24 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Vingt-cinquième jour


Lecture


On ne peut imaginer ce qu’est le pèlerinage de Fatima, le jour anniversaire de l’Apparition de Notre Dame, le 13 mai. Il n’est pas possible d'établir une comparaison avec Lourdes. Les pèlerinages à Lourdes se succèdent de façon ininterrompue, pendant toute l’année ; tandis qu’à Fatima, c’est surtout le 13 mai qu'a lieu le pèlerinage officiel présidé par le Cardinal Patriarche, accompagné des évêques et archevêques du Portugal et de la plupart des prêtres. Certainement, les foules sont difficiles à évaluer et il est plausible d’exagérer. Cependant, d’après des renseignements puisés aux bonnes sources et sur le témoignage des photographies, l’on aurait atteint le chiffre de un million pour celui de mai 1951.

Déjà, avant l'aurore, se sont formés des groupes disséminés dans toute l'étendue de la Combe. Après avoir assisté, la veille, au Salut du Très Saint Sacrement, les pèlerins ont passé une bonne partie de la nuit en prières. Chercher un asile dans un hôtel, il n’y faut pas songer. Il n’y a pas d’hôtels, puisque, en dehors de cette date, il y a peu de passagers, ni de touristes, D'ailleurs où pourrait-on loger des milliers d'étrangers ? Lourdes est organisé et facile d'accès. Les trains circulent dans plusieurs directions. Il y a de bonnes routes et des services d’autocars, des hôtels et des pensions de famille pour recevoir des milliers de voyageurs. Fatima est loin de partout et d’accès difficile. C’est pourquoi c’est un lieu de pèlerinage, de pénitence. On se couche où l’on peut, dans les voitures, sur l'herbe, à la belle étoile. Ici, on se sent près du ciel, il n’y a pas de fatigue et personne ne se plaint. Les automobiles déversent sans désemparer des pèlerins, cornent, klaxonnent et repartent pour de nouvelles fournées. Chacun est un peu moulu de fatigue, mais heureux de fouler enfin cette terre bénie.

Quand le soleil commence à dorer la Cova d’Iria et à illuminer peu à peu de ses rayons tout le paysage, la foule s’éveille, s’ébroue et laisse ses yeux s’emplir de la douce vision. Les pèlerins se dirigent alors vers les confessionnaux, vers la chapelle de l’hôpital, sous les arcades et dans les chapelles latérales de la basilique. Des groupes homogènes d'hommes, de femmes, d’enfants, de vieillards vont vers les endroits où la piété les sollicite. De tous côtés, l’on voit des confesseurs installés, les uns sur un banc, sur une chaise, d’autres sur les marches de la basilique, Sans arrêt, de nombreux prêtres revêtus du surplis et de l’étole, tenant en mains un ciboire, distribuent aux groupes agenouillés la Sainte Communion, pendant des heures. C’est un mouvement ininterrompu de communiants qui s’agenouillent, se lèvent, pour faire la place à de nouveaux arrivants, cela, discrètement, sans une parole d’impatience ou de réclamation. Chacun finit par trouver une place, par s’installer avec l’aide charitable d’autrui, s’agenouille et adore en silence l’Hôte Divin reçu dans la communion. Après quoi, l’on prend une légère collation. C’est une nouvelle arrivée de pèlerins. L’on dirait des vagues de l’océan qui déferlent à l’envi et ce sont des vagues de têtes humaines.

Près de la chapelle des Apparitions, à l'endroit même où s’est produit le miracle de céleste clarté et de mélodieuse harmonie, des centaines et des centaines de pèlerins à genoux, les bras en croix et les mains enguirlandées du chapelet, récitent leurs prières et invoquent Notre Dame du Rosaire.

Les uns, pour accomplir une promesse, offrent des cierges allumés ou des objets en or ou en argent. D’autres font toucher aux arbustes du bosquet sacré des médailles, des images et des chapelets.

La foule est si dense qu’il n’est pas possible de bouger. Toutes les classes sociales sont ici réunies. Ensemble, les provinces du Portugal voisinent dans une fraternité évangélique.

Voici les gens du Haut et du Bas Minho, aux visages allègres et gracieux ; ceux du Tras-os-Montes, plus graves et mélancoliques ; ceux du Douro, plus rudes et trapus ; ceux des deux Beira, au regard franc et énergique ; ceux de l’Estremadure, plus vifs, au teint bronzé, tenant de la race arabe ; ceux de l’Alemtejo, terre brûlée par le soleil, où le blé pousse dru ; ceux de l’Algarve, par moitié de couleur mauresque et blanche.

Ils viennent des villes, des campagnes, des montagnes, de la plaine, du voisinage de la mer où se trouvent tous les pêcheurs de la côte portugaise. Mais quoique d’origine fort disparate, ici, ils ne forment qu’un même cœur et une même âme pour aimer Notre Dame, Jésus et leur pays.

Bientôt commence la messe pontificale avec toute la pompe liturgique. Les séminaristes font les cérémonies et exécutent les chants liturgiques. L'office est célébré en plein air, sous un grand baldaquin, devant une esplanade littéralement noire de pèlerins.

C’est la messe des malades. Les uns sont étendus sur des brancards, d’autres moins impotents sont assis sur des chaises ou des bancs, dans un grand silence. Ensuite, comme à Lourdes, le Saint Sacrement est porté devant les malades et la foule répète les acclamations faites par un prêtre, à haute voix : « Seigneur, nous vous adorons !... Seigneur, nous croyons en vous... nous espérons en vous... nous vous aimons !... »

Les mêmes scènes évangéliques se renouvellent, sous les pas de Jésus, comme autrefois, lorsque les malades, les infirmes venaient lui demander leur guérison. « Seigneur, faites que je voie, que j’entende…, que je marche... » « Notre Dame de Fatima, convertissez les pécheurs ! »

Tous les malades ne sont pas guéris, sans doute ; mais ils repartent réconfortés d’avoir été tout près de l’endroit céleste où Notre Dame est descendue, un jour, du ciel. Ils emportent chez eux un sentiment plus ardent de foi et un renouveau de charité chrétienne.


Réflexion


Sur la terre bénie qu’a visitée la Très Sainte Vierge, à Fatima, il y a comme un parfum de charité fraternelle qui semble se fixer pour toujours, afin que le miracle se perpétue. Cette charité émane du Ciboire, fontaine d'amour, que, pendant des heures, portent les prêtres qui communient les pèlerins pressés autour d’eux. « Dieu est amour... et si Dieu nous a tellement aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres » (1 Jn. 4, 9-11). Jusqu’à la venue du Christ, l’homme trop souvent était un loup pour l’homme et, seule, la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent) réglait les rapports des hommes entre eux. Depuis que le Christ est venu, il nous a apporté son exquise bonté, il a « répandu son amour parmi les hommes et il nous a sauvés par sa miséricorde ». (Ti. 20, 4.) Cet amour de fraternité, ni Rome, ni Athènes, dans leur prétendue haute civilisation, ne la connaissaient pas, puisque on admettait que les deux tiers de la population restent dans l’esclavage pour le service de l’autre tiers ; que le père ait droit de vie et de mort sur ses enfants ; que les vieux soient supprimés comme bouches inutiles ; qu’un esclave soit dépecé par son maître pour le jeter en pâture à des murènes. C’est le Christ qui a prêché la sainte liberté des enfants de Dieu et il a donné cet amour fraternel comme un signe devant les païens, pour que les chrétiens soient reconnus comme ses disciples.

Il y a dans les pèlerinages beaucoup de gênes à s'imposer, soit dans les piétinements inévitables, les compressions de la foule, les intempéries, le vent, la pluie. Or, chacun fait preuve d’une évidente bonne volonté. Personne ne s’impatiente, ne se fâche, ne murmure. Une véritable charité chrétienne règne sur cette terre bénie. Ici, l’on se sent réellement frères dans le Christ. C’est la même allégresse libératrice qui fit tressaillir la terre durant la nuit de Noël, allégresse qui dilate maintenant les cœurs jusque-là comprimés par la crainte. Les visages sont épanouis et traduisent la joie intérieure des pèlerins.

C’est le Christ qui, par son enseignement et son exemple, nous a arrachés aux étreintes de la chair et nous a enseigné à dépasser notre nature (1 Pi. ch. 4), à tuer le vieil homme et à avoir un « ardent amour les uns pour les autres, car l’amour couvre une multitude de péchés ». (id., 4, 8).

Notre Dame de Fatima nous rappelle cette grande leçon de charité chrétienne. Elle se manifeste comme la Mère toute aimable et toute bonne, la Cause de notre joie et la Grande Consolatrice.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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23 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Vingt-quatrième jour


Lecture


La Vierge Marie n’est pas descendue à Fatima pour y recevoir exclusivement des hommages de la part des fidèles. Elle a voulu surtout faire de ce coin de l’Estramadure, comme de celui de Lourdes, un lieu où son Divin Fils serait glorifié par la prière et la prière eucharistique. La Divine Mère continue son ministère Sacré qui est de nous donner Jésus. Elle a commencé dans la nuit de Noël et Elle le terminera seulement à la fin des temps. La liturgie chrétienne chante aux « Saluts du Très Saint-Sacrement » « Nous vous saluons, vrai Corps, né de la Vierge Marie... »

La grande préoccupation de Notre Dame, c’est Jésus. Dans la prière qu'Elle à enseignée aux trois petits voyants, le 13 octobre, Elle leur recommande de réciter le chapelet, tous les jours, en intercalant l’invocation : « O mon Jésus, pardonnez-nous ! »

Notre Dame de Lourdes a dit à Bernadette : Je veux qu’il se bâtisse ici une chapelle ». Pourquoi une chapelle? N’est-ce pas afin que Jésus y fut adoré dans son Eucharistie ?

