30 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Trente-et-unième jour

Triomphe

 

L’histoire des Saints ne finit pas à leur mort, elle s‘étend au delà, parce qu’elle plonge ses racines dans une autre vie d’où le Seigneur manifeste ici-bas leur gloire. Ainsi en est-il de celle de Claire la Sainte, de l'illustre vierge que nous avons suivie pas à pas, durant le cours de son pèlerinage terrestre. Maintenant, ou la découvrir sinon dans les régions de l'immortalité, à travers le sillon tout illuminé encore des feux de son passage ?…

Mais avant de parler de sa gloire et de sa puissance au ciel, racontons les obsèques triomphantes de la séraphique vierge.

A ce mot : « Claire est morte ! » toute la ville d’Assise se porte a son humble couvent. « La Sainte est morte ! Elle est au ciel ! Elle prie pour nous ! » Telles étaient les paroles qu'on entendait de toutes parts dans la cité et aux environs, tant la réputation de sa sainteté était fondée et universelle.

Avant même qu'elle fût ensevelie, on eut quelque raison de craindre que ses restes mortels ne fussent, par motif d’une ambition sainte, l’objet d’un pieux larcin. La municipalité d’Assise, revendiquant les droits de la cité, fit par prudence cerner le monastère pour garantir à la bonne ville de François la possession d’un aussi précieux trésor.

Prévenu avec sa cour du décès de Claire, le pape innocent IV prit aussitôt le chemin d’Assise, tenant à présider lui-même ses funérailles.

Elles furent, comme on pouvait s’y attendre, un éclatant triomphe. En présence de ses cardinaux et d'un nombreux clergé, le pape témoigna hautement de sa foi et de sa ferme conviction en la sainteté de la morte et, un an plus tard, comme nous allons le dire tout à l‘heure, Alexandre IV l’inscrivait au catalogue des Saints.

De nombreux miracles avaient témoigné en effet de la sainteté de Claire ; les chroniques en foisonnent ; il est parlé d’aveugles et de paralytiques guéris, d’aliénés furieux recouvrant leur raison, d’enfants, petits et grands, que la Sainte ramène des portes du tombeau.

Citons en particulier la guérison d’un pauvre enfant paralytique, due à son merveilleux crédit. Les parents, en sollicitant la guérison de leur fils, si tristement infirme, avaient promis d’en faire le Chevalier de la Sainte, expression de l'époque, si celle-ci rendait la vigueur à ses pauvres membres inertes. Claire guérit l’enfant et le petit Chevalier de la Sainte vole d'un bond à son tombeau pour l’en remercier avec ses parents.

Un autre enfant, emporté par un loup furieux, échappe à sa voracité au moment même où la mère désespérée du pauvre petit, déjà entre les dents du loup, appelle Claire à son secours.

Ces miracles et bien d'autres portaient au loin, dans l’Italie et ailleurs, la. réputation de sainteté de l’illustre Abbesse envolée, et le jour vint bientôt où le Siège-Apostolique se prononça en ce point et décerna à l’admirable Princesse des Pauvres, à l’incomparable Duchesse des Humbles les honneurs de la canonisation. Ce fut le jour anniversaire de son bienheureux trépas, 11 août 1254. Sa fête fut fixée au lendemain, douzième jour du mois d'août. Six ans plus tard, les restes mortels de la Sainte, merveilleusement conservés, étaient transférés à l'église récemment bâtie pour es recevoir, l’église de Sainte Claire à Assise.

Pendant six longs siècles, le corps de la Séraphique Vierge reposa invisible dans le massif tombeau qui le renfermait. Mais le jour vint, où brille à nouveau au regard des hommes cette « pure lumière destinée à illuminer le monde ». Le trente août 1850, après sept grandes journées de recherches et de travaux, Claire fut retrouvée dans son antique et glorieux cercueil. Aujourd’hui, les restes précieux de la sainte reposent dans sa crypte solitaire, et autour de sa châsse bénie, veille comme une légion d’anges l’heureuse tribu de ses enfants...


Laus Deo !


Réflexions et Avis

 

En terminant ce beau mois passé en la douce compagnie de sainte Claire, nourris de ses exemples et des sentiments de son cœur, prenons aujourd'hui à ses pieds la grande et sainte résolution de travailler à notre sanctification avec une nouvelle ardeur.

La générosité et de constants efforts sont indispensables en ce point. La sainteté, comme on l’a vu pour Claire, est l‘œuvre de notre travail, et chacun de nous l’avance et la perfectionne dans la mesure de l’attrait qui l'y attire et de l'ardeur qu’il y déploie.

Rappelez-vous, âme pieuse, que le Ciel ne s’obtient que par la vertu et la vertu ne s’acquiert que par le combat. Quiconque aspire à la sainteté doit s’armer de courage, combattre sans trêve ses inclinations perverses, s’élever au-dessus de soi-même et tendre à s'unir à Dieu de plus en plus. Telle fut la sublime et divine théorie des saints. Qu’elle soit aussi la nôtre ! Comme eux, tournons vers les trésors de la grâce toutes nos aspirations, la moindre parcelle de ceux-ci vaut mieux que tout l'or du monde, et l'âme qui s'attache à les acquérir n'y goûte-t-elle pas joie et consolation ? S’il en est autrement parfois et que la vertu ne nous présente qu’aspérités et rabats, ne vaut-il pas mieux, dit saint Jérôme, combattre un peu de temps, se retrancher, demeurer sous les armes, se fatiguer sous la cuirasse et goûter ensuite les fruits de la victoire, que de s'engager dans une peine éternelle pour s'affranchir de celle qui n’est que passagère et ne dure qu’un temps ?


Avis des Saints

 

« Si vous aimez la terre vous devenez terrestres, si vous aimez le ciel, vous devenez célestes ; si vous aimez Dieu, vous vous rapprochez-de Dieu » (Saint Augustin). « Réjouissez-Vous à la pensée que tant de millions d'anges et de saints aiment Dieu parfaitement » (Saint Alphonse de Liguori). « Ne vous attachez pas à cette terre qui fuit sans cesse sous vos pas, élevez plus haut vos affections et vos espérances. Sursum corda ! »(Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Claire-Isabelle Fornari, vierge de son Ordre (1697-1744)

 

Encore une de ces âmes ardentes que consume l'amour de Dieu et la soif de souffrir pour lui. L’amour divin fut tel en la chère Bienheureuse qu'il se forma à l'endroit de son cœur une blessure profonde. De cette plaie mystérieuse sortaient quelquefois des flammes véritables, réelles, qui consumaient à cet endroit la robe et même le scapulaire de la sainte Clarisse. D’autres fois, il s'en échappait des rayons d'une lumière resplendissante et un parfum céleste qui remplissait tout le monastère. Le cœur même de la Bienheureuse était transpercé de trois clous et de nombreuses épines dont les pointes acérées s’apercevaient aisément à travers la blessure et lui causaient d'indicibles douleurs. Jésus, son adorable Epoux, l'associa d'une façon merveilleuse aux douleurs de sa Passion. Elle eut les stigmates de ses plaies aux pieds, aux mains et dans son côté. Notre-Seigneur lui départit en même temps que ses douleurs d’ineffables consolations qui ravirent son âme : Extases, visions, faveurs extraordinaires, Claire-Isabelle eut tout cela à l’égal des saints les plus favorisés.

 

Pratique : La persévérance. S'exciter aux sacrifices qu’elle exige par les récompenses du Ciel.


Prière


En terminant ce mois béni, ô Séraphique Mère, je me consacre à vous. Étendez sur moi votre ineffable protection et daignez en favoriser aussi tous ceux qui me sont chers. Préservez-nous du pêché, le plus grand de tous les maux. Obtenez-nous de servir fidèlement le Seigneur, de mourir dans son saint amour, afin de.l‘aimer et de le glorifier éternellement avec vous dans le Ciel. Ainsi soit-il !

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Fin du Mois de Sainte Claire

 

Prochain Mois de Dévotion : Mois de Jésus Naissant, rendez-vous le 30 novembre

 

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Appel

J'ai découvert l'existence de ce très beau mois de Sainte Claire, cette année, que j'ai entièrement scanné à la bibliothèque municipale de Bordeaux, alors que j'y effectuait des recherches sur le passé franciscain de la ville, ainsi que de la Gironde et de l'Aquitaine. Ce livre a été publié au Monastère de l'Avé Maria de Talence (dans lequel vécut et mourut la Bienheureuse Marie Céline de la Présentation (+ en 1897, béatifiée à Bordeaux en 2007).

Cet ouvrage n'a pas été réédité depuis près de 90 ans. Je lance donc un appel à un éditeur qui serait éventuellement intéressé pour le publier en version papier. Merci de me recontacter si cela vous intéresse à franck.monvoisin.33@gmail.com

F.Monvoisin Rédacteur du blog Images Saintes,

laïc consacré.


29 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

Transitus de Sainte Claire

Trentième jour

Sainte mort


L’heure était venue pour la chère Bienheureuse de déployer ses ailes et de prendre, ravie, son essor vers les Cieux. Que pouvait, bien être la mort pour une telle âme, sinon un joyeux, départ vers l’immortelle patrie ?

Toujours mue, cependant, par une humilité profonde, Claire ne cessait de s'anéantir et de se confondre devant les bontés du Seigneur. Elle se disait indigne, mille fois indigne, des grâces qu’elle en avait reçues, de celles qu’il lui réservait encore... Elle le suppliait de lui faire miséricorde, d’oublier son indignité… À l’entendre on eût cru qu’elle avait à la récompense moins de droit que tout autre, son humilité ne cessant de redire qu’elle n'avait rien fait qui pût mériter le ciel.

