11 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Douzième jour

La Sainte Vierge assise sur un rocher à la Salette

 

A dix-huit siècles de distance, la piété chrétienne peut contempler Marie sur deux grandes montagnes, le Calvaire et la Salette. Elle est en tous ces lieux la Mère des douleurs; mais, que l'expression et l'attitude sont différentes! Au Calvaire, c'est l'attitude courageuse d'une noble fierté qui défie les bourreaux; à la Salette, c'est la prostration d'une nature qui succombe, brisée par la douleur. Au Calvaire, Elle est debout, dans le maintien magnanime de la résignation et de la force; à la Salette, Elle est douloureusement assise, sous le poids d'un corps qui ne se peut soutenir! Au Calvaire, son regard ferme, sans terreur comme sans faiblesse, compte une à une les blessures de son Fils et de son Dieu; à la Salette, ses yeux sont à demi fermés et tout noyés dans les larmes: ici, son visage respire la grandeur du sacrifice, l'héroïsme du martyre; là, son front est caché dans ses mains, sous l'expression de la souffrance et du malheur!... En un mot, c'est au Calvaire l'héroïsme d'une mère; à la Salette, on dirait la timidité d'une femme, la prostration d'une simple créature!... Quel est cet étrange mystère? pourquoi tant de grandeur autrefois, tant de faiblesse aujourd'hui? Ces différences étonnent tout d'abord; mais la réflexion les comprend et les explique. Au Calvaire, tout contribuait à soutenir Marie, la présence de son Fils sur la croix, la mort vaincue, le péché détruit, le monde racheté, le ciel ouvert, les fruits d'une Rédemption divine appliqués aux hommes: devant ces espérances glorieuses, je comprends l'attitude immobile, ferme de Marie, Stabat, sur une montagne qui s'ébranle: je comprends son regard serein et assuré, tandis que la lumière s'éclipse: quelle mère ne serait un héros de courage et de force, devant un avenir qui va peupler le ciel d'élus, et donner à elle-même pour enfants toutes les générations de la terre? Mais, sur la montagne de la Salette, Marie paraît seule; son Jésus est absent ; Elle n'en porte que l'image crucifiée sur sa poitrine: dix-huit siècles ont passé sur les fruits de la Rédemption ; l'expérience en est faite, et le sang de son Fils a été inutile au grand nombre des hommes; et l'avenir ne semble devoir faire qu'un abus coupable de ses lois et de ses sacrements! A cette vue affligeante, son cœur maternel se brise; son âme entre dans une sorte de tristesse divine; sa tête appesantie s'incline; ses mains défaillantes ne la peuvent plus soutenir; elle succombe, et va s'asseoir tristement sur un rocher solitaire, semblable au malheureux, quand, après avoir essuyé tous les maux, il a tout perdu, tout, jusqu'à l'espérance!... Et qu'on ne croie pas cependant que cette attitude humiliée manque de dignité et de noblesse: elle a un précédent illustre; c'est Jésus-Christ à genoux au jardin des Oliviers, méditant la Rédemption du monde, le calice de la Passion dans les mains, la face contre terre!... Telle apparaît, assise sur son rocher, la Vierge de la Salette: Elle semble y méditer une sorte de Rédemption nouvelle, offrant à la justice divine, pour prix de cette Rédemption, ses tristesses, ses douleurs, ses larmes maternelles!...

 

Réflexions

 

1° Causes et raisons de cette attitude. 2° Sentiments qu'elle doit nous inspirer. 1° La tradition nous a conservé les raisons des écrivains ecclésiastiques sur la prostration profonde de Jésus-Christ au jardin des Oliviers: dans une figure hardie, mais solennelle et touchante, elle nous représente tous les peuples, venant là, tour à tour, déposer leurs iniquités sur la tête du Sauveur, et le Sauveur lui-même succombant sous le poids des crimes de tous les peuples et de tous les siècles. L'apparition de la Salette renouvelle sous nos yeux ce douloureux spectacle; Marie semble appeler les temps à ses pieds, sur la montagne: son regard maternel embrasse les déceptions du passé, l'indifférence du présent, et les mépris de l'avenir: Elle voit tous les peuples lui porter tous leurs maux, les déposer sur son cœur; cette vue douloureuse épuise ses forces, accable son âme, et Elle paraît s'anéantir... et là, assise sur son rocher, Elle semble dire au monde: « O mes enfants, venez, venez tous, déposer sur ma tête tous vos crimes, toutes vos iniquités! le poids en est bien lourd; et je le sens, mes forces n'y pourront suffire, et un rocher me doit prêter appui!... n'importe, approchez, ne craignez pas d'accabler votre Mère sous le poids de vos péchés, pourvu, mes enfants, que vous ne péchiez plus désormais!... Ames chrétiennes, nous sommes de cette grande scène! Nous sommes de ces enfants ingrats et coupables; quelle part nous revient de ce nouveau crucifiement de Marie? Quels péchés avons-nous déposés sur la tète de notre Mère? Quel poids avons-nous ajouté au fardeau accablant sous lequel succombe la Vierge de la Salette? 2° Un front humilié, des yeux inclinés vers la terre, un visage dérobé à nos regards, des accents plaintifs, une posture suppliante, une attitude attristée, qui révèle tous les chagrins amassés sur un même cœur, tels sont les signes extérieurs de l'apparition, en la personne de la Vierge assise... Quels sentiments pieux, quel religieux respect doit exciter en nous cette scène touchante!... Quelle est cette créature, si profondément désolée? C'est une Reine, illustre et malheureuse, qui porte un diadème et qui souffre; or, la grandeur déchue, les nobles infortunés touchent toujours! C'est une Mère abandonnée par ses enfants, et pour leurs péchés envoyée, là, en exil, sur cette montagne!... Quel homme ne serait ému et attendri jusqu'aux larmes, en voyant la Mère du Christ dans un supplice si désolant! Allons donc aujourd'hui au nouveau Calvaire de Marie, et assis à ses côtés, sur le rocher de la Salette, recueillons-nous et souffrons avec Elle!

 

Pratique : Concevoir aujourd'hui un grand regret de nos péchés, cause unique des amertumes de la Sainte Vierge. Réciter en union et en réparation, la belle prière Stabat Mater, etc.

 

Guérison extraordinaire obtenue par l'intercession de Notre-Dame de la Salette

 

Le récit suivant offre le plus touchant intérêt. Le prodige s'est opéré dans une des villes de la Provence, à quelques lieues de nos contrées, il y a cinq ans à peine. Mlle V., âgée aujourd'hui de vingt-trois ans, entra au couvent des Capucines de O. en 1861. Depuis trois ans, elle était atteinte d'une maladie sérieuse dont elle n'avait osé parler à personne, dans la crainte que ce ne fût un obstacle à son entrée en religion. Son état s'aggravant, elle se vit contrainte de déclarer sa maladie à la supérieure, qui consentit à la garder à cause de sa piété et de son obéissance. Soumise à un traitement qui fut sans succès, le médecin et la supérieure décidèrent, un an après, sa rentrée dans sa famille. Cet arrêt fut pour elle un coup mortel; son cœur fut déchiré en apprenant cette triste nouvelle. Elle n'osait plus revenir sous le toit paternel; ses parents s'étant montrés irrités contre elle depuis son départ; il fut dès lors décidé qu'elle irait chez une de ses cousines, où elle fut reçue avec tous les témoignages d'affection et tous les égards que méritait sa situation. Son cœur néanmoins souffrait bien vivement en songeant au bonheur qu'elle avait goûté dans la vie religieuse, qu'elle n'avait cependant fait qu'entrevoir, et aux épreuves qui l'attendaient dans sa famille. Ces peines intérieures aggravèrent en peu de temps sa position; elle tomba un mois après dangereusement malade. Son frère et sa sœur se rendirent auprès d'elle; elle se trouvait alors de trente kilomètres éloignée de sa famille. Elle avait voulu depuis quelques jours commencer une neuvaine à Notre Dame de la Salette, assurant aux personnes qu'elle s'était associées, qu'à la fin de la neuvaine elle serait guérie ou qu'elle mourrait. On voulut essayer d'un autre traitement, mais elle s'y refusa absolument: « Après ma neuvaine, répondit-elle, je ferai tout ce qu'on voudra ». La Providence le permit pour que sa guérison ne fût pas attribuée à un traitement nouveau. Chaque jour les nouvelles envoyées par le télégraphe à son père, devenaient de plus en plus alarmantes. L'avant dernier jour, tout le monde croyait que le dénouement serait la mort; la dépêche portait que si le père voulait embrasser une dernière fois sa fille, il partît aussitôt, car elle se trouvait à la dernière extrémité. Cette dépêche ne fut remise au père que le lendemain matin, dernier jour de la semaine. En la recevant, il répondit: « Ah! je sais bien que ma fille ne peut pas guérir. Je connais sa maladie. Il faudrait un miracle! » Au moment même qu'il parlait ainsi, le miracle s'opérait dans les circonstances qui suivent: La veille du dernier jour de la neuvaine, Mlle V. était à toute extrémité. Monsieur le curé de la paroisse, qui suivait de près sa malade, ne voulait l'administrer que le dernier jour, et passa la nuit chez elle; mais, vers le matin, la voyant tout à coup sans connaissance, il lui donna l'Extrême-Onction. Pendant qu'elle recevait ce sacrement, elle ouvrit les yeux et reprit ses sens. Monsieur le curé courut alors chercher le saint Viatique. Lorsqu'il fut de retour, la malade était toujours très mal, quoiqu'elle eût repris sa connaissance; mais aussitôt qu'elle eût reçu la sainte hostie, elle se sentit subitement et complètement guérie. Toutefois, elle n'en dit rien dans le moment. Monsieur le curé s'en retourna, les parents et les assistants descendirent, et elle resta seule avec une sœur de l'Espérance qui la soignait. Pendant son action de grâces, comme elle sortait les bras de son lit pour les élever vers le ciel en signe de reconnaissance, à l'instant, elle sentit qu'on lui prenait la main, et entendit une voix qui lui disait: « Ma fille, lève-toi, tu es guérie ». Elle trouva un prétexte pour éloigner la sœur quelques instants. Quelle ne fut pas la surprise de cette dernière, à son retour, lorsqu'elle vit Mlle V. hors de son lit, s'habiller toute seule. Hors d'elle-même, elle allait crier au miracle, lorsque d'un mouvement elle lui imposa silence. Peu après, toutes deux descendirent au salon, où les parents bien tristes étaient réunis. Jugez de leur étonnement et de leur émotion, eux qui n'attendaient plus que l'agonie et la mort. Le reste du jour, seule, la miraculée allait, venait, parlait avec la plus grande facilité et le plus grand calme. La protection de Notre Dame de la Salette était visible, le fait sortait des conditions naturelles. La guérison de Mlle V. s'est parfaitement maintenue. Tout le monde a été vivement frappé de ce prodige. Le premier jour qu'elle assista à la messe, l'église était comble comme au jour de Pâques, et le dimanche suivant, on a vu auprès d'elle son père, qui depuis quarante ans n'avait pas mis les pieds dans l'église, prier avec une foi qui a édifié tous les assistants. (Annales de Notre-Dame de la Salette.)

 

Prière

 

O la plus affligée des mères, quelle dut être votre douleur, lorsque, assise sur les rochers du Calvaire, vous teniez sur vos genoux et dans vos bras, le corps inanimé de votre divin Fils!... Vous contempliez, et sa face meurtrie, et son front percé d'épines, ses yeux éteints et sa bouche entrouverte! Vous couvriez de vos larmes et de vos baisers maternels ce corps sans vie, et vous le pressiez contre votre cœur, brisé de douleur, parce qu'il était brûlant d'amour! O Marie, assise sur la montagne de la Salette, je dépose mon âme sur vos genoux: oh! que cette vue doit attrister votre regard maternel! Voyez, que de plaies profondes le péché lui a faites! surtout, comme le vase fragile de la vertu est brisé, et comme l'innocence en coule de toutes parts! Bonne Mère, parcourez du regard, une à une, ces plaies innombrables! Touchez de votre main virginale ce vase détruit! Ressuscitée sous un baiser immérité de votre miséricorde intarissable, notre âme se lèvera et marchera noblement dans les voies d'une vertu réparée, et qui aspire encore au ciel. Ainsi soit-il.

