plus particulières de votre extrême bonté. Vous l'aviez placé au nombre de vos Apôtres et de vos amis, établi dépositaire des aumônes que vous receviez, admis à la réception toute récente de votre corps adorable. Confident de vos secrets et de vos conseils, compagnon de vos voyages, témoin de vos miracles, il oublie les droits sacrés de l'amitié et de la reconnaissance, en vous livrant entre les mains de vos bourreaux qui brûlent de répandre votre sang, et de terminer votre vie par d'horribles supplices. D'un seul mot vous pouviez précipiter ce traître dans le fond des abîmes; et,au moment même qu'il vous trahit, vous lui donnez le doux nom d'ami, vous lui faites sentir l'horreur de son crime avec une douceur, une tendresse qu'il ne méritait plus. Moi aussi, mon Jésus, j'ai livré le sang innocent à mes passions, j'ai été ingrat et perfide envers mon bienfaiteur: mon péché est énorme, je l'avoue; mais, loin de me livrer au désespoir et à l'apostasie, comme Judas, j'espère en votre miséricorde; loin de vous offenser par de nouveaux péchés, je veux pleurer mes anciennes iniquités, et me rendre de plus en plus digne du baiser de paix, gage de réconciliation, que vous avez daigné m'accorder dans le sacrement de pénitence.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

 

Huitième jour

Jésus pris et enchaîné par les Juifs

 

Réflexions pratiques

 

Considérez, ô mon âme, que les Juifs ne jetèrent les mains sur Jésus que quand il le permit. Alors ces loups cruels se précipitent avec fureur sur cet innocent agneau; ils le poussent, ils lui arrachent les cheveux, le frappent, le renversent, le traînent, le foulent aux pieds; ils lui lient les mains, le cou et la poitrine avec des cordes et des chaînes comme à un voleur et un scélérat. C'est vous qui avez tressé ces cordes et forgé ces chaînes par vos péchés. J'ai été enveloppé dans les filets des pécheurs. Craignez: car il viendra un temps où Samson brisera ses liens; et alors le Seigneur, le Dieu des vengeances agira librement. Si le bois vert est ainsi traité, que sera-ce du bois sec?

 

Prière

 

Pourquoi, Seigneur Jésus, ces hommes féroces s'avancent-ils vers vous avec des épées et des bâtons comme vers un voleur? ils vous cherchent pour vous charger de chaînes et vous traîner au supplice de la croix. Quoi! on vous regarde comme un voleur, vous qui n'avez enlevé d'autre proie que celle des âmes assujetties au démon! on charge des fers de l'esclave et du criminel le Saint des Saints, le Seigneur des. seigneurs, vous qui venez, par votre mort, nous assurer une entière liberté! Sans dire un seul mot, sans proférer une seule plainte, vous laisserez-vous donc lier les mains, ces mains divines qui distillent la myrrhe et rassemblent toutes les bénédictions? Suivrez-vous, au delà du Cédron, une troupe de furieux qui vous traînent avec violence au milieu des plus sanglants outrages? Pourquoi, ô mon Jésus! vous livrez-vous entre leurs mains? que ne brisez vous ces chaînes, et ne vous dérobez-vous aux cruels tourments qu'ils vous préparent? Mais, si vous ne vous laissez prendre, qui rachètera le monde? Je comprends maintenant que votre amour pour nous, que le désir de nous sauver est le seul lien qui vous retienne captif et vous traîne à la mort. Je baise avec un profond respect ces pesantes chaînes qui m'ont délivré des chaînes honteuses du péché dont le démon voulait se servir pour m'entraîner dans l'abîme de l'enfer. Je ne veux plus faire aucune action, aucune démarche sans vous; liez-moi donc les pieds et les mains, attachez - moi si fortement à votre divin Cœur, que, privé d'une liberté qui m'a été trop funeste, je demeure éternellement captif de votre amour.

