31 mars 2013

Méditation sur la Résurrection du Seigneur

Méditation sur la Résurrection du Seigneur

Par Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Eglise

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De la garde des soldats autour du sépulcre de Jésus-Christ

 

Ils vous gardent mieux que la vigilance trompeuse des impies, parce qu'ils sont très-habiles dans le combat, et qu'ils savent repousser non-seulement les attraits de la chair, mais encore les puissances de l'air et les craintes de la nuit. Ces soldats qui, semblables à des hommes ivres, entourent votre sépulcre, furent saisis de terreur là où il n'y avait pas à craindre, parce que la puissance des ténèbres ne supportant pas la lumière à l'annonce de la vie, ils devinrent comme morts. Ce ne sont donc point les enfants de la nuit qui vous gardent, ce sont les enfants du jour. Aux uns, l'éclat dont vous brillez inspire une terreur qui les fait fuir loin de vous ; aux autres, une joie qui les attire vers vous. « Quand nous dormions, disent-ils, ses disciples sont venus et ont volé son corps » (Matthieu 28, 13). O menteurs ! Vous avez dit la vérité, mais l'iniquité s'est mentie à elle-même. Des hommes qui dorment ne peuvent pas garder le Christ : ceux qui dès le matin veilleront pour moi me trouveront. En dormant, que voyez-vous, sinon des rêves ? Voici que vous avez dans les mains des sommes considérables si cela vous est possible, gardez-les, dans la crainte que les voleurs ne viennent vous les enlever. Car les disciples de Jésus-Christ garderont leurs trésors. Chacun s'applique à conserver ce qu'il aime. Certainement, Michol, aimait David plus que Saül son père, aussi elle le fit descendre par une fenêtre et lui sauva la vie. Qu'est-ce que cela veut dire ? Michol, fille de Saül, autrefois fille de l'orgueil, après avoir été unie à David, si plein de grâces, se met à haïr son père. Ame généreuse à qui s'appliquent ces paroles du Psaume : « Écoute, ma fille, et vois, prête l'oreille, et oublie la maison de ton père, et le roi désirera ta beauté » (Psaume 44, 11). Aussi, elle fit échapper David par une fenêtre. Par cette fenêtre, entendez celle où passe la main du bien-aimé. Par cette ouverture il est sauvé par son amie, et va vers son amie, c'est-à-dire vers l'âme elle-même ; elle est cachée dans l'homme intérieur, où elle vit en sûreté et est ignorée des méchants. Car elle s'est cachée et est sortie du temple de la perfidie. Parce que, tandis que David joue de la harpe devant Saül, pour faire éloigner de lui l'esprit mauvais envoyé par le Seigneur, cet impie s'efforce de le percer et de le fixer à la muraille. Mais David évite le coup : que veut dire ce détail que le javelot est fiché dans le mur, sinon que la grâce de Jésus-Christ se retirant, l'esprit endurci est percé du trait de sa malice ? Et le roi des ténèbres, Saül, qui déteste-t-il davantage encore aujourd'hui que David son gendre ? C'est pourquoi, en l'absence de ce dernier, il prend sa fille qu'il lui avait donnée en mariage, et la donne à un autre mari sans noblesse : mais quand ce guerrier reviendra, et occupera le trône, il la réclamera parce qu il l'avait obtenue au prix de la chair de deux cents Philistins, retranchant d'elle les souillures de l'esprit aussi bien que celles de la chair.

Malheur aux pécheurs qui entourent votre sépulcre, Seigneur, parce que vous vous éloignez d'eux et ils ne vous trouvent pas dans votre lit agréable et fleuri, mais plutôt ils trébuchent contre une statue entourée des ténèbres de leur cœur, ils ont à leur tête une peau de chèvre, et un souvenir infect de leurs péchés. Bienheureux celui qui veille à côté de votre monument, afin de vous garder, et qui lutte à l'aurore avec l'ange de la résurrection, ne le lâchant que lorsqu'il a appris quelque chose de son nom qui est admirable, afin de changer le titre de Jacob en celui d'Israël, et de faire lever le soleil de justice sur l’âme, de suite après qu'elle a reçu le coup du glaive de douleur.

 

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L'enlèvement de la pierre, l'apparition des anges et la résurrection de Jésus-Christ

 

« Qui nous écartera la pierre qui ferme l'entrée du sépulcre », (Marc. 16, 3). L'ouverture de mon esprit est fermée, Seigneur, la pierre de cette vie mortelle pèse lourdement sur mon intelligence, je suis surchargé du poids de mes iniquités, les forces humaines ne peuvent en aucune manière l'écarter, si votre parole toute-puissante, si l'ange du conseil ne viennent détruire cette muraille d'iniquité, et nous ouvrir le sens, afin que nous comprenions les Écritures et que nous voyons, placés devant nous, les linges, témoignages très-assurés de votre résurrection et du corps humain que nous avez pris. Qui pourra, muni de votre secours, en sentir les réalités divines, goûtera par avance quelque chose de la gloire et de la résurrection que vous avez préparée pour ceux qui vous aiment et dont vous avez ramassé les prémices en votre sein, l'offrant sans relâche à votre Père, après l'avoir consumée par le feu du Saint Esprit. Et l'ange qui annonçait une joie si considérable, qui fit rouler la pierre, et effraya les méchants, défendit avec beaucoup de douceur aux saintes âmes de craindre ; cet ange, dis-je, rendit témoignage à la bienheureuse résurrection, non point seulement, par ses paroles, mais encore par son aspect, son habit et ses actes. Car il enleva la pierre et s'assit dessus, cette pierre qui est encore roulée sur nous, et écrase notre visage. Ce qui a lieu aussi, sans nul doute, dans la première résurrection qui est celle de l'âme, en sorte que, par un heureux retour, l’esprit s'assujettit ce fardeau d'iniquité, et prend en main, comme juge et maître, la conduite de son inférieur.

Que voir dans cette blancheur de neige, dans cette beauté des habits, sinon la chasteté froide et très-pure de notre corps, qui rend hommage et soumission à la chasteté angélique qui règne en elle Or, son aspect intérieur, là où a été imprimée la lumière de votre visage, est terrible et brillant comme l'éclair : terrible, pour terrasser et effrayer les ennemis de l'âme, brillant, afin de se montrer toujours entouré de justice à vos yeux, ô vous qui êtes la véritable lumière. Telle était la face de Moïse lorsqu'il venait de converser avec vous, elle était lumineuse et redoutable, munie de cornes pour combattre les adversaires, et entourée d'une splendeur que ne pouvaient supporter les yeux charnels. Et maintenant, Seigneur, nous savons, et nous nous en réjouissons, que vous êtes vraiment ressuscité d'entre les morts, et vous êtes grandement éloigné de nous autres, vivant encore dans cette région de mort, parce que vous êtes monté au ciel, sur vos chevaux de feu et sur votre char de flammes, multiple comme dix mille. Cependant votre manteau est tombé vers nous, et est resté parmi nous jusqu'à ce jour, c'est-à-dire les linges de votre corps, qui nous font éprouver, dans le temps opportun, le secours de votre puissance, et produisent en nous votre double esprit qui est vous, et nous font aimer Dieu et le prochain, Les douleurs de la mort nous ont assaillis, et les torrents de l'iniquité nous ont ébranlés, le vêtement de notre mortalité nous a entourés, vêtement plein de vers qui me rongent constamment et ne dorment jamais, tourments avant-coureurs de cette extrême douleur qui vient sur nous, comme un guerrier armé, et qui s'efforce de nous anéantir, si nous ne sommes pas sur nos gardes. Et même, quel est l'homme assez vigilant pour en soutenir la terreur ? Cependant,que nous le voulions, que nous ne le voulions pas, il faut certainement la soutenir, il faut la traverser. Mais n'oubliez pas le manteau d'Élie : sans lui les eaux du torrent ne se partageront pas. Car il est d'autres torrents, torrents d'iniquités, l'océan de mes péchés, qui m'entraînent, et plût au ciel qu'il me troublassent de telle sorte, que je crierais avec douleur : « Mon père, mon père, ô char d'Israël et son conducteur » (4Rois 13, 14). Mais ils me troublent et me privent de la lumière de mes yeux, en sorte que je ne puis voir le très-bon Élie, lorsqu'il est ravi à mon amour. Si je le voyais, assurément son double esprit viendrait sur moi et je crierais : « Mon Père, mon Père ! Dieu a envoyé, dit l'Apôtre, l'esprit de son Fils dans nos cœurs, esprit criant, Père » (Gal. IV. 6). Le double esprit crie deux fois : « Mon Père! mon Père ». O Père qui m'avez créé, ô Père qui m'avez recréé, ô mon Père, ô mon Père, ô cri plein d'affection ! Char d'Israël et son conducteur, qui portez et régissez, soutenez et gouvernez. Qui ? Israël qui croit en vous, qui soupire après vous. Voici que vous avez disparu, et votre Élisée ne vous verra plus. Il a gardé cependant en souvenir de votre manteau, afin que sa vue adoucisse en l'augmentant la douleur de votre absence, et l'augmente en l'adoucissant.

« Prenez ceci en mémoire de moi », dit le Sauveur (Luc. 22, 19). C'est le sacrement de votre corps que nous prenons en souvenir de vous, jusqu'à ce que vous veniez. Votre manteau, c'est votre chair, dont vous vous êtes revêtu pour venir vers nous, en laquelle vous vous êtes caché aux méchants et vous vous êtes montré à vos amis fidèles jusqu'à ce jour. Sous ce manteau, se voile votre force, force prodigieuse, ô redoutable Samson; vous n'en avez pas dérobé en dernier lieu le secret, même à celle que vous aimiez sans qu'elle vous aimât, afin de la changer d'ennemie qu'elle était en amie. Cette femme qui ne vous aimait pas et qui vous poursuivait, vous l'avez chérie à un tel point que, pour son amour, votre sagesse devenait folie et votre force, faiblesse. « Mais ce qui est insensé, selon Dieu, est plus sage, et ce qui est faible est plus fort que tous les hommes ». (1 Corinthiens 1, 25). Parce qu'en vous sacrifiant vous-même aux yeux de votre Père, et en mourant par un effet de votre puissance, vous avez ébranlé les princes des ténèbres et brisé leur pouvoir, et votre croix est devenue un scandale pour les Juifs, une folie pour les gentils, mais, pour ceux qui croient, la force et la sagesse de Dieu.

 

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La dévotion de Marie Madeleine pour aller à la recherche de Jésus-Christ, et la vision qu'elle eût

 

« En ce jour-là le Seigneur sifflera à la mouche qui est à l'extrémité des fleuves d'Egypte, et à l'abeille qui se trouve en la terre d'Assur » (Isaïe 7, 18). Sifflez aussi, Seigneur, à mon âme pécheresse, à cette mouche impure : que votre esprit bon la conduise par une voie droite, afin que j'aille à la terre promise, montueuse et élevée, qui est arrosée des eaux qui découlent de ses cimes et qui attend la pluie du ciel, à la différence de la terre d'Egypte qu'un fleuve, débordant de la terre, couvre dans toute son étendue. Car il n'y a pas de montagne, il n'y a pas d'obstacle qui arrête les concupiscences de l'Egypte ; mais telles qu'elles bouillonnent d'un esprit terrestre, elles se répandent sans retard sur la surface abaissée de l'âme, pour l'inonder.

Le fleuve de l'Egypte a sept branches à son embouchure, qui viennent toutes d'une seule source, c'est-à-dire de l'orgueil. La dernière représente la luxure de la chair qui produit les mouches, toujours amies de ce qui est immonde: la grâce surabondante ne méprise pas ce petit animal, mais elle siffle et l'appelle de l'extrémité des fleuves et le réunit à l'abeille qui était dans la terre d'Assur, afin qu'ensemble, elles se reposent au bord des torrents qui coulent dans les vallées, dans les trous des pierres, dans tous les taillis et dans toutes les gorges. L'abeille est vierge, mais tant qu'elle reste dans la terre d'Assur, c'est-à-dire de l'orgueil, elle ne peut produire le miel : dans la terre promise seule, coulent le lait et le miel. Donc, au souffle de la grâce, la mouche et l'abeille accourent, et se reposent ensemble dans les torrents des vallées. Au bord de ces torrents, ces animaux sont purifiés, l'abeille de la tache de l'orgueil, et la mouche de celle de la luxure. Les torrents des vallées sont la règle de l'humilité. Pourquoi, les torrents ? Parce que si pour corriger les vices, on éprouve quelque tristesse et quelque fatigue, tout cela passe vite. Aussi « lorsque la femme enfante, elle ressent de la tristesse » (Jean. 16, 21). Le travail, en effet, se change en amour, l'ennui en désir, et l'amertume en douceur, et ainsi des torrents des vallées on va aux cavernes des rochers. Les pierres très-fermes et très solides dans la foi sont les Pères en leurs souffrances, comme dans leurs modèles la mouche et l'abeille se reposent, semblables à des colombes qui y bâtissent leurs nids. Aussi, leur main ne s'arrête pas, leur pied ne connaît pas le repos, mais constamment en fonction dans ce taillis de toutes sortes de biens, elles arrivent enfin aux ouvertures de la contemplation.

