26 juillet 2010

Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje le 25 juillet

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Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje le 25 juillet

Fête de Saint Jacques, saint Patron de la Paroisse de Medjugorje


« Chers enfants, Je vous invite à nouveau à Me suivre avec joie. Je désire vous conduire tous à Mon Fils, votre Sauveur. Vous n'êtes pas conscients que, sans Lui, vous n'avez ni joie, ni paix, ni avenir, ni vie éternelle. C'est pourquoi, petits enfants, profitez de ce temps de prière joyeuse et d'abandon. Merci d’avoir répondu à Mon appel ».


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22 juillet 2010

Message de Marie Reine de la Paix à Medjugorje du 25 juin 2010

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Message de Marie Reine de la Paix à Medjugorje du 25 juin 2010

Prière avant de lire le message

Vierge Marie, Nous te demandons la grâce de ne pas recevoir ton message mensuel d'une manière superficielle. Fais au contraire que nous l'écoutions avec un cœur grand ouvert et avec un amour très intense pour toi et pour Jésus. Fais aussi et surtout que nous le mettions en pratique, de telle sorte que le grain que tu as semé tombe dans une bonne terre et qu'il puisse porter beaucoup de fruit. Amen 

« Chers enfants, avec joie Je vous invite tous à vivre joyeusement Mes Messages; seulement ainsi, petits enfants, pourrez-vous être plus près de Mon Fils. Et Moi, Je désire vous conduire tous uniquement à Lui et, en Lui, vous trouverez la vraie paix et la joie de votre cœur. Je vous bénis tous et Je vous aime d'un amour incommensurable. Merci d'avoir répondu à Mon appel. »


Mot d'ordre


Quelle beauté et quelle bonté dans ces quelques paroles… et encore nous n’entendons pas la voix claire et douce de la sainte Vierge mais nous pouvons l’imaginer comme un tintement de clochette, comme le son d’un cristal pure, comme des gouttelettes d’eau fraîche. Et elle nous dit que son amour pour nous est incommensurable, sans limite, infini. Comment lui résister ? Bien sûr nous ferons ce qu’elle nous demande avec la joie des enfants qui préparent une surprise pour leur maman. Quel bonheur d’avoir la Sainte Vierge!


Frère Ephraïm, Diacre Permanent

Fondateur de la Communauté des Béatitudes

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Trois des six voyants de Medjugorje (Vicka, Marija et Ivan) ont encore des apparitions quotidiennes. Il arrive parfois, mais c'est assez rare, que les messages soient rendus publiques. Voici les derniers que nous connaissons. 

 

Messages reçus par Miriana

La voyante Mirjana, qui a cessé d'avoir des apparitions quotidiennes le 25 décembre 82 et voit désormais la Vierge le 18 mars de chaque année, est régulièrement gratifiée d'apparitions le "2" du mois. Avec Marie, elle prie alors pour les non-croyants. Ces messages ne sont pas toujours rendus publiques, mais voici les derniers que nous connaissons (traductions officielles) :

Le 2 mai 2010

« Chers enfants, aujourd'hui, à travers Moi, votre Bon Père vous invite, afin qu'avec l'âme remplie d'amour, vous vous engagiez dans un cheminement spirituel. Chers enfants, remplissez-vous de grâce, repentez-vous sincèrement de vos péchés et désirez ardemment le bien. Désirez-le aussi ardemment au nom de ceux qui n'ont pas connu la perfection du bien. Vous serez plus chers à Dieu. Je vous remercie ».

Le 2 juin

« Chers enfants, aujourd'hui, à travers le jeûne et la prière, Je vous invite à percer le chemin par lequel Mon Fils entrera dans vos coeurs. Accueillez-Moi comme Mère et comme Messagère de l'Amour de Dieu et de Son Désir de votre salut. Libérez-vous de tout ce qui, de votre passé, vous pèse, de ce qui vous donne un sentiment de culpabilité, de tout ce qui, de votre vie passée, vous a amenés dans l'erreur-les ténèbres. Accueillez la Lumière! Renaissez dans la justice de Mon Fils. Je vous remercie ».


Le 2 juillet

« Chers enfants, l'appel maternel que Je vous adresse aujourd'hui est un appel de vérité et de vie. Mon Fils, qui est la vie, vous aime et vous connaît dans la vérité. Pour vous connaître et vous aimer vous-mêmes, vous devez connaître Mon Fils, et pour connaître et aimer les autres, vous devez voir Mon Fils en eux. C'est pourquoi, mes enfants, priez! Priez, afin de comprendre et, avec un esprit libre, de vous abandonner et de vous transformer pleinement, et d'avoir ainsi le Royaume des cieux dans vos coeurs sur la terre. Je vous remercie ».

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Messages reçus par Ivan

Le 22 janvier 2010

« Mes chers enfants, aujourd'hui votre Mère est joyeuse! En ces temps difficiles, Je demande de renouveler la prière dans les familles. Mes chers enfants, Je veux que Mon Fils naisse à nouveau à travers la prière. Merci de m'accepter ainsi que Mes Messages ».

Le 11 février 2010

« Mes chers enfants, aujourd'hui Je vous demande, en ce temps de grâce, de vous décider à prier plus, d'abandonner quelque chose à quoi vous tenez vraiment et de Me le donner. Mes chers enfants, priez en famille afin que le Saint Esprit puisse se répandre sur vos familles. Priez, mes chers enfants, priez. Merci, mes chers enfants, d'avoir répondu à Mon appel ».

Le 7 mars 2010

« Mes chers enfants, Je veux que vous vous mettiez à genoux devant la Sainte Croix durant ces jours, vous et votre famille, ensemble, et Je veux que vous priiez. Priez devant la Sainte Croix. Je veux que vous méditiez le supplice de Mon Fils. Lisez la Sainte Bible, surtout ces passages qui se rapportent à ces jours. Merci, chers enfants, d'avoir répondu à mon appel ».

Le 14 mai 2010

« Chers enfants, aujourd'hui encore Je suis avec vous dans la joie. Apportez cet amour aux autres. Pardonnez. Chers enfants, priez ensemble avec la Mère. Priez pour les familles et pour la sainteté de la famille. Votre Mère prie avec vous. Votre Mère vous recommande à Son Fils. Merci de vivre les messages ».

Le 15 mai 2010

« Chers enfants, aujourd'hui encore Je suis avec vous dans la joie. Priez pour Mes plans que Je souhaite voir se réaliser. Sacrifiez-vous vous-mêmes. Priez, chers enfants. Merci d'avoir répondu à Mon appel. Allez en paix, mes chers enfants ».

Le 25 juin 2010

« Chers enfants, aujourd'hui encore votre Mère se réjouit et vous appelle à être les porteurs de sa paix. Croyez à mes messages, en ce monde. Chers enfants, Je voudrais que vous soyez mon signe. Prenez mon message, que je vous ai donné aujourd'hui, et vivez-le. Mes chers enfants, votre Mère prie toujours avec vous et Elle vous recommande à Son Fils. Merci d'accepter Mes messages et de les vivre ».

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Apparitions annuelles

Trois des six voyants de Medjugorje n'ont plus d'apparition quotidienne. Toutefois, ils continuent à voir la Vierge une fois par an.

 

Ivanka

Dernière apparition quotidienne : le 7 mai 1985

L’apparition, qui a duré 6 minutes, a eu lieu dans la maison familiale d’Ivanka. Seule sa famille était présente. Après l’apparition, la voyante a dit que la Vierge lui avait parlé du 5ème secret. « Chers enfants, recevez ma bénédiction maternelle ». 

 

Mirjana

Dernière apparition quotidienne : le 25 décembre 1982

Message reçu le 18 mars 2010 : Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées pour la prière à la Croix Bleue. L’apparition a commencée à 13:50 et a duré jusqu’à 13:54. »

« Chers enfants! Aujourd’hui, Je vous invite à aimer de tout votre coeur et de toute votre âme. Priez pour le don de l’amour, car, quand l’âme aime, elle appelle Mon Fils à elle. Mon Fils ne rejette pas ceux qui l’appellent et qui désirent vivre selon Lui. Priez pour ceux qui ne comprennent pas l’Amour, qui ne saisissent pas ce que signifie aimer. Priez pour que Dieu soit pour eux un Père et non un juge. Mes enfants, vous, soyez mes apôtres, soyez mon fleuve d’amour. J’ai besoin de vous. Je vous remercie. »


Jakov

Dernière apparition quotidienne : le 12 septembre 98


Message reçu le 25 décembre 2009 : La Vierge est venue portant l’Enfant Jésus dans ses bras. L’apparition a commencé à 14h35 et a duré 12 minutes. 

« Chers enfants. Pendant tout ce temps où Dieu Me permet de manière spéciale d’être avec vous, Je désire vous guider sur le chemin qui mène à Jésus et à votre salut. Mes petits enfants, ce n’est qu’en Dieu que vous pouvez trouver le salut, et c’est pourquoi, spécialement en ce jour de grâce, avec le petit Jésus dans les bras, je vous invite: permettez à Jésus de naître en vos coeurs! Seulement avec Jésus dans le coeur, vous pouvez vous mettre en marche sur le chemin du salut et de la vie éternelle. Merci d’avoir répondu à Mon appel. »

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Réponses brèves données par les voyants de Medjugorje

aux questions courantes qui leurs sont posées



Dites-moi d'abord: de quelle taille pourrait être la Gospa, telle que vous la voyez?
« Environ 1m 65. - Comme moi ». (Vicka)

Est-ce qu'Elle est plutôt mince, ou...?

Elle est plutôt mince.

On pourrait lui donner combien de kilos?

Approximativement 60 kg.

Quel pourrait être son âge?

Entre 18 et 20 ans.


Quand Elle est avec l'Enfant Jésus, est-ce qu'Elle paraît plus âgée?

Elle paraît comme toujours, identique.

Quand la Gospa est avec vous, est-ce qu'Elle se tient toujours debout ou...
Elle se tient toujours debout!


Elle se tient sur quoi?

Sur un petit nuage.


Quelle est la couleur de ce petit nuage?

Le petit nuage est blanchâtre.


Est-ce que vous l'avez jamais vu à genoux?

Jamais! (Vicka, Ivan, Ivanka)


Votre Gospa a certainement aussi un visage. Comment est-il: rond, ou plutôt oblong, ovale?
Plutôt oblong, ovale, normal.


Quelle est la couleur de son visage?

Normale, plutôt blanche, rougeâtre sur les pommettes.


Quelle est la couleur de son front?

Normale, généralement blanche comme le visage.


Comment sont les lèvres de la Gospa ? Plutôt épaisses ou fines?
Normales, belles, plutôt fines.


De quelle couleur?

Rougeâtre, couleur naturelle.


Est-ce que la Gospa a des petits creux sur les joues (des faussettes), comme cela peut arriver chez nous, les hommes ?

Ordinairement pas, peut-être un peu si elle sourit. (Mirjana)

Est-ce qu'on peut ordinairement remarquer un certain sourire doux sur son visage?

Peut-être, plutôt quelque chose comme une douceur indescriptible, un sourire est visible  comme sous la peau. (Vicka)


Quelle est la couleur des yeux de la Gospa?

Ses yeux sont magnifiques! Explicitement bleus. (tous)


Plutôt grands ou?

Normaux, peut-être un peu plus grands. (Marija)


Comment sont les cils?

Tendres, normaux.

Quelle est la couleur de ses cils?

Normale, pas de couleur particulière.


Plus fins ou?

Ordinaires, normaux.


La Gospa a certainement un nez. Comment est-il: pointu ou…?

Un beau, un petit nez. (Mirjana) Normal, harmonieux par rapport au visage. (Marija)


Et les sourcils de la Gospa?

Les sourcils sont fins, normaux, plutôt noirs.


Votre Gospa, comment est-elle habillée?

Elle porte une robe simple de femme.


Quelle est la couleur de sa robe?

La robe est grise, peut-être un peu bleu-gris. (Mirjana)


Est-ce que la robe est serrée autour du corps ou bien elle tombe librement?

Elle tombe librement.


Quelle est la longueur de la robe en bas?

En bas jusqu'au petit nuage sur lequel elle se tient, elle se perd dans le nuage.


Et autour du cou?

Normale, jusqu'au début du cou.


Est-ce qu'on voit une partie du cou de la Gospa?

On voit le cou, mais on ne voit rien de la poitrine.


Quelle est la longueur des manches?

Jusqu'aux poignets.


Est-ce que la robe de la Gospa a une bordure?

Aucune.


Est-ce que la Gospa est serrée autour de la taille par une ceinture?

Non. Par rien.


Le corps de la Gospa que vous voyez, est-ce qu'il laisse entrevoir la féminité du corps?

Bien sûr que oui! Mais rien de particulier. (Vicka)


Est-ce que la Gospa a encore quelque chose en plus que cette robe que vous avez décrite?

Elle a un voile sur la tête.


Quelle est la couleur de ce voile?

Le voile est de couleur blanche.


Entièrement blanc ou…?

Entièrement blanc.


Qu'est-ce que recouvre le voile?

Il recouvre la tête, les épaules et tout le corps du dos et sur les côtés.


En bas, il descend jusqu'où?

Il descend jusqu'au petit nuage, comme la robe.


Devant, il la recouvre jusqu'où?

Il la recouvre du dos et sur les côtés.

Est-ce que le voile semble plus ferme, plus épais que la robe de la Gospa?

Non, il ressemble à la robe.


Est-ce qu'il y a des ornements sur le voile?

Aucun ornement.


Est-ce que le voile a des bordures?

Aucune bordure.

Est-ce que la Gospa a des bijoux?

Aucun bijou.


Par exemple, sur la tête ou autour de la tête?

Oui, elle a une couronne d'étoiles sur la tête.

Est-ce qu'elle a toujours les étoiles autour de la tête?

Ordinairement oui, oui toujours. (Vicka)


Par exemple, quand elle apparaît avec Jésus?

Pareil.


Combien d'étoiles y a-t-il?

Douze.


Elles sont de quelle couleur?

Dorées.


Est-ce qu'elles sont liées entre elles?

Elles doivent être liées, comment pourraient-elles tenir? (Vicka)


Est-ce qu'on voit si peu que ce soit des cheveux de la Gospa?

On voit un peu des cheveux.


Où est-ce qu'on les voit?

Un peu au-dessus du front, sous le voile, du côté gauche.


De quelle couleur?

Couleur noire.


Est-ce qu'on voit jamais même une oreille de la Gospa?

Non, on n’en voit jamais.


Comment est-ce possible?

Mais, les oreilles sont recouvertes par le voile!


Qu'est-ce que la Gospa regarde ordinairement pendant l'apparition?

Ordinairement, c’est nous qu’elle regarde, parfois autre chose, ce qu'elle montre.


Comment la Gospa tient-elle alors ses bras?

Les bras sont libres, ouverts d'une manière détendue.


Quand est-ce qu'elle tient ses mains jointes?

Presque jamais, peut-être parfois pendant le « Gloire au Père ».


Est-ce qu'elle bouge, est-ce qu'elle fait des gestes avec ses mains pendant l'apparition?

Elle ne fait aucun geste, sauf si elle montre quelque chose.


Quand elle tient ses bras ouverts, dans quel sens sont tournées les paumes de ses mains?
Les paumes de ses mains sont ordinairement tournées vers le haut d'une manière détendue, ses doigts aussi sont détendus.


Est-ce qu'on voit alors ses ongles?

On les voit partiellement.


Ils sont comment, de quelle couleur?

Couleur naturelle, les ongles sont propres, blancs comme la neige.


Est-ce que vous avez jamais vu les pieds de la Gospa?

Non, jamais - ils sont toujours couverts par la robe.


Enfin, est-ce que la Gospa est vraiment belle comme vous l'avez dit?

Mais en fait, nous ne t'avons rien dit là-dessus, sa beauté ne se laisse pas décrire, ce n'est pas cette beauté qui est la nôtre, c'est quelque chose de paradisiaque, quelque chose de céleste, quelque chose que nous ne verrons qu'au Ciel, et seulement dans une certaine mesure.

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Retrouvez l'intégralité des Messages de Marie Reine de la Paix à Medjugorje en cliquant sur le lien suivant:
http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-cat-83937-273707-marie_reine_de_la_paix_et_de_la_reconciliation.html

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30 mai 2010

31 mai, fête de la Visitation de la Sainte Vierge à sa cousine Elisabeth

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La Visitation de la Sainte Vierge à sa cousine Elisabeth

Extrait des révélations de la Vénérable Maria d'Agreda

Fête le 31 mai


Dans la vision qu'elle eut après l'incarnation, la sainte Vierge connut que lé Seigneur avait pour agréable qu'elle visitât sainte Elisabeth, afin de sanctifier par la présence de son divin fils le précurseur qui allait naître. Elle conféra de ce voyage avec saint Joseph, qui offrit avec un grand respect de l'accompagner. Ils fixèrent le jour du départ, qui fut le quatrième après l'incarnation du verbe. Ils préparèrent les choses nécessaires, c'est-à-dire un âne que leur prêta un voisin , quelques fruits, du pain et quelques poissons et ils partirent de Nazareth, pour la maison de Zacharie, éloignée de quatre jours de marche par un chemin rude et pénible. La sainte Vierge se servait quelquefois du petit animal dans son voyage pour obéir à son époux, mais elle marchait souvent à pied. Elle pria plusieurs fois saint Joseph de se servir d~ la pauvre monture, mais le saint ne voulut jamais le faire. Ils restaient de longues heures en silence, la sainte Vierge chantait alors avec les anges visibles pour elle seule des hymnes au Très-Haut, saint Joseph s'entretenait avec Dieu dans l'oraison. ils s'occupaient ensuite à de saints entretiens dont le saint époux se sentait extraordinairement enflammé et pénétré; ne sachant d'où lui provenait cette grande ferveur, il voulut le demander à la sainte Vierge, mais il n'en eut pas le courage; la prudente Vierge ne voulut pas le lui découvrir, quoiqu'elle pénétrât son intérieur. Le voyage dura quatre jours pendant lesquels plusieurs miracles furent opérés l'un fut de rendre la santé à une fille malade. La reine de l'univers ordonna aux humeurs par le pouvoir suprême qu'elle avait sur les créatures, de se remettre dans leur état naturel. Les saints pèlerins arrivèrent enfin à Juda, c'était le nom de la ville où sainte Elisabeth habitait; elle fut détruite dans la suite, et il resta seulement cette maison qui devint un temple. Zacharie ne demeura pas toujours à Juda, mais aussi à Hébron, où il avait une maison, et il y mourut. Avant d'arriver à Juda, Joseph voulut prévenir Zacharie, mais sainte Elisabeth éclairée de l'esprit saint, était venue à la rencontre de la sainte Vierge avec quelques personnes de sa famille et la joignit aussitôt. La très-pure Vierge salua la première Elisabeth avec ces paroles : Le Seigneur soit avec vous ma cousine. Elisabeth répondit La mère du Très-Haut vient à moi! Que le Seigneur vous récompense d'être venue me donner cette consolation. Après ce salut, elles se retirèrent en particulier, et la mère de la grâce salua de nouveau, en disant : Dieu vous sauve, ma chère cousine, et sa divine lumière vous communique la grâce et la vie. A ces paroles, Elisabeth fut remplie de l'esprit saint, et éclairée intérieurement elle connut en un instant les plus hauts mystères. Lorsque Marie proférait les paroles déjà rapportées, Dieu regarda saint Jean, et lui accorda en ce moment le parfait usage de la raison, il le purifia du péché originel et le remplit de l'esprit saint. Dans le même temps saint Jean vit aussi le verbe incarné, les entrailles de Marie lui servant comme de cristal, et prosterné il adora le rédempteur du monde. Cette adoration produisit un tressaillement de joie du saint enfant dans le sein d'Elisabeth et ravie d'admiration de ces merveilles, les yeux fixés sur Marie elle dit les paroles rapportées par saint Luc: Vous êtes bénie entre toutes les femmes. Le jeune Baptiste comprit le sent de ces paroles. La sainte Vierge répondit d'une voix douce et modeste par le cantique Magnificat anima mea dominum. Elisabeth ensuite s'offrit elle-même et toute sa famille à la sainte Vierge pour la servir, et la pria d'accepter une chambre dont elle faisait usage pour prier le Seigneur. Marie accepta cette chambre avec un remerciement sincère et personne n'y entra désormais excepté sainte Elisabeth. La nuit arriva au milieu de leur doux entretien, la Vierge mère demanda en se retirant la bénédiction à Zacharie comme prêtre du Seigneur. Elle ne s'empressa pas de remédier à son état de mutisme, mais elle pria pour lui et lui porta une tendre compassion. Saint Joseph, après trois jours, demanda la permission de revenir à Nazareth, offrant de revenir au premier avis de sa sainte épouse. Après son départ, la sainte Vierge régla sa manière de vivre dans cette maison, et ce fut celle qu'elle observait à Nazareth. Elle faisait de ses mains les langes de l'enfant qui devait naître. Après une douce contestation, elle obtint de pratiquer l'obéissance, et qu'Elisabeth aurait le commandement. Elle s'occupa des ouvrages qui lui furent imposés de sa sainte cousine; tout ce que faisait la mère de sa sagesse, Elisabeth le gardait avec une grande vénération sans jamais l'employer pour aucun usage.

