28 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Semaine Sainte

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Dimanche 29 mars

La Passion de Benoîte

 

C’est aujourd’hui le dimanche des Rameaux et de la Passion de Jésus, que nous lisons en entier pendant la messe. La Passion et la mort de Jésus nous renvoie à nos propres souffrances et aux souffrances de l’humanité. Elle nous renvoie à tous ceux qui, comme saint Paul, revivent à leur manière la Passion du Christ. « J’achève dans ma chair ce qui manque à la Passion du Christ » écrit saint Paul.

La Passion du Christ nous renvoie aussi à la Passion de Benoîte si bien décrite par les Manuscrits du Laus. « Je lui demande, écrit Gaillard, ce qu’elle aimait mieux souffrir, si elle avait eu le choix, les tourments des démons ou les stigmates. Elle me répond, les larmes aux yeux avec un grand soupir : les stigmates, parce qu’après cette épreuve elle avait son temps libre ; alors que la persécution des démons est continuelle et ne lui donne presque pas un jour de repos ; ne sachant jamais quand cela va se produire, elle vit dans l’angoisse à cause de l’incertitude du temps et du mal qu’ils lui feront. Mais puisque Dieu le veut ainsi, elle se consacre entièrement à sa volonté et à celle de Marie, sa très chère Mère. Que Dieu fasse d’elle tout ce qui sera dans son bon plaisir, qu’elle ne veut que ce qui lui plaît et qu’elle le prie de lui faire grâce de ne pas l’offenser : ce qu’elle appréhende le plus ; que c’est une des plus grandes faveurs qu’il puisse lui faire. De plus, elle est bien aise de souffrir après que Dieu lui ai fait miséricorde. Outre qu’elle en est accablée de douleur, et ne peut s’en consoler, elle souffre encore extrêmement du corps. Le sieur Peythieu a vu le cœur lui manquer plus de cent fois, quand Dieu est offensé par des vœux extraordinaires, surtout par des ecclésiastiques et d’autres personnes consacrées à Dieu, hommes et femmes. D’autres fois se voyant presque mourir elle disait : « Mon Dieu, le cœur me manque, ne m’abandonnez pas entièrement, je me jette dans les bras de votre Providence divine dont je relève entièrement ». »

Dans son traité sur la mortification et la souffrance de Benoîte, Gaillard écrit : « Elle a commencé ses souffrances dès son enfance, elles n’ont cessé d’augmenter toujours et ne finiront qu’avec sa vie ». Elle est toute à tous et toute à chacun en particulier. Elle souffre avec tous ceux qui souffrent sans qu’on puisse exprimer la douleur qu’elle a dans l’âme et qu’elle n’ose dire à personne.

 

Lundi 30 mars

Lundi Saint

 

Des parfums de Béthanie aux parfums du Laus

 

Dans l’évangile de ce Lundi Saint, Jésus vint à Béthanie. Marie prit un parfum très pur et le versa sur les pieds de Jésus. La maison fut remplie par l’odeur du parfum.

À Pindreau, la Vierge Marie avait dit à Benoîte : « Allez au Laus, vous y trouverez une petite chapelle d’où sortiront de bonnes odeurs ». En arrivant à la chapelle de Bon Rencontre, Benoîte est enivrée par ces parfums qui l’imprègnent chaque fois que la Vierge lui apparaît. Elle a dit que l’odeur des anges est plus grande pour les uns que pour les autres. Pour l’odeur de Marie elle surpasse toute les odeurs de ces créatures… » L’odeur du Christ qui lui inspire d’aller à la Croix d’Avançon est « une odeur très odoriférante qui surpasse de beaucoup celle de Marie ». Il y a en encore davantage : « Le corps de Benoîte lui-même et tous ses vêtements exhalent tous ces parfums qui sont si délicieux qu’ils embaument tous ceux qui l’approchent. » C’est à partir de Pâques 1666 que nous avons des témoignages de personnes qui ressentent ces parfums.

Voici celui de François Grimaud : « L’illustre et révérend Monseigneur Pierre Marion, évêque et comte de Gap, est allé célébrer la messe au Laus, avec tous ceux de sa maison, qui s’y confessèrent et communièrent tous. Étant informé de sa visite, il m’arriva quelque chose que je me cru obligé de faire savoir : alors que j’inscrivais des messes votives devant la chapelle, j’ai senti une odeur si suave pendant sept à huit minutes, que de ma vie je n’ai rien senti de pareil. Cela me causa une satisfaction si grande que je fus hors de moi-même ».

« Le 31 janvier 1688 la Mère de Dieu parle à Benoîte dans sa sainte chapelle et la remplit d’une odeur inconcevable. » « Le 24 mars1690, l’église fut tellement embaumée de cette odeur céleste que chacun en était charmé. » « On a observé en ce mois de mars qu’il ne s’est passé aucune semaine sans que l’église ait été embaumée par cette odeur céleste, jusqu’au mois de mai ».

Après la mort de Benoîte jusqu’à nos jours, nombreux sont les témoignages de cette expérience des parfums. Pour s’en convaincre il suffit de parcourir le livre de René Humetz, Enquête sur les parfums de Notre-Dame du Laus, édité en avril 2008 aux éditions du Sarment. On le trouve à la librairie du Laus.

 

Mardi 31 mars

Mardi Saint

 

De la trahison de Judas et du reniement de Pierre... à la Croix d’Avançon

 

La trahison de Judas et le reniement de Pierre dans l’Évangile de ce jour nous conduisent au mystère de la Passion de Jésus qui trouvera son sommet sur la Croix du Calvaire. Voilà pourquoi cet Évangile de saint Jean nous prépare à vivre et à célébrer la Croix du Vendredi Saint… Nous nous rendons avec lui et Benoîte à la Croix d’Avançon en 1669 où elle eut les deux premières visions du Christ crucifié.

« Benoîte est comme attirée depuis sa chambre par une odeur suave qui la conduit au pied de la Croix d’Avançon. Elle y voit pour la première fois le Christ crucifié qui lui donne le sens et le pourquoi de cette apparition : Il ne souffre plus ainsi à présent, mais c’est pour lui faire voir ce qu’il a souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a eu pour eux. » Depuis ce jour là, Benoîte, attirée par cette croix s’y rend régulièrement, pieds nus, été comme hiver, trois fois par semaine, les mercredis, vendredis, et samedis, jours où elle jeûne. Elle y passe des heures entières en prière.

La deuxième apparition de 1669 va impressionner Benoîte si fortement qu’elle serait morte de douleur si elle avait duré plus longtemps. C’est une préparation à la troisième vision de 1673 et à la crucifixion mystique qui en découlera. Voici les textes de Gaillard dans les manuscrits : « Jésus lui apparut deux fois tout sanglant à la Croix en lui disant : ce que vous me voyez souffrir n’est pas ce que je souffre à présent, mais c’est pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai eu pour eux. La croix était toute sanglante, les anges étaient à genou au pied de la croix, lui disant beaucoup de choses des souffrances de Jésus. Si cette vision avait duré plus longtemps cette bonne fille serait morte de douleur.Quand Dieu voulait lui apparaître à la croix, il lui inspirait dans sa chambre d’y aller, en sentant une odeur très odoriférante qui surpassait de beaucoup celle de Marie : ce qu’il fit plusieurs fois. »

Demandons la grâce aujourd’hui, par l’intercession de Notre Dame du Laus et de Benoîte de mieux voir nous aussi ce que Jésus a souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a eu pour eux. Ce qu’il a souffert pour nous, son amour pour nous.

 

Mercredi 1er avril

Mercredi Saint

 

« Le Seigneur m’a ouvert l’oreille »

 

Dans la lecture de ce Mercredi Saint, tirée du livre d’Isaïe il est écrit : « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille ». Lorsque nous écoutons les paroles de Jésus en Croix dans l’Évangile ainsi que  les paroles qu’il a fait entendre à Benoîte au cours de ses cinq apparitions à la Croix d’Avançon, le Seigneur nous ouvre l’oreille.

À la première apparition il lui dit : « Ce que vous me voyez souffrir n’est pas ce que je souffre à présent, mais c’est pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai eu pour eux ». En 1673 il lui dit : « Je me fais voir dans cet état afin que vous participiez aux douleurs de ma Passion ». En 1674, c’est l’ange qui lui dit devant Jésus tout sanglant : « Voilà ce qu’a souffert votre Père et le mien ! Ne voulez vous pas souffrir pour l’amour de Lui ! »

En novembre 1679, il n’y a pas de paroles mais il est dit : « Jésus lui apparut, encore une fois, tout sanglant et perça son cœur de tant de compassion que durant six mois, elle fut inconsolable. »

Laissons l’Esprit Saint nous ouvrir les oreilles et nous toucher le cœur devant une telle expérience.

 

Jeudi 2 avril

Jeudi Saint

 

L’institution de l’Eucharistie et l’estime que Benoîte lui portait

 

En ce Jeudi Saint, jour de l’institution de l’Eucharistie, saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens nous transmet ce qu’il a reçu de la tradition qui vient du Seigneur : « La nuit même où il était livré, le Seigneur prit du pain, puis ayant rendu grâce il dit : « Ceci est mon corps qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après cela il fit de même avec la coupe… »

Benoîte avait un sens très profond de l’Eucharistie qui provenait probablement de sa familiarité avec Marie que le Pape Jean-Paul II appelle « la femme eucharistique ». En voici la preuve avec une conversation qu’elle eut avec un ermite.

Ce texte est d’autant plus précieux qu’il nous livre des paroles de Benoîte qui sont assez rares dans les manuscrits : « Un solitaire demande à Benoîte s’il ne fallait pas mieux prier Dieu dans sa chambre que d’aller à la messe. « Non, dit-elle car le sacrifice de la messe est d’un mérite infini ; il n’est qu’un et il est commun au prêtre et à ceux qui l’entendent et qui doivent y unir leur cœur, leur intention, leur volonté à la sienne, tout au long de la messe. Mais mon bon frère, ne sortez-vous pas de votre cellule pour une raison qui me saute aux yeux, ne sortez-vous pas de votre cellule pour chercher de quoi vivre ? Ne courez-vous pas ici où là, où l’on se dissipe le plus souvent pour ne pas être toujours recueilli en soi-même ? C’est à vous et non pas à moi de juger tout ce qui se passe dans votre intérieur, d’en faire un sérieux examen et de réfléchir sur les complaisances, les soumissions, les bassesses qu’il faut faire dans le monde à ceux qui vous font du bien, où le plus souvent, Dieu peut-être offensé. Je vous demande pardon mon frère, de la liberté que j’ai prise de vous répondre sur la demande que vous m’avez faite. Car ce n’est pas à moi, une simple fille idiote de vous parler de choses que vous savez mieux que moi ». »

On trouve également ce passage important concernant la Communion spirituelle : De Benoîte à un religieux : « Ceux qui ne reçoivent pas son corps réellement, peuvent le recevoir spirituellement, pour participer au sacrifice de la messe, comme le faisaient les Pères du désert, ces fameux et illustres anachorètes Antoine, Hilaron et d’autres ». Quant à sa foi, elle est immense dans la présence réelle du Saint Sacrement : « Cette bonne fille a tant de foi et de vénération pour le Saint Sacrement de l’autel, qu’elle dit souvent que pourvu qu’elle soit dans l’église où le Saint sacrement repose et où il est exposé, si tout l’enfer venait, il ne pourrait l’épouvanter ».

Avons-nous assez d’estime pour l’Eucharistie jusqu’à nous déplacer afin de participer à la messe? Car : « Le sacrifice de la messe est d’un mérite infini ».

 

Vendredi 3 avril

Vendredi Saint

 

Le mystère de la croix et la crucifixion mystique de Benoîte

 

En ce Vendredi Saint, nous écoutons le récit de la Passion de Jésus selon saint Jean. Nous prions à toutes les grandes intentions de la prière universelle, pour tous les hommes pour lequel le Christ s’est livré et nous vénérons la Croix : « Voilà le bois de la Croix qui a porté le salut du monde ». Nous sommes conduits de nouveau à la Croix d’Avançon et invités à méditer le récit de l’apparition du Christ crucifié à Benoîte qui est à l’origine de sa crucifixion mystique.

C’est le prêtre Jean Peythieu qui nous rapporte cet événement majeur dans la vie de Benoîte : « La plus célèbre de ces apparitions a été de notre Seigneur Jésus Christ sur une croix en l’année 1673, au mois de juillet, un vendredi. Benoîte moissonnait avec quelques personnes et en présence de quelques étrangers, dans une terre qui était à la chapelle, lorsque par un mouvement divin elle vit notre Divin Sauveur tout ensanglanté qui lui dit : « Ma fille, je me fais voir dans cet état afin que vous participiez aux douleurs de ma Passion ». Et ce qui est merveilleux c’est que, depuis, elle était crucifiée tous les vendredis : son corps étendu en forme de croix, ses pieds l’un sur l’autre, ses doigts tant soit peu fermés et rétrécis aussi, moins pliables qu’une barre de fer.