Ce sont là vos œuvres, ô Seigneur Jésus, parce qu'elles sont extrêmement bonnes. C'est ainsi que vous avez sifflé en appelant Marie Madeleine, de qui vous avez chassé non pas un, mais sept fleuves. Voyez comment elle se reposa dans les torrents des vallées ; elle entra dans la salle où l'on mangeait, elle courut aux pieds de Jésus, et les arrosa d'un torrent de larmes : pour laver les pieds de son maître elle ne porte d'autre eau que celte que renferment ses yeux, pour linges. elle emploie ses cheveux. Et alors, quand son affection s'enflamme davantage, et, qu'inondée de larmes, ce sentiment, semblable à un charbon, s'échauffe plus fortement, vous verriez cette généreuse créature imprimer des baisers sans nombre et insatiables sur ces pieds sacrés ; et vous sentiriez toute la maison embaumée de l'odeur du parfum répandu. Que faisait-elle sinon se reposer dans les torrents des vallées, d'où sortaient des fleuves de grâces si nombreux et si abondants ? Aussi, après que beaucoup de péchés lui furent remis parce qu'elle avait beaucoup aimé, elle demeurait auprès de Jésus le long de ces rives débordantes; tandis que Marthe sa sœur se livrait à de occupations multipliées. Pourquoi faire mention de ce devoir d'ensevelissement du Seigneur qu'elle remplissait par avance, des pieds montant vers la tête pour l'oindre, lorsque le disciple, sépulcre fétide d'avarice, frémissait à sa vue, ne pouvant supporter le parfum qu'exhalait cette piété ? Le Christ mourant, un amour si ardent ne peut mourir avec lui: les hommes, c'est-à-dire les apôtres fuyaient et se cachaient, et cette femme intrépide se tenait auprès du tombeau et pleurait ; elle n'avait plus en vie celui qu'elle aimait, et mort, elle brûlait d'affection pour lui. Le corps avait disparu, elle ne pouvait se retirer du sépulcre. Plus il était dérobé à ses yeux et à ses mains, plus son âme volait à sa recherche ; si cela avait été possible, par racheter ce corps sacré, elle aurait rempli le monument de ses larmes. « Elle se tenait debout et pleurait », dit l’Ecriture, c'est tout ce qui lui restait de vous. Le corps avait disparu, mais qui lui enlèvera le bonheur de pleurer ? Ne vous retenez pas, ô âme noble, pleurez sans vous reposer, jusqu'à ce que vous trouviez le Seigneur qui vous est ravi et qui est ressuscité. Courbez-vous encore et encore, regardez bien souvent la place vide où avait été placé votre bien-aimé. Cet endroit vous excite toujours davantage à pleurer, en vous rappelant l'absence de celui que vous cherchez.

Elle vit, dit le texte sacré, « deux anges habillés de blanc et assis l'un à la tête, l'autre aux pieds, à l'endroit où avait été déposé le corps de Jésus. « Femme, pourquoi pleurez-vous, lui disent-ils, Qui cherchez-vous ? » (Jean 20, 11). Vous saviez parfaitement, ô saints anges, pourquoi elle pleurait, et qui elle cherchait. Pourquoi, en lui rappelant ce souvenir, provoquez-vous encore ses larmes ? Mais la joie d'une consolation inattendue était sur le point de se faire sentir, ainsi que toute la force de la douleur et de la tristesse se déploie. « En se retournant elle vit Jésus debout, et elle ne savait point que c'était Jésus ». O doux et délicieux spectacle de piété ! Celui que l'on cherche et que l'on désire, se cache et se montre. Il se cache pour être cherché avec plus d'ardeur, pour être trouvé avec plus de joie, pour être gardé avec plus de sollicitude, pour être retenu avec plus de force, jusqu'à ce qu'il soit introduit pour y rester dans la demeure de l'amour. C'est ainsi que la sagesse joue dans l'univers, et ses délices sont de se trouver parmi les enfants des hommes. « Femme, pourquoi pleurez-vous ? Qui cherchez-vous ? » Vous tenez celui que vous cherchez, et vous ne le savez pas ? Vous avez ici la joie véritable et éternelle, et vous pleurez ? Vous possédez au dedans celui après qui vous courez au dehors. Véritablement, vous êtes au tombeau pleurant au dehors : votre esprit est mon sépulcre. Je n'y suis pas mort, vivant je me repose à jamais : votre esprit est mon jardin. Vous avez eu raison de le penser, je suis jardinier. Je suis le second Adam, je travaille et je garde mon paradis. Vos fleurs sont votre piété, votre désir est mon travail vous m'avez au dedans de vous et vous ne le savez pas, Voilà pourquoi vous me cherchez au dehors. Voici que je me montrerai à l'extérieur pour vous ramener à l'intérieur et pour vous faire rencontrer au dedans ce que vous poursuivez au dehors. « Marie ». je vous connais par votre nom, apprenez à me connaître par la foi. « Rabboni », c'est-à-dire maître, ce qui veut dire : apprenez-nous à vous chercher, enseignez-moi à vous toucher et à vous oindre. « Ne me touchez pas » comme un homme, comme jadis vous m'avez touché et oint comme mortel. « Je ne suis pas encore monté vers mon Père », encore vous ne m'avez pas cru égal, coéternel et consubstantiel à lui. Croyez cette vérité et vous m'avez touché. Vous voyez un homme, ainsi vous ne croyez pas, attendu qu'on ne croit pas, ce que l'on voit. Vous ne voyez pas la divinité, Croyez et vous la verrez. En croyant, vous me toucherez, comme cette femme qui toucha la frange de mon vêtement et fut guérie de suite. Pourquoi ? Parce que par sa foi elle me toucha. Touchez-moi de cette façon, cherchez-moi de ces regards, courant de ces pieds rapides vers moi ; je ne suis pas éloigné de vous. Je suis un Dieu qui se rapproche, je suis la parole dans votre bouche et dans votre cœur. Quoi de plus proche pour l'homme que son cœur ? C'est là que me rencontrent tous ceux qui me trouvent, car tout ce qui se voit est du dehors. Ce sont mes œuvres, mais œuvres passagères, mais œuvres caduques c'est polir moi qui leur ai donné l'être, qui habite dans les cœurs très retirés et très pieux.

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Le Christ est ressuscité !!!

 

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11 avril 2012

Eit Gouilieù Pask, Pour les Fêtes de Pâques

Eit Gouilieù Pask

Pour les Fêtes de Pâques

Un chant interprété par le Kanerion Pleuigner


 

Alleluia, Kanamb Viktoér,

Rak men dé Jezus, hur Salvér,

Saùet ag er bé lan a hloér !

 

Alléluia, Chantons Victoire

Car notre Sauveur Jésus

Est sorti de son tombeau glorieux.

 

D'er sul vitin, de holeù dé,

En disipled lan a distré,

E dostats de huéled er be.

 

Le dimanche matin, à la lumière du jour,

Les disciples, pleins de tristesses,

Approchèrent pour voir le tombeau.

 

Mari-Madelèn, Salomé,

Hag un arall eùé geté

E zas eit baumein korv Mab Doué.

 

Marie-Madeleine, Salomé,

Et aussi une autre avec eux

vinrent embaumer le corps du Fils de Dieu.

 

Ul él, é guenn, ér bé choukeyt,

Dehé ou zeir en dès laret :

Er Gallilé er havéet !

 

Un ange, en blanc, assis sur la tombe,

Leur dit à tous les trois :

Vous le trouverez en Gallilée !

 

Sant Iehann e ridas a hèrr

Ha, fonnaploh eit Sant Pièr,

Arriùas é bé hur Salvér.

 

Saint Jean accourra en toute hâte

Et, plus rapidement que Saint Pierre,

Arriva à la tombe de notre Sauveur.

 

E kreiz é zisipled tolpet,

Jézus e zas ha ean laret :

Er peah revo genoh perpet !

 

Au milieu de ses disciples rassemblés,

Jésus apparut et le dit :

Que la paix soit toujours avec vous !

 

A p'en doé kleùet Sant Tomas

Komz ag un neùéted ker bras,

En arvarigeh é chomas.

 

Et quand Saint Thomas entendit

Parler d'une aussi grande nouvelle,

Il resta dans le doute.

 

Seil, Tomas, me hosté toullet,

Sell men deù zorn, sell men deù droed

Ha kred sonn hemb arvar erbet.

 

Regarde, Thomas, mon côté troué,

Regarde mes mains, regarde mes pieds,

Et crois vraiment sans la moindre hésitation.

 

Tomas, a pe huél é gosté,

é zeùhorn hag é dreid eùè,

E lar : O ! Me Mestr ha men Doué !

 

Thomas, quand il vit son côté,

Ses mains et aussi ses pieds,

Dit : Oh ! Mon Maitre et mon Dieu !

 

13 juillet 2011

O Filii et Filiae

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23 avril 2011

Saint jour de Pâques

 

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Saint jour de Pâques

 

Qu’éclate la joie de pâques!

Qu’elle s’élève sur toute la terre Comme une flamme dans la nuit et qu’elle illumine la vie de tous les hommes!

Jésus est plus fort que la mort!

Qu’éclate la joie de Pâques!

Qu’elle ruisselle sur toute la terre comme une eau vive qui calme la soif Des chercheurs de vérité!

Jésus est vivant pour toujours!

Qu’éclate la joie de Pâques!

Qu’elle soit distribuée à toute la terre comme du pain Qui apaise la faim de ceux qui tendent les mains!

Jésus est le sauveur de tous les hommes!

Qu’éclatent la joie de Pâques!

Qu’elle résonne et carillonne sur toute la terre Comme un chant d’allégresse, comme la Bonne Nouvelle qui redonne espoir aux enfants de Dieu!

Jésus est ressuscité!

 

Extrait de « Qu’éclate la joie de Pâques » Les enfants vers Pâques 2006, année B, Editions du Signe

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La Résurrection du Seigneur

Extraits de « L’Évangile tel qu'il m'a été révélé », de Maria Valtorta

 

Je revois la joyeuse et puissante Résurrection du Christ. Dans le jardin, tout est silence et scintillement de la rosée. Au-dessus, un ciel qui devient d’un saphir de plus en plus clair, après avoir quitté son bleu-noir criblé d’étoiles qui, pendant toute la nuit, avaient veillé sur le monde. L’aube repousse de l’orient vers l’occident les zones encore obscures, comme fait l’eau pendant une marée haute qui avance toujours plus pour couvrir le rivage obscur, et remplaçant le gris-noir du sable humide par le bleu des eaux marines. Quelque étoile ne veut pas encore mourir et jette un regard de plus en plus débile sous l’onde de lumière vert-claire de l’aube, d’un blanc laiteux nuancé de gris, comme les feuillages des oliviers engourdis qui couronnent un coteau peu distant. Et puis elle naufrage, submergée par l’onde de l’aube comme une terre que recouvre l’eau. Et puis en voilà une de moins... Et puis encore une de moins.., et une autre, et une autre. Le ciel perd ses troupeaux d’étoiles et seulement là-bas, à l’extrême occident, trois, puis deux, puis une, restent à regarder ce prodige quotidien qu’est l’aurore qui se lève. Et voilà : quand un filet de rose trace une ligne sur la soie turquoise du ciel oriental, un soupir de vent passe sur les feuillages et sur les herbes et dit: « Réveillez-vous. Le jour est revenu ». Mais il ne réveille que les herbes et les feuillages qui frissonnent sous leurs diamants de rosée et ont un bruissement ténu, arpégé par les gouttes qui tombent. Les oiseaux ne se réveillent pas encore dans les branches touffues d’un cyprès de grande taille qui semble dominer comme un seigneur dans son royaume, ni dans l’entrelacement embrouillé d’une haie de lauriers qui abrite de la tramontane.

 

Les gardes ennuyés, transis de froid, pris par le sommeil, dans des poses variées veillent sur le Tombeau, dont la porte de pierre a été renforcée, sur ses bords, par une épaisse couche de chaux, comme si c’était un contrefort, sur le blanc opaque de laquelle se détachent les larges rosaces de cire rouge, imprimées avec d’autres, directement dans la chaux fraîche, du sceau du Temple. Les gardes doivent avoir allumé du feu pendant la nuit car il y a de la cendre et des tisons pas encore éteints sur le sol, et ils doivent avoir joué et mangé, car il y a encore, répandus sur le sol, des restes de nourriture et des osselets nets qui ont servi certainement pour quelque jeu, comme notre jeu de domino ou notre jeu enfantin de billes, joués sur un primitif échiquier tracé sur le sentier. Puis ils ont tout laissé en plan par lassitude pour chercher des poses plus ou moins commodes pour dormir ou pour veiller. Dans le ciel qui maintenant, à l’orient, a une étendue toute rosée qui s’agrandit de plus en plus dans le ciel serein, où par ailleurs il n’y a pas encore de rayon de soleil, se présente, venant de profondeurs inconnues, un météore resplendissant qui descend, boulet de feu d’une splendeur insoutenable, suivi d’un sillage rutilant qui peut-être n’est que le souvenir de sa splendeur sur notre rétine. Il descend à toute vitesse vers la Terre, en répandant une lumière si intense, si fantasmagorique, si effrayante dans sa beauté, que la lumière rosée de l’aurore disparaît éclipsée par cette blancheur incandescente. Les gardes lèvent la tête, étonnés, parce qu’aussi avec la lumière arrive un grondement puissant, harmonieux, solennel, qui remplit de lui-même toute la Création. Il vient de profondeurs paradisiaques. C’est l’alléluia, la gloire angélique qui suit l’Esprit du Christ revenant dans sa Chair glorieuse. Le météore s’abat contre l’inutile fermeture du Tombeau, l’arrache, la jette parterre, foudroie de terreur et de bruit les gardes mis comme geôliers du Maître de l’Univers en produisant, avec son retour sur la Terre, un nouveau tremblement de terre comme il l’avait produit en fuyant la Terre cet Esprit du Seigneur. Il entre dans le sombre Tombeau qu’éclaire sa lumière indescriptible, et pendant qu’il reste suspendu dans l’air immobile, l’Esprit se réinfuse dans le Corps sans mouvement sous les bandes funèbres. Tout cela non dans une minute, mais dans une fraction de minute, tant l’apparition, la descente, la pénétration et la disparition de la Lumière de Dieu a été rapide...

