19 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Mise au Tombeau Saint Michel Bdx

 

Vingtième jour

20 juillet

 

L'ensevelissement

 

Prélude : Marie-Madeleine à genoux reçoit entre ses mains et baise avec amour, en fondant en larmes, les pieds de Jésus qu'on descend de la croix.

 

Méditation

 

Écoutons saint Bonaventure nous parler du rôle que remplit sainte Madeleine à la descente de croix et à la sépulture du Sauveur.

« Lorsque les clous des mains et des pieds eurent été arrachés, Joseph descendit avec d'infinies précautions le corps du Seigneur que Marie, Jean et Madeleine, reçurent entre leurs bras. Madeleine soutenait ces pieds auprès desquels elle avait trouvé autrefois une si grande miséricorde. Les autres se placèrent autour, et tous firent une douloureuse lamentation sur lui comme sur leur fils unique.

Comme la nuit approchait, ils prièrent bientôt la sainte Vierge de leur permettre d'entourer le corps de bandelettes et de l'ensevelir. Marie tenait toujours la tête de Jésus sur son sein, et elle se réserva de l'envelopper. Madeleine était aux pieds, et, quand on en fut arrivé là, elle dit : « Je vous en prie, laissez-moi arranger ces pieds près desquels j'ai obtenu mon pardon ». Ils le lui permirent, et alors elle les prit ; et paraissant défaillir de douleur, elle lava des larmes de sa compassion ces pieds qu'elle avait jadis lavés des larmes de sa componction. Elle les considérait ainsi, blessés, percés, déchirés et sanglants ; et elle pleurait amèrement. Car, selon que la Vérité en a rendu témoignage, elle avait beaucoup aimé ; aussi pleura-t-elle beaucoup, surtout à ces tristes obsèques de son Maître et de son Seigneur, torturé, flagellé, meurtri, mort et presque réduit au néant. Son cœur pouvait à peine demeurer dans son corps, tant son affliction était grande, et on peut bien penser que, si elle l'avait pu, elle eût volontiers expiré aux pieds du Seigneur. Elle ne voyait pas de remède à sa douleur, et ce n'était pas de semblables soins qu'elle était habituée à lui prêter.

C'est ici, en effet, un nouveau et dernier ser- vice qu'elle lui rend ; et, en l'accomplissant, son âme est dévorée d'amertume, parce qu'elle ne peut le rendre selon ses ardents désirs et comme il serait convenable. Elle voudrait, en effet, laver tout le corps, l’oindre de parfums, le disposer parfaitement ; mais ce n'est ni le temps ni le lieu. Elle ne pouvait pas plus, elle ne pouvait pas autre chose : elle fait ce qu'elle peut. Au moins lave-t-elle les pieds de ses larmes ; puis elle les essuie dévotement, les baise, les enveloppe et les arrange le mieux qu'elle sait.

Joseph eut l'attention de ne fermer le sépulcre qu'après avoir laissé entrer les saintes femmes. Madeleine observa où et comment on avait déposé son Seigneur, de quel côté les pieds, de quel côté la tête, et demanda à Joseph la clé du jardin, où elle se promettait bien de venir souvent et bientôt. L'embaumement, à cause de la proximité du Sabbat et de tant d'autres circonstances, ayant été un peu précipité, elle veut le compléter. C'était d'ailleurs ordinairement un office dévolu aux femmes, et il lui revenait de plein droit. Elle est la dernière à s'éloigner du tombeau, et elle ne le quitterait pas, si elle n'avait un double devoir de piété à remplir, celui de satisfaire à la loi du Sabbat et celui de reconduire et de consoler la mère de son Rédempteur On l'a déposé dans un monument creusé dans le roc, mais elle lui a préparé en elle-même un monument vivant d'où il ne sera jamais ôté. En recevant le corps de Jésus entre ses bras, elle a reçu son esprit dans le sien ; et parce qu'il est mort et enseveli, elle n'a d'autre désir que de mourir et d'être ensevelie avec lui. Ne pouvant plus se tenir debout, et ne voulant pas se retirer, le cœur brisé et les mains lui tombant de faiblesse, « elle se tenait assise, dit saint Matthieu, avec l'autre Marie, vis-à-vis du sépulcre ».

Mais, saint Jean l'ayant priée de venir avec la mère de Jésus, elle répondit : « Vous savez bien que j'irai avec elle, partout où elle ira et que je ne la quitterai jamais ». Madeleine alla donc dans la maison de Jean avec Marie, et, celle-ci, regardant autour d'elle, se prit à dire : « Ô mon fils, où êtes-vous, que je ne vous vois pas ? Jean, où est mon Fils ? Madeleine, où est votre Père, qui vous aimait si tendrement ? Il s'est éloigné de nous, lui, notre joie, notre douceur, la lumière de nos yeux !... »

 

Résolution : Passer dans le recueillement les heures qui précèdent la sainte Communion.

Bouquet spirituel : « Madeleine se tenait assise vis-à-vis du sépulcre » (Matth. 27, 1).

 

Vita marie madeleine

 

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18 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Crucifix_Masaccio

 

Dix-neuvième jour

19 juillet

 

Au Calvaire

 

Prélude : Marie-Madeleine se tient debout près de la croix. De temps en temps, elle s'approche pour coller ses lèvres sur les pieds ensanglantés de Jésus crucifié.

 

Méditation

 

Jésus est presque seul sur le Calvaire. Mais, parmi les rares fidèles qui l'y ont suivi et qui l'assistent jusqu'à son dernier soupir, mon regard, après Marie, rencontre, avec une vive et reconnaissante émotion, Madeleine, celle qui a le mieux compris combien le premier devoir d'un chrétien est de suivre son Dieu au Calvaire.

