06 mai 2022

Saint Mommolin

St Mommolin II-001

 

Saint Mommolin

Abbé de Fleury

+ au VIIe siècle

Fête le 8 août

 

Mommolin, ou Mommole, que l'on appelle ordinairement saint Momble, naquit de parents riches et pieux qui l'élevèrent chrétiennement et le firent instruire. L'année et le lieu de sa naissance sont indéterminés. L'auteur de sa vie (1) nous apprend seulement qu'il vivait dans le septième siècle, et qu'il était natif du « pays d'Orléans en France » (2). Son enfance fit pressentir sa vie tout entière. Dégoûté du monde avant d'en avoir goûté les perfides douceurs, il gagna la solitude et consacra à Dieu, avec les prémices d sa jeunesse, toutes les aspirations de son âme, tous ses rêves d'avenir.

L'ancien monde romain venait de se dissoudre ; une ère nouvelle était commencée. Les barbares, instruments de la divine Providence, quittaient leurs forêts séculaires, châtiaient par le fer et le feu les peuples trop longtemps amollis par de honteuses voluptés, et vengeaient le sang des martyrs. La civilisation disparut, mais elle fut remplacée par un esprit nouveau qui s'ouvrit aux pures illuminations du christianisme. Le monde, ébranlé par mille secousses, chancelait encore sur ses bases, quand fut crée par saint Benoît un asile sanctifié par la prière, où pouvaient venir se réfugier pour toujours les cours las du siècle ou ambitieux de pénitences et d'austérités. La grande famille monastique était alors représentée tout entière sur le Mont Cassin par les disciples de Benoît, comme autrefois le genre humain sur une montagne d'Arménie par les habitants de l'arche. Le spectacle d'une si haute perfection sous une forme si nouvelle, mais si naturelle, réveilla partout un vif désir d'imitation et de sainte émulation. Benoît, sollicité de toutes parts, mais en particulier par saint Innocent, évêque du Mans, envoya en France saint Maur, auquel il donna pour compagnons Simplice, Constantinien, Antoine et Fauste. Saint Maur fonda en France grand nombre de monastères, entre autres celui de Saint Aignan, à Orléans. C'est dans cette sainte solitude que Mommolin fit son noviciat sous la conduite de Léodebede ou Léodebunde qui en était abbé. « Léodebunde était un homme signalé en science, richesse et sainteté de vie, moribus et scientiâ senex. » A l'école d'un tel maître, Mommolin, que la nature avait doué d'une manière très heureuse, s'éleva rapidement à une haute perfection. Ayant appris à obéir, il fut bientôt jugé digne de commander, et fut mis à la tête d'un monastère nouvellement fondé.

Après la conquête des Gaules, les Romains bâtirent, dans les lieux les plus agréables, des châteaux de plaisance ; les bords enchantés de la Loire fixèrent particulièrement leur attention. À quelques lieues d'Orléans, une vallée que ses agréments et ses productions avaient fait surnommer la Vallée d'or, vallis aurea, embellit ces délicieux rivages. La beauté des fleurs, la magie du paysage, le ciel serein, la bienfaisance de l'air semblent dire au voyageur : arrête-toi là. Les Romains, peuple si sensuel, après avoir été si austère et si belliqueux, y élevèrent un château, qu'ils décorèrent du nom de Floriacum, Fleury, comme s'ils avaient voulu rivaliser par les magnificences de l'art avec les merveilles de la nature. Ce monument appartint plus tard à Jean Albon, seigneur puissant qui avait renoncé à la cour de l'infâme Brunehaut, reine d'Austrasie, et voulait, loin du monde, travailler à son salut. Il fit une œuvre plus utile que les Romains, en fondant une église, à qui il donna, peut-être à dessein, le nom d'un martyr, saint Sébastien, pour faire oublier par la doctrine de l'immolation chrétienne les grossières concupiscences des maîtres du monde. Quelque temps après (620), il se retira avec son fils au monastère de Saint Aignan, auprès de Leodebunde. En embrassant la vie monastique, il donna tous ses biens à cette abbaye, à la condition expresse que son château de Fleury serait converti en monastère. Le pieux abbé posa bientôt à Fleury la première pierre de l'église, en permettant à Albon d'en diriger les travaux, et la consacra à saint Pierre, Prince des Apôtres. L'église donna son nom au monastère, qui fut peuplé des Bénédictins envoyés de celui de Saint Aignan. Foucauld fut le premier abbé de Saint Pierre de Fleury. Rigomar fut le second. Le troisième fut Mommolin, qui dut céder aux ordres de Léodebunde et faire le sacrifice de sa tranquillité personnelle pour venir prendre le gouvernement de cette maison naissante. C'était vers l'an 650.

De cette époque datent les progrès de cette célèbre abbaye, que Léon VII appelait plus tard le premier et le chef de tous les monastères : Caput ac primum omnium cænobiorum, et dont l'abbé, par un privilège d'Alexandre II, avait la qualité de premier des abbés de France.

Mommolin agrandit les bâtiments du monastère et y établit « une publique académie de vertu et de bonnes lettres ». Dans les temps de la barbarie, les cloîtres ont été le refuge des sciences, « palestres d'honneur, séminaires des prélats et docteurs de l’Église ». Les personnages les plus remarquables vinrent se ranger sous la houlette du pieux et savant abbé. Dans cette pléiade d'esprits éminents, formés par ses soins, nous distinguons « le noble Hugon d'Aquitaine, dont le scavoir et bonnes mœurs a donné lustre et réputation à l'abbaye de Solignac en Limousin ; et saint Gyldas, qui ne mangeoit durant le cours de sa vie que trois fois la semaine et fort sobrement », et qui illustra plus tard l'académie d'Iren en Angleterre. L'immortel Gerbert ou Sylvestre II, premier Pape français (999), à qui la science doit l'introduction en Europe des chiffres arabes, avait été moine de Fleury.

Le plus grand événement de la vie de notre Saint est celui que nous allons raconter. Le monastère du Mont Cassin, l'aîné de tous les monastères en Occident, le berceau de l'Ordre Bénédictin, avait été détruit par les Lombards. Mommolin, averti par un Ange, veut arracher à la profanation des barbares les reliques de saint Benoît. Il confie cette héroïque mission à l'un de ses moines, natif de Blois, nommé Aygulphe. La longueur et les périls du voyage n'effraient point le serviteur de Dieu ; il part en compagnie de quelques chrétiens du Mans qu'une vision surnaturelle invitait à aller rechercher le corps de sainte Scholastique, la bienheureuse sœur du patriarche des moines d'Occident, pour le remettre entre les mains de leur évêque Bérarius. Les pieux pèlerins se rendent à Rome. Là, Aygulphe se détache de ses compagnons, arrive au Mont Cassin et découvre au milieu des ruines les dépouilles sacrées de saint Benoît et de sainte Scholastique. Il s'en empare et les emporte. On le poursuit ; mais la joie d'une bonne action donne force et courage. Qui pourrait arrêter l'innocent ravisseur ? Il vole plutôt qu'il ne marche sous son précieux fardeau, échappe, Dieu aidant, à tous les pièges, traverse l'Italie et rentre en France par la Savoie. Pendant que les bénédictions des peuples accompagnent ses pas, tout-à-coup Dieu fait éclater sa puissance. Aygulphe s'était arrêté à Orléans, à un endroit nommé Bony, in prædio Bonodio, où l'on bâtit dans la suite une église sous le titre de Saint Benoît du Retour. Un aveugle de naissance est guéri au seul contact de la caisse qui contenait les reliques, un estropié recouvre l'usage de ses membres. Mommolin accourt au-devant d’Aygulphe avec une immense multitude. C'était le 11 juillet 660, c'est-à-dire 117 ans après la mort de saint Benoît. La joie brille sur tous les fronts, l'allégresse et les chants de triomphe se confondent avec les témoignages du respect et de la vénération. « On passe allègrement tout le reste de ce jour avec hymnes et louanges au Seigneur ».

Il ne fut bruit longtemps que de cette translation et de deux résurrections opérées par les saintes reliques. Dans ces âges de naïve croyance, un ossement sacré était un trésor pour tout un peuple. On faisait un voyage pour le vénérer et on prenait les armes pour le garder. Que de reliques nous sont arrivées en France par les sacrifices que s'imposaient les Croisés pour les acquérir, ou bien même par le droit de conquête ?

L'hagiographie nous fournit d'autres exemples de semblables translations de reliques. Dans le VIIIe siècle, les ossements des saints Abdon et Sennen, princes Persans, martyrisés à Rome, pendant la persécution de Déce, furent exhumés des catacombes et accordés à la pieuse sollicitation des Bénédictins et des habitants d'Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales), dans le but d'éloigner les fléaux qui désolaient le pays. Ces reliques furent mystérieusement portées dans cette ville, cachées dans des barils pleins d'eau, qui reposent aujourd'hui sur l'autel qui leur a été consacré dans une des chapelles de l'église. Ces instruments d'une pieuse fraude nous attestent avec quel dévouement nos pères professaient le culte des reliques, puisque tant de précautions étaient nécessaires quand il était question d'en déplacer quelqu'une, même avec un légitime consentement. Fière et heureuse de posséder ces deux Saints, la ville en a fait ses patrons, et garde avec respect un sarcophage de marbre qui contenait autrefois leurs ossements, et d'où coule aujourd'hui une source qui n'a jamais tari.

Dans le XVe siècle, tel était l'enthousiasme des peuples pour saint Roch, le patron des pestiférés, que Venise, plus exposée que les autres villes à la contagion, à cause de son commerce avec l'Orient, envoya à Montpellier des marchands audacieux qui s'emparèrent furtivement du corps du Saint et l'emportèrent dans leur pays, avec l'assurance que la peste n'aurait plus de puissance meurtrière chez eux.

On sait que vers la fin du XVIe siècle une dispute fameuse s'éleva entre les religieux du couvent de Saint Antoine de Viennois et les Bénédictins de l'abbaye de Mont-Majour d'Arles (Bouches du Rhône), sur la possession des reliques de saint Antoine du désert. Les députés de toute la province y prirent part, et deux Papes intervinrent dans les débats. Des querelles de cette nature peuvent dégénérer en abus ; mais elles illustrent un peuple qu'on peut encore passionner en lui montrant une relique. Les croisades, qui ont ébranlé l'Europe, n'avaient d'abord pour but que de reconquérir un tombeau.

Si, à une époque assez rapprochée de notre marasme religieux, on était encore capable de tant de foi, qui pourrait peindre les transports qui durent accueillir les reliques de saint Benoît ?