 

Le « Je veux » du divin Esprit à sa Chair froide n’a pas de son. Le son est dit par l’Essence à la Matière immobile. Aucune parole n’est entendue par l’oreille humaine. La Chair reçoit le commandement et lui obéit en poussant un profond soupir... Rien d’autre pendant quelques minutes. Sous le Suaire et le Linceul, la Chair glorieuse se recompose en une beauté éternelle, se réveille du sommeil de la mort, revient du "rien" où elle était, vit après avoir été morte. Certainement le cœur se réveille et donne son premier battement, pousse dans les veines le sang gelé qui reste et en crée tout d’un coup la mesure totale dans les artères vides, dans les poumons immobiles, dans le cerveau obscur, et ramène la chaleur, la santé, la force, la pensée. Un autre moment, et voilà un mouvement soudain sous le lourd Linceul. Le mouvement est soudain, depuis l’instant certainement où il remue ses mains croisées jusqu’au moment où il apparaît debout majestueux, splendide dans son vêtement de matière immatérielle, surnaturellement beau et imposant, avec une gravité qui le change et l’élève tout en le laissant Lui-même, l’œil a à peine le temps d’en suivre le développement. Et maintenant, il l’admire: si différent de ce que la pensée lui rappelle, en forme, sans blessures ni sang, mais seulement éblouissant de la lumière qui jaillit à flots des cinq plaies et sort par tous les pores de son épiderme.

 

Il fait son premier pas: dans son mouvement les rayons qui jaillissent des mains et des pieds l’auréolent de lames de lumière; depuis la tête nimbée d’un diadème qui est fait des innombrables blessures de la couronne qui ne donnent plus de sang mais seulement de la splendeur, jusqu’au bord du vêtement quand, en ouvrant les bras qu’il a croisés sur sa poitrine, il découvre la zone de luminosité très vive qui filtre de son habit en lui donnant l’éclat d’un soleil à la hauteur du cœur. Alors c’est réellement la « Lumière » qui a pris corps, pas la pauvre lumière de la Terre, pas la pauvre lumière des astres, pas la pauvre lumière du soleil. Mais la Lumière de Dieu: toute la splendeur paradisiaque qui se rassemble en un seul Être et Lui donne ses azurs inconcevables pour pupilles, ses feux d’or pour cheveux, ses candeurs angéliques pour vêtement et coloris, et tout ce qui est, d’indescriptible pour la parole humaine, la suréminente ardeur de la Très Sainte Trinité, qui annule par son ardente puissance tout feu du Paradis, en absorbant en Elle-même pour l’engendrer à nouveau à chaque instant du Temps éternel, Cœur du Ciel qui attire et diffuse son sang, les innombrables gouttes de son sang incorporel: les bienheureux, les anges, tout ce qui est le Paradis: l’amour de Dieu, l’amour pour Dieu, tout ce qui est la Lumière qu’est, que forme, le Christ Ressuscité. Quand il se déplace, en venant vers la sortie, et que l’œil peut voir au-delà de sa splendeur, voici que m’apparaissent deux clartés très belles, mais semblables à des étoiles par rapport au soleil, l’une d’un côté, l’autre de l’autre côté du seuil, prosternées en adoration pour leur Dieu qui passe enveloppé dans sa lumière, béatifiant en son sourire. Il sort abandonnant la funèbre grotte et revenant fouler la terre que la joie réveille et qui resplendit toute dans sa rosée, dans les couleurs des herbes et des rosiers, dans les innombrables corolles des pommiers qui s’ouvrent par prodige au premier soleil qui les baise, et au Soleil éternel qui avance sous eux.

 

Les gardes sont là, évanouis... Les forces corrompues de l’homme ne voient pas Dieu pendant que les forces pures de l’univers : les fleurs, les herbes, les oiseaux admirent et vénèrent le Puissant qui passe dans un nimbe de sa propre Lumière et dans un nimbe de lumière solaire. Son sourire, le regard se pose sur les fleurs, sur les ramilles, qui se lève vers le ciel serein, et tout prend une plus grande beauté. Et plus soyeux et plus nuancés sont les millions de pétales qui font une mousse fleurie au-dessus de la tête du Vainqueur. Et plus vifs sont les diamants de rosée. Et plus bleu est le ciel que réfléchissent ses yeux resplendissants, et plus joyeux le soleil qui peint de gaieté un petit nuage porté par un vent léger qui vient baiser son Roi avec des parfums enlevés aux jardins et des caresses de pétales soyeux. Jésus lève la main et bénit et puis, pendant que les oiseaux chantent plus fort et que le vent porte ses parfums, il disparaît à mes yeux en me laissant dans une joie qui efface le plus léger souvenir de tristesse et de souffrance et d’hésitation sur le lendemain.

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Méditation

 

« Je vous donne une garde; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez » (Mt 27, 65). Le tombeau de Jésus est fermé et scellé. À la demande des grands prêtres et des pharisiens, des soldats furent placés pour le garder, afin que personne ne puisse voler son corps (cf. Mt 27, 62-64). Tel est l'événement qui est le point de départ de la liturgie de la Veillée pascale. Ceux qui avaient voulu la mort de Jésus, le considérant comme un « imposteur » (Mt 27, 63), veillaient à côté du sépulcre. Leur désir était qu'il soit, avec son message, enseveli pour toujours. Non loin de là veillait Marie, et avec elle les Apôtres et quelques femmes. Ils conservaient gravée dans leur cœur l'image bouleversante des événements qui venaient de se dérouler.

 

En cette nuit, l'Église veille dans toutes les parties de la terre et elle revit les étapes fondamentales de l'histoire du salut. La liturgie solennelle que nous célébrons est une expression de cette "veille" qui, d'une certaine façon, rappelle celle de Dieu, dont parle le livre de l'Exode : "Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur, quand il fit sortir d'Égypte les fils d'Israël; ce doit être [...], de génération en génération, une nuit de veille en l'honneur du Seigneur" (Ex 12, 42). Dans son amour prévoyant et fidèle, qui surpasse le temps et l'espace, Dieu veille sur le monde. Ainsi chante le psalmiste: « Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d'Israël. Le Seigneur est ton gardien [...]. Le Seigneur te gardera [...] maintenant et à jamais » (Ps 120 [121], 4-5. 8).

 

Le passage entre le deuxième et le troisième millénaire, que nous sommes en train de vivre, est conservé lui aussi dans le mystère du Père. Il « est toujours à l'œuvre » (Jn 5, 17) pour le salut du monde et, par son Fils fait homme, il conduit son peuple de l'esclavage à la liberté, de la mort à la vie. Toute l'œuvre du grand Jubilé de l'An 2000 est, pour ainsi dire, inscrite dans cette nuit de Veille, qui porte à son achèvement celle de la Nativité du Seigneur. Bethléem et le Calvaire rappellent le même mystère d'amour de Dieu, qui « a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » (Jn 3, 16).

 

Dans sa veille, en cette Nuit sainte, l'Église se penche sur les textes de l'Écriture qui retracent le projet divin de la Genèse à l'Évangile et qui, grâce aussi aux rites liturgiques du feu et de l'eau, confèrent à cette célébration singulière une dimension cosmique. Tout l'univers créé est appelé à veiller, en cette nuit, auprès du sépulcre du Christ. L'histoire du salut défile devant nos yeux, de la création à la Rédemption, de l'exode à l'Alliance sur le Sinaï, de l'ancienne à la nouvelle et éternelle Alliance. En cette Nuit sainte, le projet éternel de Dieu, qui investit l'histoire de l'homme et du cosmos, atteint son achèvement.

 

Dans la Veillée pascale, mère de toutes les veillées, tout homme peut reconnaître sa propre histoire de salut, qui a son fondement dans la renaissance dans le Christ par le Baptême. Telle est, de façon particulière, votre expérience, chers frères et sœurs qui allez recevoir les sacrements de l'initiation chrétienne: le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie. Vous venez de plusieurs pays du monde: le Japon, la Chine, le Cameroun, l'Albanie et l'Italie. La diversité de vos pays d'origine met en évidence l'universalité du salut apporté par le Christ. D'ici peu, chers amis, vous serez intimement introduits dans le mystère d'amour de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint. Puisse votre existence devenir un chant de louange à la très Sainte Trinité et un témoignage d'amour qui ne connaît pas de frontières!

 

« Ecce lignum Crucis, in quo salus mundi pependit: venite adoremus! » C'est ce que l'Église a chanté hier en montrant le bois de la Croix « auquel a été suspendu le Christ Sauveur du monde ». « Il a été crucifié, est mort, a été enseveli », récitons-nous dans le Credo. Le sépulcre ! Voici l'endroit où on l'avait déposé (cf. Mc 16, 6). Spirituellement, la Communauté ecclésiale des différentes parties de la terre est là présente. Nous y sommes nous aussi avec les trois femmes qui se rendent au sépulcre avant l'aube, pour embaumer le corps sans vie de Jésus (cf. Mc 16, 1-2). Leur empressement est notre empressement. Avec elles nous découvrons que la grosse pierre tombale a été roulée et que le corps n'est plus là. « Il n'est pas ici », annonce l'ange, en montrant le sépulcre vide et les bandelettes funéraires par terre. La mort n'a plus aucun pouvoir sur Lui (cf. Rm 6, 9). Le Christ est ressuscité! C'est ce qu'au terme de cette nuit de Pâques, l'Église annonce, elle qui hier avait proclamé la mort du Christ sur la Croix. C'est une annonce de vérité et de vie.

 

« Surrexit Dominus de sepulchro, qui pro nobis pependit in ligno. Alleluia! ». Le Seigneur, qui pour nous fut suspendu à la croix, s'est levé du tombeau. Oui, le Christ est vraiment ressuscité et nous en sommes témoins! Nous le crions au monde, pour que la joie qui est la nôtre atteigne beaucoup d'autres cœurs, allumant en eux la lumière de l'espérance qui ne déçoit pas. Le Christ est ressuscité, alléluia!

 

Jean Paul II, le 22 avril 2000

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Victimæ paschali laudes

(Séquence du Dimanche de Pâques)

 

Victimæ paschali laudes immolent Christiani.

Ala Victime pascale, chrétiens offrons nos louanges.

 

Agnus redemit oves, Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.

L’Agneau sauva les brebis, le Christ innocent réconcilia les pécheurs avec le Père.

 

Mors et vita duello conflixere mirando, dux vitæ mortuus regnat vivus.

La mort et la vie ont combattu en un duel prodigieux, le maître de la vie mourut, vivant Il règne.

 

Dic nobis Maria quid vidisti in via?

Dis-nous Marie [Magdeleine] qu’as-tu vu en chemin?

 

Sepulchrum Christi viventis et gloriam vidi resurgentis.

J’ai vu le Christ vivant en son sépulcre et la gloire du Ressuscité.

 

Angelicos testes, sudarium et vestes.

J’ai vu les Anges témoins, le suaire et les vêtements.

 

Surrexit Christus spes mea: præcedet suos in Galilæam.

Le Christ, mon Espérance, est ressuscité, il vous précédera en Galilée.

 

Scimus Christus surrexisse a mortuis vere. Tu nobis victor Rex, miserere! Amen! Alleluia!

Nous savons le Christ vraiment ressuscité des morts. Roi victorieux, prends pitié de nous! Ainsi soit-il! Louez le Seigneur!


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Saintes et Joyeuses fêtes de Pâques a vous tous !

 

05 avril 2010

Saintes et joyeuses fêtes de Pâques

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Très chers frères et soeurs en Christ,

Amis, fidèles lecteurs du blog Images Saintes, ainsi que vous mes très chers Frères et Soeurs Orthodoxes et Protestants, avec qui nous avons conjointement célébrés ces fêtes Pascales, à tous, je vous souhaite une très sainte et très heureuse fête de Pâques. Que la joie et la paix du Christ ressuscité soit toujours dans vos cœurs et que la Gloire et l'espérance de la Résurrection vous accompagne tout au long de votre vie afin de devenir des apôtres et des témoins du Christ en ces temps troublés et difficiles.

Frères et soeurs en Christ, que le Seigneur vous bénisse!

Franck Monvoisin,

rédacteur du blog.