 

Pratique : De temps en temps, pendant la journée, jetez les yeux sur l'image de Jésus crucifié, et baisez la avec un tendre amour. Faites dévotement le chemin de la croix. (Indulgence plénière).

 

Aspiration : Seigneur Jésus, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi ; faites que je vous aime au moins jusqu'à vivre pour vous.

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13 mars 2012

Litanies de la Passion de Jésus

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Litanies de la Passion de Jésus

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.


Jésus, qui avez institué le saint Sacrement de l'autel, en mémoire de votre passion, ayez pitié de nous.

Jésus, sortant du cénacle pour aller mourir, ayez pitié de nous.

Jésus, priant dans le jardin des olives, ayez pitié de nous.

Jésus, consolé par un Ange, ayez pitié de nous.

Jésus, suant sang et eau, ayez pitié de nous.

Jésus, vendu et trahi par Judas, ayez pitié de nous.

Jésus, pris et lié par les soldats,

Jésus, abandonné de vos disciples,

Jésus, présenté à Anne et à Caïphe,

Jésus, souffleté par un valet,

Jésus, accusé par de faux témoins,

Jésus, jugé digne de mort,

Jésus, outragé, frappé pendant la nuit,

Jésus, renié trois fois par Saint Pierre,

Jésus, méprisé par Hérode,

Jésus, revêtu d'une robe blanche,

Jésus, a qui fut préféré Barrabas,

Jésus, flagellé,

Jésus, meurtri pour nos crimes,

Jésus, vêtu de pourpre,

Jésus, couronné d'épines

Jésus, frappé d'un roseau,

Jésus, présenté au peuple,

Jésus, condamné à mort par Pilate,

Jésus, livré à la volonté des Juifs,

Jésus, chargé de sa Croix,

Jésus, conduit au Calvaire,

Jésus, dépouillé de vos habits,

Jésus, attaché à la Croix,

Jésus, élevé en Croix,

Jésus, qui avez prié pour vos ennemis

Jésus, mis au rang des scélérats,

Jésus, blasphémé sur la Croix,

Jésus, qui avez promis le paradis au bon larron ,

Jésus, qui avez recommandé votre mère à Saint Jean,

Jésus, abandonné de votre Père,

Jésus, abreuvé de vinaigre dans votre soif,

Jésus, qui avez dit : Tout est consommé,

Jésus, qui avez recommandé votre âme à votre Père,

Jésus, obéissant jusqu'à la mort de la Croix,

Jésus, mort sur la Croix,

Jésus, percé d'une lance,

Jésus, qui avez fait éclater votre puissance après votre mort,

Jésus, descendu de la Croix,

Jésus, enseveli,


Soyez-nous propice, pardonnez-nous Seigneur.

Soyez-nous propice, exaucez-nous Seigneur.

De tout mal, délivrez-nous, Seigneur.

De tout péché, délivrez-nous, Seigneur.

De la peste, de la famine et de la guerre, délivrez-nous, Seigneur.

De tout danger de l'âme et du corps,

De la mort éternelle,

Par vos travaux et vos veilles,

Par votre douloureuse flagellation,

Par votre couronnement d'épines,

Par votre soif, vos larmes et votre nudité,

Par votre précieuse mort et votre Croix,

Par votre sang très précieux,

Par vos très-saintes plaies,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Le Seigneur Jésus-Christ s'est humilié lui-même,

Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la Croix.

 

Prions

 

Adorable Jésus, souffrant et mourant par Amour pour nous, accordez-nous la grâce de souffrir avec Vous, et pour Vous; afin que, vivant, souffrant et mourant dans Votre Amour, nous soyons éternellement heureux avec Vous et en Vous. Ainsi soit-il.

 

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Petit Office de la Sainte Croix

Petit Office de la Sainte Croix

28-Cross of the Holy Week 

Avant l'Office

 

O Jésus, par un excès incompréhensible de bonté, Vous m'avez aimé jusqu'à répandre pour moi la dernière goutte de Votre Sang: que la force de cet Amour plus ardent que le feu, plus doux que le miel, absorbe mon âme, afin que je récite l'office de Votre Sainte Croix avec un cœur pur, et que toutes mes affections soient pour Vous seul.

