03 mai 2011

Bienheureux Jean Paul II

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Bienheureux Jean Paul II

« N'ayez pas peur ! Ouvrez grand les portes au Christ ! »

1920-2005

Fête le 22 octobre

 

Karol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Emilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932, leur père, ancien Sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant sa naissance. Il fut baptisé le 20 juin 1920, dans l'Eglise paroissiale de Wadowice, par le prêtre François Zak, fit sa Première Communion à 9 ans et reçut la Confirmation à 18 ans. Conclues ses études secondaires près l'Ecole Marcin Wadowita de Wadowice, il s'inscrit en 1938 à l'Université Jagellon de Cracovie et à un cours de théâtre. L'Université ayant été fermée en 1939 par l'occupant nazi, le jeune Karol dût travailler sur un chantier de l'usine chimique Solvay afin de gagner sa vie et d'échapper à la déportation en Allemagne.

 

A compter de 1942, ressentant sa vocation au sacerdoce, il suivit les cours de formation du Séminaire clandestin de Cracovie. Il fut à la même époque l'un des promoteurs du Théâtre Rapsodique, lui aussi clandestin. Après la Seconde Guerre Mondiale, il poursuivit ses études près le Grand Séminaire de Cracovie à peine réouvert, mais également à la Faculté de théologie de l'Université Jagellon, jusqu'à son ordination sacerdotale survenue à Cracovie le 1er novembre 1946 des mains du Cardinal Adam Stefan Sapieha. Il fut ensuite envoyé à Rome par le Cardinal Sapieha et poursuivit ses études doctorales sous la direction du Dominicain français, le P.Garrigou-Lagrange. Il soutint en 1948 sa thèse en théologie consacrée à la Foi dans l'oeuvre de saint Jean-de-la-Croix (Doctrina de fide apud Sanctum Ioannem a Cruce). Durant ce séjour romain, il occupa son temps libre pour exercer son ministère pastoral auprès des émigrés polonais de France, de Belgique et des Pays-Bas. Il rentra en 1948 en Pologne pour être vicaire en diverses paroisses de Cracovie et Aumônier des étudiants jusqu'en 1951 lorsqu'il reprit ses études philosophiques et théologiques. En 1953, il soutint près l'Université catholique de Lublin une thèse intitulée "Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler". Il accéda ensuite à l'enseignement professoral de la théologie morale et d'éthique sociale au Grand Séminaire de Cracovie et à la Faculté de théologie de Lublin.

 

Le 4 juillet 1958, Pie XII le nomma Evêque titulaire de Ombi et auxiliaire de Cracovie et, le 28 septembre suivant, il reçut la consécration épiscopale des mains de l'Archevêque Eugeniusz Baziak, en la cathédrale du Wawel (Cracovie). Le 13 janvier 1964, il fut nommé Archevêque de Cracovie par Paul VI qui, le 26 juin 1967, l'éleva au cardinalat, du titre de S.Cesareo in Palatio, une diaconie élevée au rang presbytéral pro illa vice.Après avoir participé au Concile Vatican II (1962-1965), où il offrit notamment une importante contribution à l'élaboration de la constitution Gaudium et spes, le Cardinal Wojtyła prit part à toutes les assemblées du Synode des Evêques.

 

Au cours du second Conclave de 1978, il fut élu Pape par les Cardinaux le 16 octobre et prit le nom de Jean-Paul II. Le 22 octobre, Jour du Seigneur, il entamait solennellement son ministère pétrinien de 263º successeur de l'Apôtre Pierre. Son pontificat de près de 27 années allait être l'un des plus longs de l'histoire de l'Eglise. Jean-Paul II a exercé le ministère pétrinien avec un inlassable esprit missionnaire, prodiguant toutes ses énergies poussé par la sollicitude pastorale envers toutes les Eglises et par la charité ouverte à l'humanité tout entière. En 26 années de pontificat, le Pape Jean-Paul II a accompli 104 voyages apostoliques hors d'Italie et 146 visites dans ce pays. Comme Evêque de Rome, il a visité 317 des 333 paroisses de son diocèse. Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, il a rencontré le Peuple de Dieu et les Responsables des nations: aux 1166 audiences générales du mercredi ont participé plus de 17.600.000 pèlerins, sans compter toutes les autres audiences spéciales et les cérémonies religieuses [plus de 8 millions de pèlerins seulement au cours du Grand Jubilé de l'An 2000]; outre les millions de fidèles qu'il a rencontrés au cours de ses visites pastorales en Italie et dans le monde. Nombreuses sont les personnalités gouvernementales reçues en audience: il suffit de rappeler les 38 visites officielles et les 738 audiences ou rencontres de chefs d'Etat, ainsi que les 246 audiences et rencontres de premiers ministres.

 

Son amour pour les jeunes l'a poussé à lancer en 1985 les Journées mondiales de la Jeunesse, et les 19 JMJ de son pontificat ont rassemblé des millions de jeunes dans diverses parties du monde. D'autre part, son attention à la famille s'est exprimée par la tenue de Rencontres mondiales des Familles entreprises à son initiative en 1994. Il a promu avec succès le dialogue avec les juifs et avec les représentants des autres religions, les invitant parfois à des rencontres de prière pour la paix, en particulier à Assise. Sous sa direction l'Eglise s'est approchée du troisième millénaire et a célébré le grand Jubilé de l'An 2000, selon les orientations indiquées dans la Lettre apostolique Tertio Millennio adveniente. Celle-ci s'est ensuite ouverte à la nouvelle époque, en recevant ses indications dans la Lettre apostolique Novo Millennio ineunte, dans laquelle il montrait aux fidèles le chemin de l'avenir. Avec l'Année de la Rédemption, l'Année mariale et l'Année de l'Eucharistie il a promu le renouveau spirituel de l'Eglise.

 

Il a donné une impulsion extraordinaire aux canonisations et aux béatifications, pour montrer d'innombrables exemples de la sainteté d'aujourd'hui, qui soient un encouragement pour les hommes de notre temps. Jean-Paul II a procédé à 147 cérémonies de béatification (1338 Bienheureux) et à 51 de canonisation (482 Saints). Il a proclamé Docteur de l'Eglise sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

 

Il a considérablement élargi le Collège des Cardinaux, en a créant 231 en 9 Consistoires, plus 1 in pectore, dont le nom n'a jamais été révélé. Il a également présidé 6 réunions plénières du Sacré Collège.Jean-Paul II a présidé 15 Synodes des Evêques: 6 Assemblées ordinaires (1980, 1983, 1987, 1990, 1994 et 2001), 1 générale extraordinaire (1985), 8 spéciales (1980, 1991, 1994, 1995, 1997, 1998 [2] et 1999). Au nombre de ses documents majeurs, on compte 14 encycliques, 15 exhortations apostoliques, 11 constitutions apostoliques et 45 lettres apostoliques. Il a promulgué le Catéchisme de l'Eglise catholique, à la lumière de la Tradition, interprétée avec autorité par le Concile Vatican II. Il a également réformé le Codes de droit canonique latin et oriental, a créé de nouvelles institutions et réorganisé la Curie romaine. A titre privé, en tant que Docteur, a également publié cinq livres: "Entrer dans l'espérance" (octobre 1994); "Don et Mystère: en ce 50 anniversaire de mon ordination sacerdotale" (novembre 1996); "Triptyque romain"- Méditations poétiques (mars 2003); "Levez-vous et allons!" (mai 2004) et "Mémoire et Identité" (février 2005).

 

Jean-Paul II est décédé au Vatican le 2 avril 2005 à 21 h 37', tandis qu'on entrait déjà dans le Jour du Seigneur, Octave de Pâques et Dimanche de la Divine Miséricorde. Les funérailles de Jean-Paul II se sont déroulées le 8 avril 2005, alors que depuis son décès plus de trois millions de fidèles étaient venus à Rome saluer sa dépouille, attendant jusqu'à 24 heures avant d'entrer dans la Basilique St. Pierre. Le 28 avril, le nouveau Pape Benoît XVI a accordé la dispense des 5 années après la mort pour l'ouverture de la Cause en béatification-canonisation de Jean-Paul II. La procédure canonique a été ouverte le 28 juin suivant par le Cardinal Camillo Ruini, Vicaire général pour le diocèse de Rome. Jean Paul II a été béatifié le Dimanche 1er mai 2011, par son successeur, le Pape Benoît XVI, jour de la Fête de la Miséricorde Divine.

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Homélie prononcée par le Pape Benoît XVI lors de la Messe de Béatification du Serviteur de Dieu Jean Paul II, place Saint Pierre, à Rome, le 1er mai 2011

 

Chers frères et sœurs!

 

Il y a six ans désormais, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean-Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu’une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier: la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé Prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. Ce jour-là, nous sentions déjà flotter le parfum de sa sainteté, et le Peuple de Dieu a manifesté de nombreuses manières sa vénération pour lui. C’est pourquoi j’ai voulu, tout en respectant la réglementation en vigueur de l’Église, que sa cause de béatification puisse avancer avec une certaine célérité. Et voici que le jour tant attendu est arrivé! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur: Jean-Paul II est bienheureux! Je désire adresser mes cordiales salutations à vous tous qui, pour cette heureuse circonstance, êtes venus si nombreux à Rome de toutes les régions du monde, Messieurs les Cardinaux, Patriarches des Églises Orientales Catholiques, Confrères dans l’Épiscopat et dans le sacerdoce, Délégations officielles, Ambassadeurs et Autorités, personnes consacrées et fidèles laïcs, ainsi qu’à tous ceux qui nous sont unis à travers la radio et la télévision.

 

Ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bienheureux Jean-Paul II a dédié à la Divine Miséricorde. C’est pourquoi ce jour a été choisi pour la célébration d’aujourd’hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l’esprit justement la veille au soir de cette fête. Aujourd’hui, de plus, c’est le premier jour du mois de mai, le mois de Marie, et c’est aussi la mémoire de saint Joseph travailleur. Ces éléments contribuent à enrichir notre prière et ils nous aident, nous qui sommes encore pèlerins dans le temps et dans l’espace, tandis qu’au Ciel, la fête parmi les Anges et les Saints est bien différente! Toutefois unique est Dieu, et unique est le Christ Seigneur qui, comme un pont, relie la terre et le Ciel, et nous, en ce moment, nous nous sentons plus que jamais proches, presque participants de la Liturgie céleste.

 

«Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.» (Jn 20,29). Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus prononce cette béatitude : la béatitude de la foi. Elle nous frappe de façon particulière parce que nous sommes justement réunis pour célébrer une béatification, et plus encore parce qu’aujourd’hui a été proclamé bienheureux un Pape, un Successeur de Pierre, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Jean-Paul II est bienheureux pour sa foi, forte et généreuse, apostolique. Et, tout de suite, nous vient à l’esprit cette autre béatitude : «Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux» (Mt 16, 17). Qu’a donc révélé le Père céleste à Simon? Que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Grâce à cette foi, Simon devient «Pierre», le rocher sur lequel Jésus peut bâtir son Église. La béatitude éternelle de Jean-Paul II, qu’aujourd’hui l’Église a la joie de proclamer, réside entièrement dans ces paroles du Christ: «Tu es heureux, Simon» et «Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.». La béatitude de la foi, que Jean-Paul II aussi a reçue en don de Dieu le Père, pour l’édification de l’Église du Christ.