Dans la compagnie de la mère de Dieu, Elisabeth s'éleva à une très-haute sainteté, elle vit plusieurs fois la sainte Vierge entourée de splendeurs et soulevée de terre; en la voyant toute absorbée en Dieu, elle se prosternait devant elle pour adorer le verbe fait homme renfermé dans son chaste sein. Elle ne découvrit jamais à personne ce mystère caché excepté à Zacharie, et à son fils, et à celui-ci seulement après la naissance du divin enfant. Il y avait dans la maison d'Elisabeth, une servante d'un mauvais naturel, colère, médisante et habituée aux jurements; à cause de ces péchés, plusieurs démons la possédaient déjà depuis quatorze ans. La sainte Vierge découvrant le mauvais état de cette malheureuse femme et le motif pour lequel le démon l'avait possédée, pria le Seigneur pour cette âme; elle lui obtint la contrition et le pardon de ses péchés. Elle ordonna aux esprits infernaux de ne plus la tourmenter, mais de se tenir toujours éloignés d'elle comme ils avaient fait lorsque la Vierge entra sur le seuil de la maison. Il y avait une autre femme dans le voisinage de la maison d'Elisabeth, qui n'était pas meilleure que la précédente. Dès qu'elle eut appris qu'il était arrivé dans ce lieu une jeune étrangère, modeste, humble et retirée. Quelle est celle-ci, dit-elle, dont la vie est si singulière? Je veux voir qui elle est. Elle alla poussée par la curiosité à la maison d'Elisabeth voir l'étrangère; mais à la vue de la très-pure Marie, tous ses sentiments dépravés furent changés; elle pleura amèrement ses péchés, sans connaître encore la cause de ce changement si subit. La mère de Dieu fit aussi la conquête d'un grand nombre d'autres âmes, mais toujours en secret sans que personne remarquât que la grâce et la conversion étaient l'effet de l'efficacité de ses prières. Il y avait plus de deux mois que la Vierge habitait chez Elisabeth et sanctifiait toute cette famille par ses actions et ses exemples d'humilité. Elisabeth prévoyant le prochain départ de sa sainte cousine, commença à ressentir la perte qu'elle allait faire. Un jour elle s'efforça de lui persuader de changer son habitation de Nazareth à Juda; elle lui dit qu'on appellerait saint Joseph, et que sa maison, sa famille et sa personne seraient à leur service, L'humble Vierge écouta cette proposition, mais elle lui dit qu'elle ne pouvait rien décider sans le bon plaisir de Dieu et de son époux, qu'elle exposerait à Dieu ses désirs dans la prière et ferait connaître son invitation à saint Joseph. Sainte Elisabeth fut satisfaite elle la pria seulement de ne pas la quitter jusqu'à la naissance de l'enfant. La sainte Vierge se retira dans son oratoire, pour connaître la volonté du Seigneur. Elle fut aussitôt ravie en extase et le Seigneur lui fit comprendre qu'elle devait rester jusqu'à la naissance de l'enfant qui devait naître bientôt, et retourner à Nazareth lorsque la circoncision serait faite.

Lorsque le temps fut accompli, le Seigneur fit connaître à Jean-Baptiste l'heure où il devait venir au monde. Le saint enfant à cet avis resta en suspens sur ce qu'il devait faire: d'un côté les lois de la nature l'obligeaient de naître, la volonté du Seigneur l'ordonnait aussi, d'un autre côté il considérait sérieusement les dangers du périlleux voyage qu'il entreprenait dans cette vie si fragile. Il se tourna donc vers Dieu avec une entière obéissance et une grande confiance dans sa bonté: Seigneur dit-il, que votre divine volonté s'exécute, accordez-moi d'employer ma vie à votre service, et donnez-moi votre bénédiction pour venir à la lumière du monde. Le saint enfant mérita pal- cette prière que la divine majesté lui accordât de nouveau à sa naissance sa bénédiction et sa grâce. Dès qu'il fut né, Elisabeth en fit donner avis à la Vierge qu'elle n'avait osé inviter d'être présente. Marie lui envoya les langes préparées de ses mains pour envelopper l'enfant, et peu après elle vint elle-même par l'inspiration divine. Elisabeth était déjà assise sur son lit; la sainte Vierge prit l'enfant dans ses bras et l'offrit aussitôt au Père éternel. Il témoigna une grande joie de se voir dans les bras de la mère de Dieu, il s'inclina en signe de respect et fit d'autres gestes d'affection envers elle, mais elle conserva toujours sa dignité, et elle ne le baisa pas même une seule fois comme il est en usage de le faire à cet âge. Elle n'arrêta point sa vue sur lui, toute absorbée dans la contemplation de la beauté de sa grande âme, de sorte qu'elle ne l'aurait pas reconnu des yeux du corps.

Le huitième jour, il fut circoncis et appelé Jésus avec toutes les circonstances rapportées par saint Luc. Zacharie recouvra la parole et ce fut par le moyen de Marie qui usant du pouvoir qu'elle avait sur les créatures délia sa langue afin qu'il bénît en cette occasion le Seigneur. Il le fit à l'admiration de tous les assistants qui ne comprirent point comment s'était opéré le miracle. Après la circoncision, saint Joseph vint de Nazareth pour ramener son épouse. Elle le reçut avec une grande joie et un profond respect, se mit à genoux devant lui le priant de la bénir; et ensuite elle se prépara pour le départ. Elisabeth voulut profiter de la présence de la mère de la sagesse et la supplia de lui laisser quelques instructions pour lui servir de règlement de vie après son départ. Ses raisons et ses prières furent si vives que la Vierge en fut attendrie et ne put lui refuser une si juste consolation : « Elevez toujours, lui dit-elle, votre coeur et votre esprit à Dieu, et avec la lumière de la grâce que vous avez, ne perdez jamais de vue l'être immuable de Dieu éternel infini et sa bonté incompréhensible qui l'a porté à tirer les hommes du néant pour les élever à la gloire, et les enrichir de ses dons précieux. Vous devez apporter tous vos soins à dégager votre coeur de toutes les choses du inonde afin que libre et détaché il puisse atteindre sa fin. Pour cela, ma chère cousine, je vous recommande de le purifier de ce qui est terrestre, afin que délivrée des embarras de cette vie, vous répondiez aux desseins de Dieu, et que vous puissiez suivre sans peine et avec joie le Seigneur, lorsqu'il faudra laisser ce corps et tout ce qu'il aime. Maintenant, c'est le temps de souffrir et de mériter la couronne, sachons nous en rendre dignes et marcher avec diligence pour arriver à l'union intime avec notre véritable et souverain bien. Mettez un grand soin pendant votre vie obéir à Zacharie votre époux et votre chef, à le servir et l'aimer. Offrez votre fils à Dieu son créateur, et en lui, pour lui, vous pouvez l'aimer comme mère. Employez votre zèle afin que Dieu soit craint et honoré dans votre maison toute votre famille. Soyez attentive à soulager les pauvres ceux qui sont dans le besoin autant qu'il vous sera possible. Secourez-les des biens temporels que Dieu vous a libéralement donnés pour les distribuer généreusement à ceux qui en sont privés. Nous sommes tous enfants du même père qui est aux cieux, auquel appartiennent toutes les choses créées il n'est pas raisonnable que le père étant riche, un enfant soit dans l'abondance, et les autres soient pauvres et délaissés. Continuez ce que vous faites, et exécutez ce que vous avez dans l'esprit puisque Zacharie le remet à votre disposition; vous pouvez être libérale avec la permission de votre époux. Vous mettrez en Dieu votre espérance dans tout les peines qu'il vous enverra. Vous serez bonne, doue humble, bienveillante et très-patiente avec tout le monde quoiqu'il y en ait qui vous causent de la peine, dans la pensée que ce sont des instruments pour votre mérite. Bénissez éternellement le Seigneur pour les mystères si élevés qu vous a manifestés, et demandez toujours avec zèle et charité le salut des âmes. Priez Dieu, afin qu'il me gouverne et me dirige pour traiter dignement et selon sa volonté le mystère que sa bonté immense a confié à une si vile et si pauvre servante. » Ainsi parla la sainte Vierge à sa cousine au m ment de son départ, et se mettant à genoux elle lui demanda la bénédiction. Ensuite elle alla prendre congé de Zacharie et humblement prosternée à ses pieds, lui demanda aussi la bénédiction. Les paroles de la bénédiction du prophète furent presque toutes tirées de la sainte écriture. Que le Dieu tout-puissant vous assiste toujours et vous délivre de tout mal; qu'il vous défende par sa protection et vous remplisse de la rosée du ciel et de la graisse de la terre. Que les peuples vous servent, et les tribus vous vénèrent parce que vous êtes le tabernacle de Dieu. Vous serez la maîtresse de vos frères et les fils de votre mère fléchiront le genou devant vous. Celui qui vous exaltera et vous bénira, sera exalté et béni et celui qui ne vous louera pas, sera maudit. Que toutes les créatures connaissent Dieu en vous et que par vous le nom du Très-Haut soit glorifié. Après cette bénédiction, elle baisa la main au saint prêtre qui en fut tout attendri, Il garda toujours le secret de ces mystères. Une seule fois qu'il y avait dans le temple une assemblée de prêtres, poussé par l'esprit de Dieu il dit tout à coup ces paroles : Je crois fermement que le Très-Haut nous a visités en envoyant au monde le Messie qui doit racheter son peuple. Siméon à ces paroles fut saisi d'une grande émotion; ne permettez pas, dit-il, ô Dieu d'Israël, que votre serviteur quitte cette vallée de larmes avant d'avoir vu notre salut et le rédempteur de son peuple.

La sainte Vierge ayant pris congé des saints époux, voulut avant de partir voir encore Jean-Baptiste; elle le prit dans ses bras et lui donna plusieurs bénédictions mystérieuses. Le saint enfant parla à la sainte Vierge par la permission de Dieu, mais à voix basse, et lui demanda son intercession et sa bénédiction. Il lui baisa trois fois la main, et adora dans son sein le verbe incarné. L'enfant divin le regarda en même temps avec tendresse et bienveillance; ce que la Vierge mère vit et admira avec une grande joie.

Extrait de la Vie Divine de la Très Sainte Vierge Marie, chapitre 9

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26 mai 2010

Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 mai 2010

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Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 mai 2010

« Chers enfants, Dieu vous a donné la grâce de vivre et de protéger tout le bien qui est en vous et autour de vous, et de stimuler les autres à être meilleurs et plus saints; mais Satan, lui, ne dort pas et, à travers le modernisme, il vous dévie et vous conduit sur son chemin. C’est pourquoi, petits enfants, dans l’amour envers mon Cœur Immaculé, aimez Dieu par-dessus tout et vivez Ses Commandements. Ainsi votre vie aura un sens et la paix régnera sur la terre. Merci d’avoir répondu à Mon appel ».


Mot d'ordre


La Vierge Marie ne dénonce jamais ses enfants mais elle leur montre le mal qui les guette. L’Eglise a dénoncé les erreurs du modernisme pour la première fois en 1907, depuis le monde a fait un grand pas en avant… vers le gouffre. Bien sûr on peut être moderne sans être moderniste mais le travail des philosophes, des théologiens, des savants modernistes a peu à peu miné les bases de la foi et de la morale chrétienne. Nous subissons leur influence sans nous en rendre compte, simplement en nous laissant aller à la culture ambiante. En nous laissant prendre par les nouvelles technologies par exemple, nous laissons Satan s’emparer de notre capacité de nous concentrer, de notre imagination et de notre mémoire, le prince du mensonge nous détourne de la contemplation et de la prière. La Gospa nous invite à une prise de conscience profonde, à un examen de conscience et à des prises de positions pour changer nos vies.


Frère Ephraïm, Diacre Permanent

Fondateur de la Communauté des Béatitudes

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13 mai 2010

L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ

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L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ

Extrait des révélations de la Vénérable Maria d'Agreda


Tandis que le Seigneur était dans le cénacle avec sa mère bien-aimée et les disciples, il s'y réunissait par la disposition de la divine providence, d'autres fidèles et d'autres pieuses femmes en outre de Madeleine et des Maries, jusqu'au nombre de cent-vingt. Le divin Maître les remplissait de ferveur, il instruisait ses disciples, et enrichissait son Église de saints mystères et de saints sacrements, L'heure heureuse et fortunée à laquelle il devait aller à son Père éternel, comme véritable héritier de la félicité éternelle arriva enfin, engendré dès l'éternité de la même substance que le Père, il devait amener avec lui la très-sainte humanité, pour accomplir toutes les prophéties sur sa venue dans ce monde, sa vie et sa rédemption, et parce qu'il voulait sceller tous les mystères par celui de son ascension, dans laquelle il laissait la promesse de l'Esprit-Saint, car l'Esprit consolateur ne devait pas venir, s'il ne montait d'abord au ciel, parce qu'il devait l'envoyer ensemble avec le Père à son Église bien-aimée. Pour célébrer ce jour joyeux et fortuné, le Seigneur choisit donc pour témoins les cent-vingt personnes; savoir, la très-Sainte Vierge, les onze apôtres, les soixante-douze disciples, Madeleine, Marthe avec Lazare leur frère, les autres Maries, avec quelques autres fidèles hommes et femmes. Avec ce petit troupeau qui représentait toute l'Église, Jésus le divin pasteur visible à leurs yeux, sortit du cénacle, marchant au-devant, à travers les rues de Jérusalem avec sa très-pure et tendre mère toujours à ses côtés. Rangés tous avec ordre, ils s'avancèrent vers Béthanie éloignée de moins de deux milles de Jérusalem, vers le Mont des Oliviers. La compagnie des anges et des saints qu'il avait tiré des limbes et du purgatoire, suivaient le Seigneur glorieux et triomphant avec des cantiques de louanges, mais la grande Reine jouissait seule de leur vue. La résurrection du Seigneur était déjà répandue dans toute la ville et dans la Palestine, quoique les princes des prêtres essayassent d'en arrêter par haine la nouvelle. La divine providence ne permît pas que personne remarquât cette sainte assemblée marchant ainsi en ordre, et personne ne vit le Seigneur excepté les cent-vingt personnes.

Ils arrivèrent avec cette assurance que le Seigneur leur donnait intérieurement, au sommet du mont des oliviers: là, ils se rangèrent en trois chœurs, l'un des anges, l'autre des saints, le troisième des apôtres et des fidèles, ceux-ci se partagèrent en deux et Jésus se plaça au milieu. La divine Mère se prosterna aux pieds de son divin fils et l'adora comme vrai Dieu et rédempteur du monde avec une profonde vénération et humilité, elle lui demanda sa dernière bénédiction et tous les fidèles l'imitèrent. Le Seigneur les bénit tous avec un air joyeux et plein de majesté, il joignit les mains et commença à s'élever de terre à leur vue y laissant empreinte la trace de ses pieds divins, il s'éleva par un mouvement insensible à travers la région de l'air, attirant à lui et les yeux et les cœurs ravis de ses enfants premier-nés, qui l'accompagnaient de leur amour, en versant de douces larmes et poussant de profonds soupirs. Et comme le mouvement du premier mobile fait aussi mouvoir les cieux inférieurs, ainsi Jésus triomphant attira après lui les chœurs des anges et les saints qui l'accompagnaient glorifiés. Mais le mystère nouveau et secret que le bras du tout-puissant opéra dans cette occasion, fut celui d'amener avec lui sa très sainte Mère, pour lui donner dans le ciel la possession de la gloire, et de la place qu'il lui avait préparée comme à sa mère véritable, et qu'elle avait acquise par ses mérites pour la posséder en son temps dans l'éternité. La toute-puissance divine voulut que dans ce temps la divine Mère fût au ciel, et ne quittât pas néanmoins la compagnie des fidèles sur le mont des oliviers. La bienheureuse Reine fut donc élevée avec son très-saint fils, et placée à sa droite, comme l'écrivait si longtemps auparavant David, psaume 44, et elle y resta pendant trois jours. Il fut très-convenable que ce mystère ne fût pas alors connu des fidèles ni des apôtres, car s'ils avaient vu monter avec Jésus-Christ leur mère et maîtresse, leur affliction aurait été bien plus grande. Leurs soupirs et leurs larmes éclatèrent lorsqu'ils virent leur divin maître bien-aimé s'éloigner toujours davantage, et lorsqu'une nuée lumineuse se mit entre eux et le Seigneur, les gémissements devinrent encore plus grands. Le Père éternel avec le Saint-Esprit et tous les esprits bienheureux vinrent sur une nuée au-devant du fils unique incarné et de la Vierge mère, et le divin Père et le Saint-Esprit, à notre manière d'entendre, les embrassa d'un embrassement pur et ineffable, ce qui causa une nouvelle joie à toute la cour céleste qui chanta: ouvrez, princes, vos portes éternelles, afin que le grand roi de la gloire et la reine des vertus puissent entrer; déjà sa miséricorde infiniment libérale a donné aux hommes le pouvoir d'acquérir avec justice, le droit qu'ils avaient perdu par le péché, de mériter par l'observance de sa loi, la vie éternelle bienheureuse, comme ses frères et ses cohéritiers. Pour augmenter notre joie, il amène avec lui à ses cotés la grande mère de la piété qui lui a donné l'être avec lequel il a vaincu le démon, et comme notre Reine est si pleine de grâce et de beauté, elle remplit de joie quiconque la contemple.