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10 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Onzième jour

La Sainte Vierge seule, sur la Chaîne des Alpes

 

L'apparition de la Salette, la bonté si touchante avec laquelle Marie daigne entrer en communication avec deux pauvres bergers, les admettre à contempler de si près les rayons éblouissants de sa gloire, à entendre sa voix céleste, rappelle l'événement le plus considérable, le plus divin de la religion: c'est cette condescendance adorable, par laquelle, jadis, Dieu nous a parlé par son propre Fils qui, inclinant les cieux, est descendu jusqu'aux hommes; qui a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité, et s'est rendu, selon la belle pensée de saint Augustin, merveilleusement populaire. Oui, l'événement de la Salette rend aussi Marie merveilleusement populaire, ou plutôt, merveilleusement humble et digne d'une sorte de compassion: au ciel, Marie est assise sur le trône de sa gloire, et la cour céleste l'environne, dans l'attitude de la vénération : dans les églises de la terre, Elle règne sur tous les autels, et les peuples sont à ses pieds: regardez-la sur la montagne; le monde ignore sa venue; les anges ne lui font pas cortège; les vierges ne l'ont pas suivie; tout est silencieux, vide, isolement autour d'Elle; il n'y a, pour recevoir sa visite, que ce qu'il y avait à la crèche, de pauvres bergers, et quelques vils animaux. Eh quoi! la Mère de Dieu, seule, abandonnée, errante et perdue en quelque sorte sur cette haute montagne, dans un désert, au milieu de rochers inaccessibles; quelle situation étrange pour la Reine du ciel; quel touchant et douloureux spectacle pour ses enfants de la terre!... Ne nous semble-t-il pas entendre les échos émus de cette montagne étonnée, répéter ce cri plaintif du cœur de Jésus au Calvaire : « mon fils, mon fils, pourquoi m'abandonnez-vous ici?... » Il y a dans nos saints livres, une figure des amertumes de ce délaissement et de cette solitude: c'est Noémie, l'illustre veuve de Bethléem, condamnée à un long exil dans les montagnes de la Judée; à la nouvelle de son retour, les femmes allèrent au-devant d'elle, et disaient, en la voyant passer: « C'est Noémie!... » Et elle répondait: « Ah! ne m'appelez pas Noémi, c'est-à-dire, belle! mais Mara, c'est-à-dire, amère, parce que le Tout-Puissant m'a remplie d'amertumes; je suis sortie riche, et le Seigneur me ramène pauvre!... Non, pas Noémie, moi, humiliée, affligée par le Seigneur!... » Voici, sur les montagnes de la Salette, la Noémie nouvelle; c'est Marie. Ah! Marie était belle autrefois; entendez les chants de l'Eglise: « Vous êtes toute belle, ô Marie, et il n'y a pas de tache en vous!... » « Quelle est celle qui monte du désert, belle comme la lune, brillante comme le soleil?... » Mais ici, Elle n'est plus tout cela ; seule et délaissée au sommet des Alpes, Elle semble crier au monde: « Ah! ne m'appelez pas belle aujourd'hui; voyez, voyez plutôt, je suis toute couverte de tous les instruments de la passion de mon Fils; entendez les chants de l'Eglise, c'est la fête de mes douleurs, comparées aux flots de la mer; voyez donc combien je suis affligée! Mon cœur est troublé en moi-même; je suis pleine d'amertumes, parce que mon peuple ne me laisse pour nourriture que l'absinthe et mes larmes, et pour breuvage, une eau mêlée de fiel...Les nations m'appellent bienheureuse. Ah! je ne sens en ce moment mon bonheur, que par la grandeur de mes maux; oui, le Tout-Puissant m'a élevée, exaltée; mais me voici bien humiliée, bien abandonnée, dans cette solitude immense ».

 

Réflexions

 

Deux considérations remplissent ici nos pensées, l'importance de ce message, les amertumes dont il est la source pour Marie: 1° Il est écrit, dans la parabole des vignerons, que le père de famille après leur avoir envoyé successivement plusieurs de ses serviteurs, qui furent maltraités, leur envoya enfin son propre fils, en disant: Ils auront quelque respect pour mon fils... Jésus-Christ a sans doute dit aussi, en nous envoyant sa divine Mère à la Salette: « Ils auront quelque respect pour ma Mère; son isolement, sa solitude leur feront compassion; ils ne la verront pas pleurer sur eux, sans ressentir quelque salutaire émotion; ils n'entendront pas sa voix émue, sans prêter une oreille attentive; ils ne pourront contempler sur sa poitrine, les chaînes merveilleuses de mon amour, l'image encore inondée du sang de ma passion et de ma mort, sans consentir à y répondre, et à se laisser enfin gagner au Fils par la Mère!... » Il est bien manifeste qu'il aurait dû du moins en être ainsi pour tous les cœurs qui ont conservé la foi, et qui ont quelque souci de leur salut! sommes-nous au nombre de ces chrétiens fidèles, ou parmi ceux qui résistent encore aux prévenances maternelles de Marie sur la montagne, et aux instances ineffables de l'amour de son Fils?... 2° Noémie nouvelle, Marie ne veut pas qu'on l'appelle belle, mais arrière! Cependant, on voit sur son visage les marques éclatantes d'une grande beauté, une brillante lumière l'environne, un riche diadème rayonne sur son front... Quelle amertume y a-t-il donc dans le cœur de Marie?... Le cœur de Marie est une image, un reflet du cœur de Jésus; c'est-à-dire, un océan de bonté, où s'agitent sans cesse les flots amers du péché; et ses amertumes, ce sont les crimes des hommes, leurs impiétés, leurs blasphèmes; en un mot, ce torrent d'iniquités, qui, se répandant sur la terre, est passé à travers son âme: et voilà ce qui la fait s'écrier sur la montagne de la Salette: « Ne m'appelez pas ici Noémie, parce que je me sens aujourd'hui toute remplie d'amertumes!... » Or, Celle qui fait entendre ces accents douloureux, c'est notre Mère; et on ne laisse pas une mère gémir seule, et sans consolation!... que ferons-nous donc, pour adoucir les amertumes de notre Mère? Aimer Dieu, observer ses commandements, répandre autour de soi les parfums de la vertu, de la charité chrétienne, voilà le doux breuvage que nous demande Notre Dame de la Salette.

 

Pratique : Se recueillir un instant, avant de quitter l'église; représenter vivement à son âme ce grand spectacle de la Sainte Vierge, abandonnée sur la montagne; compatir à l'amertume de son cœur, par des sentiments de componction, et quelques aspirations affectueuses à la douleur de cet isolement.

 

Guérison miraculeuse

(Lettre de Monsieur le curé de Verpel (Ardennes) à Monsieur le Supérieur de la Salette, 12 novembre 1866)

 

Mon Révérend Père, Il y a quelques mois, me rendant aux désirs de mes bons paroissiens, j'érigeais une statue de Notre Dame de la Salette dans l'église de mon annexe. Il semble, mon Révérend Père, que cette douce Mère du ciel avait hâte de faire son entrée solennelle dans notre diocèse, et d'y opérer son premier prodige... J'hésitais à vous en donner connaissance, lorsqu'en recevant le dernier numéro de vos annales, je fus frappé par la date de la guérison de Mlle Eugénie Chauvet. C'est en effet le même jour, 16 septembre 1866, et probablement à la même heure, que s'est opérée la guérison de Mlle Zélie Frisch, ma paroissienne. Cette jeune fille, âgée de 22 ans, n'était pas sortie de son lit depuis trois mois. Pendant ce laps de temps, elle n'avait pris ni boisson, ni aucune nourriture; elle rejetait tout aliment et vomissait le sang fréquemment et abondamment; c'est au point qu'un savant docteur qui l'a visitée pendant deux mois environ, l'a traitée pour une phthisie pulmonaire, arrivée à sa dernière période. Selon l'avis du même docteur, la malade était encore atteinte d'un rhumatisme articulaire. Ses souffrances étaient très vives, et il était impossible de la transporter d'un lit à un autre sans lui faire éprouver des spasmes et des étouffements qui duraient quelquefois plusieurs heures. Or, la malade et tous les membres de sa pieuse famille, commencent une neuvaine à Notre Dame de la Salette. Le 16 septembre, on était au sixième jour de la neuvaine. Pendant la messe paroissiale, vers neuf heures et demie, la malade prend avec beaucoup de peine un flacon placé près de son lit et contenant de l'eau de la source miraculeuse; elle en boit quelques gouttes, et,au même instant, elle se sent comme soulevée par une force extraordinaire, descend de son lit sans se rendre compte de cette action, fait trois ou quatre pas dans sa chambre et va s'appuyer sur une commode. Là, seulement, elle s'aperçoit qu'elle a marché. « Maman, je suis guérie », s'écrie-t-elle. Et à ces mots, elle s'agenouille devant une statue de Notre-Dame de la Salette, qu'elle tenait entre les mains, fait une courte prière, s'habille sans peine, demande à manger, et se dirige vers l'église avec autant d'assurance que si jamais elle n'avait éprouvé le moindre malaise. Depuis ce moment, elle mange toute espèce de nourriture avec un appétit dévorant; rien ne lui fait mal. Elle a entrepris déjà plusieurs voyages à pied, en voiture, et quand on lui dit qu'elle abuse de ses forces, elle répond que celle qui l'a guérie la soutiendra. Un homme honorable sous tout rapport, très estimé dans le pays, et du reste éminemment habile en médecine, a visité plusieurs fois la malade, et en apprenant sa guérison instantanée, a dit formellement: « C'est un miracle! » Il s'est passé déjà bien des faits extraordinaires dans cette paroisse, obtenus par l'intercession de Notre-Dame de la Salette, qui seront donnés plus tard à la connaissance des serviteurs dévoués au culte de cette bonne Mère. Puisse-t-elle étendre de plus en plus son doux empire et protéger d'une manière toute spéciale les cités trop heureuses qui l'ont choisie pour patronne et pour gardienne. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, ô Mère des hommes, c'est surtout en vous considérant à la Salette, que j'aime à vous entendre nommer, Mère affligée, Vierge très douloureuse!... que de fois, depuis le jour de votre apparition sur cette bénie montagne, j'ai médité sur la grande part que j'avais à vos douleurs!... il me semble, ô ma Mère, que je le comprends aujourd'hui; faites qu'il ne soit pas trop tard!... Et si Dieu est spécialement irrité contre moi, Vierge apparue à la Salette, daignez m'en avertir!... Si mes violations personnelles sont la cause des amertumes profondes dont je vous vois abreuvée, Vierge de la Salette, inspirez-moi le désir d'une conversion sincère!... Surtout, si j'étais du nombre des infortunés sur lesquels le bras de votre Fils menace de s'appesantir, Vierge de la Salette, soutenez-le encore, comme vous l'avez fait sur le plateau sanctifié de la montagne... et soyez toujours pour votre enfant, ô Marie, sur la terre et dans le ciel, Mère de grâce et de miséricorde. Ainsi soit-il.

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09 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Dixième jour

La pierre de la fontaine

 

Dans nos saints livres, il est souvent fait mention du mot « petra », pierre... Plusieurs sont restées particulièrement célèbres: par exemple, celles qui servirent aux patriarches à dresser les premiers autels des sacrifices; la pierre qui reçut la tète de Jacob, pendant son sommeil mystérieux au désert: mais voici sous la loi nouvelle, une pierre, à laquelle ne sont pas moins acquis désormais, le souvenir et le respect religieux de l'histoire; c'est la pierre sur laquelle s'est assise la Vierge de la Salette. La pierre des sacrifices ne fut touchée que par les seules mains des patriarches; la pierre de la Salette a reçu le corps très-pur de Marie; celles du désert n'ont porté que les victimes immolées; celle de la Salette a porté la vraie Mère du vrai Dieu!... Les unes n'ont été arrosées que du sang impur des holocaustes; l'autre a été arrosée par les larmes virginales de cette même Mère!... Et pour la pierre de Jacob, elle fut déposée là, dit une pieuse tradition, par les anges! Il me semble aussi que les anges, à la première nouvelle de l'apparition, durent descendre du ciel, et venir préparer sur la montagne, le siège de leur Reine... Aussi, la gloire particulière de la pierre de la Salette a-t-elle été comprise; et elle n'a pas été laissée, confondue au milieu des autres rochers de la montagne: elle dut subir naturellement, au début du pèlerinage, les mutilations de la piété publique, qui emporta les fragments détachés comme autant de reliques; après peu de jours, elle fut respectueusement recueillie par Monsieur le curé de la Salette: plus tard, l'évêché de Grenoble l'a déposée dans une sorte de châsse provisoire, revêtue de tous sceaux d'authenticité; et les pèlerins de la sainte Montagne la contemplent aujourd'hui avec une sorte de vénération, sous un chalet de cristal, dans les trésors de la sacristie. Elle n'a plus les dimensions qu'elle avait à l'époque de l'apparition: il a bien fallu satisfaire les instances des pèlerins, et détacher en leur faveur des parcelles nombreuses, qui ont servi à opérer bien des merveilles, comme l'eau miraculeuse de la fontaine; mais depuis plusieurs années, on ne touche plus à la précieuse relique, et les visiteurs sont réduits à jeter sur elle des regards de pieuse convoitise.

 

Réflexions

 

Tout paraît merveilleusement prévu, et providentiellement préparé, à la Salette; tout, jusqu'au symbolisme et à la vertu de la pierre choisie pour la scène de l'apparition: 1° Symbolisme: En établissant son Eglise, Jésus-Christ voulut lui donner en héritage, la stabilité et la durée; et, comme gage de cette durée, comme figure de cette stabilité, il l'a assise sur la pierre: C'est sur la pierre que je bâtirai mon Eglise, et à cette pierre viendra se briser la fureur des flots de l'enfer impuissant. Voici Marie, venant établir son œuvre sur la montagne; Elle veut, Elle aussi, pour son œuvre, la durée en héritage: or, ayant appris de son divin Fils, le secret et la science des œuvres solides, Elle va, Elle, fondatrice, s'asseoir sur une pierre, comme si Elle voulait, par cette figure, donner à sa dévotion nouvelle, un gage de stabilité; Elle reproduit quelques caractères de l'Eglise: le martyre, par l'opposition vaincue à l'origine; le miracle, par les faveurs merveilleuses obtenues sous ce vocable; l'universalité, comptant déjà des sanctuaires sous tous les soleils et sur toutes les terres... 2° Vertu communiquée à la pierre de la Salette: « Saint Germain, patriarche de Constantinople, prêchant dans une Eglise où l'on a vénérait la ceinture de la Mère de Dieu, s'adressait à cette précieuse relique, comme si elle eût été animée et pleine d'intelligence: « O ceinture admirable, s'écriait-il, vous qui avez ceint le corps qui a lui-même ceint le corps du Dieu fait homme... quelle a sainteté, quelle vertu n'avez-vous pas dû acquérir, au contact d'un corps si pur et si saint!... O ceinture sans pareille, fortifiez nous contre les faiblesses de la chair... ceignez-nous de force, de justice et de mansuétude... préservez-nous de tout danger!... » Après cela, ne nous est-il pas permis de nous adresser, nous aussi, à Marie assise sur la Montagne?... Ne nous est-il pas permis de lui demander de toucher nos âmes, de les convertir?... Ce miracle s'est produit à l'attouchement des chaînes des apôtres, des vêtements des martyrs; ne peut-il sortir d'une pierre qu'a touchée la Mère de Dieu?... Prenant donc l'accent du patriarche de Constantinople, nous nous écrierons comme lui: O pierre sanctifiée et comme ramollie par une vertu divine! de quels parfums célestes a dû vous embaumer le contact du corps très-pur de Marie! Ah! ne les retenez pas tous, ces parfums: laissez-les s'épancher sur mon âme, pour l'embaumer tout entière de l'odeur des vertus de Celle qui est venue du ciel vous demander un instant, pour le soulagement de ses douleurs, force, asile-et repos!...