Cependant notre pensée va à une autre béatitude qui, dans l’Évangile, précède toutes les autres. C’est celle de la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. C’est à elle, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, que Sainte Élisabeth dit: «Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur!» (Lc 1, 45). La béatitude de la foi a son modèle en Marie et nous sommes tous heureux que la béatification de Jean-Paul II advienne le premier jour du mois marial, sous le regard maternel de Celle qui, par sa foi, soutient la foi des Apôtres et soutient sans cesse la foi de leurs successeurs, spécialement de ceux qui sont appelés à siéger sur la chaire de Pierre. Marie n’apparaît pas dans les récits de la résurrection du Christ, mais sa présence est comme cachée partout: elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun des disciples et la communauté tout entière. En particulier, nous notons que la présence effective et maternelle de Marie est signalée par saint Jean et par saint Luc dans des contextes qui précèdent ceux de l’Évangile d’aujourd’hui et de la première Lecture: dans le récit de la mort de Jésus, où Marie apparaît au pied de la croix (Jn 19, 25); et au début des Actes des Apôtres, qui la montrent au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle (Ac 1, 14).

 

La deuxième Lecture d’aujourd’hui nous parle aussi de la foi, et c’est justement saint Pierre qui écrit, plein d’enthousiasme spirituel, indiquant aux nouveaux baptisés les raisons de leur espérance et de leur joie. J’aime observer que dans ce passage, au début de sa Première Lettre, Pierre n’emploie pas le mode exhortatif, mais indicatif pour s’exprimer; il écrit en effet: «Vous en tressaillez de joie», et il ajoute: «Sans l’avoir vu vous l’aimez; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi: le salut des âmes.» (1 P 1, 6. 8-9). Tout est à l’indicatif, parce qu’existe une nouvelle réalité, engendrée par la résurrection du Christ, une réalité accessible à la foi. «C’est là l’œuvre du Seigneur – dit le Psaume (118, 23) – ce fut une merveille à nos yeux», les yeux de la foi.

 

Chers frères et sœurs, aujourd’hui, resplendit à nos yeux, dans la pleine lumière spirituelle du Christ Ressuscité, la figure aimée et vénérée de Jean-Paul II. Aujourd’hui, son nom s’ajoute à la foule des saints et bienheureux qu’il a proclamés durant les presque 27 ans de son pontificat, rappelant avec force la vocation universelle à la dimension élevée de la vie chrétienne, à la sainteté, comme l’affirme la Constitution conciliaire Lumen gentium sur l’Église. Tous les membres du Peuple de Dieu – évêques, prêtres, diacres, fidèles laïcs, religieux, religieuses –, nous sommes en marche vers la patrie céleste, où nous a précédé la Vierge Marie, associée de manière particulière et parfaite au mystère du Christ et de l’Église. Karol Wojtyła, d’abord comme Évêque Auxiliaire puis comme Archevêque de Cracovie, a participé au Concile Vatican II et il savait bien que consacrer à Marie le dernier chapitre du Document sur l’Église signifiait placer la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l’Église entière. Cette vision théologique est celle que le bienheureux Jean-Paul II a découverte quand il était jeune et qu’il a ensuite conservée et approfondie toute sa vie. C’est une vision qui est synthétisée dans l’icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère. Icône qui se trouve dans l’Évangile de Jean (19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła: une croix d’or, un «M» en bas à droite, et la devise «Totus tuus», qui correspond à la célèbre expression de saint Louis Marie Grignion de Montfort, en laquelle Karol Wojtyła a trouvé un principe fondamental pour sa vie: «Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria – Je suis tout à toi et tout ce que j’ai est à toi. Sois mon guide en tout. Donnes-moi ton cœur, O Marie» (Traité de la vraie dévotion à Marie, nn. 233 et 266).

 

Dans son Testament, le nouveau bienheureux écrivait: «Lorsque, le jour du 16 octobre 1978, le conclave des Cardinaux choisit Jean-Paul II, le Primat de la Pologne, le Card. Stefan Wyszyński, me dit: "Le devoir du nouveau Pape sera d’introduire l’Église dans le Troisième Millénaire". Et il ajoutait: «Je désire encore une fois exprimer ma gratitude à l’Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, envers lequel je me sens débiteur avec l’Église tout entière – et surtout avec l’épiscopat tout entier –. Je suis convaincu qu’il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richesses que ce Concile du XXème siècle nous a offertes. En tant qu’évêque qui a participé à l’événement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et qui seront appelés à le réaliser à l’avenir. Pour ma part, je rends grâce au Pasteur éternel qui m’a permis de servir cette très grande cause au cours de toutes les années de mon pontificat». Et quelle est cette «cause»? Celle-là même que Jean-Paul II a formulée au cours de sa première Messe solennelle sur la place Saint-Pierre, par ces paroles mémorables: «N’ayez pas peur! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ!». Ce que le Pape nouvellement élu demandait à tous, il l’a fait lui-même le premier: il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant – force qui lui venait de Dieu – une tendance qui pouvait sembler irréversible. Par son témoignage de foi, d’amour et de courage apostolique, accompagné d’une grande charge humaine, ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de parler de l’Évangile. En un mot: il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de liberté. De façon plus synthétique encore: il nous a redonné la force de croire au Christ, car le Christ est Redemptor hominis, le Rédempteur de l’homme: thème de sa première Encyclique et fil conducteur de toutes les autres.

 

Karol Wojtyła est monté sur le siège de Pierre, apportant avec lui sa profonde réflexion sur la confrontation, centrée sur l’homme, entre le marxisme et le christianisme. Son message a été celui-ci: l’homme est le chemin de l’Église, et Christ est le chemin de l’homme. Par ce message, qui est le grand héritage du Concile Vatican II et de son «timonier», le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, Jean-Paul II a conduit le Peuple de Dieu pour qu’il franchisse le seuil du Troisième Millénaire, qu’il a pu appeler, précisément grâce au Christ, le «seuil de l’espérance». Oui, à travers le long chemin de préparation au Grand Jubilé, il a donné au Christianisme une orientation renouvelée vers l’avenir, l’avenir de Dieu, transcendant quant à l’histoire, mais qui, quoi qu’il en soit, a une influence sur l’histoire. Cette charge d’espérance qui avait été cédée en quelque sorte au marxisme et à l’idéologie du progrès, il l’a légitimement revendiquée pour le Christianisme, en lui restituant la physionomie authentique de l’espérance, à vivre dans l’histoire avec un esprit d’«avent», dans une existence personnelle et communautaire orientée vers le Christ, plénitude de l’homme et accomplissement de ses attentes de justice et de paix.

 

Je voudrais enfin rendre grâce à Dieu pour l’expérience personnelle qu’il m’a accordée, en collaborant pendant une longue période avec le bienheureux Pape Jean-Paul II. Auparavant, j’avais déjà eu la possibilité de le connaître et de l’estimer, mais à partir de 1982, quand il m’a appelé à Rome comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai pu lui être proche et vénérer toujours plus sa personne pendant 23 ans. Mon service a été soutenu par sa profondeur spirituelle, par la richesse de ses intuitions. L’exemple de sa prière m’a toujours frappé et édifié: il s’immergeait dans la rencontre avec Dieu, même au milieu des multiples obligations de son ministère. Et puis son témoignage dans la souffrance: le Seigneur l’a dépouillé petit à petit de tout, mais il est resté toujours un «rocher», comme le Christ l’a voulu. Sa profonde humilité, enracinée dans son union intime au Christ, lui a permis de continuer à guider l’Église et à donner au monde un message encore plus éloquent précisément au moment où les forces physiques lui venaient à manquer. Il a réalisé ainsi, de manière extraordinaire, la vocation de tout prêtre et évêque: ne plus faire qu’un avec ce Jésus, qu’il reçoit et offre chaque jour dans l’Église.

 

Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue – nous t’en prions – de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. Tant de fois il nous a béni sur cette place du Palais Apostolique. Aujourd‘hui, nous te prions : Saint Père  bénis nous. Amen.

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Office des Lectures pour la Fête du Bienheureux Jean Paul II

 

Charles Joseph Wojtyła naquit en 1920, à Wadowice (Pologne). Après son ordination sacerdotale, il compléta ses études de théologie à Rome. Puis, il revint dans sa patrie, où il exerça diverses charges pastorales et universitaires. Nommé évêque auxiliaire de Cracovie, puis archevêque de ce même diocèse en 1964, il participa au concile œcuménique Vatican II. Elu pape le 16 octobre 1978 sous le nom de Jean-Paul II, il fit preuve d’une sollicitude apostolique extraordinaire, en particulier à l’égard des familles, des jeunes et des malades, qui le conduisit à accomplir d’innombrables visites pastorales dans le monde entier. Parmi les très nombreux fruits laissés à l’Eglise par Jean-Paul II, les plus significatifs sont les suivants : son Magistère d’une richesse incomparable, la promulgation du Catéchisme de l’Eglise catholique et des Codes de Droit canonique pour l’Eglise latine et les Eglises orientales. Il mourut pieusement à Rome, le 2 avril 2005, à la veille du II dimanche de Pâques ou de la divine miséricorde.

 

Commun des pasteurs (papes)

 

Office des lectures

 

Deuxième lecture

 

De l’homélie du bienheureux Jean-Paul II, pape, au début de son pontificat

(22 octobre 1978 : AAS 70 [1978], 945-947)

 

N’ayez pas peur ! Ouvrez les portes au Christ

 

Pierre est venu à Rome ! Qu’est-ce qui l’a guidé et conduit vers cette ville, le cœur de l’Empire, sinon l’obéissance à l’inspiration reçue du Seigneur ? Peut-être ce pêcheur de Galilée n’a-t-il pas voulu venir jusque-là ? Peut-être aurait-il préféré rester sur les rives du lac de Génésareth, avec sa barque et ses filets ? Mais, conduit par le Seigneur et obéissant à son inspiration, il est venu jusqu’ici ! Selon une vieille tradition, pendant la persécution de Néron, Pierre aurait voulu quitter Rome. Mais le Seigneur est intervenu ; il est venu à sa rencontre. Pierre s’adressa à lui et lui demanda : « Quo vadis, Domine ? » (« Où vas-tu, Seigneur ? ») Et le Seigneur lui répondit aussitôt : « Je vais à Rome pour être crucifié une seconde fois. » Pierre retourna à Rome et il y est resté jusqu’à sa crucifixion. L’époque actuelle nous invite, nous pousse, nous oblige à regarder le Seigneur et à nous plonger dans l’humble méditation du mystère du pouvoir suprême du Christ. Celui qui est né de la Vierge Marie, le Fils du charpentier – comme on avait coutume de l’appeler –, le Fils du Dieu vivant, comme l’a confessé l’apôtre Pierre, est venu pour faire de nous tous « un royaume de prêtres ».

 

Le Concile Vatican II nous a rappelé le mystère de ce pouvoir et le fait que la mission du Christ – Prêtre, Prophète-Maître et Roi – continue dans l’Église. Tout le Peuple de Dieu participe à cette triple mission. Et si, autrefois, on déposait sur la tête du Pape la triple couronne, c’était pour exprimer, à travers ce symbole, le dessein du Seigneur sur son Église, à savoir que toute la hiérarchie de l’Église du Christ, et tout le « pouvoir sacré » exercé par elle, ne sont qu’un service, le service qui tend à un unique but : la participation de tout le Peuple de Dieu à cette triple mission du Christ et sa constante fidélité à demeurer sous le pouvoir du Seigneur, lequel tire ses origines non des puissances de ce monde mais du mystère de la Croix et de la Résurrection. Le pouvoir absolu et très doux du Seigneur répond à ce qu’il y a de plus profond en l’homme, aux aspirations les plus nobles de son intelligence, de sa volonté, de son cœur. Ce pouvoir ne s’exprime pas en langage de force, mais dans la charité et la vérité. Le nouveau successeur de Pierre sur le Siège de Rome élève aujourd’hui une prière fervente, humble et confiante : « Ô Christ, fais que je puisse devenir et demeurer un serviteur de ton unique pouvoir ! Un serviteur de ton pouvoir tout imprégné de douceur ! Un serviteur de ton pouvoir qui ne connaît pas de déclin ! Fais que je puisse être un serviteur ! Ou mieux le serviteur de tes serviteurs ».