Elle était là, quand ils le crucifièrent. Chaque coup de marteau retentit dans son cœur, chaque goutte de sang lui arrache une larme, le bruit de la croix qui retombe dans le trou où on la fixe déchire ses entrailles, et elle souffre en proportion de son amour. Ô vraie martyre, Madeleine, vous aurez eu là, devant Dieu, tout le mérite de la souffrance endurée par amour, et si vous n'avez pas versé votre sang pour lui, vos déchirements sur le Calvaire ont été un martyre bien plus douloureux que celui de la vie ! Ah ! bourreaux, vous ne fûtes pas seulement les meurtriers de Jésus-Christ, vous avez immole aussi sur le Calvaire cette fidèle servante du crucifié, dont les sanglots et les douleurs n'ont pas pu attendrir votre barbarie !

Quand il fut crucifié, elle se tint là, tout auprès de lui, raconte l'Evangéliste. « La mère de Jésus, dit-il, et la sœur de sa mère, Marie Cléophas, et Marie-Madeleine, se tenaient au pied de la croix ». Elle était là, représentant l'innombrable multitude des pécheurs convertis, qui retrouveront dans la pénitence la robe nuptiale trempée du sang de l'Agneau. Jésus la regardait de temps à autre, et, la voyant si belle dans son innocence reconquise, il puisait dans cette vue le courage héroïque dont il eut besoin pour consommer cette immolation.

Voilà donc, se disait-il, voilà le fruit de mes souffrances ! Voilà les âmes que je rachète ! Voilà les pécheurs pour qui je dois mourir !... Mais elle, ah ! comme elle pleurait amèrement sa conduite criminelle, son passé coupable ! Jésus souffre, et c'est elle qui a contribué à le faire ainsi souffrir ! N'y eut-il eu qu'elle au monde à racheter, elle sait que ce divin Sauveur aurait voulu se laisser encore sacrifier. Marie souffre, et c'est elle qui a contribué à enfoncer dans cette grande âme de mère le glaive douloureux qui la transperce en ce moment. Ô Jésus, ô Marie, pardonnez-moi de vous avoir autant fait souffrir !...

Elle s'approche avec l'effusion de l'amour et d'une incomparable douleur, elle baise avec transport ses pieds cloués, elle regarde Jésus, et Jésus ne lui dit rien; elle prend de son sang et elle s'en baigne avec amour, ivre de douleur et de tendresse ! Enfin, Jésus expire... Ô mon bien-aimé, où êtes-vous allé, loin de celle qui vous a tout donné, son cœur et son âme, sa vie ? Ah ! pourquoi l'avez-vous laissée, seule, et pourquoi ne lui avez-vous pas permis de mourir avec vous ?

Quand Jésus fut mort, « il y avait là, disent les saints Evangiles, plusieurs femmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et l'avaient assisté de leurs biens, et encore plusieurs autres venues avec lui à Jérusalem, entre lesquelles étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques le Mineur et de Joseph, et Salomé, mère des fils de Zébédée, et tous ceux qui étaient de la connaissance de Jésus, se tenant à l'écart et regardant de loin ce qui se passait ».

Qui dira la ſerveur de cette contemplation chez Marie-Madeleine, tandis qu'elle regardait ainsi son Dieu, son Maître, son Sauveur, son Ami, mort, suspendu à un gibet infâme, couvert de sang, le coté ouvert, la tête chargée d'épines, les pieds et les mains percés, tout le corps meurtri et insulté ! Ah ! Jésus, tout, en votre sainte et dévouée servante, tout s'unit à vos souffrances, et il ne reste plus rien en elle qui ne soit sacrifié avec vous ! Ô amour ! Ô repentir ! Ô martyre !

 

Résolution : Aimer à baiser les pieds du crucifix, en union avec les sentiments de douleur et d'amour de Marie-Madeleine sur le Calvaire.

Bouquet spirituel : « Madeleine était debout, aux pieds de la croix, avec Marie ». (Jean 19, 25).

 

Vita marie madeleine

 

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17 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Chemin de Croix Martini 3

 

Dix-huitième jour

18 juillet

 

Pendant la Passion

 

Prélude : Représentons-nous Marie-Madeleine sur le chemin du Calvaire, à la suite de Jésus chargé de sa croix.

 

Méditation

 

Avec la sainte Vierge, Madeleine quitta Béthanie pour se rendre à Jérusalem, à la suite de son divin Maître.

On croit qu'elles assistèrent à la Cène dans une pièce contiguë au cénacle, d'où elles pouvaient suivre toutes les actions du Sauveur, entendre toutes ses paroles, et où Jésus vint leur apporter la divine Eucharistie pour les en communier de ses propres mains.

Après la Cène, quand Jésus se rendit à Gethsémani, sa mère passa le reste de la nuit, avec Madeleine, occupées à rendre grâces pour la communion qu'elles venaient de faire et à unir leur cœur au cœur agonisant de Jésus.

La première communion de Madeleine !... Qui dira jamais cet ineffable mystère de l'amour !...

Mais la Passion approche. Voici l'agonie, voici Judas, voici la cohorte, voici les bourreaux !...

Écoutons la très Sainte Vierge elle-même raconter, dans une révélation à saint Anselme de Cantorbéry, cet émouvant récit, qu'il ne nous reste plus qu'à méditer.

« J'étais, dit-elle, chez la mère de Jean l'Evangéliste, lorsque tout-à-coup les disciples, en pleurs et hors d'haleine, vinrent me dire : « Votre Fils bien-aimé, notre Seigneur et Maître, a été pris ; on le traîne lié et garrotté ; et nous ne savons pas ce qu'on a fait de lui, et si on l'a mis à mort ». À ces paroles, toutes mes entrailles furent bouleversées ; je sors à l'instant, et, avec Marie-Madeleine, je cours du côté du Temple. Au tumulte qui se faisait dans la maison d'Anne, je voulus pénétrer, mais on me ferma la porte, et je dus demeurer dehors où je pleurais et disais : « Oh ! mon Fils, mon cher Fils, ma lumière et ma vie ! qui mettra de l'eau dans ma tête et dans mes yeux une fontaine de larmes, pour pleurer la mort de mon Fils ?

