31 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

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Dimanche 1er Janvier 2017

Miracles

 

Le procès de Louis commence à Lisieux, le 22 mars 1957 et est clôturé le 12 février 1960. le procès de Zélie est quant à lui instruit à Sées. Chose heureuse, les deux causes sont réunies en 1971. le 26 mars 1994, le Pape Jean Paul II signe les décrets d'héroïcité de leurs vertus et les proclame tous les deux Vénérables. Le 10 juin 2003, l'archevêque de Milan le Cardinal Tettamanzi clôture le miracle attribué à l'intercession de Louis et Zélie Martin, pour la guérison subite et inexpliquée d'un enfants né le25 mai 2002 avec de graves problèmes respiratoires à Monza. Cette guérison est reconnue comme miraculeuse le 3 juillet 2008 par le Pape Benoît XVI et ouvre à la voie à la béatification.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (pour deux de ses filles) Pour mon diamant et ma perle fine !: « Que pouvez-vous voir ailleurs que vous ne voyiez où vous êtes ? Vous avez devant les yeux le Ciel et la terre et tous les éléments. (…) Que pouvez-vous voir, en quelque lieu que ce soit, qui puisse longtemps demeurer stable sous le soleil ? » (Texte tiré de L'Imitation, copié de la main de Louis).

Parole de Dieu : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire » (Jean 1, 14).

 

Dans ma vie

 

Le langage fleuri de Louis Martin est à l'image de sa personnalité. Il connaît la valeur d'une belle montre en or et sait de quoi il parle quand il emploie le vocabulaire du bijoutier en parlant de ses filles : « Mon diamant, ma perle fine... ». La figure paternelle de Louis est marquée par le fait qu'il fut le père d'une fratrie de filles : de telles filles pour un tel homme ! Nous n'oublions pas ses fils décédés en bas âge et qui ornent son pêle-mêle familial de manière discrète et glorieuse tout en même temps. Pourquoi ne pourrions-nous pas les invoquer, eux aussi ?

Effet de Conversion : Si je le peux, j'irai à la Messe aujourd'hui et confierai à Notre Dame, Marie, Mère de Dieu, ma patrie la France et le monde. Pour que la Paix de Noël règne.

 

Avant l'Epiphanie

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Lundi 2 janvier

Modèle de sainteté

 

Louis et Zélie ont été officiellement proclamés Bienheureux, à Lisieux, le dimanche 19 octobre 2008, lors d'une célébration présidée par le Cardinal José Saraiva Martins, sous le pontificat de Benoît XVI. En déclarant Bienheureux Louis et Zélie Martin d'Alençon, l’Église Catholique offre à tous les couples de la terre un modèle indiquant un chemin de sainteté à part entière. C'est le second couple béatifié. Auparavant en 2001, un coupe italien, Luigi et Maria Beltrame-Quattrocchi, avait été porté à l'honneur des autels.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline à propos d'un pèlerinage à Lourdes) Au commencement, ton père n'approuvait pas que je vous emmène toutes les trois, mais maintenant, il le désire, disant qu'on ne peut faire trop de sacrifices pour obtenir un si grand miracle. (…) Nous devons nous mettre dans la disposition d'accepter généreusement la Volonté du Bon Dieu, quelle qu'elle soit, car ce sera toujours ce qu'il peut y avoir de meilleur pour nous » (Zélie).

Parole de Dieu : « La sagesse de l'homme fait luire son visage et son air austère est changé ». (Ecclésiaste 8, 1).

 

Dans ma vie

 

La Volonté de Dieu est notre boussole. Point de fécondité en dehors de l'acceptation sereine et paisible du bon vouloir divin. Oublions-nous qu'en toute chose nous sommes entre les mains de Dieu ? Ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l'avenir, rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ, lisons-nous dans les Saintes Ecritures. Plaçant ainsi notre espérance dans les choses qui demeurent, nous marcherons en présence de Dieu au milieu des vicissitudes de l'existence avec la légèreté d'un moineau qui vole de branches en branches. Rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ.

Effet de Conversion : Je remplacerai une connexion internet ou un appel téléphonique superflu par un Notre Père récité lentement à l'intention de mes ennemis.

 

Mardi 3 janvier

« Signes du Ciel »

 

Voici ce que disait le Cardinal Saraiva Martins lors de la béatification : « Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme : Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elles l'écrivait à l'Abbé Bellière – que beaucoup connaissent désormais par cœur - : « Le Bon dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre » (Lt 261).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Si la Sainte Vierge ne me guérit pas, je la supplierai de guérir mon enfant, d'ouvrir son intelligence et d'en faire une sainte. Ainsi, laissons toutes les affaires comme elles sont arrangées, elles me paraissent très bien, puis remettons-nous entre les mains de Dieu » (Zélie).

Parole de Dieu : « Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 14).

 

Dans ma vie

 

Notre demeure est dans le Ciel. Les souffrances du monde présent ne doivent pas nous faire redouter la bonté de Dieu qui permet ce qui nous arrive pour que nous nous approchions toujours plus à Lui. Les choses agréables, pour le remercier, et les plus difficiles pour compter d'avantage sur Sa Miséricorde. Nous ne pouvons rien sans Lui : c'est la raison pour laquelle Il permet que nous vivions de lourdes épreuves, qui ne sont pas là pour nous assommer mais pour éprouver notre foi en Lui. Nous sommes faits pour le Ciel. Et le Ciel commence aujourd'hui, dira la Petite Thérèse, à condition que nous ne lâchions jamais la main de la Divine Miséricorde.

Effet de Conversion : Je choisis de me priver de quelque chose en offrant cette contrariété pour le Pape, les évêques et pour les prêtres.

 

Mercredi 4 janvier

Reflet de l'amour

 

« L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4). Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à des amis) « Dieu a béni la maison d’Aaron », il a béni aussi la maison Nogrix (famille destinataire de la missive), car ta famille « file un bon nœud » ; espérons que le vent ne changera pas que tous ne soient rendus à bon port. (...) Thérèse, ma petite reine, est entrée hier au Carmel !... Dieu seul peut exiger un tel sacrifice... Ne me plaignez pas, car mon cœur surabonde de joie ». (Louis).

Parole de Dieu : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ».

 

Dans ma vie

 

« Filer un bon nœud », écrit Louis Martin. Filer un bon nœud, c'est faire fi des mauvais courants et des vents contraires. C'est se jouer des avaries en tous genres par une bonne préparation : rien de ce qui nous arrive ne doit être vécu en dehors de Dieu, les bonnes choses comme les tristes. Filer un bon nœud, c'est ne pas lâcher le cap qu'est le Christ en laissant les monstres marins, les dragons, s'enfoncer toujours plus loin dans les abysses. Avec Notre Dame, « Marie-des-Flots », filer un bon nœud c'est enfin ne jamais oublier que la lumière du phare, c'est la doctrine Catholique.

Effet de Conversion : Je choisis de vivre ma prochaine Messe comme une occasion de m'offrir tout entier à la suite de Jésus. Comme il l'a fait pour la Vierge Marie. Je demanderai au Seigneur de consacrer mon offrande pour lui faire porter du fruit.

 

Jeudi 5 janvier

Marcher humblement

 

« Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Le cou était pris de tous les côtés et de bouger le plus légèrement me mettait dans des douleurs atroces. (…) Il a fallu gémir toute la nuit; Louis, Marie et la bonne sont demeurés près de moi. Ce pauvre Louis, de temps en temps, me prenait dans ses bras comme une enfant. (...) La Sainte Vierge ne m'a pas guérie à Lourdes, que voulez-vous c'est que mon temps est fait et que le bon Dieu veut que je me repose ailleurs que sur la terre ». (Zélie)

Parole de Dieu : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de Mon Nom ; c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. (Luc 9, 48).

 

Dans ma vie

 

« Ce pauvre Louis me prenait dans ses bras comme une enfant », nous dit Zélie, alors qu'elle est en phase presque terminale de son cancer. Imaginons la scène et recueillons-nous. Savons-nous que Dieu nous prends dans ses bras lorsque nous souffrons ? Que celui qui est affligé de la maladie d'un très proche est lui-même enserré dans les bras généreux du Crucifié ? Ô divines plaies qui, au contact de notre pauvre être, réveillent en nous l'espérance de la résurrection... ayez pitié de nous.

Effet de Conversion : J'essaie de programmer la visite à un malade, à une personne handicapée, par amour pour le Christ.

 

Vendredi 7 janvier

Dieu premier servi

 

« Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise. Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à ses filles carmélites) Je tiens à vous dire, mes chères enfants, que je suis pressé de remercier le Bon Dieu, car je le sens notre famille, quoique très humble, a l'honneur d'être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Louis).

Parole de Dieu : Le Verbe était la lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9).

 

Dans ma vie

 

Les chrétiens sont des privilégiés. Par les eaux du saint baptême, ils ont été renouvelés dans le mystère d'amour qui a présidé à leur création. La mission des Saints Louis et Zélie Martin commence tout juste. Dans le mystère de la communion des élus, nous sommes pris, non pas au piège, mais dans le rayonnement d'un amour inouï dont l'épicentre est la Sainte Trinité. Louis et Zélie se sont laissés saisir par cet amour ; ils ont choisi de dire oui à Dieu et aux préceptes de l'Eglise, de ne rien garder pour eux. En ferons-nous autant ? Nous avons tant à gagner : la vie éternelle.

Effet de Conversion : pour nourrir mon oraison, je lirai le prologue de l'Evangile selon Saint Jean. Je m'arrêterai plusieurs fois au cours de la lecture pour laisser descendre en mon âme la parole qui donne vie à mon être.

 

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Samedi 8 janvier

La Béatification de Louis et Zélie Martin

 

Le premier miracle des Bienheureux Louis et Zélie Martin

 

Pietro, l’enfant miraculé grâce à l’intercession des bienheureux Louis et Zélie Martin.

 

« Je suis né malade, et quand j’étais malade, les époux Martin ont demandé à Jésus de me guérir et Il m’a guéri ».C’est ainsi que le petit Pietro Schilirò, âgé de six ans, explique le miracle de sa guérison alors qu’il était encore nouveau-né. Walter et Adèle, les parents du petit garçon, ont confié Pietro à l’intercession des époux Martin, Marie Zélie Guérin (1831-1877) et Louis Martin (1823-1894), parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ce miracle a permis la béatification du couple, qui a eu lieu le 19 octobre 2008, à la Basilique de Lisieux en France, précédée par la messe d’ouverture de la béatification à la basilique Notre-Dame d’Alençon.

 

Histoire d’un miracle

 

Pietro est le dernier d’une famille de cinq enfants. Il est né à Milan le 25 mai 2002. Dès le premier jour de sa naissance, il présente une grave malformation  pulmonaire, et doit rester à l’hôpital et suivre une thérapie intensive pour pouvoir respirer. Le père raconte :« Nous avons tout de suite compris que la maladie était très grave et qu’il n’y avait aucune chance de guérison. On nous a demandé de lui faire une radiographie des poumons pour voir ce qu’il en était ». Une biopsie s’avérait indispensable, mais comportait un grand risque pour le petit garçon. Aussi les parents décident de faire baptiser l’enfant sur-le-champ. Ils demandent alors à un carme italien, le P. Antonio Sangalli, d’administrer le sacrement. Le prêtre leur offre une petite image des époux Martin.« Ils avaient perdu quatre enfants en bas âge, explique Adèle, la maman de Pietro : les prier nous aurait aidés et soutenus dans la situation que nous étions en train de vivre et dans ce que le Seigneur nous demandait à ce moment-là ».

Les époux Schilirò savaient peu de choses de la vie de Zélie et Louis  en dehors de  ce qu’ils avaient lu dans les écrits de la petite Thérèse. Dans l’incertitude où ils se trouvaient  quant à la santé du petit Pietro, ils découvrirent une « mystérieuse proximité avec les époux Martin », avoue Walter.« C’est alors que nous avons osé demander au Seigneur ce qui nous tenait à cœur : la guérison de  Pietro. Le Seigneur avait mis entre nos mains les époux Martin », se rappelle Adèle. Au sein de leur souffrance, et à la vue de leur bébé relié à tant d’appareils artificiels pour pouvoir respirer, Adèle et Walter ont compris qu’ils devaient demander à Dieu de leur faire connaître Sa volonté pour Pietro.« Ce qui a été très important pour nous, car cela nous a aidé à regarder ce que notre enfant était en train de vivre. Il vivait pleinement sa vocation à travers ce qu’il faisait dans la souffrance et ce qu’il portait. Il participait au salut des âmes avec Jésus et, pour nous, cela a été le premier miracle ».

Le 26 juin Pietro a eu une grave crise d’insuffisance respiratoire. « Ce n’était plus qu’une question d’heures ou de quelques jours, nous ont dit les médecins. De toute façon, il n’y avait pas d’espoir pour Pietro », a poursuivi Adèle. Après avoir récité plusieurs fois la neuvaine aux époux Martin, le 29 juin, jour où l’Eglise célèbre la fête de saint Pierre et saint Paul, Pietro a commencé à montrer des signes d’amélioration. En l’espace de deux semaines, l’enfant pouvait respirer par lui-même, sans oxygène, et les médecins retinrent la guérison comme « un fait surprenant ». Les parents en parlèrent au père Antonio, et c’est ainsi que le prêtre devint vice-postulateur de la cause de béatification de Zélie et Louis.

« Nous débordons vraiment de gratitude. Nous ne le méritons pas, nous nous sentons dépassés », assure Adèle. Walter ajoute : « Il n’y a aucun mérite de notre part, absolument aucun. Ce qui est arrivé à Pietro rejaillit sur toute l’Eglise. C’est si vrai que nous sommes ici, aujourd’hui, pour remettre au pape cette relique, qui représente un grand signe pour toute l’Eglise ». Aujourd’hui, Pietro est un enfant normal : il joue, va à l’école et sait parfaitement que sa guérison est due au miracle obtenu par l’intercession des époux Martin. « Tous les soirs il récite avec nous, en famille, la prière des Martin pour intercéder en faveur des personnes qui nous demandent leurs prières », dit Adèle. « Il prie aussi pour le pape et tous nos chers amis prêtres, et pour toute une liste de personnes, ce qui prend toute la soirée », ajoute Walter.

Les parents de Pietro comprennent très bien ce que signifie se confier à la Providence quand on souffre pour la santé de ses enfants : « Je dirais aux parents d’enfants malades de ne pas perdre espoir, de se rapprocher du Christ à travers ses saints. Oser demander parce que le Seigneur est un Père qui est bon. Et il faut avoir cette force de comprendre que ce qui arrive est pour notre bien ».

« Au moment de l’épreuve, le Seigneur exige vraiment beaucoup de nous, mais si on met en Lui notre espérance et notre confiance, le Seigneur nous comble bien davantage encore. Il faut demander avant tout la conversion du cœur. C’est la première guérison à demander, toujours », recommande Adèle. (texte de Carmen Elena Villa Traduit de l’italien par E. de Lavigne, source ; Zenit.org, extrait du site http://louiszeliemartin-alencon.fr )

 

Parole de Dieu : « Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment Dieu sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour.

 

Homélie du Cardinal José Saraiva Martins,

prononcée lors de la Messe de Béatification de Louis et Zélie Martin à Lisieux, le 19 octobre 2008

 

Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme :  Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère!... (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elle l'écrivait à l'abbé Bellière - que beaucoup connaissent désormais par cœur -:  le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre (Lt 261).

Je viens de terminer le rite de béatification par lequel le Saint-Père a inscrit les deux époux conjointement dans l'Album des Bienheureux. C'est une grande première que cette béatification de Louis Martin et Zélie Guérin, que Thérèse définissait comme parents sans égaux, dignes du Ciel, terre sainte, comme toute imprégnée d'un parfum virginal (cf. Ms A).

Mon cœur rend grâce à Dieu pour ce témoignage exemplaire d'amour conjugal, susceptible de stimuler les foyers chrétiens dans la pratique intégrale des vertus chrétiennes comme il a stimulé le désir de sainteté chez Thérèse.

Pendant que je lisais la Lettre apostolique du Saint-Père, je pensais à mon père et à ma mère et je voudrais, en ce moment, que vous aussi pensiez à votre père et à votre mère et qu'ensemble nous remercions Dieu de nous avoir créés et fait chrétiens à travers l'amour conjugal de nos parents. Recevoir la vie est une chose merveilleuse mais, pour nous, il est plus admirable encore que nos parents nous aient amenés à l'Eglise qui seule est capable de faire des chrétiens. Personne ne peut se faire chrétien soi-même.

Parmi les vocations auxquelles les hommes sont appelés par la Providence, le mariage est l'une des plus nobles et des plus élevées. Louis et Zélie ont compris qu'ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d'une montée à deux. Aujourd'hui, l'Eglise n'admire pas seulement la sainteté de ces fils de la terre de Normandie, un don pour tous, mais elle se mire dans ce couple de bienheureux qui contribue à rendre la robe de mariée de l'Eglise, plus belle et splendide. Elle n'admire pas seulement la sainteté de leur vie, elle reconnaît dans ce couple la sainteté éminente de l'institution de l'amour conjugal, telle que l'a conçue le Créateur Lui-même. L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4).

Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux et ainsi ils sont devenus la lumière du monde que l'Eglise aujourd'hui met sur le lampadaire afin qu'ils brillent pour tous ceux qui sont dans la maison (Eglise). Ils brillent devant les hommes afin que ceux-ci voient leurs bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les cieux. Leur exemple de vie chrétienne est telle une ville située sur une montagne qui ne peut être cachée (cf. Mt 5, 13-16).

Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer. Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise.

Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine. Ils ont servi Dieu dans le pauvre, non par simple élan de générosité, ni par justice sociale, mais simplement parce que le pauvre est Jésus. Servir le pauvre, c'est servir Jésus, c'est rendre à Dieu ce qui est à Dieu:  chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait (Mt 25, 34-40). Dans quelques instants nous proclamerons notre profession de foi que Louis et Zélie ont répétée tant de fois à la messe et qu'ils ont enseignée à leurs enfants. Après avoir confessé la sainte Eglise catholique, le symbole des apôtres ajoute la Communion des saints.

Je croyais, disait Thérèse, je sentais qu'il y a un ciel et que ce Ciel est peuplé d'âmes qui me chérissent, qui me regardent comme leur enfant... (Ms B).

Dans ce Ciel peuplé d'âmes, nous pouvons compter désormais les bienheureux Louis et Zélie, que pour la première fois, nous invoquons publiquement:  Louis et Zélie priez Dieu pour nous. Je vous en prie chérissez-nous, regardez-nous comme vos enfants, chérissez l'Eglise entière, chérissez surtout nos foyers et leurs enfants.

Louis et Zélie sont un don pour les époux de tous âges par l'estime, le respect et l'harmonie avec lesquels ils se sont aimés pendant 19 ans. Zélie écrivait à Louis:  Je ne puis pas vivre sans toi, mon cher Louis. Il lui répondait:  Je suis ton mari et ami qui t'aime pour la vie. Ils ont vécu les promesses du mariage:  la fidélité de l'engagement, l'indissolubilité du lien, la fécondité de l'amour, dans le bonheur comme dans les épreuves, dans la santé comme dans la maladie.

Louis et Zélie sont un don pour les parents. Ministres de l'amour et de la vie, ils ont engendré de nombreux enfants pour le Seigneur. Parmi ces enfants, nous admirons particulièrement Thérèse, chef d'œuvre de la grâce de Dieu mais aussi chef d'œuvre de leur amour envers la vie et les enfants. Louis et Zélie sont un don pour tous ceux qui ont perdu un conjoint. Le veuvage est toujours une condition difficile à accepter. Louis a vécu la perte de sa femme avec foi et générosité, préférant, à ses attraits personnels, le bien de ses enfants.

