06 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

PioV

Septième jour

A quelle occasion fut établie la Fêle de Notre-Dame du Rosaire qui se célèbre le 1er Dimanche d'Octobre

 

Puisque c'est cette fête qui nous a fait consacrer le mois d'octobre à des considérations sur la dévotion du Rosaire, nous croyons convenable, après avoir parlé du Chapelet, d'apprendre aux lecteurs à quelle occasion l'Église l'a établie. Comme nous recevons sans cesse de nouvelles faveurs et de nouveaux bienfaits de la Très Sainte Vierge, l'Eglise a soin de lui en marquer sa juste reconnaissance par de nouvelles solennités et par des Fêtes particulières, qui excitent et augmentent tous les jours la dévotion des Fidèles. Ce qui a donné occasion à la fête de Notre-Dame du Rosaire, est une des plus signalées faveurs qu'a reçue la chrétienté de la protection toute-puissante de la mère de Dieu, dans le temps que les Turcs, fiers des grandes conquêtes qu'ils faisaient tous les jours sur les chrétiens, ne se promettaient rien moins que d'envahir toute l'Europe, et d'aller arborer le croissant sur le dôme de l'église de Saint-Pierre à Rome.

Il y avait déjà près d'un siècle que les Turcs répandaient la terreur dans tonte la chrétienté par une continuité de victoires que Dieu permettait pour punir les péchés des chrétiens et pour réveiller leur foi à demi éteinte. Soliman III, ayant pris Belgrade en l'an 1522, vint jusqu'à Vienne et conquit par ses généraux plusieurs provinces en Europe. Selim II, son fils et son successeur, maître de l'île de Chypre en 1571, croyant que rien ne pouvait résister à ses armes, mit en mer la plus nombreuse et la plus formidable flotte qu'on eût encore vue, au moyen de laquelle il se promettait de conquérir toute l'Italie. L'effroi avait saisi une partie de la chrétienté dont le sort, pour ainsi dire, dépendait d'une bataille. L'armée navale des chrétiens était de beaucoup inférieure à celle des Turcs, et il n'y avait que le secours du ciel qui pût leur faire espérer la victoire. Ils l'obtinrent par l'intercession de la sainte Vierge, à qui- toute l'armée se dévoua selon l'intention du saint Pape Pie V. Ce fut le 7 octobre 1571 que se livra cette mémorable bataille, la plus célèbre que les chrétiens aient jamais gagnée sur mer.

Au moment qu'on déploya l'étendard donné par le souverain Pontife et sur lequel était brodée l'image de Jésus-Christ sur la Croix, toute l'armée le salua avec de grands cris de joie et les officiers ayant donné le signal de la prière, toute l'armée s'agenouilla et adora l'image sacrée de Jésus-Christ. C'était un spectacle admirable de voir ces guerriers se prosterner avec humilité et confiance devant le Crucifix et demander à Dieu par l'intercession de la Sainte Vierge représentée sur l'encadrement de l'étendard, la grâce de vaincre les infidèles.

Cependant les deux flottes s'approchaient, et celle des Turcs était poussée par un vent favorable qui faisait tout craindre. On s'adressa avec encore plus de ferveur à la Sainte Vierge sous les auspices de laquelle on combattait; et tout à coup le vent changea et devint très favorable aux chrétiens. Bientôt l'air fut obscurci de la fumée de l'artillerie et après trois heures de combat acharné, avec un avantage presque égal, les chrétiens comptant plus sur la protection du ciel que sur leur bravoure, virent tout à coup plier les ennemis qui commençaient à se retirer vers la côte. Faisant alors un nouvel effort, ils tuèrent Ali-Pacha et enlevèrent le drapeau Turc. Don Juan, général en chef, fit crier victoire et ce ne fut plus un combat, mais une horrible boucherie des Turcs qui se laissaient égorger sans se défendre. Ils perdirent plus de trente mille hommes, non compris cinq mille prisonniers, tandis que les chrétiens y perdirent si peu de monde, que tout l'univers reconnut visiblement le secours du Ciel et la protection signalée de Marie.

Le saint pape Pie V eût révélation de la victoire au moment que les Turcs furent défaits, et il fut si persuadé qu'elle était l'effet de la protection particulière de la Sainte Vierge, qu'il institua cette fête sous le titre de Notre-Dame de la Victoire. Le martyrologe romain en parle en ces termes: « Le même jour, septième d'octobre, la commémoration de Notre-Dame de la Victoire, Fête que le Saint Pape Pie V institua en action de grâces de la glorieuse victoire que les chrétiens remportèrent en ce jour sur les Turcs dans un combat naval, livré dans le golfe de Lépante, par l'assistance particulière de la sainte Vierge ». Comme la dévotion du saint rosaire, si chère à la Mère de Dieu, et établie depuis longtemps avec tant de fruit dans l'Eglise, avait été un des moyens dont ce saint pape s'était servi pour engager la sainte Vierge plus particulièrement à favoriser les armes des chrétiens dans une occasion si périlleuse, il voulut que la fête de Notre Dame de la Victoire fût en même temps la solennité du Saint Rosaire; et le pape Grégoire XIII était si convaincu que la bataille de Lépante avait été gagnée sur les Turcs par la vertu de cette célèbre dévotion, qu'en reconnaissance envers la sainte Vierge, il ordonna qu'on en fit la solennité le 1er dimanche d'octobre dans toutes les églises ou cette sainte confrérie serait érigée.

Enfin, le souverain pontife Clément XI ayant appris la célèbre victoire remportée sur les Turcs par les troupes de l'empereur le jour de la fêle de Notre-Dame-aux-Neiges, le 5 Août 1716, voulut proclamer qu'on devait cette victoire signalée à la protection spéciale de la sainte Vierge; en conséquence, il ordonna que la solennité du saint Rosaire, fixée au 1er dimanche d'octobre, fût une fête de précepte dans toute l'Église, persuadé que la dévotion du rosaire était le moyen le plus propre pour remercier la sainte Vierge des grâces reçues par son assistance et sa toute-puissante protection, et pour en obtenir de nouvelles. Le titre de Notre-Dame de la Victoire est plus ancien que la bataille de Lépante. C'est en effet depuis le premier âge de l'Église que les fidèles ont ressenti la protection de la sainte Vierge sur les ennemis de la foi: c'est cette visible protection qui lui a fait donner à si juste titre le nom de Notre-Dame de la Victoire. Lors du fameux siège de Rhodes si glorieusement soutenu l'an 1480 par les chevaliers de saint Jean de Jérusalem, nommés dans la suite les chevaliers de Malte, le célèbre grand-maître, Pierre d'Aubusson, fut si convaincu qu'ils devaient leur délivrance à la sainte Vierge, qu'il fit vœu de faire bâtir une église magnifique sous le titre de Sainte-Marie de la Victoire; on y travailla aussitôt que les fortifications de la ville eurent été réparées.

Résolution

Célébrons cette Fête en entrant dans les intentions de l'Église que la lecture de ce jour nous a fait connaître. Remercions Dieu d'avoir protégé la chrétienté d'une manière si visible par l'intercession de Marie invoquée par les fidèles dévoués au saint rosaire. Que cette idée que la sainte Vierge tient, pour ainsi dire, en mains le sort des combats et des empires, nous inspire encore plus de confiance pour l'implorer dans les luttes continuelles que nous avons à soutenir contre les ennemis de notre salut, le démon, le monde et la chair.

Prière

Oraison de la messe de cette Fête

Nous Vous supplions, Dieu tout-puissant, de favoriser de vos grâces ceux qui célèbrent la solennité du Rosaire en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Jésus-Christ, afin que, tandis que nous méditons ses sacrés Mystères sur la terre, nous méritions, après cette vie, d'en retirer et d'en goûter les fruits dans le ciel. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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05 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Sixième jour

Explication l'Ave Maria

 

Paraphrase de cette prière en forme de méditation, Indulgences qui y sont attachées

 

Les grâces que nous sollicitons regardent la vie présente où nous courons de si grands dangers, mais surtout l'heure de notre mort qui doit décider de notre éternité. C'est, en effet, dans le dernier moment que le démon renouvelle ses efforts avec plus de fureur; il profite de la faiblesse du corps et de l'esprit; il cherche à nous effrayer par le souvenir de nos péchés passés; enfin, nous nous trouvons alors dans des circonstances si critiques, que nous avons plus besoin que jamais d'une grâce puissante et de la protection de celle qui est le refuge des affligés.