Cette nouvelle procession si bien rangée arriva au Paradis avec une joie incompréhensible. Les anges se placèrent d'un côté et les bienheureux de l'autre, et Jésus-Christ notre rédempteur et sa divine Mère passèrent au milieu, et tous rendirent au Christ l'adoration suprême, et pareillement la vénération qu'ils devaient à la co-rédemptrice, chantant de nouveaux cantiques de louanges à l'auteur de la grâce et de la vie. Le Père éternel plaça à sa droite le Verbe incarné sur le trône de la divinité. La grande Reine restait abaissée dans la profondeur de son néant, à cause de sa grande humilité et sagesse, se trouvant plus rapprochée du trône de la divinité, elle s'humiliait dans sa propre connaissance de pure créature. Ce fut pour les anges et les hommes un nouveau motif d'admiration et de joie de voir l'admirable humilité de leur Reine. On entendit aussitôt la voix du Père éternel qui dit: ma fille montez plus haut, son divin fils l'appela aussi en disant ma Mère, levez-vous et venez à la place que je dois vous donner. Le Saint-Esprit dit aussi : mon épouse et ma bien-aimée, venez recevoir mes embrassements éternels. Aussitôt la cour céleste reçut connaissance du décret de la très-sainte Trinité, qui donnait à la divine Mère la droite de son fils, et la sainte Vierge fut placée sur le trône de la très-sainte Trinité à la droite de son fils, et elle connut qu'on laissait à son choix de retourner dans le monde. Elle se leva de son trône et se prosterna devant la bienheureuse Trinité; pour imiter son divin fils, elle se montra prête à travailler pour l'Église et à renoncer à cette joie ineffable. Cet acte de charité fut, si agréable au Seigneur, que l'ayant purifiée et illuminée, elle fut élevée à la vision intuitive de la divinité et fut toute remplie de gloire. Et ainsi comme une abeille industrieuse, elle descendit de l'Église triomphante à la militante, chargée des fleurs de la pure charité, pour travailler le doux rayon de miel de l'amour de Dieu et du prochain, pour les jeunes enfants de la primitive Église, dont elle fit ensuite des hommes robustes, qui firent les fondements du grand édifice de l'Église.

Mais revenons au mont des oliviers. Les fidèles étaient là les yeux levés au ciel, soupirant et pleurant, parce qu'ils ne voyaient plus leur aimable rédempteur; la miséricordieuse mère jeta un regard de bonté vers eux, et pleine de compassion pour leur douleur, elle pria son fils de les consoler, il envoya donc deux anges, vêtus de blanc et tout resplendissants, pour leur donner quelque consolation. Ainsi consolés ils revinrent du mont des oliviers au cénacle de Jérusalem avec la sainte Vierge, où ils persévérèrent tous dans la prière, attendant avec un désir ardent la venue de l'Esprit- Saint, que le bien-aimé rédempteur leur avait promis. Après que la sainte Vierge eut joui pendant trois jours, en corps et en âme de la gloire du ciel, la divine Majesté ordonna à une multitude innombrable d'anges de tous les chœurs de l'accompagner sur la terre, et elle se dirigea sur une nuée éclatante de lumière vers le cénacle. L'esprit humain ne peut concevoir la beauté et l'éclat extérieur avec laquelle la divine reine vint du paradis, il fallut que le Très-Haut les cachât à ceux qui la contemplaient. Saint Jean seul eut le privilège de la voir dans cette splendeur. Descendue de cette nuée de lumière, elle se prosterna à terre et s'abaissa dans son cœur au-dessous de la poussière, elle s'humilia si profondément devant Dieu que la langue humaine ne peut pas l'exprimer. Elle resta toute absorbée dans son bien-aimé et si dégagée de toutes les choses créées, que c'était un sujet d'admiration pour les anges mêmes de voir, dans une pure créature si exaltée et si comblée de dons, un si grand fond de la belle vertu d'humilité. L'évangéliste saint Jean fut rendu digne de la voir descendre du paradis, aussi il en fut ravi d'étonnement, et saisi d'humilité, il resta un jour entier sans oser se présenter devant la reine des anges. Enfin poussé par l'amour et la dévotion, il se présenta devant la divine mère, et en la voyant incomparablement plus brillante que Moïse lorsqu'il descendit du Sinaï, il tomba à terre presque mort, mais la miséricordieuse mère accourut, et se mettant à genoux lui dit: « mon maître et mon fils, vous savez l'obéissance que je vous dois, et qu'elle doit me diriger dans toutes mes actions, et puisque vous êtes resté à la place de mon fils, pour m'ordonner tout ce que je dois faire, je vous prie de me commander, à cause de la consolation que je sens à obéir. En entendant ces humbles paroles, le saint apôtre fut étonné et confus, d'autant plus qu'il avait compris la grandeur de la divine mère et vu sa splendeur; néanmoins il promit de le faire à l'avenir, pour laisser à l'Église un exemple singulier d'humilité. Et si nous voulons être les fils et les vrais dévots de cette divine mère, nous devrons principalement l'imiter dans sa sainte humilité.

Texte extrait de la Vie Divine de la Très Sainte Vierge Marie

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Oraison

Dieu qui élevez le Christ au dessus de tout, ouvrez-nous à la joie et à l'action de grâce, car l'Ascension de Votre Fils est déjà notre victoire: nous sommes les membres de Son Corps, Il nous a  précédés dans la Gloire auprès de Vous, et c'est là que nous vivons en espérance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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Le Seigneur monte au Ciel au milieu des chants de joie...

Il nous prépare une place auprès de Lui...

Alléluia!

27 avril 2010

Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 avril 2010

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Message de Marie Reine de la Paix et de la Réconciliation à Medjugorje du 25 avril 2010

« Chers enfants, en ce temps où, d’une manière particulière, vous priez et recherchez Mon intercession, Je vous invite à prier, petits enfants, afin qu’à travers vos prières, Je puisse vous aider pour que le plus de cœurs possible s’ouvrent à Mes Messages. Priez à Mes intentions! Je suis avec vous et J’intercède auprès de Mon Fils pour chacun de vous. Merci d’avoir répondu à Mon appel ».

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05 avril 2010

Dimanche de Pâques

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Dimanche de Pâques

La Résurrection du Seigneur

Extraits des révélations de la Bienheureuse Anne Catherine Emmerich

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Nuit de la Résurrection

Bientôt après je vis la tombeau du Seigneur ; tout était calme et tranquille alentour : il y avait six à sept gardes, les uns assis, les autres debout vis-à-vis et autour de la colline. Pendant toute la journée, Cassius n'avait presque pas quitté sa place dans le fossé, à l'entrée de la grotte. En ce moment il était encore là, dans la contemplation et dans l'attente, car il avait reçu de grandes grâces et de grandes lumières : il était éclairé et touché intérieurement. Il faisait nuit, les lanternes placées devant la grotte jetaient alentour une vive lueur. Je m'approchai alors en esprit du saint corps pour l'adorer. Il était enveloppé dans son linceul et entouré de lumière et reposait entre deux anges que j'avais vus constamment en adoration à la tête et aux pieds du Sauveur, depuis la mise au tombeau. Ces anges avaient l'air de prêtres ; leur posture et leurs bras croisés sur la poitrine me firent souvenir des Chérubins de l'arche d'alliance, mais je ne leur vis point d'ailes. Du reste, le saint sépulcre tout entier me rappela souvent l'arche d'alliance à différentes époques de son histoire. Peut-être cette lumière et la présence des anges étaient-elles visibles pour Cassius, car il était en contemplation prés de la porte du tombeau, comme quelqu'un qui adore le Saint Sacrement. En adorant le saint corps, je vis comme si l'âme du Seigneur, suivie des âmes délivrées des patriarches, entrait dans le tombeau à travers le rocher et leur montrait toutes les blessures de son corps sacré. En ce moment, les voiles semblèrent enlevés : je vis le corps tout couvert de plaies, c'était comme si la divinité qui y habitait eut révélé à ces âmes d'une façon mystérieuse toute l'étendue de son martyre. Il me parut transparent de manière que l'intérieur était visible ; on pouvait reconnaître dans tous leurs détails les lésions et les altérations que tant de souffrances y avaient produites, et voir jusqu'au fond de ses blessures. Les âmes étaient pénétrées d'un respect indicible mêlé de criante et de compassion. J'eus ensuite une vision mystérieuse que je ne puis pas bien expliquer ni raconter clairement. Il me sembla que l'âme de Jésus, sans avoir encore rendu la vie à son corps par une complète union, sortait pourtant du sépulcre en lui et avec lui : je crus voir les deux anges qui adoraient aux extrémités du tombeau enlever ce corps sacre, nu, meurtri, couvert de blessures, et monter ainsi jusqu'au ciel à travers les rochers qui s'ébranlaient ; Jésus semblai ; présenter son corps supplicié devant le trône de son Père céleste, au milieu de choeurs innombrables d'anges prosternés : ce fut peut-être de cette manière que les âmes de plusieurs prophètes reprirent momentanément leurs corps après la mort de Jésus et les conduisirent au temple, sans pourtant revenir à la vie réelle, car elles s'en séparèrent de nouveau sans le moindre effort. Je ne vis pas cette fois les âmes des patriarches accompagner le corps du Seigneur. Je ne me souviens pas non plus où elles restèrent jusqu'au moment où je les vis de nouveau rassemblées autour de l'âme du Seigneur. Pendant cette vision, je remarquai une secousse dans le rocher : quatre des gardes étaient allés chercher quelque chose à la ville, les trois autres tombèrent presque sans connaissance. Ils attribuèrent cela à un tremblement de terre et en méconnurent la véritable cause. Mais Cassius fut très ému : car il voyait quelque chose de ce qui se passait, quoique cela ne fût pas très clair pour lui. Toutefois, il resta à sa place, attendant dans un grand recueillement ce qui allait arriver. Pendant ce temps les soldats absents revinrent. Ma contemplation se tourna de nouveau vers les saintes femmes : elles avaient fini de préparer et d'empaqueter leurs aromates et s'étaient retirées dans leurs cellules. Toutefois elles ne s'étaient pas couchées pour dormir, mais s'appuyaient seulement sur les couvertures roulées. Eues voulaient se rendre au tombeau avant le jour. Elles avaient manifesté plusieurs fois leur inquiétude, car elles craignaient que les ennemis de Jésus ne leur tendissent des embûches lorsqu'elles sortiraient, mais la sainte Vierge, pleine d'un nouveau courage depuis que son fils lui était apparu, les tranquillisa et leur dit qu'elles pouvaient prendre quelque repos et se rendre sans crainte au tombeau, qu'il ne Leur arriverait point de mal. Alors elles se reposèrent un peu. Il était à peu près onze heures de la nuit lorsque la Sainte Vierge, poussée par l'amour et par un désir irrésistible, se leva, s'enveloppa dans un manteau gris, et quitta seule la maison. Je me demandais avec inquiétude comment on laissait cette sainte mère, si épuisée, si affligée, se risquer seule ainsi au milieu de tant de dangers. Elle alla, plongée dans la tristesse, à la maison de Caïphe, puis au palais de Pilate, ce qui l'obligeait à traverser une grande partie de la ville, et elle parcourut ainsi tout le chemin de la croix à travers les rues désertes, s'arrêtant à tous les endroits où le Sauveur avait eu quelque chose à souffrir ou quelque outrage à essuyer. Elle semblait chercher un objet perdu ; souvent elle se prosternait par terre et promenait sa main sur les pierres : après quoi elle la portait à sa bouche, comme si elle eût touche quelque chose de saint, le sang sacré du Sauveur qu'elle vénérait en y appliquant ses lèvres. L'amour produisait en elle quelque chose de surhumain : car toutes les places sanctifiées lui apparaissaient lumineuses. Elle était absorbée dans l'amour et l'adoration. Je l'accompagnai pendant tout le chemin et je ressentis et fis tout ce qu'elle ressentit et fit elle-même, selon la faible mesure de mes forces. Elle alla ainsi jusqu'au Calvaire, et comme elle en approchait, elle s'arrêta tout d'un coup. Je vis Jésus avec son corps sacré apparaître devant la sainte Vierge, précédé d'un ange, ayant à ses côtés les deux anges du tombeau, et suivi d'une troupe nombreuse d'âmes délivrées. Il ne faisait aucun mouvement et semblait planer dans la lumière qui l'entourait ; mais il en sortit une vois qui annonça à sa mère ce qu'il avait fait dans les limbes, et qui lui dit qu'il allait ressusciter et venir à elle avec son corps transfiguré ; qu'elle devait l'attendre près de la pierre où il était tombé au Calvaire. L'apparition parut se diriger du côté de la ville, st la sainte Vierge, enveloppée dans son manteau, alla s'agenouiller en priant à la place qui lui avait été, désignée. Il pouvait bien être minuit passé, car Marie était restée assez longtemps sur le chemin de la croix. Je vis alors le cortège du Sauveur suivre ce même chemin, tout le supplice de Jésus fut montré aux âmes avec ses moindres circonstances : les anges recueillaient, d'une manière mystérieuse, toutes les portions de sa substance sacrée qui avaient été arrachées de son corps. Je vis que le crucifiement, l'érection de la crois, l'ouverture du côté, la déposition et l'ensevelissement leur furent aussi montrés. La sainte Vierge de son côté contemplait tout cela en esprit et adorait, pleine d'amour. Il me sembla ensuite que le corps du Seigneur reposait de nouveau dans le tombeau, et que les anges y rejoignaient, d'uns façon mystérieuse, tout ce que les bourreaux et leurs instruments de supplice en avaient enlevé. Je le vis de nouveau resplendissant dans son linceul, avec les deux anges en adoration à la tête et aux pieds. Je ne puis exprimer comment je vis tout cela. Il y a là tant de choses, des choses si diverses et si inexprimables, que notre raison dans son état ordinaire n'y peut rien comprendre. D'ailleurs, ce qui est clair et intelligible quand la le vois, devient plus tard complètement obscur et je ne puis le rendre avec des paroles. Lorsque le ciel commença à blanchir à l'orient, je vis Madeleine, Marie, fille de Cléophas, Jeanne Chusa et Salomé quitter le Cénacle, enveloppées dans leurs manteaux. Elles portaient des aromates empaquetés, et l'une d'elles avait une lumière allumée, mais cachée sous ses vêtements. Les aromates consistaient en fleurs fraîches qui devaient être jetées sur le corps, en sucs extraits de diverses plantes, en essences et en huiles dont elles voulaient l'arroser. Je les vis se diriger timidement vers la petite porte de Nicodème.

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Résurrection du Seigneur

Je vis apparaître l'âme de Jésus comme une gloire resplendissante entre deux anges en habits de guerre (des deux anges que j'avais vus précédemment étaient en habits sacerdotaux) ; une multitude de figures lumineuses l'environnait. Pénétrant à travers le rocher, elle vint se reposer sur son corps très saint : elle sembla se pencher sur lui et se confondit tout d'un coup avec lui. Je vis alors les membres se remuer dans leurs enveloppes, et le corps vivant et resplendissant Au Seigneur uni à son âme et à sa divinité, se dégager du linceul par le côté, comme s'il sortait de la plaie faite par la lance : cette vue me rappela Eve sortant du côté d'Adam. Tout était éblouissant de lumière. Il me sembla au même moment qu'une forme monstrueuse sortait de terre au-dessous du tombeau. Elle avait une queue de serpent et une tête de dragon qu'elle levait contre Jésus ! Je crois me souvenir qu'elle avait en outre une tête humaine. Mais je vis à la main du Sauveur ressuscité un beau bâton blanc au haut duquel était un étendard flottant : il marcha sur la tête du dragon et frappa rois fois avec le bâton sur sa queue ; à chaque coup, je vis le monstre se replier davantage sur lui-même, diminuer de grosseur et disparaître : la tête du dragon était rentrée sous terre, la tête humaine paraissait encore. J'ai souvent eu cette vision lors de la résurrection, et j'ai vu un serpent pareil qui semblait en embuscade lors de la conception du Christ. Il me rappela celui du Paradis ; seulement il était encore plus horrible. Je pense que ceci se rapporte à la prophétie : “ La semence de la femme écrasera la tête du serpent. ” Tout cela me parut seulement un symbole de la victoire remportée sur la mort, car lorsque je vis le Sauveur écraser la tête du dragon, je ne vis plus de tombeau. Je vis bientôt Jésus resplendissant s'élever à travers le rocher. La terre trembla ; un ange, semblable à un guerrier, se précipita comme un éclair du ciel dans le tombeau, mit la pierre à droite et s'assit dessus. La secousse fut telle que les lanternes s'agitèrent violemment et que la flamme jaillit de tous les côtés. A cette vue, les gardes tombèrent comme atteints de paralysie ; ils restèrent étendus par terre, les membres contournés et ne donnant plus signe de vie. Cassius, ébloui d'abord par l'éclat de la lumière, revint promptement à lui et s'approcha du tombeau : il entrouvrit la porte, toucha les linges vides, et se retira dans le dessein d'annoncer à Pilate ce qui était arrivé. Toutefois il attendit encore un peu, dans l'espoir de voir quelque chose de plus ; car il avait senti le tremblement de terre, il avait vu la pierre jetée de côté, l'ange assis dessus et le tombeau vide, mais il n'avait pas aperçu Jésus. Ces premiers événements furent racontés aux disciples soit par Cassius, soit par les gardes. Au moment où l'ange entra dans le tombeau et où la terre trembla. je vis le Sauveur ressuscité apparaître à sa Mère près du Calvaire. Il était merveilleusement beau et radieux. Son vêtement, semblable à un manteau, flottait derrière lui, et semblait d'un blanc bleuâtre, comme la fumée vue au soleil. Ses blessures étaient larges et resplendissantes ; on pouvait passer le doigt dans celles des mains. Des rayons allaient du milieu des mains au bout des doigts. Les âmes des patriarches s'inclinèrent devant la Mère de Jésus à laquelle le Sauveur adressa quelques mots que j'ai oubliés pour lui dire qu'elle le reverrait. Il lui montra ses blessures, et, comme elle se prosternait à terre pour baiser ses pieds, il la prit par la main, la releva et disparut. Les lanternes brillaient prés du tombeau dans le lointain, et l'horizon blanchissait à l'orient au-dessus de Jérusalem.