C'est dans ces sentiments qu’elle supplie humblement le pape Innocent IV, qui était venu la visiter, de vouloir bien lui accorder l’indulgence plénière. Le grand pontife, qui n’ignorait pas quelle était la sainteté de Claire, ne put s'empêcher de répondre : « Ah ! Ma très chère sœur, que nous serions heureux nous-même si notre âme n’avait pas un plus grand besoin de ce pardon ».

Après le départ du souverain Pontife, Claire ne se lassait pas de remercier le Seigneur. « Quelles grâces j’ai reçues aujourd‘hui, disait-elle à ses filles, Jésus-Christ lui-même est venu à moi et son Vicaire a daigné me visiter. Aidez-moi a remercier le ciel de cette faveur ».

Ayant appris à Florence la fin prochaine de sa sœur, Agnès, en toute hâte et sans qu’on l’attendit, arrive à Saint-Damien. La Sainte en témoigne sa joie par un, ineffable sourire. Mais la tendre Agnès, prés de ce lit de mort, ne pouvait comprimer ses sanglots… Son cœur se brisait de douleur en face de cette sœur chérie, sa Mère selon le cœur, que Dieu lui réclamait…

« Ô Mère, lui disait-elle, puisque vous nous quittez, obtenez-moi la joie de vous suivre »... « Vous l'aurez, sœur chérie, lui répondit la sainte, et même une autre auparavant que vous ne sauriez prévoir... mais que notre Dieu infiniment bon daigne vous réserver ». Elle parlait des miracles qui devaient s’accomplir sur son tombeau et de la grande consolation qu'aurait Agnès d’assister aux premiers honneurs rendus à sa mémoire. Or, tout arriva.comme l’avait prédit la sainte, et trois mois après, Agnès d’Assise allait rejoindre au ciel celle qui l’y avait précédée et dont les vertus séraphiques lui en avaient tracé si glorieusement la voie.

La Bulle de confirmation, tant désirée, arriva de Rome trois jours avant la mort de la sainte Abbesse. Ce fut pour la Fondatrice une indicible consolation.

Claire, sur son lit de mort, dicte son testament spirituel et bénit ses filles, rassemblées autour d’elle. Puis on l’entend parler du Roi de Gloire, de l'adorable Epoux, qui, à cette heure suprême, daignait se rendre visible à ses yeux. « Le voyez-vous aussi, ma fille, dit-elle à une de ses religieuses présentes, voyez-vous aussi le Roi de gloire comme je le vois ?... »

Alors, dans le sentiment d’une confiance sans borne, ses lèvres murmurent : « Partons, mon âme, allons, sache que tu as un bon viatique qui t'accompagne, un excellent guide pour te montrer la voie. Ne crains rien, sois tranquille, car celui qui est ton Créateur t'a sanctifiée et a toujours veillé sur toi avec le tendre amour d’une mère pour son enfant. Vous, ô Seigneur, soyez béni de ce que vous m’avez créée ! »

À ce moment pénètre dans la cellule de la mourante une longue procession de vierges vêtues de blanc et portant sur la tête une couronne d'or. L‘une d’elles, qui semblait en être la reine, les surpassait toutes en éclat et en beauté. Elle approche de la sainte mourante et s’inclinant vers elle la baise tendrement.

Claire avait reçu le baiser de la Reine des Anges, et l’auguste Marie lui avait annoncé le ciel pour le lendemain. La vision disparut aux yeux des religieuses, mais elle resta visible à ceux de la Sainte, qui en jouit illuminée et dans une extase d'amour jusqu’à sa dernière heure. Le lendemain matin, onzième jour d’août 1253, dans les bras et le baiser de Marie, la vierge d’Assise exhala son dernier soupir.

 

Réflexions et Avis


La mort des Saints est précieuse devant Dieu ! (Psaume 165) Qu’elle est belle celle de la vierge d’Assise protégée par la Reine des Anges et illuminée de célestes clartés ! La vie entière de l’admirable Sainte avait été un perpétuel holocauste, un acte d'amour incessant pour le Seigneur, sa mort ne pouvait être que le couronnement d’une telle vie et le commencement des joies sans fin qu’elle lui avait méritées. Douce et heureuse réalisation de cette parole de la Sainte à l'une de ses filles les plus chères, Agnès de Prague : « Oh ! L'heureux échange, ma douce fille, laisser l'ombre pour la lumière, les biens terrestres pour les biens éternels, mériter les choses célestes par le sacrifice des choses du monde, gagner cent pour un et mériter sans fin la vie bienheureuse ».

Pour tous, qui que nous soyons, la mort est l'écho de la vie ! On meurt comme on a vécu. Vivons donc comme les Saints, dans la grâce et l’amitié de Dieu, et nous mourrons comme eux dans le baiser du Seigneur, c’est-à-dire l’âme en paix, le cœur en joie, heureux de quitter la vallée des ombres pour nous élancer vers les régions de l’immortelle Splendeur. Douce et heureuse mort que celle qui n'éteint l’étoile assombrie de la vie que pour la rallumer ardente, brillante et inextinguible au feu de cette lumière divine qui brille éternellement.


Avis des Saints

 

« Travaillons pour la vie, qui ne finit pas » (Saint Augustin). « Souvenez-vous que le temps du travail et des souffrances est court et qu'au contraire éternel est le bonheur qui nous est préparé ».(Sainte Claire d’Assise). « Si nous voulons mourir en paix, que notre vie ne soit plus qu’une mort continuelle » (Sainte Véronique Giuliani). « La vie, songez-y bien, n’est qu’une rapide traversée sur la planche-du temps à l'éternité » (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Marie Madeleine Martinengo, vierge de son Ordre (1687-1737)

 

Plus admirable qu’imitable est la vie de cette grande Sainte. Dès les premières années de sa vie religieuse, étant tombée malade, elle demanda à Dieu la santé du corps, non. pour en goûter les précieux avantages mais pour se livrer en secret à des austérités effrayantes, dont la seule pensée fait frémir... Le monde ne comprendra jamais cet amour des souffrances et cette soif d’expiation... Mais la passion de Jésus explique tout !!! car les Saints ont hérité de son zèle pour réparer les outrages commis envers Dieu et de son amour pour le salut des âmes. D’insignes prodiges attestèrent la sainteté de cette vie pénitente et immaculée de la bienheureuse Martinengo, et la communauté entière vit un jour la sainte Hostie s‘échapper des mains du prêtre, lorsqu‘il s’avançait pour distribuer la sainte communion et s’envoler jusque sur les lèvres de la chère Bienheureuse, affamée de ce Pain de Vie.


Pratique : supplier la très sainte Vierge de nous assister à notre heure dernière.


Prière


Céleste Envolée d’ici-bas, Fleur immortelle et bénie, Claire, oh ! de grâce, obtenez-moi une sainte et heureuse mort. Je la demande au nom de celle de jésus et en souvenir des joies et des consolations dont votre âme fut inondée à l'heure de la vôtre. Ainsi soit-il.

 

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28 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-neuvième jour

Dernières années

 

La vie de notre glorieuse Mère fut une suite de longues souffrances. L’amour de la pénitence en avait fait une victime volontaire, la maladie en fit une martyre généreuse. Parmi les dons inestimables que lui avait départis son amour jésus, Notre-Seigneur, n’avait pas omis celui de sa croix. L’épouse du Christ l’estimait au-dessus de tous et l'appréciait plus que tout l’or et toutes les joies du monde. Aussi durant les vingt-huit années de cette vie languissante qu’elle eut à soutenir, Claire nous apparaît-elle sur son lit de souffrance comme une admirable crucifiée. La sainte Mère ne semblait vivre et se soutenir que par miracle tant ses douleurs étaient tenaces et continues. « La fièvre, qui ne la quittait jamais, l’avait desséchée jusqu’aux os, des mortifications perpétuelles avaient énervé toutes ses forces, le pesant fardeau du gouvernement de son monastère et les soucis continuels que lui donnait son Ordre, déjà si répandu, oppressaient son cœur, et néanmoins, c’était précisément quand ses forces semblaient devoir succomber que son esprit apparaissait avec une vigueur nouvelle, semblable au palmier dont la tête s’élève plus verdoyante vers le ciel à mesure que le terrain où s’enfoncent ses racines est battu davantage ». (Vie de Sainte Claire par J. de Madrid).

Il est impossible, ont dit ses historiens, de se faire une idée de la patience de notre sainte au milieu de tant de souffrances. Jamais front plus serein, intérieur plus calme, cœur plus résigné que le sien. Jamais, la plus légère plainte, nl le plus léger soupir ne s’échappait de ses lèvres, au contraire, c'était sans cesse l’hymne de l’abandon et de l’action de grâces qu’elle faisait monter vers le ciel répétant, du fond du cœur, le Fiat le plus entier aux vouloirs divins et se proclamant heureuse, et mille fois heureuse, d'avoir à porter la croix à la suite de son bien-aimé Sauveur.

L’an 1251, l’état de la vénérée malade s'était aggravé sensiblement et l’on crut même que ses derniers jours étaient arrivés.