Mais les joies d'ici-bas ont un terme. À ce pieux concert de bénédictions et de louanges, à cette effervescence d'une foi toute démonstrative succéda enfin le calme raisonné de la piété silencieuse. Mais il fallut se résigner à séparer les corps de ces « bessons » qui avaient dormi plus d'un siècle dans le même tombeau. Les reliques de sainte Scholastique furent concédées à la ville du Mans, qui les sollicitait avec de nouvelles instances. Elles y furent reçues avec d'ineffables transports, dont le souvenir se perpétua par une fête annuelle fixée au 11 juin. Saint Benoît fut retenu par Mommolin. Il devint le patron, non-seulement d'une église érigée sous son vocable, mais encore de l'abbaye qui perdit dès lors son nom romain de Fleury (Floriacum) et ne fut plus connue que sous celui de son glorieux hôte transalpin. Le Saint eut bientôt des autels, des sanctuaires partout. Son nom déjà cher à la chrétienté, son image vénérée, son patronage puissant, lui acquirent une renommée universelle, une popularité à nulle autre pareille. La « médaille de saint Benoît », si connue au XVe siècle, et portée encore aujourd'hui, transmettra aux siècles les plus reculés le nom et le culte de ce grand Saint.

L'abbaye, dépositaire des saintes reliques et foyer de la vénération des peuples, participa à tant de gloire. Les fidèles l'enrichirent de leurs dons, les rois y firent éclater leur munificence, et la comblèrent de privilèges. Bozo, « hault et puissant seigneur qui embrassa volontairement la simplicité monastique » et fut ensuite élu abbé, l'an 825, « employa de grosses sommes de deniers à faire une châsse d'or pur, du poids de soixante-dix mares, artistement élaborée, dans laquelle les cendres de cest archimandrite furent enserrées. Elle fust enrichie d'une escarboucle d'inestimable prix, dont la lueur servoit de lumière aux moynes, qui psalmodioient en chœur durant les ténèbres de la nuit ». Telle était la réputation de sainteté dont jouissait l'abbaye, qu'un roi de France, Philippe Ier, voulut y être enterré. On y admire encore aujourd'hui son tombeau.

Que devint Aygulphe, à qui la France doit, après Dieu et saint Mommolin, les reliques de saint Benoît ? Il fut appelé à gouverner le monastère de Lérins, fondé par saint Honorat, et eut le bonheur de souffrir pour Jésus-Christ avec trente-deux autres moines, l'an 672. On leur coupa la langue, on leur arracha les yeux et on leur trancha la tête. L’Église honore leur mémoire le 3 septembre ; le peuple l'invoque sous nom de saint Ayoul.

Dieu exalte ceux qui s'abaissent. Mommolin, qui ne portait en guise de croix pastorale qu’un reliquaire en bois, ne put se soustraire complètement à l'admiration de ses contemporains.

« Sa douce conversation et délectable familiarité attirait un chacun à l'aymer, exempt de tout dol, sans ire ny fiel, et qu'on n'a jamais veu en cholere ». Esprit toujours « doux et modéré, tousjours un et esgal à soy-mesme, d'une vie innocente et très facile, d'une simplicité pleine de confiance, rejettant tout soupçon, desgagé des affections terrestres, avec un désir incroyable destre uny à Dieu. Tousjours mesme visage, mesme teneur de vie et d'actions. Homme rare et de saintes mœurs, qui sembloit estre l’unique et sans exemple, de vie immaculée, d'esprit admirable, de profonde révélation. Son visage estoit si calme et serein, son parler si benin et affable, sa contenance doucement grave, et sa conversation si gracieuse et aymable, qu'il estoit capable d'aprivoiser les cœurs durs, féroces et cruels » (Darnal, Narré Véritable de la vie, etc., de saint Mommolin).

Le divin Maître avait versé dans le cœur de Mommolin tant de douceur et de mansuétude, qu'il faut traverser dix siècles et arriver jusqu'à saint François de Sales pour rencontrer son rival. Le siècle porta envie au cloître et reconnut dans cette vertu surhumaine les merveilleuses opérations de la grâce.

Mommolin jouissait, au milieu de ses heureux disciples, de la béatitude promise sur cette terre à la douceur chrétienne. Il avait déjà fourni une longue carrière sous un ciel sans nuages et avait amassé de nombreux mérites. Il avait aimé et fait aimer Dieu, dont il était ici-bas l'image la plus accomplie, et ne pouvait plus attendre que la gloire céleste. Mais un jour, cet ange de la solitude conçoit une pensée, un désir, un projet. Qui le croirait? Le saint vieillard veut aller visiter les maisons de son Ordre. Il part, conduit par la Providence et s'arrête à Bordeaux au monastère de Sainte Croix (3), qui dépendait, ainsi que celui de La Réole, de l'abbaye de Saint Benoît sur Loire. Sa présence réjouit les religieux, autant qu'elle les édifie. Depuis sept jours déjà il partage leurs prières et leurs saints Sacrifices. Mais Dieu a jeté sur son serviteur un regard de complaisance et veut l'appeler dans une patrie meilleure. Mommolin, épuisé de travaux et de fatigues, chéri de Dieu et des hommes, plein de jours et de mérites, s'endort du sommeil des justes et rend à Dieu sa belle âme, le 8 août.

L'histoire n'a conservé de ses derniers moments qu'une seule parole. « Je ne me suis jamais laissé aller à la colère ». Le Saint faisait par cet aveu son propre panégyrique et léguait aux témoins de son dernier soupir une des plus belles leçons qui puissent sortir de la bouche d'un mortel. Certains auteurs, trompés par les abréviations de son épitaphe, lui donnent une vieillesse fabuleuse et placent dans le VIIIe siècle l'époque de sa mort. Hierosme Lopes, dans son ouvrage de l’Église métropolitaine et primatiale Saint-André de Bourdeaux, et Bernadau, dans le Viographe bordelais, la fixent à l'année 643 ; l'auteur des Vies des saints du diocèse de Bordeaux, à l'an 652 ; le R. P. Proust, religieux Célestin, né à Orléans, mort à Verdelais en 1722, et auteur des Vies des saints, la fixe à l'année 660 ; et le Propre des Saints du diocèse de Bordeaux, à l'an 677. Les auteurs ecclésiastiques n'osent préciser aucune date.

« Après sa mort, le public demeura plus de trois jours comblé d'ennuis et de regrets, plorant la perte qu'il avoit faicte de cest exemplaire de piété et de doctrine ». Le Saint fut enterré dans un sépulcre neuf, au milieu « de la principale des trois nefs voûtées de l'église », et on lui érigea un mausolée que Darnal décrit ainsi :

« Un tombeau de pierre dure, relevé au-dessus du pavé de deux pieds, sur six pilastres posés sur leur piédestal, et le chapiteau à la Chorinthe. La couverture est embossée, faicte en creste ou en dos d’asne, taillée en oscailles ». Le tombeau de saint Fort dans la crypte de saint Seurin peut nous donner, par quelques-uns de ses caractères, une idée de celui de saint Mommolin.

Le Saint appartenait désormais à l'Aquitaine par son tombeau. Les populations ne tardèrent pas à venir vénérer ses restes mortels, et les faveurs les plus signalées encouragèrent leur empressement. « Sa chapelle était d'ordinaire garnie de membres et de corps de cire, offerts en action de grâces, par ceux qui avaient été guéris à la prière de notre patron ». On l'invoquait surtout en faveur des énergumènes, des possédés, des paralytiques et de ceux qui souffrent de violents maux de tête. Les fidèles se disposaient à la célébration de sa fête par la prière, des hymnes et cantiques spirituels. Le jour de la fête, on allait en procession au tombeau du Saint. Son image vénérée ouvrait la marche et était l'objet des démonstrations les plus affectueuses et les plus dévouées. Le supérieur du monastère présidait à l'office, et les diacres portaient les reliques enchâssées en un bras d'argent. Les lampes et autres luminaires resplendissaient en si grand nombre autour de l'autel du Saint et devant sa statue à « cape noire et à amples manches pendantes en bas », qu’un religieux était chargé d'en régler l'ordonnance et de prévenir le désordre. La statue elle-même était ornée « de festons, chapeaux de fleurs et guirlandes ». Mais autant on cherchait à honorer le Saint, autant on s'humiliait soi-même. « Nous avons, dit dom Darnal, retenu ceste coustume de la vénérable antiquité, d'humilier nos testes passant entre les piliers estroitement soubs cesto bière, ayants en mains chandelles allumées ». Ce qui se pratique encore de nos jours au tombeau de saint Fort trouve donc sa justification dans l'exemple de nos pères. Il n'y a pas de superstition à incliner son front sous la pierre d'un sépulcre qui nous prêche notre néant. Malheur à qui ne comprend point les enseignements de la tombe !

La popularité du culte de saint Mommolin, les miracles opérés sur son tombeau, déterminèrent le Souverain Pontife à ouvrir le trésor spirituel de la sainte Église en faveur des fidèles. Clément V, la gloire du pays Bazadais, accorda à tout chrétien en état de grâce, in charitate existenti, un an et quarante jours d'indulgence, à la condition de visiter l'église Sainte Croix, « és jours des solennités de l'invention et exaltation de la vraye Croix de Jésus-Christ et és festes du bienheureux patriarche des moines saint Benoist et saint Mommolin ; de plus, cent jours d'indulgence à ceux qui feront leurs dévotions et stations esdits lieux durant les octaves des célébrités susmentionnées » : la bulle fut expédiée à Villandraut, le 12 des calendes de décembre 1309.

Ces privilèges étaient la consécration de la confiance des peuples en saint Mommolin. L'enthousiasme alla toujours croissant et fit inscrire le nom du saint abbé dans les Litanies des Saints du diocèse de Bordeaux, entre ceux de saint Maixant et de saint Romain. Le R. P. Proust l'appelle le « patron des Bordelais ». Une confrérie, qui s'organisa pour perpétuer son culte, était encore florissante du temps de notre auteur. Sa réunion à celle de saint Jean-Baptiste nous donne la mesure de la prédilection des Bordelais pour saint Mommolin, qu'ils voulaient honorer à l'égal du saint Précurseur (4).

Le culte du Saint se propagea dans toute la province. « Le monastère Saint-Pierre de la Réolle en Bazadois », que le Saint, selon quelques auteurs, avait visité et réformé, lui érigea un autel (qui n'existe plus aujourd'hui), et célébrait sa fête de la manière la plus solennelle. De l'autre côté de la Garonne, Barie, l'un des plus riches pays de France, lui voua un culte particulier qui dure encore (5).