Pour Marie-Madeleine, elle allait de tout côté, elle s'élançait aux fenêtres pour plonger son regard dans l'intérieur de la maison, elle prêtait l’oreille ; et voici qu'elle entend le Prince des Apôtres qui renie mon Fils. Alors, dans sa surprise et sa consternation extrême : « O bon Jésus, s'écria-t-elle, que va-t-il arriver, et qu'en sera-t-il de vous, puisque le chef de vos disciples vous renie ! O doux Jésus, jamais, jamais, je ne vous renierai...

Lorsqu'on menait mon fils entre deux scélérats hors de la ville, pour le crucifier, je voulus le suivre et le voir ; mais la grande multitude de gens qui l'entouraient pour l'insulter, me retenait toujours forcément à l’écart. Nous délibérâmes donc, avec Marie-Madeleine, et nous convînmes qu'en arrivant sur la place voisine, nous tournerions rapidement la fontaine, pour nous trouver face à face avec Jésus. C'est alors que je l'ai vu défiguré et meurtri ; et lui, s'inclinant doucement vers moi, semblait me dire : Merci, ma Mère bien-aimée, merci pour tous les soins que vous m'avez donnés ; quoique pauvre et dénuée de tout, vous avez, au prix d'un travail sans relâche, nourri et élevé ce temple de mon corps qu'on s'apprête à détruire et à renverser ; et maintenant, vous m'accompagnez dans cette voie d'opprobres et de souffrances, quand nous sommes, vous et moi, l'objet d'un mépris universel…

Sur le Calvaire, Marie-Madeleine se tenait près de moi avec mes sœurs ; mais nulle ne pleurait autant qu'elle son Seigneur, disant : « Et maintenant, qui me remettra mes péchés ? Qui prendra ma défense contre Simon et contre ma sœur ? »

« Quant à moi, disait sainte Thérèse, je tiens que si Madeleine n'a pas fini ses jours par le martyre, cela vient de ce qu'elle l'endura alors en voyant mourir Jésus-Christ dans les tortures, et de ce qu'elle a continué de l'endurer tout le reste de sa vie, par le terrible tourment qu'elle éprouvait d'être séparée de son cher Maître ».

 

Résolution : Faire souvent, avec dévotion, le Chemin de la Croix en union avec Marie-Madeleine.

Bouquet spirituel : « Marie- Madeleine l'avait suivi ». (Luc 23, 55).

 

Vita marie madeleine

 

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16 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine et la Vierge Marie

 

Dix-septième jour

17 juillet

 

Les derniers jours du Sauveur

 

Prélude : Madeleine, à mesure que le temps approche, redouble d'assiduité auprès de Jésus et de Marie, sa sainte mère.

 

Méditation

 

Saint Bonaventure à médité, avec beaucoup d'onction, la conduite de Madeleine pendant les quelques jours qui suivirent le festin de Simon. Pendant ces quelques jours qui précédèrent la passion, dit le saint docteur, la maison de Lazare, à Béthanie, était sa retraite principale. C'est là aussi que demeurait sa mère ; et tous l'honoraient grandement, surtout Madeleine, qui lui tenait toujours compagnie et ne le quittait jamais.

« Cependant, les mystères se multipliaient, les Ecritures étaient accomplies par le Seigneur Jésus, et, les temps approchant, il brûlait d'apporter au monde le remède du Salut par la passion de son propre corps. Aussi, le jour suivant, de grand matin, c'est-à-dire le dimanche, il se prépara à aller à Jérusalem, d'une façon contraire à ses usages, mais conforme aux prophéties. Et comme il voulait partir, sa mère, le retenant dans un accès de tendresse, lui disait : « Mon Fils, où voulez- vous aller ? Vous savez la conspiration tramée contre vous ; comment allez-vous vers eux ! Je vous en supplie, ne vous y rendez pas ». Madeleine disait : « Maître, n'y allez pas ! Vous savez qu'ils désirent votre mort. Si vous vous mettez entre leurs mains, ils vous prendront aujourd'hui, et ils achèveront leurs desseins ! » Mais Jésus en avait disposé autrement, lui qui avait soif du salut du monde, et il leur répondait : « C'est la volonté de mon Père que j'y aille. Ne craignez point, lui-même nous défendra, et ce soir nous serons de retour ici, sains et saufs ».

Combien Madeleine fut joyeuse, quand il était acclamé par le peuple, et bien plus encore, quand elle le vit revenir à Béthanie !

« Le mercredi, le Seigneur soupa avec ses disciples dans la maison de Lazare ; sa Mère et les autres saintes femmes mangeaient dans un appartement séparé. Madeleine, qui suivait le Seigneur, l'interrogea et lui dit : « Maître, rappelez-vous que vous devez faire la Pâque avec nous, et, je vous en prie, ne me refusez pas cette faveur ». Comme Jésus n’acquiesçait point et répondait qu'il ferait la Pâque à Jérusalem, elle, se retirant en larmes et gémissante, s'en alla vers Notre Dame, et, lui ayant tout raconté, la conjura de le retenir pour cette Pâque. Le souper étant terminé, le Seigneur Jésus se rend vers sa mère et s'assied à l'écart, conversant avec elle et la laissant jouir de cette présence qu'Il devait bientôt lui ravir. Regardez-les donc assis tous deux ; voyez comme Notre Dame le traite avec révérence et reste affectueusement près de lui, et aussi comme le Seigneur se tient respectueusement près d'elle.

« Pendant qu'ils s'entretenaient ainsi, Marie va vers eux, et, s'asseyant à leurs pieds, dit : « Notre Dame, j'avais invité le Maître à faire ici la Pâque ; mais il semble vouloir aller à Jérusalem pour la faire, et il y tombera aux mains de ses ennemis ; je vous en prie, ne l'y laissez pas aller ». Sa mère lui dit alors : « Mon Fils, je vous prie qu'il n'en soit pas ainsi, mais faisons notre Pâque en ce lieu. Vous savez en effet que des embûches sont dressées pour vous saisir ». Et le Seigneur : « Ma Mère bien-aimée, dit-il, la volonté de mon Père est que je fasse la Pâque à Jérusalem, parce que le temps de la Rédemption est arrivé. Bientôt s'accompliront toutes les choses qui ont été écrites de moi, et ils feront de moi tout ce qu'ils voudront ».