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Dimanche de Pâques

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Dimanche de Pâques

La Résurrection du Seigneur

Extraits des révélations de la Bienheureuse Anne Catherine Emmerich

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Nuit de la Résurrection

Bientôt après je vis la tombeau du Seigneur ; tout était calme et tranquille alentour : il y avait six à sept gardes, les uns assis, les autres debout vis-à-vis et autour de la colline. Pendant toute la journée, Cassius n'avait presque pas quitté sa place dans le fossé, à l'entrée de la grotte. En ce moment il était encore là, dans la contemplation et dans l'attente, car il avait reçu de grandes grâces et de grandes lumières : il était éclairé et touché intérieurement. Il faisait nuit, les lanternes placées devant la grotte jetaient alentour une vive lueur. Je m'approchai alors en esprit du saint corps pour l'adorer. Il était enveloppé dans son linceul et entouré de lumière et reposait entre deux anges que j'avais vus constamment en adoration à la tête et aux pieds du Sauveur, depuis la mise au tombeau. Ces anges avaient l'air de prêtres ; leur posture et leurs bras croisés sur la poitrine me firent souvenir des Chérubins de l'arche d'alliance, mais je ne leur vis point d'ailes. Du reste, le saint sépulcre tout entier me rappela souvent l'arche d'alliance à différentes époques de son histoire. Peut-être cette lumière et la présence des anges étaient-elles visibles pour Cassius, car il était en contemplation prés de la porte du tombeau, comme quelqu'un qui adore le Saint Sacrement. En adorant le saint corps, je vis comme si l'âme du Seigneur, suivie des âmes délivrées des patriarches, entrait dans le tombeau à travers le rocher et leur montrait toutes les blessures de son corps sacré. En ce moment, les voiles semblèrent enlevés : je vis le corps tout couvert de plaies, c'était comme si la divinité qui y habitait eut révélé à ces âmes d'une façon mystérieuse toute l'étendue de son martyre. Il me parut transparent de manière que l'intérieur était visible ; on pouvait reconnaître dans tous leurs détails les lésions et les altérations que tant de souffrances y avaient produites, et voir jusqu'au fond de ses blessures. Les âmes étaient pénétrées d'un respect indicible mêlé de criante et de compassion. J'eus ensuite une vision mystérieuse que je ne puis pas bien expliquer ni raconter clairement. Il me sembla que l'âme de Jésus, sans avoir encore rendu la vie à son corps par une complète union, sortait pourtant du sépulcre en lui et avec lui : je crus voir les deux anges qui adoraient aux extrémités du tombeau enlever ce corps sacre, nu, meurtri, couvert de blessures, et monter ainsi jusqu'au ciel à travers les rochers qui s'ébranlaient ; Jésus semblai ; présenter son corps supplicié devant le trône de son Père céleste, au milieu de choeurs innombrables d'anges prosternés : ce fut peut-être de cette manière que les âmes de plusieurs prophètes reprirent momentanément leurs corps après la mort de Jésus et les conduisirent au temple, sans pourtant revenir à la vie réelle, car elles s'en séparèrent de nouveau sans le moindre effort. Je ne vis pas cette fois les âmes des patriarches accompagner le corps du Seigneur. Je ne me souviens pas non plus où elles restèrent jusqu'au moment où je les vis de nouveau rassemblées autour de l'âme du Seigneur. Pendant cette vision, je remarquai une secousse dans le rocher : quatre des gardes étaient allés chercher quelque chose à la ville, les trois autres tombèrent presque sans connaissance. Ils attribuèrent cela à un tremblement de terre et en méconnurent la véritable cause. Mais Cassius fut très ému : car il voyait quelque chose de ce qui se passait, quoique cela ne fût pas très clair pour lui. Toutefois, il resta à sa place, attendant dans un grand recueillement ce qui allait arriver. Pendant ce temps les soldats absents revinrent. Ma contemplation se tourna de nouveau vers les saintes femmes : elles avaient fini de préparer et d'empaqueter leurs aromates et s'étaient retirées dans leurs cellules. Toutefois elles ne s'étaient pas couchées pour dormir, mais s'appuyaient seulement sur les couvertures roulées. Eues voulaient se rendre au tombeau avant le jour. Elles avaient manifesté plusieurs fois leur inquiétude, car elles craignaient que les ennemis de Jésus ne leur tendissent des embûches lorsqu'elles sortiraient, mais la sainte Vierge, pleine d'un nouveau courage depuis que son fils lui était apparu, les tranquillisa et leur dit qu'elles pouvaient prendre quelque repos et se rendre sans crainte au tombeau, qu'il ne Leur arriverait point de mal. Alors elles se reposèrent un peu. Il était à peu près onze heures de la nuit lorsque la Sainte Vierge, poussée par l'amour et par un désir irrésistible, se leva, s'enveloppa dans un manteau gris, et quitta seule la maison. Je me demandais avec inquiétude comment on laissait cette sainte mère, si épuisée, si affligée, se risquer seule ainsi au milieu de tant de dangers. Elle alla, plongée dans la tristesse, à la maison de Caïphe, puis au palais de Pilate, ce qui l'obligeait à traverser une grande partie de la ville, et elle parcourut ainsi tout le chemin de la croix à travers les rues désertes, s'arrêtant à tous les endroits où le Sauveur avait eu quelque chose à souffrir ou quelque outrage à essuyer. Elle semblait chercher un objet perdu ; souvent elle se prosternait par terre et promenait sa main sur les pierres : après quoi elle la portait à sa bouche, comme si elle eût touche quelque chose de saint, le sang sacré du Sauveur qu'elle vénérait en y appliquant ses lèvres. L'amour produisait en elle quelque chose de surhumain : car toutes les places sanctifiées lui apparaissaient lumineuses. Elle était absorbée dans l'amour et l'adoration. Je l'accompagnai pendant tout le chemin et je ressentis et fis tout ce qu'elle ressentit et fit elle-même, selon la faible mesure de mes forces. Elle alla ainsi jusqu'au Calvaire, et comme elle en approchait, elle s'arrêta tout d'un coup. Je vis Jésus avec son corps sacré apparaître devant la sainte Vierge, précédé d'un ange, ayant à ses côtés les deux anges du tombeau, et suivi d'une troupe nombreuse d'âmes délivrées. Il ne faisait aucun mouvement et semblait planer dans la lumière qui l'entourait ; mais il en sortit une vois qui annonça à sa mère ce qu'il avait fait dans les limbes, et qui lui dit qu'il allait ressusciter et venir à elle avec son corps transfiguré ; qu'elle devait l'attendre près de la pierre où il était tombé au Calvaire. L'apparition parut se diriger du côté de la ville, st la sainte Vierge, enveloppée dans son manteau, alla s'agenouiller en priant à la place qui lui avait été, désignée. Il pouvait bien être minuit passé, car Marie était restée assez longtemps sur le chemin de la croix. Je vis alors le cortège du Sauveur suivre ce même chemin, tout le supplice de Jésus fut montré aux âmes avec ses moindres circonstances : les anges recueillaient, d'une manière mystérieuse, toutes les portions de sa substance sacrée qui avaient été arrachées de son corps. Je vis que le crucifiement, l'érection de la crois, l'ouverture du côté, la déposition et l'ensevelissement leur furent aussi montrés. La sainte Vierge de son côté contemplait tout cela en esprit et adorait, pleine d'amour. Il me sembla ensuite que le corps du Seigneur reposait de nouveau dans le tombeau, et que les anges y rejoignaient, d'uns façon mystérieuse, tout ce que les bourreaux et leurs instruments de supplice en avaient enlevé. Je le vis de nouveau resplendissant dans son linceul, avec les deux anges en adoration à la tête et aux pieds. Je ne puis exprimer comment je vis tout cela. Il y a là tant de choses, des choses si diverses et si inexprimables, que notre raison dans son état ordinaire n'y peut rien comprendre. D'ailleurs, ce qui est clair et intelligible quand la le vois, devient plus tard complètement obscur et je ne puis le rendre avec des paroles. Lorsque le ciel commença à blanchir à l'orient, je vis Madeleine, Marie, fille de Cléophas, Jeanne Chusa et Salomé quitter le Cénacle, enveloppées dans leurs manteaux. Elles portaient des aromates empaquetés, et l'une d'elles avait une lumière allumée, mais cachée sous ses vêtements. Les aromates consistaient en fleurs fraîches qui devaient être jetées sur le corps, en sucs extraits de diverses plantes, en essences et en huiles dont elles voulaient l'arroser. Je les vis se diriger timidement vers la petite porte de Nicodème.

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Résurrection du Seigneur

Je vis apparaître l'âme de Jésus comme une gloire resplendissante entre deux anges en habits de guerre (des deux anges que j'avais vus précédemment étaient en habits sacerdotaux) ; une multitude de figures lumineuses l'environnait. Pénétrant à travers le rocher, elle vint se reposer sur son corps très saint : elle sembla se pencher sur lui et se confondit tout d'un coup avec lui. Je vis alors les membres se remuer dans leurs enveloppes, et le corps vivant et resplendissant Au Seigneur uni à son âme et à sa divinité, se dégager du linceul par le côté, comme s'il sortait de la plaie faite par la lance : cette vue me rappela Eve sortant du côté d'Adam. Tout était éblouissant de lumière. Il me sembla au même moment qu'une forme monstrueuse sortait de terre au-dessous du tombeau. Elle avait une queue de serpent et une tête de dragon qu'elle levait contre Jésus ! Je crois me souvenir qu'elle avait en outre une tête humaine. Mais je vis à la main du Sauveur ressuscité un beau bâton blanc au haut duquel était un étendard flottant : il marcha sur la tête du dragon et frappa rois fois avec le bâton sur sa queue ; à chaque coup, je vis le monstre se replier davantage sur lui-même, diminuer de grosseur et disparaître : la tête du dragon était rentrée sous terre, la tête humaine paraissait encore. J'ai souvent eu cette vision lors de la résurrection, et j'ai vu un serpent pareil qui semblait en embuscade lors de la conception du Christ. Il me rappela celui du Paradis ; seulement il était encore plus horrible. Je pense que ceci se rapporte à la prophétie : “ La semence de la femme écrasera la tête du serpent. ” Tout cela me parut seulement un symbole de la victoire remportée sur la mort, car lorsque je vis le Sauveur écraser la tête du dragon, je ne vis plus de tombeau. Je vis bientôt Jésus resplendissant s'élever à travers le rocher. La terre trembla ; un ange, semblable à un guerrier, se précipita comme un éclair du ciel dans le tombeau, mit la pierre à droite et s'assit dessus. La secousse fut telle que les lanternes s'agitèrent violemment et que la flamme jaillit de tous les côtés. A cette vue, les gardes tombèrent comme atteints de paralysie ; ils restèrent étendus par terre, les membres contournés et ne donnant plus signe de vie. Cassius, ébloui d'abord par l'éclat de la lumière, revint promptement à lui et s'approcha du tombeau : il entrouvrit la porte, toucha les linges vides, et se retira dans le dessein d'annoncer à Pilate ce qui était arrivé. Toutefois il attendit encore un peu, dans l'espoir de voir quelque chose de plus ; car il avait senti le tremblement de terre, il avait vu la pierre jetée de côté, l'ange assis dessus et le tombeau vide, mais il n'avait pas aperçu Jésus. Ces premiers événements furent racontés aux disciples soit par Cassius, soit par les gardes. Au moment où l'ange entra dans le tombeau et où la terre trembla. je vis le Sauveur ressuscité apparaître à sa Mère près du Calvaire. Il était merveilleusement beau et radieux. Son vêtement, semblable à un manteau, flottait derrière lui, et semblait d'un blanc bleuâtre, comme la fumée vue au soleil. Ses blessures étaient larges et resplendissantes ; on pouvait passer le doigt dans celles des mains. Des rayons allaient du milieu des mains au bout des doigts. Les âmes des patriarches s'inclinèrent devant la Mère de Jésus à laquelle le Sauveur adressa quelques mots que j'ai oubliés pour lui dire qu'elle le reverrait. Il lui montra ses blessures, et, comme elle se prosternait à terre pour baiser ses pieds, il la prit par la main, la releva et disparut. Les lanternes brillaient prés du tombeau dans le lointain, et l'horizon blanchissait à l'orient au-dessus de Jérusalem.

