15 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Seizième jour

Modèle accompli des âmes intérieures

 

Le Saint Esprit voulant nous donner une haute estime de la vie intérieure, enseigne que tout l'ornement de la fille du Roi, c'est-à-dire de l’âme sainte, est dans son intérieur au milieu des franges d’or, et des divers ornements dont elle est environnée. Notez, dit excellemment le séraphique saint Bonaventure, que, par ces paroles, le Saint Esprit explique en quoi consiste la beauté et la gloire de l'épouse du Christ ; qu’elle n‘est pas dans la beauté du corps, non plus que dans les richesses temporelles, pas plus que dans les ornements extérieurs, mais dans l’intime du cœur orné par les franges d’or, c'est-à-dire par l’acquisition et l’exercice des vertus théologales. Et le reste.

Le plus pieux de tous les interprètes des Livres saints, le Maître de Saci, développant avec une lumière admirable ce beau texte, dit après saint Jean Chrysostome : « C’est comme si le prophète nous disait : « Ne vous arrêtez pas au dehors, entrez au dedans, et attachez-vous à regarder la beauté de l’âme. Car c'est de cette beauté que je vous parle. Et lorsque vous entendez nommer de riches habits, des franges d'or, et tous les autres ornements, vous devez comprendre que ce langage est spirituel, et qu'il regarde non les ornements extérieurs, mais ceux du dedans, qui consistent dans une piété intérieure, et qui procurent une gloire spirituelle »

Gardons-nous de l'illusion. La vie intérieure ne consiste pas simplement à s’adonner à des exercices de piété parce que l'inclination naturelle y pousse ; c'est une chose si belle, si honorable, si grande de servir Dieu ! que plusieurs prennent volontiers l'idéal pour la réalité ; mais cette vie consiste à s’identifier: par l'union constante, absolue de notre volonté à celle de Dieu et cela dans les moindres choses qui en dépendent, a régler-tous les mouvements du cœur, toutes les pensées de l’esprit, fontes les affections de l’âme selon la divine volonté qui est le principe, la base et la mesure de toute sainteté. Hors de la, il n’y a plus de vie intérieure, c'est-à-dire spirituelle, surnaturelle ; et c’est ici où tombe le masque de la piété.

Or, je dis que saint Joseph est après le Christ et la bienheureuse Vierge le plus beau modèle des âmes intérieures, comme en même temps leur plus doux protecteur. En effet, si d’après mon argument, et comme l’établit très bien l’abbé de Brion sur le texte cité du Psaume, la fille du Roi, qui est l'âme intérieure, prend en Dieu qui est son origine la règle et les moyens de tout ce qu’elle doit faire, convenez que saint Joseph a dû faire de même, de sorte que tout ce qu'il entreprenait, opérait, terminait, était commencé conduit, fini par et selon le mouvement de la grâce, ou du Saint Esprit résidant en son âme. C’était la grande occupation de notre Saint, qu’il regardait comme la plus essentielle, la 'plus utile et la seule qui réponde à la fin suprême de l’homme en ce monde. Jouir des lumières qu’il puisait en Jésus-Christ, des douceurs de sa contemplation, des joies de ses entretiens, assurément ç’a dû être la bonne, belle et riche part de Joseph, et personne ne le conteste, mais était-ce son occupation principale, son but unique, sa fin dernière ? Non, mais bien de se transformer en quelque sorte en Jésus-Christ par la pensée, le sentiment et la volonté -ou l’imitation, de sorte qu’il put dire avant l’Apôtre : « Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ en moi » Voilà la vie intérieure de saint Joseph. Celle de toutes les âmes qui s’écartent de ces principes avoués par la sacrée Théologie, enseignés par l’Église devient nécessairement l’effet de l’illusion.

C’est pour leur éviter ce grave inconvénient, puisque les suites en peuvent être si funestes, si grandes, si durables, que je leur recommande non seulement d’étudier la conduite de saint Joseph afin de l'imiter, mais aussi de prendre ce Saint pour protecteur, maître et directeur invisible dans ces voies de la vie intérieure. Ce qu'il fera volontiers en leur obtenant les lumières du Saint Esprit, une volonté ardente, forte, généreuse, pour les suivre dans tout ce qu’elles leur montreront de juste, de convenable, de saint en un mot de conforme à la volonté divine manifestée dans les préceptes de la foi, les conseils de l’Évangile, les ordres des supérieures civils ou ecclésiastiques. Ce qu’il fera encore, en obtenant à ces âmes plus,de fidélité, plus d’attention, plus de persévérance dans leurs exercices de piété qui sont de grands moyens pour devenir bien intérieur, et faire de grands progrès dans cette vie divine. Souvent il est tel de ces exercices qui semble pénible, ennuyeux, fatigant, soit absorbement par les affaires temporelles, ou distractions par les objets extérieurs, ou simplement sécheresse accidentelle, l’âme souffre pour s’y appliquer d’une manière vraiment étonnante, quelquefois affreuse, comme sainte Thérèse en fit elle même l’expérience durant de longues années en ce qui touche l’oraison mentale. Eh bien, si dans ces moments de désolation, d’anxiété ou de découragement l'on s’adresse avec instance, ferveur et constance au Cœur du bon saint Joseph, nul doute que l'on en recevra des secours bien sensibles, des grâces bien puissantes qui feront triompher de la nature, toujours avide de jouir et difficilement résignée au sacrifice; on éprouvera que, par la protection de saint Joseph, la nuit même est devenue lumineuse, par ce que les ténèbres de l’erreur, ou des passions qui couvraient l’âme, se seront dissipées pour faire place à la clarté de la vérité et de la charité.

 

Exemples

 

Pendant que le père Lallemant était recteur du collège de Bourges, comme la fête de saint Joseph approchait, il appela deux jeunes professeurs, et leur promit d’obtenir pour chacun d’eux telle grâce qu’ils désireraient, pourvu qu’ils exhortassent leurs élèves à la dévotion envers saint Joseph, et à lui rendre quelque hommage particulier le jour de sa fête. Les deux régents acceptèrent de grand cœur la proposition, et leurs exhortations, furent si efficaces, que le jour de saint Joseph les deux classes entières firent la sainte communion en son honneur. Le même jour, ils se rendirent chez le père recteur, et chacun d’eux lui déclara en secret la grâce qu'il désirait obtenir. Le premier, c‘était le célèbre père Nouet, demanda la grâce de savoir écrire et parler dignement de Notre-Seigneur. On ignore quelle grâce avait demandé le second : on sut seulement qu’il l’avait obtenue. Quand au père Nouet, le lendemain de la fête, ayant changé d’idée, il retourna auprès du père recteur, et lui dit qu’après y avoir mieux pensé, il croyait devoir demander une autre grâce plus utile à sa propre perfection. Le père lui répondit qu’il n’était plus temps, puisque saint Joseph lui avait déjà obtenu la grâce désignée en premier lieu.

Certes, le père Nouet n’eut pas lieu de regretter sa demande, car il obtint de Saint Joseph une telle abondance de lumières, une onction si pénétrante et une si profonde connaissance de Jésus-Christ et des voies spirituelles que ses écrits nombreux qui roulent presque tous sur les mystères de Notre Seigneur, de la bienheureuse Vierge et des Saints, sont des plus estimés, dès plus pratiques et des plus lus. Je peux le dire sans forfanterie, il est difficile d’avoir lu plus que moi de ces auteurs ascétiques et mystiques, mais aucun ne m’a paru surpasser le vénérable père Nouet. Quelle gloire à ajouter à tant d'autres gloires de l’illustre Compagnie de Jésus. Il a écrit deux méditations très longues et très tombantes sur saint Joseph, qui montrent assez qu'elle était sa reconnaissance et son dévouement pour son saint protecteur et Maître.

Un berger avait conservé au milieu des dangers du monde une simplicité et une innocence admirables. Il se rencontra une fois avec un père Jésuite, qui, après quelques moments d’entretien, reconnut en lui une âme d’élite, enrichie de grâces et de dons si sublimes qu’il ne se subvenait pas d’en avoir jamais trouvé un autre plus avancé dans la perfection. L’admiration du religieux redoubla quand il apprit du jeune homme que, depuis dix-huit ans, il était en service, et que jamais personne ne lui avait donné aucune leçon de la vie spirituelle. Cependant, le religieux voyant qu'il parlait de ces matières si relevées avec l’exactitude d’un théologien, lui demanda s’il avait de la dévotion à saint Joseph. « Il y a six ans, répondit le jeune Berger, que Dieu m’a inspiré de le choisir pour maître et pour patron. Ce saint patriarche, ajouta-t-il, m’a fait connaître lui-même qu'il était, après Marie, le plus grand de tout les saints ; qu’il avait été rempli du Saint Esprit bien autrement que les apôtres ; enfin qu’il était le protecteur spécial des âmes intérieures dont la vie, comme la sienne, doit rester cachée aux yeux du monde ». Puis il se mit à parler en termes magnifiques des vertus et des privilèges de saint Joseph, disant qu’en récompense de son incomparable modestie, Dieu a voulu qu'il n’y eût que les âmes extrêmement pures qui eussent des lumières touchant ses grandeurs ; que Joseph avait été un homme de grand silence, discourant fort peu, à l’exemple de Jésus et de Marie avec lesquels il 'aimait à communiquer par le regard plutôt que par les paroles. Bref, il laissa le bon religieux tellement ravi d'admiration, qu’il avait coutume de dire que la rencontre du berger illuminé lui avait valu plusieurs années de religion.

 

Prière du saint archidiacre Boudon à saint Joseph

 

Je me prosterne en votre présence, ô grand saint Joseph et vous honore comme le chaste époux de la Mère de Dieu, le Chef de la plus sainte famille qui fut jamais, le Père nourricier de Jésus-Christ, le fidèle Dépositaire des trésors de la sainte Trinité... Pénétré de respect et d’amour à la vue de vos grandeurs et de votre sainteté, je vous offre et je vous consacre mon cœur, après Jésus et Marie vous en serez le maître et le directeur. Je vous regarderai désormais comme mon Père et mon protecteur, daignez me regarder comme votre enfant. Faites moi sentir les effets de votre grand crédit auprès de Dieu ; et de votre grande charité pour moi. Obtenez-moi une sincère conversion et toutes les grâces dont j'ai besoin pour remplir ses adorables desseins. Obtenez-moi cet esprit de recueillement, cette vie intérieure, cette fidélité à la grâce, cette union intime avec Dieu, cette profonde humilité de cœur, cette parfaite conformité à sa pure et sainte volonté, cette patience dans les adversités, cette estime, cet amour des croix, ce parfait abandon à la conduite du Seigneur, surtout cet amour ardent pour la personne sacrée de Jésus-Christ, et pour sa sainte Mère, qui ont fait votre caractère particulier. Prenez, ô grand Saint, sous votre protection, les âmes intérieures, surtout celles qui, à votre exemple, écoutent et imitent Jésus et Marie dans la retraite et le silence. Ainsi soit-il.

 

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14 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quinzième jour

Le consolateur des âmes affligées

 

Saint Joseph a eu beaucoup à souffrir de toutes les manières ; mais principalement des peines de cœur. Toutefois, sachant bien que la vie de l’Enfant-Dieu en était le motif, il souffrait non pas seulement résigné, mais avec joie. La pensée de la volonté de Dieu qu'il exécutait était un calmant suave à ses douleurs, puis il recourait toujours à Dieu par l'oraison, ne cherchant qu'en Dieu seul sa consolation et la fin de ses peines. Le Cœur très doux de saint Joseph est donc le grand consolateur des âmes affligées. Outre qu'il a été tant éprouvé il a été trop longtemps avec l'adorable Jésus, pour n’avoir pas appris de ce divin Maître à compatir à tous ceux qui souffrent et qui recourent à son Cœur si bon, si paternel. La sainte Église nous apprend d’ailleurs, dans un Répons qu'elle consacre à la mémoire de notre Saint, que quiconque veut avoir la santé spirituelle n’a qu'à implorer le secours de Joseph.

En récompense des consolations qu’il a procurées à Jésus et à Marie, dit le très honoré frère Philippe, Dieu lui a donné une grâce toute particulière pour consoler et assister ceux qui sont dans la douleur, et qui ont recours à sa bienveillante protection, aussi est-ce à eux surtout qu’il est dit : « Allez à Joseph, et faites tout ce qu’il vous dira ».

Du vivant de saint Joseph, les habitants des pays environnant sa demeure allaient voir le divin Enfant qui travaillait dans sa boutique, lorsque surtout ils se trouvaient dans la désolation. Ils se disaient entre eux, au rapport, du bienheureux Gerson : « Allons voir le fils de Joseph et de Marie, et il nous consolera..... » Ces bonnes gens, dit le dévot Binet, criaient qu’ils avaient appris cela du bon Joseph, son père, tellement que la maison de Joseph, c’était la maison de la consolation et le refuge des misérables.