« Elles entendirent ces paroles avec une profonde douleur, parce qu'elles comprirent bien qu'il parlait de sa mort. Oh ! si vous eussiez vu sa mère, fondant en larmes, humblement et modestement cependant, et Madeleine, comme ivre de douleur, se répandant en sanglots et en gémissements, sans doute, vous n'eussiez pu vous-même contenir vos pleurs ! Dans quel état pouvaient-elles être en traitant un pareil sujet ! Et le Seigneur dit à sa mère, en la consolant doucement : « Ne pleurez pas, vous savez qu'il me faut accomplir la volonté de mon Père ; mais ayez confiance et tenez pour certain que je reviendrai bientôt vers vous, et que je ressusciterai glorieux et immortel le troisième jour. Il faut que, selon la volonté de mon Père, je fasse la Pâque sur la montagne de Sion ».

« Alors Madeleine dit : « Puisque nous ne pouvons pas le retenir ici, allons, nous aussi, à Jérusalem ; mais je crois que jamais nous n'aurons vu de si tristes Pâques ».

 

Résolution : Faire souvent des actes de résignation à la sainte volonté de Dieu.

Bouquet spirituel : « Allons, nous aussi, et mourons avec lui ». (Luc 11, 16).

 

Vita marie madeleine

 

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15 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Madeleine 2-001

 

Seizième jour

16 juillet

 

Madeleine et Judas

 

Prélude : Judas l'Iscariote, en colère, murmure tout haut contre la profusion de Madeleine. Jésus se dispose à défendre énergiquement sa fidèle servante.

 

Méditation

 

Madeleine et Judas ! quel sujet de méditation... Combien ce rapprochement froisse et soulève le cœur. Le Saint Esprit a désiré qu'il ſût fait, et nous entrerons dans ses mystérieuses intentions en méditant les détails et qu'il a voulu nous faire transmettre à ce sujet.

Voyant Madeleine qui répandait avec abondance un parfum si précieux sur la tête de Jésus, et qui brisait le vase d'albâtre à ses pieds divins, Judas, au lieu de s'en réjouir par amour et d'admirer l'action de cette femme, entre en colère et dit : « À quoi bon cette profusion ? On aurait pu vendre ce parfum bien cher, plus de trois cents deniers, et en donner le prix aux pauvres ». Saint Jean, qui assistait à cette scène et dont le cœur dut souffrir de cette indignation d'un de ses frères dans l'apostolat, ajoute : « Il avait ainsi parlé, non qu'il se souciât des pauvres, mais parce que c'était un voleur, et qu'ayant la bourse entre les mains, il disposait de ce qu'on y mettait ». Madeleine se tut, comme toujours. Jésus voyait son cœur, cela lui suffisait. À quoi bon se soucier des murmures de Judas ?

Hélas ! Judas gagna des partisans, et son spécieux sophisme rencontra une adhésion sympathique chez plusieurs Disciples, tant notre esprit est faible devant les mystères de Dieu ! Ils s'indignèrent de voir un parfum très précieux répandu sur la tête de leur Maître, sur cette tête qu'ils verront bientôt sous une couronne d'épines. « Ils se mirent, eux aussi, à dire : Pourquoi perdre ce parfum ? Judas a raison. On aurait pu le vendre une grande somme, plus de trois cents deniers, et la distribuer aux pauvres ». Et, ajoute le saint Évangile, ils frémissaient contre elle ».

Ils frémissaient contre elle ! Jésus ne peut contenir l'indignation de son cœur. Quoi ! Madeleine jugée par Judas ! Madeleine blâmée par le traître ! L'heure n'est pas venue encore de démasquer l'hypocrisie de l'Iscariote. Mais, du moins, il ne peut s'empêcher de défendre sa sainte amie. « Il leur dit donc : Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Laissez-la ».

Marie-Madeleine avait de la peine, non point d'avoir encouru le blâme des disciples entraînés par Judas, mais de voir combien le culte de la divinité de Jésus était compté pour peu par ses meilleurs amis. Elle Elle craignait même peut-être d'avoir contrarié le doux Maître, en fournissant l'occasion à ces murmures, qui la contristaient comme une offense à Dieu. Aussi, Jésus s'empresse de l'exalter. « C'est une bonne œuvre, dit-il, qu'elle a accomplie en moi ». Marie a bien fait, à tous les points de vue. Son action, loin de mériter un blâme quelconque, mérite d'être exaltée.

« Vous aurez toujours des pauvres avec vous, et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours ! » Comme cette dernière parole est douce et triste ! Madeleine dut la comprendre, elle qui aimait ! « Cette femme, continue Jésus, a fait ce qu'elle a pu de ce qu'elle avait, et elle a oint d'avance mon corps pour la sépulture ». Jésus veut qu'on sache qu'il se regarde comme embaumé par elle.

Mais, après avoir justifié Madeleine par la pureté de son motif, l'opportunité de son action et le mouvement intérieur du Saint Esprit, Jésus va lui promettre, avec serment, une célébrité immortelle, et il s'écrie : « Je vous le dis en vérité, dans tout l'univers, en quelque lieu que cet Evangile soit prêché, ce qu'elle a fait se racontera aussi en mémoire d'elle ». La gloire de Madeleine est inséparablement unie à la gloire de notre rédemption.

Voilà Madeleine ! Mais Judas !.. ah ! Judas ! Ce festin mettra le comble à ses forfaits, et la mesure sera pleine, après qu'il aura murmuré contre Marie ! La colère de Dieu répond à sa feinte indignation... À peine, en effet, le Sauveur avait-il achevé les paroles où il justifiait la piété de Marie-Madeleine, que l'Evangile ajoute : « Alors l'un des douze, qui s'appelait Judas Iscariote, alla trouver les princes des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner pour que je vous le livre ? » Et ils convinrent avec lui de trente pièces d'argent ».

 

Résolution : Apporter toujours une grande réserve dans nos jugements sur le prochain.

