15 août 2018

Neuvaine à Saint Barthélemy

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Neuvaine à saint Barthélemy

Du 16 au 24 août

 

Introduction

 

Barthélemy fut l’un des Douze choisis par Jésus pour être ses apôtres. Il porte le nom de Barthélemy pour les évangélistes Matthieu (10, 1-33), Marc (Mc 3,18) et Luc (6, 12-16) qui nous ont transmis une liste de ceux que le Seigneur avait désignés, après une nuit passée en prière. Pour Jean (1, 43-51) qui nous a fait le récit de sa découverte du Christ, il s’appelle Nathanaël, mais son identification ne fait pas de doute aujourd’hui. Barthélemy était originaire de Cana en Galilée. Jean nous le présente comme un homme qui fréquentait l’Ecriture. Mais s’il attendait le Messie, il n’était pas porté pour autant à croire n’importe qui et n’importe quoi. Lorsque Philippe vient lui dire, certainement avec enthousiasme « Nous avons trouvé celui dont parlent la Loi et les Prophètes ! », il demande à voir. Et il voit. Sa rencontre avec Jésus est décisive. Le Seigneur fait allusion à un épisode de sa vie dont le sens nous échappe, mais qui a dû être révélateur pour lui, car il fut suivi par un acte d’amour sans retour. Jésus le définit comme étant « l’homme loyal, un véritable fils d’Israël qui ne sait pas mentir ! ». Il deviendra l’une des bases de la Jérusalem nouvelle dont parle Saint Jean. Il sera un témoin de la Résurrection.

Cette neuvaine va nous faire cheminer avec cet apôtre, aux côtés de Jésus, pour mieux nous familiariser avec cette « colonne de notre foi. » Cette neuvaine peut être commencée le 16 août, juste après l’Assomption, pour préparer la fête de saint Barthélemy du 24 août.

 

Prières quotidiennes

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit

Je crois en Dieu

 

Prière à l’Esprit Saint

 

Saint-Esprit, je vous prie d’illuminer mon esprit des lumières qui sont nécessaires pour moi et pour ceux qui s’adressent à moi et de soutenir ma faible volonté par des grâces d’amour et de force. Divin Sanctificateur, conduisez-moi au sommet de la sainteté par le travail continu, patient, docile à vos attentions. Vous êtes Sainteté et je dois vous laissez vivre en moi, secondant votre œuvre de perfection. Divin Rénovateur, renouvelez tout, enlevez tout mal, tout danger, toute malice, refaites tout neuf en moi, tout pur, tout saint. Divin Vivificateur. Ame de mon âme, donnez-moi la force de rendre toujours témoignage au divin Fils, avec vous, de le glorifier toujours et de vivre pour sa gloire et mourir dans son amour. Divin Donateur, donnez-moi vos dons pour contempler Dieu dans la lumière de vos mystères afin de comprendre la vraie valeur de la vie et des choses et d’aimer tout d’une pure charité comme si j’étais déjà au ciel. Merci ! Amen.

 

Prière à saint Barthélemy

 

Saint Barthélemy, tu as été appelé par Jésus pour devenir son disciple. Nous te confions notre foi, apôtre zélé. Que nous puissions dire comme toi : « Seigneur ! Tu es le Fils de Dieu ! » Que nous sachions annoncer Jésus-Christ, Rédempteur du monde. Saint Barthélemy, Jésus a dit de toi « Il ne sait pas mentir ! » Nous te confions notre vie, témoin de Celui qui est la Vérité. Que nous puissions témoigner avec ta force et dans la vérité de la présence et de la miséricorde de Jésus. Saint Barthélemy, Dieu t’a donné des dons particuliers comme celui de délivrer les possédés, de guérir toutes les infirmités. Nous te confions nos malades, ami du Tout-Puissant, chasse toute sorte de mal. Qu’aucun démon ne nous tourmente. Saint Barthélemy, Dieu t’a donné la Sagesse, car les rois, les peuples se faisaient baptiser en t’entendant. Nous te confions, ceux qui ne connaissent pas encore l’amour de Dieu, prédicateur de feu. Que tous les pécheurs obtiennent la grâce de la conversion. Saint Barthélemy, tu as fait des miracles éclatants, ton zèle et tes prodiges ont changé la face des contrées où tu allais. Nous te confions l’Eglise, thaumaturge du Christ, qu’elle convertisse, comme toi, les foules. Que ta prière nous obtienne beaucoup de saints prêtres et évêques.

 

Prière finale de chaque jour de la neuvaine

Seigneur, Tu as choisi saint Barthélemy pour porter Ta Parole jusqu’aux terres lointaines et manifester Ta Toute-Puissance, permets qu’à sa prière, je sois exaucé (e) (nommer la demande). Rends-moi digne de lui ressembler dans l’obéissance à Ta Sainte Volonté et la manifestation de Ta Gloire. Je Te le demande aussi par l’intercession du Cœur Immaculé de la Très Sainte Vierge, Ta mère, et notre Mère. Amen.

 

Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père

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Premier jour

Barthélemy, accompagnateur du Christ

 

« La première communauté chrétienne se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte s’emparait de tous les esprits : nombreux étaient les prodiges et signes accomplis par les apôtres. » (Actes 2, 42-43)

Saint Barthélemy, tu as eu l’immense privilège, en tant que disciple, accompagnateur de Jésus-Christ, d’être appelé par Lui. Tu as eu le bonheur de faire partie des douze apôtres, envoyés en mission par, Notre Seigneur. Tu as suivi le Fils de Dieu partout où Il alla. Il voulait que tu sois son « ami ». Tu as partagé ses années de vie publique : ses joies, ses fatigues, le don de soi aux autres, par amour pour Lui. Assiste-moi dans mon quotidien, je te soumets mon épreuve ( la nommer) et présente-la au Seigneur, comme tu le faisais quand tu Lui amenais les personnes qui voulaient voir Jésus.

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Deuxième jour

Barthélemy, missionnaire

 

« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet. C’est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d’accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés. » (Actes 5, 29-31)

Saint Barthélemy, Notre Seigneur Jésus-Christ t’a donné la mission de proclamer que le Royaume des Cieux est tout proche. Tu apportais la paix de Dieu, car Jésus est le Prince de la Paix. Comme Lui, tu as donné ta vie sans te ménager, pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut : quiconque croit en Jésus, Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme est sauvé. Je te prie de m’aider dans ma peine ( la nommer). Intercède pour moi auprès du seigneur. J’ai confiance en Lui et en toi, son disciple choisi avec amour.

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Troisième jour

Barthélemy guérit les malades

 

« Par les mains des apôtres, il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple. Ils se tenaient tous d’un commun accord sous le portique de Salomon, et personne d’autre n’osait se joindre à eux, mais le peuple célébrait leurs louanges. » (Actes 5, 12-14)

Saint Barthélemy, Notre Seigneur Jésus-Christ t’a envoyé guérir les malades. Les souffrants qui s’adressaient à toi étaient guéris. C’était l’œuvre de Dieu-Miséricordieux qui est venu sur terre pour les malades. Je recours à toi, saint Barthélemy, témoin du feu de l’Amour et de la Puissance de Jésus pour implorer ton aide dans ma souffrance ( la nommer). Que Dieu Tout-Puissant d’Amour m’exauce par ta prière. Amen

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Quatrième jour

Barthélemy ressuscite les morts

 

« Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Chemin faisant, ressuscitez les morts…» (Matthieu 10, 6)

Saint Barthélemy, Notre Seigneur Jésus-Christ t’a envoyé ressusciter les morts. C’est à travers toi que le Dieu des vivants, celui qui est la Vie, ressuscitait les morts. Il a fait en toi de grandes choses car tu étais son apôtre plein de zèle. Je te présente mon affliction ( la nommer). Puisses-tu, conformément à la mission que le Seigneur t’a confiée à toi, son apôtre, faire revenir la vie dans toutes les situations de mon épreuve. Que la vie éclate en abondance, comme les fleurs du printemps couvrent et parent l’arbre apparemment mort. Je te remercie, saint Barthélemy et je rends grâce au Seigneur pour l’œuvre de résurrection qu’Il fait dans ma vie. Amen

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Cinquième jour

Barthélemy purifie les lépreux

 

« Il n’y a pas de quoi vous glorifier ! Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ? Purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nouvelle, puisque vous êtes des azymes. Car notre pâque, le Christ, a été immolée. Ainsi donc célébrons la fête, non pas avec des vieux levain, ni un levain de malice et de méchanceté, mais avec des azymes de pureté et de vérité. » (1 Corinthiens 5, 7-8)

Saint Barthélemy, Notre Seigneur Jésus-Christ t’a envoyé purifier les lépreux. Comme les lépreux, je connais l’exclusion et la rupture à cause de mon épreuve ( la nommer). Je connais la déchéance et la souffrance. J’aspire au bonheur d’être purifié(e). Je m’adresse à toi, saint Barthélemy, apôtre puissant par l’œuvre du Saint Esprit que Dieu t’a donné à la Pentecôte. Par Lui, tu peux tout : purifier, sanctifier, redonner l’intégralité de la Vie. Prie pour moi, avec moi. Que Dieu nous entende  et aie pitié de moi. Amen.

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Sixième jour

Barthélemy expulse les démons

 

« La multitude accourait même des villes voisines de Jérusalem, apportant des malades et des gens possédés par des esprits impurs et tous étaient guéris. » (Actes 5,16)

Saint Barthélemy, Notre Seigneur Jésus-Christ t’a envoyé expulser les démons. Il t’a donné le pouvoir sur les esprits impurs. Tu avais autorité sur tous les démons que tu chassais hors et loin des possédés afin qu’ils ne nuisent plus à personne. Je te supplie de m’aider dans ma peine ( la nommer). Expulse tout esprit mauvais qui aliène ma liberté physique et spirituelle. Que je puisse retrouver la liberté et la paix des Enfants de Dieu.

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Septième jour

Barthélemy fait la volonté de Dieu

 

« D’entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »  Pierre leur répondit : «  Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Actes 2, 37-38)

Saint Barthélemy, Notre Seigneur Jésus-Christ t’a envoyé donner gratuitement tout ce que tu avais reçu gratuitement. Dieu est Don, Dieu est Amour. Il l’a prouvé le jour du Vendredi Saint et continue à le manifester par ses saints comme toi, saint Barthélemy. Tu as passé ta vie à donner ce que tu as reçu du Seigneur gratuitement. Tu ne voulais ni or ni argent. Ton seul désir était de faire la volonté du Seigneur, de témoigner des largesses de sa Bonté. Prie pour moi, saint Barthélemy pour que mon problème ( le nommer) m’apprenne à faire la volonté de Dieu, à voir Son Amour dans ma vie. Amen.

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Huitième jour

Barthélemy confiant dans la Providence divine

 

« Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau : mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle. » (Jean 4, 14)

Saint Barthélemy, Notre Seigneur Jésus-Christ t’a envoyé,   en te recommandant de ne te procurer ni or ni argent, ni menue monnaie pour ta ceinture, ni besace pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton. Jésus voulait que tu vives dans la confiance absolue en Sa Providence. Aide-moi à lui abandonner totalement et définitivement ma croix ( la nommer). Que je Lui fasse entièrement confiance et que je prenne sur mes épaules son joug qui est doux et léger. Amen.

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Neuvième jour

Barthélemy proclame Jésus

 

« En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » (Jean 3,3)

 « Mais l’heure vient - et c’est maintenant – où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Car tels sont les adorateurs que cherche le Père.  Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. » (Jean 4, 23-24)

Saint Barthélemy, tu as proclamé à Notre Seigneur Jésus-Christ : « Rabbi, Tu es le Fils de Dieu ! Tu es le Roi d’Israël !» (Jn 1,43). Tu as vu le Fils de Dieu, face à face. Cette rencontre a été une nouvelle naissance qui a changé le cours de ta vie. Tu as reconnu et proclamé qui est Jésus. C’était un cri venant de tes entrailles qui scellait ton alliance définitive avec le Seigneur et balayait tout ce qui n’était pas Lui dans ta vie. Intercède pour que, comme toi, moi aussi, je Le rencontre, Le reconnaisse et Le serve avec amour tout le reste de ma vie. Amen.

 

Béni soit Dieu dans ses saints.

 

Prières quotidiennes

 

Prière finale pour mieux aimer Marie

 

« Tous d’un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus, et avec ses frères. » (Actes 1, 14)

Marie, la très sainte, la première disciple était avec toi et les autres apôtres pendant la vie publique de Jésus. Marie a donné naissance à Jésus. Mais L’Eglise a pris chair de la Vierge Marie aussi par sa prière, par sa vie d’amour, d’offrandes, de silence, de confiance en Dieu malgré les souffrances. Tu as été un de ses enfants très chers, saint Barthélemy car Jésus, son Fils tant aimé, avait un amour de prédilection pour toi et tous les apôtres. C’est par la prière de Marie dans la chambre haute que son époux, l’Esprit saint, est venu vous transformer.

Saint Barthélemy présente à Marie nos immenses besoins. Que Marie nous obtienne les grâces d’avoir la foi, l’espérance, l’amour, la paix, la joie, l’esprit d’adoration, de savoir faire la volonté de Dieu par l’union à Dieu. Nous le demandons par le Christ, Notre Seigneur. Amen.

 

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Litanies de saint Barthélemy

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.


Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Vierge des vierges, priez pour nous.

 

Tous les saints anges et archanges, priez pour nous.

Tous les saints chœurs des anges, priez pour nous.

Tous les saints patriarches et prophètes, priez pour nous.

 

Saint Barthélemy, apôtre de Dieu, priez pour nous.

Saint Barthélemy, vous avez tout quitté et suivi Jésus, priez pour nous.

Saint Barthélemy, vous avez été attaché au Seigneur d’un amour fidèle, priez pour nous.

Saint Barthélemy, vous avez été envoyé par le Seigneur pour annoncer l’Evangile,

Saint Barthélemy, vous avez été investi par Lui de forces miraculeuses,

Saint Barthélemy, vous avez reçu, le jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit,

Saint Barthélemy, vous avez rendu témoignage de Jésus-Christ,

Saint Barthélemy, vous avez annoncé l’Evangile aux païens,

Saint Barthélemy, vous avez par la grâce de Dieu, sauvé de nombreuses âmes de la damnation éternelle,

Saint Barthélemy, vous qui avez gardé la foi,

Saint Barthélemy, espérant en la grâce divine et croyant à la récompense éternelle, vous avez reçu courage et consolation,

Saint Barthélemy, vous avez aimé Dieu par dessus tout, et les hommes comme vous-même,

Saint Barthélemy, vous avez, pour l’amour de Dieu, enduré honte et persécution,

Saint Barthélemy, vous avez souffert patiemment de cruelles tortures,

Saint Barthélemy, vous avez préféré Jésus à votre propre vie,

Saint Barthélemy, vous avez répandu votre sang pour le service à Jésus,

Saint Barthélemy, vous avez alors obtenu la couronne de la vie,

Saint Barthélemy, vous êtes maintenant à jamais auprès de Dieu et vous voyez Sa béatitude,

 

Afin que notre ardeur pour la prière grandisse, intercédez pour nous auprès de Lui.

Afin d’acquérir la vertu de l’humilité, intercédez pour nous auprès de Lui.

Afin d’acquérir la vertu de la patience, intercédez pour nous auprès de Lui.

Afin d’acquérir la vertu de vérité, intercédez pour nous auprès de Lui.

Afin d’acquérir la vertu de justice,

Afin d’acquérir la vertu de paix,

Afin d’acquérir la vertu de bonté,

Afin d’acquérir la vertu de l’amour de nos ennemis,

Afin d’acquérir la vertu de tempérance,

Afin d’acquérir la vertu de chasteté,

Afin d’acquérir la vertu de miséricorde,

Afin d’acquérir la vertu de force,

Afin d’acquérir la vertu du zèle pour le bien,

Afin d’obtenir la grâce de la sainte persévérance,

Afin que Dieu ait pitié de nous,

Afin que nous pardonnions à notre prochain,

Afin que Dieu nous accorde son pardon,

Afin que Dieu nous convertisse,

Afin que les parents élèvent leurs enfants dans la crainte de Dieu,

Afin que les supérieurs, les pères et mères de familles donnent le bon exemple à leur maisonnée, et les empêchent de faire le mal,

Afin que les serviteurs, les enfants et les ouvriers soient soumis et vertueux,

Qu’ils soient préservés du mal,

Que les tentateurs ainsi que les tentés se convertissent,

Que nous aimions Dieu par-dessus tout, et notre prochain, par amour pour Lui,

Que nous détestions le péché,

Que nous accomplissions notre devoir d’Etat,

Que nous ayons une mort paisible et que nous parvenions à la vie éternelle,

Que Dieu récompense nos parents et nos bienfaiteurs,

Qu’Il nous préserve du mal temporel et éternel,

 

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Prions

 

Seigneur tout-puissant, vous avez fortifié le saint apôtre Barthélemy. Il a annoncé l’Evangile aux païens au milieu de multiples difficultés et tribulations et il a souffert la torture et le martyre par amour pour vous. Veuillez, par votre Esprit-Saint, nous fortifier de la même façon, afin que nous suivions l’enseignement de votre Fils dans la vraie foi, avec espérance et un amour fidèle. Que nous évitions tout péché, supportions avec patience les adversités de cette vie et qu’enfin, nous puissions, après une bonne mort, vous louer à jamais. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Amen.

 

Téléchargez le texte de cette Neuvaine (pdf), en cliquant ici

 

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Le livret de cette neuvaine est disponible, ainsi que son CD, auprès de la librairie d’Etoile Notre Dame

 

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15 juin 2017

Le Jubilé des 400 ans du Charisme de Saint Vincent De Paul

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Le 400e anniversaire du charisme vincentien

Réflexion de P. Maloney

 

Saint Vincent a toujours regardé 1617 comme étant l’anniversaire de sa Famille. Même si  ses trois principales fondations avaient trois dates de naissance juridiques bien distinctes – les Confraternités de la Charité en 1617, la Congrégation de la Mission en 1625, et les Filles de la Charité en 1633 – Vincent a constamment regardé 1617 comme étant l’année où tout a commencé. Il eut deux expériences cette année-là qui ont transformé sa vie.

La première a eu lieu à Gannes-Folleville, au nord de Paris. En accompagnant Madame de Gondi alors qu’elle rendait visite à des employés sur la propriété de sa famille, il fut appelé  au chevet d’un paysan mourant qui avait la réputation d’être saint. Vincent l’encouragea à faire une confession générale. Le paysan s’épancha auprès de Vincent et confessa de choquants péchés qu’il avait retenus en lui depuis des années. Quand il reçut l’absolution, il se sentit libéré et empli de joie. Il appela sa famille, ses voisins et Madame de Gondi elle- même et leur raconta son histoire.

Trois jours plus tard, il mourut. Grâce à l’aide de Madame de Gondi, Vincent organisa rapidement une mission populaire pour ceux vivant dans cette région, en mettant l’accent sur l’importance d’une confession générale. Les gens s’y pressèrent. Le 25 janvier 1617, il fit un sermon à Folleville qui fut puissant et facile à saisir. Après cela, les confessions furent si nombreuses qu’il fallut chercher de nouveaux prêtres pour les entendre. En repensant à son “premier sermon de la Mission”, plus de 40 ans plus tard, il considéra cet événement comme étant le début de la Congrégation de la Mission.

Plus tard cette année-là, il devint Pasteur à Châtillon-sur-Chalaronne dans le Sud-Ouest de la France. Là-bas, autour du mois d’août 1617, il eut une deuxième expérience qui changea sa vie. Ayant appris que les membres d’une famille de sa paroisse étaient assez malades, il fit appel à ses paroissiens dans son sermon afin de les aider. Plus tard ce jour-là, il rencontra de nombreuses femmes qui revenaient de la maison des malades. Il se rendit compte que la charité devait être mieux organisée. Il se demanda alors : « Ces femmes ne pourraient-elles pas être rassemblées et encouragées à se consacrer à Dieu pour  servir  ces  pauvres  malades ? ». En y repensant des décennies plus tard, il considéra cette question comme l’appel de Dieu à fonder les Confraternités des Charités, dont il écrivit la première Règle quelques mois plus tard, et les Filles de la Charité dont l’existence juridique remonte à 16 années plus tard.

Mission (Folleville) et Charité (Châtillon) étaient au cœur de l’action de Vincent envers les pauvres. Il a exhorté ses disciples à servir les pauvres “spirituellement et corporellement” à travers “la parole et le travail” et il a apporté de grandes compétences d’organisation à la tâche.

Depuis 1617, plus de 300 branches ont germé sur l’arbre de la Famille Vincentienne. Certaines de ses branches sont de minuscules pousses. D’autres, comme la Société de saint Vincent de Paul, avec 800 000 membres dans 150 pays sont des branches robustes. Chacune a ses propres nuances dans la spiritualité. Cette diversité est saine et enrichissante. Cependant, au milieu de cette diversité, les branches de la Famille partagent également une riche spiritualité en commun. Cinq éléments en ressortent. C’est une spiritualité qui :

1) Qui mêle la prière à l’action

Écrivant à un prêtre de la Congrégation de la Mission en 1657, saint Vincent présentait comme « deux vertus centrales de Jésus, sa relation filiale avec le Père et sa charité envers son prochain. » il estimait la combinaison de la prière et de l’action comme étant indispensables.

donnez-moi quelqu’un qui prie”, s’exclamait Saint Vincent, “et il sera capable de tout ! En même temps, il déclara, “Aimons Dieu, mes frères et sœurs, aimons Dieu mais que ce soit à  la force de nos bras et à la sueur de notre front!”

De quelle manière pourrions-nous mieux intégrer la prière et l’action tandis que nous servons les pauvres?

