06 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Septième jour

Lecture


L'une des caractéristiques des visions célestes est leur incomparable beauté et le ravissement qu’elles procurent à l’âme. Le démon, qui veut singer Dieu dans ses visions diaboliques, n’a jamais pu produire un essai même lointain de cette idéale Beauté, Depuis sa chute lamentable Lucifer, jadis ange de Lumière, a beau s’évertuer à produire quelques pâles rayons de son ancienne splendeur, c’est en vain, parce que la source lumineuse en est tarie à jamais et au lieu du ravissement il produit seulement de l’effroi.

Si les petits voyants de la Cova d’Iria furent comblés d’un bonheur d’extase, ce fut en contemplant de leurs yeux l’incomparable Beauté de l’Apparition et en entendant les mélodieux accents qui s’exhalaient de ses lèvres. Allégresse des yeux éblouis par tant d'éclat ; allégresse des oreilles bercées par une voix suave dont le timbre renfermait toute l'harmonie des anges ; allégresse de contempler un visage plus ravissant que les visages les plus beaux qui se puissent rencontrer ici-bas, plus lumineux que tous les portraits sortis du pinceau des artistes, plus brillant que tous les émaux les plus fins, un visage irradié des propres rayons de la lumière même du Ciel.

« C'était une lumière ! une lumière !… une lumière !!! » répétaient à l’envi les enfants. Cette parole, pour eux, voulait tout dire, et la beauté, et la magnificence, et la grâce, et l’éclat, et la somptuosité, et la splendeur du Paradis.

Pauvres petits enfants d’une campagne déshéritée, logeant dans une maison décrépite dont l'éclairage était fourni par une misérable lampe à huile, Quelle révélation de lumière, pour la première fois, dans l’éblouissement de Apparition. Nos saint Livres essayent de nous donner une idée de la Beauté de la Femme incomparable : « revêtue de soleil, ayant la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête » (Ap., 12, 1.) Le Cantique des Cantiques annonce ainsi la venue de l’Immaculée : « Quelle est Celle qui monte du désert comme l’Aurore, belle comme la lune, brillante comme le soleil et puissante comme une armée rangée en bataille ». (Ct., 6, 10).

Tandis que Lucie conversait avec l’Apparition et que Jacinthe écoutait ses paroles, François n’entendant rien se contentait de jouir de l’éclat radieux de Notre-Dame, et joignant ses petites mains, fixait sur Elle ses yeux émerveillés et murmurait : « Comme Elle est belle ! »

Et lorsque l’Apparition eut disparu dans la profondeur des cieux, les enfants, pour se communiquer leurs impressions, n’eurent qu’une même exclamation jaillie de leur bouche : « Comme Notre Dame est belle ! »

Et François d’accentuer pour son compte : « Oui, C’est bien vrai, comme Elle était belle ! »

Il est facile de s’imaginer la tristesse des petits bergers, au moment où s’évanouit tant de beauté par le départ de la vision. C’est le soir. La nuit tombe. Le clocher sonne l’Angélus, L’on ramasse le troupeau et l’on rentre en silence. Quel contraste ! Tout autour d’eux l'obscurité semble encore plus opaque. La clarté de l’Apparition les a aveuglés.

Ils venaient de recevoir leur Pentecôte comme les Apôtres. Hier, timides ayant peur de subir le sort de leur Maître, ils vont affronter la souffrance et la croix. Ils seront les témoins du Christ jusqu’au don total de leur être. Ainsi les trois enfants seront aussi des apôtres, des témoins de Notre Dame. La souffrance et la croix les attend. C’est le sort de tous les apôtres. Notre Dame les gardera. Elle leur a transmis du ciel toutes les grâces pour être fermes dans leur apostolat et remplir leur mission jusqu’au bout, Ils prouveront à Marie leur amour et leur reconnaissance pour la vision de Beauté incomparable dont Elle a comblé leurs yeux ravis.


Réflexion


« Comme Notre Dame est belle ! s’exclamaient les trois petits bergers de Fatima, comme Elle est belle ! »

Oui, Marie est la Vierge toute belle, la plus belle entre toutes les créatures, à l’image de Jésus-Christ, son Divin Fils « le plus beau fils de l’homme dont la grâce inonde les lèvres » (Ps. 44, 3). La tradition chrétienne tout entière a exalté la beauté de Marie, comme elle a exalté la beauté de Jésus. Déjà les Livres Saints préfiguraient cette beauté sous les traits de la mystique épouse « brunie par le soleil d'Orient maïs belle entre toutes » (Cant., 1, 5). La beauté est un reflet de Dieu, c’est la splendeur de l’ordre, l'éclat de l’harmonie, Ce fut le péché, source de désordre, qui produisit la laideur morale et la décrépitude physique avant-coureur de la mort. L’Apôtre le rappelle : « Le salaire du péché, c’est la mort » (Rom., 6, 23). C’est dans la splendeur de cette beauté céleste que Notre-Dame apparut aux voyants de Fatima et qui les faisait s’écrier : « Comme Elle est belle, Notre Dame ! Quelle lumière !... »

En effet lumière et beauté vont de pair. La laideur est ténébreuse parce que le mal qui est laideur, aime les ténèbres. « Quiconque fait le mal haït la lumière » (Jn, 3, 30). Les ténèbres, c’est l’impiété. « La lumière du méchant s’éteindra. On le chasse de la lumière » (Jb, 18, 5). Les ténèbres, c’est la mort et l'éternelle séparation. « On jettera le méchant dans les ténèbres extérieures » (Mat., 8, 12). Tandis que la lumière, c’est la « vérité » (Ps., 42, 3), c’est la « sagesse » (Sg., 7, 29), c’est la « joie » (Prov., 13, 9), c’est la pureté. « Toute la beauté de la fille du Roi vient de l’intérieur » (Ps., 44, 4). La Reine du ciel est belle parce que la pureté habite dans son cœur. Trop souvent l’unique préoccupation des mondaines est de faire de leur corps une idole coûteuse, pendant que leur âme, seul trésor appréciable aux yeux de Dieu, est complètement délaissée. Sans doute on ne demande pas à la femme de négliger systématiquement sa grâce féminine. N'est-ce pas saint François de Sales qui, le premier, veut que sa Philothée « soit la mieux habillée de la troupe » (Introduction à la vie dévote). Mais de là à se faire l’esclave d’une mode souvent immorale il y a de la marge. Le devoir de la femme chrétienne est d’opposer une digue à cette invasion de paganisme qui se répand par tous les moyens. La Providence a doté la gent féminine de dons précieux pour mieux remplir son rôle de dévouement dans la société, Mais ce sont prérogatives redoutables dont Dieu leur demandera compte, un jour, car il ne « fait pas de dons inutiles ». Un moraliste a dit : « La femme sème toujours sur ses pas des bénédictions ou des ruines ». À la suite de Notre Dame, elle sèmera toujours sur ses pas des bénédictions, car « si les hommes font les lois, a dit un moraliste, les femmes font les mœurs ». Puissent-elles s’en souvenir pour le salut de l’Église et de la France !


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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05 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Notre Dame de Fatima

 

Sixième jour


Lecture

 

Les apparitions de Fatima, en plein XXe siècle, firent le même effet que la foudre qui tombe sur une foule en délire au milieu d’une fête. Pour beaucoup, en effet, il n’y a pas d'autre réalité que cette vie, qu’il faut embellir du mieux possible et qu’il faut passer dans la joie. Cela s’écrit dans les livres, dans les journaux, dans les publications, dans les romans, dans les pièces de théâtre, dans les chansons, sur les écrans des salles de cinéma. Vive la richesse ! disent les puissants du jour, cherchant par tous les moyens à écraser les faibles pour s’enrichir à leurs dépens. Vivent les plaisirs ! disent les sensuels, la vie est courte, profitons du temps qui passe tant que nous sommes jeunes. Vivent les honneurs ! disent ceux qui espèrent par là acquérir et richesse et plaisirs à la fois. Ainsi les matérialistes qui ne voient seulement dans l’homme qu’un estomac à remplir, des muscles et un système nerveux à satisfaire, prétendent que l’âme s’éteint avec le corps, et que tout finit au trou noir de la tombe, Tout cet échafaudage édifié par la libre pensée, pour satisfaire sans remords les jouisseurs, s’effondre lamentablement à la Cova d’Iria, Notre Dame apparaît aux trois enfants, dans un rayonnement de splendeur céleste et, après avoir conversé avec eux et leur avoir donné rendez-vous, le mois suivant, dans le même lieu, au même jour et à la même heure, elle s’élance au ciel lentement et disparaît vers l’Orient, Les enfants l'ont suivie du regard ensemble, C'était donc une réalité et non pas le fait de l’imagination. On n’imagine pas, quand on est plusieurs, la même chose en même temps. Nous verrons d’ailleurs que, le mois suivant, par un concours de circonstances brutal et imprévu, les enfants n’ayant pu se rendre à l’endroit indiqué, l'apparition a eu lieu quand même dans un autre, Nouvelle preuve de l’objectivité de l'apparition, Tout cela démontre clairement que la réalité de la vie de ce monde n'est pas la seule réalité, que tout dans l’homme ne finit pas avec son Corps, et que l’âme immortelle ira dans un monde nouveau pour y être éternellement heureuse ou malheureuse, selon son comportement ici-bas. Notre Dame est venue, à Fatima, nous révéler l’existence du monde surnaturel, On s’explique dès lors comment, à la nouvelle des Apparitions de la Cova d’Iria, plusieurs personnes furent consternées, et non seulement dans le petit village d’Aljustrel mais dans tous les pays où la nouvelle se répandit. Il y avait surtout ceux qui ne croient qu’à ce qu'ils voient ou à ce qu’ils touchent. Cette philosophie est très commode pour masquer les débordements de la nature dans l’édification des fortunes scandaleuses : dans la déloyauté pour accéder aux places et aux honneurs ; dans la violation de la loi morale par la profanation du Cœur sur tous les chemins de l’aventure, Tous ces gens-là avaient intérêt à nier la réalité des apparitions et à proclamer que la vie présente n’a pas de lendemain.