Louis et Zélie sont un don pour ceux qui affrontent la maladie et la mort. Zélie est morte d'un cancer, Louis a terminé son existence, éprouvé par une artériosclérose cérébrale. Dans notre monde qui cherche à occulter la mort, ils nous enseignent à la regarder en face, en s'abandonnant à Dieu.

Enfin je rends grâce à Dieu, en cette 82e journée mondiale des missions, car Louis et Zélie sont un modèle exemplaire de foyer missionnaire. Voilà la raison pour laquelle le Saint Père a voulu que la béatification se réalise en cette journée si chère à l'Eglise universelle, comme pour unir les maîtres Louis et Zélie à la disciple Thérèse, leur fille, devenue Patronne des missions et Docteur de l'Eglise. Les témoignages des enfants Martin au sujet de l'esprit missionnaire qui régnait dans leur foyer sont unanimes et frappants:  Mes parents s'intéressaient beaucoup au salut des âmes... Mais l'œuvre d'apostolat la plus connue chez nous était la propagation de la foi pour laquelle, chaque année, nos parents faisaient une très belle offrande. C'est encore ce zèle des âmes qui leur faisait tant désirer avoir un fils missionnaire et des filles religieuses.

Tout récemment, le cardinal Dias, préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (Propagande Fide) écrivait:  Pour un disciple du Christ, annoncer l'Evangile n'est pas une option mais un commandement du Seigneur... Un chrétien doit se considérer en mission (...) pour répandre l'Evangile dans chaque cœur, dans chaque maison, dans chaque culture (Conférence de Lambeth, 23 juillet 2008).

Puissent, mes frères, vos familles, vos paroisses, vos communautés religieuses, de Normandie, de France... et du monde entier, être aussi des foyers saints et missionnaires, comme l'a été le foyer des bienheureux époux Louis et Zélie Martin. Amen.

 

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Epiphanie du Seigneur

Dimanche 8 janvier

 

La Canonisation de Louis et Zélie Martin

 

Louis et Zélie Martin ont donc été béatifiés à Lisieux, le 19 octobre 2008. Pour qu’ils soient canonisés, il était nécessaire que l’Eglise reconnaisse un miracle survenu par leur intercession. Il a été obtenu en faveur d’une enfant prématurée de Valencia, en Espagne.

Carmen naît le 15 octobre 2008, après 28 semaines d’une grossesse très difficile. « Préparez-vous au pire » annonce la sage-femme. Les complications, fréquentes chez un grand prématuré, se multiplient : détresse respiratoire, cardiaque, double septicémie, hémorragie cérébrale au stade le plus avancé, etc.

L’enfant ayant vu le jour pour la Fête de sainte Thérèse d’Avila, le Papa se rend dans un carmel en dehors de la ville. Les soeurs prennent cette intention à coeur. Les parents viennent chaque dimanche à la Messe et repartent vite à l’hôpital. Fin novembre, le cas semble désespéré. Pour la première fois la maman a le droit de toucher son bébé, la couveuse reste ouverte. La famille commence à évoquer l’inhumation.

Le 23 novembre, la Prieure du Carmel remet aux parents la prière à Louis et Zélie en espagnol. Ils ne les connaissaient pas du tout, pas plus que leur célèbre fille Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face. Dès le lendemain a lieu un changement d’Hôpital providentiel. Contrairement à toute attente, Carmen le supporte, l’infection est jugulée. Elle commence à récupérer, au point de sortir le 2 janvier 2009.

Un point reste très préoccupant : l’hémorragie cérébrale dilate son crâne et la fait souffrir. Un examen est prévu le 19 février. Il faudra probablement opérer. Nouvelle « offensive » de prière aux Parents Martin dont le Reliquaire passe providentiellement au Sanctuaire de Llerida juste avant. Le père de Carmen, le grand frère Ismaël (né en 2004), et les grands-pères s’y rendent pour remercier et intercéder. De leur monastère, les carmélites se joignent à leur prière. Quelques jours après, l’échographie révèle que l’hémorragie cérébrale a disparu, on ne constate plus que les cicatrices et, ce qui est le plus surprenant (à ce jour les médecins ne peuvent l’expliquer), l’absence totale de séquelles neurologiques ou motrices. Cette guérison inexpliquée a été reconnue comme miracle par le Pape François, à Rome, le 18 mars 2015, permettant ainsi la canonisation des Bienheureux Parents Martin (d'après un texte extrait du site www.eglise.catholique.fr )

 

Homélie prononcée par le Pape François,

lors de la Messe de Canonisation de Louis et Zélie Martin

à Rome, 18 octobre 2015

 

Les lectures bibliques nous présentent (...) le thème du service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix.

Le prophète Isaïe décrit la figure du Serviteur du Seigneur (53, 10-11) et sa mission de salut. Il s’agit d’un personnage qui ne se vante pas de généalogies illustres, il est méprisé, évité par tous, expert en souffrance. Quelqu’un à qui on n’attribue pas d’entreprises grandioses, ni de discours célèbres, mais qui mène à son accomplissement le plan de Dieu à travers une présence humble et silencieuse et à travers sa propre souffrance. Sa mission, en effet, se réalise au moyen de la souffrance, qui lui permet de comprendre ceux qui souffrent, de porter le fardeau des fautes d’autrui et de les expier. L’exclusion et la souffrance du Serviteur du Seigneur, prolongées jusqu’à la mort, se révèlent féconde au point de racheter et de sauver les multitudes.

Jésus est le Serviteur du Seigneur : sa vie et sa mort, entièrement dans la forme du service (cf. Ph 2, 7), ont été cause de notre salut et de la réconciliation de l’humanité avec Dieu. Le kérygme, cœur de l’Évangile, atteste que dans sa mort et sa résurrection se sont accomplies les prophéties du Serviteur du Seigneur. Le récit de saint Marc décrit la scène de Jésus aux prises avec les disciples Jacques et Jean, qui – soutenus par leur mère – voulaient s’asseoir à sa droite et à sa gauche dans le royaume de Dieu (cf. Mc 10, 37), revendiquant des places d’honneur, selon leur vision hiérarchique du royaume même. La perspective dans laquelle ils se placent se révèle encore polluée par des rêves de réalisation terrestre. Jésus alors donne une première “secousse” à ces convictions des disciples rappelant son chemin sur cette terre : « La coupe que je vais boire, vous la boirez… quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela a été préparé » (vv. 39-40). Avec l’image de la coupe, il assure aux deux la possibilité d’être associés jusqu’au bout à son destin de souffrance, sans toutefois garantir les places d’honneur ambitionnées. Sa réponse est une invitation à le suivre sur le chemin de l’amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres.

Devant des gens qui intriguent pour obtenir le pouvoir et le succès, pour se faire voir, devant des gens qui veulent que leurs mérites personnels, leurs œuvres personnelles soient reconnus, les disciples sont appelés à faire le contraire. Il les avertit donc : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (vv. 42-44). Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne. Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. Jésus nous invite à changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir ; à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité.

Et après avoir présenté un modèle à ne pas imiter, il s’offre lui-même comme idéal auquel se référer. Dans l’attitude du Maître, la communauté trouvera la motivation de la nouvelle perspective de vie : « Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (v. 45). Dans la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu « domination, gloire et royauté » (Dn 7, 14). Jésus remplit d’un nouveau sens cette image et précise qu’il a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église.

Il y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance. La Lettre aux Hébreux, qui présente le Christ comme le souverain prêtre qui partage en tout notre condition humaine, excepté le péché, nous le rappelle : « Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché » (4, 15). Jésus exerce essentiellement un sacerdoce de miséricorde et de compassion. Il a fait l’expérience directe de nos difficultés, il connaît de l’intérieur notre condition humaine ; ne pas avoir fait l’expérience du péché ne l’empêche pas de comprendre les pécheurs. Sa gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, d’assumer et de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit, de les accompagner avec une infinie tendresse, de les accompagner sur leur chemin de souffrance.

Chacun de nous, en tant que baptisé, participe pour la part qui lui est propre au sacerdoce du Christ ; les fidèles laïcs au sacerdoce commun, les prêtres au sacerdoce ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la charité qui émane de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres : en devenant des “canaux” de son amour, de sa compassion, spécialement envers tous ceux qui sont dans la douleur, dans l’angoisse, dans le découragement et dans la solitude.

Ceux qui aujourd’hui ont été proclamés saints ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires, imitant ainsi le divin Maître. Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux.

Sainte Marie de l’Immaculée Conception, en puisant aux sources de la prière et de la contemplation, a vécu en personne dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades.

Les saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Le témoignage lumineux de ces nouveaux Saints nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie. Du ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de leur puissante intercession !

 

Effet de conversion : Je remercie la Sainte Vierge pour sa présence, sa bienveillance et son soutien et je lui confie les années qui me restent à vivre sur cette terre : « Priez pour nous... maintenant et à l'heure de notre mort ».

 

Fin

 

Prochain mois de Dévotion

Le Mois du Cœur agonisant de Jésus

Rendez-vous le 15 février

 

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

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24 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

Images religieuses3

Nativité du Seigneur

 

Dimanche 25 décembre

 

La nouveauté de Dieu

 

Evangile de Jésus-Christ selon st Luc 2, 10-14

 

L’ange du Seigneur se présenta devant les bergers, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Noël ! Le Verbe prend chair, Jésus naît. Marie et Joseph donnent au monde le Sauveur, les anges chantent « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » [Lc 2,14]. Les bergers accourent, les mages ne tarderont pas. C’est un instant de paix, un instant de bonheur mais aussi un instant d’épreuve : n’oublions pas que la venue au monde de Jésus advient dans l’inconfort d’une étable, suite au manque d’hospitalité des habitants de Bethléem. Qu’importe, Marie et Joseph ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ce meilleur d’eux-mêmes a été… le Fils de Dieu lui-même !

Louis et Zélie ont également cherché à donner le meilleur d’eux-mêmes, là où ils étaient, appuyés sur une foi profonde parfois mise à rude épreuve, mais une foi solidement enracinée en Christ. Ce meilleur d’eux-mêmes s’est traduit là aussi par la venue au monde, par le don au monde, d’une enfant, ou plus exactement du dernier enfant de la famille, venant couronner l’éclat de la sainteté de Louis et Zélie. Deux semaines après cette heureuse naissance de 1873, Zélie témoigne dans une lettre de sa joie après la peine : « Je suis tout-à-fait rétablie maintenant, la petite va bien aussi, elle promet d’être très forte […] La petite n’est pas du tout difficile pendant le jour, mais la nuit elle nous fait souvent payer cher sa bonne journée. Hier soir, je l’ai tenue jusqu’à onze heures et demie, je n’en pouvais plus de lassitude ; après, heureusement, elle n’a fait que dormir. Cette enfant s’appelle Thérèse ; tout le monde me dit qu’elle sera belle, elle rit déjà. Je m’en suis aperçue pour la première fois mardi. J’ai cru que je me trompais, mais hier le doute n’était plus possible ; elle m’a regardée bien attentivement, puis elle m’a fait un sourire délicieux.Pendant que je la portais, j’ai remarqué une chose qui n’est jamais arrivée avec mes autres enfants : lorsque je chantais, elle chantait avec moi… Je vous le confie à vous, personne ne pourrait y croire. » (CF 85).

Eh bien, osons croire, comme Louis et Zélie donnant au monde Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en la bonté de Dieu donnant le meilleur en nous ! L’Homme est fait pour donner et se donner lui-même, car il est – au fond de lui-même – Amour, créé à l’image de ce Dieu qui n’est qu’Amour (1 Jn 4,16). Que Louis et Zélie intercèdent ainsi pour nous, qu’ils nous apprennent à faire confiance en Notre-Père, à suivre Jésus-Christ, à être mus par l’Esprit : acceptons nous aussi d’être aimés et d’aimer à notre tour !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Saint et Joyeux Noël à vous tous !

 

Octave de la Nativité

 

Hautz-9318L

Lundi 26 décembre

Prise d'habit

 

Un an après son entrée au Carmel de Lisieux, Thérèse prend l'habit. Nous sommes le 10 janvier 1889. En ce jour, la santé de Louis est stable : il peut descendre la nef de la chapelle conventuelle au bras de sa fille, qui écrit : « Jamais il n'avait été plus beau, plus digne. Il fit l'admiration de tout le monde ». Pourtant, un mois plus tard, un nouveau drame. Lors d'une crise sévère, Louis s'imagine en plein milieu d'une bataille et s'empare de son revolver. Appelé en hâte, l'oncle Isidore parvient à désarmer son beau-frère... Ce triste épisode implique une nouvelle prise de décision à l'endroit de Louis.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Je pense souvent à vous toutes, et dernièrement, j'ai fait un très beau rêve où je te voyais si bien que c'était comme une réalité. Si je pouvais vous faire ressentir tout ce que j'éprouve en admirant les grandes et belles choses qui se déroulent devant moi ! Mon Dieu, que vos œuvres sont donc admirables ! (…) C'est trop, Seigneur, vous êtes trop bon pour moi ! » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi, et je serai sauvé, car tu es ma louange ! » (Jérémie 17, 14).

 

Dans ma vie

 

L'habit religieux n'est ni un uniforme ni un déguisement. C'est la parure dont l'Esprit Saint revêt les êtres qu'il s'est réservés. Mis à part, les religieux sont mariés avec Dieu pour toujours. Et leurs noces sont continuelles : c'est la raison pour laquelle ils sont appelés à ne pas se départir de leur vêtement de fête. Même la nuit, ils sont nombreux à le conserver pour signifier qu'ils sont, comme dans un linceul, morts au monde et vivants en Jésus-Christ. Signe de pauvreté, l'habit religieux est une invitation à l'humilité : je ne suis rien sans Dieu qui me revêt de sa beauté.

 

Effet de Conversion : Je prends le temps de lire et de méditer l'Evangile de la Messe de la Nuit pour ensemencer mon âme de la Parole de Dieu qui nourrit et féconde.

 

Mardi 27 décembre

Humiliation

 

Le 12 février 1889, décision est prise par le médecin d'interner le malade Louis Martin à l'asile du Bon Sauveur, à Caen. Le vieillard y restera trois ans. Pendant longtemps, le personnel se souviendra de sa gentillesse et de sa docilité lors de ses longs moments de lucidité. Il faut bien reconnaître que l'épreuve est lourde. Louis accepte la situation avec courage et résignation. « Je sais pourquoi le Bon Dieu m'a donné cette épreuve : je n'avais jamais eu d'humiliation pendant ma vie, il m'en fallait une ».

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa belle-sœur) Quant à m'affliger outre mesure de ma malheureuse glande, je n'y suis pas décidée. Si le Bon Dieu permet que je meure de cela, je tâcherai de m'y résigner de mon mieux et de prendre mon mal en patience, pour diminuer mon purgatoire. Le Bon Dieu nous donne toujours ce qu'il nous faut, ayons tous bon courage ».

 

Parole de Dieu : « Or, vieilli, chargé d'années, ô Dieu, ne m'abandonne pas, que j'annonce ton bras aux âges à venir, ta puissance et ta justice, ô Dieu, jusqu'aux nues ! » (Psaume 71, 18-19).

 

Dans ma vie

 

La maladie psychiatrique n'est pas, en elle-même un désordre spirituel. Au contraire, elle peut être un tremplin vers un plus dans l'amour, dans l'offrande de notre vie à Celui qui acceptera d'apparaître tout petit dans le dénuement de la Crèche. Le monde n'aime pas ce qui n'est pas calibré, ce qui détonne et exprime une différenciation. Le chrétien est appelé à vivre son handicap sans s'écarter du plan de Dieu sur l'homme. Les personnes affectées d'une maladie psychiatrique ont beaucoup à nous apprendre sur elles et sur nous. Elle nous interrogent : comment mieux grandir vers Dieu et accepter comme une grâce ce qui nous arrive, même si cela a le goût affreux du vinaigre.

 

Effet de Conversion : Je choisis aujourd'hui d'être le plus souriant possible, surtout en présence des personnes qui me sont très désagréables. Il faut que celles-ci puissent se dire que je les aime vraiment.

 

Mercredi 28 décembre

Comprendre la souffrance

 

Derrière ses grilles qui la séparent du monde, la jeune Carmélite, la « Petite Reine », Thérèse partage douloureusement l'épreuve de son père. Sa prière se fait intense. Elle qui avait toujours vue en lui l'image de Dieu, père bienveillant et bon, reconnaît maintenant derrière son visage fatigué les traits du Christ humilié, abandonné, défiguré, méprisé de tous. Elle médite longuement sur le mystère de souffrance qui va constituer pour elle une étape importante sur son chemin spirituel.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Dans quelques semaines, ce ne sera plus un rêve et nous serons de nouveau tous réunis pour le temps que Dieu, dans sa bonté, veut bien nous réserver. (…) Tu as bien fais de donner des poires : donne, donne, donne toujours et fais des heureux. (…) Allons, chères filles, soyez toujours ma joie et ma consolation sur la terre et continuez à bien servir le Seigneur ; il est si grand et si admirable dans ses œuvres ».

 

Parole de Dieu : « La montagne du Temple de Yahvé sera établie en tête des montagnes et s'élèvera au-dessus des collines » (Michée 4, 1).

 

Dans ma vie

 

(…) L'attente s'achève dans le mystère d'une rencontre avec le Tout Petit. Tant d'efforts pour une si maigre découverte... On non... Grâce unique : la vision du nourrisson divin est la révélation : en découvrant le dessein de Dieu qui se fait si humble, je suis appelé à mieux retrouver l'enfant qui sommeille en moi. Il ne s'agita pas de plonger dans un infantilisme puéril que d'emprunter les voies de l'enfance spirituelle. Pour devenir adulte dans la Foi, il fait accepter de perdre de la hauteur et de s'abaisser au niveau d'un bébé qui, se ses gestes maladroits, dessine le nouveau visage de l'humanité appelée à la renaissance.

 

Effet de Conversion : Je prends du temps, pendant ces jours de l'octave de la Nativité de Jésus, pour aller à l'église, prier et vénérer avec un grand amour le Divin Enfant de la Crèche.

 

Jeudi 29 décembre

Retrouvailles

 

Le 24 septembre 1890, âgée de dix-sept ans et demi, sœur Thérèse de l'Enfant Jésus prononce ses vœux et se consacre pour toujours dans la voie carmélitaine. Ce jour de joie et d'aboutissement pour la jeune fille est « tout entier voilé de larmes », tant elle pleure l'absence de son père qu'elle aime tant. Enfin, le 10 mai 1892, l'épreuve prend fin : Isidore ramène Louis de l'asile de Caen. Le vieillard peut rencontrer ses trois filles Carmélites au parloir pour la première fois depuis quatre ans. Ce sera aussi la dernière. Il est lucide, mais très amaigri et ne parle pas.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa belle-soeur) Le cœur me bat en pensant à la peine que je vais vous faire, j'ai hésité un instant à vous dire toute la vérité, mais je sens qu'il le faut (…). Voyant mon mal s'aggraver (…). Je n'ai pu m'empêcher de tout dire chez nous. Je m'en repens à présent, car c'était une scène de désolation... Tous pleuraient... Mon mari ne peut se consoler. (…). Quoi qu'il en soit, profitons du bon temps qu'il nous reste et ne nous tourmentons pas ». (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, appellé Christ ». (Matthieu 1, 16).

 

Dans ma vie

 

La terre, cette vallée de larmes comme nous le chantons dans le Salve Regina (In hac larcrimarum valle). Le Massacre des Saints innocents à succédé bien vite à la naissance du Prince de la Paix. Le silence d'Auschwitz, des goulags endormis sous les neiges, des poubelles emplies de cadavres d'enfants avortés dans le sein maternel... et les larmes de tant d'hommes qui pleurent discrètement. Noël, où es-tu ? Où sont les rois Mages et leurs présents, les Anges et leurs chants ? Préfiguration de la Croix, l'assassinat des petits enfants, juste après la Divine Naissance porte malgré tout les germes de la résurrection... et de puissants intercesseurs.