Les religieuses fondaient en larmes et n'avaient plus aucun espoir, quand, tout à coup, un oracle du ciel, dont l’écho, leur parvint de Saint Ange du Panso, leur annonça, ô bonheur ! que leur bienheureuse Mère ne les quitterait pas encore et qu'elles auraient encore la joie de la posséder quelque temps de plus. Une religieuse bénédictine du monastère de Saint-Ange l’avait appris par une vision qu'elle raconta ainsi : « J’ai vu la sainte abbesse montante et autour d’elle ses filles éplorées... Tout à-coup apparu une dame, belle comme pas une et majestueuse comme une reine. Elle s’est mise à consoler les religieuses en leur disant de ne pas pleurer comme si elle était morte celle qui devait vivre encore quelque temps au milieu d’elles, et la belle dame avait ajouté : « Rassurez-vous donc, chères enfants, votre Mère ne vous quittera pas avant que le Seigneur lui ait apparu avec ses disciples ». En effet, la sainte agonisante revint des portes du tombeau et vécut deux années encore.

A la nouvelle de son état désespéré, le cardinal Raynald s’était empressé d'accourir à Saint Damien, et sur les instances de la Sainte, il lui avait administré les derniers sacrements. Claire, profitant de la présence de l'éminent cardinal auprès de son lit de mort, lui demanda la plus grande faveur qu’elle put désirer ici-bas : celle de voir la règle de son Ordre approuvée solennellement par le Saint-Siège. C'était réclamer le privilège authentique et définitif de la pauvreté absolue. Claire fondait en larmes en renouvelant sa requête, et le bon Cardinal, profondément ému, lui promit de s’en occuper...


Réflexions et Avis


Comme sainte Claire, étudions Jésus souffrant et nous apprendrons à souffrir. La vue de Jésus en croix soutient l’âme au sein de l'épreuve et lui donne la force de tout souffrir pour son amour. « Plantez dans votre coeur Jésus crucifié, dit un pieux auteur, et toutes les croix de ce monde vous sembleront des roses. Voudrions-nous n’avoir rien à mettre au pied de la croix ? Mettons-y du moins un cœur pénitent et résigné. L’aliment de la vertu, c’est la croix. Demandez à Dieu l'amour de la croix et des souffrances. Les souffrances sont le creuset dans lequel l’âme se purifie. Malheur à nous, si nous cherchons une autre nourriture que la croix, ce doit être notre aliment perpétuel. Goûtez avec douceur les amertumes de la croix, immolez-vous a la croix, comme une victime d’amour.

L'amour divin conduit au Calvaire. Heureuse l’âme qui s'y laisse conduire et immoler. Allez reprendre du courage au pied de la croix, là vous trouverez de la consolation, de la paix, du repos ; de l'amour, des forces, de l'espérance. On trouve tout au pied de la croix. Dans la croix est le salut et la vie ».

Si de tels sentiments sont les vôtres, âme pieuse,.vos peines seront consolées et vous trouverez la force de faire bon accueil à l'épreuve de quelque nature qu’elle soit lorsqu’elle s’appesantira sur vous.


Avis des Saints

 

« Pécheurs que nous sommes, nous devons marcher par la voie de la croix et de la passion pour aller au ciel » (Saint François d’Assise). « Si vous souffrez avec Jésus-Christ, vous serez aussi glorifiée avec lui ; si vous pleurez avec lui, vous vous réjouirez aussi avec lui ; si vous demeurez avec lui sur la croix, vous goûterez avec lui les douceurs célestes qu’il vous a promises » (Sainte Claire à Sainte Agnès de Prague). « Commencez par étudier le livre du crucifix. Là vous apprendrez toutes sortes de vertus » (Sainte Véronique Giuliani).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Véronique Giuliani, vierge de son Ordre (1660-1727)


Son enfance et sa jeunesse furent marquées de grâces extraordinaires, préludes des faveurs sans mesure, qu’elle devait recevoir durant le cours de sa vie religieuse. La ferveur de Véronique fut telle, au commencement, qu‘elle pratiqua toutes les vertus religieuses à un degré héroïque. Le Sauveur l‘avait préparée par cette fidélité à recevoir des grâces plus insignes. Peu de Saints ont reçu des faveurs aussi extraordinaires que sainte Véronique Giuliani. Elle a réuni dans sa vie tous les prodiges qui ont illustré sainte Catherine de Sienne, sainte Marie-Madeleine de Pazzi, sainte Thérèse, sainte Catherine de Ricci, sainte Claire de Montefalco et d'autres âmes privilégiées, qui sont la gloire de l'Ordre. Elle eut comme notre séraphique Père saint François, l'empreinte des stigmates de Notre-Seigneur.


Pratique : dans nos peines et dans nos souffrances, chercher farce et courage au pied de la croix.

 

Prière

 

Ô douce sainte Claire, victime choisie et compagne inséparable de Jésus souffrant, rivez à jamais près de lui au pied de sa croix sanglante mon esprit, mon âme et mon cœur. J'aspire comme vous à gravir le calvaire et à y vivre dans la contemplation assidue de notre Amour crucifié. Ainsi soit-il.

 

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27 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-huitième jour

Sa dévotion l’Eucharistie


Il faudrait la plume d’un Séraphin pour en décrire la flamme, et rien ne peut, ce semble, en donner une plus juste idée que son ardente Foi. Une foi ardente, embrasée, incommensurable à nos yeux, tel fut le merveilleux secret de la dévotion tendre et affectueuse de sainte Claire pour le mystère de l’Eucharistie.

Savoir Jésus-Christ présent au saint Tabernacle, avoir l’ineffable joie de l'y trouver, contempler, posséder, quel bonheur pour l'âme ravie de notre Sainte !

« Mon Dieu est là ! » se disait-elle, et dans la “flamme de cet acte de foi, tout s’embrasait dans l’âme et dans le cœur de cette fervente adoratrice de Jésus-Hostie. Au pied du saint Autel, elle eût voulu dresser sa tente et fixer son séjour à jamais. Les heures s’y écoulaient, rapides et toute célestes.

L'Eucharistie avait pour elle de si puissants attraits qu‘elle eût voulu s’éterniser au pied du Tabernacle et ne plus quitter cette délicieuse oasis, son Paradis ici-bas. Plus elle y demeurait, plus elle s‘en arrachait avec peine, plus elle y revenait, empressée, altérée, avide…

Quant à la sainte Communion, elle en avait faim et soit l Aussi ardente que le Prophète-Roi dans son amour, la vierge séraphique aimait à soupirer avec lui ces paroles brillantes : « Sitivit in te anima mea... Mon âme a soif de vous », ô le Dieu de ma vie, et mon cœur et ma chair en combien de membres... » Les jours qu’elle avait le bonheur de recevoir son Dieu, étaient pour elle des jours du Ciel. Qui dira ce qu’était sa préparation ? le soin qu'elle y apportait, les désirs qui l‘embrasaient, l’amour qui la consumait ?

Aussi, de quelles faveurs. de quelles consolations la comblait Jésus ! Un matin, après avoir communié, une de ses filles, sœur Francisca, l’aperçut tenant dans ses bras l’Enfant-Jésus qui la caressait. Une autre fois, c’était de l'Hostie même que lui apparaissait le divin Enfant, la saluant de sa tête blonde, lui souriant de sa bouche et faisant couler dans son âme un torrent de joie.

Mais le plus merveilleux prodige que signale l’histoire est le suivant :

« En 1240, une armée de vingt mille Sarrasins lancée par Frédéric Il, dans la vallée de Spolète, y jetait l’épouvante et l’effroi. Ils arrivent à Assise... et voilà que, durant une nuit sombre et noire, la horde barbare se porte à Saint-Damien, qu’elle brûle d‘envahir... Déjà les soldats escaladent les murs du monastère, poussant d’affreux hurlements que répercutent tous les échos. Les filles de Claire sont terrorisées et se réfugient en tremblant auprès de leur mère.

Celle-ci, inspirée par sa foi, fait placer devant la porte intérieure du monastère le Très-Saint-Sacrement, et supplie Notre-Seigneur, dans cette extrémité, de protéger ses humbles servantes : « Ego vos semper custodiam ! » répond aussitôt du cœur de l’Hostie le divin Pasteur imploré : « A votre garde je veillerai toujours ! »

Forte d'une telle protection, Claire alors prend dans ses mains virginales la pyxide d’ivoire où était renfermée la divine Hostie et la présente aux Sarrasins sauvages. Ô prodige ! La panique aussitôt s’empare des assiégeants, une lumière éclatante-les éblouit, une main surnaturelle les repousse et tous s’enfuient épouvantés…


Réflexions et Avis


L’Eucharistie ! Quelle merveilleuse invention de l’amour divin ! quel don ! Quelle ineffable preuve de la charité de Dieu pour nous ! Notre bien-aimé Sauveur pouvait-il, au de-là, pousser l'excès de sa bonté et de son dévouement ? Tout Dieu qu’il est, eût-il pu imaginer rien de plus tendre, de plus grand, de plus fort, de plus délicieux qu’une telle merveille d’amour, l’ineffable merveille de la divine Eucharistie. Aussi, de quelle âme reconnaissante devons-nous l’envisager, l’admirer, l’adorer, en remercier Jésus !…

Par l‘Eucharistie, Notre-Seigneur vit au milieu de nous. Nous l'y possédons en permanence et sans crainte de le voir nous quitter jamais. N'a-t-il pas dit lui même, comme pour rassurer notre amour en ce point : « Ne craignez pas que je vous quitte. Voici que je suis avez vous jusqu’à la consommation des siècles ». (Mat 28, 20).