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Les Saintes Femmes au Tombeau


Les saintes femmes étaient près de la petite porte de Nicodème, lorsque Notre Seigneur ressuscita ; mais elles ne virent rien des prodiges qui eurent lieu au tombeau. Elles ne savaient pas qu'on y avait mis des gardes, car elles n'y étaient pas allées la veille, à cause du sabbat. Elles se demandaient avec inquiétude : “ Qui nous ôtera la pierre de devant la porte ? ” Car dans leur empressement à honorer le corps du Seigneur, elles n'avaient pas pensé à cette pierre. Leur dessein était de verser de l'eau de nard et de l'huile odorante sur le corps de Jésus, et d'y répandre des aromates et des fleurs. N'ayant contribué en rien aux dépenses de l'embaumement de la veille dont Nicodème seul s'était chargé, elles voulaient maintenant offrir au Seigneur ce qu'elles avaient pu trouver de plus précieux, et honorer ainsi sa sépulture. Celle qui avait apporté le plus de choses était Salomé. Ce n'était pas la mère de Jean, mais une femme riche de Jérusalem, parente de saint Joseph. Elles résolurent de placer leurs aromates sur la pierre qui fermait le tombeau et d'attendre là que quelque disciple vint leur en ouvrir l'entrée. Les gardes étaient étendus par terre comme frappés d'apoplexie ; la pierre était rejetée à droite, de sorte qu'on pouvait ouvrir la porte sans peine. Je vis à travers la porte, sur la couche sépulcrale, les linges dans lesquels le corps de Jésus avait été enveloppé. Le grand linceul était à sa place, mais retombé sur lui-même et ne contenant plus que les aromates ; la bande de toile avec laquelle on l'avait serré autour du corps n'avait pas été dépliée ; et elle était déposée sur le bord antérieur du tombeau. Quant au linge dont Marie avait recouvert la tête de son fils, il était à part au lieu même où cette tête sacrée avait reposé : seulement la partie qui avait voilé la face était relevée. Je vis les saintes femmes approcher du jardin ; lorsqu'elles virent les lanternes des gardes et les soldats couches autour du tombeau, elles eurent peur et se retournèrent un peu du coté du Golgotha. Mais Madeleine, sans penser au danger, entra précipitamment dans le jardin, et Salomé la suivit à quelque distance, c'étaient elles deux qui s'étaient principalement occupées de préparer les onguents. Les deux autres femmes furent moins hardies, et s'arrêtèrent à l'entrée. Je vis Madeleine, lorsqu'elle fut près des gardes, revenir un peu effrayée vers Salomé ; puis toutes deux ensemble, passant, non sans quelque crainte, au milieu des soldats étendus par terre, entrèrent dans la grotte du sépulcre. Elles virent la pierre déplacée, mais les portes avaient été refermées, probablement par Cassius. Madeleine les ouvrit, pleine d'émotion, fixa les yeux sur la couche sépulcrale, et vit les linges où le Seigneur avait été enseveli vides, repliés et mis de côté. Le tombeau était resplendissant, et un ange était assis à droite sur la pierre. Madeleine fut toute troublée ; je ne sais pas si elle entendit les paroles de l'ange, mais je la vis sortir rapidement du jardin et courir dans la ville vers les apôtres assemblés. Je ne sais non plus si l'ange parla à Marie Salomé, qui était restée à l'entrée du sépulcre ; je la vis, tout effrayée, sortir du jardin en grande hâte aussitôt après Madeleine, rejoindre les deux autres femmes et leur annoncer ce qui venait de se passer. Tout cela se fit précipitamment et avec un sentiment d'épouvante comme en présence d'une apparition. Le récit de Salomé troubla et réjouit à la fois les autres femmes, lesquelles hésitèrent un peu avant d'entrer dans le jardin. Mais Cassius. qui avait attendu et cherché quelque temps dans les environs, espérant peut-être voir Jésus, se rendit en ce moment même vers Pilate pour lui faire son rapport. En passant près des saintes femmes, il leur dit très brièvement ce qu'il avait vu et les exhorta à s'en assurer par leurs propres yeux. Elles prirent courage et entrèrent dans le jardin. Comme elles étaient à l'entrée du sépulcre, elles virent les deux anges du tombeau en habits sacerdotaux d'une blancheur éclatante. Elles lurent saisies de frayeur se serrèrent l'une contre l'autre, et, mettant les mains devant leurs yeux, se courbèrent jusqu'à terre. Mais un des anges leur dit de n'avoir pas peur, qu'elles ne devaient plus chercher là le Crucifié, qu'il était ressuscité et plein de vie. Il leur montra la place vide, et leur ordonna de dire aux disciples ce qu'elles avaient vu et entendu. Il ajouta que Jésus les précéderait en Galilée, et qu'elles devaient se ressouvenir de ce qu'il leur avait dit : “ Le Fils de l'homme sera livré entre les mains des pécheurs ; on le crucifiera, et il ressuscitera le troisième jour ”. Alors les anges disparurent. Les saintes femmes, tremblantes, mais pleines de joie, regardèrent en pleurant le tombeau et les linges, et s'en revinrent vers la ville. Mais elles étaient encore tout émues ; elles ne se pressaient pas, et s'arrêtaient de temps en temps pour voir si elle n'apercevraient pas le Seigneur, ou si Madeleine ne revenait pas. Pendant ce temps, je vis Madeleine arriver au Cénacle ; elle était comme hors d'elle-même et frappa fortement à la porte. Plusieurs disciples étaient encore couchés le long des murs, et dormaient ; quelques-uns étaient levés et s'entretenaient ensemble. Pierre et Jean lui ouvrirent. Madeleine leur dit seulement du dehors : “  On a enlevé le Seigneur du tombeau ; nous ne savons pas où on l'a mis ”. Et après ces paroles, elle s'en retourna en grande hâte vers le jardin. Pierre et Jean rentrèrent dans la maison. et dirent quelques mots aux autres disciples ; puis ils la suivirent en courant, Jean toutefois plus vite que Pierre. Je vis Madeleine rentrer dans le jardin et se diriger vers le tombeau, tout émue de sa course et de sa douleur. Elle était couverte de rosée ; son manteau était tombé de sa tête sur ses épaules, et ses longs cheveux dénoués et flottants. Comme elle était seule, elle n'osa pas d'abord descendre dans la grotte, mais elle s'arrêta un instant devant l'entrée ; elle s'agenouilla pour regarder jusque dans le tombeau à travers les portes, et comme elle rejetait en arrière ses longs y cheveux qui tombaient sur son visage, elle vit deux anges en vêtements sacerdotaux d'une blancheur éclatante, assis aux deux extrémités du tombeau, et entendit la voix de l'un d'eux qui lui disait : “ Femme, pourquoi pleures-tu ” ? Elle s'écria dans sa douleur (car elle ne voyait qu'une chose, n'avait qu'une pensée, à savoir que le corps de Jésus n'était plus là) : “ Ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où ils l'ont mis ”. Après ces paroles, ne voyant que le linceul vide, elle quitta le tombeau et se mit à chercher ça et là. Il lui semblait qu'elle allait trouver Jésus : elle pressentait confusément qu'il était près d'elle, et l'apparition même des anges ne pouvait la distraire, elle ils paraissait pas s'apercevoir que c'étaient des anges ; elle ne pouvait penser qu'à Jésus. “ Jésus n'est pas là ! où est Jésus ” ? Je la vis errer de côte et d'autre comme une personne qui aurait perdu son chemin. Sa chevelure tombait à droite et à gauche sur son visage. Une fois, elle prit tous ses cheveux à deux mains, puis elle les partagea en deux et les rejeta en arrière. C'est alors qu'en regardant autour d'elle, elle vit, à dix pas du tombeau, vers l'orient au lieu où le jardin monte vers la ville, une grande figure habillée de blanc apparaître entre les buissons, derrière un palmier, à la lueur du crépuscule, et comme elle courait de ce côté, elle entendit ces paroles : “ Femme, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ” ? Elle crut que c'était le jardinier ; et, en effet, celui qui lui parlait avait une bêche à la main, et sur la tête un large chapeau qui semblait fait d'écorce d'arbre. J'avais vu sous cette forme le jardinier de la parabole que Jésus avait racontée aux saintes femmes, à Béthanie, peu de temps avant sa passion. Il n'était pas resplendissant de lumière, mais semblable à un homme habillé de blanc qu'on verrait à la lueur du crépuscule. A ces paroles : “ Qui cherches-tu ” ?, elle répondit aussitôt : “ Si c'est vous qui l'avez enlevé, dites-moi où il est, et j'irai le prendre ”. Et elle se mit tout de suite à regarder de nouveau autour d'elle. C'est alors que Jésus lui dit avec son son de voix ordinaire : “  Marie ” ! Elle reconnut sa voix, et aussitôt, oubliant le crucifiement, la mort et la sépulture, elle se retourna rapidement, et lui dit comme autrefois : “ Rabboni (maître !) ” ! Elle tomba à genoux et étendit ses bras vers les pieds de Jésus. Mais le Sauveur l'arrêta d'un geste, et lui dit : “ Ne me touche pas ! car je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et leur Père, vers mon Dieu et leur Dieu ”. Alors il disparut. Il me fut expliqué pourquoi Jésus avait dit : “ Ne me touche pas ” ! mais je n'en ai plus un souvenir bien distinct. Je pense qu'il parla ainsi à cause de l'impétuosité de Madeleine, trop absorbée dans le sentiment qu'il vivait de la même vie qu'auparavant, et que tout était comme autrefois. Quant aux paroles de Jésus : " Je ne suis pas encore monté vers mon Père " , il me fut expliqué qu'il ne s'était pas encore présente à son Père céleste après sa résurrection, et qu'il ne l'avait pas encore remercié pour sa victoire sur la mort et pour l'oeuvre accomplie de la Rédemption. C'était comme s'il eût dit que les prémices de la joie appartenaient à Dieu, qu'elle devait d'abord se recueillir et remercier Dieu pour l'accomplissement du mystère de la Rédemption : car elle avait voulu embrasser ses pieds comme autrefois ; elle n'avait pense à rien qu'à son maître bien-aimé, et elle avait oublié, dans l'emportement de son amour, le miracle qui était sous ses yeux. Je vis Madeleine, après la disparition du Seigneur, se relever promptement, et, comme si elle avait fait un rêve, courir de nouveau au sépulcre. Là, elle vit les deux anges assis : ils lui dirent ce qu'ils avaient dit aux deux autres femmes touchant la résurrection de Jésus. Alors, sûrs du miracle et de ce qu'elle avait vu, elle se hâta de chercher ses compagnes, et elle les trouva sur le chemin qui menait au Calvaire ; elles y erraient de côté et d'autre, toutes craintives, attendant le retour de Madeleine et ayant une vague espérance de voir quelque part le Seigneur. Toute cette scène ne dura guère que deux minutes ; il pouvait être trois heures et demie du matin quand le Seigneur lui apparut, et elle était à peine sortie du jardin que Jean y entra, et Pierre un instant après lui. Jean s'arrêta à l'entrée du caveau ; se penchant en avant, il regarda par la porte entrouverte du tombeau et vit le linceul vide. Pierre arriva alors et descendit dans la grotte, jusque devant le tombeau : il y vit les linges repliés des deux côtés vers le milieu : les aromates y étaient enveloppées et la bande de toile roulée autour : le linge qui avait couvert la face était également plié et déposé à droite contre la paroi. Jean alors suivit de Pierre, vit tout cela et crut à la résurrection. Ce que Jésus leur avait dit, ce qui était dans les Ecritures devenait clair pour eux maintenant, et jusqu'alors ils ne l'avaient pas compris. Pierre prit les linges sous son manteau, et ils s'en revinrent en courant par la petite porte de Nicodème, Jean courut encore en avant de Pierre. J'ai vu le sépulcre avec eux et avec Madeleine, et chaque fois j'ai vu les deux anges assis à la tête et aux pieds, comme aussi tout le temps que le corps de Jésus fut dans le tombeau. Il me sembla que Pierre ne les vit pas. J'entendis plus tard Jean dire aux disciples d'Emmaüs que, regardant d'en haut, il avait aperçu un ange. Peut-être l'effroi que lui causa cette vue fut-il cause qu'il se laissa devancer par Pierre, et peut-être aussi n'en parle-t-il pas dans son Evangile par humilité, pour ne pas dire qu'il a vu plus que Pierre. Je vis en ce moment seulement les gardes étendus par terre se relever et reprendre leurs piques et leurs lanternes. Ces dernières, placées sur des perches à l'entrée de la grotte, avaient quelque peu éclairé l'intérieur. Les gardes, frappés de stupeur, sortirent en hâte du jardin et gagnèrent la porte de la ville. Pendant ce temps, Madeleine avait rejoint les saintes femmes, et leur racontait qu'elle avait vu la Seigneur dans le jardin, et ensuite les anges. Ses compagnes lui répondirent qu'elles avaient aussi vu les anges. Madeleine courut alors à Jérusalem, et les saintes femmes retournèrent du côté du jardin où elles croyaient peut-être trouver les deux apôtres. Je vis les gardes passer devant elles et leur adresser quelques paroles. Comme elles approchaient du jardin, Jésus leur apparut revêtu d'une longue robe blanche qui couvrait jusqu'à ses mains, et leur dit : “ Je vous salue ”.  Elles tressaillirent, tombèrent à ses pieds et semblèrent vouloir les embrasser ; toutefois je ne me rappelle pas bien distinctement cette dernière circonstance. Je vis que le Seigneur leur adressa quelques paroles, sembla leur indiquer quelque chose avec la main, et disparut. Alors elles coururent en hâte au Cénacle, et rapportèrent aux disciples qu'elles avaient vu le Seigneur et ce qu'il leur avait dit. Ceux-ci d'abord ne voulaient croire ni elles, ni Madeleine, et traitèrent tout ce qu'elles leur dirent d'imaginations de femmes jusqu'au retour de Pierre et de Jean. Comme Jean et Pierre que l'étonnement avaient rendus tout pensifs s'en revenaient, ils rencontrèrent Jacques le Mineur et Thaddée qui avaient voulu les suivre au tombeau, et qui étaient aussi très émus, car le Seigneur leur était apparu prés du Cénacle. l'avais aussi vu Jésus passer devant Pierre et Jean, et Pierre me parut l'avoir aperçu, car il sembla saisi d'une terreur subite. Je ne sais pas si Jean le reconnut. Dans ces visions relatives à la Résurrection, je vis souvent, soit à Jérusalem, soit ailleurs, le Seigneur Jésus au d'autres apparitions en présence de diverses personnes, sans remarquer que celles-ci le voient aussi. Quelquefois je vois les uns frappés d'un effroi soudain et saisis d'étonnement, tandis que les autres restent indifférents. Il me semble que je vois toujours le Seigneur, mais je remarque en même temps que les hommes ne le voyaient alors qu'à certains moments. Je vis de même continuellement les deux anges en habits sacerdotaux se tenir dans l'intérieur du sépulcre, à partir du moment où le Seigneur y fut déposé ; je vis aussi que les saintes femmes, tantôt ne les voyaient pas, quelquefois n'en voyaient qu'un, tantôt les voyaient tons doux. Les anges qui parlèrent aux femmes étaient les anges du tombeau. Un seul d'entre eux leur parla, et comme la porte n'était qu'entrouverte, elles ne virent pas l'autre. L'ange qui descendit comme un éclair, rejeta la pierre du tombeau et s'assit dessus, parut sous la figure d'un guerrier. Cassius et les gardes le virent au commencement assis sur la pierre. Les anges- qui parlèrent ensuite étaient les auges du tombeau ou l'un d'eux. Je ne me souviens plus pour quelle raison tout cela se fit ainsi : quand je le vis, je n'en fus pas surprise, car alors ces choses paraissent toutes simples et rien ne semble étrange.