 

A Matines

 

V. Seigneur, ouvrez mes lèvres,

R. Et ma bouche annoncera vos louanges.

V. O Dieu, venez à mon aide,

R. Seigneur, à notre secours.

V. Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit,

R. Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.


Hymne

 

Dès le grand matin, ô Jésus, Sagesse du Père, on Vous arrête comme un criminel; Judas Vous livre aux Juifs qui se saisissent de Votre Personne adorable; Vos disciples Vous abandonnent. Ne permettez pas, Seigneur, que je Vous trahisse, et que le péché me sépare jamais de Vous.

 

Ant. Croix Sainte, qui êtes l'unique salut des malheureux, comment vous louerai-je dignement pour nous avoir ouvert la porte de la vie éternelle?

 

V. Nous Vous adorons, ô Jésus, et Vous bénissons,

R. Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

 

Prions

 

Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, mettez Votre Passion, Votre Croix et Votre mort entre Votre jugement et mon âme, maintenant et à l'heure de ma mort; et daignez m'accorder Votre Grâce et Votre Miséricorde, aux vivants et aux morts le pardon et le repos, a votre Église la paix et la concorde, a nous, misérables pécheurs, la vie et la gloire éternelle. Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

A Prime

 

V. O Dieu, venez à mon aide,

R. Seigneur, à notre secours.

V. Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit,

R. Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Hymne

 

A la première heure, ô innocent Jésus, les Juifs Vous traînent devant Pilate, on déchire Votre Corps Sacré, on Vous crache au visage. O douce lumière du ciel, délivrez-moi des coups de Satan, et montrez-moi Votre auguste Face qui ravit les Bienheureux.

 

Ant. « Mon peuple s'est rendu doublement coupable: il m'a abandonné, moi qui suis la source d'eau vive, et il s'est creusé des citernes crevassées ».

 

V. Victoire de la Croix, ô signe admirable,

R. Faites-nous triompher dans le ciel.

 

Prions

 

Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, mettez Votre Passion, Votre Croix et Votre mort entre Votre jugement et mon âme, maintenant et à l'heure de ma mort; et daignez m'accorder Votre Grâce et Votre Miséricorde, aux vivants et aux morts le pardon et le repos, a votre Église la paix et la concorde, a nous, misérables pécheurs, la vie et la gloire éternelle. Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

A Tierce

 

V. O Dieu, venez à mon aide,

R. Seigneur, à notre secours.

V. Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit,

R. Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Hymne

 

A la troisième heure, j'entends une populace furieuse qui crie: « Crucifiez-le », je vois Votre Corps sanglant couvert de pourpre, Votre Tête couronnée d'épines, et Vos épaules chargées de la Croix. Ne permettez pas. ô mon doux Jésus, que mon cœur, plus dur que la Croix même, soit insensible à tant de souffrances.

 

Ant. Le Seigneur s'est souvenu de son peuple: il s'est fait le sauveur de ses enfants; dans l'excès de son amour et de sa miséricorde, il les a rachetés lui-même.

 

V. Par le supplice d'une mort cruelle

R. Vous avez détruit le lien de nos crimes sur la Croix.

 

Prions

 

Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, mettez Votre Passion, Votre Croix et Votre mort entre Votre jugement et mon âme, maintenant et à l'heure de ma mort; et daignez m'accorder Votre Grâce et Votre Miséricorde, aux vivants et aux morts le pardon et le repos, a votre Église la paix et la concorde, a nous, misérables pécheurs, la vie et la gloire éternelle. Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

A Sexte

 

V. O Dieu, venez à mon aide,

R. Seigneur, à notre secours.

V. Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit,

R. Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Hymne

 

A la sixième heure, Vous êtes attaché à la Croix et mis au rang des voleurs; et, tandis que Vous souffrez la soif la plus violente, on Vous présente du vinaigre à boire. O douce Victime, je ne veux plus avoir soif que des eaux vives qui jaillissent de Vos Saintes Plaies jusqu'à la vie éternelle.

