09 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

17028872

Dix-septième jour

Le retour des Mages dans leur pays


« Ayant été avertis en songe de ne point aller retrouver Hérode, ils s'en retournèrent dans leur pays par un autre chemin ». (Matthieu 2) Que l'Evangile est instructif! qu'il est consolant! que d'inquiétudes, que de douleurs nous nous épargnerions, si nous étions attentifs à méditer les leçons qu'il nous donne! Nous en trouverions pour toutes les circonstances, tous les événements et toutes les situations de la vie, parce qu'il est la lumière qui doit diriger nos pas. Partout nous y apprendrions que Dieu demande le sacrifice de notre volonté et le renoncement à notre trompeuse sagesse, et qu'en échange il nous envoie protection et lumière au milieu de toutes les épreuves, tandis qu'il se plaît à aveugler les superbes et à surprendre les sages par leurs propres artifices. De quoi sert à Hérode sa politique? à quoi plus tard aboutira sa cruauté? A travers les flots du sang de mille enfants il poursuivra l'Enfant Jésus, et c'est le seul qui échappera à ses coups. C'est qu'il n'y a contre Dieu ni sagesse, ni prudence, ni conseil. Apprenez donc aujourd'hui à obéir à sa voix, à vous abandonner à sa Providence, en considérant 1° l'avertissement donné aux Mages, 2° leur obéissance à suivre un autre chemin, 3° leur retour dans leur patrie.


L'avertissement qui leur est donné


Ce dut être pour les Mages une forte tentation que celle de s'établir, ou du moins de prolonger leur séjour à Bethléem, et de s'attacher irrévocablement à l'Enfant Jésus et à sa sainte Mère. Ils devaient trouver tant de douceurs dans cette céleste compagnie, de si hautes instructions dans le silence de ce Verbe incarné, de si pures consolations dans leurs entretiens avec Marie! que peuvent-ils souhaiter de voir après avoir vu Jésus? quels entretiens pourraient les charmer, après qu'ils ont conversé avec la Reine des anges? Il est vrai, mais ce n'est pas pour eux seuls qu'ils ont été appelés,éclairés, instruits delà venue du Rédempteur promis au monde. Il faut qu'ils reportent dans leur patrie une lumière plus vive que celle qui les en a tirés, qu'ils rendent témoignage à Jésus-Christ, et deviennent ses prédicateurs et ses apôtres. Le même mouvement de grâce qui les a portés vers la crèche les presse de la quitter; ils en reçoivent l'ordre pendant leur sommeil, et avec une humble docilité ils se disposent à l'instant même à l'accomplir. Admire, ô mon âme! les soins attentifs et miséricordieux de la Providence sur ceux qui sont fidèles à suivre la voie qu'elle leur trace, et qui mettent en elle leur confiance et leur appui. Elle les éprouve, et par intervalles semble les délaisser; et c'est alors qu'elle est, pour ainsi dire, plus près d'eux, et les guide d'une manière plus lumineuse et plus sûre. Ainsi, parce que les Mages se sont aveuglément abandonnés à Sa conduite, elle ne les perd pas un moment de vue et veille partout à leur sûreté. Quand est-ce donc qu'enfin tu imiteras ce généreux et Si sage abandon? Parce qu'ils ont été conduits par les désirs les plus purs et lés vues les plus saintes, ils remportent, de leur visite au Sauveur du monde, la joie, la lumière et la paix. Ah! si tu portais à l'oraison et à la communion, ô mon âme! cette vivacité de foi et cette ardeur de charité, tu en sortirais éclairée, disposée au sacrifice de toi-même, et tout enflammée. Car il est écrit: Approchez de Lui vous serez éclairés, et encore: Mon cœur s'est embrasé élans ta Méditation. Si lorsque tu possèdes ton Jésus, ou que tu te trouves à ses pieds, tu te reposais pleinement en lui comme dans ton centre; si tu écoutais attentivement ses leçons, ses reproches, ses instructions divines! Mais hélas! ô mon Dieu! que je suis éloigné de ces dispositions! que l'heure de là prière me dure! que le temps de la communion me parait long, surtout à certains jours! J'y viens avec froideur, j'y demeure sans respect, sans affection, sans profit, j'en sors avec empressement.


Leur obéissance à suivre un autre chemin pour leur retour


C'est presque toujours par la simplicité des moyens que la Sagesse éternelle se plaît à confondre les desseins les mieux concertés de la malice et de la perversité. Si nous nous attachions à étudier sa marche, nous reconnaîtrions combien sont vains les efforts de la puissance ou de la ruse. Pensez avec quelle tranquillité cruelle Hérode, se reposant sur sa dissimulation, attendait le retour des Mages; considérez d'ailleurs combien il lui eût été facile d'envoyer sur leur race quelqu'un de ces hommes toujours prêts à exécuter les ordres les plus barbares. Mais celui qui a dit à la mer: Tu viendras jusqu'ici et tu briseras contre ce sable l'orgueil de tes flots, arrête quand il lui plaît, aveugle et enchaîne la fureur du méchant, et, au grand étonnement des enfants du siècle, il ne fait plus alors tout le mal qu'il veut et qu'il peut faire. Ainsi, au lieu de revenir à Jérusalem, les Mages, d'après l'avertissement qu'ils reçoivent du ciel, prennent une autre roule, Hérode perd en conjectures le temps nécessaire à l'exécution de son crime, et quand il tentera de le consommer, l'Enfant Jésus sera en sûreté. Encore une fois, ô mon âme! docilité, confiance et abandon à la conduite paternelle et toute miséricordieuse de la Providence: voilà la sagesse, la sûreté et la paix du chrétien. Hors de là tout est faute, tout est danger, tout est alarme. Mais ce changement de chemin, qui sauve et l'Enfant divin et ses premiers adorateurs, vous offre une autre leçon qui n'est pas moins importante. Après des égarements plus ou moins longs, une infidélité ou une résistance plus ou moins coupable, avez-vous enfin été amené à Jésus, l'avez-vous trouvé, lui avez-vous fait vos présents, le don et la consécration de tout votre être? Examinez attentivement quel chemin désormais vous vous proposez de suivre; songez qu'il n'est plus question de marcher par celte voie large que vous avez suivie jusqu'à ce jour, et qui aboutit à la damnation et à la mort éternelles. Si vous y êtes engagé encore, il faut la quitter aujourd'hui et entrer dans la voie étroite, la seule qui mène à la vie et à la félicité. Prends garde, ô mon âme! te voilà avertie. Si tu retournes par ces routes où tu as été en danger de périr, tu périras, parce que tu auras toi-même cherché le péril, et que la grâce méprisée par toi ne fera pas un nouveau prodige en ta faveur. O grâce de Dieu! soyez ma lumière, mon guide, ma force et mon appui. Conduisez-moi par tel chemin qu'il vous plaira, pourvu que vous me rameniez dans ma patrie.


Leur retour dans leur Patrie


Les Mages avaient vu l'étoile du Messie dans l'Orient, et ils étaient venus pour l'adorer; ils l'ont trouvé, et ils l'ont vu lui-même, et ils retournent dans leur patrie pour le faire connaître, pour annoncer la venue de ce Roi pasteur si long-temps promis, attendu depuis tant de siècles. Mais qu'ont-ils donc à dire d'un pauvre enfant qu'ils ont aperçu environné de tout l'appareil de la pauvreté, de la faiblesse, de la misère même? Ah! la lumière qui les a éclairés à la crèche leur a révélé le secret de ces humbles apparences. Dans cet Enfant d'un jour si dénué, si faible, ils ont reconnu et adoré le Roi immortel des siècles, le Sauveur et le Rédempteur du genre humain, le Vainqueur du monde et du péché. Ils laissent à ses pieds leurs présents, ils déposent dans son cœur leur reconnaissance, leurs vœux et leur amour, et saintement impatients de le glorifier, ils s'arrachent généreusement à la consolation pure de le contempler, de baiser ses pieds sacrés, d'interroger ses regards, et d'entendre sa bienheureuse Mère, et ils quittent Bethléem. Nous avons comme les Mages à retourner dans notre patrie, ô mon âme! Notre patrie comme la leur est en Orient. C'est vers l'Orient que Dieu avait planté son paradis. Il nous faut y retourner. Dans quelle sainteté, dans quelle grâce, dans quelle simplicité l'homme avait-il été créé! Nous sommes malheureusement sortis du paradis par le péché, il faut y retourner par un autre chemin. Nous nous sommes égarés par les plaisirs du monde, il faut revenir par les pleurs et le» regrets de la pénitence. Rêveries, enfants d'Israël, à votre cœur, nous dit le Sauveur naissant, connaissez votre égarement, changea votre voie. Je vous entends, ô Enfant divin! Vous m'appelez à vous, vous qui êtes ma fin, mon centre, mon unique bien; vous voulez me conduire à votre royaume par le sentier étroit que vous avez suivi vous-même, par la croix, les larmes, les privations volontaires, le retranchement de mes aises, des vaines Satisfactions, des attachements qui peuvent partager mon cœur. Ah! souverain Maître! vous serez obéi, je reviens à vous, je m'abandonne à votre conduite. Ne me laissez pas à mes ténèbres et à ma faiblesse; et puisque vous m'avez rendu à votre joug aimable, dirigez-moi et soutenez-moi jusqu'au terme.


Vertu à obtenir: Le désir du ciel.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée Jésus-Christ comme le plus doux et le meilleur de tous les maîtres. Si jusqu'ici vous lui avez été infidèle, prenez et la résolution et les moyens de réparer vos infidélités. Si jusqu'ici vous avez aimé ce qu'on appelle les aises et les plaisirs, accoutumez-vous peu à peu à goûter dans les maladies, dans les contradictions, dans toutes sortes d'incommodités, l'amertume qui vient troubler en vous la joie des sens et y réveiller le goût de Dieu. Offrez à l'Enfant Jésus tous vos desseins, toutes vos entreprises, toutes vos démarches, toutes vos espérances et toute la conduite de votre vie. Dites avec David: Seigneur, conduisez-moi dans la route de la vie éternelle.


Prière


Divin Jésus, qui avez daigné m'attirer à Tous du fond de mes ténèbres et du sein de la corruption et du péché, veillez sur moi, et soutenez-moi dans la voie nouvelle où je suis entré par votre grâce, car ma faiblesse est extrême; et si vous détournez un moment de moi les regards de votre miséricorde, je retournerai à mes anciennes misères. Tantôt c'est une imagination déréglée qui m'en représente les honteux fantômes, tantôt c'est mon cœur qui les rappelle. Tout à coup je me sens défaillir, sans goût pour le bien, sans force contre le mal. Ayez pitié de moi parce que je suis faible, guérissez-moi parce que le trouble a pénétré mon âme, et confirmez en elle le bien que votre amour a commencé à y opérer. Ainsi soit-il.

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08 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

17028872

Seizième jour

Jésus adoré par les Mages


« Etant entrés dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ». (Matthieu 2) Fut-ce à l'étable ou à la crèche que l'étoile conduisit les Mages? Joseph et Marie y laissèrent-ils l'Enfant? Ne songèrent-ils pas à pourvoir à un logement plus commode, ou ne le purent-ils pas? Contentons-nous des paroles de l'Evangile: L'étoile s'arrêta où était l'Enfant, sans doute dans le lieu de sa naissance ou auprès, puisque c'était là qu'on les avait adressés, et on doit croire que ce fut à Bethléem même, afin que ces pieux adorateurs vissent l'accomplissement de la prophétie qui leur avait été enseignée. Quoi qu'il en soit, voyez combien leur foi est admirable! Qu'elle avait été prompte dans son obéissance, lorsque, avertis par le signe céleste de la naissance du Messie, et intérieurement pressés par la grâce d'aller le reconnaître, ils avaient sans balancer quitté leur pays! Sa constance avait éclaté d'une manière bien héroïque, lorsque, tout à coup privés de leur astre tutélaire, sans se décourager ni se refroidir, ils avaient généreusement persévéré dans leur religieuse entreprise. Elle s'élève à toute sa perfection au terme de leur voyage, lorsque, loin d'être déconcertée par l'aspect de l'étable et d'un pauvre enfant enveloppé dé langes, elle découvre et reconnaît en lui le monarque et le Dieu de l'univers. O divin Enfant! daignez m'envoyer un rayon de cette admirable lumière qui éclaire aujourd'hui l'âme des Mages, afin que je vous adore comme eux, et que dans ces présents qu'ils vous offrent je reconnaisse ce que vous êtes et ce que je vous dois: 1° comme Roi, 2° comme Dieu, 3° comme Homme.


