31 mai 2011

Le Mois du Précieux Sang de Jésus

 Le Mois du Précieux Sang de Jésus

Saint Gaspard de Buffalo

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Premier jour

Les victoires que Jésus-Christ a remportées par l'effusion de son précieux sang

 

Vaincue et enchaînée par l'ennemi infernal, la malheureuse humanité gémissait dans les ombres de la mort; d'elle-même elle ne pouvait se relever du triste état où elle était tombée, ni vaincre l'horrible ennemi qui, au moyen du péché, l'avait rendue son esclave; ce n'était donc que du ciel que les pauvres mortels attendaient ce puissant vainqueur de l'enfer et de la mort qui seul pouvait les délivrer, lorsqu'enfin les temps étant accomplis, Jésus parut dans le monde pour triompher de toutes les puissances des ténèbres, et arracher la misérable humanité au joug tyrannique qui l'opprimait. Et comment y est-il parvenu? Ah! ne le sais-je pas? mon Jésus, cette victoire, vous ne la devez qu'à l'effusion de votre très-précieux sang, dont vous avez répandu les prémices huit jours après votre naissance, pour le verser plus lard jusqu'à la dernière goutte sur l'autel de la croix; c'est par là que vous avez triomphé de l'enfer et de toutes les puissances des ténèbres.

 

Considérez en outre, ô mon âme, comment Jésus avec ce sang nous a armés pour le combat. Notre vie sur la terre est une guerre continuelle. Nous avons à combattre contre un monde trompeur qui, avec ses vanités et ses illusions, cherche à nous séduire et nous faire tomber dans ses lacs; nous avons à vaincre une chair rebelle qui fait à l'esprit une guerre incessante; nous avons à terrasser un dragon infernal qui, pareil à un lion furieux, cherche toujours à nous dévorer. Gomment donc pourrons-nous vaincre ces ennemis si puissants et si terribles, comment chaque jour remporter d'aussi difficiles victoires, à moins de nous être prémunis de ce sang précieux, ce sang qui nous rendrait terribles à l'enfer tout entier déchaîné contre nous? Comprenons la nécessité de réveiller en nos cœurs une fervente dévotion envers le gage de notre Rédemption et la cause de nos victoires, et de mettre en lui la plus vire confiance du triomphe. « Par ce signe tu vaincras », fut-il dit au grand empereur Constantin, lequel, par la vertu du signe adorable de la croix, devait dissiper les innombrables armées de ses ennemis. Eh bien, nous aussi, nous saurons vaincre par la vertu de cette croix très-sainte, arrosée du sang de l'Agneau immaculé; nous célébrerons les plus glorieux triomphes sur tous nos ennemis; et il nous arrivera ce qui est dit dans l'Apocalypse 12, 11: « Ils ont vaincu le dragon par le sang de l'Agneau ».

 

Colloque

 

O Jésus tout-puissant, qui avez complètement triomphé du dragon mauvais, qui l'avez enchaîne par l'effusion de votre Très Précieux Sang, et qui avez encore préparé pour nous de puissantes armes pour les combats continuels de cette misérable vie; quelle confiance vous réveillez aujourd'hui dans nos cœurs assurés du triomphe et à l'épreuve de la crainte! Vous êtes le bras tout-puissant de votre divin Père, qui nous donne la victoire en vertu des mérites de votre sang répandu pour nous; c'est là que nous devons prendre de la force et du courage pour vaincre le dragon infernal dont on triomphe par vous. Oh! qu'on est bien tout auprès de votre croix! quel bonheur d'arroser son âme de votre sang divin, de l'y plonger tout entière! C'est lui qui nous fortifie dans les tentations, et nous fait acquérir cette couronne de gloire immortelle que votre amour nous tient prête dans le ciel.

 

Exemple

 

On connaît ce trait de la vie de saint Edmond, qui, tenté et tourmenté par le démon, s'arma courageusement, pour combattre, des mérites du sang de Jésus-Christ, et ayant adjuré le démon, au nom de la Passion et du sang de Jésus-Christ, de confesser ce qu'il craignait le plus, celui-ci lui répondit: « Ce que tu viens de nommer, c'est-à-dire le Sang Très Précieux de Jésus-Christ ». Tant est vraie cette assertion de saint Jean Chrysostôme, que ce sang tout-puissant met en fuite les démons. (Vie de saint Edmond).

 

Prière jaculatoire : Père éternel, je vous offre le sang de Jésus Christ pour le rachat de mes péchés et les besoins de votre Eglise.

 

Indulgence : Le souverain pontife Pie VII a accordé cent jours d'indulgence à gagner, chaque fois qu'on récitera la prière ci-dessus; c'est ce qui résulte du rescrit déposé aux archives des Pères Passionnistes, à Rome.

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Saint Gaspard de Buffalo

1786-1837

Fête le 28 décembre

 

Gaspard del Bufalo naquit à Rome le 6 janvier 1786: il eut pour père Antoine del Bufalo, et pour mère Annunziata Quartieroni. Atteint de la petite vérole à deux ans, il courut le danger de perdre la vue; mais sa pieuse mère l'ayant recommandé à Saint François Xavier, il fut préservé de ce malheur. A mesure qu'il croissait en âge, il croissait de même en piété, grâces aux tendres soins de son excellente mère, qui faisait pénétrer doucement et par degré dans son jeune cœur les saintes maximes de la foi. Jouer à la chapelle était l'amusement habituel de son enfance: souvent il demeurait en prières devant son petit autel, ou y répétait les cérémonies qu'il avait vu célébrer à l'église. Il montra dès sa première enfance une inclination particulière pour la prédication: une chaise dominant d'autres chaises était sa tribune, sa mère seule était tout son auditoire. On le voyait souvent à l'église del Gesu à servir la messe, et prier devant l'autel de saint François-Xavier. A l'âge de six ans il s'approcha pour la première fois du tribunal de la pénitence: il eût pour confesseur Mgr Marchetti, qui l'admit à la Sainte Table à peine âgé de onze ans. Un ne saurait se faire une idée de sa ferveur, lorsqu'il allait se nourrir du Pain des anges. Pour être plus recueilli, il aimait à se retirer dans un coin de la chapelle de la sainte Vierge dans cette même église del Gesu. Ce fut aussi dans cet âge encore si tendre qu'il embrassa quelques pratiques d'une dure pénitence: il se fit un cilice de morceaux de fer-blanc percés de trous, dont les aspérités déchiraient ses reins délicats: il trouva même le moyen d'ajouter à cette cruelle ceinture une chaîne de fer; mais il ne put se livrer long-temps à ces rigueurs, car le sang dont son linge était mouillé lui fit bientôt craindre que sa mère ne connût son secret. Il montra dès sa première enfance une grande dévotion envers la sainte Vierge. Souvent il lui arriva, par amour pour elle, de se priver de son déjeuner, et de le donner aux pauvres. Sa mère s'en étant aperçue voulut plusieurs fois lui faire servir un second déjeuner, mais le jeune Gaspard le refusait avec un joyeux sourire, ajoutant que ce serait lui ôter tout mérite auprès de la Madone. Il n'était pas rare de le rencontrer vers le soir chantant les Litanies de la Vierge, à genoux devant quelques-unes de ces saintes images, qui sont exposées dans les rues à la vénération publique. Il se fit associer à différentes confréries pour accroître de plus en plus dans son cœur son tendre amour envers Marie.

Il fut le modèle de la congrégation de Saint Louis de Gonzague, dont il suivait exactement les pieux exercices avec son frère Louis del Bufalo; il se rendait avec le même zèle aux instructions du catéchisme pour y apprendre d'abord les éléments de la doctrine chrétienne, et puis pour les enseigner aux autres. L'heure à laquelle sa famille avait coutume de prendre ses repas l'obligeait quelquefois à se priver du dîner pour ne pas manquer au catéchisme, et lorsque sa mère lui en témoignait son chagrin: « Oh! chère mère, répondait-il en riant, je mangerai ce soir ». Dans ces réunions de catéchistes il s'essaya de bonne heure à la prédication: un jour, ayant prêché dans l'église de sainte Ursule, Mgr Cadolini, alors Barnabite, ne put s'empêcher, après l'avoir entendu, d'en faire le plus grand éloge au chanoine Horace, directeur de cette église, lui prédisant que ce jeune homme deviendrait un prédicateur distingué. Gaspard fit de même de rares progrès dans ses études, à la grande satisfaction de ses maîtres. Bientôt la crainte des dangers du monde lui inspira la pensée d'entrer chez les religieux de saint Sylvestre. Il s'ouvrit de son projet à l'un de ses camarades d'étude; ils allèrent ensemble trouver le supérieur, l'abbé Bartolotti. Dès que la mère de Gaspard en fut informée, elle courut s'en plaindre à ce religieux, et fit tous ses efforts pour détourner son fils d'un tel projet: elle y réussit sans peine, car aussitôt Gaspard, plein qu'il était de docilité, dit à son ami que Dieu sans doute ne l'appelait pas à cette carrière, qu'il était bien jeune encore, et qu'il aurait bien le temps d'y penser.

Ses études n'étaient pas encore achevées lorsqu'il eut la douleur de perdre son frère Louis. Cette perte cependant ne put pas affaiblir dans son cœur le vif désir qu'il avait de se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastique. Plus zélé, au contraire, à étudier sa vocation, il se mit à fréquenter l'hospice de Sainte-Galle, où depuis 1806 les pauvres trouvaient un asile: là il se joignait à la pieuse société des prêtres qui s'y consacrent à l'instruction de ces pauvres âmes. Tous ses soins et toutes ses sollicitudes se portèrent vers les bonnes œuvres dont il ranima l'esprit et la pratique. De concert avec don Gaetano Bonanni, aujourd'hui évêque de Norcia, et Mgr Antoine Santelli, il ouvrit l'oratoire nocturne de Santa Maria in Vineis, près de Saint Nicolas in carcere Tulliano; il n'épargna rien pour l'établissement et la prospérité de ce pieux asile, dans lequel il fonda plus tard la congrégation des frères de Saint-François-Xavier. Pour se former de plus en plus à la prédication , il suivit, n'étant encore que simple clerc, le cours d'éloquence sacrée de Mgr Bacolo, ainsi que les conférences de l'Ecriture sainte de Mgr Marchetli, dont il eut la gloire de continuer les leçons dans l'église del Gesu, à la grande satisfaction de tous, bien qu'il ne fût encore que diacre. Il fut ordonné prêtre en 1808, le jour de la fête de saint Ignace. L'anniversaire de ce beau jour de sa vie excitait les sentiments de la plus tendre dévotion dans son cœur, et il le célébrait par des prières plus particulières; il disait la messe avec une grande ferveur, observant avec une fidélité scrupuleuse les moindres cérémonies, dont il avait fait une étude minutieuse; il ne dédaignait pas de remplir l'office de maître de cérémonies dans l'église de Saint Marc, dont il avait été nommé chanoine. Toujours exact à se rendre au chœur, il y récitait l'office divin avec beaucoup de recueillement et de piété.

A l'époque malheureuse de l'invasion française, il suivit le sort de ses confrères, et, quoique d'un naturel très-timide, d'une complexion délicate, et même d'une santé, très faible, il se sépara courageusement de sa famille, et quitta Rome au mois de juin 1810 pour prendre le chemin de l'exil. Il se retira d'abord à Plaisance, où il demeura jusqu'en décembre. Là, il fut atteint d'une maladie mortelle, dont il ne guérit que par une sorte de miracle; il lui en resta cependant jusqu'à la fin de sa vie une agitation nerveuse et une altération dans les humeurs, qui se manifestait plus ou moins clans toutes les parties de son corps; il eut encore à souffrir très-fréquemment dans le cours de sa vie de vives douleurs d'estomac, qu'il supporta toujours d'un visage riant, bien qu'il en ressentît quelquefois une grande oppression. Il quitta Plaisance pour se rendre à Bologne. Ce fut là qu'au mois de novembre 1811 il reçut la triste nouvelle de la mort de sa mère bien-aimée, décédée le 20 octobre. Cette perte déchira profondément son cœur, mais il en fit à Dieu le sacrifice. Il s'occupait à Bologne à faire tout le bien possible, particulièrement en prêchant dans les chapelles privées. Bientôt un nouveau décret de l'Empereur ayant prescrit la réclusion des déportés, Gaspard fut jeté avec quelques autres de ses compagnons d'exil dans la prison de Saint Jean in Monte. La mauvaise soupe qu'on a coutume dé donner aux prisonniers fut pour lui comme une exquise nourriture. Gai, joyeux de souffrir pour la gloire du divin Rédempteur, il animait, il encourageait ses compagnons, et quelquefois les invitait à chanter avec lui. Il introduisit même dans cette prison des conférences sur la morale, qui remplissaient une partie de ses journées. Il changea plusieurs fois de prison: de Bologne il fut transféré à Imola, et de là dans la forteresse de Lugo. Il y souffrit plus que partout ailleurs; la plus cruelle de ses privations fut, sans contredit, la nécessité à laquelle il fut condamné, ainsi que les autres prisonniers, de s'abstenir, pendant trois mois de suite, de la célébration de la sainte messe. Il leur était également défendu d'écrire, et ils étaient soumis à la surveillance la plus rigoureuse. Gaspard ne perdit point sa tranquillité d'âme: retiré dans un coin de la prison, il s'y livrait tout entier à la prière et à l'étude, et il n'en sortait que pour se rendre aux conférences de morale et pour prendre ses repas. Le premier dimanche d'octobre i8i3, il obtint enfin la permission de célébrer la sainte messe: il en éprouva une joie indicible. Au mois de décembre suivant, il fut encore envoyé à Bologne, de là à Florence pour être encore transféré ailleurs, mais le gouvernement français étant tombé, il recouvra sa liberté et se rendit à Rome. Il y reprit immédiatement les bonnes œuvres qu'il avait été forcé d'abandonner, il redoubla d'efforts et de zèle pour le bien, relevant les pieuses institutions et en fondant de nouvelles. Il nourrissait au fond de son cœur la pensée de se retirer du monde, et de se consacrer plus particulièrement à Dieu dans la compagnie de Jésus, qui allait se rétablir. En effet, il se présenta avec le jeune Charles Odescalchi, le même qui depuis a renoncé à la dignité de cardinal pour aller finir ses jours chez les Pères Jésuites. Ses désirs cependant ne purent pas se réaliser: reconnaissant que Dieu l'appelait à l'exercice des missions, enflammé d'un zèle ardent pour la sanctification du clergé et des fidèles, il se livra tout entier au ministère apostolique, sans penser à aucun autre genre de vie. Ce fut à partir de ce moment qu'il réunit tous ses efforts pour fonder une congrégation de prêtres à Saint Félix de Janus, dans le diocèse de Spolete. S'y étant rendu pour prêcher une mission, il trouva les Pères Passionnistes déjà disposés à céder leur maison: un sieur Bélisaire Crystaldi, protecteur plein de zèle et de fermeté de toutes les bonnes œuvres, s'employa pour obtenir un rescrit favorable de la Congrégation de la Réforme.

Le jour de la fête de sainte Anne, en 1815, Gaspard alla recevoir la bénédiction apostolique du pape Pie VII avec Mgr Bonanni, et la nuit même il partit pour Janus, afin d'y préparer toutes choses. Le 15 août de la même année, ses nouveaux compagnons étant allés le rejoindre, l'installation se fît à la suite de trois jours de pieux exercices, couronnés par une communion générale et par un Te Deum en présence d'un immense concours de fidèles. Ce fut là le commencement de la Congrégation des Missions, sous le titre du Précieux Sang. Gaspard revint ensuite à Rome pour y chercher de nouveaux coopérateurs, sans succès cependant: il se démit de son canonicat, et se remit pour tout le reste à la volonté de Dieu. Cependant il continuait à se consacrer aux Missions; il en entreprit quelques-unes par ordre de Pie VII, d'autres sur l'invitation des évêques ou de leurs vicaires, s'aidant comme il pouvait, prenant çà et là les coopérateurs que Dieu lui envoyait. Il alla deux fois à Bénévent et à Frosinone, une fois à Civitavecchia, Rieti, Ancône, Baguaja, Nettuno, Arci, Cori, Sermonette, Loretto, Recanati, Montesano, Civita-Nuova: deux fois à Norma, à Giulianello, Roua, Massima, Noura, Fabriano, Matellica, San Severino, San Elpidio: trois fois à Forlimpopoli, deux fois à Meldola, Mont-Canin, Castelfidato, San Quirico, Sassaferrato, Gualdstadino et autres pays. Outre ces Missions innombrables, il donna plusieurs retraites dans des villes, villages, communautés religieuses, séminaires, aux employés, militaires, prisonniers. Dans les premières années de son apostolat, il lui arrivait de prêcher jusqu'à dix, douze et seize fois par jour. Sa manière de parler était respectueuse, franche, noble, pleine de dignité et de fermeté. Au jugement des hommes les plus instruits, personne ne lui était comparable dans le genre apostolique, dans ses Conférences aux ecclésiastiques et aux nobles. Des digressions soudaines auxquelles il se laissait aller, loin de nuire à sa parole, lui donnaient plus de grâce, et produisaient un plus puissant effet sur son auditoire. Il avait soin de varier les exercices de ses Missions, toujours conformes à l'esprit de l'Eglise, et à la pratique des plus ilIustres Missionnaires, les deux Segneri, le Père Pinamonti, le bienheureux Alphonse de Liguori; le bienheureux Léonard de Port-Maurice.

Il n'épargnait rien pour exalter la gloire du Précieux Sang, dont il répandit partout la dévotion d'une manière admirable. En tous les lieux où il passait, il s'efforçait de raviver et d'établir les pieuses institutions, parmi lesquelles il avait surtout à cœur la confrérie de Saint-François Xavier, l'oratoire nocturne pour les hommes, et pour les jeunes gens l'association de Saint Louis de Gonzague; l'association des Filles de Marie pour les jeunes filles, et celles des Sœurs de la Charité pour les femmes. C'est par l'établissement de toutes ces pieuses confréries qu'il s'efforçait de perpétuer le fruit des Missions. Il fondait dans le même but, partout où il le pouvait, l'association des Apôtres, composée des prêtres les plus zélés, à chacun desquels il assignait des attributions particulières. Son ministère fut accompagné de bénédictions extraordinaires, particulièrement dans les Marches et dans la Romagne, où il opéra d'importantes et durables conversions, Quoique les devoirs de ce ministère apostolique l'appelassent sans cesse d'un lieu à un autre, soit pour y prêcher, soit pour y célébrer quelque cérémonie, ou y établir quelque pieuse confrérie; il ne laissait pas d'entendre les confessions, particulièrement des hommes, qui se pressaient en foule autour de son confessionnal. Pour qui y prenait garde, c'était une chose vraiment remarquable que ce naturel, cette facilité avec laquelle il passait d'une chose à l'autre, comme s'il n'avait rien fait. Cependant, au milieu de tant d'occupations, il ne perdait pas de vue la Congrégation qu'il songeait à établir, et dont il attribuait la pensée à son guide spirituel, Mgr Albertini.

Le plus grand désir de Gaspard eût été de voir des maisons de Missionnaires et de retraites établies dans tous les pays de la catholicité, le clergé ramené à une vie de retraite, de prière et d'étude, se livrer ensuite au saint ministère, et le calice de la rédemption à la main, se répandre par toute la terre, appliquant à toutes les âmes les mérites du sang de Jésus Christ, et les portant à leur sanctification; il fit pour cela d'incroyables efforts, tant il aurait voulu allumer dans tous les cœurs le feu de l'amour divin. Il ne put pas obtenir cependant tout ce qu'il voulait. Ayant toutefois réussi à rassembler quelques nouveaux coopérateurs, il établit, en décembre 1819, une seconde maison de Missionnaires à Piévetorium, diocèse de Camerino, et une troisième à Albano, au mois de mars 1821. Dans la suite, voyant combien la province maritime manquait de moyens d'instruction, il réunit un petit nombre de compagnons, et, avec l'aide et l'approbation du Pape Pie VII, il ouvrit trois maisons à Frosinone, Terracine, Sonniiio et Sermonette, et Vallecoria. Plus tard encore, il en fonda de nouvelles à Bénévent, Rimini, Césène, Pennabili et Népi; il fit des règlements appropriés au clergé séculier; il voulut que les maisons de résidence des Missionnaires fussent en même temps des maisons de retraites pour les différentes classes d'hommes qui voudraient y passer quelques jours dans de pieux exercices. Il assigna quelques maisons pour les jeunes ecclésiastiques, afin qu'en s'y livrant à l'étude et à la prière, ils pussent se préparer à l'exercice du saint ministère. Il voulut encore que dans toutes les églises de l'Institut, ses prêtres annonçassent régulièrement la parole de Dieu, écoutassent les confessions des fidèles, et y célébrassent tous les saints offices. Il ordonna que chaque jour il y fût célébré de bonne heure une messe suivie de la récitation du chapelet en l'honneur du précieux sang; le soir, les réunions de l'oratoire pour les hommes; le jeudi la visite au saint Sacrement; le vendredi le chemin de la croix; le samedi la méditation de la vie de la sainte Vierge; le dimanche le catéchisme; les jours de fêtes un sermon: le dernier dimanche du mois un jour de retraite comme préparatoire à la mort, avec communion générale, instruction et méditation dans l'après-midi. Il voulut faire honorer Marie d'une manière toute spéciale dans le mois qui lui est consacré. Il établit la dévotion du précieux sang pour le mois de juin, ainsi que celle du carnaval sanctifié, les saints exercices pour le peuple durant le mois de mars, la neuvaine pour la fête de l'Assomption, et pour la fête de Saint François Xavier; il ne cessa de recommander les œuvres pies, dont nous avons déjà parlé, l'instruction des militaires, des prisonniers, et le soin des malades dans les hôpitaux. Il serait impossible de dire quelles furent ses préoccupations, sa sollicitude, ses fatigues, les contradictions et les peines qu'il eut à souffrir de tous côtés pour l'heureux établissement de sa congrégation. Toujours plein de courage et de confiance à la protection divine, il ne se reposa que lorsqu'il eut conduit à bonne fin cette œuvre, qu'il appelait l'œuvre de Dieu, l'œuvre miraculeuse.

Enfin, exténué par une suite de fatigues non interrompues, oppressé par une toux convulsive, il toucha au dernier jour de sa vie, et mourut paisiblement à Rome, muni de tous les sacrements, le 28 décembre 1837, à deux heures de l'après midi. II avait un extérieur agréable, une taille ordinaire, une complexion un peu grasse; les traits de son visage étaient réguliers, sa physionomie aimable et pleine de noblesse, ses manières affables; il était modeste dans son maintien, posé dans sa démarche, propre dans sa personne, aimant la solitude, ennemi de la paresse, désirant faire beaucoup sans le laisser paraître, ne cherchant en toute chose que les intérêts de la gloire de Dieu. Sa dépouille mortelle fut transportée à Albano pour y être ensevelie. Son corps demeura exposé dans l'église de Saint-Paul, auprès de la maison de ses fils bien-aimés, et après trois services solennels, qui furent célébrés en présence d'un immense concours de fidèles, il fut enseveli le 3 janvier 1838 dansla chapelle de Saint-Jérôme, où il repose encore aujourd'hui. Béatifié par le Pape Saint Pie X en 1904, Gaspard del Bufalo a été canonisé par le Vénérable Pie XII le 12 juin 1954.