Mais en échange des ces grandes douleurs elle était très souvent visitée par la Reine de l’Univers qui la laissa dans cette souffrance jusqu’à ce que nous commençâmes à bâtir. Alors, la très digne Mère lui apparut et dit : « Vous n’aurez plus les souffrances du vendredi, vous êtes nécessaire pour distribuer les vivres à cette grande quantité d’hommes et de jeunesse qui viendront des villages pour creuser les fondations et préparer l’emplacement du logement des prêtres. Les prêtres, eux, ne sont pas disponibles parce qu’ils confessent. » Fait admirable, parmi les ouvriers qui étaient quelque fois au nombre de cent ou cent vingt de tout âge et de tout sexe, on n’a entendu aucune parole injurieuse ou malhonnête. Cela dura pendant les deux années de travaux ».

Nous avons à vivre à notre manière notre propre crucifixion mystique. Si, comme le disait le pape Jean Paul II à une assemblée de prêtres et de religieux « dans les difficultés de notre vie quotidienne, nous unissons nos souffrances à celles du Christ crucifié, nous sommes unis immédiatement à la Puissance de sa Résurrection et à la force animatrice de son Esprit ».

 

Nota Bene : ce jour, commence la Neuvaine à la Miséricorde Divine, retrouvez-là en cliquant ICI

 

Samedi 4 avril

Samedi Saint

La veillée au tombeau

La mort et le tombeau de Benoîte

 

Aujourd’hui, samedi Saint, nous demeurons auprès du tombeau du Seigneur et méditons dans le silence et la prière sa Passion et sa mort attendant dans l’espérance la Nuit de sa Résurrection. Alors éclatera la joie de Pâques. Pour nous y aider nous pouvons nous rendre dans la chambre de Benoîte et auprès de son tombeau où son corps repose depuis la fin décembre 1718 dans l’attente de sa résurrection et de la nôtre.

C’est grâce à une lettre du Père Jean-Baptiste Royère à François Malaval, le saint mystique et aveugle de Marseille, que nous connaissons les derniers instants et la mort de Benoîte : « Le mercredi, jour des Innocents, elle nous pria de dire une grande messe pour elle. Ce fut Monsieur l’abbé Poligny qui voulut la dire. Après quoi nous sommes allés la visiter et elle nous dit qu’elle allait mourir. L’après midi nous lui avons donné l’extrême onction qu’elle demandait depuis plusieurs jours. Elle se confessa aussi et se fit laver les pieds et les mains ; quand ce fut l’onction des oreilles Monsieur le Supérieur lui dit : « sœur Benoîte, défaites vous que nous fassions l’onction des oreilles ». Elle répondit : « Elles en ont tant écouté ! » Quand elle reçut les dernier sacrement elle fut toute consolée, n’attendant plus que cet heureux moment où son âme devrait se séparer de son corps. Je m’approchai alors d’elle et lui fit prononcer plusieurs fois le nom de Jésus et de Marie, et je lui présentai le crucifix qu’elle prit entre ses mains tenant la bouche collée contre les pieds de son divin époux.

« Ma bonne sœur, lui dis-je alors, nous sommes vos enfants, ne voulez-vous pas leur donner votre bénédiction ». Elle répondit : « C’est à la Bonne Mère à nous la donner » et tout aussitôt elle sortit la main du lit et nous dit : « Je vous la donne bien volontiers mes Bons Pères ». Elle s’en excusa par respect. Cependant elle ne voulu pas nous refuser cette consolation. Nous nous réunîmes pour dire nos offices en attendant de revenir avec elle toute la nuit. Mais Dieu en ordonna autrement. Sur les huit heures elle dit adieu à ses nièces, à Mr le Prieur, à toute la Compagnie. Elle dit qu’on alluma son cierge ; elle demanda à Mr le Prieur de lui faire la recommandation de l’âme ; elle dit : « La mort vient comme un larron sans crier gare ».

Elle dit à sa filleule Benoîte et à sa chère Isabelle de dire les litanies de l’Enfant Jésus et aussitôt, levant les yeux au ciel, entre les bras de sa nièce et la venue des Anges qu’on reconnut à son visage riant, elle décéda joyeusement, et son âme, selon qu’on peut le croire pieusement, fut portée au ciel par les Esprits Bienheureux. »

Dès lors, le corps de Benoîte repose dans son tombeau dans le chœur de la Basilique devant la chapelle de Bon Rencontre et le Saint Sacrement, près de la lampe à huile du sanctuaire et de l’autel où la messe est célébrée chaque jour. Sur la pierre est gravé : « Tombeau de la sœur benoîte, morte en odeur de sainteté, 1718 »

Nous n’oublions pas pour terminer la prédiction de la Vierge sur l’avenir du Laus faite en 1679 : « La Mère de Dieu confirme à Benoîte ce que l’Ange lui avait dit au commencement de la dévotion du Laus : qu’elle serait plus grande après sa mort… parce que ses ossements feraient des miracles ; que les personnes infirmes y viendront de toutes parts et de bien loin pour guérir et guériront… » Nous en sommes témoins !

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Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à vous tous...!!!!


21 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Cinquième semaine de Carême

 

Cinquième dimanche de Carême

Dimanche 22 mars

La résurrection de Lazare et les guérisons pendant l’éclipse du Laus

 

En ce cinquième dimanche de carême, l’Évangile nous raconte la résurrection de Lazare. Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois tu verras la gloire de Dieu ». À Notre-Dame du Laus, « il ne faut qu’avoir la foi » nous dit le chanoine Pierre Gaillard en présentant un tableau évocateur des infirmités qui continuent à être guéries même pendant la période d’hostilité, dans les années 1700.

Neuf cas sont signalés de 1701 à 1703, dont deux par l’onction d’huile de la lampe pour l’année 1703. Aucun fait précis, mais un long tableau des infirmités qui sont guéries au Laus : « ceux qui ont mal aux yeux offrent des cœurs d’argent après leur guérison ; ceux qui sont guéris de chancre au nez, au sein, au visage, offrent aussi des présents. De même beaucoup sont guéris des jambes ou d’autres infirmités corporelles, mais la plupart ne sont pas notées, les prêtres étant trop occupés les jours de fêtes pour le faire. Ils le disent en se confessant, on les prie d’attendre pour qu’on les écrive après leur confession. Mais, pour différentes raisons, ils s’en vont et ne reviennent pas. Et puis il y en a d’autres qui n’osent pas parler de leurs infirmités, surtout quand ce sont des maux héréditaires, comme les écrouelles et qui s’en vont sans dire mots, ou par sauvagerie, ou parce qu’ils n’osent pas. Combien de sourds, de muets, guérissent !

En un mot, on y guérit de toute sorte de maux, et des plus incurables, inconnus des médecins : ainsi, une fille qui avait les yeux fondus à la tête, incapable de voir normalement, être guérie à la fin de sa neuvaine et avoir les yeux aussi beaux qu’auparavant. Combien de maux de tête, de maux internes, où l’on ne connaît rien et qui guérissent au Laus ! Combien qui sont guéris de toutes sortent d’indispositions en prenant de l’huile de la lampe de la chapelle. Chacun en porte à son pays et en donne aux voisins qui guérissent sans qu’on en sache rien au Laus ! Il ne faut qu’avoir la foi et se mettre en état de grâce pour guérir. Mais tous ne rapportent pas les effets miraculeux de leur guérison. »

 

Cinquième semaine de Carême

Lundi 23 mars

La femme adultère et la conversion de Madame Rolland

 

L’Évangile nous présente l’épisode de la femme adultère : « Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils veulent la lapider, Jésus leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché qu’il soit le premier à lui jeter la pierre » ; ils s’en allèrent l’un après l’autre en commençant par les plus âgés. Jésus reste seul avec la femme en face de lui. Il se redresse et lui demande : « Femme, où sont-ils donc ? Alors personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit « Personne, Seigneur ». Et Jésus lui dit : « Moi non plus je ne te condamne pas, va , et désormais ne pèche plus. » »

Madame Rolland chez qui Benoîte travaillait pour garder son troupeau, était une femme de mauvaise vie. Elle va se trouver en contact avec la Belle Dame au Vallon des Fours. Voici le récit du chanoine Pierre Gaillard : « Sa maîtresse ne vivant pas comme elle le souhaitait, Benoîte prie la Dame de se faire voir à elle et de changer son cœur. Sa maîtresse était surprise de tout ce que cette fille faisait, et de sa vertu et de ses visions, de tout ce qu’on disait d’elle : elle n’y croyait pas.

Elle se rend un matin à l’insu de Benoîte, près du lieu de l’apparition, au Vallon des Fours. Sitôt que Benoîte arrive, elle voit la Dame qui lui dit : « Votre maîtresse est cachée sous la roche. »  « Elle n’y est pas Madame, je l’ai laissée dans le lit. Belle Dame, qui le sait mieux de nous ? » « Elle y est, répond la Vierge,vous la trouverez sous la roche ; avertissez-la de ne pas jurer sur le nom de Jésus, que si elle continue il n’y a pas de paradis pour elle, que sa conscience est en très mauvais état, qu’elle fasse pénitence… »

Cette femme l’entendit, fut touchée d’une douleur très sensible, et d’un repentir extrême d’avoir offensé Dieu : elle pleure, soupire, gémit. Benoîte s’approche en entendant les pleurer et lui dit : « Vous m’avez fait dire un mensonge à la dame. Je vous croyais au lit ». « J’ai entendu tout ce que la Dame vous a dit, je me corrigerai ». Ce changement si prompt donna beaucoup de consolation à cette bonne fille, et encore davantage par la suite quand elle vit sa maîtresse ne jurant plus, jeûnant et donnant aux pauvres autant que ses facultés le permettaient. Elle vécut le reste de ses jours fort chrétiennement, fréquentant les sacrements. »

 

Cinquième semaine de Carême

Mardi 24 mars

Le serpent de bronze et la chapelle du Précieux Sang

 

Nous méditerons aujourd'hui sur le livre des Nombres, qui nous présente le serpent de bronze. « Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie. » Dans l’Évangile, Jésus déclare : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous comprendrez que moi, Je SUIS ».

Benoîte, à cinq reprises, a vu le Christ crucifié sur la Croix d’Avançon, que nous pouvons continuer à regarder et à contempler dans la chapelle du Précieux Sang. Cette chapelle unique, qui a été inaugurée le 16 octobre 1862, restaurée et bénie récemment par Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri, est un véritable reliquaire : la croix est suspendue au dessus de l’autel où la messe est célébrée durant l’été tous les vendredis. Là de nombreux pèlerins reçoivent des grâces extraordinaires qui proviennent de l’expérience spirituelle que Benoîte a vécue en ce lieu. Elle venait y prier pieds nus des heures entières, été comme hiver, les mercredis, vendredis et samedis, jours où elle jeûnait. Tournons-nous aussi vers la Croix Glorieuse d’où jaillissent l’eau et le sang de Jésus par lesquels nous avons été régénérés.

 

Cinquième semaine de Carême

Mercredi 25 mars

La vérité vous rendra libre

 

Jésus déclare dans l’Évangile : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre. »

Un homme, Monsieur Blanchard, était prisonnier d’une grave obsession. Il retrouve la liberté grâce à Benoîte qui lui révèle la vérité sur son mal. Monsieur Peythieu revient six fois sur le cas de cet avocat, dont la maladie avait étonné toute la Provence : cet homme, très estimé dans la région, était soudain devenu gravement malade de scrupule. Cela après une confession générale suivie d’une communion où il avait cru entendre une voix citant un texte vengeur des psaumes contre les pécheurs qui ne se convertissent pas. Cette parole l’obsédait et il était tombé dans une neurasthénie fort agitée. Les siens devaient parfois le lier avec des cordes pour qu’il ne coure pas à travers toute la ville.

Son confesseur, un Récollet, nommé François Piémond le décide à se rendre au Laus en septembre 1684, lui conseillant de ne pas parler de confession. Il vient au Laus. Benoîte le rencontre et l’aide à découvrir le mal qui est au fond de son âme : il était effrayé par de mauvaises communions faites autrefois et était resté jaloux de sa femme. Il se confesse, se réconcilie avec son épouse. Il est complètement guéri faisant l’admiration de la ville par sa piété retrouvée et sa générosité envers les malades et les affligés. Il revient en mai 1685 pour rendre grâce. Cette guérison est vraiment révélatrice du charisme d’accompagnement psycho-spirituel de Benoîte.

 

Cinquième semaine de Carême

Jeudi 26 mars

Il ne verra jamais la mort

 

En effet, dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous dit : « Amen, amen je vous le dis : si quelqu’un est fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. »

Benoîte éduquée par Marie a été fidèle jusqu’au bout à la Parole de Dieu. C’est pourquoi au-delà de sa mort, elle est toujours présente à Notre-Dame du Laus. Elle continue mystérieusement à accueillir les pèlerins, à les réconforter, à les aider à voir clair dans leur conscience, à les préparer à la confession, à prier pendant qu’ils se confessent, à les aider à bien participer à l’Eucharistie et à la Communion avec les meilleures dispositions.

« Après la mort de la bergère, écrit Aubin dans sa copie authentique, on aurait pu croire que les gens qui avaient pour elle une vénération particulière cesseraient de venir au Laus et que ce saint lieu serait bien moins fréquenté. Mais Dieu qui s’était servi de cette humble fille pour établir cette dévotion en l’honneur de sa Sainte Mère. Il lui avait fait assurer par l’Ange que ce pèlerinage serait plus florissant après sa mort que de son vivant et avait suscité de saints prêtres pour continuer et perfectionner  cette bonne œuvre. » Ainsi on y voit encore venir les mêmes processions et la même affluence du peuple. La Très Sainte Vierge y accorde la même protection. On y reçoit toujours de nouvelles grâces, soit des guérisons, soit des conversions éclatantes.