 

Ant. Devenus esclaves par le bois, nous avons été délivrés par la Croix: le fruit de l'arbre nous avait perdus, le fils de Dieu nous a rachetés.

 

V. Par le signe admirable de votre Croix,

R. Délivrez-nous de nos ennemis, ô mon Dieu!

 

Prions

 

Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, mettez Votre Passion, Votre Croix et Votre mort entre Votre jugement et mon âme, maintenant et à l'heure de ma mort; et daignez m'accorder Votre Grâce et Votre Miséricorde, aux vivants et aux morts le pardon et le repos, a votre Église la paix et la concorde, a nous, misérables pécheurs, la vie et la gloire éternelle. Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

A None

 

V. O Dieu, venez à mon aide,

R. Seigneur, à notre secours.

V. Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit,

R. Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Hymne

 

A la neuvième heure, ô Tendre Agneau, Vous recommandez Votre âme à Votre Père Céleste; un soldat perce de sa lance cruelle Votre Côté, d'où coulent le Sang et l'Eau qui doivent laver nos crimes, et qui seront, je l'espère de Votre Bonté, toute ma force à l'heure de ma mort.

 

Ant. O œuvre admirable de bonté et de clémence : la mort a perdu sa victime et son aiguillon, lorsque Jésus, le Roi de nos âmes, est mort sur la Croix.

 

R. O Jésus, conservez les justes, justifiez les pécheurs,

V. Ayez pitié de tous les fidèles.

 

Prions


Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, mettez Votre Passion, Votre Croix et Votre mort entre Votre jugement et mon âme, maintenant et à l'heure de ma mort; et daignez m'accorder Votre Grâce et Votre Miséricorde, aux vivants et aux morts le pardon et le repos, a votre Église la paix et la concorde, a nous, misérables pécheurs, la vie et la gloire éternelle. Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

A Vêpres

 

V. O Dieu, venez à mon aide,

R. Seigneur, à notre secours.

V. Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit,

R. Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Hymne

 

A l'heure du soir, on Vous descend de la Croix, ô mon aimable Jésus, Hélas, la Source de Vie est éteinte, la couronne de gloire est renversée. Aidez-moi à mourir au péché pendant la vie, afin que je ressuscite un jour à la gloire.

 

Ant. O Croix bénie, seule, vous fûtes digne de porter la rançon du monde; seule, vous êtes au-dessus de tous les cèdres. O Croix salutaire, sur Laquelle la vie du monde a été suspendue, sur Laquelle Jésus-Christ a triomphé, et où la mort a vaincu la mort pour jamais.

 

V. Les méchants se sont rassemblés contre la vie du Juste,

R. Ils ont condamné le Sang innocent.

 

Prions

 

Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, mettez Votre Passion, Votre Croix et Votre mort entre Votre jugement et mon âme, maintenant et à l'heure de ma mort; et daignez m'accorder Votre Grâce et Votre Miséricorde, aux vivants et aux morts le pardon et le repos, a votre Église la paix et la concorde, a nous, misérables pécheurs, la vie et la gloire éternelle. Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

A Complies

 

V. Convertissez-nous, ô Dieu, notre salut,

R. Et détournez votre colère de nous.

V. O Dieu, venez à mon aide,

R. Seigneur, à notre secours.

V. Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit,

R. Maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Hymne

 

A l'heure de Complies, ô Jésus, douce espérance de la vie future, on dépose dans le tombeau Votre Corps très Vénérable, embaumé d'aromate. Enivrez mon cœur de fiel, de myrrhe et d'absinthe, afin qu'il conserve le souvenir de Vos Saintes Plaies et de votre Douloureuse Passion.