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12 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Treizième jour

Les diverses opérations du Saint Esprit


En promettant le Saint Esprit à ses Apôtres, le divin Sauveur emploie ces expressions dans lesquelles je dois trouver aujourd'hui un beau sujet de méditation: « Moi je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Consolateur ». Ai-je d'abord bien remarqué ces mots: « Un autre Consolateur? » Ils signifient évidemment que déjà un consolateur avait été donné aux Apôtres par le Père céleste. Or, ce Consolateur était Jésus christ lui-même. Aussi la promesse d'un consolateur nouveau est-elle faite après que le Sauveur a dit à ses disciples: « Moi je vais vers mon Père; mais je ne vous laisserai point orphelins ». C'est donc pour les consoler de son absence, après qu'il sera retourné à son Père, que Jésus christ promet aux hommes le Saint Esprit, en l'appelant un autre Consolateur. Le Saint Esprit, par son ministère, dédommagera les disciples de l'Homme-Dieu de la perte qu'ils doivent faire en étant privés de sa présence sensible. Il entre dans le plan divin que l'Eglise soit gouvernée par le Saint Esprit, et que tous les fidèles reçoivent par lui l'abondance des biens spirituels que le Fils de Dieu est venu apporter au monde par son Incarnation. Le Saint Esprit conduira les fidèles dans les voies de Dieu, il les fortifiera dans les épreuves de la vie présente, il leur inspirera le goût de Dieu, le goût de Jésus Christ, le goût du ciel. Telle est la fin de sa mission. Ici je veux entendre le grand Docteur saint Augustin. Jésus christ, nous dit ce Père de l'Eglise, fut pour les Apôtres un avocat et un intercesseur par la prière, il fut encore pour eux comme un excitateur qui les poussa dans la voie du ciel par des exhortations puissantes; enfin la présence, les actes, les discours de Jésus christ ne cessèrent jamais de soutenir le courage des Apôtres, en répandant dans leur âme l'onction divine et toujours bien douce de sa grâce. Eh bien! en annonçant qu'il va quitter la terre, en promettant aux hommes un autre Consolateur qui viendra du ciel, qui sera envoyé par Dieu le Père, le divin Maître annonce que le Saint Esprit fera tout ce qu'il a fait lui-même, et continuera jusqu'à la fin des temps à diriger, à soutenir, à consoler les fidèles pour les aider à-conquérir le ciel, et pour empêcher qu'en passant à travers les choses temporelles, ils aient le malheur d'oublier et de perdre les choses éternelles. Ainsi parle l'Eglise dans une prière qui appartient à la liturgie. Oh ! comme je désire cette opération de l'Esprit Saint dans mon âme! Seigneur Jésus, je l'espère comme un effet et une conséquence de la promesse que vous avez faite à vos Apôtres, la veille de votre mort.

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Le Saint-Esprit console les Ames en les élevant lui-même jusqu'à Dieu


Une âme qui peut sortir de la vie des sens, de la vie purement naturelle, et monter jusqu'à Dieu, trouve la source de tous les biens et de toutes les consolations. Mais par quel acte cette âme va-t-elle à Dieu, et s'élève-t-elle jusqu'à lui? On me l'a dit depuis longtemps, cet acte c'est la prière. Tous les enfants n'ont-ils pas appris que la prière est l'élévation de l'âme vers Dieu? Mais quelle est l'âme capable de cet acte, de cette élévation qui- produit l'union avec Dieu? Celle dont le Saint Esprit devient le Maître. Sans le Saint-Esprit qui vient au secours de notre faiblesse, qui crie dans nous: Père, Père, l'âme serait toujours sur la terre, attachée à la créature, incapable de parler avec Dieu. C'est le Saint Esprit, dit le grand Apôtre, qui, dans le fonds de nos cœurs, demande par des gémissements inénarrables, et opère cette action divine que les saints ont connue, et que les âmes pieuses sentent en elles-mêmes à chaque instant. O action divine, opération infiniment douce, que tu es précieuse pour moi! Comme je te désire ! En criant dans nous: « Mon Père! » le Saint Esprit nous remplit d'amour, il nous donne la confiance, il nous inspire les saints désirs; or tout cela plaide en notre faveur auprès de Dieu; d'où il suit que le Saint Esprit, seul et unique auteur de tous ces mouvements surnaturels, est véritablement notre avocat auprès de Dieu, et qu'il fait descendre dans nous, du sein éternel du Père céleste, toutes les consolations capables d'adoucir la rigueur de notre exil. Mais je veux voir cette action du Saint Esprit dans tonte sa richesse, et je l'étudie auprès d'un grand maître, l'Apôtre des nations. Et d'abord, ce qui est incontestablement vrai, d'après l'enseignement de saint Paul toujours en parfaite harmonie avec la doctrine du Sauveur, c'est que la première pensée, le premier mouvement qui remue mon âme et la porte à vouloir prier, me vient directement du Saint Esprit comme une grâce, un don parfaitement gratuit. « Vous êtes parfaitement reconnus pour être la lettre du Christ, écrite par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant; non sur des tables de pierre, mais sur les tables charnelles du cœur. Or, une telle confiance, nous l'avons en Dieu par le Christ, non que nous soyons suffisants pour former aucune pensée par nous-mêmes, comme de nous; mais notre suffisance vient de Dieu ». Voilà une première vérité qui nous montre notre effroyable misère, et, en même temps, la nécessité du secours, de l'aide qui nous vient par le Saint Esprit.


En second lieu, il n'est pas moins certain que par nous-mêmes nous ne saurions jamais parler à Dieu, ni lui demander quoi que ce soit d'une manière efficace. J'ai vu, il n'y a qu'un moment, cette vérité clairement enseignée par le divin Sauveur, quand il dit: « Le Saint Esprit viendra dans vous ». Mais cet enseignement qui écrase l'orgueil est, d'un autre côté, bien consolant pour moi; car enfin,n'est-il pas doux de penser que si je veux m'approcher de Dieu, c'est le Saint Esprit qui me pousse, qui m'invite et qui m'encourage? N'est-il pas doux encore de savoir que je n'ai qu'à abandonner au Saint Esprit la direction de ma prière, puisque lui seul est capable de dicter à l'âme docile les choses que cette âme doit dire à Dieu? Mais il y a dans ce que m'apprend le grand Apôtre une parole sur laquelle je veux m'arrêter davantage. Saint Paul dit: « Le Saint-Esprit demande par des gémissements ineffables »; quel est donc le vrai sens de ces derniers mots, gémissements ineffables? La prière n'est-elle pas en réalité un gémissement, un cri que pousse vers son Dieu l'âme qui souffre de sa misère, de sa faiblesse, de ses tentations, et surtout de sou éloignement de Dieu? Ce gémissement, l'Apôtre l'appelle inénarrable, parce que, dit saint Augustin, c'est un gémissement céleste, divin, autant dans son principe qui est le Saint Esprit que dans sa fin, dans son objet qui est Dieu. Saint Anselme, d'accord avec le grand Evêque d'Hippone, ajoute: « Ce gémissement de l'âme est caché, inconnu et incompréhensible, à cause de la gloire qui en est l'objet ». Non, les gémissements de l'âme qui cherche le bien dans Dieu, sont inexplicables, parce que le Saint Esprit qui opère dans nous ne dévoile pas ses secrets. Celui-là seul qui scrute les cœurs sait ce que l'Esprit désire. Les gémissements du cœur sont encore inénarrables, parce que la vertu qui leur est propre est supérieure à tous les discours. Dieu en est le silencieux témoin. C'est ce qui consolait le Roi-Prophète, qui s'écriait avec une grande effusion de confiance et d'amour: Non, mon Dieu, mes gémissements ne sont pas pour vous une chose cachée. Mais si tout ce que j'apprends ici est certain, qui dira le bonheur d'avoir dans soi-même le Saint Esprit? Existe-t-il pour l'homme ici-bas un bien plus précieux, plus désirable, que la présence du Saint Esprit dans sou âme? Hélas! parler, souffrir, gémir sans le Saint-Esprit, quoi de plus affreux? Que de pauvres âmes crient au dedans d'elles-mêmes et gémissent seules ! Pleurer et gémir en étant seul, quelle situation, quel état digne d'une profonde pitié! O âme fidèle, ne sois jamais seule. Appelle le Saint Esprit, il sera pour toi un vrai consolateur, parce qu'il t'apprendra à monter jusqu'à Dieu où tu ne manqueras jamais de trouver la source des plus ineffables consolations.

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Le Saint Esprit est donné à l'âme fidèle comme un guide sûr et toujours actif


S'il est vrai, comme nous le voyons par la sainte Ecriture, que Dieu envoie à l'homme les esprits célestes dont il fait ses ministres; si ces ministres de Dieu deviennent comme un feu brûlant, actif, qui rend l'âme de l'homme plus forte, plus vigoureuse dans les combats, qui te soutient contre la malice des esprits de ténèbres, qui nous dira les effets de la présence du Saint Esprit lui-même dans une âme qu'il possède, dont il s'est rendu le maître, et qui consent à se livrer à lui comme au souverain Maître de toute son existence? Quand il nous parle du Saint Esprit, saint Augustin l'appelle impulsion, exhortation, invitation, parce que c'est le propre du Saint Esprit, régnant sur une âme, de la pousser en avant, de l'exhorter, de l'exciter, pour que jamais cette âme ne s'arrête dans la voie qui conduit à la perfection. Si nous sommes lâches, si notre volonté s'engourdit, si nous sommes tentés d'inaction, le Saint Esprit agit sur nous; voilà l'aiguillon qui, en nous piquant, nous réveille, nous excite et nous fait marcher. Les opérations du Saint Esprit nous sont connues par les effets qu'elles produisent. Voyez le chemin qu'a parcouru dans six mois ce pécheur converti, cette femme qui a consenti à devenir chrétienne, après dix ou vingt ans perdus dans la dissipation et la mondanité. N'est-ce pas aux exhortations fortes du Saint Esprit dont l'aiguillon se faisait sentir, que ces âmes doivent les progrès qu'elles ont fait en si peu de temps? Oh! de quoi serait donc capable un chrétien qui consentirait à écouter les exhortations intérieures de l'Esprit Saint! Quelquefois une âme paresseuse est lente dans les voies de Dieu; qu'elle ait recours au Saint Esprit, qu'elle le sollicite. Le Saint Esprit viendra, il poussera l'âme avec force, il l'excitera au bien, à la fidélité, à la ferveur, et cette âme longtemps indolente, presque sans mouvement, étonnera ceux qui la connaissent et qui verront la rapidité de sa marche. Voyez les Apôtres après la Pentecôte. Quelle force motrice dans ces âmes hier si lentes à croire et à faire! quelle activité! quels innombrables travaux! Faut-il voir dans eux ces mêmes hommes qui s'endormirent à Gethsémani, et qui n'osèrent pas approcher du Calvaire?


Hélas! un grand nombre de pauvres âmes ont cessé de marcher, de travailler, de combattre; peut-être même plusieurs n'ont-elles jamais commencé. Où est la cause de ce mal? Ne faut-il pas l'attribuer à l'éloignement du Saint-Esprit? On n'entend pins ses exhortations, on ne sent plus l'impulsion secrète, que l'on a connue autrefois, tout est silencieux dans le cœur. Mais le Saint Esprit se plaît-il à déserter une âme, après l'avoir remplie? Non, certes, jamais. La vérité est que le Saint Esprit a été négligé, que ses exhortations ont été reçues avec indifférence d'abord, et puis avec tristesse; on les a trouvées importunes, on les a méprisées. Ses sollicitations intérieures ont offensé l'amour-propre qui, bientôt ligué avec la sensualité, a éteint sous ses vapeurs épaisses la flamme divine qui éclairait l'âme; le Saint Esprit a été éconduit comme un hôte fâcheux, querelleur, dont les représentations ne pouvaient pas être tolérées, C'est l'histoire de beaucoup de femmes dévotes abandonnées à leur propre esprit, et pour lesquelles le Saint Esprit n'est plus qu'un étranger odieux qu'on sait bien tenir à distance. Ames infortunées, tous les travers de votre prétendue piété attestent ce que je dis; non, vous n'êtes plus exhortées, poussées, sollicitées et conduites par le Saint Esprit; vous ne voulez plus de lui; aussi vos œuvres ne sont-elles plus que des œuvres mortes. Mon Dieu, si j'étais une de ces âmes, je sécherais de douleur, en voyant ici mon portrait. Mais non, Seigneur, je ne voudrais pas d'une douleur sans espérance. Je sais, que le Saint Esprit revient quand on l'appelle, et voilà précisément ce que je vais faire. Je crierai vers le ciel à chaque instant, et le ciel s'ouvrira pour moi, et le Saint Esprit descendra de nouveau dans mon cœur que je veux lui livrer, lui abandonner entièrement, afin qu'il l'avertisse, qu'il l'exhorte, qu'il le reprenne, qu'il le corrige, qu'il le pousse avec force dans la voie de la perfection, à laquelle je sais bien que le Seigneur m'appelle.

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Le Saint Esprit est donné à l'âme fidèle comme un principe de douceur et de joie


C'est une erreur funeste de croire qu'en entrant dans la bonne voie, en voulant avec sincérité pratiquer le bien suivant l'esprit de l'Evangile, on devient exempt de tentations, de doutes, d'anxiétés, de peines intérieures capables de répandre et même d'entretenir dans l'âme une grande amertume. Hélas! la paix parfaite, la joie sans mélange de tristesse, ne sont que pour le ciel, Demandons à saint Paul ce qu'il a souffert dans son cœur, lui qui nous parle si souvent de ses tristesses et de sa douleur habituelle. Continuus dolor cordi meo. Mais le même Apôtre appelle Dieu le consolateur des humbles, des petits. Or ce Dieu Consolateur nous le connaissons, et Jésus-christ nous l'a annoncé, c'est le Saint Esprit. Ecoutons l'Eglise, quand elle adresse ses supplications solennelles au Saint-Esprit. Elle l'appelle à grands cris, en le nommant Père des pauvres, Donateur de tous les biens, Lumière des cœurs, Consolateur parfait; doux, aimable habitant de notre âme, son rafraîchissement, son repos, son soulagement dans les larmes. C'est vous, dit toujours l'Eglise en parlant au Saint Esprit, c'est vous qui lavez nos âmes, qui les purifiez; c'est vous qui, vraie lumière des cœurs, redressez les voies tortueuses, rendez flexible l'âme, qui vous opposait de la résistance; c'est vous qui répandez l'eau salutaire, la rosée qui rafraîchit, sur notre âme sèche et aride. Si maintenant je mets en regard toutes ces délicieuses paroles et le grand mot de Jésus-christ: Je vous enverrai un autre Consolateur, il m'est impossible de ne pas voir dans le langage de l'Eglise le commentaire de la parole du divin Sauveur.


Saint Bernard, en traitant le sujet dont je m'occupe, disait à ses religieux: Le Saint-Esprit est pour nous le gage du salut, les arrhes du ciel, la lumière de la science, la force qui fait vivre. Il rend possible tout ce qui ne le serait pas sans lui. Que de larmes le Saint-Esprit essuie tous les jours! Que de douleurs il apaise! Combien d'âmes désolées hier, lui doivent aujourd'hui des torrents de pures délices! Saint Paul qui a dit avec tant de force ses continuelles épreuves, nous parle avec la même éloquence de la joie que le Saint Esprit fait surabonder dans son âme. L'Eglise nous dit aussi que le Saint Esprit est une onction spirituelle pour tous les cœurs dont il ferme les plaies, et dont il dissipe les amertumes. Qui dira les tempêtes du cœur apaisées tous les jours par le Saint Esprit? un rayon de lumière, une étincelle de ce feu divin dont le Saint Esprit est le foyer éternel, une goutte de cette eau vive dont il est le divin réservoir, tout suffit à l'âme affligée, triste, découragée, abattue, pour la rendre forte, énergique, capable de tout dans le domaine de la sainteté. Oh! comme elles sont à plaindre, ces pauvres chères âmes qui ne connaissent pas le Saint-Esprit, qui ne lui parlent jamais, qui vivent seules, sans cet hôte divin dont la présence procure tous les genres de biens! Puissent-elles un jour comprendre leur profonde misère, et faire connaissance avec le Saint Esprit! Alors elles l'invoqueront, elles dirigeront vers lui tous leurs désirs, et bientôt elles éprouveront la vérité de la promesse de Jésus-christ: « Mon Père vous enverra un autre Consolateur »!

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11 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Douzième jour

L'esprit D'amour


Voici un grand mot tombé de la plume céleste de saint Paul, mot profond, éloquent, et que l'âme pieuse ne saurait trop répéter, en s'efforçant de pénétrer le sens admirable qu'il renferme. La Charité, dit le grand Apôtre, est répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous est donné. Or, comme rien n'est au-dessus de la Charité qui est la reine des vertus et dont le privilège est de survivre à la foi et à l'espérance pour subsister éternellement, il est de la dernière évidence que, pour notre âme, l'unique nécessaire consiste dans la Charité, et par conséquent dans la réception en nous de cet Esprit-Saint dont le ministère est la sanctification des membres de Jésus-Christ par la Charité. C'est le Saint Esprit qui établit le règne de la Charité dans notre cœur, comme le dit clairement le grand Apôtre. Que la Charité ou l'Amour nous vienne par le Saint Esprit, c'est ce que la foi nous enseigne de la manière la plus formelle. Saint Paul a écrit ce grand mot: « Le fruit du Saint Esprit, c'est la Charité ». Tous les biens qu'énumère le même Apôtre, après avoir écrit cette ligne étincelante de clarté, doivent être regardés comme les fruits, les effets, les conséquences de la Charité. Ainsi ont pensé saint Augustin, saint Anselme, saint François de Sales, et bien d'autres commentateurs. Le vrai fruit du Saint-Esprit, celui qui renferme tout, qui produit tout, c'est donc la Charité. Le disciple bien-aimé de Jésus nous dit: Dieu est Charité, et celui qui demeure dans la Charité, demeure dans Dieus. Or, nous savons que dans l'adorable Trinité c'est le Saint Esprit qui est l'Amour, la Charité; l'Eglise l'enseigne formellement; dans ses hymnes sacrées, elle appelle le Saint-Esprit, feu, charité, ignis, charitas. Il est donc certain que la présence du Saint Esprit dans moi est nécessaire pour que je possède la Charité, comme aussi la Charité, en régnant dans mon cœur, suppose la présence du Saint Esprit dont elle est inséparable, comme le fruit est inséparable de l'arbre destiné à le produire. Ces premières considérations doivent servir à m'introduire dans l'examen de plusieurs vérités dont je verrai bientôt l'importance pratique. Oh! puissent ces vérités, me pénétrer vivement du désir de recevoir le Saint Esprit, et de préparer mon âme, par le recueillement et le silence, à recevoir les grâces précieuses que le Saint-Esprit se plaît à répandre dans le cœur des fidèles.

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La nature de l'amour divin, ou de la vraie Charité


Quand je cherche la nature de l'Amour divin, il est bien évident qu'il s'agit de cet Amour considéré dans une âme à laquelle le Saint Esprit a daigné le communiquer. Car vu dans Dieu, dans son principe, dans son infinie perfection, l'Amour peut-il être bien défini et clairement conçu par ma pauvre intelligence? Hélas! je serais tenté d'appliquer à cet Amour éternel, infini, incompréhensible, les paroles qu'a dites le Prophète Isaïe en parlant du Verbe Eternel: « Qui racontera sa génération? O mon Dieu, vous êtes Puissance, Sagesse, Amour, je le sais, je me prosterne, j'adore! » Mais s'il s'agit de pénétrer par mon intelligence dans le sein de cette même Puissance, de cette Sagesse, de cet Amour, je m'arrête étonné, ébloui, confondu, et je confesse mon néant. J'ajoute néanmoins une chose, et c'est une vérité dont il m'est permis d'être fier, j'ajoute que, par la lumière de la foi, je peux concevoir des choses admirables sur vos perfections infinies, en m'élevant de la connaissance des effets à la cause qui les produit, en me servant de vos œuvres comme d'un point d'appui pour m'élancer jusqu'à vous, pour m'élever à la contemplation de quelques rayons de votre éternelle clarté. Mais je reviens à moi, et je demande ce qu'est dans mon cœur cet amour que le Saint Esprit lui communique en venant l'habiter. Et ici je rencontre saint Augustin qui m'offre ses lumières et qui me dit: « J'appelle Amour un mouvement de mon âme vers la jouissance de Dieu pour lui-même, vers la jouissance de moi-même et de mon prochain pour Dieu, à cause de Dieu. Si ce mouvement est dans moi, il produit l'union de moi-même avec Dieu et avec mon prochain; s'il est dans l'âme des autres, il tend à produire l'union de mon âme avec Dieu et avec mon prochain ». Comme cet enseignement est clair et comme il est doux pour l'âme fidèle! Le Saint Esprit, en venant dans mon cœur, lui communique ce mouvement par lequel ce même cœur gravite vers Dieu et s'arrête dans lui, pour s'en nourrir, pour y trouver sa jouissance. Ce mouvement imprimé dans mon âme par le Saint Esprit m'attache à mon âme elle-même, parce que cette âme unie à Dieu, possédant Dieu, jouissant de Dieu, est nécessairement agréable à Dieu; or comment n'aimerais-je pas cette âme dont le Saint Esprit lui-même assure que Dieu fait ses délices? Enfin ce mouvement imprimé à mon cœur par le Saint Esprit me porte vers mon prochain, parce que mon prochain n'est autre chose, suivant l'admirable définition de saint Augustin, qu'un être qui est en possession de Dieu, ou un être auquel je puis procurer ce bien inestimable, un être qui peut encore devenir l'ami de Dieu et le glorifier éternellement. O Charité, ô Amour divin, comme tes effets sont beaux, comme ils sont riches et précieux pour moi! je cesse d'être étonné, en contemplant cette lumière qui jaillit de la parole du Cantique: Alors même que l'homme aurait donné toutes les richesses de sa maison pour acquérir la Charité, il les mépriserait comme s'il n'avait rien donné.


Que sont en effet tous les trésors, que suis-je moi-même comparé à la Charité, à l'Amour par lequel je monte jusqu'à Dieu et je me plonge dans l'Océan de son éternelle lumière? Lorsque je lis dans la Sainte Ecriture que l'Amour est un feu, je dois m'arrêter à ce mot et m'en servir pour comprendre mieux les ineffables richesses de l'Amour. S'il est désigné, nommé comme un vrai feu, c'est qu'il produit dans l'ordre moral, dans l'ordre surnaturel, tous les effets que produit le feu matériel dans l'ordre matériel et physique. L'Amour éclaire l'âme fidèle, pourrait-elle en douter? Oh! comme elle y voit bien, quand elle aime beaucoup! L'Amour lave, nettoie, purifie; que reste-t-il d'impur dans- une âme dont il s'est emparé? Alors même que cette âme s'est trouvée chargée des plus monstrueuses iniquités, Jésus Christ lui dit: « Beaucoup de péchés te sont remis, parce que tu as beaucoup aimé ». L'Amour brûle; quelle chaleur dans l'âme des Saints! L'Amour se communique et se propage. Voyez les Apôtres, et dites si, pleins du feu dont le Saint Esprit avait embrasé leur âme, ils tardèrent beaucoup a répandre ce feu sur le monde entier. Il est possible que certaines âmes ne comprennent pas ces vérités; il est possible que ces mêmes âmes n'éprouvent qu'un dégoût mortel pour de semblables considérations. Qui s'en étonnerait? L'homme animal, nous dit saint Paul, ne conçoit rien aux choses de Dieu. « Mais, s'écrie saint Augustin , donnez-moi un cœur qui aime; celui-là sent ce que je dis ». O âme chrétienne, si tu n'aimes pas encore, n'éprouverais-tu pas au moins un commencement de désir d'aimer? Eh bien, ne perds pas cette première grâce; va prier, demande le Saint-Esprit, et le Dieu des miséricordes fera descendre sur toi les dons divins, et tu possédera l'Amour de Dieu.

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Les biens que l'Amour divin apporte avec lui dans notre âme


C'est une bien grande chose que d'habiter dans Dieu, et d'avoir la certitude qu'à son tour Dieu habite en nous. Or, comme je l'ai déjà vu, le Saint Esprit fait cette promesse à l'âme qu'il visite et qui ne refuse pas de le recevoir. Mais, comprends-le bien, ô âme chrétienne, cette présence de l'amour divin au milieu de toi, entraîne nécessairement avec elle des biens immenses, à moins que tu ne t'obstines à les repousser. Le plus grand de tous les biens que procure l'amour, et que l'amour seul peut nous donner, se rapporte à Jésus Christ. Le divin Sauveur nous a parlé avec force et avec une sorte d'insistance sur la nécessité d'être uni à lui pour arriver à Dieu. Il se compare à une vigne, et il nous appelle les ceps de cette vigne. Or de même que le cep ou le sarment coupé, retranché de la vigne, meurt, se dessèche, n'est utile que pour le feu, de même aussi une âme séparée de Jésus Christ est une âme morte, incapable de porter le moindre fruit pour la vie éternelle, et destinée au feu de l'enfer. C'est la raison pour laquelle Jésus christ nous dit: demeurez dans moi, et moi je demeurerai dans vous. Eh bien, quel est le moyen par lequel une branche d'arbre, un cep de vigne demeurent verts, pleins de vie, productifs? Ce moyen c'est la sève. Or, la sève qui tient l'âme humaine unie à Jésus christ, cherchez-la, et dites si elle est autre chose que l'amour. Non, mille fois non, si l'amour ne descend pas du Cœur de Jésus christ dans notre propre cœur, et si de notre cœur cet amour pur, surnaturel, divin, ne remonte pas vers le Cœur de Jésus-christ, la sève n'existe plus pour nous, nous sommes des branches séparées du tronc, des rameaux retranchés de la vigne. Alors que devenons-nous? Jésus-christ répond: « Vous n'êtes capables de rien! » Oh! qui comprendra le malheur d'une âme qui n'adhère pas à Jésus-christ, qui est séparée de lui? qu'est-elle aux yeux de Dieu qui a mis toutes ses complaisances dans Jésus-christ son Fils? Ame infortunée, Jésus-christ est nul pour elle, je la vois dans un vide affreux. Mais d'où vient ce vide? de l'absence, de l'éloignement du Saint Esprit; car le Saint Esprit seul prend de Jésus-christ pour nous le communiquer. Que prend-il? Son amour. Or, si cet amour n'habite plus dans nous, nous vivons loin de Jésus christ, séparés de Jésus christ. C'est donc un bien inappréciable que cet amour répandu par le Saint Esprit dans nos âmes; oui, sans doute, puisque par cet amour nous ne formons plus qu'un même corps avec Jésus christ. De même, dit saint Augustin, que plusieurs grappes de raisin étant pressées, on n'a qu'un seul et même vin, que beaucoup de grains de froment étant moulus, on obtient un seul et même pain, de même aussi tous les chrétiens fondus ensemble dans l'amour ne font qu'un seul et même corps avec Jésus Christ. Quelqu'un négligera-t-il ce trésor, l'amour, la divine Charité dont le Saint Esprit est l'éternel principe? Mais j'ai dit à peine quelques effets de cet amour dans le cœur du fidèle. Pour les indiquer tous, il faudrait énumérer les dons et les fruits du Saint-Esprit dont me parlent les écrivains sacrés; et. ce n'est pas en quelques lignes qu'il serait possible de peindre cet admirable tableau.