 

Cinquième semaine de Carême

Vendredi 27 mars

« Toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs »

 

Le Prophète Jérémie nous dit que Dieu scrute l’homme juste, et voit les reins et les cœurs. C’est une occasion pour nous de parler du charisme de Benoîte qui touche les cœurs et a le don de lire dans les consciences. Pierre Gaillard écrit : « Combien de personnes ont dit que le Laus est le refuge des pécheurs. En ce lieu, Dieu leur inspire de faire de bonnes confessions, lève la honte de ceux qui n’osent pas les dire, assistés de l’avis de Benoîte qui leur découvre tout leur intérieur. 

« Quand je vois quelqu’un, déclare Benoîte à Gaillard, je connais d’emblée tout ce qu’il est et ce qu’il a sur la conscience. C’est comme dans une glace : on voit ce qui est au dedans, tout à la fois. C’est ce qui me permet de donner les avis nécessaires au salut de ceux que je juge capable d’en profiter. » Monseigneur Hervé, évêque de Gap, rencontre Benoîte qui prie Dieu dans l’église : « Elle lui parle plus de deux heures et lui décrit tout ce qu’il vit dans son intérieur, ce qu’il avait fait, ce qu’il allait faire, ce qui plairait ou non à Dieu. » Ainsi, tous sans distinction, bénéficient, et encore aujourd’hui, du don que Dieu a accordé à Benoîte comme au Curé d’Ars pour entrer dans la grâce de Miséricorde et de conversion du sanctuaire de Notre-Dame du Laus.

 

Cinquième semaine de Carême

Samedi 28 mars

« Je vais les rassembler de partout et je les purifierai »

 

Le prophète Ezékiel annonce que Dieu va rassembler son peuple et le purifier. C’est bien ce que la Vierge a voulu en fondant avec Benoîte le sanctuaire de Notre-Dame du Laus : rassembler beaucoup d’hommes et de femmes pour qu’ils se purifient par le sacrement de la réconciliation.

Le juge François Grimaud dans la « Relation Véritable » qu’il adresse à l’Archevêque d’Embrun, Monseigneur d’Aubusson de la Feuillade, écrit : « Les miracles que Dieu a opérés en ce lieu par l’intercession de Benoîte se déroulent dans l’affluence innombrable du peuple qui y est venu de toutes parts... par un miracle particulier, cette nouvelle a été répandue dans toute la province du Dauphiné et autres lieux du Royaume, et jusque dans les capitales de l’Espagne et du Piémont mais avec tant de succès et de fruits, que depuis les fêtes de la Pentecôte 1665 jusqu’en janvier 1667, on peut assurer avec vérité qu’il y est venu plus de 130.000 personnes. » Ainsi se réalisent dès les premiers temps, l’annonce prophétique de la Mère de Dieu : « Beaucoup de pécheurs et de pécheresses viendront ici pour se convertir. »

 

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14 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Quatrième semaine de Carême

 

Quatrième dimanche de Carême

Dimanche 15 mars

Des guérisons de personnes aveugles

 

En ce quatrième dimanche de Carême, l’Évangile rapporte la guérison de l’aveugle-né : « Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance… il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé ». L’aveugle y alla donc, il se lava. Quand il revint, il voyait… Jésus dit : « Je suis venu pour que ceux qui ne voient pas puissent voir … » »

Au Laus, plusieurs personnes aveugles sont guéries par l’onction de l’huile de la lampe. En effet, au commencement de la dévotion, la Bonne Mère avait dit à Benoîte que « l’huile de la lampe de la chapelle, si on en prend, si on s’en applique, et si on a recourt à son intercession et qu’on ait la foi, on guérira. Que Dieu a donné ce lieu pour la conversion des pécheurs. »

La première guérison due à l’onction de l’huile de la lampe est signalée pour la première fois en 1667 : la petite-fille du notaire de saint Julien en Beauchêne, Maître Pierre Rougier, était aveugle. Son grand-père vint au Laus le 23 juin ; il rapporte une fiole de l’huile de la lampe et fait une onction sur l’œil de la fillette. Le lendemain elle se trouve entièrement guérie.

En juin 1667 c’est la fille du juge Grimaud, nommée Charlotte, qui est guérie à son tour d’une cécité. Le père de Labriolle, dans son livre Benoîte, la bergère de Notre Dame du Laus, note que les guérisons des yeux sont les plus fréquentes. Ainsi nous voyons que les guérisons de l’Évangile se perpétuent à Notre-Dame du Laus…

 

Quatrième Semaine de Carême

Lundi 16 mars

Comment s’opèrent les guérisons miraculeuses du Laus

 

En ce lundi de la quatrième semaine de Carême, l’Évangile rapporte la guérison du fils d’un fonctionnaire royal. « Le fonctionnaire royal dit à Jésus : « Descends avant que mon enfant ne meure ». Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant ». L’homme crut à la parole de Jésus. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant est vivant. »

Comment s’opèrent les guérisons miraculeuses du Laus ? Essentiellement, selon l’expression d’alors, « en se vouant et en se rendant au Laus. » « En se vouant au Laus » à distance, c’est à dire en se confiant à Notre Dame du Laus, en promettant d’y venir en pèlerinage, de s’y confesser et de rendre grâce. Un certain nombre de guérisons s’opèrent par le vœu, avant l’arrivée au sanctuaire. Souvent la guérison est liée à une neuvaine à de prières. C’est le cas pour Catherine Vial.

Nous notons la fréquence de l’expression « en se vouant et en se rendant au Laus ». C’est le cas pour Antoine de Cazeneuve, fils d’un chirurgien, guéri le 28 juin 1665. Son père se résolut avec sa femme de le vouer à Notre Dame du Laus. Ils l’y amenèrent avec beaucoup de peine. En sortant de la chapelle l’enfant dit qu’il était guéri. Un petit enfant de 4 ans, du sieur Jean Léautier, qui fut guéri d’une fièvre ardente dès que ses parents l’eurent voué à Notre Dame du Laus et fait leur prière à ce sujet. Marguerite Aubert, indisposée des pieds et des mains, laquelle après s’être vouée et fait menée avec beaucoup de peine à Notre Dame du Laus, fut miraculeusement guérie de toutes ses infirmités. Marie Reignier qui ne pouvait marcher, laquelle son vœu fait et portée à Notre Dame du Laus, fut guérie de toutes ses incommodités.

Et ainsi de la plupart des dix-huit premières guérisons mentionnées par Mr Grimaud. Prenons la dix-huitième qui a bénéficié à Madeleine Pellegrin de Saint-Bonnet-en-Champsaur. Elle ne pouvait presque plus parler, « se voua au Laus » et fut guérie en y allant le 8 septembre. À partir de 1667, comme nous l’avons déjà vu, beaucoup de guérisons sont dues à l’onction d’huile de la lampe du sanctuaire de Notre Dame du Laus.

 

Quatrième semaine de Carême

Mardi 17 mars

Guérison de Catherine Vidal

 

En ce mardi, l’Évangile nous raconte la guérison du paralytique à la piscine de Siloé. « Jésus lui dit : « lève toi, prends ton brancard et marche. » Et aussitôt l’homme retrouva a santé ; il prit son brancard : il marchait.»

Au Laus, dans la nuit du 17 au 18 septembre 1665, Catherine Vidal, elle aussi, se lève de son lit et retrouve l’usage de ses jambes. Catherine Vidal était âgée de vingt-deux ans. Elle arrive au Laus accompagnée de sa mère, de sa tante et de son frère. Depuis six ans, elle est atteinte d’une rétraction des nerfs aux jambes. Son infirmité est particulièrement connue dans la région de Gap : son mari voyant son mal incurable, avait voulu faire déclarer son mariage non valide devant l’official de Gap. La jeune femme a commencé une neuvaine au Laus le 9 septembre. Elle logeait dans une maison du village, chez Jean Julien, tout près de l’église. Cette dernière nuit, sa mère l’entend crier de joie. Elle demande de la lumière et son livre de prières. Catherine rend grâce à Dieu. Au matin elle est conduite à la chapelle vers sept, huit heures. Le Grand Vicaire, Antoine Lambert, qui était venu mener un interrogatoire auprès de Benoîte, célébrait la messe. On crie au miracle.

Pierre Gaillard, qui servait la messe ce vendredi 18 septembre au matin, et François Grimaud, dressent quatre procès verbaux. On procède à une enquête aussi rigoureuse que possible : elle est signée par tous ceux qui ont vu et qui ont été impliqués. Lors de son interrogatoire les jours précédents, le Grand Vicaire Antoine Lambert avait demandé à Benoîte qu’elle obtienne de Dieu un signe pour qu’il puisse reconnaître l’authenticité des apparitions et de sa mission. Benoîte prie pour demander ce miracle. En constatant la guérison, le Grand Vicaire répète à plus de vingt reprises : « Le doigt de Dieu est là, le doigt de Dieu est là !» La guérison de Catherine Vial est significative et déterminante pour l’avenir du Laus. Elle est significative parce qu’elle est l’effet de la prière de Benoîte. Elle est déterminante parce qu’elle permet au Vicaire Général de reconnaître l’authenticité des apparitions et de la mission de la bergère. Il autorise la construction de l’église demandée par Marie.

 

Quatrième semaine de Carême

Mercredi 18 mars

Guérisons dues à l’onction d’huile

 

En ce mercredi de la quatrième semaine de carême où l’Évangile nous dit que Jésus donne la vie aux morts, écoutons plusieurs guérisons dues à l’onction de l’huile de la lampe du sanctuaire de Notre Dame du Laus, citées dans les Manuscrits. « La Bonne Mère dit à Benoîte que cette huile guérit toute sorte de maux. Les pèlerins, même les plus éloignés, en emportent presque tous ; mais l’éloignement fait qu’on n’en connaît pas les effets. » (année 1667)

« Un homme malade, abandonné des médecins, envoie chercher l’huile de la lampe, en prend pendant neuf jours, à la fin desquels il guérit. »  (année 1669) « On ne saurait dire le nombre de personnes qui ont été guéries de diverses sortes de maladies, tous les avis et consolations que Benoîte a donnés, toutes les conversions qui s’y font et le nombre des infirmités dont on guérit en prenant de l’huile de la lampe de Notre Dame ! On en prend et on en donne à ses parents, amis, voisins. »  (années 1672) 

« Cette année, plusieurs personnes sont guéries de plusieurs infirmités en prenant de l’huile de la lampe ; elles sont allées rendre grâce à Dieu et à sa Sainte Mère. » (année 1673) « Une personne ayant de la fièvre, la Mère de Dieu dit à Benoîte que Dieu la lui avait donné parce qu’elle était trop orgueilleuse ; qu’elle prenne de l’huile de la lampe pendant 9 jours, qu’elle ait bien la foi, et qu’elle guérirait. Ce qui fut vrai : elle le fit et guérit. »  (année 1674) « Un paysan de la Bâtie Neuve, malade à l’extrémité, prend de l’huile de la lampe durant neuf jours, guérit et en rend grâce à Marie et à Jésus. »  (année 1675) « Une femme qui a plusieurs ulcères va au Laus. Elle prend de l’huile de la lampe, en met dessus et s’en retourne bien guérie, rendant grâce à Jésus et à Marie. »  (année 1676)

De même, on lit dans l’Évangile de Marc, au chapitre 1 verset 34 : « Il guérit beaucoup de malades affligés de divers maux ».

 

Quatrième semaine de Carême

Jeudi 19 mars

Conversions des pécheurs


En ce jeudi de la quatrième semaine de carême, la première lecture tirée du livre de l’Exode nous présente l’histoire du veau d’or et la perversion du peuple, ainsi que l’intervention de Moïse. Les manuscrits du Laus décrivent les énormes péchés qui se commettent au XVIIe et XVIIIe siècles et le nombre très important de pécheurs qui viennent se convertir grâce à l’intervention  et à l’intercession de Benoîte.

Chez Benoîte, « ce qu’on remarque ce sont ses regrets, ses larmes et ses soupirs qui sont si grands que, quoiqu’elle soit toute consolée à la vue de la Mère de Dieu, elle ne saurait se consoler quand elle pense à ces énormes péchés que l’on commet et qui la font frémir chaque fois qu’elle y pense. »  (année 1670) « Un village des environs du Laus, qui avaient reçu de grandes grâces du Ciel, n’en reçoit plus. La Mère de Dieu dit à Benoîte de les avertir que, s’ils souffrent, c’est parce qu’ils supportent deux femmes publiques ; que les plus grands maux des pécheurs, c’est d’abuser des sacrements et de mourir dans l’impénitence finale. » (année 1671)

« Benoîte voit une femme qui a commis des péchés si énormes qu’elle n’en a jamais vu de semblables. Elle lui vit comme des doigts qui lui sortaient du front, ce qui l’étonna beaucoup. » (année 1678) « Quand Benoîte voit des personnes qui ont commis des péchés extraordinaires, elle voit sortir à travers de leur front un rond noir comme du charbon, de l’épaisseur d’un doigt, ce qui l’effraie beaucoup. »  (année 1689) « Le Sieur Peythieu a remarqué que le cœur a manqué à Benoîte plus de cent fois, quand elle sait que Dieu est offensé ; ce qui est son plus grand supplice, surtout quand ce sont des gens d’église ou des personnes consacrées à Dieu. »  (année 1690) Combien viennent encore aujourd’hui, parfois de loin, pour confesser leur péchés !