2) Qui est entièrement christocentrique

A plusieurs reprises, Vincent a mis l’accent sur la centralité du Christ. En écrivant les  règles pour les différents groupes qu’il fonda, il les exhorta tous à voir le visage de Dieu dans celui des pauvres. Il les encouragea à méditer sur les “mystères” de Jésus : les événements  de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. Il dit à son ami de longue date, le Père Portail : “Rappelez-vous, nous vivons en Jésus-Christ au travers de la mort de Jésus Christ et nous mourons en Jésus-Christ au travers de la vie de Jésus-Christ. Notre vie doit être cachée en Jésus-Christ et emplie de Jésus-Christ. Pour mourir comme Jésus-Christ, nous devons vivre comme Jésus-Christ.”

Comment entrer davantage dans la vision de la foi qui a permis à Vincent de voir le visage du Christ dans celui des pauvres?

3) Qui rend la simplicité centrale

Vincent a declaré explicitement que la simplicité était “[son] évangile”. Il l’a appelée “la vertu  que  j’aime   le  plus.”               Il  a  souligné  deux  aspects  de  la  simplicité    en  particulier, particulièrement: la simplicité du discours et la simplicité dans le style de vie. Il a exhorté toutes ses fondations initiales – les Confraternités de la Charité, la Congrégation de la Mission et les Filles de la Charité – à faire de la simplicité une valeur centrale dans leurs vies.

Comment pouvons-nous apprendre à parler et à vivre plus simplement tandis que nous servons les pauvres?

4) Qui est fondée sur l’humilité

Il n’est pas de vertu à propos de laquelle Vincent ait parlé de manière plus éloquente qu’au sujet de l’humilité. Il a déclare qu’elle était “la fondation de toute perfection évangélique, le cœur de toute vie spirituelle.” Il voulait que nous regardions les plus défavorisés comme étant “nos Seigneurs et nos Maîtres”. Il insista sur l’écoute “du plus petit de nos frères et sœurs” et nous exhorta à collaborer les uns avec les autres.

Comment pouvons-nous être plus à l’écoute des pauvres, tandis que nous discernons  leurs besoins?

5) Qui s’exprime dans la charité créatrice

L’une des citations les plus citées de Vincent est “L’amour est créatif, même à l’infini.” Le contexte de cette déclaration est différent de celui que nous imaginons habituellement. Quand Vincent utilisa cette phrase, il parlait de la créativité de Jésus dans l’institution de l’Eucharistie. Pourtant la phrase est facilement applicable à Vincent lui-même et à ses disciples. En réponse aux événements, Vincent manifesta une liberté remarquable. Il conçut de nouvelles solutions et créa de nouvelles institutions afin de faire face aux problèmes récurrents des personnes marginalisées et abandonnées.

De quelles manières pourrions-nous être plus inventifs alors que nous servons les pauvres?

Vincent identifia les cinq éléments mentionnés plus haut comme étant essentiels à une spiritualité saine. Il était profondément convaincu de leur importance. En fait, il a été jusqu’à déclarer que sans l’un d’entre eux, nous cesserions d’exister en tant que Famille.

 

Présentation de la célébration du 400e anniversaire du charisme vincentien en 2017

 

Chers responsables et membres de la Famille Vincentienne,

 

Comme il a été annoncé en janvier lors de notre réunion internationale de la Famille Vincentienne à Rome, l’année 2017 marque le 400e anniversaire de la naissance du charisme vincentien.

La Commission de la Collaboration de la Famille Vincentienne, après avoir reçu l’approbation du Comité Exécutif de la Famille Vincentienne ainsi qu’un accueil enthousiaste des délégués à Rome, vous présente maintenant l’Initiative Mondiale de notre Famille Vincentienne pour la célébration de cette année.

Une note spéciale aux responsables internationaux: Prière de veiller à ce que le plan de travail de votre branche soit envoyé, avant le 1er octobre 2016 au P. Joe Agostino, CM à l’adresse email vfo@famvin.org.

Que le Seigneur bénisse tous nos efforts pour accueillir l’étranger parmi nous.

Fr. Greg Gay

 

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« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli… »

Une initiative mondiale de la Famille Vincentienne pour célébrer le 400e anniversaire du charisme vincentien en 2017.

En 2017, nous célébrons le 400e anniversaire de la naissance du charisme vincentien. C’était en 1617, alors qu’il prêchait dans l’église paroissiale de Châtillon, que Vincent a exhorté sa congrégation à assumer la responsabilité d’une famille pauvre de la paroisse qui était gravement malade et avait besoin de nourriture et de réconfort. La famille a été sauvée grâce à la réponse massive à cet appel à l’action et Vincent a par la suite compris que, pour être efficace, la charité doit être bien organisée – un événement qui a changé le monde au cours des 400 dernières années.

Cette histoire rend également vivante un texte de l’Évangile au cœur de la vocation vincentienne que nous partageons – Matthieu 25, 35 : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ». En tendant la main et en aidant les étrangers parmi nous, nous démontrons notre solidarité avec cet événement de Châtillon et notre unité dans notre vocation vincentienne – nous reproduisons l’exemple du Bon Samaritain dans notre communauté.

Qui sont les étrangers parmi nous aujourd’hui ? La réponse est tellement variée – les réfugiés fuyant l’oppression et la pauvreté, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays en raison de la guerre civile, les migrants en quête d’une nouvelle vie, les sans-abris, ceux qui affrontent seuls une maladie physique ou mentale, ceux qui souffrent de la discrimination peut-être à cause de leur foi ou de leur race ou de leur couleur, les personnes solitaires et vulnérables, jeunes et vieux. Beaucoup de ces personnes et de ces problèmes sont déjà des zones familières d’action pour les membres de la Famille Vincentienne à l’échelle mondiale. Cependant, pouvons-nous faire davantage ? Y a-t-il de nouvelles pauvretés émergentes auxquelles nous sommes appelés à répondre ?

Pour célébrer le 400e anniversaire de la naissance du charisme vincentien, les responsables internationaux de la Famille Vincentienne aimeraient inviter tous les membres de la Famille Vincentienne dans le monde entier à examiner comment nous pourrions mieux accueillir les étrangers dans nos communautés en faisant d’eux le centre du 400e anniversaire du charisme vincentien.

L’année d’accueil de l’étranger se déroulera du 1er janvier au 31 décembre 2017. Il sera lancé officiellement par le P. Gregory Gay, Supérieur Général de la Congrégation de la Mission, le 15 mai 2016, en la fête de la Pentecôte.

Cette date est particulièrement importante pour notre Famille Vincentienne. Elle marque aussi la fin de l’Année de la Collaboration, avec le lancement d’un appel à l’action et une invitation à découvrir des moyens concrets pour rejoindre les étrangers dans notre milieu. Elle nous relie aussi plus profondément avec l’Eglise universelle qui, sous la direction du Pape François, célèbre le Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde.

A partir du 15 mai 2016, les responsables internationaux de la Famille Vincentienne se chargeront de l’élaboration d’un processus de réflexion et de consultation avec leur branche particulière de la Famille, dans une étroite collaboration avec leurs organismes régionaux et nationaux. Ils sont invités à se concentrer sur les questions suivantes :

  • Qui sont les étrangers parmi nous ?

  • Comment les soutenons-nous actuellement ?

  • Quels sont les nouveaux besoins qui émergent ?

  • Comment pourrions-nous répondre à ces besoins ?

  • Se pourrait-il que nous soyons les étrangers ayant besoin d’accueil ?

Cette consultation et les idées nouvelles qu’elle suscitera permettra à chaque branche de la Famille Vincentienne d’élaborer, d’ici octobre 2016, un plan de travail à exécuter en 2017. Ces plans de travail seront ensuite transmis à la Commission de la Collaboration de la Famille Vincentienne qui coordonnera et soutiendra ces activités à l’échelle mondiale grâce à la production de matériaux de réflexion et de célébration, ainsi que la promotion de l’Année et des activités réalisées sur le site web FamVin.org. La Commission se chargera également d’élaborer un rapport final sur les résultats et l’impact de cette initiative d’ici mi-2018 afin que nous puissions évaluer le résultat de nos actions à l’échelle mondiale.

Lorsque la Famille Vincentienne a des liens étroits sur le terrain, nous encourageons la Famille à collaborer à l’échelle locale, régionale, nationale ou internationale. Comme Vincent de Paul lui-même l’a reconnu, nous sommes meilleurs et plus efficaces lorsque nous travaillons ensemble.

Accueillir les étrangers parmi nous doit également être considéré comme une invitation à tous ceux qui partagent (ou pourraient être intéressés à) nos valeurs vincentiennes, notre mission ou notre spiritualité. Les personnes que nous servons actuellement sont aussi capables d’accueillir des étrangers que nous – si nous les invitons à le faire. Cela ne dépend pas de la puissance ou de la richesse ou de la hiérarchie. C’est une occasion pour tous et pour chacun de faire partie de notre famille et de participer à nos célébrations au cours de l’année.

 

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Le Logo des 400 ans du charisme vincentien

 

 

Le Père Alexis Cerquera Trujillo, nous a partagé le logo qu’il a préparé pour les « 400 ans du charisme vincentien.

 

Explication du logo

 

Il est construit à partir d’une figure basique : le cercle… (le monde, l’histoire, la vie… etc) Ce cercle est défini par différentes lignes qui s’organisent d’une manière « rayonnante » en différentes couleurs (rouge, vert, bleue)…

Ces lignes ou ces traits, symbolisent les congrégations, les groupes, les associations qui ont été fondés à partir du charisme vincentien. Ils  symbolisent aussi la société avec ses imperfections et ses joies, ses espérances et ses fatigues…

Ce cercle fait un lien entre deux étoiles qui rappellent les deux «lieux théologiques » où Vincent de Paul a vu la trace de Dieu dans sa vie et que par ses propres paroles sont devenus des événements majeurs : Gannes-Folleville et Châtillon-les-Dombes.

Les étoiles : leur place rappelle la situation géographique sur le territoire français. Elles sont liées par une croix de lumière qui  rappelle la résurrection et la pentecôte.

La croix nous rappelle qu’elle est signe d’un Esprit toujours nouveau qui nous habite et nous invite à vivre comme famille vincentienne dans notre monde, raison par laquelle le visage de Vincent se trouve dans le croisement de la croix.

 

Textes extraits du site famvin

 

A l'occasion du Jubilé des 400 ans du Charisme de Saint Vincent de Paul,

je vous invite à prier, pendant le mois de Juillet le Mois de Saint Vincent de Paul,

rendez-vous le 30 juin prochain

 

Pour recevoir les méditations du Mois de Saint Vincent de Paul,

et toutes les prochaines publications,

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28 mai 2017

Neuvaine à Saint Joachim

Neuvaine à Saint Joachim

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Saint Joachim

Père de la très Sainte Vierge Marie

Fêtes le 26 juillet et le 16 août

 

Joachim, de la tribu de Juda et de l'antique famille de David, était pasteur de brebis à Nazareth. Stolan, père de sainte Anne, lui donna sa pieuse fille en mariage. Les deux époux vécurent dans la crainte du Seigneur et dans la pratique des bonnes œuvres. Ils firent trois parts de leurs biens: l'une était destinée au temple et aux ministres de la religion ; ils répandaient la seconde dans le sein des pauvres ; la dernière servait aux besoins de la famille.

Cependant le bonheur n'était pas dans ce ménage : l'épouse de Joachim était stérile. Depuis vingt ans ils priaient Dieu de les délivrer d'un tel opprobre, lorsqu'ils se rendirent, suivant leur coutume, à la ville sainte pour la fête des Tabernacles. Les enfants d'Israël y venaient offrir des sacrifices à Adonaï, et le grand-prêtre Ruben immolait leurs victimes.

Joachim se présenta à son tour. Il portait un agneau ; Anne le suivait, la tête voilée, le cœur plein de soupirs et de larmes. Le grand-prêtre, en les apercevant monter les degrés du temple, n'eut pour eux que des paroles de mépris et de reproche : « Vous est-il permis, leur dit-il, de présenter votre offrande au Seigneur, vous qu'Il n'a pas jugés dignes d'avoir une postérité ? Ne savez-vous pas qu'en Israël l'époux qui n'a pas la gloire d'être père est maudit de Dieu? » Et en présence du peuple il repoussa leur offrande. Joachim ne voulut point revenir à Nazareth avec les témoins de son opprobre. Leur présence eût augmenté sa douleur.

Anne retourna seule dans sa demeure. Pour lui, il se retira dans une campagne voisine de Jérusalem, où des bergers gardaient ses troupeaux. Le calme silencieux de la vie pastorale, le spectacle touchant de la nature, apportèrent quelque soulagement à la blessure de son cœur Qui n'a jamais senti que la solitude le rapproche de Dieu ? Un jour qu'il se trouvait seul dans les champs, l'Ange Gabriel se tint debout devant lui. Joachim se prosterna, tremblant de peur : « Ne crains pas, dit le messager céleste, je suis l'Ange du Seigneur, et c'est Dieu Lui-même qui m'envoie. Il a prêté l'oreille à ta prière, tes aumônes sont montées en Sa présence. Anne, ton épouse, mettra au monde une fille ; vous la nommerez Marie et vous la consacrerez à Dieu dans le temps ; le Saint-Esprit habitera dans son âme dès le sein de sa mère et Il opérera en Elle de grandes choses ». Après ces mots, l'Ange disparut. Joachim vit bientôt se réaliser la prédiction de l'Archange. De son côté, il fut fidèle aux ordres du Seigneur : sa fille reçut le nom de Marie, et, à trois ans, il la confia aux pieuses femmes qui élevaient dans le temple de Jérusalem les jeunes filles consacrées au Seigneur. Elle y vivait depuis huit ans sous le regard de Dieu lorsque Joachim mourut chargé de mérites et de vertus. Anne, son épouse, le fit ensevelir dans la vallée de Josaphat, non loin du jardin de Gethsémani, où elle devait le rejoindre un an plus tard.

 

D'après « La Vie des Saints pour tous les jours de l'année », de l' Abbé Pradier

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Prions Saint Joachim et faisons-le prier

 

Combien sont agréables au Cœur de Marie, les hommages que l'on rend à Son père bien-aimé ! Elle apparut un jour à la pieuse servante de Dieu Maria d'Escobar, qui s'employa si activement près du Pape Grégoire XV (*), pour obtenir que l'on célébrât dans toute l’Église Catholique, la Fête de ce grand Patriarche, et elle lui dit ces paroles mémorables : « Sœur bien-aimée, je viens t'exprimer toute ma reconnaissance pour le plaisir que tu m'as procuré en faisant instituer une Fête en l'honneur de Mon père ; sois bien assurée que Dieu ne te ménageras pas les récompenses pour une telle attention, et que Moi, de Mon côté, Je serai généreuse à ton égard ».

Un autre jour, la même servante de Dieu reçut la visite de la Glorieuse Sainte Anne qui, pour reconnaître les hommages rendus à son époux, lui adressa ces paroles empreintes de toute la délicatesse du plus tendre amour : « Ma fille, le Seigneur m'envoie te dire qu'il est fort satisfait de l'empressement que tu as mis à faire instituer une Fête en l'honneur de mon époux, si grand et si glorieux au Ciel. Moi-même, j'en ai ressenti une joie indicible et j'en ai retiré un éclat extraordinaire. Songe à ce que je pourrais te faire en reconnaissance de la gloire que tu m'as procurée, et je promets de te l'accorder ».

Après avoir lu ces paroles, est-il possible de ne pas éprouver une vive dévotion à Saint Joachim, puisqu'elle nous assure non seulement son amour, mais encore l'affection de sa famille, et par conséquent de tout le Paradis ? Le Père Croiset dit qu'il n'y a rien qu'on obtienne de Jésus et de Marie, dès lors qu'on le demande par l'intercession de Saint Joachim ; aussi, appelle-t-il cette dévotion un trésor, mais un trésor caché à beaucoup de fidèles. Prions Saint Joachim une grande dévotion au père de la Très Sainte Vierge, au glorieux Saint Joachim, dont la Fête se célèbre le dimanche dans l'octave de l'Assomption et conjointement avec celle de sa glorieuse épouse, Sainte Anne, le 26 juillet, faisons passer sa dévotion partout, car il est une grande source de grâces.

 

D'après une méditation extraite du « Mois de l'Assomption », de Dom Gabriel-Marie Fulconis, aux Ed. St Jean

* C'est sous Grégoire XIII en 1584 que la fête de saint Joachim est adoptée et non sous Grégoire XV comme l'indique Dom Gabriel-Marie Fulconis (l'ouvrage dans lequel a été puisé cette neuvaine est relativement assez ancien et cette neuvaine a été reproduite sur Images Saintes tel quelle a été publiée). Un grand merci donc à Horizon725 qui m'a signalé cette précision historique. F.M.

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Neuvaine à Saint Joachim

 

Prières à dire chaque jour de la Neuvaine

 

O glorieux Saint Joachim ! Comme il vous convient bien ce nom qui signifie préparation du Seigneur ! Car c'est vous que Dieu a choisi pour préparer le temple vivant dans lequel il a plu à son Fils unique de venir habiter ! O Bienheureux père, c'est vous qui avez donné au monde cette admirable Fille qui a été élevée au rang de Mère de Dieu et de Reine du Ciel et de la terre. Avec quelle tendresse et quelle sollicitude vous l'avez nourrie ! Quels exemples d'humilité, de piété vous avez fait luire aux yeux de votre Auguste Enfant et de tous les mortels ! Aidez-nous pur vos prières, ô Saint Joachim ! à préparer dans notre cœur un sanctuaire orné des saintes affections d'une piété tendre et persévérante. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, saint Joachim,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

Prions

 

O Dieu qui entre tous vos Saints avez choisi Saint Joachim pour être le père de la Mère de Votre Fils, accordez-nous, nous vous en supplions, que ce grand Saint dont nous honorons la mémoire, nous fasse continuellement éprouver l'effet de sa puissante intercession. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

Réciter ensuite 1 Notre Père, 5 je Vous salue Marie et 1 Gloire au Père

 

Premier Jour

Joachim, Père de Marie

S'unir au chœur des Anges et l'invoquer

 

Joachim naquit à Nazareth. Son nom, qui signifie en langue hébraïque « préparation au Seigneur », annonce heureusement les desseins que le Ciel avait sur ce saint patriarche. Il devait préparer au Roi des rois un temple, un sanctuaire vivant, l'Immaculée Vierge Marie, dans le sein de laquelle le Fils du Très-Haut devait s'unir à notre nature. Dieu, dans Son infinie bonté, lui accorda les grâces les plus signalées pour le rendre digne, autant que possible, d'être le père de la Femme bénie entre toutes les femmes, de l'Auguste Reine du Ciel et de la terre. On pense qu'il avait vingt-quatre ans lorsqu'il épousa sainte Anne, issue, comme lui, de la tribu de David. Ce fut longtemps après son mariage que Dieu lui accorda la Vierge, conçue sans péché, qui a enfanté l'Emmanuel, et que toutes les générations bénissent. Ne devons-nous pas bénir, avec elle, l'heureux patriarche qui a la gloire d'être son père ?

 

Prière

 

Quand je considère, ô Joachim, tout ce que Dieu a fait pour vous préparer à devenir le père de la Vierge Incomparable qui devait être le Temple du Verbe incarné, je vois avec quel soin je dois me disposer à être, par la communion, le sanctuaire de cet Adorable Sauveur. J'admire en même temps le bonheur que vous avez d'être le père de la Reine des Saints et l'aïeul du Verbe Incarné. Quel crédit ne devez-vous pas avoir auprès de Jésus, la source de tous les biens, et de Marie, par les mains de laquelle il les dispense ! Non, vos prières ne peuvent jamais être rejetées. Aussi, je vous invoque avec une entière confiance. Daignez prier pour moi; obtenez-moi, je vous en conjure, la grâce de m'approcher toujours dignement de la Sainte Table. Ainsi soit-il.

 

Deuxième jour

Foi de Saint Joachim

S'unir au chœur des Archanges et l'invoquer

 

La Foi de Saint Joachim a été vive comme celle de ses pères. Le monde qui passe en image n'était rien à ses yeux. Les fêtes les plus séduisantes n'avaient pour lui aucun attrait. Partout il voyait le Seigneur Dieu remplir le Ciel et la terre par Son immensité, et qui, du haut de Son Trône éternel, voit, sans jamais changer, s'écrouler et disparaître les empires les plus florissants d'ici-bas. Insensible a tout ce qui passe, se regardant comme étranger et voyageur sur la terre, il aspirait à la Céleste Patrie, où il verrait sans voile et posséderait pour toujours Celui qui est le principe et la fin de toutes choses. En vain les pécheurs l'invitaient à prendre part à leurs plaisirs criminels; il ne voulait point les suivre dans les sombres détours du vice. Dirigé par le divin flambeau de la Foi, il marcha constamment avec les fidèles Israélites dans les heureux sentiers de la vertu.

 

Prière

 

Je désire ardemment, ô Saint Joachim, imiter votre foi. Ah ! je le sens, si je suis souvent arrêté par le moindre obstacle dans le chemin de la perfection, c'est que ma foi n'est pas assez vive, puisque le Seigneur nous dit que si nous avions de la foi comme un grain de sénevé, nous transporterions les montagnes; et rien ne nous serait impossible. C'est par la Foi que les anciens pères se sont rendus recommandables... c'est par la Foi qu'ils passèrent au travers de la mer Rouge comme sur une terre ferme, au lieu que les Égyptiens ayant tenté le même passage, furent submergés. C'est par la Foi que vous avez fidèlement suivi les traces de vos ancêtres, que vous avez, à leur exemple, surmonté toutes les difficultés qui s'opposaient à votre sanctification. Obtenez-moi, a un haut degré, la vertu de foi qui me fera triompher du monde, de l'enfer et de toutes les passions.