À Fatima, Elle n’a rien demandé de semblable sans doute, mais le peuple chrétien ne sépare pas le culte de Marie du culte eucharistique. Aussi son premier geste est d’édifier une chapelle, au lieu même des Apparitions de Notre Dame. Chapelle rustique, si l’on veut, faite de planches, mais après que l'Autorité ecclésiastique aura reconnu l’authenticité miraculeuse des Apparitions, le premier acte du culte sera la célébration de la Messe, Un peu plus tard, on élèvera une vraie chapelle, celle des « Pénitents », en attendant la grande Basilique, où des centaines de prêtres viendront célébrer le saint sacrifice et où les fidèles par milliers viendront communier à l’Hostie adorable.

Marie, à Bethléem, nous a donné Jésus ; Marie, à Fatima, comme à Lourdes, nous donne Jésus-Hostie.

Par Marie, à Bethléem, c’est le mystère de la chair prise par le Fils de l’Homme ; par Marie, à Fatima, comme à Lourdes, c’est le mystère de la chair du Fils de Dieu devenue l’aliment de l’homme.

Par Marie, à Bethléem, c’est Jésus qui prend une seule fois la forme d’un homme ; par Marie, à Fatima, comme à Lourdes, c’est Jésus qui s’incarne autant de fois sous la forme de milliers de cœurs qui viennent le recevoir.

Mais si Marie donne Jésus à des milliers de chrétiens, Notre Dame donne des milliers de chrétiens à Jésus, pour l’adorer dans son Eucharistie, pour le supplier, pour lui être agréable.

Ces multitudes, il les plaignait, « brebis errantes sans pasteur pour les conduire » (Matt. 9, 36). Il les appelait : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Matt. 9, 28). Il guérissait leurs malades, leurs infirmes, ressuscitait leurs morts, il évangélisait leurs pauvres. (Lc. 8, 22 et suiv.).

À Fatima, comme à Lourdes, c’est Notre Dame qui présente à Jésus-Hostie ces foules errantes, parfois sans pasteur, fatiguées du poids de la vie, aveugles par ignorance religieuse, sourdes à la voix de Dieu, lépreuses du péché, mortes à la vie de la grâce. Elle les lui présente afin qu'il les guérisse, qu’il les alimente du pain des forts, le pain mystérieux de l’Eucharistie.

Si Notre Dame n’était pas venue dans ce coin béni, combien de pauvres pécheurs n’auraient entendu la « Bonne Nouvelle », n'auraient trouvé le pardon de leurs fautes ?

Nous aimons notre bonne Mère du Ciel et nous voulons lui témoigner notre amour. Or, la meilleure manière de faire plaisir à une mère, c’est de témoigner de l’affection à son enfant, et la dévotion envers sa Très Sainte Eucharistie est le grand témoignage d'amour que Jésus attend de nous. En assistant au saint sacrifice de la messe, en participant à la manducation de la Divine Victime, à la communion, nous serons sûrs d’être agréables à Notre Dame et à son Divin Fils.


Réflexions


L’Eucharistie est le centre radieux du culte catholique. Tout est organisé dans l’Église en fonction de l’Eucharistie. Pourquoi ces somptueuses cathédrales que la foi de nos aïeux ont élevées sur notre sol ? Sinon pour abriter un autel où la messe sera célébrée ; et sur cet autel, un tabernacle contiendra les saintes Espèces pour être distribuées aux fidèles. Par la Sainte Eucharistie, Jésus a voulu demeurer au milieu des hommes jusqu’à la fin des temps, pour être leur consolation leur force et leur appui.

Bienfait de l'Eucharistie. - C’est la petite hostie que reçoit tous les matins, à la Sainte Messe, la Religieuse, qui la soutient dans son œuvre de charité auprès des malades et des Pauvres, au chevet dés moribonds. C’est elle qui donne au missionnaire le courage et la force de porter, au delà des mers, la lumière de l'Evangile aux peuples plongés dans l’idolâtrie. C’est elle qui fortifie la jeunesse des deux sexes, au milieu des sollicitations du mal de plus en plus effrontées ; c’est elle qui aide les parents à accomplir leur devoir, en illuminant leur vie des splendeurs du sacrifice.

2° Jésus notre nourriture. - Jésus a manifesté sa volonté de demeurer au milieu des hommes : « Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » (Matt. 28, 20). Sous quelle forme, va-t-il se cacher ? Son choix est fait déjà, lorsqu'il expose son projet à ses auditeurs, dans la Synagogue de Capharnaüm. C’est Lui-même qui sera la nourriture de ceux qui viendront le manger, sous la forme du pain. C’est Sa chair et son sang cachés sous les espèces du pain et du vin, s'ils veulent avoir la « vie pleine et abondante » (Jn. 6). Un an après, le soir du Jeudi-Saint, Jésus réalise sa promesse, À la fin du repas, il prononce sur le pain et sur le vin ces paroles : « Ceci est mon corps. ceci est mon sang » (Matt. 26, 26-27.) Jésus commence à la Cène le Saint Sacrifice qu'il terminera sur le Calvaire, et il donne aux Apôtres et à leurs successeurs le pouvoir de renouveler son geste jusqu’à la fin des temps (1 Cor. 11, 26).

Nos devoirs envers l’Eucharistie :

a) Sentiment de foi. Nous devons croire à la Présence réelle, parce Dieu est Tout-Puissant et qu’Il réalise ce qu’il veut. Comme Il est la Vérité, Il n’a pas voulu nous tromper et Il n’a pas pu se tromper. « Mon Sauveur, s’écriait Bossuet, vous n’étiez pas venu troubler des hommes par de grands mots qui n’aboutiraient à rien » (Médit. sur l'Evangile, 35e jour).

b) Sentiment d’humilité. Nous reconnaîtrons notre misère, non pas comme un prétexte pour voiler notre respect humain et nous éloigner de la communion, mais, comme le centurion, pour demander à Jésus de dire la parole qui nous guérira.

c) Sentiment d'amour. « Lorsque vous célébrez, ou que vous assistez au Sacrifice de la Messe, il doit vous paraître aussi grand, aussi nouveau, aussi digne d'amour que si, ce jour-là même, Jésus descendait pour la première fois dans le sein de la Vierge, se faisant homme, ou que, sur la Croix, il souffrit et mourut pour le salut des hommes ». (Imit., livr. IV, ch. II).

Enfin, en passant devant une église, nous entrerons pour faire notre visite au Divin Prisonnier de nos tabernacles. N’est-il pas juste que nous fassions au Grand Ami notre visite de convenance, d’amour et de reconnaissance ?

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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22 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Vingt-troisième jour

Lecture


Nous avons relaté la parodie sacrilège qui eut lieu à Santarem où, à travers les rues de la ville, on promena les ex-votos dérobés au petit oratoire de la Cova d'Iria, offerts par les pèlerins au début des Apparitions. En même temps, les journaux anticléricaux faisaient campagne contre les Apparitions, ridiculisant le clergé, les pèlerins et Notre Dame.

Le Démon, furieux de voir s'élever un nouveau sanctuaire en l’honneur de Marie, se servait de ses suppôts les plus exaltés pour l’empêcher par les moyens les plus violents.

Le 6 mars 1922, un bandit fit éclater une bombe dans l’ermitage et la toiture fut arrachée. Heureusement, il n’y eut seulement des dégâts matériels, et on n’eut pas à déplorer mort d'homme. Mais à quelles aventures serait-on conduits, sinon avec la complicité des autorités locales, du moins avec leur faiblesse déplorable pour réprimer les désordres ? Cet attentat perpétré contre la Très Sainte Vierge, à l’endroit même où Elle était apparue, fit frémir d’indignation le cœur des catholiques.

Une protestation immédiate fut faite auprès de l’Autorité ecclésiastique, qui, non seulement s’associa à la réprobation de tous les gens honnêtes, mais permit de faire une procession de réparation pour laver l’affront de la parodie de Santarem et du sacrilège coup de force contre l’ermitage. Cette procession fut un digne hommage à l'adresse de Notre Dame par le concours de plusieurs centaines de pèlerins qui demandaient pardon avec larmes, pour les profanateurs aveuglés par la haine, On fit la promesse solennelle d'aimer encore un peu plus Notre Dame et de se faire l’apôtre de son culte, puisque le Démon cherchait à l’interdire, Malheureusement, les pouvoirs publics servaient la passion des ennemis de Fatima. Le pèlerinage du 13 mai 1923 fut interdit par le Gouverneur civil de Santarem, et l’on vit ce pénible spectacle des braves de la Garde Républicaine, à la Cova d’Iria, honteux d’être là pour maintenir un ordre que de pacifiques pèlerins ne songeaient nullement à troubler.

L’année suivante, on plaça un autel dans l’ermitage rétabli, et une messe de réparation fut célébrée, le 13 mai, devant une assistance fort recueillie, Cette fois, la Garde Républicaine ne fut pas en service commandé. Mais, comme un pèlerinage était organisé pour le 13 octobre, le Gouvernement, intimidé par, les amis prétendus de l’ordre, et sous la pression de hautes influences, fit preuve de la même faiblesse endémique et le prohiba.

À la Cova d’Iria, sur une propriété privée, les catholiques, avec l’assentiment de l'Autorité ecclésiastique, élevèrent la Chapelle des Pénitents. C'était un nouveau geste de réparation à l’adresse de Marie. Plus les attaques se multipliaient envers Notre Dame, plus les hommages envers Elle lui témoignaient l’amour de ses fidèles serviteurs. L’offense exigeait la réparation.