 

Exemples

 

Ah ! combien de malheureux ont depuis lors suivi ce conseil avec succès ? Combien d'âmes désolées sont venues prier au pied de l'autel de saint Joseph, et y ont trouvé un baume salutaire pour leurs plaies ? C'est-à-dire l'espérance d'être bientôt consolées, ou la force pour souffrir avec courage de plus grandes peines encore, si tel était le bon plaisir divin. F. de la ville de Turnhont en Belgique, était depuis longtemps accablé. d’ennuis et de sollicitudes, à cause d'un violent chagrin domestique, qui minait lentement sa triste existence et qui aurait fini par le conduire au tombeau, si saint Joseph ne se fut hâté de venir a son secours. Une fois que plus accablé que jamais il confia les motifs de sa douleur à une personne vraiment pieuse, celle-ci lui dit de s‘adresser à saint Joseph, et que ce bon Saint entendrait ses soupirs, essuierait ses larmes. F. goûta cet avis et animé d’une grande confiance, il invoqua assidûment saint Joseph qui rendit la paix et la joie à son cœur troublé et affligé.

Saint Joseph, mais il est l’autel des désolés ! Les bons chrétiens le savent par l’expérience ; aussi les voyez-vous aller se prosterner dans l'Église au pied de sa sainte image, ils reconnaissent par la qu’après la Vierge Marie, si bien nommée par lsidore de Thessalonique, notre incomparable consolatrice, qu’ils considèrent de Saint comme un très fidèle consolateur dans leurs afflictions. Saint Joseph, mais il est le médecin spirituel des âmes malades ! I1 a des remèdes pour tous les maux, il soulage dans toutes les détresses, il aide toutes les faiblesses, il satisfait à tous les besoins, il allège toutes les infortunes, il adoucit toutes les aigreurs, il remplit toutes les exigences du cœur, et malgré les tortures auxquelles ce pauvre cœur est exposé par la violence. des hommes, par celle des passions ou celle des démons, il peut lui faire trouver le bonheur, mais ce bonheur supérieur aux sens, comme s’exprime l’Apôtre.

Ô vous qui souffrez et gémissez, vous dont le cœur est noyé dans un abîme de tristesse, recourez à saint Joseph ; il sait ce que c'est que la douleur ; il a lui-même mangé un pain détrempé de ses larmes et de ses sueurs ; il a connu ces perplexités qui abattent l’âme, la font pleurer des larmes bien amères, qui l’oppressent et la réduiraient au désespoir, si le Dieu consolateur, si le Dieu bon qui aime à dissimuler nos égarements et nos folies ne la soutenait comme par un miracle. Oui, saint Joseph a été pressuré par la douleur, brisé par les fatigues, exténué par les privations, et il est à même de comprendre le cri qui s’échappe des meurtrissures d’un cœur désolé et qui dit : « Saint Joseph, venez me consoler, me soulager, me fortifier. Si vous ne me secourez vite, je suis perdu ! »...

On ne pourrait jamais rapporter tous les faits des âmes affligées consolées par saint Joseph : les livres, surtout le Propagateur de la dévotion de saint Joseph par le Révérend Père Huguet en sont pleins. Je me contente ici de ce seul trait de la séraphique Réformatrice du Carmel.

Sainte Thérèse, dont le génie élevé n’admettait pas légèrement les choses surnaturelles, rapporte qu'un jour de l’Assomption, dans l’Eglise des Dominicains, elle aperçut saint Joseph la couvrant d’un manteau très-blanc. Il lui fit connaître qu’elle avait été purifiée de tous ses péchés, et qu’il était disposé à lui obtenir toutes les grâces qu’elle lui demanderait ; il laissa l‘âme de la sainte inondée de pures délices, la dédommageant ainsi des persécutions suscitées contre elle.

 

Psaume des âmes affligées à Saint Joseph

D'après Saint Bonaventure

 

Saint Joseph, pourquoi le nombre de ceux qui me persécutent est-il donc si grand ?

Dissipez ceux qui s'élèvent contre mon âme.

Montrez-leur que notre salut est en Dieu, votre Fils,

que vous sauvâtes des mains d’Hérode.

O Saint Joseph, nous soupirons vers vous dans toutes nos afflictions

pour la gloire de votre nom, ne nous abandonnez pas.

Souvenez-vous des âmes de vos pauvres serviteurs qui gémissent dans cette vallée de larmes ; conservez-les dans l’abondance de vos douceurs.

Votre œil observe et examine toutes nos œuvres et notre conduite,

préservez nous de la séduction du monde.

Fortifiez-moi et immolez mon cœur,

afin que je vous serve toujours avec ferveur.

Ayez pitié de nous, ô notre saint protecteur.

Obtenez-nous la grâce de nos misères.

Ne nous laissez jamais tomber entre les mains de nos astucieux ennemis ;

et à l’heure de la mort, à cette heure surtout des luttes suprêmes et définitives,

alors que notre âme épuisée par les faiblesses,

et mon corps torturé, écrasé par la douleur sera comme livrée à elle-même,

ah ! aidez-nous à les vaincre.

Conduisez-nous au port du salut,

et remettez notre esprit entre les mains de son Créateur.

Ainsi-soit-il.

 

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

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Le Carême avec la Vénérable Benoîte Rencurel

 

Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel. A l'occasion de l'année jubilaire du 350e anniversaire des premières apparitions, afin de vivre le Carême, retrouvez, chaque jour de la sainte quarantaine, une méditation pour vous plonger dans la Grâce du Laus.

 

Quatrième semaine de Carême

 

Quatrième dimanche de Carême

Dimanche 15 mars

Des guérisons de personnes aveugles

 

En ce quatrième dimanche de Carême, l’Évangile rapporte la guérison de l’aveugle-né : « Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance… il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé ». L’aveugle y alla donc, il se lava. Quand il revint, il voyait… Jésus dit : « Je suis venu pour que ceux qui ne voient pas puissent voir … » »

Au Laus, plusieurs personnes aveugles sont guéries par l’onction de l’huile de la lampe. En effet, au commencement de la dévotion, la Bonne Mère avait dit à Benoîte que « l’huile de la lampe de la chapelle, si on en prend, si on s’en applique, et si on a recourt à son intercession et qu’on ait la foi, on guérira. Que Dieu a donné ce lieu pour la conversion des pécheurs. »

La première guérison due à l’onction de l’huile de la lampe est signalée pour la première fois en 1667 : la petite-fille du notaire de saint Julien en Beauchêne, Maître Pierre Rougier, était aveugle. Son grand-père vint au Laus le 23 juin ; il rapporte une fiole de l’huile de la lampe et fait une onction sur l’œil de la fillette. Le lendemain elle se trouve entièrement guérie.

En juin 1667 c’est la fille du juge Grimaud, nommée Charlotte, qui est guérie à son tour d’une cécité. Le père de Labriolle, dans son livre Benoîte, la bergère de Notre Dame du Laus, note que les guérisons des yeux sont les plus fréquentes. Ainsi nous voyons que les guérisons de l’Évangile se perpétuent à Notre-Dame du Laus…

 

Quatrième Semaine de Carême

Lundi 16 mars

Comment s’opèrent les guérisons miraculeuses du Laus

 

En ce lundi de la quatrième semaine de Carême, l’Évangile rapporte la guérison du fils d’un fonctionnaire royal. « Le fonctionnaire royal dit à Jésus : « Descends avant que mon enfant ne meure ». Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant ». L’homme crut à la parole de Jésus. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant est vivant. »

Comment s’opèrent les guérisons miraculeuses du Laus ? Essentiellement, selon l’expression d’alors, « en se vouant et en se rendant au Laus. » « En se vouant au Laus » à distance, c’est à dire en se confiant à Notre Dame du Laus, en promettant d’y venir en pèlerinage, de s’y confesser et de rendre grâce. Un certain nombre de guérisons s’opèrent par le vœu, avant l’arrivée au sanctuaire. Souvent la guérison est liée à une neuvaine à de prières. C’est le cas pour Catherine Vial.

Nous notons la fréquence de l’expression « en se vouant et en se rendant au Laus ». C’est le cas pour Antoine de Cazeneuve, fils d’un chirurgien, guéri le 28 juin 1665. Son père se résolut avec sa femme de le vouer à Notre Dame du Laus. Ils l’y amenèrent avec beaucoup de peine. En sortant de la chapelle l’enfant dit qu’il était guéri. Un petit enfant de 4 ans, du sieur Jean Léautier, qui fut guéri d’une fièvre ardente dès que ses parents l’eurent voué à Notre Dame du Laus et fait leur prière à ce sujet. Marguerite Aubert, indisposée des pieds et des mains, laquelle après s’être vouée et fait menée avec beaucoup de peine à Notre Dame du Laus, fut miraculeusement guérie de toutes ses infirmités. Marie Reignier qui ne pouvait marcher, laquelle son vœu fait et portée à Notre Dame du Laus, fut guérie de toutes ses incommodités.

Et ainsi de la plupart des dix-huit premières guérisons mentionnées par Mr Grimaud. Prenons la dix-huitième qui a bénéficié à Madeleine Pellegrin de Saint-Bonnet-en-Champsaur. Elle ne pouvait presque plus parler, « se voua au Laus » et fut guérie en y allant le 8 septembre. À partir de 1667, comme nous l’avons déjà vu, beaucoup de guérisons sont dues à l’onction d’huile de la lampe du sanctuaire de Notre Dame du Laus.

 

Quatrième semaine de Carême

Mardi 17 mars

Guérison de Catherine Vidal

 

En ce mardi, l’Évangile nous raconte la guérison du paralytique à la piscine de Siloé. « Jésus lui dit : « lève toi, prends ton brancard et marche. » Et aussitôt l’homme retrouva a santé ; il prit son brancard : il marchait.»

Au Laus, dans la nuit du 17 au 18 septembre 1665, Catherine Vidal, elle aussi, se lève de son lit et retrouve l’usage de ses jambes. Catherine Vidal était âgée de vingt-deux ans. Elle arrive au Laus accompagnée de sa mère, de sa tante et de son frère. Depuis six ans, elle est atteinte d’une rétraction des nerfs aux jambes. Son infirmité est particulièrement connue dans la région de Gap : son mari voyant son mal incurable, avait voulu faire déclarer son mariage non valide devant l’official de Gap. La jeune femme a commencé une neuvaine au Laus le 9 septembre. Elle logeait dans une maison du village, chez Jean Julien, tout près de l’église. Cette dernière nuit, sa mère l’entend crier de joie. Elle demande de la lumière et son livre de prières. Catherine rend grâce à Dieu. Au matin elle est conduite à la chapelle vers sept, huit heures. Le Grand Vicaire, Antoine Lambert, qui était venu mener un interrogatoire auprès de Benoîte, célébrait la messe. On crie au miracle.

Pierre Gaillard, qui servait la messe ce vendredi 18 septembre au matin, et François Grimaud, dressent quatre procès verbaux. On procède à une enquête aussi rigoureuse que possible : elle est signée par tous ceux qui ont vu et qui ont été impliqués. Lors de son interrogatoire les jours précédents, le Grand Vicaire Antoine Lambert avait demandé à Benoîte qu’elle obtienne de Dieu un signe pour qu’il puisse reconnaître l’authenticité des apparitions et de sa mission. Benoîte prie pour demander ce miracle. En constatant la guérison, le Grand Vicaire répète à plus de vingt reprises : « Le doigt de Dieu est là, le doigt de Dieu est là !» La guérison de Catherine Vial est significative et déterminante pour l’avenir du Laus. Elle est significative parce qu’elle est l’effet de la prière de Benoîte. Elle est déterminante parce qu’elle permet au Vicaire Général de reconnaître l’authenticité des apparitions et de la mission de la bergère. Il autorise la construction de l’église demandée par Marie.

 

Quatrième semaine de Carême

Mercredi 18 mars

Guérisons dues à l’onction d’huile

 

En ce mercredi de la quatrième semaine de carême où l’Évangile nous dit que Jésus donne la vie aux morts, écoutons plusieurs guérisons dues à l’onction de l’huile de la lampe du sanctuaire de Notre Dame du Laus, citées dans les Manuscrits. « La Bonne Mère dit à Benoîte que cette huile guérit toute sorte de maux. Les pèlerins, même les plus éloignés, en emportent presque tous ; mais l’éloignement fait qu’on n’en connaît pas les effets. » (année 1667)

« Un homme malade, abandonné des médecins, envoie chercher l’huile de la lampe, en prend pendant neuf jours, à la fin desquels il guérit. »  (année 1669) « On ne saurait dire le nombre de personnes qui ont été guéries de diverses sortes de maladies, tous les avis et consolations que Benoîte a donnés, toutes les conversions qui s’y font et le nombre des infirmités dont on guérit en prenant de l’huile de la lampe de Notre Dame ! On en prend et on en donne à ses parents, amis, voisins. »  (années 1672) 

« Cette année, plusieurs personnes sont guéries de plusieurs infirmités en prenant de l’huile de la lampe ; elles sont allées rendre grâce à Dieu et à sa Sainte Mère. » (année 1673) « Une personne ayant de la fièvre, la Mère de Dieu dit à Benoîte que Dieu la lui avait donné parce qu’elle était trop orgueilleuse ; qu’elle prenne de l’huile de la lampe pendant 9 jours, qu’elle ait bien la foi, et qu’elle guérirait. Ce qui fut vrai : elle le fit et guérit. »  (année 1674) « Un paysan de la Bâtie Neuve, malade à l’extrémité, prend de l’huile de la lampe durant neuf jours, guérit et en rend grâce à Marie et à Jésus. »  (année 1675) « Une femme qui a plusieurs ulcères va au Laus. Elle prend de l’huile de la lampe, en met dessus et s’en retourne bien guérie, rendant grâce à Jésus et à Marie. »  (année 1676)

De même, on lit dans l’Évangile de Marc, au chapitre 1 verset 34 : « Il guérit beaucoup de malades affligés de divers maux ».