 

Troisième jour

Espérance de Saint Joachim

S'unir au chœur des Principautés et l'invoquer

 

Saint Joachim a été fortement éprouvé dans le cours de sa vie; mais il ne s'est point laissé aller au découragement. Comme Abraham, il a espéré contre toute espérance. Il attendait avec confiance cette vie meilleure que Dieu a promise a ceux qui l'aiment. Comme tous les Saints, il espérait avec une confiance ferme et inébranlable, ce qui nous a été promis, parce que celui qui nous l'a promis est fidèle. Son espérance n'était point présomptueuse : docile à suivre les inspirations de la grâce, il s'attachait à mériter par des bonnes œuvres les récompenses du Dieu de bonté, qui couronne, dans le ciel, les dons mêmes dont il a enrichi ses Élus. En s'appliquant à faire valoir le talent que le Seigneur lui avait confié, il ne cessait d'invoquer son nom adorable, et ses prières étaient exaucées. Jamais celui qui espère en Dieu n'est confondu.

 

Prière

 

Quand je considère, ô Saint Joachim, les dangers qui m'environnent, l'acharnement de l'enfer, la malice du monde, la violence de mes passions et mon extrême faiblesse, je suis tenté de me désespérer ; d'autres fois, ouvrant mon cœur au vent de la présomption et m'appuyant sur moi-même, je néglige de recourir à la prière, je m'élève sur les ailes de l'amour-propre, et je suis puni de ma présomption ; je tombe dans la profondeur de ma misère. Faites donc, je vous en conjure, que j'évite les deux vices opposés à la sain te vertu d'espérance. Ne souffrez pas que je sois entraîné et que j'aille me briser contre l'un ou l'autre de ces deux écueils. Obtenez-moi la grâce d'être, comme vous, au milieu des tentations, aussi ferme qu'un rocher, au pied duquel viennent expirer les vagues irritées ; que l'espérance soit pour moi, sur la mer du monde, l'ancre salutaire qui me fasse résister aux flots et aux vents conjurés. L'espoir de jouir de votre éternelle félicité me communiquera de jour en jour une nouvelle ardeur pour combattre mes ennemis ; qu'ils se dispersent devant le Dieu qui vient a mon secours, comme la poussière emportée par le souffle de l'Aquilon.

 

Quatrième jour

Amour de Saint Joachim pour Dieu

S'unir au chœur des Puissances et l'invoquer

 

Joachim s'attacha dès l'enfance au Dieu d'Israël, et la céleste flamme de son amour devint, de jour en jour, plus ardente. Son cœur ressemblait a l'autel sur lequel le feu sacré était toujours entretenu. Il s'était donné au Seigneur sans réserve et sans partage; toutes ses pensées, toutes ses affections, tous ses désirs avaient pour objet cet adorable Maître et ce qui pouvait procurer sa gloire. La vue de ses perfections infinies et de sa bonté, à l'égard des enfants de Jacob, le touchait profondément, et il lui en offrait de vives actions de grâces. Le divin amour, dont il était embrasé, faisait ses délices. Souvent il répétait au fond de son cœur ces paroles du Roi-prophète : « II est bon de m'attacher à Dieu. Qu'il est bon le Dieu d'Israël ! » « Celui qui aime vole, court avec joie ; il est libre et rien ne le retient. Il donne le tout pour le tout, et possède tout dans le tout, parce qu'il se repose au-dessus de toutes choses, dans le seul et souverain Bien, d'où découlent et procèdent tous les autres biens ; il ne regarde pas aux dons, mais il s'élève au-dessus de tous les biens, pour ne voir que Celui qui les donne. L'amour ne sent point la charge, il ne compte point le travail : il est capable de tout ; et pendant que celui qui n'aime point se décourage et se laisse abattre, celui-là exécute bien des choses et les achève ». Tels étaient les admirables effets de l'amour du Bienheureux Joachim.

 

Prière

 

Vous qui avez tant aimé le Seigneur, obtenez-moi, ô Saint Joachim, une étincelle du feu sacré que le Fils de Dieu est venu apporter sur la terre, faites qu'à votre exemple, je m'attache à Dieu seul, que je l'aime par reconnaissance pour les bienfaits sans nombre qu'Il daigne m'accorder dans l'ordre de la nature et dans l'ordre de la grâce, pour me rendre digne de la gloire éternelle. Faites que je l'aime surtout pour l'amour de Lui-même, à cause de ses perfections infinies. Obtenez-moi la grâce de croître de jour en jour dans l'amour de ce Dieu infiniment aimable, afin que j'apprenne à goûter intérieurement combien il est doux de l'aimer, de se fondre, de se perdre en son amour, que je m'élève au-dessus de moi-même par un transport de ferveur; que le pur amour soit le mobile de toutes mes pensées, de toutes mes paroles, de toutes mes actions. Je me donne à Dieu tout entier par vos mains ; je veux l'aimer par dessus toutes choses. Puissé-je, avec votre secours, mériter d'aimer à jamais, dans les cieux, cette Beauté toujours ancienne et toujours nouvelle !

 

Cinquième jour

Amour de Saint Joachim pour son prochain

S'unir au cœur des Vertus et l'invoquer

 

L'amour du prochain est un fruit de l'amour de Dieu : il ne peut pas être banni d'un cœur embrasé du Feu de la Divine Charité. Saint Joachim, qui observait fidèlement le premier commandement : « Vous aimerez le Seigneur de tout votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces », gardait aussi le second, qui est semblable au premier : « Vous aimerez votre prochain comme vous-même ». Voyant dans tous les hommes les images et les enfants de Dieu, il les aimait comme des frères. Mais il avait un amour de prédilection pour ceux qui étaient, comme lui, descendus d'Abraham et formaient le peuple chéri du Seigneur. C'était pour lui un bonheur de rendre service au prochain, quel qu'il fût. Quand un étranger se présentait a la porte de sa maison, il l'accueillait avec l'affabilité des anciens patriarches. Les pauvres et les malades excitaient sa compassion. S'il recevait quelques outrages, il les pardonnait pour l'amour de Dieu. Souvent il priait avec ferveur pour ses frères, conjurant le Seigneur de les réunir dans le séjour de l'éternelle félicité.

 

Prière

 

Sachant, ô bienheureux Joachim, que l'amour du prochain est inséparable de l'amour de Dieu, que celui qui n'aime pas son frère, n'aime pas Dieu, et que le Divin Maître nous recommande de nous aimer les uns les autres, je vous conjure de m'obtenir la grâce d'aimer, comme vous, le prochain, d'être toujours prêt à lui rendre service, de lui pardonner ses offenses, s'il venait à m'outrager, d'aimer les indigents et les malades, de les soulager autant que je le pourrai, et de mériter d'être un jour accueilli du divin Maître, qui a promis de récompenser, comme fait à lui-même, ce que nous faisons au moindre de ses serviteurs.

 

Sixième jour

L'esprit de prière de Saint Joachim

S'unir au chœur des Dominations et l'invoquer

 

Saint Joachim avait, dans un degré éminent, le don de prière. Il aimait à se retirer dans la solitude pour s'entretenir cœur à cœur avec Dieu, adorer ses perfections, lui offrir de vives actions de grâces pour ses insignes faveurs et en solliciter de nouvelles. Que de fois, humblement prosterné devant Sa Majesté suprême, à l'exemple des anciens patriarches, il le conjura de jeter un regard de compassion et de bonté sur le monde partout couvert des ombres de la mort, et de faire briller le Divin Soleil de Justice qui devait éclairer l'univers ! Avec quelle ferveur il récitait ces psaumes sublimes, où David, son aïeul, épanchait son cœur devant Dieu, et se plaisait a décrire d'avance, sous l'inspiration du Saint-Esprit, les vertus, les bien faits et les miracles éclatants de l'aimable Emmanuel. C'est par la prière qu'il entretenait en lui le feu de l'amour divin. C'est dans la prière qu'il puisait la patience au milieu des peines de la vie, et la force pour repousser toutes les attaques de l'ennemi du salut. Ses prières, faites avec les plus saintes dispositions, montaient vers le Très-Haut comme un encens d'agréable odeur, et faisaient descendre sur lui avec abondance la rosée des célestes bénédictions.

 

Prière

 

Bienheureux Joachim, vous avez paru au temps où devaient s'accomplir les divins oracles qui annonçaient l'avènement du libérateur promis à vos pères. Près de renouveler la face de la terre sur laquelle il allait descendre après le Messie, le Saint Esprit répandait déjà dans votre âme des torrents de grâces, et formait en vous ces gémissements inénarrables qui touchent le cœur de humbles et ferventes, montaient vers le Très-Haut comme la légère vapeur qui, au jour du printemps, sort de la terre réchauffée par les rayons du soleil. Et moi qui jouis des bienfaits ineffables dont l'Incarnation du Fils de Dieu est la source, je ne prie souvent, hélas ! Que du bout des lèvres; mon cœur est froid, et mon esprit se laisse emporter par les vains fantômes dont mon imagination est remplie. Ah ! je le sens, si je languis dans la piété, c'est parce que je ne prie pas, ou que je ne prie pas comme Dieu le désire. Daignez, ô saint patriarche, demander pour moi au Seigneur le don d'oraison; conjurez l'Esprit-Saint de m'accorder la grâce d'imiter votre recueillement et votre ferveur dans la prière; qu'il excite ma confiance , écarte d'importunes distractions et m'inspire ces aspirations vives et ardentes qui pénètrent, comme autant de flèches d'amour, le cœur du divin Sauveur, et en font jaillir des torrents de grâces.

 

Septième jour

La fidélité de Saint Joachim a observer la Loi

S'unir au chœur des Trônes et l'invoquer

 

Les observances de la Loi donnée par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï étaient un poids que beaucoup d'Israélites supportaient avec peine, qu'un grand nombre rejetaient. Mais Joachim les regardant toutes comme l'expression de la Volonté Divine, les observait avec empressement et fidélité. Il se rendait, dans le temps prescrit, au Temple de Jérusalem pour y adorer le Dieu d'Israël, immolait, chaque année, l'Agneau Pascal et s'assujettissait à toutes les autres pratiques, quelque pénibles qu'elles fussent. Il est vrai que son amour pour Dieu en adoucissait la rigueur. C'était même pour lui un bonheur de conformer sa volonté à celle de son Divin Maître. Non content d'accomplir exactement tout ce qui était ordonné par la Loi, il cherchait en tout le bon plaisir de Dieu, le conjurait de lui faire connaître intérieurement ce qu'il désirait de son humble serviteur, et il se portait avec ardeur a tout ce qu'il paraissait demander et attendre de lui. Oh ! Combien ces saintes dispositions devaient être agréables à ce Divin Père qui se réjouit de voir ses enfants marcher dans la voie de ses commandements !

 

Prière

 

O Bienheureux Joachim, votre fidélité à accomplir La loi de crainte est, pour moi, un puissant encouragement à garder exactement la Loi d'amour, à porter avec joie ce joug léger et plein de douceur, par lequel le Fils de Dieu a remplacé le joug onéreux et pesant imposé à un peuple trop souvent rebelle. Que je serais coupable si je ne répondais pas à son amour, si je violais la loi de mon Divin Maître ! O mon aimable protecteur, priez le Seigneur de m'accorder la grâce d'observer fidèlement Ses préceptes, de remplir avec exactitude et avec ferveur tous les devoirs qu'Il m'a tracés, de me conformer en tout à Son adorable Volonté, de quelque manière qu'elle me soit manifestée, quels que soient les temps, les lieux et les circonstances où je me trouverai, afin de mériter, comme vous, la récompense promise au serviteur qui se conforme à la volonté de son maître et fait valoir le talent qu'il en a reçu.

 

Huitième jour

La simplicité de Saint Joachim

S'unir au chœur des Chérubins et l'invoquer

 

Une âme droite et simple ne se propose pas d'autre but que d'atteindre la fin pour laquelle elle est sur la terre, c'est-à-dire d'être éternellement unie à Dieu et heureuse de sa félicité. Elle va à Lui par le chemin le plus court, sans détourner ni à droite, ni a gauche. Une lumière douce et pure dirige ses pas. Quand l'œil est simple, tout le corps est éclairé, c'est-à-dire que l'intention, quand elle est droite, influe sur tout le reste ; tout est dégagé des recherches de l'amour propre. Qu'elle est belle, qu'elle est aimable cette vertu qui donne à l'âme la candeur et l'ingénuité de l'enfance ! Heureux, trois fois heureux qui la possède ! Il est aimé de Dieu et des hommes. Tel était Joachim ; tout était simple en son âme, pensées, affections, désirs ; il servait Dieu dans la simplicité de son cœur, sans retour sur lui-même, sans s'occuper de ce que pouvait dire ou penser un monde aveugle en ses jugements. Plaire à Dieu, chercher sa plus grande gloire, c'était là son unique but, l'objet continuel de ses préoccupations. On pouvait dire de lui ce que Notre-Seigneur disait de Nicodème : « Voilà un vrai Israélite, dans lequel il n'y a point de fourberie ». La simplicité, qui rend l'âme si belle, se reflète à l'extérieur. On le remarqua spécialement dans le vertueux père de l'auguste Marie : ses manières étaient gracieuses sans affectation ; c'était une politesse naturelle et aisée ; il n'y avait rien dans la manière de se vêtir qui sentît la recherche et le luxe ; ses vêtements étaient d'une grande propreté, mais simples et conformes à sa condition. Il en était de même pour les repas, d'où étaient bannis ces apprêts que demandent la sensualité et la délicatesse. Tout y respirait une modeste et frugale simplicité.

 

Prière

 

Votre simplicité patriarcale, ô Saint Joachim, a des charmes qui me ravissent; avant même la Loi évangélique, vous aviez la simplicité de la colombe recommandée par le Divin Maître; je vous supplie de Lui demander pour moi cette aimable vertu, faites que je sois simple en mes pensées, que je cherche en tout à plaire à Dieu seul, que jamais la vanité, la curiosité, le respect humain, la recherche de moi-même et le désir des satisfactions naturelles ne soient le mobile de mes affections, de mes désirs, de mes paroles, de mes actions. Je veux, à votre exemple, avoir cette belle simplicité dans mes rapports avec le prochain, évitant tout ce qui sentirait l'affectation, la ruse, la duplicité. Je ne rechercherai point dans mes habits ce qui serait au-dessus de ma condition. J'imiterai aussi votre tempérance à table; toujours je serai content de ce qui me sera présenté quand même les mets seraient contraires à mes goûts. Puissé-je par une vie simple et modeste obtenir les grâces que Dieu accorde à ceux qui marchent comme vous devant lui dans la simplicité de leur cœur.

 

Neuvième jour

Humilité de Saint Joachim

S'unir au chœur des Séraphins et l'invoquer

 

La vertu qui est le fondement et la gardienne de toutes les autres était profondément établie dans le cœur de Saint Joachim. Connaissant le limon dont nous sommes formés, il ne s'élevait point dans ses pensées et ne cherchait point l'estime des hommes. Issu des plus grands rois de la terre, mais écarté du trône et tombé dans une profonde obscurité, il supportait son état avec un calme inaltérable. Les sentiments de l'ambition n'avaient aucun accès dans son cœur ; il était content de son humble condition parce qu'il n'avait pas d'autre volonté que celle de Dieu. Les outrages les plus sensibles n'altéraient point la paix de son âme qui puisait une force invincible dans son union avec le Tout-Puissant. Il ne s'enorgueillissait point des faveurs spirituelles qu'il recevait abondamment, sachant que tout don vient de Dieu ; il faisait remonter vers lui l'hommage de sa reconnaissance et répétait avec le Psalmiste : « Ce n'est point à nous, Seigneur, mais à vous seul et à votre saint nom que la gloire appartient ». Parce qu'il fut toujours humble, Dieu le regarda d'un œil de complaisance, et pour lui s'accomplit cet oracle de la Sagesse incarnée : « Quiconque s'abaissera sera élevé ». Admis dans le séjour des élus, il est sur un trône immortel, la tête entourée d'une auréole éblouissante, et son nom est même sur la terre, environné de gloire. Les petits et les grands se pressent devant son image, lui adressent de respectueux hommages, et l'invoquent comme un puissant protecteur auprès de Dieu.

 

Prière

 

La méditation de votre profonde humilité, ô Bienheureux Joachim, excite en moi un vif désir d'avoir cette vertu fondamentale sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu et qui attire l'abondance de ses grâces. Le divin Maître nous l'a dit : « Apprenez de moi à être humble de cœur ». Daignez, ô grand Saint, m'aider à obtenir la grâce de mettre en pratique cette importante leçon, d'arracher du fond de mon cœur jusqu'aux dernières racines de cet amour propre qui s'y élève et porte des fruits si amers, de supporter avec patience les humiliations qui me viendront de la part des hommes et les épreuves par lesquelles il plaira au Seigneur de me faire passer ; de ne jamais me prévaloir des avantages que je pourrais avoir, d'en rapporter la gloire à ce Dieu qui est la source de tous les dons ; en un mot, de marcher sur vos traces, pour mériter les glorieuses récompenses promises dans l'éternité au cœur vraiment humble.

 

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Méditation pour le Jour de la Fête de Saint Joachim

 

Nous avons considéré les unes après les autres les principales vertus du Bienheureux père de l'Auguste Vierge Marie, comme des fleurs écloses dans un beau jour de printemps et cultivées avec le plus grand soin ; formons-en aujourd'hui un seul bouquet pour les considérer toutes ensemble. Quel vif éclat jaillit de tant de brillantes fleurs réunies ! Quel doux parfum s'en exhale ! Quel beau modèle pour nous que la vie du glorieux Saint Joachim ! Avec quelle ardeur reproduire les traits. Il est vrai qu'il nous en coûtera pour l'imiter, mais la vue de la récompense qui nous attend doit soutenir notre courage et enflammer notre ardeur ; Dieu lui-même sera notre récompense comme il l'est pour le Bienheureux Saint Joachim : quoi de plus propre à nous inspirer un zèle que rien ne puisse ralentir ? Le glorieux époux de Sainte Anne jouira éternellement dans le sein de Dieu d'une gloire et d'une félicité parfaite. Combien il se réjouit d'avoir souffert avec patience les peines de cette vie, de s'être fait violence, d'avoir fidèlement et constamment observé la loi du Dieu d'Israël ! Tous ses actes de vertu sont changés en autant de rayons de gloire, en autant de torrents de délices. Il participe abondamment au repos, a la joie, au bonheur de Dieu lui-même. Placé sur un trône éblouissant, au milieu de la foule innombrable des Élus parmi lesquels il occupe un rang distingué, il jouit d'un grand crédit auprès de Dieu et obtient des grâces signalées pour ceux qui l'honorent et l'invoquent. Marie toute puissante dans le Ciel appuie les prières de son glorieux père, aussi bien que celles de sa Bienheureuse Mère, et le Divin Sauveur se plaît à donner à son aïeul des marques de son amour et de sa bonté. Recourez donc avec confiance à Saint Joachim, en toute occasion, et vous serez exaucé.

 

Prière

 

O Bienheureux Joachim, l'éclat qui jaillit de vos vertus, la gloire qui vous environne, la puissance de vos prières, tout me frappe en vous, tout excite mon admiration et ma confiance. Je veux être un de vos plus fidèles serviteurs ; je me mets sous votre protection ; je vous invoque du fond de mon cœur. Vous ne pouvez rien me refuser au beau jour de votre fête ; exaucez mes ardentes prières ; jetez sur moi un regard de bonté, protégez moi et guidez mes pas dans le chemin que vous avez suivi pour aller an Ciel; demandez avec Sainte Anne à Marie, votre Auguste Fille, qu'Elle daigne Elle-même me secourir sans cesse. Daignez m'obtenir la grâce de l'honorer et de la servir fidèlement, et par elle d'aimer Jésus de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces ; enfin d'entrer, sous vos auspices, dans le repos de l'éternelle félicité. Ainsi soit-il.

 

 

Neuvaine extraite du livre « Dévotion à Sainte Anne et à Saint Joachim », Imprimerie Vincent Forest, Nantes 1860

 

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Mise à jour de la page: le 28 mai 2017

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12 septembre 2013

Litanies de Sainte Monique

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Sainte Monique

Mère de Saint Augustin

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Fête le 27 août

 

A l’heure où sont trop oubliés les devoirs de la jeune fille, de l’épouse et de la mère chrétiennes, il est utile de rappeler les vertus de cette admirable femme. Ce que nous en savons nous vient de la meilleure des sources, son fils Augustin. Monique naquit à Tagaste, en Afrique, l’an 332. Grâce aux soins de parents chrétiens, elle eut une enfance pure et pieuse, sous la surveillance sévère d’une vieille et dévouée servante. Encore toute petite, elle aimait aller à l’église pour y prier, elle cherchait la solitude et le recueillement ; parfois elle se levait même la nuit et récitait des prières. Son cœur s’ouvrait à l’amour des pauvres et des malades, elle les visitait, les soignait et leur portait les restes de la table de famille ; elle lavait les pieds aux pauvres et aux voyageurs. Toute sa personne reflétait la modestie, la douceur et la paix. A toutes ces grâces et à toutes ces vertus, on aurait pu prévoir que Dieu la réservait à de grandes choses. Dieu, qui a ses vues mystérieuses, permit cependant qu’elle fût donnée en mariage, à l’âge de vingt-deux ans, à un jeune homme de noble famille, mais païen, violent, brutal et libertin, presque deux fois plus âgé qu’elle, et dont elle eut beaucoup à souffrir, ainsi que de sa belle-mère. Dans cette situation difficile, Monique fut un modèle de patience et de douceur ; sans se plaindre jamais, elle versait en secret les larmes amères où se trempait sa vertu. C’est par ces beaux exemples qu’elle conquit le cœur de Patrice, son époux, et lui obtint une mort chrétienne, c’est ainsi qu’elle mérita aussi de devenir la mère du grand saint Augustin. Monique, restée veuve, prit un nouvel essor vers Dieu. Vingt ans elle pria sur les débordements d’Augustin, sans perdre courage et espoir. Un évêque d’Afrique, témoin de sa douleur, lui avait dit : « Courage, il est impossible que le fils de tant de larmes périsse ! » Dieu, en effet, la récompensa même au-delà de ses désirs, en faisant d’Augustin, par un miracle de grâce, l’une des plus grandes lumières de l’Église et l’un de ses plus grands Saints. Monique, après avoir suivi Augustin en Italie, tomba malade à Ostie, au moment de s’embarquer pour l’Afrique, et mourut à l’âge de cinquante-six ans. Augustin pleura longtemps cette mère de son corps et de son âme. Le corps de sainte Monique a été transporté à Rome dans l’église de Saint-Augustin, en 1430. Cette femme illustre a été choisie comme patronne des mères chrétiennes.