Aujourd’hui, le pèlerin est saisi d’admiration à la vue de la belle basilique qui se dresse au milieu de l’Esplanade de Fatima, en l’honneur de Notre Dame. Un ouragan de persécution, d’incrédulité et d'impiété sacrilège s'était abattu sur cette terre, Il a été conjuré et le soleil de l'espérance brille dans le ciel du Portugal. Jésus avait annoncé que son Eglise subirait beaucoup d’épreuves : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous clibler comme le froment ; mais j'ai prié Pour toi, afin que ta foi ne défaille point » (Lc, 22, 31 et suiv.). Aussi autant l’offense fut abondante, autant la réparation fut grande. « Où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rom. 5, 20).

L’hymne des Vêpres de l'office de Notre Dame jaillit instinct et monte du cœur aux lèvres : « Sanctuaire céleste de Fatima, heureuse vision de paix, construit de pierres vivantes, tu t'élèves jusqu'aux astres, et, comme une épouse, tu es entourée de nues d’anges. Tu es comblée de la grâce de l’Epoux. Tu es la plus belle des Reines unie au Christ, ô brillante cité du ciel ».


Réflexions


La première manifestation publique du culte à la Cova d’Iria fut une procession de réparation, pour expier la parodie sacrilège de Santarem et l'attentat perpétré contre le petit ermitage.

Notre Dame a dit aux enfants cette nécessité de l’expiation : « Demandez pardon de vos péchés et priez Jésus qu’il pardonne aux pécheurs repentants ».

Depuis que le péché est entré dans le monde, l’harmonie était rompue entre la créature et le Créateur.

Dès le commencement, les hommes ont senti que la Divinité était justement courroucée. Pour l4apaiser, ils ont essayé de lui offrir des victimes en sacrifice, mais il était « impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. Alors j'ai dit : « Voici que je viens, Ô Dieu, pour faire votre volonté ». (He., 10, 5 et suiv.). « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’oblation du Corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes » (He. 10, 10). Le Christ-Jésus a été le Pontife idéal, Pontife, en latin, veut dire : Pontum fecit, celui qui fait le pont. Il a ainsi fait le pont entre l’homme et Dieu, Aussi, l’offense faite à Dieu par le péché a été expiée par le sang du Christ. « Sans effusion du sang il n’y a pas de pardon » (He, 9, 22). Mais, diront certains, pour la Réparation, était-il nécessaire que le Christ verse son sang et meure.

Non, ce n’était pas nécessaire, Il lui aurait suffi de dire à son Père : « En considération de l’amour que vous me portez, pardonnez à l'humanité coupable ». Le Christ n’a pas voulu le faire, parce qu’il n’a pas voulu exciper de son titre de Fils de Dieu, mais se soumettre à la loi commune de la « réparation par la souffrance ». Dans tous les domaines, avec une rigueur inexorable, tout désordre, de quelque nature qu'il soit, physique ou moral, pour être réparé, exige de la souffrance ou de l'effort, qui est aussi de la souffrance.

Ainsi, le chirurgien qui enlève une superfétation dans un corps, qui remet en place un membre disloqué, fait souffrir le patient. Même « les rémissions du cœur se font par la souffrance ». Et parce que le péché est pensé par l’esprit et commis par le corps, il fallait que le Christ souffre, et dans son Corps et dans la religion intime de son Cœur, pour que la réparation soit complète.

Le Christ a souffert dans son Corps. Le récit de la Passion nous rappelle par le détail toutes les atrocités inventées par la méchanceté de ses bourreaux. Mais Jésus a souffert dans son Cœur. Nous le voyons au Jardin des Oliviers, dans cette vision horrible des péchés du monde déferlant vers son Père comme un fleuve d’immondices. Il lit dans l’avenir l’inutilité, pour beaucoup, de toutes ses souffrances et il pense alors : « Est-ce bien la peine de souffrir puisque ce sera après comme avant ? »Alors, il s’écrie : « Ô mon Père, s’il était possible d’éloigner de moi ce calice d’amertume ? Cependant que Votre Volonté soit faite et non pas la mienne ! » (Lc. 22, 42). Comme son cœur devait souffrir pour jeter cette exclamation désolée !

Nous sommes des pécheurs et nous avons tant à expier. Comme les frères de Joseph, prisonniers de celui qu'ils avaient vendu et dont ils attendaient un juste châtiment, disons : « Nous méritons de souffrir parce que nous avons péché » (Gn. 42, 22). Cette souffrance supportée avec résignation est la pénitence demandée par Notre Dame de Fatima pour obtenir le pardon de nos péchés.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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21 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Vingt-deuxième jour

Lecture


Au début des Apparitions de Fatima, l’autorité ecclésiastique se tint sur une grande réserve. Prudence fort louable. Au moment où se produisirent les événements de Lourdes, en 1858, le curé de la paroisse, l'abbé Peyramale, pendant plusieurs mois, refusa de croire à ce qu'on venait lui raconter sur les Apparitions de la grotte de Massabielle. Le curé d’Aljustrel ne fut pas plus crédule que celui de Lourdes et ne demanda pas même à voir Lucie. Bien plus, il défendit formellement aux pères des trois petits voyants de les accompagner à la Cova d’Iria. « Je ne crois pas un instant, disait-il, que vos enfants aient vu la Sainte Vierge. Ce sont là pures imaginations et nous ne voulons pas nous laisser tromper par ces fantaisies, ni laisser induire personne en erreur ».

L’Evêque de Leiria, mis au courant de cette question, recommanda au clergé une grande prudence et défendit aux curés de son diocèse de se mêler aux curieux allant à Fatima. Il ajoutait : « Si dans tout cela il n’y a aucun fondement sérieux, tout croulera de soi-même; attendons avec patience, nous serons toujours à temps, au moment voulu, d’examiner la chose d’un peu plus près ». La réserve la plus complète était le meilleur parti à prendre.

En attendant, les fervents de Fatima pouvaient aller et venir en toute liberté et jeter leur obole, au pied des petits chênes verts, où s’était montrée l’Apparition. Cet argent servait à payer les frais de construction du petit ermitage fait de planches et d’une toiture couverte de tuiles. C'était un abri pour les pèlerins, plutôt qu’une chapelle.

Tout ceci, le clergé l’observait de loin et ne prenait parti ni pour ni contre. Cependant, sous la haute vigilance du Cardinal Patriarche de Lisbonne, l’autorité diocésaine ne tenait pas les yeux obstinément fermés et faisait discrètement une enquête très serrée.

Les faits de Fatima étaient judicieusement observés et la conviction sur la véracité des Apparitions commençait à se faire jour dans les esprits. L'autorité ecclésiastique permit d’abord d’élever un autel provisoire, en avant de l’ermitage primitif, et, le 13 octobre 1921, de célébrer la première messe, à la Cova d’Iria, en plein air.

Peu à peu, l’autorisation fut accordée d’accomplir certains actes du culte, comme de donner la bénédiction avec la custode à l’occasion de certaines réunions de piété.

Le 3 mai 1922 s’ouvrait le procès canonique des Apparitions de Notre Dame aux trois enfants d’Aljustrel, devant l’Officialité diocésaine de Leiria. Il faudra cependant attendre cinq ans avant d’obtenir un acte officiel de l'Autorité ecclésiastique. Mais, pour la plus grande gloire de Notre Dame, les événements vont se précipiter.

Le 13 mai de cette même année, l'Autorité diocésaine autorise la première procession religieuse de réparation. L’année d’après, le pèlerinage ne peut avoir lieu parce que le Gouvernement l’interdit et envoie des troupes à Fatima pour refouler les pèlerins. En 1924, le 13 mai, l’Evêque de Leiria permit la célébration de la messe, dans l’intérieur de l’ermitage. Trois ans après, le même Evêque venait bénir la chapelle des Pénitents, élevée à Fatima, et présider le premier pèlerinage diocésain, le 13 mai 1927.

Un mois plus tard, le 26 juin, il érigeait le chemin de croix établi entre Leiria et Fatima. En 1928, le 13 mai, l’Archevêque d’Evora, assisté par son suffragant, l’Evêque de Leiria, posait solennellement la première pierre de la nouvelle basilique qui s'élève aujourd’hui sur l’Esplanade, en honneur de Notre Dame.

Le 13 octobre 1928, eut lieu le Grand Pèlerinage national où l’on a compté une assistance de trois mille fidèles. Deux ans après, le 13 octobre, l'Evêque de Leiria faisait paraître une Lettre pastorale sur « Le culte de Notre Dame de Fatima ».

Enfin, le 13 mai 1931, eut lieu le Grand Pèlerinage de l'Episcopat portugais, sous la haute présidence du Cardinal Patriarche et du Nonce Apostolique, La sage prudence de l’Église avait permis le magnifique triomphe de Notre Dame de Fatima. La piété des fidèles, un moment contenue, put se donner un libre cours et fut encore plus éclatante.

Depuis ce jour, la Reine du Ciel n’a pas cessé de répandre d’abondantes grâces, de plus en plus nombreuses, sur le clergé et les fidèles du Portugal, à cause de leur foi profonde et de leur filiale soumission à l’Église du Christ, phare d’éternelle Vérité.


Réflexions

 

En face des manifestations extraordinaires que le peuple d’instinct qualifie de miraculeuses, l’Église se montre toujours réservée. Cette attitude prudente est conditionnée par son infaillibilité même, L’Église ne peut s’exposer volontairement à l'erreur, devant être le flambeau de la vérité.

C’est la raison pour laquelle elle s’environne de toutes les garanties humaines. Elle établit des commissions d’enquête, instruit les procès canoniques, et, après un examen minutieux, tire les conclusions sans appel.

