06 mars 2009

Je vous salue Sainte Anne

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Je vous salue Sainte Anne

Je vous salue, ô glorieuse Sainte Anne, Mère auguste de la Mère de Dieu, objet des plus chères complaisances de la très-Sainte Trinité et la plus honorée de toutes les femmes. Vous avez été bénie par le Seigneur, et la très-Sainte vierge Marie, le fruit de vos entrailles, est aussi bénie, ainsi que Jésus-Christ, le fruit sacré de son sein virginal. O grande Sainte Anne, Mère de la Mère de miséricorde, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.

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Souvenez-vous à Sainte Anne

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Souvenez-vous à Sainte Anne

Souvenez-vous, ô Bonne Sainte Anne, vous dont le nom signifie grâce et miséricorde, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé votre secours, ait été abandonné. Animé d’une pareille confiance, ô bonne et tendre Mère, j’ai recours à vous ; je me réfugie à vos pieds, tout pécheur que je suis, et j’ose paraître devant vous, gémissant sous le poids de mes péchés. Ne méprisez pas mes prières, ô Bonne sainte Anne, Mère de l’Immaculée Vierge Marie, particulièrement celles que je fais pour obtenir….. , mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Amen.

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02 mars 2009

Prière pour honorer les 33 années que Jésus vécut sur la terre

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Prière pour honorer les 33 années que Jésus vécut sur la terre

Texte du Bienheureux Jean Martin Moye


Nous allons réciter ces trente-trois Oraisons Dominicales en mémoire des trente-trois ans que Jésus-Christ a vécu sur la terre et pour honorer tout ce qu'il a dit, fait et souffert pendant le temps de sa vie mortelle ; nous nous rappellerons sa doctrine pour la méditer et la pratiquer, ses actions et ses exemples pour les imiter, ses souffrances et ses mérites pour y participer.

Seigneur, faites-nous la grâce de prier avec attention, avec respect et avec dévotion, éloignez de notre esprit toutes les pensées vaines et inutiles qui pourraient nous distraire, et ôtez toute affection déréglée de notre cœur.

Cette Prière sera divisée en trois parties:

La première sera pour honorer le Mystère de l'Incarnation et la sainte Enfance de Jésus.

La seconde pour honorer sa vie cachée et publique.

La troisième pour honorer sa Passion et sa Mort.

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Première partie

Pour honorer le Mystère de l'Incarnation et la sainte Enfance de Jésus-Christ.


1° Considérez que Dieu se connaît et s'aime de toute éternité, et en se connaissant et s'aimant il jouit d'une félicité et d'un bonheur parfait, et il possède une gloire intérieure qui consiste dans la plénitude de ses perfections, et cette gloire intérieure ne peut ni augmenter ni diminuer, parce que les perfections divines étant infinies, elles ne peuvent prendre ni accroissement ni diminution. Le Père éternel en se connaissant et en contemplant sa nature et ses divines perfections engendre son Fils, son Verbe, sa Parole, son Image vivante ; et le Père et le Fils en s'aimant produisent le Saint-Esprit qui est l'amour du Père et du Fils. Voilà ce qui s'est fait dans Dieu de toute éternité, voilà ce qui s'y fait et s'y fera pendant tous les siècles, sans aucun changement ni ombre de vicissitude, puisque Dieu est immuable, toujours le même, invariable en lui-même et changeant tout hors de lui-même. Mais outre cette grâce intérieure qui est essentielle à Dieu et qui lui vient de la jouissance de ses perfections, il convenait qu'il eut encore une autre gloire, une gloire extérieure qui consiste dans la manifestation de ses perfections. Ce fut pour se procurer cette gloire extérieure en manifestant ses perfections qu'il créa le monde pour faire éclater partout sa puissance, sa bonté et sa providence. Il créa les Anges et les hommes pour reconnaître, bénir et aimer les attributs divins et augmenter par là sa gloire extérieure. Mais une partie des Anges et le premier des hommes, au lieu de glorifier leur Créateur, se révoltèrent contre lui. Que fit Dieu pour manifester d'autres perfections qui n'avaient pas paru dans la création, sa justice, sa miséricorde, et une sagesse plus admirable que celle qu'il avait fait paraître dans la création du monde ? Il forma le décret de l'Incarnation de son Fils et de la Rédemption du genre humain ; il veut bien envoyer son Fils pour sauver l'homme pécheur.


Admirons, bénissons, et aimons une bonté et une charité si grande ; remercions le Père éternel de nous avoir donné son Fils pour être notre Sauveur ; remercions le Fils d'avoir bien voulu s'incarner pour nous ; remercions le Saint-Esprit par l'opération duquel le Verbe s'est fait chair. Et disons à cette intention : Notre Père...


2° Considérez que le Fils de Dieu voulant se faire homme choisit la plus pure, la plus humble et la plus sainte de toutes les Vierges pour être sa Mère ; les trois Personnes de la Trinité créent dans un même instant la plus parfaite et la plus éminente de toutes les âmes et un corps parfaitement organisé ; cette âme fut tirée du néant, et ce corps fut produit de la substance de Marie. Dès l'instant de leur existence, la seconde Personne de la sainte Trinité l'unit à elle-même et se l'appropria, de sorte que Jésus-Christ a deux natures réunies dans sa Personne divine : la nature divine qu'il tient du Père, et la nature humaine qu'il a reçue de sa Mère. Et ces deux natures subsistent en lui sans mélange et sans confusion, conservant chacune leurs propriétés et leurs opérations différentes.


Croyons, admirons, bénissons et aimons Jésus-Christ notre Sauveur, vrai Dieu et vrai homme. Disons pour l'honorer : Notre Père...


3° Considérez que Jésus-Christ a deux naissances comme il a deux natures, une naissance éternelle dans le sein du Père, une naissance temporelle dans le sein de sa Mère ; dans l'étable de Bethléem Marie adore Jésus comme son Dieu, et Jésus honore Marie comme sa Mère.


Prions ce divin Sauveur de naître et régner dans nos cœurs par sa grâce : Notre Père...


4° Considérez qu'aussitôt que Jésus fut né à Bethléem Dieu le Père ordonna à tous ses Anges de venir adorer ce saint Enfant nouvellement né, comme étant le vrai Dieu, le Créateur et le Souverain Maître du Ciel et de la terre.


Unissons-nous à la sainte Vierge et aux Anges pour adorer l'Enfant Jésus dans la crèche; reconnaissons sa grandeur dans la petitesse et sa divinité cachée sous les voiles de son humanité ; imitons son humilité, sa douceur, sa patience, sa simplicité, son silence et son obéissance, et toutes les vertus de sa sainte enfance : Notre Père...


5° Considérez que les Anges annoncent la naissance du Sauveur aux bergers, bénissant le Seigneur et disant : " Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ". Ainsi ce sont les pauvres et les humbles que Jésus appelle d'abord à lui ; ce sont eux à qui il donne la préférence.


Imitons la simplicité et la promptitude des bergers, courons à la crèche, allons voir et adorer le Verbe fait chair, allons nous dévouer et nous offrir à lui sans partage : Notre Père...


6° Jésus après avoir paru aux bergers se manifeste aux Mages ; après avoir appelé les juifs il invita les gentils parce qu'il vient sauver les uns et les autres : il est descendu du Ciel pour le salut de tous les hommes, les Mages conduits par une étoile viennent adorer le nouveau Roi, le Messie, le désiré des Nations ; ils se prosternent à ses pieds, lui offrent trois sortes de présents, de l'or comme au Roi des Rois, de l'encens comme au vrai Dieu, de la myrrhe comme à un homme mortel dont le corps doit être enseveli après sa mort.


Prions le Sauveur du monde de se manifester aux gentils en appelant les païens à la foi ; unissons-nous aux Mages, offrons à l'Enfant Jésus notre corps avec tous ses organes, notre entendement, notre mémoire et notre volonté ; demandons et pratiquons les trois vertus représentées par les présents des Mages, la Religion figurée par l'encens, la charité représentée par l'or, et la mortification désignée par la myrrhe : Notre Père...


7° Considérez que Jésus-Christ, huit jours après sa naissance, fut circoncis et qu'on lui donna le saint Nom de Jésus, nom adorable qui est au-dessus de tout nom.


Offrons à Dieu le sang que le saint Enfant Jésus répandit dans sa circoncision, pour obtenir la grâce du baptême aux enfants qui naîtront jusqu'à la fin du monde ; adorons, louons, bénissons et invoquons sans cesse le saint nom de Jésus ; et faisons toutes nos actions au nom de Jésus pour la gloire de Dieu. Apprenons de la circoncision de Jésus à circoncire et à purifier nos cœurs par la mortification de nos passions et de nos inclinations déréglées, et notre corps par la mortification de nos sens : Notre Père...


8° Considérez que Jésus-Christ, quarante ans après sa naissance, fut présenté au Temple par les mains de sa très sainte Mère, pour nous apprendre à nous consacrer à Dieu dès notre enfance, et à lui offrir tout ce que nous ferons pendant notre vie : Pères et Mères, mettez vos enfants entre les bras de Marie, pour qu'elle les présente à Dieu avec son saint Enfant Jésus ; apprenez-leur de bonne heure à la connaître, à l'aimer, et à se consacrer à lui.


Offrons aussi nous-mêmes à Dieu par les mains de la très sainte Vierge, avec tous nos parents, nos amis, et tout ce qui nous appartient ; dévouons-nous pour nos amis à son culte et à son service : Notre Père...


9° Considérez que Jésus, Marie, Joseph, pour éviter la persécution d'Hérode, qui voulait faire mourir le Sauveur, se retirèrent en Égypte, où ils demeurèrent comme en exil pendant plusieurs années au milieu des idolâtres, sans asile, éloignées de leur patrie, privés de la société de leurs parents et de leurs amis.


Imitons la Sainte Famille, apprenons par son exemple à nous détacher au moins de cœur et d'esprit, de nos proches et de nos amis, disposés à tout quitter et à aller partout où la Providence nous enverra pour nous conformer à la volonté de Dieu, pour les intérêts de sa gloire, le salut des âmes et notre propre perfection, à laquelle nous ne pouvons parvenir que par un détachement total de toutes choses et de nous-mêmes, et un abandon entier à la Providence : Notre Père...


10° Considérez que l'Enfant Jésus, ayant atteint l'âge de douze ans, alla à Jérusalem avec la sainte Vierge et saint Joseph pour y célébrer la fête de Pâques ; ayant quitté sa divine Mère pour les intérêts de son Père, il fut trouvé au Temple au milieu des Docteurs, les écoutant et les interrogeant.

Apprenons de cet exemple à préférer la gloire de Dieu à l'affection des parents et aux inclinations de la nature ; si nous sommes tombés dans un péché mortel, nous avons perdu Jésus-Christ.


Cherchons-le par la pénitence, allons le trouver dans nos églises, dans le Saint-Sacrement, célébrons les fêtes avec piété. Jésus croissait en sagesse et en grâces devant Dieu et devant les hommes : augmentons tous les jours en vertus et piété à mesure que nous avançons en âge : Notre Père...


Offrande de la première dizaine


Recevez, Seigneur, ce premier dizain que nous venons de réciter à l'honneur de la Sainte Enfance de Jésus que nous vous offrons spécialement pour tous les enfants qui existent et qui existeront dans le monde, pour obtenir la grâce du baptême à ceux qui ne l'ont pas encore reçue, et pour ceux qui l'ont reçue la grâce de la conserver, et pour ceux qui l'ont perdue la grâce de la recouvrer, et pour tous une sainte éducation. Nous vous offrons la Sainte Enfance de Jésus avec tous ses mérites et toutes ses vertus pour réparer les défauts de notre enfance et les péchés de notre jeunesse ; nous vous offrons l'humilité de Jésus pour expier notre orgueil, sa simplicité pour expier nos duplicités, sa douceur et sa patience pour expier nos colères et nos impatiences, nos vivacités et nos emportements, son silence pour expier nos paroles inutiles, nos plaintes et nos murmures, sa pauvreté pour expier notre cupidité, sa mortification pour expier notre sensualité, son obéissance pour expier nos désobéissances, sa pureté pour expier nos impuretés ; en un mot nous offrons toutes ses vertus pour expier tous nos vices, et tous ses mérites pour suppléer à nos défauts et à nos démérites.


Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, qu'il est maintenant, et qu'il sera dans les siècles des siècles.

Seconde partie

Pour honorer la vie cachée et la vie publique de Jésus-Christ


Nous allons réciter cette seconde partie pour honorer la vie cachée que Jésus-Christ a menée avec Marie et Joseph jusqu'à l'âge de trente ans, et la vie publique qu'il a menée pendant les trois ans qu'il employa à prêcher son évangile.


1° Considérez la vie admirable que Jésus, Marie et Joseph ont menée à Nazareth après leur retour d'Égypte jusqu'à la trentième année de Notre-Seigneur. Cette vie était inconnue et paraissait méprisable aux hommes ; mais elle était connue de Dieu et faisait l'objet de l'admiration des Anges. Jésus, Marie, Joseph vivaient dans la plus parfaite union, ils ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme, ils priaient et travaillaient ensemble ; ils étaient sur la terre une image de la Trinité qui est dans le Ciel ; Jésus, tout Dieu qu'il était, était soumis à la sainte Vierge et à saint Joseph.


Honorons, bénissons cette vie sainte que Jésus, Marie, Joseph ont menée sur la terre ; offrons-la à Dieu pour expier la vie criminelle que nous avons menée jusqu'ici ; offrons-la pour les maris, les épouses et les enfants chrétiens, afin qu'ils se forment sur ces beaux modèles de Jésus, Marie, Joseph. Demandons à Dieu que la paix, la concorde, la piété règnent dans les familles chrétiennes, comme elles ont régné dans la Sainte Famille. Offrons les travaux de Jésus et de Joseph pour tous les artisans, les ouvriers et les personnes qui vivent dans les travaux, afin qu'ils les unissent à ceux de Jésus et de Joseph et qu'ils apprennent à les sanctifier par la patience, la prière et la droiture d'intention. Unissons-nous de cœur et d'esprit, d'intention et d'affection à Jésus, Marie, Joseph : prions, travaillons, souffrons, agissons, vivons et mourons avec Jésus, Marie et Joseph : Notre Père...