 

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Litanies de Sainte Monique

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Saint-Esprit, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Marie, Mère de conversion, priez pour nous.

Saint Augustin, priez pour nous.

Sainte Monique, qui avez mis à profit les rigueurs salutaires d'une éducation chrétienne,

Sainte Monique, modèle des épouses,

Sainte Monique, qui avez procuré par l'exemple de vos vertus, la conversion de votre mari infidèle,

Sainte Monique, modèle des mères et des veuves,

Sainte Monique, mère de Saint Augustin,

Sainte Monique, qui l'avez pleuré dans ses égarements,

Sainte Monique, qui avez persévéré dans vos brûlantes prières,

Sainte Monique, aussi discrète que zélée dans la poursuite du Salut de votre fils,

Sainte Monique, qui étiez la sauvegarde de votre fils absent,

Sainte Monique, qui avez obtenu pour votre fils la guérison d'une maladie mortelle,

Sainte Monique, dont l'espérance a été soutenue par les paroles prophétiques d'un saint évêque,

Sainte Monique, dont les larmes ont acheté la conversion de votre fils,

Sainte Monique, qui avez joui de la consolation de le voir fidèle,

Sainte Monique, qui vous êtes saintement entretenue avec lui des choses du Salut,

Sainte Monique, qui vous êtes paisiblement endormie dans le Seigneur,

Sainte Monique, sur qui rejailli la gloire de votre fils,

Sainte Monique, qui ne pouvez refuser votre suffrage aux mères qui prient et pleurent comme vous,

Sainte Monique, qui en avez écouté plusieurs dans leurs angoisses,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, Sainte Monique,

Afin que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Prions

 

O Dieu qui avez écouté les prières et les larmes de Sainte Monique, et qui avez accordé à ses supplications, non seulement la conversion, mais encore l'éclatante sainteté de son fils, daignez nous accorder la grâce de Vous implorer avec tant de ferveur et d'humilité que, comme elle, nous obtenions et le Salut de nos enfants, et notre propre sanctification. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Extrait de « Litaniaire, ou Recueil complet de litanies et de divers exercices de piété », du Frère Anicet de Sainte Suzanne, Frères Aubanel, éditeurs, Avignon, 1879

www-St-Takla-org--Saint-Augustine-n-St-Monica-05

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03 mai 2013

Litanies de Saint Albert de Trapani

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Saint Albert de Trapani

Confesseur, Provincial de l'Ordre des Carmes

vers 1250-1306

Fête le 7 août


Avant que Pierre le Vieux montât sur le trône de Catalogue et de Sicile, il y avait dans ce dernier royaume, au Mont Trapani ou Eryx, aujourd'hui mont San Giuliano, un seigneur d'un sang très illustre et qui possédait de fort grands biens, appelé Benoît de Abbatibus il épousa une dame d'une naissance égale à la sienne, nommée Jeanne de Palizze. Ils marchaient l'un et l'autre dans les voies de la crainte de Dieu et de la véritable piété mais ils furent près de vingt ans ensemble sans avoir d'enfants qu'ils pussent laisser héritiers de leurs biens. Après avoir délibéré ensemble, ils résolurent tous deux de s'adresser à la Reine des anges et des hommes, et de la supplier, dans les sentiments d'une foi vive, de leur faire la grâce de leur donner un enfant, ajoutant que, si c'était un fils, ils le consacreraient pour jamais à son service dans l'Ordre des Carmes, que l'on appelait l'Ordre de la Bienheureuse Vierge.

Comme ils joignirent à ce vœu les jeûnes, les prières et les aumônes, Dieu l'écouta favorablement. Dans sa grossesse, Jeanne aperçut, ainsi que son mari, un flambeau allumé qui semblait sortir de son sein. Cette merveille lui fit juger que l'enfant qu'elle avait conçu serait un jour une lumière éclatante dont toute l'Eglise serait éclairée. Lorsqu'il fut né, on lui donna, par inspiration divine, sur les saints fonts de baptême, le nom d'Albert, qui jusqu'à lors avait été inconnu dans toute la Sicile. Quand il fut sorti de l'enfance, ses pieux parents n'oublièrent rien pour le faire instruire dans les lettres humaines et dans la science du salut. Le petit Albert y fit en peu de temps de tels progrès, que chacun était charmé de le voir si savant et si vertueux, dans un âge où les autres enfants n'ont rien que de léger et de puéril.

A peine eut-il huit ans, qu'un des plus puissants princes de l'île le demanda à son père pour lui faire épouser une de ses filles, quand il serait en âge d'être marié. Benoît. différa sa réponse autant qu'il lui fut possible ; mais, ne pouvant plus résister aux pressantes instances qu'on lui faisait, il en parla a sa femme, dans la pensée qu'elle n'aurait nulle peine à condescendre à une alliance qui paraissait si honorable pour eux et si avantageuse pour leur fils. mais la pieuse dame lui ayant remis devant les yeux qu'ils avaient voué ce fils a la Sainte Vierge, et qu'ils ne pouvaient pas violer une promesse si sacrée sans mériter un rigoureux châtiment de la part de Dieu, il rentra en lui-même, changea de sentiment, et ne voulut plus entendre parler de cette affaire.

Cependant Jeanne appela son fils en particulier, et lui déclara ce que son père et elle avaient résolu avant sa naissance. Le petit Albert, déjà rempli de l'esprit de Dieu, eut une joie extrême de savoir qu'il était consacré au service d'une si sainte Maîtresse. Il ratifia a l'heure même le vœu de ses parents il témoigna être prêt à l'exécuter, et, ayant reçu pour cela leur bénédiction, il s'en alla au couvent des Pères Carmes de Trapani, et y demanda avec instance le saint habit de leur Ordre. Le supérieur, admirant son zèle et sa dévotion, désirait beaucoup le recevoir mais parce qu'il apprit qu'il appartenait à des personnes de la première qualité, il n'osa pas lui donner entrée sans leur en avoir parlé auparavant. L'enfant fut donc obligé de s'en retourner chez ses parents sans avoir pu rien obtenir mais la nuit suivante la Sainte Vierge leur apparut, et les menaça d'une mort subite et précipitée s'ils n'accomplissaient au plus tôt ce qu'ils avaient promis à Dieu aussi, peu de jours après, ils conduisirent eux-mêmes leur fils dans le monastère, où il reçut le saint habit avec une ardeur et une piété qui toucha le cœur de toute la noblesse du pays, présente à cette sainte cérémonie.

Albert s'appliqua d'abord avec tant de ferveur à la vie intérieure et aux exercices de la pénitence, que le démon en fut bientôt épouvanté et, pour étouffer dans son âme cette précieuse semence de vertu, il lui apparut sous la figure d'une jeune personne douée de toutes les grâces et de toutes les beautés capables de gagner les cœurs les plus insensibles. Il ajouta à cette représentation des discours pleins de tendresse, et il tâcha de lui persuader de ne pas demeurer davantage dans un état qui était, disait-il, si peu conforme à la délicatesse de sa complexion, mais de venir plutôt goûter les douceurs et les plaisirs de la vie du monde, qui convenaient bien mieux à son âge et à son tempérament. Notre jeune novice fut d'abord étonné d'une si étrange vision. mais ayant reconnu que ce n'était qu'une illusion de Satan, il s'arma du Signe de la Croix, fit sa prière, et aussitôt ce spectre se dissipa sans laisser aucune mauvaise impression dans son esprit ni dans son cœur ; et bien loin qu'une si horrible tentation lui donnât de la froideur dans sa vocation, elle ne servit au contraire qu'à augmenter sa ferveur. Il ne manqua pas de faire sa profession au bout de l'année, et, depuis, il mena dans la religion une vie très rigoureuse et très pénitente ; car, outre les austérités communes à tout le saint Ordre des Carmes, il portait le cilice trois fois la semaine, se privait entièrement de l'usage du vin et ne buvait que de l'eau, et même, le vendredi, il ne prenait que du pain et de l'absinthe, pour mieux se ressouvenir du fiel et du vinaigre dont on a abreuvé la bouche adorable de Jésus-Christ en ce même jour.

L'oisiveté lui était insupportable, et il ménageait si bien son temps qu'il n'avait pas un moment qui ne fût destiné ou à la prière, ou à l'étude, ou aux œuvres de charité, ou à quelque autre occupation conforme à son état. Sa piété était telle qu'outre le Bréviaire ordinaire de son Ordre, il récitait toutes les nuits le Psautier entier, à genoux devant le crucifix ; et une fois que le démon fit tous ses efforts pour le troubler dans cette dévotion, en tâchant d'éteindre une lampe qui l'éclairait, Notre-Seigneur Jésus-Christ lui apparut, et, rendant inutiles tous les efforts de Satan, il ne permit pas qu'il ressentit aucune distraction dans sa prière.

Quand il eut été ordonné prêtre, ce qu'il ne souffrit que par pure obéissance, on l'appliqua à la prédication. Ce fut alors qu'il fit paraître avec plus d'éclat son zèle pour la gloire de Dieu, car il s'acquitta de cette fonction avec tant de doctrine et de force, qu'outre le grand fruit qu'il fit parmi les fidèles, il convertit encore quantité de Juifs qui embrassèrent le christianisme. Notre-Seigneur, pour donner plus de poids à ses discours, voulut le favoriser du don des miracles. Lorsqu'il était à Messine par l'ordre de ses supérieurs, la ville fut assiégée par Robert, roi de Naples, et ce prince la serra si étroitement qu'il n'y pouvait entrer aucune munition de bouche, ce qui la réduisit en peu de temps à une extrême famine. Frédéric, roi de Sicile, voulait y mettre le feu, afin qu'elle ne tombât pas entre les mains des ennemis mais quelques personnes de piété ayant persuadé aux grands et au peuple de mettre leur espérance en Dieu et d'implorer son secours par les mérites d'Albert, ils vinrent tous trouver ce grand serviteur de Dieu. Il n'eut pas plus tôt connu l'état déplorable dans lequel ils étaient, qu'il offrit le saint sacrifice de la messe avec beaucoup de gémissements et de larmes pour leur mériter l'assistance du ciel, et alors on entendit en l'air une voix extraordinaire qui dit ces paroles : « Dieu a exaucé ta prière ». Ce qui fut confirmé par l'événement; car, dans le même temps, il parut au port trois galères chargées de vivres, sans qu'on ait pu savoir d'où elles étaient venues ni comment elles avaient pu entrer, le port étant assiégé et fermé de tous côtés. On reçut ces munitions comme des présents du ciel on les distribua aux habitants selon leurs besoins, et, par cette merveille, la ville fut délivrée de la grande extrémité où elle était et elle se trouva en état de se défendre. Le roi vint lui-même avec toute sa cour remercier le Saint, et il n'y eut ensuite personne dans Messine qui ne le regardât comme un excellent protecteur auprès de Dieu.

Voici une autre merveille bien plus considérable. Ce glorieux Saint voulut un jour chasser le démon du corps d'une jeune fille qui en était possédée depuis longtemps. Il alla donc chez elle à la prière de sa mère; mais aussitôt qu'il l'aborda, elle lui donna un soufflet sur la joue droite. Le serviteur de Dieu ne s'en émut point mais comme il était très-bien instruit à l'école de Jésus-Christ, il lui présenta sur-le-champ l'autre joue pour en recevoir un second, ce qui confondit si fort l'orgueil de Satan qu'il fut contraint de se retirer du corps de cette pauvre fille. Dans la ville de Trapani, saint Albert délivra une jeune femme qui avait déjà été six jours en travail d'enfant sans pouvoir accoucher, en lui donnant seulement un peu d'huile bénite, et en lui disant : « Notre-Seigneur Jésus-Christ te guérisse par les mérites de la sainte Vierge ! ».

Dans un voyage que ce saint religieux fit dans la Terre Sainte, il y guérit un Juif qui était en proie au mal caduc. Cette cure de son corps fit le salut de son âme, car lui et tous ses parents, qui furent témoins de cette merveille, se convertirent et reçurent de lui le Sacrement de la régénération spirituelle. Une autre fois, étant sur le chemin d'Agrigente en Sicile, il aperçut des Juifs, sur le bord d'un fleuve, près de se noyer, parce que l'inondation les avait surpris et, qu'ils ne pouvaient pas se sauver, à cause des hauteurs inaccessibles qui étaient, le long du rivage. Albert, qui était de l'autre côté, leur promit que, s'ils voulaient croire en Jésus-Christ, ils seraient infailliblement Le péril les força d'accepter la proposition du Saint, et aussitôt il passa le fleuve, marchant à pied sec sur les eaux et ayant retiré ces infortunés de la mort qui les menaçait, il leur donna le Sacrement de vie.

Saint Albert voyant que le grand nombre des miracles qu'il opérait lui attirait sans cesse un nouveau concours de peuples qui lui donnaient mille bénédictions et mille louanges, obtint permission de se retirer à Lentini afin de se mettre à couvert des applaudissements dos hommes mais Dieu, qui prend plaisir à ceux qui s'efforcent de s'anéantir pour le glorifier, se servit de sa retraite pour lui faire opérer des merveilles encore plus grandes car il continua de faire des miracles, non-seulement par la présence réelle de sa personne, mais encore par son ombre et par l'attouchement de ses habits. En effet, un jeune homme de grande naissance, réduit par la maladie à un état qui l'avait fait abandonner des médecins, fut guéri pendant une vision dans laquelle lui apparut saint Albert et par l'attouchement d'un de ses habits on avait, à l'instance de la mère de l'enfant, apporté cet habit du couvent, lorsque le Saint ne s'y trouvait pas. Un jeune enfant de Palerme, à qui sa sœur avait crevé un œil par un accident imprévu fut guéri de la même manière le Serviteur de Dieu lui apparut, et lui frotta cet organe avec de l'huile. A cause de ce miracle, on a toujours cru que l'eau ou l'huile où ses saintes reliques avaient été trempées était salutaire pour la guérison d'une infinité de maladies.

Ces rares vertus, ces merveilles de Saint Albert étant répandues dans tout son Ordre, le général l'obligea d'accepter la charge de provincial de la Sicile. Il s'acquitta de cette fonction avec toute la piété et tout le zèle d'un digne supérieur. Il faisait toujours à pied la visite des couvents qui étaient sous sa direction, sans autres provisions qu'un pot de terre où il y avait un peu d'eau et du pain pour sa nourriture. Un jour, le frère qui l'accompagnait et portait le vase, le laissa tomber et le cassa, ce qui le rendit tout triste et tout confus. Saint Albert s'étant aperçu de sa mélancolie et en ayant appris le sujet, lui commanda de retourner sur ses pas et de lui apporter les pièces du pot cassé. Ce frère retourna aussitôt par obéissance ; mais il fut bien étonné de trouver le pot tout entier et plein d'eau. Il empêcha encore un de ses religieux de tomber dans une action contraire à la pureté, en lui reprochant, par une connaissance surnaturelle que Dieu lui avait donnée, sa malheureuse résolution; car ce pauvre religieux, se voyant découvert, changea aussitôt de dessein et en fit une très rigoureuse pénitence.

Saint Albert étant arrivé à une extrême vieillesse, voulut enfin se dérober tout à fait aux yeux des hommes il s'en alla donc du côté de Messine et se retira dans une solitude voisine pour vaquer plus tranquillement à la contemplation des choses divines. Après y avoir passé quelque temps, il tomba dans une grande maladie; il eut révélation de l'heure de sa mort, et de celle de sa sœur, qui devait arriver au même jour et à la même heure que la sienne. Il en avertit ses religieux et s'y prépara de son côté en redoublant sa ferveur, ses pénitences et ses dévotions ; il les continua jusqu'au dernier soupir de sa vie. A cette heure suprême, faisant sa prière à genoux, après quatre-vingt ans d'une vie innocente, il mourut le 7 août 1306, et l'on vit son âme monter au ciel sous la forme d'une colombe. Son corps demeura sur la terre, couvert d'un cilice et exhalant une odeur suave qui embaumait tous les assistants. Au même moment, une cloche, qu'il avait fait faire à Messine, sonna d'elle-même et avertit tous les habitants de ce précieux décès.

Le roi de Sicile assista à ses funérailles avec la principale noblesse de son royaume et plusieurs prélats suivis d'une multitude innombrable de peuple. Pendant que l'archevêque de Messine délibérait avec le clergé et le peuple quel office on prendrait pour célébrer les obsèques de ce grand Serviteur de Dieu, on aperçut en l'air deux enfants revêtus chacun d'une robe blanche, qui entonnaient la messe d'un saint Confesseur par cet Introït : « Os justi meditabitur sapientam » ; le peuple ayant connu par la l'intention du ciel, on poursuivit cette messe jusqu'à la fin.

Sitôt que le bienheureux Albert fut enterré, on vit arriver de toutes parts, à son sépulcre, un nombre infini d'aveugles, de boiteux, de lépreux, de paralytiques et d'autres malades, pour lui demander la santé. Ils jeûnèrent et prièrent pendant trois jours, et au bout de ce temps, le Saint leur apparut environné de lumière et vêtu d'un habit d'une blancheur admirable, et il leur donna lui-même la guérison qu'ils demandaient. Dans la suite de la même année, le fléau de la guerre affligeant toute la Sicile, des cavaliers furent assez impies pour aller loger, avec leurs chevaux, dans l'église où reposait le corps de saint Albert et, comme ils désolaient tout dans ce temple sacré, ils n'oublièrent pas le tombeau du Saint, qu'ils mirent en pièces; mais ils furent bien surpris lorsqu'ils l'aperçurent à genoux dans le fond de son sépulcre, comme voulant crier à Dieu vengeance des outrages qu'ils faisaient a ses autels. En effet, tous les chevaux moururent sur-le-champ, et les soldats, frappés aussi de diverses maladies, expièrent leur sacrilège. Depuis ce temps-là, les Carmes, jugeant ce lieu trop exposé aux insultes des gens de guerre, s'établirent dans un autre endroit de Messine. Plus tard, on laissa seulement quelques ossements de Saint Albert dans ce nouveau couvent, et la principale partie de ses dépouilles fut transportée à Trapani, afin de satisfaire par là la dévotion des chrétiens dans l'un et l'autre lieu dans Messine, où il avait fait longtemps éclater une vie toute simple et toute miraculeuse dans Trapani, où il avait pris l'habit, fait profession et passé la plus grande partie de sa vie. Un ecclésiastique qui parla publiquement contre la sainteté d'Albert fut sur-le-champ puni par une grave maladie il ne put guérir que par l'intercession du Saint.

Ce grand serviteur de Dieu a encore opéré une infinité d'autres merveilles. Il a retiré les esclaves des prisons sans en forcer les portes, délivré des matelots du naufrage, ressuscité des morts, outre une infinité de maladies qui se guérissent encore tous les jours par le moyen de l'eau bénite dans laquelle on a fait tremper ses reliques sacrées. Toutes ces merveilles sont en trop grand nombre pour les pouvoir rapporter. Mais il y en a une que nous ne saurionstaire la bienheureuse Madeleine de Pazzi, religieuse de son Ordre et l'une des plus brillantes étoiles de son siècle, décédée l'an 1608, se trouvant un jour prise d'une violente tentation de quitter l'habit religieux, eut recours à saint Albert; à l'heure même, il lui apparut, et prenant un habit blanc dans le côté de Jésus-Christ crucifié, l'en revêtit; et depuis elle ne ressentit jamais de pareilles attaques.

On le représente 1° debout, tenant un lis et un livre; 2° chassant par sa bénédiction le démon qui s'était présenté à lui sous la, forme d'une femme. Aussi voit-on quelquefois des pieds d'animal paraître sous la robe de cette prétendue visiteuse; 3° avec une lampe en main, ou placée près de lui; 4° délivrant une jeune fille possédée.

 

Texte extrait des Petits Bollandistes, volume IX, Paris, 1876

 

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Litanies de Saint Albert de Trapani

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, priez pour nous.

Saint Albert, Victime de sainteté, priez pour nous

Saint Albert, Miroir de chasteté priez pour nous

Saint Albert, exemple de pauvreté, priez pour nous

Saint Albert, modèle d'obéissance, priez pour nous

Saint Albert, disciple de l'humilité priez pour nous

Saint Albert, Fraîcheur des fiévreux, priez pour nous

Saint Albert, qui dès votre enfance avez méprisé les richesses, priez pour nous.

Saint Albert, qui avez marché sur les eaux d'un fleuve sans vous noyer,

Saint Albert, qui avez libéré des Juifs d'un naufrage,

Saint Albert, qui par votre prédication avez conduit les païens à la foi,

Saint Albert, qui avez guéri un lépreux par un baiser,

Saint Albert, qui, avec le signe de la croix avez fait fuir le démon tentateur,

Saint Albert, qui dormiez sur des branches de vigne,

Saint Albert, qui avez libéré les malades de toute sortes d'infirmités,

Saint Albert, qui guidez les pas de voyageurs,

Saint Albert, doué du don de prophétie,

Saint Albert, protecteur des femmes enceintes,

Saint Albert, qui avez libéré Trapani, votre patrie, de la fièvre et de la peste,

Saint Albert, qui avez libéré Messine de la famine, de la guerre et de la peste,

Saint Albert, dont la sainteté à été proclamée à Messine par les Anges,

Saint Albert, qui avez voulu que votre chef soit conservé à Trapani,

 

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde pardonnez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous de nous, Seigneur.