 

Quatrième semaine de Carême

Jeudi 19 mars

Conversions des pécheurs


En ce jeudi de la quatrième semaine de carême, la première lecture tirée du livre de l’Exode nous présente l’histoire du veau d’or et la perversion du peuple, ainsi que l’intervention de Moïse. Les manuscrits du Laus décrivent les énormes péchés qui se commettent au XVIIe et XVIIIe siècles et le nombre très important de pécheurs qui viennent se convertir grâce à l’intervention  et à l’intercession de Benoîte.

Chez Benoîte, « ce qu’on remarque ce sont ses regrets, ses larmes et ses soupirs qui sont si grands que, quoiqu’elle soit toute consolée à la vue de la Mère de Dieu, elle ne saurait se consoler quand elle pense à ces énormes péchés que l’on commet et qui la font frémir chaque fois qu’elle y pense. »  (année 1670) « Un village des environs du Laus, qui avaient reçu de grandes grâces du Ciel, n’en reçoit plus. La Mère de Dieu dit à Benoîte de les avertir que, s’ils souffrent, c’est parce qu’ils supportent deux femmes publiques ; que les plus grands maux des pécheurs, c’est d’abuser des sacrements et de mourir dans l’impénitence finale. » (année 1671)

« Benoîte voit une femme qui a commis des péchés si énormes qu’elle n’en a jamais vu de semblables. Elle lui vit comme des doigts qui lui sortaient du front, ce qui l’étonna beaucoup. » (année 1678) « Quand Benoîte voit des personnes qui ont commis des péchés extraordinaires, elle voit sortir à travers de leur front un rond noir comme du charbon, de l’épaisseur d’un doigt, ce qui l’effraie beaucoup. »  (année 1689) « Le Sieur Peythieu a remarqué que le cœur a manqué à Benoîte plus de cent fois, quand elle sait que Dieu est offensé ; ce qui est son plus grand supplice, surtout quand ce sont des gens d’église ou des personnes consacrées à Dieu. »  (année 1690) Combien viennent encore aujourd’hui, parfois de loin, pour confesser leur péchés !

 

Quatrième semaine de Carême

Vendredi 20 mars

Conspiration contre Jésus et contre Benoîte

 

En ce vendredi, la première lecture tirée du livre de la Sagesse nous montre la conspiration des impies contre le juste : « Soumettons-le à des outrages et à des tourments. » Quant à Jésus dans l’Évangile de Jean : « On cherchait à l’arrêter mais personne ne mis la main sur lui car son heure n’était pas encore venue. »

Il en est de même pour Benoîte. Elle sera persécutée et mise à l’écart par les nouveaux prêtres de tendance janséniste qui s’installent au Laus de 1692 à 1712. Des rumeurs successives s’élèvent contre Benoîte et Aubin surtout à partir de 1696. Les extases de la bergère la feront traiter ouvertement d’épileptique, à tel point que la Vierge l’avertit qu’elle la verrait très rarement pour éviter ces soupçons. Les directeurs du Laus, Ristollant et d’Archias, l’éloigneront autant que possible des pèlerins et la tourneront en ridicule dans leurs conversations, surtout à l’occasion d’une bizarre affaire de médailles qu’elle aurait trouvées dans la montagne. Les entretiens d’Aubin avec les pèlerins irritent les jeunes chapelains, car notre ermite met en valeur avec un zèle débordant mais sans discernement, tout ce qui peut encourager la foi des pénitents.

Aussi obtiendront-ils bientôt que ce gêneur soit éloigné du Laus, interdiction lui étant faite d’y assister à plus d’une messe le dimanche avec ordre de retourner aussitôt dans son ermitage.

On interdit à Benoîte de parler aux gens et on lui enlève le soin de balayer l’église. Benoîte est très affligée de voir des pèlerins communier sans confession sérieuse. Selon Gaillard, des complots se seraient même tramés contre la bergère : on aurait médité de l’enlever la nuit et de faire croire qu’ils seraient partis, avec Aubin, « mener la vie » ! Un prêtre aurait eu l’intention de lui demander une conversation particulière, de la poignarder et de la jeter à la rivière…

 

Quatrième semaine de Carême

Samedi 21 mars

Les éclipses du Laus

 

En ce samedi de la 4e semaine de carême, dans la première lecture, le prophète Jérémie persécuté a la vengeance de Dieu. Et l’évangile de Jean continue à nous parler de la persécution contre Jésus :  « On se divise à son sujet – quelques-uns voulaient l’arrêter. » Ces lectures nous renvoient encore aux conspirations contre Benoîte. Elles sont l’occasion pour nous de mentionner le traité du Chanoine Gaillard sur « les éclipses du Laus ». Ils montrent comment dès le départ les conspirations ont tenté d’éclipser la grâce lumineuse de ce lieu et le rayonnement de Benoîte.

« Les ouvrages de Dieu, écrit-il, sont toujours contrariés… le démon les éclipse tant qu’il peut. Les éclipses du Laus sont de plus longue durée que celle du soleil…. » Une de ces éclipses du Laus dure quatre mois : on défend alors aux prêtres d’adresser la parole à Benoîte. La Bonne Mère dit à Benoîte qu’on a toujours dessein de l’enlever… En effet les prêtres des années 1710, non seulement ne croient pas à la dévotion, mais encore ils ne veulent pas savoir ce qui se passe au Laus ni reconnaître les miracles et les grâces qu’on y reçoit. En 1710, l’Ange dit à Benoîte que les prêtres du Laus dissuadent le monde d’aller au Laus, et défendent à ceux qui y vont de parler à Benoîte. Quelle étrange éclipse pour ce saint lieu !

 

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13 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Quatorzième jour

Modèle et gloire des domestiques

 

L'état de domesticité est bon en lui-même, conforme aux desseins du Créateur et sanctifiant. Notre-Seigneur, comme pour lui mériter des grâces et servir de modèle a ceux qui s’y trouveraient engagés, a bien voulu, ainsi que le déclare l'Apôtre, prendre la forme d’un domestique, ou, selon la Version commune, d’un serviteur. On raconte, dit là-dessus saint Liguori, comme un grand prodige d’humilité, que saint Alexis, fils d’un grand seigneur romain, ait voulu vivre comme un domestique dans la maison de son père, mais quelle comparaison entre l’humilité de ce Saint et celle de Jésus-Christ ? Il y avait quelque différence de condition entre le fils et le serviteur du père d’Alexis ; mais entre Dieu et le serviteur de Dieu il y a une différence infinie. En outre, ajoute le saint Docteur, le Fils de Dieu étant devenu le serviteur de son Père, se fit même le serviteur de ses créatures, comme il l'était de Marie et de Joseph pour lui obéir. De plus il devint le serviteur de Pilate, puisque celui-ci le condamna a la mort qu’il accepta avec obéissance. Il devint le serviteur de ses bourreaux qui le flagellèrent, le couronnèrent d’épines, le crucifièrent, en acceptant les tourments qu’ils lui faisaient souffrir, en leur obéissant humblement, et en se soumettant à toutes leurs volontés.

Certes, l’exemple seul de Notre-Seigneur qui a bien voulu se faire domestique, doit amplement suffire pour arrêter les plaintes des personnes qui accusent la Providence,de les avoir soumises à cette condition en apparence vile, abjecte, humiliante de la domesticité ; il doit bien suffire aussi pour les consoler dans leurs peines, leur faire paraître la servitude.dont ils font profession honorable devant Dieu et devant les vrais chrétiens, qui savent que plus l'homme s'abaisse ici-bas, plus il est grand devant Dieu et acquiert des mérites pour le ciel.

Mais, comme quelque bon en lui-même que paraisse cet état, quelque conforme qu’il soit aux maximes et à l'esprit de l’Evangile, il a pour tout ses écueils et ses dangers, ses difficultés et ses devoirs ; qu'il exige nécessairement beaucoup de grâces, de patience, d'obéissance, de pureté d'intention, pour qu’on puisse y acquérir la perfection, il est raisonnable, juste, nécessaire même d'offrir aux personnes qui s’y trouvent engagées des ressources spirituelles pour atteindre ce but. Or, l’une de ces ressources précieuses, inestimables, salutaires, est la protection du grand saint Joseph. Saint Joseph probablement aura été un ouvrier apprenti, c’est-à-dire domestique, avant que d’exercer lui-même son art de charpentier. Or, il sait pour y avoir passé, quelles sont les peines que peuvent éprouver les domestiques, il est, par conséquent, plus incliné à les consoler, à les aider de toutes les manières,s’ils veulent bien se recommander à lui avec confiance, simplicité persévérance.

Quoique saint Joseph soit bien disposé à couvrir de sa protection tous les domestiques qui l’honoreront, il est certain qu’il favorisera plus volontiers tous ceux qui, comme il le faisait, accompliront fidèlement leurs devoirs ; puisque c’est par la seulement qu’on se rend agréable à Dieu et à ses saints. Pour simplifier autant que possible ces devoirs, je les résume dans l’obéissance et la pureté d’intention ; l’obéissance, c'est pour la forme, la pureté d'intention, c'est pour l'esprit. Obéir à ses supérieurs parce qu’on y est forcé par sa condition, que la vie en dépend, obéir en murmurant, obéir en partie, tout cela n’est pas l’obéissance chrétienne ; mais leur obéir comme on obéirai à Dieu lui-même que l'on respecte et honore dans les supérieurs, obéir avec simplicité, promptitude, fidélité, voilà la vraie et parfaite obéissance, l'obéissance méritoire, parce qu’elle est volontaire et pure dans l’intention. Telle doit être celle du domestique chrétien, qui veut remplir dignement sa carrière sur la terre, mériter l’estime honnête des hommes, et pardessus tout, avant tout, la gloire céleste.

 

Exemples

 

Un domestique qui remplit ainsi son devoir est un héros infiniment préférable au conquérant des villes, dit la très sainte Bible. Il accumule mérites sur mérites. Parce qu’il s’est soumis aux volontés de Dieu en ce monde, il verra la sienne accomplie dans l’autre ; et, d'ailleurs, il peut compter sur le secours divin et le patronage de saint Joseph.

Une personne de confiance, employée comme surveillante dans la communauté de la Miséricorde à Laval, fut attaquée d’une maladie grave, dont on ignorait le principe, avec une fièvre continue qui la menaçait d’une fin prochaine. Après trois mois de souffrances aiguës, le médecin perdit tout espoir de la guérir. Dans cet état désespéré, la malade eut recours au ciel, se fit conduire à saint Joseph-des-Champs pour y demander par l’intercession de ce Saint ou sa guérison, ou une bonne mort. Elle y entendit la messe, communia et se trouva à l’instant guérie. Dès le lendemain elle reprit ses occupations domestiques ordinaires.

Saint Joseph aide les domestiques surtout en ce qui regarde la vie intérieure dont leurs emplois semblent les distraire. En partant de Rouen, écrivait le père Surin au père Lallemand, je me trouvais placé dans la voiture, près d’un jeune homme d’environ dix-huit ans. Son extérieur était des plus simples, et son langage, celui d’un homme sans instruction ; domestique depuis plusieurs années, il n'avait rien appris, et ne savait ni lire ni écrire. Quel fut donc mon étonnement en conversant avec lui, de voir que ses lumières étaient admirables ! Il me parla en effet de la vie intérieure avec tant de clarté, d’abondance et de solidité, que j'en étais dans le ravissement, n'ayant jamais rien lu ni entendu d’aussi satisfaisant, ni d’aussi élevé sur cette matière. Il faisait une oraison perpétuelle... L’ayant interrogé sur tous les points tant spéculatifs que pratiques de la vie intérieure, il satisfit à mes questions avec une capacité qui me remplit d'étonnement... Je m’avisai de lui demander s’il était dévot à saint Joseph. « Depuis six ans, me dit-il, je me suis mis sous sa protection spéciale, d’après le conseil de Jésus-Christ lui-même ». Et là-dessus il se mit à faire le plus bel éloge des prérogatives de ce grand Saint, en m'assurant qu’il tenait tout du Sauveur lui-même. Ce maître des âmes, comme il l’appelait, avait été le sien dans cette science suréminente qu'il possédait à un degré si étonnant.

