20 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Vingt-et-unième jour

Le esclavage de Marie

 

« Quand vous voudrez offrir quelque chose à Dieu, ayez soin de l’offrir par les mains très agréables et très dignes de Marie, à moins que vous ne vouliez être rejeté. Le plus grand bien que l’aimable Marie procure à ses fidèles serviteurs, c’est qu’elle intercède pour eux près de son Fils et l’apaise par ses prières. Elle les unit à Lui d’un lien très intime, et elle les y conserve ». (Saint Louis Marie Grignion de Montfort, du T.-O. De Saint Dominique).

« Ô Marie, je veux de tout mon coeur être la petite esclave de Jésus et la vôtre ». (Vénérable Sœur Charlotte de la Résurrection, conv.).

 

I. « La plus parfaite consécration à Jésus Christ n'est autre chose qu'une parfaite et entière consécration de soi-même à la très Sainte Vierge, pour être tout entier à Jésus Christ par Elle. Il faut lui donner 1° Notre corps, avec tous ses sens et ses membres ; 2° notre âme avec toutes ses puissances ; 3° nos biens extérieurs ; 4° nos biens intérieurs et spirituels qui sont nos mérites, nos vertus, et nos bonnes œuvres passées, présentes et futures ; en deux mots, tout ce que nous avons, et tout ce que nous pourrons avoir à l'avenir dans l'ordre de la nature, de la grâce et de la gloire ; et cela, sans aucune réserve, pas même d'un denier, d'un cheveu et de la moindre bonne action, et cela pour toute l'éternité, et cela sans prétendre ni espérer aucune autre récompense de son offrande et de son service, que l'honneur d'appartenir à Jésus Christ par Elle et en Elle, quand cette aimable Maîtresse ne serait pas, comme Elle l'est toujours, la plus libérale et la plus reconnaissante des créatures.

Une personne qui s'est ainsi volontairement consacrée et sacrifiée à Jésus Christ par Marie, ne peut plus disposer de la valeur d'aucune de ses bonnes actions ; tout ce qu'elle souffre, tout ce qu'elle pense, dit et fait de bien appartient à Marie, afin qu'elle en dispose selon la volonté de son Fils et à sa plus grande gloire, sans cependant que cette dépendance préjudicie en aucune manière aux obligations de l'état où on est à présent, et où on pourra être pour l'avenir : par exemple, aux obligations d'un prêtre, qui, par office ou autrement, doit appliquer la valeur satisfactoire et impétratoire de la sainte Messe à un particulier, car on ne fait cette offrande que selon l'ordre de Dieu et les devoirs de son état.

On se consacre tout ensemble à la très Sainte Vierge et à Jésus Christ : à la très Sainte Vierge, comme un moyen parfait que Jésus-Christ a choisi pour s'unir à nous et nous unir à Lui ; et à Notre Seigneur, comme à notre dernière fin, auquel nous devons tout ce que nous sommes. Comme à notre Rédempteur et à notre Dieu ». (Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la la vraie dévotion à la très Sainte Vierge).

Quelqu'un dira peut-être : « Si je donne à la très Sainte Vierge toute la valeur de mes actions, pour l'appliquer à qui Elle voudra, il faudra peut-être que je souffre longtemps en purgatoire ». Cette objection, qui vient de l'amour-propre et de l'ignorance de la libéralité de Dieu et de sa Sainte Mère, se détruit d'elle-même, une âme fervente et généreuse, qui prise les intérêts de Dieu plus que les siens, qui donne à Dieu tout ce qu'elle a sans réserve, en sorte qu'elle ne peut rien de plus ; qui ne respire que la gloire et le règne de Jésus Christ par sa Sainte Mère, et qui se sacrifie tout entière pour le gagner ; cette âme généreuse, dis-je, sera-belle plus punie dans l'autre monde, pour avoir été plus libérale et plus désintéressée que les autres ? Tant s'en faut : c'est envers cette âme, comme nous le verrons ci-après, que Notre-Seigneur et sa très Sainte Mère sont très généreux et prodigues en ce monde et dans l'autre, dans l'ordre de la nature, de la grâce et de la gloire.

On trouve depuis plus de huit cents ans des marques de cette pratique de dévotion dans l'Église. Saint Odilon, abbé de Cluny, qui vivait environ l'an 1040, a été un des premiers qui l'ait pratiquée publiquement en France. Différents papes ont approuvé cette dévotion, et des milliers de personnes l'ont embrassée.

La Bienheureuse Agnés de Jésus, religieuse dominicaine du couvent de Langeac, en Auvergne, où elle mourut en odeur de sainteté, souffrait de grandes peines d'esprit, quand elle entendit une voix qui lui disait que si elle voulait être délivrée de toutes ses peines et protégée contre tous ses ennemis, elle se fit au plus tôt l'esclave de Jésus et de sa sainte Mère. Aussitôt Agnès se donna tout entière à Jésus et à sa sainte Mère en cette qualité, quoiqu'elle ne sût pas auparavant ce que c'était que cette dévotion ; et ayant trouvé une chaîne de fer, elle se la mit autour du corps et la porta jusqu'à sa mort. Après cette action, toutes ses peines et ses scrupules cessèrent, et elle se trouva dans une grande paix et dilatation de cœur ; ce qui l'engagea à enseigner cette dévotion a plusieurs personnes qui y firent de grands progrès. Un jour la sainte Vierge apparut à la vénérable Agnès et lui mit au cou une chaîne d'or, pour lui témoigner la joie qu'elle avait qu'elle se fût faite l'esclave de son Fils et la sienne : et sainte Cécile, qui accompagnait la sainte Vierge, lui dit : « Heureux sont les fidèles serviteurs de la Reine du ciel, car ils jouiront de la véritable liberté ».

L'abbé Olier, fondateur de Saint Sulpice, voua à Marie une captivité perpétuelle, et en signe de cette heureuse captivité, il portait toujours une petite chaîne d'argent autour du cou. « Ces petits devoirs, disait-il, sont agréables à la sainte Vierge, ils lui plaisent davantage que d'autres plus considérables ».

Le Père de Montfort dit qu'il est très louable, très glorieux et très utile à ceux et celles qui se sont faits les esclaves de Jésus en Marie, de porter pour marque de leur esclavage amoureux de petites chaînes de fer bénites d'une bénédiction propre, chaînes mille fois plus glorieuses et plus précieuses, quoique de fer, que tous les colliers d'or des souverains et des mondains.

 

II. Ô Marie, je vous choisis aujourd'hui en présence de toute la cour céleste pour ma Mère et ma Maîtresse ; je vous livre et vous consacre, en qualité d'esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient, selon votre bon plaisir, pour la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et dans l'éternité.

Ô Mère admirable, présentez-moi à votre cher Fils, en qualité d'esclave éternel, afin que m’ayant rachetée par Vous, Il me reçoive par Vous.

Ô Mère de Miséricorde, faites-moi la grâce d'obtenir la vraie sagesse de Dieu, et de me mettre pour cela au nombre de celles que vous aimez, que vous enseignez, que vous conduisez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves.

Ô Vierge fidèle, rendez-moi en toutes choses une si parfaite imitatrice, disciple et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus Christ, votre Fils, que je puisse partager un jour sa gloire dans les cieux. Amen.

 

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19 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Vingtième jour

Le samedi

 

« Le samedi tient le milieu entre le jour de la joie qui est le dimanche et le jour de la peine qui est le vendredi ; à ce titre il devait être consacré à Marie qui est la médiatrice entre Dieu qui jouit de la plus entière béatitude et l’homme qui est le jouet de toutes les souffrances » (Père Justin Miechow)

 

I. Dès les temps les plus reculés, le samedi fut comme le Dimanche de Marie ; et au VIIe siècle, il existait déjà un office de la Vierge qu'on aimait à réciter ce jour-là. Au Xe, dit Mabillon, la coutume s'introduisit de faire abstinence le samedi, de dire la messe de Beata, et de réciter l'office de Marie.

Le pape Urbain Il, en 1096, voulut que le samedi fût spécialement consacré à Marie dans l'Église, et qu'on fît son office ce jour-là. Saint Pie V, dominicain, en restreignant l'obligation de réciter le petit office. le conserva pour le samedi, quand il 'ne s'y rencontrerait pas un jour de fête. Saint Pierre Damien, par l'ordre d'Urbain II, composa le petit office quotidien et l'office du samedi en l'honneur de Marie.

Une pieuse tradition porte à croire que le samedi fut le jour béni où Dieu donna Marie à la terre et celui où il l'appela à venir partager au ciel la gloire de son divin Fils.

Ne pourrait-on pas dire aussi que suivant le testament de Jésus mourant sur la croix : « Mère, voilà votre Fils... Fils, voilà votre Mère », le samedi est le jour où, Jésus étant dans le tombeau, nous fûmes, pour la première fois, dans la personne du disciple bien-aimé, l'objet de la sollicitude maternelle de Marie, et où Marie obtint aussi les prémices de notre tendresse filiale ?... Cet usage d'honorer particulièrement Marie le samedi est si ancien dans l'Église, que saint Grégoire le Grand parle dans ses dialogues d'un saint artisan, qui distribuait aux pauvres le samedi tout ce qu'il avait gagné dans sa semaine ; une âme pieuse aperçut en vision un somptueux palais que Dieu préparait au ciel pour ce serviteur de Marie, et qui ne se bâtissait que le samedi.

Marie elle-même sembla accepter le samedi comme le jour privilégié qu'elle choisit pour répandre ses faveurs ; car elle révèle au pape Jean XXII, qu'elle délivrerait des flammes du purgatoire le samedi après leur mort tous ceux qui mourraient revêtus de son scapulaire.

L'Ordre de Saint-Dominique se distingua par sa dévotion à honorer le jour consacré à Marie. Qui ne connaît la dévotion des quinze samedis, pratiquée pendant quinze samedis. consécutifs en l'honneur des quinze Mystères du Rosaire ? Cette dévotion qui prit naissance dans la ville de Toulouse, à la fin de l'an 1600, s'est depuis propagée parmi les fidèles ; l'Église l'a approuvée et enrichie d'indulgences. Des avantages innombrables paraissent attachés à la dévotion des quinze samedis. Par elle, selon des dépositions authentiques, des aveugles ont recouvré la vue, une foule de malades ont été guéris, des pécheurs se sont convertis sincèrement, des affligés ont reçu de douces consolations. On lui doit enfin des vocations extraordinaires à la vie religieuse, la victoire sur ses passions, l'acquisition des vertus, etc.

Le roi saint Louis avait une dévotion si tendre et si vive pour la sainte Vierge, et tant d'amour pour son humilité, qu'afin de l'honorer et de l'imiter, il faisait réunir chaque samedi, jour consacré à Marie, une multitude de pauvres dans son palais. Lorsqu'ils étaient assemblés dans son appartement, il leur lavait les pieds à l'exemple du Sauveur, les essuyait et les leur baisait avec un respect qui faisait bien voir à tous qu'il reconnaissait en eux les membres de Jésus-Christ. Ensuite, pour joindre la charité à l'humilité, il les faisait asseoir à une table copieusement servie, et il les servait de ses mains royales, plus satisfait mille fois de glorifier par là Jésus et sa sainte Mère, que de tous les hommages qu'il recevait de sa cour. Enfin, il distribuait à chacun de ses pauvres convives une riche aumône, toujours en l'honneur de la Reine du ciel et de la terre. Il avait dû la vie à la Sainte Vierge, ayant été donné à sa mère, la reine Blanche, après que celle-ci eût récité et fait réciter par les personnes les plus pieuses le Rosaire, récemment établi par Saint Dominique. Ce saint roi avait désiré mourir un samedi, comme pour couronner par l'hommage de ses derniers soupirs, tous les honneurs qu'il avait rendus à Marie à pareil jour, chaque semaine de sa vie. Il fut exaucé, Marie voulant que ce jour d'honneur pour Elle. fut aussi celui de l'entrée dans la gloire céleste pour son fidèle serviteur.

Le vénérable Père Antoine Lequien jeûnait tous les samedis au pain et à l'eau en l'honneur de Marie. Il prêchait aussi tous les samedis à la même intention, et une foule immense se pressait dans la chapelle du Rosaire pour entendre ses instructions. Un jour qu'il prêchait dans cette chapelle sur les peines de l'enfer, il parla avec encore plus de chaleur et de véhémence qu'à l'ordinaire, et au moment de terminer son discours, il se tourna vers la statue de la Sainte Vierge placée sur l'autel, et s'adressant à elle avec un saint transport, il la pria de bénir elle-même ses auditeurs, afin qu'il n'y en eût aucun de damné. Étant ensuite descendu de la chaire sans donner la bénédiction accoutumée, on vit alors la statue de la sainte Vierge lever les bras et bénir toute l'assemblée.

La très Sainte Vierge fit entendre intérieurement cette parole au vénérable Monsieur Olier : « Fais vœu de dire une messe tous les samedis, pour remercier Dieu de ce qu'Il m'a rendue Mère de son Fils ». Le saint prêtre promit à l'instant. Le samedi était pour lui un jour qu'il sanctifiait comme les fêtes de l'Église, il ne faisait pas même travailler les ouvriers ce jour-là. Son directeur approuva cette pratique, et lui assura qu'elle était très agréable à Marie Tous les premiers samedis du mois, les enfants de la paroisse étaient offerts et consacrés à Marie ; ils assistaient à une messe solennelle, et à une procession en son honneur. Monsieur Olier, dans son ardent amour pour la sainte Vierge, se félicitait d'être né un samedi.