Bouquet spirituel : « Ce qu'elle a fait se racontera partout en mémoire d'elle ». (Matthieu 26, 13).

 

Vita marie madeleine

 

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14 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine 3

 

Quinzième jour

15 juillet

 

La seconde Onction

 

Prélude : Marie-Madeleine debout verse le parfum précieux sur la tête du Sauveur. La bonne odeur du parfum qui s'échappe du vase d'albâtre remplit toute la maison.

 

Méditation

 

Six jours donc avant cette Pâque qui devait être la dernière de l'ancien monde et la première du nouveau, Jésus vint à Béthanie, et, ce jour-là même, la veille de son entrée triomphale à Jérusalem, on lui donna la cène de l'amitié. La tendresse de Marie-Madeleine, raconte son plus éloquent panégyriste, « éclairée d'une lumière plus haute encore, lui disait que ce repas avait un caractère d'adieu et qu'on touchait à d'extrêmes événements. Elle prịt donc dans un vase d'albâtre un parfum précieux, et elle entra dans la salie du repas. Ce n'était plus cette femme en qui la jeunesse et la beauté déguisaient mal l'opprobre du vice, et qui s'approchait timidement des pieds de Jésus, comme une servante, pour y répandre et y essuyer des pleurs. Trois années de grâce avaient passé sur son front, et c'était la sainteté qui enveloppait toute sa personne d'une auréole divine. Elle entra donc, et brisant l'albâtre qu'elle tenait dans ses mains, elle en répandit le parfum sur la tête du Sauveur. Madeleine brise l'albâtre, parce qu'elle comprend que tout est consommé, et que jamais plus le Seigneur ne recevra de la piété des hommes un semblable hommage. Ce mouvement d'un désespoir et d'un amour prophétiques accomplis, Marie se rappelle sa bassesse première, et, courant aux pieds de Jésus, elle y verse avec un débris du vase un reste du parfum qu'elle essuie de ses cheveux ».

Voyons comment les saints docteurs expliquent cette double effusion de parfum sur les pieds et sur la tête de Jésus-Christ.

« Lorsque Madeleine n'était encore qu'une pauvre pécheresse, nous dit saint Ambroise, elle s'approchait seulement des pieds du divin Maître, mais, lorsqu'elle s'élève en mérite, elle ose parfumer la tête du Sauveur ».

Ou bien, ajoute saint Bernard, « elle apporte aux pieds de Jésus-Christ les parfums de la pénitence, et elle fait couler sur sa tête ceux de la dévotion et de la reconnaissance ».

« Nos bonnes œuvres, reprend de son côté Origène, lorsqu'elles sont faites pour la gloire de Dieu, deviennent des parfums d'agréable odeur ; mais si elles ont en même temps pour but l'utilité du prochain ou des pauvres comme l'aumône, elles sont le parfum des pieds de Jésus-Christ ; tandis que si elles ont pour objet le service même de Dieu, comme la chasteté, le jeune, la prière, elles deviennent semblables au parfum répandu sur sa tête ».

À peine Madeleine a-t-elle brisé le vase d'albâtre que commencent ces murmures, dont nous parlerons plus en détail demain. Oh ! que ces murmurateurs sont loin de la pensée du Maître ! L'âme qui aura pu parfumer les pieds du Sauveur saura aussi prendre soin des pauvres. Mais, avant l'aumône, le parfum; avant la charité envers les hommes, la piété envers Jésus-Christ.

Aussi le Sauveur exalte l'action de Madeleine ; il annonce que, partout où son Évangile sera prêché, on célébrera avec des louanges ce qu'elle a fait pour lui. Et, afin que le symbole réponde à la vérité de la prédiction divine, l'Evangéliste ajoute que « l'odeur du parfum remplit toute la maison ». - « Ce qui signifie, dit saint Augustin, que la renommée de ses vertus s'étend jusqu'aux limites du monde ».

En effet, ô Madeleine, l’Evangile a pénétré jusqu'aux extrémités de l'univers, et partout votre amour si pur, si pénitent, si dévoué, si tendre, votre amour qui brise le vase pour que le parfum se répande tout entier, votre amour, ô Madeleine ! a été l'une des suaves odeurs que l'Evangile a exhalées ; et chaque fois que le pauvre pécheur est revenu aux pieds de Jésus-Christ, si ses yeux se sont mouillés de larmes, si son âme s'est brisée de douleur, s'il s'est dévoué pour expier sa vie passée, c'est qu'il avait respiré vos parfums, ô Madeleine ! et qu'il a voulu les répandre comme vous et après vous !

 

solution : Unir toujours, dans nos œuvres, la charité envers les hommes à la piété envers Dieu, pour accomplir la loi.

Bouquet spirituel : « Elle brisa le vase d'albâtre ». (Marc 16, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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13 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Marie Madeleine 2

 

Quatorzième jour

14 juillet

 

Le Festin

 

Prélude : La réunion est nombreuse. Marie-Madeleine est encore à genoux, aux pieds de Jésus. Elle adore avec amour. Mais son visage est empreint de tristesse.

 

Méditation

 

La scène de la résurrection de Lazare devait s'achever ailleurs que devant le sépulcre d'où la voix émue du Sauveur l'avait tiré, sur un théâtre plus solennel encore, dans une autre maison encore que celle de Lazare, ou, sans doute le divin Maître s'était reposé un instant après le grand miracle. C'est là que les disciples accompagneront Jésus, et que Lazare s'assoira parmi les convives, tandis que Marthe sert et que Marie-Madeleine accomplit cette action dont, selon la prédiction de Jésus lui- même, il sera parlé jusqu'à la fin du monde.

« Dix jours avant la Pâque, dit saint Jean, Jésus vint à Béthanie, au lieu où Lazare était mort et où il l'avait ressuscité, et ils lui firent là un souper. Marthe servait, et Lazare était l'un des convives... C'était, dit saint Matthieu, dans la maison de Simon le Lépreux », probablement le même chez qui Madeleine avait oint pour la première fois les pieds du Sauveur.