2° Considérez que Jésus à l'âge de trente ans est baptisé par saint Jean dans le fleuve Jourdain ; il sanctifie les eaux pour en faire la matière du baptême. Le Père éternel fait entendre sa voix du Ciel, et dit : Voilà mon Fils bien-aimé ; le Saint-Esprit descend sur Jésus en forme de Colombe. Voilà le mystère de la sainte Trinité distinctement révélé, et c'est une image de ce qui se fait dans le baptême. On y nomme les trois Personnes divines, dont l'expression constitue la forme de ce sacrement : " Je te baptise au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit " ; on verse de l'eau : voilà la matière. Et le Père adopte le baptisé pour son Fils, le Fils le reconnaît pour son Frère et son Cohéritier, le Saint-Esprit habite en lui comme dans son Temple.


Remercions Dieu de la grâce du baptême, conservons-la ou recouvrons-la par la pénitence si nous l'avons perdue par le péché, renouvelons les vœux de notre baptême, soyons fidèles à les observer, et demandons pour les néophytes les dispositions convenables pour bien recevoir ce sacrement : Notre Père...


3° Considérez que Jésus, après son baptême, se retire dans le désert, où il jeûne quarante jours et quarante nuits pour se préparer à la tentation et à la prédication de l'évangile. Il nous apprend par son exemple à fuir le monde, à aimer la retraite et à nous préparer par le recueillement à l'exécution des bonnes œuvres que Dieu demande de nous.


Honorons la mortification de Jésus-Christ et l'austérité de la vie qu'il a menée dans le désert pour expier notre sensualité, nos intempérances, notre délicatesse et nos dissipations ; fuyons le monde ; aimons la solitude et le silence pour nous entretenir avec Dieu ; jeûnons exactement le Carême à l'imitation de Notre-Seigneur ; et observons de même tous les jeûnes et les abstinences prescrites par l'Église, et ceux que l'esprit de mortification et de pénitence nous inspirera : Notre Père...


4° Considérez que Jésus, après avoir jeûné quarante jours, veut bien, par un effet de sa bonté, être tenté par le démon pour nous mériter la grâce de le vaincre, et nous apprendre par son exemple la manière de le combattre.


Demandons à Dieu la force de surmonter les attaques du démon, les aiguillons de la chair et la corruption du monde ; préparons-nous à la tentation par la prière, le jeûne, ma mortification et la participation des sacrements ; évitons les occasions du péché ; dans la tentation humilions-nous, recourons à Dieu, faisons des efforts pour la surmonter en renonçant à l'attrait du plaisir et en pratiquant des actes et des vertus contraires ; après la tentation, remercions Dieu de nous en avoir délivrés ; si nous avons eu le malheur d'y succomber, relevons-nous promptement de notre chute ; soyons plus vigilants, plus fermes contre les tentations à venir ; prions pour les personnes tentées : Notre Père...


5° Considérez que Jésus commence la prédication de son évangile en exhortant les hommes à se convertir, à faire pénitence, à mépriser le monde, à chercher le Ciel, à préférer le salut à tout le reste.


Méditons bien ces grandes vérités ; convainquons-nous de l'importance et de la nécessité du salut ; mettons cette première affaire avant toutes les autres ; travaillons-y sans délai et sans relâche ; tendons à notre fin ; nous sommes créés pour Dieu ; rapportons tout à sa gloire et à notre sanctification. Que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme, Ainsi prenons une ferme résolution de la sauver à quel prix que ce soit, et demandons-en la grâce au Seigneur : Notre Père...


6° Considérez que Jésus-Christ, voulant établir son Église, choisit saint Pierre pour en être le chef, et les autres apôtres pour en être les colonnes ; il choisit pour ses disciples de pauvres pécheurs pour nous faire voir qu'il préfère la pauvreté aux richesses, pour condamner la préférence que nous faisons en mille occasions des riches aux pauvres, et pour faire éclater la force de sa grâce dans le changement admirable qu'il va opérer dans ces hommes faibles, ignorants et grossiers en leur donnant une science sublime, une sagesse et une force surnaturelle qui confondra les savants, les sages et les puissances du monde, et qui convertira l'univers entier.


Bénissons Jésus-Christ dans le choix qu'il a fait des Apôtres, prions-le de donner à son Église des Pasteurs selon son cœur ; prions pour le Chef et les Pasteurs de l'Église, pour tous les Ordres et les États qui la composent; supplions Notre-Seigneur de nous mettre au rang de ses Disciples et au nombre de ses Élus : Notre Père...


7° Considérez que Jésus-Christ prouvait la Divinité de sa Mission et la vérité de sa Doctrine par le témoignage des Prophéties qui s'accomplissaient en lui et par les miracles éclatants qu'il opérait en chassant les démons, en guérissant les malades, en rendant la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, et la vie aux morts.


Croyons fermement les Mystères de notre Religion, que Jésus nous a enseignés et qu'il nous enseigne par son Église, à qui il a promis l'infaillibilité ; remercions-le de nous avoir révélé des Mystères si sublimes et une doctrine si sainte ; conformons-y notre conduite ; prions Notre-Seigneur, qui est notre véritable Médecin, d'opérer sur nos âmes d'une manière invisible des miracles et des prodiges comme il en opérait sur les corps dans le temps de sa vie mortelle ; demandons qu'il chasse le démon de notre cœur s'il y habite par le péché ; demandons qu'il ressuscite nos âmes à la grâce, qu'il guérisse toutes nos maladies spirituelles, qu'il change nos vices en vertus, notre orgueil en humilité, notre amour-propre en haine de nous-mêmes, notre avarice en libéralité, notre gourmandise en sobriété, notre colère en patience et en douceur, notre paresse en diligence et en ferveur : Notre Père...


8° Considérez que Jésus-Christ dans sa conduite nous a donné l'exemple de toutes les vertus et un parfait modèle d'une vie chrétienne. Il prêchait le jour, il passait les nuits en prières, il employait ainsi utilement tout le temps de sa vie à faire la volonté de Dieu son Père, à procurer sa gloire et le salut des hommes.


Offrons à Dieu la sainteté de la vie de Jésus pour expier notre vie criminelle ; offrons les vertus, les prières et les bonnes œuvres de Jésus-Christ pour réparer ns vices, nos omissions et nos distractions ; offrons la droiture des intentions et la pureté des affections de Jésus pour réparer la perversité de nos intentions et la corruption de nos affections ; offrons le saint usage que Jésus-Christ a fait du temps pour réparer le mauvais usage et la perte que nous en avons faits, car tout le temps que nous n'avons pas employé pour Dieu et pour notre salut est un temps perdu ; demandons à Dieu la grâce d'imiter Jésus-Christ notre divin modèle, d'employer saintement le reste de notre vie en remplissant tous les devoirs de notre état, priant sans cesse, faisant en tout la volonté de Dieu, pratiquant toutes sortes de bonnes œuvres, n'ayant en tout ce que nous faisons d'autres vues ni d'autres intentions que la plus grande gloire de Dieu, notre sanctification, l'édification du prochain et le salut de nos âmes : Notre Père...


9° Considérez que Jésus-Christ, malgré une vie si sainte et une conduite si irréprochable fut néanmoins toujours en but à l'envie et à la contradiction des méchants, ainsi que le bienheureux vieillard Siméon l'avait prédit à la sainte Vierge quand elle le présentait au Temple. Jésus-Christ ne reçut de la part des hommes que de l'ingratitude pour ses bienfaits, la haine des méchants pour l'amour qu'il leur portait, des censures et des reproches pour sa doctrine, des blasphèmes pour ses miracles, des injures et des malédictions pour les faveurs et les bénédictions qu'il répandait partout où il passait, et enfin la mort pour la vie éternelle qu'il venait nous mériter et nous procurer. Cependant, malgré tant de contradictions et de persécutions, il continua à prêcher son évangile, à soulager et guérir les pauvres et les malades, à convertir les pécheurs et à combler ses ennemis mêmes et ses persécuteurs de toutes sortes de bienfaits.


Imitons le Sauveur, ne nous lassons pas de faire le bien malgré les discours du monde, malgré les contradictions des méchants, malgré les difficultés que nous rencontrons dans nos petites entreprises ; n'attendons pas notre récompense en cette vie mais dans l'autre. Demandons à Dieu cette confiance et cette persévérance dans le bien jusqu'au dernier soupir de notre vie : Notre Père...


10° Considérez que Jésus-Christ ayant fait la Cène lava les pieds à ses Apôtres et institua l'eucharistie comme sacrifice et comme sacrement : comme Sacrifice pour s'offrir tous les jours et à chaque heure du jour [Quand il est midi ici, il est minuit ailleurs ; ainsi on dit la Messe à chaque heure du jour. Note de l'auteur] à Dieu son Père jusqu'à la fin du monde, et lui procurer une gloire infinie dans la célébration de la Messe, et comme Sacrement pour se donner à nous et nourrir nos âmes de sa chair adorable et les abreuver de son sang précieux dans la sainte Communion.


Remercions Jésus-Christ de son immense charité ; demandons-lui la grâce d'avoir un profond respect, une tendre dévotion pour le Saint-Sacrement ; allons souvent le visiter ; entendons tous les jours la Messe ; offrons à Dieu toutes les Messes qui se sont dites, et qui se diront jusqu'à la fin du monde ; demandons de recevoir avec le Sacrement les fruits et les effets merveilleux qu'il contient. Rendons grâces à Dieu de toutes les bonnes communions, et faisons-lui amende honorable de toutes communions indignes qui se sont faites depuis celle de Judas, et de toutes les irrévérences qui se sont commises dans les Églises ; récitons à cette intention la plus excellente de toutes les prières : Notre Père...


Offrande de la seconde dizaine


Recevez, Seigneur, ce second dizain que nous venons de réciter à l'honneur de la vie cachée et publique du Sauveur. Nous vous offrons particulièrement la vie cachée et laborieuse que Jésus a menée en travaillant avec saint Joseph du métier de charpentier, pour tous les laboureurs, les artisans ; les personnes du travail. Et nous vous offrons la vie publique de Jésus-Christ pour tous ceux qui sont engagés par état dans les offices publics, surtout pour les Pasteurs, les Prédicateurs, les Confesseurs et les Ministres de l'Église, et ensuite pour le Roi, les Magistrats et les Juges, afin que, suivant les exemples du Sauveur, tous concourent à procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes en remplissant fidèlement les devoirs de leur état, en faisant le bien, en empêchant le mal, en servant Dieu, en édifiant le prochain, en se sanctifiant eux-mêmes.


Offrons la vie toute sainte, toute divine, toute surnaturelle que Jésus a menée sur la terre pour expier la vie inutile, toute humaine, charnelle, sensuelle, animale, que nous avons menée jusqu'ici. Offrons la vie intérieure de Jésus pour expier notre vie dissipée, et demandons la grâce d'en mener désormais une intérieure pour honorer l'intérieur de Jésus. Offrons la vie extérieure de Jésus pour réparer notre vie criminelle et scandaleuse ; demandons la grâce de mener une vie réglée et édifiante pour imiter la vie extérieure de Jésus. En un mot offrons à Dieu tout ce que Jésus-Christ a fait, dit et pensé pendant les trente-trois ans qu'il a été sur la terre pour expier tout le mal que nous avons fait, et suppléer à tout le bien que nous avons commis depuis que nous sommes au monde : Notre Père...

Troisième partie

Pour honorer la mort et la passion de Jésus-Christ et demander que Dieu nous applique le mérite de ses souffrances, qu'il nous fasse la grâce de compatir à ses douleurs, de détester nos péchés, qui en sont la cause, de porter la Croix, de nous y attacher avec lui, de souffrir et mourir pour lui.


1° Considérez que Jésus après la Cène va au Jardin des Olives où il prie pendant trous heures ; il est saisi de crainte, accablé de tristesse et d'ennui à la vue de nos péchés qui se présentent à ses yeux, et qui, comme un torrent impétueux, inondent son âme. Son cœur en est si pénétré de douleur qu'il tombe en défaillance et dans une agonie mortelle dans laquelle il sue le sang.


Offrons à Dieu ces trois peines intérieures que Jésus-Christ a voulu souffrir pour expier les péchés intérieurs que nous faisons par les trois facultés de notre âme, l'entendement, la mémoire, et la volonté, et pour sanctifier nos peines intérieures, purifier notre intérieur, et nous mériter une contrition intérieure, une vie intérieure, des vertus intérieures. Acceptons donc l'ennui, la tristesse, la crainte, les chagrins, les désolations, et toutes les peines extérieures à l'honneur de celles de Jésus-Christ. Unissons-les à celles de Jésus-Christ, détestons nos péchés jusqu'à en avoir le cœur brisé de douleur, acceptons et buvons avec Jésus-Christ le Calice de sa Passion ; disons comme lui : " Mon Dieu, si ce Calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite et non la mienne " (Mt 26, 39) : Notre Père...


2° Considérez que, le moment des souffrances extérieures de Jésus étant arrivé, il se lève, il va au-devant de ses ennemis, il se livre à eux pour nous apprendre qu'il est permis de sentir sa faiblesse dans le temps où l'on prend ses résolutions, mais qu'il fait s'armer de force dans le temps où il s'agit de les mettre en exécution et que, quand le moment fixé dans les décrets de Dieu est arrivé pour faire ou souffrir quelque chose pour sa gloire et le salut des âmes, il faut vaincre et surmonter nos craintes et nos répugnances, aller courageusement au combat, ne pas fuir le Croix, mais aller au-devant et l'accepter de la main de Dieu qui nous la présente. Demandons-en la grâce au Seigneur.

Une troupe de gens armés conduite par Judas s'approche de Jésus ; il les terrasse d'une seule parole en leur demandant, " Qui cherchez-vous ? ". " C'est ", répondent-ils, " Jésus de Nazareth ". " C'est moi ", leur dit le Sauveur, " me voilà,... mais laissez mes Disciples " (Jn 18, 4-5, 8).