La vénérable Dominica du Paradis allait tous les samedis cueillir les fleurs les plus fraîches pour en faire de belles couronnes, qu'elle offrait à Marie et à son divin Fils. Un samedi matin qu'elle lui offrait des bouquets de roses, en la conjurant de vouloir bien les accepter et les sentir, son admirable et pieuse simplicité fut récompensée par deux miracles: comme elle élevait ses bouquets de roses vers l'image de la Vierge et de son céleste enfant, ils restèrent suspendus en l'air sans soutien naturel, et ensuite Jésus et Marie prirent les bouquets, les odorèrent et les remirent à Dominica, qui, en les baisant à son tour, les trouva embaumés d'une odeur infiniment plus pénétrante et plus délicieuse qu'auparavant.

Un autre samedi que, selon sa pieuse coutume Dominica avait couronné de roses les statues de la très Sainte Vierge et de son divin Fils, ils lui apparurent tous les deux peu après, et eurent avec elle un délicieux entretien qui embrasa son cœur du céleste amour.

Le samedi, la vénérable Hippolyte de Rocaberti offrait à l'honneur de la Mère de Dieu toutes les messes qu'elle entendait. Un samedi qu'elle demandait à Marie avec une grande ferveur ce qu'elle pourrait faire pour être agréable à son divin Fils et à Elle, la divine Vierge lui répondit : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces et de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même ». Elle fut en même temps remplie des plus vives lumières.

Persuadée, d'après une pieuse croyance, que le samedi fut le jour de la Nativité de Marie, la bienheureuse Benvenuta vénérait ce jour avec un respect particulier ; elle récitait deux mille Ave Maria en souvenir de cette joyeuse naissance et une fois elle mérita d'entendre les Anges la célébrer dans leurs chants.

Un Frère Prêcheur d'Allemagne, d'une grande réputation de sainteté, avait une dévotion toute particulière pour la très Sainte Mère du Sauveur, et il honorait d'une manière spéciale ce cœur si pur qui crut dans le Christ, et l'aima plus que toutes les créatures ensemble, ces entrailles virginales qui le portèrent, ces mains qui le servirent avec un si entier dévouement, ce sein qui l'allaita et sur lequel il reposa son enfance divine, en faisant chaque fois une prosternation et en récitant autant d'Ave Maria. Son intention était d'honorer par cette pratique, l'humilité, la charité, la chasteté, la patience, et toutes les vertus qui méritèrent à Marie la grâce de devenir la Mère de Dieu. Par la puissance que lui donne cet auguste titre, il la conjurait de lui obtenir la grâce d'imiter ses vertus. Un samedi, la bienheureuse Vierge lui apparut, et Elle répandit dans son âme les plus suaves délices et en même temps l'arôme de toutes les vertus auxquelles il aspirait si ardemment.

Tous les samedis le Père de Montfort allait communier à Notre Dame de Paris, tant que dura son séjour au Séminaire de Saint Sulpice.

Parmi les pratiques de dévotion que le Père Marie-Augustin recommande en l'honneur de Marie dans la Rose Mystique, il dit : « Consacrez au moins un jour par semaine, le samedi par exemple, pour remercier la sainte Trinité des immenses bienfaits dont Elle a comblé la Sainte Vierge, et faites la sainte communion à cette intention si cela Vous est possible. En suite, remerciez la sainte Vierge elle-même de tout ce qu'elle a fait pour vous, car les cœurs qui sont ingrats sont de bien tristes cœurs ».

Lorsqu'on fit remarquer à la Mère Marie-Dominique. atteinte de sa dernière maladie, qu'elle se mettait au lit un samedi : « Samedi, s'écria-t-elle, ah ! Marie ma Mère, venez me chercher ! »..., et elle disait ces mots en étendait les bras, comme si elle eut entrevu Celle qu'elle appelait de tous les vœux de son cœur. Enfin, patiente, heureuse de beaucoup souffrir comme elle l'avait demandé, désirant même souffrir davantage, elle mourut en s'immolant pour l'Église et les pêcheurs, le samedi 28 septembre 1861.

 

II. Ô Marie, ma bonne Mère, jusqu'ici je vous ai trop peu remerciée des grâces sans nombre que vous m'avez obtenues ; mais je veux, pour réparer mes négligences passées, vous offrir dans mon cœur votre Jésus, le jour qui vous est spécialement consacré chaque semaine, faire chaque samedi une légère aumône en votre honneur ; surtout, ô Vierge sainte, je veux vous donner tout mon amour, mes chants et mes prières. À vous, puissante protectrice, je m'abandonne sans retour. Si le monde m'appelle je lui répondrai : à Celle que Dieu nomme sa Mère, que l'Ange vénère, que le chrétien proclame son secours, à l'Astre des mers, à l'Etoile du matin, au doux rayon du ciel qui brille entre les nues, à l'aurore du soleil de justice, à Celle qui m'a si souvent préservée du naufrage, à Marie enfin, j'ai donné tout mon amour. Je lui donne à jamais mes larmes, mes maux, mes combats, mon âme, mes pensées, mes prières et mon cœur pour que, sur les ailes de l'amour céleste, elle les porte à son Jésus. Amen.

 

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18 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Dix-neuvième jour

L'Onction de la très Sainte Vierge sur le Bienheureux Réginald et le Scapulaire

 

I. « En 1218, il y avait en France un docteur célèbre appelé Réginald, et qui était doyen du chapitre de Saint-Aignan à Orléans. Il était venu à Rome vénérer les tombeaux des saints Apôtres Pierre et Paul, et se préparait à suivre le dessein, sans savoir comment, que Dieu lui inspirait de tout abandonner pour se livrer dans un état de pauvreté volontaire à la prédication de l'Evangile. Ayant ouvert son cœur sur ce sujet à un cardinal, celui-ci lui dit que Saint Dominique était alors à Rome pour établir un nouvel Ordre qui avait pour but d'unir la pratique de la pauvreté à l'office de la prédication. Maître Réginald s'empressa d'aller trouver le saint, et de lui révéler le secret de son âme, et il résolut dès lors d'entrer dans l'Ordre. Sur ces entrefaites il tomba si dangereusement malade, que les médecins désespéraient de le sauver. Saint Dominique, affligé de perdre un enfant dont il n'avait pas même joui, se tourna vers la divine miséricorde, la suppliant de lui accorder la vie de ce fils précieux, au moins pour un peu de temps. Pendant qu'il priait ainsi, la bienheureuse Vierge Marie, accompagnée de deux jeunes filles d'une beauté sans pareille, apparut à Réginald, éveillé et consumé par les ardeurs de la fièvre, et la Reine du ciel lui dit : « Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai ».

Comme il délibérait en lui-même, une des jeunes filles lui suggéra de ne rien demander, mais de s'en remettre à la volonté de la Reine des Miséricordes, ce qu'il agréa volontiers. Alors Celle-ci, étendant sa main virginale, lui fit une onction sur les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, les mains, les reins et les pieds. Elle prononçait en même temps des paroles appropriées à chaque onction. Ainsi, en touchant les reins : « Que tes reins soient ceints du cordon de la chasteté ». Et en touchant les pieds : « Joins tes pieds pour la prédication de l'Évangile de paix ». Elle lui montra ensuite l'habit des Frères Prêcheurs, en lui disant : « Voici l'habit de ton Ordre » ; et Elle disparut à ses yeux. Réginald se trouva aussitôt parfaitement guéri, oint qu'il avait été par la Mère de Celui qui a le secret de tout salut. Le lendemain matin, quand Dominique vint le Voir, il lui apprit qu'il n'avait aucun mal, et lui raconta sa vision. Tous deux en rendirent de grandes actions de grâces au Seigneur, et les médecins admirèrent un retour si subit et si inespéré à la santé, ne sachant pas la main qui avait donné le remède.

Trois jours après, Réginald étant assis avec Saint Dominique et un religieux de l'Ordre des hospitaliers, l'Onction miraculeuse fut renouvelée sur lui en leur présence, comme si l'auguste Mère de Dieu eût attaché à cet acte une importance considérable, et qu'elle eût tenu à l'accomplir devant témoins. En effet, Réginald n'était ici que le représentant des Frères Prêcheurs, et la Reine du Ciel et de la terre contractait alliance en sa personne avec l'Ordre entier. Le Rosaire avait été le premier signe de cette alliance et comme le joyau de l'Ordre à son baptême ; l'onction de Réginald, indice de virilité et de confirmation, devait avoir aussi un signe durable et commémoratif. C'est pourquoi la très Sainte Vierge, en présentant au nouveau Frère l'habit de l'ordre, ne le lui présenta pas tel qu'on le portait alors, mais avec un changement remarquable.

En effet, dans l'habit que la Sainte Vierge montra à Réginald, le surplis de lin que les enfants de Saint Dominique portaient alors, était remplacé par un scapulaire de laine blanche. Né au désert d'un sentiment de pudeur, tombant comme un voile sur le cœur de l'homme, le scapulaire était devenu dans la tradition chrétienne le symbole de la pureté, et par conséquent l'habit de Marie, la Reine des vierges. En même temps donc que Marie, dans la personne de Réginald, ceignait les reins de l'Ordre du cordon de la chasteté, et préparait ses pieds à la prédication de l'Evangile de paix, elle lui donnait dans le Scapulaire le signe extérieur de cette vertu des Anges, sans laquelle il est impossible de sentir et d'annoncer les choses célestes. Après cet événement, l'un des plus fameux de l'antiquité Dominicaine, l'Ordre quitta le surplis de lin pour le scapulaire de laine devenu la partie principale et caractéristique de son habillement. Lorsque le Frère Prêcheur fait profession, son scapulaire seul est béni par le prieur qui reçoit ses vœux, et en aucun, cas il ne peut sortir de sa cellule sans en être revêtu même pour aller au tombeau.

En l'an 1220, Réginald, de retour à Paris, était atteint d'une maladie mortelle ; le Prieur du couvent de Saint Jacques vint l'avertir que l'heure du dernier combat approchait, et lui demanda s'il ne voulait pas qu'on fit sur son corps les suprêmes onctions. « Je ne crains pas le combat, répondit Réginald, je l'attends avec joie. J'attends aussi la Mère de Miséricorde, qui m'a oint à Rome de ses propres mains, et en laquelle je me confie ; mais de peur que je paraisse mépriser l'onction ecclésiastique, il me plaît aussi de la recevoir, et je la demande ».

Peu de frères savaient la manière mystérieuse dont Réginald avait été appelé à l'Ordre, car il avait prié saint Dominique de n'en point parler de son vivant ; mais le souvenir de cette insigne faveur se présentant à son esprit à l'instant de sa mort, il ne put s'empêcher d'y faire allusion, et la reconnaissance lui arracha un secret que son humilité avait gardé jusque-là ». (Vie de saint Dominique, par le P. Lacordaire).

Les restes mortels de Réginald opérèrent des miracles, et furent pendant plusieurs siècles l'objet d'un culte constant, dans le monastère de Notre Dame des Champs.

D'une main Marie nous offre donc le saint scapulaire, pour nous servir de « boulevard et de défense contre tous les périls du corps et de l'âme ». (Cérémonial de la vêture du Tiers Ordre). De l'autre, Elle nous présente le Rosaire comme une chaîne sacrée, pour nous lier à son service et y attirer tous nos frères. Sainte Rose de Lima, malade, voulait avoir son scapulaire étendu sur son lit, et au moment de mourir elle le baisait en disant : « Belle livrée blanche, tu me conduis au Ciel ! » Mademoiselle Blanc, qui était cruellement tourmentée par les écrouelles, ayant été présentée par sa mère au Père Antoine Lequien, il posa son scapulaire sur la tête de la malade, et après une courte élévation de cœur vers Dieu, il la rendit à sa mère guérie, et elle n'éprouva jamais depuis aucun retour de cette fâcheuse maladie.

 

II. Sainte Marie, Mère de Dieu, mon cœur n'est plus à moi, il est à vous ! C'est vous, qui m'attirant vers l'Ordre de saint Dominique, m'en ouvrant l'entrée, m'avez revêtue de ce vêtement tutélaire, de cet ornement précieux, de ce symbole de la plus aimable des vertus, de ce saint scapulaire que vous donnâtes au bienheureux Réginald. C'est Vous, Mère chérie, qui, dans votre amour maternel, m'avez revêtue d'un habit protecteur contre tous les dangers auxquels je puis être exposée ici-bas ; c'est vous, qui toujours ménagez à ma profonde misère, à mes besoins sans cesse renaissants des grâces plus abondantes pour me faire éviter le mal et pratiquer la vertu (1). Faites donc encore, ô Marie, qu'à l'ombre de ce vêtement sacré je trouve toujours la fraîcheur contre l'ardeur des passions (Manuel du Tiers Ordre, prière de la prise d'habit), que pendant ma vie, et surtout à l'heure de ma mort, il me serve de boulevard et de défense contre tous les périls du corps et de l'âme. Daignez en outre, Vierge sainte et pleine de miséricorde, oindre, au moins spirituellement, toutes mes puissances et tous mes sens, afin que tout en moi soit purifié et consacré sans réserve et pour jamais, au service de Jésus et au vôtre, douce Mère. Amen.