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Les Saintes Femmes au Tombeau


Les saintes femmes étaient près de la petite porte de Nicodème, lorsque Notre Seigneur ressuscita ; mais elles ne virent rien des prodiges qui eurent lieu au tombeau. Elles ne savaient pas qu'on y avait mis des gardes, car elles n'y étaient pas allées la veille, à cause du sabbat. Elles se demandaient avec inquiétude : “ Qui nous ôtera la pierre de devant la porte ? ” Car dans leur empressement à honorer le corps du Seigneur, elles n'avaient pas pensé à cette pierre. Leur dessein était de verser de l'eau de nard et de l'huile odorante sur le corps de Jésus, et d'y répandre des aromates et des fleurs. N'ayant contribué en rien aux dépenses de l'embaumement de la veille dont Nicodème seul s'était chargé, elles voulaient maintenant offrir au Seigneur ce qu'elles avaient pu trouver de plus précieux, et honorer ainsi sa sépulture. Celle qui avait apporté le plus de choses était Salomé. Ce n'était pas la mère de Jean, mais une femme riche de Jérusalem, parente de saint Joseph. Elles résolurent de placer leurs aromates sur la pierre qui fermait le tombeau et d'attendre là que quelque disciple vint leur en ouvrir l'entrée. Les gardes étaient étendus par terre comme frappés d'apoplexie ; la pierre était rejetée à droite, de sorte qu'on pouvait ouvrir la porte sans peine. Je vis à travers la porte, sur la couche sépulcrale, les linges dans lesquels le corps de Jésus avait été enveloppé. Le grand linceul était à sa place, mais retombé sur lui-même et ne contenant plus que les aromates ; la bande de toile avec laquelle on l'avait serré autour du corps n'avait pas été dépliée ; et elle était déposée sur le bord antérieur du tombeau. Quant au linge dont Marie avait recouvert la tête de son fils, il était à part au lieu même où cette tête sacrée avait reposé : seulement la partie qui avait voilé la face était relevée. Je vis les saintes femmes approcher du jardin ; lorsqu'elles virent les lanternes des gardes et les soldats couches autour du tombeau, elles eurent peur et se retournèrent un peu du coté du Golgotha. Mais Madeleine, sans penser au danger, entra précipitamment dans le jardin, et Salomé la suivit à quelque distance, c'étaient elles deux qui s'étaient principalement occupées de préparer les onguents. Les deux autres femmes furent moins hardies, et s'arrêtèrent à l'entrée. Je vis Madeleine, lorsqu'elle fut près des gardes, revenir un peu effrayée vers Salomé ; puis toutes deux ensemble, passant, non sans quelque crainte, au milieu des soldats étendus par terre, entrèrent dans la grotte du sépulcre. Elles virent la pierre déplacée, mais les portes avaient été refermées, probablement par Cassius. Madeleine les ouvrit, pleine d'émotion, fixa les yeux sur la couche sépulcrale, et vit les linges où le Seigneur avait été enseveli vides, repliés et mis de côté. Le tombeau était resplendissant, et un ange était assis à droite sur la pierre. Madeleine fut toute troublée ; je ne sais pas si elle entendit les paroles de l'ange, mais je la vis sortir rapidement du jardin et courir dans la ville vers les apôtres assemblés. Je ne sais non plus si l'ange parla à Marie Salomé, qui était restée à l'entrée du sépulcre ; je la vis, tout effrayée, sortir du jardin en grande hâte aussitôt après Madeleine, rejoindre les deux autres femmes et leur annoncer ce qui venait de se passer. Tout cela se fit précipitamment et avec un sentiment d'épouvante comme en présence d'une apparition. Le récit de Salomé troubla et réjouit à la fois les autres femmes, lesquelles hésitèrent un peu avant d'entrer dans le jardin. Mais Cassius. qui avait attendu et cherché quelque temps dans les environs, espérant peut-être voir Jésus, se rendit en ce moment même vers Pilate pour lui faire son rapport. En passant près des saintes femmes, il leur dit très brièvement ce qu'il avait vu et les exhorta à s'en assurer par leurs propres yeux. Elles prirent courage et entrèrent dans le jardin. Comme elles étaient à l'entrée du sépulcre, elles virent les deux anges du tombeau en habits sacerdotaux d'une blancheur éclatante. Elles lurent saisies de frayeur se serrèrent l'une contre l'autre, et, mettant les mains devant leurs yeux, se courbèrent jusqu'à terre. Mais un des anges leur dit de n'avoir pas peur, qu'elles ne devaient plus chercher là le Crucifié, qu'il était ressuscité et plein de vie. Il leur montra la place vide, et leur ordonna de dire aux disciples ce qu'elles avaient vu et entendu. Il ajouta que Jésus les précéderait en Galilée, et qu'elles devaient se ressouvenir de ce qu'il leur avait dit : “ Le Fils de l'homme sera livré entre les mains des pécheurs ; on le crucifiera, et il ressuscitera le troisième jour ”. Alors les anges disparurent. Les saintes femmes, tremblantes, mais pleines de joie, regardèrent en pleurant le tombeau et les linges, et s'en revinrent vers la ville. Mais elles étaient encore tout émues ; elles ne se pressaient pas, et s'arrêtaient de temps en temps pour voir si elle n'apercevraient pas le Seigneur, ou si Madeleine ne revenait pas. Pendant ce temps, je vis Madeleine arriver au Cénacle ; elle était comme hors d'elle-même et frappa fortement à la porte. Plusieurs disciples étaient encore couchés le long des murs, et dormaient ; quelques-uns étaient levés et s'entretenaient ensemble. Pierre et Jean lui ouvrirent. Madeleine leur dit seulement du dehors : “  On a enlevé le Seigneur du tombeau ; nous ne savons pas où on l'a mis ”. Et après ces paroles, elle s'en retourna en grande hâte vers le jardin. Pierre et Jean rentrèrent dans la maison. et dirent quelques mots aux autres disciples ; puis ils la suivirent en courant, Jean toutefois plus vite que Pierre. Je vis Madeleine rentrer dans le jardin et se diriger vers le tombeau, tout émue de sa course et de sa douleur. Elle était couverte de rosée ; son manteau était tombé de sa tête sur ses épaules, et ses longs cheveux dénoués et flottants. Comme elle était seule, elle n'osa pas d'abord descendre dans la grotte, mais elle s'arrêta un instant devant l'entrée ; elle s'agenouilla pour regarder jusque dans le tombeau à travers les portes, et comme elle rejetait en arrière ses longs y cheveux qui tombaient sur son visage, elle vit deux anges en vêtements sacerdotaux d'une blancheur éclatante, assis aux deux extrémités du tombeau, et entendit la voix de l'un d'eux qui lui disait : “ Femme, pourquoi pleures-tu ” ? Elle s'écria dans sa douleur (car elle ne voyait qu'une chose, n'avait qu'une pensée, à savoir que le corps de Jésus n'était plus là) : “ Ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où ils l'ont mis ”. Après ces paroles, ne voyant que le linceul vide, elle quitta le tombeau et se mit à chercher ça et là. Il lui semblait qu'elle allait trouver Jésus : elle pressentait confusément qu'il était près d'elle, et l'apparition même des anges ne pouvait la distraire, elle ils paraissait pas s'apercevoir que c'étaient des anges ; elle ne pouvait penser qu'à Jésus. “ Jésus n'est pas là ! où est Jésus ” ? Je la vis errer de côte et d'autre comme une personne qui aurait perdu son chemin. Sa chevelure tombait à droite et à gauche sur son visage. Une fois, elle prit tous ses cheveux à deux mains, puis elle les partagea en deux et les rejeta en arrière. C'est alors qu'en regardant autour d'elle, elle vit, à dix pas du tombeau, vers l'orient au lieu où le jardin monte vers la ville, une grande figure habillée de blanc apparaître entre les buissons, derrière un palmier, à la lueur du crépuscule, et comme elle courait de ce côté, elle entendit ces paroles : “ Femme, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ” ? Elle crut que c'était le jardinier ; et, en effet, celui qui lui parlait avait une bêche à la main, et sur la tête un large chapeau qui semblait fait d'écorce d'arbre. J'avais vu sous cette forme le jardinier de la parabole que Jésus avait racontée aux saintes femmes, à Béthanie, peu de temps avant sa passion. Il n'était pas resplendissant de lumière, mais semblable à un homme habillé de blanc qu'on verrait à la lueur du crépuscule. A ces paroles : “ Qui cherches-tu ” ?, elle répondit aussitôt : “ Si c'est vous qui l'avez enlevé, dites-moi où il est, et j'irai le prendre ”. Et elle se mit tout de suite à regarder de nouveau autour d'elle. C'est alors que Jésus lui dit avec son son de voix ordinaire : “  Marie ” ! Elle reconnut sa voix, et aussitôt, oubliant le crucifiement, la mort et la sépulture, elle se retourna rapidement, et lui dit comme autrefois : “ Rabboni (maître !) ” ! Elle tomba à genoux et étendit ses bras vers les pieds de Jésus. Mais le Sauveur l'arrêta d'un geste, et lui dit : “ Ne me touche pas ! car je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et leur Père, vers mon Dieu et leur Dieu ”. Alors il disparut. Il me fut expliqué pourquoi Jésus avait dit : “ Ne me touche pas ” ! mais je n'en ai plus un souvenir bien distinct. Je pense qu'il parla ainsi à cause de l'impétuosité de Madeleine, trop absorbée dans le sentiment qu'il vivait de la même vie qu'auparavant, et que tout était comme autrefois. Quant aux paroles de Jésus : " Je ne suis pas encore monté vers mon Père " , il me fut expliqué qu'il ne s'était pas encore présente à son Père céleste après sa résurrection, et qu'il ne l'avait pas encore remercié pour sa victoire sur la mort et pour l'oeuvre accomplie de la Rédemption. C'était comme s'il eût dit que les prémices de la joie appartenaient à Dieu, qu'elle devait d'abord se recueillir et remercier Dieu pour l'accomplissement du mystère de la Rédemption : car elle avait voulu embrasser ses pieds comme autrefois ; elle n'avait pense à rien qu'à son maître bien-aimé, et elle avait oublié, dans l'emportement de son amour, le miracle qui était sous ses yeux. Je vis Madeleine, après la disparition du Seigneur, se relever promptement, et, comme si elle avait fait un rêve, courir de nouveau au sépulcre. Là, elle vit les deux anges assis : ils lui dirent ce qu'ils avaient dit aux deux autres femmes touchant la résurrection de Jésus. Alors, sûrs du miracle et de ce qu'elle avait vu, elle se hâta de chercher ses compagnes, et elle les trouva sur le chemin qui menait au Calvaire ; elles y erraient de côté et d'autre, toutes craintives, attendant le retour de Madeleine et ayant une vague espérance de voir quelque part le Seigneur. Toute cette scène ne dura guère que deux minutes ; il pouvait être trois heures et demie du matin quand le Seigneur lui apparut, et elle était à peine sortie du jardin que Jean y entra, et Pierre un instant après lui. Jean s'arrêta à l'entrée du caveau ; se penchant en avant, il regarda par la porte entrouverte du tombeau et vit le linceul vide. Pierre arriva alors et descendit dans la grotte, jusque devant le tombeau : il y vit les linges repliés des deux côtés vers le milieu : les aromates y étaient enveloppées et la bande de toile roulée autour : le linge qui avait couvert la face était également plié et déposé à droite contre la paroi. Jean alors suivit de Pierre, vit tout cela et crut à la résurrection. Ce que Jésus leur avait dit, ce qui était dans les Ecritures devenait clair pour eux maintenant, et jusqu'alors ils ne l'avaient pas compris. Pierre prit les linges sous son manteau, et ils s'en revinrent en courant par la petite porte de Nicodème, Jean courut encore en avant de Pierre. J'ai vu le sépulcre avec eux et avec Madeleine, et chaque fois j'ai vu les deux anges assis à la tête et aux pieds, comme aussi tout le temps que le corps de Jésus fut dans le tombeau. Il me sembla que Pierre ne les vit pas. J'entendis plus tard Jean dire aux disciples d'Emmaüs que, regardant d'en haut, il avait aperçu un ange. Peut-être l'effroi que lui causa cette vue fut-il cause qu'il se laissa devancer par Pierre, et peut-être aussi n'en parle-t-il pas dans son Evangile par humilité, pour ne pas dire qu'il a vu plus que Pierre. Je vis en ce moment seulement les gardes étendus par terre se relever et reprendre leurs piques et leurs lanternes. Ces dernières, placées sur des perches à l'entrée de la grotte, avaient quelque peu éclairé l'intérieur. Les gardes, frappés de stupeur, sortirent en hâte du jardin et gagnèrent la porte de la ville. Pendant ce temps, Madeleine avait rejoint les saintes femmes, et leur racontait qu'elle avait vu la Seigneur dans le jardin, et ensuite les anges. Ses compagnes lui répondirent qu'elles avaient aussi vu les anges. Madeleine courut alors à Jérusalem, et les saintes femmes retournèrent du côté du jardin où elles croyaient peut-être trouver les deux apôtres. Je vis les gardes passer devant elles et leur adresser quelques paroles. Comme elles approchaient du jardin, Jésus leur apparut revêtu d'une longue robe blanche qui couvrait jusqu'à ses mains, et leur dit : “ Je vous salue ”.  Elles tressaillirent, tombèrent à ses pieds et semblèrent vouloir les embrasser ; toutefois je ne me rappelle pas bien distinctement cette dernière circonstance. Je vis que le Seigneur leur adressa quelques paroles, sembla leur indiquer quelque chose avec la main, et disparut. Alors elles coururent en hâte au Cénacle, et rapportèrent aux disciples qu'elles avaient vu le Seigneur et ce qu'il leur avait dit. Ceux-ci d'abord ne voulaient croire ni elles, ni Madeleine, et traitèrent tout ce qu'elles leur dirent d'imaginations de femmes jusqu'au retour de Pierre et de Jean. Comme Jean et Pierre que l'étonnement avaient rendus tout pensifs s'en revenaient, ils rencontrèrent Jacques le Mineur et Thaddée qui avaient voulu les suivre au tombeau, et qui étaient aussi très émus, car le Seigneur leur était apparu prés du Cénacle. l'avais aussi vu Jésus passer devant Pierre et Jean, et Pierre me parut l'avoir aperçu, car il sembla saisi d'une terreur subite. Je ne sais pas si Jean le reconnut. Dans ces visions relatives à la Résurrection, je vis souvent, soit à Jérusalem, soit ailleurs, le Seigneur Jésus au d'autres apparitions en présence de diverses personnes, sans remarquer que celles-ci le voient aussi. Quelquefois je vois les uns frappés d'un effroi soudain et saisis d'étonnement, tandis que les autres restent indifférents. Il me semble que je vois toujours le Seigneur, mais je remarque en même temps que les hommes ne le voyaient alors qu'à certains moments. Je vis de même continuellement les deux anges en habits sacerdotaux se tenir dans l'intérieur du sépulcre, à partir du moment où le Seigneur y fut déposé ; je vis aussi que les saintes femmes, tantôt ne les voyaient pas, quelquefois n'en voyaient qu'un, tantôt les voyaient tons doux. Les anges qui parlèrent aux femmes étaient les anges du tombeau. Un seul d'entre eux leur parla, et comme la porte n'était qu'entrouverte, elles ne virent pas l'autre. L'ange qui descendit comme un éclair, rejeta la pierre du tombeau et s'assit dessus, parut sous la figure d'un guerrier. Cassius et les gardes le virent au commencement assis sur la pierre. Les anges- qui parlèrent ensuite étaient les auges du tombeau ou l'un d'eux. Je ne me souviens plus pour quelle raison tout cela se fit ainsi : quand je le vis, je n'en fus pas surprise, car alors ces choses paraissent toutes simples et rien ne semble étrange.

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Rapport des gardes sur le tombeau

Cassius était venu trouver Pilate environ une heure après la résurrection. Le gouverneur romain était encore couché, et on fit entrer Cassius prés de lui. Il lui raconta tout ce qu'il avait vu avec une grande émotion, lui parla du rocher ébranlé, de la pierre repoussés par un ange, des linceuls restés vides : il ajouta que Jésus était certainement le Messie et le Fils de Dieu, qu'il était ressuscité et qu'il n'était plus là. Il parla encore de diverses autres choses qu'il avait vues. Pilate écouta ce récit avec une terreur secrète, mais il n'en laissa rien voir, et dit à Cassius : “ Tu es un superstitieux, tu as follement agit en allant te mettre près du tombeau du Galiléen ; ses dieux ont pris avantage sur toi, et t'ont fait voir toutes ces visions fantastiques ; je te conseille de ne pas raconter cela aux Princes des prêtres, car ils te feraient un mauvais parti ”. Il fit aussi semblant de croire que le corps de Jésus avait été dérobé par ses disciples et que les gardes racontaient la chose autrement, soit pour s'excuser et cacher leur négligence, soit pares qu'ils avaient été trompés par des sortilèges. Quand il eût parlé quelque temps sur ce ton, Cassius le quitta, et Pilate alla sacrifier à ses dieux. Quatre soldats vinrent bientôt faire le même récit à Pilate ; mais il ne s'expliqua pas avec eux et les renvoya à Caiphe. Je vis une partie de la garde dans une grande cour voisine du Temple où étaient rassemblés beaucoup de vieux Juifs. Après quelques délibérations, on prit les soldats un à un, et, à force d'argent et de menaces, on les poussa à dire que les disciples avaient enlevé le corps de Jésus pendant leur sommeil. Ils objectèrent d'abord que leurs compagnons qui étaient allés chez Pilate les contrediraient, et les Pharisiens leur promirent d'arranger la chose avec le gouverneur. ! Mais lorsque les quatre gardes arrivèrent, ils ne voulurent pas dire autrement qu'ils n'avaient fait chez Pilate. Le bruit s'était déjà répandu que Joseph d'Arimathie était sorti miraculeusement de sa prison, et comme les Pharisiens donnaient à entendre que ces soldats avaient été subornés pour laisser enlever le corps de Jésus et leur faisaient de grandes menaces, s'ils ne le représentaient pas, ceux-ci répondirent qu'il ne pouvaient pas plus représenter ce corps, que les gardes de la prison ne pouvaient représenter Joseph d'Arimathie. Ils persévérèrent dans leurs dires et parlèrent si librement du jugement inique de l'avant veille, et de la manière dont la Pâque avait été interrompue. qu'on les arrêta et qu'on les mit en prison. Les autres répandirent le bruit que Jésus avait été enlevé par ses disciples et ce mensonge fut propagé par les Pharisiens, les Sadducéens et les Hérodiens : il eut cours dans toutes les synagogues où on l'accompagna d'injures contre Jésus. Toutefois cette imposture ne réussit pas généralement, car après la résurrection de Jésus, beaucoup de justes de l'ancienne loi apparurent de nouveau à plusieurs de leurs descendants qui étaient encore capables de recevoir la grâce, et les poussèrent à se convertir à Jésus. Plusieurs disciples qui s'étaient dispersés dans le pays et dont le courage était abattu, virent aussi des apparitions semblables qui les consolèrent et les confirmèrent dans la foi. L'apparition des morts qui sortirent de leurs tombeaux après la mort de Jésus ne ressemblait en rien à la résurrection du Seigneur. Jésus ressuscita avec son corps renouvelé et glorifié, qui n'était plus sujet à la mort et avec lequel il monta au ciel sous les yeux de ses amis. Mais ces corps sortis du tombeau n'étaient que des cadavres sans mouvement, donnés un instant pour vêtement aux âmes qui les avait habités, et qu'elles replacèrent dans le sein de la terre, d'où ils ne ressusciteront comme nous tous qu'au jugement dernier. Ils étaient moins ressuscités d'entre les morts que Lazare qui vécut réellement et dut mourir une seconde fois.

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Le Christ est Ressuscité

Alléluia! Alléluia!

03 avril 2010

Semaine Sainte

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Semaine Sainte 2010

Samedi Saint

Textes extraits des révélations de Maria Valtorta

Le jour

L'aube arrive hésitante, avec peine. Et l'aurore tarde étrangement, bien qu'il n'y ait pas de nuages dans le ciel. Mais il semble que les astres aient perdu toute vigueur. De même qu'elle était pâle la lune pendant la nuit, ainsi est pâle le soleil à son lever. Voilés... Ils ont peut-être pleuré, eux aussi, pour avoir cet aspect voilé comme les ont les yeux des bons qui ont pleuré et qui pleurent pour la mort du Seigneur ? A peine Jean comprend que les portes sont rouvertes, il sort, sourd aux supplications maternelles. Les femmes se renferment dans la maison encore plus craintives maintenant que l'apôtre aussi s'en est allé. Marie, toujours dans sa pièce, les mains sur les genoux, regarde fixement par la fenêtre qui s'ouvre sur un jardin pas très vaste mais suffisamment grand, tout plein de roses fleuries le long des hautes murailles et de parterres fantaisistes. Les touffes de lys, au contraire, n'ont pas encore les tiges des futures fleurs, touffus, beaux, mais n'ayant que les feuilles. Elle regarde, regarde et je crois qu'elle ne voit rien que ce qui est dans son pauvre cerveau fatigué : l'agonie de son Fils. Les femmes vont et viennent. Elles s'approchent, la caressent, la prient de se restaurer... et chaque fois, avec leur venue, vient un flot d'un parfum lourd, mélangé, étourdissant.