 

Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait ! Aujourd’hui, si souvent l’homme ignore ce qu’il porte au-dedans de lui, dans les profondeurs de son esprit et de son cœur. Si souvent il est incertain du sens de sa vie sur cette terre. Il est envahi par le doute qui se transforme en désespoir. Permettez donc – je vous prie, je vous implore avec humilité et confiance – permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de vie, oui, de vie éternelle !

 

Répons

 

R/.  N’ayez pas peur : le Rédempteur de l’homme a révélé le pouvoir de la croix et donné sa vie pour nous ! * Ouvrez, ouvrez les portes au Christ.

V/.  Nous sommes appelés dans l’Eglise à participer à son pouvoir.

R/.  Ouvrez, ouvrez les portes au Christ.

 

Oraison

 

Dieu, riche en miséricorde, tu as appelé le bienheureux pape Jean-Paul II à guider ton Eglise répandue dans le monde entier; forts de son enseignement, accorde-nous d’ouvrir nos cœurs avec confiance à la grâce salvifique du Christ, unique Rédempteur de l’homme. Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

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Oraison de Messe la Fête du Bienheureux Jean Paul II

Commun des pasteur (papes)

 

Collecte

 

Dieu, riche en miséricorde, tu as appelé le bienheureux pape Jean-Paul II à guider ton Eglise répandue dans le monde entier; forts de son enseignement, accorde-nous d’ouvrir nos cœurs avec confiance à la grâce salvifique du Christ, unique Rédempteur de l’homme. Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

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Textes extraits du site du Saint Siège www.vatican.va

 

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25 octobre 2010

Saint Paul 3/3

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20 octobre 2010

Rome, ville de la Prédication Apostolique

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19 octobre 2010

Rome, ville de pèlerinage

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18 octobre 2010

Rome, ville des martyrs

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28 octobre 2009

La Servante de Dieu Rosa Giovannetti

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La Servante de Dieu Rosa Giovannetti

La Violoncelliste du Bon Dieu

1896-1929

Née à Rome, 27 Via S. Paolo alla Regola, le 16 octobre 1896, Rosa Giovannetti fut diplômée au Conservatoire de S. Cecilia et entra comme violoncelliste dans l'orchestre du Théâtre Costanzi, aujourd'hui Théâtre de l'Opera, et participa aux tournées différents en Italie et à l'étranger. Animée d'une profonde religiosité et d'un grand et très fort dynamisme apostolique, elle se dévoua non seulement à la catéchèse en sa paroisse, mais aussi au volontariat et à une intense activité caritative, elle mit tout en oeuvre dans son métier dans le domaine de la musique, pour y répandre le royaume de Dieu dans ce milieu difficile. Frappée par une terrible maladie, elle s'offrit en victime pour l'Église et pour les âmes. Elle mourut saintement le 30 janvier 1929. En 1963, sa cause de béatification a étée ouverte. Son corps repose dans l'Église de S. Carlo ai Catinari, près de la Chapelle Notre Dame de la Providence, où elle avait l'habitude de prier.

Prière

Dieu notre Père, nous Vous rendons grâce pour les dons dont Vous avez enrichis Votre servante Rosa Giovannetti et pour tout le bien qu'elle a accomplis en Votre Nom. Nous Vous demandons de la glorifier sur cette terre, en nous accordant la grâce que nous Vous demandons par son intercession. Nous Vous le demandons, Père, par Jésus, le Christ notre Seigneur. Amen.

Les personnes ayant reçues des grâces par l'intercession de la Servante de Dieu Rosa Giovannetti sont priées de les communiquer à

Paroisse S. Carlo ai Catinari

117 Piazza Benedetto Cairoli

00186 Roma - Italia

Téléchargez le texte de la prière pour la glorification de Rosa Giovannetti (pdf) en cliquant ici

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25 mai 2009

Chemin de croix 2009 au Colisée

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Chemin de croix 2009 au Colisée

Texte intégral du Chemin de Croix présidé par le pape Benoît au Colisée


Introduction


Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.


Chers frères et sœurs, nous sommes venus ici chanter ensemble un «hymne d'espérance». Nous voulons nous dire à nous-mêmes que tout n'est pas perdu dans les moments difficiles. Lorsque les mauvaises nouvelles se succèdent, nous sommes opprimés par l'angoisse. Lorsque le malheur nous frappe de plus près, nous nous décourageons. Lorsqu'une catastrophe fait de nous ses victimes, la confiance en nous même est entièrement ébranlée et notre foi est mise à dure épreuve. Mais tout n'est pas encore perdu. Comme Job, nous sommes à la recherche d'un sens (cf. Jb 1, 13-2, 10). Dans cet effort, nous avons un exemple: «Abraham crut, espérant contre toute espérance» (Rm 4, 18). En vérité, dans les temps difficiles, nous ne voyons aucune raison pour croire et espérer. Et pourtant, nous croyons. Et pourtant, nous croyons. Et pourtant, nous espérons. Cela peut arriver dans la vie de chacun de nous. Cela a lieu dans le contexte social plus large. Avec le psalmiste, nous nous demandons: «Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi? Espère en Dieu» (Ps 42, 6). Nous renouvelons et nous renforçons notre foi et nous continuons à avoir confiance dans le Seigneur. Car il sauve ceux qui ont perdu toute espérance (cf. Ps 34, 19). Et cette espérance à la fin ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5). C'est véritablement dans le Christ que nous comprenons la pleine signification de la souffrance. Au cours de cette méditation, tandis que nous contemplerons avec angoisse l'aspect douloureux de la souffrance de Jésus, nous porterons également notre attention sur sa valeur rédemptrice. Le projet de Dieu était que le «Messie devait souffrir» (Ac 3, 18; 26, 23) et que ces souffrances devaient être pour nous (cf. 1 P 2, 21). La conscience de cela nous remplit d'une vive espérance (cf. 1 P 1, 3). C'est cette espérance qui nous maintient heureux et constants dans la tribulation (cf. Rm 12, 12). Un chemin de foi et d'espérance est un long chemin spirituel, attentif au plus profond dessein de Dieu dans les processus cosmiques et dans les événements de l'histoire humaine. Etant donné que sous la superficie de catastrophes naturelles, de guerres, de révolutions et de conflits en tout genre, il y a une présence silencieuse, il y a une action divine précise. Il demeure caché dans le monde, dans la société, dans l'univers. La science et la technologie révèlent les merveilles de sa grandeur et de son amour: «Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s'entende; mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle, aux limites du monde» (Ps 19, 3). Il respire l'espérance. Il révèle ses desseins à travers sa «Parole», montrant la façon dont il puise le bien du mal tant dans les petits événements de nos vies personnelles, que dans les grands événements de l'histoire humaine. Sa «Parole» fait connaître «la glorieuse richesse» du dessein de Dieu, qui dit qu'il nous libère de nos péchés et que le Christ est au milieu de vous, lui, l'espérance de la gloire (Col 1, 27). Puisse ce message d'espérance retentir de Hoang-Ho jusqu'au Colorado, de l'Himalaya aux Alpes et aux Andes, du Mississipi au Brahmaputra. Il dit: «Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez le Seigneur» (Ps 30, 25).

IPremière Station

Jésus à l'agonie dans le Jardin des Oliviers


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 22, 41-44


Puis Jésus s'écarta à la distance d'un jet de pierre environ. Se mettant à genoux, il priait: «Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne». Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. Dans l'angoisse, Jésus priait avec plus d'insistance; et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient jusqu'à terre.


Jésus était à l'agonie. La douleur et l'angoisse s'abattirent sur lui. Le péché de toute l'humanité l'opprimait de ton son poids! . Mais plus sa douleur était grande, plus sa prière était intense. La douleur est toujours pour nous un défi. Nous nous sentons seuls abandonnés. Nous oublions de prier et nous nous écroulons. Certains vont même jusqu'à s'ôter la vie. Mais si nous nous tournons vers Dieu, nous devenons spirituellement forts et nous nous rapprochons de nos frères en difficulté (cf. 1 Tm 5, 10).Jésus continue de souffrir à travers ses disciples persécutés. Le Pape Benoît XVI dit qu'à notre époque aussi, les martyrs «ne font pas défaut pas à l'Eglise» (Sacramentum caritatis, n. 85). Le Christ est à l'agonie parmi nous et à notre époque. Nous prions pour ceux qui souffrent. Le mystère de la souffrance chrétienne a une valeur la rédemptrice. Puissent les persécutions, que subissent les croyants, compléter en eux le souffrances du Christ, qui apportent le salut (cf. Col 1, 24) Seigneur Jésus, fais que nous puissions comprendre plus profondément le grand «mystère du mal» et dans quelle mesure nous y avons contribué. Puisque la souffrance est entrée dans la vie humaine à travers le péché, ton plan a prévu que l'humanité fût sauvée du péché à travers la souffrance. Que ne se perdent aucune des petites contrariétés, humiliations et frustrations que nous subissons dans nos vies quotidiennes ni aucun des grands malheurs qui nous frappent de manière inattendue. Unies aux tiennes, puissent les tribulations que nous supportons, accueillies par toi, produire de l'espérance (cf. Rm 5, 4). Seigneur, enseigne-nous à être emplis de compassion non seulement avec ceux qui ont faim, qui ont soif, avec les malades ou ceux qui se trouvent dans un état de besoin particulier, mais aussi envers ceux qui sont enclins à être malpolis, polémiques ou offensants. De cette manière, puisque tu nous as réconfortés dans toutes nos difficultés, puissions-nous nous aussi «réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu» (2 Co ! 1, 4).


Pater noster, qui es in coelis, sanctificetur nomen tuum, adveniat regnum tuum, Fiat voluntas tua, sicut in caelo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie. Et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris. Et ne nos inducas in tentationem. Sed libera nos a malo. Amen


Stabat mater dolorosa

Debout, la Mère douloureuse

iuxta crucem lacrimosa

près de la Croix était en larmes

dum pendebat Filius.

devant son Fils suspendu.


IIDeuxième station

Jésus est trahi par Judas et retient la violence de Pierre


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 22, 47-50

De l'Evangile selon saint Matthieu 26, 52.56


Il parlait encore quand parut une foule de gens. Le nommé Judas, l'un des Douze, marchait à leur tête. Il s'approcha de Jésus pour l'embrasser. Jésus lui dit: «Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme?». Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent: «Seigneur, faut-il frapper avec l'épée?». L'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille droite. Jésus lui dit: «Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée». Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.