L'âme chrétienne cherchera le moyen d'étudier ce magnifique sujet des plus profondes méditations. Cependant je veux répondre encore une fois à cette question: Quel bien procure à l'âme la présence du Saint Esprit et, par conséquent, de l'amour divin au milieu d'elle? Je dis que le Saint Esprit fortifie l'âme et la porte, en quelque sorte, dans le chemin qui la sépare du ciel. Ceci est une vérité d'expérience. Qui trouve le joug du Seigneur doux et léger? qui trouve la paix, le repos et la joie dans l'humilité que prescrit l'Evangile? qui est fort et constant dans le combat spirituel? qui évite le découragement et les chutes? Ah ! la réponse est facile: c'est celui qui aime. L'amour est fort comme la mort; l'amour nous porte; à cheval sur l'amour, suivant l'expression du premier de tous les ascétiques, l'âme court, elle vole, elle s'élève jusqu'à la plus sublime perfection. Qu'on le confesse au moins naïvement, non, rien n'est impossible, que dis-je? rien ne paraît difficile à l'amour. D'où viennent donc tant de défaillances? d'où viennent ces irrésolutions, ces changements subits, ces rechutes? d'où vient cette perpétuelle inconstance dans les voies du salut? On se plaint plus que jamais aujourd'hui de la rigueur de la loi de Dieu, de la sévérité de l'Evangile; le joug qu'il impose,on l'accuse d'être écrasant. On se remue, on cherche beaucoup pour trouver un livre, un directeur qui adoucisse l'aspérité des discours de Jésus christ. Eh bien! ce livre est trouvé, ce directeur je vais le nommer, il s'appelle l'Amour. Aimez, s'écrie saint Augustin, et faites tout ce que vous voudrez; c'est-à-dire, aimez, et en vous soumettant au joug de l'Evangile, vous serez si heureux, si consolés dans votre odeur, que vous ferez tout avec plaisir, comme si vous ne faisiez que votre volonté. O Amour, comme je sens que ta présence m'est nécessaire! Que deviendrais-je sans toi? Esprit Saint, venez, descendez dans mon pauvre cœur, et allumez-y pour toujours ce feu divin que vous puisez éternellement dans le sein du Père et du Fils, afin que je sois un jour élevé à la société de leur gloire.


En quoi se résument les biens que le Saint Esprit communique à l'âme fidèle


Il existe pour les âmes saintes un sentiment que l'on peut comparer an sens du goût et qui, comme ce sens que Dieu a donné à notre corps pour lui faciliter l'action de manger et de boire, en la lui rendant agréable, rend douce et agréable pour nous la personne adorable du divin Sauveur, ses mystères, ses actions, ses pensées, ses sentiments et son langage. J'appelle ce sens intérieur le goût de Jésus-christ. Avoir le goût de Jésus christ, c'est donc éprouver pour le divin Sauveur un attrait, une propension, une sympathie qui fait désirer Jésus christ, qui fait aimer tout ce qui est de lui, tout ce qui le touche, tout ce qui vient de sa personne divine, enfin tout ce qui se rapporte à cette même personne. Jésus-christ, en appelant à sa suite les premiers Apôtres, leur communiqua un peu de ce goût, de cet attrait qui les attacha à lui. Mais ce n'était que peu de chose comparé à ce qui devait arriver plus tard, et le divin Maître déclara, avant sa mort, qu'il était expédient pour ses Apôtres de perdre sa personne sensible, afin que le Saint Esprit vînt en eux, et leur communiquât cette grande lumière qui, en les éclairant sur la grandeur, les perfections, les amabilités de leur Maître, devait exciter en eux un vif sentiment d'amour, un attrait irrésistible, enfin le goût le plus fort pour sa personne adorable. Voyez les Apôtres, voyez saint Paul, tous les fidèles de la primitive Eglise, et dites le goût que tous avaient pour Jésus Christ devenu leur vie, toute leur félicité et leur seule gloire. Le goût de Jésus-christ est une disposition de l'âme qui est due au Saint-Esprit; seul le Saint-Esprit communique ce goût; il est donc surnaturel. Quand une âme le possède, elle aime Jésus Christ sans rien distinguer, ni excepter dans lui. Elle aime Jésus Christ tel qu'il est, elle aime sa vie et sa mort, ses humiliations et sa gloire; elle aime sa croix, son autel, sa vie eucharistique; elle aime tout ce qui est de Jésus Christ, parce qu'elle est entraînée vers lui par le goût qui domine en elle. Le goût de Jésus christ a fait les Saints comme aussi le dégoût, l'antipathie, l'éloignement d'un grand nombre d'âmes pour Jésus-christ peuplent l'enfer. Ce qui inspire le dégoût de Jésus christ, c'est l'attrait prononcé auquel on se livre par rapport à tout ce que Jésus christ a condamné par ses exemples et par ses discours. Comment parviendrait-on à concilier ce dégoût avec l'amour que Jésus christ exige?


Que le dégoût à l'égard de Jésus Christ soit très commun aujourd'hui, c'est ce qui n'a pas besoin d'être prouvé. Les conversations d'un grand nombre de personnes adonnées à certaines pratiques de Religion, et chargées de plusieurs bonnes œuvres attestent que les maximes de Jésus Christ font souffrir beaucoup, et qu'on les rejette avec un mépris qui n'est que trop manifeste. Hélas! il faut bien l'avouer, Jésus christ fatigue, impatiente certaines personnes dévotes; elles ont pour sa vraie doctrine le même dégoût, la même antipathie que les écrivains impies professent pour sa Personne infiniment sainte. Le Saint Esprit n'habite pas dans ces âmes. Voyez, au contraire, les âmes vraiment pieuses que le Saint Esprit a visitées, qu'il a sanctifiées. Quel goût prononcé, quel attrait vif et puissant pour Jésus Christ! Ces âmes courent toujours au-devant de Jésus Christ. Tout ce qu'il est fait leurs délices; tout ce qu'il a fait les transporte d'admiration et d'amour; chacune de ses paroles fait bondir leur poitrine. Ces âmes courent au-devant de Jésus, de ses ordres, des manifestations de sa volonté. Il en est qui ont un tel goût pour ce divin Maître qu'elles ne veulent pas se contenter de suivre ses commandements; un. attrait doux, délicieux, les attire vers ce que Jésus-christ a aimé, et ce qu'il a conseillé. De là la perfection évangélique qui est l'effet du goût le plus prononcé pour Jésus christ, pour son esprit et pour son cœur. Eh bien, âme fidèle, où en es-tu par rapport à ce bien inestimable qui s'appelle le goût de Jésus christ? Il s'agit pour toi d'un trésor qui surpasse tout; car enfin, si ton goût est acquis à Jésus, si ton attrait te porte sans cesse vers lui, quels ne seront pas tes progrès dans la vertu? Si donc tu comprends ces choses, tu vas demander à grands cris le Saint Esprit, parce que lui seul donne le goût de Jésus christ. Avec l'esprit du monde, le goût du monde arrive; or le goût du monde c'est le goût des choses de la terre, et saint Paul assure que ceux qui goûtent les choses terrestres, qui se délectent dans elles, sont les ennemis de la croix de Jésus. Oh! comme il serait bon de méditer souvent cette grande parole!

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10 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Onzième jour

L'Esprit de Vérité


C'était après la dernière cène; le divin Maître encore à table avec ses disciples, leur annonçait les plus ineffables mystères de l'amour. « Si vous m'aimez, leur dit-il, gardez mes commandements. Et moi je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Paraclet pour qu'il demeure toujours avec vous, l'Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaîtrez, parce qu'il demeurera au milieu de vous, et qu'il sera en vous ». Ici je vois clairement l'action perpétuelle du Saint Esprit sur l'Eglise dont les Apôtres sont établis les  fondateurs. Cette action toute divine conservera l'Eglise dans la vérité, la rendra forte et invincible devant ses ennemis, et la conduira jusqu'à ses immortelles destinées. Mais l'action du Saint Esprit ne doit pas être considérée uniquement dans ses rapports avec l'Eglise constituée en société ; chacun des membres de l'Eglise, chaque fidèle en particulier peut être dirigé, soutenu, sanctifié par celte même action, et c'est ce qu'il m'importe de bien comprendre aujourd'hui. Non, c'est sans aucun doute, la promesse de Jésus Christ est pour moi, et, si je le veux, le Saint Esprit me sera donné, il résidera en moi, il sera ma lumière et ma force, il me sanctifiera pour la bienheureuse éternité. Mais avant de considérer la grandeur du bien que me promet Jésus Christ, je m'arrête un moment sur cette parole de mon adorable Maître: « Le monde ne peut pas le recevoir ». Pourquoi? Parce qu'il ne le voit pas et qu'il ne sait pas ce qu'il est.


Or, nous dit un savant commentateur, le monde, cela signifie les hommes mondains, animaux, selon l'énergique expression de saint Paul, les hommes charnels, attachés au mal par des affections toutes terrestres, par l'amour des richesses, des honneurs, des plaisirs, de la gloire, de la mollesse, de toutes les jouissances que procure la vie présente; ces hommes sont les ennemis pratiques de la croix de Jésus, parce qu'ils n'ont du goût que pour les choses de la terre, comme l'affirme le grand Apôtre. Ces hommes forment la société que Jésus Christ appelle le monde, et c'est là cette société que le divin Sauveur déclare incapable de recevoir le Saint Esprit. Je ne dois pas être surpris de cette impossibilité où se trouve le monde de recevoir l'Esprit de Dieu, puisque cet esprit étant céleste, surnaturel, divin, son règne ne peut s'établir que sur les âmes rendues par la grâce surnaturelles, célestes, divines, et par là même, ennemies de tout ce qui constitue l'homme mondain. Le grand docteur saint Basile nous dit: « De même qu'une glace couverte d'une poussière épaisse ne saurait refléter l'image d'une personne, ni la lumière du soleil, de même aussi la clarté, la lumière du Saint Esprit s'arrête devant une âme couverte de cette couche de terre grossière qui lui vient des pensées et des affections terrestres ». Non, le mondain ne reçoit pas le Saint Esprit, et cela parce qu'il ne le voit pas; ses,yeux sont fermés pour cette admirable lumière, ou bien ils se trouvent pleins d'une poussière qui les empêche de voir. Oh! combien d'âmes sont dans cet état effrayant! En ne voyant pas le Saint Esprit, on ne sait pas ce qu'il est, ajoute Jésus-christ; comment alors pourrait-on l'estimer, le désirer, le demander, comment surtout pourrait-on l'aimer, le goûter, l'embrasser avec joie comme un consolateur, au milieu des tristesses de ce monde? Mais je laisse l'âme mondaine pour m'occuper de moi qui, par un effet de l'infinie miséricorde de mon Dieu, ai le désir, la volonté de connaître et de recevoir le Saint-Esprit. Oui, Seigneur, c'est de votre Esprit que je veux m'occuper aujourd'hui; vous m'instruirez vous-même sur ce magnifique sujet; vous me direz l'objet de cette admirable promesse faite à tous vos disciples: « Je prierai mon Père, et il vous enverra l'Esprit Consolateur, l'Esprit de Vérité ». Répandez sur moi cet Esprit, et rendez-moi capable de l'estimer, de l'aimer, et de le désirer avec une telle ardeur que je puisse, comme les Apôtres, être plein de lui-même pendant ma vie et à l'heure de ma mort.

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Le Saint Esprit dissipe l'ignorance


J'ai entendu le divin Maître: « Mon Père vous enverra l'Esprit de Vérité ». Quel trésor pour l'homme, et quel immense bien lui promet Jésus Christ par cette divine parole! Sans doute, le Fils de Dieu, le Verbe Incarné est lui-même la Vérité; il l'a plusieurs fois affirmé: « Ego sum Veritas », et c'est la raison pour laquelle, en dehors de Jésus Christ, de son enseignement, de sa doctrine, l'homme s'agite en vain pour trouver la vérité, la vraie lumière qui satisfait l'intelligence, et descend jusqu'au fond du cœur pour l'inonder de sa douce et suave clarté. Il était réservé au Saint-Esprit d'ouvrir lui-même l'esprit et le cœur des hommes pour les rendre capables de voir, de connaître, de goûter Jésus-christ, et de s'attacher à lui comme au seul bien capable de rassasier leur âme tout entière. Sans le Saint Esprit l'homme marche dans l'incertitude, et il ne cesse de demander comme cet infortuné proconsul Romain: « Qu'est-ce que la Vérité? » Avec le Saint-Esprit tous les doutes, toutes les erreurs, tous les mensonges sont dissipés, et l'âme fidèle se repose délicieusement dans le sein de la vérité. Mais le premier effet que produit le Saint-Esprit dans une âme dont il s'empare consiste à éloigner de cette âme la nuit, l'obscurité qu'engendre l'ignorance. J'ai dit là un grand mot, l'ignorance! Quoi de plus humiliant pour nous, quoi de plus dangereux? et néanmoins, quand il s'agit des choses nécessaires, je ne crois pas qu'il se rencontre dans l'homme un mal plus commun que celui de l'ignorance. Ignorer c'est ne pas voir, ne pas savoir. La privation de lumière, de clarté, de vérité, constitue l'état d'ignorance. Or, dans la vie chrétienne, dans la vie spirituelle l'ignorance consiste à ne pas voir Dieu, Jésus-christ; à ne pas se voir soi-même. Oh! quelles ténèbres épaisses environnent Dieu, Jésus Christ, l'âme humaine, quand l'intelligence n'est pas éclairée par le Saint Esprit, l'Esprit de Vérité! Cet état est affreux, et néanmoins il est très-commun. Depuis le fauteuil académique jusqu'à la mine où travaille un malheureux couvert de quelques sales haillons, comptez les hommes pour lesquels Dieu est un mot, Jésus-christ un être inconnu, l'âme humaine un rien du tout. Quelle épouvantable dégradation! Mais l'état d'ignorance est-il un état coupable?


Voilà une question assez sérieuse, pour mériter un examen attentif. Si l'état d'ignorance est volontaire, évidemment il est coupable: car enfin personne ne niera que la volonté de vivre sans connaître Dieu, sans étudier Jésus Christ, sans examiner la situation de notre âme, ses rapports avec Dieu, avec Jésus-christ, ne soit un crime pour l'homme baptisé. Mais la cause, mais le principe de cette ignorance, où faut-il les chercher? Hélas! oui, on les rencontre presque toujours dans la volonté. Celle-ci craint la lumière, la vérité, parce que, dit le Saint Esprit, elle craint, elle refuse de bien faire. Combien de cœurs impatients de la lumière! Ils se fâchent contre elle, ils la repoussent, elle leur est insupportable parce qu'elle fait naître le remords opposé à cette fausse sécurité qui est pour le plus grand nombre des hommes, le vrai charme de la vie. Aussi que de prétextes pour ne pas lire, pour ne pas entendre certaines choses! Quelle préférence pour les livres et pour les docteurs qui ne troublent pas. Eh bien, j'entends un juste de l'Ancien Testament qui s'écrie: « Envoyez, Seigneur, votre lumière et votre vérité, afin qu'elles me dirigent et me conduisent jusqu'à vos saints tabernacles ». Voilà bien le cri d'une âme qui craint l'ignorance, qui la redoute comme un grand mal. Ce cri est-il le mien, toujours, dans toutes les circonstances! Mais le contraire de l'ignorance, c'est la science, et celle-ci est un don du Saint Esprit; on l'appelle la science de Dieu, la science des Saints, elle nous vient par le Saint-Esprit que Jésus Christ appelle l'Esprit de Vérité. Cette science est le pain de l'intelligence qui la reçoit pour s'en nourrir. Dieu, Jésus Christ, l'Evangile, les vertus chrétiennes, quel vaste champ pour l'esprit de l'homme toujours avide de savoir! Et comme une âme est heureuse, quand on peut lui appliquer cette parole: « Dieu la nourrit du pain de l'intelligence et de la vie ». Je serai cette âme, si je le veux. Le Saint Esprit ne m'a-t-il pas été promis? En venant dans moi, n'apporte-t-il pas la clarté, la lumière, un grand jour? Si donc j'ai la noble ambition de marcher dans la lumière, de voir la nuit de l'ignorance se dissiper pour moi, et faire place à une céleste clarté, je dois appeler le Saint-Esprit, le demander avec ferveur, avec persévérance, et le divin Sauveur qui me l'a promis se hâtera de me dire: « Vous recevrez dans vous la vertu du Saint-Esprit ».

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Le Saint Esprit corrige les erreurs


Le disciple bien-aimé de Jésus a écrit ces lignes qu'on ne saurait trop méditer: Nous, nous sommes de Dieu. Nous connaissons l'esprit de Vérité, et l'esprit d'erreur ». Il faut bien que ces deux esprits existent, puisque ceux qui sont de Dieu les connaissent, et par là même, savent les distinguer. Je ne dois pas confondre l'erreur avec l'ignorance; celle-ci ne voit pas,.ne sait pas, elle représente les ténèbres, la nuit. Quant à l'erreur, elle sait, elle voit, mais elle sait mal et elle voit sous un faux jour; la lumière qu'elle voit, n'est pas la vraie lumière. Or, Jésus Christ est la Vérité. C'est un affreux malheur que cet état dans lequel une âme croit savoir, et se persuade qu'elle possède la lumière, alors que l'esprit d'erreur dont nous parle saint Jean est le seul qui la dirige. Ecoutons Jésus Christ; il nous adresse cette parole profonde: « Prenez garde que la lumière qui est en vous ne soit ténèbres », et ailleurs: « Si la lumière qui est en vous n'est que ténèbres, les ténèbres elles-mêmes que seront-elles? » Mais l'erreur est-elle coupable? Hélas! Oui, bien souvent et dans mille circonstances. Le vrai, surtout en morale, contrarie la nature gâtée par le péché. On raisonne avec lui, on invente des sophismes pour le combattre; à force de désirer qu'une chose soit bonne ou licite, on finit par se persuader qu'il en est ainsi. Le cœur séduit, entraîne l'esprit, et celui-ci devenu la dupe des désirs mauvais, se hâte bien vite d'entrer dans le calme, dans la paix épouvantable qui constitue une fausse conscience. Cet état est plus commun qu'on ne le pense ordinairement. Beaucoup d'âmes lâches l'ont embrassé volontiers; la lumière dont elles se croient en possession, Jésus Christ l'appelle ténèbres! Le domaine de l'erreur est très grand; il s'étend tous les jours davantage. Que de dévots se plaisent sur ce domaine! Là ils trouvent la voie large dans laquelle il y a une place pour les sacrements et toutes les bonnes œuvres, et une autre pour l'orgueil, l'avarice, l'ambition, la mondanité et tous les désordres dont gémit le vrai fidèle. Eh bien, voici le grand docteur, le docteur de la Vérité qui met en fuite l'erreur et fait briller la vraie lumière. Jésus-christ le promet à ses disciples. « Le Saint-Esprit, dit le Sauveur, vous enseignera toute vérité. Le Saint-Esprit vous enseignera toutes choses; il vous donnera l'intelligence de toutes les paroles que vous avez entendues de moi ». Quelle magnifique promesse!


Non, personne ne tombe dans l'erreur, s'il possède le Saint-Esprit, s'il le consulte, s'il l'écoute, s'il ne lui résiste jamais. Voilà pourquoi les amis de Dieu sont toujours dans la lumière, dans la vérité; ils marchent, nous dit le Sauveur, ils marchent comme des fils de la lumière. Quelle prérogative digne de mon ambition! Etre fils de la lumière! Oh! si toujours la lumière, la Vérité était ma mère! Si elle enfantait toutes mes pensées, tous mes jugements, toutes mes appréciations, tous mes désirs et tous mes actes! Qui connaît un plus riche trésor ici-bas? Avec cette qualité, fils de la lumière, on voit Jésus-Christ tel qu'il est; on ne se trompe ni sur ses mystères, ni sur ses œuvres, ni sur le sens de ses paroles. C'est un état bien digne de l'ambition de toute âme droite qui veut sincèrement le bien, le beau et le vrai. Suis-je une de ces âmes? J'ai célébré souvent la fête de la Pentecôte; j'ai été confirmé, ai-je reçu le Saint Esprit, l'Esprit de Vérité qui éloigne et détruit toutes les erreurs? C'est quelque chose d'assez important pour attirer et pour fixer mon attention. L'âme peu soucieuse de la Vérité néglige le Saint Esprit, elle lui résiste, elle éteint en elle sa divine lumière. Arrivée à cet état déplorable, il n'y a pas de sottise, d'absurdité, dans le domaine de l'erreur, que cette pauvre égarée ne soit capable de saluer avec transport comme la vraie reine de l'intelligence: La Vérité! Que de pauvres âmes, autrefois filles de la lumière, ne sont plus aujourd'hui qu'un amas de ruines! Tout a été renversé en elles, tout a été détruit! Hélas! le Saint Esprit, en se retirant, a laissé le vent de l'erreur entrer par toutes les ouvertures, et celui-ci a tout renversé. Aussi qu'on ne s'étonne pas si, dans cette âme, le faux s'appelle le vrai, le laid a pris le nom du beau, le mal celui du bien. O Saint-Esprit qui m'avez été promis par mon adorable Sauveur! venez, venez à mon âme, ne tardez pas. Avec vous, à l'aide de votre adorable lumière, je verrai bien mon Jésus, sa vie et ses actions; je verrai bien le sens de ses divines paroles, et je tressaillerai de bonheur, comme Jean-Baptiste dans le sein d'Elisabeth, parce que je nagerai dans l'Océan de la plus pure lumière!

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Le Saint Esprit guérit la duplicité dans les âmes


L'Esprit de Vérité est l'ennemi de l'ignorance et de l'erreur, combien ne l'est-il pas de la fausseté, de la duplicité et de l'hypocrisie! La Vérité est simple. Les ajustements dont on la couvre pour déguiser sa vraie nature lui vont mal, parce qu'ils la défigurent. Elle est si belle, si gracieuse, la Vérité! pourquoi s'efforce-t-on de la rendre méconnaissable, en lui enlevant tous ses charmes? La Vérité a pour caractères la simplicité et la droiture. Le Saint Esprit nous dit: « Rendez droites ses voies ». « La simplicité des justes, nous dit l'Ecriture, les dirigera ». Quel savant et habile directeur! Mais combien d'âmes le craignent! Il leur faut des détours, des ruses, des chemins peu battus; de là les finesses, les dissimulations, les mensonges ou en actes ou en paroles. Ces pauvres âmes ont oublié le terrible anathème: « Les lèvres menteuses sont en abomination devant Dieu ». Jésus Christ est venu à nous vrai enfant, avec toute la simplicité de l'enfance. Il nous a déclaré cette vérité importante: « Si quelqu'un ne devient pas semblable à ce petit enfant, il n'entrera pas dans le ciel ». L'homme vrai est simple, droit, sans hypocrisie. Sa bouche est l'écho de son esprit et de son cœur; il en est de même de toute sa conduite, elle est vraie parce qu'elle représente ce qui se passe dans le cœur; elle est donc le miroir du cœur. Mais où se trouve l'homme vrai, simple, toujours droit et sincère? Là où le Saint Esprit habite. « Les pensées humaines sont perverses, a dit le Saint Esprit lui-même ». Oui, l'âme humaine est viciée, et elle incline vers la fausseté et le mensonge; la duplicité lui apparaît comme un art digne d'être cultivé; aussi, quand l'empire de la foi s'affaiblit, on ne voit plus qu'hypocrisie, duplicité et mensonge. Que de femmes dévotes savent cela par expérience!