 

Quatrième semaine de Carême

Vendredi 20 mars

Conspiration contre Jésus et contre Benoîte

 

En ce vendredi, la première lecture tirée du livre de la Sagesse nous montre la conspiration des impies contre le juste : « Soumettons-le à des outrages et à des tourments. » Quant à Jésus dans l’Évangile de Jean : « On cherchait à l’arrêter mais personne ne mis la main sur lui car son heure n’était pas encore venue. »

Il en est de même pour Benoîte. Elle sera persécutée et mise à l’écart par les nouveaux prêtres de tendance janséniste qui s’installent au Laus de 1692 à 1712. Des rumeurs successives s’élèvent contre Benoîte et Aubin surtout à partir de 1696. Les extases de la bergère la feront traiter ouvertement d’épileptique, à tel point que la Vierge l’avertit qu’elle la verrait très rarement pour éviter ces soupçons. Les directeurs du Laus, Ristollant et d’Archias, l’éloigneront autant que possible des pèlerins et la tourneront en ridicule dans leurs conversations, surtout à l’occasion d’une bizarre affaire de médailles qu’elle aurait trouvées dans la montagne. Les entretiens d’Aubin avec les pèlerins irritent les jeunes chapelains, car notre ermite met en valeur avec un zèle débordant mais sans discernement, tout ce qui peut encourager la foi des pénitents.

Aussi obtiendront-ils bientôt que ce gêneur soit éloigné du Laus, interdiction lui étant faite d’y assister à plus d’une messe le dimanche avec ordre de retourner aussitôt dans son ermitage.

On interdit à Benoîte de parler aux gens et on lui enlève le soin de balayer l’église. Benoîte est très affligée de voir des pèlerins communier sans confession sérieuse. Selon Gaillard, des complots se seraient même tramés contre la bergère : on aurait médité de l’enlever la nuit et de faire croire qu’ils seraient partis, avec Aubin, « mener la vie » ! Un prêtre aurait eu l’intention de lui demander une conversation particulière, de la poignarder et de la jeter à la rivière…

 

Quatrième semaine de Carême

Samedi 21 mars

Les éclipses du Laus

 

En ce samedi de la 4e semaine de carême, dans la première lecture, le prophète Jérémie persécuté a la vengeance de Dieu. Et l’évangile de Jean continue à nous parler de la persécution contre Jésus :  « On se divise à son sujet – quelques-uns voulaient l’arrêter. » Ces lectures nous renvoient encore aux conspirations contre Benoîte. Elles sont l’occasion pour nous de mentionner le traité du Chanoine Gaillard sur « les éclipses du Laus ». Ils montrent comment dès le départ les conspirations ont tenté d’éclipser la grâce lumineuse de ce lieu et le rayonnement de Benoîte.

« Les ouvrages de Dieu, écrit-il, sont toujours contrariés… le démon les éclipse tant qu’il peut. Les éclipses du Laus sont de plus longue durée que celle du soleil…. » Une de ces éclipses du Laus dure quatre mois : on défend alors aux prêtres d’adresser la parole à Benoîte. La Bonne Mère dit à Benoîte qu’on a toujours dessein de l’enlever… En effet les prêtres des années 1710, non seulement ne croient pas à la dévotion, mais encore ils ne veulent pas savoir ce qui se passe au Laus ni reconnaître les miracles et les grâces qu’on y reçoit. En 1710, l’Ange dit à Benoîte que les prêtres du Laus dissuadent le monde d’aller au Laus, et défendent à ceux qui y vont de parler à Benoîte. Quelle étrange éclipse pour ce saint lieu !

 

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07 mars 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Troisième semaine de Carême

 

Troisième dimanche de Carême

Dimanche 8 mars

Suite de l’apparition du 29 août 1664 au Vallon des Fours

 

En ce dimanche de Carême nous continuons le récit de la dernière apparition au Vallon des Fours, le 29 août 1664 qui nous renvoie à la fin du récit de la Transfiguration. Voici venu l’instant décisif où ce mystère va peut-être s’éclairer : ce récit limpide en marque bien l’atmosphère religieuse :

« Tandis que je priais Dieu, mais ardemment et de toute l’étendue de mes forces, de me faire connaître sa sainte volonté, récitant l’office de la Sainte Vierge à genoux sur une pierre, distant seulement de cinq à six pas de notre bergère… elle m’avertit avec un ton de joye tout-à-fait extraordinaire, en me disant ces paroles : « Eh ! M. le Juge ! vous… la damoiselle… je la vois… venez vittement ! ». Il ne faut pas dire si je m’y rends à grands pas, où estant je lui dis : « Où est-elle ? Sur quoi ? ». Elle me répondit, regardant dans l’antre avec joye et estonnement tout ensemble : « Quoy ! Monsieur le Juge ! vous ne la voyez pas ? » Et sur ce que je lui dis que je n’étais pas homme de bien pour mériter un tel honneur, elle me dit : « Monsieur ! elle vous tend la main… ». Ce qui m’obligea le chapeau au poing et à genoux de tendre la main dans l’antre pour savoir si quelque chose d’invisible me toucherait. Mais la, vérité, je ne touchai rien. Et dans ce temps la bergère me dit que la demoiselle disparaissait et s’enfoncait dans l’antre ».

Ceci fait, je m’escartai encore un peu de notre bergère pour prier Dieu, et lui dit de demeurer encore là, et de prier aussi Dieu. Comme je continuais l’office de la Sainte Vierge, Dieu m’inspira de dire à Benoîte de demander à la demoiselle, qu’elle voyait, comment elle s’appelait. Elle le fit sur le champ, regardant dans l’antre, et elle me répondit d’abord [aussitôt] qu’Elle s’appelait « Dame Marie… et qu’elle ne la verrait de quelque temps ». Paroles qui me surprirent fort, et me confirmèrent tout à fait dans ma première croyance, savoir que la Sainte Vierge daignait bien paraître à cette pauvre et simple bergère. Et dès lors je conclus de très bonnes expériences de cette apparition et ceux que Dieu voulait favoriser, et celui de quelque grand bonheur. J’exhortai notre bergère de tout mon pouvoir de bien prier Dieu, et de se mettre en état de grâce, puisque la Sainte Vierge la comblait d’une faveur singulière. Comme Elle lui avait dit qu’Elle ne la verrait de quelque temps, notre bergère en estait inconsolable et fort affligée ; elle en pleurait même à chaudes larmes, parce que sa vue lui causait une joie inexprimable, ainsi que j’avais pu lire sur son visage estant au-devant de l’antre. »

La vision disparaît comme à la Transfiguration : « Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : relevez-vous, n’ayez pas peur ! Levant les yeux, ils ne virent plus que Lui, Jésus, seul ».

 

Troisième semaine de Carême

Lundi 9 mars

Nombre et importance des guérisons obtenues

 

En ce lundi de la 3e semaine de carême, la première lecture de la messe nous raconte la guérison de Naaman le Syrien, qui fut guéri de la lèpre en se plongeant sept fois dans le Jourdain, pour obéir à l’ordre d’Élisée. C’est l’occasion pour nous de parler du nombre et de l’importance des guérisons obtenues par l’intercession de Benoîte.

Pour dire le nombre et l’importance des guérisons miraculeuses qui ont eu lieu durant la vie de Benoîte, il suffit de prendre en main la copie de Galvin (1850) qui retranscrit les quatre manuscrits originaux des XVIIe et XVIIIe siècles : ceux du juge Grimaud, de Jean Peythieu, du frère Aubin et de Pierre Gaillard, auteur de « la grande histoire ».

Si nous prenons en main la copie du manuscrit du juge Grimaud datant de 1665, que remarquons-nous ? Sur les dix-sept pages de cette copie, onze pages sont consacrées à la relation des guérisons. Nous avons deux pages d’introduction, une page et demi qui relatent les apparitions du début du mois de mai au 29 août 1664 au Vallon des Fours, l’apparition de Pindreau et celle de la chapelle de Bon Rencontre, ensuite une demi-page qui évoque le mouvement des foules de Pentecôte 1665 à janvier 1667 affluant vers le Laus. C’est tout. Tout le reste est consacré au récit des guérisons.

 

Troisième semaine de Carême

Mardi 10 mars

L’Annonciation

 

« L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph. Et le nom de la jeune fille était Marie. » En ce jour nous allons méditer sur l’Annonciation de l’Ange à Marie nous pouvons faire mémoire d’une annonciation dont bénéficia Benoîte : celle des apparitions de la Vierge. Cette annonciation eut lieu sur la « montagne de Saint Maurice » au-dessus du village de Valserres : le saint lui-même, qui était vénéré en ce lieu, annonce à Benoîte au début du mois de mai 1664, que le lendemain, au lieu appelé « Vallon des Fours », elle verra la Mère de Dieu.

Voici le texte : « Elle vit un vieillard tout blanc habillé de rouge, une bonne mine, une longue barbe, une belle taille… Le vieillard lui apparaît, s’approche d’elle, lui demande ce qu’elle fait :« Je garde mes moutons, prie Dieu, cherche de l’eau à boire. » Elle prend son pain et l’invite à manger ; il répond qu’il n’en a pas besoin. « Il faut bien que vous mangiez », dit-elle. « Non ma fille, je ne vis pas du pain terrestre, je ne mange que du pain céleste… Je suis Maurice… » Et il lui dit qu’elle aille dans le vallon qu’il lui montre, qui est au-dessus de Saint-Étienne, où elle verra la mère de Dieu. » Le lendemain, au Vallon des Fours, Benoîte rencontre pour la première fois la « Belle Dame » qui va lui apparaître en ce lieu durant quatre mois, presque tous les jours, « du matin aux étoiles, jusqu’au soir aux étoiles. »

 

Troisième semaine de Carême

Mercredi 11 mars

Premières guérisons

 

Nous avons évoqué lundi le nombre et l’importance des guérisons qui se sont opérées au Laus au temps de Benoîte. Aujourd’hui nous rapporterons quelques exemples significatifs et la première gerbe de guérisons.

La première guérison du Laus est celle d’un estropié du village de Lazer qui a lieu durant le premier pèlerinage, en avril 1665. Le juge Grimaud nous fournit un abrégé des procès-verbaux de dix-huit guérisons, survenues entre le dimanche 28 juin 1665 et le 8 septembre, et consignés par lui-même du 12 août au 8 septembre. Il les transcrit, nous dit-il, dans le but apologétique de confirmer les fidèles dans leur confiance envers la Vierge du Laus, et aussi de faire réfléchir les calvinistes : « nous pouvons dire qu’un grand nombre sont ébranlés dans leur âme, quelque mine qu’ils fassent ». Cette liste de guérisons, Grimaud la poursuit jusqu’à fin juin 1667 dans le compte rendu qu’il a préparé pour Monseigneur d’Aubusson, l’Archevêque d’Embrun alors à Madrid, et dont le texte se trouve aux archives du Laus.

Les huit premiers cas concernent des familles gapençaises bien connues. Les autres se répartissent dans le Bas-Champsaur, les cantons de Chorges et de Savines. « Le premier est arrivé le 28 juin, en la personne du fils de messire Anthoine de Cazeneuve, chirurgien de Gap, appelé Pierre, âgé d’environ onze ans ; il avait sept ulcères à la jambe gauche, trois à la cuisse et quatre depuis le genou jusqu’en bas ; Cela durait depuis environ quinze mois. Une grande fluxion sous l’œil gauche, lui enlevait de temps en temps la vue. Son père, voyant que tous les remèdes de son art de chirurgien étaient comme inutiles, se résolut avec sa femme à le vouer à Notre Dame du Laus. L’ayant mené avec beaucoup de peine, et ayant fait leur dévotion, au sortir de la chapelle l’enfant dit qu’il était guéri. Il revint en effet dans la ville de Gap tout seul, marchant sans douleur, et en moins de trois jours les ulcères furent tout consolidés sans rien y faire et il fut aussi guéri de la fluxion, au grand étonnement de tous ceux qui l’avaient vu en pitoyable état. Le père et la mère l’ont déclaré et signé le 12 août 1665 ».

Le Carême est un temps de guérison. Voilà pourquoi dans les jours suivants nous continueront ces récits de guérisons obtenues par l’intercession de la mère de Dieu, par la foi des pèlerins et l’intervention de Benoîte.

