07 août 2013

La vision de la Sainte Trinité de Sainte Hildegarde de Bingen

Hildegard+Trinity

La vision de la Sainte Trinité de Sainte Hildegarde de Bingen

(Scivias, IIe livre, 2e vision)

 

« Ensuite je vis une splendide lumière et, dans elle, une forme humaine, couleur de saphir, qui brûlait d'un feu brillant et suave ; et cette splendide lumière pénétra tout ce feu brillant, et ce feu brillant s'infusa dans cette splendide lumière ; et cette splendide lumière et ce feu brillant pénétrèrent toute cette forme humaine, ne faisant qu'une seule lumière, par une même vertu et une même Puissance. Et, de nouveau, j'entendis cette lumière vivante qui me disait : « C'est le sens des mystères de Dieu, afin que l'on distingue et que l'on comprenne discrètement quelle est cette plénitude qui n'a pas d'origine, et à laquelle il ne manque rien ; qui, par sa vertu toute puissante, fixe les bornes de toutes les puissances. Car, si le Seigneur était exempt de sa propre vertu, quelle serait alors son œuvre ? Elle serait certainement vaine, car c'est dans l'œuvre parfaite que l'on voit quel est l'artisan.

C'est pourquoi tu vois une splendide lumière qui n'a pas d'origine, et à laquelle il ne peut rien manquer : Elle désigne le Père et, dans elle, une forme humaine, couleur de saphir, sans aucune tache d'imperfection, d'envie et d'iniquité, désigne le Fils, engendré par le Père, avant le temps, selon la divinité ; mais ensuite, incarné dans le temps, selon l'humanité, et venu dans le monde.

Elle brûle entièrement d'un feu brillant et suave, qui sans aucune atteinte de nulle aride et ténébreuse mortalité, démontre le Saint-Esprit, dont le même Fils unique de Dieu, conçu selon la chair et né d'une vierge dans le temps, répandit dans le monde la lumière de la vraie clarté.

Mais, que cette splendide lumière pénètre tout ce feu brillant, et que ce feu brillant s'infuse dans toute cette splendide lumière, et que cette splendide lumière et ce feu brillant remplissent toute cette forme humaine, ne faisant qu'une seule lumière dans une même vertu et une même puissance : cela signifie que le Père qui est l'équité souveraine, mais qui n'est pas sans le Fils et le Saint Esprit ; et le Saint Esprit qui embrase le cœur des fidèles, mais non sans le Père et le Fils ; et le Fils qui est la plénitude de la vertu, mais non sans le Père et le Saint Esprit : sont inséparables dans la majesté de la divinité, parce que le Père n'est pas sans le Fils, ni le Fils sans le Père, ni le Père et le Fils sans le Saint Esprit, ni le Saint Esprit sans eux ; et ces trois personnes ne forment qu'un seul Dieu, dans l'intégrité de la divinité et de la majesté ; l'unité de la divinité restant inséparable dans ces trois personnes, parce que la divinité ne peut être divisée, mais demeure toujours inviolable, sans aucun changement ; et le Père se manifeste par le Fils ; le Fils par l'origine des créatures ; et le Saint-Esprit par le même Fils incarné. Comment ? C'est le Père qui, avant les siècles, a engendré le Fils ; le Fils par lequel toutes choses ont été faites par le Père, à l'origine des créatures ; et le Saint Esprit qui apparut sous la forme d'une colombe, au baptême du Fils de Dieu, quand le temps fut venu. C'est pourquoi ; que jamais l'homme n'oublie de m'invoquer, moi le seul Dieu dans ces trois personnes, parce que je les ai montrées à l'homme, afin que l'homme brûle d'autant plus d'amour pour moi, que j'ai envoyé, par amour pour lui, mon propre Fils dans le monde ; comme Jean mon bien-aimé en rend témoignage lorsqu'il dit : « C'est en cela qu'apparut la charité de Dieu envers nous, que Dieu envoya dans le monde son Fils unique, afin que nous vivions par lui. En cela est la charité, non que nous ayons aimé Dieu ; mais parce que lui le premier nous a aimés, et a envoyé son Fils propitiateur pour nos péchés » (1).