 

Supplication à Saint Joseph

Bienheureux Joseph qui nous avez appris l’amour de la dépendance et de la servitude, nous vous supplions d’être notre protecteur dans les emplois que la divine Providence nous a confiés. Faites-nous bien comprendre, ô illustre Saint, que la vraie grandeur est tout entière dans l’assujétissement aux hommes, et surtout a nos maîtres pour l’amour de Dieu, c’est-à-dire en tout ce qui n'est pas évidemment opposé à son adorable volonté. Il est vrai, les humiliations, le renoncement et même souvent les privations sont notre partage ici-bas; mais fortifiés par votre exemple et surtout par celui du Fils de Dieu, qui s’est fait esclave et a obéi à,ses serviteurs, même jusqu'à la mort de la Croix, pour notre amour, nous acceptons volontiers les peints de notre condition, devenue honorable par Jésus-Christ et par vous, ô grand Saint. Soutenez-nous dans nos travaux, et aidez. nous à conserver toujours l'esprit de soumission et de dépendance vis-à-vis ceux que Dieu a établis sur nous et qui tiennent sa place à notre égard. Ainsi soit-il.

 

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12 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Treizième jour

L’Ami et le protecteur des ouvriers

 

L’anathème prononcé par l’Éternel contre Adam coupable pèse sur toute Sa postérité : « Vous mangerez votre pain à la sueur de votre front », dit-il à Adam et à sa postérité. L’homme, ajoute saint Bonaventure, sera donc toujours dans le travail. Mais voyez la Providence et la sagesse de Dieu, qui, en infligeant maintenant cette peine à l’homme sait la faire servir pour notre salut, dit ce Docteur. Saint Joseph quoique sanctifié dès sa conception et pur comme un ange durant toute sa vie, n'a pas laissé, comme enfant de parents criminels par le péché d’origine, d’en porter la peine. Il a senti tout le poids de l’humiliation et de la souffrance que donne un travail laborieux, dur et continu, comme celui auquel il se livrait. Il est donc capable de compatir au sort des ouvriers et de tous les hommes dont les fatigues sont l’apanage le plus ordinaire, et la seule ressource contre la mort anticipée par la misère, qui en est toujours l’avant-coureur. Mais il peut aussi leur servir de modèle et leur apprendre à travailler comme il le faisait en esprit de pénitence et d'humilité, avec joie, piété et courage, en union à Jésus-Christ qui fut dans les travaux dès sa jeunesse, comme l’avait prédit David.

Il y a des auteurs qui pensent que Jésus-Christ ne s’est pas employé aux œuvres manuelles, et que tout le cours de sa vie cachée n‘a été qu’une contemplation continuelle des grandeurs de Dieu. Mais ils sont contre les sentiments des saints Pères et de toute la vénérable antiquité. Car la tradition est d’accord avec ce que semble insinuer en plusieurs lieux l’Évangile à démontrer que Jésus a travaillé avec saint Joseph et qu’il était reconnu pour fils de charpentier et charpentier lui-même. Le travail est donc noble, les fatigues sont donc honorables, et la sueur de l’ouvrier est d’un mérite bien grand, je dirai inappréciable devant Dieu, depuis que saint Joseph, depuis surtout que le Fils de Dieu en a porté la peine. Voyez, ce sont les ouvriers, les hommes de fatigues que le Christ appelle à lui : « Venez à moi, dit-il, vous qui travaillez et qui êtes fatigués, et je vous soulagerai ». Je cite textuellement, une paraphrase ne ferait qu’affaiblir ces divines paroles. Mais je renvoie les savants au beau commentaire qu’en a fait le saint chancelier Gerson qui forme un traité entier. Quelle consolation donc pour l’ouvrier ! Le Christ lui-même veut bien essuyer ses sueurs !

Un Paradis ! Tel a été le premier atelier du monde ! Un Roi ! Tel a été le premier ouvrier qui y a travaillé ! Adam fut en effet placé par Dieu au paradis terrestre pour y travailler et le garder. Voilà quelle est l'origine du travail et du travailleur. Le travail d’Adam était donc son bonheur, son atelier était son paradis anticipé, et lui était le roi de la création. Mais le péché est venu tout gâter, tout empoisonner ; il a fait du travail une punition, de l’atelier un enfer, et du travailleur un esclave malheureux. Quel changement!

Par amour pour l’ouvrier, le Fils de Dieu s'est incarné et s'est fait ouvrier lui-même. De plus il voulut avoir pour père nourricier un ouvrier, il choisit saint Joseph qui exerçait la profession laborieuse de charpentier. Contemplez-les tous les deux à Nazareth travaillant, suant de fatigues, mais suant de ces sueurs qui tiennent lieu de sang comme s’exprime Bossuet. Oh ! Quel exemple pour l'ouvrier ; oserait-il bien se plaindre, voyant ainsi son Dieu travailler, saint Joseph travailler aussi ? Quel espoir il doit placer en ce grand Saint, que Notre Seigneur a établi son modèle et son protecteur !

Ouvriers, si vous voulez mériter et obtenir la protection et les secours de saint Joseph, efforcez-vous comme lui et selon que le recommande l'Apôtre de faire tout pour la gloire de Dieu, de supporter avec résignation, si ce n'est avec joie, les peines inséparables de votre profession, les unissant a celles du Sauveur. Faisant ainsi, vous verrez comment et combien saint Joseph vous protégera, lui, le bon Saint, qui aime tant à consoler, secourir et protéger tous ceux qui souffrent. Ah! soyez-en sûrs, saint Joseph ne se laissera pas prier en vain; il ne vous fermera pas son Cœur, il ne vous repoussera pas de sa présence. Bien au contraire, il vous accueillera avec amour, et vous soulagera dans vos travaux et vos peines par l’onction de la grâce divine qu’il fera couler sur vous abondamment.

 

Exemples

 

J’ai connu un brave ouvrier qui, dans toutes ses actions fatigantes, se proposait continuellement d'imiter saint Joseph ; il avouait que la protection de ce Saint lui était tellement sensible, que les plus durs travaux lui semblaient bien faciles à supporter par la douceur que saint Joseph versait dans son cœur.

La vénérable Marie-Elisabeth de la Croix de Jésus, fondatrice de l’institut de Notre-Dame du Refuge des vierges et filles pénitentes, honorait d’un culte particulier le glorieux saint Joseph. Elle aimait à célébrer ses prérogatives et ses sublimes vertus. En action de grâces de toutes les, faveurs qu’elle avait reçues de Dieu par l’intercession de ce grand Saint, elle en fit faire une statue d’argent; et comme on vint lui dire que l’ouvrier qui y travaillait, quoique très-habile dans son art, ne pouvait l'achever, par quelque empêchement secret et inconnu, elle se mit en prières, demandant à Notre-Seigneur, par le souvenir de tout ce que saint Joseph avait souffert pour lui, de vouloir bien éloigner les obstacles. Sa prière n’était pas achevée, que la statue du glorieux époux de Marie se fit avec une grande perfection et une merveilleuse facilité !

Un pauvre ouvrier père de nombreuse famille se trouvait alité dans un hôpital ; la pensée que ses enfants devaient souffrir de la faim et des autres choses nécessaires à leur entretien a la maison, le consternait. Il ne pouvait quitter de sitôt le lit, les médecins n’y consentaient pas à cause du danger d’aggravation du mal. Ce bon père eût recours à saint Joseph, et le lendemain, grâce a la protection du Saint il était guéri, il pût s’en aller reprendre ses travaux ordinaires pour faire subsister sa famille.

« Mon fils, fait dire le bienheureux Gerson à Jésus-Christ, ne perdez jamais courage dans les travaux que vous aurez entrepris pour moi, et que les afflictions ne vous jettent point dans l'abattement; mais que mes promesses vous fortifient et vous consolent dans tous les événements de cette vie. Les travaux que vous souffrez ici-bas ne seront pas longs, et vous ne serez pas toujours dans l’affliction et dans la douleur, attendez un peu, et vous verrez bientôt la fin de vos maux. Il viendra un moment heureux auquel cesseront tous vos travaux et toutes vos peines. Tout ce qui passe avec le temps est toujours bien court. Faites avec soin ce que vous faites; travaillez fidèlement à me servir, et je serai moi-même votre récompense ». C’est ainsi que le Seigneur console et anime l'ouvrier, c’est-à-dire tous les hommes chrétiens, car nous sommes les ouvriers du Seigneur, les. coopérateurs de Dieu. Si donc le travail vous fait peur, que la récompense vous anime, comme disait le grand saint François d'Assise. Et qui refuserait de travailler après l’exemple que nous en a donné saint Joseph ? Le pieux et docte Gerson nous le représente travaillant avec l'Enfant Dieu dans sa boutique et priant néanmoins sans interruption. Et Silveira prétend que les saints Anges accouraient en foule dans l’atelier de Nazareth pour aider ces deux grands ouvriers à travailler le bois, comme aussi ils accompagnaient habituellement Joseph dans ses voyages. Travaillez, mais travaillez avec dévotion, et que le travail ne vous fasse jamais manquer à vos devoirs vis-à-vis Dieu, comme aussi priez, mais que la prière ne préjudicie en rien à votre travail. C'est le conseil que vous donne saint Joseph, et l’exemple qu’il nous montre dans son angélique conduite.

Une sainte religieuse aimait l'oraison, sans pour cela rester oisive; elle faisait chaque chose en son temps. Cependant il lui arrivait de passer les bornes que son directeur lui avaient prescrites, saint Joseph alors l'avertissait de .reprendre occupations.

 

Prière de l’ouvrier à saint Joseph

 

Noble artisan de l'atelier de Nazareth, saint Joseph, qu'il m'est doux de considérer Vos traits, alors que les fatigues du jour appesantissent mes bras, et que les sueurs inondent mon visage. Dès votre jeunesse, vous vous êtes assujetti au travail, et vos mains royales qui eussent porté dignement le sceptre de Juda, aimèrent mieux manier les outils vulgaires d’un pauvre charpentier. Le ciel avait ses desseins ; il voulait nous donner en votre sainte Personne, un modèle achevé de l’amour du travail, et un protecteur bienveillant pour nous soulager dans nos travaux. Obtenez-moi donc, ô saint Joseph ! la patience dans mes pénibles labeurs, et la grâce de les faire servir à l’expiation de mes fautes, à l’acquisition des mérites pour la bienheureuse éternité. Ainsi-soit-il.

 

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11 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Douzième jour

La ressource des pauvres

 

Saint Joseph choisi pour être le père putatif du Fils de Dieu, pauvre jusque-là que, comme il l’a dit lui-même, il n’avait pas la bonne fortune des renards et des oiseaux qui ont un lieu de retraite, ainsi que les autres animaux, lui n’ayant pas une pierre en propre pour reposer sa tête, Saint Joseph, dis-je, devait, pour remplir dignement son rôle divin, vivre pauvrement lui-même. Quoi qu’issu de race royale, il a pu dire mieux que le prophète : « Je suis pauvre et dans les labeurs dès ma jeunesse ». Sans doute, David avait en vue le Christ lorsqu’il prophétisait ainsi ; mais Saint Joseph, je l’ai assez démontré, a partagé tous les états de la vie temporelle du Sauveur : ces paroles peuvent donc lui être appliquées. Il fut pauvre, bien pauvre, très pauvre, d’une pauvreté méprisée, rejetée et nécessiteuse, selon que le déclare saint François de Sales. On ne le considérait que comme un pauvre charpentier, lequel bien qu’il travaillât avec ardeur pour l'entretien de sa famille, ne pouvait arriver à ce point qu'il ne lui manquât pas plusieurs choses nécessaires : ce sont les paroles de Saint François.

Ainsi donc, comme on le voit d'ailleurs par l'Évangile, le nom de saint Joseph ne rappelle qu'un pauvre artisan. Sa maison était pauvre, sa vie pauvre, et tous ceux qui l’ont vu soit à Bethléem, soit en Egypte, soit à Nazareth, l’ont toujours trouvé pauvre dans sa nourriture, dans ses vêtements, dans ses meubles. Et il en devait être ainsi selon les vues de la Providence. Ce qui autorise saint Liguori à mettre dans la bouche du Père éternel ces paroles qui s’adressent à saint Joseph : « J’ai voulu que tu fusses pauvre, parce que je te destinais à tenir lieu de père à mon fils, pauvre comme toi ». Il en devait être ainsi, afin que les pauvres eussent en saint Joseph un modèle de résignation à imiter, un puissant protecteur à prier. D'autre part, il fallait que Jésus-Christ essuyât la pauvreté de Saint Joseph et la partageât volontairement avec lui, afin qu'il pût consoler les pauvres par son exemple. et par ses discours. Quand le divin Maître et dit solennellement : « Bienheureux les pauvres, parce que le royaume du ciel leur appartient ». Personne n'a pu lui répondre : « Cela vous est facile à dire, Maître, mais si vous aviez éprouvé vous-même les effets de la pauvreté ? » Non ! on n'a pu dire cela à Notre Seigneur, car il eut de suite répliqué : « Je vous ai donné l'exemple ».