L'autorité religieuse de la province d’Estramadure et celle du patriarcat de Lisbonne furent très sages d’entourer les événements de Fatima de toute la prudence possible, L'Eglise doit, non seulement éviter l’erreur, mais même l’équivoque. Quand cette haute Autorité s’est prononcée, inclinons-nous devant sa décision, docilement et sans discussion, sur ce qu’elle propose à notre croyance. Ainsi pensait l’auteur du Génie du Christianisme quand il écrivait : « Je meurs le plus incrédule des hommes et le plus croyant des catholiques ». Ceux qui refusent à admettre la parole de l’Église, en l’accusant d’enchaîner l'esprit humain, devraient se rappeler la parole d’un autre écrivain : « Cette épouvantable juridiction de l’Église sur les intelligences ne sort pas des limites du Symbole des Apôtres ; le cercle, comme on le voit, n’est pas immense et l’esprit humain a de quoi s’exercer dans ce périmètre » (Du Pape, J. De Maistre). Il ne s’agit pas d’ailleurs, dans l’authentification du fait des Apparitions à la Cova d’Iria, d’une définition doctrinale, L’on peut demeurer catholique, sans croire à Fatima. Sans doute, celui qui voudrait discuter la réalité des Apparitions après la décision de l’autorité ecclésiastique, celui-là ne serait pas un catholique fervent, mais on ne pourrait le traiter d’hérétique. On jugerait tout différemment celui qui prétendrait qu’à Fatima, même par une permission spéciale de Dieu, Notre Dame n’a pu apparaître, Dans ce cas, l’on serait hérétique, puisque l’on se refuserait à admettre le premier article du Symbole : « Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant ». L’Evêque de Leiria, ni d’ailleurs le curé d’Aljustrel, ne mettaient en doute la possibilité des Apparitions de Notre Dame, à la Cova d’Iria, ils se demandaient seulement si Lucie, François et Jacinthe avaient réellement vu la Sainte Vierge.

Chrétiens, aimons l’Église catholique, aimons sa hiérarchie toujours prudente et circonspecte. Nous n’avons qu’à gagner à être dociles à sa voix, puisque nous avons la divine assurance que le Christ l’assiste et qu’il est avec elle « jusqu’à la consommation des siècles » (Mc. 15, 15).

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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20 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Vingt-et-unième jour

Lecture


Trois dures épreuves vinrent s’abattre sur le cœur de Lucie et achevèrent de jeter le trouble, parmi les esprits, autour des événements de la Cova d’iria.

L’année qui suivit les Apparitions, le 5 avril 1918, mourait le jeune François Marto d’une broncho-pneumonie, Trois mois plus tard, c’était le tour du père de Lucie, Antonio dos Santos, et, le 20 février 1920, à l’hôpital de Dona Estephania de Lisbonne, la petite Jacinthe Marto mourait des suites d’une pneumonie. Pour certains esprits, ce fut une sorte de scandale.

Ainsi, dans l’espace de quelques mois, mouraient deux des trois voyants de l’Apparition de Notre Dame de Fatima et le père de la troisième, les uns après les autres ! Est-ce que Notre Dame n’aurait pas dû l’empêcher ?

Comment fallait-il interpréter ces catastrophes en série et si rapides ? Deux autres sœurs de François, Florinde et Thérèse, ne tardèrent pas à suivre leur frère dans la tombe, En vingt-sept mois, leur mère, Olympia, avait perdu quatre enfants, Qu'est-ce que tous ces événements pouvaient bien signifier ? Le père Marto, tout résigné à la volonté de Dieu, gardait un profond silence et, tandis que les autres faisaient des interprétations fâcheuses, son esprit de foi lui ouvrait de mystérieuses clartés sur ce qui était arrivé.

La mère Olympia, chaque fois qu’on rappelait quelques-unes de ces tristesses, faisait sur elle-même un signe de croix pour conjurer de nouveaux malheurs. « Voilà le beau travail de nos enfants, à la Cova d'Iria, soupirait-elle, de la malchance et de la ruine ». De son côté, Marie-Rose, voyant disparaître son mari et les deux petits compagnons de sa fille, croyait que viendrait bientôt le tour de Lucie, le sien et celui dOlympe.

Ceux qui ne croyaient pas à la réalité des Apparitions enregistraient avec satisfaction les événements, allant à l’encontre du désir des croyants, Les croyants cherchaient des motifs transcendants et surnaturels pour expliquer ces deuils. Dieu, disaient-ils, est le Maître de la vie et de la mort et ses desseins demeurent impénétrables à la pauvre et bien courte intelligence humaine. Mais les esprits sectaires continuaient à voir partout des manœuvres cléricales. Certains, avec une logique infernale, prétendaient qu'on faisait disparaître les enfants, de peur qu’à force d’être interrogés ils finissent par avouer qu’on leur avait fait représenter à la « Cova d’Iria » une comédie infâme.

Quand l’incroyance, jointe au sectarisme, cherche à donner des raisons pour justifier son attitude, elle interprète les faits naturellement explicables de telle façon qu’elle sombre dans le ridicule !

Lucie éprouvait un immense découragement, en voyant partir pour le ciel ses chers petits compagnons, François et Jacinthe. Avec eux, elle avait vécu des heures si consolantes, elle échangeait tant de douces confidences ! Parmi toutes, il y avait celles du grand secret que leur avait confié l’Apparition. Ensemble, ils avaient vu et entendu Notre Dame, ils en devisaient entre eux dans l'intimité, car personne au monde en dehors d’eux n’en pouvait rien connaître.

Et maintenant, François et Jacinthe étaient partis pour l’Eternité, tous les deux, et elle restait seule à porter le poids de cette confidence de Notre Dame. Elle était finie à tout jamais, cette bonne amitié ! Oh ! qu'elle a été de courte durée ! Quelle tristesse et quelle désolation, de se trouver maintenant toute seule dans cette vallée de larmes !

« Ô Notre Dame de Fatima, s’écriait-elle, alors, dans une ardente prière, prenez-moi tout de suite, et réalisez mon désir d’aller retrouver mes deux compagnons, dans le ciel, près de vous ! » Qui ne comprendrait de tels accents !…

François et Jacinthe avaient terminé leur mission sur la terre, Lucie devait la continuer toute seule. La divine Providence nous mène au but qu’Elle nous a tracé « suavement mais fortement ». (Sg. 8, 1).

À chacun de se laisser conduire docilement par Elle, comme le recommandait saint Vincent qui ne voulait pas « enjamber » sur la Divine Providence, mais toujours la « côtoyer ».

Au ciel, nous saurons tout, nous comprendrons tout ce qui nous paraissait incompréhensible sur la terre. Déjà, au soir de la vie, lorsqu'on embrasse le passé du regard, on se rend compte qu'il a mieux valu que tel événement soit allé, ce jour-là, à l'encontre de nos désirs. Au ciel, nous aurons l'explication de toutes les énigmes, de toutes les incompréhensions et de tous les étonnements d’ici-bas.


Réflexions


Toutes ces épreuves, qui s’abattent sur ces deux familles des petits voyants de Fatima, ne sont qu’une conséquence du péché originel. Le chrétien, loin de se révolter, doit faire bon usage des épreuves, pour la réparation des péchés. Même pardonnés au tribunal de la Pénitence, ils ont contracté une punition temporelle à expier dans cette vie ou dans l’autre. De là, découle la nécessité de la pénitence.

Dans la Bible, c’est le thème habituel des prophètes. « Jéhovah déteste les pécheurs, et il est miséricordieux à l'égard de ceux qui font pénitence » (Eccl., 12, 23). Le prophète Jonas parcourt la ville de Ninive en criant : « Si vous ne faites pénitence, dans quarante jours la ville sera détruite ». Le peuple et le roi revêtent des vêtements grossiers et se couvrent de cendres. Ils jeûnent et Dieu leur pardonne (Jonas, ch. 3). La pénitence les a sauvés.

Dans le Nouveau Testament, saint Jean-Baptiste prêche la pénitence par sa personne, ses vêtements, sa frugalité et ses discours : « Faites pénitence, voici que le royaume de Dieu est proche » (Matt. 3, 32 ; 4, 7). Saint Paul aux Corinthiens a peur d’avoir « à pleurer sur plusieurs pécheurs qui n’auront pas fait pénitence de leurs fautes ». (2 Cor. 12, 21).

Notre Seigneur prêche le renoncement. Jésus a surtout montré l’exemple, en portant la croix, en souffrant et mourant pour expier les péchés du monde. Ses disciples doivent aussi souffrir, et « compléter dans leur chair ce qui manque à la Passion du Christ » (Col. 1, 24).

Les Saints ont été des pénitents volontaires à un degré héroïque. Sainte Catherine Labouré n’a pas été canonisée parce qu’elle a vu la Très Sainte Vierge, mais parce qu’elle a héroïquement pratiqué toutes les vertus et cela suppose beaucoup de sacrifices.

La vie chrétienne réclame aussi la pratique de l'acceptation de la souffrance qui nous vient des épreuves. Cette pénitence nous aide à acquérir la sainteté. Pour aller au ciel, il faut avoir l’âme pure, dégagée de toutes les scories. Pour cela, il faut tuer la nature par la lutte contre soi-même, par la mortification, œuvre de pénitence. Le Maître divin nous conseille les grands moyens : « Si la main est une occasion de chute, ou ton pied, ou ton œil, coupe-le, arrache-le » (Matt. 18, 8). Notre-Seigneur ne dit pas ferme l'œil, garotte ta main... mais « arrache, coupe », car « il vaut mieux être mutilé que d’être jeté, avec tous ses membres, dans le feu éternel » (Ibid.)

La Raison, elle-même, nous montre l'efficacité de la pénitence. C’est un entraînement moral, comme la gymnastique est un fortifiant pour les muscles. Le sport fait réaliser des performances étonnantes. De même, dans l'ordre moral, le chrétien qui s’entraîne journellement à la mortification des yeux, des oreilles, de la sensualité, de l’imagination, en se privant de certaines satisfactions même permises, finit par acquérir une maîtrise incontestable sur la nature.