 

(1). Le Scapulaire signifie le joug de l'Evangile, si doux à ceux qui veulent le porter avec amour. Nous avons désire ce joug toute notre vie ; nous devons avoir toujours pour lui le même amour. Il signifie aussi l'obéissance, à cause de la partie de derrière. Cette partie qui couvre le dos, rappelle l'homme qui s'incline et est prêt à recevoir un fardeau. L'autre partie qui est par devant indique le commandement et la protection. Le dominicain, semblable à un père, entoure des ailes de sa prudente sollicitude ceux qui lui sont soumis. Il signifie que nous devons oublier nos mérites passés pour en acquérir de nouveaux, et que, par la pénitence, nous devons jeter loin de nous nos iniquités, loin d'en garder un souvenir qui nous plaise; autrement notre saint habit ne serait que la couverture d'un cadavre. L'égalité des deux côtés du Scapulaire nous marque combien rarement il est facile de discerner la vraie justice d'avec la fausse. Demain cette partie du Scapulaire qui est aujourd'hui derrière nous pourra être devant. Hélas! que d'hommes, pieux aujourd'hui, demain sont méchants ; ils jettent derrière leur des leurs iniquités ; mais un jour Dieu les remettre devant leur face, et alors ils ne pourront plaire ni à Dieu, quand ils subiront son jugement, ni à eux-mêmes, quand ils souffriront en enfer. Alors plus de conversion possible. Pendant que nous en avons le temps, convertissons-nous donc sincèrement. (Année dominicaine, septembre 1861).

 

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17 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Dix-huitième jour

L’Office de la très Sainte Vierge

 

« La prière de l'Église est essentiellement symbolique. D'abord elle cherche li reproduire les adorations de la cour céleste, et puis elle est comme une peinture expressive de l'âme chrétienne ou plutôt elle nous en fait entendre le véritable cri ; ce cri, c'est celui de l'homme soupirant après le ciel, après les biens de l'amour divin, de la paix, et qui sont comme l'avant-goût et l'image de l'éternelle félicité. retrouvant toujours Notre Seigneur au milieu de toutes les impressions religieuses, les lui offrant, et s'appuyant sur lui. Voilà la double inspiration, la pensée de l’0flice divin ». (Année dominicaine, novembre 1862).

 

I. Il est hors de doute que ce sont les Apôtres qui ont les premiers appliqué à la très Sainte Vierge les admirables passages de l'Ecriture sainte qui se rapportent au Verbe incarné, et chanté ou récité les psaumes de David et les Cantiques sacrés en l'honneur de Marie. Les successeurs des Apôtres continuèrent ces prières et y ajoutèrent eux-mêmes sous l'inspiration de l'Esprit-Saint.

Par la suite, l'Église qui recueillait les anciennes prières liturgiques pour en composer l'office divin connu sous le nom de Bréviaire, recueillit également les prières usitées en l'honneur de Marie, et forma ce que nous appelons l'Office de la Vierge, office qui, pour la substance, remonte aux temps apostoliques, mais dont la forme actuelle est bien moins ancienne. Saint Pie V, pour exciter la ferveur des fidèles pour l'Office de la Vierge, accorda de grandes indulgences à ceux qui le réciteraient.

Où pourrions-nous trouver de plus belles prières que celles qui composent cet office ? C'est la Salutation Angélique par laquelle nous commençons et nous terminons chacune des heures de l'office ; et lorsque cette salutation sort de nos lèvres, Marie tressaille de bonheur et les démons s'enfuient épouvantés.

C'est cet élan d'amour envers la sainte Trinité, ce Gloria Patri sorti du cœur embrasé de Saint Jérôme, et que nous ne nous lassons pas de répéter ; ce sont ces belles et tendres hymnes en l'honneur de l'auguste Vierge : Ave Maris Stella... Ô Gloriosa Domina, etc., etc., les riches versets et capitules tirés de l'Ecclésiaste, des cantiques, et appliqués à Marie ; les belles antiennes qui se succèdent selon les différentes époques de l'année, comme les fleurs de nos prairies selon les différentes saisons ; les ferventes prières que nous adressons à nos saints bien-aimés, pour obtenir par leur intercession la grâce d'imiter les vertus qui les ont conduits à la gloire céleste, car les vertus sont les fleurs que doit produire notre dévotion envers Marie.

Que dirai-je de ces cantiques sacrés, de ces psaumes qui composent encore notre office ? Ce sont des chants inimitables, des poésies immortelles où le Prophète-Roi a créé pour le cœur, l'esprit, l'imagination, comme un océan de beautés sans égales, de pensées sublimes, de sentiments divins. Que dirai-je encore ? Tous les siècles, tous les pays chantent avec nous quand nous chantons les psaumes de David. Pendant que je les récite, ces immortels cantiques se répètent par les voix dominicaines, à Rome, à Paris, à Londres, à Mossoul, au Tonkin sous le glaive du bourreau, en Chine, en Californie, au Chili, etc. Le temple de Salomon, les plaines brûlantes de Babylone et de Memphis, les rives désertes du Jourdain et de l'Euphrate, les grottes de la Thébaïde, les catacombes de Home et de Lyon, les basiliques de Nicée et d'Antioche les ont entendus ! Par combien de bouches plus pures et plus ferventes que la mienne n'ont-ils point passé ! Tobie, pendant son exil, Esther à la cour d'Assuérus, les enfants dans la fournaise, Daniel dans la fosse aux lions, Judas Macchabée à la tête des guerriers d'Israël, les ont répétés ; Antoine et Paul les soupiraient au désert, Chrysostome à Antioche, Augustin à Hippone, Bernard à Clairvaux, Dominique partout où le menait l'esprit de Dieu, Hyacinthe dans les steppes glacées de la Tartarie et au Tibet, Louis IX à Paris, Vincent Ferrier dans ses courses apostoliques, Catherine à Sienne, Rose à Lima, Las Casas à Mexico, etc, et après tant de siècles, après avoir exprimé tant de sentiments divers, ces cantiques sont aussi nouveaux qu'aux jours où, pour la première fois, David les fit retentir sur sa lyre harmonieuse. Et cela ne dirait rien à nos cœurs! cela n'agrandirait pas nos idées, et ne nous ferait pas comprendre toute la beauté, toute la grandeur de ce nom incommunicable de ma Mère l'Église Catholique !

La récitation de l'Office de la Sainte Vierge nous fait accomplir en outre ce précepte de la prière si fort recommandé par le Sauveur ; elle nous fait honorer chaque jour les mystères accomplis en Marie : sa Conception immaculée, sa vie, sa mort dans le temps, sa glorieuse Assomption, son Couronnement dans le ciel, et elle nous fait mériter d'avoir part aux grâces de ces différents mystères et d'obtenir une plus maternelle et plus constante protection de Marie qui daigna plusieurs fois témoigner combien la récitation de son office lui est agréable.

Tauler invite ses frères à réciter les heures de la sainte Vierge avec dévotion, leur promettant que cette divine Reine, par son intercession, leur obtiendra les plus grandes grâces.

Saint Louis, malgré les soucis et les occupations que donne le gouvernement d'un grand royaume, assistait chaque jour à l'Office de la Vierge, ou le récitait dans son particulier. Saint Vincent Ferrier le récitait dès son enfance, et continua jusqu'à sa mort. Ce fut aussi la pratique de plusieurs de nos saintes et bienheureuses.

La Bienheureuse Jeanne, infante de Portugal, dès l'âge de neuf ans, disait tous les jours l'Office de la Vierge, qu'elle se fit traduire en portugais, pour le dire avec plus d'attention et de dévotion. La Bienheureuse Marguerite de Hongrie, dès l'âge de cinq ans, savait par cœur l'Office de la sainte Vierge, et le récitait avec une grande ferveur.

La très Sainte Vierge daigna un jour chanter Complies avec la Vénérable Mère Hippolyte de Rocaberti, et par la douceur et l'harmonie de sa voix, exciter la ferveur et la dévotion de sa servante. Cette sainte religieuse exhortait souvent ses novices à une grande attention, ferveur et modestie pendant les offices divins, et particulièrement celui de la Vierge, voulant que, comme de véritables filles, elles la servissent et l'honorassent comme leur Mère. Un jour qu'elles récitaient son office avec quelque précipitation, elle les arrêta tout court par ces paroles : « Je crois, mes filles, que vous n'avez pas la crainte du Seigneur ». La connaissance qu'elle avait eue du châtiment que Dieu exerce sur ceux qui négligent de se bien acquitter des offices divins, la portait à une grande vigilance sur ce point. Une nuit, elle entendit clairement et distinctement commencer au chœur les psaumes de la pénitence. Plusieurs religieuses les entendirent aussi, et l'une d'elles ayant eu la curiosité et le courage de traverser le chœur fut bien surprise de n'y voir personne, quoique la récitation des psaumes continuât ; alors elle fut saisie d'une telle frayeur, qu'elle tomba comme morte ; les médecins déclarèrent que sa guérison était un miracle qui rendait plus croyable ce qu'elle disait, que ces religieuses faisaient leur purgatoire au lieu même où elles avaient commis leurs fautes. En 1679 on avait vu la même chose dans le couvent de Sainte Croix, à Grenade, où un religieux souffrait dans le Chœur les peines de son purgatoire.

Le Père Vincent Valverd, premier évêque de Cuseo, au Pérou, et martyr, avait une grande dévotion pour Marie. Après lui avoir consacré sa cathédrale, il ordonna en outre que tous les ecclésiastiques de son diocèse récitassent son office les jours de fête.

 

II. Ô Marie, je veux désormais réciter votre saint Office avec toute la ferveur dont je serai capable ; au Venite, je vous saluerai très profondément avec tous les anges et tous les saints. À l'Hymne, je désirerai que vous soyez aimée de tous les cœurs.

Au premier psaume, je me réjouirai de ce ce que le Père Éternel vous a choisie pour sa fille, et je vous supplierai de m'adopter pour votre enfant. Au deuxième psaume, je me réjouirai de ce que le fils de Dieu vous a choisie pour sa Mère, et je vous conjurerai, par cette grâce inestimable, de daigner me regarder comme votre pauvre enfant. Au troisième psaume, je me réjouirai de ce que le Saint Esprit vous a envisagée de toute éternité, pour faire de vous sa digne Épouse, et je vous prierai instamment de m'agréer pour votre humble servante. Aux trois leçons je produirai des actes de foi, d'espérance et de charité, en l'honneur et en union de l'exercice que vous avez fait de ces trois vertus pendant votre vie sur la terre. Enfin, Vierge très pure, je passerai le reste du divin office en m'unissant aux hommages qu'on vous rend dans la cour céleste, en me réjouissant de votre gloire et de votre félicité incomparables, en vous suppliant d'avoir soin de mon âme pour la conduire au terme de Dieu, à l'heure de ma mort. Amen. (Extrait des œuvres de la vénérable mère Françoise des Séraphins).

 

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16 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Dix-septième jour

Le Salve Regina

 

« Ô Clemens ! Ô Pia ! Ô Dulcis Virgo Maria ! »

« Ô Clémente ! Ô Miséricordieuse ! Ô Douce Vierge Marie ! »

 

I. Dans les premiers commencements de l'Ordre des Frères Prêcheurs, sous le généralat du Bienheureux Jourdain de Saxe, successeur immédiat du saint Patriarche Dominique, les démons apparurent à la fois dans plusieurs couvents de l'Ordre, et notamment à Paris et à Bologne. Irrités de voir les grands fruits de sainteté que produisait cet Institut nouveau, furieux d'apprendre chaque jour que les pécheurs se convertissaient, que les justes s'affermissaient, que les saints s'accomplissaient par le zèle de ces nouveaux apôtres, les démons se mirent à faire grand tumulte, afin d'épouvanter les religieux, et à les molester par des visions dangereuses pour la sainte vertu, et par des spectres horribles qui joignaient quelquefois les blessures aux coups et aux menaces.

En apprenant ces explosions de la rage infernale, le bienheureux Père Jourdain, plein de confiance dans la puissance et la protection des Saints Anges, ordonna de chanter après l'office de nuit, au milieu des ténèbres que les démons affectionnent, le neuvième répons de l'office de Saint Michel, prince de la céleste milice. Mais sans se laisser étonner par cette invocation et par ces chants, les démons n'en continuèrent pas moins leurs persécutions et leurs sévices.

Alors le bienheureux général se résolut à chercher un refuge auprès d'une protectrice plus miséricordieuse et plus puissante. Chaque soir, aussitôt après Complies, lorsque la nuit ramène les heures silencieuses où les démons aiment à exercer leur empire, les frères, par l'ordre de leur supérieur, entonnèrent au chœur, à genoux, la belle et dévote antienne : « Salve, Regina, Mater misericordiae ».

Ensuite, précédés par les acolytes en surplis et les cierges allumés, ils sortirent processionnellement dans l'église implorant sur eux la protection de Celle que nous appelons notre avocate, demandant pour toute défense un regard de ses yeux pleins de miséricorde ; et la saluant avec Saint Bernard comme leur très Clémente, très Pieuse et très Douce Mère : « Ô Clemens, ô Pia, ô Dulcis Virgo Maria ! »

À ces invocations suaves, tous les démons s'enfuirent dans leurs abîmes ; et ceux que n'effrayaient point les Saints Anges disparurent aussitôt, épouvantés, dès qu'ils sentirent la présence de leur irréconciliable et toute-puissante ennemie.