C'est un ami proche qui trahit Jésus, et par un baiser qui plus est. La manière dont Jésus a affronté la violence contient un message pour notre époque. La violence est suicidaire - dit-il à Pierre - et on ne l'emporte pas sur elle par une autre violence, mais par une énergie spirituelle supérieure, qui s'étend aux autres sous forme d'amour qui guérit. Jésus touche le serviteur du souverain prêtre et le guérit. L'homme violent peut avoir besoin aujourd'hui aussi d'un geste qui guérit, né d'un amour qui transcende les questions immédiates. A une époque de conflit entre personnes, groupes ethniques et religieux, nations, intérêts économiques et politiques, Jésus dit que le conflit et la violence ne sont pas la réponse, mais c'est l'amour, la persuasion et la réconciliation. Même lorsqu'il nous semble ne pas parvenir à de tels efforts, nous plantons quoi qu'il en soit des semences de paix, qui porteront du fruit en leur temps. La justesse de notre cause est notre force. Seigneur Jésus, tu nous considères comme tes amis, et pourtant nous relevons des traces d'infidélité en nous-mêmes. Nous reconnaissons nos transgressions. Nous sommes parfois présomptueux et trop sûrs de nous-mêmes. Nous tombons. Ne permets pas que l'avarice, la concupiscence ou l'orgueil nous surprennent. Avec quelle légèreté nous recherchons des satisfactions éphémères et des idées sans fondements! Fais que nous ne soyons pas «secoués et menés à la dérive par tous les courants d'idées, mais qu'en vivant dans la vérité de l'amour, nous grandissions dans le Christ pour nous élever en tout jusqu'à lui, car il est la Tête» (Ep 4, 14-15). Puisse la vérité et la sincérité des intentions être notre force. Réprime, Seigneur, notre impétuosité dans des situations de violence, comme tu as réprimé le caractère impulsif de Pierre. Garde-nous sereins dans l'esprit face à l'opposition et à des traitements injustes (cf. Jc 5, 10-11a). Persuade-nous qu'«une aimable réponse apaise la fureur» (Pr 15, 1) dans nos familles et que la «bonté» unie à la «sagesse» apporte la sérénité dans la société (cf. Pr 31, 26). «Seigneur fais de moi un instrument de ta paix» (attribué à saint François d'Assise).


Pater noster...


Cuius animam gementem,

Dans son âme qui gémissait,

contristatam et dolentem

toute brisée, endolorie,

pertransivit gladius.

le glaive était enfoncé.


IIITroisième station

Jésus est condamné par le Sanhédrin


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Matthieu, 26, 62-66


Alors le grand prêtre se leva et lui dit: «Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi?». Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit: «Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu». Jésus lui répond: «C'est toi qui l'as dit; mais en tout cas, je vous le déclare: désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel». Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant: «Il a blasphémé! Pourquoi nous faut-il encore des témoins? Vous venez d'entendre le blasphème! Quel est votre avis?». Ils répondirent: «Il mérite la mort».


Sur toutes les terres, il y a eu des personnes innocentes qui ont souffert, des personnes qui sont mortes en combattant pour la liberté, l'égalité ou la justice. Ceux qui luttent en faveur des «enfants de Dieu» promeuvent l'œuvre de Dieu lui-même. Car il défend les droits des faibles et des opprimés (cf. Is 1, 17). Quiconque collabore à cette œuvre dans l'esprit de Jésus apporte l'espérance aux opprimés et offre un message de justice à celui qui accomplit le mal. La manière de Jésus de combattre pour la justice n'est pas de susciter la colère collective des personnes contre l'opposant, ce qui a pour conséquence de les pousser à des formes de plus grande injustice. Au contraire, elle est de défier l'ennemi avec la justesse de notre propre cause et de susciter la bonne volonté de l'opposant de manière telle qu'il renonce à l'injustice par la persuasion et la conversion du cœur. Le Mahatma Gandhi a apporté dans la vie publique cet enseignement de Jésus sur la non-violence avec un étonnant succès. Seigneur, nous jugeons souvent les autres hâtivement, indifférents à la réalité des faits et insensibles aux sentiments des personnes! Nous mettons en acte des stratagèmes d'auto justification et nous essayons d'expliquer la manière irresponsable dont nous nous sommes comportés avec «l'autre». Pardonne-nous! Lorsque nous sommes mal jugés et injustement traités, donne-nous, Seigneur, la paix intérieure et la confiance que ton Fils a manifestées devant l'injustice. Préserve-nous d'une réponse agressive qui irait contre ton Esprit. Au contraire, aide-nous à apporter ta puissante Parole dans des situations de tension et de crainte, afin que puisse se révéler son pouvoir dynamique dans l'histoire. C'est dans sa volonté que notre paix habite» (Dante Alighieri, La Divine Comédie, Paradis, Chant III, v. 85).


Pater noster...


O quam tristis et afflicta

Qu'elle était triste et affligée,

fuit illa benedicta

la Mère entre toutes bénie,

mater Unigeniti!

la Mère du Fils Unique!


IVQuatrième station

Jésus est renié par Pierre

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

! Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 22, 54-62


Ils se saisirent de Jésus pour l'emmener et ils le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Pierre suivait de loin. Ils avaient allumé un feu au milieu de la cour et ils s'étaient tous assis là. Pierre était parmi eux. Une servante le vit assis près du feu; elle le dévisagea et dit: «Celui-là aussi était avec lui». Mais il nia: «Femme, je ne le connais pas». Peu après, un autre dit en le voyant: «Toi aussi, tu en fais partie». Pierre répondit: «Non, je n'en suis pas». Environ une heure plus tard, un autre insistait: «C'est sûr: celui-là était avec lui, et d'aill! eurs il est Galiléen». Pierre répondit: «Je ne vois pas ce que tu veux dire». Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre; et Pierre se rappela la parole que le Seigneur lui avait dite: «Avant que le coq chante aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois». Il sortit et pleura amèrement.


Pierre affirmait qu'il était fort, mais il s'est écroulé devant une jeune servante. La faiblesse humaine nous prend par surprise et nous tombons. Voilà pourquoi Jésus nous demande de veiller et de prier (cf. Mt 26, 41). Et il nous exhorte à renoncer à nous-mêmes et à nous approcher de Dieu. A l'intérieur de nous, ! il y a un «moi» rebelle. Nous sommes souvent intérieurement divisés (cf. Jc 4, 8) mais nous ne parvenons pas à reconnaître cette incohérence intérieure. Pierre la reconnut lorsque ses yeux rencontrèrent les yeux de Jésus, et alors il pleura. Plus tard, Thomas, rencontrant le Seigneur ressuscité, se rendit compte de son infidélité et il crut. Paul, à la lumière du Christ, se rendit compte de la contradiction intérieure et il la surmonta avec son aide (cf. Rm 7, 14-25), jusqu'à parvenir enfin à la découverte: «Je vis, mais ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 20). Seigneur, avec quelle facilité nous tolérons une divergence toujours plus grande entre ce que nous prétendons être et ce que nous sommes réellement! Trop souvent, nous ne parvenons pas à mettre en œuvre nos propres décisions et pas même à honorer parfois les promesses les plus solennelles! Par conséquent, nous sommes souvent hésitants au moment de prendre un engagement définitif même avec toi. Nous confessons que nous ne sommes pas parvenus à apporter dans notre vie cette discipline intérieure, que l'on attend de toute personne adulte et qui est nécessaire au succès de tout projet humain. Accorde la fermeté à notre détermination intérieure. Aide-nous à conduire à une heureuse conclusion toute œuvre de bien commencée. Rends-nous capables d'être «debout, comme des gens parfaits et pleinement accordés à la volonté de Dieu» (Col 4, 12).


Pater noster...


Quæ mærebat et dolebat

Qu'elle avait mal, qu'elle souffrait

pia mater, cum videbat la tendre

la Mère, en contemplant

Nati pœnas incliti.

Son divin Fils tourmenté!


VCinquième station

Jésus est jugé par Pilate


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.

De l'Evangile selon saint Luc, 23, 22-25


Pour la troisième fois, il leur dit: «Quel mal a donc fait cet homme? Je n'ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le faire châtier, puis le relâcher». Mais eux insistaient à grands cris, réclamant qu'il soit crucifié; et leurs cris s'amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur demande. Il relâcha le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, celui qu'ils réclamaient, et il livra Jésus à leur bon plaisir.


Ce n'était pas la justesse d'une question qui importait à Pilate, mais ses intérêts professionnels. Une telle attitude ne l'aida pas dans ce cas, ni dans sa carrière successive. Il était si différent de Jésus, que la rectitude intérieure rendait courageux. Et Pilate n'était pas non plus intéressé par la vérité. Il s'éloigne de Jésus en s'exclamant: «Qu'est-ce que la vérité?» (Jn 18, 38). Une telle indifférence à l'égard de la vérité n'est pas rare aujourd'hui. Les personnes se préoccupent souvent de ce qui procure une satisfaction immédiate. On se contente de réponses superficielles. On prend des décisions non pas sur la base de principes d'intégrité, mais de considérations opportunistes. En ne choisissant pas d'options moralement responsables, on porte atteinte aux intérêts vitaux de la personne humaine et de la famille humaine. Prions afin que les «conceptions spirituelles et éthiques», contenues dans la Parole de Dieu, inspirent les normes de vie de la société à notre époque (cf. XIIe Assemblée générale ordinaire du synode des évêques, Message au Peuple de Dieu, 24 octobre 2008, n.15). Seigneur, donne-nous le courage de prendre des décisions responsables lorsque nous rendons un service public. Diffuse la probité dans la vie publique et aide-nous à «conserver la foi et la conscience droite» (cf. 1 Tm 1, 19). Seigneur, tu es la source de toute Vérité. Guide-nous dans notre recherche de réponses ultimes. Fais que, laissant derrière nous les explications partielles et incomplètes, nous puissions rechercher ce qui est en permanence vrai, beau et bon. Seigneur, arme-nous de courage devant «la fronde et les flèches de la fortune outrageante» (William Shakespeare, Hamlet, III, 1). Lorsque les ombres s'intensifient sur les chemins escarpés de la vie, et que descend la nuit obscure, rends-nous capables d'écouter l'enseignement de l'apôtre Paul: «Veillez, tenez bon dans la foi, soyez des hommes, soyez forts» (1 Co 16, 13).


Pater noster...


Quis est homo qui non fleret,

Quel est celui qui sans pleurer

matrem Christi si vederet

pourrait voir la Mère du Christ

in tanto supplicio?

dans un supplice pareil?


VISixième station

Jésus est flagellé et couronné d'épines


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Matthieu, 27, 26-30


Pilate leur relâcha donc Barabbas; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié. Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant: «Salut, roi des Juifs!». Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.


L'inhumanité atteint de nouveaux sommets. Jésus est flagellé et couronné d'épines. L'histoire est pleine de haine et de guerre. Aujourd'hui aussi, nous sommes témoins de violences au-delà de ce qui est crédible: meurtres, violences sur les femmes et les enfants, prises d'otages, extorsions, conflits ethniques, violences urbaines, tortures physiques et mentales, violations des droits humains. Jésus continue de souffrir lorsque les croyants sont persécutés, lorsque la justice est administrée de façon déformée dans les tribunaux, lorsque la corruption est enracinée, les structures injustes écrasent les pauvres, les minorités sont opprimées, les réfugiés et les migrants maltraités. Jésus est dépouillé de ses vêtements lorsque la personne humaine est déshonorée sur les écrans, lorsque les femmes sont contraintes à s'humilier, lorsque les enfants des quartiers pauvres errent dans les rues, ramassant les ordures. Qui sont les coupables? Ne montrons pas du doigt les autres, car nous aussi, nous avons pu avoir une part de responsabilité dans ces formes d'inhumanité. Seigneur Jésus, nous savons que tu souffres lorsque nous sommes une cause de souffrance les uns pour les autres et que nous demeurons indifférents. Ton cœur a été touché par la compassion lorsque tu as vu les foules «fatiguées et abattues, comme des brebis sans berger» (Mt 9, 36). Donne-moi des yeux qui reconnaissent les besoins des pauvres et un cœur qui se prodigue par ! amour. «Donne-moi la force de rendre mon cœur fécond dans le service» (Rabindranath Tagore, Gitanjali, 36). Surtout, fais que nous puissions partager avec le pauvre ta «parole» d'espérance, l'assurance de ton aide. Puisse «l'amour de ta maison» brûler en nous comme un feu (Ps 69, 10). Aide-nous à porter le soleil vivant de ta joie dans la vie de ceux qui se traînent le long des chemins du désespoir.