Hélas! tromper pour elles, c'est une habitude bien ancienne, c'est un besoin. Le directeur de leur conscience devient innocemment le complice de leur orgueil, tant les discours qu'elles tiennent ressemblent à la vérité dont ils imitent le ton. Qui corrigera ces pauvres âmes? Le Saint Esprit en les éclairant sur les dangers de cet orgueil qui les domine et qui les rend, presque à leur insu, les viles esclaves de la supercherie et du mensonge. Le Saint-Esprit est Vérité; Jésus-christ l'appelle Esprit de Vérité. Il est donc l'adversaire implacable de la fausseté, de la dissimulation, de l'hypocrisie. « Il converse avec les simples », nous dit l'Ecriture. Ce qu'il aime, c'est la candeur et la droiture. Quand il a apparu sur la terre, il a pris la figure d'une blanche et simple colombe. Qu'on ne lui parle pas de détours et de ruses, il les abhorre. Saint Paul le savait bien quand il écrivait aux fidèles de Corinthe: « Je ne veux pas qu'on s'éloigne de la simplicité qui est dans Jésus-christ ». L'âme fidèle médite volontiers cette parole de nos Livres Saints: « Celui qui marche avec simplicité marche avec confiance ». Elle comprend que marcher dans la dissimulation, suivre les voies obliques, c'est renoncer aux motifs raisonnables d'une vraie confiance en Dieu. Pour rien au monde elle ne voudrait tomber dans ce malheur. Vouloir paraître ce que l'on n'est pas, c'est la loi presque universelle aujourd'hui. Etre bon, spirituel, vertueux, c'est de quoi en n'a aucun souci, pourvu qu'on paraisse tel. Les apparences sont tout, la réalité n'est plus rien. De là cette ignoble comédie qui se joue partout, depuis le palais des souverains jusqu'à la mansarde du plus pauvre artisan. O mon Dieu, qui nous rendra vrais, droits et sincères? Le Saint Esprit si nous le demandons, si nous l'attirons dans nous. Quant à l'esprit de l'homme abandonné à lui-même, il est faux, trompeur, hypocrite. Non, mon Dieu, je ne veux pas être faux et trompeur. Je sais que si l'on peut tromper les créatures, on né parvient jamais à tromper votre œil infiniment éclairé. Vous, Seigneur, vous êtes la Vérité, et en aimant la Vérité, c'est vous-même que j'aime. Envoyez dans moi cet esprit que vous promettiez à vos premiers disciples, afin qu'il éloigne de moi l'ignorance, qu'il corrige mes erreurs, qu'il redresse toutes mes voies, et je deviendrai vrai, droit, sincère comme le sont tous les enfants du Père céleste.

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09 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

 

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Dixième jour

 

Le Saint Esprit communique l'Esprit de Jésus Christ


La mission du Saint Esprit a pour objet la gloire de Jésus Christ. Jésus Christ sera glorifié, quand le Saint Esprit établira son royaume qui est l'Eglise. Alors le nom de Jésus sera connu dans le monde entier par la prédication de l'Evangile, et le Saint Esprit formera lui-même les membres de ce corps dont Jésus est le chef, en donnant aux âmes une nouvelle vie. Tous les effets de sainteté et toutes les œuvres de la grâce dans les justes viennent du Saint Esprit comme Esprit de Jésus, et cet Esprit ne se communique absolument qu'à Jésus et à ses membres; il n'est donné que par ses mérites, pour l'accomplissement de ses desseins, et pour la formation mystérieuse de son corps mystique qui est l'Eglise. Toutes ces vérités se trouvent renfermées dans ces admirables paroles du divin Sauveur: « L'Esprit de vérité me glorifiera, parce qu'il recevra de ce qui est à moi et il vous l'annoncera ». Ainsi ce que le Saint Esprit apporte aux hommes, ce qu'il vient leur donner, c'est ce qui est de Jésus-christ, de la substance de son âme, de ses pensées, de ses sentiments, de son cœur; c'est évidemment l'Esprit de Jésus Christ. Paf son Ascension dans le ciel, Jésus-christ a enlevé aux hommes la vue et la jouissance de son humanité sainte, de son corps adorable. Le jour de la Pentecôte, il leur envoie son Esprit. Certes, c'était avec une profonde sagesse qu'il leur disait: « Il est expédient pour vous que je m'en aille ». Et les Apôtres ne disaient-ils pas dans leur premier sermon: « Après avoir été élevé par la main de Dieu, il a envoyé son Esprit »?


II est donc certain que Jésus Christ a voulu donner son Esprit à ceux qui sont à lui. H n'est pas moins certain que sans l'Esprit de Jésus-christ, on ne peut pas être membre vivant de son corps mystique, et qu'on vit alors séparé de lui. Arrêtez la sève d'un arbre, qu'elle ne se communique plus à une branche; cette branche meurt, il faut la couper: c'est du bois sec destiné au feu. Eh bien! Jésus-christ a dit: « Je suis la vigne, vous êtes les sarments; de même que le sarment ne porte plus de fruit, s'il est séparé de la-vigne, vous, sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Celui donc qui ne reçoit pas la sève divine qu'on appelle l'Esprit de Jésus Christ, qui ne participe plus à cet Esprit, est une branche morte, sèche, propre seulement au feu. Mais que faut-il entendre par ces mots: avoir l'Esprit de Jésus-christ? Une jeune personne a toutes les idées, tous les penchants, tous les goûts de sa mère. Les opinions, les jugements de sa mère sont la règle invariable de ses opinions et de ses jugements. Elle aime les personnes que sa mère affectionne, elle trouve désagréables celles que sa mère ne peut souffrir; elle a tellement reçu de sa mère tous les genres d'impression que sa démarche, son maintien, tout son extérieur la rend semblable à sa mère. Son langage, le son de sa voix, tout rappelle sa mère; elle va jusqu'à aimer ou détester les genres d'aliments que sa mère aime ou déteste. Cette jeune personne a l'esprit de sa mère. Maintenant il est aisé de comprendre ce que c'est que d'avoir l'esprit de quelqu'un. Tous les jours on répète ces paroles. Celui-ci a l'esprit français, cet autre a l'esprit italien. On dit encore: l'esprit religieux, l'esprit mondain, l'esprit du siècle, l'esprit des franciscains, des dominicains, des jésuites; chaque siècle, chaque peuple, a son esprit propre; il en est de même de tous les corps, de toutes les sociétés civiles ou religieuses. Or, l'Eglise catholique a son esprit propre, son esprit particulier, et cet esprit c'est l'Esprit de Jésus Christ. Et comme chacun doit avoir l'esprit de son état, de sa condition, de la profession qu'il exerce; comme il serait révoltant de voir le noble avec l'esprit de l'artisan, le prince avec l'esprit d'un valet, la dame de qualité avec l'esprit de ses domestiques, on peut juger du dégoût qu'inspire à Dieu, à Jésus-christ, le chrétien qui a l'esprit païen, ou l'esprit mondain, ce qui est parfaitement la même chose. Mon état, ma condition, c'est d'être chrétien, catholique, enfant de Dieu et de l'Eglise, membre du corps dont Jésus-christ est le chef.


Eh bien! l'esprit du christianisme, l'esprit de l'Eglise épouse de Jésus Christ, c'est l'Esprit de Jésus Christ lui-même. Cet Esprit est commun à tous les Elus; il les lie entre eux pour n'en faire qu'un seul et unique corps qui reçoit la vie, le mouvement, la chaleur de Jésus Christ son adorable chef. Je dois comprendre combien il m'importe de savoir si l'Esprit de Jésus Christ est en moi. S'il n'y est pas, le Saint Esprit n'est pas venu me visiter; j'ai perdu mon temps jusqu'ici, et les méditations que j'ai faites sur le Saint Esprit n'ont pas encore produit les effets que Dieu attendait. Mais aujourd'hui, je vais méditer avec une attention scrupuleuse ce sujet si important; je vais me pénétrer de cette grande vérité, que le Saint Esprit veut bien m'enseigner et qu'il me fera comprendre. Je la goûterai, j'en pénètrerai mon âme, et sans doute, je prendrai avec force et avec courage des résolutions qui seront pour moi le commencement d'une vie toute nouvelle.

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Nécessité de l'esprit de Jésus Christ


Le divin Sauveur disait un jour à ses disciples: « Je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous ». En parlant ainsi, Jésus Christ nous apprenait l'art divin de notre union avec Dieu. De même que le Fils de Dieu est dans sou Père, ayant avec lui la même nature, il veut que nous soyons en lui; nous promettant de son coté, d'être dans nous, par une même vie, et par un même esprit. Les Apôtres l'avaient bien compris, eux qui disaient hardiment en parlant de Jésus Christ: « Il nous a donné de son Esprit »! Certes, rien ne doit m'étonner, après ces paroles: « Nous avons tous reçu de sa plénitude ». Telle est la fin de l'Incarnation du Verbe, la communication de l'Esprit de Jésus Christ faite à l'homme le jour de la Pentecôte. Le Chrétien ne vivra donc plus de son propre esprit, de son esprit d'homme, mais il vivra de l'esprit qu'il reçoit dans les sacrements, de l'Esprit de Jésus-christ qui lui est donné par l'effusion du Saint-Esprit dans son âme. Comment pourrais-je concevoir le moindre doute sur cette vérité? n'est-il pas certain que, pour être sauvé, il faut être devenu enfant de Dieu par une nouvelle création qui a lieu dans le baptême? eh bien! Jésus-christ lui-même appelle le baptême une renaissance dans le Saint-Esprit, et saint Paul, en écrivant aux fidèles d'Ephèse, leur dit: « Nous sommes créés en Jésus Christ ».


Jésus Christ, voilà la terre natale des Elus; ils en prennent le suc, ils se nourrissent de sa substance. Mais après avoir reçu la vie, il faut que nous agissions. La vie spirituelle nous est donnée pour l'action, c'est-à-dire, pour le travail que Dieu doit récompenser un jour dans le ciel. Or, sans l'Esprit de Jésus Christ, il n'y a point de mouvement surnaturel en nous. C'est saint Paul qui le dit: « La loi de l'Esprit de vie est en Jésus-christ ». Il en est tellement ainsi que le premier acte par lequel nous nous élevons vers Dieu, la prière, n'est possible que par l'Esprit de Jésus-christ qui nous est communiqué. Rien n'est donc plus certain, il est impossible d'être enfant de Dieu, d'avoir la vie en nous, et de faire le premier pas dans la voie du salut, sans l'Esprit de Jésus Christ. « Ceux-là, dit saint Paul, sont nommés enfants de Dieu, qui sont poussés, conduits, par l'Esprit de Dieu ». Et le même Apôtre ajoute: « Parce que vous êtes ses enfants, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils ». Est-il possible d'établir d'une manière plus forte et plus évidente, la nécessité d'avoir l'Esprit de Jésus Christ pour être enfant de Dieu? Qui, s'étonnera maintenant, d'entendre le grand Apôtre déclarer à la face du monde entier que pour lui, quoiqu'il paraisse vivre, ce n'est pas lui qui vit, mais Jésus Christ qui vil en lui? Ce langage doit être celui de tous les chrétiens. Et ce n'est pas une exagération, car saint Paul ne s'adressait ni à des prêtres, ni à des religieux, quand il écrivait ces mots si énergiques, si profonds, sur le ton le plus impératif qui fut jamais: « Ressentez dans vous-mêmes ce qui est dans Jésus Christ ».


N'est-ce pas avoir les pensées, les sentiments, les désirs, le cœur de Jésus Christ? n'est-ce pas avoir un seul et même esprit avec lui? Mais il y a quelque chose de plus fort encore dans la doctrine de saint Paul: « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Jésus-christ, il n'est pas de lui ». Quel coup de tonnerre! le chrétien lâche et mondain qui n'en est pas ému, n'est pas endormi, il est mort!... Voilà une de ces vérités que je devrais méditer tous les jours de ma vie.. Si je n'ai pas l'Esprit de Jésus Christ, je ne suis pas de lui, je ne lui appartiens pas, je ne lui suis pas uni, je ne puis plaire à Dieu, j'ai cessé d'être son enfant et l'héritier de son royaume. Les Apôtres venaient de parler, Jésus Christ les regarde et leur dit: « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ». Terrible reproche! ne s'adresse-t-il pas à moi? Sais-je bien de quel esprit je suis, c'est-à-dire, quel est l'esprit qui m'anime? est-ce l'esprit de la chair et du sang, comme s'exprime le disciple bienaimé, ou l'Esprit de Jésus-christ? « Ce qui est né de la chair, dit le Sauveur, est charnel; mais ce qui vient de l'Esprit est spirituel ». Or, mes œuvres sont-elles spirituelles? mes pensées et mes sentiments, mes craintes et mes désirs, mes joies et mes espérances, sont-ils des fruits de l'Esprit, des fruits dignes de Jésus Christ, de la nature de ceux qu'il a portés lui-même? Alors je sais à qui j'appartiens, parce que je sais de quel Esprit je suis. Heureuse l'âme qui peut dire avec Jésus-christ: « L'Esprit de Dieu s'est reposé sur moi! » Puis-je tenir ce langage?

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La nature de l'esprit de Jésus Christ


L'Esprit de Jésus Christ n'est point quelque chose de vague et d'indéfini que chacun a le droit d'interpréter ou d'expliquer suivant les convenances de son amour-propre, et les désirs plus ou moins légitimes de son cœur. S'il s'agissait d'une théorie sans application à la pratique, l'Esprit de Jésus Christ pourrait exciter l'admiration des hommes, sans les troubler dans les jouissances qu'ils cherchent continuellement, au milieu d'un monde que le divin Sauveur n'a cessé de maudire, pendant qu'il était sur la terre. Mais rien, au contraire, n'est plus positif et plus clairement défini dans l'Evangile que l'Esprit de Jésus Christ; et pour quiconque veut réfléchir, il est évident qu'on peut réduire à un mot, tout ce qui concerne cet Esprit qui, de Jésus Christ, passe dans l'âme de ses disciples. Que je prenne toutes les paroles que le divin Sauveur a dites de lui-même, que je place à côté de ces paroles toutes les actions qui composent l'histoire de la vie mortelle du Fils de Dieu, il me sera facile de réduire à une simple expression tout ce que j'aurai vu et entendu. Cette expression qui résume tout est celle-ci: Immolation. Quand je dis renoncement, sacrifice, dépouillement, violence, abnégation, j'exprime toujours la même idée, et je proclame la même vérité, je dis: Immolation. Faut-il maintenant accumuler ici les preuves de cette grande vérité j que l'Esprit de Jésus Christ est un esprit d'immolation et de sacrifice? Mais je n'ai qu'à ouvrir l'Evangile, et à chacune de ces pages divines, je ne manquerai pas de trouver la preuve éclatante de cette proposition.


A peine Jésus est né, et déjà les ambassadeurs du ciel viennent annoncer au monde que ce petit Enfant qui lui est donné, vient sur la terre pour Dieu et pour les hommes! Il vient pour son Père, et sa vie sera un sacrifice perpétuel qui le glorifiera au plus haut des cieux. Il vient pour les hommes, il sera immolé pour leur salut, il se donnera, il se livrera pour les affranchir du joug honteux du péché et de la captivité de l'enfer. Mais c'est de la bouche même de Jésus-christ que je veux savoir ce qui constitue son Esprit; il doit me l'apprendre lui-même. Je l'entends: « Mon Père, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient sanctifiés dans la vérité ». Ce qui signifie, je me sacrifie, je m'offre, je me consacre moi-même pour eux, comme une hostie sainte: telle est la fin de la mission du Fils de Dieu considérée par rapport aux hommes. Si je considère cette Mission divine par rapport à Dieu, je trouve toujours la même idée de sacrifice entier, d'immolation parfaite et absolue. Je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé. Je ne cherche pas ma gloire, mais la gloire de celui qui m'a envoyé. Je fais continuellement ce qui plaît à mon Père. Mais je veux entendre saint Paul, cet homme extraordinaire à qui le Saint Esprit a si bien fait connaître Jésus Christ. Il s'écrie, dans son admirable Epitre aux Romains: Jésus Christ ne s'est pas satisfait lui-même, mais il a dit à son Père: « les injures qu'on vous a faites sont retombées sur moi ». Voilà donc toute l'âme de Jésus Christ, voilà son cœur découvert à tous ses disciples. Non, Jésus Christ n'est pas venu pour chercher sa gloire, mais la gloire de son Père; Jésus Christ n'est pas venu pour faire sa volonté, mais celle de son Père. Jésus Christ ne s'est pas satisfait lui-même, il n'a pas mis ses complaisances en lui-même, mais il les a mises dans l'accomplissement des ordres de son Père, relativement au salut des Hommes pour lesquels sa vie mortelle a été un long et douloureux sacrifice, couronné par une mort sanglante sur l'arbre de la croix. Pour consommer ce sacrifice, il s'est humilié, anéanti; il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la mort la plus ignominieuse, la mort des grands coupables, pour lesquels le supplice de la croix était ordinairement réservé.


Ai-je compris maintenant l'Esprit de Jésus Christ, sa nature, son essence, ses œuvres? Sacrifice, immolation, renoncement, tout est là! Aussi quand le divin Maître appellera à lui des hommes destinés à devenir ses disciples, il leur donnera, pour première condition du salut, la nécessité du renoncement, de l'abnégation, la nécessité du sacrifice d'eux-mêmes pour la gloire de Dieu et le salut de leurs frères. Il avait bien compris la nature de l'Esprit de Jésus Christ, l'Apôtre qui disait aux premiers fidèles: « Vous devez être des hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu ». Aussi quand il parle de lui-même, il s'écrie: « Je me suis fait tout à tous pour les sauver tous »; et ailleurs: « Je tâche moi-même de plaire à tous, en toutes choses, ne cherchant point ce qui m'est avantageux à moi-même, mais ce qui est avantageux à plusieurs, pour qu'ils soient sauvés ». Je puis donc maintenant arriver à une conclusion vraie, quand j'examinerai si j'ai l'Esprit de Jésus Christ. Puisque cet Esprit n'est autre chose que l'Esprit de renoncement, de sacrifice, d'immolation de moi-même à la gloire et à la volonté de Dieu pour le bien et le salut de mes frères, je sais que je possède d'une manière plus ou moins parfaite l'Esprit de Jésus Christ, suivant le degré de perfection que le Saint Esprit m'a communiqué dans l'amour du renoncement, de l'immolation et des sacrifices. Ici l'illusion n'est pas à craindre, et si je parviens à ce degré de vertu qui permet de dire: « Je fais toujours et en toutes choses ce qui plaît à mon Père », il me sera permis d'ajouter avec saint Paul: « Je suis l'imitateur de Jésus Christ; ce n'est plus moi qui vis, mais Jésus Christ qui vit en moi ». Où est donc aujourd'hui l'Esprit de Jésus Christ? Tous ceux qui célèbrent les grandes fêtes de l'Eglise, qui participent aux saints mystères, reçoivent-ils le Saint Esprit? Les Apôtres en furent remplis dans le grand jour de la Pentecôte qui les transforma en de nouvelles créatures, et quand l'historien sacré me dit: « Ils furent tous remplis du Saint-Esprit », il veut que je sache bien que cet Esprit était celui de leur divin Maître. Quand il se fut emparé de leur âme, l'univers ne tarda pas à reconnaître l'empire de la croix. Oh! que de bien font les âmes qui ont l'Esprit de Jésus-christ! Qui sait ce que je ferais moi-même, si, dépouillé de mon propre esprit, je m'abandonnais sans réserve à l'Esprit de Dieu! ô mon Dieu, venez; parlez-moi; agissez en maître; prenez tout!...

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Les effets de l'esprit de Jésus Christ


Quand saint Paul écrivait aux Galates: « Si nous vivons de la vie de l'Esprit, marchons par l'Esprit »; et ensuite: « Marchez par l'Esprit, il voulait leur apprendre la nécessité de montrer, par leurs œuvres, la nature et les qualités de l'Esprit qu'ils avaient reçu dans le baptême ». Il est manifeste que l'arbre devant être jugé par ses fruits, selon la parole même de Jésus-christ, c'est par nos œuvres que nous devons juger de l'Esprit qui nous anime; tout autre moyen pourrait nous induire en erreur. Quand Jésus Christ a prêché la nécessité d'adopter son Esprit pour avoir la vie éternelle, il a dit: « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même ». Et puisque l'Esprit de Jésus Christ est essentiellement un Esprit d'immolation et de sacrifice, il est évident que, pour me revêtir de cet Esprit, je suis obligé de commencer par le dépouillement de moi-même, par l'abnégation de mon propre esprit, par le renoncement à ma mauvaise nature. Il faut donc que j'immole à Dieu tout ce qu'il y a dans moi qui se trouve opposé à l'Esprit de Jésus Christ. Or, si je me connais bien, il me sera facile de convenir que tout mon être est en opposition avec cet Esprit saint, innocent, sans souillure, séparé de l'Esprit fies pécheurs, plus élevé que les cieux. Ce qui constitue mon esprit propre, c'est l'égoïsme, ou l'amour de moi. Cet amour a pour objet toutes mes facultés, tout mon être. J'aime mon intelligence, j'aime mon cœur, j'aime mes sens, mes organes, mon corps. De là trois grandes divisions dans l'amour désordonné de ma propre personne, et qu'on peut considérer comme les principales branches d'un arbre qui ne produit que des fruits de mort: l'amour de la gloire, l'amour des richesses, l'amour des plaisirs.


Or, le renoncement dont Jésus-christ a fait la condition essentielle de la vie chrétienne, consiste à immoler à Dieu ces trois, penchants de ma nature viciée par le péché. Il suit de là que je connaîtrai le degré auquel l'Esprit de Jésus Christ est élevé dans mon âme, par le degré d'amour que j'aurai pour les humiliations, pour la pauvreté et pour les souffrances. Toute spiritualité qui ne repose pas sur cette base, est une spiritualité fausse et trompeuse. Satan s'est transformé en ange de lumière. Avec ce dépouillement, on voit toujours arriver l'oubli de soi-même, et une vive ardeur pour les intérêts de Dieu. C'est ce qui arriva à sainte Thérèse qui put dire avec vérité: « C'est de vous que je me soucie, ô mon Dieu, et non de moi!... »  Ce fut le caractère des Apôtres, après la descente du Saint-Esprit. Dépouillés d'eux-mêmes, c'est-à-dire de tout orgueil, de toute ambition, de toute avarice, de toute sensualité, ils purent dire avec vérité: rien pour moi, Seigneur, ni salaire, ni richesses, ni gloire, ni plaisirs; abandon de tout pour vous seul. Voilà ce que criait le cœur des Apôtres. Le divin Maître le leur avait appris dans tout le cours de sa vie, et dans toutes les circonstances de sa passion. Pour former ses disciples à cette vie nouvelle, que disait Jésus-christ: « Vous serez haïs de tous »; voilà pour les consolations. « Ils vous flagelleront »; voilà pour la gloire. « Vous ne porterez rien avec vous, ni pain, ni argent, ni deux tuniques »; voilà pour les richesses; tel sera pour les apôtres l'oubli qu'ils feront d'eux-mêmes et des penchants de la nature mauvaise. Sans doute, c'est là ce qu'on appelle la perfection, et aujourd'hui cette perfection de l'Esprit de Jésus-christ se trouve encore dans un grand nombre d'âmes. On en voit qui se dépouillent d'une manière absolue et vont offrir à Jésus Christ, dans le silence du cloître, le sacrifice parfait de tous les biens et de tous les avantages que les mondains recherchent avec une infatigable activité.