Que signifie cela ? Parce que Dieu nous a aimés, un autre salut en est résulté que celui que nous eûmes dans une première naissance, lorsque nous devînmes les héritiers de l'innocence et de la sainteté, parce que le Père d'en-haut montra sa charité dans nos périls, lorsque nous étions dans la peine : envoyant, par la vertu d'en-haut, son Verbe seul parmi les enfants des hommes, dans une parfaite sainteté, au milieu des ténèbres des siècles, ou le même Verbe, ayant accompli tout bien, ramena à la vie par sa mansuétude, ceux qui en étaient rejetés à cause de l'impureté de la prévarication, et ne pouvaient revenir à l'état de sainteté qu'ils avaient perdu.

Pourquoi cela ? Car la paternelle dilection de l'amour de Dieu vint par la source même de vie, qui nous forma pour la vie, et qui dans nos périls fut notre protectrice, celle qui est la très profonde et très suave charité, qui nous exerce à la pénitence. Comment ? Dieu se souvint miséricordieusement de son grand ouvrage et de sa perle précieuse, c'est de l'homme que je parle, qu'il avait formé du limon de la terre, et auquel il avait inspiré le souffle de vie. Comment ? Lui-même organisa la vie pour la pénitence, dont l'efficacité ne périra jamais - parce que le rusé serpent trompa l'homme par son invasion orgueilleuse ; mais Dieu le rejeta par la pénitence, qui manifesta l'humilité, que le démon ignora et ne pratiqua pas ; parce qu'il ne sut jamais monter vers la voie de justice. Aussi cette rédemption de charité n'est pas venue de nous, parce que nous n'avons pas su, et nous n'avons pas pu aimer Dieu dans (pour) (l'œuvre) du salut ; mais le Créateur lui-même et le Seigneur de toutes choses a tellement aimé le monde, que pour le sauver il a envoyé son Fils, le prince et le Sauveur des fidèles, lequel a lavé et pansé nos plaies ; et c'est de lui que dégoutte le baume médicinal qui procure tous les bienfaits de la rédemption. C'est pourquoi, toi, ô homme, comprends que nulle instabilité de changement ne peut atteindre Dieu.

Car le Père est le Père, le Fils est le Fils, le Saint Esprit est le Saint Esprit, trois personnes dans l'unité de la divinité, indivisiblement dans toute leur puissance. Comment ? Trois vertus sont dans la pierre, trois dans la flamme et trois dans le verbe. Comment ? Dans la pierre est une vertu d'humidité, une vertu de palpabilité et une force ignée ; elle a la vertu d'humidité pour qu'elle ne se dissolve pas et ne se diminue pas ; elle est palpable au toucher, pour qu'elle serve à la défense et à l'habitation ; elle a une force ignée, pour qu'elle s'échauffe et se consolide par sa dureté : Sa force humide indique le Père, qui n'est jamais aride et n'a pas de borne à sa vertu, la vertu de palpabilité désigne le Fils, qui né d'une vierge peut être touché et saisi ; et la vertu du feu brillant démontre le Saint-Esprit, qui embrase et illumine le cœur des hommes. Comment cela ? De même que l'homme qui attire fréquemment par son corps la vertu humide de la pierre, devient débile et infirme : ainsi l'homme qui par l'instabilité de ses pensées, veut regarder témérairement le Père, périt dans la foi ; et de même que, par la palpabilité saisissable de la pierre, les hommes construisent leur habitation, afin de se défendre contre l'ennemi : ainsi le Fils de Dieu qui est la vraie pierre angulaire, devient la demeure du peuple fidèle, pour le protéger contre les malins esprits. Mais aussi, comme le feu brillant éclaire les ténèbres et brûle ce sur quoi il se repose : ainsi le Saint Esprit écarte l'infidélité, enlevant toute rouille d'iniquité. Et de même que ces trois forces sont dans une même pierre, ainsi la vraie trinité est dans une même divinité.