Pater noster...


Pro peccatis suæ gentis

Pour les péchés de tout son peuple

vidit Iesum in tormentis,

elle le vit dans ses tourments,

et flagellis subditum.

subissant les coups de fouet.


VIISeptième station

Jésus, objet de moqueries, est emmené pour être crucifié


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Matthieu 27, 31


Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.


Jésus, au nom duquel chacun tombe à genou aux cieux et sur terre (cf. Ph 2, 10), est l'objet de moqueries. Nous sommes bouleversés en voyant les degrés de brutalité dans lesquels les êtres humains peuvent sombrer. Jésus est humilié de façons nouvelles aujourd'hui aussi: lorsque les réalités les plus sacrées et profondes de la foi sont banalisées, lorsque l'on laisse le sens du sacré s'effriter, et que le sentiment religieux est relégué dans les vestiges désagréables de l'antiquité. Dans la vie publique, tout risque d'être désacralisé: les personnes, les lieux, les promesses, les prières, les pratiques, les paroles, les textes sacrés, les formules religieuses, les symboles, les cérémonies. Notre vie sociale devient toujours plus sécularisée. Le sacré est effacé. La vie religieuse devient timide. Ainsi, nous voyons que les questions les plus importantes se situent parmi les inepties et les banalités glorifiées. Les valeurs et les normes, qui maintenaient ensemble les sociétés et guidaient les personnes vers les idéaux les plus élevés, sont raillés et jetés à la mer. Jésus continue à être ridiculisé! Nous avons la foi, Seigneur, mais pas assez. Aide notre incrédulité (cf. Mc 9, 24). Fais que nous ne mettions jamais en doute ou que nous ne nous moquions pas avec cynisme des aspects les plus sérieux de la vie. Accorde-nous de ne pas perdre notre chemin dans le désert de l'absence de Dieu. Rends-nous en mesure de te percevoir dans la brise légère, de te voir aux angles des rues, de t'aimer dans l'enfant qui n'est pas encore né. Dieu, fais-nous comprendre que sur le Thabor ou sur le Calvaire, ton Fils est le Seigneur. Avec ses habits resplendissants ou dépouillés de ses vêtements, il est le Sauveur du monde (cf. Jn 4, 42). Rends-nous attentifs à ses présences silencieuses: dans sa «Parole», dans les tabernacles, les sanctuaires, les lieux humbles, les personnes simples, la vie des pauvres, le rire des enfants, les pins qui murmurent, les collines qui ondulent, la! plus petite cellule vivante, l'atome le plus petit et les galaxies lointaines. Fais que nous puissions le regarder avec stupeur tandis qu'il marche sur les eaux du Rhin, du Nil et du Tanganica.


Pater noster...


Quis non posset contristari

Qui pourrait sans souffrir comme elle

Christi matrem contemplari

contempler la Mère du Christ

dolentem cum Filio?

douloureuse avec son Fils?


VIIIHuitième station

Jésus est aidé par Simon de Cyrène à porter la Croix


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 26


Pendant qu'ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu'il la porte derrière Jésus.


Chez Simon de Cyrène, nous voyons le prototype du disciple fidèle qui prend la croix sur lui et suit le Christ (cf. Mt 10, 38). Il n'est pas différent des millions de chrétiens d'origines humbles, ayant un profond attachement au Christ. Privés de charisme, de raffinement, mais dotés d'une foi profonde. Des hommes et des femmes d'une telle foi continuent de croître en terre d'Afrique et d'Asie et sur les îles lointaines. C'est parmi eux que fleurissent les vocations. Simon nous rappelle les petites communautés et les tribus avec leur engagement caractéristique pour le bien commun, un profond enracinement dans les valeurs éthiques et l'ouverture à l'Evangile. Elles méritent attention et soin. Le Seigneur ne veut pas qu'«un seul de ces petits soit perdu» (Mt 18, 14). Chez Simon, nous découvrons le caractère sacré de l'ordinaire et la grandeur de ce qui semble petit. Car la réalité la plus petite a un certain rapport mystique avec la plus grande, et l'ordinaire avec la plus extraordinaire! Seigneur, dans ton plan admirable, tu élèves les humbles (cf. Lc 1, 52) et tu soutiens les pauvres. Renforce ton Eglise dans son service aux communautés défavorisées: les moins privilégiés, les marginalisés, les personnes vivant dans des bidonvilles, les pauvres des zones rurales, les personnes souffrant de malnutrition, les intouchables, les personnes handicapées, les victimes de diverses formes de dépendance. Puisse l'exemple de ta servante, Mère Teresa de Calcutta, nous inspirer et nous conduire à consacrer plus d'énergies et de ressources à la cause des «plus pauvres des pauvres». Puissions-nous nous aussi écouter un jour ces paroles de Jésus: «J'avais faim et vous m'avez donné à manger, j'avais soif et vous m'avez donné à boire; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli; j'étais nu et vous m'avez habillé; j'étais malade et vous m'avez visité; j'étais en prison et vous êtes venus jusqu'à moi» (Mt 25, 35-36).


Pater noster...


Tui Nati vulnerati,

Ton enfant n'était que blessures,

tam dignati pro me pati,

lui qui daigna souffrir pour moi;

pœnas mecum divide.

donne-moi part à ses peines.


IXNeuvième station

Jésus rencontre les femmes de Jérusalem


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 27-28


Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit: «Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants!».


Devant les femmes en larmes, Jésus oublie sa condition. Il ne s'occupe pas de ses souffrances, mais de l'avenir tragique qui les attend, elles et leurs enfants. Les destins des sociétés sont étroitement liés au bien-être de leurs femmes. Partout où elles ne sont pas tenues suffisamment en estime ou leur rôle est diminué, les sociétés ne peuvent pas s'élever et atteindre leurs véritables potentialités. De la même façon, partout où leur responsabilité envers les nouvelles générations est négligée, ignorée ou marginalisée, l'avenir de cette société devient incertain. Dans de nombreuses sociétés du monde, les femmes ne bénéficient pas d'un traitement équitable. Le Christ pleure probablement pour elles. Il existe également des sociétés qui ne se soucient pas de leur avenir. Le Christ pleure probablement pour leurs enfants. Partout où l'avenir est négligé, à cause de l'utilisation excessive des ressources, de la dégradation de l'environnement, de l'oppression des femmes, de l'abandon des valeurs familiales, du manque de respect pour les normes éthiques, ! de l'abandon des traditions religieuses, Jésus continue de dire aux personnes: «Ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants!» (Lc 23, 28). Seigneur, tu es le Patron de l'histoire. Pourtant, tu as voulu notre collaboration pour accomplir tes desseins. Aide chacun à accomplir de façon responsable son rôle dans la société: les chefs dans leurs communautés, les parents dans leurs familles, les éducateurs et les agents de la santé dans leur domaine de compétence, les agents de la communication dans le monde de l'information. Suscite en nous le sens de la mission dans ce que nous faisons, un profond sens de responsabilité les uns envers les autres, envers la société, envers notre avenir commun et à ton égard, car tu as placé entre nos mains les destins de nos communautés et de l'humanité elle-même. Seigneur, ne détache pas de nous ton regard lorsque tu vois des femmes humiliées ou lorsque ton image est défigurée dans la personne humaine; lorsque nous interférons dans les systèmes de vie, lorsque nous affaiblissons le pouvoir nutritif de la nature, que nous polluons les cours d'eau, le bleu profond des mers ou les neiges du nord. Sauve-nous de l'indifférence cruelle pour notre avenir commun et ne permets pas que nous conduisions notre civilisation sur le sentier du déclin.


Pater noster...


Eia, mater, fons amoris,

Daigne, ô Mère, source d'amour,

me sentire vim doloris

me faire éprouver tes souffrances

fac, ut tecum lugeam.

pour que je pleure avec toi.


XDixième station

Jésus est crucifié


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 33-37

De l'Evangile selon saint Matthieu , 27, 46


Lorsqu'on fut arrivé au lieu dit: le Crâne, ou Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l'un à droite et l'autre à gauche. Jésus disait: «Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font». Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. Le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant: «Il en a sauvé d'autres: qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Elu!». Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner ! de la boisson vinaigrée, ils lui disaient: «Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même!». Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte: «Eli, Eli, lama sabactani?», ce qui veut dire: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?».


Les souffrances de Jésus atteignent leur comble. Il était resté impassible devant Pilate. Il avait supporté les mauvais traitements des soldats romains. Il avait gardé le contrôle de soi pendant la flagellation et le couronnement d'épines. Jusque sur la Croix, il semblait ne pas être bouleversé par la tempête des insultes. Il n'avait aucune parole de lamentation, ni de désir de vengeance. Puis toutefois, à la fin, arrive le moment où il cè! de. Il n'a plus la force de résister. Il se sent abandonné même par le Père! L'expérience nous apprend que même l'homme le plus fort peut descendre aux abîmes du désespoir. Les frustrations s'accumulent, la colère et le ressentiment ajoutent leurs poids. Les maladies, les mauvaises nouvelles, les malheurs, les mauvais traitements - tout peut arriver ensemble. Cela peut nous être arrivé à nous aussi. C'est dans ces moments-là que nous avons besoin de nous souvenir que Jésus ne nous abandonne jamais. Il s'adressa au Père avec un cri. Que notre cri aussi soit adressé au Père, qui vient constamment à notre aide dans toutes nos angoisses, chaque fois que nous l'invoquons (cf. Ps 107, 6, 13, 19, 20). Seigneur, lorsque les nuages s'accumulent à l'horizon et que tout semble perdu, lorsque nous ne trouvons pas d'amis qui nous soient proches et que l'espérance nous échappe des mains, apprends-nous à avoir confiance en toi, qui viendra assurément à notre secours (cf. Ps 25, 15). Puisse l'expérience de la douleur et des ténèbres intérieures nous enseigner la grande vérité qu'en toi rien n'est perdu, que même nos péchés - une fois reconnus dans le repentir - servent un but, comme le bois mort dans le froid de l'hiver (cf. Frère Roger de Taizé). Seigneur, tu as conçu un dessein universel derrière les mécanismes de l'univers et le progrès de l'histoire. Ouvre nos yeux aux rythmes et aux modèles dans les mouvements des étoiles! , à l'équilibre et aux proportions dans la structure intérieure des éléments, à l'interdépendance et à la complémentarité dans la nature, au progrès et au but dans le cours de l'histoire, à la correction et à la compensation dans nos histoires personnelles. C'est cette harmonie, que tu ne cesses de recréer malgré les douloureux déséquilibres que nous causons. En toi aussi, la perte la plus grande est un gain. La mort du Christ en effet est le prélude à la résurrection.


Pater noster...


Fac ut ardeat cor meum

Fais qu'en mon cœur brûle un grand feu

in amando Christum Deum,

pour mieux aimer le Christ mon Dieu

ut sibi complaceam.

et que je puisse lui plaire.


XIOnzième station

Jésus promet son Règne au bon larron


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 39-43


L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait: «N'es-tu pas le Messie? Sauve-toi toi-même, et nous avec!» Mais l'autre lui fit de vifs reproches: «Tu n'as donc aucune crainte de Dieu! Tu es pourtant un condamné, toi aussi! Et puis, pour nous, c'est juste: après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal». Et il disait: «Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne». Jésus lui répondit: «Amen, je te le déclare: aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis».