Bordeaux aime et honore encore saint Mommolin, autant par reconnaissance que par tradition. Les révolutions, qui ont jeté aux vents tant de cendres vénérées, ont fait disparaître jusqu'à la trace de son tombeau. Mais le « Seigneur qui garde tous les os des justes, n'a point permis la dispersion et la profanation de ses restes sacrés. Ils sont déposés dans une châsse moderne, qui est un des monuments et des trésors de l'antique église de Sainte Croix (6). On leur a donné pour asile la chapelle des fonts baptismaux, sur un autel dont le tableau, universellement estimé, représente le Saint guérissant un énergumène. La fête du saint abbé s'y célèbre le 8 août avec grande pompe. Heureuse l'église qui peut se glorifier de si précieuses reliques! Heureuse la cité que protègent les ossements des Saints ! (J.-B. Pardiac).

 

Notes

 

(1) Darnal, Narré Véritable de la vie, etc., de saint Mommolin.

(2) A cette époque et longtemps plus tard encore, la France n'était pour nous, Vascons ou Aquitains, que par delà la Loire, Saint Abbon, trentième abbé de Saint-Benoît-sur Loire, était venu visiter, l'an 1004, le monastère de Squirs de La Réole, dans le dessein d'y établir une réforme devenue nécessaire. Il fut victime de son zèle et fut blessé mortellement dans une émeute suscitée par les moines révolté Il fut enterré dans l'église du monastère ; mais les gestes de son martyre disent qu'après sa mort, virga ejus remissa est in Franciam, son bâton abbatial fut renvoyé en France.

(3) L'abbaye de Sainte Croix de Bordeaux, et celle de Saint Front, de Périgueux, avaient été fondées vers la même époque, dans le VIIe siècle. Elles suivaient la Règle de Saint Benoît. Peu après ce lieu servit d'asile aux réfugiés de Saint Domingue. En 1803, Napoléon Ier, passant à Bordeaux, en fit don à la commission des hospices, pour y fonder un hospice de vieillards.

(4) Cette Confrérie avait « ses règles et ses statuts escrits en gascon sur velin en feuilles, distingués en 39 articles, datlés du 20 juin 1315 ». Chaque année, il fallait élire un comte et un boursier, qui s'engageaient par serment à bien s'acquitter de leurs charges. « Par article exprès la mesdisance est desfendue et la détraction du prochain ; ce que expressément y est adjousté en ratifiât les dittes ordonnances le premier jour de l'an 1370. Finalement a esté statuté que les cenfraires des deux sexes seront confessés et communiès ès jours de festes de S. Jean-Baptiste et de S. Mommolin ». L'illustre cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, confirma ces statuts le 2 août 1600. Il octroya, le 20 juin 1618, cent jours d'indulgences aux membres de la Confrérie, toutes les fois qu'ils se confesseraient et communieraient ; trente jours d'indulgence seulement, quand ils soutiendraient le « poisle ou pavillon, accompagnans les prestres qui porteront le sainct Sacrement aux malades » ; enfin, cent jours à l'article de la mort. Dès l'année 1550, le catalogue des noms des confrères formait deux gros volumes en parchemin. Des cardinaux, des archevêques, des évêques, des abbés, des présidents, des conseillers, des magistrats, des officiers du roi, « étaient corolés en qualité de confraires ».

(5) Les populations voisines viennent y fêter chaque année le Saint dans de joyeuses réunions, et rentrent le soir dans leurs foyers avec l'espérance de se réunir le surlendemain à Puybarban, qui honore pour patron saint Laurent. Le rapprochement de ces deux fêtes a donné naissance à ce proverbe bazadais : « En revenant de Saint Mommolin, je trouve Saint-Laurent sur mon chemin ». Si perverti ou préoccupé qu'il soit par les maximes de la philosophie ou les calculs de la cupidité, le peuple n'a pas encore oublié le culte qu'il tient des ancêtres. Les fêtes des Saints étaient autrefois son unique calendrier, de même qu'elles étaient ses plus douces distractions.

(6) On en a détaché, il y a peu d'années, quelques parcelles assez considérables en faveur de l'abbaye bénédictine de Solesmes (Sarthe).

 

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(Texte extrait de Grande Vie des Saints, Collin de Plancy, t. XV, Paris, 1874)

 


04 mai 2022

Prière à Saint Mommolin

Saint Mommolin

 

Saint Mommolin

+ vers 679

8 août

 

Les traditions rapportent qu’en 660, suite à un songe, l'abbé Mommolin, né dans l’Orléanais, partit en toute hâte afin de transférer les restes de Saint Benoît de Nursie et de Sainte Scholastique, de l'abbaye du Mont Cassin (Italie) à l'abbaye de Fleury, actuelle Saint Benoît sur Loire. En 679, Mommolin se rendit à La Réole, pour y implanter la Règle de Saint Benoît. À son retour, passant par Bordeaux, il est accueilli par les moines de Sainte Croix dans un grand état d’épuisement, avant d'y mourir le 8 août 679, entouré d’une grande réputation de sainteté.

Très rapidement, les bordelais lui attribuèrent toutes sortes de bienfaits et notamment celui de guérir les maladies psychologiques. Son culte commença à se répandre aussitôt après sa mort et s'est poursuivi jusqu'à nos jours. Pendant des siècles, saint Mommolin a été l'objet de la dévotion populaire. Il était et est encore l'un des patrons les plus aimés des Bordelais, qui venaient en pèlerinage à son tombeau. On a longtemps dit à son sujet qu’il n’y avait dans la cité Bordelaise, que Saint Fort qui pouvait l’égaliser en vénération.

 

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Prière à Saint Mommolin

 

O Saint Mommolin, illustre fils et disciple de Saint Benoît, grand témoin de la Foi honoré à Bordeaux, dans notre abbatiale Sainte Croix, depuis plus treize siècles, nous t’en supplions, écoute la prière que nous t’adressons. Aide-nous à choisir le Christ et à accueillir sa grâce par les sacrements.

Toi qui, autrefois, a écouté et qui a obéi à l’Ange, te demandant de te rendre en Italie, afin d’y sauver les reliques de Saint Benoît de la profanation et de la destruction à laquelle elles étaient promises, apprends-nous à écouter la voix du Seigneur et à être dociles à sa Parole.

Toi qui implanta la Règle de Saint Benoît dans nos contrées, aide-nous à devenir des témoins de l’Evangile, à devenir de bons sarments pour la vigne du Seigneur afin de bâtir la civilisation de l’amour.

Toi qui, en toute circonstance restait joyeux, doux, et serein, aide-nous à toujours garder confiance dans le Seigneur et à ne jamais nous laisser troubler par les bruits futiles de ce monde qui passe.

Toi, qui, depuis ta mort à Bordeaux, n’a jamais cessé de soulager les innombrables détresses spirituelles des personnes qui recourent à toi, intercède pour (…) que nous confions à ton intercession. Par l'Esprit de Jésus, étends la main sur toutes ses blessures intérieures. Et, s'il est nécessaire, éloigne de (...) toutes les obsessions, les persécutions et infestations des mauvais esprits, et romps tous liens qui ont pu être tissés avec eux.

Ô Saint Mommolin, viens enfin déposer la Paix de Dieu dans tous les cœurs troublés, viens redonner la force et le goût de la vie à ceux qui n'en peuvent plus, qui sont découragés ; viens soulager les dépressifs et guérir toutes les personnes souffrantes de difficultés psychiques.

Ô Saint Mommolin, uni par la communion des saints à la Bienheureuse Vierge Marie Reine du Ciel et de la Terre, à Saint Michel Archange, à Saint Benoît, à Saint Maur et à tous les saints du Ciel et à tous les anges, que ton action puissante dans nos vies, manifeste la victoire de Dieu, lui qui a envoyé son Fils pour que les hommes aient la vie, et qu'ils l'aient en abondance. Amen.

 

Abbatiale Sainte Croix de Bordeaux

Pl. Pierre Renaudel

33800 Bordeaux

 

Relations de grâces

Paroisse du Sacré Cœur de Bordeaux

117, Rue Billaudel

33800 Bordeaux

Mail: scbordeaux33@gmail.com

 

24 mai 2014

Litanies du Bienheureux Idesbald des Dunes

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Le Bienheureux Idesbald Van der Gracht

vers 1090-1167

Fête le 18 avril

 

Le Bienheureux Idesbald Van der Gracht naquit en Belgique, aux environs de l'an 1090 à Eggewaartskapelle. Descendant d'une excellente famille de la région de Furnes dans les Flandres, il était le fils d'Eggewaart, un gentleman-farmer de la noblesse terrienne, qui érigea une chapelle et l'offrit à l'abbaye Saint Bertin, de Saint Omer. Ainsi se perdait le nom original du domaine « Ter gracht », et le village était appelé Eggewaarstkapelle (chapelle d'Eggewaart), selon le nom du donateur. Quand Idesbald offrit en 1121, pour continuer l'oeuvre pieuse de son père, à l'abbaye Saint Bertin de Saint Omer, une donation d'une partie de son domaine, sa femme et quelques uns de ses enfants étaient morts. Durant 30 ans, Idesbald joue un rôle important dans la région du "Veurne-ambacht". Il reste lié à la cour des Comtes de Flandres, sous le règne du bienheureux Charles-le-bon, Guillaume de Normandie et Thierry d'Alsace. En 1149 il est devenu échevin régional à Veurne (Furnes). A cette époque son nom disparaît des actes comtaux. Le sexagénaire gentleman-farmer et veuf est devenu moine de l'Abbaye-aux-dunes de Koksijde. Cette abbaye a adopté en 1130 la règle des Cisterciens. Saint Bernard y a installé comme abbé son ami le Bienheureux Robert de Bruges. Sous l'autorité de Robert, Idesbald fait son entrée. Il est ordonné prêtre probablement par l'évêque Milon de Thérouanne et devient chantre de l'abbaye. Après la mort de Saint Bernard en 1153, Robert de Bruges lui succède à Citeaux. Son successeur à Ter Duinen, Albero, démissionne en 1155 comme abbé. Les moines élisent, convaincus de sa sainteté, Idesbald, qui compte à peine 6 années de vie monacale, comme successeur d'Albero. Les 12 années de direction d'Idesbald sont une bénédiction pour l'abbaye, au spirituel et au temporel. Il ne marche pas seulement devant ses moines par une vie édifiante et parvient à gagner de nouveaux moines pour l'abbaye, mais il obtient plusieurs héritages pour son abbaye, qui devient le centre économique de la région. Il tint cette charge jusqu'à sa mort survenue en 1167.