« Ce n’est pas possible que nous petits compatriotes aient vu Notre-Dame, disaient certains gens d’Aljustrel qui n’avaient pas tout à fait l’âme en paix. Nous connaissons Lucie et ses Parents : les Santos ; Jacinthe, François et Olympia, leur mère. Ces bambins n’ont pas dix ans et ils voudraient nous en faire accroire ? Non, à d’autres ! »

Ainsi parlaient les Nazaréens de Jésus, le jour où il vint prendre la parole dans leur synagogue : « D’où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles. N'est-ce pas le fils du charpentier? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas parmi nous ? D’où lui viennent donc toutes ces choses ? » (Mat., 14, 54, 55). Évidemment que pouvait-il sortir de bon du petit village d’Aljustrel et des petits bergers qui n'avaient rien d’extraordinaire, pour ces sceptiques ?

Nous avons vu les efforts d'Olympia pour empêcher François et Jacinthe de parler et la sévérité de Marie-Rose accusant Lucie d’imposture. Le père Antonio évitait de contredire sa femme pour avoir la paix, mais il avait grande confiance en Lucie et, pour couper court à la discussion, se contentait de traiter tout ça de « bavardages de bonnes femmes ». Le père de François et de Jacinthe, homme rude et simple, se contentait de travailler durement ses champs dans le plein soleil de mai qui lui bronzait les bras et le visage. Il prenait le parti de ses enfants et mettait en eux la plus entière confiance, Il était chrétien et pensait qu’un miracle, après tout, était possible.

« Si nous voulions toujours discuter, se disait-il, nous n’en finirions plus. Le bon Dieu peut illuminer l’âme qui lui plaît. On nous a appris cela au catéchisme ».

Et il croyait sans discussion. Les bien pensants ne mettaient pas en doute la possibilité du miracle, sans quoi ils auraient été hérétiques.

Mais il s'agissait de savoir si, en fait, les enfants avaient réellement vu Notre Dame à Fatima. Dans l'affirmative, il n’y avait qu’à s’incliner et à reconnaître la réalité d’un Au-delà éternel pour lequel nous avons été créés, car si nous avons été mis sur la terre, c’est pour connaître Dieu, l’aimer et le servir et, par ce moyen, obtenir la vie éternelle. Le bénéfice de cette vie éternelle a été perdu pour Adam et Eve, et la deuxième personne de la sainte Trinité est venue s’incarner pour pouvoir, par ses souffrances et par sa mort, rétablir le plan divin faussé par la désobéissance où premier couple humain, et nous rendre cette vie éternelle, à condition de la mériter par nos efforts quotidiens. C’est là toute l’économie du salut.


Réflexions


Notre Dame de Fatima se préoccupe par-dessus tout d'aider les âmes à se sauver. Considérons les motifs que nous avons à travailler au salut de notre âme et les moyens que nous devons mettre en œuvre pour gagner le ciel.

1° Motifs :

a) Le salut est une grave affaire dont les hommes oublient trop l'importance, pour donner leur attention et leurs efforts à d’autres affaires.

Sans doute, le responsable d’une famille doit se préoccuper de la faire vivre et d’assurer son avenir. « Ce sont des choses qu’il faut pratiquer sans omettre les autres ». (Mat., 22, 23). Les autres sont trop souvent celles du salut. Or « que sert de gagner l’univers » si l’on perd le ciel. Alors tout est perdu et la vie n’est plus qu’une spéculation manquée.

b) C’est une affaire personnelle qui nous intéresse, tous et chacun, au plus haut point. Trop souvent, dans la conduite de la vie, nous nous préoccupons de ce que pensent les autres.

Préoccupons-nous surtout du jugement de Dieu. L'œuvre du salut demande notre effort personnel. « Dieu, dit saint Augustin, qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous ».

c) Une affaire à ne pas différer. On dit parfois : Ce qui est différé n’est pas perdu. Oui, mais exceptionnellement. Cependant, pour l'affaire du salut, ceux qui remettent à plus tard compromettent souvent leur salut. Plus on diffère, plus on « s’indiffère ». Un proverbe rappelle très opportunément de « ne jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même ». Qui peut répondre du lendemain, quand la mort frappe à toute heure, et au moment où l’on s’y attend le moins ?

2° Moyens :

a) Il faut y penser toujours, en orientant tout vers l’éternité, ses pensées, ses paroles, ses actes.

b) Il faut surtout vouloir. On a dit que l'enfer « était pavé de bonnes intentions ». Cela veut dire que l’intention ne suffit pas et qu’il faut l’action. Il y a la manière de ceux qui veulent « sans que cela coûte ». Manière désastreuse ! Il y a ceux qui veulent « quoique cela coûte », c’est la bonne manière. Le devoir exige toujours des sacrifices et, seul, ce qui coûte a de la valeur.

c) Avec persévérance. Il ne s’agit pas de bien commencer, mais de continuer et surtout de bien finir. « Celui qui persévère jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé ». (Mat., 10, 22). Combien de jeunes chrétiens ont fait une communion solennelle édifiante et ont ensuite déserté l’Église !

Prions Notre Dame de Fatima de nous aider à sauver notre âme.

 

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04 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

Cova da Iria

 

Cinquième jour

Lecture

 

La grande nouvelle avait transpiré. De bouche en bouche elle s’était répandue dans le village d’Aljustrel, aux alentours, dans la province, tel un nuage de poussière gonflé par le vent, et jusqu’à l’intérieur du Portugal. Le nom de Fatima jusqu'alors ignoré est maintenant connu partout. À l’envi, les journaux parlaient de l'apparition de Notre Dame aux trois pastoureaux. Sur le devant des portes, dans les voitures publiques, sur les chemins, il était question uniquement de l’événement merveilleux. Chacun l’interprétait à sa manière, selon son opinion personnelle, Les uns étaient dans le doute, les autres tressaillaient d’allégresse chrétienne, en voyant la Très Sainte Vierge jeter des regards maternels sur le pays. Plusieurs personnes désiraient voir l’autorité ecclésiastique se prononcer sans délai, en faveur d’un grand mouvement de piété envers Fatima. Cependant des censeurs sévères rendaient le gouvernement responsable de n’avoir pas empêché ce « mensonge » - disaient-ils - de se répandre. Ils prétendaient défendre l’honneur de la religion, en se refusant d'ajouter foi à ces racontars de bonnes femmes.

En cependant pourquoi ne pas admettre la possibilité d’une apparition et nier a priori, sans chercher à savoir. N'y a-t-il pas eu, en effet, des phénomènes semblables, dans d’autres pays ? En France, par exemple, en plein Paris, le cerveau du monde, de beaux esprits ont dû s’incliner devant la réalité de l’apparition de la Vierge en 1830, dans la chapelle de la rue du Bac. Une autre apparition, en 1846, à deux enfants, sur la montagne de la Salette, avait été confirmée par l’autorité ecclésiastique. Enfin Notre Dame apparaissait à Bernadette, à Lourdes, dans la grotte des Espélugues, sur les bords du gave pyrénéen, le 11 février 1858, et ce lieu est devenu, depuis, un centre mondial de pèlerinages où, chaque année, se pressent plus d’un million de pèlerins. « Il y a huit siècles, a écrit M. Antero de Figueiredo, membre de l’Académie de Lisbonne, que, sous mille noms divers qui sont à peine la gracieuse expression de mille désirs, on invoque, au Portugal, la Femme par excellence bénie entre toutes les femmes. L’énumération harmonieuse de ces noms, comme une longue litanie pleine de fraîcheur et de grâce, remplirait plusieurs pages. Il n’est pas étonnant que Notre Dame ait voulu faire un centre de pèlerinage sur cette terre, où la piété envers Marie a été toujours si vive ».