Les hommes, dit le très pieux et très docte Silveira fondent leurs royaumes sur l'opulence, Jésus-Christ a fondé le sien dans la pauvreté. C’est sur le vide et le néant que Dieu le souverain ouvrier travaille, et c'est la que son œuvre paraît avec le plus d'éclat. Parce que je me suis annihilée, semble dire la divine Marie, dans son admirable et sublime Cantique, « c'est pour cela que celui qui peut tout a fait en moi, son humble servante, d’admirables choses ». Ainsi la pauvreté et l’humilité qui est une pauvreté en son genre, sont la base et la mesure des opérations divines.

Pauvres, vous le voyez. Joseph, votre patron, a été pauvre, bien plus, le Fils de Dieu a été pauvre, et tous les saints apôtres, martyrs, anachorètes, solitaires, religieux et religieuses ont été pauvres à sa suite. Il faut convenir que la pauvreté est bien honorable, bien précieuse, bien sanctifiante. L’Église l'a toujours ainsi entendue; elle ne canonise personne qui n‘ait été pauvre d’effet, au pauvre d’esprit pendant la vie. Le pauvre, le vrai pauvre,elle le.considère et le traite comme un autre Christ, comme un autre saint Joseph. Dernièrement elle canonise un pauvre, un grand pauvre de ce nom, Benoit Joseph Labre. Ah! quelle pauvreté que la sienne! Quelle leçon ce pauvre a donné au monde, à ce monde voué au matérialisme le plus absolu, adorateur du veau d’or!

Mais j'entends que vous dites : si la pauvreté est humble, si elle est estimée aux yeux de Dieu et par son Église, elle a bien aussi ses peines, ses humiliations devant les hommes. C'est vrai, et c'est par cela même qu’elle est si méritoire pour le ciel. Celle de saint Joseph lui a été aussi une source de.peines incessantes, mais parce qu’il l'a soufferte avec résignation, elle fit de lui un héros de la sainteté, un puissant avocat des pauvres. Imitez-le d’abord, puis, priez-le avec confiance, il vous secourra, de même qu’il l’a fait pour tant d'autres, selon les vues de la Providence. Mais, je tiens à vous en prévenir à l'avance, ne comptez pas qu’il vous secourra toujours d’une manière sensible; il le fera pourtant s’il le juge nécessaire ; toutefois il vous obtiendra assurément la patience, la résignation et le mérite de la vertu.

 

Exemples

 

Mlle A... se trouvait dans une bien triste. position par suite de revers de fortune. Sans'ressource aucune, obligée de gagner sa vie, incapable de servir, ayant perdu la santé; au milieu de toutes ses peines, ne sachant plus que devenir, elle eut la pensée de recourir à saint Joseph, qui lui vint en aide en lui procurant un poste tel qu'elle le désirait et une bonne santé pour le remplir. Rien ne peut rendre la bienveillance et la tendresse de saint Joseph pour les pauvres de Jésus, c'est-à-dire pour les pauvres résignés à la volonté de Dieu, qui le bénissent, ce bon Protecteur, dans la mauvaise comme dans la bonne fortune, surtout s'ils persistent à le prier; écoutez :

Une pauvre fille de la Charité dirigeant un orphelinat était fort en peine pour vêtir ses enfants pendant l'hiver ; elle avait invoqué en vain le secours des âmes charitables qui l’aidaient ordinairement. Toutes ayant placé leurs aumônes ne pouvaient répondre à son désir. Une neuvaine est commencée par ces petits orphelins avec toute la ferveur qu’on peut avoir à cet âge, et notre bon Père saint Joseph ne resta pas sourd; au moment où on s’y attendait le moins, un bienfaiteur inconnu apporte la somme nécessaire pour les vêtements tant désirés. Gloire et action de grâces à notre bon saint Joseph.

Le saint roi David, dans ses admirables et inimitables Psaumes, a dit une parole que le fidèle ne saurait trop méditer : « Ses yeux, dit-il du Seigneur, regardent le pauvre ». Pourquoi, demande le saint Docteur Bonaventure, regarde-t-il le pauvre et non pas le riche ? Parce que la pauvreté d’esprit est une vertu, dans laquelle Dieu se plaît beaucoup, car les pauvres, ajoute-t-il, ont le grand Dieu pour protecteur, ce Dieu qui prend un plaisir infini à condescendre à la piété de leur cœur. Plus loin cet incomparable Père de l’Eglise appliquant ce texte à notre sainte Reine Marie, dit qu’elle est tout œil et toute main ; tout œil pour voir nos misères, toute main pour étendre sur nous avec largesse ses bienfaits. N'est-ce pas ce que nous pouvons dire aussi de notre aimable saint Joseph, le vrai père et pasteur des pauvres en Jésus ?

Des milliers de faits se présentent à moi, ne sachant lequel choisir, je dirai à ceux-là qui voudront bien me croire : « Voulez-vous être du nombre des heureux protégés de saint Joseph ? Soyez pauvres en esprit, je dirai au riche : assistez le pauvre de votre superflu, et comptez les uns et les autres que saint Joseph vous assistera dans vos nécessités avec une affection vraiment paternelle. J’ai dit que des milliers de faits de la bonté secourable de saint Joseph pour les pauvres étaient la sous mes yeux; mais votre piété ne serait pas satisfaite si je ne vous en rappelais au moins un. Il est ancien , c’est un mérite de plus. Il a le contrôle du temps et des savants. Il m'a toujours attendri, il vous intéressera sans doute aussi.

Saint Vincent Ferrier raconte qu’un pieux marchand de Valence, en Espagne, faisait chaque année, le jour de Noël, une aumône aux pauvres. Et voici de quelle manière. Il recevait ce jour-là à sa table trois pauvres, un vieillard, une femme et un petit enfant. Sa foi lui représentait comme infailliblement vraie cette parole du Maître, que tout ce qu’on fait à un pauvre c’est à lui-même qu'on le fait; c’est pourquoi en traitant ces trois personnes, il croyait traiter Jésus, Marie et Joseph en personne. Voyez la bonté de saint Joseph et de toute la sainte Famille. Le charitable marchand apparut après sa mort à quelques personnes pieuses qui priaient pour lui, et leur dit qu'au moment de son dernier passage, Jésus, Marie et Joseph étaient venus le visiter et lui avaient adressé cette invitation : « Puisque durant ta vie tu nous a reçus tous trois dans ta maison, nous venons aujourd’hui tous trois pour te recevoir dans la nôtre ». Il ajouta qu’aussitôt ils avaient pris son âme, et l'avaient conduite à l'éternel festin du paradis.

Cette histoire ou plutôt ce fait pour la consolation des bons riches autant que pour l'utilité des pauvres, montre combien saint Joseph s'intéresse au sort des pauvres. Vous êtes riches, et vous ne savez peut-être que faire de vos biens ? Donnez-en une partie pour sauver l'innocence de cette jeune fille qui meurt de faim et se prostitue parce qu’elle est sans ouvrage. Et il y en a tant a Paris de ces infortunées ! Ce jeune enfant a des dispositions pour le sacerdoce ; il est pieux et vertueux, mais ses parents sont sans ressource, payez-lui, si vous le pouvez, au moins une partie de son séminaire. Vous pouvez encore propager les bons livres, instruire ou faire instruire les ignorants, et ainsi du reste. Faites cela pour vos parents défunts, et comptez que vous ne sauriez mieux placer votre surabondance pour eux, après que vous avez rassasié le famélique et consolé l’affligé...

 

Soupirs du pauvre vers saint Joseph

 

Très doux Consolateur de Jésus et de Marie, écoutez mon humble prière et ne méprisez pas mes supplications. Je suis pauvre. Un large manteau de misère couvre mon corps débile. Ah ! séchez mes yeux mouillés de larmes, soutenez-moi par vos célestes consolations. Vous avez été pauvre avec Jésus pauvre, ô bienheureux Joseph ! Apprenez-moi à aimer la pauvreté, à la supporter avec joie, au moins avec une chrétienne résignation, pour le reste, je m’en remets entièrement à votre si bon Cœur. Comme vous avez un soin très particulier de Jésus et de Marie, je suis convaincu que vous ne m’abandonnerez pas, si je vous aime et vous implore. Tendre Père ! voyez ma misère, et comme il m’est impossible d’en sortir sans votre intervention. Comblez-moi au moins de vos faveurs, et je serai heureux dans mon indigence. Je servirai mon Dieu avec plus de liberté, ici bas, pour le posséder avec plus de plénitude, la haut dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

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10 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

7 San Giuseppe

Onzième jour

Chagrins domestiques adoucis par Saint Joseph

 

Comme il n'y a personne qui ne souffre des chagrins divers dans le monde, il n'y a non plus personne qui ne doive être affectionné à Saint Joseph, l’honorer beaucoup et le prier avec confiance, afin d'être secouru par lui auprès du Tout-Puissant, aidé et consolé par lui dans les peines de la vie. Elles sont si nombreuses, multipliées sous tant de formes, ces peines, que le Saint homme Job en était comme effrayé, ne pouvant que difficilement les exprimer. Écoutez : « L'homme né de la femme vit peu de jours, et il est rassasié de misères ». Pesez bien ces mots ! Et encore : « Il naît comme une fleur qui n’est pas plutôt éclose qu'elle est foulée aux pieds ; il fuit comme l’ombre, et il ne demeure jamais en un même état ». « L’homme né de la femme, reprend saint Bonaventure, voilà quelle est la fragilité de la vie humaine qu’il doit à son origine de la femme ; il vit peu de jours, voilà le peu de consistance de la vie ; il est rassasié de misères, voilà quelles sont les calamités de la vie. il est comme une fleur qui n’est pas plutôt éclose qu’elle est foulée aux pieds ; il fuit comme l'ombre, voilà les vanités de notre vie ; et il ne demeure jamais dans un même état », voilà comme notre vie est sujette à toutes les situations, les plus diversifiées, les plus variables. Et, comme dit l'annotateur de ce Père, l’homme meurt incessamment tant il est misérable! il est une fleur dans le monde et un fumier dans la fosse !

L’Hébreu et le Chaldéen ont une expression plus forte que notre Vulgate ; elle se traduit par : « l‘homme est saturé de la colère divine », parce que les maux de cette vie qui accablent l’homme pécheur, sont la peine de son péché. Marie exempte de toute faute originelle, et Joseph quoique purifié et sanctifié dans le sein de sa mère, selon la doctrine du pieux Gerson et autres Docteurs de l’Église, ne laissèrent pas de souffrir et beaucoup, soit que Dieu voulût augmenter leurs mérites, soit qu'il voulût les rendre plus conformes à Notre-Seigneur dont la vie a été une douleur perpétuelle, soit enfin qu’il voulût nous offrir par eux de grands modèles de résignation et de puissants secours dans les peines qui nous assaillent a chaque instant.

Le texte du bienheureux Job, a donné à saint Grégoire l’occasion de discourir assez longuement sur les maux si diversifiés, qui affligent l’humanité entière depuis le berger dans sa cabane jusqu’au roi sur son trône. Pour le résumer, il dit, cet illustre Docteur, qu’à considérer sérieusement ce qui se passe en ce monde, on n’y trouvera que des peines continuelles, soit en ce qui regarde la conservation de ce corps mortel exposé sans cesse à mille dangers, soit en ce qui regarde ou nos amis que nous craignons à toute heure d’offenser, ou nos ennemis, dont la mauvaise volonté nous peut toujours être suspecte ; soit en ce qui regarde l'exil où nous sommes étant éloignés de notre patrie, et cet effroyable aveuglement par lequel étant privé de la vraie lumière de notre âme, nous nous plaisons à vivre longtemps ici-bas dans cette privation. Tout homme donc, qu’il soit juste ou pécheur, éprouve des chagrins et des revers qui deviennent plus ou moins supportables, selon la disposition morale des individus.

Ainsi les saints, comme Saint Joseph, qui ont souffert des tribulations de la vie, les ont moins ressenties que les criminels pécheurs, comme Voltaire qui se tordait les membres de rage et de désespoir sur son lit de mort. C'est ce qu'a voulu nous faire entendre David par ces paroles : « L’Eternel tient en sa main une coupe de vin le plus pur, qu'il mêle de différentes liqueurs enivrantes. Il en donne à boire aux hommes ; et tous les impies qui sont sur la terre en boiront, ils en suceront jusqu’à la lie ». Toutes ces expressions sont à peser. « Il y a, dit Saint Alphonse de Liguori, dans les mains du Seigneur, un calice plein de vin pur, c'est-à-dire de justice, et en même temps de mélange, c'est-à-dire de bonté, car il tempère la justice par la miséricorde. Et ce calice ainsi tempéré, il verse alternativement sur les hommes, leur donnant tantôt des grâces, tantôt des châtiments, mais que les pêcheurs sachent que la lie, c'est-à-dire la partie la plus amère de ce calice n’est pas vidée ni épuisée ; les impies en boiront tous. En outre des peines de cette vie, infligée aux pécheurs, la plus grande partie leur en est réservée pour le jour du jugement. Ainsi, tandis que les amis de Dieu n’éprouvent que des peines tempérées et adoucies par l’onction de la grâce que Notre Seigneur y répand, ses ennemis, les méchants, en souffrent de bien amères, de bien grandes, de bien poignantes.