Aussi, comme la flamme dans un même foyer a trois vertus, ainsi un Dieu en trois personnes. Comment ? La flamme, en effet, consiste dans la splendeur de la clarté, et dans sa force inhérente, et dans son ardeur ignée mais elle a la clarté splendide, pour briller et sa vigueur inhérente pour montrer sa force ; et son ardeur ignée afin de brûler. Aussi, dans la splendeur de clarté, considère le Père, qui par bonté paternelle, répandit sa clarté sur ses fidèles ; et dans la vigueur inhérente, par laquelle cette flamme montre sa vertu de flamme splendide, reconnais le Fils, qui prit son corps dans le sein d'une vierge, et dans lequel la divinité manifesta ses merveilles ; et dans l'ardeur ignée, considère le Saint Esprit, qui consume d'une manière suave l'esprit des croyants. Mais ou ne se trouve ni la splendide clarté, ni la force inhérente, ni l'ardeur ignée, il n'y a pas la flamme ; ainsi, ou le Père ni le Fils, ni le Saint Esprit n'est honoré, la divinité n'est pas adorée dignement. Donc, de même que, dans une même flamme, on distingue ces trois vertus, ainsi, dans l'unité de la divinité, on comprend trois personnes. De même aussi que trois vertus sont indiquées dans le Verbe, ainsi la Trinité doit être considérée dans l'unité de la divinité. Comment ? Dans le Verbe est le son (la parole), la vertu et le souffle. Mais le son est pour qu'on l'entende, la vertu pour qu'on la comprenne, le souffle pour qu'il s'accomplisse. Le son indique le Père, qui fait toutes choses par sa puissance incompréhensible. La vertu désigne le Fils, qui est engendré merveilleusement du Père. Le souffle dénote le Saint Esprit, qui souffle ou il veut, et consume toutes choses. Mais ou le son n'est pas entendu, la vertu ne saurait agir et le souffle s'élever ; et là, le Verbe n'est pas compris. Ainsi le Père, le Fils et le Saint Esprit ne sont pas séparés l'un de l'autre ; mais ils accomplissent leur œuvre dans un parfait accord.

C'est pourquoi comme ces trois choses sont dans un seul verbe, ainsi également la suprême Trinité est dans la suprême unité. Et, de même que dans la pierre, la vertu humide n'est, ni n'agit, sans la palpabilité saisissable et sans la vertu ignée ; ni la vertu palpable sans la vertu humide et la vigueur ignée du feu brillant ; ni la force du feu brillant sans la force humide et la force palpable ; et de même que, dans la flamme, la splendide clarté n'est, ni n'agit, sans la vigueur inhérente et l'ardeur ignée, ni l'ardeur ignée sans la splendide clarté et la vigueur inhérente ; et, de même que dans le Verbe le son n'est, ni n'agit sans la vertu et le souffle, ni la vertu sans le son et le souffle, ni le souffle sans le son et la vertu, mais ils sont indivisiblement unis dans leur œuvre : ainsi également, les trois personnes de la suprême Trinité résident sans être divisées, inséparablement, dans la majesté de la divinité.

Ainsi, ô homme, comprends un Dieu en trois personnes. Mais toi, dans l'aveuglement de ton esprit, tu penses que Dieu est si impuissant, qu'il lui est impossible de subsister vraiment en trois personnes, mais qu'il peut subsister seulement en une ; lorsque tu ne peux voir la voix exister sans ses trois vertus. Pourquoi cela ? Certes, Dieu est en trois personnes, vrai et unique Dieu, le premier et le dernier.

Mais le Père n'est pas sans le Fils, ni le Fils sans le Père, ni le Père ni le Fils sans le Saint Esprit, ni le Saint Esprit sans eux, parce que ces trois personnes sont inséparables dans l'unité de la divinité : Comme le verbe résonne de la bouche de l'homme, mais non la bouche sans la parole, ni la parole sans la vie. Et ou demeure le Verbe ? Dans l'homme. D'où sort-il ? De l'homme. Comment ? Pendant la vie de l'homme.

Ainsi est le Fils dans le Père, que le Père a envoyé sur la terre, pour le salut des hommes qui sont plongés dans les ténèbres ; et ce fils a été conçu dans une Vierge, par le Saint Esprit. Ce Fils, de même qu'il est fils unique dans la divinité, ainsi il est fils unique dans la virginité ; et de même qu'il est fils unique du Père, ainsi il est fils unique de la mère ; parce que comme le Père l'a engendré, seul avant les temps, ainsi la vierge mère l'a engendré, seul, dans le temps, parce qu'elle est restée vierge après l'enfantement. C'est pourquoi, ô homme, comprends, dans ces trois personnes, ton Dieu qui t'a créé dans la force de sa divinité, et qui t'a racheté de la perdition. N'oublie donc pas ton Créateur, comme t'y exhorte Salomon lorsqu'il dit : « Souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que vienne le temps de ton affliction et qu'approchent de toi les années desquelles tu dises : 'Elles ne me plaisent pas' » (2).