Après une telle assurance, avec foi parfaite, absolue qui nous y fait croire et dans le doux élan de tendresse qui nous transporte vers Jésus, comment ne pas trouver à ses pieds bonheur, repos, allégresse et toute chose ?…

Non ! l’âme ne peut rêver douceur plus tendre, joies plus pures et plus délicieuses que celles que fait rayonner sur elle la Sainte Eucharistie.

Voilà pourquoi, bien convaincus d'une telle vérité, heureux favorisés d'un tel bonheur, nous le proclamons hautement! Grâce à l‘Eucharistie, la terre n’est plus l’exil, mais un Ciel anticipé où nous avons Dieu, où chacun peut, joie indicible ! l’approcher, lui parler, demeurer près de lui dans le sentiment d’un amour qui chasse la crainte.

Que l'ineffable dévotion au Très Saint-Sacrement soit nos plus chères délices. Trouvons nos meilleures joies à venir au pied du Tabernacle, puisque le Dieu Sauveur y réside et que son Cœur nous y appelle : « Magister adest et vocat te : Le Maître est là et il vous appelle ». Âme pieuse, hâtez-vous, ne laissez pas le divin solitaire vous appeler en vain et faire encore à votre sujet la douloureuse expérience de cette navrante parole : « J'ai appelé et attendu un consolateur, et il ne s'en est point trouvé (Psaume 68)... et ma solitude est demeurée déserte...


Avis des Saints

 

« Aimons, oh ! aimons Jésus-Christ, attachons-nous à ses embrassements et tout ce qui est difficile nous paraîtra facile » (Saint Bonaventure). « Voulez-vous faire plaisir à Jésus-Christ, quand vous le visitez ? Répandez-vous en actes d'amour et surtout offrez-vous à lui sans partage » (Saint Alphonse de Liguori). « Vivez de telle sorte que vous méritiez de communier tous les jours » (Saint Augustin).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

Sainte Camilla Battista de Varano, vierge de son Ordre (1458-1527)


La dévotion à la Passion de Notre Seigneur fut le, principe des faveurs de Dieu sur son âme. Jeune encore, elle s'était engagée à verser tous les vendredis une lame sur la Passion. Pour l’attirer à lui, Notre-Seigneur lui montra son nom écrit en lettres d’or dans son divin Cœur. Entrée au monastère d’Urbino, Battista s’y livra tout entière à l’amour de son Dieu. Le sentiment des souffrances de Jésus crucifié était si vif et si permanent dans son cœur qu’elle ne pouvait plus voir sans frissonner tenailles, échelle, clou ou marteau... Altérée du calice de la Passion, elle avait soit de souffrances et ne cessait d‘en demander à Dieu. Les faveurs célestes se multipliaient en faveur de cette âme généreuse. Une fois, elle jouit durant quinze jours de la présence presque habituelle de sainte Claire.

 

Pratique : un grand amour envers l’Eucharistie.


Prière


Que j’hérite, ô glorieuse Mère, de votre ardent amour pour Jésus-Hostie et que ma vie, comme la vôtre, soit une adoration incessante, un acte perpétuel d’amour à ce grand mystère. Ô sainte Claire, obtenez-moi d’aller toujours au pied du Tabernacle avec la confiance et l'amour qui obtiennent des prodiges. Ainsi soit-il.

 

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26 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-septième jour

Sa dévotion à la Passion


Fille du séraphin d’Assise qui portait sur sa chair sanglante les stigmates de Jésus-Christ, Claire les avait au fond de son cœur. Pouvait-elle ne pas_ressentir d’une façon intime et permanente les douleurs de la Passion. elle qui vivait perpétuellement du souvenir de Jésus en Croix, de ses plaies et de ses souffrances ?...

« Tous les jours, elle consacrait plusieurs heures à méditer sur les douleurs de Jésus. Elle ne pouvait presque ni s’en occuper ou les rappeler à ses compagnes sans verser d'abondantes larmes. Elle avait, dit le bienheureux évêque de Porto, un attrait particulier pour l’office de Sexte et de None, parce que l'un rappelle le crucifiement, l’autre la mort du divin Agneau. Elle ne se bornait pas à la récitation de l’office ecclésiastique auquel les religieuses de Saint-Damien étaient déjà tenues ; elle disait encore fréquemment celui de la Croix que son glorieux Père avait composé, ainsi que la prière en l’honneur des cinq Plaies qu'elle entremêlait d'intarissables larmes... Elle cachait constamment sous sa pauvre tunique un cordon formé de treize nœuds, comme un mémorial secret des coups et des blessures de son bon Maître. Inconsolable toutes les fois qu’elle pensait au mépris que font les hommes de son sang précieux, elle aurait volontiers répandu le sien jusqu'à la dernière goutte pour le salut de ces ingrats et pour dédommager Notre-Seigneur de leur mépris et de leur indifférence... »

La Passion de Jésus-Christ était aussi le sujet touchant de ses pieux entretiens avec ses compagnes. C’était, comme dit l’abbé Demore. le livre choisi, l’unique, on peut dire, qu’elle présentait a ses filles spirituelles. Claire voulait qu’elles y étudiassent l'amour infini du Sauveur et les obligations de la reconnaissance envers lui. La Passion de Jésus, voilà donc le livre ouvert constamment au regard de Claire et de ses filles... La croix ! Voilà le miroir sans tache dont elle ne détournait jamais les yeux… Les souffrances d'un Dieu ! Voilà l’objet habituel de leurs pensées et de leurs affections... ses plaies entr'ouvertes leur plus doux asile... sa pauvreté leurs richesses, sa couronne d'épines, leur diadème de gloire.

« Je vous en conjure, mes très chères sœurs, disait souvent la sainte Abbesse a ses filles, ne perdez jamais de vue la Passion du Sauveur ; ayez-la constamment présente à la mémoire et faites en sorte d’en raviver le souvenir dans votre esprit par une méditation continuelle ».

La Sainte elle-même était si embrasée d’amour pour Jésus crucifié qu'elle passait les jour et les nuits à pleurer sur les souffrances du Sauveur. Satan, l'ennemi s’en montrant furieux, Dans sa rage, il mettait tout en œuvre peur l’empêcher de donner cours à ses tendres sentiments de douleur et de compassion. Une fois entre autres, il apparut devant elle la nuit sous une forme hideuse et s’ingénia par toute espèce de raisons fausses à la persuader qu'elle finirait par devenir aveugle et par perdre l’esprit si, elle continuait à pleurer. La Sainte, sans s’émouvoir lui répondit : « Celui qui doit jouir de la lumière éternelle ne saurait être aveugle ». A ces mots, Satan prit la fuite.

La dévotion de Claire a la Passion se manifestait aussi par le signe de la croix au moyen duquel elle faisait de fréquents miracles.


Réflexions et Avis


De l’avis des saints, aucun exercice ne saurait être plus agréable à Dieu et plus avantageux pour l’âme que la méditation des souffrances du Sauveur. Écoutons ce qu'en dit saint Alphonse de Liguori :

« La dévotion à la Passion de Jésus-Christ est la plus utile et la plus affectueuse de toutes les dévotions, c'est la plus agréable à Dieu, celle qui console davantage les pêcheurs et qui inspire plus d'amour. De quelle source recevons-nous tous les biens, sinon de la passion du Sauveur ? D’où nous vient l'espérance du pardon, la force contre les tentations, la confiance d'aller en Paradis, tant de lumières, d’invitations pleines d’amour, de désirs de conversion, sinon de la Passion du Sauveur ? Il avait donc bien raison l’apôtre, de dire anathème à qui n’aime pas Jésus-Christ !

Saint Bonaventure dit qu'il n’y a point de dévotion plus propre à sanctifier une âme que la méditation de la Passion de Jésus-Christ et il nous conseille de la méditer tous les jours, si nous voulons faire du progrès dans l'amour de Dieu. Saint Augustin assure qu'on mérite davantage en versant une seule larme au souvenir de la Passion qu‘en jeûnant continuellement au pain et à l'eau : c’est pour cela que les saints se sont toujours occupés de la Passion du Sauveur. Saint François d’Assise est devenu par là un séraphin ; il pleurait un jour a chaudes larmes ; quelqu'un lui en demanda la cause : « Je pleure, répondit le Saint, les souffrances et les ignominies de mon Sauveur et ce qui m'afflige le plus, c’est que les hommes pour qui il a tout souffert n'y pensent point ». A ces mots, ses larmes augmentèrent, de sorte que celui qui l’avait interrogé se mit aussi à pleurer lui-même. Un agneau qui bêlait, ou tout autre chose qui lui rappelait le souvenir de la Passion suffisait à ce Saint pour lui faire verser des pleurs. Un jour qu‘il était malade, on lui conseilla de se faire lire quelque livre de piété : « Mon livre, répondit-il, c’est Jésus crucifié ». Aussi exhortait-il sans cesse ses religieux à penser toujours à la Passion. Quiconque ne s'enflamme point de l'amour de Dieu en contemplant Jésus en croix ne l'aimera jamais ».

Que la pensée des souffrances de jésus vous soit habituelle. Heureuse l'âme qui en est là ! Dieu se complaît en elle, parce qu’elle-même vit d’un souvenir qui l’honore et le glorifie

 

Avis des Saints


« Ayez toujours devant les yeux la voie humble et pauvre de la Sainte Croix, par laquelle nous a conduit Jésus-Christ, notre Sauveur » (Saint François d’Assise). « Méditez continuellement le mystère de la Passion et les douleurs de la très sainte Vierge au pied de la Croix » (Sainte Claire d’Assise). « Aimez la Croix et marchez constamment dans le chemin du Calvaire ». (Sainte Catherine de Bologne).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Paule de Montaldi, vierge de son Ordre (1443-1514).