Du temps où les rois régnaient sur le Portugal, et jusqu’en 1910, où la Révolution proclama la République, Marie était proclamée « Reine de la Lusitanie » et la dernière reine Amélie, fille du comte de Paris, morte en exil, en France, et dont le corps a été transporté, en décembre 1951, à Lisbonne, n’a jamais voulu mettre sur son front la couronne royale, disant que « Marie était la seule Reine du Portugal ».

Qui dira, dans ces dernières années, où se chiffrent par centaines de mille les pèlerins qui vont à Fatima, combien de supplications montent vers la Reine du Ciel, ininterrompues depuis la veille, pendant toute la nuit et durant toute la journée du lendemain ?! Au témoignage de pèlerins de tous les pays qui ont assisté aux pèlerinages de l’année 1951, on a dénombré plus d'un million, Que nous importe, à nous, qui croyons à la toute-puissance divine et à la bonté de notre Mère du ciel, que nous importe, dis-je, l’opinion de ceux qui refusent à Marie le pouvoir et le droit de se manifester à ses trois confidents ? Ce qui importe, c’est d’aimer Notre Dame, de la prier tous les jours, d’imiter ses vertus et d'obtenir de sa miséricordieuse bonté les grâces dont nous avons tant besoin !

 

Réflexions


Il est à remarquer que les mères, vraiment dignes de ce nom, se montrent plus attentives auprès de leurs enfants, surtout aux heures de crises qu’ils traversent : crises morales, crises physiques, crises de croissance, pour leur apporter lumière et réconfort.

Ainsi la Très Sainte Vierge Marie, la meilleure de toutes les mères, se penche avec plus d’attention sur les enfants d’un pays aimé, surtout dans leurs moments de crise, pour les éclairer et leur venir en aide. Nous la voyons, en France, au moment de la crise politique qui renversa Charles X de son trône, venir apparaître à la jeune Sœur de la rue du Bac, Catherine Labouré, et lui annoncer les malheurs qui allaient fondre sur la France, et les victimes parmi le clergé de Paris, mais qu’il fallait « aller auprès de l'autel où des grâces seraient répandues sur tous ceux grands et petits qui en feraient la demande ». C’est alors que fut frappée la Médaille Miraculeuse à des millions d’exemplaires, qui réalisa et continue à réaliser des miracles.

On aime Marie, au Portugal, on l’invoque, et Marie est fidèle à ceux qui lui sont dévots. C’est pourquoi, en 1917, en pleine guerre mondiale, une crise profonde du sentiment religieux faite d’ignorance et d’incrédulité unies à la frivolité des mœurs, semblait vouer le Portugal au naufrage de la foi chrétienne, Ce fut l'heure précisément où brilla dans le ciel le signe magnifique du salut. « Un grand prodige apparut au firmament. C’était une femme revêtue de soleil ». (Ap., 12). L’ « Etoile de la mer » se levait radieuse pour guider le navire dans la tempête et l'empêcher de sombrer.

Notre Dame a voulu apporter la lumière aux esprits qu’obscurcissait la nuit de l'ignorance religieuse. Elle a voulu rénover les cœurs qui s’enlisaient dans la sensualité et le matérialisme, Elle a voulu, selon l’expression du doux évêque de Genève, saint François de Sales, « remonter en Dieu » les volontés qui s'étaient énervées dans le désordre général.

Réjouissons-nous que Notre Dame ait jeté les yeux sur la nation si chrétienne du Portugal pour lui apporter, dans la personne des trois petits bergers, un message de salut, accompagné de nombreuses faveurs, afin qu’à son tour, cette nation « la proclame Bienheureuse ». Peut-être avons-nous un peu oublié le message de prière et de pénitence apporté par Notre Dame à Bernadette de Lourdes ?

Le pèlerinage de Fatima n’est pas une excursion touristique, mais un lieu de prière ininterrompue, en plein soleil, sous la pluie, sans aucun souci du boire ni du repos. Il faut avoir vu ces priants et leur ardente foi pour comprendre que Marie ait voulu de tels hommages à la gloire de son Fils, Remercions Notre Dame de Fatima de nous l’avoir rappelé et contribuons, dans la mesure de nos possibilités, à faire revivre à Lourdes, par notre attitude, l’esprit des pèlerinages comme les a désirés l’Immaculée Conception : « Je veux qu’on vienne ici pour prier. et que l’on fasse pénitence ».

 

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03 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Quatrième jour

 

Lecture


Le père de Lucie s’occupait soigneusement de l’éducation chrétienne de sa fille. Marie-Rose lui faisait étudier chaque jour sa leçon de catéchisme et l’obligeait à la lui réciter fidèlement, sans omettre un mot. L'enfant était réellement appliquée à écouter les explications de M. le Curé. Elle avait six ans à peine, lorsque le Révérend Père Cruz vint prêcher un Triduum dans la paroisse d’Aljustrel. Lucie désirait ardemment faire la communion et, poussée par son curé, elle demanda au Père Cruz de vouloir bien l’interroger sur sa capacité religieuse, afin qu’il lui fût permis de recevoir cette grande faveur. À toutes les questions posées Lucie répondit parfaitement. Elle eut donc l'immense joie d'être admise à recevoir, quoique bien jeune, Jésus dans son petit cœur. Marie-Rose s’appliquait à inspirer à sa fille l'horreur du péché, surtout du mensonge, et à cultiver l’innocence et la simplicité dans son âme d’enfant.

Ce matin-là, la mère filait la laine de ses brebis, dans le jardinet près de la maison, à l’ombre d’un figuier. Lucie l’aidait, assise près d’elle. Après un temps de silence assez long, Marie-Rose d’un ton très calme et le plus naturellement du monde, lui demanda : « Est-ce vrai, Lucie, comme je l’ai entendu dire, que tu aurais vu Notre Dame à la Cova d’Iria ? - Qui vous l’a dit ? fit la petite avec un sursaut de tout son être. - C’est-la mère de Jacinthe à qui sa fille l’a raconté. Alors est-ce vrai ? »

Lucie reprit : « Je n’ai pas dit que c'était Notre Dame, mais une dame très belle. J'avais pourtant bien recommandé à François et à Jacinthe de garder le silence ».

Marie-Rose la fit bien préciser : « Tu dis que c'était une dame ? - Oui, maman, une dame très jeune. - Et qu’est-ce qu’elle t’a dit cette dame ? - Elle m’a dit qu’elle désirait nous voir, François, Jacinthe et moi, revenir à la Cova d’Iria, pendant six mois de suite, le 13 de chaque mois, et qu’elle nous dirait qui elle était et ce qu’elle attendait de nous. - Mais comment avez-vous lié conversation avec cette dame ? Voyons, ma petite, conte-moi ça ? »

Lucie se mit alors à raconter à sa mère comment les choses s'étaient passées, et avec de tels accents de sincérité, qu’il n’était pas possible d’avoir le moindre doute sur la réalité des faits. Lorsque Lucie eut achevé, Marie-Rose se contenta de lui faire remarquer que, le mois suivant, il ne serait pas possible d’aller à Fatima.

« Tu sais bien que le 13 du mois de juin, c’est la grande fête de saint Antoine de Lisbonne ? Et puis tiens, il vaut mieux en finir. Assez de mensonges ! »

Lucie eut un soubresaut d’indignation. Devant une accusation si injuste elle s’écria : « Ma mère, si je mentais j'aurais peur que le bon Dieu me punisse ».

Un chien se mit à aboyer. Des gens passaient dans la rue. La mère et la fille se turent.

Dans la maison de la mère Olympia, avait lieu une scène un peu plus bruyante. Le petit François, tout seul, comparaissait pour un interrogatoire en règle. Ensuite ce serait le tour de Jacinthe, seule aussi, et la mère se réservait de confronter les dires de chacun. On avait bien fait la promesse à Lucie de ne parler à personne de la vision de Fatima, mais devant l’insistance de leur mère qui les menaçait de les envoyer se confesser au curé, s'ils avaient le malheur de mentir, ils avouèrent tout, l’un et l’autre. Le récit de François concordait parfaitement avec celui de sa sœur Jacinthe.

Olympia incrédule acheva de s’ancrer dans son idée. Pour elle, ses enfants mentaient, et Lucie avait, pour se donner de l'importance, échafaudé un roman parfaitement retenu par ses petits compagnons.