Ô festin de la maison de Simon le Lépreux, vous me rappelez le festin Eucharistique ! C'est là que les âmes goûtent, surtout au lendemain de leur conversion, le bonheur d'appartenir à Jésus. C'est là qu'avec Lazare elles partagent sa nourriture, qu'avec Marthe elles apprennent à le servir et surtout qu'avec Marie elles lui vouent un éternel amour, une fidélité immortelle.

Madeleine arriva chez Simon, portant dans ses bras un vase précieux et admirablement ciselé. C'était comme l'image de son cœur pur comme cette pierre transparente dont le vase était fait, tendre comme cette pierre si facile à travailler, docile comme cette pierre sous le ciseau de l’artiste, rempli du plus délicieux parfum, celui de l'amour.

Ce vase, en effet, contenait une livre d'essence de nard que Marie acheta à grands frais. Les Evangélistes ont noté avec soin le mérite de ce parfum. Saint Matthieu, saint Marc et saint Jean l'appellent une essence « précieuse » ; saint Marc dit qu'elle était « tirée de l'épi » même du nard, et saint Jean ajoute qu'elle était « fidèle », c'est-à dire sans mélange En un mot, le parfum apporté par Madeleine était le plus exquis et le plus recherché de tous les parfums.

L'essence que Madeleine répandit seulement sur les pieds de Jésus la première fois n'est pas dite précieuse, car, observe pieusement un récent biographe de la sainte amie de Jésus, c'est l'amour qui décide du prix des parfums, et l'amour qui lui fit répandre le parfum de la componction chez le Pharisien n'égalait pas encore l'amour qui lui fait répandre aujourd'hui celui de la dévotion. Cette essence, qui a été répandue sur tout le corps du fils de Dieu, que Madeleine a regardée comme la plus haute expression de son amour, à laquelle l’Église a attaché de si mystérieuses significations, méritait d'être remarquée.

Mais, je n'oublie point que le festin a lieu six jours avant la dernière Pâque, la veille même du jour où Jésus fera son entrée triomphale à Jérusalem, au début de la grande semaine où il duit mourir.

Quel mélange de sentiments doux et tristes, d'images riantes et lugubres, de souvenirs charmants et d'appréhensions terrifiantes ! Lazare est là, Lazare le ressuscité, à table avec son Rédempteur ; mais Judas aussi y est, Judas le traître, qui a déjà vendu le Maître dans son cœur. La maison est pleine d'amis, d'apôtres, de convertis. mais, à quelque distance de Béthanie, les ennemis de Jésus trament et préparent sa perte.

Les disciples tremblent, parce qu'ils savent combien la colère des Juifs est arrivée à son paroxysme. Madeleine tremble avec eux, et tout son cœur s'émeut, à la pensée que les méchants jaloux de son Maître pourraient l'enlever à son amour.

Ô sainte amie de Jésus, apprenez-moi à aimer comme vous et à trembler comme vous : à aimer, en répandant tout mon cœur aux pieds de Jésus ; à trembler, de peur que ses ennemis et les miens ne m'enlèvent le trésor béni de sa grâce !

 

Résolution : Concourir volontiers à la décoration des temples et des autels de la divine Eucharistie, en union avec les sentiments de Marie-Madeleine, apportant le vase de parfum précieux chez Simon le Lépreux.

Bouquet spirituel : « Pour Marie, elle prit une livre d'un nard excellent et de grand prix » (Jean 12, 3).

 

Vita marie madeleine

 

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12 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Résurrection de Lazare

 

Treizième jour

13 juillet

 

Résurrection de Lazare

 

Prélude : Marie-Madeleine, à genoux devant le Sauveur, pleure sur la mort de Lazare. Jésus frémit et pleure avec elle.

 

Méditation

 

Or, il y eut un grand et douloureux évènement à Béthanie, dans ces maisons où Jésus avait ses trois amis. Marthe et Madeleine eurent la douleur de voir Lazare tomber dans une sorte de langueur maladive, qui finit par s'aggraver et devenir une maladie mortelle. On s'aimait beaucoup dans cette mai- son, où Jésus avait laissé sa paix, et ce fut une grande désolation parmi les deux sœurs quand leur frère s'en allait mourir. Et Jésus n'était pas venu depuis longtemps !... Ah ! si Jésus était présent, comme Marthe et Marie seraient tranquilles et rassurées. Mais il est loin, et les Juifs cherchent à le lapider. Peut-être la crainte des Juifs, la prudente réserve des apôtres, les prédications de Jérusalem le retiendront encore longtemps loin de Béthanie Les deux sœurs se concertèrent. « Envoyons un message au Maître ». J'imagine volontiers que ce fut Marie-Madeleine qui trouva, dans sa connaissance du Cœur de Jésus, ce touchant appel : « Seigneur, celui que vous aimez est malade ! »

Quand Jésus reçut le message, il ne sembla pas d'abord s'en émouvoir. Pendant qu'il différait, la maison de Béthanie se remplissait des cris de Marthe et des larmes plus silencieuses de Marie. Lazare, en l'absence de Jésus, était mort !

Marie alors s'abîme dans sa douleur, au point que ses amis ne savaient plus comment la consoler.

Enfin, Jésus dit : « Lazare est mort... parce que je n'étais pas là. Allons à lui ». Et Jésus vint, et Marthe accourut au-devant de lui. Mais, après un dialogue sublime, elle se leva sur l'ordre du Maître et revint à la maison où sa sœur pleurait, inconsolable de la mort de leur frère. Mais l'approche de Jésus avait déjà opéré son action sur sa sainte amie. Elle avait retrouvé, avec l'espérance, le but ordinaire de ses contemplations ; elle avait recommencé son oraison si tendre et si continue. On dirait que Marthe l'a compris, tant elle s'approche avec une sorte de précaution de sa sur la contemplative. Elle l'appelle à voix basse, ou plutôt, suivant l'expression même du texte sacré, « en silence ».