Toute jeune encore, le peuple l'appelait déjà la petite Sainte. Sa vertu alla croissant avec l’âge et, dès l’aurore de sa quinzième année, Paule, la blanche fleur de Montaldi, quittait le bourg natal, le toit paternel et venait dans tout l’épanouissement de son adolescence et dans toute la joie de son âme se consacrer au seigneur. C’est à Mantoue, au monastère de Sainte-Lucie, que la jeune fille avait choisi sa retraite. Une fois clarisse, Paule consacra toutes les forces et l‘énergie de son âme à l(acquisition des vertus propres a son état. Les veilles prolongées, les disciplines et les jeûne rigoureux, rien ne semblait devoir satisfaire sa soit d’austérité et de souffrance. Le démon lui livra de rudes attaques, mais l’humble fille de sainte Claire, confiante en la grâce de son céleste Epoux, lutta courageusement et remporta sur son ennemi d’innombrables victoires.


Pratique : La dévotion à la Passion.


Prière


Que ne puis-je, ô glorieuse Mère, avoir sans cesse à l‘esprit, comme vous, le souvenir de Jésus crucifié ! Daignez m'obtenir cette grâce, unie à celle d'un plus ardent amour et d’une plus grande générosité pour lui. Ainsi soit-il.

 

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25 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-sixième jour

Insigne mortifiée

 

L’attrait de sainte Claire pour la pénitence est décrit par tous ses biographes avec l’accent de l'admiration. Citons une page du récit authentique de ses austérités.

« Les Annales de l'Ordre ont gardé le souvenir de trois cilices qu’elle portait alternativement. L'un en poils de chameau tressé avec des nœuds,étonne la piété des fidèles marseillais par son admirable conservation, chaque année durant l’octave de la fête du 12 août, tandis que les Clarisses de Marseille l’exposent à leur vénération. L'autre, en cuir de sanglier, était armé de soies courtes et piquantes qui pénétraient dans les chairs. Le dernier en cuir de cheval entremêlé de nœuds fort durs, se conserve au monastère d’Assise ; c’est celui que la petite sœur Agnès de Spello déroba pieusement un jour et ne put supporter.

L'abstinence était à l'unisson de ces instruments de pénitence. La chair même la plus virginale réclame trop souvent ses prétendus droits, il faut la mater et, Comme disent les saints, la mortifier. Claire mortifia la sienne au point d'obliger François à modérer ses ardeurs pénitencielles. Quelques herbes suffisaient à sa pauvre nourriture. En Carême et durant le long Avent franciscain, elle vivait uniquement de pain et d’eau. Trois jours par semaine même ; durant ces saintes périodes, elle s’abstenait de tout aliment ; c'est cette dernière austérité que saint François et l’Evêque d'Assise durent lui interdire parce qu’elle tendait à ruiner ses forces.

Toujours nu-pieds, sans sandales même au cœur de l’hiver, elle était vêtue d'une simple tunique et d’un manteau dont la lourdeur à elle seule constituait déjà une grande pénitence. « J’ai vu, écrit Barthélemy de Pise, la tunique de saint François et celle de sainte Claire, je les ai comparées l‘une à l’autre, et j'ai pu me convaincre que celle de la pieuse vierge était plus lourde et plus grossière encore que l'habit si lourd et si grossier de son bienheureux Père.

Longtemps, elle couche sur la terre nue ou sur un fagot de sarments avec un billot d'arbre pour oreiller. Ses directeurs l’obligèrent à accepter une natte de cuir avec un peu de paille jusqu’à ce qu’enfin les infirmités la contraignirent à s’étendre sur la paillasse qu’elle se reprochait si fort, comme un excès de délicatesse imposé cependant par l’obéissance qu‘elle fit toujours passer avant le sacrifice.

Avec cela, toujours gaie, contente, le visage rayonnant, d’une aimable joie. « Jamais, dit son premier biographe, on n’aperçut en elle rien de sombre ni de triste. Parmi ces mortifications de tout genre, elle conservait un visage riant, un front serein, un air « de fête » et de joie qui révélait pour ainsi dire malgré elle les douceurs intérieures qu’elle y goûtait ». (Monseigneur Ricard).


Réflexions et Avis


La mortification est de tous les temps parce qu'il n'en est aucun où nous n’ayons besoin de faire pénitence et de crucifier la nature. « Ceux qui ont Jésus-Christ, dit l’Apôtre, out crucifié leur chair avec ses convoitises » (Galates 5, 24). Ce n’est bien qu’a pareille condition en effet que nous pouvons demeurer unis à Jésus-Christ. Sans mortification, pas de persévérance dans la grâce, moins encore de vie intérieure et d’union à Dieu. La pente au mal qui est en nous doit être constamment réprimée. L'âme sans cesse doit y résister : loi de lutte et de combat qui n’est autre que la mortification.

Effectivement, le premier degré de la mortification c'est de résister au mal. Le mal se présente ordinairement sous l’aspect du plaisir, ou nous le commettons pour échapper à quelque souffrance. Dans l’un et l'autre cas, nous ne pouvons y résister que par la modification. Renoncer à toute jouissance défendue, embrasser toute souffrance imposée, c'est là un double et impérieux devoir qui ne peut s’accomplir que par la mortification. En l’un et l'autre cas, se mortifier est une obligation rigoureuse. C’est une pénitence de laquelle nul ne peut s'affranchir, une mortification qu'il faut accomplir sous peine de péché.

Et voyez jusqu'où Notre-Seigneur veut que nous la portions. Écoutez : « Si votre œil vous est un sujet de scandale, arrachez-le... si c’est votre pied ou votre bras, coupez-le ; il vaut mieux entrer dans le royaume des Cieux avec un pied ou un bras de moins que d’être précipité dans l‘enfer avec tous ses membres ».

Mais la mortification volontaire que l'on embrasse uniquement pour plaire à Dieu, imiter Notre-Seigneur et lui ressembler davantage est d’un mérite bien plus grand et nous vaudra bien une autre gloire. Les saints l'ont embrassée avec joie, heureux de prouver ainsi leur amour pour Dieu. À leur exemple, la mortification pour vous. âme pieuse, sera de chaque instant. Que d’occasions s‘offrent à chaque minute de faire pénitence. N'en laissez s'échapper aucune. Généralement parlant. nous aurons toujours, il est vrai, l'occasion de nous mortifier, mais la grâce qui nous y convie une première fois, sera-t-elle aussi forte, aussi près de nous la seconde ?


Avis des Saints

 

« Sans la mortification, nous ne pouvons ni plaire à Dieu, ni servir utilement le prochain » (Saint François Xavier). « Nous pouvons juger de notre avancement dans la vie spirituelle par les progrès que nous taisons dans la vertu de mortification » (Saint Vincent de Paul). « Non, les saints n'en ont pas trop fait pour mortifier et faire mourir la nature et par ce moyen vivre en Dieu avec Jésus-Christ » (Saint Alphonse de Liguori).

 

Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

 La Bienheureuse Louise de Savoie, religieuse de son Ordre (1461-1503)


Cette illustre princesse eut pour père le Bienheureux Amédée IX, duc de Savoie. et pour mère Yolande, fille de Charles VII, roi de France, et sœur de Louis XI. Celui-ci, à la tutelle de qui fut confiée la jeune princesse après la mort de sa mère, lui désigne pour époux le Prince Hugues de Chalon, bien digne en tout d'avoir pour épouse une sainte. Leur union ne devait pas être de longue durée. A l’âge de vingt-sept ans, Louise eut la douleur de perdre le jeune prince son époux, et quelques années plus tard, elle profitait de sa liberté pour entrer au monastère d'Orbe, où elle se sanctifia dans la pratique des plus sublimes vertus.


Pratique : demander à sainte Claire quelque chose de l’esprit de mortification qui l’animait.


Prière

 

Quel esprit de mortification fut le vôtre, ô séraphique Mère, et de quelle honte, de quelle confusion ne doit-il pas me pénétrer, moi si lâche, hélas ! lorsqu’il s’agit de faire pénitence ! Obtenez-moi, je vous en conjure, les forces d'une sainte énergie qui me fasse aller à l'encontre de ma lâcheté en ce point. Ainsi soit-il.

 

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24 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Vingt-cinquième jour

Cœur généreux

 

Parler de la générosité de Claire, c’est revenir en quelque sorte sur les héroïques vertus que nous avons déjà admirées en elle : mais qui pourra s’en abstenir sachant qu'un tel sujet renferme encore tant de merveilles ?

Il faudrait avoir lu au fond de son cœur, comme y lisait François, pour se faire quelque idée des aspirations généreuses de notre aimable Sainte.

Prouver à Dieu son amour, au prix même des plus grands sacrifices fut chez elle une soif toujours inassouvie. L‘amour ne vit pas sans douleurs et Claire n’entendait pas autrement l’amour de son cœur pour Jésus. Aussi quelle admirable énergie lui voyons-nous en face de toute souffrance, de quelle joyeuse âme s‘élance-t-elle au devant de la croix, sous quelles flammes d‘amour se livre-t-elle a celles du sacrifice !

Le sacrifice ! N’est-ce pas à le vouloir et à l'aimer que s'était vouée notre chère héroïne dès le printemps de sa vie ? Quitter une famille chère, briser son cœur dans ce départ, renoncer aux plus légitimes jouissances pour se plonger dans une vie d'austérités et de perpétuel renoncement, qui ne verra dans une telle générosité l'amour du sacrifice poussé jusqu’aux dernières limites, amour du sacrifice jusqu'à la folie de la croix !

