23 juillet 2013

Litanies de Sainte Marie d'Egypte

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Sainte Marie d'Egypte

+ au 5e siècle

Fêtée le 1er avril chez nos Frères Orthodoxes

et le 2 avril dans le martyrologe Occidental

 

Sainte Marie était native d'Egypte. Dès l'âge de douze ans elle quitta ses parents pour se rendre à Alexandrie, où elle vécut pendant dix-sept ans dans la débauche et le plus grand dérèglement. Subsistant au moyen d'aumônes et du tissage du lin, elle livrait néanmoins son corps à tout homme, sans y être poussée par la misère, comme tant d'autres pauvres femmes, mais comme si elle était brûlée par le feu d'un désir que rien ne pouvait assouvir. Un jour, voyant une foule de Lybiens et d'Egyptiens se diriger vers le port, elle les suivit et s'embarqua avec eux pour Jérusalem, offrant son corps pour payer le prix de la traversée. Quand ils parvinrent à la Ville sainte, elle suivit la foule qui se pressait vers la basilique de la Résurrection, le jour de l'Exaltation de la Croix. Mais, lorsqu'elle parvint sur le seuil de l'église, une force invisible l'empêcha d'y entrer, malgré ses efforts réitérés, alors que les autres pèlerins franchissaient aisément la porte. Restée seule dans un coin du narthex, elle commença à réaliser que c'était l'impureté de sa vie qui l'empêchait d'approcher le Saint Bois. Elle répandit des larmes abondantes et se frappa la poitrine, et voyant une icône de la Mère de Dieu (2), elle lui adressa cette prière : « Vierge Souveraine qui as enfanté Dieu dans la chair, je sais que je ne devrais pas regarder ton icône, Toi qui es pure d'âme et de corps, car, débauchée comme je suis, je dois t'inspirer le dégoût. Mais puisque le Dieu né de Toi est devenu homme pour appeler les pécheurs au repentir, viens à mon aide ; permets-moi l'entrée de l'église pour me prosterner devant Sa Croix. Et dès que j'aurai vu la Croix, je Te promets de renoncer au monde et aux plaisirs, et de suivre le chemin de salut que tu me montreras. »

Elle se sentit soudain délivrée de cette puissance qui la retenait et put entrer dans l'église où elle vénéra avec ferveur la Sainte Croix ; puis, revenue vers l'icône de la Mère de Dieu, elle se déclara prête désormais à suivre le chemin qu'Elle lui indiquerait. Une voix lui répondit d'en haut : « Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras le repos. »

En sortant de l'église elle acheta trois pains avec l'aumône reçue d'un pèlerin, se fit indiquer la route qui menait au Jourdain et elle arriva le soir à l'église de Saint-Jean-Baptiste. Après s'être lavée dans les eaux du fleuve, elle communia aux Saints Mystères, mangea la moitié de l'un des pains et s'endormit sur le rivage. Le lendemain matin, elle passa le fleuve et vécut dès lors dans le désert, pendant quarante-sept ans, sans y rencontrer personne, ni homme ni animal.

Pendant les dix-sept premières années de son séjour, ses vêtements étant bientôt tombés en lambeaux, brûlant de chaleur le jour et grelottant de froid la nuit, elle se nourrissait d'herbes et de racines sauvages. Mais plus que les épreuves physiques, elle devait affronter les violents assauts des passions et le souvenir de ses péchés, et c'est en se jetant à terre qu'elle suppliait la Mère de Dieu de lui venir en aide. Protégée par Dieu, qui ne désire rien de plus que le pécheur revienne à Lui et vive, elle déracina de son cœur toutes les passions par cette ascèse extraordinaire et put convertir le feu du désir charnel en une flamme d'amour divin, qui lui faisait endurer avec joie, tel un être incorporel, l'implacable désert.