Notre Dame de Fatima, priez pour nous, pauvres pécheurs, et aidez-nous à supporter chrétiennement les épreuves de la vie.

 

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19 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Vingtième jour


Lecture

 

Notre Dame a recommandé aux enfants de demander pardon de leurs péchés, afin que Dieu puisse, un jour, les accueillir au Ciel, car pour faire partie de l’assemblée des élus, il faut n’avoir aucune souillure sur son âme. Mais, comme la nature est faible et qu’elle peut offenser le bon Dieu, parmi tous les Sacrements institués par Notre-Seigneur, il y a le Sacrement du Pardon.

Certains pourraient trouver excessive cette recommandation de Notre Dame à de jeunes enfants de huit à dix ans. Se confesser, à cet âge, ne leur semble pas d’une impérieuse nécessité. Pourquoi pas, après tout ? L’Église fixe l’âge de discernement à sept ans environ. Même à cet âge. la malice peut s'emparer d’un cœur d'enfant. Cependant nous inclinons à penser que Notre Dame de Fatima, lisant dans le cœur des enfants et les choisissant pour être ses confidents parce qu'ils étaient innocents, a voulu donner là un conseil d'ordre général pour tous les pécheurs. Si pourtant la mère de Lucie avait pu connaître la recommandation de Notre Dame, nul doute qu’elle n’eût applaudi des deux mains et ajouté :

« Tu entends, Lucie, Notre Dame est bien de mon avis. Quand on a forgé un gros mensonge, comme celui de la Cova d’Iria, il faut aller s’en confesser ».

Cependant, un jour, la mère de Lucie laissa éclater son indignation. C’était en revenant de Lisbonne, où sa fille l’avait accompagnée pour consulter .un médecin. Durant plusieurs jours d'absence les conversations sur les « contes » de Fatima, comme on disait, avaient un peu chômé, Maïs de nombreuses visites vinrent prendre des nouvelles de l’état de santé de Marie-Rose.

Naturellement la conversation roula peu à peu sur les événements de la Cova d’Iria, et après avoir entendu rapporter certaines grossièretés, insultes et mauvais propos proférés au sujet des apparitions, Marie-Rose exaspérée, quand elle fut seule avec Lucie lui jeta à la figure ses mots :

« Que ce soit entendu une fois pour toutes, tu vas en finir avec toutes ces histoires. Va trouver M. le Curé et confesse-toi que tu as menti, et demande-lui pardon de ton imposture. - Oh ! maman, s’écria Lucie en larmes, je te jure que je n’ai pas menti ».

Marie-Rose fut intraitable et repoussa violemment sa fille, « Va-t-en à l’église, lui cria-t-elle. Va confesser tes mensonges ! » Pour en finir avec cette scène douloureuse, Lucie s’en alla à l’église se jeter à genoux devant le tabernacle, chercher un peu de consolation pour son petit cœur endolori.

Elle n’avait pas à se confesser, ni à demander pardon, puisqu'il était bien vrai qu’elle avait vu l’Apparition. Pourquoi la rendre responsable de la malice des autres ? de leurs insultes ? de leurs grossièretés ? Pouvait-on lui reprocher les profanations envers Notre Dame ? Si quelqu'un avait à demander pardon c'était plutôt les insulteurs et les profanateurs. Oui, pour Lucie maintenant, c’était bien « l'heure des ténèbres ». (Lc. 22, 53).

Mais bientôt brillerait l’heure de la lumière et l’on verrait les incrédules et les profanateurs s’agenouiller, eux-mêmes, au tribunal du Pardon. On les verrait même à Fatima. Notre Dame les attirerait dans ce même lieu, pour les convertir et les donner à son Divin Fils, Jésus.

L’Evangile nous montre Jésus toujours disposé au pardon : « Je ne suis pas venu appeler les justes à la pénitence, mais les pécheurs » (Lc. 5, 32). « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». (Lc. 19, 10). « Ainsi, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repend, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentir » (Lc. 15, 7). Jésus a dit encore : « Il ne faut pas éteindre la mèche qui fume » (Matt. 12, 20). Notre Dame, en enseignant à ses petits confidents de Fatima à recourir au sacrement de Pardon, continuait l’œuvre rédemptrice du Christ, N’a-t-il pas. donné à son Eglise le pouvoir de délier les consciences des liens du péché, à condition d’en avoir un sincère repentir ?

Notre Dame du Rosaire de Fatima, priez pour nous, pauvres pécheurs que nous sommes, et pour tous les pécheurs du monde maintenant et toujours.


Réflexions


On dit : « Ce sont les prêtres qui ont inventé la confession ». Quel intérêt les aurait guidés ? L’administration de ce sacrement est absolument gratuite. S'ils l'avaient inventé, ils s’en seraient dispensés. Or, prêtres, évêques, cardinaux, même le Pape, se confessent. On connaît le nom de beaucoup d’inventeurs célèbres et on ignorerait le nom de celui-ci ?

I. - Institution du Sacrement de Pénitence.

Disons tout de suite que nous savons que c’est Notre Seigneur lui-même, immédiatement après sa Résurrection, lorsque, apparaissant aux Apôtres réunis dans le Cénacle, il leur a dit : « Recevez le Saint Esprit. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez ». (Jn, 20, 23). C’est pourquoi, depuis les temps apostoliques, les hommes se confessent à des prêtres délégués par l’Église.

II. - La Confession répond à un besoin du cœur.

Le cœur a des besoins impérieux qui demandent à être satisfaits.

a) Besoin d’ouverture. Quand nous portons le poids de quelque souffrance intérieure, d’une grande préoccupation, de soucis considérables, nous cherchons un cœur ami pour y déverser le trop plein du nôtre.

b) Besoin de conseil et d’appui dans certaines affaires où nous avons besoin d’être dirigés et fortifiés pour l'action : Nul n’est juge dans sa propre cause. Le confesseur devient alors un merveilleux conseiller, surtout si on lui a permis de lire profondément dans l’âme, tel un médecin à qui le malade a bien exposé son état de santé.

c) Besoin de certitude. Il y en a qui trouvent le prêtre, cet « intermédiaire » entre eux et Dieu, inutile et gênant. Or, nous trouvons des « intermédiaires » dans toutes les administrations, et ceux qui prétendent se passer d’« intermédiaires » font de vraies confessions au médecin, au pharmacien, à un avoué, à un avocat. Confessions souvent pénibles. Un protestant me confiait, un jour : « Vous autres, catholiques, vous vous servez d’un intermédiaire pour obtenir le pardon de vos fautes. Nous autres, protestants, nous nous confessons directement à Christ. Seulement, lorsque votre « intermédiaire » vous dit : « Tu es absous », vous avez la certitude que vous êtes pardonnés ; nous autres, nous ne le savons jamais ».

Cet homme, « intermédiaire » entre Dieu et nous, n’est pas un homme comme les autres. Il a été consacré, ordonné à cet effet par l’Evêque, détenteur authentique des pouvoirs du Christ pour « lier et délier sur la terre ce qui est lié et délié dans le ciel ». (Matt. 16, 19). C’est en même temps une créature humaine, pour mieux comprendre la misère humaine, afin d’être miséricordieux « comme le Père ». (Lc. 6, 36).

On entend dire parfois : « C’est bien facile pour vous, catholiques, vous pouvez plus facilement pécher, puisque vous n’avez qu’à vous confesser et c’est fini ! » Erreur profonde. Non, ce n’est pas fini, puisque c’est alors que la pénitence commence, pour l’expiation. La pénitence bien minime imposée par le confesseur est plutôt symbolique pour nous rappeler le devoir de faire pénitence. Il reste maintenant au pénitent le devoir de pratiquer désormais une lutte sévère, le combat spirituel contre le mal. Le confessionnal n’est pas un « distributeur automatique » de pardon. Il y faut le cœur et la volonté de s’amender si nous voulons obtenir le pardon de nos péchés.

 

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18 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Dix-neuvième jour


Lecture


Notre Dame de Fatima continue l’œuvre rédemptrice de son Divin, Fils. Elle enseigne aux petits voyants de la Cova d’Iria à demander pardon de leurs péchés, afin que Dieu, dans sa miséricorde, puisse sauver leur âme. Il veut que tous les hommes soient sauvés, sa divine Mère le veut aussi. Notre Dame insiste encore auprès des enfants en leur recommandant de réciter une prière spéciale pour éviter la perdition éternelle : Ô mon Jésus, Pardonnez-nous, délivrez-nous de l'enfer ».

Elle précise avec une évidente intention : « Délivrez-nous du feu de l'enfer ».

Le rationalisme s’est tellement infiltré dans les esprits, sous couleur de science critique et hypercritique, même chez les Personnes les plus orthodoxes, que l’on n'ose plus ni prononcer, ni écrire certains mots.

Notre Dame, fidèle à employer le langage de toute la tradition chrétienne, parle du feu de l’enfer, Preuve manifeste de l’existence de l'enfer où il y a du feu pour châtier les âmes damnées ! C’est Pourquoi Elle enseigne aux enfants le moyen à employer pour éviter l'éternel tourment. Il est facile au libertin de nier l'existence de l'enfer, puisque l’enfer l’embarrasse. On a dit : « Toute cause mauvaise est niable ». Cependant, il serait moins commode au libertin de prouver que l'enfer n’existe pas.

Un jour, l'impie Voltaire vit venir à lui un jeune bénêt de ses disciples, fringant et radieux, lui disant triomphalement : « Maître, je viens enfin de trouver, avec preuves à l'appui, que l’enfer n’est qu'une invention de prêtres pour nous faire peur ! - Combien de temps avez-vous mis à découvrir ces preuves ? - Quelques semaines à peine! répondit joyeusement l’étourdi. - Quelques semaines, mon garçon ? répartit le cynique, eh bien ! moi, j’y travaille depuis des années et je n’ai pas pu encore me prouver qu'il n’y en a pas ».