 

Pratique : Se représenter par la pensée qu'on est assis à côté de Marie, sur la pierre de la Salette; écouter humblement les reproches de conduite que sa voix nous adresse, accepter sans retard les pratiques de piété que son cœur nous demande, et qu'il faut bien déterminer à la fin de cet exercice.

 

Deux conversions obtenues par l'intercession de Notre-Dame de la Salette

 

Un vieillard, issu d'une illustre famille, avait été pendant longtemps le scandale du pays qu'il habitait. Dieu permit un jour qu'il trouvât chez un libraire un ouvrage sur l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette. M. de N. acheta ce livre et le lut avec un vif intérêt. A partir de ce moment, le vieillard crut à la merveilleuse apparition, et quelque temps après, il fut amené par des circonstances providentielles, à faire ériger un calvaire dans sa propriété, située sur le bord d'une route très-fréquentée. Le calvaire béni, M. de N. était content; mais dès la nuit suivante, il se trouva tout à coup réveillé, et entendit distinctement une voix qui lui disait: « Tu as fait ériger un calvaire en l'honneur de mon Fils, il faut que tu fasses quelque chose pour moi ». Cet ordre mystérieux lui fut renouvelé plusieurs nuits. M. de N., comprenant que c'était la Sainte Vierge qui lui parlait, résolut de se convertir et de faire bâtir une chapelle en l'honneur de Celle qui lui témoignait tant d'amour. Bientôt la chapelle fut élevée, et M. de N. demanda avec instance qu'on y établit la dévotion à Notre Dame de la Salette. La bénédiction du petit sanctuaire se fit en présence d'un grand nombre de fidèles; et, le 19 septembre suivant, plus de deux mille étrangers et un nombreux clergé vinrent y célébrer l'anniversaire de l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette. Quelque temps après, M. de N. mourut dans les meilleurs sentiments, et fut inhumé dans sa chapelle, comme il l'avait demandé pendant sa vie. Ce sanctuaire est visité chaque jour par de nombreux pèlerins. Je dois dire ici que, malgré ses désordres, M. de N. récitait chaque jour, en l'honneur de la Sainte Vierge, une petite prière que sa mère lui avait apprise dans sa jeunesse. Cette prière était enfermée dans un petit sac en cuir, qu'il portait sans cesse suspendue à son cou avec le plus religieux respect. L'auteur de ce récit le tient tout entier de la bouche du vieillard lui-même et de celle de son digne curé.

 

Nous empruntons au même auteur le trait suivant: Un homme très intelligent avait, comme tant d'autres, contracté la triste habitude de ne point approcher des sacrements. Sa femme, qui l'aimait beaucoup et qui craignait de le voir mourir dans cet état, avait fait déjà plusieurs pèlerinages aux sanctuaires les plus vénérés des alentours, pour obtenir la conversion de son mari. Le moment de la grâce n'était pas encore venu, et ce triomphe était réservé à la Vierge réconciliatrice de la Salette. Cette pieuse femme ayant appris les bienfaits de tout genre obtenus par l'intercession de la Vierge des Alpes, commença, en son honneur, une neuvaine pour son mari. Ses prières furent bientôt exaucées, et celui dont elle craignait d'être séparée pour l'éternité, lui dit un jour: « Je veux me confesser ». Comme il était dans ces dispositions, le démon glissa dans son esprit des doutes sur les vérités de la foi, et en particulier sur l'institution divine de la confession. Mais ce chrétien, désormais fidèle à la grâce, se jette à genoux et demande à Dieu la victoire sur son ennemi. Le soir même de ce jour, il était aux pieds d'un prêtre, lui faisant humblement l'aveu de ses fautes, tandis que son épouse, heureuse de sa conversion, était prosternée elle-même devant une image de Notre Dame de la Salette, dans un sanctuaire qui lui est consacré, et remerciait cette Mère des miséricordes, avec des larmes plus douces et plus délicieuses que tous les plaisirs du monde. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette, lorsque votre divin Fils veut ici-bas se bâtir un temple, il envoie ses évêques, les pontifes de son Eglise, lever les mains sur les pierres qui le doivent composer, et consacrer ses murs par l'effusion de l'huile sainte: je crois comprendre que, dès longtemps, vous vous prépariez un temple, au milieu des montagnes des Alpes; mais vous n'avez laissé à nul pontife de la terre, l'honneur de le consacrer; vous êtes venue du ciel en poser vous-même la première pierre, et en faire par votre présence, la dédicace solennelle, assise sur un des rochers de la montagne : et quelle vertu céleste, quelle huile sainte vous avez dû répandre sur cette pierre! Mais voici, ô Marie, voici, sous l'enveloppe mortelle de ma poitrine, une pierre, qui ne doit pas vous être moins chère, mon cœur!... Mon cœur, pierre dure à votre amour, indifférente à vos douleurs, insensible à vos larmes! ô Mère, venez, venez vous asseoir quelquefois sur la pierre de mon cœur; votre contact devra la ramollir, et dure tout d'abord, elle finira par s'attendrir, et pourra enfin offrir à votre propre cœur, un doux repos, c'est-à-dire, le repos des consolations d'un fils, aux amertumes et aux douleurs de sa Mère. Ainsi soit-il.

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08 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Neuvième jour

La fontaine de la Salette

 

Le lendemain de l'apparition, de nombreux visiteurs accouraient sur la montagne; on n'aperçut aucune trace du récit de Maximin et de Mélanie; seulement, une source jaillissait de terre, à l'endroit même où la Sainte Vierge se fit voir aux petits bergers: et cette source ne coulait point la veille. Les habitants du pays connaissaient l'existence d'une eau intermittente en ce lieu; mais, scrupuleusement interrogés, ils ont unanimement répondu: « Avant que la Sainte Vierge fût venue ici, la source demeurait à sec, au moins 8 mois de l'année, et ne coulait qu'à la saison des grandes pluies; depuis ce moment, elle n'a pas cessé un seul jour de couler... » Or, pour tout visiteur impartial, il n'y a ici ni calcul ni artifice; on n'a pas fouillé, on n'a pas détourné, on n'a pas bâti; la science et ses procédés ingénieux ne sont pas passés par là: l'eau sort naturellement de terre, au bas de la pierre sur laquelle la Vierge était assise, claire, fraîche et jamais interrompue: et tel est le témoin miraculeux et perpétuel de la descente de la Reine des cieux, sur la chaîne des Alpes: fontaine limpide et pure comme la Vierge qui a voulu laisser là la trace ineffaçable de ses pas vénérés; fontaine intarissable, emblème éloquent du cœur de Celle qui aime le monde d'un amour qui n'a ni trêve ni repos... Dévorés par la soif, les Israélites murmuraient au désert; Dieu commanda à Moïse de toucher le rocher, et l'eau jaillit abondante, sous les yeux étonnés du peuple de Dieu: pourrait-on refuser au pied de la Reine du ciel, qui a fait jaillir l'eau de la pierre de la Salette, la vertu surnaturelle attribuée à la verge de Moïse?... Ne sommes-nous pas, nous aussi, en cette terre, dans un désert aride, où toutes les ardeurs du mal dessèchent les âmes; et ne fallait-il pas, pour étancher leur soif dévorante, l'eau bienfaisante d'une fontaine miraculeuse?... Nous disons fontaine miraculeuse, car Marie semble avoir communiqué à l'eau de la Salette la double vertu surnaturelle de guérir les corps et les âmes: Santé au corps, elle nous rappelle la piscine de l'Evangile: un ange venait par intervalles en agiter la surface tranquille; et l'infirme qui pouvait le premier tremper ses blessures dans ces eaux salutaires, était guéri: voici, voici, ouverte au sommet des Alpes, la piscine moderne de l'Evangile; la Mère de Dieu est venue, de sa main puissante, en agiter les eaux; Elle a fait mieux, Elle y a laissé couler quelques larmes de ses yeux; et qu'est-ce qu'une larme de Marie, si ce n'est une effusion de son cœur, une vertu échappée de son corps; et voilà pourquoi la fontaine est féconde, intarissable, miraculeuse; voilà pourquoi des aveugles voient, des boiteux marchent, des malades sont guéris, et publient partout les gloires et les bontés de Notre-Dame de la Salette. Et que dire de la vie spirituelle que cette eau procure quelquefois aux âmes pécheresses?... Une vision d'Ezéchiel rapporte que le prophète vit un jour des eaux sortir du Temple, et qui, s'écoulant dans la mer Morte, en adoucissaient l'amertume, et redonnaient même la vie aux poissons morts!... Au rapport de saint Grégoire, le monde est cette mer; et si ses flots soulevés portaient à la surface toutes les âmes mortes qui vivent dans son sein, que de cadavres spirituels, sur les rivages désolés de cette mer immense!... Mais voici, au sommet des Alpes, le temple nouveau de la vision d'Ezéchiel; voici, à la fontaine de la Salette, les eaux prophétiques qui, se répandant par le monde, du haut de ces cimes élevées, porteront vie et régénération aux âmes!... Oui, cette bénie fontaine nous paraît être le puits moderne de la Samaritaine; Marie est assise sur ses bords, comme autrefois Jésus auprès du puits miraculeux; et nous indiquant de sa main maternelle le creux d'où jaillissent ces eaux salutaires, elle semble dire, Elle aussi, à toutes les âmes samaritaine si nombreuses par le monde: « si vous saviez le don fait à ses eaux par Marie !... »

 

Réflexions

 

Au sens allégorique et moral, la fontaine de la Salette est: 1° une figure du cœur de Marie; 2° une image de l'état dé notre âme. 1° Une figure du cœur de Marie: Nous lisons dans la première épître de saint Paul aux Corinthiens que les Israélites devaient boire à la pierre spirituelle qui les suivait au désert, et qui était Jésus-Christ. Au témoignage de saint Jérôme, cette pierre mystérieuse, changée en fontaine, poussait ses eaux au désert, et conduisait un fleuve de cristal partout où allait le peuple de Dieu... et saint Paul ajoute: « Cette pierre était la figure de Jésus-Christ, lequel poursuit toujours les pécheurs, et leur y présente sans cesse les eaux de sa grâce divine ». Appliquant ce texte à notre sujet, cette pierre nous paraît être aujourd'hui la pierre sur laquelle la Vierge de la Salette s'est assise, et qui, par Elle changée en eau à la cime .des Alpes, va suivre au désert de la vie, le nouveau peuple de Dieu!... c'est-à-dire, que c'est ici une figure du cœur de Marie, fontaine mystérieuse toujours ouverte dans le ciel, laissant toujours couler sur les âmes, les eaux de la grâce divine: descendu un moment sur nos montagnes, la lance de nos ingratitudes a fait à ce cœur, comme à celui de son Fils sur la croix, une blessure nouvelle, c'est-à-dire, ouvert un écoulement plus large, plus abondant aux eaux de cette fontaine symbolique, qui vient guérir nos maux, et pousser nos âmes aux rivages du ciel, dans les ports du salut. 2° Image de l'état de l'âme: La fontaine de la Salette a été vue en deux états différents; elle était autrefois desséchée; maintenant elle ne tarit plus: que d'utiles réflexions suggérées là, à nos esprits!... La fontaine, desséchée d'abord, c'est l'état de notre âme, avant que Dieu la visitât... et y a-t-il, sous le soleil le plus brûlant, une terre plus désolée que l'âme privée de Dieu?... Mais, question plus douloureuse encore, cette sécheresse spirituelle, ne serait-elle pas encore l'état malheureux de notre cœur, après les visites multipliées de la grâce?... La fontaine est aujourd'hui intarissable: telle doit être l'âme chrétienne: intarissable de reconnaissance à Dieu, qui, bon Pasteur, l'a ramenée au bercail, peut-être tout ensanglantée aux ronces du désert, par les voies de sa plus douce miséricorde; intarissable d'amour du prochain, adoucissant ses malheurs, supportant ses défauts, ce qui nous vaudra un pardon proportionné à celui que nous aurons accordé à ses offenses; intarissable de générosité d'âme, connaissant la belle science du sacrifice à Dieu, s'estimant de souffrir quelque chose pour l'honneur de son service et la gloire de son nom; intarissable enfin de dévouement et de zèle à pratiquer nous-mêmes, et à répandre autour de nous les enseignements du discours de Marie sur la montagne, qui est la bonne nouvelle de Notre-Dame de la Salette.

 

Pratique : Dans nos nécessités, accepter nous-mêmes et conseiller aux autres l'usage de Veau de la Salette, dans des sentiments de foi et de confiance filiales à la Sainte Vierge. Prier humblement Notre-Dame de la Salette de changer nos yeux en deux fontaines de larmes amères, au souvenir des péchés graves de notre vie passée.