Le mot « Amen », que nous rendons par « Ainsi soit-il », est une répétition et une confirmation de notre prière. Comme le cœur, emporté par l'ardeur de ses affections, va facilement au-delà de ce que les paroles expriment, il n'est pas non plus borné par les paroles dans l'étendue et la variété de ses actes; aussi arrive-l-il souvent qu'un seul mot renferme les actes des plus héroïques vertus. On comprend par là comment l'« Amen » est une répétition des demandes contenues dans l'Oraison dominicale et dans la Salutation Angélique. Plusieurs personnes dévotes y ont trouvé la matière des plus ferventes aspirations pendant la journée; elles se proposaient, en le répétant, de ratifier toutes les louanges qu'elles avaient données à Dieu, de renouveler tous leurs actes de religion, et de s'unir à ceux par lesquels les Esprits bienheureux glorifient et glorifieront le Seigneur pendant toute l'éternité. Le moyen de se pénétrer de pareils sentiments non seulement sur le mot « Amen » ou « Ainsi soit-il », mais encore sur chacune des paroles qui composent, soit la Salutation Angélique, soit les autres prières que nous disons fréquemment, c'est d'en méditer chaque mot. Saint Ignace et Saint François de Sales recommandent ce moyen comme étant très efficace pour ne pas contracter la funeste habitude de réciter ces prières par routine: en les méditant on accoutume son cœur à les goûter. Afin de donner à nos lecteurs une idée de ce genre de méditation qui est infiniment utile, parce qu'il est à la portée de tous et qu'il peut être employé sans livre, pendant la nuit, quand on est en voyage ou même quand on est obligé de faire un travail manuel, nous allons insérer ici la paraphrase de la Salutation Angélique qui se trouve dans la « Dévotion pratique aux Indulgences ».

« Je vous salue, Marie, pleine de grâces ». C'est en cette qualité que l'Archange Gabriel Vous a saluée de la part de Dieu. Eh! comment ne seriez-Vous pas pleine de grâces, puisque Vous étiez destinée à devenir la Mère de l'Auteur même de la Grâce. Je crois donc fermement que, dès l'instant de Votre Conception Immaculée, Vous avez reçu la grâce sanctifiante; que dès lors Vous avez fixé les regards du Tout-Puissant et de la Cour Céleste. Je crois que le Seigneur était avec Vous, qu'Il régnait avec empire sur Votre Esprit et sur Votre Cœur; que Vous ne viviez, que Vous ne respiriez que pour Lui plaire et accomplir Ses Saints Commandements.

« Le Seigneur est avec vous ». Oui, le Seigneur est avec Vous, non-seulement comme Il est avec tous les Justes, mais il y est d'une manière plus intime, plus étroite, plus parfaite, parce que Vous écoutez Sa Voix et l'aimez sans réserve et sans partage. Il est aussi avec moi quand je suis exempt de péché. Que ne puis-je mériter que les Anges disent de moi ce qu'ils disaient de Vous : « le Seigneur est avec Vous ! »

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes ». Parce que Vous êtes plus pure, plus parfaite, plus fidèle, et parce que le Saint des Saints a purifié, sanctifié et embrasé Votre Cœur par Sa présence. C'est pour cela que toutes les générations Vous loueront, Vous béniront et célébreront Vos louanges jusqu'à la fin des siècles.

« Et Jésus, le Fruit de Vos entrailles est béni ». Et comment ne le serait-il pas, puisqu'Il est le Fils du Très-Haut et qu'Il porte avec Lui toutes les bénédictions. Qu'Il soit donc à jamais béni, loué et remercié, ce Fils adorable, cet aimable Sauveur que Vous avez donné au monde pour être le Dieu d'Israël, le Libérateur de son peuple, le Rédempteur du genre humain, le Sauveur de tous les hommes.

« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs ». Ce n'est pas pour Vous seule, Vierge sainte, que Vous avez reçu la grâce; Vous en êtes devenue la dépositaire et la dispensatrice pour la répandre sur nous. Oui, c'est par Vos mains que Dieu veut la faire couler sur nous. Daignez nous faire part de Vos trésors en proportion de nos besoins. Plus nous sommes faibles, plus nous devons exciter la compassion de Votre Tendre Cœur; qu'il nous soit même permis de le dire, Vierge Sainte, plus nous sommes pécheurs, plus nous avons droit à Votre Générosité. Oui, nous y avons droit, parce que c'est aux pécheurs que Vous êtes redevable de la plus belle de toutes Vos prérogatives. Jamais, non jamais, Vous n'auriez été la Mère du Fils de Dieu, si les pécheurs n'avaient pas eu besoin d'un Sauveur !

« Maintenant et à l'heure de notre mort ». Daignez donc, Vierge sainte, Vous intéresser pour nous dès à présent; demandez pour nous des grâces de conversion et de persévérance; demandez surtout la plus précieuse de toutes les grâces, la grâce dont nous aurons besoin dans ce moment suprême qui doit décider de notre sort éternel. Toute notre vie nous implorons Votre Protection puissante; mais c'est au moment de la mort qu'elle nous sera plus nécessaire.

« Ainsi soit-il ». Oui, Vierge Sainte, c'est la faveur que nous Vous conjurons de nous accorder, Vous rappelant la Salutation de l'Ange Gabriel et Votre qualité ineffable de Mère de Dieu.

L'Eglise pour engager les Fidèles à dire fréquemment et dévotement la Salutation Angélique, a attaché à sa récitation soixante jours d'indulgence. Beaucoup de personnes pieuses la disent toutes les fois que l'heure sonne. C'est une pratique très utile, qui rappelle la présence de Dieu et attire les regards et la protection puissante de Marie. L'Angelus, vulgairement appelé les Pardons, est une pratique de dévotion qui consiste à dire trois fois la Salutation Angélique avec les versets que les Fidèles connaissent et qui se trouvent dans la plupart des livres de prières. Cette pratique a été introduite par Saint Ignace pour nous faire souvenir d'élever au moins trois fois le jour notre esprit et notre cœur vers Dieu, de l'adorer, de le remercier de tous ses biens, et surtout du grand bienfait de l'incarnation, de nous recommander à la Sainte Vierge qui a eu tant de part à ce mystère. Tous ceux qui, le matin, ou à midi, ou le soir, récitent dévotement et à genoux l'Angélus, au son de la cloche, gagnent une indulgence de cent jours; de deux cents, s'ils la récitent deux fois, et de trois cents s'ils la récitent trois fois. Ceux qui seront fidèles à cette pratique, c'est-à-dire, qui la réciteront au moins une fois par jour et à genoux, au son de la cloche, pendant un mois, gagneront une indulgence plénière le jour qu'ils choisiront pour se confesser, communier et prier pour les fins ordinaires.

Résolution

Ne négligeons pas un moyen si facile d'honorer la sainte Vierge, de renouveler la pensée de la présence de Dieu et d'élever notre esprit vers Lui pour le remercier de nous avoir donné pour Rédempteur Son Divin Fils. Nous l'emploierons surtout avec ferveur si, en méditant le sens des paroles de la Salutation Angélique, nous nous sommes bien pénétrés des sentiments que celle belle prière doit faire naître dans notre cœur.

Prière

Oraison de l'Angelus

 

Priez pour nous, sainte Mère de Dieu,

Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de notre Seigneur Jésus-Christ.