Que signifie cela ? Rappelle à ton esprit celui qui t'a créé, lorsque dans les jours de ta téméraire audace, tu penses qu'il t'est possible de t'élever, selon ton  désir, vers les sommets, en te précipitant dans les abîmes ; et lorsque, affermi dans la prospérité, tu tombes dans les pires adversités. Car, la vie qui est en toi évolue toujours vers la perfection, jusqu'au temps ou elle apparaîtra parfaite. Comment ? L'Enfant, dès sa naissance, s'achemine vers l'état parfait, et ensuite il reste dans cet état, délaissant la pétulance des mœurs de la folle adolescence, et n'ayant de souci que pour les affaires sérieuses, pour mener à bonne fin son œuvre ; ce qu'il n'a jamais fait lorsqu'il était dans la fougue de la jeunesse inconstante.

Ainsi doit faire l'homme fidèle : Qu'il délaisse l'enfance des mœurs et qu'il gravisse le sommet des vertus en persévérant dans leur force ; méprisant l'orgueil de sa cupidité, qui est féconde dans les égarements des vices; et que, dans la retraite, il médite sur ce qui est digne de sa sollicitude, après avoir traversé l'enfance des mœurs puériles. C'est pourquoi, ô homme, attache toi à ton Dieu, dans la force de ta virilité, avant que vienne l'homme qui devra être ton juge, lorsque toutes choses seront manifestées, et qu'il ne restera rien de caché ; avant que viennent les temps qui ne verront jamais de fin ; de peur que, murmurant de ces choses dans ton sentiment humain, tu ne dises : « Elles ne me plaisent pas, et je ne comprends pas si elles sont pour mon avantage ou mon détriment », parce que l'esprit humain est en cela toujours dans le doute ; car, même lorsqu'il fait le bien, il est dans l'anxiété de savoir s'il plaît à Dieu ou non. Et tandis qu'il fait le mal, il tremble pour son salut. Mais que celui qui regarde avec des yeux vigilants, et qui entend avec des oreilles attentives, embrasse du fond du cœur ces paroles mystiques, qui émanent de Moi qui suis la Vie.

 

Notes : (1) In hoc apparuit charitar Dei in nobis, quoniam Filium Suum Unigenitum misit Deus in mundum, ut, vivamus per eurn. In hoc est charitas non quasi nos dilexerimus De-am, sed quoniam ipse prior dilexit nos et misit Filium suum propitiationem pro peccatis nos tris. (jean IV). (2). Memento Creatoris tui in diebus juventutis tuœ, antequam veniat tempus afflictionis tuœ, et appropinquent anni de quibus dicas : Non mihi placent. (Eccles. XII).

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Prière

 

Louange à la Trinité, son, vie et créatrice de toutes choses !

Et louange à la troupe des Anges,

merveilleux éclat des mystères éclat des mystères inconnus des hommes, et vie de toutes choses !

 

(Sainte Hildegarde, Antienne « Laus Trinitati »)

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Neuvaine à Sainte Hildegarde de Bingen

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Sainte Hildegarde de Bingen

Docteur de l'Eglise

1098-1179

Fête le 17 septembre

 

Hildegarde naît en 1098 à Bermersheim près d’Alzey. La date exacte de sa naissance n’est pas connue, contrairement à ce que disent certains sites d’astrologie ou comme le prétend Wikipedia. Elle est la dixième enfant d’une famille appartenant à la haute noblesse franque. Vers 1112, elle entre au couvent de Jutta de Sponheim, dépendant du monastère bénédictin du Disibodenberg. Hildegarde va donc être très tôt imprégnée du rythme de vie bénédictin alternant prière et travail, étude et lecture spirituelle, vie communautaire et solitude. Jutta meurt en 1136 et Hildegarde est élue abbesse du couvent à la tête d’une petite communauté qui s’était développée peu à peu, au fil des années. Jusqu’à sa 41ème année, Hildegarde s’applique aux tâches quotidiennes d’un couvent, enrichit ses connaissances et se dote d’une profonde culture. Bien que n'étant pas instruite, comme elle le dit elle-même – elle n’avait pas reçu un enseignement réel des disciplines classiques telle que la grammaire – Hildegarde possédait néanmoins de vastes connaissances de la Bible, en théologie, en philosophie et en sciences naturelles. C’est surtout la richesse des Écritures qu’elle découvre dans la liturgie et la Règle de Saint Benoît comme dans les Lectures des Pères de l’Église et des Pères du désert qui vont devenir pour elle une source intarissable d’inspiration et constituer la base de son œuvre entière.