Elle appela Jacinthe pour lui infliger, ainsi qu’à François, le juste châtiment d’un mensonge habilement monté. De sa lourde main elle appliqua deux vigoureux soufflets sur la figure des deux petits.

« Tenez, leur dit-elle, je vous apprendrai à mentir. Ah ! vous avez vu des lumières, des lumières resplendissantes ?!.... Cette fois-ci vous pourrez dire que vous avez vu trente-six étoiles, et ce ne sera pas un mensonge ».


Réflexions


a) Toute personne raisonnable conviendra que la correction est nécessaire dans l’œuvre d'éducation des enfants. « La crainte est le commencement de la sagesse », dit le psalmiste. Les parents qui sont les premiers éducateurs de l’enfance doivent user de discrétion et apporter un tempérament à ce qui pourrait si facilement dégénérer en tyrannie. L’Apôtre dans une épître écrit : « Enfants, obéissez en toutes choses à vos parents, car cela est agréable dans le Seigneur. Pères n'irritez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent. » (Col., 3, 20, 21). La correction ne doit pas exclure la mansuétude, et le châtiment corporel doit être employé, en dernier ressort et à bon escient. Ce n’est pas par les coups qu’on forme des caractères, et l’on s’expose à de pénibles incidents.

b) Les petits voyants de Notre Dame avaient l’horreur du mensonge. Aussi quand sa mère demande à Lucie si c’est bien vrai qu’elle a vu Notre Dame, elle précise : « Je ne dis pas que c’était Notre Dame, mais une belle dame ». Et Jacinthe proteste qu’elle ne ment pas. « Je vous jure, maman, que j'ai vu Notre Dame, et non pas moi seule, mais Lucie et François également. Oui, c’est vrai, je L’ai vue ». Ainsi les Apôtres affirmaient la vérité de leur témoignage : « Nous avons vu le Christ ressuscité et nous ne pouvons ne point parler des choses que nous avons vues et entendues ». (Actes 4, 20).

a) Notre Dame a aussi choisi ces enfants a cause de leur tendre piété, pour leur ménager ces entrevues célestes. Piété envers Elle par la récitation fidèle du chapelet ; piété envers son Divin Fils, par la prière du matin et du soir et celle avant et après chaque repas, en famille. « Dieu premier servi ! » avait coutume de dire Jeanne d’Arc. Quand il en est ainsi, du même coup, c’est l'équilibre dans l’ordre social, la stabilité du foyer, le principe de toute discipline, la raison d’être de la Morale, le fondement du Droit et du Devoir. Sans religion, c’est l’anarchie, le désordre, la ruine des sociétés, des familles et des individus. « La piété est utile à tout, dit l’Apôtre, elle a les promesses de la vie présente et de la vie future » (1 Tim., 4, 8).

Mais la Vierge Marie nous a donné le Christ-Jésus qui s’est fait Pain et qui réside dans nos tabernacles. C’est pourquoi Lucie qui, dans l’âge le plus tendre, a été, sur son grand désir, admise au festin eucharistique, devait être une privilégiée de Marie. À cause de cette piété pour la sainte communion, le Père Cruz avait bien prophétisé d’elle, en la bénissant : « Aies un grand amour envers l'Eucharistie, lui disait-il, ma chère enfant, et Marie te gardera d’une manière spéciale sous sa protection ».


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02 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

99

 

Troisième jour

 

Lecture

 

De retour au village, Lucie rappelle, avant de se séparer, à ses petits compagnons la promesse de ne rien laisser transpirer de leur secret à n’importe qui, et chacun s’en va, ramenant son troupeau à la bergerie. À la maison d’Antonio Santos, on est déjà à table pour le souper. Lucie va s’asseoir à sa place, mais mange sans grand appétit. Le cœur lui bat fort dans sa poitrine et il lui semble que tout le monde devine sur son visage, le drame sacré de la Cova d’Iria. Elle évite même de parler, de peur que son émotion ne la trahisse dans le son de sa voix.

Ni Antonio, ni Marie-Rose sa femme, n’étaient de ces esprits curieux de nouvelles, maïs des gens de mœurs pures et simples, dont les aspirations ne vont pas au delà du cadre de leurs occupations journalières. De très rares fois, ils avaient fait le voyage de Leiria ou de Villa Nova de Ourem. Il n’y avait pas encore d’automobiles, et le pauvre peuple vivait, dans les villages, la vie patriarcale et chrétienne d’autrefois. Au soir de sa journée de travail, Antonio se rencontrait à l’auberge avec de pacifiques amis, pour s’entretenir de leurs affaires. Marie-Rose était une bonne personne n’aimant guère se déplacer, à cause de ses jambes impotentes, malgré son Âge relativement jeune. Après avoir fait la prière du soir en commun, Antonio sortit, et Marie-Rose alla s’asseoir sous la cheminée, Elle jeta sur le foyer une poignée de coques de maïs décortiqué et se mit à lire un chapitre de la Bible.

À la même heure, dans une autre maison, François, après avoir soupé et fait sa prière, monta se coucher tranquillement. Sa petite sœur Jacinthe, visiblement énervée, ne faisait qu’aller et venir dans la maison, ce qui attira l’attention d’Olympia, sa mère, qui lui intima l’ordre de monter dans sa chambre. La petite fille obéit, mais lorsqu'elle fut toute seulette, le souvenir de l’Apparition devint si intense, qu’elle ne put demeurer tranquille et elle courut vers sa maman, pour lui livrer le secret de son cœur, tant elle était bouleversée.

« Maman ! lui cria-t-elle, en jetant ses petits bras autour du cou d’Olympia, maman ! J'ai vu aujourd’hui Notre-Dame à la Cova d’Iria. - Que dis-tu là ? s’exclama sa mère avec étonnement, tu n’es pas assez sainte pour cela. - Je vous jure, maman, que c’est vrai ! François l’a vue aussi et Lucie également, reprend l'enfant. - Vous êtes fous tous ensemble ! » grogna Olympia, en fronçant les sourcils ».

Et comme Jacinthe insistait, sa mère leva la main sur elle prête à la frapper. « Mais, maman, puisque je l’ai vue, je ne peux pas dire le contraire ».

Une gifle bien appliquée sur la joue fut la seule réponse. Olympia ne souffrait pas la contradiction. Le père Marto était assis dans un coin, à moitié endormi, maïs le bruit le réveilla. Devant l’explosion de la colère de sa femme, il lui dit : « Pourquoi frappes-tu la petite ? Elle a besoin de sommeil, après la fatigue de la journée, il ne faut pas la malmener ».

Le lendemain, Olympia, obsédée par l’insistance de sa fille, résolut d’aller à la maison de Lucie, pour avoir des éclaircissements. Sans autre préambule elle demande à Marie-Rose, à brûle-pourpoint : « Lucie ne t’a pas parlé d’une prétendue apparition, à la Cova d’Iria, en compagnie de François et de Jacinthe ? »

Marie-Rose ouvrit de grands yeux étonnés et s’exclama, angoissée : « Lucie aurait vu une Apparition? Mais qu'est-ce que tu me dis là ? Non, elle n’en a soufflé mot ! - Interroge-la discrètement, insinua Olympia, nous saurons bien ce qui s’est passé, et nous chercherons le moyen d'empêcher nos deux familles de devenir la risée du village ».

Olympia se retira, Marie-Rose fort intriguée cherchait l’occasion d’éclaircir le mystère. Il se pourrait, pensait-elle, que quelque aventurier ait voulu chercher à mystifier de petits êtres innocents. Peut-être aussi, parfois, le démon, par d’occultes manœuvres, cherche à troubler de jeunes âmes ?…

Il lui tardait de savoir quelque chose de la bouche même de Lucie. Sa fille avait probablement la clef de l'énigme.

 

Réflexions

 

1° Notre Dame choisit pour confidents des enfants d’humble condition. Lorsque Marie veut confier à une créature un message céleste, elle s’adresse plutôt à des enfants de condition modeste. Celui qui devait béatifier l'esprit de pauvreté et maudire l'esprit de richesse, a voulu naître dans une étable et avoir pour premiers adorateurs des bergers. Il n’a voulu rien posséder en propre « pas même une pierre pour reposer sa tête » (Luc, 9, 58.) Quoi d'étonnant alors, que Notre Dame ait jeté ses regards sur les trois petits pastoureaux de la Cova d’Iria pour en faire les confidents de son message céleste ? Renversement des valeurs et étonnement pour les hommes. Les prétendues valeurs que le monde apprécie ne sont pas celles qu’estime le ciel, La Vierge s’est penchée sur les petits paysans d’Aljustrel parce qu’ils étaient pieux, humbles, simples et innocents.