Seigneur, nous Vous supplions de répandre Votre Divine Grâce dans nos âmes, afin qu'ayant connu par la voix de l'Ange, l'Incarnation de Votre Fils Jésus-Christ, nous arrivions par Sa Passion et Sa Croix, à la Gloire de Sa Résurrection. Par le même Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

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04 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

St

Cinquième jour

Explication de l'Ave Maria

 

Les louanges que nous donnons à la Sainte Vierge se rapportent principalement a Dieu et sont l'expression de l'hommage que nous Lui rendons pour le bienfait de l'incarnation. La pieuse femme dont il est parlé dans l'Evangile, s'écria en entendant la Divine Doctrine de Jésus-Christ: « Bienheureux est le Sein qui Vous a porté; bienheureuses les mamelles qui Vous ont allaité ». Son but principal était de louer le Fils. De même les louanges que nous adressons à Marie en récitant la Salutation angélique, se réfléchissent sur Son Divin Fils qui seul l'en a rendue digne; aussi la Salutation angélique est-elle une excellente doxologie pour l'ineffable Mystère de l'Incarnation. Après avoir reconnu que Marie est bénie au-dessus de toutes les femmes, nous ajoutons: « Le fruit de vos entrailles est béni »; mais Il est béni dans un sens infini, oui plus sublime que Sa Mère, étant le Principe et la Source de toutes les bénédictions, de celles qui sont dans Marie, comme de celles qui sont dans les autres créatures; étant la fin à laquelle se rapportent tous les dons que sous louons et que nous admirons dans la Sainte Vierge. Jésus-Christ est béni par Dieu, par les Anges et par les hommes: par Dieu, comme Son Fils Bien-Aimé qui Lui est consubstantiel; par les Anges, qui tiennent de Lui leur être, la grâce et la gloire dont ils jouissent; par les hommes, qu'Il a sauvés et rachetés par Son Incarnation. Nous ne pouvons penser aux maux infinis dont Il nous a délivrés, aux peines et aux fatigues qu'Il a souffertes pour nous, au prix dont Il a payé notre rançon, aux biens inestimables qu'Il nous a mérités, au bonheur éternel du Ciel, à l'excès de Sa Bonté et de Sa Miséricorde, à Sa Majesté et à Ses Divines Perfections; nous ne pouvons, dis-je, nous rappeler tous ces objets, sans regarder comme singulièrement bénie Celle qui a donné à la terre cet Adorable Sauveur; mais on ne doit faire aucune comparaison entre le Fils et la Mère, parce que l'une est redevable à l'autre de Sa grandeur et de Sa gloire.

Nous ajoutons à cette doxologie le Nom de Jésus, qui est un Nom rempli d'une grâce et d'une douceur inexprimable; un nom qui fait les délices et la consolation des âmes dans lesquelles règne la Charité; un Nom qui est redoutable aux esprits de ténèbres, et qui mérite l'adoration de toutes les créatures; un Nom auquel tout genou doit fléchir dans le Niel, sur la terre et dans les enfers, et qui inspire à tout ce qui existe les plus vifs sentiments de respect et de vénération.

La dernière partie de la Salutation angélique renferme une prière. Celle des Esprits bienheureux dans le Ciel consiste principalement en des actes d'adoration, d'amour, de louanges et de reconnaissance. Unissons-nous à eux dans cette vallée de larmes; mais, nos misères et nos besoins étant extrêmes, nous ne devons nous présenter devant le Très-Haut qu'avec une humilité profonde, et un vif sentiment de notre faiblesse. Ce sont ces dispositions qui sont comme l'âme de la prière. Dieu connaît toute la profondeur de nos plaies, et sa bonté infinie le porte à avoir compassion de nous; mais sa colère s'allume lorsqu'il nous voit insensibles à nos propres maux. Il veut quel nous fassions l'aveu de notre néant, que nous gémissions sur les désordres que le péché a causés dans notre âme, et que nous reconnaissions la dépendance absolue où nous sommes de sa miséricorde et de sa grâce. Quand un pauvre nous demande l'aumône, ses besoins le rendent éloquent; il n'omet rien pour exciter notre compassion; il entre dans le détail le plus touchant de ses souffrances. Voilà le modèle qui! nous devons imiter lorsque nous prions. Exposons à notre Père Céleste notre pauvreté spirituelle; représentons-lui nos divers besoins, afin de fléchir Sa Miséricorde. Conjurons-le de mettre Lui-même dans nos cœurs les dispositions qu'il désire y voir, et de nous inspirer ce que nous devons Lui dire dans la prière pour être exaucés.

Nous avons recours aux Anges et aux Saints, et nous leur demandons leur intercession; mais nous nous adressons avec une confiance particulière à la Sainte Vierge, comme au Refuge des affligés et des pécheurs. Nous répétons Son Nom dans la récitation du Chapelet, pour nous exciter au respect et à la dévotion envers Elle. Nous l'appelons Mère de Dieu, pour marquer son éminente Dignité, et pour animer notre confiance en Sa Protection. En effet, que n'obtiendra-t-elle pas d'un Dieu qui a daigné naître d'Elle? Nous rappelons en même temps qu'Elle est aussi notre Mère Spirituelle, puisque nous sommes par adoption les frères et les cohéritiers de Jésus-Christ. Elle a pour nous une tendresse plus que maternelle; comme Elle surpasse toutes les créatures en Charité, Elle est beaucoup plus touchée de nos misères, et plus disposée à nous secourir, que ne peut l'être la mère dont nous avons reçu le jour. En vain cependant nous flatterons-nous de mériter Sa Compassion, si nous ne mettons fin à nos désordres, et si nous ne cessons de rendre inutiles à notre égard les mérites du Sang de Son Fils.

Ces paroles: « Sainte Marie, mère de Dieu », sont comme la préface de la prière dans laquelle nous la supplions d'intercéder pour nous. Nous ne la prions point de nous donner la grâce, car nous savons qu'Elle est un don de Dieu, et que Lui seul peut nous la donner; nous la conjurons seulement de demander la grâce pour nous à Son Fils, et d'obtenir par Son intercession que nos prières ne soient point rejetées. Nous prenons le titre de pécheurs, que nous méritons si justement, pour l'attendrir sur notre sort, et pour ressentir les effets de Sa Charité et de Sa Compassion. Marie connaissant bien plus distinctement que les autres créatures le mal du péché, et les désordres qui en sont la suite, proportionne à cette connaissance Sa Charité pour nous: mais nous n'en devons pas moins faire l'aveu de nos crimes avec une douleur sincère; car la volonté qui conserve de rattachement pour le péché, provoque la Colère de Dieu et celle de tous Ses Saints, qui aiment souverainement Sa Justice et Sa Gloire. Comment donc des pécheurs impénitents osent-ils se présenter devant Dieu avec des mains encore teintes, pour ainsi dire, du Sang Adorable de Son Fils qu'ils ont profané, et qu'ils continuent de fouler aux pieds? Nous éprouverons la Miséricorde Divine et la Charité de la Sainte Vierge, à proportion de la vivacité de notre componction.

Marie, en devenant Mère de l'Auteur de la Miséricorde, a pris des entrailles de compassion pour les pécheurs; ainsi, lorsque nous nous avouons pécheurs, nous exprimons suffisamment ce que nous demandons à Dieu; à savoir: un véritable repentir, la rémission de nos fautes, et la force de résister à toutes les tentations qui nous sollicitent au mal. Nous demandons aussi les autres secours dont nous avons besoin, toutes les vertus et surtout la Charité. Quoique tous ces objets ne soient pas nommément exprimés, ils sont néanmoins compris dans notre prière. Quelle autre chose, en effet, pourrions-nous demander à Dieu par l'intercession de Celle que l'Auteur de la grâce a choisie pour Sa Mère ?

Résolution

Ne perdons jamais de vue, en disant le Chapelet, que nous sommes des pécheurs, de pauvres pécheurs qui avons besoin d'être l'objet des Miséricordes du Seigneur; présentons-nous comme tels aux pieds de la Mère du Verbe incarné, de cette Mère de Miséricorde, notre espérance, notre vie, comme l'appelle l'Église, et implorons-la avec confiance, avec certitude d'en être secourus si nous sommes fidèles à entretenir en nous les sentiments de repentir qu'Elle nous obtiendra de Son Divin Fils, si nous l'invoquons avec ferveur et dévotion.

Prière

O Très Sainte Marie, Mère de Dieu, combien de fois n'ai-je pas offensé Dieu et mérité l'enfer par mes péchés ? Déjà la sentence aurait pût être été exécutée dès mon premier péché, si, touchée de compassion pour moi, Vous n'aviez arrêté, par Votre intercession, le bras de la Justice Divine. O Vierge Sainte, mille actions de grâces vous soient rendues, c'en est fait, Vous avez brisé la dureté, l'insensibilité de mon cœur; Vous avez gagné toute ma confiance; je Vous invoque comme l'enfant le plus tendrement attaché à sa mère. Ne permettez pas, ô ma tendre Mère, que je me détourne jamais de Vous, ni de Dieu qui, par Votre entremise, me dispense chaque jour tant de miséricordieuses faveurs. Ainsi soit-il.