 

Effet de Conversion : Je prie pour les enfants qui n'ont pas vu le jour cette année, pour ceux qui sont morts en bas-âge, et pour leur parents. Que Dieu fasse miséricorde à tous.

 

Vendredi 30 décembre

Repos éternel

 

Louis est installé chez les Guérin, où Céline et Léonie, aidées d'une bonne et d'un domestique, s'occupent de lui car il ne peut plus marcher. Pendant l'été 1893, il est conduit au château de la Musse, une belle propriété campagnarde dont a hérité Isidore Guérin. La santé du vieil homme continue de se détériorer : le 27 mai 1894, il subit une violente attaque qui paralyse son bras gauche. Le 5 juin, il fait une crise cardiaque. Malgré son état d'extrême faiblesse, à le transporte à la Musse début juillet. C'est là qu'il meurt le 29 juillet 1894, en présence de sa fille Céline. Il est inhumé à Lisieux le 2 août. Le 14 septembre, Céline rejoint à son tour le Carmel de Lisieux.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Tout ce que je vois est splendide (Louis est en voyage), mais c'est toujours une beauté terrestre et notre cœur n'est rassasié de rien, tant qu'il ne voit pas la beauté infinie qui est en Dieu. À bientôt le plaisir intime de la famille, c'est cette beauté-là qui nous en rapproche d'avantage » (Louis).

 

Parole de Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre paix sur la terre aux hommes, objets de sa complaisance ! » (Luc 2, 14).

 

Dans ma vie

 

« Tu nous as faits pour Toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en Toi », écrit Saint Augustin. Louis Martin connaît visiblement cette belle sentence du grand Docteur d'Hippone et la décline sur un autre mode : « Notre cœur n'est rassasié de rien, tant qu'il ne voit pas la beauté de Dieu ». Que le mystère de l'inhabitation de Dieu en nous est grand et que nous sommes petits ! La finalité de tout homme est à chercher les plaisirs, les réalités charnelles de l'existence. La bonté des biens de la terre est relative et ne trouve son sens que dans la lumière des joies qui ne passent pas.

 

Effet de Conversion : Dans la joie de Noël, je continue de prier quotidiennement auprès de ma crèche, à l'image des Mages, je décide de suivre l'étoile lumineuse qui annonce l'Enfant Jésus.

 

Samedi 31 décembre

Canonisation

 

Lors de la Canonisation de Thérèse, le 17 mai 1925, le Cardinal Antoine Vico a laissé entendre que la Congrégation pontificale des rites pourrait s'intéresser à la vie des parents de la sainte Carmélite. C'est seulement en 1941, date de la publication des lettres de Zélie, et 1946, date de la publication d'Histoire d'une famille par le Père Piat, que l'évêque de Bayeux et Lisieux de l'époque fera savoir publiquement au nonce apostolique Monseigneur Angello Roncalli, futur Pape Jean XXIII, son espoir de voir introduire la cause des Parents Martin.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline) Je me recommande beaucoup à Saint Joseph, j'ai grande confiance en lui (…). ne t'afflige pas de ce que je te dis, ma chère Pauline, si je savais que tu t'en fasses de la peine, je ne te dirais rien et le Bon Dieu ne serait pas content de toi, ce serait manquer de confiance. Abandonnons-nous à sa bonté, à sa miséricorde, et il arrangera tout pour le mieux » (Louis).

 

Parole de Dieu : « Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples » (Luc 2 30-31).

 

Dans ma vie

 

Pour bien découvrir l'intimité de la famille Martin, le grand livre est celui du Père Piat. Il nous parle avec les mots de l'époque et l'esprit libre, s'il en est, de son auteur. Le deuxième ouvrage qui pourrait faire entrer dans la sainteté de l'ordinaire de cette famille : l'édition de la correspondance de Louis et Zélie. Que fait-il retenir de tout cela ? Louis et Zélie sont les Saints de l'ordinaire. Il nous enseignent que la vie Chrétienne est faite de l'offrande des petites choses, de la banalité des événements qui parsèment le quotidien.

 

Effet de Conversion : Je choisis de me priver de quelque chose en offrant cette contrariété pour le Pape, les évêques et pour les prêtres.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

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17 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

Famille Martin

Quatrième semaine de l'Avent

 

Sortir de chez soi

 

Quatrième Dimanche de l'Avent

 

Dimanche 18 décembre

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 1,39-45

 

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

La méditation de la semaine

 

« J’ai reçu trop de grâces devant cette Vierge ! » (Zélie, citée par ses filles) Marie est enceinte, elle mettra bientôt au monde l’Enfant-Dieu, « le Fils du Très-Haut » [Lc 1,32] appelé à régner pour l’éternité. Elle est sur le point de devenir la Theotokos, littéralement celle qui a accouché de Dieu. Cette place est unique au sein de l’humanité, tant personne d’autre que cette jeune fille de Nazareth ne bénéficiera d’un tel privilège ! Elle pourrait donc se mettre en avant, demander à ce que des honneurs lui soient rendus, organiser autour d’elle et de l’enfant à naître une véritable cour de fidèles… Il n’en est rien. L’évangile de ce dernier dimanche avant Noël nous montre au contraire la « hâte » de Marie ; hâte non de se mettre en avant ou de se trouver au-dessus de la mêlée, mais hâte d’aller aider une parente, sa cousine Elisabeth. Ne s’était-elle d’ailleurs pas présentée comme « servante du Seigneur » à l’ange Gabriel, lors de l’Annonciation ? Elle se présente à nouveau comme « servante » lors de son Magnificat, prononcé devant Elisabeth et devant toutes les générations actuelles.

 

RecevoirMarie chez soi, comme Elisabeth la reçut chez elle…

 

En étant servante, hier comme aujourd’hui, la Vierge d’Israël ne demeure ainsi jamais seule. Les Evangiles nous montrent Marie fiancée à Joseph, puis Marie dans son lien à Dieu par l’intermédiaire de l’ange Gabriel, Marie aidant Elisabeth, Marie et Jésus, Marie et les « frères » de Jésus, Marie confiée à Jean au pied de la croix, Marie avec les apôtres priant au cénacle… Marie n’est décidément jamais seule : Marie se donne et nous est donnée, constamment… La stupeur et l’émerveillement s’emparent d’Elisabeth voyant Marie venir à elle ; « comment cela se fait-il ? », « comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur » ? La réponse vient de la foi de Marie : elle ne se fait pas une fausse idée du Très-Haut, mais croit en sa bonté, en la puissance du Très-Haut se déployant dans le cours de l’histoire de l’humanité, en ce Dieu pour qui « rien n’est impossible » [Lc 1,37]. Aussi Marie imite t-elle en retour cette bonté, elle participe à cette puissance de la charité en actes : elle vient servir sa cousine dans l’Evangile.

Toute la vie de Marie de Nazareth exprime l’attitude d’une nouvelle Eve dans son lien avec le nouvel Adam, Jésus-Christ. Celui qu’elle s’apprête à mettre au monde vient comme « l’unique médiateur entre Dieu et les hommes » [1 Tm 2,5], il vient vaincre par sa Croix et sa Résurrection le péché et la mort, il vient remettre l’Esprit pour quiconque se tourne vers lui. Marie, nouvelle Eve, coopère à l’œuvre salvifique du nouvelle Adam par sa prière maternelle ; elle intercède pour obtenir par l’Esprit Saint l’engendrement du Christ en l’âme des croyants (d’où le terme de Chrétien), elle-même ayant auparavant engendré le Fils par la grâce de cet Esprit. Cette coopération de Marie et de Jésus est si intime que déjà Elisabeth en dresse le constat : on ne peut pas accueillir Marie chez soi sans accueillir le Christ ! L’expérience des serviteurs des noces de Cana va dans le même sens : interpellés par Marie, ils sont invités par la mère à accueillir la présence agissante de son Fils : « faites tout ce qu’il vous dira » [Jn 2,5].

Mais si le mystère de ce quatrième dimanche de l’Avent, celui de la Visitation, fait bien état de cette présence constante de Jésus avec Marie, n’oublions pas que ce mystère s’accomplit encore aujourd’hui ! Quiconque se tourne vers Marie se trouve orienté, comme Elisabeth ou les serviteurs de Cana, vers son Fils Jésus-Christ. Est-il possible d’être fortement attaché à Marie tout en éclipsant la figure de Jésus ? Cela ne serait pas la volonté du Père, cela ne serait pas l’œuvre de l’Esprit, cela ne serait pas la vie – disons-le – d’un vrai disciple du Christ… « Voici ta mère » [Jn 19,27], nous dit le Verbe-fait-chair. Croyons-nous en l’accomplissement de cette parole ? « Jésus ne veut pas que nous marchions sans une mère », nous rappelle le pape François (Evangelii Gaudium). Avons-nous accompli cette volonté du Maître lui-même, en recevant Marie chez nous, pour Mère ?

 

L’aide de la Sainte Vierge dans un foyer où elle fait partie de la famille

 

Marie fait déjà partie de la vie de Zélie avant 1858, c’est-à-dire préalablement à sa rencontre avec Louis. Zélie trouve en la Sainte Vierge un appui solide pour l’aider dans les péripéties de sa vie. Marie n’a-t-elle pas murmuré à son cœur, après l’effondrement de son projet de vie religieuse, une idée pour orienter sa vie professionnelle ? « Fais faire du point d’Alençon », glisse-t-elle à l’oreille du cœur de Zélie, le 8 décembre 1851… De ce fait la jeune femme (elle n’a pas encore vingt ans) évite de se retrouver prise au dépourvu, elle rebondit rapidement et se met à son compte. Dans la même période Louis, de son côté, se voit offrir une statue de la Vierge de l’Annonciation (la future « Vierge du Sourire » de Thérèse). Il vient d’ouvrir son commerce d’horlogerie, et Marie occupe également une place de choix dans sa vie. Il installe la statue dans le jardin du Pavillon, un endroit un peu en retrait où il se ressource régulièrement.

Cette statue de la Vierge ne tarde pas, après leur mariage, à être rapatriée au sein de la maison familiale et à recueillir les prières de la famille. La vie du foyer Martin est en effet ancrée dans la foi chrétienne : les journées commencent avec la Messe, tôt le matin, et s’achèvent avec la prière du soir, autour de la Vierge. Pour le couple Martin comme pour Elisabeth dans l’évangile de ce jour, Marie est vraiment une personne faisant partie de la famille. La statue devient ainsi le ‘‘coin-prière’’ du foyer. Zélie, dès ses premières lettres, témoigne de l’« aide » efficace de la Vierge envers celles et ceux qui se confient à elle. Elle en parle à son frère Isidore, dont la foi vacille pendant ses études de pharmacie à Paris : « tu habites tout près de Notre-Dame des Victoires ? Eh bien ! Entres-y seulement une fois par jour, pour dire un Ave Maria à la Sainte Vierge. Tu verras qu’elle te protègera d’une manière toute spéciale, et qu’elle te fera réussir en ce monde, pour te donner ensuite une éternité de bonheur. Ce que je dis là, ce n’est pas de ma part une piété exagérée et sans fondement ; j’ai sujet d’avoir confiance en la Sainte Vierge, j’ai reçu d’elle des faveurs que moi seul connais » (CF 1). Puis Zélie encourage son frère en lui demandant, pleine de réalisme et de bon sens féminin, de mettre « pour moi un cierge ; tu me rendras service. N’aie pas honte de cela. D’ailleurs, personne ne te connaît dans cette église » (CF 6) ! Pour Zélie, la chose est entendue : Marie est un rempart pour solidifier ou préserver notre foi. Ses dernières lettres, écrites alors qu’elle est sur le point de mourir, emportée par une tumeur du sein, sont émouvantes. Zélie y témoigne là aussi du soutien que lui apporte la Vierge Marie au moment de quitter ce monde. Elle y affirme croire fermement en cette parole de « la Vierge Marie qui nous a dit à tous, comme à Bernadette : « je vous rendrai heureuse, non pas en ce monde, mais en l’autre » » (CF 210). La protection de Marie ne nous préserve pas des souffrances de la vie mais nous aide à les traverser en conservant le bonheur de sa présence maternelle.

Mais que ce soit avant le drame du décès de Zélie ou après, toute la famille Martin a pour habitude de se placer sous le regard du Ciel, confiante en l’intercession de la Vierge. Les joies, les difficultés, les projets, les affaires sont autant de sujets pour la prière quotidienne. Aux côtés des prières habituelles (Notre Père, Ave Maria, la prière du Souvenez-vous de St Bernard, ou encore une prière quotidienne enseignée par Zélie à ses enfants) se tiennent des prières jaillissant des cœurs en toute simplicité. Concernant l’attente de la venue au monde d’un deuxième enfant par exemple, Zélie se souvient de ce « 8 décembre 1860, jour où j’ai prié notre Mère du Ciel de me donner une petite Pauline, mais je n’y puis penser sans rire, car j’étais absolument comme une enfant qui demande une poupée à sa mère et je m’y prenais de même. Je voulais avoir une Pauline comme celle que j’ai et je mettais les points sur les i, dans la crainte que la Sainte Vierge ne comprenne pas bien ce que je désirais » (CF 147). Pour la petite histoire, Pauline naît effectivement le 7 septembre 1861, soit exactement neuf mois plus tard. Plusieurs années durant, Zélie (probablement un peu confuse de la témérité de sa prière) remercie quotidiennement la Vierge de lui avoir obtenu cette grâce… Pour l’activité professionnelle, Marie est également sollicitée par la famille. Zélie se souvient des moments difficiles des années 1870-1871 : « j’étais accablée de travail et de soucis de toute espèce, mais j’avais cette ferme confiance d’être soutenue d’en-haut » (CF 65).

Malgré les difficultés, la présence de la Vierge Marie apporte enthousiasme et sérénité au foyer. Les filles aiment se recueillir quotidiennement avec les parents. La petite Thérèse aime ainsi voir son père prier, « n’ayant qu’à le regarder pour savoir comment prient les Saints » (Manuscrit A). La prière des enfants se trouve stimulée par l’exemple des parents. Lors du mois de Marie, le coin-prière de la famille est particulièrement fleuri, au point de devenir un véritable petit oratoire ! Au milieu des branches d’aubépine qui montent jusqu’au plafond, la statue se détache alors sur un fond de fleurs et de verdure. Les enfants allument avec plaisir les bougies autour de la Vierge, même s’ils se plaignent parfois des exigences méticuleuses de leur mère quant à l’aménagement de ce lieu de prière. Qu’importe, la Sainte Vierge est là et « c’est à ses pieds que maman faisait faire notre prière, témoigne Céline, et nous la baisions si souvent que ses doigts étaient tout cassés et qu’il fallait avoir en réserve plusieurs paires de mains ! ». La foi est bien transmise et la joie de l’Evangile aussi…

La présence de Marie dans la vie de Louis et Zélie Martin aura été bénéfique, dans tous les moments de leurs vies, heureux ou difficiles. Louis s’écriera devant ses filles, « Mon Dieu, c’en est trop ! », et Zélie confiera à ses filles, elle aussi ; « j’ai reçu trop de grâces devant cette Vierge ! »  Avec Louis et Zélie, n’ayons pas peur de trop aimer Marie…

 

3 pistes pour s’approprier l’Evangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

 

L’accueil qu’Elisabeth fait à la Vierge, dans l’Évangile, lui permet d’expérimenter combien le Christ est lui aussi présent, et combien Marie est venue « non pour être servi[e], mais pour servir » [Mc 10,45] comme son Fils ! Avons-nous accueilli Marie chez nous, comme Elisabeth, ou plutôt comme Jean le disciple bien-aimé ? Quelle place lui accordons-nous dans notre vie quotidienne ?

Inquiète pour son frère Isidore dont la foi est plutôt vacillante pendant ses années d’études de pharmacie, Zélie le supplie de bien vouloir entrer dans une église pour prier et poser un geste concret. A travers cette anecdote, Zélie nous interpelle nous aussi ; n’ayons pas honte de poser des gestes concrets soutenant notre foi et attirant sur nous la bénédiction de son Fils…

La question de la transmission de la foi est préoccupante pour nombre d’entre nous, surtout quand il s’agit d’un éveil (ou d’un réveil) difficile de la foi chez un membre de la famille proche : conjoint, enfants, petits-enfants… Là aussi, Marie se présente à nous comme celle qui nous « aide ». Grâce à son intercession et grâce aux conseils de Zélie, Isidore a pu sauvegarder sa foi. Trente-cinq ans plus tard, c’est même lui qui financera la première impression d’Histoire d’une âme !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Prier chaque jour de la semaine

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Lundi 19 décembre

Rencontre avec le Pape

 

Thérèse est profondément affectée par cette indécision épiscopale concernant sa demande d'entrée au Carmel. C'est alors que son père parle d'aller rencontrer le Pape. N'a-t-il pas prévu de participer en novembre 1887 à un pèlerinage à Rome pour le Jubilé de Léon XIII ? L'occasion de faire un grand voyage réjouit tout le monde. Louis, Céline et Thérèse vont visiter Paris, traverser la Suisse et rejoindre l'Italie où les visites se succèdent : Milan, Venise, Bologne, enfin la ville éternelle, Rome.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu sais qu'étant jeune fille, je me suis donné un coup dans la poitrine à l'angle d'une table. On n'y fit pas alors attention, mais aujourd'hui, j'ai une glande au sein qui me cause de l'inquiétude, surtout depuis qu'elle me fait un peu souffrir. Cependant quand j'y touche, elle ne me fait aucun mal, bien que je sente tous les jours et plusieurs fois par jour, des engourdissements ». (Zélie).

Parole de Dieu : « Sachez-le, aucune prophétie de l’Écriture n'est objet d'explication personnelle ». (2 Pierre 1, 20).

 

Dans ma vie

 

La découverte d'une maladie grave résonne comme un tremblement de terre. Tout allait bien jusque là. Subitement l'on prend conscience que la vie va s'arrêter dans un court délai. Pourquoi moi ? Comment est-ce possible ? Tant de questions insolubles se télescopent. Une seule réponse demeure pourtant stable depuis l'aurore de l'existence : dieu est là et nous tient dans sa main. Aucun cheveu de notre tête ne tombe sans qu'il ne le sache. C'est alors qu'une paix profonde nous envahit : Dieu est père de miséricorde et rien ne nous arrive sans qu'Il ne soit avec nous. Tournons-nous alors vers son pardon, intensifions notre vie sacramentelle.

Effet de Conversion : Je vais accomplir aujourd'hui un acte d'abandon à la Divine Miséricorde avec l'intention de me remettre complètement entre les mains du Père.

 

Mardi 20 décembre

La Volonté de Dieu avant tout

 

L'audience papale tant attendue a lieu le 20 novembre 1887. Thérèse se jette aux pieds du Saint Père et l'implore de permettre son entrée au Carmel. Léon XIII regarde cette jeune fille tendrement et lui répond avec bienveillance qu'elle doit obéir aux supérieurs et s'en remettre à la Volonté de Dieu. Thérèse reste sur sa faim... Elle rentre tristement à Lisieux. Et pourtant, en ce matin du 1er janvier 1888, à, la veille de ses quinze ans, la petite dernière de Louis et Zélie Martin reçoit une lettre de Monseigneur l'évêque. Une lecture rapide... et c'est l'allégresse : Thérèse a l'autorisation d'entrer au Carmel.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à ses filles) Je t'expédie une douzaine de coquilles d'or, tu en donneras deux à Céline et deux à ma petite Reine, en les embrassant bien sur les deux joues. Et toi, ma grande, console-toi et encore une fois, je t'assure que tu ne te repentiras pas de m'avoir laissé partir (en voyage) ; aussi je t'embrasse, ainsi que ma Léonie, bien fort, bien fort. N'oublie pas de remettre les huit coquilles à ma « perle fine » du Carmel ». (Louis).