Les moines l'avaient en si haute vénération, que contrairement à tous les usages de la communauté, ils déposèrent le corps de leur abbé dans un cercueil en plomb. En 1239, lors de la reconstruction de l'Abbaye des Dunes, la tombe fut mise à jour et au grand étonnement des religieux le corps fut retrouvé flexible incorrompu, répandant un suave parfum. Le nouveau monastère fut saccagé et détruit en 1566 par les gueux et les restes du Bienheureux Idesbald disparurent sous les ruines. Une étrange clarté surnaturelle attira l'attention des marins sur le trésor enfoui en ces lieux. En 1623 les moines nivelèrent l'emplacement ou s'éleva jadis l'abbaye, découvrirent le cercueil en plomb dans lequel le corps du Bienheureux fut retrouvé toujours dans le même état de conservation. En 1894, Idesbald fut officiellement béatifié par le pape Léon XIII et, depuis le 6 avril 1831, son corps repose actuellement en l’église Notre-Dame de la Poterie à Bruges. Le Bienheureux Idesbald est le saint patron des marins, des cultivateurs des polders et de la noblesse flamande. Il est représenté portant sur la main une barque à voile. Les habitants du littoral ont pour lui une dévotion particulière. Il est spécialement invoqué contre la fièvre, les rhumatismes, la goutte.

 

Idesbald,_Abbé_de_l'abbaye_des_Dunes

Litanies du Bienheureux Idesbald des Dunes

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Saint-Esprit, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, patronne du Bienheureux Idesbald, priez pour nous.

Bienheureux Idesbald, fidèle serviteur de Marie, priez pour nous.

Bienheureux Idesbald, exemple de toutes les vertus,

Bienheureux Idesbald, miroir d'obéissance,

Bienheureux Idesbald, ange de dévotion,

Bienheureux Idesbald, lys de chasteté,

Bienheureux Idesbald, amant de la pauvreté,

Bienheureux Idesbald, ami de la pénitence,

Bienheureux Idesbald, contempteur des vanités du monde,

Bienheureux Idesbald, zélé au service divin,

Bienheureux Idesbald, prêtre selon le Cœur de Dieu,

Bienheureux Idesbald, père des pauvres,

Bienheureux Idesbald, consolateur des affligés,

Bienheureux Idesbald, protecteur des marins,

Bienheureux Idesbald, patron des malades,

Bienheureux Idesbald, à cause de votre Charité, agréable à Dieu et aux hommes,

Bienheureux Idesbald, parfait religieux,

Bienheureux Idesbald, charitable envers vos frères,

Bienheureux Idesbald, élu Abbé à cause de vos vertus,

Bienheureux Idesbald, humble et doux envers vos sujets,

Bienheureux Idesbald, très attaché à Saint Bernard, votre Père spirituel,

Bienheureux Idesbald, éprouvé par Dieu,

Bienheureux Idesbald, plein de soumission à la Volonté de Dieu,

Bienheureux Idesbald, mourant au milieu de vos frères en larmes,

Bienheureux Idesbald, regretté par les nécessiteux,

Bienheureux Idesbald, vénéré par les foules,

Bienheureux Idesbald, élevé dans la gloire divine,

Bienheureux Idesbald, invoqué avec confiance par les croyants,

Bienheureux Idesbald, très puissant auprès de Dieu,

Bienheureux Idesbald, refuge en nos besoins,

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, Bienheureux Idesbald,

Afin que nous devenions dignes des promesses du Seigneur.

 

Prions

 

Seigneur notre Dieu, qui par votre bonté ineffable, avez retiré du monde le Bienheureux Idesbald, pour qu'il brillât par sa perfection religieuse, nous vous en supplions, faites que par ses mérites et suivant son exemple, nous progressions constamment dans la vertu. Vous qui vivez et régnez en tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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16 février 2014

Le Bienheureux Columba Marmion

Columba Marmion

Le Bienheureux Columba Marmion

Abbé de Maredsous

1858-1923

Fête le 3 octobre

 

Né à Dublin, en 1858, de père Irlandais et de mère Française, Joseph Marmion se fit remarquer dès son jeune âge par un grand esprit de Foi puisé au foyer familial. Ses études secondaires terminées, il fut reçu au Séminaire de Clonliffe (Dublin). Il acheva sa formation sacerdotale à Rome, où il fut, au Collège Pontifical de la Propagande, un des brillants disciples du célèbre Cardinal Satolli. Il fut ordonné Prêtre dans la Ville Eternelle le 11juin 1881.

Une visite faite à Maredsous lors de son retour en Irlande fut l'occasion de l'appel à la vie monacale Bénédictine. Après plusieurs années de professorat de philosophie au Séminaire de Clonliffe, il put suivre sa vocation, et entra à Maredsous le 21 novembre 1886. Dans la vie religieuse, il se distingua surtout par une constante fidélité à la grâce. Aussi Dieu le combla-t-il de lumières abondantes sur le mystère de la vie divine.

En 1899, il fut envoyé à l'Abbaye du Mont-César à Louvain où il demeura dix ans, comme Prieur et professeur de théologie. C'est là qu'il rencontra Monseigneur Mercier, plus tard Cardinal, qui l'honora de son amitié et le choisit comme confesseur. Plus tard, l'éminent Cardinal devait écrire de Dom Marmion : « Il fait toucher Dieu ». Élu abbé de Mardesous en septembre 1909, Dom Marmion y mourut saintement le 30 janvier 1923.

A tous ceux qui le connurent, il laissa l'ineffaçable souvenir d'un noble esprit, d'une âme élevée, d'un grand cœur : âme de contemplatif, cœur de Saint ; théologien consommé, directeur spirituel éminent, apôtre débordant de zèle autant que de bonté compréhensive et rayonnante qui trouvait sa source dans un amour passionné du Christ et des âmes.

Les ouvrages spirituels où il expose, avec autant de profondeur que de simplicité, le mystère du Christ, l'ont placé au premier rang des maîtres de la vie intérieure. On a pu dire de lui qu'il est le « Docteur de l'adoption divine ». Son rayonnement se perpétue dans le monde par sa doctrine et par les faveurs qu'il plaît à Dieu d'accorder aux âmes qui recourent à son intercession. Il a été béatifié le 3 septembre 2000 par le Bienheureux Jean Paul II.

 

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Le message de Dom Marmion

 

Les grandes lignes de la doctrine spirituelle de Dom Marmion peuvent se ramener aux points suivants. La sainteté, en l'homme, n'est possible que selon le plan divin : connaître ce plan, s'y adapter parfaitement, c'est toute la substance de la sainteté. Ce plan consiste à appeler la créature humaine à participer, par la grâce de l'adoption surnaturelle, à la propre vie éternelle de Dieu. Au centre de ce plan est établi le Christ, Homme-Dieu, en qui réside la plénitude de vie divine, et qui vient la communiquer aux hommes. L'homme entre en participation de cette vie divine par la grâce sanctifiante qui, lui laissant sa condition de créature, le rend véritablement, par adoption, l'enfant de Dieu : le Père Céleste enveloppe tous les chrétiens dans une extension de Sa Paternité à l'égard de Son propre Fils Jésus-Christ.

Partant de ces doctrines fondamentales, Dom Marmion demande à l'âme qu'il dirige une double attitude essentielle : humble soumission de la créature, fidélité d'amour de l'enfant. Il veut que l'âme consciente des droits de Dieu, Maître souverain, cherche à reconnaître ces droits, à les honorer, à les respecter par la conformité parfaite de sa volonté à celle de Dieu. Mais en se sachant enfant du Père Céleste, toute cette œuvre de conformité doit s'enraciner dans un amour filial incessant. Et cela, par Jésus-Christ, unique voie qui mène au Père, en se réclamant de ses mérites, en union constante avec les dispositions intérieures du Verbe Incarné, Homme-Dieu, modèle vivant de toute perfection, et par l'action de Son Esprit, Auteur de toute Sainteté pour l'Eglise et pour les âmes. En un mot le « Message » que Dom Marmion apporte aux générations présentes est de faire comprendre aux fidèles combien le Christ est leur tout ; combien par la Foi vive en Lui, l'âme élargit ses perspectives et transforme en fidélité d'amour le plus simple accomplissement humble et généreux de tous ses devoirs d'état.

 

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Consécration de Dom Marmion à la Très Sainte Trinité

 

Ô Père éternel, prosternés en humble adoration à Vos pieds, nous consacrons tout notre être à la gloire de Votre Fils Jésus, le Verbe incarné. Vous l'avez constitué Roi de nos âmes ; soumettez-Lui nos âmes, nos cœurs, nos corps, et que rien en nous ne se meuve sans Ses ordres, sans Son inspiration. Qu'unis à Lui, nous soyons portés dans Votre Sein et consommés dans l'Unité de Votre Amour.

Ô Jésus, unissez-nous à Vous dans Votre vie toute Sainte, toute consacrée à Votre Père et aux âmes. Soyez « notre Sagesse, notre Justice, notre Sanctification, notre Rédemption, notre Tout ». Sanctifiez-nous dans la Vérité.

Esprit-Saint, Amour du Père et du Fils, établissez-Vous comme une Fournaise d'Amour au centre de nos cœurs et portez toujours, comme les flammes ardentes, nos pensées, nos actions, nos affections, en-haut ; jusque dans le Sein du Père. Que notre vie entière soit un Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

Ô Marie, Mère du Christ, Mère du Saint Amour, formez-nous Vous-même selon le Cœur de Votre Fils. Amen.

 

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Prière pour obtenir des grâces par l'intercession du Bienheureux Columba Marmion

 

Seigneur Jésus qui avez accordé tant de lumières au Bienheureux Columba sur Votre Divinité et sur les richesses de la grâce d'adoption, daignez avoir pour agréables les prières que nous Vous adressons par son intercession : donnez-nous surtout la même ardeur de Foi, afin que, nous aussi, inébranlablement, confiants dans Vos mérites infinis et vivants en enfants de Dieu, nous puissions, par un amour humble et généreusement fidèle, parvenir à l'éternelle joie dans le Sein du Père. Amen.