Ô Marie, Reine du Ciel ! Les fils de saint Dominique n'ont point laissé périr cette institution de leurs Pères. Tous les soirs encore, lorsque les labeurs de la journée sont à leur terme, lorsque la bénédiction du prélat est descendue pleine de paix sur les têtes inclinées des frères ; tous les soirs nous nous mettons à genoux pour vous saluer comme notre Mère et notre Reine. Nous sortons du chœur, deux à deux, en nous inclinant profondément devant l'autel où brille l'image de votre Fils, crucifié pour nos crimes. Nous nous espaçons dans la longue nef, au milieu de la foule attentive et recueillie des fidèles, et lorsque viennent ces paroles bénies : « Eia, ergo, Advocata nostra... », tous les soirs nous tombons à genoux, en implorant sur nous votre intercession et vos prières. Puis, confiants dans votre bonté, nous nous relevons, pour ajouter comme nos Pères, avec les mêmes accents, avec la même tendresse, avec le même amour : Ô Clemens ! Ô Pia ! Ô Dulcis Virgo Maria !... » Ô Clemens, car nous sommes pécheurs et nous avons besoin de clémence. Ô Pia, car nous sommes tièdes, et nous avons besoin d'ardeur et de piété dans la prière. Ô Dulcis, car nous sommes affligés, et nous avons besoin de ces consolations que vous savez répandre au fond des cœurs, ô très Clémente, ô très Pieuse, ô très Douce Vierge Marie ! C'est pourquoi, Vierge digne de tout éloge, Vierge notre vie, notre douceur, notre espérance ; souvenez-vous sans cesse que depuis six cents ans, nous, vos enfants bien-aimés, nous avons recours à vous notre protectrice et notre Mère. La rage de nos adversaires n'est point éteinte, et s'ils ne peuvent plus, parce que vous avez mis un frein à leur furie, s'ils ne peuvent plus nous attaquer sous des formes visibles, par des tentations extérieures et menaçantes, nous savons qu'ils ne cessent de nous poursuivre jusque dans ces couvents sacrés où règne le silence, où respire la prière, où votre aimable dévotion embaume tout de ses suaves parfums. Mais nous avons confiance que vous êtes, aujourd'hui comme autrefois, notre appui, notre secours, notre victoire. A mesure que les chants sacrés retentissent sous les voûtes de nos églises, les puissances infernales sentent diminuer leur audace ; elles se troublent et s'agitent ; elles s'épouvantent et s'enfuient pleines d'une secrète terreur. Toujours vous êtes victorieuse, ô notre Mère ! Et lorsque nous achevons de chanter cette pieuse antienne que nous avons reçue de nos Pères selon l'esprit, il ne reste plus autour de nous que les anges de lumière, qui, dispersés dans l'église, pleins d'une sainte joie, recueillis, modestes et revêtus comme nous de blanches tuniques, répètent les derniers échos de la céleste mélodie : Ô Clemens ! Ô Piat ! ô Dulci Virgo Maria ! (Année dominicaine, juin 1860).

Si les religieux de l'Ordre de Saint-Dominique sont heureux de chanter ainsi ce cantique de louange à Marie, au déclin de chaque jour, ils ont encore la consolation de l'entendre chanter près d'eux par leurs frères au moment de quitter la vie, au moment d'aller voir de près l'auguste Reine qu'ils ont fait profession d'aimer et de servir.

Le vénérable Guillaume Constet, religieux de la Réforme de Toulouse, fut martyrisé au Japon avec ses compagnons, pendant qu'ils chantaient le Salve Regina (XVII° siècle).

Pendant que la vénérable Mère Hippolyte de Rocaberti écrivait sur le Salve Regina, la très Sainte Vierge lui apparut tous les jours à l'heure où, selon la coutume de l'Ordre, la communauté chantait cette pieuse antienne après les Complies, lui témoignant, par la consolation qu'elle lui donnait, le plaisir qu'elle éprouvait de la voir s'occuper à écrire sur ses perfections et ses vertus. Elle lui promit de l'assister à l'heure de la mort, et de lui envoyer, pour la protéger contre le démon, le chœur des prophètes pour qui elle avait toujours en une dévotion particulière.

La vénérable Paule de Saint Thomas, éprouvée pendant sept années par une tentation des plus tenaces et des plus pénibles. en fut enfin délivrée par la récitation du Salve Regina ; elle disait ensuite n'avoir jamais rien demandé à la sainte Vierge par le moyen de cette antienne sans l'avoir obtenu, quelquefois même avant de l'avoir achevée ; aussi elle en recommandait beaucoup la récitation.

Quelquefois lorsqu'on entonnait le Salve Regina, la vénérable sœur Adélaïde de Rheifnelden, des Unterlinden , semblait hors d'elle-même et s'écriait : « Chantez, mes sœurs, chantez, car la Reine,du Ciel est ici ! »

Un religieux était souvent tenté contre sa vocation, et il était près de succomber à cette tentation, lorsque son Prieur, touché de compassion, ne sachant comment rendre le calme à cette pauvre âme troublée, eut l'inspiration de recourir à Marie. Il va dans la cellule du religieux et lui dit : « Allons,mon frère, ayons recours à notre bonne Mère ; disons un Salve Regina les bras en croix ». Le religieux y consentit avec une certaine difficulté, et récita tant bien que mal le Salve Regina. Quand il fut arrivé à ces mots : « Ô Clemens ! Ô pia ! Ô Dulcis Virgo Maria ! » La douce Vierge qu'il invoquait amollit tellement son cœur, qu'il tomba par terre, et que, baigné dans ses larmes, il s'écria : « C'est assez, mon Père, c'est assez ; je veux persévérer toute ma vie dans la pénitence ». Le Prieur, le relevant, l'embrassa cordialement, en l'exhortant à se souvenir toujours qu'il avait été guéri par l'intercession de la Sainte Vierge, et à lui vouer son amour et une reconnaissance sans bornes.

 

II. Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve. Ad te, clamamus, exules filii Evæ ; ad te, suspiramus, gementes et flentes, in hac lacrymarum valle. Eia ergo, Advocata nostra, illos tues misericordes oculos ad nos converte. Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende. Ô Clemens ! Ô Pia ! Ô Dulcis Virgo Maria !

 

V. Dignare me, laudare te, Virgo sacrata.

R. Da mihi virtutem contra hostes tuos.

 

Oremus

 

Concede nos famulos tues, quœsumus, Domine Deus, perpetua mentis et corporis salute gaudere ; et gloriosa beatæ Mariæ semper Virginis intercessione, a presenti liberari tristitia, et æterna perfrui lætitia. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre espérance, salut ! Enfants d'Ève exilés, nous crions vers vous ; Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Ô vous notre avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants. Et, après cet exil, faites-nous voir Jésus, le fruit béni de vos entrailles. Ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie ! Amen.

 

V. Rendez-moi digne de vous louer, Vierge sainte.

R. Donnez-moi la force contre vos ennemis.

 

Prions


Dieu de miséricorde, portez secours à notre faiblesse ; faites qu'en évoquant la mémoire de la sainte Mère de Dieu, nous puissions compter sur l'efficacité de son intercession pour nous relever de nos péchés. Par le même Christ notre Seigneur. Amen.

 

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15 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Seizième jour

Le Magnificat

 

« Méditez profondément les paroles du beau cantique que Marie antenne en l'honneur du grand mystère de l'Incarnation. Voyez comme elle y loue l'humilité, comment elle y rabaisse l'orgueil. comment elle y exalte sans mesure la miséricorde, la fidélité et la Providence paternelle de Dieu envers ses élus ». (Vénérable Louis de Grenade).

 

I. « Au discours d'Elisabeth qui exaltait si haut son excellence, que va répondre Marie ? Oh ! c'est ici qu'il faut bien prêter toute notre attention et recueillir religieusement les leçons de notre Reine et de notre modèle. De la voix la plus douce et la plus mélodieuse, la Mère de la sagesse entonna le cantique que nous répète saint Luc : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, de ce qu'il a regardé la bassesse de sa servante, car désormais je serai appelée Bienheureuse dans la durée de tous les siècles. Parce que le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses, et son nom est saint. Sa miséricorde s'étend de génération en génération sur ceux qui le craignent... »

« Il faudrait des livres entiers pour retracer les magnificences de ce cantique, le plus sublime qui fut jamais ; cantique merveilleux auquel le monde chrétien ne peut s'habituer depuis dix-huit siècles qu'il le redit. Cantique fortuné, qui recevra toujours de plus en plus dans les âges futurs sa prédiction : « Et voici que les nations m'appelleront Bienheureuse ». Remarquons toutefois que ce qui fait la majesté et la puissance de ce chant sacré, c'est l'humilité de Celle qui le profère. Où l'humble Vierge a-t-elle pris tous ces transports, ces accents de gloire et de grandeur qui se pressent sur ses lèvres, qui louent le Très Haut comme il ne l'avait jamais été par tous les prophètes à la fois ? Elle les a puisés dans le sentiment de sa faiblesse, joint à celui de la grandeur qu'elle a reçue de Dieu. Ces deux sentiments, inspirés à Marie par la vérité même, personnellement vivante dans son sein, étaient comme deux abîmes qui s'appelaient réciproquement : « La vue de sa bassesse lui donnait le sentiment distinct de la grandeur qu'elle devait à Dieu, et la vue de cette grandeur accroissait le sentiment de sa bassesse ». Marie louait donc Dieu en Elle et se louait à la fois en Dieu dans ces mots : « Il a fait en moi de grandes choses », mais, ne l'oublions pas, Elle se loue comme la servante du Seigneur, Elle ne voit que Lui, Elle ne tressaille de joie qu'en Lui, et si Elle nous invite à le louer, c'est parce qu'il a regardé « sa bassesse ». D'où il suit, que ne pas honorer Marie c'est dés lors ne pas honorer Dieu dans son plus grand sujet créé de louange.

« Il y a donc là un profond enseignement à retenir, à savoir : que l'humilité est le seul et solide fondement que le Seigneur a jeté pour l'élévation de sa créature. « Il a renversé les puissants de leurs trônes, et il a exalté les humbles ». (Nicolas, Études philosophiques sur la Vierge Marie, II° partie).

 « La Bienheureuse Vierge a glorifié le Seigneur, et pour célébrer Celui qu'elle avait conçu, elle a laissé échapper un cantique d'amour. C'est ainsi que l'âme qui porte Dieu en elle, lui chante des hymnes de louanges et d'allégresse, s'efforce de publier les magnificences qu'elle a pu découvrir, met au service de la gloire de Dieu tous ses sentiments les plus intimes et toutes les actions dont elle est capable, et ne savoure d'autre joie que celle .de penser à Dieu et de l'aimer ». (Extrait de La Théologie, du Père Contenson).

La vénérable Mère Françoise des Séraphins donnait à ses religieuses une fort belle et fort sainte explication de tous les versets du Magnificat. Elle y faisait remarquer les élévations merveilleuses de la très Sainte Vierge, et ses vertus très éminentes, particulièrement sa très sincère et très profonde humilité ; et c'est ce qu'elle entreprit d'imiter en elle avec tant d'affection et de confiance, qu'elle n'aimait rien tant que d'être cachée et anéantie en toutes choses, à son exemple.

La Vénérable sœur Paule de Saint Thomas avait un grand désir d'obtenir une profonde humilité, et considérant que la sainte Vierge dans son immortel cantique loue particulièrement la miséricorde de Dieu parce qu'il a regardé sa bassesse, elle la conjurait de lui faire part de cet intime et humble sentiment d'elle-même, et pour obtenir cette grâce qui lui fut accordée, elle se rendit à pied pendant plusieurs jours pour prier Marie devant une de ses images miraculeuses qu'on vénérait hors des portes de Rome.

Dans une extase où le Bienheureux Henri Suso entrevit les délices du ciel, il entendit les Anges chanter le Magnificat, et lorsque ce chant fut terminé, la sainte Vierge s'approcha de lui.

Le Père Grignion de Montfort engage les serviteurs de Marie à réciter souvent le Magnificat pour remercier Dieu des grâces qu'il a faites à la très Sainte Vierge. « C'est la seule prière et le seul ouvrage que la sainte Vierge ait composé, dit-il, ou plutôt que Jésus a fait en Elle, car Il parlait par sa bouche ; c'est le plus grand sacrifice de louange que Dieu ait reçu d'une pure créature ; c'est d'un côté le plus humble et le plus reconnaissant, et de l'autre le plus sublime et le plus relevé de tous les cantiques. La très Sainte Vierge récitait souvent elle-même ce cantique, et particulièrement en actions de grâces après la communion. On rapporte plusieurs miracles opérés par sa vertu, et les diables tremblent et s'enfuient quand ils entendent ces paroles du verset : « Fecit polentiam ». (Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge).

 

II. Magnificat anima mea Dominum.

Et exultavit spiritus meus, in Deo salutari meo.

Quia respexit humilitatem ancillæ suæ ;

ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Quia fecit mihi magna qui potens est, et sanctum nomen ejus.

Et misericordia ejus a progenie in progenies, timentibus eum.

Fecit potentiam in brachia suo ;

dispersit superbos mente cordis sui.

Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles.

Esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes.

suscepit israel puerum suum, recordatus misericordiæ suæ,

Sicut locutus est ad patres nostrosi Abraham et semini ejus in secula.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.

Sicut erat in principio et nunc, et semper, et in secula seculorum Amen.

 

Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s’est penché sur son humble servante ;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;

Saint est son nom !

Son amour s’étend d’âge en âge

sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,

renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,

pour les siècles des siècles. Amen.