Parole de Dieu : « Vivez dans la prière et les supplication ; priez en tout temps dans l'Esprit » (Ephésiens 6, 18).

 

Dans ma vie

 

L'affection de Louis pour ses filles est remarquable. Sa paternité n'est-elle pas un exemple pour les pères de famille ? Il est ferme, exigeant et débordant de tendresse tout en même temps. Il aime le terrain de la complicité sans sombrer dans l'infantilisme. Avec ses adolescentes il garde le contact en prenant du temps et partageant des moments de jeux ou de voyages, hors de toute obsession de rentabilité ou d'activisme. Saint Louis Martin, maître en gratuité et pédagogue exceptionnel, enseignez-nous la voie de la patience et du don de nous-mêmes.

Effet de Conversion : Lorsque quelque chose me demandera de la peine et que j'hésiterai à renoncer, je m'imposerai de persévérer et de finir la tâche prévue. Pour l'amour de Dieu.

 

Mercredi 21 décembre

L'entrée au Carmel

 

Il faudra attendre jusqu'en avril pour que Thérèse rejoigne le monastère. Louis propose alors un pèlerinage à Jérusalem... L'offre est refusée car pour cela, il aura fallut repousser la date d'entrée au Carmel. Le 9 avril 1888, c'est le jour du départ, ou plutôt de l'arrivée. Devant la porte, Louis ne peut s'empêcher de laisser couler quelques larmes au moment où il bénit sa fille. Le Carmel de Lisieux abrite désormais trois de ses « petites ». Marie, Pauline et Thérèse. Le lendemain, il écrit à ses amis : « Ma petite Reine est entrée hier au Carmel. Dieu seul peut exiger un tel sacrifice, mais il m'aide si puissamment qu'au milieu de mes larmes, mon cœur surabonde de joie.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline) C'est donc mercredi l'Immaculée Conception ; c'est une très grande fête pour moi ! (…) Cette année j'irai encore trouver la Sainte Vierge de grand matin, je veux être la première arrivée ; je ne lui demanderai plus de petites filles ; je la prierai seulement que celles qu'elle m'a données soient toutes des saintes et que moi, je les suive de près » (Zélie).

Parole de Dieu : « Ayez confiance, c'est moi, soyez sans crainte » (Marc 6, 50).

 

Dans ma vie

 

La prière mariale est centrale dans la vie de la famille Martin. La présence de la statue de Notre Dame, la fameuse « Vierge du Sourire » indique bien l'attitude intérieure des occupants de la maison : avoir un esprit de Fils, c'est savoir qui est son Père, qui est sa Mère. Chaque jour, en famille, la prière des cœurs humbles s'élève vers les Cieux : « Je Vous salue Marie, pleine de grâce... » Quand une sainte maman s'appuie sur la Mère de Dieu pour accomplir son devoir d'état, l'on ne peut qu'être en admiration devant ce que Dieu a pu réaliser de magnifique dans le cœur d'une femme, Zélie.

Effet de Conversion : Si je n'ai pas une belle représentation de Notre Dame dans mon intérieur, je prévois de faire « un petit coin » marial qui soit joli... et fleuri.

 

Jeudi 22 décembre

« J'ai le cœur déchiré »

 

Depuis le voyage chez le Souverain Pontife, Louis Martin a beaucoup vieilli. Céline écrit ainsi à sa jeune sœur : « Ce pauvre petit père me semble maintenant si vieux, si usé. (…) J'ai le cœur déchiré, je me figure qu'il mourra bientôt ». Il commence à souffrir d'artériosclérose, de crises d'urémie qui provoquent étourdissements et malheureusement des pertes de mémoires... Le 23 juin 1888, une grande inquiétude agite les Buissonnets : Louis Martin a disparu ! Le lendemain, un télégramme du Havre est annoncé : Louis demande de l'argent sans laisser d'adresse. On le retrouve là-bas, lucide mais harcelé par l'idée de vivre en ermite.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Ma Marie, ma grande, ma première, continue à conduire ton petit bataillon le mieux que tu pourras et sois plus raisonnable que ton vieux père, qui a déjà assez de toutes les beautés qui l'entourent et qui rêve du Ciel et de l'infini. Vanité des vanités, et tout n'est que vanité, hors aimer Dieu et le servir ! » (Louis).

Parole de Dieu : Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, m'est un frère et une sœur et une une mère. » (Matthieu 12, 50).

 

Dans ma vie

 

La mission de l'aîné dans une famille est belle et sérieuse. Loin de chercher à faire peser sur les épaules du premier-né une charge qui ne serait pas la sienne, nous pouvons dire que ce n'est pas par hasard si untel est l'aîné. Il n'y a pas de hasard en Dieu. Seulement une divine Providence qui veille sur chacun et accompagne les pas hésitants. L'aîné à la mission de l'exemplarité : il est investi par Dieu de cette douce exigence d'être celui sur qui les regards des suivants se posent. Voilà une belle occasion de faire l'apprentissage de la responsabilité, comme un chef de patrouille dans le scoutisme avance en premier de cordée.

Effet de Conversion : à quelques jours de Noël, je prends un bon moment de prière silencieuse auprès de la Crèche. La contemplation de Marie et Joseph pourra m'aider à préparer mon cœur à la venue du Divin Enfant.

 

Vendredi 23 décembre

Toujours plus généreux

 

L'errance de Louis au Havre va traumatiser la famille, spécialement Thérèse qui a choisi de rejoindre le Carmel au moment où son père entre dans une grande période de fragilité. Certaines paroles méchantes franchissent la clôture du Carmel : si Louis a perdu la tête, n'est-ce pas dû au départ de ses jeunes filles en religion, surtout de la plus jeune qu'il aime tant ? Louis alterne les périodes de lucidité et de rechutes. Sentant sa fin proche, il se montre toujours plus généreux : il offre, entre autre, les 10 000 francs que coûte l'achat d'un maître-autel à la cathédrale de Lisieux.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline) On ne peut être heureux que la terre. Quand on a la fortune, on désire les honneurs, je vois cela chez toutes les personnes qui se sont enrichies. (…) je n'aime pas voir (Marie) avec des gens si riches, cela donne des envies malsaines. Je ne désire nullement fréquenter ces personnes-là » (Zélie).

Parole de Dieu : « Une fois de plus, aie pitié de nous ! Foule aux pieds nos fautes, jette au fond de la mer tous nos péchés ! » (Michée 7, 19).

 

Dans ma vie

 

L'orgueil est un mal affreux. Zélie, humble travailleuse dans la vigne du Seigneur, ne compte ni sa peine, ni son temps. Elle connaît les bienfaits jaillis de l'accomplissement des humbles tâches du quotidien. Son désir de perfection est un aiguillon qui va l'aider à désirer pour ses filles qu'elles vivent en véritables chrétiennes. C'est la raison pour laquelle elle les dissuadera bien souvent de chercher les fréquentations qui pourraient les écarter de la simplicité évangélique. L'orgueil, tel le lierre qui enlace l'arbre à la manière d'un serpent, est un poisson mortel.

Effet de Conversion : Il faut beaucoup d'humiliations pour un peu d'humilité dit-on. Je ne craindrai pas celles-ci pour mieux obtenir celle-là.

 

Samedi 24 décembre

Prise d'habit

 

Un an après son entrée au Carmel de Lisieux, Thérèse prend l'habit. Nous sommes le 10 janvier 1889. En ce jour, la santé de Louis est stable : il peut descendre la nef de la chapelle conventuelle au bras de sa fille, qui écrit : « Jamais il n'avait été plus beau, plus digne. Il fit l'admiration de tout le monde ». Pourtant, un mois plus tard, un nouveau drame. Lors d'une crise sévère, Louis s'imagine en plein milieu d'une bataille et s'empare de son revolver. Appelé en hâte, l'oncle Isidore parvient à désarmer son beau-frère... Ce triste épisode implique une nouvelle prise de décision à l'endroit de Louis.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Je pense souvent à vous toutes, et dernièrement, j'ai fait un très beau rêve où je te voyais si bien que c'était comme une réalité. Si je pouvais vous faire ressentir tout ce que j'éprouve en admirant les grandes et belles choses qui se déroulent devant moi ! Mon Dieu, que vos œuvres sont donc admirables ! (…) C'est trop, Seigneur, vous êtes trop bon pour moi ! » (Zélie).

Parole de Dieu : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi, et je serai sauvé, car tu es ma louange ! » (Jérémie 17, 14).

 

Dans ma vie

 

L'habit religieux n'est ni un uniforme ni un déguisement. C'est la parure dont l'Esprit Saint revêt les êtres qu'il s'est réservés. Mis à part, les religieux sont mariés avec Dieu pour toujours. Et leurs noces sont continuelles : c'est la raison pour laquelle ils sont appelés à ne pas se départir de leur vêtement de fête. Même la nuit, ils sont nombreux à le conserver pour signifier qu'ils sont, comme dans un linceul, morts au monde et vivants en Jésus-Christ. Signe de pauvreté, l'habit religieux est une invitation à l'humilité : je ne suis rien sans Dieu qui me revêt de sa beauté.

Effet de Conversion : Je prends le temps de lire et de méditer l'Evangile de la Messe de la Nuit pour ensemencer mon âme de la Parole de Dieu qui nourrit et féconde.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

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10 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

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Troisième semaine de l'Avent

 

Accueillir la vie

 

Troisième Dimanche de l'Avent

 

Dimanche 11 décembre

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 3,10-18

 

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

 

La méditation de la semaine

 

« Donne, donne toujours et fais des heureux » (CF 226, Louis) « Que devons-nous faire ? » La question est sur toutes les lèvres. Les foules accourant auprès de Jean-Baptiste sont pleines d’espoir ! L’Evangile de ce jour est la suite de l’Evangile de la semaine passée, où le grand prophète avait surgit tel un flambeau éclairant d’une lueur nouvelle un monde trop enfermé sur lui-même. Il accomplissait le passage de l’Ecriture affirmant qu’un homme se lèverait, « avec l’esprit et la puissance d’Elie » [Lc 1,17], pour annoncer la venue imminente de Celui qui enlève le péché du monde. Cette lumière soudaine éclairant la vie des hommes bouscule la vie des uns et des autres, à commencer par celle de … Marie de Nazareth elle-même. S’était-elle attendue à la visite d’un Archange, lui annonçant qu’elle enfanterait le Sauveur du monde ? Les mages guidés par une étoile, les bergers surpris par les anges du Ciel, avaient-ils prévu un tel événement au sein de leur vie ? Et que dire de ces pêcheurs appelés à devenir apôtres du Seigneur, ou de ces foules étonnées et admiratives devant un Maître se révélant être « le Chemin, la Vérité et la Vie » [Jn 14,5] !

 

Devons-nous faire des choses extraordinaires ?

 

Mais pour l’heure, la Bonne Nouvelle est annoncée par Jean, le baptiste, et la réponse qu’il donne à cette question « que devons-nous faire ? » fait elle-même partie de la Bonne Nouvelle. Le prophète nous informe en effet que nos actes expriment concrètement notre foi (ou notre manque de foi !). Et ces actes ne relèvent pas de l’extraordinaire. Nous ne sommes pas appelés à poser des actes extraordinaires, nous ne sommes pas appelés à vivre une vie extraordinaire. « Que devons-nous faire ? », demandent les collecteurs d’impôts ? Devenir des résistants, au lieu de collaborer aux exigences de l’occupant romain ? Se ruiner, plutôt que prélever taxes et impôts ? Faites simplement votre travail avec honnêteté, leur répond Jean-Baptiste, et « n’exigez rien au-delà de ce qui vous est prescrit ». Des militaires, à leur tour, s’interrogent : que faire pour correspondre à l’appel du Ciel ? Là encore, la réponse et simple, elle ne demande pas de choses exceptionnelles : faites votre métier, ne soyez pas violents quand cela est inutile…

Nous n’aurons probablement pas assez d’une vie pour mesurer combien la Bonne Nouvelle commence par cette simplicité et non autrement. « Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup » [Lc 16,10] ; ce serait une erreur de croire que l’accueil du Christ en nos vies devrait se traduire par de grandes choses à accomplir. Bien au contraire ! La grâce de l’Esprit se vit dans les petites choses de nos vies, dans toutes les petites choses de nos vies, que ce soit au travail, en famille, entre amis, en détente ou en activités sportives... Sommes-nous attentifs à cette foule de ‘‘détails’’ tissant notre quotidien ? Prenons le temps de nous interroger. Jésus lui-même souligne à plusieurs reprises combien ces petites choses aboutissent ou aboutiront à de bien plus grandes. « C’est bien, bon serviteur, dit Jésus dans la parabole des mines, puisque tu t’es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes » [Lc 19,17] : oui, très peu de chose aboutit au gouvernement de dix villes ! La petite Thérèse est l’une des saintes ayant le mieux compris l’importance d’accomplir en esprit de foi, d’espérance et de charité, les choses quotidiennes et d’apparence anodines. On n’allume pas un feu sans pailles ou sans brindilles, le feu de l’Esprit ne vient pas réchauffer nos vies et éclairer notre prochain sans brûler dans ces petites pailles ou ces brindilles. Inutile de s’évertuer à aller chercher des bûches extraordinairement volumineuses, le feu ne prendra pas ! Or, nous apprend encore Jean-Baptiste, nos vies sont bien appelées à être consumées par « l’Esprit Saint et le feu »… La vie de Louis et Zélie Martin l’illustre bien ; s’ils sont tous les deux saints, ils ont simplement vécu une vie droite, dépourvue de choses extraordinaires.

 

Une foi quotidienne se traduisant en actes quotidiens

 

Chez les Martin, la vie familiale commence régulièrement avec la Messe du matin. La famille pourrait aller à une Messe moins matinale, mais pour Louis « c’est la seule à laquelle peuvent assister les domestiques et les ouvriers. J’y suis en compagnie des pauvres », et cela fait son plaisir. Ensuite, il se met à son travail, se montrant très appliqué dans son travail d’horloger-bijoutier. Le dimanche, Louis refuse d’ouvrir son commerce, malgré la pression d’amis lui montrant que d’autres, concurrents y compris, n’hésitent pas à le faire. Mais de manière surprenante, le respect du jour du Seigneur n’entrave pas ses affaires, au contraire… « Voilà un homme qui n’a jamais essayé de faire fortune, remarque Zélie ; quand il s’est établi, son confesseur lui disait d’ouvrir sa bijouterie le dimanche, jusqu’à midi ; il n’a pas voulu accepter la permission, préférant manquer de belles ventes. Et malgré tout, le voilà riche. Je ne puis attribuer l’aisance financière dont il jouit à autre chose qu’une bénédiction spéciale, fruit de son observance du dimanche » (CF 140).

Louis rejoint ensuite Zélie dans son métier de dentelière spécialisée en fabrication du point d’Alençon. Les affaires ont des hauts et des bas, avec tout ce qu’une activité commerciale peut subir de déconvenues ; retards de paiement, demandes parfois farfelues de la part des clients, ou absence de commandes. Dans ces moments de difficultés, Louis et Zélie s’appuient sur la Providence divine sans rechigner à payer le salaire des neuf ouvrières, même en ces périodes de ‘‘vaches maigres’’. « C’est ce coquin de point d’Alençon qui me rend la vie dure, soupire Zélie dans une lettre à son frère : quand j’ai trop de commandes, je suis une esclave du pire esclavage ; quand il ne va pas et que je m’en vois pour vingt-mille francs sur les bras à moi coûtant, et des ouvrières que j’ai eu tant de peine à trouver qu’il faut renvoyer chez d’autres fabricants, il y a un peu sujet de se tourmenter, aussi j’en ai des cauchemars ! Enfin, que faire ? Il faut bien se résigner » (CF 15) à avoir confiance en la divine Providence, conclut Zélie. Si les finances de son commerce vont de mieux en mieux au fil des ans, mettant la famille à l’abri des difficultés financières, Zélie garde le sens des priorités ; elle ne se rendra jamais esclave de l’appât du gain… Elle est chef d’entreprise, mais elle exerce cette charge à l’image du Christ lavant les pieds de ses disciples : elle se réserve la partie la plus fastidieuse et la plus ingrate du travail. Louis et Zélie accomplissent leurs tâches du jour du mieux qu’ils peuvent, en esprit de service, en esprit de charité chrétienne. « Je ne traite pas mes servantes moins bien que mes enfants », affirme Zélie. Ils ne font rien d’extraordinaire, et forment un foyer parmi d’autres... L’éclat de choses surnaturelles à accomplir au nom de la foi ne les attire pas. Louis, malgré l’impression qu’il dégageait sur sa clientèle et sur les notables d’Alençon, ne se transforme pas en prédicateur acharné de l’Evangile. Quant à Zélie, l’idée de devenir une nouvelle Madame Acarie (grande figure laïque du XVII° siècle) ne lui a jamais traversé l’esprit… Si la famille ne cache pas sa foi, elle ne l’impose pas aux ouvrières ou à la clientèle.

 

Le flambeau chaleureux de la foi

 

Cette vie embrasée par l’Esprit rendrait-elle le foyer austère ? La foi n’est pas triste ! La joie et le bonheur – malgré les épreuves – transparaissent dans les écrits du couple. Les enfants ne sont pas délaissés par l’activité prenante de la dentelle, et Zélie préfère interrompre son travail pour le reprendre ensuite, quitte à travailler tardivement la nuit, afin de s’occuper de ses enfants. La joie d’être ensemble – parents, enfants –, les jeux, les chants, les histoires racontées (par Louis notamment) rendent l’atmosphère familiale libre et joyeuse. Leur vie de famille est à la fois simple et dynamique. Par ailleurs Louis a appris de ses études à Paris combien des relations ou des influences néfastes peuvent être nuisibles dans une vie, aussi prend-il soin de protéger le foyer des relations trop mondaines. Peut-être surprotège-t-il un peu trop la famille, la petite Thérèse elle-même écrira plus tard combien dans son enfance elle ne pouvait « souffrir la compagnie de personnes étrangères et ne retrouvait [sa] gaieté que dans l’intimité de la famille » [Ms A 13]. Mais qui n’a jamais fait d’erreurs ? Les fruits de la vie de Louis et Zélie sont abondants. Leurs filles ont une enfance heureuse et l’une d’elle deviendra plus tard « la plus grande sainte des temps modernes ».

La lumière brille de manière chaleureuse au foyer Martin, aussi ne manque-t-elle pas de rayonner sur autrui. S’ils évitent les mauvaises fréquentations et travaillent d’arrache-pied à la maison, tant Louis que Zélie font preuve de zèle pour aider leur prochain, chacun à sa façon. Le plus discrètement possible, Zélie fait porter des paniers de nourriture et un peu d’argent aux indigents de la ville. « Ma maîtresse, témoignera Louise Marais, employée comme servante de maison pendant onze années, m’envoyait fréquemment chez les indigents avec un pot-au-feu, des bouteilles de vin et des pièces de quarante sous. Et personne ne le savait que nous deux »… Louis, de son côté, s’investit au cercle Vital Romet et aux Conférences Saint-Vincent de Paul pour aider les plus nécessiteux. L’estime de Louis pour les pauvres est telle qu’un jour, à la maison des Buissonnets (à Lisieux), il demande à l’un d’entre eux de bénir ses deux petites filles, Céline et Thérèse !