Comme Roi


C'était sans doute en cette qualité que le Sauveur du monde leur avait été annoncé, puisque c'est comme roi des Juifs qu'ils le font connaître et publient sa naissance. Il est vrai qu'il n'est pas seulement roi du peuple juif, mais de tous les peuples, ni d'un seul royaume, mais de tous les royaumes de la terre et du ciel même. C'est l'univers entier que le Père a soumis à son sceptre. Demandez-moi, lui dit-il par la bouche de David, et je vous donnerai les nations pour votre héritage et la terre pour votre domaine. Il est roi par nature et par conquête, par la donation que le Père céleste lui a faite et par le salut qu'il a lui-même opéré au milieu de la terre, c'est-à-dire par tous les titres que peuvent donner la puissance et les bienfaits. C'était sans doute cet empire universel qu'ils voulaient déclarer par leurs présents; c'était comme à leur roi que ces rois venaient faire hommage par l'or qu'ils lui offraient. Mais avec quelle ardeur et quelle générosité, en lui payant ce tribut, ils mettaient à ses pieds leurs biens, leurs possessions, leurs personnes, leur amour, tout leur être, et se donnaient sans réserve à lui pour être ses vassaux, ses serviteurs et ses sujets! Voilà tes modèles, ô mon âme! voilà ce que t'enseigne ce mystère, voilà les obligations qu'il t'impose. Tu te dois tout entière à Jésus-Christ. Il t'a créée, il te conserve, il t'a rachetée par son sang précieux, il te réserve une félicité sans mesure. Oh! qu'il est vraiment ton Roi! qu'il est juste qu'il règne sur toi, qu'il te possède absolument sans réserve, sans partage, puisque c'est de lui que tu tiens l'être, et qu'il te l'a donné comme une seconde fois, en t'arrachant à la mort et à la damnation éternelle! Que lui rendras-tu donc pour reconnaître son souverain domaine? Les rois de la terre imposent des tribut à leurs peuples; les Mages ont offert leurs présents au roi Jésus. Il n'a pas besoin de ton or, mais il le réclame pour ses membres souffrants; verse-le dans le sein des pauvres. L'or qu'il te demande et qu'il se réserve, c'est ton amour c'est une charité sincère, c'est une prompte et constante obéissance non-seulement à ses commandements et aux préceptes de son Evangile, mais à ses inspirations, aux mouvements de sa grâce, à l'attrait de son divin Esprit. O mon Dieu! O mon Sauveur! qu'ai-je fait jusqu'à se jour ? que je vous ai peu traité en Roi. je n'ai été qu'un sujet ingrat, révolté, rebelle; je n'ai mis en votre divine main qu'un roseau, et sur votre tête qu'une couronne d'épines. Ne me brisez pas dans votre colère, ne me châtiez pas comme le méritent mon ingratitude et mon audace. Triomphez de moi d'une manière qui ne peut appartenir qu'au roi Sauveur, en mettant en moi votre crainte et votre amour.


Comme Dieu


L'encens ne s'offre qu'à la divinité: il est le symbole de l'adoration; aussi les saints docteurs ont-ils reconnu dans ce présent que les Mages font à Jésus l'emblème de leurs sentiments et un témoignage de leur toi au Verbe incarné. Ils crurent, dit l'un d'eux, que tout était divin, là où manquaient les apparences humaines. Cette pauvreté, cette humilité prodigieuses, loin d'affaiblir leur vénération, ne faisaient qu'ajouter à leur admiration et à leur reconnaissance; et leurs yeux étaient ravis de contempler ce faible Enfant, dit saint Chrysostôme, Parce que le Saint Esprit faisait éclater sa majesté souveraine au fond de leurs coeurs. Qu'ils sont heureux en effet de voir ce qu'ils voient, de jouir à leur aise de la vue de celui qui fait la joie et la félicité des anges; d'être les premiers à proclamer non-seulement sa royauté, mais sa divinité, à lui offrir l'hommage d'une adoration pure, de cette adoration en esprit si agréable au père, et sans laquelle le culte extérieur n'est ni glorieux à Dieu ni utile aux hommes. O mon âme, ne le vois-tu donc pas tous les jours sur l'autel, comme les Mages le virent dans la crèche, ce Verbe divin, couvert des voiles du Sacrement, comme il l'était alors des langes de l'enfance! mais le vois-tu des mêmes yeux qu'ils le virent, avec une foi aussi éclairée, avec le même respect, la même humilité, le même amour? Sais-tu comme eux traverser par ce regard éclaire du cœur, ces ombres qui le cachent, et dans ce mystère de foi reconnaître l'abrégé de ses merveilles? Ils ouvrent leurs trésors : ouvres-tu ton cœur? c'est de là que doit monter vers lui l'encens de ta prière, de ta charité, d'une dévotion tendre, d'une piété qui à toute heure, la nuit comme le jour, s'exhale en soupirs brûlants et en aspirations affectueuses. Mais surtout quand il daigne t'admettre à la participation de son divin corps, ô mon âme! c'est alors que tu dois lui offrir tout ce que tu es et tout ce que tu as, le prier de prendre dans ton âme tout ce qui lui plait, et s'il n'y a rien qui lui plaise, le prier d'y prendre tout ce qui lui déplaît. Avec quelle ferveur ne dois-tu pas t'écrier comme saint Thomas: Mon Seigneur et mon Dieu! vous êtes mon Dieu, et je vous rendrai gloire; vous êtes mon Dieu, et je célébrerai votre nom.


Comme Homme


C'est en tout point que la foi des Mages se montre éclairée. Ils ont reconnu Jésus comme Roi, et lui ont fait hommage de leur puissance; ils l'ont reconnu comme Dieu, et ils l'ont adoré; ils le reconnaissent comme homme passible et volontairement assujetti à la mort; et en lui offrant de la myrrhe, ils honorent d'avance sa sépulture et sa résurrection glorieuse. Dès lors aussi ils embrassent les douleurs et les humiliations de la pénitence, offrent à ce Dieu naissant que sa charité doit immoler un jour, leur propre vie en sacrifice. Les grandeurs du monde, les plaisirs de la terre, les biens périssables ne peuvent plus toucher ces cœurs dont l'unique besoin est désormais de vivre pour celui qui les a assez aimés pour s'assujettir à la mort, dont la seule passion est de mourir pour le faire connaître et vivre dans tous les cœurs. Quand est-ce donc enfin, ô mon âme! que tu offriras à Jésus-Christ la myrrhe de la pénitence, ces gémissements et ces soupirs, que le souvenir de tes infidélités devrait l'arracher sans cesse, ces larmes que le danger continuel auquel tu es exposée de perdre ton Dieu, de te perdre pour l'éternité, suffirait pour faire couler? N'est-il pas temps d'embrasser cette croix qui te poursuit, ce semble, à mesure que tu la fuis? Ah! tous les saints ont constamment porté dans leur corps la mortification de Jésus-Christ, afin, disaient-ils, que sa vie se fît voir dans leur chair mortelle! Et j'oserais espérer la gloire qu'ils ont achetée au prix d'une immolation perpétuelle et par le crucifiement de tous les désirs, je me flatterais de l'obtenir par là satisfaction dés miens! Non, non, ce serait folie de le penser, impiété de le croire. Mais, mon Dieu, l'amour de la pénitence est une grâce; ne me le refusez pas, mettez-le dans mon coeur; tranchez au vif dans ce cœur que je n'ai pas le courage d'immoler; brûlez, coupez, renouvelez-le par la plus douloureuse opération, pourvu que vous l'épargniez dans l'éternité.


Vertu à obtenir: La générosité envers Dieu.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui le Fils de Dieu comme Dieu et homme tout ensemble, Fils de Dieu et de la Bienheureuse Vierge Marie. Offrez-lui tous les moments de votre vie, et tous les biens spirituels et temporels que vous avez reçus de lui; priez-le qu'il vous donne la grâce de les employer à sa gloire; souhaitez que tous les rois l'adorent, et que tous les peuples du monde le reconnaissent pour leur souverain Seigneur; offrez aujourd'hui à ces intentions, par les mains de Marie, quelque aumône, quelque prière, quelque pénitence. Songez que quoi que vous donniez à Jésus pour sa gloire et pour son amour, vous donnerez toujours bien peu, et que pour égaler autant qu'il est cri vous la reconnaissance aux bienfaits, vous ne lui pouvez donner rien moins que tout vous-même, comme il s'est donné tout entier pour tous.


Prière


Après mes adorations profondes, je n'ai point d'autres présents à vous faire, ô divin Enfant! que celui de mou cœur: il est à vous, puisque vous l'avez formé. S'il s'est injustement prêté à la créature, je vous le restitue, ô mon Sauveur! attirez-le, purifiez-le, embrasez-le, pour le rendre plus digne de vous être présenté. Je vous offre avec ce cœur tout ce que je possède et tout ce que je suis. Faites, ô divin Enfant! que votre attrait soit toujours victorieux en moi des faux attraits d'un monde imposteur qui ne s'efforce de m'attirer que pour me perdre, et ne me fait des promesses que pour me tromper. Que votre étable, votre crèche, votre amour soient désormais toute ma richesse, tout mon désir, tout mon empressement et tout mon attrait.

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07 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

17028872

Quinzième jour

Les Mages quittent Jérusalem


« Après avoir entendu les paroles du Roi ils partirent ». (Matthieu 2) Au nom du Roi qui était venu, et à qui il croyait déjà voir occuper le trône, touché par l'endroit le plus sensible de son cœur, Hérode ne s'emporta ni contre les pontifes qui avaient annoncé ce Roi aux Juifs, ni contre les mages qui avaient fait la demande: en habile politique il va à la source, et conclut la mort de ce nouveau Roi. Allez, dit-il aux mages, informez-vous avec soin de cet enfant, et quand vous l'aurez trouvé faites-le-moi savoir, afin que faille aussi l'adorer. Le cruel il ne songeait qu'à lui plonger un poignard dans le sein; mais il feint une adoration pour couvrir son crime. Voyez. comme il les engage à une exacte recherche et à un fidèle rapport. Mais Dieu souffle sur les desseins des politiques et les renverse. Les mages ont rempli leur mission dans la capitale de la Judée; ils lui ont annoncé la naissance du roi Jésus; ils l'ont fait constater par les princes des prêtres et les docteurs de la loi; ils ne se sont point laissés arrêter par la crainte, ils ne se laisseront pas non plus retenir par de vains amusements et des plaisirs. Ils partent sans délai, et Dieu récompense bientôt leur fidélité: 1° l'étoile reparaît; 2° elle les comble de joie; 3° elle les conduit à Jésus.


L'étoile reparaît


Dieu veut-il nous faire comprendre que dans les villes, dans les cours, dans les tumultueuses réunions d'affaires d'intérêt, de plaisir, on le perd aisément de vue, que la sainte vérité s'y affaiblit, que les lumières s'y obscurcissent, et que loin de ce vain bruit, dans le silence et la paix, lame le goûte mieux et le découvre plus clairement? Ce qui est certain, c'est que l'étoile disparut au milieu de cette Jérusalem qui tue les prophètes, et qui n'a pas connu le jour où Dieu vint la visiter. Ce n'est que lorsqu'ils en sont sortis que les mages recouvrent sa lumière. Quelle consolation pour eux lorsque ce céleste flambeau qui les avait guidés si sûrement jusqu'à Jérusalem reparaît à leurs yeux, et reprend sa marche pour éclairer et diriger leurs pas ! quel bonheur de retrouver dans le retour de sa lumière un nouveau gage d'espérance et de sécurité, de reconnaître que leurs désirs ne les ont point trompés, que le ciel continue de les approuver et de protéger leur entreprise, et que jusqu'au terme de leur voyage il ne cessera pas de se déclarer pour eux! Sors donc, ô mon âme! pars promptement, âme chrétienne, non pas de la terre et de la prison du corps, ta jour-née n'est pas finie, tu n'as pas gagné ton salaire; mais sors de cette vie des sens, de ce fracas du monde qui t'étourdit et t'empêche d'entendre la voix de Dieu! Sors de cette société où on ne l'aime pas, où l'on s'efforce avec plus ou moins d'hypocrisie de le faire mourir dans les cœurs! Sors de cette habitude de dissipation qui ne permet pas à la divine lumière de se réfléchir en toi, qui ne te laisse pas le loisir de la contempler, d'étudier la marche qu'elle te trace, le sentier par lequel tu dois arriver à ton terme! Sors d'un monde où tout est piège et séduction pour toi: peut-être ne peux-tu trouver le salut que dans la solitude! sors du moins de cette routine de pratiques, de cette langueur de foi, de ces accommodements avec l'esprit du siècle, avec ses maximes et ses usages! la foi n'admet pas ces condescendances et ces partages! Tu ne reverras sa lumière et ne goûteras ses consolations que lorsque tu te seras franchement séparée de tout ce qui lui est contraire.


L'étoile comble de joie les mages


Les épreuves temporelles, la perte des parents, des amis, de la santé, des richesses ne sont jamais équivoques : elles portent comme un cachet de miséricorde et de grâce auquel on peut facilement reconnaître le dessein paternel de celui qui veut nous donner quelque participation à son calice. Il n'en est pas ainsi des épreuves spirituelles. Infidèles que nous sommes, nous avons toujours sujet de craindre qu'elles ne soient une punition et un châtiment; et lors même que Dieu ne veut qu'éprouver une âme en lui retirant son appui sensible il la laisse dans un état plus ou moins pénible d'incertitude, de crainte et d'obscurité, afin de l'épurer par le vif sentiment de sa faiblesse et de rendre méritoire sa résignation et sa patience. Ainsi les mages privés tout à coup de leur guide fidèle au milieu d'un peuple si étranger à un événement qui cependant le touche de si près, et de ces docteurs de la loi, qui répondent si clairement, mais avec une si scandaleuse indifférence à leurs questions, durent être comblés de joie en le voyant reparaître. L'évangéliste en effet pour nous en donner une idée nous les représente comme remplis d'un inexprimable bonheur, c'est qu'au moment où le signe céleste réjouissait leurs yeux, ce rayon de grâce, qui avait d'abord éclairé leurs coeurs, les remplissait d'une lumière plus vive encore et les inondait des plus pures délices. Les chrétiens ont donc aussi leurs joies. Dieu permet donc à l'âme fatiguée de ses combats, de ses agitations et de ses épreuves de se reposer à l'ombre de ses ailes. O quelle douceur comparable à celle que fait goûter la fidélité, la constance à son service! Dans cette région de ténèbres être guidé par une infaillible lumière. Au milieu des secousses qui ébranlent la terre, être en paix parce qu'on voit en tout l'action de cette miséricordieuse Providence qui gouverne tout, qui a tout préparé pour les élus, et qu'on s'appuie pour ainsi dire sur cette main puissante et souveraine, qui dirige et maîtrise tous les événements. Réjouis toi, ô mon âme! Dieu veut qu'on le serve avec joie, parce qu'en effet on est trop heureux de servir un si bon et un si puissant maître. Rends-lui grâce de ce qu'il t'a donné pour te conduire l'étoile par excellence, la foi. Conjure-le de ne pas permettre que sa lumière t'abandonne: Seigneur, dirigez-moi dans votre vérité, et instruisez-moi, parce que vous êtes le Dieu mon Sauveur.