Marie en éprouve chaque fois un frisson, mais rien d'autre. Pas un mot, pas un geste, rien. Elle est épuisée. Elle attend. Elle n'est qu'attente. Elle est Celle qui attend. Un coup à la porte... Les femmes courent ouvrir. Marie se tourne sur son siège sans se lever et fixe l'entrée entrouverte. La Magdeleine entre. "C'est Manaën... Il voudrait qu'on l'emploie à quelque chose." "Manaën... Fais-le entrer. Il a toujours été bon. Mais je croyais que ce n'était pas lui..." "Qui croyais-tu que c'était, Mère ?..." "Après... après. Fais passer." Manaën entre. Il n'est pas pompeux comme d'habitude. Il a un vêtement très commun, d'un marron presque noir et un manteau pareil. Pas de bijoux et pas d'épée. Rien. Il semble un homme aisé, mais du peuple. Il se penche d'abord pour saluer, les mains croisées sur la poitrine, puis il s'agenouille comme devant un autel. "Lève-toi et pardonne-moi si je ne réponds pas à ton inclination. Je ne puis pas..." "Tu ne dois pas. Je ne le permettrais pas. Tu sais qui je suis. Aussi je te prie de me considérer comme ton serviteur. As-tu besoin de moi ? Je vois que tu n'as pas un homme dans ton entourage. Je sais par Nicodème que tous se sont enfuis. Il n'y avait rien à faire, c'est vrai, mais au moins Lui donner le réconfort de nous voir. Moi... moi, je l'ai salué au Sixte, et ensuite je ne l'ai pas pu car... Mais c'est inutile de le dire. Cela aussi fut voulu par Satan. Maintenant je suis libre et je viens me mettre à ton service. Commande, Femme." "Je voudrais savoir et faire savoir à Lazare... Ses sœurs sont en peine, et ma belle-sœur et l'autre Marie aussi. Nous voudrions savoir si Lazare, Jacques, Jude et l'autre Jacques sont saufs." "Judas ? L'Iscariote ! Mais il a trahi !" "Jude, fils du frère de mon époux." "Ah ! J'y vais" et il se lève. Mais en le faisant, il a un mouvement de douleur. "Mais tu es blessé ?" "Hum !... oui. Ce n'est rien. Un bras qui me fait un peu souffrir." "A cause de nous, peut-être ? Est-ce pour cela que tu n'étais pas là-haut ?"

 

"Oui, pour cela. Et c'est seulement de cela que je souffre, pas pour la blessure. Le reste de pharisaïsme, d'hébraïsme, de satanisme qui était en moi, car le satanisme est devenu le culte d'Israël, est tout sorti avec ce sang. Je suis comme un petit qui, après qu'on a coupé l'ombilic sacré, n'a plus de contact avec le sang maternel, et les quelques gouttes qui restent encore dans le cordon coupé n'entrent pas en lui, empêchées comme elles le sont par le lacet de lin. Mais elles tombent... inutiles désormais. Le nouveau-né vit avec son cœur et son sang. Ainsi de moi. Jusqu'à présent, je n'étais pas encore complètement formé. Maintenant je suis arrivé à terme, et je viens, et j'ai été mis au Jour. Je suis né d'hier. Ma mère, c'est Jésus de Nazareth. Et il m'a enfanté quand il a poussé son dernier cri. Je sais... car je me suis enfui dans la maison de Nicodème cette nuit. Seulement je voudrais le voir. Oh ! quand vous irez au Tombeau, dites-le-moi. Je viendrai... Son visage de Rédempteur, moi je l'ignore !" "Il te regarde, Manaën. Tourne-toi." L'homme, qui était entré avec la tête si inclinée et qui ensuite n'avait eu d'yeux que pour Marie, se tourne presque épouvanté et il voit le Suaire. Il se jette par terre pour adorer... Et il pleure. Puis il se lève, il s'incline devant Marie et dit : "Je vais." "Mais c'est le sabbat. Tu le sais. Déjà ils nous accusent de violer la Loi, à son instigation." "Nous sommes pareils, car eux violent la loi de l'Amour. La première est la plus grande. Lui le disait. Que le Seigneur te réconforte." Il sort. Et les heures passent. Comme elles sont lentes pour qui attend... Marie se lève et, en s'appuyant aux meubles, elle se présente à l'entrée. Elle cherche à traverser le vaste vestibule de l'entrée. Mais quand elle n'a plus d'appui, elle vacille comme si elle était ivre.  Marthe, qui la voit de la cour qui est au-delà de l'entrée ouverte au bout du vestibule, accourt. "Où veux-tu aller ?" "Là, à l'intérieur. Vous me l'avez promis." "Attends Jean." "C'est assez attendu. Vous voyez que je suis tranquille. Allez, puisque vous avez fait fermer de l'intérieur et faites ouvrir. Moi, j'attends ici." Suzanne, car toutes sont accourues, s'en va appeler le maître avec les clefs. Pendant ce temps Marie s'appuie à la petite porte comme si elle voulait l'ouvrir par la force de sa volonté. Voilà l'homme. Craintif, abattu, il ouvre et se retire. Et Marie, aux bras de Marthe et de Marie d'Alphée, entre dans le Cénacle. Tout est encore comme à la fin de la Cène.

La suite des événements et l'ordre donné par Jésus ont empêché qu'on ne dérange. Les sièges ont seulement été reportés à leur place. Et Marie, qui pourtant n'avait pas été dans le Cénacle, va directement à la place où était assis son Jésus. Il semble qu'une main la conduise. Elle semble presque une somnambule tant elle est rigide dans son effort pour y aller... Elle va, tourne autour du lit siège, se glisse entre lui et la table... elle reste debout un moment et puis s'abat en travers de la table, en éclatant en sanglots. Puis elle se calme. Elle s'agenouille et prie, la tête appuyée au bord de la table. Elle caresse la nappe, le siège, la vaisselle, le bord du grand plateau où était l'agneau, le grand couteau qui a servi à découper, l'amphore mise devant cette place. Elle ne sait pas qu'elle touche ce qu'a touché aussi l'Iscariote. Et elle reste comme hébétée, la tête appuyée sur ses bras croisés, qu'elle a mis sur la table. Toutes se taisent, jusqu'au moment où sa belle-sœur lui dit : "Viens Marie. Craignons les juifs. Voudrais-tu qu'ils entrent ici ?" "Non, non. C'est un lieu saint. Allons. Aidez-moi... Vous avez bien fait de me le dire. Je voudrais aussi un coffre, beau, grand, fermé pour y renfermer tous mes trésors." "Demain, je te le fais apporter du palais. C'est le plus beau de la maison. Il est robuste et sûr. Je te le donne avec joie" promet la Magdeleine. Elles sortent. Marie est vraiment épuisée. Elle vacille en franchissant les quelques marches. Et si sa douleur est moins dramatique, c'est parce qu'elle n'a plus la force d'être telle. Mais dans sa tranquillité, elle est encore plus tragique. Elles rentrent dans la pièce où elles étaient d'abord et, avant de retourner à sa place, Marie caresse, comme si c'était un visage de chair, le Saint Visage du Suaire. Un autre coup à la porte. Les femmes se hâtent de sortir et d'entrouvrir la porte. Marie dit de sa voix lasse : "Si c'étaient les disciples, et en particulier Simon Pierre et Judas, qu'ils viennent tout de suite me trouver." Mais c'est Isaac le berger. Il entre en pleurant après quelques minutes et se prosterne devant le Suaire et puis devant la Mère, et il ne sait que dire. C'est elle qui dit : "Merci. Il t'a vu et je t'ai vu. Je le sais. Il vous a regardé tant qu'il a pu." Isaac pleure encore plus fort. Il ne peut parler que quand il a fini de pleurer. "Nous ne voulions pas nous en aller, mais Jonathas nous en a prié.

Les juifs menaçaient les femmes... et ensuite, nous n'avons plus pu venir. Tout... tout était fini... Où devions-nous aller alors ? Nous nous sommes dispersés à travers la campagne et quand il a fait nuit, nous nous sommes réunis à moitié route entre Jérusalem et Bethléem. Il nous semblait éloigner sa Mort en allant vers sa Grotte... Mais ensuite, nous avons senti qu'il n'était pas juste d'aller là...  C'était de l'égoïsme et nous sommes revenus vers la ville... Et nous nous sommes trouvés sans savoir comment, à Béthanie..." "Mes fils !" "Lazare !" "Jacques !" "Ils sont tous là. A l'aurore les champs de Lazare étaient couverts de gens errants qui pleuraient... Ses inutiles amis et disciples !... Moi... je suis allé chez Lazare et je croyais être le premier... Pas du tout, il y avait déjà là tes deux fils, femme, et le tien, avec André, Barthélemy, Matthieu. C'est Simon le Zélote qui les avait persuadé d'y aller. Et Maximin, sorti de bon matin dans la campagne, en avait trouvé d'autres. Lazare les a tous secourus et il y est encore occupé. Il dit que le Maître lui en avait donné l'ordre et le Zélote dit la même chose." "Mais Simon et Joseph, mes autres fils, où sont-ils ?" "Je ne sais pas, femme. Nous étions restés ensemble jusqu'au tremblement de terre. Puis... Je ne sais plus rien de précis. Au milieu des ténèbres et des éclairs et des morts ressuscités et du tremblement du sol et du tourbillon de l'air, j'ai perdu la tête. Je me suis trouvé au Temple et je me demande encore comment j'ai pu être là-dedans, au-delà de la limite sacrée. Pense qu'entre moi et l'autel des parfums, il n'y avait qu'une coudée... Pense que là où j'avais les pieds, c'était réservé aux prêtres de service !... Et... et j'ai vu le Saint des Saints !... Oui, car le Voile du Saint est déchiré de haut en bas comme si l'aurait arraché la volonté d'un géant... Si on m'avait vu là à l'intérieur, on m'aurait lapidé. Mais personne n'y voyait plus. Je n'ai rencontré que des spectres de morts et des spectres de vivants. Car ils paraissaient des spectres à la lueur des éclairs, à la clarté des incendies et avec la terreur sur le visage..." "Oh ! mon Simon ! mon Joseph !" "Et Simon Pierre ? Et Judas de Kériot ? Et Thomas et Philippe ?" "Je ne sais pas Mère... Lazare m'a envoyé voir car on lui avait dit qu'ils... vous avaient tués." "Va tout de suite alors le tranquilliser. J'ai déjà envoyé Manaën. Mais va toi aussi et dis... et dis que Lui seul a été tué. Et moi avec Lui. Et si tu vois d'autres disciples amène-les là avec toi. Mais l'Iscariote et Simon Pierre, je les veux, moi."

"Mère... pardonne-nous si nous n'avons pas fait davantage." "Je pardonne tout... Va." Isaac sort, Marthe et Marie, Salomé et Marie d'Alphée l'étouffent de prières, de recommandations, d'ordres. Suzanne pleure doucement car personne ne lui parle de son époux. C'est alors que Salomé se souvient du sien et qu'elle pleure elle aussi. Silence de nouveau jusqu'à un nouveau coup à la porte. Comme la ville est tranquille, les femmes ont moins peur. Mais quand par la porte entrouverte elles voient se profiler le visage rasé de Longin, elles s'enfuient toutes comme si elles avaient vu un mort dans son suaire ou le démon en personne. Le maître de maison qui flânait dans le vestibule est le premier à s'enfuir. Voilà qu'accourt la Magdeleine qui était avec Marie. Longin, avec un petit sourire moqueur, involontaire sur les lèvres, est entré, et de lui-même il a fermé la lourde porte. Il n'est pas en uniforme mais il a un vêtement gris et court, sous un manteau foncé lui aussi. Marie-Magdeleine le regarde et lui la regarde. Puis, toujours adossé à la porte, Longin demande : "Puis-je entrer sans contaminer personne et sans effrayer personne ? J'ai vu ce matin à l'aurore le citoyen Joseph et il m'a parlé du désir de la Mère. Je demande pardon de ne pas y avoir pensé de moi-même. Voici la lance. Je l'avais gardée comme souvenir d'un... du Saint des Saints. Oh ! pour cela, il l'est ! Mais il est juste que l'ait la Mère. Pour les vêtements... c'est plus difficile. Ne le lui dites pas... mais peut-être ont-ils été déjà vendus pour quelques deniers... C'est le droit des soldats, mais j'essaierai de les trouver..." "Viens. Elle est là." "Mais je suis païen !" "N'importe. Je vais le lui dire si tu le désires." "Oh ! non... je ne pensais pas le mériter." Marie-Magdeleine va trouver la Vierge. "Mère, Longin est là dehors... Il t'offre la lance." "Fais-le passer." Le maître de maison, qui est sur le seuil, bougonne : "Mais c'est un païen." "Je suis la Mère de tous, homme, comme Lui est le Rédempteur de tous."

Longin entre, et sur le seuil salue à la romaine avec un geste du bras (il a enlevé son manteau) et ensuite vocalement : "Ave, Domina. Un romain te salue : Mère du genre humain. La vraie Mère.   Moi, je n'aurais pas voulu être à... à... à cette chose, mais j'en avais l'ordre. Cependant, si je sers à te donner ce que tu désires, je pardonne au destin de m'avoir choisi pour cette horrible chose. Voici" et il lui donne la lance enveloppée dans un drap rouge, le fer seul, pas la hampe. Marie la prend en devenant encore plus pâle. Ses lèvres s'effacent à cause de sa pâleur. Il semble que la lance lui fait perdre son sang. Et elle tremble jusqu'avec ses lèvres en disant : "Qu'il te conduise à Lui, à cause de ta bonté." "C'était l'unique Juste que j'aie rencontré dans le vaste empire de Rome. Je regrette de ne l'avoir connu que par les paroles de mes compagnons. Maintenant... c'est trop tard !" "Non, fils. Lui a fini d'évangéliser. Mais son Évangile reste, dans son Église." "Où est son Église ?" Longin est légèrement ironique. "Elle est ici. Aujourd'hui elle est frappée et dispersée, mais demain elle se réunira comme un arbre qui remet en place sa chevelure après la tempête. Et même s'il n'y avait plus personne, moi j'y suis. Et l'Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu et le mien, est tout entier écrit dans mon cœur. Je n'ai qu'à regarder mon cœur pour pouvoir le répéter." "Je viendrai. Une religion, qui a pour chef un tel héros, ne peut être que divine. Ave, Domina !" Longin aussi s'en va. Marie baise la lance où se trouve encore le Sang de son Fils... Et elle ne veut pas enlever ce Sang, "rubis de Dieu sur la lance cruelle" dit-elle... La journée passe ainsi au milieu des éclaircies et des averses orageuses. Jean revient seulement quand le soleil au zénith dit que c'est midi. "Mère, je n'ai trouvé personne sauf... Judas de Kériot." "Où est-il ?" "Oh ! Mère ! Quelle horreur ! Il est pendu à un olivier, enflé et noir, comme s'il était mort depuis des semaines. Décomposé, horrible... Au-dessus de lui, les vautours, les corbeaux, que sais-je, crient dans des rixes atroces... C'est leur vacarme qui m'a attiré dans cette direction. J'étais sur la route du Mont des Oliviers, et sur un talus j'ai vu ces tourbillons d'oiseaux noirs. J'y suis allé... Pourquoi ? Je ne sais pas, et j'ai vu. Quelle horreur !..."

"Quelle horreur ! Tu dis bien. Mais au-dessus de la Bonté il y a eu la Justice. En effet la Bonté est absente en ce moment... Mais Pierre ! Mais Pierre !... Jean, j'ai la lance. Mais les vêtements... Longin n'en a pas parlé." "Mère, j'ai l'intention d'aller au Gethsémani. Lui a été pris sans manteau. Peut-être est-il encore là. Puis j'irai à Béthanie." "Va. Va, pour le manteau... Les autres sont chez Lazare. Ne va donc pas chez Lazare. Pas besoin. Va et reviens ici." Jean part en courant, sans prendre de nourriture. Comme Marie qui reste à jeun. Les femmes ont mangé debout du pain et des olives tout en travaillant à leurs baumes. Jeanne de Chouza arrive avec Jonathas. C'est un masque de pleureuse. Dès qu'elle voit Marie, elle dit : "Il m'a sauvée ! Il m'a sauvée et Lui est mort ! Maintenant je voudrais ne pas avoir été sauvée !" C'est la Mère Douloureuse qui doit consoler cette enfant guérie, mais restée d'une sensibilité morbide. Elle la console et la fortifie en lui disant : "Tu ne l'aurais pas connu et aimé et tu ne pourrais pas le servir maintenant. Combien il y aura à faire dans l'avenir ! Et nous devrons agir, puisque tu le vois... Nous sommes restées, et les hommes se sont enfuis. C'est toujours la femme qui donne la vie. Pour le Bien. Pour le Mal. Nous engendrerons la nouvelle Foi. D'elle nous sommes remplies, déposée en nous par Dieu notre Époux. Et nous l'engendrerons à la Terre, pour le bien du monde. Regarde, comme il est beau ! Comme il sourit et mendie le saint travail que nous ferons ! Jeanne, moi je t'aime, tu le sais. Ne pleure plus." "Mais Lui est mort ! Oui, là il ressemble encore à un vivant. Mais maintenant il n'est plus vivant. Qu'est le monde sans Lui ?" "Il reviendra. Va, prie, attends. Plus tu croiras, plus tôt il ressuscitera. C'est ma force cette croyance... Et seuls Dieu, Satan et moi, nous savons quels assauts sont donnés à cette Foi dans sa Résurrection." Jeanne aussi s'en va, mince et penché comme un lys trop chargé d'eau. Mais après son départ, Marie retombe dans son tourment. "A tous ! A tous je dois donner la force. Et qui me la donne à moi ?" Et elle pleure en caressant le Visage de l'image, car maintenant elle est assise près du coffre sur lequel le Suaire est étendu.

Joseph et Nicodème arrivent, et ils évitent aux femmes de sortir pour acheter de la myrrhe et de l'aloès car ils en apportent des sachets. Mais leur force cède devant le Visage imprimé sur la toile et devant le visage ravagé de la Mère. Ils s'assoient dans un coin après l'avoir saluée et se taisent, sérieux, funèbres... puis ils s'en vont. Et elle n'a plus la force de parler, mais à mesure que descend le soir, qu'avance un amas de nuages étouffant, elle devient davantage une pauvre créature déchirée. Les ombres du soir sont aussi pour elle comme pour ceux qui souffrent, la source d'une plus grande douleur. Les autres aussi deviennent plus tristes et en particulier Salomé, Marie d'Alphée et Suzanne. Mais pour elles arrive enfin le réconfort, car en groupe viennent Zébédée, l'époux de Suzanne et Simon et Joseph d'Alphée. Les deux premiers restent dans le vestibule pendant qu'ils expliquent que Jean les a trouvés en passant par le faubourg d'Ophel. Les deux autres, de leur côté, ont été trouvés errant dans la campagne par Isaac, se demandant s'ils allaient revenir dans la ville ou aller trouver leurs frères qu'ils supposaient à Béthanie. Simon dit : "Où est Marie ? Je veux la voir" et, précédé par sa mère, il entre et embrasse sa parente affligée. "Tu es seul ? Pourquoi Joseph n'est-il pas avec toi ? Pourquoi vous êtes-vous quittés ? Encore une brouille entre vous ? Vous ne devez pas. Vous voyez ? La raison du désaccord est morte !" Et elle montre le Visage du Suaire. Simon le regarde et pleure. Il dit : "Nous ne nous sommes plus quittés, et nous ne nous quitterons pas. Oui, la raison du désaccord est morte, mais pas comme tu le crois. Elle est morte car, maintenant. Joseph a compris... Joseph est dehors... et n'ose pas venir..." "Oh ! non. Je ne fais jamais peur et je ne suis que pitié. J'aurais pardonné même au Traître, mais je ne puis plus : il s'est tué." Et elle se lève. Elle marche courbée en appelant : "Joseph ! Joseph !" Mais Joseph, noyé de pleurs, ne répond pas. Elle vient à la porte, comme elle l'avait fait pour parler à Judas et, en s'appuyant sur le chambranle, elle tend l'autre main et la pose sur la tête du plus âgé et du plus tenace de ses neveux. Elle le caresse et dit : "Laisse-moi m'appuyer à un Joseph ! Tout était paix et sérénité tant que j'ai eu ce nom comme roi dans ma maison. Puis mon saint est mort... et tout le bien humain de la pauvre Marie est mort aussi. Il m'est resté le bien surnaturel de mon Dieu et Fils... Maintenant je suis la Délaissée... Mais si je puis être dans les bras d'un Joseph que j'aime, et tu le sais si je t'aime, je me sentirai moins délaissée.