Elle lui dit : « Le Maître est là, et il t'appelle ! » Ô parole délicieuse ! Lorsque Marie l'entendit, elle se leva avec une hâte telle que les Juifs en éprouvèrent de l'effroi. Elle court, elle vole ou son amour l'appelle, où son Maître l'attend. Marie se jeta aux pieds de Jésus... Et Jésus, la voyant pleurer, éprouva une grande émotion. Alors, dit saint Jean, Jésus pleura !

Larmes bénies de mon Dieu, en même temps que vous me témoignez de son amitié de prédilection pour Madeleine, combien vous me prêchez éloquemment son amour pour les âmes et sa miséricorde pour les pécheurs ! En vous voyant couler silencieuses et brûlantes, les témoins de cette scène merveilleuse disent : « Comme il l'aimait ! » Mais, l'attendrissement d'un Dieu ne saurait demeurer stérile : Madeleine sera bientôt consolée par l'un des plus éclatants prodiges de la puissance de Jésus-Christ.

Ô Lazare, Jésus est touché des larmes de Madeleine, il a pleuré et souffert pour toi, ô « Lazare, viens hors du tombeau ! »

Qui dira la scène qui dut surie ce moment, quand les pieds du ressuscité furent libres, quand ses mains furent débarrassées, quand son regard put s'arrêter sur le Maître, quand ses lèvres purent s'ouvrir aux saints baisers et aux cris de la reconnaissance ! Âmes ressuscitées du péché, vous seules pouvez le dire ! Quel a été l'emploi de vos premières heures de conversion ? Ô Madeleine, vous qui étiez sortie aussi un jour du tombeau de vos crimes, combien vous comprîtes, mieux qu'un autre, la joie et le ravissement de Lazare, à sa résurrection !

C'est Jésus qui avait appelé sa fidèle pénitente pour qu'elle assistât au grand miracle ; c'est à Jésus que Madeleine dit en pleurant : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ! » Ce sera aussi Jésus qui recevra les élans de la reconnaissance attendrie de Marie-Madeleine ! L'Evangile nous raconte un fait qui traduit éloquemment cette reconnaissance et que nous méditerons demain. Pour aujourd'hui, arrêtons-nous avec complaisance sur des sentiments que le cour devine, bien plus que la langue humaine ne saurait les raconter.

 

Résolution : Prier souvent pour les pécheurs.

Bouquet spirituel : « Jésus, voyant que Marie pleurait... frémit dans son esprit, se trouble lui- même... Et Jésus pleura ». (Jean 11, 33, 35).

 

Vita marie madeleine

 

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11 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Martha-and-Mary

 

Douzième jour

12 juillet

 

La meilleure part

 

Prélude : Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoute sa parole.

 

Méditation

 

« Marthe, raconte le saint Evangile, s'empressait à toutes sortes de choses du service, et, s'étant mise debout devant le Seigneur, elle lui dit : « Seigneur, est-ce que vous ne vous inquiétez pas de voir que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dites-lui donc de m'aider ». Et le Seigneur, répondant, lui dit : « Marthe, Marthe, vous vous préoccupez et vous vous troublez de bien des choses. Or, il n'y en qu'une de nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point enlevée ».

Il me semble, dit sainte Thérèse, s'adressant à Notre Seigneur, que Marthe ne se plaignait pas seulement de sa sœur, mais son plus grand déplaisir venait sans doute de ce quelle se persuadait que vous ne la plaigniez pas tant que sa sœur : cette disposition de son esprit paraît encore plus clairement en ce que, sans dire une seule parole à sa sœur, toute sa plainte s'adresse à vous, et la violence de son amour lui donne même la hardiesse de vous dire que vous ne preniez pas garde que sa sœur ne l'aidait point à vous servir. Votre réponse, mon Seigneur, témoigne que sa plainte procédait en effet de cette cause, puisque vous lui déclarez que l'amour est ce qui donne le prix à tout, et que cette unique chose nécessaire dont vous vouliez parler est d'avoir un si grand amour pour vous, que rien ne puisse être capable de nous divertir de vous aimer !…

Saint Augustin s'est arrêté avec complaisance devant ce tableau si doux et si instructif. « Jésus, dit le grand docteur, avait été pris pour juge, il se fit avocat, répondant pour Marie. « Marthe, Marthe, je vous vois bien inquiète et troublée ». Cet emploi du nom propre est un signe d'amitié. Cette répétition du nom indique l'importance de l'enseignement qui va être donné et le besoin qu'a Marthe de se calmer. « Or, une seule chose est nécessaire : dans le repas que vous me préparez, un seul mets, ainsi que le veulent la tempérance et la pauvreté, dont nous faisons profession ; et dans l'ordre du salut, l'union de l'âme avec Dieu par la contemplation, l'amour, les saints désirs. - « Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera point ôtée ». Elle l'a choisie librement, cette part, et je l'avais choisie pour elle. Son cœur, naturellement porté à l'amour, et qui avait péché par amour, a voulu, sous l'inspiration de ma grâce qui s'adapte au caractère et sans détruire les passions leur substitue un objet saint, suivre son penchant à l'amour et tout réparer par amour. Désormais l'amour sera son office, son genre de sainteté, sa récompense et sa gloire. Elle prélude à mes pieds dans les ombres de la foi aux extases du ciel, où Dieu sera vu face à face, et aimé non d'un amour commencé, mais parfait, où la joie n'entrera pas seulement goutte à goutte dans l'âme, mais ou l'âme entrera, se plongera pour jamais dans la joie de son Seigneur. Ce que fait Marie en ce moment, elle le fera tant que je serai parmi vous, elle le fera après mon départ jusqu'à sa mort, elle le fera éternellement dans le royaume de son Père. L'unique nécessaire, c'est moi, votre vie et votre salut ; c'est Jésus que Marie possède, qu'elle tient, dont elle ne se séparera plus.

Marthe et Marie, observent les commentateurs, figuraient les deux vies qui partagent l’Église en et qui, dans leur diversité et leur union, en font la force et la beauté : l'action et la contemplation. Jésus donc nous déclare là que la vie contemplative l'emporte en dignité, en excellence, mérite, sur la vie active.