Ému d’une telle ferveur, le séraphique Patriarche en témoigne plus d’une fois et son bonheur et son admiration. Claire elle-même le rappelle dans son Testament avec une simplicité touchante comme une exhortation de grand poids pour les disciples de son Ordre.

« Le bienheureux François, dit-elle, considérant que quoique délicates et faibles de corps, nous ne reculions devant aucune privation, besoin, fatigue, tribulation ou mépris du monde et que même nous regardions tout cela comme de grandes délices à l'exemple du Saint et de ses frères, ainsi que lui-même et ses disciples avaient pu souvent s'en convaincre, le Bienheureux. Dis-je, s'en réjouit beaucoup devant le Seigneur ».

Oui, certes, François se réjouissait de la ferveur et de la générosité de Claire, mais il en profitait à merveille pour réclamer de son cœur de nouveaux sacrifices pour le Dieu qu’elle aimait.

La sainte Abbesse tressaillait de joie à son tour en voyant.la générosité de ses filles pour le Seigneur. À Saint-Damien, comme ailleurs, elle n'était autre que le fruit et le développement de la sienne, s’étendant comme le principe d'une sève généreuse et forte de la racine aux rameaux. L’heureuse influence qu'elle exerçait en ce point tant par ses paroles que par ses exemples est restée célèbre, car si chez elle, l’exemple s’ajoutait aux paroles, les exhortations de Claire portaient aussi d'admirables effets.


Réflexions et Avis


La générosité pour Dieu est le caractère des saints. Elle est la note vraie de leur amour pour lui et de leur mépris d’eux-mêmes. « L'homme doit aimer Dieu jusqu‘en mépris de soi ». C‘est bien ainsi que le comprennent les saints et dans ce sens qu‘ils cherchent à lui prouver leur amour. À la générosité d’une âme, à sa générosité manifeste, on peut juger de son esprit d’abnégation pour elle-même, de son amour et de son dévouement pour Dieu. Hors de là toute la vertu est illusoire et suspecte. Quel fond peut-on faire en effet sur un amour qui ne consiste qu’en purs sentiments et qui va rarement peut-être à se prouver par des actes positifs et généreux ?

La générosité est en nous comme un ressort spirituel qui met en mouvement toutes les vertus. Dans l’impétuosité de son ardeur, elle les entraîne, ayant le secret de rendre possibles et même faciles les actes même les plus héroïques, ceux qui paraissent de prime abord les plus rebutants à la pauvre nature timide et faible.

Mais, demanderez-vous peut-être, âme pieuse, où trouver le secret de cette générosité parfaite, dans quel mystérieux principe en puiser la Sève féconde ?

Sainte Claire nous l'explique admirablement dans une lettre à ta bienheureuse Agnès de Prague. cette fille chérie de son cœur. Nous résumons ces données en leur donnant le titre qu’elles méritent et sous lequel les présente ingénieusement la Sainte :

« Le Miroir Mystique de l'âme de celle qui veut imiter jésus-Christ et marcher généreusement à sa suite, c‘est la contemplation assidue des mystères et des vertus du Verbe fait homme. L’âme doit s'y regarder chaque jour afin de se parer au dehors et au dedans de toutes les vertus. Au sommet du Miroir la pauvreté du Christ dans le mystère de la sainte Humilité de sa vie cachée. Au bas, l’ineffable amour de son coeur divinement prouvé durant les trois dernières années de sa vie sur la terre et surtout 'par sa Passion et sa mort. Miroir céleste attaché à la Croix et dans lequel se lisent en caractères de feu l'amour et la générosité du Sauveur pour nous ! ».


Avis des Saints

 

« Regardez-vous chaque jour dans ce Miroir, afin de vous parer au dehors et au-dedans de toutes les vertus » (Sainte Claire). « Répondons à celui qui nous appelle de sa Croix, répondons-lui d‘une même voix et d’un même cœur : je vous aime ! » (Sainte Claire). « Si vous correspondez aux vues de Dieu, il fera de vous un saint » (Saint Paul de la Croix).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Eustochium de Calafato, vierge de son Ordre (1430-1484)


A son baptême, elle reçut le nom de Smaragde qui signifie émeraude, doux pronostic de l’éclat dont elle brillerait plus tard comme une perle précieuse dans l’Eglise de Dieu. Dans le cloître, l‘amour de la pauvreté, l’esprit de pénitence et la dévotion à la Passion du Sauveur furent les vertus dominantes de la chère Bienheureuse L’autorité que lui donnaient ces vertus s‘accrut par le don des miracles. Plusieurs fois dans un moment de détresse, elle multiplie le pain et les autres provisions. Nombre d’hommes et de malades furent guéris de son vivant au contact d'un linge sur lequel avaient perlé ses larmes, larmes d‘amour et de compassion qu‘elle versait au souvenir de la Passion du Sauveur. Un jour de la Portioncule, Notre-Seigneur lui montra une multitude d'âmes délivrées du Purgatoire par les indulgences du grand pardon. Un autre jour, elle reçut la Communion de la main d’un ange.


Pratique : Faire généreusement pour Dieu tout ce qu’il demande.


Prière

 

Ardente et séraphique sainte, ô Claire, obtenez-moi la générosité pour Dieu. Qu’elle anime, guide et embrase mon cœur en communiquant à tous mes sentiments et à toutes mes œuvres sa flamme divine. Ainsi soit-il !

 

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23 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

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Vingt-quatrième jour

Âme d’oraison

 

L’oraison, disent les maîtres de la vie spirituelle, est une élévation et une application de l’âme à Dieu pour lui rendre nos devoirs, lui exposer nos besoins et en devenir meilleur pour sa gloire.

Sainte Claire a été, dans toute l’acception du mot, une âme d’oraison, ce qui veut dire une âme tout appliquée à Dieu, constamment occupée de lui plaire. de l'honorer, de le servir. Vivre uniquement pour Dieu, toujours préoccupée des devoirs à lui rendre, des hommages qu’il mérite, des moyens de lui rester unie, tel fut le caractère propre de cette âme d’élite qu‘un don surnaturel avait si merveilleusement gratifiée de la part de Marie : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas ôtée » (Luc 10, 42).

Claire en effet ne trouvait son bonheur que dans l'union permanente à Celui qu’elle aimait. Pas un instant de la journée où l‘heureuse contemplative ne sût y maintenir son esprit et son cœur. Rien des distractions de la terre ou des occupations de sa charge n'était capable de la ravir à ce saint exercice ou d'en affaiblir dans son âme les merveilleux effets.

Encore dans le monde et toute jeune, quel ne fut pas l’irrésistible attrait de la chère Sainte pour cette douce occupation de l'âme : la prière et l'oraison. Une fois au cloître, la fervente élue s’y plonge avec l'ardeur d'un séraphin. Elle eût voulu n'interrompre jamais, pas même une seconde, le fil de son intime conversation avec le Seigneur. Les heures du jour ne suffisent pas à apaiser cette faim ardente, à la rassasier de cet aliment divin, Claire y consacre encore une partie de la nuit... Dans la chapelle du monastère ou sur les dalles glacées de sa petite cellule, la chère Sainte restait agenouillée de longues heures dans la muette contemplation de Celui qui la ravissait... Ses communications avec le ciel étaient incessantes et les prières ardentes qu'y envoyait sa foi attiraient chaque jour sur la sainte Abbesse et sur son monastère de nouvelles bénédictions.

A la splendeur céleste qui illuminait le visage de la sainte au sortir de son oraison, ses compagnes devinaient bien vite ce qui s'était passé dans son âme. La jeune sœur Benvenuta de Pérouse vit un jour, au-dessus de l'endroit où la Sainte convenait avec Dieu, une splendeur admirable et si grande qu’elle crut tout d'abord voir la flamme d’un incendie qui dévorait le monastère ; mais elle s’aperçut bientôt que ce feu descendait du Ciel et que Dieu voulait lui faire comprendre par là. de quelle nature était la flamme qui consumait le cœur de sa Mère, flamme allumée par l’Esprit divin. emblème en même temps de la ferveur de son oraison.


Réflexions et Avis

 

L’oraison mentale est nécessaire, dit saint Alphonse de Liguori, premièrement pour nous éclairer dans le voyage que nous faisons vers l’éternité. Les vérités éternelles sont des choses spirituelles qui ne se voient pas des yeux du corps, mais seulement des yeux de l’âme. Quand on ne pratique pas l’oraison. on ne les voit pas, la lumière manque et l'on marche difficilement dans la voie du salut. En outre, sans pratiquer l’oraison on ne connaît pas ses défauts et par conséquent, dit saint Bernard, on n‘en conçoit aucune horreur, on. n'aperçoit pas non plus les dangers que l’on court pour son salut et l'on ne songe nullement à les éviter. Mais celui qui pratique l’oraison découvre bientôt ses défauts ainsi que les dangers auxquels il est exposé et il prend ses précautions. Selon saint Bernard, la méditation règle nos affections, dirige nos actions et corrige nos défauts.

En second lieu, sans l'oraison on manque de lutte pour vaincre les tentations et pratiquer la vertu. Sainte Thérèse disait que celui qui néglige l’oraison n'a pas besoin d‘être porté en enfer par les démons, il s'y jette lui-même. La raison en est que sans l’oraison on ne pense pas à prier, et si l'on ne prie pas comment persévérer dans le bien ? Le Seigneur nous donnera-t-il la persévérance si nous ne la lui demandons pas et comment la lui demanderons-nous sans la prière ?