 

Ant. Sauveur du monde, sauvez-nous, Vous qui nous avez rachetés par Votre Croix et Votre Sang; secourez-nous, nous Vous en prions, Seigneur notre Dieu.

 

V. Je vis dans la Foi du Fils qui m'a aimé,

R. Et qui s'est livré Lui-même pour moi.

 

Prions

 

Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, mettez Votre Passion, Votre Croix et Votre mort entre Votre jugement et mon âme, maintenant et à l'heure de ma mort; et daignez m'accorder Votre Grâce et Votre Miséricorde, aux vivants et aux morts le pardon et le repos, a votre Église la paix et la concorde, a nous, misérables pécheurs, la vie et la gloire éternelle. Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l'unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Offrande

 

O Jésus souffrant et expirant sur la Croix pour mes péchés, si j'ai pu Vous être agréable en récitant ces heures canoniques, je Vous prie, par la vertu de Votre Sang, de me consoler au moment de la mort, et de me recevoir dans Votre Divin Cœur percé d'une lance pour mon amour. Amen.

 

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Exercice pour s'unir à Jésus souffrant pendant la Sainte Messe

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Exercice pour s'unir à Jésus souffrant pendant la Sainte Messe

 

Au commencement de la Messe

Jésus prosterné au Jardin des Oliviers

 

Vos angoisses au jardin ont été si violentes, ô mon Jésus, que Votre Visage s'est entièrement couvert d'une sueur de Sang, et que Vous avez été obligé de Vous écrier: « Mon âme est triste jusqu'à la mort ». C'est moi, Seigneur Jésus, qui suis la cause de Vos douleurs et de Votre tristesse, et mon cœur ne se fend pas de regret ! je n'éprouve pas dans mon âme des torrents d'amertume ! Qui donnera de l'eau à ma tête, et a mes yeux une fontaine de larmes, afin que je pleure jour et nuit les outrages que le péché a causés a la majesté de mon Dieu ?

 

Au Kyrié

Jésus accueille avec bonté le traître Judas

 

Vous daignez, ô mon Jésus, recevoir le baiser perfide de Judas, et rendre à ce traître un baiser paternel. Ne souffrez pas, Seigneur, que j'imite Votre infidèle Apôtre en m'approchant de Vos Autels pour abuser de Vos grâces. Eloignez de moi toute affection désordonnée aux créatures, afin que je Vous aime de tout mon cœur, et que je Vous aime uniquement, car Vous êtes vraiment le Dieu de mon cœur.

 

Au Gloria

Jésus lié et garrotté

 

On vous lie, ô Jésus, comme si Vous étiez un scélérat. Quel mal avez-Vous donc fait, Vous qui êtes venu nous délivrer de l'esclavage du péché ? Ne permettez pas, ô mon Sauveur, que je secoue jamais le joug si doux de Vos commandements pour vivre à ma liberté. Tirez-moi, je Vous prie, après Vous par les douces chaînes d'un amour pur et sans bornes, et je courrai à l'odeur de Vos parfums.

 

Aux Oraisons

Jésus conduit chez Anne et Caïphe

 

On Vous traîne, ô Jésus, chez les grands prêtres, comme un malfaiteur coupable des plus grands crimes. Vous recevez des soufflets, Votre Visage est couvert de crachats; Vous êtes véritablement l'opprobre des hommes et l'abjection du peuple. Je Vous fais amende honorable pour tant d'outrages, et je Vous supplie, ô mon Jésus, de m'accorder la patience, la douceur et le silence que Vous avez gardés devant vos accusateurs.

 

A l'Epître

Jésus renié trois fois par Saint Pierre

 

Vous jetez, ô Jésus, un regard plein de douceur sur Pierre, le chef de vos disciples; et ce regard fait couler de ses yeux une source intarissable de larmes. Ne permettez pas, ô mon divin Maître, que je me sépare jamais de Votre Amour; mais, si j'ai le malheur de Vous offenser, accordez-moi la grâce de revenir promptement à Vous, et de Vous servir ensuite avec plus de ferveur.