 

Mort édifiante d'un jeune Séminariste du diocèse d'Aix

(Lettre adressée par Monsieur le curé de la paroisse même où cet enfant est décédé, à Monsieur le Supérieur des Missionnaires de la Salette)

 

St-P..., le 4 avril 1866


Mon Révérend Père, Hélas! tout est consommé! notre cher abbé L. est mort dimanche dernier, beau jour de Pâques, à sept heures du matin. Il y a je ne sais combien d'années que, daignant répondre à une de ses lettres, vous eûtes la bonté de lui envoyer une image de Notre Dame de la Salette. Vous étiez alors loin de penser probablement que cette image vénérée devrait un jour procurer tant de consolation à ce cher enfant, durant sa maladie d'une année, et tant d'édification aux personnes du pays qui ont été témoins de sa vénération, de sa confiance, de son amour pour la compatissante Marie, Notre-Dame de la Salette. Mais, bon Père, tout cela est impossible à décrire. Je ne me souviens pas d'avoir lu de récits de maladie et de mort plus édifiants que tout ce qui s'est passé sous nos yeux, pendant cette année d'épreuves, et surtout depuis que ce cher enfant a compris que Dieu demandait de lui le sacrifice de sa vie. Cette image sainte, ou bien il la tenait entre ses mains, reposait sur elle ses regards, et semblait converser avec elle comme avec une personne amie, ou bien il l'attachait à son rideau, pour ne la perdre jamais de vue, ou si on ne la voyait point autour de lui, c'est que quelque douleur plus vive s'était fait sentir quelque part sur ce pauvre corps si souffrant, et il l'avait appliquée avec respect sur la partie malade. Il disait que cette application amenait toujours quelque soulagement. Quant à l'eau de la sainte fontaine, que vous nous avez envoyée, c'est le dimanche de la Passion qu'il l'a reçue. Comme il ne pouvait plus rien prendre, cette eau vénérée a été, dès le moment et pendant les quinze derniers jours qui ont précédé sa mort, sa seule nourriture et sa seule boisson. Aussi était-il toujours heureux d'en pouvoir avaler quelques gouttes, et lorsqu'il n'a plus pu la boire, il en humectait ses lèvres, mais avec quelle ardeur! Une demi-heure avant sa mort, il l'aurait épuisée, car il n'en restait plus que quelques cuillerées ; mais il a voulu laisser ces quelques gouttes à sa sœur, admirable enfant qui l'a soigné avec un dévouement sublime pendant sa maladie. Enfin il a rendu sa belle âme à Dieu, en laissant tomber de sa bouche sa croix et l'image bénie de Notre Dame de la Salette, qu'il y tenait collées. Voilà, mon bon Père, quelques détails sur cette longue maladie, supportée avec tant de patience, et sur sa sainte mort. Mais tout cela a porté son fruit. Aussi aurais-je à vous parler longuement, s'il fallait vous dire les témoignages de respect profond, j'oserai dire de vénération pour lui que ma bonne population a manifestée en cette circonstance. La chambre mortuaire n'a cessé de désemplir pendant les trente-huit heures qu'il y est resté exposé. Tous se sentaient plus portés à le prier lui-même qu'à prier pour lui. Aussi, c'est littéralement vrai que toutes les personnes de la paroisse et bon nombre d'autres, accourues des paroisses voisines, l'auraient dépouillé de sa soutane et de ses vêtements pour avoir un souvenir et comme une relique de cet admirable enfant, si de force on ne l'avait pas ravi à cette foule pieuse, pour rendre à la terre, hélas! ce qui est de la terre. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O bénie fontaine de la Salette, monument vivant du passage de la Mère de Dieu sur ces montagnes! je salue humblement vos bords desséchés où la Vierge est venue répandre ses pleurs!... vous êtes pour nous l'onde bienfaisante du Jourdain, la source miraculeuse de la pierre de l'Horeb; poursuivez, fontaine salutaire, poursuivez votre cours à travers le monde, répandant partout la santé et la vie, et puissiez-vous ne jamais tarir!... Canal fortuné du cœur de Marie, se mêlent à vos eaux, mes regrets et mes larmes, pour guérir la sécheresse de mon cœur!... et vous, ô bonne Mère, dont les pleurs ont rendu cette fontaine féconde et intarissable, écoutez aujourd'hui la voix de vos enfants! une pieuse tradition nous assure que vous avez recueilli avec un saint respect l'eau et le sang qui coulèrent du côté sacré de votre Fils, entrouvert par la lance; ô Vierge de la Salette, laissez, laissez à nos prières de monter au ciel, d'aller y porter à votre cœur, une blessure d'amour, de laquelle coulera sur nos âmes, le flot réparateur de la grâce, c'est-à-dire, cette eau vivifiante qui rejaillit jusqu'aux sources de l'éternelle vie. Ainsi soit-il.

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07 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Huitième jour

Les bergers de la Salette

 

Les apparitions se produisent d'ordinaire au sommet des montagnes, ou au fond des déserts; sans doute parce que ces terres sont encore les plus vierges de la création. Les bergers sont souvent les témoins privilégiés de ces manifestations célestes; sans doute aussi, à cause de l'innocence de la vie des champs, et parce qu'ils sont généralement les plus simples d'entre les hommes. Ce fait est constant dans l'histoire. Dès la loi antique, Dieu parlait à Abraham dans les solitudes de Mambré; Moïse gardait les troupeaux au désert, et entendait sortir d'un buisson, la voix qui lui ordonnait d'aller délivrer le peuple de Dieu; David était dans les champs avec ses agneaux, quand Dieu voulut en faire un prophète et un roi. A l'origine de la loi nouvelle, Jésus-Christ se choisit pour précurseur, Jean-Baptiste au désert; pour mère, une humble fille de Juda; pour apôtres, des bateliers; et pour résumer tous ces faits dans un seul, le plus éclatant de tous, Jésus a envoyé des anges aux bergers des montagnes de la Judée, pour en faire les premiers adorateurs de son berceau, dans l'étable de Bethléem. Or, depuis cette inclination connue du cœur de Dieu pour les petits et les faibles, la préférence de Marie ne fut jamais démentie. Tous les sanctuaires où la Mère de Dieu est spécialement honorée, ont d'ordinaire pour principe, une apparition de la Sainte Vierge à des enfants, à des bergers, à des pauvres; telle est l'origine de Notre Dame du Laus, de l'Osier, de Lourdes et de tant d'autres, au milieu desquelles brille Notre Dame de la Salette, qui donne un éclat nouveau aux préférences divines pour les petits et les humbles. Elle appelle sur la chaîne des Alpes, deux bergers inconnus, ignorants et grossiers; ils ont l'insigne faveur de voir couler ses larmes et d'entendre son discours; et Elle les admet encore à ses côtés, dans les représentations publiques de son apparition, sur les montagnes et dans nos églises. Aussi bien, la vocation des enfants de la Salette a-t-elle quelque chose d'étrange, d'unique: elle rappelle à certains égards, celle des apôtres. C'est au bord du lac de Genésareth, ou sur les rivages des mers que sont appelés les apôtres, soignant leurs barques et raccommodant leurs filets; et leur grossièreté native demeure trente ans, sans intelligence aucune des enseignements de leur divin Maître. Les bergers de la Salette sont trouvés sur la montagne, veillant à la garde de leurs troupeaux; leur âge est sans culture, leur esprit sans instruction; et pour faire comprendre son message, Marie dut condescendre à parler le langage grossier de ces pâtres et de leurs montagnes... Sous le souffle de l'Esprit Saint, toutes choses divines sont révélées aux apôtres, et la fermeté de leur témoignage éclaire le monde, autant qu'elle déconcerte l'erreur et la tyrannie. Il semble que Marie ait répandu, elle aussi, sa vertu céleste sur l'esprit de ses deux petits apôtres, rendus capables en un instant de retenir tout un long discours, et répondant avec une noble simplicité aux contradicteurs de l'apparition: « Nous avons reçu mission de la Sainte Vierge, de vous dire ce que nous avons vu et entendu, et non pas de vous le faire croire!... » L'œuvre de ces humbles bergers, la dévotion à Notre-Dame de la Salette, a déjà pris un des caractères de l'œuvre des apôtres, qui est l’Église, l'universalité; elle compte six cents sanctuaires, élevés en divers points du globe, sur les cinq parties du monde. Enfin, il fut commandé aux apôtres de partir et d'aller enseigner toutes les nations. Il a été dit aux enfants de la Salette: « Eh bien, mes enfants,allez, vous le ferez passer à tout mon peuple ». Et des pâtres des Alpes, comme des apôtres, il semble encore que l'on puisse dire: Leur voix a retenti par toute la terre et jusqu'aux extrémités du monde.

 

Réflexions

 

Une montagne isolée, deux enfants ignorants, une apparition et un discours tout vulgaire ; quel besoin avaient Dieu et la Sainte Vierge de choisir un tel mode et de tels personnages, pour une révélation de cette nature? Dieu sans doute n'a besoin de rien ni de personne, pour atteindre le but de sa providence; mais ici, la prédilection accordée aux bergers sur les autres hommes, est merveilleusement conforme aux secrets de l'action divine, et très-opportune contre l'orgueil de notre siècle. 1° Secrets de faction divine. Dieu ne recherche pas ce qui est célèbre et grand; il semble même s'étudier à laisser à l'écart le renom et la gloire; mais son action publique incline toujours son cœur à ce qui est humble et petit ; il a fait, de cette prédilection, une sorte de profession invariable à travers les siècles: David enfant instruisait le roi de Babylone; le jeune Samuel portait les menaces de Dieu au grand prêtre Élie. Cela a été son bon plaisir en ce monde, sa loi providentielle dans la conduite de toutes choses; cela a été, dit Bossuet, sa marche éternelle; il est toujours demeuré le même, choisissant ce qui est infirme, pour confondre et détruire ce qui est. D'ailleurs, de marche, Dieu n'en pouvait pas avoir d'autre; procéder à la façon des hommes, c'eût été oublier qu'il était Dieu, et l'action divine eût perdu son caractère divin, à travers les moyens naturels et les éléments humains; l'inclination de son cœur à tout ce qui est humble et petit, convient donc merveilleusement à sa nature divine et à l'éclat de son action publique. L'apparition de la Salette, confiée à des bergers, en est une manifestation glorieuse; qui pourrait en effet nier l'intervention et l'action divine en la personne de ces pauvres pâtres des Alpes, oubliés de tous dans leurs montagnes, connus aujourd'hui du monde entier, et qui ont ajouté au culte de Marie, le vocable d'une dévotion nouvelle, sur la seule affirmation de leur simple témoignage, accepté par l'épiscopat, et confirmé par les faveurs spirituelles de l’Église 2° Le choix des bergers, confond l'orgueil de notre siècle: Le fait de la Salette a d'innombrables pareils dans les annales religieuses; il n'en est pas qui donnent une confirmation plus éclatante à cet oracle évangélique: « Seigneur, vous avez caché vos secrets aux sages et vous les avez révélés aux petits enfants ». Si Dieu nous eût envoyé ses avertissements par l'intermédiaire des philosophes, des savants de notre siècle, on les eût acceptés sans peine; mais que ce message céleste nous arrive de bergers dépourvus des connaissances les plus vulgaires, la raison hésite à croire, et la science orgueilleuse ne se peut résigner. Or, Marie ne sait que suivre les plans de son divin Fils; et, à son exemple, Elle choisit toujours pour agir, ce qu'il y a de plus vil, de plus méprisable selon le monde. Non, les savants, les riches, les puissants, ne seront pas les élus de la Reine du Ciel : ceux qui sont les témoins de son apparition, les confidents de ses secrets, les apôtres de son discours sur la montagne, ce seront des enfants, c'est à dire, ce qu'il y a de plus faible, de moins estimé parmi les hommes; ce seront des bergers, pauvres, dénués de tout!... Et en vérité, il appartenait à un siècle raisonneur et philosophe d'être éclairé, pour sa confusion, par des enfants ignorants et grossiers. On le voit, Dieu est toujours conforme à lui-même; il dédaigne partout l'orgueil, et se révèle à la simplicité; et cela, dit l'apôtre saint Paul, afin que nulle créature ne se glorifie devant Lui.

 

Pratique : A l'exemple de Marie, n'affectons pas de préférer le rang, la distinction, les choses élevées; et suivons le conseil de l'Apôtre, disant aux chrétiens: « Ne vous élevez pas à des pensées trop hautes; mais abaissez-vous jusqu'aux personnes les plus humbles ».

 

Guérison de sœur Marcelline, religieuse de la communauté d'Evion, à Bais

(Lettre de M. le curé de Bais à M. le Supérieur)

 

Mon Révérend Père, Je vous prie de vouloir bien excuser le retard que j'ai mis à vous répondre, mais j'avais besoin de l'avis de Monseigneur avant de le faire. Voici donc, dans toute sa simplicité, le fait merveilleux dont vous me demandez le rapport : Une des sœurs de notre établissement, qui relève de la communauté d'Evron, s'en allait mourante depuis six mois et plus; elle crachait et vomissait le sang. Depuis quatre mois, elle avait entièrement perdu l'usage de la voix; le médecin, qui la visitait avait déclaré que le larynx était en suppuration. Divers emplâtres lui furent successivement appliqués, mais sans obtenir à la malade le moindre soulagement. Déjà six semaines s'étaient écoulées depuis qu'elle s'était vue contrainte à garder son lit sans pouvoir plus le quitter. Je ne supposais même pas qu'elle dût aller loin. Le 25 novembre dernier (1865), après avoir entendu la lecture d'une guérison miraculeuse, publiée à cette époque par le journal le Monde, elle commença, sur mon invitation et avec l'e concours de ses compagnes et de quelques personnes pieuses, une neuvaine à Notre-Dame de la Salette. Pendant cette neuvaine, l'état de la pauvre sœur empira au lieu de s'améliorer. Le premier dimanche de l'Avent, dernier jour de la neuvaine, je lui portai la sainte communion avant la première messe que j'allais dire immédiatement après pour elle. La messe est à peine achevée que tout à coup la bonne sœur recouvre la voix et se trouve parfaitement guérie. Les emplâtres s'étaient desséchés sans laisser aucune trace de cicatrices. J'étais au confessionnal, quand la supérieure, pleurant de joie, vint me dire: « Sœur Marcelline est guérie, elle veut se lever et venir à la messe ». « Laissez-la venir remercier le bon Dieu, lui dis-je: elle ne pourra jamais assez le bénir, ni nous non plus ». Elle vint donc à la messe d'actions de grâces que dit pour elle un prêtre de la paroisse. Le soir, elle assista à vêpres. Depuis lors elle a assisté à tous les exercices de la communauté, et sa santé s'est parfaitement maintenue. Il ne m'appartient pas de qualifier cette guérison; mais nous croyons que nous ne pourrons assez remercier Dieu et bénir Marie, notre bonne Mère. Je ne songeais pas à vous envoyer encore ce rapport, et j'ai même différé de l'envoyer à Monseigneur l’évêque. Mais les journaux s'étant occupés de ces faits, je me suis décidé à vous en donner communication, avec l'assentiment de l'autorité compétente. Puissent-ils contribuer à la gloire de Dieu et à l'honneur de Noire-Dame de la Salette. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

 

Prière

 

O Marie, que de grâces faites à la simplicité! Que de bonheur accordé au cœur humble et modeste! Vous choisissez de pauvres enfants pour les témoins du miracle de votre apparition; et ils sont seuls admis à entendre votre voix maternelle et à connaître vos desseins de miséricorde; toutefois, ô Mère, ces préférences de votre cœur ne nous étonnent pas: venant demander au monde une naissance nouvelle à votre loi, vous deviez, comme votre Fils naissant en son étable, être saluée tout d'abord par les bergers des montagnes! Et nous aussi, ô Marie, nous viendrons dans ce sanctuaire, image de votre montagne, entendre votre voix et méditer votre apparition. Comme aux bergers, donnez-nous de vous porter toujours un esprit simple et docile, et un cœur plein d'un zèle ardent et inconfusible, à répandre les enseignements salutaires de Notre Dame de la Salette. Ainsi soit-il.