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03 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Quatrième jour

Explication de l'Ave Maria

 

Puisque l'Ave Maria se répète si fréquemment dans la récitation du Chapelet, employons deux ou trois jours à nous pénétrer des sentiments que cette belle prière doit faire naître dans notre cœur, et des affections qui doivent en accompagner la récitation. Les âmes pieuses y trouvent une source inépuisable de dévotion et de ferveur; aussi ne pensons-nous nullement à présenter au lecteur tous les sentiments, toutes les affections qu'excite dans le cœur fidèle la récitation de cette prière; nous voulons seulement lui donner lieu de s'en former une idée par les paroles qu'elle a inspirées à quelques fervents serviteurs de Marie.

Quoique l'Ave Maria s'adresse à la sainte Vierge dont on implore l'intercession, cette prière a cependant pour premier objet de louer son divin Fils et de le remercier de son infinie miséricorde, qui a éclaté d'une manière si spéciale dans l'incarnation. Le Saint-Esprit est le principal auteur de cette prière. Le commencement est composé des paroles de l'archange Gabriel, qui fut l'ambassadeur de l'adorable Trinité dans l'accomplissement du plus auguste de tous les mystères; viennent ensuite les paroles que Sainte Elisabeth, inspirée par le Ciel, adressa à la Sainte Vierge; la fin est une addition faite par l'Église. Cette dernière partie est une invocation à la Sainte Vierge; elle y est appelée Mère de Dieu d'après le concile général d'Ephèse qui proscrivit les blasphèmes de Nestorius. Nous ajoutons à la Salutation angélique le nom de celle qui en est l'objet, ce nom étant très propre à nous inspirer des sentiments de respect et de confiance. Ce nom, dit Saint Jérôme, signifie dame, et étoile de la mer. Or, ces deux noms conviennent merveilleusement à celle qui est la Reine du Ciel, notre protectrice et notre étoile sur la mer orageuse du monde. D'autres femmes furent appelées Marie dans l'ancien Testament; mais ce ne fut pas dans le même sens, ni avec la même signification. Il est essentiel de faire attention à ces paroles de l'Évangéliste saint Luc: « Et le nom de la Vierge était Marie ». Ce nom, comme nous venons de le dire, est mystérieux. « Il est, dit saint Bernard, d'une telle vertu et d'une telle excellence, que les cieux tressaillent, que la terre se réjouit, que les Anges ne peuvent retenir leurs transports quand il est » prononcé ».

Le même Père observe que la Sainte Vierge est véritablement l'étoile sortie de Jacob, et placée au-dessus de cette mer redoutable pour nous éclairer par les mérites et par l'exemple de sa vie. « O vous, dit-il, qui êtes battus par les tempêtes de ce monde; levez les yeux vers cet astre brillant, si vous ne voulez point être submergés par les flots. Si les vents des tentations s'élèvent, si vous tombez parmi les rochers des tribulations, regardez l'étoile, invoquez Marie. Si vous êtes tourmentés par les vagues de l'orgueil, de l'ambition, de la médisance, de la jalousie, jetez les yeux sur l'étoile, invoquez Marie. Si vous commencez à tomber dans le gouffre de la mélancolie ou du désespoir, pensez à Marie. Ayez recours à elle dans les dangers, dans les détresses, dans les perplexités; qu'elle ne sorte ni de votre bouche, ni de votre cœur. Avec elle, vous n'avez rien à craindre; lorsqu'elle vous sert de guide, vous ne vous lassez jamais ». Tels sont les sentiments que le nom de Marie doit sans cesse nous inspirer. Ces mots: « Je Vous salue », annoncent de notre part des sentiments de joie et de congratulation. L'Archange les adressa à la sainte Vierge, pour lui témoigner le respect dont il était pénétré. Quoiqu'accoutumé à la gloire des Esprits bienheureux, il fut étonné de celle de Marie, qui était destinée à devenir la mère de Dieu; et que toute la Cour Céleste ne pouvait considérer qu'avec ravissement. Apprenons de là avec quelle humilité des vers de terre et des pécheurs comme nous, doivent adresser à la sainte Vierge la même salutation.

Mais écoutons le dévot auteur de l'Imitation, Thomas a Kempis, paraphraser cette salutation: « Je m'approcherai de Vous avec respect, avec dévotion et avec une humble confiance, lorsqu'il s'agira de Vous offrir la Salutation de l'Ange: je Vous l'offre donc, la tête courbée par respect pour Votre Personne Sacrée, et je désire que tous les Esprits Célestes puissent la répéter pour moi cent mille fois, et beaucoup plus souvent. Je ne connais rien de plus glorieux pour Vous, ni de plus consolant pour nous. Que ceux qui aiment Votre Saint Nom écoutent, et se rendent attentifs. Les cieux se réjouissent et toute la terre doit être saisie d'étonnement quand je dis: « Je Vous salue, Marie ». Le démon et l'enfer tremblent quand je répète: « Je Vous salue, Marie ». La tristesse disparaît, et une joie nouvelle remplit mon âme, quand je dis: « Je Vous salue, Marie ». Telle est la douceur de cette Salutation, qu'il n'y a point d'expressions capables de la peindre; elle est dans le cœur trop profondément, pour que les paroles puissent la rendre. Je me prosterne donc de nouveau devant vous, ô la plus sainte des vierges, pour Vous dire: « Je Vous salue, Marie, pleine de grâces... » Qui me donnera de satisfaire le désir que j'ai de Vous honorer de toutes les puissances de mon âme? Puissent tous mes membres être changés en langues et en voix de feu, pour Vous glorifier sans cesse. O Sainte Mère de Dieu, prosterné en Votre présence, pénétré d'une sincère dévotion de cœur et tout rempli de vénération pour Votre Nom, je Vous présente la joie que Vous causa la salutation qui Vous fut adressée par l'Archange Gabriel; puissé-je répéter avec une bouche aussi pure que l'or, et avec une affection brûlante: « Je Vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous ! »

Nous nous unissons aux sentiments de respect et de congratulation que l'Ange fit éclater, lorsque nous appelons la Sainte Vierge pleine de grâces ! Sa dignité ne venait point du sang royal de David qui coulait dans ses veines, ni d'aucun autre avantage temporel, mais des dons extraordinaires par lesquels Dieu la distingua des autres créatures. Destinée à devenir la mère de l'auteur de la grâce, elle fut comblée de toutes les faveurs dont est capable un être fini. « Elle fut remplie, selon Saint Bède, de l'océan du Saint-Esprit qui se répandit sur elle ». Elle dut être enrichie des trésors de la grâce à proportion de l'intimité des rapports qu'elle devait avoir avec celui qui en est le principe. C'est pour cela que l'Église lui applique ces paroles du Cantique des Cantiques: « Votre beauté est parfaite, il n'y a point de tache en vous ».

L'éloge de la sainte Vierge, renfermé dans les mots: « le Seigneur est avec vous », est une suite du précédent. Dieu, par Son immensité et par Sa toute-puissance, est avec toutes les créatures, parce que toutes les créatures sont par Lui ce qu'elles sont; mais Il est bien plus intimement avec les justes, demeurant en eux par sa grâce, et leur faisant ressentir les plus précieux effets de Sa Bonté. Quant à Marie, Elle est véritablement pleine de grâces, et à ce titre élevée au-dessus de toutes les créatures; Elle a aussi une union plus intime avec Jésus-Christ dont elle est la Mère. L'Amour dont Elle brûle surpasse celui des Séraphins; Elle est par excellence le Tabernacle du Très-Haut, qui la comble spécialement des Dons que produit une présence aussi extraordinaire, et qui déploie à Son égard tous les trésors de Sa munificence.

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes », lui dirent l'Archange et Sainte Elisabeth. C'est à bien juste titre qu'il est dit de Marie qu'elle est au-dessus de toutes les femmes, puisqu'elle a toujours été préservée de la moindre tache du péché, et qu'elle a été l'instrument dont Dieu s'est servi pour lever la malédiction dont le genre humain était chargé. Lorsque Judith eut délivré Béthulie d'une destruction temporelle, Osias, prince du peuple, lui dit: « O fille, vous êtes bénie au-dessus de toutes les femmes qui sont sur la face de la terre3. Le peuple la bénit tout d'une voix en disant: « Vous êtes la gloire de Jérusalem; vous êtes la joie d'Israël; vous êtes l'ornement de votre peuple ». À combien plus forte raison devons-nous appliquer cet éloge à Celle qui a enfanté l'Auteur même de toutes les Bénédictions Célestes qui se répandent sur nous? Marie pouvait donc dire d'Elle-même avec Justice: « Toutes les générations futures m'appelleront bienheureuse ».