 

A l'Evangile

Jésus méprisé et revêtu d'une robe blanche

 

Hérode Vous méprise avec toute sa cour, ô mon Jésus, a cause de Votre modestie et de Votre humilité; et, après Vous avoir revêtu d'une robe blanche par dérision, il Vous renvoie a Pilate. Revêtez-moi, ô Jésus, de la vertu d'humilité, accordez-moi la grâce de ne pas proférer une seule parole, lorsqu'on me méprise, et d'être prêt a sacrifier ma vie pour empêcher que Votre Majesté Divine ne soit offensée

 

Au Credo

Jésus mis en parallèle avec Barrabas

 

Vous avez entendu avec humilité, ô mon Jésus, la voix unanime d'un peuple méchant et injuste qui préférait à Vous le voleur Barrabas. Quand j'ai péché mortellement, j'ai préféré à Vous le monde, mes passions, le démon; j'ai demandé Votre mort; j'ai consenti à tous les tourments de Votre Passion. Dieu de bonté, ayez pitié de moi: je ne préférerai jamais rien à Vous; je ne désire plus que Vous. Car, que désiré-je dans le ciel, et qu'ai-je souhaité sur la terre, si ce n'est Vous seul ?

 

A l'Offertoire

Jésus flagellé

 

Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, Vous n'étiez qu'une plaie affreuse, ô mon Jésus, lorsque les soldats, comme des bêtes féroces, déchirèrent impitoyablement Votre Corps virginal, et que, Vous voyant tombé par terre, ils Vous foulèrent aux pieds dans des ruisseaux de sang. Et c'est moi, ô mon Divin Sauveur, qui Vous ai fait souffrir un supplice si ignominieux et si cruel ! ce sont mes péchés qui Vous ont mis en un si horrible état ! Comment ne pas mourir de douleur, après Vous avoir ainsi traité ? Prosterné aux pieds du Trône de Votre Grâce, je Vous supplie de ne pas venger tant d'inhumanité et de barbarie sur moi qui suis l'auteur des souffrances et des ignominies que Vous avez endurées pour mon amour. Voyez l'amertume de mon âme, et ne me condamnez pas; mais convertissez-moi, pardonnez-moi.

 

A la Préface

Jésus couronné d'épines

 

Sortez, fille de Sion, et venez voir le Roi Salomon ceint de son diadème. O le plus beau des enfants des hommes ! O Roi de gloire ! Jésus Christ, mon Sauveur, est-ce Vous que je vois couronné d'épines ? Mais quelle douleur perce mon cœur, lorsque je pense que c'est moi, mon Doux Jésus, qui, par mes péchés, ai déchiré Votre Chair innocente; moi qui ai défiguré l'incomparable beauté de Votre Visage, et qui Vous ai couronné d'épines ! je Vous reconnais pour mon Seigneur et mon Dieu, pour mon Roi et mon Maître; daignez régner éternellement dans mon cœur. Je renonce a la vanité, a l'orgueil, a l'ambition que Vous avez expiés par un si horrible supplice, me souvenant que, si je veux recevoir un jour les récompenses de la gloire, je dois souffrir en ce monde toutes les épines de la couronne de mon Sauveur.

 

Au Sanctus

« Voilà l'Homme ! »

 

Quel est celui qui vient d'Edom sous les vêtements de Bostra ? c'est Vous, mon Jésus, couronné d'épines, tout couvert de Sang et de Plaies. Un roseau est Votre sceptre, des épines votre couronne, une pourpre usée et déchirée Votre manteau royal. Vous êtes beau en cet état, ô Jésus, cette pourpre sanglante, qui Vous décore, annonce le vainqueur du péché, de la mort et de l'enfer. Associez-moi a Vos triomphes qui ont donné la paix à la terre. Revêtez-moi de Votre Patience, de Votre Douceur, de Votre Charité, de Votre Esprit de sacrifice; et, lorsque Vous viendrez sur une nuée avec une grande puissance, alors, ô Jésus couronné d'épines, avez pitié de moi qui suis un grand pécheur.