Mais pour n'être pas obligé de pratiquer cette perfection sublime, je n'en suis pas moins tenu à l'obligation de me revêtir de l'Esprit de Jésus Christ, suivant ma vocation, mon état, et surtout suivant la mesure des grâces que j'ai reçues du Ciel. Il n'y a pas deux esprits dans l'Eglise de Jésus; il ne peut y avoir que l'Esprit de son divin époux; tout autre esprit lui est étranger; elle l'a en horreur. Il faut donc que je puisse dire, avec un degré de vérité relatif à mon état, ce que disait l'illustre vierge et apôtre des derniers siècles: « Seigneur, ce n'est pas de moi que je me soucie, mais de vous seul et de votre gloire ». Or, je ne pourrai tenir ce langage qu'après avoir acquis un certain degré de renoncement à moi-même et à mes penchants naturels; par conséquent, un certain degré d'humilité, de pauvreté, de mortification des sens. Jusqu'à quel point de perfection, Dieu veut que je m'élève? ma conscience et un bon directeur doivent répondre. Mais la question déjà résolue, c'est qu'il n'y a pas d'Esprit de Jésus Christ, là où règne l'amour exclusif de soi, l'amour de la gloire, des richesses et des plaisirs; la question déjà résolue, c'est que celui qui n'a pas l'Esprit de Jésus-christ n'est pas de lui!.... O précieuse dévotion qui a pour objet le Saint Esprit que de lumières vous apportez à mon âme! quelle force, quelle énergie, vous communiquez à ma volonté! Je me trouve tout changé, converti en une nouvelle créature. Non, plus d'égoïsme, plus d'amour de moi-même; tout sera offert, tout sera immolé! l'Esprit de Jésus Christ s'est emparé de moi; je le sens; c'est vrai! O Dieu! soyez béni à jamais!...

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08 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Neuvième jour

Le règne du Saint Esprit sur une âme


Dieu a tout fait pour sa gloire. Il ne pouvait pas se proposer une autre fin; elle eût été indigne de lui. Par la création, Dieu a voulu manifester ses attributs, et par là même se glorifier. En lisant dans ce livre admirable, l'homme, était appelé à contempler son auteur, et à lui payer un tribut de louanges. Le péché a obscurci l'intelligence des malheureux enfants d'Eve; la plupart ont cessé de voir Dieu dans ses œuvres, et ont refusé de se soumettre à son empire. On eût dit que le magnifique spectacle de la création ne servait plus à la glorification de son auteur. Alors le Fils éternel du Très-Haut reçut de son Père une mission. Il le dit lui-même: « Mon Père m'a envoyé ». Quelle était la fin de cette mission? encore la glorification de Dieu: « Je cherche la gloire de celui qui m'a envoyé ». En réparant, par un prodige bien plus admirable que celui de la création , la pauvre humanité déchue et dégradée, Jésus-christ rendait le fils d'Adam capable de s'élever jusqu'à Dieu, par la pensée et par l'amour. Par là même, l'homme pouvait glorifier Dieu. Or, cette œuvre divine, la mission du Fils de Dieu, fut consommée après trente-trois ans. Alors Jésus Christ, sur le point de quitter le monde pour retourner à son Père, put faire monter vers le Ciel cette prière sublime: « Mon Père, je vous ai glorifié sur la terre; j'ai manifesté votre nom aux hommes; J'ai achevé l'ouvrage dont vous m'aviez chargé ». Bientôt après, du sommet du Calvaire, le Sauveur s'écriera d'une voix forte qui doit être entendue par toutes les générations qui peuplent la terre: « Tout est consommé! » La mission du Fils de Dieu était finie. L'œuvre de la création avait duré six jours, et Dieu s'était reposé le septième, comme le dit l'Ecrivain sacré.


L'œuvre de la rédemption a duré trente-trois ans, après lesquels le Fils de Dieu est monté au ciel pour être éternellement glorifié, assis à la droite de la Majesté divine. C'est alors que commence la mission du Saint Esprit. Elle consiste à répandre dans les âmes la vie surnaturelle, en leur communiquant la connaissance et l'amour de Dieu et de Jésus-christ, puisque c'est en cela que consiste précisément la vie éternelle, suivant la parole du Sauveur lui-même. La mission du Saint-Esprit est pour la glorification de Jésus-christ: « Lui-même me glorifiera!... » et cette glorification du Fils de Dieu par le Saint Esprit consistera dans une œuvre admirable. Le Saint Esprit formera des images vivantes de Jésus Christ, en faisant passer dans l'âme des prédestinés, les pensées, les sentiments de Jésus-christ, en leur faisant pratiquer les vertus que Jésus Christ a pratiquées le premier, en les rendant dignes de devenir avec Jésus Christ l'objet des complaisances de Dieu le Père. Telle est la gloire que doit procurer à Dieu la mission du Saint Esprit. Le Saint Esprit vient donc visiter les hommes pour leur faire connaître Jésus Christ, pour le manifester, pour établir son règne sur les cœurs; il vient découvrir toutes les richesses renfermées dans la personne adorable de Jésus-christ, dans ses mystères, dans sa doctrine. Il vient, en quelque sorte, remplir en faveur de Jésus Christ, la mission que le divin Sauveur a remplie à l'égard de Dieu le Père. Cette mission durera autant que le monde, l'œuvre du Saint Esprit ne sera consommée qu'au jour du dernier jugement. Alors le Saint Esprit dira, comme Jésus Christ: « J'ai manifesté votre nom aux hommes, j'ai achevé l'œuvre dont vous m'aviez chargé, je vous ai glorifié sur la terre. Tout est consommé! Le repos de l'éternité commencera! » L'œuvre toute divine de la sanctification des âmes est donc l'œuvre particulière du Saint Esprit, et cette œuvre consiste à faire vivre les Élus de la vie même de Jésus Christ. Je dois maintenant examiner comment je pourrai parvenir à cette vie toute surnaturelle qui doit me rendre une image vivante de Jésus-christ, modèle parfait de tous les prédestinés.

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Aspirer le Saint-Esprit


Il y a dans l'homme deux sortes de vie: celle de l'âme et celle du corps, la vie matérielle et la vie spirituelle. Le principe de la vie propre à notre corps, c'est l'air au milieu duquel nous vivons, l'air qui nous environne et qui pénètre dans nos organes. Sans l'air, condition nécessaire de notre vie, nous mourrions. Un animal expire dès qu'il est totalement privé d'air. Plus de mouvement, plus d'action, si l'air ne pénètre plus dans notre corps. Cela est vrai pour l'homme, et pour tous les êtres dont l'existence est soumise aux mêmes lois qui régissent notre propre existence. Or, il y a pour notre vie spirituelle, un air tout spirituel qu'il nous faut nécessairement aspirer, si nous voulons conserver cette vie précieuse. Cet air, c'est le Saint Esprit. Il est à remarquer que dans l'Écriture sainte, la même expression est souvent employée pour désigner l'air matériel qui fait vivre le corps, et le Saint Esprit qui donne la vie à notre âme. Le même mot renferme les deux sens ou les deux-idées. Eh bien ! depuis la Pentecôte, le Saint-Esprit qui a donné la vie à l'Eglise, continue de vivifier cette Église en l'animant toujours de son souffle divin. C'est par l'opération du Saint-Esprit que l'Eglise vit, qu'elle parle, qu'elle agit; c'est par lui qu'elle combat et qu'elle triomphe; le jour où le Saint-Esprit se retirerait, l'Eglise ne serait plus qu'un cadavre. Il en est de même de notre âme. Quand Saint Paul a dit: « En Dieu nous avons la vie, le mouvement et l'existence », il a parlé sans doute de l'immensité de Dieu dans laquelle nous sommes plongés, comme dans un océan qui n'a pas de rivages; mais pour l'homme spirituel, il y a quelque chose de bien précieux dans ces admirables paroles. La vie surnaturelle, la vie du juste, c'est le mouvement, l'existence dans le Saint Esprit, ou plutôt par le Saint Esprit; si une âme quittait cette atmosphère divine, si elle sortait du Saint Esprit, si elle en était séparée, elle serait privée de la vie, du mouvement, de l'existence même, c'est-à-dire de la vie de la grâce, du mouvement surnaturel, de l'existence qui est particulière aux enfants de Dieu. Une âme qui n'a pas dans elle le Saint Esprit, qui n'est plus en communication avec lui, peut faire des actes qui ont l'apparence du bien; mais il y manque le principe de vie que le Saint Esprit seul peut leur donner; ce sont les mouvements d'un mort qui ont pour principe une cause toute différente de la vie. Qui ne connaît ces êtres tout matériels qui imitent l'homme, et que l'on fait mouvoir par des ressorts cachés?


Il y a des chrétiens qui ne sont pas autre chose. On touche une corde invisible qui s'appelle caprice, humeur, goût, caractère, amour-propre, sensualité, et on les fait mouvoir. Ils tombent à genoux, ils se jettent dans un confessionnal, ils s'assoient à la table sainte, ils courent vers la demeure du pauvre; vous les diriez pleins de vie. C'est une erreur; la vie, c'est précisément ce qui leur manque. Ces âmes vivent en dehors de l'atmosphère divine qui est le Saint-Esprit; si vous leur en parliez, elles vous répondraient peut-être comme certains disciples d'Ephèse: « Nous n'avons pas même entendu dire qu'il y eût un Saint Esprit ».  Dieu fait cette distinction importante parmi les chrétiens, et de même que nous distinguons facilement un automate d'un homme plein de vie, Dieu distingue l'âme pieuse que le Saint Esprit anime et dirige, de l'âme mondaine qui n'offre à son regard pénétrant qu'un simulacre de christianisme et de vertu. Ces principes sont aussi clairs, aussi évidents que les vérités les plus simples et dont personne ne doute. Mais alors quelle doit être ma conduite relativement au Saint Esprit? David va me répondre: « J'ai ouvert ma bouche, et j'ai aspiré l'Esprit ». Ces paroles renferment une grande instruction. Et d'abord l'expression employée par le Roi-Prophète n'est autre chose que l'explication de la doctrine qui vient d'être exposée. Aspirer l'air, c'est attirer l'air extérieur dans sa poitrine. Celui qui n'aspire plus, a cessé de vivre; l'air extérieur n'est plus reçu au dedans ni renvoyé au dehors; la vie organique a fini. David voulait autre chose que cette vie toute matérielle; ce qu'il désirait avant tout, c'était la vie surnaturelle, la vie du cœur. Dans la ferveur de sa prière il s'écrie: « J'ai ouvert la bouche, et j'ai attiré l'Esprit, je l'ai aspiré ». Rien n'est capable de nous faire comprendre la vivacité des saints désirs comme ce langage figuré. Mais laissons parler saint Augustin. « Que désirait le Prophète, s'écrie cet illustre Docteur, si ce n'est l'observation de la loi divine? Mais il ne trouvait rien dans son infirmité et dans sa bassesse qui fût propre aux choses grandes et fortes. Alors, il ouvre la bouche pour attirer dans lui ce qui est indispensable à l'accomplissement de la volonté divine; dévoré par une soif ardente, il aspire l'Esprit qui est bon, afin de pouvoir par cet Esprit ce qu'il ne pouvait pas par lui-même, c'est-à-dire, observer une loi juste, bonne et sainte ».


Voilà mon modèle. Si je veux ce que David et après lui tous les saints ont voulu, l'accomplissement de la volonté de Dieu en moi, il faut que mon âme aspire sans cesse le Saint-Esprit comme ma poitrine aspire l'air extérieur. Toute la vie spirituelle est dans la connaissance et l'amour de la vérité. La lumière surnaturelle et la charité nous sont indispensables. Or, comme il est certain que le Saint Esprit a reçu la mission de communiquer aux âmes cette lumière et cet amour; attirer en soi le Saint-Esprit, l'aspirer continuellement, par de saints désirs, par tous les élans du cœur, c'est le moyen assuré pour ne le perdre jamais, pour vivre dans lui, pour être pénétré de sa substance, comme notre corps vit dans l'air et en est tout pénétré. Malheur à moi si je ne comprends pas ces vérités importantes! je vivrai, c'est vrai, mais de quelle vie! de la vie toute naturelle, toute sensuelle des mondains; je ne vivrai plus de la vie de Dieu!...

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Vivre dans le Saint Esprit


Peut-on concevoir un état plus heureux que celui d'une âme qui ne vit que de la vie de Dieu, parce qu'elle est toute plongée dans cette atmosphère divine qu'on appelle le Saint Esprit, parce que cet Air céleste qui sort de la bouche de Dieu, inonde son intelligence et son cœur? Pour en avoir quelque idée, il faut revenir à la comparaison qui est fondée sur le langage du Saint Esprit lui-même. Quels effets produit l'air que nous respirons, et dans lequel nous sommes plongés comme les poissons dans la mer? Le premier de ces effets, c'est la jouissance du spectacle admirable que présente à nos regards la nature, avec ses innombrables variétés de formes et de couleurs. Retranchez l'air que les rayons du soleil pénètrent, et vous serez à l'instant même privé de la beauté de ce spectacle. Tous les effets de lumière qui nous ravissent, lorsque nous contemplons le monde matériel, sont dus à l'atmosphère qui environne notre planète. Eh bien! il en est de même dans l'ordre surnaturel; tout ce qu'il y a de beau et de ravissant dans Dieu, dans Jésus Christ, dans les mystères augustes de la religion chrétienne, ne peut être aperçu que par une âme que le Saint Esprit environne et pénètre; c'est ce qui explique la différence qui existe entre les âmes sensuelles, mondaines, et les âmes vraiment spirituelles. Celles-ci n'ont qu'à regarder Jésus-christ dans quelqu'un de ses mystères, elles n'ont qu'à regarder une ligne de son Evangile, pour entrer dans de saints transports, et goûter d'ineffables délices. Les autres n'ont rien vu; elles ne commenceront à jouir des magnificences du monde spirituel qu'après avoir aspiré le Saint Esprit et s'être plongées dans sa lumière. Si l'air est nécessaire à nos yeux, il ne l'est pas moins à tous les autres sens de notre corps. Sans lui, il n'y a plus de son pour récréer nos oreilles, ou pour entendre la parole de l'homme. Privé de la jouissance de l'air, l'odorat n'existe plus, et le suave parfum que répandent les fleurs nous devient tout à fait inconnu.


Enfin, chacun de nos organes perd à l'instant même ses facultés, s'il cesse d'être en rapport avec l'air qui l'environne. Notre corps tout entier se trouve paralysé et sans mouvement, si on le prive de cette condition essentielle à la vie. C'est l'image fidèle de ce qui arrive à notre âme, lorsque le Saint-Esprit s'éloigne d'elle et qu'elle ne vit plus de la vie de Dieu; les sons harmonieux et divins de la parole éternelle qui viennent réjouir le juste dans cette triste vallée de larmes, le doux parfum qu'exhale la vie du Sauveur et de sa sainte Mère, les tressaillements de l'espérance et de l'amour qu'excite le Saint Esprit, tout disparaît, et vous ne voyez plus rien de la vie surnaturelle, de la vie si pure et si douce que les élus mènent sur cette terre; le goût du ciel et des choses de Dieu n'existe plus. Tous les sens intérieurs sont paralysés; vous n'avez plus devant vous„qu'un cadavre. Oh! combien j'en connais de ces âmes infortunées! Mais aussi combien d'autres qui ne cessèrent jamais de s'enivrer des joies pures que procure la parole de Jésus Christ, et les exemples qu'il a laissés aux hommes ! combien de justes qui savourent délicieusement les divins parfums que répand dans l'Eglise le souvenir de Jésus et de sa sainte Mère! Il en est encore de ces justes pleins de vie, rayonnants d'une jeunesse éternelle, et dont la céleste vigueur semble croître avec les années! qu'on demande à ces âmes ce qui les soutient, ce qui les anime, ce qui les rend capables de tous les genres de bien; elles répondront avec David: « J'ouvre la bouche de mon cœur, et j'aspire continuellement le Saint-Esprit ». On peut, sans être privé d'air, voir très-mal les objets; on peut être dans un état fâcheux qui s'oppose à toutes les jouissances que l'air procure à nos sens. Si l'air est corrompu, c'est un grand mal; la corruption de l'air engendre toutes les maladies. Eh bien! il y a beaucoup de chrétiens qui respirent un air corrompu. Dans le monde, on s'occupe de Dieu, de la religion, de certaines bonnes œuvres. Mais le monde gâte tout ce qu'il touche; aussi les principes qu'on reçoit de lui en matière de piété et de vertu, produisent sur l'âme le même effet que produit sur le corps un air vicié, corrompu. Cet effet est déplorable : il consiste à empoisonner le cœur qui est la source de la vie. Pour éviter un pareil danger, il faut chercher sincèrement Dieu et sa justice, il faut avoir faim et soif de la vérité. Or, le Saint Esprit seul communique Dieu et sa justice; le Saint Esprit seul donne la connaissance de la vérité, et nous apprend à la discerner de l'erreur. Oh ! quel grand zèle je vais avoir pour demander le Saint Esprit, pour l'attirer dans moi par tous les moyens que Dieu a mis en mon pouvoir! Mon Dieu! ne permettez pas que j'oublie jamais cette résolution.

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Respirer le Saint-Esprit


Notre poitrine respire, quand elle pousse au dehors l'air qu'elle avait aspiré. Ce mouvement est continuel dans nous; c'est une double action qui prouve la présence de la vie, et dont la cessation complète est la mort. On conçoit aisément ce qu'il faut entendre par ces mots: Respirer le Saint Esprit. Une âme pleine de Dieu, que peut-elle produire au dehors? évidemment des actes surnaturels qui tiennent de Dieu, qui ont, en quelque sorte, sa nature. Nous lisons dans le livre de la Genèse, que Dieu, après avoir formé l'homme du limon de la terre, répandit sur son visage un Souffle de vie, et l'homme devint une âme vivante, et saint Jean rapporte que Jésus Christ, après sa résurrection, souffla sur ses Apôtres, et leur dit: « Recevez le Saint-Esprit »; il respira sur eux le Saint Esprit qui était en lui. L'Eglise imite cette action du Sauveur dans les cérémonies qui accompagnent le baptême: le prêtre souffle sur la personne qu'il baptise, en disant: « Sors de cet enfant, esprit mauvais, et laisse la place au Saint Esprit ». Le Saint-Esprit nous est donc communiqué par le sacrement de baptême, nous recevons par lui une vie nouvelle, la vie de Jésus-christ. Dès lors il est facile de comprendre que toutes nos pensées, tous nos sentiments, et par là même notre langage rappelleront à nos frères les pensées, les sentiments et le langage de Jésus-christ; nous respirerons sur eux l'Esprit de Jésus Christ lui-même. Saint Paul ne disait-il pas: « Nous sommes la bonne odeur de Jésus-christ »? or, que veut dire le grand Apôtre, sinon que nous répandons autour de nous un parfum spirituel qui réjouit les âmes et qui les pénètre?


L'âme respire Dieu par son langage qui est tout céleste, par les divers mouvements qu'elle imprime à son corps, par la modestie qu'elle communique au front, par le feu divin dont elle embellit les yeux, par un ensemble de choses que tout le monde sent et qu'il est très difficile de définir. L'Ecriture sainte répète souvent ces expressions: « Dieu reçut ce sacrifice en odeur de suavité; la fumée de l'encens s'éleva vers Dieu comme une odeur suave ». Sans doute, ce langage est figuré. Mais il est très propre à me faire comprendre ce qu'est une âme qui respire le Saint Esprit. Saint Paul dit que les uns répandent une odeur de mort, et les autres une odeur de vie. Il est certain que l'homme qui n'aspire que l'odeur corrompue et infecte du monde et des plaisirs grossiers de la chair, ne peut répandre sur ses frères qu'une odeur pestilentielle, une odeur de mort. Quand certaines personnes sortent d'une maison, il faudrait appeler les Anges et les prier de venir avec leurs encensoirs d'or, brûler dans ce lieu où l'air est corrompu, quelques grains de l'encens qu'ils prennent au ciel, pour ramener les doux parfums de la pureté dans ces lieux; Mais à la place de cette femme légère et dissipée qui ne répand autour d'elle que l'odeur forte et désagréable de la mort, supposons la femme chrétienne et pieuse, la vierge dont le front est pur et le langage tout céleste; n'est-il pas vrai qu'on a respiré autour d'elle un doux parfum? La bonne odeur de Jésus Christ dont parle l'Apôtre s'est répandue comme le parfum que Madeleine répandit sur les pieds du Sauveur, et dont toute la maison du pharisien fut remplie. Il y a des âmes dont la respiration est funeste, elle corrompt l'air. Il y en a d'autres dont la respiration répand l'odeur de Dieu, de Jésus Christ, l'odeur du ciel. Respirer le Saint Esprit, c'est donc communiquer ce que l'on a au-dedans de soi de bon, de doux, de pur, de céleste. Marie, Mère de Jésus, respirait le Saint Esprit; ceux qui l'avaient vue et entendue étaient pleins de Dieu. Les Apôtres respiraient le Saint-Esprit. La première fois qu'on les vit et qu'on entendit leur parole, on fut rempli de l'Esprit de Dieu. En lisant encore aujourd'hui ce qu'ils ont écrit, il y a dix-huit siècles, on sent Dieu, Jésus Christ, le Saint-Esprit; on en est tout pénétré.


Eh bien! respirer le Saint Esprit, c'est le communiquer à ses frères par un souffle, une respiration toute surnaturelle. C'est répandre autour de soi une odeur de vie, c'est embaumer l'air, c'est-à-dire l'âme, le cœur auquel on s'adresse, avec lequel on entre en communication. Puis-je dire que je produis cet effet? Toutes les personnes avec lesquelles j'entretiens des rapports d'affaires ou d'amitié, peuvent-elles rendre ce témoignage, et quand je les quitte, disent-elles avec bonheur: Dieu a passé par là? Le feu de la charité, l'amour de l'innocence, l'esprit de l'Evangile a été soufflé, respiré sur nous; nous en sommes pénétrés, et nous sentons en nous quelque chose qui vient de nous être donné. O Saint Esprit, vous seul pouvez m'apprendre cet art divin de vous introduire dans les âmes; hélas! le plus souvent, c'est un esprit de vanité, de colère et de jalousie que je respire sur mes frères; est-ce donc là ce qu'ils doivent attendre de moi, après toutes les grâces dont vous m'avez favorisé? Non, mon Dieu, non, je ne veux plus porter l'odeur de la mort parmi vos enfants, mais je laisserai toujours au milieu d'eux une odeur de vie qui les rendra meilleurs, et ce sera en soufflant sur eux comme Jésus Christ, pour leur communiquer l'Esprit de grâce et de sainteté!...

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07 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Huitième jour

La vie par le Saint Esprit


L'apôtre saint Paul, dans son admirable Epitre aux Romains, nous révèle les plus sublimes mystères de cette vie spirituelle que le Saint Esprit communique à l'âme des justes, et qui diffère  essentiellement de la vie mondaine. Ecoutons le Docteur des nations: « Mes frères, nous ne sommes pas redevables à la chair, pour vivre selon la chair; si vous vivez selon la chair, vous mourrez. Si, au contraire, vous faites mourir par l'Esprit les œuvres de la chair, vous vivrez ». Et ailleurs: « La chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit convoite contre la chair; et ils sont opposés l'un à l'autre. Je vous le dis donc: Conduisez-vous selon l'Esprit, et vous n'accomplirez point les œuvres de la chair ». Ceux qui sont à Jésus-christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés. Si donc, nous vivons par l'Esprit, conduisons-nous aussi par l'Esprit. Ces principes sont d'une telle clarté qu'on hésite presque à les expliquer. Il est évident, d'après la doctrine de l'Apôtre, que notre nature déréglée par le péché, dirige ses affections vers les objets créés, et cherche sa félicité dans la jouissance des biens sensibles. Même après avoir été régénérés par le baptême, nous avons à combattre continuellement contre la convoitise et contre ses désirs, parce qu'ils sont opposés à l'Esprit de Dieu.


Ainsi il y a dans l'homme deux principes contraires qui le font agir, et qui remuent toutes ses affections: l'un qui le porte vers le ciel, et l'autre qui l'incline vers la terre; l'Esprit qui est la source de la pureté et de l'innocence, le détache de l'amour des créatures et l'élève vers son Créateur, en lui inspirant des désirs chastes et saints, et des pensées salutaires. La chair, de son côté, l'attache aux biens créés, aux choses sensibles, et le rend leur esclave. Elle ne suggère que des pensées basses et terrestres, des désirs illicites et déréglés, parce qu'elle est toute corrompue par sa propre origine. Ce combat dangereux dure autant que la vie. On ne peut le soutenir que par la grâce du Sauveur qui, seule, donne la force nécessaire pour que la victoire reste à l'Esprit. Le grand Apôtre s'écrie: « Je vois dans les membres de mon corps, une loi qui combat contre la loi de mon esprit, et qui me rend captif sous la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux homme que je suis! qui me délivrera de ce corps de mort? Ce sera, la grâce de Dieu par Jésus-christ Notre-Seigneur ». Heureuses les âmes qui connaissent ce terrible duel, comme l'appelle l'Eglise? heureux le chrétien dont le cœur est le théâtre de ce rude combat! c'est une preuve que l'Esprit de Dieu est en lui; car, dit saint Augustin, l'Esprit convoite contre la chair dans ceux qui sont bons; les mauvais ayant, perdu cet Esprit, la convoitise de la chair n'a plus d'objet; c'est l'état affreux dans lequel vivent beaucoup de chrétiens qui ne combattent plus, parce qu'ils suivent en tout les appétits mauvais de leur pauvre nature. Ils vivent tranquilles, c'est-à-dire, sans combattre; leur paix et leur tranquillité ne sont autre chose que les arrhes de l'enfer. Pour moi qui veux me sanctifier, je veux aussi ce combat, et je l'accepte.