Résolution

Prenons la résolution de bien comprendre, de bien méditer, et surtout de dire avec un cœur pur et dévoué à Marie, la belle prière qui Lui est consacrée, afin qu'en prononçant les paroles qui la composent, nous soyons pénétrés des sentiments qui inondent le cœur de ses fidèles serviteurs, et dont la lecture de ce jour nous donne quelque idée. Oh ! que de charmes nous trouverions dans la récitation du Chapelet si nous le disions animés du même respect, du même amour, de la même confiance.

Prière

La grâce que je Vous conjure, Vierge sainte, de m'obtenir de Votre Divin Fils, c'est de Vous aimer, Vous honorer, Vous proclamer Bienheureuse, parce que vous avez été pleine de grâces et que le Seigneur a été avec Vous; telle sera dorénavant mon occupation la plus agréable, car aucune autre n'est aussi propre à m'attirer votre bénédiction et le secours d'en haut. Ainsi soit-il.

 

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02 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

Queen of the Most Holy Rosary-001

Troisième jour

Des Indulgences attachées aux Chapelets bénits

 

C'est avec regret que l'on voit tant de personnes pieuses qui ont la louable habitude de dire tous les jours le chapelet, se priver des indulgences attachées à ce saint exercice, en ne remplissant pas exactement les conditions prescrites, le plus souvent parce qu'elles ne les connaissent pas. Si elles se servent d'un chapelet non bénit par un prêtre qui en ait reçu de Rome le pouvoir, elles ne gagnent aucune indulgence; elles font seulement, en récitant le chapelet, une œuvre de piété très-bonne et très-louable. Si, au contraire, elles se servent d'un chapelet bénit, elles gagnent diverses indulgences, selon le genre de bénédiction, et selon l'espèce de bonnes œuvres qu'elles font. Il y a, en effet, quatre sortes de chapelets:

1° Le chapelet, n'importe le nombre de dizaines, non bénit, auquel, par conséquent, il n'est attaché aucune indulgence. 2° Le chapelet ordinaire de cinq dizaines, appelé quelquefois de Saint Dominique; s'il est bénit, et si on le récite en méditant les mystères du Rosaire, on gagne les indulgences attachées à la récitation du rosaire, indulgences communes à tous les fidèles et par conséquent différentes de celles accordées aux membres des confréries du Rosaire; nous en parlerons lorsque nous aurons développé l'origine, l'excellence, les avantages, et de cette dévotion. 3° Le chapelet de sainte Brigide, vulgairement appelé Brigittain. Sainte Brigide, patronne de l'Irlande, surnommée la Thaumaturge à cause de la multitude de ses miracles, fonda plusieurs monastères. Au milieu des exercices de piété qui animaient l'émulation des religieuses, il faut distinguer la pratique du chapelet. Sainte Brigide, qui vivait environ sept cents ans avant saint Dominique qui établit le rosaire, ayant inventé la forme du chapelet qu'elle adopta, en introduisit dans tous ses monastères le pieux usage qui excita la ferveur dans le plus haut degré. C'est ce chapelet adopté par les Religieux Brigittains ou du Sauveur, fondé par Sainte Brigitte de Suède, vers l'an 1350, à la bénédiction duquel les souverains Pontifes ont attaché de nombreuses indulgences, comme nous allons le voir. 4° Enfin, le chapelet dit apostolique, est celui qui a été bénit et donné par le saint Père qui y attache les indulgences dont sont favorisés, et les chapelets ordinaires, et les Chapelets Brigittains.

Les Chapelets Brigittains ont de grands avantages sur les chapelets ordinaires avec lesquels ils présentent plusieurs différences. Ils sont composés de six dizaines, ce qui fait en tout, y compris le Pater et les trois Ave de la croix, 68 Ave et 7 Pater. Ce nombre a été choisi dans le but d'honorer les soixante-trois années que, d'après l'opinion commune, la sainte Vierge passa sur la terre, ainsi que les sept douleurs et les sept allégresses. Cependant, quoique le Chapelet Brigittain soit composé de six dizaines, on peut gagner également les indulgences qui y sont attachées, soit en n'en récitant que cinq, soit en disant les quinze dizaines du rosaire. On peut appliquer aussi les indulgences de ces chapelets sur ceux qui n'ont que cinq dizaines.

On lit dans plusieurs ouvrages, entre antres dans la Dévotion pratique aux indulgences, par Mgr l'Evêque de Belley, que la considération ou méditation des mystères n'est pas nécessaire pour gagner les indulgences accordées au chapelet brigittain: c'est une erreur, et une décision du 19 Janvier 1833, de la Congrégation établie à Rome pour résoudre les questions relatives aux indulgences, ne laisse aucun doute sur l'obligation de méditer les mystères en récitant ce chapelet. Il est parlé de cette décision dans le Journal historique, tome V, page 1-45. Les indulgences attachées au chapelet de Sainte Brigide ou Brigittain sont plus étendues; les religieux et les prêtres séculiers qui en ont reçu le pouvoir de Rome, peuvent les appliquer aux chapelets qu'on leur présente à bénir, afin que les fidèles en recueillent des grâces plus abondantes. Il en résulte que les fidèles en récitant le Chapelet Brigittain bénit, gagnent les indulgences qui y sont attachées ; mais à condition qu'ils méditent les mystères du rosaire: en ce cas nous pensons qu'ils peuvent aussi gagner les indulgences accordées à la récitation du rosaire ou chapelet de saint Dominique. Voici, du reste, les indulgences attachées aux chapelets bénits parles Pères Rédemptoristes, et, croyons-nous, par tout autre prêtre qui en a reçu le pouvoir de Rome.

Indulgences plénières. 1° Celui qui récite au moins une fois par semaine le chapelet de cinq dizaines, en s'approchant des sacrements et en priant pour les fins ordinaires, peut gagner une indulgence plénière à chacune des l'êtes principales, y compris celles des Apôtres et de saint Joseph. 2° Une fois par mois aux mêmes condition» et, en outre, en visitant une église, pourvu qu'on récite tous les jours le chapelet. 3° Une fois l'an pour celui qui remplira les mêmes conditions.4° Le jour de Sainte Brigitte (8 Octobre) pour celui qui, étant dans l'usage de réciter au moins une fois la semaine, le chapelet de cinq dizaines, remplira les mêmes conditions. 5° A l'article de la mort pour celui qui recommandera son âme à Dieu et recevra les sacrements ou, s'il ne le peut, invoquera de bouche ou de cœur le nom de Jésus.

Indulgences partielles. 1° 100 jours à claque Credo, Pater, Ave. 2° 7 ans et 7 quarantaines pour celui qui récitera le chapelet de 15 dizaines en l'honneur des 15 mystères. 3° 7 ans et 7 quarantaines à chacune des fûtes de N.-S. et de la sainte Vierge, pour celui qui récite le chapelet au moins une fois la semaine et qui, s'étant approché des sacrements, priera pour les fins ordinaires. 4° 5 ans et 5 quarantaines pour celui qui fera la même chose les Dimanches et les autres jours de fête pendant l'année. 5° 200 jours pour celui qui visitera les prisonniers ou les malades dans les hôpitaux pour las soulager, ou enseignera la doctrine chrétienne à l'église ou dans sa maison. 6° 100 jours pour celui qui portant le chapelet assiste à la messe ou au sermon, ou ramène dans la bonne voie un pécheur, ou enfin pratique quelque bonne œuvre en l'honneur de Jésus-Christ, de Marie ou de Sainte. Brigitte, et récitera 3 Pater et 3 Ave. 7° 40 jours pour celui qui, portant sur soi le chapelet, se mettra à genoux et priera au son de la cloche pour les agonisants. N. B. On peut appliquer toutes ces indulgences aux âmes du purgatoire. Cette liste d'indulgences est extraite d'une brochure imprimée récemment à Liège, sous le titre de: « Exposition des indulgences attachées aux chapelets », par les Pères de la Congrégation du très-saint Rédempteur.