Admirons la puissance et la sagesse de Dieu, qui met des bornes à la malice des hommes et qui dirige tous les événements à l'accomplissement de ses desseins. Jésus se livre à ses ennemis parce que c'était son heure. Sa mission était finie ; mais il ne permet pas qu'ils prennent ses disciples, parcequ'ils avaient encore du monde à convertir ; ils abandonnent donc le Sauveur et le laissent seul entre les mains de ses ennemis. Demandons la grâce de demeurer fidèles à Dieu dans les épreuves et de ne le quitter jamais par le péché : Notre Père...


3° Considérez que Judas, possédé par le démon de l'avarice, vend son Maître et son Dieu pour trente deniers ; il le trahit par un baiser. Voilà où aboutit une passion ménagée. Elle conduit aux plus affreux désordres. Ainsi, étouffons nos passions naissantes, détestons l'avarice, ayons horreur d'une Confession et d'une Communion sacrilèges, dont la trahison de Judas est l'image, car celui qui communie indignement trahit Jésus-Christ par un perfide baiser, et il le livre, non plus aux juifs comme Judas mais au démon qui habite dans son cœur. Jésus reçoit avec bonté le baiser de Judas ; il l'appelle son ami pour nous apprendre à regarder et à traiter nos ennemis comme nos meilleurs amis. Les juifs mettent leurs mains profanes sur Jésus-Christ ; ils le lient, et par ses liens il nous délivre de l'esclavage et de la captivité du démon et du péché. On conduit le Sauveur comme un criminel devant quatre tribunaux ; il reçoit partout des insultes, des outrages et des mauvais traitements.


Suivons Jésus dans sa Passion, baisons ses pas, adorons le Sang qu'il répand partout, prenons part à ses ignominies et à ses souffrances. Disons à cette intention : Notre Père...


4° Considérez que Jésus, livré à la fureur de ses ennemis, passa la plus triste nuit ; il fut accusé par de faux témoins, jugé et condamné à mort ; puis une troupe effrénée de soldats et de domestiques l'environne de toutes parts comme un essaim d'abeilles - c'est l'expression de l'écriture : sicut apes (Ps 117, 12) - ; chacun l'outrage et l'insulte ; on lui crache au visage, on lui met un bandeau sur les yeux, il est rassasié d'opprobres, mais on ajoute la cruauté et la barbarie à l'insulte : on lui donne des soufflets et des coups de poing ; on le jette par terre ;  on le foule aux pieds ; et au milieu de tous ces indignes traitements le Sauveur est comme un agneau ; il n'ouvre pas la bouche pour se plaindre, il souffre tout avec une douceur, une patience inaliénable, et il est prêt à en souffrir mille fois davantage pour nous et pour ses ennemis eux-mêmes.


Offrons à Dieu tout ce que Jésus-Christ a souffert pendant cette cruelle nuit pour expier tous les crimes, les débauches, les impuretés qu'on commet dans les ténèbres de la nuit ; apprenons de l'exemple du Sauveur à souffrir les opprobres et les tourments avec patience et résignation, et à garder le silence dans les croix. Disons pour obtenir cette grâce : Notre Père...


5° Considérez que Jésus-Christ, après avoir ainsi passé la nuit dans les tourments, est conduit, toujours enchaîné comme un criminel, au prétoire de Pilate. On l'accuse, on le calomnie de nouveau. Pilate le renvoie à Hérode ; il reçoit de la populace de nouveaux outrages en passant dans les rues de Jérusalem. Il parait devant Hérode ; il y est traité comme un insensé, et il nous mérite par cette folie apparente la vraie sagesse. Il retourne à Pilate. On lui ôte ses vêtements ; on l'attache à un poteau ; on lui fait souffrir la plus cruelle et la plus sanglante flagellation pour expier les plaisirs charnels que les impudiques prennent dans une chair impure : la chair virginale du Sauveur est déchirée de coups et mise en lambeaux ; après un supplice si barbare on en ajoute un plus ignominieux et aussi cruel : les soldats s'assemblent autour du Sauveur, et pour tourner sa Royauté en dérision, ils en font un Roi de théâtre, ils lui mettent une couronne d'épines à la place du diadème, un roseau à la main pour sceptre, et un manteau d'écarlate pour son manteau royal ; puis ils se prosternent devant lui, le saluent, lui donnent des soufflets ; et, frappant sa tête du roseau qu'il tenait en main, ils lui enfoncent la couronne d'épines dans le crâne.


Offrons à Dieu la flagellation du Sauveur pour satisfaire à sa justice et pour détourner de dessus nos têtes les fléaux de sa colère. Adorons toutes les plaies dont le corps de Jésus a été couvert ; demandons qu'il guérisse par ces plaies sacrées toutes les plaies que le péché a faites à notre âme ; adorons aussi le chef de Jésus couronné d'épines et portons avec lui la couronne d'épines sur la terre pour mériter la couronne de gloire dans le Ciel. Récitons dans ces intentions la prière du Seigneur : Notre Père...


6° Ce fut donc par une providence divine que Notre-Seigneur dans sa Passion même fut reconnu Roi, couronné Roi, salué Roi et proclamé Roi, car Pilate, montrant notre divin Sauveur dans l'état pitoyable où la flagellation l'avait réduit et portant la couronne d'épines qui était si profondément enfoncée qu'on ne put plus l'ôter de dessus sa tête, Pilate dit aux juifs : " Voilà votre Roi. Lequel des deux voulez-vous que je délivre, Barabbas ou Jésus ? " (Jn 18, 39). Ô cœurs, soyez dans l'étonnement ! Le Dieu du Ciel, le Saint des Saints est mis en parallèle avec un infâme voleur ; et on préfère même ce voleur, cet homicide, au Souverain Maître de l'univers. Oui, le Sauveur a voulu souffrir cette humiliation pour nous faire sentir l'injure infinie que nous faisons à Dieu lorsque nous lui préférons la créature. Oui, toutes les fois que nous commettons un péché mortel nous préférons la créature au Créateur, le néant à l'Être suprême, un vil intérêt, un plaisir d'un moment, une infâme passion, à un Dieu infini en toutes les perfections ; et c'est pour réparer cette injure que Jésus-Christ a voulu recevoir l'humiliation infinie de se voir postposé à Barabbas.


Humilions-nous à cette vue jusqu'à la profondeur de notre néant, pour honorer Jésus si profondément abaissé ; mettons-nous au-dessous de toutes les créatures ; réjouissons-nous de voir que Jésus-Christ ; qui a été ainsi profondément humilié dans sa Passion, est maintenant élevé au-dessus des Anges et des Archanges, assis sur le trône de Dieu même, recevant les honneurs divins : Dignus est Agnus... accipere divinitatem (Ap 5,12). Demandons la grâce d'avoir pour lui un amour de préférence dans notre estime et notre attachement, qui nous fasse plutôt renoncer à tout, sacrifier tout que de l'offenser et que de perdre sa grâce et son amour. Récitons pour cela l'oraison qu'il nous a lui-même enseignée : Notre Père...


7° Considérez que Pilate, reconnaissant l'innocence de Jésus et l'envie des juifs, cède à leurs instances par faiblesse et par crainte de l'Empereur et de perdre sa charge ; il se lave les mains devant tout le peuple et proteste qu'il est innocent du sang de ce juste. Pilate en tout cela a sacrifié la justice au respect humain, à la crainte, et c'est en cela qu'il a péché ; et quoique son crime soit moins grand que celui des juifs, il est cependant mortel : ainsi les péchés de faiblesse, en matière considérable, suffisent pour nous damner. Pilate trahit la justice pour conserver ses intérêts temporels ; mais par un juste châtiment de Dieu il a perdu tout à la fois, et le temporel et le spirituel. C'est ainsi que bien des chrétiens se damnent par faiblesse, par respect humain ; pour ménager la faveur des hommes et leurs intérêts temporels ils sacrifient les intérêts de Dieu et de ceux de leur conscience ; cependant ils veulent se justifier aux yeux des hommes comme Pilate ; mais ils seront condamnés au Tribunal de Dieu.


Prémunissons-nous contre ces dangers, ne faisons jamais rien contre notre conscience et notre devoir. Pilate livre donc Jésus aux juifs pour être crucifié ; on le conduit à la Croix ; il l'envisage avec joie comme l'instrument de son triomphe et de notre salut ; il l'embrasse et la charge sur ses épaules, et par là il sanctifie toutes nos croix ; il se charge en même temps d'un fardeau encore plus pesant, qui est celui de nos péchés ; il succombe sous ce double fardeau. On engage Simon à porter la Croix avec lui et après lui, et ainsi qu'il l'avait dit dans son évangile : " Si quelqu'un veut être mon Disciple, qu'il porte sa croix tous les jours de sa vie et qu'il me suive ". La sainte Vierge et une troupe de peuple qui se lamentaient sur le sort du Sauveur l'accompagnent dans ce triste voyage. Joignons-nous à eux, suivons Jésus-Christ, portons sa Croix, portons la nôtre avec lui. C'est la Croix qui nous conduira au Ciel ; acceptons donc de la main de Dieu toutes les croix et les tribulations que sa providence nous envoiera ; unissons-les à la Croix de Jésus ; demandons de faire un saint usage des croix : Notre Père...


8° Considérez que Jésus, étant arrivé à la montagne du Calvaire, est dépouillé de ses vêtements qu'on divise en quatre parts, et on jette un sort sur sa robe, figure de l'Église qui est toujours une, indivisible, quoiqu'elle soit répandue dans les quatre parties du monde. On attache Jésus à la croix au milieu de deux voleurs ; on lui perce les pieds et les mains avec des clous meurtriers ; il prie pour ses bourreaux. Prions pour nos ennemis ; attachons-nous à la Croix, et mourons sur la Croix avec Jésus ; rendons-lui amour pour amour, et vie pour vie, et sang pour sang. Jésus est élevé en croix et il attire tout à lui par la force et la vertu de sa croix ; on renouvelle ses plaies et ses tourments par les secousses qu'on lui donne en plantant et en fixant la croix. Prions-le de renouveler tout en nous, et renouvelons souvent nos intentions et nos résolutions. Jésus élevé en croix se voit abandonné de Dieu et des hommes ; son Père le livre pour l'amour de nous à ses ennemis, à la mort et aux tourments ; et les hommes, loin de l'assister dans ses peines, insultent à son malheur. Apprenons à souffrir un abandon total et une désolation universelle ; attendons-nous à être abandonnés des hommes, de nos amis et même de nos parents ; mais qu'importe que tout le monde nous abandonne, pourvu que Jésus soit toujours avec nous. Prions Marie, qui n'a pas abandonné Jésus, de nous assister dans nos tribulations et nos tentations. Jésus ainsi élevé en croix entre le Ciel et la Terre faite l'office de médiateur entre Dieu et les hommes ; il réconcilie le Ciel avec la Terre ; il souffre pendant trois heures mes tourments les plus horribles ; il verse tout son sang pour effacer nos péchés ; il s'offre à Dieu son Père comme une victime d'expiation pour le salut du genre humain ; il prie sans cesse pour nous ; il souffre d'une soif horrible, et on ne lui donne que du fiel et du vinaigre, qu'il prend pour expier notre sensualité ; mais il est brûlé d'une autre soif encore plus ardente. C'est le désir de notre salut qui le consume.


Offrons à Dieu tous les tourments que Jésus a soufferts pendant les trois heures qu'il est demeuré attaché à la Croix pour obtenir les grâces du salut pour nous et pour tout l'univers, car il a souffert et il est mort pour tous les hommes. Comprenons quelle est l'excellence d'une âme rachetée au prix du sang d'un Dieu. Faisons donc tous nos efforts pour sauver notre âme à quelque prix que ce soit ; quoi qu'il nous en coûte il faut la sauver ; et puisque Jésus-Christ nous a rachetés à un si haut prix, nous ne sommes plus à nous ; nous lui appartenons ; il s'est acquis un nouveau droit sur nous. Nous ne devons donc plus vivre pour nous, mais uniquement pour lui ; soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes à Jésus-Christ et nous devons vivre et mourir pour lui. Prions le Seigneur de nous accorder toutes ces grâces qu'il nous a méritées par tant de souffrances ; adorons Jésus éleva en croix versant son sang et souffrant les plus cruels tourments : Notre Père...


9° Considérez que Jésus-Christ, au milieu de si horribles tourments, pensait à chacun de nous ; il offrait ses souffrances pour nous, nous aimant en quelque sorte plus que lui-même, puisqu'il se sacrifie pour nous ; il souffre pour nous délivrer des supplices éternels, pour nous rendre heureux ; il subit la mort pour nous donner la vie. Les spectateurs de son supplice l'insultent et le chargent de malédiction : " Il a sauvé les autres ", disent-ils en branlant la tête, " et il ne peut se sauver lui-même ". Mais Jésus, en se chargeant de la malédiction de nos péchés, nous a mérité les bénédictions célestes, et il a changé la malédiction des juifs en bénédictions pour les chrétiens. Le Sauveur voit sa sainte Mère et son Disciple bien-aimé aux pieds de la croix ; il lui adresse la parole en lui montrant son Disciple, et lui dit, " Femme, voilà votre Fils ". Puis, adressant la parole à Jean, il lui dit, " Voilà votre Mère " (Jn 19, 26-27). Jésus-Christ nous engendre sur la croix ; il nous donne son Père pour être notre Père, et sa Mère pour être notre Mère. Nous voilà donc enfants de Dieu et de Marie, frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers : quelle faveur ! Lorsque Jésus fut crucifié le soleil s'obscurcit, la terre trembla, les pierres se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent, les morts ressuscitèrent ; mais ce ne fut qu'après la Résurrection du Sauveur. Ainsi toute la nature dans sa consternation était sensible à la mort de son Créateur. Si nous n'en sommes pas touchés, notre cœur est plus dur que les rochers qui s'entrouvrirent. Tous ces prodiges attestaient la divinité de Jésus-Christ, la sainteté de sa vie et le triomphe de sa mort. Car c'est en mourant qu'il a vaincu les démons, le monde et la chair. Mais voici un miracle plus grand que tous ceux-là, c'est que les pécheurs et les plus grands pécheurs se convertissent à la mort de Jésus-Christ. Un voleur attaché à la croix est changé à l'instant ; il se repent de ses crimes ; il les expie par son supplice ; il attend le Royaume à venir ; dans cette espérance il s'adresse au Sauveur du monde : " Seigneur ", lui dit-il avec confiance, " souvenez-vous de moi quand vous serez dans votre Royaume " (Lc 23, 42). Le Centurion et plusieurs autres témoins de toutes ces merveilles se frappent la poitrine, se convertissent, et deviennent des saints. Ainsi Jésus en mourant ébranle les Cieux et fait trembler la terre. Et, ce qui est plus admirable encore, il convertit les plus grands pécheurs et ses ennemis mêmes. N'est-ce pas là mourir en Dieu ? Jésus avant d'expirer jette un grand cri en disant : " Tout est consommé. Mon Père, je remets mon âme entre vos mains " (Lc 23, 46).