 

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Prière pour demander la Canonisation du Bienheureux Columba Marmion

 

Seigneur Jésus qui avez accordé tant de lumières au Bienheureux Columba sur Votre Divinité et sur les richesses de la grâce d'adoption, daignez, nous Vous en supplions, Vous servir de ses écrits pour attirer un grand nombre d'âmes à la connaissance et à l'amour de Votre Personne Sacrée, e, si tel est votre bon plaisir, l'appeler lui-même aux honneurs de la canonisation, afin que l'on recoure de plus en plus à son intercession et qu'on apprenne, à son exemple, à se dévouer humblement et généreusement à Votre Divin Service. Vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père en l'Unité du Saint Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Prière de signaler les grâces reçues par l'intercession du Bienheureux Columba Marmion auprès de l'

Abbaye de Maredsous

11, rue de Maredsous

B-5537 Denée, Belgique

Courriel: postulation@marmion.be

 

Site internet de la Cause de Béatification de Dom Marmion

www.marmion.be

Marmion by Br Claude of Mt Angel

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07 août 2013

Neuvaine à Sainte Hildegarde de Bingen

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Sainte Hildegarde de Bingen

Docteur de l'Eglise

1098-1179

Fête le 17 septembre

 

Hildegarde naît en 1098 à Bermersheim près d’Alzey. La date exacte de sa naissance n’est pas connue, contrairement à ce que disent certains sites d’astrologie ou comme le prétend Wikipedia. Elle est la dixième enfant d’une famille appartenant à la haute noblesse franque. Vers 1112, elle entre au couvent de Jutta de Sponheim, dépendant du monastère bénédictin du Disibodenberg. Hildegarde va donc être très tôt imprégnée du rythme de vie bénédictin alternant prière et travail, étude et lecture spirituelle, vie communautaire et solitude. Jutta meurt en 1136 et Hildegarde est élue abbesse du couvent à la tête d’une petite communauté qui s’était développée peu à peu, au fil des années. Jusqu’à sa 41ème année, Hildegarde s’applique aux tâches quotidiennes d’un couvent, enrichit ses connaissances et se dote d’une profonde culture. Bien que n'étant pas instruite, comme elle le dit elle-même – elle n’avait pas reçu un enseignement réel des disciplines classiques telle que la grammaire – Hildegarde possédait néanmoins de vastes connaissances de la Bible, en théologie, en philosophie et en sciences naturelles. C’est surtout la richesse des Écritures qu’elle découvre dans la liturgie et la Règle de Saint Benoît comme dans les Lectures des Pères de l’Église et des Pères du désert qui vont devenir pour elle une source intarissable d’inspiration et constituer la base de son œuvre entière.

En 1141, elle fait sa première rencontre avec la Lumière qui la foudroie comme un éclair et transforme soudainement sa vie, jusqu’alors effacée : « Et voici que, dans la 43ème année du cours de ma vie temporelle, alors que, dans une grande crainte et une tremblante attention, j’étais attachée à une céleste vision, j’ai vu une très grande clarté, dans laquelle se fit entendre une voix venant du ciel et disant : « Fragile être humain, cendre de cendre et pourriture de pourriture, dis et écris ce que tu vois et entends…. Ecris cela, non pas en te fondant sur toi-même, ni en te fondant sur un autre humain, mais en te fondant sur la volonté de celui qui sait, qui voit et qui dispose toutes choses dans les secrets de ses mystères. Et à nouveau, j’entendis une voix du ciel qui me disait : « Proclame donc ces merveilles, écris les choses que tu as ainsi apprises et dis-les. Et il arriva, en l’année 1141 de l’Incarnation de Jésus Christ, Fils de Dieu, alors que j’étais âgée de 42 ans et 7 mois, qu’une lumière de feu d’un éclat extraordinaire, venant du ciel ouvert, traversa tout mon cerveau et enflamma tout mon cœur et toute ma poitrine, comme le fait la flamme, non pas celle qui brûle, mais celle qui réchauffe, tout comme le soleil réchauffe un objet sur lequel il pose ses rayons. Et voici que, tout à coup, je pouvais savourer la connaissance du contenu des Livres, c’est à-dire du Psautier, des Evangiles et des autres livres, aussi bien de l’Ancien Testament que du Nouveau, et cela sans connaître la traduction des mots de leur texte, ni la division en syllabes, sans avoir non plus la connaissance des cas ou des temps. » Scivias : Commencement de la première partie du livre « Connais les voies ».

Le passage de la Lumière en elle ainsi que les dons appropriés à cette apparition ont valu à Hildegarde de Bingen son nom de visionnaire et de prophétesse. De 1141 à 1151, elle travaille alors à sa première œuvre de théologie «Scivias » qui retrace l’Histoire Sainte depuis la création de l’univers et de l’homme jusqu’à la rédemption et l’accomplissement de la fin des temps, en passant par la naissance et le développement de l’Église. L’histoire éternelle de Dieu et de l’homme, de l’éloignement au retour de l’homme vers son Créateur y est racontée de manière unique. Hildegarde essaie de décrire, sans cesse par de nouvelles images, le Mystère de Dieu. Dans le récit, ses visions sont toutes composées de la même manière (1. la vision, 2. l’explication, 3. le sens théologique et spirituel). En 1147/48, lors d’un synode à Trêves, le pape Eugène III reconnaît l’origine divine des écrits d’Hildegarde.

En 1150, Hildegarde s’installe avec 20 religieuses dans un nouveau monastère qu’elle fonde sur le Rupertsberg près de Bingen, sur les hauteurs du Rhin. En 1158, elle rédige des traités de médecine et de science « pour rendre les hommes attentifs aux moyens de guérison que Dieu a placés dans la nature. Elle manifeste ainsi par ses écrits la vivacité culturelle des monastères féminins du Moyen-Age ». Le livre « Causae et curae »  décrit plus de 50 maladies et leurs remèdes. « Le Physica » ou « Livre des subtilités des créatures divines » propose 2000 traitements issus des 3 règnes : animal, végétal et minéral. « Les arbres, les plantes, les animaux et même les pierres précieuses, toute la création recèle de forces secrètes qu’aucun homme ne peut connaître à moins que Dieu ne les lui ait révélées. » « Ces remèdes m’ont été indiqués par Dieu. Et l’homme sera libéré des maladies, sauf si cela est contraire à la volonté de Dieu. » De 1158 à 1173, elle rédige son deuxième ouvrage de théologie, «Liber Vitae Meritorum», « Le Livre des Mérites de la Vie », et écrit son «Liber Divinorum Operum», « le Livre des œuvres divines ». De 1158 à 1170, elle entreprend 4 voyages missionnaires (dont le dernier à plus de 70 ans) pour parler de Dieu aux hommes et pour rétablir la paix, l’unité dans l’Eglise. Elle prêche en public à plusieurs endroits, entre autres à Mayence, Wurtzbourg, Bamberg, Trêves, Metz et Cologne, appelant le peuple et le clergé à la pénitence et à la conversion du cœur.

En 1165, Hildegarde fonde un second cloître à Eibingen au-dessus de la ville actuelle de Rüdesheim, en face du Rupertsberg. En 1174/75, le moine Gottfried entame la «Vita» d’Hildegarde. Le 17 Septembre 1179, Hildegarde meurt au Rupertsberg, à l’âge de 81 ans. On a vu apparaître dans le ciel deux arcs qui s’entrecroisaient. A leur point d’intersection a grandi une croix lumineuse. Ce phénomène a été observé par plusieurs personnes au-dessus du Rupertsberg. Entre 1180 et 1190, le moine Theoderich achève le récit de la vie d’Hildegarde entamé par Gottfried. Entre 1223 et 1237, la procédure de canonisation d’Hildegarde est interrompue pour des raisons inconnues. Son nom a été introduit au martyrologe romain au XVe siècle. Longtemps vénérée comme une sainte par ses partisans, son culte a été étendu à l'Eglise Universelle en mai 2012 par Benoît XVI qui l'a proclamée Docteur de l'Eglise le 7 octobre 2012.

Bibliographie : « Sainte Hildegarde, Docteur de l'Eglise, sa vie, son message, ses visions, sa médecine, ses prières... », de Thierry Fourchaud, aux Editions La Bonne Nouvelle.

 

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Neuvaine à Sainte Hildegarde de Bingen

 

O Sainte Hildegarde, Dieu vous a révélé bien des mystères de l'univers. aidez-nous à découvrir dans la création toute la bienveillance du Père qui nous aime d'un Amour infini. Vous qui avez cultivé avec sagesse les arcanes de la théologie, de la médecine et des arts, nous vous prions pour les scientifiques, les médecins, les chercheurs, les artistes, intercédez auprès du Seigneur pour qu’ils reconnaissent l’origine divine dans tout ce qu’ils découvrent. Vous la Prophétesse de Germanie qui avez proclamé avec force et ardeur la vérité de Dieu, aidez-nous à être témoin, en Eglise, de cette vérité. Vous qui aviez le don de guérison, nous vous confions les maladies de l’âme et du corps. Aidez les plus souffrants à se tourner vers le Christ pour obtenir leur guérison pour la vie éternelle. Vous qui avez aimé et servi Dieu jusqu’à la mort, soutenez-nous dans notre chemin de foi ; que notre charité se fasse toujours plus ardente, et que l’amour de Dieu nous anime toujours. Amen.

 

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloria

 

Sainte Hildegarde, priez pour nous !

 

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29 janvier 2013

Le Serviteur de Dieu Romano Bottegal

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Le Serviteur de Dieu Romano Bottegal

Ermite-missionnaire Cistercien

1921 - 1978

 

Romano Bottegal est né en 1921 à San Donato di Lamon (Belluno, Italie) dans une famille très pauvre. Il était le dernier de six enfants. Tout au long de sa vie, Romano encouragera ses proches à supporter la situation économique particulièrement difficile dans la paix et l'abandon à la providence. Après l'école primaire, le petit Romano entre au Petit Séminaire de Feltre, puis au Grand Séminaire de Belluno, où il est très apprécié par le vice-chancelier Don Albino Luciani, futur Pape Jean-Paul 1er. À 18 ans, il a fait vœu de chasteté perpétuelle. Au fil des années, il développe une théologie forte et fait mûrir sa vocation monastique, mais ses supérieurs et son directeur spirituel lui conseillent d'attendre jusqu'à son ordination sacerdotale, qu'il a reçu le 29 Juin 1946.

Après son ordination, il quitta son diocèse d'origine et entra à l'Abbaye Cistercienne de Tre Fontane à Rome. Là, il fait sa profession solennelle en 1951 et suit les cours à l'Université Grégorienne, où il obtient en 1953 une licence en théologie. Il fut successivement, maître des frères convers, chanteur, puis maître des novices avant d'être élu Prieur.

En 1961, il répond à l'appel de l'abbé de Latroun, en Israël, qui recherchait des candidats pour lancer une fondation trappiste de rite Manonite au Liban, et il obtint de ses supérieurs de participer à cette fondation, qui se préparait à Latroun. Pour ce faire, le Père Romano commença à étudier l'arabe, le syriaque et la liturgie orientale. En décembre 1963, le projet libanais fut abandonné, n'ayant pas reçu la permission du chapitre général des Trappistes de rester, il quitta donc le Moyen Orient pour rentrer à Tre Fontane, où, l'abbé, discernant le sérieux de son engagement monastique et de sa vertu intérieure, lui permit de mener une vie solitaire dans le territoire du monastère.