En 1141, elle fait sa première rencontre avec la Lumière qui la foudroie comme un éclair et transforme soudainement sa vie, jusqu’alors effacée : « Et voici que, dans la 43ème année du cours de ma vie temporelle, alors que, dans une grande crainte et une tremblante attention, j’étais attachée à une céleste vision, j’ai vu une très grande clarté, dans laquelle se fit entendre une voix venant du ciel et disant : « Fragile être humain, cendre de cendre et pourriture de pourriture, dis et écris ce que tu vois et entends…. Ecris cela, non pas en te fondant sur toi-même, ni en te fondant sur un autre humain, mais en te fondant sur la volonté de celui qui sait, qui voit et qui dispose toutes choses dans les secrets de ses mystères. Et à nouveau, j’entendis une voix du ciel qui me disait : « Proclame donc ces merveilles, écris les choses que tu as ainsi apprises et dis-les. Et il arriva, en l’année 1141 de l’Incarnation de Jésus Christ, Fils de Dieu, alors que j’étais âgée de 42 ans et 7 mois, qu’une lumière de feu d’un éclat extraordinaire, venant du ciel ouvert, traversa tout mon cerveau et enflamma tout mon cœur et toute ma poitrine, comme le fait la flamme, non pas celle qui brûle, mais celle qui réchauffe, tout comme le soleil réchauffe un objet sur lequel il pose ses rayons. Et voici que, tout à coup, je pouvais savourer la connaissance du contenu des Livres, c’est à-dire du Psautier, des Evangiles et des autres livres, aussi bien de l’Ancien Testament que du Nouveau, et cela sans connaître la traduction des mots de leur texte, ni la division en syllabes, sans avoir non plus la connaissance des cas ou des temps. » Scivias : Commencement de la première partie du livre « Connais les voies ».

Le passage de la Lumière en elle ainsi que les dons appropriés à cette apparition ont valu à Hildegarde de Bingen son nom de visionnaire et de prophétesse. De 1141 à 1151, elle travaille alors à sa première œuvre de théologie «Scivias » qui retrace l’Histoire Sainte depuis la création de l’univers et de l’homme jusqu’à la rédemption et l’accomplissement de la fin des temps, en passant par la naissance et le développement de l’Église. L’histoire éternelle de Dieu et de l’homme, de l’éloignement au retour de l’homme vers son Créateur y est racontée de manière unique. Hildegarde essaie de décrire, sans cesse par de nouvelles images, le Mystère de Dieu. Dans le récit, ses visions sont toutes composées de la même manière (1. la vision, 2. l’explication, 3. le sens théologique et spirituel). En 1147/48, lors d’un synode à Trêves, le pape Eugène III reconnaît l’origine divine des écrits d’Hildegarde.

En 1150, Hildegarde s’installe avec 20 religieuses dans un nouveau monastère qu’elle fonde sur le Rupertsberg près de Bingen, sur les hauteurs du Rhin. En 1158, elle rédige des traités de médecine et de science « pour rendre les hommes attentifs aux moyens de guérison que Dieu a placés dans la nature. Elle manifeste ainsi par ses écrits la vivacité culturelle des monastères féminins du Moyen-Age ». Le livre « Causae et curae »  décrit plus de 50 maladies et leurs remèdes. « Le Physica » ou « Livre des subtilités des créatures divines » propose 2000 traitements issus des 3 règnes : animal, végétal et minéral. « Les arbres, les plantes, les animaux et même les pierres précieuses, toute la création recèle de forces secrètes qu’aucun homme ne peut connaître à moins que Dieu ne les lui ait révélées. » « Ces remèdes m’ont été indiqués par Dieu. Et l’homme sera libéré des maladies, sauf si cela est contraire à la volonté de Dieu. » De 1158 à 1173, elle rédige son deuxième ouvrage de théologie, «Liber Vitae Meritorum», « Le Livre des Mérites de la Vie », et écrit son «Liber Divinorum Operum», « le Livre des œuvres divines ». De 1158 à 1170, elle entreprend 4 voyages missionnaires (dont le dernier à plus de 70 ans) pour parler de Dieu aux hommes et pour rétablir la paix, l’unité dans l’Eglise. Elle prêche en public à plusieurs endroits, entre autres à Mayence, Wurtzbourg, Bamberg, Trêves, Metz et Cologne, appelant le peuple et le clergé à la pénitence et à la conversion du cœur.