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Rapport des gardes sur le tombeau

Cassius était venu trouver Pilate environ une heure après la résurrection. Le gouverneur romain était encore couché, et on fit entrer Cassius prés de lui. Il lui raconta tout ce qu'il avait vu avec une grande émotion, lui parla du rocher ébranlé, de la pierre repoussés par un ange, des linceuls restés vides : il ajouta que Jésus était certainement le Messie et le Fils de Dieu, qu'il était ressuscité et qu'il n'était plus là. Il parla encore de diverses autres choses qu'il avait vues. Pilate écouta ce récit avec une terreur secrète, mais il n'en laissa rien voir, et dit à Cassius : “ Tu es un superstitieux, tu as follement agit en allant te mettre près du tombeau du Galiléen ; ses dieux ont pris avantage sur toi, et t'ont fait voir toutes ces visions fantastiques ; je te conseille de ne pas raconter cela aux Princes des prêtres, car ils te feraient un mauvais parti ”. Il fit aussi semblant de croire que le corps de Jésus avait été dérobé par ses disciples et que les gardes racontaient la chose autrement, soit pour s'excuser et cacher leur négligence, soit pares qu'ils avaient été trompés par des sortilèges. Quand il eût parlé quelque temps sur ce ton, Cassius le quitta, et Pilate alla sacrifier à ses dieux. Quatre soldats vinrent bientôt faire le même récit à Pilate ; mais il ne s'expliqua pas avec eux et les renvoya à Caiphe. Je vis une partie de la garde dans une grande cour voisine du Temple où étaient rassemblés beaucoup de vieux Juifs. Après quelques délibérations, on prit les soldats un à un, et, à force d'argent et de menaces, on les poussa à dire que les disciples avaient enlevé le corps de Jésus pendant leur sommeil. Ils objectèrent d'abord que leurs compagnons qui étaient allés chez Pilate les contrediraient, et les Pharisiens leur promirent d'arranger la chose avec le gouverneur. ! Mais lorsque les quatre gardes arrivèrent, ils ne voulurent pas dire autrement qu'ils n'avaient fait chez Pilate. Le bruit s'était déjà répandu que Joseph d'Arimathie était sorti miraculeusement de sa prison, et comme les Pharisiens donnaient à entendre que ces soldats avaient été subornés pour laisser enlever le corps de Jésus et leur faisaient de grandes menaces, s'ils ne le représentaient pas, ceux-ci répondirent qu'il ne pouvaient pas plus représenter ce corps, que les gardes de la prison ne pouvaient représenter Joseph d'Arimathie. Ils persévérèrent dans leurs dires et parlèrent si librement du jugement inique de l'avant veille, et de la manière dont la Pâque avait été interrompue. qu'on les arrêta et qu'on les mit en prison. Les autres répandirent le bruit que Jésus avait été enlevé par ses disciples et ce mensonge fut propagé par les Pharisiens, les Sadducéens et les Hérodiens : il eut cours dans toutes les synagogues où on l'accompagna d'injures contre Jésus. Toutefois cette imposture ne réussit pas généralement, car après la résurrection de Jésus, beaucoup de justes de l'ancienne loi apparurent de nouveau à plusieurs de leurs descendants qui étaient encore capables de recevoir la grâce, et les poussèrent à se convertir à Jésus. Plusieurs disciples qui s'étaient dispersés dans le pays et dont le courage était abattu, virent aussi des apparitions semblables qui les consolèrent et les confirmèrent dans la foi. L'apparition des morts qui sortirent de leurs tombeaux après la mort de Jésus ne ressemblait en rien à la résurrection du Seigneur. Jésus ressuscita avec son corps renouvelé et glorifié, qui n'était plus sujet à la mort et avec lequel il monta au ciel sous les yeux de ses amis. Mais ces corps sortis du tombeau n'étaient que des cadavres sans mouvement, donnés un instant pour vêtement aux âmes qui les avait habités, et qu'elles replacèrent dans le sein de la terre, d'où ils ne ressusciteront comme nous tous qu'au jugement dernier. Ils étaient moins ressuscités d'entre les morts que Lazare qui vécut réellement et dut mourir une seconde fois.

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Le Christ est Ressuscité

Alléluia! Alléluia!

15 avril 2009

Chapelet pour le Temps Pascal

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Chapelet pour le Temps PascalTexte du Bienheureux Jean Martin Moye

Nous allons réciter ce chapelet pour honorer la résurrection de Jésus-Christ et les quarante jours qu'il a demeuré sur la terre après la résurrection, apparaissant à ses disciples et leur parlant du royaume des cieux ; pour honorer le triomphe qu'il a remporté sur le démon, le monde, et la chair, lui demandant de mourir au péché et de ressusciter à la grâce, de purifier le vieux levain de la corruption pour devenir une pâte toute nouvelle, de renoncer au vieil homme, c'est-à-dire à nos anciennes habitudes, pour avoir un esprit et un cœur nouveaux, des pensées et des affections pures et saintes, de sorte qu'étant détachés de toutes les choses de la terre nous n'ayons plus de goût que pour les choses du ciel, ne vivant plus que pour Dieu, quittant le tumulte et les vanités du monde pour converser avec Jésus-Christ et ses disciples. Nous aurons aussi l'intention de féliciter la sainte Vierge du bonheur qu'elle a eu de voir Jésus-Christ son Fils ressuscité ; nous prendrons part à sa joie et à celle des apôtres et des saintes femmes à qui il apparut après la résurrection.


Je crois en Dieu... Notre Père... Je vous salue, Marie...


1. qui est véritablement ressuscité, Alléluia.

2. qui vous a apparu après sa résurrection. Alléluia.

3. qui a changé votre tristesse en joie. Alléluia.

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Première Dizaine


Notre Père... Je vous salue...


1. qui est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification. Alléluia.

2. dont l'Âme sortant victorieuse des enfers s'est réunie à son Corps, dont la Divinité n'avait point été séparée. Alléluia.

3. dont le Corps n'a pas vu la poussière de la corruption du tombeau. Alléluia.

4. qui est sorti vivant et glorieux du tombeau. Alléluia.

5. qui a vaincu la mort en mourant et nous a procuré la vie en ressuscitant. Alléluia.

6. que nos péchés ont fait mourir et qui vit maintenant pour Dieu. Alléluia.

7. qui est mort comme Homme, qui s'est ressuscité comme Dieu, c'est-à-dire qu'il a ressuscité son Humanité par la puissance de sa Divinité. Alléluia.

8. qui, ayant détruit la mort, nous a ouvert l'entrée à l'éternité. Alléluia.

9. qui, étant juste, est mort pour les injustes. Alléluia.

10. qui, étant ressuscité, ne meurt plus et sur qui la mort n'a plus d'empire. Alléluia.


Gloire au Père...

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Deuxième Dizaine


1. qui est les prémices de la résurrection d'entre les morts et le modèle de notre résurrection à la grâce et à la gloire. Alléluia.

2. qui pour s'être humilié jusqu'à la mort de la croix a été élevé jusqu'au plus haut des cieux. Alléluia.

3. qui a dû souffrir pour entrer dans sa gloire. Alléluia.

4. qui a été conduit à la mort comme une victime, sans ouvrir la bouche. Alléluia.

5. qui est le vrai Agneau pascal immolé pour nous. Alléluia.

6. qui est la Pâque que nous devons manger avec les azymes d'une conscience pure et sans tache. Alléluia.

7. qui pour s'être livré à la mort verra après lui une postérité nombreuse. Alléluia.

8. à qui son Père a donné les nations pour héritage. Alléluia.

9. dont le Règne s'étendra par tout l'univers, qui remplira toute la terre de sa Majesté et de sa gloire. Alléluia.

10. qui étant élevé en croix a attiré tout à lui, et qui s'abaissant a relevé le monde abattu par le péché. Alléluia.


Gloire au Père...

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Troisième Dizaine


1. qui est l'Agneau immolé, digne de recevoir la vertu, la Divinité, la force, et la sagesse, l'honneur et la gloire, les louanges et actions de grâces de toutes les créatures. Alléluia.

2. qui a triomphé des Principautés et des Puissances. Alléluia.

3. qui a vaincu par l'arbre de la croix le démon qui avait vaincu le genre humain par le fruit de l'arbre défendu. Alléluia.

4. qui a écrasé la tête du serpent en détruisant ses œuvres et son empire. Alléluia.

5. qui a chassé le Prince de ce monde pour y établir le Règne de Dieu. Alléluia.

6. qui nous a délivré de l'esclavage du démon, et nous a procuré la liberté des enfants de Dieu. Alléluia.

7. qui nous a appelé des ténèbres à l'éclat de son admirable lumière. Alléluia.

8. qui a vaincu le monde avec ses pompes et ses vanités, crucifié la chair avec ses convoitises. Alléluia.

9. qui a purifié notre conscience des œuvres mortes pour nous rendre dignes de servir le Dieu vivant. Alléluia.

10. qui est mort pour rassembler les enfants de Dieu dispersés dans toutes les tribus, toutes les langues, tous les peuples, toutes les nations, pour les réunir dans un seul corps, qui est l'Église et le Royaume de Dieu, qui a sanctifié ses élus par un seul sacrifice. Alléluia.


Gloire au Père...

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Quatrième Dizaine


1. qui est entré dans le tabernacle des cieux par son propre Sang, et nous en a ouvert l'entrée. Alléluia.

2. qui a donné la mort aux vices en mourant, la vie aux vertus en ressuscitant. Alléluia.

3. par qui le péché a été expié, l'iniquité effacée, la justice perdue recouvrée. Alléluia.

4. qui a réconcilié la terre avec le ciel en détruisant le péché qui divisait Dieu et les hommes. Alléluia.

5. dans la croix duquel nous devons nous glorifier, puisque c'est par la croix qu'il nous a sauvés et délivrés. Alléluia.

6. avec qui nous devons nous attacher à la croix, prenant part à la passion pour avoir part à la résurrection. Alléluia.

7. qui est le bon Pasteur qui a donné sa vie pour ses brebis. Alléluia.

8. qui a souffert, nous laissant l'exemple afin que nous marchions sur ses traces. Alléluia.

9. qui s'est acquis une Église sainte qu'il a lavée et purifiée dans son Sang. Alléluia.

10. qui nous a engendrés sur la croix en nous faisant enfants de Dieu. Alléluia.


Gloire au Père...

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Cinquième Dizaine


1. qui apparut à ses disciples pendant quarante jours, les instruisant, leur parlant du Royaume de Dieu. Alléluia.

2. qui a montré ses mains et son côté à ses disciples pour les convaincre de la vérité de la résurrection. Alléluia.

3. qui par sa présence a rempli le cœur de ses disciples d'une sainte joie. Alléluia.

4. qui s'est joint aux disciples d'Emmaüs qui le pressèrent de demeurer avec eux. Alléluia.

5. qui conversant avec ses disciples embrasait leur cœur du feu de l'amour divin. Alléluia.

6. que les disciples reconnurent à la fraction du pain. Alléluia.

7. qui donna à ses disciples le don d'intelligence pour comprendre les divines écritures. Alléluia.

8. à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre. Alléluia.

9. qui a soufflé sur les apôtres, leur a donné le pouvoir de remettre et de retenir mes péchés. Alléluia.

10. qui a envoyé ses apôtres dans tout l'univers prêcher l'évangile à toutes les nations. Alléluia.


Gloire au Père...

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Offrande du chapelet


Recevez, Seigneur, ce chapelet que nous venons de réciter à l'honneur de la Résurrection de Jésus-Christ votre Fils. Nous vous le présentons par les mains de la très sainte Vierge, et nous vous prions de nous accorder par son intercession et celle de tous les saints et saintes, surtout de ceux qui ont eu le bonheur de voir le Sauveur ressuscité, la grâce de ressusciter maintenant avec lui à une vie nouvelle, et de passer le saint temps pascal dans une sainte joie, chantant des cantiques d'allégresse pour applaudir au triomphe du Sauveur, honorant sa Résurrection par la pureté de nos mœurs et notre constance dans le bien, évitant toutes les occasions du péché et les fausses joies du monde, afin qu'étant ressuscités à la grâce, à l'exemple de Jésus-Christ qui est ressuscité pour ne plus mourir, nous ne mourions plus en retournant à nos anciens désordres, consacrant le reste de notre vie au service de Dieu et soupirant après le ciel, espérant que Jésus-Christ qui vient de ressusciter nos âmes à la grâce ressuscitera aussi au dernier jour nos corps glorieux, immortels, subtiles, agiles, par la vertu de sa chair ressuscitée que nous recevons dans l'eucharistie, et qui communique à nos corps un germe d'immortalité par la résurrection glorieuse. Ainsi soit-il.