Une seule parole de Notre Dame à suffi pour fortifier notre croyance à l’enfer et à l’existence du feu dans ce même enfer.

Quelle est la nature de ce feu ?

Il est plus que probable que ce n’est pas un feu matériel, puisque il doit Pénétrer les esprits immatériels. C’est donc un feu immatériel et intelligent pour Torturer les âmes, suivant leur degré de culpabilité.

En affirmant cette vérité, Notre Dame de Fatima ne pouvait pas se tromper, ni ne voulait tromper ses petits confidents. Son ardent désir était de leur enseigner le moyen d'éviter cet immense malheur, surtout à ceux qui veulent se ressaisir sur le chemin de la perdition, pour revenir à Dieu.

Qu'on n’aille pas nous objecter que l'enfer et ses tortures sont des fables du Moyen Age, pour les simples et les crédules. Parlons-en de cette crédulité ?... Nous sommes au 21e siècle, le siècle de la science et de la lumière, et jamais la crédulité publique ne fut si grande !

Que de talismans, de « porte-bonheur », de chiffres 13, de mains de Fatima, arborés sur la poitrine de gens qui se targuent d’être libérés du joug de l’Église ! Que de tireuses de cartes! Que de voyantes translucides pour exploiter cette crédulité …

L’Église agit au grand jour et n’exploite personne. Elle déteste le mensonge, défendu d’ailleurs par le huitième commandement du Décalogue. Elle est la plus grande école de loyauté, et, si elle prêche l'enfer aux chrétiens, c’est surtout afin de leur éviter d’y tomber, au jour du Jugement.

Pie XI ce grand pape à l'intelligence lumineuse, recevant selon l'usage, au commencement du Carême, les prédicateurs des églises de Rome, pour la station quadragésimale, leur demandait quels sujets de prédication ils allaient traiter.

« Saint-Père, répondit l’un a eux, nous allons prêcher les grandes vérités du Salut. - Ne manquez pas surtout, reprit le pape, de prêcher sur l'Enfer. On ne parle pas assez aux fidèles de cette vérité si importante ».

Notre Dame de Fatima a rappelé trés opportunément aux chrétiens de notre siècle, par l’intermédiaire des petits enfants, cette croyance à l'enfer qui date de douze siècles avant le Moyen Age. Cette affirmation est tombée des lèvres mêmes du Sauveur dont les paroles sont éternellement vraies.

Goûtons la prière enseignée par Notre Dame aux enfants de Fatima, et récitons-là avec une vive une grande confiance : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l'enfer cet conduisez toutes les âmes au ciel, principalement celles qui en ont le plus besoin ».


Réflexions


Notre Dame nous a très opportunément rappelé qu’il y a après la vie terrestre, une autre vie éternelle. Elle sera heureuse si nous avons été fidèles à accomplir la Loi Divine, dans notre vie d’épreuve. Elle sera malheureuse si nous avons été des prévaricateurs. L’éternité bienheureuse, c’est le Ciel. L’éternité malheureuse, c’est l'enfer. Or, Notre Dame veut nous faire éviter l’enfer.

Oui, il y a certainement un enfer et cet enfer est éternel.

Il y a un enfer. - C’est une vérité de notre foi chrétienne.

Dans l’Ecriture Sainte, il est question de l’enfer, dans de nombreux passages de l’Ancien Testament : « Les impies doivent aller en enfer ». (Ps. 9, 18 ; 31, 13). Dans le Nouveau, les textes sont clairs : « Le mauvais riche mourut et il fut jeté en enfer ». (Lc., 16, 22). « Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, s’adressant à ceux qui seront à sa gauche, il dira : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges » (Matt., 25, 41).

La tradition est unanime à admettre un lieu de souffrances, où sont expiées les fautes des criminels et injustes, dans un Au-delà, admis même par les mythologies païennes ct les sectes religieuses, ainsi que par les hérétiques et les schismatiques.

La raison nous montre que, puisque la justice humaine possède des moyens de coercition pour forcer l’obéissance des hommes aux lois civiles, il serait étrange de refuser ce même droit au Tout-Puissant.

Nature des peines de l'enfer. - D’après la Sainte Ecriture et l’enseignement constant de l’Église, les peines de l’enfer sont de deux sortes :

Puisque le péché est commis par une créature humaine composée de corps et d'esprit, la punition doit saisir l’un et l’autre.

Pour le corps, c’est la peine des sens ; pour l'âme, c’est la peine du dam.

La peine des sens consiste dans le « feu inextinguible, là où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s'éteint point ». (Mc., 9, 43). Feu intelligent, d’une constitution particulière, pénétrant le corps et l’esprit. Comme les sensations qui affectent les sens sont perçues par l’âme qui les localise dans les sens, les damnés, avant la résurrection du corps, souffriront dans les membres qu'ils n’ont pas encore recouvrés. Ainsi un amputé d’une jambe sent le froid au pied qu’il n’a plus.

La peine du dam est la privation de Dieu. Le damné comprendra alors mieux encore qu'il est un « séparé » de Dieu, et que Dieu est la source de tout bonheur, Le damné est l’exilé du bonheur, puisque le bonheur, c’est Dieu.

L’enfer est éternel. - Il ne serait pas l’enfer, s’il devait, un jour, finir, mais un Purgatoire où l’espérance allégerait toute souffrance.

Si l'enfer devait finir, on verrait réunis un jour, ensemble, le vice et la vertu, les martyrs et les persécuteurs, la pureté et la luxure, les insulteurs du Christ et les Saints du Paradis.

Dans la « Divine Comédie », Dante a vu écrit sur le portique d'entrée de l’enfer : « C’est la première justice et le premier amour qui m'ont créé ». Si ce n’était que la Justice, le damné pourrait se tourner vers l’Amour de Dieu, pour implorer son pardon, mais comme c’est aussi l’Amour et que rien n’est plus implacable que l’amour méconnu, le damné n’a plus de recours possible.

Notre Dame de Fatima, par votre maternelle intercession, délivrez-nous des peines éternelles de l’enfer.

 

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17 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Dix-huitième jour

 

Lecture

 

Il convient de souligner que la grande préoccupation de Marie, aussi bien à la grotte de Lourdes qu’à la Cova d’Iria, a été de toujours orienter ses confidents vers l’Eternité. La pensée du Christ-Jésus, à travers ses discours et ses comportements, durant sa vie mortelle, était d’ailleurs toujours fixée vers la vie future. Dès les premiers jours de sa mission publique, il précise que celle mission dépasse le cadre de la vie périssable d’ici-bas. « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jn. 18, 36).

Notre Dame, comme son Divin Fils, n’a cure du monde qui passe, mais du royaume céleste qu’Elle souhaite rempli d'élus. Elle voudrait voir sauvées toutes les âmes. C’est pourquoi, dans l’Apparition du 13 octobre 1917, Elle enseigne aux enfants le moyen de conduire toutes les âmes au Ciel.

Marie ne veut pas être - ou si peu - la puissante Mère de Dieu, mais surtout la Mère toute bonne des hommes, la Mère qui veut le bonheur de tous ses enfants quels qu'ils puissent être, fussent-ils coupables.

La préoccupation des mortels, c’est d’amasser des biens temporels, d'acquérir des situations honorables, de jouir des plaisirs mondains. Celle de Marie est tout autre et ne diffère pas de celle de Jésus lorsqu'il dit : « Faites-vous des bourses que le temps n’use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où les voleurs n’ont point d'accès, et où les mites ne rongent point » (Lc., 12, 33). « Que sert à un homme de gagner le monde entier, s’il vient à perdre son âme ? » (Matt., 16, 26).

Notre Dame de Fatima rappelle aux trois petits enfants cette affaire du salut de l’âme qui doit primer toutes les autres. Elle leur fait cette importante observation : « Vous réciterez cette prière : Ô mon Jésus, pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l’enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui sont les plus abandonnées ».

À Lourdes, Notre Dame avait dit à Bernadette, pour la consoler de ses souffrances, qu'Elle la rendrait heureuse, « non pas dans ce monde, mais dans l’autre ».

Comme on la félicitait, elle se contenta de répondre : « Oui, Notre Dame m'a promis le ciel, mais à la condition que j'irai droit mon chemin, Le Ciel, je dois me le gagner ».

Lucie, la confidente de Notre Dame de Fatima, ne répondit pas autre chose à ceux qui la complimentaient des grâces que Marie lui accordait. Avec sa franchise un peu brusque, elle répliqua : « Je ne suis pas plus sûre d’aller au Ciel que vous, si je n’en prends pas le chemin ».

Le Créateur divin nous a donné une âme immortelle pour jouir éternellement du Ciel, mais Il a voulu que nous le gagnions nous-mêmes, et c’est pourquoi Il a fait cette âme libre, pour lui laisser l’entière responsabilité de ses actes et, partant, le mérite ou le démérite suivant son comportement ici-bas.

Notre Dame enseigne à Lucie et à ses deux compagnons le moyen de gagner le Ciel : « Demandez pardon de vos péchés et récitez la prière : Ô Jésus, pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l’enfer et conduisez les âmes au Ciel ».

Demander pardon à Dieu comporte deux sentiments : l’un de regret sincère de l’avoir offensé ; l’autre de résolution de ne pas retomber dans les mêmes fautes et d'éviter toutes occasions volontaires de chute. Du reste, n'est-ce pas ce que nous exigeons nous-mêmes, pour pardonner à quelqu'un qui nous a offensé : « Je regrette ce que j'ai fait et je vous promets que je ne recommencerai pas » ? Nous voulons être assurés de cette promesse pour l’avenir.