Ce n'est pas l'éloquence qui convainc et qui convertit. Dans le cas de Pierre, c'est un regard d'amour; dans le cas du bon larron c'est la sérénité sans amertume pour la souffrance. La conversion s'accomplit comme un miracle.! Dieu ouvre tes yeux. Tu reconnais sa présence et son action. Tu te rends! Miser sur le Christ est toujours un mystère. Pourquoi fait-on un choix définitif pour le Christ, même avec la perspective des difficultés ou de la mort? Pourquoi les chrétiens fleurissent-ils dans les lieux de persécution? Nous ne le saurons jamais. Mais cela arrive sans cesse. Quand une personne qui a abandonné la foi rencontre le vrai visage du Christ, elle est abasourdie par ce qu'elle voit réellement et comme Thomas, elle pourrait se rendre: «Mon Seigneur et mon Dieu» (Jn 20, 28). C'est un privilège de révéler le visage du Christ aux autres. C'est une joie encore plus grande de le découvrir ou de le redécouvrir. «C'est ta face Seigneur que je cherche, ne me cache pas ta face» (Ps 27, 8). O Seigneur aujourd'hui c'est vers toi que, en larmes, je crie: «Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne» (Lc 23, 42). C'est vers ce règne que j'aspire avec confiance. C'est la demeure d'éternité que tu as préparée pour tous ceux qui te cherchent avec un cœur sincère. «Ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le cœur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu» (1 Co 2, 9). Aide-moi Seigneur pendant ! que je marche avec peine vers mon destin éternel. Dissipe l'obscurité sur mon chemin, et tiens mes yeux levés vers le haut!


«Conduis-moi, douce lumière, dans les ténèbres qui m'entourent. Conduis-moi! La nuit est épaisse et je suis loin de chez moi. Conduis-moi! Dirige mes pas, Je ne demande pas de voir l'horizon lointain un pas après l'autre, voilà qui me suffit»

(John Henry Newman, Livre de prières, sous la direction de Vincent Ferrer Blehl, s.j., Birmingham, 1990, p. 32).


Pater noster...


Sancta mater, istud agas,

Ô sainte Mère, daigne donc

Crucifixi fige plagas

graver les plaies du Crucifié

cordi meo valide.

profondément dans mon cœur.


XIIDouzième station

Jésus, la Mère et le disciple qu'il aimait au pied de la Croix


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum


De l'Evangile selon saint Jean, 19, 25-27


Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: «Femme, voici ton fils». ! Puis il dit au disciple: «Voici ta mère». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.


Dans la souffrance, nous désirons ardemment la solidarité. Marie, la mère, nous rappelle l'amour, le soutien et la solidarité de la famille, Jean la fidélité. La cohésion de la famille, les liens au sein de la communauté, les liens de l'amitié sont essentiels pour le développement des êtres humains. Dans une société anonyme, ils perdent de leur vigueur. Quand ils font défaut, notre humanité s'affaiblit. Par ailleurs, en Marie, nous ne relevons pas le moindre signe de rancœur, ni ni une parole d'amertume. La Vierge devient l'archétype du pard! on dans la foi et dans l'espérance. Elle nous montre le chemin vers l'avenir. Ceux qui voudraient aussi répondre à l'injustice violente avec une «justice violente», savent que cette réponse n'est pas la solution. Le pardon suscite l'espérance. Il existe aussi des offenses historiques qui peuvent blesser la mémoire des sociétés pendant des siècles. Si nous ne transformons pas notre colère collective en de nouvelles énergies d'amour au moyen du pardon, nous périrons. Quand la guérison arrive grâce au pardon, nous allumons une lampe qui annonce des possibilités nouvelles pour «la vie et la paix» de l'humanité (cf. Ml 2, 5). Seigneur Jésus, ta Mère se tenait silencieusement à tes côtés lors de ton agonie. Elle, qui est restée cachée quand ils t'acclamaient comme un grand prophète, est à côté de toi dans ton humiliation. Fais que j'aie le courage de demeurer fidèle aussi là où ils ne te reconnaissent pas. Accorde-moi de ne pas avoir honte d'appartenir au «petit troupeau» (Lc 12, 32). Seigneur, fais-moi me rappeler que ceux que je considère comme mes «ennemis» appartiennent aussi à la famille humaine. S'ils me traitent injustement, fais que ma prière soit seulement: «Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font» (Lc 23, 34). Il peut arriver que dans un contexte semblable, je reconnaisse à l'improviste le vrai visage du Christ et que je crie comme le centurion : «Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu!» (Mc 15, 39).


Pater noster...


Fac me tecum pie fere,

Que vraiment je pleure avec toi,

Crucifixo condolere,

qu'avecle Christ en Croix je souffre,

donec ego vixero

chacun des jours de ma vie!


XIIITreizième station

Jésus meurt sur la Croix


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum


De l'Evangile selon saint Luc, 23, 46


Alors, Jésus poussa un grand cri: «Père, entre tes mains je remets mon esprit». Et après avoir dit cela, il expira.


Jésus remet sa vie à son Père dans un abandon serein. Ce que les persécuteurs croient être un moment d'échec est en fait un moment de triomphe. Quand un prophète meurt pour la cause qu'il a soutenue, i! l donne la preuve définitive de tout ce qu'il a dit. La mort du Christ est quelque chose de plus. Elle porte la rédemption (cf. Ga 3, 13). «En Lui, par son sang nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes» (Ep 1, 7).Pour moi, c'est avec cela que commence un chemin mystique: le Christ m'attire plus près de Lui jusqu'à ce que je lui appartienne totalement (cf. Jn 12, 32; Ph 3, 12-14; Ga 2, 20) «Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu... Quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu?» (Ps 42, 2-3). Seigneur Jésus, tu as été cloué sur la Croix à cause de mes péchés. Aide-moi à acquérir une conscience plus grande de mes fautes et de l'immensité de ton amour. «Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs» (Rm 5, 6.8). Je te confesse mes péchés comme l'ont fait les prophètes: «Nous avons péché, nous avons commis l'iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous! nous sommes détournés de tes commandements et de tes préceptes! Nous n'avons pas écouté tes serviteurs les prophètes...» (Dn 9, 5-6) Rien en moi ne mérite ta bienveillance. Je te rends grâce pour ton incommensurable bonté envers moi. Aide-moi à vivre pour toi, conforme ma vie à la tienne (cf. 1 Co 11, 1), de telle sorte que je sois uni à toi, et devienne une nouvelle créature (cf. 2 Co 5, 17). Le Christ avec moi, Le Christ en moi, le Christ derrière moi, Le Christ devant moi, le Christ à coté d! e moi, le Christ me conquiert, le Christ me réconforte, le Christ me guérit («Saint Patrick's Breastplate», hymne irlandais du VIIIe siècle)

Pater noster...


Vidit suum dulcem Natum

Elle vit son enfant très cher

Morientem desolatum

mourir dans la désolation

Cum emisit spiritum

Alors qu'il rendait l'esprit!


XIVQuatorzième station

Jésus est descendu de la Croix et mis au tombeau


Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.

Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.


De l'Evangile selon saint Marc, 15, 46


Joseph d'Arimathie, acheta donc un linceul, il descendit Jésus de la Croix, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans un sépulcre qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l'entrée du tombeau.


La tragédie ! nous fait réfléchir. Un tsunami nous rappelle ce qu'est la vie. Hiroshima et Nagasaki demeurent des lieux de pèlerinage. Quand la mort nous touche de près, c'est un autre monde qui nous est proche. C'est alors que nous nous libérons des illusions et que nous avons la perception d'une réalité plus profonde. Autrefois les personnes priaient ainsi en Inde: «Conduis nous de l'irréel au réel, de l'obscurité à la lumière, de la mort à l'immortalité» (Brihadaranyaka Upanishads I.III.28). Après que Jésus eut laissé cette terre, les chrétiens ont commencé à regarder en arrière et à comprendre sa vie et sa mission. Ils ont annoncé son message jusqu'aux confins de la terre. Ce message, c'est Jésus Christ lui-m&eci! rc;me, qui est «puissance de Dieu et sagesse de Dieu» (1 Co 1, 24). Il nous dit que la réalité c'est le Christ (cf. Col 2, 17) et notre destin définitif est de vivre avec lui (cf. Ph 1, 23). Seigneur Jésus, alors que nous avançons avec peine sur le chemin de la vie, donne-nous de recevoir une lueur sur notre destin définitif. Et quand finalement nous franchirons le dernier seuil, nous saurons que «la mort n'existera plus, il n'y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse» (Ap 21, 4). Dieu essuiera toutes larmes de nos yeux. Voici la Bonne Nouvelle que nous désirons annoncer «de toute façon» (Ph 1, 23) là où le nom du Christ n'a pas encore ét&eac! ute; annoncé (cf. Rm 15, 20). Dans ce but, nous nous engageons totalement «travaillant jour et nuit» (1 Ts 2, 9) jusqu'à l'épuisement (cf. 1Co4, 12). Seigneur, apprend nous à être des messagers efficaces de ta Bonne Nouvelle. «Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu'à la fin il se dressera sur la poussière des morts; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair,je verrai Dieu» (Jb 19, 25-26)


Pater noster...


Quando corpus morietur,

Au moment où mon corps mourra,

fac ut anim&aeli! g; donetur

fais qu'à mon âme soit donnée

paradisi gloria. Amen.

la gloire du Paradis. Amen.