Enfin, - et j'aime beaucoup cette conclusion de Lacordaire, - qu'était-ce que cette meilleure part, sinon un amour plus grand de Notre-Seigneur, mérité par un amour plus parfait ? Marthe servait, Marie écoutait et contemplait ; Marthe se tenait debout, Marie était assise aux pieds du Sauveur ; Marthe se plaignait, Marie se taisait. Entre ces deux affections si différemment exprimées, il est impossible d'hésiter. En déclarant celle de Marie préférable, Jésus la disait nécessairement préférée, et préférée avec cette promesse que la meilleure part lui resterait à jamais.

 

Résolution : Unir toujours la contemplation à l'action, pour sanctifier celle-ci par celle-là et pour plaire à Jésus, qui regarde surtout le cœur et l'amour.

Bouquet spirituel : « Madeleine a choisi la meilleure part ». (Luc 10, 42).

 

Vita marie madeleine

 

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10 juillet 2022

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Béthanie

 

Onzième jour

11 juillet

 

Béthanie

 

Prélude : Entrons avec un saint respect dans la maison de Marthe, où Jésus s'assied, et où Madeleine vient encore se placer à ses pieds.

 

Méditation

 

« Jésus, dit Lacordaire, avait à Béthanie une famille entière d'amis. C'était là que, venant à Jérusalem, dans la ville où devait se consommer son sacrifice, il se reposait des fatigues de sa prédication et des douloureuses perspectives de l'avenir. Là étaient des cœurs purs, dévoués, amis ; là, ce bien incomparable d'une affection à l'épreuve de tout. Aussi, ce fut de Béthanie qu'il se mit en marche pour faire son entrée triomphale à Jérusalem ; et ce fut à la vue de Béthanie, le visage tourné vers ses murs, du côté de l’Orient, qu'il monta au ciel, presque à égale distance du Calvaire où il était mort, et de la maison où il avait le plus aimé. Aujourd'hui même, quand le voyageur descendant de Jérusalem a passé le torrent de Cédron et gravi la montagne des Oliviers, il découvre sur la pente orientale de ces collines quelques masures parsemées de ruines. On lui montre du doigt, entre ces débris, trois points marqués à peine par des restes informes. « Là, lui dit-on, était la maison de Lazare ; là, celle de Marthe ; là, celle de Marie-Madeleine ».

Le souvenir des siècles a été plus fort que les destructions de la Barbarie, et le nom des amis de Jésus, survivant aux pierres dispersées, frappe encore d'un son ému les solitudes indifférentes… Mais, si, ressuscitant par la pensée ces habitations disparues, nous y pénétrons pieusement à la suite du Maître ; si nous nous asseyons au banquet du soir avec Jésus, Lazare, Marthe et Marie, nous nous demanderons peut-être à qui d'entre ces hôtes si chers le cœur de Jésus s'était le plus donné…

Il y avait dans Marie une humilité plus profonde, une foi plus vive, une plus grande action sur le cœur de Jésus. Elle était aimée d'une préférence que ses vertus révèlent, parce qu'elles étaient à la fois et l'effet et la cause de l'amour du Fils de Dieu ».

Heureuses maisons de Béthanie ! Jésus venait souvent y demander l'hospitalité et s'y reposer de ses fatigues apostoliques. Quel accueil on lui faisait toujours là ! Comme ses trois amis étaient fiers, heureux, enthousiasmes, quand il apparaissait de loin ! Et puis, quand la porte de la maison s'était refermée, quels doux entretiens, quels calmes échanges de parole, quelle bonté d'une part et quelle avidité de l'autre !

Jésus était venu parmi les siens, et les siens ne l'avaient pas reçu ! Mais, à Béthanie, on le recevait toujours avec tant d'empressement et tant d'amour !… « Là, dit un pieux auteur, se trouvaient les confidences amicales autour du foyer domestique, les repas de famille, l'hymne du soir, l'adieu et la bénédiction qui termine la journée, le salut et le bonjour du matin, le mot du cœur, le mot du Bon Dieu, et le Bon Dieu c'était Jésus lui-même ! Cette maison se changeait en temple, devenait un ciel, quand Jésus y entrait ! »

Et Madeleine, comment se conduisait-elle, durant les visites du Sauveur Jésus à Béthanie ! Mon cœur imagine volontiers l'ardeur et les transports de sa joie. Mais, nous n'en sommes pas réduits à de simples conjectures, le Saint Esprit a pris soin de nous décrire cette piété dans l'accueil et cette occupation de l'âme de Madeleine durant l'hospitalité donnée à Jésus.

« Marie, raconte saint Luc, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». Ah ! combien ce texte me touche et m'émeut. Elle savait, par une douce expérience, combien l'on gagne à demeurer aux pieds de Jésus, et pénitente dévouée, disciple fidèle, elle revient volontiers se placer à ces pieds divins. Les autres se placent à côté de Jésus, mais, elle, dans son humilité, elle se met à terre, appuyée contre les pieds adorables du Sauveur, qui venaient de se fatiguer à la poursuite d'autres pécheurs à convertir, d'autres brebis à ramener au bercail, « semblable, dit saint Bernard, à une colombe qui, s'étant une fois blanchie et désaltérée dans un ruisseau de lait, demeure sur les bords pour s'y plonger encore et ne veut plus s'en éloigner ».

Pendant que Marie se plaisait dans un doux repos prolongé aux pieds du Maître, le Maître se complaisait à l'instruire et à l'initier aux secrets de la perfection. Et elle « silencieuse, ravie, respirant à peine, suspendue entre le ciel et la terre, elle tenait ouverts ses yeux, ses oreilles, et plus encore son cœur ; elle recueillait jusqu'aux moindres miettes de cette grande et riche table que son Seigneur étalait devant elle ».

 

Résolution : Écouter la parole de Dieu, en unissant son Cœur aux sentiments de Marie-Madeleine pendant que son Maître l'instruisait.

Bouquet spirituel : « Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». (Luc 10, 39).

 

Vita marie madeleine

 

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