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06 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Septième jour

Le vallon de l'apparition

 

Sous le plateau des Baisses, à la montagne de la Salette, se découvre un ravin peu profond: il est formé par deux éminences légèrement inclinées, et baignées à leur base par le petit ruisseau appelé le Sézia: c'est au fond de ce vallon, sur la rive droite du ruisseau, à l'endroit même où coule aujourd'hui la célèbre fontaine, que fut tout d'abord aperçue la Sainte Vierge, assise et pleurant. Quelques mètres plus bas, debout, et les bras reposés sur sa poitrine, Elle parle aux deux bergers, rassurés et invités à s'approcher. Enfin, ayant franchi d'un seul pas le petit ruisseau le Sézia, Elle remonte l'éminence opposée, sans faire plier le gazon qu'elle effleure; là, Elle disparaît peu à peu, aux yeux des enfants étonnés, éloignés de trois pas à peine, lorsqu'elle s'éleva dans les airs, dans un nuage de lumière éblouissante. Et de là, ces trois noms, donnés sur la montagne, à ces lieux bénis, qui ont reçu plus particulièrement l'empreinte des pas de Marie: L'apparition, la conversation, l'assomption. La pierre et la verdure ont disparu sous les mains avides des pèlerins, tenant pour une sorte de relique tout ce qui a touché à cette terre vénérée; trois statues en bronze, représentant chacune une des poses de l'apparition de la Vierge, s'élèvent en ces lieux; elles sont toutes d'une beauté majestueuse, d'une expression saisissante, qui font plier tous les genoux et couler bien des larmes; quatorze croix de bois sont échelonnées sur le chemin parcouru par Marie; et les fidèles ne manquent jamais de faire le chemin de la croix, tracé là, non par l'instrument de l'ouvrier, mais par les genoux et les lèvres des pèlerins. Telle est la description locale du plateau de l'apparition. Et quel sentiment religieux, quelle émotion pieuse éveille dans l'âme l'aspect de ce vallon béni! peu profond et de courte étendue, il étale au soleil du printemps la plus tendre verdure; on dirait vraiment que la montagne s'est là doucement inclinée, toute seule et d'elle-même, comme pour y former un berceau à la mère de Dieu. Au contraire, sous les frimas de l'hiver, alors que la tête de la Vierge et le front des bergers apparaissent seuls au-dessus d'une épaisse couche de neige, quelle beauté sévère, quel religieux mystère planent sur ces collines! On croit voir apparaître, errant au fond de ce vallon, les figures bibliques de Marie; il semble que ces lèvres de bronze de la Vierge, vont s’entrouvrir, pour dire avec le prophète: « Voyez, je suis sévère au-dessus de cette blancheur de neige, mais, je suis belle!... » Et l'âme, saisie d'une émotion toute compatissante pour Marie ensevelie sous ces frimas glacés, continuant la figure du prophète, invite l'hiver à se retirer, la Vierge à dépouiller son manteau de neige, pour se montrer à tous, Mère bonne, et Reine radieuse.

 

Réflexions

 

1° Souvenirs et sentiments : Nous voici sur la montagne de la Salette, debout sur le lieu même de l'apparition; représentons-nous par la pensée, ce qui a été vu et entendu, dans l'enceinte de ce vallon; ouvrez les yeux de la foi; considérez cette terre bénie, que Marie a regardée avec tant d'amour... Vos pieds touchent cette terre, sur laquelle ont reposé ses pieds augustes... Vous marchez sur le gazon qu'a effleuré son pas léger; baisez avec respect ces traces vénérées!... Prêtez maintenant l'oreille du cœur: on croit voir encore, comme un reflet éblouissant de la gloire de Marie... on croit entendre comme un écho lointain de sa voix céleste... on croit sentir une des larmes miraculeuses de la Salette tomber sur son âme! Et à genoux, et tout ému, là, tout près de cette fontaine où le cœur de Marie s'est montré débordant de tendresses maternelles, le pèlerin se dit en son âme: O bonheur! c'est ma Mère du ciel que j'entends en ce lieu; c'est ma Mère du Calvaire, perdue pendant de si longs siècles, et dont je respire ici le souvenir embaumé et la douce présence!... Heureuse montagne qui avez servi de marchepied à ma Mère; je n'ai rien à vous envier ! c'est bien vous plutôt qui envieriez mon bonheur, si vous pouviez le connaître et le comprendre! 2° Leçon de pénitence et de réparation: Que de leçons touchantes sont révélées à l'âme, au fond de ce vallon!... On se sent là pénétré d'une atmosphère religieuse, et d'un désir de pénitence et de réparation, qui saisissent l'âme tout entière!... Et qui peut dire parmi nous, pauvres pécheurs: je n'ai pas besoin de conversion, d'amélioration morale, d'expiation, de pénitence. En un mot, qui ne doit mille fois s'écrier avec le saint roi David: Seigneur, quel mortel pourrait se flatter de connaître tous ses péchés? Purifiez-moi de ceux que mon œil ne sait pas découvrir, et faites-moi grâce pour ceux d'autrui, dont je puis avoir à répondre à votre jugement. Pour entrer donc plus avant dans les desseins miséricordieux de Notre Dame de la Salette, représentons-nous aujourd'hui ce vallon béni de l'apparition, comme l'image lointaine de la vallée du jugement, et mettons dans notre âme les sentiments de regret, de repentir, de conversion sincère, que nous voudrions être trouvés en elle, à l'arrivée du souverain juge.

 

Pratique : Prendre la résolution et la sainte coutume de faire de temps en temps le chemin de la croix, si pieusement suivi dans le vallon de la montagne, par exemple le 19 de chaque mois, jour anniversaire de l'apparition.

 

Conversion et mort édifiante

(Lettre d'une sœur sur l'heureuse mort de son frère, à M. le supérieur de la Salette)

 

« Je dois à la grandeur de cette fête (l'Immaculée Conception) de prendre sur ma faiblesse pour vous écrire quelques lignes. Encore une victoire de Notre Dame de la Salette, une de ces fleurs cueillies dans les larmes et dans le deuil, mais dont le parfum endormira nos douleurs. Mon pauvre frère que Notre Dame de la Salette a guéri pendant que j'étais, en septembre, sur la sainte Montagne, vient de mourir d'une laryngite aiguë. Il nous a été enlevé en deux jours de souffrances, au milieu de nombreuses grâces célestes de tout genre. La plus grande de toutes a été sa parfaite conversion, opérée instantanément. Lundi matin, tout près d'étouffer, faute d'air dans le poumon, il consent à prier, puis à se confesser à Monseigneur N, qui lui a dicté les paroles par lesquelles il pourrait faire, en peu de temps et à travers les suffocations, une confession de si longues années. L'absolution lui a donné un peu de calme et un instant de mieux qui a trompé les médecins eux-mêmes. Mais, hélas! cette lueur d'espérance devait bientôt s'évanouir. Dès onze heures jusqu'à son dernier soupir, à deux heures et demie, ce pauvre ami n'a pas interrompu ses prières dans son cœur, ses actes de contrition et d'amour, et ses larmes sur son crucifix, qu'il a tellement pressé sur son cœur, qu'il en a brisé les pieds. Et l'eau de la Salette! c'est la seule boisson qu'il pouvait avaler, et quand il a senti qu'elle ne descendait plus, il nous a présenté ses deux mains pour que nous lui en versions quelques gouttes dans le creux, et il s'en aspergeait avec une confiance touchante, et il baisait ensuite ses mains mouillées. Puis, il retournait à son crucifix, à sa médaille et à son scapulaire qu'il s'est attaché lui-même. Il est mort dans un dernier baiser à son Christ, que ma belle-sœur venait de lui présenter pour une dernière fois. Ce qui montre le plus, ce me semble, la grandeur de la grâce qui lui a été faite, c'est l'impression profonde de recueillement dans les personnes vertueuses, et de repentir dans les pauvres pécheurs, que la nouvelle de sa conversion a faite. On a peu vu, ou plutôt point vu, je crois, depuis des années, des funérailles qui se soient faites dans de pareils sentiments et avec de semblables manifestations. J'ai vu trois jeunes gens, francs-maçons, qui, au milieu d'un torrent de larmes, demandaient de mourir ainsi. L'un d'eux était allé vers le lit de mort de mon pauvre frère, et, prenant de l'eau bénite, il faisait le signe de la croix sur son corps, et disait en pleurant les prières de son enfance. Tout cela est dû, je n'en doute pas, à Notre-Dame de la Salette, à laquelle mon frère a cru, dès qu'il s'est vu guéri, à l'époque de mon voyage. J'irai sur la sainte Montagne, en actions de grâces, accompagnée de ma nièce. J'aurais d'autres détails à vous donner encore, je les réserve pour un autre jour, car c'est par-un sentiment de reconnaissance envers notre Mère du ciel que je vous écris aujourd'hui toutes ces choses. Veuillez, mon Révérend Père, etc.. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O Marie, nous voici dans un vallon sanctifié par vos pas, et embaumé de tous vos parfums! Je ne me suis jamais senti si près de vous ! Est-ce bien vrai que je touche la terre que vous avez touchée; que je suis à genoux par la pensée, sur la montagne dont vous vous êtes fait un trône ; qu'en baisant ces rochers, je puis baiser ici comme l'escabeau de vos pieds?... Quelle grâce, ô ma Mère; et comme en ces lieux je me sens proche du ciel! Montagne de la Salette, je me sens aujourd'hui élevé comme vous!... Comme vous, je vois Marie, j'entends sa voix, je sens sa présence errante encore sur ces collines! O Marie, comme à vos petits bergers, dites nous d'approcher; comme eux, enveloppez nous du manteau de votre lumière; comme à eux aussi, parlez-nous ici, en pleurant, des péchés des hommes, et de la colère de votre divin Fils!... Vos larmes provoqueront nos larmes; nous pleurerons à vos côtés, l'indifférence religieuse, l'abandon de la prière, la désertion de nos églises, et les blasphèmes de l'impie! Oui, mêlons nos larmes; n'ayons qu'une seule coupe pour recueillir tous ces pleurs; et l'offrant vous-même à votre Fils, il nous viendra de son cœur, grâce, pardon, miséricorde. Ainsi soit-il.

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05 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

 

Mois de Notre Dame de la Salette

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Sixième jour

La Montagne de la Salette

 

Il est remarquable que les faits les plus importants de la religion se passent sur les montagnes: L'arche s'arrête, après le déluge, sur une montagne d'Arménie. Jéhovah dicte ses lois à Moïse, sur le mont Sinaï. Le prophète Élie doit gravir l'Horeb, pour entendre la voix du Seigneur. Dieu établit le siège de la royauté de David, sur la montagne de Sion. Quand Jésus-Christ commence sa vie apostolique, c'est du haut d'une montagne qu'il parle pour la première fois à la foule, il conduit sur le Tabor ses trois disciples les plus aimés, et c'est là qu'il se transfigure: il prélude à sa passion, en veillant et en priant sur la montagne des Oliviers; il meurt sur le Calvaire, et enfin, quand il est près de remonter dans le sein de son père, il revoit une dernière fois ses apôtres sur une montagne de la Galilée, et de là, il s'élève vers les cieux. Aussi, les montagnes sont-elles souvent mentionnées dans nos saints livres, et nous pouvons rappeler ces paroles du psalmiste: Dieu abaisse sur les montagnes des regards de complaisance ; et leurs cimes sont à lui. Marie semble partager ces complaisances mystérieuses du cœur de Dieu pour les montagnes; à peine a-t-elle conçu son divin Fils dans ses chastes entrailles, qu'elle s'élève vers les montagnes. A la mort de ce Fils, Elle est debout sur le mont Calvaire. Pendant les jours de sa vie mortelle, une pieuse tradition nous la représente parcourant amoureusement les montagnes sanctifiées par les pas de son Jésus, et après son Assomption dans le ciel, les lieux élevés ont été préférablement choisis par elle pour se montrer à la terre : les montagnes sont le théâtre ordinaire de ses apparitions; ses sanctuaires sont bâtis sur les hauteurs, et ses statues dominent nos plaines, des cimes de nos montagnes: telle est précisément la gloire de la montagne de la Salette, d'avoir été favorisée d'une de ces apparitions miraculeuses de Marie, et servi de trône à son pied virginal!... et qui dira la majesté imposante de ce sommet béni? là, tout est grand; les horizons y sont immenses, étendus comme l'espace, saisissants comme le vide; les montagnes tantôt, perdues dans les nues, tantôt couronnées de neige, s'élancent comme des géants dans les airs, et les profonds abîmes eux-mêmes, creusés tout autour, semblent s'incliner par respect, et vénérer l'empire de Marie!... Non, tout cela n'est pas sans voix pour le cœur; et si peu soit-on chrétien, ce spectacle impose, il émeut; et l'on ne saurait descendre de la montagne de la Salette comme l'on y était monté!... Ah! c'est que, si comme Moïse, il n'a pas fallu quitter sa chaussure pour entrer dans le sanctuaire qui couronne ce sommet béni, la voix de Marie s'y est fait entendre à notre cœur, comme la voix de Dieu, au sein du buisson enflammé du désert. On a laissé dans le sein de cette Mère miséricordieuse, l'aveu de fautes peut-être graves et nombreuses: et alors on redescend ces collines, l'esprit plus éclairé, le cœur plus fort, et l'âme ressuscitée à une vie nouvelle et depuis longtemps inconnue, la vie de la grâce.