Le Saint Esprit est venu, il m'a revêtu des armes nécessaires pour marcher contre l'ennemi, et pour recevoir ses attaques. Me voici, je suis prêt. Ce sera donc l'Esprit qui combattra !a chair, et si la chair m'attaque, je me vengerai contre elle en l'écrasant, en la crucifiant. Je ferai comme saint Paul qui la châtiait et la réduisait à l'esclavage. Saint Anselme, en traitant ce sujet, me dit: La concupiscence ne veut pas me permettre de faire le bien, que je voudrais? moi je l'empêcherai de faire le mal qu'elle veut. D'ailleurs quand elle crie, quand elle s'agite, je n'ai pas peur, parce que je ne consens pas à ce qu'elle désire! C'en est donc fait, ma vie sera une vie spirituelle. Oh! comme j'aime à revenir sur ce mot de saint Paul: « l'Esprit convoite contre la chair! » Précieuse convoitise! je vais l'irriter, la provoquer, la rendre toujours plus vive, afin qu'elle prenne un empire absolu, et que l'Esprit soumette entièrement la chair. C'est ce que produit dans les âmes justes la présence de l'Esprit de Dieu. Non, je ne suis pas le débiteur de la chair; elle est ma plus cruelle ennemie; tous ses efforts tendent à me damner pour une éternité. Qu'elle en prenne donc son parti, elle obéira à la loi de l'Esprit, et je saurai châtier et punir ses insolentes révoltes. Je suis le débiteur de l'Esprit; Je lui dois tous les biens de la grâce, il veut me conduire à la possession d'un bien infini. Je l'aime, et je me donne à lui; je vivrai de la vie de l'Esprit, en ayant toujours présente à ma mémoire cette parole de saint Paul: « Tous ceux qui sont poussés par l'Esprit de Dieu, sont les enfants de Dieu ».

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En quoi consiste la vie de l'Esprit


Suivons toujours l'enseignement admirable de saint Paul: « Ceux qui sont charnels aiment et goûtent les choses de la chair; ceux qui sont spirituels aiment et goûtent les choses de l'Esprit ». Ces paroles doivent me faire comprendre une chose, c'est qu'il ne s'agit pas, dans toute la doctrine que je  médite, de quelques vérités spéculatives qu'il est facile d'admettre en théorie, en les oubliant dans la pratique. Il s'agit, au contraire, de choses très précises, qui regardent toute ma conduite, et qui doivent avoir la plus grande influence sur toutes les actions de ma vie considérées dans leurs plus petits détails. La vie de la chair, disent les grands Docteurs qui ont expliqué saint Paul, consiste à s'occuper des choses de la terre par-dessus tout, à les aimer de préférence, à les rechercher avec ardeur, à s'en nourrir continuellement, à placer sa félicité dans les jouissances qu'elles procurent. Les hommes charnels, dit un savant commentateur du grand Apôtre, cherchent avec ardeur les biens de ce monde, ils applaudissent quand ils les voient, ils les embrassent avec transport. Les choses de la chair dont parle l'Apôtre, ce sont tous les objets sensibles et agréables à la chair, c'est-à-dire, à la nature viciée par le péché.


D'après cette définition de l'homme charnel, qui ne vit pas de l'Esprit et qui, par là même, ne saurait être compté parmi les enfants de Dieu, je comprends ce qu'il faut penser de l'immense majorité des chrétiens que j'ai sous les yeux, de ceux en particulier qui peuplent les grandes villes. Ou saint Paul a menti, ou ces pauvres chrétiens ne sont plus enfants de Dieu. Mais il est pour moi d'une importance extrême que je sache si je n'ai rien à craindre personnellement. Pour cela, il faut que j'examine sérieusement le caractère de l'homme spirituel opposé à l'homme charnel. L'homme spirituel est celui qui ambitionne les vraies richesses, les dons de la grâce, la possession de Dieu. Ses pensées sont dans le ciel, ses vœux sont pour le ciel, son ambition ne s'arrête jamais plus bas que le ciel. L'homme spirituel sait que par la chair, il est poussé vers les choses du temps, et détourné de sa fin qui est la possession éternelle de Dieu. Alors il craint sa chair, il redoute ses appétits, il déteste ses prétentions. Il veut dominer par l'Esprit de Dieu qui lui a été communiqué, cette partie de son être qui est faite pour obéir, et qui ne peut supporter le joug qu'elle cherche continuellement à secouer. L'homme spirituel voudrait, en quelque manière, sortir de son corps, et ne plus le sentir; il le regarde comme un esclave, comme un animal indompté dont l'humeur fougueuse est un danger pour lui. Il se dit à lui-même: mon corps n'est pas moi, pas plus que ce meuble, que cet habit n'est moi. Il sait que ce même corps n'est qu'une maison de boue destinée à la destruction. L'homme spirituel se persuade que tout ce qui est visible n'est qu'un fantôme, une figure, une vapeur qui s'évanouira bientôt; que c'est une simple apparence, et que la réalité c'est l'Esprit, c'est Dieu, c'est l'âme créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. Il comprend que le corps ne sera un jour glorifié que pour avoir pris, autant qu'il était en lui, les qualités de l'Esprit, et qu'il sera appelé alors un corps spirituel! Dans cette persuasion, le fidèle s'efforce de rendre son corps spirituel, autant qu'il le peut, à l'exemple des saints qui ont réduit d'une manière si étonnante les exigences de leurs sens. Ce n'est pas que l'homme spirituel ignore que le corps est pour lui une machine précieuse, très utile, sans laquelle il ne peut rien ici-bas, pas même souffrir pour la gloire de Jésus. Il veut donc conserver cet instrument, et il le doit; mais il étudie avec soin ce qu'il faut accorder par nécessité, et ce qu'il faut refuser pour éviter les révoltes. Il use de finesse, il agit par politique, comme on le fait envers des personnes haïssables dont on a besoin, et que l'on ménage néanmoins pour ne pas tout perdre en un instant. D'après ce principe, l'homme spirituel consulte la vertu de prudence, pour savoir ce qu'il convient d'accorder à ce corps dont les désirs sont insatiables. Il lui mesure avec parcimonie la nourriture, le sommeil, les plaisirs. Il le loge, il le couvre de vêtements; mais une sainte avarice et une rigueur prudente président à cette distribution, puisque la conduite contraire serait tout simplement la sensualité!...


Oh! comme les yeux vont se plaindre! ne les écoutez pas, et refusez-leur beaucoup de choses. L'ouïe sera réduite à entendre Dieu et sa parole, les gémissements et les soupirs du pauvre; elle devra renoncer à mille satisfactions ou criminelles ou dangereuses. L'odorat sera sanctifié, s'il est réduit à vous rendre le service de distinguer la pureté de l'air, ou à juger si les objets dont il faut que vous vous serviez sont véritablement sains. Quant au goût, on peut dire que ses exigences sont devenues telles que beaucoup de chrétiens vivent en qualité de ses esclaves. Oh! quelle sévérité l'homme spirituel déploie contre lui! Il consulte la saine raison pour distinguer ce qui est nuisible ou utile à la conservation, et puis il est impitoyable. Hélas! combien ces détails vont exciter la pitié des mondains! ils n'y verront qu'une folie, je les plains sincèrement, et je me tais. Aujourd'hui, on apprend aux enfants l'art si facile des jouissances physiques. L'industrie et les arts sont coupables devant Dieu, des plus perfides' inventions; et bien des mères qui se disent chrétiennes apprennent à la jeune fille à n'avoir d'autre Dieu que sa chair!... 0 mon Dieu, je ne puis douter de la vérité de ces principes; je les trouve pratiqués par tous les saints, et si je me trompais en les adoptant, je me tromperais avec les justes de tous les siècles, avec saint Paul le docteur des nations; je me tromperais avec Jésus Christ!... Ah! je comprends cette parole de l'Apôtre, et je la méditerai souvent: « L'amour des choses de la chair est une mort ; au lieu que l'amour des choses de l'Esprit est la vie et la paix ».

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Nécessité de la vie de l'esprit


Le grand Apôtre développe son admirable doctrine sur la vie spirituelle, et voici ce qu'il enseigne à tous les disciples de Jésus Christ: « Ceux qui vivent selon la chair, ne peuvent plaire à Dieu; pour vous, vous ne vivez pas de la chair, mais selon l'Esprit, si toutefois l'Esprit habite en vous. Que si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Jésus-christ, il n'est point à lui ». Ici, je dois remarquer avant tout, combien le ton que prend saint Paul est affirmatif; combien la décision qu'il donne est formelle, absolue, n'admettant aucune exception, et rejetant par là même, toute explication par laquelle on s'efforcerait d'atténuer ou d'affaiblir la force de sa parole. Or, quelle est cette décision que tous les sophismes fournis par la fausse piété, par la piété mondaine, ne pourront jamais affaiblir! c'est celle-ci: « Ceux qui vivent selon la chair, ne peuvent plaire a Dieu », Dieu est un Esprit infiniment pur, et par là même, en vertu de sa sainteté parfaite, il déteste, il abhorre les affections impures et les œuvres détestables de la chair. Ceux-là donc qui se renferment dans leur être purement naturel, et que le Saint Esprit ne régénère pas; ceux qui ne vivent pas de la vie surnaturelle, de la vie de l'Esprit, ceux-là ne peuvent plaire à Dieu. Les vertus que fait pratiquer la raison abandonnée à elle-même ne s'élèvent jamais jusqu'à Dieu, et ne peuvent lui être assez agréables pour mériter une récompense éternelle.


O Dieu! je veux vous plaire; arrachez de mon cœur, cet amour funeste des choses sensibles! cet amour tue l'âme pendant cette vie, et devient pour elle le principe de la mort éternelle. Cet amour, Dieu le haïra toujours, parce que, toujours, il sera opposé à sa pureté infinie. Saint Paul ajoute: « Pour vous, vous vivez selon l'Esprit ». En parlant ainsi, le grand Apôtre désigne les chrétiens, les vrais disciples de Jésus-christ. Ceux-ci ne suivent pas les affections terrestres, et ne s'inquiètent pas des avantages, des biens et des plaisirs que procure la vie présente. Ils ont été régénérés par le Saint Esprit, ils sont devenus des hommes spirituels, et leur amour se porte vers les choses surnaturelles. Nous sommes appelés des hommes spirituels, dit le grand pape saint Léon, si les affections charnelles ne dominent pas dans notre cœur; et l'on peut dire de nous que nous avons quitté la chair, lorsque nous ne suivons plus sa volonté. Mais remarquons la restriction que saint Paul met tout à coup à ce qu'il vient d'affirmer: « Si toutefois l'Esprit de Dieu habite en vous!... » Que signifie cette parole, sinon que la régénération par le baptême ne suffit pas, lorsque parvenus à l'âge de raison, nous avons le malheur de renoncer aux engagements que nous avons pris à l'égard de Dieu et de sa loi sainte, pour vivre suivant les maximes du monde et selon les désirs corrompus de notre cœur? Ce serait donc une erreur monstrueuse de dire: Je suis baptisé, donc me voilà sauvé. Cette proposition est le comble de la démence, et la marque d'un esprit épouvantablement égaré. Ce que saint Paul ajoute, après les paroles que je viens d'entendre, met dans le plus grand jour son enseignement divin: « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Jésus Christ, il n'est pas de lui ». Par cet Esprit, dit saint Augustin, il faut entendre le Saint-Esprit lui-même, ou l'Esprit de grâce et d'amour qu'il répand dans les âmes; c'est la même chose. Pour plaire à Dieu, il faut être à Jésus-christ; pour être à Jésus-christ, il faut avoir son Esprit: voilà des principes incontestables. Donc la vie de l'esprit, la vie de l'homme spirituel n'est autre chose que la vie de Jésus Christ, copiée, imitée, répétée par ses disciples.


Donc, pour savoir si je suis de Jésus Christ et par là même de Dieu, je n'ai qu'à répondre à cette question: mes pensées, mes affections, mon langage et mes œuvres, sont-ils une imitation des pensées, des affections, des œuvres de Jésus Christ, ou une imitation de la vie des mondains? Donc, porter les marques extérieures du chrétien, fréquenter les assemblées des fidèles, vaquer à des œuvres bonnes et louables, ce n'est pas un motif suffisant pour croire que l'on est un membre vivant du corps mystique dont Jésus-Christ est le chef, et le seul motif raisonnable qui peut me porter à espérer ce bonheur, c'est la présence de l'Esprit de Jésus Christ dans moi. Enfin l'Apôtre ajoute: « L'Esprit est vivant à cause de la justice », c'est-à-dire, le Saint Esprit qui est lui-même la vie essentielle et incréée est la cause de notre vie spirituelle; c'est lui qui nous communique cette vie divine en nous faisant vivre dans la grâce, dans la pureté, dans l'amour; c'est ce que disent saint Chrysostôme, saint Ambroise et saint Augustin, en expliquant les paroles de saint Paul. Qui doutera maintenant de la nécessité de cette vie de l'Esprit? qui osera la regarder comme un état de perfection auquel doivent sans doute aspirer les prêtres et les religieux, mais qui n'est pas commandé aux simples fidèles? Quoi! être un homme spirituel, s'efforcer de le devenir, travailler tous les jours pour cela, c'est à peine un conseil évangélique? chacun est libre de le pratiquer, et personne n'y est tenu? Erreur fatale, qui précipite un grand nombre de chrétiens dans la vie des sens, dans la vie mondaine, triste avant coureur de la mort éternelle. Ah! je comprends aujourd'hui ce que le Saint Esprit veut de moi; je comprends ce qu'il se propose de faire, si je lui ouvre mon cœur, si je lui livre mon âme. Il établira la vie de Jésus Christ dans moi; il fera de moi un homme spirituel; il m'élèvera au-dessus de ma nature grossière et corrompue; il me fera monter par Jésus Christ jusqu'à Dieu, et me rendra son enfant sur la terre, pour me rendre plus tard dans le ciel l'héritier de sa gloire.

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Les avantages de la vie de l'esprit


Le Saint Esprit, dans l'Écriture, oppose toujours l'homme animal à l'homme spirituel. Ce sont comme deux adversaires continuellement en face l'un de l'autre. Les vices, les défauts du premier nous font connaître les propriétés et les avantages du second. « L'homme animal, a dit saint Paul, ne pénètre pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu ». Hélas! il n'y a qu'à regarder autour de soi pour faire l'application de ce terrible anathème. Parlez à un grand nombre de chrétiens, de Dieu, de Jésus Christ, de l'évangile, du ciel, de l'enfer, vous les laisserez aussi froids qu'ils l'étaient avant de vous entendre. Ils sont dans une sorte de stupidité qui ne se réveille qu'au son de l'argent, ou aux clameurs que pousse la joie mondaine. Mais l'homme spirituel comprend les choses de Dieu. Certes, oui, il les comprend et il les pénètre; saint Paul nous assure qu'il juge de tout, c'est-à-dire, qu'il voit avec évidence la vérité des mystères les plus sublimes révélés par Jésus-christ et enseignés par l'Église, et tandis que la raison de l'homme animal ne peut les concevoir, l'homme spirituel est frappé des lumières et de la clarté qui les environnent. Le grand Apôtre élève encore bien plus haut l'homme spirituel; je l'entends qui s'écrie: « l'Esprit pénètre tout, et même ce qu'il y a de plus caché dans les profondeurs de Dieu, c'est-à-dire, les secrets de Dieu les plus impénétrables, et ce qu'il y a de plus élevé au-dessus de la raison. Or, cet esprit nous est donné, nous l'avons reçu, l'homme spirituel le possède. « Il découvre, dit Job, ce qui, pour l'homme animal, est enseveli dans de profondes ténèbres, et il produit au jour l'ombre de la mort ». N'est-ce pas l'homme spirituel qui a trouvé dans les pages si courtes et si simples de l'Évangile, tous ces trésors de science sacrée que nous nommons les œuvres de saint Augustin, de saint Basile, de saint Jean Chrysostôme et de saint Bernard? Une seule ligne, un mot de ce livre divin n'a-t-il pas suffi pour faire composer des traités admirables qui, bien loin d'épuiser cette source féconde, laissent encore aux saints et aux âmes pieuses des siècles à venir, des richesses incalculables à découvrir? N'est-ce pas l'homme spirituel qui pénètre dans les âmes, qui sonde les cœurs, qui connaît les consciences et met au grand jour leurs secrets?


Oh! comme je désire que mon directeur soit un homme spirituel! il vérifiera en ma faveur la parole de Job, en découvrant ce qui est enseveli dans de profondes ténèbres, en répandant la lumière de Dieu là où régnait auparavant l'ombre funeste de la mort. L'homme spirituel connaît le prix des grâces, il apprécie les bienfaits de Dieu, c'est là un grand bonheur. Je ne puis en douter, après que Jésus Christ lui-même s'est écrié: « Ah! si vous connaissiez le don de Dieu! » Qui le connaît ce don admirable, digne d'une éternelle reconnaissance? C'est l'homme spirituel qui a reçu le Saint-Esprit, et qui vit de la vie de l'Esprit. Saint Paul me l'assure: « Nous avons reçu l'Esprit de Dieu, afin que nous connaissions les dons que Dieu nous a faits », c'est-à-dire, pour avoir cette sagesse céleste qui nous fait connaître les biens ineffables que Dieu avait préparés avant tous les siècles, et qu'il commence à nous prodiguer durant cette vie, avant qu'il nous enrichisse de leur plénitude dans le séjour de l'éternelle gloire. L'homme spirituel qui ne vit plus que de la vie de l'Esprit, est un instrument docile entre les mains de la divine sagesse; elle en fait ce qu'elle veut, un Augustin, un François d'Assise, une Thérèse; saint Paul l'appelle un homme poussé par l'Esprit. Quelle admirable expression! De même que l'âme fait mouvoir le corps, détermine ses mouvements, le transporte d'un lieu à un autre, le Saint-Esprit devenu en quelque sorte l'âme du juste qui vit par lui, le pousse où il veut et devient le maître absolu de tous ses mouvements; toutes ses démarches, toutes ses résolutions doivent être attribuées à l'Esprit de Dieu qui est en lui. De quoi n'est-il point capable? Oh! si je pouvais dire avec saint Paul: « Nous, nous avons l'Esprit de Jésus-christ! » Mais, hélas! j'ai encore à travailler beaucoup pour détruire dans moi l'homme animal, éternel ennemi de la vie spirituelle dont Jésus-christ m'a donné le modèle et m'a exposé les principes! A combien de pauvres âmes s'adressent aujourd'hui ces reproches de saint Paul: « Il faut que je vous parle comme à des hommes charnels, et non comme à des hommes spirituels; n'est-il pas visible que vous êtes encore charnels, et que votre conduite est toute humaine »? L'apôtre saint Jude appelle les hommes qui n'ont pas l'Esprit de Dieu, des animaux. Et telle est la division qui existe parmi les chrétiens: les uns sont mondains, sensuels, charnels, ce sont des animaux qui ne vivent que de la vie des sens: leurs organes sont tout, leur corps est leur divinité. Les autres sont des hommes spirituels qui ne s'occupent qu'à perfectionner en eux les dons du Saint-Esprit et la vie de la grâce. Le choix m'est donné. En finissant cette méditation qui est peut-être la plus importante de toutes, et sur laquelle je me propose de revenir dans le courant de l'année, pour réveiller ma paresse dans les voies de Dieu, je veux me rappeler ces belles paroles du grand Apôtre: « L'homme ne recueillera que ce qu'il aura semé; celui qui sème dans sa chair, recueillera de la chair, la corruption, la mort; et celui qui sème dans l'Esprit, recueillera de l'Esprit la vie éternelle! »

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06 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

 

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Septième jour

 

Les opération du Saint Esprit dans l'âme fidèle


Jésus Christ disait à ses Apôtres: « Quand le Saint Esprit viendra, il prendra de ce qui est de moi, et il vous le communiquera ». Sans doute, il faut entendre par là que le Saint Esprit prendra de la lumière, de la science, de la sagesse qui est en Jésus Christ, de la grâce, de la vérité, de la sainteté qui est en lui, pour communiquer aux disciples ces trésors que le Maître possède dans toute leur plénitude. Mais ne me sera-t-il pas permis,en méditant cette belle parole, d'aller droit à ce que j'aime le plus dans Jésus Christ, je veux dire son Cœur, et de me demander ensuite à moi-même, ce que j'ambitionnerais le plus de tout ce que renferme d'admirable le Cœur de mon divin Maître, ce que je voudrais que le Saint Esprit pût prendre dans ce tabernacle pour l'apporter dans moi, pour me le communiquer? Je sais qu'avec mon Jésus tout m'est permis, eu fait d'ambition. Ne m'a-t-il pas dit: « toi dans moi, et moi dans toi »? n'a-t-il pas ajouté: « tout ce qui est à moi est à toi »? Pourquoi serais-je si timide, après de semblables témoignages d'une tendresse qui ne saurait rencontrer son égale? D'ailleurs, saint Paul ne m'exhorte-t-il pas à venir avec une confiance sans bornes, au trône de la grâce, et ce trône n'est-il pas évidemment le Cœur de mon Jésus? Je vais donc à ce Cœur; mais je n'y vais pas seul. Il m'a été dit que le Saint Esprit prendra de ce Cœur pour me le communiquer.


C'est au Saint Esprit que je demande de me rapprocher de ce même Cœur, d'y prendre tout pour me donner tout. Mais que trouve-t-on dans un cœur? Quelles sont les qualités de l'âme qu'on attribue au cœur, et qui lui sont particulières? Je le dis sans hésiter, ce sont les inclinations, les penchants, les goûts. On connaît un cœur, on le distingue des autres par là. Je n'ai pas ici à me-mettre en peine, comme s'il s'agissait d'un homme ordinaire. Les sympathies, les inclinations, les goûts de Jésus Christ, les penchants de son Cœur, tout est infiniment bon, beau, saint et aimable. Eh bien, voilà ce que le Saint Esprit, sans lequel je ne puis pas voir, encore moins aimer et prendre pour moi ces sympathies, ces inclinations et ces goûts, voilà, dis-je, ce que le Saint Esprit prendra de Jésus pour me le communiquer. C'est le Sauveur lui-même qui l'assure: O anoblissement, ô divinisation du cœur humain! O transformation incompréhensible! quoi! je puis avoir un cœur qui sente, qui aime comme le cœur d'un Dieu ! un cœur dont les inclinations, les penchants et les goûts se confondent avec ceux d'un Dieu! O richesses incomparables! ô amour infini de mon Dieu pour un être aussi vil, aussi abject que je le suis! Eh bien! je veux contempler cette vérité consolante, et pour m'en pénétrer vivement, je désire répondre d'abord à cette grande question: qu'a aimé et qu'aime encore Jésus Christ? Je ne dis pas assez; quels ont été, quels sont encore les inclinations, les penchants, les sympathies et les goûts du Cœur de mon Jésus? O Saint Esprit, répondez pour moi; et puis allez prendre tout ce qui est le propre du Cœur de Jésus et donnez-le, communiquez-le à mon propre cœur! Ce désir me brûle; pourrais-je en avoir un autre?