Adorons Jésus mourant, mettons toute notre confiance en ses mérites, unissons-nous à la sainte Vierge et aux Saints qui ont assisté à sa mort pour compatir à ses souffrances, acceptons l'agonie et la mort pour honorer celles de Jésus-Christ, et demandons la plus importante de toutes les grâces, qui est celle d'une bonne mort. Récitons à cette intention la plus parfaite de toutes les prières : Notre Père...


10° Considérez que la mort de Jésus-Christ s'est consommée dans la nature humaine, l'âme séparée de son corps ; et ce fut Jésus-Christ lui-même qui sépara son âme d'avec son corps ; et c'est dans la séparation des trois parties de la nature humaine que consiste la mort du Sauveur ; et c'est dans la réunion de ces trois parties que consiste sa Résurrection. Mais dans le temps de la mort de Jésus-Christ la Personne et la nature divines demeurèrent toujours unies à l'âme qui était descendue dans les Limbes, et au corps qui était dans le Tombeau, et au sang répandu aux pieds de la croix. Pour que la mort du Sauveur fut incontestable et sa Résurrection indubitable, Dieu permit qu'un soldat lui perça le côté d'une lance, et il en sortit du sang et de l'eau, Mystère figuré par Adam et Ève. Adam dans son sommeil est l'image de Jésus mort sur la croix ; le côté d'Adam ouvert et Ève formée d'une de ses côtes figurent le côté de Jésus percé et l'Église son épouse formée par la vertu du sang et de l'eau qui en sont sortis. Mettons nos péchés au pied de la croix et demandons qu'une goutte de son sang les efface, nous lave et nous purifie de toutes nos iniquités. Le cœur de Jésus ouvert nous invite à y entrer pour puiser comme dans un trésor inépuisable toutes les grâces du salut. L'âme de Jésus qui descend dans ces cachots où étaient détenues les âmes de l'ancien testament qui soupiraient après la venue du Rédempteur, nous apprend à descendre en esprit en Purgatoire pour soulager et délivrer par nos suffrages et nos bonnes oeuvres les âmes fidèles qui y sont détenues. Le Corps de Jésus dans le Tombeau nous montre comme nous devons mourir au péché, au monde et à nous-mêmes par un entier détachement de tout, de sorte que nous soyons comme un mort, indifférents pour tout ce qui n'est pas Dieu ou ne conduit pas à Dieu, insensibles à toutes les choses du monde. Le sang de Jésus répandu nous exhorte à verser le nôtre pour l'amour de celui qui a versé le sien pour nous, et crie bien plus efficacement que celui d'Abel, et ses cris s'élèvent jusqu'au Ciel pour demander vengeance contre les juifs qui l'ont versé, et contre les chrétiens qui le profanent tous les jours et le foulent aux pieds par leurs crimes et leurs sacrilèges, et il demande grâce et miséricorde pour les pécheurs pénitents.


Offrons sans cesse le sang de Jésus-Christ, surtout à la Messe, à l'élévation du Calice pour effacer nos péchés, pour satisfaire à la justice divine et obtenir ses miséricordes. Ô mon Sauveur, je vous adore et vous aime dans le Tombeau ; je m'y renferme avec vous ; je ne veux plus que le monde me voit ; je ne veux plus me voir moi-même ; je descends dans les ténèbres et la poussière du Tombeau ; je ne suis plus du monde des vivants ; je veux mourir et m'ensevelir avec Jésus-Christ. Ô hommes, oubliez-moi ; foulez-moi aux pieds. Je suis mort au monde, et ma vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu : Notre Père...


Offrande de la troisième Dizaine


Recevez, Seigneur, par les mains de la sainte Vierge qui est demeurée debout aux pieds de votre croix avec une force intrépide, recevez ce troisième dizain que nous venons de réciter à l'honneur de votre Mort et Passion. Accordez-nous la grâce d'avoir toute notre vie une dévotion sincère, tendre et affectueuse envers votre sainte Mort et Passion et envers vos cinq plaies et votre précieux sang, et de l'inspirer aux autres. Faites-nous la grâce de méditer souvent votre douloureuse Passion, de la graver profondément dans notre esprit et dans notre cœur, d'y mettre toute notre confiance et de souffrir patiemment toutes sortes de peines pour l'honorer ? Pour suppléer à la dureté de notre cœur nous vous offrons les sept douleurs de votre sainte Mère, et nous y joignons toutes les pieuses affections que saint Jean, sainte Madeleine ont ressenties aux pieds de la croix lorsqu'ils furent témoins de vos douleurs. Nous y ajoutons encore toues les sentiments de dévotion, de reconnaissance et de compassion que tous les Saints et toutes les Saintes qui ont été le plus touchés de vos souffrances ont éprouvés en les méditant ; Père éternel, nous vous offrons votre cher Fils agonisant dans le jardin des Olives, accusé par des faux témoins, condamné par des juges iniques, livré à la fureur d'une troupe de soldats, couvert d'ignominie et d'opprobres, dépouillé de ses vêtements, attaché à un poteau, cruellement flagellé, couronné d'épines, postposé à Barabbas, montant sur le Calvaire chargé de sa croix, étendu, attaché, élevé et suspendu sur la croix, rassasié de fiel et de vinaigre, versant son sang pour le salut du genre humain, enfin mourant et expirant dans les plus affreux tourments ! Jetez les yeux sur votre cher Fils et ne permettez pas que tant de souffrances qu'il a endurées pour notre salut deviennent inutiles par notre faute. Accordez-nous toutes les grâces qu'il nous a méritées pour cette vie et la félicité éternelle pour l'autre.


Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit...

Nous allons réciter les trois dernières Oraisons Dominicales à l'honneur de la Résurrection, de l'Ascension de Jésus-Christ, et de la Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.


1° Considérez que Notre-Seigneur avait prédit non seulement sa mort, mais sa Résurrection le troisième jour. Cela était si public que les juifs et Pilate le savaient. Ce fut pour éviter toute surprise qu'on mit une garde sur son tombeau, qu'on scella le sépulcre, qu'on y roula une grosse pierre pour en empêcher l'entrée. La Providence permit tout cela pour qu'on ne pût soupçonner aucune entreprise pour enlever le Corps de Jésus. Et quelle apparence que les Disciples, consternés par la mort de leur Maître, fussent venus affronter des soldats armés, eux qui l'avaient abandonné de son vivant, s'étaient éloignés à la vue d'une troupe de domestiques, et qui l'avaient renié par la crainte d'une servante ? Ce fut donc par un effet de la divine Providence que les juifs prirent tant de précautions ; et ces précautions devinrent autant de preuves contre leur perfidie. Et comme la Résurrection du Sauveur est la base de notre Religion, Dieu voulut qu'elle fût mise dans une évidence qui la rendit incontestable. Trois jours après sa mort, le Sauveur ressuscite comme il l'avait prédit ; il sort glorieux du tombeau ; il paraît pendant quarante jours à ses Disciples. Il mange avec eux pour ne leur laisser aucun doute ; il leur montre ses plaies adorables imprimées dans son corps. Saint Thomas s'écrie en le voyant, " Mon Seigneur et mon Dieu " ; Dominus meus et Deus meus (Jn 20, 28). Un fait assuré par deux ou trois témoins dignes de foi dit être cru sur leur témoignage, et Jésus-Christ apparut dans une seule fois à cinq cents témoins dont la plupart ont versé leur sang pour confirmer la vérité de leur témoignage : quoi de plus raisonnable que de s'en rapporter à des témoins si dignes de foi ! Jésus pendant ces quarante jours confirme la foi de ses Disciples ; il leur donne l'intelligence des écritures ; il leur communique le Saint-Esprit avec le pouvoir de remettre les péchés ; il établit saint Pierre chef de l'Église pour tenir sa place et gouverner le troupeau.


Honorons ces quarante jours que Jésus est demeuré sur la terre après sa Résurrection en menant une vie ressuscitée, une vie sainte, surnaturelle, détachée, stable et persévérante dans le bien. Demandons de mourir au péché, de ressusciter à la grâce. Demandons que Jésus-Christ par la vertu de sa Résurrection renouvelle tout en noue, qu'il crée en nous un cœur nouveau, un esprit nouveau, des sentiments nouveaux, une vie nouvelle. Récitons à cette intention la prière qui lui est le plus agréable : Notre Père...


2° Considérez que Jésus-Christ ayant passé quarante jours avec ses Disciples sur la terre et les avoir convaincus de la vérité de sa Résurrection par des preuves indubitables, in multis argumentis (Ac 1, 3), il les conduit sur le mont des Olives ; il leur donne la mission pour aller prêcher l'évangile à toutes les nations ; il leur promet le Saint-Esprit, les bénit, et monte au Ciel en leur présence. Transportons-nous en esprit sur la montagne des Oliviers, adorons Jésus montant au Ciel, demandons-lui sa bénédiction, contemplons-le des yeux de l'esprit, et suivons-le des affections du cœur. Gravons dans notre souvenir ces consolantes paroles qu'il adressa à ses Apôtres en les quittant, " Voilà que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles " (Mt 28, 20). Jésus est avec nous dans le Saint-Sacrement ; il est avec nous par sa grâce ; il est avec son Église par une assistance continuelle. Ainsi, loin de nous affliger de l'absence corporelle de Jésus-Christ, réjouissons-nous de sa présence invisible ; applaudissons à son triomphe. Il va nous ouvrir les portes du Ciel ; il va prendre possession de son Royaume ; il va s'asseoir à la droite de son Père et nous y préparer une place.


Joignons nos faibles voix à celles des Esprits bienheureux pour chanter son entrée triomphante dans la Jérusalem céleste ; soupirons après le Ciel ; ne regardons plus la terre que comme un exil ; habitons déjà dans le Ciel d'esprit et de cœur ; n'ayons plus de goût pour les choses de la terre ; tournons nos pensées, nos désirs, nos regards, nos affections vers le Ciel. Ô bienheureuse et éternelle Sion où Jésus-Christ règne avec ses Saints, je soupire après vous ! Qui me donnera des ailes comme à la Colombe pour voler te me reposer dans le sein de mon Dieu ? A lui seul soit l'empire, la majesté, la force, la toute-puissance dans les siècles des siècles ! Jésus en quittant ses Apôtres leur dit encore ces paroles d'une tendresse paternelle : " Je ne vous laisserai pas comme des orphelins, je viendrai vous visiter, je vous enverrai l'Esprit consolateur " (Jn 14, 18). Souvenez-vous donc de cette consolante promesse. Venez, ô mon adorable Sauveur, ne nous oubliez pas, ne nous abandonnez pas comme des orphelins, sans consolation dans cet exil et cette vallée de misères ; nous avons par nos crimes mérité une place en enfer, mais par votre pure miséricorde nous espérons au Ciel la place que vous allez nous préparer. Faites-nous la grâce de la mériter : Notre Père...


3° Considérez que Jésus-Christ, voyant la faiblesse des Apôtres, ne voulut pas encore les exposer au combat avant de les avoir fortifiés par les dons du Saint-Esprit. Ils se préparèrent à le recevoir par la retraite et la prière, unis de cœur et d'esprit avec la sainte Vierge que Notre-Seigneur avait laissée pour les consoler de son absence. Le Saint-Esprit, qui est la troisième Personne de la Sainte Trinité, qui procède du Père et du Fils de toute éternité, et qui en procède toujours sans interruption et en procédera pendant tous les siècles, puisqu'il n'y a point de changement en Dieu, cet Esprit divin qui est l'Esprit du Père et du Fils, qui est l'amour du Père et du Fils, Dieu comme le Père et le Fils, et que nous adorons avec le Père et le Fils, et qui est produit par la volonté, au lieu que le Fils l'est par la voie de l'entendement, cet Esprit de vérité descendit du Ciel le jour de la Pentecôte sous le symbole d'un vent impétueux, pour nous faire comprendre que comme l'air et la respiration sont essentiels pour la vie du corps, le Saint-Esprit ne l'est pas moins pour la vie spirituelle et surnaturelle de l'âme. C'est le Saint-Esprit qui nous vivifie dans l'ordre surnaturel de la grâce : vivificantem (1 Co 15, 45). Le vent souffle où il veut ; on le sent sans le voir ; ainsi l'Esprit de Dieu agit invisiblement en nous. Il faut être bien attentif pour discerner ses mouvements, ses inspirations et ses opérations dans les âmes d'avec ceux de la nature et de la passion. Le Saint-Esprit parut encore sous un autre emblème, sous la figure de langues de feu, parce qu'ainsi que le feu éclaire, échauffe et purifie, le Saint-Esprit éclaire les ténèbres de notre esprit de ses lumières, il embrase notre cœur de ses ardeurs, et il purifie notre âme de sa corruption.


Offrons pour obtenir ce divin Esprit, offrons à Dieu les prières de la sainte Vierge et des Disciples renfermés dans le Cénacle. Soupirons après sa venue ; offrons surtout à cette intention les mérites de Jésus-Christ, car c'est Jésus-Christ qui nous l'a mérité par sa Passion ; las Apôtres en ont reçu les prémices; demandons-en les précieux restes. Envoyez donc, ô mon Dieu, ce Consolateur promis qui, nous remplissant des dons de sagesse, d'intelligence, de force, de science, de conseil, de piété, et d'une crainte salutaire, produise en nous ses divins fruits, une charité ardente, une joie toute pure, toute sainte, toute spirituelle et surnaturelle, une paix, une patience et une douceur inaltérable, une bonté véritable et sincère, une courageuse persévérance, une foi ferme et inébranlable envers Dieu, et une probité, une fidélité à toute épreuve à l'égard du prochain, une modestie édifiante, une continence et une sobriété constante, enfin une chasteté et une pureté angélique. Que ce divin dispensateur des grâces joigne par surcroît à toutes celles-ci, toutes les autres qu'il sait nous être nécessaire pour procurer sa gloire et notre salut et celui du prochain : Notre Père...