 

Réflexions

 

Les montagnes ont, dans nos saints livres, un langage symbolique, dont voici les accents principaux: 1° Les montagnes dominent la terre, et les spectacles qui s'y manifestent attirent plus facilement les regards : c'est ainsi que l’Église est assimilée à une montagne, et de sa haute cime, l'exemple et la parole doivent se répandre dans l'univers entier... 2° Les montagnes sont l'emblème des divines contemplations: ici-bas, tout est vil, et toute atmosphère empoisonnée; mais à mesure que l'on monte, que l'on s'élève dans l'espace, l'air est plus pur, plus vivifiant: et voilà pourquoi les âmes contemplatives vont se bâtir une demeure sur les hauteurs des montagnes, pour se rapprocher du ciel, et se dilater plus encore à ce contact plus immédiat de leur cœur avec celui de Dieu, vrai soleil d'amour: semblable à l'aigle, qui va se renouveler, et s'animer d'un vol plus hardi, et d'une flamme plus vive, en s'élevant plus haut au firmament, dans les régions du soleil... 3° Les montagnes de la terre sont l'image de la montagne céleste ; et leurs cimes éclairées les premières par la Lueur naissante du jour, figurent la lumière divine se levant à l'horizon du ciel, et colorant de ses premiers feux, le premier jour de l'éternité... et voilà pourquoi l'âme pieuse, saisie d'effroi à l'aspect inconnu de cette lumière, pousse ce cri amoureux, dans nos saints livres: Émigre, ô mon âme, émigre vers les montagnes, comme le passereau, ou plutôt, prends des ailes comme la colombe, vole vers la montagne, et ne te repose qu'au sommet, avec Dieu et près de Dieu... Ces considérations nous doivent bien faire comprendre la gloire de la montagne de la Salette, et la faveur insigne dont la Sainte Vierge l'a honorée en daignant la visiter. Levant donc nos yeux vers cette hauteur sanctifiée, comme les prophètes vers les montagnes d'Israël, nous pouvons dire avec David: Je lèverai mes yeux vers la montagne, d'où le secours me viendra... Enfin, nous l'avons dit, c'est surtout sur les montagnes que Marie se plaît à placer son trône: ce fait, que l'histoire atteste, et que l'apparition de la Salette a rendu plus éclatant, a quelque chose d'étrange: ce n'est point pour s'élever plus haut que Marie choisit les montagnes, à l'exemple des hommes qui se dressent pour être plus grands: modeste et humble pendant la vie, elle reste humble et modeste dans la manifestation de sa gloire; mais elle se place sur les montagnes pour porter plus loin ses regards maternels, ou plutôt, pour nous attirer à elle, loin du bruit des flots, et du tumulte du monde, pour régner plus efficacement sur nos cœurs, dans le recueillement de la solitude, et la paix du silence.

 

Pratique : Visiter quelquefois une de ces montagnes vénérées que couronne un sanctuaire à la Sainte Vierge; rame se sent à ces hauteurs plus détachée de la terre, et Dieu lui parle plus intimement du ciel.

 

Guérison miraculeuse d'une jeune paralytique

 

Amanthe-Marie-Louise est âgée de quatorze ans; elle est simple, naïve, timide et d'une grande piété. Elle habite avec sa mère malade une modeste chambre dans l'asile que nous venons d'ouvrir aux pauvres de la paroisse, et dans l'impossibilité elle-même de pouvoir subvenir aux besoins de sa fille, infirme depuis quinze mois, et condamnée à l'immobilité pour le reste de sa vie. Louise avait été, à la suite d'un accident, frappée de paraplégie. La paralysie a été complète pendant dix mois. La malade ne pouvait elle-même faire le moindre trajet. On la portail dans une chaise d'un lieu à un autre. Le moindre mouvement lui causait des douleurs intolérables. Louise, au début de sa maladie, avait été visitée par deux habiles médecins; mais le traitement demeura incomplet, ne pouvant procurer à la jeune personne, à cause de la misère de la pauvre mère, une saison des eaux thermales. Ne comptant plus sur l'art des hommes, la pauvre mère tourna ses regards vers le ciel. Elle pria beaucoup et intéressa en sa faveur quelques âmes pieuses. Elle fit une neuvaine qui resta sans succès. Sa confiance était toujours ardente; elle était persuadée que la Sainte Vierge guérirait son enfant vers la fin du mois de Marie, qu'on célébrait alors, et elle commença une seconde neuvaine à Notre-Dame de la Salette. Pendant ces pieux exercices, elle tomba si malade, qu'on crut devoir lui administrer les derniers sacrements; on continuait néanmoins de prier avec la plus vive confiance. Le troisième jour de la neuvaine, la mère était sur son lit de douleur, et la jeune fille auprès de sa petite fenêtre. Tout à coup, Louise tremblante, s'écrie: « Maman, quelqu'un me lève! » « Tais-toi, étourdie! répond la mère, ne te remue pas, tu pourrais tomber ». Cet événement n'eut pas d'autre suite. Mais à la fin de la neuvaine, le 21 mai, à sept heures du matin, Louise venait d'être retirée de son lit par une voisine charitable et remise à sa place ordinaire, quand tout à coup elle pousse un cri d'effroi: « Maman, maman, on me lève, quelqu'un me tient à la taille; mais voyez donc! on me porte; maman, mon Dieu! mon Dieu! » La mère presque agonisante, lui dit alors: « Ma fille, c'est la Sainte Vierge qui veut te guérir; lève toi, et viens ici ». Louise était déjà debout, pâle comme la mort, tremblante de frayeur, n'osant ni marcher ni s'asseoir: elle est toujours soutenue par une puissance occulte, par une main invisible. Enfin elle se précipite vers le lit de sa mère, d'où on venait de l'enlever quelques instants auparavant percluse. La pauvre enfant mêle les larmes de sa joie aux larmes de sa mère. Quel admirable cantique d'amour et de reconnaissance dut monter vers le trône de la Reine du ciel pendant ce long embrassement! Les cris d'admiration que poussent ces deux heureuses créatures ont bientôt attiré tous les pauvres de l'asile et les habitants du voisinage. Un cri spontané s'élève de la foule impressionnée et émue jusqu'aux larmes: « C'est un miracle, s'écrie-t-on de toutes parts; allons à l'église remercier Notre Dame de la Salette ». La nouvelle de l'événement se répand avec la rapidité de l'éclair jusqu'aux extrémités de la ville, et la foule devient si .nombreuse et si avide de voir la pieuse miraculée, que l'autorité crut devoir prendre des mesures pour assurer l'ordre et la circulation autour de l'asile des pauvres. Le lendemain, Louise se rendait à l'église pour faire la sainte communion à une messe d'actions de grâces, accompagnée, chose étonnante, par sa mère, revenue des portes du tombeau. Louise marche seule, sans appui, avec un air d'admirable candeur; autour d'elle ce sont les mêmes cris d'admiration et d'enthousiasme que la veille. Puisse ce fait éclatant, raconté dans toute sa simplicité, et dont nous venons d'être les heureux témoins, procurer la gloire de Dieu et de sa sainte Mère. (Rapport de monsieur le curé du Centre, Saint Pierre, Martinique France).

 

Prière

 

O montagne de la Salette, 2 000 mètres mesurent la hauteur de ta cime au-dessus de la terre; ce n'est là qu'une hauteur médiocre; ton élévation véritable est celle qu'a donnée à ton sommet, en le touchant, le pied virginal de Marie! oui, depuis ce jour, tu es le plus grand, le plus majestueux des monts qui t'avoisinent; tu brilles, parmi nos montagnes de France, d'un éclat égal à celui du Liban, au milieu des monts d'Israël... ta cime élevée, tous les peuples l'aperçoivent, et voilà pourquoi ils viennent à ton sanctuaire, des régions les plus lointaines; et nous aussi, nous venons invoquer la Vierge à qui tes roches ont servi de marchepied ; ô Marie, ô Mère, soyez-nous propice, ouvrez le cœur de votre Fils sur notre pauvre cœur, du haut de cette montagne bénie, où tout est agréable à Dieu: alors la solitude tressaillira ; elle sera ravie de joie, et fera entendre tes glorifications... Ainsi soit-il.

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04 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Cinquième jour

Marie Médiatrice à la Salette

 

Nous avons pour médiateur auprès de l'infinie majesté de Dieu, Jésus-Christ, sans lequel nous ne pourrions approcher le trône de l’Éternel ; il est le seul dont on puisse absolument ainsi parler, selon ces paroles de saint Paul: Le médiateur unique est Jésus-Christ fait homme. Mais nous avons besoin aussi d'un intermédiaire auprès de Jésus-Christ., pour obtenir plus sûrement sa médiation indispensable; si, comme homme, il se rapproche de nous, comme Dieu, il demeure à une distance infinie, et s'il est notre Sauveur, il est aussi notre juge; or, il a plu au cœur de Jésus-Christ de rapprocher ces distances; et pour nous donner auprès de lui un accès plus facile, il nous a donné pour médiatrice sa divine Mère; et parmi les plus beaux titres que l’Église aime à donner à la Sainte Vierge, il faut certainement compter celui de médiatrice entre Dieu et les hommes, et ce privilège insigne n'est pas une faveur simplement gratuite, il était en quelque sorte acquis à Marie, par le consentement libre par Elle donné au mystère de l'Incarnation, par son acquiescement volontaire à la mort de son Fils: et nous savons avec quelle générosité magnanime Elle exerce toujours ces fonctions augustes, passant comme ce même Fils, les longues heures de son éternité, à intercéder pour ses, enfants. Or, la Sainte Vierge ne mérite jamais mieux d'être saluée sous ce nom et honorée dans cette prérogative, que dans son apparition aux enfants de la Salette; voici, en effet, sa médiation auguste au sommet d'une montagne: semblable à ces ambassadeurs que les princes envoient à leurs tributaires pour décider les grandes questions de paix ou de guerre, Marie vient de la part de Dieu et descend sur nos terrestres confins: Elle est Mère de Dieu et des hommes. Mère de Dieu, elle parle de son Fils méprisé, de ses lois méconnues, de son saint Nom profané, elle plaide les intérêts de Dieu. Mère des hommes, elle donne à ses enfants des avertissements salutaires, elle s'efforce de les toucher par ses reproches, de les attirer par ses promesses, de les attendrir par ses larmes, et de les mener tous à conversion; elle plaide les intérêts des hommes. Et c'est ainsi, qu'à la montagne de la Salette, se montre à nous, de nos jours renouvelé, l'auguste spectacle d'une seconde médiation céleste, et que sur ce sommet béni, comme au Calvaire, se baisent et s'embrassent une seconde fois sur le cœur maternel de Marie, la justice et la miséricorde, justitia et pax osculatae sunt... et il semble vraiment que cette médiation auguste, tout la veuille grandir; elle trouve un emblème jusque dans ce plateau qu'elle choisit, pour se montrer aux hommes; ce plateau est céleste, tant il est élevé au-dessus des terres habitées, et pourtant il est terrestre, considéré du ciel, aussi terrestre que nos plus basses plaines et nos plus humbles montagnes.

 

Réflexions

 

Le but de toute médiation, c'est la paix, c'est une réconciliation. L'objet de l'apparition de la Sainte Vierge, c'est la paix, la réconciliation de nos âmes, c'est-à-dire notre conversion, notre retour à Dieu; pour répondre à ce dessein miséricordieux de notre Mère, et nous faire apprécier ce que nos âmes ont coûté au ciel de sang et de larmes, contemplons les deux grandes victimes de la médiation des hommes: Jésus, médiateur au Calvaire, Marie, médiatrice à la Salette. 1° Considérons, dans le médiateur suprême, qu'il a été nécessaire, pour effacer nos péchés, pour apaiser un Dieu irrité par la violation de ses lois, que le Verbe éternel soit descendu sur la terre, se soit revêtu des pauvres haillons de notre humanité; qu'il ait jeûné, pleuré, passé trente-trois ans en de continuels travaux, et qu'il ait souffert la mort la plus ignominieuse, la plus douloureuse qui fût jamais. Il a fallu, pour réparer nos péchés, que la Majesté souveraine fût méprisée; que la Sainteté infinie fût mise au nombre des pécheurs; que la Sagesse éternelle fût tenue pour folie; que le vrai Dieu, en un mot, fût réduit à cette extrémité humiliante, de mourir sur la croix de la mort des esclaves!... Que ceux donc qui vivent, dit saint Paul, ne vivent plus à eux-mêmes, mais à celui qui est mort pour eux, rapportant à sa gloire toutes nos œuvres, toutes nos pensées, toutes nos affections. 2° L'apparition à la Salette, c'est le spectacle douloureux de la médiation du Calvaire renouvelée en la personne de Marie. Il y a ici, comme au Calvaire, une victime innocente, placée entre le ciel et la terre, la justice et la miséricorde; à la place du sang d'un Dieu, il y a les larmes de sa Mère. Selon la pensée d'un des bergers de la Salette, si au temps de Jonas Marie eût existé, c'est elle-même que Dieu eût envoyée aux Ninivites; ce qu'elle n'a pu faire alors, elle le fait de nos jours, dans son apparition, se montrant au sommet d'une montagne, médiatrice universelle entre Dieu et les hommes; ici, c'est d'une part Jésus-Christ remettant à sa Mère ses droits de juge sur les pécheurs; de l'autre, ce sont les pécheurs se remettant, eux aussi, dans les mains de Marie; et au milieu de Dieu et des pécheurs, c'est Marie elle-même, procurant par ses larmes satisfaction à la justice divine, et au pécheur, repentir et conversion; et c'est ainsi que la paix nouvelle se conclut sur la montagne de la Salette. La voilà donc, la médiatrice de nos temps malheureux, intercédant pour nous, pauvres pécheurs, tristes exilés dans cette vallée de larmes. Avec quelle confiance ne devons-nous pas élever notre voix vers sa montagne, et faire monter nos soupirs jusques aux pieds de son trône; conjurons bien cette tendre Mère de ne pas détourner de nous ses regards de miséricorde, et, comme le médiateur suprême, toujours vivant pour intercéder, qu'elle ne cesse de prier pour nous, jusqu'au jour où elle nous montrera au ciel, Jésus son divin Fils et notre Sauveur.