Il me semblera revenir en arrière, et pouvoir dire : "Jésus est absent, mais il n'est pas mort. Il est à Cana, à Naïm pour des travaux, mais maintenant il revient..." Viens, Joseph. Entrons ensemble là où Lui t'attend pour te sourire. Il nous a laissé son sourire pour nous dire qu'il n'a pas de rancœur." Joseph entre, et elle le tient par la main, et comme il la voit assise, il s'agenouille devant elle, la tête sur ses genoux et il sanglote : "Pardon ! Pardon !" "Ce n'est pas à moi, c'est à Lui que tu dois le demander." "Il ne peut me le donner. Sur le Calvaire, j'ai cherché à attirer son regard. Il a regardé tout le monde, mais pas moi... Il a raison... Je l'ai connu et aimé comme Maître trop tard.  Maintenant, c'est fini." "Maintenant cela commence. Tu iras à Nazareth et tu diras : "Je crois". Ta croyance aura une valeur infinie. Tu l'aimeras avec la perfection des apôtres de l'avenir qui auront le mérite d'aimer le Jésus connu seulement par l'esprit. Le feras-tu ?" "Oui ! Oui ! Pour réparer. Mais je voudrais entendre de Lui une parole et je ne l'entendrai jamais plus..." "Le troisième jour il ressuscitera et il parlera à ceux qu'il aime. Tout le monde attend sa Voix." "Tu es bénie, toi qui peux croire..." "Joseph ! Joseph ! Mon époux était ton oncle et il a cru à une chose qui est encore plus difficile à croire que celle-ci. Il a su croire que la pauvre Marie de Nazareth était l'Épouse et la Mère de Dieu. Pourquoi toi, neveu de ce Juste et qui portes son nom, ne peux-tu croire qu'un Dieu puisse dire à la Mort : "Suffit !" et à la Vie "Reviens !" ?" "Je ne mérite pas cette foi, car j'ai été mauvais. J'ai été injuste avec Lui. Mais toi... toi tu es la Mère. Bénis-moi. Pardonne-moi... Donne-moi la paix..." "Oui... Paix... Pardon... Oh ! Dieu ! Une fois j'ai dit : "Comme il est difficile d'être les 'rédempteurs' !. Maintenant je dis : "Comme il est difficile d'être la Mère du Rédempteur !" Pitié, mon Dieu ! Pitié !... Va, Joseph. Ta mère a tant souffert en ces heures. Réconforte-la... Je reste ici... avec tout ce que j'ai de mon Enfant... Et mes larmes solitaires t'obtiendront la Foi. Adieu, mon neveu. Dis à tous que je veux me taire... réfléchir... prier... Je suis... Je suis une pauvre femme, tenue suspendue au-dessus d'un abîme par un fil... Le fil, c'est ma Foi... Et votre manque de foi, car personne ne sait croire totalement et saintement, heurte continuellement ce fil... Et vous ne savez pas quelle fatigue vous m'imposez...

Vous ne savez pas que vous aidez Satan à me tourmenter. Va!..." Et Marie reste seule... Elle s'agenouille devant le Suaire. Elle baise le front, les yeux, la bouche de son Fils et elle dit : "Ainsi ! Ainsi ! pour avoir de la force... Je dois croire. Je dois croire. Pour tous." La nuit est tombée, sans étoiles, obscure, étouffante. Marie reste dans l'ombre avec sa douleur. La journée du sabbat est finie.

La nuit

Marie d'Alphée entre avec circonspection et elle écoute. Peut-être pense-t-elle que la Vierge s'est assoupie. Elle s'approche, se penche et elle la voit à genoux, le visage par terre contre le Suaire. Elle murmure : "Oh ! malheureuse ! Elle est restée ainsi !" Elle doit penser qu'elle s'est endormie ou évanouie ainsi. Mais Marie, sortant de son oraison, dit : "Non, je priais." "Mais à genoux ! Dans l'obscurité ! Dans le froid ! La fenêtre ouverte ! Regarde ? Tu es glacée." "Mais je me sens tellement mieux, Marie. Pendant que je priais et l'Éternel seul sait comment j'étais épuisée après avoir soutenu tant de fois qui vacillaient, éclairé tant d'esprits que sa mort elle-même n'a pas éclairés il m'a semblé sentir un parfum angélique, une fraîcheur du Ciel, une caresse d'aile... Un instant... Pas plus. Il m'a semblé que dans la mer de myrrhe, qui dans sa furie me submerge depuis trois jours désormais, s'infusait une goutte de pacifiante douceur. Il m'a semblé que la voûte fermée du Ciel s'entrouvrait, et qu'un filet de lumineux amour descendait sur l'Abandonnée. Il m'a semblé que, venant de distances infinies, un murmure incorporel disait : "C'est réellement terminé". Ma prière, désolée jusqu'à ce moment-là, s'est faite plus tranquille. Elle s'est teinte de la paix lumineuse oh ! à peine une nuance ! de la lumineuse paix qu'étaient mes contacts avec Dieu dans l'oraison... Mes oraisons !... Marie, tu as beaucoup aimé, toi, ton Alphée quand tu étais la vierge épouse ?" "Oh ! Marie !... Je jubilais à l'aurore en me disant : "Une nuit est passée. Une de moins à attendre". Je jubilais au coucher du soleil en me disant : "Un autre jour est fini. Plus proche est mon entrée sous son toit".

Et quand le soleil descendait, je chantais comme une alouette en pensant : "Il viendra d'ici peu". Et quand je le voyais venir, avec son beau visage comme mon Jude c'est pour cela que Jude est mon préféré avec son œil de cerf énamouré comme l'est mon Jacques, oh ! alors, je ne savais plus où j'étais ! Et quand il me saluait en disant : "Douce épouse !" et que je pouvais lui dire : "Mon seigneur" alors je... je crois que si j'avais été écrasée à ce moment-là par un lourd char ou frappée par une flèche, je n'aurais pas senti la douleur. Et ensuite, quand je fus son épouse... Ah !..." Marie se perd dans l'extase de ses souvenirs. Puis elle demande : "Mais pourquoi cette question ?" "Pour t'expliquer ce qu'étaient pour moi les oraisons. Multiplie par cent tes sentiments, fais-les monter à mille et mille puissances, et tu comprendras ce qu'a toujours été pour moi l'oraison, l'attente de cette heure... Oui, je crois que même si je ne priais pas dans la paix de la grotte ou de ma pièce, mais que je me livrais aux travaux de la femme, mon âme priait sans arrêt... Maïs quand je pouvais dire : "Voilà que vient l'heure de me recueillir en Dieu" j'avais mon cœur qui brûlait en battant fort. Et quand je me perdais en Lui... alors... Non... Cela je ne puis l'expliquer. Quand tu seras dans la lumière de Dieu, tu le comprendras... Tout cela depuis trois jours était perdu... Et c'était encore plus déchirant que de n'avoir plus de Fils... Et Satan travaillait ces deux plaies superposées de la mort de mon Enfant et de l'abandon de Dieu, en créant la troisième plaie de la terreur de l'absence de foi. Marie, je t'aime bien et tu es ma parente. Tu le diras plus tard à tes fils apôtres, pour qu'ils sachent résister dans l'apostolat et triompher de Satan. Moi, je suis certaine que si j'avais accepté le doute, et si j'avais cédé à la tentation de Satan, et si j'avais dit : "Il n'est pas possible qu'il ressuscite" en niant Dieu car dire cela c'était nier la Vérité et la Puissance de Dieu dans le néant serait retombée une si grande Rédemption. Moi, nouvelle Ève, j'aurais mordu de nouveau à la pomme de l'orgueil et du sens spirituel et j'aurais défait l'œuvre de mon Rédempteur. Les apôtres seront continuellement tentés ainsi : par le monde, par la chair, par le pouvoir, par Satan. Qu'ils restent fermes, contre toutes les tortures, et les corporelles seront les plus légères, pour ne pas détruire ce que Jésus a fait." "Toi, Marie, dis-le à mes fils... Que veux-tu que sache dire ta pauvre belle-sœur ? ! Oh ! pourtant ! S'ils étaient venus ! Patience, fuir à la première heure ! Mais ensuite !"

"Tu vois que Lazare et Simon avaient l'ordre de les conduire à Béthanie. Jésus sait tout..." "Oui... Mais... Oh ! quand je les verrai, je leur ferai d'âpres reproches. Ils ont été des lâches. Que tous le soient, mais pas eux, mes fils ! Je ne leur pardonnerai jamais..." "Pardonne, pardonne... Cela a été un moment d'égarement... Ils ne croyaient pas que Lui pouvait être pris. Lui l'avait dit..." "C'est bien pour cela que je ne leur pardonne pas. Ils le savaient. Ils étaient donc déjà préparés. Quand on sait une chose et que l'on croit celui qui la dit, rien n'étonne plus !" "Marie, à vous aussi il a dit : "Je ressusciterai". Et pourtant... Si je pouvais vous ouvrir la poitrine et la tête, sur le cœur et sur le cerveau, je verrais écrit : "Cela ne peut être"." "Mais au moins... Oui... Il est difficile de croire... Mais nous sommes restées pourtant sur le Calvaire." "Par une grâce gratuite de Dieu. Autrement nous aurions fui nous aussi. Longin, tu l'as entendu ? A dit : "Chose horrible". Et c'est un guerrier. Nous, femmes, seules avec un garçon, nous avons résisté grâce à une aide directe de Dieu. Ne t'en glorifie donc pas. Ce n'est pas notre mérite." "Et pourquoi pas à eux ?" Parce qu'ils seront les prêtres de demain. lis doivent donc savoir. Savoir, pour l'avoir éprouvé, comme il est facile à celui qui a été fidèle à un Credo d'abjurer. Jésus ne veut pas de prêtres qui le sont si peu, qu'ils ont été ses ennemis les plus tenaces..." Tu parles de Jésus, toi, comme s'il était déjà revenu." "Tu le vois ? Toi aussi tu avoues que tu ne crois pas. Comment donc peux-tu faire des reproches à tes fils ?" Marie d'Alphée ne sait que répliquer. Elle reste tête basse, remue machinalement des objets. Elle trouve la petite lampe et sort avec elle, pour revenir ensuite après l'avoir allumée, et la met à sa place ordinaire. Marie s'est assise de nouveau près du Suaire déplié. Le Suaire, à la lumière jaune de la lampe à huile, avec sa flamme qui tremble, acquiert une vivacité particulière et paraît mouvoir la bouche et les yeux. "Tu ne prends rien ?" demande sa belle-sœur un peu mortifiée. "Un peu d'eau. J'ai soif." Marie va et revient... avec du lait. "N'insiste pas, je ne puis pas. De l'eau, oui. Je n'ai plus d'eau en moi... Je crois n'avoir pas de sang non plus. Mais..." On frappe à la porte. Marie d'Alphée sort. Un chuchotement dans le vestibule et puis Jean passe la tête à l'intérieur.

"Jean, tu es revenu ? Encore rien ?" "Si. Simon Pierre... et le manteau de Jésus... ensemble... Au Gethsémani. Le manteau..." Jean glisse à genoux et dit : "Le voilà... Mais il est tout déchiré et tout plein de sang. Les empreintes des mains sont de Jésus. Seul Lui les avait si longues et si fines. Mais les déchirures viennent de dents. On voit nettement que c'est une bouche d'homme. Je pense que cela a été... que cela a été Judas Iscariote car, près de l'endroit où Simon Pierre a trouvé le manteau, il y avait un morceau du vêtement jaune de Judas. Il est revenu là... ensuite... avant de se tuer. Regarde, Mère." Marie n'a fait que caresser et baiser le lourd manteau rouge de son Fils, mais pressée par Jean, elle l'ouvre et voit les empreintes de sang, foncées sur la couleur rouge du Sang et les déchirures des dents. Elle tremble et murmure : "Que de sang !" Elle paraît ne voir que lui. "Mère... la terre en est rougie. Simon, qui est accouru là-haut aux premières heures du matin, dit que l'herbe avait encore du sang frais sur les feuilles... Jésus... Je ne sais pas... Il ne nie paraissait pas blessé... D'où venait tant de sang ?" "De son Corps. Dans l'angoisse... Oh ! Jésus-Victime totale ! Oh ! mon Jésus !" Marie pleure avec tant d'angoisse, avec une lamentation épuisée, que les femmes se présentent à la porte, regardent et puis se retirent. "Cela, cela alors que tous t'abandonnaient... Vous, que faisiez-vous, pendant que Lui souffrait sa première agonie ?" "Nous dormions, Mère..." Jean pleure. "Simon était là ? Raconte." "J'étais allé chercher le manteau. J'avais pensé le demander à Jonas et à Marc... Mais ils se sont enfuis. La maison est fermée et tout est à l'abandon. Alors je suis descendu aux murs pour faire toute la route faite jeudi... J'étais tellement las ce soir, et affligé, que je ne pouvais maintenant me rappeler où Jésus avait quitté son manteau. Il me semblait qu'il l'avait et puis qu'il ne l'avait pas... A l'endroit de la capture, rien... Où nous étions tous les trois, rien... Je suis allé par le sentier pris par le Maître... Et j'ai cru que Simon Pierre était mort lui aussi, car je l'ai vu là tout blotti contre un rocher. J'ai crié. Il a levé la tête... et je l'ai cru fou tant il était changé. Il a poussé un cri et a cherché à fuir. Mais il titubait, aveuglé par les larmes qu'il avait versées, et je l'ai saisi.

Il m'a dit : "Laisse-moi. Je suis un démon. Je l'ai renié, comme Lui disait... et le coq a chanté et Lui m'a regardé. Je me suis enfui... j'ai couru de tous côtés à travers la campagne et puis je me suis trouvé ici. Et tu vois ? Ici Jéhovah m'a fait trouver son Sang pour m'accuser. Du sang partout ! Du sang partout ! Sur la roche, sur la terre, sur l'herbe. C'est moi qui l'ai fait répandre. Comme toi, comme tous. Mais moi, ce Sang, je l'ai renié". Il me paraissait en délire. J'ai essayé de le calmer et de l'éloigner. Mais il ne voulait pas. Il disait : "Ici ! Ici ! Pour garder ce Sang et son manteau. Et c'est avec mes larmes que je veux le laver. Quand il n'y aura plus de sang sur l'étoffe, peut-être alors je reviendrai parmi les vivants en me battant la poitrine et en disant : 'J'ai renié le Seigneur' ". Je lui ai dit que tu le voulais, que tu m'avais envoyé le chercher. Mais il ne voulait pas le croire. Alors je lui ai dit que tu voulais aussi Judas pour lui pardonner et que tu souffrais de ne pouvoir plus le faire à cause de son suicide. Alors il a pleuré avec plus de calme. Il a voulu savoir. Tout. Et il m'a raconté que l'herbe avait encore du Sang frais et que le manteau était tout maltraité par Judas, dont il avait trouvé un morceau de vêtement. Je l'ai laissé parler, parler, et puis je lui ai dit : "Viens près de la Mère". Oh ! combien j'ai dû prier pour le persuader ! Et quand il me semblait avoir réussi à le persuader, et que je me levais pour venir, lui ne voulait plus. C'est seulement vers le soir qu'il est venu. Mais après avoir passé la porte, il s'est caché de nouveau dans un jardin désert en disant : "Je ne veux pas que les gens me voient. Je porte écrite sur mon front la parole : Celui qui renie Dieu". Maintenant qu'il fait tout à fait nuit, j'ai réussi à le traîner jusqu'ici." "Où est-il ?" "Derrière cette porte." "Fais-le entrer." "Mère..." "Jean..." "Ne lui fais pas de reproches. Il est repenti." "Me connais-tu si peu encore ? Fais-le entrer." Jean sort. Il revient seul. Il dit : "Il n'ose pas. Essaie de l'appeler, toi." Et Marie doucement : "Simon de Jonas, viens." Rien. "Simon Pierre, viens." Rien. "Pierre de Jésus et de Marie, viens." Un âpre accès de pleurs. Mais il n'entre pas. Marie se lève. Elle laisse le manteau sur la table et va à la porte.

Pierre est blotti là dehors, comme un chien sans maître. Il pleure si fort et tout pelotonné qu'il n'entend pas le bruit de la porte qui s'ouvre en grinçant, ni le bruit des sandales de Marie. Il s'aperçoit qu'elle est là, quand elle se penche pour lui prendre une main pressée sur ses yeux et l'oblige à se lever. Elle entre dans la pièce en le traînant comme un enfant. Elle ferme la porte et met le verrou, et courbée par la douleur, comme lui l'est par la honte, elle revient à sa place. Pierre va à ses pieds, à genoux, et il pleure sans retenue. Marie caresse ses cheveux grisonnants, tout en sueur à cause de la douleur. Pas autre chose que cette caresse jusqu'à ce qu'il soit plus calme. Enfin, quand Pierre dit : "Tu ne peux me pardonner. Ne me caresse donc pas, car je l'ai renié", Marie dit : "Pierre, tu l'as renié, c'est vrai. Tu as eu le courage de le renier en public, le lâche courage de le faire. Les autres... Tous, sauf les bergers, Manaën, Nicodème et Joseph et Jean, n'ont eu que la lâcheté. Ils l'ont renié tous : hommes et femmes d'Israël, sauf quelques femmes... Je ne nomme pas les neveux et Alphée de Sara : eux étaient parents et amis. Mais les autres !... Et ils n'ont même pas eu le courage satanique de mentir pour se sauver, ni le courage spirituel de se repentir et de pleurer, ni celui encore plus grand de reconnaître publiquement l'erreur. Tu es un pauvre homme. Tu l'étais, plutôt, tant que tu as présumé de toi. Maintenant tu es un homme. Demain, tu seras un saint. Mais même si tu n'avais pas été ce que tu es, je t'aurais cependant quand même pardonné. J'aurais pardonné à Judas, pour sauver son esprit. Car la valeur d'un esprit, même d'un seul, mérite tous les efforts pour surmonter les répugnances et les ressentiments, jusqu'à en être brisé. Souviens-t'en Pierre, Je te le répète : "La valeur d'une âme est telle, même si on doit en mourir par l'effort de subir son voisinage, il faut la tenir ainsi dans ses bras comme je tiens ta tête chenue, si on comprend qu'en la tenant ainsi on peut la sauver". Ainsi, comme une mère qui, après le châtiment paternel, prend sur son cœur la tête du fils coupable, et davantage par les paroles de son cœur déchiré qui bat, qui bat d'amour et de douleur, que par les coups paternels, ravise et obtient. Pierre de mon Fils, pauvre Pierre qui as été, comme tous, entre les mains de Satan dans cette heure de ténèbres, et ne t'en es pas aperçu, et qui crois avoir agi par toi-même, viens, viens ici sur le cœur de la Mère des fils de mon Fils. Ici, Satan ne peut plus te faire de mal. Ici se calment les tempêtes et, en attendant le soleil : mon Jésus qui ressuscitera pour te dire : "Paix, mon Pierre", se lève l'étoile du matin, pure, belle, et qui rend pur et beau tout ce qu'elle baise, comme il arrive sur les claires eaux de notre mer dans les frais matins du printemps.