 

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14 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Quinzième jour

Le Rosaire perpétuel

 

« Par le culte de Marie et le Rosaire perpétuel, nous pouvons faire un bien immense dans le monde... Tous les jours, nous apprenons quelques faits miraculeux obtenus par les prières de cette sainte Association. Vive Marie ! » Père Marie-Augustin, Lettre du 22 juin 1860).

 

I. Le Rosaire perpétuel est une association au moyen de laquelle le saint Rosaire se récite jour et nuit sans interruption pour rendre à Marie un perpétuel hommage, et obtenir d'elle un perpétuel secours. Cette association forme ici-bas la garde royale de la Reine des Anges, et les membres s'étant distribué toutes les ‘heures du jour et de la nuit pour la récitation du Saint Rosaire s'honorent du titre glorieux de Chevaliers de Marie (Père Marie-Augustin, Rose Mystique effeuillée).

La première pensée de cette association fut inspirée à un religieux dominicain, il y a plusieurs siècles. Frappé des grandeurs de Marie et de sa toute-puissance auprès de Dieu, ce saint religieux cherchait un moyen de reconnaître ces grandeurs et de mettre à profit cette toute puissante médiation pour obtenir à l'Eglise et au monde des grâces abondantes. Le Saint Rosaire était admirablement propre à remplir cette double fin,car il est tout a la fois une prière et un hymne de louange à Marie. Ce fut donc à cette dévotion plusieurs fois séculaire que recourut ce digne enfant de saint Dominique ; pour accomplir son pieux dessein, il imagina d'organiser le service régulier dont nous parlons, par lequel le Saint Rosaire se réciterait le jour et la nuit sans interruption, par des associés qui, se relevant d'heure en heure, veilleraient comme de fidèles sentinelles pour rendre à Marie un perpétuel hommage et implorer un perpétuel secours.

Cette pieuse pensée fut bénie du ciel ; tous les vrais serviteurs de Marie l'accueillirent avec amour ; sa propagation par le monde fut rapide ; elle devint populaire en peu de temps; les Souverains Pontifes, les cardinaux, les évêques l'embrassèrent eux-mêmes, ainsi qu'un nombre immense de communautés religieuses. Et cependant cette dévotion, comme tant d'autres, avait été emportée par la tourmente révolutionnaire. Les enfants de Saint Dominique, qui lui avaient donné naissance, ont eu la pensée de la faire refleurir et voici à quelle occasion.

Depuis deux ans, les religieux dominicains avaient pris possession de leur couvent de Lyon ; depuis deux ans, le saint Rosaire se récitait régulièrement tous les jours en public dans leur église avec de grands fruits pour les âmes, lorsqu'il leur vint en pensée défaire quelque chose de plus à la gloire de Marie qui les avait protégés d'une manière frappante dans des circonstances difficiles. Marie était attaquée dans leur voisinage, et nous pouvons dire dans le monde entier, avec une recrudescence de rage par les hérétiques et les impies ; ils résolurent donc de rétablir d'une manière régulière et complète l'ancienne dévotion du Rosaire perpétuel pour former autour de la Sainte Mère de Dieu comme une garde royale qui prendrait la défense de son honneur, et la vengerait de ses ennemis. Cette pensée, longuement méditée dans le calme et le silence de la prière fut mise à exécution, et dés le commencement couronnée d'un plein succès. Quelques mots avaient été à peine prononcés en chaire sur le projet de cette œuvre, que les âmes se présentaient en foule, demandant à faire partie de cette sainte association ; deux mois après, l'œuvre était complètement organisée : toutes les heures du jour et de la nuit étaient prises par un grand nombre de personnes de tout âge, de tout sexe, et de toute condition ; des magistrats, des officiers même avaient donné leur nom, heureux de pouvoir faire ici-bas partie de la garde d'honneur de Marie.

Depuis l'inauguration solennelle qui eut lieu à Lyon au couvent des Dominicains, le soir du premier dimanche de juillet 1858, cette œuvre du Rosaire perpétuel est toujours allée en grandissant et en se développant. Lorsque une œuvre chrétienne devient populaire, et que, dès le principe, elle prend un cachet d'universalité, on peut dire que cette œuvre est voulue de Dieu, et qu'elle répond à un besoin ; telle est l'œuvre du Rosaire perpétuel.

Une personne de haute intelligence, émerveillée de ce qu'on lui racontait sur le rétablissement du Rosaire perpétuel, et sur la rapidité de son extension, disait avec admiration : « Quels flots de grâces et de bénédictions doivent résulter de cet immense concert de voix qui chantent perpétuellement les louanges de Marie, de ce courant non interrompu de prières qui s'élèvent sans cesse de la terre vers le ciel ! Si un Ave Maria bien dit a une si grande force sur le cœur de Marie, que sera-ce de ces milliers et milliers de Rosaires qui se récitent, le jour et la nuit, sans interruption, par des âmes ferventes ! Espérons tout de cette œuvre pour notre patrie, car l'histoire est là pour raconter les influences que le saint Rosaire peut exercer sur les destinées des nations ».

Les influences du saint Rosaire se font sentir d'une manière peut-être plus frappante encore dans les âmes en particulier. Nous en avons vu qui ont été véritablement transformées depuis leur affiliation à cette sainte milice.

Ce sont là des grâces bien grandes, et ces grâces ne sont pas rares dans l'Association du Rosaire perpétuel. Dans l'ordre temporel comme dans l'ordre spirituel, nous pourrions citer une multitude de faits bien frappants de l'assistance de la Sainte Vierge (La Rose Mystique, IIe partie).

Saint Dominique offrait à Marie la couronne mystique du Rosaire entier au moins trois fois par jour. Le bienheureux Jean Massias, frère convers, avait aussi cette coutume, dès son enfance. Un Ange en enseigna la pratique à Sainte Catherine de Ricci. Le Bienheureux François de Possadas l'établit à Cordone si universellement, que tous les habitants récitaient le Rosaire entier dans les rues par chœurs alternatifs.

Le Bienheureux Père André de Saint Séverin, du couvent de Saint Dominique à Naples, se distingua par une dévotion singulière envers la très Sainte Vierge. Dès le temps de son noviciat, il s'assujettit, pour l'amour d'elle, à plusieurs pratiques qu'il n'abandonna jamais depuis. Tous les jours il faisait devant ses images plusieurs génuflexions, disant dévotement à chacune : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce... ». Tous les jours encore, quelles que fussent d'ailleurs ses occupations, il récitait son Rosaire. Aux veilles des fêtes, pour lui offrir l'image d'un cœur pur dans un corps mortifié, il jeûnait au pain et à l'eau, et se donnait de sanglantes disciplines. Sans cesse il prêchait la dévotion au Saint Rosaire, comme un des plus puissants moyens de sauver les âmes, et il est manifeste, par l'histoire de sa vie, qu'il convertit par là une multitude de pécheurs.

Ce fut à ce zèle pour le Saint Rosaire que les Napolitains durent pendant longtemps leur merveilleuse dévotion pour Notre Dame, ainsi que l'établissement chez eux de la touchante coutume suivante : Par les soins du Père André, les habitants de Naples élevèrent, dans toutes les rues fermées, des autels en l'honneur de la Sainte Vierge, et une personne pieuse fut chargée de les entretenir. Quand venaient les fêtes de Marie, le Père André se rendait à l'un de ces autels ; convoquait le peuple en plein air, lui faisait un petit discours sur l'Évangile, puis commençait le Rosaire ; et tandis que tous le poursuivaient, il s'en allait à un autre autel recommencer ; le même exercice, et successivement à tous les autres, jusqu'à ce que, de tous les quartiers de la ville, la Salutation angélique fût montée vers Marie comme un encens d'agréable odeur.

Peu à peu, le peuple s'affectionna si fort à cette dévotion qu'il en vint à la pratiquer tous les jours, et c‘était chose à faire pleurer de joie, que de voir les habitants de chaque rue s'assembler d'eux-mêmes aux pieds de leur Madone, pour faire résonner, avec une ferveur admirable, l'Ave Maria (Couronne de Marie, mars 1864). La sœur Benoîte du Laus, récitait chaque jour 15 Rosaires et 15 chapelets. Elle fut comblée en retour des grâces les plus abondantes par l'Auguste Reine du ciel.

En Espagne, une petite fille fut attirée à la dévotion du Rosaire par les promesses et les présents d'un enfant inconnu, qui était peut-être un Ange caché sous une forme humaine. Quoi qu'il en soit, elle se forma dès lors à l'habitude de réciter chaque jour le Rosaire en entier, et selon l'opportunité des circonstances elle y ajouta trois fois cinquante coups de discipline. Plus tard, on la maria, mais elle ne discontinua pas de réciter chaque jour son Rosaire. Dieu bénit son union, et lui donna plusieurs enfants. Elle les éleva dans la crainte du Seigneur, et les instruisit avec soin de tout ce qui concerne la dévotion du Rosaire. Un jour un prédicateur renommé vint prêcher dans son pays ; elle alla lui demander des conseils propres à accroître dans son cœur l'amour de Dieu. « Il est surtout une de mes pratiques, dit-elle, à laquelle je désirerais apporter plus de perfection ». « Et quelle est cette pratique ? demanda le prédicateur ; s'il y a quelque chose à ajouter, je vous le dirai ». « La voici, mon Père; je récite les trois parties du Rosaire journellement ; la première en l'honneur de la sainte Vierge, dont j'honore le cœur si plein d'amour pour Dieu, les yeux qui ont considéré Jésus avec tant de douceur, les oreilles qui ont entendu le salut de l'Ange et les paroles adorables du Fils, les lèvres qui se sont enivrées de baisers divins ; en priant de la sorte, je sens merveilleusement couler en mes membres quelque chose des membres de Marie. J'adresse la seconde partie du Rosaire à la douloureuse Passion de Notre-Seigneur. Jésus crucifié est alors l'objet de ma contemplation : j'honore ses cheveux, puis sa couronne d'épines ; et continuant de la sorte, en parcourant ses plaies douloureuses, je descends jusqu'à ses pieds sacrés. En ce moment, je sens une douceur, plus grande encore qu'au premier exercice, passer du cœur de Jésus-Christ dans le mien ; je me change en lui tout entière, il me le semble, et je suis inondée d'amour et de compassion. Je consacre la troisième partie en l’honneur des saints et je la récite devant une de leurs images, soit à l'église, soit à la maison. Je demande à Dieu de rendre ma vie conforme à la leur. Ici je suis absorbée par l'Esprit divin au point d'en perdre souvent l'usage des sens. À tout cela, mon Père, dit-elle en finissant j’ajoute divers jeûnes et des disciplines ».

Le prédicateur fut saisi d'admiration à la vue d'une si haute piété. « Ma chère fille, dit-il, j'ai vu et entendu de grandes choses, je vous l'assure ; mais votre manière de vivre dépasse tout ce que j'ai connu et pratiqué. Dès maintenant, je veux être votre disciple, votre ami, et prétends faire comme vous ». Aussitôt il plaça un Rosaire à sa ceinture, et le lendemain il commença à prêcher cette dévotion ; ce qu'il continua toute sa vie. Le peuple, entraîné par une autorité si grande, s'adonna avec ferveur au culte du Rosaire, et la piété s'en accrut considérablement. Quant à ce prédicateur, devenu évêque, ses vertus prirent une proportion héroïque. Il mérita d'être averti de l'heure de sa mort par la sainte Vierge, et lorsque ce moment fut arrivé, son âme, entourée d'une multitude d'Anges, fut conduite au trône de la gloire (Vie du Bienheureux Alain de la Roche, Ve partie).

 

II. Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, Reine du Rosaire, me voici prosterné a vos pieds pour réparer par mes hommages les outrages que vous recevez, vous et votre Divin Fils, et implorer vos miséricordieuses bontés pour les prévaricateurs des lois divines.

Vous avez eu pitié du monde, ô Marie, quand saint Dominique a paru sur la terre : alors vous avez préservé l'univers d'une ruine imminente, en implorant votre divin Fils et en nous dotant de la céleste pratique du Rosaire. Vous avez en pitié de l'Église au temps de saint Pie V, et par cette même dévotion vous l'avez empêchée de tomber entre les mains sanguinaires des barbares. Ayez encore aujourd'hui pitié de nous ; sauvez de nouveau le genre humain, sauvez encore une fois l'Église par votre Rosaire.

Je n'ignore pas, Vierge bénie, le plaisir ineffable que donne à votre Cœur très pur la récitation du Rosaire, votre couronne de prédilection ; je m'engage à vous en présenter tous les jours le pieux tribut. Daignez, je vous en supplie, accepter ce témoignage de mon dévouement à votre service, et en retour daignez me protéger durant cette vie, m'assister à l'heure de la mort, recueillir mon âme au dernier jour, la présenter accompagnée de votre puissante intercession au Souverain Juge, et l'introduire dans la gloire. Amen. (Manuel du très Saint Rosaire, Père Pradel).

 

 

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13 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

 

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Quatorzième jour

Le Rosaire

 

« Les fidèles récitateurs du Rosaire mourront munis des Sacrements de l’Église, et ils ne perdront ni la parole, ni la présence d’esprit avant de les avoir reçu » (La très Sainte Vierge au Bienheureux Alain de la Roche).

 

I. « L'âme tressaille d'allégresse à ce doux nom de Marie ; le cœur s'épanouit comme une fleur au souffle matinal d'une brise embaumée. Ah ! C'est qu'il nous rappelle de si grands mystères d'amour.