De plus, l‘oraison est l‘heureuse fournaise où les âmes s‘embrasent de l’amour divin. Sainte Catherine de Bologne l‘appelle un lien qui attache étroitement notre âme à Dieu. C’est ce doux Cellier où l’âme s’enivre tellement du divin amour qu‘elle perd en quelque sorte l‘usage des sens pour les choses du monde ; elle ne voit plus que se qui plaît a son Bien-Aimé ; elle ne parle que de son Bien-Aimé. tout autre discours l’ennui, l’afflige. Attachons-nous donc à l’oraison et ne nous en relâchons jamais. L’oraison est l’aliment de l’âme, comme le pain est celui du corps ». Sainte Claire l’expliquait à ses filles : « De même, leur disait-elle, que ce serait commettre un grande imprudence que de refuser au corps ce qui lui est nécessaire pour qu’il suisse remplir ses fonctions, ce ne serait pas une témérité moindre d'enlever à l‘âme ce qui la fait vivre. Or, c’est l’oraison qui présente la nourriture à l’esprit, et la Charité est le feu qui cuit les aliments. En effet, par; l’efficacité de l’oraison, la foi se ranime, l’espérance s'affermit, la charité s’enflamme, les bons propos se forment, les victoires se remportent. Sans cet aliment, l'esprit perd ses forces et la tentation fait facilement brèche pour y introduire le mal à la place du bien ».


Avis des Saints

 

« Mon premier avis, âme dévote, c‘est que vous soyez amie de la sainte oraison, c'est par cette porte qu‘on entre dans la connaissance de Dieu et de soi-même » (Sainte Camilla Battista de Varano). « Ayez à cœur l’oraison mentale, c’est le plus court chemin pour arriver à la perfection » (Saint Ignace de Loyola). « N’abandonnez pas l’oraison, dût l’épreuve, des aridités et des tentations se prolonger durant toute votre vie Un temps viendra où tout-vous sera largement payé » (Sainte Thérèse d’Avila).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Séraphine Sforza (Suève de Montefletro), religieuse de son Ordre (1434-1478)


Mariée au seigneur de Pesaro, Alexandre Sforza, Suève eut la douleur, après quelques années d'intime union, de voir changer complètement à son égard les sentiments de son époux. La vie de la vertueuse princesse fut dès lors un martyre de tous les murs. Mais plus les mauvais traitements augmentaient, plus elle redoublait ses prières, ses austérités, ses exercices spirituels, afin d'y puiser la force de tout souffrir. Dans son affliction, l’auguste Mère de Dieu lui apparut et lui montra la vie des filles de sainte Claire comme le port où il lui serait donné de trouver le calme et le repos après tant d’orages. Suève revêtit donc les livrées de sainte Claire nous le nom de Séraphine et passa le reste de ses jours à prier pour son époux dont elle finit par obtenir la conversion. Elle fut élue Abbesse en 1475. Après sa mort, un parfum délicieux s’exhala de son corps et remplit pendant trois jours la chapelle du monastère où il était exposé.


Pratique : Fidélité à l'oraison.


Prière


O glorieuse Mère, si bien nommée « Encensoir d'oraison », obtenez-moi le don de recueillement et de prière, afin que je puisse comme vous rendre à Dieu d'incessants, de brûlante hommages. Faites que j’apprécie l’oraison et l'esprit de prière si nécessaire à mon progrès. Ainsi soit-il.

 

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10 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire

 

Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Onzième jour

À Saint Ange du Panso

 

Après la scène qui avait eu lieu au couvent de Saint Paul, François juges prudent de transférer notre héroïne au cloître de Saint Ange, plus voisin de la Portioncule. Ce monastère appartenait également aux Bénédictines. Là, Claire n’aurait pas à, craindre autant qu'à Saint Paul les récidives justement redoutées de ses parents, et le saint Patriarche pourrait plus facilement veiller sur elle. Accompagné de Bernard et de Philippe, deux de ses plus chers disciples, le Saint conduisit Claire dans ce nouvel asile.

Comme on l’a deviné déjà, la vocation de Claire et son entrée au cloître firent grand bruit à Assise. Chacun l’envisageait à sa manière, ainsi qu‘on l‘avait fait en pareille circonstance de la vocation extraordinaire de François : Les critiques cependant ne tardèrent pas de tomber pour faire place à l’admiration... Aux yeux de ses compatriotes, Claire, au château, était déjà une sainte, pourquoi tant s‘étonner alors de son héroïque détermination ? Une telle âme: n'était pas pour le monde et tout faisait bien voir depuis longtemps qu’elle appartiendrait uniquement au Seigneur... Au Roi du ciel et de la terre, qui oserait la disputer ? Les parents de Claire eux-mêmes, pénétrés d’une secrète admiration à la vue de son courage et de sa persévérance, consentirent à la laisser en paix dans sa solitude. Mais un événement du même genre devait les y amener bientôt plus furieux que jamais. Nous voulons parler de la vocation d’Agnès, la sœur cadette de notre héroïne.

Au cœur de la seconde fille de Favorino, la voix de l’Époux céleste venait aussi de se faire entendre. L'entrée de sa sœur au cloître avait fait colore dans son âme la même aspiration. Quitter le monde et se consacrer à Dieu, ne plus rien voir du siècle et ne converser qu‘avec Dieu et ses anges, depuis le départ de Claire. Agnès ne songeait et ne rêvait qu‘à cela... Or, un matin, n'y tenant plus, la jeune fille s'échappe du loyer paternel et court au monastère de Saint Ange annoncer à sa sœur sa grande résolution et l'assure qu'elle vient demeurer avec elle pour partager son bonheur. Elle aussi veut être l’Épouse de Jésus et embrasser la Pauvreté pour toujours.

« Ô ma très douce sœur, s'écria Claire dans le transport de sa joie. bénie soit à jamais la miséricorde de Dieu qui vous gratifie d’une si belle vocation ! Pour vous, comme pour moi, je n'ai demandé qu’une chose au Seigneur, c’est d‘habiter pour toujours dans sa sainte Maison : unau petii a Domino, hanc requiram, ut habitem in domo Domini...( Psaume 26).

On pressent le nouvel orage qui va fondre sur les deux colombes au petit nid de Saint Ange lorsque le Comte s’apercevra du départ de sa seconde fille... Il fut terrible en effet. Mais Agnès résista comme l’avait fait sa sœur. Douze hommes de sa famille, rassemblés par son père furent envoyés vers Agnès pour la sommer de rentrer au château ou l'y ramener de force. « Ils avaient la fureur dans l'âme », à tel point qu’exaspérés par la constance de la Sainte, l’un d’eux osa bien fondre sur elle à coups de pied et de poing. Il la prit par les cheveux essayant de la tirer dehors les autres la poussant et l'enlevant dans leurs bras, l'entraînèrent comme une proie à travers les pentes de la montagne, déchirant ses habits dans la lutte et semant la route de ses cheveux attachés. On conçoit là douleur de Gloire à la vue d‘un tel spectacle... son cœur brisé demande un miracle au ciel. en faveur de cette sœur chérie. Le prodige ne se fait pas attendre : le corps d’Agnès devient si lourd dans les mains de ses bourreaux qu'il leur est impossible de le changer de place... Force leur est de l’abandonner ou il se trouve, tandis qu' un châtiment du Ciel s'appesantit soudain sur l'un des agresseurs, son oncle Monaldo, qui furieux de se retirer confus, avait osé lever la main pour frapper encore l‘Innocente victime.

Agnès comme sa sœur, avait triomphé. Toutes deux entonnèrent ravies le chant de l’action de grâces.


Réflexions et Avis

 

La force et le secours d'en haut ne sont jamais refusés à qui les demande. Ils sont départis à l‘âme en proportion de ses besoins. Plus une épreuve l’accable, plus les encouragement de la grâce viendront la soutenir et la fortifier. De nous-mêmes, nous ne pouvons rien. Impossible par conséquent de résister par nos propres forces aux tentations de cette vie, aux séduction du monde aux attraits des plaisirs, même aux simples convoitises des sens. Où que s'engage la lutte et quelque forme qu elle prenne il nous faut la grâce de Dieu pour la soutenir et en triompher. Demandons-là au premier danger. jetons vers Dieu le cri de l'appel et de la confiance. Les Saints n‘ont pas agi autrement. Si forts et si ancrés qu'ils fussent dans la vertu, le sentiment d‘une humilité qui les distingue les fit toujours se défier d‘eux-mêmes, tout craindre et tout appréhender de leur propre faiblesses ; mais ils demeurent néanmoins toujours confiant dans le secours d’en-haut, et dans cette persuasion, toujours fermes dans le bien qu'ils entreprirent et admirables de courage pour l'accomplir... Cette force que nous admirons chez les Saints est puisée en Dieu ; elle naît de leur confiance. Voyez Claire et Agnès, chacune aussi ferme qu'énergique à l'heure de l'assaut. Elles le soutiennent sans faiblir ; sans s'intimider, sans céder... Où donc le secret de cette force, de cette mâle énergie ? Claire et Agnès l'ont trouvée au pied de l'Autel... Elles ont levé les yeux vers le Tabernacle du Seigneur d'où le secours, comme elles s‘y attendaient, devait leur venir et, fortes de cet espoir, chacune pouvait dire avec le Psalmiste : « Le Seigneur est mon défenseur et mon Dieu. Sa miséricorde me préviendra toujours, et c‘est pourquoi je demeurerai ferme et constante ».