 

Pratique : 1° Dans nos peines, nos tristesses, nos découragements, nous souvenir que Marie est notre médiatrice, et recourir à Elle, avec une grande confiance. 2° Réciter bien pieusement le Souvenez-vous, pour nous reposer, corps et âme, dans les bras de sa miséricorde.


 

Guérison de Mademoiselle Anaïs Leroy, de Montmirail

 

Melle Anaïs Leroy, âgée de 24 ans, était native de Montmirail,près Châlons (Marne, France). Depuis trois ans, une maladie très grave retenait cette jeune personne sur son lit, la réduisant à un état de faiblesse extrême et la soumettant à des crises très-douloureuses. Plusieurs fois, elle s'est trouvée dans un état d'agonie qui faisait craindre une mort prochaine. Les derniers sacrements lui ont été administrés à deux fois différentes. Pendant les trois mois de l'hiver 1864, elle ne put conserver la moindre nourriture; de fréquents vomissements lui faisaient rejeter les boissons les plus légères, et, à la suite de cette épreuve terrible, elle dut se résigner à conserver toujours la même position dans son lit; le moindre changement provoquait des syncopes ou de très vives douleurs. Elle fut visitée par plusieurs médecins, qui lui donnèrent, avec beaucoup de dévouement, tous les soins que réclamait sa situation; tous avaient reconnu chez la jeune fille une maladie de poitrine, mortelle au premier chef, et ils furent unanimes à déclarer que toute guérison était humainement impossible. Cependant la jeune personne, animée des sentiments d'une vraie piété, et pleine de confiance dans celle que Dieu nous permet d'appeler le Salut des infirmes, eut occasion d'entendre parler de Notre-Dame de la Salette, par une bonne chrétienne revenue depuis peu de la sainte Montagne. Elle résolut alors de faire une neuvaine pour obtenir sa guérison par l'intercession de Notre-Dame de la Salette. Plusieurs personnes pieuses voulurent y prendre part; on commença les prières le dimanche, 13 octobre, fête de la Pureté de Marie. La malade put se procurer de l'eau de la Salette, et elle en but tous les jours sans être incommodée. Cependant son état devint sensiblement plus grave; les souffrances étaient plus vives, et le médecin crut devoir multiplier ses visites et employer des remèdes énergiques. Le samedi, elle reçut le saint Viatique; la nuit suivante, contre toute espérance, fut bien meilleure que toutes les précédentes, et le dimanche matin, jour du Patronage de Marie, pendant que sa sœur était à la messe, la malade ressentit un bien-être qu'elle ne connaissait plus depuis longtemps; il lui vint à la pensée qu'elle était guérie, et, sur-le-champ, elle veut en faire l'expérience: elle s'assied sur son lit sans éprouver la moindre indisposition; quelques instants après elle se lève, et ses jambes qui, depuis longtemps, ne pouvaient soutenir le poids du corps, s'affermissent et lui permettent de rester dans cette position sans en être incommodée ! Plus de doute, elle est guérie; elle sent que Dieu vient de la visiter sur la demande de sa sainte Mère; elle tombe à genoux, pleurant de joie et de reconnaissance. Les premières émotions un peu calmées, la malade voulut s'habiller elle-même. Quelques heures après, soutenue par sa sœur, la jeune personne se rendit à l'église pour y remercier le Seigneur et sa sainte Mère, et s'en retourna sans éprouver ni gêne ni faiblesse. Le lendemain, dernier jour de la neuvaine, elle assista à la messe d'actions de grâces et y fit la communion. Depuis ce temps, elle a repris ses travaux de lingerie, pleine d'ardeur et de reconnaissance envers Notre-Dame de la Salette. Ces détails qui se rattachent à cette guérison sont revêtus de toute authenticité et ont été donnés tels qu'ils viennent d'être racontés par monsieur le curé de la paroisse de Montmirail, qui en a été le témoin oculaire. C'est un témoignage de plus en faveur de la puissante intercession de Marie, et une nouvelle preuve de son désir d'être invoquée sous le titre de Notre-Dame de la Salette. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

O notre grande médiatrice, ô Mère de la divine grâce, nous pouvons bien aujourd'hui vous saluer de ces titres; vous avez été pour nous la messagère de la paix sur la sainte Montagne, et vos douces paroles plus encore que vos menaces, demeureront à jamais gravées dans nos cœurs reconnaissants et convertis; mais il vous faut continuer votre mission auprès de nous, ô tendre Mère: parlez toujours à nos âmes, les rendant plus dociles à vos enseignements; gravez de plus en plus dans notre mémoire les vérités que vous êtes venue nous rappeler; avec votre puissant secours, nos cœurs braveront tous les ennemis conjurés pour les perdre, et votre bonté maternelle, après nous avoir ramenés à Dieu par de salutaires avertissements sur la montagne, nous ouvrira les portes du paradis, à l'heure de la mort. Ainsi soit-il.

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03 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Quatrième jour

Le nom et le costume de Notre Dame de la Salette

 

Il semble que la Sainte Vierge ait voulu apparaître à la Salette sous la double figure de Mère de Dieu et de Mère des hommes. La Mère de Dieu s'est montrée à nous, dans la méditation précédente, dans l'éclat majestueux qui convient à ce titre et à cette dignité: voici, aujourd'hui, la Mère des hommes sous un nom obscur, sous un costume humble et modeste, pour nous servir d'exemple et de modèle, dans les actions ordinaires et la conduite générale de la vie ; à travers toutes les richesses qui composent la parure éclatante de Notre Dame de la Salette, je découvre une robe de forme très-simple, un fichu négligemment croisé sur la poitrine, une coiffure haute et tout abaissée, un tablier uni, marque distinctive de dépendance et de servitude. Ce costume grossier, humiliant, à l'usage de nos serviteurs, tel qu'il est porté dans nos montagnes et dans les plus pauvres villages, convient-il à la Reine du ciel, à la Mère de Dieu? Je l'avoue, à première vue, l'étrangeté de ce costume ne peut manquer de provoquer l'étonnement des plus indulgents, et le sourire du mécréant; mais, comme nous, Marie ne juge pas. Nous n'avons, nous, du beau, qu'un faux idéal; tel n'est pas celui de Marie: l'idéal du beau, pour Marie, c'est son divin Fils; or, son Fils est apparu à la crèche couvert de pauvres langes, à la flagellation, d'un manteau de pourpre déchiré, et au Calvaire, d'un linceul de sépulture qu'il fallut demander à l'aumône; et dans le sacrifice de l'autel, qui résume et qui continue tous ces profonds mystères, Jésus-Christ ne se montre que sous l'apparence d'un peu de pain dont il se fait un vêtement fragile, où il semble ne conserver de l'être que tout juste ce qu'il en faut pour ne pas cesser d'exister. Marie connaît ces secrets de la vraie grandeur, ces procédés du véritable amour; dédaignant donc les illusions trompeuses de la beauté humaine pour le beau divin, elle nous apparaît sous la forme la plus vulgaire qu'elle ait jamais revêtue: et le voilà tout expliqué, ce costume singulier de Notre Dame de la Salette, décrié quelquefois parce qu'il n'est ni médité ni compris; sa source, c'est le cœur et l'exemple de Dieu qui en a inspiré le choix et les préférences; son but pratique, c'est de donner pour type et pour principe au mérite et à la valeur de nos actions, la simplicité et la modestie. Autre source de grandeur pour la Vierge des Alpes, c'est cette appellation obscure qui la désigne par le monde: Notre Dame de la Salette. Notre Dame de Lorette, Notre Dame des Victoires, Notre Dame de France; tous ces vocables sont connus et participent à la célébrité de leur nom; mais quel pays plus obscur, quelle terre plus ignorée que la Salette avant l'apparition! Il paraît que ces montagnes étaient méprisées de ceux qui pouvaient les connaître, et ce qu'on avait dit autrefois de Nazareth, leur était applicable: Peut-il venir quelque chose de bon de ce pays méconnu et sans gloire? Et voilà que depuis le jour de l'apparition, toutes les terres, toutes les mers ont entendu le nom des montagnes de la Salette: il marche à travers le monde à l'égal des vocables les plus anciens et les plus glorieux; les peuples acclament cette dévotion nouvelle, de ses enthousiasmes les plus sympathiques et leurs plus religieux; et c'est ainsi que Notre-Dame de la Salette trouve un double titre de gloire dans la préférence donnée au modeste costume qu'elle revêt, et aux lieux obscurs où elle daigne descendre.

 

Réflexions

 

Écoutons avec un respect filial les deux leçons touchantes qui nous viennent, aujourd'hui, du haut de la sainte Montagne. 1° Leçon d'humilité et de simplicité: Ce n'est pas au sein de nos cités bruyantes et somptueuses que Marie a daigné apparaître et parler; c'est dans une solitude déserte, au milieu de montagnes écartées et inconnues; c'est que l'humilité redoute le bruit et l'éclat, elle préfère le silence, elle veut surtout sa cacher aux regards du monde. La Vierge Marie s'est souvenue en outre, que son divin Fils n'a pas craint de se faire appeler Nazaréen ; elle ne craindra pas non plus de se faire appeler Notre Dame de la Salette. Le monde peut sourire, s'il lui plaît, à cette appellation naïve et simple; n'importe, Marie la garde et l'aime; et comme le salut nous vint de Nazareth, la grâce et la miséricorde sont descendues des hauts sommets de la Salette. Aux pures clartés de ce noble exemple, qui donc pourra rougir de ce qui révèle en nous pauvreté, humiliation, obscurité? Utile sujet de méditation pour nous, qui pensons toujours à nourrir notre orgueil par nos paroles, notre recherche affectée, nos œuvres et nos démarches. 2° Leçon de décence et de modestie: « Marie portait l'humble tablier de servante et le modeste fichu des simples femmes; ses cheveux étaient si bien couverts par sa lumineuse coiffure, qu'on ne les voyait pas; les longues manches de sa robe cachaient entièrement ses mains ». Quelle leçon pour nous! Ce n'est pas assurément une forme nouvelle de vêtements et de costume que Marie veut introduire; c'est un esprit de décence, perdu parmi nous, qu'elle voudrait ressusciter. Où est notre simplicité? Où en sommes-nous de la modestie chrétienne? Voyez Notre Dame de la Salette: Elle est bien la Rose mystique, la Maison d'or, la Tour d'ivoire, l’Étoile brillante du matin; Elle est Reine, en un mot. Mais elle est aussi l'humble servante du Seigneur, se montrant à nous pauvrement vêtue, comme on l'est au village sous le toit couvert de chaume. Or, sied-il bien au luxe et à l'immodestie de nos jours de regarder en face les formes sévères de son costume, où la Mère de Dieu semble s'effacer sous les humbles dehors d'une simple créature? Ah! que de chrétiennes, même parmi celles qui portent le titre d'enfants de Marie, se jugeraient plus sévèrement si elles se regardaient dans ce miroir de modestie que leur présente la Vierge de la Salette! Que de mères qui font sucer, pour ainsi dire avec le lait, à leurs enfants, le goût d'une parure aussi vaine qu'elle est dispendieuse! qu'elles viennent donc ici apprendre à pénétrer ces jeunes cœurs de cette vérité si évidente et si méconnue, que le vêtement n'est pas un mérite, et que la modestie, jointe à une noble simplicité, fait, aux yeux mêmes du monde, le plus digne ornement des enfants et des mères.

 

Pratique : Éviter soigneusement la recherche de soi-même, et pratiquer en toutes choses la simplicité... Que les mères prennent aujourd'hui surtout, pour elles-mêmes et pour leurs enfants, une résolution inébranlable de décence en leur parure, de tenue et de modestie chrétienne en toute leur personne.