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L'Eglise a toutes les sympathies du Cœur de Jésus


L'Eglise c'est l'épouse de Jésus-christ. Cette épouse qui a coûté beaucoup; il l'a acquise au prix de son sang. S'il faut juger l'amour que le Sauveur a pour elle par les sacrifices qu'il a faits afin de la posséder éternellement, qui essaiera de dire cet amour? Le sacrement de Mariage n'est qu'un symbole, une image très imparfaite de l'union que Jésus Christ a contractée avec son Église. En l'épousant, après l'avoir choisie et formée de ses mains divines, il lui a donné son Cœur. Ce don est irrévocable; ici le divorce, la simple séparation sont impossibles; non, point de séparation, ni d'esprit, ni de corps, ni de biens, ni de sentiments. Les caresses de Jésus Christ à son Église se traduisent par les paroles les plus enflammées d'amour, par les actes les plus généreux. S'il parle d'elle, c'est toujours pour lui prodiguer les plus tendres discours. Il l'appelle son unique, sa belle, son immaculée, sa sœur, sa colombe, son lis, sa rose. Il nous déclare qu'un seul de ses cheveux fait à son cœur une blessure d'amour. On voit qu'il est jaloux d'elle. Non, il ne permettra pas qu'on la lui ravisse. C'est son bien, sa richesse, sa consolation, sa douceur. Il en est fier! Entendez-vous ces déclarations: « Tu es dans moi, et moi dans toi; habite dans mon cœur. Ne crains rien; comme mon Père m'a aimé d'un amour infini dans l'éternité, moi à mon tour, je t'aime! » Mais si des paroles je veux passer aux actes, quelle idée n'aurai-je pas de l'amour de Jésus Christ pour son Église? Que lui a-t-il refusé? que pouvait-il lui donner qu'il ne lui ait donné? quand on se livre tout entier à l'objet aimé, celui-ci peut-il exiger davantage? Corps adorable, sang précieux de mon Jésus, vous êtes la propriété de l'Eglise. Certes, il faut que le divin Époux ait eu pour son Église, un bien violent amour! Eh bien, qui refusera de croire que les penchants les plus doux et les plus irrésistibles de Jésus Christ sont pour l'Église? qui doutera que son inclination la plus forte ait pour objet l'Église? qui ne consentira à dire que les plus vives sympathies, les goûts les plus prononcés du Cœur de Jésus Christ sont acquis à l'Église?


Mais s'il en est ainsi, il faudra dire que le Saint Esprit ayant pour mission de prendre de Jésus Christ pour nous le communiquer, le signe auquel un chrétien pourra connaître que le Saint-Esprit a rempli sa mission en sa faveur, devra être ce goût, ce penchant, cette inclination pour l'Eglise. Si je n'avais pas ce goût de l'Eglise, cette inclination pour l'Église; si l'Église n'avait pas mes sympathies et qu'on voulût me persuader que je suis de Jésus-christ, que le Saint-Esprit a fait de moi son temple, qu'il est mon Directeur et mon Maître, je dirais tout simplement qu'on se moque de moi. Mais alors, il faudra que je dise: l'âme chez laquelle le Saint Esprit a apporté ce qui est de Jésus Christ, c'est celle qui souffre de toutes les douleurs de l'Église, celle dont les plus ardentes sollicitudes sont pour l'Église; l'âme qui bondit de joie quand l'Église triomphe, quand elle étend ses conquêtes; c'est l'âme qui est profondément triste quand les ennemis de l'Église triomphent; enfin c'est L'âme qui confond ses joies et ses tristesses, ses craintes et ses espérances, tous ses intérêts avec les craintes, les joies et les intérêts de l'Église. Pour ce qui est des âmes étrangères aux sentiments qu'éprouve l'Église, indifférentes en présence de ses douleurs ou de ses joies, qui sont presque étonnées de voir un chrétien qui s'anime en parlant de l'Église, que voulez-vous que je pense de leur état? Le Saint Esprit n'est pas venu dans elles; car là où il vient, il apporte, il donne ce qui est de Jésus-christ, donc l'amour et le goût de Jésus-christ pour son Église. O mon Dieu, combien de pauvres âmes qui s'abusent! Elles croient vivre par le Saint Esprit, et c'est leur propre esprit qui est toute leur vie.

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Les inclinations du Cœur de Jésus pour la Croix


C'est une vérité qu'il suffit d'énoncer et qui se passe de preuves; tous les goûts, toutes les sympathies de Jésus-christ, les penchants de son âme, les inclinations de son Cœur sont pour la croix. C'est bien d'elle qu'il voulait parler, quand il poussait ce cri sublime: « Combien je me sens pressé d'arriver au baptême de sang qui m'est réservé! » Et ailleurs: « Oh! qu'il a été grand mon désir d'arriver à cette divine Pâque après laquelle je mourrai! » Quand le Sauveur apparaît brillant de lumière sur le Tabor, de quoi parle-t-il avec Moïse et Elie? demandez-le à l'historien sacré, il vous répondra: De la mort qu'il devait bientôt endurer à Jérusalem. Avec ses douze apôtres, de quoi s'entretient Jésus-christ? De sa Passion, de la croix sur laquelle il sera immolé. Certes, si la bouche parle de l'abondance du cœur, il faut bien convenir d'une chose, c'est que le Cœur de Jésus Christ fut constamment porté vers la croix. Jésus-christ a pour son Eglise un amour immense; mais quel était l'arbre qui devait produire ce fruit d'éternelle bénédiction? En d'autres termes, où devait naître l'Eglise? Le nouvel Adam,quand devait-il recevoir son Epouse? La croix, la croix, voilà l'arbre qui a produit ce fruit admirable. La croix, voilà le berceau de l'Eglise, voilà le lit nuptial où a été consommé le divin Mariage qui unit à jamais Jésus Christ, l'Epoux céleste, à l'Eglise qu'il avait choisie de toute éternité pour en faire son Epouse. Jésus-christ pouvait-il donc n'avoir pas pour la croix cet amour qu'il réservait à son Eglise? Non, la croix qui a donné à Jésus son Epouse, possédera toujours son cœur. Ses penchants, ses inclinations, ses sympathies sont pour elle; ses goûts lui sont irrévocablement acquis.


Aussi voyez-vous comme il l'exalte aux yeux du monde entier? elle est son signe, son étendard, son drapeau; sans elle vous ne rencontrerez jamais la victoire; par elle, le monde et l'enfer sont soumis. L'Eglise a si bien compris ce goût de Jésus-christ pour la croix, qu'elle emploie à chaque instant ce signe sacré pour attirer sur la terre toutes les bénédictions du ciel. Point de sacrifice, de sacrement, de supplications, de prière sans la croix; on dirait que le regard de Jésus Christ ne peut pas être attiré sur la création, à moins que pour arriver à elle, ce regard ne rencontre la croix. Mais je me trompe, ce n'est pas une supposition que j'exprime, c'est bien une réalité dont l'évidence ne sera contestée par personne. Eh bien, que fait le Saint Esprit pour sanctifier une âme? Il prend dans le Cœur de Jésus Christ cet amour de la croix, cette inclination, ce penchant, ces sympathies, ce goût pour la croix, et il les communique à l'âme qui doit être l'amie de Jésus. Sans cette communication, la sainteté serait impossible. Voyez les apôtres lorsqu'ils sortent du Cénacle; consultez saint Paul converti; qu'apercevez-vous en eux? qu'exprime leur langage? que nous dit toute leur conduite? Ils sont fous d'amour pour la croix; c'est de la croix qu'ils parlent; c'est la croix qu'ils prêchent partout, et avec une force étonnante qui atteste le goût et l'amour de la croix, mais un amour qui va jusqu'à une sorte do délire dont les peuples païens commencent par se scandaliser, en attendant que ce délire s'empare de leur âme. O chrétien, quand tu fus baptisé, le Saint-Esprit s'empara de toi. Mais auparavant, la croix fut empreinte sur ton front et sur ta poitrine. Comprends-tu ce mystère, cette liaison nécessaire, indispensable, entre le règne de l'Esprit Saint dans ton âme, et la pensée constante, et l'amour vrai, fort, persévérant de la croix? Oh! les justes, ceux que le Saint Esprit fait des hommes spirituels, comme leurs goûts, leurs sympathies, toutes leurs inclinations sont pour la croix! Que de baisers brûlants d'amour! Avec quelle tendresse ils la font reposer sur leur cœur! ou le voit bien; le Saint-Esprit est allé prendre ce goût de la croix dans le Cœur de Jésus, et il l'a communiqué à leur âme.

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Les inclinations du Cœur de Jésus pour la divine Eucharistie


Je cherche avec une sainte avidité les signes manifestes de la présence du Saint Esprit dans une âme. Saint Paul m'a dit que les justes avaient reçu le sceau du Saint Esprit; pourquoi ne voudrais-je pas connaître ce sceau qui marque les âmes justifiées et les sépare des hommes de la terre? J'ai vu très clairement une chose, c'est que le signe, le sceau divin des enfants de Dieu se trouve dans leur cœur, et qu'il consiste dans la conformité des goûts, des penchants, des inclinations de ce cœur avec les goûts et les penchants du Cœur de Jésus Christ. L'Eglise et la Croix ont toutes les sympathies de Jésus-christ, parce que l'Eglise et la Croix sont inséparables comme la cause est inséparable de son effet. Mais que dirai-je maintenant de la divine Eucharistie? Les sympathies de Jésus Christ, ses goûts sont-ils pour ce Sacrement adorable ? Les penchants, les inclinations de son Cœur ont-ils pour objet la divine hostie? Pour première réponse à cette question, je demanderai à mon tour si la sainte Eucharistie n'est pas le trésor incomparable de Jésus Christ. Quand je nomme ce Sacrement auguste, puis-je y voir autre chose que la chair sacrée dont le Fils de Dieu s'est revêtu dans le sein de la Vierge, autre chose que le sang infiniment adorable qui, après avoir été répandu pour le salut du monde, continuera à couler éternellement dans les veines d'un Dieu? N'est-ce pas par cette chair divinisée, par ce sang d'un prix infini, que Jésus Christ a glorifié son Père, et a racheté le genre humain? Mais s'il en est ainsi, comment Jésus Christ considère-t-il lui-même sa chair et son sang? Quelle estime en a-t-il? Cette estime a-t-elle des limites, des bornes? Et si cette estime est sans bornes, peut-elle ne pas produire un amour infini? Dans l'âme parfaite du Fils de Dieu, l'estime et l'amour peuvent-ils avoir un caractère différent, n'être pas au même degré?


Mais voyons les faits. Il est certain que la conduite de Jésus Christ à l'égard de sa chair adorable et de son sang précieux doit nous dire la mesure de son amour, de son goût, de ses sympathies pour cette même chair et pour ce sang adorable. Eh bien! je dis que cet amour de son corps sacré a porté Jésus Christ à lui faire, à lui accorder un honneur infini, une gloire divine. Cet honneur et cette gloire, je les trouve dans l'Eucharistie. Voyez ce trône élevé dans l'Eglise! Là tous les hommages, tous les honneurs dus à la divinité sont rendus perpétuellement au corps de Jésus Christ. Toute la terre est remplie de cette gloire, tous les peuples la chantent; c'est un triomphe de chaque instant. Mais voulez-vous un honneur plus grand encore que celui d'une adoration universelle? Regardez bien la divine hostie; Jésus Christ en a fait le pain de nos âmes, et c'est ici que je trouve pour la chair et le sang du Sauveur une gloire qui dépasse toute conception humaine. Quoi! la chair et le sang de Jésus nourriront mon âme qui est une substance spirituelle? Le corps nourrira l'esprit, la matière donnera la vie à l'intelligence! ô mystère incompréhensible! or ce mystère, c'est la glorification la plus sublime que je puisse concevoir de la sainte humanité de Jésus Christ. Cette glorification si élevée, si sublime, que suppose-t-elle, sinon de la part de celui qui l'a voulue, un amour immense pour ce même corps, pour ce sang précieux que je trouve dans le divin Sacrement de l'autel. Dites maintenant si Jésus-christ n'aura pas pour ce Sacrement, une prédilection, une sympathie, un goût, un amour au-dessus de tout ce qu'il est possible d'imaginer. Non, jamais les inclinations du Cœur de Jésus, ses penchants, ses sympathies, ses goûts ne rencontreront un objet plus digne de les attirer et de les rendre infinis! Mais s'il en était ainsi, une âme en faveur de laquelle le Saint Esprit fait ce qu'a prédit Jésus Christ, aura nécessairement un goût très-vif pour la sainte Eucharistie.


Toutes ses inclinations iront là; tous ses penchants la porteront vers cet objet, toutes ses sympathies lui seront acquises. Il n'y a pas de milieu possible; ou il faut admettre cette vérité, ou bien il faut accepter l'accusation d'idiotisme. Lors donc que je rencontrerai cette ligne dans l'Evangile: Le Saint-Esprit prendra de moi pour vous le communiquer, je devrai me souvenir de l'amour, du goût de Jésus-christ pour le divin Sacrement de l'autel, et examiner où en est mon cœur par rapport à ce goût, à cet amour. Ce sera le moyen de connaître le degré d'action du Saint-Esprit dans moi. Je ne dois pas finir cette méditation sans résumer tout ce qui vient d'être dit; les vérités que je viens d'étudier sont trop importantes pour qu'il me soit permis de les oublier. Qui a lés inclinations et les goûts de Jésus-christ? Un petit nombre de chrétiens, parmi ceux qui vivent dans le tumulte du monde. La plupart des hommes, s'ils connaissaient bien les sympathies et les penchants de Jésus-christ, n'hésiteraient pas à les condamner. Cependant les vrais fidèles, ceux qui ont l'esprit de Dieu, admirent, aiment tout ce que Jésus-christ a aimé, et ils s'efforcent de croître dans cet amour qui seul peut les sauver. De quel côté suis-je en ce moment? ai-je le goût de Jésus-christ? car enfin, être dégoûté de tout ce qu'il aime, c'est être dégoûté de lui. Mais qu'est-ce qu'un chrétien qui est sans goût pour Jésus-christ? Cet infortuné ne saurait avoir le goût de Dieu et de ce qui vient de lui; que dois-je penser de son état? Ames fidèles, laissez dire le monde; laissez-le à sa folie, s'il refuse de devenir sage. Pour vous, n'oubliez rien pour augmenter dans votre âme ce goût divin, tout céleste, ces sympathies surnaturelles que le Saint Esprit vous a communiquées, et vous pourrez dire avec saint Paul: « Moi je n'ai pas reçu l'esprit de ce siècle, mais l'Esprit qui vient de Dieu ».

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05 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Sixième jour

La Gloire que le Saint Esprit rend à Jésus Christ


C'est Jésus-christ lui-même qui a prédit la gloire rendue à sa personne adorable par le Saint-Esprit, puisqu'en annonçant à ses Apôtres que son Père céleste enverrait bientôt au inonde l'Esprit de vérité et d'amour, l'Esprit consolateur, le divin Maître ajoute cette parole prophétique: « Et cet Esprit me glorifiera ». Nous le savons, la Mission du Fils de Dieu dans ce monde a pour objet la gloire de son Père. Cette vérité est sur toutes les pages de l'Évangile. A la naissance du Sauveur, les Anges chantent ce cantique: « Gloire à Dieu au plus haut du ciel ». Plus tard, quand Jésus-christ parle lui-même de sa Mission, il affirme de la manière la plus formelle que la gloire de son Père est l'objet, le terme, la fin dernière de toutes ses œuvres. Ainsi glorifier Dieu en le faisant connaître, en le faisant aimer et servir, c'est ce que veut, ce que cherche Jésus Christ, c'est la fin suprême de l'Incarnation. Mais Jésus Christ est Dieu; il doit donc être glorifié comme son Père. Demander pourquoi, ce serait une question aussi stupide que celle-ci: Dieu doit-il être glorifié? Jésus Christ a-t-il été glorifié pendant sa vie mortelle? Non. Il a été méconnu, nié, persécuté, rassasié d'opprobres. Cette injustice sacrilège qui venait de la malice des hommes devait être réparée; Dieu se chargea de cette réparation. Avant de mourir, le Sauveur nous révéla ce mystère de la gloire qu'il recevrait bientôt. 


« Mon Père, disait-il, je vous ai glorifié, j'ai manifesté votre nom, j'ai accompli l'œuvre pour laquelle vous m'avez envoyé; maintenant, vous, mon Père, glorifiez votre fils ». Une voix vint du ciel qui dit: « Je te glorifierai ». La glorification de Jésus Christ eut lieu dans le ciel, le jour de son Ascension. Mais, sur la terre, cette glorification était indispensable. La terre était devenue en effet le théâtre des humiliations profondes, des anéantissements incompréhensibles d'un Dieu; ne fallait-il pas que la réparation eût lieu sur ce même théâtre? C'est ce qui arrivera après que Jésus Christ sera retourné dans le ciel. Et de même que le Fils de Dieu a glorifié son Père, le Saint Esprit sera envoyé au monde pour glorifier Jésus Christ. Le Saint Esprit viendra dans l'intérêt de Jésus Christ. Une gloire infinie sera rendue à l'homme Dieu, et le Saint Esprit, en donnant la connaissance et l'amour de Jésus Christ, sera l'auteur et le principe de cette gloire. Si Jésus Christ a employé les trente-trois années de sa vie mortelle à la glorification de son Père céleste, le Saint Esprit consacrera tous les siècles qui doivent s'écouler avant la fin du monde à la glorification de Jésus Christ. Telle est la vérité que je dois méditer; car elle m'est personnelle, comme je le verrai bientôt, et si j'oubliais, si je négligeais cette œuvre du Saint-Esprit qui doit s'accomplir par moi, ce serait un malheur affreux. Heureuse l'âme qui aura su éviter ce malheur!

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Quand le Saint Esprit a-t-il commencé à glorifier Jésus Christ?


Ici je m'occupe de cette glorification de Jésus Christ qui fut extérieure, éclatante, solennelle, à laquelle le monde entier devait concourir jusqu'à la fin des siècles. Car déjà le Saint-Esprit avait glorifié le Sauveur par la conversion de Madeleine, de la pécheresse de Samarie, par la sanctification de certaines âmes. Mais ces faits étaient à peu près cachés et inconnus, et c'était un autre genre de gloire que Dieu le Père réservait à son Fils. Or, la voici cette gloire; elle ne se fait pas attendre longtemps. Il y a à peine dix jours, le Fils de Dieu montait an ciel, et déjà tout s'ébranle, tout est en mouvement à Jérusalem. C'est là, en face du Calvaire, à côté du palais de Caïphe et du prétoire de Pilate, que le soleil se lève radieux, pour répandre tous ses rayons sur la grande et sublime figure de ce Jésus de Nazareth attaché à la croix par l'infidélité des Juifs, comme le dit saint Augustin. Voyez venir les Apôtres, écoutez-les. Quelle transformation! leur éloquence vive, impétueuse, renverse tous les sophismes, repousse et anéantit tous les blasphèmes; c'est par milliers qu'après chaque discours de Pierre, les hommes qui ont vu attacher à la croix Celui qu'ils appelaient un séducteur, tombent à genoux pour adorer Jésus et demander la grâce de devenir ses Disciples. Quelle gloire pour Jésus-christ! des Pharisiens, des Prêtres, des Gentils et des Juifs se mêlent, se confondent, embrassent la même foi, professent le même culte, et poussent le même cri: Jésus est le Fils de Dieu! Mais d'où vient ce prodige? qui en est l'auteur?


Le Saint Esprit est descendu sur les Apôtres, et tout a été fait. Le Saint Esprit a répandu sa lumière, il a communiqué sa chaleur, il a embrasé les âmes; il a montré Jésus Christ à ceux qui ne l'avaient pas vu tel qu'il était, il a découvert sa sagesse et sa sainteté infinies, il a dit ses amabilités, sa beauté souveraine, et tout à coup, Jésus Christ est devenu l'objet unique de l'ambition des hommes; l'aimer, le louer, s'attacher à lui, lui consacrer tout, mourir pour lui, c'est la plus grande des gloires. Voilà l'Eglise! Comme son berceau est magnifique! Le jour de sa naissance, elle compte pour ses fils dévoués huit mille hommes, sans parler des femmes et des enfants; et quand le soleil se couche à Jérusalem, les Apôtres offrent déjà pour le travail de quelques heures, une moisson composée de gerbes magnifiques. C'est ainsi que le Saint Esprit a fait son entrée dans le monde; tel est le commencement de son œuvre, le premier fruit de sa moisson. Et quand je dis la moisson, j'indique seulement les prémices. Attendez, et vous verrez bientôt le champ du père de famille, comme il s'élargira; bientôt la terre entière va tressaillir au seul Nom de Jésus, et tous les peuples concourront à l'accomplissement de cette Prophétie: « j'attirerai tout à moi! » Il est vrai que les nations frémissent, que la Synagogue écume de rage, et que les rois se liguent ensemble pour s'opposer aux conquêtes de la croix; mais cette opposition sera la plus grande gloire de Jésus. Le Saint Esprit est là, il fait de chaque disciple un héros; l'armée qu'il anime de son souffle opère les plus étonnantes merveilles; la valeur, le courage, la force, ne lui font pas défaut. Le Saint-Esprit l'anime, la pousse, la conduit; elle triomphe partout, et l'univers entier tombe à genoux, en prononçant avec amour le Nom adorable de Jésus. Eh bien, âme fidèle, que penses-tu maintenant de cette parole surprise sur les lèvres mille fois adorables de ton Jésus: Le Saint Esprit me glorifiera? Oh! si tu aimes Jésus, combien tu dois aimer le Saint Esprit qui a tout fait pour sa gloire! Non, sans le Saint-Esprit tu ne connaîtrais pas Jésus, tu ne l'aimerais pas. Comprends alors ce que tu dois au Saint-Esprit et de reconnaissance et d'amour.

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Comment le Saint Esprit continue à glorifier Jésus-Christ


Saint Augustin s'est posé à lui-même cette question, et voici comment il a répondu: Le Saint Esprit continue à glorifier Jésus Christ, en répandant son amour dans les cœurs, et en formant des hommes spirituels. En lisant cette ligne, il m'est impossible de ne pas supposer que le grand Evêque d'Hippone avait présenté à son esprit la formation de la sainte humanité du Sauveur dans le sein de Marie, quand il voulut répondre à cette grande question: Comment le Saint Esprit continue-t-il à glorifier Jésus Christ? Oui, sans doute, il en est ainsi: Le Saint Esprit, par l'amour qu'il répand dans les âmes, forme des hommes spirituels. C'est une sorte de continuation du grand mystère de l'Incarnation du Verbe. Voici les membres de Jésus Christ, ses frères, appelés à glorifier leur chef. Ni la chair, ni le sang ne pourront leur donner naissance; ils naîtront de Dieu; c'est le disciple bien-aimé qui l'affirme. Or cette naissance divine comment a-t-elle lieu? Dans le Saint-Esprit, et par le Saint-Esprit. Lui seul crée, lui seul enfante les hommes spirituels; il les crée, il les enfante dans l'amour. Mais qui dira la gloire qui revient à Jésus Christ de cette naissance par le Saint Esprit? Créés dans l'amour, Gis de l'amour, les vrais enfants de Dieu sont tout à Jésus-christ. Il est l'objet de leur culte, de leur adoration; il est la fin de toute leur existence. S'ils désirent quelque chose, c'est pour lui et dans ses intérêts; s'ils aiment, c'est pour lui. Toute ambition qui n'a pas pour objet ou pour terme ses amabilités infinies, ils y renoncent. Souffrir pour lui, c'est leur gloire, c'est leur bonheur; lui donner, lui livrer tout, c'est leur suprême félicité.


Dites-le, hommes du monde, avez-vous découvert dans l'histoire des siècles, quelque grand personnage aimé comme Jésus est aimé? Cherchez votre héros et montrez-nous des millions de Martyrs, de Vierges qui lui offrent en sacrifice leur vie entière, et qui renoncent à tout pour la seule satisfaction de lui plaire. Cet idéal du dévouement et de l'amour ne s'est réalisé qu'une fois; vous le savez bien. Jésus Christ seul est cet homme souverainement aimable, ce Roi éternel des siècles, le Sauveur, ce Fils de Dieu qui a mérité une pareille gloire, et celte gloire est un fait permanent qui se perpétuera jusqu'à la fin du monde. Ce fait de la glorification de Jésus-christ par les hommes est l'œuvre propre, particulière, du Saint Esprit; mais il faut au Saint-Esprit des instruments dociles. Le jour où la céleste Vierge, à laquelle le Saint Esprit venait d'être annoncé par l'Ange Gabriel, s'écria: « Ecce ancilla Domini; fiat mihi », l'Esprit Saint, par son amour et sa puissance, fit la sainte humanité de Jésus. Le jour où une âme dit pour de bon au Saint Esprit: « Fiat », cette âme devient propre à glorifier Jésus Christ. Le Saint Esprit, avec son concours, fera de grandes choses pour l'exaltation et la glorification de Jésus Pourquoi ne serais-je pas cette âme? que je le veuille ou non, Jésus Christ continuera à être glorifié; et ce ne serait pas par moi? ô honte! ô ingratitude! Non, mon Dieu, cette honte ne sera pas sur mon front ; non, je ne me rendrai pas coupable de cette ingratitude.

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Quel est le procédé par lequel le Saint-Esprit parvient à nous faire glorifier Jésus Christ?