L'étoile conduit les rois à Jésus


Elle allait devant eux ; mais combien ils la devançaient par les vifs désirs que Saint Augustin appelle les pas du cœur. Sans doute qu'à mesure qu'ils approchaient du terme de leur saint voyage la foi, la piété, la charité remplissaient leurs âmes des sentiments les plus doux. Mais quel bonheur pour eux d'avoir été dociles à l'impression de la grâce, d'avoir généreusement sacrifié tout ce qui pouvait arrêter leur obéissance, d'être restés fidèles dans l'épreuve! Que sont pour eux les sacrifices, les fatigues, les privations qu'ils se sont imposés, comparés à ce contentement pur, à la paix si douce qui en seraient déjà une récompense si abondante et qui ne sont pourtant encore que le prélude et l'avant-goût des célestes consolations qui vont bientôt couronner leur zèle, leur constance et leur amour. L'étoile en effet après les avoir constamment précédés depuis leur départ de Jérusalem s'arrêta tout à coup, et par une lumière plus abondante et plus vive sembla leur dire: Voici le lieu où est né le Roi que vous cherchez. Arrête-toi un moment, ô mon âme! et étudie dans la conduite des mages la règle et le modèle de la tienne. Et toi aussi tu as été appelée à la foi, à la grâce, à la sainteté du christianisme. Que de lumières! que de bons mouvements! que de salutaires inspirations! sous combien de formes diverses l'étoile divine ne s'est-elle pas offerte à tes regards. Tu l'as suivie,mais avec quelle lenteur, quelle inconstance! combien de fois ne l'as-tu pas perdue de vue par ta faute, par la négligence, par la dissipation, par ces éternels délais qui sont un outrage à la grâce! Tu l'as recouvrée par miséricorde; tu marches aujourd'hui à sa clarté: ne la perds donc plus. Oh! si comme les mages tu avais été obéissante, généreuse et fidèle! Que te reste-t-il, ô mon âme! de toutes ces vanités, ces illusions, tous ces faux plaisirs auxquels tu immolais tes vrais biens, l'innocence des désirs, le calme de la conscience, l'espérance chrétienne? Rends grâce à Dieu, bénis sa clémence infinie, qui daigne t'appeler et t'éclairer encore. Approche-toi de lui par l'humilité, la ferveur, un vrai désir d'être à lui. Dis-lui comme David: Oubliez, Seigneur mes infidélités, ne vous souvenez que de vos éternelles miséricordes: envoyez-moi votre lumière et  votre vérité, ce sont elles qui me conduiront votre montagne sainte et à vos tabernacles.


Vertu à obtenir: La fidélité à la grâce.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui Jésus-Christ comme la fin de votre vie et le centre de votre cœur. Offrez-lui votre imagination, afin qu'il y imprime son image et qu'il en efface toutes les images de la terre. Pressez souvent votre volonté par ces paroles: Marchez, pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous surprennent. N'éteignez pas par les péchés, par les inquiétudes de la vanité, par l'esprit du monde l'esprit de foi, de sainteté et de charité qui vous a été donné. Souvenez-vous que quels que soient votre âge, votre rang, votre situation, vous devez édifier le prochain et devenir pour lui par vos vertus ce que l'étoile fut pour les mages, l'attirer à la piété, ou l'affermir dans ses bons desseins. Quand vous sortez de votre maison pour aller à l'église, surtout lorsque vous y devez communier, demandez à Jésus-Christ quelque part aux saintes dispositions des mages. Du reste hâtez-vous de vous réformer et d'entrer dans la voie de la sainteté. Le temps est court, et le chemin qui vous reste à faire bien long: cherchez le Seigneur tandis que vous pouvez le trouver.


Prière


Divin Jésus, qui avez si miséricordieusement attiré les mages à votre crèche, qui les avez conduits si miraculeusement pendant leur voyage et les avez fait triompher par votre grâce de toutes les tentations et de tous les dangers, oubliez ma faiblesse, mon inconstance et mes infidélités. Vous m'avez aussi attire à vous, ô mon Dieu! vous m'avez appelé. Oh ! que j'ai tardé à répondre! que je me suis aisément lassé dans la voie! Par quelles vanités, par quelles bagatelles ne me suis-je pas laissé arrêter! Désormais je chercherai votre présence. Mais ne détournez pas de moi votre visage; que votre colère ne vous détourne pas de votre serviteur! Soyez mon aide et ne me délaissez pas, ô Dieu de mon salut! Donnez-moi de marcher avec fermeté et constance dans la voie qui conduit à vous et d'y persévérer jusqu'au terme. Ainsi soit-il.

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06 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Quatorzième jour

Arrivée des Mages à Jérusalem


« Voici que des Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, demandant où est le roi des Juifs, qui vient de naître ». (Matthieu 2) Les Mages, avertis par l'astre miraculeux qui leur annonçait la venue du Messie, et pour obéir à la voix intérieure qui les pressait d'aller le reconnaître et l'adorer, avaient quitté leur patrie et bravé les dangers et les fatigues d'un long et pénible voyage. Pour récompenser leur obéissance et encourager leur fidélité, Dieu avait renouvelé la merveille opérée autrefois en faveur d'Israël, lorsqu'il sortit de l'Égypte; il s'était chargé de diriger lui-même leur marche, et leur avait donné pour guide l'astre même dont l'apparition leur avait révélé la naissance du Rédempteur. Celte miraculeuse étoile, en effet, les précédait constamment, et, le jour comme la nuit, leur montrant le chemin qu'ils devaient suivre, animait à chaque pas leur joie, leur reconnaissance et leur zèle. Mais parce que la volonté de l'homme est sujette à l'inconstance et ne s'affermit solidement que par l'épreuve, il fallait que leur fidélité comme celle d'Abraham fût éprouvée, et qu'en triomphant de la tentation ils glorifiassent celui qui les appelait les premiers à son admirable lumière ; et voici la triple tentation qu'ils eurent à surmonter en arrivant à Jérusalem: 1° l'abandon apparent du ciel; 2° la crainte d'Hérode; 3° l'indifférence des Juifs.


L'abandon apparent du Ciel


En quel lieu, en effet, et en quelle circonstance la lumière céleste pouvait-elle être plus nécessaire aux Mages que dans la ville de Jérusalem, dont ils ne connaissent ni le roi, ni le peuple, ni les usages, ni la langue? Et c'est précisément à leur arrivée en cette capitale de la Judée qu'elle les abandonne, et les livre à toutes les anxiétés et à toutes les incertitudes. Se seraient-ils donc abusés? auraient-ils pris pour un avertissement miraculeux un météore vulgaire, un simple jeu de la nature? leur cœur en aurait-il imposé à leur raison, et transformé un aveugle pressentiment en une révélation divine? Non, non, ô saints Rois ! vous ne vous êtes pas trompés. Soit que Dieu veuille faire connaître qu'il va punir les Juifs ingrats par la soustraction de ses lumières, soit que l'étoile qui conduit au Roi pauvre, et l'Ange qui la guide, ne veuillent point se montrer où parait la pompe d'une cour maligne et dépravée, il veut avant tout vous accoutumer, et par vous nous apprendre à marcher par foi et non pas par vue, à compter sur son secours et à voir son action quand il se cache comme quand il se montre. Il veut que vous sachiez qu'il est le maître de ses grâces,et qu'il en dispose comme il lui plaît, que ce n'est qu'en persévérant qu'on trouve Jésus; il veut enfin, par les questions et les démarches que vous serez obligés de faire, rendre plus éclatante la naissance du Sauveur du monde. Car en demandant le lieu, vous la ferez connaître. Allez donc avec confiance, accomplissez voire mission; demandez hardiment pu est le roi des Juifs qui vient de naître, et bientôt vous l'apprendrez. Te plaindras-tu encore, ô mon âme! quand il plaira à Dieu de te laisser dans les ténèbres, ta froideur et ton aridité, de te retirer le sentiment si doux de sa présence? Quel droit peux-tu prétendre à ses faveurs, toi qui n'as mérité que ses châtiments et sa colère? Sa lumière, ses consolations, ses grâces ne sont-elles pas un don de son divin Esprit? Ne pourra-t-il en disposer comme il lui plaît? Pourquoi donc es-tu triste, ô mon âme! et pourquoi te troubles-tu? espère en Dieu. Il sait ce qui est le plus avantageux à ton bien et à sa gloire; il sait tout; il le peut mieux Taire réussir que toi, car il peut tout; il le veut plus que toi, car il t'aime plus que tu ne t'aimes toi-même. Il est vrai que souvent c'est par ta faute que tu perds la lumière céleste. Mais ton trouble ne la ramène pas. Humilie-toi, adore, bénis, répands-toi en sa présence. O Sauveur! éclairez mes ténèbres, de peur que je ne m'endorme un jour dans la mort1. Donnez-moi, au milieu des embarras., du tumulte et de la dissipation des affaires et du monde, le recueillement, la paix, le regard éclairé du cœur, afin que je ne vous perde pas de vue, que je vous cherche et que j'aille constamment à vous.


La Crainte d'Hérode


Quand même ce prince n'eût pas été naturellement soupçonneux et jaloux, n'est-ce pas, de la part des Mages, une grande témérité que de s'enquérir dans sa capitale et aux portes de son palais dans quel lieu ils pourraient trouver le roi des Juifs, qui venait de naître? Des étrangers qui font publiquement cette question ne doivent-ils pas éveiller de graves soupçons, ne s'exposent-ils pas aux plus grands dangers pour leur liberté ou même pour leur vie? N'ont-ils donc pas d'autres moyens de parvenir à leur but? Pourquoi tant d'éclat? Ne peuvent-ils s'informer en secret, avec plus de précautions, de ménagements et de prudence? Us n'allumeraient point la jalousie d'Hérode, et ne troubleraient pas Jérusalem. Voilà les vains raisonnements de la sagesse réprouvée du siècle, et les faux prétextes de la pusillanimité et du respect humain. Si les Mages les eussent écoutés, ni le Sauveur n'eût été connu, ni sa naissance proclamée, ni la prophétie constatée, ni Dieu glorifié. Jamais ils n'eussent recouvré leur céleste guide. Jamais peut-être ils ne seraient arrivés à Jésus-Christ. Mais parce qu'ils marchent avec simplicité, ils marchent avec confiance. C'est lui qu'ils cherchent, c'est lui qu'ils demandent sans détour; et par l'une de ces dispositions merveilleuses de la Providence, c'est à la poursuite d'Hérode que la synagogue leur apprendra le lieu de sa naissance, et leur en fera la déclaration authentique. Quelle consolation, ô mon âme! de trouver notre miséricordieux Sauveur si fidèle dans ses promesses, si bon pour ceux qui le cherchent dans la simplicité de leurs cœurs! Ne te laisse donc jamais arrêter par des considérations humaines, quand il est question des intérêts de la foi, ni par la crainte des jugements du monde, quand il s'agit de la gloire de Dieu. N'écoute ni tes doutes, ni les incertitudes qui viennent t'ébranler tantôt sur un point de la religion et tantôt sur un autre. Quand l'étoile semble disparaître à tes yeux, souviens-toi que Dieu a établi dans son Église des pasteurs et des docteurs, et que, dans les temps d'obscurité surtout, il n'y a de sûreté que dans la docilité aux guides spirituels, à ceux que Dieu a placés sur le chandelier pour nous conduire. Mais aussi, quand on t'interroge sur la religion, réponds avec candeur, quelque insidieuses que soient les questions, dis hautement que Jésus-Christ est le divin Roi à qui nous appartenons; raconte comment il t'a appelée, par quelles voies il t'a ramenée à lui; publie ses miséricordes, la paix, la joie, le bonheur qu'on goûte à son service. Peut-être seras-tu assez heureuse pour le faire connaître à ceux qui l'ignorent; au moins auras-tu rendu gloire à Dieu.


L'indifférence des Juifs


C'était sans doute une tentation bien délicate pour ces hommes pleins de zèle, que la foi amenait de si loin aux pieds du roi des Juifs, que l'ignorance où ils trouvaient ses propres sujets par rapport à sa naissance. Quand un signe miraculeux est venu l'annoncer à des étrangers, comment n'est-elle pas connue de son peuple? Au lieu de s'arrêter à d'inutiles questions, ils font la seule qu'ils eussent à faire: Dites-nous où doit naître le Christ, car nous savons qu'il est né. Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer. L'émotion que cette nouvelle produit dans la ville et à la cour d'Hérode ne les déconcerte pas plus que l'insouciance et l'ignorance absolue où ils les avaient d'abord trouvées sur cet important événement. Ils laissent à Dieu la science de ses conseils et les causes de ses jugements, et ne songent qu'à profiter de la grâce qui leur est donnée. Ils n'hésitent point, ne délibèrent point; c'est toujours la même docilité et la même droiture: Ils ont vu et ils sont venus. L'étoile a été pour eux comme la voix de Dieu et la langue du ciel. Les saintes Écritures, interprétées par les docteurs, les remplaceront; elles leur indiqueront Bethléem, terre de Juda; et dès qu'ils auront entendu la réponse à leur question, ils partiront sans différer. O mon Sauveur! quelle leçon! quelle instruction pour moi dans cette conduite des Mages! mes pieds ont presque été ébranlés, mes pas ont chancelé quand j'ai vu la paix des pécheurs! Quelle effroyable défection ! quel abandon de votre loi! Vous êtes descendu du ciel, vous vous êtes fait homme, vous êtes né pour eux! Ils ne le savent pas, ils ne le croient pas, ils ne s'en souviennent pas! Vous avez marqué sur eux la lumière de votre visage; l'incrédulité l'a effacée. Vous avez mis votre sainte joie dans leurs cœurs; les coupables satisfactions l'y ont étouffée. Ce n'est pas seulement dans les saintes Lettres qu'ils peuvent lire votre divin nom annoncé et reconnu; vous l'avez écrit sur leurs fronts en caractères ineffaçables dans le saint baptême, et ils s'efforcent de l'anéantir, et ils vous délaissent, et vos divins oracles les troublent, mais ne les convertissent pas! Ne permettez pas, ô mon Sauveur! que ce scandale ébranle ma foi. Vous étiez hier, vous êtes aujourd'hui, vous serez dans les siècles des siècles. Il est bon pour moi de m'attacher à Dieu, de mettre toute mon espérance dans le Seigneur mon Dieu. Adorez aujourd'hui la conduite de Dieu sur ses saints. Il les appelle d'une manière prodigieuse à sa grâce et à son amour; il les conduit comme par la main, et puis, pour leur faire sentir leur faiblesse et le besoin continuel qu'ils ont de son secours, il semble s'éloigner d'eux et les abandonner. Toutefois jamais il n'en est plus près, parce qu'il est auprès de ceux qui l'invoquent, et que, dans les angoisses et les épreuves, le cœur se tourne plus vivement vers lui. Faites, ô mon Sauveur! que je ne craigne que de vous déplaire et de vous être infidèle, que je mette toute ma gloire à vous faire connaître, et mon bonheur à vous servir et à vous aimer; que je comprenne que s'il y en a peu de sauvés, ce n'est pour moi qu'un motif de plus de me montrer reconnaissant envers vous, et de travailler à mon salut avec crainte et tremblement.