Tous tant que nous sommes, combien de chagrins n’éprouvons-nous pas dans la vie domestique surtout ? C’est tantôt un enfant indocile qui se révolte contre nous; un protégé qui ne nous montre que de l'ingratitude ; un ami qui trahit des secrets que nous lui avions confiés ; des parents qui par la plus noire des perfidies nous déshéritent; des maîtres qui sont sévères et excessivement exigeants à notre égard, et bien d’autres cas semblables, sans compter ni les peines d’esprit, ni les angoisses du cœur, ni les maux physiques du corps qui nous font souvenir à tout moment de la misère de notre condition en ce monde. Eh ! Bien ! Parmi ces chagrins, sachons puiser de la consolation en Dieu que l’Apôtre appelle le Dieu de patience et de consolation ; sachons puiser de la consolation en Marie que l’Église nomme la consolatrice des affligés, et l’abbé Francon, la consolatrice de ceux qui pleurent ; sachons puiser de la consolation auprès de Saint Joseph, le doux consolateur des cœurs désolés, peinés, éprouvés. Pour cela, souffrons comme lui en paix et en silence pour l’amour de Notre-Seigneur. Nous voyant ainsi résigné, ainsi fidèle à l’imiter, il s’empressera de nous procurer des consolations, si Dieu les juge avantageuses. Demandons-lui surtout d'être parfaitement résignés à souffrir tout ce qu’il plaira à la Providence qui dispose de tout avec nombre, poids et mesure. Lorsque, dit Tostat, nous voyons les parents de Jésus, le porter petit enfant, avec tant de travail et de peine dans le chemin de l’Egypte, ne semblerait-il pas que Dieu les avaient abandonnés à eux-mêmes ? Non, répond ce Père, mais il voulait nous apprendre à supporter nos épreuves, à souffrir nos chagrins, à leur exemple, avec résignation. C’est par cette résignation dans nos chagrins que nous inclinerons le Cœur de saint Joseph à nous protéger.

« Mon fils, fait dire le Bienheureux Gerson à Jésus-Christ, dans l’Imitation, vous allez encore être exercé sur la terre, et passer par beaucoup d'épreuves. J'entremêlerai quelquefois à vos maux la douceur de mes consolations, car vous n'en jouirez pas encore avec abondance. Fortifiez-vous donc, et résolvez vous courageusement à faire et à souffrir tout ce qui est contraire à la nature ». Cet avis si plein de sagesse, recevons-le comme venant aussi du bienheureux saint Joseph et dicté par son bon Cœur.

 

Exemples

 

« Un père de famille qui porte un des beaux noms de notre France, M. de M. ayant perdu toute sa fortune, cherchait vainement un emploi qui lui permit de venir en aide aux siens. Plein de confiance en Saint Joseph, il s’adressa à lui, et sa confiance ne fut pas trompée. Il a obtenu une place longtemps désirée, et dans sa reconnaissance, il demande que ce trait de bonté de son puissant Protecteur soit un nouveau sujet de confiance pour tous nos lecteurs ». Je puis encore vous citer un autre trait : « Plusieurs membres d’une famille, très éprouvés déjà, avaient un procès dont la perte eût amené la ruine complète. Leur cause était juste ; mais la justice humaine, si souvent en défaut, faisait appréhender une issue bien pénible. Saint Joseph est invoqué, et le procès est gagné... »

Il y a quelque temps, une personne se trouvait fort embarrassée, sa famille venait de subir une perte qui la plongeait dans la. misère. Dans son indigence, le malheureux père fait appel à l’affection d’un de ses fils vivant hors de la maison paternelle ; mais le fils, riche en amour filial, était pauvre d’ailleurs : il n’avait rien, absolument rien. Que va-t-il faire ? Sa tendre dévotion à Saint Joseph le conduit au pied de son autel : la, il se jette à genoux, et de son cœur brûlant s’échappe cette fervente prière : « Saint Joseph.... je voudrais secourir mon père, mais vous voyez mon impuissance... Ce que je ne puis, vous le pouvez, saint Joseph,venez, venez à mon secours, saint Joseph aidez-moi, et à jamais je célébrerai vos bontés ». Sa voix suppliante était montée jusqu'aux cieux : l'auguste époux de Marie l'avait entendue, il l’avait exaucée. Une heure après, un inconnu mettait à la disposition du suppliant une somme qui rendait à sa famille tout ce que l'infortune lui avait ravi.

Un père de famille très affectionné à saint Joseph désirait mettre son enfant dans une institution ecclésiastique, où les mœurs de cet enfant fussent sauvegardées. Épuisé de ressources par les suites de la guerre et du long siège de Paris, il se trouvait très affligé de ne pouvoir moralement réaliser son désir. La pensée lui vint d'aller recommander cette affaire d'une manière toute particulière à son Saint Protecteur devant sa statue dans une église de la capitale. Saint Joseph l'entendit et l’exauça, il lui fit trouver quelques ressources, l’enfant entra au collège et reprit de ce jour-là même, le nom de Joseph qu'il avait reçu au saint Baptême.

 

Prière de l'affligé à Saint Joseph

Mon très doux Protecteur, à qui m’adresserai-je dans mes peines ? Sinon à vous qui avez été établi par Jésus-Christ notre tendre Père et Consolateur, le secours et le protecteur de tous les chrétiens. Voici, ô Saint Joseph, que l'affliction est venue fondre sur moi, et je tremble à la pensée de ma faiblesse et de mon inconstance ; je crains de faillir à mes résolutions, à mes promesses, à mes bons propos. De grâce, céleste Consolateur, entendez mon humble prière, exaucez mes vœux ; que votre Cœur si aimant et si généreux, verse dans le mien, si pauvre et si affligé, ce fleuve de grâce et de bénédictions qui donne un remède à toutes les plaies, un baume à toutes les douleurs, une joie à toutes les tristesses, une consolation à toutes les infortunes, une ressource assurée à tous les maux de l'âme et du corps. Fortifiez-moi tellement qu’après avoir comme vous souffert avec Jésus et pour Jésus en cette vie, le partage avec vous sa gloire en l'autre. Ainsi soit-il.

 

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09 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Dixième jour

Le protecteur des veufs

 

Trois états partagent le monde chrétien, la virginité, le mariage et le veuvage ; de ces états la virginité est le plus excellent, comme le démontre l’Apôtre. Le veuvage vient après enfin le mariage. Aussi la viduité est placée milieu. Saint Joseph a été à la fois vierge et époux, mais il n’a pas passé par le veuvage, mort avant sa très sainte épouse. Quoiqu’il en soit, comme la viduité chrétienne tient un éminent dans l’Église, parce qu’elle est une sorte de virginité accidentelle et que, d’ailleurs, elle conforme aux desseins de la Providence, à la doctrine de l’Église, à la saine morale, il est constant qu’elle est bien considérée par saint Joseph qui a les mêmes inclinations que Notre Seigneur et qu’elle peut être l’objet très légitime et tendre protection. En douter, serait faire injure au Cœur si bon de notre Saint. L'état de viduité quoiqu’il mette l’homme ou la femme en dehors des peines attachées au mariage, n’est pas pour cela plus exempt de tribulations de bien des genres ; mais avec un fond de piété et de vrai christianisme on se les rend plus aisément douces, supportables et méritoires. Toutes les conditions ont leurs avantages et leurs désavantages ; toutes aussi ont leurs grâces que Dieu accorde pour le servir et s’y sanctifier. Or, celle des veufs est bien propre à atteindre cette fin. D’ailleurs, le Ciel semble y verser avec plus d’abondance la rosée fertilisante de ses bénédictions, bien entendu quand les veufs ou les veuves s’en rendent dignes par des mœurs chastes, réglées et conformes aux règles chrétiennes tracées par le Christ et.les Apôtres.

Comme les personnes veuves sont souvent désolées, soit parce qu’elles avancent sur le déclin de la vie, soit parce qu’elles se trouvent seules pour l’ordinaire, qu’elles n’ont aucun consolateur qui les distraie de leurs peines, adoucissent leur sort. il est bon de leur montrer combien leur état est grand, excellent et sanctifiant ; je le ferai, d’après saint Jean Chrysostôme. Qu’il plaise à saint Joseph de donner sa bénédiction aux paroles de ce grand Docteur. « La viduité qui semble être un nom de misère, ne l’est nullement, mais c’est une dignité; un honneur et une très-grande gloire, ce n’est pas une infamie, mais une couronne. Oui qu’une veuve n’ait pas de mari qui converse avec elle, Jésus-Christ l’objet même de sa conversation, et il écarte loin tous les maux qui pourraient lui arriver dès qu’une veuve est persécutée, il suffit qu'elle présente devant Dieu, qu’elle se mette à genoux, qu’elle gémisse dans l’amertume de son cœur, qu'elle répandre des larmes, et cela seul pourra garantir des embûches de tous ceux qui la persécutent. Les larmes, les gémissements, prières continuelles sont les véritables armes avec lesquelles les veuves peuvent non-seulement se défendre de la violence des hommes, et repousser les attaques des démons. (…)

Ailleurs le saint Docteur rassure les veuves qui ont des enfants encore jeunes, en leur disant qu’elles doivent se confier en Dieu qui prendra soin d’eux comme un bon père ; que ce qu’elles ont à faire c’est de leur donner une éducation sainte qui assurera leur bonheur.

Dans tous les cas, une veuve chrétienne doit se consoler beaucoup d’être si heureusement délivrée de la servitude du mariage, car son état la met dans une plus grande paix, la rend plus capable de s’unir à Notre-Seigneur par la prière et les bonnes œuvres. « Veuve, dit le cardinal Hugues, signifie divisée en deux, c’est-à-dire éloignée de son mari ». Mais si elle est loin de son mari elle est plus proche de Dieu, pourvu qu'elle vive régulièrement ; car alors Dieu lui tient lieu d’époux et d'appui. Saint Jérôme rapporte de sainte Mélanie qu’après la mort de son mari et de ses fils, elle courut se prosterner aux pieds de Jésus-Christ, et elle lui sourit comme s’il était devenu son époux. « O Seigneur, lui dit Mélanie, il vaut mieux vous servir, vous qui m’avez délivrée d’un si grand fardeau ». Tels doivent être vos sentiments, ô veufs et veuves chrétiennes ! Comptez que si vous les prenez pour règle de votre conduite, infailliblement le Seigneur vous donnera en abondance ses grâces. Marie et saint Joseph aussi vous couvriront de leur salutaire protection et vous consoleront, si vous les priez dans vos désolations. Il importe de peser ceci, car tous les veufs et toutes les veuves ne sont pas dignes des soins si tendres de la divine Providence, ni de la protection du Cœur de saint Joseph, parce que toutes ne sont pas agréables au Seigneur, ne vivent pas dans sa grâce et la pratique de sa loi. Le séraphique Docteur distingue trois genres de viduité. Le premier est celui de ces personnes qui à l'imitation de la veuve de l’Évangile, vivent dans les jeûnes, les maisons et les supplications, comme il se lit aussi de Judith ; l’autre est celui de ces personnes qui se font une occupation de courir dans les maisons et les familles, et se chargent de soins superflus qui ne les concernent pas ; l’autre enfin, est celui de celles qui vivent dans les délices, dans la bonne chère, qui sont curieuses, causeuses, médisantes et ne respirent que les plaisirs. Souvent, ajoute ce saint Père, Dieu permet que ces dernières tombent dans la misère ; ce qu'elles pourraient éviter, si elles vivaient saintement, qu’elles fussent pleines d’espérance en Dieu. Car, dit l‘Apôtre, la veuve vraiment veuve espère en Dieu et insiste dans la prière. La foi et la confiance en Dieu des veuves rend leurs prières toutes puissantes auprès du Seigneur et sur le Cœur de saint Joseph, quand elles sont soutenues par une vie chrétienne et vertueuse.