Quelques temps plus tard, un Supérieur nouvellement nommé à Tre Fontane aux trois fontaines, pensait ne pas pouvoir accorder au Père romano l'autorisation de poursuivre son expérience de vie solitaire dans les murs du couvent. Le Père Romano, qui avait alors acquis la certitude qu'en menant une vie plus austère et solitaire il répondait à un appel du Seigneur, demanda alors un indult d'excloistration qui lui a été accordée par le Saint-Siège, afin de pouvoir mener une vie d'ermite. Après une longue recherche, il parti au Liban ou il fut placé sous l'autorité de l'évêque Melkite de Baalbek et vivant une vie solitaire à Jabbouleh, dans un ermitage appartenant au diocèse. Il y vécu ses dernières années, menant une vie très austère, avec pauvre un régime alimentaire, sans aucun chauffage, mobilier ni confort.

Le Père Romano a toujours entretenu des relations fraternelles avec certains Frères et avec son ancien Supérieur de Tre Fontane, il se préoccupait toujours du bien de la communauté d'une façon claire et sereine, ce qui était l'expression de son esprit, clair et calme, sensible et plein d'amour. La pénitence ne l'a pas endurci, il allait au bout de ce qu'il faisait, mais sans en perdre le sens pratique et sans jamais s'attrister. En effet, il était joyeux, souriant, aimant, plein d'amour et de tendresse aussi. Tous les témoins parlent de sa joie et du rayonnement de la présence du Seigneur sur son visage, fruit aussi aussi de quelques expériences mystiques, dont il a jalousement gardé le secret, mais qui transparaissent dans son « Journal intime ».

Le Père Romano a vécu parmi les musulmans, en priant beaucoup. La prière et le pardon... Arrêté une nuit par des soldats syriens qui avaient envahi et pillé son ermitage, il fut immédiatement remis en liberté par le commandant musulman, qui se recommanda à ses prières. Le Père Romano disait que le meilleur apostolat parmi les musulmans était une vie de pauvreté, de prière, de travail et que sa mission parmi eux était de vivre seul, mais proche des plus pauvres d'entre eux, de les aider et de les aimer. Les agriculteurs locaux se demandaient comment le Père Romano pouvait mener ce genre de vie et croyaient fermement que sa présence appelait sur eux la bénédiction de Dieu. Touché par la tuberculose, épuisé par les privations, le Père Romano est décédé saintement le 19 Février 1978 à l'Hôpital de Beyrouth, à l'âge de 56 ans, après 32 ans de vie monastique, dont 14 passés dans la solitude.

Près de son ermitage se trouve actuellement un couvent qui poursuit l'oeuvre contemplative commencée par le Père Romano. Les Chapitres généraux de 1999 ont approuvé la préparation de sa cause de béatification. En 2000, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a donné son autorisation et son habilitation à poursuivre le processus.

 

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Prière

 

O Dieu, qui inspirez toujours dans l'Eglise de nouveaux Témoins de Votre Amour, je Vous rends grâce et vous loue pour la vie et la vocation de l'ermite-missionnaire Padre Romano Bottegal, ainsi que pour toutes les grâces dont Vous avez daigné l'enrichir. Soumis pleinement à Votre Volonté et au mystère de la Croix, il à vécu pauvrement et humblement pour Vous et il se fit victime en l'holocauste, s'offrant lui-même, en union avec le sacrifice du Christ, pour le salut du monde. Apôtre de la paix et la joie du Ressuscité, il servit ses frères sur la terre avec une profonde Charité et un profond esprit de prière, leur promettant une éternité de services au Ciel en leur faveur.

Je Vous demande, Seigneur, de glorifier devant Votre Eglise le Père Romano et d'exaucer la demande que je confie par son intercession et celle de la Vierge Marie, avec une confiance et un abandon filial en Vous, Dieu Un et Trine, pour les siècles et les siècles. Amen.

 

Relations de grâces

Postulatzione

Monastero Trappiste Nostra Signora di San Giuseppe

Via della Stazione, 23

I-01030 Vitorchiano (Viterbo)

 

Romanosfpiccolo

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26 avril 2010

Litanies de Sainte Scholastique

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Sainte Scholastique

Soeur de Saint Benoît

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Fête le 10 février

La sœur du Patriarche des moines d'Occident vient nous réjouir aujourd'hui de sa douce présence; la fille du cloître apparaît sur le Cycle à côté de la martyre! toutes deux épouses de Jésus, toutes deux couronnées, parce que toutes deux ont combattu et ont remporté la palme. L'une l'a cueillie au milieu des rudes assauts de l'ennemi, dans ces heures formidables où il fallait vaincre ou mourir; l'autre a dû soutenir durant sa vie entière une lutte de chaque jour, qui s'est prolongée, pour ainsi dire, jusqu'à la dernière heure. Apolline et Scholastique sont sœurs; elles sont unies à jamais dans le cœur de leur commun Epoux. Il fallait que la grande et austère figure de Saint Benoît nous apparût adoucie par les traits angéliques de cette sœur que, dans sa profonde sagesse, la divine Providence avait placée près de lui pour être sa fidèle coopératrice. La vie des saints présente souvent de ces contrastes, comme si le Seigneur voulait nous faire entendre que bien au-dessus des régions de la chair et du sang, il est un lien pour les âmes, qui les unit et les rend fécondes, qui les tempère et les complète. Ainsi, dans la patrie céleste, les Anges des diverses hiérarchies s'unissent d'un amour mutuel dont le souverain Seigneur est le nœud, et goûtent éternellement les douceurs d'une tendresse fraternelle.

La vie de Scholastique s'est écoulée ici-bas, sans laisser d'autre trace que le gracieux souvenir de cette colombe qui, se dirigeant vers le ciel d'un vol innocent et rapide, avertit le frère que la sœur le devançait de quelques jours dans l'asile de l'éternelle félicité. C'est à peu près tout ce qui nous reste sur cette admirable Epouse du Sauveur, avec le touchant récit dans lequel saint Grégoire le Grand nous a retracé l'ineffable débat qui s'éleva entre le frère et la sœur, trois jours avant que celle-ci fût conviée aux noces du ciel. Mais que de merveilles cette scène incomparable ne nous révèle-t-elle pas! Qui ne comprendra tout aussitôt l'âme de Scholastique à la tendre naïveté de ses désirs, à sa douce et ferme confiance envers Dieu, à l'aimable facilité avec laquelle elle triomphe de son frère, en appelant Dieu même à son secours? Les anciens vantaient la mélodie des accents du cygne à sa dernière heure; la colombe du cloître bénédictin, prête à s'envoler de cette terre, ne l'emporte-t-elle pas sur le cygne en charme et en douceur? Mais où donc la timide vierge puisa-t-elle cette force qui la rendit capable de résister au vœu de son frère, en qui elle révérait son maître et son oracle? qui donc l'avertit que sa prière n'était pas téméraire, et qu'il pouvait y avoir en ce moment quelque chose de meilleur que la sévère fidélité de Benoît à la Règle sainte qu'il avait donnée, et qu'il devait soutenir par son exemple? Saint Grégoire nous répondra. Ne nous étonnons pas, dit ce grand Docteur, qu'une sœur qui désirait voir plus longtemps son frère, ait eu en ce moment plus de pouvoir que lui-même sur le cœur de Dieu; car, selon la parole de saint Jean, Dieu est amour, et il était juste que celle qui aimait davantage se montrât plus puissante que celui qui se trouva aimer moins. »

Sainte Scholastique sera donc, dans les jours où nous sommes, l'apôtre de la charité fraternelle. Elle nous animera à l'amour de nos semblables, que Dieu veut voir se réveiller en nous, en même temps que nous travaillons à revenir à lui. La solennité pascale nous conviera à un même banquet ; nous nous y nourrirons de la même victime de charité. Préparons d'avance notre robe nuptiale; car celui qui nous invite veut nous voir habiter unanimes dans sa maison.

La sainte Eglise nous fait lire aujourd'hui la narration que saint Grégoire a consacrée à la dernière entrevue du frère et de la sœur.

Du second livre des Dialogues de saint Grégoire le Grand

Scholastique était sœur du vénérable Père Benoît. Consacrée au Seigneur tout-puissant dès son enfance, elle avait coutume de venir visiter son frère une fois chaque année. L'homme de Dieu descendait pour la recevoir dans une maison dépendante du monastère, non loin de la porte. Scholastique étant donc venue une fois, selon sa coutume, son vénérable frère descendit vers elle avec ses disciples. Ils passèrent tout le jour dans les louanges de Dieu et les pieux entretiens; et, quand la nuit fut venue, ils prirent ensemble leur repas. Comme ils étaient encore à table, et que le temps s'écoulait vite dans leur entretien sur les choses divines , la vierge sacrée adressa cette prière à Benoît: « Je te prie, mon frère, de ne me pas abandonner cette nuit, afin que nous puissions jusqu'au matin parler encore des joies de la vie céleste. » Le saint lui répondit: « Que dis-tu là, ma sœur? Je ne puis en aucune façon passer la nuit hors du monastère. » Dans ce moment, le ciel était si pur qu'il n'y paraissait aucun nuage. La servante de Dieu, ayant entendu le refus de son frère, appuya sur la table ses doigts entrelacés; et, cachant son visage dans ses mains, elle s'adressa au Seigneur tout-puissant. Au moment où elle releva la tête, des éclairs, un violent coup de tonnerre, une pluie à torrents, se déclarèrent tout à coup: au point que ni le vénérable Benoit, ni les frères qui étaient avec lui ne purent mettre le pied hors du lieu où ils étaient.

La pieuse servante de Dieu , pendant qu'elle avait tenu sa tête appuyée sur ses mains, avait versé sur la table un ruisseau de larmes; il n'en avait pas fallu davantage pour charger de nuages le ciel serein jusqu'à cette heure. Après la prière de la sainte, l'orage ne s'était pas fait longtemps attendre; mais cette prière et les torrents de pluie qu'elle amenait s'étaient si parfaitement rencontrés ensemble, que, au même instant où Scholastique levait sa tête de dessus la table, le tonnerre grondait déjà: en sorte qu'un même instant vit la sainte faire ce mouvement, et la pluie tomber du ciel. L'homme de Dieu, voyant que ces éclairs, ces tonnerres, cette inondation ne lui permettaient plus de rentrer au monastère, en fut contristé, et exhala ainsi ses plaintes: « Que le Dieu tout-puissant te pardonne, ma sœur! Que viens-tu de faire? » Elle répondit: « Je t'ai adressé une demande, et tu n'as pas voulu m'écouter: j'ai eu recours à mon Dieu, et il m'a exaucée. Maintenant sors, si tu peux, laisse-moi, et retourne à ton monastère. » Mais le saint était dans l'impossibilité de sortir de la maison, et lui qui n'avait pas voulu y rester volontairement, demeura contre son gré. Ainsi, les deux saints passèrent la nuit entière dans les veilles, et reprenant leurs pieux entretiens sur la vie spirituelle, ils se rassasièrent à loisir par l'échange des sentiments qu'ils éprouvaient.