 

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.



Priez pour nous, Saint-Albert

Afin que nous devenions dignes des promesses de notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Prions

 

Dieu, qui avez fait de Saint Albert de Trapani un religieux exemplaire par sa pureté, sa vie de prière et son amour de la Vierge Marie, donnez-nous d'imiter ses vertus et de pouvoir ainsi trouver place au Banquet du Royaume éternel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

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20 janvier 2013

Litanies de Saint Véron

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Saint Véron de Lembeek et sa soeur Sainte Vérone

+ 9e siècle

Fêtes le 31 janvier et le 30 mars

 

La légende de Saint Véron, situant sa vie au IXe siècle, a rapportée pour la première fois par Obert, abbé de Gembloux, dans un document daté de 1020. Il y est dit que en 1004, le curé de Lembeek eut des apparitions d'un saint inconnu qui lui demandait que son tombeau soit vénéré, lui en indiquant l'emplacement. Convaincu du caractère surnaturel des apparitions, le prêtre fait effectuer une excavation et y trouva le corps d'un homme avec un écriteau portant son nom et la date du 18 janvier. Le nouveau saint reçut rapidement les honneurs solennels et bientôt une légende est vit le jour. Ce confesseur de la Foi aurait été le fils de Louis le Germanique, petit-fils de Louis le pieux et donc arrière petit-fils de Charlemagne. Dès l'âge de 16 ans, il quitta la cour pour venir se réfugier à Lembeek, près de Hal, où il travailla comme valet de ferme, dans la plus humble condition, imitant en cela Jésus qui travailla de ses mains à Nazareth. Il y acquit une grande réputation de sainteté. Il fit un jour jaillir une source en plantant son bâton en terre, et cette source existe toujours sous le nom de « puits saint Véron ». Il connut les invasions normandes et mourut en 863. Son tombeau devint bien vite un lieu de pélerinage. On l'invoque contre le typhus, les fièvres malignes, les migraines, les névralgies, les rhumatismes et les maux de tête. Ses reliques ont été transportées à Mons, en l'église Sainte-Waudru, mais il s'en trouve toujours à Lembeek, où une marche dédiée à Saint Véron est organisée le lundi de Pâques, à Ragnies, dans le Hainaut, un pèlerinage est organisé le même jour. Saint Véron est honoré dans le diocèse de Malines et fêté le 31 janvier et le 30 mars en Hainaut. Quant à sa soeur, nous ne connaissons rien de sa vie. Elle mourut à Leefdael, dans le Brabant, et un premier oratoire en bois fut immédiatement construit sur son tombeau. Il fut remplacé par une église en pierres au 11ème siècle. Une source située à proximité a la réputation de guérir les fièvres. Elle est fêtée le même jour que son frère. (D'après un texte extrait du site : http://home.scarlet.be)

 

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Litanies de Saint Véron

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, conçue sans péchés, priez pour nous.

 

Saint Véron, modèle d'innocence et de piété dès votre enfance, priez pour nous.

Saint Véron, contempteur du monde et de sa vanité, priez pour nous.

Saint Véron, fidèle disciple de Jésus-Christ,

Saint Véron, ami de la chasteté,

Saint Véron, miroir d'humilité,

Saint Véron, modèle de ferveur et d'assiduité dans la prière,

Saint Véron, riche par la pauvreté chrétienne,

Saint Véron, patient dans les afflictions,

Saint Véron, charitable envers les pauvres,

Saint Véron, brûlant d'amour pour Jésus-Christ,

Saint Véron, pénétré de compassion en méditant la Passion du Sauveur,

Saint Véron, dévoué serviteur de la Sainte Vierge,

Saint Véron, doux au milieu des contradictions,

Saint Véron, consolateur de ceux qui sont affligés des maux de têtes et des migraines,

Saint Véron, refuge des infirmes et de ceux qui souffrent des névralgies,

Saint Véron, modèle des maîtres par votre douceur et votre fermeté,

Saint Véron, exemple des serviteurs par votre obéissance et votre fidélité,

Saint Véron, ange par votre vie toute céleste,

Saint Véron, martyr par votre austère pénitence,

Saint Véron, confesseur par vos œuvres saintes,

Saint Véron, vierge par la pureté du corps et de l'esprit,

Saint Véron, pèlerin sur la terre,

Saint Véron, citoyen de la cité céleste,

 

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Seigneur, écoutez-nous

Seigneur, exaucez-nous.

 

Priez pour nous, ô Saint Véron,

Afin que nous devenions dignes des promesses du Seigneur.

 

Prions

 

Nous Vous en supplions, Dieu Tout-Puissant, de nous accorder que par les mérites glorieux de notre Confesseur Saint Véron et par sa pieuse intercession, nous soyons préservés de toute adversité. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

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17 décembre 2012

Saint Job

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Saint Job

Fête le 10 mai

 

Job était un homme juste, droit et craignant Dieu, et, quoique vivant parmi les païens, il devint l'un des plus grands Saints de l'Ancien Testament. Il avait une nombreuse famille, possédait de grands biens et d'immenses troupeaux : c'était le plus riche de tout l'Orient. Et soudain, il perd tous ses enfants et tous ses biens ; il est atteint de la lèpre, son corps est tout couvert d'ulcères. Il passe ses jours et ses nuits à souffrir et à gémir. Mais, malgré les reproches de sa femme et les excitations de ses amis, il ne voulut jamais murmurer contre Dieu. Il conservait sa Foi en la Providence et savait que Dieu le délivrerait de ses maux et ferait briller son innocence... Ce qui arriva en effet. Après quelques temps, Dieu le guérit, lui rend tous ses biens et même d'avantage : le Démon qui l'avait tenté est confondu. Quel enseignement pour tant de chrétiens, qui de nos jours murmurent si facilement contre la providence !

 

Prière

 

O Dieu, qui après avoir éprouvé Votre Serviteur Job par tant d'afflictions, avez fait briller son innocence en lui rendant tous ses biens : accordez-nous, par son intercession, de supporter avec patience les épreuves de cette vie et à cause de cette patience, d'obtenir la guérison de nos infirmités et d'arriver par les bonnes œuvres à la récompense éternelle du Ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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30 novembre 2012

Saint Hubert de Liège

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Saint Hubert de Liège

Evêque de Maëstricht et de Liège, Saint Patron des chasseurs

657-727

Fêtes le 30 mai et le 3 novembre


La noblesse, la sainteté, le zèle apostolique et le don des miracles ont rendu ce grand homme un des plus illustres prélats des premiers siècles de la monarchie française. L'Aquitaine le reconnaît pour un de ses seigneurs la plus ancienne race de nos rois, pour un de ses princes, et le pays des Ardennes, pour son apôtre. Il eut pour père Bertrand, que Molan et Baronius font duc d'Aquitaine, et que quelques autres font descendre de Clotaire 1er, roi des Francs, et pour mère Hugberne, ou Afre, sœur de Sainte Ode, femme d'une naissance proportionnée à celle de son mari. On l'éleva dans les lettres et dans tous les autres exercices d'une personne de sa qualité, et il y devint si adroit, qu'il était estimé comme un des jeunes seigneurs les plus accomplis du royaume. Lorsqu'il fut en âge de paraître à la cour, ses parents l'envoyèrent à celle de Thierry III, fils de Clovis II il s'y rendit si recommandable par sa prudence, son honnêteté et ses manières agréables, qu'il mérita d'être élevé à la dignité de comte du palais. Cette haute fonction lui fournit l'occasion de montrer la sagesse et la probité qui le distinguaient et qui relevèrent bien haut dans l'estime de ses compagnons de cour. Ici encore il fut témoin des plus beaux exemples de piété, d'abnégation et de dévouement.

Plusieurs de ces nobles soigneurs quittaient la cour, et renonçaient aux honneurs et à l'éclat du monde pour se vouer aux travaux apostoliques, ou s'enfermer dans un monastère. Mais Hubert n'imita pas d'abord ces beaux exemples de vertu qu'il avait sous les yeux. Vivant à la cour, entouré des séductions qui en font un séjour si dangereux, même pour le plus sage, sa jeunesse fut enveloppée dans les troubles de ces fréquentes révolutions qui, grâce à l'indolence des rois fainéants, bouleversèrent si souvent le trône de France, et permirent tantôt aux factions, tantôt à l'intrigue de se mettre au-dessus des lois.

Le jeune Hubert passa quelque temps à la cour de Thierry; cependant la tyrannie du ministre Ebroïn rendit odieuse la domination du maître. Les sujets se révoltèrent et en vinrent jusqu'à déposer leur roi. Celui-ci ayant remonté sur le trône quelque temps après, Hubert passa encore plusieurs années à la cour de ce roi, son protecteur. Là sa vie, sans être celle d'un prince déréglé, se ressentit néanmoins du tumulte au milieu duquel il était obligé de vivre. A la vérité on ne remarquait pas en lui des vices grossiers ni des actes bien répréhensibles mais toute sa religion se bornait à observer ce que dictent les principes de la probité naturelle. Ses vertus étaient purement humaines c'était dans le christianisme un honnête homme selon le monde. Il ne connaissait pas encore cet esprit d'humilité pratique, de mortification et de prière qui est la base du christianisme, et sans lequel le chrétien ne l'est que de nom et d'apparence.

Il aimait la chasse avec passion, et il y perdait un temps précieux qu'il aurait dû consacrer au service de Dieu. Il se livrait aveuglément aux plaisirs d'une vie mondaine, lorsque tout à coup le cruel Ebroïn s'échappe de sa prison, recouvre sa dignité de maire du palais, et en exerce tyranniquement le pouvoir. Rien ne l'empêche de suivre ses mouvements d'avarice et d'oppression contre les grands et les évêques il pille les églises et les couvents, et donne un libre cour à ses vengeances impies et cruelles. Une sorte de migration, causée par les cruautés d'Ebroïn, s'établit de la Neustrie vers l'Austrasie. Pépin de Herstal ou d'Héristal, qui exerçait dans ce dernier pays les fonctions de maire du palais sans en avoir le titre, recevait les transfuges à bras ouverts. Le jeune comte Hubert, voulant se soustraire à la tyrannie d'Ebroïn, quitta la cour du roi de Neustrie, et se retira en Austrasie, auprès de Pépin, son parent, qui l'accueillit favorablement. Il lui donna des emplois et le créa grand-maître de sa maison. Hubert dut suivre son protecteur dans les différents voyages qu'il faisait, tantôt à son château de Landen et de Jupille, et à sa terre d'Amberloux, tantôt dans les guerres qu'il avait à soutenir contre les princes, ses voisins ce qui donna à Pépin l'occasion de reconnaître le mérite et la valeur du jeune Hubert. Il voulut alors qu'il s'établît dans le pays par les liens du mariage. C'est en effet vers cette époque (682), qu'eut lieu son mariage avec Floribanne, fille de Dagobert, comte de Louvain, princesse recommandable autant par ses vertus que par ses rares qualités.

Cependant Hubert, lancé dans la dissipation de la cour, continuait à se livrer aux folles joies d'une vie mondaine. Ce n'est pas qu'il manquât, à la cour, d'avis salutaires et d'exemples édifiants de piété chrétienne. Saint Lambert y prêchait avec force les saintes maximes de la religion catholique Plectrude, femme de Pépin, pratiquait les plus héroïques vertus elle vivait, il est vrai, au sein des grandeurs mais elle avait à déplorer la vie criminelle de son mari, et tâchait de dissiper par des voyages et par son éloignement de la cour, les affronts qu'elle recevait à cause de la belle mais ambitieuse Alpaïde, mère de Charles-Martel.

Il ne fallait rien moins qu'un coup extraordinaire de la grâce pour ramener Hubert d'une vie toute mondaine à une vie plus chrétienne. Ce coup arriva. Dieu, qui avait sur lui des desseins secrets, et touché sans doute par les prières de tant de saints parents d'Hubert, l'arrêta dans la plus grande impétuosité de son aveugle passion. Il le transforma de chasseur de vils animaux, en apôtre zélé qui devait porter la lumière de l'Evangile dans ces contrées mêmes, devenues le théâtre de ses vains amusements. Ainsi, un jour de fête solennelle, que les fidèles s'assemblaient en foule dans les églises, pour y entendre la parole de Dieu et y assister aux saints mystères, ce jeune seigneur, accompagné de ses gens et précédé d'une meute de chiens, s'en alla dans la forêt d'Ardennes pour y chasser; mais Notre-Seigneur se servit de cette occasion pour lui toucher le cœur et le gagner entièrement à lui. Pendant qu'il chassait, un cerf d'une beauté remarquable se présenta devant lui, et à son grand étonnement il aperçut un crucifix entre les branches de son bois, et il entendit une voix qui lui dit: « Hubert, Hubert, jusqu'à quand poursuivrez-vous les bêtes dans les forêts? Jusques à quand cette vaine passion vous fera-t-elle oublier le salut de votre âme ? Ignorez-vous que vous êtes sur la terre pour connaître et aimer votre Créateur et ainsi le posséder dans le ciel ? Si vous ne vous convertissez au Seigneur, en embrassant une sainte vie, vous tomberez dans les abîmes de l'enfer ». Ce spectacle et cette voix le remplirent en même temps d'admiration et de frayeur il descendit de cheval, se prosterna contre terre, adora la croix de son Maître que le cerf lui présentait, et protesta qu'il abandonnerait le monde et se consacrerait entièrement aux saints exercices de la religion.

Après ces protestations, il alla trouver Saint Lambert, évêque de Maëstricht, dont les vertus et la sainteté lui étaient d'ailleurs bien connues il le choisit pour maître dans les voies du salut. Saint Lambert le reçut avec une grande bonté, le retint auprès de lui plusieurs jours, pour l'instruire plus parfaitement dans la perfection chrétienne, et pour lui parler de Dieu et des choses célestes. Quoique le miracle de la grâce eût changé le cœur d'Hubert, et qu'il aspirât aussitôt à quitter le monde et ses folles joies, des liens consacrés par la religion et la justice, l'y retinrent encore quelques années (683-685). Il lui fallait d'ailleurs encore ce temps d'épreuve pour correspondre à la grâce, pour crucifier le vieil homme, pour en détruire tous les sentiments, et pour préparer la voie à l'accomplissement des desseins que Jésus-Christ avait sur sa nouvelle conquête. Sous la direction de Saint Lambert, il fit des progrès rapides dans la vocation qu'il avait reçue du ciel. Il travaillait et priait sans cesse pour faire régner Dieu dans son âme. Il aurait volontiers fait le sacrifice de ses biens, si cela eût été possible dans le moment pour suivre saint Lambert dans le ministère de la Parole de Dieu et la sanctification des âmes.

Au moment où Hubert, ne faisant qu'obéir à l'influence de la grâce divine dans son cœur, concevait la pensée et le violent désir d'une vie plus parfaite, arriva la mort de Floribanne. Cette princesse mourut (685) en donnant le jour à Floribert, qui succéda à saint Hubert sur le siège épiscopal de Liège. Affranchi par son veuvage de l'obligation de paraître dans les assemblées des seigneurs, Hubert évitait avec soin les pompes et les jouissances de son rang. Son cœur en était déjà détaché, mais cela ne suffisait pas à son ardeur; son âme avait encore trop de points de contact avec le monde, et ce monde lui faisait mal. L'exemple et les paroles de Saint Lambert l'enflammaient tellement de l'amour divin, qu'il en vint jusqu'à former le projet d'abandonner le monde et d'embrasser la vie monastique, afin de mener une vie plus parfaite, et plus rapprochée de Dieu. Il se sentait le même courage que son maître, le même amour de Dieu, le même zèle pour le salut des âmes. Il voulut devenir son disciple. Il renonce à toutes ses dignités et dépose les insignes militaires, pour se revêtir de l'insigne sacré de la religion. Il remet au roi Thierry le collier et la ceinture de soldat il ne pense plus qu'à fouler aux pieds par quelque action généreuse, la gloire et les appâts du monde. Devenu héritier du duché d'Aquitaine par la mort de son père (688), il cède ses droits à son frère Eudon, et lui confie son fils Floribert âgé de trois ans. Il renonce ainsi aux affections les plus légitimes.

Rempli de mépris pour les richesses et les biens du monde, Hubert distribua aux pauvres ce qu'il possédait il trouvait que c'était acheter à bon compte le salut éternel de son âme, que de lui sacrifier ces périssables richesses. Il ne retint du monde qu'une haire et un corselet dont il se revêtit, pour se retirer dans la solitude. Voilà donc son sacrifice accompli et son divorce avec la vie consommé, par un de ces efforts qui vont même au-delà des prescriptions du devoir chrétien. Les mondains le poursuivent de leurs attaques et de leurs railleries mais, à l'exemple d'autres nobles contemporains, ses modèles, il ne répond aux invectives dont on l'accable, que par ces paroles « O heureux affronts que de déplaire avec Jésus-Christ ».

Hubert avait vaincu son premier ennemi, le monde, en le fuyant. Il lui avait été assez longtemps dévoué il en avait connu les attaques et les innombrables pièges il avait été victime de ses fausses hontes, de ses préjugés, de ses mensonges. C'en était trop. Maintenant il lui dénie ses prétendus droits sur lui il désobéit à ses lois il brave ses calomnies; il méprise ses faux raisonnements. Il se retire loin de son ennemi à jamais terrassé et va jouir du prix de sa victoire au sein des mystérieuses joies de la pénitence. Il avait arrêté le projet de vivre dans la retraite, à l'exemple de tant de ses contemporains et d'autres nobles compagnons de cour. Mais avant d'agir, il consulta Dieu et prit l'avis de Saint Lambert, à qui il était parfaitement soumis. Ce fut par les conseils du saint évêque qu'il se conduisit dans cette affaire. Il choisit pour séjour de sa pénitence volontaire les lieux mêmes qui avaient été le théâtre de son divertissement favori; voulant désormais expier sur les lieux, par une vie pénitente, l'attache trop violente qu'il avait eue aux plaisirs de la chasse. Il alla donc (689) fixer sa demeure dans la grande forêt d'Ardennes, dans un endroit non éloigné du monastère d'Andage (aujourd'hui Saint-Hubert), où, pendant plusieurs années, il mena la vie la plus austère. D'autres prétendent que saint Hubert se retira au monastère de Stavelot, qui est aussi dans la forêt d'Ardennes mais qu'après un certain temps d'épreuve de fidélité, profitant du privilège qu'accorde la Règle de Saint-Benoît, il put quitter cette maison, et aller mener dans une solitude complète un genre de vie plus austère.

Attentif à veiller sur lui-même et à joindre la solitude de l'âme à celle du corps, il ne craignait rien tant que de tomber dans la lâcheté et de perdre par là les avantages qu'il s'était procurés. Après avoir vaincu le monde, il travailla à se vaincre lui-même. Sachant que Dieu agrée principalement le sacrifice du cœur, et que les sacrifices qu'il avait faits jusque-là seraient défectueux et sans mérites, qu'ils seraient même un acte d'hypocrisie, s'il n'y joignait la pratique des vertus et le renoncement intérieur, il commença par s'établir solidement dans l'humilité et le mépris de soi-même il employa toute l'activité dont son âme était capable à examiner le dérèglement de ses affections, à veiller sur ses sens et sur tous les mouvements de son cœur. Dès lors, la prière, les veilles, les macérations devinrent les délices de ce héros de la pénitence. Son vêtement était plutôt un instrument de supplice, qu'un abri contre la rigueur du climat qu'il habitait. Sa nourriture, comme celle d'autres pénitents qui l'avaient précédé, consistait en un peu d'herbes et de racines l'eau pure était sa boisson. Il cherchait ainsi à briser les liens de sa prison de chair, et à se rapprocher de Dieu. Si, dans les combats incessants que le vieil homme livre au nouveau, sa pensée se reportait malgré lui au milieu des joies et des pompes d'une vie mondaine, cette voix qui l'avait une première fois appelé résonnait encore dans son coeur, et cela suffisait pour étouffer le cri de la nature.

Quoiqu'il fût caché au sein de la solitude, il ne laissa pas que d'éprouver les assauts du tentateur. On a beau fuir le monde, le démon nous suit partout, et lors même que nous nous sommes retranchés sous la protection du Très-Haut, toujours il entretient des intelligences secrètes avec cet ennemi domestique qui réside dans notre propre cœur, qui ne mourra qu'avec nous et qui cherche à lui livrer la place. C'est par son exacte vigilance sur ses sens, par ses austérités continuelles, son humilité profonde, sa confiance en Dieu et sa prière fervente que notre Saint triomphait des tentations violentes du démon. Les fréquentes attaques et les ruses nouvelles de l'ennemi du salut ne l'empêchèrent point de vivre dans la plus intime union avec Dieu, et dans une inaltérable tranquillité d'âme avantages précieux que ne manque pas d'obtenir l'homme qui est accoutumé à mortifier ses sens et à maîtriser ses passions. Cette sainte vie lui rendait comme sensible la présence de Dieu et de ses anges.