 

Au Mémento des vivants

Jésus condamné à mort

 

Vous avez été établi par votre Père céleste, fi mon Jésus ! le juge des vivants et des morts; et je vous vois, la corde au cou, les mains liées, la tète nue, comme un criminel, recevant, avec la plus grande résignation, l'arrêt qui vous condamne à être crucifié. Puisque vous, ô mon Sauveur! vous, le Dieu tout-puissant, le Dieu bon, vous, l'innocence même et le Saint des Saints, consentez à mourir pour moi, comme un vil scélérat, je supplie votre infinie miséricorde d'effacer la sentence de damnation éternelle que je me suis attirée par mes péchés, afin que j'entende au dernier jour avec vos élus:Venez, les bénis de mon père, possédez le royaume éternel...

 

A l'Elévation

Jésus chargé de Sa Croix

 

Votre Père Céleste, ô mon Jésus, a déposé sur Vous toutes nos iniquités. Chargé de ce pesant fardeau dans la Croix, Vous êtes monté au Calvaire. Mais, avant d'y arriver, affaibli par la vive douleur de Vos Plaies, Vous faites presque autant de chutes que de pas; toutes les fois que Vous succombez, on Vous relève en Vous frappant cruellement. Plaise à Dieu, ô mon bien-aimé Sauveur, que je m'efforce de marcher après Vous, pour porter ma croix à Votre suite, avec joie et en esprit de pénitence !

 

Après l'Elévation

Jésus rencontre sa Très Sainte Mère

 

Quelle source d'amertume pour Votre Cœur, ô Jésus, et pour celui de Votre Divine Mère, lorsqu'Elle Vous aperçut portant Votre Croix ! Quels tourments cruels percèrent Vos âmes, lorsque Vos yeux se rencontrèrent ! O Reine des Martyrs, ma tendre Mère, que n'ai-je, comme vous, l'âme percée d'un glaive de douleur, en voyant le Cœur de Jésus abreuvé d'amertumes ! Gravez en moi Sa douloureuse Passion; obtenez-moi d'en être tellement touché, que je meure au péché, au monde et à moi-même.

 

Au Mémento des Morts

Jésus est crucifié

 

Quelle douleur excessive Vous avez soufferte, ô mon Jésus, lorsque l'on Vous perçait les mains et les pieds avec de longs clous ! O Jésus, que l'Amour a cloué sur une Croix, je veux vivre et mourir crucifié avec Vous sur la terre, afin de pouvoir régner avec Vous, couronné de gloire dans le Ciel. Que cet amour, ô mon Jésus crucifié, s'étende sur les fidèles morts dans Votre Grâce, qu'ils puisent aussi bientôt dans les sources du Sauveur les eaux de la joie éternelle.

 

Au Pater

Jésus élevé en croix

 

Vous êtes vraiment un Homme de Douleur, ô mon tout aimable Rédempteur, et Vous savez ce que c'est que souffrir. Après mille tourments et mille outrages variés et choisis pour Vous faire souffrir ce qu'il y a de plus douloureux et de plus amer, on dresse le gibet honteux auquel Vous êtes suspendu par trois clous. Mais qui comprendra les douleurs inouïes que Vous endurez de la secousse et de l'enfoncement de la Croix, de la dislocation de Vos os, de la rupture de Vos veines ? Enfin la Croix est dressée, et le Maître de la nature est suspendu entre le Ciel et la terre; et Vous souffrez toujours: Votre Corps pesant et tout déchiré n'est soutenu que sur des clous, n'est appuyé que sur des plaies; mais Votre Tête Sacrée surtout, de quels tourments, grand Dieu ! N'est-elle pas affligée ! Comment la tenir ? Si Vous la levez, les épines dont elle est couronnée s'enfonceront davantage, et Vous verrez les pontifes et la cohorte insolente qui Vous insultent et Vous outragent. L'abaisserez-Vous, la vue de Votre Sainte Mère Vous pénétrera d'amertume; si Vous la remuez, le mouvement seul est capable d'aigrir et de rouvrir Vos plaies. Quel supplice, que ne puis-je le partager avec Vous, ou du moins alléger de si cruelles douleurs ! Attirez-moi Vous-même à Vous, ô mon doux Sauveur! selon Votre promesse; attirez, par la force de Votre Amour, toutes les affections de mon âme, afin que je m'offre à Vous sur la croix, et que j'y meure d'amour pour Vous qui allez y mourir d'Amour pour moi.