« Donne, donne toujours et fais des heureux » (CF 226), conseille-t-il vers la fin de sa vie à sa fille Marie. Le conseil paraît emblématique de la Bonne Nouvelle reçue dans les petites choses courantes de la vie. Louis écrit en effet cette devise pour encourager et féliciter Marie qui venait de donner des poires : « Donne, donne toujours » là où tu es, « et fais des heureux » là où tu es, le conseil de Louis est aussi simple que précieux ; ne nous imaginons pas aller faire du bien ou de grandes choses là où nous ne sommes pas ! À quoi ressemblerait un homme voulant apporter la lumière chez les habitants de l’autre bout de la ville, alors qu’il ne s’occupe pas de l’avoir chez lui ? « Que devons-nous faire ? » se demandaient les foules dans l’Evangile du jour ? « Donne, donne toujours et fais des heureux » est la réponse que foyer Louis et Zélie Martin s’est attribuée : donne-toi toi-même aux tiens, et par de petites choses (quarante sous, quelques poires…) fais des heureux.

 

3 pistes pour s’approprier l’Evangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

 

Jésus est « le Chemin, la Vérité et la Vie » [Jn 14,6]. Nous pouvons nous demander quel est actuellement le chemin que nous avons pris, quelle est la vérité de nos vies. Comment notre foi s’incarne-t-elle dans notre vie quotidienne ? Nos actes quotidiens en disent longs sur notre avancement spirituel réel ou supposé !

« Il me tarde d’être près de toi », je suis « ton mari et vrai ami, qui t’aime pour la vie » (CF 2bis), écrit Louis à sa femme Zélie. Dans nos relations conjugales, faisons-nous toujours preuve d’attentions et de délicatesse pour notre conjoint, ou cherchons-nous souvent nos propres intérêts ? Si Louis et Zélie sont attentionnés pour leurs enfants et leur éducation, ils évitent toutefois d’en faire des enfants-rois… « Toute petite qu’elle était, je ne lui passais rien, sans cependant la martyriser, mais il fallait qu’elle cède » (CF 44), dit Zélie à propos de sa fille Pauline, dont le tempérament était vif. Mais « c’est surtout la petite Céline qui me donne du mal, elle devient capricieuse, on l’a trop gâtée » (CF 50), ajoute un peu plus tard la maman. Avons-nous trouvé la juste relation avec nos enfants ? Si nous sommes célibataires, quel est notre attrait pour le mariage ; celui d’une recherche de plaisirs plus ou moins centrés sur nous-mêmes, ou celui d’une vie partagée à deux, vie de bonheur mais aussi de concessions à faire ?

Dans notre vie professionnelle, ou dans notre recherche d’une activité, faisons-nous preuve – avec notre collègue, avec la clientèle… – d’un réel esprit de service, souhaitons-nous bien faire et être utile, avec la saine ambition de servir au mieux ?

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

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Prier chaque jour de la semaine

 

Lundi 12 décembre

Vie de famille

 

La vie pouvait sembler austère aux Buissonnets. Elle est loin l'animation de la boutique d'Alençon. Le calme et le silence se succèdent au brouhaha des clients et des ouvrières. On n'est pas avide de réceptions aux Buissonnets. Les dimanches et fêtes mettent un peu de fantaisie bien réglée : on assiste à la Messe à la Cathédrale Saint Pierre, où l'on retrouve l'oncle Isidore et son épouse, puis c'est un joyeux repas chez eux. Le temps du deuil cède progressivement le pas à celui de la maturité des grandes filles.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Il paraît que tu penses toujours à melle X ? je crois que tu es fou (…) Tu te casseras le cou (…) car tu ne considères que des choses futiles : la beauté, la fortune, sans t'inquiéter des qualités qui font le bonheur d'un mari, ou des défauts qui causent sa désolation et sa ruine. Le principal est de choisir une bonne femme d'intérieur, qui n'ait pas peur de salir ses mains au travail, qui sache élever ses enfants dans le travail et la piété... » (Zélie).

Parole de Dieu : « Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ». (St Marc 11, 17).

 

Dans ma vie

 

« La paix c'est la tranquillité de l'ordre », écrit Saint augustin. L'exemple laissé par le témoignage de vie de la famille Martin montre que celle-ci s'appuie sur des arêtes vives, des lignes de force : la messe, comme fondement de la journée, la convivialité, le travail, Dieu, famille, patrie pour résumer. « Cherchez le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcoît » pouvons-nous lire dans les Saintes Ecritures. C'était aussi la devise d'Antoine Lestra, un militant Catholique de la première moitié du XXe siècle dans la ressemblance physique avec Louis Martin était plus que saisissante.

Effet de Conversion : Lorsque je serai amené à formuler un avis concernant une situation, je choisirai de commencer par une parole qui bénisse, avant d'aller plus loin dans l'appréciation de la question.

 

Mardi 13 décembre

Voyages

 

Les plus jeunes, Léonie, Céline, Thérèse rejoignent tour à tour le pensionnat des bénédictines de Lisieux. En 1882, Pauline décide, soutenue par son père, d'emprunter la voie de Sainte Thérèse d'Avila. Elle entre au Carmel de Lisieux le 15 octobre. Thérèse est dans un grand désarroi : ne perd-elle pas sa seconde maman ? Grand amateur de voyages, Louis fait découvrir la capitale à ses filles. En 1885, il accomplit un voyage de deux mois jusqu'aux confins des Balkans. Avec un ami, l'Abbé Charles Marie, il traverse l'Europe centrale, Munich, Vienne, Athènes, Naples, Rome, Milan... De retour, il raconte ses péripéties durant les veillées d'hiver. « J'aime les longues soirées qui nous rassemblent en famille près du foyer pétillant », écrira Thérèse.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Je suis allé voir, mardi dernier, ma petite Hélène. Je suis partie seule à 7 heures du matin, par la pluie et le vent qui m'ont menée et ramenée. Imagine-toi ma fatigue le long du chemin, mais j'étais soutenue par la pensée que j'allais bientôt tenir dans mes bras l'objet de mon amour. C'est un gentil bijou que la petite Hélène, elle est belle à ravir ». (Zélie).

Parole de Dieu : « Une source jaillira de la maison de Yahvé et arrosera le ravin des Acacias ». (Joël 4, 18).

 

Dans ma vie

 

Les voyages forment la jeunesse, entendons-nous bien souvent. Ils ouvrent en effet l'esprit et le cœur aux dimensions du monde. Joseph et Marie se sont mis en route pour trouver un lieu qui permettrait la naissance de bonnes conditions de l'enfant divin qu'elle porte en elle. C'est au cours d'un voyage que Jésus à voulu naître. C'est après un long voyage que les Mages l'ont découvert tandis que les bergers l'avaient reconnu après avoir marché quelques kilomètres seulement. Car le voyage n'est pas d'abord affaire de longues distance, mais d'ouverture de cœur.

Effet de Conversion : dans une conversation qui tourne vinaigre, je choisis de garder le silence pour ne pas prêter le flanc à un manque de Charité qui, entre médisance et calomnie, serait une atteinte à la dignité de mon frère.

 

Mercredi 14 décembre

Peine et départ

 

Thérèse est sans doute la plus touchée des filles, par la mort de sa mère Zélie. Sa grande sensibilité contraint Louis, son père, à la retirer de son école en février 1886. Elle suivra dorénavant des leçons particulières. En août de la même année, contre toute attente, l'aînée Marie entre elle aussi au Carmel de Lisieux. Louis perd sa fille préférée, celle qu'il nomme son « diamant ». Il devra cacher sa peine. Une nouvelle fois la petite Thérèse subit de plein fouet le coup. Marie n'était-elle pas devenue sa confidente, sa « troisième maman ? »

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« Combien j'aurais désir voie ces braves gens rentrer dans le giron de l’Église ! Pour celui qui a la Foi, c'est si triste de voir un brave garçon comme Mathey, et tant d'autres poursuivre leur petit bonhomme de chemin, sans s'inquiéter de ce qui les attend ». (Louis).

Parole de Dieu : « J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous » (Romains 8, 18).

 

Dans ma vie

 

Le souci de trouver une bonne scolarisation pour les enfants a été une préoccupation majeure pour Louis et Zélie. Ils voulaient avant tout une école Catholique et un contenu à la hauteur de la vocation à la sainteté qui est le lot commun de chaque baptisé. Cela les a conduit à faire des sacrifices financiers et affectifs, importants (par l'éloignement des enfants). La responsabilité des parents ne consiste pas seulement à assurer le minimum vital au plan horizontal et purement animal. L'école sert la croissance, ou bien la décroissance, de l'enfant. Il est heureux de voir que Louis, devenu veuf, en a la préoccupation.

Effet de Conversion : J'offre une contrariété, ou une obole, à l'intentions de tous ceux qui oeuvrent à la reconstruction d'établissement, bien souvent hors contrat, pleinement en phase avec ce que l’Église demande.

 

Jeudi 15 décembre

Les voies de Dieu sont impénétrables

 

En octobre 1886, Léonie tente l'aventure religieuse au couvent des Clarisses. L'ambiance familiale des Buissonnets se réduit de plus en plus. Ne reste plus que Thérèse, Céline et le vieux père, Louis Martin. Début décembre 1886, Léonie est de retour après sept semaines de vie claustrale. Quelques mois plus tard, cette dernière demande l'autorisation d'entrer à la Visitation de Caen. Heureuse époque où la mission parentale ne consistait pas simplement à payer les études ou à laisser le libéralisme franchir les portes de la demeure familiale...

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) La petite Léonie se porte bien maintenant (…) Je suis allée voir, il y a quinze jours, celle qui est en nourrice ; je ne me souviens pas d'avoir jamais éprouvé un saisissement de bonheur tel qu'au moment ou je l'ai prise dans mes bras, et où elle m'a souri si gracieusement, que je croyais voir un ange. (…) Je ne puis me figurer que j'ai l'honneur d'être la mère d'une créature aussi délicieuse ». (Zélie).

Parole de Dieu : « C'est la miséricorde que Je veux et non le sacrifice. En effet, Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » (Matthieu 9, 13).

 

Dans ma vie

 

Léonie sera l'enfant difficile de la famille Martin. Zélie n'hésite pas à dore d'elle : « Je voyais un ange ». Une belle chanson intitulée « L'espérance » contient les mots suivants : « Même le plus noir nuage a toujours sa frange d'or ». Cela veut dire qu'aucun enfant n'est totalement mauvais. Baden-Powell, le fondateur du Scoutisme, disait toujours qu'il y a toujours 5% de bon dans le pire des êtres humains. Pour Léonie, ce fut certainement vrai à tel point que le mauvais fut mis en ballotage puis en minorité. Aujourd'hui, un procès en béatification est ouvert pour Léonie. Les voix de Dieu sont impénétrables et pourtant si claire, vues sous un autre angle...

Effet de Conversion : Toutes nos familles comptent des enfants plus difficiles que d'autres. Éducateur, je choisis de porter un regard plein d'espérance sur tel enfant qui m'est lourd à porter.

 

Vendredi 16 décembre

Appelée par Jésus

 

Avec le temps et les soucis, la santé de Louis finit par être un peu atteinte. Le 1er mai 1887, ce dernier subit une attaque qui le laisse hémiplégique pendant quelques heures. Heureusement, l'intervention rapide de son beau-frère Isidore le sauve de ce mauvais pas. Après la grâce reçue à Noël 1886, Thérèse est résolument sortie de l'enfance. Petit à petit, elle aspire à devenir carmélite, non pour retrouver Marie et Pauline, mais parce qu'elle se sent appelée par Jésus. Le jour de la Pentecôte 1887, après avoir prié toute la journée, elle présente sa demande à son père, dans le jardin des Buissonnets.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (Départ pour le grand voyage) Très chères filles. Vous êtes bien aimables de m'avoir laissé faire cette petite échappée, et je vous saurai toute ma vie bon gré de cela. Du reste, si la distance nous sépare un peu, mon cœur est tout près de vous. Soyez donc sans inquiétudes et nous vous faites pas de chagrin, mes enfants. (…) Tout à vous dans le Seigneur » (Louis).

Parole de Dieu : « Mon fils, viens en aide à ton père dans sa vieillesse, ne lui fait pas de peine pendant sa vie ». (Sirac 3, 12).

 

Dans ma vie

 

La bonne santé physique est un bien, pour autant qu'elle n'est pas le bien suprême. Le bien suprême est la santé de l'âme. La Passion du Christ nous a indiqué clairement que la souffrance et la mutilation ne sont pas des amputations quand elles sont vécues en offrande d'amour. Au contraire, elles ajoutent un surcroît d'être (cette expression ne doit pas être prise au sens métaphysique du terme) et de dignité à l'homme. L'embryon, le vieillard, la personne handicapée, le malade en état pauci-relationnel ne sont pas des sous-hommes. La mort et la résurrection de Jésus nous indiquent au contraire qu'ils portent en eux les germes de leur résurrection.

Effet de Conversion : Suis-je suffisamment présent auprès des personnes âgées de mon entourage ? Je décide aujourd'hui de poser un acte fort de présence auprès de l'une d'entre elles.

 

Samedi 17 décembre

Première requête

 

Louis n'est pas totalement surpris par la requête de sa fille. Il la trouve tout de même un peu jeune... n'a-t-elle pas encore quinze ans ? Il se laisse vite convaincre et ajoute que Dieu lui fait « un grand honneur de lui demander ainsi ses enfants ». Mais d'autres difficultés se présentent : il faut convaincre l'oncle Isidore ainsi que le Chanoine Delatroëtte, supérieur du Carmel. Celui-ci répond négativement, si bien que Louis propose une rencontre avec l'évêque, Mgr Hugonin. L'entrevue est bonne, mais la décision est remise à plus tard... Grande tristesse pour la petite Thérèse.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) oh ! Va, je ne me repens pas de m'être mariée. Si tu avais vu les deux aînées aujourd'hui, comme elles étaient bien toilettées, tout le monde les admirait et on ne pouvait en détourner les yeux. Et moi, j'étais là rayonnante, je me disais : « c'est à moi ! J'en ai encore deux autres qui ne sont pas là... » (Zélie).

Parole de Dieu : « C'est pourquoi, bien que j'aie dans le Christ tout le franc-parler nécessaire pour te prescrire ton devoir, je préfère invoquer la charité et te présenter une requête ». (Philémon 8, 9).

 

Dans ma vie

 

La sainteté c'est laisser se répandre la bonne odeur du Christ : le parfum du Saint Chrême en témoigne, au baptême, à la confirmation ou encore à l'ordination. La plus belle toilette de la chrétienne sera sa vertu, sa pureté, sa simplicité, son sourire, sa bonté, sa générosité... Comme une bonne odeur qui se dégage et s'envole vers les quatre coins de l'horizon... Pour une plus grande beauté. Sans le divin parfum, il n'est point de rose spirituelle. Sans cela, une jolie femme restera laide tandis qu'une autre, moins gracieuse, sera vraiment belle. Notre Dame allia les deux. Pour notre plus grande joie.

Effet de Conversion : Je réciterai une dizaine de Chapelet à l'intention d'un jeune homme ou d'une jeune fille de ma connaissance et dont la moralité est incompatible avec l'Evangile. Je le confiera particulièrement à Notre Dame, Reine de la Pureté.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

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03 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

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Deuxième semaine de l'Avent

 

Trouver sa place

 

Deuxième Dimanche de l'Avent

 Dimanche 4 décembre

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 3,1-6

 

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

 

La méditation de la semaine

 

« Nous mettre dans la disposition d’accepter généreusement la volonté du bon Dieu, quelle qu’elle soit, car ce sera toujours ce qu’il peut y avoir de mieux pour nous » (CF 204, Zélie) Jean, le prophète, le baptiste, fait irruption dans l’histoire d’Israël alors que le monde semble être bien en ordre. En cet « an quinze », il y a un empereur à Rome, un gouverneur en Judée, des grands prêtres et d’autres figures d’autorité et ce en divers lieux de l’Empire romain. Tout semble bien en ordre, ou plutôt tout semble tourner sans de véritable remise en cause à envisager. Ce monde bien établi n’est pourtant pas le monde idéal, comme en témoigne l’historien Flavius Joseph rapportant la brutalité d’un Ponce Pilate. Ce dernier se livre parfois à des répressions brutales, sanguinaires. Il heurte la sensibilité religieuse juive en introduisant des enseignes romaines à Jérusalem et en puisant dans le trésor du Temple. Mais malgré tout, le monde semble peu enclin à se remettre en question ; la paix – celle de Rome, celle des hommes – s’est plus ou moins imposée.

 

L’appel à la conversion au cœur même de nos vies

 

Un événement soudain surgit alors. Au cœur de ce monde, « la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie ». La parole de Dieu fait irruption dans cet ‘establishment’, elle appelle à un changement de comportement, à un « repentir en vue de la rémission des péchés ». Elle le fait car le monde n’est pas seulement le monde des hommes mais celui de Dieu. S’il est vrai que l’homme a son Ciel en Dieu, Dieu, lui, a son Ciel en l’homme. Sa Présence, sa Providence font irruption au cœur même de nos vies, si banales qu’elles pourraient paraître. Notre Père n’est pas perdu au Ciel, au point qu’il nous faudrait gravir les nuages pour nouer contact. Notre Père vient à nos devants, à l’image de l’Esprit-Saint venant au-devant de Marie lors de l’Incarnation, ou du Fils venant au-devant de ses disciples après la Résurrection.

Si la parole de Dieu s’est adressée à Jean et à travers lui au peuple de l’époque, elle s’adresse à nous tous aujourd’hui. Elle s’inscrit dans cette Alliance que le Très-Haut a proposée au peuple hébreu au long des siècles avant Jésus-Christ et qu’il propose à chacun depuis. Le Seigneur nous adresse ainsi, à travers cet Evangile du jour, une demande et une promesse. La demande est pressante, impérative même : « préparez le chemin du Seigneur » ! Le changement d’attitude intérieure et extérieure constitue la façon pour l’homme de dégager le chemin à l’advenue du projet divin. Dieu ne s’impose pas brutalement à nous, mais il se laisse trouver quand notre cœur se trouve disposé. Notre-Seigneur, par l’intermédiaire de Jean-Baptiste, nous invite à travailler cette attitude de disponibilité, tant elle n’est pas aisée a priori. Le poids de notre propre histoire, avec ses blessures, ses déceptions, ses souffrances, ses égarements, ne nous rend pas toujours facile cette disponibilité de cœur et d’esprit. Mais une fois retrouvés, cette disponibilité et ce changement de comportement prennent un nom : celui de « conversion ». C’est à cela que nous sommes invités, en ce deuxième dimanche de l’Avent.

Cette conversion, autrement dit ce refus de s’enfermer sur nous-mêmes et sur nos péchés, cette confiance retrouvée en Dieu, laisse alors place à la promesse de Dieu : « toute chair verra le salut de Dieu ». « Le Seigneur l’a promis » [Is 40,5], rajoute le passage du prophète Isaïe cité par l’Evangile d’aujourd’hui. Quiconque prépare le chemin du Seigneur verra le salut de Dieu œuvrer en sa vie. Ce salut ne viendra probablement pas changer le monde actuel, ‘ordonné’ et non idéal comme pouvait l’être le monde à l’époque de Jean-Baptiste, mais il permet à « toute chair » tournée vers le Ciel de trouver sa place sur terre. Trouver sa place dans le monde, n’est-ce pas une question primordiale ? Mieux, voir la beauté de cette place qui est la nôtre, n’est-ce pas d’une importance capitale ? La promesse de Dieu nous est donnée, elle nous invite à prendre notre place au sein de la société, avant de prendre notre place au cœur du Royaume qui nous est destiné… Louis et Zélie ont mis plusieurs longues années avant de trouver ainsi leur place, mais l’attente en aura valu la peine !