Après tant d'années, un saint vieillard, nommé Zosime (cf. 4 avril), qui, selon la tradition instaurée par Saint Euthyme, s'était engagé dans le désert au-delà du Jourdain pour y passer le Grand Carême, aperçut un jour un être humain, le corps noirci par le soleil et les cheveux blancs comme de la laine tombant jusqu'aux épaules. Il courut derrière cette apparition qui s'enfuyait à son approche, en la suppliant de lui accorder sa bénédiction et quelque parole de salut. Quand il parvint à portée de voix, Marie, appelant par son nom celui qu'elle n'avait jamais vu, lui révéla qu'elle était une femme et elle lui demanda de lui jeter son manteau afin de couvrir sa nudité.

Sur les instances du Moine, ravi d'avoir enfin rencontré un être théophore qui avait atteint la perfection de la vie monastique, la Sainte lui raconta avec larmes sa vie et sa conversion. Puis, ayant achevé son récit, elle le pria de se rendre l'année suivante, le Grand Jeudi, avec la Sainte Communion sur les bords du Jourdain.

Le jour venu, Zosime vit Marie apparaître sur l'autre rive du fleuve. Elle fit un signe de Croix et traversa le Jourdain en marchant sur les eaux. Ayant communié avec larmes, elle dit : « Maintenant, ô Maître, Tu peux laisser aller en paix Ta servante, selon Ta parole, car mes yeux ont vu Ton salut » (cf. Luc 2:29). Puis elle congédia Zosime, lui donnant rendez-vous l'année suivante à l'endroit de leur première rencontre.

Lorsque l'année fut écoulée, Zosime trouva à l'endroit convenu le corps de la Sainte étendu à terre, les bras croisés et le visage tourné vers l'orient. Son émotion et ses larmes ne lui permirent pas de découvrir tout de suite une inscription tracée sur le sol des mains de la Sainte, qui disait : « Abba Zosime, enterre à cet endroit le corps de l'humble Marie, rends à la poussière ce qui est à la poussière, après avoir prié pour moi. Je suis décédée le ler du mois d'avril, la nuit même de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, après avoir participé à l'Eucharistie. »

Consolé de son chagrin en apprenant le nom de la Sainte, Zosime fut étonné de constater quelle avait franchi en quelques heures une distance de plus de vingt jours de marche. Après avoir vainement essayé de creuser le sol avec un morceau de bois, il vit tout à coup un lion s'approcher du corps de Marie et lui lécher les pieds. Sur l'ordre du vieillard, la bête creusa de ses griffes une fosse où Zosime déposa avec dévotion le corps de la Sainte.

De retour au monastère, il raconta les merveilles que Dieu accomplit en faveur de ceux qui se détournent du péché pour revenir vers Lui de tout leur cur. De pécheresse invétérée qu'elle était, Sainte Marie est devenue pour quantité d'âmes accablées sous le poids du péché, une source d'espérance et un modèle de conversion. C'est pourquoi les Saints Pères ont placé la célébration de sa mémoire à la fin du Carême, comme un encouragement adressé à tous ceux qui ont négligé leur salut, proclamant que jusqu'à la dernière heure le repentir peut les ramener vers Dieu.

 

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Litanies de Sainte Marie d'Egypte

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Saint-Esprit, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Reine, qui êtes l'objet de la confiance et des louanges pour les solitaires.

 

Sainte Marie d'Egypte, priez pour nous.

Sainte Marie d'Egypte, qui de pécheresse pleine d'orgueil, êtes devenue une humble pénitente,

Sainte Marie d'Egypte, qui ne perdiez jamais le souvenir de la fragilité humaine,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez merveilleusement éprouvé les entrailles de la Divine Miséricorde,

Sainte Marie d'Egypte, délivrée de la puissance des ténèbres,

Sainte Marie d'Egypte, brebis si longtemps égarée et qu'un bon pasteur a ramenée au troupeau,

Sainte Marie d'Egypte, qui, perdue, vous étiez donnée à la mort, mais que le Sauveur à trouvée et ressuscitée,