Offrande des trois dernières oraisons


Recevez, Seigneur, ces dernières et chétives prières que nous venons de réciter à l'honneur de la Résurrection, de l'Ascension de Jésus-Christ, et de la descente du Saint-Esprit. Nous vous les offrons par les mains de la très sainte Vierge, qui a été comblée de joie à votre Résurrection, ravie d'admiration lorsqu'elle fut témoin de votre Ascension, et remplie des dons les plus sublimes du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte. Et nous vous prions de nous accorder par son intercession toutes les grâces que nous y avons demandées.


Gloire au Père...


Ceux qui trouveront ceci trop long pourront le diviser selon les temps et les circonstances, par exemple, le premier dizain au temps de l'Avent et de Noël, le second pendant l'année, le troisième vers le temps de la Passion.


Approuvé par Monseigneur Pottier, Évêque d'Agathopolis et Vicaire Apostolique du Sichuan, Province de Chine. Et traduit du Chinois en Français par l'Auteur.

Texte extrait du site http://moye.chez-alice.fr

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Prière pour honorer les cinq Plaies du Sauveur

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Prière pour honorer les cinq Plaies du Sauveur

Texte du Bienheureux Jean Martin Moyë


Pénétrés d’amour et de reconnaissance, touchés de douleur et de componction nous adorons, nous baisons avec respect, et nous invoquons avec confiance vos plaies sacrées, ô divin Sauveur. Nous vous conjurons par ces plaies adorables de guérir toutes les blessures de notre âme. Gravez, Seigneur, gravez profondément dans nos cœurs ces divines plaies avec le souvenir continuel de votre douloureuse passion.

Nous adorons la plaie de votre main droite, désirant et demandant que votre main droite nous bénisse, nous et nos intentions, nos paroles et nos actions, qu’elle nous aide à faire le bien et à empêcher le mal. Je remets, Seigneur, avec confiance mon corps et mon âme, ma vie et ma mort, mon sort éternel et temporel, mes desseins et mes entreprises entre vos mains. Je mets dans votre main droite mes parents, mes amis, mes bienfaiteurs, et tous vos élus, afin que ni le démon ni le monde ni la chair ne puissent les ravir de votre main.

Seigneur, ayez pitié de nous, nous vous en conjurons par la plaie de votre main droite.

Notre Père...

Nous adorons la plaie de votre main gauche, et nous vous prions de bénir notre silence, notre repos, et nos affections. Nous recommandons à la même plaie de votre main gauche les pécheurs et nos ennemis, que nous aimons parce que Jésus-Christ a aimé les siens. Nous vous recommandons les méchants, les impies, les libertins de nos jours. Nous vous conjurons d’étendre votre main toute-puissante contre tous les ennemis de l’Église, pour réprimer leur méchanceté et tous leurs mauvais desseins. Tournez, Seigneur, par votre sagesse et votre grâce triomphante leur haine en charité, leur malice en bonté, leurs malédictions en bénédictions, leur guerre en paix, leur terreur en sécurité, leurs obstacles en moyens. Arrachez-les d’entre les mains du démon, faites qu’ils retournent à vous par une sincère conversion.

Seigneur, ayez pitié de nous, etc.

Nous adorons la plaie de votre pied droit. Nous vous prions par la vertu de cette plaie de diriger nos pas et nos démarches dans la voie du salut, et nous vous conjurons par la douleur que vous avez soufferte dans cette plaie d’avoir pitié des âmes souffrantes, des pauvres et des malades, des agonisants, des captifs et des prisonniers, des voyageurs et des âmes du Purgatoire. Seigneur, ayez pitié de nous, nous vous en conjurons.

Nous adorons la plaie de votre sacré côté, et nous vous prions de répandre sur nous par l’ouverture de cette plaie les entrailles de votre miséricorde. Nous vous supplions de guérir nos cœurs par la plaie de votre Sacré-Cœur, et de laver les souillures de nos âmes dans le sang et l’eau qui sont sortis de votre sacré côté, et comme c’est par la vertu de cette eau et de ce sang que l’Église a été formée ainsi qu’Ève de la côte d’Adam, nous vous conjurons par les amertumes que vous avez ressenties dans votre Sacré-Cœur et par votre côté percé d’une lance d’avoir pitié de votre Église, que vous vous êtes acquise au prix de votre Sang. Purifiez-la, santifiez-la, unissez-la, gouvernez-la, conservez-la pure et sainte et sans tache, exaltez-la et faites-la triompher de toutes les erreurs et des ennemis qui l’attaquent, et faites régner dans votre Église l’union, la charité, la concorde, l’humilité, la chasteté, et toutes les vertus chrétiennes.

Seigneur ayez pitié de nous, nous vous en conjurons par la plaie de votre sacré côté.

Enfin, mon Dieu, nous recourons à vos cinq plaies comme à un refuge et un asile assuré dans tous nos maux et nos tentations et comme à une source intarissable de bénédictions. Montrez-nous vos plaies comme vous les avez fait voir à vos disciples après votre Résurrection. Faites qu’elles soient toujours ouvertes pour nous, qu’il en découle continuellement sur nous et sur tous les peuples de l’univers un fleuve de paix et de justice, un torrent de lumière, de grâce, et de vertu. Nous adorons enfin toutes les autres plaies dont votre Cœur adorable et vos membres sacrés ont été meurtris dans votre sanglante flagellation et dans tout le cours de votre Passion ; et nous vous supplions de nous en appliquer tous les mérites. Ainsi soit-il.

Texte extrait du site http://moye.chez-alice.fr

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22 février 2009

Le Vieux Bon Dieu de Tancrémont

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Le Vieux Bon Dieu de Tancrémont

Banneux, Belgique

Son origine

Au bord de la route allant de Pepinster à Banneux Notre-Dame, au lieu-dit Tancrémont, se trouve une petite chapelle contenant une croix remarquable: c’est la croix, connue dans la région comme le “Vieux Bon Dieu”. L’origine de cette croix est assez obscure. Les archives de la paroisse de Theux toute proche, mentionnent plusieurs fois la présence d’une vieille croix dans l’église des saints Alexandre et Hermes dont l’édification remonte au IXe siècle. Les marques décelables au dos et au pied de la croix de Tancrémont laissent supposer qu’elle est bien la croix glorieuse qui a surplombé le chœur de cette église pendant de nombreux siècles. Les archives attestent que, ne correspondant plus au goût de l’époque, elle fut reléguée dans une chapelle latérale au XVIIIe siècle. C’est probablement à la Révolution française qu’elle a été enterrée dans un champ et protégée par une grosse pierre. Ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’un paysan l’a découverte au XIXe siècle dans un bon état de conservation dû à un environnement sec. La chapelle de Tancrémont a été construite en 1895 pour contenir et honorer cette croix. Celle-ci a été restaurée en 1932, puis en 1986.

Mensurations et datation

La croix est en chêne. Elle avait, à l’origine, la forme d’un tau (T). Plus tard, on y a ajouté la partie supérieure pour former une croix latine. Elle mesure 2,04 m. de haut et 1,80 m. de large. Quant au Christ, il mesure 1,5 m. de haut et 1,4 m. de large. Il est en bois de tilleul qui, d’après la méthode du carbone 14, date d’une période allant de l’an 810 à l’an 965.

Valeur esthétique, symbolique et religieuse

Par respect, on a revêtu le Christ d’une tunique droite et plissée appelée colobium. La tunique porte des traces de polychromie. A l’origine, celle-ci imitait probablement un tissu byzantin vert à motifs ovales rouges. L’analyse microscopique effectuée lors de la deuxième restauration montre qu’elle a été repeinte huit fois, d’abord en bleu, ensuite en doré, puis à nouveau en bleu avec des étoiles dorées. Plus tard, on l’a peinte en brun et même en gris.

Prière

Seigneur Jésus, dont la Face s'est inclinée si Miséricordieusement sur l'Arbre de la Croix au jour de la Passion pour le Salut du monde! Nous Vous en supplions, aujourd'hui encore, par Pitié, inclinez-Vous vers nous, pauvres pécheurs que nous sommes; laissez tomber sur nous un regard de Miséricorde et de compassion et recevez-nous enfin au baiser de la Paix. Ainsi soit-il.

D'après une prière de Monsieur Dupont, le Saint Homme de Tours

Pour approfondir

Site du sanctuaire de Tancrémont

www.tancremont.be


21 février 2009

Notre Dame de la Confiance

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Notre Dame de la Confiance

Vénérée au Grand Séminaire Pontifical de Rome

Notre-Dame de la Confiance est la patronne et la protectrice du grand séminaire pontifical de Rome. Son image (peinture dans un petit cadre ovale en cuivre) est vénérée dans la chapelle située dans le sanctuaire de l'ancien séminaire, autrefois chapelle dédiée à Saint-Nicolas, était le lieu de prière des confesseurs de la basilique du Latran. La dévotion du Séminaire pour cette image, dont l'originale était vénérée par la Vénérable Sœur Chiara Isabella Ferrari (clarisse à Todi, † 1744), apparaît dans les documents dès 1837, année ou le séminaire fut ouvert, à l'occasion d'un voeu fait au cours d'une épidémie de choléra. Le document certifie qu'à cette date, la dévotion était très forte et il semble que cela devait durer depuis plusieurs années ( l'on suppose que cela remonterait au Collège Romain de 1773, quand le séminaire a été installé dans ce local, qui avait été déserté par les Jésuites, lors de la suppression de la Société de Jésus). Jalousement gardée par la classe des Théologiens, lorsque le Séminaire a été transféré du Latran à Saint-Apollinaire, il consacré à la Chapelle à Notre Dame de la Confiance. C'est à cette période qu'est née le la prière "Mater mea, Fiducia mea", laquelle a été indulgenciée par le Pape Benoît XV, l'hymne de la confiance, mis en musique par Casimiri, sur un texte de Ottavini. La fête de Notre Dame de la Confiance est célébrée chaque année, le samedi précédant le début du Carême. Les couronnes de Marie et Jésus ont été offertes par le Pape Paul VI.

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Acte de confiance à Notre Dame de la Confiance

O Marie, Mère de Dieu et Mère de l'Eglise, vous, nous Vous confions notre vie, nous sommes vos enfants et dans vos mains nous mettons notre vocation.

Je Vous salue Marie

Vierge de Nazareth, nous Vous confions humblement notre désir de suivre Jésus sur le chemin de l'amour dans la fidélité et la persévérance, afin que nous puissions Le servir avec un cœur sans partage et de générosité.

Je Vous salue Marie

Conduisez-nous toujours avec votre amour Maternel, soutenez-nous dans nos moment de faiblesse, confirmez-nous dans l'espérance, augmentez en nous la confiance envers Dieu, l'amour pour le Christ et la fidélité envers l'Église. O Marie, Mère la confiance. Amen.

Salve Regina

D'après un texte italien extrait du site www.seminarioromano.it

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téléchargez la prière à Notre Dame de la Confiance (pdf) en cliquant ici

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18 février 2009

Le Serviteur de Dieu Jacques Sevin

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Le Serviteur de Dieu Jacques Sevin

Fondateur du Scoutisme Catholique et des Soeurs de Sainte Croix de Jérusalem

1882-1951

Plus qu'un éducateur, qu'un animateur et entraineur de jeunes et que le promoteur en France de la méthode scoute, le Père Sevin a donné a la méthode scoute toute sa dimension puisqu'il l'a catholicisée. Le Père Sevin n'est donc pas que le fondateur du scoutisme français : il est le fondateur du scoutisme catholique, de la spiritualité scoute. C'est en cela qu'il est un exemple pour les jeunes du XXIème siècle, scout et non scout : parce qu'il a su apprendre à la jeunesse tout à la fois la joie, l'ascèse et l'amour de la création divine, et leur proposer une méthode simple menant à la sainteté.

Né à Lille le 7 décembre 1882, Jacques Sevin est d'abord l'élève des Jésuites au collège de la Providence à Amiens. Dès cette époque, il s'enthousiasme pour la marine et la Chevalerie. En mars 1900, il réussit son baccalauréat et entre à l'Institut catholique de Lille pour y préparer une licence d'anglais. Au mois de mai, il décide d'entrer dans la Compagnie de Jésus. Après son Noviciat, il enseigne l'Anglais au collège de Florennes, ce qui lui permet de passer un séjour en Angleterre. La même année, en 1907, Baden-Powell dirige son premier camp scout. Le Père ne s'en doute alors même pas ! En 1913, à la suite de deux articles défavorables au Scoutisme dans la revue jésuite "Les Etudes", le Père obtient la permission d'aller en Angleterre pendant les grandes vacances pour voir ce qu'il en est. Le 20 septembre, il prend sa première tasse de thé avec Baden-Powell et, enthousiasmé, forme la résolution de fonder en France "la Fédération Catholique du Scoutisme". Dès son retour d'Angleterre, il approfondit la méthode scoute et la fait connaître autour de lui. Le 2 août 1914, il est ordonné prêtre. Après plusieurs séjours en Angleterre où il étudie sur place le scoutisme, le Père Sevin commence la rédaction de son fameux livre "le Scoutisme", qui sera édité en 1922. Il fonde plusieurs Troupes et, en 1919, avec Xavier Sarrazin, fonde "l'Association des Scouts de France" qui regroupera plusieurs Troupes. Cette même année, il rencontre l'abbé Cornette et lui fait part d'un grand projet : la fondation d'une Fédération Nationale des Scouts Catholiques. Il reste plusieurs semaines à Paris pour faire avancer les choses. Enfin, le 1er mars 1920, un comité organisateur est créé. Le Père Sevin propose le nom de la Fédération : "Les Scouts de France". Il est chargé de mettre au point le règlement. Par ailleurs, le Père Sevin est autorisé par ses supérieurs à se mettre à la disposition de la nouvelle Fédération.