 

A la Communion

Dernières paroles de Jésus mourant

 

Votre premier soin en mourant, ô Jésus, fut de réconcilier avec Votre Père les pécheurs, et ceux même qui Vous attachèrent à la Croix. « Mon Père, disiez-vous, pardonnez-leur; car ils ne savent ce qu'ils font ». Je pardonne, ô mon Jésus, de tout mon cœur pour l'amour de Vous a tous ceux qui m'ont jamais fait quelque mal, (surtout à...) Faites, je vous prie, que j'entende, a l'heure de ma mort, ces paroles adressées au bon larron: 3Vous serez avec moi dans le paradis », et souffrez que je Vous embrasse comme mon Frère dans le Sacrement de Votre Amour, Vous, ô mon aimable Jésus, qui m'avez donné la très Douce Marie pour Mère, et qui avez permis que Vous fussiez abandonné de Votre Père, à Votre dernière Agonie, afin qu'il ne m'abandonnât pas éternellement dans mes péchés. Vous avez eu une soif très ardente de mon salut, afin qu'a son tour mon âme soupirât après Vous qui êtes la Fontaine de Vie; jusqu'à ce qu'ayant consommé le cours de cette vie mortelle, je remette mon esprit entre Vos mains. Venez, Seigneur Jésus, venez dans un cœur qui Vous aime et Vous désire.

 

Aux dernières Oraisons

Jésus-Christ meurt

 

Que ne m'a-t-il été permis, ô mon Jésus, de recevoir le dernier soupir de Votre Vie dans ma bouche et dans mon cœur, afin que je puisse dire: « Je vis, non, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi ! » Que Vous êtes bon, ô Jésus, car ce que je désire si ardemment, Vous me l'accordez dans le Glorieux et Auguste Sacrement de l'Autel, où Vous me donnez non-seulement Votre Souffle Divin, mais aussi Votre Corps et Votre Substance Sacrée que je reçois dans ma bouche et dans mon cœur. Comment pourrais-je m'empêcher de Vous aimer ?

 

A la Bénédiction

Le Cœur de Jésus est percé d'un coup de lance

 

Vous, avez voulu, ô Jésus, que Votre Cœur fut ouvert pour me servir de retraite et de maison de refuge. C'est le lieu de mon repos, j'y habiterai, parce que je l'ai choisi.

 

Au dernier Evangile

Jésus est mis dans un Sépulcre neuf

 

Votre Corps Virginal, ô mon Jésus, enveloppé d'un linceul blanc fut renfermé dans un sépulcre nouveau: vous m'apprenez par la que c'est avec un cœur nouveau et sanctifié par Votre Grâce que je me rendrai digne de Vous recevoir. Lavez-moi de plus en plus, ô mon Sauveur, et purifiez-moi de mon péché. Créez en moi un cœur pur dans lequel, comme dans un linceul blanc, je recevrai Votre Corps Saint, ressuscité et glorieux, et je serai tellement uni à lui par amour que je pourrai dire avec vérité: « Ni la mort, ni la vie, ni aucune créature ne me séparera de la charité de Dieu, qui est en Jésus-Christ Notre-Seigneur ».

 

Texte extrait de l'Année Pieuse, de P. Ligny, Amiens, Typographie Alfred Caron, 1854

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