Résolution

Inutile sans doute d'engager à se procurer un chapelet bénit; nos lecteurs en ont un, nous n'en doutons pas; mais tous pensent-ils à gagner les indulgences qui y sont attachées ? En n'y pensant pas, en ne dressant pas leur intention, ils perdent, et pour eux, et pour les âmes du purgatoire, les faveurs que l'Eglise y a attachées par la bénédiction. Évitons donc cette négligence préjudiciable, et, à cette effet, disons chaque jour cette prière ou quelque autre analogue:

Prière

O Dieu infiniment bon et miséricordieux, qui avez laissé à Votre Eglise le pouvoir de remettre les peines dues au péché, nous Vous rendons d'humbles actions de grâces pour ce bienfait ineffable, et nous Vous offrons toutes les prières et les bonnes œuvres que nous ferons dans le cours de cette journée, dans l'intention de gagner pour nous et pour les âmes du purgatoire toutes les indulgences qui peuvent y être attachées. Puissions-nous ainsi, en vertu des mérites surabondants de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des Saints, satisfaire à Votre Justice en ce monde pour n'avoir plus dans l'autre qu'à louer et à bénir éternellement Votre Miséricorde infinie. Ainsi soit-il.

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01 octobre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

Vierge du Rosaire du Coeur d'Accueil

Deuxième jour

Le Chapelet

 

Si la fausse sagesse du monde affecte quelquefois du mépris pour les pratiques consacrées par la religion ou ennoblies par l'exemple des Saints, c'est qu'elle dédaigne souvent de s'instruire, et qu'elle blasphème ce qu'elle ignore. Eclairons les ténèbres dans lesquelles elle se plaît et dévoilons d'abord à ses yeux l'origine de cette dévotion. C'était la coutume des anciens peuples dans les pays orientaux, d'offrir des couronnes de roses aux personnes distinguées par leur mérite ou par leur dignité: on ne croyait pas pouvoir les honorer mieux que par cette sorte de présent, et les chrétiens se plaisaient à honorer ainsi la sainte Vierge et les Saints. Un grand pontife, un illustre docteur, celui des Saints Pères que l'on a surnommé le théologien par excellence, à cause de la pureté de sa doctrine, Saint Grégoire de Naziance, dans le transport de son amour si tendre pour la suinte Vierge, fut inspiré de substituer à la couronne matérielle de roses, une couronne spirituelle de prières, persuadé qu'elle serait plus agréable à la Mère de Dieu. Il composa à cet effet une suite ou couronne de prières, tissue des plus belles louanges, des plus glorieux titres et des plus excellentes prérogatives de Marie: c'était à peu près comme les prières appelées litanies. Cette invention ingénieuse du quatrième siècle avait son prix et son mérite pour les personnes instruites qui pouvaient se rendre cette sorte de prières familière; mais cette heureuse idée avait besoin, pour être à la portée de tous et pour devenir populaire, d'être composée des prière» les plus ordinaires de l'Eglise, c'est-à-dire, de l'Oraison dominicale, de la Salutation angélique et de la profession de foi du chrétien. C'est l'idée que réalisa, dans le cinquième siècle, Sainte Brigide patronne de l'Irlande, qu'il ne faut pas confondre, comme on le fait souvent, avec Sainte Brigitte, veuve, princesse de Suède, morte à Rome en 1373.

Pour faciliter cette dévotion nouvelle, il fallait fixer un certain ordre dans ces prières, et trouver un moyen de les distribuer sans confusion, et de les distinguer sans méprise. Pour éviter donc un certain travail de mémoire et ne pas distraire de l'attention de la prière même, Sainte Brigide adopta l'usage des anachorètes ou solitaires de l'Orient, qui, dans ces premiers siècles, se servaient de petits globules de pierre ou de bois, pour mieux compter le nombre de leurs prières; et elle pensa qu'il fallait enfiler ces grains en forme de couronne, et en avoir de différentes grosseurs pour distinguer chaque prière différente. Elle introduisit d'abord dans la Communauté qu'elle avait établie sous la règle de Saint Benoît, cet usage qui se répandit ensuite partout. Sainte Gertrude, Vierge, abbesse de Nivelles, dans le Brabant, et qui vivait dans le septième siècle, se servait de cette sorte de chapelet. comme on le voit dans sa vie; un concile tenu en Angleterre en 810, fait aussi mention de lu même dévotion, comme d'une pratique en usage alors depuis longtemps; et le fameux Pierre l'ermite. le promoteur de la 1ere croisade, dans le onzième siècle, fit adopter aux croisés cette manière de prier à l'aide du chapelet pendu à leur ceinture. Il est résulté de tous ces faits que l'on a attribué l'origine du chapelet, tantôt aux premiers anachorètes, tantôt à Sainte Gertrude ou à Pierre l'ermite; tandis que cette heureuse idée de Saint Grégoire de Naziance a été perfectionnée et promulguée par Sainte Brigide, vierge d'Irlande, vers l'an 499, et non par sainte Brigitte de Suède, qui ne naquit qu'en 1302. Nous avons vu que le chapelet ou couronne tire son origine des couronnes de roses que l'on déposait sur les autels, en l'honneur de Marie ou des Saints ; mais celte sorte de couronne de roses, que l'on appelle en latin et en italien corona, se nommait dans la basse latinité, capellina; en vieux français, chapel de roses; d'où est dérivé le diminutif chapelet ou petit chapel, petite couronne.

L'usage du chapelet est une excellente pratique, pourvu qu'on ait soin en le récitant, de joindre l'esprit à la lettre et d'en écarter toute sorte de superstition, comme d'attribuer l'efficacité de la prière à ce nombre déterminé de Pater et d'Ave plutôt qu'à un autre nombre. Mais, si en récitant un certain nombre de Pater et d'Ave, on n'a d'autre intention que de se conformer au nombre fixé par l'Eglise pour gagner les indulgences qu'elle y a attachées, on ne fait assurément rien de ridicule ni de superstitieux, et c'est même une pratique louable et excellente. En effet, l'excellence d'une dévotion se tire de la fin que l'on se propose, des moyens que l'on emploie et des avantages qui en résultent; or, le chapelet a pour fin principale d'honorer Jésus et Marie; les moyens qu'il fait employer sont, la prière, la méditation et l'imitation des Saints qui ont pratiqué cette dévotion; les avantages qu'il procure sont: toutes les faveurs, les grâces et les prérogatives qui sont attachées à sa récitation; ainsi l'on peut dire avec fondement que celui qui récite le chapelet assidûment, y apprend le secret de bien prier, y trouve les moyens de bien vivre, et obtient par la ferveur de ses dispositions, les grâces nécessaires pour bien mourir. Quoi de plus excellent, de plus utile pour procurer la gloire de Dieu, l'honneur de Marie et le salut de notre âme?

Du reste, l'excellence de la dévotion du chapelet étant la même que l'excellence de la dévotion du rosaire, en traitant de cette dernière dévotion, des avantages qu'elle renferme et des prodiges que Dieu a opérés en sa faveur, tout lecteur sera convaincu qu'elle doit être chère aux fidèles et faire leurs délices par les garanties, les ressources et les avantages qu'elle leur offre. Est-il nécessaire de dire un mot de l'objection faite par les contempteurs de cette pratique, qui, dans leur orgueil dédaigneux, demandent pourquoi tant de Pater, tant d'Ave, tant d'ennuyeuses répétitions ? Eh ! qu'est-ce que toutes les prières de l'Eglise aux yeux de Dieu, sinon des milliers de paroles qui se rapportent à un même sentiment d'amour ? Qu'on l'exprime en Pater, en Ave ou en d'autres prières, n'est-ce pas le même hommage rendu au Seigneur ? Ennuyeuses répétitions ! Et pour qui ennuyeuses ? Est-ce pour Dieu et pour la sainte Vierge ? Vous blasphémez ! Est-ce que que Dieu et la Sainte Vierge peuvent s'ennuyer ? Est-ce d'ailleurs un ennui pour un bon père, pour une bonne mère, d'entendre un enfant répéter mille fois: « Je vous aime » ? de sentir mille fois l'étreinte de ses bras qui les serrent ? Notre Dieu est-il un moins bon père, Marie une moins bonne mère que ceux que nous avons sur la terre ? Sont-ils plus susceptibles d'ennui ? Pour qui donc est cet ennui ? Pour certaines gens qui récitent mal ces prières; pour ces hommes animaux qui ne goûtent pas les choses de Dieu. (Saint Paul). Mais l'âme fidèle, l'âme dévote à Marie, se lasserait-elle jamais de lui dire affectueusement: « Je Vous salue, Marie; Sainte Mère de Dieu, priez pour moi ». Non, le vrai chrétien, le vrai disciple de Jésus-Christ, ne peut pas se lasser, s'ennuyer de répéter sans cesse: « Notre Père, qui êtes aux Cieux ».