2° Notre Dame aime les enfants dévoués à son culte. Nous avons vu comment les trois petits bergers, après avoir mangé sur l'herbe leur modeste et frugal repas du matin, d’un commun accord, récitent le chapelet. Ils avaient été formés à la piété par les parents qui commençaient par donner l’exemple, Ce sont les mères qui font passer leur piété dans le cœur de leurs enfants. « Les genoux de nos mères sont notre premier agenouilloir » (Joseph de Maistre). Là nous avons appris à bégayer les doux noms de Jésus et de Marie. Sublime mission de la mère qui ne voit pas, dans son enfant, seulement un corps à nourrir et à soigner, mais une âme à « élever », c’est-à-dire à prendre d’en bas et à faire monter vers Dieu. Cette ascension morale, c’est la mère qui la réalise par ses conseils, mais surtout par l'exemple d’une vie pleine de dignité et de sens chrétien.

3° Notre Dame aime les familles où sont en honneur les bonnes lectures. Nous avons constaté avec satisfaction qu'après avoir récité la prière en commun, Marie-Rose, la mère de Lucie, se met à lire un chapitre de l’Ancien Testament qu’écoute religieusement sa fille. Autrefois quand nos familles étaient bien chrétiennes, le premier livre de lecture qu’on lisait, souvent ensemble, c'était l'Histoire Sainte qui était un résumé de la Bible. Aujourd’hui tout cela est vieux jeu. La mode est aux romans policiers ou à des illustrés pour la jeunesse, dans lesquels les héros sont des gangsters, et la force des muscles remplace la vertu. Ajoutons la démoralisation qui vient encore de la fréquentation des cinémas par les enfants, sans discrimination aucune, facilitée par des parents trop insouciants. Aussi a-t-on vu s'établir en France des « tribunaux spéciaux pour enfants », jugeant des criminels de quatorze ans !…

Déplorons le manque de vigilance sur la lecture de ces romans mauvais qui font tant de mal à la jeunesse et sont trop souvent la cause de tant de catastrophes morales.


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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01 mai 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

François, Jacinthe et Lucie

 

Deuxième jour


Lecture


La première impression passée, Lucie retrouva tout son courage. La « jeune dame » (elle appelait ainsi l’Apparition) était trop resplendissante de céleste clarté pour pouvoir faire du mal à des enfants sans défense. Mais de là à croire que ce fut la Sainte Vierge, l’enfant s’y refusait. « Pour voir la Reine du Ciel, il faut être tellement saint, pensait-elle, cependant ce doit être un envoyé céleste parce qu’il est trop beau et trop lumineux. En tout cas, ce n’est certainement pas un esprit malfaisant ».

Et Lucie se rassurait et s’enhardissait à converser avec l’Apparition. Elle lui posait des questions et la « jeune dame «  lui répondait avec un visage souriant, provoquant ainsi de nouvelles demandes, Enfin, le colloque ayant assez duré, pour la première rencontre, l’Apparition dit aux enfants : « Me promettez-vous de venir ici, pendant six mois de suite, le 13 de chaque mois et à la même heure ? Je vous promets de vous dire qui je suis et ce que je demande ».

Lucie fait signe qu’elle accepte la proposition, d’une inclination affirmative de la tête, et ajoute les paroles suivantes, en son nom et au nom de ses petits compagnons : « Nous vous promettons de venir tous les trois ».

Pauvres petits enfants, vous ne pouviez savoir, dans votre ingénuité, combien la malice humaine vous ferait payer cher cette promesse !…

L’Apparition regarda Lucie avec un sourire de satisfaction, puis, s’élançant vers le ciel, dans la même attitude, sans bouger les pieds, elle disparut du côté de l'Orient. Les enfants la suivirent du regard et remarquèrent qu’elle devenait de plus en plus petite, jusqu’au moment où la voûte céleste parut s’entrouvrir pour la recevoir. C’est ainsi qu’elle s’évanouit à leurs petits yeux émerveillés.

Les trois enfants demeurèrent un moment silencieux, puis se regardèrent les uns les autres, cherchant visiblement à se consoler, dans leur tristesse de voir s’évanouir tant de Beauté, Un sentiment de profonde solitude les envahissait et, tandis que le soleil brillait si vivement, il leur semblait que la nuit pesait déjà, sombre, sur leurs yeux, privés maintenant de cette lumière céleste qui les irradiait tantôt de sa clarté.

Et pourtant rien n’était changé autour d’eux, dans la nature. Le soleil continuait à briller et à répandre ses rayons brûlants sur la campagne. Les oiseaux psalmodiaient leurs gazouillis au Créateur. Les brebis, que les pastoureaux et les chiens n’inquiétaient plus, s'étaient jetées sur les gazons fleuris et paissaient à l’envi, pressées les unes contre les autres, à l’ombre courte des haies verdoyantes.

Lucie décida ses petits Compagnons à demeurer là, dans cet endroit, où les bêtes pouvaient brouter tranquillement. L’on rentrerait à la nuit tombante, comme à l’accoutumée. Il n’y avait aucune inquiétude à avoir, puisque l’on savait que les éclairs ne provenaient pas du tonnerre. Donc, plus d'orage à craindre, Il restait, bien entendu, qu’on ne soufflerait mot au village de ce qui venait de se passer tout à l’heure. À ce sujet, Lucie fut catégorique :

« Écoutez-moi bien, vous autres, dit-elle impérieusement, personne ne doit rien savoir de ce que nous avons vu et entendu, absolument rien, C’est compris, Jacinthe ? Toi aussi, François ? » Elle accompagnait ces paroles d’un geste impératif, en même temps qu’elle fixait tour à tour, sur ses deux interlocuteurs, pour accentuer son geste irrésistible, un regard de ses yeux noirs si expressifs. « Oh ! moi, se crut obligée de répondre Jacinthe, je ne dirai rien à personne. - Moi, non plus, acquiesça François, à personne ».

Ensuite, les pastoureaux se mirent à parler de choses sérieuses avec une gravité qui contrastait avec les éclats de rire de la matinée, tandis qu’on construisait de petites maisons ou qu'on se lançait les uns aux autres des mottes de terre. C’est que le départ de la lumineuse apparition avait opéré un grand vide et laissé, dans ces petits cœurs, une profonde tristesse.

Comme la nuit s’approchait, il fallait abandonner ces lieux témoins de tant de merveilles. Encore une fois, Lucie répéta à ses petits compagnons la défense de ne rien dire, à âme qui vive, de l'apparition, et leur donna rendez-vous pour le 13 du mois prochain, dans ce même endroit. Puis le troupeau de brebis se mit en marche vers Aljustrel, suivi des trois petits bergers. Seul, le piétinement des brebis sur le chemin, faisant rouler les cailloux, troublait le silence de cette fin de dimanche. Ainsi s’achevait, dans la banalité d’un retour à la bergerie, une journée embellie de splendeurs célestes.


Réflexions


Notre-Seigneur est notre Maître et notre modèle, Dans les litanies, en l'honneur de la Très Sainte Vierge, nous invoquons Marie « Miroir de justice » priez pour nous. Dans les litanies du saint Nom de Jésus nous supplions ce divin « Soleil de justice » d’avoir pitié de nous. Puisque Marie est le miroir de la justice divine, elle reflète parfaitement cette justice plus éblouissante que l’astre du jour.

Première leçon : La délicatesse. Notre Seigneur s’est toujours montré d’une délicatesse infinie à travers tous les récits de l'Evangile. Notre Dame reflète bien cette même délicatesse. Elle aurait pu commander aux enfants de venir à la Cova d’iria, pendant six mois à pareil jour, à pareille heure, et c’eût été même un très grand honneur pour les enfants. Or elle n’impose rien. Elle interroge plutôt : « Me promettez-vous ? »

Comme cela nous change des procédés durs et souvent injustes dont on use envers les pauvres gens. La Vierge Marie nous rappelle cette délicatesse, à Fatima, Politesse, serviabilité, amabilité sont des vertus humaines et sociales que nous devons observer en premier lieu, car elles conditionnent la pratique des vertus surnaturelles. « Je veux, disait une Russe convertie (Mme Swetchine) que mon chrétien soit d’abord et superlativement une créature humaine ».

Deuxième leçon : Le respect de la liberté humaine. Marie, comme Jésus, ne veut forcer personne et ne désire à son service que le libre choix de l’amour. Le Créateur a donné à l’homme le privilège incomparable de la liberté, même avec ses risques inévitables. « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, dit Jésus qu'il se renonce lui-même et qu’il me suive ». (Luc 9, 23). Notre Dame a voulu « essayer le cœur » de ceux qu'Elle prépare déjà à un douloureux chemin de croix. Ils ont accédé à sa demande de venir à la Cova d’Iria pendant six mois consécutifs, Ce service, pleinement consenti ne sera pas sans risques, Car « le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur » (Matt., 10, 24). La malice des hommes va bientôt leur montrer que le service de la Très Sainte Vierge n’est pas de tout repos.