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30 avril 2009

Hymne Acathiste à Saint Boniface de Rome

san_bonifacio

Saint Boniface de Rome

+ au 4e siècle

Fête le 19 décembre


Saint Boniface souffrit le martyre, sous Dioclétien et Maximien, dans la ville de Tarse; mais il fut enseveli à Rome sur la voie latine. C'était l’intendant d'une noble matrone appelée Aglaë. Ils vivaient criminellement ensemble; mais touchés l’un et l’autre par la grâce de Dieu, ils décidèrent que Boniface irait chercher des reliques des martyrs dans l’espoir de mériter, au moyen de leur intercession, le bonheur du salut, par les hommages et l’honneur qu'ils rendraient à ces saints corps. — Après quelques jours de marche, Boniface arriva dans la ville de Tarse et s'adressant à ceux qui l’accompagnaient : « Allez, leur dit-il, chercher où nous loger: pendant ce temps j'irai voir les martyrs au combat; c'est ce que je désire faire tout d'abord. » Il alla en toute hâte au lieu des exécutions : et il vit les bienheureux martyrs, l’un suspendu par les pieds sur un foyer ardent, un autre étendu sur quatre pièces de bois et soumis à un supplice lent, un troisième labouré avec des ongles de fer, un quatrième auquel on avait coupé les mains, et le dernier élevé en l’air et étranglé par des bûches attachées à son cou. En considérant ces différents supplices dont se rendait l’exécuteur un bourreau sans pitié, Boniface sentit grandir son courage, et son amour pour J.-C. et s'écria : « Qu'il est grand le Dieu des saints martyrs! » Puis il courut se jeter à leurs pieds et embrasser leurs chaînes: «Courage, leur dit-il, martyrs de J.-C. ; terrassez le démon, un peu de persévérance ! Le labeur est court, mais le repos sera long ensuite, viendra le temps où vous serez rassasiés d'un bonheur ineffable. Ces tourments que vous endurez pour l’amour de Dieu n'ont qu'un temps ; ils vont cesser et tout à l’heure, vous passerez à la joie d'une félicité qui n'aura point. de fin ; la vue de votre roi fera votre bonheur; vous unirez vos voix au concert des chœurs angéliques, et revêtus de la robe brillante de l’immortalité vous verrez du haut du ciel vos bourreaux impies tourmentés tout vivants dans l’abîme d'une éternelle misère. » — Le juge Simplicien, qui aperçut Boniface, le fit approcher de son tribunal et lui demanda : « Qui es-tu? » « Je suis chrétien, répondit-il, et Boniface est mon nom. » Alors le juge en colère le fit suspendre et ordonna de lui écorcher le corps avec des ongles de fer, jusqu'à ce qu'on vit ses os à nu ensuite il fit enfoncer des roseaux aiguisés sous les ongles de ses mains. Le saint martyr; les yeux levés au ciel, supportait ses douleurs avec joie. A cette vue, le juge farouche ordonna de lui verser du plomb fondu (79) dans la bouche. Mais le saint martyr disait : « Grâces vous soient rendues, Seigneur J.-C., Fils du Dieu vivant. » Après quoi, Simplicien fit apporter une chaudière qu'on emplit de poix. On la fit bouillir et Boniface y fut jeté la tête la première. Le saint ne souffrit rien; alors le juge commanda de lui trancher la tête. Aussitôt un affreux tremblement de terre se fit ressentir et beaucoup d'infidèles, qui avaient pu apprécier le courage de cet athlète, se convertirent. — Cependant les compagnons de Boniface le cherchant partout et ne l’ayant point trouvé, se disaient entre eux : « Il est quelque part dans un lieu de débauche, ou occupé à faire bonne chère dans une taverne. » Or, pendant qu'ils devisaient ainsi, ils rencontrèrent un des geôliers. « N'as-tu pas vu, lui demandent-ils, un étranger, un Romain? » « Hier, leur répondit-il, un étranger a été décapité dans le cirque. » « Comment était-il? » « C'était, ajoutèrent-ils, un homme carré de taille, épais, à la chevelure abondante, et revêtu d'un manteau écarlate. » « Eh bien! répondit le geôlier, celui que vous cherchez a terminé hier sa vie par le martyre. » « Mais, reprirent-ils, l’homme que nous cherchons est un débauché, un ivrogne. » « Venez le voir, dit le geôlier. » Quand il leur eut montré le tronc du bienheureux martyr et sa tête précieuse, ils s'écrièrent : « C'est bien celui que nous cherchons veuillez nous le donner. » Le geôlier répondit : « Je ne puis pas vous délivrer son corps gratuitement. » Ils donnèrent alors cinq cents pièces d'or, et reçurent le corps du saint martyr qu'ils embaumèrent et renfermèrent dans des linges de prix; puis l’ayant mis dans (80) une litière, lis revinrent pleins de joie et rendant gloire à Dieu. Or, un ange du Seigneur apparut à Aglaé et lui révéla ce qui était arrivé à Boniface. A l’instant elle alla au-devant du saint corps et fit construire, en son honneur, un tombeau digne de lui, à une distance de Rome de cinq stades. Boniface fut donc martyrisé, le 14 mai, à Tarse, métropole de la Cilicie, et enseveli à Rome le 9 juillet. — Quant à Aglaë, elle renonça au monde et à ses pompes : après avoir distribué tous ses biens aux pauvres et aux monastères, elle affranchit ses esclaves, et passa le reste de sa vie dans le jeûne et la prière. Elle vécut encore douze ans sous l’habit de religieuse, dans la pratique continuelle des bonnes oeuvres et fut enterrée auprès de saint Boniface.


Texte extrait de la Légende Dorée de Jacques de Voragine

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Hymne Acathiste à Saint Boniface de Rome, Martyr


Kondakion 1


Parti à la recherche des martyrs du Seigneur, tu as rencontré la grâce du Christ et reçu la couronne d'immortalité par ta mort glorieuse, c'est pourquoi nous nous écrions vers toi: Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Ikos 1


Tu vivais avec Aglaé dans le luxe et la débauche et tu ne pensais pas au Royaume de Dieu, Saint Boniface à la si grande beauté, mais le Seigneur comme à Saint Paul te préparait un Chemin pour que nous puissions nous écrier :

Réjouis-toi par tes qualités Dieu pouvait te parler

Réjouis-toi par ton hospitalité tu pus l'accueillir

Réjouis-toi par ta générosité tu reconnus Sa bonté

Réjouis-toi grâce à ta compassion tu compris Son amour

Réjouis-toi tes bonnes dispositions ouvraient ton coeur

Réjouis-toi beauté agréable à Dieu

Réjouis-toi par qui nous apprenons le pardon des fautes

Réjouis-toi par qui le Seigneur nous enseigne l'espoir

Réjouis-toi par qui Il nous montre Sa patience

Réjouis-toi perle qui jaillit de la fange

Réjouis-toi lumière qui sourd des ténèbres

Réjouis-toi exemple qui réconforte notre âme

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 2


Ayant ouï dire que les reliques des saints martyrs protégeaient ceux qui les vénéraient, Aglaé t'envoya en Asie pour que tu lui rapportes, ces restes saints qui témoignent de la grâce de Dieu et clament vers Lui: Alleluia!


Ikos 2


Aglaé qui était païenne comme toi, dans son ignorance ténébreuse ne saisissait pas pleinement la signification profonde de cet acte de vénération, mais nous que Dieu voulut éclairer nous t'acclamons ainsi:

Réjouis-toi que l'amour profane conduisit vers l'Amour

Réjouis-toi que la superstition amena dans la Foi véritable

Réjouis-toi qui partis dans l'ignorance et fus illuminé

Réjouis-toi qui reçus la Connaissance et la Vie

Réjouis-toi modèle des pécheurs que nous sommes

Réjouis-toi consolation de ceux qui désespèrent

Réjouis-toi par toi nous savons que Dieu est toujours proche

Réjouis-toi par toi Il nous enseigne que Son Amour est attentif

Réjouis-toi par toi notre foi est raffermie

Réjouis-toi tu ouvres un chemin de retour à nos errances

Réjouis-toi tu éclaires nos pas dans la nuit du repentir

Réjouis-toi auditeur compréhensif de nos faiblesses

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 3


Ayant promis à ta compagne les reliques des Saints, tu lui demandas de recevoir les tiennes si tu venais à mourir et elle rit de ce qu'elle croyait être une extravagance, mais nous te vénérons et chantons avec toi vers Dieu: Alleluia!


Kondakion 3


Tu pressentais que tu allais rencontrer le trépas, ô Saint Martyr du Christ Boniface, et ton cœur devinait le cours glorieux que le Seigneur allait donner aux fleuves de ton sang pour que nous t'acclamions ainsi:

Réjouis-toi magnifique athlète de l'Église

Réjouis-toi vase d'élection de l'Amour nonpareil

Réjouis-toi qui pressentis toute la mesure de la Grâce

Réjouis-toi qui devinas que ce voyage était unique

Réjouis-toi qui exaltes le don total

Réjouis-toi relèvement de ceux qui sont tombés

Réjouis-toi source de courage

Réjouis-toi guide sûr des pécheurs

Réjouis-toi intercesseur assidu auprès de Dieu

Réjouis-toi pieux exemple du prompt repentir

Réjouis-toi confiance sans faille en la Providence

Réjouis-toi bastion imprenable de la fermeté

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 4


En chemin tu décidas de changer ta vie, Saint Martyr du Christ Boniface, et pour être digne de ramener les saintes reliques, tu résolus de t'abstenir de viandes et de boissons, tu protèges à présent ceux qui jeûnent pour Dieu et Lui chantent: Alléluia!


Ikos 4


Ta vie en vérité nous console grandement, par elle en effet nous comprenons que Dieu nous attend sans discontinuer et que Son Amour est toujours prompt à recevoir notre faiblesse, Saint Martyr Boniface sois remercié par nos acclamations:

Réjouis-toi qui te dégageas de la gangue des passions

Réjouis-toi qui laissas le monde en allant vers les martyrs

Réjouis-toi qui compris la tempérance

Réjouis-toi qui enseignes le jeûne

Réjouis-toi l'ascèse te fut naturelle

Réjouis-toi tu t'élevas au-dessus de la chair

Réjouis-toi tu domptas ton corps sans connaître ton âme

Réjouis-toi tu quittas les plaisirs pour recevoir la vie

Réjouis-toi émule des ascètes

Réjouis-toi chemin du renoncement

Réjouis-toi aurore d'une voie nouvelle

Réjouis-toi règle de sobriété

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 5


A Tarse ô Saint Martyr Boniface tu vis les athlètes du Christ torturés par l'ordre d'un gouverneur impie et tes yeux s'ouvrirent au Royaume des Cieux, car tandis qu'on les mettaient à mort ils s'écriaient: Alléluia!


Ikos 5


Tu embrassas les chaînes des martyrs, tu donnas à leur corps rompus un saint baiser et d'une voix forte tu les exhortas à continuer le bon combat, c'est pourquoi nous t'acclamons ainsi:

Réjouis-toi qui aimas les martyrs

Réjouis-toi qui ne fus pas effrayé par leurs souffrances

Réjouis-toi qui les vénéras le premier

Réjouis-toi qui compris leur sacrifice

Réjouis-toi qui vis le Christ sous leurs plaies

Réjouis-toi qui appréhendas alors la Vérité

Réjouis-toi catéchumène dont les maîtres étaient saints

Réjouis-toi qui aperçus dans leur sang une onde vive

Réjouis-toi qui reçus leur témoignage parfait

Réjouis-toi soutien de leur combat

Réjouis-toi cohéritier de leur courage

Réjouis-toi imitateur de leur endurance

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 6


Parlant à haute voix ô Saint de Dieu, tu attiras l'attention de l'injuste tyran, comme tu méprisais les dieux païens, il te demanda qui tu étais et tu répondis: je suis Chrétien le Christ est mon Maître, pour cet exemple de courage insigne louons Dieu en clamant: Alléluia!


Ikos 6


Tu ne cessas de dire que tu étais chrétien et tu refusas de sacrifier aux démons, malgré les souffrances que tu savais proches, tu restas ferme dans la foi , ni les promesses ni les tortures ne purent te fléchir, par ta prière affermis notre courage dans l'épreuve tandis que nous te disons:

Réjouis-toi ferme soutien dans la souffrance

Réjouis-toi certitude dans le doute

Réjouis-toi colonne de force spirituelle

Réjouis-toi disciple parfait

Réjouis-toi étonnement des tyrans

Réjouis-toi éclair qui illumine notre conscience

Réjouis-toi révélation de la force du Christ

Réjouis-toi protection contre les idoles du monde

Réjouis-toi destructeur des rites païens

Réjouis-toi qui souffris en silence

Réjouis-toi qui ne regardas que le Ciel

Réjouis-toi dont le martyr régénère la vie

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 7


Tu demandas aux martyrs de prier pour toi afin de demeurer ferme dans la foin car tu voulais maintenant devenir toi aussi un témoin du Dieu qui ouvrit ton cœur, fortifiés par ton exemple nous Lui clamons: Alléluia!


Ikos 7


Ni les menaces ni la douleur ni le feu ne purent ébranler ta résolution, tu ne fléchis point et tu demandas à Dieu de t'accorder le repos dans le choeur des saints et de libérer Son peuple de l'amère persécution des impies, devant ton courage nous nous écrions:

Réjouis-toi que la douleur laisse impassible

Réjouis-toi que l'horreur ne dompte point

Réjouis-toi nouveau soldat qui n'a crainte du feu

Réjouis-toi qui offres ton col au glaive

Réjouis-toi qui convertis par ton supplice

Réjouis-toi qui vivifies par ta mort

Réjouis-toi étonnement des impies

Réjouis-toi stupeur des lâches armés du glaive

Réjouis-toi bannière intrépide de notre faiblesse

Réjouis-toi défense dans la tentation

Réjouis-toi bouclier des pusillanimes

Réjouis-toi avocat des faibles

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 8


Tes compagnons habitués à ton ancienne vie te cherchèrent dans les tavernes et les lieux de débauche, ils ne pouvaient soupçonner le rachat précieux de ton existence, ta mort glorieuse et ton séjour parmi les justes qui chantent sans cesse vers Dieu: Alléluia!