 

Le Divin Sauveur a dit lui-même le grand mystère de sa glorification par les hommes. Ecoutons sa parole: « Le Saint Esprit prendra de moi, et il vous le communiquera ». C'est comme si Jésus Christ disait: comme par l'opération du Saint Esprit, par son action divine, j'ai pris dans \e sein de la Vierge ce qui est de vous, votre nature que je n'avais pas, vos misères et vos infirmités qui semblaient incompatibles avec ma propre nature qui est celle de Dieu, de même le Saint Esprit prendra de moi, il prendra ce qui est divin, ce qui semble incompatible avec votre nature, et il vous le communiquera, il vous le donnera, de telle sorte que, si par le Saint Esprit, je suis devenu l'un de vous, à votre tour, par le Saint Esprit, vous deviendrez comme moi fils de Dieu, vous deviendrez mes frères. Vous recevrez, vous aurez de ma divinité, de mes perfections; vous aurez de mes grâces, de mes mérites, de mes vertus. Toutes ces richesses passeront de moi dans vous; et ce sera le Saint Esprit qui vous les donnera. Ce mystère incompréhensible de la grâce étant une fois admis, je conçois tout de suite la glorification par l'homme de la personne adorable de Jésus Christ. D'abord cette gloire que Jésus-christ attendait de l'homme, consiste en ce que l'homme met toute sa gloire dans sa ressemblance avec le Sauveur. Lui ressembler, s'écrie une âme dans l'extase de son admiration et dans l'ivresse de son amour, lui ressembler! mais j'achèterais cet honneur au prix de mille vies, si la chose était possible! Or je demande si ces sentiments ne sont pas pour Jésus Christ une gloire immense, alors que l'expérience nous les montre dans toutes les âmes qui sont éclairées, belles, pures, recommandables par les plus riches qualités; qu'importe à la gloire de mon Jésus que les cœurs bas, abrutis, les cœurs de boue, d'ordure, comme le sont tous ceux des chrétiens mondains, ne connaissent pas ces sentiments? La vierge, la femme vertueuse qui les éprouvent, rendent dans une minute infiniment plus de gloire à Jésus Christ, que ne peuvent lui en ravir certaines âmes par quarante années de mondanité et de corruption.


Le Saint Esprit glorifie Jésus-christ en lui donnant des portraits, des images, des répétitions de lui-même. C'est le prodige qu'il opère à chaque instant. Alors, de même que Dieu le Père a pu dire, en parlant de Jésus Christ: « C'est mon bien-aimé en qui je mets toutes mes complaisances », Jésus Christ dit à son tour, en regardant ses saints: « voilà mes bien-aimés; je mets en eux toutes mes complaisances ». Tel est donc le grand triomphe de Jésus Christ. Telle est sa gloire: des créatures qui n'ont d'autre ambition que celle de lui ressembler, de le reproduire partout. Et cette ambition, par conséquent la gloire qui en résulte pour Jésus Christ, c'est le Saint Esprit qui en est l'auteur, le principe; c'est lui qui la donne, qui la nourrit, qui la fait croître dans les cœurs, qui la rend impatiente de tout souffrir, de rompre tous les liens, pour permettre à l'âme de s'élancer dans le sein éternel de Celui qu'elle appelle son Jésus et son Tout. Ame fidèle, n'oublie jamais ces douces et consolantes vérités, et surtout sois bien pénétrée de cette pensée que l'oubli du Saint Esprit, la négligence, l'indifférence à son égard, est le grand moyen employé par le Diable pour s'opposer efficacement à la glorification de Jésus Christ.

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04 février 2011

Le Mois du Saint Esprit

Le Mois du Saint Esprit

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Cinquième jour

Le Saint Esprit rend témoignage à Jésus Christ


Sans doute; les œuvres de Jésus Christ, pendant qu'il était sur la terre, ont rendu un magnifique témoignage en faveur de sa divinité. Le Divin Maître le disait lui-même, en parlant à ses disciples aussi bien qu'à ses ennemis. Mais les intelligences perverties ne cessèrent pas de rejeter ce témoignage. Jésus Christ eut alors pour témoin de la vérité de sa parole, Dieu le Père qui fit entendre sa voix, le jour où son Fils unique humilié, rangé parmi les pécheurs pour l'amour de nous, consentit à recevoir de la main de Jean-Baptiste, le Baptême de la Pénitence. Une voix fut entendue venant du ciel: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances ». Le même témoignage fut rendu à la divinité du Sauveur, le jour de sa transfiguration sur la montagne du Tabor. Mais la mission de témoigner en faveur de Jésus Christ était spécialement réservée au Saint Esprit. Ce que le Fils de Dieu était venu accomplir dans le monde en faveur de son Père céleste, le Saint-Esprit devait l'accomplir en faveur de Jésus Christ, jusqu'à la fin des siècles. Aussi quand il annonce l'arrivée du Saint Esprit sur la terre, le divin Sauveur se hâte de dire la nature et la fin de sa mission: « Le Saint Esprit que je vous enverrai du sein de mon Père, ce sera lui qui rendra témoignage de moi ». C'est donc une vérité incontestable, que la Mission du Saint Esprit a en pour fin, dans les décrets éternels de la sagesse infinie, l'attestation de la divinité du Sauveur. Le Saint Esprit ne devait pas s'incarner; sa mission ne ressemble pas, sous ce rapport, à celle du Fils de Dieu. Si Jésus Christ a été vu, entendu, touché par ses Apôtres, il n'en pouvait être ainsi du Saint Esprit. C'était par les hommes, en les prenant pour ses instruments et ses organes, en les remplissant de lui-même, qu'il devait parler et agir de manière à rendre la divinité du Sauveur évidente, certaine, incontestable. Voilà pourquoi, après avoir dit cette parole: « Le Saint-Esprit rendra témoignage en ma faveur, Jésus-christ ajoute aussitôt: « Et vous, vous rendrez témoignage de moi ». Or cette dernière parole du Sauveur se trouve confirmée par une autre; car au moment où il va quitter ses disciples pour retourner à son Père, le Fils de Dieu s'écrie: « Vous serez, vous, mes témoins dans Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre ».


Telle fut la dernière promesse, et en même temps le dernier ordre que reçurent de leur adorable Maître ceux qu'il avait si tendrement aimés, pendant qu'il vivait au milieu d'eux. Jusqu'au moment de la Pentecôte, les Apôtres avaient bien imparfaitement rempli ce ministère de témoins de Jésus Christ. Quelle faiblesse, quelle timidité, quelle inconstance dans leurs discours comme dans leur conduite! Si, pendant sa vie mortelle, le Divin Sauveur a eu des témoins fermes et dévoués à sa personne adorable, il faut les chercher parmi les femmes pieuses qui l'adoraient en le servant, plutôt que parmi les hommes qu'il avait choisis pour porter son Evangile aux nations. Le Saint Esprit devait seul transformer ces hommes faibles et timides en témoins courageux de la divinité de leur Maître. Mais quand je parle de témoins, je ne dois pas oublier qu'il y en a de deux sortes; on distingue les témoins à charge, les témoins accusateurs, de ceux que l'on nomme à décharge et qui vengent un accusé des inculpations fausses et des calomnies dont il est l'objet. Pendant les trois années de ses prédications, Jésus Christ vit s'élever contre lui une nuée de témoins à charge, de témoins accusateurs. Ses paroles comme ses actes furent presque toujours incriminés. Chacune de ses œuvres devint l'objet d'une accusation particulière. Qui prit en main alors la cause du Fils de Dieu? Jean Baptiste étant mort, je ne vois plus un homme qui continue son ministère de témoin, et je n'aperçois autour du Sauveur, même parmi ceux qui l'aiment d'un amour sincère, que des âmes pusillanimes, souvent dans le doute, jamais fortes et dévouées comme on a le droit de les chercher, quand il veut des témoins parfaits. Jésus Christ étant mort et remonté au ciel d'où il était venu, rien ne change dans la conduite et les sentiments de ses ennemis. Il a été écrit: « Il sera un signe de contradiction ». Or les contradicteurs, c'est-à-dire, les témoins accusateurs ne manqueront jamais; ils accuseront ses mystères, sa morale, sou culte, et toute sa personne adorable. Le Sauveur sera contredit, nié, blasphémé, jusqu'à la fin des siècles. Mais il aura ses témoins à décharge, ses défenseurs; le Saint-Esprit est venu, il vit dans eux, il les rend capables de justifier Jésus Christ, de venger son honneur, de repousser la calomnie, et d'attester jusqu'à la fin des siècles sa divinité. Dans la personne de ces témoins s'accomplit tous les jours, depuis plus de dix-huit siècles, cette admirable parole: « Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ». Telle est donc la vérité importante, vérité toute pratique que je dois méditer aujourd'hui. En ma qualité de chrétien, je suis nommé, institué par Jésus Christ lui-même, comme témoin de sa divinité et de la sainteté de sa doctrine. O mon Dieu, comme je vais m'arrêter avec bonheur aux considérations qui doivent nécessairement naître pour moi de cette vérité consolante.

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Le Saint Esprit fait du chrétien un témoin de Jésus Christ


C'est à moi qu'il a été dit: « Tu seras mon témoin, et c'est la raison pour laquelle tu recevras le Saint Esprit; plein de cet esprit, dirigé, conduit par cet esprit de vérité, tu me soutiendras, tu me défendras, tu témoigneras par tes œuvres, par ta vie entière, en faveur de ma divinité, de ma sainteté infinie, de la vérité de mon Evangile. Voilà pourquoi le Saint-Esprit t'a revêtu de lui-même, voilà pourquoi il a établi son règne au milieu de toi ». Quel honneur immense! Quelle sublime dignité! Je suis le défenseur de Jésus-christ; je repousse tous les reproches qu'on lui adresse, je témoigne en sa faveur, je le venge des injures qu'on se permet contre sa personne adorable, je suis le témoin de sa grandeur, de sa sainteté infinie. Ainsi l'Incarnation du Fils de Dieu, sa naissance d'une Vierge, la sublimité de ses vertus, la toute-puissance qu'il a déployée dans ses œuvres, sa mort, sa résurrection, l'éternité de son règne, voilà ce qui m'est livré, ce qui m'est confié, pour que je le soutienne, que je le propage, que je le conserve au milieu du monde, en faisant de ma vie un témoignage irrécusable en faveur de toutes ces vérités. Mais enfin comment peut-on remplir cette mission? Par lui-même, l'homme en est incapable; il s'agit d'un ministère divin dans son principe comme dans son objet; la nature humaine livrée à elle-même ne saurait arriver à une pareille hauteur. Eh bien! le Saint Esprit sera donné à l'homme qui devient son instrument et son organe, et l'homme plein de l'esprit de Dieu est capable de soutenir Jésus Christ, de le défendre, de venger les intérêts de sa gloire, de perpétuer son règne ici-bas jusqu'à la fin des siècles. Cet homme c'est moi, si je le veux; oui, c'est moi si, comme le dit énergiquement le grand Apôtre, « le Saint Esprit habite dans moi ». Et ici je dois me défendre avec soin du sentiment d'une fausse modestie, car il serait absurde de dire: « Ce ministère est trop élevé pour moi; je l'abandonne aux Apôtres, aux prêtres ou aux grands Saints ».


Si je tenais un pareil langage, je serais un insensé, car refuser un honneur qui vient directement de Dieu, qui est offert, je ne dis pas assez, qui est imposé par sa volonté souveraine, c'est une insigne folie. Je dis plus encore, ce refus est un outrage pour Jésus Christ, c'est un crime contre la justice, puisque la justice exige que Jésus Christ soit défendu. Mais d'ailleurs, en n'étant pas pour Jésus Christ un témoin, un défenseur, pourrait-on rester dans un état neutre, et ne pas se ranger parmi ses ennemis et ses accusateurs? Cette prétention est condamnée formellement par Jésus Christ lui-même: « Si quelqu'un, dit-il, n'est pas pour moi, il est contre moi ». L'entendez-vous, âme lâche, cœur paresseux et timide? L'accusé divin est là en votre présence; ses ennemis l'accablent de reproches, ils le trouvent un grand coupable; il a séduit le monde, en se faisant passer pour un Dieu. A ces mots, les amis de Jésus se révoltent; ils attestent la sainteté et la divinité de leur Maître, et ils sacrifient tout pour que Lui soit glorifié. Et vous, vous garderez le silence; ni vos œuvres, ni vos paroles ne diront de quel côté vous êtes ? Votre prétention est absurde, car votre inaction et votre silence vous ont déjà rangé parmi les adversaires de Jésus-christ Celui qui n'est pas pour moi est contre moi. Il faut donc accepter, il faut vouloir la qualité de témoin de Jésus Christ. Si le Saint Esprit est dans nous, rien ne nous paraîtra plus honorable. Mais si cette qualité et le ministère qui en découle, nous répugne ou nous épouvante, gardons-nous de dire que l'Esprit Saint est dans nous; ce serait un affreux mensonge. Ames fidèles, cœurs fervents, c'est vous qui comprenez l'amour que Jésus Christ a eu pour vous, quand il vous a choisis, quand il vous a dit cette parole si admirablement belle: « Vous serez mes témoins ». Il en est parmi vous qui ne se contentent pas de témoigner par la sainteté de leur vie, en faveur des préceptes du saint Evangile; leur prétention monte plus haut. Il leur faut être les témoins privilégiés de la sainteté des désirs de Jésus Christ, et des conseils de son Evangile. Alors la céleste Virginité, la pauvreté volontaire, le sacrifice parfait font vos plus chères délices. Jouissez de votre bonheur, et pensez souvent à l'honorable et douce mission qui vous a été confiée, d'être les témoins de ce qu'il y a de plus sublime et de plus élevé dans les discours de votre aimable Jésus.

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Les chrétiens indignes d'être appelés témoins de Jésus Christ


Quand les Apôtres s'écriaient, après la glorieuse Ascension de leur Maître: « Nous sommes ses témoins », les témoins des paroles que nous vous annonçons, c'est-à-dire de la vérité qui est en elles », ils réalisaient ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe: « Vous, vous êtes mes témoins », c'est-à-dire les hommes qui attestent mon existence, mes perfections infinies, qui attestent mon Verbe, ma Parole, mon Fils. Oui, le Fils de Dieu devenu homme, Sauveur, Rédempteur, chef d'un peuple nouveau, souverain prêtre, juge des vivants et des morts, voilà l'objet du témoignage que les Apôtres rendirent avec une grande force, avec un courage invincible, quand le Saint Esprit se fut emparé de leur âme. Mais cette force et ce courage accompagnent-ils mon témoignage en faveur de Jésus Christ? Il est certain que le monde ne cesse d'appeler Jésus Christ à son tribunal, il l'examine, et tantôt il le dépouille en partie de son autorité, tantôt il la nie complétement. Quel est le principe, quelle est la pensée de Jésus Christ qui soit toujours respectée? Hélas! les négations sont si nombreuses, Jésus Christ est tellement nié, repoussé, amoindri, que pour beaucoup de personnes, il ne reste plus rien de son autorité, de ses perfections et de sa parole. En présence de ces injustices sacrilèges, de ces ennemis qui répètent sans cesse avec les Juifs du Vendredi-Saint: « Nous ne le voulons pas », où sont les témoins qui répondent fièrement et avec énergie: « Pour nous, nous le voulons »? Ces témoins de Jésus Christ, je ne dois pas espérer de les rencontrer parmi les lâches et les timides qui ont toujours peur. Semblables à saint Pierre, avant que le Saint Esprit se fût emparé de lui, ceux-ci disent, au moins par leur attitude et leur silence: « Je ne le connais pas ». Esclaves du respect humain, ils tiennent la vérité captive, ils se taisent, ils agissent même assez souvent contre le cri de leur conscience, et on les croirait de vrais ennemis du Sauveur et de son Evangile. Peut-être diront-ils la vérité, mais ce ne sera qu'à, demi; faire briller toute l'innocence de l'accusé, ils ne l'osent jamais; le moins qu'ils fassent contre cette même vérité, c'est de la laisser dans un demi jour. Pour ces chrétiens timides et lâches, la fermeté du langage est une vraie imprudence, la clarté dans la défense de l'Evangile, c'est de la témérité. Où donc pourrait conduire ce zèle que notre société ne peut plus supporter? On créerait des ennemis partout; et c'est sous un semblable prétexte que la lâcheté va s'abriter, et qu'elle laisse nier, attaquer, amoindrir Jésus Christ dans chacune de ses paroles. Le monde est ainsi à son aise, et il peut s'occuper à démolir Jésus-christ, l'Evangile, l'Eglise, sans rencontrer dans certaines maisons un seul contradicteur. Un jeune sot qui sort du collège en impose à la dame pieuse qui a communié le matin, et qui, le soir, n'a pas le courage de sa foi et n'oserait pas soutenir, par exemple,que le mariage étant un sacrement, deux personnes qui sortent de l'hôtel de ville où elles ont signé une feuille de papier, ne sont pas plus mariées qu'elles ne l'étaient en y entrant.


O lâcheté, où nous conduiras-tu? Tes concessions ne tendent à rien moins qu'à faire oublier l'Evangile. Après avoir permis qu'on attaquât les conseils du Fils de Dieu, qu'on jetât de la boue contre la sainte Virginité que tu as depuis longtemps livrée aux sarcasmes du libertinage et de la sottise, tu finis par tolérer les plus horribles blasphèmes lancés contre l'Eglise, contre sa divine et infaillible autorité, contre le culte des Saints, les maximes de la morale chrétienne, contre tout ce qui vient de Jésus Christ. Et ce qu'il y a ici de plus déplorable, c'est que ces indignes et vils déserteurs de la vérité, ces faux témoins de Jésus-christ ont l'affreux courage de s'asseoir à la table Sainte, et d'approcher leurs lèvres du calice du salut! Ces mêmes chrétiens si lâches, si pusillanimes, quand il s'agit des intérêts de Jésus Christ, ne sont-ils jamais forts, courageux, pleins d'énergie? Oui sans doute; mais c'est quand il s'agit de leurs intérêts matériels. Que faut-il donc conclure de leur conduite? Une seule chose: le Saint Esprit est bien loin d'eux; ils l'ont chassé de leur cœur; ils ont éteint sa flamme. Comment seraient-ils donc encore des témoins de Jésus Christ? On parle quelquefois dans le monde de certains témoins qui se laissent corrompre. Les promesses et les menaces d'un homme haut placé suffisent pour leur fermer la bouche, ou pour obtenir d'eux un mensonge. On a vu des médecins se constituer les témoins de la folie d'une personne qui était loin d'être folle, mais qu'un riche du siècle avait intérêt à faire disparaître. Voyez les soldats qui gardaient le sépulcre de Jésus Christ, au moment de la Résurrection. On leur donne une pièce d'argent, et ils consentent à soutenir la plus niaise imposture. Ces soldats ne sont pas loin ; j'en vois tous les jours un bon nombre. Est-ce que vous ne les avez jamais rencontrés? Voilà un ennemi de la foi; c'est bien reconnu. Mais il est si riche, il nous fait tant de promesses, il y a tant à espérer de nos rapports avec lui! Taisons-nous quand il parle; sourions même puisqu'il le désire; Dieu sait bien que nous ne pensons pas comme lui! Insensés! Ce que Dieu sait, c'est qu'il vous a nommés les témoins de son Fils unique Notre-Seigneur Jésus Christ. Ce que Dieu sait, c'est que vous rougissez de la vérité et des engagements de votre Baptême, c'est que vous êtes de la même légion que les soldats du sépulcre! O mon Dieu, que d'apostasies payées par une place, une pension, un morceau de ruban, un sourire ! Et il y a des chrétiens qui regardent ce crime comme très honorable! Mais le Saint-Esprit a dit: « Le témoin qui ment périra ». O Saint-Esprit, venez ; rentrez dans ces pauvres âmes qui vous ont chassé du milieu d'elles. Que votre lumière leur montre le crime énorme dont elles se rendent coupables, en s'obstinant à refuser la mission qui leur a été confiée au jour de leur Baptême: « Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ».

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Les vrais témoins de Jésus Christ


Jamais l'Eglise ne sera stérile; sa fécondité ne finira qu'avec le monde. Aussi la voyons-nous toujours glorifiée par un bon nombre d'enfants dévoués à leur mère, et prêts à tout sacrifier plutôt que d'abandonner jamais la défense de son divin Epoux Notre Seigneur Jésus-christ. Mais comment reconnaître, au milieu du monde, les vrais témoins de Jésus Christ, ses soutiens, ses défenseurs fidèles? Où faut-il les chercher? Quelles qualités les distinguent? Deux choses sont essentielles à un témoin: la lumière, la science, et la volonté. Sans doute, il faut connaître le fait qu'on a entrepris de prouver, la personne que l'on a résolu de justifier et de défendre. Sans cette connaissance, on s'exposerait à de grandes méprises; on pourrait compromettre l'innocent, l'accusé que l'on veut défendre. Ce principe appliqué à notre sujet est fécond en conséquences pratiques. Je dois soutenir Jésus Christ. Puis-je me dispenser de le connaître? Je veux prendre ses intérêts, venger sa gloire méconnue et niée par le monde, ne faut-il pas que je sache en quoi consistent ces mêmes intérêts et où se trouve la vraie gloire du Fils de Dieu? Ma qualité de témoin m'oblige à soutenir l'Evangile; pourrait-il m'être permis d'ignorer ce même Evangile? Si toutes ces connaissances n'existent pas, le témoin de Jésus Christ commettra mille imprudences; sa prétendue défense pourra devenir très-compromettante pour celui qui en est l'objet; et c'est ce que nous avons vu souvent. Avant de dire à ses Apôtres: « Vous serez mes. témoins », Jésus-christ leur avait fait cette promesse: « Le Saint-Esprit vous apprendra toute vérité, il vous enseignera toutes choses ». Qui ne verra dans cette conduite du Divin Sauveur la nécessité de l'étude, de l'instruction chrétienne pour tous les disciples de l'Evangile? Je le dis avec l'amertume dans l'âme, l'ignorance nous tue. Les riches et les pauvres, les rois et leurs ministres, les académiciens et les ouvriers, ignorent les premiers éléments du christianisme. Aussi quand ils parlent, on est obligé de sourire de pitié si l'on ne pleure pas amèrement. Non, un témoin qui n'est pas éclairé sur la cause qu'il veut soutenir et défendre, ne sera jamais capable de remplir son ministère.


O vous qui aimez l'étude de Jésus Christ, de ses mystères, de son Evangile, je vous ai vus à l'œuvre, aux prises avec des hommes réputés savants, et j'ai été inondé de consolation et de joie. La cause de mon Jésus a triomphé, parce que chacune de vos paroles était un rayon de lumière que les plus habiles sophismes ne pourraient jamais obscurcir. Continuez d'étudier l'Evangile, témoins éclairés, vous serez plus facilement des témoins pleins d'amour et de zèle. Le Saint Esprit est lumière et amour; il éclaire, et il échauffe; quand il veut faire un vrai témoin de Jésus-christ, il répand dans son âme et la lumière et l'amour. On a vu des témoins éclairés, mais froids et indifférents. Leurs paroles sont pâles, sans couleur. On voit qu'ils remplissent par force un devoir qui leur pèse, et ils ont hâte de se retirer. Les défenseurs d'un parent, d'un ami, ont un autre caractère; le feu qui sort de leurs yeux et qui leur vient du cœur, se communique à chacune de leurs paroles. L'effet qu'elles produisent est toujours un grand bien pour l'accusé. Quand Jésus-christ a voulu des témoins, où les a-t-il pris? Chez ces mêmes hommes auxquels il venait de dire: « Vous, vous êtes mes amis ». C'est après les avoir ainsi qualifiés qu'il leur dit: « Vous serez mes témoins! » Il est inutile de se le dissimuler, les vrais témoins de Jésus Christ ne se trouvent que chez les chrétiens dont le feu divin de l'amour est venu visiter le cœur. Plus on aime Jésus-christ, plus aussi on se trouve éloquent lorsqu'il s'agit de rendre témoignage en sa faveur. Si un païen a pu dire: « C'est le cœur qui rend éloquent », que ne dirons-nous pas nous-mêmes, en présence de tout ce que nous voyons? Depuis dix-huit siècles, il en est toujours ainsi; le cœur des amis de Jésus en fait des hommes éloquents; l'ardeur, le feu de leur parole n'est produit que par le feu qui les brûle intérieurement. Quand le monde leur reproche cette ardeur, il leur reproche d'aimer trop Jésus-christ; n'en doutons pas. Ainsi lumière et amour, voilà ce qui fait les vrais témoins de Jésus-christ. Et comme le Saint-Esprit seul peut inonder notre âme de lumière, embraser notre cœur de l'amour de Jésus Christ, le Divin Maître nous a dit: « Vous serez revêtus de la vertu du Saint-Esprit, et vous deviendrez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre ».

paraklitos

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