Dieu veut que nous fassions preuve de bonne volonté par un effort immédiat, et que nous nous aidions d’abord nous-mêmes : « Aide-toi, dit le proverbe, et le Ciel t'aidera ». Alors notre prière sera mieux écoutée. Comment d’ailleurs le Seigneur laisserait-il son oreille fermée à l’invocation enseignée par sa divine Mère ?


Réflexions


Les paroles de Notre Dame aux petits enfants de Fatima fortifient grandement notre croyance à la Vie future de l’Au-delà éternel.

Il est en effet une double question que se pose l’inquiétude humaine : D’où venons-nous ? Où allons-nous ?

Toutes les philosophies ont cherché des réponses, depuis celle du matérialisme qui ne voit dans la vie humaine qu’un frémissement entre deux néants, jusqu'à la thèse spiritualiste d’une transcendance à des destinées éternelles. Ces réponses sont tellement contradictoires que le philosophe Jouffroy a pu conclure son essai philosophique : « L'enfant qui sait son catéchisme en sait plus long sur ces questions que tous les philosophes ».

Notre Dame de Fatima, dans la prière enseignée à ses petits confidents de la Cova d’Iria, proclame, elle-même, l’existence du Ciel, et sa grande préoccupation est d’aider le plus grand nombre d’âmes à y entrer. Donc, il n’y a pas seulement le monde terrestre où nous vivons, finissant à la mort, mais il y en a un autre, celui de l’« Au-delà éternel ». Combien de fois n’avons-nous pas entendu cette affirmation impie : « Quand on est mort, tout est mort » ! Qui sont ceux qui la profèrent ? Les braves gens ? Pas le moins du monde. Cette affirmation se trouve uniquement sur les lèvres des jouisseurs, des gens à moralité douteuse, des cyniques et de tous les gens sans aveu. C’est donc une parole suspecte et trop intéressée pour être sincère. Ainsi l’on ravale la personne humaine au-dessous des bêtes, car si tout devait finir au trou noir de la tombe, nous vaudrions moins que les bêtes dont la mort est profitable à l’homme, soit qu’il se nourrisse de leur chair, soit qu'il utilise leur dépouille.

L'homme est un composé de corps et d'âme. À la mort, le corps, qui est « poussière, retourne à la poussière » (Gn., 3, 19) en attendant la résurrection des corps, « lorsque de nouveau nous verrons Dieu, avec les yeux de notre chair » (Jb., 19, 26). Mais l’âme, étant un élément spirituel, est impérissable. « Ceux qui meurent sont consolés par la promesse de l’immortalité future. Pour ceux qui sont fidèles, Seigneur, la vie n’est pas enlevée, mais changée ». (Préface des Défunts).

Nous, chrétiens, nous ne pleurons pas nos morts comme ceux qui n’ont pas d’espérance, car nous les savons « dans la région des vivants » (Liturgie des Obsèques) où ils nous attendent.

Notre-Seigneur, dans l'Evangile, parle sans cesse de la vie future. « Que donnera un homme en échange de son âme ? Car le fils de l’homme doit venir. et alors il rendra à chacun selon ses œuvres » (Matt., 17, 26). La raison humaine montre dans le cœur de tout homme le sentiment inné de la justice. Or, combien de fois l’on est le témoin attristé de l’injustice ! Les bons ne sont pas toujours récompensés, ni les méchants punis.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ». (Jean de la Fontaine).

Même cette Cour de justice, lorsqu'elle cherche à être vraiment juste, parce qu’elle est composée d’autres hommes, jugeant seulement de l'extérieur, cette justice est forcément bien courte. Il est donc nécessaire, puisque la justice est insatisfaite ici-bas, qu’il y ait une autre vie où elle sera réalisée.

Notre Dame de Fatima a proclamé la réalité de cet Au-delà et a manifesté aux trois petits voyants sa maternelle sollicitude, à l’égard des pauvres âmes en danger de se perdre, et leur a enseigné une prière tout spécialement pour aider celles qui sont le plus abandonnées.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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16 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Dix-septième jour

 

Lecture

 

« L’Apparition, nous dit Lucie, tenait ses mains jointes, à la hauteur de la poitrine, dans l’attitude d’une personne en prières. Suspendu aux deux mains jointes, glissait un rosaire monté avec de grosses perles de nacre ». C’était plutôt un attribut pour la Reine du Ciel qu’un instrument de prière, car, Marie n’a pas besoin de réciter le chapelet.

Pourquoi réciterait-Elle le Credo, Elle qui jouit de la Vision béatifique ? Dans le ciel, on n’a pas besoin d’affirmer la foi, ni l'espérance, seule « la charité ne passera jamais ». (1 Cor., 13, 8).

Pourquoi réciterait-Elle le « Notre Père », puisqu’Elle possède, avec son Divin Fils, la plénitude de tous les biens que l’on demande dans l'oraison dominicale ? Pourquoi se réciter à Elle-même l’« Ave Maria » ? On ne se salue pas soi-même.

La seule partie du chapelet à laquelle Elle pourrait s'associer est la doxologie qui termine chaque dizaine : « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit ! » et joindre ainsi sa voix au concert angélique pour glorifier la Très Sainte Trinité.

Marie apparut avec un chapelet à la main, aux Roches de Massabielle, à Lourdes. Bernadette, l’heureuse voyante, a fort bien fait la remarque suivante : « L’Apparition égrenait son chapelet entre ses doigts sans mot dire, ses lèvres remuaient seulement au Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ».

L’insistance de la Très Sainte Vierge de se montrer à ses confidents avec un chapelet à la main montre son estime pour cette forme de dévotion. À Fatima, comme à Lourdes, elle tient dans ses mains le chapelet, et remarquons que ce n’est pas avec un chapelet quelconque, mais, nous dit Lucie, un beau chapelet fait avec de grosses perles de nacre. Bernadette nous parle d’une chaîne d’or qui reliait les grains du chapelet de la « Dame ». Pourquoi tant de richesse dans le chapelet des Apparitions ?

Pour nous enseigner à « prier sur de la beauté ». Un des fidèles et auguste serviteur de Marie, le Pape Saint Pie X, dans son « Motu proprio » qui voulait remettre de l’ordre dans l’Art chrétien, nous rappelle d’un mot l’une de ses plus chères préoccupations : « Priez sur de la beauté ! » Le chapelet a toujours été la dévotion de tous les saints. Elle sera toujours la plus belle expression de la piété mariale.

Saint Vincent de Paul, au rapport d’Abelly, son premier historien, et son contemporain, portait toujours un chapelet à la ceinture pour l’avoir à la portée de la main. Il s’écriait un jour : « Oh ! la belle dévotion de dire le chapelet ! Notre Bienheureux Père François de Sales disait que, s’il n’eût pas eu obligation de réciter son office, il n’eût jamais dit d’autre prière. Il l’a dit, trente ans, pour obtenir de Dieu pureté et grâce de bien mourir, par l'entremise de la plus pure des Créatures, la Sainte Vierge ».

Il exhortait ses premières Filles de la Charité sur cette dévotion : « Vous devez être soigneuses à bien réciter votre chapelet, car c’est là votre bréviaire... Comme un prêtre est obligé de dire son bréviaire, ainsi vous devez avoir grand soin de dire votre chapelet. En disant leur bréviaire, les prêtres doivent avoir grande attention, dévotion et révérence : comme eux, vous devez en avoir autant pour votre chapelet, afin d'obtenir de Dieu, par l’intercession de la Sainte Vierge, les grâces dont vous avez besoin pour Lui être agréables ». (Conférence du 8 décembre 1658).

Saint Louis, roi de France, récitait chaque jour le chapelet et s’agenouillait pendant les « Ave Maria ». La récitation du chapelet est très ancienne dans l’Église. Elle existait avant saint Dominique, mais la tradition lui attribue l'introduction du Rosaire qui se compose de trois chapelets avec l'énoncé et une courte méditation sur les mystères joyeux, douloureux et glorieux.

Notre Dame a recommandé aux trois enfants de Fatima de réciter le chapelet, tous les jours. Elle ne leur a pas demandé le Rosaire, mais la troisième partie du Rosaire (que les Portugais appellent « o têrço », qui veut dire tiers du Rosaire). La Sainte Vierge ne voulait pas leur imposer une pratique de piété trop longue.

Certains ont trouvé qu’un chapelet, chaque jour, pour des enfants, c'était encore excessif, Nous avons vu que c'était un usage dans leur famille puisque, le matin, après leur déjeuner sur l’herbe, ils récitent le chapelet. Notons que la Sainte Vierge s’adressait à des enfants privilégiés et que ce n’était pas un ordre, maïs plutôt un conseil. Même auraient-ils fait la promesse de réciter le chapelet, tous les jours, il n’y aurait pas eu faute à le manquer, si un motif valable les avait empêchés de le dire. Retenons le désir très grand que Notre Dame manifeste aux enfants : la récitation quotidienne du chapelet avec la méditation intercalée des Mystères du Rosaire.

 

Réflexions


Le mot de chapelet vient d’un ancien mot français : « chapel », qui désignait une sorte de coiffure. L’on disait indifféremment chapel de roses ou chapeau de roses, parce que des guirlandes de roses ornaient la coiffure. La guirlande est devenue la chaîne et les roses, les grains. Les grains, égrenés entre les doigts, sont les roses effeuillées en l’honneur de Marie. C’est de là qu'est venu d’ailleurs le nom de « Rosaire ». Le chapelet est composé des plus belles prières du chrétien.

Le « Credo », qui est l’affirmation de notre foi ; le « Pater », qui est la prière enseignée par Notre Seigneur ; l’« Ave Maria », qui contient la Salutation de l’Ange ; enfin la doxologie : « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit », sorte de refrain, à la louange de la Très Sainte et Très Auguste Trinité.