Troisième leçon : La joie profonde d'une âme unie à Jésus et à Marie. Cette joie n’est pas celle des plaisirs du monde, toujours trompeurs et laissant un arrière-goût d’amertume à ceux qui s’en repaissent. C’est la joie des célestes contemplations réservées dans l’Au-delà, et dont Lucie Jacinthe et François viennent d'avoir un avant-goût délicieux. L’Apôtre l’a écrit : « L’œil n’a pas vu, l’oreille n'a pas entendu, le cœur n’a pas senti, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Cor., 2, 9). L’on partage la tristesse de ces enfants d’avoir vu s’évanouir tant de splendeur ravissante, et s’éteindre tant de lumineuse beauté. La véritable joie, l’âme en état de grâce la possède. Elle est « gracieuse » et agréable à Dieu. La joie d’une bonne conscience est un bonheur incomparable.


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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30 avril 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Premier jour

Lecture


Dans le diocèse de Leiria, en Estramadure, entre cette capitale du district et Vila Nova de Ourem, se trouve le petit village d’Aljustrel, composé de terres modestes jadis bien ignoré jusqu’à ce que vint briller sur lui cette céleste lumière des Apparitions.

En ce matin du 13 mai 1917, trois petits enfants conduisaient au pâturage un troupeau de brebis qui appartenaient aux deux familles parentes. « Allons vers la Combe, dit l’aînée de la bande, nous ferons paître les brebis dans le champ de mon père ». Elle s’appelait Lucie Santos. Ses deux compagnon étaient frère et sœur : François et Jacinthe Marto. Lucie avait dix ans et distançait ses deux compagnons de quelques mois à peine, mais elle avait un ton d’autorité qui s’imposait.

Cependant, au lieu de prendre immédiatement la direction indiquée, enfants et brebis suivaient le sentier et faisaient monter dans l’atmosphère un nuage de poussière. C'était un dimanche. Le ciel était limpide. Le parfum des fleurs embaumait l'air. Les enfants s’assirent dans l'herbe et sortirent de leur panier quelques provisions pour déjeuner. C’était un déjeuner de pauvres avec du pain noir, du fromage et quelques olives. Ils se partagèrent le frugal menu, mais la joie ne faisait pas défaut.

Lucie, tout en mangeant, expliquait aux autres que son père allait planter des arbres pour fournir en été une ombre favorable dans ce coin dénudé. Quand ils eurent apaisé leur faim, les enfants répondirent selon leur coutume pieusement au chapelet qu'égrenait Lucie. Pour situer l'endroit où se trouvaient les enfants, précisons que c’est à la place même où s'élève le transept de la basilique nouvelle.

Le chapelet terminé, les enfants se détendirent en jouant. Leurs jouets, comme le déjeuner, étaient aussi modestes : quelques éclats de bois, de petites pierres, des mottes de terre pour bâtir une maisonnette. De temps en temps pourtant, un rapide coup d’œil sur le troupeau assurait la vigilance et, si quelque brebis s’égaillait, un cri les faisait rentrer dans l’ordre.

Les rires continuaient de fuser de plus belle, dans cette matinée ensoleillée de mai, lorsque, soudain, jaillit un éclair dans le ciel bleu. Les enfants cessent leurs jeux et se regardent tout interdits. Ils lèvent les yeux au ciel. Pas un nuage. Le firmament est d’une luminosité sereine. Que se passe-t-il ?.. Lucie scrute l'horizon. Quoique bien jeune, elle a déjà beaucoup d'expérience : « Partons, s’écrie-t-elle, il va faire orage ».

Et chacun rassemble son troupeau pour rentrer à Aljustrel par les voies les plus rapides. À peine ont-ils fait quelques pas, qu’ils sont éblouis par un second éclair, suivi presque aussitôt d’un troisième. Cette fois, ils se heurtent à une petite haie de jeunes chênes verts, appelés aussi yeuses, et là, à hauteur d'homme, au sommet de la frondaison, toute irradiée de lumière d’or, une Apparition brille à leurs yeux éblouis.

Elle a l'air d’une jeune fille de dix-huit ans. Les enfants cherchent à s’enfuir, mais l’Apparition les tranquillise : « N’ayez pas peur, mes enfants, je ne vous ferai aucun mal ». Le timbre de sa voix était d’une harmonieuse suavité, précisera plus tard Lucie, mais son visage était empreint d’une mélancolique beauté. Lucie avait déjà retrouvé tout son aplomb. Avec sa rudesse native, elle demanda brusquement à l’Apparition : « D'où venez-vous, madame ? » L’Apparition leva alors sa main droite vers le firmament azuré et répondit : « Du ciel ».

Lucie avoua plus tard qu'elle avait été pénétrée par le timbre mélodieux de cette voix céleste et elle comprit que cette mystérieuse présence ne pouvait être que celle d’une créature vraiment bonne, car, en même temps, au fond de son cœur, une mystérieuse attraction l’entraînait irrésistiblement vers Elle.

La jeune fille n’osait pas se l’avouer encore, mais d’après les images qu’elle connaissait de la Mère du Ciel, tout criait en elle : « Ne serait-ce pas la Vierge très sainte ? Oui, ce doit être Marie... Ce doit être Notre Dame ».

 

Réflexions


L'apparition de la très sainte Vierge, le 13 mai 1917, aux trois enfants de Fatima est aussi vraie que l’apparition de l’Immaculée Conception à Bernadette Soubirous, aux Roches Massabielle, le 11 février 1858. Et cela nous explique le pourquoi des violentes luttes dont Fatima, comme Lourdes, ont été le théâtre. Quel scandale dans le monde des philosophes ! Parler d’apparitions célestes, en plein XXe siècle, au moment même où la Science prétendait avoir fait table rase du surnaturel ! La consigne de l’impie est toujours la même : « Défense à Dieu de faire miracle en ce lieu ».

Les apparitions de Fatima furent une réalité et non un phénomène d’auto-suggestion, Nous le prouvons par l'examen attentif :

a) des enfants : leur tendre jeunesse est une garantie. François à huit ans ; Jacinthe, neuf ; Lucie, dix. Un enfant se suggestionne difficilement, À plus forte raison trois enfants ne peuvent se suggestionner à la fois pour voir la même chose simultanément. L'apparition n’a pas eu lieu, pendant la récitation du chapelet, mais pendant l’effervescence du jeu qui accapare l'attention de l’enfant. Comment se suggestionner en allant garder les brebis, chose qu'ils font journellement ? En quittant Aljustrel, ils vont à l'aventure. C’est Lucie qui décide sur-le-champ qu’on ira dans le champ de son père. De plus, c’est en plein jour. L’illusion est plus facile dans l’obscurité. En marchant dans un bois, la nuit, des enfants peuvent croire voir des fantômes. Mais ici, les éclairs se produisent, en plein soleil, Les enfants se précipitent pour rentrer chez eux. Tous les trois voient le même éclair, au même moment, par trois fois successives, et ils sont arrêtés devant le même bouquet d’yeuses et tous les trois entendent, en même temps, les mêmes paroles. Un seul pourrait s’illusionner peut-être, mais pas les trois à la fois, simultanément ;

b) de l’Apparition même : Lucie et Jacinthe ont pu la détailler parfaitement. Seul François n’entendait pas le son de sa voix mélodieuse. Elle était vêtue, nous disent les enfants, d’une tunique blanche recouverte d’un blanc manteau bordé d’or, et dont l’ourlet supérieur était rabattu sur la tête en forme de capuchon. Ses mains, à la hauteur de la poitrine, dans l'attitude de quelqu'un en prière, égrenaient un rosaire composé de perles. Ses pieds nus semblaient posés sur un nuage léger, au haut du bouquet d’yeuses. Quant au visage, à la couleur des yeux et de la chevelure, Lucie n’a pu s’en rendre compte ni donner aucune précision, à cause de l’éblouissement qui jaillissait de l'Apparition. « Oh! cette lumière ! », ne cesseront de répéter les enfants ;

c) des circonstances de l’Apparition : c’est à une époque où la religion chrétienne était persécutée. L’esprit du mal attisait la haine de tous les ennemis de l'Ordre. Révolution à l’intérieur, persécution de l’Église, matérialisme négateur du surnaturel, Et voici que la Vierge pose son pied virginal sur la terre du Portugal et, du même coup, c’est la foi qui ressuscite vivante et active. Fatima devient un centre de mission, de prière, de médiation, de piété et une terre de miracle. C'est la preuve évidente et manifeste que le Ciel est venu à la Cova d’Iria visiter le Portugal.