 

Trouver, prendre sa place et… en voir la beauté

 

En 1847, après sa déception de n’avoir pas pu embrasser la vie monastique, Louis se remet à ses études professionnelles dans l’horlogerie, et se rend à Paris plusieurs années dans cette optique. Il lutte pour ne pas se laisser aller à des divertissements ou à des tentations – nombreuses dans la capitale ! – susceptibles de le détourner de sa foi profonde. N’oublions pas qu’avec le poids de sa déception, Louis aurait pu chercher un ‘réconfort’, un moyen d’oublier sa désillusion, il aurait pu endurcir son cœur ou jouer le désabusé… Il préfère rester droit et lutter pour ne pas tomber. « Il lui a fallu du courage pour sortir victorieux de tous ces combats » (CF 1), écrira par la suite Zélie à ce sujet. Revenu à Alençon, Louis attendra l’âge de 34 ans – ce qui est beaucoup, à l’époque – pour voir le tournant salvifique que Dieu s’apprête à opérer en sa vie. Zélie, pendant ce temps, est revenue de son projet de vie religieuse. Tout en soupirant toujours après une vie de consacrée – «  je ne fais que rêver cloître et solitude » (CF 150), écrira-t-elle encore quelques années plus tard –, Zélie s’est faite à l’idée d’un possible mariage et se lance dans la confection de la dentelle. Elle a 20 ans. Pendant une demi-douzaine d’années, Louis et Zélie vivront dans la même petite ville, sans se rencontrer, à moins de 500 mètres l’un de l’autre…

La vie de l’un et de l’autre semble être bien réglée et ordonnée, les affaires vont leur train mais le cœur de chacun semble rester dans l’expectative. Devrais-je « rester vieille fille », s’interroge Zélie (CF 150) ? Mon fils restera-t-il toujours célibataire, s’alarme la mère de Louis ? En avril 1858, la Providence agit. « Un jour que Zélie Guérin passait sur le pont Saint-Léonard, elle croisa un jeune homme dont la noble physionomie, l’allure réservée, la tenue pleine de dignité l’impressionnèrent. Au même moment, une voix intérieure lui murmurait en secret : « C’est celui-là que j’ai préparé pour toi » » (Piat, Histoire d’une famille). Zélie entend une intérieurement une parole céleste (elle l’attribue à la Vierge Marie) venant bouleverser sa vie ; elle vient de rencontrer Louis. Si elle et lui se sont préparés à être disponibles à la volonté de Dieu dans leur vie – « Préparez le chemin du Seigneur » nous dit l’Evangile d’aujourd’hui –, Dieu avait déjà en amont préparé cette place qui leur était destinée. Cependant, Louis et Zélie ont encore du mal à apercevoir la beauté de leur place, la beauté du mariage et de l’union conjugale. S’ils se marient trois mois après leur rencontre, le 13 juillet 1858, en toute discrétion (le mariage a lieu à minuit, en présence d’une dizaine de personnes seulement), Louis et Zélie ne comprennent encore pas totalement. Ils ne réalisent pas encore la beauté de leur vocation au sein du monde, au point que Zélie, le jour même du mariage, s’en va, accompagnée de Louis, pleurer à chaudes larmes au monastère de la Visitation où sa sœur Elise est devenue religieuse. « Je me trouvais si malheureuse d’être au milieu du monde, j’aurais voulu cacher ma vie avec la sienne » (CF 192), au monastère. Le jour de son mariage, Zélie rêve encore du cloître !

 

Parole donnée, parole tenue : l’accomplissement de la promesse

 

Si le couple a bien perçu l’appel divin à se sanctifier au cœur de la société, en tant que mari et femme, les deux époux sont toutefois encore imprégnés de leurs désirs d’une vie conçue comme une vie cloîtrée. Pendant les dix premiers mois, ils vivent même en se dispensant des relations conjugales ! Fort heureusement, le confesseur de Louis demande à ce dernier de mettre fin à leur abstinence sexuelle. Louis et Zélie ne se raidissent pas, ils vont découvrir le bonheur de se donner l’un à l’autre. Neuf enfants vont naître, parmi lesquels la petite Thérèse, la dernière. Ils font découvrir à Louis et Zélie le bonheur de devenir parents. Ainsi, lors du baptême de l’aînée, Marie, en 1860, Louis sera tout joyeux d’annoncer au prêtre que « c’est la première fois que je viens ici pour un baptême, mais ce n’est pas la dernière ! ». Zélie, de son côté, s’extasie : « moi, j’aime les enfants à la folie, j’étais née pour en avoir » (CF 83)… La promesse de Dieu s’est réalisée, Louis et Zélie sont comblés. S’ils conservent leur attrait pour la prière, ils mettent définitivement fin à leurs velléités de vie religieuse. Zélie est heureuse avec son Louis, au point qu’elle « en désire un pareil à toutes les femmes » (CF 1). Louis, en retour, l’« aime pour la vie » (CF 2bis).

Mais ce bonheur, le couple doit se battre pour le conserver et le faire croître, tant les difficultés familiales ne manquent pas. Sur les neuf enfants nés du mariage, quatre meurent en bas âge. C’est une épreuve douloureuse. En l’espace de quatre ans, le couple voit mourir trois nourrissons et une petite fille, Hélène, âgée de cinq ans. Pour cette dernière, le choc est terrible, l’enfant meurt dans les bras de sa mère, alors que celle-ci ne s’y attend pas. « J’ai cru que j’allais en mourir ». La foi de Louis et Zélie, mise à rude épreuve, leur permet de surmonter le drame. « Nous l’avons offerte ensemble au bon Dieu » (CF 52), mais le travail de deuil doit s’effectuer, il sera long. Léonie, née un an avant Hélène, se révèle une enfant difficile, moins douée que ses sœurs et psychologiquement fragile. Elle donne beaucoup de soucis à Zélie. Mais « plus je la vois difficile, écrit-elle alors que Léonie a onze ans, plus je me persuade que le bon Dieu ne permettra pas qu’elle reste ainsi. Je prierai tant qu’il se laissera fléchir » (CF 117). Léonie en effet finira par se redresser, au point de comprendre mieux que ses sœurs la – future – petite voie de Thérèse. Tout au long de leur vie, Louis et Zélie se mettent « dans la disposition d’accepter généreusement la volonté du bon Dieu, quelle qu’elle soit, car ce sera toujours ce qu’il peut y avoir de mieux pour nous » (CF 204). Ils ont pu l’expérimenter, malgré les difficultés et… au sein même de ces difficultés. Cette « disposition » est toujours œuvre de conversion. Grâce à elle, nous donnons prise au « bon Dieu » pour agir dans nos vies.

 

3 pistes pour s’approprier l’Évangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

Dans l’Évangile, les foules entendent l’appel de Dieu à travers l’exhortation de Jean-Baptiste proclamant un baptême de conversion en vue de la rémission des péchés. Dans sa vie, Zélie entend l’invitation à considérer l’homme qu’elle allait croiser : Louis Martin. Sommes-nous également attentifs aux appels de Dieu dans nos vies quotidiennes ? Prenons-nous le temps de discerner ces appels ? Comment y répondons-nous ?

La foi et la disponibilité de cœur et d’esprit ont permis à Louis et Zélie d’accepter d’être bousculés, au point de consentir à une vie ne correspondant pas, initialement, à leur conception d’une vie sanctifiée. Mettons-nous nos existences pleinement sous le regard miséricordieux de Dieu, ou lui cachons-nous (à lui, mais peut-être à nous aussi) les points sombres ou douloureux de nos vies ? Cela revient à nous demander si notre attitude est bien une attitude filiale, confiante, celle d’un enfant envers le meilleur des pères, ou bien si nous lui présentons un personnage n’étant pas vraiment nous-mêmes…

Le salut des hommes est en Dieu, ne cesse de proclamer Jean-Baptiste. Louis et Zélie l’ont expérimenté. Livrés à eux-mêmes, ils ne se seraient probablement pas donnés l’un à l’autre, ils n’auraient pas eu la joie d’être parents, ils n’auraient probablement trouvé ni leur place ni aperçu la beauté de la place qui était la leur. Sommes-nous si sûrs d’être au clair avec cette question de notre place : l’avons-nous trouvée ? Savons-nous reconnaître la beauté de cette place qui est nôtre ?

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

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Prier chaque jour de la semaine

 

Lundi 5 décembre

 Vivre en chrétien

 

Si Zélie, femme de premier plan, tient une place prépondérante dans ce ménage, celle-ci ne cesse de louer la bonté de son mari : « C'est un saint-homme que mon mari, j'en désire un pareil pour toutes les femmes ». Fervents chrétiens, Zélie et Louis assistent chaque matin à la Messe de 5 h 30. ils pratiquent le jeûne et la prière en famille, respectent avec une belle conviction le repos du dimanche. Ils mettent en pratique leur Foi : ils visitent les malades, les vieillards isolés, les mourants. Il leur arrive parfois d'accueillir les vagabonds à table...

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Il paraît que tu n'as pas été content de ma lettre du premier de l'An. Que voulais-tu que je te dise ? Si je t'avais fait des compliments, tu te serais moqué de moi, si je t'avais prêché, tu en aurais ris, de sorte que ce que j'ai mis me passait dans l'idée au moment. Mais cela n'empêche pas que je t'aime et que je donnerais tout ce que j'ai plutôt que de t'abandonner, quand même tu en viendrais à m'oublier et ferais les plus grandes sottises » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Quiconque demande reçoit ; cherche, trouve ; et à qui frappe, on ouvrira » (Luc 11, 11).

 

Dans ma vie

 

« Femmes, soyez soumises à vos maris ! » Eh bien oui, il faut bien se le dire, puisque cette parole nous vient du Christ, le Verbe de Dieu qui parle dans les Écritures. Certes, cet appel nous vient de Saint Paul ; pour autant nous savons que ses épîtres sont la parole de Dieu. Cette soumission n'est en rien celle de l'Islam, qui chosifie l'homme et le dégrade. Elle est en réalité une demande spécifique qui invite la femme, celle qui porte la vie, à ne pas s'attribuer la maternité de toute chose dans le ménage. C'est en se livrant à elle, totalement que le Christ a aimé l’Église, poursuit Saint Paul, que l'homme rend possible cet ordre : « Femmes, soyez soumises à vos maris ! ».

 

Effet de Conversion : La loi de l'Amour consiste à renoncer à soi-même, à porter sa croix et à suivre Jésus. Pour mieux aimer mon conjoint, mes enfants, ceux qui m'entourent, suis-je prêt à faire passer en deuxième position mes aspirations secondaires, celles qui ne sont pas de l'ordre de l'essentiel ?

 

Mardi 6 décembre

Maladie

 

Zélie s'occupe consciencieusement de ses bonnes et de ses ouvrières, souvent jeunes et inexpérimentées. Une première épreuve va s'abattre sur la famille Martin. En 1876, la maladie frappe une première fois la famille Martin. C'est d'abord la sœur de Zélie, Marie-Dosithée, rongée par la tuberculose. Zélie en est très affectée. Elle se résout à consulter pour elle-même un médecin en décembre 1876, chose qu'elle avait mise de côté malgré des maux de têtes et des douleurs d'estomac récurrentes.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à un ami) Je sens le besoin de te féliciter ou plutôt de remercier avec toi le Seigneur, et cela de tout mon pauvre cœur, de la grande faveur qu'il a bien voulu t'accorder en décembre dernier, époque à jamais mémorable ! (son ami était revenu à la pratique religieuse) De cette faveur, on en connaîtra au juste le prix que plus tard... » (Louis).

 

Parole de Dieu : « Qui cherchera à épargner sa vie la perdra, et qui la perdra la sauvera » (Luc 17, 33).

 

Dans ma vie

 

L'avent et le Carême sont les temps liturgiques qui invitent à la conversion, comme deux grandes retraites annuelles. Ce sont de véritables exercices spirituels. Louis et Zélie aimaient se retrouver auprès du Seigneur dans ces moments particuliers. Il est bon de rester avec son époux aux pieds du Maître, assis dans le silence. Rien n'est plus important que cela, c'est la meilleure part qui résume à elle toute seule la vie contemplative. La conversion, le retournement de tout l'être vers celui qui est à l'origine, est un bouleversement salutaire à désirer ardemment pour soi-même et pour les autres.

 

Effet de Conversion : Je prends la résolution de consacrer au Seigneur une demi-heure de cette journée par un temps de prière silencieuse et de méditation.

 

Mercredi 7 décembre

Renoncement

 

Zélie n'avait pas pris le temps de faire le point sur sa santé. Le diagnostic est sans appel : elle est affectée d'une « tumeur fibreuse » au sein très avancée. Toute opération est considérée alors comme inutile. Zélie reçoit la nouvelle avec courage, mais son mari, Louis, est « comme anéanti ». Isidore Guérin, le frère de Zélie, devenu pharmacien à Lisieux, lui fit rencontrer un grand chirurgien. Ce dernier pose le même diagnostic qu'antécédemment : il est trop tard pour envisager une opération.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu sais que Louis est rigoureux observateur des Commandements de l’Église, il ne voudrait ni faire gras, ni ne pas jeûner pour un empire et je doute que ma tante soit aussi fidèle à son devoir. Quand M.D. est venu, ce Carême, tu ne pourrais croire combien nous avons été gênés. Louis jeûnait seul, puisque je m'en trouve dispensée pour le moment ; il nous regardait manger de bonnes choses pendant qu'il ne faisait que sa légère collation » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle ». (Jean 12, 25).

 

Dans ma vie

 

Certains démons ne se combattent que par le jeûne, pouvons-nous lire de la plume des plus grands auteurs spirituels de la tradition Catholique. En sommes-nous sûrs ? Nous devrions probablement l'être... si l'on croit les témoignages de ceux chez qui la pratique de l'ascèse corporelle, régulée avec discernement et dans l'obéissance à un bon directeur spirituel, porte des fruits magnifiques. L’Église demande le jeûne à ceux qui le peuvent certains jours de l'année, Mercredi des Cendres et Vendredi Saint. Elle n'interdit pas la pratique en Avent.

 

Effet de Conversion : Je choisis aujourd'hui de me priver de quelque chose pour m'unir à ceux qui manquent du nécessaire. Sans oublier de vivre cela avec le Christ qui s'offre à Son Père, dans l'Esprit Saint.

 

Jeudi 8 décembre

Retour au Père des Cieux

 

Le 24 février 1877, Marie-Dosithée s'éteint. Pour Zélie, c'est un coup très dur ; son mal empire. En juin de la même année, elle se rend à Lourdes malgré ses souffrances... mais il n'y a pas de miracle. Rentrée à Alençon, elle prépare sa tribu à son prochain départ. Elle reçoit l'extrême onction le 26 août en présence de Louis et de ses filles et meurt le 28 août 1877 après deux jours d'agonie. Ses funérailles sont célébrées dans l'actuelle Basilique Notre Dame d'Alençon. Le 29 août, elle est inhumée au cimetière d'Alençon. Sa famille est effondrée. La dernière de ses cinq filles, Thérèse, n'a pas cinq ans.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) La petite Léonie ne pousse pas bien ; elle ne paraît pas vouloir marcher. (…) Elle vient d'avoir la rougeole dont elle a été bien malade, avec des convulsions très fortes. Pauline est toujours la même. Elle est bien amusante et espiègle. (…) L'autre joue, je faisais le mois de Marie avec elle et je lui disais de prier le Bon Dieu pour toi ; elle a interrompu sa prière en pleurant, elle voulait voir son « tonton » ! ».

 

Parole de Dieu : « Tu sauvas mon âme de la mort pour que je marche à la face de Dieu dans la lumière des vivants ». (Psaume 56, 24).

 

Dans ma vie

 

La prière en famille n'est pas toujours aussi tranquille que l'office des Complies à l'Abbaye Saint Pierre de Solesmes. Les petits enfants ont parfois du mal à rester à genoux, tandis que les adolescents pourront être tentés de se passer de ce temps consacré à l'adoration, à l'examen de conscience et à l'action de grâce. Et pourtant, c'est comme cela que Dieu permet les choses. La perfection de la prière n'est pas d'abord dans l'attitude extérieure, même si celle-ci à son importance, mais dans la manière d'être présent à celui qui, venant des profondeurs de notre cœur où nous descendons si rarement, vient nous chercher dans une brise légère.

 

Effet de Conversion : Je réserve quelques instants à la contemplation de la création : en observant l'harmonie de l'oeuvre de Dieu, je nourris mon âme et la rends plus belle encore.

 

Vendredi 9 décembre

Installation à Lisieux

 

En novembre 1877, Louis et ses cinq filles choisissent de s'installer à Lisieux pour se rapprocher d'Isidore Guérin, frère de Zélie, qu'un conseil de famille a désigné subrogé tutelle des enfants. Les bonnes relations familiales entretenues notamment par Zélie, avec Isidore et son épouse, facilitent cette prise de décision. L'oncle et la tante sont persuadés que le transfert à Lisieux est une sage solution. Louis, d'abord réticent, est finalement gagné à cette idée. Ils trouvent à Lisieux une maison bourgeoise entourée d'un parc coquet : les Buissonnets.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) J'ai le portrait de mon père et le tien sur la cheminée ; ils sont parfaitement réussis et surtout très ressemblants. Pourtant Pauline ne te reconnaît pas. Elle dit : « Voilà Bon-Papa, et l'autre, c'est un curé ». (…) Si ça pouvait être la vérité ! Je donnerai de bon cœur ma part d'héritage pour que tu sois un bon curé. (…) Enfin, on a vu d'aussi grands miracles, mais pas de plus grands ». (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Il délivre le pauvre qui appelle et le petit qui est sans aide ; compatissant au faible et au pauvre, il sauve l'âme des pauvres ». (Psaume 72, 12-13).

 

Dans ma vie

 

Les bonnes relations entretenues en famille, dans le respect des uns et des autres, mais sans repli sur soi, sont un signe de l'amour trinitaire. Dieu est famille. Dieu est amour. Le respect dû aux parents, aux anciens, est un principe majeur de l'Evangile. La présence des cousins, des enfants est un devoir pour tout Chrétien. « Regardez comme ils s'aiment ! ». L'évangélisation passe par le témoignage de l'amour échangé et vécu. Les bons repas en famille, c'est bien, la prière, la participation aux messes aux offices liturgiques, c'est encore mieux. L'Avent, c'est aussi fait pour ça !

 

Effet de Conversion : Je prends le temps de nommer les membres de ma famille proche, spécialement ceux qui m'ont blessé, et je mes confie à la maternité de Notre Dame.

 

Samedi 10 décembre

Continuer d'avancer sous le regard de Dieu

 

Louis a donc vendu le commerce familial d'Alençon et vit désormais de ses rentes. Il se consacre à ses filles et en particulier à Thérèse, qu'il appelle sa « reine » et elle son « roi ». Il m'emmène souvent en promenade aux alentours. L'aînée, Marie, âgée de dix-sept ans, prend en main le fonctionnement de la maison, avec l'aide d'une bonne engagée pour la circonstance. Pauline, du hait de ses seize ans, s'occupe de l'éducation des deux plus petites, spécialement de Thérèse. Quant à Louis, isolé de ses amis alençonnais, il vit intensément sa solitude, par la lection, la meditation, l'oratio (prière) et la contemplatio.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à un ami) Dernièrement, je t'ai parlé de mes cinq filles, mais j'ai oublié de te dire que j'ai encore quatre enfants qui sont avec leur sainte mère, là-haut où nous espérons aller les rejoindre un jour !... Alors je ne dirai plus : « Oh ! Qui me rendra mon Hélène ? » Avec Hélène, sont encore deux petits Joseph et une autre jolie petite Thérèse » (Louis).