Le 25 Juillet 1920, date officielle de la création des Scouts de France, paraît le premier règlement. La jeune Fédération a quatre co-fondateurs : le Père Sevin, secrétaire général, le Chanoine Cornette (le " Vieux Loup "), aumônier général, Edouard de Macédo et le Général de Maud'huy. Très vite, le Père Sevin échange le titre de Secrétaire Général contre celui de Commissaire Général. Par un travail acharné, il bâtit la "Maison Scouts de France" : organisation et extension de la Fédération, recrutement et formation des chefs, création et rédaction de la revue Le Chef. Bientôt, le Père Sevin reçoit l'autorisation de Baden-Powell d'organiser des camps-école d'égale valeur internationnale que celui de Mac-Laren en Angleterre : c'est dire la confiance que le fondateur met en cette toute jeune association promise a un brillant avenir ! Comprenant que l'" on ne peut donner que ce que l'on a reçu ", l'année 1922, voit donc l'ouverture du camp de "Chamarande", destiné à la formation des chefs. C'est également au Père Sevin que l'on doit la croix potencée, le cérémonial, la rédaction catholique de la Loi scoute et de la Promesse, la rédaction des trois Principes, la prière des chefs, les paroles de nombreux chants scouts (chant de la Promesse, cantique des Patrouilles, chant des adieux, monte flamme...), ainsi que l'extension du Scoutisme aux handicapés physiques et mentaux. Le travail du Père est considérable. En 1924, il doit abandonner son titre de Commissaire général pour se consacrer uniquement à ses fonctions de Commissaire à la formation des chefs. Pendant 10 ans, à partir du mois d'août 1923, le Père dirigera le camp de formation des chefs de Chamarande. Il en sera l'animateur et donnera le meilleur de lui-même pour former des chefs dignes du Scoutisme catholique. Mais au sein du quartier général, des difficultés surgissent. Des oppositions doctrinales provoquent une crise. Le 15 mars 1933, le Père Sevin est prié de se retirer. De cette crise il a donné l'explication suivante : "Après avoir vécu la mystique du Scoutisme, nous sommes entrés dans la politique du Scoutisme !" Le Père Sevin se retire sous sa tente, à l'écart des camps, des conseils et des assemblées, ce qui lui permet de réaliser un projet que depuis longtemps il portait dans son cœur : la fondation d'un Ordre religieux issu du Scoutisme. Le premier prieuré en est créé en 1944, sous le nom de l'Institut de la Sainte Croix de Jérusalem . En 1948, il crée une école scoute, la " Maison française ". C'est dans la nuit du 19 au 20 juillet 1951 que le Père Sevin rentre doucement à la Maison du Père. Son corps repose encore aujourd'hui dans le cimetière de Boran-sur-Oise, où, en unité ou anonymement, des scouts viennent encore chaque année déposer quelques fleurs et réciter des prières sur la modeste tombe du fondateur de cette chevalerie des temps modernes. Le Père Sevin est actuellement en procès de béatification à Rome...

Toute sa vie, il fut un animateur spirituel, un entraîneur d'âmes, un formateur de caractères, puisant sa force auprès de Celui qui a dit : "Sans moi, vous ne pouvez rien faire !". Cette parole du Christ, le Père Sevin s'en était profondément pénétré. Ce fut sans doute là le grand secret de son admirable rayonnement. Plaçant à la base de l'éducation scoute l'Amour (aimer le jeune tel qu'il est, et pour ce qu'il est appelé à être), la Joie (celle de l'oubli de soi, celle qui est contagieuse), et la Confiance (même dans les pires canailles, il y a toujours 5% de bon, disait BP. Croire sur parole, et croire capable du mieux), le Père a découvert une véritable spiritualité : rechercher l'ascèse, cultiver les Vertus (Franchise, Dévouement, Pureté), et donner par le contact avec la nature une mentalité de campeur (c'est à dire " d'homme vraiment libre, indépendant des lieux et des biens, homme qui ne tient à rien, pas même à sa tente, et qui par conséquent, est toujours prêt. "). Incontestablement, c'est le Père Sevin qui est le fondateur du Scoutisme Catholique. La meilleure façon de lui témoigner notre reconnaissance consiste tout simplement à respecter intégralement l'héritage qu'il nous a légué, le magnifique trésor du scoutisme catholique.

Pensées du Père Sevin

" Ayons horreur des mots, passons aux actes ".

" Ce dont un scoutisme missionnaire ne peut se passer, ce qui seul rend son action féconde, c'est la splendeur de sa sainteté. "

" Des scouts qui soient des saints. Il ne faudrait avoir peur ni du mot ni de la chose, la sainteté n'est d'aucun temps, ni d'aucun uniforme particulier. "

" Ouvrez toutes grandes les portes de votre âme comme naguère Abraham ouvrit les portes de sa tente et la Trinité toute entière y entra. "

"Pas d'Evangile au rabais"

"On ne fait rien sur Terre qu'en se consumant"

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Prière pour obtenir la béatification du Père Jacques Sevin, s.j.

O Dieu, Tu as mis au cœur de Ton serviteur Jacques Sevin le désir ardent de « s’user jusqu’au bout » pour Ton Amour et celui de la jeunesse ; ainsi Tu as voulu faire grandir au sein de l’Eglise catholique, les jeunes liés à travers le monde par la promesse et la loi scoutes ; Tu lui as inspiré la fondation de l’Institut de la sainte Croix de Jérusalem, pour l’extension de ton Royaume et le Salut de la jeunesse du monde entier : donne-nous le même amour généreux dans la prière, l’accueil et le service des jeunes, afin de les conduire jusqu’à Toi. Et, si cela T’est agréable, Daigne glorifier ici-bas Ton serviteur Jacques En nous accordant par son intercession les grâces que nous implorons. Amen.

Les personnes qui reçoivent des grâces par l’intercession de Père Jacques Sevin sont priées de les faire connaître au : Prieuré de Boran sur Oise (60820) France.

Téléchargez la prière pour le Père Sevin (pdf) en cliquant ici

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Pour approfondir

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-524303.html

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-1169283.html

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-1169284.html

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09 février 2009

La Servante de Dieu Catherine de Hueck-Doherty

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La Servante de Dieu Catherine de Hueck-Doherty

Fondatrice de Madonna House

1896-1985

Catherine de Hueck-Doherty naît en Russie en 1896 dans une riche famille profondément chrétienne. A 12 ans elle est déjà attirée par la pauvreté. Mariée très jeune à Boris de Hueck elle devient infirmière pendant la 1ère guerre mondiale. La révolution russe l’oblige à émigrer au Canada en 1921. Elle vit dans la pauvreté et travaille dur pour faire vivre son mari malade et son fils. Devenue conférencière elle regrimpe dans l’échelle sociale. C’est là qu’elle reçoit cet appel : « Lève-toi, va vends tout ce que tu possèdes… donne-le aux pauvres… viens et suis-moi ». Elle fonde alors dans les années 30 Friendship House (la maison de l’amitié) pour vivre au milieu des pauvres. Des hommes et des femmes la rejoignent, d’abord à Toronto pendant la crise, puis à Harlem où elle est une pionnière du combat pour la justice raciale. En 1947 un appel de l’évêque la conduit à Combermere en Ontario pour y fonder avec son deuxième mari Eddie Doherty, un apostolat rural. Elle y établit Madonna House, un centre de formation pour laïcs catholiques et pour les prêtres Là aussi se crée une communauté de laïcs et de prêtres associés qui fait l’expérience de la vie simple et pauvre au service des pauvres, basée sur l’amour mutuel autour de la Trinité. En 1952 sur la suggestion du pape, la jeune communauté fait vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Catherine de Hueck-Doherty meurt en 1985 après avoir publié des ouvrages traduits dans de nombreuses langues tel que « Poustinia » (le désert en russe) qui tisse un lien entre les spiritualités catholiques et orthodoxes...

Prière pour obtenir des faveurs par l'intercession de Catherine Doherty

à usage privé.


Ô Père tout-aimant, par votre Fils bien-aimé, Jésus, nous avons appris à demander ce dont nous avons besoin. Et à travers l'Église, son Épouse, nous avons appris à demander l'intercession de vos serviteurs qui se sont endormis dans la paix du Christ. Ainsi, par l'intercession de Catherine Doherty, je demande[spécifiez.]Je le demande pour votre honneur et votre gloire au nom de Jésus Votre Fils, notre Seigneur. Amen.


Imprimatur

+ J. R. Windle, Évêque de Pembroke,

1er mai, 1993.

Si vous pensez avoir obtenu des faveurs par l'intercession de Catherine, veuillez en faire part au


Postulateur de la cause

l'Apostolat de Madonna House

2888 Dafoe Rd

Combermere (Ontario) K0J 1L0 Canada

Téléchargez la Prière pour la glorification de Catherine Doherty (pdf) en cliquant ici

Pour approfondir


Site de la Postulation de Catherine Doherty

www.catherinedoherty.org

Site de la Communauté Madonna House

www.madonnahouse.org

Biographie de Catherine Doherty,

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lirarticle-83937-470067.html

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02 février 2009

Chemin de Croix avec Sainte Edith Stein

Chemin de Croix avec Sainte Edith Stein

Méditations essentiellement extraites de « Science de la Croix » et de « L'Expiation Mystique »

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Avant propos

« La Croix et le corps sont représentés en un puissant raccourci et comme vus de profils; le corps en grand mouvement, détaché loin de la Croix est suspendu par les mains, celles-ci transpercées par de puissants et surprenants clous en saillie, sont particulièrement expressives. La tête inclinée en avant ne permet pas de distinguer les traits du Visage. Par contre on voit le cou et la partie supérieure du dos couvert de blessures... Nous ne savons pas si le Sauveur a parlé à Son ami quand il s'est penché si profondément en avant de la Croix. Qu'il y ait eut échange de Cœur à cœur, c'est certain !... »

« Nous disons: « Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit », lorsque nous faisons le Signe de la Croix. Cela signifie que ce que nous faisons, obéit au commandement et a lieu par la Force de la Très Sainte Trinité. D'où prenons-nous le droit inouï d'utiliser cette langue audacieuse? De la force de la Sainte Croix. Nous pouvons ainsi parler parce que nous sommes rachetés par la Sainte Croix. La Sainte Trinité l'a choisie de tout éternité comme instrument de Rédemption. En faisant le Signe de la Croix au Nom de la Trinité, nous rendons hommage à la Justice Divine et avec Elle, nous prononçons la condamnation à mort de notre nature pécheresse. »


« Quand le Seigneur disait: « Celui qui ne prend pas sa crois et ne Me suit pas n'est pas digne de Moi » ou « Si quelqu'un veut venir à Ma suite qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et Me suive », la Croix était alors le symbole de tout ce qui est lourd, difficile et contraire à la nature. S'en charger, c'était marcher à la mort. C'est pourtant de ce fardeau que tous les jours devait se charger le disciple de Jésus. L'annonce de la mort mettait sous les yeux des disciples l'Image du Crucifié. Elle la met encore aujourd'hui sous les yeux de quiconque lit ou entend l'Evangile. Il y a là une sollicitation silencieuse qui attend une réponse. Les appels intérieurs à L'imiter sur ce chemin de croix qu'est la vie, nous aident à donner la réponse conforme et nous ouvrent en même temps une vue sur le sens de la mort et sur la Croix. »


A chaque station


Après l'énoncé de la station: « Nous T'adorons, ô Christ, et nous Te bénissons, parce que Tu as racheté le monde par Ta Sainte Croix.


A la fin de la méditation, un Notre Père, un je Vous salue Marie et un Gloire au Père, suivi de l'invocation: « O Marie, daignez graver profondément en nos coeurs les Plaies de Jésus Crucifié ».

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Première station

Jésus est condamné à mort


« Pilate, reprenant la parole, leur dit: Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs? Ils crièrent de nouveau: Crucifie-le! Pilate leur dit: Quel mal a-t-il fait? Et ils crièrent encore plus fort: Crucifie-le! Pilate, voulant satisfaire la foule, leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié. » (Évangile selon Saint Marc 15: 12-15).


« La Passion et la Mort du Christ constituent la conséquence la plus atroce du péché et nous le montre dans toute son horreur. Ce fut le péché sous toutes ses formes qui crucifia Jésus. Toute l'histoire du monde est comme l'immense toile de fond du drame du Golgotha. Les Messie qui, par obéissance envers Son Père, vient pour reconquérir « son épouse », se charge de son joug afin de l'en délivrer et ne recule même pas devant la Mort, afin de lui mériter la Vie. C'est pour cela qu'Il provoque contre Lui la rage de l'Enfer, la haine provenant de la méchanceté et de la faiblesse humaine, jusqu'à ce que les hommes et démons se déchaînent contre Lui et Lui préparent la Mort sur la Croix. »

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Deuxième station

Le portement de Croix


« Ils prirent donc Jésus, et l'emmenèrent. Jésus, il portait Lui-même sa croix. » (Évangile selon Saint Jean, 19: 16-17)


« Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, C'est de nos douleurs qu'il s'est chargé. » (Isaïe 53: 3-4)


« Le poids de la Croix dont le Christ s'est chargé n'est rien d'autre que la déchéance de la nature humaine, avec le cortège des péchés et des souffrances dont est frappée l'humanité. Le sens du Chemin de Croix est de libérer le monde de ce fardeau. Le retour en Dieu de l'humanité délivrée est un pur don de la Grâce et de la Miséricorde mais non aux dépens de la Sainteté et de la Justice Divine. La somme totale des fautes humaines, du péché originel au Jugement dernier, doit être compensé par une mesure correspondante d'actes expiatoires. La « Via Crucis » de Notre Sauveur est cette expiation. »

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Troisième station

Jésus tombe pour la première fois


« Il m'a fermé toute issue, et je ne puis passer; Il a répandu des ténèbres sur mes sentiers. Il m'a dépouillé de ma gloire, Il a enlevé la couronne de ma tête. Il m'a brisé de toutes parts, et je m'en vais; Il a arraché mon espérance comme un arbre.  ». (Job 19: 8-10)


« Garde-moi, mon Dieu comme la prunelle de l'oeil. » (Psaume 31 (30) 12-14)


« Dans les plus extrêmes douleurs du corps et de l'esprit, surtout dans la nuit de l'abandon Divin, Notre Seigneur nous dit quelle est la rançon pour la masse des péchés accumulés dans tous les temps contre la Sainteté de Dieu... Ainsi, Il ouvre les écluses de la Miséricorde Paternelle pour tous ceux qui ont le courage d'embrasser la Croix et le Crucifié. Le retour de l'humanité délivrée se jetant dans le Cœur du Père est un don gratuit de l'Amour qui est tout Miséricorde. »

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Quatrième station

Jésus rencontre Sa Mère


« Les larmes coulent de mes yeux nuit et jour, Et elles ne s'arrêtent pas; Car la vierge, fille de mon peuple, a été frappée d'un grand coup, D'une plaie très douloureuse. » (Jérémie 14: 17).


« Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles? » (Isaïe 49: 15).


« Sur ce Chemin de la Croix, le Sauveur n'est pas seul... et il n'est pas entouré que d'ennemis qui Le harcèlent... Il y a aussi la présence des êtres qui Le soutiennent... La présence d'abord de la Mère de Dieu, Modèle de ceux qui en tous temps suivent l'exemple de la Croix. L'Amour du Christ les pousse à descendre dans la nuit la plus noire... et aucune joie maternelle sur terre n'est comparable à la félicité de l'âme qui peut faire jaillir de la nuit du péché la Lumière de la Grâce; la Croix est le Chemin qui y conduit: la Vierge des vierges y est devenue la Mère de la Grâce. »

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Cinquième station

Jésus est aidé par Simon de Cyrène


« Comme ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix, pour qu'il la porte derrière Jésus. » (Évangile selon Saint Luc 23: 26).


« Celui qui marche dans la voie des parfaits sera mon serviteur. » (Psaume 101)


« Quand je dis: mon pied chancelle Ton Amour, Eternel, me soutient; sans l'exces des soucis qui m'envahissent, Tes consolations délectent mon âme. » (Psaume 94)


« Sur ce chemin, Simon figure ceux qui acceptent une souffrance imposée et qui dans cette acceptation sont bénis. Chaque homme qui, dans la suite des temps, a porté un lourd destin en se souvenant de la souffrance du Sauveur, ou qui librement fait oeuvre de pénitence, a racheté un peu de l'énorme dette de l'humanité et a aidé le Seigneur à porter son fardeau. Bien plus, le Christ Tête accomplit l'expiation dans les membres de Son Corps Mystique qui se mettent corps et âme à Sa disposition en vue de Son oeuvre de Rédemption. »

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Sixième station

Véronique essuie le Visage de Jésus


« Jésus leur dit: Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme? Elle a fait une bonne action à mon égard; car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m'avez pas toujours. En répandant ce parfum sur mon corps, elle l'a fait pour ma sépulture. » (Évangile selon Saint Matthieu 26: 10-12).


« Il s'est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée; Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n'avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage. » (Isaïe 53: 2-3).


« De Toi mon Cœur à dit: « Cherche Sa Face ». C'est Ta Face, Eternel, que je cherche, ne me cache pas Ta Face. » (Psaume 27: 7-8).


« Véronique est l'image de ceux que l'amour porte à servir le Seigneur....


Et maintenant en ces derniers temps, alors que la Foi, l'Espérance et l'amour ont disparu, Tu as découvert Ta Sainte Face, la Face de Celui qui souffrit sur la Croix et ferma les yeux dans le sommeil de la Mort. Comme derrière un voile, nous voyons la souffrances sans ces traits Saints, sublimes....


O Mère Très Haute, Tu leur (les Tiens) apprends à élever le regard vers la Face de l'Eternel et les désaltères avec cette boisson de l'Esprit qui est à la fois rafraîchissante et ardente et qui rend sobre – enivre.

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Septième station

Jésus tombe pour la seconde fois


« C'est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu'il fût Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l'auteur d'un salut éternel. » (Lettre aux Hébreux 5: 7-10).


« Il a été maltraité et opprimé, Et il n'a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n'a point ouvert la bouche. » (Isaïe 53: 7).


Le Chemin de Croix est une expiation. L'écroulement, par trois fois, sous le poids de la Croix correspond à la triple chute de l'humanité: la chute originelle, le rejet du Rédempteur par son peuple d'élection, l'apostasie de ceux qui portent le nom de Chrétiens. Mais l'appui des porteurs de croix Lui est un secours à chacune de Ses chutes. Ce sont les Justes de l'Ancienne Alliance qui l'accompagnent entre la première et la deuxième chute. Les disciples, hommes et femmes, qui se rallièrent à Lui pendant Sa Vie terrestre, sont ceux qui L'aident entre la deuxième et la troisième. Les amants de la Croix, qu'Il a éveillés et qu'Il éveillera encore tout au long des vicissitudes de l'Église combattante, sont ses alliés jusqu'à la fin des temps. C'est à cela que, nous aussi, nous sommes appelés...

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Huitième station

Jésus rencontre les femmes de Jérusalem


« Il était suivi d'une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Jésus se tourna vers elles, et dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants. » (Évangile selon Saint Luc 23: 27-28).


« Par la Croix je compris le destin du peuple de Dieu... Je pensais que ceux qui comprennent qu'il s'agit de la Croix du Christ, devraient au nom de tous s'en charger... Je vous en prie, permettez-moi de m'offrir en expiation au Cœur de Jésus pour la vraie Paix... Je prie le Seigneur qu'Il accepte, pour Sa Gloire et glorification et ma vie et ma mort... et ainsi qu'Il soit accueillit chez les Siens et que Son Royaume advienne en toute gloire.


La souffrance expiatoire est ce qui en vérité unit le plus profondément au Seigneur. Elle prend sa source dans une union déjà établie avec le Christ... Seul peut désirer la souffrance expiatrice celui dont les yeux spirituels se sont ouverts sur les interactions surnaturelles des évènements de l'histoire du monde... Cette oeuvre d'expiation unit plus étroitement au Christ de même que toute communauté s'approfondit par l'accomplissement d'un oeuvre commune.

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Neuvième station

Jésus tombe pour la troisième fois


« Il tomba la Face contre terre et priait de façon plus instante. » (Évangile selon Saint Matthieu 26: 39).


« Tu m'as mis au tréfonds de la fosse dans les ténèbres, dans les abîmes. Sur moi pèse Ta Colère. Tu déverses toutes Tes vagues, Eternel, Dieu de mon Salut. Lorsque je crie vers Toi la nuit, que jusqu'à Toi s'élève le cri de ma prière. Prête l'oreille à mes lamentations. » (Psaume 87).


Jamais Cœur d'homme n'a pénétré dans une nuit aussi obscure que celle de l'Homme Dieu à Gethsémani et sur le Golgotha. Aucune puissance humaine n'aurait pu le séparer d'avec son Dieu, mais Dieu Lui-même pouvait se retirer de lui. Il n'est pas donné à l'esprit investigateur des hommes de pouvoir sonder le mystère impénétrable du Divin abandon de l'Homme Dieu. Mais à certaines âmes de Son choix, Jésus peut donner à goûter quelque chose de cette extrême amertume. Etre pur et ressenti néanmoins la souffrance n'est-ce pas là ne plus faire qu'un avec l'Agneau sans tâches qui s'est chargé de tous les péchés du monde? N'est-ce pas à la fois Gethsémani et le Golgotha?

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Dixième station

Le dépouillement de Jésus


Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas. Et ils dirent entre eux: Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s'accomplît cette parole de l'Écriture: Ils se sont partagé mes vêtements, Et ils ont tiré au sort ma tunique. (Évangile selon Saint Jean 19: 23).


Durant toute Sa vie, le Christ fut sans cesse en possession de la vision Béatifique jusqu'à Son Agonie. Alors par un acte de Sa libre Volonté, Il s'enleva cette jouissance. Quelle souffrance humaine pourrait être comparée avec le tourment que dût ressentir l'Homme Dieu? Tout comme l'esprit et le cœur humains sont impuissants à concevoir et à goûter ce qu'est l'éternelle béatitude, aussi sont-ils incapables de pénétrer l'insondable mystère d'une pareille privation. Mais, Lui, Jésus, se dépouille Lui-même: « Lui, de Condition Divine, ne retint pas le rang qui l'égalait à Dieu, mais Il s'anéantit , prenant la condition d'esclave. Il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une Croix. » (Philippiens 2: 6-8).

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Onzième station

Jésus est cloué sur la Croix


« Ils conduisirent Jésus au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne. Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de myrrhe, mais il ne le prit pas. Ils le crucifièrent, et se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir ce que chacun aurait. C'était la troisième heure, quand ils le crucifièrent. L'inscription indiquant le sujet de sa condamnation portait ces mots: Le roi des Juifs. Ils crucifièrent avec lui deux brigands, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche. » (Évangile selon Saint Marc 15: 22-27).


« Voici que la douce Lumière semblait éteinte, Dieu Le laissant tout seul. C'était la douleur la plus profonde et pourtant elle était aussi la preuve que Dieu L'aimait d'un Amour de choix. Cet abandon de Dieu dans toute sa rigueur était son partage exclusif et ne pouvait être subit que par Lui, parce qu'Il était à la fois Dieu et Homme: Comme Dieu – en effet – Il ne pouvait souffrir, comme Homme pur, Il ne pouvait comprendre le Bien dont Il se dépouillait. L'Incarnation est donc la condition de Sa souffrance: la nature humaine, en tant que capable de souffrir et ayant réellement souffert est l'instrument de la Rédemption. La nature humaine a perdu, dans le premier homme sa dignité, sa perfection originelle et l'élévation qu'elle devait à la Grâce. Cette élévation est rendue à chaque âme qui renaît à la vie d'enfant de Dieu; elle est couronnée dans les âmes qui arrivent à l'union nuptiale avec le Sauveur. Cette union s'accomplit « sous l'arbre de la Croix » parce qu'elle est le fruit de la Mort du Christ et se réalise par la participation à Ses souffrances.

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Douzième station

La Mort de Jésus


« Recueillons-nous dans le silence de l'adoration , de l'amour, du repentir, de la gratitude... Le Testament de Jésus, les sept Paroles du Verbum Crucis, du Verbe de la Croix. Cette Parole de la Croix deviendra en nous puissance vivifiante, « Science de la Croix ».


En Croix, Jésus disait: «Père, pardonne-leur , car ils ne savent ce qu’ils font» (Luc 23:34).


Au Larron crucifié avec Lui et rependant: «En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis» (Luc 23:43).


Il voit Sa Mère et, près d'Elle le disciple qu'Il aimait: «Femme, voilà ton fils» et «Voilà ta mère» (Jean 19:26 et 27).


Après quoi, ayant tout accompli, il dit: «J’ai soif» (Jean 19:28).


Et cria d'une voix forte: « Eloï, Eloï, lama sabactani » «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27:46 et Marc 15:34).


Le voile du Sanctuaire se déchira par le milieu et jetant un grand cri, Jésus dit: «Père ! entre tes mains je remets mon esprit» (Luc 23:46).


«C’est accompli» , ayant dit cela, Il expira. (Jean 19:30)


Au soir les soldats vinrent... et l'un de sa lance Lui perça le côté, il en sortit du Sang et de l'Eau.


« Vérité et Miséricorde se sont rencontrées dans l'oeuvre de la Rédemption. Elle sont « un » en Dieu. L'horreur du péché et de la puissance des ténèbres sont devenues manifestes dans la Souffrance et la Mort de Jésus. Que nous ne périssions pas mais que par Ses blessures nous soyons guéris, par Son abandon conduits au Père, par Sa Mort que nous gagnons la Vie, telle est la Miséricorde. Ainsi la Vérité est Miséricordieuse et la Miséricorde vraie.


Dans ton Cœur également, Bienheureuse Vierge, Tu n'as pas fermé les yeux devant la vue terrible de la Souffrance, mais Tu as eu pitié de nous et Tu as dit avec le Seigneur: « Père, pardonne-leur ».

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Treizième station

Jésus est descendu de la Croix


« Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin; qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir. Le soir étant venu, arriva un homme riche d'Arimathée, nommé Joseph, lequel était aussi disciple de Jésus. Il se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Et Pilate ordonna de le remettre. Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc. » (Évangile selon Saint Matthieu 27: 55, 57-59).


« Le soir du Vendredi Saint, au pied de la Croix, la Douleur de la Mère de Dieu est grande comme la mer, Elle y est plongée... Mais c'est une douleur contenue, dominée, Elle retient fermement Son Cœur de la main afin qu'il ne puisse pas se briser. La mort véritable apparaît de façon presque effrayante à la bouche entrouverte du Sauveur... Mais Sa tête est tournée vers Sa Mère comme pour la consoler... et la Croix est toute Lumière, le bois de la Croix est devenu Lumière du Christ: « Lignum Crucis... Lumen Christi! »

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Quatorzième station

Le Corps de Jésus est mis au Tombeau

« Il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis. Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus. » (Évangile selon Saint Jean 19: 41-42).


« Dans la Paix, je me couche et je dors, car Tu me donnes d'habiter, seul, dans la confiance. Tu ne peux laisser Ton ami voir la corruption. » (Psaume 4 et 15).


La Croix du Christ et la nuit sont le chemin qui conduit à la Lumière du Ciel. Tel est le Message de la Croix, de la Mort, de l'ensevelissement de Jésus. La Croix est l'arme puissante du Christ; la houlette de berger avec laquelle le divin David sortit à la rencontre du Goliath infernal, celle dont Il frappe avec force à la porte du Ciel, tellement Il nous l'ouvre. Alors les flots de la Lumière Divine jaillissent au-dehors et enveloppent tous ceux qui montent à la suite du Crucifié. En effet ceux qui ont été baptisés dans le Christ, c'est en Sa Mort qu'ils ont été baptisés. Ils se plongent dans Sa Vie pour devenir des membres de Son Corps, afin, comme tels, de souffrir et de mourir avec Lui, mais aussi de ressusciter avec Lui à la Vie éternelle, à la Vie Divine. Cette Vie n'atteindra sa plénitude qu'au jour du Seigneur. Cependant nous y participons dès maintenant pour autant que nous ayons la Foi.