 

Exemple

 

Une veuve d’un âge très-avancé se trouvait délaissée de ses parents ; mais comme elle n’avait pas délaissé le Dieu de sa jeunesse et qu’elle avait une grande confiance en la Providence, le Ciel vint à son secours. Elle avait l’habitude de faire dévotement ses prières devant une statue de Saint Joseph. Une fois qu’elle se trouvait saris pain, et sans argent pour s’en procurer. elle s’avisa de se lever la nuit, d’allumer une lampe près de la statue devant laquelle elle pria longtemps à genoux. Une voisine qui aperçut cette lumière à l’heure de minuit, remarqua qu’elle brûlait encore quelques heures après. Dans la crainte où elle était que la veuve fut malade, elle alla bien vite frapper à sa porte. Celle-ci tardait à ouvrir ; la voisine durant ce temps entendit la veuve qui disait : « Mon bon Saint Joseph, vous qui avez nourri la Sainte Famille au prix de vos travaux et de vos sueurs, me laisserez-vous mourir de faim ? » Alors la voisine frappa plus fort, et avec insistance, la veuve vint lui ouvrir et sur la demande de celle-ci, elle lui dit qu’elle souffrait horriblement de la faim, et qu’elle venait de prier Saint Joseph qu’il voulut bien s’intéresser à son sort ! « Ma chère, répondit la voisine, ne vous inquiétez plus : il y a assez de ressource chez moi, vous, y participerez maintenant tant que vous vivrez, vous et moi, seulement vous me rendrez participante de vos prières au Seigneur et au bienheureux saint Joseph, dont autrefois j’ai entendu raconter les merveilles de sa puissante protection ». De tels faits se renouvellent souvent, Sans que peut-être on l‘entente au céleste protecteur qui les accomplit.

 

Prière d'une veuve à saint Joseph

 

Grand Saint, dont le Cœur est plein de compassion pour le malheur, dont les mains puissantes et secourables protègent la veuve et l’orphelin, juste Joseph, prêtez l'oreille aux accents de ma douleur. Hélas, je suis une veuve affligée ! j’ai perdu l’appui de ma faiblesse, le consolateur de mes jours ; le deuil a voilé mon visage, un pain mouillé de larmes fait ma nourriture. A qui donc aurai-je recours, sinon à vous, bien-aimé Joseph? A vous qui fûtes le tuteur de l’Enfant Jésus, le soutien de la Vierge Marie, sa mère. A vous que le Seigneur a établi chef de son royaume et économe de la Providence ! A vous qui vous laissez attendrir par les larmes, qui adoucissez les amertumes et comblez les espérances. J'adore les impénétrables desseins du Ciel, persuadé qu’il ne m’éprouve que pour mon bien. Mon cœur divisé jusqu’à présent ne voudra plus aimer que Dieu, il fuira pour toujours ce monde frivole, ces plaisirs dangereux, puis s’élevant sur les ailes de la prière dans les régions sereines du Paradis, il criera vers vous, ô tendre Joseph, afin d'exciter la compassion de votre Cœur si doux, et d’attirer toutes les grâces qui en découlent incessamment. Bénissez donc, ô mon saint Protecteur, la veuve qui vous implore à genoux : soyez l’administrateur de mes biens,mon consolateur dans mes ennuis et mes peines, le directeur de ma conscience. Mais, très Saint Joseph, bénissez aussi mes enfants ! Je les recommande tous à votre Cœur si plein de sollicitude. Hélas ! pauvres petits, ils n’ont plus de père et ils ne pèsent pas encore toute la perte de cette absence ! Vous leur en tiendrez lieu désormais; vous partagerez avec leur mère tous les soins que réclament leur jeunesse. Et, de mon côté, ô bienheureux Joseph, je leur apprendrai à Vous honorer par leurs hommages et surtout par une vie chrétienne, qui les rende dignes, et moi avec eux, de partager éternellement votre gloire dans le ciel. Ainsi-soit-il.

 

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08 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Neuvième jour

La grande affaire des pères et des mères

 

Je voudrais avoir une voix de tonnerre pour faire entendre par tout l’univers, je voudrais ce chapitre fut lu dans toutes les familles, afin que les parents y apprissent ce qu’ils doivent à leurs enfants. Combien la mission qui leur est confiée pour les instruire, les former à la vertu, les différents sentiers de la perfection chrétienne es rieuse, grande, importante, et divine; comme aussi la protection de Saint Joseph leur peut être extrêmement nécessaire pour s’acquitter comme il convient de ces devoirs. Je pose en thèse générale cette doctrine du Pieux Docteur qui a si bien écrit en faveur de la jeunesse, qu’il mériterait que tout ce qu’il en a fut imprimé en lettres d’or. Ce docteur, c'est Binet, aussi vénéré qu’il est connu ! Il disait : « Il n’est que trop véritable, que la perte des enfants vient très-souvent de la faute des parents qui manquent à cette grande obligation que Dieu leur a imposée de les élever en sa crainte, et de former à la vertu. Sur cent enfants qui sont mal élevés, qui marchent ensuite dans une mauvaise voie, je présume qu’il y en a plus de quatre-vingt dix qui sont tels par la faute de leurs parents. Certes ! une chose de telle conséquence devrait bien faire ouvrir les yeux de ceux qui sont à la tête des gouvernements, afin qu’ils veillent à ce que les pères et les mères donnent ou fassent donner à leurs enfants une éducation chrétienne et solide, et qu’ils punissent rigoureusement ceux qui ne s’y appliqueraient pas.

Par un malheur qu’on ne peut trop déplorer, nos chefs qui devraient donner les premiers l'exemple d'une très grande surveillance en ce qui concerne l’instruction et l’éducation de l'enfance, sont ou indifférents à cet égard, ou ne patronnent que l’instruction et l’éducation païennes. Est-ce que nous n'avons pas vu dans ces jours à jamais néfastes où deux souverains monstres comme il n’y en eut jamais, on fait mettre toute la France en sang, un maire intrus de Paris défendre aux instituteurs laïques de faire apprendre ou réciter les prières et le catéchisme dans les écoles primaires ? Oui, l’impiété portait ses prétentions jusque là, que de détrôner Dieu et la vertu des jeunes cœurs. Ah ! Malheureux athées, bêtes mille fois plus féroces que les tigres et panthères, le vice ne viendra-t-il pas assez corrompre et souiller ces âmes encore innocent Voulez-vous donc hâter leur perte, les précipiter sciemment dans l'abîme ? Dieu soit béni d'avoir maintenu le Gouvernement de la défense dans ses pouvoirs, qui a eu bientôt fait justice de ces hommes pervers, iniques et méchants l'excès en les chassant des places qu’ils étaient indignes d’occuper.

Pour se convaincre de l’importance d’un bonne et sage direction donnée à l'enfance, il faut penser ce que dit l'Esprit-Saint, que le la voie que l'homme aura prise dans sa jeunesse, il la suivra jusque dans sa vieillesse », paroles que le sa chancelier Jean Gerson recommande à notre attention. « Les philosophes et les poètes, dit-il, sont d’accord avec les théologiens sur ce point qu'il faut attacher une grande importance aux habitudes que contracte la jeunesse ». Oui, tous nous garderons toute notre vie nos premières affections nos premières inclinations, nos premières vertus ou nos premiers vices ; sans doute l'homme pour se réformer en allant de pis en mieux, mais que même, il conservera toujours le germe de ses premières passions, et dire que ce germe plus ou moins mauvais ou plus ou moins bon on l’apporte avec soi du sein de sa mère. C’est donc, direz-vous, la mère qui donne les premier éléments d’éducation à l’enfance ? Oui, assurément, et si l’espace le permettait, je vous le prouverais, l’histoire à la main, par des faits irrécusables. Que conclurai-je delà ? Qu’il vaudrait mieux mourir que de se marier à une femme, ou colère, ou adonnée au plaisir, ou à d’autres vices grossiers, parce que telle est la femme, tels sont les enfants. Quand les données de la science médicale, quand le bon sens, quand l’expérience ne viendraient pas confirmer cette vérité, hélas ! trop négligée, parce qu’elle est trop oubliée, j’en donne pour garant le témoignage de l’Esprit-Saint qui est la vérité même, dont le jugement est sans appel : « Telle est la mère, dit-il, telle est la fille », c’est-à-dire pour juger de la fille, considérez la mère, elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Le pis est qu’avec une telle mère, l’éducation des enfants devient impossible a la maison paternelle, toute la tâche retombe sur le père, surchargé déjà de bien des travaux. Et il est de ces choses que la mère seulement peut apprendre à un enfant comme de prier Dieu avec piété, d’être doux, paisible avec ses frères et sœurs, humains et respectueux envers tous.

Ah ! Quand on considère bien comment l’éducation première des enfants du peuple est faite aujourd’hui, on ne peut que gémir, on ne s'étonne des maux les plus grands qui viennent fondre la société comme sur les familles. On se demande comment la terre peut porter des monstres humains comme ces parents qui élèvent leurs enfants pour le culte du démon, du monde et passions. Le mal existe, aveugle est celui qui le le verrait point, bien à plaindre qui n’en prendrait pas la portée, qui n'en prévoirait pas les suites funestes. « Nous voyons, dit le docteur Thiébaut, les pères et mères dans la classe des pauvres, laissant à leurs enfants en bas âge toute liberté de ce de jurer et d’user des termes les plus grossiers sans cultiver leur esprit, ni par eux, ni par d’autres.Nous voyons les pères et les mères dans la classe des riches, instruire à fond leurs enfants de la sagesse des Egyptiens, de la danse, de la musique, de la fable, de l‘histoire profane, au lieu de leur donner à peine une, première teinture sagesse chrétienne : second défaut des pères et des mères, second obstacle à l'éducation des enfants. Nous voyons qu'une mère ou pointilleuse indolente, soustrait sa fille à la houlette du Pasteur, lorsqu’elle est en âge de faire sa première communion, en la confiant à des étrangers. Troisième défaut, troisième obstacle à l’éducation chrétienne, à l’ordre que Jésus-Christ a voulu être entre les ouailles et le Pasteur. Nous voyons que les enfants, ayant fait leur première communion, les pères et mères les abandonnent aussitôt à eux-mêmes, comme si leurs droits et leurs obligations, envers ces enfants, cessaient à cette époque. Quatrième défaut, quatrième obstacle à la bonne éducation, source féconde des désordres où tombent les jeunes gens, en se liant à de mauvaises compagnies, en suivant les exemples pernicieux des libertins qu’ils fréquentent ! »

Voila comme l’éducation des enfants est faite dans notre siècle. On se fait difficilement l’idée de ce que doit coûter à des pères et mères chrétiens qui veulent dans l’intérêt à la fois temporel et éternel de leur enfants réagir contre une si détestable coutume. Ah! il importe pour eux de prendre pour modèle les soins de saint Joseph à l’égard de l’Enfant Jésus, et de prier ce grand Saint de leur venir en aide dans tous les obstacles que leur zèle pourrait rencontrer en ce qui concerne l'éducation honnête et chrétienne de leurs chers enfants. L’un de ces plus grands, sans contredit, vit de ce que ces enfants fréquentent d’autres enfants mal élevés, abandonnés à eux-mêmes et vicieux. Cela arrive parce que ces enfants ne sont pas éveillés par leurs parents indifférents, ou lâches. Ah ! S’ils imitaient la vigilance de saint Joseph sur l'Enfant-Dieu, quoiqu’il n’eût pas besoin d'être surveillé, leurs enfants seraient bien meilleurs qu'ils ne le sont et ils croîtraient dans l'innocence et la vertu à mesure qu’ils avanceraient en âge, comme il est rapporté du deux Fils de Dieu devenu pour notre amour, le doux Fils de Joseph et de Marie.

Certains parents après avoir pris tous les soins imaginables de leurs enfants, et leur avoir insufflé la vertu, ont le regret bien amer de voir que enfants ne répondent pas assez à leur vigilance. Sans doute c’est la une affliction sensible au ce de ces parents, affliction d’autant plus intense, que Dieu et la vertu en sont les motifs. Que feront-ils dans cette situation si pénible ? Se livreront au désespoir ? maudiront-ils leur progéniture ? Ah ! qu’ils s’en gardent bien ! Mais plutôt qu se jettent aux pieds de notre bon saint Joseph qu'ils prient et suppliant sans se lasser son Coeur très doux, très compatissant, et je les assure qu'ils verront ces enfants revenir de leurs égarements et leur donner une satisfaction d'autant grande que leur chagrin aura été plus lourd.

 

Exemple

 

Une femme de condition médiocre avait une fille qui n’édifiait point ses sœurs par sa conduite ; la mère s’en affligeait beaucoup, et chaque fois qu'elle entrait à l’église à Turin, elle se jetait à genoux devant le tableau de Saint Joseph, et le priait avec larmes de lui obtenir la conversion de sa fille. Une fois elle eut une bonne inspiration : « Si je lui donnais une image de saint Joseph ? Elle ne la voudrait pas... ou bien elle la déchirerait ; c'est égal, essayons ». En disant cela, elle se lève, et, pleine d’une grande confiance, elle va chez un marchand d’images religieuses, choisit celle qui lui paraît la plus belle, et la porte à la maison. La jeune fille était absente , et sur sa table à ouvrage on voyait un livre qui n’était pas, certes, un livre de dévotion. « Dois-je mettre dedans une image religieuse ? O Saint Joseph, pardonnez-moi, mais je ne puis faire autrement ». Sa fille revient à la maison et reprend son livre. « Chose curieuse ! S'écrie-t-elle, qui peut m’avoir mis une image de Saint Joseph dans mon livre ? Je ne sais qu’en faire ! » Elle dit qu’elle ne sait qu'en faire, mais en attendant elle la regarde attentivement, elle la trouve belle, elle ne se lasse pas de la contempler ; et puis elle la retourne. elle lit une prière qui était au verso, et elle regarde encore l’image; et puis... et puis elle pleure, jette son mauvais livre à terre, et se trouve subitement touchée de la grâce et complète convertie.