Vertu à obtenir: La résistance aux tentations.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui la conduite de Dieu sur ses Saints. Il les appelle d'une manière prodigieuse à sa grâce et à son amour; il les conduit comme par la main, et puis, pour leur faire sentir leur faiblesse et le besoin continuel qu'ils ont de son secours, il semble s'éloigner d'eux et les abandonner. Toutefois jamais il n'en est plus près, parce qu'il est auprès de ceux qui l'invoquent, et que, dans les angoisses et les épreuves, le cœur se tourne plus vivement vers lui. Faites, ô mon Sauveur! que je ne craigne que de vous déplaire et de vous être infidèle; que je mette toute ma gloire à vous faire connaître, et mon bonheur à vous servir et à vous aimer; que je comprenne que s'il y en a peu de sauvés ce n'est pour moi qu'un motif de plus de me montrer reconnaissant envers vous, et de travailler à mon salut avec crainte et tremblement.


Prière


Divin Jésus qui pour éprouver la foi des Mages leur avez momentanément soustrait la lumière par laquelle vous les aviez si miséricordieusement attirés, apprenez-nous à supporter à leur exemple les privations par lesquelles il vous plaira de nous faire passer, et toutes les épreuves que vous nous avez réservées dans votre sagesse; et puisque vous avez établi votre Eglise pour être la colonne et le soutien de la vérité, donnez-nous un attachement tout filial envers elle, et une docilité d'enfants envers les pasteurs chargés de nous enseigner et de nous conduire, afin que préservés des erreurs du siècle et de la contagion de ses exemples, nous arrivions au bienheureux séjour où nous vous posséderons sans crainte de vous perdre. Ainsi soit-il.

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05 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Treizième jour

Jésus attire les Rois Mages


« Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer ». (Matthieu 2) Ce ne sont plus seulement des pauvres et des ignorants que l'enfant Jésus attire à sa crèche, ce sont des savants et des rois; ce n'est plus seulement ceux qui sont près qu'il appelle, mais ceux qui sont loin. Il a montré sa prédilection pour les petits en les invitant les premiers; il manifeste sa miséricorde sur les grands par l'astre miraculeux qu'il leur fait luire, et par l'attrait puissant qu'il met dans leurs cœurs. Ainsi annonce-t-il dès sa naissance qu'il veut que tous les hommes soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité, Mais quelle bonté de la part de Dieu à l'égard de ces Mages, qu'il va chercher et éclairer au milieu des ténèbres du paganisme! quelle condescendance dans le moyen choisi par la grâce pour leur révéler la naissance du Rédempteur! La contemplation des astres était leur étude et leur occupation habituelles; et c'est par l'apparition d'un astre inconnu qu'ils en sont instruits. Il est vrai qu'une étoile qui ne paraissait qu'aux yeux n'était pas capable de les attirer au Roi nouveau-né; il fallait que l'étoile de Jacob, que la lumière du Christ se fût levée dans leur cœur, qu'à la présence du signe que Dieu leur donnait au dehors il ajoutât au dedans le doux attrait et la puissance victorieuse de sa grâce. Entrez aujourd'hui dans l'esprit de ce mystère, et pour en recueillir le fruit considérez, 1° la force et la douceur de la grâce; 2° les obstacles à la grâce; 3° la fidélité à la grâce.


Force et douceur de la grâce


Les Mages, soit qu'ils fussent des rois, des princes ou des sages, aperçoivent dans le ciel une étoile extraordinaire, ou par sa forme, ou par son éclat ou par sa distance. Peut-être avaient-ils quelque connaissance de cette prophétie de Balaam, qui annonçait qu'une étoile se lèverait de Jacob Quoi qu'il en soit, en même temps que cet astre inconnu frappe leurs yeux, un rayon de grâce éclaire leurs cœurs, et ils se sentent excités à le suivre. Elle est si douce cette clarté qui luit à leur âme, et leur découvre comme un nouveau ciel et de nouveaux astres, que son attrait est comme irrésistible. O divin Enfant ! vous êtes aussi puissant dans l'étable que dans le ciel! Aussi ils ne questionnent point, ils n'hésitent point, ils ne calculent point: Nous avons vu son étoile, et nous sommes venus l'adorer. Ne l'as-tu donc pas vue aussi, ô mon âme! cette étoile du Roi des rois? le même Dieu qui a commandé que la lumière sortit des ténèbres n'a-t-il pas fait luire sa clarté dans nos cœurs? N'a-t-elle pas lui en toi cette clarté divine? la foi n'est-elle pas donnée de Dieu pour éclairer et guider ses enfants, et les conduire sûrement à lui, s'ils veulent s'attacher à son infaillible lumière? Depuis qu'elle s'est levée sur le monde, rien n'a pu ni l'affaiblir, ni l'obscurcir, ni l'éteindre. Elle a triomphé des efforts du monde et des enfers conjurés pour l'anéantir. Tous ceux dont elle a été le flambeau sont arrivés par les sentiers de la sagesse et de la vertu au vrai bonheur; ceux qui l'ont repoussée l'ont justifiée par leur folie, leurs désordres et leurs infortunes. Suis-la donc toujours, ô mon âme! ne la perds pas de vue un seul moment cette divine étoile! Mais combien de fois n'as-tu pas ressenti son influence salutaire? Quand en certains moments la vanité des plaisirs, le vide des affections périssables, le néant des biens de la terre se montraient à toi comme en plein jour, c'était l'étoile qui t'était envoyée; quand la vertu te dévoilait ses chastes attraits, la piété ses charmes, l'amour divin ses consolations et ses délices, c'était une apparition de l'étoile; quand enfin tu te sentais attirée à servir Dieu, à l'aimer, à désirer de le voir, de le posséder à jamais sans partage, c'était elle qui t'appelait; oui, tu l'as eue, ton étoile, comme l'ont eue les Mages, mais tu n'as pas encore commencé à la suivre. O divin Enfant! quand est-ce donc que j'obéirai à vos célestes inspirations? quand me laisserai-je conduire par le mouvement de votre esprit! Aujourd'hui, ô mon Sauveur! ô divine étoile! conduisez-moi à Jésus; s'il faut aller à l'étable de Bethléem ou à la croix du Calvaire, conduisez-moi partout où il vous plaira, pourvu que je le trouve.


Les obstacles à la grâce


Les Mages ont vu l'étoile et ils ont pris le parti de la suivre. Il leur faut donc quitter leurs demeures, leurs habitudes commodes, leurs affaires, leurs plaisirs, leurs amis, leurs parents. Il leur faut donc entreprendre un long voyage, à travers un pays qu'ils ne connaissent pas et des Etats dont les dispositions ne leur seront peut-être pas favorables, s'exposer h mille fatigues et à toutes sortes de dangers. Quelle route doivent-ils tenir? ils l'ignorent. Où doit aboutir leur voyage? ils ne le savent pas. Sont-ils donc les seuls que cette étoile ait éclairés de sa lumière? Pourquoi se hasarderaient-ils plutôt que les autres? Que dira-t-on d'une telle démarche entreprise sur la foi d'un astre incertain? Ne serait-il pas plus sage de s'informer, d'attendre, de différer? O mon Sauveur! voilà les raisons, la prudence, la fausse sagesse du monde. O Rois prévenus de la grâce! elle est perdue pour vous, si vous les écoutez. Ce commencement de foi qui est en vous ne se développera pas, vous ne rendrez pas gloire à Dieu, vous n'arriverez pas à Jésus-Christ. Ah! ne balancez pas. Vous avez vu son étoile; partez, suivez-la où elle doit vous guider. O mon âme ! ne reconnais-tu pas ici les obstacles qui t'ont depuis si longtemps arrêtée, les fatales barrières qui t'ont empêchée d'entrer généreusement dans la carrière et de répondre à la grâce? Tantôt c'était une injuste défiance de la bonté de Dieu, tantôt une trompeuse confiance en toi-même, toujours la pusillanimité, l'opposition au recueillement, à la mortification des sens, à la pénitence et à la croix. Qu'as-tu retiré de tes ménagements pour la chair, de tes complaisances pour le monde, de la satisfaction de tes désirs? Et toi aussi, quand tu entendais cette voix intérieure qui t'appelait si doucement, mais d'une manière si pressante, à la prière, à la fréquentation des sacrements, aux bonnes œuvres, à la perfection, tu disais comme Saint Augustin: Demain, demain; et le lendemain ressemblait toujours à la veille. O mon Dieu! si j'avais répondu à votre appel, si à la première, à la seconde et à la troisième fois, je vous avais dit comme Samuel: Seigneur, me voici. Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute; si à la lumière de votre grâce, j'avais marché dans la voie de vos commandements, la paix aurait habité dans mon âme. Je vous aurais trouvé, ô Jésus! mais j'ai recherché mon contentement,mes satisfactions et mes aises. Je me suis cherché moi-même, et je me suis trouvé, c'est-à-dire que j'ai trouvé les chagrins et les tribulations. Rendez-moi la lumière et le courage, ô mon Dieu! envoyez-moi votre lumière et votre vérité, et fortifiez mon cœur pour qu'il s'y attache.


La fidélité à la grâce


Que Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui ont le cœur droit! car c'est par la droiture du cœur qu'on attire sa grâce et qu'on est conduit à lui. Il ne leur demande que pour les combler de ses biens; et chaque fois qu'il exige un sacrifice, il récompense l'obéissance par toutes les bénédictions de son amour. Dociles à l'impulsion de l'Esprit divin, les Mages ont fait taire toutes les vaines considérations qui pouvaient arrêter leur religieux dessein; ils disent joyeusement adieu à ceux qui les blâment ou les plaignent, comme à ceux qui en secret se rient de leur simplicité; ils quittent tout sans regret, parce que quelque chose dit confusément à leurs cœurs qu'ils trouveront tout: ils partent précédés de leur céleste conducteur, heureux de ce qu'ils ont fait déjà pour celui qui les appelle, portant les magnifiques présents, emblèmes de leur foi et de leur amour. Songez avec quelle consolation ils contemplent cette étoile que jamais ils ne perdent de vue, et avec quelle sainte ardeur ils la suivent. Qui pourrait exprimer leurs pieux entretiens, la ferveur de leurs prières, leurs brûlants soupirs, les transports de leur admiration et de leur reconnaissance pour la miséricorde qui les a appelés et qui daigne encore les protéger et les conduire avec une attention et des soins si prodigieux. O mon âme! voilà tes modèles, voilà l'exemple qu'il faut suivre. Novices dans la foi, ils sont déjà tes maîtres. Us n'ont vu que l'étoile du Messie, et ils quittent tout pour le voir et l'adorer; que feront-ils donc quand ils l'auront vu lui-même, et qu'en le contemplant ils seront inondés de lumière? O quel sujet de confusion pour moi! Après tant d'années passées à votre service, ô mon Sauveur! après tant de merveilles dont j'ai été le témoin et souvent l'objet, porter dans mon cœur une foi si languissante, une charité si stérile! Allons, allons, à Jésus, ô mon âme! allons à notre centre; et quelque difficulté qui se présente, fions-nous à sa bonté, abandonnons-nous à son amoureuse Providence. Désirs terrestres, vains discours des hommes, trompeuses joies, ne m'arrêtez plus, ne retardez plus ma course. Je vais à mon Dieu, je veux le voir, l'adorer, lui offrir tout ce que je suis, tout ce que j'ai. O Sauveur Jésus! donnez-moi la constance et la fidélité.


Vertu à obtenir: La fidélité à suivre l'attrait intérieur.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui l'Enfant Jésus comme le divin Roi des cœurs. Remerciez-le souvent de la grâce qu'il a faite aux Mages, et de toutes les grâces qu'il vous a accordées pour vous attirer à lui. Demandez-lui son Esprit afin qu'il règle vos désirs et tous les mouvements de votre volonté. Dites avec simplicité et ferveur: Esprit de Jésus, guidez ma volonté, et faites qu'elle marche dans vos lumières. Seigneur, augmentez ma Foi et éclairez mes ténèbres. Père juste, le monde ne vous connaît pas. Oh! si les hommes vous connaissaient! Faites-vous connaître au monde.