 

Parole de Dieu : « Enfants, écoutez-Moi, Je suis votre père, faites ce que Je vous dis, afin d’être sauvés » (Ben Sirac 3,1).

 

Dans ma vie

 

« Qui me rendra mon Hélène ? » Louis a pu connaître cette tristesse de l'absence d'un être très cher et aimé. Dans le silence de sa prière, dans le secret de son âme bouleversée, il sait. Il sait qu'en se rapprochant de Dieu, il se rapproche de ceux qui sont avec Lui. Mystère de communion ! C'est à la Messe en particulier que les âmes chrétiennes, celles qui militent encore sur la terre et celles qui triomphent pour toujours dans le Ciel, se retrouvent vraiment dans l'amour. « Qui me rendra mon Hélène ? » Elle est là, maintenant, avec nous, en Dieu.

 

Effet de Conversion : Est-ce que je suis attentif aux mères enceintes de mon entourage ? Je choisis aujourd'hui, si j'en ai la possibilité, de poser un acte de Charité en direction d'une maman qui attend du bébé.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

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Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

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26 novembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

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Accueillir la nouveauté de Dieu avec saints Louis et Zélie Martin

 

Saints Louis et Zélie Martin

 

Ils sont les premiers ! Louis et Zélie Martin, canonisés le 18 octobre dernier, sont le premier couple de l’histoire à être canonisés ensemble, en tant que mari et femme… Mais qui sont-ils vraiment ? Sont-ils uniquement les parents de la petite Thérèse, parents dont la vie aurait semblée inintéressante s’il n’y avait pas eu leur illustre fille ? Sont-ils au contraire des saints inimitables ? En quoi leur vie de foi peut-elle nous être encore significative aujourd’hui ? Enfin, quel lien établir entre ce couple et la grâce de Noël à venir ?

Les différents thèmes abordés au cours des quatre dimanches de l’Avent répondront à ces diverses interrogations. Nous découvrirons en effet le déroulé de leur vie progressivement au cours de la retraite. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà répondre à la dernière question : Louis et Zélie, comme Marie et Joseph, ont accueilli le don de Celui qui est la Vie, ils ont accueilli la présence sanctifiante de l’Amour. Leur vie commune, que nous suivrons de manière chronologique au cours de la retraite en ligne, nous donnera de voir combien la grâce de Noël – c’est-à-dire la grâce de l’Amour venant prendre chair parmi nous – s’actualise dans une vie ou dans un foyer partageant la foi quotidienne de l’humble famille de Nazareth.

 

La sainteté dans la vie de famille

 

Mais ne nous faisons pas d’illusions ! Si Louis Martin pouvait écrire à ses filles « que […] notre famille, quoique très humble, a l’honneur d’être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Correspondance Familiale CF 231), cet honneur n’est pas destiné à être l’apanage de foyers familiaux ‘‘élitistes’’. À l’image de la vie de la petite Thérèse, Louis et Zélie ont mené une vie simple, exempte d’événements ou de grâces extraordinaires. Mieux, ils ont traversé des périodes de difficultés d’ordre familial (l’éducation difficile d’une enfant, la mort de plusieurs nourrissons, les finances parfois incertaines du foyer…) ou d’ordre moral (face à la tentation de désespoir notamment…). Même si Louis et Zélie ont vécu au XIXème siècle, leurs difficultés et leurs luttes nous donnent à voir un couple très actuel, proche de nos préoccupations, de nos joies, de nos propres combats.

La sainteté est accessible et elle n’est pas triste : voilà ce que la vie de Louis et Zélie nous enseigne, entre autres. N’ayons donc pas peur d’aspirer comme eux à la sainteté, n’ayons pas peur d’expérimenter à notre tour la beauté de la sainteté chrétienne. Louis et Zélie ne sont pas nés saints, ils le sont devenus… Avaient-ils des prédispositions prometteuses à ce sujet ? Il ne semble pas. Ils ont vécu la foi chrétienne en la prenant ‘‘simplement au sérieux’’, en mettant en pratique les commandements du Christ et en suivant les recommandations de l’Eglise. Cela a changé leur vie. Pas de mortifications démesurées, pas de prosélytisme exacerbé, pas de rigorisme mortifère : Louis et Zélie ont vécu la sainteté dans la situation propre qui était la leur. Que leur exemple et la grâce de la venue de Jésus permettent à l’Esprit de venir embraser le quotidien de nos vies d’aujourd’hui !

 

Notre retraite d’Avent avec les Martin

 

Avec Louis et Zélie, nous apprendrons à accueillir la nouveauté de Dieu qui se dévoile au grand jour de Noël. Nous suivrons quatre étapes, comme les quatre semaines de l’Avent, avec en plus un court message pour le jour de Noël :

 

  1. Attendre l’heure de Dieu

  2. Trouver sa place

  3. Accueillir la vie

  4. Sortir de chez soi

 

Chaque samedi, un message électronique. Vous sera envoyé : vous pourrez aussi y télécharger le texte (en format pdf) qui comprend une méditation pour le dimanche et pour la semaine suivante et un calendrier de l’Avent pour nourrir chaque journée, du lundi au samedi.

 

Bonne retraite à chacun, en union de prière !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Les sources de cette Retraite

 

J'ai compilé et réactualisé à cette année deux Retraites de l'Avent qui ont été proposée en 2015 en une seule : La 1e retraite a été proposée par les Carmes de Paris dont j'ai gardé les méditations pour le dimanche, et la seconde par le hors série du magazine « Paroles et Prière » Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin », dont j'ai volontairement placé les textes pour chaque jour de la semaine. F.Monvoisin, rédacteur du blog Images Saintes

 

 

La nouveauté de Dieu

Evangile de Jésus-Christ selon st Luc 2, 10-14

 

L’ange du Seigneur se présenta devant les bergers, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Noël ! Le Verbe prend chair, Jésus naît. Marie et Joseph donnent au monde le Sauveur, les anges chantent « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » [Lc 2,14]. Les bergers accourent, les mages ne tarderont pas. C’est un instant de paix, un instant de bonheur mais aussi un instant d’épreuve : n’oublions pas que la venue au monde de Jésus advient dans l’inconfort d’une étable, suite au manque d’hospitalité des habitants de Bethléem. Qu’importe, Marie et Joseph ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ce meilleur d’eux-mêmes a été… le Fils de Dieu lui-même !

Louis et Zélie ont également cherché à donner le meilleur d’eux-mêmes, là où ils étaient, appuyés sur une foi profonde parfois mise à rude épreuve, mais une foi solidement enracinée en Christ. Ce meilleur d’eux-mêmes s’est traduit là aussi par la venue au monde, par le don au monde, d’une enfant, ou plus exactement du dernier enfant de la famille, venant couronner l’éclat de la sainteté de Louis et Zélie. Deux semaines après cette heureuse naissance de 1873, Zélie témoigne dans une lettre de sa joie après la peine :

« Je suis tout-à-fait rétablie maintenant, la petite va bien aussi, elle promet d’être très forte […] La petite n’est pas du tout difficile pendant le jour, mais la nuit elle nous fait souvent payer cher sa bonne journée. Hier soir, je l’ai tenue jusqu’à onze heures et demie, je n’en pouvais plus de lassitude ; après, heureusement, elle n’a fait que dormir. Cette enfant s’appelle Thérèse ; tout le monde me dit qu’elle sera belle, elle rit déjà. Je m’en suis aperçue pour la première fois mardi. J’ai cru que je me trompais, mais hier le doute n’était plus possible ; elle m’a regardée bien attentivement, puis elle m’a fait un sourire délicieux. Pendant que je la portais, j’ai remarqué une chose qui n’est jamais arrivée avec mes autres enfants : lorsque je chantais, elle chantait avec moi… Je vous le confie à vous, personne ne pourrait y croire. » (CF 85).

Eh bien, osons croire, comme Louis et Zélie donnant au monde Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en la bonté de Dieu donnant le meilleur en nous ! L’Homme est fait pour donner et se donner lui-même, car il est – au fond de lui-même – Amour, créé à l’image de ce Dieu qui n’est qu’Amour (1 Jn 4,16). Que Louis et Zélie intercèdent ainsi pour nous, qu’ils nous apprennent à faire confiance en Notre-Père, à suivre Jésus-Christ, à être mus par l’Esprit : acceptons nous aussi d’être aimés et d’aimer à notre tour ! Joyeux Noël !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Première semaine de l'Avent

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Attendre l’heure de Dieu

 

Premier Dimanche de l'Avent

Dimanche 27 novembre 2016

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 21,25-36

 

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

 

La méditation de la semaine

 

« Je suis sûre que tu réussiras si tu le veux » (1ère lettre de Zélie, à son frère, le 1er janvier 1863) Que peut-il y avoir de commun entre l’attente de la venue au monde d’un enfant – ou plus exactement de la venue au monde de l’Enfant sur qui reposent la promesse de Vie et le salut du monde – et les événements catastrophiques évoqués par Jésus dans l’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent ? Le Christ, s’adressant à ses disciples, met le doigt sur une venue provoquant « l’angoisse », « la frayeur », l’ébranlement même des fondations du monde. Or, il s’agit de la manifestation glorieuse du Dieu-fait-homme, c’est-à-dire de Celui qui vient à la rencontre de l’humanité pour la mener paître en cette Terre promise à Israël depuis des siècles, en ce Paradis ouvert même à un bandit (le bon larron), en cette Vie de délices où il n’y aura plus ni maladie ni mort ni pleurs ni gémissements !...

 

« Comprenez »…

 

« Comprenez », demande Jésus à ses disciples, oui « comprenez » que l’important n’est pas tant de savoir exactement de quoi l’avenir sera fait, mais de veiller, de prier, de puiser dans la foi la force de tenir debout face à des événements pouvant se révéler dramatiques, imprévus, et bouleversant nos vies. Ainsi, si des hommes de foi en Israël avaient correctement interprété l’Ecriture au point de savoir que le Christ à venir naîtrait à Bethléem, en terre de Juda, personne en revanche n’avait envisagé que le prophète annoncé serait Dieu lui-même venant prendre chair, naissant comme un homme parmi d’autres, en un lieu aussi pauvre qu’une mangeoire… Le roi Hérode ne l’avait pas anticipé, les grands prêtres et les scribes ne l’avaient pas compris, les habitants de Bethléem recevant Joseph et Marie non plus, et le peuple d’Israël lui-même pensait fermement que « le Christ, à sa venue, personne ne saura d’où il est » [Jn 7,27]. Pourtant, Dieu est droit ; il n’est « pas de ruse en Dieu, mon rocher », proclame le Psalmiste [Ps 92 ,16]. Cette incompréhension des hommes et la « menace [évoquée par le Christ] sur le monde habité » [Lc 21,26] viennent du fait que l’homme a perdu sa simplicité d’enfant, son cœur est bien souvent malade et compliqué. La réaction cruelle d’Hérode faisant mettre à mort des enfants innocents, suite à l’annonce de la naissance du Prince de la Paix, dévoile bien un cœur malade et fermé sur lui-même. Le Très-Haut, lui, n’est ni fourbe ni cruel, et son projet pour chacun de nous est simplement un projet de Vie. Si nous soupirons tous après cette Vie - pour laquelle nous avons été façonnés dès l’origine - avons-nous assez de disponibilité de cœur et d’esprit pour la discerner et savoir l’accueillir ? Avons-nous vraiment la foi en ce Dieu qui met en nous ces aspirations immenses au bonheur, à l’épanouissement de nos talents, à la vie de famille ou à la vie consacrée… - et souhaite plus que nous leur accomplissement ?

L’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent attire notre attention sur le fait que dans notre quête de bonheur, Jésus ne nous demande pas de ne pas nous tromper mais il nous demande plus fondamentalement de veiller : « veillez donc et priez en tout temps » [Lc 21,36]. La recommandation du Christ appelle une attitude de foi, une attitude de disponibilité à la Vie du Royaume, une attitude remettant éventuellement en cause nos priorités ou nos certitudes. « Cherchez et vous trouverez […] car qui cherche trouve » [Lc 11,9-10], affirme vigoureusement Jésus. Celui qui cherche sait bien qu’il se trompe facilement ou régulièrement (puisqu’il cherche !), avant de trouver ce qu’il cherchait. C’est pourquoi l’appel de l’Evangile de ce jour ne prend pas la forme d’un appel à ne pas se tromper, mais il invite à rester éveillés. Nous avons droit à l’erreur, nous avons droit à la remise en cause de nos certitudes, nous avons droit à l’échec… Dieu nous invite au sein de ces situations, il nous invite surtout au sein de ces situations, à rester dans une attitude de foi vigilante. Nous ne sommes pas le centre de nos vies, nous sommes liés à Celui qui nous a créés et rachetés, nous sommes liés à Celui dont le projet de Vie pour nous demeure ferme jusqu’au bout, y compris dans les méandres de nos vies. « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en surabondance » [Jn 10,10], rappelle Jésus. Jusqu’où oserons-nous le croire ?

 

Une ouverture de cœur au sein des méandres de nos vies

 

La vie de Zélie Guérin et de Louis Martin nous invite à rester fermes dans cette audace de la foi. Ils ont quotidiennement travaillé, par la prière et par la foi, à obtenir ou à maintenir une véritable ouverture de cœur et d’esprit face aux méandres de leurs vies respectives.

Zélie, née Azélie-Marie Guérin, naît le 23 décembre 1831 dans l’Orne, près d’Alençon, où ses parents déménagent quelques années plus tard. Elle est le deuxième enfant de ses parents Isidore et Louise-Jeanne. L’aînée est sa sœur Elise, le cadet est un garçon. Il s’appelle Isidore, comme son père. Elle reçoit une éducation chrétienne, est entourée de parents attentifs. Malheureusement, ceux-ci sont très austères. En fait, Zélie est privée d’affection, tant par son père que par sa mère, pendant toute sa jeunesse. « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul, écrit Zélie à son frère, car si ma mère te gâtait, pour moi, tu le sais, elle était trop sévère ; elle, pourtant si bonne, ne savait pas me prendre, aussi j’ai beaucoup souffert du cœur » (Correspondance Familiale CF 15). Zélie n’aura jamais ne serait-ce qu’une poupée pour jouer … Mais plutôt que de sombrer dans une certaine déprime, Zélie cherche à maintenir ses aspirations légitimes à la tendresse et à l’affection. Sa soif d’être aimée se reporte sur le Seigneur, sa soif d’aimer à son tour s’oriente vers les plus démunis. Zélie sent monter en elle le désir impétueux de se vouer à Dieu et aux pauvres. Son idéal de mener une vie valant la peine d’être vécue n’est pas entamé par sa « souffrance du cœur »… Zélie cherche quelle peut être la volonté de Dieu pour elle, mais elle ne la comprend pas encore vraiment…

Louis Martin, de son côté, naît quelques années avant Zélie, le 22 août 1823, à Bordeaux. Sept années plus tard, sa famille s’installe à Alençon. Le jeune Louis passe une jeunesse apparemment sans heurts, il apprécie la belle littérature et les ouvrages sur la vie des saints. On pourrait alors penser que Zélie et Louis – vivant tous deux dans la même petite ville – auront tôt fait de se rencontrer, de s’aimer, de se donner l’un à l’autre en fondant une famille. Il n’en est rien ! Louis lui aussi se trompe encore sur l’orientation à donner à sa vie. Après un apprentissage professionnel du métier d’horloger, il s’oriente vers le monastère du Grand-Saint-Bernard, hospice monastique juché à 2 472 mètres d’altitude, à une trentaine de kilomètres du Mont-Blanc, en Suisse. Louis portera toujours en lui un goût prononcé pour la solitude, la contemplation, l’aventure aussi. Mais après un essai au monastère, à l’âge de 22 ans, Louis se voit contraint de revenir à Alençon, pour y apprendre… le latin ! En effet, c’est une condition nécessaire pour devenir chanoine au Grand-Saint-Bernard. C’est une grosse épreuve pour le jeune homme. Pendant un an et demi, il se lance dans l’étude du latin avec opiniâtreté, mais c’est l’échec : il n’y arrive pas, ces études le fatiguent, la déception est terrible. Louis tombe malade…

À Alençon, Zélie se tourne à son tour vers la vie religieuse. Elle a l’ardent désir de devenir Fille de la Charité à l’Hôtel-Dieu d’Alençon, afin de pouvoir se consacrer à Dieu et aux malades hospitalisés. Vers 18 ou 19 ans, elle se rend sur place, accompagnée de sa mère. L’entrevue avec la supérieure tourne court, celle-ci annonce à Zélie qu’elle n’a pas la vocation. Pour Zélie comme pour Louis, c’est l’échec. Le coup est d’autant plus rude que cet idéal de vie religieuse serait venu combler le vide affectif dont Zélie avait souffert depuis sa plus tendre enfance. Les vies de Louis et de Zélie prennent l’allure de deux trajectoires élancées vers le Ciel et subitement brisées. Louis a jeté toutes ses forces dans la bataille, mais c’est la déroute. Zélie s’est réfugiée toute entière dans une vie qu’elle projetait meilleure et pour elle, mais là encore c’est la désillusion…

 

La force puisée dans la foi et la prière

 

Revenons à l’Evangile pour évaluer la situation de Louis et de Zélie : « comprenez » [verset 30], nous dit Jésus aujourd’hui, oui « comprenez » [verset 31] que l’important n’est pas tant de savoir exactement de quoi l’avenir sera fait, que de veiller, de prier, de recevoir dans la foi la grâce de tenir debout face à une épreuve comme celle endurée par Louis et Zélie. L’un comme l’autre puisent en la foi et en la prière la force de ne pas se laisser aller à une certaine déprime. La prière faite par Zélie juste après avoir été éconduite de son projet de vie religieuse l’exprime bien : « mon Dieu, puisque je ne suis pas digne d’être votre épouse […], j’entrerai dans l’état de mariage pour accomplir votre volonté sainte. Alors, je vous en prie, donnez-moi beaucoup d’enfants, et qu’ils vous soient tous consacrés »… Déçue, Zélie se bat pourtant pour continuer à croire en un vrai projet de Vie de Dieu pour elle, malgré une forte tentation de croire que ce projet de Vie n’est, finalement, qu’un ‘plan B’ venant prendre la place d’un ‘plan A’ ayant échoué. Son cœur et son esprit restent ouverts.

Louis, lui, se lance sans plus tarder dans son activité professionnelle. Il tient un commerce d’horlogerie dans la ville. Il ne pense apparemment pas à se marier. Une paroissienne ne tarde pas à lui offrir une statue de la Vierge de l’Annonciation (il s’agit de la future Vierge du Sourire !), Louis se montrant très porté à la prière tout en se révélant très actif dans les milieux caritatifs. Lui aussi, malgré la douleur de n’avoir pas pu réaliser son rêve, maintient une ouverture de cœur et d’esprit envers son Seigneur. Louis, comme Zélie, pourrait faire sienne cette prière du jeune Samuel : « parle [dans ma vie] Seigneur, car ton serviteur écoute » [1 S 3,10]. Cette situation durera plusieurs années. Le Seigneur agira et parlera au cœur de l’un et de l’autre, car ils finiront par accomplir leur projet de Vie ; le 2ème dimanche de l’Avent nous permettra de le découvrir. Ce projet de Vie aboutira si bien que Zélie, forte de cette expérience, pourra écrire à son frère : « je suis sûre que tu réussiras si tu le veux » (CF 1) ; tu réussiras… mais sous le regard du Seigneur, et peut-être pas de la façon initialement envisagée !