Le lendemain, la vénérable Mère retourna à son monastère, et l'homme de Dieu reprit le chemin de son cloître. Trois jours après, étant dans sa cellule, et ayant élevé ses yeux en haut, il vit l'âme de sa sœur, qui venait de briser les liens du corps, et qui, sous la forme d'une colombe, se dirigeait vers les hauteurs mystérieuses du ciel. Ravi de joie pour la gloire dont elle était entrée en possession, il rendit grâces au Dieu tout-puissant par des hymnes et des cantiques, et annonça aux frères le trépas de Scholastique. Il les envoya aussitôt au lieu qu'elle avait habité, afin qu'ils apportassent le corps au monastère, et qu'il fût déposé dans le tombeau qu'il s'était préparé pour lui-même. Il arriva ainsi que ceux dont l'âme avait toujours été unie en Dieu ne furent point séparés par la mort, leurs corps n'ayant eu qu'un même tombeau.

Texte extrait de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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Litanies de Sainte Scholastique


Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Vierge des vierges,

Sainte Scholastique,

Sainte Scholastique, sœur de saint Benoît,

Sainte Scholastique, éternellement élue de Dieu,

Sainte Scholastique, prévenue de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ,

Sainte Scholastique, consacrée à Dieu dès l'enfance,

Sainte Scholastique, vierge toujours très pure,

Sainte Scholastique, fiancée à Notre-Seigneur Jésus-Christ,

Sainte Scholastique, enseignée par le Saint-Esprit,

Sainte Scholastique, miroir d'innocence,

Sainte Scholastique, règle de perfection,

Sainte Scholastique, modèle de vertus,

Sainte Scholastique, ornement de la vie monastique,

Sainte Scholastique, patronne de vierges innombrables,

Sainte Scholastique, mère d'une infinité de religieuses,

Sainte Scholastique, imitatrice de la vie des anges,

Sainte Scholastique, pleine de foi en Dieu,

Sainte Scholastique, remplie do l'espérance des biens du ciel,

Sainte Scholastique, brûlante d'amour pour l'Époux divin,

Sainte Scholastique, rayonnante d'humilité,

Sainte Scholastique, toujours enflammée de désirs célestes.

Sainte Scholastique, amie intime de Jésus-Christ,

Sainte Scholastique, animée envers le Seigneur d'une confiance toute filiale,

Sainte Scholastique, appliquée fréquemment à l'oraison,

Sainte Scholastique, promptement exaucée,

Sainte Scholastique, comblée des grâces spirituelles,

Sainte Scholastique, honorée de la gloire de la persévérance,

Sainte Scholastique, pénétrant sous la forme d'une colombe dans le céleste sanctuaire,

Sainte Scholastique, qui habitez maintenant le paradis,

Sainte Scholastique, qui suivez l'Agneau partout où il va,

Sainte Scholastique, unie éternellement aux embrassements de l'Époux,

Sainte Scholastique, ornée de la couronne de gloire,

Sainte Scholastique, toute remplie de la divinité,

Sainte Scholastique, associée aux chœurs des anges,

Sainte Scholastique, unie pour l'éternité aux joies de votre très saint frère,

Sainte Scholastique, avocate auprès de Dieu pour ceux qui vous invoquent,

Sainte Scholastique, patronne bienfaisante de ceux qui vous imitent,

Très sainte vierge Scholastique, Pauvres pécheurs, nous vous eu supplions, exaucez-nous.

Daignez nous aider près de Dieu par vos très saintes et très puissantes prières,

Daignez nous admettre nous-mêmes au nombre de vos enfants,

Daignez exciter, développer et affermir notre dévotion envers vous,

Daignez, par vos prières, obtenir que la rosée des grâces célestes rafraîchisse l'aridité de notre cœur,

Daignez obtenir l'accomplissement de nos saints et pieux désirs,

Daignez, par votre intercession, nous réunir pour l'éternité à Jésus-Christ, l'Époux de nos âmes,

Daignez nous faire entrer avec vous, comme de pures et innocentes colombes, dans le céleste sanctuaire,

Daignez nous faire parvenir aux joies éternelles, aux embrassements de l'Époux Jésus, Daignez nous exaucer, nous vous en supplions.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau «le Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Seigneur, prenez pitié,

Jésus-Christ, prenez pitié,

Seigneur, prenez pitié.


Priez pour nous, bienheureuse Scholastique.

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.


Prions


O Dieu, qui, pour manifester l'innocence do votre Bienheureuse vierge Scholastique, avez fait entrer son âme dans le ciel sous la forme d'une colombe, accordez-nous, par ses mérites, de vivre nous-mêmes avec tant d'innocence que nous méritions de parvenir aux mêmes joies; par Jésus, le Christ notre Seigneur.

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Notice biographique de Sainte Scholastique

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20 mars 2010

Le Vénérable Frère Meinrad Eugster

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Le Vénérable Frère Meinrad Eugster

1848-1925

Fête le 14 juin

Le vénéré Frère convers Meinrad Eugster, appelé dans le monde Joseph Gebhard, naquit à Altstâtten (canton de St-Gall) en Suisse, le 23 août 1848, de parents profondément chrétiens qui surent inculquer à leurs 12 enfants, avec l'amour de Dieu, celui du prochain, de la prière et du travail. Ses études élémentaires terminées, Joseph Gebhard apprit le métier de tailleur tout en entretenant, dans son âme vierge, le feu sacré de la vocation religieuse. Aussi, le voyons-nous entrer, comme Frère convers bénédictin, au couvent de Notre Dame des Ermites; il y fit profession le 5 septembre 1875, sous le nom du fondateur d'Einsiedeln, Saint Meinrad. Alliant à une constitution un peu délicate l'énergie indomptable du moine assoiffé de perfection, il passa les 50 années de sa vie religieuse dans la pratique de l'humilité la plus profonde et du renoncement le plus complet. Aussi, n'est-il pas étonnant que ses confrères, ainsi qu'en témoigne un de ses Supérieurs, aient aimé à le regarder comme la représentation vivante du Christ sur la terre. Il eut, sa vie durant, une dévotion particulière au Saint Sacrement de l'Autel et à Notre Dame des Ermites, sa bonne Mère du Ciel. Averti de sa fin imminente, il laissa échapper de ses lèvres mourantes ces paroles de prédestiné: « Oh! que le Ciel est beau ! » Il s'éteignit, entouré de ses confrères, le 14 juin 1925. Nombreuses sont les personnes qui affirment avoir obtenu, par son intercession, des grâces spéciales. L'héroïcité de ses vertus a été proclamée solennellement le 28 mai 1960 par un décret du Bienheureux Jean XXIII. Serviteur de tous pendant sa vie, il paraît vouloir continuer à l'être au Ciel, en sont témoins les milliers de grâces et de guérisons obtenues jusqu'ici par son intercession.

Neuvaine ou Triduum de prière en l'honneur de la Sainte Trinité pour obtenir des grâces par l'intercession du Vénérable Serviteur de Dieu

Nous Vous adorons, Père Eternel, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad de bien vouloir augmenter en nous la vertu de la Foi et de nous accorder spécialement la grâce (….)

Nous Vous adorons, Fils de Dieu, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad, de bien vouloir augmenter en nous la vertu de l'Espérance et de nous accorder spécialement la grâce...

Nous Vous adorons, Esprit Saint, nous Vous remercions et Vous demandons, par l'intercession de Votre Serviteur Meinrad, de bien vouloir augmenter en nous la vertu de la Charité et de nous accorder spécialement la grâce...

Prière pour obtenir la glorification du Vénérable Serviteur de Dieu, Frère Meinrad Euster

Dieu, notre Père, Votre Providence a choisi les Saints pour être nos modèles et nos protecteurs; daignez, en ces temps troublés, nous accorder l'aide de Votre fidèle Serviteur, le Frère Meinrad, dans tous les besoins de l'âme et du corps. Notre confiance en lui repose sur les nombreuses faveurs surnaturelles qu'il vous a plu de faire briller sur son tombeau. Faites-nous la joie de le voir bientôt couronné de l'auréole de Bienheureux et élevé ainsi par la Sainte Eglise à l'honneur des Autels. Nous Vous le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Sainte Marie, Mère de Dieu, c'est dans Votre Sanctuaire des Ermites que le Frère Meinrad vous a servie si fidèlement pendant un demi-siècle: intercédez auprès de Votre Fils, pour qu'Il lui accorde l'honneur de coopérer à ses bienfaits. Amen.

Les personnes qui ont obtenues des grâces par l'intercession du Frère Meinrad sont priées de les faire connaître auprès de Mr le Vice-Postulateur de l'Abbaye d'Einsiedeln (Ch-8840)

Avec permission Ecclésiastique

Téléchargez le texte de cette prière (pdf) en cliquant ici

22 octobre 2009

Le Serviteur de Dieu Dom Pie de Hemptinne

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Le Serviteur de Dieu Dom Pie de Hemptinne

1880-1907

Né à Tamise (Gand), le 21 avril 1880, reçut au Baptême, les nom de de Benoît-Joseph, qu'aucune tradition de famille n'imposait, mais que les évènements justifièrent assez. Ame privilégiée, il se sentit, dès son enfance, attiré par la Grâce vers les sommets de l'Amour. A 17 ans, « cherchant un lieu bien fait pour aimer », il entrait, le 8 décembre 1897, à l'Abbaye Bénédictine de Maredsous, et le 21 mars 1899, en la Fête de du Patriarche des Moines, il émettait ses voeux de religion. Une retraite faite en septembre 1900, sous la direction de celui qui allait devenir le Bienheureux Columba Marmion, qui dès lors, pris la direction de son âme, orienta Dom Pie vers une vie d'amour et de sacrifice. Fidèle à l'impulsion de cette Grâce, l'âme de Dom Pie alla d'ascension en ascension. Placé, après son ordination sacerdotale, au collège de Maredsous, il n'y occupa aucune place importante, il fut un simple religieux et ne se distingua que par la perfection de l'ordinaire: il sur parfaitement obéir, aimer sans défaillance, vivre d'une profonde vie de prière: ce fut la toute sa grandeur; ce fut le parfum de ce secret vraiment divin, qui embaume son souvenir et chaque page de ses écrits. En juin 1906, lui échut « la grande grâce de la rencontre de la souffrance », Dom Pie l'accepta des mains de Jésus, dans un acte d'abandon absolu, qui ne se démentit pas jusqu'à sa sainte mort, arrivée le 27 janvier 1907.