 

Troisième semaine de Carême

Jeudi 12 mars

D’autres guérisons

 

En ce jeudi 27 mars, Jésus expulse un démon qui rend un homme muet… et il proclame : « Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous ». Le vicaire général Antoine Lambert, après la guérison de Catherine Vial qui avait retrouvé l’usage de ses jambes, s’était écrié à plus de vingt reprises : « le doigt de Dieu est là, le doigt de Dieu est là ! »

À deux reprises, dans les manuscrits du Laus, on voit Benoîte participer à la délivrance de deux personnes possédées en septembre 1710 et en octobre 1716. Il s’agit de Madeleine Petet de Saint Martin de Queyrières (Hautes-Alpes). Nous avons le procès-verbal fait au Laus le 8 septembre 1710 à deux heures de l’après midi, signé par Gaillard qui est prêtre et deux autres personnes. Madeleine était victime d’un maléfice. Le 7 septembre 1710, elle arrive au Laus sur les huit heures du matin. « Elle aboit comme un chien, si fort que les prêtres la firent sortir de l’église parce qu’elle empêchait tous le monde de prier Dieu. Après ma messe, la sœur Benoîte prie les assistants de dire les Litanies de Notre Dame pour elle. Sitôt après, cette bonne femme se trouve délivrée de ce maléfice et elle parle comme auparavant. » On est en droit de penser que cette délivrance subite est due à la qualité de la foi et de la prière de Benoîte qui rejaillit sur l’assistance.

On trouve le même type de délivrance avec Catherine Hermite, la possédée de Seynes les Alpes que Benoîte accueillit et fit entrer dans la basilique. Elle est guérie en mangeant du pain béni à la sacristie et par une confession générale qui la libère complètement. Benoîte la fit diner avec elle et elle repartit calme et paisible. À Seynes les Alpes, les gens étaient dans l’admiration de la retrouver dans cet état. Ils exprimèrent leur confiance et leur vénération envers la Vierge du Laus et sa messagère.

Ce récit est le dernier où Benoîte apparaît en action auprès des pèlerins. C’est elle qui aurait encouragé cette fille à faire une confession générale. Ce trait final manifeste clairement son charisme et de sa mission.

 

Troisième semaine de Carême

Vendredi 13 mars

Les guérisons d’un chartreux et d’un archevêque

 

En ce vendredi de la troisième semaine de carême, nous mentionnons les guérisons étonnantes de Jean Barthélémy, prieur de la Chartreuse de Durbon, et celles de l’archevêque d’Embrun, Monseigneur d’Aubusson de la Feuillade.

« Jean Barthélémy, prieur de la Chartreuse de Durbon, était fort incommodé des jambes depuis longtemps, sans pouvoir s’en soutenir. Un de ses religieux lui dit de se vouer à Notre Dame du Laus, qui faisait tant de miracles. Il répondit qu’il leur était interdit de faire aucun vœu, mais que si néanmoins il plaisait à Dieu que l’intercession de sa Sainte Mère le soulage de son mal, il s’en irait célébrer la Sainte Messe dans son oratoire du Laus, dès qu’il pourrait monter à cheval. La veille de la Saint Martin, il eut la pensée que la Vierge lui disait de se lever, et qu’il était guéri. Il se lève, tout étonné de ne point sentir de mal à ses jambes ; il croit rêver, marche par sa chambre librement et sans bâton, appelle ses religieux, les avertit du miracle arrivé en sa personne, les conjure de rendre grâces à Dieu et à la Sainte Vierge d’un tel bienfait et fait dire l’office De Beata. Puis il fait préparer un cheval pour partir au Laus. Il rencontre en chemin le sieur Bonnet, médecin de Gap, qui venait avec un plein panier de drogues pour le soulager ; il lui dit qu’il avait trouvé un autre médecin que lui ! Le lendemain, deuxième jour de la foire de Saint Martin, il quitte Gap pour le Laus où il vient célébrer la messe, et revient coucher à Gap. Il témoigne de toute sa guérison en place publique, en présence d’un grand nombre de notables et de représentants de la religion calviniste. »

« Monseigneur l’Archevêque d’Embrun, ambassadeur pour le Roy en Espagne, a été guéri instantanément  d’une très grave maladie à laquelle il n’espérait point réchapper. Cela sur l’avis qui lui avait été donné qu’une nouvelle dévotion arrivait dans son diocèse et après s’être voué à la Vierge du Laus : ceci l’obligea de donner ordre de faire dire une neuvaine de messes en action de grâce, de faire présent à ladite chapelle de 300 livres pour la bâtisse en attendant ses plus grandes libéralités ».

 

Troisième semaine de Carême

Samedi 14 mars

La nature de ces guérisons

 

En ce samedi de la troisième semaine de Carême, nous évoquons la nature des guérisons opérées en deux ans du temps de Benoîte. Nous citerons d’abord en synthèse un texte de l’historien Juvénis, contemporain de Benoîte, dans sa chronique historique : « On y faisait des vœux, des processions et des offrandes. Les ulcéreux, les phtisiques, les perclus, les impotents, les autres malades y recevaient la guérison. Les pécheurs invétérés et rebelles y trouvaient par des confessions très douloureuses une salutaire pénitence ».

Le Père de Labriolle note que, de l’automne 1665 à l’hiver 1669, les guérisons des yeux sont les plus fréquentes avec celle des ulcères ; puis ce sont les paralysies des membres, les cas dits désespérés ; ensuite les maladies digestives ou nerveuses et enfin les grosses fièvres et les surdités. Pierre Gaillard note entre 1701 et 1703 : « ceux qui ont mal aux yeux offrent des cœurs d’argent après leur guérison ; ceux qui sont guéris de chancre au nez, au visage, au sein, etc… offrent aussi des présents. »

En 1669 et 1684, des guérisons nombreuses et variées sont signalées chaque année par Gaillard. Également en 1673, 74, 75, 76 ; après avoir énuméré six cas de guérison, il ajoute : « qu’on juge des autres miracles par ce petit nombre cité en si peu de temps, par les autres guérisons dont on n’a pas parlé et qui sont continuelles. » En 1677 et 1678 il cite une nouvelle liste de guérisons ; en 1679 une autre guérison est signalée ; et presque chaque année dans son manuscrit, Gaillard répète comme un refrain : « quel dommage qu’on ait recueilli que quelques miettes. »

Peythieu n’avait-il pas écrit en 1671 : « je m’accuse de négliger à recueillir les guérisons qu’on m’a rapportées, aussi extraordinaires qu’on pourrait imaginer, parce que dans les commencements je n’avais pas assez de piété pour les croire. » Nous relevons vingt-huit guérisons en 1684 et 1685 et seize dans les trois années suivantes. En tout, cinquante et une guérisons durant ces cinq années. Neuf autres cas sont signalés de 1701 à 1703. Le Père de Labriolle relève dans le manuscrit de Gaillard neuf guérisons de 1709 à 1711.

Si nous revenons un peu en arrière pour prendre conscience du nombre de guérisons, nous avons un total de quatre-vingt guérisons signalées du printemps 1665 à la fin de l’année 1669, donc presque une centaine de guérisons en moins de cinq ans. Et Gaillard fait remarquer qu’il y en a eu une infinité d’autres qu’on n’a pas eu le soin d’observer ou d’écrire. On a, en effet, consigné par écrit surtout les guérisons des gens du voisinage, mais il y en a sûrement eu d’autres, de gens plus éloignés qui n’ont pas été rapportées, non seulement de la France mais des pays étrangers.

 

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28 février 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Deuxième semaine de Carême

 

Deuxième Dimanche de Carême

Dimanche 1er mars

La Transfiguration

 

L’Evangile que nous prendrons en ce deuxième dimanche de carême est celui de la Transfiguration : « Jésus prend avec Lui Pierre, Jacques et Jean et il les emmène à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; Son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière ».

Les apparitions de Marie à Benoîte sont un reflet de la Transfiguration du Seigneur. La Vierge glorieuse de l’Assomption apparaît toute lumineuse à Benoîte et transfigure cette dernière. Le prêtre Jean Peythieu après avoir bien observé la voyante nous dit : « Elle la voit toujours de la même façon : de ses habits et de son visage sortent tant de lumière qu’elle n’en n’a pu bien remarquer les traits… Les effets de cette extase sont qu’elle s’oublie de ce qu’elle faisait, du lieu où elle était, de l’heure qu’il est. Mais l’extase dure fort peu quand elle revient, sa face paraît embrasée : elle se met à genoux et invite ceux qui sont autour à remercier Dieu et sa Sainte Mère »…

À Pindreau, après les quatre mois des apparitions au Vallon des Fours, « elle y voit sa souveraine princesse, les délices de son âme, sa toute aimable, sur le haut de ces messieurs, plus éclatante que le soleil », écrit Pierre Gaillard. Il est dit autre part dans les Manuscrits qu’après les apparitions, Benoîte était comme un soleil. Les similitudes avec le texte évangélique de la Transfiguration sont indéniables.

 

Deuxième semaine de Carême

Lundi 2 mars

La première apparition au Vallon des Fours

 

Nous restons cette semaine dans la lumière de la Transfiguration à travers les apparitions de Dame Marie à Benoîte. C’est le récit rajouté par l’ermite Aubin sur un cahier de Peytieu qui nous détaille cet événement. En voici le texte : « Le lendemain [de la montée à Saint-Maurice], Benoîte va dans le vallon où son souhait fut accompli… C’est au pied du bois de Saint Etienne, où il y a du côté gauche en montant un petit antre vis-à-vis, où elle récite son chapelet en gardant ses moutons. Tout à coup elle voit une belle Dame sur la roche, qui tient un petit enfant par la main, d’une beauté singulière. « Belle Dame ! Lui dit-elle, que faites-vous là-haut ? Venez-vous acheter du plâtre ?… (après ?) Voudriez-vous gouster avec moy : j’ai un peu de bon pain, nous le tremperions dans la fontaine ! ». La Dame sourit de sa simplicité, et ne lui dit mot. « Belle Dame ! Vous plairait-il de nous donner cet enfant, qui nous réjouirait tant ». La Dame sourit encore sans répondre ». Peytieu l’explicite ainsi : « Ce bel objet qui la surprit lui fait glisser tant de douceurs et de joye qu’elle n’en pouvait plus perdre l’idée. Il l’embrasa tellement de son amour, que la nuit lui était une année, et, le jour lui était trop court à la vue de cette Dame ».

Soulignons ici les deux expressions : « une belle damoiselle » et « ce bel objet » : nous retrouvons là deux termes dont usera Bernadette à Lourdes pour décrire ce qu’elle contemple. Toutes deux auront aussi la même attirance invincible pour retrouver cette vision. Peytieu note en effet : « Elle n’en revenait avec son troupeau qu’aux étoiles, et elle y retournait le matin — à moins que son maître l’en empeschât — aux étoiles. Cette faveur dura presque quatre mois sans qu’elle sent qui estait cette belle Dame ». Gaillard rajoute une précision importante : « Elle est tellement charmée à cette vue que plusieurs fois au gros de la nuit, elle se lève en dormant, prend son troupeau, s’en va toute en chemise et à nus-pieds, le mène droit au lieu où elle voit la Dame. S’éveillant, se voyant en chemise, toute honteuse, qu’elle est s’en retourne avec son troupeau, le ramène à l’estable, se va coucher jusqu’au point du jour. Puis elle y retourne toujours plus empressée de voir la Dame. Elle n’a point de plus grand plaisir que d’être dans ce vallon, sans se soucier de boire et de manger ». À la Transfiguration, les trois Apôtres, comme Benoîte, ressentent une grande joie et ne veulent plus repartir. « Pierre alors prit la Parole et dit à Jésus : « Seigneur il est heureux que nous soyons ici ! Si Tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie ».

 

Deuxième semaine de Carême

Mardi 3 mars

9 août 1664, dernière apparition au Vallon des Fours

 

Le témoignage du Juge Grimaud : « Sur l’advis qui m’avait été donné de cette procession, d’autant que j’avais donné l’ordre de bien observer toutes choses, je ne manquai point de m’y rendre pour voir s’il y arriverait quelque chose de singulier, qui nous fit cognaistre que Dieu prend plaisir ; que la Sainte Vierge fût honoré en ce lieu… » Voilà un fonctionnaire qui se sent responsable au double titre de représentant de l’ordre public, et de chrétien soucieux des volontés divines.

« Je trouvai la procession au-devant de l’antre, qui chantait les Litanies de la Sainte Vierge, et tout le monde dans de grandes constrictions [perplexités], pour savoir ce que ce pouvait être. Je dis au sieur prieur de se retirer avec tout le monde, et d’agréer que Benoîte demeurât seule avec nous audit lieu. Mais comme plusieurs personnes s’arrestaient ça et là pour voir ce que nous ferions, Benoîte qui était demeurée au-devant de l’antre, à quelques pas de nous, me dit que la Demoiselle lui disait — sans la voir néanmoins — de me dire de faire retirer tout ce monde, ce que je fis. (...) M’estant rapproché de notre bergère, sur le visage de laquelle paraissait une joye et satisfaction incomparables, je lui demandai si elle voyait la Demoiselle, qu’elle était accoutumée de voir. Laquelle me répondit nettement qu’elle ne voyait alors rien, bien qu’elle l’ait vue en arrivant avec la procession. Comme j’avais une passion très grande de découvrir une si importante affaire, je dis à notre bergère de prier Dieu à genoux devant l’antre, tandis que je m’écarterais à quelques pas d’elle pour prier aussi, moy en particulier Dieu et sa sainte Mère de me faire connaître leur volonté. Je luy donnai l’ordre, si elle voyait quelque chose, de m’avertir pour m’y rendre promptement ».