En 1165, Hildegarde fonde un second cloître à Eibingen au-dessus de la ville actuelle de Rüdesheim, en face du Rupertsberg. En 1174/75, le moine Gottfried entame la «Vita» d’Hildegarde. Le 17 Septembre 1179, Hildegarde meurt au Rupertsberg, à l’âge de 81 ans. On a vu apparaître dans le ciel deux arcs qui s’entrecroisaient. A leur point d’intersection a grandi une croix lumineuse. Ce phénomène a été observé par plusieurs personnes au-dessus du Rupertsberg. Entre 1180 et 1190, le moine Theoderich achève le récit de la vie d’Hildegarde entamé par Gottfried. Entre 1223 et 1237, la procédure de canonisation d’Hildegarde est interrompue pour des raisons inconnues. Son nom a été introduit au martyrologe romain au XVe siècle. Longtemps vénérée comme une sainte par ses partisans, son culte a été étendu à l'Eglise Universelle en mai 2012 par Benoît XVI qui l'a proclamée Docteur de l'Eglise le 7 octobre 2012.

Bibliographie : « Sainte Hildegarde, Docteur de l'Eglise, sa vie, son message, ses visions, sa médecine, ses prières... », de Thierry Fourchaud, aux Editions La Bonne Nouvelle.

 

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Neuvaine à Sainte Hildegarde de Bingen

 

O Sainte Hildegarde, Dieu vous a révélé bien des mystères de l'univers. aidez-nous à découvrir dans la création toute la bienveillance du Père qui nous aime d'un Amour infini. Vous qui avez cultivé avec sagesse les arcanes de la théologie, de la médecine et des arts, nous vous prions pour les scientifiques, les médecins, les chercheurs, les artistes, intercédez auprès du Seigneur pour qu’ils reconnaissent l’origine divine dans tout ce qu’ils découvrent. Vous la Prophétesse de Germanie qui avez proclamé avec force et ardeur la vérité de Dieu, aidez-nous à être témoin, en Eglise, de cette vérité. Vous qui aviez le don de guérison, nous vous confions les maladies de l’âme et du corps. Aidez les plus souffrants à se tourner vers le Christ pour obtenir leur guérison pour la vie éternelle. Vous qui avez aimé et servi Dieu jusqu’à la mort, soutenez-nous dans notre chemin de foi ; que notre charité se fasse toujours plus ardente, et que l’amour de Dieu nous anime toujours. Amen.

 

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloria

 

Sainte Hildegarde, priez pour nous !

 

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Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf) en cliquant ici

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28 octobre 2012

Film: "Vision"

Film "Vision"

Basé sur la vie de Sainte Hildegarde de Bingen

V.O. Sous-titré en français

 

 

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10 octobre 2012

Saine Hildegarde de Bingen, lumière de Dieu

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Sainte Hildegarde de Bingen

Lumière de Dieu

1098-1179

Fête le 17 septembre

 

Visionnaire, poétesse et musicienne, Hildegarde de Bingen est considérée comme la première vraie phytothérapeute. Prédictions étonnantes, médecine d'avant-garde, musique et spiritualité, neuf cents ans après sa mort, son enseignement reste d'actualité. Comment une figure aussi étonnante, aussi riche, a-t-elle mis si longtemps à capter l'attention de nos contemporains ? Ce documentaire fera découvrir à beaucoup cette humble abbesse qui, âgée de 38 ans, perçut deux voix qui lui ordonnèrent de divulguer par écrit ce qu'elle voyait. Souffrante, doutant d'elle-même, elle refusera l'ordre venu du Ciel et sera transpercée de douleurs qui la laisseront paralysée sur son lit. Au fil du temps, on cessera de parler de mystification et les miracles seront si nombreux que l'évêque de Mayence implorera la jeune femme de cesser d'en faire...

N.B. Béatifiée en 1244 par le Pape Innocencent IV, elle a été canonisée de façon "équipollente" (équivalente), par le Pape Benoît XVI, qui l'a proclamée Docteur de l'Eglise le 7 octobre 2012. Sainte Hildegarde est la 35e Docteur de l'Eglise, et après Ste Catherine de Sienne, Ste Thérèse d'Avila et Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, elle est la 4e femme a accéder à ce titre. Rendons grâce au Seigneur de nous avoir donné cette sainte femme, dont les écrits sont vraiments très actuels.