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Chant Pascal des Eglises des Gaules

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Chant Pascal des Eglises des Gaules

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

La terre, qui reprend son éclat et sa beauté, annonce que toute créature renaît aujourd'hui avec son auteur.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Pour applaudir au triomphe du Christ sortant du tombeau, les forêts se couvrent de feuillage,les plantes étalent leur floraison.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

La lumière, les cieux, les campagnes, les mers, célèbrent de concert le Dieu qui s'élève au-dessus des astres, vainqueur de la loi du trépas.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Le Dieu crucifié naguère règne maintenant sur l'univers ; la création entière adresse d'humbles vœux à son auteur.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

O Christ, Sauveur de l'univers, créateur plein de bonté, rédempteur de ton oeuvre, Fils unique d'un Père qui est Dieu.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Toi qui, voyant le triste naufrage du genre humain, daignas te faire homme pour délivrer l'homme.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Toi qui, non content de naître dans un corps, voulus dévouer à la mort cette chair en laquelle tu pris une humble naissance.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Auteur de la vie artisan du monde, tu t'es abaissé jusqu'au sépulcre ; pour nous assurer le salut, tu t'es engagé dans la voie du tombeau.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Mais voici que les chaînes lugubres des régions souterraines se sont rompues ; l'abîme épouvanté a senti dans son sein pénétrer une lumière puissante.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

A la présence du Christ rayonnant, les ténèbres s'effacent ; les ombres épaisses de l'éternelle nuit ont disparu.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Ce n'est pas tout encore, ô puissant Roi ! Il est temps de dégager ta promesse ; le troisième jour est venu ; lève-toi, mon Dieu enseveli !

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Tes membres sacrés ne doivent pas plus longtemps reposer sous une vile pierre; la roche grossière  ne doit plus retenir la rançon du monde.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Ecoute ma prière, secoue ces linceuls , laisse ce suaire au fond du sépulcre; n'es-tu pas notre bien unique, celui sans lequel tout est néant ?

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Délie ces générations captives dans leurs prisons souterraines; ramène dans les hauteurs tout ce qui avait croulé dans les abîmes.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Rends-nous ton visage béni, afin que le monde revoie la lumière ; rends-nous le jour qui s'est éclipsé, au moment où tu expirais.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Mais tu as été fidèle, ô vainqueur plein de bonté ! le monde t'a vu reparaître ; la mort est écrasée sous tes pieds ; ils sont abrogés, les droits dont elle osait se prévaloir

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Monstre au gosier béant et insatiable, elle engloutissait notre race ; la voilà maintenant devenue ta proie, ô Dieu !

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Elle revomit avec terreur ces générations qu'elle avait englouties dans sa férocité ; et c'est l'Agneau qui arrache les brebis de la gueule loup.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

En ce jour, ô divin Roi, le triomphe que tu remportas alors renouvelle une partie de sa splendeur; aujourd'hui que le lavoir sacré comble la félicité des âmes qu'il a rendues pures.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Une blanche armée s'élance du sein des eaux limpides, et les âmes ont lavé la tache du péché dans les flots renouvelés par la bénédiction.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Un vêtement sans souillure exprime l'éclat dont elles brillent; et le pasteur se réjouit à la vue de son troupeau plus blanc que la neige.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges! jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

Extrait de « L'année Liturgique » de Dom Guéranger

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Sermon de Saint Bernard sur la Résurrection

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« Marie Madeleine et Marie mère de Jacques et Salomé achetèrent des parfums pour venir embaumer Jésus. » (Marc 16: 1). 

Nous avons appris de l'Apôtre que c'est par la foi que le Christ habite dans nos cœurs (Ephes. III, 17) : d'où je crois qu'il est permis de conclure que le Christ vit en nous aussi longtemps que la foi y demeure, et que, dès que notre foi est morte, on peut dire en quelque sorte que le Christ y est mort aussi. Or, ce qui prouve une foi vivante, ce sont les oeuvres, selon ces paroles: « Les œuvres que mon Père m'a donné de faire rendent témoignage de moi (Joan. V, 36), » qui ne me semblent pas s'éloigner beaucoup de la pensée qu'un autre apôtre exprimait en disant (pie la foi sans les oeuvres est une foi morte (Jacob. II, 20). De même que nous connaissons que le corps est en vie à ses mouvements, ainsi est-ce à ses œuvres que nous voyons que la foi est vivante. Mais la vie même de la foi c'est la charité, attendu que c'est par elle qu'elle opère, suivant ces paroles de l'Apôtre : «La foi qui opère par la charité, (Galat. V, 6), » aussi voyons-nous la foi mourir quand la charité se refroidit, de même que le corps périt quand l'âme s'en éloigne. Si donc vous voyez un homme, appliqué à des bonnes oeuvres, mener gaiement une vie pleine de ferveur, soyez sûr que la foi vit en lui, car vous en avez la preuve tout à fait irrécusable. Mais il y en a qui commencent d'une manière spirituelle et qui finissent par la chair; or, nous savons que dans ceux-là l'esprit de vie ne demeure plus selon ce mot de l'Ecriture : « Mon esprit ne demeurera point pour toujours dans l'homme, parce qu'il est charnel (Gen. VI, 3). » Or, si l'esprit de Dieu ne reste plus dans un homme, il est clair que la charité ne s'y trouve plus non plus, puisqu'elle n'est répandue dans nos coeurs que par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Rom. V, 5).

Or, comme je l'ai déjà dit c'est donner à la foi la vie de la charité que de lui faire produire des œuvres par cette même charité (Gal. V, 6), d'où je conclus que, dès que l'Esprit Saint s'éloigne d'une âme, c'est la mort de la foi en cette âme, car, selon l'Evangéliste, il n'y a que l'esprit qui vivifie (Joan, VI, 6); d'ailleurs, s'il est vrai que la sagesse de la chair est une véritable mort (Rom. VIII, 13), nous ne saurions douter que ceux que nous nous réjouissions de voir vivants, parce qu'ils mortifiaient la chair par l'esprit, sont morts et dignes de nos larmes maintenant qu'ils vivent selon la chair. Aussi lisons-nous encore dans le même apôtre : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez : Si, au contraire, vous faites mourir par l'esprit les actions de la chair, vous vivrez (Rom. VIII, 13). Malheur donc à vous, qui que vous soyez, qui revenez à vos péchés comme un chien retourne à ce qu'il a vomi, ou comme le pourceau revient à sa bauge dans la fange. Je ne parle pas seulement de ceux qui retournent de corps en Egypte, mais de ceux qui y rentrent de coeur, de ceux qui aiment encore les plaisirs du monde, et en qui, par conséquent, la foi est morte, puisqu'ils n'ont plus la charité, car quiconque aime le monde n'a pas la charité du Père en lui (I Joan. II, 16). Qui peut être réputé mort à plus juste titre que celui qui nourrit un incendie dans son sein, le péché dans sa conscience, et ne le sent même pas, n'en est pas effrayé ne cherche point à s'en débarrasser?

Ainsi donc le Christ au tombeau c'est la foi morte dans une âme. Comment en agirons-nous avec lui? Que firent les saintes femme qui avaient seules conservé pour le Seigneur un amour plus ardent que tous ses autres disciples? « Elles ont acheté des aromates, pour venir embaumer Jésus ? » Etait-ce pour le ressusciter? Non, mes frères, nous savons bien qu'il ne nous est pas donné de le ressusciter; tout ce que nous pouvons faire c'est de l'embaumer. Pourquoi cela, mes frères? Pour que celui qui est mort comme lui, ne répande point une mauvaise odeur, une odeur de mort pour les autres qu'elle ne s'exhale de tous côtés et qu'il ne tombe lui même en pourriture. Que nos trois saintes femmes, l'esprit, la langue et les mains, achètent donc des parfums, car je crois que c'est à cause de ces trois femmes que Pierre reçut trois fois l'ordre de paître le troupeau du Seigneur (Joan. XXI, 16). Comme s'il lui avait été dit : Faites-le paître de l'esprit, de la bouche et des oeuvres; c'est-à-dire paissez-le par la prière qui vient de l’esprit, par l’exhortation qui tombe des lèvres, et par l'exemple qui vient des oeuvres.

L'esprit ira donc chercher es aromates, c'est-à-dire, au premier rang, le sentiment de la compassion, puis le zèle de la droiture, sans omettre, dans le nombre, l'esprit de discrétion. En effet, toutes les fois que vous voyez un de vos frères pécher, votre premier sentiment doit être un sentiment de compassion, comme étant d'ailleurs le plus naturel à l'homme, puisque nous en trouvons le motif au fond de nous-mêmes. L'Apôtre ne nous dit-il point : « Pour vous qui êtes spirituels, ayez soin de relever ce frère dans un esprit de douceur, en faisant réflexion sur vous-mêmes et en craignant d'être tentés aussi bien que lui (Gal. VI, 1). » Et le Seigneur, lorsqu'il sortait de Jérusalem, en portant sa croix, et qu'il rencontra, non pas encore toutes les nations du monde, mais quelques flemmes seulement qui pleuraient sur lui, il se tourna vers elles et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez point sur moi; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants (Luc. XXIII, 18.) » Remarquez, mes frères, la gradation : « sur vous » d'abord, dit-il, puis « sur vos enfants. » C'est donc sur vous, mon frère, que vous devez d'abord arrêter votre attention si vous voulez apprendre à compatir aux maux des autres, et le reprendre ensuite en esprit de douceur. Faites réflexion sur vous-mêmes, dit-il, et craignez d'être tentés à votre tour. Mais comme les exemples nous touchent toujours bien plus que les paroles et se gravent plus profondément dans nos cœurs, laissez-moi vous renvoyer à ce saint vieillard qui, en apprenant qu'un. de ses frères était tombé dans une faute, se mit à pleurer amèrement et à s'écrier : Lui aujourd'hui, et moi demain. Pensez-vous, nies frères, que celui qui pleurait ainsi sur lui-même ne sût point compatir au malheur de son frère? D'ailleurs ce sentiment de compassion sert à beaucoup à la fois, attendu qu'un esprit généreux se reprocherait de contrister quelqu'un qu'il voit inquiet pour lui.

Mais que faisons-nous, car il y en a plusieurs qui ont la tête dure et le cou habitué au joug, au point que, plus nous compatissons à leurs maux, plus ils abusent de notre patience et de notre compassion. Ne devons-nous point compatir. aux souffrances de la justice, comme nous compatissions au malheur de notre frère, surtout quand nous la voyons si impudemment rejetée, et provoquée avec tant d'imprudence? Je sais que si nous avons l'ombre de charité, nous ne pourrons supporter avec une âme impassible ce mépris de Dieu. C'est dans cette impatience que consiste le zèle de la justice, dont nous nous sentons transportés contre les prévaricateurs, comme si nous étions touchés d'un sentiment de pitié envers cette justice de Dieu que nous voyons foulée aux pieds.. Toutefois, il faut que la compassion ait le pas sur le zèle de la justice, autrement, dans un mouvement d'indignation, nous briserions les vaisseaux de Tharsis, nous achèverions le roseau à demi rompu, et nous éteindrions tout à fait la mèche qui fume encore.

Mais quand nous aurons réuni ces deux aromates, le sentiment de la compassion et le zèle de la justice, il faudra nous procurer l'esprit de discernement, de peur que lorsqu'il y a lieu à faire preuve de compassion, ce soit le zèle de la justice qui se montre, et que, faute de discernement, nous ne confondions toutes choses, au lieu de tenir prudemment compte des temps, et de montrer du zèle quand il le faut, et de savoir aussi pardonner dans l'occasion. Il n'y a que le Samaritain, pour savoir à propos tantôt verser l'huile sur les plaies, et tantôt y verser du vin. D'ailleurs, pour que vous ne pensiez pas que cette pensée est de moi seulement, écoutez le Psalmiste; il ne demande que ce que je vous demande, et dans le même ordre, quand il dit : « Enseignez-moi, Seigneur, la bonté, la discipline et la science (Psal. CXVIII, 66). »

Mais où pourrons-nous nous procurer ces aromates? Car la terre de notre coeur ne saurait produire de pareilles vertus, elle nous donnerait plutôt des ronces et des épines. Il nous faut donc les acheter quelque part. Mais qui nous les vendra? Ce sera celui qui a dit : « Venez, achetez sans argent et sans aucun échange, du lait et du vin. (Is. LV, 1). » Or, vous savez ce que désigne la douceur du lait, et ce que rappelle l'âpreté du vin. Mais que faut-il entendre par ces mots, acheter sans argent et sans aucun échange ? Car ce n'est pas ainsi qu'on fait dans le monde; il ne peut y avoir une autre manière d'acheter que chez l'auteur même du monde; aussi le Prophète dit-il au Seigneur : « Vous êtes mon Dieu, car vous n'avez pas besoin de nos biens (Psal. XV, 2). » Qu'est-ce donc que l'homme lui donnera en échange de la grâce, puisque, étant le maître de tout, il n'a besoin de rien? Sa grâce, il la donne gratuitement, et lors même qu'il la vend, celui qui l'achète ne la paie point, attendu que le prix que nous la payons nous reste entre les mains.