Il nous rappelle l'Incarnation du Verbe divin pour le salut du monde. Il nous rappelle le sacrifice d'une Mère au pied de la croix. Il nous rappelle la douce consolatrice des affligés, l'avocate des pécheurs, la protectrice de l'innocence, le refuge assuré de tout ce qui souffre ici-bas.

Marie !... N'est-elle pas notre Mère, notre médiatrice, notre espérance, notre amie, notre bonheur, notre tout après Jésus? N'est-ce pas d'Elle, comme d'une source intarissable, que découlent nos joies et notre salut? Elle est la Mère du Sauveur. N'est-ce pas d'Elle, comme d'un vase précieux, que se répand toute grâce qui convertit et qui sanctifie? Elle est la trésorière de Dieu. C'est bien Elle aussi qui adoucit nos maux, qui essuie sur nos fronts la sueur de l'agonie, nous montrant le ciel dont Elle est la porte éblouissante : Fulgida cœli porta... Ô Mère plus précieuse et plus puissante que toutes les créatures, plus douce que l'harmonie des cieux, plus gracieuse que la grâce elle-même, que votre nom suave et parfumé comme les senteurs de l'Orient soit toujours sur nos lèvres pour les rafraîchir, et votre souvenir au fond de nos cœurs pour les soutenir et les consoler.

Marie !... Les Anges dans le ciel la révèrent, les Archanges et les Trônes sont ses messagers fidèles ; les Dominations devant Elle déposent leurs couronnes, et les Chérubins se font gloire de célébrer ses grandeurs. Sur la terre, les grands génies planant bien haut dans le monde des intelligences, comme l'aigle dans la nue, ont voulu la chanter. Les Augustin, les Bernard, les Thomas d'Aquin et mille autres ont entonné à sa gloire des hymnes d'une ravissante harmonie. D'autres plus petits et plus modestes, comme la fauvette sur l'églantine fleuri, ont cherché à bégayer aussi quelque cantique d'amour. Tous sentaient au fond de leur cœur un entraînement irrésistible qui les portait à chanter Marie. Le chant n'est-il pas le langage de l'amour, et l'amour de Marie, comme celui de Jésus, n'est-ce pas le pain des hommes comme le pain des Anges? Nous aussi, nous voulons chanter Marie, nous aussi nous voulons mêler notre voix, quoique faible, à ce concert solennel qui, depuis dix-huit siècles, s'élève à la gloire de la Vierge Immaculée. Nous la chanterons en effeuillant son Rosaire nous la chanterons en montrant à ses enfants les richesses et les beautés contenues dans cette Rose Mystique que la sainte Église nous fait saluer dans ses litanies : Rosa Mystica, ora pro nobis.

Le Rosaire, c'est la couronne de saphirs qui resplendit autour de votre front, ô Marie ! Le Rosaire, c'est le diadème royal aux diamants précieux qui repose sur votre tête auguste, ô Marie ! Le Rosaire, c'est le vêtement aux mille couleurs qui descend en plis ondoyants de vos épaules saintes, ô Marie ! Le Rosaire, n'est-ce pas la guirlande de roses qui relie le cœur de vos enfants à votre cœur maternel ? N'est-ce pas l'échelle mystérieuse de Jacob qui conduit au ciel ? Le Rosaire, n'est-ce pas la chaîne mystérieuse qui relie la terre au ciel, et dont les mystères sont les anneaux ? N'est-ce pas la harpe sainte du roi David sur laquelle nous chantons vos louanges en méditant votre Rosaire ? Le Rosaire, qu'est-ce encore,qu'est-il dans son essence ? La sainte Église, nous parlant de Marie, lui donne le nom de Rose Mystique, Rosa Mystica.

Cette Rose Mystique, comme toutes les roses, a un cœur qui en forme l'excellence et la beauté, et le cœur divin de cette Rose Mystique, c'est Jésus. Cette Rose Mystique, Marie, s'épanouit en quinze feuilles ou pétales : cinq sont d'une blancheur éclatante comme le lys de la vallée ; elles se nomment : Annonciation, Visitation, Nativité, Purification, et Recouvrement au Temple. Ce sont les mystères joyeux.

Cinq sont tachetées de sang comme la rose empourprée ; elles se nomment : Agonie, Flagellation, Couronnement d'épines, Portement de croix, Crucifiement. Ce sont les mystères douloureux.

Les cinq dernières sont dorées comme les épis d'une moisson que le soleil a mûrie ; elles se nomment : Résurrection, Ascension,Descente du Saint-Esprit, Assomption de Marie et son Couronnement dans le ciel. Ce sont les Mystères glorieux. Voilà donc le Rosaire. Il n'est autre chose dans son essence que l'épanouissement de cette Rose Mystique, dont le divin cœur est Jésus.

Aux quinze Mystères correspondent quinze dizaines d'Ave Maria ; et réciter le saint Rosaire, c'est effeuiller cette Rose Mystique en parcourant de cœur les Mystères, pendant que nos lèvres prononcent les Ave Maria.

Le Rosaire est donc quelque chose de grand, puisque c'est Jésus et Marie s'épanouissant dans le monde en quinze Mystères, et le développement de ces quinze Mystères forme le christianisme tout entier. Méditer votre Rosaire, c'est donc vous honorer, ô Marie! c'est donc célébrer vos grandeurs et chanter vos vertus, divine Reine des Anges (La Rose Mystique effeuillée, par le Père Marie-Augustin). Bénissez-nous donc, ô Mère bien-aimée, et avec nous tous les enfants du Rosaire ! »

 

Nos cum prole pia benedicat Virgo Maria !

 

II. Le jour de la Pentecôte, dans les églises de l'Ordre, ou bénit des roses pour les distribuer aux fidèles, conformément à un ancien usage qui s'observe encore à Saint Jean de Latran et dans plusieurs autres églises. Cette bénédiction a pour objet : 1° De rendre grâces à Dieu du don qu'il a fait continuellement à l'Église de son esprit d'amour. 2° Elle signifie que ce fut.surtout par Marie, la Rose Mystique, que les Apôtres obtinrent en ce jour, avec tant d'abondance, les dons de l'Esprit Saint. 3° Elle nous rappelle enfin que nous obtiendrons l'esprit d'amour, si nous sommes agrégés et dévoués au saint Rosaire, symbolisé par ces roses.

La très Sainte Vierge elle-même révéla au Bienheureux Alain que des volumes entiers ne suffiraient pas pour enregistrer tous les miracles obtenus par la récitation du saint Rosaire. Des volumes pourraient aussi être remplis des témoignages de la dévotion des enfants de Saint Dominique pour le Rosaire, qui lui fut enseigné par l'Auguste Reine du Ciel, et dont il se servit pour renouveler la face de la terre et obtenir miséricorde en faveur d'un monde coupable.

Un jour que saint Louis Bertrand venait de débarquer sur une plage déserte, il se mit de suite à genoux en oraison. Le capitaine de vaisseau qui l'accompagnait, lui dit : « Venez donc, mon Père, chercher un abri ; que faites-vous là ? » « Je prie, dit-il, Notre Dame du Rosaire, qu'elle nous préserve de l'inondation qui se prépare ». À l'instant, les nuages s'ouvrirent, et les eaux tombèrent avec tant de violence qu'en un instant tout le pays fut inondé ; mais le saint et ses compagnons ne reçurent pas une goutte d'eau. Saint Louis Bertrand fit aux Indes un grand nombre de miracles avec son Rosaire ; quand il revint à Valence, il le donna à une personne distinguée, en lui disant : « Gardez bien ce trésor ! Dieu s'est servi de ce Rosaire pour convertir beaucoup de pécheurs, pour guérir des malades et ressusciter des morts ».

C'était sous le titre de Notre Dame du Rosaire qu'il invoquait le plus souvent Marie, parce que sous ce titre sont compris presque tous ses mystères, ses vertus héroïques et ses grandeurs incomparables. C'était le sujet ordinaire de ses plus douces méditations, de ses prédications et de ses entretiens familiers, car il tâchait de porter tous ceux qui l'écoutaient à cette dévotion, par laquelle il obtenait pour lui-même et pour les autres mille faveurs singulières. Après sa mort, l'attouchement de son Rosaire opéra plusieurs guérisons miraculeuses.

Saint Martin de Porrès se montra toujours un des plus dévots serviteurs de Marie, dont il désirait ardemment se montrer en toutes choses le plus aimant et le plus tendre fils. Non content des pratiques ordinaires et des témoignages de vénération qu'ont coutume de lui rendre conformément aux règles de l'Ordre tous ceux qui lui appartiennent, il se réjouissait grandement d'honorer d'un culte spécial Celle qui daigna, depuis le commencement, s'en intituler la Protectrice et Dame particulière. Il portait un Rosaire au cou, un autre à la ceinture ; il le tenait très souvent en main, répétant à la louange de Marie la prière qui lui est si chère. Après avoir récité avec les Pères, dans le dortoir commun, le petit office de la Vierge, il se rendait à l'église, et là, seul, dans la chapelle du Rosaire, il se prosternait à genoux, se tenant plusieurs heures immobile devant l'image de Notre Dame, l'invoquant avec une douce affection.

La très Sainte Vierge faisait pleuvoir sur lui de nombreuses et remarquables faveurs pour récompenser ses reconnaissants respects. Comme au temps du grand saint Dominique, et du premier-né d'entre ses saints fils Hyacinthe, la Reine des Anges avec son céleste enfant daigna souvent, dans de très joyeuses apparitions à l'heureux Martin de Porrès le favoriser de tendres caresses, et lui donner ainsi un avant-goût des joies du ciel.

Dès sa quatrième année, la bienheureuse Esprite de Jésus commença à honorer les vertus de Marie ; elle récitait son Rosaire avec beaucoup de ferveur, et elle enseignait à ses petites amies à le réciter de même. Elle continua à le réciter toute sa vie avec la plus tendre dévotion, et ses sœurs ont affirmé que les grains de son chapelet étaient tout usés, tellement ils avaient souvent passé entre ses doigts. Elle se préparait à la récitation du Saint Rosaire comme elle aurait pu se préparer à la réception de l'adorable Eucharistie. Elle produisait divers actes de contrition et versait des larmes, afin de parler avec des lèvres toutes pures à la Reine de pureté. Une autre pratique importante est celle que suivait Esprite, d'après l'ordre exprès de son céleste Époux. Un jour, en effet, Notre Seigneur lui dit de faire la Communion spirituelle à chaque dizaine du Rosaire ; Esprite persévéra toujours dans cette sainte pratique, sans jamais la négliger. Qu'est-ce, en effet, que la dévotion du Rosaire si ce n'est une communion spirituelle à tous les mystères de Jésus et de Marie ? En communiant ainsi d'après les désirs de son Bien-Aimé, Esprite entrait pleinement dans l'esprit du saint Rosaire.

Un jour que la Bienheureuse Agathe, de la Croix, pensait à ce qu'elle pourrait faire pour plaire à à Dieu et le servir, elle entendit une voix qui lui dit distinctement : « Prends mon Rosaire ». La Bienheureuse Cécile, religieuse dominicaine, avait le Rosaire en main pendant toute la journée, et après sa mort on remarqua que ses doigts exhalaient l'odeur des roses.

Le Rosaire a empêché la France, au XVIe siècle, de devenir entièrement protestante. Cette nation généreuse accueillit avec empressement la fête du Rosaire, instituée à cette époque, et elle mérita, par la protection de la très Sainte Vierge, de conserver la foi catholique. Plus tard, Louis XIII, par la prise de La Rochelle, abattit la puissance politique des huguenots. Son triomphe fut regardé comme un miracle du Rosaire par tous, et en particulier. par l'Université de Paris, qui en formula une déclaration expresse. Le roi fit bâtir à cette occasion l'église aujourd'hui si célèbre de Notre Dame des Victoires. Aussi pouvons-nous dire en quelque sorte que l'Archiconfrérie du très Saint et Immaculé Cœur de Marie est une fille du Rosaire, d'autant plus que son vénérable fondateur, l'abbé Dufriche Desgenettes, appartenait au Tiers-Ordre de Saint-Dominique.

 

III. Ô Marie, Reine du Rosaire, mère et modèle des Vierges, formez-moi à ces vertus et à cette perfection qui sont le cachet des âmes vraiment intérieures, des fervents apôtres de Jésus, des vraies filles de saint Dominique ; faites-moi produire, durant ce mois, des actes continuels d'union, de dévotion, de sacrifice et d'abandon à Dieu. Faites-moi, à votre exemple. embrasser la vie de renoncement. Apprenez-moi à n'aimer que ce qui plaît à votre Fils, et à prendre en dégoût tout ce qui ne tend pas à cette fin. Oh ! Que je goûte à votre suite l'onction de la croix et le bonheur du sacrifice !...

Notre Dame du saint Rosaire, à cette heure terrible où mon âme faible et isolée paraîtra avec toutes ses misères devant le Dieu qu'elle a si souvent offensé, si peu connu, si mal servi, à cette heure où aucun coupable ne sera, épargné, où le juste sera à peine sauvé, où chacun recevra la peine ou la récompense due équitablement à ses œuvres, où les actions et les pensées seront examinées scrupuleusement, soyez alors mon aide et ma défense contre tous les ennemis réunis pour m'accuser et m'entraîner dans les abîmes éternels. Rappelez-vous, Notre-Dame du Rosaire, combien de fois je vous ai dit : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse, maintenant et à l'heure de ma mort », et quand cette heure redoutable sera venue, lorsque je serai en présence de mon Juge, daignez prendre ma défense, paraissez en qualité de Mère, montrez à votre divin Fils le sein qui l‘a porté, demandez et obtenez grâce pour nous, pauvres pécheurs. Amen. (Manuel du très Saint Rosaire, par le Père Pradel).