Avis des Saints


« Ah ! Demeurer fidèle en serviteur du grand Roi, mon cœur ne cessera de vous le demander par les entrailles de Jésus-Christ » (Sainte Claire). « Qu(on est heureux quand on sert Dieu ! » (Saint François d'Assise). « Souffrons tout pour l’amour de jésus-Christ et l'établissement de son règne ». (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


La Bienheureuse Hélène Enselmine. vierge de son Ordre, au monastère d’Arcella, non loin de
Padoue (1208-1243)


Malade durant seize ans, elle ne cesse d‘édifier ses sœurs par sa résignation, son admirable patience, une amabilité à toute épreuve. Son visage rayonnait toujours et on accourait pour la voir surtout lorsqu'elle était en extase. Un jour de la fête de saint François, comme elle méditait sur les vertus du saint Patriarche et sur les grands mérites qu’il s'est acquis, elle entendit une voix céleste qui lui disait : « François fut puissant sur la terre, mais au Ciel il est aujourd‘hui plus puissant ».


Pratique : invoquer sainte Claire aux heures où le besoin de force et de courage se fait le plus sentir.


Prière


Secourez-moi, ô puissante Mère, lorsque vous me verrez faillir dans mes résolutions. Hélas ! Tout est à craindre de ma faiblesse, mais que n’ai-je pas lieu d‘attendre de votre maternel secours ? Ne le refusez pas à une âme qui a un droit spécial à votre sollicitude et à votre amour. Ainsi soit-il.

 

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09 août 2017

Le Mois de Sainte Claire

Le Mois de Sainte Claire

 

Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Dixième jour

Assaut et victoire

 

Le 20 mars au matin, à leur incroyable surprise, les parents de Claire s'aperçoivent de la disparition de leur fille chérie. Où donc la trouver ? Qu‘est-elle devenue ? se demandent-ils avec angoisse... L’amour de Dieu l’aurait-il arrachée à notre tendresse et l’exemple de François en aurait-il fait la proie de la pénitence et de la pauvreté ?...

En quelques heures, le mystère était éclairci : La fille du comte avait quitté le château de son père pour s’enfermer dans un cloître, et c'est à celui de Saint Paul de Chiascio qu’il fallait la chercher.

À cette nouvelle imprévue, Favorino laisse éclater toute sa colère. Hortulane fond en larmes, et tout le château retentit des cris furieux du comte et des sanglots de son Épouse. Favorino appelle - honte, folie, déshonneur l'acte de sa fille... Il s‘en dit humilié, déshonoré, lui et toute sa maison. Sa fille aînée, jusqu'à ce jour son orgueil et sa gloire, la noble fille des Sceffi, se faire pauvresse, et vivre telle, au su de toute l'Ombrie ! Lui, Favorino, proteste qu'il ne supportera jamais pareil déshonneur, et jure par sa brillante épée de ramener sa fille... Hortulane, sa mère, pense l'attendrir par ses remontrances et ses larmes....et, d’un vague espoir quelque peu consolés, ils s'élancent d‘un bond, avec quelques uns de leurs proches, vers le monastère de Saint Paul.

Quel assaut va Subir la jeune recluse ? À quelle scène, à quels reproches doit-elle s’attendre ?... La voici en présence des siens... Le comte, son père, ne dissimule pas sa fureur. Au milieu d'une colère qu'il ne peut contenir, il veut remontrer à sa fille l'irréflexion de son projet, la folie d'une telle conduite, le ridicule d‘une pareille vocation. Il l’accuse de méconnaître son autorité, de déshonorer son nom, d’oublier son rang dans le monde, etc, etc… Hortulane fait entendre le langage du cœur, écoutons-la :

« Claire, ma fille, eh quoi ! Vous nous quittez !... Vous abandonner vos parents, vous, leur joie, leur espérance et leur trésor !... Ne savez-vous pas à quel point vous en êtes aimée et chérie. et croyez-vous qu'ils puissent jamais survivre au chagrin de vous perdre ?... Ô Claire, ma fille, avez pitié de nous ! Que l’affliction de nos cœurs attendrisse le votre. Ne délaissez pas la plus tendre mère pour vous ensevelir dans une retraite obscure !... de grâce, oh ! Revenez moi avec ou je meurs sous le, coup d’un pareil chagrin... »

Mais ce langage du cœur, qui brise le sien, pas plus que celui des reproches sanglants de son père, ne peut ébranler l'héroïque enfant. « Elle ne supporte pas l'idée d'être arrachée au service de Dieu », et pour mieux l’affirmer au regard de tous, elle se lève et court se précipiter vers l’autel... Fou de désespoir, son père alors s‘avance pour l'arracher aux religieuses qui l'entourent, mais Claire se rive à l’autel, « l’embrasse des deux mains, comme pour implorer cet inviolable asile, puis,enlevant son voile d’un mouvement brusque, elle montre aux siens épouvantés sa tête rasée, insigne de sa consécration définitive au Sauveur ». « Je suis à Dieu, s’écrie-t-elle, et personne au monde ne m'arrachera d’ici !... » L'assaut avait été rude, la victoire n'en fut que plus éclatante !

 

Réflexions et Avis


Dieu n’exige pas de tous les même sacrifices. Ce qu‘il voulut de Claire n'est demandé qu’à un petit nombre. mais à tous le Christ a dit : « Prenez sur vous mon joug », « Gardez mes commandements », « Faites pénitence », « Cherchez le royaume de Dieu et sa justice avant tout ! »

Or, que doit inférer l‘âme chrétienne de ces grands principes, sinon qu‘elle est tenue, elle aussi, à servir Dieu aux dépens de la nature et à sacrifier pour lui tout ce qu’il demande ? Avant tout, servir Dieu et sauver son âme ; accomplir ce qu‘il ordonne, éviter ce qu'il défend ; s'assurer une éternité bienheureuse, quels que soient les sacrifices qu’exige une telle fin ! Même en ce monde, l‘homme ne peut être heureux qu’à cette condition. Malheur à qui ne considère le bonheur ici-bas que par rapport à la vie présente et qui ne le fait consister que dans les jouissance des objets sensibles. L‘âme chrétienne doit le considérer, au contraire, par rapport à la vie future et l’établir ici-bas dans les moyens qui nous mènent à l’éternelle félicité.

Claire avait compris cela, et sa résolution d‘être à Dieu restait inébranlable. Se vouer à lui pour toujours, le servir dans la perfection des conseils évangéliques, est chez elle une résolution si forte que rien au monde ne pourra l'en détourner. Quel exemple de fermeté et de courage ! Âme pieuse, sachez en faire profit et demandez à cette généreuse élue la force dont vous avez besoin vous-même pour demeurer fidèles à vos bons propos. Tenir ses résolutions avec le Bon Dieu est-il rien de plus important ? Il y va de sa gloire et de notre bonheur. Oh ! Ne résistons jamais à la grâce. Combien est glorieuse pour Dieu notre fidélité et de quel préjudice peuvent être à sa gloire de coupables résistances ! Si Claire avait faillit dans son entreprise, si elle avait abandonné sa vocation pour condescendre au vue de ses parents, quel malheur ! Quelle perte pour l’Église, pour les âmes, pour le ciel !... L'Ordre Séraphique de Sainte Claire eût-il jamais existé sans la coopération de la fondatrice choisie pour lui donner naissance ?... Soyons fermes comme elle dans les luttes multiples qu’exige la vertu, afin de correspondre aux desseins de Dieu et réaliser en nous ses vues de sanctification.

 

Avis des Saints


« Continuez à marcher avec ferveur dans la voie sainte où vous êtes entrée et persévérez dans les vertus du Christ » (Sainte Claire). « Apprenez du moins à souffrir quelque petite chose pour l'amour de Dieu » (Sainte Thérèse d'Avila). « Dans vos heures d'épreuves et de défaillance, portez vos regards vers le ciel. Qu'elle est belle la couronne réservée à ceux qui combattent jusqu'au bout. Méritez-la au prix de la lutte et ne reculez jamais devant les sacrifices que le devoir impose » (Saint Pierre Chanel).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique


Sainte Philippa de Mareri, vierge de son Ordre (1236)


Dans son désir d‘être uniquement à Jésus Christ et de ne soustraire aux importunités de son frère qui ne cessait de lui proposer un brillant mariage, Philippa se coupe les cheveux, revêt un habit pauvre et se retire secrètement, accompagnée de quelques pieux amies, sur la montagne de Mareri, où d'humbles cabanes leur servirent provisoirement de cellules. Peu après, un ancien monastère fut mis à leur disposition et c‘est là que se sanctifia merveilleusement notre chère sainte L'estime et l'amour de sa vocation la faisaient éclater en transports de joie. Elle mourut en chantant son bonheur. Sainte Philippa fut la première Clarisse honorée d‘un culte public ; il 1ui fut décerné du vivant même de sainte Claire. Son cœur se conserve encore aujourd‘hui à Borgho-San Pietro. commune de Petrella, aux environs de Rome, ou il est l’objet d'une très grande vénération. Il exhale encore de nos jours un suave parfum.


Pratique : Le courage dans les épreuves, la persévérance dans ses bons propos.


Prière

 

Communiquez à mon cœur, ô puissante Mère. L'ardeur et l’intrépidité de votre amour. Obtenez-moi ce courage, qui triomphe de tout et que les obstacles et les traverses ne peuvent ralentir, je vous le demande au nom de cette force divine, de cette énergie surhumaine que je viens d’admirer en vous. Ainsi soit-il.

 

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