 

Deuxième semaine de Carême

Mercredi 4 mars

Saint Joseph

 

Nous parlerons aujourd’hui de Saint Joseph, « le serviteur fidèle et avisé que le Seigneur a établi sur sa famille », nous dit la prière d’ouverture de la messe. « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » C’est la parole de l’Ange qui est apparu en songe à Joseph, nous dit l’évangile de Matthieu. La proximité de Joseph avec Marie évoque la proximité de Benoîte avec la Mère de Dieu. L’évangile nous apprend qu’ « à partir de ce jour, Joseph la prit chez lui ». C’est ce qu’a fait saint Jean après la mort de Jésus. C’est ce qu’a fait Benoîte qui n’a cessé de vivre en contact avec Marie et dans son rayonnement maternel.

Il était donc normal que saint Joseph apparût à Benoîte. Pierre Gaillard nous dit donc dans sa grande histoire qu’en l’année 1669 : « Saint Joseph est apparu six fois à Benoîte, lui disant de prendre bien patience en gardant son troupeau, de le bien suivre sans se fâcher.» Dans son texte sur les éclipses du Laus, il mentionne une autre apparition de saint Joseph : « Saint Joseph apparaît à Benoîte et lui dit que parce que le père Aubin parle toujours de la dévotion, on veut le mettre en prison »… Il nous dit aussi que c’est le jour de la Saint-Joseph, le 19 mars 1689, que mourut Jean Peythieu.

 

Deuxième semaine de Carême

Jeudi 5 mars

L’apparition de la Vierge à la cathédrale d’Embrun le jour de la Fête Dieu, le 8 juin 1670

 

Voici le texte du prêtre Jean Peythieu : « Presque durant toute la prédication elle s’extasia à la vue d’un si admirable objet ; ceux qui en avaient soin crurent que c’était une pâmoison. La Mère de Dieu lui dit de ne s’estonner, et que les ennemis du Laus seraient confondus ». Gaillard complète ce récit à l’aide des souvenirs de Benoîte : « Elle eut l’honneur de voir la divine Marie, pendant qu’on disait la Grand-Messe, habillée en reine, une couronne sur la teste, toute éclatante de lumière. Quand on commença à jouer de l’orgue, ce qui surprend Benoîte, la Mère de Dieu lui apparaît, et lui dit de n’avoir pas peur, que ce sont de petits instruments pour honorer son très cher Fils, dont c’était la plus grande fête, la marque de son amour infini… et quantité d’autres belles choses dont elle ne se souvient plus, et qu’on n’a pas eu le soin d’escrire, mais que j’ai su depuis que ce lieu lui serait bien contraire à la dévotion du Laus, mais qu’il fallait avoir bon courage, bien prier son très cher Fils, faire toujours de bonnes œuvres, souffrir très patiemment tout ce qu’on ferait contre elle et contre le Laus ; mais tous les ennemis de ce saint lieu seront un jour confondus ».

 

C’est le vendredi après-midi que la bergère reçoit enfin la permission de quitter Embrun. « Benoite, nous dit Pierre Gaillard, prend congé du grand Vicaire, va avec sa mère à Savines à pied sans boire ni manger encore. Très embrasée de l’amour de Dieu après sa vision, elle s’occupe continuellement à la prière dans les chemins et partout ». Elle arrive dans la soirée au Laus, se rend à la chapelle de Bon Rencontre demeurant près d’une heure en extase.

 

Deuxième semaine de Carême

Vendredi 6 mars

La vision du Paradis

 

« Le jour de l’Assomption de Notre-Dame 1698, notre Reine entre à la chambre de Benoîte sur les sept à huit heures du soir ; elle disait ses Litanies et eut une joye extraordinaire de voir sa bonne Mère portée par quatre Anges en forme de petits enfants d’un an, que Benoîte appelle des « angeons ». La divine Marie lui dit : « Ma fille suivez-moi, et vous réjouissez : je vais vous faire voir des choses que vous, n’avez jamais vues ». Aussitôt deux Anges prennent Benoîte de chaque côté, et la portent après la Sainte Vierge. Quand elle fut beaucoup élevée en l’air, elle entendit quantité d’Anges, qui chantaient les Mystères de la Passion de Jésus, disant : « Jésus méprisé ! Jésus passé par le larron ! Jésus crucifié ! », et ainsi du reste, ne se souvenant pas de tout ce qu’ils disaient. Les odeurs suaves et embaumantes de la Sainte Vierge et des Anges l’enveloppaient.

Pour montrer sa grande simplicité : montant toujours, elle pensait : « Où vas-tu ? Où est-tu ? Tu es si grosse et pesante ! Si ces deux petits angeons n’avaient pas la force de te porter… en quel précipice tomberais-tu ? ». La Sainte Vierge la rassura : « Ma fille, vous ne tomberez pas ! ». Par le grand éclat de la divine Marie, elle voyait plus clair qu’en plein midi. Quand la Sainte Vierge fut aux portes du Paradis, un homme habillé de rouge lui ouvre la porte, et la salue avec un profond respect. Étant entrée dans le Ciel ses deux Anges la quittent, et ceux de Benoîte aussi : elle suit à pied sa bonne Mère sans savoir où elle était, où elle allait, ce qu’elle faisait, éblouie de tant d’éclat, de splendeur et de gloire, qu’elle voyait de part et d’autre, de quelque côté qu’elle se tourne.

Quand elle fut un peu avancée dans le Paradis, elle vit les Bienheureux plus resplendissants que le soleil, chacun dans son siège, d’une beauté et d’un esclat qu’elle n’a sû exprimer, tous découverts, d’une chevelure blonde, tous jeunes, lui semblait-il, et tous d’un même âge, qui tantôt s’asseyaient, tantôt se tenaient debout. Ils chantaient des cantiques à la louange de Dieu et souriaient tous en la vouant passer. »

Nous sommes toujours dans la lumière de la Transfiguration : « Son visage devint brillant comme le soleil et son vêtement blanc comme la lumière ».

 

Deuxième semaine de Carême

Samedi 7 mars

Suite de la vision du Paradis

 

Nous avons vu hier Benoîte transportée au Paradis par la Sainte Vierge et les Anges, éblouies de tant d’éclat, de splendeur et de gloire, elle voit les bienheureux plus resplendissants que le soleil. « Elle vit Messieurs Peytieu, M. Hermitte, sa mère qui la saluent souriants vers elle ; elle vit beaucoup de personnes connues : parents, amis et autres. Comme elle voulait s’approcher de ces deux Messieurs, la Vierge lui dit : « Suivez-moi, ma fille ! ». La suivant elle vit de grandes tribunes toutes parsemées de pierreries, dont l’éclat l’éblouissait : elles étaient élevées les unes sur les autres, de degré en degré. […] La Sainte Vierge lui dit. « Ma fille, le plus haut degré de ces trois, ce sont les Martyrs habillés de rouge ; après les Vierges non martyrs en blanc ; au plus haut degré les « chancelantes » [autres élus lumineux] habillées de diverses couleurs. Les Bienheureux qu’elle voit aussi loin que sa vue peut s’étendre chantaient les louanges de Dieu, les mains jointes. Benoîte ne les connaissant pas disait en son cœur : « Que feras-tu ici, estant si éloignée de ceux de ta connaissance ! Au moins si tu étais proche de tes deux confesseurs et des autres que tu connais, tu serais plus contente. […] Je ne les saurais trouver à présent ! ». La Mère de Dieu pour la rassurer lui dit de n’appréhender rien, qu’Elle la retournerait où Elle l’avait prise.

Étant beaucoup avancée dans le Paradis, elle vit un Trosne rond tout parsemé de pierreries, élevé pardessus tous les autres, d’un brillant et d’une splendeur inestimables, dont l’éclat lui ôtait la vue. À l’entour du trône une infinité d’Anges tout rayonnants de gloire. La Sainte Vierge passant devant Celui qui était au Trône lui fit une profonde révérence et l’adora, sans que Benoîte scut qui c’était. Quand la Mère de Dieu passait, tous les bienheureux se levaient de leur siège et la saluaient.

Au milieu du Paradis elle vit un grand arbre, fort épais et étendu : les feuilles et les branches étaient d’or, lui semblait-il, et quantité de belles pommes. Elle avait grande envie d’en prendre une, mais par respect elle ne l’osa faire. Elle dit à la Mère de Dieu : « Voilà un bel arbre ! ». « C’est l’Arbre de Vie », lui répondit la bonne Mère. N’ayant vu que quelques prêtres dans le Paradis, parmi cette foule innombrable, elle dit : « Je n’y vois guère de prêtres ! ». La Bonne Mère lui dit qu’elle ne les lui a pas voulu monstrer, parce qu’elle en aurait trop de déplaisir ».

Elle poursuivit cette visite toute le nuit et se retrouva au point du jour au pied de la descente du Laus. Il y a de quoi nous surprendre.

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24 février 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Cinquième semaine de Carême

 

Cinquième dimanche de Carême

Dimanche 22 mars

La résurrection de Lazare et les guérisons pendant l’éclipse du Laus

 

En ce cinquième dimanche de carême, l’Évangile nous raconte la résurrection de Lazare. Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois tu verras la gloire de Dieu ». À Notre-Dame du Laus, « il ne faut qu’avoir la foi » nous dit le chanoine Pierre Gaillard en présentant un tableau évocateur des infirmités qui continuent à être guéries même pendant la période d’hostilité, dans les années 1700.

Neuf cas sont signalés de 1701 à 1703, dont deux par l’onction d’huile de la lampe pour l’année 1703. Aucun fait précis, mais un long tableau des infirmités qui sont guéries au Laus : « ceux qui ont mal aux yeux offrent des cœurs d’argent après leur guérison ; ceux qui sont guéris de chancre au nez, au sein, au visage, offrent aussi des présents. De même beaucoup sont guéris des jambes ou d’autres infirmités corporelles, mais la plupart ne sont pas notées, les prêtres étant trop occupés les jours de fêtes pour le faire. Ils le disent en se confessant, on les prie d’attendre pour qu’on les écrive après leur confession. Mais, pour différentes raisons, ils s’en vont et ne reviennent pas. Et puis il y en a d’autres qui n’osent pas parler de leurs infirmités, surtout quand ce sont des maux héréditaires, comme les écrouelles et qui s’en vont sans dire mots, ou par sauvagerie, ou parce qu’ils n’osent pas. Combien de sourds, de muets, guérissent !

En un mot, on y guérit de toute sorte de maux, et des plus incurables, inconnus des médecins : ainsi, une fille qui avait les yeux fondus à la tête, incapable de voir normalement, être guérie à la fin de sa neuvaine et avoir les yeux aussi beaux qu’auparavant. Combien de maux de tête, de maux internes, où l’on ne connaît rien et qui guérissent au Laus ! Combien qui sont guéris de toutes sortent d’indispositions en prenant de l’huile de la lampe de la chapelle. Chacun en porte à son pays et en donne aux voisins qui guérissent sans qu’on en sache rien au Laus ! Il ne faut qu’avoir la foi et se mettre en état de grâce pour guérir. Mais tous ne rapportent pas les effets miraculeux de leur guérison. »

 

Cinquième semaine de Carême

Lundi 23 mars

La femme adultère et la conversion de Madame Rolland

 

L’Évangile nous présente l’épisode de la femme adultère : « Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils veulent la lapider, Jésus leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché qu’il soit le premier à lui jeter la pierre » ; ils s’en allèrent l’un après l’autre en commençant par les plus âgés. Jésus reste seul avec la femme en face de lui. Il se redresse et lui demande : « Femme, où sont-ils donc ? Alors personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit « Personne, Seigneur ». Et Jésus lui dit : « Moi non plus je ne te condamne pas, va , et désormais ne pèche plus. » »

Madame Rolland chez qui Benoîte travaillait pour garder son troupeau, était une femme de mauvaise vie. Elle va se trouver en contact avec la Belle Dame au Vallon des Fours. Voici le récit du chanoine Pierre Gaillard : « Sa maîtresse ne vivant pas comme elle le souhaitait, Benoîte prie la Dame de se faire voir à elle et de changer son cœur. Sa maîtresse était surprise de tout ce que cette fille faisait, et de sa vertu et de ses visions, de tout ce qu’on disait d’elle : elle n’y croyait pas.

Elle se rend un matin à l’insu de Benoîte, près du lieu de l’apparition, au Vallon des Fours. Sitôt que Benoîte arrive, elle voit la Dame qui lui dit : « Votre maîtresse est cachée sous la roche. »  « Elle n’y est pas Madame, je l’ai laissée dans le lit. Belle Dame, qui le sait mieux de nous ? » « Elle y est, répond la Vierge,vous la trouverez sous la roche ; avertissez-la de ne pas jurer sur le nom de Jésus, que si elle continue il n’y a pas de paradis pour elle, que sa conscience est en très mauvais état, qu’elle fasse pénitence… »

Cette femme l’entendit, fut touchée d’une douleur très sensible, et d’un repentir extrême d’avoir offensé Dieu : elle pleure, soupire, gémit. Benoîte s’approche en entendant les pleurer et lui dit : « Vous m’avez fait dire un mensonge à la dame. Je vous croyais au lit ». « J’ai entendu tout ce que la Dame vous a dit, je me corrigerai ». Ce changement si prompt donna beaucoup de consolation à cette bonne fille, et encore davantage par la suite quand elle vit sa maîtresse ne jurant plus, jeûnant et donnant aux pauvres autant que ses facultés le permettaient. Elle vécut le reste de ses jours fort chrétiennement, fréquentant les sacrements. »

 

Cinquième semaine de Carême

Mardi 24 mars

Le serpent de bronze et la chapelle du Précieux Sang

 

Nous méditerons aujourd'hui sur le livre des Nombres, qui nous présente le serpent de bronze. « Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie. » Dans l’Évangile, Jésus déclare : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous comprendrez que moi, Je SUIS ».