Permettez-moi, ô Vierge Immaculée, Reine du très Saint Rosaire, de vous prendre aujourd'hui pour ma Mère, ma patronne, mon asile, ma protection ; je veux vous donner mon corps, mon âme, et après Dieu vous aimer par-dessus toutes choses. Je me dévoue donc à votre service, et vous promets une fidélité inviolable.

Ô Reine du très Saint Rosaire, prenez possession de tout mon être, et commandez-y en souveraine. Bannissez de mon corps et de mon âme tout ce qui vous y déplaît ; sanctifiez mon cœur, redressez ses inclinations perverses, et purifiez ses intentions ! Oui, désormais je veux suivre vos inspirations, vivre sous votre regard maternel et n'agir que pour vous plaire. (Rose Mystique effeuillée).

Ô Mère bien-aimée, veuillez me permettre de vous demander en ce moment spécialement trois choses : 1° un cœur bien pur pour vous aimer et bien aimer Jésus ; 2° un jour qui vous soit consacré pour mourir entre vos bras, en prononçant des actes parfaits d'amour ; 3° la grâce de faire partie du chœur privilégié qui dans le Ciel, aux pieds de votre trône, doit à jamais chanter vos louanges. Divine Reine du saint Rosaire, la place d'un chevalier de votre garde royale n'est-elle pas à vos pieds, au ciel comme sur la terre ? Vous me protégerez donc durant cette vie, vous m'assisterez à l'heure de ma mort, vous recueillerez mon âme à son dernier soupir, et vous l'introduirez dans les tabernacles éternels où elle vous aimera et vous louera à jamais, en union avec les Anges et les saints. Amen.

 

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12 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Treizième jour

Sur l'Ave Maria

 

« Saluons Marie souvent et sagement souvent, afin que jamais son souvenir ne s'éloigne de notre cœur. et sa louange de nos lèvres ; sagement, afin que notre conduite réponde aux vertus de Celle que nous louons ; car il est convenable que la Vierge ne soit honorée que par une âme vierge, et que cette humble Marie ne soit aimée que par un cœur humble. (Saint Albert le Grand).

 

I. « L'Ange a dit : « Je vous salue, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes ». Sainte Elisabeth a dit : « Le fruit de vos entrailles est béni ». L'Église a ajouté aux paroles de l'Ange : « Marie ». L'Ange n'avait pas prononcé ce nom sacré, dont l'interprétation, du reste, s'accorde on ne peut mieux avec le salut qu'il adressait à la Vierge de Nazareth.

« Depuis la plus haute antiquité, c'était une grande chose que l'apparition des Anges aux hommes. Mais qu'un Ange eût rendu honneur à un homme, jamais on ne l'avait ouï raconter, jusqu'au moment où Gabriel salua la Bienheureuse Vierge Marie, en lui disant humblement : « Je vous salue ».

« L'Ange ne pouvait s'incliner devant l'homme, avant que la nature humaine eût un représentant doué des dons célestes à un plus haut degré que l'Ange. Ce représentant a été la Bienheureuse Vierge Marie, et l'Ange a voulu reconnaître sa prééminence en lui rendant hommage, et en lui disant : « Je vous salue, pleine de grâces ». Aucun des Esprits célestes ne possède la grâce avec la même plénitude que la Bienheureuse Vierge Marie, et l'Ange Gabriel nous insinue cette vérité lorsqu'il la salue pleine de grâces, comme s'il disait : « Voici pourquoi je vous vénère : c'est parce que votre plénitude de grâce surpasse la mienne ». Or, la très Sainte Vierge a été pleine de grâces. comblée de la plénitude de sa grâce, quant à son âme, pour fuir le mal et pratiquer le bien. La très-Sainte Vierge a aussi été pleine de grâces quant au rejaillissement de son âme sur son corps. L'amour du Saint Esprit consumait si passionnément son âme, qu'il opérait des merveilles jusque dans sa chair, tellement que de cette chair naquit le Dieu-Homme : « L'Etre infiniment saint qui naîtra de Vous s'appellera le Fils de Dieu ». Enfin la très Sainte Vierge est pleine de grâces, quant à la diffusion de sa grâce sur tous les hommes. Point de péril dans la glorieuse Vierge ne puisse vous sauver(Cant. 4, 4), pas d'acte de vertu pour lequel Vous ne puissiez obtenir d'elle une aide. C'est pourquoi Elle dit d'Elle-même : « J'ai en moi tout espoir de vie et de vertu ». (Eccl. 24, 23).

« Le Seigneur est avec Vous ». Marie surpasse les Anges par sa familiarité avec Dieu, et Gabriel le reconnaît en lui disant : « Le Seigneur est avec Vous ».Voici pourquoi je vous vénère ; c'est parce que vous êtes plus familière avec Dieu que moi ; car le Seigneur est avec Vous... » « Le Seigneur est avec Vous ! » Nulle parole plus magnifique ne pouvait lui être adressée. Ah ! l'Ange a raison de vénérer la Vierge qui est la Mère de son Seigneur. Cette Vierge est sa Dame ; Elle est notre Dame, selon l'étymologie de ce nom de Marie qui lui convient si bien ! Enfin Marie surpasse les Anges, par la dignité de sa nature, à cause de son admirable pureté. Marie n'était pas seulement pure en Elle-même, elle communiquait encore la pureté aux autres.

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes ». Marie a été exempte de la malédiction portée contre la race humaine ; par conséquent elle est bénie entre toutes les femmes. Seule elle a écarté la malédiction, et apporté la bénédiction ; seule elle a ouvert les portes du Paradis, et c'est pourquoi ce nom de Marie, qui signifie Étoile de la Mer, lui convient. Marie dirige les chrétiens à la gloire, comme l’Étoile de la mer dirige les navigateurs vers le port. « Et le fruit de vos entrailles est béni ». Les Anges soupirent après la vue du Fils des entrailles de Marie. Il est le plus beau des enfants des hommes, et cela parce qu'il est la splendeur de la gloire de son Père. Ce que nous désirons, cherchons-le donc dans ce fruit béni des entrailles de Marie. Fruit béni de Dieu, qui l'a rempli de toute grâce, afin qu'il la transmît à ceux qui l'honoreraient dignement. Bénie soit donc la très Sainte Vierge, mais béni soit davantage le fruit de ses entrailles ! » (Extrait de l'Opuscule de saint Thomas d'Aquin sur la Salutation angélique).

Pour ce qui est de la conclusion de la Salutation angélique, saint Thomas d'Aquin ne la commente pas. L'usage ne l'avait point encore adoptée à l'époque à laquelle il vivait. Elle date de loin cependant, du concile d’Éphèse, et Saint Cyrille en est l'auteur. Le pape Célestin 1er ordonna qu'elle terminerait la Salutation angélique ; ce fut le pape dominicain, saint Pie V, qui l'inséra le premier au Bréviaire romain. Le nom adorable de Jésus n'a été ajouté à la Salutation angélique que par le pape Urbain IV, mort en 1274. lorsque saint Thomas avait déjà composé son commentaire. Ce pape accorda une indulgence de 30 jours à ceux qui ajouteraient à la Salutation angélique les mots Jesus Christus.

Quelle prière, après l’Oraison Dominicale, pourrait être comparée à la Salutation angélique ? La Salutation angélique a été commencée dans les splendeurs du ciel par la très Sainte Trinité elle-même ; elle a été ensuite apportée à la terre par un Archange, Gabriel, la force de Dieu ; elle a été complétée par sainte Élisabeth, mère de saint Jean-Baptiste, et par l'Église. Saint Jacques, frère germain du Seigneur, l'avait insérée dans sa liturgie. et plusieurs Pères de l'Église firent de même. Les apôtres, si nous en croyons le « Mariale » de Canisius, la prononçaient avant de consacrer ; et un dévot serviteur de Marie nous assure, pour l'avoir appris sans doute par révélation, que Notre Seigneur Jésus-Christ aimait, en revenant vers sa Mère, à lui dire ces douces paroles : « Je vous salue, pleine de grâces ».

Saint Thomas d'Aquin était encore entre les bras de sa nourrice, lorsqu'un jour on s'aperçut qu'il tenait serrée dans sa main une toute petite feuille de papier, sans qu'on pût s'expliquer où il l'avait trouvée. Malgré toute la résistance qu'il fit, on ;la lui enleva ; elle ne contenait que ces deux mots : « Ave Maria ! » le salut adressé à la Reine des Vierges ! Ainsi cet enfant prédestiné s'élançait, avant de se connaître lui-même, vers la Vierge Immaculée. Une tendre impulsion dirigea toujours ses vœux et ses soupirs vers la Reine des Vierges, et toute sa vie il fut fidèle à la dévotion du Rosaire qui est en même temps celle des plus hautes intelligences et celle des plus simples enfants de Dieu. Cet amour de saint Thomas pour Marie reçut dès ici-bas sa récompense. Celle qui est appelée le Siège de la Sagesse, la Mère de la Chasteté, se montra à Thomas d'Aquin, ce génie si lumineux et si pur. La Reine du Rosaire daigna dévoiler ses traits divins aux regards de son fidèle serviteur, et faire entendre à son oreille ravie le son de sa divine voix.

À peine sainte Catherine de Sienne commença-t-elle à parler, qu'on lui apprit à prier Dieu et Marie. À cinq ans, elle savait la Salutation angélique, et la récitait presque sans cesse. Quand elle montait ou descendait les escaliers, elle faisait une génuflexion à chaque marche en disant un Ave Maria. Marie, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, récompensa par des faveurs sans nombre les fervents saints que lui adressait la jeune sainte. À l'âge de dix ans elle lui inspira la pensée de choisir Jésus pour le seul époux de son cœur, et plus tard la Bienheureuse Mère de Jésus-Christ présida à ce mariage qui fut célébré miraculeusement.

La ferveur des Ave Maria qui sortaient de la bouche du Bienheureux Jacques Salomon faisait fleurir en hiver les roses du cloître de son couvent. L'arme puissante qu'il employait pour conquérir les âmes était la récitation de l'Ave Maria.

Jésus et Marie apprirent au vénérable Père Michel de Benavidès, troisième archevêque de Manille, à commencer toutes ses actions par la récitation de la Salutation angélique.

Dès l'âge de sept ans, la bienheureuse Bienvenue disait tous les jours, en l'honneur de la très Sainte Vierge 1,000 Ave Maria, le samedi 2,000, et le jour de l'Annonciation 5,000.

La B. Jeanne, infante de Portugal, ne sortait et ne rentrait jamais dans sa cellule sans saluer Marie par l'Ave Maria, qu'elle récitait encore à chaque marche d'escalier.

La sœur Guyomard du Rosaire, qui avait une dévotion très remarquable au Rosaire, vit un jour, à chaque Ave Maria qu'elle récitait, éclore à ses pieds une belle rose.

La sœur Heilrade, des Unterlinden, trouvait une douceur particulière au Pater et à la Salutation angélique ; elle les récitait au moins mille fois par jour, et leur découvrait toujours un charme nouveau. La Vénérable mère Catherine de sainte Marie avait la même pratique.

La très Sainte Vierge dit au Bienheureux Alain de la Roche : « Sache, mon fils, et fais-le connaître à tous, qu'un signe probable et prochain de la damnation éternelle est d'avoir de l'aversion, de la tiédeur, de la négligence à dire la Salutation angélique, qui a réparé tout le monde. Ceux et celles qui ont d'ailleurs de grandes marques de prédestination aiment, goûtent et récitent avec plaisir l'Ave Maria, et plus ils sont à Dieu, plus ils aiment cette prière ».

 

II. « Je ne sais comment cela se fait, dit Saint Louis-Marie Grignon de Montfort ; mais je n'ai pas un meilleur secret pour connaître si une personne est de Dieu, que d'examiner si elle aime à dire l'Ave Maria et le chapelet ».

« Âmes prédestinées, apprenez que l'Ave Maria est la plus belle de toutes les prières après le Pater, c'est le plus parfait compliment que vous puissiez faire à Marie, parce que c'est le compliment que le Très-Haut lui envoya faire par un Archange, pour gagner son cœur, par les charmes secrets dont il est plein, et la décider à donner son consentement à l'Incarnation du Verbe, malgré sa profonde humilité ; c'est par ce compliment aussi que vous gagnerez infailliblement son cœur, si vous le dites comme il faut ». (Traité de la vraie dévotion à. la sainte Vierge).

Ave, Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Jesus. Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostræ. Amen.

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11 mai 2019

Le Mois de Marie Dominicain

Le Mois de Marie Dominicain

Marie honorée par les Saints et les Saintes de l’Ordre de Saint Dominique

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Douzième jour

Dévotion à l’Assomption de Marie

 

« Parmi toutes les fêtes que l’Église à instituées en l’honneur de Marie, on peut dire que l’Assomption est sa fête par excellence » (Père Louis de Grenade).