Sainte Marie d'Egypte, qui vous étiez plongée dans un abîme de boue, et qui en avez été tirée et rendue brillante comme la lumière,

Sainte Marie d'Egypte, dragme autrefois égarée et maintenant recouvrée et enfermée dans les trésors éternels,

Sainte Marie d'Egypte, retirée du profond abîme du péché,

Sainte Marie d'Egypte, arrachée par la Miséricorde Divine à la gueule infernale et à la rage du démon,

Sainte Marie d'Egypte, singulièrement dévote à la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez été conduite par l'Esprit de Dieu dans la solitude,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez eu le courage de pénétrer jusqu'au plus profond des déserts, fortifiée du Corps du Christ,

Sainte Marie d'Egypte, exemple et modèle des vrais pénitents,

Sainte Marie d'Egypte, dont la conversion est le vrai triomphe et la Gloire du Seigneur,

Sainte Marie d'Egypte, toute enflammée d'une ardente componction,

Sainte Marie d'Egypte, dont le cœur s'est comme fondu tout en pleurs et en larmes,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez réjoui les Anges et la Cour Céleste par votre conversion,

Sainte Marie d'Egypte, qui réfléchissiez sur votre vie passée dans l'amertume de votre âme,

Sainte Marie d'Egypte, qui vous teniez cachée aux yeux des hommes,

Sainte Marie d'Egypte, qui étiez puissamment cruelle envers vous-même,

Sainte Marie d'Egypte, qui vous êtes nourrie d'un pain de douleur et d'angoisse,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez lavé les souillures de votre jeunesse dans le baptême laborieux de la pénitence,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez effacé avec l'eau de vos larmes toutes les tâches de vos péchés,

Sainte Marie d'Egypte, qui, frappée de la crainte des jugements de Dieu, vous teniez seule et cachée dans le désert,

Sainte Marie d'Egypte, qui étiez vraiment la colombe gémissant dans la solitude,

Sainte Marie d'Egypte, qui aimiez mieux vivre avec les bêtes sauvages et les animaux féroces, que de demeurer dans le monde,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez éprouvé toute la fureur du démon, et qui en avez toujours été victorieuse,

Sainte Marie d'Egypte, qui, par vos larmes continuelles, éteignez les traits enflammés de l'ennemi du Salut,

Sainte Marie d'Egypte, qui vous occupiez sans cesse de votre dernière fin,

Sainte Marie d'Egypte, que Dieu instruisait Lui-même,

Sainte Marie d'Egypte, à qui le Saint Esprit avait appris le sens des Ecritures Sacrées,

Sainte Marie d'Egypte, qui par la pénitence, êtes devenue l'épouse de Jésus-Christ,

Sainte Marie d'Egypte, continuellement appliquée à la prière, aux jeûnes et aux pleurs,

Sainte Marie d'Egypte, qui apaisiez la colère de votre Juge par une pénitence dure et persévérante,

Sainte Marie d'Egypte, qui n'étiez connue que de Dieu et de Ses Anges,

Sainte Marie d'Egypte, avec les qui les Esprits Célestes conversaient familièrement,

Sainte Marie d'Egypte, qui par le ministère des Saints Anges vous transportiez en un moment d'un lieu à un autre,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez voulue être nourrie du Corps et du Sang de Jésus-Christ avant votre mort, pour arriver plus sûrement à Dieu,

Sainte Marie d'Egypte, qui avez heureusement échangé la demeure étroite du désert avec les espaces immenses du Paradis,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Beaucoup de péchés lui ont été remis,

parce qu'elle a beaucoup aimé.

 

Prions

 

Nous Vous supplions, Père très Miséricordieux, que, de même que la Bienheureuse Marie d'Egypte a reçu de Vous le pardon de ses péchés en aimant par dessus tout notre Seigneur Jésus-Christ, elle nous obtienne nous aussi de Votre Miséricorde l'éternelle félicité du Ciel, par le même Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

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