C'est pour cela que je t'ai tant désiré. Au pied de la Croix, j'étais martyrisée par Lui et par vous et  comment ne l'as-tu pas senti ? et j'ai appelé vos esprits si fort que je crois qu'ils sont venus réellement à moi. Et, renfermés en mon cœur, ou plutôt déposés sur mon cœur, comme les pains de proposition, je les ai tenus sous le bain de son Sang et de ses larmes. Je le pouvais, car Lui, en Jean, m'a rendue Mère de toute sa descendance... Combien je t'ai désiré !... En ce matin-là, en cet après-midi-là, et nuit et nouveau jour... Pourquoi as-tu fait tant attendre une Mère, pauvre Pierre, blessé et piétiné par le Démon ? Ne sais-tu pas que c'est la tâche des mères de remettre en ordre, de guérir, de pardonner, de ramener ? Je te ramène à Lui. Voudrais-tu le voir ? Voudrais-tu voir son sourire pour te persuader qu'il t'aime encore ? Oui ? Oh ! alors, détache-toi de mon pauvre sein de femme, et mets ton front sur son front couronné, ta bouche sur sa bouche blessée, et baise ton Seigneur." "Il est mort... Je ne pourrai jamais plus." "Pierre, réponds-moi. Quel est pour toi le dernier miracle de ton Seigneur ?" "Celui de l'Eucharistie. Ou plutôt, non. Celui du soldat guéri là-bas... là-bas... Oh ! ne me fais pas souvenir !..." "Une femme fidèle, aimante, courageuse, l'a rejoint sur le Calvaire et a essuyé son Visage. Et Lui, pour dire ce que peut l'amour, a fixé son Visage sur la toile. Le voilà, Pierre. Voilà ce qu'a obtenu Une femme à l'heure des ténèbres infernales et du courroux divin, seulement parce qu'elle a aimé. Rappelle-le-toi cela, Pierre, pour les heures où il te semblera que le Démon est plus fort que Dieu. Dieu était prisonnier des hommes, déjà accablé, condamné, flagellé, déjà mourant... Et pourtant, puisque même dans les plus dures persécutions. Dieu est toujours Dieu, et que si on frappe l'Idée, Dieu qui la suscite est intouchable, voilà que Dieu, aux négateurs, aux incrédules, aux hommes des sots "pourquoi", des coupables "cela ne peut être", des sacrilèges "ce que je ne comprends pas n'est pas vrai", répond, sans parole, par ce linge. Regarde-le. Un jour, tu me l'as dit, tu disais à André : "Le Messie se manifestera à toi ? Cela ne peut être vrai !" et puis ta raison humaine dut se soumettre à la force de l'esprit qui voyait le Messie là où la raison ne le voyait pas. Une autre fois, sur la mer en tempête, tu demandais : "Est-ce que je viens, Maître ?" et puis, à moitié chemin, sur l'eau démontée, tu as douté en disant : "L'eau ne peut me soutenir" et par le doute sur le poids il s'en est fallu de peu que tu ne te noies.

C'est seulement quand contre la raison humaine prévalut l'esprit qui sut croire, que tu pus trouver l'aide de Dieu. Une autre fois tu disais : "Si Lazare est mort depuis déjà quatre jours, pourquoi sommes-nous venus ? Pour mourir inutilement". Car, avec ta raison humaine, tu ne pouvais admettre d'autre solution. Et ta raison fut démentie par l'esprit qui, en t'indiquant par le ressuscité la gloire de Celui qui le ressuscitait, te montra que vous n'y étiez pas allés inutilement. Une autre fois, et même plusieurs autres, tu disais en entendant ton Seigneur parler de mort, et de mort atroce : "Cela ne t'arrivera jamais !" Et tu vois quel démenti a eu ta raison. Moi, j'attends, maintenant, d'entendre la parole de ton esprit dans ce dernier cas..." "Pardon." "Pas cela. Une autre parole." "Je crois." "Une autre." "Je ne sais pas..." "J'aime. Pierre, aime. Tu seras pardonné, tu croiras, tu seras fort. Tu seras le Prêtre, non le pharisien qui accable et n'a que formalismes et pas de foi active. Regarde-le. Ose le regarder. Tous l'ont regardé et vénéré. Même Longin... Et tu ne saurais pas ? Tu as pourtant su le renier ! Si tu ne le reconnais pas maintenant, à travers le feu de ma maternelle, affectueuse douleur qui vous unit, vous rend la paix, tu ne pourras plus. Lui ressuscite. Comment pourras-tu le regarder dans son nouvel éclat, si tu ne connais pas son visage dans le trépas de Maître que tu connais pour arriver au Triomphateur que tu ne connais pas ? Car la douleur, toute la Douleur des siècles et du monde, l'a travaillé par le ciseau et la massette dans ces heures qui vont du soir du Jeudi à l'heure de none de Vendredi, et elles ont changé son visage. Avant c'était seulement le Maître et l'Ami. Maintenant c'est le Juge et le Roi. Il est monté sur son siège pour juger, et il a ceint le diadème. Il restera ainsi. Sauf qu'après la Résurrection, il ne sera plus l'Homme Juge et Roi. Mais le Dieu Juge et Roi. Regarde-le. Regarde-le pendant que l'Humanité et la Douleur le voilent pour pouvoir le regarder quand il triomphera dans sa Divinité." Pierre lève finalement la tête des genoux de Marie et la regarde, avec ses yeux rougis par les larmes, dans un visage de vieil enfant désolé et étonné du mal fait et du si grand bien qu'il trouve.

Marie le force à regarder son Seigneur et alors, pendant que Pierre comme devant un visage vivant, gémit : "Pardon, pardon ! Je ne sais comment cela s'est passé. Ce que cela a été. Je n'étais pas moi. Il y avait quelque chose qui faisait que je n'étais pas moi ! Mais je t'aime, Jésus ! Je t'aime, mon Maître ! Reviens ! Reviens ! Ne t'en va pas ainsi sans me dire que tu m'as compris !" Marie répète le geste déjà fait dans la chambre du tombeau. Les bras tendus, debout, elle paraît la prêtresse au moment de l'offertoire. Et comme là elle a offert l'Hostie sans tache, ici elle offre le pécheur repenti. C'est bien la Mère des saints et des pécheurs ! Et puis elle lève Pierre, elle le console encore, et lui dit : "Maintenant je suis plus contente. Je te sais ici. Maintenant tu vas à côté avec les femmes et Jean. Vous avez besoin de repos et de nourriture. Va et sois bon..." comme à un enfant. Puis, dans la maison qui plus calme en cette seconde nuit depuis sa mort, tend à revenir aux habitudes humaines du sommeil et de la nourriture, et présente l'aspect las et résigné des habitations où les survivants reviennent doucement du coup de la mort, Marie seule veut rester debout, ferme à sa place, en son attente, en sa prière. Toujours. Toujours. Toujours. Pour les vivants et pour les morts. Pour les justes et les coupables. Pour le retour, le retour, le retour du Fils. Sa belle-sœur a voulu rester avec elle mais maintenant elle dort lourdement assise dans un coin, la tête renversée contre le mur. Marthe et Marie viennent deux fois, mais ensuite endormies se retirent dans une pièce voisine et après quelques mots tombent elles aussi dans le sommeil... Et plus loin, dans une chambre petite comme un jouet, Salomé dort avec Suzanne, alors que sur deux nattes jetées sur le sol, dorment bruyamment Pierre et Jean. Le premier avec encore un sanglot machinal perdu dans son ronflement, le second avec un sourire d'enfant qui rêve quelque joyeuse vision. La vie reprend son activité, et la chair ses droits... Seule l'Étoile du Matin brille sans sommeil, avec son amour qui veille près de l'image de son Fils. Et la nuit du Samedi Saint passe ainsi, jusqu'au moment où le chant du coq, à la première clarté de l'aube, fait lever Pierre avec un cri et son cri apeuré et douloureux réveille les autres dormeurs. La trêve est finie pour eux, et la peine recommence. Alors que pour Marie ne fait que grandir l'anxiété de l'attente.

Texte extrait de l'Evangile tel qu'il m'a été révélé, tome 9, chapitres 34-35

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02 avril 2010

Semaine Sainte 2010, Vendredi Saint 1/2

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Semaine Sainte 2010

Vendredi Saint

Extrait des révélations de Maria d'Agreda

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Commencement de la Passion

A l'entrée de la nuit qui suivit le jeudi de la cène, le doux Jésus résolut de commencer sa douleureuse passion. Il sortit donc de la salle où il avait célébré de si grands mystères et parla longuement aux disciples. Il rencontra aussi sa sainte mère, qui était sortie en même temps de sa retraite, il la regarda d'un air joyeux, et lui dit ces seules paroles; ma mère, je serai avec vous dans vos tribulations, accomplissons la volonté du Père éternel et le salut du monde, ensuite il lui donna sa bénédiction et la quitta. Elle se retira de nouveau dans la chambre de la maison du cénacle, parce que le maître se trouvant présent à cette douloureuse séparation, lui avait offert, par l'inspiration divine, la maison et tout ce qu'elle renfermait, pour tout le temps qu'elle resterait à Jérusalem. La sainte Vierge se retira livrée à une douleur que chaque chrétien peut s'imaginer, mais elle ne cessa point d'être présente en esprit à tout ce qui se fit dans cette cruelle nuit, Elle vit lorsque Judas alla vers les prêtres et les pharisiens, et l'apparition du démon en forme visible, pour le détourner de vendre son divin maître. Elle vit Jésus se retirer au jardin de Gethsémani et découvrit sa profonde tristesse; elle connut que toutes les angoisses qu'il eut jusqu'à éprouver des sueurs de sang, provenaient de ce qu'il voyait que toutes ses souffrances seraient non-seulement sans fruit pour les méchants, mais seraient encore par leur malice la cause d'un plus grand châtiment; c'est pourquoi il priait son Père d'éloigner de lui cette amertume sous le nom de calice. Elle connut encore qu'après la prière de Jésus-Christ, le Père éternel envoya l'archange saint Michel pour lui dire de se consoler dans ses peines, car parmi ceux qu'il sauverait par son sang divin, serait Marie sa mère, digne fruit de sa rédemption. Elle vit que trouvant ses disciples endormis, avant de les éveiller, il s'arrêta un peu à les regarder avec compassion et pleura sur leur négligence et leur tiédeur. Non-seulement elle vit ceci et tout ce qui arriva au jardin en détail, mais elle considéra autant qu'il fut possible, chaque action ‘que faisait son divin fils dans sa passion. Elle se retira avec les saintes femmes, lorsque Jésus se retira avec ses trois disciples, elle pria aussi comme Jésus avait prié le Père éternel d'éloigner et de suspendre toute consolation qui pourrait l'empêcher de souffrir avec son fils; et elle demanda que son corps put partager toutes les souffrances qu'il endurerait lui-même. Elle éprouva aussi une profonde tristesse, elle fit la même prière que Jésus fit pour les pécheurs, elle entra en agonie et eut aussi une sueur de sang, l'archange Gabriel fut également envoyé pour la fortifier, comme saint Miche! l'avait été pour Jésus. Lorsqu'elle se retira pour prier, elle prit avec elle les trois Maries, laissant les autres femmes et elle alla aussi les visiter au moment où Jésus visita les apôtres, et les exhorta à être vigilantes contre le démon. Lorsque Jésus dit à ses apôtres : tristis et anima mea usque ad mortem , elle dit aussi aux trois Maries; mon âme est triste, parce que mon fils bien-aimé et mon Seigneur doit souffrir et mourir et que je ne dois pas mourir avec lui. Priez, mes amies, afin de ne pas entrer en tentation. Au milieu de ces tourments, la sainte Vierge non-seulement eut toujours un coeur magnanime, mais encore elle songea au moyen de pouvoir soulager son divin fils, et elle envoya un de ses anges pour essuyer avec des linges qu'elle lui donna le visage de son Dieu agonisant. Lorsque les soldats partirent avec Judas pour arrèter Jésus, la très-sage reine, prévoyant les outrages, les injures et les mauvais traitements, que ces méchants lui feraient souffrir, invita aussitôt les, saints anges afin de compenser avec elle par leurs louanges et leurs adorations tous les affronts qu'ils lui faisaient. Ainsi pour les offenses outrageantes qu'il recevait de ces méchants et pour le baiser que Judas lui donna comme signal pour le trahir, elle offrait à proportion des actes de vénération et de louanges à sa divine majesté et retenait ainsi l'indignation de Dieu, afin qu'il n'engloutît pas ces misérables. Elle pria surtout pour Judas, et à sa considération Dieu envoya à son coeur de fortes et nombreuses inspirations et de grandes grâces afin qu'il rentrât en lui-même. Lorsqu'elle vit que par la vertu de ces puissantes paroles dites à cette troupe maudite : Ego sum, ils étaient tous tombés à terre avec les chevaux, et que les démons étaient abattus et restaient renversés pendant un demi quart d'heure, elle chanta des cantiques de louanges et de victoire au Très-Haut. Il est vrai que par pitié pour ces malheureux, elle pria le Seigneur de leur laisser la vie et de les faire lever. Le Seigneur leur accorda donc le pouvoir d'exercer contre lui toute leur rage, il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous? Ils répondirent, Jésus de Nazareth, il leur dit: C'est moi; et ils se jetèrent sur lui comme des chiens enragés et des bêtes féroces. Lorsque Jésus fut lié, elle ressentit aussi les douleurs des chaînes et des cordes comme si elle eût été liée en effet. Elle éprouva la même chose pour les coups, les mauvais traitements, les soufflets que souffrit le Sauveur, dans son arrestation, et lorsqu'on déchira ses habits et qu'on lui arracha les cheveux. A la fuite des apôtres elle ne s'indigna pas contre eux, mais elle les recommanda instamment au Seigneur, et quoiqu'elle fut affligée de les voir .chancelants dans leur foi, néanmoins elle pria pour eux, et elle offrit au Seigneur tous les devoirs et toute la vénération de l'église entière résumée en elle. Tandis que Jésus accablé de coups était au pouvoir de ses ennemis, la sainte Vierge était dans le Cénacle, Judas croyant par la suggestion de Lucifer son pardon impossible, et tourmenté par l'appréhension du déshonneur qu'il aurait dans le monde pour avoir trahi son maître, fut tellement agité qu'il entra en fureur contre lui-même; il se retira à l'écart et voulut se précipiter d'une des fenêtres les plus élevées du palais du Pontife, mais il en fut empêché. Il sortit de cette maison poussant des cris comme une bête féroce, se mordant les poings, s'arrachant les cheveux et se donnant mille malédictions. Lucifer le voyant en cet état, lui persuada de rendre l'argent aux prêtres, il voulait ainsi empêcher la mort de Jésus-Christ qu'il soupçonnait toujours davantage d'être le Messie à la vue de sa douceur au milieu des outrages. Mais n'ayant pu encore réussir dans son dessein Lucifer augmenta le désespoir de Judas et lui persuada qu'il valait mieux de délivrer en un instant de tant de peines et d'ignominie. Le malheureux apostât y consentit, et sortant de la ville, homicide de lui-même, il se pendit à un arbre. Cette mort affreuse arriva le jour même du vendredi quelques heures avant que Jésus n'expirât. Son corps, resta trois jours suspendu à l'arbre avec les entrailles crevées et quoique les juifs cherchassent plusieurs fois à l'enlever pour l'ensevelir, parce qu'il revenait de cette mort une grande gloire au Sauveur, ils ne purent jamais le faire. Enfin, après trois jours les démons par la permission de Dieu, enlevèrent le cadavre maudit de l'arbre et le transportèrent en enfer où ils avaient conduit son âme. La troupe des soldats envoyée pour arrêter le Seigneur, afin de l'amener ,en sûreté, car ils le prenaient pour un magicien à cause de ses miracles et pensaient qu'il pourrait s'échapper de leurs mains, le lièrent étroitement aux flancs, aux bras, et au cou de deux longues et grosses cordes et d'une pesante, longue et forte chaîne qui avait servi de levier pour fermer et ouvrir une porte de prison et aux extrémités de laquelle ils avaient attaché des me- cottes de fer, dont ils lui attachèrent les mains derrière le dos. L'ayant lié de cette cruelle manière ils partirent du mont des oliviers avec un grand tumulte, les uns tirant les cordes par-devant et les autres par-derrière ils le faisaient tomber à terre, ils exhalaient leur rage contre lui par des coups de pied aux cotés, des coups de poing au visage et à la tête, ils lui déchirèrent les habits, et lui arrachèrent la barbe, ils le tramèrent par les cheveux, et lui enfoncèrent la pointe de leurs bâtons dans les côtés; ils lui donnèrent des coups sur les épaules, et le traînèrent tantôt d'un côté tantôt de l'autre du chemin. Le Seigneur tomba plusieurs fois le visage contre terre avec une grande douleur, car ayant les mains liées derrière le dos il se meurtrissait le divin visage et se couvrait de plaies, et ne pouvant plus se relever, les coups et les mauvais traitements de toute sorte qu'il recevait étaient innombrables, jusqu'à lui marcher dessus, et comme un doux agneau, il supportait ces affreuses cruautés avec une patience admirable. Lucifer était en fureur à la vue de cette résignation et pour en triompher il voulut lui-même prendre les cordes pour le traîner avec une plus grande violence; mais la sainte Vierge, qui voyait tout ceci en esprit, et qui ressentait dans son corps très-pur tous les mauvais traitements, arrêta Lucifer dans son exécrable dessein, et lui enleva les forces afin qu'il ne pût l'exécuter. Ils arrivèrent dans la ville en poussant des cris, des sifflements, des hurlements, comme si on avait arrêté un chef de brigands. Les personnes se mettaient à la fenêtre et à la porte avec des flambeaux, ils l'injuriaient et l'insultaient l'appelant faux prophète, magicien, pervers, méchant et scélérat : et cum iniquis reputatus est. Ils le conduisirent au tribunal d'Anne, pontife, qui le reçut assis sur son siège, Lucifer se plaça à ses côtés, environné d'une multitude innombrable de démons appliqués à irriter ce juge contre Jésus-Christ, afin d'éprouver sa divine patience. Le Sauveur, reçut alors ce cruel soufflet de la main gantée de fer d'un des serviteurs auquel il avait guéri miraculeusement l'oreille au jardin de Gethsémani. Le Seigneur, lui fit cette réponse célèbre en recevant le soufflet: si male locutus sum: testimonium perhibe de malo, qui couvrit ce méchant de confusion, mais ne l'amenda pas. Le coup fut si sanglant qu'il lui enfonça toutes les dents et lui fit couler le sang de la bouche, du nez et des yeux; dans le même instant la mère de Dieu ressentit dans son visage ce coup terrible qui lui fit verser des larmes de sang. En ce moment Jean et Pierre arrivèrent à la maison d'Anne. Après y être entrés Pierre s'approcha du feu dans le vestibule, et la portière l'ayant vu lui demanda s'il était disciple du Nazaréen. Elle fit cette demande avec moquerie et mépris, c'est pourquoi Pierre en éprouva de la honte, et saisi de crainte et de lâcheté, il nia qu'il le fut. Après ce reniement il sortit de la maison d'Anne, mais il suivit ensuite le Seigneur dans la maison de Caïphe où il fut amené avec de grandes railleries. Il fut reçu avec des rires, des insultes et de grandes moqueries, pour lui il priait le Père éternel pour eux, et la divine mère priait avec lui. Caïphe était assis sur son siége magnifique entouré des scribes et des pharisiens assistés de Lucifer, qui désirait toujours mieux s'assurer si Jésus était le Messie, il inspira donc à Caïphe de lui dire: Je t'adjure au nom de Dieu vivant de nous dire ouvertement si in es le Christ fils de Dieu. A la réponse pleine de douceur de Jésus-Christ, Lucifer fut si tourmenté que ne pouvant le supporter, il se précipita au fond de l'abîme. Il en sortit par la permission de Dieu, mais incertain si le Christ avait ainsi parlé pour se délivrer des mains des ses ennemis. Revenu de nouveau dans la salle, il excita les ministres à lui donner des soufflets, des coups de poing, à lui arracher les cheveux, à lui cracher au visage et à le fouler aux pieds. Les anges qui l'adoraient et le louaient étaient confondus des jugements incompréhensibles de la divine sagesse, en voyant que sa divine Majesté consentait à être présentée comme coupable et que le prêtre inique se montrait comme juste et zélé pour l'honneur de Dieu, à qui il prétendait ôter sacrilègement la vie; et l'innocent agneau gardait le silence sans ouvrir la bouche. Dans cette maison, on banda les yeux au Seigneur pal-ce qu'il apparaissait sur son visage une douceur et une splendeur qui causaient une grande peine et confusion à ses ennemis. Ils attribuèrent tout cela à l'art magique, et ils lui couvrirent le visage avec de sales haillons, et lui firent de mauvais traitements et des insultes indicibles, la Vierge mère non-seulement les vit, mais les ressentit tous, dans le même temps et dans les mêmes parties, que les souffrit le rédempteur. Il fut facile à saint Pierre, au milieu de la foule des personnes qui entraient dans la maison de Caïphe, de s'introduire aussi à la faveur de l'obscurité de la nuit. Nais une servante le vit dans la cour et se tournant vers les soldats qui étaient auprès du feu: cet homme, dit-elle, est un de ceux qui allaient dans la compagnie de Jésus de Nazareth; et un de ceux qui étaient là, ajouta: en vérité, tu es réellement Galiléen et un de ceux qui suivaient Jésus. Saint Pierre le nia et jura qu'il n'était pas disciple de Jésus et il quitta le feu et la cour. Mais il ne pouvait pas s'éloigner de la vue de son divin maître, retenu par la compassion pour ses souffrances, il tournoya donc pendant une heure environ, un parent de Malechus le vit et le reconnut; tu es Galiléen lui dit-il, et disciple de Jésus, je t'ai vu avec lui dans le jardin, et de nouveau Pierre jura qu'il ne le connaissait pas, et alors le coq chanta pour la seconde fois, et la prophétie de Jésus-Christ fut accomplie, qu'il le renierait trois fois cette nuit avant que le coq chantât deux fois. Ayant entendu le chant du coq, Pierre se souvint des paroles de Jésus, qui en ce moment, le regarda avec sa grande miséricorde, il sortit aussitôt en versant des larmes, et se retira dans une grotte appelée encore galligante: Chant du coq, il y pleura amèrement pendant trois heures, il rentra en grâce et obtint son par-. don par le moyen de la sainte Vierge. Elle avait vu sa faute de sa retraite et aussitôt elle pria pour lui avec larmes et prosternée à terre; elle lui envoya même un de ses anges pour le consoler, non pas d'une manière visible pal-ce que son péché était trop récent, mais à l'intérieur, sans que Pierre le vit.