 

I. Parmi les nombreuses fêtes que la sainte Église consacre à honorer sous divers titres la Mère de Dieu, il est certain que, dans tous les siècles, celui qui est célébré avec le plus de joie et de dévotion, est le, jour de sa glorieuse Assomption. Les fidèles, selon un ancien usage, avaient coutume de se disposer et de se préparer à cette grande fête par des jeûnes et par d'autres saints exercices. Catherine de Sienne ne négligeait pas de se conformer à cet usage, et un jour, quelque temps avant la solennité, la Reine des Anges lui apparut et l'admit à l'honneur de voir comment dans le royaume du ciel, elle était assise sur un trône de gloire magnifique, à côté de son divin Fils. Cette expression à côté, signifie dans les saintes Écritures, la grandeur de la gloire destinée par le Christ à sa très pure Mère. Dans cette vision, elle vit clairement, entre le Fils et la Mère, s'élever une croix teinte de sang. Le jour de la fête arrivé, Catherine se trouva fort malade pour aller à l'église ; cependant le Seigneur voulut la consoler, car il lui fit voir les murs de la grande église qui porte le nom de l'Assomption, et ces murs ne pouvaient sans un miracle être vus de l'endroit où elle se trouvait. Catherine, à cette vue, leva les mains au ciel, rendit grâce au Seigneur d'avoir bien voulu la consoler en lui montrant l'église qu'elle ne pouvait visiter. Mais la bonté divine ne s'arrêta pas à cette faveur, elle lui fit entendre ; malgré l'éloignement, les harmonies des chants sacrés, qui, dans ces jours de fête, rendent plus joyeuses et plus magnifiques nos saintes cérémonies ; et lorsqu'elle entendit, comme si elle avait été présente, le prêtre chanter ces paroles : « Et le in Assumptione Beatæ Mariæ », elle fut tout à coup ravie en extase, et elle vit la bienheureuse Vierge, Notre Dame, qui l'admit à ses doux entretiens. (Vie de sainte Catherine de Sienne, par le Bienheureux Raymond de Capoue).

La très Sainte Vierge daigna aussi se montrer à la même sainte, ainsi qu'à sainte Catherine de Ricci, avec le même cortège d'esprits bienheureux qui l'accompagna au séjour de la gloire, et leur dévotion pour le mystère de l'Assomption s'en accrut grandement.

Le Bienheureux Aymon Taparelli avait toute sa vie honoré l'Assomption de Marie d'un culte spécial, Marie lui accorda la grâce de mourir le jour de cette fête, et il vit sa Souveraine, la divine Vierge, qui venait à sa rencontre, et il s'élança à sa suite pour prendre part à son glorieux triomphe.

À Arles, en 1240, il y avait un religieux nommé Guillaume, qui avait une grande dévotion à l'Assomption de Marie. Il tomba malade au commencement d'août, et son prieur le visitant avec les autres religieux, il leur dit avec une assurance et une confiance admirables : « Je sais bien que je mourrai de cette maladie la veille de l'Assomption ; mais je ne serai pas seul ; le Père Jean,n ce religieux était alors alité, me rejoindra le lendemain de la fête ». « Mais, comment le savez-vous, demanda le prieur ? » « C'est, répondit-il, qu'il me semblait que j'étais dans une grande barque avec d'autres religieux vêtus de blanc, qui me passaient dans l'autre monde. Alors je vis le Père Jean qui courait après moi. en me disant : « Attendez-moi, très cher Père, parce que je dois aller avec vous ». Cela s'accomplit en effet exactement comme il l'avait dit.

En 1698, le jour de l'Assomption, Benoîte Rencurel récitait pieusement dans sa chambre les litanies de la sainte Vierge, lorsqu'elle vit tout à coup apparaître, portée par quatre Anges, l'auguste Mère de Dieu. Pendant qu'elle la contemplait avec un extrême bonheur, elle l'entendit lui dire : « Ma fille, réjouissez-vous ; je vais vous faire voir de belles choses ». En même temps, deux Anges vinrent prendre Benoîte qui se sentit enlevée dans l'espace à la suite de sa bonne Mère. Comme saint Paul elle montait au ciel avec ou sans son corps. Elle ne put le dire... Marie était éblouissante et embaumait les airs, pendant que les Anges chantaient des cantiques ; les litanies de la passion trouvèrent place aussi dans leurs chants. Après un temps qu'elle ne put évaluer, Benoîte était au ciel : elle nageait dans les flots de lumière ; elle entendait d'enivrants concerts, en traversant les phalanges des bienheureux. Ceux- ci étaient tous vêtus de jeunesse, de beauté et de gloire. Ils se levaient par intervalles et se rasseyaient sur leur sièges magnifiques, en chantant les louanges de l'Eternel. Lorsque la Reine du ciel passait prés d'eux, ils la saluaient avec amour, en s'inclinant, et souriaient à sa compagne. Parmi ces bienheureux, Benoîte reconnut les deux directeurs qu'elle avait perdus, et qui venaient de temps en temps la visiter sur la terre. Elle eut aussi le bonheur de contempler dans sa gloire sa pieuse mère, qui la regardait avec une ineffable tendresse. La vue de ces âmes si chères lui fit éprouver le désir d'arrêter sa marche un instant ; elle voulait leur parler, mais Marie l'entraîna plus loin. Bientôt elle vit trois rangs de sièges ruisselants de lumière, et étagés les uns au-dessus des autres. Au rang le plus élevé sont les martyrs vêtus de rouge, lui dit sa divine conductrice ; viennent ensuite les vierges vêtues de blanc; et les couleurs variées distinguent au rang inférieur les autres bienheureux.

Plus loin et au centre du paradis, autant qu'elle put en juger, car tant de splendeurs l'éblouissaient, elle vit un trône plus élevé que tout le reste, et si éclatant, qu'elle ne put distinguer Celui qui y était assis... Marie s'arrêta devant ce trône, qu'une multitude d'Anges entouraient ; elle fit une profonde inclination, adora un moment en silence, et continua sa route dans les régions éternelles. Benoîte vit encore beaucoup de choses admirables, mais elle ne sut comment les exprimer. Cependant la nuit sur la terre touchait à son terme. Le même cortège qui avait enlevé au Laus sa sainte bergère la lui rendit. Benoîte rentra dans sa cellule un instant avant l'aube ; elle était tellement enivrée de consolations qu'elle passa quinze jours sans prendre aucune espèce de nourriture. Sa joie était trop vive pour qu'elle ne fût pas remarquée ; chacun se demandait quelle grande grâce elle avait reçue ; on la suppliait, mais en vain, de s'expliquer, lorsque son directeur, pour la gloire de Dieu, l'obligea de parler. Elle raconta alors, non sans beaucoup d'hésitation et d'embarras, ce qu'on vient de lire. (Vie de Soeur Benoîte).

Marie, à chaque anniversaire de sa glorieuse Assomption, accorde beaucoup de grâces à ses enfants vivants et morts. La veille de l'Assomption, la mère du vénérable M. Dufriche Desgenettes lui apparut et lui dit : « Sois tranquille sur mon sort, Desgenettes ; Dieu m'a fait grâce aujourd'hui. Les saints sacrifices que tu as offerts pour moi à l'heure de ma mort, m'ont beaucoup servi devant Dieu ».

A l'exemple de Saint Dominique, Saint Hyacinthe était un fervent serviteur de la glorieuse Vierge Marie. Prosterné devant son image nuit et jour, il ne cessait d'appeler ses bénédictions sur ses travaux par de ferventes supplications et d'abondantes larmes. Or il arriva qu'un jour il priait avec une dévotion extraordinaire devant l'image de sa bonne Mère, le jour de l'Assomption, dans l'église de Cracovie. Ravi en esprit, le saint contemplait avec bonheur la grandeur du Mystère de ce jour, et la gloire incomparable de l'auguste Mère de Dieu. Inondé de joie et de larmes, il laissait son esprit s'égarer pieusement dans la méditation, et son cœur s'enflammait du désir de l'éternelle béatitude. Pendant que, entraîné par un redoublement de ferveur, il supplie d'une voix mêlée de sanglots la divine Miséricorde de l’admettre au partage de la gloire des élus, tout à coup il voit descendre, du ciel sur l'autel de la Vierge, une éblouissante clarté. Au milieu de cette lumière céleste, le Reine du ciel lui apparaît et lui dit: « Hyacinthe, mon fils, réjouis-toi, car tes prières sont favorablement reçues de mon Fils, le Sauveur des hommes, et tout ce que tu lui demanderas en mon nom, il te l'accordera par mon intercession ». À ces mots, la divine Messagère fut élevée au ciel aux accords de la mélodie des Anges, laissant après elle l'écho d'une suave harmonie et l'odeur d'un parfum exquis, que la langue de l'homme, étrangère aux joies de l'éternité, est impuissante à redire. Profondément réjoui de cette vision céleste et des douces paroles de la sainte Vierge, le bienheureux Hyacinthe sentit sa confiance en Marie grandir d'une manière prodigieuse, à tel point qu'il obtenait de Dieu, sur-le-champ, tout ce qu'il lui demandait. Le saint révéla cette vision à deux de ses frères, sous le sceau du secret, les invitant à une grande dévotion envers la glorieuse Vierge, leur assurant qu'elle est la protectrice de l'Ordre et la consolatrice spéciale des enfants de saint Dominique.

Hyacinthe avait atteint sa soixante-douzième année ; tous ses désirs ne tendaient plus qu'à voir bientôt la dissolution de son corps, pour être avec Jésus Christ. Marie vint elle-même l'assurer qu'il mourrait, selon son désir, le jour de sa glorieuse Assomption, et que, par les mérites de sa sainte mort, elle éloignerait de lui les rigueurs de la condamnation portée contre tous les enfants d'Adam. Le jour de Saint Dominique, il tomba malade ; les progrès du mal furent rapides; la veille de l’Assomption il fit venir près de lui tous ses religieux et leur dit : « Mes bien-aimés fils, demain je vous quitterai pour aller où Dieu m'appelle. Les paroles que j'ai recueillies de la bouche de notre Père Saint Dominique, je vous les lègue comme un héritage sacré. Gardez la douceur du cœur et la mansuétude de l'esprit ; embrassez la charité et la dilection mutuelle, pratiquez la pauvreté ; c'est la le testament de l'éternel héritage. Puis il se tut. Le lendemain, il voulut assister à la récitation des heures canoniales et reçut les sacrements de l'Église, au milieu de tous ses frères qui pleuraient et adressaient à Dieu de ferventes prières.

Le saint avait les yeux fixés au ciel. Arrivé au verset de l'office : « Seigneur, j'ai espéré en vous, je ne serai pas confondu pour l'éternité ». Il versa une grande abondance de larmes, et son âme, pleine de joie et d'amour, s'envola au ciel, soutenue du secours puissant de Marie. Ainsi mourut celui que l'histoire a appelé l'Apôtre du Nord, le thaumaturge de son siècle.

 

II. La foi vive de Saint Hyacinthe lui faisait voir l'entrée glorieuse de Marie au ciel ; il entendait les saints et les esprits célestes s'écrier à sa vue : « Qui est celle-ci, qui s'élève du désert, si brillante de grâces et de vertus, et qui s'avance, appuyée sur son bien-aimé ? » (Cantique des Cantiques). Il voyait toutes les hiérarchies du ciel, tous les patriarches, les prophètes, les martyrs, les vierges, et tous les saints déposer à ses pieds leurs couronnes immortelles, en proclamant sa grandeur et ses louanges ; il voyait Dieu le Père l'appeler à partager sa puissance, le Fils sa sagesse, le Saint-Esprit son amour, et la sainte Trinité couronnant son front pur et radieux d'un diadème de douze étoiles, la proclamer Reine du ciel et de la terre, et ordonner aux Anges et à toutes les créatures de la reconnaître pour telle. Il contemplait dans un transport d'amour et de reconnaissance Marie Reine, mais Reine de clémence et de miséricorde, médiatrice du genre humain après Jésus-Christ et avec Jésus-Christ, intercédant sans cesse pour nous, plaidant pour nous, puisant à pleines mains dans les célestes trésors, et distribuant avec largesse les pardons, les bénédictions et les grâces. Et nous aussi, au souvenir de la gloire et de la puissance accordées à Marie, réjouissons-nous d'avoir au ciel une Mère si bonne et si puissante en même temps, et implorons-la avec une entière confiance. Mais n'oublions point que si la dignité de Mère de Dieu fut quelque chose de bien grand, ce ne fut point la ce que Dieu couronna dans Marie, mais sa fidélité à correspondre aux grâces qu'elle avait reçues ; voilà le moyen par lequel Elle est parvenue à un si haut degré d'honneur et de gloire : et si Saint Hyacinthe reçut de Marie des grâces si particulières, c'est qu'il fut avant tout un fidèle imitateur des vertus de Marie. Marchons sur ses traces, et alors nous pourrons demander à la Reine du ciel et de la terre, avec la certitude d'être exaucés, de nous secourir de tous les besoins de notre âme, de nous obtenir une bonne mort, et que nous quittions notre exil le jour de sa glorieuse Assomption, comme Elle l'a accordé à Saint Hyacinthe et à plusieurs autres Saints de notre Ordre.

Vierge puissante et miséricordieuse, demandez pour tous les grâces célestes ; demandez-les en particulier pour l'Ordre de Saint Dominique et pour votre indigente et indigne servante ; répandez dans mon âme toutes les vertus qui font aujourd'hui votre gloire. Faites que j'aime la vie cachée ; que je devienne humble, douce, modeste, pleine de piété ; que le divin amour possède de plus en plus mon cœur, qu'il le perfectionne, qu'il le sanctifie, et que j'expire dans ces saintes ardeurs. Faites enfin, ma divine Mère, que reçue par Vous dans la cité céleste, je puisse chanter à jamais : « Gloire, honneur, puissance, bénédiction à ma Mère pour jamais ! Amen ».

 

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