Le Rosaire comporte quinze mystères : mystères de l’œuvre de la Rédemption où Jésus et Marie tour à tour s'offrent et offrent. Jésus s’offre à son Père et offre sa mère ; Marie s’offre en sacrifice à Dieu et Elle offre Jésus. Pour gagner les indulgences du Rosaire, il n’est pas nécessaire de réciter tout le chapelet et, a fortiori, les trois chapelets. On peut les gagner, même en ne disant qu’une dizaine, à condition d’énoncer un mystère avant la récitation de cette dizaine.

Pour gagner les indulgences, il n’est pas nécessaire de tenir le chapelet à la main, pourvu qu’on le porte dans sa poche. Les indulgences sont attachées aux grains seulement et non au crucifix. L’on peut donc changer le crucifix sans perdre les indulgences.

Avons-nous un chapelet que nous osons arborer comme le grand physicien Ampère ? Ozanam en fut grandement édifié, comme il l’a écrit : « Le chapelet d'Ampère a fait plus sur moi que tous les livres et même tous les sermons ».


Comment le récitons-nous ?


Est-ce avec dignité et révérence, pensant que nous nous adressons à la Souveraine Majesté de Dieu et à la Grandeur de la Reine du Ciel ?

Avec attention, nous efforçant de penser à ce que nous disons et de sentir ce que nous demandons ?

Avec dévotion, ayant le désir d’aimer généreusement le Bon Dieu et la Sainte Vierge, avec la disposition d’accomplir, en toutes choses, la volonté d’ En-Haut ?

Aimons notre chapelet. C’est lui qu’on enroulera autour de nos mains exsangues. Comme il sera bon alors de l'avoir bien récité !…. Cinquante fois par jour, nous aurons dit à Marie : « Priez pour nous... à l’heure de notre mort ». Cette heure venue, Notre Dame se souviendra de nos appels.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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15 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Seizième jour


Lecture

 

L’Apparition se montra aux petits bergers, le 13 octobre, avec le même visage rayonnant d’idéale beauté mais empreint d’une douce mélancolie, Sa voix était toujours harmonieuse, mais elle avait un léger tremblement de tristesse, causé par la gravité des paroles contenues dans son message céleste. Message grave en effet puisqu il s'agissait d’éternité, de perdition ou de salut pour les âmes, Message de miséricorde par-dessus tout car Marie connaît mieux que quiconque la pénitence de son Divin Fils. « Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais Il prend plaisir à ce que le méchant se détourne de sa voix et qu’il vive ». » (Ezéch., 23, 11).

Notre Dame enseigne aux petits voyants le puissant de conversion : « Récitez tous les jours le chapelet ; demandez à Dieu pardon pour vos péchés, et ajoutez à la méditation des mystères du Rosaire l’oraison suivante : O mon Jésus, pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l'enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel principalement celles qui sont les plus abandonnées ».

C’est l’apostolat vraiment irrésistible et fécond que recommande la Vierge : l’apostolat de la prière. La parole de Dieu par la prédication peut toucher le coeur du pécheur, parfois même l’émotionner profondément mais elle ne détermine pas la conversion.

Certes, il est nécessaire de prêcher et, par là, d’ensemencer le champ du père de famille, pour dissiper l'ignorance et instruire les âmes. Mais la semence ne germera pas si le terrain n’est pas pénétré de la rosée céleste de la grâce et réchauffé par le divin Soleil de Justice. Or, c’est la prière qui attire cette rosée divine et qui fait briller ce Soleil sur l’âme. Un grand convertisseur d’âmes écrivait à l’un de ses amis : « Si tu avais vu comme moi une âme non touchée de la grâce, tu verrais que rien ne peut pour elle; ni l’éloquence capable de faire pleurer le marbre, ni mille vies données en une heure » (Lettres à un jeune homme, Lacordaire). Saint Augustin a écrit dans ses Confessions : « Ce ne sont pas les sermons d’Ambroise, à Milan, qui m'ont converti, mais les prières mêlées de larmes de ma sainte mère Monique ». Notre-Seigneur, avant de commencer sa vie apostolique, s’est retiré sur la montagne de la « Quarantaine », près de Jéricho, pour y prier durant quarante jours. (Matt., 4, 2).

Notre Dame, connaissant la puissance de la prière, recommande cet apostolat qui est l’un des plus faciles et des plus féconds. L’apostolat par la parole publique, ou en réunion privée, parole parlée ou écrite, demande, pour être bien rempli, des conditions particulières, des connaissances nombreuses et variées, une capacité et un courage qui n’est pas à la portée de tous.

L’apostolat de la prière est, au contraire, à la portée de tout le monde, du savant comme du plus modeste, de l’intrépide comme du timide. Il suffit de savoir son « Pater » et son « Ave » et de dérouler son chapelet, en silence, à l'intention des pauvres pécheurs. La Vierge l’a enseigné aux enfants de Fatima : « Priez principalement pour les âmes qui sont les plus abandonnées ». N'y a-t-il pas des pécheurs qui ont un immense besoin de la miséricorde divine ?

Cette invitation de Notre Dame du Rosaire de Fatima, d'exercer cet apostolat de la prière, est un encouragement pour beaucoup d’âmes pieuses, dévorées par le zèle de la Gloire de Dieu, et qui se plaignent de ne rien faire.

« Nous voudrions bien être des apôtres, comme on nous le recommande, mais comment faire ? Je suis mère de famille, dira l’une, j'ai les soins du ménage, des enfants, de mon mari ». L’autre objectera : « J’ai un commerce, je suis prise du matin au soir, comment voulez-vous que je sois apôtre ? »

Mais n'est-il pas possible, en allant et en venant, en se rendant à son travail, même pendant le travail, d'élever son cœur vers Dieu, de Lui offrir son labeur avec ses fatigues, en sacrifice, pour les pauvres pécheurs ? D'ailleurs, pourquoi mettre une cloison étanche entre le travail et la prière ? Le travail offert, le matin, à Dieu est une prière qui se continue toute la journée. Ainsi, chaque jour, nous pouvons, et nous devons, exercer l’apostolat de la prière si utile pour les âmes, nous serons par la prière des Sauveurs d’âme, plus efficacement que certains beaux parleurs et ergoteurs à longueur de journée, qui négligent leur devoir d'état, pensant qu'il vaut mieux discourir pour être un bon apôtre. Témoin, cette épouse qui faisait de l'apologétique avec un client de son mari, au lieu de préparer le repas du conjoint qui, à deux heures de l’après-midi, attendait patiemment qu’il fût prêt.

Seule, la grâce convertit, et la grâce s’obtient par la prière et le sacrifice qui, lui aussi, est une prière. C’est cet apostolat que Notre Dame du Rosaire a recommandé aux trois petits enfants de Fatima, dans son message de la Cova d’Iria.


Réflexions


La Très Sainte Vierge Marie à voulu surtout mettre en évidence cette si consolante vérité, que la Religion chrétienne est une religion de miséricorde et que, si le péché est le plus grand de tous les maux, Marie est pitoyable aux pauvres malheureux qui le commettent. Ainsi le médecin a horreur de la maladie qui terrasse son malade, mais non du malade qu’il veut guérir. Marie, à l'exemple de son divin Fils, déteste le péché, mais son cœur s’émeut de compassion à la vue du pécheur, comme Jésus, si le pécheur veut s’amender. Marie, qui a tant souffert cependant à cause du péché, se devait, à l'exemple de Jésus, d’être miséricordieuse envers les pécheurs pour plusieurs raisons :

1° Parce qu’Elle est notre Mère, et qu’une mère se doit plus encore à son enfant le plus disgracié et le plus malheureux. Une mère, même de son enfant coupable, a toujours pitié !

2° Parce qu'Elle est notre Avocate. Nous sommes tous plus ou moins pécheurs, puisque l'Ecriture dit : « Le juste pèche sept fois par jour ». (Prov., 24, 16). Sept est un chiffre fatidique qui veut dire : de nombreuses fois. Même lorsqu'un homme est coupable d’un crime ou d’un délit, la loi lui permet de prendre un défenseur qui, plaidant brillamment, peut influencer favorablement ses juges et obtenir l’acquittement du coupable.

Devant le Tribunal du Juste Juge, à qui rien n'échappe de nos fautes, Pourrions-nous trouver meilleure Avocate que Celle qui est à la fois Mère du Juge et notre Mère. Elle est au courant de tout ce qui se passe au Conseil Suprême et Elle saura calmer la juste colère du Juge. Marie interpelle Dieu le Père : « J'avais un Fils, dont vous avez exigé la mort sur le Calvaire. J'étais au pied de la croix et je l’ai vu mourir. Maintenant, ce pécheur pour lequel je plaide est aussi mon fils. Quoique coupable, épargnez-le ». La maternelle Avocate emportera un verdict de pardon.

3° Parce qu'Elle est notre Reine. L'un des privilèges du pouvoir suprême est le droit de grâce. Mème un coupable justement condamné peut voir sa peine commuée en une autre plus légère, ou être amnistié. Certes, si le pécheur, après avoir obtenu cette faveur, s’en autorisait pour recommencer ses offenses envers la Majesté divine, la Reine du Ciel ne voudrait Pas assurer son patronage à de si noirs desseins. Mais, si Elle voit le repentir dans le cœur du pécheur, Elle sera pour lui une Médiatrice de grâce.

Ne soyons pas nous-mêmes trop sévères pour ceux qui sont tombés, Loin de les écraser de notre dédain, comme le monde qui est d'ordinaire si débonnaire pour le péché et sévère pour ceux qui le commettent, détestons le péché, mais aidons les pécheurs de nos prières, Notre Dame du Rosaire l’a demandé aux trois petits enfants de Fatima.

 

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(Pour conclure, on peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison)

 

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