Prière


Glorieuses prémices de la gentilité, premiers apôtres de l'Enfant Jésus, qui nous avez frayé le chemin de la crèche en foulant pus pieds la fausse sagesse pour arriver à lui, demandez-lui qu'il daigne conserver au milieu de nous le divin flambeau de la foi, et qu'il rende nos cœurs dociles aux impressions de sa grâce, afin qu'évitant les pièges et les erreurs du monde, et guidés par sa céleste doctrine, nous courions avec la même ardeur que vous, dans la voie de ses commandements, et que nous ayons comme vous le bonheur d'arriver à lui, de l'adorer et de le bénir pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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04 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Douzième jour

Les effets du Nom de Jésus


Pour profiter de la contemplation des objets de la foi il faudrait s'y arrêter à loisir avec un esprit libre et dégagé des pensées vaines, dans le parfait silence de lame, les considérer sous toutes leurs faces, revenir sur les impressions qu'ils ont produites, pour les rendre plus profondes et plus durables, et ne jamais s'en détacher sans avoir pris quelque résolution efficace, et commencé à pratiquer quelque acte de la vertu qui en doit être le fruit. Autrement les bonnes pensées, les bons mouvements inspirés par l'Esprit saint demeurant sans effet, laissent les âmes qui les ont éprouvés dans les mêmes faiblesses et les mêmes ténèbres, et ne servent souvent qu'à nourrir en elles des illusions qui peuvent mettre leur salut en danger. Commencez donc aujourd'hui à revenir sur la considération du nom de Jésus; et en remerciant cet adorable Sauveur des sentiments et des vues que vous en avez recueillis, conjurez-le de vous apprendre par quels moyens vous pouvez rendre efficace et permanent en vous le souvenir de son divin nom, de manière à ce qu'il agisse constamment 1° sur vos pensées, 2° sur vos sentiments, 3° sur vos actions.


Sur vos pensées


Il faut avant tout graver profondément dans votre esprit le nom de Jésus, afin qu'il l'éclaire de de ses lumières divines, et en faire fréquemment le sujet de vos réflexions, pour découvrir ce qu'il signifie, et vous pénétrer de ce qu'il nous révèle; car entre tous les noms du Verbe incarné qui expriment ses miséricordes ou ses grandeurs c'est le nom de Jésus qui renferme plus parfaitement tous ses divins attributs, toutes ses qualités, toutes ses vertus, tous ses bienfaits, et qui par conséquent nous donne de, plus belles, de plus douces, de plus excellentes idées du Fils de Dieu. Jugez de là combien est sainte et utile la pensée du nom de Jésus puisqu'elle suffit pour vous représenter et vous faire admirer et chérir votre aimable Rédempteur; mais de plus ce nom de Jésus sanctifie la mémoire; il en efface les honteuses images du péché; à leur place il reproduit les chastes attraits de la vertu, les joies des bienheureux, les touchants souvenirs des mystères de sa naissance, de sa vie et de sa mort, et éveille tour à tour dans l'âme qui en nourrit la pensée, la joie, la crainte, la confiance, l'espérance et l'amour. Ainsi si votre intelligence conserve avec soin et fidélité l'empreinte du nom de Jésus, si vous rentrez de temps en temps en vous-même pour le contempler, vos vues habituelles seront plus pures, plus droites, plus élevées? les fantômes des plaisirs séducteurs moins attrayants, .les représentations tumultueuses du monde moins importunes; et les saintes vérités de la foi vous dégoûteront peu à peu de la vanité et du mensonge. Mais pour que ce nom béni produise en toi ces salutaires effets, ô mon âme! il faut que tu deviennes un vase d'élection pour le porter, comme le portait Saint Paul dont il était la lumière et le guide; que tu le portes comme les saints de la Jérusalem céleste, sur le front desquels il est un signe de gloire, c'est à dire avec courage pour n'en point rougir, et avec un saint respect pour ne pas le profaner; que tu le portes par proportion comme Jésus-Christ lui-même, par conséquent avec un esprit de foi, de piété, de sacrifice. Comprends bien que tu ne le peux honorer  qu'en t'unissant à toutes les saintes dispositions de l'esprit de Jésus-Christ, et en entretenant en toi le plus vif désir de ton salut, puisque ceux qui le négligent anéantissent à leur égard son titre de sauveur. O nom tout puissant et tout aimable! opérez en moi votre bienheureuse signification, sauvez-moi, brillez en moi de tout votre éclat, dissipez mes ténèbres, préservez-moi des erreurs et des illusions des enfants du siècle: que toutes mes pensées soient pour mon salut, qu'il soit toujours la fin de tous mes projets et de tous mes desseins, et que je sacrifie généreusement tous les avantages qui le mettraient en danger.


Sur vos sentiment


Il faut graver encore le nom de Jésus dans votre cœur, afin qu'il l'échauffe de ses divines flammes, car il n'est rien de plus puissant pour exciter en notre volonté toutes sortes d'affections saintes, et nous porter à glorifier toutes les perfections du Fils de Dieu, à lui rendre grâces de ses bienfaits, à imiter ses vertus, à fuir tout ce qui lui déplaît, et à faire avec amour tout ce qui peut plaire à ce tout aimable et tout désirable Sauveur. Ce nom divin sera aussi comme un sceau apposé sur vos affections pour que rien n'en altère la sainteté et n'en soit détourné au profit du monde et des passions; comment en effet pourriez-vous aimer ce nom, qui exprime l'abnégation, la pénitence, l'humilité, la pauvreté, la croix, l'obéissance jusqu'à la mort, et demeurer affectionné aux richesses, aux honneurs, aux plaisirs, aux faux biens et aux perfides délices de la terre? Non, nul ne peut servir deux maîtres qui se contredisent, se combattent et se repoussent. Le nom de Jésus et celui de Belial ne peuvent jamais s'accorder. Vous êtes en nous, Seigneur, et votre nom a été invoqué sur nous; ne nous abandonnez pas. Porte le donc avec respect, conserve-le avec amour, invoque-le avec confiance, ô mon âme! fais ton bonheur de le contempler, de le méditer, de le redire sans cesse; c'est le nom de ton ami: il doit être plus doux pour toi que le lait et le miel: c'est le nom de ton père, de ton frère, de ton sauveur; il porte avec lui la paix, la joie, l'espérance et tous les biens; il bannit toutes les craintes, il charme toutes les douleurs, il change en consolation les plus rudes épreuves, en douceur joutes les amertumes. Les apôtres battus de verges étaient pleins de joie de ce qu'ils avaient été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus. O mon Sauveur! que je suis éloigné de cette disposition! Ils étaient joyeux de souffrir, glorieux des opprobres, et moi je ne sais pas être patient, résigné, soumis dans l'épreuve, abandonné et confiant entre vos mains. O nom adorable de mon Sauveur! changez mon cœur en vous y imprimant en caractères d'amour! Votre nom, c'est le signe de votre puissance, de votre possession; je suis à vous comme votre conquête. Je veux vous appartenir par une donation libre et volontaire de tout mon être; acceptez-moi, ô miséricordieux Sauveur! et gardez-moi comme vôtre à tous les titres; sauvé par vous, racheté par votre sang, marqué de votre nom, et je ne craindrai plus que personne ose m'arracher à un si bon et si puissant maître.


Sur vos œuvres


Si le nom de Jésus est profondément gravé dans votre. esprit et votre cœur, ses effets divins se manifesteront nécessairement dans vos paroles, dans vos actions, dans toute votre conduite, puisque c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle, et que les œuvres sont la preuve et comme la production de L'amour. Quelque chose que vous fassiez, soit en parlant ou en agissant, dit l'Apôtre, faites tout au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Fidèles à ce précepte, les premiers chrétiens sanctifiaient en y obéissant toutes leurs démarches; le travail, le repos, la prière, les repas, les visites, les voyages, les affaires les plus importantes comme les occupations les plus indifférentes, tout était consacré par ce nom divin. Eu sortant de leurs maisons et en y rentrant, lorsqu'ils se quittaient ou se retrouvaient, ils le prononçaient comme le signe auquel ils devaient se reconnaître, comme le symbole de leur mutuelle charité, comme le lien qui unissait tous leurs cœurs. Les lettres des apôtres peuvent vous faire juger quelle place le nom de Jésus occupait dans leurs correspondances, dans leurs entretiens, dans leurs agapes, dans leurs réunions religieuses, et même dans les relations et les devoirs de la vie civile; de là cette sainteté de leurs mœurs, cette angélique perfection de leur céleste société. Comment en effet parler et agir au nom de Jésus-Christ et blesser la vérité ou la charité? Comment lui offrir et lui consacrer en détail des discours ou des œuvres qui seraient contraires à sa morale et à son esprit? O ciel! que les temps sont changés! quelle prodigieuse différence entre les mœurs, les habitudes et le langage des premiers disciples de Jésus-Christ et nous, qui osons en prendre le titre et la qualité! Qui est-ce, ô mon Sauveur! qui met votre adorable nom à la tête de ses entreprises, qui place sous son invocation la conduite de ses affaires,  sa famille, ses desseins, ses espérances, ou ses craintes? Le pourrait-on d'ailleurs quand presque habituellement la terre occupe toutes les pensées, quand les sollicitudes du siècle remplissent l'âme, et que toutes les affections, tous les attachements sont pour les biens périssables? O mon âme! est-ce au nom de Jésus que tu agis, que tu parles, que tu t'occupes? Ne lui appartiens-tu donc pas? ne lui dois-tu pas tout ce que tu es, tout ce que tu possèdes? La terre ne doit-elle donc pas fructifier pour son maître! Il est vrai, ô mon Sauveur ! mais comment aurais-je pu vous offrir des pensées vaines, inutiles, trop souvent coupables, des désirs et des œuvres si indignes de votre grandeur et de votre sainteté? Secourez-nous, ô Dieu qui êtes notre salut! délivrez-nous pour votre gloire; faites grâce à nos péchés pour l'honneur de votre nom.


Vertu à demander: Invocation habituelle du nom de Jésus.


Résolution et aspirations


Commencez dès aujourd'hui à invoquer avant vos principales actions le nom adorable de Jésus; examinez-vous pendant un certain temps sur voire fidélité à cette pratique. Pour peu que vous y mettiez de persévérance elle vous deviendra habituelle et comme naturelle, et sera pour vous la source d'une infinité de grâces. Quand vous serez sur le point de faire quelque démarche un peu importante, dites-vous: Puis-je offrir à Jésus-Christ cette visite, cet entretien, cette occupation, ce plaisir? puis-je faire cette action au nom de Jésus? Ai-je agi, parlé, travaillé d'une manière utile ou préjudiciable à mon salut? ai-je glorifié ou déshonoré mon Sauveur? Que le nom de Jésus soit comme votre pierre de touche pour juger vos pensées, vos sentiments et vos œuvres.


Prière


O Saint Nom de Jésus, astre lumineux, étoile favorable, c'est de vous que dépend le bonheur de ma vie, de mes desseins, de ma mort et de tout ce qui me regarde! Quoi que je fasse, j'agirai désormais sous votre divine influence. Si je veille Jésus sera toujours devant mes yeux; si je repose Jésus occupera mes pensées; si je marche ce sera dans la compagnie de Jésus; si je suis assis Jésus sera à mes côtés; si j'étudie Jésus sera mon maître; si j'écris Jésus guidera ma main; si je prie Jésus formera et animera ma prière; si je suis fatigué Jésus sera mon délassement; si j'ai faim Jésus me nourrira; si j'ai soif Jésus me désaltérera; si je suis malade Jésus sera mon médecin; si je meurs je mourrai en Jésus, qui est ma vie. Jésus scellera mes lèvres mourantes, Jésus fermera mes yeux, Jésus sera mon tombeau. O Jésus! que mon salut vous a coûté cher! à quel prix et par combien de sang vous avez acheté le titre de mon Sauveur! Sauvez-moi donc du péché et de la mort éternelle, puisque c'est pour cela que vous avez reçu le nom de Jésus, et que je puisse répéter pendant toute l'éternité: Jésus, ma vie, mon bonheur, mon amour, mon tout! soyez loué, aimé et adoré pendant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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03 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Onzième jour

Le Saint Nom de Jésus


« Il sera appelé Jésus, parce que ce sera lui qui sauvera son peuple de leurs péchés ». (Matthieu 1) Toutes les souveraines perfections du Sauveur sont renfermées dans son nom adorable; la sagesse, la sainteté, la force, la miséricorde et l'amour de Dieu, car c'est par elles qu'il nous a sauvés. Ce nom divin comprend toutes les grâces, les vertus et les dons du Saint-Esprit qui servent à la sanctification des hommes, car c'est de la plénitude de Jésus-Christ, comme d'une source inépuisable que nous les devons tous recevoir. Il signifie en effet tous les offices divers de maître, de médecin, de père, de pasteur, de juge, d'avocat, de protecteur, qui conviennent au Fils de Dieu en qualité de Sauveur. Quelle dévotion doit donc exciter en nous ce nom de Jésus que l'ange lui avait donné avant qu'il fut conçu dans le sein de sa mère, qui exprime si divinement ses titres, ses qualités, ses vertus, ses bienfaits, les abaissements et les souffrances auxquels il s'est condamné pour nous arracher au péché et à la mort éternelle; ne commande-t-il pas souverainement 1° la vénération, 2° l'amour, 3° la confiance.