Voici un sublime reportage rapportant la vie de Sainte Hildegarde ainsi que son oeuvre. Je vous invite vivement à le regarder...

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09 octobre 2012

O Ignis Spiritus Paracliti

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O Ignis Spiritus Paracliti

Séquence du Saint Esprit

Un texte de Sainte Hildegarde de Bingen

Docteur de l'Eglise

O ignis Spiritus Paracliti,
vita vite omnis creature,
sanctus es vivificando formas.

Sanctus es ungendo periculose fractos,
sanctus es tergendo fetida vulnera.

O spiraculum sanctitatis, o ignis caritatis,
o dulcis gustus in pectoribus
et infusio cordium
in bono odore virtutum.

O fons purissimus,
in quo consideratur, quod Deus alienos colligit
et perditos requirit.

O lorica vite
et spes compaginis membrorum omnium
et o cingulum honestatis,
salva beatos.

Custodi eos,
qui carcerati sunt ab inimico,
et solve ligatos,
quos divina vis salvare vult.

O iter fortissimum, quod penetravit omnia
in altissimis et in terrenis et in omnibus abyssis,
tu omnes componis et colligis.

De te nubes fluunt, ether volat,
lapides humorem habent,
aque revulos educunt
et terra viriditatem sudat.

Tu etiam semper educis doctos,
per inspirationem sapientie letificatos.

Unde laus tibi sit,
qui es sonus laudis
et gaudium vite,
spes et homor fortissimus,
dans premia lucis.

 

O Feu du Paraclet consolateur

 

O Feu du Paraclet Consolateur

vie de la vie de toute créature:

tu es sai nt, qui donne la vie aux formes.

 

Tu es saint, qui soulage les grands blessés,

tu es saint qui purifie les blessures fétides.

 

O Souffle de sainteté, feu de Charité,

Douceur qui s'installe dans les corps,

infusée dans le coeurs,

dans le parfum de toutes les vertus.

 

O Fontaine des plus claires,

qui montre comment Dieu rassemble ceux qui errent

et cherche ceux qui sont égarés.

 

O Bouclier de la vie

espoir d'union de tous les membres,

Toi, ceinture de la vertu:

sauve les bienheureux.

 

Garde ceux que l'ennemi enchaîna,

délivre les asservis,

que la puissance divine choisi de sauver.

 

O Voie puissante,

pénétrant en tous lieux,

dans le haut des Cieux et sur terre

et jusque dans les abîmes:

tu réunis et rassembles tous.

 

Tu fais flotter les nuages et voler les airs

tu fais que les rochers exhalent leurs vapeurs,

que les bateaux se forment en ruisseau

et que la terre exsude la croissante verdure.

 

Et toujours tu enseignes

à ceux qui ont soif d'apprendre

rendus heureux par ta sagesse.

 

Loué sois-tu,

en qui résonnes les louanges

et joie de la vie,

espoit et honneur puissant,

qui prodigue les dons de la lumière.

01 juillet 2011

O Vis aeternitatis

O Vis aeternitatis

Sainte Hildegarde de Bingen

 

Répons

 

V. O vis aeternitatis que omnia ordinasti in corde tuo,

per Verbum tuum omnia creata sunt sicut voluisti,

et ipsum Berbum tuum induit carnem

in formatione illia que educta est de Adam.

 

R. Et sic indumenta ipsius a maxima dolore abstersa sunt.

 

V. O quam magna est benignitas Salvatoris

qui omnia liberavit per incarnationem suam,

quam divinitas exspiravit sine vinculo peccati.

 

R. Et sic indumenta ipsius a maxima dolore abstersa sunt.

 

V. Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.

 

R. Et sic indumenta ipsius a maxima dolore abstersa sunt.

 

O Puissance de l'éternité

 

V. O Puissance de l'éternité qui ordonnas toutes choses en ton cœur,

par ta parole toute chose fut créée selon ta volonté,

et ta parole elle-même s'est fait chair

en cette forme issue d'Adam.

 

R. Ainsi ses vêtements furent lavés d'une peine infinie.

 

V. Qu'elle est grande, la bonté du Sauveur

qui délivra toute choses par son incarnation,

exhalé par la divinité sans le joug du péché.

 

R. Ainsi ses vêtements furent lavés d'une peine infinie.

 

V. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.

 

R. Ainsi ses vêtements furent lavés d'une peine infinie.

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03 septembre 2010

Sainte Hildegarde de Bingen

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