C'est donc avec notre volonté propre que nous devons acheter les trois aromates de l'esprit, car remarquons qu'en payant avec cette monnaie, non-seulement nous ne nous appauvrissons point, mais même nous faisons un profit considérable, puisque nous l'échangeons pour quelque chose de mieux, et que nous donnons Une volonté propre, pour en avoir une commune. Or la volonté commune, c'est la charité. Voilà donc comment nous achetons sans rien échanger, puisque nous acquérons ce que nous n'avions point, et que ce que nous avions nous le conservons en mieux. Mais comment compatir au sort de notre frère, qui ne sait compatir lui-même qu'à ses propres malheurs, dans sa volonté propre? Et comment celui qui n'aime que soi aimera-t-il la justice, et haïra-t-il l'iniquité? Il peut, il est vrai, feindre aux yeux des hommes, et même se séduire lui-même, au point de se figurer, quand il n'est conduit que par l'égoïsme et par la haine, qu'il ne cède qu'au sentiment de la compassion, et au zèle pour la justice; mais il est bien facile de voir combien sont éloignées de la volonté propre, les choses qui sont propres à la vraie charité que la volonté propre attaque de front. En effet, la charité est bienveillante et ne se réjouit pour du mal (Cor. XIII, 4). Quant à l'esprit de discernement, nous savons qu'il n'y a rien qui l'éloigne comme la volonté propre, car elle met la confusion dans le coeur de l'homme, et place un voile épais devant les yeux de la raison. Par conséquent, c'est avec la monnaie de notre volonté propre, comme je vous le disais tout à l'heure, que nous devons acheter les trois sortes d'aromates de l'esprit, c'est-à-dire les sentiments de compassion, le zèle de la justice, et l'esprit de discernement.

Il y a aussi trois sortes d'aromates, que la langue apporte, ce sont la modération dans la réprimande, l'abondance dans l'exhortation et l'efficacité dans la persuasion. Voulez-vous vous procurer ces aromates? Achetez-les dans le Seigneur lui-même, oui, achetez-les là, vous dis-je, et procurez-les-vous de la même manière que les premières, c'est-à-dire sans aucun échange, il ne faut pas que vous dépensiez quoi que ce soit pour vous les procurer. Achetez donc au Seigneur la modération dans la réprimande, c'est un bien, un don aussi grand que rare, car il y en a bien peu qui le possèdent : « Il y en a si peu, dit saint Jacques, qui sachent dompter leur langue (Jac. III, 8) ! » On voit bien des gens, en effet, dont l'intention est droite, et la pensée bienveillante, qui disent légèrement ce qu'on ne saurait écouter trop sérieusement. Leur parole part comme un trait qui ne saurait revenir sur ses pas, et ce mot qui aurait dû guérir, parce qu'il semble un peu trop acerbe, exaspère et envenime le mal davantage. Si l'impudence s'ajoute à la négligence, alors elle met le comble à l'impatience, en sorte que celui qui est déjà tombé dans le bourbier, s'y enfonce davantage ; il n'ouvre plus la bouche que pour apporter des excuses, mais de mauvaises excuses à ses torts, et, semblable à un fou furieux, non-seulement il repousse, mais même il va jusqu'à vouloir mordre la main du médecin qui le panse. Il y en a beaucoup aussi qui ne savent trouver presque rien à dire, à court de paroles, il leur semble que leur langue est attachée à leur palais, ce qui, quelquefois, ne nuit pas peu, même à ceux qui les écoutent. Il y en a d'autres, au contraire, qui ne manquent pas de quoi dire, mais, ce qu'ils disent est peu goûté, et n'entre guère dans les âmes, et, comme leurs paroles manquent de grâce, tout ce qu'ils disent est presque sans résultat. Vous voyez donc combien il est nécessaire encore que vous alliez acheter ces aromates chez celui où on trouve toute sorte de bonnes choses, et toute la science nécessaire pour reprendre avec mesure, exhorter avec abondance et persuader avec efficacité.

Achetez donc encore ces aromates, mais avec la monnaie de la confession, c'est-à-dire en commençant par reconnaître et avouer vos propres fautes, avant de songer à reprendre les autres des leurs. Ce n'est pas un petit sacrement, c'en est au contraire un admirable, que celui de la résurrection d'une âme, n'y touchez donc point si vous n'êtes pur, et s'il se trouve que vous ne pouvez, ou plutôt puisque vous ne pouvez vous en approcher l'âme innocente, commencez par vous laver les mains parmi les hommes innocents, avant de vous approcher du sépulcre du Seigneur. Or, c'est dans la confession que toutes nos fautes sont lavées. Une fois purifié dans ses eaux, vous serez réputé innocent, et vous pourrez vous compter parmi les hommes innocents. On ne monte point à l'autel avec un vêtement ordinaire, on a soin de se revêtir d'une robe blanche avant de s'en approcher; ainsi doit-il en être de vous, lorsque vous vous approchez du sépulcre du Seigneur; il faut vous purifier, vous blanchir et prendre ensuite des vêtements de gloire, en sorte qu'on puisse vous dire : « vous vous êtes revêtu de confession et de gloire (Psal. CIII, 1). » Car là où il y a confession, il y a gloire et beauté aux yeux du Seigneur. Tels sont les aromates de la langue, dont j'avais à vous parler, la mesure dans la réprimande, l'abondance dans l'exhortation, l'efficacité dans la persuasion, tous aromates qu'il faut acheter au prix de la confession.

Toutefois, nous lisons (dans le Pastoral de Grégoire le Grand.) et nous apprenons par une expérience quotidienne que celui dont la vie n'est pas honorable ne peut guère s'attendre qu'à voir ses discours accueillis avec mépris. Il faut donc que la main se procure aussi ses aromates et que nous ne ressemblions point au paresseux pour qui le sage dit avec mépris, que c'est une fatigue trop grande de porter sa main même à la bouche (Prov. XIX, 24), si nous ne voulons point que celui que nous reprenons puisse nous dire : Mais vous qui instruisez si bien les autres, vous ne vous instruisez point vous-même (Rom. II, 21), vous liez, en effet, des fardeaux pesants et qu'on ne saurait porter, et vous les mettez sur les épaules des autres, tandis que vous ne voulez pas vous-même les remuer du bout du doigt (Matt. XXIII, 14). Or, je vous dis, que le discours le plus vif et le plus efficace, c'est l'exemple; il persuade facilement aux autres ce dont nous voulons les convaincre, en leur montrant que ce que nous leur demandons est praticable. Voilà pourquoi je vous dis qu'il faut que la main ait aussi ses aromates, je veux dire la continence de la chair; la miséricorde pour nos frères, la patience dans la piété. C'est ce qui a fait dire à l'Apôtre : « Vivons dans le siècle présent avec tempérance, avec justice et avec piété (Tit. II, 12). » Ce sont, en effet, les trois choses les plus nécessaires dans le genre de vie que nous avons embrassé; car nous devons la première de ces choses à nous, la seconde au prochain et la troisième à Dieu. Celui qui se livre à la fornication pèche contre son propre corps, qu'il dépouille d'une grande gloire et qu'il condamne à une honte redoutable et terrible, car il prend les membres de Jésus-Christ pour en faire ceux d'une prostituée. Mais pour moi, c'est peu de vous dire que nous devons nous abstenir de toute volupté charnelle en ce qu'il y a de honteux, j'ajoute que nous devons nous sevrer en général de toute espèce de plaisirs de la chair. Cherchez donc avant tout, mon frère, cette continence parfaite que vous vous devez à vous-même, car nous n'avons personne qui nous touche de plus près que nous-mêmes : Puis ajoutez à la continence, la miséricorde pour vos frères, attendu que vous devez vous sauver avec eux, et enfin, ayez avec les deux premiers aromates, la patience que Dieu qui doit vous sauver réclame de vous, car selon l'Apôtre : « Tous ceux qui veulent vivre avec piété en Jésus-Christ seront persécutés (II Tim. III, 12), et ce n'est qu'en passant par une foule de tribulations que nous pourrons entrer dans le royaume de Dieu (Act. XIV, 21). » Prenez donc garde de ne pas périr faute de patience, supportez tout, au contraire, pour celui qui le premier a tant souffert pour vous et auprès de qui nulle patience ne demeurera sans sa récompense, selon ce mot du Prophète « . La patience du pauvre ne sera point frustrée pour toujours (Psal. IX, 19).»

Or, c'est avec l'argent de la soumission qu'on doit acheter ces trois sortes d'aromates de la main, c'est elle en effet, qui dirige nos pas, et nous procure la grâce d'une sainte vie. Car, si la loi contraire, qui lutte dans nos membres est née de la désobéissance, qui ne sait que c'est par l'obéissance que la continence nous est donnée? C'est encore la soumission qui nous apprend à régler la miséricorde, elle aussi qui nous enseigne et nous donne la patience. Quand vous aurez tous ces aromates, approchez-vous alors de celui en qui la foi est morte. Mais si nous considérons quelle oeuvre c'est pour nous de réveiller de son sommeil de mort celui qui en est là, combien même il est difficile de s'approcher seulement de son coeur qu'une obstination aussi dure que la pierre, et que l'impudence nous ont fermé, je crois que nous serons amenés à nous écrier aussi avec les saintes femmes : « Qui est-ce qui nous enlèvera la pierre qui ferme le sépulcre (Marc. XVI, 3) ? » Mais, pendant que dans nos préoccupations craintives nous n'osons nous approcher, nous hésitons à marcher vers unetelle merveille, il arrive bien souvent que l'oreille du Seigneur a entendu les dispositions pieuses de notre coeur et que, à un mot de sa bouche, on voit se lever, plein de vie de son sépulcre celui qui y était étendu mort. Et alors c'est l'ange même (le Dieu qui nous apparaît, la joie et le bonheur sur le visage, comme à la porte même du sépulcre, un certain éclat lumineux indique qu'il est ressuscité, on voit à sa figure le changement qui s'est opéré, l'accès nous est ouvert à son coeur; que dis-je, il nous appelle lui-même, lui-même il écarte de ses mains la pierre de son obstination, et, s'asseyant dessus, il nous montre les bandelettes dont sa foi s'était trouvée chargée, car elle est maintenant ressuscitée. Et en même temps qu'il découvre tout ce qui s'est passé dans son coeur auparavant, et confesse comment il s'était lui-même enseveli dans ce tombeau de l'âme, en dénonçant sa tiédeur et sa négligence, il dit comme l'Ange : « Venez voir le lieu où le Seigneur avait été mis (Matt. XXVIII, 6). »

Saint Bernard, Docteur de L'Église, deuxième sermon pour les Fêtes de Pâques

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La Résurrection du Seigneur

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Comment Marie-Madeleine et les deux autres Marie vinrent au tombeau, et comment Pierre et Jean y allèrent à leur tour


Marie-Madeleine et les deux autres Marie s'en allaient, comme je l'ai dit, au tombeau avec des parfums. Étant sorties de la ville, elles rappelaient à leur mémoire les afflictions et les peines de leur Maître, et elles s'arrêtaient un peu aux lieux divers où il avait, souffert ou fait quelque chose de considérable. Elles s'agenouillaient, baisaient la terre, poussaient des soupirs et des gémissements et disaient : « C'est ici que nous l'avons rencontré chargé de sa Croix, quand sa Mère demeura demi-morte ; ici, il s'est tourné vers les femmes de Jérusalem; ici, succombant à la fatigue, il a dépose sa Croix et s'est appuyé un peu sur cette pierre ; ici on l'a poussé cruellement et avec violence, afin qu'il marchât plus vite, et on l'a forcé presque de courir ; ici on le dépouilla de ses vêtements et on le mit tout nu ; ici on l'attacha au gibet de la Croix. » Et alors, poussant un grand cri, versant un torrent de larmes, elles se prosternèrent la face contre terre, adorèrent la Croix encore tonte rouge du sang précieux du Seigneur, et. la couvrirent de leurs baisers. Ensuite, se levant et s'avançant vers le Sépulcre, elles se disaient : « Qui nous enlèvera la pierre qui ferme l'entrée du tombeau ? » Et, élevant les yeux, elles virent la pierre renversée et l'Ange du Seigneur assis dessus, qui leur dit : «Ne craignez point, » et le reste ainsi qu'il est rapporté dans l'Évangile. Mais, trompées dans leurs espérances, car elles pensaient trouver le corps du Seigneur, elles ne firent pas attention aux paroles de l'Ange et s'en revinrent épouvantées vers les Apôtres, en disant que le corps du Seigneur avait été enlevé. Aussitôt Pierre et Jean coururent au tombeau. Considérez-les bien ils courent : Madeleine et ses compagnes courent à la suite; tous s'empressent de chercher leur Seigneur, leur coeur et leur âme. Ils courent avec fidélité, ferveur et anxiété. Lorsqu'ils furent arrivés au tombeau, ils regardèrent dedans et ne trouvèrent pas le corps; mais, ne voyant que lus linceuls et le suaire, ils se retirèrent. Compatissez-leur, car ils sont dans une grande affliction. Ils cherchent leur Seigneur et ne le trouvent point, et ne savent plus où le chercher ailleurs. Ils se retirèrent donc pleins de tristesse et en versant des larmes.


Saint Bonaventure, Docteur de L'Église, Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, chapitre 87

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