La vénération


Quoi de plus vénérable que ce nom que le Père céleste a donné à son divin Fils, et qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers! Nom admirable aux anges, aimable à l'Eglise, redoutable aux démons, nom que personne ne peut prononcer dignement sans la grâce de l'Esprit-Saint, nom qui, renferme tous les biens, puisqu'il comprend Dieu dans sa bonté, et l'Homme Dieu dans sa Charité et son unité avec nous. Ainsi le nom de Jésus est sa gloire,, il lui a coûté son sang; il exprime le plus beau de ses titres, le salut qu'il a opéré au milieu de la terre, la délivrance du genre humain, la fin du règne du péché, la rédemption des enfants de Dieu. Aussi d'un pôle du monde à l'autre, dans tous les temps comme dans toutes les situations, les enfants de l'Eglise, lorsqu'ils l'entendent, s'inclinent et se prosternent en signe de respect; et cet hommage extérieur n'est que l'expression de l'adoration intérieure qu'ils lui rendent. Quel hommage plus légitime, ô mon âme ! que tu dois être empressée de le rendre à celui qui s'y est acquis des droits si sacrés; soit que tu considères ce divin nom en lui-même, soit que tu l'envisages par rapport à toi. En lui-même c'est un nom donné par le Père céleste, porté par le Fils du Très-Haut, et qui ne peut appartenir qu'à lui, parce qu'en nous délivrant du plus grand de tous les malheurs il a été le Sauveur véritable, l'unique libérateur, le Jésus par honneur et par excellence. Par rapport à toi, oh, que ce nom est vraiment adorable! Indépendamment des avantages précieux qu'il a procurés aux hommes, et que tu partages avec eux, l'affranchissement du démon, la réconciliation avec Dieu, tous les obstacles au salut levés, toutes les grâces, tous les secours qui doivent y conduire assurés, toutes les dettes exigées parla divine justice acquittées, combien de bienfaits qui te sont propres et personnels ne te rappelle-t-il pas? Toutes les fois que tu as été rétablie dans la grâce, c'est à dire rendue à la vie véritable, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ? si tu t'éloignes du mal, si tu pratiques quelque bien, si tu conserves la lumière de la foi, le désir de voir Dieu, de l'aimer, de le posséder, n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ que tu es redevable de ce bonheur, puisque c'est par lui que tout est demandé et obtenu dans l'Eglise, et qu'il n'y a point de salut par aucun autre, ni aucun autre nom sous le ciel donné aux hommes , par lequel nous devions être sauvés.


L'amour


Qu'il est aimable le nom de Jésus! qu'il est vraiment un parfum répandu! il dilate les cœurs, il réjouit l'âme, il la rassure, la console et l'attire par une inexprimable douceur. Ce n'est pas un nom de domination et de majesté qui inspire l'effroi et fasse trembler les coupables; il ne rappelle que la puissance de secourir et le charmant empire de la bonté: il annonce un conquérant et un vainqueur, mais qui ne veut triompher que des cœurs, ne conquérir que l'amour, qui vient délivrer des captifs, affranchir des esclaves, les attacher à sa personne sacrée par les plus aimables de tous les liens, par les bienfaits. Ce nom de Jésus, cette qualité de Sauveur, n'exclut personne, n'excepte aucun des malheureux qui veulent l'invoquer; il exprime la grâce et la miséricorde, et promet le salut à tous ceux qui mettront en lui leur espérance. Qu'est-ce qu'un Sauveur, sinon un père qui rend la vie, un bienfaiteur puissant et secourable? Mais comment appeler un Sauveur descendu du ciel, un Dieu qui se fait homme pour sauver les hommes, un Jésus qui donne son sang pour les racheter de !a mort et du péché? O Nom digne de toute bénédiction et de tout amour! soyez béni et aimé dans tous les siècles. Commence par l'aimer et le bénir, ô mon âme! et que tout ce qui est en moi bénisse ce saint nom; bénis le Seigneur, et n'oublie jamais ses bienfaits. C'est lui qui fait grâce à toutes tes fautes et qui guérit toutes tes infirmités, lui qui rachète ta vie de la mort, qui te couronne de ses miséricordes.  Le Père céleste n'a renfermé tant et de si précieux souvenirs dans ce nom qu'il a donné à son Fils qu'afin qu'en l'honorant et en l'invoquant souvent nous fussions comme obligés de l'aimer, de le révérer et d'exprimer dans nos sentiments et nos œuvres toutes les perfections qu'il représente. Donnez-moi donc, ô divin Sauveur! de m'y attacher, de le chérir, de le prononcer souvent avec amour, de sentir profondément toutes les vertus qu'il signifie, toute la sainteté à laquelle il m'oblige. Je ne puis ni le lire ni l'entendre sans me rappeler tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez fait, tout ce que vous voulez faire, tout ce que vous voulez être pour moi. Donnez-moi une joie toute spirituelle et une vénération profonde toutes les fois qu'il vient frapper mes oreilles ou mes yeux; et puisque je ne puis même vous nommer d'une manière utile pour moi et glorieuse pour vous, ô Seigneur Jésus! que par la grâce de votre Saint Esprit, accordez-moi de le répéter souvent avec foi et avec piété, afin qu'il excite en moi le regret de mes péchés, la reconnaissance et la charité.


La confiance


Qu'il est puissant le nom de Jésus! C'est dans sa circoncision que le Verbe incarné en la recevant a commencé à en remplir les obligations et à en exercer la puissance; car c'est dès ce moment qu'il est déclaré le Sauveur de ceux qui étaient perdus, et que. par l'effusion de son sang il opère le salut des pécheurs. Il le portera à la croix écrit au-dessus de sa tète, parce que c'est sur ce bois ensanglanté qu'il en consommera l'œuvre. C'est le nom glorieux que les apôtres porteront devant les gentils, devant les rois et devant les enfants d'Israël; c'est par lui qu'ils seront victorieux du démon et du monde, et opéreront les miracles multipliés et éclatants auxquels rien ne pourra résister. C'est lui qui donnera la force aux martyrs, la constance aux confesseurs, la chasteté aux vierges, les larmes de componction et la persévérance aux pénitents. C'est parle nom de Jésus que l'Eglise priera, se défendra, se multipliera, se gardera, se conservera jusqu'à la fin des siècles, que dans tous les temps les saints et les vrais disciples de Jésus-Christ triompheront des passions, des tentations, de toutes les suggestions de la nature corrompue pour s'élever à toute la perfection des vertus chrétiennes. Quelle confiance il doit t'inspirer, ô mon âme! avec quelle ferveur tu dois l'invoquer, puisqu'il est vraiment ta force, ta lumière! Cette tour invincible, inexpugnable dans laquelle tu dois te réfugier dans le danger! Quand le nom salutaire de Jésus se présente à mon esprit, dit Saint Bernard, et qu'il éclaire mon âme de ses rayons, aussitôt mes passions se refroidissent, et mes tentations s'évanouissent; car en prononçant ce doux nom, je me représente un homme doux et humble de cœur, affable, sobre, chaste, miséricordieux, orné de toutes les vertus, et en même temps je me souviens que cet homme est Dieu tout puissant, gui me donne d'une part l'exemple de sa vie pour que je m'applique à l'imiter, et de l'autre sa grâce et son secours pour agir. Il me semble en un mot que toutes sortes de biens retentissent à mon cœur lorsque le nom de Jésus retentit à mes oreilles.  Ah! je ne veux plus cesser de l'invoquer, de le célébrer, de le bénir, et de conjurer le Sauveur d'opérer en moi ce que ce nom adorable signifie, en lui disant avec Saint Augustin: O Jésus! soyez-moi Jésus, c'est à dire délivrez-moi de mes péchés, sanctifiez-moi, sauvez-moi.


Vertu à obtenir: La dévotion au Saint Nom de Jésus.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent pendant la journée avec le psalmiste: Que le nom du Seigneur soit béni maintenant et dans tous les siècles! Faites souvent réparation au Sauveur pour les irrévérences, les outrages et les profanations de son nom adorable. Dédommagez-le par de pieuses et fréquentes invocations de l'oubli et de la négligence de tant de chrétiens, et gémissez surtout des vôtres. Commencez toutes vos actions en le prononçant, en le baisant avec respect, et soyez fidèle à les rapporter toutes par une intention actuelle à la gloire de Jésus-Christ. Oh! quelle grâce, ô mon Sauveur! si je pouvais contribuer en quelque manière à la gloire de votre nom! Oh! s'il pouvait m'être donné de le faire connaître, aimer, adorer, bénir, de porter les hommes à lui rendre hommage! Je vous le demande, ô mon Sauveur! Par votre Miséricorde et par Votre Amour. Ainsi soit-il.


Prière


Gravez dans mon cœur en traits de flamme votre nom adorable, ô mon Sauveur! afin que rien ne soit jamais capable de l'en effacer; qu'il soit ma force, mon appui, mon espérance; que dans mes tentations il me défende; que dans les dangers il me garde; que dans mes chagrins et les épreuves de cette vie il me soutienne et me console; que je le prononce toujours avec l'accent du respect, de l'amour et de la confiance, et qu'il me rappelle toujours par qui j'ai été sauvé, à qui je suis consacré, pour qui je dois vivre, qui je dois posséder éternellement; que je le porte dans mon âme ici bas comme un signe de sainteté et de combat, afin de le porter sur mon front au milieu des élus comme un signe de triomphe et de gloire. Ainsi soit-il.

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02 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Dixième jour

Jésus attire Saint Joseph aux vertus de son enfance


« Vous l'avez prévenu de vos plus douces bénédictions ». (Psaume 20) Le premier et le plus sage conseil que vous puissiez suivre, dit Salomon, c'est d'acquérir la sagesse, et, s'il le faut, de donner tous vos biens pour la posséder. Sa faveur vous élèvera jusqu'au ciel. Vous ne l'aurez pas plus tôt embrassée qu'elle vous comblera d'honneur. Faites donc une étroite alliance avec elle; elle versera sur votre tête une abondance de grâces, et vous couronnera d'un diadème de gloire. Voilà  l'image et le récit anticipé du bonheur incomparable auquel Saint Joseph a été prédestiné. Le Fils de Dieu, la sagesse du Père, ayant miséricordieusement résolu de prendre notre nature dans le sein d'une vierge, et de se choisir un père adoptif, l'a appelé à la plus intime participation de ses mystères. Saint Joseph non seulement l'a reçu, l'a possédé, mais il l'a gardé, il l'a nourri, il l'a sauvé, il a été le digne coopérateur de ses desseins miséricordieux sur les hommes: aussi parce que ce comble d'honneur auquel il était élevé demandait une fidèle correspondance, et que ses mérites devaient être en rapport avec sa dignité, l'enfant Jésus l'initie le premier aux sublimes vertus qu'il vient leur enseigner. 1° L'humilité; 2° la pauvreté; 3° l'abnégation.


L'humilité


Quel état glorieux que celui auquel Saint Joseph est élevé par l'Incarnation! Il est admis à la communication des ineffables secrets qui ont été cachés aux sages du monde. La Mère de Dieu, la Reine du ciel l'appela son seigneur, le Verbe fait chair l'appelle son père et lui obéit; que peut-on imaginer d'aussi grand, d'aussi beau, d'aussi excellent? Cependant au milieu de tant de grâces extraordinaires dont il est favorisé, il conserve l'humilité la plus profonde; il cache les privilèges ineffables dont il est honoré, il ne publie rien des mystères incompréhensibles qui viennent de s'accomplir, il ne cherche point à les pénétrer, et laisse à Dieu le soin de les manifester, dans le temps fixé par ses décrets; il ne pense qu'à correspondre aux vues de la providence sur lui, et se borne uniquement à ce qui le regarde. Quoique issu du sang des anciens rois de Juda il se plaît dans une condition vile aux yeux du monde, et n'a d'autre ambition que de fournir par le travail de ses mains aux besoins communs de la sainte famille. Que diras-tu de ces sentiments et de cette conduite, ô mon âme! toi qui es si prompte à t'élever et à t'enorgueillir du plus frivole avantage et à perdre de vue ta faiblesse, tes ténèbres et tes infidélités. La plus vaine louange, le plus léger souffle de la vanité t'exaltent et éteignent en toi la lumière de la grâce et la connaissance de toi-même; que de motifs semblaient autoriser Saint Joseph à sortir de l'obscurité de son humble condition! Royale origine, choix de sa personne pour les plus sublimes fonctions, hommages que lui rendent et le Fils du Très-Haut et sa divine Mère. Pourquoi ne pas quitter cet atelier? Pourquoi ce silence sur tout ce qu'il a vu et entendu? Lui à qui l'ange a dit de si grandes choses, qui a été témoin des merveilles de l'enfantement virginal, que ne pourrait-il pas publier? quelles sublimes révélations il pourrait faire! Ah! divin Jésus! quand vous attirez les âmes à vous, vous les attirez avant tout à vos vertus, à l'humilité, à la retraite, au silence, à une sainte obscurité, vous les cachez dans le secret de votre face, et elles cachent au fond d'elles-mêmes le trésor de vos dons; elles tiennent sous le sceau votre secret. Les avantages humains ne sont rien s'ils ne sont connus et si le monde ne les prise; mais les biens véritables, les opérations de votre grâce, ô mon Sauveur! on a besoin de les goûter seul à seul avec vous dans le silence. O mon âme ! n'aime donc plus à te répandre au dehors, à t'épancher dans les créatures, même sous prétexte de les édifier, elles gagneraient peu et tu perdrais trop à ces dangereuses communications.