Nous apprenons de Gilles d'Orval, dans ses additions à la vie de notre Saint, composée par Anselin, chanoine de Liège, que saint Lambert, désirant qu'un si cher disciple reçût de nouveaux accroissements de grâces par les mérites des bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul, lui persuada de faire un voyage à Rome pour y rendre honneur à leurs cendres et y implorer, au pied de leurs tombeaux, la faveur de leur assistance et de leur protection. Hubert obéit au désir de son maître. Il quitta sa solitude, se rendit à Rome et y honora les dépouilles sacrées de ces fondateurs de la religion. Pendant qu'il y était, saint Lambert fut martyrisé pour le sujet et de la manière que nous l'avons dit en sa vie, et à la même heure un ange apparut au pape Serge 1er qui, après l'office des Matines et une longue prière, prenait un peu de sommeil, et lui présentant le bâton pastoral de ce glorieux martyr, il le pressa d'ordonner en sa place Hubert qu'il découvrirait le matin à certains signes dans l'église de Saint-Pierre. Sa Sainteté eût pu douter de cette révélation si elle n'eût été accompagnée d'un signe extérieur qui l'eût rendue indubitable; mais il en connut évidemment la vérité, lorsqu'à son réveil il trouva auprès de lui cette précieuse crosse qui avait été la marque de la vigilance et de la fermeté intrépides de ce grand martyr.

Il ne fut plus question que de trouver cet excellent homme que le ciel voulait lui donner pour successeur. On observa diligemment tous les étrangers qui entraient dans Saint-Pierre, et aux marques que l'ange avait données on le reconnut facilement. Le Pape, l'ayant fait venir devant lui, lui fit savoir le martyre de son maître et lui exposa comment Dieu lui avait révélé qu'il devait lui succéder. Il lui présenta en même temps le bâton pastoral dont il s'était servi et qu'Hubert pouvait aisément reconnaître, et l'exhorta à plier le cou sous ce fardeau que la divine Providence voulait lui imposer. Alors Hubert, se prosternant en terre, protesta de son indignité et pria instamment le souverain Pontife de l'exempter de cette obéissance. La révélation qu'il avait eue ne l'obligeait point de passer outre ce n'était peut-être que pour l'éprouver et pour voir s'il savait se tenir dans le dernier rang que la vie trop libre qu'il avait menée dans le monde lui devait faire garder jusqu'à la mort. Tandis qu'il était dans cette contestation d'humilité, l'ange de Dieu, pour confirmer son élection surnaturelle par un nouveau prodige, apporta au Pape, en sa présence, les habits pontificaux de Saint Lambert, et comme il y manquait une étole, il en présenta une de soie blanche qu'il dit avoir été envoyée au Saint par la sainte Vierge. Ces miracles lui ôtèrent tout moyen de résister et l'obligèrent enfin de se rendre. Le Pape lui conféra tous les ordres qui lui manquaient et, lui mettant ensuite en main la crosse de saint Lambert, il le consacra évêque de Tongres et de Maëstricht. On dit que, pendant cette consécration, il arriva une autre merveille saint Pierre lui apparut et lui présenta une clef d'or, comme il avait fait autrefois à saint Servais, l'un de ses prédécesseurs et celui qui avait transféré l'évêché de Tongres à Maëstricht. Dieu lui donna en même temps, par infusion, les sciences qui lui étaient nécessaires pour l'instruction de son peuple, avec la grâce des guérisons et surtout un don particulier de guérir les malheureux atteints de fureur et de rage.

Etant comblé de tant de faveurs et même de la bénédiction apostolique, il partit de Rome et se rendit au plus tôt à son siège épiscopal. Les habitants de Maëstricht n'eurent nulle peine à le recevoir, et, bien qu'ils n'eussent point contribué à son élection, reconnaissant néanmoins qu'elle venait du ciel, et que c'était pour cela que les habits pontificaux et la crosse de Saint Lambert étaient disparus et avaient été transportés à Rome, ils se soumirent avec joie à son autorité pastorale. Hubert, sachant la différence qui doit exister entre l'évoque et le peuple, s'étudia plus que jamais à donner en sa personne des exemples de toutes les vertus évangéliques. Il était humble, sobre, chaste, vigilant, modeste, retenu dans ses paroles, assidu à la prière, fervent en toutes ses actions, patient dans les injures, ennemi des délices et grand ami de la croix. Sa vie était une mortification continuelle il avait un désir extrême du martyre et ne pouvait assez exalter le bonheur de son prédécesseur d'avoir donné son sang et sa vie pour la défense de la justice et de la piété. Il était l'asile des pauvres et des affligés tous les malheureux étaient bienvenus chez lui, il les recevait comme ses enfants, il les secourait de toutes les manières qu'il lui était possible et les soutenait de sa protection enfin, il a mérité le surnom glorieux de Refuge des Veuves et de Père des orphelins.

Une des actions les plus mémorables de saint Hubert, c'est l'invention et la translation des reliques de Saint Lambert. Il fut porté à faire cette translation, d'abord par les grands miracles qui se faisaient à son tombeau, ensuite par diverses révélations. Pour être encore plus certain de la volonté de Dieu, il ordonna un jeûne général par tout son diocèse. Lorsqu'il fut certain que la divine Providence l'ordonnait ainsi, il convoqua les évêques ses voisins, savoir ceux de Cologne, de Reims, de Tournai, d'Arras, d'Amiens, de Thérouanne et d'Utrecht et, en leur présence, il fit l'ouverture du saint tombeau. Il trouva le corps du saint martyr aussi frais et aussi entier que le jour de son décès et exhalant une odeur très agréable puis, assisté de ces vénérables prélats, qui portaient tour à tour le cercueil, il fit la cérémonie de cette translation. On ne peut exprimer l'honneur avec lequel cette précieuse relique fut reçue dans toute la marche. Aussi elle fit partout de grands miracles et elle apporta à Liège une grande abondance de bénédictions. Saint Hubert fit bâtir en ce lieu une église magnifique sous le nom de la Sainte Vierge et sous celui de Saint Lambert, pour lui servir de sépulture et pour faire retentir jusqu'à la fin des siècles les cantiques de louanges que l'on donnerait à sa mémoire.

Depuis, ne pouvant demeurer séparé des dépouilles de son bienheureux maître, il transféra le siège de son évêché en ce petit bourg. Il avait déjà été transféré de Tongres à Maëstricht par saint Servais mais Dieu voulut aussi priver Maëstricht de cet honneur, pour le donner à Liège qui par ce moyen est devenue une des plus riches et des plus puissantes villes de la Belgique. Ce fut saint Hubert qui commença de la faire accroître par de nouveaux bâtiments, qui lui donna le nom et les privilèges de ville, qui en régla les poids et les mesures pour le pain, le vin et les autres marchandises, qui voulut qu'elle eût pour sceau l'image de saint Lambert, avec cette inscription : « Sancta Legia, Romanae, Ecllesiae filia », « Liège la sainte, fille de l'Eglise romaine ». Peut-être prévoyait-il dès lors que Maëstricht tomberait un jour sous la puissance des hérétiques et boirait le calice de l'infidélité qui lui serait présenté par cette femme prostituée de l'Apocalypse, et que Liège, au contraire, demeurerait constante et inébranlable dans la véritable religion, sans jamais souffrir que le Wicléfisme, le Luthéranisme, ni le Calvinisme fussent reçus au dedans de ses murs. Il y fit bâtir une seconde église en l'honneur de saint Pierre, prince des Apôtres, pour lequel il avait une extrême dévotion, et y mit quinze chanoines dont la conversation lui était très-agréable. Mais depuis elle a été donnée à des chanoines et changée en collégiale. Enfin, il ennoblit encore cette ville par la translation de Saint Théodat, l'un de ses prédécesseurs, et de Sainte Madelberte, vierge, qu'il plaça dans une même châsse, auprès de Saint Lambert. Mais rien n'égalait la tendre dévotion de notre saint évêque envers la sainte Vierge. Il l'honorait d'un culte plein d'une pieuse reconnaissance. Pendant sa résidence à Maëstricht, il allait fréquemment passer les nuits dans l'église dédiée à la très-sainte Vierge, entièrement occupé à la prier et à l'honorer.

Sa piété ne se borna pas là. Il donna publiquement des marques éclatantes de son amour affectueux pour la Mère de Dieu. Il chercha à allumer et à entretenir dans les fidèles confiés à ses soins, cette dévotion si agréable à Dieu, si nécessaire aux hommes. La première église qu'il bâtit, fut dédiée, comme nous l'avons dit, à la sainte Vierge il lui en consacra une seconde (712) au hameau d'Emal, non loin de Maëstricht. Il exigeait que ceux qui lui demandaient quelque grâce recourussent à la toute-puissante intercession de la Reine du ciel et il a voulu que la mémoire de sa dévotion envers elle fût attachée au bienfait signalé qu'il nous a légué avec son étole miraculeuse, et se perpétuât avec lui pour nous être plus sûrement transmise. Et aujourd'hui encore, le répit se donne au nom de la très sainte Trinité et de la sainte Vierge la neuvaine prescrite se fait aussi en son honneur tant il est vrai que dans tous les siècles on a toujours reconnu dans l'Eglise catholique que la sainte Vierge est remplie de toutes les grâces, qu'elle est la dispensatrice des bienfaits et des grâces que le Seigneur veut accorder aux hommes Dieu voulant que tous les bienfaits et toutes les grâces que les hommes attendent du ciel passent par les mains de Marie et soient dus à son intercession.

Ces actions si solennelles l'ont fait appeler, par quelques auteurs, le fondateur et le premier évêque de Liège, quoique en considérant cet épiscopat comme une continuation de celui de Tongres et de Maëstricht, il n'en ait été que le trentième. Dès lors, il ne pensa plus qu'à étendre la foi de Jésus-Christ dans tous les endroits de son diocèse et aux environs, en détruisant ce qui restait des superstitions du paganisme. Il parcourut pour cela la grande forêt des Ardennes et le pays du Brabant, qui avait alors d'autres limites qu'aujourd'hui, et y fit partout tant de conversions qu'il a mérité d'être appelé l'Apôtre de l'un et de l'autre. Les merveilles qu'il opérait à tous moments contribuaient beaucoup à cet heureux succès. Faisant la visite de son diocèse, il rencontra dans un village, nommé Vivoch, une femme qui, pour avoir travaillé le dimanche, avait perdu l'usage des mains; ses doigts et ses ongles s'étaient tellement serrés contre les paumes qu'il n'était pas possible de les en séparer. Il pria donc pour elle et, sur la promesse qu'elle lui fit d'avoir désormais plus de respect pour les fêtes, il commanda à ces mains de se dénouer et, par ce seul commandement, il les remit en leur premier état. La Somme étant extrêmement basse et ne pouvant commodément porter les bateaux chargés qui servaient à quelque édifice qu'il avait entrepris, il leva les yeux au ciel, qui se couvrit aussitôt de nuages, et au bout de quelques jours, les eaux avaient repris leur niveau ordinaire. Par la vertu du signe de la croix, il chassa du corps d'une femme un démon qui s'en était emparé, pour troubler une procession qu'il faisait faire dans la campagne avec les châsses des Saints. Il éteignit, par le même signe de la croix, un grand feu qui avait pris à son palais et qui le menaçait d'un embrasement général. Il délivra du naufrage, bien qu'il fût absent, plusieurs de ses disciples qui étaient déjà presque submergés en mer et qui implorèrent son assistance. Il rendit aussi la santé à quantité de malades, par ses prières et par d'autres moyens qui étaient toujours efficaces. Il apprit à son peuple à recourir aux processions et à porter les reliques des Saints pour avoir de la pluie, pour obtenir la sérénité, pour nettoyer les champs des insectes qui les gâtent et pour toutes sortes de nécessités publiques.

Jamais les prodiges que Dieu opérait par ses mains ne le firent devenir infidèle à cette profonde humilité qui le rendait si agréable devant le Seigneur. Toujours occupé de l'abîme de son néant, il rapportait à Dieu la gloire du bien qui était en lui et qu'il opérait en faveur des autres. Il ne se glorifiait que dans ses infirmités; en même temps qu'il mettait ses complaisances dans son abjection, il se réjouissait que Dieu seul fût grand dans lui et dans toutes les créatures. Au milieu des bienfaits éclatants que Dieu répandait par ses mains, il n'attendait que d'en haut le succès de son ministère. Sa ferveur, loin de diminuer, augmentait de jour en jour et se manifestait par la continuité de ses jeûnes, de ses veilles et de ses prières.

Pour donner à sa prière la force invincible dont elle était douée, Hubert n'avait pas trouvé de meilleur moyen que l'exercice continuel de cette précieuse vertu. Du lieu de son exil, il entretenait un commerce habituel avec son Père céleste. Dans toutes les circonstances de sa vie, il invoquait avec confiance son secours tout-puissant, et il en recevait tous les jours de nouvelles grâces et de nouvelles faveurs, pour prix de sa fidélité et de sa persévérance. Malgré ses nombreuses fonctions et ses courses lointaines, pour porter à son peuple le pain de la parole sainte, il savait trouver au milieu de ses fatigues, de longues heures pour la méditation et la prière; il savait unir avec un rare bonheur la vie active et la vie contemplative. Après avoir pourvu, comme son divin Maître, avec une laborieuse sollicitude, aux besoins de son peuple, il se retirait comme lui dans la solitude pour se perdre dans la contemplation de ses grâces et de ses miséricordes. Il priait tantôt sur le tombeau de saint Lambert, afin de nourrir sa piété par le souvenir du courage qui avait éclaté dans le martyre se vouant à la défense de la vérité et de la chasteté tantôt c'était dans la forêt, où la voix de son Bien-Aimé l'avait appelé, afin de déplorer le malheur de ne pas avoir aimé plus tôt cette beauté toujours ancienne et toujours nouvelle. D'autres fois, c'était dans les champs, pendant la nuit, sous la voûte du ciel, au milieu de cette nature dont chaque détail lui rappelait la grandeur et la clémence du Créateur. Tous les objets qui l'environnaient lui servaient admirablement pour élever son cœur vers son Dieu, centre unique de son amour. Son âme élevée au-dessus des sens découvrait un nouveau monde, dont les richesses et les beautés la ravissaient hors d'elle-même. Les grandeurs et les plaisirs de la terre, dont les prestiges trompeurs séduisent leurs malheureux partisans, ne lui paraissaient plus que néant les affections, les délices terrestres n'avaient plus de charmes et ne pouvaient pas même arriver jusqu'à la région élevée où l'esprit de la prière et de la méditation l'avait porté.

Pendant qu'il avait tant de douceur et d'indulgence pour les autres, il n'avait de la sévérité que pour lui-même. Un ouvrier lui ayant par hasard écrasé la main sur un pieu de bois, il souffrit cette douleur et cette peine avec une constance merveilleuse et sans en demander la guérison il répétait seulement ce verset du psaume : « Seigneur, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde ». Son mal lui ayant donné un peu de relâche, il s'endormit, et, pendant son sommeil, il aperçut Jésus-Christ qui, lui montrant le beau palais de l'éternité bienheureuse, lui dit : « Tu vois plusieurs demeures dans la maison de mon Père, mais voilà celle que je t'ai préparée en particulier. Dans un an, je dénouerai le lien de ta tribulation, je te délivrerai, et tu me glorifieras ». Cet avertissement lui donna de nouvelles forces pour travailler au grand ouvrage de son salut. Il redoubla ses veilles, ses prières et ses aumônes, et se rendit plus attentif à faire toutes ses actions avec perfection. Souvent il baignait le sépulcre de saint Lambert de ses larmes, et de là il passait dans l'église de Saint-Pierre, où il se prosternait contre terre devant l'autel qu'il avait consacré en l'honneur de saint Aubin. Un jour qu'il avait fait une longue prière accompagnée de larmes et entrecoupée de sanglots, il se leva en prononçant ces paroles : « Le juste sera dans une mémoire éternelle ». Ensuite, se tournant vers la paroi, en mesurant avec ses bras la grandeur de son sépulcre, il dit : « Voilà l'endroit où je serai bientôt placé ».

Cependant il fut prié par plusieurs personnes considérables du Brabant devenir chez eux faire la dédicace d'une nouvelle église. Il ne voulut pas les refuser, quoiqu'il s'aperçût bien de la proximité de sa mort, et il s'acquitta de cette fonction avec son zèle et sa piété ordinaires; mais, comme il remontait sur la rivière pour s'en retourner à Liège, la fièvre le saisit avec tant de violence, qu'il fut contraint de s'arrêter dans une de ses métairies appelée Tervueren (Fura Ducis), entre Bruxelles et Louvain. Le saint prélat, pressé des douleurs de l'agonie, vit paraître au milieu de la nuit l'ennemi des hommes qui s'efforçait de l'effrayer par des figures horribles mais il le repoussa vigoureusement en récitant le psaume: « Qui habitat in adjutorio Altissimi », et par le moyen de l'eau bénite qu'il se fit apporter par un de ses domestiques. Le jour commençant à paraître, il fit venir son fils Floribert et tous ceux de sa famille, et leur dit un dernier adieu. Ensuite, étant muni des saints sacrements de l'Eglise, il récita devant tout le monde le Symbole de la foi, et comme il voulait aussi réciter l'Oraison dominicale, à ces paroles : « Notre Père qui êtes aux cieux », il termina sa vie terrestre et mortelle pour en aller posséder une éternelle et immortelle dans le ciel, le 30 mai 727.

 

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Culte et reliques

 

Le corps de saint Hubert fut transporté à Liège, dans l'église de Saint-Pierre, où il demeura exposé quelque temps à la vénération des fidèles puis il fut déposé au lieu que le Saint avait désigné, prés de l'autel Saint-Aubin, dans l'église collégiale de Saint-Pierre, ou Dieu ne tarda pas à manifester par plusieurs miracles la sainteté de son serviteur. En 743, saint Floribert procéda à l'exaltation de ses reliques en présence d'un concours nombreux de fidèles. Le roi Carloman voulut assister à cette cérémonie avec toute sa cour. Le corps fat trouvé sans aucune altération et exhalant une agréable odeur. Plein d'admiration pour ce gage de la miséricorde divine, le roi voulut retirer lui-même de la fosse, avec l'aide des grands de sa cour, ce corps sacré et odoriférant, et le porta processionnellement dans l'église. On plaça les restes du Saint dans un nouveau cercueil, et on le déposa devant le maitre-autel, où ils furent révérés pendant quatre-vingt-deux ans. Le roi fit à cette occasion de riches présents à l'église de Saint-Pierre, et lui légua par testament des terres et de nombreux revenus. Cette exaltation eut lieu le 3 novembre on fixa à ce jour la fête de saint Hubert dans toute l'Eglise catholique.

Le 21 septembre 825, l'évêque de Liège, Walcand, ouvrit la tombe du Saint en présence de Louis le Débonnaire et d'une foule innombrable de fidèles. Le corps du saint Pontife fut retrouvé dans le même état de conservation qu'on l'avait trouvé lors de la première translation. Sa chair s'était conservée aussi intacte que le jour de son inhumation. Ce corps sacré fut ensuite transporté au milieu d'une pompe extraordinaire à l'église de Saint-Lambert, où il demeura de nouveau exposé pendant trois jours à la vénération des fidèles. Après ce temps, t'évoque remit ce précieux dépôt entre les mains des moines d'Andage, qui le transportèrent solennellement à leur monastère.

Arrivés à leur destination les moines ouvrirent le cercueil et s'assurèrent de nouveau que le corps saint y était en entier ils en ôtèrent l'étole miraculeuse, la crosse d'ivoire, une sandale, le peigne et le cornet tous deux d'ivoire; tous objets que l'on montre encore aujourd'hui, à l'exception de la sandale. La précieuse dépouille fut ensuite déposée dans une chapelle ardente de l'église, relevée par Bérégise et réparée par Walcand. A peine le corps de saint Hubert fut-il arrivé à Andage, que les peuples vinrent en foule prier sur les lieux sanctifiés par sa pénitence et par la présence de ses augustes reliques cette tendre confiance des fidèles fut récompensée par de nombreux miracles. Les guérisons éclatantes obtenues par son intercession et l'emploi de son étole miraculeuse, dans des maladies graves et pour des morsures dangereuses, attirèrent à Andage une foule de pèlerins si grande, que ce pèlerinage fnt bientôt mis au nombre des plus célèbres pèlerinages du monde chrétien. Le nom d'Andage disparut comme par enchantement devant l'amour des peuples pour le nom de Saint-Hubert.

 

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La Sainte Etole

 

La relique principale, celle qui attire surtout l'attention et le respect, c'est l'étole qui a appartenu à saint Hubert et qui opère tous les jours des effets merveilleux. Elle est renfermée dans une petite boite d'argent qui a succédé à un reliquaire d'or d'un travail admirable. D'après des documents anciens parvenus jusqu'à nous, il est constaté que la sainte étole fut employée, dès le IX° siècle, comme remède infaillible contre la rage, pourvu que le patient eût une vraie foi et qu'il observât les prescriptions ordonnées pour cette guérison. Aussi voyons-nous dès lors la coutume établie d'aller en procession à Saint-Hubert coutume contractée à l'occasion de nombreux miracles. Plus le bruit de ces prodiges se répandait au loin, plus on voyait s'accroître la foule des malheureux de tout genre qui venaient solliciter la guérison de leurs maux. L'étole du Saint était connue partout pour ses effets miraculeux. Sa vertu consiste principalement à préserver des suites du venin de la rage ceux auxquels il a été communiqué, soit par la morsure d'un animal atteint de cette terrible maladie, soit par sang, par bave, haleine, nourriture infectée, soit de toute autre manière.

La médecine n'a aucun remède certain contre la rage elle se borne à indiquer des précautions préventives pour empêcher que le virus rabique ne soit absorbé et porté dans la circulation du sang. On y va plus simplement à Saint-Hubert pour accorder infailliblement la guérison de la rage, quelle que soit la manière dont le virus soit absorbé. Voici comment s'obtient cette guérison. Dès qu'une personne se croit infectée du venin de la rage, elle se rend à Saint-Hubert si elle a été mordue à sang par un animal enragé, elle subit l'opération qu'on appelle la Taille; si elle n'a pas été mordue à sang, elle reçoit ]e Répit. Après quoi la personne retourne chez elle, accomplit une neuvaine. Elle est assurée de sa guérison.