Résolution

Prenons la résolution de réciter fréquemment le Chapelet, tous les jours même à l'exemple de tant de fervents serviteurs et de ferventes servantes de Marie. Quelles que soient nos occupations, nous pouvons trouver le temps de le réciter, soit en commun, soit en notre particulier, aux champs, en voyage, en travaillant, etc.; et, si nous le disons avec attention et dévotion, nous ne tarderons pas d'en recueillir les fruits les plus abondants.

Prière

O Mère de Dieu, Vous êtes aussi la nôtre et nous Vous saluons mille fois; jetez sur nous des regards de complaisance et accordez-nous Votre bénédiction lorsqu'on disant notre Chapelet, nous répétons affectueusement le Salut ineffable que vous adressa l'envoyé du Ciel, l'Ange Gabriel, le jour de l'Annonciation. L'assurance où nous sommes que cette pratique de dévotion, cette prière Vous est agréable, nous remplit de la confiance la plus entière. O Mère tendre et puissante, daignez nous obtenir du Dieu de bonté les grâces qui nous sont nécessaires pour nous montrer en tout et partout de Vos vrais enfants. Ainsi soit-il.

 

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30 septembre 2012

Le Mois du Rosaire

Le Mois du Rosaire

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Premier jour

La dévotion du Rosaire

 

Quoique la dévotion envers la glorieuse Vierge Marie doive être recommandée en général à tous les chrétiens, comme un puissant secours pour mener une vie plus sainte, comme un moyen de trouver plus d'accès auprès de Dieu, et enfin, comme une marque peu équivoque de prédestination; on peut dire qu'entre toutes les pratiques de dévotion inspirées aux fidèles par l'Esprit-Saint pour rendre à la Mère de Dieu le culte qui lui est dû, celle de réciter le rosaire avec les sentiments conformes au but de son institution, est l'une des plus authentiques et des plus agréables à la sainte Vierge. Aussi trouve-t-on peu de personnes recommandables par leur sainteté, respectables par leur rang, leur savoir, leur dignités, qui n'aient été zélées pour cette solide dévotion. Combien de souverains Pontifes, de rois, de princes, etc., ont regardé comme un honneur de se faire inscrire dans les confréries du Rosaire pour pratiquer plus exactement cette dévotion ?

Jouissez-vous, ami lecteur, du même bonheur ? Si vous avez l'avantage de connaître l'excellence de la dévotion du Rosaire, et si, inscrit ou non dans une association formée en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, vous honorez votre bonne Mère par ce tribut quotidien ou hebdomadaire de louanges, nous vous en félicitons, parce que nous sommes convaincu avec l'Église que ce sera pour vous une source de bénédiction et de salut dans le cours de votre vie et à l'heure de votre mort. Si vous négligez cette pratique de dévotion, si vous n'en connaissez pas l'utilité, oh ! Prenez, nous vous en conjurons, prenez la résolution de consacrer ce mois à lire attentivement, à étudier, à méditer ce que nous allons tâcher de recueillir sur cette dévotion que les fidèles de nos jours n'apprécient plus en général comme elle mérite d'être appréciée, et par suite ne la pratiquent plus avec l'esprit, les dispositions qu'elle exige.

Nous avons choisi le mois d'octobre pour présenter aux fidèles des considérations sur la dévotion du Rosaire, parce que le premier dimanche de ce mois l'Église célèbre la fête solennelle du saint Rosaire, appelée vulgairement la fête du grand Rosaire. Nous dirons plus loin à quelle occasion cette fête fut établie. Plus une dévotion est générale et populaire, a dit un docteur de l'Eglise, plus elle doit nous paraître sainte et divine. Par dévotions populaires on ne peut entendre que celles qui sont plus répandues dans toute l'Eglise, et honorées du suffrage et des faveurs du saint Siège; parce que les dévotions approuvées par le vicaire de Jésus-Christ, le Chef visible de l'Eglise, sont seules vraies, solides, et toujours conformes à la foi et à la raison. De là, les dévotions populaires ne sont pas les dévotions propres uniquement au peuple, mais celles qui sont plus accessibles à toutes les classes inférieures, et qui sont si universellement répandues que les hautes classes de la société se font gloire de s'y associer : par exemple, les dévotions du Scapulaire, du Chapelet, du Rosaire, etc; ces sortes d'agrégations, où se confondent les noms les plus grands avec les plus communs, honorent la dévotion au lieu de lui nuire, et sont conformes à l'esprit de Jésus-Christ. qui a voulu que les sacrements fussent communs à tous ses disciples; que le pauvre s'assied à la table sainte à côté du riche; que tous eussent part à ses grâces sans distinction de rang, de condition, etc.

Cependant les mauvais chrétiens, les faux disciples de Jésus-Christ, les pharisiens du christianisme qui ne pratiquent pas la religion, critiquent ces dévotions populaires, parce qu'elles sont une continuelle censure de leur indifférence: ils déclament contre leur abus et contre leur multiplicité. Mais d'abord les abus ne peuvent jamais détourner d'une bonne œuvre; il suffit de les connaître et de s'en préserver. N'abuse-t-on pas des meilleures choses? Ces dévotions, ces associations ne sont-elles pas bonnes en elles-mêmes, comme par leurs effets? Si 'elles ne l'étaient pas, comment l'Eglise les aurait-elle approuvées et enrichies d'indulgences? D'ailleurs, elles se bornent à des exercices pieux, à des prières communes ou particulières, à quelques œuvres de charité; or, rien n'est plus capable de nourrir et d'animer la piété; rien n'est plus propre à resserrer tous les liens de la religion, à répandre partout l'édification et à exciter une sainte émulation pour la vertu.

Quant à la multiplicité des dévotions que l'on se plaît à critiquer, c'est un reproche qui semble sinon ridicule, du moins injuste; car il en est des dévotions, comme des mets dans un repas, ou des fleurs dans un jardin: on n'impose à personne l'obligation de manger de tous les mets, ni à un particulier de cultiver toutes les fleurs; on ne force personne non plus à embrasser toutes les dévotions : la variété des fleurs dans un jardin et la diversité des mets sur une table sont tout à la fois un ornement et une nécessité pour s'adapter à tous les goûts: de même la multiplicité des dévotions est un ornement pour la piété et une ressource pour les fidèles; mais ils peuvent choisir parmi les dévotions qui leur plaisent davantage, celles qui sont plus analogues à leur état ou à leurs besoins, et qui ne peuvent ni les surcharger, ni nuire à leurs devoirs ou à leurs emplois.

Parmi les dévotions destinées à honorer la sainte Vierge, il en est deux surtout qui ont l'avantage d'être plus anciennes, plus connues, plus faciles et plus universellement répandues; à savoir: celle du Rosaire et celle du Scapulaire. Il n'entre pas dans notre plan de parler de l'excellence de la dévotion du Scapulaire qu'on a la consolation de voir se répandre chaque jour davantage en Belgique; nous ne traiterons, dans ce mois, que de la solide dévotion du Chapelet et du Rosaire. Nous disons du chapelet et du rosaire; car ce sont deux dévotions que les fidèles confondent souvent, n'y ayant au fond que quelques nuances presque imperceptibles qui les distinguent; nous parlerons donc d'abord du chapelet, et ensuite nous nous étendrons sur ce qui concerne le rosaire. Nous ne voulons rien exagérer et nous nous garderons bien de dire que la dévotion du rosaire est une marque infaillible de prédestination, le signe le plus certain du salut et le gage le plus assuré d'une alliance éternelle avec Jésus et Marie; mais nous ne craignons pas de dire avec confiance, en commençant ce mois, que la dévotion éclairée et pratique du rosaire est un grand moyen de salut, une marque non équivoque de prédestination, une voie sûre pour se procurer la protection de la Mère et les faveurs du Fils, et que ces avantages sont promis aux vrais dévots et aux confrères du Rosaire, qui, prosternés au pied de l'autel de Marie, ne s'en approchent pas de bouche mais du cœur, et ne l'honorent pas seulement des lèvres, mais du fond de leurs entrailles. (Isaïe 29. 13).

Résolution

Si nous mettons en pratique la dévotion du Rosaire, nous devons aimer à connaître sa solidité et ses avantages; si nous ne la mettons pas en pratique, nous serions plus qu'indifférents si, ayant en mains cet ouvrage, nous ne prenions pas la résolution de nous éclairer sur ce point, en en faisant la lecture dans le cours du mois d'octobre, dont le 1er dimanche est consacré par l'Église à Notre-Dame-du-Rosaire. Disons donc avec l'auteur la prière suivante.