Ikos 8


Ayant décrit ton apparence physique, ton corps mortel leur fut présenté, devant ton chef sanglant pris de remords, ils te demandèrent pardon de t'avoir mésestimé, en rachetant ta dépouille ils l'embaumèrent et te louèrent ainsi:

Réjouis-toi qui souris à tes compagnons après ta mort

Réjouis-toi qui leur appris que le trépas n'est pas l'oubli

Réjouis-toi qui combattis le bon combat

Réjouis-toi dont la course fut brève mais sûre

Réjouis-toi soldat de l'unique bataille

Réjouis-toi qui effaces une vie par un instant

Réjouis-toi qui convertis tes compagnons

Réjouis-toi qui affermis leur foi

Réjouis-toi cierge allumé à la ferveur du sacrifice

Réjouis-toi lumière orante devant Dieu

Réjouis-toi qui allèges le joug du monde sur nous

Réjouis-toi clairière dans la peur et le péché

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 9


Un ange du Seigneur apparut à Aglaé et l'avertit que tu avais reçu la palme du martyre, remplie de crainte Aglaé accepta cette parole terrifiante et loua Dieu disant: Alleluia!


Ikos 9


L'ange dit à la nouvelle servante du Christ: celui qui fut ton esclave est à présent ton frère, reçois-le comme ton maître et donne-lui un repos digne de sa gloire, joignant nos voix à celle d'Aglaé t'accueillant nous te disons:

Réjouis-toi qui allas vers les serviteurs et trouva le Seigneur

Réjouis-toi qui dominas la peur et nous enseignes à le faire

Réjouis-toi qui connus le baptême du sang

Réjouis-toi qui nous parraines dans l'épreuve

Réjouis-toi incarnation de nos espoirs réalisés

Réjouis-toi matérialisation de nos rêves de courage

Réjouis-toi toise qui mesure notre stature spirituelle

Réjouis-toi libération de nos limites

Réjouis-toi exaltation de la grâce dans notre nature

Réjouis-toi soutien de notre défense malhabile

Réjouis-toi compréhension de nos faiblesses

Réjouis-toi propitiation pour nos limitations

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 10


Accompagnée de pieux clercs psalmodiant et priant, Aglaé alla au-devant de tes saintes reliques, elle les déposa en un lieu sur lequel elle fit bâtir un oratoire digne de ton combat où résonna sans cesse la louange de Dieu: Alleluia!


Ikos 10


Aglaé instruite par ton exemple renonça elle aussi au vain monde, elle vendit ses biens et les donna aux pauvres, puis se consacrant à Dieu avec quelques compagnes, elle passa le reste de son temps dans la prière, miracle que nous célébrons en te disant:

Réjouis-toi qui convertis par ton exemple

Réjouis-toi qui éclaires par ton martyre

Réjouis-toi qui transformes les coeurs par ton sacrifice

Réjouis-toi qui convaincs par ton endurance

Réjouis-toi glaive qui sépare du Malin

Réjouis-toi trophée de victoire

Réjouis-toi témoignage éclatant de la miséricorde

Réjouis-toi fleuron du martyrologe

Réjouis-toi échelle de notre faiblesse vers le ciel

Réjouis-toi pont entre le zèle et notre tiédeur

Réjouis-toi voie royale sur les routes de Dieu

Réjouis-toi louange parfaite des paroles et des actes

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 11


Ta vie suscite en nous l'admiration, ô Saint Martyr du Christ Boniface, ta détermination calme et sereine nous incite à plus de fermeté et joignant notre voix à la tienne nous nous écrions vers Dieu: Alléluia!


Ikos 11


Tu livras sans hésiter ton corps périssable, tu offris sans remords ton chef au glaive des impies, ainsi après avoir abandonné le monde et ses richesses illusoires, tu laissas ta dépouille à terre pour libérer ton âme et nous pleins de respect t'exaltons:

Réjouis-toi pèlerin de l'unique pèlerinage

Réjouis-toi chantre du Dieu indivisible

Réjouis-toi contempteur du Malin

Réjouis-toi vainqueur admirable des passions

Réjouis-toi admirateur efficace des martyrs

Réjouis-toi qui mis tes pas dans les leurs

Réjouis-toi que rien ne fit céder

Réjouis-toi qui transformas ses ténèbres passées en lumière

Réjouis-toi soutien des faibles

Réjouis-toi appui des purs

Réjouis-toi refuge des combattants de la foi

Réjouis-toi trésor insigne de l'Eglise

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 12


O Saint Martyr du Christ Boniface ta vie pour nous est un chemin de foi et d'espérance, dès l'instant où tu sus que tu devais partir quérir les saintes reliques, tu gardas le regard sur le Dieu Unique, que nous acclamons tous ainsi : Alléluia!


Ikos 12


En ces temps où la foi devient tiède* Où le zèle pour l'Eglise de Dieu se fait rare* Saint Martyr du Christ Boniface intercède pour nous* Afin que nous puissions l'âme embrasée d'amour * Imiter ton exemple sacré que nous célébrons en disant:

Réjouis-toi insigne témoin du Très-Haut

Réjouis-toi fleur du jardin de Dieu

Réjouis-toi purification de nos vies dissolues

Réjouis-toi qui déjoues les ruses de l'Ennemi

Réjouis-toi consolation subtile des opprimés

Réjouis-toi honte des pleutres

Réjouis-toi regain de force de ceux qui vacillent

Réjouis-toi regard purifié qui permet de voir Dieu

Réjouis-toi triomphateur des vains désirs du monde

Réjouis-toi victoire sur le blasphème

Réjouis-toi restaurateur des vertus chrétiennes

Réjouis-toi rayon ardent du Soleil de Justice

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 13


O Saint Martyr du Christ Boniface, accepte nos prières ferventes vers toi et supplie le Seigneur notre Dieu de nous bénir en nous accordant la promptitude de ta conversion, l'ardeur émouvante de ton zèle et la fermeté de ton témoignage, afin que joignant notre voix faible à la tienne nous puissions toujours chanter: Alléluia! Alléluia! Alléluia!



Ikos 1


Tu vivais avec Aglaé dans le luxe et la débauche et tu ne pensais pas au Royaume de Dieu, Saint Boniface à la si grande beauté, mais le Seigneur comme à Saint Paul te préparait un Chemin:

Réjouis-toi par tes qualités Dieu pouvait te parler

Réjouis-toi par ton hospitalité tu pus l'accueillir

Réjouis-toi par ta générosité tu reconnus Sa bonté

Réjouis-toi grâce à ta compassion tu compris Son amour

Réjouis-toi tes bonnes dispositions ouvraient ton coeur

Réjouis-toi beauté agréable à Dieu

Réjouis-toi par qui nous apprenons le pardon des fautes

Réjouis-toi par qui le Seigneur nous enseigne l'espoir

Réjouis-toi par qui Il nous montre Sa patience

Réjouis-toi perle qui jaillit de la fange

Réjouis-toi lumière qui sourd des ténèbres

Réjouis-toi exemple qui réconforte notre âme

Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Kondakion 1


Parti à la recherche des martyrs du Seigneur tu as rencontré la grâce du Christ et reçu la couronne d'immortalité par ta mort glorieuse, c'est pourquoi nous nous écrions vers toi: Réjouis-toi Saint Martyr du Christ Boniface!


Prière à Saint Boniface


O Saint et vénérable Martyr du Christ Boniface, dont la conversion nous remplit d'étonnement, prie le Dieu de bonté afin qu'Il nous bénisse et qu'Il nous donne par ton intercession puissante la grâce d'être nous aussi Ses témoins devant le monde, Ses disciples rayonnants devant l'ignorance et le péché, Ses zélateurs tranquilles devant l'agitation du siècle et les compromissions des tièdes. Qu'Il nous donne la paix de l'âme et la conscience de notre mission à Son service, qu'Il mette en nos lèvres impures les paroles de feu qui purifièrent ta vie et témoignèrent de Sa puissance, qu'Il nous accorde par tes saintes prières devant Son trône de rester fermes dans l'adversité, et comme toi de consacrer toute notre vie au Père au Fils et au Saint Esprit à qui nous rendons tout honneur et toute gloire dans les siècles des siècles. Amen !


Acathiste composé pour la gloire de Dieu et de Son saint martyr Boniface par Claude Lopez-Ginisty

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Téléchargez le texte de l'Hymne Acathiste à Saint Boniface (pdf) en cliquant ici

92063

Les reliques de Saint Boniface à Rome

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21 février 2009

Notre Dame de la Confiance

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Notre Dame de la Confiance

Vénérée au Grand Séminaire Pontifical de Rome

Notre-Dame de la Confiance est la patronne et la protectrice du grand séminaire pontifical de Rome. Son image (peinture dans un petit cadre ovale en cuivre) est vénérée dans la chapelle située dans le sanctuaire de l'ancien séminaire, autrefois chapelle dédiée à Saint-Nicolas, était le lieu de prière des confesseurs de la basilique du Latran. La dévotion du Séminaire pour cette image, dont l'originale était vénérée par la Vénérable Sœur Chiara Isabella Ferrari (clarisse à Todi, † 1744), apparaît dans les documents dès 1837, année ou le séminaire fut ouvert, à l'occasion d'un voeu fait au cours d'une épidémie de choléra. Le document certifie qu'à cette date, la dévotion était très forte et il semble que cela devait durer depuis plusieurs années ( l'on suppose que cela remonterait au Collège Romain de 1773, quand le séminaire a été installé dans ce local, qui avait été déserté par les Jésuites, lors de la suppression de la Société de Jésus). Jalousement gardée par la classe des Théologiens, lorsque le Séminaire a été transféré du Latran à Saint-Apollinaire, il consacré à la Chapelle à Notre Dame de la Confiance. C'est à cette période qu'est née le la prière "Mater mea, Fiducia mea", laquelle a été indulgenciée par le Pape Benoît XV, l'hymne de la confiance, mis en musique par Casimiri, sur un texte de Ottavini. La fête de Notre Dame de la Confiance est célébrée chaque année, le samedi précédant le début du Carême. Les couronnes de Marie et Jésus ont été offertes par le Pape Paul VI.

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Acte de confiance à Notre Dame de la Confiance

O Marie, Mère de Dieu et Mère de l'Eglise, vous, nous Vous confions notre vie, nous sommes vos enfants et dans vos mains nous mettons notre vocation.

Je Vous salue Marie

Vierge de Nazareth, nous Vous confions humblement notre désir de suivre Jésus sur le chemin de l'amour dans la fidélité et la persévérance, afin que nous puissions Le servir avec un cœur sans partage et de générosité.

Je Vous salue Marie

Conduisez-nous toujours avec votre amour Maternel, soutenez-nous dans nos moment de faiblesse, confirmez-nous dans l'espérance, augmentez en nous la confiance envers Dieu, l'amour pour le Christ et la fidélité envers l'Église. O Marie, Mère la confiance. Amen.

Salve Regina

D'après un texte italien extrait du site www.seminarioromano.it

MaterMeaFiduciaMea

téléchargez la prière à Notre Dame de la Confiance (pdf) en cliquant ici

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