La pauvreté


Vous savez, disait Saint Paul aux Corinthiens, quelle a été la charité de notre Seigneur Jésus Christ, qui étant riche s'est fait pauvre pour l'amour de vous, afin que vous devinssiez riches par sa pauvreté. A la vue de cet indigence totale à laquelle s'est réduit le Verbe fait chair, quels sentiments de détachement et de mépris des richesses Sain Joseph ne devait-il pas concevoir! quoi de plus propre à les faire naître dans son cœur que le spectacle qu'il avait sous les yeux depuis la naissance de Jésus! ce créateur, ce souverain maître du ciel et de la terre qui non seulement rejette loin de lui l'opulence, mais qui se refuse le nécessaire, qui naît sur la paille! qui n'a en naissant ni où se reposer, ni de quoi se couvrir, et qui ne fait donner du haut des cieux d'autres marques de sa venue dans ce monde que le témoignage d'une pauvreté qui n'eut jamais d'égale! Mais surtout, ô divin enfant! vous éleviez ces sentiments de votre père adoptif à un ordre supérieur, en lui découvrant les raisons de cette préférence, de votre prédilection pour la pauvreté; vous découvriez à son âme tous les trésors qu'elle renferme, tout ce que possède celui qui renonce à tout pour vous suivre, qui se détache de tout pour vous imiter. O mon aimable Sauveur! révélez-moi ce secret; dessillez mes yeux que trompe et qu'éblouit l'éclat des biens de la terre. O ciel! que je suis loin de votre esprit, de vos affections, de vos exemples, et que même je sens imparfaitement votre conduite sur vos serviteurs et vos amis! quoi que votre choix m'enseigne, quoi que me prêche votre Evangile, ô divin enfant! non je n'aime pas la pauvreté. Elle me répugne; elle me fait peur; je ne puis souffrir que rien me manque. J'ai des empressements déraisonnables pour amasser, pour accroître mon revenu, ma fortune, quelle qu'elle soit; la moindre perte m'attriste, me chagrine, me fait mal; je ne me contente pas du nécessaire; je recherche le superflu, le plus beau, le plus précieux; hélas même quelquefois ce qui est illicite et défendu... Et j'ose me dire votre disciple et vous appeler mon modèle, mon bien, mon trésor, ma richesse! O Jésus naissant! ô Dieu pauvre! ayez pitié de moi. Inclinez mon cœur vers vos préceptes et détournez-moi de la cupidité.


L'abnégation


Commencez-vous à comprendre que Jésus venant au monde ne s'est pas contenté de naître pauvre, dépouillé, manquant de tout, mais qu'il s'est comme quitté lui-même? Il se dépouille en effet de sa grandeur, de sa majesté, de sa puissance, et pratique divinement ce renoncement à soi-même, cette abnégation à laquelle il rappellera un jour tous ceux qui voudront marcher à sa suite et dont sa crèche est l'emblème, comme sa croix en sera le signal et l'étendard. O Saint Joseph! que vous avez admirablement profité à l'école du souverain maître ! En combien peu de temps vous avez acquis la science de l'abnégation! Contemplez en effet toute sa conduite depuis que l'ange lui a révélé le mystère du salut; quelle soumission aux ordres de la providence, quel calme, quel abandon entre ses mains, quel oubli de lui-même, quelle foi! il va, il revient, il entend, il se tait, il adore, il ne possède plus rien, il ne désire, il ne regrette rien, il ne s'inquiète d'aucun accident , ne craint aucun danger. Il ne vit que pour Jésus et pour Marie, pour les prévenir, les soigner, les servir et les aimer. Il n'est plus à lui, il est tout à l'enfant et à sa mère. O Sauveur du monde! voilà l'esprit que vous répandez dans vos saints! voilà comment vous revivez en eux, en leur faisant reproduire dans leur vie les vertus que vous avez apportées sur la terre; mais où les retrouver aujourd'hui dans le christianisme, même parmi ceux qui sont restés fidèles à la religion de leurs pères! on veut bien les admirer dans l'Evangile, dans la vie de vos serviteurs, mais non en faire la règle de sa conduite, les appliquer à son état et à sa situation, et par elles se sanctifier. Cependant, ô Jésus! vous n'avez pas deux Evangiles: l'un de rigueur, de crucifiement et de douleurs pour vous et pour vos saints, et un Evangile tout opposé pour nous. C'est à tous vos disciples sans distinction que vous dites: Si quelqu''un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu'il me suive. O divin enfant! que ces paroles me causent de confusion et d'alarmes! je n'ai donc pas encore été votre disciple; je ne porte pas vos marques, je n'ai jamais voulu me dépouiller de celles du monde, des recherches de la sensualité, de l'amour-propre, de la vanité. Je n'ai fait que les cacher aux yeux des autres et peut-être aux miens sous des dehors de christianisme et un extérieur de régularité dont vous discernez le vide et le néant; ayez pitié de moi, ô Jésus ! attirez-moi enfin à vos vertus.


Vertu à obtenir: L'esprit intérieur.


Réflexions et aspirations


Adorez souvent aujourd'hui l'enfant Jésus adoré par Marie et par Joseph; apprenez de ce grand saint la véritable manière d'honorer les mystères, qui est de s'humilier, de s'anéantir dans le sentiment d'une foi vive, humble et reconnaissante; n'aspirez ni à vous élever, ni à paraître: c'est par l'humilité que vous attirerez Jésus en vous. Ayez de la joie lorsqu'après une bonne action vous n'aurez eu que Dieu pour témoin, fermez votre cœur à la cupidité: ne désirez pas les richesses que le Sauveur a condamnées en les repoussant de sa crèche: recevez avec amour cet enfant pauvre, qui vient vous enrichir, comprenez que ce n'est pas la pauvreté qui est une vertu, mais l'amour de la pauvreté; privez-vous de quelque chose pour l'amour de Jésus, sinon du nécessaire, du moins du superflu, du commode, de l'agréable, et ainsi vous honorerez la pauvreté de Jésus.


Prière à Saint Joseph


O Chaste époux de la plus pure des vierges et de la Mère de mon Dieu, chef visible de la sainte famille, gardien fidèle du plus précieux de tous les trésors, dépositaire du plus profond de tous les mystères, je me réjouis de votre gloire, et je révère votre grandeur. Vous fûtes trouvé digne de présider aux actions d'un Homme-Dieu, de tenir lieu de père et de commander à Jésus Enfant. Vous fûtes le nourricier de cet adorable Sauveur; vos soins, vos travaux et vos sueurs ont concouru à soutenir son humanité sainte. Adopté par lui pour père vous avez reçu une abondance de grâces et de dons spirituels proportionnée à cette adoption glorieuse, et vous y avez admirablement correspondu. Daignez aussi m'adopter, ô grand Saint! me garder, me défendre contre mes ennemis extérieurs et intérieurs, m'obtenir une fidèle imitation de vos vertus, et la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésus et de Marie. Ainsi soit-il.

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01 janvier 2011

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Neuvième jour

Jésus attire les âmes à la pénitence


« La vraie circoncision est celle du cœur, qui se fait par l'esprit ». (Romains 2) L'Enfant Jésus a été circoncis; mais ses souffrances ne se terminent point avec l'opération qui les a occasionnées; c'était même au troisième jour que la douleur de la blessure était plus cuisante, comme nous l'apprenons au vingt-quatrième chapitre de la Genèse. Cette plaie, qui lui représentait et lui faisait sentir d'avance les cruels déchirements de celles dont il serait un jour tout couvert depuis la plante des pieds, jusqu'au sommet de sa tête, demeure donc ouverte pendant plusieurs jours, et devient pour lui un rigoureux supplice. Ah! qu'il est bien vrai qu'il a été blessé à cause de nos iniquités; qu'il a été brisé pour nos crimes; que le châtiment qui devait nous donner la paix est tombé sur lui, et que nous avons été guéris par ses meurtrissures, O Marie! comme cette plaie saigne dans votre cœur! avec quelle émotion de piété et de tendresse vous vous appliquez à l'adoucir et à la cicatriser! que ne conjurez-vous ce médecin tout puissant de laisser agir sur lui-même cette vertu guérissante qu'il répandra si miséricordieusement pour soulager des maux qui ne pourront jamais être comparés avec ce qu'il endure! mais non, il veut dès les premiers moments de sa vie nous enseigner 1° la nécessité de la pénitence, 2° la continuité de la pénitence, 3° la sévérité de la pénitence.


La nécessité de la pénitence


Le Sauveur pendant sa vie évangélique l'annonce souvent aux hommes; il la leur rappellera au milieu des déchirements de sa passion, et même quand il sera sur le point de les quitter pour retourner à la droite de son père. Il y a plus, parce que la pénitence devait préparer les hommes à son avènement, il la fait prêcher par son précurseur, Saint Jean-Baptiste en fait retentir les bords du Jourdain: Faites pénitence, s'écrie-t-il, car le royaume des deux approche. Mais il faut que dès sa naissance Jésus la prêche plus haut encore par ses œuvres, et qu'il montre dans sa personne que le temps est venu où il faut se faire violence pour arriver au ciel, et que ceux-là seuls peuvent le conquérir et l'emporter qui combattent contre eux-mêmes et contre les ennemis du salut. Regarde, ô mon âme! contemple l'auteur et le consommateur de notre foi; car avant de nous instruire par ses paroles il nous a donné la leçon si frappante de ses exemples. Quand même tu n'aurais pas apporté en entrant au monde le crime de ton origine, quand les tristes suites qu'elle a laissées en toi, même après que tu as été régénérée sur les fonts sacrés, ne te rappelleraient pas sans cesse la nécessité du baptême laborieux de la pénitence, ah! L'exemple du saint des saints t'en ferait une rigoureuse obligation. Mais que de péchés n'es-tu pas à déplorer et à expier! Que de mauvaises habitudes à vaincre et à déraciner! Quel ascendant tes négligences et tes infidélités n'ont-elles pas donné à tes passions! Et comment te défendre contre leur attaque et te prémunir contre les chutes dans un véritable esprit de pénitence, sans la pratique intérieure et extérieure? Interroge l'Evangile, parcours la vie des Saints, partout tu trouveras le précepte et la pratique de la pénitence. Pas un seul juste qui ait cru pouvoir s'en dispenser; et on dirai que les plus grands serviteurs de Dieu se sont cru d'autant plus redevables à sa justice qu'ils étaient éminents en sainteté. C'est qu'ils avaient sans cesse devant les yeux l'exemple du juste par excellence qui a voulu faire pénitence pour nos péchés dès les premiers moments de sa vie, et qui à peine s'est volontairement chargé des iniquités des hommes qu'il se soumet à en porter le châtiment et la confusion.


La continuité de la pénitence


Comme sa constance est 1'écueil de la faiblesse humaine, et l'instabilité notre partage, lors surtout qu'il est question pour nous de combattre nos penchants corrompus et de soutenir la lutte contre nos passions. Jésus a voulu par les premiers mystères douloureux de son enfance nous offrir l'exemple de la persévérance, et nous mériter par la durée de ses souffrances la grâce de le suivre. Hélas! depuis le premier moment de son incarnation elle n'a pas été interrompue. Dans le sein de sa mère, captivité, dépendance, douleurs, impuissance absolue; quelle pénitence pour ce Verbe de vie, de sagesse, de gloire et de majesté! A peine il en est sorti, nouvelles souffrances qui se succèdent, rebuts, mépris, pauvreté, abandon, privations de toute espèce, inhumanité des hommes, rigueur de la saison, joug de l'ancienne loi dont il vient nous affranchir, mais dont il veut porter tout le poids, mortification continuelle de l'esprit, du cœur et du corps; voilà ses premiers pas dans la carrière de la pénitence; car il ne faut jamais perdre de vue que ce qui, pour les enfants ordinaires, est l'effet de la nécessité et de la contrainte, est dans l'enfant Jésus l'effet du choix et de la volonté. Te contenteras-tu, ô mon âme ! d'effleurer pour ainsi dire la pénitence, d'essayer la croix et bientôt de t'en décharger, de marcher pendant quelques jours dans la voie étroite et puis de t'arrêter tout court, croyant faire beaucoup en ne retournant pas en arrière! Mais ignores-tu donc la maxime des saints, que ne pas avancer c'est reculer? Mais n'as-tu donc pas lu cette effrayante parole, trop peu méditée, trop peu sentie: Quiconque ayant mis la main à la charrue regarde derrière soi n'est point propre au royaume de Dieu. Ainsi c'est peu de faire une fois la circoncision du cœur, il faut la faire souvent, et s'il est possible la faire toujours. Croyez-moi, dit Saint-Bernard, vous avez coupé les rejetons du péché, ils repoussent; vous l'avez chassé, il revient; vous l'avez éteint, il se rallume; il n'est qu'endormi, bientôt il se réveille. Ainsi il faut incessamment retrancher, poursuivre, combattre, éteindre, parce que la racine et le foyer du mal sont au milieu de nous, que l'ennemi de notre salut trouve un appui dans nos penchants corrompus, et qu'il a des intelligences jusque dans notre cœur.


La sévérité de la pénitence


Pour commencer à comprendre ce qu'elle est pour l'enfant Jésus dès les premiers moments de sa vie prosternez-vous en esprit au pied de sa crèche dans laquelle il est étendu comme sur un autel, puisqu'en effet dans sa circoncision commence son immolation sanglante; et à la vue de cette blessure que lui ont faite et vos péchés et son amour adressez-lui avec un profond sentiment de reconnaissance et de repentir ces questions si propres à réveiller en vous de saints désirs de pénitence: « Qu'avez-vous donc fait, ô très-doux enfant! peur être condamné à de telles souffrances? quel forfait avez-vous commis, ô aimable fils de Marie! pour être traité avec cette rigueur? quel est votre crime? par quel noir attentat avez-vous attiré sur vous une si terrible vengeance? Ah! c'est moi, c'est moi qui suis la plaie de votre douleur, la meurtrissure qui vous fait souffrir. O mystère ineffable de charité! le coupable pèche, et le juste est puni; ce que mérite le méchant c'est le bon qui l'endure; les dettes des serviteurs sont payées par le maître, et le crime de l'homme est expié par un Dieu. Que vous rendrai-je, à mou Seigneur et mon Roi! pour tous les biens que vous m'avez faits? Ah! le cœur de l'homme n'est pas assez riche pour acquitter la dette de sa reconnaissance. Toutefois, ô Fils de Dieu! si vous daignez visiter mon âme et la remplir d'une componction salutaire, elle crucifiera sa chair avec ses passions déréglées, et par là du moins s'associera à vos douleurs et à votre pénitence. Après cela qui pourrait m'arrêter, ô mon Sauveur! ce ne peut plus être la sécurité de l'innocence conservée; serait-ce celle de l'innocence réparée? Mais elle ne peut être réparée que par la pénitence; et connais-je la mesure de celle que vous avez assignée à mes innombrables offenses? Mais ne m'avertissez-vous pas de n'être point sans crainte même sur les péchés pardonnés, parce que nul dans cette vie ne sait s'il est digne d'amour ou de haine? Et quand votre apôtre châtie son corps et le réduit en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres il ne tombe lui-même dans la réprobation, oserais-je assigner un terme à la durée ou à la rigueur de mes expiations? Ainsi je suis certain que j'ai offensé Dieu , et je ne le suis pas de mon pardon. J'ai renoncé au péché; mais le Seigneur ne m'a pas dit: Le mal n'approchera pas de toi. J'ai recouvré par la grâce des sacrements la santé de l'âme; mais la faiblesse que le péché a laissée en moi ne m'expose-t-elle pas à de continuelles rechutes, ne m'oblige-t-elle pas à de continuelles précautions? Puis-je me tranquilliser sur le passé et me précautionner contre l'avenir autrement que par la pénitence, et par une pénitence durable et aussi rigoureuse que mon état peut me permettre et que l'exige la multitude et la grièveté de mes offenses.