Benoîte, à cinq reprises, a vu le Christ crucifié sur la Croix d’Avançon, que nous pouvons continuer à regarder et à contempler dans la chapelle du Précieux Sang. Cette chapelle unique, qui a été inaugurée le 16 octobre 1862, restaurée et bénie récemment par Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri, est un véritable reliquaire : la croix est suspendue au dessus de l’autel où la messe est célébrée durant l’été tous les vendredis. Là de nombreux pèlerins reçoivent des grâces extraordinaires qui proviennent de l’expérience spirituelle que Benoîte a vécue en ce lieu. Elle venait y prier pieds nus des heures entières, été comme hiver, les mercredis, vendredis et samedis, jours où elle jeûnait. Tournons-nous aussi vers la Croix Glorieuse d’où jaillissent l’eau et le sang de Jésus par lesquels nous avons été régénérés.

 

Cinquième semaine de Carême

Mercredi 25 mars

La vérité vous rendra libre

 

Jésus déclare dans l’Évangile : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre. »

Un homme, Monsieur Blanchard, était prisonnier d’une grave obsession. Il retrouve la liberté grâce à Benoîte qui lui révèle la vérité sur son mal. Monsieur Peythieu revient six fois sur le cas de cet avocat, dont la maladie avait étonné toute la Provence : cet homme, très estimé dans la région, était soudain devenu gravement malade de scrupule. Cela après une confession générale suivie d’une communion où il avait cru entendre une voix citant un texte vengeur des psaumes contre les pécheurs qui ne se convertissent pas. Cette parole l’obsédait et il était tombé dans une neurasthénie fort agitée. Les siens devaient parfois le lier avec des cordes pour qu’il ne coure pas à travers toute la ville.

Son confesseur, un Récollet, nommé François Piémond le décide à se rendre au Laus en septembre 1684, lui conseillant de ne pas parler de confession. Il vient au Laus. Benoîte le rencontre et l’aide à découvrir le mal qui est au fond de son âme : il était effrayé par de mauvaises communions faites autrefois et était resté jaloux de sa femme. Il se confesse, se réconcilie avec son épouse. Il est complètement guéri faisant l’admiration de la ville par sa piété retrouvée et sa générosité envers les malades et les affligés. Il revient en mai 1685 pour rendre grâce. Cette guérison est vraiment révélatrice du charisme d’accompagnement psycho-spirituel de Benoîte.

 

Cinquième semaine de Carême

Jeudi 26 mars

Il ne verra jamais la mort

 

En effet, dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous dit : « Amen, amen je vous le dis : si quelqu’un est fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. »

Benoîte éduquée par Marie a été fidèle jusqu’au bout à la Parole de Dieu. C’est pourquoi au-delà de sa mort, elle est toujours présente à Notre-Dame du Laus. Elle continue mystérieusement à accueillir les pèlerins, à les réconforter, à les aider à voir clair dans leur conscience, à les préparer à la confession, à prier pendant qu’ils se confessent, à les aider à bien participer à l’Eucharistie et à la Communion avec les meilleures dispositions.

« Après la mort de la bergère, écrit Aubin dans sa copie authentique, on aurait pu croire que les gens qui avaient pour elle une vénération particulière cesseraient de venir au Laus et que ce saint lieu serait bien moins fréquenté. Mais Dieu qui s’était servi de cette humble fille pour établir cette dévotion en l’honneur de sa Sainte Mère. Il lui avait fait assurer par l’Ange que ce pèlerinage serait plus florissant après sa mort que de son vivant et avait suscité de saints prêtres pour continuer et perfectionner  cette bonne œuvre. » Ainsi on y voit encore venir les mêmes processions et la même affluence du peuple. La Très Sainte Vierge y accorde la même protection. On y reçoit toujours de nouvelles grâces, soit des guérisons, soit des conversions éclatantes.

 

Cinquième semaine de Carême

Vendredi 27 mars

« Toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs »

 

Le Prophète Jérémie nous dit que Dieu scrute l’homme juste, et voit les reins et les cœurs. C’est une occasion pour nous de parler du charisme de Benoîte qui touche les cœurs et a le don de lire dans les consciences. Pierre Gaillard écrit : « Combien de personnes ont dit que le Laus est le refuge des pécheurs. En ce lieu, Dieu leur inspire de faire de bonnes confessions, lève la honte de ceux qui n’osent pas les dire, assistés de l’avis de Benoîte qui leur découvre tout leur intérieur. 

« Quand je vois quelqu’un, déclare Benoîte à Gaillard, je connais d’emblée tout ce qu’il est et ce qu’il a sur la conscience. C’est comme dans une glace : on voit ce qui est au dedans, tout à la fois. C’est ce qui me permet de donner les avis nécessaires au salut de ceux que je juge capable d’en profiter. » Monseigneur Hervé, évêque de Gap, rencontre Benoîte qui prie Dieu dans l’église : « Elle lui parle plus de deux heures et lui décrit tout ce qu’il vit dans son intérieur, ce qu’il avait fait, ce qu’il allait faire, ce qui plairait ou non à Dieu. » Ainsi, tous sans distinction, bénéficient, et encore aujourd’hui, du don que Dieu a accordé à Benoîte comme au Curé d’Ars pour entrer dans la grâce de Miséricorde et de conversion du sanctuaire de Notre-Dame du Laus.

 

Cinquième semaine de Carême

Samedi 28 avril

« Je vais les rassembler de partout et je les purifierai »

 

Le prophète Ezékiel annonce que Dieu va rassembler son peuple et le purifier. C’est bien ce que la Vierge a voulu en fondant avec Benoîte le sanctuaire de Notre-Dame du Laus : rassembler beaucoup d’hommes et de femmes pour qu’ils se purifient par le sacrement de la réconciliation.

Le juge François Grimaud dans la « Relation Véritable » qu’il adresse à l’Archevêque d’Embrun, Monseigneur d’Aubusson de la Feuillade, écrit : « Les miracles que Dieu a opérés en ce lieu par l’intercession de Benoîte se déroulent dans l’affluence innombrable du peuple qui y est venu de toutes parts... par un miracle particulier, cette nouvelle a été répandue dans toute la province du Dauphiné et autres lieux du Royaume, et jusque dans les capitales de l’Espagne et du Piémont mais avec tant de succès et de fruits, que depuis les fêtes de la Pentecôte 1665 jusqu’en janvier 1667, on peut assurer avec vérité qu’il y est venu plus de 130.000 personnes. » Ainsi se réalisent dès les premiers temps, l’annonce prophétique de la Mère de Dieu : « Beaucoup de pécheurs et de pécheresses viendront ici pour se convertir. »

 

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21 février 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Premier dimanche de Carême

22 février

La Tentation de Jésus

 

En ce cinquième jour de Carême, qui est le Premier Dimanche de Carême, l’Église nous propose la tentation de Jésus au désert. « Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l’esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours, Il eut faim… Ensuite le diable l’emmène à la ville sainte et le place au sommet du temple. Enfin, il l’emmène encore sur une très haute montagne. »

Nous sommes amenés à relire et à méditer le texte intégral de cet Evangile de Saint Matthieu qui est proclamé à la messe de ce jour. L’évangile de Luc ajoute : « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de la tentation, le diable s’éloigne de lui pour revenir au temps favorable ». Benoîte a été tentée par le diable de beaucoup de manières. Elle s’est sentie de nombreuses fois transportée physiquement dans les montagnes. Est-ce de véritables transports corporels ? Est-ce uniquement des transports imaginaires sous formes de cauchemars ? Nous ne saurons jamais. Mais ce que nous savons c’est que Benoîte a été malmenée par l’esprit du mal. La servante de Dieu vit un terrible combat spirituel. Le but qui transparaît à travers ces événements est toujours le même : désespérer Benoîte, l’écarter du Laus et de sa mission. Nous aussi nous sommes tentés chacun à notre manière.

Saint Ignace de Loyola écrit dans ses Exercices Spirituels que l’ennemi de la nature humaine se conduit comme un chef de guerre. Il attaque par le point le plus faible. Saint Augustin à son tour écrit : « Dans le Christ, c’est toi qui es tenté par le diable… Si c’est en Lui que nous sommes tentés, c’est en Lui que nous dominerons le diable. Reconnais que c’est toi qui es tenté en Lui et alors reconnais que c’est toi qui es vainqueur en Lui ».

 

Première semaine de Carême

Lundi 23 février

Conversion

 

« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » C’est la parole que le prêtre a prononcé en nous imposant les Cendres. À travers le prêtre, c’est le Christ lui-même qui s’adresse à nous. Oui, le carême est vraiment le temps de la conversion ; et comme nous l’avons déjà rappelé dès le premier jour : le Laus est un lieu de conversion, la grâce du Laus que nous pensons recevoir à distance est une grâce de conversion. Pourquoi ce mouvement de conversion que l’on constate au Laus depuis les origines jusqu’à nos jours ?

Le manuscrit de Gaillard nous donne la réponse : « Combien qui ont oui une infinité de sermons de prédicateurs fort pathétiques et persuasifs, qui ne les ont point touchés ! Ils le font de quelques paroles que leur dit un confesseur en ce saint lieu, se convertissant entièrement, quittant leurs mauvaises habitudes ; ils vivent à la suite en chrétiens réguliers, bien mieux qu’auparavant comme nous l’avons su ensuite de plusieurs. D’où vient ce prompt changement qui se fait en un instant ? D’une grâce victorieuse et efficace qu’ils reçoivent en se saint lieu, et qui triomphe de leur volonté sans les contraindre. Les attraits de cette grâce sont si puissants qu’elle porte la douceur dans le cœur, les sanglots et les soupirs sur les lèvres, les larmes aux yeux ; ils sont pris d’une si vive douleur d’avoir offensé Dieu qu’ils ont de la peine à l’énoncer. Joie et tristesse qui produisent un même effet : la conversion. »

 

Première semaine de Carême

Mardi 24 février

Exemples de conversion

 

Voici maintenant quelques exemples de conversion qui sont relatés dans les Manuscrits du Laus et qui sont susceptibles de nous stimuler aujourd’hui pour nous aider à une nouvelle conversion. Voici le texte de Gaillard : « Deux de ces religieux allaient à Guillestre chercher du bois pour bastir. Ils entrent à l’église (du Laus) au moment où Benoîte venait de voir la Vierge. Quand elle fût revenue de son extase, ces Pères lui demandent si elle pouvait leur donner quelque avis pour leur dessein. — « J’ai ordre de vous dire, de la part de notre bonne Mère, que la mésintelligence qui règne parmi vous, a fait que la dévotion de Notre Dame des Anges s’est relâchée de beaucoup ; mais si vous vous entendez mieux, que vous travaillez avec grand zèle pour le salut du prochain, la dévotion se rétablira dans votre église », puis elle les assura du succès de leur recherche du bois de construction. Ils la remercient, et profitent de ses avis, car « elle a su depuis que la dévotion s’est beaucoup augmentée dans cette église ».

Un capitaine dont la compagnie séjournait en 1677 auprès de Gap, et qui désirait « se divertir de façon coupable », apprend l’existence d’un lieu souvent visité, qui se nomme le Laus. Il s’y rend tout excité, mais à peine arrivé il entre dans l’église, et est soudain bouleversé par ses mauvaises intentions. Lui qui ne s’était pas confessé depuis quarante ans, il demande à Peytieu ce service, et repart après des aveux « pleins d’extrême repentir ». Son valet dira ensuite à ce confesseur que « cet homme violent qui aurait tiré un coup de pistolet pour la moindre chose » est soudain changé en agneau, et passe son quartier d’hiver en bon chrétien. Il mourut peu après. Peut-être était-il de la compagnie de dragons « du Sieur Chevalier Bayard », qui séjourna à Gap en février 1677, et dont l’avocat Grimaud alla se plaindre à Grenoble, à cause de la mauvaise tenue des officiers.

 

Première semaine de Carême

Mercredi 25 février

Exemples de conversion (suite)

 

Nous continuons à énumérer d’autres exemples de conversion relatés par les Manuscrits du Laus. Deux autres cas sont moins édifiants : un jeune marchand de Grasse arrive de Gap par la montagne en mai 1678 avec un père et sa fille. Ce père indigne a choisi le Laus pour donner sa fille à ce marchand, mais Benoîte veille, leur découvre leur mauvais dessein et leur fait une « terrible réprimande ». Le jeune homme vivement touché par ces paroles, écarte l’occasion, et passe une nuit de combat à se demander s’il va s’en confesser. Au matin à l’Angélus il s’y décide et clame ensuite sa joie devant les pèlerins : « J’étais venu pour faire le mal, et j’ai trouvé ici mon salut ! »

Benoîte n’hésite pas devant les plus grands sacrifices matériels pour sauver les âmes. Ainsi pour cette adolescente que son père pensait à prostituer dans son extrême pauvreté, et qui passe au Laus. La Voyante lui révèle son intention, lui en montre la gravité et lui dit : « Tenez ! voilà quatre éminés de bled que j’ai pour passer mon hiver. Prenez-les ! Dieu m’en donnera d’ailleurs s’il lui plaît ». Confus, le bonhomme ne peut en croire ses oreilles ». « Oui ! Oui ! répond Benoîte, c’est du meilleur de mon cœur ! Mais à condition que vous fassiez pénitence de votre intention déshonorante « . « Ah ! Ma sœur ! je souffrirai plutôt la mort, et que nous mourrions tous de faim plutôt que d’y penser… » Et il repart avec sa fille toute émue, emmenant la charge de blé qui s’élevait à 110 kilos environ : cadeau royal de notre héroïque bergère !