 

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La Taille

 

Voici comment se fait l'opération de la Taille L'aumônier fait une petite incision au front de la personne qui a été mordue l'épiderme étant légèrement soulevé à l'aide d'un poinçon, il introduit dans l'incision une parcelle exiguë de t'étoffe de la sainte étole, et l'y maintient à l'aide d'un étroit bandeau de toile noire, qui doit être porté pendant neuf jours, c'est-à-dire pendant une neuvaine qui est prescrite à Saint-Hubert.

 

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La Neuvaine de Saint Hubert

 

Voici les dix articles de la neuvaine de Saint-Hubert : la personne, à qui on a inséré dans le front une parcelle de la sainte étole, doit observer les articles suivants : 1° Elle doit se confesser et communier sous la conduite et le bon avis d'un sage et prudent confesseur qui peut en dispenser 2° elle doit coucher seule en draps blancs et nets, ou bien toute vêtue lorsque les draps ne sont pas blancs 3° elle doit boire dans un verre ou autre vaisseau particulier et ne doit point baisser sa tête pour boire aux fontaines ou rivières, sans cependant s'inquiéter, encore qu'elle regarderait on se verrait dans les rivières ou miroirs 4° elle peut boire du vin rouge, clairet et blanc mêlé avec de l'eau, ou boire de l'eau pure 5° elle peut manger dn pain blanc ou autre, de la chair d'un porc mate d'un an ou plus, des chapons ou poules aussi d'un an ou plus, des poissons portant écailles, comme harengs, saurets, carpes, etc.; des œufs cuits durs; toutes ces choses doivent être mangées froides; le sel n'est point défendu 6° elle peut laver ses mains et se frotter le visage avec un linge frais, l'usage est de ne pas faire sa barbe pendant les neuf jours; 7° il ne faut pas peigner ses cheveux pendant quarante jours, la neuvaine y comprise 8° le dixième jour, il faut faire délier son bandeau par un prêtre. le faire brûler et en mettre les cendres dans la piscine 9° il faut garder tous les ans la fête de saint Hubert, qui est le troisième jour de novembre 10° et si la personne recevait de quelques animaux enragés la blessure ou morsure qui allât jusqu'au sang, elle doit faire la même abstinence l'espace de trois jours, sans qu'il soit besoin de revenir à Saint-Hubert 11° elle pourra enfin donner répit ou délai de quarante jours, à toutes personnes qui sont blessées ou mordues à sang ou autrement infectées par quelques animaux enragés.

On trouve cette neuvaine établie de temps immémorial. On l'observe depuis qu'on recourt à saint Hubert. Depuis le IXe siècle, depuis le temps de saint Hubert même, l'usage constant et établi était de pratiquer ce que cette neuvaine prescrit, pour obtenir le bienfait signalé qui a toujours été accordé à ceux qui l'ont demandé par cette pratique. N'est-il pas légitime de conclure que cette neuvaine exprime les dispositions que saint Hubert demandait de ceux qu'il guérissait pendant sa vie? Si l'observance de la neuvaine est une condition de la guérison, c'est parce que l'humilité et l'obéissance qui font embrasser des pratiques qui, loin d'avoir rien de répréhensible, ne contiennent que des actes de piété, de prudence et de pénitence, disposent l'âme à une confiance plus vive et mieux fondée, et ainsi aux bénédictions de Celui qui regarde les humbles avec amour et détourne les yeux des superbes et des dédaigneux.

 

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Le Répit

 

Le Répit consiste à assurer contre la rage les personnes mordues, ou autrement infectées par des animaux enragés, jusqu'à ce qu'elles puissent se rendre à Saint-Hubert pour y être définitivement assurées. La tradition historique fait remonter l'origine du pouvoir de donner le Répit jusqu'à Saint-Hubert. Ajoutez à cela que les faits continnels viennent confirmer tons les jours cette tradition. Les aumôniers, desservant la chapelle de Saint-Hubert et les personnes taillées peuvent seules donner ce Répit.

Les aumôniers, attachés à l'œuvre de saint Hubert, peuvent donner Répit à terme ou à vie. Les personnes taillées peuvent le donner seulement pour quarante jours, comme leur instruction le porte au n°11 mais elles peuvent le répéter de quarante en quarante jours. On a vu des personnes mordues à sang se contenter d'aller demander le Répit tous les quarante jours, pendant trente-huit ans, à une personne taillée demeurant à plusieurs lieues de leur endroit, et venir après cette époque se faire tailler à Saint-Hubert.

On accorde le Répit aux personnes mordues par un animal qui ne donne que des indices douteux d'hydrophobie, ou auxquelles la morsure n'a pas été jusqu'à faire couler le sang, on encore aux personnes qui se croient infectées du venin de la rage de quelque manière que ce soit. On l'accorde encore aux enfants qui n'ont pas fait leur première communion, et qui ne sont pas préparés à la faire, quelle que soit leur blessure. De deux enfants mordus à sang par le même animal enragé et dans les mêmes circonstances, l'un est taillé parce qu'il peut remplir les conditions de la neuvaine; l'autre, trop jeune, reçoit le Répit à terme, et jamais la confiance au Répit n'a été trompée. Avant l'expiration du terme, il doit revenir à Saint-Hubert pour être taillé, ou recourir au Répit de quarante jours. Les parents demandent le Répit pour les petits enfants cette pratique était déjà usitée dès 1550.

Enfin on donne Répit aux personnes prises de la peur. On connaît assez les tristes effets que la peur entraîne dans le corps et les désordres intellectuels qui en résultent. Le Répit ne manque jamais de remonter le moral du peureux, de bannir entièrement de son esprit la maladie de la peur et de le rassurer contre le danger de la rage quelque imminent qu'il lui paraisse. Les esprits forts pourront ne voir dans ce Répit qu'une vaine cérémonie, qu'une pratique puérile et déraisonnable, mais nous n'en pouvons rien. Les résultats obtenus tous les jours sont là debout cornue des murs inébranlables contre lesquels viennent se briser tous les raisonnements.

L'effet produit par la Sainte-Etole sur la rage déclarée, c'est que les personnes taillées ont le pouvoir, mille fois reconnu, d'arrêter, de calmer et de faire périr les animaux enragés sans en être inquiétées.

On bénit à Saint-Hubert des Clefs ou « Cornets » qu'on touche à la Sainte Etole C'est un fer conique d'environ dix centimètres de longueur et de cinq millimètres de grosseur, terminé par un espèce de sceau représentant un cornet. L'usage de ces clefs ou cornets est suffisamment indiqué dans l'lnstruction suivante : « Dès qu'on s'aperçoit qu'un animal a été mordu ou infecté par un autre, il faut faire rougir le cornet ou clef au feu et l'imprimer sur la plaie même, si cela se peut commodément, sinon sur le front jusqu'à la chair vive, et tenir ledit animal enfermé pendant neuf jours, afin que le venin ne puisse se dilater par quelques agitations immodérées. (...) Les animaux sains seront aussi marqués au front, mais il ne sera pas nécessaire de les tenir enfermés. (...) Cela fait, quelqu'un de la famille, soit pour un ou plusieurs bestiaux, commencera le même jour à réciter, pendant neuf jours consécutifs, cinq Pater et Ave, à l'honneur de Dieu, de sa glorieuse Mère et de saint Hubert. Pendant tout ce temps on donnera tous les jours audit animal, avant toute autre nourriture, un morceau de pain ou un peu d'avoine bénits par un prêtre, à l'honneur de saint Hubert ». (…) « La vertu merveilleuse de ces cornets pour les bestiaux est suffisamment constatée par l'expérience journalière, et quand même. malgré cette précaution, la rage se communiquerait à un tel animal, on voit qu'il crève sans nuire aux autres. (...) Ce serait un abus, et ces clefs seraient profanées, si on s'en servait pour marquer des hommes, ou si on les imprimait sur du bois ou autre chose, lorsqu'elles sont rougies au feu, puisqu'elles ne sont bénites que pour marquer les animaux. (...) Ce serait un abus de croire qu'elles sont profanées lorsqu'on les laisse tomber à terre, ou qu'on les touche avec la main. (…) C'est un abus criminel de se servir des cornets ou clefs de Saint-Hubert pour gagner de l'argent, ou tout autre présent. La seule intention d'en recevoir rend ces cornets inutiles, pour obtenir l'effet qu'on en espère, et par conséquent, ils sont profanés ».

C'est un fait attesté par des milliers de témoins que les animaux marqués au front de la clef de Saint-Hubert, s'ils sont mordus par d'autres animaux enragés, ne sont nullement craindre; car dans le cas même où la rage leur serait communiquée, on les voit mourir sans nuire ni aux personnes ni aux autres animaux. Afin de se préserver de la rage, on porte dévotement sur soi des objets bénits et touchés à l'Etole miraculeuse de Saint-Hubert, comme des croix, des bagues, des chapelets, médailles, etc.

 

Texte extrait des Petits Bollandistes, de l'Abbé Guérin, Volume XIII, Paris 1876

 

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Neuvaine à Saint Hubert

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Neuvaine à Saint Hubert

 

Pratiques de dévotions pour tous les jours de la Neuvaine

 

Dire cinq fois le Notre Père, le Je Vous salue Marie, puis ajouter: « Dieu, soyez-moi propice. Seigneur, exaucez ma prière ». « Gloire, honneur, et bénédiction soit au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, à présent et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

 

Prière à Saint Hubert

 

Très glorieux saint Hubert, Dieu fait bien voir à votre égard qu'il est admirable dans ses saints, puisque depuis tant de siècles il ne cesse de renouveler tous les jours, dans l'église où votre saint corps repose, cette merveille singulière, en guérissant et préservant du mal de rage ceux dans le front desquels on insère une parcelle de votre Etole, et qui exécutent fidèlement la neuvaine prescrite. Ce même Dieu, en punition de mes péchés, a permis que je fusse dans le cas d'avoir besoin de ce remède miraculeux; je serais en danger de périr misérablement, si vous me refusiez votre intercession dans le danger où je me trouve. Mais vous avez déjà eu la bonté de l'accorder à un si grand nombre de personnes, que cela me donne une confiance certaine de ne pas me la voir refuser. C'est pourquoi, je vous supplie, mon très saint patron, de m'obtenir, auprès de la miséricorde divine, la grâce de m'approcher pendant cette neuvaine des sacrements avec les dispositions requises, d'exécuter fidèlement les mortifications qui me seront prescrites, et d'obtenir par ce moyen une santé parfaite. Je me propose fermement de vous en témoigner ma reconnaissance pendant toute ma vie, et de vous regarder désormais comme mon patron particulier, et mon intercesseur auprès de Dieu; et même de vivre de façon que je puisse un jour parvenir à cet état de félicité où vous vous trouvez, et louer Dieu avec vous pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Premier jour

 

Prière

 

Seigneur, Dieu tout puissant, rien ne peut résister à Voire Volonté; le pécheur le plus endurci abandonne toutes les vanités du monde, renonce à toutes les affections criminelles, quitte les mauvaises habitudes les plus enracinées, et devient un tout autre homme, dès que vous avez la bonté de lui accorder Votre Grâce victorieuse. J'ai très grand besoin d'une pareille grâce pour être délivré du fardeau de mes péchés; mon cœur, affaibli par la dépravation de ses affections corrompues, a besoin de Votre secours tout-puissant pour se diriger vers Vous, ô Source de Bonté et de Sainteté! Car comment pourrais-je m'adresser à Vous pour obtenir ce que je demande, si, par mes prévarications continuelles, je Vous empêche de me l'accorder, me rendant indigne d'être exaucé. Mais comme je ne puis rien sans Vous, ô mon Dieu, je Vous supplie de me pardonner les péchés que j'ai commis contre Votre Divine Majesté, je m'en repens de tout mon cœur, et je me propose fermement de m'amender. Accordez-moi Votre Sainte Grâce à cet effet, afin qu'étant ainsi agréable à Vos yeux, je puisse obtenir l'effet de ma demande par les mérites infinis de mon Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne éternellement avec Vous et le Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Glorieux Saint Hubert, miroir et modèle des pénitents, dans le moment même que la voix de Dieu, qui vous exhortait d'abandonner les vanités du monde, et de vous engager dans le sentier difficile et étroit de la perfection, fut parvenue dans votre cœur, vous n'avez pas hésité de la suivre, et comme un autre Abraham, vous avez quitté vos parents et toutes les délices de la cour pour faire pénitence, et pour vous exercer dans la pratique des vertus les plus sublimes: intercédez, mon cher Patron, pour moi auprès de Dieu, afin qu'Il me donne la grâce d'être désormais plus fidèle à Sa Voix, par laquelle Il me rappelle incessamment les désordres de ma vie passée, et m'exhorte, par Ses Saintes inspirations, à changer de vie, à abandonner le vice, à pratiquer la vertu, pour que je n'aie pas le malheur d'être surpris par la Justice Divine dans l'impénitence finale; mais que j'aie le temps de pratiquer, à votre imitation, une pénitence sincère et constante pour le grand nombre de péchés dont je me sens coupable. Ces mêmes péchés, hélas! me font trembler et je crains de ne pas obtenir l'effet de ma demande auprès de Dieu; aussi très Saint Patron, je vous supplie de la vouloir appuyer par votre intercession que j'implore de tout mon cœur. Ainsi soit-il.

 

Deuxième jour

 

Prière

 

Dieu tout puissant et éternel, que Vos Jugements sont bien différents de ceux des hommes! Ceux-ci n'estiment et n'exaltent que ce qui a quelque vaine apparence d'un éclat passager; Vous au contraire, Vous Vous plaisez à exalter ceux qui se rendent les plus vils et les plus abjects pour l'amour de Vous. Pour plaire aux hommes, il faut se manifester par quelque talent trompeur; pour trouver grâce devant Vous, il faut s'ensevelir dans une sainte obscurité: les hommes oublient aisément ceux qui se cachent; et Vous les exaltez par-dessus les autres, lorsqu'ils le font pour l'amour de Vous. Je Vous confesse, ô mon Dieu, à ma confusion, que la vaine gloire et le désir d'être estimé des hommes n'a que trop occupé mon cœur jusqu'à présent; et cependant qui suis-je pour me faire tant valoir? Certes, lorsque sérieusement je rentre en moi-même, j'ai tout sujet de sentir que je suis la plus vile et la plus misérable de Vos créatures, ne voyant en moi qu'un abime de néant. Accordez-moi donc la grâce, mon Seigneur et mon Dieu, d'être toujours intimement persuadé de cette vérité: ce sera le seul moyen d'espérer Votre faveur pour la demande que je Vous fais dans cette Neuvaine que j'entreprends; car Vous êtes un Dieu qui résiste aux superbes, et qui donne Sa Grâce aux humbles. C'est aussi par cette humilité que j'aurai tout lieu d'espérer d'obtenir un jour la Gloire Céleste, dans laquelle Vous vivez et régnez pendant toute l'éternité, Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Très Saint Patron, exemple d'humilité, il ne fallait pas moins qu'un ordre exprès de la part de Dieu pour vous induire à quitter votre chère solitude, où, inconnu aux hommes, et connu de Dieu seul, vous avanciez tous les jours à grands pas dans le chemin de la perfection avec un désir ardent d'y persévérer jusqu'à la fin. Mais, lorsque Dieu, en récompense de votre fidélité, vous destina à conduire un grand troupeau dans la voie du salut cette même humilité vous fit accepter un fardeau qui vous parut si pesant, et que vous avez néanmoins porté avec tant de gloire, tant par votre propre sanctification que par le fruit et l'utilité qu'en a retirés tout votre peuple. O glorieux Saint, je vous supplie très instamment de m'obtenir par votre intercession puissante cette humilité qui me manque, sans laquelle néanmoins je sais très bien que je ne puis être agréable à Dieu, ni obtenir te que je lui demande. Cette même humilité pourra aussi me rendre plus docile que je n'ai été à la voix de mes supérieurs temporels et spirituels, auxquels Dieu m'a soumis, afin que par ce moyen je puisse obtenir un jour la béatitude éternelle destinée aux humbles de cœur et d'esprit C'est la seule récompense que je désire, ô mon saint patron, si je puis obtenir cette vertu par votre intercession, dussé-je passer tout le reste de ma vie vilipendé comme le dernier des hommes. Mon unique consolation sera de pouvoir imiter mon Sauveur Jésus-Christ, qui s'est humilié jusqu'à la mort de la croix, et d'être participant avec vous de la gloire céleste que votre humilité vous a pareillement procurée. Ainsi soit-il.

 

Troisième jour

 

Prière

 

Seigneur, Dieu tout-puissant, que vous êtes merveilleux dans vos saints! Vous ne vous contentez pas de récompenser par une Gloire éternelle la fidélité de ceux qui correspondent aux grâces que Vous leur donnez pour parvenir à la perfection, Vous faites encore servir ces mêmes Grâces au bonheur des autres, en leur accordant des faveurs extraordinaires par les mérites et l'intercession de ces Saints. Par conséquent, outre les remèdes naturels que Votre Divine Providence nous fournit contre ce grand nombre de maladies et d'infirmités auxquelles nous sommes assujettis, Votre Bonté ineffable nous en procure encore de surnaturels, tant pour le corps que pour l'âme, lorsque, pour les obtenir, nous employons l'intercession de Vos Saints. C'est donc avec une entière confiance que je m'adresse au Trône de Votre Miséricorde, pour obtenir la grâce que je Vous demande par l'intercession de Saint Hubert, que Vous avez bien voulu distinguer par tant de miracles pendant sa vie et après sa mort. Etendez aussi, Seigneur, sur moi Votre bras tout-puissant, pour me préserver de la fureur de mes désirs criminels, qui troublent si souvent le repos de mon âme, et pour anéantir la tyrannie de la chair, qui ne cesse de se révolter contre l'esprit, et qui offusque souvent la lumière de la raison. Accordez-moi cette tranquillité et cette paix intérieure qui ne peut venir que de Vous seul, afin que le tumulte de mes passions étant calmé, je puisse avancer de jour en jour dans le chemin de la vertu, et enfin parvenir à Vous louer et bénir dans toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Glorieux Saint Hubert, l'étole miraculeuse qui vous a été envoyée du Ciel le jour de votre consécration épiscopale, vous dut être un témoignage très assuré que cette nouvelle dignité serait suivie de grâces et de faveurs ultérieures, non seulement pour votre propre sanctification, mais aussi pour le Salut de tous ceux qui voudraient suivre votre exemple, et pratiquer vos saintes instructions; aussi Dieu, par une faveur singulière, vous a accordé spécialement le don de délivrer les possédés, de tranquilliser ceux qui, par quelque accident, se trouvaient dans quelque dérangement de l'esprit et de la raison, enfin et particulièrement ceux qui étaient infectés des animaux enragés. Et non-seulement pendant votre vie, mais aussi jusqu'à présent la Miséricorde Divine continue ses merveilles par votre intercession, et par le moyen de cette étole miraculeuse qui existe encore. Je ne puis mieux m'adresser qu'à vous, ô grand thaumaturge des Ardennes, pour obtenir l'effet de ma demande, et pour acquérir, par votre intercession auprès de Dieu, la grâce de pouvoir réprimer la fougue et l'impétuosité de mes passions déréglées, qui m'excitent continuellement au péché, afin d'être toujours préservé de toute rage et trouble d'esprit; pour que je puisse servir Dieu avec un cœur débarrassé de ces mauvais désirs, et avec une tranquillité d'esprit parfaite. Ce sera le moyen qui pourra enfin me conduire à la Gloire éternelle, pour vous y louer et adorer sans cesse, conjointement avec la Miséricorde Divine. Ainsi soit-il.