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La sentence de mort


Après minuit , ceux du conseil arrêtèrent que tandis qu'ils dormiraient, Jésus-Christ resterait ainsi lié dans un lieu souterrain de la maison, qui servait de prison pour les plus grands voleurs et scélérats. Cette prison était si obscure que la lumière y pénétrait à peine, et si sale et puante qu'elle était insupportable pour tous. Ils enfermèrent là le fils de Dieu, le traînant attaché avec les chaînes et les cordes dont ils l'avaient lié au jardin des olives. Il y avait dans un coin de la prison une pierre ou une pointe de rocher, à laquelle ils attachèrent le Seigneur de telle sorte qu'il ne pouvait ni se remuer ni s'asseoir, et l'ayant ainsi lié ils sortirent de ce lieu fétide, en fermèrent la porte et y laissèrent l'un d'eux de garde au-dehors. Les saintes anges entrèrent pour vénérer le Sauveur, et lui demandèrent de vouloir bien leur permettre de le délier, mais le doux Jésus ne le permit pas, pour souffrir davantage, et il les envoya consoler sa mère affligée. Après que ces méchants et ces ivrognes eurent soupé, excités par le démon, ils allèrent le détacher du rocher et le mirent au milieu de la prison, ils voulurent le contraindre à parler et à faire quelque miracle, mais Jésus, la sagesse incarnée ne répondant rien, ils l'accablèrent de coups et de soufflets, et leur rage croissant ils lui bandèrent de nouveau les yeux, avec un dégoûtant chiffon, et le frappèrent avec violence sur le cou et au visage, en lui disant, devine qui t'a frappé. Lucifer irrité de sa patience inspira à ces cruels ivrognes de le mettre entièrement nu et de lui faire de plus grands outrages. Mais la très-pure Vierge qui voyait et contemplait tout empêcha cet odieux outrage, elle pria avec instance le Seigneur de ne pas permettre cette ignominie et sa prière fut exaucée. lIs l'attachèrent donc de nouveau au rocher et sortirent de la prison, les anges entrèrent pour compatir à ses douleurs et l'adorer ; en ce temps là il priait le Père éternel pour ceux qui l'avaient ainsi maltraité. A l'aurore, les princes des prêtres et les scribes s'assemblèrent et le divin agneau fut amené devant eux. C'était un spectacle digne de piété de voir le divin Jésus défiguré, le visage meurtri et couvert de dégoûtants crachats, qu'il n'avait pu enlever ayant les mains liées derrière le dos. En le voyant dans cet état ses ennemis mêmes furent effrayés. Ils lui demandèrent de nouveau à dessein s'il était fils de Dieu, et ayant entendu qu'il l'était, ils le jugèrent digne de mort, et ils résolurent de l'envoyer à Pilate proconsul de l'empereur romain à qui étaient réservées les causes capitales. Le soleil était déjà levé, et la mère affligée résolut de sortir de sa retraite pour suivre son fils si cruellement traité. Lorsqu'elle sortait de la maison avec les Marie et Magdeleine, saint Jean arriva pour l'informer de tout ce qui était arrivé, ne sachant pas qu'elle avait vu tout en esprit. Il demanda d'abord pardon de la lâcheté qu'il avait eue de s'enfuir, et se mit à raconter tout ce qui était arrivé jusqu'alors, l'humble reine n'interrompit point son récit, et écouta tout avec une extrême souffrance. Après qu'il eut fini de parler, ils versèrent tous des larmes, et ils se mirent en marche. La sainte Vierge entendit les divers entretiens de la foule, dans les rues, sur son fils bien-aimé, elle ne s'arrêta jamais, et ne s'indigna point contre ceux qui en parlaient mal, mais elle pria pour eux. Un grand nombre de personnes la re- connurent à son manteau noir et à son cordon pour la mère de Jésus, quelque uns étaient naturellement touchés de compassion pour elle, et d'autres l'injuriaient à pause de la mauvaise éducation donnée à son fils. Mais voilà qu'ils aperçoivent un grand tumulte, et qu'ils entendent un grand bruit, et tout-à-coup elle voit au milieu de cette canaille son divin fils, elle se jeta à terre et l'adora profondément. Ils se jetèrent l'un à l'autre un douloureux regard qui pénétra leurs coeurs d'une douleur inexprimable, ils se parlèrent seulement dans l'intérieur de leur âme. On le traînait vers Pilate, et la mère affligée versant des larmes le suivait avec les saintes femmes en disant : mon fils, mon bien-aimé fils. Ils arrivèrent enfin en présence de Pilate qui quoique païen eut égard aux lois cerémonielles des juifs, qui leur défendaient d'entrer dans le prétoire, il sortit donc pour interroger le prétendu coupable. La mère affligée était toujours présente avec saint Jean et les saintes femmes, les anges les avaient amenés dans un lieu d'où elles pouvaient voir tout et entendre ce qui se disait. La sainte Vierge couverte de son manteau noir versait des larmes de sang par la violence de sa douleur; elle ressentait en elle-même toutes les souffrances que souffrait son divin fils. Elle pria le Père éternel afin que Pilate connut clairement l'innocence de Jésus, il la connut en effet, mais il ne correspondit pas à la grâce qu'il avait reçue par le moyen de la mère de miséricorde. Il s'efforça néanmoins de ne pas condamner un innocent, en l'envoyant à Hérode, fils de cet Hérode qui avait fait massacrer les saints innocents qui était venu à la fête des azymes, lorsqu'il apprit que Jésus était né dans son royaume. A cette occasion ils oublièrent même quelques différends, et devinrent amis. Il est impossible de dire les souffrances et les douleurs que souffrit Jésus dans ce trajet de Pilate à Hérode, de la part de ces bourreaux excités par Lucifer, qui voulait s'assurer toujours davantage par la grandeur de la patience de Jésus, s'il était le Messie. Sa mère affligée, suivit derrière la masse de la populace, toute occupée de son divin fils. La grande reine n'entra pas dans la maison d'Hérode, mais elle vit tout ce qui s'y fit, et entendit toutes les demandes d'Hérode. Lorsqu'il en sortit revêtu de l'habit des insensés, elle comprit toute la grandeur de cette injure et l'adora profondément comme la sagesse infinie. Elle le suivit avec la même constance, lorsqu'il fut ramené chez Pilate; plusieurs fois à cause de la foule, et par la violence avec laquelle on le traînait, embarrassé par sa longue tunique, Jésus tomba par terre; en tombant les veines s'ouvrirent par la manière dont ils le traînaient cruellement, et aussi par les coups et les mauvais traitements' qu'il recevait, ne pouvant se relever, parce qu'il avait les mains enchaînées et attachées derrière le dos. Alors la prudente et tendre mère ordonna aux saints anges, non-seulement de recueillir ces gouttes de sang très-précieux, qui tombaient à terre, afin qu'elles ne fussent pas profanées et foulées aux pieds, mais elle leur commanda aussi de soutenir leur Créateur, lorsqu'il serait exposé à tomber. . Mais elle ne voulut pas donner cet ordre aux anges avant d'en avoir obtenu la permission du Seigneur, qu'elle pria de condescendre en cela, aux humbles prières de sa mère affligée. Jésus fut ramené devant Pilate, qui voyant son innocence, et l'envie et la haine des juifs, essaya de le délivrer. Il parla seul avec Jésus, il dit aussi en secret à quelques-uns des chefs de la synagogue, qu'il y avait dans la prison un scélérat infâme, condamné par le peuple, qu'ils devaient donc demander qu'on délivrât le Nazaréen et non Barrabas, c'était le nom de l'homicide et du meurtrier. Cette coutume de délivrer un criminel à la fête de Pâques avait été introduite chez les Juifs, en souvenir de la délivrance d'Egypte. La mère affligée était présente dans la maison de Pilate, à tout ce qu'il fit pour délivrer son fils. Elle vit aussi l'ambassade de la femme de Pilate nommé Procule à son mari et elle vit que c'était une suggestion de Lucifer. pour empêcher la rédemption. La divine Marie était de toute part transpercée d'un glaive de douleur, mais elle le fut plus cruellement lorsqu'elle entendit que Barrabas était préféré à son divin fils. Le moyen tenté par Pilate pour délivrer le Seigneur, n'ayant pas réussi, il pensa à un moyen d'habilité toute humaine, ce fut de le faire flageller pour apaiser ainsi la haine des juifs, et comme suffisamment châtié ensuite de le délivrer. Mais il jugea contre toute justice, car il avait bien reconnu l'innocence de Jésus. Pour exécuter cette flagellation, on choisit six jeunes hommes robustes des plus inhumains et des plus barbares. ils l'amenèrent dans une cour, où était une colonne, et lui enlevèrent les cordes, les chaînes et les menottes, ils lui ôtèrent d'abord le manteau blanc, ensuite ils le dépouillèrent de sa robe sans couture et son corps fut tout nu, excepté une espèce de caleçon, qu'ils voulaient même lui ôter, mais la grande reine l'empêcha, en priant le Père éternel de ne pas le permettre. La flagellation commença sous les yeux de la mère affligée, ils le lièrent si étroitement à la colonne avec des petites cordes, qu'elles lui entrèrent dans la chair et que ses divines mains se gonflèrent. Ensuite ils se mirent à le flageller deux à deux, les uns après les autres, avec une cruauté si inouïe que la férocité humaine n'en était pas capable, si Lucifer lui-même ne se fut comme incorporé dans le coeur de ses bourreaux impitoyables. Les deux premiers flagellèrent l'innocent Jésus avec des cordes tordues, dures et grosses en y employant toute la fureur de la rage et toutes leurs forces. Ces premiers coups de fouets firent sur son corps divin si délicat de grandes et livides meurtrissures, il se fendit de toutes par en se gonflant, et le sang était sur le point de couler à travers les blessures. Les deux premiers bourreaux étant épuisés de fatigue, les deux seconds se mirent à leur place, ils le frappèrent avec des courroies de cuir très-dures sur les premières blessures et firent crever les meurtrissures livides et gonflées qu'avaient fait les premiers, de sorte que le sang divin en sortit, et non-seulement il couvrit le corps sacré d Jésus-Christ, mais encore il baigna les vêtements des sacrilèges bourreaux et découla jusqu'à terre, ces seconds étant hors d'haleine, les troisièmes les remplacèrent et se servirent de nouveaux instruments qui étaient des nerfs d'animaux très-durs, semblables à des verges sèches. Ils flagellèrent le Sauveur avec une cruauté plus grande encore, parce qu'ils frappaient sur les blessures faites par les deux premiers et les seconds; mais comme les veines de son corps divin avaient déjà été rompues et qu'il n'était plus qu'une seule plaie, ces troisièmes bourreaux ne pouvaient plus faire de nouvelles plaies dans aucune partie du corps, c'est pourquoi en redoublant leurs, coups terribles ils arrachèrent la chaire divine et immaculée, de sorte qu'il en tomba des morceaux à terre et les os furent mis à découvert en diverse parties des épaules. Pour satisfaire encore mieux leur férocité inouïe ils le flagellèrent au visage, aux jambes, aux pieds et aux mains, sans épargner une seule partie. Le sang divin se répandit à flots sur la terre. Son divin visage et tout meurtri, déchiré et si couvert de sang et d'horribles crachats qu'on ne pouvait plus le reconnaître. De même la mère des douleurs, dans un coin de la cour, avec la sainte suite qui l'accompagnait dans ses douleurs, ressentait dans son âme et dans son corps virginal tous les coups mot tels qu'endurait son divin fils, et elle fut si affligée que saint Jean et les Maries ne reconnaissaient plus les traits de son visage, parce que sa douleur et ses souffrances étaient sans mesure, à cause de sa grande foi et la parfaite connaissance qu'elle avait de l'incomparable dignité de son divin fils. Elle seule sut apprécier, mieux que toutes les créatures, l'innocence de Jésus-Christ, la dignité de sa divine personne, l'énormité des injures qu'il recevait et les tourments indicibles qu'il supportait. Cependant dans le désir de le voir mourir sur la croix, ils le délièrent et il tomba par terre baigné dans son sang. Ils lui ordonnèrent de se vêtir, un de ces méchants lui avait caché sa tunique sans couture, et le voyant ainsi nu et couvert seulement de plaies et de sang, ils l'injurièrent et le couvrirent de railleries. En ce temps, ils allèrent dire à Pilate que prétendant devenir roi des juifs, il était juste de le couronner d'épines. Ayant obtenu cette injuste permission de Pilate, ils lui mirent sur les épaules des haillons de pourpre et un roseau à la main en guise de sceptre, et enfin ils enfoncèrent violemment sur sa tête divine une couronne d'épines pour servir de diadème. Elle était composée de joncs marins, très-épineux, avec des pointes fines et dures et ils la lui placèrent de manière que les épines en grand nombre pénétrèrent les os de la tête, d'autres arrivèrent jusqu'aux oreilles et d'autres encore jusqu'aux yeux. Après cette douloureuse et cruelle ignominie, ils adorèrent comme un roi de théâtre, celui qui par nature et à toute sorte de titres, était le véritable roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Tous les soldats de la cohorte se rassemblèrent aussitôt en présence des prêtres et des pharisiens et ayant mis au milieu d'eux l'aimable Jésus, ils le chargèrent de blasphèmes avec des railleries indicibles, les uns se mettaient à genoux devant lui et lui disaient par moquerie Je vous salue roi des juifs. D'autres lui donnaient de sanglants soufflets, et d'autres lui frappaient la tête avec le roseau, quelques uns couvraient son divin visage de dégoûtants crachats et tous l'accablaient d'injures, et d'outrages de toutes sortes inspirés par le démon. Pilate pensa que le coeur de ce peuple ingrat et furieux, serait attendri à un spectacle si douloureux, c'est pourquoi il le fit montrer au public d'une grande fenêtre, en disant Voilà l'homme; qu'avez-Vous sujet de craindre qu'il se fasse roi, puisqu'il ne ressemble plus à un homme et qu'on ne trouve rien en lui qui soit digne de mort, Mais le peuple en fureur, cria : Crucifiez-le! Crucifiez-le! La mère des douleurs en voyant son fils réduit à un semblable état, se mettant à genoux, l'adora, et le reconnut pour vrai Dieu et vrai homme; saint Jean, les saintes femmes et tous les anges qui assistaient la grande reine en firent autant. La grande reine pria le Père éternel de faire connaître plus clairement à Pilate l'innocence de Jésus, c'est pourquoi Pilate prit Jésus à part, et lui fit les interrogations rapportées par les évangélistes, aussi il le montrait au peuple en répétant que Jésus était innocent. Les juifs s'aperçurent du désir de Pilate de délivrer Jésus, ils crièrent donc à Pilate, en faisant un grand bruit et en le menaçant, s'il ne condamnait pas Jésus à mort, Pilate alors se troubla beaucoup et vaincu parla crainte, il s'assit sur son tribunal vers l'heure de midi, la veille de la Pâque des juifs, il se lava d'abord les mains, croyant aveuglement se purifier ainsi de l'injustice qu'il commettait et il prononça enfin la sentence de mort contre l'auteur de la vie. La mère affligée vit et entendit tout et la cruelle amertume de son coeur accablé de tristesse et d'affliction se renouvela, et le glaive tic douleur divisa, pénétra et transperça, sans aucune pitié son âme. Mais comme la grandeur des douleurs que ressentit la très-sainte Vierge surpassent tout ce que l'intelligence humaine peut comprendre, il faut le laisser à la piété chrétienne. De même il est impossible de rapporter tous les actes intérieurs héroïques d'adoration, de louanges, de vénération, d'amour, de compassion, de douleur et de conformité à la divine volonté qu'elle fit.

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Prions

Regardez, Seigneur, nous Vous en prions, la famille qui Vous appartient: c'est pour elle que Jésus, le Christ, notre Seigneur, ne refusa pas d'être livré aux mains des méchants ni de subir le supplice de la Croix. Lui qui vit et règne avec Vous dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.