(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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29 avril 2021

Le Mois de Marie de N.D. de Fatima

Le Mois de Marie
de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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La veille au soir

Ouverture du Mois de Marie

 

Pour aider la piété chrétienne envers la Très Sainte Vierge, pendant les Exercices du Mois de Marie, nous ferons le récit des événements qui ont eu lieu, à Fatima, durant l’été de 1917, lors des Apparitions de Notre Dame aux trois petits bergers du village d’Aljustrel, dans le diocèse de Leiria, Lucie 4gée de 10 ans et ses deux petits cousins : Jacinthe âgée de 9 ans et son frère François âgé de 8 ans.

Le récit a été divisé en trente et un jours. Chaque jour comporte une lecture et, à la suite, quelques réflexions appropriées pour la pratique de la perfection chrétienne. Ce travail de perfection est intimement lié a l’oeuvre de notre salut. Ce n’est donc pas une sorte de luxe spirituel obligatoire seulement pour les membres de communautés religieuses et facultatif pour les gens du monde. Sans doute, dans « la maison du Père il y a plusieurs demeures » (Jean, 14, 2), mais chaque chrétien, dans le cadre où la divine Providence l’a placé, doit, pour bien remplir son rôle, travailler à devenir meilleur. C’est la loi du progrès. L’on cherche tous les jours à améliorer les conditions de la vie matérielle, pourquoi n’aurait-on pas la même préoccupation pour la vie morale ? Dans l’ordre spirituel, celui qui n’avance pas recule, comme le rameur qui cesse de ramer contre le courant est emporté par lui. Or, il faut sans cesse remonter le courant de la nature viciée par la faute originelle. Ce perfectionnement, ce dépassement de la nature n’est pas une affaire de libre choix, mais une nécessité vitale.

Certains ont pensé que les évènements de Fatima ont probablement hâté la proclamation du dogme de l’Assomption, comme l’Apparition de la Très Sainte Vierge Sœur Catherine Labouré, sous la forme de la Médaille Miraculeuse, dans la chapelle de la Maison-Mère des Filles de la Charité, rue du Bac, d’après le docte théologien jésuite P. Bainvel, aurait eu une influence sur la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception. Deux cardinaux légats du pape, S.E. le cardinal Micara, au Congrès eucharistique national de Nîmes, fin septembre 1951, et, le mois suivant, S.E. le cardinal Tedeschini, à la clôture officielle de l’Année Sainte, à Fatima, ont répété que le pape Pie XII a vu, dans les jardins du Vatican, se renouveler les prodiges du 13 octobre, à Fatima, où des milliers de fidèles avaient vu le soleil se déplacer dans le ciel et changer de forme.

 

I. - Raisons de suivre fidèlement les exercices du Mois de Marie


a) Notre titre de chrétien. - Le Christ nous a aimés, « c’est pour cela qu’il s’est livré pour nous ». (Gal., 2, 10.) « Il est bien juste que nous l’aimions puisqu’il nous a aimés le premier ». (1 Jean 4, 10). Sinon, nous mériterions l’anathème : « Si quelqu’un n’aime pas N.-S. J.-C. qu’il soit maudit ! » (1 Cor., 16, 22.) Puisque nous devons aimer Jésus-Christ, Fils unique, du Père, né de la Vierge Marie, nous devons aimer aussi la Mère par excellence qui nous l’a donné. Il est doux au cœur d’une mère de voir aimer son enfant, mais il est doux aussi au cœur d’un enfant de voir aimer sa mère. Et lorsque ce fils est Jésus, soyons assurés que les hommages rendus a sa divine Mère lui sont aussi agréables que ceux qu’on lui offre à Lui-même. Ne chantons-nous pas en l’honneur du Sacrement de nos autels : « Je vous salue, vrai corps, né de la Vierge Marie » ?

b) Notre titre de fils aimants de l’Église. - L’Église a établi de nombreuses fêtes en l’honneur de la Très Sainte Vierge et bénit les fidèles qui propagent son culte. Outre les nombreuses indulgences du pape Pie VII pour les chrétiens qui suivent les Exercices du mois de Marie, de nouvelles indulgences ont été accordées par la Sacrée Pénitencerie (28 mars 1933).

On gagne une indulgence de sept ans, chaque jour, et plénière, si l’on a suivi au moins dix exercices et reçu les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. Il faut autant que possible suivre les exercices de la paroisse. « Si plusieurs se rassemblent, quelque chose qu’ils demandent ils l’obtiennent de mon Père qui est dans les Cieux. Là où plusieurs sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ». (Matt., 18, 19.) Cet hommage collectif plaît à la Sainte Vierge et est un sujet d’édification réciproque pour les assistants.

c) Enfin, parce que c’est le mois de mai. - Ce mois est le mois des fleurs et il est juste d’offrir des fleurs à Celle qui est « la fleur des champs et le lys de la vallée ». (Cant., 2, 1). Pour Elle, « les fleurs doivent fleurir et donner leur parfum ». (Eccl., 30, 19). Il faut « l’entourer d’un amoncellement de fleurs ». (Cant., 2, 5.) Mais l’Église, dans le souci préoccupant des âmes, a choisi le mois de Mai pour prier Marie, à cause de raisons profondes.

Le mois de mai, c’est le réveil de la nature après l’engourdissement de l’hiver ; c’est la montée de la sève dans les plantes, le frémissement mystérieux des êtres et des choses. Tout cela ne manque pas d’influencer profondément la sensibilité humaine et de la troubler. Aussi l’Église nous demande-t-elle de redoubler de vigilance et de prières et nous fait-elle tourner nos regards suppliants vers la Mère de toute pureté.

 

II. - Moyens de profiter des Exercices


a) D’abord, nous devons assister aux exercices de la paroisse et nous faire les apôtres de cette excellente manière d’honorer la Sainte Vierge, nous souvenant que, selon saint Alphonse de Liguori, « le vrai serviteur de Marie ne peut pas périr éternellement ». Si nous sommes dans l’impossibilité de les suivre avec la paroisse, faisons-les en notre particulier.

b) Pendant les Exercices, écoutons la lecture, nous pénétrant des pensées suggérées et formant les résolutions nécessaires pour notre avancement spirituel. Nous imiterons Marie qui « conservait avec soin les paroles d’En Haut, les méditant dans son Cœur ». (Luc, 2, 19). Ce sera une prédication intérieure à l’âme « qui sait l’écouter ». (Ps., 84, 9).

c) Enfin, nous nous unirons à la récitation du chapelet et des autres prières, non pas seulement avec les lèvres, mais avec tout notre cœur, pour éviter le reproche que Jésus adressait aux Pharisiens : « Ce peuple m’honore du bout des lèvres, mais son cœur est loin de moi ». (Marc, 7, 6). Sans la prière, « nous ne pouvons rien » (Jean 15, 5) ; avec la prière, nous pouvons tout (Philip., 4, 13).


Oraison du Très Saint Rosaire


Ô Dieu, dont le Fils unique nous a ménagé le bienfait du salut éternel par sa vie, sa mort et sa résurrection ; faites, nous vous en prions, qu’honorant ces mystères au moyen du Très Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie, nous imitions ce qu’ils contiennent et obtenions ce qu’ils promettent. Par le même Notre-Seigneur. Amen.

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17 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Trente-et-unième jour

Clôture du Mois de Saint Vincent de Paul

18 octobre

 

Culte et Reliques

 

Prélude. - Vénérons le saint sur les autels, où l’Église l'a placé.

 

Récit. - Sur les ordres du Pape, le cardinal de Noailles procéda à l'ouverture du tombeau de l'humble Vincent de Paul, le 19 février 1712. Après une visite minutieuse, les médecins attestèrent qu'ils avaient trouvé un corps tout entier et sans aucune mauvaise odeur.

Les prodiges opérés par l'inter cession du saint, furent examinés avec une sévérité rigoureuse par l’Église, et il fut mis au nombre des bienheureux le 13 août 1729. Les grands de la terre eurent dès lors la consolation de fléchir les genoux devant l'humble prêtre qui, tant de fois, les avait fléchis lui-même devant les petits et les pauvres. Le ciel, par de nouveaux miracles, confirma ces honneurs. Vincent de Paul fut canonisé le 16 juin 1737.

Son corps, renfermé dans une châsse d'argent, était conservé dans l'église de Saint-Lazare. Le 30 août 1792, cette église fut dépouillée de son argenterie et de tout ce qu'elle avait de plus précieux par un commissaire révolutionnaire, qui remit à MM. les Lazaristes les dépouilles mortelles de leur saint fondateur ; ils les recueillirent avec un grand respect, dressèrent un procès-verbal pour en constater l'authenticité et les cachèrent avec soin pendant l'affreux règne de la Terreur.