 

3 pistes pour s’approprier l’Evangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

 

Ce 1er dimanche de l’Avent nous permet de constater combien Louis et Zélie ont cherché à comprendre, à l’invitation de Jésus, quel était ce projet de Vie pour chacun d’eux. Avons-nous ou travaillons-nous à avoir, nous aussi, cette disponibilité de cœur et d’esprit pour correspondre au projet de Dieu dans nos vies ? Nous sommes si souvent happés par des agendas bien chargés ou une vie bien (trop) réglée…

Louis et Zélie n’avaient pas envisagé le mariage, au point que leurs déconvenues semblaient prendre la forme d’un échec définitif dans leur vie. Comment envisageons-nous à notre tour nos propres échecs : à vue humaine, ou comme une façon de rebondir malgré une inévitable douleur ? Nous reconnaissons-nous un droit à l’erreur, sous le regard du Seigneur ? Ayons l’audace de nous pardonner à nous-mêmes nos propres erreurs. Ne laissons pas les déconvenues prendre les rênes de nos vies…

Enfin, la foi chrétienne et la prière tiennent une grande place dans la vie de Louis et de Zélie. Elles ont été leur soutien là où elles auraient pu être rejetées (‘si Dieu existe, pourquoi tant de déconvenues s’acharnent-elles contre moi ?’). Elles ont contribué à poser des fondations solides dans leur vie. Notre foi s’éclipse-t-elle, ou se révèle-t-elle au contraire un appui, quand une difficulté vient à se présenter ?

Fr. Cyril Robert, O.C.D. (Paris)

 

Prier chaque jour de la semaine

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Lundi 28 novembre

Attiré par Dieu

 

Fils de Pierre-François Martin (1777-1865) et de Fanie Boureau (1730-1883), Louis Martin naît le 22 août 1823 à Bordeaux. Dernier d'une famille de cinq enfants, il est élevé au hasard des garnisons militaires de son père, militaire de carrière. Après ses études, Louis entreprend le métier d'horloger. Âgé de 22 ans, il se sent attiré par la vie consacrée, il demande à entrer au Grand-Saint-Bernard, couvent de Chanoines Réguliers dans les Alpes Suisses. Sa candidature est ajournée car il ne connaît pas assez le latin. Il séjourne ensuite trois années à Paris, puis rejoint Alençon chez ses parents qui occupent un magasin d'horlogerie-bijouterie, rue du Pont Neuf.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« Mon très cher frère, (…) je désire de tout mon cœur que tu réussisses dans tes entreprises et je suis sûre que tu réussiras si tu le veux ; cela ne dépend que de toi, le Bon Dieu protège tous ceux qui ont confiance en Lui, il n'y en a jamais un seul de délaissé ». (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche » (Saint Matthieu 4, 17).

 

Dans ma vie

 

Le conseil de Zélie à son frère Isidore est précieux : il lui garantit le succès de son activité professionnelle. C'est en soi véritablement extraordinaire... Pour celui qui rêve de s'épanouir dans son travail, il n'y a pas mieux ! Et Dieu sait si, dans notre monde hyper actif de ce début du XXIe siècle, les candidats au succès sont nombreux. Zélie ajoute simplement une condition, « qui ne dépend que de toi », dit-elle : faire confiance à Dieu qui vient pour nous sauver et mettre en ordre nos affaires si mal en point sans lui. Mais attention, il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous !

 

Effet de Conversion : Dans les difficultés professionnelles, je garderai le cœur tendu vers les réalités d'en-haut, à l'image de Louis et Zélie, qui eurent l'audace de tenir bon dans le quotidien parfois hasardeux de leurs entreprises parce qu'ils savaient que le Ciel est le véritable et seul horizon de l'existence.

 

Mardi 29 novembre

Jeunesse

 

Azélie-Martin Guérin, appelée Zélie, naît le 23 décembre 1831 à Gandelain, village proche de Saint Denis sur Sarthon. Son père, Isidore Guérin (1777-1865, ancien de la grande armée qui s'est battu à Wagram, soldat de Masséna et Soult pendant l'invasion espagnole, est affecté à la gendarmerie de Saint Denis sur Sablon. Sa mère, Louise-Jeanne Macé (1805-1859) est une rude paysanne. Zélie n'est pas seule : elle a une sœur aînée, Marie-Louise (1829-1877), et un frère, Isidore (1841-1909) qui naîtra dix ans plus tard. En septembre 1844, ses parents s'installent à Alençon. Zélie et Marie-Louise reçoivent alors une formation soignée au pensionnat des religieuses des Sacrés Cœurs de Picpus.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (A son frère) (…) Dans une grande inquiétude à ton sujet. Mon mari me fait, tous les jours, de tristes prophéties. Il connaît Paris, et il me dit que tu seras en butte à des tentations auxquelles tu ne résisteras pas, parce que tu n'as pas assez de piété. Il me raconte ce qu'il a éprouvé lui-même, et ce qu'il lui a fallu de courage pour sortir victorieux de tous ces combats (…). Prie, et tu ne te laisseras pas entraîner par le torrent ».

 

Parole de Dieu : « Comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme ». (Saint Matthieu 24, 27).

 

Dans ma vie

 

Combien de jeunes sont-ils laissés à eux-même durant leurs études ? Loin de leurs parents et de leur base. Ils sont comme un arbre transplanté des rives verdoyantes d'un gave vers un désert aux nombreux mirages. Ils ont l'impression de contrôler la situation mais, faute de racines bien profondes, ils se dessèchent et confondent l'air du ciel avec les fumées de Satan. Que de paradis artificiels aujourd'hui : la drogue, le sexe, l'alcool, les mondanités, la séduction... Pour que le feuillage des âmes reste toujours vert, il suffit de s'accrocher aux Sacrements, à la parole de Dieu, au service des pauvres, à un directeur spirituel, à la prière silencieuse... et aux bons amis qui nous aident à avancer.

 

Effet de Conversion : Je désire de tout mon cœur offrir aujourd'hui une contradiction, à laquelle je serai en butte, à l'intention d'un jeune, que je connais ou pas, en grave difficultés dans la construction de sa personnalité.

 

Mercredi 30 novembre

Fervent Catholique

 

Alençonnais, Louis mène pendant huit ans une vie paisible, faite surtout de travail et de prière. Ses distractions consistent en de longues parties de pêche, quelques chasses et des soirées sérieuses avec ses amis du Cercle Catholique « Vital Romet ». D'une grande foi vive et fervente, il va à la messe non seulement le dimanche mais aussi en semaine. Il pratique l'adoration du Saint Sacrement et les pèlerinages. Sédentaire, il achète à Alençon ce que l'on appelle « le Pavillon », qui est constitué d'une petite tour entourée d'un terrain propice au jardinage et à la méditation. Va-t-il se marier un jour ? Il a 34 ans, et sa mère s'inquiète pour son avenir.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu habites tout près de Notre Dame des Victoires (sanctuaire parisien fondé par Louis XIII) eh bien ! Entres-y seulement une fois par jour pour dire un Ave Maria à la Sainte Vierge. Tu verras qu'elle te protégera d'une manière toute spéciale, et qu'elle te fera réussir en ce monde, pour te donner ensuite une éternité de bonheur... J'ai reçu d'elle des faveurs que moi seule connais » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure » (St Matthieu 25, 13).

 

Dans ma vie

 

Le cloître, refuge pour l'homme qui veut chercher Dieu. Nous aussi devrions tous avoir une arcade de cloître dans notre cœur : romane ou gothique, peu importe. Plongés dans le monde, notre bouée est cette chambre secrète, réclusion intérieure, où nous pouvons rencontrer Dieu dans le secret, seul avec le Seul, mais pourtant jamais moins seuls... que lorsque nous sommes seuls. Même marié, Louis va régulièrement « faire retraite » dans cette pauvre cellule qu'il appelle « le Pavillon ». Là, dans le silence, il se renouvelle au contact de la divine présence.

 

Effet de Conversion : A un moment où tout me poussera à détourner la tête d'un pauvre, quel qu'il soit, je veillerai à lui tendre une main secourable, à lui donner à manger, sans oublier de lui dire que Dieu l'aime et se sert des « bons samaritains » qu'il rencontre pour le lui faire savoir.

 

Jeudi 1er décembre

« Je veux devenir un saint »

 

Travailleuse et intelligente, Zélie conservera de son éducation une fragilité pouvant la conduire au scrupule. Les relations familiales ne sont pas très faciles, avec sa mère notamment, et ses souvenirs d'enfance sont empreints de grisailles : « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul ». Elle ressent assez jeune l'appel à la sainteté et songe alors à devenir religieuse et à entrer à l'hôtel-Dieu d'Alençon, mais la supérieure n'est pas de cet avis. Elle devient alors dentellière. En 1853, âgée seulement de 22 ans, elle ouvre une boutique avec sa sœur Marie-Louise qui la quitte peu de temps après pour entrer chez les Visitandines du Mans sous ne nom de sœur Marie-Dosithée.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu sais bien que la vie n'est pas longue. Toi et moi, nous serons bientôt au terme, et nous nous saurons bon gré d'avoir vécu de manière à ne pas rendre notre dernière heure trop amère. Maintenant, si tu as le cœur mauvais, tu vas te moquer de moi ; si tu ne l'as pas, tu vas dire que j'ai raison ». (Zélie).

 

Parole de Dieu: « Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits ».

 

Dans ma vie

 

Vivre pour Dieu. Qu'à notre dernier instant nous ayons la force de tout remettre entre ses mains. Ce dernier instant ? Il peut arriver du jours au lendemain, d'une seconde à l'autre. Si un rien nous sépare de l'autre monde, une feuille de papier ou un rideau de soie, rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu qui frappe à la porte de notre cœur en permanence, sur un mode discret ou de manière plus vive. L'Esprit Saint ne cherche-t-il pas à faire naître en nous le Christ ? Avec Notre Dame prononçons alors un « fiat » décisif, que nous pourrons renouveler régulièrement.

 

Effet de Conversion : Je choisis de ne pas avoir peur de la mort, car je sais que Dieu est le maître de la vie et qu'il m'aide à me convertir à condition que je me livre tout entier à Sa Miséricorde.

 

Vendredi 2 décembre

La Volonté de Dieu

 

En 1858, âgé de 35 ans, sur le pont de Sarte de sa ville, louis rencontre Zélie de huit ans sa cadette. Convaincus que le doigt de Dieu est derrière cette entrevue providentielle, ils se marient le 12 juillet 1858 à minuit, à l'église Notre Dame d'Alençon. En premier lieu, ils décident de vivre comme frères et sœurs dans continence perpétuelle. Leur confesseur n'est pas de cet avis... Les naissances vont se succéder entre 1859 et 1873. Zélie donne naissance à neuf enfants, sept filles et deux garçons. Hélas, la mortalité infantile est encore très élevée à l'époque, et les Martin perdent quatre enfants en bas âge.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Toi, ma Marie, ma grande, ma première, tu sais combien je t'aime ; eh bien continue à te dévouer de plus en plus pour tes sœurs, tâche qu'en te voyant, elles aient sous les yeux un bon modèle à imiter. Dis à Léonie que, si elle continue à être tout à fait bonne fille, je lui donnerai certainement quelque chose qui lui fera plaisir pour le premier jour de l'an ». (Zélie).

 

Parole de Dieu: « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse, car ce qui a été engendré en est de l’Esprit Saint » (Matthieu 1, 20).

 

Dans ma vie

 

La rencontre entre deux êtres qui vont bâtir ensemble leur vie et s'appuyer l'un sur l'autre pour marcher, comme deux boiteux s'entraident sur le chemin qui grimpe, n'est jamais le fruit du hasard. Le mystère de l'attente caractérise le passage de Dieu. Si les premiers regards, les premières paroles font entrer dans l'avent de l'amour humain, la période antérieure est encore plus mystérieuse car Dieu réalise les connexions intime de l'âme qui, providentiellement seront opérationnelles quand il l'aura permis et voulu. À nous d'entrer dans ce chemin préparatoire, pour que toute rencontre avec nos frères soit comme une naissance de Dieu en nous.

 

Effet de Conversion : Dès que possible, je récite un Ave Maria pour un couple en grande difficulté, et, si opportun, je prendrai contact avec l'un des conjoints pour entendre de ses nouvelles sans m'immiscer dans leur conflit.

 

Samedi 3 décembre

Deuils et labeurs

 

Malgré ces deuils et une maladie du sein qui progresse lentement depuis 1863, Zélie consacre toute son énergie à son époux, sa famille et son entreprise. Cette dernière est prospère et Zélie emploie jusqu'à une vingtaine d'ouvrières. À force de labeur et d'épargne, il faut bien le dire, les époux Martin on acquis une jolie fortune. En 1870, Louis vend son horlogerie à un neveu pour aider sa femme à administrer sa production et son commerce, sans oublier la gestion de ses biens.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) J'ai pleuré de bonheur pour la première fois de ma vie. Tu sais, je suis un peu cause de ta réussite, car j'avais demandé des prières aux Clarisses d'Alençon, le mercredi et le jeudi à dix heures du matin, pensant que c'était l'heure de tes examens, ensuite j'ai communié pour toi ; il faut que tu me saches un peu gré de tout cela ». (Zélie).

 

Parole de Dieu:  « Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne ; donne-nous notre pain quotidien ». (Luc 11, 2-3).

 

Dans ma vie

 

L'argent serait-il davantage tabou chez les chrétiens qu'ailleurs ? Quel rapport entretenons-nous avec l'argent ? Avec un air « de ne pas y toucher ». faussement détaché, nous sommes souvent, en réalité, attirés de manière quasi magnétique par les écus sonnants et trébuchants... Ah ! Si j'avais de l'argent... Et pourtant bien souvent, le mépris du riche se mêle en nous à une authentique soif de pauvreté. L'exemple de Louis est limpide : c'est bien de gagner de l'argent, c'est mieux de partager, faut-il encore disposer de quelques billets honnêtement gagnés. Heureusement qu'il y a des personnes riches, c'est ainsi que les pauvres peuvent manger.

 

Effet de Conversion : Même si j'ai de faibles moyens, je prévois de faire un don à une œuvre ou à une personne qui en a grand besoin.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

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19 octobre 2015

Saints Louis et Zélie Martin

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Saints Louis et Zélie Martin

"Le Bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre"

(Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (lettre 261 du 26 juillet 1897)

 

Pour les parents de Thérèse, Dieu est toujours premier servi. Thérèse sera profondément marquée par leur foi profonde et la ferveur religieuse de sa famille. Louis Martin (1823-94) et Zélie Guérin (1831-77). Parents de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, déclarées "Vénérables" par Jean-Paul II le 26 mars 1994. Le procès pour les Causes de Canonisation des Serviteurs de Dieu Louis MARTIN et Zélie GUERIN, parents de Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, ont été instruits séparément par les diocèses de Bayeux-Lisieux et de Sées, entre 1957 et 1960, puis envoyés à Rome. Ces deux Causes, conduites selon la méthode historique et présentées à la Congrégation pour les causes des saints dans une unique étude ou Positio, seront discutées en même temps. Si l'Eglise décide, les deux époux pourront ainsi être glorifiés ensemble. Les fidèles sont donc invités à invoquer conjointement Louis Martin et Zélie Guérin pour obtenir faveurs et miracles par leur intercession. Le 26 mars 1994, le Pape Jean-Paul II les a déclarés "Vénérables", reconnaissant leurs "vertus héroïques". Béatifiés à Lisieux le 19 octobre 2008, ils ont étés canonisés à Rome par le Pape François, le 18 octobre 2015.

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Prière pour obtenir des grâces par l'intercession des Saints Louis et Zélie Martin

 

Dieu notre Père, je Vous remercie de nous avoir donné Saint Louis Martin et Zélie Guérin. Dans l'unité et la fidélité du mariage, ils nous ont offert le témoignage d'une vie chrétienne exemplaire, en accomplissant leurs tâches quotidiennes selon l'esprit de l'Evangile. En élevant une famille nombreuse, à travers les épreuves, les deuils et les souffrances, ils ont manifesté leur confiance en Vous et adhéré généreusement à Votre Volonté. Seigneur, accordez-nous les grâces que nous Vous demandons, par l'intercession du père et de la mère de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, modèles des familles de notre temps. Amen

 

Biographies, documents, prières, neuvaine sur et aux Parents Martin,

cliquer sur le lien suivant:

http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/articles-83937-173690.html

 

Saint Louis Martin

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Le Vénérable Louis Martin

Père de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

1823-1894

Fête le 13 juillet

 

Prière de l'enfant d'un Saint

A son bon Père, rappelé à Dieu le 29 juillet 1894

 

Rappelle-toi qu'autrefois sur la terre

Ton seul bonheur était de nous chérir;

De tes enfants exauce la prière,

Protège-nous, daigne encor nous bénir !

Tu retrouves là-haut notre mère chérie,

Depuis longtemps déjà dans la sainte patrie;

Maintenant, dans les cieux,

Vous régnez tous les deux...

Veillez sur nous !

 

Rappelle-toi ton ardente Marie,

Celle qui fut la plus chère à ton coeur ;

Rappelle-toi qu'elle remplit ta vie,

Par son amour, de charme et de bonheur.

Pour Dieu, tu renonças à sa douce présence,

Et tu bénis la main qui t'offrait la souffrance.

De ton beau « diamant »

Toujours plus scintillant,

Oh ! souviens-toi !

 

Rappelle-toi ta belle « perle fine »,

Que tu connus faible et timide agneau;

Vois-la, comptant sur la force divine,

Et du Carmel conduisant le troupeau.

De tes autres enfants elle est aujourd'hui mère,

Viens guider ici-bas celle qui t'est si chère;

Et sans quitter le ciel,

De ton petit Carmel,

Oh ! souviens-toi...

 

 

Rappelle-toi cette ardente prière

Que tu formas pour ta troisième enfant.

Dieu l'entendit !... elle estime la terre

Un lieu d'exil et de bannissement.

La Visitation la cache aux yeux du monde,

Elle aime le Seigneur, sa douce paix l'inonde ;

De ses brûlants soupirs,

De ses ardents désirs,

Oh ! souviens-toi...

 

Rappelle-toi ta fidèle Céline

Qui fut pour toi comme un ange des cieux,

Lorsqu'un regard de la Face divine

Vint t'éprouver par un choix glorieux.

Tu règnes dans le ciel... sa tâche est accomplie;

Maintenant à Jésus elle donne sa vie...

Protège ton enfant

Qui redit bien souvent Rappelle-toi !...

 

Oh ! souviens-toi de ta «petite reine »,

Du tendre amour dont son coeur déborda...

Rappelle-toi que sa marche incertaine

Ce fut toujours ta main qui la guida.

Papa, rappelle-toi qu'aux jours de son enfance

Tu voulus pour Dieu seul garder son innocence.

Ses boucles de cheveux

Qui ravissaient tes yeux,

Rappelle-toi !

 

Rappelle-toi que dans le belvédère,

Tu l'asseyais souvent sur tes genoux,

Et, murmurant alors une prière,

Tu la berçais par ton refrain si doux !

Elle voyait du ciel un reflet sur ta face,

Quand ton regard profond se plongeait dans l'espace...

Et de l'éternité

Tu chantais la beauté,

Rappelle-toi !

 

Rappelle-toi ce radieux dimanche

Où, la pressant sur ton coeur paternel,

Tu lui donnas une fleurette blanche,

Et lui permis de voler au Carmel.

O père, souviens-toi qu'en ses grandes épreuves,

Du plus sincère amour tu lui donnas des preuves;

A Rome après Bayeux

Tu lui montras les cieux;

Rappelle-toi !

 

Rappelle-toi que la main du Saint-Père,

Au Vatican, sur ton front se posa;

Mais tu ne pus comprendre le mystère

Du sceau divin qui sur toi s'imprima.

Maintenant tes enfants t'adressent leur prière;

Ils bénissent ta croix et ta douleur amère !

Sur ton front glorieux

Rayonnent dans les cieux

Neuf lis en fleurs !

 

Août 1894.

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