 

Gémissements d’une mère aux pieds de saint Joseph

 

O Saint Patriarche et chef de la sainte Famille, il n’est pas une maison vraiment chrétienne qui ne se fasse un devoir de vous honorer et de recourir à vous dans la tribulation et l’angoisse. Vous inclinez doucement votre oreille, et ouvrez largement votre Cœur miséricordieux aux supplications qui vous sont adressées. Voici, ô saint Protecteur, qu’une malheureuse mère vient déposer à vos pieds bénis les peines dont est rempli son cœur à la vue de ses enfants ingrats et méchants. Vous seul, Bienheureux Joseph, savez bien m’entendre, me comprendre et me soutenir parce que vous savez ce qu'est un cœur de pour le fruit de son sein. Voyez couler mes larmes, écoutez les gémissements de mon cœur et bénissez une mère qui vous demande la résurrection spirituelle de son enfant. Faites plus, et ô grand Saint ! Aidez-moi dans le pénible travail de l’éducation de mes enfants, dirigez-moi et guidez-moi dans ce travail de tous les instants ; mais surtout bénissez les efforts de mon zèle, je vous en prie par l'amour que vous portez au saint Enfant Jésus. Oui, obtenez-moi de bien élever mes enfants dans la vertu et la piété : s’ils s'égarent, oh ! Ramenez-les vite. Quel malheur s’ils venaient jamais à périr pour l’éternité ! Si je n’en fais pas des saints, ce seront des réprouvés en enfer. Quelle alternative ! Que c’est déchirant, que c’est affligeant pour un cœur de mère ! Ah ! mon bon Saint, non, mes enfants ne se perdront pas, je vous les confie, je les place a vos pieds sacrés, même dans votre Cœur, afin qu'en la vie et à la mort ils soient constamment à vous et protégés par vous. Ainsi soit-il.

 

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07 mars 2015

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

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Huitième jour

Le type consolateur des époux

 

L’apôtre enseigne que le mariage est un grand Sacrement, en ce qu’il représente l’union de Dieu et de l’Église. Mais combien plus parfaitement le mariage de Saint Joseph avec Marie, représentait-il cette union mystérieuse,dit saint Bonaventure ? Écoutons le saint Chancelier Jean Gerson, qui avait fait de ce magnifique sujet une étude toute particulière, comme il paraît par les belles choses qu’il en a écrites dans ses Considérations sur saint Joseph, « Jésus-Christ, comme vierge, est conjoint vierge pareillement à l’Église », dit ce dévot Docteur. On trouve en ce virginal mariage de Marie et de Joseph, qu’un homme vierge est joint à la vierge; et comme Jésus-Christ et une lignée spirituelle de la sainte Église, pareillement Saint Joseph et Notre-Dame ont eu ce bel enfant, ce béni fruit de vie, Jésus.

« Toute la cour du paradis et les Anges bienheureux, dit encore Gerson, tressaillèrent de joie de ce saint et sacré mariage. Car la virginité est la sœur des Anges, et ils virent que par ce mariage leur nombre serait réparé. Egalement les anciens Pères qui étaient dans les limbes, et qui, comme on peut le penser eurent connaissance des grâces spéciales de cette solennité, en furent tout joyeux, car leur rédemption approchait. On peut croire aussi que plusieurs des âmes détenues dans le purgatoire, en furent délivrées et élargies, en l’honneur et considération de ce joyeux, saint et glorieux mariage. De plus, nous pouvons religieusement penser que toutes les fois que nous, pécheurs, faisons mémoire honorable de ce mariage, nous en recueillons les biens et les aumônes de grâce et de pardon, de spirituelle joie et de dévotion. Car c'est pour nous pécheurs, et principalement pour notre salut que fut célébré ce mariage. Ainsi nous devons y avoir singulière confiance, amour, honneur et révérence, de quelque état, de quelque âge, et de quelque sexe ou condition que nous soyons, et quelque grâce que nous veuillons solliciter, et spécialement pour demander la paix et l'union. Car ici est signifiée l’union de la sainte Église à Jésus, son époux, et de l’âme à Dieu.

Ainsi s'exprime le saint Docteur Gerson sur cet ineffable mystère, auquel il fut on ne peut plus dévot. Par où l'on voit que les époux ont a la fois un beau modèle à étudier et une efficace protection à espérer du saint mariage de Joseph et de Marie, les deux plus saints époux qui seront jamais.

Saint Joseph est le modèle le plus accompli des époux, comme la vierge sainte est l’idéal le plus sublime des épouses. Son mariage a été l’ouvrage de l’Esprit-Saint, observe le vénérable Silveira, uni en Dieu à sa sainte épouse ils ne faisaient qu’un esprit et qu’un cœur pour aimer et servir Dieu plus parfaitement. Prédestiné pour être uni à la plus parfaite des créatures, il avait des dispositions et des vertus qu’aucun époux n’a pu jamais avoir à égal degré. Sous ce rapport, notre Saint a possédé des éléments de perfection dans le mariage, que nul autre ne saurait posséder. Mais il n’est pas moins certain que la grâce n’a pas tout opéré en lui sans son acquiescement et sa fidèle correspondance, et que, par conséquent, il a eu des peines, des combats intérieurs à surmonter pour vivre en paix et en toute douceur, avec la plus paisible et la plus douce des vierges, comme la nomme l’Église. C’est principalement sous ce rapport que le Cœur virginal de Saint Joseph-doit être présenté à l'admiration et à l’imitation des époux chrétiens.

La paix, la justice, la charité ont formé la sainte alliance de Joseph et de Marie et ont très intimiment uni leurs Cœurs en Dieu. Aussi bien, si la soumission de Marie est volontaire, la domination de Joseph est respectueuse ; si elle l'honore comme chef de la famille, il la respecte comme chef du mystère. Leur reconnaissance est mutuelle, et tous leurs intérêts sont saints, parce qu'ils n’ont qu’un objet, qui est Jésus-Christ. Voyez quelle union dans ce mariage ! Faut-il sur l'édit d'un superbe empereur, faire profession publique de soumission et de servitude, ils vont, ensemble confondre leurs noms avec les noms de tout l’univers. Dans tous les mystères de l’enfance du Christ, Joseph se rencontre toujours avec sa très sainte Épouse, dans une communauté de pensées et de sentiments, d’affections et de volontés.

Les époux qui honorent comme il convient, par leur vertus dans le mariage, l’union de Joseph et de Marie, ont de grands motifs d’espérer de ces deux très Saints Époux secours et protection dans toutes leurs nécessités, ainsi que de bien douces consolations dans les peines cuisantes du mariage. Qu’ils viennent donc avec une entière confiance aux pieds de notre bon Saint Joseph qui les comprendra d’autant mieux et les aidera d’autant plus efficacement que, quoiqu'il fut marié à la plus douce et la plus accomplie des épouses, qu’il soit possible d’imaginer, il connût néanmoins les peines et les tribulations inséparables des unions les mieux assortie, ainsi qu'on le voit par l’Evangile. Son tendre et béni Cœur est donc en état de compatir plus vivement aux épreuves des époux qui l’implorent, de pouvoir les leur rendre plus acceptables, plus douces et plus mémoires pour la bienheureuse éternité, et même pour cette vie temporelle.

Oh ! qu'un mariage est heureux, quand l’époux et l’épouse s'animent à servir Dieu, à le prier, à le louer par l’union des sentiments de piété et de vertu ; quand un époux chérit son épouse d'une affection aussi pure que celle avec laquelle Saint Joseph aimait l’incomparable Marie pour sa modestie, pour sa simplicité, pour sa chasteté ; quand l'un et l’autre s’efforcent, comme Joseph et sa virginale Épouse, de marcher dans les voies du Seigneur d'une manière ferme et irrépréhensible ; qu’ils se consolent dans leurs afflictions inévitables ; qu’ils ont les mêmes vues, une même espérance, les mêmes désirs, une même règle, celle de l’Evangile. Au contraire, un mariage devient comme un enfer, quand les époux vivent sans union, sans esprit de paix, sans but honnête e.t chrétien, en un mot sans vertu, sans lois, sans frein. La bénédiction de l’éternel n’y est pas, car elle ne demeure pas dans le trouble, le désordre et les disputes ; c’est donc sa malédiction qui y séjourne. De tels époux ne comprennent pas la dignité du mariage, et ils n’y répondent pas non plus. Semblables à cette herbe, dont parle David, qui trompe la main qui la moissonne, ceux qui seront près d'eux, qui verront ou entendront ce qui se passe dans leur demeure, ne diront point : « Que la bénédiction de l’Eternel soit sur vous. nous vous bénissons au nom du Seigneur ». J’ajouterai que ces époux n’auront pas les faveurs particulières de Saint Joseph, à moins qu’ils ne s’amendent et qu'ils reviennent avec sincérité de leurs égarements. Pourtant, ils ont un si pressant besoin de consolations, de secours spirituels !

Voyez dans ce ménage cette femme éplorée, les cheveux épars, et toute décomposée ; elle a pour époux un ivrogne, un dissipateur, un méchant ; elle vous montre les plaies encore saignantes qu’il lui et faites. Peut-être y a-t-il de sa faute à elle même, mais enfin le mal existe ; elle souffre beaucoup et en désespérée. D’autre part, je vois un époux triste, affligé, déconcerté, la face noyée dans ses pleurs, pourquoi gémit-il ? de quoi se plaint-il ? Il est brave, honorable, chrétien, bon chrétien et par conséquent bon époux : Qu’a-t-il donc ? soit imprévoyance, soit entraînement, soit imprudence il a pris pour compagne une des cousines de Satan, une femme prétentieuse, insoucieuse, acariâtre, négligente, incapable d’élever comme il convient, ses enfants, de gouverner la maison par ce qu’elle est à la fois sale, paresseuse, dissipatrice. Voilà pourquoi ce mari soupire, pourquoi il gémit et se plaint aux portes d’autrui. Voir pleurer un homme, c'est chose triste. Avec une femme plus convenable, plus douce, plus soumise, plus diligente, plus chrétienne, en un mot mieux élevée, il eut coulé des jours heureux et joui en quelque sorte du bonheur de saint Joseph dans la compagnie de Marie, sa sainte épouse. Tout est-il donc perdu pour lui ? Non ! Mais qu'il s’adresse à Saint Joseph qui lui obtiendra la résignation, cette vertu, la plus belle auréole de l’homme souffrant, le plus digne hommage dû à la divinité, comme la plus propre à le purifier et à lui faire gagner le ciel ; qui peut être même, car il est si bon Saint Joseph, convertira, ou du moins réformera par les grâces qu’il lui procurera son épouse infortunée.

 

Exemples

 

Un père de famille vivait depuis longues années dans l’oubli de ses devoirs religieux. Au mois de mars, son épouse et ses enfants entreprirent une neuvaine à saint Joseph pour obtenir sa conversion. La clôture en fut fixée au 19 mars, jour de la fête du Saint. Au même jour, cet homme, ignorant ce que les siens faisaient à son intention, entra par hasard dans une église; il y entendit une instruction qui le toucha, et se confessa avant de sortir. Il a persévéré depuis dans les meilleures dispositions.

Une femme pieuse souffrait avec résignation les rudes traitements de son mari, qui vivait contre toutes les lois de l'honnêteté et de la morale. L'épouse fidèle essaya de tous les moyens pour ramener dans le bon chemin l’époux infidèle, mais tout fut inutile. Enfin elle eut recours au modèle des époux, à saint Joseph, qui la consola aussitôt et l’exauça ; car ce malheureux reçut de Dieu de si grandes grâces, qu’il détesta ses péchés, répara les scandales qu’il avait donnés, s’appliqua à vivre chrétiennement et saintement, à la consolation de tout le monde et en particulier de sa pieuse épouse (Bollandistes).

 

Oraison du bienheureux Gerson en mémoire du mariage de Saint Joseph

 

Vierge sainte et sacrée, veuillez m'obtenir cette grâce de votre cher et doux Enfant Jésus, qu’on puisse en votre dite église de Notre Dame de Paris, et toutes les autres de la chrétienté célébrer dignement sans superstitions, le virginal mariage du saint, juste et vierge Joseph avec vous, lequel vous aima d'un amour si pur, vous garda et vous gouverna avec tant de soins vous, et le béni Enfant Jésus, vous accompagna toujours, vous honora chastement et saintement, comme vous le fîtes à son égard avec tant de bonté et d’humilité, de sorte que maintenant il jouit avec vous de la gloire. Que par les mérites et les intercessions votre chaste Époux, le très doux et glorieux Jésus qui vous est né, que.vous avez nourri en ce mariage sacré, nous fasse être participant des noces célestes et de la gloire éternelle, lui qui est l'Epoux de l’église triomphante, et Dieu béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.

 

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