Les temps ensuite étant devenus plus tranquilles, ce précieux dépôt fut confié aux filles de la Charité, qui le gardèrent dans leur chapelle jusqu'au mois de mai 1830, époque à laquelle il fut porté à l'archevêque de Paris. Mgr. de Quelen, rempli de vénération pour le saint prêtre qui, par ses vertus, a tant honoré l’Église de France, et a laissé dans la capitale tant de monuments encore subsistants de sa charité, avait fait exécuter une châsse d'argent d'un beau travail, et voulut transférer solennellement le corps de saint Vincent dans la nouvelle chapelle construite par les messieurs de Saint-Lazare, sur un terrain dépendant de la maison qu'ils habitent, à la rue de Sèvres.

Cette translation, à jamais mémorable dans les fastes de l’Église de Paris, eut effectivement lieu, avec la plus grande pompe, le 25 avril 1830, qui était cette année, le deuxième dimanche après Pâques ; et maintenant, chaque année la mémoire à l’office et à la messe. Les événements de juillet 1830 ont obligé de cacher cette sainte relique ; mais elle a nouveau été exposée à la vénération des fidèles, dans la chapelle des Lazaristes. Le cœur, transporté à Turin pendant la Révolution Française, a été réclamé depuis par le cardinal Fesch. Après avoir été à Lyon, il est maintenant conservé dans la chapelle de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac, à Paris.

 

Pratique. - Se proposer de célébrer, chaque année, avec dévotion et confiance, les fêtes et le Mois de Saint Vincent de Paul.

 

Invocation. - Saint Vincent, mon patron et mon père, protégez-moi !

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Que Dieu daigne conserver la charité et l'amour fraternel dans les cœurs de tous les chrétiens ! À l'aide des secours réciproques que les chrétiens remplis d'amour fraternel et de charité se donneront, les forts soutiendront les faibles, et l'œuvre de Dieu s'accomplira.

De tous les moyens de conserver l'union et la charité avec le prochain, le plus efficace et le meilleur, c'est la sainte humilité, c'est de se mettre au-dessous de tout le monde, et de se regarder comme le plus méchant et le plus vil de tous.

Habiter une maison où règne la charité fraternelle, c'est être dans un paradis, puisqu'il n'y a rien de plus désirable, ni de plus délicieux que de vivre avec ceux qu'on aime, et de qui l'on est aimé.

On doit préférer dans les sociétés catholiques l'union et la paix à tout autre bien.

Lorsque les âmes humbles sont contredites, elles se tiennent dans le calme, si on les calomnie, elles souffrent avec patience ; si on les estime peu, si on les néglige, si on les oublie, elles pensent qu'on les traite avec équité et selon leur mérite; si elles sont accablées d'occupations, elles s'en acquittent avec plaisir.

Chacun doit bien se dire à soi-même : Quand j'aurais toutes les vertus, si je n'ai pas l'humilité, je m'abuse ; et tandis que je me crois vertueux, je ne suis qu'un pharisien superbe.

Il n'y a qu'une profonde humilité qui puisse nous faire profiter parfaitement de certaines grâces très particulières que Dieu daigne quelquefois nous accorder ; mais il faut que cette humilité soit accompagnée d'une confiance sans bornes à la bonté divine, et il faut encore y joindre un détachement parfait de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous pouvons faire de nous même.

Le savoir sans humilité a toujours été pernicieux à l’Église ; et comme l'orgueil a précipité les anges rebelles, il cause souvent la perte des hommes savants : le plus ignorant des démons en sait plus que le plus subtil philosophe et le plus profond théologien.

Quand l'humilité est bannie d'un lieu, chacun s'occupe de son avantage personnel, et de là naissent les partialités, les schismes, les divisions.

 

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Fin du Mois de Saint Vincent de Paul

 

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16 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

5124

 

Trentième jour

3e jour du Triduum final du Mois de Saint Vincent de Paul

17 octobre

 

Sainte mort

 

Prélude. - Venons contempler et vénérer notre bienheureux au moment de son départ pour le ciel.

 

Récit. - Ce fut le lundi 27 septembre 1660, vers quatre heures et demie du matin, que Dieu l'attira à lui, lorsque ses disciples, assemblés à l'église, commençaient leur oraison mentale pour attirer Dieu en eux. Ce fut donc à la même heure et au même moment qu'il avait coutume, depuis quarante ans, d'invoquer le Saint-Esprit sur lui et les siens, que cet Es prit adorable enleva son âme de la terre au ciel, pour couronner la sainteté de sa vie, son zèle pour la gloire de Dieu, sa charité pour le prochain, son humilité, sa patience et toutes ses autres vertus, dans la pratique desquelles il a persévéré jusque dans la mort.

Ayant rendu le dernier soupir, son visage ne changea point ; il demeura dans sa douceur et sa sérénité ordinaires, étant dans son pauvre fauteuil, comme s'il eut sommeillé. Il expira assis et tout vêtu, sans fièvre et sans agonie, cessant de vivre par une pure défaillance de la nature, comme une lampe qui s'éteint insensiblement, quand l'huile vient à lui manquer. Son corps ne se raidit point, il demeura aussi souple et aussi maniable qu'avant.

Il demeura exposé le mardi 28 septembre jusqu'à midi. Pendant toute cette matinée, ses missionnaires firent de vains efforts pour en écarter la foule. On déchirait ses vêtements, quelques uns arrachaient ses cheveux et même sa barbe. Enfin, le corps, mis dans un cercueil de plomb, fut inhumé dans l'église de Saint-Lazare.

Mais, saint Vincent de Paul, plus encore que les autres saints, n'est point mort tout entier. « Défunt, il parle encore », comme dit l'Ecriture.

Oui, il revit dans les saints instituts qui font bénir son nom dans tout l'univers; il continue, dans la personne de ses prêtres de Saint-Lazare, à évangéliser les pauvres et à former de pieux lévites ; il soigne les malades et assiste les indigents par les mains de ses admirables Filles de la Charité, dont le cœur a véritable ment hérité de la charité de leur saint fondateur.

 

Pratique. - Se préparer souvent à bien mourir.

 

Invocation. - Saint Vincent, dont la mort fut si douce, obtenez-moi la grâce d'une sainte mort.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

L'orgueil est un vice très pernicieux, et d autant plus à redouter, que l'inclination naturelle nous y porte plus fortement. Nous devons donc user d'une vigilance continuelle pour faire toujours le contraire de ce que désirerait la nature corrompue.

L'humilité est la vertu de Notre Seigneur Jésus-Christ, de sa sainte Mère, et des plus grands saints ; elle réunit toutes les vertus, et quand elle est sincère, elle les introduit toutes dans un cœur.

Recourons souvent à l'amour de notre propre abjection, comme à un refuge assuré contre les mouvements continuels qu'excite en nous le penchant malheureux que nous avons tous à l'orgueil.

Nous devons laisser à Dieu toute la gloire, et ne garder pour nous que le mépris et la confusion : voilà uniquement ce qui nous est dû.

L'orgueil ne fait jamais de trêve ; il attaque en diverses manières les plus grands saints, tant qu'ils sont sur la terre : il tente l'un de se complaire vainement dans le bien qu'il a fait ; l'autre, de s'enorgueillir de son savoir ; celui-ci, de se regarder comme le plus parfait, celui-là, comme le plus ferme.

L'arme la plus puissante pour vaincre le démon, c'est l'humilité.

Si nous considérons tout ce qui se trouve en nous de terrestre et d'imparfait, nous aurons bien des motifs de nous abaisser devant Dieu et devant les hommes, devant ceux mêmes qui sont nos inférieurs.

Un juste qui abandonne l'humilité, est rejeté de Dieu et réprouvé malgré toutes ses bonnes œuvres ; et ce qui paraît vertu en lui, n'est que vice.

Lorsqu'on ne considère qu'en spéculation la vertu d'humilité, on la trouve belle, aimable, admirable ; mais quand il s'agit de la pratiquer, on la trouve très répugnante à la nature. Ce qu'elle exige nous déplaît, parce qu'elle veut que nous cherchions toujours la dernière place ; que nous nous mettions au-dessous de tous ceux avec qui nous vivons, quoiqu'ils soient nos inférieurs ; que nous supportions sans nous plaindre les calomnies ; que nous recherchions le mépris ; que nous aimions l'abjection ; et nous n'avons naturellement que de l'aversion pour toutes ces choses.

 

Icon, Italy, Galin Razhev-1

 

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