 

Quatrième jour

 

Prière

 

Dieu tout-puissant, arbitre de l'univers, vous ne punissez jamais plus rigoureusement un peuple, que lorsque vous permettez qu'il soit toujours soumis à des supérieurs et directeurs mauvais; aussi est-ce une marque singulière de votre bonté, lorsque vous lui préposez des hommes selon votre cœur. Accordez-nous donc, Seigneur Dieu, ce témoignage de votre miséricorde : remplissez ceux qui nous gouvernent de votre Saint-Esprit, éclairez-les par les rayons de votre grâce, pour qu'ils puisssent régir leur peuple selon les règles de l'équité et de la justice, et lui procurer tout ce qui peut être utile au corps et à l'âme. Accordez-moi aussi en particulier la grâce de les considérer comme tenant votre place sur la terre, de les honorer, de les aimer, de leur obéir, et d'éviter tout ce qui pourrait leur occasionner quelque déplaisir, et les troubler dans l'exercice de leur ministère. Car puisque vous avez dit vous-même dans vos saintes Ecritures, que ceux qui les écoutent vous écoutent, et que ceux qui les méprisent vous méprisent, je ne puis douter que ce ne soit un moyen infaillible de vous plaire que de leur obéir; aussi, Seigneur, ferai-je mon possible pour accomplir en cela votre sainte volonté, dans l'espoir que vous m'en accorderez la grâce, de même que celle que je vous demande par cette neuvaine, ô vous qui vivez et régnez pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

0 mon glorieux patron, saint Hubert, exemple d'un bon pasteur et pontife selon le cœur de Dieu, combien de peines et de travaux n'avez-vous pas endurés pour nourrir le troupeau que le Ciel vous avait confié par le pain fortifiant de la parole de Dieu, pour le conduire dans le chemin du salut par l'éclat attirant de la sainteté de votre vie et de la pureté de vos mœurs! Vous étiez la ressource de la veuve et de l'orphelin, la consolateur des affligés, le refuge des pauvres, le médecin miraculeux des infirmes, en un mot le père de votre peuple. Accordez-moi, je vous en supplie, votre intercession charitable auprès de Dieu , pour obtenir la grâce que je lui demande à présent, de même que celle d'écouter avec attention et de pratiquer avec fidélité les instructions salutaires de ceux qui me sont préposés pour me conduire à la voie du salut; de leur témoigner tout le respect, l'obéissance et la vénération que je leur dois ainsi qu'à tous les autres supérieurs et souverains auxquels la divine providence m'a assujetti; je vous prie aussi, ô mon saint patron, de m'obtenir .de la miséricorde divine un cœur tendre et docile aux inspirations de la grâce, pour embrasser fidèlement les moyens qu'elle m'inspire, pour me conduire à l'extirpation de mes affections criminelles et des habitudes dépravées, et à la pratique constante des vertus nécessaires pour me rendre digne d'être agrégé à votre société, pour vous adorer, vous louer et bénir pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Cinquième jour

 

Prière

 

Dieu tout puissant et Miséricordieux, en créant l'homme à Votre image et ressemblance, Vous l'avez en même temps doté de lumières suffisantes avec lesquelles, pour peu qu'il veuille réfléchir sur les misères de sa condition et sur cet ordre admirable qui règne dans toute la nature, il peut aisément reconnaître un Dieu auteur de toutes ces merveilles. Malgré ces avantages, l'homme s'aveugle tellement qu'il Vous abandonne, ô Créateur de l'univers, qu'il s'attache à la créature jusqu'à lui rendre un culte sacrilège, et l'invoquer même vainement dans ses nécessités. Mais, Seigneur Dieu, si je veux réfléchir sur ma conduite, je suis bien plus coupable que ces gens qui marchent dans les ténèbres de l'ignorance et de l'idolâtrie. Car, outre les connaissances naturelles que Vous avez déposées dans mon esprit dès ma naissance, Vous m'avez accordé des instructions suffisantes qui ne me laissent pas ignorer que Vous êtes l'objet et la fin à laquelle je devrais rapporter toutes mes pensées, mes paroles et mes actions; que ce n'est que par Vous que je puis obtenir mon salut, que tout ce que j'ai, vient de Votre bonté. Mais, Seigneur, le maudit penchant que j'ai pour le mal m'aveugle tellement, que j'agis comme si Vous ne me voyiez pas; mes inclinations déréglées m'entraînent vers la créature, que je préfère souvent au Créateur. Je suis donc souvent dans le cas de cette idolâtrie spirituelle, qui me rend d'autant plus criminel devant Vous, qu'elle est plus volontaire et moins excusable. Détournez donc de moi, Seigneur Dieu, cet aveuglement de mon esprit, corrigez cette dépravation de mon cœur, et faites-moi mépriser courageusement dans la créature tout ce qui m'éloigne de Vous, ô mon Créateur. Réglez par votre grâce puissante mes affections, pour que je devienne agréable à Vos yeux, et que je me rende digne d'obtenir la grâce que je Vous demande par Notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous dans l'unité du Saint Esprit, pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Pontife selon le Cœur de Dieu, glorieux Saint Hubert, votre ardente Charité pour le Salut des âmes ne se borna point à votre évêché; les peuples de votre voisinage se trouvant encore dans les ténèbres de l'idolâtrie, votre zèle pour eux vous fit surmonter de gaité de cœur la difficulté des chemins, l'intempérie des saisons, la rigueur des climats, le danger même de votre vie, pour les instruire, les éclairer de la lumière de la Foi, et pour les associer à la communion de la Sainte Eglise. Je vous supplie, grand Saint, d'employer votre charitable intercession pour moi auprès de Dieu. Car, nonobstant la grâce que j'ai reçue de Lui d'être né et d'avoir été élevé dans la vraie Religion, je suis bien éloigné de m'être comporté selon Ses Saintes Maximes. Le dérèglement de ma volonté offusque les lumières de mon esprit, et m'égare de la route que je devrais tenir pour plaire à Dieu, et pour parvenir à mon Salut. Obtenez-moi donc, ô glorieux Saint, la grâce d'observer fidèlement la résolution que j'ai prise, d'être, à l'avenir, plus exact à veiller sur les égarements de mon esprit et sur la dépravation de mon cœur, d'aimer Dieu au-dessus de toutes choses et de faire toutes mes actions à Sa plus grande Gloire. Joignez aussi, glorieux Saint, votre intercession en faveur de la grâce que je Lui demande: car quoique j'en sois indigne, j'ai lieu de l'espérer de Sa Miséricorde Divine, qui aura plutôt égard à vos mérites qu'à mon indignité, ayant toujours accordé tant de grâces et de faveurs, à ceux qui ont eu recours à votre puissante protection. Ainsi soit-il.

 

Sixième jour

 

Prière

 

Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, l'homme s'étant volontairement précipité dans l'esclavage du démon par sa première désobéissance à Vos commandements, Votre Bonté l'a préservé de la perte inévitable de son Salut, en lui procurant un libérateur dans la personne de Votre Fils unique, qui s'étant fait homme l'a délivré de cet esclavage et lui a rouvert le chemin à la Félicité éternelle. Encore tous les jours, Dieu de Miséricorde, Vous étendez Vos bras vers ceux qui se remettent de nouveau sous la puissance de l'Enfer par les péchés les plus énormes, Vous leur octroyez, libéralement de Vous en demander la grâce, Vous leur accordez Votre secours tout-puissant pour revenir de leurs égarements et pour récupérer Votre amitié, Vous leur donnez des forces suffisantes et nécessaires pour surmonter toutes les attaques que livrent le Démon, le monde et la chair. Je suis, Seigneur, cet homme auquel Vous avez déjà accordé tant de fois Votre Protection toute-puissante, et qui est retombé tant de fois dans l'abîme d'où Vous l'aviez tiré si miséricordieusement. Je suis ce misérable pécheur qui s'est livré de nouveau aux instigations du Démon et de la concupiscence. O Seigneur, j'implore encore une fois Votre Miséricorde, je Vous promets que je ferai tout mon possible pour ne plus en abuser. Accordez-moi donc Votre secours contre les attaques des puissances des ténèbres, éloignez de moi cet ennemi juré du genre humain, brisez ses armes, humiliez son orgueil, pour qu'il ne puisse prévaloir contre mon corps ou mon âme; anéantissez tous les desseins pernicieux qu'il trame contre moi, afin que je puisse travailler avec plus de facilité au grand œuvre de mon Salut et me rendre digne de la grâce que je Vous demande à présent, comme aussi de la Gloire où Vous régnez éternellement avec le Fils et le Saint Esprit. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Mon très cher Saint Patron, entre toutes les grâces et les faveurs célestes dont Dieu vous a comblé pendant votre vie, en récompense de votre fidélité et de ce zèle ardent avec lequel vous avez travaillé à votre propre sanctification et à celle des autres, une des plus singulières est ce pouvoir miraculeux sur les démons, que vous avez exercé si souvent envers ceux qui, de votre temps, ont eu le malheur d'en ressentir les effets pernicieux. Même depuis que vous êtes dans la gloire céleste, vous continuez, par votre intercession auprès de Dieu, ce même pouvoir, et grand nombre de personnes en ont senti les effets salutaires: c'est ce qui me donne la confiance, grand Saint, d'implorer pour moi cette intercession puissante. Hélas! par mes infidélités envers Dieu, par le consentement malheureux que je donne souvent aux instigations de l'ennemi de mon Salut, je me trouve soumis à sa puissance et à sa tyrannie. Or, puisque je me trouve dans le cas de demander une grâce particulière à Dieu par votre puissante intercession, accordez-la moi en même temps pour ôter le plus grand obstacle qui pourrait m'empêcher de l'obtenir. Soyez mon bouclier contre les embûches que me dresse continuellement le démon: obtenez-moi la grâce d'être préservé de toutes les illusions infernales, qui pourraient nuire à mon corps ou à mon âme. Intercédez pour moi, glorieux Saint, afin que je n'aie pas le malheur de commettre le péché, qui seul peut lui donner sur moi un pouvoir absolu, afin que me reposant avec une conscience pure et tranquille à l'ombre de la protection divine, je puisse être en état de mépriser toute la puissance infernale, et de jouir enfin avec vous de la gloire céleste, pour y louer Dieu pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Septième jour

 

Prière

 

O Dieu, juge Souverain et équitable des vivants et des morts, Vous avez irrévocablement prononcé la sentence de mort sur tout le genre humain: Votre cher et unique Fils, Dieu comme Vous de toute éternité, n'en a pas même été exempt dès qu'Il s'est fait homme. C'est ainsi, ô juge sévère, que Vous traitez chacun selon ses mérites, que Vous jugez selon les œuvres et non selon la personne ou la dignité. Lorsque je considère ma vie passée, le peu de bonnes œuvres que j'ai faites, le nombre de péchés que j'ai commis, Seigneur, comment soutiendrais-je Votre présence, si Vous me citiez dans ce moment devant Votre Tribunal redoutable? Quelle excuse pourrais-je Vous alléguer, si Vous me remettiez devant les yeux l'abus que j'ai fait de tant de grâces que Vous m'aviez accordées? Si Vous vouliez me faire rendre compte de tout le bien que j'ai omis, et de tout le mal que j'ai fait? Quel repentir n'aurais-je point d'avoir si mal employé le temps le plus précieux de ma vie, et de Vous avoir servi avec tant de nonchalance? Puis donc que Vous m'accordez encore le temps, Dieu Miséricordieux, de satisfaire à Votre Divine Justice par une pénitence sincère, accordez-moi, je Vous en supplie, la grâce de le mieux employer que par le passé, et de m'exercer dans la pratique des vertus qui Vous seront les plus agréables, enfin d'accomplir en tout Votre Sainte Volonté, et pour qu'à la fin de ma vie je puisse paraître avec confiance devant le Trône de Votre Justice, et entendre sans appréhension une sentence qui me procure le bonheur de Vous louer et bénir toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Glorieux Saint Hubert, en considération de votre pénitence très austère, d'une vie féconde en bonnes œuvres et en mérites, et des travaux apostoliques que vous avez supportés, pour l'amour de Dieu et de votre prochain, la Miséricorde Divine a bien voulu vous donner des assurances positives de votre Salut, en vous faisant voir la demeure éternelle qui vous était destinée pour la récompense de vos travaux. Quelle consolation pour vous, grand Saint, quelle joie ineffable de voir approcher la dissolution de votre corps mortel qui devait vous unir pour toujours à Jésus-Christ! De vous voir mourir de la mort des justes, qui est plutôt un sommeil doux et pacifique, et l'entrée du bonheur éternel! Après une faveur si signalée de la Bonté Divine, je ne puis avoir qu'une confiance certaine d'obtenir par votre intercession ce que je demande à Dieu. Je vous invoque donc à ce sujet, ô mon Saint Patron; obtenez-moi, je vous en supplie, cette grâce, de même que celle de vous imiter dans votre glorieux trépas. Je l'avoue, il eût fallu imiter votre vie, pour pouvoir mourir d'une mort si sainte: c'est aussi ce que je me propose fermement de faire. Si vous vouliez bien joindre votre intercession à ma bonne volonté, cela me mettrait en état de corriger mes mauvaises habitudes, de modérer mes plaisirs dépravés, de réprimer ma délectation sensuelle, de mépriser la pompe du monde, et les instigations du démon: par ce moyen, mon âme ornée de vertus et enrichie de mérites, soutiendra avec joie la venue de son juge à l'article de la mort, et pourra espérer de jouir avec vous éternellement de la Gloire Céleste. Ainsi soit-il.

 

Huitième jour

 

Prière

 

Dieu de Miséricorde, malgré la distance infinie qui se trouve entre Votre Divinité incompréhensible et le néant misérable de la nature humaine, Votre bonté pour l'homme est si considérable, que pour un petit hommage qu'il Vous rend dans ce monde, Vous lui donnez une gloire ineffable, et Vous le mettez en possession de Vous-même en l'autre. O source inépuisable de bonté et de félicité! Cette considération a servi de puissant aiguillon à une infinité de personnes, pour abandonner le monde et toute sa pompe, pour mépriser les délices de la chair, pour résister aux attraits de la concupiscence et aux attaques réitérées de toute la puissance infernale, pour souffrir les tourments les plus cruels, et la mort même. Hélas! J'ai bien la témérité d'espérer la même gloire de Votre Bonté; mais, misérable que je suis, lorsque je considère ma vie passée, je me trouve bien éloigné d'avoir fait ce qu'il fallait pour y parvenir, dans le temps même que je devais encore me croire, trop heureux de ce que Vous voulussiez bien m'accorder une récompense si grande pour si peu de peines! Hélas! Seigneur, accordez à mon cœur endurci une sainte ardeur pour mériter Votre possession, donnez-moi un désir sincère de faire tout ce qui convient pour l'obtenir, et la grâce d'accomplir ce même désir: car je sens bien que je ne puis rien sans Vous, et qu'avec Vous je puis tout. Je Vous supplie pareillement, ô Dieu infiniment bon et aimable, de vouloir m'accorder la grâce que je Vous demande pendant cette Neuvaine, principalement si cela peut contribuer à la sanctification de mon âme et à la possession de Votre Gloire éternelle, dans laquelle Vous vivez et régnez pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que nous soyons clignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Très glorieux Saint Hubert, vous jouissez à présent pour toute l'éternité du fruit de vos travaux après avoir passé le temps de votre vie passagère à renoncer à tout, à souffrir des peines et des adversités pour l'amour de Dieu et pour le Salut du prochain, et à vous élever au comble de la sainteté, par un exercice continuel dans la pratique de la vertu et de la perfection Chrétienne. Dieu vous a maintenant élevé au comble de la gloire et de la félicité éternelle: ce Dieu infiniment Bon vous accorde même actuellement des grâces et des faveurs singulières, lorsque vous employez votre intercession pour ceux qui vous invoquent dans leurs peines et leurs nécessités; c'est ce qui m'engage, grand Saint, à implorer votre protection dans la demande que je fais à Dieu pendant cette Neuvaine. J'implore cette même protection pour obtenir la grâce de vivre en sorte que je puisse aussi mériter la participation de cette gloire éternelle et ineffable que vous possédez à présent. A cet effet, ô mon Saint patron, faites-moi participant de votre zèle qui vous a déterminé à mépriser les choses terrestres, pour acquérir la joie et la Béatitude Céleste; obtenez-moi une étincelle de cette flamme pure de l'Amour Divin dont votre cœur se trouve embrasé, afin que je puisse supporter avec gaité de cœur toutes les adversités, les contradictions et les peines par lesquelles je dois nécessairement passer pour acquérir cette gloire, que Dieu n'accorde qu'à ceux qui, pour son amour, ont été les imitateurs des souffrances de son Fils unique, notre Sauveur Jésus Christ. Ainsi soit-il.

 

Neuvième jour

 

Prière

 

Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, je ne dois attribuer qu'à mes péchés cette affliction où je me trouve, et pour la délivrance de laquelle j'ai eu recours pendant ces neuf jours à Votre Bonté infinie, invoquant en ma faveur l'intercession de Votre fidèle Serviteur le Glorieux Saint Hubert, pour obtenir par ses mérites ce que je ne puis espérer de moi-même. Je Vous supplie donc de nouveau, Seigneur, de m'accorder cette grâce. Il est vrai, et je le confesse à la face du Ciel et de la terre, que j'ai très justement mérité l'affliction et la peine dans laquelle je me trouve: même, Seigneur, je dois Vous remercier de ce châtiment passager; car c'est un effet de Votre infinie Miséricorde de punir en ce monde pour pouvoir être propice en l'autre. Mais Vous connaissez aussi, Dieu Tout-Puissant, la grandeur de ma fragilité. Ma faiblesse est assez grande pour succomber sous la pesanteur de Votre bras qui me châtie, si en même temps celui de Votre Miséricorde ne me soutient efficacement pour supporter avec patience Votre châtiment paternel. Souvenez-Vous donc, grand Dieu, de ce Précieux Sang que Votre Fils unique, mon Sauveur Jésus-Christ, a répandu pour moi; et en sa considération accordez-moi cette grâce que je ne puis mériter par moi-même. Vous êtes l'unique refuge des pécheurs, j'ai tout sujet de m'adresser à Vous en cette qualité, et d'espérer néanmoins que Votre infinie Miséricorde m'accordera l'objet de ma demande, par les mérites de mon Sauveur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous et le Saint Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Priez pour nous, Saint Hubert,

afin que soyons dignes de participer aux promesses de Jésus-Christ.

 

Très Saint Pontife et fidèle Serviteur de Dieu, votre puissante intercession auprès de Sa Divine Majesté procure du soulagement à tant de personnes qui vous invoquent dans leurs afflictions et guérit tant d'infirmes qui implorent votre secours salutaire, que me trouvant dans le cas d'avoir besoin d'un Patron auprès de Dieu pour obtenir la faveur que je lui demande, je m'adresse à vous pour vous prier de vouloir vous intéresser en ma faveur auprès de sa divine Majesté. Offrez-lui donc, je vous en supplie, très Saint Patron, tout ce que vous avez souffert pour son amour, tous les soupirs et les affections pieuses de votre cœur, toutes ces ferventes exhortations par lesquelles vous gagniez les âmes à Dieu, enfin toutes vos vertus et tous vos mérites, pour suppléer à ce qui me manque, et pour pouvoir me mériter d'être exaucé auprès de Dieu. De mon côté, glorieux Saint, je ferai ce que je pourrai pour vous témoigner ma reconnaissance pendant toute ma vie: et je me propose aussi d'être, dans la suite, plus fidèle à accomplir les devoirs que m'imposent mon état et ma condition, d'imiter, autant qu'il me sera possible, la sainteté de votre vie, et les exemples de vertu que vous m'avez donnés, afin que je puisse un jour avoir le bonheur de vous être réuni dans la Gloire Céleste, et de louer, bénir et adorer conjointement avec vous ce Dieu infiniment Bon et Miséricordieux, pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

A la fin de la Neuvaine

 

Action de grâce à Dieu

 

Seigneur Dieu, source inépuisable de toute bonté, je loue et je bénis Votre Miséricorde infinie, et du fond de mon cœur je vous rends mes très humbles actions de grâces, pour ce bienfait signalé que Vous venez de m'accorder, en me garantissant du cruel mal de rage par le moyen de l'Etole miraculeuse et l'intercession du Glorieux Saint Hubert. Je voudrais seulement avoir assez de mérites, pour vous rendre mes actions de grâces avec la même ardeur et la même affection, que le pourraient faire Vos Anges et Vos Saints dans la Gloire Céleste. Mais comme la chose m'est impossible, jetez, Seigneur, un regard favorable sur ma bonne volonté, et accordez-moi, je Vous en supplie, la grâce de vivre désormais de façon que je ne mérite plus une pareille punition pour mes péchés, et d'employer le reste de la vie que Vous m'avez miséricordieusement prolongée, à Vous servir plus fidèlement que je ne l'ai fait jusqu'à présent, et à me sanctifier par l'accomplissement de Votre Sainte Loi, afin que je puisse mériter de Vous bénir et louer éternellement. Ainsi soit-il.

 

Action de grâce à la Bienheureuse Vierge Marie

 

Très Glorieuse Vierge Marie, Protectrice de tous ceux qui ont recours à Vous dans leurs peines, soit corporelles, soit spirituelles, quelles actions de grâces n'ai-je pas à Vous rendre d'avoir eu compassion d'un pauvre misérable pécheur comme moi, et de m'avoir enrichi par Votre intercession d'une parcelle de cette Etole merveilleuse, que Vous avez envoyée à votre fidèle Serviteur Saint Hubert. C'est par l'efficacité de cette intercession, que j'ai achevé heureusement ma Neuvaine, et que je me trouve délivré de tout risque et inquiétude. Quoique je ne sois pas en état de Vous en témoigner une reconnaissance convenable, néanmoins, ô Mère de Miséricorde, la volonté de le pouvoir faire ne me manquera jamais, souhaitant de tout mon cœur que l'effet pût y correspondre. Aussi, Vierge très glorieuse, comme je n'ai rien de moi-même qui puisse Vous être agréable et digne de Vous être offert pour cette faveur singulière dont je Vous suis redevable, je Vous offre Votre très Cher et unique Fils, mon Sauveur, que je viens de recevoir sur le fin de ma Neuvaine, Vous suppliant de me continuer Votre puissante Protection et de me préserver désormais du même malheur qui m'est arrivé, et de m'obtenir la grâce d'employer le reste de ma vie, que la Miséricorde Divine m'a prolongée, à me rendre digne de posséder un jour avec Vous la Gloire éternelle. Ainsi soit-il.

 

Action de grâce à Saint Hubert

 

Très Glorieux Pontife et Serviteur de Dieu, Saint Hubert, je viens d'achever heureusement ma Neuvaine; votre intercession a produit ses effets. Après Dieu et Sa Sainte Mère, c'est à vous que je suis redevable de la santé et de la tranquillité dont je jouis; sans égard à mon indignité, vous m'avez obtenu auprès de Dieu une prolongation de la vie, que j'étais en risque de perdre malheureusement, et par ce moyen j'ai encore du temps pour faire de dignes fruits de pénitence. Je souhaiterais de tout mon cœur de pouvoir accomplir en tout ceci la volonté de Dieu; mon bonheur éternel en dépend. Mais, hélas! je connais trop ma fragilité, lorsque je me trouve dans l'occasion de péché, et, dans ces circonstances critiques, j'ai souvent fait la triste expérience, que l'effet ne correspond pas toujours à la bonne volonté. C'est pourquoi, ô mon Bienheureux Patron, je vous supplie de m'en obtenir la grâce auprès de la Miséricorde Divine; tant que je respirerai, je vous en témoignerai ma juste reconnaissance. Votre bonté m'a déjà accordé tant de faveurs, j'espère que vous ne me refuserez pas encore celle-ci, qui pourra me procurer le comble du bonheur, en me procurant la gloire éternelle, dans laquelle, conjointement avec vous, je pourrai louer et bénir Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Neuvaine extraite de « Dévotion à Saint Hubert », de Dom Robert, Paris, Ed. Casterman, 1866

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23 novembre 2012

Reportage sur le Bienheureux Jacques-Désiré aval

91849

Le Père Laval, un paradoxe Mangarévien

Reportage

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