 

Première semaine de Carême

Jeudi 26 février

Conversion du Régiment de Touraine

 

Le séjour de ce régiment à Gap mérite une mention spéciale. Il s’agit de dix compagnies d’infanterie du régiment de Touraine, qui arrivent les 11 et 13 septembre 1684, pour ne repartir que les 25 et 26 février suivant. Le nouvel évêque de Gap s’entend avec le colonel pour organiser à Gap une mission et une retraite pour l’ensemble de la troupe. À la suite de la retraite, tout le régiment est envoyé en pèlerinage à Notre Dame du Laus. Nous sommes en novembre 1684.

Voici ce que nous écrit Jean Peythieu sur les effets de ce pèlerinage : M. Peytieu y fait allusion au début du Journalier, de 1685 : « Nous avons passé l’hyver à recueillir les fruits d’une Mission que Mgr d’Hervé a fait donner dans sa ville de Gap, et d’une retraite qu’il fit faire aux soldats du Régiment de Turaine (sic), qu’il envoya en procession à Notre Dame du Laus. Il faut advouer que je ne vis rien de plus édifiant ». Il décrit alors l’arrivée de la troupe, qui eut lieu probablement le 8 décembre. (...) Nous leur fusmes à la rencontre avec une autre procession de 600 personnes, venues en dévotion. Ces pauvres soldats furent si touchés de ce saint lieu qu’ils firent résolution d’y venir les uns après les autres, faire leurs confessions générales : ce qu’ils ont exécuté. Ils y venaient de 6 à 6, de 7 à 7, et ils ont si bien profité des grâces à Notre Dame du Laus, qu’ils ont quitté jurements et blasphèmes, et autres vices d’habitude, jusques à se rendre la plupart hommes d’oraison. Beaucoup d’entre eux, à la veille de leur départ, sont venus même la nuit remercier la très digne Mère de Dieu des faveurs spirituelles qu’Elle leur avait obtenues. Ç’a été notre grande préoccupation pendant 3 mois. (...) C’étaient des hommes bien faits, et qui ne craignaient pas le mauvais temps. Ils nous ont écrit d’Agen, pour qu’on fit faire quelques prières particulières, et pour continuer les avertissements qu’on leur avait donnés dans ce saint lieu ».

Peytieu précise aussi qu’une délégation de dix soldats avait remercié les Pères du Laus de leur bon accueil. Dans un autre passage, il écrit : « En l’an 1684, 2 soldats venant de Pignerol abordèrent Benoîte, en lui demandant de leur découvrir leur cœur. Elle leur répondit : « Vous êtes deux grands pécheurs, et vous êtes obstinés ; mais vous qui avez perdu la vue d’un œil, si vous vous convertissez, vous guérirez. Il se confessa et fut guéri ».

 

Première semaine de Carême

Vendredi 27 février

Un premier miracle qui en annonce une infinité d’autres

 

« Dieu qui veut se manifester en ce saint lieu, fait un miracle en présence de tous ceux de la procession de Lazer ». Pierre Gaillard, lorsqu’il relate ce premier miracle entre 1707 et 1712 alors qu’il a plus de 87 ans, sait que ce premier miracle est le premier parmi une infinité d’autres qu’il est en train de relater dans son manuscrit. Une infinité d’autres qui couvre la période de 1665 jusqu’à la fin de 1711 où Gaillard achève d’écrire. C’est le premier miracle qui a lieu en avril 1665 au cours du premier pèlerinage de la paroisse de Lazer. C’est un estropié qui lâche ses béquilles retrouvant l’usage normal de ses jambes en s’écriant : « Miracle ! Miracle ». Depuis près de quarante-sept ans Gaillard constate les événements et les merveilles du Laus et leur signification profonde qu’il exprime dès ce premier miracle : « C’est Dieu qui se veut manifester en ce saint lieu. Pour le démontrer il opère des miracles ».

Dès le départ, si Dieu opère ce miracle c’est pour se manifester en ce saint lieu et c’est pour la même raison qu’il va en opérer une infinité d’autres. Grimaud termine son manuscrit par ces quelques lignes : « Il y a une infinité d’autres personnes qui ont reçues des grâces très singulières, et desquelles on n’a pu encore avoir connaissance, et surtout grande quantité de boiteux et estropiés qui ont laissé leur potence sans y avoir bien voulu dire par humilité ou autrement, qu’on tâchera de savoir pour les ajouter à la présente relation ». (CA G. 489 [535]).

Jean Peytieu, dans son rapport à l’archevêque d’Embrun, Charles Brulard de Genlis, insiste sur l’importance des miracles et des guérisons pour attester l’authenticité des apparitions. Mais c’est surtout dans son journalier des merveilles de Notre Dame du Laus, commencé le 12 août 1684, qu’on signale pour ainsi dire au jour le jour, le nombre des miracles. Il relate un miracle le 4, le 5, le 10 septembre, le 17 septembre deux autres miracles ; un miracle le 27, un autre le 29, un autre encore le 30 septembre. Le 2 octobre beaucoup de personnes viennent rendre grâce. En octobre 1684, Peytieu note une plus grande quantité de miracles qui ne sont pas seulement des guérisons mais d’autres types de miracles dont nous parlerons ultérieurement.

 

Première semaine de Carême

Samedi 28 février

La Charité

 

La prière d’ouverture de la messe de ce onzième jour de carême nous fait demander à Dieu une vie remplie de charité. « Dieu éternel, Notre Père, daigne tourner vers Toi notre cœur, afin que nous soyons tout entier à ton service, dans la recherche de l’unique nécessaire et une vie remplie de charité ». L’évangile lui aussi est un appel à la charité : « Vous avez appris qu’il est dit : tu aimeras ton prochain comme toi-même et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient, afin d’être les fils de votre père qui est aux cieux… »

Nous avons déjà mentionné la Charité de Benoîte à l’égard des enfants de sa patronne madame Astier. Elle leur donne toute sa nourriture pendant la semaine où elle travaille chez elle. Nous avons vu son attitude à l’égard du père qui venait livrer sa fille à la prostitution ; elle lui donne tout le blé qu’elle avait pour passer l’hiver. Le prêtre Jean Peythieu dans son rapport à l’archevêque Monseigneur Brulard de Genlis écrit : « Il faut que je dise que Benoîte a beaucoup de charité, comme on le connaît par sa dévotion, et par la distribution qu’elle fait des aumônes qu’elle reçoit et de ce qui serait nécessaire pour sa subsistance ; elle a une adresse merveilleuse pour le cacher aux yeux des hommes ». Le Père Jean Baptiste Royère écrivant à Francis Malleval, aveugle et savant, mystique et grande figure de Marseille, parle de la « charité sans bornes de Benoîte, donnant tout ce qu’elle avait pour soulager les pauvres, ne se plaignant point de leur importunité, soufflant leur grossièreté sans jamais leur témoigner la moindre peine ; se faisant toute à tous… » Nous aurons l’occasion de parler encore ultérieurement de la Charité héroïque de Benoîte.

 

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17 février 2015

Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Mercredi des Cendres

18 février 2015

Réconciliation

 

« Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Ce texte est tiré de la deuxième lecture de ce mercredi des Cendres, qui est le premier jour du Carême. Nous vous proposons cette année, à l’occasion de l’année jubilaire des 350 années des apparitions de Notre Dame du Laus, de vivre ce Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel et dans la grâce du Laus, comment ne pas remarquer que cet appel de Saint Paul coïncide avec l’appel de la Vierge Marie à Benoîte ?

« J’ai destiné ce lieu pour la conversion des pêcheurs… Beaucoup viendront ici se convertir. » Se convertir, n’est-ce pas se réconcilier avec Dieu ? C’est la raison des apparitions de la Mère de Dieu à Benoîte. Tous les jours de ce Carême, nous essaierons d’éclairer les textes de l'Ecriture à la lumière de la grâce du Laus et de l’expérience de Benoîte. Tout au long de sa vie, Benoîte a travaillé au service de la conversion et de la réconciliation sous la conduite de Marie. Dès ce premier jour, mettons-nous avec Benoîte sous la conduite de Marie et laissons-nous toucher par cet appel à la réconciliation.

 

Jeudi après les Cendres

19 février

Aumône

 

Dans l’Evangile du Mercredi des Cendres que nous reprenons en ce deuxième jour de carême, Jésus nous dit : « Quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues pour se faire valoir devant les hommes. Vraiment je le déclare, ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fais ta main droite, afin que ton aumône reste invisible. Ton Père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

Quand Benoîte travaillait chez la veuve Astier, qui avait six enfants en bas âge, elle partageait tous les jours sa nourriture aux enfants de sa patronne à l’insu de leur mère, disant que c’était assez qu’elle mange la semaine suivante chez son autre maître… Ce qu’elle fait auprès des enfants de sa maîtresse, elle l’a pratiqué aussi en d’autres temps avec ses compagnes, leurs portant le pain qu’elle portait en gardant ses moutons ». Le prêtre Jean Theyssier, son confesseur écrit : « Il faut que je dise que Benoîte a beaucoup de charité, comme on le connaît… par la distribution qu’elle fait des aumônes qu’elle reçoit et qui serait nécessaires pour sa subsistance : elle a une adresse merveilleuse pour les cacher aux yeux des hommes ». Que Benoîte nous aide à vivre, à notre manière, comme elle, le partage discret pendant ce carême.

 

Vendredi après les Cendres

20 février

Prière

 

En ce troisième jour de Carême, dans le même évangile du Mercredi des Cendres, à la suite de l’aumône, Jésus nous invite à vérifier notre manière de prier. « Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour se montrer aux hommes. Vraiment je le déclare, ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi quand tu pries, retire toi dans ta chambre, ferme la porte et prie ton père qui est là, invisible ; ton père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

« Dans le commencement de la dévotion, écrit le chanoine Pierre Gaillard dans son manuscrit, Benoîte passait souvent toute la nuit en prière dans la petite chapelle… Elle se cachait, parfois, dans un champ de blé pour prier. » Durant l’hiver 1664-1665, après la première apparition à la chapelle de Bon Rencontre, elle montait chaque jour à la chapelle du Laus, y restant deux à trois heures, toute seule avec la Vierge. Elle prie parfois des nuits entières en simple chemise sur le sol de sa chambre. Durant trente ans, elle va prier pendant la nuit à la chapelle de la Croix d’Avançon, nu-pieds, même en hiver, y restant de trois à quatre heures, trois fois par semaine. Qu’elle nous aide à mieux vivre la prière pendant ce temps de carême.

 

Samedi après les Cendres

21 février

Le jeûne

 

En ce Samedi après les Cendres, quatrième jour de ce temps de Carême, nous continuons à méditer sur le même Evangile du Mercredi des Cendres. C’est une invitation à nous interroger sur notre manière de jeûner. « Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle ; ils se composent une mine défaite pour bien faire connaître aux hommes qu’ils jeûnent ; Vraiment, je vous le déclare : ils ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume toi la tête et lave toi le visage : ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton père qui est là, invisible ; ton Père voit ce qui est invisible, il te le revaudra ».

Benoîte fait parfois des jeûnes de six à huit jours pour ramener des pécheurs à la pénitence. Son repas solitaire est souvent un peu de pain dans sa soupe, quelques noix et un peu de fruit. Ses directeurs lui ordonnent en 1710 de prendre un peu de vin à cause de la faiblesse de son estomac. Elle jeûne surtout les mercredis, vendredis et samedis. Aux jeûnes d’obligation elle prend pain et eau, parfois un peu de soupe, mais parfois elle ne se contente que de l’eau, parce qu’elle a donné son pain à des pauvres. Les jours d’affluence, elle reste de l’aube à la nuit à parler aux uns et aux autres sans prendre le temps de manger. Et pourtant, les pèlerins étaient marqués par la sérénité qui émanait de son visage. Quand la Vierge lui apparaissait, elle était comme un soleil, nous disent les manuscrits.

L’exemple de Benoîte ne nous invite pas forcément à l’imiter mais à trouver notre manière de jeûner, compte tenu de notre santé et de nos moyens, « car l’homme ne se contente pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Le Droit Canon nous indique (canon 1249) que tous les fidèles sont tenus de faire pénitence chacun à sa façon… (canon 1251). L’abstinence et le jeûne seront observés le mercredi des Cendres et le vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ. L’abstinence de viande ou d’une autre nourriture tous les vendredis de carême.

 

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02 mai 2010

Notre Dame du Laus

Posté par fmonvoisin à 16:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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