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Sainte Édith Stein

Sainte Patronne de l'Europe

1891-1942

Fête le 9 août


Edith naît à Breslau le 12 octobre 1891, dans une famille juive très pratiquante. Mais ce qui de ce milieu a laissé de fortes racines en Edith ce n'est pas la foi dans le Dieu d'Israël, mais une grande rigueur morale dérivant de la Loi. Elle-même, sur le point de quitter Breslau pour aller à l'université de Göttingen (1911), se reconnaît non-croyante, remplie d'un fort idéalisme éthique. À la rigueur morale correspond en Edith, dans son intelligence vive et profonde, la recherche et la soif de la vérité. Elle ne pouvait se sentir satisfaite du courant psychologiste de type positiviste, prédominant à l'université de Breslau, et pour cela elle s'orienta, dès qu'elle la connût, vers la phénoménologie d'Edmund Husserl, professeur titulaire à Göttingen, dont elle devint par la suite l'assistante. C'est un fait historique remarquable : dans le groupe des élèves et des collaborateurs de Husserl, plusieurs conversions ont eu lieu. Même Husserl et sa femme étaient passés du judaïsme au protestantisme. Le professeur Hedwig Conrad-Martius et son mari, qui s'étaient convertis à la foi évangélique, seront de chers amis d'Edith. C'est chez eux qu'Édith aura le grand foudroiement après la lecture, d'une seule haleine, de l'autobiographie de sainte Thérèse d'Avila : Voilà la Vérité! . Dans ces années de Göttingen, la soif de la vérité, qu'Edith disait être sa seule prière, se transformait inconsciemment en soif de Dieu.


Edith reçoit le baptême le 1er janvier 1922. Son amie Hedwig, protestante, sera la marraine au baptême catholique d'Édith. Recevoir le baptême, affirme Jean-Paul II dans son homélie pour sa béatification, ne signifia nullement, pour Édith Stein, rompre avec le monde hébraïque. Elle soutient plutôt : Quand j'étais une jeune fille de quatorze ans je cessai de pratiquer la religion hébraïque et, après mon retour à Dieu, moi, je me suis, avant tout, sentie juive. Au début des années trente, l'Allemagne était en pleine crise économique et dans une grave instabilité politique, pendant que, lentement mais inexorablement, le parti national-socialiste de Hitler montait au pouvoir. Edith n'a pas de mal à comprendre immédiatement l'avenir : le nazisme, incarnation du Malin, ennemi de la Croix, combat Dieu lui-même et son plan salvateur; pour cela, il voudra détruire le judaïsme, comme fondement de la religion chrétienne, et éliminer la peste hébraïque-chrétienne , afin d'instaurer le règne de la race aryenne.


Le 14 octobre 1933, Edith entre au Carmel de Cologne; le 15 avril 1934, elle prend l'habit du Carmel et le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix, comme elle l'avait demandé; le dimanche de Pâques elle est appelée à la profession simple; le 30 mai 1938, elle fait la profession solennelle qui l'unit définitivement au Christ. Dès l'époque de son baptême elle s'était sentie fortement attirée par la vie carmélite, dont le trait fondamental - comme elle-même le décrit- consiste à souffrir avec le Christ… le Christ continue de souffrir en elles… [les Carmélites] à intercéder pour les pécheurs à travers une souffrance librement acceptée et joyeuse pour participer ainsi à la rédemption de l'humanité. Elle y continue par ailleurs ses travaux de philosophie et termine Être fini et Être éternel. Le 30 janvier 1939, Hitler décrète l'anéantissement de la race juive . Le 31 décembre 1938, Edith s'était réfugiée au Carmel d'Echt en Hollande, où au mois d'août 1940 la rejoindra sa sœur Rose, qui s'était convertie. Elle y demande à sa prieure de Cologne (qui est restée sa supérieure) l'autorisation à m'offrir au Cœur de Jésus comme victime expiatoire pour la paix véritable, espérant que le règne de l'Antéchrist s'écroule, si possible, sans une nouvelle guerre mondiale et que l'ordre soit renouvelé.


Elle écrit plus tard un testament spirituel : Dès à présent j'accepte la mort que Dieu m'a destinée, par une soumission totale à sa volonté très sainte. Je prie le Seigneur de bien vouloir accepter ma vie et ma mort pour sa gloire, pour les intentions du saint Cœur de Jésus, du saint Cœur de Marie et pour les intentions de l'Église. Spécialement… en expiation du refus de la foi de la part du peuple juif, afin que le Seigneur soit accueilli des siens et que son règne vienne dans la gloire; pour le salut de l'Allemagne et pour la paix dans le monde. L'année 1942 marque le début de la déportation en masse des Juifs vers l'Est : camps de travail, mines de sel, chambres à gaz. Devant ces événements d'une férocité incroyable, les évêques de l'Église de Hollande envoient au commissaire du Reich un long télégramme de protestation (11 juillet 1942). À la suite de cette démarche, le chef nazi se dit disposé à épargner les chrétiens d'origine juive qui peuvent démontrer leur appartenance à une communauté chrétienne avant janvier 1941. Les évêques jugent complètement insuffisante cette réponse et font lire dans toutes les églises du pays (26 juillet) une lettre pastorale, dans laquelle on rapportait la protestation du télégramme.


Le matin du 2 août 1942, le commissaire du Reich, ayant décidé de poursuivre les catholiques juifs comme leurs pires ennemis , ordonne que tous les religieux et toutes les religieuses non aryens présents dans les couvents hollandais soient emmenés. Et l'après-midi de ce même jour, la Gestapo vient arrêter les deux sœurs Stein. Les dernières paroles de sœur Bénédicte, en quittant le Carmel, sont adressées à sa sœur : Viens, allons pour notre peuple. À Auschwitz-Birkenau, à l'arrivée du convoi, le 9 août 1942, les sœurs Stein sont introduites, avec les autres déportées, dans la chambre à gaz. Dans la dernière lettre qu'elle a pu faire parvenir au Carmel d'Echt, elle avait écrit : On ne peut acquérir une Science de la Croix [c'était le titre de son dernier livre, resté inachevé] que si l'on commence à souffrir vraiment du poids de la Croix. Du plus profond de mon cœur j'ai dit : Je te salue, ô Croix, mon unique espérance!

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Téléchargez le texte du Chemin de Croix avec Edith Stein (pdf) en cliquant ici

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28 janvier 2009

Sanctification de la semaine

Sanctification de la semaine

Prières pour chaque jour

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Le dimanche

Aux trois adorables Personnes de la Sainte Trinité

O Père saint, grand et puissant, dont la miséricorde surpasse toutes les oeuvres, jetez sur moi un regard d'amour qui pénètre jusqu'au plus intime de mon âme, pour rétablir en elle tout ce que le péché y a gâté. Créez en moi un cœur nouveau qui me rende agréable à vos yeux et me fasse faire des oeuvres de sainteté.

O Verbe divin, qui avez daigné vous faire homme pour me racheter, ô Jésus mon Sauveur, regardez-moi, mais de ce regard qui a produit tant de merveilles pendant le cours de votre vie. Accordez-moi un de vos soupirs et une de vos larmes, et que leur vertu produise en moi une douleur infinie de vous avoir offensé. Versez sur mon âme une goutte de votre précieux sang, afin que lavée de tous mes péchés, je puisse entrer avec confiance dans votre divin Cœur, et y faire ma demeure pendant les siècles des siècles.

O Esprit Saint, qui êtes tout amour, abaissez sur moi un regard de miséricorde; rendez-moi participant(e) des grâces que vous répandez continuellement sur les hommes avec abondance et profusion. Si quelqu'un les refuse, tournez-les Seigneur, de mon côté, car j'en ai une grande faim et une grande soif et les désire ardemment. Dilatez mon cœur pour en recevoir la plénitude. Ainsi soit-il.

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Le lundi

Au Père éternel

Dieu tout-puissant, Père des miséricordes, jetez un regard de compassion sur votre Église. Seigneur, humiliez, confondez et dispersez ses ennemis, qui sont les ennemis de votre gloire et de votre nom, et qui causent tant de douleur à vos véritables enfants. Père saint, conservez-nous tous dans la pureté de la foi; assistez de vos grâces spéciales les rois et les princes de la terre, afin qu'ils gouvernent selon votre sainte volonté, les peuples que vous leur avez donnés à régir; qu'ils protègent votre Église, et luis assurent sa liberté. Éclairez de vos divines lumières ceux qui sont dans l'aveuglement, afin qu'obéissant à votre Église, nous arrivions tous ensemble à l'éternelle félicité. Ainsi soit-il.

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Le mardi

A l'Ange Gardien

Ange de Dieu, qui vous êtes chargé de ma conduite, depuis le premier moment de ma naissance jusqu'à celui de ma mort, je vous salue et vous honore comme mon protecteur et mon conducteur. Je vous remercie de tous les soins charitables que j'ai reçus de vous; je me propose fermement de vous honorer toute ma vie, en suivant plus fidèlement désormais vos conseils et ne obéissant à tous les commandements que Dieu me fera par votre ministère. Je vous conjure, ô mon très fidèle gardien, de me continuer votre protection, de me délivrer des pièges de Satan mon ennemi, et d'éclairer mon esprit lorsqu'il courra risque de s'égarer. Offrez, Prince du ciel, mes oraisons à Dieu; consolez-moi dans toutes mes peines et dans toutes mes afflictions. Empêchez-moi de tomber dans le péché; si j'y tombe, relevez-moi aussitôt; et surtout ne m'abandonnez pas à l'heure de ma mort; mais fortifiez mon âme en ce dernier passage, et portez-la dans le ciel, pour y louer Dieu avec vous, et dans la compagnie de tous les Saints, durant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Le mercredi

A Saint Joseph

Glorieux Saint Joseph, chaste époux de Marie, notre bonne Mère, et père nourricier de Jésus, notre aimable Sauveur, humblement prosternées à vos pieds, nous vous choisissons de nouveau pour notre bon père et nous vous supplions de nous recevoir au nombre de vos enfants privilégiés. Nous vous remercions de tout notre cœur, de nous avoir donné place dans cette famille bénie, dont vous êtes le protecteur et le Père. Brûlant du désir de répondre dignement à notre sainte vocation, nous vous conjurons avec la confiance la plus filiale, de nous en obtenir l'esprit et les vertus. Oui, grand Saint, faites qu'à votre exemple, nous fassions chaque jour de nouveaux progrès dans l'humilité, l'obéissance, le recueillement, l'esprit de pauvreté et pardessus tout dans l'amour de Jésus et de Marie. Puissions-nous comme vous, trouver nos délices à servir dans la personne de ses membres souffrants, cet aimable Jésus que vous avez eu le bonheur de servir en sa propre personne. Daignez mettre le comble à toutes vos faveurs, en nous obtenant la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie, afin d'aller partager votre bonheur dans la compagnie de nos bien-aimées frères et soeurs qui nous ont précédées, et qui nous attendent auprès de vous dans la céleste patrie. Ainsi soit-il.

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Le jeudi

Amende honorable au Sacré Cœur

Cœur adorable de Jésus, permettez que, prosternée et anéantie devant vous, je vous fasse aujourd'hui l'amende honorable pour toutes les injures dont les hommes ne cessent de vous accabler surtout au Sacrement de votre amour. Je voudrais arroser de mes larmes et laver de mon sang, tous les lieux où l'on vous outrage, et réparer par mes humiliations l'indigne mépris que l'on fait de vos grâces. Je voudrais surtout disposer de tous les coeurs pour vous les offrir en sacrifice, et vous consoler par cet hommage de l'insensibilité de ceux qui ne veulent pas vous connaître ou qui, vous connaissant, ne veulent pas vous aimer. Du moins, Seigneur, je m'offrirai moi-même. Immolez-moi, consumez-moi comme votre victime; mais avant tout, purifiez-moi, faites que je commence à n'aimer que vous, que je n'aie de vie que pour vous, et que faisant de votre Sacré Cœur mon asile en tout temps, j'y trouve la paix à l'heure de la mort, et ma béatitude dans l'éternité. Ainsi soit-il.

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Le vendredi

Consécration à la Sainte-Croix

Croix adorable de mon Sauveur, je viens en ce moment me consacrer à vous. Pénétrée de respect pour vous, de douleur pour mes péchés, de reconnaissance et d'amour pour mon divin Rédempteur, je viens, prosternée devant vous, vous conjurer de me recevoir entre vos bras. Je vous consacre mes pensées, mes paroles, mes sentiments et mes actions, car je désire que tout en moi soit marqué du sceau de la croix. Mais je désire surtout, ô Croix adorable, que vous soyez gravée bien avant dans mon cœur. Non, ce n'est pas assez de vous avoir sou mes yeux, de vous porter sur moi; c'est dans mon cœur que je désire vous placer; c'est là où je veux que vous régniez pour y faire régner Jésus-Christ avec vous et par vous.

O Jésus, mon divin Rédempteur, qui par amour pour moi avez été attaché à la croix et y avez rendu votre dernier soupir, imprimez en mon esprit le souvenir de votre douloureuse passion et de votre sainte mort. Gravez dans mon cœur vos plaies sacrées, afin que je puisse porter avec patience et amour toutes les croix qu'il vous plaira de m'envoyer. Soyez vous-même ma force et ma consolation dans mes souffrances et dans mes peines; faites par votre grâce, qu'après avoir porté votre croix tous les jours de ma vie, je puisse aussi, rendre mon dernier soupir entre ses bras. Ainsi soit-il.

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Le samedi

A la Sainte Vierge

Vierge Sainte, qui avez reçu de Dieu toute puissance au ciel et en la terre, Trésorières des grâces, Reine des anges et des hommes, Refuge des pécheurs, Protectrice de la sainte Église, renouvelez dans toute l'étendue de la terre, surtout dans ce pays, l'esprit de religion et la pureté de la foi. Obtenez-nous, notre bonne Mère, la grâce de vivre et de mourir dans la pratique des maximes évangéliques, pour arriver un jour au bonheur éternel. Ainsi soit-il.

Téléchargez le texte de la sanctification de la semaine (pdf) en cliquant ici

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