Prière

Nous venons nous jeter à Vos pieds, Vierge Sainte, pour Vous demander de bénir ce nouveau mois et d'en accepter l'humble dédicace. Obtenez-nous de Votre Divin Époux les lumières qui nous sont nécessaires pour profiter de sa lecture. Il n'a été composé qu'en vue de rappeler aux fidèles une dévotion qui a toujours été chère à vos serviteurs, parce que Vous avez donné mille preuves qu'elle Vous était agréable. Faites, Vierge Sainte, Secours des Chrétiens, qu'elle produise encore de nos jours les effets qu'elle produisit lorsque vous l'inspirâtes à Saint Dominique. Ainsi soit-il.

 

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30 août 2012

Le Mois de l'Assomption

Le Mois de l'Assomption

Marie Reine Immaculée

Trente-et-unième jour

Marie, Mère admirable

 

Le Père Nieremberg raconte qu'un religieux de la Compagnie de Jésus, grand serviteur de Dieu et très dévot de à Marie, demanda à la Sainte Vierge quel nom il pourrait lui donner qui renfermât quelque chose de Ses grandeurs. Or, un jour que les élèves dont il était le Père spirituel chantait les Litanies, la Très Sainte Vierge lui apparut environnée d'une vive lumière, et lui dit que cette invocation : « Mater Admirabilis », renfermait beaucoup de ses titres, puis elle laissa ce bon religieux si content, si joyeux, si pénétré de ses ineffables grandeurs que, ravi en une douce extase, il s'écriait : « O Mère Admirable ! Mère Admirable ! » et sans cesse il répétait avec amour : « O Mère Admirable ! »

De fait, ajoute le Père Nieremberg, comment ne serait-Elle pas une Mère Admirable, Celle qui est Mère de Dieu, Mère de l’Éternel, Mère du Créateur de toutes choses, Mère du meilleur Fils qui fût jamais, d'un Fils aussi bon et aussi Saint que le Saint Esprit ; Mère de notre vie, de notre Rédempteur, Mère de l'Homme-Dieu ? Comment ne serait-Elle pas Mère Admirable, Celle qui est Mère et Vierge, plus Mère que toutes les mères sur la terre, plus Vierge que toutes les vierges ? Mère Admirable ! Elle n'a été Mère que du Fils qu'Elle a voulu, et Elle ne l'a pas voulu autre qu'un Dieu. Mère Admirable ! Bien que réellement Mère de Dieu, elle ne dédaigne pas cependant d'être la Mère des pauvres hommes. Mère Admirable ! Puisqu'Elle est Mère de Consolation, Mère des grâces, Mère de Miséricorde, Mère des vierges, Mère de toutes les vertus. Oh ! C'est avec raison qu'Elle s'appelle Mère Admirable, Celle qui l'est réellement de tant de manières et à tant de titres.

O mon aimable Rédempteur, béni, loué et remercié soit à jamais Votre Cœur Sacré qui m'a donné une Mère si grande, si élevée, si admirable !

 

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Texte extrait de « Deux mois sanctifier par la prière », de Dom Gabriel-Marie Fulconis, aux Éditions Saint Jean

 

Fin du Mois de l'Assomption

 

Téléchargez l'intégralité des Méditations (pdf) en cliquant ici

 

Prochain Mois de Dévotion, le Mois du Rosaire, rendez-vous le 30 septembre

29 août 2012

Le Mois de l'Assomption

Le Mois de l'Assomption

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Trentième jour

Il faut se préparer, par une Neuvaine, à la Nativité de la Sainte Vierge

 

Aujourd'hui commence la Neuvaine préparatoire à la Nativité de mon Auguste Mère. Cette Fête, dit un pieux auteur, est un jour de faveurs signalées pour tous les dévots serviteurs de Marie ; car si les reines du monde ont l'habitude de se montrer libérales au jour anniversaire de leur naissance, et d'accorder toutes les grâces qu'on leur demande, combien la Reine du Ciel et de la terre ne sera-t-Elle pas plus généreuse envers ses enfants le jour de Sa Nativité ! Chargée qu'Elle est de distribuer toutes les faveurs de Son Fils, Elle puise largement ce jour-là dans le trésor infini de Ses Miséricordes et les répand sur nous à profusion.

Je ferai donc cette neuvaine avec une dévotion toute particulière, et je pratiquerai, autant que je le pourrai, les exercices proposés pour la Neuvaine de l'Assomption. En outre, je réciterai chaque jour 30 je Vous salue Marie (3 dizaines de chapelets NDLR), en l'honneur des jours que Marie a passés dans le sein de Sainte Anne, Sa glorieuse Mère. Elle-même révéla cette pratique à Sainte Mechtilde, qui l'avait supplié de lui apprendre quel exercice elle pourrait faire pendant la Neuvaine préparatoire à la Nativité. « Ma fille, lui dit-Elle, si tu veux M'honorer particulièrement pendant cette Neuvaine, tu réciteras dévotement chaque jour trente je Vous salue Marie en l'honneur des jours que J'ai passés dans le sein de Ma mère. Je jetterais un regard de maternelle tendresse sur tous Mes serviteurs qui Me paieront ce tribut de louange en ces jours, et Je les associerai aux joies que Je ressentis à Ma Nativité ».

Je ferais pareillement une chose fort agréable au Cœur Aimable de Marie, si, pendant cette Neuvaine, je récite fréquemment en son honneur et en l'honneur de Sainte Anne la prière suivante.

 

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Prière

 

Je Vous salue, pleine de grâces, le Seigneur est avec Vous, que Votre grâce soit avec moi. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et bénie est Sainte Anne, Votre mère, de laquelle Vous êtes née, ô Vierge Marie, sans souillure et sans péché, de Vous est né Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait de « Deux mois sanctifier par la prière », de Dom Gabriel-Marie Fulconis, aux Éditions Saint Jean

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28 août 2012

Le Mois de l'Assomption

Le Mois de l'Assomption

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Vingt-neuvième jour

Paroles mémorables adressées par la Très Sainte Vierge à la Vénérable Sœur Marie de Jésus sur le respect que l'on doit aux Prêtres et spécialement au Souverain Pontife

 

« Ma Fille, Je veux te faire connaître quelle vénération et quel respect Je témoignais aux Prêtres pendant Ma vie : bien que Je fusse réellement Mère de Dieu dont ils étaient les ministres, Je me prosternais à leurs pieds, Je baisais souvent la terre qu'ils avaient foulée, et J'estimais que c'était pour Moi une heureuse fortune. Et pourtant le monde aveugle n'apprécie pas la dignité Sacerdotale, parce qu'ils confond le précieux avec le vil, et traite le Prêtre comme un homme du peuple, tellement qu'entre les deux, il ne fait aucune différence.

Eh bien ! Ma fille, il faut que tu compenses, dans la mesure de tes forces, cet égarement et cet oubli des enfants de l’Église. Saches que du Trône de Gloire où Je suis assise du Ciel, Je contemple avec vénération les Prêtres qui sont sur la terre ; toi aussi, regarde-les toujours avec autant de respect que s'ils étaient à l'Autel, s'ils portaient le Saint Sacrement dans leurs mains où s'ils le possédaient dans leur cœur ; que ce sentiment s'étende jusqu'aux ornements et aux vêtements qu'ils portent. Surtout, professe la plus grande vénération et la plus entière obéissance au Souverain Pontife, et quand tu l'entendras nommer, incline la tête comme tu le fais quand tu entends le Nom de Mon Divin Fils, ou le Mien, puisqu'il tient sur la terre la place de Jésus-Christ : Je le faisais Moi-même pendant Ma vie mortelle, lorsqu'on prononçait devant Moi le nom de Saint Pierre. Or, Je veux que tu marches en tout sur Mes traces, afin que, suivant Mon exemple, tu trouves grâce aux yeux du Très-Haut ».

Si je veux plaire au Cœur Aimable de Marie, je dois m'efforcer de mettre en pratique ces avis précieux qu'Elle a donnés à sa pieuse servante et amie.

 

Texte extrait de « Deux mois sanctifier par la prière », de Dom Gabriel-Marie Fulconis, aux Éditions Saint Jean

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