Vertu à obtenir: L'esprit de pénitence.


Résolutions et aspirations


Adorez aujourd'hui l'enfant Jésus blessé pour vos iniquités et vous offrant son sang pour vous servir de rançon; remerciez-le humblement d'une si grande miséricorde; offrez ce sang adorable au Père, en le priant de vous pardonner; joignez dès aujourd'hui à cette oblation quelque acte de mortification intérieure et extérieure ; examinez devant Dieu quelle vie vous avez menée depuis votre baptême, surtout à telle ou telle époque; tenez-vous quelque temps en sa présence dans les sentiments d'humiliation, de confusion et de douleur que doit vous inspirer le souvenir de vos péchés. Demandez au Père éternel, par la circoncision douloureuse de Jésus-Christ, quelque part à son esprit de pénitence. Prenez la résolution, 1° de conserver toute votre vie l'esprit de pénitence, en réitérant souvent les actes d'humilité et de contrition, surtout lorsque vous devez approcher du saint tribunal; 2° de souffrir en cet esprit les afflictions, maladies, pertes de biens et autres peines qu'il plaira à Dieu de vous envoyer; 3° de vous imposer de vous-même et par votre choix avec le consentement de votre confesseur quelques pénitences particulières, comme jeûnes, aumônes, visites des pauvres, des malades, et autres mortifications intérieures ou extérieures.


Prière


Seigneur, Dieu tout-puissant, qui dans la tendresse de votre enfance avez souffert dans votre chair innocente les douleurs de nos crimes, et qui dans l'image de la mort du vieil homme avez fait reluire les marques de la vie de vos enfants, faites-nous la grâce de nous dépouiller en esprit de la corruption d'Adam, et d'aimer votre sainte enfance, dans laquelle de cœur et par amour vous mourez et revivez pour nous. Donnez-nous de mourir tous les jours, par la pénitence, afin que nous puissions vivre éternellement dans la gloire où vous régnez avec le Père et le Saint Esprit. Ainsi soit-il.

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31 décembre 2010

Le Mois de l'Enfant Jésus

Le Mois de l'Enfant Jésus

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Huitième jour

Jésus est circoncis


« Huit jours s'étant écoulés depuis la naissance de Jésus, il fut circoncis ». (Luc 2) Lorsque Abraham fut appelé de Dieu pour être le père d'une race choisie et fidèle qui ne devait jamais finir il reçut l'ordre de faire observer par tous ses descendants la loi de la circoncision. C'était comme un signe de l'alliance que Dieu daignait contracter avec eux et de la protection qu'il leur promettait; c'était la marque distinctive de cette nation, qu'il daignait appeler son peuple; mais la circoncision était destinée surtout à imprimer dans la chair de l'homme le sceau du péché, et à lui rappeler par le sang qu'elle faisait couler qu'il avait mérité la mort. L'enfant Jésus ne pouvait être obligé à cette humiliante et douloureuse cérémonie puisqu'il était le maître de la Loi et le saint des saints, et que de plus il était né d'une mère vierge. Toutefois quoiqu'il en fût manifestement dispensé il a voulu s'y soumettre, l'accomplir et selon la lettre et selon l'esprit par humilité, par obéissance et par amour. Huit jours après sa naissance il fut présenté à la circoncision. Entre, ô mon âme! dans l'esprit qui anime l'enfant Jésus en cette démarche, et demande-lui la grâce de bien comprendre pourquoi il veut aujourd'hui porter en lui-même 1° la marque du péché, 2° la honte du péché, 3° le châtiment du péché.


La marque du péché


« Jésus souffre d'être mis au rang des pécheurs; il va comme un vil esclave porter sur sa chair un caractère servile et la marque de notre péché d'origine. Le voilà donc en apparence fils d'Adam comme les autres; pécheur et banni par sa naissance il fallait qu'il portât la marque du péché, comme il en devait porter la peine. Cependant, au lieu d'être impur comme nous par son origine; par son origine, il était saint, conçu du saint Esprit qui sanctifie tout, et uni en personne au Fils de Dieu, qui est le saint des saints par essence. L'esprit qui nous sanctifie clans notre régénération est celui dont Jésus-Christ est conçu, dont sa sainte chair a été formée, et qui est infus naturellement dans son âme sainte, de sorte qu'il n'a pas besoin d'être circoncis; et il ne se soumet à cette loi que pour accomplir toute justice en donnant au monde l'exemple de la plus parfaite obéissance et de l'humilité la plus profonde ». O Sauveur naissant! faut-il donc que je trouve en moi une opposition si absolue et si constante à toutes vos affections comme à votre conduite. Rien, ne vous oblige à la loi de la circoncision, et vous vous faites un devoir de vous y soumettre; et moi, lorsque je ne viole pas ouvertement vos commandements divins, je trouve toujours des raisons pour m'en dispenser et en adoucir la rigueur. Vous êtes innocent, et vous voulez porter la marque des pécheurs; et moi, qui suis pécheur,je veux paraître innocent: je ne me contente point de ne pas me montrer tel que je suis en réalité, plein de défauts, d'imperfections et de misères, je veux qu'on m'estime tout différent de ce que je suis en effet, qu'on me croie des talents, des qualités, des vertus que je n'ai pas; et si même une main charitable vient me présenter le miroir, m'obliger à reconnaître un travers, une faiblesse sur lesquels je m'étais trop long-temps abusé, l'humeur, ou au moins la tristesse, s'empare de moi, je récrimine, je me plains, et peut-être je paie par un injuste et amer ressentiment un service digne de toute ma reconnaissance. O Sauveur plein de justice et d'innocence! guérissez par ce signe d'humiliation que vous avez voulu imprimer sur votre chair virginale la plaie profonde de mon orgueil; que je me considère enfin tel que je suis à vos yeux, et que je ne veuille pas paraître tout autre aux yeux du prochain.


La honte du péché


Le corps que le Verbe a pris dans les chastes entrailles de Marie n'est-il donc pas le chef d'œuvre de l'Esprit saint, un temple de gloire? Cette chair dont l'attouchement béni guérira les âmes, qui les nourrira, les fera croître, les gardera pour la vie éternelle, n'est-elle donc pas digne de tout honneur et de toute la vénération des anges et des hommes? Oh! oui sans doute, et bien plus que nous ne le pouvons comprendre. Sa dignité ne demande-t-elle donc pas qu'on lui épargne l'humiliation de porter l'empreinte du crime d'Adam? n'est-ce pas assez que le Verbe ait été fait chair, sans qu'il soit fait encore chair de péché? O sagesse éternelle ! vos pensées ne sont pas nos pensées, et vos voies ne sont pas nos voies: je pense en homme, et vous agissez en Dieu. Vous la voyez dans toute sa vérité cette offense de Dieu que je ne connais que par la foi, et que même malgré le secours de cette divine lumière je ne sais ni bien sentir, ni bien comprendre. Vous en pénétrez l'étendue immense et la profonde malice, et dès les premiers jours de votre vie vous vous offrez à votre divin Père pour en porter le châtiment et en subir l'ignominie. Comme ces criminels que la justice humaine flétrit par une marque infamante avant de les frapper de mort, dès votre naissance, ô Agneau sans tache ! vous voulez recevoir dans ce corps que vous immolerez un jour sur la croix la flétrissure de nos péchés. O mon âme! voilà ce que le péché coûte à ton Rédempteur dès son entrée dans la carrière; il découvre à fond toute l'indignité et toute l'horreur de cette prodigieuse maladie dont tous les hommes naissent infectés; il en prend pour ainsi dire dans sa circoncision le venin mortel, et en veut porter la marque et la plaie; et pourquoi? pour effacer ta honte, ô mon âme ! pour l'anéantir dans sa propre chair. O bonté infinie de ton aimable Sauveur! Il se dévoue à recevoir un sacrement d'ignominie, et il te préparé» un sacrement de gloire. Par sa circoncision il adopte et s'approprie l'opprobre de l'homme: par le baptême il rend l'homme participant de sa nature divine. Renonce, ô mon âme! renonce au vieil Adam, prends aujourd'hui l'engagement de te dépouiller du vieil homme et de ses œuvres, de renoncer pour toujours au péché. Ne sois pas assez malheureuse pour faire revivre en toi, en le commettant, la honte que Jésus-Christ a subie pour le détruire.


Le châtiment du péché


La circoncision n'était pas seulement humiliante, elle était encore douloureuse; et il en devait être ainsi puisqu'elle avait été ordonnée comme la marque des pécheurs, et comme le châtiment et une sorte d'expiation du péché. Mais si elle était douloureuse pour tous ceux qui en subissaient l'opération, combien plus ne le fut-elle pas pour l'Enfant Jésus! Les autres enfants en souffraient les douleurs sans les connaître; Jésus Christ, avec une pleine connaissance, et avec un sentiment d'autant plus vif que son corps adorable, par sa parfaite constitution, était plus sensible à la souffrance. Ainsi il connaissait parfaitement et sentait jusque dans le fond de son être tout ce qui se faisait à son égard; et dans cette opération sanglante il voyait le prélude et comme l'essai des supplices par lesquels devait se terminer sa vie; et en répandant quelques gouttes de son sang il savait bien qu'il s'engageait tout entier à la mort. Ainsi sa circoncision fut le commencement de sa passion; dans cette première blessure qu'il endura il ressentit tous les déchirements du Calvaire, et comme le poids de la justice divine commençant à s'appesantir sur lui. O mon âme! tel a été pour toi l'amour du Verbe fait chair qu'il a voulu exposer son corps tout saint, tout vénérable, tout parfait qu'il était à l'humiliation et à la douleur, à la rigueur de la justice de Dieu et à la cruauté des hommes. Tout faible, tout délicat qu'il est aujourd'hui il se livre au couteau de la circoncision, sans plainte, sans murmure, avec un courage et une patience qui ne peuvent appartenir qu'à lui. Jusqu'à quand traiteras-tu ton corps avec tant de délicatesse, ne lui refusant rien, cédant à ses appétits et à ses exigences! Oublies-tu donc qu'il est ton esclave, et que pour conserver l'empire sur lui tu as besoin de le tenir sous le joug de la mortification? Ne sais-tu pas que celui qui nourrit délicatement son esclave ne tarde pas à essuyer ses insolences? Et si enfin tu veux sincèrement appartenir à Jésus-Christ ne dois-tu pas crucifier ta chair avec ses désirs déréglés, c'est à dire résister vivement à la concupiscence, la combattre sans relâche, lui refuser tout ce qui peut la réveiller ou lui servir d'aliments. C'est là la circoncision véritable qui n'est pas faite de la main des hommes, la circoncision de Jésus Christ.


Résolutions et aspirations


Adorez souvent dans la journée le Fils de Dieu comme le premier principe et la dernière fin de votre vie; offrez-lui souvent son précieux sang, et le priez de l'appliquer comme un divin baume aux plaies de votre âme. Excitez-vous à bien commencer l'année, et à mener réellement une vie nouvelle. Dites à Jésus-Christ: ô mon Sauveur! que vous allez de bonne heure à la croix et aux souffrances! que vous êtes prompt à donner votre sang! c'est dès le huitième jour que vous commencez à le répandre. Hélas! depuis tant d'années je n'ai pas encore commencé à vous aimer. Il faut que je commence enfin avec le secours de votre grâce à porter en moi la marque de votre circoncision et de votre sang, et que je la renouvelle sans cesse, puisque la concupiscence produit sans cesse de nouveaux rejetons, et que, quoi que je fasse, je trouverai toujours en moi quelque chose à retrancher.


Prière


O divin enfant! souverain amateur des âmes, pour rendre hommage aux souffrances et aux plaies de votre chair innocente je vous offre ma santé, mes forces, ma vie pour être consommées à votre service dans les exercices d'une sainte pénitence et d'une mortification continuelle. Faites-moi cette grâce, qu'au lieu de flatter mon corps, comme je l'ai fait jusqu'à ce jour, j'en devienne l'ennemi; que je refuse à mes sens tout ce qui vous déplaît et tout ce que vous n'avez pas aimé; donnez-moi cette mortification intérieure qui vivifie l'âme et y fait croître les vertus; arrosez-moi de ce sang précieux que vous répandez aujourd'hui, afin qu'il me purifie, me fortifie, me dégoûte et me délivre de l'empire des sens, et que je trouve ma gloire et mon plaisir à vous aimer et à souffrir pour votre amour. Ainsi soit il.

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