Extrait de ses pensées

« Une nature sans amour est un printemps sans soleil. »

« La raison d'être de l'homme, c'est d'aimer; son unique besoin, c'est d'aimer; sa seule force, toute sa joie, c'est d'aimer. Mais pour Vous aimer, ô mon Dieu, que l'homme existe; le besoin qui le presse, c'est Votre Amour; il devient fort en Vous aimant: le repos qu'il prend en Vous lui donne seul sa vraie joie. Aussi ne cesse-t-il de chercher, tant qu'il ne se trouve à jamais perdu en Vous, ô Amour incréé. »

« Je suis bien décidé à me convertir à l'Amour du Christ. Tout le reste m'est égal: je veux aimer follement; on me broiera la volonté; l'entendement, tout ce que vous voudrez, mais je n'entends pas lâcher le seul Bien, notre Divin Jésus, ou plutôt, je sens que c'est Lui qui ne me lâchera pas. »

« Mon Jésus, je veux m'immoler si complètement, par reconnaissance, à la louange de la Très Sainte Trinité et de Votre Sainte Humanité, que j'apparaisse devant Votre Père éternel et Vous, comme une très pure victime de louange, toute formée selon Votre Esprit vivificateur. »

« Mère chérie, si Douce et si Bonne Vierge Marie, ma pauvre et petite âme à trop besoin d'aimer, pour vivre sans un ami qui ne soit qu'un avec elle. Donnez-moi un ami, mais point d'autre que Jésus... Lui et vous, chère et bonne Mère, vous possédez mon cœur. Percez-le de flèches d'amour afin qu'il en meure quand vous voudrez: faites-moi mourir d'amour! »

« O Jésus, Vous m'avez appris à désirer: comblez maintenant le seul désir de mon âme. Vous excitez en moi la faim et la soif de Votre Divin Amour; mais quand Seigneur rassasierez-Vous mon cœur? »

« O Mon Dieu, n'est-il point temps de toucher mon âme et d'y allumer la flamme de l'amour, car je ne sais plus que Vous donner, et je sens que je ne Vous aime pas encore! »

« Mon Dieu, Vous m'avez donné un cœur de feu qui me torture sans cesse, ou par l'excès de ses aspirations vers Vous, ou par la privation de Votre présence, alors il Vous cherche. »

« Quand l'amour pénètre dans une âme généreuse, il lui demande tout, une chose après l'autre, jusqu'à l'épuiser entièrement. L'âme éprouve alors son impuissance absolue, mais elle commence à se sentir forte en Dieu. »

« La souffrance se répand dans l'âme sainte comme une liqueur brûlante sur une plaie. Lentement, elle pénètre la chair vive et y cause des douleurs aiguës, mais l'amertume du remède est souvent le gage de guérison. »

« Ame forte, laisse donc la souffrance pénétrer l'intime partie de toi-même; bois cette liqueur vivifiante et n'en perds aucune goutte! Et si parfois la souffrance t'a inondée, si tu as pu t'en abreuver avec cette généreuse patience qui conserve au cœur cette paix profonde, tu auras appris les douceurs de la souffrance; car son amertume ne se change en mystérieuse délices qu'au moment ou l'âme en a savouré tout le fiel. »

« Vivre au Ciel sur la terre, c'est demeurer en son âme: qui sait y habiter y devient l'intime de Jésus et le contemplateur assidu de la Trinité Bienheureuse. »

« L'âme varie ses prières selon les besoins qu'elle éprouve; mais elle n'a qu'un chant, le chant de l'amour. »

« Vivre de Dieu c'est posséder une âme assez élevée au dessus des choses de la terre pour se trouver étrangère à ce qui ne lui parle pas, en quelque façon, de l'amour divin. »

« Quand elle commence à aimer Dieu, l'âme se porte et s'élève vers Dieu; et quand on aime d'avantage, on se reporte vers le prochain, en qui l'on découvre Dieu: on imite Jésus dans son amour pour les âmes. »

« Mais travailler pour les âmes par amour, c'est souffrir: oui, le travail de l'amour, c'est la souffrance... Souffrir pour les âmes, c'est s'approcher pour elles de la Fontaine de Vie et faire affluer sur elles les richesses du Christ. »

« Ici-bas les grands mystères d'amour son de profonds abîmes de souffrances. L'amour dans l'être ne devient un mystère qu'au jour ou il en pénètre les derniers replis, et, sans de douloureuses brulures, le Feu sacré n'atteint pas ces profondeurs. »

Il a plut à Dieu d'agréer la confiance et d'exaucer les prières des âmes qui ont eu recours à Lui, par l'intercession de Dom Pie. Nous prions ceux qui doivent quelques grâces à cette intervention de bien vouloir le faire connaître auprès du

P. Prieur de l'Abbaye de Maredsous

rue de Maredsous 11

B-5537 Denée (Belgique)

www.maredsous.be

Imprimatur

Max Debois, Vic Gen.

Namurci, 10 maii 1926

25 avril 2009

Litanies de Sainte Lutgarde du Sacré Cœur

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Sainte Lutgarde du Sacré Cœur

1182-1246

Fête le 16 juin


Sa mère la place, à l'âge de douze ans, dans un monastère de l'Ordre de Saint-Benoît, le couvent Sainte-Catherine de Milen, près de Saint-Trond et de Liège. Mais Lutgarde n'a pas encore choisi d'être religieuse. A l'âge de dix-sept ans, alors qu'elle s'est résolue à se vouer au Seigneur, et qu'elle est poursuivie par les avances d'un gentilhomme qui désire l'épouser, le Christ lui apparaît, et lui découvrant la plaie de son côté teintée de sang, lui dit : "ne recherche plus les flatteries d'un vain amour. Regarde ici et contemple désormais ce que tu dois aimer et pourquoi tu dois l'aimer. C'est ici que je promets de te faire goûter des délices de toute pureté". Cette apparition est considérée comme la première apparition médiévale du Sacré-Cœur qui nous ait été transmise par la Tradition. Lutgarde devient moniale Bénédictine. Elle est favorisée de nombreux dons, comme celui de guérir les malades ou de comprendre les psaumes en latin. Elle vit dans ce couvent l'échange des cœurs avec Notre-Seigneur, qui répond favorablement à sa demande : "« Ce que je veux, dit-elle, c'est votre Cœur » Et le Seigneur : « Bien plutôt, c'est moi qui veut ton cœur ». Elle lui répondit : « Qu'il en soit ainsi, Seigneur, de telle façon cependant que vous accordiez à mon cœur l'amour de votre Cœur et qu'en vous je possède mon cœur, bien à l'abri et pour toujours sous votre garde. » Alors eut lieu l'échange des cœurs" écrira son biographe, le Dominicain Thomas de Cantimpré. Cet échange des cœurs est le premier connu de l'histoire religieuse. Le Seigneur l'attire à Lui à plusieurs reprises, l'invitant une nuit à boire à la blessure de son côté : "… de la croix il détache un bras, il l'enlace, la serre contre son côté droit et applique sa bouche à la blessure. Elle y but une douceur si puissante qu'elle fut depuis lors et jusqu'à la fin toujours plus forte et plus alerte au service de Dieu". En 1206, pour échapper à une nomination au poste d'abbesse en l'abbaye Sainte-Catherine, elle change de couvent pour entrer chez les Cisterciennes d'Aywières, près de Couture-Saint-Germain, en Brabant. Ne comprenant pas la langue romane employée par ses sœurs, elle y vit isolée, et c'est dans ce contexte qu'elle entreprendra à la demande du Seigneur trois jeûnes de sept ans, à des intentions qui lui seront à chaque fois précisées. En 1210, Thomas rapporte qu'alors qu'elle aspire à subir le martyre comme la bienheureuse Agnès, "une veine se rompit à son côté, à hauteur du cœur ; il en sortit tant de sang que ses tuniques et son manteau en étaient abondamment aspergés…". Lutgarde gardera cette cicatrice jusqu'à la mort. Devenue aveugle en 1235, elle commence peu d'années après son troisième jeûne de sept ans, répondant à une invitation divine pour écarter de l'Eglise un ennemi très redoutable. Ce jeûne ne s'achèvera qu'avec sa mort, le 16 juin 1246. Sainte Lutgarde est généralement invoquée contre les douleurs de l'accouchement.

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Litanies de Sainte Lutgarde du Sacré Cœur


Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, écoutez-nous.

Christ, exaucez-nous.

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu,

Sainte Vierge des vierges,

Sainte Lutgarde, vierge douce et aimable,

Sainte Lutgarde, vierge simple et humble,

Sainte Lutgarde, illustre par un grand nombre de miracles,

Sainte Lutgarde, favorisée du don de prophétie,

Sainte Lutgarde, miroir de piété,

Sainte Lutgarde, lys de chasteté,

Sainte Lutgarde, fleur de sainteté,

Sainte Lutgarde, refuge des malheureux,

Sainte Lutgarde, modèle des âmes généreuses,

Sainte Lutgarde, gloire de la vie religieuse,

Sainte Lutgarde, victime pour les péchés du monde,

Sainte Lutgarde, consolatrice des âmes du Purgatoire,

Sainte Lutgarde, enfant privilégiée de Marie,

Sainte Lutgarde, épouse choisie de Jésus,

Sainte Lutgarde, adoratrice du Sacré Cœur,

Sainte Lutgarde, première zélatrice du Sacré Cœur,

Soyez-nous propice, Sainte Lutgarde, assistez-nous.

Par le Très Doux Nom de Jésus,

Par l'ineffable Bonté du Cœur de Jésus,

Par l'Amour avec lequel Il vous a cherchée,

Par les grâces inouïes qu'Il vous a accordées,

Par la Paix dont Il a remplis votre âme,

Par la Gloire dont Il vous couronne dans le Ciel,

Pauvres pécheurs, nous vous en prions,

Dans la triste situation où nous nous trouvons,

Afin que la Sainte Église sorte victorieuse de toutes ses épreuves,

Afin que ses enfants persécutés persévèrent jusqu'à la fin,

Afin que les puissants de la terre comprennent et accomplissent leurs devoirs,

Afin que les ennemis de l'Église soient humiliés,

Afin que la dévotion au Sacré Cœur de Jésus se propage de plus en plus,

Afin que s'établisse par toute la terre le règne de Jésus-Christ,


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.


Priez pour nous, Sainte Lutgarde,

Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ.


Prions


Faites, Seigneur, que Sainte Lutgarde, qui Vous a toujours été agréable par le mérite de sa chasteté et la pratique des vertus, nous obtienne Votre Indulgence. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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