 

Guérison miraculeuse

 

Un père de famille, chef de commerce, résistait depuis longtemps aux tendres et pressantes sollicitations de sa pieuse sœur qui le conjurait souvent de revenir a Dieu et à la pratique de ses devoirs de chrétien. Le bon exemple qu'il devait à ses enfants, la piété héréditaire dans sa famille, ses premières années dans la vertu et la religion, rien ne le touchait; il tournait tout en ridicule, et devenait insolent dès qu'on le pressait un peu. A bout de tout moyen, sa sœur lui dit un jour: « Eh bien! frère, puisque rien ne te touche, je m'en vais à la Salette demander à la Sainte Vierge ta conversion! » « Tu peux bien aller à Rome et à Jérusalem, si tu veux, lui répond ce frère obstiné ! tu me retrouveras comme tu me laisses ». Cette pieuse demoiselle part, bien désolée, car son frère n'avait pas voulu même lui promettre de dire un Ave Maria pour elle. Son pèlerinage se fait avec piété, elle prie avec ferveur et avec larmes sur la sainte Montagne; elle demande à tous les pèlerins des prières; enfin il lui semble que la Sainte Vierge l'a exaucée, et qu'elle retrouvera son frère mieux disposé. Elle repart, arrive à L... et, en le revoyant: « Eh bien! lui dit-elle un peu émue, ai-je été exaucée ? J'ai bien prié pour toi, j'ai bien offert pour ta conversion toutes les fatigues de ce pèlerinage! » Elle n'obtient point de réponse. Son frère gardait le silence et paraissait violemment agité. « Tu ne me dis rien ? » « Je te laisse libre, laisse-moi libre moi-même. Je suis un honnête homme et je n'ai rien à me reprocher ». « Oh! repartit la sœur, il n'est pas possible que Notre Dame de la Salette ne m'ait pas exaucée! Tu aurais donc le cœur plus dur qu'un rocher ? » Elle ne put en dire davantage, l'émotion, les larmes arrêtèrent sa voix. Vers le soir, retirée dans sa chambre pour y prendre un peu de repos, son âme triste et affligée ne pouvait éloigner de sa pensée la scène de son arrivée. Son frère obstiné malgré tout ce qu'elle s'était imposé pour lui, était pour son cœur sensible et dévoué une peine des plus grandes. Elle ne put goûter un instant les douceurs d'un sommeil si nécessaire pourtant à réparer ses forces, à la suite des fatigues d'un long et pénible voyage. Elle priait, conjurait la Mère des miséricordes de convertir ce pauvre pécheur, quand de bon matin, elle entend frapper à sa porte. « Ah! ma sœur, je n'y tiens plus! s'écrie son frère avec vivacité en entrant dans sa chambre. Conduis-moi auprès d'un prêtre, je veux me confesser. Toute la nuit, j'ai souffert comme une âme damnée. Je suis honteux de ma conduite, et j'ai peur de la justice de Dieu: c'est bien sincère, je veux me confesser! » La pieuse demoiselle se met à pleurer de bonheur, elle embrasse son frère et ne met point de retard à l'accomplissement de son désir. La conversion était facile, ou plutôt elle était déjà faite. Notre Dame de la Salette l'avait elle-même opérée. Il se confessa, et, quelque temps après, il était à genoux à la table sainte, à côté de sa sœur; le recueillement, la joie, le bonheur étaient peints sur son visage; il goûtait sans doute cette paix qui surpasse tout sentiment, la paix de Dieu! Sa conversion fut une belle leçon pour tous ses employés de commerce, et une grande joie pour sa famille qu'il continue à édifier. (Annales de Notre-Dame de la Salette).

 

Prière

 

Vous voulez être toujours, ô Vierge Marie, l'humble servante du Seigneur; vous en avez pris le titre à Nazareth à l'annonce de l'ange; vous en revêtez aujourd'hui le costume, à la Salette. O bonne Mère! de touchantes leçons sont tombées de votre cœur sur le monde, pleines de larmes et d'ineffable tendresse. Nulle n'était plus utile, plus nécessaire, plus actuelle que celle que nous prêche le vêtement sévère de votre apparition ; nous sommes si habiles à nourrir notre vanité, si trempés de sensualisme, et le luxe immodeste de notre siècle favorise nos illusions d'une manière et d'un entraînement si lamentables! O Notre-Dame de la Salette! ne permettez pas que nous rendions inutiles vos enseignements salutaires; parlez à nos âmes avec toute l'autorité du plus auguste, du plus touchant message de la cour céleste, et pénétrez nos cœurs de tous sentiments de simplicité, de modestie, d'humilité, qui méritent ici-bas la grâce de Dieu, et au ciel l'éternelle récompense. Ainsi soit-il.

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02 mai 2011

Mois de Notre Dame de la Salette

Mois de Notre Dame de la Salette

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Troisième jour

Description et portrait de Notre Dame de La Salette

 

Les bergers témoins de l'apparition, ont pris soin de nous tracer eux-mêmes le portrait de Notre Dame de la Salette: le voici, tel que nous le trouvons dans leur récit, leurs lettres et conversations: « « Tout à coup, disent les enfants, une grande clarté s'est ouverte, et nous avons vu une belle dame dans cette clarté!... Elle avait une coiffure blanche, brillante, argentée, transparente d'or, haute et arrondie au sommet, légèrement inclinée en avant. Au dessus, et tout autour, était posée une couronne de roses blanches, rouges et bleues; de tous côtés s'élevaient de petites fleurs d'or, du milieu desquelles jaillissaient des flammes de lumière: entre chaque branche de fleur, se trouvait une branche de brillants: ces branches formaient des tiges, les autres, des paillettes ou des étoiles, et tous ces ornements étaient resplendissants. La coiffure de la Vierge descendait sur le cou, et cachait entièrement les cheveux et les oreilles; les traits de Marie étaient allongés, et son visage céleste, d'une blancheur et d'une beauté admirables, exprimait la douceur, la bonté, et brillait d'un éclat merveilleux. Elle avait un fichu blanc, croisé sur la poitrine, dont les deux bouts, liés par un simple nœud, croisaient sur le dos; ce fichu, et la robe dont Marie était revêtue, montaient très-haut, et cachaient presque entièrement le cou; une guirlande formée de roses semblables à celles de la couronne, bordait tout le fichu ; une large chaîne d'or tout uni, sans dessin ni anneaux, était posée le long de cette guirlande; une chaîne pareille, mais plus petite, tenait un crucifix d'or, avec un christ très-brillant; au côté droit de ce crucifix, étaient suspendues des tenailles, et au côté gauche, un marteau, tout autant d'instruments de la Passion. La robe de la Vierge était d'une blancheur virginale, semée de paillettes d'or, d'un grand éclat; sa chaussure était blanche aussi, surmontée d'une boucle en or, et entourée de roses, plus petites que celles de la couronne, mais de même couleur: et du milieu de toutes les roses que portait la Vierge, dit Mélanie, sortaient des flammes de lumière et d'or le plus beau, qui s'élevaient comme de l'encens, et venaient se mêler à la lumière qui environnait sa Protectrice... » Enfin, un tablier uni, presque aussi long que la robe, d'un tissu léger et tout brillant, complétait ce portrait descriptif de Notre Dame de la Salette. Il faut en convenir, à défaut d'autres témoignages, l'étude de la parure de la Vierge des Alpes, serait, à elle seule, une preuve de l'apparition. D'où serait venue, à deux pauvres bergers, ignorants et grossiers, la pensée de revêtir leur héroïne de formes si humbles, si mystérieuses?... et au contraire, quel imposteur ne se fût pas gardé de donner à Marie une parure sous laquelle la Sainte Vierge n'a jamais été représentée dans le passé, dans aucun tableau, par aucune statue! Les formes symboliques de la Vierge de la Salette n'ont donc pu être imaginées que par un être surnaturel, et cet être surnaturel, c'est Marie elle-même!

 

Réflexions

 

Deux points fixent ici notre attention: le symbolisme de cette parure, les analogies de cette description de la Vierge de la Salette, de tous points conformes au portrait que les Pères de l’Église nous ont laissé de Marie. Premièrement, la charité remplit l'âme de Marie; c'est sous son inspiration qu'Elle apparaît à la Salette; cette vertu est symbolisée par l'or qui éclate en toute sa personne, et dont Elle voudrait voir parées toutes nos âmes. La blancheur de ses vêtements rappelle son innocence parfaite, qu'elle voudrait donner en apanage à tous ses enfants. Les roses, emblème de virginité, couronnent sa tète, et les couleurs qui les diversifient, nous redisent ses vertus : le blanc nous prêche sa pureté sans tache; le ronge, sa charité parfaite; le bleu, l'ensemble de toutes ses vertus; le bleu, en effet, rappelant l'idée du ciel, patrie de toutes les vertus, symbolise leur réunion au cœur de Marie; enfin, le corps très-pur de Marie, semblable à un astre resplendissant, se mouvait dans une atmosphère lumineuse et tranquille: cette clarté très brillante, c'est le rejaillissement de son âme glorifiée: la clarté d'un corps glorieux, dit saint Augustin, dérive de la clarté de son âme; jugeons dès lors combien devait être resplendissant le corps .immaculé de la Mère de Dieu!... Deuxièmement, au témoignage des Pères de l’Église, la taille de Marie dépassait la grandeur moyenne: La Dame apparue aux bergers de la Salette était plus grande que toutes celles qu'ils eussent jamais vues. La figure de Marie, selon la tradition, n'était pas ronde, mais allongée ; sur l'affirmation de Mélanie, la Vierge de la Salette avait aussi les traits allongés. Aucune fierté, disent les Pères, n'apparaissait dans les traits de Marie, mais la simplicité, la candeur; rien ne sentait la mollesse, ses regards et ses paroles respiraient la douceur: son langage, dit saint Jean de Damas, était agréable, parce qu'il découlait de sa belle âme!... d'après les enfants de la Salette, les yeux de Marie exprimaient la douceur; son regard était si bon, disent-ils, si affable, qu'il les attirait vers Elle malgré eux; sa voix était si attrayante, qu'Elle leur faisait l'effet d'une musique incomparable!... Et pour l'extérieur, le corps de Marie, dit saint Ambroise, était le tableau de son âme; c'était l'image de la vertu ; son aspect, comme son âme, resplendissait d'une beauté angélique: Elle avait, dit le saint docteur, tant d'innocence et de sainteté, qu'Elle répandait la pureté dans le cœur de ceux qui la regardaient. Il était impossible de porter les yeux sur Elle, sans avoir des sentiments et des inclinations pour la chasteté! Et tel est l'effet produit en l'âme, devant la statue qui a su donner à Notre-Dame de la Salette, sa véritable expression; il s'échappe de ses traits, de tout son corps, une beauté si douce, si pure, que l'âme est saisie, et que le cœur tout ému, se sent poussé à l'amour et à la pratique de la plus belle de toutes les vertus!...

 

Pratique : Nous efforcer de pratiquer toujours, dans nos pensées, nos paroles, nos relations, nos lectures, la charité, la pureté, qui sont for de la vertu, et que nous prêchent aujourd'hui les formes symboliques de Notre-Dame de la Salette: supplier Marie d'obtenir à notre âme la céleste parure de ces vertus, qui donneront aux enfants quelques traits de ressemblance avec leur divine Mère!

 

Guérison d'un enfant, racontée par sa mère

 

Le fait suivant, arrivé au mois de novembre 1852 à L... (Ardèche), est dû à la protection bien visible de Notre Dame de la Salette qui, sous ce vocable, voulait opérer elle-même celte guérison. Pour plus d'exactitude, laissons parler cette pieuse mère: « Mon petit Charles, né le 15 juillet 1851, fut atteint l'année suivante d'une inflammation qui fut déclarée grave à son début. L'enfant dépérissait à vue d'œil, et bientôt on s'aperçut d'une déviation dans la taille; son corps décrivait une courbe de côté et se repliait sur lui-même; des palpitations presque incessantes, d'abondantes hémorragies l'avaient réduit à un état de faiblesse extrême. Trois médecins furent appelés, ils pensaient que la carie avait atteint les os, tous avaient jugé que la maladie était incurable et avaient prononcé hautement que l'enfant ne survivrait pas si jeune à tant de souffrances. Quatre mois se passèrent, le pauvre enfant s'affaiblissait progressivement, on décida une nouvelle consultation, à laquelle devait s'adjoindre un quatrième médecin; le jour était fixé pour le lundi 11 novembre. Le samedi 9 novembre, vers minuit, je lui dis: « Mon enfant, il faut demander à la Sainte Vierge de te guérir, je te conduirai à Notre Dame du Bon Secours ». Il répondit: « Je veux celle de la Salette ». « Eh bien, mon ami, répète: « Sainte Vierge de la Salette, guérissez-moi! ». L'enfant obéit et répéta ces mêmes paroles. Je promis alors qu'il porterait un an de plus le bleu et le blanc (l'enfant avait été voué avant sa naissance), et que je le conduirais à Notre-Dame de la Salette après sa première communion. Il s'endormit, et à son réveil il me dit: « Maman, je suis guéri; la Sainte Vierge m'a guéri; je l'ai vue toute en or et toute en fleurs ». Je ne pouvais croire à tant de bonheur. L'enfant se rendormit jusqu'au matin. Son père entra dans sa chambre. Lorsqu'il se réveilla, le petit Charles en le voyant s'écria : « Papa, je n'ai plus de mal, la Sainte Vierge m'a guéri ». M. L... que je n'avais pas encore vu, fut étonné de ce langage. A partir de ce moment, l'enfant alla toujours de mieux en mieux; il reprit des forces nouvelles; un mois après, il était bien portant et très droit. Les médecins ont été stupéfaits. Je racontai à monsieur le curé le prodige dont je venais d'être témoin. Monsieur le curé vint, portant à l'enfant une image de Notre-Dame de la Salette qu'il n'avait jamais vue: « Vois, mon petit, la belle image, lui dit monsieur le curé, c'est Notre-Dame du Bon-Secours ». L'enfant répondit avec assurance: « Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai, monsieur le curé; c'est Notre-Dame de la Salette, je la connais ». L'enfant persista à dire qu'il avait vu la Sainte Vierge toute en or et toute en fleurs. Charles est aujourd'hui dans sa seizième année, et il n'a pas perdu de vue cette heureuse vision, il a conservé toujours une dévotion particulière à Notre-Dame de la Salette. Daigne cette bonne Mère obtenir à mon enfant la grâce d'être un jour un zélé serviteur de Dieu. (Annales de Notre-Dame de la Salette.)

 

Prière

 

O Notre Dame de la Salette, vous voici, sur la chaîne des Alpes, volant en quelque sorte, comme autrefois votre divin Fils, à une nouvelle conquête des âmes: et pour y mieux réussir, vous vous montrez à vos enfants, parée de l'or de la terre, des couleurs brillantes du firmament, et de l'éclat éblouissant de toutes les séductions célestes!... ô Mère, brisez en moi, sans égard pour ma faiblesse, tout obstacle à votre action maternelle! je sais trop, qu'en gagnant mon âme, vous ne ferez pas une précieuse conquête... elle est si oublieuse de ses devoirs, si inconstante dans ses résolutions, si ardente au mal, si lâche à la pratique du bien!... Mais, si vous daignez, ô Mère, abaisser sur sa misère, un regard de protection, elle sera moins indigne de vous, et aidée par votre grâce, elle voudra se parer de quelques-unes de vos vertus, et présenter à votre divin Fils, au jour du jugement, un cœur imparfait sans doute, mais qui s'est efforcé du moins d'imiter sa Mère, en suivant de loin en loin et d'un pas trop inégal, les traces de la belle vertu, qui mène sûrement au ciel. Ainsi soit-il.

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